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Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}

 

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 Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Dim 3 Mar - 17:29

On a pas besoin d’un conte de fée, on a juste besoin de quelqu’un avec qui on est bien.


Nous nous étions violemment disputés, et comme l’amour découle de la haine et inversement, c’était ces deux sentiments contradictoires qui avaient découlé de notre réconciliation. Nous avions fini sous la table de la buvette lors du dernier bal de Noël, et c’était Kelsey qui nous avait retrouvé à la fin de la soirée. Chuck m’avait enlevé jusqu’au sommet du Machu Pichu pour me faire une déclaration d’amour. Je le faisais chanter et nous avions un deal pour faire croire à toute la population Poudlarienne que nous nous étions rabibochés dans les règles mais que tout ceci avait le même goût factice d’une tarte à l’abricot faite exclusivement de pêches. Des versions, il y en avait encore, celles-ci étaient au milieu de tant d’autres, mais savaient le même bruit de grincement que l’une des vieilles armures toutes rouillées du château et qui s’émiettaient sur leur passage, rependant ce flots de ragots tout aussi mensongers les uns que les autres.

Oui parce que, comme Chuck avait été Mister Gryffondor et que sa réputation la précéderait toujours, que j’étais Miss Gryffondor, que c’était notre rupture tranchante comme la lame de rasoir qui laisse son empreinte nette et visible du sang sur la peau qui avait révélé notre précédente histoire, et que nous rempilions malgré l’encre et les rumeurs que ça avait fait couler ensuite, personne n’était absolument au courant des petits bisous qu’on se faisait dans la salle commune, qui avaient même dépassés les murs de la tour pour s’égrainer dans le reste de Poudlard à la vitesse d’une maladie – une maladie oui, parce que comme l’attestait la définition des racontars, ça faisait plus de mal que de bien. Pourquoi est-ce que ça ne pouvait pas être facile que lorsqu’on s’embrassait discrètement dans les écuries du ranch ? Là où ce n’était pas les chevaux qui allaient nous juger en prenant comme point d’appui le passé, ni mes amis qui ne connaissait rien de Chuck et de ce qui avait si souvent fait parler de lui – là-bas, nous étions dans le présent tout le temps, et tournés vers l’avenir, comme si l’avant, s’il avait compté était exclu du reste et ne pouvait plus nous blesser. A Poudlard…

A Poudlard, comme la plupart des élèves n’avaient pas de vie assez intéressante pour boucher les trous avec, ils étaient bien obligés de s’occuper de ceux qui en avaient une pour se remplir le gosier. Ca ne faisait même pas une semaine qu’on avait repris les cours, et il y avait déjà ceux qui vivaient nos retrouvailles par procuration, donc en les déformant à leur guise, soit ceux qui cassaient du sucre sur notre dos – quand ce n’était pas des briques – en faisant bien attention de ne jamais dire tout ça directement, oh non ! Mais de toujours s’arranger pour que nos oreilles en aient un petit résumé…. Le contenu, en lui-même, j’en avais rien à foutre, parce que les deux protagonistes de l’histoire, je les connaissais et si j’avais un problème, je pouvais aller demander des comptes au concerné. C’était d’
entendre le contenu qui me dérangeait beaucoup plus, parce qu’il ne m’avait pas fallu longtemps pour sentir mes poings me démanger quand j’entendais que Chuck était un salaud et que c’était bien pour ça qu’il était aussi accessible et que la seule chose à faire, c’était de patienter pour qu’il jarte de nouveau la pauvre imbécile que j’étais qui était tombée deux fois de suite dans la gueule du loup. Et que tout le monde – les filles – seraient au premier rang quand viendrait le temps pour lui de me croquer… Ce qui entre nous ne risquait pas d’arriver puisque qu’il leur était formellement interdit de lever les yeux sur Chuck tout en ayant des pensées dans lesquelles je n’étais pas incluse – et comme il y en avait beaucoup, le problème allait être vite réglé, et en l’espace de quatre jours seulement, les trois quarts des meufs de la grande salle avait chacune eu le droit à une mort dans des souffrances toutes plus originales les unes que les autres parce que chacune avait le droit d’en avoir une différente – comme j’étais gentille ! – parce qu’elles me voyaient comme celle qui normalement aurait dû être la prochaine à abattre , alors que moi, mais alors elles me faisaient pas peur hein, j’avais déjà lapidé verbalement toutes celles qui avaient des coups d’yeux un peu trop appuyés vers lui, un peu trop assassins vers moi, en les menaçant sans aucune once de doute dans la voix qu’à côté de ce que j’allais leur faire infliger si elles continuaient, Woodley passerait pour un gentil petit lapin de Pâques, venu leur distribuer du chocolat !!

S’il n’y avait eu que ça… - c’était déjà bien assez – mais la récente conversation avec Scarlett à la rentrée avaient entretenus tous ces doutes que j’avais voulu maquiller en cherchant de bonnes excuses, mais cela devenait de plus en plus inutile, parce qu’ils persistaient, encore… et encore. Parce qu’ici, je devais être celle qui avait le plus vu d’angles qui composaient Chuck, donc j’étais aussi celle qui était la plus à même de savoir ce qu’il était capable de faire, du meilleur… Comme du pire. Et que ce n’était pas le pire qui était allé se dissimuler sous les lattes de bois du plancher pour enfouir les souvenirs honteux, et j’avais beau faire, je ne voulais pas, je ne voulais pas… Mais il persistait quand même, comme la mouche qui s’envole au dernier moment, maligne, lorsqu’on s’apprête à l’écraser pour l’éradiquer totalement. Ce que nous nous étions dit à ce moment-là avait ravivé mes inquiétudes, pas de façon évidente parce que les vacances à Comanche avait des rayons de soleil plus lumineux que ces gros nuages qui venaient tout gâcher. Mais quand même, ils étaient là, ils ne s’évaporaient jamais entièrement, et je voyais bien que de son côté, même s’il n’avait rien dit – et moi non plus, parce je ne voulais pas qu’il croit que je nous enterrais déjà, alors que ce n’était pas vrai, c’était juste moi qui était trop conne et qui n’arrivais pas à faire la part des choses, il ne fallait pas qu’il se sente coupable de mes angoisses… - il les avait remarqué aussi et qu’il faisait tout pour les chasser. Ça marchait toujours, et à chaque fois, je me disais que j’avais été trop débile, et que je m’étais faite du mouron pour rien – et puis là il disait ou faisait quelque chose que je ne savais pas comment interpréter, et ils se formaient de nouveau, comme les brumes qui assombrissaient mon cerveau de - Et si je l’avais vexé – et si il avait changé d’avis – et si il me trouvait trop collante – et si il n’aimait pas mes baisers en me faisant croire que oui pour ne pas me faire mentalement cette liste de et si – et si ce n’était pas la pendule qu’il regardait, mais les jambes fines et musclées de cette fille qui vient de passer le tableau – et si il se rendait compte que ce n’était pas de ça qu’il voulait mais que comme il me l’avait promis il ne retournait pas en arrière – et si ce qu’il venait de dire disait le contraire de sa pensée – et si il disait que j’étais belle, songeait à changer plein de choses qu’il n’aimait pas – et si ça le faisait chier de passer trop de temps avec moi – il recommençait à s’éloigner – et si son bras posé à côté de moi et pas autour de moi signifiait que c’était déjà fini – et quand il me souriait il imaginait déjà comment il allait me larguer dans un jour un deux – et si il ne voulait pas… - et si…

Le pire, c’était que je m’en voulais tellement qu’il puisse lire tout ça dans mes yeux, quand mon cœur se serrait et que j’arrêtais tout à coup mes gestes trop expansifs qui pourraient le mettre mal à l’aise devant ses copains, et j’étais tellement nulle de penser tout ça de lui, que si il s’en rendait compte, il allait m’en vouloir et me détester parce que c’était lui qui faisait le plus d’efforts et qu’en échange, tout ce que je lui offrais ce n’était que de l’ingratitude, et je me détestais parce que je ne voulais pas qu’il sache, mais alors ça revenait aussi à lui mentir, mais je voulais bien faire aussi, je voulais vraiment ne plus y penser, mais quand je m’ordonnais de ne plus y penser, tout de suite, je l’entendais dans ma tête me dire qu’il m’avait volé ma lettre parce qu’il en avait rien à foutre de ce qu’il y avait écrit dedans et que c’était pour mieux s’en servir contre moi. Je voulais lui dire pardon pour tout ça, pardon d’y ressasser, pardon de tout gâcher… je savais que je gâchais tout puisque que depuis qu’on était de retour à Poudlard, pas une fois on avait passé une nuit ensemble, et puis je sais pas, j’avais imaginé… j’avais voulu proposer qu’on reste ensemble dans la salle commune, ou de venir avec lui dans les dortoirs, mais il n’en avait pas parlé, sans doute parce que c’était le seul moment où il pouvait se débarrasser de moi sans culpabiliser, et puis j’étais bête, il ne voulait pas de moi non plus dans son dortoir à lui, et je ne voulais pas m’imposer, je préférais le laisser faire comme il voulait parce que je voulais tellement bien faire, puisque la dernière fois, j’avais visiblement tout fait pour que ça capote… Le premier soir, ça avait aussi été la première nuit où on se retrouvait séparés pendant aussi longtemps puisque ce n’était pas arrivé une fois des vacances et ça avait été comme si c’était mon cœur qui m’avait été arraché, pour être placé à côté de lui, là-bas, et mon corps, privé de son organe vital s’était senti si froid et craquant comme les écorces d’arbres qui s’assèchent à cause du vent glaciale de l’hiver, le meurtrissant, si bien que je m’étais roulé en boule avec mes couvertures et que ma nuit avait de nombreuses fois été entrecoupée si bien que je n’avais pas vraiment dormi.

Puisque je repensais à tout ce qui s’était passé, je ne savais jamais comment je devais me comporter avec Chuck – ignorer les souvenirs (ce que je n’arrivais de toute façon pas à faire) ou bien les prendre en compte et les dépasser, mais ça aussi, pour l’instant c’était un véritable échec. La seule solution que j’avais trouvé être la plus efficace pour l’instant, c’était de le laisser choisir et arranger les choses comme il voulait et comme ça lui faisait le plus plaisir, même si pour ça, je devais me contenter comme seule source de chaleur, de la couverture dans laquelle je m’étais emmitouflée sur l’un des fauteuils de la salle commune la veille en prétendant être allée me coucher en même temps que lui, mais le cœur trop gros pour être accueillie par un lit qui ne contenait qu’une seule place…

Et pourtant… Aussi contradictoire que tout cela pouvait paraître, je n’avais besoin que d’un seul de ses sourires pour que ma poitrine s’allège et soit aussi légère que l’hélium et que tout était parfait si on excluait que je m’attendais à une mauvaise surprise qui arrivait à chaque détour – qui n’arrivait jamais, ce qui me rassurait parce que ça voulait dire qu’il n’y en avait pas, et qu’il n’y avait aucune raison d’en avoir. Et ça allait mieux.
Jusqu’au prochain détour…

La seule fautive, c’était moi et ma paranoïa – c’était pour ça que je cachais tout à Chuck, ou plutôt que je ne lui en parlais pas, parce que je n’avais aucune raison de le faire, c’était normal, c’était le début et ça allait bien finir par passer. J’avais pas besoin de l’inquiéter ou que ce soit lui qui se sente coupable alors qu’il avait pas à s’en vouloir, parce qu’il faisait tout correctement, et que je ne pouvais pas lui demander mieux. Alors pourquoi est-ce que c’était moi qui étais incapable de le lui rendre ?

Mais ce soir en tout cas, ça bien, ça allait mieux, parce qu’on était vendredi et qu’il avait parlé qu’on se retrouve tous les deux après manger et comme c’était un peu ce que j’espérais depuis le début de la semaine, c’était l’allégresse qui avait dominé tout ce temps. On était juste repassé à la salle commune vite fait pour aller chercher quelques affaires, et j’étais un peu agitée parce que c’était dans la salle qu’on avait trouvé un peu par hasard qu’on retournait. Je passais un pas agité vers mon dortoir pour prendre mon sac, mais ça ne m’empêcha pas d’entendre distinctement mon prénom venant de l’une des autres chambres dont la porte était restée ouverte lorsque j’étais passée. Bien sûr… C’était elle. C’était elle, comme tous les autres jours de la semaine, la quatrième année que j’avais surprise en train de faire les yeux doux à Chuck en bas du hall de l’escalier le soir du bal, elle qui lui faisait les yeux doux pas que les soir de bal d’ailleurs, et elle qui d’après ce qu’elle disait toujours assez fort pour que je l’entende qu’elle avait hâte d’être à ma place pour pouvoir lui rouler une pelle sous mes yeux, parce que soit disant, je « lui avais piqué son copain » et qu’elle comptait bien me le faire payer. Oui, ça avait un goût de déjà vu, et oui comme ce même déjà vu, je ne comptais pas réagir différemment que lors des accusations dont avait fait Lilian à ce moment-là. Depuis le début, je faisais celle qui ne voyait rien – mais là, ça faisait plusieurs fois que je la soupçonnais d’attendre spécifiquement que je sois dans les parages pour pouvoir déverser son poison avec sa langue de pute, et moi, les langues de putes, ce que j’en faisais, c’était de les faire rôtir au barbecue pour leur passer toute envie de rouvrir la bouche un jour… Impression qui ne fit que se renforcer lorsque qu’elle se retrouva avec sa bande d’amies juste devant moi pendant qu’on redescendait les escaliers pour rejoindre la pièce principale. Elle ne m’avait pas vu – genre – et visiblement elle n’avait toujours pas changé de disque puisqu’elle était toujours en train de pester contre moi et bénir Chuck par tous les Saints. Je détestais l’entendre parler de Chuck avec des termes élogieux en passant – je ne disais pas que ce n’était pas vrai, mais sortant de ses lèvres gourmandes, c’était comme une grosse barbe à papa collante et écœurante parce qu’elle avait été mal faite.

- De toute façon, vu comment il est pendant les soirées, il l’aura vite oublié et ce ne sera pas très difficile de l’évincer. Combien de mornilles que Taylord se met à pleurer quand elle me verra à sa place sur le canapé dans ses bras ?

Ah ouais, aux derniers épisodes qu’elle avait vu, j’étais une pleureuse. Dommage pour elle il y en avait eu quelques-uns entre temps. Il ne restait que quelques marches avant d’atteindre le pallier, mais je n’hésitais pas – lorsque son pied se leva, avant qu’il ne se réceptionne sur l’autre marche, je lui donnais un grand coup de pied dans la cheville pour la déséquilibrer parce que j’avais saisi ces secondes nécessaires pour me rapprocher d’elle en bousculant l’une de ses potes. Joignant le geste à la merveilleuse idée que je venais d’avoir, je la poussai avec mes deux paumes dans le dos, pour lui ôter toute chance de se rattraper, et comme prévu, elle atterri maladroitement sur le sol de la salle commune, lequel je ne me manquais pas de la laisser clouer, en me jetant sur elle et ses poignets, pour l’empêcher et de bouger, et de se relever. Comme c’était une heure de pointe, il y avait pas mal de Gryffondor présents, et putain pour une fois c’était tant mieux, parce que j’allais pouvoir faire la mise au point devant tout le monde – la jalousie et la rage mélangées ensemble faisait très mauvais ménage et c’était le genre de potion qui arrivait rapidement à explosion.

- La prochaine fois que tu t’approches de mon mec, je t’arrache les ongles, te crève les yeux avec, et ensuite, j’te fais bouffer tout ça ensemble pour que tu te brûles les cordes vocales avec, t’as compris ?!
Je n’avais pas desserré les dents et m’apprêtai à lui donner un coup de genou bien senti dans l’estomac, parce que si ça lui plaisait tant de vomir des insanités, j’allais me faire un plaisir de l’aider – mais on ne m’en laissa pas le temps.

Je crois que Chuck dit quelque chose à ce moment là puisque c’était lui qui avait passé ses bras sous ma taille pour nous emmener à l’extérieur - Zephyr qui nous avait remarqué partir s’y faufilant au dernier moment pour nous suivre - mais comme j’étais trop occupée à lui vociférer que ça ne le regardait pas, en agitant mes bras dans tous les sens puisque je lui tournais le dos, je ne l’entendis pas. Lorsqu’il m’autorisa enfin à reposer les pieds sur le sol, je fis plusieurs grandes enjambées dans le couloir pour me détendre – sauf que j’avais besoin d’autre chose que d’une petite promenade pour me calmer. Comme par magie, la colère m’avait enlevé toute la retenue que je subissais depuis des jours, et je ne savais pas si c’était une bonne chose ou pas, mais je me retournais brusquement, puisque j’ouvrais la marche, pour nous plaquer contre le mur le plus proche, et tirai le col de ses vêtements pour le forcer à mettre son visage à hauteur du mien et lui dévorais la bouche avec force pour lui passer tout désir d’embrasser n’importe quelles autres lèvres que les miennes. Parce qu’il avait pas le droit, c’est tout !! Mes mains se crispèrent fort dans son cou et derrière sa nuque, et je me mis sur la pointe des pieds pour raccourcir la distance et je ne le relâchai que quand il s’écoula assez de temps pour que notre étreinte enflammée et brutale ne prennent des teintes plus passionnées, me faisant oublier la première raison pour laquelle j’avais eu envie d’affirmer la position que j’occupais. Je le libérais tout en restant à ses côtés pendant qu’ensuite, nous entamions le chemin pour retrouver l’ancienne salle des profs désaffecté – j’avais peur de ne plus savoir, mais mes pieds, eux, avaient l’air de savoir où aller – et au bout d’un petit silence, je finis par poser l’interrogation qui me brûlait les lèvres :

- Est-ce que tu y es déjà retourné depuis la dernière fois.. ?
Dernière fois dont je voulais pas trop me rappeler puisque c’était quand il avait voulu s’éloigner, et ça avait laissé présager…

Et puis après tout, il pouvait y avoir conduit d’autres filles…

Comme nous étions proches, nos deux mains s’effleuraient. J’attendais juste que ce soit lui qui prenne la mienne dans la sienne.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

Spoiler:
 


Dernière édition par Taylord Reegan le Jeu 28 Mar - 20:29, édité 1 fois
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Lun 4 Mar - 15:42

Spoiler:
 

Ça faisait bizarre de revenir à Poudlard après tout ça - surtout que, on ne va pas se mentir, le retour à la réalité : il n'y avait rien de plus brutal. Taylord, là n'était pas le problème : le problème c'était plutôt moi, parce que je m'étais habitué à ma petite vie que je menais comme je voulais et surtout à Poudlard, puisque je sortais et je faisais la fête et je traînais (et plus si affinités) avec qui j'avais envie, mais maintenant, il y avait une nouvelle donnée à l'équation. Je veux dire : ce n'était pas que je pensais déjà à tromper Taylord, ça non, je n'avais pas traversé tout ce putain d'océan Atlantique pour rien, merci bien, hein. Mais c'est vrai qu'on oublie difficilement ses petites habitudes, et rien que dans le Poudlard Express, et puis après dans la Grande salle et dans la salle commune je m'étais dit : eh oh, tout va changer, puisque maintenant... Je suis casé. Ouais, ça faisait bizarre. Dit comme ça, ça avait l'air de me soûler, mais pas du tout : je voulais Taylord et je voulais être avec Taylord, plus que tout, aucune hésitation là-dessus. Mais j'avais juste pris conscience, en retrouvant Poudlard là où on l'avait laissé, qu'il allait falloir un petit temps pour s'acclimater. Un qui avait l'air de s'y acclimater direct, c'était Coop, et il m'énervait presque (pour changer) à sourire autant en nous voyant tous les deux, ou à nous surveiller du coin de l’oeil en ayant l'air satisfait du type qui se dit "je le savais depuis le début". D'ailleurs, ça m'avait fait penser qu'il allait falloir aussi que je le dise à Tess, parce que je la connaissais, sous ses grands airs d'aventurière, elle allait être vexée comme un pou si elle apprenait la vie sentimentale de son cousin par le bouche à oreille, et pas par ma propre bouche.

Mais bon, hein, chaque chose en son temps. Déjà, le premier truc, c'est que ça m'ennuyait de devoir partager Taylord avec les autres. On s'était trop habitués à Comanche à être presque toujours tous les deux et d'avoir nos moments et nos endroits à nous, même quand on allait voir son débile de canasson, que j'avais l'impression qu'à Poudlard on avait toujours du monde sur le dos et qu'on trouverait jamais des moments pour nous tous seuls. Et puis, le deuxième truc... C'est que j'avais l'impression, depuis qu'on avait pris le train, que le comportement de Taylord était différent, qu'elle redevenait un peu boudeuse et distante comme au début après les vacances d'été, et comme on était en public, je ne voyais pas trop quoi faire, parce que c'était pas le moment d'étaler nos états d'âme. Heureusement, comme on retrouvait les autres, ça faisait de l'animation, et après avoir salué tous nos potes au passage, et Haley notamment, à qui je fis un petit signe en mode "je t'expliquerais plus tard" - parce que je savais qu'elle se demandait comment s'était passé mon petit voyage aux Etats-Unis - on finit par aller se caser au fond du train, dans un endroit plutôt tranquille, où je pus prendre Taylord dans mes bras pour voir si en plus de tout elle allait me repousser : mais non, et le voyage se passa calmement, alors que je tentai de me rassurer.

Parce que c'était différent d'avec les autres et, pour comparer, d'avec Lilian, puisqu'elle était la seule fille avec qui j'étais "sorti" officiellement devant le tout-Poudlard. Et avec elle, je sais pas, je ne m'étais pas pris la tête, j'imagine que ça s'était fait tout seul et... Qu'il n'y avait pas autant en jeu qu'avec Taylord. On se traînait tellement de casseroles avec elle que j'avais peur de mal faire ou de faire de travers et que les vieilles merdes resurgissent et pour le coup j'en avais vraiment pas envie, parce que j'étais conscient de lui avoir fait suffisamment de mal comme ça, donc c'était pas trop le but, de continuer. Je voulais qu'elle soit heureuse, moi, je voulais qu'elle soit la vraie Taylord, ma Taylord, celle qui avait un sale caractère et qui me faisait chier parfois, mais qui savait aussi me montrer que si j'en avais envie, elle était à moi et rien qu'à moi et que dans mes bras elle était aussi douce qu'un chaton - puisqu'elle les aimait tellement. Et pour le coup, j'étais emmerdé, parce que j'aurais bien aimé demander conseil à quelqu'un - oui, c'est le moment où vous pouvez rire - mais voilà, à qui? Haley en ce moment, niveau couple on pouvait repasser, et puis même, je veux dire, Haley et son mec c'était un peu le jour et la nuit avec nous, donc bon. Il fallait quelqu'un qui connaisse Taylord, mais le problème c'est qu'à part... Lilian, ce qui non n'était pas envisageable, Haruhi, avec qui je m'étais pris la tête, et Scarlett, qui je le devinais bien n'était pas trop dans mes petits papiers, voilà voilà. Non mais de toute façon, c'était débile, je m'étais toujours débrouillé tout seul, et ça n'allait pas changer. C'était juste que, pour une fois, j'avais envie de faire vraiment bien, et que mine de rien, ça me mettait un peu la pression. Parce que c'était bien facile, jusque là, de s'en foutre de tout et de tout le monde, surtout ceux qui comptaient vraiment, hein. Mais maintenant, j'étais dans un niveau un peu supérieur. Et il ne s'agissait plus de déconner.

Evidemment, comme si on avait que ça à foutre, les cours reprirent sur les chapeaux de roues, parce que les ASPIC et gnagnagna - personnellement, j'en avais pas grand chose à foutre. Mais les profs, si, d'autant plus que Kelsey était au taquet pour que les Gryffondor aient des résultats brillants cette année, et blabla. Il n'y avait rien de mieux pour me faire fuir au courant, et j'avais déjà commencé à baptiser la nouvelle année en pionçant sur ma table de cours quand je me faisais vraiment trop chier. Et puis en plus, les premiers jours, j'étais encore un peu dans le coltar à cause du décalage horaire, du coup forcément ça aidait pas trop. Sans compter que le deuxième soir, comme soirée de retrouvailles avec les autres en salle commune on avait décidé de faire notre petite soirée pour le nouvel an, du coup, on prenait déjà un peu de retard dans le sommeil, quoi. Ça avait été bizarre cette soirée d'ailleurs, parce que moi je voulais que Taylord la passe avec moi, mais comme d'hab elle était distante et j'osais pas forcément être tactile avec elle, je me demandais ce qui la gênait et je comprenais pas trop, mais l'alcool aidant, en bout de soirée je l'avais assise d'office sur mes genoux pour l'embrasser et juste la sentir contre moi, et elle n'avait pas du tout rechigner. Je ne cherchais pas trop à comprendre, mais après tout, il nous fallait bien un petit temps d'adaptation. Et puis, les moments - plutôt rares en cette première semaine - où on était juste tous les deux, ça allait nickel. Il y avait juste le soir où c'était un peu chelou, parce que moi j'aurais bien dormi avec elle, mais où? En salle commune, merci pour l'intimité, et puis à part le fait qu'elle pouvait venir dans mon dortoir, on avait pas mille solutions... La salle sur demande? Hmmm, c'était peut-être un peu trop chargé en souvenirs, ça. Mais comme elle ne disait pas qu'elle en avait envie, je ne la brusquais pas, parce que j'avais bien senti qu'elle avait un peu de retenue à ce niveau là, et que l'un dans l'autre ça m'arrangeait, parce que dormir avec elle et l'embrasser et la sentir sur moi et contre moi ça n'était pas très facile à gérer quand on était juste sensés
dormir.

