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L'amour: mode d'emploi (PV)

 
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 L'amour: mode d'emploi (PV)

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Rita Minithya
Élève de 6ème année



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Localisation : Je sais où toi, tu es, coquin.
Date d'inscription : 10/09/2011

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Particularités: Oh, il suffit d'une petite étincelle pour que ça fasse BOUM! Ca vous donne une idée?
Ami(e)s: Oh, j'en ai des tttassss! Heureusement, j'en ai aussi des vrais.
Âme soeur: La pyrotechnie. Entre elle et moi, c'est la passion folle. On s'embrase, on s'enflamme et on se fout en l'air!

MessageSujet: L'amour: mode d'emploi (PV)   Sam 2 Mar - 23:12



Je regarde par la fenêtre avec un air fatigué. Samedi, c’est supposé être le jour que je préfère parce que y a entrainement de Quiddicth et que ça me fait penser à autre chose qu’à tous ces trou du cul qui pensent être meilleurs que les autres. Ici, dans la tour des Serdaigle, je ne croise pas grand monde. J’aime bien ça. J’ai l’air morne et monotone, totalement ennuyeuse et je passe d’une humeur à l’autre presque sans m’en rendre compte. Parfois, je peux être très causante, comme quand je suis avec Caleb. Ça me fait un bien fou de juste… parler sans parler. Je veux dire, on blague, on parle de choses qu’on aime mais on parle jamais des sujets chiants comme l’amour et les sentiments. Les problèmes des gens.

Les gouttes de pluie perlent sur la vitre. C’est une fraiche matinée. Chacun de mes souffles dépose une épaisse buée sur celle-ci puis disparait. Ca m’occupe un moment. Je vois les élèves partir, dehors et j’ai envie de courir moi aussi. L’entrainement de Quiddicth a été annulé parce que tous les Poufsouffles voulaient fêter dignement notre victoire à la coupe des quatre maisons. Une victoire à laquelle j’avais surtout participé par défaut. Un trophée en plus ou en moins, je m’en tapais comme de ma première chaussette trouée. Et comme ils foutaient un boucan pas possible dans la salle commune, j’ai du partir. On connait tous la réputation des Poufsouffles. De bon gros fêtards. C’est pas faux. Ils se sont pas contentés de ce soir, il ont commencé ce matin. Génial. Déjà que j’étais pas trop fête mais alors là…

Je trace un bonhomme avec mon doigt. L’air frais traverse la vitre alors j’ai embarqué mon sac, mon manteau et mon écharpe. Le bonhomme finit par disparaitre au bout de plusieurs minutes. J’avoue que je ne sais plus quoi penser. La fille que j’étais : Dynamique, excentrique et un peu fofolle avait complètement disparue. Je ressemblais davantage à un mollusque écrasé maintenant. Je pourrais pas dire si c’était à cause de Nath que j’avais vu au bras d’une première année –très probablement-, ou bien des cours –auxquelles je participais sans participer-, mais au final, ça restais la même chose : Ma vie était foutrement emmerdante. Et en ce moment même c’était même pas possible de savoir à quel point je pouvais m’emmerder profondément.

J’aperçois une silhouette en particulier traverser le sol gelé pour se rendre au Pré au lard. Comme les autres. Et j’ai une bonne mémoire visuelle donc… donc je devine facilement de qui il s’agit. Je me lève précipitamment, tellement même que j’en fais tomber mon sac. Je le ramasse en grognant, poussant au passage une Serdaigle qui prenait tout son temps pour descendre les escaliers –un roulé boulé ça te dit ?- et je me mets à courir le plus vite possible. Essoufflé, j’arrive très vite derrière la silhouette de vêtements noirs. Quel bon goût. Je souris intérieurement, réajuste mes vêtements et mon sacs pour que la marche soit plus agréable.

-‘Lut, je dis simplement en me mettant à sa hauteur.

Nous marchons un long moment avant que je décide de briser le silence. Y avait un truc que je voulais lui dire depuis le bal. Ca me démangeait comme pas possible ! Mais comment ramener le sujet sur le tapis tout naturellement ? Pour une fois, je voulais faire preuve d’un peu de tact.

-C’est la teuf chez les Poufsouffles, j’ajoute. J’avais pas envie de participer, je précise en rejetant mes cheveux longs en arrière. C’est une belle jupe, je lui montre sa jupe noire, qui, effectivement est d’un bon gout. Je n’ai pas pour habitude de faire des compliments, et surtout pas à cette personne là mais bon, si je voulais balancer ma question… C'est pas un compliment, juste un constat.

Finalement, je craque.

-J’arrive pas à croire que tu l’aie laissé t’embrasser, je finis pas dire, complètement ahuri. Non mais c’est vrai quoi ! N’hésite pas à le prendre personnellement.

Elle et Chuck. Etait-elle tombée si bas ? Sérieux ?! Et puis c’était elle qui avait pas voulu développer au bal. Si elle croyait s’en tirer comme ça !

-A ce qui parait le cours de métamorphose est nul à chier.

Et hop !

La pilule est passée non ?

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Ana Falkowsky
Élève de 6ème année



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Ami(e)s: Eh bien pas si peu que ça à la réflexion... Je sais, ça mnque un peu de crédibilité pour une ex-solitaire.
Âme soeur: Et si il ne m'aime pas en retour, ça compte quand même ?

MessageSujet: Re: L'amour: mode d'emploi (PV)   Mar 12 Mar - 21:46

Ma vie était fade et sans intérêt. Ce n'était pas quelque chose de nouveau, mais c'était comme si je venais de le remarquer. Comment avais-je fait toute ces années pour ne pas me rendre compte à quel point tout ce que je faisais était si vain, ni inutile puisque personne ne le voyait ? J'avais l'impression de devenir de plus en plus invisible au fil des jours ; et dans les moments comme ceux-ci, un samedi après midi tranquille dans la salle commune, je m'imaginais me lever de ce canapé où je commençais à m'enraciner vu le nombre d'heures que j'avais passé à y lire, et me mettre à crier, juste histoire que quelqu'un me remarque. Mais ce n'était pas chez les Poufsouffle ici, et je doutais que les autres élèves se mettent à faire pareil, ou un truc du genre. On me ferait plutôt taire d'un coup de baguette et embarquer à Ste-Mangouste le lendemain, parce que ça ne donnait pas l’air très équilibré de se mettre à hurler comme ça, sans prévenir et sans raisons. Parce que c’était ça le pire ; je n’avais pas de raisons de crier. Je n’étais pas malade, pas pauvre, pas stupide, pas moche ; je n’avais pas de quoi me plaindre.

Alors je restais là, sur ce canapé, à me forcer à lire pour ne pas trop penser, tout en attendant avec impatience le mercredi, quand j’irais voir Theo, ou chaque « incident » qui me sortirait de ma routine. Enfin, pour être un peu positive, ces « incidents » avaient tendance à se produire de plus en plus fréquemment, par exemple quand Caleb venait me présenter ses projets après un cours, et que je faisais semblant de trouver ça débile et ridicule, mais qu’en fait ça m’amusais bien. Ou alors quand Rita et moi nous croisions dans un de ces endroits où l’on ne s’attend jamais à se voir, et qu’on avait toujours une conversation bizarre, on se prenait la tête, mais après réflexion, je gardais un bon souvenir de ces moments. Quand Daphne et moi passions un cours ensemble, ou parlions un peu dans le dortoir ; ça n’arrivais pas si souvent alors je savais l’apprécier. Et, tout en haut de la pyramide, ces soirées où je rejoignais Theo dans son bar, mais ça ne comptait plus vraiment comme un « incident » puisque c’était fréquent maintenant, bien que je ne m’habitue toujours pas à avoir un « ami ». C’est vrai, si comme Theo le disait, nous étions « amis », alors je n’avais pas le droit de ma plaindre de ma vie. Vraiment pas.

Et même si, en dehors de ces moments là, elle manquait de fantaisie, il ne tenait qu’à moi d’y remédier en prenant des initiatives… et c’est justement ce que j’allais faire, maintenant. En fait, ça faisait dix minutes que je relisais la même ligne de mon livre parce que je guettais en même temps la pendule de la salle commune, et aussi parce que mon esprit s’égarait sans cesse dans les projets qui m’attendaient dans un futur proche. Quand finalement trois heures sonnèrent, je me levais en prenant gare à ne pas me précipiter trop –et donner l’air d’avoir attendu ce moment depuis un quart d’heure… ce qui était vrai- et fit un rapide tour par le dortoir pour prendre mon sac et un manteau, avant de sortir de la salle commune, me retenant de courir. Qu’est ce que je m’apprêtais à faire ? On pourrait croire à quelque chose de palpitant, quelque chose qui justifie tout cet entrain, mais en fait, pas du tout ; j’allais juste profiter d’une des sorties Pré-Au-Lard organisée par l’école.
Rien d’extraordinaire me direz-vous, ces week-end n’étaient pas rares, et surtout, je connaissais un passage secret pour m’y rendre quand je voulais alors… pourquoi ? En fait, dans ma tête c’était quelque chose de très logique ; je me servais du passage secret de la sorcière borgne quand j’allais voir Theo aux Trois Balais, alors c’était inconsciemment devenu réservé à cet usage ; je n’avais rien d’autre à faire à Pré-Au-Lard qui ne puisse attendre une sortie prévue à cet effet. En fait, je n’avais d’ordinaire rien d’autre à faire à Pré-Au-Lard du tout, alors je m’y rendais seulement pour voir le barman ; mais aujourd’hui j’avais justement décidé de faire un peu comme tout le monde et de faire le plein de sucreries que je ne mangerai pas et de nouvelles fournitures dont je n’avais pas besoin. Mais comme je ne le faisais jamais, ça changeait de tout les jours, alors j’avais attendu ce moment depuis que j’avais pris la décision d’y aller, deux jours plus tôt.

J’étais donc dans un optimisme profond et naïf en m’y rendant, imaginant sans doute que, comme tout le monde, je trouverai quelque chose à faire au village sorcier ; quelque chose d’autre que d’aller voir Theo s’entend, parce que je me tenais à ma résolution de ne le voir qu’une seule fois par semaine, alors les Trois Balais n’étaient pas dans mon programme. Mais je pourrais aller voir les farces et attrapes de chez Zonko, ou me trouver de nouveaux livres à la librairie… ! Oui, je trouverai bien quelque chose à faire. Et si ce n’était pas le cas, eh bien je pourrais toujours rentrer, il n’y avait pas plus d’enjeu que ça. Alors que je marchais d’un pas décidé et rêveur, une silhouette apparu à mes côtés, se rapprochant de telle manière que je ne pus ignorer qu’elle s’apprêtait à me parler. Je tournais donc les yeux vers la nouvelle arrivante.

-‘Lut.

J’eus un sourire ironique pour seule réponse ; alors elle faisait partie de ces personnes qui vont aux week-ends Pré-Au-Lard toute seule, sous le froid comme ça ? Enfin quand on connaissait Rita, on était pas à un truc illogique prêt… et puis moi aussi, j’étais en train de me rendre à un week-end Pré-Au-Lard seule et sous le froid, alors lui poser la question serait sans doute… déplacé. Et comme je n’ai rien à dire, et visiblement elle non plus, nous marchons ainsi dans le silence pendant un long moment, avec le bruit de nos pas dans la neige pour seul bruits. Même si ce n’était pas la grosse affection, j’étais plutôt contente qu’elle me rejoigne, comme ça on pourrait ne rien faire à deux –c’était l’expression que m’avait sorti Daphne quand on s’était vraiment parlé pour la première fois, et j’aimais bien la ressortir.

-C’est la teuf chez les Poufsouffles, m’apprit-elle, faisant référence à leur récente victoire à la Coupe des Quatre Maisons. J’avais pas envie de participer.

