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nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)

 

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 nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)

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Azraël S. Kuhn
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MessageSujet: nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)   Sam 20 Avr - 19:29

AZRAEL & VESPER
nothing changes
not even myself

Poudlard. On l'avait trop souvent noyé sous les éloges, mais Poudlard les méritait ; pas les professeurs, pas les fondateurs, pas les élèves. Non, Poudlard seul, brut, la pierre du château, était une force fière, une forteresse qui s'élevait, ses toits touchants presque le ciel. Poudlard si emplie de vie et pourtant inaccessible ; et à ses pieds il fallait s'agenouiller, se soumettre, et baiser le sol poussiéreux, poussiéreux de la gloire accumulée.
La grille même, grande ouverte, accueillait, mais comme une femme sévère et qui prévenait de la rigueur qui allait suivre, de la rigueur qu'il faudrait s'imposer pour porter sur ses épaules, et son cœur, le blason d'une maison de Poudlard. Azraël leva les yeux vers le château, et suivit la route cheminant à travers la lande, et la grille se referma derrière lui « comme par magie » ; il avait fait annoncé son arrivée. Son retour, plutôt : c'est avec une assurance, guidée par la nostalgie soudaine qui s'était emprise de lui dès que les flèches des tours étaient apparues à l'horizon. Ô Poudlard, jamais une âme ne restera indifférente devant toi. Poudlard monstre, mais Poudlard fidèle : "La fidélité c'est faire comme si le temps n'existait pas". Le temps aurait pu ne pas être, car Poudlard n'avait pas changé, songea Azraël, depuis son départ. Telle une institution, l'école avait mené son cours, avec le même train, la même sagesse, qu'auparavant. Les clairons sonnèrent quelque part, un étendard s'agita : Azraël revenait !
Tel un prince déchu, il revenait, altier, assuré, mais le minois teinté d'un air penaud. Il revenait, les cheveux au vent et le cœur battant, sans peur, mais avec l'appréhension de ne s'en trouver aucune ; comment être sans peur lorsque qu'on revenait après un départ. Lorsqu'on quitte un lieu, on y laisse une part de soi, qu'il faut retrouver, habillée d'illusions, de doux-amer, celui du passé.

- Que de mois sans te voir.

La route n'était pas longue, mais le jeune garçon prenait son temps, une main dans la poche, l'autre trainant négligemment la malle qui lui servait de valise ; quand les demoiselles débarquaient croulants sous les paquets, lui ne venait qu'avec un simple grand sac. Il n'avait besoin de rien, déjà auparavant, encore moins désormais. Sans doute son absence avait été une parenthèse durant laquelle il avait mûri, ou y avait été forcé par les évènements. Ses passions s'étaient brusquement amoindries, et ce qui le maintenait joyeux et attentif, la photographie s'était alors métamorphosée en de vagues images floues, tirées dans une chambre noire au fin fond de sa mémoire. Il n'était plus doué pour les arts, et le côté dandy qu'il cultivait – villa et bourgeoisie oblige – avait fini par totalement s'évaporer. Le voici revenant, prince triste et gris, plus las encore, prince au regard voilé d'une fatigue solitaire.

Alissa Kuhn n'était plus, sa mère n'était plus, si l'on puis dire, humaine.
Elle avait disparue du monde, laissant derrière elle une carcasse qui avait sa voix, et ses bras, et ses jambes, et ses yeux – mais rien ne l'animait plus que l'instinct qui garde le corps en vie. Après toutes ces années, sa mère était bel et bien partie.

Cet « incident » l'avait arraché à Poudlard, presque un an auparavant, mais le prince revenait. Différent peut-être, mais vivant, vivant, à la grande surprise de tous et de lui-même : la vie se battait en lui, la vie battait en lui, la vie en lui, la vie, lui. Sans trop de sourires, sans émotions heureuses et redondantes, mais il vivait malgré tout ; bon, surement, cynique et acerbe parfois, joueur pour passer l'ennui. Tout avait changé, et rien n'avait changé ; finalement, les gens ne changent pas, ce sont les choses qui changent. Que de mois sans te voir, je n'ai rien oublié. Ma baguette m'obéit désormais mieux, mon attention, débarrassée des fougues enfantines, sait se poser, mon arrogance est cachée pour mieux surgir. Je n'ai rien oublié, et je te paraitrais meilleur, continua intérieurement le Poufsouffle – il n'avait hélas pas changé de maison, ce qui aurait pu le désespérer : les mêmes couleurs jaunasses partout, les mêmes sourires compatissants de ses compatriotes, les mêmes visages ronds et les joues rosées, explosant de joie simple. Peu de gens estimaient la maison Poufsouffle, et derrière le terme « simplets » était surement masquée une jalousie inconsciente, de la joie pure qui semblait insuffler chacun de leurs mouvements.
Le château approchait, la fin d'après-midi faisait monter un vent froid dans une tiédeur qui tendait mollement vers le frais de la nuit ; Azraël ouvrit son sac pour prendre l'écharpe jaune et noir, et l'enroula lestement autour de son cou, les deux bouts pendants sur sa veste en jean – il avait perdu l'uniforme, et s'attendait sans doute aucun à un sermon des préfets, s'il avait de la chance, ou pire, s'il n'en avait pas, du directeur de maison. Son regard se posa une nouvelle fois sur la porte d'entrée, il buvait Poudlard des yeux, tel l'étranger qu'il était, qu'il ne serait plus dans quelques minutes, quand il aurait franchis le pas de la porte. Poudlard, grandiose, toujours.
__

[j'espère que ça te va, ihi, et que c'est assez clair. je t'avoue que reprendre azou est un plaisir, mais un challenge.]


Dernière édition par Azraël S. Kuhn le Mer 8 Mai - 13:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)   Sam 20 Avr - 23:10

La vie à poudlard n’était pas si horrible qu’elle avait pu l’imaginer. Il y avait de la nourriture à foison, un parc gigantesque et des cours plus ou moins intéressant. Certes, elle ne trouvait toujours pas l’intérêt d’apprendre à faire voler une plume dans les airs et rien que le fait de dormir dans la même chambre qu’une dizaine de fille la rendait malade, mais en dehors de ça, poudlard était un lieu qu’elle appréciait. En partie.

Par exemple, ce matin, elle c’était réveiller en sursaut parce qu’une des filles de son dortoir criait après avoir vu une araignée. D’un côté le dortoir était au sous-sol, le sol était plein de poussière et le plafond de toile d’araignée… à quoi s’attendait-elle ? Vesper avait eu envie de l’étriper. C’était dans des moments comme celui-là qu’elle n’aimait pas cette école. Mais arrivé dans la grande salle, et après plusieurs gaufres, elle se disait qu’elle pouvait le supporter. En partie.

