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Les bons trafics font les bons amis | Phil

 

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 Les bons trafics font les bons amis | Phil

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Ewan Campbell
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MessageSujet: Les bons trafics font les bons amis | Phil   Mer 5 Juin - 17:23

Ce n'était certainement pas mon genre de pester contre Phil car je n'avais pas de véritables raisons de le faire et que ce côté agaçant que l'on pouvait lui trouver ne m'avait jamais dérangé, mais en attendant caché sous un porche que les deux sorciers veuillent bien continuer leur chemin au lieu de rester plantés là à discuter alors que c'était justement le lieu de mon rendez-vous, je dus bien reconnaître que j'eus une seconde une petite pensée agacée contre Phil. Cela ne me dérangeait absolument pas de faire pour lui quelques deals, j'en faisais moi aussi et du coup je regroupais mes rendez-vous, mais non seulement Phil avait la fâcheuse tendance de me prévenir au dernier moment, et en plus, j'ignorais si il le faisait exprès, mais ses clients étaient tous aussi aimables que des trolls, ce qui rendait l'escapade aussi dangereuse que désagréable. Mais je ravalai ma bile : après tout, moi aussi j'étais parfois confronté à ce genre de situation et de personnages quand je vendais mes potions, je n'allais pas m'en formaliser. Si seulement les deux sorciers, dont je ne distinguais pas le visage, pouvaient aller parlementer un peu plus loin que justement dans cette petite ruelle de l'Allée des Embrumes où devait avoir lieu la transaction, c'était tout ce que je demandais... J'étais en sécurité, dans un coin, dans l'ombre, et j'attendais patiemment, si bien que le danger ne m'effrayait pas plus que cela, mais je commençais à trouver le temps long ; heureusement, le client de Phil devait avoir repéré le problème car il ne s'était toujours pas montré non plus, ce qui nous évitait des problèmes potentiels. Puisque je n'avais que cela à faire, je me mis à scruter les deux sorciers - tout d'un coup, après de longues minutes, il me vint soudain à l'idée qu'ils étaient un peu trop tranquilles et un peu trop décidés à rester dans cette ruelle pour faire la conversation, et je me mis à envisager le fait que ce ne soit pas de simples sorciers mais peut-être qu'ils surveillaient les allées et venues de l'Allée et... Les marchés noirs en tous genres, ce qui changea radicalement la donne. Je me collai d'avantage contre le mur. C'était trop bête. Je n'allais quand même pas me faire pincer ! Réfléchissant rapidement - en vérité, j'essayais de me souvenir tout ce que Phil m'avait raconté et expliqué, lui qui avait bien plus de bouteille en ce qui concernait ce genre de petites manigances, pour me rappeler ses conseils. Et de ce dont je me souvenais, le plus avisé était très certainement de filer à l'anglaise quand l'affaire paraissait douteuse. Je n'attendis pas plus longtemps : après m'être assuré que les deux sorciers avaient le dos tourné, je lançais discrètement un petit sortilège pour masquer mes éventuels mouvements dans la pénombre et sortis de la petite ruelle. Je me retrouvais dans une allée plus large mais aussi déserte et caractéristique de cet endroit qu'était l'Allée des Embrumes - il ne me fallut pas beaucoup de temps pour qu'une silhouette s'approche de moi et que je reconnaisse le client que Phil m'avait décrit. Lui aussi avait attendu, un peu plus loin, et c'était tant mieux : l'échange pouvait se faire. Je fis apparaître les objets que j'avais caché, des onguents et des outils pour améliorer les balais dont Phil avait le secret, et le sourire moqueur de l'homme qui devait visiblement croire que je m'étais fait pincer sans que cela paraisse le désoler, m'agaça un peu plus, si bien que je conclus rapidement l'affaire. En revenant, je passai par un endroit que je connaissais bien, une échoppe où je retrouvais souvent des acheteurs, et vendis quelques potions avant de reprendre le chemin de la rue principale du Chemin de Traverse. Je ne m'y attardai pas, et transplanai pour rentrer à Pré-au-Lard.

Phil m'y attendait, et je le rejoignis avec un petit sourire satisfait aux lèvres. La nuit était déjà tombée sur Pré-au-Lard, et comme d'habitude, Poudlard se détachait sous les étoiles tout illuminé par la lumière de ses fenêtres. Mon regard y était irrésistiblement attiré, à chaque fois - quand j'étais arrivé à Pré-au-Lard quelques mois auparavant, c'était un regard plutôt nostalgique avec tous les souvenirs que j'y avais et qui étaient perdus à tout jamais, à bien des égards, mais dorénavant c'était un peu différent... Si Poudlard m'intéressait, c'était que je me demandais ce que Ruby y faisait, à n'importe quel moment de la journée, si elle était dans la salle commune, dans la Grande Salle, en cours ; et tout d'un coup mes souvenirs d'adolescence rendus pesants par ce que je n'avais plus étaient un peu allégés par ce que j'avais à présent. Je ne pouvais pas regarder Poudlard sans sourire, et la savoir tout près de moi et à l'abri dans le château qui représentait quelque chose de particulier pour tous les sorciers qui y avaient étudié m'était toujours à la fois rassurant et un peu frustrant : oui elle étai tout près, mais j'aurais voulu qu'elle le soit encore plus, même si nous nous voyons régulièrement.

D'ailleurs, c'était dans mon optique d'en toucher quelques mots à Phil... Même si il y avait un accord tacite entre nous et que ce n'était pas parce que nous ne nous disions pas tout en temps et en heure que nous ne le cachions - à vrai dire j'avais toujours eu une confiance sans bornes pour Phil. Peut-être que le fait que Jamie n'ait jamais accepté Phil et n'ait jamais raté une occasion pour me faire comprendre qu'il ne l'appréciait pas énormément m'avait poussé à apprécier Phil par esprit de contradiction, mais il avait toujours été mon ami et au fil des années, puisque j'avais coupé les ponts plus ou moins malgré moi avec les autres, il était devenu le seul à être resté, et probablement mon meilleur ami. De ce fait, il me connaissait assez pour se douter qu'en ce moment je n'étais pas seulement préoccupé par mon travail mais également par quelque chose, ou plutôt quelqu'un, à qui je consacrais une bonne partie de mon temps, même si nous n'avions pas explicitement développé la question. Le concernant, je le soupçonnai de lui aussi bien s'amuser de son côté... Mais je le connaissais assez qu'il n'abordait probablement pas les choses de la même manière que moi avec Ruby, car le souvenir de Beth, même s'il n'en disait pas plus que cela, était encore un peu trop frais.

