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Into the spiderweb • D.K.

 

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 Into the spiderweb • D.K.

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Alistair Callaghan
Élève de 4ème année



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Nombre de messages : 486
Date d'inscription : 17/10/2011
Célébrité : Robert Sheehan

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Particularités: Mon crapaud est magique... *regard mystérieux*
Ami(e)s: Daisy, la plus fun qui soit ; Adam, le meilleur de tous !
Âme soeur: Mon âme et ma soeur sont deux choses distinctes; mais en aucun cas je ne confierais mon âme à ma soeur.

MessageSujet: Into the spiderweb • D.K.    Ven 10 Mai - 15:01



"A l'heure où dansent les crimes
Ni hangar, ni Bézoard, ni calamar
Trace un chemin sous les cimes"

Spoiler:
 


Satisfait, je roulai le parchemin où j'avais écrit ces quelques lignes, puis je roulai par-dessus le parchemin avec le plan, et je scellai le tout d'un petit ruban noir que je nouai autour du rouleau de papier d'un geste de ma baguette magique. C'était un sort particulièrement utile que nous avions appris avec Ivy : il permettait de laisser le ruban se délier uniquement par une personne en particulier, à laquelle il fallait penser pendant le sort. Ainsi, la missive pouvait traîner en place publique, nulle crainte : personne ne pouvait l'ouvrir. Après quoi, comme j'étais assis sur la grande table de la salle commune, j'attrapai une petite première année au passage dont le nom m'importait peu, mais elle allait vers le dortoir des filles, et je lui confiai ce mot, à remettre Daphne Kasperek. Il passa une certaine expression sur le visage de la gamine - anxiété ? effroi ? bah - mais elle ne dit rien et partit, la main tenant mon parchemin comme un trophée, s'acquitter de sa dette. Très bien, très bien. Voilà qui était fait. Je ne retins pas un long bâillement et étirai mes jambes sur le tabouret voisin, me rejetant en arrière sur ma chaise. Ce devoir d’Étude des Moldus était ennuyeux en tout point - l'électricité, le réseau électrique et les principaux appareils électriques - et j'avais écrit la moitié de la longueur imposée, mais déjà, je faiblissai, et ma concentration s'éparpillait.

- CRÔA, me rappela à l'ordre mon cher crapaud, qui me regardait, assis à côté de ma feuille de devoir, avec ses yeux de merlans frits. Ce qui voulait dire, en langage crapaud, "tu te concentres un peu oui ?!".

Pour toute réponse, je soupirai ostensiblement et me mis à plier un vieux morceau de parchemin pour en faire un origami crapaud, auquel je comptais donner vie à l'aide de ma baguette. Adam adorait quand je faisais ça, mais il avait décidé d'être de bien mauvaise humeur aujourd'hui, car en trois ou quatre petits bonds saccadés et furieux, il s'approcha de moi et bava sur mon morceau de papier.


- Hééééé ! Mais tu es insupportable aujourd'hui, tu m'entends ?! râlai-je, le repoussant de la main.
- Crôaaaaarghgrrfrrgrrr, coassa-t-il avec vigueur. Pendant ce temps, je tentais d'essuyer sa bave visqueuse, mais elle avait ramolli le papier, et j'avais bien peur de devoir dire adieu à mon origami. J'eus le droit aux "chuuuut" habituels et aux coups d’œil agacés lancés vers Adam et moi, mais nous étions habitués, et les gens aussi d'ailleurs, ce qui m'amusait beaucoup.

Le fait était que je savais pertinemment pourquoi Adam n'était pas dans son assiette. Parce que ce soir, j'avais prévu de voir Daphne, que je fréquentais pas mal depuis notre première rencontre dans la salle commune, et que... Et que mon crapaud était une bien fine mouche (il n'aimait pas quand je disais ça, le pauvre) et qu'il avait deviné ce qui me trottait dans la tête. Mais en même temps, c'était bien logique. Après notre journée à la fête foraine où nous avions passé l'après-midi dans les attractions à sensations, et où j'avais particulièrement réussi un coup d'éclat dans la maison hantée en faisant tellement peur à une bande de gamins qu'ils s'étaient enfuit en hurlant et en abandonnant tous leurs paquets de bonbons qu'on avait récupérés et manger avec délice, Daphne et moi étions passés à la vitesse supérieure. Enfin... Pas exactement, mais dans mon esprit, oui. Depuis le bal, où Millicent m'avait montré tout ce qu'on pouvait recevoir d'une fille, j'étais bien décidé à montrer, plus que jamais, à Ivy que j'étais moi aussi tout à fait capable de vivre ma vie sans elle. Je n'avais pas choisi Daphne par hasard : Serpentard, jolie bien qu'opposée à la beauté brûlante et royale d'Iphigenia Valmont dans toute sa splendeur, elle était exactement le genre de fille qui rendrait jalouse Ivy car elle ne lui ressemblait pas assez pour pouvoir la vaincre si facilement. Mon cœur était tout à Ivy, elle était mon âme-sœur depuis le début, cela je ne le remettais pas en doute. Mais cet abandon et cette indifférence dans lesquels elle avait choisi de se parer ne pouvaient pas rester impunis, si bien que j'avais mis une petite vengeance à exécution. Qui plus est, je m'amusais bien avec Daphne, elle était facile à flatter et gentille, drôle, et puis elle aimait Adam, ce qui la classait d'office dans les gens dignes de mon intérêt. C'était Adam le plus embêté dans l'histoire : il aimait bien Daphne et je le savais, elle lui faisait des dessins, le caressait, le trouvait mignon - il restait un mâle, on flattait son ego et il ne se sentait plus. Mais sa loyauté inébranlable envers Ivy et mes desseins à peine déguisés ne lui laissait aucun doute, et il voyait d'un très mauvais œil (encore plus mauvais que d'habitude) mon petit rapprochement avec la Serpentard.

J'avais hésité à l'emmener à la fête foraine : le pauvre, je ne voulais pas non plus lui remuer son petit cerveau, mais il avait été intransigeant. Quand j'avais émis l'idée de le laisser à Poudlard, il avait gonflé ses joues et retenu sa respiration, ce qui rendait quelque chose de très laid : ses yeux étaient d'avantage exorbités, et la couleur déjà peu flatteuse de sa peau virait au marron-rougeâtre-bouillasse. Je m'étais préparé, je n'avais pas voulu céder, mais je le connaissais trop bien : il allait faire une symphonie de croassements en mon absence, ce qui me vaudrait au retour une série de remarques désagréables. Eh bien, tant pis pour lui : il était venu avec nous, et après deux ou trois manèges il n'avait plus rien dit, au fond de ma poche, un peu assommé par les sensations. Bon prince, je l'avais laissé, ensuite, à la caisse des manèges, pour qu'il nous attende bien sagement. Je lui avais donné un bon goûter de mouches et de morceaux de barbe à papa, et il avait été tout requinqué.

Tout d'abord, j'avais imaginé concrétiser avec Daphne cet après-midi là, mais il y avait trop de monde, et je n'avais pas très envie de m'exposer dès le début. Je tenais à ma petite vie privée, voyez-vous, et même si mon but était qu'Ivy soit le plus vite possible au courant, comme elle n'était pas à la fenêtre foraine (j'avais mes sources), ça n'avait pas de logique de le faire ici. A vrai dire, je préférai un premier lieu intime, parce que j'étais sûr que Daphne aussi, et je savais qu'ensuite viendrait le moment où on se montrerait en public.

Mon idée était plutôt simple - à mon sens, qui n'était pas forcément le même pour tout le monde, certes : un petit rendez-vous au beau milieu de la forêt interdite, à minuit, c'est ce qu'indiquait mon petit message codé, sachant que... J'avais décidé de m'amuser. Non seulement c'était risqué, car les professeurs patrouillaient à la sortie des cachots, mais en plus, j'avais acquis Peeves à ma cause, il m'en devait une (c'était une histoire compliquée), et je l'avais chargé... De mettre des bâtons dans les roues de Daphne, pour voir comment elle allait se débrouiller. Rien de bien méchant, et je faisais confiance à Daphne qui était bien maline, mais c'était une sorte d'épreuve que j'imposais avec un amusement fou. Pour ma part, le seul risque était les professeurs, mais j'avais l'habitude.


- Crôa, crôaaaaa crôa crôa âaahiii, protesta Adam dans son coin, me tournant le dos.

Je venais de rouler mon parchemin, de fermer mon libre : j'abandonnai mon devoir pour ce soir, non seulement il m'embêtait, mais en plus, j'avais mieux à faire. J'allai ranger mes affaires dans mon dortoir et m'installer sur mon lit pour somnoler jusqu'à l'heure convenue, posant Adam à côté de moi. Immobile, il ne disait rien et fermait ses yeux vitreux et jaunâtres, mais je savais parfaitement qu'il ne dormait pas - il réfléchissait.


- Tu veux venir ? demandai-je, retenant un sourire sournois. Partagé entre la folle envie de l'aventure et le fait d'être témoin de ma liaison avec Daphne, il oscillait entre deux états parfaitement opposés. Pas de réponse.

