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~ Helping Hand. [PV S.]

 

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



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Date d'inscription : 03/09/2011

Feuille de personnage
Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: ~ Helping Hand. [PV S.]   Dim 19 Mai - 0:36

Précautionneusement, je repliais la lettre d’Ewan en quatre avant de la glisser entre les pages de mon petit carnet bleu marine. J’avais fini par m’habituer au papier de l’apothicaire, à son écriture droite et fine, mais aussi au délicieux sentiment qui m’envahissait quand je recevais une de ses missives durant la journée, ou parfois tard le soir. A chaque fois, je l’ouvrais un peu fébrile, avec aux lèvres un petit sourire qui s’agrandissait au fur et à mesure de la lecture. Je trouvais toujours qu’elles étaient trop courtes, ou qu’elles me rappelaient douloureusement que je devais attendre avant de pouvoir me nicher à nouveau dans ses bras et sentir ses baisers envahir mes sens. Mais pourtant je ne pouvais pas m’empêcher de les relire plusieurs fois, avant de les ranger dans mon carnet. Le soir, en rentrant au dortoir, je les ordonnais dans une boite sous mon lit, toujours avec un certain sourire. Parfois même, lorsque je ne trouvais pas le sommeil, j’en relisais une ou deux, ou simplement des bribes où il disait que je lui manquais ou qu’il m’embrassait. C’était devenu, au même titre que mon album photo que Lizlor m’avait offert à Noël, un antidote contre les insomnies ou les peurs nocturnes et, depuis peu, le manque. Lorsque les cuisines et le contenu du petit placard en bas à droite m’appelait, je m’enfonçais un peu plus sous la couette et je passais mes doigts le long des petits commentaires que Lizlor avait ajouté à côté de nos photos, riant silencieusement en me remémorant ces instants d’intense bonheur, pur et simple, auquel j’avais goûté cet été. Si désormais ils étaient bien loin, ayant emporté le brillant soleil d’Oregon avec eux, j’en gardais quelques rayons entre les pages de l’album, qui suffisaient à me tenir tranquille la plupart du temps.

Mais tout n’était pas toujours aussi simple, malheureusement. Lizlor ne cessait de me répéter que chaque journée était un pas en avant, et que j’étais courageuse de tenir, d’accepter de me battre et de reconnaître que j’avais besoin d’aide. Les premiers jours avaient évidemment été les plus douloureux, ceux qui avaient suivis la soirée chez Joseph où j’avais – vraiment – bu pour la dernière fois. Tout comme mes cauchemars et mes doutes, le manque revenait le soir quand les bougies étaient éteintes et que je me retrouvais dans le dortoir froid et silencieux où Prudence respirait paisiblement, le visage résolument tourné dans la direction opposé de mon lit. Durant la journée, j’étais baignée dans l’étrange halo de ma relation avec Ewan, et cette impression d’être plus légère avec Lizlor maintenant qu’elle savait tout. Parfois, mon corps me trahissait, pris de tremblements et de bouffées de chaleur, mais je ne cédais jamais, respirant calmement et prenant la main de Liz dans la mienne pour y puiser ma force. Le plus difficile était sûrement lorsque nous n’étions pas ensemble, parce que nos emplois du temps ne concordaient pas ou qu’elle était avec Stephen. J’avais fini par m’habituer à supporter seule, mais les premiers jours avaient été particulièrement difficiles – tant d’ailleurs que je n’avais pu cacher mon état et que ma Gryffondor ne m’avait pas quitté une seconde, me laissant à contre-cœur devant les salles de classe et m’attendant à la sortie, comme si elle transplanait de couloirs en couloirs pour me suivre. J’en étais toujours reconnaissante, mais je refusais de l’étouffer et de plus, les jours passant et ma relation avec Ewan grandissant, je m’approchais lentement d’un équilibre un peu moins précaire.

Je ne pouvais pas dire que je n’avais pas… Craqué, parfois. Depuis deux semaines, il m’était arrivé d’en avoir tant envie que je m’étais levé de mon lit, fait quelques pas dans les couloirs avant de faire demi-tour en me maudissant. Trois fois, j’étais arrivée jusqu’aux cuisines ; la première fois, j’avais rebroussé chemin devant le placard ; la deuxième fois, j’avais bu une gorgée avant de jeter la bouteille et de m’enfuir ; la troisième fois, j’avais bu la moitié de la bouteille avant de passer la fin de la soirée dans les toilettes, recroquevillée sur le sol, à deux doigts de vomir. Le matin de cette unique fois avait été particulièrement difficile, non seulement car j’avais relancé la machine et que la dépendance s’affichait comme les premiers jours, mais aussi car j’avais du piteusement avouer à Lizlor ce que j’avais fait. C’était désormais comme une règle d’honneur que je m’imposais, ne plus jamais lui mentir. Lorsque le matin, elle me demandait prudemment comment j’allais, je m’interdisais de passer sous silence les bêtises de la veille si elles avaient eu lieu. Si j’avais été tenté, je lui disais, si j’avais bu, je lui disais, si j’avais tracé des traits trop droits et coupants sur mon corps, je lui disais. J’avais toujours la même voix honteuse, les yeux baissés, et ma Gryffondor avait aussi une réaction souvent semblable : elle me prenait la main, et me promettait que nous parlerions le soir même après les cours dans la Tourelle, elle m’embrassait la joue avec un sourire et m’assurait que ce n’était pas grave et que j’allais y arriver. J’avais l’étrange impression que désormais, c’était elle qui s’occupait de moi comme une mère, comme si les rôles avaient été inversés. Ce n’était pas désagréable, une fois que j’avais dépassé le sentiment d’être un poids qu’elle trainait, et que je me laissais aider tout simplement. Ce n’était pas simple d’admettre que je ne pouvais pas me contrôler ou supporter les difficultés toute seule, mais le faire m’ôtait un poids, je ne pouvais le nier.

Ce soir était cependant différent. Les derniers jours s’étaient déroulés plus paisiblement que d’habitude, sûrement car aucune mention de moi et mon mystérieux petit ami de Pré-au-Lard n’avait été faite dans l’édition du Daily Poudlard du début de semaine. Evidemment que notre relation n’avait pas échappé longtemps aux yeux et oreilles avides de Poudlard. Cependant, nous étions restés discret et notre relation était trop récente pour que des informations sûres circules, d’autant qu’Ewan n’étant pas au château, le mystère restait complet. Les gens avaient fini par comprendre qu’il travaillait chez l’apothicaire ce qui, compte tenu de mes notes en potions, était une petite anecdote amusante qui expliquait d’après les autres notre relation. Le fait qu’il soit barman était par contre encore caché, probablement car personne ne venait à la Tête de Sanglier, ou n’avait fait attention, ce qui m’était préférable. Je ne voulais même pas imaginer les rumeurs sur moi et l’alcool, et encore moins celles qui auraient pu se déclencher en apprenant que je sortais avec un barman. J’espérais d’ailleurs que cela ne sache jamais, ou peut-être quand les rumeurs m’auraient un peu tourner le dos sur ma mauvaise passe pour l’oublier. Je savais que les choses étaient éphémères lorsqu’il s’agissait de ragots, et du Daily. Les gens troquaient une peine pour une autre et pour l’instant, les miennes étaient légèrement épargnées, ce qui me rendait plus légère et stable. Ce soir, c’était Lizlor qui avait, elle, quelque chose à me raconter sur sa dernière soirée avec Stephen et nous nous étions donné rendez-vous après dîner dans la tourelle. En attendant, j’étais bien décider à passer la fin d’après-midi à la bibliothèque pour rattraper mes devoirs.

