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Let's go get us a little sun - pv Ruby

 
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 Let's go get us a little sun - pv Ruby

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Lizlor Wayland
Apprentie dans le domaine des Créatures Magiques



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MessageSujet: Let's go get us a little sun - pv Ruby   Ven 26 Avr - 12:17



La biche argentée que je connaissais si bien avait jailli tout d'un coup au milieu du couloir, bondissant dans les airs sur des rochers imaginaires avec cette vivacité qu'ont les Patronus, et j'avais deviné sous ce rendez-vous précis qu'il y avait quelque chose de particulier. J'avais commencé par m'inquiéter une seconde - je n'étais pas spécialement rassurée quand Ruby quittait ainsi le château vers je ne savais trop quel lieu exactement, même si c'était avec Ewan, car j'imaginais instantanément le pire : alcool, tentation, et tout ce qui allait avec. Pourtant je prenais bien garde à ne rien laisser paraître de cette inquiétude qui me rongeait, habituée depuis des années à garder pour moi ce qui me terrorisait le plus... Avec le recul je n'arrivais pas à savoir si c'était la bonne attitude à adopter, si cette défense allait un jour se retourner contre moi et m'engloutir, mais comment aurais-je pu quelques années auparavant mettre des mots sur cette impression dévorante de n'être pas à ma place et surtout pas la fille dont ma mère avait rêvé, et comment ensuite aurais-je pu montrer aux yeux de ceux qui m'étaient chers ce gouffre abyssal qu'avait causé la mort de mon père et que rien, absolument rien, ne pourrait un jour combler ? Je préférais me contenter de continuer à respirer sans me retourner plutôt que de rester dans cette espèce de léthargie qui m'avait envahie pendant une courte période. Aujourd'hui je m'en rappelais comme dans un rêve - était-ce réel ou pas ? Il y avait quelque chose d’indicible qui aimait me faire croire que tout ça n'était qu'illusion, que la Lizlor d'avant n'avait pas subi ça, qu'elle était encore cette enfant à la peau dorée par le soleil de l'Oregon qui passait tout son temps à jouer dehors ou dans le sable, et qui ne se souciait finalement de pas grand chose, encore de l'autre côté du pont qu'il m'avait fallu traverser. Je ne pouvais tout simplement pas laisser mes peurs s'exprimer - comme je l'avais fait ce soir-là en haut de la tour quand j'avais appris la triste vérité - parce qu'alors c'était montrer toute l'ampleur de mes doutes et de mes faiblesses, c'était affaiblir les autres, et je ne le voulais pas. Maman n'en avait pas besoin, elle avait suffisamment de son propre chagrin, Conrad était si loin que parfois j'avais peur qu'il disparaisse, et je ne voulais pas gâcher ces moments lorsqu'on se retrouvait, et Ruby devait se relever de ses problèmes et pour cela elle avait besoin d'appui, ce que je n'aurais pas pu être si je m'étais laissée aller. C'était tout aussi simple que cela, et je n'avais besoin de rien d'autre pour ne pas changer de cap.

Les beaux jours arrivaient petit à petit et une certaine excitation m'envahissait en même temps : plus l'été s'approchait plus je bouillais d'envie de retrouver l'Oregon, le soleil, l'océan et notre vie là-bas, même si elle ne serait jamais réellement plus comme avant, et je le savais pertinemment. Mes souvenirs avaient la couleur ambrée et passée des jours anciens, mais cela ne voulait pas dire que je n'aimais pas retourner là où ils étaient nés, là où je me rappelais ces moments et ces sensations avec une certaine mélancolie, peut-être, mais mieux valait une légère tristesse que l'oubli. J'avais l'impression, et depuis toujours, que l'Oregon était en moi, dans ma chair, sous ma peau, me brûlant de sa chaleur et de sa lumière, et les vagues de l'océan turquoise et limpide m’accompagnaient de leur ressac, répondant en écho aux battements de mon cœur. Tout était presque plus simple là-bas : sans me voiler la face car il régnait encore d'avantage l'absence de mon père, je trouvais néanmoins que Maman était un peu plus heureuse, que nous laissions derrière nous nos petits soucis en arrivant aux États-Unis, et qu'il nous suffisait de nous laisser un peu aller pour qu'on entrevoie à nouveau la quiétude des jours heureux. Parfois, seule l'idée suffisait pour qu'arrivent les sensations. Entre temps, il restait les petites vacances que nous allions passer dans le Kent, avec Ruby évidemment - il était devenu aussi évident pour Maman que pour moi qu'elle soit avec nous, et je m'en réjouissais chaque instant qui passait. Évidemment que Ruby elle-même s'en sentait toujours un peu gênée, mais j'avais fini par m'y habituer et à accepter cela d'elle, car j'avais surtout fini par comprendre que c'était autre chose, qui tenait plus de l'émerveillement et de la joie un peu craintive d'être partie entière de notre famille - de sa famille.

Comme souvent, j'avais passé la soirée avec Stephen, et même si ces soirées-là n'étaient pas toujours prévisibles car je ne savais jamais si elles allaient bien se passer et si j'allais finir par m'endormir d'en ses bras ou le détester un peu plus et m'en aller en colère et en claquant la porte, c'était la même excitation, toujours, qui m'envahissait délicieusement sans que je puisse l'en empêcher. Depuis le bal, et contre toutes attentes, Stephen Fray était devenu un peu plus... Non, il ne serait jamais vraiment humain mais toujours cette chimère aussi effrayante qu'attirante - un peu plus attentionné peut-être ? En tous les cas, pour moi dont le cœur avait passé un nouveau stade car je savais que mes sentiments avaient un nom, c'était un soulagement. Ce n'était sans doute pas une idylle comme on l'entend - mais à vrai dire qu'en savais-je, je n'avais jamais connu cela - et il m'arrivait toujours de sortir mes griffes, de l'attaquer, ou bien de le laisser moisir dans ses chaudrons parce qu'il était trop préoccupé par je ne sais quelle racine d'ellébore pour faire attention à moi, mais le reste du temps c'était différent : il faisait des efforts et quand il me souriait, je ne voyais plus le mépris et la supériorité écrasante, je voyais juste une lueur brûlante au fond de ses yeux sombres et à chaque fois, instantanément, un frisson me remontait le long de l'échine. Souvent d'ailleurs il ne lui suffisait que de cela pour que soudain mes mains soient sur sa peau ambrée et que la fièvre s'empare de nous tous les deux, sans que l'on ai eu besoin de s'accorder à ce sujet. Hier soir, il m'avait agacée à être distant et préoccupé par une histoire de potion qui n'aboutissait pas et sur laquelle il avait passé son après-midi, et j'avais cru alors que la soirée allait se terminer en queue de poisson, mais il n'avait fallu que d'un haussement de ton de ma part et une dispute dont nous avions l'habitude pour que tout d'un coup la situation se renverse. Entre ses bras j'étais comme un petit chat : si j'avais pu ronronner je l'aurais fait, très certainement, comme un petit animal bien à l'aise, à l'abri. Stephen était ainsi : imprévisible et sans doute trop dans son monde pour être perceptible dans le nôtre, mais quand un instant il me laissait y pénétrer, alors il était la personne la plus douce, la plus attentionnée. Réellement, je sentais la chaleur puissante de sa chair se propager à la mienne quand nous étions l'un contre l'autre, je sentais tout le feu qui animait son étrange personne me brûler encore et encore pour que je renaisse à chaque fois - il était et resterait à jamais celui qui m'avait tirée de l'abîme, et en cela, il avait sur moi un pouvoir irréfutable. Je savais que ce n'était pas des choses que l'on se disait, mais je n'avais aucun doute : je l'aimais.

Puisque nous ne nous cachions plus, j'étais allée manger avec lui quand nous nous étions réveillés, puis j'étais rentrée dans mon dortoir pour me préparer pour la sortie de cet après-midi, à Pré-au-Lard, juste après que le Patronus de Ruby me soit apparu. Il faisait beau, le ciel baignait tout le parc de Poudlard, et même si l'air était encore un peu frais, j'étais trop en manque de clarté et de ciel pur pour ne pas vouloir profiter de chaque instant. Après ma douche je m'étais habillée à la hâte, attrapant des vêtements au hasard, roulés en boule car je ne rangeais jamais - le seul et unique avantage de ne pas partager le même dortoir de Ruby résidait dans le fait que je pouvais laisser régner le désordre habituel dans mes affaires, car quand je dormais avec elle je prenais garde à les ranger pour ne pas la mettre mal à l'aise. J'enfilai un de mes jeans préférés, tout délavé et déchiré, surtout aux genoux, que Maman tentait de jeter discrètement à chaque lavage mais je veillais au grain, des chaussures en toile, un débardeur ample et légèrement transparent, puis ma veste en cuir, qui ne me quittait jamais. A l'heure prévue, je quittais le château et empruntais le chemin vers au Pré-au-Lard, sautillant plus que marchant, vers une après-midi qui, je le savais, serait agréable. Et puis, j'étais toute excitée de savoir comment s'était passée cette soirée avec Ewan. L'inquiétude était toujours là évidemment, mais j'essayais de ne pas y prendre garde. Je me demandais si... Non : je me demandais plutôt comment il était possible qu'il ne se soit rien passé jusque là alors qu'ils se dévoraient du regard, l'un comme l'autre. Je n'avais vu le barman qu'une fois et j'avais ri sous cape, car c'était comme si tous ses gestes étaient calculés pour Ruby, et inversement. De son côté à elle je savais : oui il lui plaisait, elle parlait souvent de lui et ils partageaient beaucoup de choses, mais je la comprenais aussi - on n'est jamais sûr de soi dans ses moments-là, et elle en était encore au stade à se demander ce qu'il pouvait bien lui trouver. S'il ne s'en était tenu qu'à moi j'aurais pu lui faire une longue liste, mais je ne préférais pas non plus me lancer trop loin sans savoir ce qu'il envisageait lui de son côté, pour lui éviter les faux espoirs. Mais, tout de même. Avec la robe qu'elle avait choisie, c'était impossible qu'il résiste - j'en avais la ferme conviction.

Dépassant quelques magasins baignés de soleil, et les yeux un peu plissés de cette lumière presque trop blanche, je grimpai sur un petit muret et m'installai en tailleur, attendant Ruby. Je me mis à observer nonchalamment les passants, laissant mon esprit dériver au rythme de ces allées et venues, et profitant avec délice de cette chaleur qui se coulait un peu partout sur moi.

C'est en tournant négligemment la tête que je les aperçus - ce fut la silhouette bien connue de Ruby qui m'attira l’œil, et la couleur satinée de sa robe, puis je remarquai qu'elle n'était pas seule, mais avec lui. Ils marchaient à ma rencontre - ... il la tient par la taille ?! - et je n'étais pas certaine qu'ils m'avaient vue - par Merlin, il la tient par la taille ! - mais tout d'un coup j'avais très envie de disparaître dans un trou - je le savais, je le
savais - pour devenir une petite souris et les observer à mon aise - il la tient par la taille il la tient par la taille elle sourit qu'est-ce que je fais qu'est-ce que je fais ?! ... Trop tard : à me laisser complètement envahir par une vague d'allégresse je n'avais pas bougé et Ruby avait vu que j'étais là, perchée sur mon muret. Je sautai au sol, ne me sentant pas autre chose qu'une énorme boule d'énergie au bord de l'explosion - tu souris trop Lizlor tu souris trop essaye de sourire moins - et quand je me plantais devant eux pour les saluer :

- SALUUUT !! ... Mon salut fut clairement bien trop enjoué et évocateur, tout comme mon sourire incontrôlable et l'envie irrésistible de rire que je retenais à peine au fond de ma gorge.

