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Happy Hour au Royal Oak [Pv]

 

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 Happy Hour au Royal Oak [Pv]

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MessageSujet: Happy Hour au Royal Oak [Pv]   Dim 31 Mar - 21:24

L'allée des embrumes. J'y étais né et j'y avais grandi. Ce lieu représentait tout ce que j'avais toujours connu, avec ses ruelles sombres remplies de clochards, ses poubelles débordant de rats et l'écho de ses rixes qui ne cessaient jamais vraiment tout à fait. Toutes ces choses faisaient partie de mon quotidien et je devais bien admettre que, du plus loin que je me souvienne, elles ne m'avaient jamais dérangé. J'avais été élevé au sein de cette misère et cette violence permanente. Je ne pouvais plus prétendre y accorder de l'attention. Ainsi, les ivrognes où les prostituées que je croisais le soir dans les rues trouvaient tout naturellement leur place dans ce sombre décor, au même titre qu'une vieille lampe qui siégerait depuis toujours dans mon living room.

Oui, j'étais blasé par cette existence pittoresque qui ne manquait pas une occasion de faire étalage de sa détresse. Toutes ces ruelles lugubres et malodorantes se ressemblaient, dans le fond. Pourtant, j'aurais su dire les yeux fermés quelles échoppes et quels bars s'y trouvaient et qui en étaient les habitués. "Barjow & Beurk" était sans doute le commerce le plus connu et en effet, il fallait bien admettre que ces vieux escrocs avaient eu leur heure de gloire du temps où les Malefoy, ainsi que d'autres politiciens corrompus, avaient encore leur place au ministère. Mais ces années là étaient bel et bien révolues et dorénavant, plus personne ne faisait de détour par l'allée des embrumes pour se procurer quoi que ce soit, à moins bien sûr de tremper dans des affaires de magie noire.

De ce fait, nous étions forcés de vivre en communauté. Et, à l'instar du monde extérieur qui ne tenait pas plus que ça à se mêler à cette collectivité, nous ne tenions pas non plus à nous intégrer parmi eux. D'ailleurs, il y avait si longtemps que je n'avais plus parcouru les rues lumineuses de Pré-au-Lard que j'étais presque certain que ce soleil aveuglant me brûlerait la cornée...
Mais quelles manières cavalières, je ne me suis même pas présenté... Mon nom est Angel Owns, j'ai vingt-cinq ans et je ne suis qu'un simple habitant de l'allée des embrumes.
Puis-je prétendre être différent et passer à travers la déchéance de ce lieu pittoresque? Non, bien sûr. Comment le pourrais-je? Je suis un produit cent pour cent terroir, cent pour cent truand.

Mon histoire n'est pas très intéressante et à dire vrai, je n'ai pas souvent l'occasion de la raconter. Il faut dire que dans ce milieu, on évite de poser trop de questions. Les gens sont ce qu'ils sont, point final. Quels crimes ils ont pu commettre il fut un temps, ce qu'ils ont pu faire dans le passé, il vaut mieux ne pas le savoir. D'ailleurs, dans l'allée des embrumes, on apprend vite que moins on en sait et mieux on se porte. Mais si vous insistez...
Je n'ai jamais eu la chance de connaitre ma mère. Elle est morte peu de temps après ma naissance des suites des complications de son accouchement. Quant à mon père, son foie n'a pas résisté aux litrons d'alcool qu'il a passé le plus clair de son temps à engloutir.

À seize ans, je me retrouvais donc sans parent et sans argent. Les seuls héritages que mon père me laissa furent des dettes colossales et son bar, le Royal Oak, qui n'avait rien de royal. Bar que je repris dès mes ASPICS obtenus.
Pourtant, on ne pouvait pas dire que je manquais d'ambition lorsque j'étais élève à Poudlard. J'étais élève à Serpentard, la meilleure des maisons, assidu et persévérant, mes notes descendaient rarement en-dessous de la moyenne... Mais je n'avais pas continué mes études. Pour aller où, de toute façon? Et avec quels moyens?
J'étais rentré à la maison et avais repris la place de mon père.

Et je n'avais pas à m'en plaindre car les affaires marchaient plutôt bien. Les clients étaient tous des habitués qui m'avaient toujours vu trainer dans les jambes de mon père et qui se foutaient bien de savoir si j'avais seize ans ou quarante quand je remplaçai pour la première fois mon paternel derrière le comptoir. D'ailleurs, peu de choses leur importaient vraiment à par la qualité du Whisky pur feu qu'on servait ici.
J'avais pris le coup, si l'on pouvait dire et peu à peu, j'étais rentré dans une routine des plus quelconque. Les soirs de semaines, seuls quelques pochtrons venaient pester contre leurs femmes en s'enivrant de rhum à partir de cinq heures de l'après-midi. Je les écoutais à moitié en essuyant des verres derrière mon comptoir et ma soirée se terminait rarement après minuit, heure à laquelle ces clients ne tenaient plus debout ou n'avaient plus de quoi payer. Le vendredi soir, par contre, le Royal Oak se remplissait instantanément dès la fermeture des commerces et la bierraubeure coulait à flot, réchauffant les coeurs et les esprits. Les gens se mettaient à parler fort, à rire à gorges déployées, on trinquait, on buvait... Et ce jusqu'à ce que tout se termine en altercation générale après que deux soulards aient commencé à se taper dessus.