Nouveau sourire narquois. Tout d’abord, parce qu’à mon instar Rita ne m’a pas l’air d’avoir un sens de la fête très développé, c’était ce que j’avais noté au bal et je le constatais une fois de plus. Et ensuite, parce que ça devait être une des rares conversations normales que l’on avait eu elle et moi ; et je ne compte pas celle du bal où l’on s’était fait des aveux plutôt… gênants, car ce genre de conversation est tout sauf ordinaire pour moi.

-C’est une belle jupe, continua-t-elle en désignant ledit vêtement.

Je baissais les yeux vers la jupe en question, plutôt perplexe ; ma mère me l’avait acheté pour Noël dernier, et comme c’était un des rares cadeaux utiles que je recevais, eh bien… je la mettais. Non pas que je l’ai trouvé spécialement jolie ou laide ; c’était une jupe, voilà tout. Au goût de Rita visiblement. Si ça, c’était quelque chose qui arrivait, quelle me le dise de cette manière… gentille, était moins ordinaire.

-C'est pas un compliment, juste un constat.

Je ricanais après cette dernière phrase. Voilà qui lui ressemblait plus.

Mais malgré tout ça faisait bien trois ou quatre ans que je l’avais rencontrée, et je commençais à la connaître ; aussi, je devinais qu’il y avait quelque chose de plus important derrière ces histoires de fêtes et de jupes. Alors j’attendis qu’elle lâche le morceau, tout simplement –et ça n’allait pas tarder, parce qu’elle n’était pas de nature patiente.


-J’arrive pas à croire que tu l’aie laissé t’embrasser ! lâcha-t-elle finalement, sa voix changeant de ton –c’était ce qu’elle attendait de me dire depuis le début, avant d’ajouter : A ce qui parait le cours de métamorphose est nul à chier.

Je pris une moue exaspérée, non seulement parce que ça tentative de faire passer ça était totalement nulle, mais surtout parce qu’on en avait déjà parlé au bal, et que je regrettais déjà suffisamment de lui avoir lâché ça lorsqu’on s’était croisé à Londres, pendant les dernières vacances d’été. Mais si en plus elle se mettait à me questionner à chaque fois qu’on se croisant, j’allais me jeter du haut de la tour d’astronomie…
Pourquoi je l’avais laissé m’embrasser ? Aucune idée.

-Tu penses encore à ça ? soupirais-je. Ta vie amoureuse est désertique à ce point ?

Une petite référence à Nathanaël qui semblait décidément être un sujet sensible –donc une potentielle arme pour les moments comme ça. On avait parlé de lui aussi au bal, et franchement, j’avoue en être repartie toujours aussi larguée quant au fait que Rita ait pu aimer un mec comme ça. Mais bon, j’imagine que « le cœur à ses raisons que la raison ignore » -j’ai lu cette phrase dans une de mes lectures, mais à la réflexion, je crois que je ne la ressortirai plus. Et puis, niveau vie amoureuse désertique, j'étais encore une fois assez mal placée pour parler.

-Je ne sais pas, finis-je par avouer en réponse à sa question. J’étais pas très bien, ce soir là, je me sentais… seule. Et puis il est plutôt irrésistible ! ajoutais-je pour rire.

J’avais hésité à donner à Rita un aperçu de mon ressenti ; car ce qu’elle ignorait c’était que ce n’était pas seulement ce soir là, que je m’étais sentie seule. Ça avait vraiment commencé ce soir là, c’est vrai. Mais depuis, ça n’avait jamais arrêté. Sauf qu’il n’était pas question de lui en dire autant, la Poufsouffle était loin d’être la personne à qui je me confierai en cas de besoin –j’aurais bien trop peur qu’elle l’utilise contre moi.


-Mais ne m'embête pas trop, j’ai quelque chose sur toi aussi… Salisbury, ça te rappelle quelque chose ? la narguais-je. D’ailleurs, je veux bien des détails, moi aussi.

Comme ça on était deux à être mal à l’aise…

Nous vîmes finalement les premières maisons de Pré-Au-Lard, et bientôt nous fûmes à l’intérieur de village. Et les Trois Balais se dessinaient. Je me mis à réfléchir à toute vitesse : si j’y allais avec Rita, et que nous prenions une table dans la salle alors que je vais au comptoir d’habitude, Theo verrait –ou croirait- que j’ai des amis et passe du temps avec… Et ça ne serait que favorable à ma couverture de fille normale. Oui, ça semblait une bonne idée. Je lui adresserai simplement un signe de la main en entrant, comme ça il verrait que je ne faillis pas à ma résolution… oui, c’était parfait. Arrivées devant la grande porte, je ralentis légèrement l’allure, et indiquais le bâtiment du menton à ma camarade, un air interrogateur sur le visage.

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Winter & Spring

 

« There is a crack in everything - that's how the light gets in. »

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Rita Minithya
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Âme soeur: La pyrotechnie. Entre elle et moi, c'est la passion folle. On s'embrase, on s'enflamme et on se fout en l'air!

MessageSujet: Re: L'amour: mode d'emploi (PV)   Mar 19 Mar - 18:33





Banal. D’une banalité alarmante. J’en avais sérieusement marre de ma vie aussi vide qu’une toile de jute. On caillait dehors, et je rajustais mon manteau de manière à ne pas laisser passer un seul courant d’air. Candy me disait toujours que j’étais allergique au froid, ce qui n’est pas faux, je l’admets. C’est que quand il neige et c’est bien le principe, il fait froid. Alors d’un coup à l’autre, j’en étais venu à la conclusion suivante : je hais l’hiver. On grelotte dans les couloirs, on a l’impression que notre souffle se cristallise dans l’air. Ou bien que l’on créé un nuage rien qu’en ouvrant la bouche, ce qui est un peu plus poétique. Et quelques secondes après, on passe au moins une bonne minute à souffler dans l’air pour voir ce que ça fait quand on souffle plus fort, avec des formes etc. C’est con, mais c’est exactement ce que j’étais en train de faire. Vous avez vu la chenille d’Alice au pays des merveilles ? La nouvelle version avec Johnny Depp qui joue le Chapelier fou ? Ben elle fumait, et quand elle soufflait sa fumée, c’était carrément un grand anneau nuageux qui apparaissait dans le ciel. Bon, c’était de la fumée et il faisait pas froid, mais vous aurez compris le principe. Et donc au final, alors que je marchais à côté d’Ana, je tentais désespérément de faire un anneau avec ma bouche.

Jusqu’à ce qu’elle tourne la tête que je me racle la gorge avec un regard perdus. Je devrais éviter de faire ce genre de choses, on a tendance à me regarder bizarrement après. Elle me lance le regard : 10. « Ah tiens, t’es là ? » (plus très rare depuis qu’on se croise pas mal de fois, même en cours). J’en étais venu à classifier ses expressions. C’était super intéressant quand on réfléchissait bien, j’y avais passé plusieurs jours. Quelque fois, quand on se croisait, je la fixais dans les yeux histoire d’avoir quelques indices à rajouter dans ma liste. Je l’avais griffonnée sur ma table de chevet et j’avais tellement gommé que ma feuille ne ressemblait plus à grand-chose. Mais bon, au final, je n’aurais plus qu’à la recopier. C’est dommage, y avait quelques schéma élaborés dessus… m’enfin. Donc, je disais, j’en étais venu à faire la liste suivante :

1. Les yeux ailleurs, mains sur le mentons : « Parle à mes pieds ma tête est malade » (indifférence cuisante).
2. Ton sec, cheveux claquant au vent, regard furieux : « Casses-toi » (la période des bons jours, il me semble).
3. Sourire plein de dédain, mépris et sarcastique, yeux de feu : « Fais-moi plaisir, fais-le et je te fais la tête au carré » (j’y avais eu le droit tellement de fois que j’ai même dessiné l’expression pour rendre ça plus réel sur ma liste).
4. Mine amusée et un peu hystérique : « Vas-y, viens te battre ! » (t’es folle ma pauvre…).
5. « Je cogne et après je cause », qui rejoint directement :
6. « Je t’humilies et j’y prends du plaisir » ( sado ?) (Ce à quoi j’ai eu le droit à notre première rencontre).
7. Sourire malicieux et hautain : « Je vais te dénoncer » (Poucave !!!!).
8. Yeux fatigués et exaspérés : « Tu me fatigues ».
9. Mine ahurie : « T’es folle ! » (quand je suis devenue légèrement hystérique).
10. Sourire ironique mais nuance de bonheur :« Ah tiens, t’es là » (qui replace communément le : « Salut » des personnes normales)(Ca prouve qu’elle doit bien m’aimer au fond).
11. Rire sincère (niveau de rareté sur une échelle de 1 à 10 : 0,5, mais ça augmente lentement)( train fantome).
12. « Je te fais des menaces parce que je suis une méchante Serpentard, haha ! » (pour mon plaisir à moi !).
13. Yeux fuyant et joues légèrement rougissantes : Confidences (très récent).

La liste est très probablement incomplète, je devrais demander de l’aide à Caleb qui voit quelque fois Ana. Mais Caleb est tellement spécial qu’il aime toujours des personnes qui n’ont rien à voir avec sa personnalité. Genre Ana. Et je crois que ça marche plutôt bien. D’ailleurs, en pensant à lui et à nos virées nocturnes, j’y venais à penser que j’aurais pu emprunter l’un des nombreux passage qui mènent au pré au lard. Mais bon. Je crois que j’aime bien marcher-même dans le froid- et parler un peu à Ana, parce que ça me changeais un peu de la joie débordante et l’optimisme des Poufsouffles. Ils sont adorables, mais leur joie me déprime. Ana m’écoute sans un bruit, se contenant de sourires ironiques de temps à autre. Nous n’avons jamais vraiment eu de conversations. C’est vrai, et pourtant j’aime bien rester un peu avec elle. Je finissais toujours par sourire en y repensant. J’avoue, j’étais désespérée à ce point…

Ah tiens, sourire n°8 ! Bon, et puis c’était pas de ma faute si j’étais restée sur le cul en entendant la nouvelle ! Ca bouillonnait en moi depuis des semaines, et j’avais certes ma fierté mais là… là, c’était trop. Elle avait frappé super fort avec Carlton. Sa popularité en avait pris un sacré coup ! Elle était passé de quoi… 1 (haha) à 5 ! Sur une échelle de 1 à 10 ! En même temps, à son niveau, on ne pouvait que monter, plus profond, tu meurs. J’étais quand même mal placée pour le lui dire à haute voix puisque la mienne, de popularité, avait été alimentée par pas mal de ragot, et j’étais pas mal descendu justement donc…


-Tu penses encore à ça ?

Ben tu parles ! Bien sûr ! Bon, on en avait vaguement parlé au bal, je sais, mais je suis du genre choquée longtemps. Et puis elle n’avait même pas détaillé, ça lui avait échappé. Je préfère quand même entendre son avis (depuis quand ça m’importe ?), plutôt que les ragots de Luna et Salisbury… Et puis j’avais pas grand-chose à penser, mise à part ça et les cours alors…

-Ta vie amoureuse est désertique à ce point ?

-T’imagines même pas…
, je murmure.

Je croise son regard surpris et je me rends compte que j’ai parlé tout fort. Ca m’avait échappé ! Je retourne la tête vers le chemin sinueux plein de neiges boueuse. J’avais passé le cap de Nathanael. Passé le cap tout court à vrai dire. Mais je n’allais pas mieux pour autant, parce que je passais toujours un peu de temps dans la tour des Serdaigles, toujours près du cercle de pierre, ou encore dans la bibliothèque. Ca m’occupait l’esprit. Alors oui, ça me touchait moins de parler de Nathanael mais je n’appréciais pas non plus. Ca ravivait en moi des blessures que j’avais reussi à refermer après de très longs moi. En une parole, elles s’entrouvraient. Je crois que je ne parvins pas à cacher la lueur de tristesse qui traverse mes yeux. Devant Ana, d’habitude, je réussis à rester forte, mais je n’y arrive plus aujourd’hui, tant pis. En fait, je souffre réellement de ne plus recevoir de l’attention comme j’en avais avant. Ou des choses à faire. Ou une vie normale. Je me tournai enfin vers Ana, et avec un mince sourire, je répliquais quand même :

-Et c’est toi qui dis ça, je dis plus tristement qu’amusée.

