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La douceur du serpent. [Ulrich]

 
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 La douceur du serpent. [Ulrich]

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Ambre Serana
Élève de 7ème année



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Date d'inscription : 25/07/2009

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Particularités: Cousine de Aurore Mereadda
Ami(e)s: A-t-on vraiment besoin de le savoir ?
Âme soeur: C'est un débat qu'il faudrait avoir dessus, pas une simple affirmation.

MessageSujet: La douceur du serpent. [Ulrich]   Lun 10 Juin - 22:37

-Tu devrais y retourner.

Sans doute.

J'avais tourné la tête vers mon père. Il n'y avait aucune émotion dans sa voix, pas plus que sur son visage ; totalement hermétique. Je connaissais ses traits par cœur, le rictus mauvais que formait sa bouche lorsque j'émettais une objection. Son front se plissait toujours au moment du repas, il détestait la soupe que nous préparais notre vieille cuisinière. Cette fois-ci, il avait le visage d'un homme ayant atteint la quarantaine, dont les cheveux commençaient à blanchir et où le poids du travail creusait ses traits. Je ne pus m'empêcher de songer qu'il y avait quelque chose de beau en lui. Il dégageait cette aura qu'avait les grands hommes, les meneurs. La seule différence était que mon père n'avait rien à mener. Ses idéaux s'étaient effondrés il y avait bien trop longtemps pour qu'il puisse encore y croire. J'avais, depuis trop longtemps, compris que l'amertume que je pouvais lire dans son regard n'était pas une façade mais qu'il le pensait vraiment. Mon père était désabusé, il avait vu trop de choses pour qu'il puisse encore croire aux miracles. C'était sans doute ça, vieillir, comprendre qu'on perdait notre temps et être rattrapé par ce qu'on appelle la réalité. Et moi, j'étais là, je sentais le vent sur ma peau et le soleil qui réchauffait mon visage. J'avais l'intime impression de ressentir la vie dans ses moindres détails comme toutes les jeunes femmes de mon âge. A la différence près que je savais que c'était faux, que je me complaisais dans mes propres mensonges. Ma vie était faite de poussière, de grains de sable et tout pouvait s'effondrer à chaque instant. Étonnement, cela me rendait plus forte. J'avais soif de combat et surtout de victoire, j'étais restée éloigner du monde magique bien assez longtemps. Mon père avait raison, il était temps d'y retourner.


-Je sais.

Nous étions côte à côte et pourtant il me semblait que mon père n'avait jamais été aussi loin. Nous nous comprenions, comme toujours, mais nos intérêts n'étaient plus les mêmes. Pourtant, ces derniers mois m'avaient permis de remarquer à quel point je lui ressemblais. Cette tendance à se mettre de côté, à observer plutôt qu'agir, à ne pas se salir les mains, à critiquer sans fondements, à râler et à blâmer aussi simplement qu'on parlait. J'étais sûre de pouvoir deviner ses pensées. Il m'avait banni de son esprit, il avait les yeux dans le vague et observait le jardin qui s'étendait devant nos yeux. A nouvelle maison, nouveaux paysages et il n'avait pas encore eu le loisir de le critiquer. Le jardin était trop vert, les fleurs étaient rouges ce qui, bien évidemment, n'allait pas avec le marron des murs extérieurs. Le vase de mère, en plein milieu, était forcément mal placé puisque c'était elle qui avait choisi de le mettre-là. Il devait ruminer encore et toujours son mariage avec elle. Qu'est-ce que cela lui avait apporté de bon ? Certes, il avait gagné une belle somme, sa femme n'était pas une incapable et elle se comportait très bien en société mais, mais, elle avait eu le défaut de lui donner un fils carcmol et ça, jamais il ne lui pardonnerait. J'avais longtemps voulu ignorer la rancœur que mon père portait à ma mère, trop préoccupée par mes pauvres petits soucis. Pourtant, un matin, je m'étais réveillée et elle était apparue telle une vérité frappante qui vous hante depuis de longues années. J'avais haï mon frère pour m'avoir abandonnée, je le haïssais maintenant davantage pour avoir détruit ma famille. Famille qui, je n'en doutais pas, se serait détruite avec ou sans lui. Mais je préférais avoir quelqu'un à blâmer, c'était plus facile. Je tournais une nouvelle fois mon regard vers mon géniteur qui semblait toujours être plongée dans le vide, les bras ferment croisés sur son torse. Je n'existais plus à ses yeux alors, après m'être baissée pour attraper un gallion qui traînait par terre, je me détournais de ce paysage et retournais dans la maison. A l'intérieur, comme à chaque fois que j'y entrais, le blanc m'éblouit pendant quelques secondes. Ma mère avait voulu nous prouver qu'elle avait un goût indiscutable en matière d'architecture d'intérieur et de couleur ; elle s'était lourdement trompée. Mais mon père avait hoché la tête – parce qu'il n'y connaissait rien non plus et que cela lui évitait une longue discussion sans fin avec ma mère – et le blanc continuait de m'éblouir. Ma mère était d'ailleurs assise sur le canapé, lisant un magasine sur les grands mariages de sorciers. Je traversais la pièce sans un mot, le bruit de mes talons étant assourdit par le tapis, ramené d'Égypte par je-ne-savais-qui, sans doute un cousin lointain, et qui jurait horriblement avec le reste du salon. Mais aucun commentaire négatif n'était permis envers la création de ma mère. C'était un accord silencieux que nous avions établi. Une critique contre une critique. Elle était très douée pour ça.

Je grimpai l'escalier menant à ma chambre – la seule à l'étage – en songeant à toutes les choses qu'il me restait à faire. Me préparer pour le dîner du soir – nous recevions les Nott, finir de ranger les cartons qui envahissaient encore ma chambre et trier mes feuilles de cours. Je ne pensas pas souvent à Poudlard, aux couloirs humides et aux vieux tableaux dont les voix me faisaient parfois sortir de mes gongs. J'avais vécu de bons moments là-bas mais y retourner – parce que je le devais – ne m'enchantait pas. Je n'avais pas laissé grand-chose de valeur derrière moi et encore moins grand monde. J'avais une fois songé à écrire à Ulrich mais je m'étais abstenue. Je n'avais rien à lui dire si ce n'était que j'avais été malade mais que, si le problème c'était vite rétabli, j'avais préféré rester chez moi quelque temps. Pour raisons personnelles. La vérité c'était que Poudlard ne m'attirait plus, apprendre n'était plus une de mes motivations. Alors à quoi bon écrire à Ulrich ? Je savais qu'il devait s'inquiéter ou au moins penser à moi – on ne pouvait pas le changer – mais, pour ma part, je ne m'étais même pas poser la question de savoir s'il allait bien ou non. La vie de Liechtenstein m'était indifférente comme elle l'avait toujours été mais, si je voulais écrire à quelqu'un, ce serait forcément lui. Je n'avais personne d'autre. Gabriel n'était plus qu'un lointain souvenir. Je ne comprenais toujours pas ce qui m'avait pris – et ce qui l'avait pris. Je m'assis sur mon lit, je ne voulais toujours pas y penser, face à un carton rempli de vieux livres. Au hasard, j'en empoignais un à la couverture rouge. Le titre était à moitié effacé et je souris en me rappelant que j'avais moi-même gratté pour qu'il disparaisse. L'histoire parlait d'une jeune femme qui se battait pour la liberté et qui avait fini par renoncer à son idéal au nom de l'amour. Je l'avais détesté et je m'étais jurée que, jamais, je ne ferais comme elle. J'en étais toujours persuadée d'autant qu'à dix-sept ans, je ne croyais pas plus en l'amour qu'à six. Je finis par prendre carton entier et, appelant notre elfe de maison, je le chargeais de tout mettre au feu. Fini les histoires, fini les rêves d'enfants, les espoirs perdus.

Je jetai un regard à l'horloge. Dix-neuf heure tapante, les Nott étaient attendus pour vingt heures, je n'avais plus le temps pour faire du tri. Tant pis, ce n'était pas ma préoccupation principale de toute façon. Je filai dans la salle de bain me laver. Je pris un bain tiède pendant une dizaine de minutes dans l'idée que cela me détendrait dans un même temps. J'écoutai un fond musical classique qui mer berça pendant les trois premières minutes ; mon esprit ne pouvait pas rester calme au delà de ce temps là. Je finis par sortir et, attrapant ma baguette, je me séchais d'un geste simple en faisait un cercle avec ma baguette. Avoir dix-sept ans, c'était plutôt pas mal. J'enfilai une robe rouge, passe-partout, manches courtes avec un col en V et qui descendait jusqu'en haut de mes genoux. Rien d'extravagant et le tissu, de la soie, lui donnait du charme et une touche de chic. J'ornais le tout d'un collier en perle d'ivoire qui faisait ressortir mes cheveux blonds et mes lèvres fines. Je me maquillais légèrement comme à mon habitude avant de me placer face au miroir. Un sourire de satisfaction naquît sur mes lèvres, j'étais magnifique et, comme toujours, habitée d'une froideur qui me rendait unique. J'entendis à peine la sonnerie retentir, fascinée par mon propre reflet. Ma peau diaphane, mes lèvres rouges, mon visage figé... Tout était fait sur-mesure pour moi.

Je finis néanmoins pas descendre pour rencontre nos invités. Les Nott étaient quelconque, j'avais déjà eu le plaisir de les voir. Une fois arrivée en bas je pris mon plus beau sourire avant de rentrer dans le salon où madame Héloïse Nott était en train de complimenter ma mère sur le salon. J'aurais volontiers répliqué quelque chose d'acide mais j'étais devenue la perfection même en entrant dans la pièce. Je saluai poliment monsieur et madame Nott qui, en retour, me complimentèrent sur ma robe. Je souris volontiers face à sa bonne humeur, cela changeait de mon quotidien. Nous passâmes rapidement à table, personne n'avait envie de s'éterniser. C'était une visite de courtoisie qui ne faisait plaisir ni aux Nott ni à nous mais nous devions tous nous y plier, telle était la règle. Pour l'occasion, Corine – la vieille cuisinière – nous avait concocté un excellent repas. Des filets de poisson en entrée et des légumes farcis pour la suite. Rien de particulièrement original mais, chez les Serana, nous aimions autant la simplicité que l'argent. La conversation sur des sujets plus ou moins intéressants. Évidemment, nous dûmes parler de ma maladie mais cela ne dura heureusement pas – les meilleurs médicomages de st-mangouste ne comprenaient toujours pas ce qui c'était exactement passé – et nous dérivâmes nous le statut des sang-purs dans le monde magique. Madame Nott commença à parler des mariages qui allaient bientôt avoir et je faillis m'étrangler avec mon vin lorsqu'elle commença à parler de la famille Liechtenstein. … Pardon ? Ulrich allait se marier ? Je n'écoutai même pas la suite, tout cela me paraissait trop faux. Aux dernières nouvelles Ulrich était profondément – et stupidement – amoureux de Katie Bell. Tout cela n'avait tout de même pas pu partir ? Son père était décidément très doué s'il avait réussi à l'obliger à se plier – Ulrich pouvait être d'un capricieux... Je restai concentrée sur cette idée le reste de la soirée et je laissai mes parents parler avec leurs invités. Après tout, je ne leur avais jamais demandé de venir. Le repas se finit dans la joie – autant que possible pour des personnes ne s'appréciant pas plus que nécessaire. Les Nott finirent enfin par partir. A peine la porte fermée je remontai dans ma chambre, échangeais mes ballerine plates contre des talons de six centimètres, attrapais mon sac et je descendis à nouveau l'escalier.


-Je sors, indiquai-je simplement à ma mère en quittant la maison. Si je ne la prévenais pas, qu'elle découvrait ma chambre vide elle était capable de remuer tout Londres pour me retrouver.

Je transplanai. Une fois dehors bien entendu, puisqu'il n'était pas correct de transplaner directement chez quelqu'un ni de chez quelqu'un. J'atterris en plein Londres, près du chemin de Traverse. La lune brillait dans le ciel et les rues commençaient à se remplir de vermine. Je me dirigeai donc en vitesse vers ledit chemin de Traverse où j'entrai avec un soupire de soulagement. Des sorciers, je me sentais plus à l'aise en leur compagnie, plus réelle. Les sorciers eux aussi aimaient ce moment, lorsque le soleil s'était évanoui, une nouvelle vie ressortait – pleine de promesses. J'observais un instant un couple qui, se tenant par la main, semblait être heureux et était sur le point de rentrer chez eux. En face, une jeune fille – rousse, horrible – riait beaucoup trop fort pour l'heure. Tapage nocturne, songeai-je avec ironie.

Tout ce monde me donnait mal à la tête, je ne connaissais personnes parmi ces sorciers. Après avoir observé les vitrines sombres des boutiques je repartis dans le monde moldu. Mes pas m'amenèrent dans des rues où je n'étais jamais allée. Plus j'avançais, plus elles étaient sombres. Oh oui, j'aurais pu rentrer chez moi, m'enfermer dans ma chambre comme tous les soirs mais cela ne me tentait pas. Pour une fois que j'étais dehors, je n'allais pas rentrer aussitôt et puis, cela ne me faisait pas peur. Tant que j'avais ma baguette, je pouvais tout affronter ou presque. Je finis par arriver devant un bar qui ne payait pas de mine mais je ne savais pas de quoi cela avait l'air à l'intérieur. J'ouvris donc la porte et rentrais à l'intérieur. Il ne me fallut d'une seconde pour décréter que cet endroit était miteux et que j'allais repartir. Seulement quelqu'un attira mon regard. Assis au bar, un verre devant lui ; Ulrich Liechtenstein. J'hésitais un instant avant de m'avancer vers lui. Pas parce qu'il avait l'air triste et seul mais plutôt parce que j'étais seule et que je m'ennuyais profondément. Je m'assis juste à côté de lui.


