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I'll swallow my pride (PV)

 
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 I'll swallow my pride (PV)

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Aria Davenport
Élève de 5ème année



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Localisation : En cours. Et tu ferais bien de t'y mettre aussi!
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Particularités: She looked pale, mysterious, like a lily, drowned under water.
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MessageSujet: I'll swallow my pride (PV)    Mar 19 Mar - 22:52

La salle d’étude figurait parmi mes endroits favoris du château. Elle était remplie de gens – mais ça ne me gênait absolument pas- il y avait cette atmosphère studieuse, les gens échangeaient généralement dans le calme, certains rires retentissaient de temps en temps et il y avait toujours au moins une personne qui se proposait pour aider une autre lorsque elle en avait besoin. Toutes les maisons étaient mélangées, et ça nous rapprochait. De plus en plus, cette salle devenait mon lieu de prédilection, je la fréquentais d’ailleurs plus que la bibliothèque, sans doute plus austère. Mais surtout à la bibliothèque, on pouvait complètement s’isoler. Dans la salle d’étude, c’était beaucoup moins facile. C’était ça la raison. De toute façon la timidité n’avait jamais été le problème. Je n’étais pas timide et je le savais. Le vrai problème, c’était mon ego, et surtout d’autres milliers de choses qui liées ensemble formait un tout. J’observais autour de moi les différents élèves, je cherchais des yeux Sebastian et Ruby en priorité, mais Camille, Ana également, mais aucun n’était là. A ma gauche, il y avait une fille qui m’était complètement inconnue. L’autre m’était en revanche plus familière. J’ignorais son prénom mais le visage me disait quelque chose. Il s’agissait d’une fille de ma maison, avec qui parfois je travaillais. Elle était particulièrement douée en Soins aux Créatures magiques ; elle remuait d’ailleurs bien moins que Brook Lawrence qui ne tenait jamais en place, et particulièrement dans ce cours, n’était pas franchement bavarde mais ça ne dérangeait pas.

Je repris ma plume entre mes doigts et continuais de tracer les lettres sur mon parchemin. La quantité de devoirs cette semaine était assez conséquente, mais je redoublais de motivation, après la séance de tutorat avec Ruby, mon sortilège Gemino s’était perfectionné et je travaillais beaucoup en sortilèges, ne serait-ce que pour le défi ; je voulais convaincre Hazel Woodley, si c’était possible, du talent que je pouvais avoir. Ce n’était pas une tâche facile, parce que cette femme ne faisait de compliments à personne, mais tant qu’elle passait sans rien dire, sans un regard méprisant, je considérais ça comme gagné. La matière, si elle ne me passionnait pas, suscitait un intérêt particulier chez moi. J’apprenais à un peu lâcher prise. En cela, Ruby m’avait été d’une grande aide, et même si nous n’étions pas extrêmement proches, elle savait que je lui étais particulièrement reconnaissante.

Les choses avançaient progressivement, lentement mais sûrement, comme on dit. J’étais fière de mes progrès, même s’ils étaient petits, j’avais au moins compris que je n’aurais pas tout de suite. Je n’avais jamais pensé qu’on m’apporterait tout ce que je voudrais sur un plateau d’argent- c’était un caprice- mais lorsque les choses étaient trop lentes, qu’elles ne se mettaient pas en place ça me gênait mais je n’avais pas le choix. Mes parents me manquaient cruellement, je devais bien l’avouer et je m’inquiétais, sans vraiment lui dire pour Sebastian. Je ne savais pas où il en était avec Daphne. Dernièrement ils n’étaient plus ensemble, mais ça ne suffisait pas pour me rassurer : lorsque on en venait à elle, je savais que Seb ne disait jamais toute la vérité. Et puis oui, j’étais lassée, j’avais envie de grands changements et tout de suite, mais ça relevait de l’illusion. Ces derniers jours, j’étais plutôt optimiste mais il y avait d’autres où tout était plus compliqué. Je n’étais pas habituée à me contenter – seulement me contenter- d’une situation, mais force est de constater que parfois il n’y a pas d’autre solution. Il fallait le temps. Le temps je voulais qu’il file, que je puisse le contrôler, mais ça était hors du champ des possibilités, je voulais être grande, déjà en sixième ou en septième année. On retombait toujours dans ce schéma. Et pourtant j’essayais de faire des efforts, de vivre l’instant comme on disait mais pour moi qui planifiais tout, c’était si différent de ma vision des choses !

Rien qu’en ce moment, je faisais déjà une liste mentale de ce que j’avais à faire. Il était six heures et demie. Encore une heure dans la salle d’étude, le temps de finaliser mon devoir. Je me laisserais une demi-heure pour rédiger le brouillon d’une lettre pour mes parents, ensuite j’irais à la Grande Salle. Le repas ne devrait pas durer plus de vingt minutes. Après cela, je me remettrais à ma lettre, que je recopierais. Je tenterais de trouver un horaire pour faire ma douche sans qu’elles soient toutes envahies. Et ensuite je me couchais. Très tôt. Comme tous les mardis. J’avais mis en place ce rituel récemment. Il semblait porter ses fruits. Parfois Maman se moquait gentiment de cette tendance que j’avais à vouloir diriger, jusqu’à ma vie dans les moindres détails. Si ça me blessait, non, parce qu’elle était la bonté même et la dernière chose que ma mère voulait, c’était bien me faire souffrir, mais je ressentais comme un drôle de pincement au cœur. Mais si elle faisait la remarque, même sur un ton léger, c’était sans doute qu’elle s’inquiéter. Elle avait une manière subtile de procéder, mais j’arrivais de temps à temps à comprendre quel message elle essayait de me faire passer. Mais ma nature je ne pouvais pas la changer. En avais-je réellement envie d’ailleurs ?

La porte s’ouvrit, m’interrompant dans mes pensées. Une blonde pénétra dans la salle en même temps que la fille que je connaissais se dirigeait vers la sortie. Un regard me suffit pour voir que la nouvelle arrivante était d’un tout autre genre. Du genre fière ; qui sait exactement ce qu’elle veut. Mes mains poussèrent mes affaires, presque instinctivement, comme pour occuper l’espace qui venait de se libérer. C’était un geste furtif, à peine visible, mais qui traduisait bien mon état d’esprit : j’avais l’impression que l’on venait de mettre fin à ma petite bulle de calme.

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Caleb Matthews
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MessageSujet: Re: I'll swallow my pride (PV)    Sam 29 Juin - 14:58

N’y avait-il pas meilleur endroit que la salle d’étude pour faire une bonne blague ??? Non. Il n’y en avait pas. Pas besoin d’aller chercher très loin en même temps lorsqu’on était en recherche de paix et de tranquillité que la salle d’études pour une raison toute simple : QUI allait y foutre les pieds ? Pas moi en tout cas, enfin si, mais pour une raison toute autre que pour celle initiale, parce que si on appelait bien une salle d’études, une salle d’études, c’était comme son nom l’indiquait si bien, POUR ETUDIER. Bien sûr que oui j’étudiais, il ne fallait pas croire. Mais notes n’étaient pas extraordinaires, et c’est vrai qu’avec un peu plus d’efforts, ça n’aurait pas été très compliqué de faire booster ma moyenne d’un ou deux points en plus. Mais j’étais loin d’être mauvais et ce que j’avais me suffisait, et cela en faisant le strict minimum possible, alors POURQUOI, quand on partait de ce principe si bien construit (qu’on admire un peu cette logique on ne pouvait pas dire que je n’avais pas un peu de jugeote !) je me serais fait des cheveux blancs en essayant de décortiquer dans un livre de Botanique pourquoi le pus de Bubobulb avait une odeur aussi nauséabonde.
 
La salle commune était bien, mais elle ne laissait pas trop lieu à mes expériences ; déjà je n’aurais pas aimé qu’on me vole mes idées, et si on était tous sympas entre Poufsouffle il y avait toujours des moutons noirs dans les groupes, même si chez nous, c’était plus difficile de les trouver que chez les autres. Parfois, ça ne marchait pas du premier coup, c’est comme ça quand on vit dangereusement ça impliques des petits aléas imprévus et j’avais bien assez comme ça Kelsey dans le collimateur pour me foutre encore plus dans la merde. Donc la salle d’études : Nickel. J’avais parlé rapidement à Rita de mes projets, mais elle avait aussi à faire de son côté, mais elle était la seule à qui j’avais dit où est-ce que je me trouvais par précautions. Sur ces bonnes paroles, j’avais fourré mes affaires dans mon sac de cours pour que ça ait l’air le plus innocent possible (ce qui était un peu dur parce que comme je m’étais tout mon barda dans mon sac la plupart du temps, c’était lui qui était devenu l’ennemi public numéro un de Kelsey. Moi ? Je passai en deuxième. Mais c’était déjà pas mal.)
 
MERYL KELSEY A TROIS HEUUUUUUURES !!!!!!!! M’écriai-je tout à coup mentalement avec empressement, mais comme je devais agir vite au lieu de me retourner à neuf heures et m’enfuir dans la direction opposée à toutes jambes ce qui n’aurait eu que pour seul l’effet de la lancer à ma poursuite, je continuai à marcher comme si je trouvais très intéressant de me balader dans les couloirs sans aucune raison particulière ; mince, elle allait trouver ça encore plus bizarre. Sur une échelle de un à dix, qu’est-ce qui était le plus louche, les neuf heures ou le sur place, neuf heures ou sur place, et – trop tard, elle était à ma hauteur. Et puis c’était quoi cette embrouille, la salle n’était même pas au même étage que son bureau ! Je la saluai parce que ne pas saluer Kelsey aurait été très impoli et elle allait me coller des heures de retenue à ce simple prétexte, parce que même quand je faisais rien, elle trouvait elle me punissait d’avance parce qu’elle savait que j’allais faire quelque chose. Oui bah en partant de ce principe, elle avait plus qu’à me coller à vie non mais c’était trop con comme mentalité ça !
 
