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A twist and a kiss. |PV|

 

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Sebastian Hansen
Élève de 4ème année



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Particularités: I'm a dinosaur, Rawwwr. *tente d'avoir l'air effrayant*
Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: A twist and a kiss. |PV|   Ven 7 Juin - 18:10

Vacances d'avril - A quelques heures de Londres.



Bien que j’adore Poudlard, les vacances avaient toujours été un moment spécial pour moi. Comme n’importe qui, premièrement, je ne disais pas non à une bonne grasse matinée et à des journées complétement libres, où Kelsey et Greyson n’étaient plus sur mon dos avec des parchemins de 30 centimètres sur des sujets aussi passionnants que la métamorphose aquatique et les gobelins irlandais. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, j’adorais apprendre et la magie était de loin plus intéressantes que les mathématiques que j’avais étudié en primaire. Ma mère, moldue, avait tenu à ce que nous ayons une part d’éducation autre que la magie, ne serait-ce que pour lire, écrire et compter. Outre les sorciers de bonnes familles qui avaient des précepteurs et ceux dont les parents voulaient faire l’école à la maison, c’était de toute manière le lot de la Poudlard des enfants. Il y avait là quelque part un aspect frustrant car il fallait prétendre ne rien connaître à la magie, avoir une famille complétement normale. Pour moi, d’un côté, ce n’était pas compliqué car nous vivions déjà plus comme des moldus que comme des sorciers, simplement parce que Maman n’avait jamais aimé vraiment cet univers, surtout qu’elle s’entendait mal avec mes grands-parents paternels et qu’elle s’était pris un gâteau volant dans la figure le jour de son mariage – mais passons. Elle voulait pouvoir inviter des collèges à la maison sans avoir à cacher des grimoires de partout, et Papa utilisait des sortilèges de dissimulation pour le reste. Dès mon plus jeune âge, j’avais été habitué à dire que mon père travaillait dans une revue spécialisée que personne ne connaissait, et non la Gazette du Sorcier, et c’était réglé. Bref, le monde moldu ne m’était pas désagréable.

Mais revenons à nos moutons – je pensais toujours à Etienne quand je disais cela – et donc aux vacances d’avril. Il faisait encore un peu frais, mais il y avait un soleil clair depuis déjà plusieurs jours et ma mère m’avait assuré qu’il en serait de même à Londres d’après la météo. J’en étais enchanté, surtout que cette fois-ci, j’avais un programme tout particulier qui me tenait à cœur. Habituellement, j’adorais déjà passé l’été avec Cléa, ou avec Aria qui n’habitait pas loin de chez moi. Puis maintenant, il y avait aussi Tess, ou Etienne, que j’avais vu l’été dernier, et même Daphne. Doucement, le puzzle joignait les pièces et je vivais dans une espèce d’harmonie confortable. Mais ces vacances, il y avait quelque chose de nouveau, parce qu’il y avait quelqu’un qui était nouveau et spécial pour moi – Casey. Bien sûr, nous étions ensemble depuis la fin de l’été, et je l’avais vu pendant les vacances précédentes en nous retrouvant dans Londres tous les deux – je n’avais jamais été aussi heureux que quelqu’un habite dans ma ville. Je n’imaginais simplement plus ne pas être avec elle pendant trop longtemps, elle me rendait trop heureux, et j’étais soulagé de pouvoir la voir à loisir. Mais cette fois-ci, j’avais voulu voir plus grand, surtout que l’occasion parfaite s’était présentée grâce à Elisa.

En effet, ma grande sœur avait été invitée dans la maison de vacances de sa meilleure amie Jane, qui se trouvait à quelques heures en voiture ou en train de la capitale, dans la campagne. Depuis que Tom était à Sainte-Mangouste, nous ne partions plus jamais en vacances et ma mère n’avait pas trop de choix pour nous occuper. C’était soit nous laisser à la maison, soit les colonies, au pire mes grands-parents. Pour avril, Matthew allait être en colonie, ma mère l’avait trainé car elle était sur le thème de l’informatique et des jeux vidéo, ce qui avait retenu son attention. Habituellement, il était si replié sur lui-même qu’il refusait catégoriquement, mais cette fois Maman avait réussi à toucher son cœur en utilisant son point faible – je lui tirais chapeau bas pour ça, d’ailleurs. Mais il restait moi. J’étais assez grand pour être seul à la maison, on m’avait proposé mes grands-parents mais je n’y tenais pas spécialement, je voulais être le plus proche de mes amis qui vivaient aussi à Londres, et puis de Casey. Mais Elisa avait alors débarqué, et à ma grande surprise, m’avait envoyé une lettre en février pour me proposer de venir chez Jane avec un ami, ou une amie. Elle avait suggéré que j’amène Casey, car elle voulait la rencontrer, et j’avais d’ailleurs l’étrange impression que cette invitation tenait plus de la curiosité que de la réelle envie de m’avoir avec elle. Mais ça ne me dérangeait pas, j’étais au contraire très content d’avoir cet opportunité d’autant que je n’avais pas besoin de ma sœur pour proposer, j’avais directement pensé à la Poufsouffle. J’avais envie d’être seulement avec elle, loin de Poudlard, ça risquait d’être différent mais j’étais impatient.

Elle avait d’ailleurs été très excitée à l’idée, et ça m’avait rendu encore plus heureux. Visiblement, elle avait l’air étonné que j’ai pensé à elle et pas Etienne, ou même Tess, mais j’avais essayé de lui expliquer que c’était d’elle dont j’étais amoureux et avec qui je voulais passer un peu de temps. J’étais inquiet que son père n’accepte pas, mais elle s’était occupée de ça avec sa mère qui avait accepté rapidement, j’en étais encore plus impatient. Les jours jusqu’à avril m’avait paru très long, pour une fois qu’Elisa prévoyait les choses à l’avance, je n’étais pas habitué ! Avec Casey nous avions déjà prévu ce que nous allions faire, enfin c’était plus des plans sur la comète, mais Elisa m’avait dit que Jane, qui comme nous était sang-mêlée, avait eu son permis de conduire et qu’on pourrait aller faire des balades. Je savais aussi qu’elles feraient beaucoup de sorties ou de fêtes à la maison, d’autant que Jane avait tous ses amis d’enfance dans les environs. Mais Casey était au courant, elle m’avait assuré que ça ne la dérangeait pas, et moi non plus d’ailleurs. Tant que j’étais tranquille avec elle, c’était ce qui comptait.

Mes parents ne savaient pas que je sortais avec elle. Ce n’était pas que j’avais honte ou peur, je n’aimais simplement pas m’afficher, je ne voulais aucune remarque car ce que je vivais avec Casey était trop agréable pour être dérangé par quoi que ce soit. Elle était venue deux fois à la maison, et l’avais présenté comme une amie, même si je crois que mon père avait compris car lorsque j’avais annoncé que c’était elle que j’invitais chez Jane, il avait hoché la tête doucement avec un air entendu. Maman avait dit que Casey était vraiment une gentille fille, et j’avais eu un sourire un peu trop prononcé pour que ça ne se remarque pas, alors j’étais remonté dans ma chambre comme si de rien n’était pour préparer mes affaires avec un creux dans la poitrine. Bien sûr que Casey était une gentille fille, elle était plus que ça pour moi d’ailleurs…

Nous partions la deuxième semaine des vacances, et je ne l’avais pas vu pendant la première. Lorsque nous étions venu la chercher en voiture, elle s’était hâté dans l’allée de son jardin en trainant sa valise que je l’avais aidé à transporter avant de l’embrasser tout doucement sous les applaudissements d’Elisa et Jane. J’avais prévenu Casey de ne pas s’inquiéter, elles aimaient bien m’embêter mais elles n’étaient pas méchantes. Elles n’avaient d’ailleurs pas été trop lourdes, bien au contraire, dès le début elles avaient été adorables avec Casey comme si elles étaient amies depuis la nuit des temps. Jane était comme Elisa, pétillante et pleine de vie, ses boucles brunes contrastants avec celles blondes de ma sœur, comme si elles étaient complémentaires. Durant tout le trajet, elles avaient chanté à tue-tête, parlé des Poudlard et posé pleins de questions à Casey et parfois à moi, relatant parfois des anecdotes sur mon enfance qui les faisaient toutes bien rire. Je me contentais de tirer la langue et de faire la grimace à Elisa, avant de laisser Casey m’embrasser pour que j’arrête de bouder.