Je m'assoupis, et quand je m'éveillai, il était temps de quitter le dortoir endormi. Alors que je me redressai sans bruits et m'enroulai dans mon écharpe et ma cape, Adam ne bougea pas, pas un orteil, et j'étais persuadé qu'il ne dormait pas non plus, qu'il bouillait d'envie de venir, mais qu'il ne pouvait pas, pas encore, assumer sa trahison envers Ivy (Ivy qui elle nous avait trahis la première, mais ça, monsieur ne s'en formalisait pas). Je partis donc sans lui, avec la très nette sensation de ne pas être complet, d'être sans mon bras droit, et c'était assez désagréable.

Je filai par le dédale des cachots, ne m'arrêtant pas une seule seconde. J'étais parti en avance, c'était fait exprès : je voulais être sur place avant elle. Presque dans le hall, je me cachai derrière une colonne attendis que le grand hall fut silencieux et que les silhouettes ne soient plus présentes, le traversai en longeant les murs, puis me retrouvai dehors. Je n'avais pas prévu que la lune serait aussi pleine ce soir et je craignis un instant de me faire voir tant la nuit était claire, mais je courus à travers le parc sans m'arrêter, et pénétrai dans la forêt interdite. Le rendez-vous avec Daphne était fixé dans une petite clairière, pour laquelle il fallait cheminer un peu sous les branches et même traverser une petite rivière, ce que je fis, connaissant le chemin par cœur. Peu avant la clairière, je grimpai sur les branches d'un grand arbre et me calai, bien à l'abri des regards, dans la pénombre de la nuit, avec une vue imprenable sur la clairière baignée par le clair de lune, et le chemin qui y menait. Daphne n'avait plus qu'à se montrer.

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Daphne Kasperek
Assistante à l'infirmerie
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MessageSujet: Re: Into the spiderweb • D.K.    Ven 17 Mai - 17:11

J’avais bien beau retourner le problème dans tous les sens, je ne comprenais toujours pas pourquoi était inclus dans l’énigme d’Alistair l’indice du bézoard; je n’avais pas mis longtemps à reconnaître son écriture étant donné que nous étions souvent assis côte à côte en classe, je savais qu’elles étaient la forme de ses lettres et quand la fille qui en était la détentrice m’avait donné le parchemin, dès que j’avais croisé son regard, elle avait filé. J’avais également compris qu’il s’agissait d’un lieu de rendez vous, il y avait un petit plan, certes, mais d’importantes indications avaient été laissées sur les trois petites lignes, inscrites sur le bout de parchemin, et j’en avais compris l’essentiel : le crime était évoqué, et comme le crime était quelque chose de puni, il était également interdit de se faire prendre, c’était pour cela que les actes les plus sordides se passaient la nuit. Il ne fallait pas se rendre au hangar. Ni au lac, même si un petit bain de minuit aurait pu être une proposition alléchante, après tout, mais il ne faisait pas encore assez chaud pour se laisser tomber dans de telles activités. Mais pour ce qui était du bézoard… Qu’est-ce que croyait Alistair, que j’allais aller le chercher dans l’estomac d’une chèvre parce qu’il était allé si cacher dedans ?

Les cimes indiquaient la Forêt Interdite… Tout de suite en arrivant à cette conclusion, je m’étais dit que ça ne pouvait pas être ça, et le sentiment de crainte qui s’y était ajouté avait également voulu retourner d’autres alternatives. Tout ça parce que la dernière fois que j’étais allée dans la Forêt Interdite, je m’étais promis de ne plus jamais y mettre les pieds, et je me disais que ça devait sans doute être la même chose pour Hansen. Sauf qu’Alistair, ce n’était pas Hansen, et comme nous nous fréquentions de plus en plus, j’entrevoyais de plus en plus souvent ce petit goût de la provocation qu’il avait, notamment lors de la fête foraine lorsque nous avions testé tous les manèges les plus rapides, et si au début je n’avais pas remarqué, vers la fin, j’avais bien vu l’éclat de son regard qui cherchait dans le mien si j’allais relever le défi ou bien passer mon tour, et comme j’aimais bien montrer que c’était moi la plus forte… Je n’allais quand même pas recroiser une araignée géante de sitôt ; peut être même que ce serait Alistair qui croiserait son chemin en premier qui sait !

J’avais donc patiemment attendu que le reste de mon dortoir se soit endormi, avant de penser à prendre le départ ; en ce qui concernait Ana, je ne me faisais pas trop de soucis, parce que je savais qu’elle me couvrirait en cas de pépins, mais après le sale coup que lui avait fait l’autre idiote qui dormait avec nous… Je me méfiais plus que d’habitude et pris quand même le temps de passer tout près de son lit afin de vérifier si sa respiration était régulière ou pas, mais comme c’était le cas, je n’attendis pas plus et me glissai hors de ma salle commune, dans les profondeurs des cachots. Toutefois, je n’avais pas fait trois pas que des caquètements aigues me poussèrent à aller me fondre dans un minuscule renfoncement, que la lumière des bougies n’éclairait pas, et même si je n’étais pas grosse, je dû rentrer mon ventre pour pouvoir passer et mes vêtements s’accrochèrent en même temps contre la pierre. Une seconde de plus et ça aurait été fini, car Peeves avait visiblement décidé de venir faire des siennes devant l’entrée de la salle commune des Serpentard ; il n’en était pas à son premier essai, et lui-même savait pertinemment que seuls les élèves de première année se feraient prendre, parce qu’en ce qui nous concernait, nous n’étions plus des bleus en la matière. Sitôt qu’il eu terminé, il brailla encore plus fort que d’habitude, alertant, je vous le donne en mille le tandem Sawyer/Nakamura, cette dernière ayant flairé le piège, s’écartant prestement avant que l’esprit frappeur ne renverse la bouse de dragon qu’il avait dû récupérer dans les serres sans doute parce qu’ils s’en servaient comme engrais, avant de partir à sa poursuite dans la direction opposée à la mienne. Durant toute l’opération, j’avais retenu mon souffle, sentant mon cœur battre la chamade, et j’étais même étonnée de ne pas m’être faite repérer à cause de ça. Je m’autorisai une grande inspiration, suivit d’une longue inspiration, et m’éjectai de là sans demander mon reste.

Alistair avait décidément bien choisi son jour ; j’avais pratiquement réussi à atteindre la lisière que la porte de la maisonnette du garde chasse s’ouvrit et que ce dernier en sorti : ni une ni deux, je me jetai derrière une citrouille assez grosse, sans prendre le temps de vérifier si oui ou non j’allais bien me réceptionner, et je trébuchai à moitié en même temps, mes mains et mes genoux se traînant dans la terre. Je me mordis très fort la lèvre pour ne pas me mettre à pester à haute voix comme ça m’arrivait si souvent, mais heureusement, le garde chasse remontait très vite vers le château en traversant le par cet après m’être assurée qu’il était assez loin, j’allais me cacher dans l’ombre des arbres, dont les branches dessinaient des ombres inquiétantes, à cause de la lueur de la lune.

Mon ouïe se fit automatiquement plus fine, parce que j’étais loin d’être rassurée, et je fis exprès de faire du bruit avec mon parchemin, comme si cela allait suffire à éloigner toutes les bêtes sauvages qui devaient grouiller encore plus qu’en plein jour, HO ! J’eus un brusque mouvement de côté à cause d’un bruissement que je ne réussis pas à identifier, le rendant encore plus effrayant, et je tournai autour de moi-même autour de moi-même afin de l’identifier, mais c’était impossible. Je n’allais quand même pas faire demi tour, maintenant que j’étais ici ! Mais je ne tenais pas non plus spécialement à m’attarder dans les parages, on ne savait jamais si la bête était encore là, enfin, je filai en vitesse à petits pas pressés à l’écoute d’un bruit qui m’était déjà nettement plus familier, puisque ça ressemblait à ce qui semblait être un cour d’eau, et bingo, en effet, c’était ça ; je passai le petit ruisseau en sautant sur de grosses pierres, et deux ou trois minutes après atterrissais dans une clairière. Si j’avais bien suivi le plan, ça avait tout l’air d’être là, mais il manquait l’élément le plus important…

Sans Alistair, ça allait être difficile.

Et puis… Non, il n’avait pas osé quand même ?? Et moi, non, je n’étais pas tombée dans le panneau si facilement ?? Je froissai l’itinéraire que j’avais toujours dans mes mains entre mes doigts.

- Vraiment, trop drôle l’idée du rendez vous, mais de poser un lapin… Raillai-je à haute voix, parce que même si la clairière était éclairée par la lumière de la nuit, entendre mon timbre, c’était comme de multiplier les présences humaines autour de moi, et ça avait un petit côté réconfortant.

… Encore un nouveau craquement ! Je me retournai brutalement cette fois, en me tordant le cou par la même occasion, ce qui me fit arracher un cri de douleur : toutes les bestioles dangereuses savaient que j’étais là maintenant, encore mieux, vraiment… Je levai la tête vers les hauteurs, parce qu’il m’avait semblé que c’était de là d’où venait le bruit essayant de guetter vers où ça venait exactement. Je fis un pas. Me figeai aussitôt parce que ça avait recommencé. Qu’est-ce qu’il fallait faire, partir en courant sans poser de questions, se rapprocher ? J’hésitais et mes gestes étaient un peu tremblotants, mais…

- Je savais pas que les centaures savaient monter aux arbres dis donc, lançai-je en direction des feuilles, mais même dans l’obscurité, je savais que je ne m’étais pas trompée, et je retrouvais le sourire parce que j’avais repéré une main, et je me doutais de à qui elle pouvait bien appartenir…

Je croisai mes bras sur ma poitrine, toujours les yeux levés, mais sans voir Alistair.