Que faites vous là Matthews ? – ce que je fais là ? Mais je m’en allais travailler gaiement professeur ! – où sont vos livres et votre sac Matthews ? – (j’avais oublié de préciser que j’avais eu vite fait de balancer mon sac dans un passage secret que je connaissais qui laissait une toute petite ouverture quand on touchait une des dalles du pan de mur, vers le sol) C’est tout dans la tête professeur ! C’est une nouvelle méthode de travail ! – Vous avez de la chance Matthews j’ai justement corrigé les derniers devoirs de métamorphose et le vôtre est à revoir faites mois donc un parchemin de trente centimètres sur les métamorphoses animales !
Bien sûr que je protestais ! Bien sûr qu’elle ne m’écouta pas ! Elle fit apparaître mon devoir, du parchemin, de l’encre et une plume de nulle part (et alors les plumes qui surgissaient de nulle part, moi, je m’en méfiais comme la peste, qui sait comment elle l’avait ensorcelé pour être sûre que je m’acquittais de son travail !) et elle m’accompagna jusque à la salle d’études qui se trouvait quelques mètres plus loin, de me pousser à l’intérieur et de refermer la porte. Quoi ??????? Après cet abus de pouvoir totalement INJUSTIFIE, personne n’allait rien dire ????? Et bien moi j’allais devenir prof pour ne distribuer que des O en classe, et voilà !!!!
 
Grommelant tout seul, j’ignorai les personnes qui se trouvaient dans la pièce, cherchant une des places qui seraient encore disponible et comme aujourd’hui n’était pas mon jour de chance, autant le dire dès fois qu’il y en aurait qui n’aurait pas compris, c’était à côté d’un Serdaigle grincheux, qui n’arrêtait pas de répéter SHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHT (et c’est qui le mec bruyant après ?) limite parce que ma plume qui grattait le parchemin faisait trop de bruits ! Pardonpardonpardon. Désolé de respirer. Et s’il croyait que c’était moi qui allais partir en premier, il était bien mal barré ! Je raclai ma chaise en étendant les jambes bien confortablement devant moi, parce que puisque je devais pondre un devoir de science fiction (un copain moldu m’avait expliqué un peu ce que c’était, ça avait l’air trop fun ! Un peu comme la magie, mais en pas pareil !) que çe soit confortable, un peu, quand même.
 
Les pastilles pétillantes dans ma bouche furent ce qui le mit dans tous ces états ; il agita la tête à la limite de la crise d’épilepsie, idem pour les mains tandis qu’il remballait tout son barda, dans la réplique du mec fier, mais qui y arrive pas. Il s’éjecta de là en claquant la porte. Heho ! Un peu de silence tout de même !
 
En tout cas, comme il n’était plus là pour m’empêcher de me concentrer sur des choses plus importante qu’un devoir de métamorphose, c’est-à-dire, ce qu’il se passait tout autour, je pouvais tout à loisir m’atteler à cette nouvelle activité. Ça m’aidait à réfléchir, chacun ses méthodes ! Ce que je n’avais pas vu tout à l’heure m’interpella alors ; deux rangées devant la mienne, il y avait deux filles blondes l’une à côté de l’autre, rien de très exceptionnel en soi, sauf que même si elles étaient silencieuses (pour l’instant) leurs mouvements trahissaient qu’il se passait des choses qui n’étaient visiblement pas prévu. Ah ! Voilà qui était intéressant ! Je me mis à imaginer la tête de chacune, parce qu’elles ne se mettaient pas de profil, et je ne pouvais pas les voir et mimait dans ma tête ce qu’elles étaient en train de se dire. Et c’était pas des choses très gentilles ! L’une était plus crispée que l’autre, et l’autre justement, c’était elle qui avait l’air d’avoir le dessus, ça se voyait rien qu’à la façon dont elle tenait le dos bien droit. J’étais le seul à avoir remarqué ? Quoi qu’il en soit, leurs gestes me gardaient captif, et j’en avais complètement oublié la raison principale de ma venue à présent. Puisque c’était la deuxième fois qu’elle changeait maintenant…


 

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- J'ai pas envie de faire d'erreurs.

- Faut pas appartenir à l'espèce humaine alors.
Deviens canard.




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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: I'll swallow my pride (PV)    Ven 5 Juil - 20:11

Ma réaction était sans doute idiote. Je ne connaissais pas cette fille, elle non plus, elle allait s’installer à la place que ma camarade avait laissé vacante (ou non) et j’allais me replonger dans mes notes et mes parchemins. Elle n’est pas menaçante - mis à part son regard méchant qui m’est directement adressé- me dis-je mais j’avais l’impression que j’essayais de m’en convaincre plus qu’autre chose. Pourtant, rien n’indiquait que les choses allaient mal tourner, et j’avais du mal à comprendre cette nervosité soudaine : depuis quand je me laissais impressionner ? Bien sûr que ça m’arrivait…mais j’avais en général assez de piques en réserve pour répliquer. Est-ce que je devrais user de celles-ci avec elle ? Ce n’était pas quelque chose que j’aimais faire, bien au contraire mais parfois on n’avait pas le choix. C’était sans doute en m’ouvrant un peu plus aux autres que j’avais finalement compris que ce n’était pas la solution.

Sans grande surprise, l’inconnue s’assit côté de moi. J’hésitais entre éviter son regard (ça pouvait la vexer) ou bien l’affronter directement (elle le prendrait comme une provocation) mais elle choisit pour moi. Lorsqu’elle poussa mes affaires sans ménagement – la moitié était par terre-  je relevais les yeux dans la seconde. Elle paraissait satisfaite. Je voyais son visage plus précisément et je notais quelques points communs : des boucles blondes, la peau pâle, de longs cils. Mais il y avait quelque chose qui différait : non seulement elle possédait beaucoup d’assurance - son air victorieux et fier le montrait- mais semblait prête à écraser n’importe qui se trouvant sur son passage. Manque de chance : j’étais sur son passage. Elle ressemblait à certaines filles que j’avais croisées lors des cocktails du Ministère : elles considéraient toutes les autres filles comme des rivales, des ennemies qu’il fallait dégager vite fait bien fait. La fille n’avait encore rien dit mais je me doutais bien qu’elle n’allait pas s’arrêter là. Et qu’elle attendait de moi que je m’écrase. Je fixais son blason – Serpentard- j’avais voulu être de leurs et je savais qu’ils n’étaient pas tous comme ça, loin de là, que ce soit ma mère, mon père ou bien Ana : ils ne se comportaient pas ainsi. Je choisis au départ de ne pas réagir, parce que je ne voulais pas engager le conflit. Je n’étais pas là pour ça. Sans un mot, je me penchais et ramassais mes affaires sans broncher, tout en me faisait la réflexion que là, je lui obéissais et que je lui donnais exactement ce qu’elle voulait.

Je respirais calmement : l’indifférence était la meilleure solution non ? Et puis peut-être qu’elle ne l’avait pas fait exprès ? (non cette idée était ridicule) Renverser mes affaires était particulièrement immature, certes j’avais eu la même idée en compagnie de Brook Lawrence mais je m’étais rendue compte de la bêtise de mon geste. Elle semblait plus âgée en plus ! Enfin même si ce qu’elle venait de faire était désagréable, ce n’était pas méchant.


-Mais dis-moi si je te gêne surtout fit-elle. Ses intonations et son regard signifiaient, eux, paradoxalement que je n’avais pas le droit de réponse. Je ne savais pas que tout cet espace t’était réservé, Davenport, ajouta-elle, en appuyant sur mon nom qu’elle avait lu en haut de mon parchemin. Je m’apprêtais à lui répondre (j’avais changé d’avis) mais pour une raison qui m’échappait, je fus incapable de prononcer ne serait-ce qu’un seul mot.  Ils étaient bloqués dans ma gorge. En face de moi il y avait cette fille qui me toisait et qui avait le pouvoir, clairement. Je ne pouvais pas m’empêcher de m’en vouloir : je ne devais pas la laisser faire. J’étais plus forte que ça, je n’étais pas celle à qui on s’attaquait pour égayer sa journée.

Mais mes grandes convictions n’étaient pas en accord avec mon comportement : je me sentais perdue, réellement, et le pire c’était de voir tous les gens qui autour de moi étaient indifférents. Après tout, c’était normal ; nous ne faisions pas beaucoup de bruit et les autres ne pouvaient pas comprendre ce qui m’arrivait, ils ne pouvaient pas savoir que ma confiance en moi chutait complètement en cet instant et  ils ne savaient pas non plus combien perdre le contrôle m’effrayait. Je me sentais toute seule – et pourtant je ne l’étais pas, que ce soit dans cette salle ou dans la vie – et j’avais conscience que mon silence qui s’éternisait allait beaucoup amuser la Serpentarde. Ce n’était que deux petites phrases destinées à m’intimider. Elle le faisait exprès et je me maudissais de rentrer dans son jeu (mais l’avais-je vraiment choisi ?)  Mon cerveau marchait à une vitesse délirante, et les idées de réponse me venaient en rafale, toutes plus acides les plus que les autres, mais je ne parvenais pas à les mettre en forme.


-Regarde-moi quand je te parle ! ordonna-t-elle, en pointant son doigt sur mon épaule, et je me rendis compte que depuis tout à l’heure mes yeux étaient rivés sur mes parchemins. Bien décidée à lui montrer que j’avais suffisamment de courage pour lui faire face; je plantais mes yeux dans les siens. Il était hors de question qu’elle continue. Nos regards ne se détachèrent pas pendant une minute (environ) jusqu’à ce que finalement je les baisse : voilà, me dis-je, j’ai perdu. Je savais remettre les gens en place, mais elle c’était littéralement impossible. Elle l’avait compris dès le début, et elle jouait avec : c’était lâche de sa part mais qu’est-ce que j’y pouvais ?

Mon orgueil et ma fierté étaient sévèrement attaqués, et j’en voulais autant à elle qu'à moi parce que ce petit combat j’aurais du y mettre un terme dès le début. Maintenant j’étais  embourbée dans cette histoire et cette fille refusait de me laisse partir. Ma mince tentative de lui résister s’était soldée par un échec, je ne pouvais que le constater. Je rêvais de faire taire cette peste de cour de récré mais je n’y parvenais pas, je ne savais même pas me défendre ! J’avais clairement besoin d’aide et ça me dérangeait : je ne voulais être cette pauvre petite fille à qui on portait secours, je ne voulais pas me sentir faible.  Je voulais être celle qui prenait les choses en main.