Allez, je devais me reprendre ! Je n’aimais pas me plaindre à Caleb parce qu’on s’amusait ensembles, pas besoin de lui causer des ennuis ! Et mes « copines » de Poufsouffles ou de Serdaigles, ou encore de Gryffondor à qui je parlais en cours, ce n’était pas trop ma tasse de thé de leur raconter ma vie. Surtout pas après toutes les rumeurs sur moi et Nathanael. Sur moi tout court avec James. J’en eu pour ma pomme à ce sujet-là d’ailleurs. On avait dit que j’avais réussi à m’évader de l’école, que j’avais trouvé un passage secret, que j’avais été renvoyée pour je ne sais quoi, etc. Au final ils avaient misées faux, moi, Cameron et Nathanael, on avait été enlevés. Personne n’avait gagné les paris !


-Je ne sais pas. J’étais pas très bien, ce soir-là, je me sentais… seule.
« Comme tous les soirs », je pense. Ça devait vraiment pas être drôle chez les Serpentards, même quand ils gagnaient la coupe (ce qui arrivait malheureusement souvent). Au moins, quand on était à Poufsouffle, on avait la qualité d’être festif- même si pour l’occasion, je l’étais plus tellement moi-même-. Y avait toujours de l’ambiance dans la salle commune. Des discussions auprès du feu qui crépitait, des rires et des éclats. La salle de travail dont nous bénéficions était insonorisée, si bien que l’on pouvait hurler sans problèmes dans la grande salle commune. C’était vraiment cool d’être à Poufsouffle, ça donnait l’impression de faire partit d’une grannnndee famille. Comme si j’étais chez moi. Des fois ça tapait sur le système mais je préférais le bruit au silence complet.

-Et puis il est plutôt irrésistible !

Je restais un moment choquée, plus ou moins, par la soudaine envie d’Ana de raconter ses impressions, ce que j’attendais après tout. Finalement, je me contentais de sourire un peu ironiquement. C’est ce que tout le monde disait. Oui, Carlton était irrésistible, c’était pas nouveau. Beau, con, virile, stupide, sympa, coureur de jupons. Ana était tellement jolie que ça ne pouvait pas vraiment m’étonner qu’il l’ait embrassé (ou l’inverse ?), mais elle était vachement jeune ! Un peu comme Nath qui se ramenait au bal avec une première année ! Même moi je n’avais pas eu cette indécence ! Je finis tout de même par lui sourire sincèrement. Parler rumeurs ou garçons, c’était pas trop notre genre vu qu’on passait notre temps à se jeter des cailloux. Mais ça faisait du bien. Il y avait désormais autre chose entre nous que je ne saurais définir, quelque chose de plus… de moins… je ne sais pas.

-Pas faux, je finis par rire. On était jeune, on pouvait bien avouer que Chuck, aussi débile pouvait-il être (surtout depuis qu’il avait jeté Taylord, et j’en passe et des meilleures), constituait un des fantasmes de Poudlard. Ca aurait été de mauvaise foi de ne pas se l’avouer. Alors, c’était comment ? Je finis par demander alors qu’elle se sentait de plus en plus gênée, je le sentais –et ça me plaisais bien !-. Je fis un bisou dans l'air pour compléter mon idée.

-Mais ne m'embête pas trop, j’ai quelque chose sur toi aussi… Salisbury, ça te rappelle quelque chose ?

Je fis la moue. Ca, c’était pas le genre de choses dont j’étais spécialement fière. Vraiment. Ohhh et puis en même temps je m'en fichais bien, des autres!


-Tu sais bien que j’adore les Serpentards, je n’y peux rien, j’éclate de rire. Quelle ironie ! Et pourtant, si, j’avais pas mal de connaissances et même d’amis là-bas ! Regardez Jay, Ulrich, Archibald. Bon, que des gars quoi… Attendez : Moi, éclater de rire avec … Ana ? On aura tout vu. Et puis ça me permettait d’éviter de répondre à la question donc…

-D’ailleurs, je veux bien des détails, moi aussi.

Pas grand-chose à raconter. Enfin, si, mais vu les rumeurs auxquelles on a eu le droit, c’est pas pire que ce qu’elle a du en entendre.

-Je…
j’hésite. On a flirté un peu, je finis par céder le plus naturellement du monde. Et pourtant, ça me gênais ! J’en avais marre de Nath. J’en ai marre. Il me manque et je le déteste, qu’est-ce qu’il m’énerve ! Et dire que j’ai dormi avec lui parce qu’il était pas capable de faire un foutu sort !Je finis par dire – en ne faisant d’ailleurs même pas attention à ce qui m’avait de nouveau échappé- en suivant Ana qui se dirige d’ailleurs vers les trois balais.

Tiens, on en est au point de se poser à un bar ? Si je me souviens bien, notre dernière virée à un bar a terminé en Guerre des étoiles. Genre violente au point qu’il y ait des couteaux et des tables qui volent. La magie ça aide. Elle m’avait a moitié cassé le nez, je lui avais cassé les côtes. Et on allait y papoter, tranquille.


-La dernière fois qu’on a touché le parquet d’un bar ensemble, il était en feu, je ris.

Je la vois sourire à son tour, ouvrir la porte et saluer quelqu’un. C’est là que le vois le barman qui répond à son signe. Un beau gosse. Sans rire, une bombe atomique. Alors comme ça on faisait des cachoteries ? Hummm. J’espérais qu’il allait nous servir toutes les deux, parce que c’était là une très belle occasion de me prouver qu’Ana m’avait conduite ici non pas pour me parler –et ce n’était pas étonnant- mais surtout pour ce joli garçon de quoi…. 18 ans ?

On allait de nouveau pouvoir s’amuser.


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Ana Falkowsky
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Âme soeur: Et si il ne m'aime pas en retour, ça compte quand même ?

MessageSujet: Re: L'amour: mode d'emploi (PV)   Sam 6 Avr - 23:11

Avec le recul, je songeais que Rita et moi, on avait bien grandi, depuis qu'on s'était rencontrées, il y a maintenant bientôt quatre ans. De deux gamines insupportables -j'étais peut-être la pire, mais elle l'était aussi !-, on était passées à deux filles sans histoires -ou presque. De deux malades qui se bagarrent dans un bar, faisant voler couteaux et tables, on était passées à deux "amies" qui se rendent ensemble à Pré-Au-Lard, comme beaucoup d'autres élèves. De deux filles qui ne pouvaient pas se parler deux minutes sans sortir la baguette, on était passées à... deux personnes civilisées qui tenaient une conversation des plus normales. On m'aurait dit que notre relation évoluerait comme ça, quatre ans plus tôt, j'aurais sans doute éclaté de mon rire, de cette façon froide et dénouée de joie que j'avais de rire, à l'époque. J'imagine que je nous voyais continuer à nous battre pour encore des années, que je me voyais continuer à haïr le monde entier pour toute ma vie. Je ne sais même pas comment j'ai pu être heureuse une seconde en vivant et pensant comme ça. Mais le fait est qu'à cette époque, je l'étais, heureuse.

Et Rita là-dedans ? Je n'en sais rien. C'est un peu triste à dire, d'une personne que l'on connait depuis quatre longues années, mais se dire des confidences de nature "amoureuse" était quelque chose de très récent et de très bizarre pour nous, tout comme se parler comme une personne normale au lieu de prendre la position de combat, alors les états d'âmes et discussions profondes, je crois qu'il faudrait attendre une vingtaine d'années. Bizarrement, avec Theo, c'était venu quasiment tout de suite ; au bout de deux ou trois fois, il me faisait raconter ma vie. Mais la Poufsouffle n'avait pas exactement son don pour mettre à l'aise les gens, et puis de toute façon, la manière dont on s'était rencontrées ne nous permettait pas franchement de devenir des confidentes. Ça aussi, c'était une des nombreuses choses que j'avais réalisé depuis que j'avais un peu perdu de mon assurance et mon égoïsme ; la manière dont on rencontrait quelqu'un définissait pratiquement toujours la relation qu'on allait avoir avec, ou du moins, la façon dont on allait le voir.

J'avais rencontré Ruby dans un contexte familial, alors même en ayant été séparées pendant cinq ans, j'avais toujours eu la même facilité à lui parler de choses assez personnelles. Rita et moi avions mis le feu à un bar la première fois qu'on s'était vues, alors je crois que la suite des évènements à été assez logique. Pour Theo, il m'avait tout de suite surprise et montré à quel point il était ouvert d'esprit, alors je m'étais attachée naturellement à lui. Il faut aussi ajouter qu'il est arrivé dans ma vie à un moment où je pensais être devenue invisible et avais désespérément besoin d'être remarquée par quelqu'un, alors ça a encore plus facilité les choses. La seule personne qui échappe à ma logique de "on s'est rencontré comme ça, on évolue comme ça", c'était Caleb. Ce jour là, il s'était pris une plante dans la tête, et moi une cuisante défaite morale de n'avoir pas réussi à le mettre hors de lui. J'avais pensé qu'il deviendrait mon ennemi n°1 et ce jusqu'à que j'arrive à la pousser à bout, mais au final je n'y étais jamais arrivait, et aujourd'hui on traînait assez fréquemment ensemble, et malgré le fait que j'y mette toute la mauvaise volonté et la mauvaise humeur dont j'étais capable, il ne se décourageait jamais. Finalement, j'imagine qu'avec lui aussi, c'est comme à notre rencontre. J'essaye toujours de lui zapper le moral, sans jamais y parvenir.


-T’imagines même pas… je hausse les sourcils, surprise qu'elle aille dans mon sens au lieu de répliquer, mais elle se rattrape bien vite. Et c’est toi qui dis ça !

Je lui adresse un petit sourire narquois pour la forme, mais je réfléchis vraiment à ce qu'elle dit, et je sais que c'est pareil pour elle. Même sa petite pique manquait d'énergie, elle n'aurait pas vexé un hippogriffe. Et il n'y a qu'une seule explication à cela : sa vie amoureuse est désertique. Mais l'idée dans rire ne me vient même pas à l'esprit, étant donné que la mienne est pire que ça, elle est... inexistante. Au début, par choix, et maintenant, plus par défaut qu'autre chose. Enfin, j'étais assez partagée à ce sujet ; autant je rêvais sans oser me l'avouer qu'une jour quelqu'un m'aime, autant je n'arrivais pas à m'imaginer sortir avec un garçon. Rien que l'idée de... d'embrasser quelqu'un comme ça, devant tout le monde, je ne pouvais pas. Ça n'était pas moi. Si il y avait bien quelqu'un que je voyais bien passer sa vie toute seule, c'était bien moi.

Mais mon empathie pour Rita cessa bien vite dès qu'elle se mit en tête de me poser des questions gênantes -tout en ayant bien conscience de me mettre mal à l'aise. Ais-je déjà mentionné à quel point cette fille était vicieuse ?


- Alors, c’était comment ?

Levant les yeux au ciel, faisant tout pour garder mon air agacé malgré mes joues que je sentais brûler, je lui répondis d'une voix que j'espérais exaspérée.

-Génial, si tu veux tout savoir. On a passé toute la nuit à s'embrasser encore et encore, je te laisse imaginer.

J'avais tout débité très vite pour ne pas avoir le temps de réfléchir à ce que je disais et rougir à l'idée de prononcer quelque chose d'aussi... impossible, et j'espérais vraiment qu'elle saurait détecter l'ironie dans ma voix, parce qu'elle était bien capable de croire que c'était ce qu'il était vraiment arrivé. Enfin, elle me connaissait quand même assez bien pour imaginer que j'ai pris mes jambes à mon coup dès que nos lèvres s'étaient effleurées ! ... non ? D'accord, j'avais du la surprendre avec cette histoire, à vrai dire je m'étais surprise moi-même, mais quand même... je restais moi ! Une handicapée des sentiments !