Toujours est-il qu'en lui tendant la main pour le saluer, je lui fis tout de même remarquer avec un petit sourire entendu :


- Dis donc, tes clients sont toujours aussi aimables... C'est fait, l'informai-je de la réussite tout de même, mais en revanche... Tu es certain que tu n'es pas un peu surveillé ? J'ai eu l'impression que des types savaient, pour le rendez-vous... Heureusement, ils ne nous ont pas vus.

Il fallait mieux que je l'informe de cela même si c'était un détail ; je tenais trop à lui éviter un aller simple pour Azkaban, car malgré tout ce qu'on pouvait lui reprocher d'illégal, il n'était certainement pas un danger pour la société. Quelque part, cela m'embêtait un peu de le voir se mettre en danger alors qu'il savait qu'il jouait avec le feu... Mais je jouais dans la même cour, en vendant des potions clandestinement, alors, j'étais bien mal placé pour pouvoir lui faire la leçon.

Nous prîmes le chemin des Trois Balais - la Tête de Sanglier était peut-être plus appréciable pour sa tranquillité mais j'évitais d'y aller généralement, j'y passais suffisamment de temps le week-end. Heureusement il y avait peu de monde et les tables du fond étaient libres - nos préférées avec Phil. Je jetai un oeil en direction du bar par habitude, puisque je savais que Theo y travaillait, mais c'était inutile puisqu'il n'y travaillait plus depuis quelques temps. Attrapant le whisky que j'avais commandé, et comme je me sentais d'humeur légère après m'être bien tiré d'affaire toute à l'heure, je fis exprès de lancer Phil sur le sujet en lui demandant mine de rien :


- Au fait, et la fille du bal de Noël ? Tu n'en as pas reparlé... Ne me dis pas que tu t'en es déjà trouvé une autre, conclus-je avec un petit regard amusé.

Je m'amusais tout de même du fait que quand nous étions à Poudlard, Phil n'avait pas beaucoup de soucis pour plaire aux filles ; j'étais certain que le schéma était le même maintenant qu'il était assistant, et, du moment que ce n'était pas Ruby la fille en question évidemment, j'avais toujours une espèce de fascination amusée pour cette facilité plutôt déconcertante qu'il avait - la même qu'avait Jamie, d'ailleurs.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: Les bons trafics font les bons amis | Phil   Ven 21 Juin - 12:51

Quand même… Entre attendre ici, et aller magouiller dans l’Allée des Embrumes, c’était pas la même. Y’avait pas le même petite excitation de faire les choses rapidement et avec l’agilité d’une ombre et surtout de la faire disparaître dans un recoin encore plus sombre quand ça se corsait, et là, en gros, ce qu’on me demandait juste, c’était de me la couler douce en attendant qu’Ewan se la ramène – il n’allait plus trop tarder d’ailleurs maintenant – faisant ces gestes que je connaissais pourtant par cœur à ma place. En plus je préférais m’en occuper moi, parce que j’aimais le travail bien fait. Evidemment, j’avais confiance en Ewan et ses capacités de jugement pour ne pas se faire prendre bêtement parce que si c’était le cas, c’était tous les deux qu’on était pincés et autant pour moi que pour lui, je préférais autant éviter, la taule, en quelque sorte à Poudlard, j’y étais déjà un peu, sauf que j’avais des draps frais dans lesquels dormir, j’allais pas dégueuler dessus. Si je lui avais demandé à lui, c’était pas pour rien, et puis si j’avais des doutes, je préférais demander à personne tout court, donc après il y avait des cas d’extrêmes urgence, et là l’urgence, justement, elle devenait de plus en plus urgente : le château devait penser que j’avais pas besoin de fric puisqu’ils se chargeaient bien gentiment de moi, mais hé les petits plaisirs à côté, ils en faisaient quoi ?! Et ouais, fallait un peu d’argent, et avec toutes ces histoires, j’en avais pas des masses de côté, et comme ça s’était un peu tassé depuis quelques mois… Il n’y avait pas meilleur moment venu que celui-ci.

Le trafic à grosse échelle était exclu, je m’étais même pas posé la question et puis déjà, il aurait fallu être sur place, et vu comme j’étais surveillé, c’était même pas la peine d’en rêver un seul instant. Mais depuis peu, dans mon coin, j’avais réussi à me faire livrer du matos, tout ce qu’il y a de plus banal et surtout insoupçonnable – et dans ces cas-là, qu’est-ce que ça me faisait rire, parce que je les imaginais tous ces cons, à imaginer qu’ils avaient réussi à m’immobiliser complètement, non mais vraiment – et pas de façon régulière surtout, parce que j’étais certain que mes colis devaient être vérifiés ou du moins ouverts de temps en temps. J’avais réussi à me faire un petit stock, j’étais même aller piocher dans la réserve de Nakamura, parce que j’avais besoin d’un truc et j’en avais profité pour prendre deux ou trois choses rares pour Ewan en guise de dédommagement pour les tours qu’ils faisaient chez moi. D’ailleurs elle était sacrément éclatée la mégère parce qu’avec tous les putains de sorts qu’elle avait foutu pour protéger sa porte, c’était tout juste si j’avais pas cru y laisser un doigt !! Bref, toute mes ingrédients m’avaient permis de faire ma petite mixture faite maison, qui faisait une vraie concurrence sur le marché, parce qu’ils utilisaient pas les mêmes produits et en plus mon bazar était plus efficace que ce qu’on pouvait trouver sur le chemin de Traverse – on peut toujours essayer de s’arranger si vous voulez – mais comme c’était parfois assez couteux, forcément ça se développait pas, parce que c’était pas le vendeur qui y gagnait le plus mais l’acheteur, et ça, en général ils aimaient pas trop. Moi ça m’arrangeait hein, et j’espérais avoir autant de succès qu’avant, parce que j’avais de la chance dans mon malheur, mais les autorités avaient jamais su que j’étais à l’origine du produit, parce que je surveillais quand même grave mes arrières. Du coup, je risquais rien maintenant, surtout que ça protégeait un max le bois des balais, et au cas où vous le sauriez pas, un balai bien entretenu, est un balai avec des performances augmentées et sur le tas, et sur le long terme, donc c’était pas à prendre à la légère, et ça, tous ceux qui venaient me réclamer mon onguent le savait !

