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Catfight ~Aria /fini

 
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 Catfight ~Aria /fini

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Prudence C. Hodgkin
Élève de 5ème année



Féminin
Nombre de messages : 610
Localisation : Là où ca brille !
Date d'inscription : 04/07/2011

Feuille de personnage
Particularités: Précisément celles que je ne dirais pas.
Ami(e)s: Tout ce qui brille et qui coûte cher ! Il faut savoir se montrer sensible aux belles choses... ! Mais Elleira et Brook aussi ! :)
Âme soeur: Je suis une Princesse Charmante qui attend désespérément son Prince Charmant... (avec un bon porte-monnaie si possible !)

MessageSujet: Catfight ~Aria /fini   Dim 31 Mar - 21:10


    Pour moi, l’entrée en troisième année ne commençait véritablement qu’avec la première sortie organisée à Pré-au-Lard, qui avait été placardée sur le tableau d’affichage de la salle commune de Serdaigle, une semaine auparavant, jour pour jour, très précisément. Je me fichais du manque d’enthousiasme des années supérieures qui singeaient nos réactions face à la nouvelle, dans une attitude blasée de ceux qui ne voit la magie nulle part puisqu’il baignait dedans au quotidien. Et je m’étais fait la promesse solennelle de ne jamais tomber dans ce piège vicieux qui par extension avait fait de maman ce qu’elle était aujourd’hui : la magie, elle l’avait tant et tellement exploitée qu’aujourd’hui, elle ne jugeait même pas nécessaire d’accioter tout ce qui lui passait sous la main avec sa baguette magique, puisque cette même baguette magique prenait bien gentiment la poussière dans le tiroir de sa table de chevet, sur le côté gauche du lit familial. Comment ça, j’ai déjà raconté cette histoire ?? Il n’est jamais assez suffisant de le répéter lorsque votre mère utilise un balai pour faire du ménage et non pas pour faire du Quidditch !

    J’avais bien besoin de changer d’air, encore plus depuis ces derniers jours ; l’ambiance était plombée dans les dortoirs de cet air étouffant qui chargeait la pièce dès que Ruby et moi nous y trouvions en même temps. Je disais bonjours sur le bout des lèvres lorsque Ophelia nous saluait au réveil et que la préfète y était présente, comme si j’étais derrière une épaisse plaque de fer, qui m’empêchait désormais de conter mon rêve farfelue de la veille,, du moins pas lorsque la préfète était présente. Le fil de mes phrases était pourtant bien organisé dans ma tête et ponctuait même mentalement les intonations que je voulais faire sentir à mon auditoire. Mais les mots restaient bloqués juste avant de passer mes dents qui les mâchaient hachées menue pour les faire taire avant même qu’ils ne soient prononcés.

    Quelque chose s’était perdu.

    Je souris à mon reflet dans le miroir avec assurance, tout en remettant une ou deux mèches à la place qui devait être la leur, pour supprimer les dernières onces de culpabilités et de chagrin. Puisqu’il en était ainsi, Ruby ne les méritait pas, c’était tout ce que j’avais à en conclure, et ce n’était pas elle qui allait gâcher, enfin ma découverte des magasins à Pré-au-Lard dont j’avais tellement entendu parler, mais toujours par le biais d’élèves vieux de l’école, qui lorsque eux aussi y allait la première année en parlait avec passion, de découvrir à chaque nouvelle visites, de nouveaux magasins et des endroits méconnus. C’était à mon tour de voir ça avec mes propres yeux, et quoi de mieux qu’une sortie entre filles pour partir à l’assaut de toutes ces découvertes ? Ça aussi, c’était une première : à Elgin, maman ne me laissait pas sortir seule dans la rue, pas si je n’étais pas accompagnée de quelqu’un de plus âgé que moi pour me chaperonner ; cela marquait donc aussi le fait que j’étais en train de grandir, pour de bon, et qu’elle ne serait plus là pour contrôler ce que j’achetais pour embellir jour après jour mes tenues et mon bon goût vestimentaire, en refusant de m’acheter telles chaussures parce qu’elles étaient trop chères ! J’avais déjà hâte de me rendre dans cette boutique d’une vendeuse sorcière réputée pour ses vêtements à la petite ville, celui-là même dont m’avait parlé une Poufsouffle de quatrième année, pour y dépenser une partie de mon argent de poche soigneusement économisé. J’allais garnir ma penderie d’un tas de jolies robes légères pour cet été !!!

    On m’appela parce que je mettais trop de temps, mais c’était normal de mettre du temps lorsqu’on était la plus jolie ! Nous nous mîmes en route vers le village, en discutant gaiement du fait que nous allions enfin entrevoir bien plus que ce que nous offrait très vaguement la vision de nuit de la gare lorsqu’on arrivait au tout début de l’année, parce que notre groupe était composé de filles de troisième année de Serdaigle uniquement, même si je papillonnais en disant que la prochaine fois, c’était sûr, c’était avec mon amoureux que j’allais aller chez Mme Pieddodu ! Même si au départ, j’avais pensé m’y rendre avec Brook (à Pré-au-Lard pas chez Mme Pieddodu, ce n’était pas mon amoureux) une de mes amies avait lancé la proposition d’y aller toutes ensemble, et puis Brook avait l’air d’y aller avec ses copains de toute façon et je les avais entendu hier soir dans la salle commune, avant de monter me coucher, qu’ils projetaient d’aller approcher la Cabane Hurlante, non mais quelle idée saugrenue d’avoir envie d’aller se faire peur pour le plaisir de se faire peur ! Je ne comprenais décidément rien à cet engouement pour tout ce qui était dangereux et effrayant, mais là n’était pas mon histoire donc elle n’avait que bien peu d’importance.

    A l’entrée, mon regard se perdit aussitôt sur les pancartes des devantures des échoppes, en quête de celle que je cherchais. Certaines filles parlaient d’aller chez Honeyduke en premier avant qu’il n’y ait trop de monde, comment est-ce qu’on pouvait préférer les bonbons aux écharpes de soie, il ne manquait plus que l’une d’entre elles m’apprenne qu’elle savait marcher sur la tête pendant qu’on y était ! Je les suivies malgré tout de mauvaise grâce à l’intérieur, et en effet, le commerce était bondé ; regarder les étalages était un véritable parcours du combattant, et plusieurs fois, je claquais des coups de langue très agacée contre mon palet à l’encontre de ceux qui avaient le malheur de me bousculer et de répliquer par une réplique cinglante que ce n’était pas parce qu’ils étaient jaloux de ma taille svelte qu’ils étaient pour autant obligé de me pousser comme si j’étais invisible, et après m’être servie de quelques sucreries, j’allais rapidement régler mes achats en caisse, surtout pour quitter cette ambiance suffocante au plus vite ; en plus il faisait trop chaud à l’intérieur, je devais avoir les joues toutes rouges ce n’était absolument pas bon pour mon teint !!!

    Attendre toute seule dehors, cependant, ne m’emballait pas, surtout par rapport aux passants qui eux se déplaçaient tous au minimum à deux, et lorsque je n’étais pas accompagnée en sortie ou dans la cours ou pour me rendre entre deux cours, c’était toujours comme si la foule, comme un seul homme, avaient sa multiple pair d’yeux braqués sur moi, et si j’appréciais l’attention, celle-ci faisait partie de celles qui mettait mal à l’aise et je préférais faire éviter à mon estomac les tiraillements que celui lui provoquaient lorsqu’une situation pareille arrivaient. Je levai le menton et me mis sur la pointe des pieds avant de reconnaître la chevelure blonde d’Aria Davenport, au bout de plusieurs secondes de recherche, vers la porte, ce qui me rassura puisqu’elle faisait partie de celles qui nous avaient accompagné. Je la jaugeai en la rejoignant d’un petit sourire poli et un peu raide, pendant que nous quittions toutes les deux Honeyduke ; toutefois la différence entre l’enceinte du la boutique était minime avec celle de l’extérieur parce que les gens allaient venaient, sans se soucier de nous !

    - Elles essayent tous les parfums des Dragées Surprises pour mettre autant de temps ?! Commentai-je en prenant Aria à parti, tout en tapant du pied avec impatience, les bras croisés, et ne retenant pas de soupirs qui ne trahissaient que trop bien mon exaspération ; je faisais exprès de les faire de plus en plus fort à chaque fois que j’en faisais un nouveau. Ce n’était même pas bon en plus les Dragées Surprises, je tombais toujours sur celui qui avait un goût de vinaigre ou de moisie ou toutes autres choses répugnantes du genre !

    Ne tenant plus en place, je fis rapidement demi tour pour vérifier ce qu’elles fichaient, mais même au milieu de tous, les yeux plisser sous l’effort de passer les rayons au laser de mes pupilles, impossible de s’y tromper : elles aussi étaient parties. Elles étaient parties, d’accord, mais sans nous ! Je claquai la porte dont la cloche résonna plus bruyamment que d’habitude tout en essayant de réfléchir ; est-ce qu’elles étaient déjà partie avant que nous même ne sortions ? Je m’étais focalisée sur Aria Davenport à l’instant où je l’avais vu sans penser au reste, quelle erreur ! Ou alors elles avaient filé pendant qu’on patientait, il y avait tant de monde qui franchissait le seuil qu’on pouvait très bien s’être manquées. Aucune idée de comment ça c’était passé exactement, mais ce sur quoi il était inutile d’avoir des doutes, c’était sur l’identité de la fautive, parce qu’il n’y en avait qu’une.

    - Tu les as vues partir ? Pourquoi tu ne leur as pas demandé de nous attendre ?! Comment on fait pour les retrouver maintenant, elles ont dû croire qu’on ne les a pas attendus, et elles sont à notre recherche aussi ! Génial, on va passer l’après midi à faire ça maintenant, au lieu de visiter Pré-au-Lard, merci ! Bien sûr que je reportais tout ce qui venait de se passer sur elle, ce n’était quand même pas moi qui avais bêtement été me planter devant la porte, comme une vache qui regarde les trains passer !