J’avais accumulé pas mal de retard pendant ce que j’appelais désormais ma « mauvaise passe », mais je n’étais pas prête de me laisser couler. J’avais toujours beaucoup travaillé, au point d’avoir une certaine avance en début d’année qui avait amorti la débâcle qui avait suivi. J’errais donc dans le rayon avec les livres de sortilèges, bien décidée à finir mon devoir sur le sort de Fidelitas que Woodley se faisait un plaisir de nous donner alors que nous avions un autre contrôle prévu dans quelques jours sur un sujet totalement différents, les sortilèges de lévitations, mais j’avais déjà assez approfondi ces derniers en début d’année pour me permettre de ne relire que quelques notes. Son parchemin m’embêtait plus, cependant. Passant mes doigts le long d’épais ouvrages, je cherchais celui que Pince m’avait conseillé, écartant les livres qui en cachaient d’autres –décidemment, ce rayon était mal organisé, ils auraient dû classer alphabétiquement et chronologiquement mais bon. Ce n’est qu’en déplaçant un à la couverture en cuir usé que j’aperçus le rayon derrière l’étagère, et le livre que je cherchais sur une table. A côté de celui-ci, Scott, assis sur une chaise et le visage dans ses bras appuyé sur la table, comme s’il dormait.


- Scott ?

Il releva la tête, jetant un coup d’œil autour de lui et je m’apprêtais à lui faire un signe d’être l’étagère lorsque j’entraperçus son regard. Ses pupilles rougies dans le vague ne fixaient rien de précis, et ses quelques mèches de cheveux m’empêchaient de bien distinguer ce qui luisait, ou était éteint, dans ses yeux. Lentement, je fis le tour de l’étagère pour lui faire face. Doucement, je m’approchais, m’essayant à côté de lui, mon visage un peu en contre-bas du sien.

- Scott ?... Murmurai-je une nouvelle fois, sans oser le toucher. Il se redressa un instant et leva les yeux vers moi –croiser son regard déclencha un frisson le long de ma peau.

Aussi loin que je me souviens, jamais je n’avais vu de telle expression de tristesse sur le visage de quelqu’un. Ce n’était pas de ces tristesses colériques accompagnées de sanglots, c’était une tristesse tellement pure et intense qu’elle me déstabilisa tant Scott m’apparut comme vulnérable en cet instant. Chacun de ses traits laissait apercevoir une peine infinie qui serra mon cœur, une peine si tangible et profonde que je devinais en un instant que les choses étaient sérieuses. J’avais toujours senti que nos âmes étaient comme de vaste étendue d’eaux mouvantes, et nos peines semblables à des galets que l’on lance à la surface, ricochant une ou plusieurs fois pour agiter de centaines de petits ronds se répercutant sur l’eau. Mais la pierre finissait toujours pas s’enfouir au fond, à couler pour être cachée voire oubliée. Nos peines finissaient par se fondre dans la masse vaseuse du lac. Mais en cet instant, c’était comme si celui de Scott s’était vidé, et que tous les galets polis par le temps brillaient et s’alignaient sous mes yeux, toutes les peines et les douleurs ainsi exposées. Je n’avais jamais vu Scott ainsi, ni personne d’ailleurs ; et si un jour j’avais imaginé croiser des yeux aussi peinés et vides, je n’aurais jamais parié sur Scott.


- Qu’est-ce qui se passe ?... Soufflai-je, cherchant à capter son regard qui me traversait plus qu’il ne me fixait. Il ne répondit pas, enfonçant son visage dans ses comme s’il ne m’avait pas vu. Soudain, j’eus peur de parler à nouveau, comme si ma voix allait briser quelque chose. Je crois que tu as besoin de sortir, Scott. Dis-je tout doucement. Mais il ne bougea pas, et je sentis mon cœur s’accélérer sous l’inquiétude. Avec précaution, je posais ma main sur son avant –il sursauta et eut un mouvement de recul, mais je ne le lâchais pas. Scott, viens, s’il te plait.

Je poussais son bras, et il se redressa un peu. Je saisis l’occasion, l’invitant à se relever, ce qu’il fit d’un geste mécanique. Je rassemblais rapidement ses affaires d’un coup de baguette, utilisant un sortilège d’attraction pour mon propre sac et je le pris avec celui de Scott qui me semblait bien incapable de porter ou faire attention à quoi que ce soit. En sortant du rayon, j’eus un coup d’œil de droite à gauche pour vérifier que personne ne nous regardait – je ne tenais pas à ce que Scott soit sujet à des rumeurs. Puis, je sortis de la bibliothèque le plus vite possible, empruntant alors les couloirs jusqu’au pont de pierre qui accédait au parc, toujours silencieusement, sans regarder Scott. Une fois dehors, je continuais à marcher pour nous éloigner un peu, jusqu’à atteindre un arbre robuste dont les branches faisaient de l’ombre au soleil frais d’avril. Sous les immenses feuilles, nous étions comme abrités, et je consentis finalement à poser nos affaires et à me tourner vers Scott, légèrement fébrile. J’avais encore ma main sur son bras, et je tremblais un peu, sa vulnérabilité affichée se répercutant sur moi, me déstabilisant presque. Je n’étais pas habituée à le voir ainsi.

- Tu… Ma voix s’étouffa. Finalement, je changeais d’avis et malgré ma peur qu’il se brusque ou se brise sous mes doigts, je l’attirais maladroitement vers moi pour l’étreindre, comme lorsqu’on console un enfant triste. Tu veux en parler ?

J’avais parlé en un murmure, intimidée et soudain apeurée que Scott disparaisse entre mes bras, rongé par quelque chose qui, je le voyais bien, était bien sérieux que je ne l’aurais cru.