Il ne devait pas avoir transplané si près parce que je n’avais pas entendu le reconnaissable « pop », mais je reconnus très vite la silhouette qui se dessina au loin, et qui confirma qu’il s’agissait bel et bien de celle d’Ewan sur les derniers mètres. Il était encore au taquet de sa petite expédition sans doute, si bien que je n’eus même pas besoin de lui poser la question :

- Dis donc, tes clients sont toujours aussi aimables... C'est fait, mais en revanche... Tu es certain que tu n'es pas un peu surveillé ? J'ai eu l'impression que des types savaient, pour le rendez-vous... Heureusement, ils ne nous ont pas vus.

J’eus un haussement d’épaules comme pour le narguer. Ca énervait souvent ce type de désinvolture. Ca énervait souvent, mais quand on s’appelait Ewan bizarrement.

- Qu’est-ce que tu veux les gallions ou l’amabilité… on ne peut pas tout avoir, le narguai-je parce que ça faisait bien longtemps que j’y étais habitué, si bien que maintenant, je ne m’en formalisais même pas. C’était la vitesse et la précision qui comptait. En revanche, ce qu’il avait rajouté ensuite me laissa nettement plus songeur, si bien que je préférais ne pas relever tout de suite parce que par expérience je savais qu’une rue d’apparence déserte avait les oreilles qui traînaient beaucoup plus que le léger brouhaha des bars.

Quelques minutes plus tard comme nous étions installés aux Trois Balais, et que ça m’avait laissé le temps de méditer, je relançai vaguement le sujet.

- De toute façon, ils attendent… J’eus un soupir en m’appuyant contre le dossier de la chaise. Ils attendent pour prendre, mais encore faut-il que ça arrive, ajoutai-je en souriant en coin, parce qu’une fois d’accord, mais certainement pas deux ! Mais comme je ne voulais pas non plus qu’Ewan pense que j’en avais rien à foutre qu’il prenne les risques que j’étais censé prendre, je continuai, mais merci, en tout cas, peut-être qu’il faudrait changer de coin. Et ce mec, celui à qui t’as tout refilé, j’avais déjà des doutes avant… Il y est peut-être pour rien, mais je vais l’éviter pendant quelques temps. Ça vaut mieux.

Prévenir plutôt que guérir… Mouais, mais là, y’avait plus trop le choix. Je poussai mon verre en bout de table pour pouvoir l’attraper à pleine main – je prenais souvent la même chose qu’Ewan, quand nous étions ensemble. L’habitude.

- Au fait, et la fille du bal de Noël ? Tu n'en as pas reparlé... Ne me dis pas que tu t'en es déjà trouvé une autre.

Ah d’accord, j’avais pas pensé qu’on parlerait chiffons et fanfreluches ce soir ! Je haussai légèrement les sourcils pour le lui faire comprendre, et puis en plus là, il était allé me le chercher le truc, mais… Mais ça n’allait peut être pas jouer en ma défaveur !

- Ben comme tu peux voir, je l’ai pas sous le bras là, pas question et d’ailleurs j’étais en train de me concentrer pour que le prénom d’Heather ne résonne pas dans ma tête et fis tout pour l’éviter. Mais j’ai une partie de ses vêtements de bal, donc je crois bien que t’as perdu ton pari. Et bien c’était pas une mauvaise soirée ce soir ! Je ne vendis pas le reste tout de suite, sur le « tu t’en es trouvé une autre » qui voulait rien dire, mais surtout tout dire, et j’allais pas m’étendre là-dessus tout de suite. Un peu de Whisky d’abord ! Et c’est bête de se limiter à une seule quand on a le choix, lançai-je toutefois parce que là-dessus, nous n’étions pas trop pareils. Il doit pas en défiler tant que ça à la tête du Sanglier en plus hein ?

D’accord, cette question n’avait rien d’innocente, j’avais la réputation d’être au courant de tout sur tout grâce à mes multiples sources et sûrement qu’Ewan allait tout de suite voir où est-ce que je voulais en venir ! Enfin… de qui.

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Ewan Campbell
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MessageSujet: Re: Les bons trafics font les bons amis | Phil   Jeu 27 Juin - 19:59

- Qu’est-ce que tu veux les gallions ou l’amabilité… on ne peut pas tout avoir, dit Phil avec son petit sourire moqueur, ce même sourire qu'il avait toujours - moqueur à la fois des autres et de lui-même. J'avais toujours apprécié cela chez lui, le fait qu'au fond il ne se prenne pas au sérieux, malgré sa fierté. C'était ce qui faisait de lui la personne que je considérais comme la plus fiable et la plus digne de confiance et d'amitié, et ce qui sans doute avait fait de lui mon meilleur ami, depuis tout ce temps.

Évidemment, je ne pouvais pas oublier les débuts, comment nous nous étions connus, cette vie à Poudlard qui me semblait bien loin à présent, comme un rêve dont on ne se rappelle quelques détails. C'était un geste de protection inconsciente et je le savais bien, ce voile qui s'était déposé sur toute cette époque révolue depuis l'été qui s'en était suivi, mais Phil était le seul qui m'y rattachait, et quelque part, il m'aidait à ne pas oublier tout cela, tout ce qui avait été et qui qui avait constitué mon adolescence. Bien que je lui trouve des reproches, cette adolescence avait été heureuse, très heureuse même, et cela la rendait encore plus regrettable... Mais quoi qu'il arrive, ce n'était pas comme si j'avais le pouvoir de la ramener. Elle appartenait au passé, que les flots avaient emporté. C'était aussi simple que cela. Je me demandais parfois ce qu'il serait advenu de mon amitié avec Phil si Jamie était toujours vivant - non pas que j'aurais coupé les ponts parce qu'il avait le malheur de lui déplaire, j'étais suffisamment indépendant pour savoir qui compter parmi mes amis, mais je savais que cela aurait été moins facile, au début, pour Phil comme pour moi, puisque Jamie n'y allait pas dans la légèreté quand il s'était mis une idée en tête. J'avais mis longtemps à comprendre ce qu'il trouvait à reprocher à Phil, avant de réaliser que c'était peut-être justement ces ressemblances entre eux qui le mettaient en danger - comme si j'avais cherché à le remplacer. Quelle idée ! Mais il n'entendait pas ce que je lui disais, à ce sujet. Il ne l'avait jamais fait... J'aurais aimé pouvoir lui dire, aujourd'hui, combien il s'était trompé, la preuve : Phil était mon ami le plus cher et ne m'avait jamais fait de crasse, mais à quoi bon ? Je n'avais plus que moi-même pour ressasser ces vieilles disputes. Et je ne voulais plus y penser - même si elles trottaient malgré moi dans mes pensées.