Mais c'était à mon tour de la mettre mal à l'aise. Sauf que, en bon résumé de ma vie, quand c'était moi, ça ne marchait pas. Elle me répondit parfaitement à l'aise.


-Tu sais bien que j’adore les Serpentards, je n’y peux rien, me fit-elle avec une moue ironique, avant d'éclater de rire.

Je l'observais un instant, n'en revenant pas -c'était bien la première qu'elle éclatait de rire devant moi, non ? Oui, c'était obligé, je m'en serais souvenue sinon - avant, finalement, de rire à mon tour. Bon, pas comme elle venait de le faire, soyons clairs, mais j'eus un sourire qui découvrit même mes dents, ce qui, de mémoire d'homme, n'était pas arrivé avec elle depuis... quatre ans. Alors c'était un bon début. Et puis, niveau humour, elle n'était pas encore au niveau de Theo ! Enfin. Le tout est que oui, je suis certaine qu'elle les aime plus qu'elle ne veut bien l'admettre, les Serpentards. Je l'avais déjà vue trainer deux ou trois fois avec Jay Blackwood, avec qui elle jouait au Quidditch il me semble, ou même avec notre Mister carrément, Ulrich quelque chose. Sans compter cet Archibald. Et puis elle était venue se joindre à moi, aujourd'hui, alors elle qu'elle n'essaye pas de me faire croire qu'elle nous détestait tant que ça hein !


-Je…On a flirté un peu, m'avoue-t-elle comme si de rien était, mais il me semble percevoir une certaine retenue dans sa voix, ce qui soulève un peu le coin de mes lèvres : pas si sûre d'elle que ça, la Minithya ! J’en avais marre de Nath. J’en ai marre. Il me manque et je le déteste, qu’est-ce qu’il m’énerve ! Et dire que j’ai dormi avec lui parce qu’il était pas capable de faire un foutu sort !

Là, c'était à mon tour d'être sur perdue. Attendez une seconde, quoi ? Qu'elle en ait marre, ça, c'était tout à fait normal, ce gars ne m'avait pas l'air très folichon, mais... il lui manquait ? Et elle le détestait ? Déjà, là, il n'y avait pas quelque chose de contradictoire dans sa phrase ? Je la regardais en plissant les yeux, essayant de comprendre, comme si elle me parlait une langue que je ne connais pas. Ce qui n'était pas totalement faux. Mais la suite de sa phrase avait encore moins de sens. Elle a... dormi avec lui ? Etais-je sensée comprendre ce que je comprenais ? Et quel rapport avec un sort qu'il n'arrivait pas à faire ? Un pari, un jeu... "amoureux" ? Je tirais une tronche qui témoignais grosso modo de mon niveau de compréhension.

-Euh, attends. Tu peux la refaire, s'il te plait ? Il te manque ? Mais tu le déteste ? Et tu as... ça, je n'arrivais pas à le dire sur le ton de la conversation. Rien à faire, ça me gênait quand même. Tu as... dormi avec lui ?

Je la regardais comme si je la voyais pour la première fois, tout en poussant la porte des Trois Balais.


-La dernière fois qu’on a touché le parquet d’un bar ensemble, il était en feu, me rappelle-t-elle en riant, et je souris à l'évocation de ce souvenir, toujours parfaitement intact dans ma mémoire, bien qu'il commence à dater.

Lorsque l'on rentre, je prends soin de faire passer Rita à côté de moi pour que Theo voit bien que je suis accompagnée -déjà- et qu'il comprenne ainsi que je n'étais pas là pour l'embêter encore, en plein samedi après-midi, mais que j'allais simplement profiter d'une Bièraubeurre avec une... amie. Un éclair de compréhension passa sur son visage et, avec un sourire radieux, il m'adressa un signe amical de la main, que je lui rendis. Il m'indiqua du menton une table vers le fond de la salle, puis désignant son plateau, plein, me fit comprendre qu'il viendrait prendre notre commande une fois son plateau vide, et je lui signifiais que j'avais compris par un hochement de tête et un sourire timide -qui n'échappa pas à Rita, j'en étais sûre. Cette fille avait des yeux partout lorsqu'il s'agissait de me mettre mal à l'aise.

Nous nous installâmes donc à la table en question, et bien que je fasse tout pour avoir l'air le plus naturelle possible, surjouant peut-être même un peu le visage de la fille pour qui tout est parfaitement normal, je sentais le regard pénétrant et pesant de Rita sur moi, que j'évitais volontairement. Finalement, au bout d'une dizaine de secondes particulièrement pénibles, je craquais et finis par lui lâcher ce qu'elle voulait savoir -ce n'était pas comme si c'était un grand secret de toute façon.


-C'est Theo, lui appris-je. Je... On s'est rencontré par hasard, il y a quelques mois et depuis je viens régulièrement... lui rendre visite.

C'était quelque chose de parfaitement normal, et que n'importe qui pouvait faire, non ? Alors pourquoi la Poufsouffle souriait-elle comme ça ?

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Rita Minithya
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MessageSujet: Re: L'amour: mode d'emploi (PV)   Dim 5 Mai - 19:11


La magie n’était plus quelque chose que je voulais. Pas après tous les évènements qu’ils se passaient dans ma vie. Ca faisait un an que je ne parlais plus à Nathanael, sauf cette fois dans la cabane hurlante où on avait risqué nos vies en sortant par le saule cogneur alors qu’un professeur se doutait qu’on passerait par là. Le seul qui me donnait un peu envie de sourire en voyant les merveilles que la magie pouvait créer, c’était Caleb. On se voyait souvent, maintenant, et quelques, on mangeait même avec Ana qui le connaissait – et qui l’aimait bien, ça crevait les yeux-, un trio complètement improbable à vrai dire. Pourtant, c’était bien eux deux qui égaillaient un peu mes journées. Caleb avait ce don de prendre tout dans le bon sens, et c’était carrément du grand art ! J’éprouvais une certaine admiration pour lui. Comment faisait-il pour passer au -dessus de ses problèmes ? Comment avait-il fait pour se lier d’amitié avec Ana ? Chez Caleb, les difficultés n’en étaient plus et tout devenaient soudainement très simple. J’aimais lui parler, tenter de créer des pièges, blaguer, rire, penser à autre chose. Comme au bal, où on s’était fait attrapés par Nakamura ! On riait à chaque fois qu’on y pensait d’ailleurs ! Et puis, je les avais toujours, moi, les ingrédients, sauf les quelques quelle avait remarqués. On avait hérité d’une belle punition et il devait bien rester encore de la crasse incrustée dans mes ongles, bien profondément.

Etre en présence d’Ana, c’était comme sentir un vent glacial vous frôler constamment. Mais dernièrement, ce même vent glacial auquel j’avais fini par m’habituer était devenu une espèce de brise légère. Plus en paix, plus calme, plus… mure ? Je la regardais alors qu’elle marchait. Elle ne tranchait plus l’air de cet air rageur qu’elle avait l’habitude de pendre depuis sa première année, comme si elle voulait écraser quiqu’onques se mettait en travers de son chemin. J’ai toujours pensé que croiser Ana conduisait forcément à une confrontation ; ce qu’il s’était passé entre nous. Caleb m’avait prouvé le contraire, en slalomant simplement. Là, elle avait cet démarche plus légère, un peu plus enjouée, et transpirait presque –je dis bien presque- la sympathie. Elle avait évolué d’une manière inattendue, et ce n’était surement pas parce qu’elle avait embrassé Carlton ! Non, et puis elle connaissait Caleb depuis trop longtemps pour que ce soit lui qui en soit la cause également.

Désormais, que ça lui plaise ou non, j’étais une des personnes qui connaissait le plus Ana –pour deux « ennemis », c’était de l’infos, ça !- alors je savais bien qu’il y avait anguille sous roche. Je pouvais comprendre qu’elle voulait changer et que par miracle, elle avait mûrit à force, et qu’elle cherchait à être plus… accessible, mais il y avait autre chose. Elle cachait quelque chose… Mais quoi… ?

Je me rendis alors compte qu’elle… qu’elle rougissait la petite ! Ouuuahhh, et bien, il s’en était passé de ces choses pendant la fête où elle était juste timide ? Ana, timide ?

-Génial, si tu veux tout savoir. On a passé la nuit à s’embrasser encore et encore, je te laisse imaginer.

C’était pas trop mon truc de fantasmer sur Ana et Chuck, alors je tentais tant bien que mal, justement, de ne pas imaginer ce qu’ils avaient fait. Je compris vite à son air gêné, qu’elle cachait derrière son assurance, qu’elle parlait avec une ironie que je lui connaissais bien.

-J’imagine bien, je repris sur le même ton, avec un sourire de côté. Ahhhh, gêner Ana, c’était la chose la plus facile de l’univers ! Et puis, oui, même si elle ironisait à mort, ils avaient quand même dus s’embrasser, Chuck ne tenait pas sa réputation de quelques discussions avec des nanas.

Et voilà que c’était mon tour, et que je lui avouais que j’étais comme toutes les autres filles, j’avais mes faiblesses et que les Serpentards en faisaient partis. Y avait Jay, avec qui j’adorais faire du Quiditch et s’entrainait souvent avec moi, Archibald avec qui j’avais un peu parlé depuis qu’on avait flirté et Ulrich, avec qui, contre toute attente, je passais un peu de temps et Daphe, avec laquelle je discutais aussi. Comme quoi… Et alors que j’éclatais de rire, elle me surprit à faire de même. Non, sans déconner, ça devait être la première fois de ma vie que je la voyais rire. Ca devait lui faire bizarre à elle toute seule. On riait ensemble ! Non mais c’était complètement dingue ? C’était ça, grandir ? Accepter ses ennemis, passer à autre chose sans raisons ? Wahou. C’était space.

-Euh, attends. Tu peux la refaire, s’il te plait ? Il te manque ? Mais tu le déteste ?

-Ce connard m’a pas envoyé une seule lettre après Ste Mangouste, pas une seule ! Je m’exclame doucement en levant les bras comme pour prendre le ciel en témoin. Surement parce que j’avais rompu avant, parce que oui, c’était MOI qui avait rompu, qu’elle le sache bien ! Mais quand même, ça se fait pas, je rumine. Je crois que je l’aime toujours Ana, que c’est compliqué, je soupire enfin, bien que ce soit TRES bizarre de parler de mes problèmes sentimentaux avec mon ex pire ennemie.

-Et tu as… tu as… dormi avec lui ?

-Oui, Mère Theresa ! Je me mets à rire en lui faisant les gros yeux. Quelle pouvait être… coincée. C’était trop marrant ! Pas méchant, surtout venant de moi, mais tout simplement : mignon. C’était bizarre de penser qu’Ana était mignonne mais bon. Dis, tu as vraiment laissé Carlton t’embrasser ? Héhé, parce que ça devait forcément être le cas ! C’est pas un pêché ça ? J’ajoute d’un air soupçonneux avant d’éclater de rire de nouveau. Enfaite, on avait pa le choix, coincés dans la neige au Pré au lard, dans la cabane hurlante. La poisse, je murmure en ajustant mon écharpe en laine.

C’est que j’étais en forme ! Ma relation avec Ana, des fois, je la regrettais. Y avait personne dans cette école qui devait avoir une relation aussi bizarre, à la limite du masochisme –Ouais, le truc, c’est qu’Ana et moi, on aimait se faire du mal… Dis comme ça…-.

Ana et moi, en discutant, tout ce qu’il y a de plus normal avec quelqu’un qui a essayé de me tuer, on est vite arrivé au Pré au lard. On s’était aussi dépêchée d’aller aux Trois Balais, histoire de décongeler, et on s’était installé. J’avais déjà remarqué le beau gosse qu’elle avait salué de loin. Serait-ce son petit secret ? Hummmmm ? J’étais curieuse. Et la curieuse était une bonne chose pour moi, peut-être pas pour elle. Cependant, en retirant mon manteau et elle le sien, elle trouva juste de donner une réponse à mon regard soupçonneux.