Voilà pourquoi j'avais décidé d'engager une serveuse. Je faisais passer les entretiens ce mercredi après-midi, alors que le bar était normalement fermé.
Oh, bien sûr, ce n'étais pas comme si je ne savais pas exactement qui allait se présenter et comme si mon choix n'était pas déjà fait. Rosmerta Brown , la fille d'une vieille diseuse de bonne aventure du coin, serait parfaite pour ce job. Calme et sans histoire, elle serait bien plus facile à vivre que Poppy Meadowes ou Griselda Volkov qui étaient de vraies pimbêches qui me donnaient envie de sauter dans une fosse à serpents plutôt que de passer plus d'une dizaine de minutes en leur compagnie.
Un nom, en revanche, attirait mon attention au sommet de ma liste. Stella Lencer. Il ne me semblait pas la connaitre ce qui était plutôt étrange car tout le monde se connaissait, dans l'allée des embrumes... Peut-être était-elle particulièreme,t discrète, peut-être resiturai-je seulement son visage? Dans tous les cas, je serai bientôt fixé car elle passerait le seuil du Royal Oak d'ici quelques minutes... .
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MessageSujet: Re: Happy Hour au Royal Oak [Pv]   Lun 1 Avr - 21:57

Pour certains, la chance était liée au hasard ou au destin, mais parfois, il fallait savoir la provoquer pour la faire pencher le plus possible de son côté, à partir d’éléments, qui ajoutés les uns les autres, limitaient grandement les possibilités d’échecs. On retrouvait les statistiques partout et pas seulement dans les mathématiques, et si ici il ne s’agissait pas de chiffres, ce n’était pas une raison pour laisser place à quelques doutes, un peu vagues, mais qui pourrait faire toute la différence pour l’entretient.

Nous étions trois à la maison, maman, ma sœur et moi, mais avec un seul salaire pour deux enfants à charge, ce n’était pas facile de joindre les deux bouts et si quand j’étais à Poudlard, je n’y avais jamais vraiment réfléchit les nouvelles responsabilités d’adulte que j’avais depuis quelques années, même si elles étaient encore moindres puisque je ne volais toujours pas de mes propres ailes, m’étaient un peu plus évidentes chaque jour, surtout que depuis quelques temps, et bien oui, je voulais prendre mon envol. Maman avait tout de suite proposé de m’aider, on avait un peu de côté en cas de coups dur et aussi, parce qu’elle avait prévu que ce moment arriverait un jour où l’autre, et si je ne refusais pas, ça n’allait pas être assez pour avoir un appartement, et encore moins pour le projet que j’avais pour la suite. Mais ce n’était pas grave, rien de très démotivant : moi aussi, j’allais travailler ! J’avais tout de suite cherché dans le secteur qui m’intéressait : les animaux, mais la boutique sur le chemin de Traverse n’avait pas besoin d’employés supplémentaires, et rapidement j’avais dû revoir mes ambitions à la baisse : équipe complète, ne recherche pas actuellement, désolée mademoiselle, mais vous n’êtes pas qualifiée pour ce travail… Je ne rechignais à aucune tâche pourtant, même les plus ingrates, surtout si c’était pour avoir un fond solide sur lequel débuter, et ça ne me dérangeait pas d’apprendre ; mais ce genre d’arguments étaient bien pauvres, devant des personnes d’une quarantaine d’années qui ont déjà une idée toute faite de la jeunette qui se trouve juste en face d’eux…

Et puis j’avais entendu deux vieilles dames, tout de noir vêtues, avec l’une au dos si courbé que je m’étais demandée si il n’allait pas toucher le sol, en train de revenir de cette rue que je n’empruntais jamais et pour cause puisqu’il s’agissait de l’Allée des Embrumes ; l’autre, apparemment répétait plusieurs fois à la première qu’on cherchait un serveur dans ce pub, mercredi, milieu d’après-midi au Royal quelque chose, je n’avais déjà plus écouté la suite, parce que qu’est-ce que j’étais bête de ne pas avoir pensé aux Bars plus tôt !