L'avantage quand on a des longs cheveux c'est qu'on peut aisément se cacher dedans, et j'eus quelques secondes de répit en repoussant les cheveux tombés devant mon visage, pour me mordre la joue et tenter de réduire un peu cet immense sourire qui m'étirait les lèvres.


- J'imagine que vous avez passé une bonne soirée ? ne me privai-je pas de demander malicieusement et en les regardant alternativement avec des yeux sûrement bien trop brillant de tout le rire que je retenais en moi. Ruby me lança un regard entendu mais à ce stade il n'y avait rien qui ne pouvait m'arrêter - j'avais l'impression que j'allais déborder de jubilation d'un moment à l'autre - et d'ailleurs je ne tenais pas en place, piétinant et gesticulant un peu trop tandis que... Oh...

OH. Bien sûr : le baiser d'au revoir. Bien sûr.

Ils avaient l'air à la fois tellement heureux, tellement timides et tellement en osmose l'un avec l'autre que je me fis un instant la réflexion que c'était leur grâce qui éblouissait tout le village autour de moi, et pas la lumière du soleil. Toujours était-il que j'étais déjà à un tel niveau d'excitation que je n'allais pas pouvoir répondre de mon "calme" si ils s'embrassaient ne serait-ce qu'une seconde devant moi. Prenant les devants, je fis un signe de la main à Ewan pour lui dire au revoir et un signe à Ruby en montrant du doigt que j'allais un peu plus loin pour l'attendre, et je m'écartai un peu laissant enfin le fou rire m'agiter toute entière, même si je faisais attention de le garder silencieux - je n'arrivais même plus à respirer et à penser correctement tellement je riais, et quand, de dessous mes cheveux, je les vis s'embrasser, je sentis mon fou rire redoubler en intensité et des larmes couler de mes yeux. Si j'avais été un chat, j'aurais probablement été sujette à une de leur crise étrange, quand ils se mettent à courir et sauter partout et jouer avec tout ce qui leur tombe sous la patte, tellement j'avais besoin d'extérioriser ma joie.

C'était un genre d'ivresse de la victoire, en réalité - parce que je savais que Ruby ne voulait que ça - et quand elle me rejoignit, les yeux pétillants et, elle aussi, un sourire radieux aux lèvres, je lui agrippais le bras sans rien dire pour le moment et l'attirait derrière moi en courant - comme le soir du nouvel an, et le monde était à nous et rien qu'à nous à nouveau tandis que nos pas se précipitaient sur les pavés de la rue principale - pour être suffisamment loin. Alors, le souffle court de la course et de mes éclats de rire, je me retournai quand j'estimais qu'Ewan ne pouvait plus nous voir nous entendre :


- RACONTE ! ordonnai-je en levant les mains au ciel en signe de victoire et en souriant de toutes mes dents.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: Let's go get us a little sun - pv Ruby   Sam 27 Avr - 23:15

Pré-au-Lard était éclairé par une lumière qui jouait dans les nuages cotonneux, et elle était si blanche et vive qu’elle m’aveuglait –où alors était-ce le sourire d’Ewan qui répondait au mien qui me faisait baigner dans cette atmosphère si lumineuse, comme les particules qu’on aperçoit parfois dans un rayon de soleil ? C’était exactement ainsi que je me sentais, ce petit grain qui flotte dans l’air et qui brille, seulement perceptible dans la lumière. Et peut-être que d’une certaine manière, je l’avais trouvé cette lumière, dans différent aspect de ma vie –dont l’un était à mes côtés, sa main glissé contre ma taille. Ewan et moi ne parlions pas vraiment, je préférais me nourrir de l’intensité de son regard et les pétillements de son sourire. A plusieurs reprises, nous eûmes des petits éclats de rire sans raison, simplement peut-être parce que nous étions bien. J’étais dans un état étrange, légèrement triste d’achever ce moment avec Ewan qui avait été si intense, et à la fois excitée de retrouver Lizlor et de lui raconter, de passer mon après-midi avec elle. J’étais peut-être trop rapide, mais j’avais soudain l’impression d’avoir trouvé une certaine balance, un équilibre, et même si je ne cessais de me répéter que ma relation avec Ewan ne faisait que commencer, j’avais ce drôle de remous dans la poitrine quand il souriait et je me sentais si sereine que les choses avaient soudain un goût de vérité.

Je reconnus les boucles de Lizlor au loin, elle était assise en tailleur sur un petit muret et… Et elle me regardait, nous regardait, avec un immense sourire. Même à quelque mètre de distance, je voyais des étincelles dans ses yeux azurs et elle semblait aussi comme clouée sur place, elle nous fixait sans aucune gêne, comprenant très probablement la signification de la main autour de ma taille. Je me sentis un peu rougir, je ne savais pas vraiment de quoi, et je jetais un regard entendu à Ewan, me mordant la lèvre pour étouffer un sourire. Tout cela devenait réel dans les yeux de Lizlor, j’avais l’impression que nous étions sortis de notre petite bulle de ce matin où il n’y avait que nos rires et nos baisers, mais l’extérieur me sembla moins dangereux. J’étais heureuse, et fière d’une certaine manière, d’être… Sa petite-amie ? Tout me semblait flou, j’étais baignée dans la lumière qui finissait par m’engloutir toute entière –et je m’y plongeais avec un doux plaisir. Je ne voulais pas avoir peur du reste, ni m’empresser. Nous étions bien là, nous étions ensemble et si nous le montrions ainsi, c’était bien que c’était le début de quelque chose de tangible. Je refusais de douter de cela.


- SALUUUT !!

J’eus presque un sursaut devant le « salut » de Lizlor qui ressembla plus à un cri proche de l’hystérie qu’à une salutation. Je voyais à quel point elle tentait de se contenir, mais tout s’échappait et se déversait autour de nous, elle avait ce sourire que j’aimais tant, ce sourire immense et amusé, aussi malicieux qu’elle. Je le connaissais par cœur et pourtant, je savais à qu’il n’était pas courant, car ce n’était pas un simple rictus de satisfaction, c’était tout son visage qui rayonnait –et cela n’arrivait que lors d’occasion spéciale. Je me souvenais l’avoir vu lorsque Stephen l’avait invité au bal, mais inconsciemment j’eus un pincement au cœur en songeant que je n’avais pas été là pour l’accueillir proprement. Bien sûr que je m’étais réjouie de la nouvelle, mais elle avait été happé par la vague de mes problèmes et maintenant, maintenant que je la voyais sourire, à quel point je m’en voulais de ne pas avoir su lui rendre la même expression…

- J'imagine que vous avez passé une bonne soirée ?

Mes yeux s’agrandirent, et je fixais Liz de mon regard qui voulait dire, et elle le savait, « Lizlor-Wayland-vous-abusez-franchement-ça-vous-amuse-en-plus- ? », auquel elle répondit par un autre sourire amusé. Au fond, je ne pouvais pas empêcher mes lèvres de s’étirer, mais je voulais garder une certaine contenance devant Ewan qui lui, semblait à la fois gêné et amusé du comportement digne de meilleure amie qu’avait Lizlor. Mais au fond, je crois qu’il comprenait à quel point elle m’était chère, et en quoi elle et moi étions deux personnes distinctes qui n’en formaient qu’une. Nous n’avions pas, ou devrais-je dire plus ?, de secrets l’une pour l’autre, et j’espérais que cela ne le dérangeait pas… Après tout, j’étais si discrète sur ce qui m’arrivait qu’il devait avoir remarqué qu’habituellement je ne m’étendais pas sur ma vie privée avec les autres, et qu’il n’avait pas à craindre que j’étale dans tous les couloir de Poudlard ce qui s’était passé la veille. Mais Lizlor était une exception –mon exception.

Elle sembla cependant comprendre ce qui se profilait, et elle me fit un signe de la main pour me montrer qu’elle allait m’attendre dans un coin pendant que je disais au revoir à Ewan –enfin, je n’allais pas dire, mais plutôt faire. Dès qu’elle fût légèrement éloignée, je me tournais vers lui, ou peut-être que c’était lui qui m’avait attiré contre son torse que j’entourais de mes bras avant de déposer un long baiser sur ses lèvres. Ses mains s’étaient nichées dans ma nuque et je ne sais pas combien de temps nous nous embrassâmes, mais je fus encore couper de la réalité durant toute l’étreinte. Timidement, je m’écartais, et lançais un regard à Lizlor au loin –ses épaules étaient agités de soubresauts qui me laissaient deviner qu’elle riait sous ses lourdes boucles blondes qui la cachaient.


- Bon, je vais m’en occuper, sinon je crois qu’elle va s’étouffer en convulsant… Expliquai-je à Ewan avec un petit rire, avant de piquer un dernier baiser –et puis un autre, oh et encore un, juste au cas où. Je t’enverrais une lettre et… Mais je ne sus quoi ajouter, mes mains qui avaient encadrés son visage se perdirent dans la douceur de sa peau et je lui offrais un dernier baiser qui acheva de faire tambouriner mon cœur à la chamade.

Lorsque j’arrivais à la hauteur de Lizlor, essayant toujours de me contenir car je savais Ewan proche, elle m’attrapa vivement le bras pour m’entraîner à sa suite en courant –je laissais échapper une exclamation de surprise qui se mêla à son rire. J’avais compris qu’elle voulait juste nous éloigner pour que nous puissions parler, ou peut-être hurler, tout à notre aise.


- RACONTE !

Je ne sais pas si ce fût son sourire qui eut raison de moi après toutes ses émotions, mais je sentis quelques larmes de joie me monter aux cils et je me jetais contre elle en étouffant un petit cri presque hystérique, la serrant contre moi avec force en riant. Je trépignais, et soudain c’était comme si toute la pression retombait, tout me revenait dans la figure et je réalisais tout ce qui s’était passé –j’avais le cœur qui s’agitait et qui riait aussi, me semblait-il.

- Attends, Lizlou, pitié laisse-moi reprendre mes esprits… Dis-je, mais je riais toujours autant, tandis que je m’écartais un peu d’elle. Tremblante, je sortis de ma poche mon paquet de cigarettes presque vide, et je lui en tendis une avant de m’en prendre une également. Nous les allumâmes, et lorsque je tirais la première bouffée, Lizlor me fixait avec un visage si amusé que j’éclatais de rire et m’étouffais par la même occasion. Arrête de me regarder comme ça ! C’était bien avec Stephen hier soir ? Tentai-je, mais elle me tapa l’épaule et j’éclatais à nouveau de rire, enfouissant mon visage dans mes mains pour reprendre le contrôle un moment. Bon, bon, d’accord !

Je tentais de me calmer un peu, mais son excitation se rajoutait à la mienne, et je l’entraînais sur un petit muret où nous nous assîmes face à face, nos visages se dessinant derrière la fumée de nos cigarettes –deux grands sourires les illuminaient. Pendant quelques secondes, je fus incapable de dire quoi que ce soit car j’étais simplement… Comme submergée, et j’avais juste envie de serrer encore Lizlor dans mes bras et la remercier, parce que sa présence et son bonheur qui faisait écho au mien me touchait tellement que j’étais incapable d’articuler quoi que ce soit. Mais je lisais l’empressement sur son visage, et en recrachant un autre panache de fumée, j’expirais un grand coup en tentant d’être un peu sérieuse.