-Toutes mes félicitations Ulrich, déclarai-je en lui prenant son verre. Je n'avais pas le souvenir de l'avoir appelé par son prénom – mais, d'un autre côté, je n'avais pas beaucoup de souvenir d'avoir beaucoup parlé à Liechtenstein. Je vidai son verre d'un trait. Je fis signe au barman de venir. Deux thés. Ulrich avait bien assez bu comme ça. Je lançai un regard autoritaire à l'homme avant qu'il ne rétorque quelque chose. Ils devaient bien avoir du thé dans cet endroit, nous étions en Angleterre tout de même. De toute façon, j'étais une Serana, il ne pouvait rien me refuser.

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@Dray Collins a écrit:
non, je ne tripe pas alone dans mes toilettes en déroulant du papier-cul ..








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Ulrich Liechtenstein
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Âme soeur: Katie Bell, mais ça ne change rien au fait que je vais en épouser une autre.

MessageSujet: Re: La douceur du serpent. [Ulrich]   Mer 12 Juin - 23:59

Terminé. C’était terminé. Non. Rien n’était terminé. Ce n’était que le début. Le début de sa nouvelle vie, le début de son enfermement, le début de sa putain de nouvelle vie avec sa putain de fiancée qu’il avait envie d’étrangler, d’étouffer, de mordre, de blesser, de tuer alors qu’elle était sans doute bien confortablement installée maintenant. Il la détestait, n’avait qu’une envie c’était de déverser toute sa colère et son désarroi sur elle, qui avait dit oui, qui avait accepté ce marché immonde et sans scrupules. Celle-là même qui avait diné bien sagement à son côté pendant des heures, en parlant mariage et invités avec sa famille. Ulrich avait envie de vomir face à tant d’apparence. Était-il le seul à trouver ce mariage sans raison ? Stupide et improbable ? Cette future vie qu’on envisageait pour lui ne lui plaisait pas, pire, elle le répugnait. Il avait eu le malheur de naitre sang pur et pour ça, il devrait payer par un mariage forcé afin de « perpétrer » la pureté de son sang. Ulrich donna un coup de poing dans le mur de la terrasse. Ulrich était sorti dehors. Il ne pouvait plus supporter cette pesanteur qui habitait les lieux, cette fourberie caché derrière un masque en or et en diamant que les Benson et ses parents appelaient « L’excitation du mariage ». Ulrich n’était ni excité par ce mariage, ni excité par sa future épouse. Elle était quelconque, elle était plate, sans fantaisie, et tellement obéissante ! Cette fille était aux antipodes de ce qu’il aimait chez les femmes et tellement parfaite aux yeux de ses parents. Imaginer une vie où il irait diner le dimanche chez ses parents avec son épouse, regarder sa femme le sourire aux lèvres lui servir un gin-tonic et jouer au croquet avec son père n’était pas vraiment ce qu’il aurait pu rêver de mieux… Seul le verre de gin donnait une nuance positive au tableau. Et encore.

Ulrich aurait pi s’imaginer tellement de futur différents. Il n’était pas mauvais dans toutes les matières qu’il avait décidé de présenter aux ASPIC et avec les soirées en compagnie de Nakamura, même si c’était tout sauf amusant, il avait malgré tout appris certaines choses, ce qui remontait même sa moyenne de potion qui était, sa matière principale avec la botanique. Il aurait pu se voir chercheur, il aurait pu voyager dans d’innombrables pays, risquant sa vie à tout instant, mais non. Maintenant il était coincé ! Et puisque « ce n’était pas convenable » de partir quelque part sans son épouse, il devrait se la coltiner. Donc non. Puisque dans son projet, il incluait des rencontres tumultueuses avec des filles qu’il ne reverrait plus le lendemain. Non, non, non. Tout ça n’avait plus d’importance. Tout ça n’existait plus que dans son subconscient ou dans une partie quelconque de son cerveau.

Son cerveau qui ne traduisait rien. Pas la moindre douleur alors que sa main était en sang. Ulrich regardait le sang couler et resserra le poing. Il avait une boule dans la gorge quand il pensait au repas de ce soir, au jeu stupide auquel il s’était prêté, à la façon dont il avait embrassé Katie, et à la manière dont elle s’était terminée. Ulrich en était fou. Il n’avait qu’une envie, c’était de partir, fuir, s’enfuir loin, très loin de toute cette vie dont il ne voulait pas.

Ulrich se laissa glisser sur le sol, tenant son visage entre ses mains. Respiration. Respiration. Grande respiration. Ulrich devait quitter cette maison. Il ne devait pas rester une minute de plus ici, alors qu’elle était là. Alors qu’elle était en haut, dans sa chambre, dans son lit, dans ses appartements privés. Elle était là-haut, elle devait l’attendre. Mais il n’avait pas la moindre envie de la voir, de la revoir, de la toucher ou de dormir à côté d’elle. Le serpentard leva les yeux au ciel. Qu’est-ce qu’il foutait ? Qu’est-ce qu’il avait fait ?... Comment avait-il pu faire ça à Katie. Même lui ne trouvait plus d’excuse acceptable à lui donner. Et pourtant, il s’en était donné des raisons pour expliquer tout ce qu’il avait fait de travers à ses yeux, au cas où un jour, elle lui demande des comptes. En plus il était allé la voir… mais pourquoi s’était-il transplané chez elle ?! Maintenant elle se poserait encore plus de question, maintenant, elle enquêterait deux fois plus sur lui, et elle finirait par trouver. Dans le monde magique, un mariage entre sangs purs est un évènement… public. La moitié des sangs purs connus devaient surement déjà être au courant. Le monde magique était comme un gouffre où l’on s’y prenait très jeune et dont on ne pouvait ressortir. Ulrich aurait bon s’enfuir, il savait que dans le fond, il finirait par utiliser la magie et donc, être repéré et ramener à la maison. C’était une prison. Cette vie, ce mariage, ce manoir, cette magie, cette pureté de sang. Tout. Ulrich Transplana.

Un léger crac retentit dans une rue de Londres. S’il ne pouvait ne pas s’enfuir, au moins pouvait-il noyer ses problèmes, et pour ça, il avait une solution toute trouvée. Sans vouloir se leurrer, l’alcool était quand même la solution à tout : pour fêter quelque chose d’heureux, pour soulager ses peines, pour se divertir entre amis et même pour le plaisir. Et bien ce soir, il fêterait l’évènement, à sa manière. Ulrich avait pensé retourner à Manchester, trouver Nate et oublier. Mais la soirée qui s’annonçait ne lui permettrait plus, une fois terminé, de rentrer entier s’il transplanait à nouveau, et il ne devait pas prendre le risque d’utiliser la magie devant lui.

Ulrich jeta un coup d’œil tout autour de lui. Personne. Il fallait toujours vérifier. Une fois, un mordu l’avait surpris transplanant dans une allée. Il avait dû utiliser le sortilège d’oubliette rapidement. C’était grâce à ça qu’il n’avait pas été puni outre mesure. Il avait eu un blâme, certes, et une somme à payer, mais rien de trop grave. Et pourtant, cette fois-ci, il se disait que ça n’aurait pas été plus mal de se faire prendre. Ne serait-ce que pour causer du tort à ses parents, pour provoquer sa famille et se faire détester de sa future. N’importe quoi tant qu’il pouvait éviter ces noces. N’importe quoi tant qu’il pouvait changer sa vie, son avenir. Ulrich croisa un couple de punk/gotique/steampunk, il n’avait jamais su faire la différence, et s’imagina à leur place. Libre. Ils faisaient tout ce qui leur plaisait, décidait de la couleur de leurs cheveux aux chaussures qu’ils portaient. Quand Ulrich avait-il eu un choix aussi libre de sa vie ? Ses vêtements étaient choisis sur mesure, ou dans les magasins de grandes marques, il n’avait qu’un vague choix de couleur, et encore. Ulrich était comme un mannequin qu’on habillait suivant les plaisirs pervers de ses géniteurs. Il était programmé pour chaque situation, éduqué pour répondre à toutes les questions. Ulrich était… un parfait petit automate.

Il eut un petit rire moqueur quand le couple passa à côté de lui. Ils le regardèrent d’un œil critique, mais qu’est-ce qu’il pouvait bien en avoir à foutre de l’avis d’une bande de sale moldus ? Ces gens étaient insignifiants… seuls les pauvres et les misérables faisaient ce qu’ils voulaient de leur vie, après tout, personnes n’en avaient rien à faire d’eux… mais qu’est-ce qu’il les enviait…

Ulrich soupira tandis qu’il avançait dans les rues les plus sombres et les plus malfamés de la ville. Il existait dans cet univers quelque chose qu’il ne pouvait pas décrire exactement. C’était bien au-delà d’un sentiment de jeu, de dépravation ou d’interdit. C’était le genre d’endroit ou semblait se rendre toutes les personnes qui avaient quelque chose à cacher, quelque chose qu’ils venaient de perdre et qu’ils ne pouvaient retrouver. L’endroit parfait où erraient les âmes perdues, les âmes torturées et déchirées. Les âmes comme la sienne, au bord d’un gouffre où il mourrait d’envie de s’y jeter. Un gouffre accessible qu’après absorption rapide et continued’une substance alcoolisante et bas de gamme. Ulrich s’arrêta devant un bar à la façade en bois, au nom sculpté dans la façade : The Creep. Minable. Parfait.

Le serpentard poussa la porte. Deux hommes tournèrent leurs visages vers lui, le détaillant comme s’il sortait d’un zoo. Ce n’était pas entièrement faux. Ulrich sortie d’une comédie, d’un cirque auquel il avait participé comme clown. « Mais bien sûr, et avec ça, un peu de thé Madame Benson? » Ulrich avait envie de lui envoyer en pleine figure sa saleté de thé ! Le défiguré aurait couté cher à lui, comme à sa famille, mais au moins, ça aurait eu le don de le divertir quelques instants. Avec un peu de chance, elle aurait pris peur, aurait renversé une bougie sur la robe de sa fille, qui aurait pris feu elle aussi. Couvrir des meurtres, con père devait connaitre ça non . Après tout, n’était-ce pas la condition ? Qu’il épouse cette espèce de poupée stéréotypée ou sinon Katie en pâtirait. On ne pensait pas à mettre à exécution une chose aussi ignoble sans l’avoir déjà pratiqué par le passé. Ulrich s’arrêta dans l’entrée, répondit d’un regard noir aux deux hommes, et ils retournèrent à leur activité : boire, sans sommation.

Ulrich avança le pas lent, trainant vers le bar. Il était vêtu d’un costume hors de prix, choisi spécialement par son père, ou sa mère, qu’importe pour l’occasion de ses fiançailles. Un costume fait sur mesure, un costume représentant le reste de son existence : sur mesure, choisi, et modelé à l’image de ses parents, de sa belle-famille, de sa femme… sa femme. Cassandre était sa future femme. Ulrich allait se marier. Il n’arrivait toujours pas à y croire, à se l’avouer, à l’assimiler. C’était trop irréel, trop stupide, et impossible. Ulrich allait se marier. Il fallait qu’il l’intègre, qu’il le comprenne. Et assis sur une chaise dans ce bar miteux, il avait l’air d’un minable. Et une chance pour lui, ça collait justement au thème.

Ulrich prit place en face du barman, qui le regarda d’un air suspicieux. C’est vrai que chez les moldus, l’âge majeur était un an plus tard. Mais ce n’est pas comme si Ulrich allait le laisser le faire chier pour un détail du genre. Ulrich sorti sa carte de payement moldus qu’il avait placée dans son costume, après l’avoir mis. Déjà avant même de diner avec eux, il savait que ça allait être l’enfer et qu’il finirait, obligatoirement, par atterrir dans un endroit du genre. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que ce serait AUSSI merdique. Le barman le regarda deux secondes, comme partagé entre deux choses à faire, puis il la prit, et lui demanda ce qu’il souhaitait. Ulrich regarda les bouteilles qui s’alignaient les unes à côté des autres sur l’étagère en face de lui. Cognac. Voilà le genre de chose qu’il était agréable à boire quand on était désespéré. Et rien qu’en regardant la bouteille, il se disait qu’on ne pouvait pas trouver pire qualité dans toute la ville.

Le barman le regarda suspicieux, une fois de plus. Vivait-il dans un monde où rien ne se passait pour être surpris par les moindres de ses actes ? Ce mec était d’un chiant. Son bar était pourri, ses clients étaient pitoyables et il ne le servait pas suffisamment vite pour qu’il puisse boire et vite oublier. Ulrich bu cul sec son verre et demanda la bouteille. Il refusa. Quel gros con. Ulrich leva les yeux au ciel et tendit son verre. S’il voulait ne travailler… qu’il fasse ! Mais il n’aurait pas une minute de répit.