… Mais les bars devaient estimer qu’eux aussi étaient en sur effectifs parce qu’on m’avait claqué la porte au nez au Chaudron Baveur, et quand j’avais transplané jusqu’à Poudlard, ça avait été sur le même air de musique que les Trois Balais me recontacteraient au besoin – c’est-à-dire jamais – Mme Pieddodu elle disait avec sa grosse bouche en shamallow qu’elle m’aurait accepté avec plaisir, mais qu’après ça, elle ne pourrait plus payer le reste de ses salariés et quand j’avais demandé chez Honeydukes où se trouvait la Tête de Sanglier, parce que c’était dans les petites ruelles plus sombres et je me perdais tout le temps dedans, en expliquant pourquoi je voulais aller là bas pour me dédouaner de toutes mauvaises intentions, le patron m’avait appris qu’il y avait déjà un jeune qui y travaillait (comment il le savait ?) qu’il avait à peu près mon âge et qu’on avait dû être à Poudlard ensemble, bref, que c’était dans mon intérêt pour moi qu’il soit à ma place et qu’une jolie fille dans un taudis, c’était du gâchis ! et là, j’avais commencé à trouver cette affaire vraiment agaçante, parce que ce qui aurait dû prendre le temps d’une après midi, était en train de s’agrandir dans des proportions qui reculait mon rêve – double rêve – un peu plus loin…

C’était à ce moment-là que je m’étais souvenue de la petite mamie ronchon. Après tout… un bar restait un bar, de l’argent restait de l’argent, et je n’allais pas faire la fine bouche tout ça parce que l’Allée des Embrumes, c’était un peu là que créchait toute la mafia sorcière et c’était aussi pour ça que je n’y avais jamais mis un pied en vingt deux petites années d’existence. Le Royal Cheese (pardonnez mes références moldues, avec une maman sans pouvoirs magiques à la maison, on entend de tout) voulait une serveuse ?! Et bien voilà, elle arrivait sur un plateau d’argent !

Voilà comment je me retrouvais à choisir avec soin tenue et coiffure, car la première impression, quitte à être forte, elle devait être dans le bon sens, et une apparence agréable faisait toujours plaisir à la clientèle, et ça que je devais mettre en avant, donc j’avais arrangé mes cheveux en les relevant, et comme je ne savais pas à qui j’allais devoir avoir à faire, j’avais choisi des vêtements à la fois élégants, mais décontractés ; je ne voulais pas passer pour quelqu’un de pète sec non plus ! J’avais du mal à me dire que ce n’était pas un accoutrement pour se rendre dans l’Allée des Embrumes, quand même une jupe, je n’étais pas la première fille qui en mettait ! Je n’arrivais pas à réaliser que c’était dans cet endroit que j’allais postuler, c’était peut être aussi pour ça que je n’étais pas inquiète et que je n’avais pas peur ; on m’avait parfois reproché cette désinvolture que certains jugeaient comme de l’inconscience qui me poussait à faire ce que n’importe qui d’autre d’un peu plus raisonnable n’aurait jamais tenté. Qu’est-ce que ça pouvait faire ! Il n’y avait pas de place pour la crainte, j’avais besoin de ce job, je n’allais quand même pas laisser un stupide nom qui rendait le lieu lugubre dans cet appellation, être une entrave à mes désirs !

…Certes. C’était vraiment un lieu lugubre. Au moins, j’avais eu la conscience de mettre un manteau assez long qui descendait jusqu’aux genoux parce que même avec ça mon regard suppris à deux ou trois reprises ceux alcoolisé dans sans abris qui attendaient, assis sur le trottoir, quand je relevais parfois la tête pour chercher le pub – il ne devait pas y en avoir quinze mille de Royal, je ne sais pas quoi ! – mais le reste du temps je marchais droit devant moi ignorant le paysage et les sifflements (je détonnais tant que ça dans le paysage ? Il fallait sortir de dimanche, et à la fin lorsque je finis par demander mon chemin à la femme qui avait l’air la moins suspecte ici (c’est-à-dire qui ne cachait pas des têtes réduites dans sa tête) et qui m’appris que je trouverais mon bonheur à la prochaine rue à droite, et qu’un homme passa sa langue sur ses lèvres en me jaugeant, je claquais la mienne contre mon palet en lui faisant les gros yeux avant de relever le menton et de prendre la direction opposée : je n’étais pas une Dragée Surprise de Bertie Crochue !