Du coup, la première semaine passa tant bien que mal, et je savais déjà comment elle allait terminer. La veille, encore une fois, on avait pas dormi ensemble, parce que ben voilà on était rentrés dans la salle co et puis moi j'avais commencé à boire des coups avec des potes et Tay était allée retrouver ses copines, et je me demandais un peu comment on allait faire pour briser la glace, mais bon. Et puis, j'avais eu l'idée de génie : la salle. Notre salle. C'était là qu'il fallait qu'on aille ! Du coup, dès le lendemain matin, je lui avais expliqué le délire, et elle avait eu l'air emballée, du coup, j'avais attendu que le vendredi passe en trouvant tous les cours plus chiants les uns que les autres. J'avais mangé avec Coop à midi, et d'ailleurs j'étais plutôt content parce que le séjour aux USA lui avait plu et lui avait donné la pêche, d'accord il avait été un peu fatigué après le voyage mais on l'avait bien laissé dormir, et j'étais sûr mais à 100% que ça lui avait fait un bien fou, bien plus que de rester moisir bien tranquillement à Bristol.

Une fois les cours finis - enfin, putain - j'attendais Taylord dans la salle commune, avec quelques affaires dans mon sac et quelque chose de particulier que je comptais lui rendre, et de la bouffe pour ce soir, en discutant tranquillement avec les autres, quand j'entendis un cri de pintade, un gros bruit, et une voix bien vénèr que je connaissais par coeur : pile à la sortie de l'escalier, Taylord venait de jeter une fille par terre et elle était sur elle en mode tigresse très en colère et tout le monde entendit très nettement ce qu'elle lui balança dessus :


- La prochaine fois que tu t’approches de mon mec, je t’arrache les ongles, te crève les yeux avec, et ensuite, j’te fais bouffer tout ça ensemble pour que tu te brûles les cordes vocales avec, t’as compris ?!

Bon, je ne le cache pas, ma première réaction fut de me marrer comme une hyène - mais en cachette, parce que j'imaginais bien que ça allait faire mauvais genre. Non mais, Taylord venait de mettre une meuf à terre - cette même meuf avec qui j'étais sorti vite fait et qui ne cessait de me faire les yeux doux, cette abrutie, alors que c'était quand même bien clair que j'en pinçais pour une autre, et que je me foutais maintenant d'elle comme de mon premier caleçon. Bon, que Taylord ait dit "mon mec" et ce devant tout le monde me remplit d'une intense fierté, mais maintenant, tous les regards étaient dirigés vers moi, la surprise passée, et il fallait que j'intervienne. Avec un grand sourire, j'allais donc réfréner les ardeurs de Xena la guerrière : laissant la quatrième année par terre, parce que j'en avais un peu rien à foutre d'elle (j'imaginais très bien, vu comment elle savait se montrer peste, qu'elle avait dû énerver Taylord d'une manière ou d'une autre, et qu'elle avait donc testé et approuvé le célèbre proverbe : ne réveillez pas le dragon-Taylord qui dort) je pris donc Taylord par la taille, comme si elle avait pesé deux grammes et demi, et la soulevai pour la faire sortir de là, attrapant son sac au passage.

- Du calme, cow-boy, lui dis-je à l'oreille, à moitié sérieux et à moitié amusé aussi.

Evidemment, elle marmonnait dans sa barbe que je pouvais aller voir ailleurs, mais dégage Chuck c'est pas tes oigooooons lâche moiii tu me fais maaaal mais lâche moi je te dis tu m'énerves laisse moi tranquille et blablablabla, tout ça en gesticulant comme une possédée, mais je le lâchai qu'une fois dehors dans le couloir, alors qu'on était tous seuls, rien que tous les deux. Enfin, tous les deux. Pas exactement, hélas : ça aurait été trop beau. Son rat à poils durs nous avait suivis, comme toujours, et batifolait un peu plus loin, s'amusant avec des statues qui à mon avis étaient tout autant énervées que moi par le petit animal.

J'étais en train de me dire qu'il n'y avait rien de mieux pour se passer les nerfs que... Que Taylord avait compris où je voulais en venir, et j'imagine que l'agression de la quatrième année n'y était pas pour rien, parce qu'elle m'embrassait comme si elle essayait d'affirmer sa propriété, ce qui ne me dérangeait pas trop, et je la laissai faire tandis que je ne me gênai pas non plus, et que mon coeur s'accélérait d'une manière que je connaissais bien maintenant : comme si on était sur des montagnes russes et que le train montait, montait, montait, encore et encore, et qu'on sentait que la descente allait être la plus impressionnante et la plus riche en émotions... Mais le problème, c'est qu'on s'arrêtait toujours avant que le train bascule, et que cette frustration me rappelait le moment où on était sortis ensemble, en cachette, et que j'avais un peu rongé mon frein en attendant qu'elle se décide. A une différence près : cette fois je savais - en gros - pourquoi, et qu'il fallait que j'y aille doucement. Du coup, j'essayai. Difficilement.


- Est-ce que tu y es déjà retourné depuis la dernière fois.. ? me fit-elle alors qu'on se remettait en chemin.

Nos doigts se frôlaient et j'attrapai un instant les siens entre les miens, avant de passer carrément mon bras autour de ses épaules pour qu'elle soit tout contre moi.


- Mais non p'tite tête, avec qui tu veux que j'y sois allé ?

Je lui lançai un clin d'oeil complice - cette salle c'était la nôtre, il n'y avait pas de raisons pour que j'y sois retourné. D'ailleurs, je me demandais bien comment on allait la retrouver, parce qu'on y avait laissé des affaires et tout, et soit quelqu'un était venu entre temps et les avais dégagé, soit rien n'avait bougé, mais alors depuis le temps, ça risquait d'être un peu poussiéreux.

Comme on arrivait devant, ça allait être vite vu. Je sortis ma baguette pour ouvrir la porte avec le sort qu'on avait installé : la porte s'ouvrit.

- Honneur aux dames, fis-je à moitié en la provoquant pour la jolie démonstration qu'elle avait fait en salle commune, et en la laissant passer. Je la suivis : rien n'avait bougé, même la vieille affiche qu'on avait piqué en salle commune sur le tableau d'affichage avec le logo de Gryffondor, un de mes pulls resté sur le canapé, de verres vides, des bouts de parchemins pour quand - parfois - on bossait, tout ça tout ça. Par contre, ça sentait sacrément le renfermé et comme prévu c'était tout poussiéreux, du coup j'agitai ma baguette tout en cogitant avec Taylord sur quel sort il fallait utiliser - j'étais pas non plus un expert en nettoyage - puis j'ouvris en grand la fenêtre pour que ça s'aère bien, avant de faire démarrer un feu dans la cheminée. C'était marrant d'être ici, j'avais l'impression que rien n'avait changé alors que c'était plutôt le contraire : tout avait changé, carrément tout. Une fois le feu allumé, j'allai vers Taylord qui regardait des trucs sur la table, je la soulevai une nouvelle fois dans mes bras pour l'emmener vers le canapé et la rejoindre, l'installant sur mes genoux, alors que j'étais à moitié avachi, presque allongé, puis je l'attirai vers moi pour l'embrasser bien tranquillement. Après ça je me redressai et passai une main dans ses cheveux en l'observant, pour le simple plaisir de l'admirer : je ne m'en lassai pas. Je piquai un dernier baiser sur le coin de ses lèvres avant d'attraper un truc dans mon sac que j'avais balancé à côté.

J'en sortis le cahier, plein de coupures de papier et de journaux, et le hésitai une seconde avant de lui poser entre les mains.


- ... J'crois qu'il est temps que je te le rende. Je n'avais pas osé avant, parce qu'on se parlait plus trop et que c'était un sujet délicat et qu'elle ne me l'avait de toute façon pas redemandé. Enfin, si tu veux le garder?... Du coup je ne savais pas, mais je pouvais très bien le garder moi, ça ne me dérangeait pas. Surtout que je le connaissais bien maintenant, pendant l'été je l'avais lu en entier et j'avais essayé de chercher des trucs, sans trop de réussite. J'ai un peu fait des recherches de mon côté, mais j'ai rien trouvé, conclus-je en haussant les épaules.

C'était bizarre, mais pour la première fois ça ne me gênait pas de parler de choses aussi personnelles avec elle - je glissai mon bras autour de sa taille pour poser ma tête dans son cou, respirer son odeur et y déposer un petit baiser.

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Ven 8 Mar - 21:16

Spoiler:
 


- Mais non p'tite tête, avec qui tu veux que j'y sois allé ?


Je souris un peu plus en me blottissant, mais à mon avis, Chuck avait bien dû comprendre avec cette question, qu’évidemment que oui, j’y avais pensé. Que pour ne pas changer, mon imagination avait débordé du fleuve pour aller explorer les routes sinueuses qu’avait tracé la terre parce que qu’elle était trop humide pour aspirer l’eau et la laissai couler et faire son petit bout de chemin. Parce qu’après tout, c’était le lieu idéal pour avoir un peu d’intimité et tout ce qui allait avec, j’étais bien la mieux placée pour le savoir puisque c’était moi qui en quelque sorte, avec lui, qui l’avait inauguré. Alors oui, qui d’autre, après ça avait pu obtenir ses faveurs ? Je n’avais pas besoin de supposer pour savoir qu’elles étaient nombreuses et que Chuck ne faisait pas vraiment de différence entre elles toutes, et qu’il avait pu les faire défiler à loisir maintenant que j’avais libéré la place, après tout, j’en avais pas l’exclusivité, même si… bah oui, je m’étais figurée que oui ,qu’elle était à nous rien qu’à nous puisqu’on l’avait découverte, ça devenait notre petite cachette perso, et il n’y avait aucune raison pour la partager. Donc je m’étais demandée ce qu’il avait pu faire des affaires que j’avais laissé là-bas comme on y avait très souvent traîné, si comptait me les rendre ou les avait jeté – j’optais pour la deuxième solution, puisqu’on en avait plus jamais parlé, même quand on avait recommencé à se fréquenter.

Donc là c’était un peu comme si on avait fait le tour du cercle et qu’on en revenait en son point de départ et sa franchise me rassura, parce que d’une synchronisation silencieuse, aucun de nous deux n’y avait pas remis les pieds – j’y avais quand même pensé puisqu’il me manquait deux trois bricoles qui m’auraient bien servi, mais quelque chose m’en avait empêché à ce moment-là, comme si revenir après ce qui s’était passé entre temps, et dans un contexte bien autre allait me mettre sur le carreau et que je n’allais pas pouvoir m’en relever.

Je jouais innocemment le jeu lorsqu’il me proposa de rentrer la première en prenant des allures de princesses devant sa galanterie, mais l’euphorie fut de courte durée, car retrouver la salle me rendait autant joyeuse, que tout à coup, la voir inchangée comme si on l’avait abandonnée à son triste sort dans son désordre – ce qu’on avait fait – me faisait me rappeler avec une précision étonnante, la dernière fois qu’on était venu ici, l’éloignement de Chuck, mon inquiétude, et ce qui en avait inévitablement résulté ensuite. On y avait passé beaucoup de bons moments, mais aussi des moins bons, et c’était ceux-là que je voulais gommer sans attendre, parce qu’on était pas venu ce soir pour remuer le passé, mais pour justement lui montrer qu’on lui avait fait un pied de nez, et que même s’il nous jouait des sales tours, jusqu’à maintenant, il n’avait pas encore réussi à nous séparer. J’aidais Chuck à faire se soulever la poussière pour la faire disparaître, mais les sorts de ménagère, c’était pas non plus ceux que je préférais, alors bon, on allait faire un mieux pour tout de suite, et on pourrait bien voir le reste pour plus tard. Il y avait un de mes livres de cours sur la table, ce même livre que j’empruntais toujours à une voisine ou voisin de table parce qu’il était resté perdu pendant des mois.

Nous tombâmes dans le canapé parce qu’il nous avait poussé dedans, et comme toujours, nos lèvres se trouvèrent tout de suite – je me sentais bien mieux maintenant qu’il n’y avait plus que lui et moi, et pas dans la salle commune où tout le monde faisait semblant de vaquer à des occupations diverses et variés, mais chacun lorgnait quand même ce qui se passait qui valait le coup d’œil, que ce soit d’autre où n’importe quoi qui serait susceptible d’alimenter les discussions – après tout, la salle commune, c’était l’endroit même où nous vivions le plus ensemble et où il se passait le plus de choses. Je n’arrivais pourtant pas complètement à tout envoyer en l’air comme on l’avait souvent fait à Comanche, peut-être parce que depuis qu’on était ici, de toute façon, j’avais recommencer à cogiter et à réfléchir comme avant, à ce que je disais et ce que je faisais, comme quand on se cherchait un peu en s’apprivoisant, et que c’était difficile d’approcher quelqu’un de sauvage quand on sait que le moindre geste brusque peu l’effrayer… Ici, c’était un peu pareil, parce que j’étais sans cesse en train de jauger comment allait se comporter Chuck, pour que moi ensuite, je puisse réagir en conséquences. Déjà, je réfrénais bien plus mes gestes, pas comme pour le jour de l’An par exemple – quand je m’en étais souvenue le lendemain, j’avais réalisé que si Chuck n’avait pas été là pour mettre le holà, ça ne m’aurait pas dérangé de mettre mes petites idées à exécutions – mais à présent qu’on était à Poudlard… je n’étais pas sûre, pas sur des autres, encore moins sûre de moi, Chuck l’avait même compris le premier soir, quand comme d’habitude je ne m’étais pas trop soucier de ses frustrations qu’il avait du mal à gérer, parce que moi je n’avais pas de problèmes de contenir les miennes. Donc pour éviter que ça arrive, j’étais bien plus attentive à tout ce que je faisais ou disais, pour ne pas qu’il comprenne ou ne le prenne mal, parce que je savais que ça avait été mes grosses erreurs d’avant, donc je ne voulais pas trop les reproduire. Mais moi, agir sans réfléchir, faire ce qui me passait par la tête parce que ça me passait par la tête comme taper comme une rageuse les meufs un peu trop insistantes, et me laisser commander par l’impulsion, c’était un peu mon truc, c’était un peu celui de Chuck aussi, et même que c’était souvent pour ça que les étincelles grésillaient, donc penser les choses, et les faire ensuite, c’était un exercice, pas si facile que ça. Du coup, je ne faisais rien, sauf que lorsqu’on ne fait rien… ça finit toujours par passer, et on est juste spectateur et que si c’est pas comme in voulait, on pouvait toujours s’en mordre les doigts ensuite parce que c’était trop tard.

Surtout que, pour en revenir à l’autre demeurée, c’était à cause de ce genre de réflexions à la con, que j’en venais à en être aussi fleur de peau, même moi je m’en étais rendue compte – avant, je crois que j’avais été un peu prétentieuse de croire qu’aucune fille ne pouvait être une menace, puisque c’était après moi que Chuck avait couru le plus longtemps, et donc que c’était logique de maintenir facilement la distance. Sauf que la suite avait été ce qu’elle avait été. Maintenant, je les voyais toutes comme des rivales potentielles que je devais surveiller de près, pour mieux les éradiquer ensuite. Ce n’était pas vraiment qu’elles me faisaient vraiment peur, j’avais mes ressources et je l’avais bien montré à la moitié des Gryffondor ce soir, mais à me soucier des autres, c’était Chuck qui allait bientôt en pâtir et qui en pâtissait déjà, et je voulais pas, et encore moins qu’il se rende compte à quel point je devenais jalouse. Ça aussi – avant comme je l’avais développée plus haut, j’avais pas de raison de l’être – maintenant, j’en venais même à essayer de découvrir ce qu’il pensait quand il saluait une de ses potes et quand c’était comme ça, j’avais envie de m’en claquer une, parce que c’était précisément ce genre de personne que je détestais et dont je me foutais de la gueule et c’était pathétique, encore plus quand je jugeais si untelle ou untelle, avait les cheveux plus brillants, ou les yeux plus clairs et plus pénétrants. Comme elles étaient toutes suspectes, ça ne faisait rien pour arranger ma paranoïa, que j’avais bien gavé comme une oie en quelques jours seulement, et mais alors, le dire à Chuck, c’était même pas la peine, parce que je me faisais un point d’honneur à ne pas être comme ce type de nenettes, et me convainquais comme je pouvais que s’il était venu jusqu’au Texas, juste pour moi, c’était bien parce que j’étais au-dessus des autres. Bon, même si je le savais, j’avais encore du mal à en faire la seule et unique vérité, mais j’étais en plein travail, c’était qu’une question de temps, fallait pas s’en faire… Bientôt ça allait être de l’histoire ancienne et comme d’hab’ en y repensant, j’allais me foutre de ma gueule d’avoir été trop conne à ce moment-là avec le recul, donc j’allais éviter à Chuck toutes ces conneries dont on avait pas besoin, parce qu’on en avait bien assez.

Alors je n’enchaînais pas directement avec d’autres baisers, même si ce n’était pas le souhait qui manquait – l’autre idiote de tout à l’heure, elle comptait pas, elle m’avait fait réagir malgré moi, si on avait réglé ça aussi dans le couloir, le self control ça se travaille quand même, et j’étais novice ! – mais de toute façon, l’heure n’allait pas trop être aux bisous, vu ce qu’il venait de me donner et que j’identifiais tout de suite.


- ... J'crois qu'il est temps que je te le rende. Enfin, si tu veux le garder?...


Je me mis dans une position un peu plus assise comme on était un peu empêtrés l’un sur l’autre, après avoir répondu à son affection en nouant mes doigts dans ses cheveux - pour prendre le cahier, et même si sous l’énervement – encore – je lui avais théâtralement jeté dessus en espérant que l’un des coins lui fasse mal, c’était un peu l’un des trucs les plus précieux auquel je tenais, même si je me forçais depuis des mois à ne pas y penser, parce que j’avais toujours cru qu’il avait dû finir brûlé dans la cheminé, un machin dans le genre. Comme les recherches, mises en stand-by.

- Oui, je le reprends, je l’avais déjà ouvert machinalement parce que même si je connaissais le contenu par cœur, à chaque fois j’espérais qu’il y aurait un indice qui allait me sauter aux yeux, que j’avais jamais vu avant. Je savais pas que tu l’avais toujours. Si on s’engageait là, on s’engageait aussi sur la rupture, mais c’était peut-être pas un mauvais plan, après tout on avait pris cette habitude de jamais rappeler ce qui nous touchait, mais ça marchait pas, donc peut être que l’inverse… Mais j’avais pas trop envie aussi de savoir c'que t’en avais fait.

- J'ai un peu fait des recherches de mon côté, mais j'ai rien trouvé.


C’était lui qui avait lancé le sujet, donc ça aurait dû me conforter, mais en fait, ça me dérangeait un peu d’en parler avec Chuck, pas parce que je voulais pas, mais bon, quand on l’avait vraiment abordé, c’était aussi ici, sur ce canapé, au début il avait rien voulu savoir, après on s’était engueulés, puis la suite avait pas été plus joyeuse, bref, ça me tentait pas de renouveler l’expérience. Par contre, je fus surprise, et pas dans le mauvais sens, de savoir qu’il avait un peu regardé. Mais bon, l’espoir redescendit aussi vite qu’un soufflé raté – ce putain de cahier avait toujours été synonyme d’échec, et j’avais l’impression qu’il y avait aucune raison pour que ça change jamais.

- J’sais pas, d’toute façon ils ont tout fait pour étouffer l’histoire de la marque, et le Ministère a dû aider, je pense, lui dis-je en adoptant une voix beaucoup plus détachée que d’habitude comme si je n’étais qu’une étrangère au sein de toute cette histoire, alors que j’en étais le battement même. Entre les mémoires qu’on avait dû effacer et tout le reste, c’était pas du côté des moldus que j’allais trouver grand-chose, je le savais, mais quand j’avais su pour les archives, je ne m’étais pas bougée non plus.

Parce que quand on est proche du but, qui sait ce qu’on va découvrir ?

- Pourquoi t’as cherché ? Tant pis, il fallait que je lui demande, je ne pouvais pas tout conserver pour moi non plus. C’est pas que t’as pas le droit, mais je pensais pas que ça t’intéressait plus que ça, lui avouai-je. C’était pas de la suspicion, et même, ça me touchait un peu plus que je ne le montrais, et je m’assis sur le canapé, à côté de lui, pour passer son bras, comme tout à l’heure, au-dessus de mes épaules. Ils ont dû dire plus de trucs dans la gazette, mais je suis pas allée vérifier. J’avais plus trop le moral pour le faire.

Ma vengeance, et tout ce qui allait avec, c’était un peu tout ce qui avait constitué ma vie depuis ce qui c’était passé, mais cet été, quand j’étais rentrée à la maison plus tôt que prévu avec mes bêtises, c’était là que j’avais vu que j’avais laissé plein d’autres facteurs la paramétrer, et que je ne pouvais pas faire comme si n’existaient pas. A cause de toutes ces accumulations, j’avais un peu perdu en volonté, donc j’y avais remis à plus tard… ce plus tard qui prenait des allures de maintenant.

- Mais bon, j’irais comparer avec le cahier, maintenant que tu me l’as rendu, à l’occasion, à la bibliothèque, quand on aura pas trop de devoirs
, je fis exprès de ne pas l’inclure – là aussi, c’était pas une question d’envie, mais plutôt de la sienne, donc je prenais plus de pincettes à lui demander.

Je souris quand même en l’embrassant dans le cou, juste sous la mâchoire et l’oreille, à l’endroit que je préférais – et par ce geste lui montrer qu’il n’avait pas à s’en faire, qu’on pouvait en discuter, et que je n’allais pas me mettre à pleurer comme la dernière fois, quand j’avais craqué, et que j’y étais même plus ouverte, maintenant que la stupéfaction était passée. Qu’on était sur les planches du pont, qu’elles étaient un peu branlantes, mais qu’elles n’avaient pas s’effondrer – et qu’on allait le traverser en entier.



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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Lun 11 Mar - 18:28

Heureusement, y'avait toujours ces petits moments qui chassaient toutes les conneries qui me passaient par la tête. Il suffisait qu'elle passe ses doigts dans mes cheveux, comme maintenant, et que ça me file des frissons du tonnerre, comme si j'avais mis les doigts dans une prise électrique, pour que j'en ai rien à foutre de tout le reste. C'était magnétique : quelque chose se passait toujours quand on était en contact, et du coup, je ne pensais plus à rien - ou plutôt si, à une chose, mais encore une fois, il fallait que je ravale mes jolies petites idées pour plus tard. Il fallait que j'évite d'y penser parce que je sentais que ça n'allait pas tarder à me faire chier, d'ailleurs, et ça commençait limite un peu, alors comme je tenais à ne pas m'énerver à ce sujet parce que sinon j'allais ruiner tous mes efforts, il fallait que je tente de me contenir. Mais quand même, je pouvais pas trop m'empêcher de cogiter : pourquoi elle ne voulait pas? Pourquoi elle avait l'air de chercher à fuir ce moment ? D'accord, la dernière fois on avait pas fini en beauté, mais je veux dire... En soi, ça s'était très bien passé - et même plus que bien - alors au fond, je ne voyais pas trop ce qui clochait. Mais bon, les filles, parfois, allez savoir hein. J'étais expert en la matière, mais il y avait des sujets qui m'échappaient un peu, parfois. Après m'être pris le cahier dans la tronche, du coup, j'attendis gentiment qu'elle le reprenne et se mette à le feuilleter, avec sa tête de Taylord pas commode. Je me doutais bien qu'elle faisait genre qu'elle s'en foutait, mais en vrai... En vrai, je ne pouvais pas oublier dans cette même salle tous ces aveux, alors je me disais que forcément elle était contente de le retrouver.

- Oui, je le reprends. Je savais pas que tu l’avais toujours. Mais j’avais pas trop envie aussi de savoir c'que t’en avais fait.

Bon, évidemment, là, je n'étais pas débile, et je sentais gros comme un dragon dans un couloir qu'on s'approchait dangereusement du sujet sensible, mais hein, merde. Ça servait à rien de tourner autour du pot, parce que sinon bientôt on allait plus rien dire, puisque d'une manière ou d'une autre, avec toutes les casseroles qu'on se traînait, tout se ramenait toujours à un sujet sensible. Comme elle s'était redressée, je fis pareil, et pour être plus à l'aise, je m'assis aussi, ma jambe toujours sous la sienne, et me calant à côté d'elle. Dans la cheminée, le feu crépitait et je trouvais ça franchement agréable qu'on soit là enfin, parce que cette salle c'était un peu plus comme à Comanche et un peu moins comme à Poudlard, même si on n'oubliait jamais bien longtemps qu'on était revenus au château et qu'il y avait plein de gens autour de nous... Plein de gens susceptibles de nous rappeler quelques trucs pas forcément glorieux - on avait croisé Ruby et Lizlor en revenant de manger l'autre jour, et j'avais fait mine de rien en espérant très fortement que Taylord n'allait pas aller leur taper la discut - et évidemment, ça n'aurait pas été drôle sinon, mais Annalisa avait déboulé du couloir quelques minutes après. Pour le coup je lui avais adressé un petit salut parce que voilà elle restait ma pote, mais bon, je voulais pas trop que Taylord se sente mal à l'aise ou quoi.

