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« Tout secret est une révolte » - pv Prudence



 

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 « Tout secret est une révolte » - pv Prudence

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Brook Lawrence
Élève de 4ème année



Masculin
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Age : 27
Localisation : Quelque part à faire de nouvelles découvertes
Date d'inscription : 17/10/2011

Feuille de personnage
Particularités: Les particularités des gens, c'est comme un kaléidoscope. Personne ne voit les mêmes, tout dépend de comment on les prend.
Ami(e)s: Prudence :D
Âme soeur: Gné?

MessageSujet: « Tout secret est une révolte » - pv Prudence   Mer 22 Mai - 16:22


Village de La Falaise, Jersey - début Juillet (été entre la 3ème et la 4ème année).




    Comme souvent au tout début juillet, le temps était plutôt maussade, mais honnêtement, il n'y avait pas grand chose qui pouvait gâcher ma joie d'être de retour à Jersey. Cette année plus que les autres, j'avais adoré être à Poudlard ; je m'amusais de plus en plus et les cours étaient de plus en plus intéressants, et puis il y avait eu plein de trucs cool, même le bal avait été cool, la fête foraine, tout ça... Prudence et moi, on s'entendait de mieux en mieux, en fait j'avais l'impression que les filles grandissaient un peu et du coup, elles étaient moins ennuyeuses. Même Aria Davenport, que je ne portais pourtant pas vraiment dans mon cœur, était devenue supportable. Notre retenue, notre dispute, tout ça, c'était oublié, et d'ailleurs, quand j'étais de retour à Jersey, tous les points négatifs s'effaçaient, et je ne me rappelais que des bons souvenirs. Les profs nous avaient donné quelques devoirs de vacances à faire, mais comme j'avais deux mois pour m'y mettre, j'avais dès le premier jour balancé mon sac de cours au fin fond de ma grande chambre sous les toits, et j'avais vaqué à mes occupations. Tous mes copains de Jersey étaient là aussi pour les vacances, et même si il avait pas mal plu ces premiers jours, il y avait toujours des petits moments de soleil dans la journée, qui nous permettaient d'aller jouer dehors et de reprendre nos activités de plein air. L'été dernier, nous avions passé les deux mois à construire un fort sur la dune qui surplombait la grande plage de La Falaise. Évidemment, avec l'hiver, le fort avait été bien endommagé, et dès les premiers jours on s'y était remis d'arrache-pied. Hélas, nos parents ne nous autorisaient toujours pas à passer une nuit dedans, quand bien même on leur avait fait visiter et qu'on leur avait prouvé qu'il était solide tout, mais il y a toujours quelque chose d'inexplicable chez les grandes personnes qui leur empêchent de voir ce qu'il y a de vraiment amusant dans la vie - parfois, je me demandais si on deviendrait tous comme ça, mais je me voyais mal interdire mes enfants, plus tard, de dormir dans leur cabane, surtout si elle était aussi géniale que la notre, mais bon.

    Même Ellen avait grandi - en taille aussi d'ailleurs, j'avais eu un choc en rentrant - elle était (un tout petit peu) moins collante et moins embêtante, mais je me méfiais : c'était aussi le coup des retrouvailles, je lui avais manqué, elle m'avait manqué, sauf que je n'étais pas certain que l'entente soit aussi cordiale à la fin du mois d'Août.

    Dès que j'ai rentré, je m'étais remis sans problème à la vie de Jersey : la chasse aux gnomes dans le jardin, l'épuration de toutes les sales bêtes dans notre grenier et dans la cave, les veillées et les repas avec les voisins, les grandes fêtes et les feux d'artifices magiques de notre voisin d'à côté qui avait très certainement un don pour ça mais, comme le disait ma tante Jane, « un certain mépris du danger ». Une fois, il avait créé un hippogriffe qui avait pris feu dans le ciel, on avait tous été admiratifs - avant que l'hippogriffe décide de revenir vers nous et de manquer de mettre le feu à la grande tante sous laquelle on avait installé le repas. Mais comme il n'y avait pas eu de casse, c'était finalement un bon souvenir. Et alors, parmi ces petites habitudes de notre vie à Jersey, il y avait ce que ma tante appelait « le grand rangement de Juillet » qu'on avait renommé en secret avec Ellen « la grande torture de Juillet ». Pendant quatre jours plein, on rangeait, nettoyait et récurait toute la maison, pas franchement aidés par les gnomes qui trouvaient ça très drôles de nous balancer des boules de boues justement quand on venait de nettoyer une pièce, par les grandes fenêtres ouvertes pour aérer. Mais finalement, on rechignait beaucoup mais on s'amusait bien aussi. Avec Ellen, on faisait semblant de passer le balai quand Mark ou Jane passaient dans un couloir, mais en fait, on utilisait nos balais jouets et on faisait des courses dans les pièces, en prétextant qu'un objet était tombé quand on époussetait une armoire, alors qu'on avait juste foncé un peu trop vite dessus. C'était drôle. Dans ces moments-là, on était bien soudés avec Ellen, je crois que l'un comme l'autre on avait un accord tacite, du genre : le ménage c'est vraiment trop nul, autant être ensemble dans le malheur, quoi qu'il arrive.

    Ce matin-là, ma tante avait débarqué dans ma chambre très tôt - c'était le quatrième et dernier jour de la grande torture de Juillet - pour qu'on s'attaque au grenier, ce qui m'avait un peu découragé et agacé, parce que le grenier était un peu le pire endroit de notre grande maison. Non seulement il y avait des tas de cartons entassés, d'objets, de meubles, mais en plus, au cours de l'année, quand on ne savait pas quoi faire de quelque chose, on l'envoyait au grenier, ce qui fait qu'arrivé Juillet, ranger et nettoyer le grenier était une entreprise titanesque. Avec Ellen, on avait essayé de faire durer le petit déjeuner, mais alors qu'on était arrivé à notre dernière cartouche (à savoir une bataille de boulettes de pain), Mark avait haussé le ton, et on avait filé à l'ouvrage. Ça ne me dérangeait pas plus que ça d'être enfermé dedans car il pleuviotait dehors, mais pour le principe, j'avais râlé et exprimé haut et fort que c'était pas juste, que j'étais en vacances, et qu'ils m'énervaient. Ça n'avait pas fait grand chose, mais quand même. Notre mission était simple : on devait entasser comme on le pouvait les cartons et les objets légers, ramasser ce qui traînait, et Jane et Mark se chargeaient du nettoyage, avec leurs baguettes. On avait fait la course jusqu'au grenier, puis... On s'était un peu calmés devant l'étendue du désastre. J'adorais notre grenier, en plus, parce qu'il était tout biscornu, il y avait des cachettes de partout, des trous dans le mur qui faisaient comme un labyrinthe, et il y faisait toujours chaud, ça sentait le bois et la paille, un peu. Heureusement, la goule n'était plus là - elle nous avait fait peur toute notre enfance avec Ellen - alors on y venait plus facilement. Du coup, après une petite partie de cache-cache, on s'était mis au travail. Ellen devait ramasser tout ce qui traînait et moi j'entassais les cartons, parce qu'elle se peignait que c'était lourd et que je n'avais pas envie de l'entendre chouiner. Au bout d'une bonne demi-heure (je sentais qu'elle rechignait à la tâche et qu'elle n'allait pas tarder à faire des bêtises) ça ne loupa pas : j'entendis un swouuuuuuufBOUM, puis un cri d'Ellen, proche du sanglot, mais du sanglot de quand elle faisait son caprice. Je ne savais pas ce qu'elle avait trafiqué exactement mais j'imagine qu'elle avait dû pousser un carton pour passer derrière et qu'il avait glissé de sa pile, et s'était explosé par terre, au sens propre du terme, car le carton avait cédé et tout s'en était échappé. Il y avait inscrit courrier sur un côté, ce que j'aurais facilement pu deviner vu que des lettres avaient glissé de partout sur le sol.

    - Tu feras attention à pas faire tomber les cartons, Ellen ? Ça serait bête qu'ils s'explosent par terre, dis-je très sérieusement rien que pour l'embêter. Elle me tira la langue et se mit à ramasser les papiers en boudant, ce que je fis aussi.

    Je ne regardais pas vraiment les lettres en les ramassant. Les papiers étaient un peu jaunis, elles devaient dater, et en fait j'étais plutôt pressé de les fourrer dans le carton et de continuer notre rangement. A un moment, je ramassais une jolie photo d'Ellen, et en voulant lui montrer (parce que quand même elle était mignonne dessus), je tournais la photo par réflexe pour voir la date. Il y en avait bien une - et ça ne pouvait pas être Ellen, elle n'était pas née - mais il y avait surtout un prénom : Aria. ... Aria ?! Je retournai la photo, et la petite fille dessus avait tout d'un coup un furieux air de la seule Aria que je connaissais : Aria Davenport.

    Non. Impossible ! Que faisait Aria Davenport dans mon grenier ?!

    Interdit, je regardai autour de moi, à la recherche de... Je ne sais pas, de quelque chose d'autre. Un peu plus loin, il y avait une grosse enveloppe, que j'attrapai. Elle contenait une autre photo, que je sortis. C'était Aria, encore, et cette position, ce regard, cette pose : c'était elle. J'en étais certain.


    Citation :
    A l’intention de Jane et Mark LePage, Jersey

    Malgré les multiples réécritures, nous en venons toujours à la même conclusion : les mots employés ne sont sans doute pas les plus justes. Ils ne le seront jamais. Notre identité ? Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Vous ne connaissez pas notre visage et jusqu’à aujourd’hui nous étions des étrangers. Et pourtant nous sommes liés depuis des années. Derrière ces tournures mystérieuses, il y a une confession. Quelque chose qui nous pèse sur le cœur depuis bien longtemps. Nous en sommes venus à un point où ignorer cette réalité est devenu trop difficile. Nous aurions aimé vous dire dès la première ligne de quoi il s’agissait, mais tout ça nous paraissait trop abrupt. Mais pourtant, il faut parler, ou plutôt écrire – ça a quelque chose de plus simple- et prendre son courage à deux mains.

    Nous nous appelons Noah et Candice Davenport et vivons à Londres avec notre petite fille Aria. Elle a huit ans et elle est née le 25 décembre. Elle est née Lawrence. Nous l’avons adoptée (nous avons conservé son prénom) lorsqu’elle avait trois mois. Ce jour là, on nous a donné un dossier : vous y figuriez ainsi que Brook, votre neveu, dont vous êtes désormais les tuteurs après la mort de ses parents. De leurs parents. Sans doute aviez vous compris ce que cela signifiait au moment où vous avez lu son prénom : Aria est la sœur de Brook. Vous saviez évidemment qu’il avait une sœur au moment où vous l’avez recueilli, mais vous n’avez eu aucune nouvelles. Il nous aura fallu finalement huit ans pour décider de finalement prendre contact.

    C’est devenu nécessaire bien qu’effrayant : ce courrier change beaucoup de choses. Nous désirons que vous sachiez des choses d’elle, et voulons aussi en apprendre sur Brook mais il est clair nos échanges se limiteront à l’écrit. C’est ce que vous voulez aussi n’est-ce pas ?

    Aria ne sait pas qu’elle a été adoptée. Nous voulions lui dire, mais le temps est passé, et maintenant c’est prendre le risque de tout bouleverser. Il y a beaucoup de culpabilité forcément – nous lui mentons depuis toutes ces années - mais elle ne doit pas savoir. Jamais. Il est probable qu’ils se rencontrent, à Poudlard dans quelques années, mais leur lien de famille doit rester secret. Nous n’avons jamais voulu éloigner Aria de son frère mais maintenant, impossible de reculer : si elle l’apprend, elle ne nous le pardonnera pas. Elle est notre petite fille et nous refusons de la perdre : ce que nous avons est trop précieux. Elle n’est certes pas notre fille biologique mais nous l’avons élevée, comme vous avez élevé Brook. Nous l’aimons autant que si nous avions le même sang et lui prodiguons toute la tendresse dont elle a besoin. Parfois Aria reprend certaines de nos expressions, de nos mimiques. Ce que nous avons construit est merveilleux et nous en avons conscience : nous avons juste peur qu’un jour, tout se casse.

    Aria est une petite fille très sage. Elle se mélange peu aux autres enfants, mais avec le temps, sans doute que cela changera. Elle est intelligente, a très bonne mémoire, manie bien les mots pour son âge et apprend vite. Ses notes à l’école sont excellentes parce qu’elle travaille régulièrement et aime ça. C’est également une grande lectrice : un de ses moments préférés de la journée est lorsque nous lui préparons un chocolat chaud qu’elle boit en même temps qu’elle lit.
    C’est aussi une enfant qui sait ce qu’elle veut, mais facile à vivre : elle est douce et affectueuse et réclame toujours des câlins. Nous partageons un lien fusionnel et elle aime être à nos côtés.

    Pour l’instant, Aria n’a pas fait son premier acte magique, mais elle n’a que huit ans et il ne faut pas se précipiter. Nous sommes sûrs qu’elle aimera beaucoup Poudlard. Nous y avons tous les deux étudié et avons tout de même hâte qu’Aria suive notre chemin. Nous serons fiers d’elle peu importe la maison où elle ira.

    Il arrive que l’on se demande si Brook possède le même caractère. S’ils ont les mêmes yeux et se ressemblent comme deux gouttes d’eau étant donné qu’ils sont jumeaux : si c’est le cas ils le remarqueront à leur arrivée à Poudlard mais nous refusons d’y penser trop souvent. Nous avons d’ailleurs joint une photographie à la lettre : vous verrez tout de suite si la ressemblance est frappante.

    Nous espérons de tout notre cœur que vous répondrez à cette lettre.

