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Il fallait bien revenir [Terminé]

 
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 Il fallait bien revenir [Terminé]

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Carmen Itala
Élève de 6ème année



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Nombre de messages : 1062
Localisation : Si tu vois des cheveux rouges se ballader, crie Carmen, c'est sûrement moi!
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Particularités: Un peu miraculée. Reprends sa vie en main.
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MessageSujet: Il fallait bien revenir [Terminé]   Ven 8 Mar - 13:29


Je poussais les portes de cette école que j'avais presque oublié. Cela faisait si longtemps que je n'étais pas venue. J'avais dû traverser le parc et je ne reconnaissais pas les visages de gens que je connaissais. J'avais certes vu deux ou trois personnes de loin mais je ne savais même pas si c'était bien eux. J'avais l'impression d'être une parfaite étrangère dans ce monde que j'avais pourtant si bien connu. C'était de ma faute, je n'avais pas envoyé de lettres alors je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même si les gens m'avaient oublié. Je ne leur en voudrais pas. je reconstruirais ce que j'avais bâti il y a si longtemps seule et cela ne me dérangeait pas. Je n'avais pas peur, je n'avais plus peur. J'essaierai de les revoir au fur et à mesure et peut-être alors se souviendront-ils de moi, ou peut-être me cognerais-je contre l'un d'entre eux au détour d'un couloir. Ma maladresse légendaire n'avait pas changé et peut-être que c'est à cela qu'ils me reconnaîtront. Ou bien, ils seront que je suis là à mes cheveux, ces cheveux si particuliers dont je suis si fière. Ils m'avaient manqué eux. Et je n'avais pas envie de les revoir de suite s'ils m'avaient oublié, eux que j'avais considéré comme mes si proches amis. Je pensais à eux alors que je traversais le parc sous la grisaille d'un mois de mars. Il allait sûrement pleuvoir mais après tout, l'eau c'est la vie. je n'avais pas peur d'être trempée.

Il avait fallu que je parte après cette nuit, une nuit d'horreur et de violence comme je n'en avais jamais eu auparavant. Et ce n'était plus dû qu'à une tendance naturelle à la déprime que j'avais. J'avais un sérieux problème. Alors j'étais repartie chez moi en plein milieu de l'année. Je pensais qu'être chez moi allait m'aider à surmonter tout cela mais c'est devenu de pire en pire. Je ne me soignais pas, je plongeais de plus en plus dans un tourbillon de noirceur si bien que je finis par aller voir un spécialiste. J'eus droit à des scanners et des IRM pour comprendre d'où venait tout cela. Et ce que je pensais être une dépression n'était pas seulement que cela. C'était un cancer. J'avais une tumeur au cerveau qui s'était développé au niveau du cortex émotionnel. On ne me donnait que quelques mois à vivre et les médecins ne pensaient pas que le traitement allait marcher. Ils me conseillèrent même de ne pas le prendre afin de profiter de mes derniers mois de vie en pleine forme et pouvant accomplir tout ce que je voudrais. Je n'en fis rien. Je pris le traitement, on me retira donc une partie de la tumeur suivi de chimiothérapie. Je dus abandonner l'idée de retourner à l'école. Après tout, j'allais peut-être mourir. Pendant longtemps le traitement ne fit rie mais au final, le cancer ne se généralisa pas et la tumeur s'en alla. J'étais sauvée après des mois de traitement mais j'étais horriblement faible. Il fallait que mon corps et mon esprit se remettent avant que je puisse espérer retrouver une vie normale.

Et maintenant, je pouvais à nouveau vivre ma vie. Cela avait pris du temps, beaucoup de temps. Et pour ceux qui voudraient me revoir, je pense que je leur devrais des explications concernant mon silence. MAis j'avais essayé. Je voulais le leur dire, leur envoyer une lettre en leur expliquant tout cela. Mais comment annoncer à ses amis que l'on va mourir? Alors j'avais préféré me taire me disant qu'au moins s'ils m'oubliaient je ne leur manquerais pas. Je me rends compte maintenant à quel point c'était égoïste comme raisonnement mais je ne le regrettais pas. Je n'avais pas le temps de regretter maintenant. C'est une fois que je me confronterais aux gens que je regretterais et que je leur expliquerais mon geste inconsidéré. Pour le moment je m'avance dans le parc de l'école et je me sens plus vivante que jamais.

J'avais enfilé mon uniforme pour la première fois depuis longtemps ce matin. J'avais repris ma baguette et je me sentais prête à déplacer des montagnes afin de rattraper au plus vite mon retard. Je voulais faire honneur à ma maison et être intelligente, prouvée que j'y avais ma place malgré le retard que je devais avoir pris sur tous mes camarades. Quand j'avais fait ma malle et qu'elle fut finie je pleurais presque de joie. J'étais à nouveau vivante. J'avais retrouvé mes cheveux, mon poids. Mon dernier bilan de santé était bon malgré le fait que je doive absolument me surveiller et vérifier très souvent ma santé. Je devais faire aussi attention aux émotions trop fortes car mon cortex émotionnel était sérieusement abîmé mais sur le moment je m'en fichais royalement. J'avais survécu. J'allais pouvoir à nouveau vivre.