- Ben, j'allais pas le jeter, Tay, remarquai-je en haussant les épaules. Ça voulait tout dire - oui d'accord je l'avais gardé alors qu'on ne se parlait plus et qu'on s'était jetés comme de la merde, mais quand même, ce n'était pas un simple cahier, je n'étais pas salaud à ce point là.

J'avais passé ma main dans son dos que je caressai distraitement, et je finis par attraper une mèche de ses cheveux qui tombait sur sa nuque et je me mis à l'enrouler autour de mon doigt, tout en reportant mon attention sur Taylord et la façon dont elle regardait le cahier. Mouais. Elle voulait vraiment me faire avaler qu'elle s'en foutait comme de l'an 40, de cette histoire, maintenant?


- J’sais pas, d’toute façon ils ont tout fait pour étouffer l’histoire de la marque, et le Ministère a dû aider, je pense. Après tout, le Ministère n'avait pas toujours été tout blanc, alors, pourquoi pas... Ça devait faire tache de ne pas avoir empêché le meurtre d'une famille entière, et de visiblement en ignorer la raison des années après. Pourquoi t’as cherché ? C’est pas que t’as pas le droit, mais je pensais pas que ça t’intéressait plus que ça. Ils ont dû dire plus de trucs dans la gazette, mais je suis pas allée vérifier. J’avais plus trop le moral pour le faire.

Hmmm... Bien. Evidemment, sur le coup, je savais pas pourquoi j'avais cherché, parce que je n'avais rien compris de ce qui se tramait avec Taylord, mais maintenant, pas besoin de chercher bien loin : j'avais cherché parce qu'elle n'était plus là et qu'elle me manquait, parce que je m'inquiétais pour elle, tout ça tout ça. Pour me racheter peut-être, aussi. Mais bon, ça n'avait pas trop réussi vu que j'avais rien trouvé - j'avais fini par abandonner en balançant le cahier au fond de ma malle, sans y faire gaffe à chaque fois que je l'ouvrais, mais je savais qu'il était là, sans le voir, comme si il me rattachait à elle, d'une manière ou d'une autre. Mais... Sur le coup, comme d'hab, je sentis ma gorge se serrer un peu, et pourtant en ce moment je m'étais un peu débloqué sur ce côté-là depuis le Texas, mais je me voyais mal lui dire cash ce que je venais de penser. J'avais l'impression d'être un débile profond, un gros niais, juste parce à cause de ce que je sentais pour elle, et plus ça allait plus je savais que j'allais loin, bien trop loin, maintenant que je me l'étais autorisé - et du coup, il y avait toujours des petits moments où ma retenue revenait, et je me sentais réticent. Je m'inclinai un peu vers elle et respirai ses cheveux avant de piquer un petit baiser sur son crâne et de dire en souriant :

- Je me doutais qu'on allait se reparler, quand même, c'est pour ça que j'ai insisté et du coup je sais pas, je me disais que je pouvais peut-être t'aider... Mais je m'y connais pas trop en recherche de ce genre, donc de toute façon, ça n'a pas été très efficace.

C'était vrai. Enfin, la fin. Pour le reste... Ce qui était vrai c'est que je flippais ma race de ne pas la revoir ou lui reparler, et que cet été avait été terrible en partie parce que je me disais que Taylord s'était barrée de Poudlard pour de bon et que je n'allais même pas la revoir une dernière fois pour... Pour, je ne sais pas, m'excuser, ou, la revoir, simplement.


- Mais bon, j’irais comparer avec le cahier, maintenant que tu me l’as rendu, à l’occasion, à la bibliothèque, quand on aura pas trop de devoirs.

Elle avait beau me passer ses petits bras autour de mon cou et m'embrasser de manière à me faire frissonner, encore, je n'étais pas dupe. Ma main, toujours dans sa nuque, l'attrapa entre mes doigts comme si je voulais l'empêcher de s'échapper et j'embrassai sa tempe avant d'affirmer, sans trop forcer non plus, on ne savait jamais, si elle ne voulait pas :

- Je viendrais avec toi, si tu veux. On pourra regarder les archives de la Gazette.

Oh oui, j'imaginais déjà sa tête moqueuse parce que je parlais des archives de la Gazette, mais quoi, hein, je n'allais pas rester un abruti toute ma vie. Et puis j'aimais bien la Gazette, c'était aussi le seul truc qui me maintenait en contact avec la vie sorcière quand je n'étais pas à Poudlard - c'était pas à Bristol que ça risquait d'arriver, à part quand on voyait les Tennant, mais sinon, ma mère ne se servait jamais de sa baguette. D'ailleurs, je n'étais même pas certain qu'elle l'ait toujours sur elle, en tout cas, quand on était petits elle s'en servait déjà peu, mais maintenant, il me semblait qu'elle ne s'en servait plus du tout. Remarquez, pour changer les chaînes de la télé, la télécommande, ça suffisait. Parfois je me demandais vraiment comment mes parents avaient pu en arriver là, et comment on en arrivait là tout court : pourquoi se marier et pondre des gosses si c'était pour finir comme ça? Il y avait de ça, aussi, avec ma grosse hésitation au sujet de Taylord... Je n'étais pas mon père et elle était loin d'être ma mère, mais quand même, comme exemple, je n'avais que ça. Est-ce que mes parents avaient été amoureux? Non mais, quelle blague, je ne l'imaginais tellement pas. J'avais l'impression que mon père avait toujours été con et soûl comme un cochon, et ma mère conne et superficielle. Comme mon père était un faible, c'était facile de comprendre pourquoi il s'était casé avec elle - il voulait une femme, et puis voilà, il n'en demandait pas plus. Mais elle avec son caractère de merde et ses envies matérielles, qu'est-ce qu'elle avait espéré en se casant avec ce raté ? Et le pire dans tout ça, c'était de m'imaginer comment ils avaient pu se mettre dans la tête de faire des gosses ensemble - ils croyaient peut-être que deux ratés allaient faire un bien ? Ben, manque de pot, ça n'avait rien arrangé à rien, et le pire, c'est qu'ils avaient remis ça. Je me demandais bien quel sens ils nous donnaient, à Coop et moi.

Je poussai un soupir vaguement blasé, et pour éviter que Taylord remarque mes sourcils froncés parce que toutes ces conneries me soûlaient mais je n'avais pas envie d'en parler, et pas maintenant, alors qu'on avait plus intéressant à penser. Du coup, machinalement, je l'attirai vers moi en me laissant retomber dans le canapé et en me calant bien confortablement. De toute façon, pour ce que j'en avais à foutre maintenant : plus que six mois et Poudlard c'était fini, la vie d'adulte commençait, et dès que je trouvais un boulot, je me barrais de Bristol en emportant Coop avec moi, et je ne les revoyais plus jamais.

... Evidemment, le moment où je me demandais alors la place de Tay dans tout ça, alors qu'on venait juste de se retrouver et que je ne voulais pas la perdre à nouveau n'arrangeait rien à rien. Je la fis donc se coucher contre moi et la coinçai entre mes jambes, puis en me décalant un peu, entre le dossier du canapé et moi. Nos deux visages étaient l'un contre l'autre et je l'embrassai une fois, doucement d'abord, avant de sentir la fièvre repartir comme une étincelle, une allumette qu'on craque - et tout prenait feu encore une fois. Avant même que je m'en rende compte, ma main cherchait la limite de son t-shirt et se barrait en dessous, à même la peau, et mes avances se faisaient plus pressantes. J'avais l'impression que de garder ses lèvres entre les miennes était une question de vie ou de mort, et que je devais la bloquer de tout mon corps pour qu'elle ne s'échappe pas. Je la voulais et je pensais que ça, ça tournait à l'obsession dans ma tête, Taylord, Taylord, Taylord... Mais c'était de sa faute aussi, pourquoi est-ce qu'elle m'avait laissé de si bons souvenirs dans la salle sur demande, hein ! Quand je sentis que mon coeur allait exploser, je m'écartai tout d'un coup de son visage : ses yeux brillaient, mais il y avait autre chose, et autre chose qui me trottait dans la tête sans que je puisse faire genre que ça n'existait pas.

Maintenant, le tout c'était de euh... De lui demander, mais comment ?! Je lâchai un grognement agacé, non mais, merci, comment j'allais me sortir de là maintenant ?


- Dis, dis-je en caressant ses cheveux, pourquoi tu... Tu veux pas... Non parce que le tout c'était d'essayer d'être délicat, aussi. ... Qu'est-ce qui va pas ?

Bon alors là, si elle pouvait comprendre, ça m'arrangeait carrément. Je lui lançai un petit sourire complice avant de me recaler contre elle, sans lâcher son regard, mais à une certaine distance de son visage pour pouvoir lui parler tranquillement.

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Mar 12 Mar - 20:00

Je ne cherchais pas à prétendre que j’en avais pas rien à foutre – et honnêtement, venant de moi, ça aurait vraiment été l’hôpital qui se fout de la charité – mais j’avais besoin de ce recul, comme des barres de métal qu’on met devant le choses où les animaux dangereux pour nous protéger et empêcher de se faire attaquer, blesser. Cette distance me plaçait en tant que spectatrice, parce que je disais les mots sans vraiment les ressentir, je ne cherchais pas à leur mettre un sens et leur donner une portée profonde – j’étais forte à ça, après tout, je l’avais beaucoup travaillé ces dernières années – parce que je savais aussi que le basculement vers la face opposée pouvait aussi être très rapide. Et redevenir l’actrice de ce jour-là, de cette nuit-là… C’était comme de mourir une deuxième fois, une troisième fois… Parce que c’était ça, non ? Avec eux, c’était envolée une partie de moi qui avait disparu pour toujours, et je ne cherchais même pas à la faire revenir. Comment vivre avec sinon ? J’avais déjà assez de mal comme ça, et je ne voulais pas de nouveau plonger dans ces moments de faiblesse : Chuck avait eu raison, pleurer n’allait pas les faire ramener, et si je voulais au moins qu’il y ait une justice, c’était à moi d’agir pour enfin la rétablir et faire les choses correctement. C’était juste qu’il y avait cette lassitude que me prenait à la gorge quand elle sentait que j’étais assez fatiguée pour pouvoir prendre le dessus, et qu’elle patientait, juste pour attendre le bon moment. Est-ce que ça faisait de moi une faible ?

- Je me doutais qu'on allait se reparler, quand même, c'est pour ça que j'ai insisté et du coup je sais pas, je me disais que je pouvais peut-être t'aider... Mais je m'y connais pas trop en recherche de ce genre, donc de toute façon, ça n'a pas été très efficace.


Mouais… Je n’en avais pas été très sûre, et même si la plus profonde partie de moi, celle qui planait au-dessus et qui bouchait toutes les voies m’avait trop longtemps convaincu du contraire, même quand j’étais revenue – c’était peut-être pour ça qu’on avait mis autant de temps, même après son premier pas, pour essayer de faire les choses mieux. D’ailleurs… J’y pensais, mais… Comment ça se serait passé si Chuck n’avait pas débarqué dans les toilettes ce jour-là ? Les consignes que j’avais donné étaient très claires, et je lui avais juste demandé de les respecter – ce qu’il avait fait – donc si ce soir-là, le hasard, une fois de plus, ne nous avait pas réuni, est-ce qu’on se serait retrouvé là dans cette salle ? Je préférais ne pas trop y penser – pourquoi parler en termes d’hypothèses, puisque ça c’était passé autrement ? Mais me resserrait un peu plus, comme s’il n’était qu’une image et que d’un moment à l’autre, je pouvais cligner des yeux, et qu’il disparaisse.

Même si nous étions côte à côte, je pouvais sentir son corps se soulever au rythme de sa respiration – et le savoir si… en vie à côté de moi, me fit un bien fou.


- Je viendrais avec toi, si tu veux. On pourra regarder les archives de la Gazette.


Je le dévisageai un instant ou deux – je ne m’étais pas trop attendue à ça, mais je n’allais pas le laisser passer non plus. Puisqu’il disait vouloir aider, c’était qu’il voulait aider, il n’y avait pas de message caché derrière ? Je n’avais pas envie de savoir ni encore d’inventer mille théories, parce qu’avec tout ce qui me remplissait le crâne en ce moment, ça allait bientôt dégouliner de partout.

- Ouais. Je me tus une seconde, avant de reprendre de plus belle. Il doit forcément y avoir plus de trucs dedans, je veux dire, ils ont rien à cacher, ils ont sûrement dû donner des noms, ou j’en sais rien… Mais y'a sûrement pas trente-six numéros où ils en parlent en plus. Ils gardent toutes les éditions au moins à la bibliothèque ? J’hésitais, mais je finis par lui expliquer le fond de ma pensée – elle n’avait été qu’un embryon depuis longtemps, mais elle avait fait son petit bout de chemin ensuite, même si ça allait être la première fois que j’en parlais : ça pourrait très bien être un de ceux qui étaient à Poudlard l’année dernière, exposai-je avec une amertume non feinte cette fois. J’avais été si près, plus proche du but que jamais… et pouf Winch s’était dématérialisé dans son nuage de feu, mais bien sûr, bien sûr qu’à ce moment-là, j’avais fait le rapprochement, même si je n’avais absolument aucune preuve, et que de tous les méfaits que Winch avait pu commettre, celui-là n’en faisait peut être pas partie.

La colère me gagna, mais n’eut pas le temps d’atteindre son zénith parce que je remarquais que Chuck avait l’air aussi contrarié que moi. Est-ce que c’était pour la même chose ? Je tournai doucement son menton vers moi pour lui montrer que j’étais ouverte à la discussion et que ce n’était pas la peine qu’il se retienne peu importe le sujet – je me doutais qu’il ne devait y avoir aucun rapport, pas parce qu’il en avait rien à faire, mais parce qu’il avait moins de raisons que moi de l’être, donc, il pouvait être plus posé. Je ne l’avais pas remarqué tout de suite au début, mais la nuance de ses yeux étaient toujours changeantes, selon l’endroit et la façon dont elles étaient éclairées – toujours plus claires, tendant presque vers des teintes grises en plein soleil, mais beaucoup plus sombres, avec des reflets plus chocolats, comme là. Sans parler de tout ce passage entre les deux stades…. Je trouvais ça beau.

Ce qui s’y passait, resta enfermé derrière le cadenas, parce que la seule combinaison pour l’ouvrir, c’était que Chuck prenne la parole, ce qu’il ne fit pas – je n’eus cependant pas le loisir de laisser la frustration me renfrogner, parce que je voulais savoir : que ce soit pour un truc débile ou alors très profond, ça m’était égal, je voulais juste l’entendre, et avoir le sentiment d’être présente. Est-ce qu’il me voyait ? Métaphoriquement parlant je ne savais pas, mais physiquement, il n’y avait pas de problèmes comme l’attestait, le moment d’après nos deux corps allongés l’un contre l’autre, parce qu’on venait encore de s’étendre dans le canapé.

J’eus un battement un peu plus fort que les autres, mais ne le pris pas en note – ça arrivait à chaque fois qu’on s’embrassait, parce que c’était un peu comme si dès qu’on se faisait un bisou, on se retrouvait peu à peu, même si pas encore complètement. Pas encore complètement… C’était ce pas encore complètement justement, qui était l’autre raison de cette accélération soudaine, comme l’angoisse de quelque chose qu’on ne voit pas mais qu’on sent tout autour de nous, sur nous,
en nous, sauf que je savais d’où elle venait puisque j’en connaissais l’origine. Avec le semblant de retenue qu’on avait eu cette semaine, ça n’avait pas encore été trop compliqué d’y penser, certes, mais comme un sale insecte qu’on chasse d’un revers de main pour être tranquille, qui s’en va voleter ailleurs… mais qui revient quand même tenter sa chance. Ici, c’était pareil. Comme le rythme scolaire avait bien repris aussi, on était assez fatigués le soir, la journée, c’était plus complexe de se peloter, même si j’aimais bien poser ma main sur sa cuisse sous la table en cours quand on se mettait à côté – ou alors entre deux matières, parce que c’était trop long d’attendre. Mais bref, rien de trop… poussé, et puis je n’avais pas cherché à le provoquer non plus, et là, plus on s’embrassait plus je sentais que si je ne l’avais pas fait, c’était simplement parce que je ne le pouvais pas. On était pas prêt pour ça, on en avait parlé à Comanche, sauf que depuis Chuck était déjà beaucoup plus disposé à monter au niveau supérieur – depuis le départ en fait, mais là, c’était de plus en plus clair – et puis c’est vrai qu’à la maison, plusieurs fois, je m’étais sentie capable d’y céder, sans franchir le cap : la maison était toujours occupée, c’était un peu un acte défendu, enfin bon, il y avait toujours ce fil qui nous retenait, soit par moi, soit par lui comme le jour de l’An pour que ça ne se fasse pas. Mais à Poudlard, et ici, alors que les profs ne devaient même pas songer un seul instant qu’on avait trouvé cet endroit et que c’était devenu notre repère… Et puis, pas la peine de se voiler la face, je n’avais pas cessé ensuite de remettre ça à plus tard, le plus subtilement possible en espérant que Chuck ne s’en rend pas compte, parce que c’était pas une situation définitive, elle était que temporaire, il fallait juste que je règle deux trois petites choses avant pour que tout soit parfait, mais ça, il n’y avait que moi pour le faire, et je mettais un peu de temps, c’était pas que je le faisais exprès ou que je le voulais pas, de toute façon, on allait bien être obligé à un moment à un autre, parce que voilà, y’avait la chimie qui faisait le reste et les hormones aussi, et la nature, et tout ce qui a un rapport de près ou de loin avec ça et qui y fait référence, mais juste, pas tout de suite, ça ne peut pas être tout de suite, ça ne peut pas.

Il se fit plus autoritaire, et si ça allait jusqu’à maintenant, je compris très vite que je n’allais plus pouvoir gérer : et quand c’était comme ça je me contractais de plus en plus, comme si j’allais avoir le pouvoir de me transformer en statut de pierre pour ne plus être atteinte de rien – surtout pas des sensations. Je tentais de toutes mes forces de me concentrer sur mes lèvres et uniquement là-dessus, et ce n’est que parce que je serrais trop fort ses bras que je sentis que mes doigts s’étaient figés dessus, mais pas à la main, pas à SA main, pourtant au Texas, ça ne m’avait pas dérangé, pas comme ça, pas… En fait, mes sentiments changeaient en même temps que les décors : là-bas, je pouvais faire des concessions, ou du moins, je me donnais l’illusion de les faire et ça me donnait la force de passer au-dessus. Ici, je devenais en plus des embûches semées sur ma route, mon propre obstacle – et lui était bien plus haut que les autres. La semaine à Poudlard n’avait rien arrangé avec toutes mes élucubrations, et cette main elle était allées toucher,
comme ça, quelles autres peaux ? Celle de qui ? Je pensais tout de suite à la quatrième année, ce qui n’arrangea absolument rien, mais je ne m’arrêtais pas moi non plus – ça allait passer, ça allait passer… - et comment ? Avec la même intensité ? La même envie ? Comme si finalement, ça pouvait être n’importe quelle fille en face, ça changeait rien ? Combien de filles en avaient profité pendant que j’étais pas là ? Pendant qu’elles prenaient ma place comme on change de chemise ? Ses doigts dont la chaleur était censée me faire du bien devenaient comme étrangers sur l’épiderme, parce qu’ils étaient allés traîner un peu partout – le rejet et le dégoût m’envahirent, encore plus quand ils touchaient les hanches ou les autres endroits où les os étaient directement en dessous – pendant qu’ils prenaient de plus en plus de contrôle, me gardant captive… mais comme je l’aurais voulu. Bientôt, ce fut encore pire : qui l’avait effleuré, s’était frotté contre lui, qui l’avait embrassé avec tellement de passion que la sienne se révélait encore plus, qui était plus belle que moi, qui en avant profité pendant que je n’étais pas là, qui était championne toutes catégories et me ravissait la première place du podium ? C’était des dizaines et des dizaines de filles qu’il y avait entre nos deux bouches, me laissant sur l’impression que ce baiser, ce n’était pas vraiment le nôtre, qu’il était plein de crasse et je n’allais pas pouvoir tenir encore comme ça très longtemps. L’égarement était déjà en train de s’insuffler dans mes veines et développait mon instinct de fuite qui n’était normalement pas très aiguisé, mais que je stimulais bien trop avec tout ce que j’étais en train de penser, tout en me forçant à ne pas y succomber parce que ce qu’il signifiait, c’était loin d’être de bon augure :on rejouait la même pièce que la dernière fois, dans la même salle, avec les mêmes protagonistes, mais non bon sang, je voulais pas que ça se termine pareil, j’éjecter de ses bras en criant, et partir sous l’affolement, parce qu’il fait commettre des actes irréfléchis. Je voulais pas qu’on se dispute non plus, je voulais tellement bien faire, alors je ne bougeais plus, persuadée que si je faisais un mouvement trop brusque j’allais filer comme le caillou qu’on tire au lance pierre.

Mais en luttant contre moi, je luttais un peu contre Chuck – ma tête bougea pour rompre le baiser entre la brutalité et la douceur parce que je ne voulais pas qu’il le vive comme de la mauvaise volonté, non, ce n’était pas ça, c’était tellement pas ça… ce qu’il fit en même temps. Je voulais me raccrocher à n’importe quoi dans son comportement qui aurait pu me soulager mais son soupir qui suivit n’eut pas cet effet et je vis que ça ne lui plaisait pas, que la coupable, c’était toujours la même – ça n’anesthésia pas non plus ce que j’avais pensé juste avant, mais à l’inverse le confirmait et je devenait comme ce vêtement qu’on avait laissé trop longtemps au sèche-linge et qui se rétracte à cause de la chaleur, avec cette même impression de resserrement qui partait du bas de la gorge, jusque dans la poitrine, comme si j’étais prise dans un étau, mais que ce qui s’écoulait dans l’estomac n’était pas mieux. Je me fis violence pour ne pas retirer sa main toujours contre moi et l’enlever le plus loin possible. Il ne pouvait pas… Il ne pouvait pas.


- Dis, pourquoi tu... Tu veux pas... Qu'est-ce qui va pas ?

J’avais la mâchoire compacte qui ne voulait pas se décrocher parce que j’étais contrariée de sa réaction, même si elle contrastait avec le calme de sa voix. J’avais cru pouvoir régler tout ça comme si de rien était, et que ça allait aller vite… mais j’allais avoir besoin d’un peu plus de plusieurs jours, mais et Chuck, ces plusieurs jours, comment il les voyait ? Il me fallait de l’air, il fallait que je m’éloigne, et je l’écartais pour pouvoir m’asseoir, sans non plus le repousser brusquement, sinon il allait croire que je voulais juste pas de lui, alors que non, c’était faux, il y avait juste Chuck que je voulais…

Je me mis de l’autre côté du canapé, en fronçant les sourcils, à cause de ce que je spéculais. Je devais lui en parler, parce que je pouvais plus rester comme ça.

- C’est pas toi Chuck, c’est… C’est parce que c’est pas beau, dis-je avec une profonde répulsion en posant mes mains sur mon ventre mes côtes, et en le regardant droit dans les yeux, comme si je le défiais de dire le contraire.

C’était pas beau, y’avait rien de beau, il pouvait pas dire que c’était beau et si il le disait, c’était parce qu’il le voyait pas, et puis en plus j’étais sa copine, il allait quand même pas me dire le contraire ! Que toute ma corpulence, elle était bien trop maigre malgré les kilos repris, y’avait juste des os et des bouts de peaux qui servaient à les recouvrir, non mais comment est-ce qu’on pouvait aimer ça ? Comment est-ce qu’on
voulait de ça ? L’avis de Chuck ne comptait pas, l’amour, ça comptait pas – enfin si mais pas dans ce sens là – parce qu’on pouvait aimer, c’était pas la question, mais c’était des plaines et des plaines à traverser, de là à dire que c’était agréable à regarder, je savais que ça l’était pas, Chuck le savait aussi, il pensait quoi, que j’avais pas remarqué même si je faisais genre que non comment il bourrait mon assiette dès qu’il manquait un peu de quelque chose en prétextant se resservir un peu quand on mangeait ? La veille, comme j’étais un peu mal lunée, parce qu’avec tous nos devoir à rendre, on se couchait tard, et on devait se lever tôt, donc j’étais fatiguée, ce qui laissait le champ libre à la mauvaise humeur et j’avais bougonné que c’était pas la peine et du coup je n’avais pas terminé, mais ça voulait bien dire ce que ça voulait dire sur le fond de sa pensée… Et si on était ensemble, je devais être parfaite, parce que puisqu’on était dans la comparaison, Lilian, elle, l’était du moins comme j’imaginais qu’une fille bien foutue devait l’être, bien pulpeuse et aux lèvres toutes roses, et passer après elle, c’était comme d’être un vieux chewing gum qu’on a mâché pendant des heures et qui a plus de goût, et moi je pouvais pas sauter au-dessus de la barre qu’elle avait placé déjà bien trop haut, alors que normalement, normalement, ça aurait dû être le cas, mais que plus que jamais, ça l’était pas. Ce qu’il avait connu avec elle, évidemment, je voulais que ce soit plus fort nous deux, mais comment je pouvais en être capable alors que rien que sur le plan physique, c’était les antipodes ? Si rien que lorsque ses mains étaient baladeuses je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer à quel point ça devait être mieux avec elle d’aller caresser ses formes, alors aller plus loin, c’était même pas envisageable. Et les autres filles…

- Dis pas le contraire, parce que je sais que c’est faux, je sais c’que tu préfères et c’est pas ça
, ça m’écœurait, alors pourquoi ça l’écœurait pas aussi ? C’est pas que je veux pas, j’ai veux aussi, mais pas comme ça, pas en imaginant, ce qu’il devait s’imaginer lui et qu’il n’était pas vraiment comblé parce qu’il aurait préféré autre chose, je comprenais qu’il le voulait, j’allais tout faire pour, il fallait pas que je le déçoive… Parce que t’as eu plein d’copines et qu’elles ont rien à voir avec moi ! J’avais cette espèce de hargne pas contre Chuck mais contre tout ce que je représentais et que j’aurais tellement voulu que tout soit différent… qu’il n’y ait pas tout le traçage des cicatrices, ou les marques roses des blessures que je m’infligeais – rien de quoi j’aurais pu être fière, alors qu’il fallait que je le sois… Pour que Chuck aussi. Alors il ne pouvait pas voir – il avait déjà vu – il ne pouvait plus voir. Pas avant le modelage final.