-C’est Théo, Ahhhhh, et elle connaissait son nom ? Je… on s’est rencontré par hasard, tu parles d’un hasard ! Les Trois Balais ! Il y a quelques mois et depuis, je viens régulièrement… lui rendre visite.

C’était moi où elle avait hésité sur : « lui rendre visite » ? Je souris d’un ait entendu en acquiesçant.

-Régulièrement… je répète en hochant la tête doucement.

J’étais en train de défait mon écharpe, quand ledit Beau gosse, dit Théo, s’approcha de notre table. Franchement, je comprenais Ana. Je savais même pas comment j’avais fait pour ne pas le remarquer depuis le début de l’année. Il était grand, surement majeur, avait de beau yeux bleus et une carrure vraiment plus qu’acceptable. Je pouvais parier que là-dessous il cachait des tablettes de chocol… Il interrompit mes pensées avec un sourire en prenant notre commande. Vu qu’Ana le saluait tout sourire, rayonnante comme jamais, je cru mettre le doigt sur quelque chose d’interessant. Très interessant…

-Bonjour ! Je m’exclamais alors qu’il me saluait à son tour. Je répondis rapidement au regard interrogateur qu’il lançait à Ana, profitant de l’occasion. Rita, je m’annonçais en lui serrant la main. Je regardais Ana, puis je tournais de nouveau la tête vers lui. Ana et moi on est… je fis mine de réfléchir. Je voyais d’ici Ana paniquer, croire que j’allais balancer des horreurs. J’étais peut-être une méchante connasse avec elle, mais surement pas une salope –il faut faire la nuance-…Comme deux sœurs, j’explique finalement avec un énorme sourire.Inséparables, je continue en lançant un regard tendre à Ana. N’est-ce pas Ana ? Humm ? J’insiste en lui tendant la main pour qu’elle la saisisse. Allleezzz, dégonfles-toooiiii. Ce sera deux bierraubeurre, s’il vous plait ! Je m’exclamais finalement avec entrain.

Théo s’en alla, commande en main, et je le suivais du regard, alors qu’Ana retira sa main aussitôt qu’il avait tourné les yeux. Elle devait en faire une tête ! Moi par contre, du spectacle, j’en avais ! Je regardais Théo s’éloigner vers le bar et disparaitre de ma vue. Ce n’est qu’à ce moment que je me retournais vers Ana, en sifflant.

-Non mais mates moi ce p’tit cul, je m’exclame en me mordant la lèvre inférieur et en faisant les gros yeux, mon pouce en direction de Théo. Enfin, elle en avait eu des occasions, de le mater, apparemment… Ah mais je te comprends tout à fait, je continue dans ma lancée. Je crois que je vais venir plus souvent…

Phase ultime, mords, mords à l’hameççoooonnn. Son regard en dit tout de suite plus long que tous les mots du monde ! Mordue !

-A mon avis, t’es un peu plus attachée à lui que t’essayes de te le persuader, je dis en prenant appui sur le canapé moelleux. Son regard transpirait la jalousie ! Et puis rappelles-toi, je précisais, j’ai une attirance prononcée pour les mauvais garçons. Tu sais, bruns ténébreux, et je mets mes coudes pour me rapprocher d’elle. Je n’en avais rien à faire, de son Théo. Enfin, si, il avait l’air super sympa, et je ne dirai jamais non d’une petite conversation devant une bierraubeurre, mais je n’allais surement pas tenter de flirter avec lui. Très peu pour moi, j’en avais déjà des tonnes, avec les garçons. Lui…, je lui murmure alors qu’il revenait avec les deux chopes, Lui, on dirait une perle dans une mer de pétrole, et elle devait bien le savoir. Faire sourire Ana, ça tenait du miracle. J’avais réussi à le faire, mais je pouvais parier mon bras que si j’avais réussi cet exploit, c’était parce que lui avait réussi avant moi. Ce gars lui faisait du bien –et il lui ferait d’une tout autre manière, si je comprenais bien l’évolution de la chose-. Le lâches pas, je murmurais de nouveau, même si je savais pertinemment qu'elle se foutait que je lui dise.

Et c’est ce qu’elle faisait de mieux ! Parce qu’en même temps, elle en aurait de la concurrence ! Un mec aussi beau au Pré au lard, ça reste jamais longtemps seul. Il devait se faire draguer par des élèves en chaleur tous les jours. Et puis, j’avais beau avoir hais Ana, elle, elle était pas comme les autres. Théo arriva enfin, avec ce sourire totalement craquant qui semblait lui être propre et qui pourrait faire sourire n’importe qui en retour et je le remerciais gaiement, tout naturellement. Je vous l’ai dit, ce mec est canon, mais en plus il réussit à faire sourire sincèrement les gens ! Ca faisait longtemps que j’avais pas sourit d’une manière aussi spontanée et joyeuse. Finalement, cette après-midi était vraiment chouette !

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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: L'amour: mode d'emploi (PV)   Sam 11 Mai - 17:14

-Ce connard m’a pas envoyé une seule lettre après Ste Mangouste, pas une seule !

Rita avait tourné sa phrase de manière à avoir l'air en colère, mais à sa manière de le dire, je devinais qu'elle était passée à autre chose. Ou du moins, qu'elle n'était plus énervée comme elle avait pu l'être. Alors je me permis de ricaner discrètement -l'amour, les lettres, tout ça me paraissait si futile à côté de tout ce que Rita avait traversé que ça me faisait plus marrer qu'autre chose.

-Surement parce que j’avais rompu avant.

Je hochais la tête, toujours en souriant, me retenant de rigoler. Vu le ton qu'elle avait employé, insistant bien sur le "J'AVAIS rompu", elle voulait que je sache que ELLE avait rompu. C'était chose faite maintenant, mais vu qu'apparemment, bien que plus en colère, elle était toujours à fond sur son ex, ça me faisait rire quand même.

- Mais quand même, ça se fait pas.

J'écoute son monologue explicatif avec de plus en plus de difficultés à ne pas rire - je ne cache même plus mon petit sourire. Il ne lui avait pas envoyé de lettre, d'accord, c'était pas cool, mais il y avait des tonnes de garçons à Poudlard ! Si elle avait pu sortir avec lui, il y en avait sûrement plein d'autres à son goût... Mais bon, ça devait être plus compliqué que ça j'imagine. De toute façon, l'amour, je n'y comprenais pas grand chose. Un peu comme une langue étrangère.

-Je crois que je l’aime toujours Ana, que c’est compliqué, dit-elle finalement, avec un soupir lassé en prime.

-Ça, je ne m'en étais pas doutée une seule seconde... marmonnais-je dans ma barbe, plus pour moi-même que pour elle. Eh bien, arrête de l'aimer ! ajoutais-je, à voix haute et intelligible cette fois.

Elle me regarda drôlement, comme on regarde quelqu'un d'un peu bête, mais je ne me démontais pas ; c'était un conseil tout à fait raisonnable, et, pas de chance, c'était aussi le seul que j'avais à lui fournir ! Avec un ami normal, j'aurais sans doute fait plus d'efforts, mais avec Rita, je ne prenais jamais de gants, et elle non plus, alors je n'avais pas à jouer la psychologue de l'amour ou je sais pas quoi avec elle. Mais quand elle m'annonça sur le ton de la conversation qu'elle avait dormi avec lui, je ne pus retenir ma gêne à ce sujet.


-Oui, Mère Theresa ! s'exclama-t-elle en riant à ma question tout à fait sérieuse.

Je me renfrognais un peu suite à son éclat de rire, à la limite de bouder -bon, je n'avais pas quatre ans, mais bon- parce que désolée de trouver ça étonnant et... indécent mais... bon. J'avais conscience de parler et de penser comme quelqu'un de quatre-vingt ans, alors mieux valait me taire.


-Dis, tu as vraiment laissé Carlton t’embrasser ?

Je haussais les sourcils, en oubliant ma mine boudeuse, prise au dépourvue -n'avait-on pas changé de sujet, entre temps ?

-C’est pas un pêché ça ? ajouta-t-elle, mimant un air soupçonneux, avant de finalement rire de nouveau.

Oh, je vois. Si elle le prenait comme ça, je n'allais plus dire un mot, moi ! Je fronçais les sourcils, face à sa blague pas drôle du tout. Qu'est ce qu'elle insinuait ? Que j'étais coincée ? Je ne trouvais pas, mais en réalité je n'avais pas trop envie d'y penser, car je sentais qu'elle allait arriver à m'en convaincre et à me mettre mal à l'aise avec ça -ça n'allait pas, c'était vraiment trop facile pour elle de me gêner !

-En fait, on avait pas le choix, coincés dans la neige au Pré au lard, dans la cabane hurlante. La poisse, m'apprit-elle finalement.

Alors il avait simplement dormi ensemble ! Pas vraiment
dormi ensemble ! Je comprenais mieux la situation à présent. L'arrivée au bar arrêta cette discussion, et au final, c'était sans doute mieux comme ça -je m'étais assez confiée pour le reste de ma vie.

Mais amener Rita aux Trois Balais était quelque chose d'étrange, pour moi. Je savais bien qu'elle y était sans doute allée, et même un paquet de fois depuis deux ans qu'on avait la permission d'aller à Pré-Au-Lard, mais cette fois, c'était différent. Non seulement c'était la première fois que je m'y rendais avec une "amie", et surtout, la première fois que j'allais présenter une "amie" donc, à Theo. Heureusement que c'était venu comme ça, sans préméditation, car si j'avais été prévenue à l'avance, sans doute aurais-je su à quel point ça serait une mauvaise idée et aurait évité ça. Non mais et si ils devenaient amis, hein ??? Au fur et à mesure de leur discussion, Theo se rendrait compte qu'en fait il ne me connait pas du tout, il me détesterait du lui avoir menti, ou plutôt caché tout un pan de ma vie, et finirait par me préférer Rita. Certains diraient que j'étais un peu pessimiste, mais si jamais il nous demandait comment on s'était rencontrées par exemple, j'étais cuite ! Bon. Arrêter de stresser, respirer et sourire le plus naturellement possible. Si jamais Rita essayait de me dé-crédibiliser auprès de Theo, c'était bien pire qu'un verre de bieraubeurre qu'elle allait se prendre !

Déjà, rien que de voir son petit sourire en me voyant me débattre avec mes pauvres explications, je sus que ça allait être une rude épreuve pour mes nerfs.


-Régulièrement… répèta-t-elle, l'air pensive.

Oui, régulièrement, qu'est ce qu'elle ne comprend pas dans ce mot ??? Elle veut un dessin peut-être ??? Mais j'étais loin d'être au bout de mes peines...

-Bonjour ! Rita, se présenta-t-elle, tout sourire, lorsque Theo vint prendre notre commande.

Je la fusillais du regard. Il lui répondit un "Enchanté !" enjoué, et je lui fis un grand sourire lorsqu'il me jetta un coup d'oeil, et m'apprêtais à passer commande, priant pour que l'autre s'arrête là, mais visiblement, elle semblait bien décidée à me faire regretter de l'avoir emmenée là.


- Ana et moi on est…


Theo me tournant le dos, je lui fait des gros yeux, sentant la panique monter en moi, et agite mes index en signe de négation dans des mouvements désordonnés et suppliants. Cette garce fait semblant de réfléchir, et moi, j'hésite quant à la meilleure façon de la torturer sauvagement une fois que Theo m'aura demandé de m'en aller, déçu.

-…Comme deux sœurs.