Les serpentard n’étaient pas très apprécié parmi les autres élèves. Vesper ne comprenait pas pourquoi. Certes la majorité des serpentard étaient des crétins arrogant, mais les gryffondor étaient des crétins stupide, les serdaigle des intellos coincés et les poufsouffle des débiles profond, alors bon… de là à dire que les serpentard étaient les pire, elle ne voyait pas pourquoi. Le fait est que pendant le petit déjeuné, alors qu’elle mettait dans la bouche le dernier morceau de gaufre au sucre qu’elle avait en main, elle entendu un crie aigue derrière elle annonçant un « bombardement » de bouffe sur les serpentard. Premièrement, on ne devait pas gaspiller la nourriture. Ces sales gamins ne savaient donc pas que beaucoup de personnes mourraient de faim dans les rues ? Étaient-ils donc tous des enfants de médecins ou d’homme d’affaire pour n’avoir aucune conscience du gâchis qu’ils faisaient ? Deuxièmement, elle détestait les jeux communs, et cette espèce de « guerre » qui semblaient ravir tout le monde la laissait froide et en colère. Et pour finir, elle avait reçût un morceau de cake dans les cheveux et ça, ça lui donnait des envie de meurtre. Elle détestait les gens. Elle détestait passer du temps avec eux. Et par-dessus tout, elle détestait qu’on la dérange pour qu’elle passe du temps avec eux. Hors là, ce n’était pas comme si elle avait le choix. Ils l’intégraient directement dans une bataille pour laquelle elle n’avait aucune envie de participer et dont elle n’avait même pas eu le désir, même infime, de côtoyer les participants. Heureusement il existait des personnes dans cette école qui avait la décence d’esprit d’arrêter ces chamailleries stupides. En partie.

Le surveillant, qui se trouvait être aussi le directeur de poufsouffle si elle avait bien comprit, mis fin au chantier qui venait d’avoir eu lieu. Vesper se leva et sortie de la grande salle recouverte de nourriture. Elle détestait ça. Etre sale. Ou plutôt elle n’aimait pas être salis « pas naturellement ». Etre sale parce qu’elle avait dû rempoter des plantes en botanique, ok ! Etre sale parce qu’elle venait d’enchainer plusieurs heures de sport, Ok ! Etre sale parce qu’elle venait de passer une heure sous la pluie, c’était chiant mais ok, ça passait. Sauf que là elle était crade parce qu’un débile avait jeté son cake vers les serpentard parce qu’il y a des centaines d’année, le fondateur de serpentard et celui de gryffondor ne s’aimaient pas, alors, la tradition de l’école veut que ces deux maisons ne s’aiment pas. Non mais c’était complètement stupide ! Ce n’est pas comme si ils allaient faire de la peine à ces deux individus si ils ne s’engoulaient pas régulièrement. Si les gens n’évoluaient pas, on serait encore à devoir faire du feu avec deux silex ! Mais puisque la plus grande partie des élèves avaient un QI égale à ceux des hommes des cavernes, ce n’était presque pas étonnant qu’ils copient un type mort depuis des lustres. Vesper retourna donc se doucher, arriva en retard en cours et du passer deux heures en retenu à récupérer des trophées. Au moins elle n’avait à supporter personne. En partie.

Il y avait toujours une femme, Vesper n’avait pas compris qui elle était et à quoi elle servait, mais elle venait toutes les dix minutes vérifier qu’elle nettoyait bien les trophées. Non mais elle croyait qu’elle allait partir ou quoi ? Franchement, récurer ces trucs était plus instructif que d’aller en salle commune à cette heure-ci. Actuellement, il devait y avoir plus ou moins tout le monde. Ce qui signifiait : bruis, crient, bavardage absurde et scène de ménage des nouveaux couples. Vesper détestait rester en salle commune. Pourquoi la salle commune était l’endroit favori de tout le monde ? On était obligé d’y passer, c’était une chose, mais on n’était pas forcé d’y rester toute la journée ! Il y avait des élèves, et elle pensait en particulier à un type dont elle ignorait le nom, qu’elle n’avait jamais croisé autre part. Comme si il vivait dans la salle commune. Et non, ce n’était pas un fantôme. Il parlait, bougeait, pouvait tenir des choses en mains, on pouvait le toucher, enfin bref, c’était un humain quoi. Surement. Bref, ce type était toujours là. Il parlait toujours à tout le monde, et il était la principale raison pour laquelle Vesper n’aimait pas la salle commune. Il venait lui parler. Et elle détestait parler. Et elle le détestait. En gros, se rendre dans la salle commune c’était donner une chance à ce type de venir lui parler. Nettoyer la salle des trophées la dérangeait pour le coup, beaucoup moins.

En fait, maintenant qu’elle y songeait, elle détestait poudlard ! Son avis sur cette école n’avait pas réellement changé depuis le premier jour. Elle n’aimait toujours pas cette ambiance si guillerette, ses élèves perturbés, ses cours inutiles et le fait qu’on croisait toujours quelqu’un qui pensait qu’on avait envie de lui adresser la parole. Non, poudlard était un lieu vraiment merdique.

La bonne femme revint dans la pièce pour lui annoncer qu’elle avait terminé sa corvée. Vesper posa le chiffon qu’on lui avait confié sur une table dans la salle et sortit sans un mot.

Une fois dans la salle commune elle regretta légèrement la salle des trophées qui était calme et tranquille. Là-bas elle pouvait s’entendre pensés tandis qu’ici… Il y avait trop de monde. Tout le monde parlaient, riaient, courraient dans tous les sens et cette odeur ! Une odeur de transpiration et de renfermé. Répugnant. Vesper monta rapidement dans son dortoir pour s’y isoler. Manque de chance, il y avait trois filles qui parlaient ensemble, assises chacune sur leurs lits à se faire les ongles. Vesper soupira. Elle n’aurait jamais la paix.

La serpentard changea de tenu, parce que la petite jupe et la chemise n’était pas vraiment son style, pour les troquer contre un jean, des baskets et un t-shirt « Life is Joke » qu’elle avait trouvé particulièrement approprié à sa situation. Un gilet vert de sport sur le dos et elle sortit du dortoir. Vesper avait envie d’aller faire un tour dehors. Avec le froid qu’il y faisait ces derniers temps, elle était certaine de, non seulement ne rencontrer personne, mais également de pouvoir respirer de l’air « pur » ce qu’elle trouverait difficilement chez les serpentard.

Il lui restait plusieurs heures avant que les préfets ne lui « ordonnent » de retourner en salle commune à cause du couvre-feu. Vesper ouvrit donc la grande porte pour se diriger dans le parc quand elle se retrouva nez à nez avec un garçon. Hey ! La serpentard recula d’un pas avant de foncer droit sur lui. Mais qu’est-ce qu’il foutait là, planté comme un arbre au beau milieu du chemin ? Vesper remarqua qu’il tenait une valise à la main. Il arrivait ou il fuguait ? Si son but était de s’enfuir, il fallait qu’il révise le terme discrétion, parce que pour le coup, il c’était planté en beauté et si il arrivait il fallait qu’il consulte pour être certain de pas avoir la maladie du sommeil parce que la rentré c’était il y a un mois !

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Azraël S. Kuhn
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MessageSujet: Re: nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)   Dim 21 Avr - 1:23

La grande porte du château s'ouvrit, comme si le regard du garçon l'avait attirée à lui ; il sursauta en haussant un sourcil. Une petite tête blonde sortit, fit quelques pas et stoppa net lorsqu'elle l'aperçut, puis, fila vers lui comme une dératée. Azraël ne put s'empêcher de faire un pas en arrière, devant la fille qui le dévisageait maintenant comme une bête curieuse, un moldu en cage, ou un scrout sans pétard. La soudaineté de l'évènement qui venait troubler ce moment de paix mêlée de recueillement devant l'immensité du château le troubla un peu – ayant passé des mois enfermé dans un appartement londonien, dans un taxi, ou à l'hôpital, autrui restait un monde de surprise ; et dans le cas présent de mouvements brusques. C'est brusque alors qu'il lança un « oh on m'envoie quelqu'un », qui hésitait entre une véritable question, ou une ironie dissimulée, une véritable ironie ou une question dissimulée. Il sentit que sa phrase, à peine accentuée, neutre, scandée vers la fille lui revenait avec le vent ; il sentit que sa phrase était grise et fade, qu'elle allait heurter la fille et la nimber d'incompréhension.