    Sincèrement,

    Noah et Candice Davenport


    Il me fallut un certain temps pour comprendre ce que j'étais en train de lire - au départ, les mots dansaient devant mes yeux, et je ne les comprenais pas. Aria. Lawrence. Davenport. Adopter. Jumeaux. Brook. J'avais fini par me laisser tomber sur un carton pour relire et relire encore, et malgré le sang qui me tambourinait dans la tête, je voyais nettement Ellen, figée debout, à un mètre de moi, des lettres dans la main, visiblement au fait qu'il se passait quelque chose, que ça n'allait pas. Ce n'était pas possible : pas possible. De ce que je comprenais, Aria était ma... Ma sœur, ma sœur jumelle, ce qui fait que mes parents avaient eu deux enfants, elle et moi, et que Jane et Mark n'avaient gardé que moi, mais pourquoi ?! Un autre couple, les Davenport, avaient adopté Aria. Je ne comprenais pas : on ne sépare pas les frères et sœurs. Est-ce qu'on nous avait volé Aria ?! A cette pensée, je décidai de bouger, ignorant combien de temps s'était coulé depuis que j'avais lu la lettre. J'avais pris la lettre et les photos dans une main, la main d'Ellen dans l'autre, et j'étais descendu en flèche dans la cuisine, où Jane et Mark étaient justement en train de boire leur thé.

    J'avais lancé la lettre et les photos sur la table, sans un mot, puis j'avais croisé les bras et j'avais attendu. Ellen à côté de moi faisait front, et ce fut la première fois de ma vie que je sentis le lien qui nous unissait, parce qu'elle... Elle aussi, était ma sœur. J'avais remercié mentalement mon oncle et ma tante de n'avoir pas feint l'ignorance, de ne pas avoir nié. Ils avaient compris tout de suite - sans doute qu'en même temps ils avaient compris leur bêtise de ne pas avoir mis cette lettre en lieu sûr. Alors ils m'avaient dit de m'assoir - ce que je n'avais pas fait, et ils m'avaient tout expliqué. Ils avaient demandé à Ellen de nous laisser, mais j'avais insisté pour qu'elle reste, et elle avait dit qu'elle voulait entendre elle aussi, ce dont je lui étais reconnaissant.

    Et puis, j'étais monté dans ma chambre, je m'y étais enfermé. J'avais eu un peu mal au cœur de dire à Ellen parce que je voyais bien qu'elle était toute triste, pour moi, et qu'elle voulait faire quelque chose, mais j'avais trop besoin d'être seul.

    Allongé sur mon lit, je m'étais demandé quoi faire - tout s'écroulait autour de moi, il n'y avait plus grand chose. La vie ne se basait pas sur un mensonge. Pourquoi avaient-ils fait ça ?! J'en voulais à la terre entière, Jane, Mark, les Davenport, Poudlard aussi, j'ignorais pourquoi mais je me disais qu'ils devaient bien savoir, nos voisins, les adultes, tout le monde. Seule trois personnes échappaient à ma colère : Ellen, Aria, et Prudence. Pourquoi Prudence ? Sans doute parce qu'elle était ma meilleure amie et qu'en cet instant, j'étais perdu, et que Prudence avec ses petites manies, son calme, ses jolies robes, son écriture penchée, son port de tête fier et ses sourires rassurants, m'aidaient à me calmer un peu. Je sus très rapidement comment tout cela allait se terminer. Je descendis pour le dîner mais n'attrapais que quelques morceaux de pain et de fromage, avant de retourner dans ma chambre pour les manger. J'écrivis alors deux lettres, sans doute les plus courtes que je n'avais jamais écrites, l'une à Prudence :


    Citation :
    Prudence,

    Je peux venir chez toi un petit moment ? Je t'expliquerai.

    Brook


    La deuxième, à mon oncle et ma tante :


    Citation :
    Je vais chez Prudence.


    Je savais pertinemment que Jane et Mark se doutaient de quelque chose, mais ils ne firent rien pour m'en empêcher. Ma fugue organisée n'en était peut-être pas vraiment une, mais il me fut très facile ce matin-là, alors qu'ils n'étaient pas réveillés, de descendre les escaliers avec mon sac sur les dos, de traverser la maison, le jardin, et de marcher vers le bus qui me mènerait au port. J'avais pris dans le tiroir de la commode des billets, d'argent moldu et sorcier, pour me payer le voyage. Il n'y avait qu'Ellen qui m'avait rattrapé dans le salon, les larmes aux yeux, pour me demander de ne pas partir, mais je lui avais fait un câlin en lui assurant que je ne partais pas pour toujours et que je n'allais pas l'abandonner, jamais. Le chauffeur, qui me connaissait, ainsi que mon oncle et ma tante, ne m'avait rien demandé. Au port, au moment de monter dans le bateau, le capitaine en revanche me demanda pourquoi j'étais tout seul, et quand je lui expliquai que je partais en colonie de vacances, je sentis qu'il ne me croyait pas, alors je lui laissai l'adresse de chez nous, pour qu'il contact mon oncle et ma tante si il y avait un problème. Je dormis tout le long de la traversée. Quand on arriva à Weymouth, en Angleterre, l'un des personnels d'équipage ma réveilla, et je découvris alors que... Que ce n'était pas si facile d'être tout seul dans un monde que je ne connaissais pas.

    D'ordinaire, au port, c'était avec mon oncle et ma tante que je prenais un Portoloin jusqu'à Londres, pour aller prendre le Poudlard Express. Mais aujourd'hui, il n'y avait aucun Portoloin qui pouvait m'emmener si loin, et je compris très vite en constatant les regards des adultes sur moi que je devais absolument avoir l'air de savoir où j'allais, sinon ils allaient suspecter quelque chose. Tant bien que mal, je trouvais l'endroit d'où partaient les bus, je demandais un peu partout, mentionnais Elgin, mais les gens ne connaissaient pas ou pas bien, alors je dis l’Écosse, on m'indiqua un bus. Il allait à Londres. Ensuite, les villes défilèrent sous mes yeux sans que je ne comprenne vraiment où j'étais : Coventry, Manchester, Bradford, Newcastle... Mis à part Londres et Poudlard, je n'avais jamais été en Grande-Bretagne. C'était un peu étranger à tout ce que je connaissais, la nature de Jersey et celle de Poudlard, et les villes qu'on traversait en bus, les autoroutes, le béton, les routes, tout me paraissait hostile. Je crus plusieurs fois que j'allais faire demi-tour, mais quand je pensais à ce qu'on m'avait fait, chez moi, ce chez moi prenait un tout autre sens. Je retins de nombreuse fois mes larmes. D'ailleurs, à un moment où je faillis craquer, un jeune couple monta dans le bus à Newcastle et s'assit en face de moi. La femme était souriante et ses cheveux roux foncés me firent penser à notre voisine, que j'adorais, lui avait une tête amicale, et très vite ils se mirent à me parler, probablement parce qu'ils avaient remarqué que j'étais un peu triste. Ils allaient eux aussi jusqu'à la point de l’Écosse, et on passa tout le reste du trajet ensemble. A Edinburgh, le bus marqua un arrêt d'une demi-heure, et ils m'invitèrent à manger, ce que je ne refusai pas car j'avais peu mangé et j'avais très faim. Je mentis à moitié en disant où j'allais : chez Prudence, mon amie, qui habitait à Elgin ; oui mes parents étaient au courant, et je compris aux regards qu'ils s'échangèrent qu'ils trouvaient cela un peu irresponsable de me laisser traverser le pays tout seul. Je ressentis une intense satisfaction en me disant qu'ils pensaient du mal de mon oncle et ma tante, mais ravalai ma colère. Je ne savais pas trop où j'en étais, de toute façon.



Elgin, Écosse.



    Finalement, après un voyage interminable (le couple était descendu à Huntly, juste avant Elgin), le bus arriva dans la ville de Prudence. Le soir était tombé, et il pleuvait, de cette pluie d'été peu froide et peu violente, mais qui trempe tout de même. Je me mis à déambuler dans les rues, et plus je marchais, plus la peur me serrait la gorge... Je ne connaissais pas cet endroit, je ne connaissais personne, ou plutôt, une seule personne, et j'ignorais totalement où elle était... J'avais froid, j'avais faim, j'étais épuisé. Je sentis que cette fois, je n'allais pas pouvoir me retenir de pleurer, et je finis par m'assoir sur un banc au bord d'un petit parc, et je mis à pleurer pour de bon. J'avais mon sac sur le dos et le petit papier avec l'adresse de Prudence dans la main, et c'était tout, rien de plus : en cet instant, je me sentais tout seul, sans rien, j'avais peur et mal au cœur, et je ne savais plus quoi faire. Je me sentais simplement triste, et je ne cessais de penser à mon oncle et ma tante, à mes parents, à ce sale mensonge, à Aria, sans savoir quel bout je devais tirer en premier, quel nœud je devais faire, car tout m'étouffait.

    Je ne sais pas combien de temps plus tard, une porte s'ouvrit dans la maison en face de moi, et un homme en sortir avec son chien pour descendre ses poubelles. J'entendis vaguement sa petite fille, sur le pas de la porte, lui dire « Regarde Papa, il y a un garçon là-bas tout seul... », et quelques minutes plus tard ils étaient près de moi. Comme je pleurais et je refusais de rentrer chez eux pour me sécher et me réchauffer, en répétant que je voulais juste aller chez Prudence, le père finit par aller chercher son manteau et un parapluie, et nous partîmes avec lui, et son chien, dans les rues. Il semblait savoir où il allait. Je ne desserrais pas les dents de tout le trajet, hochant la tête de temps en temps alors qu'il essayait de me parler. Finalement - enfin ! - on arriva dans la rue de Prudence, une grande rue avec de jolies maisons, exactement comme je l'imaginais. Mais j'étais trop épuisé pour penser d'avantage : mes pieds avançaient tout seul, et si j'avais arrêté de pleurer, j'avais encore la gorge toute serrée et le cœur gros.

    Le monsieur sonna, et quand la porte s'ouvrir, je l'entendis échanger quelques mots avec la mère de Prudence, probablement ; ensuite il me poussa devant lui, et la lumière de l'intérieur de la maison m'éblouit, tout comme la vague de chaleur me parut douce. J'étais trempé, mes cheveux, mes vêtements. Je plissai les yeux.

    - Bonsoir,
    bredouillai-je d'une petite voix. Je voudrais voir Prudence, répétai-je pour la millième fois de la soirée. Je sentis que les larmes n'étaient pas bien loin de couler à nouveau.




Les photos jointes avec la lettre :

Spoiler:
 
Lettre écrite par Aria ♥

_________________


Dernière édition par Brook Lawrence le Mer 19 Juin - 16:12, édité 3 fois
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Prudence C. Hodgkin
Élève de 5ème année



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MessageSujet: Re: « Tout secret est une révolte » - pv Prudence   Ven 24 Mai - 18:45


Secrets hurts



    Un petit détail ne pouvait pas mettre une journée en l’air. Un petit détail, plus un petit détail, plus un petit détail qu’on entasse les uns au dessus des autres pour en faire un joli château de cartes, est-ce que ça pouvait mettre une journée en l’air ? Il ne suffisait que d’une pichenette du bout de l’index pour que tout s’écroule…



    J’étais installée à la table de la salle à manger qui était directement ouverte sur le salon. C’était ma place préférée parce que même si la télévision était positionnée dans l’angle de la pièce mais on pouvait quand même visualiser l’écran et ainsi, je pouvais faire deux choses à la fois. Aujourd’hui, elle était éteinte mais j’occupais malgré tout cette même chaise, par réflexe et habitude. J’avais déballée ma trousse à crayons de couleurs, qui même avec les années ne me donnaient pas l’impression de vieillir, et c’était un peu cette impression qu’elle me laissait, d’être moi aussi figée dans le temps parce que parce que j’associais cette trousse arc en ciel à mes dessins de princesses et aux belles robes que je leur affublais, et si j’étais toujours aussi pressée de grandir pour trouver mon prince charmant, je n’avais pas changé d’objectif, j’avais toujours cette petite nostalgie de m’imaginer au même endroit avec quelques années en moins, en train de rêver à Poudlard et des sortilèges que j’allais pouvoir apprendre avec ma baguette magique. Cet après midi, il n’y avait pas de robe de mariée avec longue traîne en vue, comme en attestait la règle que j’utilisais pour créer un tableau sur plusieurs feuilles différentes, d’abord d’un léger coup de crayon de papier, avant de le repasser d’une couleur plus épaisse, au feutre, pour ensuite effacer le plomb qu’il y avait juste en dessous. J’avais vite trouvé de quoi me distraire, en plus d’écouter le bruit des gouttes de pluie qui venaient s’abattre contre les vitres du séjour, étant bien contente de ne pas à avoir à imaginer l’effet glacé que provoquait les vêtements qui se collaient contre la peau après avoir été détrempé par une averse. N’aviez vous jamais remarqué comme il est difficile de trouver quelque chose à faire lorsqu’on est contraint à rester enfermé à l’intérieur à cause du mauvais temps ? Je ne passais pourtant pas toutes mes journées dehors lorsqu’il faisait beau, mais savoir que j’en avais la possibilité m’aidait à trouver plus facilement ce que j’allais bien pouvoir trouver à faire durant mes plusieurs heures de temps libre. Le mauvais temps engendraient très vite de multiples limites, et si c’était pour sortir et avoir des cheveux rebelles à cause de l’humidité, je préférais largement les garder bien au sec sous la chaleur de la lampe électrique parce qu’il ne faisait pas assez clair pour pouvoir faire sans !!!