Ulrich bu un verre, un second, un troisième, puis un autre. Il ne comptait plus. Les yeux dans le vague, l’esprit plongé dans un brouillard agréable, il fixait une brèche dans le bois du bar et se demandait tout ce qu’il avait bien pu foirer dans sa vie pour être puni de la sorte. Pourquoi lui. Pourquoi… Comment… et elle ? Ulrich tendit son verre afin qu’il soit une fois de plus rempli. Il n’arrivait toujours pas à la sortir de la tête. Elle. Ses cheveux courts, ses yeux marron, sa robe, sa voix est puis tout se confondait. Les cheveux de Katie, les mêmes yeux marron, sa démarche assurée et sa voix douce. La manière dont elle l’embrassait, les regards qu’elle lui jetait et ses yeux, quand elle était en colère. Tout en Katie le faisait frémir, lui donnait envie de la posséder. Mais elle, Cassandre, elle ne lui inspirait rien. Rien.Mais à part s’enfuir dans un bar miteux pour boire du cognac bon marché. Katie le poussait vers le haut, Cassandre le faisait chuter vers le bas. Katie était celle qu’il aimait, Cassandre serait sa femme. Ulrich tendit la main pour prendre son verre mais il fut attrapé avant lui. Qui… Quoi ? Il tourna le visage et tomba nez à nez avec un fantôme.


-Toutes mes félicitations Ulrich.

Ulrich la fixa pendant qu’elle buvait son verre d’une traite. Il regardait ses lèvres, leurs mouvements, la manière dont elles se posaient sur le verre, la goutte de cognac qui s’en échappait et s’écoulait lentement. Puis il leva les yeux vers les siens, vers leur lueur toujours aussi froide et explosive. Cette fille était tellement… Ulrich cligna des yeux. Elle ne pouvait pas être là, elle ne pouvait pas se trouver ici, dans ce bar, avec lui, à boire ce cognac. Ce n’était pas elle. Ce n’était pas Ambre. Ambre valait mieux que ça. Ambre n’aurait jamais mis les pieds dans un bar portant ce nom. Elle ne serait même jamais venu dans cette partie de la ville et surtout… elle ne pouvait pas être là, alors qu’elle ne venait plus à poudlard, alors qu’elle était partie, sans même lui dire un mot.

Ulrich était torturé entre la prendre dans ses bras et lui jeter son verre à la figure. Plaisir et haine. Il l’adorait et la détestait. Elle le torturait et pourtant, venant d’elle, c’était presque comme une caresse. Cette fille le rendait fou. Cette fille était Ambre Serana. Et cette fille ne pouvait pas le féliciter. Pas pour ce mariage. Pas pour avoir pris la décision de venir dans ce bar miteux et d’y boire jusqu’à l’overdose. Elle lui disait félicitation. Ulrich laissé échapper un rire faux, hypocrite.


- Deux thés.

Et son rire repris de plus belle. Deux thés ? Elle plaisantait ? Avait-il une tête d’un type qui s’apprête à boire un thé dans un bar à cette heure-ci de la nuit ? Ulrich lui jeta un regard noir, mais elle, c’était le barman qu’elle fixait, attendant qu’elle lui obéisse. Et il s’exécuta. Qui contredisait Ambre Serana ? Même les moldus, n’ayant pas la moindre idée de qui elle pouvait être devaient ressentir cette puissance qu’elle dégageait, ressentir cette pression qu’elle mettait rien que par le regard. Elle dégageait une aura si forte qu’elle donnait envie de la suivre, beaucoup par crainte que par amour. Mais… et maintenant il le comprenait, ce n’était pas avec des sentiments qu’on dirigeait un monde.

-Rajouter un peu de whisky dans le miens.

Le barman le regarda, puis jeta un coup d’œil à Ambre. Hésitant. Ulrich laissa échapper un rire. Il avait peur, il la craignait. Et il avait raison. Mais ce soir il n’était pas d’humeur à laisser une personne de plus décider pour lui.

-Faite ce que je vous dis. De quoi avez-vous peur ? Ce n’est qu’une femme.

Le barman regarda une nouvelle fois Ambre, mais prit la bouteille de whisky et en versa une bonne dose dans la tasse qu’il déposa devant lui, tandis qu’il déposait l’autre devant la serpentard avant de s’en aller. Il avait raison. Qu’il aille dans l’arrière-boutique. Qu’il parte. Ulrich se pencha au-dessus du bar et se saisissait la bouteille de whisky pour en verser un peu plus dans sa tasse. Du thé. Mais quelle idée. Qui demandait du thé dans un bar ? Ulrich leva les yeux au ciel et soupira alors qu’il amenait la boisson à ses lèvres. Il vida d’une traite sa tasse fumante. Et la remplie de Whisky. Voilà ce dont il avait besoin. Voilà ce qu’il voulait vraiment.

-Va-t’en.

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Ambre Serana
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Ami(e)s: A-t-on vraiment besoin de le savoir ?
Âme soeur: C'est un débat qu'il faudrait avoir dessus, pas une simple affirmation.

MessageSujet: Re: La douceur du serpent. [Ulrich]   Jeu 13 Juin - 18:52

Il y avait quelque chose de changé chez Liechtenstein. Quelque chose en moins et quelque chose de nouveau. Il semblait plus détaché, plus froid – tout en restant un gosse capricieux – et il avait perdu le peu de bon sens qu'il avait. Son regard flottait de le vide et, lorsqu'il me fixa, il lui fallut quelque seconde avant de comprendre que c'était moi. A moins qu'il n'ait été perturbé par la perte de son verre ce qui lui aurait fait un point commun avec tous les autres clients du moins, moi excepté. Il y avait un groupe de quatre personnes, entre soixante et quatre-vingt ans à vue d'œil, à quelques mètres de nous et dont l'odeur venait heurter mes narines. Je pouvais sentir leur regard sur moi qui, s'ils avaient pu, auraient transpercé mes vêtements. L'alcool n'aidant pas, ils devaient être à mille lieux d'imaginer qui j'étais réellement et je leur aurais bien volontiers montré mais l'idée d'un séjour à Azkaban m'empêchait d'agir. Si Ulrich n'avait pas été aussi ivre et imbécile je lui aurais volontiers demandé de faire le travail à ma place. C'était malheureusement impossible. Ma main gauche tenait fermement mon petit sac en cuir noir qui appartenait à ma mère, il devait surement être en train de prendre la poussière. Le contraire n'était pas possible dans ce lieu qui semblait n'avoir jamais été nettoyé. Sur le verre, maintenant vide, de Liechtenstein on pouvait distinguer quelques traces de salissures en plus de celles de qu'avaient laissé mes lèvres. Je n'aimais pas spécialement l'alcool mais une petite gorgée n'allait pas me tuer. Je savais me contrôler, moi et donc, pas expansion, m'arrêter avant que cela ne fasse des dégâts. Bon, certes, pour Liechtenstein c'était plus difficile puisqu'il était lui-même un dégât. 

Tant de choses s'étaient passées depuis que j'avais quitté Poudlard. Des mois s'étaient déroulés et je ne remarquais que maintenant que la vie avait continué dans le château, sans moi. Je n'avais jamais été assez stupide pour penser que je manquerais à quelqu'un mais savoir que je n'étais plus qu'un souvenir, oublié par beaucoup ne m'était pas agréable. Ma réputation avait du s'envoler – ce qui n'était pas pour me déplaire – et les personnes que j'avais rencontré là-bas avaient évolué. Pas toujours dans le bon sens, songeai-je en fixant Ulrich. A travers lui, je voyais Joy qui avait elle-aussi disparu de la circulation. Je pensais à Maddison et ses rêves de gloire, de beauté et de fortune. J'imaginais Olivia, toujours aussi seule ?, et sa façon décalée de voir les choses. Qu'étaient-ils devenus ? Balsey n'avait pas dû beaucoup changer et Maddy avait du grandir, quelques centimètres en plus ne lui feraient pas de mal et un grain de maturité en plus. D'ailleurs, en parlant de maturité, il était plus que temps qu'Ulrich en acquiert. Sa petite vie tranquille, futile et superficielle n'allait pas durer éternellement. Je plaignais sa future femme qui allait devoir l'éduquer en plus de devoir le supporter. Je souris alors qu'Ulrich se mettait à rire – pourtant, il ne semblait pas avoir dit quelque chose de drôle. Tant de choses. Le voir était ma première déception et une grande déception. Malgré tout, j'avais toujours cru que Liechtenstein avait de quoi devenir quelqu'un de bien, d'adulte, de responsable. Quelqu'un digne d'être un sang-pur et qui portrait son nom avec honneur et fierté. Mais visiblement, il n'en voulait plus sinon pourquoi se mettre dans un tel état le soir de ses fiançailles avec la petite Benson ? Avait-il seulement conscience qu'il n'existait pas en tant qu'Ulrich – sauf peut-être pour cette chère Katie Bell – mais que toute sa vie était fondée sur le seul nom de Liechtenstein ? 


-Rajouter un peu de whisky dans le miens.  

Non, évidemment que non. Je lançai un regard au barman pour lui signifier que, non, il ne fallait pas lui rajouter du whisky. Il était prêt à plier – et il aurait plié – mais Liechtenstein choisit de s'en mêler avec autant de classe qu'il lui était possible ; c'est-à-dire aucune.

-Faite ce que je vous dis. De quoi avez-vous peur ? Ce n’est qu’une femme.  

Un éclat de colère passa furtivement dans mes yeux. S'il voulait m'énerver, il était bien parti mais il était encore loin du compte. De toute façon, il était beaucoup trop ivre pour savoir ce qu'il disait. Les mots qui sortaient de sa bouche n'avaient aucun sens, ils n'exprimaient que des désirs égoïstes qu'il aurait dû chasser depuis longtemps déjà. Le barman avait très vite compris que j'étais dangereuse – je l'étais encore plus qu'avant, j'avais acquis encore plus d'assurance, de connaissances et plus de détermination – alors qu'il ne m'avait jamais vu à l'œuvre. Le grand idiot à côté de moi jouait par contre les amnésiques et les courageux ; un rôle qui ne lui allait évidemment pas bien. Je soupirai. Les deux tasses de thé finirent pas arriver et Ulrich attrapa la sienne au moment où le barman fini de lui ajouter du whisky. Il but sa tasse d'un coup sans se soucis de la chaleur qu'elle dégageait. Je restai de marbre face à son comportement puéril. Qu'est-ce qu'il voulait bon sang ? Que je parte et que je le laisse seul avec ses malheurs comme un pauvre gosse de riche ? Quel idiot. S'il pensait encore que mon sexe me complexait ou que c'était une honte d'être une femme il fallait qu'il change de siècle, le onzième lui conviendrait mieux. Si je n'étais qu'une femme lui n'était qu'un enfant. Un enfant qui aimait beaucoup l'alcool ; il venait de remplir sa tasse avec du whisky – et seulement du whisky cette fois-ci. Il allait rentrer chez lui totalement ivre et je n'osais imaginer la réaction de son père. Je ne l'avais vu qu'à de rares reprises mais il semblait encore plus carré que l'était le mien. Peut-être même qu'avec un petit de chance, vue l'état dans lequel il était, il allait débarqué chez sa future femme en criant des mots incompréhensibles pour les gens de la haute société ce qui lui vaudrait d'être déshérité et laissé de côté pour le reste de sa vie. Il le méritait. 

-Et ce n'est qu'une femme qui te met dans un état pareil ?, demandai-je d'un ton railleur. Je te pensais plus robuste.

Ce qui était faux. Il n'avait jamais été robuste à mes yeux, ni même viril. Il était à part et il l'avait toujours été aussi normal qu'il puisse prétendre être. Cela dit par bien des côtés... il n'avait pas tort. Tout le monde pouvait boire de l'alcool pour ne plus avoir à réfléchir, tout le monde pouvait se plier aux ordres de ses parents et tout le monde pouvait se lamenter. Ce qu'il faisait actuellement n'était donc pas bien original et digne d'un mauvais roman de littérature anglaise. De l'alcool, encore et toujours. Ulrich avait l'air fasciné par l'alcool comme s'il s'agit de quelque chose d'exceptionnel. Pourtant, ses yeux ne brillaient pas d'excitation ou d'amusement. Il avait l'alcool triste. Il était assis sur son siège, ne semblait pas vouloir le quitter avant de longs verres trop remplis et trop alcoolisés. Un des nouveaux amis d'Ulrich, un vieux, dégarni au regard lubrique, se mit à rire et on entendit que lui pendant quelques longs instants. Je levai machinalement les yeux au ciel comme je le faisais à chaque fois que quelque m'horripilait. Surtout qu'il n'y avait aucune raison de rire dans un endroit comme celui-ci, pleurer encore pourquoi pas mais rire... J'en avais mal au cœur. J'attrapai ma tasse, la chaleur m'envahit la main et je la montais jusqu'à mes lèvres. Je bus une gorgée et je reposais aussi sec ma tasse. Ce n'était pas humain de ne pas savoir faire du thé, on était en Angleterre, à Londres le thé était l'une de mes boissons favorites. Qu'ils puissent le louper à ce point me... enfin, cela n'aurait pas dû être une surprise lorsqu'on voyait l'intérieur du bar. De la poussière, des vieux verres sales et même leur alcool laissait à désirer. Pourquoi donc est-ce qu'Ulrich allait dans des endroits pareils ? Même le chaudron baveur – qui pourtant laissait à désirer – était beaucoup mieux que cet endroit minable et délabré. Le tissu présent sur les chaises était à moitié déchiré et sali par l'usure des années. Bref, l'endroit ressemblait plus à une maison abandonnée qu'à un bar et donnait plus envie de retourner se coucher tranquillement dans des draps propres que de passer sa nuit à boire. Même ivre il était impossible de nier la saleté des lieux. Franchement, ils auraient pu faire un effort.