Pas mécontente de passer enfin la porte, du Royal Oak, donc, d’après la devanture, j’espérais que l’intérieur serait plus engageant, sauf que… non. Décidément, celui qui avait trouvé ce nom ne manquait pas d’humour ! Je trouvais tout de suite celui que je cherchais, parce qu’il était la seule personne présente ici, et rien qu’à sa prestance, je devinais que c’était lui qui était aux commandes, mais je n’allais pas me laisser impressionner, juste par une montagne de muscles ! J’étais tout juste à l’heure, mais pas en retard, et la démarche sûre, allait m’installer juste en face de mon interlocuteur en le saluant d’un grand sourire, parce que quand on me souriait, j’avais instinctivement envie de faire de même exactement quand quelqu’un baillait et qu’on se retrouvait avec l’irrémédiable envie d’agir pareil, mais allez savoir, le patron dont j’ignorais le nom d’ailleurs, devait avoir une crampe à a mâchoire, ça pouvait arriver à tout le monde. J’enlevai mon trench avant de m’asseoir, parce qu’il ne faisait pas si froid que ça et que j’étais bien plus à l’aise sans. Prête à répondre à toutes ses questions, avant toute chose, je me débarrassais des commodités d’usages en lui tendant la main droite que j’avais même vernie pour l’occasion.

- Stella Lencer, me présentai-je. Bonjour. Oh quoi ?! Une crampe à la main aussi ? Au bout d’une seconde ou deux (il y en a qui sont morts comme ça…) je laissai retomber la mienne sur la table en posant la paume à plat, afin de garder une contenance. Si c’était une technique pour me juger, il allait m’en falloir plus ! C’est en général ce qu’on dit, lorsqu’on rencontre quelqu’un, ne pus-je m’empêcher de souligner mais avec douceur et un sourire, sans être hautaine, mais comme si j’étais en train d’expliquer à un garçon les politesses d’usage d’un bon échange en société, parce que depuis trop longtemps, il avait vécu dans un univers parallèle, ce que j’étais de plus en plus en train de croire, l’Allée des Embrumes n’y étant pas pour rien… Mais après tout, rien de mieux qu'une plaisanterie pour briser la glace, non ?

...Pas étonnant que ça ne se bouscule pas au portillon pour travailler ici s’il était aussi peu charismatique !

- Je suis là pour le poste
, précisai-je, parce que si ça m’avait semblé inutile de le dire au début, je commençais à avoir des doutes… Je démarrais à froid, comme ça, où il allait enfin me poser des questions ? C’est bien ici qu’on recherche une serveuse…? Je crois…? Interrogeai-je en vérifiant rapidement autour de moi, bien que ce soit inutile puisque nous étions les deux seuls gens présents dans l’enceinte.

Ne me dites pas qu’il y a deux bar portant « Royal » dans leur nom dans ce patelin…
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MessageSujet: Re: Happy Hour au Royal Oak [Pv]   Dim 14 Avr - 20:45

La première chose que je pensai en me retournant après avoir entendu la porte claquer fut que Stella Lencer n'était pas du coin.
Absolument pas du coin.
Sans un mot, je la regardai évoluer dans la pièce jusqu'à la table qui se trouvait la plus proche de moi, enlever gracieusement son manteau et s'asseoir. Alors seulement, je me rappelai comment faire pour respirer.

Non mais d'où est-ce qu'elle sortait celle-là? Enfin, il ne fallait pas avoir inventé l'eau chaude pour se douter qu'une jupe n'était pas le choix le plus judicieux pour un petit tour dans l'allée des embrumes! Pour info, ça ne s'appelait pas comme ça à cause de l'ambiance feutrée et romantique qui aurait pu y régner!
J'en étais carrément à me demander comment elle avait pu arriver jusqu'ici sans se faire agresser.

Mais ce n'était pas tout! Le reste de sa tenue, le vernis sur ses ongles, la mèches roses dans ses cheveux, tout ça, c'était trop pour moi! J'avais l'impression de recevoir un arc-en-ciel en pleine face, c'était... renversant et déconcertant.
Plus sérieusement, je n'avais pas l'habitude de tant d'exubérance! Les gens ici portaient des couleurs sombres; du noir, du gris, du marron... À la rigueur, du kaki pour les jours de fêtes. Comparée à eux, la jeune fille en face de moi me donnait l'impression d'être un personnage de dessin animé débarqué dans un film en noir et blanc.


- Stella Lencer. Bonjour, me lança t-elle avec un grand sourire.J'aurais bien aimé le lui rendre mais j'avais perdu l'habitude de me montrer aimable avec qui que ce soit. C’est en général ce qu’on dit, lorsqu’on rencontre quelqu’un, cru t-elle bon d'ajouter après un bref silence de ma part.

Sans sourciller, je regardai sa main vernie retomber mollement sur la table. J'aurais bien voulu répondre à sa salutation mais j'étais toujours trop choqué par ce que j'avais sous les yeux pour réagir. Cela dit, il fallait me comprendre; dans l'allée des embrumes, les filles qui s'adressaient à vous le faisaient en mâchant leur chewing-gum la bouche grande ouverte tout en entortillant négligemment une mèche de leurs cheveux autour de leur doigt un air aguicheur accroché au visage.