    De toutes les façons, il fallait que je prenne mon mal en patience, et faire un calendrier avait été la meilleure idée que j’avais pu avoir ! Comme ça, j’allais pouvoir compter les jours qui me séparaient du mois d’Août, parce qu’au mois d’Août, oui oui, je partais en vacances ! Quelques jours auparavant, j’avais reçu une lettre, portant mon nom, par hibou et pourtant elle ne venait pas de Brook, parce que je connaissais assez la sienne pour voir la reconnaître ; et puis c’était avec lui que je correspondais le plus – j’en avais reçu une de lui pas plus tard que la veille, même si ce n’était pas une vraie lettre à proprement parler, un mot, auquel je n’avais pas répondu, parce que je n’avais pas encore demandé à papa et maman si Brook pouvait venir dormir à la maison – non cette écriture là était sèche comme rédigée dans l’instant, mais avec une redoutable justesse et précision. L’introduction à la missive, brève m’avait tout de suite informée que j’étais invitée, si je le souhaitais, à venir passer autant de jours que je le voulais chez mes grands parents maternels, parce qu’ils seraient ravis de me voir, et de passer un peu de temps en ma compagnie, que j’étais assez grande maintenant pour pouvoir choisir ce que j’avais envie de faire et avec qui. Une formule affectueuse pour m’embrasser à la fin et la promesse d’une immense demeure certainement digne des contes de fées !

    « Certainement ». Parce que c’était là que les ennuis avaient commencés. J’en avais tout de suite parlé à Maman. Maman avait tout de suite refusé. Ce n’était pas parce qu’elle avait coupé les liens avec sa famille depuis des années qu’elle allait les renouer maintenant. J’avais gémis que je ne me souvenais même pas d’eux et de leur visage parce que j’étais bien trop jeune pour ça. Ce n’était pas juste ! Pas juste ! Tout ce qu’elle me demandait depuis toujours, c’était de me plier à sa gentille petite vie
    paillarde, alors que c’était la vie de luxe et de paillettes dont j’avais toujours rêvé, qui m’attendait là bas. J’avais pris Papa à parti. Je les avais entendu discuter, en entrouvrant la porte de ma chambre sans en sortir, ne pouvant saisir que des bribes de conversation seulement. Maman était venue me chercher dans sa chambre. J’avais reconnu sa démarche à celle de Papa, plus légère, plus souple. Vite, j’étais allée m’allonger sur mon lit en lui faisant croire que je lisais un livre. Elle avait accepté.

    Et mon beau calendrier allait m’aider à compter les superbes vacances ! Je ne voyais pas pourquoi Maman s’inquiétait tant. Que pouvait-il m’arriver dans le monde de la beauté et du luxe dans lequel ses parents évoluaient ?

    Mes paupières se faisaient lourdes, à cause du sel qui les avait affaiblis cette nuit parce que j’avais pleuré. Il y avait eu de l’orage, et je n’aimais pas l’orage. Il était invisible et on ne savait pas d’où était sa source et surtout, on ne savait jamais lorsqu’il allait s’arrêter. Il y avait une sorte d’angoisse incontrôlée qui était liée à tout ça, lorsqu’on sentait qu’il se rapprochait, et justement qu’il fallait qu’il se rapproche pour s’éloigner ensuite. Ce n’était qu’un mauvais moment à passer pendant lequel il fallait compter les éléphants, mais éléphants ne nous protégeaient pas et ne nous aidait pas à aller mieux dans ces instants là. J’avais serré mes doigts sur le drap pâle de mon lit jusqu’à ce que cela cesse, prostrée dans une position fœtale qui me laissait le sentiment que j’allais pouvoir devenir plus forte comme ça, le corps tourné vers la fenêtre de la chambre, prête à combattre les maux. J’avais bien trop peur de tourner le dos au danger et que celui-ci ne m’attaque par derrière…

    Ce matin, je m’étais donc levée avec la fatigue accumulée de cette nuit et mon quota d’heures de sommeil non rempli me rendait grognon. En plus quand j’avais préparé mes affaires pour faire mes travaux pratique dans la salle à manger, je m’étais tapé le pied dans le coin de la chaise et je m’étais fait mal, ce qui ne fit rien pour arranger ma mauvaise humeur ; pendant le repas, à midi, je m’étais disputée avec maman parce que je n’aimais pas les haricots verts, il y avait toujours plein de fils dans les haricots verts, et à Poudlard, si je voulais, je ne mangeais pas d’haricots verts ! Du coup, je lui faisais la tête et faisais les choses dans mon coin, même si j’avais dû prendre sur moi pour ne pas aller lui demander où est-ce que se trouvait les ciseaux parce qu’ils n’avaient pas été rangés à leur place, encore une fois ! Ce n’était pas difficile pourtant de remettre les ciseaux dans leur tiroir,
    pour que le prochain utilisateur puisse le trouver sans courir dans toute la maison.

    Alors, quand la sonnette de l’entrée retentit, je ne me jetai pas sur la porte la première, comme j’aimais le faire, même si nous n’attendions personne par simple curiosité de savoir qui se cachait derrière ; je ne trottinais pas non plus sur les pieds de Maman quand elle était plus rapide que moi – ce n’est pas poli Prudence de faire la commère ! – Je pouvais l’entendre dire ça d’ici, et qu’est-ce que ça m’énervait ! Mais comme l’entrée ne se trouvait pas si loin, ce n’était pas difficile d’entendre la voix grave d’homme qui s’entretenait avec elle, même si c’était trop dur d’entendre de quoi il parlait, et il fallait que je me rapproche pour ça… je posai mes crayons, invoquant mentalement la trêve avec Maman, tant pis, la guerre froide était remise à une autre fois ! je temps de pousser ma chaise un peu vite, je me tapai précisément au même endroit que tout à l’heure et pour la peine frappait ma chaise avec ma paume, parce que c’était qu’elle m’énervait celle là ! Mais le temps de franchir les derniers mètres, la voix grave n’était plus là et la lumière de l’entrée s’était éteinte, m’enfermant dans la frustration d’avoir passé trop de temps à hésiter durant les dernières secondes !

    Ce sont ce petit détail, plus ce petit détail, plus ce petit détail qui isolément, ne peuvent pas mettre une journée en l’air. Mais ces petits détails, ils peuvent devenir un gros détail et foutre une journée en l’air.

    … Je me mis soudain au garde à vous, car prise sur le fait par Maman qui venait d’apparaître à l’angle du couloir. Je n’avais plus de filature et j’allais encore me faire disputer, c’était trop nul !!! Mais c’était bizarre, parce qu’elle n’avait pas l’air d’être en colère. En fait… elle avait l’air d’une maman quand on a un gros chagrin et qu’elle nous assure que ça va bientôt aller mieux parce que c’est ce que font toutes les mamans faire des promesses qu’on soit sûrs qu’elles se réalisent, parce que dans les moments les plus tristes, se sont toujours les mamans qui détiennent la vérité. C’est comme ça.

    - Pru’, il y a quelqu’un qui t’attend dans la cuisine et qui aimerait te dire bonjour. Dans ses mains, elle avait des vêtements de garçon, mouillés que j’avais déjà vu quelque part. Mais je ne le situai pas. J’étais soudain bien trop hypnotisée par le regard qu’elle avait lorsque quelque chose n’allait pas mais que les rayons de soleil dansaient malgré tout derrière ses yeux et que ce n’était pas trop grave. Mais elle avait quand même cette voix voilée qui ne trahissait rien et j’avançai ver la cuisine, comme elle m’avait montré.

    Je savais très bien inconsciemment qui j’allais trouver en y franchissant le seuil, mais c’était bien trop absurde pour qu’une image veuille bien se matérialiser dans mon esprit. C’était les contours de Brook qui étaient dans la cuisine assis devant la table. Mais ces contours là, je ne les avais jamais vu. Je ne les avais jamais vu, mais je ne compris pas qu’il y avait quelque chose de grave. On comprend toujours trop tard qu’il y a quelque chose de grave et pour moi cette expression vide, elle voulait dire autre chose… Que ce quelque chose de grave.

    - Brook, tu es venu ! Mais je n’ai pas prévenu Maman, elle ne va pas être contente si j’invite des copains sans le lui dire avant, tu aurais dû attendre que je te réponde ! J’attendis qu’il réplique, comme il le faisait toujours, comme il le faisait normalement, comme si tout était normal, et entre temps j’avais pris la peine de me rapprocher plus près.

    J’avais abattu ma main sur le château de cartes.

    Maman, elle était toujours en train de se plaindre que je ne savais pas me retenir et que comme je ne savais pas me retenir, je manquais beaucoup de tact et que c’était pour ça que je me disputais avec les gens parfois, parce que je les vexais et qu’il fallait parfois apprendre à ne pas les vexer. Je n’avais jamais vu là où est-ce qu’elle voulait en venir. Mais là, les prochains mots qui allaient sortir de ma bouche ça n’allait pas être pour dire qu’à cause de ses bêtises, ça allait me retomber dessus. Comme si mon instinct avait compris bien avant moi ce qu’il se passait, me prodiguant cette retenue dont je n’étais pas capable.

    Je n’ajoutais rien pour le moment, parce que Brook n’allait pas bien, je le savais, comme quand on sait que soi même on est pas bien, même si on a pas de raison particulière à cela. Je savais aussi ce qu’il fallait faire lorsqu’on allait pas bien, et c’était en instaurant toutes sortes de petits rituels de quand tout allait mal, qu’ensuite, même si rien n’était arrangé, ça allait un petit peu mieux. J’ouvris le placard pour en sortir deux tasses à motifs – sur la première, il y avait deux personnages qui se trouvaient sur une espèce de lune et ils se trouvaient en apesanteur dans l’espace. Sur l’autre, il y avait une sourire difforme avec un gros ventre, mais elle avait un grand sourire avec ses deux dents en avant – et je versai du lait et du chocolat dans chacune d’entre elles, avant de les mettre au micro ondes pour le réchauffer. Il ne manquait que quelque chose. Je m’accroupis dans le placard du bas où on rangeait les gâteaux et les confiseries. Parfait. Il y en avait un paquet neuf et le bruit du plastique qui crépita lorsque je m’en emparai avec quelque chose de réconfortant. Lorsque j’eus tout posé sur un plateau, Maman apparut, et d’elle-même vint le soulever pour suivre nos pas ; j’avais pris la main de Brook pour qu’il me suive dans ma chambre. Je ne vis même pas Maman poser le plateau sur le bout du lit et refermer la porte derrière elle.

    Sans attendre, j’ouvris le paquet d’oursons à la guimauve pour les faire glisser à côté de nos tasses, exactement comme on l’avait fait à la fête foraine ; toutefois, nous étions bien loin cette fois de toutes les couleurs et l’allégresse présente là bas. Même là, ma chambre me paraissait toute triste et moins jolie que d’habitude. Je donnai sa tasse à Brook avec l’une des confiseries.

    - Regarde, il te fait un sourire, dis-je en pointant du doigt le sourire grossier de l’ours recouvert de nappage au chocolat. Mais ensuite je me souvins qu’en général ça me rendait encore plus malheureuse de voir quelque chose qui représentait la joie quand ça n’allait pas, parce que j’avais l’impression que je n’allais plus jamais pouvoir la ressentir, et le mien que j’avais forcé à illuminer mon visage s’éteignit aussitôt.

    J’allais prendre ma tasse moi aussi quand un mouvement la fit légèrement trembler, ainsi que le lit ; tiens, Nawal était dans ma chambre, parce qu’elle aussi avait dû trouver qu’il faisait bien trop moche dehors pour faire la promenade et avait préféré la sieste. Je l’attrapai du bout des bras pour lui faire des caresses, puis juste ensuite, je la posai sur les genoux de Brook. Quand je pleurais, j’aimais bien la prendre dans mes bras pour que mes larmes se perdent dans son pelage.

    - Ne t’inquiète pas, je ne crois pas que Maman va s’énerver si tu restes ici, expliquai-je pour rattraper ma bévue de tout à l’heure, sans savoir pour autant quelle question poser en premier. Car j’en avais, bien évidemment, mais… quelle était la bonne ? De toute manière, j’allais devoir me lancer la première, parce que c’était ce dont Brook avait besoin. Je me souviens qu’il fallait que tu me racontes quelque chose dans ta dernière lettre. Je n’ajoutai pas le « C’est pour ça » qui me vient tout de suite après. Pour une fois… Je n’allais pas provoquer le destin.

    Je bus une petite gorgée seulement car le chocolat était encore trop chaud. Au lieu de plonger l’ourson que j’avais dans ma main dans ma tasse à moi, j’enfonçai sa tête dans celle de Brook et le lui tendis, comme pour lui faire comprendre silencieusement qu’il n’y avait pas que des oursons en guimauve que nous pouvions partager.

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On a tous besoin de croire que quelque chose existe au delà de la banalité du quotidien.
Être capable de se transformer en quelque chose de mieux, même si personne ne croit en vous.




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Brook Lawrence
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MessageSujet: Re: « Tout secret est une révolte » - pv Prudence   Mer 19 Juin - 16:07


    J'avais toujours imaginé la maman de Prudence plutôt horrible, sévère et froide comme de la glace, mais elle me fit tout l'effet inverse. Je n'avais pas le cœur à m'élever contre quoi que ce soit donc j'espérais fortement qu'elle ne soit pas méchante avec moi, mais elle se montra adorable : elle discuta un peu avec le gentil monsieur puis m'enleva mon manteau mouillé et posa mes affaires dans leur entrée, avant de me dire que je pouvais très bien rester ici si ça n'allait pas, mais que je devais quand même prévenir mon oncle et ma tante. Je la suivis dans la cuisine sans trop rien dire, en promettant que oui oui j'allais leur écrire, mais elle insista, comme toutes les bonnes mamans, de manière autoritaire mais gentille pour que je le fasse dès maintenant, alors je griffonnai quelques mots sur le papier qu'elle m'avait tendu pour dire à Jane et Mark que j'étais chez Prudence, en Écosse, comme prévu, et que j'avais fait bon voyage. Et que j'y restais, pour l'instant. Mais pendant tout ce temps, moi, j'avais juste le cœur gros et je voulais voir Prudence, et je reposai la question à sa mère - peut-être qu'elle n'était même pas là ! A cette pensée, je sentis que les larmes allaient couler sur mes joues, mais je tentais de garder la face, surtout que la mère de Prudence m'indiqua qu'elle allait la chercher.