Je pris Zephyr dans mes bras qui s’était posé sur l’accoudoir tout ce moment-là. Il ronronna tout de suite, indifférent à ce qui se passait.

-
J’te vois toutes avec elles, et c’est tellement pas pareil, même celles à qui t’as jamais parlé, je m’dis qu’ça doit être mieux… Que c’était mieux… Et que c’est comme ça depuis le printemps, quand on s’était séparé, donc qu’elles en ont toutes bien profité, mais pas moi… parce que j’étais toujours dans l’ombre, parce qu’elles étaient mieux, plus belles, plus grosses, plus tout… je haussai les épaules. Il avait beau dire que c’était à cause de la colère et tout ça, ce jour-là sur le pont, je n’étais pas prête de l’oublier et je le traînais encore comme un poids accroché au pied. Et puis il avait pas eu tort, moi aussi je l’avais vu, c’était objectif comme jugement, ça avait rien à voir avec toutes nos saloperies à côté. T’as vu qui pendant tout ce temps jusqu’à maintenant ? demandai-je de but en blanc. Ça faisait des jours et des jours que je me la posais cette question, maintenant elle était dite, et que je la redoutais tant…

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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Jeu 14 Mar - 15:00

Je sentais que, une fois n'est pas coutume, j'allais bien m'amuser tout seul avec ma frustration sur ce cher canapé de la salle abandonnée. Et ça me faisait chier. Mais ce qui me faisait chier, en soi, ce n'était pas exactement que Taylord ne voulait pas me donner ce que je voulais - même si évidemment j'aurais bien aimé - mais c'était surtout que... Comme prévu. Tout se passait comme prévu. Je ne regrettais rien, mais en décidant de me poser avec elle, j'avais bien compris que ça impliquait plein de choses et que, surtout, ça allait mettre à exécution tout ce dont je m'étais toujours protégé et défendu. Ce qui est un peu con, quand même, quand on y pense : tout ce chemin pour en arrive là ! Mais ok, ok, message reçu, j'avais trop agi pour un connard pour rester dans le même chemin, et finalement, il y avait autant de bon que de mauvais dans le fait de se protéger comme ça. Peut-être que je me mettais hors d'atteinte et que je ne risquais rien, mais en attendant, je loupais pas mal de trucs, et en l'occurrence, j'avais failli louper Taylord. Ce que je ne voulais pas. Mais m'ouvrir à elle, mine de rien, c'était quand même pas des clous et je ne savais pas trop si elle s'en rendait compte, mais j'étais pas forcément à l'aise avec ça. C'était facile avant, de jouer le mec, et d'aller me réfugier dans mes soirées et au bras d'une jolie minette pour ne rien montrer et que personne, et surtout pas moi, ne se rende compte des envies plus fortes que tout que j'avais au sujet de Taylord, de l'attachement qui grandissait, et tout le bordel. Ces histoires comme quoi c'était plus facile quand on avait rien parce qu'on en pouvait rien perdre, de ne pas s'attacher pour ne pas risquer d'être blessé... C'était carrément vrai, et maintenant je me trouvais bien con d'avoir agi comme ça sans le savoir - ah ça, Coop pouvait se marrer, sur ce coup là il avait tout compris avant moi. Mais n'empêche que maintenant que j'avais un peu capté ce qui avait enrayé la machine, eh ben, ce n'était pas plus simple pour autant. Dans ma tête c'était clair : il n'y en avait que pour Taylord, je voulais rester avec elle, d'accord, mais pour ce qui était de mettre tout ça à exécution... J'avais de la retenue quand il en fallait pas et l'inverse, et finalement c'était pas si simple, surtout en étant revenus à Poudlard. Quand on parlait, je voyais bien dans ses gestes et dans ses attitudes qu'elle en attendait plus de moi, qu'elle voulait que je lui parle. Mais bon, elle était bien gentille : de ce côté-là, ça n'avait pas changé. Qu'est-ce qu'elle voulait que je lui raconte ?! Je n'avais que de la merde à dire, et quand je m'énervais c'est que je pensais à ma vie de merde et à ma famille de merde - voilà. Et je ne pouvais pas lui dire, pas comme ça... Après tout ce temps, elle allait se demander pourquoi j'avais gardé tout ça pour moi, puisque ça avait aucun intérêt. Et ça, je l'avais toujours su : j'avais peur aussi qu'elle voit ce qu'il y avait au fond de moi, parce que, tout compte fait, il n'y avait pas grand chose. Et puis, de là à parler de ma famille et de mes problèmes alors qu'elle à côté elle avait vécu un milliard de fois pires... Ça me donnait pas le droit de me plaindre. Et ça, j'avais envie qu'elle le comprenne, comme ça elle allait arrêter de croire qu'il fallait me faire parler, mais je ne savais pas trop comment lui dire.

C'était pour ça aussi que je voulais l'aider dans ses recherches aussi, et que j'avais essayé vite fait. J'avais vraiment l'impression que je n'avais pas le droit d'ouvrir ma gueule et de me plaindre, quand je me rendais compte de son histoire et combien elle lui pesait. Et de toute façon, perso ça me préoccupait bien plus ses histoires à elle que les miennes. Les miennes, il y avait bien longtemps que je les avais laissées tomber, et si il n'y avait pas eu Coop mes parents n'auraient plus existé non plus, et la famille encore moins, à part les Tennant. Ils avaient toujours été à part, et je me disais qu'heureusement qu'on les avait quand même parce que nos seuls vrais moments en famille c'était quand Coop et moi on allait chez eux, même si c'était pas si souvent que ça. Mais je savais qu'Angie serait toujours là pour nous, même si elle était la soeur de l'idiote qui me servait de mère : elle n'avait rien à voir avec elle. Peut-être qu'on aurait pu bien plus se reposer sur eux, mais je crois que j'avais eu trop honte, et qu'Angie et Hamish étaient plutôt pudiques et qu'ils n'avaient pas forcé non plus. Enfin, de toute façon, c'était comme ça, et c'était trop tard pour changer.


- Ouais. Il doit forcément y avoir plus de trucs dedans, je veux dire, ils ont rien à cacher, ils ont sûrement dû donner des noms, ou j’en sais rien… Mais y'a sûrement pas trente-six numéros où ils en parlent en plus. Ils gardent toutes les éditions au moins à la bibliothèque ? Ça pourrait très bien être un de ceux qui étaient à Poudlard l’année dernière.

... Ah non hein, merde. On allait pas repartir là-dedans...

Moi aussi du coup je m'étais redressé, et vu la tête que tirait Taylord tout d'un coup, autant dire que c'était la grosse ambiance. Tu parles de retrouvailles... Je poussais un autre soupir, pas d'énervement contre elle mais contre tout le reste. Et puis je repensais aux Mangemorts, à l'attaque du château, et à ce soir-là avec Daniel et Haruhi où on avait uni nos forces t où Taylord avait failli faire des trucs inconsidérés. Je savais que c'était un sujet sensible, mais merde, je voulais qu'elle ouvre les yeux un peu : elle appartenait trop à ce genre de gens impulsifs et coléreux - et je savais de quoi je parlais - pour espérer faire tranquillement sa petite vengeance, l'air de rien, et hop trucider un Mangemort. Non mais, elle allait se faire découper en rondelles ouais ! Et ça me soûlait qu'elle ne se rende pas compte qu'elle fonçait droit dans le mur.

L'avantage, c'est que comme moi aussi je tirais un peu la tronche, elle s'intéressa à moi plutôt qu'aux Mangemorts - merci bien - et quand elle me prit le menton dans la main pour me tourner vers elle, j'en profitai et la fis glisser vers moi et sur moi, et hop, tout ça c'était oublié, on était rien que tous les deux sur un canapé, et je ne voyais franchement pas quoi on aurait pu faire de mieux. Du coup c'était parfait parce qu'en l'embrassant ça balaya mes derniers doutes et voilà, je sentais ses lèvres et son coeur palpiter contre le mien - je sentais son corps tout petit, ses gestes hésitants parfois mais passionnés aussi, ses cheveux qui me chatouillaient le coup, la manière, toujours la mienne, dont elle enroulait ses bras autour de moi où quand elle mettait ses mains dans mes cheveux (là j'avais des frissons des pieds à la tête) et la manière dont elle m'embrassait ou répondait à mes bisous parce que je la connaissais par coeur, et déjà les battements dans ma cage thoracique avaient des allures de marteau piqueurs et un espèce de nuage engourdissant apparaissait dans mon cerveau. C'était un peu comme fumer un joint et boire des litres d'alcool en même temps - j'étais dans un univers parallèle où tout était flou et coloré et tout semblait exploser de partout, et me sensations étaient décuplées : la seule sensation de la peau nue de Taylord sous mes doigts me rendait dingue et j'en voulais plus, encore plus, encore... Du coup c'était même pas la peine que j'essaye de me retenir et j'étais déjà à moitié sur elle à pester mentalement contre nos vêtements à la con, mais avant que j'ai le temps d'aller plus loin, je sentis comme une barrière énorme et compris que Taylord n'avait toujours pas les mêmes idées que moi, loin de là, et qu'elle se recroquevillait sur elle-même comme elle savait si bien le faire.

Parfois, j'avais clairement l'impression d'être un monstre et elle un pauvre petit animal piégé qui avait juste peur qu'on le dévore tout cru. Mais merde, c'était pourtant pas ça, l'histoire !


- C’est pas toi Chuck, c’est… C’est parce que c’est pas beau, chouina-t-elle en se cassant à l'autre bout du canapé. Ben voyons.

Je me redressai en pinçant les lèvres et en émettant un petit bruit d'exaspération - en vrai j'avais juste envie de lâcher un gros "putain" parce que ça commençait à me faire royalement chier, mais bon. De quoi, c'est pas beau?! Qu'est-ce qui était pas beau ?! Je comprenais rien à ses délires, en plus. Je lui lançais un regard passablement énervé mais qui montrait que je ne voyais pas où je voulais en venir, et quand je croisais le sien, elle avait plaqué ses mains sur son corps. Ah, elle parlait d'elle ?! Non mais n'importe quoi, elle voulait que je me mette à poil pour lui montrer combien je l'avais trouvais belle justement, et tout ce que j'avais envie de lui faire, ou quoi ? Je fronçai les sourcils. Non mais, quelque chose m'échappait. Il y avait autre chose, non? D'accord elle n'avait jamais été très épaisse mais en ce moment ça allait mieux, et d'accord j'étais peut-être pas très discret quand à table je la resservais généreusement pour la gaver comme une jolie petite oie, mais c'était pas du tout parce que je la trouvais moche comme ça, c'était juste parce que je m'inquiétais pour elle et que parfois je trouvais qu'elle se fatiguait un peu vite ou qu'elle était trop pâle, et que c'était sûrement parce qu'elle manquait un peu d'énergie et de ressources, quoi ! Et peut-être que je m'étais déjà foutu de sa gueule à ce sujet, mais c'était faux, je ne la voyais pas comme un squelette, elle était fine et menue d'accord, et parfois on voyait un peu ses os, mais j'aimais son corps jusqu'à la moindre petite imperfection, et si elle avait pas capté quand je lui faisais des câlins que j'avais désespérément envie d'elle, euh, je ne savais pas trop ce que je pouvais faire de plus...


- Dis pas le contraire, parce que je sais que c’est faux, je sais c’que tu préfères et c’est pas ça. ... Elle voulait pas tout court ou quoi?! Non mais, qu'elle le dise tout de suite ! C’est pas que je veux pas, j’ai veux aussi, mais pas comme ça. Parce que t’as eu plein d’copines et qu’elles ont rien à voir avec moi !

- Mais... Qu'est-ce que tu racontes ?!

Non mais là, elle délirait sévère. Et voilà qu'en plus, l'autre rat se pointait. Super. Et moi je devais dire quoi, qu'elle préférait son chat à moi ?! Je m'assis au milieu du canapé, pas trop près d'elle mais pas trop loin non plus, en la regardant sans broncher - je m'étais rendu compte au passage que ma chemise était un peu bordel. Pourquoi elle s'infligeait ça? Pourquoi elle se comparait, pourquoi elle se prenait la tête, pourquoi... Pourquoi elle ne voyait pas que c'était elle que je voulais, elle et personne d'autre?...


- J’te vois toutes avec elles, et c’est tellement pas pareil, même celles à qui t’as jamais parlé, je m’dis qu’ça doit être mieux… Que c’était mieux… Et que c’est comme ça depuis le printemps, quand on s’était séparé, donc qu’elles en ont toutes bien profité, mais pas moi… parce que j’étais toujours dans l’ombre, parce qu’elles étaient mieux, plus belles, plus grosses, plus tout… T’as vu qui pendant tout ce temps jusqu’à maintenant ?

Sa question me surprit tellement que j'ouvris la bouche et la refermai sans trouver quelque chose d'intelligent à répondre, ou au moins quelque chose qui m'aurait permis de m'en sortir sans trop de casse. Non mais, elle était clairement en train de complexer en pensant à toutes les meufs que je m'étais tapées, c'était bien ça ? Mais alors si elle savait : pas une seconde depuis que j'étais venu dans le Texas j'y avais pensé, ou j'avais regretté, et alors est-ce que c'était nécessaire de rappeler qu'à chaque fois que je me tapais une meuf, ces derniers temps, je pensais à Taylord, justement, je pensais à elle parce que c'était d'elle que j'avais envie au fond et qu'elle n'était plus là?! Non mais, c'était le monde à l'envers.

- Tu veux quand même pas que je te les énumère toutes, sérieux ?!...

... Ce moment où j'aurais mieux fait de réfléchir avant de parler.

Ben oui, forcément, ça m'énervait tout ça, et déjà que j'étais pas dans les meilleures dispositions, voilà, j'avais démarré au quart de tour. Et je savais que j'avais parlé de manière trop agressive mais ça me faisait chier parce que c'était pas elle qui était en faute et je le savais, c'était juste que ça me faisait chier de constater encore qu'une fois rentrés à Poudlard ça nous compliquait carrément la vie, et que je commençais à me demander sérieusement comment on allait se tirer de là. Je soupirai et me passai la main dans les cheveux puis sur le visage histoire de me réveiller un peu, ou de me faire oublier toutes ces jolies images de ce qui aurait pu se passer quelques instants plus tôt, avant de tâcher de me concentrer. Putain, en plus c'était trop délicat comme truc, comment elle voulait que je lui dise ça ? Et est-ce qu'il fallait que je dise la vérité, ou que je mente ?... Cette fois, je me rapprochai carrément d'elle et lui attrapai la main que je gardai prisonnière entre les miennes, pour qu'elle m'écoute mieux, et j'attendis qu'elle me regarde pour commencer (mais en même temps j'avais très envie d'envoyer paître son sale chat qui n'avait rien à foutre là, mais bon) :


- Tay, à quoi ça sert ? Ces meufs c'était juste pour passer le temps, elles comptent pas et je m'en fous maintenant, j'étais pas amoureux d'elles alors... J'étais pas amoureux d'elles comme je suis amoureux de toi, tu vois ? Pitié, qu'elle voit, parce que j'avais vraiment pas envie de continuer. Mais vu le regard qu'elle me lança, je compris qu'elle tenait vraiment à sa question - enfin, à ma réponse. Ok, super. Je faisais quoi, moi ? Une liste ? Quelque part, la voix de Coop, toujours la même, me disait "je te l'avais bien dit". Oui ben, merde hein. Bon. Y'a eu celle que t'as tabassée tout à l'heure mais ça j'imagine que tu t'en doutes... Petit blague ? Non ? Bon, apparemment c'était pas drôle. Et euh je sais pas moi, Annalisa... Ruby... D'ailleurs, euh, ça a pas trop plus à sa meilleure pote qui m'a foutu une beigne, mais j'imagine que Wayland te l'a dit nan ? dis-je l'air de rien, parce que j'étais sûr que ce genre de trucs, les meufs se gênaient pas pour se le raconter en gloussant comme des poules. Katie... Haley c'était pas la peine de dire que je l'avais embrassée, déjà ça comptait pas trop, mais en plus comme je la voyais souvent, je me disais que Taylord allait se faire des idées, après. Et puis y'en avait d'autres, mais déjà je me rappelais pas spécialement des noms, et en plus, voilà, j'avais l'impression de lui énumérer une liste de trois kilomètres. Des filles de Gryffondor... ajoutai-je en disant quelques noms, mais je finis par arrêter. Mais pourquoi tu complexes ? C'est toi que je suis venu chercher au Texas, pas une autre. Je lui fis un petit sourire, alors que j'avais toujours sa main entre les miennes, et lui déposai un bisou sur le nez.

Qu'est-ce que je pouvais dire de plus ? Je me sentais un peu con, tout d'un coup. Et en fait, je me disais qu'il y avait pas grand chose à faire pour nous sortir de là.


- Et puis hein, toi aussi tu t'es amusée, dis-je sur un ton volontairement taquin. Je te voyais dans les soirées, tu crois quoi... Avec ta petite préférence pour les Serdaigle ! ... Y'en a eu d'autres? Ouais, eux, encore et toujours - et je me rappelais très bien de ce soir-là d'ailleurs, dans la hangar à canots, où j'avais vu que Taylord avait pécho un Serdaigle, l'asiat, je ne me rappelais plus de son nom. Bon, comme mon but n'était pas non plus de sous-entendre qu'elle était une pute, je rajoutai en souriant : et ça veut pas dire que t'es amoureuse de lui, hmm? Eh ben moi, c'est pareil.

Cette fois, j'enroulai mon bras autour de ses épaules et me collai carrément contre elle, glissant mon visage le long du sien puis dans son cou, où je restais un peu sans bouger pour respirer son odeur, avant de l'embrasser plusieurs fois et doucement dans son cou et le long de sa nuque. Mes doigts jouaient déjà dans ses cheveux, et je m'arrangeai pour trouver ses lèvres et l'embrasser rapidement.

- C'est toi que je veux. C'est toi que... que j'aime. Et je te trouve belle et j'ai envie de toi, c'est pas... Comparable. Je pris son visage entre mes mains. Qu'est-ce que je peux faire pour que tu me crois ? ... Parce que cette fois j'compte pas t'abandonner, murmurai-je pas très fort parce que c'était pas si facile que ça à dire. Et j'embrassai doucement ses lèvres - ses lèvres qui étaient les seules comptaient vraiment, parce que le reste j'en avais rien à foutre, et que malgré tout ce qui se passait plus ou moins bien, oui c'était avec elle que je voulais être et qu'elle avait eu carrément raison sur le pont : sans elle, j'aurais été tout seul, et pour toujours.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Dim 17 Mar - 17:35

En même temps, si je lui en parlais pas, il allait vraiment finir par pas comprendre, et connaissant Chuck, il allait le prendre mal, alors que ce que je voulais, c’était que ça passe incognito, et inaperçu… Mais à trop le cacher finir par se voir, et le problème, comme d’habitude quand c’était comme ça, allait passer pour toute autre chose que celui qu’il était ce dent j’avais pas envie. Je cherchais un peu mes mots, je savais pas trop l’expliquer, mais puisqu’il posait la question, et qu’il lançait le sujet, c’était que justement, il était disposé à comprendre et que je pouvais me lancer ?

Mais à voir la tête qu’il tira juste après avoir commencé, au lieu de me sentir soulagée, j’avais l’impression, à ses yeux, d’être encore plus coupable, et sa réaction face à mes explications n’arrangea rien, et je savais que c’était un peu à double tranchant de tout lui dire : soit ça se passait bien et il prouvait que j’avais aucune raison de m’en faire, soit j’avais intérêt à m’affoler et m’inquiéter un peu plus, accélérer les choses pour que ça aille plus vite et qu’on en parle plus. Ouais mais… mais ben c’était même pas la peine de poser la question, je savais, rien qu’en le disant, maintenant que c’était prononcé à haute voix, que je pourrais pas aller plus vite que la musique, et que du coup, on allait avoir un problème, encore au-dessus du problème.

Pourtant plusieurs fois cette semaine, je m’étais vu lui en toucher deux mots, et même si je commençais à bien évaluer ses réactions, cette fois, je sais pas, j’avais vraiment pas pensé qu’il se mettrait en colère, comme il l’avait fait tout à coup et que je voyais bien qu’il se retenait plus ou moins de pas parler pour aggraver les choses, mais, mais au choix pourquoi pas, ça me semblait pas si improbable que ça d’y penser, qu’il me prendrait dans ses bras, en me disant que c’était pas grave, qu’on allait attendre, que lui aussi il pouvait attendre, que c’était pas ça qui comptait, que bientôt ça allait aller vraiment mieux et que moi aussi, j’allais aller vraiment mieux. Mais surtout, qu’il m’en voulait pas, parce que là, c’était clair que c’était pas le cas, Chuck faisait la tronche comme si je venais de lui annoncer qu’il ferait plus de Quidditch tant qu’il aurait pas un Effort Exceptionnel en Histoire de la magie, qui était pour lui vraiment un effort exceptionnel pour lui, pour dire un peu comment se situait le truc. En plus, c’était à moi de pas trop comprendre pourquoi, j’étais déjà assez en colère contre moi, donc si lui il l’était en plus… Okay, donc ce qu’il cherchait à me dire à travers ses soupirs, c’était que j’étais trop nulle ? Bon bah au moins là-dessus, c’était réussi, parce que oui, je me sentais trop nulle de pas être capable de lui donner ce qu’il attendait, et ça me prenait dans toute la poitrine comme si on arrêtait pas de me donner des coups dessus, et j’étais toute petite, de plus en plus petite… Que ce que j’aurais voulu, c’était lui faire plaisir, et pas l’emmerdeuse, qui comme l’adjectif l’indique l’emmerdait bien comme il faut…

Mais en même temps, je pouvais pas faire autrement parce que ça me dépassait un peu, ça m’était tombé dessus et maintenant, j’arrivais plus à m’en défaire. Ou alors, ça avait été toujours là, mais que ces vacances « surprises » avait agi comme un effet placebo, qu’on était trop heureux de se retrouver ensemble que ça avait un peu évacué tout le reste, mais à présent que l’euphorie était un peu passée… Et puis je disais pas que j’étais la fille la plus prude de la planète, mais il y avait des moments où j’avais l’impression qu’il ne pensait qu’à ça, et qu’il n’y avait que ça qui comptait. Alors quoi, maintenant qu’on était plus à Comanche, tout ce qui s’était dit et passé là-bas, ça comptait plus, on reprenait les bonnes vieilles habitudes ? Parfois, j’avais clairement le sentiment que comme Chuck savait qu’il pouvait me rentrer dedans et que j’avais une bonne répartie, il pouvait y aller franco sans trop réfléchir parce que la personne qu’il avait en face savait rebondir et que s’il maltraitait un peu ses émotions, en fin de compte c’était pas trop important parce qu’elle tenait le coup et que de nombreuses fois elle l’avait prouvé. Mais moi c’était pas ça que j’attendais, mais bon son soutient, je pouvais mettre une croix dessus apparemment. Je méritais pas d’avoir un peu de douceur ? Puisqu’on était en plein dedans, moi aussi j’avais des envies, et j’avais très envie de lui dire que je voulais être traitée autrement un peu, pas comme un punching-ball qu’il utilisait pour se défouler dès que j’agissais pas comme il l’attendait – je faisais pas exprès d’être comme ça, je disais pas tout ça non plus pour l’entendre dire que non, c’était complètement faux, ce que je luis disais, c’était vraiment ce que je ressentais, mais je restais impuissante, parce qu’il le prenait pas au sérieux, parce que ça me touchait vraiment – et ça me touchait encore plus qu’il le prenne pas au sérieux. Parce que d’accord, j’étais impulsive et j’agissais un peu comme je voulais, mais le reste du temps, j’avais besoin d’un peu plus de profondeur, et cette profondeur c’était celle-là que j’allais chercher ce soir, mais Chuck il restait bien en sécurité à la surface. Ça allait être comme ça tout le temps ? C’était clair pourtant, et j’avais cru que ça l’était pour tous les deux quand il était arrivé aux Texas : s’il plongeait pas pour me rejoindre, on allait pas aller bien loin…

Mais non, il devait penser que je le méritais pas, cette attention parce qu’elle avait pas lieu d’être. Que tout ça avait pas lieu d’être, mais en attendant, pour moi oui, et j’arrivais pas à faire l’impasse dessus, c’était aussi simple que ça. S’il l’avait la solution, je voulais bien qu’il me la dise, qu’on la mette en application et que ce soit réglé, il pensait quoi que je faisais ça pour le souler ? Mais n’importe quoi, j’attendais juste de le voir sourire par qu’il était content que je réponde à ses attentes, même si c’était pas si facile, mais qu’il allait m’aider et que ce serait plus qu’un sale souvenir. J’allais devoir m’aider toute seule sur ce coup. Qu’est-ce qu’il voulait que j’y fasse ? Comment il pouvait aimer, alors que moi, j’aimais pas ce que je voyais ? Comment il pouvait me respecter, alors que moi, je ne me respectais pas ? J’avais conscience que le centre d’où tout venait, c’était moi et que j’allais devoir faire un gros travail sur ce point pour passer au-dessus. Après, je pouvais pas dire le temps que ça prendrait…
Est-ce qu’il allait l’avoir, la patience ?