- Peeves te transmet ses amitiés, au fait, poursuivis-je sur le même ton.

Challenge relevé ?

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I READ SOMEWHERE HOW IMPORTANT IT IS IN
LIFE NOT NECESSARILY TO BE STRONG BUT TO FEEL STRONG.



"I wanna break the spell"



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Alistair Callaghan
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MessageSujet: Re: Into the spiderweb • D.K.    Jeu 23 Mai - 13:17

Cette place m'était bien familière : je l'avais occupée de nombreuses fois, surtout chez nous, dans notre arbre, aux côtés d'Ivy, tandis que nous méditions et complotions contre nos aînés. Perché dans un arbre, j'avais toujours une impression de toute puissance - je veux dire, encore plus que d'habitude. Mes parents déploraient cette haute-estime que j'avais de moi-même, mon père ne manquait pas de le rappeler quand j'ouvrais un peu trop la bouche à table mais en même temps, comment en aurait-il pu être autrement ? J'étais entouré de frères et sœur absolument inintéressants et qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez, mon père était un monstre d'égoïsme et une caricature du sorcier d'affaires, perdu dans ses comptes et ses relations avec la haute société au sang-pur... Ma mère faisait à peu près tout ce que je lui ordonnais parce qu'elle avait toujours eu cette préférence pour moi ; et nos voisins, les Valmont, se calquaient sur le même schéma ou presque, leur fratrie comportant, comme la nôtre, un élément à part : Iphigenia. Quand nous nous étions retrouvés, cela avait été comme un évidence. Je ne pouvais avoir qu'une haute-estime de moi : j'étais le seul, avec Ivy, à me rendre compte des choses, à viser haut, plus haut qu'ils n'avaient jamais visé. C'était à peu près ce à quoi je pensais, calé sur ma branche, en pleine nuit dans la Forêt Interdite, dans l'attente de... Non pas mon prince charmant, mais plutôt de la princesse de l'histoire. Je savais que Daphne aussi visait plus haut que la majorité des personnes de cette école - et même au sein des Serpentard, il n'y en avait finalement pas tant que ça qui en valait. Déjà, quand je pensais à Fergus, à Lizzie... Ça plantait le décor.

Je devais bien l'avouer, il me manquait les croassements d'Adam pour ponctuer mes pensées, et je faillis regretter de ne pas l'avoir emmené, malgré tout. Mais il m'apparut rapidement que ç'aurait été une erreur : à la vue de Daphne, il aurait été si agité, traverse de toutes ses émotions paradoxales, qu'il aurait trépigné et fait un bruit du tonnerre, faisant s'échouer mon plan par la même occasion.

Elle ne tarda d'ailleurs pas à arriver. Attentif comme le lynx, j'avais guetté ses pas, dans le silence plus ou moins net de la Forêt Interdite. Il m'avait très vite paru que le petit tap-tap régulier, s'accompagnant du bruit de feuilles froissées, n'était autre que les pas de Daphne se rapprochant de moi. Elle avait donc compris l'énigme et le plan - ce qui ne m'étonnait pas en soi - et avait accepté le défi... Je la laissai passer sous mon arbre, puis gagner le centre de la clairière.


- Vraiment, trop drôle l’idée du rendez vous, mais de poser un lapin…


Elle pouvait faire semblant qu'elle n'avait pas peur, elle ne trompait personne : chaque bête féroce de la forêt, moi compris, devinait aisément qu'elle n'était pas rassurée, son attitude et sa voix plus ou moins affirmée le confirmait. J'avais prévu le coup : dans ma poche, j'avais quelques petits cailloux, que je me mis à lancer silencieusement autour de moi, dans des fourrés bien épais histoire de faire du bruit, et un peu partout, à gauche, à droite, derrière Daphne, pour l'effrayer. Cela ne loupa pas : elle tourna la tête brusquement, plusieurs fois, et je jubilai intérieurement, sachant pertinemment que tôt ou tard, elle retrouverait ses sens et sa raison. Et puis malheureusement je fus à court de munitions ; pendant ce temps, Daphne s'était rapprochée de mon perchoir, et je me figeai pour qu'elle ne me remarque pas tout de suite dans le feuillage.

- Je savais pas que les centaures savaient monter aux arbres dis donc, fit-elle en levant le nez vers moi. Elle ne me regardait pas exactement mais je savais qu'elle avait deviné ma présence. Souplement, je me glissai le long d'une branche, pour arriver au bout. Peeves te transmet ses amitiés, au fait.

Je ris sous cape : j'espérai qu'il lui avait mené la vie dure, pour que le défi soit encore plus amusant. Mais comme j'étais démasqué, et que ce n'était tout de même pas mon but de la laisser seule au milieu de cette fort jolie clairière, je me laissai alors glisser sans bruit le long de la branche, pour arriver non pas devant Daphne et là où elle regardait mais juste derrière elle, dans son dos, et pour accentuer l'effet de surprise, je sautai par terre en poussant un hurlement de bête sauvage :

- OUUUUUUUUUUUURGHARF !!!

J'adorais faire peur aux gens - mon frère Broderick était ma ciblée favorite, il était tellement aisément impressionnable - autant qu'ils détestaient cela j'imagine, mais il n'y avait rien qui me faisait plus plaisir que de déranger toutes ces petites gens qui vivaient leur petite vie sans s'écarter un instant du chemin qu'on leur indiquait. Quand elle se fut retournée, je fis alors une révérence pour la saluer, répondant sur un ton beaucoup plus poli :

- Tu lui transmettras les miennes, alors, si tu le croises de nouveau... Ce que je n'espère pas pour toi, conclus-je en me relevant et en souriant d'un petit air provocateur.

J'appréciais énormément Daphne pour cela : ce détachement qu'elle avait des choses. Bon, en plus du fait qu'elle ait trouvé dès notre première rencontre qu'Adam était un animal merveilleux, et ce qui l'avait directement rangée dans la catégorie des gens intéressants. Mais quelque part, je sentais qu'elle n'était pas une simple petite fille effrayée par tout ce qui lui arrivait, et passionnée de futilités, comme il y en avait des paquets, à Poudlard. En fait, me rendis-je compte sur le moment, je ne connaissais pas beaucoup Daphne car nous passions notre temps à nous provoquer et à répondre aux provocations de l'autre, mais nous n'abordions finalement pas les sujets les plus intimes qui soient. Cela m'allait parfaitement. Daphne n'était pas Ivy. Je cherchais chez Daphne tout ce qui était possible pour faire enrager Ivy, et sans doute... Pour m'apporter ce dont je manquais momentanément. Mais trêve de plaisanteries : je m'amusais avec Daphne et j'avais un dessein bien précis pour elle, voilà qui était suffisant.

Marchant vers elle, je lui pris la main et l'attirai vers la clairière avec un petit regard mystérieux. Il y avait une dernière petite étape à mon programme, et j'attendis que nous soyons bien au milieu de la clairière pour l'annoncer. Tout était baigné d'une lumière un peu fantomatique, et je connaissais bien cet aspect - la lande écossaise de chez nous avait le même attrait les soirs de pleine lune, à la fois effrayant et excitant. J'adorais ce genre de nuits, assez lumineuse pour y évoluer en toute aisance, mais pas forcément plus rassurante qu'une nuit dense et sombre comme une caverne.

- Il y a une autre clairière un peu plus loin, avec une rivière. Elle est encore plus jolie que celle-là. Si tu veux, on y va... Je n'avais pas lâché sa main, et d'un signe de tête je désignai, en face de nous, le petit chemin étroit qui s'enfonçait dans les profondeurs de la Forêt. Mais je te préviens, ce ne sont pas des légendes, il rôde de drôles de bêtes ici... Tu as déjà entendu parler du chien à trois têtes ?...

C'était volontairement que ma voix se faisait plus basse et plus sérieuse : je voulais qu'elle ait peur et qu'elle surmonte sa peur rien que pour moi - le défi continuait. Je la tirai très légèrement en avant, me mettant en chemin, lui mettant une petite pression, juste assez pour, j'espérais, la décider.

- Il faut un peu de courage, mais je sais que tu en as, lui murmurai-je à l'oreille, au passage. Satisfait, je serrai un peu plus sa main. Il n'y avait rien qui me faisait douter en cet instant : j'étais sûr de moi, et aucun des dangers de la Forêt Interdite ne suffirait à me faire peur.