    Je me sentais fatigué, très fatigué, comme si je n'étais plus à l'intérieur de moi, je me sentais tout petit et très loin de chez moi, ce qui était vrai en soi, mais pourtant cette distance n'était pas physique : c'était comme si tout d'un coup notre maison de Jersey n'était qu'un mensonge, que mon oncle et ma tante avaient bien arrangé, et je leur en voulais tellement, j'en voulais à la terre entière, mais surtout à eux, car si j'avais toujours été triste de ne pas connaître mes parents, j'avais toujours été formidablement heureux en grandissant dans ce foyer, élevé par eux. En terme de trahison, elle est bien plus douloureuse lorsqu'elle vient des gens qui comptent pour nous que d'illustres inconnus ou de de nos ennemis... Je me sentais tout triste, et même si mon voyage m'avait épuisé, je savais que le sommeil ne viendrait pas. J'étais tout simplement vidé, il n'y avait qu'un sentiment de frustration et de mécontentement qui commençait à s'agiter en moi, lorsque je pensais à Aria - qui, elle, ne savait toujours rien.

    C'était la première fois que je venais chez Prudence, et pourtant j'avais envie de voir comment était sa maison et de remarquer les petits détails, parce que j'adorais faire ça et que les maisons ressemblaient souvent à leurs propriétaires, mais hélas j'avais le regard tout flou, et quand je regardais tristement autour de moi, mon cerveau refusait d'être vif et curieux, comme à l'habitude. La voix de Prudence me tira de ma torpeur.

    - Brook, tu es venu ! Mais je n’ai pas prévenu Maman, elle ne va pas être contente si j’invite des copains sans le lui dire avant, tu aurais dû attendre que je te réponde !

    Fidèle à elle-même, toute jolie et bien apprêtée, Prudence avait débarqué dans la cuisine la tête haute et il pointait dans sa voix de l'autorité et un air de reproche. Ce n'était rien et j'avais l'habitude, mais pour une fois, j'aurais aimé qu'elle ne soit pas la Prudence que je connaissais et qu'elle comprenne tout de suite que je n'avais pas le cœur à me faire sermonner : je le sentis qui se crispa un peu, et je baissai le regard, incapable de dire quoi que ce soit.

    - Je ne pouvais pas, répondis-je platement.

    Attendre une journée de plus alors que j'étouffais de cette horrible trahison ?! Jamais ! Et puis, maintenant... Maintenant, j'avais à faire, n'est-ce pas ? C'était à moi de prévenir Aria... Personne n'allait le faire, de toute façon.

    Prudence s'agita alors, et je la suivis des yeux en me sentant plus seul que jamais, parce que la seule personne que j'avais envie de voir me tournait le dos, qu'elle ne comprenait pas ou ne voulait pas comprendre, et j'étais tout triste que Prudence ne soit pas cette amie qui aurait tout guéri d'un simple regard, d'une simple parole. Je passai la main dans mes cheveux, encore mouillés, alors qu'elle sortait des tasses et s'affairaient autour d'appareils moldus, étranges, que je ne connaissais pas. Pourquoi enfermait-elle les tasses dans cette petite boîte qui tout d'un coup était devenue lumineuse ? Malgré ma lassitude, je ne décollai pas mes yeux du spectacle, et quand il y eut un petit bruit, comme une sonnette, et que la lumière s'éteignit, Prudence sortit les tasses de là comme si c'était la chose la plus évidente du monde. Je compris alors, quand sa mère revint, qu'elle nous emmenait dans sa chambre, et je la suivis docilement. De toute manière, c'était comme si je n'avais plus envie de rien, comme si on m'avait ôté tout à l'intérieur de moi, je la suivais, voilà tout. Je ne bronchais pas. Et cette fois, sa chambre était bien comme je me l'étais imaginée : décorée comme celle d'une princesse, avec des affaires de filles un peu partout, mais toutes bien ordonnées - j'étais persuadé que tout avait une place, savamment prescrite par leur propriétaire. Prudence lâcha ma main et seulement alors je me rendis compte qu'elle l'avait prise, puis on s'installa sur son lit. C'était étrange... Je m'étais toujours dit que ça serait chouette de passer des vacances ensemble, quand même, de venir chez elle, tout ça. Maintenant que c'était le cas, j'aurais presque voulu que ce ne soit jamais arrivé. Quand elle déballa les petits oursons en guimauve, je tentais de lui lancer un petit sourire rassurant, mais je n'y parvins même pas.

    - Regarde, il te fait un sourire, mais là encore je n'y arrivais pas, moi.

    Nawal vient alors nous rejoindre, et quand Prudence le déposa sur mes genoux et que le chat s'installa confortablement pour se laisser caresser, je me sentis un tout petit peu réconforté, par cette présente chaude et vivante contre moi.

    - Ne t’inquiète pas, je ne crois pas que Maman va s’énerver si tu restes ici. Je me souviens qu’il fallait que tu me racontes quelque chose dans ta dernière lettre.

    Elle me tendit alors le bonbon qu'elle avait trempé, comme on l'avait fait à la fête foraine, et je l'acceptai, mâchonnant en silence pendant quelques instants. Je ne savais pas quoi dire, pas comment dire. Prudence était si... Si Prudence que tout d'un coup toute cette histoire me paraissait impensable, irracontable. Qu'est-ce qu'elle allait en penser ? Peut-être qu'elle allait trouver ma famille encore plus nulle qu'elle se l'imaginait, je me doutais bien qu'elle devait juger un peu mon oncle et ma tante, qui vivaient une vie bien différente de celle qu'elle aimait elle. Je haussai les épaules, sentant mes larmes pas loin de couler encore. Pffff. Je n'étais plus sûr de rien, est-ce que j'avais bien fait de venir ici ? ... Mais pourtant, elle était vraiment la seule que j'avais envie de voir.

    - Euh, commençai-je platement. Je... me suis disputé avec mon oncle et ma tante, alors je suis parti. Tout seul.

    Je n'osai pas relever les yeux vers elle : c'était une fugue que j'avais fait, et pour venir me réfugier chez elle en plus. Cela avait de quoi déranger ses principes, mais j'étais fatigué, et je n'avais pas envie de me battre contre elle. Je poussai un soupir, et les mots sortir tous seuls. Comme si ils n'attendaient que ça.

    - On rangeait mon grenier avec Ellen, parce que Jane et Mark nous font toujours faire un grand rangement au début de l'été. On s'amusait en même temps, Ellen a fait tomber un gros carton qui contenait du courrier, tout s'est étalé par terre. Quand j'ai voulu ramasser... J'ai trouvé une lettre - je la sortis avec précaution de ma poche, où je l'y avais mise, avec les photos d'Aria, et la tendis à Prudence. C'est une lettre des parents d'Aria, enfin, de ses parents adoptifs. Aria Davenport, précisai-je en croisant le regard de Prudence. Dans cette lettre, j'ai compris qu'Aria... était ma sœur jumelle - cette fois, les larmes coulèrent un peu et je sentis un poids dans ma poitrine - et qu'on nous avait séparés à la naissance, tu comprends, mon oncle et ma tante ne voulait qu'un seul enfant, précisai-je avec amertume, alors ils ont donné Aria à des gens. Et ils ont jugé bon de ne rien dire. Voilà. Du coup, je suis parti.

    Je me sentais tout vide. Il n'y avait rien d'autre à ajouter - Jane et Mark n'avaient même pas essayé de se justifier d'avantage, que pouvaient-ils dire de toute façon ?...

    - Je ne veux plus les voir, pas pour l'instant. Je n'avais pas d'autre endroit où aller que chez toi, conclus-je timidement en la regardant. Mais je veux voir Aria. Aller chez elle. Et tout lui dire, parce qu'elle aussi on lui a menti. Ma voix s'était fait plus forte et plus assurée. Elle habite à Londres, je pense que je vais y aller après... Après chez toi... Je...

    Mais tout d'un coup je n'étais plus sûr de rien. Et ensuite ? Je voulais qu'Aria sache, mais je ne savais pas quoi faire. Je regardai Prudence avec un petit regard désespéré - je savais qu'elle serait de bons conseils, et j'avalais un peu de mon chocolat chaud en attendant, y trouver un peu de réconfort, malgré tout.

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Prudence C. Hodgkin
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MessageSujet: Re: « Tout secret est une révolte » - pv Prudence   Sam 29 Juin - 17:01


Je n’aimais pas ces silences. Pourtant Brook et moi en avions parfois lorsque nous travaillions tous les deux dans notre coin préféré de notre salle commune ; il était bien placé parce qu’à l’abri des autres, mais en même temps nous pouvions voir toute l’étendue de la salle circulaire et ce qui s’y passait. Mais ces moments là n’avaient rien à voir, et faisait même parti de ceux que j’aimais bien, même s’il arrivait plus souvent à Brook de le rompre que moi ; mais c’était comme si une harmonie se dégageait de nous deux pour s’enrouler encore de nous deux encore et uniquement nous deux, et je ne cherchais pas à réfléchir à comment le combler, parce qu’il n’y avait aucune gêne à cause de cela qui s’y mêlait, comme lorsqu’on cherchait à faire bonne impression et qu’il fallait absolument que les mots sortent les uns à la suite des autres et que ça ait l’air intelligent. Je ne pensais à rien de particulier dans ces instants là, ni à faire mes preuves. Nous nous connaissions assez depuis trois ans, et puis même bien avant dans nos lettres pour laisser nos silences – le sien et le mien – parler à notre place.

Aujourd’hui, celui-ci n’avait pourtant rien à voir avec ceux dont nous étions accoutumés et la raison me parut soudain effroyable : si c’était le cas, c’était parce que quelqu’un, ou quelque chose avait été
cassé. Il ne pouvait pas en être autrement et j’en étais désormais plus que sûre et certaine maintenant que j’appréhendais, autant que j’avais cette impatience presque malsaine d’apprendre la suite ; il y en avait une, et ce qui me laissait sur mes gardes, c’était le comportement de Brook qui n’avait rien à voir avec celui de la personne que je connaissais. Quelque chose se tramait et c’était aussi cela qui me contraignait à ne pas le pousser à lâcher ses aveux sans plus attendre. Pour la première fois, je ne trouvais rien à redire, même pas de nouvelles paroles rassurantes comme je l’avais fait juste avant. Ce silence là, c’était un silence parasite qui ne parlait pas. Il chuchotait. Il murmurait. Il était souillé.

Et il me faisait un peu peur.
- Euh. Je... me suis disputé avec mon oncle et ma tante, alors je suis parti. Tout seul.
Je n’eus pas le temps d’être soulagée qu’il se soit passé quelque chose de grave en rapport avec cela. J’étais bien trop admirative et même que je clignai plusieurs fois des paupières dans sa direction, sans doute avec une pointe d’envie dans le regard, parce que combien de fois n’avais-je pas rêvé de pouvoir joindre le geste à la pensée jusqu’au bout ? C’était courageux de sa part. Je ne comptais plus les fois où je m’étais disputée avec Maman, et je ne comptais plus les fois non plus où j’avais proclamé ses menaces en pensant que ça la ferait revenir sur ses vilaines paroles ; et m’enfuir, peu importe où aller, mais marcher, toujours marcher, aller dans le premier fast food venu, l’endroit le moins romantique du monde et tomber nez à nez avec un garçon de mon âge qui était venu par hasard par ici ce soir et me proposait de rentrer chez lui le temps de trouver une solution. Sauf que je ne rentrais jamais, parce que nous avions une idylle entre temps, et qu’il était riche et me couvrait de cadeaux, et… tout ceci alimentaient mes fantasmes pendant que j’allais me cacher dans mon oreiller pour pleurer toutes les larmes de mon corps, de tant d’injustices, comme toujours. Il se passait toujours ce moment étrange quand je me disais, ça y est, je vais le faire, je vais le faire. Je vais le faire et je le pensais si fort que je me voyais agir. Et puis j’attendais dans ma chambre, j’attendais, j’attendais et ça finissait par passer. Inévitablement, ça faisait par passer. Et je n’avais toujours pas réussi à choisir si c’était une bonne chose ou si au contraire, ça constituait là, l’un des plus grands drames de ma vie.

Je ne fis aucun commentaire à tout cela. Espérant que ce soit assez pour l’inciter à poursuivre. Ca l’était.
- On rangeait mon grenier avec Ellen, parce que Jane et Mark nous font toujours faire un grand rangement au début de l'été. On s'amusait en même temps, Ellen a fait tomber un gros carton qui contenait du courrier, tout s'est étalé par terre. Quand j'ai voulu ramasser... J'ai trouvé une lettre. C'est une lettre des parents d'Aria, enfin, de ses parents adoptifs. Aria Davenport. Dans cette lettre, j'ai compris qu'Aria... était ma sœur jumelle et qu'on nous avait séparés à la naissance, tu comprends, mon oncle et ma tante ne voulait qu'un seul enfant, alors ils ont donné Aria à des gens. Et ils ont jugé bon de ne rien dire. Voilà. Du coup, je suis parti.
Je ne compris pas. Je n’avais pas compris. Oh, en fait, j’avais compris, parce que les mots était simples, clairs. Nets, précis. Comme je les aimais. Donc j’en savais parfaitement la signification. Mais je n’avais pas compris. Je ne voulais pas comprendre. Je tenais dans mes mains photos et lettres que Brook m’avait tendu et que j’avais prises mollement, tout en écoutant les phrases plus tranchantes comme la scie, les unes après les autres, mais je n’avais pas une seule fois baissé le regard vers elles. C’était une histoire comme on en racontait parfois. On les disait, mais elles n’étaient pas vraies. Si elles l’étaient, elles n’étaient valables que pour les autres. Je n’étais pas d’accord. Et j’avais mon schéma, exposé en tête, auquel je refusais de déroger. On naissait tous dans une famille dans laquelle on était heureux et tout se passait bien, et ensuite on rencontrait un amoureux ou une amoureuse et tout se passait bien, et ensuite ils se mariaient, elle, elle avait une belle robe, et le même cercle recommençait. Les parents de Brook donc ça ne s’appliquaient pas tout à fait, mais si quand même, un peu. C’était une famille aimante, recomposée, heureuse.