La maison de vacances se trouvait près d’un petit village, et elle était entourée de plaines et de forêts verdoyantes. Le paysage était idyllique, surtout qu’il faisait beau, frais, mais beau. Il y avait un immense jardin, et la maison était assez grande et très lumineuse. Le salon était couvert d’un parquet de bois clair, tout comme les meubles de la cuisine, et le tout dégageait une atmosphère sereine. Il y avait quatre chambres, et celle de Casey et moi était à l’étage, avec un petit balcon qui avait la vue sur la forêt environnante. Du reste, c’était une maison moldue, mais ça ne dérangeait aucun de nous. Nous étions arrivés en fin d’après-midi, et comme c’était la première fois que Jane reouvrait la maison depuis l’été, elle comptait remettre en ordre et la soirée avec leurs amis était prévue pour le lendemain. Après avoir posé nos affaires, Casey et moi étions partis à l’exploration du jardin et des lieux. Nous avions donc trouvé un grenier avec de vieilles affaires, et Jane nous avait dit de fouiller pour voir si nous trouvions des choses amusantes. Première trouvaille ? Une tente. J’avais demandé si nous pouvions l’utiliser, Elisa s’était moquée en disant que j’allais me faire manger par un loup, mais Casey et moi trouvions l’idée de dormir à la belle étoile originale. Nous avions donc monté la tente, ça avait été laborieux mais nous nous en étions sorti, et nous avions descendu un matelas d’une chambre inoccupée, avec l’aide des filles, et pleins de coussins et de couette. C’était comme un petit nid, mais nous n’avions pas eu le temps de l’explorer car déjà, Elisa nous appelait à table.


- Regardez ce qu’on a trouvé ! Dit-elle avec un grand sourire, alors que nous nous essayions de la pizza qu’elles venaient de décongeler, en montrant une boite sur une chaise. Je fronçais les sourcils en mordant dans ma part, avant de voir qu’elle parlait du jeu de société à l’intérieur du carton. Tu te souviens Seb ? On y jouait trop, et t’étais nul d’ailleurs !
- J’avais six ans, ça compte pas !
Répliquai-je tandis que Jane et Casey riaient. D’accord, d’accord, après manger on fait une revanche !

Le reste du repas se déroula aussi bien que dans la voiture, nous nous entendions tous bien, et j’étais heureux de voir que Casey était bien intégrée. Une fois la table débarrassée cependant, ma sœur retrouva rapidement son esprit de compétition et après qu’elle et Jane aient fumé une cigarette sur la terrasse – j’en profitais pour câliner un peu Casey – elles revinrent et nous déballâmes le jeu en question : un twister.

- C’est parti, sur le tapis ! Annonça Jane tandis qu’Elisa me tirait la langue. Casey, main gauche sur le rouge ! Et je ne parle pas de Seb ! Se moqua-t-elle, blaguant sur les couleurs de Gryffondor.

Je n’avais pas ris comme ça depuis un… Un long moment. Nous tournions les rôles, parfois j’étais celui qui était assis dans le fauteuil et tournait la flèche pour indiquer où mettre ses pieds et ses mains, parfois j’étais dans la mêlée à essayer tant bien que mal de ne pas tomber. Ça partait dans tous les sens, Jane essayait de chatouiller Elisa, Casey criait lorsqu’elle vacillait, et plusieurs fois Elisa me fit des croche-pates. J’avais soudain l’impression qu’il n’y avait plus rien, je n’avais pas partagé un instant aussi simple avec ma sœur depuis longtemps, et la présence de Casey rendait le tout encore plus magique.

- Casey, pied droit sur le jaune !

Nous étions déjà tous les deux dans des positions très précaires, tandis qu’Elisa s’en sortait très bien dans un coin du tapis. La Poufsouffle eut un mouvement, mais elle fut déséquilibrée et elle poussa un cri lorsqu’elle glissa et se retrouva affalée tout contre moi. Nous éclatâmes tous les quatre de rire et j’en avais presque mal au ventre, mais je n’en oubliais pas Casey. Passant ma main autour de sa taille, je m’appuyais sur le coude de l’autre bras tandis qu’elle était la tête à moitié de mon torse.

- Tu ne t’ai pas fait mal, au moins ? Demandai-je, et je lui donnais un petit bisous sur le nez, avant de chercher ses lèvres en souriant.
- Oh eh, on joue ! Commença Jane, mais je ne l’écoutais pas, continuant d’embrasser Casey un peu plus fort, mon cœur battant la chamade.
- Oh les amoureux ! Allez, c’est bon, allez vous papouiller dans la tente ! Oust !

Mais je ne bougeais pas de suite, trop occupé à caresser les cheveux de Casey. Je sentais ses lèvres sous les miennes qui souriaient, et j’étais emplie d’un doux sentiment d’harmonie, comme si en cet instant, rien n’aurait pu venir gâcher ce moment.


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Casey Roberts
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Âme soeur: Dans tout les cas, il vaut mieux qu'il ait une grosse boîte de mouchoirs en papier... Mais je crois que Seb a prévu le stock ..!

MessageSujet: Re: A twist and a kiss. |PV|   Dim 23 Juin - 13:25

Avant quand on était tous les trois,  papa, maman, et moi, on partait tout le temps en vacances. Très souvent c’était une fois de l’an, et c’était l’été, parce que c’était là qu’il faisait le plus chaud et donc on faisait logiquement plus de choses aussi. On partait pas de l’Angleterre, mais c’était quand même pas rare qu’on aille un peu s’exporter un peu hors de Londres pour prendre un autre air que celui de la ville, et je me rappelais de ces moments, sûrement comme ceux qui faisaient parties de mes préférés. L’été, en plus, avait toujours une odeur spéciale et je n’avais qu’à l’imaginer pour sentir la clarté de la chaleur du soleil sur ma peau, qui était toujours plus forte à cette période de l’année et plus puissant. Ça sentait bon le sec et la nature, même si j’aimais me satisfaire de chaque petits éléments qui faisaient qu’une saison était une saison comme l’humidité de l’air qui laissait un parfum après une grosse averse en automne, les joues toutes rouges de l’hivers et les fleurs qui germes au printemps. Maintenant, c’était pas tout à fait pareil, parce qu’en quelque sorte, j’étais toujours « en vacances » soit chez l’un soit chez l’autre, même si parfois avec maman, comme on l’avait fait l’année dernière, on s’en allait quelques jours. C’était pas avec Rebecca, la copine de papa qu’on allait s’en aller à la campagne – parce que les insectes, ça fait trop peur, ça fait trop de bruit, ça rentre dans la maison n’importe quand et ça peut venir chatouiller la peau ! Moi aussi, je n’étais pas une super fan des insectes, mais quand même, ça dépendait desquels et puis même, il y avait tellement de choses qui étaient bien à la campagne, que finalement c’était qu’un petit détail et que c’était pas grand-chose ! Je la trouvais un peu chochotte surtout qu’à cause d’elle, on se retrouvait toujours à faire des trucs dont elle avait envie elle, mais pas des trucs dont j’avais envie moi, donc c’était un peu nul.

En tout cas, mes vacances, pour l’instant, depuis qu’on était arrivés dans la jolie maison de la copine de la sœur de Seb, elles n’avaient rien à voir, et on avait déjà tellement de choses de prévues, que je me demandais par lesquelles on allait commencer, et aussi si on allait avoir le temps de toutes les faire, si bien que je voulais qu’on les pratique toutes en même temps, même si c’était pas possible. Au début, même si je ne l’avais pas dit à Seb pour ne pas l’inquiéter, parce que sinon il n’allait pas arrêter de me rassurer, je le savais et il n’allait pas beaucoup en profiter, j’avais un peu appréhendé qu’on se retrouve tous les quatre, parce que je ne connaissais pas Elisa, encore moins son amie, et les imaginer toutes les deux les avaient rendus impressionnantes, surtout qu’elles étaient quand même plus grandes que nous, donc je ne voulais pas trop qu’elles nous prennent pour des bébés. Mais en fait, tout de suite ça avait été, et  ça c’était même passé très différemment de ce que j’avais cru, et je m’entendais beaucoup mieux avec elles deux qu’avec de nombreuses personnes de notre classe, parce qu’elles étaient gentilles et même si parfois elles taquinaient, c’était pas pour se moquer ou pour être méchante, et vraiment j’avais l’impression que quand on était avec elles, on les dérangeait pas, alors très vite j’avais commencé à me sentir à l’aise, et quand j’étais à l’aise, en général je devenais aussi très bavarde. J’avais toujours énormément de choses à raconter, et puis je n’avais pas peur de dire des bêtises et donc d’être moi-même, dès lors que j’avais compris qu’elles n’allaient pas me trouver stupide.