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Daphne Kasperek
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MessageSujet: Re: Into the spiderweb • D.K.    Mer 29 Mai - 20:45

Non seulement le danger était partout, mais il venait aussi d’ailleurs. Et c’était cet ailleurs là même auquel je n’avais aucune confiance, et c’était précisément l’effet que ça me faisait, d’avoir le nez levé ciel, mais avec malgré tout cette sensation d’être encerclée par une mauvaise aura qui pouvait m’avoir dès qu’elle le désirait, en prenait la forme qu’elle désirait pour me nuire ; de façon générale, on ne disait pas d’un lieu qu’il était interdit sans raison, et j’avais eu l’occasion de le vérifier par moi-même, alors tenter le diable une nouvelle fois n’était pas dans mes projets et je préférais le laisser se reposer sous les branches mortes des arbres qui reposaient par terre et qui craquaient dans un bruit inquiétant lorsqu’on appuyait trop fort, le talon du pied dessus. La menace était partout, et je n’étais pas rassurée, à la fois sur mes gardes, mais surtout sur la défensive, prête à parer n’importe quelle attaque, si seulement j’avais pu prédire dans quel sens elle allait bien pouvoir venir. Ces émotions, qui plus est m’étaient familières, parce qu’elles ne m’avaient pas quitté durant des années, et c’était également pour ça que je n’avais jamais eu le sommeil très lourd ; je guettais toujours l’instant où une crise de colère de l’autre serait susceptible de nous retomber dessus sans y être préparée : c’était là qu’elles étaient les plus impressionnantes, et donc celles dont je me méfiais le plus. Depuis que nous étions parti, ce n’était plus exactement pareil, parce que j’avais retrouvé une forme de sérénité, mais il arrivait toujours de temps en temps, la nuit, même si cela devenait de plus en plus espacé, des moments où je me réveillais sans savoir où j’étais, en ayant trop chaud, et me croyant dans mon ancienne chambre en Pologne. Il me suffisait d’allumer la lumière pour constater que j’étais à l’appartement à Londres ou bien dans les dortoirs des Serpentard, et ensuite, ça finissait par passer. Jusqu’à la fois prochaine.

L’ennui, c’était que j’étais à peu près certaine que c’était Alistair qui se trouvait tapis dans les branchages ; ça ne pouvait être que lui, à moins qu’il ait eu l’idée entre temps d’envoyer quelqu’un d’autre que lui à sa place, ce dont je doutais fortement malgré tout, parce que non, ce n’était définitivement pas le genre d’Alistair de passer par un intermédiaire. Du moins pas pour ce genre d’expédition, et c’était en tout cas lui que je m’attendais à voir. Tout était momentanément redevenu silencieux, ne présageant rien de bon pour la suite, et c’était tout ce que me laissait à penser mon ouï fine. Si seulement…

- OUUUUUUUUUUUURGHARF !!!


Je bondis de côté, me retournant le plus vite possible, mais en faisait également en sorte de reculer un maximum pour mettre le plus de distance entre moi, et…. Qu’est-ce que j’en savais, qu’est-ce que ça pouvait me faire je ne voulais pas savoir !!!!!!

- NOOOOOOOOOOON, criai-je par reflexe, la poitrine gonflée d’effroi, m’indiquant que si je voulais partir, c’était maintenant ou jamais ; évidemment, la vision de l’Acromentula géante se fit, et cette fois, il n’y avait pas de Sebastian Hansen pour pouvoir prendre les coups à ma place.

(Oui, l’instinct de survie fait faire dire bien des choses.)

C’était comme dans un horrible cauchemar, mes jambes ne demandaient qu’à courir, mais il y avait le béton amré à l’intérieur qui avait été coulé qui leur en empêchait. J’avais peur, je ne savais pas où aller, et plus pourquoi j’étais venue jusque ici. Tout cet enchaînement se déroula en quelques secondes à peine, ne me laissant pas le temps de fondre en larmes sous la panique de ne pas pouvoir m’en sortir…

Et puis je le vis. Alistair.

- Tu lui transmettras les miennes, alors, si tu le croises de nouveau... Ce que je n'espère pas pour toi.

… De ? … Quoi ? De qui parlait-il ? Encore sous le choc, et tétanisée, je ne fis aucun mouvement et ne ressentis même pas le soulagement de le voir lui plutôt qu’une vilaine araignée poilue avec des grosses pinces. Ah oui ! Peeves. Est-ce que c’était bien le moment de parler de Peeves comme si de rien était ???

- Je suis vraiment morte de rire, lui dis-je avec ironie et avec mauvaise humeur ; enfin je trouvais le courage de caler mes bras de nouveau sur ma poitrine, pour essayer de retrouver une contenance, avec le reste d’orgueil qu’il me restait, mais à présent, je doutais que cela fonctionne. T’as qu’à passer la nuit tout seul ici si ça te chante, moi je me casse.

Et na. Pour la peine. On ne me faisait pas des blagues comme ça, sans en subir les conséquences ! Dans ma tête, je réfléchissais déjà à un plan de vengeance, mais en même temps, c’était pas dans cette forêt qui me foutait les jetons que j’allais pouvoir l’exécuter ; maintenant que j’y pensais, avec tout le bruit qu’on venait de faire, on allait ramener tout le quartier des animaux sauvages et pis rien que d’y penser, ça me flanquait la frousse, j’avais tellement pas envie de rester là….

Je protestai donc lorsque Alistair m’attrapa la main ; il ne croyait pas que j’allais le suivre plus loin, mais qu’est-ce qu’il avait mangé que je n’avais pas pris au repas de ce soir ???

- Il y a une autre clairière un peu plus loin, avec une rivière. Elle est encore plus jolie que celle-là. Si tu veux, on y va. Non j’avais pas envie, fallait y penser avant de s’amuser à faire des farces même pas drôle aux gens ! Mais je te préviens, ce ne sont pas des légendes, il rôde de drôles de bêtes ici... Tu as déjà entendu parler du chien à trois têtes ?...

J’arrêtai subitement de gesticuler pour le forcer à me lâcher la main et je me sentis blêmir sous la lumière de la lune. Tout à coup la perspective de repartir seule dans la nuit ne me plaisait pas trop et je préférais largement entrelacer un peu plus fort mes doigts dans les siens, plutôt que de songer à les lâcher à présent.

- Un… un chien à trois tête ? J’avais parlé plus bas, comme si j’avais craint qu’on puisse nous entendre. Mais il ne sera pas dans l’autre clairière ?

Hélà, moi j’allais pas servir de steak saignant au moindre chien à trois têtes, son dîner, il allait se le chercher ailleurs !

- Il faut un peu de courage, mais je sais que tu en as.

Que faire ? J’étais loin d’être rassurée, mais dans un autre sens…

- Je suis pas courageuse. Je le laisse aux loosers, appuyai-je parce qu’Alistair allait comprendre que c’était des Gryffondors ces gros nuls dont je parlais. Cependant, tout portait à croire dans le regard d’Alistair qu’il savait où il allait et qu’il avait confiance, et à choisir entre être avec lui ou seule… d’accord, maugréai-je pour lui montrer que j’étais toujours pas contente mais que je voulais bien consentir à lui laisser le bénéfice du doute.

Lorsque nous nous mîmes en marche, sans réfléchir, je me collai un peu plus à lui parce que c’était une chaleur humaine, et surtout la seule qui soit identifiable sous les feuilles épaisses de la forêt.

- Tu as entendu ?? Demandai-je précipitamment à un moment parce qu’il y avait eu un petit cri étouffé, mais en fait, nous avions vu ensuite qu’il ne s’agissait rien d’autre que d’une chouette.

Le chemin montait un peu en pente douce et était biscornu ; en temps normal nous n’aurions pas pu passer tous les deux côtes à côtes, et parfois, je laissai passer Alistair devant qui connaissait la route, et puis aussi, je préférais, parce que c’était peut être lui qui voyait le mal en premier, mais c’était lui qui prenait également en premier ! Lorsqu’enfin, le sol redevint plat, nous débouchâmes, comme convenu sur un autre espace dégagé, et même si je ne la voyais pas encore, on pouvait clairement entendre le bruit de l’eau qui glissait sur les pierres.

- Pas d’embrouilles cette fois, prévins-je, parce que mon cœur n’était pas près de supporter une nouvelle frayeur ce soir.

J’hésitai mais doucement retirai ma main de la sienne pour observer un peu les alentours ; mais tout en restant proche d’Alistair !!!

- T’as dû prévoir quelque chose de super important pour qu’on soit si loin du château, remarquai-je alors, en faisant croire que j’étais pas si intéressée que ça mais je devais bien admettre être un peu curieuse de ce qu’il pouvait bien manigancer. Et puis c’était un peu à moi de mener la danse à présent ! Mais maintenant, il va falloir savoir si tu sais t’en montrer digne…

Je réussis à sourire pour ponctuer mes paroles parce qu’on ne me faisait pas passer nuit blanche pour rien ! Même quand on s’appelait Alistair !!!