-Va-t-en.

Je tournai à nouveau mon regard vers Ulrich que j'avais lâché pour observer la pièce. Il ne me regardait même pas mais pourtant c'était à moi qu'il s'était adressé, du tout moins sa voix puisqu'il n'était pas dans son état normal. 

Que je m'en aille ? Vraiment ? C'était ce qu'il voulait ? Parce qu'il enchainait les conneries lorsque je n'étais pas là. Cela faisait quelque chose que la rumeur de son mariage traînait et si avant de madame Nott ne me l'annonce je n'y avais pas cru j'étais tout de même au courant. J'aurais pu le lui dire – parce qu'il était clair qu'Ulrich ne faisait pas attention aux conversations de ses camarades sang-purs. D'ailleurs j'aurais beaucoup aimé voir son visage au moment où son père avait du le lui annoncer. Il avait dû changer de couleur, se mettre à râler, à essayer d'argumenter – comme s'il en était capable ! - et final il avait plié comme un bon petit fils à son papa. Presque hilarant comme situation. Seulement, Ulrich venait de me donner un ordre et ça ne me faisait pas rire, bien au contraire. Un nouvel éclat de colère passa dans mon regard tandis que je l'observais, l'air de rien – enfin, c'était surtout pour lui ça. Il n'avait pas le droit de me dire ce que je devais faire, ça marchait seulement dans l'autre sens. Depuis quand disait-il aux autres ce qu'il fallait qu'ils fassent ? Et à moi surtout ? Pensait-il vraiment que j'allais lui obéir en lui répondant « bien monsieur » ? Il était décidément vraiment ivre.


-Si tu ne veux plus me voir, t'as qu'à changer de bar, répliquai-je d'un ton glacial. Comme ça, tu pourras jouer le pauvre fils à papa malheureux et capricieux une nouvelle fois pour convaincre d'autres personnes que tu as une vie horrible, continuai-je sans m'arrêter. Tu pourras aussi boire jusqu'à en mourir, je suis sûre que ta future femme sera ravie. Ça t'évitera aussi d'avoir à affronter ta vie, c'est vrai que c'est bien plus facile de la fuir. T'es vraiment con Ulrich.

Je me détournai de lui et repris une gorgée de cet horrible thé. J'étais déçue par le comportement d'Ulrich, déçue qu'il veuille que je disparaisse. Il se comportait comme un enfant égoïste et cela me décevait encore plus. L'alcool était devenu sa protection ? Ou était-ce juste pour un soir ? Non, il semblait habitué, pas comme un alcoolique qui boit tous les soirs mais plutôt comme quelqu'un qui se rassure dans l'alcool, de temps en temps mais à fortes doses ce qui n'était pas beaucoup mieux ; désespérant. Seulement je n'avais pas l'impression que mes paroles aient eu un quelconque effet sur lieu. Trop bu surement. Je lui aurais volontiers repris son verre mais il aurait transplané et aurait trouvé un autre lieu où... satisfaire ses besoins. Je n'étais même pas certaine qu'il sache encore que c'était interdit. 

-Grandis un peu !, conclus-je avec un regard méprisant. Je ne comprenais pas comment Bell pouvait le supporter, surtout qu'elle était censée être intelligente et qu'Ulrich pouvait être exécrable parfois. Je n'étais restée que par esprit de contradiction – et à cause de l'ennui sans doute. Sa conversation ne valait rien et ses idées pas beaucoup plus à mon avis. Pas étonnant que son père ait voulu le marier avant que quelqu'un remarque qui il était vraiment. Mon père aurait sans doute fait de même à sa place, s'il avait eu un fils comme il l'avait souhaité – un vrai évidemment.

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non, je ne tripe pas alone dans mes toilettes en déroulant du papier-cul ..








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Ulrich Liechtenstein
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MessageSujet: Re: La douceur du serpent. [Ulrich]   Mar 18 Juin - 0:13

Il n’osait pas la regarder, il n’osait pas lui parler. Pour lui dire quoi .Ulrich avait toujours eu une image très personnelle de l’ex-Miss Serpentard. A vrai dire, contrairement à la majorité des personnes à poudlard qui l’avait croisé, Ulrich l’adorait. Il ne pouvait pas dire exactement quand cette adoration avait commencé parce qu’il l’ignorait lui-même. Peut-être depuis toujours. Ils avaient grandi ensemble et bien que pendant longtemps ils se s’étaient pas dit un mot, il l’avait toujours observé. Au début de sa scolarité, le serpentard était très observateur, parce qu’il ne parlait tout simplement à personne. Il était très renfermé et solitaire. Très secrets et mystérieux. Les gens ne l’approchaient pas ou alors le regrettaient une fois qu’il leur avait parlé. Ambre ne s’était pas vraiment approché de lui, ni lui d’elle. Ils s’étaient juste croisés. Et elle l’avait envoyé chier. Il n’avait rien demandé à personne mais elle avait été là. Et ça avait le début de tout.

On assimilait souvent Ambre comme l’amie d’Ulrich et peut-être inversement aussi. Mais leur relation n’était pas de l’amitié, c’était bien plus compliqué. Tout comme on ne pouvait pas dire qu’il était amoureux d’elle. Ulrich n’avait jamais éprouvé de sentiments amoureux, comme il en avait pour Katie à son encontre. Non, Ulrich l’admirait, la respectait, l’adorait, lui vouait une amitié sincère et profonde. Il n'avait jamais trahi Ambre, qu’aucune manière possible. Il avait blessé Katie, Sophie, et beaucoup de ses amis mais elle, jamais. C’était presque physiquement impossible pour lui de faire une chose contre elle. Quand Katie s’était mise à enquêter sur la relation qu’il avait avec Ambre il s’était demandé ce qu’il ferait le jour où toutes les deux s’affronteraient. Quel parti prendrait-il ? Et après réflexion, il savait que, même s'il s’en voudrait, il aurait choisi Ambre. Certaines choses étaient si fragiles, qu’au moindre choc, elles voleraient en éclats. Et c’était le cas de leurs relations. Ulrich adorait Ambre. Il passait du temps avec elle, s’inquiétait pour elle, était son punching ball dans ses moments de colère, aurait pu être son mouchoir si elle avait envie de pleurer et son confident lorsque quelque chose la tracassait. C’était pour ça d’ailleurs, ce voyage qu’ils avaient fait. Ambre avait quelque chose qui la perturbait et il l’avait distraite du mieux qu’il avait pu. Ambre ne disait jamais rien, se fichait un peu de lui. Elle ne voyait pas, ne se rendait pas compte de ce qu’elle laissait mourir. Parce que, qui avait-elle à poudlard en dehors de lui ? Ambre avait réussi à se mettre à dos presque toutes les personnes qu’elle avait croisées, sauf lui. Alors il lui en voulait. Ulrich ne lui en avait jamais voulu, pour rien, parce qu’il n’avait jamais rien attendu d’elle. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle soit sympa ou douce avec lui de quelque manière que ce soit. Mais il y avait des limites. Et partir, comme elle l’avait fait, dans un moment comme celui-là, ou sa présence, qu’elle le veuille ou pas, lui était presque aussi vital que l’air qu’il respirait, c’était cruel. Ulrich l’adorait, mieux, il s’était comme habitué à elle. Habitué à la voir tous les jours, à se mettre assis à côté d’elle, à l’écouter lui reprocher des trucs qu’il avait cessé d’écouter. Et elle était partie. Comme ça, pouf. Et elle revenait, comme ça, pouf. Elle n’avait pas le droit de faire ça, de LUI faire ça. Ou peut-être que si, Ambre avait toujours eu tous les droits. C’était une vraie méduse celle-là ! D’ailleurs c’était quoi cette habitude qu’elle avait de toujours le réprimander quand il n’en avait vraiment pas besoin ? Et puis, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire qu’il picole ? Il n’avait rien demandé à personne ! Il ne faisait chier personne et il ne mettait ni la réputation de sa famille, ni celle de la maison Serpentard en péril, il était dans un bar d’ivrogne paumé dans Londres. Ambre le rendait fou. Et quand il l’entendait crier comme ça, l’engueulait, il n’avait qu’une envie c’était de la prendre dans ses bras ! Si ce n'était pas encore plus énervant . Plus elle était insupportable, et plus il l’aimait. Et plus il avait envie de boire aussi… Ulrich bu cul sec sa tasse de Whisky.

Lui dire de s’en aller était sans doute la chose la plus osée qu’il n’avait jamais fait avec elle. C’est fou non . Même lui proposer de se marier à Las Vegas avait été moins terrible que de l’envoyer promener. Et lui dire clairement qu’il ne voulait pas d’elle le réconfortait. Ou pas. Il avait envie de se jeter à son cou et de lui demander pardon, de lui dire qu’il était désolé, de boire deux ou trois gorgé de whisky entre-temps et de revenir à elle. Ambre lui avait manqué. C’était une chose que même un imbécile aurait comprise. Elle lui manquait terriblement. Il l’avait même confondu dans un cachot alors qu’il connaissait pourtant tout d’elle ! Enfin, physiquement. Il aurait pu reconnaitre sa voix entre mille, déduire au son de ses pas si elle était en colère ou juste exaspérée comme à son habitude, expliquer, suivant ce qu’elle prenait au petit déjeuné si elle avait envie de parler ou pas, bien qu’elle n’ait jamais envie de parler, mais plutôt, de savoir si elle était d’humeur à l’écouter parler. Si Ulrich avait eu la possibilité de sentir les odeurs, il était certain que celle d’Ambre serait presque une drogue à ses yeux. Ulrich désirait Ambre et en même temps, ne voulait pas d’elle. Il ne savait pas quoi mettre comme mot sur ce qu’il ressentait. C’était légèrement malsain, et assez inconcevable, mais c’était ainsi. Il adorait qu’elle soit là, près de lui, à vouloir contrôler ce qu’il faisait, et jugeait que pour une fois, elle n’était pas « digne » de pouvoir lui faire une remarque. Bien que digne n’était pas le mot, disons crédible. Elle ne savait pas tout. Pas cette fois. Ambre avait loupé plusieurs épisodes de sa vie et débarquer sans rien dire ne lui donnait pas le droit de s’imposer à nouveau. Même si c’était ambre. Et rien que le fait que ce soit ambre, c’était un argument de poids.

-Si tu ne veux plus me voir, t'as qu'à changer de bar, Comme ça, tu pourras jouer le pauvre fils à papa malheureux et capricieux une nouvelle fois pour convaincre d'autres personnes que tu as une vie horrible. Tu pourras aussi boire jusqu'à en mourir, je suis sûre que ta future femme sera ravie. Ça t'évitera aussi d'avoir à affronter ta vie, c'est vrai que c'est bien plus facile de la fuir. T'es vraiment con Ulrich. Grandis un peu !

Ulrich laissa échapper un sourire narquois tandis qu’il se réservait une tasse de Whisky. Alors comme ça il était lâche ? Il fuyait la réalité ? Intéressant de le critiquer sur ça.

-C’est sûr que toi tu t’y connais en fuite. Tu sais ce que c’est d’éviter d’affronter ta vie, de fuir. Tu es même passé pro quand tu as décidé de te barrer de poudlard sans donner aucune nouvelle… AUCUNE NOUVELLE Ambre.

Ulrich appuya sur le « aucune nouvelle ». Il lui jeta un regard noir, entre haine et tristesse. Ulrich avait passé tellement de temps à se demander si elle allait bien, à imaginer toutes les raisons possible et inimaginable de son départ si soudain. Elle savait, bien qu’elle ne comprenne pas vraiment pourquoi, qu’il l’adorait, qu’il s’inquièterait. Il avait même écrit des lettres tiens ! Lui ! Ulrich ! Alors que donner des nouvelles était aux antipodes de ses habitudes. Alors en prendre ? pff ! Encore moins. Et pourtant. Il avait dû lui envoyer deux, trois, voire cinq ou six lettres, il ne s’en souvenait même plus. Et elle n’avait pas répondu. Aussi simplement que ça. Alors soit elle ne jugeait pas que ses lettres méritaient des réponses, soit elle ne le voyait pas comme un ami, ou quoi que ce soit de fréquentable au point de se juger trop importante pour lui. Et pourtant, il ne croyait pas à cette hypothèse, pour une raison et une seule : elle était là. Assise à un bar miteux, elle venait de boire ce verre de cognac pour lui éviter d’être ivre, ce qui était une cause perdue puisqu’il comptait bien voir des éléphants roses ce soir, et surtout, elle le réprimandait. Ça ne signifiait qu’une chose : elle s’inquiétait pour lui. Le serpent qu’elle était pouvait-il donc faire preuve d’une certaine douceur ?