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On a tous besoin de croire que quelque chose existe au delà de la banalité du quotidien.
Être capable de se transformer en quelque chose de mieux, même si personne ne croit en vous.




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Aria Davenport
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Particularités: She looked pale, mysterious, like a lily, drowned under water.
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MessageSujet: Re: Catfight ~Aria /fini   Lun 1 Avr - 14:16

Cela faisait quelques semaines que nous étions rentrés à Poudlard, et le bilan que je dressais était plutôt encourageant. Avant, il y avait eu l’été, un été long, chaud et parfait, où j’avais pu complètement respirer et passer du temps avec ceux que j’aimais. Nous étions resté la majeure partie des vacances à Londres mais avions aussi passé deux semaines en Italie, merveilleuses. Les barbecues tard le soir, le crépuscule que j’admirais lorsque une chaleur agréable et cotonneuse m’enveloppait encore, les après-midi en compagnie de Sebastian – on rattrapait le retard sur les années passées- les cocktails aux fruits, tout ça me manquait déjà beaucoup. L’été était toujours une période de pause, où le plus souvent j’étais détendue. Lorsque je me glissais sous les draps, je ne pensais pas aux devoirs. Ni à toutes les épreuves qui m’attendaient le lendemain. Je fixais justement le plafond, et un drôle sentiment de liberté s’emparait de moi, et je me sentais juste bien. J’étais nostalgique de ces moments, éphémères mais délicieux que je devrais mettre derrière moi quand le moment était venu de revenir à Poudlard. Faire mes valises et ranger toutes mes affaires, comme si j’emmenais ma maison avec moi, c’était toujours un peu déchirant, et il fallait dire que l’air ému de mes parents lorsqu’ils me disaient au revoir sur le quai n’arrangeait rien.

Mais cette rentrée avait été différente. J’étais plus optimiste. Je sentais qu’il avait de nouvelles personnes qui m’attendaient à Poudlard. Outre Sebastian. Qui faisait toujours en sorte de m’accorder un peu de son temps. Il y avait eu du changement dans sa vie, et ce changement s’appelait Casey Roberts. Sebastian m’avait confié lors de nos rencontres qu’ils avaient commencé une relation en été. Il me l’avait présentée, et je n’avais strictement rien à lui reprocher. Elle était vraiment très gentille, attentionnée et semblait tenir beaucoup à Sebastian. Nous nous étions entendues immédiatement. Elle était celle qui lui fallait, du moins j’en avais l’impression. Et ils avaient l’air bien tous les deux. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Daphne. Qu’il ait renoncé à elle était une bonne chose, j’en étais sûre, mais pourtant on les voyait encore ensemble, et qu’est-ce que ça voulait dire ? Bref, outre Sebastian il y avait d’autre gens, et j’étais heureuse de les revoir.

Il était seulement dommage que je ne puisse pas aller avec eux à Pré-au-Lard. Cette sortie était celle que tous les élèves attendaient. Le petit village était bien connu des élèves les plus âgés, en particulier les bars. Flâner dans les rues, rentrer dans les boutiques, nous étions tous impatients et j’étais persuadée que la sortie allait être à la hauteur de mes attentes, et très agréable si je la passais en bonne compagnie. J’étais allée voir le panneau d’affichage, mon prénom se situait dans la colonne numéro quatre. Les professeurs avaient décidé de former un groupe de fille de Serdaigle de troisième année uniquement, et j’avais été déçue, dans cet ensemble, je ne voyais pas bien avec qui j’allais rester. La sortie semblait tout d’un coup moins intéressante, même si j’avais toujours envie d’y aller. Les élèves étaient obligés de se plier à cette restriction, nous n’avions tout simplement pas pas le choix. Un quart d’heure avant, je pris le temps de m’attacher les cheveux et de me maquiller légèrement, comme me l’avait montré Maman, même si je le faisais avant, elle m’avait donné quelques conseils.

Rapidement ça avait été l’heure, et j’étais allée rejoindre le groupe, composé par moi-même, une certaine Lucy, Helen, Lizzie, et enfin Prudence Hodgkin, la seule que je connaissais, par l'intermédiaire de Brook et Ruby. Les trois filles, qui semblaient très proches avaient immédiatement opté pour Honeydukes tandis que Prudence elle rêvait de se rendre chez Mme Guipure, moi si j’avais à choisir, je suivais Prudence. La majorité l’emporta, et je vis Prudence soupirer au moment où nous entrâmes dans le magasin. Des arômes en tout genre, des odeurs de sucre et de miel emplissaient l’air, à outrance, les gens se bousculaient et je sentais vraiment oppressée. Je n’étais pas particulièrement grande, et les gens ne me voyaient pas, ils jouaient des coudes sans se soucier du fait qu’ils pouvaient faire mal à quelqu’un. Je ne voulais pas repartir les mains vides, mais cette atmosphère totalement étouffante eut raison de moi ; je me dirigeais vers la porte. Je passerais sans doute plus tard, histoire de faire quelques achats et de pouvoir visiter le magasin tranquillement. Quelques minutes après, Prudence me rejoint, je m’attendais à ce qu’elle demande quelle était la prochaine étape, et je savais que nous serions d’accord : c’était soit le magasin de vêtements ou la librairie. Je ne tenais pas particulièrement à me rendre à Zonko (ça c’était plutôt pour Caleb), ou à la Cabane Hurlante (je pensais à Brook Lawrence là) et il me semblait qu’il en était de même pour la Serdaigle.


- Elles essayent tous les parfums des Dragées Surprises pour mettre autant de temps ?!

Je remarquais qu’elle tapait du pied, et ses intonations traduisaient son exaspération : il n’était pas difficile de deviner qu’elle en avait déjà assez d’être là. La jeune fille ne s’adressait pas vraiment à moi, mais je ne lui en tenais pas rigueur : je comprenais. Il était toujours agaçant d’attendre. Sans attendre une réponse de ma part, elle me laissa seule – à ce moment là je fis une drôle de moue- elle réapparut peu de temps après, et je vis sur son visage qu’elle ne revenait pas pour faire la conversation. Elle ne souriait vraiment plus du tout, et me regardait avec un air énervé qui ne présageait rien de bon.

-Tu les as vues partir ? Pourquoi tu ne leur as pas demandé de nous attendre ?! Comment on fait pour les retrouver maintenant, elles ont dû croire qu’on ne les a pas attendus, et elles sont à notre recherche aussi ! Génial, on va passer l’après midi à faire ça maintenant, au lieu de visiter Pré-au-Lard, merci !

Tout d’un coup elle me parut bien moins sympathique. Je n’aimais pas la façon qu’elle avait de me réprimander (elle n’avait aucune leçon à me donner) et encore moins ce qu’elle tentait de faire, c'est-à-dire me faire sentir coupable. Je n’y étais strictement pour rien. Certes, je ne m’étais pas occupée des filles mais elle était assez grandes pour prendre leurs responsabilités, et assez intelligentes pour se douter que si nous n’étions pas dans le magasin, c’est que nous étions à l’extérieur. Je ne voyais pas en quoi j’aurais du me sentir mal pour elles. Alors Prudence pouvait garder ses leçons, ça m’était égal, je n’étais pas en tort. Je la voyais devenir rouge et il était clair qu’elle n’avait pas envie d’entendre mes explications. Si elle voulait jouer à ça, d’accord. Je n’allais certainement pas m’écraser.

-Il y avait beaucoup de monde dans le magasin, je ne les ai même pas vues ! Toi aussi tu pouvais t’en occuper, fis-je en sous entendant qu’elle était aussi responsable que moi. Et je te remercie également, ta gentillesse me va droit au cœur Prudence, moi qui pensais qu’on s’entendrait bien ! Je voulais vraiment faire des efforts, rencontrer des gens. Mais ça elle s’en fichait, sa réaction était complètement démesurée – les miennes l’étaient aussi parfois, mais pas pour les mêmes raisons. Elle avait beau avoir l’air gentille et avenante, là elle ressemblait davantage à une petite peste en train de geindre parce qu’elle n’avait pas ce qu’elle voulait. J’étais sûre que mon calme apparent allait l’agacer. Et que le ton allait commencer à monter. Comme elle me l’avait prouvé, quand quelque chose la dérangeait, elle n’était pas ce genre de fille à se taire. Au contraire. Ses attaques, elles m’avaient touchée, et si je savais être compréhensive et agréable, lorsqu’on me provoquait, je réagissais. Prudence ne me faisait aucunement peur. Je n’avais pas spécialement voulu faire d’elle une ennemie, mais elle l’avait cherché, et au moment où elle avait décidé de me parler ainsi, quelque chose avait changé. J’hésitais à lui lancer une remarque bien acide pour la piquer, j’en avais très envie, mais je me retenais : j’étais certaine de le regretter.

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Dernière édition par Aria Davenport le Sam 6 Avr - 17:26, édité 1 fois
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Prudence C. Hodgkin
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MessageSujet: Re: Catfight ~Aria /fini   Mer 3 Avr - 21:44



    Elle était discrète et ne se faisait jamais remarquer, et je n’avais entendu parler d’Aria Davenport que par le biais de Brook, le plus souvent, et qui n’en disait pas que des choses très gentilles ; en tout cas, à chaque fois qu’il l’avait évoqué, c’était pour s’en plaindre, donc j’en avais immédiatement déduit qu’il y avait un problème avec cette fille, même si en ce moment, elle revenait beaucoup moins dans la conversation, ou alors Brook nuançait un peu plus ses paroles, ce qui, venant de lui je le savais, était un vrai effort. Evidemment que je croyais Brook, quand il me disait qu’elle était désagréable et qu’elle se prenait pour une petite Serdaigle je sais tout qui donnait des leçons à tout bout de champ, c’était Brook mon meilleur copain, alors les meilleurs copains, qu’est-ce qu’on fait ? On les suit ! Mais après, même si je connaissais son nom, je n’étais jamais rentrée directement en contact avec elle, et n’avais eu aucune occasion de vérifier les propos de mon ami ; je n’allais pas m’amuser à provoquer une dispute pour rien avec une fille à qui je n’avais jamais adressé la parole ! J’éprouvais bien sûr de la résistance, les mauvais dires de Brook n’y étant pas pour rien, donc je me rangeais de son côté sans vraiment beaucoup d’objectivité, mais à part ça, je n’éprouvais rien de plus à l’égard de cette fille. Mais au vu de la tournure que ma sortie que j’attendais depuis la première année était en train de prendre, ce n’était pas difficile de m’imaginer, dès que j’allais rentrer en salle commune, tout raconter à Brook, pour qu’on puisse se plaindre tous les deux d’à quel point elle pouvait être énervante !