- Tu veux quand même pas que je te les énumère toutes, sérieux ?!...

- Non, c’est bon
, répliquai-je tout de suite le ton pincé, en tournant la tête de l’autre côté. Non, je voulais plus. Non puisqu’il voulait pas. Non, puisque ça me regardait pas.

Génial, parce qu’en plus du reste, c’était définitif, j’étais une pourrisseuse d’ambiance qui gâchait tout avec mes questions – il avait pas besoin de le dire, j’avais juste à croiser son regard froid pour en tirer la conclusion toute seule, pendant qu’en face, c’était moi qui était en train de me décomposer tout entière. Non, c’est bon, autant couper court à la discussion avant qu’elle commence, parce que plus ça allait, plus ça n’allait pas justement, et j’étais seulement en train de me répéter que rien avait changé et que ça changerait sûrement pas, et que ça aussi, c’était pas trop la peine que j’ai des espérances là-dessus.

C’était quoi les pouvoirs que j’avais ? Il pouvait faire la liste de ce que j’avais le droit de dire ou faire, ça irait plus vite, parce que par moments je pensais que si Chuck avait dit ta gueule et exécutes, ça aurait été du pareil au même.

Toutes
. Toutes. Okay. C’était comme si pendant tout ce temps, on avait enroulé un fil invisible autour de mes pieds, que je m’en étais pas rendu compte, et que quand j’avais voulu me mettre en marche, forcément, je m’étais pétée par terre. Mais surtout que ce que Chuck sous entendais par-là, c’était que c’était pas mes oignons, qu’il avait pas de comptes à me rendre, et… C’est vrai qu’il avait entièrement raison, qu’il n’y avait rien qui stipulait qu’il rentre dans les détails de ce qu’il avait fait où ne pas fait quand j’étais pas là, et c’était ça qui me rendait un peu malade, de tout ce que j’avais loupé en étant absente, que je voulais faire partie de sa vie, je voulais être présente sur tous les fronts, mais aussi savoir à quoi m’en tenir, est-ce qu’il réalisait que pendant tout ce temps-là, j’avais été rongée de me dire qu’il passait des moments beaucoup plus sympas avec des filles, qui surtout, le plus important, n’étaient pas moi ?

Mais en fait, ça montrait bien que tout ça, il avait
jamais eu l’intention de m’en parler, et je trouvais ça un peu injuste, parce que moi je l’avais fait quand il m’avait posé la question, je m’étais pas énervée, et puis ça aurait pu être la bonne occasion pour lui aussi de le dire, mais non il l’avait gardé bien au chaud en se disant que si il pouvait passer tranquillement à côté… Parce que c’était plus facile pour moi peut être ? Je trouvais ça injuste, parce que c’était sûrement l’une des personnes les mieux placées pour savoir que c’était compliqué de mettre des mots, parfois sur les émotions et ce qu’on ressentais, que s’il était le plus à même de comprendre, c’était réciproque, mais ça, c’était comme le reste… Ce dont il se satisfaisait, moi ça me satisfaisait pas, mais je devais faire avec parce que c’était lui qui l’avait décidé… au départ j’avais cru que c’était comme tous les autres dans la salle commune et les dortoirs, qui se plaignaient régulièrement de leurs parents, parce qu’ils devaient être en conflit avec eux et tout ça… Je pouvais pas trop me mettre à leur place, et d’ailleurs, ça c’était un truc qui me gonflait, quand ces gens-là s’en rendaient compte et qu’ils commençaient à prendre des pincettes comme si d’une seconde à l’autre, j’allais me mettre à flancher, non mais fallait arrêter, je détestais ça, ma vie elle était ce qu’elle était d’accord, mais c’était pas la compétition de celui qui avait une histoire plus triste que l’autre bon sang, y’avait pas de classement ! J’étais pas la mieux lotie, pas la pire non plus, donc au bout d’un moment, ça allait bien ! Chuck, à présent, je pensais que ça devait être vraiment horrible s’il tenait tant que ça a pas vouloir en parler, et c’était pas vraiment pour me rassurer. Je devais faire quoi alors ? Comprendre ? Là, comme ça ? Mais comment je pouvais la comprendre toute cette ampleur, si je savais même pas de quoi il retournait ? Pourquoi est-ce qu’il s’ouvrait pas un peu plus comme je l’avais fait, moi aussi j’avais peur, et encore pire maintenant, parce que plus ça allait, plus je me rendais compte que c’était moi qui était la plus sans protection, que j’étais complètement vulnérable, et que si il se passait quelque chose… Tout à coup je voulais plus me confier, parce que comme il était là, et comme il le faisait pas, ça agissait comme un système d’auto défense, et je me renfermais aussitôt : j’étais au bord de la falaise et il me tenait la main donc tout allait bien, mais… S’il la lâchait ? Je m’explosais contre les rochers, parce que c’était sur lui que je me reposais.
Après tout, il n’avait déjà fait. Il pouvait très bien recommencer…

Et j’allais pas le forcer… j’avais jamais été comme ça, qu’il le lâche sous la contrainte, et pas parce qu’il avait eu le désir de m’en parler de lui-même, et s’il savait, s’il savait comme ça me blessait quand il était comme ça, que ça lui suffisait, qu’il pouvait pas mettre des mots dessus… C’était trop simple, moi aussi, tout ce qui s’était passé je pouvais dire que je pouvais pas mettre des mots dessus, mais je l’avais fait, parce que lui par contre, il s’était pas gêné pour insister, il l’avait toujours fait, mais en attendant, dans l’autre sens… C’était pas très équilibré et au lieu de me sentir proche de lui, comme ça aurait dû être le cas, je m’éloignais, je m’éloignais… J’allais voir quand ? Quand il avait dit qu’on allait aller chez lui ? Je n’avais pas oublié, j’avais même plutôt bien retenu l’information, mais plus ça allait, plus je me disais que ça aussi, c’était pas trop la peine que je fonde trop d’espoirs dessus, parce que je risquais pas d’en voir la couleur… J’essayais pourtant de me mettre à sa place, avoir de la patience et tout ça… Mais de la patience, ça faisait tellement longtemps que j’en avais, ça faisait des mois que j’attendais, parce que c’était plus comme quand j’en avais rien à foutre, à présent, j’étais impliquée dans sa vie quoi qu’il arrive… Enfin… ça, ça ne tenait qu’à lui, et si il ne voulait pas aller un peu plus loin, ça aussi, ça allait être vite vu. Parce que peut être qu’il s’en contentait que ça aille que dans un sens,, mais moi ça me contentait déjà plus, donc si ça continuait…

Ses mains enveloppèrent la mienne, et je voulu la retirer en signe de rejet – à la place, je le laissais faire, mais sans trop m’investir non plus.


- Tay, à quoi ça sert ? Ces meufs c'était juste pour passer le temps, elles comptent pas et je m'en fous maintenant, j'étais pas amoureux d'elles alors... J'étais pas amoureux d'elles comme je suis amoureux de toi, tu vois ?

Avant ça comptait pas, avant j’en avais rien à faire… avant je me sentais pas menacée sans arrêt… Avant il m’avait pas dit que j’étais son défi, et qu’une fois relevée, je servais plus à rien. Avant je pensais pas à tout ça, mais tout ce qui s’était fait entre temps avait grandement changé la donne, et ça je pouvais pas faire une grosse rature pour l’oublier.

- Bon. Y'a eu celle que t'as tabassée tout à l'heure mais ça j'imagine que tu t'en doutes.... Et euh je sais pas moi, Annalisa... Ruby... D'ailleurs, euh, ça a pas trop plus à sa meilleure pote qui m'a foutu une beigne, mais j'imagine que Wayland te l'a dit nan ?

Wow wow wow. Stop.

- Hein ?!
L’échauffement surgit de nul par, comme un gros coup de poing justement qu’on se prend en pleine face sans le prévoir. Non mais Lizlor pouvait se le dire tout de suite : elle ne mettait pas de beigne à Chuck. Y’avait qu’une personne qui le touchait ici et elle était dans cette pièce. Pourquoi ?! Elle était pas d’accord Ruby ?! Je ne comptais pas le laisser filer sans explications, parce que ce que lui savait pas, c’était qu’il y avait autre chose qui rentrait en jeu : que Ruby je lui avais dit pas mal de choses à son sujet, un peu trop personnelles, donc, ça s’était passé avant ou après ? Ruby qui d’ailleurs me parlait plus trop depuis des semaines, je m’étais fait la réflexion sans faire le rapprochement parce que j’étais déjà bien assez tourmentée, mais là… Quand ?! Je devais le tirer au clair – par contre, si c’était lui qui lui avait fait du forcing…

- Katie... Des filles de Gryffondor...


Il y avait des noms qu’il énumérait et d’autres que je connaissais même pas ou vaguement. Je n’avais pas eu le temps de retenir la jalousie qui s’était envolée comme une fusée en plein lancement, propulsée à une vitesse supersonique en songeant à toutes ces filles qui avaient eu leur temps, Chuck était gentil de dire qu’il s’en foutait, mais alors moi pas du tout, je m’en foutais pas, est-ce qu’il pouvait se mettre à ma place cinq minutes et imaginer un peu ce que ça faisait de penser que son copain était facilement sorti, entre ça, et toutes les autres années avec une bonne moitié des filles de l’école ?! Ca faisait trop mal, trop trop mal, parce que quelque part, même si je disais que oui, j’avais le sentiment qu’il m’appartiendrait jamais vraiment, elles étaient tellement… Et en plus, c’était pas les plus dégueulasses, Katie était Miss elle aussi, mais elle avait tout ce que j’avais pas, elle avait un joli physique, même si on s’était jamais vraiment trop parlé, j’avais jamais entendu dire quelqu’un penser d’elle qu’elle était désagréable… ça ne m’aida pas à me sentir mieux, mais bien à confirmer tout ce que je cogitais déjà depuis un bout de temps. Et puis aussi… C’était pas cool, je le savais, mais quand je pensais que quand pendant tout ce temps-là, j’avais été dans mon coin à me rappeler de tout ce que j’avais perdu et d’en souffrir chaque jour, chaque minute, chaque seconde… Je m’étais dit que si dans le cas de Chuck, c’était pareil, que la peine avait été partagée…. Que quand j’imaginais ça, lui il ne pouvait pas l’imaginer, puisqu’il avait les mains occupées ailleurs… Que la douleur avait pas été la même, et ça, c’était difficile à encaisser.
Là… ça remettait un peu tout en cause.


- Mais pourquoi tu complexes ? C'est toi que je suis venu chercher au Texas, pas une autre.


Donc quoi ? Comme j’avais eu cet honneur, ça devait suffire ? J’y arrivais pas, j’y arrivais tellement pas, pourtant c’était pas faute d’avoir essayé… La réponse il l’avait déjà en plus, mais j’allais faire quoi, encore remettre tout ça sur le tapis une fois de plus, qu’il m’avait plaqué et que j’arrêtais pas de douter sur tout ? Quelles étaient mieux aussi ? En gros ce que je venais de lui dire… On allait pas revenir sur ça à chaque fois, et puis j’avais pas envie qu’il croit que c’était parce que je lui rejetais la faute sans être foutue de passer à autre chose. C’était pas de sa faute, enfin, disons que ces fautes là, ça par contre, il me les avait expliqué et je les avais comprise… Peut-être que je m’étais crue plus forte que ce que j’avais pensé, je lui pardonnais, et il me pardonnais aussi, et sans doute que lui il y arrivait mieux que moi, et tant mieux, et tant pis si pour moi c’était moins évident, mais voilà, ça avait laissé des séquelles plus profondes que prévu, comme la marque de la mine de plomb sur la feuille qui, même en voulant passer tous les coups de gommes qu’on veut, ne s’efface jamais pour de bon… Et je voulais plus qu’il se sente mal à propos de ça, où que si j’étais comme ça, c’était parce que je l’accusais encore… Mon pardon il l’avait, et ça c’était une chose. Ça n’empêchait pas les fissures de ne pas être refermées.
C’était moi qui était sa copine, alors c’était moi qui devait être parfaite et être la première de partout, pas les autres.


- Et puis hein, toi aussi tu t'es amusée. Je te voyais dans les soirées, tu crois quoi... Avec ta petite préférence pour les Serdaigle ! ... Y'en a eu d'autres? Et ça veut pas dire que t'es amoureuse de lui, hmm? Eh ben moi, c'est pareil.

C’est pas ça que j’avais voulu dire, il mélangeait tout ! Je haussai les épaules, les yeux fixés droit devant moi, un peu indifférente aux démonstrations de tendresse qu’il avait un peu tardivement. Comment il avait été tout à l’heure, ça m’avait pas mise en confiance, et maintenant, j’étais bloquée, et j’avais plus trop envie de lui dire quoi que ce soit. Pourtant, je voyais qu’il y avait quand même des choses sur lesquelles il faisait des efforts, et c’était pas que je voulais pas en faire, il fallait pas qu’il croit ça, mais ce qu’il attendait, j’étais pas en mesure de lui offrir tout de suite, et ça me rendait triste qu’il ne le voit pas, et qu’en échange, en attendant, mes câlins et mes caresses, ce serait jamais assez…
- Tu connais déjà mon goût pour les palefreniers… c’était un peu de la provocation gratuite, mais bon. Je parlais très vite fait d’un mec de Gryffondor de qui je m’étais un peu rapprochée et aussi de celui qui m’avait invité au bal qui s’était remis de mon refus et qui était revenu me parler à la rentrée. Et Scarlett, lâchai-je, là comme ça, du bout des lèvres, sans annoncer la couleur.

Au moins une que j’étais sûre qu’il était pas allé toucher…

- C’était juste pour te rendre jaloux. Pour ce que ça avait marché en plus… Puisqu’il avait eu si mieux à faire. J’étais jalouse du fait qu’il ne l’avait pas été, voilà.

Ces types-là, ils en avaient rien eu à faire et moi non plus, je savais que j’avais fait que des conneries sur ça, encore pire l’été, et que comme il n’y avait aucune attentes… Là j’en avais déjà un peu plus, donc forcément que oui, ça coinçait.

C’était pas bien, pas bien du tout, parce que j’étais en train de me braquer, et que c’était pas trop ce qu’il aurait fallu faire. Je voulais pas qu’il me prenne dans ses bras, c’était un peu tard pour ça, mais laissait faire quand même, parce que de l’autre côté, j’étais perdue, je cherchais mes repères, et j’avais bien du mal à les trouver.


- C'est toi que je veux. C'est toi que... que j'aime. Et je te trouve belle et j'ai envie de toi, c'est pas... Comparable. Qu'est-ce que je peux faire pour que tu me crois ? ... Parce que cette fois j'compte pas t'abandonner.

Ce qu’il pouvait faire… sa question… c’était là que j’aurais dû lui dire tout ce que j’avais vraiment sur le cœur depuis tout à l’heure, mais déjà, vu comme il avait été quand je lui en avais dit qu’un bout… C’était pas la peine, on allait pas encore s’engueuler, il fallait que je fasse bien, mais j’arrêtais pas de faire mal, parce que sinon, on serait pas comme ça là, en train de lutter l’un contre l’autre. Je souris pour faire comme si non non tout allait bien, puis passait mes doigts sur sa joue, et en fermant les yeux une seconde. Pourquoi est-ce qu’il pouvait être irrité, et pourquoi je devais baliser ensuite ? C’était chiant qu’on se prenne le chou à chaque fois, ça le dérangeait peut être pas, mais j’étais passé à un autre stade, c’était d’un mec comme Chuck dont j’avais besoin, parce que j’avais tendance à trop m’imposer et à prendre de la place donc si on m’arrêtait pas un peu pour me remettre à ma place… Mais là, ça commençait à faire trop, j’étais plus la Taylord des premières années, j’avais évolué entre temps, il me demandait d’être moi-même, mais c’était quand je l’étais qu’il était le plus exaspéré, je devais faire quoi moi avec ça ? Si c’était celle qui lui charcutait la peau des mains qu’il attendait, il risquait vraiment d’être déçu…

Zephyr ronronnait toujours sur mes genoux, l’autre main que j’avais sur lui passait sur son pelage machinalement. J’avais capté le regard méprisant que Chuck avait eu tout à l’heure déjà parce que c’était pas un secret, et aussi parce qu’il le cachait pas.

- Tu l’aimeras jamais, hein ?
demandais-je brusquement et durement. Quoi que c’était même plus une interrogation, mais une affirmation et me levai en laissant les deux en plan, bien consciente que ça n’allait pas trop arranger la suite, mais comme j’étais celle qui faisait foirer la soirée depuis le début, à la limite autant jouer le jeu jusqu’au bout… Je poussai le chat du bout du pied parce qu’il s’était retrouvé délogé sans le vouloir en claquant ma langue contre le palet parce qu’il n’allait pas assez vite.

Je pouvais bien faire des concessions, mais y’avait des choses pour lesquelles c’était totalement impossible : Zephyr, j’allais pas le laisser parce que Chuck pouvait pas le voir,, il faisait partie de ma vie et c’était comme ça, mais plus ça allait plus je voyais que lui il l’accepterait sans doute pas, mais ça aussi, c’était moi, alors comment est-ce que faisait alors ? Il disait rien, mais j’étais pas dupe, et y’avait des fois où je me disais que par contre, il se forçait pas trop. Y’avait quoi d’autres encore qui plaisait pas chez moi – pas CHEZ MOI, mais qui en faisait partie intégrante de près ou de loin ? Soudain, je ne me sentis absolument plus du tout à la hauteur, parce que c’était clair que c’était pas du tout séduisant, mon train-train, mes chevaux, ma poussière et la saleté, j’avais un peu rien à voir avec celles qui étaient toutes apprêtées et quand j’essayais de faire pareil… ça marchait pas, quand ça avait marché, j’avais perdu toute ma confiance en moi, donc maintenant, c’était un peu raté… Mais non, il avait dit qu’il avait bien aimé, pas vrai, que c’était pas si mal, et je voulais lui apprendre à aimer tout ça… Il avait pas menti quand même, bien sûr que non il avait pas menti, il l’aurait dit sinon, non, si il trouvait ça nul ? Mais d’un côté, j’étais en train d’apprendre plein de trucs ce soir, donc qu’est-ce qu’il y avait encore que j’ignorais ? Je shootai dans la première chose qui me passa sous le pied, un coin de meuble, avant d’aller marcher jusqu’à la fenêtre. Comme il faisait nuit et que la cheminée éclairait la pièce je pouvais voir mon reflet, qui n’avait rien de très joyeux.

- Y’a d’autres choses que je devrais savoir ?
questionnai-je plus posément, les yeux rivés vers l’extérieur, sentant bien malgré tout que le dialogue avait été rompu, que j’en étais la fautive, que je voulais m’excuser et tout ça… que je détestais cette situation de merde, que j’aurais voulu être autrement…

Soit il disait oui et m’expliquait… Soit il disait non, comme un vrai non. Ou alors un non qui voulait dire que non il le disait pas parce qu’il ne voulait pas m’intégrer à son univers.
Et moi, si je restais sur ce doute, c’était peut-être parce que je lui faisais pas vraiment confiance.

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Mar 19 Mar - 20:26

    http://www.youtube.com/watch?v=aommAoyyR5Y

    Most of my sweet memories were buried in the sand
    The fire and the pain will now be coming to an end
    How did you get to save me from this desolate wasteland
    In your eyes I see the dawn of brighter days again

    Most of what I used to be had vanished in the waves
    The memories of the boy I've been were drowning and you saved them
    Now I remember the joy and the meaning of the fate
    The color of the truth and the sound of sunny days



Je voulais bien faire, évidemment. Ça aurait été franchement con de pas le vouloir maintenant que j'avais fait le grand saut - disons que c'était pas trop le moment de se dire, hey, je laisse tomber le parachute, j'en ai plus besoin. Autant se tirer une balle, ça irait plus vite. Mais en même temps si j'avais été parfait pour elle ça se serait su plus tôt, on en serait pas arrivés jusque là à s'étriper comme des dragons en furie, donc bon en un sens je m'inquiétais pas trop parce que ça semblait logique, mais d'un autre côté... D'un autre côté j'avais conscience que c'était quand même pas aussi simple que ça, et venir faire le beau au Texas en lui faisant une déclaration à genoux c'était pas la clé de l'énigme, c'était une piste peut-être, mais il en restait pas mal à résoudre. Pourtant c'était juré : je ne cherchais pas à lui voler dans les plumes comme les mois précédents, ou pire encore quand je l'avais larguée comme une merde en pensant que ça serait plus facile pour qu'elle m'oublie. Je cherchais juste à arranger tout ce bordel, et merde, j'étais pas tout seul dedans... J'étais peut-être le plus fautif, mais c'était aussi parce que je m'y étais mal pris et que ça venait pas en deux secondes, ces trucs là. Même si on s'entendait bien et mieux que bien, parce que voilà, Taylord n'était pas comme les autres pour moi - et qu'elle ne l'avait jamais été, parce qu'elle était spéciale, oui Stephen Fray tu avais raison, content ? - on était pas à l'aise sur tout, on prenait nos marques, on ne voulait visiblement pas la même chose tout de suite, et ça coinçait à peu. Ça me faisait chier : j'avais espéré que ça redevienne... Comme avant, comme au moment où on avait été ensemble, à l'abri des autres. Peut-être que c'était ça qui l'avait rendu si parfait, ce moment ? Sauf que voilà, la réalité rattrape toujours et encore plus quand on ne l'attend pas, et ça, je le savais bien. Je le savais depuis toujours, et c'état aussi pour ça que j'étais comme j'étais, que je me foutais de toute et que je faisais ce que j'avais envie, parce que, qui peut savoir ? Il suffit de rien pour que tout bascule, et les élèves de Poudlard ne pouvaient pas me dire le contraire après avoir manqué de se faire zigouiller en grand nombre par ces abrutis de Mangemorts.

D'un autre côté c'était pas comme si c'était une découverte : le seul couple digne de ce nom que j'avais eu comme modèle c'était les Tennant, et vu les caractères d'Angie et d'Hamish - enfin d'Angie surtout, autant vous dire que Tess était bien la fille de ses parents, pas de soucis - je me disais que ça ne voulait rien dire, parce que j'imaginais bien que ça ne devait pas être tout rose tout le temps. Et pourtant, ça collait. Enfin, de ce que j'en savais. Il y avait toujours un moment où je me demandais si ils nous cachaient des trucs à Coop et moi, si on comptait vraiment autant qu'on l'espérait, parce que vu comment nous on passait sous silence notre vie à Bristol la plupart du temps, avec le recul je me disais que y'avait moyen aussi que les Tennant fassent pareil. Mais bon, je m'en foutais, au pire. Au moins, eux, ils étaient stables, et on pouvait être heureux de les avoir eus depuis le début, malgré tout. Enfin bref : c'était juste que maintenant que j'avais arrêté mon petit délire, que j'avais ouvert les yeux en me disant mec tu fais vraiment des conneries et c'est bien beau de se protéger et tout le bordel mais là ça dérive vraiment, eh ben... Eh ben c'était bien difficile, comme je l'avais prévu. Comme quoi, j'avais pas été aveugle sans raison.


- Hein ?! Pourquoi ?! Elle était pas d’accord Ruby ?!

... What ?! Ah non mais, merci. Parce que je l'avais fait sans son accord, peut-être ? Je jetai un regard noir à Taylord - voilà qui allait arranger nos histoires, dites moi.

- Quand ?!

- Je sais pas, j'tiens pas un carnet non plus, répondis-je avec humeur. Oh et qu'elle se fâche pas hein, parce qu'elle était aussi ronchon que moi. C'était bien avant le bal, et juste une fois, ça te va ? Et tu crois que j'ai drogué Ruby ou quoi? Non mais c'est comme Wayland hein, elle s'est excitée toute seule, elle est grande Ruby je vous rappelle, elle fait ce qu'elle veut de son cul, et je...