- De toute façon, ils attendent… Ils attendent pour prendre, mais encore faut-il que ça arrive. Mais merci, en tout cas, peut-être qu’il faudrait changer de coin. Et ce mec, celui à qui t’as tout refilé, j’avais déjà des doutes avant… Il y est peut-être pour rien, mais je vais l’éviter pendant quelques temps. Ça vaut mieux.

Nous nous étions installés ; je bus une gorgée de Pur-Feu avec plaisir car il n'avait décidément rien à envier au vieux whisky frelaté de la Tête de Sanglier. Je lançai un regard entendu à Phil : je n'avais aucun doute sur les précautions qu'il prenait, et je le savais assez malin pour échapper à la vigilance des Aurors, mais hélas si il avait été pris une fois ce n'était pas parce qu'il avait été trop négligent, c'était parce que le marché noir s'avérait dangereux et que nous n'étions pas les seuls à évoluer dedans : les gens parlaient et trahissaient, là était le vrai danger. J'aquiescai - je ne comprenais que trop bien le problème des clients peu fiables mais qu'on ne pouvait pas se permettre de lâcher pour les Gallions qu'ils donnaient - lui indiquai d'un signe de tête qu'il n'avait pas à me remercier, enfin, je le faisais pour lui, il n'y avait pas de soucis, ce n'était pas comme si cela ne ressemblait pas à ce que j'avais l'habitude de faire, grâce à ses contacts d'ailleurs. Parfois, je me demandais ce que mes parents auraient trouvé à dire si ils avaient appris mes petits trafics - loin de me faire peur, l'idée m'amusait plutôt franchement, car ma mère surtout aurait été tellement choquée et scandalisée que cela ne lui aurait pas fait de mal. Mais elle était sans doute capable de prévenir les autorités pour remettre son fils dans le droit chemin, donc merci bien, le silence restait définitivement la meilleure des protections.

L'ambiance des Trois Balais couvrait juste comme il le fallait nos petites discussions, mais j'avais tout de même jeté un regard circulaire pour m'assurer que nous ne risquions rien, par habitude. Ce qui me mettait le plus dans une position de défense, c'était la proximité entre tous les commerces de Pré-au-Lard ; les gérants et les vendeurs se connaissaient tous plus ou moins, et comme j'étais connu par quelques personnes de la Tête de Sanglier pour mes activités de marché noir, je me méfiais un peu. Par chance, ce qui se passait à la Tête de Sanglier n'était pas des plus reluisant, si bien que personne ne disait rien pour couvrir ses arrières - parfait. Je m'étais toujours demandé ce que les professeurs et le personnel de Poudlard savaient à ce sujet, si ils se doutaient et avec qui ils étaient en contact. La simple perspective de me faire remonter par les bretelles par Sara Wayland n'avait franchement rien de réjouissant - sans compter l'image qu'elle allait avoir de moi et entre tout le personnel de Poudlard, elle était bien la dernière avec qui je voulais avoir des embrouilles, étant donné sa proximité avec Ruby.

J'eus un petit sourire en coin quand Phil fronça les sourcils et je lui répondis d'un regard qui voulait dire - qu'est-ce que tu crois, je n'ai pas oublié - en même temps il fallait s'accrocher, ses histoires de cœur défilaient assez vite, généralement.


- Ben comme tu peux voir, je l’ai pas sous le bras là. Mais j’ai une partie de ses vêtements de bal, donc je crois bien que t’as perdu ton pari.

Ah, tiens... Je savais bien qu'il se tramait quelque chose !

- D'accord, la prochaine tournée est pour moi, acceptai-je. Et alors, c'est qui cette fille ? Non mais, si il croyait qu'il allait s'en tirer comme ça... J'aimais bien cuisiner Phil de temps en temps - il me le rendait bien et même au centuple, alors !

- Et c’est bête de se limiter à une seule quand on a le choix. Il doit pas en défiler tant que ça à la tête du Sanglier en plus hein ?

Voilà un sujet qui nous divisait - mais sa dernière question me prit un peu de court, même si je m'étais douté qu'il me renverrait la balle. J'eus un petit sourire du mystère que je n'avais pas encore dévoilé et baissai les yeux vers mon verre un instant, réfléchissant à la meilleure manière de lui dire. Surtout que Phil savait mes projets futurs, que Pré-au-Lard était une situation temporaires ; il savait aussi que ce n'était pas mon genre de fréquenter des filles juste comme ça, et je ne voulais pas lui donner l'impression que Ruby ne comptait pas - car elle comptait, et bien plus que toutes les autres avaient pu compter.

- Pas vraiment, non, m'accordai-je avec lui. Mais... Mais il y en avait bien eu une une, et pas des moindres. Mais figure toi qu'on peut avoir de bonnes surprises, conclus-je avec un petit sourire entendu. Reposant mon verre, je m'accoudai à la table, regardant Phil. Tu vois qui est Ruby Standiford, à Serdaigle ? Autant y aller directement, de toute façon. Eh bien... Je l'ai rencontrée à la Tête de Sanglier, justement, et, euh... Ça fait un petit bout de temps, et maintenant, on sort ensemble.

Je voyais déjà la mine réjouie de Phil, et j'eus une petite pensée pour Ruby, car je n'étais pas certain que Phil ne lui accorde pas une une certaine attention lors du prochain cours de Métamorphose.

- Donc, pas touche, rajoutai-je pour m'amuser. Je ne sais pas trop si ça se sait, après tout Poudlard est un petit monde, mais vu le nombre de fois où elle prend le passage secret pour Pré-au-Lard, j'espère que tout le château n'est pas au courant, conclus-je en me disant que oui, effectivement, ça pouvait aller vite.