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MessageSujet: Re: Into the spiderweb • D.K.    Mar 25 Juin - 14:42

De toutes les expressions de terreur provoquées par mes petits coups de maître, je crois que celle de Daphne pouvait rentrer sans absolument aucune hésitation dans le top 10. Elle avait hurlé à en réveiller les morts, elle avait tenté de s'enfuir en courant en gesticulant à moitié et elle avait pâli à en rendre jalouse la face toute blafarde de la lune : non, vraiment, je devais reconnaître que dans le rôle de victime à qui on avait glacé le sang, elle méritait une sacrée récompense. C'était quand même franchement mieux que Broderick qui, plus le temps passait, plus il réagissait mollement : il se recroquevillait sur lui-même ou se mettait à pleurer, sans l'ombre un cri perçant, de gestes désespérés, qui étaient quand même les plus amusants. Au moins, Daphne garantissait le spectacle, elle. Il fallait dire que j'avais bien réussi mon coup aussi : surgissant de nulle part, hurlant comme un monstre ; Adam aurait été fier de moi si il avait eu le cran de venir jusqu'ici et si sa loyauté aussi imprenable qu'une forteresse ne l'avait pas englué dans un honneur que je lui laissais sans rechigner. J'avais le mien, mais il ne se comportait pas de la même manière. Ivy entachait le sien et le mien en agissant ainsi - je ne pouvais que trouver une parade à cela, qu'attendait-elle d'autre que je fasse ! Alors j'agissais, et directement, comme je l'avais toujours fait. Daphne était apparue comme un cadeau sur mon chemin, et plus qu'étant l'opposée d'Ivy, elle était également une fille qui m'intéressait plutôt et que j'appréciais, parce qu'elle n'avait pas sa langue dans sa poche et se préoccupait de choses un peu différentes des filles de son âge et de notre maison. Et puis... Je ne pouvais pas oublier le petit jeu de Millicent au bal, qui m'avait laissé entrevoir qu'il n'y avait pas que la camaraderie d'envisageable avec une fille.

- Je suis vraiment morte de rire. T’as qu’à passer la nuit tout seul ici si ça te chante, moi je me casse.

Ne me départissant pas de mon sourire goguenard devant son air franchement boudeur, je fis mine de rien, et l'attrapai par le bras pour la tirer un peu plus loin. Allons ! On n'allait pas s'arrêter en si bon chemin, et je savais de toute façon que Daphne aimait râler, pour la forme, mais qu'au fond elle était volontaire, alors, elle n'allait pas me tenir trop longtemps rigueur de ma petite blague. J'essayai de l'attirer, vers le chemin que je connaissais, gardant mon mystère, parce que je voulais qu'elle ne voit la clairière qu'au dernier moment, qu'elle la découvre entièrement pour que le charme soit entier - et il avait toute son importance. C'est aussi pour ça que je titillais un peu son honneur, histoire qu'elle ne se décide pas une bonne fois pour toutes à tourner les talons, ce qui n'était franchement pas dans mes plans.

- Un… un chien à trois tête ? Mais il ne sera pas dans l’autre clairière ?

Bingo : elle avait arrêté de remuer et me regardait de ses yeux incroyablement bleus et perçants, même sous la lumière de la lune. Je devais bien reconnaître qu'ils étaient franchement envoûtants, mais pas comme pouvaient l'être ceux d'Ivy, Daphne c'était autre chose : comme si elle concentrait toute sa malice dans la prunelle de ses yeux et qu'ils en étaient presque dérangeants. Je soutins son regard, amusé, me disant que maintenant qu'elle était effrayée de mes bêtises, elle n'allait pas s'en aller de là toute seule.

- Je ne sais pas... Mais on ferait mieux de rester ensemble, si jamais il nous attaque, ricanai-je, à moitié sérieux à moitié provocateur.

- Je suis pas courageuse. Je le laisse aux loosers. J'eus un petit sourire - je vois, je vois. Bien répondu. Je devais bien lui reconnaître ça : elle avait de la répartie, et souvent quand je m'y attendais le moins. Mais elle finit par accepter - évidemment : D’accord.

En route : nous avançâmes alors, et je marchai tout droit et sans hésiter, dans le petit chemin qui serpentait, ne lâchant pas Daphne, et me délectant de cette sensation de toute-puissance parce qu'elle devait bien se demander ce que j'avais en tête. J'avais un sacré paquet de choses en tête et je n'étais pas prêt encore à toutes les mettre à exécution, mais en tout cas j'étais bien content de moi, car jusque là tout se déroulait à merveille. J'espérais juste que la suite allait se passer aussi bien, mais en toute honnêteté, je ne voyais pas ce qui pourrait arriver, étant donné l'attention que j'avais portée à bien mener mon plan. Sur le chemin, je pris garde à soulever les feuilles et à baisser les branches sur le passage de Daphne pour qu'elle n'ait pas - trop - d'efforts à faire - oui, je savais être un gentleman quand il le fallait, quand c'était, quelque sorte, dans mon intérêt futur... Cela faisait quelques temps que je n'étais pas allé dans cette clairière, que j'avais découverte avec Ivy d'ailleurs, et j'espérais qu'elle était aussi magique que la dernière fois, mais je faisais confiance à la Forêt Interdite, qui était le plus souvent à la hauteur de sa réputation. Je retins un petit rire quand Daphne s'épouvanta du hululement d'une chouette mais je la sentis se presser d'avantage contre moi - parfait. Quelques minutes ensuite, finalement, nous débouchâmes, après avoir passé un petit bois dense où seul se découpait un petit sentier étrangement bien débroussaillé, dans une petit clairière toute ronde, qui sentait bon l'herbe fraîche et les fleurs, et d'où on voyait très nettement les étoiles... Je n'étais pas spécialement poète dans l'âme, mais cette clairière était très certainement de ces endroits qui encouragent à la rime et aux belles tournures de phrase.

- Pas d’embrouilles cette fois, dit en maugréant Daphne (ce qui était un pléonasme lorsqu'il s'agissait d'elle, soit dit en passant). Et elle enleva sa main de la mienne - mais non, au contraire !

- Ce n'est pas mon genre, répliquai-je en levant les yeux au ciel.

- T’as dû prévoir quelque chose de super important pour qu’on soit si loin du château. Mais maintenant, il va falloir savoir si tu sais t’en montrer digne…

Voilà qu'elle avait retrouvé de son panache, la demoiselle, et qu'elle montrait les dents à nouveau. Je lui jetai un petit regard en coin, et emprisonnai sa main de nouveau dans la mienne - c'était moi qui décidai, c'était ma surprise. Digne ! Elle me prenait par les sentiments. Je ne lui lançai qu'un regard riche en sous-entendus, puis l'attirai vers le fond de la clairière. Même l'herbe était belle et grasse, et douce sous les pas, comme si tout cet endroit était magique. Il nous fallait la traverser, car la vraie surprise se trouvait au fond. Il y avait un petit ruisseau qui la contournait... Et ce n'était pas n'importe lequel des ruisseaux : il était tout fin et comme dessiné par des fées, bordé de petites fleurs délicates et odoriférantes, mais mieux encore : elles étaient phosphorescentes, et dès que nous approchâmes elles se mirent à scintiller, de toutes les couleurs, dans la nuit. Cela dessinait comme une rivière fantôme et l'effet était un peu étrange, mais c'était en même temps trop beau pour être effrayant, ou peut-être que les deux combinés formaient quelque chose d'encore plus captivant. Je m'agenouillai au bord de la rivière, incitant à faire de même, pour qu'elle voit les petites fleurs de plus près. Il y en avait de chaque côté de la rivière, par bouquet, ou éparpillées un peu partout, et elles brillaient de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, changeant d'ailleurs de tons au gré de leurs envies.

- C'est assez digne de tes beaux yeux, ça te convient ? demandai-je avec un petit sourire complice, après un silence tout occupé à admirer le spectacle qui se déroulait sous nos yeux.

Cette partie-là du plan accomplie, et puisque nous étions tous les deux proches l'un de l'autre, je me remémorai la façon dont cela s'était passé avec Millicent au bal, je me saisis des lèvres de Daphne de la même manière, l'embrassant avec autorité mais aussi une certaine excitation, qui me prit bien malgré moi - comme quoi, la gente féminine déclenchait toujours des sensations dont nous n'avions pas forcément idée. Et après ce premier baiser, je l'embrassai de nouveau, histoire d'affirmer ma position, et de lui faire comprendre ce que je souhaitais ce qu'il advienne de tout cela : que nous sortions ensemble, et j'étais plutôt fier de moi d'avoir trouvé une telle compagnie.

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MessageSujet: Re: Into the spiderweb • D.K.    Mer 3 Juil - 14:36

Je ne voulais pas qu’Alistair s’imagine, que parce qu’il avait obtenu de moi que je le suive, que j’allais être moins récalcitrante pour autant. Cet endroit me foutait les jetons ça va sans dire, déjà que la Forêt Interdite en plein jour, j’avais pas trouvé que ce soit l’endroit le plus accueillant du château, même que les chaines tout au fond du château devaient être plus sympathiques, et je doutais qu’il existe un bel endroit caché sous les épaisses feuilles des arbres, mais après tout, je demandais qu’à voir ! Et en effet, le spectacle de la clairière me fit oublier un instant que nous pouvions nous faire bouffer tout cru par une bête sauvage si jamais on ne faisait pas plus attention, et ça me fit également mettre de côté que je n’avais toujours pas digéré la mauvaise blague d’Alistair et que j’avais très envie de lui en faire une en retour, mais je le laissais quand même m’emmener, telle la princesse, blessée dans son orgueil et qu’on se doit de reconquérir…