- Alors déjà, il a commencé par me dire que… Que j’étais magnifique. Je levais ma main pour que nous fassions un high-five, après tout je devais beaucoup à Lizlor de ce côté-là. Mais bien vite, les souvenirs de la soirée remontèrent et… Je sentis mon sourire s’effacer un peu –je me mordis la lèvre inférieure. Mais le début de la soirée est pas très joyeux… Hasardai-je, détournant le regard, honteuse.

Je ne savais pas vraiment comment lui expliquer, comment assembler les éléments sans lui faire trop de peine. Je ne voulais pas mentir, ou minimiser ce que j’avais fait en cherchant des excuses. J’étais la première à avoir eu tort durant la soirée, peut-être même dès que j’avais refusé la proposition d’Ewan de la quitter. Au fond, je ne pouvais pas regretter la suite des évènements, mais c’était un nouvel échec, une nouvelle gorgée d’alcool et pendant un instant je me sentis lasse, impuissante, et j’aurais voulu me cacher pour que Lizlor n’assiste pas ça. Je continuais de fumer, mais j’avais le regard baissé vers les briques du muret dont j’ôtais la poussière du bout des doigts, traçant des lignes droites pour l’ôter.


- En fait… Ce n’était pas un dîner, pas vraiment. Y avait beaucoup de monde… Ewan m’a proposé de faire demi-tour dès qu’on est arrivé, mais tu me connais, j’ai pas osé. Et puis, je pensais que ça allait aller… Au début, c’était vraiment bien. Les gens étaient sympas, tout ça. Ma voix se faisait de plus en plus lente, hésitante. Mais je sais pas, je crois que je supportais pas trop de voir que toutes les filles regardaient Ewan comme ça. Je levais les yeux vers Lizlor avec un petit sourire d’excuse, un peu amusé, parce que je savais très bien ce qu’elle était en train de se dire : « ah, tu vois, je savais que tu le voulais rien que pour toi » -et elle n’avait pas tort. Après, ça s’est enchaîné un peu vite. Je dansais, et y a eu ce mec qui a débarqué, j’avais pas envie… Je portais nerveusement la cigarette à mes lèvres, comme pour me donner des forces. Je voulais suggérer la suite et à la fois, je devais tant la vérité à Lizlor que je n’osais pas à un bref « tu devines ce qui s’est passé ». J’ai bu. Lâchai-je, honteuse, sans pouvoir soutenir son regard. C’était presque mécanique, vraiment, mais je suis désolée et je m’en voulais vraiment, je m’en veux encore et… Je suis partie dehors, y avait un immense parc avec une rivière, et je crois que je voulais juste ne pas être soûle alors… Mes doigts se firent plus pressants sur la brique, je cherchais à les occuper, à faire quelque chose. Tu vas vraiment me trouver stupide, mais je me suis retrouvée dans la rivière. Enfin, j’y ai été quoi…

J’eus une grimace en me souvenant de la fraicheur de l’eau, de mon rire lointain et à quel point j’avais perdu pied –dans tous les sens du terme. Ça me paraissait encore flou, tellement compliqué, et j’avais un goût amer dans la bouche en y pensant. Je ne voulais pas que ça recommence, je ne voulais pas être aussi faible. Je voulais que Lizlor ne s’inquiète pas, qu’elle soit fière de moi…

- Bon, je m’y attendais pas, mais c’est là qu’Ewan est arrivé, il me cherchait visiblement. Il était complétement paniqué, et j’ai pas compris au début, parce que même si j’avais bu, la rivière n’était pas très profonde, mais il avait l’air… Vraiment mal, tu vois ? J’avais fini par lever mes yeux et j’osais regarder Lizlor, toujours un peu gênée de ce que je lui racontais –honteuse surtout, honteuse d’avoir bu. Il m’a sorti, et là c’était vraiment le bordel, il pleuvait et… Et il pleurait, et vraiment je savais pas quoi faire, je m’en voulais trop, et je ne comprenais pas ce qui se passait en plus. Alors… Soudain, le sourire revint sur mes lèvres et je détournais le regard, gênée, et achevai ma cigarette avant de l’écraser méthodiquement contre le muret. Alors je l’ai pris dans mes bras et… Arrête ! Dis-je soudain, parce que Lizlor me souriait de son air mutin, visiblement très satisfaite. Attends, j’ai pas fini. Il m’a parlé de son frère. A nouveau, mon ton redevint plus sérieux. Et j’ai compris pourquoi il s’était autant inquiété de me voir dans l’eau… Son frère est… Mort, noyé, durant l’été après la fin de Poudlard. Soudain, l’atmosphère devint plus chargée, et nos sourires avaient disparu, nos mines désormais graves. Il m’a expliqué que ses parents agissaient comme si de rien n’était maintenant, presque comme si Jamie n’avait jamais existé … Dire que je lui ai reproché de ne pas me parler de sa vie, si j’avais su ! M’exclamai-je, le ton un peu dur. Mais tu sais, il s'est passé un truc étrange... Il avait l'air si coupable, que ça soit son frère et pas lui, et je sais pas, ça m'a frappé parce que... J'hésitais un moment, soutenant le regard intrigué de Lizlor. C'est pas sa faute, mais j'ai aussi compris que moi... Que moi, pour tout ça, c'était pas la mienne non plus. Avouai-je doucement.J'avais l'impression d'avoir finalement prononcé tout ce que Lizlor avait du attendre, sûrement, depuis que je lui avais parlé de l'incident. Ce que j'ai fais après oui, mais pas ça, ça c'était la magie... Et peut-être que ça m'a sauvé, tu crois pas?... Continuai-je lentement, la mine grave; j'hésitais à mettre des mots dessus.

Mais ce qui arrivait après n’était pas aussi grave, et pendant un moment, je ne dis rien, cherchant à replacer l’enchaînement des choses dans ma tête. Mais après toutes les révélations, ça avait été un autre tourbillon, bien plus tendre mais pourtant si impressionnant aussi…


- Et après... Je sais pas ce qui m’a pris, mais je l’ai embrassé. Juste… Deux secondes, tu vois, mais je voulais juste… Je sais pas, je sais pas, me demande pas ce qui m’a pris ! Dis-je, et soudain je me sentis rire malgré moi, comme si tous les ennuis étaient loin désormais. En plus, ça me ressemble tellement pas de faire ça, et je crois qu’Ewan s’y attendait vraiment pas non plus… Parce que pendant deux secondes j’ai vraiment cru qu’il allait… Je sais pas, me repousser, ou partir. Je me souvenais de ces quelques secondes de battement où les doutes m’avaient envahis. Malgré tout, je me sentis sourire en pensant à la suite, et je baissais les yeux en passant mes doigts sur mes lèvres, lentement, comme pour y chercher les traces du baiser. Mais en fait, pas du tout. J’eus un petit rire. Là… Là… On s’est embrassé. Je marquais une pause, un peu sonnée parce que mon cœur rugissait encore dans ma poitrine, et je tremblais presque. Je levais les yeux vers Lizlor, avec un minuscule sourire gêné. Mais je suis pas sûre c’était un baiser. Je veux dire… C’est comme… Je butais sur les mots, rougissant. Comme une bombe en fait. Je crois que c’était mon premier vrai baiser, sérieusement… C’était incroyable.

L’euphorie revint alors, et je sentis par la même occasion quelques larmes briller dans mes pupilles, comme si ce trop-plein d’émotions voulait s’évacuer d’une manière ou d’une autre. J’attrapais les mains de Lizlor, les serrais fort dans les miennes, avant d’enfouir mon visage baissé derrière mes cheveux, me sentant agitée de quelque chose qui me dépassait –est-ce que je riais ? Est-ce que je pleurais ? Les deux, probablement, mais je ne savais qu’une chose : chaque éclat et chaque larme n’était qu’un écho de la joie qui retentissait en moi.


Spoiler:
 

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »





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MessageSujet: Re: Let's go get us a little sun - pv Ruby   Jeu 2 Mai - 18:13

Spoiler:
 

J'avais tort de me sentir arrachée à ma terre, à ma véritable maison : l'Oregon était là, partout, autour de moi et en moi, comment pouvais-je en douter un seul instant ? Le soleil de ce début de printemps, encore timide mais lumineux et pur comme du cristal, coulait sur Pré-au-Lard d'une manière que je connaissais bien. J'avais haï Poudlard de m'ôter tout ce que j'aimais, mon frère, mon pays, ma mère aussi quelque part, puisqu'elle devenait la directrice, Madame Wayland, et plus la mère que j'avais eue chez nous. Seul mon père restait à part, silencieux et calme comme à l'habitude, avec toujours ce petit sourire discret qui laissait entendre qu'il voyait tout ce que ses yeux ne voyaient pas. Je n'avais pas été une enfant facile avec lui et je le regrettais - dans les pires moments ces regrets me rongeaient et me faisaient pleurer des larmes acides - mais j'avais toujours senti de manière très distincte cette aura rassurante qui émanait de lui, égale au doux ressac de l'océan qui vient le soir lécher le sable tiédi par la journée. Le rythme régulier et presque envoûtant avait quelque chose de formidablement apaisant sur chacun de mes sens ; il en était de même avec mon père. J'allais me réfugier silencieusement dans ses bras lorsque je me disputais avec Maman - et les occasions étaient nombreuses - et il n'avait pas forcément besoin de parler : son odeur, ses bras, le rythme lent de sa respiration profonde, solide comme un roc, tout cela m'enveloppait et alourdissait mes paupières. Il n'était pas rare que je m'endorme, bercée par ces sensations, absolument dénuée de toutes craintes, tangibles ou pas. Depuis sa mort, jamais je n'avais ressenti cette intense sensation de plénitude, d'être protégée dans un cocon tiède que rien ne pouvait ébranler. Je ne la ressentirais plus jamais - elle était partie avec lui, s'effilochant au gré de mes souvenirs. Mais ils étaient si forts, si puissants, que je m'en rappelais avec une netteté déconcertante, que je ressentais encore ses bras sur moi, même dans les heures les plus difficiles. J'espérais que Maman sentait aussi combien il était là, avec nous, tout le temps, et pour toujours. La mort avait perdu de son mystère, lorsqu'elle avait emporté mon père. Je n'en avais plus peur parce qu'elle n'était pas toute-puissante : il y avait des choses qu'elle ne pouvait pas nous prendre, et je ressentais avec puissance que l'amour empêchait les personnes que nous aimions de mourir réellement et les rattachait à nous d'une telle manière qu'il n'y avait pas un instant où elles nous ne soutenaient pas.