D’ailleurs, même si elles avaient fait des remarques, elles nous avaient aidé un peu plus tôt à construire la tente, parce que la copine d’Elisa se rappelait à peu près comment il fallait faire et que je m’étais trompée de tige où un truc comme ça, à un moment donné. Ca nous avait pris un peu de temps, mais on y était arrivé à bout quand même, et comme c’était la fin de journée, ça nous avait ouvert l’appétit, et quand on savait que le repas, c’était une bonne pizza, suivit d’un jeu ensuite, ça voulait bien dire que la soirée était loin d’être terminée ! Surtout qu’avec le Twister, à chaque fois, les propositions étaient de plus en plus farfelues et compliquées et donc par plusieurs fois, je me fis avoir lamentablement à mon propre piège.

- Mais je peux pas, c’est pas possible de faire cette position ! rigolai-je par moments, parce que je riais en même temps, donc ça rendait les manœuvres encore plus difficiles.

Ca ne loupa pas, parce que je n’eus tôt pas fait d’essayer de me glisser sou Seb, qu’ à la place, je trébuchais à moitié dans ses jambes. J’eus une exclamation de surprise, comme si ça allait m’aider à me retenir, mais trop tard, j’étais tombée, même si ça ne fit pas aussi mal que je l’avais pressenti… parce que c’était Sebastian lui-même  qui avait amorti ma chute. J’eus un petit sourire d’excuse, même si je ne le voyais qu’à moitié, à travers mes cheveux bruns.


- Tu ne t’ai pas fait mal, au moins ?

Je secouai la tête en passant ma main sur le visage pour relever les mèches qui m’obstruaient la vue, mais je ne pus répondre quoi que ce soit, parce que nos lèvres étaient déjà liées et que la raison pour laquelle j’étais tombée me sembla bien loin à présent… ce n’est qu’au bout de plusieurs protestations qui venaient de l’arrière – parce que du côté de Seb, ça avait l’air d’aller très bien – que je finis quand même par me redresser un peu parce que j’étais quand même à moitié à cheval sur lui et sans attendre, je pris sa main pour qu’on aille à l’extérieur, et se cacher sous la tente.

- C’est bête, on saura pas qui a gagné, mais je parie que ça aurait été moi de toute façon !
Je lâchai brusquement sa main, en me retenant de rire. Je m’étais mise en face de lui et  je marchais en arrière. Et c’est le perdant qui dort dehors, donc c’est toi !

Comme j’avais prévu mon coup, j’avais pris un peu d’avance pour gagner l’entrée de la tente la première, et referma la fermeture éclair juste sous son nez, tout en sachant que cette barrière ne suffirait pas à le retenir – peu après, il était entré à son tour, malgré la faible résistance que j’essayais d’avoir.

La nuit avait commencé à tomber et il faisait plus frais dans la tente que tout à l’heure lorsqu’on l’avait construite et que le soleil qui tapait sur la toile rendait l’intérieur étouffant. Mais on avait quand même pensé à installer de grosses couvertures, parce qu’on était qu’au mois d’Avril et que les nuits étaient plutôt froide, surtout dans une région comme celle-ci. Je les tassai un peu autour de nous pour que ça nous fasse un petit cocon bien confortable, et je récupérai le paquet de popcorn qu’on avait caché sous un oreiller, parce qu’on les avait discrètement subtilisés tout à l’heure dans la cuisine. Je me demandais quand est-ce que les filles allaient s’en rendre compte, mais le temps qu’elles s’en aperçoivent, il allait sans doute être déjà trop tard…

- Qu’est-ce qu’elle disait qu’on fera déjà demain, Elisa ?
le maïs gonflé craquait sous mes dents à cause du nappage en caramel. J’aime bien aller en forêt, en plus parfois à cette période, selon le temps qu’il a fait, le muguet est en avance, et on peut faire plein de bouquets ! Quand j’étais petite, on allait en chercher exprès et puis quand on rentrait à Londres, j’allais taper aux portes du lotissement pour donner des brins aux voisins et ils me donnaient toujours un peu d’argent en échange, ou alors autre chose comme des bonbons, je me souviens que j’adorais faire ça, mais qu’une fois, j’en ai trop mangé et j’ai eu mal au ventre toute la journée ensuite. Mais je haussai les épaules, la bouche de plus en plus pleine. Mais avec le popcorn, je risque rien !

C’était ça qu’il y avait de vraiment bien avec les vacances, c’était qu’on avait jamais d’obligations de rien, mais qu’on se retrouvait quand même à faire mille et une choses, toutes ces choses qu’on avait pas pu faire le restant de l’année à cause de l’école en fait.

- C’est pour ça que j’aimerais bien le refaire… ça fait longtemps… dis-je un peu songeuse, parce que nos balades à trois, plus jamais elles risquaient de se produire à présent, même si c’était avec d’autres personnes que j’aimais et que j’appréciais, ça n’allait plus jamais être pareil…

J’avalais mes derniers popcorn, l’air de rien, ou ne laissant pas présager la suite en tout cas, et je me penchais vers Sebastian pour y déposer un baiser sur ses lèvres. Je le regardais, le temps de sourire, puis, laissant libre court à l’impulsion qui venait tout juste de me parcourir, je mis ma main derrière sa nuque pour l’embrasser de nouveau et surtout le prolonger. J’étais  à genoux sur les couettes, et comme je m’étais rapprochée pour pouvoir bien lui faire face, le mouvement qu’on eut nous fit basculer par terre, sans que l’on s’arrête pour autant.

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« A quoi ça sert les émotions pour soi tout seul ? »



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Sebastian Hansen
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Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: Re: A twist and a kiss. |PV|   Mer 10 Juil - 22:14

Je me sentais si tranquille avec Casey que l'amener en vacances m'avait semblé naturel, la définition de ces semaines de repos étant par essence la tranquillité. Je n'aspirais pas à plus que de rester avec elle ainsi le plus longtemps possible, parce que son rire était comme une chanson dont je voulais apprendre l'air. Derrière ses boucles brunes soyeuses, je voyais son visage arrondi dont les traits étaient tirés par un sourire. Comme à chaque fois que je la voyais ainsi, prise sur l'instant, mon cœur se gonflait un peu plus et j'avais envie de ses lèvres contre les miennes un peu plus longtemps. C'était drôle que les rôles soient comme inversés; habituellement c'était Elisa qui ramenait son petit-ami à la maison et moi qui grommelais un peu quand ils s'embrassaient devant moi. Mais là, c'était moi qui avais mon amoureuse, qui en profitait sans me cacher. Je n'aimais pas m'afficher de toute manière, mais je ne voulais pas me retenir à cause des deux autres qui déjà se mettaient à protester. Ça m'est égal, voulus-je répliquer, mais de toute façon je n'avais plus trop envie de jouer maintenant que j'avais commencé à embrasser Casey. Je voulais continuer à le faire, et me tordre dans tous les sens risquaient de rendre l'entreprise bien plus difficile. Lorsque la Poufsouffle se leva et pris ma main, je la suivis en lançant un sourire à ma soeur et à sa meilleure amie qui me tirèrent la langue.

- Pas de bêtises!

J’eus un rire, mais déjà Casey m’entraînait loin, dehors, là où nous avions planté la tente pour y passer la nuit. Là, au moins, je pourrais l’embrasser autant que je le voulais.

- C’est bête, on saura pas qui a gagné, mais je parie que ça aurait été moi de toute façon ! Et c’est le perdant qui dort dehors, donc c’est toi !