J'arrivais au château et je passais la grande porte. Je remontais jusqu'au dortoir des serdaigles. Je dus attendre que d'autres filles rentrent car je ne connaissais pas le nouveau mort de passe. Je l'appris par la même occasion. Je déposais ma malle auprès de mon lit et je dis un tour dans ce dortoir que j'avais connu. C'était il y a si longtemps mais rien n'avait changé. le temps s'écoule différemment sur poudlard. Je passais par la salle de bain je vérifiais mon maquillage et mes cheveux puis je déambulais un peu dans le château. je ne reprenais les cours que lundi alors j'avais le temps d'à nouveau m'acclimater. Je me perdais presque à cause des grands escaliers mais je retrouvais mon chemin jusqu'au hall d'entrée. Je m'appuyais contre un mur et je m'asseyais. Normalement j'aurais dû être en cours aussi si un préfet arrivait il me demanderait sûrement ce que je faisais ici. Je lui expliquerais.

Je souriais en riant presque les larmes aux yeux. Je respirais profondément. J'étais chez moi et vivante.

_________________



Merci mon Elleira *-*:
 


Dernière édition par Carmen Itala le Dim 28 Avr - 14:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il fallait bien revenir [Terminé]   Jeu 14 Mar - 18:10

J'avais reçu une lettre de ma mère la veille, et j'avais été vraiment impressionnée parce que, à mon avis, apprendre à se servir d'un hibou alors qu'on n'a toujours utilisé que la poste, est tout un défi pour quelqu'un qui a grandi dans un univers sans magie. Savoir que ma mère avait réussi à m'envoyer une lettre par un moyen purement magique, alors qu'elle était moldue, m'emplissait à la fois de fierté et de tendresse. Mes parents s'étaient tous deux montrés très fiers, quoique surpris et un peu choqués, d'apprendre que leur plus jeune fille était une sorcière alors que personne ne l'avait été dans la famille, à leur connaissance. J'avais eu peur, pendant un temps, qu'ils s'éloignent de moi ou qu'ils me rejettent parce que j'étais différente, mais mes parents m'aimaient à un tel point que j'avais vite compris qu'ils seraient toujours là pour moi, même si j'appartenais à un univers brodé de possibilités qui ne leur seraient jamais offertes. Ainsi, depuis plus d'un an, je les voyais faire des efforts pour comprendre ce qu'étaient le Quidditch, Poudlard ou encore Serdaigle, et comment fonctionnaient les sorts, les baguettes et même les hibous. Mes parents ne seraient jamais sorciers, ils ne sentiraient jamais couler en eux la force de la magie et ils pourraient encore moins se vanter à leurs amis que j'avais atterri dans la même maison qu'eux, mais ils m'aimaient et c'était, pour moi, l'essentiel.

La découverte du monde de la magie m'avait moi-même perturbée et il m'avait bien fallu toute ma première année pour accepter que j'en faisais partie, et que cette réalité ne changerait certainement jamais. La compréhension et le soutien de ma famille m'avaient énormément aidée, et j'étais même parvenue à me faire quelques amis, malgré ma timidité et certains aspects étranges de ma personnalité qui, auparavant, avaient eu l'habitude de faire fuir les autres personnes. À Poudlard, je me sentais chez moi plus que je ne l'avais jamais été dans une école et, même si mes parents me manquaient, le bonheur que je trouvais en ces lieux suffisait à faire passer le temps sans que je ne me laisse assombrir par leur absence. Mon frère me manquait, lui aussi, et ma mère m'assurait que je lui manquais aussi, ainsi qu'à ma grande soeur - mais je doutais de cette dernière partie, car Chloe me détestait ouvertement.

Ce jour-là, j'avais négligé de me coiffer. Encore. Il me fallait avouer que, quand Prudence ne me surveillait pas, je me laissais un peu aller et, bien que je sois toujours propre, j'oubliais de faire les efforts auxquels mon amie semblait toujours s'appliquer. Prudence était jolie et elle prêtait attention au moindre détail qui aurait pu gâcher sa magnificence. À mes yeux, j'étais plutôt ordinaire, avec mes yeux trop foncés pour être pleins d'étoiles comme les siens et mes cheveux épais et assez indomptables. À côté d'elle, j'étais complètement invisible, mais je n'étais pas jalouse. J'aimais admirer mon amie et, même s'il me pesait parfois d'être si imparfaite par rapport à elle, sa personnalité lumineuse me faisait tout oublier. Seulement, quand ma meilleure amie avait autre chose à faire que veiller à mon apparence physique, mes cheveux finissaient en queue de cheval ébouriffée, comme aujourd'hui, et il était hors de question que j'applique ne serait-ce qu'un milimètre de maquillage sur mon visage.

De toute manière, j'avais trouvé un livre beaucoup trop intéressant pour que je le fasse attendre au profit de préoccupations esthétiques et je m'étais même levée plus tôt pour en lire quelques pages avant les cours. Il s'agissait d'un épais volume sur l'histoire du ministère de la magie, et je comptais bien le dévorer pour ensuite en expliquer chaque détail à ma mère. Alors qu'un professeur avait donné une petite pause de cours, j'avais décidé d'aller lire dans le hall d'entrée, car l'activité qui y régnait habituellement m'aidait étrangement à me concentrer lorsque je lisais. J'avais besoin de bruit, de vie. J'étais en train de me questionner sur le sens d'un mot d'orgine magique lorsque je la vis.