... Je n'étais clairement pas en train de me disputer avec mes potes jaloux d'un de mes coups d'un soir mais plutôt avec ma copine et ce n'était sans doute pas la peine de la rendre encore plus jalouse sur ce coup-là. Je lâchai un gros soupir et fermai les yeux un instant, alors que Taylord s'enfonçait dans le coin du canapé comme si elle avait voulu s'engloutir dedans, et que je pouvais ravaler mes caresses et mes belles paroles, visiblement. Super. Le pire c'était que je rappelle quand même qu'on revenait dans cette salle qui nous rappelait tant de bons souvenirs, après des super vacances chez elle et bon, ok, une première semaine un peu bancal, mais quand même - c'était un peu la joie et l'allégresse, ces derniers temps ; eh ben non, il fallait que ça se pète la gueule, comme d'habitude, et voilà, si elle continuait à faire sa mauvaise tête et à sous-entendre que je forçais les meufs à coucher avec moi parce que j'étais un connard jusqu'au bout, je pouvais tout aussi bien la planter là, elle et son connard de chat, et aller boire des coups avec mes potes dans la salle commune, finalement ça serait retour à la case départ, et ça ne me dérangeait pas plus que ça, merde.

Bon, ok, ça me dérangeait un peu. Mais même.

Je lâchai complètement sa main et m'assis dans mon coin moi aussi, les yeux, comme elle, rivés droit devant moi. J'avais envie de fumer, tiens. Et je n'allais pas me priver. Je sortis un paquet toujours un peu défoncé de ma poche de jean, coinçai une clope entre mes lèvres et l'allumai avec ma baguette avant de la balancer sur la petite table devant nous et d'inspirer la fumée avant de la rejeter vers le plafond : j'avais appuyé ma tête contre le dossier et je regardais au-dessus de nous, en me demandant si un jour on allait vraiment pouvoir être ensemble ou bien si on pouvait toujours essayer de pisser dans un violon, vu comment c'était convaincant jusqu'à maintenant. Et pourtant... Merde, je n'avais pas besoin de ça, j'avais même plus envie de boire ou de me défoncer la gueule quand j'étais avec elle parce qu'elle suffisait à me faire vibrer, et que je n'avais qu'à la serrer contre moi pour ressentir tout ce qu'on pouvait généralement ressentir dans ces moments-là : l'ivresse, cette espèce de moment où l'esprit se détache du corps, quand tout est plus facile, quand tout a l'air tellement cool... Bref, elle suffisait à me rendre heureux.


- Tu connais déjà mon goût pour les palefreniers… Ah ça, ouais, merci. L'autre connard, là, je risquais pas de l'oublier. J'eus un petit rire moqueur et continuai de fumer dans mon coin. ... Et puis voilà, vu ce qu'elle me racontait, elle s'était amusée elle aussi, alors quoi ! Je notai dans un coin dans ma tête le nom de tous ces mecs en me promettant d'aller leur régler leurs compte, et... Et Scarlett.

La position n'aidant pas, je faillis m'étouffer en avalant la fumée, et me redressai d'un coup, toussant à moitié. Pardon ?!

- Heinquoiqui-Scarlett ?!

Non mais depuis quand Taylord jouait pour cette équipe là ?! Eh oh, quoi, pardon ?! Où quand comment ?! Embrassée embrassée, ou euh... Oh putain... La surprise passée, elle laissa place à... De bien jolies petites images qui défilaient dans mon esprit. Oh putain. Je n'avais pas besoin de ça, non ! Non mais... Imaginer Taylord embrasser une fille et... Aaaaah, et dire que normalement j'étais fâché contre elle, tout d'un coup, ça ne me dérangeait plus du tout de me réconcilier avec elle, par toutes les manières possibles bien entendu.

- ... Où? Quand? Co... Non, ne me dis pas, conclus-je la gorge serrée, sinon j'allais mourir étouffé par mon pauvre désir refoulé, et ça aurait quand même une fin assez conne. Je vois, dis-je en appuyant bien sur ces mots d'un air entendu. Coquine, va.


- C’était juste pour te rendre jaloux.

Hmmm... Pour le moment j'étais plus autre chose que jaloux, mais sur le principe, oui, ces mecs allaient crever. Pour Scarlett c'était différent, et même si ça me faisait bizarre, je voulais bien que Taylord embrasse Scarlett, si c'était devant moi. ... Non, je rigole. Je n'étais pas assez prêteur pour un plan à trois.

Bref.

Alors que je lui jetai des regards en coin pour voir si elle se déridait un peu ou pas, je constatai que non, pas du tout, elle en était encore à la phrase tyrannosaure en colère, et que je pouvais toujours aller me brosser pour espérer qu'on arrête les frais. Pourtant j'avais essayé, mais comme elle m'avait dégagé et qu'elle ne voulait visiblement pas de main sur elle, je la retirai, tout en louchant sur son chat à la con : ce gros malin me regardait avec des yeux merlans frits comme si j'allais céder et me mettre à jouer avec lui, alors que non seulement je n'en avais aucune envie, mais en plus, comme il me faisait toujours chier au moment où il ne fallait pas, je n'étais pas prêt à lui faire plaisir.

- Tu l’aimeras jamais, hein ? grogna sa maîtresse, avant de se lever, balançant son protégé par la même occasion qui retomba sur ses pattes - ça retombe toujours sur ses pattes ces machins-là, c'est comme les mauvaises herbes qui poussent partout même quand on les arrache - et marmonna dans sa moustache.

Là-dessus, Taylord se mit à marcher, les sourcils froncés - en colère - et la tête un peu baissée - et là, je n'aimais pas ça. Parce que je la connaissais trop bien et que je savais qu'en plus de la colère quelque chose n'allait pas... Elle était toujours comme ça quand elle était un peu triste, ses yeux baissés vers le sol comme si il était bien plus intéressant que son interlocuteur qui lui se sentait merdeux, du coup, mais en fait ce n'était pas ça : en fait elle était mal à l'aise et doutait de quelque chose. Je me rappelais de cette expression là sur son visage quand je l'avais récupérée chez Woodley... Et que j'avais eu envie de la prendre dans mes bras pour la rassurer, mais je n'avais pas pu. En fait, c'était toujours impossible de la prendre dans mes bras dans ces moments-là, parce qu'en parallèle elle était souvent en colère contre moi en plus du tout, donc j'imaginais bien qu'elle allait m'en coller une si je continuais à la chercher un peu trop. J'écrasai ma cigarette dans un cendrier improvisé que j'avais apporté des mois auparavant, et observai Tay sans rien dire. Visiblement elle allait nous pondre quelque chose - allez, un dernier petit règlement de compte pour la route ? - et moi je savais pas trop quoi faire ou quoi dire. Confirmer que son chat et moi c'était pas trop l'idylle du siècle n'était sans doute pas le plus pertinent pour regagner ses faveurs, soit dit en passant. Je me demandai bien comment cette petite sauterie - si seulement!... - allait se terminer, chacun chez soi dans son dortoir ? mais en tout cas, je ne pouvais pas m'empêcher de la détailler : son allure, sa tenue, ses vêtements, ses cheveux toujours un peu fous qui retombaient souplement sur ses épaules, comme si ils défiaient quiconque de les dompter. J'avais toujours eu un petit faible pour ce qui émanait d'elle, un truc invisible qui la rendait à la fois magnétique et magique, et je me rendais compte que je pouvais redessiner en fermant les yeux les contours de son corps, et que je le revoyais parfaitement, et que je l'aimais, lui aussi - c'était bien le moment... J'entre aperçus ses yeux qui brillèrent dans l'ombre à cause des flammes de la cheminée, le dessin des lèvres que je crevais d'envie d'embrasser, mais un instant seulement parce qu'elle se tourna, shoota dans un meuble - heureusement qu'elle n'avait pas autant de force que moi parce que quand je tapais dans des trucs quand j'étais énervé, il m'était arrivé de me faire plutôt mal - et se planta devant la fenêtre, de dos.

Grosse ambiance.

- Y’a d’autres choses que je devrais savoir ?

Ah, euh... Ben, elle me prenait de cours ; enfin je veux dire il y en avait sûrement des tas, mais laquelle, lesquelles, de quoi elle parlait ? Sans doute que y'avait des trucs que j'allais lui dire... Un jour, pas tout à la fois, mais là, euh... Bon, ok, je voyais bien sans doute un truc qu'elle devait apprendre de ma bouche plutôt que celle de quelqu'un d'autre, mais on va dire que je ne mourrais pas non plus d'envie de lui raconter. J'avais mon honneur, merci. Je soupirai d'agacement, en me disant que si je ne disais rien, je pouvais tout aussi bien allez dormir avec un troll, Taylord ne serait pas plus engageante en attendant.

- C'est si gentiment demandé, je ne peux que m'exécuter, répondis-je pour me moquer un peu - oh ça va hein, c'était pas si méchant. Bon, euh... Tu le sais peut-être si il te l'a raconté... Il te l'a raconté ? Ah le salop, je suis sûr qu'il s'en était pas privé... Quoi que. Il ne fallait pas oublier que son Roméo était arrivé à la toute fin pour me sauver moi, ce qui avait déclenché un drame terrible entre les deux amoureux, un peu comme dans un épisode des Feux de l'Amour, quoi. Peut-être pas. Enfin bref. Ton euh... Ton pote là, Scott. Il a vengé ton honneur, tu le savais au moins ? Aaaah, ce moment où je devais rappeler ce que j'avais dit ce jour-là, ô joie. Il est venu me péter la gueule parce que je n'avais pas pris soin de toi. Enfin, il m'a provoqué en duel de sorciers, je précise - parce que sinon je ne me serais pas laissé latter - et voilà il m'a bien explosé, tu pourras demander à Stephen, c'est lui qui est intervenu avant que je me fasse décapiter. Et crois moi, si un jour tu dois te battre en duel, je pense que c'est assez judicieux de prendre Scott comme second. Il m'a presque fait peur, conclus-je en essayant de plaisanter un peu, histoire d'oublier aussi la honte monumentale de cet épisode, et le fait aussi qu'il m'avait quand même bien abîmé et que j'avais douillé comme sil se devait.

Mais c'était peut-être pas la meilleure façon de le dire. Je le savais bien, Coop m'avait dit un jour que même les choses gentilles je ne savais pas les dire gentiment. Bon. Je finis par me lever et, me plaçant derrière Taylord, je posai mes mains sur ses épaules. Il faisait nuit, et à part la lune qui brillait faiblement, on ne voyait pas grand chose, dehors. Je me serrais un peu plus contre elle en glissant mes bras autour d'elle, et posai mon visage dans le creux de son cou pour respirer son odeur - je n'avais qu'à fermer les yeux, et tout allait mieux.


- Désolé, murmurai-je. J'essaye mais c'est pas si facile... Pas vrai ? J'eus un petit sourire parce que je savais qu'elle comprenait, et j'embrassais légèrement sa tempe, sa joue, ses cheveux. Tu viens, on se met au lit?...


Je voulais juste qu'elle dise oui et qu'elle nous - me - laisse encore une chance, mais en même temps je me demandais, combien allait-elle encore en laisser?...

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Sam 23 Mar - 18:02

- Je sais pas, j'tiens pas un carnet non plus, oh, c’est vrai, mais qu’est-ce que je pouvais être naïve, le pauvre, quelle question difficile, il y en avait tellement ! C'était bien avant le bal, et juste une fois, ça te va ? Je levai les yeux au ciel, non mais encore heureux que c’était avant le bal et pas qu’ils s’étaient retrouvés dans leur coin et qu’ensuite il s’était changé en se disant « Tiens, j’avais oublié, j’ai invité Taylord au bal ! », Et tu crois que j'ai drogué Ruby ou quoi? Non mais c'est comme Wayland hein, elle s'est excitée toute seule, elle est grande Ruby je vous rappelle, elle fait ce qu'elle veut de son cul, et je...

Et pour tout arranger, il était en train de tout déformer alors que c’était pas ça que j’avais voulu dire, okay , je l’avais un peu suggéré, mais ça c’était à cause de ce qu’il avait dit juste avant sur Lizlor, et du fait que ça m’énervait que Lizlor intervienne, si Ruby n’avait jamais refusé quoi que ce soit. Sur ce point, j’étais de son côté à lui, de toute façon, j’étais du côté de Chuck point barre, non mais c’est bon à ce compte-là, moi, j’avais plus qu’à aller cogner toutes celles qui s’étaient approchées de lui ?!

Je ne sais pas à qui j’en voulais le plus : Chuck, Ruby ou Lizlor, en tout cas, ça se mélangeait en une grosse purée bien épaisse, et la cocotte-minute que j’étais n’était pas loin d’exploser. En plus, c’était Chuck qui arrêtait pas de hausser le ton depuis tout à l’heure, alors qu’à la base, c’était un peu moi qui était allée chercher consolation vers lui, et c’était pas trop ça que je lui avais demandé, donc en plus de me sentir encore plus merdique et blessée, j’allais pas non plus me laisser faire, non mais il croyait quoi, qu’il allait pouvoir organiser son petit monde comme il voulait tout le temps ?!

- Ah non mais recommence pas à voir c’qui t’arrange, c’est pas ça c’que j’t’ai dit, c’est que je donne à personne, l’autorisation de te faire ça, nos yeux se rencontrèrent et je crus deviner ce qu’il était en train de penser, et je haussai les sourcils pour répondre silencieusement que moi par contre, je me l’étais donnée. Lizlor était bien sympa et tout le bataclan, mais c’était pas sous prétexte que Ruby était sa meilleure pote ou j’en sais rien qu’elle avait le droit de faire tout ce qu’elle voulait, alors c’était quoi, Ruby qui était passée pour la victime ? Toujours Ruby qui venait me dire ses bonnes paroles puis dès qu’on se quittait allait s’amuser sans se soucier de rien ?! C’était pas comme si elle avait pas été au courant ou que j’avais rien dit, et la seule chose que j’arrivais à penser à son sujet tout de suite, c’était qu’elle avait bien dû se foutre de ma gueule quand je lui avais parlé dans la cabane hurlante, alors que c’était elle-même qui avait lancé le sujet. Donc j’pense que ça t’intéresse pas non plus que j’te dise qu’un soir elle a vu ta putain de… je fouillai dans mon sac, parce que même si le cliché voyageait, il retournait souvent dans la même poche. Je l’extirpai et la jetai sur ses genoux, de photo pendant qu’on était ensemble, et que je lui ai dit ce que je ressentais encore, mais ça vous a pas trop dérangés je vois, mais vas-y j’ten prie, puisqu’elle est tellement conciliante, elle, et qu’elle fait tellement moins chier, retourne t’éclater avec elle au lieu de t’emmerder ici, si elle est si bien qu’ça ! T’es parti, c’est toi qui l’a dit, alors tu veux que j’réagisse comment ? J’ai plus envie d’y penser mais j’y pense quand même, j’essaye mais j’y peux rien, j’y arrive pas, j’m’amuse pas à le faire exprès tout ça, qu’est-ce que tu crois ? Alors merde, t’es pas le seul en plus ici à attendre que l’autre se décide, parce que j'ai détesté de te voir avec d'aut' filles, et t'imagines que c'est sympa d'se dire que tout le monde a profité de mon copain ? T’es pas cool là ! Si ça t’soule que j’pense avec autre chose que mon cerveau, bah très bien, j’te dirais plus c’qui va pas et basta, pardon, conclus-je abruptement mais avec un fond de sincérité.

Maintenant, j’avais un peu besoin de reprendre mon souffle et de retourner bouder. Donc pour résumer tout ça, c’était moi qui était en train de m’excuser et qui me sentais coupable d’un truc que j’avais même pas fait, super. Pour reprendre ses mots, oui il m’avait abandonné, et oui bien sûr que j’avais la trouille, parce que s’il repartait… Là il disait que non, et il croyait ce qu’il disait, et je le croyais aussi, mais si c’était pas éternel, si ça changeait quand même ? S’il s’en allait encore… Je voulais même pas savoir comment j’allais me retrouver après ça, mais ça me faisait un peu peur aussi, mes parents aussi ils étaient partis et ils m’avaient abandonné et je voulais pas que ça recommence, plus jamais, parce qu’après, j’allais de nouveau être toute seule… Dans un excès d’autorité, je me tournais vers lui pour lui attraper le bout du menton pour qu’il me regarde.

- C’est où qu’elle t’a frappé Lizlor ?
Le fait de poser la question m’agaça encore plus, parce que ça me faisait repenser à la fois où je l’avais emmené à l’infirmerie parce qu’il avait été passé à tabac par plusieurs personnes et qu’on avait jamais su qui c’était d’ailleurs. Et comment ce jour-là j’avais détesté ces gens et comment ce jour là aussi, il avait encore trouvé le moyen aussi pour grogner alors que je lui filais un coup de main. Pfff.

Au moins, parler de Scarlett eut l’effet espérer, et je haussai plusieurs fois les épaules pour répliquer à ses exclamations. Scarlett… Est-ce que j’allais lui parler de ce qui venait de se passer ? Elle m’avait conseillé d’évoquer avec Chuck ce qui me turlupinait, mais quand je voyais le résultat… Mouais. Je n’allais plus le refaire tout comme elle avait dit de faire le premier pas, mais je ne faisais que ça de faire des pas, et non, ça ne le faisait pas parler pour autant plus que ça, et je commençais vraiment à croire, que même si je m’y prenais peut être pas de la meilleure des façons, que mes tentatives servaient à rien, parce que Chuck campait sur ses positions et que ce serait toujours comme ça. Je me rappelais encore de son silence à Noël quand j’avais cherché à comprendre et qu’il restait complètement stoïque comme si on était séparé d’une plaque qui insonorisait mes sons, et que je pouvais hurler, hurler, à l’aide, au secours qu’il ne viendrait jamais à ma rescousse puisqu’il ne savait pas ce que je disais. J’en avais beaucoup souffert, et ce soir c’était un peu la même chose, le même schéma qui était en train de se reproduire. Et Chuck, qu’est-ce qu’il pensait, que je ne comprenais pas le moment où il avait décidé qu’il ne dirait rien de plus mais que j’attendais quand même ? Que sous son air solide, c’était qu’un gosse qui cherchait ses points repères comme sur les murs d’escalades sur lesquels on se maintient pour pouvoir grimper, mais qu’il avait bien trop d’orgueil pour accepter d’être retenu par les sangles. Cette fragilité… je savais qu’elle existait, mais pas ce qui en était la cause ou très peu. Je voulais bien lui filer un coup de main, mais le reste du chemin pour me rejoindre au sommet, c’était lui qui devait le faire, donc s’il restait bloqué au milieu, c’était quoi qu’on devait faire maintenant ?

Qu’il ne commente pas ma remarque me mis encore plus de mauvais poil. Non, non, j’avais ma petite crise depuis tout à l’heure mais lui la jalousie ? Pffffeu, ça lui avait fait une belle jambe puisqu’il avait eu bien mieux tout ce temps-là ! C’était pas tout à fait vrai, je l’avais vu avec Gael, mais même voilà, encore une fois c’était Chuck qui avait le beau rôle qui pouvait se mettre en colère quand bon lui semblait ou bien être indifférent quand j’essayais d’attirer l’attention pour être certaine que le sentiment d’appartenance que j’avais quand je le regardais, il l’avait aussi pour moi, et qu’on se suffise à nous-même mais en fait… non.

Il ne commenta pas plus pour Zephyr, et plus ça allait, plus j’essayais de placer Chuck dans mon environnement et… et ça n’allait pas. Parce que les prochaines fois, c’était pas comme si ça allait être des vacances de quelques jours, c’était bien plus que ça et… on venait quand même d’horizons bien différents – et si ça ne correspondait pas à ses attentes ? Moi c’était clair que les vies en appartements dans les grandes villes, c’était même pas la peine, mais si ça marchait pour moi dans ce sens-là… ça devait aussi marcher pour Chuck. C’était où qu’on avançait là, à part nulle part ? Déjà que ça me gonflait qu’il n’ait même pas la franchise de dire oui ou non pour Zephyr – mais qui signifiait quand même tout, qu’il ne m’acceptait pas entièrement tout à fait – alors le reste…

J’étais postée devant la fenêtre, mais il y avait le miroir, si je tournai la tête vers la gauche, juste en face, révélant tout ce que je ne pouvais pas voir sur mon visage. Scarlett l’avait bien remarqué, c’était nos secrets respectifs qu’on voulait garder bien enfouies qui nous faisaient du mal. Qu’est-ce que Chuck cachait d’autres ? Quand il ne disait plus rien, est-ce que ça voulait dire qu’il mentait ? Je repensais à cette promesse qu’on s’était faite ce soir-là, de faire les choses biens… S’il savait que j’étais en train de me demander si oui ou non il l’avait tenu à au pied de la lettre et qu’il n’avait pas recommencé ses conneries de drogues et tout ça comme il me l’avait demandé… là il aurait eu de bonnes raisons de m’en vouloir. Parce qu’il l’avait fait non ? Il l’avait dit. Il l’avait promis. Et moi aussi, j’avais tenu parole, j’avais arrêté, comme il l’avait voulu… Non, si je me mettais aussi à douter sur ça… je savais qu’il l’avait stoppé, parce que c’était ses seuls mots qui l’avaient dit. C’est tout.

- C'est si gentiment demandé, je ne peux que m'exécuter. Non mais vas-y, rigole. Surtout que je savais qu’il le faisait exprès, genre je suis pas sérieux, mais en fait si, et j’en avais marre qu’il fasse ça avec moi parce qu’il s’avait bien que c’était pas utile… Bon, euh... Tu le sais peut-être si il te l'a raconté... Il te l'a raconté ? Quoi, de qui, de quoi ? Mon cœur avait des violents à coups très désagréables. J’étais de nouveau dans la contemplation de l’extérieur duquel on ne voyait pas grand-chose. Peut-être pas. Enfin bref. Ton euh... Ton pote là, Scott. Il a vengé ton honneur, tu le savais au moins ? Il est venu me péter la gueule parce que je n'avais pas pris soin de toi. Enfin, il m'a provoqué en duel de sorciers, je précise, et voilà il m'a bien explosé, tu pourras demander à Stephen, c'est lui qui est intervenu avant que je me fasse décapiter. J’étais pas vraiment sûre de comprendre et de réaliser que ça c’était vraiment produit, de qu.. Pourquoi Scott avait fait ça ?! Et crois moi, si un jour tu dois te battre en duel, je pense que c'est assez judicieux de prendre Scott comme second. Il m'a presque fait peur.

… De mieux en mieux.
Je ne bougeai pas de mon poste tout en analysant le plus vite possible les informations au fur et à mesure qu’il parlait. Non mais, Scott, qu’est-ce qu’il lui avait pris ?! J’avais rien demandé !! Ca me rappelait quand c’était Chuck qui était allé faire son compte à Stephen et aussi à quel point ça ne m’avait pas plu et que je lui avais fait la morale, surtout que j’en avais jamais eu l’explication. Mais cette fois… cette fois… c’était différent. Chez qui je devais aller me ranger ? Mon copain, celui qui était capable de tout pour moi, mais pas tant que ça à ce moment-là… ou en attendant, mon ex, qui avait agi dans mon intérêt ? Est-ce que j’avais vraiment le droit d’en vouloir à Scott ? Est-ce que Chuck allait m’en vouloir de ne pas lui en vouloir ?

- Non, j’étais pas au courant, personne a dû penser que c'était la peine de me prévenir, déclarai-je amèrement. Lizlor, maintenant Scott… Pourquoi est-ce que j’étais toujours la dernière informée ? Bon Lizlor, je pouvais comprendre, même si c’était chiant, mais Scott, alors que quand même, c’était moi quo était concernée ! C’était génial vraiment, j’avais l’impression que tout le monde savait tout, et que moi j’étais la cruche qui évoluait au milieu de tout ça sans Rien savoir, et y’avait rien de plus frustrant – surtout que… … Et toi ? demandai-je doucement, est-ce que tu t’es battu… pour moi ? Je réalisais en posant cette question que lui demander me rendait… triste, parce que vu comme Chuck venait d’exposer ce qui s’était passé, c’était Scott qui l’avait fait à sa place, et Chuck… n’avait fait que subir, le poids en trop que j’avais été. Alors que ça aurait pas dû être comme ça, que ça aurait dû être le contraire… Que là si Scott l’avait provoqué, c’était par ma faute. J’en avais un peu ras le bol de foutre de la merde même quand je voulais pas !! Je n’allais pas m’excuser encore une fois parce que m’auto flageller merci bien mais c’était pas mon truc, mais voilà quoi.

Je baissai la tête vers le sol en frottant nerveusement mes doigts entre eux, parce que ce qui nous tombait dessus cette nuit était bien en train de montrer qu’on recommençait pas de zéro, mais qu’on reprenait là où on s’était arrêté et que c’était pas forcément quelque chose de bon. Je l’entendis se lever. J’aurais voulu avoir le pouvoir d’être cette fille qui avait le pouvoir de le pousser vers le haut quoi qu’il arrive, et aussi celle qui aurait pu lui faire n’importe quoi, lui demander n’importe quoi que ça aurait suffi de le faire céder ou de le faire se ranger de mon côté, mais plus ça allait plus je voyais bien que ces capacités là… je ne les avais pas encore, peut-être jamais, j’en savais plus trop rien.