Je voulus répliquer, mais Casey s’était déjà faufilée jusqu’à la tente en riant, et elle en avait fermé l’entrée, pensant probablement me laisser à la porte. Mais je bataillais, et quelques secondes plus tard, la fermeture s’ouvrait dans un bruit métallique et je pénétrais dans notre petit cocon en riant, chatouillant Casey au passage. Je la laissai ensuite installer les couvertures, pour nous faire un petit appui, et je m’assis dessus avec elle. Elle attrapa alors le paquet de pop corn que nous avions volé dans la cuisine, et un instant plus tard, je sentis le maïs gonflé fondre sur ma langue. J’eus un sourire en regardant la Poufsouffle qui les croquait en riant aussi.

- Qu’est-ce qu’elle disait qu’on fera déjà demain, Elisa ? J’aime bien aller en forêt, en plus parfois à cette période, selon le temps qu’il a fait, le muguet est en avance, et on peut faire plein de bouquets ! Quand j’étais petite, on allait en chercher exprès et puis quand on rentrait à Londres, j’allais taper aux portes du lotissement pour donner des brins aux voisins et ils me donnaient toujours un peu d’argent en échange, ou alors autre chose comme des bonbons, je me souviens que j’adorais faire ça, mais qu’une fois, j’en ai trop mangé et j’ai eu mal au ventre toute la journée ensuite. Mais avec le popcorn, je risque rien !

Je me mis à rire. C’était pour ça que j’aimais Casey, pour ses petites histoires et anecdotes. Elle était tellement simple et touchante, tellement humaine…  J’avais envie de la serrer un peu plus longtemps contre moi, et je me fis la réflexion que j’avais bien de la chance de l’avoir avec moi, et pour moi.

- Elle et Jane voulaient aller au village, mais elle m’a dit qu’on était libre de faire ce que l’on voulait. Ça fait longtemps que j’ai pas fait une grasse matinée personnellement… On pourrait se reposer, déjeuner, et l’après-midi on va dans la forêt ? Il parait qu’il y a un lac pas loin où on peut se baigner, on peut même y aller à pieds ! Dis-je plein d’entrain. Fais attention quand même avec le pop corn, ajoutai-je en riant, la taquinant en lui appuyant sur les joues. Si ça fait longtemps que tu n’as pas exploré une forêt, c’est une encore meilleure idée… Achevai-je avec un sourire.

Je nous imaginais déjà avec nos sacs et nos baskets – j’eus une pensée pour Clea qui m’avait tant de fois montré les forêts du Pays de Galle.


- C’est pour ça que j’aimerais bien le refaire… ça fait longtemps…

Elle m'embrassa, d'abord doucement, et alors que je sentais à peine la chaleur douce de son baiser m'envahir, elle me le donna avec plus d'ardeur, nous faisant basculer sur le sol recouvert de couverture. Je lui rendis son étreinte avec force également, mes mains plongeant dans les abîmes de sa chevelure douce, effleurant le haut de son dos puis descendant jusqu'à la chute de ses reins que je caressais, frissonnant de mon geste, avant de l'empoigner un peu plus fort pour attirer la jeune fille toujours plus près de moi. Lorsqu'il me sembla que nous manquions d'air tous les deux, je basculai pour qu'elle soit non plus sur moi mais sous moi, et je déposai un baiser sur ses paupières avant de l'attirer contre moi en glissant mon bras autour de ses épaules. Son regard était toujours le même, pétillant et légèrement intimidée, et je passai ma main sur sa joue en la regardant droit dans les yeux. Elle était si jolie et si... Si Casey, il n'y avait rien pour définir qui elle était, cette candeur allié à cette gentillesse qui la caractérisait, je ne trouvais pas de mots pour décrire cet alliage si délicat.

- Je t'aime, tu sais... Murmurai-je alors.

C'était une évidence, et ce n'était pas la première fois que je le sentais ou que je le disais. Mais en cet instant, la vérité me transcendait tellement tout entier, je ne trouvais pas d'autres solutions que de la laisser s'échapper. Je ne savais pas pourquoi ce moment m'apparaissait soudain comme si particulier... Peut-être parce que nous étions seuls au milieu de ses couvertures, dans cette campagne perdue et qu'il n'y avait que nous deux, comme si notre amour se concentrait en cette instant sous le tissue orangé de la tente? Peu importe, je ne cherchais pas d'explications, j'attirai Casey contre moi et lui fis un câlin long et silencieux, respirant lentement le parfum qui émanait de sa peau rosie.


- Tu veux qu'on sorte dehors pour regarder les étoiles? Proposai-je alors avec un sourire avant d'ouvrir la porte et de la laisser passer.

J'emportai les couettes et invitai Casey à se rouler dans l'une, tout contre moi, et nous nous allongeâmes sur le dos, le visage tourné vers le ciel. Les étoiles brillaient comme des néons, et  si le vent frais caressait nos joues, le corps de Casey appuyé contre moi me réchauffait. J'avais mon bras autour de ses épaules, et elle posa sa tête dessus. Je tournai la mienne pour déposer un baiser sur son front, et comme elle avait une main sur ma poitrine, je la pris avec celle que j'avais de libre, et j'entremêlai nos doigts. La plénitude qui m'envahissait était complète, et à la fois, j’étais un peu nostalgique…


- Tu crois au paradis ? Demandai-je soudain. Les étoiles, tout ça, soudain je me revoyais avec Tom lorsque nous jouions dehors dans le jardin, et… Excuse-moi, je pensais juste à Tom, c’est pas très joyeux, laisse tomber… Je poussai un soupir et resserrai ma prise autour de ses épaules malgré moi. Tu avais l’air triste tout à l’heure en parlant des balades en forêt, ça te manque toujours hein, quand tes parents étaient ensembles ? Demandai-je doucement. J’avais certes changé le sujet, mais je ne voulais pas parler de chose triste comme la mort de Tom, et encore moins m’apitoyer. Je voulais l’écouter elle, l’aider, puisqu’elle comptait plus que n’importe qui, moi y compris.[/i][/i]

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Casey Roberts
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MessageSujet: Re: A twist and a kiss. |PV|   Lun 22 Juil - 14:03

Du plus loin que je me souvienne – et ça ne remontait pas à si longtemps que ça, quand on y pensait – j’avais toujours été habitée par cette espèce de nostalgie, qui toujours, appartenaient aux temps passés. J’aimais les choses telles qu’elles étaient au moment où je le vivais, ou du moins ne le réalisais-je pleinement qu’à chaque fois que ces secondes éphémères ne faisaient déjà plus parties du présent et qu’il ne m’était pas possible de les retrouver. Ces petits riens qui avaient constitué un tout important mais qui s’était disloqué pour s’échapper en un milliard de petits morceaux, parce qu’on l’avait jeté par terre et qu’on n’avait pas pris la peine de recoller les fragments restants. C’était comme ça que je voyais ma famille telle qu’elle était aujourd’hui, et j’avais beau faire et tenter de rejoindre la raison qui me dictait toujours d’accepter les scènes que j’avais sous les yeux, pour en profiter avant qu’il ne soit trop tard parce que ça aurait pu être pire, il y avait toujours cette part de moi, qui était bien trop grosse, parce qu’en quelques sortes, elle m’aidait à vivre dans un autre monde, qui me dictait que ce n’était pas de cette vérité là qu’elle voulait – mais d’une autre, celle qui s’inventait au gré de mes espoirs dans ma tête.

Parfois, je me disais que j’aurais pu ne pas en arriver là si les impasses que papa avait créé n’avaient pas existé. Avec maman, ce n’était pas pareil, tout était différent, parce qu’elle avait cette douceur de persuasion qui m’aidait à avancer, et je crois que d’une façon ou d’une autre, je l’aidais un peu moi aussi, donc ça se passait mieux. Alors que d’une part, la réticence de papa vis-à-vis de la magie qui ne s’amenuisait pas avec les années, et qui s’attisait avec sa relation que je n’étais décidément pas prête à cautionner parce que cette Rebecca, n’avait rien de la figure rassurante à laquelle je pouvais songer à me raccrocher, et au contraire, j’avais déjà fait des rêves à son sujet, des rêves tout simples, mais qui résumait bien tout ce que je pensais de cette femme, parce qu’à chaque fois que je prenais sa main qu’elle me tendait, elle finissaient indéniablement  par me faire plonger avec elle.