Soupir de desespoir. Ca n'allait pas être facile. Facile de quoi ? De vivre avec quelqu'un d'autre que lui même. Ou de vivre comme les autres peut-être. De vivre comme eux et avec eux. De vivre tout simplement, comme il était supposé vivre. Mais Azraël vivra, car il doit être le dernier à mourir – ange de la mort, serviteur de dieu, étymologiquement du moins.

A ce moment, il n'y avait qu'elle, enfant gracile aux mouvements de colibri, cils papillonnants et jambes fines, gracile mais inconnue, alors il aurait pu partir. Lâche, la nuque courbée et les oreilles rouges, rouges de la honte propre aux anciens courageux devenus lâches. A ce moment, il aurait pu tourner le dos et refaire la route, plus vite et plus triste, esquiver les taches qui l'attendaient, esquiver le monde, se terrer. Cette pensée lui traversa l'esprit, mais il avait encore du bon sens, et savait que cette pensée devait s'évanouir dans la seconde – il avait été annoncé, tout le monde savait qu'il venait, il ne pouvait pas y échapper, ce n'était même plus une question d'échapper à quoi que ce soit, c'était devenu l'ordre naturel des choses. Azraël allait à Poudlard. Point. Le choix avait été fait plus tôt, et son influence allait toujours prendre acte aujourd'hui, demain, et plus tard encore. Il était étonnant parfois de se rendre compte comme les choses en influençaient d'autres, longtemps, longtemps encore. Lorsque vous mettiez les pieds à Poudlard, le premier jour de votre première année, vous pensez débarquer dans un lieu neuf, dans une vie neuve. Mais tout à déjà un sens, déjà le choixpeau à fait son choix, avant même que votre tête n'ait effleuré son bord ; vous voilà serpentard, et destiné dans votre scolarité à vous prendre un coup de poing de gryffondor, qui lui même se verra snobé des serdaigles, qui eux seront incompris des bienheureux poufsouffle. Un pas hors du Poudlard Express, et vous voici blasonné, votre scolarité déjà rythmée des différentes rancoeurs ou affinités entre les maisons. Chaque pas -dans la vie- est dessiné par le dernier.

Alors il fit un pas en avant, un autre, et rentra dans la course.
- Tu dois être nouvelle.
Imposer par sa présence, son ancienneté, ancrer une affirmation entre eux, prendre le devant de la conversation. C'est ce que les gens faisaient.
- Je suis
Vérité/mensonge. Un choix, infime, un choix rapide
- sympa
Ce n'était pas vraiment ça qu'Azraël voulait dire. Pas du tout même. Pas du tout, du tout, et il sentit ses joues rosir devant ce mot incongru et plaqué devant le visage de la fille, comme un gosse fier qui montre ses dessins. Il avait pensé à mentir, de pas dire son prénom, pas par peur, ni par jeu, peut-être par ennui, plutôt par questionnement : comment se présenter ? Que cela change-t-il ? Est ce que dire qui on était, premièrement, possible, deuxièmement, utile. Et puis la bonté naturelle, propre à tout homme, qui l'avait envoyé chez les Poufsouffle, avait rejeté cette idée : ce n'était pas sympa. Alors voilà, il avait dit sympa. « Je suis sympa ».

Une envie de se cogner la tête contre sa valise, de tout recommencer depuis le début, de revenir des mois et des mois en arrière, en première année, frimeur et un peu solitaire, solitaire par envie et par défaut, première année maladroit avec sa baguette, adroit avec ses mots, pas comme maintenant, pas si pitoyable. Une envie de ressaisir cette pensée de fuite évanouie, de la faire flamber dans sa tête et de la suivre. La blondeur de la fille attira son regard, dans le vert de la lande ; il la vit, et repris contenance, dans un dernier effort, avec les miettes d'orgueil qu'un garçon -du moins lui, héritage de son enfance baignée dans la popularité suave et bourgeoise- a et aura toujours devant une jolie fille.

- N'aie pas peur, ne me regarde pas comme ça, ne pense rien. Ca ne sert à rien et de répeter ma phrase à qui que ce soit, et d'y repenser. Je suis plus ou moins nouveau, c'est ce que je voulais dire. Le reste n'est que automatisme mental, une, euh, sorte de dérèglement de l'inconscient et de la conscience ; qu'importe. N'y pense plus, fais moi ce plaisir.

Il avait balancé ça en bloc comme un automate. Les mots lui revenaient peu à peu. L'habitude serait à prendre, mais elle se prendrait. Avec quelques sursauts brusques et maladroits, sans doutes, mais Az refusait d'être considéré comme « le mec bizarre ». Il refusait d'être considéré tout court, observé, scruté, regardé.
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MessageSujet: Re: nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)   Dim 21 Avr - 21:18

« oh on m'envoie quelqu'un »

Non, non, on ne lui envoyait personne. Ils étaient donc tous aussi casse pied dans cette école ? Enfin techniquement, ce n’était pas QUE dans cette école. L’école moldu qu’elle avait jusque-là fréquenté était également rempli de tous les cas sociaux qu’ils avaient pu dénicher : les reclus de la société, les bimbo sans cervelles, les musclés arrogants, les handicapé mentaux et les ignares qui ne faisait pas faire la différence entre du grec et du latin. Enfin bref, elle était toujours entourés de gens qui ne valaient pas la peine qu’on leur accorde plus d’une minute de temps et même quand elle voulait fuir l’attroupement de cette masse de personne couramment appelés « élève de serpentard » elle se retrouvait face à un nouvel individu, peut-être encore plus bizarre et indésirable. Il n’avait pas l’air méchant, d’ailleurs aucune des personnes qu’elle avait croisé jusqu’à maintenant ne semblait l’être, c’est juste qu’ils étaient… inconfortable. Tellement typique. Sans fantaisie. Ou trop fantasque justement. Dès qu’on lui adressait la parole, elle n’en pensait qu’à une chose, partir. Couper court. Peut-être même couper la langue de cette personne et trouver un sortilège qui lui permettrait de ne pas voir et de ne pas être vu de toutes les personnes qui lui feraient perdre du temps.

Vesper n’avait jamais su s’intégrer nulle part. Elle n’avait jamais voulu s’intégrer nulle part plus exactement. Faire partie d’un cercle bien définis était nécessaire mais parfaitement ennuyeux. Elle préférait se contenter du strict minimum, faire bonne figure et donner que le minimum de sa personne pour se concentrer sur ce qui lui semblait être le plus important : la connaissance, la santé, le pouvoir. Si la majorité des gens gâchaient leur vie à s’enticher de choses aussi futile qu’inutile c’était leurs problèmes. Mais qu’ils n’attendent pas d’elle qu’elle désire se rapprocher d’eux.