Après tout, Phil était bien placé puisqu'il était lui-même en plein dedans ; je me demandais bien si il voyait qui était Ruby d'ailleurs, mais je lui faisais confiance pour avoir repéré les jolies filles de Poudlard. Comme nous étions bientôt à court de Pur-Feu, je fis un signe au barman pour qu'il nous resserve, réglant comme promis la tournée.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: Les bons trafics font les bons amis | Phil   Ven 12 Juil - 16:33

A force de jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler les doigts… oui oui, je connaissais bien cette célèbre rengaine. Et comme j’étais raisonnable – bien sûr que oui qu’il fallait l’être un peu dans les milieux que je fréquentais, avoir un peu de tripes comptait énormément, mais l’inconscience, un peu moins – j’y réfléchissais à deux fois avant de me lancer à corps perdu dans les flammes, même si c’était pas trop l’apparence que j’en montrais. La liberté à tout prix avait ses revers, et quand on l’oubliait un peu trop longtemps, elle ne se dérangeait pas ensuite pour vous le rappeler, merci bien.
- D'accord, la prochaine tournée est pour moi.
Ewan venait d’accepter un peu vite, sans même exiger de plus amples informations. Il se tramait quelque chose…
- Et alors, c'est qui cette fille ?
Le petit sourire que j’avais eu jusque-là, pour bien montrer qu’il n’y avait aucun défi que je ne savais pas relever se figea quelque peu, aussi le fis-je passer avec quelques gorgées de Pur-Feu. Si je n’avais pas trop envie de parler de Heather, ce n’était pas pour rien, parce que parler d’elle effectivement, aurait été admettre qu’elle avait suscité en moi plus d’intérêt que chez les autres. Et même si c’était en parti vrai, puisque d’une certaine manière, je lui avais accordé ma confiance pour la suite, je ne tenais pas plus que ça à ce que ça prenne plus d’ampleur – ce qu’était indirectement en train de faire Ewan, et que ce soit volontaire ou non, ça faisait bien trop longtemps que j’avais tiré un trait sur toute ces choses-là pour revenir dessus et aspirer l’encre sèche à coups de baguette magique…

Mais je ne pouvais pas ne rien dire à son sujet – Ewan n’était pas du genre insistant, mais des questions allaient se soulever et hrmfff… Je n’avais jamais été un grand adepte lorsqu’il s’agissait de donner des réponses.

- Elle est à Serpentard, commençai-je, en cherchant dans ma tête quels éléments j’allais piocher, qui en dirait assez, sans trop montrer qu’il y avait pas mal de détails qui avaient retenus mon attention – et il y en avait ! – c’était qu’à force de la côtoyer… Il devenait urgent que j’en côtoie encore plus d’autres oui ! Je me mélange pas, même maintenant, ricanai-je parce qu’on savait tous les deux très bien comme je n’étais pas attaché à ses principes à la con – au contraire, j’aimais bien les envoyer péter parce qu’en général, ça faisait chier les gens. Encore plus quand on avait été à Serpentard, justement. Elle fait du Quidditch, je lui ai réparé son balai parce qu’il était cassé, et j’omettais bien volontairement de ne pas trop en dire les circonstances, et maintenant c’est donnant-donnant. Tu vois l’genre.

J’avais mon verre à la main, parce que je m’étais accoudé à la chaise et que je voulais le garder à proximité – je le faisais tournicoter entre mes doigts. D’autres interrogations n’allaient pas tarder à fuser sûrement, mais j’aviserai à ce moment-là.
- Pas vraiment, non. Mais figure toi qu'on peut avoir de bonnes surprises. Tu vois qui est Ruby Standiford, à Serdaigle ? Eh bien... Je l'ai rencontrée à la Tête de Sanglier, justement, et, euh... Ça fait un petit bout de temps, et maintenant, on sort ensemble.
Dis donc, pour quelqu’un qui ne créchait pas à Poudlard, voilà qu’il avait l’air plus au courant des potins qui s’y tramaient – plus qu’il en était un – que moi ! Bon d’accord, ces conneries me faisaient une belle jambe, parce qu’il n’y avait que des filles dépressives et sans mec, et sans amis aussi tiens, ne faisons pas les choses qu’à moitié, qui devaient écouter les rumeurs, et aux dernières nouvelles, je ne portais pas encore de chaussures à talons. Pour le coup, je m’étais un peu relevé pour m’installer un peu plus sur la chaise, après avoir pris encore un peu de whisky. Non en vrai, ça me faisait un peu bizarre de l’apprendre, et j’étais un peu étonné aussi, parce que dans les faits, c’était une chose et je savais de quoi je parlais et je me sentais pas du tout concerné, mais de l’entendre de la bouche d’un autre…

-  Tu m’étonnes que ce serait bien con de laisser filer la seule cliente potable du bar
, me moquai-je un peu pour le narguer, mais ça s’arrêtait là. Si j’avais beau n’avoir que peu d’estime pour les filles en général, j’avais bon espoir que je pouvais faire confiance à Ewan et que de ce côté-là, je n’avais pas trop à m’en faire. Mais bon. C’était une mioche quand même. Lui pas. Tout de suite les grands mots et les grandes histoires ! Il s’était quand même pas passé autant de temps depuis la dernière fois qu’on était allés boire un coup quand même ! Tu peux être condamné pour ça, tu sais.

Mon humour de lourdingue pouvait faire chier autant qu’il faisait rire. Ewan ne devait même plus faire gaffe depuis le temps.
Ruby, Ruby, Ruby…

- Tu devrais vraiment suivre de bons exemples, vraiment, je t’assure… des trafics pas nets, des jolies blondes fougueuses… ça y était, ça commençait à me revenir, fallait dire qu’avec tous ces gosses… Mais les filles d’un certain âge, surtout quand elles étaient appréciables – je faisais attention à ce que je disais, même dans ma tête, j’avais l’impression qu’il pouvait m’entendre et un autre mot n’aurait sûrement pas été des plus appropriés pour Standiford - on les retenait plus facilement.
- Donc, pas touche. Qu’est-ce que je disais. Je ne sais pas trop si ça se sait, après tout Poudlard est un petit monde, mais vu le nombre de fois où elle prend le passage secret pour Pré-au-Lard, j'espère que tout le château n'est pas au courant.
Okay, là, je devais franchement avoir une gueule de blasé que plus rien n’étonne pour être servi d’une remarque pareille. En même temps quand il s’agissait de meufs – de filles, pardon, pardon – plus rien ne m’étonnait. Une élève et un barman de Pré-au-Lard c’était pas courant ? Franchement on en voyait tellement des vertes et des pas mures que c’était tout gentillet ça à côté !

- Oui ça me revient maintenant, l’autre jour, elle tirait une drôle de tronche quand je l’ai envoyé faire… faire ses devoirs de préfète, des trucs comme ça, j’étais censé surveillé un couloir parce qu’il y avait eu une attaque à la bombabouse donc il était condamné, mais hein moi j’avais autre chose à foutre que de m’occuper des couloirs qui puaient la bombabouse, donc ce qu’il y avait de bien avec les préfets… C’était qu’ils pouvaient s’en occuper. Rien que d’y penser maintenant, ça me faisait rire ! En tout cas, il avait pas choisi la plus moche, ça c’est clair ! Ben t’as qu’à lui demander si elle en a parlé avec ses copines. Si c’était oui, alors tout le château savait – ah merde autant elle était pote avec Heather, il allait falloir que je mène ma petite enquête – sinon, il avait peut être encore une chance. T’inquiète pas, au pire je te couvrirai – mais quand même, il valait mieux éviter sinon j’étais un peu dans la merde si on en arrivait jusque là – ça me dérange pas moi, de passer un peu plus de temps avec Sara Wayland.