Je n'étais pas à Poudlard depuis très longtemps et je ne me vantais pas de connaître tout le monde, mais il me semblait que j'aurais certainement remarqué une personne comme elle. Elle me paraissait spéciale, et je ne savais pas si mon impression me venait exclusivement de ses remarquables cheveux ou d'une partie de moi qui voyait en elle quelque chose de particulier, invisible et indescriptible. Elle devint, en une seconde, beaucoup plus intéressante que mon bouquin. Je le regardai quelques secondes alors qu'elle souriait. Elle riait, aussi. Elle semblait habitée par une émotion intense et, je ne sais pas pourquoi, je refermai mon livre et je m'approchai d'elle. Pourtant, il aurait beaucoup plus été mon genre de rester là, subtile et tranquille, à la fixer et à absorber à distance l'énergie merveilleuse qu'elle dégageait. Mais je me trouvais là, soudain, près d'elle, mes énormes yeux presque noirs à scruter son visage. Et c'est là que le charme se rompit, je crois, car je réalisai que je ne pouvais pas juste rester là à l'observer de plus près. Il fallait que je parle. Et, pour parler, j'étais au-delà de la nullité la plus épique qui puisse exister.


-Tes cheveux sont rouges.

Oui. Il était certain qu'elle ne l'avait pas remarqué avant... Il n'était peut-être pas trop tard pour aller me cacher.

-Je veux dire...bonjour. Désolée...euh...

Désolée de quoi, au juste? De parler comme une larve asphyxiée? Je devrais peut-être commencer à me traîner un livret de phrases préparées d'avance.

-Je m'appelle Elleira et je trouve que tu as un joli sourire.

Bon. C'était un peu étrange, mais c'était mieux, non?
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Carmen Itala
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MessageSujet: Re: Il fallait bien revenir [Terminé]   Lun 18 Mar - 17:26

-Tu as les cheveux rouges.

Oh bonjour captain obvious ! Je regardais cette fille que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Elle devait être une nouvelle que je n’avais pas encore eu l’occasion de croiser. Elle portait une queue de cheval avec des cheveux légèrement en bataille et ses yeux marrons presque noirs étaient assez impressionnants. C’était une serdaigle aux vues de la tenue qu’elle portait, elle avait le même uniforme que moi. Elle devait avoir le même âge ou être légèrement plus jeune. A notre âge, il était difficile de savoir qui avait quel âge. On change rapidement et certains sont en avance, d’autres en retard. Je m’étais souvent trompée sur l’âge d’une personne que j’avais en face de moi. Je n’étais pas très physionomiste et c’était un sacré problème. Je pensais toujours que les autres étaient plus âgés et d’ailleurs, je faisais moi-même plus âgé. Ma puberté avait commencé plus tôt que la moyenne et les épreuves subies avaient rendu mon visage plus adulte qu’il n’aurait dû l’être. Ce n’était pas forcément un bien, mais ce n’était pas plus mal. J’avais moins de mal à me faire des amis plus âgés au sein de l’école comme ça. Il ne me voyait pas comme une élève débutante mais comme quelqu’un de mature. Aussi la plupart du temps quand j’annonçais mon année aux personnes que je rencontrais, les gens étaient étonnés. Cela me posait surtout des problèmes chez les moldus. Quand j’allais au cinéma ou chez le coiffeur et que je disais que j’avais moins de 16 ans, la plupart du temps on me demandait ma carte d’identité afin de vérifier. Une fois alors que je ne l’avais pas sur moi il avait fallu que je paye plein pot pour aller voir un film que je voulais absolument ne pas manquer. Chez les moldus, il vaut mieux toujours avoir sa carte d’identité sinon on n’est pas sûr de pouvoir avoir des réductions. Ils ne croient pas sur parole.

Cela faisait quelque temps déjà que j’avais les cheveux rouges. Au départ, j’étais blonde. C’est d’ailleurs pour cela que ma couleur ressortait de manière si flashy. Je ne me souvenais pas réellement de moi en blonde. J’avais toujours voulu me faire une couleur et depuis que je l’avais je trouvais que je m’étais réellement découverte. Certes ma couleur était voyante et elle contrastait avec ma timidité mais j’étais ravie de la porter. D’autant plus maintenant que j’avais retrouvé mes cheveux après la chimio, j’étais ravie de pouvoir les toucher et les coiffer. Avec un sort, ils avaient pu repousser comme avant et j’avais directement refait ma couleur. Cela avait été un très grand pas pour ma guérison car je retrouvais mes cheveux en même temps que mes formes. Le fait qu’elle remarque la couleur de mes cheveux, même si c’était assez risible, me fit en même temps plaisir. Je la regardais dans les yeux et je ne pus m’empêcher de repartir dans un grand éclat de rire. J’espérais qu’elle ne le prendrait pas mal mais je ne pouvais pas m’en empêcher. On aurait dit qu’elle n’avait pas pensé avant de dire cela et c’était si mignon que je ne pus empêcher le fou rire de sortir.


-Je veux dire … bonjour. Désolée… euh…

Elle avait l’air de se sentir mal que je rigole de ce qu’elle venait de dire. Je n’arrivais cependant pas à m’arrêter. Je faisais presque un black out. Je voulais parler lui dire que je ne voulais pas me moquer d’elle mais j’étais si heureuse d’être vivante. Le rire me faisait sentir plus vivante que jamais et d’avoir quelqu’un qui me parlait m’emplissait tellement de joie que je ne savais pas comment l’exprimer autrement. Aussi, même si je ne pouvais m’arrêter de rire, je me levais et je l’attirais contre moi. J’espérais juste qu’elle n’aurait pas peur qu’une fille qu’elle ne connaissait pas la câline comme ça en riant. Elle me prendrait sûrement pour une folle. Je la serrais donc contre moi mettant mon visage contre le sien. C’était la première fois que je faisais ça depuis si longtemps que cela me fit un bien fou et je m’arrêtais directement de rire. A part mon père, je n’avais serré personne dans mes bras depuis si longtemps que ça m’avait manqué. Je faisais ça à une parfaite inconnue certes mais c’était un corps, une personne, une vie. Je la relâchais très vite. Cela avait duré seulement quelques secondes. Je me mis devant elle et je lui souriais.