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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: ~ Helping Hand. [PV S.]   Mer 19 Juin - 17:42

(Suite de ce rp)

La bibliothèque - quelle jolie ironie. La bibliothèque ! C'était sans doute uniquement à cet endroit que j'appartenais, à cet endroit que tous les gens m'associaient. Probablement que Taylord m'avait trouvé bien peu intéressant, à passer des après-midi à la bibliothèque avec elle plutôt qu'à l'emmener à des soirées où le seul but était de devenir ivre parce que les jeunes un peu écervelés ne savaient faire que ça, comme lui. Probablement que Stephen aussi ne me voyait que là, dans cet endroit calme et reposant, parce que c'était là que je faisais mes recherches et mes découvertes, que je comparais avec les siennes ensuite, lui qui était bien plus pratique que théorique. Peut-être que le mieux pour tout le monde était que je me transforme en grimoire et que je finisse ma vie sur ces étagères, que les élèves parcouraient des yeux chaque jour, dont ils se servaient, à qui ils devaient beaucoup de choses, mais qu'ils ne pensaient jamais à remercier. Voilà que Haley, elle aussi, elle aussi entre tous, ne m'accordait pas plus d'importance qu'un autre, et qu'elle avait tout fait échouer d'un simple claquement de doigt, en accomplissant la pire trahison. La pire - une nouvelle fois. Poudlard me semblait étranger, étranger à moi et à tout ce que je ressentais, et tandis que je passais la porte de la bibliothèque et me dirigeai machinalement vers ma table habituelle, au fond, je compris que plus rien ne comptait vraiment. Plus rien.

J'étais simplement rempli d'un immense vide, mais le pire, c'est que je n'en avais que faire. J'avais abandonné, là, dans ce couloir, l'une de mes raisons de vivre, et sans doute que je ne m'étais pas suffisamment battu, mais je ne pouvais plus. Je ne comprenais tout simplement pas pourquoi on choisissait de m'abandonner, en pleine âme et conscience, encore, encore, encore. Qu'étais-je en réalité pour que personne ne me choisisse ?... J'aurais aimé comprendre, au moins, ce qui poussaient les gens dans cette direction. Si je n'avais pas les moyens de changer ou de faire quoi que ce soit, qu'au moins je
comprenne. Comment mon propre meilleur ami avait pu choisir mon pire ennemi, comment nous vivions en étrangers, nous cohabitions, comme si de rien n'était, comment il ne pouvait pas voir l'évidence. Comment Taylord avait pu une seconde s'intéresser à moi alors qu'elle avait finalement choisi mon opposé. Comment Ophelia aussi s'était détournée de moi un temps - pire encore je l'y avais aussi poussée. J'étais un monstre, voilà ce que j'étais. J'avais fait du mal à Haley en lui disant tous ces mots, j'avais été horrible, mais la simple image d'elle embrassant Carlton me révulsait à un tel point que j'aurais pu le tuer pour avoir osé l'effleurer. Il me semblait que jamais je n'aurais pu haïr quelqu'un plus que lui, mais je n'y arrivais même pas : je ne ressentais plus rien. Ma tête était vide, épuisée, lessivée. J'acceptais les faits tous comme je ne les supportais plus. Que me restait-il alors ? L'odeur rassurante et particulière des vieux grimoires de la bibliothèque, et je m'assis, posant ma tête sur mes bras croisés sur la table. Je me demandais bien pourquoi j'avais essayé d'être quelqu'un, alors que mes amis, que les gens que j'aimais, s'amusaient, les uns après les autres, me rappeler que je n'étais personne. A quoi bon ! J'avais toujours été perdu dans la masse, au sein de ma famille. On ne change pas ce qu'on est, semblait-il.

Je fermai les yeux, cédant à ce désespoir infini qui n'avait ni commencement ni fin, c'était un océan, un ciel, quelque chose de bien trop grand pour la perception de nos existences, et j'étais en plein dedans, perdu. Je ne voulais qu'Haley - mais la Haley d'avant, celle qui ne m'avait pas trahie, celle qui était le double de mon cœur et qui savait me rendre d'heureux d'un seul regard hésitant, d'un seul de ses baisers un peu timides, d'une seule de ses confessions maladroites.

- Scott ?...

Par réflexe, parce qu'on m'avait appelé à deux reprises, je levai la tête. C'était Ruby, et je la fixai sans lui accorder d'importance, je ne pouvais pas. je fis un signe vague de la tête, retournant au noir que je broyais, sachant que je n'avais pas d'échappatoire.

- Qu’est-ce qui se passe ?... Je crois que tu as besoin de sortir, Scott. Scott, viens, s’il te plait. (ScottScottScott je ris)

Quand elle posa sa main sur mon bras, tout mon corps se crispa et j'eus un mouvement pour me dégager, pas trop sec pour ne pas la vexer, mais juste pour lui faire comprendre que je voulais être seul, que je ne pouvais pas être autre chose que seul... Mon cœur me faisait l'impression d'avoir été changé en glace puis brisé en mille morceaux, et voilà qu'ils fondaient entre mes doigts, et je n'avais plus rien, si ce n'était ce vide intense dont le poids illogique m'enveloppait et me séparait du reste de l'univers, me privant d'oxygène, de tout. Je faillis céder à une horrible pulsion, pas contre elle mais contre moi : alors qu'elle insistait pour que je me lève, parce que Ruby était de ce genre de personnes qui s'inquiétait pour les autres, j'eus envie de la repousser violemment et de lui dire de me foutre la paix, mais c'était moi que je voulais heurter contre un mur, pas elle en réalité, c'était moi le monstre et moi celui dont on ne voulait pas, pas elle... Alors je la suivis mollement : ici, là-bas, cela ne changerait rien, quoi qu'il arrive.

Nous marchâmes, et mon regard allait et venait, sans trouver sur quoi poser mes yeux. Ils étaient secs, et pourtant j'aurais voulu pleurer, me libérer de toute cela d'une manière ou d'une autre, mais c'était trop, et je n'en pouvais plus, comme je l'avais dit à Haley. Où était-elle, que faisait-elle ? La certitude absolue qu'elle devait pleurer quelque part parce que je lui avais fait du mal me donnait envie de disparaître six pieds sous terre.


- Tu… Tu veux en parler ?

Nous nous étions arrêtés sous un arbre, et tout d'un coup Ruby me serrait contre elle. Je connaissais ce geste : celui que l'on fait à ceux qu'on veut réconforter, quand on ne sait pas comment faire, à part les mettre près de notre coeur pour qu'ils se sentent un peu moins seuls. J'étais touché de ce geste, vraiment, et je mis machinalement les bras autour d'elle aussi, mais... Je ne sentais rien, toujours rien, rien. Je finis par me dégager, la repoussant avec ménagement, mais la repoussant quand même. Je ne pouvais pas. J'avais l'impression d'être pestiféré, d'abîmer tout ce que je touchais - et puis, comment ne pouvais-je pas penser au fait que Ruby aussi était amie avec Carlton ?

J'eus un rire et levai les yeux au ciel, mais un rire étrange, presque méchant, jaune, parce qu'il ne me restait plus que ça.


- C'est incroyable, commentai-je à voix haute. Il était partout, partout, à me pourrir la vie, il fallait croire. Et je mettais toute ma fortune à parier sur le fait qu'un jour aussi, Ruby choisirait Carlton, d'une manière ou d'une autre. Enfin. Je m'assis par terre, les yeux dans le vague, tournés vers le lac.