Oui, l'Oregon et tout ce qui m'était cher étaient en moi et pour toujours - il ne tenait qu'à moi de le réaliser et d'y puiser la force et l'énergie dont j'avais besoin. Mes cheveux était faits du sable blanc et doré de la côte, mes yeux étaient rempli de l'océan turquoise et transparent, ma peau brûlante des rayons du soleil, et tout cela vivait en moi comme un trésor dont la vitalité était inépuisable. Je sentais combien émanait de l'intérieur de moi une chaleur solaire, étincelante, revigorante - en cet instant, je n'en avais aucun doute, elle s'étendait jusqu'à Ruby et se mélangeait à la sienne. Je ne doutais pas non plus du bonheur de ma meilleure amie en cet après-midi, surtout après ce que je venais de voir et qui me mettait dans un état proche de l'hystérie, et je savais combien son cœur battait de joie au moins autant que le mien - rien ne pouvait me rendre plus heureuse. Son sourire resplendissait et il n'avait rien des sourires qu'elle lançait pour me rassurer, pour être polie, pour ne pas m'inquiéter. Il était plus sincère que jamais, l'éclat de ses yeux brillants le confirmaient, ses gestes vifs et fébriles aussi. Mais j'aurais tant aimé pouvoir lui donner de mon soleil à moi chaque instant qui passait, empêcher ses idées noires de ternir son esprit, j'aurais voulu avoir le pouvoir de prendre tous ses chagrins et de les jeter dans un précipice qu'un soleil pur et bleu illuminerait ensuite... J'avais mal de cette impuissance, j'avais mal de ne pas avoir été là pour l'empêcher de boire, et je ne préférais même pas penser aux traces sur sa peau que les lames avaient laissées, rougies et blanchâtres par endroit... Cette vision me pétrifiait, non seulement parce que je me sentais encore plus impuissante, mais parce que je ne comprenais, si ce n'est le fait qu'elle devait être tellement mal pour en arriver là... Et j'aurais voulu avoir les clés de ce problème, mais c'était bien beau de l'imaginer : encore fallait-il qu'elle existe, aussi triste que soit cette conclusion.

Sauf qu'aujourd'hui, quelque chose de plus fort avait tout balayé - il n'y avait rien d'autre dans mon cœur qu'une joie intense et une excitation toute particulière, j'avais l'impression que c'était moi qui étais amoureuse, je sautais sur place, comme une puce, je ne tenais pas en place, et à peine nous fûmes arrêtées et à l'abri du regard d'Ewan, j'agitai fébrilement mes mains pour que Ruby me raconte, je sautillais, bref, j'étais comme une enfant tellement heureuse qu'elle ne pouvait se contenir, et je souriais avec une telle force que mes lèvres me paraissaient figées pour l'éternité dans ce sourire resplendissant.


- Attends, Lizlou, pitié laisse-moi reprendre mes esprits… Arrête de me regarder comme ça ! C’était bien avec Stephen hier soir ? ... Non mais, comme si c'était le moment d'en parler ! Je lui administrai une petite tape sur le bras, sans ne pouvoir rien articuler, parce que j'allais exploser. Bon, bon, d’accord !

Après son câlin auquel je répondis avec autant d'intensité - quand on se serrait dans les bras, je sentais aussi puissamment qu'avec Maman ou Conrad ce lien que rien ne pourrait jamais atténuer, et ce besoin quasi-vital de la sentir vivante contre moi - j'acceptai sa cigarette et grimpai sur le mur, mais comme j'étais toute excitée et impossible de me concentrée, je m'étouffai à moitié en avalant la première bouffée de fumée et ris en même temps, tout en lui faisant signe - RACONTE.

- Alors déjà, il a commencé par me dire que… Que j’étais magnifique.

- WOUHOUUUUUUUUUUUUUUUUU !
, commentai-je sans pouvoir me retenir, tapant dans sa main mais ne m'étendant pas plus sur le sujet - évidemment qu'elle était magnifique et que nous avions tout fait pour qu'elle le soit encore plus, mais je voulais LA SUITE.

- Mais le début de la soirée est pas très joyeux… Je me pinçai les lèvres. J'étais suspendue aux siennes et je tentai de m'imaginer la scène, mais je sentis l'orage arriver - mes inquiétudes n'étaient pas bien loin, tapies dans l'ombre. En fait… Ce n’était pas un dîner, pas vraiment. Y avait beaucoup de monde… Ewan m’a proposé de faire demi-tour dès qu’on est arrivé, mais tu me connais, j’ai pas osé. Et puis, je pensais que ça allait aller… Au début, c’était vraiment bien. Les gens étaient sympas, tout ça. ... Mais quel abruti. Il n'avait pas pu prévoir le coup ? Il n'avait pas pu se renseigner avant ? Tout d'un coup je sentis la colère monter, mais je me retins. La suite serait plus positive, évidemment, puisque je connaissais la fin de l'histoire. Tout irait bien. Mais je sais pas, je crois que je supportais pas trop de voir que toutes les filles regardaient Ewan comme ça. Après, ça s’est enchaîné un peu vite. Je dansais, et y a eu ce mec qui a débarqué, j’avais pas envie… ... Qui était ce type que je le tue. J’ai bu.

... Ruby avait baissé les yeux et ses longs cils illuminés par le soleil dessinait des ombres un peu tristes sur ses joues, comme des larmes. Au fond de moi mon cœur se brisa un peu plus, mais je ne laissais rien paraître, juste un sourire réconfortant pour quand elle me regarderait - je ne lui en voulais pas. Je savais que sa volonté était là, intacte, et que ce n'était pas facile. Rien n'était facile. J'attrapai sa main et la serrai, après avoir expiré la fumée de ma cigarette.

- Ce n'est pas grave, murmurai-je.

- C’était presque mécanique, vraiment, mais je suis désolée et je m’en voulais vraiment, je m’en veux encore et… Je fis non de la tête. Cela me rendait encore plus triste qu'elle s'en veuille... Je suis partie dehors, y avait un immense parc avec une rivière, et je crois que je voulais juste ne pas être soûle alors… Alors ?! Tu vas vraiment me trouver stupide, mais je me suis retrouvée dans la rivière. Enfin, j’y ai été quoi…

Dans la rivière ? Mon cœur s'emballa un peu plus. Elle devait avoir été sacrément ivre pour juger la rivière comme une bonne solution. Et si il lui était arrivé quelque chose, hein ?!

- Bon, je m’y attendais pas, mais c’est là qu’Ewan est arrivé, il me cherchait visiblement. Il était complétement paniqué, et j’ai pas compris au début, parce que même si j’avais bu, la rivière n’était pas très profonde, mais il avait l’air… Vraiment mal, tu vois ? Je fis un léger non de la tête - je voyais, oui, mais pourquoi ? Parce qu'il avait peur ? Y avait-il raison d'avoir peur ?! Ou pour autre chose ? Il m’a sorti, et là c’était vraiment le bordel, il pleuvait et… Et il pleurait, et vraiment je savais pas quoi faire, je m’en voulais trop, et je ne comprenais pas ce qui se passait en plus. Alors… Alors je l’ai pris dans mes bras et… Arrête ! Bon, évidemment, j'avais souri. Elle l'avait pris dans ses bras, donc. Elle avait fait le premier pas ! Je ne pus m'empêcher de lui lancer un petit regard de fierté. Attends, j’ai pas fini. Il m’a parlé de son frère. Et j’ai compris pourquoi il s’était autant inquiété de me voir dans l’eau… Son frère est… Mort, noyé, durant l’été après la fin de Poudlard.

Sauf qu'à ces mots, que je n'avais absolument pas prévus, quelque chose sembla me taper dans le ventre, là où siégeait toutes les émotions ; comme un réflexe je posai une main sur mon cœur comme pour le rassurer. Ewan avait perdu... Son frère ? J'eus les larmes aux yeux malgré tout, cherchant dans le regard de Ruby quelque chose qui me dirait que c'était faux. Je ne connaissais ni Ewan ni son frère, mais je connaissais tellement l'amour fraternel et la perte d'un être cher qu'un instant je me sentis à sa place, et c'était comme si le monde s'était ouvert et m'était tombé sur les épaules. Sa peine devait être infinie...

- Il m’a expliqué que ses parents agissaient comme si de rien n’était maintenant, presque comme si Jamie n’avait jamais existé … Dire que je lui ai reproché de ne pas me parler de sa vie, si j’avais su ! Mais tu sais, il s'est passé un truc étrange... Il avait l'air si coupable, que ça soit son frère et pas lui, et je sais pas, ça m'a frappé parce que... C'est pas sa faute, mais j'ai aussi compris que moi... Que moi, pour tout ça, c'était pas la mienne non plus. Ce que j'ai fais après oui, mais pas ça, ça c'était la magie... Et peut-être que ça m'a sauvé, tu crois pas?...


Cela commençait à faire beaucoup pour une seule après-midi et pour mon pauvre cœur mis à bien rude épreuve, mais quelque chose se desserra un peu en moi, et je souris.

- Bien sûr que je le crois. J'avais écrasé ma cigarette, et je pris la main libre de Ruby entre les deux miennes, la serrant, la regardant de près - elle avait des mains plus féminines que les miennes, même si nous avions toutes les deux les doigts fins, les siens étaient plus soignés, plus harmonieux alors que mes ongles étaient plus courts et bien souvent j'avais des taches d'encre un peu partout. Mais j'avais toujours trouvé les mains de Ruby gracieuses, elles me faisaient penser à celle de Maman : quand Maman parlait, ses mains bougeaient dans l'air comme des ailes de papillon, je me souvenais très bien que, depuis petite, j'adorais les regarder. - avant de faire glisser mes doigts le long des siens, et d'emprisonner sa main dans les miennes. Ce n'est pas de ta faute, comment ça pourrait l'être ? Tu n'y es pour rien... Et Ewan non plus, conclus-je avec une pointe de tristesse. Que c'était difficile de combattre les démons des autres...

- Et après... Je sais pas ce qui m’a pris, mais je l’ai embrassé. Juste… Deux secondes, tu vois, mais je voulais juste… Je sais pas, je sais pas, me demande pas ce qui m’a pris ! AH ! Mais venait le plus joyeux, et je me redressai un peu, à nouveau le cœur palpitant - aaaaaaaaaaaaaaah elle l'avait embrassééééééééééééééé ! En plus, ça me ressemble tellement pas de faire ça, et je crois qu’Ewan s’y attendait vraiment pas non plus… Parce que pendant deux secondes j’ai vraiment cru qu’il allait… Je sais pas, me repousser, ou partir.

- MAIS TROP PAS
, commentai-je malgré moi, même si ce n'était pas d'une grande utilité - mais enfin, comme si il allait LA REPOUSSER !

- Mais en fait, pas du tout.

- ÉVIDEMMENT,
gloussai-je, prise d'un rire hystérique.

- Là… Là… On s’est embrassé. Mais je suis pas sûre c’était un baiser. - aaaaaaaaaaaah - Je veux dire… C’est comme… Comme une bombe en fait.- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH - Je crois que c’était mon premier vrai baiser, sérieusement… - AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH - C’était incroyable.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!! - oui, ça avait fini par sortir, pour de bon, un cri hystérique et aigu, le cri de la victoire, ni plus ni moins.

- Mais je le savais, c'était sûr, ah si tu avais pu voir de mes yeux comment il te regardait, mais je le savais ! Ah, et alors, raconte, il a dit quoi ensuite ? Mais vous êtes rentrés ? Mais... Vous étiez dans la rivière ? Non, attends. Il t'en avait sortie. Mais... Tu étais trempée ? Oh là là, ta robe - j'eus un sourire entendu - mais ensuite ?! Bon. Vous avez parlé de ça ? Ah, tu as dormi avec lui ? Oh là là. Mais tu n'avais pas pris de rechange ! Roh, ne me dis pas que.... - hahahahahahahahaha, elle n'avait quand même pas dormi en sous-vêtements ?! - BON IL S'EST PASSE QUOI ? Je n'arrivais même plus à respirer tellement je riais et je souriais et je sentais ma gorge serrée de toute cette allégresse. Et ce matin ? Et vous avez dit quoi ? Et tu le revois quand ?

Je marquai une pause - elle n'avait pas vraiment besoin que je la stresse, c'était certain, mais je n'arrivais pas à mettre de l'ordre dans mes idées. Tout d'un coup, je laissai échapper une exclamation : déjà que j'avais du la couvrir plusieurs fois auprès de Maman lors de ses sorties à Pré-au-Lard, la nuit...