Mais comme il était venu tout près, cette fois, je le laissai faire, et appuyai la tête vers l’arrière, sur son épaule en fermant les yeux quelques secondes pour me concentrer uniquement sur ça, sur nous deux, et rien d’autre. Parce que quand nos deux corps étaient l’un contre l’autre, comme là, c’était juste parfait. Rien d’autre ne pouvait changer.
Rien d’autre
ne pourrait y changer.

- Désolé. J'essaye mais c'est pas si facile... Pas vrai ? Tu viens, on se met au lit?...

Je le suivis, mais comme il était encore un peu tôt pour dormir, même si on était bien calés parce que c’était la fin des engueulades, j’en profitais, comme il l’avait fait tout à l’heure pour prendre moi aussi une cigarette dans l’étui et la fumer. Mes jambes s’étaient enroulées autour d’une des siennes, comme si c’était l’entrave la plus puissante qui puisse exister.

- Regarde ce que je sais faire
, dis-je alors, et même si je n’y arrivais pas du premier coup, j’avais eu de l’entraînement cet été quand je restais dans ma chambre à ne rien faire et à passer le temps comme ça : je fis sortir de ma bouche, avec le bon souffle, des petits cercles de fumée. Mais en même temps que je faisais ça, une autre idée me vint et je pris sa baguette parce que c’était la plus proche et que maintenant, je ne faisais plus trop la différence. Je passai la cigarette dans la main gauche, tirai dessus pour faire une nouvelle forme ronde, sauf que cette fois à l’aide de la baguette magique, métamorphosa la forme en cœur, parce que c’était le plus évocateur et colorait la fumée en rouge, qui vint s’estomper lentement sur ses joues comme on était proches l’un de l’autre. Je recommençais plusieurs fois l’opération et quand j’eus terminé la clope, plaçait ma main entre sa nuque et son oreille, pour rapprocher sa bouche de la mienne et l’embrasser. Puis je m’écartais pour pouvoir prendre son visage entre mes deux mains et l’observai quelques secondes, d’abord sans rien dire, juste pour le plaisir de dévisager ses traits qui n’avaient plus trop de secrets pour moi – même s’ils en aurait bien eu envie. Tu sais pourquoi je t’aime ? murmurai-je tout bas ? C’est que moi aussi, j’en ai aucune idée…

C’était pas pour le vexer, pas du tout, c’était plus une sorte de déclaration en plus, mais vraiment, j’en avais aucune idée moi non plus. Comment c’était arrivé, et pourquoi… qu’est-ce qui m’avait fait changer d’avis, alors qu’avant je lui jetai des bièreaubeurres à la figure quand il voulait me bécoter. Mais justement, parce que c’était un
tout, qu’il était tellement fort et que contre ça, je ne pouvais pas lutter et lui non plus, même s’il s’y était risqué. Que quand je le voyais avant, je rêvais secrètement – et pas que – de lui en coller une, et que maintenant le savoir loin de moi, c’était comme s’il avait pris un petit bout de moi pour le garder en captivité pour que je vienne me chercher. Que la limite mystérieuse entre les deux n’existait plus, qu’elle s’était estompée à cause de tout ce qu’on avait fait, ou ne pas fait. Et c’était parce que je ne savais pas, que d’un côté j’aimais ça, parce que ça avait muté progressivement sans que je le remarque tout de suite, avant que ça me saute aux yeux, et c’était ça qui rendait tout plus merveilleux… Que parce que je ne pouvais pas contrôler, ça faisait un peu peur, mais que c’était la même adrénaline que le saut à l’élastique – on s’approche tout près du fracas de la chute, mais on l’effleure seulement, parce que quand on l’approche un peu trop près… on repart dans l’autre sens, dans les airs, et on avoisine les étoiles…

- J’aime bien quand on flirte, marmonnai-je en le taquinant, en le chatouillant du bout de l’ongle dans le cou pour qu’il relève la tête parce que je le soupçonnais de l’avoir surpris sans être sûre à loucher entre le tee shirt et ce qu’il y avait en dessous – mais bon vu comment on sortait plus ou moins bien, j’allais prendre sur moi et en rire – et repris nos papouillages là où on s’était arrêté. C’était peut-être pas… exactement ce qu’il voulait, mais ces moments-là comme ça, qui ont l’air de rien, il était important aussi, non ?

Je l’embrassais encore, mais un peu plus longtemps que tout à l’heure. C’était pas simple, mais ça on l’avait déjà dit et on le savait et même si tout ne me plaisait pas ou n’allait pas assez vite, je n’allais pas baisser les bras, parce que d’une certaine manière, j’avais toujours obtenu ce que je voulais, et c’était pas aujourd’hui que ça allait changer.

- T’es qu’à moi
, rappelai-je un peu plus vigoureusement, après avoir lâché ses lèvres mais en le regardant bien droit dans les yeux, front contre front. Il était qu’à moi et je lui interdisais de dire ou de penser le contraire.

Je changeais de position pour m’étendre sur lui – mais le dos contre son cœur, nos deux têtes tournées vers le plafond. Je pris sa main, hésitai, mais la posai quand même sur mes vêtements, là où les côtes étaient juste en dessous, du côté droit. J’étais pas certaine qu’il s’en souvienne, ou même s’il avait remarqué comme il en avait pas trop eu l’occasion, mais ça avait une portée significative pour moi, cet endroit, juste là… Je ne dis rien en superposant ma main sur la sienne.

- Qu’est-ce que tu voudrais que je fasse ? Pour te faire plaisir.. ?
Autant qu’il le dise, même si je savais ce qu’il attendait vraiment… Il pouvait y avoir autre chose qui pouvait faire office de substitut ? Ce sera pas tout le temps comme ça, c’est promis… chuchotai-je en lui faisant un bisou sur la joue. Je voulais pas qu’il pense que je me braquais volontairement pour le souler alors que ça lui plaisait pas. Et qu’il comprenne que j’avais vraiment envie de faire des efforts et que j’allais tout faire pour que ça dure pas.

Tant bien que mal, j’allais un petit peu vers lui… j’attendais juste qu’il aille un peu vers moi.

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"Elle lui a appris à vivre.


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Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Mer 27 Mar - 17:26

En même temps, elle était bien mignonne. Mais elle se rendait pas compte. Qu'est-ce qu'elle voulait que lui chouine dans les bras, oh là là, mes parents sont si méchants, ma famille est toute pourrie, et ma vie c'est de la merde, alors qu'elle c'était mille fois pire vu qu'elle n'avait même plus de famille ? Déjà que j'étais pas du tout du genre à chouiner justement, alors avec elle, c'était même pas la peine. Et je me doutais bien qu'au fond elle se faisait des films et qu'elle se disait que je voulais rien lui dire ou je sais pas quoi, mais c'était pas ça. Du tout. C'était juste que tout ce que j'aurais pu lui dire c'était tellement de la merde, tellement inintéressant proportionnellement à elle, que ça valait pas le coup. En tout cas, moi, je voyais pas l'intérêt. Et puis comme c'était pas en lui disant tout ça que ça allait changer quelque chose au problème, c'était juste pas la peine de s'acharner, quoi. Evidemment ça me faisait chier parce que je ne voulais pas qu'elle croit que c'était comme si elle était une fille parmi les autres et que je n'allais jamais me confier - c'était quand même à elle que j'avais toujours dit le plus de choses - alors j'espérais juste qu'elle allait comprendre à un moment ou à un autre... Et puis merde, pourquoi c'était si compliqué tout d'un coup ? Ok, le Texas, c'était juste pour une durée limitée c'est ça ? Depuis le début de la semaine, non seulement j'avais l'impression que le monde entier s'immisçait dans notre vie pour nous faire chier, mais en plus Taylord changeait, et sans doute que moi aussi, et j'avais l'impression qu'on avait fait un sacré bond en arrière. Et c'était pas vraiment ça que je voulais. C'était elle, d'accord, mais pas elle avec toutes ces merdes et toutes ces casseroles... Ça faisait un raffut du tonnerre dans mes oreilles, et c'était bien chiant. Et surtout pas ce qu'on avait imaginé - enfin pas moi en tout cas. Pourquoi est-ce qu'avec Taylord, je faisais toujours de travers ? Je commençais vraiment à me demander si y'avait pas un truc que j'avais pas capté, un truc plus fort que moi, que nous, parce que ok maintenant que j'avais accepté que je ne pouvais pas trop continuer sans elle, eh ben en fait, c'était pas du tout aussi simple que ça en avait l'air. Et c'était rare, mais je me demandai alors ce que Coop avait bien pu trouver à me dire à ce propos, pourquoi j'agissais comme ça, etc etc, mais il me semblait qu'il ne m'avait pas donné d'explications... Alors, pourquoi ?

Je soupirai encore une fois, en même temps de lassitude et de colère. Eh ben d'accord alors, on allait se disputer encore une bonne fois, et ça ne changerait rien à l'affaire, mais merde, je ne voyais pas quoi faire d'autre de toute façon. Elle cherchait la merde et elle me poussait à faire pareil, alors, j'assumais, qu'elle assume aussi.


- Ah non mais recommence pas à voir c’qui t’arrange, c’est pas ça c’que j’t’ai dit, c’est que je donne à personne, l’autorisation de te faire ça.

- C'est ça, ouais, me moquai-je, comme si elle était un instant préoccupée par le fait que je me prenne des pains d'une meuf parce que j'avais couché avec sa pote. Vu ce que Taylord envoyait aux filles qui me tournaient autour, j'imaginais bien qu'elle devait aussi avoir envie de m'en coller une ou deux de temps en temps - ça faisait si longtemps.

- Donc j’pense que ça t’intéresse pas non plus que j’te dise qu’un soir elle a vu ta putain de… Elle me balança un truc sur les genoux, que j'attrapais... Non mais, ça sortait d'où cette photo ?! de photo pendant qu’on était ensemble, et que je lui ai dit ce que je ressentais encore, mais ça vous a pas trop dérangés je vois, mais vas-y j’ten prie, puisqu’elle est tellement conciliante, elle, et qu’elle fait tellement moins chier, retourne t’éclater avec elle au lieu de t’emmerder ici, si elle est si bien qu’ça ! T’es parti, c’est toi qui l’a dit, alors tu veux que j’réagisse comment ? J’ai plus envie d’y penser mais j’y pense quand même, j’essaye mais j’y peux rien, j’y arrive pas, j’m’amuse pas à le faire exprès tout ça, qu’est-ce que tu crois ? Alors merde, t’es pas le seul en plus ici à attendre que l’autre se décide, parce que j'ai détesté de te voir avec d'aut' filles, et t'imagines que c'est sympa d'se dire que tout le monde a profité de mon copain ? T’es pas cool là ! Si ça t’soule que j’pense avec autre chose que mon cerveau, bah très bien, j’te dirais plus c’qui va pas et basta, pardon.

Oh, eh oh, on allait se calmer un peu là ! De toute manière je n'écoutais qu'un mot sur deux parce qu'elle me soulait, et ça m'énervait quand elle était comme ça, ses mots étaient plus durs et ses yeux lançaient des éclairs - d'ailleurs, je connaissais par coeur les répercussions physiques de son énervement : ses sourcils courbés, ses lèvres inclinées, et puis, son accent texan encore plus prononcé, qui la faisait avaler des parties de certains mots. Et il y avait quelque chose d'assez bizarre dans le fait qu'au fond, je savais, je le savais dure comme fer, que même comme ça, je l'aimais.

- Non mais tu t'fous de ma gueule, je sais pas ce que tu lui as dit exactement mais pas que du bien apparemment, parce que d'après elle tu pensais que j'étais un connard, donc me sors pas le coup de la photo et de la fille désespérée, hein.

... Bon, c'était peut-être pas très bien dit. Je poussai un soupir de buffle et me passai la main sur le visage.

- Mais je sais même plus pourquoi on s'énerve là, tu m'soules, tu vas me faire un procès pour toutes les filles avec qui j'étais ? Je te signale que j'étais en gros juste avec elles pour essayer de pas penser que j'avais tout fait foirer avec toi, et maintenant que t'es là, tu vas me le reprocher à chaque fois ou quoi ?! Alors que je t'ai dit que j'en avais plus rien à foutre d'elles et que je te voulais juste toi, mais il faut que je te le dise en quelle langue ?!

... En fait, quand je finis de parler, je n'étais même plus énerver et en train de lui gueuler dessus, j'étais juste... Triste. C'était vrai, quoi, on allait respirer quand, nous, dans cette histoire ? Et puis plus je parlais plus j'avais l'impression d'empirer les choses, alors j'allais me taire, et ça allait être bien plus simple, merde.

L'instant d'après, je sentis la main de Tay me saisir le visage que j'avais détourné d'elle, et le faire revenir vers elle. Je plongeai alors mes yeux dans les siens - les flammes les faisaient un peu briller et je me demandais bien ce qu'ils avaient comme pouvoirs tellement ils étaient tout pour moi, tellement ils me captivaient et m'empêchaient de m'enfuir. Parce que soyons clairs : ça n'aurait pas été elle, je me serais barré depuis bien longtemps, et sans que ça me pose problème. Mais tout le truc était là : quelque chose d'invisible m'attachait à elle, et ça, depuis des années, en fait, c'était bien pour ça que j'avais failli crever cet été sans elle, quoi d'autre pour le justifier ? C'était quand même super bizarre, cette sensation. Dire que je m'étais promis de ne jamais tomber amoureux pour ne pas me retrouver pieds et poings liés à une fille qui aurait ma vie entre ses mains, j'avais bien l'impression que j'avais sacrément échoué. J'attrapais vivement sa main pour qu'elle ne s'échappe et pas et gardais son poignet serré entre mes doigts, l'observant une seconde. C'était celui, et je m'en rappelais très bien, qui était tout violacé, ce soir où je l'avais trouvée en train de gerber dans les chiottes. Je vérifiai qu'il n'y avait plus de traces suspectes - elle arrêtait ses conneries et j'arrêtais les miennes, c'était ça le deal, pas vrai ? - et je déposai mes lèvres sur sa peau, un peu partout, sans l'embrasser au début, juste en respirant son parfum et en laissant sa peau caresser la mienne, puis j'embrassai à plusieurs endroits le dessus de sa main et le tour de son poignet. Au moins, j'étais rassuré sur ce point-là : elle avait levé le pied sur ces conneries-là.


- C’est où qu’elle t’a frappé Lizlor ?

Ah oui, elle avait parlé. Je faillis, puisque j'avais toujours sa main prisonnière de la mienne, l'attirer vers moi et la faire taire une bonne fois pour toute en la couchant sur le canapé et en l'embrassant, mais ça n'allait rien arranger à la suite, parce qu'on avait pas encore dit tout ce qu'on avait à dire.

- Mais tu te souviens, j'avais un coquard, tu m'as même demandé d'où ça venait. Mais franchement - j'eus un sourire bien sincère cette fois - c'est plus mon honneur qui en a pris un coup, tu sais. Non mais, elle est un peu tarée Lizlor quand même !

J'eus un sourire et je haussai les épaules, mais très vite, Taylord était debout, ma petite blague à l'eau, et elle me tournait le dos. Et histoire d'enfoncer un peu plus le clou, je voyais sa silhouette toute nette avec l'ombre des flammes, je me rappelais très nettement de son corps et de sa chaleur, de sa peau, et la frustration revenait peu à peu. Ça me faisait chier, tout d'un coup, d'être tellement dépendant des mes envies, mais en même temps ça me paraissait tellement naturel : j'aimais Taylord de toute les façons qui soient, alors c'était logique que j'ai envie d'elle à chaque instant qui passait, parce que je la trouvais belle et désirable et qu'il n'y avait pas une seule fille, même parmi les plus jolies de Poudlard, qui m'attirait avec autant de force et de passion, et honnêtement, je ne me voyais pas une seconde aller voir ailleurs, même si pour l'instant je ne pouvais qu'imaginer tout ce qu'on pouvait faire tous les deux. Mais bon, la concernant, j'avais l'habitude. On va dire qu'elle avait un certain talent en ce qui concernait se faire désirer, la charmante enfant.

- Non, j’étais pas au courant, personne a dû penser que c'était la peine de me prévenir. Et toi ? est-ce que tu t’es battu… pour moi ?

... Ouh là, elle parlait de quoi exactement ? De ce moment particulièrement honteux où il valait mieux pas qu'elle s'attarde, parce que con et fier que j'étais je n'avais pas été très correct à son sujet, ou bien de manière générale ? En me levant, je baissais un peu le regard histoire d'être certain de ne pas croiser son regard, mais bon heureusement, elle était de dos.

- Ça fait six ans que je me bats pour toi... et contre toi, dis-je sur un ton bien plus léger, avec un petit sourire. Je faisais référence à toute notre histoire, nos disputes, nos alliances, et tout ces moments où je lui courrais après et qu'elle courrait un peu plus loin. Mais cette-fois là on va dire que j'ai mérité ce que j'ai pris dans la gueule, tu crois pas ? avouai-je alors en continuant de faire genre que je plaisantais, mais pas trop, on est d'accord.

Mais comme sa tête vint s'incliner contre la mienne, doucement, alors que je l'entourais de mes bras et que mon corps se collait contre son dos, ce fut comme si quelqu'un avait tout d'un coup ouvert la fenêtre en grand et que tout l’électricité de l'air s'était envolée, pouf. Je connaissais bien ces moments-là... Tout s'envolait et il n'y avait plus qu'elle, comme si elle avait été une bonne dose de drogue rien que pour moi. Je respirai son odeur et j'avais l'impression, comme si j'avais fumé plusieurs joints, que mon cerveau se décollait, je sentais sa peau sous mes doigts et je planais, je touchais ses cheveux de mes lèvres et je me demandais si mon coeur n'allait pas me défoncer la poitrine tellement il battait fort. Pourquoi ça ne pouvait pas être tout le temps comme ça ?

Comme sa bouche n'était pas loin, j'avais un peu tourné mon visage en espérant qu'elle allait m'embrasser, mais elle avait les yeux fermés et ne me voyait pas et je la regardai sans rien dire. Est-ce qu'un jour j'allais la regarder sans me sentir un peu merdeux, parce que je regrettais plusieurs trucs, et parce que quoi que je fasse il y avait, encore et toujours, une petite distance qui me bloquait, sans doute parce que j'avais été trop longtemps habitué?

Elle bougea alors, et je la suivis, sans lâcher sa taille. Je n'étais pas vraiment crevé, mais plutôt las. J'imaginais qu'elle aussi... Je m'installai en ne sachant pas trop comment nous mettre, mais en même temps, vu que j'étais grand et que le canapé était un peu un canapé pour les nains comme Taylord, j'étais obligé de m'étaler un peu partout, et de surtout la prendre à moitié sur moi. Elle avait emprisonné ma jambe et je la regardais en souriant un peu ; tout d'un coup j'avais l'impression qu'il n'y avait plus besoin de dire quelque chose... Peut-être qu'elle comprenait ? En tout cas j'espérais qu'elle avait vidé son sac, et que moi aussi. Je voulais que ce soit... simple. Quand elle attrapa une clope pour l'allumer, je suivis du regard ses gestes - et dire qu'au début elle tirait la tronche d'un air choqué quand je fumais, ah bravo - et enviais prodigieusement cette imbécile de clope d'être pincée entre ses deux lèvres. Je me marrai quand elle me fit sa petite démonstration - pas mal, pas mal, je ne connaissais pas ce petit tour de passe passe - et m'amusai à laisser les coeurs de fumée me venir sur le visage, après qu'il ait volé entre les deux nôtres. Je piquai un baiser sur ses lèvres après qu'elle ait soufflé sa fumée, et elle me le rendit bien. L'odeur de Taylord se mélangeait à celle de la cigarette, mais ça ne me dérangeait pas - curieusement, j'avais l'impression que c'était juste la preuve que nous avions grandi, changé - et je laissais tous mes sens prendre le contrôle de moi. Ce n'était pas un baiser comme tout à l'heure, où j'avais envie de la bouffer littéralement, mais plus tendre, même si c'était aussi intense. Je n'avais juste pas envie de m'arrêter.

Après je ne sais même pas combien de temps, on s'écarta un tout petit peu - juste pour se voir dans les yeux - et elle murmura :


- Tu sais pourquoi je t’aime ? C’est que moi aussi, j’en ai aucune idée…

Je frottai mon nez contre le sien et embrassai son front puis ses lèvres, encore. C'était un peu bizarre, mais elle exprimait plutôt bien ce que je me disais. Il y avait plein de raisons précises qui me faisait l'aimer encore plus, mais au fond, quoi? Pourquoi elle ? Parce que j'avais l'impression qu'aucun sentiment n'aurait pu être plus fort.

- Du moment que tu t'arrêtes jamais, dis-je en souriant. Je l'embrassai une nouvelle fois.

- J’aime bien quand on flirte, fit-elle en croisant mon regard qui, oui, bon, vu qu'elle était un peu au-dessus de moi, s'était perdu dans son décolleté. Ce n'était quand même pas de ma faute si son t-shirt baillait ! J'eus un petit rire et encore une fois, tout me paraissait plus léger - c'était bien ma Taylord que tenais contre moi, pas de doute. Elle était là, fragile peut-être, mais elle était là... Alors tout ça valait le coup, il ne fallait pas douter...

- Montre moi comment c'est quand on flirte ? C'était de la petite provocation - qui voulait juste dire moi aussi j'aime, continue - et s'en suivit une bataille de baiser dont on avait le secret. Pour une fois, la proximité de nos deux corps ne me mettait pas trop dans un état ingérable, alors que pourtant elle était collée tout contre moi et que je sentais ses formes, bref, tout ce qu'il fallait - mais sans doute que je commençais à retenir la leçon. Elle avait besoin de temps, d'accord. Quelques trucs ne se passaient pas bien, que ce soit son corps qui la dérange ou bien mes histoires de cul, mais en tout cas c'était hors de ma portée, maintenant, alors à part attendre, je n'avais rien à faire d'autre. Du coup, autant essayer de minimiser les dégâts.

Je l'embrassai en mordillant ses lèvres et en les gardant prisonnières des miennes avant de la laisser reprendre un peu les commandes, que je repris vite - ma main se perdait dans ses cheveux et je sentais nos respirations toutes précipitées, mais je lui souriais entre deux baisers parce que malgré tout je me sentais bien et qu'elle était
magique, et qu'elle était belle, et que je n'avais besoin de rien de plus.

- T’es qu’à moi, fit-elle avec sa petite tête de dragon en colère. J'attrapai sa nuque d'une main en la serrant un peu et lui rendis son baiser, avant de répondre :

- Et toi t'as toujours été à moi même quand tu le savais pas, je lui soufflai dans le cou et lui mordillai l'oreille avant de lui murmurer : mais j'aime bien quand tu te bats pour moi, tu sais ça?... Je lui lançai un sourire complice. Non mais, une meuf qui se bat, c'est toujours sexy, mais alors quand en plus c'est Taylord et que c'est parce qu'elle est jalouse, pfouuu...

Quand elle se cala contre moi, ma main jouait encore dans ses cheveux - je sentis la petite main de Taylord attraper ma main libre et la glisser sur elle, sur ses côtes, que je sentais distinctement sous mes doigts. J'avais la respiration un peu courte d'avoir ri et de l'avoir tant embrassé, mais sinon je me sentais bien, et ses mèches qui me chatouillaient le cou me faisaient frissonner juste comme il fallait. Et ça me faisait moment à quand Coop on montait sur le toit de chez nous, qu'on passait par la fenêtre de la salle de bain, et qu'on se couchait sur la dalle en ciment et qu'on regardait le ciel : je ne me souvenais pas de moments plus calmes que ces moments-là, comme si pendant quelques heures, on avait le droit d'être d'autres personnes, sans problèmes, sans rien. Et je voulais que Taylord sente la même chose... Qu'elle n'ait plus de problèmes, mais du coup, je me sentais complètement impuissant.


- Qu’est-ce que tu voudrais que je fasse ? Pour te faire plaisir.. ? Ce sera pas tout le temps comme ça, c’est promis…

La voix de Tay perturba ma rêverie, et je ne sais pas si c'est ça qui fit que je captai sur le coup, mais... Mais mes doigts se crispèrent là où ils étaient posés, contre sa peau, sous sa main. La scène me revenait nettement, même si ce soir-là toutes les images s'étaient mélangées - les cris de tout le monde, Haruhi, Lilian, Megane, Katie, tout ça... Mais je me rappelais du bordel, de la peur, et surtout de la souffrance tout autour de nous, à cause de cette bande d'abrutis qui, heureusement, n'étaient plus qu'un mauvais souvenir. Sa question m'inquiéta un peu - non mais ça va, je n'allais pas la forcer non plus, je ne pouvais pas prétendre être amoureux d'elle et lui demander ça. Je sais que j'avais un peu un caractère de merde, mais quand même.

- Mais rien, Tay, c'est parfait je... Je piquai un baiser dans son cou en me redressant un peu. Non, ce n'était pas parfait puisque je voulais la suite, mais voilà quoi, à part ça, tout allait bien. Je veux dire, je peux attendre, et je veux pas que tu fasses quelque chose que tu veux pas ! Embrasse-moi, ordonnai-je pour toute réponse concrète, fermant les yeux et retenant un peu ma respiration, comme si après ce baiser-là il allait falloir que j'assure vraiment.