Pas décomposée.

Alors enfin, je m’appuyais sur ce que j’avais entre mes doigts, regardant attentivement les photos, lisant partiellement la lettre, en diagonal, mais en jurant de le faire avec plus de précaution plus tard. Il fallait que je dise quelque chose. Mais je ne savais pas quoi dire. Il n’y avait rien à dire pour arranger tout ça. Même pas la magie. Ce n’était pas vrai. Je ne comprenais pas.

- Qu’est-ce qu’ils ont dit Jane et Mark, quand ils ont su ce que tu as découvert ? Ils ont réagi comment ?
Si ça m’intéressait ? Je ne savais même pas si ça m’intéressait comment ils avaient réagi, mais là où j’étais sûre par contre, c’était que j’étais du côté de Brook. Je détestais ne pas être dans les secrets. Surtout lorsque j’étais moi-même un secret. L’amertume me piqua la gorge jusque dans les narines, parce que les meilleurs amis on cette alchimie, comme un espèce de pouvoir télépathique qui fait qu’ils ressentent tout ce que l’autre ressent, quoi qu’il arrive.

Je ne pus rien rajouter d’autre, et me sentis bien inutile ; je fixai la photo d’Aria petite fille et souriante qui se trouvait sous mon nez. Aria Davenport avec qui j’avais passé un après midi à faire du shopping ; plus ou moins. Aria que je côtoyais tous les jours et que je commençais à comprendre petit à petit puisque nous passions parfois un peu de temps ensemble, sans être proches. Ni amies, ni ennemies, mais dans le même état d’esprit qu’un relationnel poli entre nous deux. Je l’imaginais à nos âges à présent dans ma tête et si sans grand mal, j’identifiais ses traits, elle devenait une autre personne. Elle n’était plus Aria Davenport. Plus tout à fait. Elle était la sœur de Brook. La sœur de Brook. Mais non, elle ne pouvait pas être la sœur de Brook…

- Le grenier, ce n’est pas l’endroit que j’aurais choisi pour entreposer quelque chose que je veux garder secret, fut la seule pensée censée que je parvins à dire. Je ne voulais pas trop critiquer Jane et Mark, mais j’étais du côté de Brook, et je ne voulais pas qu’il ne pense pas que je n’étais pas de son côté…  Encore moins quand c’est quelque chose d’important, conclus-je sans le moindre remord.

Mais il arriva bien vite après, quand je saisi l’ampleur des propos que je venais de prononcer et qui allait encore moins dédouaner l’oncle et la tante de Brook qui à mon avis était déjà dans de beaux draps, parce que si Brook suivait l’hypothèse que je venais d’émettre.. Ca n’allait pas arranger son jugement. En même temps, c’était ce que je pensais, et même si je ne voulais pas blesser Brook plus qu’il ne l’était déjà, prendre des pincettes alors que tout n’aurait pas pu être pire était inutile. Je bus une gorgée de chocolat chaud qui avait eu le temps de devenir plus tiède pour faire passer un peu tout ça. Mais tout resta coincé dans ma gorge.
- Je ne veux plus les voir, pas pour l'instant. Je n'avais pas d'autre endroit où aller que chez toi. Mais je veux voir Aria. Aller chez elle. Et tout lui dire, parce qu'elle aussi on lui a menti. Elle habite à Londres, je pense que je vais y aller après... Après chez toi... Je...
Je m’attendis à ce qu’il poursuivre, ce qu’il ne fit pas, alors je méditais un peu plus longuement ses affirmations. Le gros problème, c’était que c’était des histoires de grandes personnes, et si on appelait ça des histoires de grandes personnes, c’était bien qu’elles étaient à même de les résoudre. Pourtant, j’avais toujours tenue à être traitée comme une jeune femme mature, et j’attendais le jour d’être adulte comme l’un des plus beaux jours de ma vie. J’étais mise à l’épreuve, et je voulus savoir quoi faire, trouver les bons mots, comme l’aurait fait instinctivement sans même y réfléchir quelqu’un avec quelques années de plus. Quelqu’un comme… Maman par exemple. Nous avions beau avoir nos différents, quand il y avait quelque chose de bien plus grave que nos différents, ça évacuait les rancœurs et elle devenait mon alliée de toujours.

- Est-ce que c’est sûr qu’elle ne sait pas ?
Ca pouvait paraître bête comme question, mais après tout Aria pouvait elle aussi avoir menti, même si maintenant que je disais ça dans ma tête, c’était peu probable, mais quand bien même…

Je posai les papiers sur le lit avant de reprendre un ourson en guimauve puisque j’avais terminé le mien et en donnai un autre à Brook. Est-ce que j’avais bien saisi où est-ce qu’il voulait en venir, où… ?

- Tu veux aller à Londres ? Je sais comment faire
. J’avais ma sœur là bas, donc le trajet m’était familier. Mais, ah, Oups ! Ce n’était pas là que je voulais  en venir ! Il y a même Brooke qui y habite donc elle ne dira pas non à ce que tu viennes, je n’avais pas le cœur pour une fois à aller en travers de la volonté de Brook alors qu’il était si triste et en quelque sorte, ça altérait le ton sans appel que j’avais d’habitude, me forçant même à réfléchir à ce que disais. Mais tu ne peux pas y aller tout seul, lui conseillai-je parce qu’il fallait malgré tout que je lui explique le fond de tout ce qu’en pensait. Déjà, il te faut de l’argent. Et voilà ! Plus personne n’allait pouvoir en avoir après les détails sois disant matériels auxquelles je m’accrochais, parce que c’était la pure vérité !!! En plus Londres, c’est quand même une grande ville, est-ce que tu sais où est-ce que Aria habite ?

Je ne savais pas pour Aria, mais vu avec l’impulsivité avec laquelle avait agi Brook, plus j’y songeais, plus il était évident que cette idée n’était pas la bonne.

- Imagine si les parents d’Aria ne veulent pas te voir et ne te laisse pas rentrer, comment est-ce que tu vas faire ? Ils ont bien dit qu’ils ne voulaient pas dans la lettre… j’avais lu cette partie et c’était elle qui m’avait le plus scandalisé. Comment est-ce qu’on pouvait dire ça ?! En plus ils peuvent dire d’autres mensonges à Aria, des bêtises encore inventées pour qu’ensuite elle ne te croit pas ! Je serais toi, je ne ferais pas confiance à ses parents non plus. Mais ça impliquait qu’il ne faisait plus confiance à Mark et Jane non plus… Le mieux, c’est quand même d’attendre Poudlard, parce qu’il n’y aurait pas d’adultes dans les pattes et comme ça tu pourras lui dire tout ce que tu veux et ils ne pourront rien faire ! Et cette conclusion me ragaillardi quelque peu, parce que je trouvais le fil des événements s’emboitait bien et que j’avais trouvé ça toute seul !

Et ce sera bien fait eux, rajoutai-je pour moi-même. Voilà quelles étaient les conséquences lorsqu’on sous estimait un enfant ; qui ne l’était plus vraiment en plus.

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Être capable de se transformer en quelque chose de mieux, même si personne ne croit en vous.




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Brook Lawrence
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MessageSujet: Re: « Tout secret est une révolte » - pv Prudence   Mer 14 Aoû - 13:31


    Je ne sais pas si je m'étais attendu à ce que Prudence me comprenne - non pas qu'elle n'allait pas comprendre la situation, ça c'était évident, famille, trahison, fugue ; mais qu'elle me comprenne. J'en avais juste assez des mensonges et qu'on me prenne pour un bébé, parce que voilà où ça menait, à des histoires qui remontaient tellement loin et qui cachaient tellement de choses qu'en se découvrant elles faisaient tout s'écrouler avec elles, et moi le premier. J'en voulais tellement à Jane et Mark d'avoir en quelques secondes brisé tout ce qu'ils avaient remarquablement construit, et pourtant je les avais admirés pour ça. Ils avaient été les meilleurs parents de substitution du monde, parfaitement à leur place de parents adoptifs sans faire de trop, sans effacer mes propres parents, mais sans manquer une seule fois de me rappeler qu'ils étaient devenus les miens, pour de vrai. Je n'aurais pas pu rêver mieux, et m'en rendre compte aussi nettement maintenant, si loin de Jersey et si loin de toute cette innocence, ça me faisait encore plus mal, je serrai les dents mais j'avais un goût amer dans la bouche. C'était quoi le but de tout ça, si finalement ils n'étaient que des menteurs, si finalement ils se fichaient de moi à tel point qu'ils m'avaient enlevé ma sœur et qu'ils ne jugeaient même pas bon de me prévenir ?! J'entendais leurs voix dans ma tête, elles tournaient comme des toupies et elles m'expliquaient tout, elles argumentaient, mais je ne comprenais pas. Je n'entendais pas. Je n'entendais pas leurs explications, leurs justifications. Tout se bloquait à une seule affirmation : Aria était ma sœur et on me l'avait enlevée. Je revoyais seulement le visage incrédule d'Ellen, figée sur sa chaise, et jamais elle ne m'avait parue si petite, mais jamais je ne m'étais senti aussi proche d'elle. Elle m'avait même pris la main pendant tout le temps de la discussion, dans la cuisines, et je ne l'avais pas repoussée. J'avais senti que son soutien était réel, et qu'entre ses parents et moi elle avait choisi moi, peut-être parce qu'elle était une enfant comme moi et qu'elle ne pouvait pas comprendre un traître mot de ce qu'essayaient de nous dire les adultes. Il n'y avait rien qui rentrait vraiment dans mon cerveau, rien qui ne paraissait valable. Et dire que j'avais espéré un instant qu'on nous ait volé Aria, que Jane et Mark ne m'aient jamais rien dit de cette terrible tragédie parce qu'ils souffraient ! Mais non, ce n'était pas un vol, ou plutôt, c'était un vol bien organisé. Le cœur gros, je reniflai une nouvelle fois après avoir avalé une gorgée de chocolat chaud.

    - Qu’est-ce qu’ils ont dit Jane et Mark, quand ils ont su ce que tu as découvert ? Ils ont réagi comment ?

    Retenant les larmes qui s'acharnaient à vouloir me brûler les yeux, je regardai Prudence, son air concentré et profondément maîtresse d'elle-même malgré tout : je me demandais bien comment elle faisait. Mais en même temps, je ne voulais pas m'effondrer alors qu'elle était si stoïque, alors je me forçai à garder la tête haute - enfin, aussi haute que je le pouvais.

    - Ils m'ont tout raconté, dis-je clairement, comme si je déroulais le fil d'une histoire. Ils sont compris que je savais et qu'ils ne pouvaient plus se rattraper. Quand mes parents sont morts, Jane et Mark ne m'ont pas simplement adopté. On était deux, Aria et moi, à être orphelins. A ce moment, mon oncle et ma tante ne voulaient pas d'enfant, et puis ils travaillaient énormément, et jamais ils n'auraient eu le temps de s'occuper d'un enfant, alors deux... Mais Jane ne pouvait pas abandonner les enfants de sa sœur, c'est ce qu'elle m'a dit, tu te rends compte ? Elle l'a fait, pourtant. Ils ont décidé de me garder moi, et de faire adopter Aria. Ils ont cherché la meilleure famille possible, ils se sont assurés qu'elle serait heureuse, bien entourée. Elle l'a été, ils n'ont pas arrêté de me le répéter, comme si ça allait changer quelque chose. Heureusement qu'elle a été bien traitée... Mais... Je baissai la tête vers mon chocolat chaud, c'était un peu égoïste ce que je voulais dire, mais est-ce que je n'avais pas un peu le droit de réclamer ma propre sœur ? Elle aurait été encore mieux avec nous. Ils ont dit qu'ils avaient contacté les Davenport, qu'ils avaient toujours laissé la porte ouverte si jamais ils décidaient de révéler le secret. Mais personne ne l'a fait, et nos parents à tous les deux ont décidé de mentir, voilà.

    Je haussai les épaules, pas parce que tout ça m'était égal, mais parce que j'avais envie de pleurer, et que je ne voyais même pas ce que je pouvais faire d'autre. Surtout que tout me paraissait trop énorme : un mensonge organisé et sans failles, validé par les deux clans, et au milieu, Aria et moi, piégés comme des rats.

    Je me demandais ce que pouvait penser Aria de ses parents - ce n'était pas vraiment le genre de conversation qu'on avait - et ce qu'elle allait penser ensuite quand elle saurait... Si elle savait un jour... Je bus une nouvelle gorgée pour me donner une contenance, mais le chocolat me paraissait aussi amer que les larmes que j'avais laissées couler. Pourquoi fallait-il que tout s'écroule, pourquoi fallait-il qu'on me fasse cela, à moi, à Aria, à mes parents, pour Jane et Mark ne pouvaient pas rester aussi merveilleux qu'ils l'avaient été ? C'était injuste, et j'étais incapable de trouver une solution à mon problème.

    - Le grenier, ce n’est pas l’endroit que j’aurais choisi pour entreposer quelque chose que je veux garder secret. Encore moins quand c’est quelque chose d’important.

    Je fis oui tristement de la tête : c'était bien vrai. Pourtant, je regrettais beaucoup de ne pas avoir fait tomber ce carton plus tôt, et découvert le pot-aux-roses des années avant. Peut-être que le choc aurait été moins rude, peut-être que Jane et Mark auraient pu me faire croire qu'ils allaient me le dire mais qu'ils attendaient que je sois assez grand. Aujourd'hui, cette excuse n'aurait pas eu de sens. Et puis, peut-être que j'aurais connu Aria plus tôt, avant Poudlard, peut-être que nous nous serions entendu tout de suite, au lieu de nous manger le nez et de nous faire coller en retenue ensemble. Je regrettais d'avoir été méchant avec elle (même si elle avait tout fait pour le provoquer). Je regrettais surtout, je m'en voulais même, de ne pas avoir reconnu la vérité dans ses yeux si semblables aux miens.