Une douceur largement surévaluée, certes. Parce que n’importe qui d’un peu humain considèrerait qu’elle venait de l’insulter, de le rabaisser et surtout, de lui faire une leçon de morale. Peut-être parce que c’était très exactement ce qu’elle venait de faire. Mais il ne savait plus. Qu’est-ce qu’elle avait dit déjà ? Qu’il devait se resservir un verre . Bonne idée ! Mais la tasse était un peu petite, et puis il la vidait trop vite, alors il but à la bouteille. Quoi ce n’était pas très classe ? Vous avez vu l’endroit dans lequel il était . Un truc tout miteux, presque à l’abandon, des gens avaient dû mourir sur ce sol et une colonie de rat devait vivre sous le plancher, alors qu’elle importance qu’il ait l’air d’un alcoolique en manque . Au moins ne rigolait-il pas comme l’autre gros lard à quelques mètres d’eux. Ulrich s’agrippa au bar avant qu’il ne bascule en arrière. Puis regarda le vide quelques secondes. Ses yeux commençaient à voir flou. Il prit une respiration puis se tourna vers Ambre lui saisissant le poignet qu’il tenait fermement sur la table.


-Ou étais-tu ? Que faisais-tu ? Pourquoi tu ne m'as jamais donné de tes nouvelles Ambre ? Tu viens me faire une leçon, mais regardes-toi!

Ulrich la relâcha et se leva de son tabouret pour se rapprocher un peu plus d’elle. Elle le repousserait mais tant pis. De toute manière elle n’en avait pas la force et elle n’utiliserait pas la magie. Ici, en zone moldu, il était largement au-dessus d’elle. Il était plus fort, ne craignait pas la douleur et dans ce bar, aucune personne n’était assez sombre pour se mettre en travers de son chemin. Qui plus est, ce n’était pas le style de la jolie de blonde de demander de l’aide.

-Tu viens ici, tu me parles de moralité et de comportement adulte mais qu’est-ce que tu es toi ? Tu n’es qu’une pauvre fille qui n’affronte pas ses propres situations compliquées. Parce que c’était ça non . Juste avant de partir, tu avais quelque chose qui clochait et ne viens pas me sortir le coup de la maladie, parce que des maladies qui te clouent au lit pendant plusieurs mois, tu n'en ressors pas aussi facilement, et surtout, tu ne te vide pas un verre de cognac comme ça juste après.

Ulrich se pencha vers elle, saisissant son visage entre ses mains pour qu’elle le regarde dans les yeux. Finis de jouer, terminé les fois où il baissait les yeux devant elle, ou il se faisait petit pour la laisser agir à sa guise. Elle voulait qu’il affronte la vérité . Qu’il joue les adultes . Très bien ! Et il allait commencer par lui dire clairement sa manière de penser.

-Tu ne sais rien Ambre. Rien du tout. Tu te permets de me juger alors que tu ignores les raisons qui me poussent à venir ici. Grandis un peu Ambre. Dans la vie, tout n’est pas toujours blanc ou noir. Et parfois, il faut savoir décompresser.

Ulrich se dégagea de face à elle pour se retourner vers l’endroit où il avait posé la bouteille de Whisky.

-Et tu vois, c’est très exactement ce que j’ai prévu de faire ce soir !

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Ambre Serana
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MessageSujet: Re: La douceur du serpent. [Ulrich]   Mar 18 Juin - 15:15

J'ignorais tout de ce bar, des clients qui s'y trouvaient, de la tristesse qu'on pouvait lire dans leurs yeux ou même du salaire du barman. Je ne m'intéressais pas, leurs vies n'allaient croiser la mienne que pour un petit moment et c'était beaucoup mieux ainsi. Pourtant, savoir qu'ils m'observaient, que j'étais au centre de leur conversation que les yeux du petit barman devant moi brillaient lorsque je lui servais quelque chose me flattait et me dérangeait à la fois. J'aimais être au centre de l'attention tant que je pouvais aisément disparaître et ne plus exister que comme un lointain souvenir. Mais toute cette admiration – pas seulement ici mais celle qui venait de Poudlard aussi – était malsaine. Je ne comprenais pas comment j'avais réussi à m'attirer tant de regards brillants, de sourires timides. Tous ces gens voulaient que je leur parle alors que c'était la dernière de mes priorités. Ils m'exaspéraient. Heureusement, au fil du temps, j'avais réussi à inverser la donne. Maintenant, j'étais détestée par la grande majorité des élèves – pour ceux qui se souvenaient de moi. Je n'étais qu'une sale égoïste, narcissique, etc. Se fondre dans la masse était beaucoup plus difficile que de se faire remarquer et je n'étais pas encore totalement devenue une étrangère. Mon retour n'allait pas faire beaucoup de bruit mais certaines personnes allaient se souvenir et c'était déjà bien assez.

-C’est sûr que toi tu t’y connais en fuite. Tu sais ce que c’est d’éviter d’affronter ta vie, de fuir. Tu es même passé pro quand tu as décidé de te barrer de poudlard sans donner aucune nouvelle… AUCUNE NOUVELLE Ambre.

Mon visage resta de marbre tandis que des dizaines de sentiments contradictoires me traversaient. ...Pardon ? Depuis quand Liechtenstein m'engueulait-il ? Depuis quand avait-il décidé de réfléchir avant de parler ? Où était passé l'Ulrich jeune, insouciant, stupide, naïf et soumis que j'avais laissé derrière moi ? Il avait bien changé, pas assez pour qu'il puisse m'échapper bien évidemment mais il avait évolué – à moins que cela soit l'alcool. A vrai dire sa remarque me donnait plus envie de rire qu'autre chose. Il ne savait rien des raisons qui m'avaient poussée à quitter le château et pourtant en parlait comme s'il connaissait les moindres détails de ma vie. Quant aux nouvelles... là, c'était franchement comique et j'allais même finir par croire que je lui avais manqué. Ulrich était fait de poussière, un assemblage de poussière dont personne ne savait quoi faire et si on soufflait, tout s'envolait. Sa personnalité n'était que fumée, il piquait quelques caractéristiques à ceux qu'il croisait et mélangeait le tout. Un mélange assez explosif d'ailleurs, et qui avait une forte réaction à l'alcool. Mon regard erra sur la table et je sentis à peine la main d'Ulrich saisir mon poignet. Ma tasse de thé était presque froide à présent. Je la repoussai de ma main libre avant de faire face à Liechtenstein puisque cela lui tenait à cœur.

-Ou étais-tu ? Chez moi. Que faisais-tu ? 

Cette question me laissa perplexe. Ce que je faisais ? Je ne l'avais pas encore entièrement compris. Je savais que j'avais eu besoin de prendre du recul, d'affronter ma réalité familiale, d'ouvrir les vieilles blessures et les vieux tiroirs qui recelaient encore bien des secrets. Les bras de ma mère me rassuraient lorsque j'étais jeune, aujourd'hui ils me terrifiaient. Mon père était d'un naturel calme, triste et absolument pas combatif ; rien de nouveau jusque là. C'était ma mère qui m'avait surprise, celle qui restait si souvent en retrait, celle qui savait cuisiner des tartes aux poires, faire du thé, coudre et même peindre. J'avais toujours cru qu'elle était heureuse, que l'absence de Léandre ne la marquait, qu'elle vivait très bien sans lui. Ce n'était pourtant pas le cas. Il y avait de la douleur au fond de ses yeux, de la haine dans son regard et de la colère dans ses mots. J'avais découvert qu'elle entretenait une correspondance secrète avec mon frère. Je pouvais revoir son visage fermé, sa main froide lorsqu'elle avait arraché la lettre d'entre mes doigts et puis, une unique phrase avait été prononcé dans le silence de la maison et...

-Pourquoi tu ne m'as jamais donné de tes nouvelles Ambre ? Tu viens me faire une leçon, mais regardes-toi!

Parce que c'était moi le problème maintenant ? Non, je ne lui avais jamais donné de mes nouvelles pourquoi l'aurais-je fait ? Ulrich ne représentait rien pour moi. C'était tout juste une connaissance, quelqu'un avec qui je passais du temps parce qu'il finissait toujours par revenir vers moi. Je ne lui avais rien demandé, je n'avais rien voulu, rien exigé de lui. Liechtenstein m'était, certes, utile certaines fois mais cela n'allait jamais plus loin. C'était un objet encombrant mais qui pouvait s'avérer bien pratique or, pendant mon absence, j'avais rangé cet objet dans un placard sans même y penser. Je lui lançai un regard vide, parce que notre relation était vide de tout sens.

-Tu viens ici, tu me parles de moralité et de comportement adulte mais qu’est-ce que tu es toi ? Tu n’es qu’une pauvre fille qui n’affronte pas ses propres situations compliquées. Parce que c’était ça non . Juste avant de partir, tu avais quelque chose qui clochait et ne viens pas me sortir le coup de la maladie, parce que des maladies qui te clouent au lit pendant plusieurs mois, tu n'en ressors pas aussi facilement, et surtout, tu ne te vide pas un verre de cognac comme ça juste après.

Je n'eus même pas le temps de lever les yeux au ciel. Ulrich s'était levé – l'air très énervé tout d'un coup – et ses mains saisirent son visage. Qu'est-ce qu'il voulait ? Que je le fixe ? Je connaissais ses traits, la couleur de ses yeux ou même de ses cheveux. Je savais qui il était, qu'il était bien plus fort – physiquement parlant – que moi. S'il voulait m'intimider, c'était raté. D'ailleurs, s'il avait voulu me blesser avec son petit discours c'était aussi raté. De toute façon, ce n'était pas la peine qu'il essaye il ne réussissait jamais rien. Je n'avais pas parlé de maladie – et si, je l'avais été, j'avais encore les marques des piqures sur le ventre – et j'étais justement allée affronter mes problèmes. Je n'en avais pas à Poudlard et rien ne clochait juste avant que je parte, c'était n'importe quoi. Bon, éventuellement, cette histoire avec Sawyer m'avait mis sur les nerfs, m'avait poussé à me poser des questions mais ce n'était rien de grave ou qui nécessite un quelconque affrontement. Se marier par contre, c'était un autre problème. A vrai dire, le moment où Ulrich avait prononcé le mot « moralité » un sourire était né sur mes lèvres. J'étais n'étais pas du tout en train de parler de moralité, c'était une notion qui m'était étrangère et que je gardais loin de moi. Depuis quand est-ce que j'étais morale ? Je devais l'élève avec le moins de scrupules et de remords de Poudlard. Pourtant, j'avais fait parti d'un groupe de Serpentards pro-mangemorts, j'avais poussé des élèves à aller en frapper un autre, j'avais blessé la moitié des élèves de Poudlard et le tout avec une immense fierté. Alors non, ce n'était pas moi qui allais parler de moralité.

Bon, cela dit, s'il avait quelque chose à ajouter qu'il le dise. Ça commençait à devenir beaucoup trop larmoyant à mon goût. Et s'il pouvait enlever ses mains de mon visage ce n'était pas de refus non plus.


-Tu ne sais rien Ambre. Rien du tout. Tu te permets de me juger alors que tu ignores les raisons qui me poussent à venir ici.

Évidemment que je me permettais, j'étais Ambre Serana. Ce n'était pas comme si ça devait l'étonner. Les raisons : Cassandre – Mariage – Katie. C'était vite vu non ? Et je ne pensais pas avoir tort. Liechtenstein pouvait dire ce qu'il voulait je savais beaucoup de choses et sans doute plus qu'il ne se l'imaginait. Les quelques liens qu'il me restait à Poudlard étaient des liens d'informations. Si je le voulais, je pouvais savoir ce qu'il avait fait chaque jour depuis mon départ, comme de litres d'alcool il avait bu, ce que son père prévoyait de lui léguer, où il allait vivre avec Cassandre, ce que pensait réellement sa mère de lui... Il suffisait que j'en parle à mon père qui se débrouillait toujours pour avoir une tonne d'informations. Nous étions doués pour fouiner dans la famille. 

-Grandis un peu Ambre. Dans la vie, tout n’est pas toujours blanc ou noir. Et parfois, il faut savoir décompresser.

Ça pour savoir décompresser il savait plutôt bien ! Heureusement, il en profita pour me lâcher et je pus retourner à la contemplation du bar tandis qu'il retournait à sa bouteille, l'air tout heureux. J'allais lui en offrir des caisses de whisky, histoire qu'il fasse un coma éthylique. Ça me ferait des vacances.

-Et tu vois, c'est exactement ce que j'ai prévu de faire ce soir.

Qu'est-ce que Liechtenstein pouvait être con parfois. Ça me surprenait toujours pourtant il aurait du savoir que lorsqu'il planifiait lui-même sa soirée ça se finissait toujours mal. Je restai muette quelques instants encore, il n'était pas à ça près et, de toute façon, tant qu'il avait sa bouteille il était heureux. Seul, complètement seul mais heureux. Mon regard fit le tour du bar une nouvelle fois. Il n'y avait rien d'intéressant. Deux jeunes venaient de rentrer, plutôt sérieux. Ils étaient plutôt beaux d'ailleurs et j'envisageai un instant d'aller les rejoindre. Je jetai un dernier regard froid à Ulrich avant de lui lancer :

-Tu sais, mes problèmes, ils étaient pas à Poudlard, ils étaient chez moi. 

Puis, une fois les choses mises au clair je finis mon thé – froid encore plus mauvais qu'avant. Je glissais ma main dans mes cheveux, attrapai mon sac et sortis un petit flacon brun contenant de petites pilules bleus. Toute cette discussion m'avait rappelé que, si je les oublias, je risquais de retourner faire un séjour dans l'horrible hôpital pour sorciers de Londres. Ce que j'avais eu n'était pas grave, mais il fallait le soigner sinon je risquais de ne pas pouvoir avoir d'enfants – ce qui pour l'instant ne me tentait pas, mais enfin ! La discussion avec l'autre abruti étant finie j'étais libre de rentrer chez moi où personne ne devait m'attendre. Je sortis mon médicament spécial sorcier comme ils aimaient appeler ça et j'en pris deux doses. Je refermai le flacon et le reposai dans mon sac. 