-Je m’appelle Elleira et je trouve que tu as un joli sourire.

Elleira… Je n’avais jamais entendu ce nom. Il y avait tellement de noms que je n’avais jamais entendus certes mais celui-là, je me demandais quel était son origine. La jeune fille me faisait face et je ne savais pas quoi dire, quoi répondre. Je me rendais compte de mon geste, de ce que je venais de faire et je demandais même pourquoi elle était encore là. Elle devait être à présent entrain de me prendre pour une folle mais bon tant qu’elle était là … Il fallait que je trouve quelque chose à lui dire. Elle s’était présentée donc je pouvais moi-même me présenter. Mais elle avait dit aussi que j’avais un joli sourire, il convenait sûrement de rajouter quelque chose. Comme première entrée dans la vie réelle, c’était un peu violent et dure mais j’étais persuadée de pouvoir m’en sortir. Enfin bon, à quelque chose près quoi…

-Enchanté Elleira, moi c’est Carmen et euh… Tu es jolie tout court !

*Tu es joli tout court… Mais c’est quoi cette phrase de merde ! J’aurais pas pu dire : je te trouve joli, ou même, tu es joli. Non ! Il fallait que je dise « tu es jolie tout court ». Bravo Carmen, belle performance ! Non seulement tu as dû lui faire peur par la manière dont tu as agi mais en plus tu lui fais peur avec ta manière de parler ! Après, tu ne vas pas t’étonner de ne pas arriver à te faire des amis quand même. Et tu n’as pas intérêt à t’étonner non plus si tes amis te trouvent bizarres, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. Et oui, certes elle est jolie, mais tu n’es pas obligée de le lui dire comme ça. Elle va te prendre pour une perverse ou quelque chose comme ça. Franchement ma pauvre fille tu n’as vraiment aucun don pour le relationnel et surtout quand il s’agit du premier contact avec une personne.*

-Euh… Excuse-moi. Tu dois me prendre pour une folle d’avoir fait ça et de te dire ça. Je n’ai plus l’habitude de faire des rencontres comme ça. Il faut aussi avouer que tu m’as un peu prise au dépourvu. Entre ta remarque sur mes cheveux et mon sourire je dois t’avouer que je suis un peu gênée.

Je rougissais presque. En effet, la dernière fois que l’on m’avait fait ces réflexions c’était lors de ma deuxième année, lorsque j’avais eu mon premier petit ami. Il m’avait dit des choses comme celles qu’elle venait de me dire mais il avait disparu de ma vie du jour au lendemain et ce fût une épreuve assez dure et brutale car je ne m’y attendais pas. Il y avait eu ensuite mon expérience hors du commun avec Terrence et Agnès, mais j’étais partie avant d’aller jusqu’au bout. Je me demandais pendant quelques secondes si elle me draguait ou si j’avais seulement l’esprit mal placé. Mais très vite, j’oubliais cette idée. Elle partit aussi vite qu’elle était venue. Elle avait l’air gentil, et elle devait être surement innocente. Moi, c’était autre chose, j’étais à la fois très adulte et pourtant encore une enfant sur un plan émotionnel. J’avais grandi avec ma maladie, j’avais évolué sans m’en rendre encore compte mais pour le moment je me redécouvrais. Mon caractère avait l’air d’avoir un peu changé sur l’assurance que j’avais par rapport aux autres mais ce n’était qu’une supposition.


-Tu es à Serdaigle toi aussi vu ton uniforme. En quelle année es-tu car je ne me souviens pas t’avoir croisé dans les dortoirs. D’ailleurs, tu ne devrais pas être en cours ? C’est pas que je ne veux pas de ta compagnie ne te méprends pas mais je ne voudrais pas te faire louper des cours et que tu sois collée par ma faute.

Et c’était vrai. Même si j’aimerais la connaitre plus je ne voudrais pas l’empêcher de suivre les cours. J’étais à Serdaigle, j’avais donc une certaine conscience du devoir et notamment par rapport aux cours. Ma maison était celle des étudiants brillants qui aimaient travailler durs. Et il n’était pas question que par ma faute, ma maison perde des points à cause d’un retard ou d’une absence injustifiée.

_________________



Merci mon Elleira *-*:
 


Dernière édition par Carmen Itala le Jeu 28 Mar - 12:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il fallait bien revenir [Terminé]   Mar 26 Mar - 3:53