- Bon, tu vas passer ton temps ici, je vais devoir trouver de sacrées excuses pour Maman, conclus-je en éclatant de rire. Mon rire monta vers le ciel et se mélangea à celui de Ruby - ses larmes aux yeux me faisaient plaisir, car je savais ce qu'elles exprimaient... Elles me donnaient envie de pleurer de joie, moi aussi. Il va falloir que j'enquête sur lui maintenant, je ne te laisse pas aux mains de n'importe qui ! conclus-je avec un petit clin d'oeil.

Ne me retenant pas plus longtemps, je me penchai et la serrai dans mes bras, enfouissant ma tête sans ses cheveux qui sentaient son parfum habituel - en cet instant je savais pertinemment que mon soleil était en elle autant qu'en moi et qu'il resplendissait au-dessus de nous avec la même intensité que lors des journées brûlantes sur la côte de l'Oregon.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: Let's go get us a little sun - pv Ruby   Mer 8 Mai - 0:49

Bien sûr que j’étais heureuse de partager ce moment avec Lizlor, et c’était d’ailleurs là que je reconnaissais l’amitié dans son entière pureté, cette conception qui m’avait si longtemps échappé et qui devait instinctive avec ma Gryffondor : ce n’était que ça, c’était elle à mes côtés qui m’écoutait. De manière générale même, c’était vers elle que je me tournais toujours, comme s’il n’y avait rien de plus naturel que lui raconter ce qui me passait par la tête, pour le meilleur comme pour le pire. Mais concernant Ewan… Elle était la première personne qui avait à être au courant mais surtout, c’était la seule à qui je voulais réellement en parler immédiatement. Peut-être parce qu’elle savait, et mieux que moi, ce qui se passait depuis un moment et où je voulais que cela mène, secrètement… Enfin, il me semblait bien que Lizlor m’avait percé à jour avant même que je ne comprenne moi ce qu’il m’arrivait. Elle s’était bien garder de me le dire cependant, elle avait souri d’un air entendu à mes histoires mais dès que je relâchais ma garde, elle posait une petite question en plus, innocemment, qui m’obligeait à réfléchir plus longtemps, à rougir. Elle me piégeait à mon propre jeu, parce que plus je me livrais plus elle en devinait, et plus elle savait creuser là où je n’osais pas aller, toujours avec cette faculté de suggérer tout. Parfois, je ne le voyais même pas et c’était simplement lorsqu’elle était partie et que dans mon lit, je me mettais à réfléchir, que ce qu’elle m’avait dit revenait et que je me sentais soudain gênée de tout ce qu’elle m’avait fait avouer et penser –j’analysais les choses différent après, j’agençais chaque détail dans un ordre qui n’était sûrement pas le bon, tout ça parce que Lizlor avait planté une petite graine, et que les racines s’étaient enfoncées assez profondément pour que l’espoir naisse. Et à la fois, n’était-ce pas grâce à cela que j’avais osé embrasser Ewan ? D’une certaine manière, Lizlor m’avait orienté sans que je le réalise et je lui devais bien des détails maintenant.

- WOUHOUUUUUUUUUUUUUUUUU !

Elle ne tenait pas en place, toute excitée et heureuse des détails que je lui livrais. Je souriais aussi, toujours un peu mal à l’aise à l’idée de devoir tout lui raconter. Ce n’était pas de la honte… Mais d’une certaine manière j’avais toujours peur de tout dire à voix haute, parce que ça rendait les choses réelles. Une fois le récit de la soirée terminé, après l’avoir ressassé et y avoir repensé, j’allais sûrement comprendre que j’étais avec Ewan, que c’était officiel et… J’avais peur soudain de tout ça, de tout ce que ça impliquait, et j’étais balancée entre ce besoin pressant de savoir où j’allais, ce que nous étions et le bonheur que cela me procurait de le constater, et la crainte de me tromper et d’être trop pressante. Et puis il y avait aussi l’ombre des responsabilités qui se tapissaient et ne m’oubliaient pas trop, parce que si je sortais avec le jeune homme, ça impliquait beaucoup de choses et je ne savais pas si je pouvais être à la hauteur de ce qu’on attendait de moi en général. Je voulais l’être pourtant, vraiment, mais j’étais incapable de discerner totalement ce qu’Ewan voulait et ce que moi je voulais… Trop de questions se bousculaient si vite et je refusais qu’elles gâchent tout –pourquoi fallait-il que mon cerveau tourne toujours aussi vite ?

Evidemment, la suite n’allait pas m’aider à calmer les peurs… Les ombres qui passèrent dans les yeux de Lizlor me donnèrent très vite le ton. Si elle était capable d’extraire le plus enfoui d’en moi, j’avais le même pouvoir –n’était-ce pas là, la force de notre amitié ? Je savais ce qu’elle ressentait, cette impuissante et cette tristesse, peut-être encore plus car j’avais été à sa place de nombreuses années auparavant, à un âge où tout cela m’échappait. Je me souvenais déjà à quel point cela me torturait, et je pensais aujourd’hui que pour Lizlor qui comprenait sûrement plus que moi à 6 ans la gravité de la chose, cela devait être encore plus difficile. Elle ne réalisait pas, en plus, toute l’aide qu’elle m’apportait par sa présence et sa compréhension… J’aurais voulu lui dire, mais je savais aussi qu’elle ne m’aurait pas cru parce que j’étais incapable de lui apporter des preuves pour le moment. Bien sûr qu’elle m’apportait la volonté qu’il me manquait, mais… Mais parfois j’étais dépassée, et c’était ma faute, ce n’était pas elle qui était impuissante, c’était moi qui ne savait pas utiliser sa force comme il l’aurait fallu. Comme je m’en voulais, si elle savait, de ne pas être assez bien…


- Ce n'est pas grave.

Je ne relevais même pas ses paroles creuses, elle comme moi savions ce qu’il en était. Bien sûr que c’était grave, bien sûr que j’étais dépendante et que ça me détruisait. Ne le ressentais-je pas physiquement, ce manque ? Ne me faisait-il pas souffrir d’une douleur tangible, outre celle que je m’infligeais moi-même parfois ? Parfois, c’était aussi inouï que soudain, j’avais l’estomac qui se contractait, des vertiges, des bouffées de chaleurs et je clignais des yeux pour chasser les étoiles et les tremblements qui me prenaient. J’étais fatiguée de sentir ce manque physique qui me rongeait, et combien il était douloureux, parfois plus que celui moral. Et alors, c’était toujours là que ça basculait, parce les sensations pouvaient facilement prendre le pas sur la raison, surtout lorsque cette dernière était fragile et naissante. Mais je ne voulais pas abandonner, surtout pas. Pas après tout ce qui s’était passé avec Lizlor, et ce qui venait d’arriver avec Ewan. Je voulais y arriver pour elle, pour lui, et parce que je ne voulais surtout pas les décevoir –ils avaient l’air de croire en moi pour une raison qui m’échappait.

- Bien sûr que je le crois. Je laissais Lizlor attraper ma main et jouer avec mes doigts, et j’eus un petit sourire soulagé. J’avais encore du mal avec cette notion, comme si la culpabilité m’avait été si inhérente que sa nouvelle absence laissait un immense vide. J’essayais de me le répéter, je n’étais pas coupable, je ne l’étais pas, et étrangement cela commençait à rentrer comme une évidence. Le poids s’ôtait de mes épaules avec une facilité déconcertante, et j’étais un peu perdue de le réaliser. Ce n'est pas de ta faute, comment ça pourrait l'être ? Tu n'y es pour rien... Et Ewan non plus.

J’eus un sourire triste. Je savais que Lizlor était touchée par cette histoire, sûrement parce qu’elle connaissait le lien fraternel mieux que moi d’ailleurs… Enfin. J’avais une sœur. Je ne parlais pas d’Annalisa. Elle, c’était une notion de sang que j’expérimentais malgré moi bien que j’y avais trouvé un bonheur contre toute attente, mais la Poufsouffle n’était peut-être qu’au fond une très bonne amie avec qui je partageais un lien différente, unique. Mais je ne pensais pas cela était un lien fraternel, demi-sœur n’était qu’une étiquette que le sang nous apposait. Nous n’avions pas grandie ensemble, partagées les mêmes jouets, la même enfance… Annalisa était Annalisa. Quelqu’un de spécial… Mais ce n’était pas ça une sœur.

Ma sœur se tenait devant moi, elle jouait avec mes doigts et elle me souriait tristement derrière les mèches de ses cheveux blonds et bouclés qui s’amusaient dans ses épaules. Ma sœur était celle qui m’attendait après les cours avec une tarte au citron en haut de la Tourelle et qui riait à mes bêtises et m’écoutait sans jamais me juger. Ma sœur était celle capable de me donner confiance en quelque chose, en moi, alors que j’en avais toujours été incapable seule. Ma sœur, c’était Lizlor, et si je doutais toujours de tout, c’était bien la seule chose dont j’étais consciente et sûre, dont je n’ai jamais eu à douter d’ailleurs. Pendant un moment, j’eus envie de lui dire quelque chose, qu’elle comprenne, mais je me réfugiais dans mes confessions de la soirée pour lui redonner le sourire. Au fond, je me plaisais à croire qu’elle sentait dans la manière dont mes mains s’accrochaient aux siennes avec un peu plus de force, qu’elle était ma Lizlor et que je l’aimais tellement fort que ça me dépassait.


- MAIS TROP PAS.

Il aurait pu, pensais-je, mais je riais trop aussi.

- ÉVIDEMMENT.

Non, pas évidemment, qui sait ce qu’Ewan pensait de tout ça hein ?

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!
- QUOOOOOOOOOOOOOOOOI ?!
Répliquai-je innocemment, mais moi aussi j’avais crié malgré moi parce que je riais aussi, et j’étais heureuse, et en l’espace d’une seconde tous les doutes s’étaient à nouveau envolés. Je sortais avec Ewan, et c’était la constatation la plus jouissive qu’il soit.

J’avais l’impression qu’à nouveau tous les souvenirs se bousculaient dans ma tête et je souriais sans le vouloir parce que j’étais dans un petit nuage, dans un cocon, et je ne voulais surtout pas le quitter. A vrai dire, j’étais impatiente de le retrouver, et je me demandais comment allait être la prochaine fois… Les choses avaient été si naturelles ce matin que je n’imaginais pas d’autres options que cette atmosphère douce et sereine. D’une certaine manière, Ewan avait comme moi cet espèce de recul poli qui l’obligeait à réfléchir, et je retrouvais dans son calme un écho au mien qui me mettait en confiance. Et il était empli d’une telle douceur, et surtout à mon égard que je ne pouvais qu’en être flattée et heureuse, je me sentais comme… Une fleur, ou un papillon, quelque chose de fragile mais de beau. Je ne me souvenais pas m’être sentie aussi désirable depuis des mois, ou des années, ou peut-être ne l’avais-je jamais ressenti. Ce n’était pas qu’une question de désir physique d’ailleurs, c’était bien plus. C’était moi, moi entière, qui était désirable et qu’Ewan voulait. Comme s’il y avait quelque chose de bon en moi à prendre.