    Même sans ça, je savais, et pas besoin de l’avis de Brook pour ça, que nous ne pouvions pas être amies : j’avais l’œil pour ces choses là, et j’avais rapidement remarqué, parmi mes camarades de classe quelles étaient les plus jolies, et Aria en faisait partie ; elle ne l’était pas plus que moi, ça par contre, on est bien d’accord ! Mais je savais reconnaître une jolie fille d’une qui ne l’était pas, et bien que Davenport ne fasse pas parler d’elle, c’était son apparence qui se chargeait de le faire à sa place : elle avait les joue rondes et les lèvres rebondies de grands yeux bleus qui me faisaient un peu penser à ceux de Brook, mais ça ne lui faisait pas un visage disproportionnés, non, plutôt comme si on avait sculpté ses traits comme si elle avait été comme les anciennes poupées ; j’en avais une comme ça, que mes parents m’avaient offert pour un anniversaire quand j’étais petite et que j’adorais, elle. A cause de ça, elle devenait plus une rivale qu’une alliée, et me rappeler ça maintenant, ce n’était vraiment pas le bon moment ! Parce que ce n’était pas comme Ruby, chez qui je voyais plus un modèle, parce qu’elle était plus grande donc quelque part elle ne me faisait pas concurrence – même si en ce moment il aurait fallu me payer pour avoir envie de lui ressembler – alors que là c’était mon statut de princesse (même si je ne le remettais pas en cause) qui était en jeu, il ne fallait pas l’oublier !

    Je lui demandais juste de s’écraser pendant que moi, je déversais toute ma mauvaise humeur dans les rues de Pré-au-Lard ; ça allait être la galère pour les récupérer et comme on ne connaissait aucune rue du village, on allait se perdre encore plus, à perdre notre temps à faire des allers et retours au lieu de s’amuser ! J’étais en colère contre toutes : Helen, Lucy et Lizzie pour leur manque de jugeote qui faisait tout planter et Aria que je me retenais depuis tout à l’heure de secouer, mais qu’elle réagisse un peu bon sang !

    -Il y avait beaucoup de monde dans le magasin, je ne les ai même pas vues ! Toi aussi tu pouvais t’en occuper.

    Je fis des yeux ronds sous mes sourcils froncés ; ah parce que c’était de ma faute peut être maintenant ?! Ce n’était pas parce qu’elle ne savait pas gérer qu’il fallait qu’elle sauve sa peau comme elle voulait ! J’en avais marre qu’en ce moment, tout le monde soit contre moi, même la foule compact qui nous empêchait d’avancer !

    - Qu’est-ce que tu crois que je fais depuis tout à l’heure ? Sifflai-je entre mes dents sans daigner les desserrer. Je n’avais pas que ça à faire, de détailler le plafond !

    En fait, je n’en savais rien si elle avait le nez en l’air ou pas, mais si on en était là maintenant, c’était bien parce qu’elle n’avait pas été assez attentive, qu’est-ce qu’elle voulait que je dise de plus ! La tension que je retenais depuis plusieurs jour et que je pensais avoir évaporé à la perspective de la sortie n’était qu’une illusion, parce que c’était maintenant qu’elle était en train de s’évacuer, et manque de chance pour Aria, c’était la seule personne présente à mes côtés. Je me fichais bien au fond de savoir si c’était de sa faute ou pas : elle avait le malheur d’être là et moi j’étais à des lieux de me dire « Oh la pauvre, elle n’y est pour rien ». Et bien si, si elle était là, c’était bien qu’il y avait quelque chose ! J’avais trop de problèmes pour m’épancher en plus de ça, sur mes dommages collatéraux.

    - Et je te remercie également, ta gentillesse me va droit au cœur Prudence.

    Ah elle n’avait pas intérêt à utiliser l’ironie avec moi !
    Je n’étais pas gentille ? C’était elles quatre, toutes autant qu’elles étaient qui faisaient tout de travers, alors j’étais désolée, de ne pas être gentille ! En plus quand on employait mon prénom, comme elle venait de le faire, ça me rappelait maman, quand elle en avait après moi pour aucune raison et qu’elle me réprimandait avec cet air supérieur. Or, nous avions à peu près la même taille avec Aria, alors elle était la moins bien placée pour essayer de me regarder de haut !

    - Quoi, tu veux aussi quelques bonbons pour que je te remercie ? Je savais que ce n’était pas trop le moment de me prendre la tête avec la dernière membre du groupe et que j’avais toutes les chances de la planter ou qu’elle me plante et de terminer seule comme ça, mais j’agitais quand même le sac que je venais d’acheter devant moi, la bouche entrouverte d’exaspération et je levai les yeux aux ciel. Brooke (ma sœur) m’avait déjà fait remarquer que lorsque je m’étais levée du pied gauche, j’en faisais toujours profiter à tout le monde et que ce n’était pas sympa pour les autres, mais que le pire de tout, je ne m’en rendais pas compte, et que ce n’était pas les bonnes personnes qui en pâtissaient. Là, est-ce que c’était pareil ? Je réfléchis une… deux secondes, hum non, Aria était définitivement une de ces bonnes personnes. Bon alors, tu me suis, qu’on les retrouve ? Coupai-je avant que nous nous crêpions le chignon encore plus. Ou alors tu rester là à faire de la déco devant la boutique, me dis-je là encore mentalement, parce que je n’étais pas assez remontée contre elle pour l’insulter aussi franchement ; déclencher l’incident d’état, c’était la dernière chose dont nous avions besoin.

    Elle s’engagea en même temps que moi à dro…
    Pourquoi, est-ce qu’elle allait à gauche ???

    - Mais qu’est-ce que tu fais ?! La houspillai-je une nouvelle fois, m’arrêtant alors que je venais à peine de faire trois pas. C’était plus une entrave qu’autre chose cette fille ! C’est par là qu’il faut aller ! Je pointai du doigt l’allée principale, dans la direction opposée à la sienne. Elles ne vont pas être allées vers la Cabane Hurlante, son épave se dessinait au loin, elles ont dit qu’elles en avaient peur ! Et si c’était le cas… Qu’elles y restent ! Mais en tout cas, c’était bien la preuve que Aria n’écoutait pas, ne regardait pas, alors elle pouvait bien se chercher des excuses ! Là aussi je me gardais bien de lui faire ce reproche ; mais je le pensais, j’espérais assez fort pour qu’elle l’entende quand même.

    On était que toutes les deux en plus, Aria voulait faire quoi, qu’en plus d’avoir perdues les premières, qu’on se perde nous aussi ? Si c’était ça qu’elle voulait, et bien je n’allais pas venir la chercher et ce serait bien fait !

    - On va vers la boutique de vêtements, décidai-je sans lui laisser le choix, parce que c’était ce qu’on avait normalement convenu et que si on ne faisait pas quelque chose très vite, j’allais vraiment paniquer au milieu de tout ce monde et me mettre à pleurer et je n’allais quand même pas pleurer devant Aria ! Au moins dedans, il y a des choses plus utiles que des baguettes réglisses !

    J’avais de l’argent, et l’argent, c’est fait pour être dépensé !!!


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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: Catfight ~Aria /fini   Dim 7 Avr - 0:14

Outre sa voix désagréable lorsque elle s’énervait et son mauvais caractère qu’elle venait de me présenter, il y avait quelque chose de plus qui me poussait à lui en vouloir : elle m’avait vraiment déçue. Je ne connaissais pas véritablement Prudence, mais j’avais toujours eu une image d’elle assez positive : elle paraissait sociable, amicale, et j’avais remarqué que nous avions quelques points communs. Mis à part notre âge et notre maison, elle semblait comme moi assez soucieuse de son apparence (peut-être davantage) et organisée. Je m’étais alors dit que je pouvais en faire une amie. C’était tout nouveau pour moi ça ; d’observer les gens et de me faire la réflexion que je pourrais les approcher. Ce n’était pas très naturel et je n’en avais pas l’habitude, mais une fois le premier pas fait c’était plus facile et j’appréciais véritablement la compagnie de ceux qui m’entouraient. Mais la Serdaigle n’était apparemment pas du même avis et m’avait prouvé que j’avais eu tort de croire qu’elle était sympathique. Elle ne l’était pas du tout. Je voulais bien avouer que j’étais un peu susceptible, mais là elle avait dépassé les limites. Elle avait tout gâché, mes efforts avec et ça renforçait ma colère. Elle n’y mettait pas du sien et ne voulait même pas essayer de me comprendre. Et ça m’agaçait. Le problème était toujours le même : était-ce légitime de la blâmer ? N’étais-je pas quelque part un peu hypocrite de lui reprocher un comportement que j’avais déjà adopté ? Je tentais de me dire que non mais n’étais jamais entièrement convaincue.

Néanmoins Prudence méritait qu’on lui réponde sur le même ton. Elle s’était trompée de personne si elle pensait que j’allais encaisser sans rien dire. Je ne supportais pas qu’on me parle ainsi, et sa crise demeurait complètement injustifiée. Je me mordis les lèvres, une tentative pour résister à l’envie de lui dire qu’elle n’était vraiment pas jolie comme ça et que cet air colérique ne lui allait pas très bien - ce qui était la vérité- parce que je me doutais qu’elle avait un bon fond et qu’elle n’était pas méchante, juste très exaspérante. Surtout en ce moment. De son côté elle aussi devait me trouver agaçante, et je ne pouvais pas m’empêcher de penser que Brook Lawrence n’y était pas pour rien : quand bien même il aurait changé d’avis, il m’avait un jour critiquée et Prudence avait évidemment retenu tout ce qu’il avait dit.