Ce n’étaient pas tant ses mots qui me faisaient mal mais l’effet qu’ils avaient sur moi. Elle me réduisait au rôle de victime et je détestais ça. La Serpentarde avait cette fois parlé plus fort et quelques visages avaient regardé dans notre direction, pour finalement se remettre à leur travail. Il y avait un garçon brun, plus loin, parmi eux. En détaillant ses traits, je remarquais qu’il s’agissait de Caleb Matthews ; ça faisait évidemment de lui un spectateur de mon humiliation (sa petite farce n’en était finalement pas une comparée à celle-ci) et ça empirait les choses. Je voulais qu’il arrête de me fixer. C’était d’une fuite dont je rêvais :  je voulais rejoindre la Salle Commune pour écrire la lettre à mes parents, là ou la verte et argent ne me suivrait pas, m’enfoncer sous les draps, dormir en espérant oublier cette expérience dont je me souviendrais de toute façon.

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Caleb Matthews
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MessageSujet: Re: I'll swallow my pride (PV)    Mar 9 Juil - 17:32

Comme ça, je n’avais pas l’air (normal, je cachais bien mon jeu, je passais pour l’idiot de service, mention spéciale réservée aux Serpentard peu scrupuleux et ceux qui n’avaient pas de sens de l’humour ; si si, ça existait, prenez Aria Davenport par exemple)  mais je savais être très observateur quand l’occasion, comme là, se présentait. Parce que j’allais sûrement vous apprendre un truc, mais faires des blagues, ne constituaient pas simplement à faire des blagues. Déjà, parce que j’avais toujours une phase d’expérimentation de mes projets ; mais pour expérimenter, encore faut-il avoir des cobayes  sur lesquels faire ses petites expériences, et pour faire plus vite, je préférais les choisir moi-même en les piochant de façon tout à fait aléatoire dans les couloirs, au moins, une fois devant le fait accompli, ils pouvaient plus me dire non. Donc à force, je commençais un peu à m’y connaître quand même en étude de comportement mais au-delà de ça, j’avais aussi appris à trouver ça marrant de déceler des petites mimiques chez les gens quand ils faisaient quelque chose en particulier alors qu’ils s’en rendaient même pas compte, comme des tics de langage ou de gestuelle. J’en avais un cas tout particulier juste sous mes yeux.

Il aurait vraiment fallu être con pour ne pas comprendre ce qui était en train de se passer quelques rangs devant, et c’était même pour ça que j’en avais délaissé le prétendu devoir… de quoi ça parlait déjà ? Quoi que ce soit, il y avait sujet de discorde entre Aria, et blonde-inconnue-au-bataillon, même si pour l’instant c’était difficile de juger qui était en position de force par rapport à l’autre. Peuah, non mais pourquoi est-ce que je me posais la question ? C’était sûrement Aria qui encore une fois avait dû trouver le moyen d’être pas contente parce que l’autre avait cligné des yeux au mauvais moment pendant qu’elle lui parlait ou un truc du genre, parce que ça lui plaisait bien de pas aimer les gens sans raison. J’étais pas rancunier (non bien sûr que je l’étais pas sinon j’aurais facilement trouvé un moyen de lui rendre la monnaie de sa pièce assez vite, l’imagination, c’était pas ça qui me manquait)  mais moi j’avais pensé que c’était ma copine, mais en fait non pas du tout, donc voilà, on était pas copains et ça m’avait un peu déçu parce que certains points plaisent ou ne plaise pas, j’étais quand même sincère, mais bon pour Aria Davenport dès qu’on avait pas collé le nez dans un livre à respirer sa poussière, c’était pas assez. Pas sympa.

Sauf que maintenant que mon attention était retenue par les deux filles, je ne voyais un peu que ça, et c’était facile de tendre l’oreille, même si c’était pas clair, d’entendre qu’il y avait un échange verbal, puisqu’autour , il n’y avait pas l’ombre d’un bruit ; les élèves étaient tous sérieux dans cette école, qu’est-ce que ça pouvait être ennuyeuuuuuuux ! Elles en tout cas ne l’étaient pas. J’étais aux meilleures loges pour la petite altercation et… Olalalalalalalaaaaaa fois dix mille, elle était conne celle là ou quoi, elle voulait se prendre une des tables dans la gueule à tripoter Davenport, même du bout du doigt ?! Elle avait pas froid aux yeux, et je ne manquais pas d’esquisser un petit sourire, de voir comment la Serdaigle allait rétorquer, oui parce qu’elle allait le faire avec un style qui n’appartenait qu’à elle : bien, qu’elle le fasse devant tout le monde, au moins les gens allaient comprendre que c’était elle qui avait un problème, et un sérieux, et certainement pas des personne comme Caleb Matthews qui eux dans le vie, ne demandent qu’à s’amuser !

Cette fois, je n’étais plus le seul à les avoir remarqué, parce que leur petit remue-ménage ne passait plus inaperçu. Parfait ! Parfait…. Non sans déconner, Aria n’allait pas dire qu’elle allait rester là stoïque sans rien faire juste à se comporter en jolie petit poupée ?! Ma vision des choses changea tout à coup et je compris très vite que c’était elle la victime et non pas le bourreau comme je me l’étais d’abord figuré. Bon. Il y avait bien quelqu’un ici qui allait s’en charger, tout le monde voyait qu’elle était en train de se faire emmerder, et quand parfois on ne sait plus quoi faire et bien on pense que la solution c’est… de ne plus rien faire. C’était pas mon cas, parce que même si je laissais passer des choses, quand même il ne fallait pas aller trop loin non plus, parce que je savais me défendre, mais je pensais plutôt à la plus petite de mes sœurs qui parfois se faisait embêter à l’école, parce qu’elle était toute douce, toute gentille et toute timide, du coup et bien parfois, ça se retournait un peu contre elle, et moi, même si j’étais le premier à lui faire des farces, ben j’étais le seul à qui on avait le droit de le faire, donc j’allais la défendre, et c’était souvent là qu’on était unis pour la même cause. Personne ne bougea. Pourquoi personne ne bougeait, il n’y en avait pas un dans le coin qui se sentait l’âme d’un Gryffondor où je ne sais quoi ? Pendant ce temps là, je ne les avais pas quitter du regard et tout à coup l’autre blonde cru bon que bousculer son adversaire la ferait un peu plus réagir.

Moi la seconde d’après, j’étais debout, et en trois enjambées, j’avais rejoint leur rangée, en me baissant d’abord pour ramasser une plume qui était apparemment tombée de la table pour la remettre sur cette dernière, du côté d’Aria.

J’attrapai le poignet de la fauteuse de troubles pour la stopper dans son élan, sentant l’énervement monter petit à petit, parce que ça ne me plaisait qu’on s’en prenne à quelqu’un qui n’avait aucune raison qu’on s’en prenne à lui justement, même si cette personne c’était Aria et qu’on avait eu des différends, c’était pas grave, j’avais mes principes tout de même ! Je ne serrai pas, mais mes doigts la tenaient bien assez pour l’inciter à se calmer.

- Qu’est-ce qu’elle t’a fait ?!
Lui demandai-je, parce que si elle aimait tant la faire chier, autant qu’elle dise pourquoi. Laisse là maintenant, ordonnai-je d’une voix qui ne me ressemblait pas, parce qu’elle était bien plus sérieuse que d’habitude.

Comme je m’en étais douté je n’obtins aucune réponse si ce n’est à la place l’exclamation de la lâcher tout de suite, ce que je fis sans me faire prier. S’en suivit plusieurs secondes où elle me défia du regard ; bah oui j’étais à Poufsouffle, et elle à Serpentard, visiblement je devais avoir peur d’elle, bouuuuuuuuuh, j’ai peuuuuuuuuuuuuuur !!! J’avais remis mes mains dans mes poches et je souris à son attention, parce que l’avantage c’était qu’avec mes bêtises on commençait à me connaître un peu donc dans mes poches il pouvait y avoir n’importe quoi de dégueulasse et visqueux que j’aurais pu lui balancer dans les cheveux sans ménagement, et tout le monde sait que les filles aux belles mains longues et plein de verni sur les ongles n’aiment pas les trucs dégueulasses et visqueux. Je fis d’ailleurs mine que je fouillai dans l’une d’entre elle, et j’avais très bien capté qu’elles les regardaient, se demandant bien ce que j’allais en sortir. En vrai, j’avais pas trop envie de sourire, et en fait mes muscles s’étaient contractés, prêts à faire barrière à n’importe quel moment pour peu qu’elle ait envie d’insister. Je rajoutai, sans aucune douceur, ni envie de rire :

- Tu vas aller emmerder quelqu’un d’autre
, lui conseillai-je et c’était pas vraiment une menace, mais je ne plaisantais pas non plus, donc qu’elle en profite, parce que celle là il valait mieux pas la prendre au second degré. J’ai mes contacts, si tu veux on peut aller chercher Peeves et lui demander de t’aider, je suis sûr qu’il sera super content de t’aider ! Non mais l’esprit frappeur, il était un peu comme mon mentor, et quand je n’étais pas l’une de ses nombreuses victimes, parfois j’arrivais à échanger plus de trois phrases avec lui. Oui au bout de trois ans à Poudlard, c’est un exploit.

Et pipipipapo, et je ne veux pas partir je travaille et pipipipapo, elle insista, elle était pas décidée de se casser et moi elle m’énervait de plus en plus à faire sa chieuse, tout ça parce que personne l’aimait et qu’elle savait pas quoi faire d’autre. Cette fois j’arrêtais d’essayer d’avoir l’air cool.