Voilà pourquoi je voulais profiter de ces vacances. Ca n’empêchait pas les images d’un temps perdu de sourire comme c’était le cas tandis que j’étais en train d’expliquer une parcelle de ces souvenirs à Sebastian. La tristesse était là, mais je pouvais la contrôler.


- Elle et Jane voulaient aller au village, mais elle m’a dit qu’on était libre de faire ce que l’on voulait. Ça fait longtemps que j’ai pas fait une grasse matinée personnellement… On pourrait se reposer, déjeuner, et l’après-midi on va dans la forêt ? Il parait qu’il y a un lac pas loin où on peut se baigner, on peut même y aller à pieds ! Fais attention quand même avec le pop corn. Si ça fait longtemps que tu n’as pas exploré une forêt, c’est une encore meilleure idée…

Sans savoir à quoi il ressemblait, je pouvais déjà voir le paysage se dessiner dans mon esprit, et penser à l’excursion qui n’avait même pas encore eu lieu, mais qui me faisait quand bien même trembler d’impatience et d’excitation  - y songer, c’était comme partir loin de tout, de Poudlard puisque nous n’y étions même plus, de l’urbanisme transformé par la campagne, des petits tracas et des mauvaises pensées qui préféreraient rester au placard, assommé par toute cette bonne humeur.

- C’est d’accord, on fait comme ça ! acceptai-je sans me faire prier car c’était toujours bien mieux que de tourner comme des lions en cage alors qu’on pouvait profiter de l’extérieur. Mais je ne suis pas très douée en orientation, il ne faut pas qu’on se perde… soulevai-je avec un peu plus d’inquiétude, parce que normalement, c’était toujours papa qui s’occupait de gérer ça, donc je n’y pensais jamais…

Une forme d’insécurité s’installa. Evidemment, je faisais confiance à Seb, là n’était pas la question, mais ce n’était pas pareil, ou en tout cas, je les voyais différemment. Tout ceci réveillait chez moi, toutes ces choses auxquelles je n’avais pas pensé depuis si longtemps si bien que je pensais même les avoir oublié. Comme quoi…

Les bisous et les câlins me semblaient être une bonne idée, parce que lorsque je me concentrais dessus, je ne pensais a plus rien de ce qui se passait tout autour, et comme je l’avais prévu, cette fois aussi n’y échappa pas, et si ce fut tout de suite le cas, j’eus l’impression que c’était plus fort que d’habitude – peut être que c’était aussi parce que nous nous trouvions dans un autre lieu que l’école, qui ne nous permettait pas les mêmes libertés ou du moins n’y pensions nous pas. Tout se retrouvait en tout cas amplifié, et c’était un peu une surprise, parce que je ne savais pas comment réagir face à cela – je choisis donc de me laisser bercée par les mains de Seb, en laissant moi aussi mes mains prendre plus de décisions tout en restant dans les limites, parce que même si cette proximité semblait différente de toutes les autres, mes idées ne pouvaient aller aussi loin de ces idées que je n’avais jamais imaginé, et par là même, le bout de mes doigts également.


- Je t'aime, tu sais...

J’eus un vrai sourire, car bien sûr entendre ces mots provoquait toujours cette même réaction chez moi, et parce que pas une seule fois, je n’avais douté de savoir s’ils étaient sincères ou pas. Ce que les autres pouvaient penser m’était complètement égal car prononcer des paroles d’amour à treize ans ou à trente-cinq, tant qu’on leur donnait toute la puissante essence qu’ils méritaient lorsqu’on les proclamait, ça n’avait pas d’importance. J’étais sûre de moi, et je ne voulais rencontrer ce sentiment que j’avais avec Seb avec personne d’autre – j’avais trouvé mon bonheur ici, alors pourquoi essayer de le trouver ailleurs, comme le faisais mes copines qui d’une façon ou d’une autre voyait le terme d’une histoire arriver toujours trop vite ? Les moqueries, je m’en fichais lorsqu’on me disait que je ne savais pas ce que je disais. Je savais ce que je pensais, et j’étais sûre de moi et il n’y avait personne d’autre qui pouvait dicter mes propres émotions. Au diable alors les prétendus certitudes qu’ils croyaient avoir.

Je lui répondis à mon tour en laissant les mots franchir la barrière de ma bouche, avec la même tendresse. J’aimais ces moments-là que nous ne partagions rien qu’à deux – c’était comme le plus beau des secrets qu’on contenait enfermé dans une jolie boîte, comme celle que j’avais où je rangeais mes bijoux.


- Tu veux qu'on sorte dehors pour regarder les étoiles?

J’acceptai aussitôt, parce que je n’avais aucune envie d’aller dormir de toute façon, et si nous pouvions retarder le moment le plus longtemps possible… Tout paraissait à la fois si simple et si fragile, comme si je prenais pleinement conscience, de chaque geste, chaque mouvement, chaque action que nous étions en train de faire et de toute l’importance que cela pouvait avoir sur le moment présent. J’avais presque l’impression que cette nuit éclairée d’étoiles, par sa beauté, était capable de guérir toutes les blessures. J’attrapai la main de Sebastian pour y blottir mes doigts emmêlés aux siens, allongés comme nous l’étions dans l’herbe molle et tendre du jardin.

- La seule chose que je sais reconnaître quand je regarde les étoiles, c’est la voie lactée, lui confiai-je. Je n’avais jamais réussir à retenir qu’elles étaient la petite et la grande ourse et toutes ces choses-là. Je restais quelques instants sans rien dire, avant de la pointer du doigt, et de la longer. Tiens regarde la voilà. Quand on la regarde d’ici on a trop l’impression qu’on pourrait marcher et danser dessus, remarquai-je avec fascination, parce que c’était le champ si dense qui me permettait de faire ces hypothèses.

- Tu crois au paradis ? Excuse-moi, je pensais juste à Tom, c’est pas très joyeux, laisse tomber… Tu avais l’air triste tout à l’heure en parlant des balades en forêt, ça te manque toujours hein, quand tes parents étaient ensembles ?

L’image de Tom évoluant sur cette même voie lactée me vint tout un coup et j’eus un frisson le long de la colonne vertébrale, mais qui heureusement dû passer pour un frisson à cause de la fraîcheur de la soirée. De là où elles étaient, les planètes aussi devaient nous voir comme des petites étoiles – mais à leur inverse, nous ne nous illuminions pas la nuit tombée qui nous engloutissait de son obscurité…

- Je ne sais pas…
commençai-je doucement, parce qu’en même temps, je réfléchissais aussi à ce que j’allais dire. Il doit se passer quelque chose sans doute, peut-être même que c’est aussi là-bas, cette fois, j’étendis la main à plat en balayant le ciel de mon bras. Ou ailleurs sans doute, mais ce n’est pas ici en tout cas, conclus-je à voix basse. Comme toujours j’essayais de ressentir ce que Seb ressentais - c’était impossible malheureusement, jamais je n’avais vécu tout ça. Oui, parce que c’était mieux, poursuivis-je en changeant à mon tour de sujet. Je m’en fiche d’avoir plus de cadeaux à Noël, d’avoir deux belles chambres et de pouvoir tout faire deux fois, c’était mieux comme c’était avant. Je me tus, et au bout d’un moment de silence, je craquais. Mais je crois que ça reviendra jamais maintenant.

Le dire me fit un électrochoc. Je détestais y penser en temps normal, et je me détestais d’y penser, alors pourquoi avoir voulu l’admettre ? Sûrement… Sûrement parce que j’étais à la recherche d’un soutient qui ne venait pas – qu’il fallait que j’aille chercher moi-même.

- Mais je n’ai pas envie de savoir ce qui va se passer non plus. Au début, je pensais que Rebecca allait partir vite, et qu’elle partirait. Mais elle est jamais partie et elle ne part pas, et je ne sais pas quoi faire, parce que je ne veux pas non plus qu’elle reste, mais je n’ai pas le droit de choisir, c’est papa qui doit le faire. Lui aussi il me manque, celui d’avant Poudlard, je veux dire
, lui expliquai-je tristement, quand tout allait bien, encore.

Et la suite, est-ce que tout allait aller bien aussi ?