- Qu’est-ce que tu crois que je fais depuis tout à l’heure ? Je n’avais pas que ça à faire, de détailler le plafond ! cria-t-elle, et sa phrase résonnait comme une nouvelle offensive.

Je me contentais de lui adresser un regard méprisant, lorsqu’elle était clairement en train d’expliquer que depuis tout à l’heure je ne me faisais rien. Pourtant, ce n’était pas bien difficile à comprendre. Je m’étais sentie mal dans le magasin, j’étais sortie et les trois filles étaient parties sans nous. Nous n’avions pas à nous plier en quatre pour leurs beaux yeux. Elles avaient fait le choix de ne pas nous prévenir, et même si je trouvais ça un peu impoli, cette erreur était tout à fait tolérable, nous devions juste faire avec. Mais Prudence préférait s’attaquer à moi, et par conséquent, perdre son temps. Elle ne semblait pas le réaliser, puisque elle me jeta une autre phrase au visage, et sa voix était toujours aussi stridente. J’hésitais entre répliquer (elle était insupportable) et sourire (elle n’aimerait pas ça) Sa réaction était ridicule. Et que ça commençait à bien faire. Cette dispute devenait de plus en plus immature et j’avais envie d’y mettre un terme : je voulais profiter de cette sortie, avec ou sans elle. Je préférais qu’on se réconcilie, mais ça semblait mal parti, sans compter que mon orgueil entrait en jeu et qu’il n’avait pas franchement envie de lui pardonner. Mais pour lui pardonner, il fallait d’abord qu’elle s’excuse, et j’en doutais beaucoup.

-Bon alors, tu me suis, qu’on les retrouve ?

Alors, c’était comme ça qu’on procédait ? Elle me parlait mal, me traitait mal et maintenant je devais la suivre sans aucun mot ? Je n’étais pas idiote. Si elle m’avait volontairement provoquée, je l’ignorais, elle pouvait aussi être très lunatique mais peu importe au final…c’était un affront à mes yeux. Je n’aimais pas qu’on me prenne pour une imbécile. Elle était devenue (presque) gentille soudainement, comme c’était étrange…

-Je ne sais pas, je vais y réfléchir, fis-je pour l’agacer. Cependant, je savais que toute cette histoire l’inquiétait, et malgré tout ce qu’elle pouvait penser, ça commençait à me préoccuper aussi. Je décidais alors de la suivre, j’avais décidé de ne pas être rancunière, par contre encore un seul reproche et cette fois je lui rendrais la monnaie de sa pièce. Je lui crierais dessus, comme elle le faisait depuis quelques minutes. Sans me faire prier. La perspective de rechercher les filles ne m’emballait pas, mais je me gardais bien de lui dire. Elle trouverait encore le moyen de s’égosiller.


-Mais qu’est-ce que tu fais ?! C’est par là qu’il faut aller ! Elles ne vont pas être allées vers la Cabane Hurlante elles ont dit qu’elles en avaient peur ! Et deux secondes après: on va vers la boutique de vêtements. Au moins dedans, il y a des choses plus utiles que des baguettes réglisses !

J’étais allée à gauche. Ce n’était pas la bonne direction. Je ne connaissais même pas Pré-au-Lard, c’était compréhensible non ? Pas pour Prudence. Elle me reprochait encore quelque chose. Depuis tout à l’heure je faisais preuve de sang froid. Je m’en étonnais moi-même. Mais Prudence avait depuis longtemps franchi les limites de ma patience, il fallait aussi qu’elle comprenne que je n’en pouvais plus d’elle et de ses crises à répétions ! J’étais aussi quelqu’un d’assez changeant (je l’avais un jour confié à Caleb) mais là ça devenait vraiment inquiétant : je n’avais vu de sautes d’humeur comme les siennes. Si elle comptait me prouver qu’elle seule était capable d’un tel comportement, elle avait largement gagné son pari. Elle avait même battu un record.

-Tu connais l’expression « se calmer » ? Je te signale que tes cris ne nous aident pas du tout au cas où tu ne l’aurais pas remarqué ! Et je te félicite pour la Cabane Hurlante, visiblement parfois il t’arrive d’écouter les autres.

Voilà ce qui se passait lorsqu’on me poussait à bout. Je la suivais quand même, le magasin de vêtements était un de ceux qui m’intéressaient le plus. Ma mère m’avait donné de l’argent pour faire quelques achats, elle savait que je faisais attention. On avait beau avoir les moyens, ils avaient toujours refusé que je dépense tout mon argent en vêtements, maquillages, ou chaussures, j’avais bien sûr le droit d’en acheter mais de manière raisonnable. Je mentirais si je disais que je n’étais pas friande de ce genre de ce genre de choses. J’aimais me faire belle, être apprêtée, en revanche je ne savais pas si je le faisais davantage pour moi ou pour les autres. Les robes et les jupes étaient mes péchés mignons, d’ailleurs l’été avait été l’occasion de beaucoup en porter, et j’en avais bien profité. Bref, me rendre dans le magasin de Mme Guipure était un plan qui me convenait. C’était bien le seul point sur laquelle Prudence et moi allions nous entendre et ce n’était pas trop tôt !

-Préviens-moi si je me trompe encore de chemin, et j’oubliais complètement que justement si on pouvait s’entendre sur ce point, on pouvait mettre nos différents de côté. Je savais que ce n’était pas bien, que je devais arrêter mes piques (comme je l’avais dit, j’allais le regretter) mais tout ce que retenais depuis le début ne demander qu’a être libérer, et je ne pouvais pas m’en empêcher. Je m’en voulais de redevenir cette fille aux remarques sarcastiques, cette fille qu’au fond on n’aimait pas trop, et je ne voulais pas gâcher tous les efforts- pourtant Prudence elle les jetait à terre- que j’avais fait. Il y avait d’autres gens, qui m’acceptaient et m’appréciaient. Pourquoi alors ressentais-je toujours le besoin de me venger ? Prudence l’avait bien cherché, certes mais je sentais une culpabilité étrange m’envahir : je n’avais pas envie d’être comme ça. Mais elle m’y avait obligé. C’était une nouvelle raison de lui en vouloir. Décider de ne pas être rancunière était une chose. Appliquer cette décision était différent.

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Prudence C. Hodgkin
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MessageSujet: Re: Catfight ~Aria /fini   Jeu 11 Avr - 15:38



    Je ne savais pas ce qui se passait en ce moment, mais c’était comme si j’avais sans cesse un énorme nuage au dessus de ma tête qui me suivait partout où j’allais, déversant des tempêtes de vents, de pluie et d’orage. J’étais bien protégée sous mon parapluie, jusqu’à ce qu’il se retourne et se brise, et j’étais détrempée de tous ces événements qui s’enchaînaient, surtout lorsque personne ne me laissait rentrer à l’intérieur pour au moins pouvoir me sécher et enfiler des vêtements chauds. Je prenais l’apparence d’un chien mouillé dont les poils trempés et puants lui retombaient devant ses yeux. Il était inconcevable que je ressemble à un chien mouillé.

    Tout ce que j’attendais d’Aria, c’était qu’elle s’excuse, elle ne pouvait pas juste le faire ?! J’étais prête à lui pardonner le petit impair qu’elle avait commis, si elle pouvait juste reconnaître ses torts ; après j’envisagerai peut être de voir ce qu’il en était des miens, mais je refusais de porter toute la responsabilité de ce qui s’était passé. Visiblement, elle aussi elle ne voulait pas l’entendre de cette oreille, donc, ça ne se passait pas exactement comme je l’avais prévu, mais après, tout ce n’était qu’un petit contre temps. Petit contre temps qui commençait tout de même à bien faire !!!

    -Tu connais l’expression « se calmer » ? Je te signale que tes cris ne nous aident pas du tout au cas où tu ne l’aurais pas remarqué ! Et je te félicite pour la Cabane Hurlante, visiblement parfois il t’arrive d’écouter les autres.

    Avant de faire quoi que ce soit, je pris une profonde inspiration tout en fermant les yeux, pour ne plus avoir son visage en face de moi pendant quelques secondes, sinon, je sentais que j’allais lui empoigner les cheveux jusqu’à lui faire très mal, et on allait m’interdire de sortie à Pré au Lard durant toute l’année ensuite, et je n’allais quand même me priver de ce plaisir à cause de cette pimbêche prétentieuse qui était incapable de regarder plus loin que le bout de son nez !

    – Je rouvris les yeux et sans lui laisser le temps de s’y attendre et de se protéger pour lui claquer ma main sur sa joue dont la peau blanche devint rapidement roue à cet endroit précis, tout en lui déclarant qu’elle n’était qu’une peste et que ce n’était pas comme ça qu’elle allait se faire des amis. Puis de lui attraper le poignet entre mes deux mains et lui faire une brûlure indienne ; quand j’étais petite, j’avais vu des garçons le faire à d’autres filles dans mon école, et même si ça ne m’était jamais arrivé, il paraissait que ça faisait très mal. J’espérais qu’elle avait très mal. D’ailleurs, à ce moment là, elle se mit à pleurer, et je lui dis que c’était bien fait pour elle. –

    Je rouvris les yeux me sentant très légèrement, bien que pas assez, apaisée par le petit combat mental qui venait de se produire par delà mes paupières, en espérant très fort, qu’elle ait malgré tout ressentie la douleur, même si je savais que c’était impossible. Ici-bas, rien n’avait changé, Aria Davenport se tenait toujours bien droite devant moi, fière et orgueilleuse, et j’eus le très désagréable sentiment qu’elle calquait cette posture sur la mienne, et ça ne me plaisait pas du tout du tout.

    - Bien sûr que oui, je fais attention aux autres, contrairement à certaines, je lui servis un sourire hypocrite doublée d’une voix mielleuse, en ne cherchant même plus à prendre des pincettes avec elle, parce qu’elle m’énervait beaucoup trop à présent pour avoir ce privilège.