Quelques pas plus tard, mon regard fut inévitablement attiré par une nouvelle source de lumière, inconnue jusque alors, et comme elle se trouvait sur le sol, je baissai instantanément les yeux, vers le ruisseau, puis dans l’herbe puis… Ma bouche s’entrouvrit d’une légère surprise, ainsi que de la fascination du spectacle qui devait se passer ici chaque soir mais dont tout le monde, à part nous à présent, ignorait l’existence. Les paysages de Pologne avaient beau être exceptionnels, jamais ils n’avaient manifesté de propriétés magiques comme les fleurs qui semblaient s’allumer telles des lucioles entamant une danse un peu étrange laquelle on pouvait presque entendre, avec un petit effort d’imagination, une mélodie agréable et douce, qui se mêlait à l’univers féérique du lieu… Je sentais toujours Alistair à mes côtés, mais le délaissait un instant, parce que cette beauté à laquelle je n’étais pas habituée déclenchait chez moi une curiosité ainsi qu’une fascination bien plus forte que n’importe quelle personne que la normale. Pourtant, j’avais su très tôt que j’étais sorcière, puisque papa l’était, et l’autre aussi… Mais à la maison, nous ne pratiquions pas la magie ou presque, et c’était dans une maison typiquement  moldue dans laquelle nous vivions, et tout autour, il n’y avait pas de champs moldus qui s’illuminaient la nuit tombée… mais des démonstration comme ça suscitait toujours l’émerveillement, pour Delilah comme pour moi, parce que c’était quelque chose de
beau et qu’on ne demandait rien de plus à cela, et pour le moment, seulement observer et regarder jusqu’à en perdre la raison me suffisait amplement.
- C'est assez digne de tes beaux yeux, ça te convient ?
La voix du Serpentard me tira de mes rêveries, car je songeai déjà à ramener un bouquet à Poudlard. C’est vrai que la provenance ne pouvait pas être révélée, sinon, il allait nous arriver des ennuis, mais laisser les si jolies fleurs ici… Je n’étais plus effrayée à présent, car les dessins qui évoluaient sous mes yeux beaucoup plus charmeurs, enlevait toute notion d’effarement que j’avais eu un peu plus tôt, quand j’essayais de retrouver Alistair dans la forêt.

- Il y a de l’idée…
rétorquai-je bien que vaguement en me tournant enfin vers lui. Je voulais paraître un peu détachée de ce qu’il se passait sous nos regards, mais difficile de retenir le sourire qui s’accrochait désespérément à mes lèvres, de penser que si Alistair portait autant d’estime pour la magnifique clairière, ça voulait dire qu’il en portant tout autant pour moi, et c’était très flatteur. Mais je crois que c’est pas encore tout à fait assez…

Je ne pensais à rien de précis en disant ça, si ce n’est que défier le garçon de m’impressionner un peu plus encore qu’il ne le faisait déjà ; c’était notre jeu, sous les apparences. Mais je ne me doutais pas que la réponse allait venir aussi rapidement, ou peut être même était-elle préméditée, mais je n’eus que le temps de fermer les paupières, d’instinct, parce que la seconde qui suivit, nos deux visages se lièrent d’un baiser. D’abord stupéfaite, parce que je n’avais jamais eu une telle expérience comme celle-ci auparavant, je me braquais, laissant Alistair tout le loisir d’avoir le dessus ; mais me repris bien vite, sentant mon cœur s’accélérer d’une bien étrange manière, mais sûrement pas parce qu’il voulait que cela cesse. Un peu brusquement alors pour reprendre les rênes, je me redressai pour pouvoir appuyer cet échange, aussi curieux qu’agréable, parce que je détestais être prise par surprise comme ça avait été le cas ici, mais il y avait cette envie de poursuivre qui faisait s’agiter mes entrailles, parce que c’était des choses qui étaient très souvent évoquées par les filles dans la salle commune de Serpentard, qui m’étaient étrangères et pour lesquelles je n’avais aucun sentiment ; tout venait de changer.

Le second échange fut plus doux car maintenant le défi relevé, nous n’avions plus de raison d’affirmer nos positions, même si très vite, je me permis des libertés que l’action du moment m’avait empêché de mettre en mouvement la première fois et j’attrapai d’une main la nuque d’Alistair pour le faire se pencher vers moi. Je ne vis qu’une fois qu’on fut allongés dans l’herbe que j’avais peut être été un peu pressante, mais loin de me mettre mal à l’aise, je m’étendis un peu plus au milieu des fleurs, une fois nos visages assez éloignées pour que nous puissions nous jauger, avec un sourire en coin qui en disait long sur ce que j’étais en train de penser. Il me semblait loin, ce temps où je m’offusquais de la moindre provocation… Il y avait encore des restes, comme je l’avais prouvé plus tôt, mais j’étais beaucoup plus détendue que les premières années, me laissant enfin aller à mes libertés d’adolescentes, encore plus maintenant que je pouvais les partager avec Delilah, ou Ana à qui je livrais de confessions que je ne m’étais pas cru être capable d’avoir et de faire jusqu’à maintenant.

Je m’accoudais pour cueillir l’une des fleurs et étendis le bras vers la joue d’Alistair pour pouvoir la passer dessus, avant de la placer bien tranquillement derrière mon oreille, un peu comme si silencieusement je lui demandais de venir la chercher s’il osait.

- J’ai déjà vu mieux, lâchai-je parce qu’après tout, c’était aussi ça qu’Alistair attendait ; autre chose qui ne soit pas des battements de cils, mais en tout cas, ça m’en faisait les mêmes effets, parce que ma poitrine se soulevait bien plus vite que la normale. Je ne voulais pas être conquise si vite ! J’attends, dis-je dans la parfaite imitation de la reine qui souhaite que l’on exécute ses ordres, mais laissait quand même un bisou sur ses lèvres pour rappeler, qu’après tout… Nous ne faisions que nous amuser.

Je m’assis de nouveau et passai le bout des doigts dans le ruisseau pour les rafraîchir, me détournant quelques instants, avant de lui avouer, parce que moi aussi, j’étais pleines de réserves :

- Et je te montrerai peut être ma surprise ! Les yeux mi clos, je m’étais approchée car il m’avait semblé que c’était moi la chose la plus captivante dans cette clairière. Et ce revirement de dernière minute, j’étais bien déterminée à m’en servir !


 

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MessageSujet: Re: Into the spiderweb • D.K.    Mar 20 Aoû - 14:49

- Il y a de l’idée…

Comment ça, de l'idée !! La demoiselle en avait de bonnes, alors que je lui avais concocté là un petit itinéraire rien que pour elle, une surprise de la première à la dernière minute (à commencer par mon énigme, ce qui était drôle, et à sa frayeur dans le bois, ce qui l'avait été encore plus)... Mais elle jouait les princesses, et ma foi, j'avais l'habitude, avec Ivy. Je n'aimais pas les pimbêches (et nous en avions de beaux exemplaires) mais les princesses, je les considérais différemment, avec une certaine affection, et je devais bien le reconnaître : elles exerçaient un certain pouvoir sur moi. Heureusement qu'Adam n'était pas là pour partager mon cheminement de pensée, parce qu'il aurait été capable de faire un infarctus (un crapaud pouvait-il faire un infarctus ?!) si il m'avait entendu élever Daphne sur un (presque) même pied d'égalité qu'Ivy, ou plutôt, à un rang qui y ressemblait. Ma foi : ce n'était pas une injure, et j'y trouvais une explication. De là où j'étais, d'où j'explorais le monde bien à l'abri des regards bovins de mes congénères, il n'y avait de la place que pour quelques princesses, ni plus ni moins. C'était alors tout naturel, quand l'une me faisait défaut, que sa place soit occupé par une personne de rang aussi royal.

En plus de toute cette petite organisation, et de mes plans pour la suite, il y avait une excitation supplémentaire due au fait que nous étions là en toute illégalité, que les professeurs ne se doutent de rien bien à l'abri dans le château, et que nous ayons à peu près violer une poignée de règles pour arriver jusque là (élèves seuls dans les couloirs, couvre-feu dépassé, lisière de la forêt franchie, etc etc). Cela pimentait encore plus notre petite réunion secrète, et je me sentais stimulé d'avantage par tout cela, et cette stimulation était juste ce dont j'avais besoin. C'était une chose que le groupe de mollusques qui me tenaient lieu de frères et sœurs n'avaient jamais compris : ils se laissaient porter, traîner même, ils ne décidaient rien, ne choisissaient rien, ne réfléchissaient pas assez. Ils n'avaient pas compris tout l'enjeu qu'il y avait dans cette existence - et Ivy avait été la première personne, et la seule, qui m'avait ouvert les yeux à ce sujet, et avec qui je partageais cela.