 

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: A twist and a kiss. |PV|   Mar 20 Aoû - 18:53

Une fois dehors, je sentis la plénitude m’envahir. Nous étions tous les deux, rien que tous les deux, et je me sentais étrangement fort à ses côtés. Je voulais croire que ces moments que nous vivions n’étaient rien qu’à nous, et qu’ils le seraient toujours. De quoi serait fait le futur, je l’ignorais. J’avais toujours crains d’y songer, car il n’y avait aucune certitude, et je ne voulais pas imaginer que le bonheur pouvait s’échapper comme il l’avait déjà fait dans mon enfance – une voiture, un crissement, un cri, des larmes, tout basculait en un instant. J’avais appris à mes dépends à apprécier ce genre d’instant où plus rien ne pouvait m’atteindre, ces moments de pure quiétude que je voulais enfermer en moi à tout jamais. J’étais réellement triste pour ces personnes qui  ne savaient pas profiter de leur bonheur, et qui ne pouvait que le vivre au mode du passé. On disait souvent qu’on ne se rendait compte que des bonnes choses une fois qu’on les avait perdu ; ce proverbe avait été vrai pour moi une fois, et je refusais qu’il le soit à nouveau et dicte ma vie. Je lançais un regard en coin à Casey, elle était belle, elle était là, et son sourire suffisait à m’illuminer comme les milliers d’étoiles au-dessus de nous.

Je refusais la nostalgie qui voulait s’installer, car je me rappelais de soirée ainsi où Elisa, moi, Tom et Matthews regardions les étoiles, où allions se promener tous les quatre dans le quartier. Je me rappelais qu’un jour, j’avais entendu un cousin éloigné dire qu’on ne choisissait pas sa famille, en s’adressant d’ailleurs je crois à mon père en se référant à ma mère qui, moldue et craintive de la magie, n’attirait pas forcément la sympathie. Cette phrase m’avait marqué, et je l’avais tourné dans tous les sens, me questionnant. Aimais-je réellement mes frères et ma sœur ? Si je les avais rencontrés à l’extérieur du cercle familial ? Aurais-je apprécié l’exubérance d’Elisa, la trop grande sagesse de Tom, l’enfermement de Matthews ? Je ne savais pas, je me disais toujours que oui, mais je crois bien que c’était un mensonge. Ou du moins, une demi-vérité, car je ne les aurais pas autant apprécié. Mais je ne changerais pas les choses, ils faisaient partis de ma famille, et je les aimais ainsi, puisque nous étions liés spécialement. Par le sang, par l’éducation et malheureusement par les faits, car nous avions une histoire en commun, en particulier depuis l’accident de Tom. J’aurais aimé, d’ailleurs, qu’ils le voient tous, et fassent plus d’efforts pour nous tenir unis.


- La seule chose que je sais reconnaître quand je regarde les étoiles, c’est la voie lactée. Tiens regarde la voilà. Quand on la regarde d’ici on a trop l’impression qu’on pourrait marcher et danser dessus.

Je me mis à rire. Je devais avouer que comme n’importe quel enfant, je m’étais déjà demandé ce qu’il y avait au-dessus de nous, si les choses étaient palpables, et comment pouvaient-elles aussi loin, brillantes et infinies qu’on le disait. J’adorais l’astronomie, c’était l’une de mes matières favorites à Poudlard, ou peut-être ma préférée. C’était sûrement parce qu’elle n’avait lieu que la nuit, et je devais avouer que j’aimais bien le noir malgré tout. C’était reposant, personne ne regardait les autres, ne jugeaient, tout le monde ne pensaient qu’aux points lumineux dans le ciel, et à leur grandeur malgré leur éloignement. Au contraire de Casey, je connaissais beaucoup de constellations, et être à la campagne me rendait heureux : ici, loin de la pollution londonienne, le ciel la nuit était bien plus dégagé, et on voyait de nombreuses étoiles qui en temps normal se perdaient dans la fumée des usines et les lumières des lampadaires.

- Tu vois ces étoiles là ? Dis-je en désignant quelques unes. C’est la constellation du cygne, regarde, on dirait un oiseau qui ouvre les ailes !

J’eus un sourire, et à la fois, je n’étais pas totalement apaisé. Je songeais à Tom lorsque je regardais les étoiles, car je me souvenais que ma mère m’avait expliqué que certaines personnes pensaient que les morts allaient au ciel. Mon petit frère n’était pas encore mort, je le savais, mais j’étais conscient que ce n’était qu’une question de temps. Parfois je me demandais si j’en prenais vraiment conscience, pouvais-je admettre cette vérité cruelle ? Pourrais-je vraiment me préparer au choc ? Je voulais que l’on gagne du temps, que Tom puisse grandir un peu plus et à la fois, il n’était plus que l’ombre de lui-même, où était l’utilité ? Je savais qu’au fond, il serait plus heureux s’il mourait. En avait-il lui aussi conscience ? Qu’il allait mourir, qu’il voulait mourir pour arrêter les souffrances ? Ce n’était qu’un enfant, au fond. C’était injuste.

- Je ne sais pas… Il doit se passer quelque chose sans doute, peut-être même que c’est aussi là-bas. Ou ailleurs sans doute, mais ce n’est pas ici en tout cas.

J’écoutais silencieusement ce qu’elle disait, hochant la tête. Elle avait raison, peut-être, qui le savait vraiment ? J’aurais voulu avoir la solution, la réponse, mais personne ne l’avait, je devais me rendre à l’évidence. Peut-être qu’il y avait une vie après la mort, comme les fantômes à Poudlard ? Mais dans ce cas-là, je ne savais pas si c’était vraiment mieux, de vivre toute l’éternité…

- J’espère que c’est bien, alors, l’au-delà, si ça existe…

Je serrais un peu plus la main de Casey dans la mienne, souriant malgré tout. Je ne voulais pas gâcher nos vacances, j’étais heureux d’avoir quelqu’un à qui parler, mais je n’étais pas habitué à être celui qui se confier, et j’étais beaucoup plus doué dans l’autre sens. Et j’aimais écouter Casey, sa douceur et son innocence était tout à son avantage lorsqu’elle avouait ses peines, car jamais elle ne se plaignait trop, elle avait au contraire peur de le faire… Je sentais qu’elle avait simplement du mal avec la tristesse, et aussi avec l’idée de la combattre, et j’aurais bien voulu pouvoir l’aider.

- Oui, parce que c’était mieux. Je m’en fiche d’avoir plus de cadeaux à Noël, d’avoir deux belles chambres et de pouvoir tout faire deux fois, c’était mieux comme c’était avant. Mais je crois que ça reviendra jamais maintenant.

Je fus un peu surpris, car c’était bien la première fois que Casey tenait un tel discours, où elle admettait enfin la vérité. J’avais compris depuis un moment que ça ne serait pas possible, que les parents de Casey étaient séparés pour de bon : de ce qu’elle me racontait, c’était bien définitif. Mais nous étions encore des enfants, et ce n’était pas facile d’imaginer que nos parents ne s’aiment plus. Et puis, ça voulait dire quoi, ne plus aimer ? Parfois, je me disais que mes parents avaient l’habitude l’un de l’autre, et n’approuvaient plus vraiment de l’amour… De l’affection à la limite. De toute façon, c’était un concept trop flou, l’amour, et les questions qui l’entouraient me faisaient un peu peur : quand, combien de temps, pourquoi, comment, jusqu’à quand…

- Mais je n’ai pas envie de savoir ce qui va se passer non plus. Au début, je pensais que Rebecca allait partir vite, et qu’elle partirait. Mais elle est jamais partie et elle ne part pas, et je ne sais pas quoi faire, parce que je ne veux pas non plus qu’elle reste, mais je n’ai pas le droit de choisir, c’est papa qui doit le faire. Lui aussi il me manque, celui d’avant Poudlard, je veux dire.

Je caressai de ma main libre l’épaule de Casey que j’avais entouré, et je déposai un baiser sur son front, la collant un peu plus près de moi encore, si c’était possible. Je ne voulais pas que ça lui fasse de la peine, elle avait déjà fini par admettre les faits, c’était déjà un grand pas.