- Mais c’est bon, tu t’es mise là que pour la faire chier alors qu’elle t’a rien fait et qu’elle elle a envie de travailler, donc si tu veux une place tu vas prendre la mienne ! De toute façon dans quelques secondes elle n’allait plus trop avoir le choix…

Sans prévenir je dégainai ma main de ma poche pour écraser des œufs de veracrasse sur la table (non il ne vaut mieux pas que je raconte comment je les ai eu…) ce qui l’a fait tout de suite reculer, parce que c’était répugnant et que ça s’étalait sur le bois et elle ne plus s’empêcher de tirer la grimace. Elle remballa très vite ses affaires avant que la substance ne vienne les saloper et pendant ce temps là, je lançai un Accio! En pestant pour ramener mon devoir par ici, sauf que comme j’étais pas trop concentré parce qu’elle m’avait soulé, les parchemins atterrirent pile là où c’était sale, et sans aucune douceur, ce qui me fit arracher quelques grommellement supplémentaires pendant que je m’asseyais lourdement sur ma chaise. C’est là que pendant ces longues secondes, je réalisais que je n’avais pas une seule fois regardé Aria, pour voir comment elle allait.

- Ca va elle t’a pas fait mal quelque part ? Interrogeai-je un peu abruptement les sourcils froncés, parce qu’il n’aurait plus manqué que ça. C’était pas super de ma part de lui parler un peu sèchement, mais en même temps, voilà, je n’étais pas tout à fait calmé non plus, et si elle me disait que oui, elle avait mal, ça allait rien arranger. J’essuyai vite ma main crade dans mon pantalon pour pouvoir prendre son bras sans lui demander l’autorisation et vérifier moi-même. Et elle avait pas intérêt à me dire que c’était dégoutant ! Pourquoi est-ce que tu l’as laissé faire ? Questionnai-je en me forçant à me montrer plus aimable cette fois, après l’avoir relâché. Elle était déjà venue t’embêter avant ?

 

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: I'll swallow my pride (PV)    Mer 31 Juil - 18:48

Je détestais ce sentiment. Je l’avais rarement ressenti, mais je le connaissais. La dernière fois où il s’était présenté remontait au tutorat avec Ruby. Je m’étais sentie gauche, mais pas seulement, complètement incapable : il ne s’agissait que d’un sortilège mais ça suffisait pour me déstabiliser. J’avais été très déçue de moi et mon échec m’avait fait mal au cœur, aujourd’hui tout était exacerbé, poussé à l’extrême: désormais j’étais juste une petite poussière sur laquelle on pouvait marcher. C’était le but de la Serpentarde : me piétiner parce qu’elle pensait que je lui faisais de l’ombre. Je n’avais jamais rien demandé, juste un peu de tranquillité mais elle avait décidé de lancer l’offensive : le combat était déloyal puisque elle me frappait lorsque j’étais à terre. Cela ne me ressemblait pas et ça n’aurait pas dû être aussi facile : j’étais réservée certes mais je savais me défendre. Ma réaction je ne la comprenais pas et je me sentais humiliée : je ne voulais pas que les autres voient ça, et surtout pas Caleb, mais je n’y pouvais rien. Peut-être me trouvait-il vaniteuse, hautaine et rabat-joie (moi aussi je pouvais lui en trouver des défauts) mais jamais il ne m’aurait vue comme quelqu’un de fragile. Il était évident qu’il y avait une part de fragilité en moi, comme chez tout le monde, mais je refusais qu’elle soit aussi visible : j’étais solide et les attaques comme celles-ci j’étais assez forte pour les affronter toute seule. Mais la réalité était tout autre et je voyais bien que je m’étais trompée : je n’y résistais pas.

- Qu’est-ce qu’elle t’a fait ?! Laisse là maintenant.Je me retournais surprise et également soulagée que quelqu'un intervienne.C’était Caleb qui s’était approché de nous, et je percevais clairement les accents de colère dans sa voix.

Je respirais plus calmement mais la honte était encore bien présente ; j’avais abandonné beaucoup trop vite et aussi étrange que ça puisse paraître, je m’en voulais davantage à moi. Je lui étais reconnaissante bien que l’idée de lui devoir quelque chose ne me plaisait pas, mais il m’avait apporté son aide et son soutien au moment où j’en avais besoin. Il aurait pu m’ignorer et il ne l’avait pas fait. Pourtant je n’avais pas été tendre avec lui –mais il l’avait mérité, je n’en démordais pas – et aujourd’hui, il décidait de prendre ma défense. Je devais avouer que j’étais surprise : qu’il ait le courage de se lever et de lui parler de manière aussi directe ça ne m’étonnait pas mais il le faisait pour moi. Il n’avait aucune raison de le faire et son geste me touchait – même si une partie de moi avait du mal à accepter que ce soit lui qui m’ait porté secours. Caleb Matthews était indéniablement remonté (un peu) dans mon estime : malgré ses blagues idiotes et vexantes, son immaturité, son air nonchalant qui m’exaspérait plus que tout et sa conception des choses totalement opposée à la mienne...

La Serpentarde avait perdu de sa superbe, et j’en étais ravie. Elle ne craignait peut-être pas Caleb mais elle était impressionnée – il faut dire qu’il imposait vraiment sa présence là - et c’était suffisant. Je me sentais plus forte, soudainement, parce qu’on reprenait le dessus : je n’étais plus cette fille qu’elle avait désigné comme la victime de ses petits jeux mesquins, je lui montrais que j’étais plus que ça, je lui montrais la Aria que j’avais envie d’être : je lui jetai un regard noir, je voulais qu’elle y lise tout mon mépris,  son petit manège m’avait atteint je ne pouvais pas le nier mais j’allais lui faire passer l’envie de recommencer. Je me demandais bien pourquoi je n’avais pas réussi à penser ainsi avant que Caleb ne prenne les choses en mains mais la réponse je la connaissais : parce que j’étais toute seule.  Avoir quelque un à mes côtés – même Caleb Matthews- me donnait de l’assurance : cette assurance j’avais cru la posséder en arrivant à Poudlard mais je réalisais qu’elle me filait entre les doigts ; j’étais plus sensible que je ne  le croyais. Ma personnalité se révélait au cours des années que je passais ici : j’observais des changements ou remarquais enfin des traits dont l’existence m’avait toujours échappée.


-Tu vas aller emmerder quelqu’un d’autre. J’ai mes contacts, si tu veux on peut aller chercher Peeves et lui demander de t’aider, je suis sûr qu’il sera super content de t’aider !

Je n’avais pas l’habitude de parler ainsi, de manière crue, mais les mots de Caleb ne me froissaient pas, plus que ça ils me faisaient étrangement plaisir : les formules de politesses et l’indifférence ne marchaient pas avec cette fille, son but lorsque elle était venue s’assoir à côté de moi c’était juste de me pousser à bout, la partie était terminée et elle devait dégager. Moi je ne voulais pas qu’elle me remplace par quelqu’un d’autre, je préférais qu’elle arrête tout court ; ces petits tyrans je les haïssais. Elle aurait mérité une bonne gifle mais je refusais de répondre à sa provocation, pourtant ce n’était pas l’envie qui me manquait. En aurais-je été capable de toute façon ? J’en doutais franchement : moi je n’avais pas l’audace de Caleb.

La verte et argent ne bougeait toujours pas et fixait le Poufsouffle avec un air désagréable. Une vraie plaie, qui n’existait que par ça (au moins elle pouvait être sûre que sa méchanceté ne la quitterait pas)


-Mais c’est bon, tu t’es mise là que pour la faire chier alors qu’elle t’a rien fait et qu’elle elle a envie de travailler, donc si tu veux une place tu vas prendre la mienne !

Caleb Matthews était en train d’expliquer qu’elle devait me laisser tranquillement travailler. TRAVAILLER.

Il comprenait et pas une seconde je n’avais eu l’impression qu’il me jugeait. Moi-même je n’avais pas fait cet effort lorsqu’on était «amis » je devais l’avouer (entre guillemets parce que je n’aurais pas appelé ça de l’amitié, on se supportait plus qu’autre chose en fait) et l’avais jugé autant que lui m’avait jugé. Là, je le trouvais différent. Plus mature, plus compréhensif.  Je changeais un peu d’avis concernant sa maturité lorsque je le vis écraser ce qui semblait être des œufs de Veracrasse -leur aspect répugnant était  parfaitement reconnaissable- sur notre table, il y avait quand même bien plus élégant comme méthode mais ce fut radical : la Serpentarde partit sans demander son reste.


-Ca va elle t’a pas fait mal quelque part ?

Avant que je puisse répondre, Caleb s’emparait déjà de mon bras, un peu brutalement d’ailleurs,je n’étais pas vraiment quelqu’un de tactile - les étreintes de Sebastian et de mes parents étaient sûrement les seules qui sonnaient juste - et ce contact me gênait mais je me gardais bien de lui dire : après ce qu’il avait fait pour moi c’aurait été déplacé. C’était étrange de le voir s’inquiéter pour moi, de le voir prévenant, je m’étais décidée à le considérer seulement comme ce garçon égoïste qui ne pensait qu’à s’amuser et ça changeait la donne. J’étais forcée de reconnaître qu’il était plus que ça et qu’il possédait des qualités que je ne soupçonnais pas. Aujourd’hui il m’avait rendu un grand service et même si ça n’effaçait pas tout, je ne pouvais plus lui en vouloir.

-Pourquoi est-ce que tu l’as laissé faire ?

Pour être celui qui m’avait fait sortir de mes gonds, Caleb devait bien se souvenir que lorsque on m’embêtait, je sortais les griffes, et lui aussi ne devait rien comprendre : là je n’avais même pas répliqué.  Je m’étais sentie dépassée, voilà tout. Mais il y avait autre chose à n’en pas douter mais comment lui expliquer que cette Aria qu’il avait connue, certes hautaine mais forte, elle avait simplement disparue face à la Serpentarde? Avouer mes faiblesses n’était pas facile, même si c’était libérateur, mais me confier à Caleb ce n’était pas la même chose que de me confier à Ruby : c’était peut-être une histoire de confiance, je savais que je ne l’accordais pas complètement au Poufsouffle.