Ce qui ne semblait pas être le cas de l’individu qui bloquait sa route. Tout autant qu’il se dressait entre elle et son instant de liberté, il émanait de lui ce désir de la fuir, elle et le monde entier. C’était donc ça la valise ? Il voulait partir de poudlard. Il avait bien raison. Cette école avait beau être ouverte sur les espaces qui l’entouraient, elle n’en demeurait pas moins une prison. Rien dans ce lieu, mis à part peut-être la bâtisse qui pouvait trouver admirateur parmi les amateurs de vieux château, ne donnait envie d’y rester. Et même si il venait d’arriver, avec un mois de retard il ne fallait pas l’oublier, elle comprenait parfaitement qu’il n’ait pas envie d’y mettre les pieds. Quoi que c’était un peu étrange. Le jour de son arrivé, tout le monde avait des étoiles dans les yeux. Ou alors c’était parce qu’ils faisaient nuit et qu’ils levaient tous les yeux vers les tours du château qu’elle avait eu cette impression… effet de lumières. D’un coup tout devenait plus logique.


- Tu dois être nouvelle.

Et lui non alors. Mais d’après ce qu’elle avait pu remarquer, ça ne lui donnait aucun droit de se pointer en retard.

- Je suis

Il est ?

- sympa

Sympa. Il est sympa. C’était elle ou la conversation, en dehors du fait qu’elle était parfaitement ennuyante, qu’il parlait tout seul et que le ton employé était tellement plat qu’elle avait l’impression d’entendre une cassette qui enseigne une langue étrangère, tournait au ridicule ? Il était sympa. Super. Et alors ? C’était quoi son problème à ce type ? On aurait dit qu’il n’avait pas adressé la parole a quelqu’un depuis des années. Les règles d’usages n’étaient pas de donner son nom ? Enfin, ce n’est pas comme si ça l’intéresserait. D’ailleurs, elle s’en fichait complètement. Autant venir à l’essentiel, et c’était ce qu’il essayait de faire. Raté dans son cas parce que lui dire qu’il était sympa n’entrait pas dans son vocabulaire. Puis que pour ça, il fallait qu’elle recherche des personnes au caractère agréable avec qui elle aimait passer du temps. Hors, elle ne voulait passer de temps avec personne et quand elle discutait avec quelqu’un, c’était principalement parce que cette personne lui apporterait quelque chose de constructif. Sympa ? Sans nul doute, mais elle s’en fichait.

Vesper continuait à le regarder dans les yeux. Ce mec était décidément complètement en dehors des réalités. Il planait ou quoi ? En une seconde il était devenu rouge pivoine. Il se rendait compte de l’absurdité de son accroche, c’était déjà pas mal. Mais il lui faisait perdre son temps. Vesper commença à le contourner pour couper court à toute conversation mais il l’arrêta dans son élan quand il plongea ses yeux, presque suppliant dans ses siens.


- N'aie pas peur, ne me regarde pas comme ça, ne pense rien. Ça ne sert à rien et de répéter ma phrase à qui que ce soit, et d'y repenser. Je suis plus ou moins nouveau, c'est ce que je voulais dire. Le reste n'est que automatisme mental, une, euh, sorte de dérèglement de l'inconscient et de la conscience ; qu'importe. N'y pense plus, fais-moi ce plaisir.

Il venait de la clouer sur place. Il avait une manière de parler tellement embrouillé. Elle ne savait pas si c’était de la timidité, de la maladresse ou juste une preuve tangible de stupidité. Peut-être les trois à la fois. Ce mec n’était pas clair. Avec elle, avec lui, avec ses actes, son timbre de voix et la lueur dans ses yeux tellement indéchiffrable. Que lui voulait-elle ? Il semblait aimer autant qu’elle la compagnie d’autre personne mais se forçait à concevoir des relations. Il n’avait vraiment pas tiré le bon numéro avec elle.

-Et pourquoi voudrais-je te faire plaisir ?

C’était la première fois qu’elle parlait, qu’elle lui adressait un mot et elle était froide, tranchante et sans appel. Pourquoi devrait-elle lui faire plaisir ? Elle ne le connaissait pas et ne cherchait pas à le connaitre. Elle n’avait aucun intérêt à lui faire plaisir comme aucun à lui faire du mal. Elle ne voulait que la liberté, l’indépendance et la tranquillité d’esprit. Ce type se compliquait la vie dans des convenances inutiles.

-Je ne peux pas m’empêcher de penser.

Comme tout le monde. Lui demander une chose qui était impossible était impoli.

-Et puis à qui veux-tu que je répète la déplorable présentation de toi que tu viens de me faire ? Personne n’en a rien à faire. Moi la première.

Vesper lui adressa un sourire forcé, et passa à côté de lui calmement en lui tapotant gentiment l’épaule une fois à son niveau.

-Mais rassure toi, il y a dans cette école une bonne centaine de personnes qui se jetterons à ton coup parce que tu es « sympa ».

Puis Vesper descendit les quelques marches qui menait au château s’éloignant ainsi un peu plus du garçon. Une fois en bas, elle se retourna quand même vers lui, parce que oui, ça la frustrait de ne pas savoir.

-Au fait, tu es au courant que la rentré c’était le mois dernier ?
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Azraël S. Kuhn
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MessageSujet: Re: nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)   Mar 23 Avr - 16:15

Les yeux, fenêtres de l'âme. Certes, mais aussi les yeux mitrailleuses, les yeux gant jeté de mépris par terre, les yeux douche froide, les yeux sourcils haussé - dédain. C'était tout ce que pouvais lire Azraël dans le lien visuel qui plombait l'ambiance, entre lui et la fille. Il aurait pu se sentir atteint de tant de mépris dans ces quelques secondes de silence, sans considération aucune, ou empathie naturelle, pour la maladresse - et c'était un euphémisme - dont il avait fait preuve. Mais Poudlard était une mini-société, et reflétait par conséquent ô combien la pitié n'était qu'une valeur imaginaire et du temps de la chevalerie, ô combien le monde était n'était centré et refermé que sur la personne qui le regardait - égocentrisme et moqueries à profusion, pour conclure ; ainsi, Azraël, après ces deux années à Poudlard, connaissait bien le régime qui y régnait, et ne s'offusqua pas du manque de tact de l'inconnue. Seulement, il était déçu, et de lui même car il avait naïvement oublié la guerre verbale qui ne manquait pas de ressurgir au détour de chaque couloir, et d'elle, car la bonne impression générale qu'elle avait pu faire se trouvait anéantie.

Il n'était pas au bout de ses peines.
-Et pourquoi voudrais-je te faire plaisir ?  Je ne peux pas m’empêcher de penser.  Et puis à qui veux-tu que je répète la déplorable présentation de toi que tu viens de me faire ? Personne n’en a rien à faire. Moi la première. Mais rassure toi, il y a dans cette école une bonne centaine de personnes qui se jetterons à ton coup parce que tu es « sympa ». 
Cloué sur place, Azraël gratta l'herbe du bout de ses souliers noirs et eraflés, en souriant cyniquement, sa tête se balançant doucement de droite à gauche. Sans faire plus d'efforts que de répondre mécaniquement à chacune de ses sentences, elle venait de faire preuve d'une ironie trop usée, d'une méchanceté gratuite et pas assez relevée, et d'une tentative de se différencier des autres, commune à toutes les filles – et les garçons, cela dit – de son âge. Le poufsouffle s'apprêtait à l'attraper par le bras en lui disant ces quelques vérités en excusant, cela dit, grand prince, ces caprices propres à l'adolescence, mais la leste demoiselle l'esquiva en lui tapotant l'épaule d'un geste déplacé, et moyennement désolé. Comble de la plaisanterie ! La comédie était poussée à son apogée, et le sourire qu'elle s'était plaquée sur la face semblait prêt à craquer. Tant d'hypocrisie si visible, si vulgaire, en était navrant – il était réellement navré pour elle, et laissa échapper un petit rire.