- Je suis là pour le poste, reprit-elle, comme je ne disais toujours rien. C’est bien ici qu’on recherche une serveuse…? Je crois…?

Alors seulement je retrouvai l'usage de la parole.

-Ouais, c'est bien ici.

Je n'ai pas la moindre idée de comment vous l'avez su, pensai-je, mais c'est bien ici.

-Je suis Mr Owns, le propriétaire du bar...

Sans blague...
Dans un effort surhumain, je réprimai un roulement d'yeux. La situation me parassait tellement absurde! Tout le monde, dans l'allée des embrumes, savait qui j'étais. Je n'avais pas eu à me présenter depuis quoi? Dix ans? Tout ceci était vraiment trop bizarre... Qu'est-ce qu'une gosse comme elle foutait là, hein? Ils ne prenaient plus de stagiaires dans la boutique d'animaux du coin ou chez Mme Pieddodu?

Dans un soupir, je tirai la chaise la plus proche de moi et m'y asseyais à califourchon tandis que je tentai de me raisonner. Après tout, il ne fallait pas être plein de préjugés. La jeune femme était plutôt jolie et peut-être qu'un peu de sang neuf et chair fraiche pourrait attirer de nouveaux clients... Je décidai donc de la jouer sérieux et de procéder à un entretien d'embauche tout ce qu'il y avait de plus professionnel.


-Alors, Miss Lencer, commençai-je, est-ce que par le passé vous...

Eussiez? Eues? Arf, c'était tellement prévisible. Je me doutais bien qu'un jour viendrait où je ne saurais plus utiliser le vouvoiement...
Je laissai ma phrase en suspens un instant, le temps de me débattre avec mon bescherelle mental, avant de finalement baisser les armes.


-T'as déjà bossé comme serveuse?

Chassez le naturel et il revient au galop comme on dit. Mais bon, c'était en quelque sorte un service que je rendais à cette gamine. Si elle s'attendait à des "mademoiselle" à tout bout de champ et à des baises-main en venant bosser ici, elle allait être rudement déçue.
Distraitement, je jetai un coup d'oeil à ma liste de serveuses potentielles. Elle était inscrite sur un parchemin que j'avais ensorcelé avec soin et qui m'indiquait qui devait se présenter pour le poste et à quel moment. Rosmerta était en route, Poppy et Griselda aussi... Avec un peu de chance, mon entretien avec Stella Lencer ne s'éterniserait pas. Je n'avais rien contre elle mais à moins qu'elle ne m'annonce à l'instant qu'elle savait faire tenir cent verres en pyramide sur un plateau, il me semblait évident qu'elle n'était pas du tout faite pour ce job.
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MessageSujet: Re: Happy Hour au Royal Oak [Pv]   Mer 17 Avr - 14:28

J’avais toujours beaucoup entendu de préjugés sur les Poufsouffle, mais il n’y avait rien qui puisse me faire changer d’avis sur ma maison de cœur et de sang. J’imaginais que c’était à peu près la même chose pour les autres élèves de Poudlard issues de maisons différentes, cette fierté qui vous venait du creux de la poitrine pour vous en faire parler qu’en des termes élogieux, parce qu’on ne voit pas les défauts dans les choses qu’on aime. Mais dénigrer les autres maisons, jamais ? Elles avaient toutes leurs valeurs, mais aussi des traits caractéristiques qui ne me plaisaient pas trop, donc je m’étais dit qu’il devait à peu près s’agir de la même chose pour les Poufsouffle, même si de tête, je n’aurais su dire ce que je trouvais de si déplaisant chez nous ; d’autant que les autres se chargeaient de le faire à notre place, un peu comme lorsqu’on est choisi en dernier pour faire un binôme en cours de potions, la cinquième roue du carrosse pour être plus exacte. Je refusais de rentrer dans ce jeu du qui sera le meilleur demain, et je donnais toujours le meilleur de moi-même, parce que ce n’était pas les autres qui comptaient mais bien moi, et c’était peut être pour ça que mon évolution avait été aussi agréable, parce que je me sentais à ma place, je m’y sentais bien, avec des amis sur lesquels compter et inversement.

Et où, l’homme qui se tenait en face de moi, avait-il fait ses études ? Je m’amusais à le détailler, à la fois dans la discrétion, même si c’était difficile de ne pas loucher sur lui, et même si c’était un jugement hâtif, je le voyais mal avoir fait partie un jour des jaunes et noirs, déjà parce que j’étais sérieusement en train d’envisager qu’il avait dû recevoir un sortilège des lèvres scellées pour être aussi peu avenant, même si ce n’était pas assez pour me décourager. Pas à Gryffondor non plus. Sa fierté l’aurait empêché de tenir un endroit aussi sordide, bien que le nom du bar était un peu prétentieux pour ce qu’il s’y renfermait à l’intérieur. Mais après tout, pourquoi pas, ce n’était peut-être rien de plus qu’un timide au grand cœur… Ce qui contrastait vraiment avec son physique imposant et bien bâti, mais le jeu des apparences n’était peut-être rien d’autre qu’une stratégie qu’il tenait à développer pendant l’entretien, et je n’allais tomber dans le piège aussi facilement !!!