Ce qu’il y avait de particulièrement agréable avec Poudlard, c’était que je ne voyais presque jamais ma sœur. De longs mois s’écoulaient entre les congés et, si mes parents me manquaient, savoir que Chloe ne me guettait pas d’un œil mauvais se trouvait être un point extrêmement positif pour mon moral. Ma sœur ne m’avait jamais réellement maltraitée, mais ses remarques, ses regards et ses jugements me rendaient toujours nerveuse lorsqu’elle était près de moi. Mes parents ne semblaient pas remarquer son attitude à mon égard et je me demandais d’ailleurs parfois si je l’imaginais en partie voire même totalement. Chloe réussissait bien, depuis toujours, et soutenir la comparaison était difficile, mais mes parents ne m’avaient jamais poussée en ce sens. Ils disaient aimer chacun de leurs enfants comme il était, mais il y avait entre ma sœur et moi une compétition silencieuse qui semblait venir d’elle. À ses yeux, je ne faisais jamais rien de bien ou, si j’y arrivais, je le faisais d’une manière inadéquate. Tout ce qu’elle accomplissait était mieux que moi et, même en sachant que mes parents ne mettaient pas un concours entre leurs enfants, je voulais impressionner Chloe, lui montrer que je pouvais, moi aussi, être brillante et talentueuse comme elle. J’avais donc vécu comme une victoire imprenable la découverte de mes pouvoirs magiques et mon admission à Poudlard. Je savais que c’était égoïste et immature, peut-être même méchant, mais je me réjouissais de cette réussite qui ne serait jamais sienne.

Le premier été suivant le début de mes études à Poudlard, je n’avais cessé de parler de magie. Je trouvais quelque chose à dire sur le sujet à tout moment, dès que l’occasion se présentait, et je rayonnais de voir l’intérêt de mes parents pour cet univers qu’ils ne connaissaient pas. Chloe rageait en silence, et la noirceur de ses regards me plaisait. En y repensant, j’avais un peu honte, mais il n’y avait dans ma honte aucun remord, que cette vague gêne qui me tordait la poitrine alors que je me disais que mes parents n’auraient pas aimé cette partie de moi qui appréciait la subtile humiliation que je faisais subir à ma sœur. Chloe pourrait continuer à me traiter de sotte tant qu’elle le voulait, comme elle l’avait toujours fait, mais j’étais une sorcière, et c’est sur ce point particulier que je me concentrais lorsque ses paroles me blessaient trop. Ma différence, je la chérissais, même si je la craignais un peu.

Habituellement, je n’aimais pas qu’on se moque de moi. Sans être particulièrement susceptible, je manquais de confiance en moi et les commentaires et les rires pouvaient facilement me blesser. Quelques fois, j’avais dû courir essuyer les larmes qui me montaient aux yeux alors qu’un autre élève s’amusait de quelque chose que j’avais mal dit. Toutefois, le rire de cette fille aux cheveux rouges ne me paraissait pas méchant, et c’est probablement ce qui me retint d’aller me cacher pour retourner cent fois dans ma tête les mots que j’avais employés et me maudire pour mes difficultés à communiquer correctement. Bien sûr, je me sentais tout de même un peu mal, mais mon embarras était surtout dû à une réflexion de ma part sur mes paroles qu’à sa réaction.

Je ne compris pas pourquoi elle me prenait dans ses bras. Mais pas du tout. Je n’avais pas l’habitude que les inconnus me prennent dans leurs bras. À vrai dire, en dehors de mes parents, Prudence, mon frère et Chloe (mais juste une fois!), il ne m’était arrivé que de rares fois qu’on me témoigne ainsi de l’affection. Il y avait bien mes tantes, mais elles m’étouffaient plus qu’elles me serraient et je finissais toujours étourdie par leur affreux parfum. La fille aux cheveux rouges sentait bon, elle. J’eus à peine le temps de réagir – je bougeai lamentablement mes mains vers son dos pour faire comme elle, mais je ne terminai pas mon geste – que le moment était passé. J’étais troublée et surprise, et je ne savais ni quoi dire ni quoi faire à ce sujet, mais il m’arrivait souvent d’être socialement figée, et je m’en tirai en me nommant.


-Enchanté Elleira, moi c’est Carmen et euh… Tu es jolie tout court !

Je sentis mes yeux s’arrondir et j’eus presque peur qu’ils tombent de mon visage. Je devais avoir l’air étrange, comme ça, toute surprise qu’on me fasse un compliment.

-Je…euh…tu…Merci.

Tant de syllabes pour si peu de sens. Je jonglai mentalement avec ce qu’elle venait de dire et je ne parvins pas à décider si j’en étais incroyablement ravie ou passablement déconcertée. Je ne me trouvais pas particulièrement belle, mais cette Carmen se montrait très gentille en me faisant ce compliment.


-Euh… Excuse-moi. Tu dois me prendre pour une folle d’avoir fait ça et de te dire ça. Je n’ai plus l’habitude de faire des rencontres comme ça. Il faut aussi avouer que tu m’as un peu prise au dépourvu. Entre ta remarque sur mes cheveux et mon sourire je dois t’avouer que je suis un peu gênée.

Eh merde. J’avais encore dit quelque chose de bizarre. J’en avais trop fait, elle venait de le dire. Certes, elle l’avait fait avec gentillesse, mais je m’en voulais tout de même. Je fus néanmoins fière de moi lorsque je pensai qu’ajouter que je n’y pouvais rien si elle était fascinante serait la cerise sur la gâteau.

-Je suis désolée. Je ne suis pas très douée avec les nouvelles personnes… J’ai juste été comme attirée vers toi. Par tes cheveux, peut-être.

Oh non! J’avais encore parlé de ses cheveux. J’allais certainement passer pour une obsédée capillaire.


-Tu es à Serdaigle toi aussi vu ton uniforme. En quelle année es-tu car je ne me souviens pas t’avoir croisé dans les dortoirs. D’ailleurs, tu ne devrais pas être en cours ? C’est pas que je ne veux pas de ta compagnie ne te méprends pas mais je ne voudrais pas te faire louper des cours et que tu sois collée par ma faute.