- Je ne suis plus avec Haley, j'ai rompu avec elle. C'est la première fois que cela m'arrive, et j'ai l'impression que c'est encore pire d'avoir ce rôle-là, commentai-je à moitié pour moi-même. Enfin, rien de surprenant n'est-ce pas ? demandai-je sur un ton amère, me tournant vers Ruby. Je n'ai jamais été très doué pour garder près de moi les gens que j'aime, conclus-je dans un souffle.

Cet aveu, formulé à haute voix, me noua soudainement la gorge et je crus que j'allais vomir, ou manquer d'air, et je détournai bien vite le regard pour regarder en face de moi, le lac, paisible sous le soleil. Ma vue se brouillait déjà. Je ne pouvais pas pleurer - j'avais peur de ne pas pouvoir m'arrêter.

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SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Helping Hand. [PV S.]   Lun 22 Juil - 20:01

Ce n'était pas Scott à qui je tenais le bras, c'était une poupée dont on avait coupé les fils. Il me suivait, comme s'il ne voyait pas devant lui, ni n'était conscient des pas qu'il faisait. Je connaissais cette sensation, celle de son corps anesthésié par la douleur. Je l'avais ressenti plusieurs fois, et c'était un sentiment des plus singuliers. Ce n'était pas tant douloureux, car tout semblait éteint en soi, c'était plutôt comme un creux à l'intérieur, une impression de vide qui ronge le tout. Et à la fois, ce creux semblait alors se remplir petit à petit de tout, de larmes, de tristesse, de rage, le tout bouillonnait jusqu'au trop-plein, jusqu'à que ça déborde. Après, il n'y avait plus de retour possible. Je me rappelais de mes larmes dans les bras de Lizlor après la soirée avec Chuck, ce moment où soudain tout c'était déversé et m'avait inondé. Finalement, cet état d'avant, ce vide, c'était terrifiant car on savait toujours que la suite qui arrivait nous dépasserait. Alors même si je n'étais pas celle qui ressentait cela, j'avais comme une drôle de peur en moi, car la suite... Je ne savais pas qui pouvait la contrôler, ni la calmer. Encore moins lorsque j'ignorais ce qui habitait Scott.

Je n'étais pas, de plus, si proche de lui. C'était pourtant l'un des rares garçons que je connaissais à qui j'accordais une certaine confiance, et beaucoup de mon estime. Je luttais constamment contre la facilité d'haïr les hommes à cause de mon père, je refusais que mes relations en payent le prix - car c'était déjà le cas, d'une certaine manière. La méfiance qui s'était ancrée en moi brouillait ma vision des choses. Pourtant, Scott était ce genre de personne à qui on aurait facilement confié sa vie, conscient qu'il ne pourrait jamais l'abîmer. Je ne savais pas si c'était parce qu'il insufflait un respect silencieux, mais son calme et son intelligence qu'il n'affichait jamais trop me plaisaient, parce que je me reconnaissais un peu dans ses agissements. Comme il était dans mon niveau, il était ce garçon que j'avais toujours un peu fréquenté, en cours, à table, sans jamais vraiment creusé. Au fur et à mesure des années, plus je réussissais à être sociable et que je me surprenais à aimer les contacts des autres, il avait toujours été celui avec qui je me sentais un peu intimidée, bien mais intimidée. Parce que l'appréçiais sans jamais vraiment le montrer, et que je n'étais pas habituée à ce genre de sentiments. Puis il était sorti avec Haley, que j'estimais aussi d'une manière silencieuse, et il n'avait pas été rare que nous soyons ensemble dans la salle commune à travailler ou à discuter. Je ne connaissais au final que peu d'eux et vice versa, mais je crois que nous nous respections réellement, et je leur accordais ma confiance pourtant si méfiante. Je ne m'étais jamais demandé si elle était réciproque... Je l'avais simplement ressenti.

Mais dans la manière dont Scott m'enlaça, comme un robot, et celle dont il s'écarta, comme si tout ça l'importait peu, mes croyances s'y virent froissées, comme si je n'avais aucun moyen de l'atteindre. Lorsqu'alors il eut un rire froid, je me crispai, véritablement mal à l'aise. Mais je ne voulais pas me laisser gagner par l'abandon qui avait pris Scott.


- C'est incroyable.

Je ne répondis rien, et restais debout tandis que Scott s'asseyait. Mon cerveau cherchait un moyen de l'atteindre sûrement, réfléchissant silencieusement. Quel était le problème, c'était sûrement la première chose qui me maintenait à distance. Je tentais de me souvenir de la connexion que j'avais senti avec Lizlor, ou la manière dont j'étais venue en aide à Rita dans la salle sur demande, alors qu'elle n'était qu'une inconnue. Je me rappelais aussi de cet instinct maternel que ma meilleure amie m'attribuait toujours, et je réalisais que je le ressentais en cet instant même. Peu importe la réaction de Scott, je ne pouvais pas partir sans avoir chercher à comprendre un minimum, mais surtout, l'aider. Simplement l'écouter, je savais à quel point cela pouvait faire du bien, car tous les problèmes n'avaient pas forcément de solutions.

- Je ne suis plus avec Haley, j'ai rompu avec elle. C'est la première fois que cela m'arrive, et j'ai l'impression que c'est encore pire d'avoir ce rôle-là. Enfin, rien de surprenant n'est-ce pas ? Je n'ai jamais été très doué pour garder près de moi les gens que j'aime.

J’eus le bon réflexe de geler littéralement mes émotions pour ne montrer aucune surprise. Mon cerveau tentait de réfléchir lentement, en silence, et de comprendre. Séparer, rompre, briser, finir, oui, je voyais, je savais que Taylord l’avait fait avec Scott, c’était de ça qu’il parlait lorsqu’il disait première fois, il insinuait que cette fois-ci il n’était plus victime mais celui qui agisse… Mais mon corps niait en bloc, comme si j’avais mal entendu. Haley… C’était stupide de réagir ainsi, aucun couple n’était parfait, peu importe ce qu’il montrait – Hadrian et moi en étions un exemple. Rien n’était éternel non plus mais… Mais Haley aimait Scott, et Scott l’aimait, ça se voyait simplement dans cette manière qu’ils avaient de se regarder, cette tendresse qui émanait tout autour, leurs baisers timides, leurs mains qui s’attrapaient et semblaient ne pas vouloir se lâcher… C’était un tout, tout que l’on ne pouvait pas nier. Je savais surtout que lui l’aimait, et à l’écouter, il avait provoqué la déchirure. Or, je ne voyais pas pourquoi il aurait eu envie de se séparer d’elle, son attitude présente prouvait bien son mal-être envers la situation. Il ne voulait être sans elle, il n’avait pas besoin de le dire, la façon qu’il avait de murmurer le prénom d’Haley suffisait à représenter tout ce qu’il ressentait pour elle. Il avait cette intonation terriblement triste, mais aussi douce, comme si ce prénom suffisait à incarner toute la fragilité de la jeune fille.