Il jeta un coup d'oeil sur sa chevelure blonde qui se balançait dans son dos tandis qu'elle s'éloignait, renforçant le qualificatif de pimbêche qu'elle s'était vu attribuer dans l'esprit du jeune garçon, puis remarqua la veste verte. Tout s'expliquait ! C'était une serpentard ! Il éclata de rire, un rire franc désormais, qui ne s'adressait qu'à lui-même ; comment avait-il pu oublier le moule dans lequel les devises de la maison plongeait les plus jeunes – et les plus vieux aussi, il gardaient des habitudes jusqu'en septième année, quoique l'attrait de nouvelles expériences puissent parfois apaiser les tensions, qui se réglaient sur l'oreiller.... mais cela était d'un autre domaine, et les septième années étaient souvent, souvent étranges, dans leur comportement.

- Au fait, tu es au courant que la rentrée c’était le mois dernier ?

- J'ai fait un stage à Durmstrang, ai appris à faire taire les garces en un coup de baguette, marmonna-t-il, avant de soupirer un : Ouiiiii, je suis au courant, ne te monte pas la tête, et laisse les affaires des plus grands, aux plus grands, là où elles demeurent. Concentre toi plutôt sur ta première année et ton image chérie. Ouais je t'assure, la présentation implicite que tu fais de toi est tout aussi déplorable que toi, mais tu y es presque, promis, bientôt tu seras juste....
Il chercha un instant.
-... grotesque.

Azraël passa sa baguette dans ses cheveux, l'entortillant machinalement, et s'avança vers elle . Il avait encore le temps d'arriver, et décida de pousser le jeu – amusons-nous, puisque chaque personne se nimbe dans cette bouffonnerie de snobisme, dans ce comique hideux. Amusons-nous.. Rejoignant la fille, il passa son bras autour du sien, prenant un air de dandy londonien.

- Azraël, pour vous servir, pimbêche.

Quand il s'ennuyait, il jouait à faire l'idiot. A faire le con autour de lui, chahuter physiquement et dans sa tête, faire passer le temps en jouant vaguement, se faisant pouffer au moins lui, au mieux les autres. Cette attitude, masquée derrière un faux air amusé, était des plus tristes, au sens littéral du terme, si l'on y pensait bien.
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MessageSujet: Re: nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)   Ven 26 Avr - 22:48

-Ouiiiii, je suis au courant, ne te monte pas la tête, et laisse les affaires des plus grands, aux plus grands, là où elles demeurent.

Vesper regarda le grand brun presque choquée. Quoi ? C’était quoi son nouveau délire de la prendre de haut ? Premièrement, elle se fichait bien de ses affaires, les siennes étaient tout ce qui lui importait. Deuxièmement, elle ne se montait pas la tête. Elle s’était juste posée une simple question. Ce type se prenait vraiment pour plus important qu’il n’était. D’ailleurs, beaucoup dans cette école suivait cet espèce de comportement puéril. Le monde ne tournait pas qu’autour d’eux et une simple remarque ne signifiait pas qu’elle s’intéressait à eux, seulement qu’elle se posait une question. Les gens avaient tendance à chercher l’ironie, la cruauté, la méchanceté ou au contraire, une perche à nouer une amitié, un mot qui signifierait qu’elle aurait un pincement au cœur ou un compliment derrière ses paroles. Ne pouvaient-ils pas simplement prendre les mots pour ce qu’ils étaient ? De simple mots. Une simple question. Juste une simple question.

-Concentre toi plutôt sur ta première année et ton image chérie. Ouais je t'assure, la présentation implicite que tu fais de toi est tout aussi déplorable que toi, mais tu y es presque, promis, bientôt tu seras juste....

Juste ? Vesper fit demi-tour, marchant en direction du nouvel arrivant pour lui faire face. Oui elle était en première année. Oui elle ne pensait qu’à elle. Il aurait pu dire d’elle qu’elle était antisociale, qu’elle était chiante, égoïste, mais sous-entendre qu’elle était narcissique et imbue de sa personne était un peu gros.

-... grotesque.

Grotesque. GROTESQUE ? C’était elle qui était grotesque ?! Mais il s’était regardé avec sa tête de type qui vient de se lever, et sa valise à la main à 1 mois de la rentrée ? Entre eux, c’était lui qui faisait pitié. Il ne comprenait rien à la vie ce mec ! Vesper prit une respiration. Ce type ne valait même pas la peine qu’elle s’arrête sur lui. Il ne savait rien et parlait. Il se permettait de la juger sans même connaitre son prénom. C’était lui qui était grotesque. Elle l’avait blessé ? Ok. Est-ce que c’était une raison pour l’insulter ? Alors c’était ainsi qu’il fonctionnait ? Œil pour œil, dent pour dent ? Il ne trouvait pas son comportement digne d’un enfant de 5 ans franchement ?

-Et toi, qui es-tu pour te permettre de me juger ?

Si Vesper était douée pour quelque chose, c’était bien de regarder les gens sans laisser transparaitre le moindre de ses sentiments. Les sentiments étaient des faiblesses, et elle ne se laisserait pas marcher dessus par un pauvre paumé qui se permettait de la prendre de haut parce qu’il était plus âgé qu’elle. Aujourd’hui il la regardait comme une gamine et l’insultait, mais une fois sorti de poudlard, elle sera à la tête d’une multinationale et lui, il lui, il lui demandera « Désirez-vous un sucre avec votre café ? » Les gens comme lui, qui ne réfléchissaient pas avant de parler ne méritaient que cette place de larbin. Un travail bas et sans intérêt.

- Azraël, pour vous servir, pimbêche.

Azraël lui prit le bras comme si ils étaient de bons amis se rendant à une fête. Vesper le dévisagea comme si il avait une énorme tache sur le visage et retira son bras du sien en moins d’une seconde. Elle détestait qu’on la touche. Elle détestait qu’on soit aussi familié avec elle et surtout, elle n’aimait pas le ton qu’il employait pour lui parler. Parce qu’ils étaient tous deux des adolescents il pensait qu’il pouvait se permettre de lui parler comme ça ?

Et puis ce « pimbêche ». Il faut dire que pour le coup, Vesper eu du mal à cacher son mécontentement sur cette description qu’il faisait d’elle et sans dire ni merde ni bonsoir, elle lui mit une droite en plein visage. Et ça lui fit super mal. Elle n’avait jamais frappé personne.


-Ça c’était de la part de la pimbêche Azraêl.

Qu’elle fasse attention à son image ? Elle se fichait bien de l’image qu’elle pouvait donner aux autres, elle se fichait bien qu’on pense du bien ou du mal d’elle. Tout ce qui l’importait, c’était de réussir.

Vesper caressa un peu son poing tout en le regardant. Bon.. Elle avait peut-être un peu abusé. Ou pas. C’était quoi ce caractère ? Depuis qu’elle connaissait Cara elle devenait beaucoup trop gentille ! Ou plutôt, beaucoup trop… émotive. Il fallait qu’elle se contrôle face à sa sœur, elle n’avait pas le choix. Vesper acceptait beaucoup de chose d’elle qu’avant elle n’aurait pas supporté une seule seconde.

-Et pour ce qui est de mon image, tu imagines bien maintenant que je n’en ai rien à foutre.