- Tu devrais dire à ton père tout ça, ou peut-être parler de Poudlard ? A mon avis, il a juste peur, ou il ne comprend pas… Il doit être triste d’être éloigné de toi aussi, et je pense que Rebecca ça n’arrange rien… Faudrait prendre du temps rien que tous les deux ! Tu verras comment les choses évoluent, mais je suis sûr que ça ira… On est bien là, non ? Murmurai-je en déposant un bisous sur sa joue. Les choses vont aller mieux, dis-je d’une voix que je voulais assurée.

Et en levant les yeux vers le ciel, une étoile fila dans la nuit noire, et je fermai les yeux, espérant très fort que oui, en effet, les choses allaient s’arranger.

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MessageSujet: Re: A twist and a kiss. |PV|   Sam 31 Aoû - 15:40

- Tu vois ces étoiles là ? C’est la constellation du cygne, regarde, on dirait un oiseau qui ouvre les ailes !

C’était un tic que je n’avais remarqué que le jour où Sasha me l’avait dit – lorsque je fronçais les sourcils, automatiquement, mon nez se retroussait aussi, parce que j’avais la fâcheuse habitude de contracter tout mon visage. Sasha trouvait ça mignon et drôle, mais j’avais ensuite essayé de me regarder dans un miroir, et j’avais trouvé que ça me faisait une tête bizarre. Depuis je faisais plus attention, mais ce n’était pas encore un réflexe que j’exécutais sans réfléchir parce qu’il a été exécuté trop de fois pour ne plus y penser. Je me concentrais sur ce que me décrivais Sebastian et oubliait le reste en plissant des yeux. Je voulais voir le cygne, mais il n’apparaissait nulle part…

- J’arrive pas à voir où il est… je me tus encore quelques instants et me rendis compte que toute ma tête faisait la grimace dans la recherche de l’oiseau perdu dans l’infini du ciel qui nous entourait de ses bras lumineux. Il faudrait tu sais, relier les points comme dans les livres de coloriage avec les numéros !

Finalement, avec un peu d’imagination, on pouvait bien réussir à voir tout ce qu’on voulait, même le plus improbable… Cette dualité entre l’imaginaire et la réalité qui se contredisaient sans cesse avait toutefois toujours besoin de l’un et de l’autre pour exister et j’étais persuadée que ces deux entités avaient été créées pour se compléter à travers le jeu des contraires qui se retrouvaient… toujours. Les contraires que même s’ils se chamaillaient tout le temps finissait par se rejoindre, se chevauchant sur la même ligne droite avant de se séparer de nouveau. A mes côtés, j’entendais Seb rester vague, comme si lui-même était victime de cette malédiction qui lui faisait penser à tout un tas de choses – mais aucune ne s’illuminait un peu plus, à l’instar des étoiles, pour lui révéler quelle était la vérité qu’il attendait. Ou par forcément parce qu’accepter l’inacceptable était encore pire, et je savais que c’était ce qu’il ressentait et qu’il tentait de me faire ressentir à travers nos doigts qui se liaient en transmettant leur chaleur vers nos corps respectif et comme ça mélanger partiellement nos âme. Je voulais qu’il sente doute la douceur que j’essayais de lui transmettre comme la fumée apaisante d’un bon chocolat chaud un après midi d’hiver lorsqu’on se trouve dans un café à l’abri du froid sec qui vous brûle le nez et les oreilles. Si Sebastian envisageait le pire avec Tom, c’était que quelque part, il était déjà trop tard. Il y a des choses cassées qu’on ne peut pas réparer. Même avec une bonne baguette magique.

Ce que j’aimais chez lui, c’était que nos préoccupations, nous les partagions. Je partageais beaucoup de choses avec tout le monde : ma maman la première, puisqu’elle était ma confidente de toujours et que même les secrets de l’adolescence, pour elle, ça n’en était pas. Sasha qui il me semblait et cela depuis le début était le prolongement de ma propre pensée et je n’étais jamais gênée, même si parfois j’avais un peu honte, par peur de décevoir peut être d’admettre que je n’avais pas réussi ou que je n’avais pas été assez forte. Les mots, les actes ne m’effrayaient pas, et pourtant… J’avais appris à les réfréner dans un sentiment de rejet, de défense, et de protection un peu aussi, avec papa dont je ne voulais pas connaître le vrai jugement et avec Rebecca aussi – comme si son désir de connaître chaque parcelle de mon être me poussait à battre en retraite pour bien lui montrer qu’elle ne se confronterait jamais qu’à la façade, et qu’à défaut d’autre chose, elle se devait de s’en contenter. Avec Seb, c’était différent, différent d’avec tout le monde parce que nous faisions de tous nos problèmes mélangés ensemble, un seul problème. C’était un problème d’accord, mais un problème qui nous appartenait.

J’avais beau regarder les cinq faces du dé pour voir où se trouvait la solution, c’était sans arrêt à la même conclusion que je me confrontais et même en me rendant à l’évidence, il avait une partie de moi qui ne comprenait pas : comment est-ce qu’on faisait pour ne plus aimer ? Comment est-ce qu’on faisait pour ne plus ressentir ce qu’on ressentait pour quelqu’un ? C’était impensable, comme si un jour les sensations que j’avais lorsque j’étais avec Sebastian allaient disparaître. C’était impossible, elles étaient là, dans le creux de moi comme un tissage que l’on coud et qui faisait partie de nous. C’était moi, c’était moi qui faisait que c’était comme ça et sinon, ça n’aurait pu été moi justement, et je ne voyais alors pas comment il aurait pu en être autrement. Papa et maman étaient partis chacun de leur côté parce que les émotions s’étaient dissipés. Mais non, ce n’était pas possible, elles ne pouvaient pas se dissiper… Ce qui naissait pouvait mourir d’accord, mais si ça mourrait, c’était parce que la personne elle-même rendait son dernier souffle, il ne pouvait pas en être autrement…

Qu’est-ce qui avait changé ? Pourquoi est-ce que papa et maman avaient appuyé sur le bouton marche arrière ?


- Tu devrais dire à ton père tout ça, ou peut-être parler de Poudlard ? A mon avis, il a juste peur, ou il ne comprend pas… Il doit être triste d’être éloigné de toi aussi, et je pense que Rebecca ça n’arrange rien… Faudrait prendre du temps rien que tous les deux ! Tu verras comment les choses évoluent, mais je suis sûr que ça ira… On est bien là, non ? Les choses vont aller mieux.

Pourquoi Poudlard était-il à ce point-là un obstacle ? Un jour papa, pour en parler, au tout début, avant de totalement occulter le sujet et ne plus jamais l’évoqué avait utilisé un mot – surnaturel. Et qu’il ne pouvait pas cohabiter avec tout ce qui nous entourait, que s’il y avait des règles, elles étaient faites pour être respectées et que la magie, c’était une façon au-delà des règles. Mais ce n’était pas vrai, la magie quand on l’utilisait bien, était belle et on pouvait faire de belles choses avec et en étude des Moldus, Madame Katie Jones nous avait expliqué que les moldus avaient développé la science et que ce n’était pas le cas des sorciers, que c’était pour ça que nos deux mondes étaient éloignés les uns des autres mais que des deux mondes, tous étaient honorables.

- On a pas le droit de parler de Poudlard, s’il n’y avait pas maman, je pense qu’il m’aurait interdit d’aller là-bas. Il veut reconstruire une nouvelle vie, mais tu comprends, c’est pas la nouvelle vie qu’il lui faut, pas… Pas comme ça ! J’avais l’impression que tout déraillait depuis Poudlard justement, tous les fils qui s’étaient déliés ne pouvaient pas être rattrapés… Je ne sais pas quoi faire, elle ne peut juste pas… Elle ne peut pas faire partie de nos vies,  il faut qu’elle s’en aille, c’est pas elle la pièce du puzzle manquante…

C’était viscéral, plus que tout – si Rebecca nous quittait, je restais persuadé que tout ce qui clochait s’envolerait avec elle. Les boules à la gorge, et les nœuds à l’estomac, et les joues qui se gonflent, et l’envie de pleurer qui pointe…

L’éclair lumineux qui transperça le ciel attira mon regard et je connaissais la légende : il fallait faire un vœu. Encore le genre de folklore que papa n’aimait pas trop parce qu’il était trop rationnel pour ça, mais en cet instant, je ne voyais plus que mon souhait pour me raccrocher à mes désirs – ils ne pouvaient pas juste, tomber au fond d’un puits. Non ils étaient là, et le cadeau de l’étoile filante en était la preuve – mieux valait tard que jamais, mais ils allaient se réaliser.