- Mais je le savais, c'était sûr, ah si tu avais pu voir de mes yeux comment il te regardait, mais je le savais ! J’hochais la tête en signe de négation en levant les yeux aux ciel. Ewan ne me regardait pas… Pas comme elle le pensait, du moins pas avant, enfin… Soudain, je me demandais si lui aussi y avait pensé avant que nos lèvres se rencontrent, si cela faisait un certain moment qu’il pensait à ça aussi –parce que depuis que j’avais dormi avec lui, même si j’aurais voulu nier, les battements de mon cœur m’aurait trahi. J’avais eu envie d’être avec lui, plus qu’une amitié, mais lui ?... Il y avait pensé, ou était-ce nos baisers qui soudain avaient donné un autre angle ? Ah, et alors, raconte, il a dit quoi ensuite ? Mais vous êtes rentrés ? Mais... Vous étiez dans la rivière ? Non, attends. Il t'en avait sortie. Mais... Tu étais trempée ? Oh là là, ta robe… Mais ensuite ?! Bon. Vous avez parlé de ça ? Ah, tu as dormi avec lui ? Oh là là. Mais tu n'avais pas pris de rechange ! Roh, ne me dis pas que.... BON IL S'EST PASSE QUOI ?. Et ce matin ? Et vous avez dit quoi ? Et tu le revois quand ?
- PAUUUUUUUUUUUUUSE !
Criai-je à nouveau en agitant mes bras comme si j’essayais d’arrêter un train. Mais je riais aussi, parce que toutes ses questions ravivaient les souvenirs et j’avais envie de les partager, sans crainte je le savais. C’était spécial pour moi bien entendu, mais je savais que ces instants ne perdraient en rien leur magie si je les confier à Liz, bien au contraire. Après en fait, au début, on a rien dit. On est rentré chez lui, et on riait, on s’embrassait, comme si c’était… Normal, tu vois ? Je détournais les yeux, un peu mal à l’aise. Et oui, si tu te demandes, ma robe c’était catastrophique, toute mouillée et… ME REGARDE PAS COMME CA ! Répliquai-je outrée, parce que Lizlor riait et me laissait un regard entendu. Je secouais la tête, comme pour reprendre mes esprits. Mais il m’a prêté un tee-shirt. Grand d’ailleurs, étrangement grand, la dernière fois aussi, je commence à me demander s’il n’a pas un problème avec la taille des tee-shirts. Mais bon, ça m’arrange. J’eus un petit rire en haussant les épaules avec un rire. Après… Tout se redéroulait dans mon cerveau, étape par étape, et je fondais un peu plus. Il m’a montré une photo de lui et Jamie, ça m’a touché d’ailleurs qu’il.. Me confie ça, tu vois ? Mais il était persuadé que je n’allais pas réussir à le reconnaître, mais c’était évident ! Il a parié un baiser et puis… Puis… Soudain le feu me monta aux joues en me souvenant de ses paroles et j’enfouie mon visage dans mes mains en poussant un soupire, un immense sourire aux lèvres. Il a dit que j’avais gagné plus qu’un baiser. J’eus un rire étouffé, avant de relever mon visage vers lui, plus sérieuse. Peu importe ce qu’il voulait dire, c’était adorable. J’eus un sourire, encore une fois. Ensuite je crois qu’on a manqué de s’étouffer dans nos bisous, j’ai essayé de lui dire que je n’arrivais pas respirer et tout ce qu’il a trouvé à dire c’est « tant pis », bah oui tiens, allons tous mourir étouffer, tant pis !

Je riais comme une démente avec Lizlor, ne tenant littéralement plus en place. Tout remontait à la surface, tout était irréel et cela faisait un long moment que je n’avais pas été aussi détendue.

- Après on a dormi. Juste dormi. Soulignai-je à Lizlor en lui tirant la langue. Puis ce matin, c’était… Tout doux. D’ailleurs il a reçu une lettre de sa mère, je t’en parlerais plus tard, c’était assez étrange. Pour le moment, il y avait des choses plus importantes à raconter ! On était… Bien, tous les deux, vraiment je le sentais et y avait pas de doute. Dis-je simplement. Je lui ai promis que je lui écrirais des lettres, je pense qu’on s’organisera pour notre prochain rendez-vous… J’aurais encore besoin de tes conseils pour la tenue ! Riai-je. Voilà. Satisfaite ?

Le sourire qui s’était agrippé à mes lèvres ne risquait pas de les quitter de sitôt, surtout lorsque je croisais celui de Lizlor. Je me sentais soulagée de lui avoir tout raconter, comme si cela m’avait aussi permis de faire un point et d’ordonner les choses.

- Bon, tu vas passer ton temps ici, je vais devoir trouver de sacrées excuses pour Maman. Je pinçais les lèvres, un peu mal à l’aise. Je détestais mentir, encore plus à Sara qui avait tant fait pour moi… Il va falloir que j'enquête sur lui maintenant, je ne te laisse pas aux mains de n'importe qui !

J’éclatais de rire avant de laisser Lizlor me prendre dans ses bras, répondant à son étreinte. Soudain, mon sourire devint plus doux, plus serein et je restais un long moment à la serrer tout contre moi, sentant le soleil chatouiller mon visage tout comme les boucles de ma Gryffondor –j’étais à l’abri ici. Lorsque je m’écartais finalement, je lui pinçais la joue.

- C’est toi qui reste la femme de ma vie, ne t’inquiète pas ! J’eus un rire. Enfin, j’espère que lui n’enquêtera pas trop sur moi… Parce que… Soudain, comme nous nous étions écartés et nos mains lâchés, je posais les miens sur mon ventre, comme pour le protéger. J’avais presque oublié ce que je cachais sous la robe, pensai-je avec amertume. Comme un retour vif de flammes, je levais les yeux vers Lizlor, un peu paniquée. Comment je vais faire ?

La question m’avait échappé, et elle englobait tant… L’alcool, les cicatrices, mais aussi toute cette part physique de la relation où, je l’étais persuadée, je n’arriverais pas à combler Ewan et… Et tout sembla soudain me retomber dessus, tous les doutes, et je me mordis la lèvre. Si la culpabilité pour l’incident s’était envolée, moi, j’en avais ancré une nouvelle depuis que j’avais commencé à boire.


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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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MessageSujet: Re: Let's go get us a little sun - pv Ruby   Mer 22 Mai - 18:47

Spoiler:
 


Comment ne pas comprendre ? Mon bonheur ne résidait pas uniquement dans ce soleil qui coulait sur nous et dont la chaleur me rappelait incessamment, si je fermais les paupières et que je me laissais bercer, à la langueur que je ressentais sous le soleil de l'Oregon. Il y avait autre chose dans l'air, autre chose que j'avais mis un certain temps à comprendre... à accepter. Je ne pouvais pas nier que je me doutais des sentiments de Ruby ; si son sourire étincelant lorsqu'elle revenait de ses soirées avec Ewan, je ne savais pas trop ce dont elle avait besoin d'autre. Quand nous avions passé une soirée tous les trois, enfin, quand elle me l'avait présenté, mais comme il travaillait en même temps ce n'était pas à proprement une soirée, je les avais épiés tous les deux, me glissant de nouveau dans la peau de cet animal que j'étais, parfois. Que j'avais été, souvent. Concernant Ruby, je la connaissais trop bien : elle était naturellement gracieuse, jolie et aimable, elle donnait envie de lui parler et de partager un moment avec elle, parce qu'il y avait également quelque chose de rassurant qui émanait d'elle. Quand je l'avais vue avec Ewan, cela avait été subtile, mais quelque part tout cela était un peu amplifié, comme si ses gestes les plus simples cherchaient à se faire encore plus gracieux, comme si ses sourires et regards s'accordaient d'avantage pour briller, pour éblouir. Je savais que ce n'était pas conscient car elle n'était pas de ces filles qui paradent pour attirer les garçons dans leurs filets, mais cela m'avait amusée. Lui, de son côté... C'était fort dommage car je ne le connaissais pas assez pour l'analyser correctement, mais il ne trompait personne avec ses petits regards à la dérobée, jetés incessamment en notre (sa) direction, ses attentions, la manière dont il souriait. Il y avait beaucoup de choses dans un sourire, beaucoup de ce qu'on ne disait pas - je me souvenais que Maman me rabrouait sans cesse avec cela quand j'étais plus petite, quand nous étions fâchés, quand je faisais ma mauvaise tête. Elle disait que je ne souriais jamais. Je crois que c'était simplement parce que je n'y arrivais pas, peut-être que je ne le voulais pas non plus, mais il m’apparaissait clairement aujourd'hui qu'un vrai sourire ne se fondait pas sur du vide : il exprimait quelque chose. Quelque part, je n'avais plus de raisons de sourire maintenant qu'aujourd'hui ; c'était simplement que j'étais consciente de ces choses, et pas avant. Je m'accrochais à ce qui me rendait heureuse, et j'avais abandonné dans la brume de mes terreurs d'enfant tout ce qui m'avait alors étouffée... J'avais grandi, ce qui revenait à dire que j'avais perdu quelque chose, en un sens, mais c'était mieux pour moi, pour tout le monde. Pour rien au monde je ne serais revenue en arrière : je ne voulais pas perdre Maman à nouveau, et revivre ce que j'avais traversé.

Alors, oui, les sourires de Ruby et d'Ewan suffisaient à me mettre la puce à l'oreille. Ils cachaient tous ces papillons que l'on a dans le cœur dans ces moments-là, et j'en connaissais assez maintenant pour savoir de quoi je parlais. Je ne pouvais pas vraiment prétendre être un exemple en mentionnant ma relation avec Stephen, mais puisque chacun était unique et vivait à sa façon... Y avait-il vraiment un exemple ? J'avais haï Stephen, exécré même, avant de me rendre compte que sous cette haine farouche siégeait une attirance inexplicable que nos querelles avaient attisée, année après année. Lui aussi avait grandi, puisque nous en étions arrivés là. Puisqu'il avait accepté de s'assumer avec moi, et qu'à partir de ce moment-là j'avais accepté mes sentiments à son égard. La vie n'était faite que de compromis, je m'en rendais un peu plus compte chaque jour. Le premier compromis qu'elle avait mis en travers de mon chemin était bien amer... Il m'avait fallu perdre mon père pour retrouver la mère que j'avais tant rêvé. Ils s'étaient enchaînés ensuite, mais j'avais été endurcie dès le début. Parfois, je me demandais d'où me venait cette force, moi qui avais été si fragile, si fragile, perdue dans mon petit monde d'enfant... Et puis je me disais que c'était inutile de me demander d'où elle venait, car je n'avais pas d'autres choix que de la garder, de la porter à bout de bras chaque jour, pour ma mère, mon frère, pour Ruby, pour ceux que j'aimais et qui n'étaient ni plus ni moins que ma raison de vivre.

Avec Stephen, c'était différent : cela avait commencé différemment. C'était plus léger, plus explosif, nous nous disputions autant que nous nous embrassions, que nos peaux nues se brûlaient l'une contre l'autre. C'était d'ailleurs souvent comme cela que nos querelles se terminaient, nous ne savions peut-être pas faire autrement. Mais cette légèreté dans laquelle nous nous drapions, c'était celle-là qui m'avait sauvée, c'était celle-là qui nous faisait tenir, même si j'entrevoyais de plus en plus qu'elle n'était que de façade. Mon cœur battait pour lui, réellement, lorsque je le voyais, même lorsqu'il m'insupportait, encore plus quand il me serrait contre lui et que je ne savais plus à quel endroit mon corps se terminait et à quel endroit le sien commençait. Je n'imaginais pas connaître un jour, et surtout si tôt, ce sentiment qu'on appelait l'amour, la passion et tout ce qui s'y rattachait, mais à bien des égards, Stephen avait ouvert en moi des portes dont j'ignorais l'existence. Il subsistait toujours un doute car... Car je savais qu'il n'était pas comme les autres, que ce n'était pas dans sa nature d'aimer inconsidérément comme je m'en sentais capable, mais puisque je l'aimais moi, je ne voulais pas mettre un terme à tout cela. Je préférais brûler entièrement dans ce brasier plutôt que de l'arrêter avant qu'il me consume, c'était peut-être un peu destructeur, mais j'avais besoin de lui, tout simplement.