-Ouais, c'est bien ici.

Je gardais le visage que je m’étais composée, chaleureux et prêt à relever tous les défis afin de ne pas retenir ses manières impolies – si c’était moi qui avait dû mener cette entrevue, ce ton m’aurait suffi à y mettre un terme ! Candidat suivant ?

-Je suis Mr Owns, le propriétaire du bar...

Je me trouvais en bon endroit et c’était l’essentiel, parce que je ne perdais pas de vue mon objectif principal, celui de me faire employer ici, et si j’étais persuadée que de nous deux, j’étais celle qui pour le moment devait faire meilleure impression – on aurait dit qu’on était en train de le traîner devant le Magenmagot après avoir été accusé de lèse-majesté ! – peut être que c’était pour garder sa couverture.

- Je suis sûre que… je voulus faire une petite boutade en faisant remarquer que sans la poussière et les vieux meubles, cet endroit devait sans doute être charmant et resplendissant, mais faire des remarques sur l’arrangement du lieu, ce n’était sûrement pas la meilleure chose à faire pour gagner des points.

A la place, j’opérais une tentative pour me rattraper, mais le grincement de la chaise que l’on traîne sur le sol sans cérémonie m’ôta les mots de la bouche. Et bien ! C’était pour coller à l’Allée des Embrumes qu’il enchaînait comme ça les mauvaises manières ? Je me raclais néanmoins la gorge comme si ses allures de rustre, ne me dérangeait pas du tout. Mais puisque j’étais là pour une raison bien précise…

-Alors, Miss Lencer, est-ce que par le passé vous...

Il se passa ce moment très étrange où je ne sus si je devais enchaîner, ou alors si ça aurait été très mal perçu de poursuivre à sa place. Dans le doute, j’eus un nouveau sourire, pour l’inviter à continuer, pendant que, ne sachant que faire de mes mains, je les posais sur la table.

-T'as déjà bossé comme serveuse?


Ah, apparemment, je n’avais pas dû être informée de ma présence dans l’épisode où l’on passait du vouvoiement au tutoiement, mais finalement, au lieu de me mettre mal à l’aise, ça collait bien avec la crasse qui régnait ici, et sans me démonter, je préférais jouer cartes sur table :

- Jamais. Pas très encourageant comme prestation jusqu’à maintenant, mais mon discours était déjà en train de se dessiner. Mais toutes les serveuses ont dit ça un jour, sauf que pour moi… c’est aujourd’hui ! Mais s’il faut faire une comparaison, je n’ai jamais fait de gros trous sur les tables de la classe de potions à l’école en renversant des fioles par hasard, et j’imagine que ce n’est pas le genre des clients - d’ici, ouf, ça ne m’avait pas échappé, parce que ça aurait pu être mal perçu – de vouloir perdre la moindre goutte de leur verre !

Je partais avec des points faibles, j’en avais conscience mais cette présentation était originale, et puis, il fallait bien, à un moment où à un autre, commencer quelque part ! Après un petit débat mental entre le « Je » ou le « vous », je pris le parti d’y aller franchement :

- Vous avez besoin d’une serveuse, et j’ai besoin d’argent, en termes de contrat, c’est assez raisonnable ! Etre serveuse ici ou ailleurs m’était égal, parce que le travail à faire restait le même et je ne savais pas si j’avais oui ou non des concurrentes directes, mais déjà, ce n’était pas les asthmatiques qui allaient se bousculer jusque ici ! Et puis quelque chose me disait que si ce Cher Mr Owns cherchait une serveuse, c’était bien parce que celles qui courraient l’Allée des Embrumes étaient un tout autre genre de… « Serveuse ». Je compte habiter juste à côté, donc les heures ne devraient pas être un problème !

Ce n’était pas encore fait, mais j’allais avoir besoin d’un appartement sur le Chemin de Traverse ; là où le soleil n’oublie pas de se lever…
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MessageSujet: Re: Happy Hour au Royal Oak [Pv]   Dim 12 Mai - 19:42

- Jamais.