- J’espère que tu as fait un vœu, chuchotai-je en me penchant sur le côté pour lui faire un bisou sur la joue. Mais ne me dis pas ce que c’est, sinon, ça ne va pas arriver !

Comme j’avais un petit peu froid mais que je ne voulais pas rentrer dans la tente tout de suite, je roulai pour pouvoir me retrouver et dessus et contre Sebastian. Je passai ma main dans les cheveux en l’embrassant sur la bouche et plus longtemps cette fois, persuadée que les plus grandes histoires d’amour pouvaient surgir n’importe où et n’importe quand tant qu’elles étaient sincères. C’est pour cela que lorsque les petits diamants qui se reflétaient dans les miens clignotèrent dans ses yeux, j’osais demander à Seb ce qui me taraudait :

- Est-ce que tu penses que c’est mal d’être une sorcière dans une famille de moldue ? N’était-ce pas le message que me faisait passer papa ?

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: A twist and a kiss. |PV|   Mar 8 Oct - 22:38

Je ne comprenais pas pourquoi soudain, tout le monde voulait grandir aussi vite. Parmi les mecs que je fréquentais à l’école, c’était presque une obsession, il fallait être le plus fort, le plus grand, le plus beau, toujours plus et plus encore. Il fallait rattraper les années supérieures, les égaler et les dépasser. Les gens prétendaient presque tout savoir, du moins c’était ce que je ressentais, et je ne comprenais pas cette désillusion qui habitait tout le monde, comme si ils savaient tout, avaient tout vu et ne voulaient pas voir plus. Il fallait basculer dans le monde adulte, laisser de côté l’innocence de l’enfance, parce que c’était puérile. Mais ce soir, en compagnie de Casey, ne voyais-je pas tout le bonheur qu’il y avait dans l’insouciance ? Moi, j’en avais assez que l’on me trouve mature, que ma mère se repose sur moi, que même ma grande sœur me prenne pour quelqu’un de plus âgé, prêt à tout assumer. J’étais toujours prêt à rendre service, mais cela s’était vite résumé à être mêlé à des affaires d’adultes, surtout avec Tom. Ma mère finissait même par me parler des problèmes avec Elisa, avec Matthews, sans jamais songer que je n’étais que Seb, et que j’étais à peine un adolescent. C’était sûrement pour cela que j’aimais tant être la Poufsouffle, avec elle, j’étais léger, et c’était encore ce que je voulais.

- J’arrive pas à voir où il est… Il faudrait tu sais, relier les points comme dans les livres de coloriage avec les numéros !

J’éclatai de rire avant de piquer un baiser sur la joue de Casey. Insouciance. Innocence. Oui, c’était réellement ça, n’est-ce pas ? Je nous imaginais avec de gros feutres, en train de tracer dans le ciel des traits pour relier les étoiles pour créer les constellations. Je me demandai s’il y en avait une pour nous, peut-être, si nous pourrions créer la nôtre, juste pour que quelque chose me rappelle encore Casey. Je nous sentais unis par tant de détails, qui maintenant me rappelait elle à chaque instant. C’était Sebsey, ce petit oiseau qui nous avait réunis, c’était les cookies parce que nous en mangions souvent, c’était l’odeur de son shampooing, c’était des petites choses comme ça qui me suffisait à être heureux, parce que ça me faisait penser à elle, et quand je pensais à Casey, j’étais heureux. C’était si simple que s’en était presque effrayant : où était le piège ?

- On a pas le droit de parler de Poudlard, s’il n’y avait pas maman, je pense qu’il m’aurait interdit d’aller là-bas. Il veut reconstruire une nouvelle vie, mais tu comprends, c’est pas la nouvelle vie qu’il lui faut, pas… Pas comme ça ! Je ne sais pas quoi faire, elle ne peut juste pas… Elle ne peut pas faire partie de nos vies, il faut qu’elle s’en aille, c’est pas elle la pièce du puzzle manquante…

J’eus une moue désolée. J’étais vraiment énervée contre le père de Casey, finalement, parce qu’il avait une fille géniale et ne le réalisait même pas au final. C’était drôle, parce qu’il avait l’air apeuré par la magie, mais c’était surtout qu’il ne devait pas connaître, ni comprendre – c’était souvent de là que venait les craintes. Mais un représentant du ministère n’était-il pas venu pour tout expliquer ? Il ne pouvait pas ôter à Casey la magie qu’il y avait en elle, c’était n’importe quoi ! Il n’aurait pas pu lui interdire de toute manière. Je fus silencieusement reconnaissant envers la mère de Casey, parce que j’étais content qu’elle soit à Poudlard avec moi, et je n’aurais voulu pour rien au monde que quelqu’un empêche cette rencontre que j’avais eu avec elle. Une chose était sûre, peu importe le futur, Casey avait une place spéciale, parce que c’était mon premier amour, n’est-ce pas ?

- Il comprend juste pas la magie, il faudrait que Madame Wayland lui parle, je sais pas, qu’il comprenne qu’on est pas des fous qui agitons des bouts de bois… Heureusement qu’il y a ta mère, ajoutai-je d’une petite voix, presque embêtée.

Je n’avais pas vraiment de pouvoir sur la situation. Heureusement, le ciel sembla nous venir en aide, et une étoile filante passa dans la nuit sombre, et j’eus un sourire d’émerveillement, qui s’agrandit lorsque je vis que Casey avait vu l’astre aussi. C’était un instant si rare, si unique, et j’étais heureux de le vivre ce soir avec elle. Je savais ce que je devais faire… Un vœu, n’est-ce pas ? Je fermai les yeux un instant, réfléchissant. Je voulais tant de choses, que Tom aille mieux, que Casey se réconcilie avec son père, qu’elle soit heureuse, que les choses soient plus simples. Finalement, je souhaitai de tout mon cœur que les gens que j’aime soient heureux, et je m’accrochai à cette pensée en espérant secrètement que la légende disait vrai, que les étoiles filantes allaient réaliser mon vœu…


- J’espère que tu as fait un vœu. Mais ne me dis pas ce que c’est, sinon, ça ne va pas arriver !

J’eus un petit rire, mais avant que je puisse répondre quoi que ce soit, Casey s’était glissée sur moi, et même si elle était toute légère, si bien que je la sentais à peine, je sentais la chaleur de son corps, les battements de son cœur, et j’eus un grand sourire. Je la laissai m’embrasser, et mes bras vinrent entourer sa taille, pour la serrer un peu plus contre moi. Elle était si belle, pensai-je tout à coup lorsqu’elle s’écarta et qu’elle me fit un sourire. J’avais un peu envie de rester là toute la soirée, toute la vie, mais je savais que je ne pouvais pas me protéger éternellement de l’extérieur. Mais profiter de ces quelques instants de plénitude parfaite, c’était ce qui comptait non ?

- Est-ce que tu penses que c’est mal d’être une sorcière dans une famille de moldue ?
- Bien sûr que non ! J’eus un petit mouvement, parce que j’étais surpris, et fâché contre le père de Casey de lui avoir mis dans la tête de telles idées. Il y avait déjà les Serpentards pour dire ce genre de bêtises, et Casey était plutôt fragile et influençable, et je ne voulais pas que sa confiance en elle soit encore plus basse à cause de ces bêtises ! Tu es une sorcière, ça ne change rien. Au contraire, tu connais deux cultures, c’est encore mieux, tu crois pas ? Faut pas écouter ton père, hein, murmurai-je avant de poser un bisou sur ses lèvres avec un regard tendre.

Je la serrai dans mes bras pendant un moment, regardant successivement la Poufsouffle puis le ciel étoilé, souriant toujours. Nous continuâmes à parler un peu, mais je sentis que nous étions tous les deux fatigués, et que nous avions froids… Même si nous ne voulions pas que ce moment se termine. Nous restâmes encore un long moment-là, avant de finalement rentrer, et de nous serrer sous la couette. Je riais de Casey qui s’inquiétait des bruits de dehors, je la rassurais, nous nous racontâmes encore quelques histoires avant de finalement tomber endormi dans les bras l’un de l’autre, avec tous les deux un sourire sur les lèvres.


THE END


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