Voilà pourquoi j'étais si surexcitée et que mon cœur s'affolait en même temps que celui de ma meilleure amie, que je ne contenais pas ma joie : c'était impossible, j'étais heureuse, tellement heureuse, qu'elle connaisse ce sentiment, qu'elle se sente belle et désirable dans les yeux d'un garçon qui lui plaisait, comme je le sentais moi quand Stephen me regardait !


- PAUUUUUUUUUUUUUSE ! Après en fait, au début, on a rien dit. On est rentré chez lui, et on riait, on s’embrassait, comme si c’était… Normal, tu vois ?

Je voyais parfaitement, et je ne tenais pas en place : mes jambes tremblaient toutes seules de cette excitation, et je souriais encore et encore sans pouvoir me retenir, riant avec elle à la moindre de ses phrases. J'avais le cœur qui débordait d'excitation et d'allégresse, et c'était une sensation trop merveilleuse pour ne pas lui laisser libre court.

- Et oui, si tu te demandes, ma robe c’était catastrophique, toute mouillée et… ME REGARDE PAS COMME CA ! - Hahahahaha, pour le coup j'étais incapable de retenir des rire nerveux et de faire les gros yeux, sa robe trempée, mais oui ! Comment Ewan avait bien pu résister ?! (je ne le sais pas moi-même) Mais il m’a prêté un tee-shirt. Grand d’ailleurs, étrangement grand, la dernière fois aussi, je commence à me demander s’il n’a pas un problème avec la taille des tee-shirts. Mais bon, ça m’arrange.

... Après tout, il était plus âgé, la mode n'était peut-être pas la même à son époque, mais à vrai dire le fait qu'Ewan adopte un style vestimentaire propre aux années 90 ,révolues, n'était pas la principale source de mon attention. Je voulais savoir comment tout cela s'était terminé, et même si je me doutais bien que ce n'était pas trop le... style de Ruby de se donner corps et âme dès la première nuit, je revivais la scène, comme si c'était moi qui étais au centre de l'histoire, et j'étais heureuse de partager cela avec elle - heureuse qu'elle me confie tout ça.

- Après… Il m’a montré une photo de lui et Jamie, ça m’a touché d’ailleurs qu’il.. Me confie ça, tu vois ? Mais il était persuadé que je n’allais pas réussir à le reconnaître, mais c’était évident ! Il a parié un baiser et puis… Puis… Il a dit que j’avais gagné plus qu’un baiser. Peu importe ce qu’il voulait dire, c’était adorable. Ensuite je crois qu’on a manqué de s’étouffer dans nos bisous, j’ai essayé de lui dire que je n’arrivais pas respirer et tout ce qu’il a trouvé à dire c’est « tant pis », bah oui tiens, allons tous mourir étouffer, tant pis !

Elle avait rougi et cela me rendait encore plus surexcitée, parce que je lisais clairement dans toute son attitude combien elle était portée par cette histoire, et combien cela lui faisait du bien. Je savais qu'elle cogitait sans cesse et doutait d'elle à chaque seconde qui passait, mais j'osais espérer que pendant ces instants partagés avec Ewan elle avait un peu oublié tous ses problèmes et qu'elle avait goûté à la plénitude, celle qui fait tout oublier, et qui panse un tant soit peu les cicatrices, à l'intérieur.

- Après on a dormi. Juste dormi. Puis ce matin, c’était… Tout doux. D’ailleurs il a reçu une lettre de sa mère, je t’en parlerais plus tard, c’était assez étrange. Pour le moment, il y avait des choses plus importantes à raconter ! On était… Bien, tous les deux, vraiment je le sentais et y avait pas de doute. Je lui ai promis que je lui écrirais des lettres, je pense qu’on s’organisera pour notre prochain rendez-vous… J’aurais encore besoin de tes conseils pour la tenue ! Voilà. Satisfaite ?

Juste dormi... Je répondis en tirant la langue moi aussi, et en levant les yeux au ciel. D'un côté, ça m'amusait aussi qu'elle se fasse désirer - même si j'étais persuadée qu'elle ne savait pas ce qu'elle devait déclencher chez Ewan, ou bien pas autant que ça. Cela m'avait toujours frappé chez Ruby, ce rapport qu'elle avait avec son apparence, parce qu'elle se savait jolie et en souffrait un peu, mais elle ignorait qu'elle était plus que jolie, de ce genre de filles qui font tourner les têtes parce qu'elles ont quelque chose de magnétique en elles. C'était, d'ailleurs, tout à son honneur.

- Très satisfaite, gloussai-je à moitié. Je crois que vous n'allez pas vraiment tarder à vous revoir... Non mais, tu as vu son regard quand vous vous êtes dit au revoir ? J'ai cru qu'il allait t'embrasser pour toute la vie, et ne jamais te laisser partir !

J'avais toujours été plutôt portée sur l'instinct, et je sentais avec assez de confiance qu'Ewan pouvait être quelqu'un de bien pour elle, et cette seule pensée me rassurait. Elle avait besoin de quelqu'un qui l'aimait assez pour non seulement la rassurer sur ses peurs et ses doutes mais pour les porter sur ses épaules sans broncher ; si le fait qu'Ewan ait perdu son frère le rendait forcément plus fragile, quelque part, je me disais qu'il ne pouvait que comprendre d'avantage les blessures indélébiles que Ruby portait en elle.

Elle me pinça la joue avec un petit sourire complice quand nous nous écartâmes, et je lui rendis, avec tout mon amour - c'était comme Conrad, quand j'étais avec elle, je me sentais à la fois tellement moi et tellement fusionnelle avec elle, que je ne doutais de rien, jamais.


- C’est toi qui reste la femme de ma vie, ne t’inquiète pas ! Enfin, j’espère que lui n’enquêtera pas trop sur moi… Parce que… Comment je vais faire ?


Soudain son regard s'était fait plus inquiet, une ombre y était passée, et je plissai les yeux sous le soleil clair qui nous dorait les cheveux. C'était drôle d'ailleurs, les siens avaient toujours eu cet éclat plus argenté, comme celui de la lune, et les miens plus dorés, comme s'ils s'accordaient à nos blasons. J'aimais savoir qu'il y avait autant de ressemblances et de différences qui nous liaient, parce que nous nous complétions. Je respirai un peu plus profondément, méditant sur cette question lâchée un peu abruptement. Évidemment... Évidemment, ce ne pouvait être d'un obstacle pour elle. J'essayais de me souvenir comment... Mais non, avec Stephen, les choses s'étaient faites d'elle-même, je ne me souvenais pas d'avoir eu peur ou d'avoir craint quoi que ce soit, parce que j'en avais envie, et besoin, comme si je manquais de lui. Qui plus est mon histoire n'était pas la mienne que celle de Ruby, et je me sentais un peu démunie, comme si je n'avais aucune carte en mains pour l'aider en quoi que ce soit. Je passai une main dans mes cheveux et me mirs à triturer une de mes mèches, cherchant les mots justes. C'était cela, le plus important, finalement... Je voulais qu'elle se sente portée en avant.

J'imaginais aisément qu'elle englobait un peu tout dans sa question... Au sujet de l'alcool, il était au courant, et visiblement cela ne l'empêchait pas de vouloir sortir avec elle, donc ce n'était pas un problème. Et puis, comment cela pouvait être un problème quand on connaissait Ruby ? Elle avait bien d'autres qualités. Mais, ses mains sur son ventre... Et ce qui s'y rattachait, c'était une autre affaire.


- Déjà, tu as tout ton temps. Tu n'es pas obligée de... Je veux dire, il ne faut pas que tu te forces. Il attendra le temps qu'il faudra, il a l'air assez intelligent pour ça. Et puis, il n'a pas le choix, ajoutai-je avec plus de véhémence. Ensuite... Tu sais, ça ne te rend pas détestable, ça - j'eus un regard vers ses mains qui recouvraient les cicatrices et réprimai un frisson - et le fait que tu ne sois pas forcément à l'aise. Si il a des sentiments pour toi, je ne vois pas pourquoi il ne ferait pas encore plus d'efforts pour que tu te sentes bien. C'est à double-sens, lui rappelai-je avec un sourire. Je suis sûre que lui aussi s'inquiète de certaines choses, parce qu'il veut te faire plaisir, comme tu le veux toi aussi. Laisse faire les choses... regarde, avec Stephen, ça a mis du temps, conclus-je en haussant les épaules.

Puis, parce que quelque chose me poussait à le dire malgré tout, parce que je ne pouvais pas faire autrement que de la protéger comme je savais qu'elle me protégeait moi, j'attrapai sa main et la décollai de son ventre, en la serrant entre mes doigts :

- Il ne t'en voudra pas, c'est impossible. Mais je suis sûre qu'il voudrait que tu ne te fasses pas ça, justement parce qu'il tient à toi... Je baissai un peu les yeux, puis les relevai avec un petit sourire. Quoi qu'il arrive, je t'aimerai toujours comme tu es.

Sautant du mur, sans lâcher sa main, je piquai ensuite un petit baiser sur sa joue et l'entrainai vers moi pour qu'elle me suive, car une idée avait jailli dans ma tête. Avec un sourire plus enjoué, je lui dis alors :

- Viens, ça mérite un petit tour chez Honeydukes tout ça ! C'est moi qui offre, m'empressai-je de dire avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit. C'était une de nos activités favorites : faire du lèche-vitrine devant tous les bonbons alléchants du confiseur, avant d'en acheter un bon paquet, et de les manger rien que toutes les deux, dans nos endroits préférés. Elle comme moi, nous y rattachions sûrement bien plus que nous le pensions : quelque part, notre enfance n'était pas si loin de nous, même si elle resterait pour toujours hors de portée, dorénavant.

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MessageSujet: Re: Let's go get us a little sun - pv Ruby   Lun 27 Mai - 21:36

Il m’apparaissait de plus en plus clairement que c’était ces instants-là qui constituaient tout ce qui m’avait toujours échappé, l’enfance, l’adolescence, ces moments d’intense sérénité. J'avais d’ailleurs été bien stupide de croire qu’il aurait pu s’agir de quoi que ce soit d’autre. Je ne voulais pas les lumières sur moi, je voulais simplement être normale, mais ce que je vivais maintenant n’était pas normal, et ne le serait jamais. Ma relation avec Lizlor était unique et elle portait en elle quelque chose de spécial, parce que nous étions toutes les deux comme des papillons aux ailes froissés, nous volions irrégulièrement en tentant de cacher les plis de nos ailes, mais nous avions toutes les deux vu ceux de l’autre. Nous ne pouvions gommer les imperfections, et c’était illusoire de croire que nous en avions les moyens –pourtant, j’avais tant essayé. Mais j’avais fini par comprendre que je ne pouvais pas effacer ce qui m’avait fait, ce que j’étais devenue, mais rien n’était figé ni définitif et il ne tenait qu’à moi d’évoluer. Je n’avais pas choisi mon enfance, mais pourquoi avais-je cru qu’elle m’enfermait à jamais dans ces souvenirs douloureux et ces phases destructrices ? Lizlor m’avait bien prouvé que je pouvais être digne d’amour malgré tout et même si les raisons d’une telle affection m’échappaient souvent, je n’en avais jamais douté. Je n’avais pas besoin de me noyer dans la masse et d’être apprécier de tous, d’être normale à leurs yeux ; je préférais être unique pour ma meilleure amie, car elle l’était pour moi et que ce lien qui nous unissait balayait le reste. Ça n’effaçait rien cependant, nos enfances, nos histoires étaient toujours là et part de notre identité, mais ce n’était pas les seules choses qui nous décrivaient, nous étions plus, tellement plus –surtout quand nous étions ensemble. Et en cet instant, alors que tout semblait concorder parfaitement, parce que les rayons du soleil allaient de pair avec les paillettes des yeux de Lizlor, que son sourire faisait écho aux miens et que nos voix se perdaient dans un même son, comme une douce mélodie riante qui respirait l’arrivée du printemps.