    - Est-ce que c’est sûr qu’elle ne sait pas ?

    - Non, elle ne sait rien, c'est certain,
    affirmai-je sans hésiter.

    Ça me faisait plaisir que Prudence prenne tant à cœur cette histoire : je le voyais dans ses réactions, dans ses questions. Elle avait les sourcils un peu froncés, comme quand elle était très concentrée sur un devoir et qu'elle cherchait les réponses dans sa tête. Je ne savais pas si elle s'en rendait compte, mais mes yeux étaient braqués sur elle et je m'en remettais tout à elle, parce que j'étais perdu, parce que je n'étais plus capable de rien et que Prudence savait toujours ce qu'il fallait faire de mieux, en toutes circonstances. Je ne m'étais pas trompé sur ça : chez elle, je me sentais bien. J'attrapais le bonbon qu'elle me tendit en la remerciant d'un faible sourire et le trempai dans le chocolat chaud, espérant qu'il ait un peu plus de saveur et moins d'amertume que tout à l'heure. Mais quelque part, je me sentais inconsolable, j'avais le cœur trop gros, et j'étais trop triste...

    - Tu veux aller à Londres ? Je sais comment faire. Il y a même Brooke qui y habite donc elle ne dira pas non à ce que tu viennes. Mon regard s'illumina. En plus de tout, Prudence allait même m'aider à aller à Londres chez Aria ! Je posai la fin de mon bonbon, incapable d'avaler quoi que ce soit de plus, la gorge bloquée par la tristesse et l'excitation soudaine, qui faisaient un mélange étrange. Mais tu ne peux pas y aller tout seul. Je sentis mon cœur se serrer un peu plus. Mais je m'en fichais, d'être tout seul ! Déjà, il te faut de l’argent. En plus Londres, c’est quand même une grande ville, est-ce que tu sais où est-ce que Aria habite ?

    C'était comme si Prudence m'avait en une seconde fait miroiter la perfection et me l'avait enlevée de la même façon. Pourquoi est-ce qu'elle disait ça ?! Elle voulait m'aider, ou pas ? J'avais l'impression qu'elle essayait, comme elle savait si bien le faire, de me démontrer que mon idée était mauvaise, avec des pincettes. Mais on n'était pas en train de faire nos devoirs, ou de se disputer pour des bricoles. C'était de ma vie qu'il s'agissait, et je me sentis bien seul tout d'un coup.

    - Je pensais que tu connaissais peut-être son adresse... Mais on peut lui envoyer un hibou, on peut lui demander, ou trouver son adresse quelque part ? demandai-je suppliant. Regarde, j'ai un peu d'argent... J'avais retourné ma poche, laissant tomber les pièces, peu nombreuses, sur le lit de Prudence. Je me débrouillerais, je m'en fiche, on peut demander de l'aide à ta sœur, non ?

    Si il le fallait je partais tout seul et sans l'aide de personne, je m'en fichais, je l'avais déjà fait, je venais de le faire, tant pis pour l'argent je voyagerais sans et je me cacherais, ou je trouverais bien des gens pour m'aider, qu'est-ce que ça pouvait me faire... J'avais voyagé de Jersey en Ecosse, un voyage supplémentaire à Londres ne me faisait pas peur. A part la gare, je ne connaissais rien de la capitale, mais et alors ? Je ne pensais pas à tout ça, je pensais juste à Aria, et à tous ces menteurs qui nous avaient élevés.

    - Imagine si les parents d’Aria ne veulent pas te voir et ne te laisse pas rentrer, comment est-ce que tu vas faire ? Ils ont bien dit qu’ils ne voulaient pas dans la lettre… En plus ils peuvent dire d’autres mensonges à Aria, des bêtises encore inventées pour qu’ensuite elle ne te croit pas ! Je serais toi, je ne ferais pas confiance à ses parents non plus. Le mieux, c’est quand même d’attendre Poudlard, parce qu’il n’y aurait pas d’adultes dans les pattes et comme ça tu pourras lui dire tout ce que tu veux et ils ne pourront rien faire !

    ... Je n'avais pas du tout pensé au problème de cette façon .

    Cette fois-ci, je poussai définitivement la tasse de chocolat vers le plateau, parce que je savais que je ne pourrais plus rien avaler. J'avais l'impression d'avoir été piégé par les gnomes du jardin, et d'avoir cru m'en sortir avant de retomber dans le trou qu'ils avaient creusé (c'était ce qui était arrivé à notre voisin, et sa femme l'avait trouvé coincé dans le trou en rentrant chez elle le soir, alors que les gnomes dansaient autour de lui en lui lançant des tomates pourries. Sur le coup, on avait beaucoup ri, d'autant plus qu'on en l'aimait pas beaucoup, le voisin. Mais en cet instant précis j'avais l'impression d'être dans la même situation, et elle ne me faisait plus beaucoup rire). Je n'étais pas au bout de mes peines, alors ? La vie allait s'acharner à nous séparer, Aria et moi ? Je lançai un regard perdu à Prudence, et l'expression sur son visage me brisa encore plus le coeur, parce que je savais qu'elle réfléchissait, qu'elle gardait la tête froide et qu'elle pesait le pour et le contre, si bien que rien de ce qu'elle disait n'était des paroles en l'air. Elle avait raison.

    - Mais je ne veux pas attendre... bredouillai-je. C'est dans longtemps, Poudlard... Qu'est-ce que je vais faire pendant un mois et demi ? Je ne veux plus les voir, dis-je fermement.

    Je m'enfermai dans un silence boudeur, mais en vrai c'était parce que je sentais que j'avais envie de pleurer, de plus en plus, et j'en avais assez de chouiner devant Prudence. Dans ma tête, tout tournait et s’emmêlait. J'avais l'impression que je m'étais trompé sur toute la ligne, que le choses n'étaient pas si simples que ça... Que je n'étais pas prêt de voir ma sœur.

    - Qu'est-ce que tu fais toi, cet été ? demandai-je d'une toute petite voix, espérant que discuter d'autre chose avec Prudence allait m'empêcher de pleurer.

    Ce ne fut pas le cas. J'avais lutté trop longtemps, et je n'étais plus très sûr de le vouloir, et de toute façon, je me fichais que Prudence me voit pleurer. Si ça avait été un problème, je ne serais pas venu trouver refuge chez elle. Je détournai juste un peu le visage et le cachai dans mes mains, mais laissai éclater mes sanglots, et les larmes coulèrent entre mes doigts avec tellement de force et en si grand nombre que cela me fit presque peur. Je pleurais non seulement à tous ces mensonges, mais aussi à Aria que je ne pouvais pas voir, pas tout de suite, au futur incertain et pour la première fois, je pleurais à mes parents. J'avais été un petit garçon heureux : bien sûr que mes parents m'avaient manqué, mais Jane et Mark avaient été si attentionnés. Aujourd'hui, je pleurais simplement parce que j'aurais aimé que mes parents soient là, qu'ils me réconfortent, qu'ils me soutiennent parce qu'eux aussi étaient lésés dans l'histoire : on avait séparés leurs enfants, n'auraient-ils pas été les premiers contre cette idée affreuse ?

    - Je veux voir ma sœur, dis-je entre deux sanglots. C'était tout ce qu'il me fallait, en cet instant. Tu crois qu'elle sera contente, quand elle l'apprendra ?... Et si elle ne m'aimait pas assez pour m'accepter comme frère ? C'était certain qu'on était pas les meilleurs amis du monde... Qu'elle était pénible, tout ça tout ça... Mais je m'en fichais, puisqu'elle était ma sœur. Je me mis à pleurer de plus belle, retenant mes sanglots dans ma gorge mais laissant les larmes couleur, remettant une fois de plus mes questions et mes incertitudes entre les mains rassurantes de Prudence.

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Prudence C. Hodgkin
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MessageSujet: Re: « Tout secret est une révolte » - pv Prudence   Mar 27 Aoû - 11:57


Je subissais l’histoire de Brook, plus que je ne l’écoutais. Les mots avaient toujours eu une importance pour moi, dans leur formulation, leur compréhension, leur sens, et ils pouvaient tout aussi bien narrer une histoire, raconter les folles aventures d’une journée, réconforter, être précieux, comme les petits joyaux qui naissent au fond des yeux lorsque l’on entend ce que l’on a envie d’entendre. Ils pouvaient blesser aussi, dès lors que l’on leur en conférait le pouvoir, parce que c’était toujours celle qui les récitait qui en choisissait le teneur. J’étais accablée par la propre tristesse de Brook, mais cela me rappela malgré tout l’altercation avec Ruby, qui jamais, vraiment, n’avait été réglée un peu comme un bobo dont la croûte se forme mais dont on gratte la surface à chaque fis, qui se rouvre et finalement, ne cicatrise jamais vraiment. Me restait le sinistre sentiment d’échec cuisant qui ne laissait même pas entrevoir où nous en étions, si tout était bel et bien terminé pour toujours, ou si l’espoir continuait de briller malgré tout, parce que c’était uniquement ce qu’il nous restait. Sauf que là où nous nous étions arrêtés c’était un pallier où la porte était ouverte, mais le seuil demeurait impossible à franchir. Rien. Il n’y avait rien.

Ici, je comprenais la signification de chaque terme, mais c’était comme s’ils ne désiraient pas s’emboîter les uns avec les autres et qu’ils s’éparpillaient un peu partout tout autour de nous comme s’ils avaient peur d’eux-mêmes, et tentaient de mettre le plus de distance les uns avec les autres. Mais j’avais toutefois pleinement conscience que c’était important. C’était gros. Trop gros.
- Elle aurait été encore mieux avec nous, conclut Brook, à la fin de son récit. Ils ont dit qu'ils avaient contacté les Davenport, qu'ils avaient toujours laissé la porte ouverte si jamais ils décidaient de révéler le secret. Mais personne ne l'a fait, et nos parents à tous les deux ont décidé de mentir, voilà.

Je ne l’avais pas sentie venir, sans doute parce qu’il s’agissait de cette colère sourde qui gardent les bras et les jambes endoloris afin de mieux faire fonctionner le cerveau à plein régime. Nous avions tous au moins une fois testé le mensonge dans nos vies, ainsi que ses conséquences, plus ou moins fortes, et l’appréhension que la découverte de la vérité se déroule mal ; et on nous apprenait aussi que le mensonge était à proscrire, encore plus lorsqu’on était des enfants, parce que ça ne servait à rien et que les faits réels, un jour où l’autre, finissaient toujours par suinter pour révéler qu’importe la profondeur jusque laquelle ils avaient été enfouies, la surface n’étaient jamais si loin que ça. Visiblement, cette règle ne s’appliquait pas aux adultes. Ils étaient censés avoir la bonne parole, avoir la solution à tous les problèmes, pour nous rassurer, nous qui hésitions parfois à faire un pas devant l’autre devant ces situations pas assez exploitées pour ne plus en avoir peur. Observer un paysage somptueux mais en faire tomber le voile sur un univers gris et terne où le soleil ne brillait jamais aurait eu le même effet.

- C’est bien trop facile de dire ça, rétorquai-je, prête à suivre le voie que Brook avait montré, alors qu’ils savaient tous qu’ils préféraient rester dans le déni et croire qu’il était vraiment réel, plutôt que d’affronter leurs propres échecs.

Car pour moi, c’en était un vraiment. Pensaient-ils qu’ils avaient fait les choses au mieux. Mais en cet instant, je sus que j’aurais haï ma mère d’avoir laissé ma sœur aux bons soins d’inconnus, peut être généreux, mais qui n’avaient pas leur place.

- On est pas à la fête foraine là, poursuivis-je sentant mes muscles s’enflammer, parce que le schéma se dessinait et avec lui, la triste réalité que cela imposait. Ce n’est pas comme lorsqu’on doit choisir entre deux peluches identiques parce qu’on a gagné un prix et qu’on prend la bleue au lieu de choisir la verte ! Tu te rends compte que ça aurait pu être l’inverse, et qu’ils auraient tout aussi bien pu « choisir » Aria à ta place, juste parce qu’il fallait en garder un sur les deux ???

Alors seulement, je réalisais que j’avais certainement été trop loin dans ma franchise. Même si Brook savait déjà tout cela, sans doute n’avait-il pas besoin de l’entendre aussi crûment, mais une fois de plus, ma pensée m’avait dépassé. Brook était au courant que je n’avais pas ma langue dans ma poche, mais pour une fois, rien qu’une fois, j’aurais aimé avoir le pouvoir de faire autrement, de la tourner sept fois dans ma bouche avant de dire quoi que ce soit seulement parce que aujourd’hui, je ne voulais pas lui imposer ce que j’étais. Je voulais être avec lui, mais de la meilleure façon qui soit.

Les gouttes de pluie continuaient de tinter contre le carreau des vitres de ma chambre, comme de façon à nous rappeler, de par leur mélodie que la tristesse du monde se joignait à nous, à Brook. Elles me m’étaient également en état d’alerte, que malgré les chemins palpitants qui nous attendaient à l’extérieur, tout était démesuré, trop grand et trop rapide aussi, pour que lui comme moi pouvions y faire face comme aurait pu y faire face nos parents. Soudain, je me sentis incroyablement inutile et je détestais cette sensation parce que j’avais toujours réponse à tout à l’école et je savais toujours tout faire dès qu’on apprenait de nouvelles choses. Pour la première fois on mettait quelque chose hors de ma portée, comme cette même pluie qui aurait glissé entre mes mains si je les avais mises hors de ma fenêtre, et que par aucun moyen, je n’aurais réussi à la retenir.


- Je pensais que tu connaissais peut-être son adresse... Je secouai immédiatement la tête. Je n’étais pas assez proche d’Aria pour ça. Mais on peut lui envoyer un hibou, on peut lui demander, ou trouver son adresse quelque part ? Regarde, j'ai un peu d'argent... Je me débrouillerais, je m'en fiche, on peut demander de l'aide à ta sœur, non ?