Cette fragilité, il me semblait qu’elle était protégée par Scott, et Haley en était consciente. Je ne voyais pas comment elle aurait pu, elle qui était si solitaire habituellement et attachée à ce qu’elle avait, faire quelque chose qui pousserait à la rupture. Je ne comprenais simplement pas ce qu’il me disait, comme si j’assistais à ce genre de scène inimaginable. Mon cerveau me martela violemment que rien n’était parfait, et que ce n’était pas en disant à Scott que j’avais cru leur relation intouchable que j’allais l’aider. Le propre du sentiment amoureux, c’était justement de se sentir au-dessous de tout. Et maintenant qu’il n’était plus avec elle, il devait déjà ressentir douloureusement le retour à la réalité. Je n’avais pas besoin de lui rappeler une nouvelle fois qu’il y était. Je restais debout encore un instant, le regardant doucement tandis qu’il évitait soigneusement mon regard. Le sien était plongé dans le vide, brillant légèrement, me laissant penser qu’il s’apprêtait à pleurer. Mon cœur se gonfla une nouvelle fois, et finalement, je m’assis à côté de lui, et je regardais au loin également avant de me tourner vers lui avec un petit sourire triste qu’il ne vit pas.


- Ce qui compte, ce n’est pas le rôle que tu as, c’est ce que tu ressens… Dis-je alors d’une voix douce. J’avais peur de dire quelque chose de déplacer, mais à la fois, je m’interdisais de trop réfléchir. Scott n’avait pas besoin d’une leçon sur son mal-être, il avait besoin de quelqu’un pour l’écouter, d’une amie. Je me mordis la lèvre un instant, détournant les yeux. Sur l’herbe, la main de Scott s’étendait, mais je n’osais pas la prendre de peur qu’il se dégage. Il me semblait si près d’exploser que j’étais moi-même sur le qui-vive. Tu voulais la garder, Haley ?... Pourquoi vous n’êtes plus ensemble ? Demandai-je alors finalement, d’un ton hésitant.

J’essayais de m’approcher, de comprendre, mais plus je le faisais, plus je sentais la résistance du mur que Scott avait dressé entre lui et la réalité, entre ses sentiments et la douleur, comme s’il voulait se réfugier dans cet état où plus rien ne nous touche ni nous insuffle de force – une mort émotionnelle.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: ~ Helping Hand. [PV S.]   Mer 4 Sep - 13:44

Le silence pour seule réponse, voilà qui me semblait être la meilleure des solutions. Il y eut quelques instants de vide, comme le vide au fond de moi, comme le vide qui me semblait atteindre et contaminer tout ce que je touchais ou je voyais. A vrai dire, il y avait peu d'espoir dans mes aveux, et j'en mettais tout autant dans la réaction de Ruby... Ce n'était pas contre elle, mais qu'en savait-elle ? Qu'aurait-elle pu m'apporter ? Elle était adorable, sans doute, mais tous ces gens qui avaient compté pour moi, ne l'avaient-ils pas été, eux aussi ? J'avais envie de me réveiller, d'être encore un petit enfant, dans le manoir de mes parents, de me réveiller un dimanche matin, le jour où on avait le droit de dormir jusqu'à l'heure qu'on voulait, parce que mes frères et sœurs faisaient trop de bruit. J'émergeais du sommeil, attiré par les cris, tout engourdi de la nuit. Et puis je voyais les rayons du soleil filtrer entre les volets et je me levais avec une hâte nouvelle, pour profiter de la journée qui passait, laissant à la nuit tout ce qui lui appartenait. Mais devant le lac de Poudlard, lumineux sous le ciel, j'avais beau chercher, plus rien de ces sensations n'existait. Plus d'espoir. Voilà où cette histoire m'avait mené, songeai-je avec amertume : voilà ce que les choix de Taylord, Stephen et Haley avaient déclenché. Je n'avais plus d'espoir ; pire encore, je crois que je n'en voulais même plus.

L'amertume gonflait en moi et s'immisçait partout, comme un venin contre lequel j'ignorais l'antidote. Je le sentais qui glissait dans mes veines peu à peu et dès qu'il touchait une partie de mon corps c'était comme si je la redécouvrais, que j'en prenais conscience, et bientôt j'eus l'impression d'être complètement quelqu'un de nouveau, ou d'étranger plutôt, à celui que j'avais toujours été. J'en voulais tant à tout le monde, et j'étais si triste, que j'étais incapable de trouver le moyen d'exprimer ma tristesse... Et dans les reflets des petits vaguelettes à la surface du lac, il y avait tous ces petits éclats bleu et argent, qui brillaient avec la même force d'Haley et qui m'encerclaient complètement, comme si mon seul salut résidait dans la noyade, pure et simple. J'avais envie de pleurer et les larmes brûlaient le dessous de mes paupières, mais rien, rien ne sortait... Rien.

J'étais las, de tout. Et je ne savais pas quoi faire. J'en venais à regretter d'avoir suivi Ruby jusqu'ici, car je savais que ces émotions que je ne savais pas gérer me pousseraient sans doute dans mes retranchements, de la même manière qu'elles l'avaient fait en salle de duel. Et je ne voulais pas être méchant avec elle, ce n'était pas moi ça,
le gentil Scott ne ferait jamais ça... Mais j'en avais assez.

- Ce qui compte, ce n’est pas le rôle que tu as, c’est ce que tu ressens… Ruby choisit de briser le silence, mais je ne tournai même pas la tête. Brasser du vide ou le combattre, quelle différence ?... Tu voulais la garder, Haley ?... Pourquoi vous n’êtes plus ensemble ?