Si bien que, mettant en pratique mes jolies petits principes, j'avais embrassé Daphne, une première fois pour tester, une deuxième fois puis une troisième fois pour confirmer - et c'était de plus en plus agréable. C'était toujours un peu étrange au premier abord (humide, tiède, intime) mais à chaque fois que j'essayais j'en voulais un peu plus. Je sentis Daphne se braquer - haha, elle ne l'avait pas vu venir, celle-là ! - mais j'insistai un peu, ce qui la poussa à accepter sans doute, car il ne fallut pas beaucoup de temps pour que je sente qu'elle y mette du sien, et son corps se plia un peu plus au mien. Oh là ! Carrément ! Elle avait glissé sa main autour de mon cou pour me serrer un peu plus, ce qui était pour le moins surprenant, mais pas désagréable. Finalement, jugeant qu'effectivement nous pouvions tout aussi bien nous mettre plus à l'aise dans l'herbe, je la suivis, bien content de mon petit stratagème qui portait ses fruits comme je l'avais espéré. Quand on se sépara, et que je l'observai du coin de l’œil, je notai son sourire que même la pénombre ne ternissait pas, et je sentis qu'il se propageait jusqu'à moi. J'avais l'impression d'avoir gagné une victoire - quelle genre de victoire, voilà qui était à définir, mais tout de même une victoire - et je ne pouvais pas m'empêcher de cogiter : la suite ? Qu'en dirait Ivy ? Elle en rirait, parce qu'elle ne voudrait pas perdre de sa superbe. Je ne la connaissais que trop bien. En revanche, Daphne l'ignorait sans doute, mais elle venait de se faire une ennemie, et pas des moindres. Et moi ? me demandai-je, laissant mes pensées dériver au rythme de la petite rivière qui coulait à nos pieds. Quels ennemis venais-je de me faire, Daphne avait-elle des soupirants, mis à part les adolescents boutonneux qui bavaient sur les jolies filles de Poudlard, évidemment, mais que je ne prenais pas en compte dans mes adversaires potentiels ?

Elle avait saisi une fleur qu'elle s'était glissé derrière l'oreille - passant sa main le long de mon visage, hmm, c'était agréable - et je m'étais redressé sur le coude, pour la regarder. La fleur, toujours brillante par magie, éclairait le visage de Daphne d'une lueur étrange, lueur qui rehaussait l'éclat formidable des yeux bleus de celle-ci et qui accentuait le je-ne-sais-quoi d'indéfinissable qu'il y avait dans l'expression de son visage.


- J’ai déjà vu mieux, continua-t-elle, jouant le jeu. J’attends, ...quelle reine mère !

- Tu mens, répliquai-je avec un petit sourire. Nous étions jeunes, et j'étais persuadé qu'en matière de baisers de ce genre, elle avait à peu près autant d'expérience que moi, alors, qu'elle ne me fasse pas croire le contraire ! Mais, les filles savent y faire, elle m'embrassa une nouvelle fois, ce qui me laissa perplexe - comment un simple échange si banal en soi éveillait dans le corps de telles sensations ?

Je me redressai aussi, m'installant à côté d'elle, suivant des yeux ses doigts qui plongeaient dans l'eau, et les petites fleurs illuminées qui se balançaient toujours aussi sereinement au gré du courant.


- Et je te montrerai peut être ma surprise !

... C'était moi, le maître en matière de surprise, ce soir. Si bien que je retins un petit sourire, et en me penchant vers Daphne comme pour l'embrasser, je m'arrêtai au dernier moment, plongeant moi aussi la main dans l'eau et lui en envoyant un peu dans le visage en me reculant et en éclatant de rire.

- Tu parlais de ça ? Je continuai de l'embêter en lui envoyant de dernières gouttes d'eau sur elle, et en essayant de la chatouiller (il y avait beaucoup de filles qui n'aimaient pas ça - mais justement, c'était bien là l'idée. Et je crois que Daphne avait bien compris que j'agissais souvent à l'encontre des envies des gens, ce qui était tant mieux pour nous deux : ça facilitait la tâche.) puis j'emprisonnais ses mains comme je pouvais (elle se débattait bien) afin de faire d'elle ce que je voulais, et je l'embrassais à nouveau.

C'était agréable, d'ailleurs, de la sentir prisonnière de ma volonté et de mes lèvres. Je réitérai l'expérience, sentant qu'elle n'allait pas se laisser dominer bien longtemps. Ce qui m'amena à songer à : la situation n'était-elle pas la plus confortable quand elle était bien clarifiée ? Je reculai un peu mon visage du sien, lâchai ses mains et attrapai la petite fleur dans les cheveux de Daphne du bout des doigts, la faisant tourner doucement entre mes doigts, entre nos deux visages, regardant alternativement Daphne et la petite fleur qui brillaient tout autant de cette lumière singulière.


- On est ensemble, alors ?
Et par ensemble j'entendais ce que les autres entendaient, à savoir un couple, ensemble en public, etc, etc. C'était mon objectif, et je préférais qu'ils soit clair et partagé, plutôt que de ne pas savoir sur quel pied danser. Je levai un sourcil avec un sourire, jouant toujours avec la petite fleur, attendant l'accord de Daphne - mais je n'avais pas tant de doutes que ça.

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MessageSujet: Re: Into the spiderweb • D.K.    Jeu 5 Sep - 17:42

Comme je le pouvais, j’essayais de profiter au maximum de cette situation. Depuis le début, lorsqu’on s’était rencontré pour la première fois dans la salle commune si l’intérêt qu’Alistair avait éprouvé pour moi avait suscité le mien, il ne m’avait pas fallu très longtemps pour en venir à la conclusion qu’il recherchait quelque chose. Je n’avais su tout de suite quoi, mais j’avais en revanche la certitude que cela venait de moi et donc que quoi qu’il arrive, il me fallait le préserver au maximum. C’était sans doute ça que je n’avais pas compris avec Sebastian au départ et qui m’avait poussé à le repousser comme on repousse le feu qui va vous brûler les doigts : parce que je l’envisageais comme un menace parce qu’à l’époque, ils l’étaient tous. Ce soir, et quelques années plus tard dans la poche, j’avais appris à apprécier les regards qui ne pouvaient pas se détacher du mien et qui recherchait quelque chose que je pouvais et devais donner. Il y avait un lien invisible qui gardait Alistair près de moi et je me sentais envisagée d’une toute autre manière, parce que c’était moi et personne d’autre qui avait ce pouvoir-là, renforçant le sentiment d’unicité dont j’étais en quête depuis toujours. Le désir de l’autre éveillait chez moi des sensations nouvelles, et j’allais faire en sorte que tous ne s’éteignent pas. J’avais la puissance. Elle ne pouvait pas me quitter.

La réaction d’Alistair ne m’émeut nullement, et au lieu d’avoir l’air outragée du peu de confiance qu’il me procurait, je feignais la désinvolture pour prouver que non, quoi qu’il en dise, je ne mentais pas et ça finit par marcher puisqu’il céda le premier en s’attirant de nouveau vers moi pour entrer dans les bonnes grâces que je n’étais pas encore tout à fait prête à donner.

Je sursautais comme si je venais d’être piquée par une guêpe parce que une marée de petites gouttes toutes fraîches venaient de me picoter le visage et je clignai plusieurs fois des paupières pour faire tomber celles qui étaient accrochées à mes cils, tandis qu’Alistair riait déjà de sa farce.
- Tu parlais de ça ?
C’était pas ce que j’avais prévu !!! J’ouvris la bouche, outrée pour de bon cette fois, mais mes protestations furent tout de suite étouffées par le nouveau baiser qu’Alistair engageait. Contrainte, je fermai d’abord les yeux en essayant malgré tout de repousser l’offensive, parce que depuis ce soit, je trouvais que malgré ses bonnes intentions, il n’avait pas trop d’égards pour moi ! Je sentis vraiment la menace arriver lorsque je ne fus plus libre de mes mouvements parce qu’il avait saisi mes bras pour les bloquer et je lui cédai plus ou moins la défense avec cette impuissance qui me caractérisait parfois, quand je voulais me battre, mais que je pouvais le vouloir autant que je le voulais, je n’avais pas les armes pour réagir.

Je n’allais toutefois pas me laisser sous le joug de la domination très longtemps ; dans sa force je sentais qu’Alistair y prenait un certain plaisir, ce qui exerçait chez moi l’envie d’y mettre un terme en prouvant que moi aussi je pouvais gagner. Il y avait quelque chose qui m’empêchait, en dehors du fait que j’avais les mains liées par les siennes pour lui en coller une et fuir à travers la forêt interdite que j’allais de toute façon pas traverser dans le sens inverse toute seule parce qu’elle me faisait trop peur. Il y avait en plus de ça une attirance qui poussait mon cerveau à ne pas se braquer complètement comme ça aurait normalement dû être le cas et qui me rendait captive autant qu’il n’était pas envisageable de le laisser gagner, pas complètement, parce qu’une fois qu’il aurait tout pris ce qu’il y avait à prendre, il partirait, cependant j’avais encore quelques choses à lui montrer, avant qu’il ne s’en aille…

Je ne pouvais peut être plus rien faire de mes dix doigts, mais ce n’était pas le cas de mes jambes et en lui laissant croire que je le laissais remporter la partie, j’avais glissé les miennes entre les siennes pour lui faire croire à un rapprochement un peu plus collé serré et sans le prévenir, je ne fis comme ça basculer à moitié dans l’eau, ce qui me permit, grâce à la surprise, de le faire lâcher prise et de me libérer.

- Oups, on dirait que tu as bu la tasse
, dis-je avec une effronterie clairement provocatrice. Il y avait des mèches mouillées qui me retombaient devant les yeux que je poussai de la paume d’un geste lent puis je haussai les sourcils. Tant pis pour toi, tu verras une prochaine fois. Peut être.