-Je suis en deuxième, et toi?


Carmen était plus âgée que moi, assurément, mais je n’aurais su dire en quelle année elle était. Si elle ne m’avait pas vue dans les dortoirs, c’était probablement parce que j’aimais me tenir dans l’ombre de Prudence. Je m’y sentais en sécurité. Elle brillait et je profitais de sa présence bienfaisante.

-On a eu une pause parce que le prof avait un truc important à aller faire. Alors, j’en profitais pour lire sur l'histoire du ministère de la magie. Et toi, tu arrives d’où?

La délicatesse, Elleira!

-Je veux dire…euh…tu n’es pas en cours?
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MessageSujet: Re: Il fallait bien revenir [Terminé]   Jeu 28 Mar - 11:49

Les rencontres à Poudlard se font toujours de manières assez fortuites et inattendues. Soit on se perd et on demande à quelqu’un s’il peut nous aider, soit on rentre dans quelqu’un, soit on vient nous dire de quel couleur sont nos cheveux… Il n’y a pas de bonnes manières de faire des rencontres. Ce sont des choses qui se font naturellement, on n’y peut rien. Ne croyant pas au destin, je pensais que les rencontres étaient de simples coïncidences résultant de tout un tas de choix : l’effet papillon sans doute. On n’entend pas le réveil, on se lève en retard, on court partout, on sort du dortoir en trombe, on court dans tout Poudlard pour arriver à sa salle de cours (car oui on s’est levé en retard pile le jour où on a cours dans la salle la plus lointaine de notre dortoir) et bim au milieu de notre course effrénée, on se cogne dans quelqu’un qui deviendra peut-être un ami ou un amour qui sait ? C’est comme ça que ce passe la plupart des rencontres à Poudlard : c’est le hasard, la coïncidence qui guide nos pas jusqu’à ce que nous arrivions vers LA personne.

Ma rencontre avec la jeune femme qui se trouvait face à moi résultait de cela : l’effet papillon, la coïncidence. Si je ne m’étais pas trouvée là à cette instant et qu’elle n’était pas venue ici pour lire un livre et bien nous ne nous serions pas connues et si ça se trouve nous aurions manqué une belle rencontre. D’ailleurs en parlant de livre, il était étrange de venir lire dans le hall. D’habitude, nous, élèves de Serdaigle, préférons nous enfermer dans la bibliothèque car il n’y a personne pour y faire du bruit. Certes, à cette règle il y a des exceptions. Par exemple, quand les Serpentards, la plupart du temps des premières années, croyant leur maison supérieure aux autres viennent pour nous faire ch**r parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire et qu’ils trouvent ça « super cool » d’aller « emmerder ces connards d’élèves travailleurs » puisque eux n’ont pas besoin de travailler, après tout la plupart d’entre eux sont des « nobles » au « sang pur ». Heureusement, je connaissais un Serpentard qui n’était pas comme ça. Ulrich tranchait avec ce côté pédant des Serpentards. Il était en 7ème année donc c’était certes normal mais par moment, quand je le voyais de loin et qu’il ne savait pas que je le voyais, il redevenait comme la plupart des serpentards. Je n’aimais pas cela mais je le gardais pour moi, je le considérais déjà comme un ami et je ne lui en voulais pas. Il est difficile de ne pas jouer le personnage que l’on se donne depuis des années.

Revenons à nos moutons et à Elleira, la jolie brune aux yeux presque noirs. Je l’avais prise dans mes bras. Certes un court instant mais je l’avais fait. Je n’avais pas senti ses bras m’enlacer eux aussi, j’avais donc préféré ne pas poursuivre le supplice. Après tout on ne se connait pas, il était normal qu’elle réagisse ainsi. Quand je lui dis qu’elle était jolie je me sentis gênée. Je fus rassurée par la manière dont elle réagit. Elle avait l’air bien plus sous le choc que moi avec son merci prononcé après trois syllabes qui ne formaient en aucune cas une phrase. Sa gêne aurait pu être drôle (dans le bon sens) si je n’avais pas été moi-même gênée. Après tout, elle me dit qu’elle avait été attirée par moi et qu’elle n’était pas très douée avec les nouvelles personnes. Je décidais de ne pas relever tout de suite afin de passer sur un terrain un peu plus connu afin qu’elle soit plus à l’aise. Je lui parlais donc de son uniforme, de son année et de ce qu’elle faisait ici.

-Je suis en deuxième, et toi?

Elle faisait plus âgée. Je l’aurais pensé en troisième année peut-être même comme moi en quatrième année. Mais c’est vrai qu’à notre âge il est toujours difficile de connaitre l’âge d’une personne seulement par son physique. Et puis, la mentalité est à prendre en compte aussi. Il y a des « deuxième année » qui sont bien plus responsables et intelligents que des « cinquième année », et inversement. L’inverse se produisait plus souvent mais il ne fallait pas croire que parce qu’on était en deuxième année, on était un être totalement immature et dénué de sens ou d’intelligence. Surtout que si Elleira était à Serdaigle c’est qu’elle devait être intelligente.

-Pour ma part, je suis en quatrième année.

Je ne lui précisais pas que normalement je devais être en cinquième année, je ne la connaissais pas encore assez pour cela. J’avais eu le droit de passer dans l’année supérieure après un test mais je n’avais quand même pas eu le droit de rejoindre l’année qui aurait dû être la mienne. C’était déjà bien d’être en quatrième année. Je me sentais plus grande maintenant. Je me rendais compte qu’il était normal alors que je n’ai jamais vu Elleira dans les dortoirs. Elle devait être arrivée après que moi je sois partie. Et ce n’était pas aujourd’hui que j’allais la rencontrer dans le dortoir en plein milieu de la journée alors qu’elle avait cours !