Pourquoi n'étions-nous plus ensemble... Je ne voulais qu'elle pourtant, et malgré la puissance de mon égarement et la manière dont je baissais les bras, il n'y avait rien de plus certain que cela. Je voulais Haley, je voulais être avec elle, je voulais tout oublier et tout effacer, je voulais que rien de tout cela n'ait existé, je voulais me retrouver en ce mois de juin, à Pré-au-Lard, sous cet immense cerisier gorgé de chaleur et dont les fleurs nous recouvraient de leur beauté et de leur odeur légère. Lui avais-je seulement dit, à Haley... Que dans le parfum de mon Amortensia était apparu, depuis ce jour-là, l'odeur délicate mais bien présente de la fleur de cerisier ? Non, et peut-être qu'à présent cela n'avait plus d'importance. Et qu'importe le fait qu'on pense que j'exagérais, parce que nous étions jeunes, ou toutes les bêtises qu'aiment à dire les adultes dans ce genre de circonstances - circonstances qui étaient en réalité quand la situation leur échappait et qu'ils ne savaient pas comment réagir ; alors, ils remettaient la faute sur notre jeunesse. Mais je me fichais d'être adolescent ou pas, chaque histoire se suffit à elle-même, et si je vivais là quelque chose de tragique et d'irrémédiable, je ne voyais pas pourquoi quelqu'un d'extérieur aurait pu juger cela. Les sentiments qui me liaient à Haley étaient uniques, jamais je n'avais ressenti cela et jamais je ne voulais ressentir cela avec quelqu'un d'autre ; je sentais que c'était le début, que cette histoire était jeune, comme nous, mais et alors ? C'était comme une brise, qui apportait de douces odeurs, une douce chaleur - il suffisait de la suivre, car le sens du vent nous mènerait trop ou tard dans un jardin merveilleux, regorgeant de toutes ces fleurs paradisiaques que le souffle léger nous avait annoncé. C'était mon problème, et celui de personne d'autre, si la force de mes sentiments n'avait d'égal nulle part, si je savais clairement qu'Haley, son caractère, sa personne, tout ce qui la constituait, serait celle avec qui je voulais quelque chose de sérieux. Ce que je ressentais, c'était tellement... Tellement immense par rapport au monde qui m'entourait, tellement infini, que tout d'un coup cela m'échappait, comme si cela fuyait cet endroit trop étriqué. La réalité était tout autre et elle était claire, nette, implacable. Haley était comme les autres, elle faisait des choix, elle avait ses préférences. Point.

Je me tournai difficilement vers Ruby, m'arrachant une seconde aux reflets de l'eau qui m'hypnotisaient - où était Haley, que faisait-elle, ces phrases continuaient à tourner en boucle dans mon esprit - pour lui jeter un regard sûrement trop froid mais il n'exprimait que ce que je ressentais, et qui montrait sans doute l'étendue de mon désespoir.


- Bien sûr que non : ça ne compte pas. Ça ne compte plus. Je ne voulais pas nier pour nier, ou juste pour m'opposer à elle - elle faisait des efforts dans ma direction et je le voyais très bien, mais je ne pouvais pas mentir. Au fond de moi je lui en étais profondément reconnaissant, mais pour l'instant, c'était le même refrain : je n'en pouvais plus. Ça serait tellement simple, sinon.

Je soupirai mais ce soupir me fit mal, jusqu'au fond du cœur. Je me retournai ensuite vers le lac, mais plus je les regardais plus les ressemblances entre les yeux d'Haley et le scintillement de l'eau s'estompaient, plus elles se fondaient les unes avec les autres. Plus elles disparaissaient...

- Oui, je voulais la garder. Mais... La lassitude m'étouffait, sans que je sache si cela me ferait du bien de parler ou non. Et puis, comment dire ? Jusqu'où aller précisément ? Peut-être que Ruby savait, peut-être que toute l'école savait déjà d'ailleurs, combien Carlton se foutait de moi jusqu'au bout. Mais je n'avais pas spécialement l'envie ou le courage de poser des mots une nouvelle fois sur toute cette horrible trahison. Mais puisque c'est moi qui ai rompu, qu'est-ce que ça change ? Les larmes étaient toujours là, dans ma gorge et derrière mes yeux, mais rien ne venait. Elle m'a menti, repris-je plus durement. Elle m'a menti, non seulement elle ne m'a jamais dit qu'elle avait embrassé quelqu'un cet été, alors qu'on était ensemble, mais en plus... En plus elle m'a toujours assuré qu'il ne se passerait jamais rien avec lui, parce qu'il était son ami. J'eus un rire méprisant. Tu parles, il n'a pas d'amis, je suis stupide, j'aurais dû m'en rendre compte plus tôt...

Je secouai la tête en geste de dépit, et pinçai les lèvres.

- Enfin, voilà. Haley regrette peut-être son choix mais... Moi, je regrette juste qu'elle se soit simplement posé la question. J'en ai marre qu'on ne me choisisse jamais...

J'avais tourné le regard une nouvelle fois vers Ruby, et cette fois ma voix s'était un peu brisée, parce que c'était ça, le vrai problème ; c'était ça, ce qui me rongeait de l'intérieur. Et mes yeux semblaient dire : pourquoi, pourquoi ? Explique-moi pourquoi les gens que j'aime ne me choisissent jamais ?

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Helping Hand. [PV S.]   Lun 16 Sep - 23:18

Lizlor m’avait dit un jour, et je me souvenais que ses mots m’avaient marqué, que j’allais une empathie naturelle qui rendait à l’écoute et assez de calme pour être de bon conseil. Il y avait quelque chose de maternel en moi, j’avais fini par le réaliser, en dépit du manque d’amour de la part de ma mère après l’incident, et il s’exprimait à travers l’instinct de protection que je déployais dès que quelqu’un que j’aimais allait mal. En vérité, Scott et moi n’étions pas assez proches pour que je puisse mettre le doigt sur son malaise comme je pouvais facilement le faire avec Lizlor, mais ce n’était pas là la question. S’il venait de se séparer d’Haley, alors je savais ce qu’il ressentait – même si chaque histoire était unique et que je ne prétendais pas connaître de vérité universelle à ce sujet. Je savais simplement qu’il y avait cette sensation, celle d’un soudain vide, encore plus douloureux lorsque l’on réalisait que l’unique personne à qui on voulait parler était celle avec qui nous n’étions plus, et ne serions plus, et il y avait quelque chose réellement terrifiant à la solitude qui nous envahissait tout à coup. Et je n’ignorais pas Stephen ne parlait plus non plus à Scott, je l’avais remarqué simplement dans la salle commune, et je ne savais pas vers qui Scott, sans Haley, pouvait se tourner. Qui l’aurait écouté ? Il avait des amis, il était quelqu’un que l’on appréciait facilement, mais il était aussi discret, et cela ne l’avait peut-être pas aidé à former des liens de confiance assez forts. Je ne savais pas s’il avait confiance en moi, cependant, mais je me promis de faire tout ce que je pouvais pour qu’il l’ait.

- Bien sûr que non : ça ne compte pas. Ça ne compte plus. Ça serait tellement simple, sinon.

Je fronçai les sourcils. S’il considérait que ses sentiments n’avaient aucune importance, alors il fonçait directement dans le mur. En matière d’anesthésie générale, j’avais eu de nombreuses expériences, et la dernière, je ne l’avais pas oublié. En moi palpitait toujours ce désir de boire, de plus en plus faible mais toujours présent. S’ignorer ne faisait pas disparaître la douleur, elle était simplement imperceptible un instant avant de revenir plus violemment, d’exploser. Je le voyais au visage froid et fatigué de Scott : il en avait marre, simplement marre. Mais il avait l’attitude de celui qui abandonnait, en enfouissant tout jusqu’à que ressorte brusquement les choses au moindre rappel. J’hésitai un instant – comment lui faire comprendre ? Je ne voulais pas qu’il pense que je croyais savoir mieux que tout le monde.