Alors celle-là, le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne l'avais pas vue venir. Mais à quoi jouait-elle ???? Faisait-elle semblant devant moi, pour mieux me poignarder dans le dos une fois que je ne serais plus là ?? ... D'accord, ma confiance en Rita était débordante, j'en avais confiance. Mais pour ma défense, on ne pouvait pas dire que nous avions toujours été les meilleures amies du monde, alors c'était normal que je me méfie !

-Inséparables, ajouta-t-elle en me couvant du regard. N’est-ce pas Ana ?

Theo me regarda, avec un grand sourire surpris, et je lui souris à mon tour, lorsque je vis la main que Rita tendis sournoisement vers moi. Toujours mon sourire niais figé sur le visage, j'étendis lentement mon bras jusqu'à que l'on se donne la main. Dans le rôle des deux inséparables, il n'y avait pas moins crédibles que nous, mais Theo sembla avaler ça sans problème.

-Absolument, je répondis avec un sourire crispé. J'étais trop impatiente que tu rencontres ma... Tata.

Le petit surnom immonde, c'était gratuit...


-Ce sera deux bierraubeurre, s’il vous plait ! finit-elle par lancer.

Le barman nous sourit une nouvelle fois avec bonne humeur, et tourne les talons. Je retire précipitamment ma main, et lui lance un regard noir.

-Tu ne payes rien pour attendre, grognais-je à voix basse.

Et puis je me rends compte qu'elle fixe quelque chose, et en me retournant, je vois seulement seulement Theo, terminant son chemin jusqu'au bar. Je me retourne vers elle, perplexe et un peu sur la défensive, prête à lui demander ce qu'elle regarde comme ça.


-Non mais mates moi ce p’tit cul !

Je fis les gros yeux sous le coup de la surprise - mais... mais... je rêve là !

-Ah mais je te comprends tout à fait. Je crois que je vais venir plus souvent…

Je serrais les poings sous la table, et les dents, aussi. Je ne répondis rien cependant car je savais qu'elle trouverait le moyen de me taquiner avec tout ce que je pourrais dire, alors mieux valait me taire pour le moment. Mais dès que l'on serait sorties de ce bar... J'avais perdu l'habitude de me battre, mais pour elle, je ferais une exception !

-A mon avis, t’es un peu plus attachée à lui que t’essayes de te le persuader, dit-elle finalement, moqueuse. Et puis rappelles-toi, j’ai une attirance prononcée pour les mauvais garçons. Tu sais, bruns ténébreux.

Elle jouait avec mes nerfs, et elle en avait parfaitement conscience. Mais qu'est ce qu'elle pouvait m'agacer ! Je me fous royalement de ce qu'est son genre de mecs, elle n'a pas intérêt à s'approcher de Theo ! Je fulmine, mais évite soigneusement de me demander pourquoi, car ça n'a pas de sens -Theo sort avec qui il veut, et Rita, encore plus. Pourtant, c'est un fait. Ça m'énerve. Alors je fais ce que je sais faire le mieux, même si je ne le fais plus tellement, maintenant : j'utilise le sarcasme.

-Ah bon ? Je croyais que ton genre, à toi, c'était les bruns un peu bêtes qui ne répondent pas à tes lettres, je lance, tentant d'insuffler le plus de venin possible dans ma phrase.

Je voyais encore son regard au loin, elle devait encore fixer Theo, et je tentais de me contrôler pour ne pas lui écraser délibérément le pied.


-Lui… Lui, on dirait une perle dans une mer de pétrole. Le lâches pas.

Encore une fois, elle me prit totalement au dépourvu. Ces eux phrases, loin de ses remarques sarcastiques d'il y a quelques minutes, semblaient sincères et presque... rêveuses. Un peu larguée, je me retournais de nouveau, et regardais Theo distribuais des sourires réconfortants -ses sourires, quoi- à chacun des clients à qui il parlait. Une perle, oui, c'était bien le mot. Je sentis mon coeur se serrer un peu à ses derniers mots. Je n'avais pas l'intention de le lâcher, ça, jamais. Mais quand lui verrait comment je suis vraiment, et ça arriverait bien un jour, alors, ce sera lui qui me lâchera, il n'y avait pas de doute là dessus. Calmée, je me retournais vers Rita.

-J'y compte bien. Seulement, il ne sait pas... comment je suis. Comment j'étais, rajoutais-je, espérant qu'elle voit ce que je veux dire. J'ai tout le temps peur de faire une gaffe et qu'il comprenne, lui avouais-je finalement.

Je n'avais pas la moindre idée de pourquoi je lui racontais ça, alors que deux minutes plus tôt, j'étais prête à lui faire avaler ses yeux, son nez et ses oreilles, mais en l'espaces de quelques instants, l'ambiance avait changé, et qui sait... peut-être qu'elle serait de bon conseil ?


...Bon, je n'y croyais pas trop, quand même.

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Rita Minithya
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MessageSujet: Re: L'amour: mode d'emploi (PV)   Jeu 23 Mai - 0:10


A nous regarder toutes les deux, à côté de l’autre, ça pouvait donner l’impression qu’on était de grandes amies, Ana et moi. Ou alors qu’on l’était devenus, ce qui était tout aussi peu crédible, hein. Fallait pas chercher bien loin pour soudainement se rendre compte qu’il n’en était rien ! Il suffisait de nous entendre nous parler ! Ca s’envoie des vacheries toutes les deux secondes comme larrons en foire et ca se sourit quand même. En réalité, y avait pas plus différents qu’elle et moi ! On l’avait bien remarqué à notre première rencontre, et pour ma défense, elle n’avait pas été douce avec moi, je m’étais défendue. Et puis, de toutes manières, ça avait vachement mal tourné cette histoire, si bien que le bar s’était retrouvé en… feu. Il ne faut pas sous-estimer des gamines de douze ans avec une baguette de bois dans la main, sous peine de se retrouver soudainement trois mètres au-dessus du sol en train de valdinguer comme un malade. Je m’étais contentée de me défendre donc, quelque part, j’étais bien une Poufsouffle (ouais, Caleb et moi, des fois, on soulevait la question…) ! Rien qu’à la regarder maintenant, Ana avait l’air tout à fait différente, mais moi je savais qu’un véritable lion se cachait encore quelque part là-dessous. Je n’avais pas oublié les coups de poings bien placés et les sortilèges maitrisés –certes, peu nombreux, mais efficaces !-. Et comme je le disais : Ana et moi, on était pas les meilleurs amies du monde, on se contentaient de se supporter mutuellement.

-Ca, je ne m’en étais pas douté une seule seconde. Eh bien, arrête de l’aimer !

Plus facile à dire qu’à faire dis donc ! J’aurais bien voulu qu’il sorte de mon esprit le temps que je les reprennent justement, ça m’aurait aidé, mais c’est pas une blague quand on vous dit que tomber amoureux, ça rend DINGUE ! J’ai pas inventé la poudre, mais alors, celle-ci, c’est pas une connerie ! Je rêvais d’ailleurs de me laisser ma tête vagabonder chez les bisounours, une de ces nuits, histoire de ne plus avoir d’hallucinations en pleine journée, de James, ou même de rêver de lui. J’avais pensé à la drogue, bien sur, mais là aussi, c’était pas évident, fallait se la fournir, et pour le moment, j’avais pas trouvé où la trouver justement. Et y a ce truc qui dit que quand on commence, on ne s’arrête plus, et j’aimais pas tellement l’idée de dépendance à quelque chose. J’étais un electron libre, merci ! Je soupirais lentement et longuement et un épais nuage d’air froid se forma devant moi. J’avais plus qu’à faire « Tchou tchou » mais à la limite, ça aurait fait rire Caleb, dont l’humeur semblait inflexible, mais je doutais qu’Ana éclate de rire d’un air entendu. Non. Définitivement non. Je me contentais d’ailleurs d’hausser les épaules à la vue de son air excédé. Ah ben oui, l’amour, quand on s’y connait pas, c’est tout de suite plus facile de juger !

Le reste du chemin, je me sentis légèrement seule étant donné qu’aucune trace de vie humaine ne répondait à mes remarques, et pourtant, je tentais tant bien que mal de faire réagir Ana, pour qu’elle parle, zut, elle était pas muette, mais rien n’y fit. Elle se contenta de lever les yeux au ciel, froncer les sourcils le reste du temps, jusqu’à ce qu’on atteigne les trois balais, où soudainement, son visage tout ridé par le renfrognement se lissa comme les fesses d’un bébé devant… Mr.Barman le canon. D’ailleurs, comment il s’appelait ? Il avait l’air franchement sympa et j’étais sure que j’allais m’entendre avec lui ! Avec un peu de chance, j’aurais une chope gratuite de ci de là –je tente de tirer profit, mais pas toujours, attention !-. Et quand, enfin, on était installée, j’avais compris son petit manège à Ana, de me suivre dans le bar sans broncher –c’était comme demander au petit chaperon rouge de diner avec le loup. Sauf que là, on savait pas qui finirait dans la casserole-. Et puis ce petit air sage qui ne lui allait pas, mais qui pourtant, me faisait découvrir une toute autre personne. Ce n’était pas Ana. Enfin, si, sans aucun doute, c’était elle, mais pas celle que j’avais connu. C’était une Ana sage et timide qui allait prendre une boisson, un après midi enneigé, avec une amie. Alors qu’en vérité, j’aurais plutôt dit : une Ana boudeuse, hystérique et violente qui allait se bourrer à la bierraubeurre pour oublier qu’elle était l’une des filles les plus seules de son école. La première version plairait beaucoup plus au Barman, elle avait raison.

Elle me saisit la main, et je profitais longuuuuemmment de son air à la fois meurtrier et forcé –ça sautait aux yeux à dix kilomètres à la ronde-, un immense sourire à son « ami » en prime. Bah voilà ! C’est pas si compliqué ! Je devais avouer que ce moment était magique. Vraiment. J’avais le contrôle total de la situation et pourtant, jamais ça n’avait été plus simple !

-Absolument, ahhhhhh, quelle satisfaction. Victoire, victoire, quand je te cotoie… J’étais trop impatiente que tu rencontres ma … Tata.



Heureusement que j’étais censée être sa meilleure amie parce que son surnom je le lui aurais enfoncé par le premier trou que je trouvais ! Mais qui veut jouer au jeu du chat et de la souris finira forcément par se faire croquer… Je regardais le jeune homme droit dans les yeux, toute sourire –parce que le sourire était sincère en plus, moi, je n’avais pas de mal à ce niveau !- et j’haussais les épaules d’un air entendu.

-Elle dit ça parce qu’un jour je l’ai protégée pendant une agression, et comme il levait un sourcil, je le rassurais, mais pas de problèmes, je vais bien, je fis en hochant la tête bravement et humblement.

Parce que je passais désormais pour la Tata protectrice et que c’était humble, c’était fort, c’était tellement glorifiant, je tapotais la main de Ana comme pour lui dire à elle aussi, à ce souvenir tellemennnnttt douloureux, que ce n’était rien. Vraiment. Je n’avais fait que la protéger contre plus fort qu’elle. Quelle petite créature, qu’elle pauvre fillette sans défense. HAHAHAHAHA ! Bah voilà, l’affaire était close ! Elle passait pour la gentille fille sans défense et moi, le héro national, c’était quand même agréable ! Par contre, j’évitais de rencontrer ses yeux quand Théo s’en alla parce qu’elle pourrait très bien me tuer avec.

-Tu ne perds rien pour attendre.

Je l’aide, elle me menace. Ou va le monde ? Moi, c’est vrai quoi, je comprends pas. J’aide, je soutiens, je suis présente constamment et voilà comment on me remercie ! C’est l’hopital qui se fout de la charité, le sur la garonne ! Mais derien, derien, allez-y, crachez moi dessus, je ne dirais RIEN. C’est bon de se sentir innocent de temps à autre. Et je continuais mon monologue tandis que son visage était repassé à la normale. Je devrais me servir de Théo comme bouclier, il était quand même super efficace !

-Ah bon ? Je croyais que ton style à toi, c’était les bruns un peu bêtes qui ne répondent pas à tes lettres.