Paaaaarfait! Mon discours de refus poli mais néanmoins définitif se construisait dans ma tête en même temps que la jeune fille poursuivait son babillage incessant. Il fallait dire que dans le coin, on ne prenait pas des pincettes pour grand chose et que d’habitude, pour refuser quelque chose je me contentais d’un "non" simple, efficace et limpide. Cependant, Stella Lencer avait fait l’effort de se venir jusqu’ici et je sentais bien que malgré mes manières un peu rudes, il serait mal venu de me montrer aussi abrupte avec une petite nature comme elle.

- … et j’imagine que ce n’est pas le genre des clients de vouloir perdre la moindre goutte de leur verre !
-En effet…
répondis-je distraitement alors que je n’avais pas écouté la moitié de ce qu’elle avait à dire.

J'ouvris la bouche pour lui annoncer ma décision mais la jeune fille était déjà repartie dans ses explications enjouées...
Ce concentré de bonne humeur me mettait le coeur au bord des lèvres.


- Vous avez besoin d’une serveuse, et j’ai besoin d’argent, en termes de contrat, c’est assez raisonnable ! Je compte habiter juste à côté, donc les heures ne devraient pas être un problème !

Pardon?!
Je m'étranglai à moitié en avalant ma salive et détournais la tête pour toussoter.
Avais-je bien compris?!


-Miss Lencer, commençai-je alors que ma salive était toujours coincée dans ma gorge.

Comment lui dire... Elle déraillait complètement la p'tite! Habiter dans l'allée des embrumes... Mais oui, bien sûr! L'agence immobilière du coin allait lui trouver un joli petit nid douillet avec vue sur le parc et géranium sur le balcon... Pff.
Je m'apprêtais à lui dire tout cela mais je fus forcé d'attendre de pouvoir respirer à nouveau. Lorsqu'enfin ma trachée se dégagea et que je pus me retourner vers mon interlocutrice, mon regard se posa instinctivement sur mon parchemin ensorcelé et une fois de plus, mon coeur manqua un battement.

Rosmerta Brown n'était plus sur ma liste.

Je pouvais respirer normalement à présent, pourtant, je sentais comme des palpitations et de la sueur commençait à perler sur mon front. Mais où était-elle passée cette petite écervelée? Je saisis fébrilement le parchemin, oubliant momentanément la présence de Stella. Evidement, Poppy et Griselda étaient toujours sur le coup mais la seule candidate valable pour ce poste venait de s'évaporer dans la nature!!!
Je relevai les yeux vers la jeune fille qui me fixait toujours, l'air un tantinet inquiet pour moi. J'avais à présent le choix entre elle et deux horribles commères sans une once de cervelle...
Mon sang ne fit qu'un tour; la planche ou le goudron, il fallait choisir!


-C'est cinq gallions de l'heure, déclarai-je de but en blanc. Une misère dans le milieu mais si ça ne lui convenait pas, c'était pareil.

Je me levai brusquement, lui laissai à peine le temps de m'imiter et lui serrai rapidement la main. Vite, avant que je ne change d'avis...


-Vous commencez demain à dix heures, enchainai-je. Ne soyez pas en retard. Et cette... chose, terminai-je en désignant sa jupe d'un signe de tête, ne la remettez plus. Jamais.

À ces mots, je me rassis sur ma chaise tandis que la porte du bar s'ouvrait à la volée sur Poppy Meadowes. J'écoutai à peine ma nouvelle serveuse me remercier en quittant la pièce, préférant ne pas trop penser à ce que je venais de faire...
Je ne lui donnais pas une semaine dans cette ambiance sordide mais ce serait déjà une semaine de moins à passer avec Poppy. Et d'ailleurs, cette pin-up décolorée et provocante venait de s'asseoir juste en face de moi en m'adressant un petit clin d'oeil, ce qui n'était pas sans me rappeler qu'en cette minute, Stella Lencer n'était pas mon plus gros problème... .

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MessageSujet: Re: Happy Hour au Royal Oak [Pv]   Lun 20 Mai - 20:09

Est-ce que ça aurait été faire preuve de candeur de penser que j’avais mes chances en essayant d’obtenir ce job. Oui, j’y croyais, j’avais toutes mes chances, et je voulais y croire. Hormis la saleté, et les environs, ça restait un bar comme… les autres… il suffisait juste de faire abstraction de tout ce qu’il y avait autour et tout était joué ! M’inquiéter des jours prochains me paraissait tout ce qu’il y a de superflu et à vrai dire, l’étape, je travaille en tant que serveuse au Royal Oak était entre parenthèses et je me voyais déjà dans ma future jolie boutique réarrangée selon mes goûts et mes désirs – ce qui incluait de ne pas demander à Owns d’être mon décorateur d’intérieur.

-Miss Lencer.

Je n’en avais pas terminé avec ma campagne. Tout ça, ça me rappelait un peu les élections des Miss & Mister qui se passaient avant à Poudlard, et j’avais l’habitude de prendre la parole pour défendre ma cause ! Je me demandais s’ils les organisaient toujours…

- Avoir une fille dans l’équipe attirera plus de clientèle, fis- comme si je n’avais pas été interrompue un seul instant.