-On a eu une pause parce que le prof avait un truc important à aller faire. Alors, j’en profitais pour lire sur l'histoire du ministère de la magie. Et toi, tu arrives d’où? Je veux dire…euh…tu n’es pas en cours?

Elle était mignonne quand elle était gênée. On sentait qu’elle avait vraiment du mal avec les gens qu’elle ne connaissait pas. Ou alors, c’était un manque de tact inné chez elle c’était aussi une possibilité qu’il ne fallait pas écarté. Elle se reprenait tout le temps elle-même et on entendait presque son dialogue intérieur quand elle se disait de se reprendre. C’était une question légitime qu’elle me posait mais je ne savais pas ce que j’allais bien pouvoir lui répondre. Je n’avais pas réellement envie de dire à cette parfaite inconnue malgré la gentillesse qu’elle dégageait que je revenais après des mois d’absence. Aussi, je pensais lui inventer un mensonge ou alors dériver sur un autre sujet après avoir fait quelque chose qui lui ferait oublier sa propre question. J’étais un peu plus grande qu’elle aussi je lui pris le menton délicatement et je lui levais le visage pour qu’elle me regarde dans les yeux et j’approchais mon visage du sien, nos nez se touchant, mes yeux bleus plongés dans ses yeux bruns. Je restais ainsi quelques secondes puis je me mis à rire en libérant son visage.

-Tu es vraiment trop mignonne, lui dis-je dans mon rire. Je dois te traumatiser à agir ainsi. Je ne sais même pas pourquoi moi-même je fais ça. Peut-être à cause du fait que j’ai exercé une sorte de magnétisme sur toi. Je veux peut-être inconsciemment comprendre de quel ordre il est. Qui sait après tout, peut-être que ce ne sont pas juste mes cheveux qui t’ont attiré vers moi !

Je riais de mes propres paroles. C’était des bêtises que de dire ça. J’aurais aimé que ce soit comme dans les films hollywoodiens. Dans ces films, la fille regarde le garçon et puis il y a une musique et là… Grand moment d’émotion, c’est le coup de foudre. Mais l’amour au premier regard me semblait une utopie. Pour tomber amoureux, ne fallait-il pas connaître la personne ? Je me faisais alors la réflexion que j’aimerais retomber amoureuse de quelqu’un de spécial qui changerait un peu les choses, ou même tomber amoureuse amicalement ce serait déjà bien. Il n’y a rien de mieux que de partager avec quelqu’un.

-Plus sérieusement, tu t’es bien habituée à Poudlard ? Cela n’a pas été trop dur pour toi ? Je me souviens que pendant ma première année je m’étais perdue une bonne dizaine de fois dans les couloirs. Si tu as besoin d’aide hésites pas à me demander, que ce soit pour les cours ou autres d’ailleurs !


Carmen ou comment détourner un sujet de conversion en deux minutes.


_________________



Merci mon Elleira *-*:
 
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MessageSujet: Re: Il fallait bien revenir [Terminé]   Dim 28 Avr - 4:57

Depuis mon arrivée à Poudlard, j’avais rencontré toutes sortes de personnes. Il était certain que, dans un bâtiment abritant autant de gens, je ne pouvais pas éviter d’en croiser, mais il n’est pas dit que chaque personne entrevue pouvait être considérée comme connue. J’avais, bien sûr, parlé à plusieurs inconnus qui étaient passés au statut de vagues connaissances, mais peu de gens m’avaient réellement marquée. J’étais une personne énergique à l’attention défaillante et, si un rien m’intéressait, il me fallait une seconde pour m’ennuyer. J’avais besoin de personnes stimulantes autour de moi. Naturellement, l’école grouillait de gens talentueux, intelligents, drôles et spéciaux, mais toutes ces qualités ne m’impressionnaient que modérément. Il fallait une étincelle, quelque chose de fou, d’indescriptible, une sorte de connexion spontanée et inexplicable pour que je m’attache à une personne assez pour me souvenir de son nom après la première rencontre. J’étais ainsi, étrange et à l’esprit qui s’envolait au moindre détail parti dans le vent. Dès que l’occasion se présentait, je décrochais de la réalité pour penser, inventer, réfléchir…et je me réveillais souvent au beau milieu d’une conversation pendant laquelle je n’avais pas été présente du tout. Il était étonnant, si on considérait ce manque total de respect – mais je n’y pouvais rien! – que j’aie des amis.

Il y avait eu, avec Prudence, cette affection subite. Je l’avais admirée, d’abord pour sa beauté et son charisme, puis pour toute sa personnalité que j’avais découverte. Il m’arrivait d’ailleurs encore d’en apprendre sur elle, à la fois parce que, tout comme moi, elle grandissait et changeait, et parce qu’en fait, on ne connaît jamais complètement une personne. Malgré mon jeune âge, j’avais commencé à comprendre que les gens aimaient cacher des choses. Toujours. N’importe quoi. Certains dissimulaient de terribles secrets, des fardeaux qu’ils auraient pu partager avec des amis, lesquels auraient pu les aider à avancer malgré ce poids sur leurs épaules. D’autres gardaient pour eux des sentiments, des idées, des émotions, des paroles. D’autres encore faisaient disparaître de grandes parties de leur personnalité pour mieux plaire aux autres. Je n’avais jamais été comme cela et j’espérais bien, en grandissant, ne jamais m’aventurer sur l’effrayant chemin du mensonge. Mes parents m’avaient élevée dans le respect total de la vérité, quelle qu’elle soit, et j’en avais fait une valeur que, du haut de mes jeunes années, je m’efforçais de toujours garder en tête.