-Faites-moi un mélange, avec tout ce que vous voulez, tant que c'est fort, ordonnai-je au jeune barman qui s'exécuta sans un mot. Moi aussi je pouvais décompresser si je le voulais. Médicament + mélange d'alcool = mauvais effets sur la santé. J'étais la première à le savoir mais j'aimais prendre des risques. Et puis, je l'avais déjà fait ce n'était pas comme si c'était un geste suicidaire. De toute façon on m'avait conseillé de boire avec – bon, certes, pas de l'alcool – et ça passait mieux avec un alcool fort tant que j'en prenais pas trois litres. Les mélanges c'était parce que j'avais toujours beaucoup aimé les mélanges, c'était un peu comme les potions et ça m'intriguait. J'aimais savoir comment réagissait quelqu'un en présence de cognac et de whisky dans le sang alors... je testais sur moi, c'était plus sûr. 

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Ulrich Liechtenstein
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MessageSujet: Re: La douceur du serpent. [Ulrich]   Dim 23 Juin - 13:57

En sa présence, Ulrich était un bord d’un gouffre. Toujours. Continuellement. D’un côté, il y avait l’amour, l’adoration, une sorte de lumière brillante et douce qu’il avait envie de voir près de lui, et d’un autre, les ténèbres, la haine et la passion. Ulrich était au centre. Sur une ligne fine, près à tomber d’un côté ou d’un autre. Ne pouvant se décider. Est-ce qu’il aimait Ambre ou est-ce qu’il la détestait ? Le problème, c’était que la concernant, il éprouvait les deux. Il voulait la blesser et l’enlacer, la voir pleurer et sourire, lui crier dessus et lui demander pardon. Elle l’effrayait mais il était un aimant, toujours attiré par elle, qu’importe son humeur, ses caprices ou ses incertitudes. Elle le repoussait, mais il terminait toujours près d’elle. Les contraires s’attirent. Ambre était tout ce qu’il n’était pas : Précise, réfléchie, froide, déterminée et sûre d’elle. Elle possédait tout ce dont il avait besoin pour être complet et tout ce qu’il craignait d’être un jour. C’était Ambre. Ambre était une entité à elle seule, elle était le paradis et l’enfer à la fois, elle était son idole, son point de repère et sa drogue. Son verre de cognac. Celui qu’il ferait mieux de ne pas toucher. Le verre de trop, mais tellement attirant. Le verre qu’elle avait porté à ses lèvres. Il lui en voulait. Parce qu’elle l’avait bu ou parce qu’elle était là, et qu’il la désirait plus encore que le verre qu’il n’avait plus ? S’il tendait le bras, la main, il pourrait la toucher. Elle était là. Et c’était comme si elle le libérait de quelque chose. Ambre était là. Et c’était comme reprendre un nouveau souffle. C’était réconfortant et douloureux à la fois. Elle était là. Et elle était pourtant si loin. Ulrich était froid et distant. Il lui en voulait, mais il avait beau lui crier dessus, lui reprocher tout ce qu’elle avait fait ou pas fait, il lui avait déjà pardonné. Parce que c’était Ambre. Et qu’il ne pouvait pas lui en vouloir.

Ambre n’avait rien demandé, ne lui avait rien promis. Mais elle était là. Elle était… à lui ? Elle ne lui appartenait pas, elle n’était concrètement pas sienne, mais qui avait-elle d’autre à Poudlard ? C’était égoïste de penser ça, mais peu de gens l’aimait. Ambre était populaire, mais pas dans le bon sens. Quand on la voyait, on n’avait pas des masses envie de l’aborder, elle faisait peur. Et Ulrich était sûr que c’était très exactement ce qu’elle souhaitait. Mais du coup, qui avait-elle en dehors de lui ? Personne non ? Alors il pouvait penser qu’elle était à lui non ? Juste à lui. Quand Ambre se mettait à table, c’était avec lui, quand ils étudiaient, c’était avec lui, même si c’était lui qui allait toujours vers elle. Mais elle était là, et lui aussi. Ils étaient souvent ensemble. Et Ulrich adorait ces moments-là. Même si c’était loin d’être réciproque. Il avait comme le sentiment que c’était quelque chose de privilégié. Il était privilégié. Lui seul avait le droit d’être aussi familier avec elle, d’être aussi proche d’elle. Elle n’avait rien demandé, elle ne voulait même pas de ça, mais Ulrich était là, et il l’aimait pour ça. Il aimait être le seul. Et s’il lui en voulait, alors il la perdrait. Et il ne voulait pas la perdre, et il ne voulait pas qu’elle parte, encore.

Ambre tourna le visage vers le groupe de personnes qui venait d’entrer. Des types d’une vingtaine d’années. Ulrich eut une certaine haine envers eux l’espace d’une seconde. Pourquoi est-ce qu’elle les regardait ? C’était quoi ce regard ? Ulrich posa ses yeux sur eux, les dévisageant une seconde. Des moldus. C’était certain. Ils ne valaient rien. Ils étaient que des larves qu’il pouvait écraser en deux secondes. Ils étaient faibles et inutiles. Pourquoi Ambre les regardait-elle ? Qu’est-ce qu’ils avaient de si attractifs pour qu’elle les fixe comme ça ? Elle voulait les rejoindre c’est ça ? Elle voulait partir ? Encore ? Elle voulait aller les rejoindre ?! Mais qu’elle se lève ! Qu’elle se barre ! Qu’elle se tape un de ces moldus de merde et qu’elle ne lui adresse plus la parole si c’était ce qu’elle voulait ! Mais si elle les rejoignait… Si elle partait du bar pour aller chez eux… Ulrich était dans une colère noire. Il ne savait même pas pourquoi ! Ce n’était que des moldus sans importance, et puis de toute manière, Ambre revenait vers lui. Evidement. C’était évident. Pourquoi aurait-elle voulu d’eux, alors que… et merde. Ambre se fichait bien de lui, et ça le rendait fou. Et en même temps, il n’avait pas non plus envie qu’elle se colle à lui, qu’elle enquête sur son compte. Il avait déjà Katie pour ça. Mais il la voulait pour lui. De manière égoïste et malsaine. Mais il la voulait pour lui. Ambre était Ambre et Ambre était son verre de cognac, qu’il ne voulait pas partager.


-Tu sais, mes problèmes, ils n’étaient pas à Poudlard, ils étaient chez moi.

Ulrich s’immobilisa, oubliant de respirer pendant quelques secondes. D’accord. Ambre avait vraiment eu des problèmes. Dans le fond, il le savait, enfin, c’est ce qu’il s’était imaginé mais imaginer réellement Ambre avec des problèmes, c’était comme lui planter directement un poignard dans le cœur. Il n’avait pas été là. Elle ne lui avait rien dit. Il n’avait rien su. Et il lui en voulait, il était en colère et autant qu’il la détestait pour lui avoir caché que ça n’allait pas, il avait envie de la prendre contre lui et de lui dire qu’il était désolé. Désolé pour elle, désolé de ne pas avoir été là, désolé de tout ce qu’elle n’attendait pas de lui et qu’elle ne voulait pas, mais, qu’il lui donnerait malgré tout. Parce qu’Ulrich l’aimait si fort, que c’en était douloureux.

-Ha.

Ulrich avala une nouvelle gorgé de sa bouteille tandis que le barman refaisait surface. Il lança un regard noir à Ulrich pour la bouteille qu’il tenait en main, puis se remit à ses affaires. Ce n’était vraiment pas le moment pour lui de s’incruster entre eux. Ulrich regarda ce que faisait Ambre. Elle ne disait plus rien mais elle cherchait dans son sac quelque chose. Un médicament. Ambre était malade. Il eut peur. Ambre n’était jamais malade. Enfin, elle n’était pas indestructible, mais il ne l’avait jamais vu malade. Et il voyait si souvent des gens l’être qu’il ne pouvait qu’être inquiet. Ulrich s’inquiétait pour elle. Il le ferait toujours. Et elle le savait. Et elle prenait son médicament bien devant lui. Elle lui disait des choses qu’elle savait qui le toucherait, qui le blesserait. Ambre était un monstre, elle le torturait et elle adorait ça. Ulrich était un agneau face à un loup, elle lui montrait les crocs, et il s’approchait un peu plus d’elle, pour qu’il la dévore. Parce qu’il aimait ça. Parce qu’inconsciemment, il aimait qu’elle le blesse. C’était malsain et cruel, c’était la base de leur relation : la douleur, la torture mentale de toutes choses. Ulrich se torturait et se vengeait sur d’autres. Si il avait toujours pu rester près d’elle, c’est parce qu’il encaissait. Ambre le mettait à l’épreuve, et Ulrich prenait sur lui. Comme toujours.

-Faites-moi un mélange, avec tout ce que vous voulez, tant que c'est fort

Ulrich la regarda surpris. Un mélange de truc fort ? Et elle lui faisait la morale après ça ? Elle jouait à son jeu. Elle jouait sur son terrain. Mais il ne fallait pas. Le barman posa un verre devant elle. C’était quoi ? Cognac, Whisky, gin, vodka ? Ulrich saisit le verre et le but cul sec. Elle était folle de commander un truc pareil ! Surtout avec un médicament. Il commençait à voir trouble mais il n’était pas suffisamment ivre pour la laisser se faire du mal.

- Servez-lui un thé.

Les rôles s’inversaient. L’avait-elle prévu ? Est-ce qu’elle jouait encore avec lui ? En tout cas son plan marchait et à la perfection. Ulrich était vraiment d’un prévisible… Mais certaines personnes, il ne pouvait pas les laisser faire ça. Et Ambre en faisait partie. Ambre comptait beaucoup pour lui. Beaucoup plus qu’elle ne l’aurait dû. Ulrich soupira. Dans le fond, il avait l’impression d’être exactement le même qu’il y a 3 ans. Quand il avait eu sa crise de rébellion et qu’Ambre était apparue. Elle avait dit des choses froides et sincères, il s’était apaisé et il l’avait suivi. C’était ce jour-là. Ce jour que tout avais changé pour lui. Il avait rejoint les purgateurs parce qu’elle en était. Il avait commencé à mentir, tricher pour protéger son secret, leur secret. Ambre avait pris une place importante dans sa vie mais… Il se demandait si ça avait été une bonne chose. Depuis ce jour, tout lui avait échappé. Il avait laissé Ambre gérer ce qu’il devait cacher et… et… non. Ambre n’y était pour rien. Ambre était là. Il la regardait tandis que le barman posait un thé devant elle et il se disait que dans le fond, c’était mieux ainsi. Ambre comptait tellement pour lui. Elle ne se rendait même pas compte à quel point. Et c’était tant mieux. Elle n’aurait pas aimé.

-Qu’est-ce qui s’est passé ?

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MessageSujet: Re: La douceur du serpent. [Ulrich]   Lun 24 Juin - 13:13

Certaines fois nous nous trompions du tout au tout. Nous étions intiment persuadés de savoir qui était l'autre réellement, de le connaître en profondeur et même de pouvoir deviner l'objet de ses pensées. Ce n'était pas le cas, nous ignorions tout. Les petits détails nous étaient étrangers et les grandes lignes devenaient floues à force d'être répétées. Encore et encore, comme si nous ne les connaissions pas par cœur. Je ne pensais pas faire partie de ces gens-là, ceux qui se trompent. J'étais lucide, réaliste et je ne prétendais connaître personne. J'avais bien conscience qu'une part d'Ulrich m'était étrangère, qu'il ne laissait apparaître qu'une facette de lui lorsque j'étais présente – sinon comment aurait-il réussi à avoir Bell comme copine ? - et qu'il était plus complexe qu'il ne voulait le laisser croire. Ça ne me faisait ni chaud ni froid ; je n'avais aucune envie de savoir qui il était tant qu'il continuait à m'écouter sagement sans me chercher des problèmes. Enfin, ça commençait visiblement à changer puisqu'il avait décidé de me lancer mes quatre vérités en espérant que ça m'atteigne. Erreur fondamentale, au plus ça avait comme effet de m'énerver mais au grand jamais cela me baisserait. Je me connaissais mieux qu'il le pensait et j'avais bien plus en réserve que ce qu'il pensait. De tout façon Ulrich faisait partie de ces personnes qui se trompaient du tout au tout. Par principe, par habitude et surtout par croyance. Liechtenstein pensait qu'il avait raison et qu'il pouvait se permettre d'affirmer ses idées. Ce qui était bien évidemment faux, ses idées avaient été prises aux autres parce que lui-même n'en avait pas. Alors les défendre et s'en vanter ce n'était pas une bonne idée. De loin pas.

Je détournai mon attention d'Ulrich pendant un instant. Le groupe de jeunes s'était installé oubliant qu'ils n'étaient pas seuls dans le salle. Leurs éclats de voix obligea même un vieil homme aussi sérieux que le ministre de la magie à aller réclamer le silence. Ce qui, évidemment, ne plut pas à ses interlocuteurs qui répliquèrent à coup de phrases acides. Enfin... de phrases qu'ils voulaient acides ce qui, au vue de leur degrés d'intelligence n'était pas gagné. Je vus avec plaisir le verre arriver devant moi mais, à peine eus-je le temps de sourire au barman pour le remercier qui fila droit dans la main d'Ulrich. Je fusillai Ulrich du regard pendant qu'il buvait cul sec ce que j'avais commandé. De quel droit...