Ca nous faisait beaucoup de peut être et de et si, mais je m’en amusais bien ; comme Alistair rendait tout comme si c’était une compétition, j’y prenais goût, bon gré mal gré, parce que j’avais l’âme d’une gagnante, et pour ça, tous les moyens étaient bons pour y parvenir. Bien sûr, j’avais trop envie de lui montrer ce que j’avais évoqué vaguement tout à l’heure pour renoncer à cause de l’affront qu’il avait fait. Je crapahutais de nouveau dans l’herbe en essorant mes vêtements. Mouillée, je trouvais qu’il commençait à faire un peu froid, d’autant que le tissu me collait à la peau.
- On est ensemble, alors ?
Je souris et entrepris de faire un bouquet en cueillant les fleurs qui jonchaient le sol, avec l’air de n’avoir rien d’autre en tête que de les rassembler et une grosse boule fluorescente.

- Je croyais que tu avais compris que notre petite baignade surprise voulait dire oui, eus je pour toute réponse. Très bien, j’avais assez de fleurs pour me mettre à la tâche.

J’aurais pu utiliser la magie pour confectionner les deux compositions florales en forme de couronne que j’étais en train de faire, mais je savais les faire sans, pour en avoir composées plusieurs avec Delilah lors de nos virées quotidiennes et avec le temps, les miennes étaient devenues plus complexe et plus élaborées qu’un simple nouage. J’utilisais néanmoins ma baguette à la toute fin pour que les liens ne se défassent pas trop vites, puis, lorsque j’eus terminé, je posai la sienne sur la tête  d’Alistair, qui m’avait rejoint. J’en fis de même en plaçant ma propre couronne au sommet de mon crâne.

- Il faut bien ça pour régner à deux
, complétai-je, toujours avec ce même air mystérieux qui j’espérais en disait assez mais pas trop, avant d’embrasser le bout de son nez, puis ses lèvres. A Poudlard, tous nos soupirants ignoraient ce qu’il était en train de se passer ici. C’était on ne peut plus clair à présent.

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MessageSujet: Re: Into the spiderweb • D.K.    Mer 9 Oct - 17:56

Il existait toutes sortes de deals ici-bas, des accords tacites, des sceaux à la cire coulée sur le papier, des trocs, des promesses, des tractations secrètes... Mais le notre ne rentrait dans aucune de ces catégories, ce qui n'était pas pour me déplaire. J'avais eu du flair et je le savais : si Daphne m'était apparue comme une jolie surprise sur mon chemin, je n'avais pas manqué de discernement en décidant de la cueillir et de sentir qu'elle était à peu près tout ce dont j'avais besoin en ce moment - sans doute que je l'étais aussi, pour elle. Nous n'allions pas nous mentir : elle était aussi maline et intéressée que moi, ou presque, et je ne doutais pas qu'elle trouve un quelconque intérêt dans toute cette histoire. Mais ça m'allait ! Ca m'allait parfaitement, et je ne voyais pas de raisons de mettre un terme à notre petite alliance, fort plaisante ma foi, en plus de tout. J'aimais tout particulièrement son côté un peu blasé et supérieur car il était nécessaire, de nos jours, pour vaincre la débilité incarnée en la personne de nos aînées, comme le montraient si bien mon frère et les aînés d'Ivy, belle brochette de personnes se croyant si intéressantes qu'elles en oubliaient de l'être un tant soit peu.

Du coup, je n'avais franchement aucun scrupules à pousser Daphne dans ses retranchements (si elle en avait, après tout je n'en savais rien, je ne la connaissais pas dans ses moindres détails) et de laisser libre cours à mes envies - pour l'instant, j'en avais une petite en tête, et ce ruisseau était bien joli mais il me donnait surtout envie de l'embêter. Car il fallait savoir que si nous étions surnommés Les enfants terribles avec Ivy, ce n'était certainement pas juste pour le plaisir : les 400 coups, nous les avions faits cent fois plutôt qu'une, et à vrai dire je ne trouvais pas de plaisir plus poussé que déranger les gens et le monde qui m'entourait. Adam aurait été là, il aurait très sûrement croassé avec vigueur pour approuver mes propos. A quoi servait tout cela si on n'y trouvait pas les petites failles, si on ne pointait du doigt tout ce qui était désagréable en le transformant en amusement ?

Je ne retins pas un ricanement devant la tête offusquée de Daphne qui ne s'attendait certainement pas à recevoir de l'eau dans la figure - mais au moins elle pouvait être sûre, si jamais elle ne l'était pas encore, que je pouvais être romantique mais pas trop, et je trouvais que toute cette histoire de clairière et de fleurs lumineuses étaient déjà pas mal. Mais la surprise passa vite : on a du sang de Serpentard dans les veines ou on n'en a pas, et clairement il ne mit pas longtemps à faire qu'un tour dans les siennes car elle contre-attaqua rapidement, après mon affront final. Je sentis qu'elle pesait de tout son poids sur moi et comme je ne m'étais pas attendu à ce qu'elle riposte ainsi, je ne pus pas m'empêcher d'être déséquilibré, et je tombai à moitié dans la rivière dans un grand bruit d'eau, d'herbe froissée et d'exclamations et de rire. Pas mal. Non vraiment, joli coup, voilà que j'étais à moitié... hm, que j'étais trempé, je devais bien le reconnaître, et je sens les goutelettes d'eau tomber de mes cheveux dans mon cou, tandis que Daphne avait prestement fait demi-tour et me regardait de son petit sourire moqueur et supérieur, plus au sec que moi, sur la petite rive. Il y avait quelque chose de franchement comique dans cette clairière toute calme et jolie, avec ses fleurs si belles, et nous deux en train de comploter, de s'embrasser et de se rouler dans l'eau, que je me mis à rire encore plus.


- Oups, on dirait que tu as bu la tasse, se moqua-t-elle. Tant pis pour toi, tu verras une prochaine fois. Peut être.

- Pas du tout : j'inspecte les fonds, je fais des travaux très poussés sur la faune et la flore de Poudlard pour le cours de botanique, ricanai-je entre mes dents d'un air très sûr de moi.

Je me hissai à mon tour hors de l'eau, et chacun de mes gestes faisaient floc-floc, si bien que j'eus un mal fou à extirper ma baguette magique de sous mes couches de vêtements trempés. Voyons. Quel était la sortilège, déjà ? J'en savais des bien plus compliqués, mais ceux un peu trop basiques, comme ce genre de choses, ne voulaient jamais s'imprimer dans mon esprit. Ah oui ! Je dirigeai la pointe de ma baguette sur moi et de l'air chaud s'en échappa, séchant une bonne partie de mes vêtements trempés. Et puisque mon sortilège fonctionnait presque à 100%, je m'occupai ensuite de Daphne, séchant un peu ses vêtements pour qu'elle n'attrape pas la mort, ce qui n'était pas essentiellement mon but.


- Je croyais que tu avais compris que notre petite baignade surprise voulait dire oui, répondit-elle avec un regard un peu mystérieux comme elle en avait souvent, me confortant dans ma satisfaction.

Très bien ! L'essentiel était dit alors, l'essentiel était fait. J'étais fort content de mon petit stratagème, qui s'était déroulé comme je l'avais espéré. Je m'installai alors tranquillement aux côtés de Daphne, allongé dans l'herbe, pour la regarder faire d'une main habile, avec sa baguette, des couronnes de ces fleurs brillantes, et cela me fit penser aux complexes couronnes de fleurs que je mettais des heures à confectionner pour Ivy. Je cueillais toutes les fleurs les plus belles du jardin (ce qui mettait ma mère dans une colère noire, mais il suffisait d'un petit regard doux de ma part pour qu'elle redevienne celle qu'elle était tout le temps : prête à céder à tous mes caprices), et je les tressais et les montais ensemble, pas en un simple anneau non, mais en une véritable coiffe, que je donnais ensuite à Ivy. Elle prenait toujours mes cadeaux avec cette grâce mesurée qu'ont les personnes de sang royal : juste assez pour impressionner, mais pas trop pour qu'elle reste naturelle. Ses cheveux dorés s'accordaient avec toutes les teintes de fleurs.

Après avoir fini, Daphne plaça une des couronnes phosphorescentes sur ma tête et je lui souris quand elle mit la sienne : les fleurs enveloppaient nos visages d'un halo translucide, et nous ressemblions à deux fantômes, ou plutôt à deux têtes de fantômes.

- Il faut bien ça pour régner à deux, commenta-t-elle avant de déposer un baiser sur mon nez, puis sur mes lèvres.

Ah, la tendresse ! Je me rappelais des marques d'affection de ma mère que j'avais en horreur - et de toutes les femmes adultes d'ailleurs. Les seules que j'acceptais étaient celles d'Ivy, mais voilà, depuis que les choses avaient changé... Jamais je ne m'étais dit qu'un baiser d'une fille auparavant inconnue me ferait quelque chose, mais je devais bien reconnaître que ceux de Daphne m'étaient plutôt agréables. Je lui rendis, et puis, parce que la soirée commençait à bien s'avancer, je me levai et attrapai sa main pour la garder dans la mienne, avant de nous remettre doucement en route vers le château.


- Ça fait de nous le roi et la reine, non ? commentai-je avec satisfaction. C'est tout à fait ce qu'il nous fallait, conclus-je avec un petit clin d'oeil en direction de Daphne et sa couronne de fleurs magiques.

Et nous marchâmes main dans la main, scellant notre accord pour de bon, vers la grande bâtisses éclairée par les étoiles.



Fin =)

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