Je me retournais un instant, un petit, décollant à mon grand regret mon regard de la silhouette parfaite de Théo pour encaisser sa remarque. C’était pas comme si j’étais habituée non plus, hein ! Ca me fit rire, d’ailleurs, et je le laissais échapper en toute franchise. Elle était pas un peu jalouse là ? J’allais pas qui courir après, à son beau gosse, si c’était la question ! En règle générale, je ne courrais après personne et surtout pas après les garçons sur lesquelles mes connaissances avaient des vues. Non- exception faite, Archibald venait de rompre avec Annalisa, que je devais avouer connaitre quand on s’est embrassé et qu’on a flirté-. Et cette exception, c’était probablement aussi ce qui faisait douter Ana. En parlant d’elle, j’avais beau faire ma bêcheuse, fallait qu’elle arrête d’avoir aussi peu confiance en elle. Ok, elle avait un caractère de cochon, mais tout est pardonnable à ceux qui savent se repentir, non ? C’était pas comme si elle était le diable en personne… ?

-T’inquiètes pas, je dis en me calant confortablement à cause de mes courbatures qui me lançaient dans le dos à cause du Quidditch. Les élèves autour de nous parlaient, ça faisait un brouhaha pas possible mais j’adorais cette ambiance. Il est trop gentil pour moi, si je continuais, elle allait me prendre pour une maso !

Non, j’adorais les gens gentils, je les aimait tellement que je passais un certain temps avec eux, mais moi, ce qui rendait ma vie un peu mouvementée, c’était les personnes qui mettaient du piment dans la leur ! Y avait Caleb, d’abord, qui avait une fascination partagée pour les Farces et Attrapes, Ana, enfin, celle d’avant techniquement, qui se battait avec moi sans arrêt, et puis quelques autres. Mais certaines personnes étaient agréables à écouter ! Ca devait être agréable de s’assoir à une des tables du Trois Balais, quand il était vide, et de discuter tranquillement avec Théo, une bierraubeurre à la main, son sourire en face. C’était tranquillisant. Un peu trop pour moi, mais tout de même parfaitement agréable. En y pensant, lui et Ana, c’était un peu comme deux pieces complexes d’un puzzle. Il fallait trouver la bonne combinaison pour les assembler. Et ‘était surement pas elle qui allait trouver la solution !

-J’y compte bien. Seulement, il ne sait pas… Comment je suis. Comment j’étais. J’ai tout le temps peur de faire une gaffe et qu’il comprenne.

Il est dur d’imaginer comme je me retenais de lui balancer un truc vache. Mais elle avait l’air vachement sérieuse et j’imaginais bien que se confier à moi, c’était un risque de 90% de taux de chute. Seulement, je n’étais pas méchante. Aussi difficile que ça puisse être à croire, j’étai une vraie Poufsouffle, pas une en mousse, une vraie de vraie ! Et je pouvais être sérieuse quand il me semblait important de l’être.

-Quoi… ? Je répète en me mettant bien en face d’elle. Soyons franche, on est entre nous, je précise, vu qu’elle semblait éviter de se qualifier. Que tu étais une vilaine peste hautaine et méprisante ? Je relève en posant mes coudes sur la table –et celui qui me dit que c’est malpoli…- et en la regardant très franchement, avec toute la maturité que j’avais récolté durant quatre années-.

Je me redressais et me retournais rapidement afin d’observer que Théo revenait. Je me penchais vers Ana.

-L’avantage avec les étiquettes, c’est qu’avec de l’eau et une bonne brosse, on peut les enlever, je rajoute en haussant les épaules. C’est toi qui vois. Tu veux vraiment lui cacher ce que tu es encore au fond ? Sérieux ? T’as peur de quoi ? Qu’il te rejette ?

Toutes ces questions, c’était surement ce que toutes les filles se demandaient quand elles étaient amoureuses –et c’était sur qu’Ana l’était !-. Elles passaient pour des filles qu’elles n’étaient pas pour plaire. Je l’avais fait aussi, ça ne marchais pas ! S’il l’aimait un jour, ce serait pour ce qu’elle est, pas pour ce qu’elle voulait bien montrer. Théo arriva avec son plateau et j’attrapais le grand verre en me léchant les lèvres.

-Si c’est toi qui les a faites, alors je suis certaine qu’elles sont délicieuses ! Je m’exclame pour combler le vide d’Ana. C’est pour ça qu’Ana m’a amenée ici !

Pas tout à fait vrai, pas tout à fait faux, on était pas à un mensonge près. Là, c’était du sérieux. J’avais beau ne pas m’entendre super bien avec Ana, ce que je ne ferais jamais, c’était de chercher à détruire sa vie pour avoir la satisfaction de la voir partager un quart de la mienne. Qu’elle le veuille ou non, moi, au fond, j’étais aussi différente qu’elle tentait de l’être aux yeux de Théo.



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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: L'amour: mode d'emploi (PV)   Lun 3 Juin - 19:37

Je n'aimais pas beaucoup cette situation. Pour ne pas dire pas du tout. Theo et Rita, c'était deux personnes que je fréquentais beaucoup, mais aussi deux mondes différents. Je veux dire, je n'étais pas dans le même délire quand j'étais avec Theo que avec l'autre. C'était même extrêmement différent ; avec lui, je devenais douce et paisible, je riais, je parlais -bref, j'étais méconnaissable pour quelqu'un comme Rita qui m'avait toujours connue plus... crue. Alors si d'un coup elle me voyait toute gentille, elle risquait de se taper un fou rire. Et inversement, si Theo me voyait la traiter avec agacement et lassitude -comme j'étais quoi- il risquait bien de ne pas comprendre. J'étais coincée. Mais à choisir, je crois qu'il valait mieux que ça soit Rita qui soit surprise, plutôt que Theo. J'étais sûre qu'elle serait assez intelligente pour comprendre -après, qu'elle joue le jeu, ça, c'était une autre histoire. Mais je ne pouvais pas prendre le risque de me montrer telle que j'étais devant celui qui était devenu mon ami, un véritable ami au fil des mois.

-Elle dit ça parce qu’un jour je l’ai protégée pendant une agression, répliqua ma "meilleure amie" après ma faible tentative d'attaque. Mais pas de problèmes, je vais bien, rajouta-t-elle en prenant l'air de la fille qui a vécu quelque chose d'atroce mais qui veut rester modeste.

Je forçais un nouveau sourire pendant que dans ma tête j'imaginais la mort lente et douloureuse de l'autre asiat'. D'ailleurs, mon pied alla trouver le sien sous la table et je l'écrasais sans ménagement, tout en continuant à sourire niaisement à Theo qui s'en alla, l'air légèrement perplexe. Vu la tête de Rita, elle était très fière d'elle -ben tient- et en plus, elle évitait mon regard, ce qui m'empêchait de la fusiller avec, chose très contrariante. Mais je crois que le plus énervant de tout vint lorsqu'elle se mit à parler de lui comme si ça serait son prochain repas et à le regarder comme si elle mourrait d'envie de le dévorer. Non mais elle avait les hormones en ébullition là ou quoi ! Ben il allait falloir qu'elle redescende sur Terre ! Je sais très bien de quoi ça avait l'air, mais c'est pas du tout ça. Theo pouvait bien sortir avec qui il voulait, ça m'étais égal, simplement... pas Rita !


-T’inquiètes pas, il est trop gentil pour moi, me répondit l'autre fichue Poufsouffle, l'air désinvolte.

J'écumais intérieurement, mais si je le laissais transparaitre, elle gagnerait. Et puis comment ça, il est trop gentil pour elle ??!! Non mais qu'est ce qu'elle a cru !!! C'est vrai que Madââââme les aime ténébreux et peu loquaces, pardon ! Qu'est ce qu'elle pouvait m'agacer. Je sentais la chaleur monter en moi de colère, et à la fois le rouge me monter aux joues parce qu'elle semblait croire dur comme fer quelque chose qui était complètement à côté de la plaque. Donc avec tout ça je devais m'approcher d'une tomate.


-Je n'étais pas inquiète, grinçais-je entre mes dents, parce que il fallait quand même que j'ai le dernier mot.

Néanmoins, elle eut le bon goût de me prendre au sérieux, et surtout, de ne pas rire lorsque je lui fit part de mon petit... dilemme vis-à-vis de Theo. Je crois bien que si elle ri à un moment où je m'ouvrais à elle, je lui aurait arraché les ongles un par un.

... Bon, peut-être pas. Disons en tout cas que je ne lui aurais certainement plus jamais dit autre chose d'une amabilité du genre "Fous moi la paix." Je m'ouvrais rarement aux autres, pour ne pas dire quasiment jamais ; seulement à Theo. Et encore, plus ou moins, puisqu'il y avait tout un pan de ma vie qu'il ignorait, ça réduisait les possibilités de confession. Et comme tout fille de quinze ans, j'étais arrivée à un âge où j'étais devenue avide de relations dans lesquelles on peut parler et se confier ; et je n'aurais eu besoin de personne d'autre si jamais pu m'ouvrir totalement à Theo. Mais ce n'étais pas le cas, et depuis, je cherchais un peu désespérément quelqu'un qui remplirait à la fois la fonction Theo -gentillesse, sympathie, ouverture d'esprit-, la fonction Rita -personne avec qui je peux être tout à fait et entièrement franche- et... la fonction Ruby. Je n'y avais plus repensé depuis un moment, mais dans le fond, c'était sans doute elle, la part manquante du puzzle de l'ami parfait que je recherchais. Pour le côté amie d'enfance, et simplicité. Sauf qu'avec elle, rien n'avait été simple au final donc...


-Quoi… ?

Ce que je viens de lui apprendre semble vraiment l'étonner. Ben quoi, on a bien le droit de ne pas se montrer tout à fait honnête avec quelqu'un, non ?!


-Soyons franche, on est entre nous. Que tu étais une vilaine peste hautaine et méprisante ?

Je lève les yeux au ciel -elle ne pouvait pas s'en empêcher ! Mais comme elle me fixe avec sérieux et concentration, j'imagine que ce n'était pas pour m'enfoncer, mais réellement quelque chose de réaliste. Une vilaine peste hautaine et méprisante ? A ce point ??? Quand même, elle en rajoutait ! Elle n'était pas objective, c'était là la Rita sur qui j'avais renversé une bierraubeurre la première fois qu'on s'était vues qui parlait. Je n'étais quand même pas à ce point ! Certes, j'étais assez... agressive, voire carrément cinglée parfois quand il s'agissait de combat -oui, oui, je le reconnaissais-, mais... hautaine ? Méprisante ?? Je fronçais un peu les sourcils sans m'en rendre compte en réfléchissant à ce que j'avais pu faire pour mériter des titres pareils. Enfin, au moins, avec ça, j'étais habillée pour l'hiver...

Je haussais les épaules d'un air résigné qui voulait dire "Si tu le dis".


-L’avantage avec les étiquettes, c’est qu’avec de l’eau et une bonne brosse, on peut les enlever, me dit simplement Rita. C’est toi qui vois. Tu veux vraiment lui cacher ce que tu es encore au fond ? Sérieux ? T’as peur de quoi ? Qu’il te rejette ?

A voir la manière dont elle le disait, elle semblait trouver ça un peu ridicule. Evidemment, elle ne pouvait pas comprendre. Pour elle, tout avait toujours était si simple. Elle était amie avec tout le monde, simplement comme ça. Y compris avec ceux avec qui moi-même je n'y étais pas arrivée -Ruby- ou ceux avec qui c'était compliqué -Caleb. Ou encore même lors de notre rencontre ; alors que moi j'étais la sale gamine qui parlait comme un chien au barman, elle, elle faisait ami-ami avec lui. Elle ne pouvait pas comprendre. Rita et moi avions quelques points communs non négligeables, mais du côté de la sociabilité, on ne pouvait pas être sur la même longueur d'onde. Je ne pouvais pas comprendre comment elle faisait pour sympathiser avec tout le monde en quelques phrases lancées avec aisance, tout comme elle ne pouvait pas comprendre en quoi mon amitié avec Theo me semblait si difficile à faire durer.