-Servez-lui un thé.

Était-on en train d'échanger les rôles ? Parce que je ne tenais à essayer d'imiter Ulrich. Pas assez d'intelligence, de subtilité et de ruse pour moi. Ulrich était bien Ulrich pour que quelqu'un essaye de se faire passer pour lui de toute façon. Bien trop incompréhensible – presque mystérieux. Il s'en fichait que je boive du thé ou de l'alcool. Il ne pouvait pas s'en soucier lui qui était de plus en plus ivre. De toute façon, je ne le boirais pas son thé et il le savait très bien. J'espérais au moins qu'il avait prévu de payer, parce que je n'allais débourser une seule pièce pour cet endroit minable et pour ce moment minable. Je regrettais maintenant d'être venue m'assoir à côté d'Ulrich. Ma soirée aurait été bien mieux dans la solitude des rues de Londres, bien plus passionnante. Ulrich n'était qu'un vieux souvenir, une ombre sur un beau tableau, quelqu'un qui, malgré tout, était toujours là et surtout lorsqu'il ne le fallait pas. Il m'avait vu grandir, m'affirmer et devenir ce que j'étais et ce n'était pas forcément bon. Connaissait-il mes faiblesses ? Non, il m'idéalisait beaucoup trop pour avoir de conscience que je n'étais pas aussi invincible qu'on pouvait le croire. Pourtant, il devait en connaître des choses sur moi ; mes goûts, mes passions, mes envies, mes idéaux,... Je ne connaissais rien de lui pour ma part. Il n'y avait aucun équilibre entre nous, je n'en voulais pas parce que je ne voulais pas d'Ulrich.

J'observais un instant le thé, posé devant moi. Je clignais rapidement des yeux, énervée par l'intervention d'Ulrich. Qu'est-ce qu'il pouvait être exaspérant ! « Servez-lui un thé », comme si je n'étais pas capable de choisir ce que je buvais. C'était lui qui n'était pas responsable et à qui on ne pouvait rien confier et rien laisser faire ; pas moi. C'était lui qui était obligé de boire plusieurs verres pour ne pas avoir à penser à son mariage. Et d'ailleurs, c'était lui qui allait se marier avec la petite Benson – à qui je souhaitais bien du courage. Ses problèmes, tout le monde les connaissait et j'étais sûre qu'il provoquait l'hilarité générale dans le monde des Sang-Purs. Madame Nott l'avait clairement sous-entendu à table et c'était le genre de femmes sur lesquelles on pouvait compter sur ce type de point. Elle était au courant de tous les ragots et de tous les commérages c'était à dire de presque dans notre milieu.


-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Mon regard tourna vers Ulrich. Agacée, je lui lançais un regard noir. J'en voulais pas de ses questions, de sa bonne volonté et encore moins de sa pitié. Je connaissais Ulrich, il allait encore me prendre en pitié. Or, je n'étais pas une victime, tout sauf ça. Le bourreau, la méchante, l'élève modèle, l'égoïste de service mais pas la victime. Jamais. Mon regard se fit encore plus dur et j'envisageai pendant une seconde de quitter ce bar pour retrouver le confort de ma chambre, entre des murs familiers. Ne pas penser à ce qu'il s'était passé était plus simple. De toute façon, l'expliquer n'était pas possible.


-Rien, répliquai-je d'un ton glacial. Il ne s'était rien passé d'intéressant, rien qu'il doive savoir. Je ne partageais pas mes problèmes, il aurait dû le savoir et encore moins avec qui. Pensait-il vraiment que je l'estimais ? Que j'éprouvais ne serait-ce qu'une once d'affection pour lui ou que son avis m'intéressait ? Je savais gérer seule mes problèmes et les affronter seule. Je n'avais pas besoin d'alcool ou de quelqu'un d'autre. Il n'y a rien à en dire, rajoutai-je finalement au cas où l'esprit décalé d'Ulrich n'aurait pas saisi la nuance.

Rien à dire, rien à faire, rien à raconter ; rien. Encore un mot qui définissait parfaitement la relation que j'entretenais avec Ulrich. Le néant et le vide. Mais qu'est-ce que je faisais là bon sang ? Je poussai la tasse vers Ulrich avec une grimace de dégoût. Rien que l'odeur, ça me donnait envie de la renverser sur le barman qui, lui-même, ne dégageait pas une odeur des plus sympathiques. Sa chemise commençait même à virer sur le jaune à cause de la saleté. Et ne parlons pas de ses cheveux gras ou des quelques boutons qui étaient présents sur son visage. Entre les deux, je choisissais tout de même Ulrich – bien plus propre. Inconsciemment, je souris ; ça me rappelait ma première rencontre avec Liechtenstein dans la salle commune. Son odeur m'avait déconcentré et je l'avais envoyé se laver ; ce n'était pas normal d'avoir une telle odeur. Il m'avait superbement ignoré d'ailleurs. Ensuite, tout s'était accéléré.  


-Liechtenstein, attaquai-je d'une voix dure, subitement prise d'un mauvais présentement. Tu n'as parlé à personne de notre groupe pendant mon absence, n'est-ce pas ? Inutile de préciser ce que j'appelais groupe, c'était logique. Tout comme il était logique qu'il ne devait pas en parler mais s'il buvait souvent autant il aurait très bien pu en parler. Ma voix était menaçante, cassante et ne supporterait aucune réponse positive. L'état dans lequel il était m'alarmait cependant et je ne lui faisais pas assez confiance pour ne pas m'assurer de son bon comportement. Et tu n'as pas été recontacté ?

Je n'y croyais pas mais il n'était pas impossible qu'Olivia ait décidé de prendre les choses en main. Seulement, il était plus probable qu'elle ait abandonné. Il n'y avait plus qu'elle et Ulrich, perdus dans la masse de Poudlard. Nous n'étions plus rien désormais, mais j'avais confiance en mes idéaux et je savais qu'ils persistaient toujours dans ce monde.

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MessageSujet: Re: La douceur du serpent. [Ulrich]   Jeu 4 Juil - 9:49

-Rien

Non, rien. Jamais rien. Ambre ne parlait jamais d’elle. Il le savait pourtant. Ambre ne lui confiait jamais rien sur elle, sur sa vie, ses loisirs, sa famille, ses tristesses ou ses bons moments. C’était un peu pour cette raison qu’il avait été surpris qu’elle lui parle de sa mère quand ils s’étaient vus à Londres. Sa mère. Ulrich se demandait bien à quoi elle pouvait bien ressembler. Est-ce qu’elle était comme Ambre ? Froide et insensible, mentalement du moins. Ou au contraire, était-elle douce et gentille, secrète mais tendre ? C’est drôle, mais Ulrich s’était souvent demandé comment avait été son enfance. Il imaginait bien Ambre, petite, préféré prendre l’exemple d’un père froid, dur mais solide et fort, plutôt que d’une mère douce et gentille, mais soumise. Ambre était indépendante. Et même s’il ignorait presque tout d’elle, il aimait s’imaginer une petite fille aux longs cheveux blond, lire un livre, assise au fond d’un fauteuil plutôt que dehors, à courir après un chien. C’était tellement son genre à Ambre, de faire le contraire de ce que faisait les autre. Ambre n’était PAS les autres. Elle était unique et elle savait le prouver en toute occasion. Ambre ne se livrait pas, elle contrôlait tout. Quand on divulguait un secret, quand on parlait de soit à quelqu’un, c’était comme lui livrer une partie de soi. Plus une personne en savait sur soit, plus elle pouvait nous blesser, se servir de ce qu’elle savait contre nous. Ambre ne disait rien, ne laissait rien échapper. Elle n’avait pas confiance. Elle ne l’aurait sans doute jamais. C’était à son avantage, mais aussi à ses dépens. Ulrich l’aimait. Ulrich aurait fait n’importe quoi pour Ambre. Parce qu’elle le méritait. Parce qu’elle méritait qu’on l’aime et qu’on s’attache à elle, même si c’était, très exactement, ce qu’elle ne voulait pas.

-Il n'y a rien à en dire

Sans doute que si. Mais elle n’avait pas l’intention de partagé ses problèmes. Quand elle le regardait, avec ces yeux noir, c’était comme si elle l’accusait de quelque chose. Est-ce que c’était si incompréhensible qu’il s’inquiète pour elle ? Avait-elle peur qu’il la juge ou qu’il la prenne en pitié ? C’était Ulrich qui était face à elle, pas Chuck, Lilian ou même la nouvelle Miss Serdaigle, heu.. Ruby. Ce n’était que lui. Juste lui. Ulrich et sa manie de s’inquiéter pour elle, de vouloir la protéger alors qu’elle le faisait déjà si bien elle-même. Si seulement elle pouvait voir, comprendre, que certaine personne tenait réellement à elle ! Ambre était bien trop froide, renfermé, solitaire. Pourquoi ? Voilà une chose qu’il se demanderait toujours. Rien n’était jamais acquis. Elle avait des amies, sans doute, qui maintenant devait la détester d’être partie sans prévenir. Elle avait même sa cousine, ou plutôt SES cousines, qui n’avaient pas non plus de nouvelles. Il y avait lui. Mais lui, elle savait dans le fond, qu’il resterait toujours son ami. Qu’elle le veuille ou non. Et même si ca lui faisait mal, il ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était une sortes d’épreuve. Plus ils passaient de temps ensemble, et plus elle le « testait » sur l’amitié qu’il avait pour elle. Mais Ulrich était masochiste. Manque de chance, il resterait longtemps.

-Très bien.

Il était inutile de vouloir continuer la conversation. Elle ne parlerait pas. Pas d’elle en tout cas. Et elle se fichait bien de ce que lui ressentait, de ce qu’il venait de vivre. D’ailleurs, comment était-elle au courant ? On lui avait présenté Cassandre ce soir ! Ulrich soupira. C’était vraiment la pire journée de sa vie, au moins depuis le départ des mangemorts.

-Liechtenstein.

Et cette manie de l’appeler Liechtenstein… Depuis le temps, elle aurait pu prendre la peine de l’appeler par son prénom. Surtout que c’était nettement plus facile à prononcer. Elle appuyait toujours un peu trop sur le « ein » de fin.

-Tu n'as parlé à personne de notre groupe pendant mon absence, n'est-ce pas ?  Et tu n'as pas été recontacté ?

Si, si bien sûr ! Il avait fait des banderoles et avait exposé en gros : « Nous sommes des purgateur » dans la grande salle avant de faire une distribution de cookies… Elle lui demandait sérieusement ce genre de truc ? Non, vraiment, elle le décevait là. Ulrich n’avait jamais eu beaucoup d’estime à ses yeux mais là, elle le vexait. Il n’était pas bête à ce point ! Insupportable, joueur, inconscient, ok mais alors débile… même si parfois il agissait de manière irréfléchie, il y avait une limite. Elle-même le savait, et il espérait sincèrement qu’elle n’avait pas en tête que ça puisse être possible. Qu’elle posait cette question juste pour une histoire de formalité. Il fallait !

-Hoooo zuuuuuut il ne fallait paaaas ?

Ulrich prit une voix aigüe histoire d’appuyer un peu plus sur la stupidité de la question. Puis repris son allure habituel et leva les yeux au ciel en soupirant.

-T’es conne ou quoi ? Évidement que je n’en ai pas parlé. Et non. On ne m’a pas contacté.

Qui l’aurait contacté d’ailleurs ? Ulrich n’était qu’un purgateur comme un autre. Il n’était au courant de l’identité des personnes qui étaient « proche » de lui uniquement, donc en sommes : Ambre, Aurore et Joy. Il n’avait pas croisé Aurore depuis un bail et d’après ce qu’il avait cru comprendre, Joy avait déserté le groupe. Mais il n’était pas naïf au point de croire qu’ils étaient les seuls. Ulrich était certain que Claire Austen en avait fait partie quand elle était encore à poudlard, et il suspectait Olivia d’en être aussi, mais puisqu’il ne lui avait parlé qu’en de rare occasion, il ne pouvait pas confirmer ses idées, surtout qu’il ne le lui aurait jamais demandé comme ça.

Toutes ces histoires de purgateur, de secrets… franchement il en avait marre, et surtout, il n’avait pas du tout la tête à ça. Pourquoi elle mettait un truc pareil sur le tapis ? Maintenant ? Elle n’avait pas l’impression de placé ce sujet dans une conversation qui n’avait rien à voir ? Ulrich prit un nouveau verre de whisky et le vida d’une traite avant de tendre sa carte bancaire au barman.


-Allez viens, on se barre d’ici. J’en ai marre.

Est-ce qu’il lui laissait le choix ? Non. Elle allait lui en vouloir pour ça, mais dans la situation actuelle, il n’en avait rien à foutre. Qu’elle attende qu’il soit pleinement conscient de ce qu’il disait pour lui faire une leçon de moral. Ce soit il avait juste envie de se détendre, d’oublier, que demain matin, elle serait là à son réveil…

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Ambre Serana
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MessageSujet: Re: La douceur du serpent. [Ulrich]   Lun 8 Juil - 13:40

-Hoooo zuuuuuut il ne fallait paaaas ? 