    Je repris ma marche en ignorant complètement sa nouvelle pique – en vérité, elle me toucha, et je me dis, pour ne pas complètement imploser, et la pousser contre les passants en souhaitant qu’elle trébuche comme ça et se torde la cheville, qu’elle était comme ça parce que personne ne l’aimait et que c’était normal puisqu’elle mangeait des vipères à son petit déjeuner – beaucoup plus raide que lorsque nous rions encore en nous rendant au village un peu plus tôt, et en économisant le plus possible mes mouvements, parce que je tremblais, et je ne voulais pas qu’elle le remarque.

    Toutefois, lorsque nous pénétrâmes dans l’enceinte de la boutique de vêtements, j’oubliais quasiment l’existence d’Aria ; ce gilet, non mais il me fallait un gilet comme ça, je ne pouvais pas repartir sans, ooooooh mais est-ce qu’on avait pas idée de faire des jupes avec un tissu aussi soyeux que celui-ci ??? Dans ces instants-là, pour aller mieux, je n’avais pas besoin de boire une quelconque potion : quelques robes et des chaussures, on avait jamais vu pareil remède !

    Je restais un moment dans les rayons, parce que je ne savais plus du tout où donner de la tête, il y avait tant de choix que je ne savais plus quoi choisir ; je n’avais plus l’esprit à retrouver mes camarades qui de toute façon, ne savaient pas ce qu’elles manquaient et elles allaient s’en mordre les doigts quand elles allaient voir les nouvelles tenues qui allaient composer ma garde-robe ! Je rejoignis les cabines d’essayage quelques temps plus tard, en faisant exprès d’ignorer Aria qui était toujours dans les parages et s’observait dans un miroir. Apparemment, c’était la vendeuse du magasin, de ce que je pouvais entendre en tendant l’oreille, qui lui avait proposé de passer cette robe là. Je pouffai en fermant le rideau derrière moi pour enfiler l’un des premiers habits que j’avais choisi, toujours en écoutant tout ce qui se passait à l’extérieur. Apparemment la vendeuse lui assurait qu’elle lui allait comme un gant, alors qu’elle la grossissait et pourtant Aria n’était pas grosse. Et que ça la rendait plus mûre parce que la robe était longue et lui arrivait au cheville : mûre comme une vieille pomme pourrie, parce que c’était le genre de chose qu’on pouvait porter en maison de retraite ! Comme elle n’était pas très grande, ça la tassait sur ses pieds, et cette femme était bien mauvaise conseillère.

    Tant pis pour Aria, ce n’était pas mon affaire.

    En ressortant cependant, l’affaire n’était toujours pas conclue et tandis que je paradais devant le miroir, je ne pouvais pas m’empêcher de jeter par plusieurs fois, quelques regards de côté. Ça ne me regardait pas après tout, , et comme ça, ce serait une bonne humiliation pour Aria et ma vengeance serait faite, mais plus je les regardais à la dérobée, plus c’était plus fort que moi, mais est-ce que cette femme était-elle seulement en train de s’entendre parler déblatérer autant de bêtises d’un seul coup ?? Je manquais d’air, j’étais proche de l’asphyxie, non, je ne pouvais pas laisser passer autant d’impair me brûler comme ça les oreilles !!!

    - Vous n’avez pas non plus des motifs plus laids, même au Moyen Âge, ça aurait été un affront de porter une horreur pareille ! M’exclamai-je tout à coup sans mâcher mes mots, parce que c’était un véritable affront à la mode qui était en train de se faire. Déjà, cette couleur fadasse ne va pas du tout, c’est du bleu qu’il faut pour mettre ses yeux en valeur, même mon ami Brook l’aurait remarqué à des kilomètres ! Elle ne savait pas qui était Brook et qu’il était daltonien mais peu importe parce que je voyais où je voulais en venir et c’était le plus important. J’eus plusieurs petits gestes vifs de la main afin de la chasser. C’est bon, je crois qu’on aura plus besoin de vous ici !

    Lorsqu’elle tourna finalement les talons, sans doute à la recherche d’une nouvelle cliente à entourlouper, je jaugeai Aria durant plusieurs secondes sans dire un mot, ne trouvant rien à lui dire, puisque nous n’avions rien à partager. En silence, j’allais enlever ce que j’avais sur le dos, en profitais pour essayer autre chose, et revint avec ce que j’avais mis précédemment vers Aria en le lui tendant.

    - Tu n’as qu’à la prendre, elle ne me plaît pas tant que ça finalement, concédai-je sans être aimable, mais sans être impolie non plus, parce que nous étions quand même en guerre froide. Mais nous n’étions pas faites pareilles, et rien qu’à l’observer, je pensais que sur elle, la coupe ne serait pas si mal.

    Mais après tout, qu’est-ce que ça pouvait me faire qu’une robe aille bien à Aria Davenport ???


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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: Catfight ~Aria /fini   Dim 14 Avr - 15:56

J’étais consciente de mes erreurs, j’arrivais désormais mieux à les admettre et il était clair que oui, je n’avais pas toujours raison. Peut-être n’avais-je pas été assez attentive, je lui accordais, bien que les circonstances justifiaient mon attitude, mais je ne lui devais en aucun cas des excuses -car même si j’avais évolué ma fierté me l’interdisait- c’était elle qui était à blâmer là. Pas pour le départ des filles, elle n’avait pas de responsabilité dans cette histoire, mais à blâmer parce que depuis tout à l’heure elle était tout simplement détestable. Si le rôle de la furie lui convenait parfaitement (il n’y avait qu’à voir ses crises de colères, personne n’était capable d’en faire autant) moi il m’agaçait prodigieusement. J’étais cependant obligée de reconnaître que dans certaines de ses attitudes, je me reconnaissais : le sarcasme, l’ironie dont elle usait étaient aussi des armes qui m’appartenaient et donc je connaissais les effets. Cependant ça se manifestait différemment ; je m’exprimais de manière plus froide, sèche, Prudence était quant à elle bien plus explosive et bruyante. Forcément, ça faisait des étincelles. Pourtant avant d’entrer dans le magasin tout se passait pour le mieux et j’étais prête à parier que n’importe qui dans la rue pouvait penser que nous étions meilleures amies.

Dire que ce n’était pas le cas était un euphémisme.

Je sentais que la situation allait bientôt empirer, et j’avais très envie de la laisser, là, mais je ne voulais pas lui donner la satisfaction de me voir partir. Et puis la perspective de raconter aux autres que la sortie s’était faite en solitaire, non ça ne me plaisait pas, même si en réalité, raconter que je m’étais disputée tout le long avec Prudence n’était pas plus glorieux. Je me demandais si leur maison avait mis en place le même système, j’espérais au moins qu’eux n’avaient pas été forcés de rejoindre un groupe déjà constitué car si j’avais eu le choix, je me serais bien passée de Prudence qui apparemment adorait tout gâcher. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne la portais pas dans mon cœur, et que je devais prendre sur moi pour ne pas lui lancer une nouvelle pique, encore plus méchante. Après ma petite réplique, je la vis fermer les yeux – en cela elle était prévisible- et je sus que je l’avais vexée. Quelque part, j’étais satisfaite parce que j’avais atteint mon but, mais ce n’était pas pour ça que je me sentais bien. Si pour certaines personnes, rien ne comptait à partir du moment où on avait du pouvoir, ce n’était pas mon cas et blesser quelqu’un me rendrait jamais heureuse. On pouvait penser que j’aimais les conflits, mais en réalité je détestais les provoquer : je préférais quand les tensions étaient inexistantes.


- Bien sûr que oui, je fais attention aux autres, contrairement à certaines.

La similitude me frappa. Le sourire faux, la façon d’insister sur certains mots, cette phrase qui aurait pu être la mienne. Je me figeais après avoir entendu ces quelques mots. Soudainement, je n’avais plus rien à lui répondre, et je devais avouer qu’elle avait été particulièrement intelligente : j’avais cru la faire taire avec ma remarque, elle avait riposté et finalement, c’était moi qui demeurais silencieuse. Notre petite joute verbale avait pris fin et elle l’avait gagnée, et j’avais beau penser que ce combat, si on pouvait l’appeler ainsi n’avait pas de sens, elle en sortait quand même victorieuse. Bien sûr, j’aurais pu répondre, mais dans l’instant, rien ne vint, et surtout je ne savais pas si j’avais envie de rallumer la mèche.

Je suivis la Serdaigle, évidemment je l’ignorais royalement, mais les minutes furent très longues jusqu’au magasin. Ni elle ni moi ne voulions faire un pas vers l’autre, ce qui était compréhensible : dans mon cas je considérais qu’elle méritait d’être ignorée. Au bout de ces minutes qui semblaient durer une éternité, nous arrivâmes vers le magasin et je remarquais qu’elle avait la même intention que moi : se séparer. C’était parfait. Je la vis rapidement disparaître entre les rayons, et partis de mon côté. Je contemplais un instant l’intérieur, celui-ci n’avait rien à voir avec les grands magasins de Londres, majestueux et imposants. Harrods était un de mes endroits préférés à Londres, ma mère m’y amenait de temps mais nous n’y avions jamais acheté quelque chose : les prix n’étaient vraiment pas donnés. Mais observer les vitrines me suffisait, les décors étaient toujours splendides et constituaient un véritable régal pour les yeux.

Celui-ci était bien différent mais avait beaucoup de charme, il trouvait bien sa place dans un village tel que Pré-au-Lard. La décoration était simple mais jolie, et les vêtements étaient à mon goût. Au moment où je me dirigeais vers une petite veste grise pour l’essayer, une vendeuse s’adressa à moi en me demandant si j’avais besoin d’aide. Je lui répondis poliment que j’observais seulement, mensonge car je savais qu’elle insisterait. Elle insista. Je renonçais vite à la faire changer d’avis : elle paraissait particulièrement déterminée. J’avais à peine accepté et la vendeuse m’entrainait déjà vers les cabines d’essayage où je passais la veste. Je jetais un œil vers le miroir : elle était exactement comme je l’avais imaginée sur moi, et pas trop chère en plus. La couleur était jolie, la veste élégante et sobre, j’étais sûre de l’acheter.