Il n’y avait pas de meilleure réussite qu’un coup à boire gratuit – mais comme j’étais sympa, je levai quand même mon verre en direction d’Ewan, une fois qu’il fut de nouveau plein.

- D’ailleurs, ça commence à faire pas mal de trucs qu’il faut lui cacher…
soulevai-je parce que l’air de rien, je m’en méfiais un peu de la directrice. J’observai Ewan, en disant d’un air un peu plus sérieux, parce que si elle se rend compte de quelque chose, y’a pas que toi qui aura des ennuis, mais aussi ta nana. Elle en a conscience au moins ? Ce qu’il pouvait lui arriver à elle, je savais que ça importait à Ewan, même si à moins ça ne me faisait rien du tout. Par contre, pour ce qui était de lui et des conséquences, je me sentais déjà un peu plus concernée.

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Ewan Campbell
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MessageSujet: Re: Les bons trafics font les bons amis | Phil   Lun 19 Aoû - 17:18

Je n'avais pas profité d'une telle soirée depuis pas mal de temps ; entre mon travail, enfin, mes différentes activités, mes ventes le soir, le temps que j'accordais à Ruby, et tout ce que je devais effectuer pour fabriquer mes potions, combiné avec l'emploi du temps de Phil, il me semblait qu'il y avait une éternité que nous n'avions pas profité d'un moment tous les deux, sans se voir en coup de vent. Heureusement, je le voyais quand même régulièrement, à Pré-au-Lard ou bien quand il passait chez moi en coup de vent car il avait stocké du matériel dans mon appartement. Mais ces moments-là, où nous profitions du temps ensemble et discutions un peu, il y avait trop longtemps que cela ne nous était pas arrivé. Cependant, j'étais rassuré, avec Phil : il était fort et volontaire, et je savais qu'il tenait sa route, bien plus que quiconque n'en était capable, bien plus, j'imagine, que nos professeurs l'auraient espéré, à l'époque. Parce qu'il était tête brûlé et pas forcément concentré, les profs avaient toujours placé peu d'espoirs en lui, ce que je trouvais ridicule. L'intelligence prenait bien des formes et je savais que Phil était très intelligent, sans doute la personne la plus maline que je n'avais jamais connue - la preuve en était aujourd'hui, avec la façon dont il s'était sorti de son propre pétrin.

- Elle est à Serpentard. Je me mélange pas, même maintenant. Elle fait du Quidditch, je lui ai réparé son balai parce qu’il était cassé, et maintenant c’est donnant-donnant. Tu vois l’genre.

Je levai un sourcil dubitatif - non, sérieusement, il faisait le coup du "la jolie fille sportive douée en Quidditch, le jeune homme doué en la matière qui lui vient en aide" ? J'éclatai de rire, et aussi pour ce qu'il avait dit sur les maisons. Déjà, à l'époque, je m'étais pas mal désintéressé de cette guerre entre maisons, car non seulement je n'y voyais pas de but ou d'intérêt particulier, mais il y avait tellement peu de sens à ce que l'on soit défini par des valeurs immuables dès nos onze ans que j'accordais un crédit mesuré à tout cela. Phil également, et je me souviens que cela nous avait rapproché, en plus de plein d'autres choses. Nous aimons bien en rire.

Cela dit, je me demandais à quoi ressemblait cette fameuse fille - si il y en avait d'autres, beaucoup d'autres, se ressemblaient-elles, avaient-elles le même genre, étaient-elles au même niveau pour lui, comment se considéraient-elles ? J'avais toujours eu un genre de fascination pour cette facilité qu'avait Phil à flirter, comme ça, sans se préoccuper de rien - facilité que Jamie avait eu également, mais je savais que dans le fond, c'était différent. Jamie cherchait une reconnaissance qu'il ne trouvait pas autour de lui, mais Phil, que cherchait-il ? Il n'en était plus là, nous avions grandi. C'était une vraie question, à laquelle je n'avais pas de réponse, mais que je n'avais jamais osé lui demander. Phil gardait beaucoup de choses en lui, des choses que je devinais avec le temps, sans saisir complètement. Et je le respectais, étant donné que je n'étais pas le dernier en matière de garder mes secrets pour moi-même.


- Je vois, dis-je avec un petit sourire. Une joueuse de Quidditch : ça ne m'étonne pas de toi. Mais... Tu es au courant que ça risque de pas durer éternellement, ce genre d'échange ? conclus-je avec un petit sourire amusé, parce que oui, j'aimais le pousser dans ses retranchements, parfois. Il le faisait suffisamment, pour m'embêter, que je pouvais bien m'y mettre de temps en temps !

En vérité, Phil faisait sa vie, mais je caressais secrètement l'espoir qu'il se remette de cette vieille histoire avec Beth et se pose un peu plus à ce niveau là - quelque part, même si je savais qu'il s'occuperait très bien de lui tout seul, savoir qu'il aurait quelqu'un sur qui compter quand je serais... plus loin me rassurait un peu. Car Phil savait : je lui avais dit, dès mon retour à Poudlard, mes projets pour la suite. Ce n'était pas un adieu, certes, mais une nouvelle page qui se tournerait, bientôt. Un jour. Je ne voulais pas vraiment y penser.

- Tu m’étonnes que ce serait bien con de laisser filer la seule cliente potable du bar. Tu peux être condamné pour ça, tu sais.

... Non mais, quel enfant. Je lui lançai un regard qui se voulait blasé, mais n'empêche que dans le fond il n'avait pas tort : je me fichais de cet écart d'âge, mais... Il pouvait être à prendre en considération. Ruby était jeune, cela ne me dérangeait pas, mais rétrospectivement, quand je voyais comment j'avais changé depuis mes 17 ans, est-ce que ce n'était pas un peu se voiler la face ? J'avais d'avantage de certitudes dans ma vie qu'elle, et sans doute qu'elle ne le voyait pas de la même manière mais... Mais elle ne pouvait pas se rendre compte. C'était mieux ainsi : qu'elle change, qu'elle ait à faire des choix, et que tout ne poursuive pas forcément son cours. Je ne pouvais pas lui promettre, alors...