Évidemment. Liechtenstein était un crétin qui pensait avoir de l'humour. Et c'était d'autant plus un idiot s'il pensait que j'avais de l'humour. Cela dit, la voix aigüe lui allait plutôt bien ça lui donnait une petite touche féminine qui – j'en étais sûre – allait plaire à sa future femme. Je lui adressai mon plus beau regard noir parce que, sérieusement, il craignait ce mec. D'accord, je le voyais mal le crier sur les toits mais je ne pouvais pas prédire ce qui se passait dans sa tête. Avec lui je pouvais m'attendre à tout. Et puis, à vrai dire, j'avais surtout songé à Bell parce que c'était tout de même sa copine et j'avais bien remarqué certaines fois que lui mentir lui pesait. Sa réaction était même la preuve qu'il était capable d'en parler : il réagissait comme s'il était un gosse de sept ans. Le fait qu'Ulrich soit stupide était une vérité absolue et universelle à Poudlard mais il était le seule à ne pas en avoir conscience. Seulement, lorsqu'il essayait de prendre l'air idiot en plus de ça... le résultat était effrayant et je me demandais d'autant plus comment est-ce que je faisais pour le supporter – le réponse n'était pas bien compliquée à vrai dire, il suffisait de ne pas l'écouter parler même si ça ne l'empêchait malheureusement pas de le faire.

-T’es conne ou quoi ? Il fallait qu'il se calme. Tout de suite. Évidement que je n’en ai pas parlé. Et non. On ne m’a pas contacté.

Bien bien. C'était au moins une bonne chose autant pour lui que pour moi – il aurait passé un sale quart d'heure s'il avait ouvert la bouche à ce sujet-là. Qu'il n'ait pas été contacté ne m'étonnait pas, j'étais la seule personne assez dingue dans les purgateurs à vouloir de lui dans mon équipe. Il n'était pas trop mauvais en sortilèges mais niveau logique et intelligence ce n'était pas ça du tout bien au contraire. Ulrich pouvait être considéré comme un bon élément si, par élément, on entendait pion à qui on ne demandait rien d'autres qu'obéir bêtement mais cela pouvait nous nuire. Parce qu'ils pouvaient parler à n'importe qui sans la moindre arrière-pensée. Il fallait donc les contrôler tout le temps pour éviter que de tels désastres se produisent.

-Sait-on jamais et, au vu de tes capacités intellectuelles fortement limitées, reconnais que je suis en droit de poser la question, répliquai-je avec un soupir. C'était lui qui était con, pas l'inverse.

Je n'avais aucune idée de ce qu'il se passait dans la tête d'Ulrich et je préférais me concentrer sur ma tasse de thé dont l'odeur me faisait penser à tout sauf à du thé. J'ignorais ce qu'ils mettaient dedans mais je n'étais pas sûre qu'il s'agisse simplement d'eau et d'herbes. J'en pris néanmoins encore une gorgée avant de reposer la tasse et de la pousser du revers de la main ; toujours aussi infect. A côté de moi, Ulrich était en train de vider d'un trait un verre de whisky qu'il venait juste de commander. Sa future femme allait l'adorer s'il passait toutes ses soirées ivres. Je la plaignais sincèrement elle était tombée sur le pire mari du monde – qui ne devait en plus rien savoir des politesses de la vie en société. Je revenais sur la conclusion que j'avais énoncé un peu plus tôt ; il fallait qu'il grandisse seulement ce n'était pas l'alcool qui allait l'aider. Ni sa carte bancaire qu'il utilisait pour payer tous les verres qu'il avait pris. Être riche c'était pratique mais ça ne faisait partout. Dans son cas, c'était même un souci puisqu'il était de ce fait incapable de se débrouiller de lui-même. Dépendant, voilà un mot qui le caractérisait bien. Dépendant de l'argent de son père – nous l'étions tous mais lui plus que la moyenne – et de l'alcool.

Je faisais claquer mes ongles sur le bois pour montrer mon agacement – ce qui ne risquait pas l'atteindre le moins du monde. Si j'avais eu Ulrich en face de moi et non à côté comme il l'était mes yeux l'auraient surement assassiné en lançant des flammes de glace. J'avais presque envie de lui planter mes ongles dans le bras mais ce n'était pas mon style et c'était contraire à ma façon de penser.  Je n'étais pas pratiquante de la violence physique qui manquait de classe et de féminité à mon avis. Évidemment, de temps en temps je faisais quelques exceptions mais Liechtenstein ne valait pas la peine que je trahisse mes principes.


-Allez viens, on se barre d’ici. J’en ai marre.

Je levai les yeux vers Ulrich, amusée par sa remarque. Il voulait changer de bar peut-être ? Il aurait mieux fait de retourner chez lui avant que quelqu'un remarque son absence. Le pauvre petit en avait marre, c'était mignon. Pas assez confortable pour lui ? Ou alors l'alcool ne lui faisait plus d'effets il voulait quelque chose de plus fort. Il allait finir la nuit dans un sale état si c'était le cas. Je le voyais bien assis sur un trottoir, l'air complétement perdu. Un beau tableau pour un beau final – à la Ulrich.

-On ne fait rien. Déjà parce que, si nous faisions quelque chose c'était moi qui décidais et, deuxièmement, il n'était pas question que je fasse quoi que ce soit avec lui. J'étais dans ce bac avec lui, c'était déjà beaucoup demander à mes nerfs. Nous n'étions par en groupe, nous ne prenions pas de décisions ensemble. Il n'avait quand même pas pu oublier ça ? Que son cerveau ait ramolli pendant mon absence je voulais bien mais à ce point... c'était la base même de notre relation. Tu vas rentrer chez toi et je vais rester là, expliquai-je au cas où son esprit n'aurait pas saisi la nuance. Il pouvait rentrer lui ou faire ce qu'il voulait je m'en fichais complétement tant qu'on ne faisait rien ensemble, tout allait bien.

Pour renchérir et montrer à Ulrich que j'étais déterminée à ne pas bouger d'ici tant que je ne l'avais pas décidé je repris ma tasse de thé et, après l'avoir levée vers lui, j'en bus quelques gorgées – accompagnées de grimaces. Non, je n'allais pas bouger d'ici – même si l'endroit était minable, que l'odeur était affreuse et que les clients n'avaient pour la plupart aucune qualité – et il avait intérêt à ne pas essayer de me faire changer d'avis. C'était peine perdue et s'il essayait d'y mettre de la force... il allait le regretter, je pouvais déjà le lui assurer.

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@Dray Collins a écrit:
non, je ne tripe pas alone dans mes toilettes en déroulant du papier-cul ..








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Ulrich Liechtenstein
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MessageSujet: Re: La douceur du serpent. [Ulrich]   Mar 17 Sep - 23:59

Ambre était intelligente, froide, sure d’elle et particulièrement exigeante mais elle manquait cruellement d’impartialité quand il s’agissait d’Ulrich. Ils se connaissaient depuis la première année, et même si ils avaient tous les deux grandis, évolué, à ses yeux, il restait le gamin de 4ème année. Ambre s’était « refroidie » en grandissant, lui avait testé tout ce qui pouvait rendre sa vie bouillante et explosive. Chacun son truc. Alors, c’est vrai que, comparer à elle, il était disons… distrait, immature, parfois insupportable et irréfléchie, mais il y avait des limites. Considéré qu’il pouvait avoir parlé des purgateur à quelqu’un c’était vraiment le prendre pour un gros débile. Mais la connaissant, il savait que ça ne la dérangeait pas plus que ça. Ambre n’en avait rien à faire de le blesser dans sa fierté, tant qu’elle avait ce qu’elle voulait. Ulrich se disait qu’un jour, cette barrière qu’elle tissait entre elle et le monde la perdrait.

-Sait-on jamais et, au vu de tes capacités intellectuelles fortement limitées, reconnais que je suis en droit de poser la question

Ulrich leva les yeux au ciel. En droit ? Elle n’avait aucun droit sur lui, bien qu’il la laissait faire un peu tout ce qu’elle voulait –chose qu’il allait bientôt changé puisque, l’ayant suffisamment fréquenté pour savoir que ça ne changeait rien à leur relation, mise à part à se faire détesté d’elle un peu plus, il en avait marre- Et puis, Ulrich ne voulait pas lui faire remarquer qu’elle avait tendance à se poser des questions complètement idiote dans des moments totalement pas approprié. Sérieux, comment en était-elle arrivé à penser aux purgateur après si longtemps, et surtout ici et maintenant ? S’il ne se trompait pas, les purgateur n’existaient plus. Ils n’avaient plus agis depuis le départ des mangemort et il n’avait vu personne se manifester pour en parler, ou même exprimer l’idée ou le désir de reprendre les activités. Ce qui l’arrangeait en ce moment, soit dit en passant. Il avait assez de problèmes pour ne pas s’en rajouter d’autre. Et penser aux purgateurs maintenant le fatiguait. Sérieusement… elle n’aurait pas pu trouver autre chose ? Lui parler de ce qui avait mis son couple avec Katie en péril après qu’il ait à peine réussis à ce que tout aille un peu mieux le soir ou tout basculait de nouveau…

Ulrich se leva de son tabouret. Pas le soir, pas le bon moment, pas le bon endroit, pas la bonne ambiance, pas l’envie. Pas maintenant. Et pourtant, il n’avait pas envie de la quitter maintenant. Pas le bon moment, ni le bon endroit, mais envers et contre tout, la bonne personne. Ambre c’était la femme qui pouvait déprimer même la personne la plus enthousiaste de de la terre, mais il l’aimait. Elle était comme ça et il l’acceptait. Sauf qu’elle lui jetait un regard noir quand il lui proposait de partir d’ici alors qu’elle ne semblait pas aimer cet endroit. Et « pas sembler » était un terme très léger. Ambre aimait le luxe, la propreté et la classe. Ici tout était sale, dégradant et bas. Sans compter que c’était plein de moldu. Rien à voir avec ce qu’elle appréciait. C’est bien pour ca que c’était encore plus agaçant de savoir qu’elle préférait rester ici plutôt que le suivre autre part. C’était elle qui jouait les immatures.


-On ne fait rien.

Il soupirait. Elle était trop prévisible et totalement hors contrôle. Des fois il avait de ces envies de la remuer, lui mettre une baffe, lui crier dessus et lui ouvrir les yeux, lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur, lui crier tout ce qu’il pensait d’elle et la mettre devant la réalité. Mais tout autant qu’il en avait envie, il savait aussi qu’il ne le ferait jamais. Parce que c’était lui qui craignait le plus leur confrontation.

-Tu vas rentrer chez toi et je vais rester là.

Le vrai problème d’Ambre, c’était sans doute sa fierté. Cette foutue fierté qui la rendait aveugle de ce qu’il était vraiment pour elle : son ami. Peut-être même son seul et unique. Ou du moins, la personne qui s’inquiétait le plus pour elle à poudlard, du moins, c’est ce qu’il pensait. Et lui ? Dans le fond, Ambre était sa seule amie. Il avait beau être entourés de femmes, elle savait tout ou presque de lui. Pas de secrets, pas de mensonges avec Ambre. Elle se fichait bien de le connaitre et pourtant, quand il le fallait, c’était à elle qu’il se confiait. Sans doute parce qu’elle ne s’impliquait pas, et qu’il n’avait pas à écouter des conseils guidés par des éléments personnelles. Ambre s’en fichait. C’était un fait. Mais lui non. Cependant, ce n’était, encore une fois, ni le lieu, ni le moment pour une quelconque altercation avec la serpentard. Il soupira, une fois de plus ce soir. À croire que la soirée avait été guidée par une succession de déception. Il avait connu mieux comme soirée à boire pour oublier. Surtout que le but avait été de le distraire, le rendre heureux, alors que maintenant, il avait la tête embrumé et une irrésistible envie de se coucher et de ne plus jamais se lever.

Mais il se dirigea vers Ambre, jusqu’à être si proche qu’on aurait pu croire qu’il allait se pencher pour l’embrasser. D’ailleurs il se pencha pour l’embrasser, mais posa ses lèvres sur son front avant de lui murmurer
« A lundi ». Puis il fit demis tour et sortis du bar, sans même se retourner. Il savait que quoi qu’il lui dise, qu’il ferait, elle ferait le contraire, même si ça la dégoutait elle-même. Elle avait un principe de contraction assez élevé. Mais si ça lui plaisait comme ça, il s’en fichait.

Le serpentard passa la porte du bar. Le ciel était sombre, presque sans nuage, ou alors trop caché par la pollution pour bien distingué ses étoiles. Il se laissa tomber contre le mur, sans cesser de regarder le ciel. Il avait envie d’une cigarette. Depuis quand n’avait-il pas fumer ? S’il croisait quelqu’un, une cigarette en bouche, il lui en demanderait une. Il en avait envie.

Ulrich entendit la porte du bar s’ouvrir sur sa droite et une tête blonde la passer, sans même faire attention à lui. Un sourire s’afficha sur ses lèvres. Ambre. Qu’elle espèce de garce. Il l’adorait. Elle avait attendu qu’il se barre pour rentrer chez elle. Une vraie tête de mule ! Elle aurait pu rentrer avec lui, ou il l’aurait raccompagné, n’importe. Elle savait que ce genre de rue n’était pas prudent et sans l’aide de la magie, elle était aussi fragile qu’une moldu. Mais dès qu’elle eut passé la rue, il entendit un léger pouf. Et voilà. Elle était partit. Et il était seul, dans cette rue, ivre et savait que dès qu’il rentrerait, devrait tout oublier.



CLOS

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