-Je ne sais pas, fis-je, et ce n’était pas un mensonge, je pouvais émettre quelques suppositions mais j’ignorais quelle réponse je pouvais réellement fournir. Je savais de toute façon qu’il n’insisterait pas, et je préférais contourner.

-Elle était déjà venue t’embêter avant ?

-Non, répondis-je dans la seconde, presque sèchement. Comme si j’étais vexée qu’il ait même posé la question. Je compris rapidement pourquoi : je m’étais figuré que j’étais le genre de fille qui ne se laisserait jamais embourber dans une mécanique vicieuse comme celle-ci mais en y réfléchissant ça n’arrivait pas qu’aux autres. Je m’étais laissé faire aujourd’hui et ça aurait pu continuer.

Caleb était désormais assis à mes côtés et je remarquais que ses parchemins étaient sales à cause des œufs, mais ma baguette et une pincée de concentration pouvait arranger ça.


Merci de ton aide, fis-je en souriant. C’était un merci que ma fierté m’interdisait mais s’il avait un effort je pouvais en faire un ; j’allais la ravaler.

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Caleb Matthews
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MessageSujet: Re: I'll swallow my pride (PV)    Sam 3 Aoû - 15:52

Ca ne me vint que bien après ; après m’être assis à la table d’Aria et de lui demander comment elle se portait après l’altercation. Et puis normalement, j’aurais même pas dû y penser, mais avec mes frangines, il y en avait toujours une pour faire la remarque à un moment ou à un autre, même si ça ne me venait jamais sur le coup, tant mieux d’ailleurs, parce que peut être que ça m’aurait empêché d’agir. J’étais loin d’être du genre calculateur, d’agir de façon réfléchie pour me mettre dans les petits papiers des autres, pour récolter des sourires, et bien pour me faire pardonner. Si je venais porter secours à quelqu’un ou bien lui rendre service, j’en avais rien à faire de ses remerciements (enfin ça faisait toujours plaisir, mais voilà, la reconnaissance, c’était pas là dedans que je la cherchais) qu’il m’en doive une, où toutes ces conneries du genre. Je le faisais parce que j’en avais envie et c’est tout, il n’y avait pas à aller chercher plus loin. Mais Aria, elle, elle le voyait comment ? J’étais pas du genre non plus à me poser toutes ces questions. Mais avec elle, pas le choix ; à force on était obligé de s’en poser, parce qu’elle, j’étais sûr que ça cogitait dare dare dans sa tête, comme s’il fallait trouver une explication et une raison à chaque seconde qui faisait s’écouler notre existence, parce que sinon on allait crever plus bête ce soir, et il était hors de question pour Aria Davenport de ne pas avoir résolu un mystère mystérieux, ça va de soi. Enfin quand même, j’espérais bien qu’elle allait pas trouver encore le moyen de m’accuser, parce que les disputes, c’était pas trop mon truc, mais ça devait être le sien puisqu’elle les attirait comme un aimant ; quand bien même ce n’était pas de sa faute.

-Je ne sais pas.

Les quatre petits mots sonnèrent comme un glas lorsqu’ils franchirent ses lèvres. Si je me rappelais bien la dernière fois elle avait pas du tout été cool avec moi parce qu’elle avait estimé que j’avais été pas cool avec elle, alors que c’était même pas vrai, parce que j’avais jamais cherché à la viser, elle, en particulier, mais rien à faire, c’était ce qu’elle se plaisait à croire. En tout cas, ça dressait un peu le tableau, et même si je fis comme si je ne m’en formalisais pas, parce que je me dis que pour une fois ça ne pourrait être que mieux, ça me vexa un peu quand même ce manque d’explications qui ne voulait dire qu’une chose à mon avis : qu’Aria voulait clore la conversation le plus vite possible, et qu’il n’y avait pas de meilleure façon de faire qu’en agissant de la sorte. Ou après, peut être que c’était parce qu’elle était trop bouleversé. Je préférais m’en tenir à ça pour continuer.

Mais son « non » aiguisé comme un Sectumsempra ne pouvait pas laisser de place au doute. Ok d’accord, et bien c’est qu’on va devoir s’arrêter là… Je ne pris même pas la peine de faire l’effort de répondre ou de lancer une blague pour détendre l’atmosphère, parce que dès qu’il s’agissait d’Aria, j’avais toujours comme ce sentiment de me battre contre des moulins à vent parce qu’il n’y avait aucun résultat.

Comme j’étais un peu tourné vers elle, je me remis bien droit en face du pupitre en marmonnant un peu à cause de l’état déplorable de ma table. Je savais le sortilège, mais bon il en restait toujours dans les coins, et quand je pris ma baguette, la substance alla se coller contre le bois du bâton. Vraiment super. Au moins, ça limitait un peu la misère, moi, je savais que j’étais en paix avec moi-même parce que j’avais fait la bonne chose à faire, j’en étais certain, et ça aurait dû me suffire. Mais voilà, je me renfrognais malgré tout, me rappelant que j’avais un devoir à faire, lequel j’avais pas du tout envie de me pencher, et que non, je n’étais pas totalement satisfait.

Pourtant, c’était pas non plus comme si c’était la première fois que je me retrouvais confronté à un fort caractère qui n’était pas trop sur la même longueur d’ondes d’avec le mien ; Ana par exemple. Sauf que ben avec Ana… ca avait beau être ce que c’était, elle avait beau se plaindre, et lancer des petites piques à tout va, mais au fond c’était drôle parce que je rétorquais et qu’elle continuait et on s’arrêtait jamais comme ça, finalement, elle entrait dans le jeu, bon gré mal gré, mais elle entrait quand même et au moins avec elle, je savais que je n’avais pas besoin de me sentir
jugé constamment à cause de mes moindres faits et gestes qui dérangeaient son esprit étriqué parce qu’elle ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, et surtout qu’il y avait autre chose. Aria par contre, depuis le début, c’était ce qu’elle avait fait, alors peut être que je l’avais fait un peu aussi parce que nos deux caractères renvoyaient des choses qui n’étaient pas appréciés de l’autre, mais même avec ça, je m’étais dit que c’était pas grave, que c’était force d’habitude et que justement en découvrant ses différentes facettes, ça ne pouvait aller que mieux ensuite, et pour de vrai moi je l’aimais bien Aria, j’avais rien contre elle et ça avait pas changé si ce n’est que bah sa réaction de la dernière fois, et de maintenant… elle me rendait un peu triste, j’allais pas le nier. Mais non, chez elle, erreur était (enfin ce qu’elle voyait être des erreurs) un blasphème, un crime de lèse majesté qu’il fallait punir et qu’en aucun cas, il pourrait être pardonné.

A partir de là, c’était bien qu’il n’y avait plus de raison à chercher à comprendre, c’est bien ça ? J’entendis le froissement de ses vêtements à côté de moi, mais je passai ma main à plat sur ma plume un peu cabossée sans la regarder.


- Merci de ton aide.

Si elle n’avait pas eu ces réactions un peu bizarres de tout à l’heure, j’aurais été plus que réjoui de ce revirement de situation inespéré, tant il n’était plus attendu. A la place, je me contentai simplement de hausser les épaules pour dire que c’était rien, en me disant qu’avec la chance que j’avais aujourd’hui, ça allait la froisser dans son orgueil et que j’allais m’en prendre plein la gueule, alors qu’à la base, c’était moi dont elle froissait l’orgueil, même si elle l’avait été juste avant par quelqu’un d’autre encore. Mais merde à la fin. J’étais peut être sympa aux yeux des autres et tout ce qu’on voulait, mais c’était pas une raison non plus pour me prendre pour un con ou le dernier des imbéciles ; si c’était comme ça qu’elle pensait, elle allait finir par avoir des surprises.

- Ouais… Non, mais c’est bon. Voilà, là je n’avais ni dit ni fait quelque chose qu’elle aurait pu mal interpréter. Si elle le faisait quand même, ce serait son problème, mais c’était dommage, parce que c’était pas ça que j’avais voulu faire passer depuis le départ, mais puisqu’elle voulait pas… Tant mieux si tu as mal nulle part.

Après avoir poussé un petit soupir de résignation, je commençais de rédiger la première phrase de mon devoir de métamorphose, sans chercher à faire une jolie phrase avec de jolies transitions. Aria et Kelsey n’avaient plus qu’à s’allier toutes les deux tiens pendant qu’on y était !


 

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: I'll swallow my pride (PV)    Mar 27 Aoû - 16:38

Pour une fois- c’était rare- j’étais d’accord avec lui : un merci ne suffisait pas et ne valait pas grand-chose. Il y avait de la déception qui se lisait sur son visage, et j’en étais désolée parce qu’en vérité je lui étais reconnaissante. Certes, j’avais gardé de la rancune à son égard et sûrement qu’il en subsistait encore un peu mais j’étais prête à passer au dessus et à reconnaître mes tords. J’en avais évidemment et je voulais bien lui accorder que j’avais été susceptible sur ce coup-là, que mes préoccupations étaient bien différentes de celles des gens de mon âge et  je refusais de comprendre, ne serait-ce qu’un peu les siennes, que mon ton autoritaire pouvait agacer, tout ça je m’en rendais compte et ce n’était pas facile. Je regrettais les mots durs que j’avais eus avec lui, extrêmes : son tour n’était pas des plus fins ni des plus agréables, certes. Mais j’avais réagi au quart de tour, blessée dans mon orgueil, et j’avais utilisé les armes disponibles. Je l’avais attaqué, espérant le toucher et même si Caleb possédait un optimisme débordant, il était aussi humain et je n’y étais pas allée de main morte. Mais il fallait qu’il comprenne aussi qu’il s’était mal comporté, et que ça je le gardais en travers de la gorge et qu’il m’avait jugée comme je l’avais jugé : bien sûr que je l’avais pris pour un garçon paresseux, immature et qui se fichait pas mal des autres puisque il m’avait choisi pour cible alors que je n’avais rien demandé. Mais de son côté il me prenait pour cette fille qui se pensait supérieure, trop bien pour les autres et froide – mais ça ce n’était pas moi-même si parfois je donnais cette impression. Je savais me remettre en question désormais et admettre mes erreurs faisait partie du processus. Je m’étais trompée sur Caleb, pas sur toute la ligne mais sur ce point : les gens n’étaient pas rien pour lui (d’ailleurs même le fait qu’ils aient des amis qui comptaient vraiment le prouvait) et il avait su intervenir quand j’en avais eu besoin. Je n’osais pas vraiment formuler toutes ces pensées et lui dire ce que j’avais sur le cœur, mais en revanche je pouvais lui offrir mon sourire qui était sincère et pas seulement une politesse - et mes remerciements. Qu’est-ce que je pouvais faire de plus ?