Contre toute attente, Sylvia – c’était comme ça qu’elle s’appelait- me fit la réflexion qu’elle n’était absolument pas adaptée à ma morphologie et qu’elle avait quelque chose de bien mieux en réserve. J’acceptais la critique, même si je la trouvais injustifiée (je m’y connaissais quand même un peu en vêtements), et attendis qu’elle revienne ; elle avait sûrement quelques bons conseils. Et je vis la robe. Que je détestais au premier regard. Elle était longue et ne correspondait absolument pas à mon style, sans parler de la coupe qui ne ressemblait à rien et des motifs qui rendaient le tout encore plus fade. Je l’essayais quand même. Aussi étrange que ça puisse paraître, si je pouvais être très sarcastique, cette fois je n’y arrivais pas. Je ne voulais pas vexer. Mais une fois sur moi, la robe paraissait encore plus laide, pire encore j’avais du mal à me reconnaître. La dénommée Sylvia ne remarqua même pas la moue que je fis lorsque je me regardai et me lança un grand sourire. Elle débordait d’enthousiasme et ne tarissait pas d’éloges sur la robe, moi, par contre, j’hésitais entre le rire et la consternation, parce qu’honnêtement comment pouvait-on travailler dans un magasin de vêtements et être si mauvaise conseillère ? Je comprenais maintenant pourquoi elle était allée chercher la robe dans la réserve ; elle devait faire partie des invendus et elle avait espéré, à coup de compliments, me la faire acheter. La situation commençait à devenir critique quand je réalisais qu’elle ne me lâcherait jusqu’à ce que je cède les fameux Gallions. Je n’avais pas envie de l’humilier, mais je ne savais pas non plus quoi faire pour qu’elle parte. En résumé, je n’avais plus qu’à prier pour qu’elle renonce ou je devrais employer les grands moyens, c'est-à-dire lui faire comprendre, et de manière radicale que je ne voulais pas de sa robe.


- Vous n’avez pas non plus des motifs plus laids, même au Moyen Âge, ça aurait été un affront de porter une horreur pareille ! Déjà, cette couleur fadasse ne va pas du tout, c’est du bleu qu’il faut pour mettre ses yeux en valeur, même mon ami Brook l’aurait remarqué à des kilomètres ! C’est bon, je crois qu’on aura plus besoin de vous ici !

L’indignation dans sa voix, je l’entendais, mais cette fois, ça me dérangeait pas : c’était pour la bonne cause. Prudence avait raison sur toute la ligne, et ça ne m’étonnait pas (pas le fait qu’elle ait raison de manière générale mais sur ce sujet), si elle m’avait énervée ; je ne pouvais pas nier qu’elle s’habillait très bien et avait beaucoup de goût. J’avais déjà envié quelques pièces de sa garde-robe – je l’avouais- et les critiques qu’elle adressait à la vendeuse était on ne peut plus exactes. Je laissais échapper un petit rire lorsqu’elle fit référence à Brook : il était vrai que lui devait préférer toutes ses activités en plein air au shopping! Elle avait su faire preuve d’audace, l’audace que je n’avais pas eue, et ça lui faisait gagner quelques points.

Je ne savais pas d’où Prudence était venue, mais son arrivée m’était bénéfique : Sylvia déguerpit immédiatement. Voilà ce qui s’appelait être efficace ! Etrangement, ce petit incident semblait avoir apaisé les tensions, je lui étais reconnaissante, même si je ne lui disais pas. Je n’avais pas oublié la dispute de tout à l’heure mais quelque chose avait forcément changé : j’avais une dette envers elle. Elle s’absenta quelques minutes, et je l’attendis, ignorant si elle avait quelque chose de précis à me dire. Elle revint rapidement, avec visiblement quelque chose pour moi.


- Tu n’as qu’à la prendre, elle ne me plaît pas tant que ça finalement.

Le ton restait froid, mais je comprenais la démarche : elle était comme moi et avait du mal à mettre son ego de côté. Elle me tendit la robe en question, qui sans surprise correspondait à ce que je pouvais porter. Elle était bleue, mi longue, et je pariais qu’elle irait très bien avec une paire de ballerines que j’avais dans le dortoir. Elle avait visé juste.

-Attends, tiens la moi ; fis-je. J’avais décidé de faire un effort moi aussi. Je fis un détour par la fameuse cabine, où la veste était encore accrochée. J’aurais pu la lui passer, mais en dehors du fait que j’avais eu un véritable coup de cœur, je n’étais pas sûre que c’était l’article qui lui correspondait le plus. Au bout de quelques passages entre les rayons (où j’évitais soigneusement Sylvia) je tombais sur un chemisier qui à coup sûr lui plairait : il me plaisait aussi mais il était évident qu’il rendrait mieux sur elle. Une fois revenue, je lui tendis, en attendant sa réaction. J’ai vu ça tout à l’heure, tu peux l’essayer si tu veux, et j’avais adopté le même ton et la même technique qu’elle. Tout ne pouvait pas rentrer dans l’ordre si facilement. Et ce que tu as fait tout à l’heure, c’était, je ne savais pas quel mot l’employer. Je ne me sentais pas capable de véritablement la remercier, j’optais alors pour : impressionnant. Je venais de lui faire un compliment. A ma manière. Avec moi il fallait parfois lire entre les lignes. Mais ça, l’avait-elle compris ?

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Prudence C. Hodgkin
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MessageSujet: Re: Catfight ~Aria /fini   Lun 15 Avr - 15:02


    Je n’aimais pas enterrer la hache de guerre la première, parce que ça voulait dire que j’avais perdu, l’autre avait gagné, donc se sentait puissant ; même lorsque ce n’était pas dans son droit, parce que nous étions tout à fait d’accord que c’était parfaitement injuste ! C’était d’ailleurs souvent ce qui se passait lorsque je me disputais avec maman, parce qu’elle refusait catégoriquement d’entendre raison, préférant faire remarquer que je n’étais qu’une gamine à histoires et que je n’étais pas prête de trouver quelqu’un qui pourrait me supporter jusqu’à la fin de ses jours comme ça. Ce n’était rien d’autre que de la méchanceté gratuite et ça m’horripilait parce que ce serait à celle qui criait le plus fort que l’autre : mais même avec ça, le plus souvent nous repartions chacune de notre côté, et lorsque nous recommencions à nous parler normalement, aucune de nous deux ne s’était excusé, jusqu’à la fois prochaine.

    Pourtant avec Aria, c’était une sorte de premier pas que j’étais en train de faire – disons que les vêtements qui nous entouraient tout autour de nous avaient apaisé mon cœur et n’y étaient pas pour rien dans cette démarche – même si de mon côté je voyais plutôt ça comme un acte qui ne pouvait pas rester impuni, parce que cette robe à motifs que la vendeuse avait emmené avec elle, c’était un véritable crime contre l’humanité, non mais est-ce qu’ils vérifiaient seulement à qui ils avaient un peu à faire avant d’employer les gens d’ici ??? Enfin, qu’elle l’essaye sa robe, pour qu’on en parle plus !!!

    -Attends, tiens la moi, je tins la robe quelques instants, comprenant dans son ton qu’elle allait faire un aller-retour dans les rayons et qu’elle me demandait de patienter ici, sûrement pour qu’on ne nous prenne pas la place, même si je n’en avais pas très envie, parce qu’il n’y avait pas de sensation plus idiote que d’attendre les deux pieds joints en faisant le lampadaire et bien sûr que ce n’était pas la place que je méritais !

    J’acceptais néanmoins, toujours un peu sur la retenue, parce que le geste vers l’avant que j’avais eu vers Aria, ne voulait pas dire que je ne nageais pas entre deux eaux, et que je ne savais toujours pas quel rivage choisir, la grande plage où j’étais sûre d’être en sécurité dans ce que je connaissais déjà, ou bien la petite île déserte, un peu plus loin, sur laquelle je n’avais jamais mis un pied parce qu’elle représentait l’inconnu, et que si je venais à aller là-bas, je n’avais aucune garantie de pouvoir la quitter ensuite. Elle avait l’air tout ce qu’il y avait de plus paradisiaque pourtant, avec du fin sable blanc qui glisse entre les doigts, mais sur cet ilot, il y avait Aria, et ce qu’il restait à voir, c’était de savoir si oui ou non la cohabitation resterait possible. C’était bien pour ça qu’on utilisait le terme de « cohabitation » dans ce cas de figure.

    Ses mèches ne tardèrent pas à dépasser de nouveau entre les rangées, et elle fut de retour à mes côtés, sauf qu’elle tenait un article en plus entre ses mains ; mon regard fut inévitablement attiré par le chemisier, parce que je me demandais comme j’avais pu faire pour passer à côté sans l’avoir vu, alors qu’il était élégant, très féminin comme je l’aimais, sans en faire trop dans les fioritures qui lorsqu’il y en avait trop gâchait le modèle, parce qu’on ne savait plus quel était véritablement sa forme.

    - J’ai vu ça tout à l’heure, tu peux l’essayer si tu veux.


    Sa retenue me fit garder la mienne, même si en vérité je n’avais qu’une envie, celle de m’extasier et passer mes doigts sur les coutures, comme on donnerait une nouvelle voiture à un petit garçon. Mais devant Aria, je voulais rester digne et fière, parce que même si laissait planer au-dessus de nous des tensions qui étaient en train de s’étioler, je n’avais nulle envie de lui faire comprendre que c’était moi qui craquais la première, alors que j’avais déjà fait le mouvement tout à l’heure. Je relevais cependant qu’une fois encore elle fonctionnait tel mon reflet dans la glace même si notre apparence physique était en tout point différente : ses cheveux dorés, son visage tendre et des yeux clairs qui avaient l’air d’attendre qu’on les réchauffe, quand ma chevelure à moi était brune, le visage dont mes traits se prononçaient tout de suite sous mes émotions, et la noisette croquante qui était la gardienne du fond de mes yeux.