Vesper posa sa main sur ses yeux. Il fallait qu’elle réfléchisse. Elle ne pouvait pas juste partir comme ça. Il était capable d’aller la dénoncer et de lui causer des problèmes… Ce n’était pas vraiment au programme de se faire des ennemis. Vesper voulait juste qu’on ne la fasse pas chier !

Vesper lui lança un regard posé et désolé au garçon. Il était évident qu’il lui manquait une case, elle aurait peut-être juste dû partir. Oui, elle aurait dû faire ça. Ne pas s’arrêter. Pourquoi est-ce qu’elle s’était arrêtée ?!


- Pourquoi la débilité des débiles est-elle devenue un fait de culture, alors que le fait bien plus épouvantable de la bêtise ordinaire ne bouleverse personne ?

Ce n’était pas d’elle, c’est vrai, mais de Jean Baudrillard, un sociologue français dont elle avait feuilleté le livre qu’il avait publié. Mais c’était une question qu’elle se posait tous les jours. Pourquoi les gens se comportaient-ils de façon complètement stupide pour être stupides ? Ils ne se rendaient pas compte que même en essayant d’être ordinaire, ils se comportaient comme des idiots ? Azraël était un parfait exemple. Quand il s’était présenté à elle, il avait réagi bêtement en la voyant, et maintenant, pour faire son malin, il appuyait la mauvaise image qu’elle avait de lui. Pourtant c’était peut-être quelqu’un de « sympa » comme il l’avait dit au début mais là… Comment trouver sa compagnie agréable ?
Vesper reposa ses yeux sur lui, affichant une fois de plus si peu de sentiment qu’il aurait pu dire d’elle que c’était un roc, un cœur de glace, au lieu de traité de pimbêche grotesque.


-C’était juste une simple question. Je n’ai pas cherché à blesser ton égo. Je ne suis simplement pas quelqu’un de très amicale.

Vesper tendit sa main au garçon.

-Je préfère les livres aux gens. Azraël.

Elle lui adressa un sourire. Franchement, elle ne savait même pas pourquoi elle c’était mise en colère. Qu’importe qu’il soit content ou pas ? Qu’importe qu’il la prenne pour une pimbêche ? Demain, il l’aura oubliée, et elle en aura fait tout autant.

-Vesper Hyde.

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MessageSujet: Re: nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)   Sam 27 Avr - 20:45

Et voilà comment une belle et lyrique après-midi pleine d'élans nostalgiques, d'hésitations romantiques, et de pas vers une destinée glorieuse, bordée par la nature sauvage et la solitude qui entourait le protagoniste, se transformait en mauvaise série B où les acteurs s'échangent à tour de rôle des vacheries tout public. Azraël, s'il n'avait pas trainé, ou s'il avait justement trainé plus longtemps sur la route, aurait pu être dans son dortoir en train de déballer ses affaires – il s'y voyait, lissant les tentures autour de son lit, empilant bon gré mal gré sa tonne de livres au pied de son lit, et enfouir dans le tiroir de la table de chevet les bonbons à l'anis qu'il suçotait à longueur de journée – il avait un temps aimé les Fizwizbiz, mais les effets indésirables l'en avait vite détourné. Comme tout est lié au hasard, et n'y est pas lié en même temps ! Comme chaque infime geste détermine le reste de votre vie, sans que vous ne le sachiez. Chaque souffle et chaque seconde, un engrenage vers le futur. Comme tout est solide, comme tout est ténu.

Le poing qu'il reçut sur la pommette, lui, n'était pas ténu, mais bien solide.
-Ça c’était de la part de la pimbêche Azraël. Et pour ce qui est de mon image, tu imagines bien maintenant que je n’en ai rien à foutre. 
Ils allaient tous les deux plonger lamentablement dans le vulgaire, suivant le script bateau de la série B évoquée. Elle se caressa le poing en serrant les dents et réfléchit un instant, tandis que lui se frottait le côté du visage endolori. Il souriait toujours, désolée, et extasié de voir comme les rituels et les scénarios n'étaient pas surprenant. La violence et la désertification de toute humanité regnaient dans les coeurs, s'y ancraient comme de sales cafards. La fille lui lança un regard plein de fausses excuses, lui sembla-t-il, plutôt teinté d'ennui et de lucidité recouvrée, avant de débiter un :
- Pourquoi la débilité des débiles est-elle devenue un fait de culture, alors que le fait bien plus épouvantable de la bêtise ordinaire ne bouleverse personne ? 
- Parce qu'il n'y a personne qui ne soit pas ordinaire et plein de bêtise, maugréa-t-il plus ou moins distinctement, pour lui-même, pour se désoler un peu plus encore de sa vue du monde – de Poudlard, car Poudlard était un petit monde en soi. S'il était dur avec ce qui l'entourait, s'il ne cessait jamais de jouer les insatisfaits, Azraël ne pouvait mentir sur un point : il n'avait plus que Poudlard. « Poudlard est ma maison », cette sentence s'appliquait pour lui comme à personne d'autre. Pas d'autre famille que la paternité pubère des préfets, pas de logis autre que sa place à la table des jaunes dans la Grande Salle, pas de repères mieux ancrés que Poudlard.

-C’était juste une simple question. Je n’ai pas cherché à blesser ton égo. Je ne suis simplement pas quelqu’un de très amicale. Je préfère les livres aux gens, Azraël. 
- Il n'y a pas de simple question sans sous-entendu, après une tirade pleine de cynisme, tu pardonneras donc ma réaction, mais les choses fonctionnent ainsi. Le cynisme appelle le cynisme, question de balance, tout est question de balance....
Le voilà reparti dans ses délires quand aux fonctionnement du monde. Il cessa net ici, mais s'imprima dans son esprit la grande carte du ciel, et les trous noirs, et les étoiles, et les comètes, et la lent, et pourtant si rapide, mouvement des choses – équilibre. Parfois, il se disait que Serdaigle, en dehors des binoclards qui fayotaient à la limite de la collaboration, aurait pu être maison où s'épanouir librement, entouré des moyens et objets de développer sa curiosité du monde.
En lui tendant la main, souriante, presque sincère crut-il, elle se présenta « Vesper Hyde. ». Il prit sa petite main dans la sienne, et lui adressa une pression sans rancune. Les esprits forts s'échauffaient vite, mais récupéraient leur souffle aussitôt, tels des bons athlètes.
Azraël se baissa pour récupérer sa malle, avisant de rentrer au château, mais dès qu'il pencha la tête un flot de sang sortit de son nez pour colorer l'herbe, sa veste et son menton. Merde ! S'exclama-t-il intérieurement, ça recommence. La faiblesse n'avait rien à voir là dedans, du moins il l'espérait, mais depuis un an environ, son corps n'était plus vraiment le sien. Il s'en sentait dépossédé, le voyait en spectateur évoluer, se mouvoir, et assistait sans rien pouvoir faire aux déboires que ce corps lui causait : comme cette agaçante tendance à saigner du nez au moindre choc ou aux premières chaleurs estivales. Son corps exhumait la fatigue et le stress de sa vie, peut-être, en tirant les rênes loin des mains d'Azraël.

En fouillant dans ses poches frénétiquement pour trouver de quoi éponger le torrent de liquide qui s'épanchait dans le tissu de ses vêtements, il pointa le doigt vers Vesper, et grommela entre deux suffocations :
- Vesper, les livres sont des gens, l'objectivation de ces gens. Humpf aïe. Sans v...vouloir t'insulter – nous avons eu notre dose pour aujour'humpg, aujourd'hui, prends plus de soin à apprécier/scruter les « gens » comme tu... tu dis.