-Ouais… Non, mais c’est bon.Tant mieux si tu as mal nulle part, répondit-il, presque las.

Il s’était fermé et moi en face, je ne savais pas quoi faire : je n’étais pas douée pour ça, pour les interactions et d’habitude il parlait pour deux, mais aujourd’hui il ne ressemblait pas à ce que je connaissais de Caleb Matthews : son sourire franc, ce ton enjoué, où est-ce qu’ils étaient ? Ce ton froid et distant n’existait pas avant. Il s’était remis à son travail et ce n’était pas son genre de s’assoir bien sagement et de faire ses devoirs. Je me souvenais parfaitement de ce tutorat que je lui avais proposé, il n’écoutait rien et il était indiscipliné : son attitude n’avait rien de l’élève modèle. Je voulais bien arranger les choses mais il n’y mettait pas de bonne volonté et ce manque de motivation m’ôtait non pas l’envie mais le courage de prendre les choses en main. Il m’ignorait délibérément et ça faisait un peu mal, s’il m’avait sauvé la mise, ça voulait dire qu’il ne me considérait pas comme son ennemie  mais comme quelqu’un qu’il appréciait quand même – qui l’aurait cru d’ailleurs-  alors pourquoi après m’avoir défendue, et m’avoir posé multiples questions, il me parlait à peine ? Je n’avais pas dit grand-chose non plus mais il me connaissait suffisamment pour savoir que je n’excellais pas dans ce domaine et je ne pouvais pas lui donner plus. J’étais ainsi et ça me blessait que mes réponses ne lui conviennent pas, c’était les miennes et je ne pouvais pas me dévoiler complètement. J’avais la sale impression de ne pas être à la hauteur, celle qu’il avait sans doute ressentie quelque mois plus tôt.

Je me penchais vers son parchemin, en remarquant qu’il travaillait sur le même sujet que moi : je ne réfléchis pas longtemps avant de lui passer mes notes. J’avais déjà fait quelques recherches sur le sujet et ça allait faire gagner du temps à Caleb. Il n’était pas question de lui mâcher le travail mais de s’entraider et la méthode que j’avais employée avec lui n’avait pas été la bonne. Je comprenais maintenant que jamais le ton autoritaire, les sermons n’auraient d’effet sur lui, au contraire, ils le poussaient à se rebeller. Je réalisais que c’était trop facile de glisser un papier sur sa table sans rien dire, et d’espérer qu’il en soit satisfait. J’avais l’impression de m’adresser un mur mais je me devais de prendre la parole, et par la même occasion de faire un nouvel effort.  


- Garde-le. Tu peux gagner des points avec Kelsey en plaçant ces éléments dans ton parchemin,  les professeurs je commençais à les connaître et peu à peu je comprenais leur notation (enfin certaines : celle d’Hazel Woodley restait un mystère à résoudre) et je ne pensais pas me tromper. Mais je me doutais bien que le but de Caleb ce n’était pas de se faire bien voir auprès de Kelsey, qu’il ne portait pas du tout dans son cœur depuis la retenue dont elle lui avait fait cadeau mais davantage de mettre en pratique un des petits stratagèmes qu’il avait inventé. Enfin si ça t’intéresse, ajoutai-je, et je scrutais sur son visage la moindre réaction. Non ça ne l’intéressait pas et j’avais encore une fois fait fausse route. Ce n’était pas comme avec Sebastian que je connaissais par cœur, et j’agissais en conséquence, non Caleb était beaucoup plus imprévisible – pas que Seb soit prévisible mais j’anticipais davantage ses réactions – comment j’étais censée savoir ce qui ferait plaisir au Poufsouffle ? Les blagues. Encore elles. Les inventions des Frères Weasley. Moi je n’y connaissais rien, je ne m’y étais jamais intéressée et j’étais incapable de nommer plus de trois de leurs produits – ce qui était déjà pas mal.

- Tu l’as eu comment ton marécage portable ? C’était de la bonne qualité, fis-je avec une pointe d’humour tandis qu’une moue boudeuse se dessinait sur mon visage malgré moi.

J’avais le sentiment d’avoir opté pour la bonne solution : puisque je lui parlais de quelque chose qu’il connaissait très bien mais en même temps, je l’obligeais à revenir sur notre dispute et quelque part à me présenter ses excuses, ce qu’il n’avait pas encore fait. Je ne voulais pas faire comme si de rien n’était : ça faisait des mois que je l’évitais et faisais semblant de ne pas le connaître, ce n’était pas rien tout de même. Il n’était pas difficile de voir que nous n’avions quasiment rien en commun et que par la force des choses, nous étions souvent en désaccord. Mais je voulais bien essayer, à nouveau, mais avant j’avais besoin d’entendre qu’il était désolé. J’avais compris qu’il n’était pas tout à fait ce que j’imaginais et qu’il méritait peut-être plus que mes jugements rapides et mes reproches. Caleb n’était pas méchant, c’était certain – les paroles d’Ana me revenaient en tête et elle avait plutôt raison- et n’avait sans doute pas pensé que son geste me ferait mal mais je refusais de tout pardonner aveuglément.

Mais est-ce que Caleb le comprenait ? Nous n’avions jamais été sur la même longueur d’ondes. Il disait noir et moi blanc, et ce qui l’amusait me désespérait et…je pouvais continuer encore des heures. J’avais juste besoin de quelques petits mots, pas d’un long discours et ensuite on pourrait recommencer sur de bonnes bases si on donnait chacun un peu de soi. Il nous faudrait un miracle pour que je pense un jour comme lui mais il était possible – éventualité, éventualité – qu’il ait des choses à m’apprendre si j’acceptais d’élargir mes horizons. Le Poufsouffle m’avait vue fragile et ça me dérangeait mais ça avait au moins un avantage, il apercevait une autre facette de moi qui me rendait probablement plus sympathique et plus proche de lui. Est-ce que qu’il allait revoir ses positions ?

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MessageSujet: Re: I'll swallow my pride (PV)    Ven 30 Aoû - 17:05

Il n’y avait rien de pire que d’être assis à côté de quelqu’un, qui, délibérément, ne voulait pas parler. Ca ne vous était jamais arrivé ? C’est vrai que dans l’ensemble, il ne me fallait pas longtemps pour dévergonder quelqu’un, parce qu’en cours, j’avais toujours quelque chose à raconter, une nouvelle blague à inventer ou alors plus simplement quelqu’un à embêter. Mais il y avait toujours ce cas, qui arrivait à peu près une fois l’an tellement ces gens là étaient des gros relous de service, où le garçon ou la fille se tenait obstinément le dos droit sur sa chaise sans même cherché à s’appuyer sur le dossier alors qu’une heure ou deux à entendre Woodley maugréer, ça valait bien au moins d’avoir une position détendues sur sa table, et qui fixait le tableau sans ciller, comme si tout à coup il allait se passer un  truc improbable et tout le genre de truc qu’il se passe qu’une fois dans la vie et qu’il faut surtout pas rater, genre Woodley qui se met à danser le French Cancan et qui  distribue ensuite des patacitrouilles pour nous remercier d’avoir été si bon public. Je voyais d’ici qu’une fois n’est pas coutume, ça allait être le même combat. J’étais pas allé à la rescousse d’Aria pour m’attirer ses bonnes faveurs, parce que ça aurait pu être elle comme n’importe qui, mais bon, quand même, ça m’avait traversé l’esprit que ouais ça aurait permis de briser un peu la glace pour voir ce qu’il en était : ben ce qu’il en était, c’était que c’était toujours l’aire polaire sous la banquise, retour à la case départ.

Une fois de plus pour remettre à plus tard ce que je pourrais faire… Plus tard, au lieu de me concentrer sur mon parchemin qui allait finir dans une poubelle incessamment sous peu – c’était une bonne excuse après tout, Kelsey n’allait pas m’en vouloir de faire régner la juste dans la salle d’études quand même ! –je repris là où j’en étais resté tout à l’heure avant d’être interrompu, à savoir, poser les yeux de partout, sauf sur mon parchemin. C’était sympa de regarder les autres sans être vu parce que la plupart était concentré sur ce qu’ils bûchaient et ils ne se rendaient pas compte, mais l’effort du travail bien fait leur donnait une posture, une mimique pour ceux qui étaient de côté et que je pouvais voir, qui leur appartenait, et ensuite, c’était marrant de les dessiner en accentuant les traits et faire des portraits rigolos. Manque de pot pour moi, c’était même pas la peine de demander du papier à Aria ; vu comme c’était parti, elle allait me dire de me démerder, et qu’aussi reconnaissante qu’elle était et blablabla,  les œufs de veracrasse était un extrême dont on aurait pu se passer. Alors qui sait, j’allais m’appuyer le menton sur mon coude et partir à la recherche d’une nouvelle demoiselle en détresse, peut être que celle là allait se montrer un peu plus charitable…

Même le regard perdu et fixé vers l’avant, sans observer quelque chose de précis, mon œil fut incontestablement attiré qu’une main blanche et sans défauts venait de délicatement pousser vers moi, comme si elle consentait enfin à me donner la recette secrète de ses cookies au chocolat qu’elle tenait de son arrière grand même, qui avait beaucoup de valeur pour elle, et patati et patata. Pour le coup, je me redressai après avoir interrogé silencieusement Aria parce que se faisant, je m’étais un peu retourné vers elle, pour capter l’expression de son visage qui demeurait impénétrable. Comme je ne dis rien, ce fut elle qui parla la première :


- Garde-le. Tu peux gagner des points avec Kelsey en plaçant ces éléments dans ton parchemin. Enfin si ça t’intéresse.