Pour cette jeune fille aux cheveux rouges, mon intérêt avait été aussi subit que passionné. Mes yeux n’avaient plus vu qu’elle seule – et je sentais que ce n’était pas par simple intérêt pour ses choix capillaires – et je n’avais pas pu résister à l’envie d’aller lui parler. Une partie de moi me disait que nous pourrions devenir amies. Que nous allions le devenir. J’avais vécu peu de moments de certitude totale dans ma courte vie, mais je sentais que, ce jour-là, je venais de rencontrer une personne très spéciale que je devais absolument connaître. Déjà, ne sachant de cette fille qu’un minimum de choses, j’avais envie de raconter en détails à ma mère, ma principale confidente, ce moment bizarre mais fabuleux où j’avais rencontré une personne qui me paraissait étonnante et attachante. J’étais peut-être folle, mais j’étais heureuse. Rencontrer cette fille me changeait de toutes ces discussions avec des nouveaux qui me demandaient le chemin – à moi qui étais toujours perdue – ou de ces stupides jeunes Serpentards qui me bousculaient parce que j’étais une née moldue.

Je sentis mes yeux s’arrondir un peu en entendant l’année et, de ce fait, l’âge de mon interlocutrice. Elle était plus âgée. En soi, cela ne voulait rien dire. Il y avait des gens plus âgés que je connaissais qui n’avaient même pas la moitié de la sagesse que j’accordais à Prudence, par exemple. Sauf que j’étais plus jeune. Et née moldue. Et bizarre. Et je n’arrêtais pas de lui parler de ses cheveux. Pendant une seconde, ce fut trop. C’était stupide, mais je ne me sentais pas à la hauteur devant cette fille tellement jolie, tellement plus âgée et expérimentée, tellement plus colorée…tellement plus tout, à mes yeux. Je restai muette quelques secondes, méditant sur l’idée de me rouler en boule sur le sol en attendant que ma mère sorte de l’ombre pour expliquer à cette fille que j’étais un cas social ambulant. Néanmoins, je me contins et essayai de paraître normale, ce qui s’avéra très difficile lorsque Carmen prit mon visage et approcha le sien tellement près que tout le paysage autour prit la couleur de ses yeux.


-Tu es vraiment trop mignonne.

Je devais avoir l’air d’un animal fraichement adopté avec le regard que je sentais que je lui faisais. Je ne savais ni quoi dire, ni quoi faire. Alors, je souris. Mon père m’avait donné ce truc : les gens assumaient que vous aviez choisi de ne rien dire et non que vous étiez juste paumé lorsque vous souriiez.

-Je dois te traumatiser à agir ainsi. Je ne sais même pas pourquoi moi-même je fais ça. Peut-être à cause du fait que j’ai exercé une sorte de magnétisme sur toi. Je veux peut-être inconsciemment comprendre de quel ordre il est. Qui sait après tout, peut-être que ce ne sont pas juste mes cheveux qui t’ont attiré vers moi !

-Ma mère dit que, quand on rencontre une personne très spéciale par rapport à nous…à notre vie…tout ça…eh ben, on le sent.

Je devais avoir l’air débile, mais je m’en foutais. Ma mère l’avait dit. Beaucoup de gens de mon âge essayaient de se distancer de leurs parents mais, peut-être était-ce parce qu’ils étaient loin, j’accordais un certain crédit à ce que les miens disaient.


-Plus sérieusement, tu t’es bien habituée à Poudlard ? Cela n’a pas été trop dur pour toi ? Je me souviens que pendant ma première année je m’étais perdue une bonne dizaine de fois dans les couloirs.


Pendant une seconde, je me demandai si on ne m’avait pas tatoué sur le visage que j’étais née moldue. Puis, je réalisai que sa question était probablement motivée seulement par de la gentillesse et par le fait qu’étant plus âgée, elle avait le devoir non écrit de veiller sur les plus jeunes élèves de sa maison.

-Ma première année a été proche de l’enfer, mais je m’habitue. Et je me suis fait des amis, en plus. Mais je me perds encore…sauf que ça me permet de découvrir de nouveaux endroits.


-Si tu as besoin d’aide hésites pas à me demander, que ce soit pour les cours ou autres d’ailleurs !

-Pour…les cours…


Mon visage se décomposa : MON COURS. La pause était presque terminée lorsque j’avais aperçu la belle aux cheveux rouges et, m’étant laissée emporter, j’avais oublié qu’il fallait que je retourne en classe.

-Je suis désolée, il faut que je parte… J’avais oublié..euh…mon cours, tu vois?..Et là…Enfin bref, au revoir. On se reparle!

C’était décousu, un enchevêtrement de mots avec plus ou moins de sens. Je partis presque à la course, terrifiée par l’idée d’une retenue. J’avais entendu de terribles histoires à ce sujet, d’ailleurs. Sur le point de quitter le hall, je me retournai vers celle que je laissais en plan.

-Encore désolée! Il faut vraiment que j’y aille parce que je suis déjà en retard! J’ai adoré te parler!
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