- Hm, euh, techniquement, je ne peux pas l'être, marmonnai-je après m'être raclé la gorge : nous n'avions pas couché ensemble. Non mais, qu'est-ce qui me prenait, pourquoi disais-je cela à Phil ? Ou plutôt, pourquoi le laissais-je me le faire dire ?! Il n'allait pas me louper là-dessus, évidemment, mais après tout, tant pis. C'était dit.

- Tu devrais vraiment suivre de bons exemples, vraiment, je t’assure…

- J'essaye, j'essaye,
fis-je avec un petit sourire entendu.

Je bus une nouvelle gorgée à mon verre, appréciant le liquide frais et au goût si particulier. Après tout, c'était la vérité : j'avais tissé mon réseau grâce aux contacts de Phil, et en plus de mon travail chez l'apothicaire, j'avais trouvé grâce à lui ce poste à la Tête du Sanglier, histoire de m'intégrer encore plus au milieu.

En tout les cas, je ne manquais pas de noter la surprise de Phil - il m'avait quand même plus souvent connu célibataire qu'accompagné, et le fait que je lui annonce aussi officiellement (mais je ne voyais pas comment faire autrement) avait un petit air de sérieux que j'entrevoyais bien surprenant. D'un autre côté, je voulais qu'il sache, aussi bien parce que je considérais que c'était important, que je savais que je pouvais me reposer sur lui si j'avais de quelconques ennuis à la suite de ça : il veillerait sur mon secret et me tiendrait au courant des éventuelles... fuites. Je n'étais pas idiot : même si je jouais bien moins gros car je n'étais pas assistant même à Poudlard, moi, je risquais tout de même, car non seulement Ruby n'avait pas le droit de venir aussi souvent à Pré-au-Lard, mais je n'étais certainement pas autorisé à recevoir chez moi et aussi souvent une élève encore scolarisée à Poudlard.


- Oui ça me revient maintenant, l’autre jour, elle tirait une drôle de tronche quand je l’ai envoyé faire… faire ses devoirs de préfète, des trucs comme ça. Ben t’as qu’à lui demander si elle en a parlé avec ses copines. T’inquiète pas, au pire je te couvrirai, ça me dérange pas moi, de passer un peu plus de temps avec Sara Wayland.

Sara Wayland... Je levai un sourcil embarrassé : oui, justement. Sara Wayland. La personne avec qui j'espérais avoir le moins de problème sur cette terre, étant données les circonstances et le fait que j'entretenais une relation particulière avec la meilleure amie de sa fille, relation secrète et relativement illégale en plus de cela. Et ce n'était pas ma première épreuve considérée illégale : je n'avais clairement pas la situation à mon avantage.

- D’ailleurs, ça commence à faire pas mal de trucs qu’il faut lui cacher… Y’a pas que toi qui aura des ennuis, mais aussi ta nana. Elle en a conscience au moins ?

Décidément, Phil avait pointé les quelques petits problèmes sous-jacents en deux coups de cuillère à pot, et je me pinçais les lèvres en le regardant, jouant avec mon verre entre mes doigts.

- Je ne pense pas qu'elle en parle trop, enfin, elle ne le crie pas sur tous les toits - ce n'était définitivement pas son genre. Tu l'aurais su, de toute façon, si c'était le cas. Oui, elle en a probablement conscience... Mais vu comme elle est proche de Wayland, j'espère qu'elle ferme un peu trop les yeux. C'était drôle cette manière qu'avaient les parents de fermer les yeux sur les bêtises de leurs propres enfants, comme si ils échappaient à la règle. On verra bien, conclus-je en haussant les épaules. L'essentiel était que je lui avais dit. Si tu entends quelque chose à ce sujet, tu me le diras ? Et toi, tu te débrouilles bien aussi ? Ma voix avait sûrement sonné un peu plus inquiète que je ne voulais le paraître, mais c'était le cas. Phil jouait avec le feu, sur tous les plans, et aussi habilement qu'il le faisait, ça ne m'empêchait pas d'envisager le pire à chaque fois. Parce que, je sais qu'il n'y a pas de crime, mais si on te prend avec une élève, ça n'arrangera rien à l'affaire, hein...

Il le savait, évidemment. Et probablement que ça allait l'ennuyer que je lui rappelle, mais tant pis, nous avions l'habitude de nous heurter - doucement - sur certains points.

- Bon, et sinon, quelles sont les nouvelles chez les profs de Poudlard ? Je parie que leurs histoires sont aussi prises de tête que celles des élèves, conclus-je en levant une nouvelle fois mon verre. Je me moquais, parce que ce temps était révolu. Mais il me manquait : tout ce qui s'y rattachait me manquait, je ne pouvais pas le nier, et Phil n'était sans doute pas dupe, mais qu'importe...

_________________




°•. Lonely water, won't you let us wander, let us hold each other
Hold back the river, let me look in your eyes
Hold back the river, so I can stop for a minute and be by your side
Hold back the river, hold back .•°
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Phil Prescott
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Âme soeur: On peut choisir le modèle ? Y'avait des défaillances dans la série de la précédente...

MessageSujet: Re: Les bons trafics font les bons amis | Phil   Jeu 12 Sep - 17:06

Je savais que je ne risquais rien à évoquer mes différents niveaux de relation avec les filles, à Poudlard en compagnie d’Ewan. On ne procédait pas de la même façon et ce qu’il y avait de bien c’était que ni l’un ni l’autre ne nous jugions même s’il y avait matière de faire – ce n’était pas avec n’importe qui que je me serais amusé à raconter comment j’envisageais les élèves féminines de cette école, car ouuuuh c’était si terrible et c’était tellement manquer de respects à ces pauvres âmes égarées qui ne l’étaient pas tant que ça, parce qu’en attendant, je ne cachais jamais que je promettais rien de plus que ce qui se passait dans l’instant et basta. Et elles se prêtaient pour la plupart toutes bien au jeu parce que même si ce n’était que temporaire, elles se sentaient importantes comme des étoiles filantes qui transperçaient le ciel pour aller se faner au-delà de l’horizon, parce que l’heure de gloire passait vite, généralement. C’était vrai qu’Heather avait marqué son passage plus que les autres, je ne le niais pas mais pour autant, il n’y avait pas grand-chose de différent puisque c’était à durée indéterminée, mais puisque c’était là, on en profitait tous les deux. C’était clair là-dessus, et je ne changeais pas – c’était mes conditions et si elle ne s’adaptait pas… Je ne pouvais rien faire de plus pour elle.
- Je vois. Une joueuse de Quidditch : ça ne m'étonne pas de toi. Mais... Tu es au courant que ça risque de pas durer éternellement, ce genre d'échange ?
Une fois n’est pas coutume, parce qu’avec le temps, nous commencions à nous connaître, Ewan avait saisi le fond secret de ma pensée. Ça ne me touchait pas. L’un comme l’autre, nous savions que c’était la vérité, à quoi est-ce que ça servait de la nier ?