Pour ça, on était comme de deux mondes différents.


-Laisse tomber, dis-je finalement, comme Theo revenait, nos boissons sur un plateau. Tu ne peux pas comprendre.

Je regrettais de m'être laissée aller à confier quelque chose d'aussi personnel à Rita, car au final, même si elle n'avait pas ri de moi, je me sentais bête quand même -elle devait jubiler de me voir si embêtée par quelque chose qui n'aurait même pas été l'ombre d'un problème pour elle. Dès que le barman fut suffisamment proche de nous pour voir l'ambiance de la table, je me recomposais immédiatement un visage neutre, et lui adressais un nouveau petit sourire aimable.


-Si c’est toi qui les a faites, alors je suis certaine qu’elles sont délicieuses ! Je me retiens à grand peine de ne pas lever de nouveau les yeux au ciel. C'est bon, elle l'avait eu sa victoire, elle pouvait arrêter maintenant ! C’est pour ça qu’Ana m’a amenée ici !

Theo la remercia, et se tourna vers moi, l'air vaguement étonné, et je le gratifiais d'un nouveau sourire, puis il fit demi tour. J'étais à nouveau perplexe. Qu'est ce que c'était que ça ? Etait-ce une sorte... d'encouragement ? D'aide ? Je levais vers ma camarade un sourcil interrogateur.

-Euh... Merci ?

Je ne savais pas trop que penser des motivations de Rita, au final.

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MessageSujet: Re: L'amour: mode d'emploi (PV)   Lun 10 Juin - 16:43




Au final, c’était assez simple. Ana manquait cruellement de confiance en elle. Ce manque de confiance la rendait fragile. Ou était passée la folle qui avait renversé sa bieraubeurre sur moi juste parce qu’elle avait jugé d’un coup d’oeil qu’elle ne m’aimerait pas ? Ou était-elle, cette fille qui ne craignait rien et se fichait bien de ce que l’on pouvait penser d’elle ? Disparue ? Non, pas avec moi, dumoins, mais avec les autres peut-être. Probablement regrettait-elle de se retrouver en 4 eme année, sans le moindre ami, seule, encore, avec ses souvenirs. Sa sœur, morte, et ses frères qu’elle détestait. Sans le moindre doute, je souhaiterais ne jamais vivre pareille chose. La mort d’un proche, c’était ça, le grand mystère qui entourait Ana ? On avait tous nos secrets, certains mieux enfouis que d’autres… Je relevais la tête vers elle. A la regarder me fusiller du regard, j’éprouvais presque, j’ai dit presque, de la tendresse pour elle. Pas de la compassion, juste de la tendresse. Ca faisait 4 ans qu’on se chamaillait, et très franchement, ça nous avait bien occupée ! Je la connaissais assez bien maintenant, mais jamais, au grand jamais je n’échangerai notre relation pour une amitié câline. Je préférais connaitre Ana de loin, en gardant me distances et en me battant tout le temps avec elle parce qu’au moins, notre relation était sincère ; quand on aimait pas ce que l’autre faisait ou disait, on le lui balançait à la tronche. On ne prenait pas de gants et ça m’avait ouvert les yeux plus d’une fois.

-Je ne m’inquiète pas.
-Bien sur, et moi, je suis Benoit XVI.


Elle me fusillait du regard, mais pourtant, je voyais bien que, si, elle s’inquiétait. C’était de ce manque-là de confiance en elle dont je parlais. Je complimentais Théo, et directement elle était jalouse, ce qui montrait bien qu’elle était amoureuse- mais en plus de ça, elle doutait. Non mais ça m’énervait ! Je voulais que pour une fois elle utilise ce qui nous avait fait nous battre depuis si longtemps ! Cette façon qu’elle avait de n’être impressionnée par personne alors que j’avais été plus forte qu’elle en sortilèges. Elle avait continué de me défier, en perdant presque à chaque fois, et elle n’avait jamais abandonné. Contrairement à toute attente, j’aimais cette ténacité qu’elle avait. Mais là, pour le coup, elle me décevait ! Je bus ma bieraubeurre et regardais Ana en faire autant. Ce qu’on avait changé ! J’étais désormais un peu plus grande qu’elle, mais juste un peu, et j’étais probablement un peu plus musclée, grâce au Quidditch que je pratiquais presque tous les jours. J’avais une belle vie, quelque part. J’avais des amis, j’avais une passion, j’étais douée en sport, à l’école, j’avais eu un petit ami, et pas de gros problèmes de famille. Avant James. Elle, qu’est-ce qu’elle avait ? Sa famille, c’était la base de son comportement, des amis, elles en avaient peu, et elles les fuyaient –Caleb-, elle était pas super bonne quelque part, du moins à ma connaissance et niveau amour, elle se rabaissait sans arrêt pour toutes les raisons citées avant. Un cercle vicieux.

-Eh, prends un peu confiance en toi, là, t’es toute molle, je lui balance d’un ton autoritaire et en posant ma bieraubeurre, Théo partit. Regarde, elles, elles sont molles ? Je lui montre une table voisine sur laquelle des filles de troisième année pouffaient en regardant Théo et en lui jetant des coups d’œil aguicheurs. Non, elles chassent, je murmure, voyant réellement Théo comme une proie. Tu vas les laisser te barrer la route ? Je lui demande comme si c’était aberrant, et ça l’était. Des gamines ! Ana Falkowski qui tremblait devant ses sentiments pour un garçon, et de plus, qui pensait ne pas être à la hauteur. Non mais oh, quoi ! Tu peux avoir tous les défauts du monde, je continue sur la lancée, tout à fait sérieuse, aujourd’hui, tu peux faire de ta foutu ténacité une super qualité, j’avoue en haussant les épaules, alors que ces mots m’avaient coutés. Me fais pas regretter de t’avoir dit ça, je finis en me rasseyant sur le canapé moelleux et en lui lançant en regard entendu.

Je la regardais très sérieusement en soupirant devant son air las et je su qu’elle mettrait du temps à reprendre ses esprits et sa ténacité. Indéniablement, quand on parlait de ce Théo, elle perdait toute son assurance, c’était soulant ! J’aurais bien aimé la saisir par les bras et la secouer histoire qu’elle se bouge ! Mais bon, avec moi, elle semblait moins molle qu’avec les autres et j’avais pas envie de me reprendre de la bieraubeurre dans la figure. Les pulsions, ça marche, surtout si je la poussais à bout. Quand il s’agissait de moi, Ana n’y allait pas molo.

-Laisse tomber, tu ne peux pas comprendre.


Ah ben tiens ! La meuf, je lui donne des conseils, le seul truc qu’elle répliquait c’était : « tu peux pas comprendre et nanani et nanana ! ». Ok, Ana et moi, on était pas vraiment pareil, on le savait, mais j’étais aussi certaine qu’elle n’avait pas compris mon message. Pourtant, c’était clair ! Je voulais juste lui faire comprendre qu’elle devait rester elle-même. Plus elle mentait plus le mensonge grossissait et plus fort serait le choc devant la vérité. Personne n’était parfait. Et en même temps, je la comprenais, c’était pas facile pour elle de tomber amoureuse d’un garçon plus âgé. Elle devait penser que mis à part son foutu caractère, il était trop bien pour elle. Oui, il l’était. Mais si elle s’arrêtait à là, elle ne vivrait pas beaucoup.

Et puis, oui, hein, c’était pas de ma faute si j’avais plus de facilités qu’elle à me faire des amis, à être gentille ! C’était elle qui prenait tout mal, qui refusait de franchir la barrière. Le problème, c’était qu’elle ne voulait pas faire de son passé un souvenir et avancer, elle y restait sans se battre. J’avais néanmoins noté qu’elle avait progressé à ce niveau, mais c’était pas encore ça. Bon ? Déjà, elle souriait, non ? L’amour pourrait-il la changer ? Y avait des chances, si le mot amour avait la tête de Théo.

-Bien sur, la gentille Rita Minithya ne comprend pas la peine que ça peut faire de se sentir rejetée, je soupire, lassée en replongeant une dernière fois dans ma boisson. Tu sais quoi ? Je lui demande en posant le gros verre sur la table en bois. Non, je ne sais pas. J’ai un tas d’amis, une tonne de connaissances, j’énumère avec un sourire forcé, en levant les mains, mais moi, en attendant, j’ai pas l’opportunité que tu as en amour, je précise, et je savais qu’elle le savait, parce que niveau amour, moi, c’était pas tout à fait ça cette année. Alors ce que je veux dire c’est… je la regardais dans les yeux, ces yeux bleus glaciaux qui m’avaient surprise la première fois et auxquelles je m’étais habituée. Juste, saisis ta chance, reste toi-même, je finis par lacher, la mine de plomb. S’il aime la Ana que j’ai rencontré en première année… je commence après une pause. Crois-moi, il sera raide dingue de celle d’aujourd’hui, ouah !

Ca m’avais presque arraché la bouche ! Je fermais les yeux un instant pour me rendre compte que c’était probablement le plus beau compliment, le seul ? Que je lui avais fait puis, je saisis que j’avais murit. Oui, murit. Ouah ! Je la regardais, toute fière d’avoir passé pour une fois le cape des gamineries. C’était pas pour autant qu’on allait bouffer des glaces dans la salle sur demande, désormais ! Elle me regardait d’un air un peu perdu, comme si elle ne me reconnaissait pas. Ca, c’était la face de ma personnalité que mes amis voyaient souvent de moi. Quelqu’un qui se préoccupe pour les autres, même avec un sale caractère derrière. Ana n’avait eu le droit qu’à mon mauvais côté, alors évidemment, elle devait penser que j’étais juste… mauvaise. C’était surprenant de se rendre compte que quelqu’un qu’on côtoyer en tant qu’ennemis pouvait se montrer gentil. Comme la Ana téméraire qui se montrait toute timide devant Théo. C’était drôle, et surprenant.

-Euh, merci?

J'haussais les épaules, comme si de rien n'était, mais avec un sourire. C'était... bizarre, de pas se battre avec elle tout le temps. Limite dérangeant!

-
C'est rien. On accepte l’amour que l’on pense mériter, j’avais lu ça dans un bouquin moldu « le monde de Charlie, et franchement, ça illustrait parfaitement l’état d’esprit d’Ana. Peut-être le mien aussi. Oulala, j’te préviens que j’ai eu ma dose de la semaine là, je ris en m’essuyant la bouche avec ma manche, et je savais qu’Ana n’aimait pas que je le fasse, puis je me levais quand elle eut également terminé. Bon allez, on file à Zonko, j’dois prendre un truc pour Caleb, elle me regarda, encore choquée, l’air de dire : « attend, y a des limites à pas franchir et là, t’es en plein dedans », oh et fait pas cette tête, on sait toutes deux que tu l’aimes bien, je fis un signe à Théo, de loin, un grand coucou enjoué et pas du tout discret histoire qu’il se fasse bien une idée de ma personnalité, et Ana comme je m’y attendais, lui sourit d’une manière qui signifiait beaucoup.

Cette après-midi là, j’avais réussi à amener Ana chez Zonko, mais elle refusa de m’accompagner voir Caleb, parce qu’on avait une devoir de potion pour lundi, et que fallait le travailler, tout ça. Néanmoins, je voyais bien que même s’il y avait ce devoir, même si elle n’avait pas tout compris à ce que je lui avait dit, elle allait se poser quelque part pour y penser. Parce qu’Ana était amoureuse, elle avait besoin d’un mode d’emploi, ou autrement, elle perdrait l’une des seules choses qui la faisait sourire. Et bien malgré moi, j’avouais que j’aimais la voir heureuse, parce qu’au moins, ça l’empêchais de me balancer des répliques cinglantes.


TERMINE!


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