La populasse serait décevante pour cette jeune fille, comme elle l'était pour lui. Mais c'est dans l'esprit d'êtres humains que germaient les idées, les mots, c'est au creux de leurs mains, contre leurs lèvres, que naissaient la floraison sublime des livres. Les auteurs, de livres, ou simplement d'idées, étaient là, parmi nous, cachés, attendant d'être découverts et portés à la lumière !
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MessageSujet: Re: nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)   Lun 29 Avr - 1:00

- Parce qu'il n'y a personne qui ne soit pas ordinaire et plein de bêtise.

C’était une question rhétorique. Il n’avait pas besoin d’y répondre. Surtout pour dire ce genre de chose. Il existait des gens qui n’étaient pas « ordinaire » et beaucoup qui n’étaient pas plein de bêtise. Certes, tout le monde faisait des bêtises à un moment de sa vie, mais dès le moment où on avait conscience du bien et du mal, de la bêtise de la sagesse, il existait des gens qui faisaient tout pour ne pas se tromper. Si cela arrivait, ce n’était pas parce qu’ils étaient idiot, seulement qu’ils étaient humains. Ça ne comptait donc pas dans la catégorie « bêtise », du moins, pas dans le sens où elle l’entendait.

Vesper considérait qu’elle faisait partie de ces gens. Elle faisait tout son possible pour ne pas agir bêtement, pour faire les bon choix, avancé sans jamais faillir. Ce n’était pas facile, et ça demandait beaucoup de sacrifice. Pour cette raison, elle n’aimait pas parler aux gens, d’une manière générale. Les ¾ des gens de son âge pensaient à s’amuser, boire, fumer, sortir. Tout cela ne l’intéressait pas. La vie était trop courte pour être gâché. Elle ne voulait pas perdre son temps. Mais en gagner. Vivre sainement, utiliser au maximum les capacités de son cerveau, apprendre tout ce qu’elle pouvait sur le monde, la vie, la magie aussi. Pourquoi voudrait-elle passer du temps avec des gens ordinaire et plein de bêtise
?

- Il n'y a pas de simple question sans sous-entendu, après une tirade pleine de cynisme, tu pardonneras donc ma réaction, mais les choses fonctionnent ainsi. Le cynisme appelle le cynisme, question de balance, tout est question de balance....

Voilà le gros problème de l’humain moyen : il essayait de trouver un sens caché là où tout était simple. Il s’emportait comme un animal quand il n’y avait pas la moindre intention de blesser. Et surtout, il interprétait, comme son cerveau le pouvait, des informations qu’il n’était, visiblement, pas capable de prendre à leur juste valeur.

-Je n’étais pas cynique. Simplement franche avec toi. Je considère qu’il faut toujours être sincère, que cela blesse ou non. L’hypocrisie est le pire trait de caractère qui soit.

Vesper détestait l’hypocrisie. Il n’y avait rien de pire à ses yeux. Voir des personnes être sympathique avec les autres par principe alors qu’ils se fichent royalement de leur prochain. Rien que lorsqu’elle voyait Anita, sa « mère » dire bonjour à leurs voisins… Anita n’était pas quelqu’un de méchant, mais elle leur disait bonjour parce que soit disant « c’est la moindres des politesses », elle pouvait le comprendre, mais pourquoi dire dans ce cas « Comment allez-vous aujourd’hui ? », personne ne répondait jamais « Horriblement mal » mais « Très bien et vous ? ». Ce genre de conversation d’usage était l’exemple même de l’hypocrisie collective et pourtant tout le monde trouvait ça normal. Mais pas Vesper. Elle ne demandera jamais à quelqu’un s’il allait bien alors qu’elle s’en fichait, et elle ne dirait pas bonjour à une personne avec laquelle elle n’avait pas envie de converser. Si elle voulait quelque chose elle le demandait, simplement. Sans discourt inutile ni fausse politesse. Sans hypocrisie aucune et manière absurde. Vesper était franche, sincère et froide. Sans tact c’est vrai, mais au moins, elle savait qui elle était, et elle ne le cachait pas. Elle préféré être détesté pour ce qu’elle était, plutôt qu’aimé pour ce qu’elle prétendait être.

Azrael se pencha pour récupérer sa valise. Vesper le suivait du regard. Ce type était un peu étrange. Déjà parce qu’il connaissait le sens du mot « cynique ». Oui, les gens de sa classe avaient tendance à ne pas être très futé, sauf Jim, et Cara bien sûr. 3 sur 20… parfois elle comprenait pourquoi les serpentard ne passaient pas pour des gens très intelligent. Etait-il à serdaigle ? Cliché certes, les gens intelligents n’étaient pas tous à serdaigle, mais à poudlard, il fallait s’habituer aux clichés parce qu’il semblait que la plupart y tenaient particulièrement et faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour que leurs vie entière en soit un.

D’un coup, Vesper vu un filet de sang couler sur le sol. Son petit coup de poing avait-il été si fort que ça ? Elle en doutait. Pas à ce point. Mais l’écoulement ne s’arrêtait pas et Azrael ne semblait pas trouver de mouchoir dans sa poche.

- Vesper, les livres sont des gens, l'objectivation de ces gens. Humpf aïe. Sans v...vouloir t'insulter – nous avons eu notre dose pour aujour'humpg, aujourd'hui, prends plus de soin à apprécier/scruter les « gens » comme tu... tu dis.

Elle n’avait pas de mouchoir non plus. Mais depuis qu’elle avait appris quelques sort, Vesper gardait toujours sa baguette sur elle, au cas où. Et pour une fois, elle allait lui servir. Elle la pointa sur l’ensanglanté.

-Episkey.

Voilà un sortilège utile. Bien plus que celui qui transformait un chiffon en plume… non mais à quoi ça pouvait bien servir d’apprendre ce genre de chose ? Vesper préférait emprunter des livres à la bibliothèque et apprendre les sorts qui lui plaisaient. Elle s’était beaucoup entrainer sur celui-là, ça n’avait pas été évident. Mais elle savait qu’un jour ou l’autre il serait utile. Et ce jour était arrivé. Le nez d’Azrael s’arrêta de saigner en moins d’une seconde. Cependant, elle ne pouvait rien faire pour les taches sur ses vêtements. Elle ne connaissait pas le sort.

-Les livres ne sont PAS des gens. Les livres sont des idées, des pensées. On peut aimer les idées d’une personne, mais pas la personne.

Azrael saisi sa main et se releva.

-Si j’aime les livres, c’est parce qu’ils disent les choses sans détournement, sans fausse modestie ni familiarité. Je n’ai rien contre toi, si c’est ce que tu as cru. Mais vu la manière dont tu t’es présenté à moi, tu semblais vouloir créer un quelconque lien avec moi, et avant que tu ne sois déçu, bien que ce soit déjà le cas, je ne serais sans doute pas quelqu’un de « sympa » avec qui tu voudras passer du temps.

Vesper fit une pause, tout en le regardant récupéré sa valise.

-Parce que moi je ne te dirais jamais rien qui ne soit pas sincère. Or la société actuelle prêche l’hypocrisie, tout comme l’amitié. Etre gentil pour être gentille ce n’est pas mon truc.

Vesper descendit les marches de l’entrée calmement.