    - Tout de suite, affirmai-je en laissant apparaître l’ombre d’un sourire, en échangeant la robe que je tenais toujours avec la chemise en imaginant déjà à quoi j’allais ressembler en la portant, et cherchant mentalement les jupes ou pantalons qui allaient pouvoir la mettre en valeur.

    J’allais me détourner pour retourner dans la cabine d’essayage, mais Aria cru bon d’ajouter avant :

    - Et ce que tu as fait tout à l’heure, c’était impressionnant.


    Même le garde-chasse de l’école, un peu bourru, ne pouvait pas être insensible à la flatterie, et je n’étais ni garde-chasse ni bourrue (mais quelle horreur, devoir transpirer dans la gadoue toute la sainte journée !!!) et en tout cas, je n’y étais pas insensible non plus, m’ôtant l’aigreur qu’il me restait, même si un mince fil me tenant cependant encore le poignet : il ne tenait plus qu’à Aria à présent de le resserrer d’avantage, ou bien, comme elle essayait de le faire, de le couper complètement.

    - Une broutille, renchéris-je avec ce qui voulait être de l’humilité, et puis on ne peut pas laisser ce genre de personne dire n’importe quoi, mais tu te rends compte, c’est limite si elle n’aurait pas essayé de mélanger du rouge et du fushia en y ajoutant des chaussures et un foulard assorti, non mais qui peut dire des absurdités pareilles ???

    Sur ces bonnes paroles, je disparus quelques minutes pour mon essayage pendant que de son côté, Aria faisait de même. En m’observant dans la glace ensuite, il n’y avait aucun doute qu’elle avait vraiment bien choisi, même si je ne savais pas vraiment comment faire pour la remercier, parce qu’avec elle, et parce que je n’avais pas tout à fait oublié ce qui s’était passé tout à l’heure, je ne savais pas vraiment comment la remercier.

    - C’est vrai qu’elle est très belle, commentai-je, mais comme ça faisait plusieurs fois que je m’observais sous tous les angles, Aria avait dû comprendre qu’elle me plaisait vraiment. Comme ni l’une ni l’autre ne parlions, je me sentis obligée de rajouter, tu as bon goût en tout cas. Merci Aria. Quant au reste, c’était un peu trop me demander, parce que je ne souhaitais pas faire mon mea culpa, mais je savais reconnaître quelqu’un qui avait du style lorsque j’en voyais un, et Aria faisait partis de ces gens-là. Tu ne devrais pas repartir sans cette robe ! La conseillai-je encore parce que comme je l’avais prévu, elle lui correspondait parfaitement.

    Quand je disais que faire la boutique de vêtements était mille fois mieux que Honeydukes ! Une fois changée, après avoir remis mes vêtements, je lui demandais :

    - On va régler ça et on s’en va ? Je réfléchis, avant de lui demander ensuite : ça ne sert plus à rien de les attendre, et je n’ai pas envie de me perdre dans Pré-au-Lard le premier jour à cause des autres filles !
    Je la détaillai du regard, les sourcils un peu froncés pour essayer de voir qu’elle allait être sa réaction, comme il s’agissait d’un sujet sensible, et que je ne tenais pas spécialement à revenir dessus, surtout si c’était pour avoir un nouveau crêpage de chignons avec Aria.


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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: Catfight ~Aria /fini   Lun 22 Avr - 22:00

Cet échange de vêtements qui en apparence ne ressemblait qu’à de la gentillesse, avait une autre signification. Je comprenais assez vite comment nous allions fonctionner : puisque aucune de nous n’était capable de présenter ses excuses à l’autre, et par conséquent, d’admettre formellement qu’elle s’était trompée, il fallait trouver une alternative. Quelque chose de subtil mais pas trop, histoire que la personne en face comprenne le sens du geste. Je l’avais évidemment saisi, si Prudence avait choisi de me donner la robe, ce n’était pas parce qu’elle avait été prise d’un accès de générosité. C’était une façon de me d’avouer qu’elle était peut-être allée trop loin. Moi aussi je n’avais pas eu un comportement exemplaire, et j’avais choisi de faire un pas vers elle : après tout je ne la détestais pas, je me risquais même à dire qu’elle possédait quelques qualités, et ce n’était que maintenant qu’elle me les montrait. Elle esquissa un minuscule sourire, qui n’exprimait pas grand chose mais je vis que le chemisier lui plaisait, le contraire m’aurait étonné en même temps ! Il était assez singulier de se dire que c’était des vêtements qui nous avaient offert une possibilité de nous racheter, mais c’était le cas. En fait, je trouvais que ça nous correspondait plutôt bien. L’élégance, la classe, ça avait quand même de l’importance- et pour nous deux- ce n’était pas la seule chose qui comptait mais je m’imaginais mal ne pas prendre de plaisir à chercher le parfait ensemble ou la coiffure qui me convenait le mieux. C’était au moins un sujet sur lequel on se comprenait, et le fait que Prudence approuve mon choix était un bonus non négligeable.

- Une broutille et puis on ne peut pas laisser ce genre de personne dire n’importe quoi, mais tu te rends compte, c’est limite si elle n’aurait pas essayé de mélanger du rouge et du fushia en y ajoutant des chaussures et un foulard assorti, non mais qui peut dire des absurdités pareilles ???

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle avait des avis très tranchés sur ce qui concernait la mode. Des couleurs en passant par les formes et les motifs, elle semblait tout connaître par cœur. Il était vrai que la combinaison de couleurs qu’elle venait de mentionner n’était pas la plus jolie, mais elle était excessive, dans sa bouche, ça sonnait comme un crime. Moi aussi j’aimais l’harmonie (l’ordre encore plus) mais à ce point-là ? Sans doute pas. Son air indigné était plutôt amusant, et ce que j’avais déjà vu se confirmait : elle n’était pas vraiment quelqu’un de mesuré. Moi j’équilibrais le tout puisque j’étais tout le contraire : réservée et calme la plupart du temps. Prudence détendait l’atmosphère quelque part, et ce n’était pas de trop. La chose amusante était que sans doute elle ne se rendait pas compte que l’énergie qu’elle dépensait à critiquer l’incompétence de la vendeuse, mais elle avait quand même raison : n’importe qui aurait trouvé cette robe hideuse.

Je laissais échapper un petit rire, sans essayer de le cacher : ce n’était pas de la moquerie. Les rires moqueurs je les connaissais – ils résonnaient encore dans ma tête lorsque je pensais à la bêtise que j’avais faite en salle de potions- et celui-ci était différent. Je ne voulais pas que Prudence se méprenne. La dispute n’était pas très loin, et il fallait faire attention à ce que l’on disait ou faisait : un pas de travers et j’avais l’intuition que nous en reviendrons au même point.

Je repartais vers la cabine d’essayage et elle fit de même. Une fois à l’intérieur, j’accrochais la veste sur un cintre ; puis j’essayais la robe : elle m’allait parfaitement. Elle était raffinée mais pas trop habillée, élégante mais sans en faire trop, la matière était agréable et Prudence avait raison : le bleu s’accordait particulièrement bien avec mes yeux. Elle n’était pas trop chère et j’avais du mal à résister aux robes, je décidais donc après dix secondes de réflexion de l’acheter. Prudence sortit à son tour J’observais sa tenue, et le chemisier semblait être fait pour elle. Nous n’avions pas perdu notre temps ici (se rendre dans un magasin de vêtements était rarement une perte de temps de toute façon) et je me sentais plus détendue.


-C’est vrai qu’elle est très belle, tu as bon goût en tout cas. Merci Aria. Tu ne devrais pas repartir sans cette robe !

J’acceptais son compliment avec un sourire. Lorsqu’elle le voulait, elle pouvait être très sympathique ! Les choses s’étaient finalement arrangées vite, la sortie avait certes mal débuté, mais elle prenait désormais un tournant intéressant.

-Merci, si elle remerciait, je devais faire de même. Et compte sur moi pour la robe, lançais-je avant d’aller me rhabiller. Il était hors de question que je quitte le magasin sans cet article. J’avais déjà hâte de la porter. Ce ne serait pas pour tout de suite, car le temps ne s’y prêtait pas : les rayons de soleils n’étaient pas fréquents à cette période de l’année, surtout en Ecosse. J’étais cependant habituée à ce climat, puisqu’à Londres, c’était plus ou moins le même, et il ne me dérangeait pas. Par contre là ça me frustrait un peu : j’allais devoir attendre. Je me promis d’écrire une lettre dès ce soir à mes parents, j’avais évolué depuis la première année mais certaines habitudes ne m’abandonnaient pas (celle-ci je n’en avais pas l’envie) et j’éprouvais encore le besoin de leur raconter mes journées. Il existait un lien fusionnel entre eux et moi, et il me fallait au moins ça pour réduire la distance.


-On va régler ça et on s’en va ? ça ne sert plus à rien de les attendre, et je n’ai pas envie de me perdre dans Pré-au-Lard le premier jour à cause des autres filles !

Un instant je crus qu’elle l’avait fait exprès, pour me provoquer, mais quelque chose dans son ton me convainc que sa remarque n’avait pas pour but de relancer les hostilités. Je fis oui de la tête, sans rien ajouter, pour lui signifier que je n’étais pas vexée. Nous nous dirigeâmes de concert vers la caisse, et j’allais lui proposer de se rendre aux Trois Balais ensuite lorsque des voix familières se firent entendre, pas très loin de nous. C’était en effet Helen, Lucy et Lizzie qui arrivaient à notre hauteur, des paquets dans les mains et le sourire aux lèvres.

-Coucou les filles ! On dirait qu’on a fini par se retrouver, ce n’était pas facile pourtant… Mais c’est pas grave on vous en veut pas d’être parties, fit Helen avec un ton gentil mais un peu moqueur.