- Tu ne devrais pas penser comme ça, dis-je doucement. Ce n’est pas parce que tu mets de côté tes sentiments qu’ils vont disparaître, ça fera moins mal un moment, mais ça reviendra toujours. Tu devrais prendre en compte ce que tu ressens, vraiment, répétai-je d’une voix calme mais claire.

J’avançai en tâtonnant, ne sachant pas jusqu’où Scott me laisserait aller. Il était fragile, en cet instant, et je savais qu’il ne fallait parfois qu’une seconde pour basculer de la lassitude à la colère. Je restai immobile, près de lui, n’osant pas le toucher, attendant patiemment qu’il s’ouvre un peu plus. Je ne comprenais pas sa rupture avec Haley, pourquoi… Pourquoi et comment, voilà ma question. Je savais bien, oh ça je le savais, que les apparences pouvaient laisser passer n’importe quel message. Mais Haley était si sensible que la sincérité coulait sur son visage aussi facilement que les larmes le faisaient, sa fragilité était à mes yeux tout à son honneur, reflétant son innocence profonde. Jamais je ne l’avais vu avoir un regard différent pour Scott, c’était toujours le même, elle semblait toujours étonnée du bonheur qu’elle ne devait pas croire mériter, et à la fois elle se lassait jamais de le laisser s’exprimer dans ses pupilles qui crépitaient, comme pour illustrer l’amour qui la consumait petit à petit, comme un feu bien entretenu. Et c’était le même regard pour Scott, alors, que c’était-il produit ?


- Oui, je voulais la garder. Mais… Mais puisque c'est moi qui ai rompu, qu'est-ce que ça change ? Elle m'a menti. Elle m'a menti, non seulement elle ne m'a jamais dit qu'elle avait embrassé quelqu'un cet été, alors qu'on était ensemble, mais en plus... En plus elle m'a toujours assuré qu'il ne se passerait jamais rien avec lui, parce qu'il était son ami. Tu parles, il n'a pas d'amis, je suis stupide, j'aurais dû m'en rendre compte plus tôt...

… Oh, putain, Chuck, sérieusement ?!

Je gardais une mine impassible, mais j’avais pincé les lèvres malgré moi. Haley n’était pas le genre de fille à avoir beaucoup d’ami garçon, et le seul qui était connu et qui était du genre à embrasser un peu tout le monde -…- c’était Chuck. Mais qu’est-ce que lui avait pris ? Je voyais d’ailleurs mal Haley embrasser Chuck, et vice-versa, elle était bien trop timide et réservée pour ça, et trop amoureuse de Scott !... J’étais réellement choquée, et je restai muette un instant. Je ne voulais pas blesser Scott encore plus, mais je comprenais à quel point cela avait dû être difficile. Je ne faisais que des spéculations, mais si c’était en effet le Gryffondor, alors c’était encore un point en sa faveur, après Taylord, c’était Haley qui le choisissait ? J’avais du mal à y croire.


- Enfin, voilà. Haley regrette peut-être son choix mais... Moi, je regrette juste qu'elle se soit simplement posé la question. J'en ai marre qu'on ne me choisisse jamais...

Scott me regardait, et je m’étais quelque peu figée. Son regard était lourd de sens, je sentais toute sa fatigue, et c’était déstabilisant de le voir ainsi. Pendant un instant, j’hésitais, prendre sa main, passer mon bras autour de ses épaules ? Mais ce n’était pas de moi dont il avait besoin. J’étais déjà soulagée qu’il arrive à me parler, c’était déjà un pas de franchi et je savais que personnellement, il m’était difficile de le faire. Maintenant, je me sentais responsable, parce que c’était comme si Scott attendait des réponses que personne n’avait su lui donner. Y en avait-il seulement ? Je restais inerte, immobile, comme si la tristesse de Scott se répandait jusqu’à moi. Je cherchais un moment mes mots, tentant de me rappeler ce que ça faisait de ne jamais non plus se sentir à sa place, ou aimée, d’être celle que l’on trainait de famille en famille, tout comme Scott semblait se trainer de lien en lien. Mais ce n’était pas une malédiction, une maladie incurable.

- Tu sais, je ne pense pas que ça soit une question de choix, dis-je d’un ton doux. En amour, oui, mais de manière générale, on ne choisit pas une personne, un ami, plus qu’un autre. Une amitié avec un autre n’empêche pas une avec toi, tu vois ?… Et si les personnes choisissent quelqu’un d’autre en te mettant à l’écart, alors dans ce cas ça ne mérite pas d’être tes amis. Je marquai une pause, adressant un sourire à Scott, comme pour appuyer ce que je venais de dire. Pour Haley, elle regrette ? Je ne connais pas tous les détails de votre histoire, mais je crois sincèrement qu’elle tient à toi, et il faudra sûrement un moment avant que tout ça se tasse, mais tu ne devrais pas croire que c’est forcément fini, si tu n’en as pas envie, et elle non plus... Laisse le temps faire les choses et… Et si tu veux qu’on te choisisse, dis-le. Je sais que pour le moment, tu es juste triste et tu ne crois pas trop en l’amélioration des choses, et tu n’as pas envie de faire quoi que ce soit, mais tu ne peux pas te laisser abattre comme ça jusqu’à que ça passe, et puis, ça passe rarement quand on enfouie les choses de toute façon. Tu ne devrais pas attendre trop des autres, mais leur prouver qu’ils ont raison de te choisir, que c’est important pour toi. Je m’arrêtai, avant de conclure. Fais-les te choisir, tu vois ?

J’eus un ultime sourire, calme et pourtant sincère, parce que je croyais réellement ce que je disais à présent, je croyais que les choses pouvaient s’améliorer et que Scott n’était pas enfermé dans la place de second.


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MessageSujet: Re: ~ Helping Hand. [PV S.]   Ven 11 Oct - 14:04

Chassez le naturel, etc... Il n'est jamais loin, n'est-ce pas ? J'eus un sourire amer, pour moi-même. Même là j'étais pathétique, je n'arrivais même pas à avoir de la suite dans les idées : j'en voulais à la terre entière et je reconnaissais les torts des autres, torts qui me touchaient tellement qu'ils s'imprimaient dans ma chair et me changeaient pour de bon, mais je n'étais pas capable de résister. Le gentil Scott n'était pas loin. Il était toujours là, quand Stephen me demandait un renseignement lambda sur une salle de cours, sur un devoir à rendre. Il était toujours là aussi quand je croisais Taylord dans les couloirs, toujours là quand mes frères et sœurs m'envoyaient de rares lettres et que, oui, je leur répondais, pourquoi ne l'aurais-je pas fait ? Eux qui n'avaient pas une seule idée du drame qui se déroulait dans mon cœur... Mais à qui la faute ? A eux qui ne m'écoutaient pas, ou à moi qui n'étais pas capable, et depuis toujours, de mettre des mots sur ce que je pensais, de me mettre un peu plus en avant parce que c'était la loi de la survie ?