C’était une question de bon sens – j’étais la fille, j’amenais les hommes – il était le garçon, il amenait les femmes. Je ne voyais pas meilleur moyen d’équilibrer les choses, même si, sitôt que j’eus avance mon argument, je me demandais qui parmi la gente féminine aurait eu envie de franchir le seuil de bar sans avoir peur de risquer la crise d’asthme car Owns était bien naïf de croire que son portrait agréable à regarder se chargerait de remplir sa caisse.

Je croisai mes jambes que je décalai légèrement sous la table ; je ne cherchai en aucun cas à lui faire du rentre dedans, mais puisqu’il avait l’air assez long à la détente –l’air ambiant ne devait pas y être pour rien le pauvre ça avait dû lui boucher quelques parties essentielles de son cerveau qui étaient normalement favorables à la réflexion – peut être qu’une preuve visuelle plus qu’oral, c’était de ça dont il avait besoin et si ses hormones étaient parties en vacances dans l’espoir qu’à elles seules, elles allaient pouvoir braquer Gringott, il n’avait plus qu’à mettre la clé sous la porte.

-C'est cinq gallions de l'heure.

Ah il venait de comprendre que s’en prendre à un Gobelin n’était peut être pas la solution la plus envisageable sur le long terme ! Enfin, à moins d’avoir envie d’être nourri, logé, blanchi à Azkaban, les fantasmes masculins demeuraient parfois inexpliqués pour toujours.

Comme un éclair, sa main était venue se tendre sous mon nez ; dis donc, de tous, c’était certainement l’entretien le plus… cocasse que j’avais eu jusque là et nos doigts s’effleurèrent à peine que les siens se retirèrent comme s’ils avaient été brulé. Telles deux oppositions, Owns repris place sur sa chaise branlante pendant que j’attrapai mon manteau sur le dossier de la mienne afin de pouvoir m’y cacher à l’intérieur, effectuant un rapide calcul mental des cinq gallions de l’heure qu’il proposait. Je ne comptais pas la jouer fine bouche ; j’allais bien pouvoir en exiger quelques uns supplémentaires une fois engagés, parce que comme je l’avais dit, il était l’homme, j’étais la femme, et vu l’engagement que ça impliquait, celui qui avait inventé le dicton de tout travail mérite salaire était sûrement une fille elle aussi !!!

-Vous commencez demain à dix heures. Ne soyez pas en retard.


Sa réaction confirma mes doutes ; il lui fallait quelqu’un rapidement et j’avais su saisir l’opportunité au vol. Bar des Trois Balais ou Royal Oak, le travail était le même, la seule différence, c’était qu’on avait pas besoin de mettre des lunettes de soleil pour aller dans l’Allée des Embrumes…

- Evidemment exactement comme si j’avais passé ma nuit ici ! lui assurai-je parce que lorsqu’on dort sur place, il est impossible d’être en retard.

J’ajoutai à cela mon plus beau sourire, et…

- Et cette... chose – pauvre homme, qu’est-ce que je disais, son déficit à cause de la poussière allait jusqu’à polluer son vocabulaire.

- C’est une jupe. Les filles en mettent parfois, dis-je en plaisantant comme je l’avais fait plutôt, en le saluant. J’avais l’impression que ce jeu de miroirs n’était pas près de cesser.

Et que ce n’était qu’un début.


- Ne la remettez plus. Jamais.


J’ouvris la bouche prête à répliquer que vu la fille que j’avais croisé avant d’arriver dans la rue, mes vêtements avaient le même effet que quelqu’un portant la robe juste au dessus des chevilles, mais on ne savait jamais ; est-ce qu’on avait le droit de renvoyer quelqu’un qu’on venait d’engager sans préavis ?

- En revanche, je ne crois pas pouvoir me plier à la règle de la tenue réglementaire… sans vêtement, fasse partie de mon domaine de compétences, je venais de prendre le contre pied de sa demande car j’avais effectivement compris que son allusion était tout sauf celle que je venais de sous entendre, mais quoi, il n’allait quand même pas esquisser l’ombre d’un sourire er briser la glace ?

Je ne pus continuer ; une autre femme venait de faire son apparition dans le pub afin d’occuper la place que j’avais eu tout juste quelques secondes plus tôt. Toutefois, je quittais le Royal Oak avec le sourire, car s’était déjà parfaitement imprimée dans mon esprit la commissure des lèvres un peu désabusée d’Angel Owns qui ne savait pas s’il devait prendre au pied de la lettre ma dernière remarque.

Le second degré, ça n’avait rien à voir avec ceux de l’alcool.


.Terminé.
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