Ensuite, mon regard alla d'elle à sa main, à ma main dessous, et c'était elle qui était le dos contre le canapé et moi redressé à côté cette fois. Précautionneusement, je retirai ma main. Puis, je la glissai sous son t-shirt, doucement, prêt à m'arrêter à un seul geste, un seul regard de sa part, mais je n'allai pas loin, juste vers ses côtes, et je repoussai le t-shirt jusque à l'emplacement où se trouvait ma main. La peau était un peu plus rose, sa couleur plus inégale... Je me penchais et l'embrassai doucement, avant de rabattre le t-shirt dessus.

En vérité, je me sentais carrément... mal. Heureusement que j'avais eu un peu de bon sens quand on s'était battu pour libérer Poudlard, ensuite. Heureusement aussi que ce n'était pas aujourd'hui que je me retrouvais en face du Mangemort qui avait infligé ça à Taylord, parce que sinon franchement je l'aurais fumé de mes mains. Ca me rendait ouf de me dire que quelqu'un lui avait fait mal, de savoir que j'avais rien pu faire, strictement, et de savoir aussi qu'elle n'avait pas besoin de ça, en plus de tout... Est-ce qu'elle y pensait souvent ? J'avais tendance à dégager les choses dans mon esprit quand elles étaient que des mauvais souvenirs et rien de plus, alors moi ces connards de Mangemorts je les avais dégagé bien vite de ma tête. Mais tout le monde ne faisait pas pareil... Est-ce que Taylord avait peur encore, est-ce que ça la hantait ? Je ne savais même pas. Et je me sentais con de pas le savoir.

En me re-glissant contre elle - son chat choisit pile ce moment pour se foutre à nos pieds en miaulant et en se frottant contre nos jambes, mais je ne dis rien - j'entourai sa taille de mon bras et coinçait ma tête, le menton sur son épaule. Je voyais son profil se dessiner dans l'ombre, et je fis glisser mon doigt le long, en caressant ses lèvres au passage, avant de ramener ma main autour de sa taille.


- T'y penses souvent ? finis-je par lâcher du bout des lèvres. Quelque chose serrait mon coeur quand j'imaginais qu'on puisse lui faire du mal. Je m'en fous je suis là maintenant, plus personne te touche, rajoutai avec hargne.

Je fis tourner son visage vers moi en caressant sur sa joue - mon pouce s'amusa à dessiner le contour de ses lèvres, belles et juste comme je les aimais, un peu charnues mais pas trop. Pour finir, je posai le doigt sur le petit grain de beauté de sa joue qui lui donnait un petit air mutin, avant de l'embrasser. En ce moment, je trouvais quand même que les cernes sous ses yeux apparaissaient plus que d'habitude, et plus qu'au Texas en tout cas. Alors, j'attrapais ma baguette qui avait glissé par terre et l'agitais pour que la couverture nous recouvre, après qu'on ait enlevé nos pompes, et j'ordonnai :


- Je t'attendrais le temps qu'il faudra, conclus-je en lui souriant. J'vais aller nulle part sans toi tu crois quoi, tu pensais être débarrassée de moi si vite ? Je la chatouillai en la coinçant avec mes jambes pour qu'elle puisse pas trop se débattre. Puis, en m'installant confortablement et en la tirant à moitié sur moi, je l'entourai de mes bras. Il faut que tu te reposes. T'as plus le choix, je veille sur toi maintenant. Et attention, demande à Coop, c'est pas tous les jours marrants, ricanai-je.

En la tenant contre moi, comme ça, je sentais son coeur battre contre le mien, et résonner un petit peu sur la surface de ma peau. Le feu crépitait dans la cheminée et j'avais l'impression que c'était l'écho de toute la chaleur dans mon corps... Est-ce qu'on allait y arriver, finalement ? J'espérais de toutes mes forces, mais j'étais pas vraiment certain qu'on s'y prenne bien, et encore moins d'être à la hauteur.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



Féminin
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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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Feuille de personnage
Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
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MessageSujet: Re: Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Venus [C.C] ♥ {Ended}   Jeu 28 Mar - 20:22

♪ Stay stay stay ♫

You took the time to memorize

Me, my fears, my hopes and dreams



C’était exactement ce genre de moment qu’on connaissait bien tous les deux, parce que c’était un peu notre marque de fabrique, parce que ça montait, ça montait, ça montait, comme une bouteille de soda qu’on a trop secoué et pas encore ouverte qui va exploser d’un instant à l’autre, et puis boum on tourne le bouchon et c’est un véritable geyser de de bulles. Sauf qu’avec Chuck ou avec moi, il en fallait du temps avant que ça pétarade vraiment, parce qu’il en avait autant derrière que j’en avais – et l’entendre se moquer n’arrangea rien, à part m’offusquer encore plus, et puis il aurait dû le savoir que quand il prenait tout à la légère, j’avais encore plus envie de le smatcher, parfois je me demandais si il le faisait vraiment exprès… Non mais il le faisait exprès, c’est ça ?! Ça me faisait un peu penser à l’école primaire, quand je parlais et qu’on ne m’écoutait – vraiment je n’aimais pas qu’on ne m’écoute pas. Vraiment. – et que ça finissait généralement par faire bouffer la terre à mon interlocuteur pour qu’il se taise et qu’il me laisse la parole. C’était pour ça aussi que je restais plus avec les garçons qu’avec les filles parce qu’ils faisaient moins de manières, et que même si sur le coup il le prenait pas, le lendemain, on en parlant plus et on redevenait potes comme cochons alors que les nanas bah elles préparaient toujours des plans de vengeance, oh et merde, elles étaient chiantes. Il n’y avait qu’avec April que ce n’était pas tout à fait pareil parce que même si des deux c’était plus moi qui la faisait pleurer que l’inverse quand elle me faisait jouer à ses jeux de princesses et qu’au bout d’un moment j’en avais marre, on s’était quand même toujours bien entendu, malgré nos différences. Quand on se prenait le chou, sur l’instant, je la détestais et je me voyais en train de lui arracher la tête de ses poupées. Puis quelques secondes plus tard, ça me rendait triste de la rendre triste parce que je savais qu’elle aurait eu mal de voir sa Barbie toute abîmé et que c’était même plus de la colère et de la méchanceté. Cinq minutes après, c’était oublié, on allait brosser nos chevaux pour aller faire une ballade.

- Non mais tu t'fous de ma gueule, je sais pas ce que tu lui as dit exactement mais pas que du bien apparemment, parce que d'après elle tu pensais que j'étais un connard, donc me sors pas le coup de la photo et de la fille désespérée, hein.

Et bien apparemment il n’y avait pas que moi qui avait quelque chose sur le cœur ! Tout était en train de s’enchaîner, comme à l’usine où on ne doit pas perdre le rythme sinon c’est tout le procédé qui pète. Non mais…
Pardon ?! Ruby était allée dire quoi ?! De quoi elle se mêlait ?! Elle manquait pas d’air sérieux ! Okay donc en gros, non seulement, elle s’était ramené pour faire la malheureuse et prêcher ses bonnes paroles, moi je lui avais raconté des trucs, je me souvenais pas de tout parce que c’était pas la joie à ce moment-là, mais il me semblait me rappeler qu’on avait pas dit qu’après cette soirée, c’était tchao, on redevenait que des étrangères et démerde toi, mais en plus de tout ça, elle était allée raconter des mensonges à Chuck, avant qu’ils fassent leurs petites affaire tous les deux ? Non mais merci, trop sympa la fille !!

Mais à la limite, c’était pas ça le pire… le pire… c’était que Chuck l’avait cru ? J'allais pas dire que je l'avais pas pensé un jour ça aurait été mentir, parce que vu le nombre de fois où on s'était pris la tête... Mais ça avait changé bon sang et depuis longtemps !! Depuis tout à l’heure on pouvait pas dire que notre dispute ne me faisait rien, mais là, sa remarque me blessa vraiment – parce que ça voulait dire que lui avait pensé que j’avais pensé ça de lui, ça voulait dire la super estime qu’il avait eu alors, et si il me le balançait, c’était bien que ça avait dû continuer jusqu’à maintenant. Je me sentis rougir de honte tout à coup d’avoir révélé l’histoire de la photo, en plus d’être idiote, comme si c’était trop intime et qu’il était en train de s’essuyer avec ses godasses dessus en se marrant de la fille « désespérée », et je la récupérais, la regardais une seconde en passant mon doigt sur le visage qui me souriait mais qui n’avait rien à voir avec le Chuck d’à côté de moi, avant de la fourrer dans ma poche et de resserrer mon poing dessus. Je le prenais – et ça sonnait à mes oreilles – comme une véritable insulte, pire que si là tout de suite, il m’avait traité de pute.

- … et tu l’as cru ? demandai-je amèrement, les yeux ancrés dans les siens. C’était bizarre, parce qu’à le fois, je voulais tout foutre en l’air et le traiter d’imbécile, parce que si pour lui la fille qui l’attendait et qui était amoureuse de lui, avait pas arrêté de pleurer tout l’été en attendant désespérément le soir pour s’en dormir et voir venir un autre jour, mais en être fatiguée d’avance, parce que ça n’irait pas mieux le lendemain mais tout aussi pire, qui restait toute seule parce qu’elle pensait que c’était ça qui était le mieux, qui faisait tout ce qu’elle jugeait idiot et débile en temps normal, qui allait traîner dans des lieux glauques comme la cabane hurlante en s’enfilant de la drogue, en gardant des photos dans son sac, en dormant dans ses tee-shirt et se baladant dans ses sweats la journée, pensait qu’il était un connard, alors qu’est-ce que ça devait être Pour les autres ! Comment, il avait pu imaginer ça ?

J’aurais dû lui dire tout ça, mais tout à coup, j’en avais même plus envie – découvrir que c’était comme ça qu’il me voyait, ça ne faisait vraiment pas du bien, surtout que même si ça avait été mal, je l’avais idéalisé en rejetant la faute sur moi, et d’essayer de tout faire pour que ça marche quand on avait retenté d’être amis. Mais en fait, tout ça, quand je le faisais, ça devait être que du vent pour lui, parce qu’il avait en tête que je le jugeais et que quoi qu’il fasse ça changerait rien…


- Mais je sais même plus pourquoi on s'énerve là, tu m'soules, tu vas me faire un procès pour toutes les filles avec qui j'étais ? Je te signale que j'étais en gros juste avec elles pour essayer de pas penser que j'avais tout fait foirer avec toi, et maintenant que t'es là, tu vas me le reprocher à chaque fois ou quoi ?! Alors que je t'ai dit que j'en avais plus rien à foutre d'elles et que je te voulais juste toi, mais il faut que je te le dise en quelle langue ?!


Il en avait de bonnes, c’était lui qui s’était excité tout seul le premier, et moi qui lui répétais ce qui allait pas et toujours lui qui captait rien ou faisait semblant de pas capter - il s’était attendu à quoi, que j‘avais aussi la fonction carpette intégrée ?! En plus, je venais de m’excuser, mais non, même ça, ça suffisait pas, non mais parfois je me demandais vraiment… Ce qu’il attendait de moi. J’étais perdue, je savais pas ce que je devais faire, il voulait que je m’ouvre, mais quand je le faisais, il faisait tout en sorte pour que ce soit l’inverse qui se produise, et je venais de lui dire, j’allais plus le faire puisque c’était comme ça… Finalement, savoir qu’il avait été malheureux lui aussi ne me fit absolument aucun bien ce fut même encore pire, et je culpabilisais un peu, parce que je ne voulais plus jamais que ça arrive, et j’étais jalouse, trop trop jalouse pour rester comme ça et faire comme si de rien était. Je lui reprochais pas, c’était juste de me dire qu’on était resté dans notre coin à nous morfondre, et ça me rendait malade parce que c’était comme une perte de temps, alors qu’on aurait pu être ensemble, mais qu’au lieu de ça, je me jaugeais par rapport à ses autres meufs. Et en toile de fond, même si ça, je ne lui en avais pas parlé, et puis là, ça ne risquait plus, les précédentes expériences que j’avais eu en comparaison, elles n’étaient pas très glorieuses, sans plaisir et sans réelle envie, sans compter que la dernière fois, ça avait failli très mal se terminer, et je n’étais plus très rassurée en fait à l’idée de recommencer, parce que pour le faire, il fallait se donner et y voir une certaine forme d’abandon – en quelque sorte, c’était m’en remettre complètement à Chuck ,et ça, je ne savais pas si j’étais tout de suite prête à le faire.

Je sentis la tension, beaucoup plus forte : celle où j’allais lui dire que si il pensait que je pensais qu’il était un connard, et bien très bien il en était un et qu’il avait qu’à le rester – et le planter là comme le connard qu’il était puisque ça lui faisait plaisir de le penser. Non. Lui en foutre une d’abord. Mais je voyais son profil se dessiner, et même avec ses expressions de colère, je ne pouvais pas m’empêcher d’en saisir le moindre détail, comme si je n’arrivais pas à m’en lasser – je n’arrivais pas à m’en lasser. Toutes ses façades, tous ses regards, tous ses coups de gueules et ses paroles douces, je ne voulais les garder que pour moi, et toutes me les greffer sur le bout des doigts. Je compris d’abord son geste comme de l’auto défense et était prête à répliquer – mais tout de suite après son emprise se fit plus légère et je le laissais faire, surtout que je n’avais pas trop de mal à savoir ce qu’il était en train de penser, en posant son visage, comme ça sur ma peau, et j’étais à deux doigts de céder et d’aller chercher ses lèvres parce que je n’en pouvais plus, mais à la place posai mon autre main sur son genou, en l’agrippant un peu, comme si ça allait suffire pour qu’on se pardonne. Encore une fois.

Nous avions vraiment grandis, évolués : quand avant on allait battre en retraite, mais plus énervé l’un contre l’autre que jamais, pas par lâcheté mais par orgueil, aujourd’hui, plus aucun des deux ne fuyait, laissait couler et revenait lorsque les cœurs étaient apaisés, même si on se battait, je préférais rester avec lui et bouder devant lui plutôt que de bouder dans mon dortoir, là où il ne pouvait pas venir – parce qu’entre nous deux, il y avait cette force centrifuge qui n’avait jamais arrêté de nous ramener l’un à l’autre et qui maintenant, nous empêchait d’être LOIN, l’un de l’autre.

En poursuivant notre petite mise au point, qui en fait, même si c’était pas agréable était nécessaire, parce que comme ça on crevait l’abcès : même si sur le coup ça brûlait, ensuite ça allait beaucoup mieux et ça cicatrisait plus vite, Chuck dit les bons mots et le rapide petit tour de la pièce qu’on fit nous ramena près du canapé – il allait falloir que j’aille chercher à la bibliothèque ce sort qui permettait, même si on ne le voyait pas et que l’objet était d’apparence banal, d’étendre le canapé en largeur pour qu’on ait plus de place ! Parce que cette fois était plus passionnée que les autres – c’était pas vraiment que les autres fois c’était pas passionné, juste qu’on avait tendance à être brusque en général, comme si tout à coup, l’un ou l’autre allait disparaître – je réalisais que j’arrivais également à apprécier ces baisers-là, c’était autre chose et un peu nouveau un peu comme si on nageait dans la brume sans vraiment savoir où on se trouvait et où on allait, mais c’était pas grave, on avait pas peur, parce qu’on avait cette certitude au fond du ventre, même si on savait pas non plus d’où elle venait, qu’on avait rien à craindre.


- Du moment que tu t'arrêtes jamais.


Je passais ma main sur son front en relevant une mèche, un peu plus longue que les autres. Mes doigts s’électrifièrent à ce contact, comme s’ils avaient un pouvoir magnétique sur eux.

- Comment tu veux que je fasse autrement, c’est pour toujours…
j’adorais aller loger mes mains dans son cou qui était toujours tout chaud. Ce que je fis.

Mais c’était vrai ça. J’avais jamais compris comment faisait ceux qui s’étaient aimés un jour, et qui arrivaient à se détester ensuite – à part quand ça se termine vraiment mal et que les raisons sont justifiables évidemment. Comment… Comment s’était possible ? Bien sûr je concevais bien que c’était possible, que les sentiments pouvaient muter en quelque chose d’autre, mais ça voulait pas dire que c’était mauvais, et Scott, pour moi en était l’illustre exemple. Mais ça voulait pas dire que je n’éprouvais plus cette affection particulière et un peu forte que j’avais eu à son égard depuis le début. Non, ça, ça n’avait jamais changé. Moi quand je donnais mon amour à quelqu’un, quel que soit le genre d’amour… C’était pour toute la vie. Parce que déjà, je le donnais pas à n’importe qui, et puis c’était simple, je savais même pas comment faire autrement, parce que même si ça avait pas toujours été rose, j’avais grandi dans un foyer heureux et en fait, le contraire, c’était toujours un peu abstrait, mais alors là aussi, attention, c’était pas de la naïveté ou de la niaiserie, parce que j’étais bien placé pour savoir que la vie était pas facile, mais juste que c’était pour dire que ce que je donnais je le reprenais pas. Et au moins là-dessus, je n’avais pas peur, Chuck pouvait avoir confiance, j’avais peut être pas la meilleure solution, peut être que je le faisais pas correctement non plus, mais au moins, j’allais lui montrer comment faire.


- Montre moi comment c'est quand on flirte ?

La suite fut plus amusante, parce que s’il me le demandait… bah voilà, on se cherchait un peu, on s’éloignait, s’évitait pour mieux revenir ensuite, c’était si facile, et quand c’était comme ça, je n’arrivais pas à voir l’après : parce que le maintenant était si bien qu’il n’avait pas besoin de bouger. Je pinçai ses lèvres pour répondre à son bisou, mais je ne pouvais pas me retenir de sourire quand même, toujours un peu fière lorsque j’asseyais mon autorité.

- Et toi t'as toujours été à moi même quand tu le savais pas.

- Mais oui, mélange pas tout, ça c’est juste ce que tu meurs d’envie d’entendre, rigolai-je, mais lui comme moi on savait que je n’avais pas besoin de préciser que puisque j’étais très bien là où j’étais, je ne voyais pas pourquoi j’allais aller voir ailleurs. Surtout que l’entendre dire ça… je n’avais pourtant jamais été fan de ce concept de possession, parce que je me revendiquais libre et que ça me convenait très bien, mais là, je sentais ma poitrine se gonfler d’orgueil, comme si quelque part… C’était là qu’avait toujours été ma place.

- Mais j'aime bien quand tu te bats pour moi, tu sais ça?...


- Oui, bah tiens-toi prêt
, parce que ça risque fort de recommencer, nos explications ne changeaient rien, parce que je comptais pas me laisser dégager par la première qui passait !

Pour ça également, si c’était dans mes moyens, je voulais quand même faire en sorte, que s’il y avait quelque chose qu’il attendait particulièrement… je savais pas trop à quoi pensait un garçon qui avait des fantasmes, ça pouvait porter à confusion parfois, d’accord mais quand même !


- Mais rien, Tay, c'est parfait je... Je fis quand même une petite moue, parce que là il disait une bêtise, et de nouveau, je me sentis coupable. Je veux dire, je peux attendre, et je veux pas que tu fasses quelque chose que tu veux pas ! Embrasse-moi.

Je m’exécutai immédiatement, le cou un peu tordu, comme on avait changé de position et que c’était sur lui que je me retrouvais – et en profitais pour emmêler nos doigts, là où j’avais posé sa main juste avant.

- Mais tu peux me le dire…
Est-ce que mes yeux étaient autant en train de briller que les siens ? Tu sais c’que sait le problème des gens trop forts ? C’est que quand ils se brisent, les bouts qui sont par terre sont nets, coupants, et encore plus blessants. Et moi, je voulais jamais qu’il tombe et qu’il se brise, pourquoi est-ce qu’il voulait pas le comprendre ça ? Et qu’en fait, les gens plus émotionnels, on disait qu’ils étaient plus faibles souvent, mais alors ils savaient pas la chance qu’ils avaient d’un côté…. C’était loin d’être du mépris, ce que je disais !

Je pris une grande inspiration quand il bougea, bloquant l’air qui venait de rentrer, et donc me raidissant en même temps – je ne voulais pas qu’il regarde, c’était pas beau… je bougeais par réflexe, mais sans le repousser non plus, mais quand même mal à l’aise, parce que c’était une mise à nu dans tous les sens du termes, et qu’il y avait cette petite facette dérangeante, que j’aurais préféré ne pas avoir à supporter, parce qu’en plus je savais que je ne pourrais pas lui cacher mes cicatrices et qu’il allait bien devoir les voir un jour où l’autre. C’était juste que je voulais pas.

En signe de protection, je me recroquevillais un peu contre lui – parce que quand j’étais roulée en boule, j’avais cette impression illusoire que rien ne pourrait m’arriver.


- T'y penses souvent ?

Je gardais les yeux rivés vers le plafond, parce que je réfléchissais. En fait, j’y pensais par période, comme genre quand j’avais été renvoyée de Poudlard, à cause des paroles de Woodley, mais aussi parce que j’avais fait une mise au point et que j’avais voulu tout lâcher à ce moment-là. Je ne pouvais pas prétendre que ça ne m’émouvait pas plus que ça, parce que bien sûr que je le reliais directement à mon passé, et comme mon passé faisait partie de moi au quotidien… Ca me revenait par flash, jamais la scène en entière – des paroles que je disais – le moment où c’était Haruhi que je voyais souffrir devant moi – et celui où c’était moi qui crachais sur Nottingham. Ou alors le soir où les mangemorts étaient arrivés, quand j’étais tombée une première fois dans la foule, et que je pouvais sentir exactement de la même manière le contact fort que j’avais encore eu avec mon amie en lui serrant la main comme si elle faisait partie de moi, ou le nez de Dan en piteux état. Sans compter ces instants tout aussi étranges quand c’était Chuck qui ce jour-là avait été une personne différente que d’habitude, nos deux corps l’un contre l’autre déjà, dans l’angoisse d’un sans après qui ne comprenaient pas tout ce qui était en train de se passer à cause de l’adrénaline , mais qui avait peut être saisi avant nous que ce n’était pas comme ça qu’ils voulaient être séparés…

J’ouvris la bouche pour parler, mais expirais sans dire un mot. Non, je ne voulais pas qu’il se mette en colère encore, comme je l’avais dit plus tôt, il fallait que je la ferme, c’est ça ? Il demandait donc ça partait pas de quelque chose de mauvais, mais j’étais en train de penser qu’en fait – bien que lui-même, il devait même pas s’en rendre compte – il en avait pas envie, comme quand je lui avais tout raconté et qu’il n’avait rien fait pour me ménager, où quand j’étais allée chercher son aide dans les cuisines parce que je ne mangeais plus et qu’il m’avait gentiment proposé d’aller la chercher autre part, et ce soit ça n’avait pas été mieux. Si j’analysais tout comme il fallait le message qu’il me passait c’était que okay, il laissait couler, mais que je me débrouillais toute seule pour ce qui n’allait pas, qu’il ne voulait pas entendre ? C’était ça, il écoutait, mais j’avais l’impression qu’il n’écoutait pas.

- Non, ça va, mentis-je avec un petit sourire. Ce n’était pas de sa faute à lui après tout si je ne marchais pas comme il fallait, j’allais pas lui en vouloir pour ça… Ou si, à part pour leur casser la gueule, plaisantai-je, pour qu’on puisse passer vite à autre chose aussi. L’idée, c’était aussi de pas lui en coller plus que je ne le faisais déjà, il avait pas besoin de se dire, qu’en plus d’être physiques, les blessures étaient aussi psychologique, et puis même, il devait s’en douter alors pas la peine de remuer le couteau dans la plaie.

- Je m'en fous je suis là maintenant, plus personne te touche.

Surtout si en plus juste après, il me faisait des déclarations comme ça ! En l’observant me toucher le visage, je repensais à quand il était venu à la maison, et il avait vu juste, même si moi, j’avais eu du mal à voir où il voulait en venir mais c’était exactement ça : c’était pas facile à deux, mais quand on était séparés, c’était insupportable, alors quitte à ce que ce soit pas facile… il valait mieux qu’on reste unis.

- Je t'attendrais le temps qu'il faudra. J'vais aller nulle part sans toi tu crois quoi, tu pensais être débarrassée de moi si vite ?

- Oh ça t’inquiète, je suis au courant que t’es collant comme de la guimauve, tu l’as déjà assez prouvé comme ça
, ris-je en lui faisant plusieurs petits bisous sur les joues et le front, comme des chatouilles.

- Il faut que tu te reposes. T'as plus le choix, je veille sur toi maintenant. Et attention, demande à Coop, c'est pas tous les jours marrants.

Je l’embrassai une dernière fois, avant de m’installer dans une position confortable contre la nuit, mais mon corps se mouvait toujours parfaitement au sien, donc il n’y avait pas de problèmes.

- Ben je relève aussi le défi,
soupirai-je avant de fermer les yeux et de m’endormir instantanément, ce qui n’arrivait pas tous les jours, mais en ces derniers jours, à cause de la rentrée, je n’avais aucun mal à trouver le sommeil dès que je m’allongeais.

Surtout que même si je n’avais pas toujours été bercée par les rêves les plus roses, quoi qu’il arrive, avec Chuck, ils ne pouvaient pas être plus gris qu’avant.






{Terminé}

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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