- Comme tout le reste
, j’eus un geste de la main vers l’avant comme si je chassais tout ça au loin, sans vraiment m’en soucier. Ca s’arrêtera… éludai-je parce que la seule suite que je voyais était une fin. Je ne savais pas quand, mais quelle importance, quand ce serait fait, ce serait fait et puis voilà, non ?

Ce qui était loin d’être aussi clair comme de l’eau de roche concernant Ewan – voilà qui marquait la différence de comment on souhaitait faire évoluer les choses, et Ewan faisait bien ce qu’il voulait, hein… Mais qu’est-ce que j’étais bien content d’être à ma place et franchement, à côté, même si mes emmerdes étaient grosses, je les préférais largement à celles qu’engendraient sa copine. De toute façon, n’importe quelle fille engendrait des problèmes, c’était pas compliqué.
- Hm, euh, techniquement, je ne peux pas l'être.
Je n’étais pas contre pour ce qui était de lui donner un coup de main. Mais aussi bancale la mienne était-elle que ma place me convenait très bien et puis j’avais de toute façon cette philosophie qui consistait à dire que de toute façon, il y avait toujours pire, mais dans le pire des moments. A partir de là, je pouvais assurer qu’on envisageait tout dans un tout autre contexte.

- Ah ouais, vraiment ? notai-je avec ironie. Je voyais à peu près où il venait en venir, même si les détails je préférais autant ne pas les avoir, mais je laissais quand même un sourire naître sur mon visage, pour la forme. On est puni pour moins que ça, donc je serais toi, je me prononcerai pas trop vite…

Qu’est-ce que je disais avec les problèmes ! Une couche en cachait une autre, et apparemment, il n’y en avait pas qu’une ou deux ou trois, mais des multiples, qui en cachaient d’autres encore et elles s’emboitaient toutes pour former un gros fatras qu’il fallait démêler ensuite avec de la précision pour éviter de se prendre les pieds dedans. Sur ce point, ça nous rapprochait, parce que j’avais beau faire attention à tout et avec précaution, j’avais tout à fait conscience n’être à l’abri de rien et que la cape pouvait révéler subitement tout ce qui se passait comme elle cachait tout si bien jusqu’à maintenant. Je n’étais pas naïf au point de croire réussir à faire régner l’illusion pendant des années, parce que même s’ils étaient tous cons au-dessus, il y en avait avec leur connerie qui arrivait à voir là où les autres gardaient les yeux fermés. Ce que je me disais, c’était que dans tous les cas, j’allais me casser avant que ça arrive.
- Je ne pense pas qu'elle en parle trop, enfin, elle ne le crie pas sur tous les toits. Tu l'aurais su, de toute façon, si c'était le cas. Oui, elle en a probablement conscience... Mais vu comme elle est proche de Wayland, j'espère qu'elle ferme un peu trop les yeux. On verra bien. Si tu entends quelque chose à ce sujet, tu me le diras ? Et toi, tu te débrouilles bien aussi ? Parce que, je sais qu'il n'y a pas de crime, mais si on te prend avec une élève, ça n'arrangera rien à l'affaire, hein...
Bon en même temps c’était vrai, il n’y avait pas trop à s’inquiéter là-dessus – je voyais quand même mal Ewan s’amouracher d’une nana qui voudrait vivre d’amour et d’eau fraîche sans faire attention à ce qui se passait autour d’elle et les conséquences que ça pourrait enclencher. Mais c’était vite vu, une fille parle à une autre fille qui elle-même va parler à une autre fille si bien qu’à la fin, elles se parlent toutes. C’était une loi universelle dont j’avais jamais vraiment compris le concept.

- On connaît tous la clémence dont Wayland peut faire preuve, mais aussi sa vision de l’équité, alors quand même, ne te repose pas trop sur elle… En soi, je n’avais rien contre la directrice et lors des échanges que nous avions eu, je n’avais jamais décelé une forme de dédain vis-à-vis de mon passé – au contraire, elle ne se serait pas emmerdé à inclure un mec avec un passé peu reluisant si ça avait été le cas, mais même si je la tenais avec un respect mesuré, je m’en méfiais malgré tout. C’était du sang de demi vélane qui coulait dans ses veines et on savait tous de quoi elles étaient capables et ça non plus Ewan ne pouvait pas l’oublier. Enfin les langues bien pendues c’est pas ça qui manque, donc s’il y a quelque chose à savoir… je le saurais. Pour le reste, achevai-je, l’idée justement, c’est de pas se faire prendre non plus, donc ça ira.

Je masquais tout ça derrière la certitude et la rigolade comme si rien de tous ces scénarios allaient arriver. Mais ils ne pouvaient pas être inenvisageables et aussi excitant que ça pouvait être c’était pas pour une meuf que j’allais me sacrifier, et je le gardais bien à l’esprit.
- Bon, et sinon, quelles sont les nouvelles chez les profs de Poudlard ? Je parie que leurs histoires sont aussi prises de tête que celles des élèves.
Je ris de bon cœur avec Ewan moi aussi face à la comparaison. C’est vrai qu’on pouvait nous reprocher ce qu’on voulait, certains n’étaient pas mieux !

- J’ai une tête à aller prendre le thé avec Nakamura ?
ricanai-je, avant de reprendre, mais tu serais étonné de voir que certains d’entre eux sont plus libérés qu’on ne le pense. Meryl Kelsey m’en avait laissé un sympathique petit aperçu. Ca n’avait pas que des mauvais côtés d’être assistant à la métamorphose ! Y’a des nouveaux assistants qui débarquent à la pelle, lui appris-je me rappelant soudain des nouvelles têtes que j’avais rapidement croisé, il y avait même une fille qui était rousse elle aussi et je n’avais pas pu m’empêcher de les comparer avec ceux d’Heather pour voir quels étaient les plus beaux et j’en avais conclu… On fera des échanges de bons procédés en se racontant ce qu’on apprend des profs qu’on aide respectivement, plaisantai-je, parce que si je ne  m’étais pas trop mal intégré il n’en restait pas moins que ce n’était pas ma place et je voyais les nouveaux arrivants comme un moyen inespéré de me fondre un peu plus dans la masse.

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