Le printemps me rappelait toujours ce moment où j’avais marché dans le parc, et que mes pas m’avaient conduit jusqu’à Lizlor. Je ne la connaissais pas, je ne la cherchais pas et pourtant en l’espace d’une seconde et d’un regard, il me semblait que nous nous étions toujours connues. J’avais tendu cette cigarette, et c’était comme si quelque chose s’était scellé lorsqu’elle l’avait porté à ses lèvres et que la fumée s’était échappée en volute, se joignant à la mienne. Je n’avais jamais cherché à comprendre, étrangement, ce qui s’était passé mais je gardais les souvenirs de cet après-midi comme baigné de soleil et de nostalgie, quelque chose de lourd et léger à la fois. Pourquoi soudain, j’avais échoué toute ma confiance contre cette Gryffondor que je connaissais à peine, pourquoi en l’espace de quelques semaines soudain elle était devenue tout ce que je n’avais jamais eu et n’osais même pas espérer, je ne le savais pas. Je n’avais pas voulu de réponses, de toute manière. J’étais simplement bien avec elle, et ce depuis le début sans jamais aucun doute, et je n’avais pas envie de réfléchir. Je n’en avais pas besoin, il me suffisait de sentir le regard de Lizlor sur mon sourire gêné et timide, et j’étais encore plus heureuse.


- Très satisfaite. Je ne pus m’empêcher de rire un peu bêtement avec elle, et de rougir. Je crois que vous n'allez pas vraiment tarder à vous revoir... Non mais, tu as vu son regard quand vous vous êtes dit au revoir ? J'ai cru qu'il allait t'embrasser pour toute la vie, et ne jamais te laisser partir !

J’eus un rire presque gêné et je baissais les yeux. Je ne pouvais pas confirmer, j’avais peur de m’emballer mais à la fois moi aussi j’avais senti cette… Chose, cette impression que m’avait laissé la caresse de ses lèvres contre les miennes, comme si elle avait voulu marquer durablement son passage et ne jamais vraiment s’enfuir. Doucement, je portais ma main vers mon visage, et du bout des doigts je frôlais ma lèvre inférieure, tentant de me rappeler le goût des lèvres que j’avais embrassé toute la soirée et la matinée. A la fois, elles étaient toujours nichées là, au creux de mon sourire, et pourtant j’avais l’étrange sensation que je ne pouvais pas me souvenir exactement des picotements dans ma poitrine, et de mon cœur qui s’agitait. C’était comme si ces baisers détraquaient mon corps et pourtant, je voulais être sûre d’y avoir encore droit, de sentir mon cerveau qui tournait et tambourinait, mes mains qui tremblaient quand elles effleuraient la peau d’Ewan, je voulais encore cette tornade d’émotions qui me prenaient toute entière et surtout y rester le plus longtemps possible – mais soudain, le rappel de mes cicatrices sur mon ventre me fit frissonner et un goût amer me prit à la gorge, comme si je pouvais sentir la fin, les complications que j’allais provoquer.

- Déjà, tu as tout ton temps. Tu n'es pas obligée de... Je veux dire, il ne faut pas que tu te forces. Il attendra le temps qu'il faudra, il a l'air assez intelligent pour ça. Et puis, il n'a pas le choix. Ensuite... Tu sais, ça ne te rend pas détestable, ça et le fait que tu ne sois pas forcément à l'aise. Je me mordis la lèvre, baissant une nouvelle fois les yeux. J’avais toujours l’impression que Lizlor savait ce que j’avais besoin d’entendre, elle restait si douce et pourtant impartiale, mais j’avais peur que cette fois elle ait tort. Comment de telles marques pouvaient-elles… Personne ne pouvait ignorer quelque chose comme ça, encore moins un garçon qui avant tout désirait aussi mon corps… J’essayais de me remémorer cette impression que j’avais eu quand j’étais avec lui, à quel point il me semblait que mon apparence était quasi secondaire, comme s’il y avait bien plus que ça qui l’attirait mais je ne pouvais pas lutter contre mes doutes, et cette soudaine impression d’être immonde me retourna l’estomac. Si il a des sentiments pour toi, je relevais les yeux vers elle, les agrandissant, comme pour lui montrer qu’il me semblait qu’elle allait bien vite en besogne sur ce sujet, je ne vois pas pourquoi il ne ferait pas encore plus d'efforts pour que tu te sentes bien. C'est à double-sens. Je suis sûre que lui aussi s'inquiète de certaines choses, parce qu'il veut te faire plaisir, comme tu le veux toi aussi. Laisse faire les choses... regarde, avec Stephen, ça a mis du temps.

J’hochais la tête, laissant ce qu’elle venait de me dire m’envahir. Elle avait raison, d’une certaine manière. J’avais confiance en Ewan, et je ne pouvais ignorer la douceur qui émanait entièrement de lui et qui me montrait qu’il savait entendre et être assez tendre pour que je me sente bien. Mais à la fois, combien de temps pourrait-il entendre et surtout, je ne pourrais lui dire les véritables motifs de ma peur. Bien entendu, il connaissait l’incident, mais j’avais l’étrange sentiment qu’il y avait plus. Il y avait Chuck, que je n’avais jamais révélé à personne sauf Liz, et je me sentais toujours coupable et honteuse d’avoir fait une telle chose, autant à moi qu’à Taylord. Et maintenant se rajoutait les cicatrices que j'étais bien incapable d’afficher, surtout auprès de quelqu’un que j’aimais autant, et aussi vite. Je voulais avoir une chance qu’il m’aime aussi, je n’y croyais qu’à moitié car beaucoup trop d’éléments étaient contre moi à présent… Mais je me sentais habitée d’une étrange force, cette simple idée que je pouvais avancer et que le passé ne pouvait me tirer indéfiniment vers le bas ; je voulais le vaincre et réussir… Réussir à être aimée.

D’une certaine manière, j’avais Lizlor devant moi qui me prouver que c’était possible. Je n’étais pas sûre que Stephen soit amoureux, car il ne devait pas même comprendre ce concept, mais quelque chose les liait tous les deux et j’en étais heureuse. Je ne pouvais pas vraiment empêcher mes craintes, car j’avais constaté depuis le début que ma Gryffondor tenait à lui plus qu’elle ne voulait l’admettre, mais surtout plus que le Serdaigle ne le pensait. J’avais peur qu’il ne sache pas s’occuper d’elle, au fur et à mesure que les sentiments de Liz grandissaient je voyais qu’elle avait besoin de plus, et j’ignorais jusqu’à où Stephen pouvait aller pour la rendre heureuse. Je n’exprimais que rarement mes doutes car je savais que ma meilleure amie les avait aussi, et je ne voulais surtout pas ternir ce qu’elle vivait. Elle avait une telle capacité à saisir l’instant présent que je lui enviais et qu’elle m’apprenait, que je ne voulais surtout pas être à l’origine de l’effet inverse. S’inquiéter de tout en permanence n’était pas un avantage, et je savais que Liz arrivait à avoir un certain recul sur la situation et que si elle décidait de continuer, c’est qu’elle trouvait une satisfaction à leur relation. Moi, je la voyais heureuse et quand ça n’allait pas trop, je faisais tout pour lui rendre son sourire, et il me semblait que je ne pouvais rien faire de plus que de l’aimer de tout mon cœur.


- J’espère juste qu’elles partiront avant qu’il n’ait l’occasion de les voir. Confiai-je à voix basse. Mais… Tu as raison, je lui fais confiance, je veux que ça se passe bien. Ça m’étonnerait qu’il en soit déjà à un stade où il a des sentiments, mais je veux juste qu’il soit content d’être avec moi.

J’avais la douce impression que Lizlor comprenait ce que je voulais dire, ce que je suggérais. Lui n’était peut-être pas à ce stade, mais j’avais clairement choisir de dire « il » et pas « on », parce que bien sûr elle devinait, et je ne pouvais que lui confirmer, que de mon côté les choses allaient très vite… Trop vite ?

- Il ne t'en voudra pas, c'est impossible. Mais je suis sûre qu'il voudrait que tu ne te fasses pas ça, justement parce qu'il tient à toi... Elle avait pris ma main, et je me sentis gênée un instant de ne pouvoir cacher les traces sur mon ventre car bien qu’elle soit enfouie sous ma robe, j’avais l’impression qu’on ne voyait qu’elles. Quoi qu'il arrive, je t'aimerai toujours comme tu es.

Je voulus répondre quelque chose, mais je sentis l’émotion serrer ma gorge, et Lizlor en profita pour se lever et, après avoir embrassé sa joue, elle m’invita à la suivre. Elle avait un doux sourire amusé, comme si rien ne pouvait la rendre triste malgré tout, parce que nous étions ensemble et que nous avions tout le temps du monde devant nous. Je sentis mes lèvres s’étirer aussi. Elle avait raison, elle, et Ewan, tenaient à moi et je ne voulais pas leur causer de la peine avec mes bêtises. Je voulais qu’ils soient fiers de moi.

- Viens, ça mérite un petit tour chez Honeydukes tout ça ! C'est moi qui offre.
- Tsss, dis pas de bêtises !
Répliquai-je en lui tirant la langue.

Dans la rue principale, tandis que nous nous dirigions vers le confiseur, nous eûmes une pseudo-dispute car elle tenait à m’offrir des bonbons, et je refusais, sauf qu’à chaque fois elle finissait par me chatouiller et j’abdiquais, parce qu’elle était têtue. Lorsque nous pénétrâmes dans la boutique colorée dont émanait un doux arôme de sucre, Lizlor me traîna en riant dans le rayon des dernières nouveautés, où chaque week-end étaient exposé les produits de la semaine. Je l’entendis s’extasier sur le nouveau parfum des plumes en sucre, chocolat-noisettes, et pendant plusieurs minutes elle débattue pour savoir s’il valait mieux en prendre deux, car nous n’étions pas sûre d’aimer, mais bientôt je perdis le fil de la conversation. J’avais toujours ma main dans la sienne, et je le regardais du coin de l’œil tandis qu’elle fouillait l’étalage. Elle finit par se tourner vers moi, se plaignant que je ne l’aidais pas, et j’eus un sursaut, m’excusant. Je n’avais pas fait attention, trop occupée à la regarder sourire, parce que c’était une vision qui provoquait toujours un doux sentiment dans tout mon corps. En cette infime seconde, lorsque mes yeux captèrent les siens, j’eus l’impression que tout était harmonieux, et que cette sensation au creux de mon estomac y resterait à jamais, comme une image sur le négatif d’une pellicule ; mon cœur avait imprimé pour toujours cet instant fugace que j’enfermais dans ma poitrine à jamais.


THE END


_________________
Even Closer | Forever Young | So Cold | If Stars



« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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