Peut être que je mettais un peu de mauvaise volonté dès que ça concernait le travail, parce que j’avais toujours des trucs plus cools à faire, je m’arrangeais toujours pour que ce soit fait en temps et en heure. Et puis contrairement aux idées reçues, je notais ou retenais des machins et des bidules des cours, et je les replaçais ensuite dans les parchemins qu’on nous demandait de faire. C’était du bâclé pour beaucoup, moins je voyais ça comme du bâclé, mais bien fait, parce que si je n’étais pas excellent, je me maintenais à la moyenne, et c’était tout ce qu’il me fallait.

- Ah ouais, super, trop cool !
M’exclamai-je, oubliant un instant que nous étions en… en je ne sais pas trop quoi, mais en quelque chose en tout cas, qui n’était ni de l’animosité directe, ni la franche camaraderie, donc vu comme ça, c’était quand même un peu compliqué. Mais il ne m’en fallait pas plus comme approche pour me faire changer d’attitude, je n’étais pas compliqué, on était sympa avec moi, je l’étais aussi, on allait pas s’encombrer de superflu !!! En tant normal, j’aurais accepté sans plus poser de questions, mais voilà, comme je l’avais dit, le seul prénom d’Aria lui-même suscitait tout plein de questions donc évidemment à partir de là, on commençait un peu à réfléchir avant d’agir, ce qui était très, mais vraiment trèèèèèèèès difficile, quand l’autre prénom qui entrait en jeu était celui de Caleb. Alors, je me sentis obligé d’ajouter :  c’est bon, t’en auras plus besoin, je peux le garder sans te le rendre ?

Autant être cash, c’était pas mon genre la parano et tout ça, mais vu déjà tout ce qui s’était passé avec Aria, j’en venais quand même à me faire la réflexion que ce qu’elle était en train de me faire était un coup monté. Rien n’indiquait dans la douceur de son expression que c’était le cas, mais avec elle, un accident était si vite arrivé…


- Tu l’as eu comment ton marécage portable ? C’était de la bonne qualité.

… Et qu’est-ce que je disais !!!!!!

Pour ne l’avoir pas vu venir, je ne l’avais pas vu venir parce qu’il faut se souvenir que c’était ces mêmes marécages portables qui avaient été la source du scandale et de notre dispute de la dernière fois, qui avait fait qu’on ne s’était pas adressé la parole jusqu’à aujourd’hui, et ça me faisait même bizarre de la voir en parler, et même de prendre les devants ; non seulement, il s’était passé mille ans depuis, et entre temps, j’avais aussi eu le temps de passer mille fois à autre chose. Mais aussi parce que… Ben je la voyais pas en reparler de sitôt, même que ce serait passé sous silence, comme si l’accident n’était jamais arrivé. C’était là que c’était important ; on pouvait me reprocher d’être crédule, mais pas con, et je sentais bien que là elle me tendait une perche. Une perche à quoi, ça restait à voir et j’optais pour plusieurs solutions à la fois, mais clairement, il fallait que je fasse quelque chose, et ce quelque chose allait être important parce qu’il allait déterminer la suite et tout à coup, la colère de Kelsey, parce que je comptais me tirer d’ici sans faire le devoir me paraissait être bien dérisoire. C’était nul d’être fâché avec Aria et je l’avais toujours pensé, donc puisque l’occasion se présentait…

- Par hibou express dans une boutique, mais c’était pas facile de le faire rentrer dans l’école en douce… humhum, raclement de gorge, c’était peut être pas la peine de lui rappeler que j’avais enfreint le règlement, oh putain, j’avais l’impression que j’allais pouvoir dire n’importe quoi, ça allait être des grosses conneries !!! Mais ouais t’as vu, on fait les choses biens mais on ne les fait pas à moitié ! Breeeeeeeeeeef……. Mais heu… comment dire… ah oui, c’est vrai ! J’espère qu’il n’était pas de si bonne qualité que ça et que tes chaussures n’ont pas trop souffert quand même…

Je m’en fichais un peu des chaussures, et en plus je doutais pas de ses talents de sorcières en la matière, elle avait fait une petite démo et tout, mais si je ne faisais pas un pas vers elle, je le voyais venir gros comme une maison qu’elle allait venir elle-même m’arracher le bras.

- Après tu sais… qu’est-ce que c’était dur de faire dans la dentelle quand on était un as pour mettre les deux pieds dans le plat ! Ca aurait été mieux, si c’était quelqu’un qui l’avait mérité qui s’était fait avoir, plutôt que tu te trouves au mauvais endroit en mauvais moment…

Voilà ! Je ne savais pas comment lui dire que moi, c’était pas contre elle que c’était dirigé, parce que ça aurait pu être Aria comme n’importe qui et surtout pas parce que j’avais une dent contre elle.

- J’te refilerai l’adresse du magasin, si un jour tu veux essayer de m’avoir avec toi aussi ! Mais attention, je suis doué pour repérer ce genre de piège… plaisantai-je en reprenant le fil de la conversation comme si on était deux bon potes qui s’étaient pas vu depuis longtemps et qui étaient contents de se retrouver. J’espérais juste qu’elle le prendrait au second degré et rigolerait avec moi et qu’on pourrait reprendre là où on s’était arrêté avant. Quand on essayait d’être copains…

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: I'll swallow my pride (PV)    Jeu 3 Oct - 21:47

Sans doute m’étais-je doutée qu’un jour je reviendrais vers lui, quand je l’aurais choisi. Mais je n’avais prévu que ce serait aujourd’hui parce qu’une heure auparavant, j’étais encore en colère contre lui et ses blagues stupides et n’avais nullement l’intention de le pardonner de sitôt. Je n’étais pas si rancunière que ça en vérité mais j’en avais voulu à Caleb parce que je lui faisais confiance sur ce point-là : s’il n’était peut-être pas mon ami, il me connaissait un peu, en tout cas suffisamment pour savoir que je ne lui voulais aucun mal et que je ne méritais pas les rires- moqueurs – que j’avais entendu autour de moi. Je n’avais pas compris ce revirement de situation : on s’entendait plutôt bien alors pourquoi tout gâcher? Il m’avait blessée, réellement et j’espérais qu’il s’en rendait compte, que je ne l’avais pas fui juste parce que j’étais susceptible et que je ne supportais pas tout ce qui ne touchait pas aux cours, je l’espérais vraiment. Les études c’était bien loin d’être la seule chose qui comptait dans mon monde, évidemment que ça avait de l’importance et que je voulais faire mes preuves dans ce domaine mais on me connaissait bien mal si l’on croyait que je rejetais tout le reste. Nous nous serions ignorés encore longtemps si Caleb n’était pas venu à mon secours et là les regards noirs que je rêvais de lui jeter, les reproches que je pouvais lui faire mentalement s’étaient évanouis : sans tout effacer, son geste envers moi me donnait envie de repartir sur de meilleures bases. Malgré nos disputes et nos désaccords, il y avait souvent des moments de répit où j’avais apprécié sa compagnie. Ils existaient et cela prouvait bien que l’on pouvait s’entendre, si on y mettait de la bonne volonté. En effet c’était de la volonté dont nous avions besoins car naturellement lui et moi on ne serait pas venus l’un vers l’autre, tant nos caractères étaient opposés, quasi incompatibles. Le calme, le sérieux étaient des notions qui si elles n’étaient pas étrangères à Caleb ne lui étaient pas très familières non plus, c’était tout le contraire de mon côté. Mais étrangement, j’en venais à penser que lorsque le Poufsouffle n’était pas exaspérant, il pouvait être amusant, gentil et je ne pouvais pas le nier : il avait un bon fond, vraiment.

- Ah ouais, super, trop cool, fit-il en sortant enfin de son silence, et je respirais, soulagée. Il ne faisait pas la tête, bien au contraire comme me le prouvait son ton enjoué tandis qu’il souriait dans ma direction.

Son enthousiasme pouvait paraître étrange étant donné que le scolaire ne l’intéressait pas plus que ça : il se débrouillait toujours et ses notes étaient loin d’être désastreuses mais il se reposait surtout sur ses acquis. Loin de moi l’idée de vouloir l’analyser, ça le regardait mais même lorsque l’on n’était pas particulièrement préoccupé par ses propres résultats, avoir une bonne note de temps à autre, c’était agréable. Chez moi il y avait toujours ce petit sentiment de fierté, de victoire non pas sur les autres mais sur moi – même si un peu de compétition ne me faisait pas de mal- davantage lorsque j’avais du y revenir plusieurs fois avant de réussir. Les choses avaient bien évolué : il n’était plus question de briller du premier coup, ça arrivait parfois et c’était bien aussi mais lorsqu’il y avait beaucoup d’efforts derrière, c’était particulièrement gratifiant. Je lui cédais mes notes sans aucun regret, si elles pouvaient servir c’était très bien et ça me semblait être la moindre des choses et bien infime comparé au service que Caleb m’avait rendu.


-C’est bon, t’en auras plus besoin, je peux le garder sans te le rendre?

Si d’abord abord je souris en entendant ses paroles, parce que ce n’était pas dans son habitude de prendre des pincettes et d’être aussi poli, il se fana rapidement lorsque je réalisais qu’il y avait bien une raison à ces précautions : il me croyait déjà capable de changer d’avis et de lui faire des reproches… Il ne l’avait pas fait exprès mais j’étais désolée qu’il croie encore ça, comme quoi, l’attitude que j’avais eue avec lui elle n’était pas oubliée et il se souvenait toujours de mon air hautain, de mes phrases désagréables et de toutes ces choses dont je n’avais pas envie de me rappeler.

-Bien sûr, garde-le tout le temps que tu veux, fis-je doucement mais tristement aussi et sans doute vit-il que je m’étais un peu renfermée. J’aurais voulu ne rien laisser paraître mais mon visage ne mentait pas et j’avais beau me répéter que ce n’était pas grave, ça ne changeait rien : ses mots ne mentaient pas non plus et ils me laissaient clairement voir ce que je ne voulais pas accepter.