Brooke aurait été en effet la résolution de tout, puisqu’elle était celle vers qui je me tournais toujours lorsque je n’obtenais pas satisfaction auprès de Papa ou Maman. Alors pourquoi, cette pensée avait surgit de mon esprit que malgré mes dires, elle ne laisserait jamais mon ami aller au bout de ses projets, même si moi, je rêvais de l’aider, parce que justement, tout ça était trop utopique ? Autre chose me contrariait, cette chose que l’on nommait le vice et dont me semblait empreinte les deux familles dans lesquelles Aria et Brook se retrouvaient enfermés, et puisque nous ne pouvions faire confiance qu’à nous même, il fallait que je fasse part à mon ami de mes inquiétudes.

- Mais je ne veux pas attendre... C'est dans longtemps, Poudlard... Qu'est-ce que je vais faire pendant un mois et demi ? Je ne veux plus les voir.

Je ne trouvais rien à redire ni à répondre. Dans d’autres circonstances, j’aurais été la première à proposer à Brook de rester à la maison. Mais puisqu’on parlait de famille, mes grands parents, ça faisait si longtemps…

Brook me donnait l’opportunité que j’attendais ; je ne savais pas quoi lui proposer, parce que je connaissais ce sentiment de vouloir fuir ce qui nous rend triste et en colère. Mais que malgré ces envies, il y avait toujours notre âge, trop jeune, qui servait de liens et qui nous retenaient.


- Qu'est-ce que tu fais toi, cet été ?

- Je voulais absolument t’en parler justement ! M’écriai-je tout à coup plus enjouée que je ne l’avais été jusqu’à présent. Ce n’était pas parce que j’en avais marre de Brook et que je voulais ignorer sa peine, loin de là, mais j’avais le désir de lui faire penser un peu à autre chose que les sombres pensées qui l’habitaient, et puis, comme il était celui qui en savait le plus à propos de ma situation familiale, j’avais malgré tout hâte de lui expliquer ! Je vais partir chez mes grands parents, Maman a enfin accepté ! Ce n’est pas trop tôt, dans la lettre de ma grand-mère en plus, elle me disait qu’il y a une chambre chez eux qui m’attend et qui a toujours été rien qu’à moi, et qu’il y a plein de surprises dedans qui m’attendent, et puis elle m’a envoyé des photos de leur maison, elle est tellement grande, et le jardin aussi, rien à voir avec le nôtre ! Attends, je vais te montrer les photos, elle m’en a envoyé quelques-unes !

Il fallait que j’agisse vite, parce que je ne voulais pas que la brèche qui s’était légèrement entrouverte se referme, et j’ouvris le tiroir de mon bureau après avoir prise une petite clé qui était restée sur la table mais que j’emmenais normalement à Poudlard avec moi, pour ouvrir une jolie boîte à secrets, qui avait été peinte à la main, et qui avaient des paillettes ; un cadeau que mes grands parents m’avaient fait justement lorsque j’avais reçu le courrier, le paquet avec été joint avec. Dedans, j’y avais rangé leurs lettres par ordre et dates, et je n’eus aucun mal à retrouver les photos que je cherchais.

- Je leur demanderai si on peut t’inviter un jour
, parce que là, je voulais d’abord en profiter, mais toute seule, tu vas voir c’est tellement joli, c’est comme chez les princ… Mais je venais d’être coupée dans mon élan, et mêmes mes songes de princesses me semblaient être dérisoires à présent.

Lorsque je m’étais retournée pour faire face à Brook, j’avais vu ses mains toutes recroquevillées sur son visage ; ce n’est qu’ensuite qu’il explosa en sanglots et je ne sus que faire de mes mains qui tenaient toujours les photos mais qui m’étaient inutiles maintenant, même qu’elles me mettaient mal à l’aise. Je les posais sur la table, mais en observant Brook une nouvelle fois, la boule qui m’obstruait la gorge se plaignit d’avantage et beaucoup plus douloureusement, parce qu’elle ne demandait qu’à sortir. Je n’éprouvais pas beaucoup d’empathie à voir quelqu’un pleurer qui ne l’avait pas mérité, sauf que c’était loin d’être le cas de Brook, d’autant que j’en savais l’histoire, la cause, et que tout ceci était
réel. Mes yeux furent rapidement inondés, mais je n’avais pas besoin de voir pour rejoindre mon lit que j’avais quitté quelques secondes plus et prendre le bras qui se trouvait le plus près de Brook pour le serrer contre moi, et renifler de temps à autre, parce qu’il fallait juste attendre. Attendre que cela passe.

- Je veux voir ma sœur. Tu crois qu'elle sera contente, quand elle l'apprendra ?...


Je ne répondis pas tout de suite, laissant le bruit de nos pleurs laissant s’en charger à ma place. J’avais fermé les yeux face à cette douleur que j’imaginais très bien, mais que je ne pouvais toutefois pas ressentir, même en me mettant à la place de Brook, je savais que c’était impossible… Au bout de quelques minutes, j’arrivais quand même à prendre quelques inspirations, tout en me focalisant sur mon corps et ma respiration et relevai la tête de l’épaule de Brook sur laquelle je l’avais posé. Je ne voulais pas que Maman arriva sans prévenir dans ma chambre parce qu’elle était la spécialiste et nous découvre comme ça. Je pris plusieurs mouchoirs en papier pour en donner à Brook et aussi pour moi puis me mouchait dedans et m’essuyais les yeux. J’eus un grand soupir, un peu tremblant et je me raclais un peu la gorge.

Pour moi, Aria avait toujours été… Aria. Mais entendre le mot « sœur » sorti de la bouche de Brook me la faisait voir différemment à présent. Pourtant, elle restait la même personne et en dehors de ça, rien ne changeait. Mais être la « sœur » de Brook… imposait une nouvelle vision, avec de nouvelles couleurs. Et Aria n’était plus seulement Aria Davenport.

- Ils savent bien qu’ils ne pourront pas vous séparer éternellement
, dis-je enfin, la voix un peu aigue d’avoir pleuré, mais je fis en sorte de me reprendre. Je crois même qu’ils le savaient déjà, mais que le plus tard serait le mieux… Enfin… Que tant que c’était le plus tard possible, ça leur faisait des problèmes en moins. C’était ça qui était le plus juste à mon avis les concernant. Surtout maintenant que Jane et Mark savent que tu sais, ils ne vont pas pouvoir faire comme si Aria n’existait pas ! Je n’osais pas demander à Brook, parce qu’il avait assez de soucis comme ça mais… Qu’est-ce qui allait se passer à présent ? Tout allait changer c’était certain… Est-ce que les deux clans étaient prêts à l’accepter ? Ils ne pourraient plus continuer à s’ignorer délibérément et cependant… je les en voyais tout à fait capables, surtout après avoir lu la fameuse lettre. Je ne sais pas pour Aria, j’avais peur de faire moi aussi du mal à Brook, mais moi, j’étais bien décidée à ne pas lui mentir, même si ça le blessait. Peut être qu'elle réagira mieux que toi… ou alors… Je cherchais les meilleurs mots, mais rien ne me venait. Ou alors ce sera encore pire. C’était dit. Tu sais Brook, même si tu ne veux pas que ça arrive, il faut que tu te prépares quand même à cette éventualité. C’est pour toi, pour te protéger, rajoutai-je en désespoir de cause parce que je ne voulais pas qu’il m’en veuille alors que je voulais juste l’aider. Le problème… C’est que tu ne sais pas ce qui se passera et que si tu es très heureux et elle aussi se sera tant mieux… Mais tu pourras aussi être déçu et ça, il faut que tu le gardes à l’esprit… Dans un geste amical, je posais ma main sur la sienne, sentant que j’allais me remettre à pleurer. Je ne veux pas qu’on te fasse encore de la peine, chuchotai-je tristement.

Malheureusement le pouvoir n’était pas entre mes mains. L’impuissance avait le même goût que la rouille.

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Feuille de personnage
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MessageSujet: Re: « Tout secret est une révolte » - pv Prudence   Mar 10 Sep - 0:03


    - C’est bien trop facile de dire ça, plutôt que d’affronter leurs propres échecs.

    Je haussai les épaules. Je ne savais pas trop. Oui, j'étais en colère : très en colère. Mais j'étais aussi très triste... Et la tristesse et la colère ne faisaient pas bon ménage. Je savais que je ne pouvais pas en vouloir aussi méchamment à mon oncle et ma tante parce qu'ils m'avaient élevé, parce que j'avais eu une enfance merveilleuse, et ça, je ne pourrais jamais le nier. C'était vrai, pas une seconde je regrettais tout ce que j'avais pu vivre, toute notre vie à Jersey. Mais on regrette quand on comprend, et aujourd'hui je me disais simplement qu'avec Aria en plus, avec ma soeur, ça aurait tellement mieux encore. Je regrettais cet horrible mensonge qui changeait tout, qui salissait tout. Comment était-ce possible de m'avoir menti comme ça, comment était-ce possible pour Jane et Mark de regarder Ellen et de ne pas penser à la petite fille qu'ils avaient abandonné, ou de me regarder moi et de ne pas penser à celle qui était ma soeur jumelle ! Et mes parents, là-dedans ? Je ne savais pas évidemment, j'étais encore un enfant, enfin c'était ce qu'ils disaient, mais depuis quand pouvaient-ils encore juger de ça alors qu'ils m'avaient menti toutes ses années et qu'ils n'avaient même pas été capables d'assurer leurs rôles d'adultes en me laissant ma soeur...

    - On est pas à la fête foraine là. Ce n’est pas comme lorsqu’on doit choisir entre deux peluches identiques parce qu’on a gagné un prix et qu’on prend la bleue au lieu de choisir la verte ! Tu te rends compte que ça aurait pu être l’inverse, et qu’ils auraient tout aussi bien pu « choisir » Aria à ta place, juste parce qu’il fallait en garder un sur les deux ???

    Plutôt surpris, j'avais relevé d'un coup la tête vers Prudence. Elle parlait avec un sérieux et surtout un air pincé qui différait de d'habitude - ce n'était pas celui de la petite Prudence parfaite qui savait tout, mais ça venait vraiment de plus loin. J'étais touché, vraiment, qu'elle prenne ça si à coeur, et je n'aurais pas voulu être ailleurs que chez elle. Mais je me sentis piqué par une lame encore plus froide et tranchante, et j'étais encore plus triste... Oui, c'était la loterie. La loterie que mon oncle et ma tante adoraient organiser lors des fêtes du village, d'ailleurs. Ils aimaient décidément y jouer, et ils y avaient joué gros...

    Et si ça avait été Aria ? Et si ils avaient préféré gardé la petite fille plutôt que le petit garçon ? Est-ce que je me serais appelé Davenport ? Est-ce qu'une autre famille se serait occupé de moi, est-ce que j'aurais été heureux ? Est-ce que j'aurais été le Brook de maintenant ?

    Mais c'était débile tout ça, ça n'était pas arrivé, c'était Aria qui avait été écartée. Je crus que j'en voulais à Prudence d'avoir été si directe et d'avoir fait naître toutes ces questions dans ma tête, mais ça ne dura même pas une seconde. Elle avait raison, et de toute façon je me les serais posées un jour ou l'autre. Je suivis du regard celui de Prudence qui se posa un instant sur la pluie qui dégoulinait sur les vitres, et encore une fois je me sentis tellement loin de chez moi et tellement arrachée à cette notion de chez moi, que la pluie ajouta à ma peine, et je me sentis encore plus fragilisé. Tristement, je me renfermais un peu plus sur moi, regardant la pointe de mes chaussures. Je ne savais pas quoi faire, et je me rendais compte que c'était un problème qui allait grandissant. Je ne savais pas quoi faire : je ne pouvais rien faire. Je ne pouvais pas rattraper tout ça, je ne pouvais pas faire payer à Jane et Mark ce qu'ils m'avaient fait, comment, pourquoi ? Je les aimais et je les détestais, et c'était bien trop nouveau pour moi. Et puis, je pensais à mes parents. Est-ce que ce n'était pas horrible de leur avoir fait ça ?! Il me semblait que pour rien au monde je n'aurais trahi ma famille, et j'apprenais que ma famille m'avait trahi... J'avais un goût amer dans la bouche, et définitivement plus le coeur au chocolat et aux bonbons...

    - Ça aurait tout changé, dis-je tristement, parce que oui, elle avait raison. Il s'était passé quelque chose, un minuscule petit choix - le garçon ou la fille - et deux vies avaient changé du tout au tout.

    Quand la voix de Prudence se fit plus enjouée au sujet des vacances, je voulus me laisser porter par son enthousiasme, parce que pour une fois elle ne m'agaçait pas au contraire, j'avais envie et besoin qu'elle me change les idées. Mais hélas, je me rendis compte bien vite que je ne pouvais pas me forcer... Et toutes ses belles paroles rebondissaient contre moi, parce que j'étais trop triste.

    - Je voulais absolument t’en parler justement ! Je vais partir chez mes grands parents, Maman a enfin accepté ! Ce n’est pas trop tôt, dans la lettre de ma grand-mère en plus, elle me disait qu’il y a une chambre chez eux qui m’attend et qui a toujours été rien qu’à moi, et qu’il y a plein de surprises dedans qui m’attendent, et puis elle m’a envoyé des photos de leur maison, elle est tellement grande, et le jardin aussi, rien à voir avec le nôtre ! Attends, je vais te montrer les photos, elle m’en a envoyé quelques-unes !

    - Ah... C'était horrible et je me sentais encore plus mal de ne pas pouvoir partager la joie de Prudence, mais je n'y arrivais pas. Et puis... Quoi, elle allait partir ? J'eus un petit regard autour de nous, sur sa chambre. J'espérais secrètement rester chez elle, même si je savais que ça ne se faisait pas, aussi longtemps. Mais ça voulait dire rentrer à Jersey, et je m'en sentais incapable. Je me sentis encore plus seul si cela était possible, et je me forçai à me concentrer sur Prudence, ses grands-parents, la maison, le fait qu'elle était contente d'y aller, mais ça me paraissait flou, intouchable.