-C’est donc sans la moindre arrière pensé que je te dis : Je suis certaine que tu trouveras une bonne centaine de personnes qui se jetterons à ton coup parce que tu es « sympa ». Parce que c’est que qu’aime les gens en général, les gens « sympa ».

Vesper lui lança un sourire doux, incroyablement sincère.

-Bienvenue à poudlard Azrael.

Vesper lui lança un clin d’œil amusé et partit en trottinant vers le lac.
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MessageSujet: Re: nothing changes, not even myself - pv vesper (terminé)   Mer 8 Mai - 12:43

Les humains étaient destinés à ne jamais se comprendre réellement. Emportés par leur folie des grandeurs, le tourbillon des plumes, les mille et un mots, noyés sous la masse des langues, tiraillés entre les sens différents, les hommes avaient dans leur langage une force et la plus grande des faiblesses : ils étaient capable de créer le son parfait, couché sur papier, des pensées les plus intimes, retournées encore et encore contre la paroi du crâne, et du bout de la plume gratter le parchemin, imprimant la marque gracieuse et déliée de ces pensées, qu'aucun, que personne, ne percevrait jamais comme elles avaient été écrites, pire, pensées. Les pensées étaient des âmes solitaire vouées au suicide sur la page de l'écrivain. Et que celui qui un jour fut transcendé par le sens, et ai ressenti la lumière douce de la compréhension mutuelle lève la main : il est un cas d'école !

-Je n’étais pas cynique. Simplement franche avec toi. Je considère qu’il faut toujours être sincère, que cela blesse ou non. L’hypocrisie est le pire trait de caractère qui soit.
Lui avait-elle répondu, ignorant ostensiblement la perche tendue du garçon. "Question de balance" resterait donc sans réponse, comme les questions personnelles du jeune homme. Il n'avait jusqu'alors jamais rencontré quelqu'un quit soit intéressé comme lui par ces questions qui tournaient autours du cosmos et avaient des résonnances métaphysiques.

L'hypocrisie n'était pas le pire défaut qui soit. Tout d'abord, Azraël détestait effectuer des classements ou préférences, alors il n'aurait pu penser ainsi, mais en cogitant un peu, l'hypocrisie n'était pas la pire. On pouvait la combattre avec le bouclier argenté de la sincérité, l'engagement de soi, et l'épée de la vérité. La mesquinerie, la jalousie, la paresse, l'inconstance, tout ceux là ne pouvaient que ployer devant le glaive. Mais qu'en était-il du narcissisme, ami fidèle de l'égoisme, frère de l'intérêt, siamois du désintérêt : la beauté de soi, soi juste soi, soi partout et dans tout, dans les échos des regards, chercher ces regards, inconsciamment peut-être, et ne s'abimer avec plaisir que dans soi, le reste n'étant qu'une longue course pour échapper à une certaine lassitude. Le narcissime, oublié souvent, régnait sur les pêchés comme un maitre, discret mais à l'ombre généreuse. C'est avec tristesse qu'Azraël baissait les yeux devant le rayonnement noir de Narcisse, compagnon de chaque coeur - du moins, d'une grande part des coeurs contre lesquels il avait projeté le sien.

Après lui avoir réparé le nez d'un coup de baguette - pourquoi diantre lui ne connaissait que des sorts, certes spectaculaires et étonnants, qui ne s'utilisaient que tous les 36 du moins, et encore, seulement si c'était un jeudi. Non mais franchement ! braiser une omelette d'oeufs de dragon, désinfecter des feuilles de mandragore, reconstruire une cheminée ! Très utile UNE fois dans la vie, mais qu'Azraël ne pouvait s'empêcher de retenir. Satané cerveau - parfois, il aurait bien aimé avoir les facultés et le sérieux des Serdaigles, pour pouvoir avoir une utilisation utile de la magie...
Après donc, lui avoir réparé le nez fragile et les saignements - inquiétants -, Vesper Hyde lui rétorqua quelques mots à propos des livres. Ils ne seraient décidément jamais, jamais d'accord sur rien, en quinze minutes de vie côte à côte.

-Les livres ne sont PAS des gens. Les livres sont des idées, des pensées. On peut aimer les idées d’une personne, mais pas la personne. Si j’aime les livres, c’est parce qu’ils disent les choses sans détournement, sans fausse modestie ni familiarité.
- On ne peut pas ne pas aimer la personne alors, car ses idées sont sa Raison, et la Raison est ancrée dans l'âme. Tu n'as juste pas rencontré ces écrivains que tu adules.
Il ramassa sa valise en la remerciant pour son nez, tout en le tatant soigneusement. Cette fragilité soudaine qui s'emparait de tout son corps, à certains moments, faisant valser en mal de crâne qui pulsait en lui, l'inquiétait vaguement. Non, l'inquiétait tout court. Il lui faudrait passer entre les mains de l'infirmière de Poudlard, et séjourner quelques heures dans les draps désagréables de l'infirmerie. Vesper trépignait un peu, et lui jeta un coup d'oeil vers la porte d'entrée. Il était temps de se séparer, et en quelques minutes, cette conversation ne serait plus, n'aurait même pas existée s'ils le souhaitaient - mis à part la trahison du t-shirt maculé de sang.

-Je n’ai rien contre toi, si c’est ce que tu as cru. Mais vu la manière dont tu t’es présenté à moi, tu semblais vouloir créer un quelconque lien avec moi...
- ..c'était une erreur que..
- ..et avant que tu ne sois déçu, bien que ce soit déjà le cas, je ne serais sans doute pas quelqu’un de « sympa » avec qui tu voudras passer du temps.
- ..la déception de viendra pas de toi.
- Parce que moi je ne te dirais jamais rien qui ne soit pas sincère.
- Trop de bonté miss Hyde et..
- ..Or la société actuelle prêche l’hypocrisie, tout comme l’amitié. Etre gentil pour être gentille ce n’est pas mon truc.
- La société c'est nous, toi, moi, les autres. Elle ne prêche rien, elle n'a pas d'âme, ni de conscience, sauf si tu lui en donnes une en la sacralisant.


Il avait dit ça très vite, parce qu'il était pressé, parce qu'il voulait cesser cette conversation conflictuelle, parce qu'il crachait sur la société, parce qu'elle n'existait même pas, où avait-elle été quand il tombait ?

- C’est donc sans la moindre arrière pensé que je te dis : Je suis certaine que tu trouveras une bonne centaine de personnes qui se jetterons à ton cou parce que tu es « sympa ». Parce que c’est que qu’aime les gens en général, les gens « sympa ». Bienvenue à Poudlard Azraël.

Ce dernier leva la main avec un demi-sourire vers la blonde qui s'éloignait joyeusement, poursuivant la route que leur rencontre avait mis en pause. Il ne répondrait rien à ce dernier affront. Tant pis s'il restait "le mec sympa" à ses yeux, aux yeux de n'importe qui, tant mieux, tant pis, qu'importe - après tout il l'était. En montant les dernières marches avant l'entrée, la nouvelle année, la nouvelle chance et le nouvel effort, à nouveau, Az pensa à une horde se jetant à son cou, comme elle l'avait prédit, et cette idée lui arracha un minuscule rire : qu'est ce qui était le plus improbable, que cela arrive, ou qu'il aime ça ? Et surtout, quel enseignement tirer ce cet échange ? C'est plus confus encore que vingt mètres auparavant que le jeune Kuhn débarquait à Poudlard, la grandiose.

FINI










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