- Par hibou express dans une boutique, mais c’est pas facile de le faire rentrer dans l’école en douce…Mais ouais t’as vu, on fait les choses biens mais on ne les fait pas à moitié ! Breeeeeeeeeeef……. Mais heu… … ah oui, c’est vrai !

Il répondait spontanément, comme si notre conversation était des plus banales mais il avait compris que j’attendais quelque chose de concret : des explications, des excuses même si elles étaient implicites. Je n’étais pas très sereine, parce que je craignais qu’il me dise qu’il ne regrettait pas son geste et qu’il fallait que j’aie plus d’humour ; mais la façon dont Caleb avait répondu, immédiatement, sans même se demander si ce qu’il disait n’était pas un peu compromettant me faisait penser à autre chose, et je souriais à moitié, m’amusant de sa maladresse et de sa confusion, mais sans moquerie aucune.

-J’espère qu’il n’était pas de si bonne qualité que ça et que tes chaussures n’ont pas trop souffert quand même… Après tu sais… ça aurait été mieux, si c’était quelqu’un qui l’avait mérité qui s’était fait avoir, plutôt que tu te trouves au mauvais endroit en mauvais moment…

Et il avait l’air véritablement sincère et désolé. Je me sentais soudain honteuse, honteuse d’avoir mis tant de temps à choisir de mettre ma fierté de côté, à engager la conversation. Ces explications, j’aurais pu les obtenir avant, bien avant si j’avais fait un pas vers lui, je ne trouvais pas le fait que j’ai été vexée stupide, non ce qui avait été stupide c’était de l’ignorer au lieu de lui montrer qu’il avait mal agi – à mes yeux – et qu’il devait se rattraper, d’une manière ou d’une autre.

-Mes ballerines n’ont rien, répliquais-je car mon sortilège avait eu raison de la saleté : c’était un de ceux que je maitrisais le mieux. Je vois ce que tu veux dire, ajoutais-je sans m’étendre. C’est pardonné, tu sais, et l’essentiel se trouvait au cœur de ces quatre mots que j’avais eu du mal à formuler. Ils disaient tout.


- J’te refilerai l’adresse du magasin, si un jour tu veux essayer de m’avoir avec toi aussi ! Mais attention, je suis doué pour repérer ce genre de piège…

Je me voyais mal me rendre dans un magasin de farce et attrapes, encore moins m’amuser de ce genre de tour mais les étincelles brillaient dans les yeux de Poufsouffle lorsque il parlait et je  ne pouvais pas m’empêcher de me dire que si quelque chose le passionnait, c’était bien – et que je n’avais pas à faire de commentaires dessus- même si je me disais que faire des blagues ou les imaginer était très lassant à la longue.

-Ce n’est pas très égal de toute façon, je n’y connais rien et toi tu es un expert, et à nouveau je souris et ce n’est pas un sourire crispé ni de convenance, c’était vrai et sincère et je voulais qu’il le sente : je ne pousserai plus des soupires exaspérés en sa compagnie, je ne le jugerai pas. Plus.

Naturellement, je me remis au travail (j’étais venue pour ça au départ) et jetais un coup d’œil à ma montre : je n’étais pas en avance. Il me fallait encore beaucoup rédiger. Caleb qui lui aussi était en train de travailler et je me penchais vers lui- délaissant mon propre devoir pour le moment pour l’aider à avancer le sien et je me fis la réflexion que les choses avaient changées ; mais dans le bon sens. Ce n’était pas la première fois que l’on travaillait ensemble mais c’était la première fois que je sentais qu’on pouvait aussi être une équipe et peut-être, se compléter plutôt que de se supporter difficilement. Je ne disais pas que ça allait se faire sans accrocs mais Caleb avait regagné ma confiance – pas entièrement je ne pouvais pas le nier – suffisamment en tout cas pour que je lui donne sa chance : il la méritait amplement.

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Caleb Matthews
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MessageSujet: Re: I'll swallow my pride (PV)    Dim 13 Oct - 18:35

Pour une fois, j'aurais presque pu remercier Meryl Kelsey d'avoir été si clairvoyante en me demandant fissa d'aller travailler dans la salle d'études, parce que jamais, je n'aurais songé à y aller moi même tout seul pour faire quelque chose comme... Comme étudier par exemple, non mais qui faisait ça ?? D'accord, oui, Aria par exemple, et c'était pour ça qu'une chose en entraînant une autre, j'avais pu me retrouver être le héros de la situation, même si ça m'était bien égal d'être le héros de la situation, c'était l'unique résultat qui en avait découlé qui importait et juste ça. Comme quoi, j'avais eu raison depuis le début, même si ça, j'allais quand même évité de le dire à Aria, pour ne pas la retourner une fois de plus contre moi alors qu'on avait fait une avancée fulgurante en l'espace de quelques minutes, c'était pas le moment de tout foutre en l'air en une poignée de secondes à cause d'une mauvaise parole de travers. J'entrevoyais comment elle fonctionnait et tout laissait à penser dans la façon dont elle me parlait à présent qu'elle aussi, il fallait à présent qu'on s'adapte l'un à l'autre et c'est ça qui allait devoir être le plus dur, j'en avais conscience, parce qu'il était évident que j'allais pas lui demander de changer du jour au lendemain et c'était pareil pour moi, mais quand même, oui, qu'est-ce que je disais déjà, que depuis toujours, je savais qu'on était des amis, même si à un moment donné, elle m'avait laissé supposer le contraire à cause de cette fameuse dispute dans les couloirs, mais en fin de compte, c'était mon intuition malgré tout qui avait été la bonne.

Le fait est que quand même, j'étais pas trop concentré sur la véritable raison de ma venue ici, et j'étais presque déçu que Kelsey n'ait pas été là pour assister à la scène, pas pour me féliciter parce que j'avais fait ce que j'avais trouvé le plus juste et j'avais pas besoin de compliments pour ça, même si je ne disais pas non à quelques points en plus pour ma maison ainsi que la dispense de faire le devoir de Métamorphose, mais à mon avis, ça je pouvais toujours le rêver. Non, je pensais à tout ce que j'avais dû abandonner dans ma cachette avant que Kelsey ne me cueille avec son air de vicieuse qui lui allait si bien, et je tenais pas trop à ce que quelque le trouve et me le vole, et j'étais bien tenté de prévenir Rita pour lui dire d'aller le récupérer elle même, mais comment ? J'allais pas lui envoyer une note en la faisant voler jusqu'en salle commune, c'était clair que c'était trop risqué, il y aurait toujours quelqu'un pour l'intercepter, et c'était sûr que comme ça, je n'allais jamais récupérer mon matos, donc non, mauvaise idée. Non... j'allais faire ça par télépathie, ça allait marcher, j'en étais certain, parce qu'il y avait un lien magique en dehors du fait que si vous aviez suivi on avait fait le petit épisode hors série, croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer, et je pensais très foooooort à Rita, ensuite à mes affaires et à la cachette là où elles étaient, et puis à Rita lui disant d'aller les chercher et que c'était moi qui l'envoyait... Voilà. Ouais mais haha, comment est-ce que je faisais maintenant pour savoir si elle avait bien reçu le message ? En plus il ne fallait pas que j'oublie Aria, sinon, elle allait croire que je m'en fichais, et si je lui disais la vérité, que non, mais que j'étais pas tranquille à cause de ce que j'avais laissé derrière moi... C'était bien ce que je disais, ok, on recollait les morceaux de pots cassés, mais quand même !


-Ce n’est pas très égal de toute façon, je n’y connais rien et toi tu es un expert.

Mais au moins, je reconnaissais carrément du sien, et ça me donnait envie de faire de même, parce que j'étais genre pour l'égalité entre les partis et tout ça ; c'était la clé pour des relations solides et durables ! En plus, c'était sympa ce qu'elle venait de dire, parce que j'avais comme l'impression qu'elle était plus fermée comme elle avait pu l'être avant pour tout ce qui ne concernait pas les études qu'elle jugeait comme étant puéril et tout ce genre de choses quoi. C'était juste qu'on avait pas du tout les mêmes centres d'intérêts, ça, j'avais cru comprendre, mais après, moi, je demeurais persuadé que ça voulait pas forcément dire que c'était incompatible. On en revenait aux sources en plus finalement, j'étais bien en train de potasser la Métamorphose en sa compagnie !

Enfin, pour le moment, je faisais plus mine de qu'autre chose. Mais c'était en projet. De toute façon, ma feuille de parchemin, elle n'allait pas s'envoler comme ça, tant que c'était fait c'était le plus important, le style importait peu !

- Tu ferais une bonne alliée en tout cas
, remarquai-je en me tournant vers elle et en plissant légèrement le yeux afin de la détailler : t'es une fille et une fille ça a toujours l'air gentil, c'est un compliment hein, rajoutai-je très vite, parce que je n'étais pas encore trop sûr de comment elle prenait la façon dont je comprenais, et en plus toi tu es blonde et tu as un visage d'ange, bonus ! Personne ne pourra jamais penser que tu es à l'origine de quoi que ce soit parce que tu es trop innocente ! Et crois moi, ça aussi c'est un compliment, il y a des fois où j'aurais bien aimé être à ta place !

Je regardais autour de moi ; toutes les têtes étaient baissées et en train de gratter sur leur feuille, dans une ambiance très sérieuse. J'avais comme le sentiment qu'on était en train de m'envoyer un message...

- Si ça te tente de faire un jour le test...
Parce qu'elle avait beau me frotter dans le sens du poil, au fond, est-ce qu'elle était vraiment capable d'aller jusqu'au bout de sa pensée ? Je savais pas trop, mais je demandais à voir en tout cas.

Je poussais un soupir en ramenant plume et parchemin devant moi afin de me mettre véritablement au travail cette fois ci, dans la joie et la bonne humeur (ah bon, ça ne se voit pas...?) mais au moins avec la certitude qu'entre le moment où j'étais entré dans la salle et celui où j'allais en sortir... Que le vent avait tourné, et que cette fois ci il nous poussait dans la bonne direction.




Terminé !

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