    - Je leur demanderai si on peut t’inviter un jour, tu vas voir c’est tellement joli, c’est comme chez les princ…

    Elle avait vu de toute façon, je le savais. Ça devait être écrit sur ma tête, et je ne pouvais pas me retenir de pleurer. Mais c'était tellement étouffant ce que je ressentais, j'avais envie d'être grand parce qu'on m'avait pris pour un petit enfant tout ce temps, un enfant qui ne pouvait rien entendre et ne méritait pas la vérité, mais en même temps grandir ça faisait bien mal si ça avait ce prix là, et en me rendant compte je me sentais tout petit et tout seul, je redevenais l'enfant que je ne voulais plus être. Et dans tout ça, j'étais bien perdu...

    Je n'avais jamais vu Prudence pleurer comme ça, mais au bout de quelques instants elle était revenue à côté de moi, et prenait mon bras dans un geste que nous n'avions jamais eu. Je me fis la réflexion que j'étais heureux, vraiment heureux, de l'avoir comme amie, et pleurer avec elle me fit du bien, même si c'était une idée bizarre. Mais ça me faisait du bien parce que je savais qu'elle ne faisait pas semblant, pas du tout, que ses sanglots étaient parce qu'elle était triste pour moi, qu'elle ne savait sans doute pas vraiment quoi faire non plus dans tout ça, qu'elle ne savait pas quoi penser tout comme elle pensait un milliard de choses à la fois, qu'elle devait songer à Aria, à la manière dont on parlait d'elle au début parce qu'elle nous énervait un peu, à Aria qui prenait une toute autre dimension maintenant... Est-ce qu'on allait s'aimer d'un coup, du coup ? C'était bête, mais j'avais l'impression que tout s'expliquait, qu'elle m'énervait parce qu'on était noyés dans le mensonge, que tout allait être différent. Alors je me laissais aller et je ne retins aucune larmes, déjà parce que je ne pouvais pas et ensuite parce que je me fichais bien de pleurer comme un bébé devant Prudence, je n'en étais plus là. Je me serrais un peu contre elle et attrapais son bras et laissais les vannes s'ouvrir, les sanglots s'exprimer, et je pleurai jusqu'à ne plus avoir de larmes à donner et l'étrange impression d'avoir été martelé de l'intérieur. J'étais tout engourdi, quand je me calmai enfin, et j'attrapai le mouchoir que me tendit Prudence pour me moucher.

    Prudence avait les yeux rougis, les joues plus roses, la bouche tremblante, mais je ne pus m'empêcher de la trouver jolie, et qu'elle était comme une princesse : elle restait jolie même quand elle pleurait.

    - Ils savent bien qu’ils ne pourront pas vous séparer éternellement. Je crois même qu’ils le savaient déjà, mais que le plus tard serait le mieux… Enfin… Que tant que c’était le plus tard possible, ça leur faisait des problèmes en moins. Surtout maintenant que Jane et Mark savent que tu sais, ils ne vont pas pouvoir faire comme si Aria n’existait pas ! Je ne sais pas pour Aria. Peut être qu'elle réagira mieux que toi… ou alors… Ou alors ce sera encore pire. Tu sais Brook, même si tu ne veux pas que ça arrive, il faut que tu te prépares quand même à cette éventualité. C’est pour toi, pour te protéger. Le problème… C’est que tu ne sais pas ce qui se passera et que si tu es très heureux et elle aussi se sera tant mieux… Mais tu pourras aussi être déçu et ça, il faut que tu le gardes à l’esprit… Je ne veux pas qu’on te fasse encore de la peine.


    Je craignais cela, évidemment. Et elle l'avait dit. Je sentis la colère être ranimée, et cette fois, c'était contre Prudence. C'était injuste, mais c'était comme ça. Pourquoi elle avait eu besoin de le dire ? J'avais peur de ça... J'avais peur qu'Aria se moque, qu'elle rigole, qu'elle refuse d'être ma soeur, qu'elle ne veuille plus me voir, que sa famille lui fasse pression, l'en empêche.

    Je finis par me lever, me sentant tout faible, et toujours aussi perdu.

    - Elle ne peut pas, c'est pas possible, martelai-je pour me convaincre autant qu'elle. Tu peux pas ignorer ça, si t'as un frère ou une soeur qui te tombe sous le nez ! Si ça se trouve ils ont fait exprès. Exprès pour qu'on soit trop grands quand on l'apprend et que ça ne soit pas possible qu'on devienne comme des vrais frères et soeurs ! Mais je leur prouverais le contraire. Je sentais que je parlais avec de plus en plus d'énergie, mais ça me faisait du bien. Je serrai la main de Prudence en me réinstallant près d'elle. Tout d'un coup, j'avais un plan... Il se dessinait peu à peu dans ma tête, tissé des conseils de Prudence. D'accord, je vais retourner là-bas. Mais je ne leur parlerais pas des vacances. Et puis à Poudlard... Tu m'aideras ? A Poudlard j'irais lui parler, mais je ferais ça bien... Elle ne pourra pas refuser... Hein ? J'eus un petit regard incertain vers Prudence. Comme ça toi tu vas passer de bonnes vacances, pour nous deux. Et tu me raconteras tout chez tes grands-parents, promis ?

    Cette promesse-là c'était la nôtre, c'était notre petite habitude, parce qu'on s'était toujours écrit des lettres, et même avant de se connaître. Je lui souris, et pour la première fois depuis qu'on était copains, je me penchais vers elle et je la pris dans mes bras, la serrant contre moi un petit peu - pas trop longtemps quand même.

    - Merci Prudence, tu es vraiment la plus chouette, lui dis-je après, avec un vrai sourire. Je savais que je pouvais compter sur toi en venant ici. Je ne vous embêterais pas trop, ne t'inquiète pas. Je peux juste rester un jour ou deux ?... J'eus un regard un peu timide, et j'ajoutai : comme ça je vais juste pouvoir voir comment c'est chez toi !

    Ca prouvait qu'on était des vrais de vrais amis, non ? Et puis je savais qu'il me restait ça, au moins : les amis, puisque la famille avait pris tout d'un coup une bien drôle de direction...

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Prudence C. Hodgkin
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MessageSujet: Re: « Tout secret est une révolte » - pv Prudence   Ven 20 Sep - 20:24


    Je me sentais toujours un peu fatiguée après avoir pleuré, et j'avais l'impression que mes paupières devenaient lourdes, lourdes, lourdes et qu'il n'y aurait que le sommeil pour m'aider à trouver le réconfort, parce que dans le monde des rêves, on échappait à la réalité, et même si parfois, c'était des cauchemars au réveil, ils n'existaient plus. C'était souvent des nuits lourdes que j'avais lorsque ça se produisait, sombre et lorsque je m'éveillais, je ne me rappelais plus des pensées de la nuit et j'envisageais ce qui m'avait rendue triste la veille sous un œil nouveau, plus objectif et plus analytique aussi. Alors que Brook se relevait devant moi, je me sentais vide de toute énergie, même si j'essayais de mettre de la conviction dans tout ce que je lui affirmais – pourtant, il n'avait l'air d'être totalement convaincu, à moi que ce ne soit là aussi la lassitude qui était en train de parler pour lui.
    - Elle ne peut pas, c'est pas possible. Tu peux pas ignorer ça, si t'as un frère ou une soeur qui te tombe sous le nez ! Si ça se trouve ils ont fait exprès. Exprès pour qu'on soit trop grands quand on l'apprend et que ça ne soit pas possible qu'on devienne comme des vrais frères et soeurs ! Mais je leur prouverais le contraire.
    Je fis mine que je le laissai s'asseoir de nouveau, en serrant un peu sa main moi aussi, pour lui répondre ensuite. J'avais toujours mes idées bien arrêtées et normalement, je ne me serais pas faite prier pour remarquer que de toute façon tout ce qui était en train de lui arriver le touchait trop et que forcément, il était trop subjectif et qu'il ne s'écoutait pas parler... Ca ne m'arrivait pas souvent, mais l'heure était plus grave que d'affirmer mon propre avis. Parce que ce n'était pas ça que faisait les meilleurs amis ? Se serrer les coudes dans n'importe quelle circonstance, même si on est pas forcément d'accord avec eux sur toute la ligne ?

    - De toute façon, il faut toujours essayer et tu verras ensuite, Aria n'appréciera pas qu'on lui ait menti aussi... Qui aimait qu'on le dupe, et encore pire pendant toutes ces années ?

    Ca me faisait me souvenir de quand maman se plaignait que j'évoluais dans un univers d'utopie et que comme ça, j'allais avoir de mauvaises surprises, et qu'il fallait que ça s'arrête, sinon, en grandissant, ça allait me faire du mal. Est-ce que c'était de ça qu'elle parlait ? Mais c'était absurde, maman ne m'avait jamais caché mes frères et sœurs, comme elle n'avait jamais caché qu'il était hors de question qu'elle renoue avec ses parents !
    - D'accord, je vais retourner là-bas. Mais je ne leur parlerais pas des vacances. Et puis à Poudlard... Tu m'aideras ? A Poudlard j'irais lui parler, mais je ferais ça bien... Elle ne pourra pas refuser... Hein ?
    Je souris, mais ce que je pensais ne se dirigeait pas dans le même sens (pas totalement) que lui. Est-ce que je faisais les bonnes choses ? Est-ce que j'avais raison de faire ce que je faisais ? Refuser non... Mais la suite...

    Une chose à la fois, au moins, j'étais rassurée d'avoir réussi à obtenir quelque chose de la part de Brook, ce qui eut au moins le mérite de me rendre de meilleure humeur.

    - Tu as raison, ce n'est pas parce que ce sont eux les adultes qu'ils ont le droit de tout faire
    , décrétai-je. Nous aussi on a des sentiments, et ce n'est pas juste de croire que parce qu'ils sont plus grand, ce n'est pas grave. Je lui tapotais le dos de sa main avec la mienne qui était encore libre, bien sûr, on ne va pas laisser ça comme ça, certainement pas !

    A partir de maintenant, nous étions en mission tous les deux. Libre à Aria de s'y inclure ensuite ou pas, mais une chose était sûre et certaine, c'était que nos parents ne pouvaient pas en faire partie. Ils avaient ce tic de toujours vouloir nous empêcher tout ce qu'on avait envie de faire, comme porter des robes de princesse tous les jours de l'année...
    - Comme ça toi tu vas passer de bonnes vacances, pour nous deux. Et tu me raconteras tout chez tes grands-parents, promis ?
    Même s'il ne pouvait pas le voir, je hochai la tête alors qu'il m'avait prise dans ses bras. Je m'étais un peu raidie, parce qu'on ne faisait pas trop ça normalement, alors, je ne savais pas trop comment faire. Est-ce que c'était bizarre ? Non, ce n'était pas bizarre, mais alors pourquoi une fraction de seconde, j'avais pensé que ça l'avait été ?

    - Je vais t'envoyer plein de lettres, et ce sera exactement comme si tu y étais ! Et puis tu sais, toi aussi, ça ne va pas t'empêcher de t'amuser, au contraire, ce serait trop leur donner raison sinon !


    Parce que quand même... Moi je ne voulais pas que Brook soit triste, quand j'étais à des années lumières de ce genre de chose, parce que c'était précisément là où mon château m'attendait...
    - Merci Prudence, tu es vraiment la plus chouette. Je savais que je pouvais compter sur toi en venant ici. Je ne vous embêterais pas trop, ne t'inquiète pas. Je peux juste rester un jour ou deux ?... comme ça je vais juste pouvoir voir comment c'est chez toi !
    Donc... J'avais déjà plein d'idées, et cette fois, ce fut moi qui bondis de mon lit afin de ramasser ce que j'avais posé sur le sol pour le remettre son mon bureau. J'allais demander à maman bien sûr... mais elle n'allait pas dire non, en plus maintenant que Brook était ici, elle n'allait pas pouvoir le jeter dehors ! Tout à coup la perspective de passer quelques jours en compagnie de mon ami me fit un plaisir fou, parce que ça n'était pas prévu, et ça faisait au moins partie des bonnes surprises parmi les mauvaises...

    - Ce serait trop bien que tu restes jusqu'à ce que moi je parte ! On demandera à papa tout à l'heure
    , si papa disait oui, maman ne pourrait pas dire non ! Regarde ce qu'on va faire pour que tu te sentes chez toi !

    Sans plus attendre, j'ouvris mon armoire du côté où était rangé des étoles et des écharpes pour en sortir plusieurs, ainsi que des draps propres aux couleurs pastels, et je sortis discrètement de la chambre pour aller dans celle de papa et maman pour aller récupérer des cintres et des lattes en bois, vieilles et inutilisée, mais qui seraient parfaites pour ce que je voulais faire, et ensuite j'allais dénicher des coussins dans le placard du couloir avant de revenir les bras chargés.

    - On va faire notre propre cabane !
    M'exclamai-je ravie, parce que je savais que Brook adorait les cabanes, et qu'il n'y avait pas mieux pour lui remonter le moral. Mais attention, un peu une maison de filles quand même, Nawal aussi elle aime bien ! Affirmai-je parce qu'elle aussi était une fille, donc on était en supériorité numérique.

    On fit le sol avec les coussins et le toit à l'aide des draps, et puis l'entrée avec les écharpes, et je pris ma lampe de poche du tiroir pour aller éteindre le lustre principal de ma chambre, lorsqu'on eut terminé. A cause du mauvais temps, il faisait sombre, mais l'éclairage de la lampe sur les tissus colorés faisait de jolies ombres et de jolies couleurs.

    Notre petite parcelle d'arc-en-ciel.



    Terminé  

_________________


On a tous besoin de croire que quelque chose existe au delà de la banalité du quotidien.
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