Il y avait en moi deux ondes aussi puissantes qu'opposées : celle de toute cette frustration, toute cette colère accumulée, toutes ces violentes piques de haine contre Carlton, contre Haley qui avait fait ce choix-là, contre tout ce qui n'allait pas dans ma vie. Et elle vibrait tellement que je ne pouvais pas lutter, je n'avais jamais (ou presque) été si remonté contre les gens, contre le monde, comment pouvais-je savoir la bonne réaction ? Peut-être que pour d'autres c'était facile, ou bien les enjeux n'étaient pas les mêmes. Mais moi, je ne pouvais pas. Et puis il y avait cette onde qui me rappelait désespérément celui que j'étais, qui vibrait un peu plus maladroitement mais avec la même intensité, et qui attisait ma tristesse, ma peine, qui faisait trembler les larmes dans ma gorge et qui faisait picoter mes yeux. Je n'étais que le pauvre petit Scott, et vraiment, qu'espérais-je ? Être aussi brillant que Stephen, être aussi enviable que Carlton, être aussi remarquable que mes frères aînés ? Mais quel idiot, quel idiot je pouvais être ! Et autour de moi le vent qui soufflait doucement dans le parc de Poudlard répondait silencieusement à ma question : brasser de l'air aurait été plus facile. C'était peine perdue, et qui ici l'ignorait encore ?! J'avais toujours été le second. Comment aurais-je pu être autre chose que le second choix...

Je ne connaissais sans doute pas assez Ruby pour pouvoir parler, pour pouvoir lui en vouloir. Mais la partie la plus désespérée et sans doute la plus égoïste de moi, au fond, lui en voulait terriblement, et quand je la regardais après avoir détaché à regrets mon regard du lac qui brillait sous la lumière du ciel, je pensai : mais toi, tu as ce que je n'ai pas, n'est-ce pas ? Comment quelqu'un comme moi peut bien t'intéresser ?

- Tu sais, je ne pense pas que ça soit une question de choix. En amour, oui, mais de manière générale, on ne choisit pas une personne, un ami, plus qu’un autre. Une amitié avec un autre n’empêche pas une avec toi, tu vois ?… Et si les personnes choisissent quelqu’un d’autre en te mettant à l’écart, alors dans ce cas ça ne mérite pas d’être tes amis.

J'eus le même sourire un peu méchant que tout à l'heure en détournant le regard, mais il n'avait plus du tout la même force que tout à l'heure. Il était question de Carlton, ou je me trompais fortement ? Et de qui parlait-elle au juste, Haley... ou elle-même ? Est-ce que j'avais réellement besoin que tout, absolument tout le monde qui tournait autour de moi possédait cette même et ironique dualité ? Je poussai un petit soupir et haussai les épaules. Je n'avais même plus envie de les sentir, ces espèces de petits poignards qui attaquaient encore une fois mon cœur et mes entrailles.

- Elle m'avait promis que ça ne l'empêcherait pas. Qu'il ne se passerait rien. Qu'est-ce que tu veux que je fasse maintenant ? C'est comme ça... C'est toujours comme ça.

- Pour Haley, elle regrette ? J'avais rebaissé les yeux vers le lac. De tout mon coeur, j'aurais aimé être plus avenant avec Ruby, ne pas lui faire payer les conséquences de quelque chose pour lesquelles elle n'était en rien responsable. Mais je n'y arrivais pas : j'étais enfermé, et je ne savais pas comment sortir. Si Haley regrettait ? Je l'espérais, de toute mon âme. Mais plus rien n'était certain, à présent... J'eus un petit moment pour signifier mon ignorance. Je ne connais pas tous les détails de votre histoire, mais je crois sincèrement qu’elle tient à toi, et il faudra sûrement un moment avant que tout ça se tasse, mais tu ne devrais pas croire que c’est forcément fini, si tu n’en as pas envie, et elle non plus... Laisse le temps faire les choses et… Et si tu veux qu’on te choisisse, dis-le. Je sais que pour le moment, tu es juste triste et tu ne crois pas trop en l’amélioration des choses, et tu n’as pas envie de faire quoi que ce soit, mais tu ne peux pas te laisser abattre comme ça jusqu’à que ça passe, et puis, ça passe rarement quand on enfouie les choses de toute façon. Tu ne devrais pas attendre trop des autres, mais leur prouver qu’ils ont raison de te choisir, que c’est important pour toi. Fais-les te choisir, tu vois ?

Fais-les te choisir...

Mais, je ne savais absolument pas comment procéder. Et quand bien même... Ce n'était pas à moi de l'imposer, ce choix, si je voulais qu'il soit vrai.

Cependant, ses mots m'avaient touché, et je relevai le regard vers elle avec un semblant de sourire, ce qui était le début de quelque chose, tout du moins. Elle me regardait avec une certaine intensité, que je n'avais pas regardé auparavant, qui me donna envie de croire qu'elle était vraiment concernée par mon désespoir, et qui m'apporta malgré tout un petit soutien que je ne pouvais pas ignorer.


- Je pense qu'elle regrette, mais qu'est-ce que j'y peux ? Elle m'a trahi, et moi, je devrais faire quoi, fermer les yeux ? Tu sais j'ai l'habitude... Je ne sais pas comment on devient le choix de quelqu'un, conclus-je avec un petit mouvement vague de la main. Et puis, mettons que j'aille la voir et que je lui présente ce choix-là... Ma voix se tut d'elle-même. On le savait très bien, quelle solution était possible. La même que quand Stephen s'était mis du côté de Carlton, là, en face de moi, les yeux dans les yeux. ... Après, il me reste quoi ? demandai-je les yeux humides encore une fois. Si elle ne me choisissait pas, mise au pied du mur, que me restait-il ?

Quelques secondes passèrent, pendant lesquelles je me rappelai tout ce que nous avions partagé, mon envie de l'inviter pour les prochaines vacances, ce que nous aurions fait chez moi, les endroits que je lui aurais fait découvrir et qui, j'étais certains, lui aurais plu. Elle me manquait déjà : tout me manquait, le calme que je ressentais quand elle était à mes côtés, la sensation de la serrer contre moi, ses regards, ses sourires un peu timides quand elle me surprenait à la regarder, nos discussions, nos après-midi, nos baisers. Je me rendis compte alors que, me laissant complètement glisser dans mes souvenirs, je ne voyais plus rien et je n'entendais plus rien de ce qui se passait autour de moi.

- Mais merci quand même, dis-je en reprenant conscience, en m'efforçant de me reprendre, même si je n'en avais pas envie. Je me levai doucement, et donnai la main à Ruby pour l'aider, après quoi je glissai timidement mon bras sous le sien pour marcher à ses côtés. On rentre ensemble ? lui proposai-je avec un petit sourire. Je n'aspirais qu'à une chose : m'écrouler sur mon lit et dormir, dormir, pour ne plus penser à rien. Mais quelque part, mes chagrins étaient un peu moins seuls d'avoir trouvé quelqu'un auprès de qui s'épancher un peu.


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