Elle n’était pas désagréable en temps normal mais là elle m’agaçait : elle était en train d’insinuer que c’était notre faute alors qu’elles étaient parties (avant nous) sans un mot. J’étais prête à leur présenter des excuses, parce qu’on avait quand même une part de responsabilités, nous aurions dû être plus observatrices mais elle m’en avait passé l’envie : c’était trop facile de se moquer à moitié de nous alors qu’elles étaient fautives. Je ne répondis pas à sa remarque, pas la peine que le ton monte, mais mes expressions de visage ne mentaient pas. J’étais assez susceptible, d’accord mais là j’avais raison d’être énervée. J’étais sûre que pendant que Prudence et moi on s’inquiétait, elle ne se souciait pas de nous, et je pouvais comprendre : on avait le droit de se diviser en deux groupes et de profiter de la sortie. Le souci c’était qu’elle nous reprochait notre comportement alors que le sien était pire, et peu importe si elle ne l’avait pas fait méchamment, je prenais ça comme une attaque.


-Prudence, j’aime beaucoup ton chemisier. J’en cherche un comme ça depuis longtemps, tu sais. Tu me le prêtes ? demanda Lucy. Je détournais un instant mon regard d’Helen et aperçus l’expression de Prudence, un peu gênée mais surtout exaspérée. Lucy elle non plus n’était pas méchante, elle était même amicale mais exagérait : le chemisier je l’avais vu avant elle et il n’était pas question qu’elle lui en fasse cadeau. En plus il n’en restait qu’un seul et j’étais sûre que si Lucy l’essayait, elle voudrait négocier pour en être la bénéficiaire et cette perspective ne m’enchantait pas.

-Prudence veut l’acheter, désolée Lucy. C’est la première qui trouve l’article (je ne mentionnais pas que c’était moi en réalité) qui en devient la propriétaire. expliquais-je poliment mais fermement. Maintenant je n’avais plus qu’à espérer qu’elle n’insiste pas. Déjà j’étais un peu remontrée contre Helen mais si en plus Lucy s’y mettait, nous n’en avions pas fini. Au moins je savais que j’avais Prudence de mon côté : nous n’étions pas toujours d’accord mais à ce moment-là je pouvais en faire une alliée.

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Prudence C. Hodgkin
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MessageSujet: Re: Catfight ~Aria /fini   Sam 27 Avr - 21:18



    C’était fascinant comme une parole, un acte, pouvait tout changer et faire basculer les faits du bon ou du mauvais côté de la balance ; Aria que j’avais eu très fortement envie d’étrangler en sortant de Honeyduke me paraissait plus sympathique dans la boutique de vêtements que lorsqu’on se chamaillait dans la rue parce qu’elle n’agissait et n’avait pas agi comme je l’avais souhaité. A présent, il y avait une entente tacite entre nous deux, alors évidemment, cela ne voulait pas dire que nous avions enterré la hache de guerre et j’étais prête à la brandir au moindre écart de sa part. Mais toutefois, nous l’avions posé toutes les deux par terre, comme un symbole de paix, sans pour autant se serrer la main pour la sceller. Il était encore bien trop tôt pour que je porte un jugement favorable à son égard et bien que maman me répétait que c’était un vilain défaut, je restais bien souvent sur ma première impression, tout en refusant d’en changer, même si toutes les preuves et les évidences étaient là, devant mon nez, parce qu’il y avait toujours cette méfiance qui me faisait douter : si on se prend le bec avec quelqu’un une fois, on se le prend plusieurs. Alors ensuite, il y avait quelques exceptions comme Brook, parce qu’il nous arrivait de nous disputer lorsque nous n’étions pas d’accord, et même si parfois je faisais exprès de ne pas l’écouter pour ne pas m’énerver, ce n’était pas toujours facile. Mais là aussi, tout n’était qu’une question d’impression comme je disais et j’avais tant discuté par lettres avec Brook que nous étions amis avant de nous connaître en chair et en os et je voyais cela comme une seule et unique vérité qui ne changerait jamais.

    Et puis pourquoi d’ailleurs le contraire pourrait se passer ?

    Je reconnus les rires dans mon dos sans avoir besoin de me retourner et cet excès de désinvolture m’agaça, alors que j’avais retrouvé la sérénité pourtant, en me baladant dans les rayons. Je pivotais sur les talons, pour découvrir nos comparses, qui avaient l’air d’être à des années lumières sur ce qui s’était passé tout à l’heure, et la scène qui s’enchaîna juste ensuite le confirma bien.

    -Coucou les filles ! On dirait qu’on a fini par se retrouver, ce n’était pas facile pourtant… Mais c’est pas grave on vous en veut pas d’être parties.

    Je sentis mes joues remontées en un immense sourire, comme je l’avais fait précédemment avec Aria, mais n’en pensais pas moins : elle ne manquait pas d’air, et j’avais très envie de prendre l’un des pantalons sur l’un des présentoirs pour l’étouffer avec et lui faire ravaler ses mots ! Cependant, l’emportement que j’avais eu avec Aria tout à l’heure, lui aussi avait disparu, et même si l’envie de l’envoyer paître à l’autre bout du magasin ne me manquait pas, devant les autres clients, je préférais rester digne et fière, bien au dessus de tous ces enfantillages qui avaient le don de m’irriter le cœur…

    - Il y en a qui savent où sont leur intérêt, répliquai-je, mine de rien, mettant Aria dans le même panier que le mien, sans même le lui demander, et même si un peu plus tôt, je me serais défendue en disant que c’était uniquement et entièrement sa faute, à présent, c’était en sa compagnie que je me sentais la plus forte.

    Il fallait savoir choisir : acheter la jolie petite robe dans laquelle on voulait rentrer cet été ou bien faire les bécasses en se goinfrant de bonbons et pleurnicher quand viendrait les beaux jours à cause d’un ventre et des cuisses flageolantes !!!

    Alors seulement, je croisais le regard de Lucy, juste avant que celui-ci ne vienne loucher sur la chemise que je tenais toujours dans ma main, puisque j’étais prête à aller la payer avec Aria lorsqu’elles avaient débarqué. Elle n’eut même pas besoin d’ouvrir la bouche – ce qu’elle fit quand même – que je sus que ça n’allait, mais alors pas du tout, me plaire.

    -Prudence, j’aime beaucoup ton chemisier. J’en cherche un comme ça depuis longtemps, tu sais. Tu me le prêtes ?

    Je roulais des yeux exaspérée, sur la défensive ; elle croyait
    vraiment et sincèrement, que j’allais lui céder ma trouvaille ; enfin pas vraiment la mienne, mais on avait tous compris où je voulais en venir. Je bombais la poitrine comme si j’allais être prête à l’attaquer dans la seconde, parce que non seulement elles avaient toutes les trois été sans gêne, mais ce qui m’énervait le plus… c’était qu’elles n’étaient pas fichues de s’en rendre compte et j’étais partagée entre l’idée de l’envoyer salement sur les roses, ce qui n’allait avoir pour seul résultat de me faire crier dans la boutique et passer pour ridicule, alors que ce n’était même pas de ma faute, ou bien tout aussi peu à mon avantage, me mettre pleurer d’émotions, comme cela m’arrivait parfois lorsque j’étais démunie et que je ne savais plus comment réagir.

    -Prudence veut l’acheter, désolée Lucy. C’est la première qui trouve, qui en devient la propriétaire.

    La voix d’Aria s’était élevée d’entre toutes ; et je saisis tout de suite la perche, en faisant auparavant l’effort de desserrer ma gorge pour ne pas avoir une voix de canard (
    une voix de canard, quelle hor-reur !!!)

    - Exactement, on s’en va là, je n’avais pas prévu d’être hautaine, mais ce fut clairement ce que j’exprimai en relevant un peu plus le menton que d’habitude. D’un mouvement de poignet, je le ramenais plus près de moi, pour montrer que je n’allais sûrement la laisser le toucher.

    Me sentir soutenue par la Serdaigle me donna comme le sentiment d’ailes qui m’étaient poussées dans le dos, et comme elle était de mon côté, en cet instant, je n’avais absolument aucune raison de lui en vouloir, comme si notre altercation de début d’après-midi avait été oubliée, et là, nous étions comme deux sœurs se liguant contre leur parent pour obtenir gain de cause.

    Si elle n’insista pas, elles ne manquèrent pas malgré tout de réclamer vouloir faire le tour à présent qu’elles étaient ici, en nous proposant de les attendre ; comme si j’allais patienter alors qu’elles allaient mettre des heures dans la cabine d’essayage ! J’échangeais un regard avec Aria, qui me suffit pour comprendre qu’elle pensait tout à fait la même chose que moi : j’avais beau adorer rester des heures dans ces endroits, ce n’était pas pour attendre les autres ! Surtout, je voulais qu’elles comprennent qu’ici, c’était moi qui tenait les rênes du traineau, et que si elles ne suivaient pas, c’était tant pis pour elles, et pas l’inverse !

    - Non, nous, on a déjà terminé, on va rentrer au château. J’ajoutais de mon ton le plus mielleux, ne cachant plus rien de ma rancœur : vous savez quel est le chemin de toute façon.

    Après un dernier hochement de tête, je les abandonnais à leur triste sort, mais j’avais arrêté de sourire et comme elles avaient remarqué mon visage interdit, ce n’était qu’une question de secondes avant de comprendre où est-ce que je voulais en venir ; après tout, elles restaient des Serdaigle.

    Nous sortîmes quelques minutes après, le temps de régler nos achats, et j’eus deux trois pas un peu plus grands que les autres, comme si je dansais, presque ravie de la tournure des événements qui avait été prise.

    - Je trouve que tu l’as vraiment remise à sa place, confiai-je à Aria, tout en serrant la hanse de mon sac, tout en songeant à ce qu’il y avait à l’intérieur, et cette fois, ça ne me dérangea pas de la remercier chaudement, parce que c’était à deux que nous avions vaincu nos trois trolls. C’était gentil de ta part, j’ai cru que j’allais l’étriper, non mais tu as vu comment est-ce qu’elles se sont comportées ? Je ne retournerais plus jamais ici avec elles, et en tout cas, je ne vais pas manquer de pavaner devant Lucy avec ça, je montrais le sac, en le mettant légèrement devant moi, pendant que nous marchions sur le sentier qui menait jusque à Poudlard.

    Aujourd’hui, j’avais testé la Aria Davenport dans toute sa splendeur.

    Alors, satisfaite ou remboursée ?


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Catfight ~Aria /fini
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