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My heart is a room for you to hide [S.H]



 

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 My heart is a room for you to hide [S.H]

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Casey Roberts
Élève de 4ème année



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Particularités: Âmes sensibles, s'abstenir.
Ami(e)s: Les autres. Mais avant, il y a Sasha.
Âme soeur: Dans tout les cas, il vaut mieux qu'il ait une grosse boîte de mouchoirs en papier... Mais je crois que Seb a prévu le stock ..!

MessageSujet: My heart is a room for you to hide [S.H]   Ven 1 Mar - 18:41

I'll Find a Way
I have a place for you inside
My heart is a room for you to hide



L’ambiguïté, telle que je l’avais définie, était à la fois exaltante parce qu’elle m’apportait fraîcheur, ce grand bol d’air, là où prenait naissance même l’espoir – celui-là même qui me coupait le souffle, parce que très paradoxalement, il avait toutes ces propriétés bénéfiques qu’on lui conférait, parce que sans espoir, généralement il n’y avait rien. Malheureusement, le problème… c’était qu’il pouvait également se faner dans du rien, dans des songes et autres fantasmes inassouvies, ces rêves bien que trop précieusement gardés, car là était la propriété même du rêve que d’avoir la liberté d’avoir des pensées qui peut être ne se réaliseront-elles jamais, mais sur lesquelles on pouvait apposer le moindre de nos désirs sans les voir se faire freiner par la trop dure réalité, qui elle était à mille lieux de tout ça, refusant de se calquer sur les souhaits de chacun parce qu’elle traçait une unique route que nous nous devions tant de bien que de mal suivre, avec son lot de joie, mais aussi de peine. La beauté du rêve résidait également en cela : ne pas mélanger imagination et vérité parce que c’était de là que découlait toute déception. Je faisais pourtant tout pour me tenir à cela. Mais toutefois, même la naïveté dont papa aimait me répéter qu’elle n’était pas d’une très grande aide pour se forger dans la vie, voyait bien qu’elle se balançait de l’une à l’autre, passant de l’agréable envol d’oiseaux colorés, à la chute de blocs de pierres dévalant la colline…

Sebastian avait finalement réussi à se faire envoyer une cage par sa sœur, pour Sebsey, notre oiseau que nous avions rebaptisé ainsi grâce au socle de l’amitié dont il avait été le témoin et qu’il avait vu naître – la nôtre. Dès la première semaine, nos rendez-vous étaient devenus quotidiens, d’abord parce qu’il ne concernait que notre animal de compagnie commun, mais très vite, nous nous étions trouvés d’autres centres d’intérêts, d’autres endroits que nous préférions tous les deux dans Poudlard, dont la beauté des pierres parfumait les lieux de charisme. Naturellement, et sans vraiment m’en apercevoir, ces retrouvailles s’étaient faites de plus en plus présentes, et pour des raisons toutes autres que celles originelles, mais ce qui ne changeait pas – ou presque – c’était mon estomac tout entier, remontant jusqu’à mon cœur qui se réveillait tout entier, comme un animal sortant de sa trop longue hibernation et rêvant de se dégourdir les pattes, quand je savais que nous allions nous revoir dans quelques heures ou le lendemain. Plus le temps passait, plus je prenais le temps d’apprécier de contact, et très vite, je n’avais plus rien eu à cacher à Seb, parce que je n’avais aucune raison de ne pas lui faire confiance – candide était celui qui la distribuait à n’importe qui, tel était le crédo de certains, mais je ne pouvais pas m’y faire, lorsque j’aimais passer du temps en compagnie de quelqu’un, je ne pouvais pas m’attarder sur la suspicion que peut-être il n’était pas totalement sincère avec moi, car c’était d’après moi de cette façon que l’on passait à côté de l’instant présent le plus important et je refusais d’attribuer cela au Gryffondor.

Puis, plusieurs fois, je m’étais prise en flagrant délit de rêverie, avec nos petits gestes physiques qui très vites, eux aussi, étaient devenus une habitude, et j’avais toujours ce frisson qui me paralysait ma main l’espace d’une seconde lorsque je posais celle-ci sur son épaule pour lui dire bonjour, me voyant juste le moment d’avant là où il allait déposer un bisou sur mes lèvres, alors que celui d’après, c’était seulement mes joues qui se collaient contre les siennes en guise d’accueil. C’était arrivé une fois. Puis plusieurs. Lorsque nous nous disions bonjour. Puis pour tout et n’importe quoi. Ce que je préférais, c’était lorsque nos deux peaux, dans un hasard que je faisais exprès de calculer, en me disant toujours qu’il ne l’avait jamais remarqué, pour me déculpabiliser et recommencer, sans qu’il n’y ai de raison particulière à cela, mais cela provoquait en moi les mêmes sensation que de courir dans un champ de fleurs les fins de journées d’été, lorsqu’on allait encore en vacances tous les trois avec papa et maman : cette liberté si douce et empreinte de nostalgie – nostalgie je dis bien, pas mélancolie.

Parler de vacances, c’était aussi parler de rentrée, et cette dernière qui m’apparaissait encore si loin quand sonnait les dernières heures de cours au mois de juin, m’attendait déjà les bras grands ouverts pour une nouvelle année de scolarité à Poudlard, et à chaque fois que l’échéance était proche j’étais tout autant contente de retrouver mes amis de l’école que j’étais angoissée de revoir ces visages qui m’étaient chers, comme si les plusieurs semaines qui nous avaient séparés avaient reconfiguré nos relations, les rendant différentes. Cette année, c’était chez papa chez qui j’avais passé le premier moi, avec la sale copine qui l’accompagnait toujours à son bras, et je m’étais faite disputée lorsque j’avais ramené Sebsey à la maison parce qu’il n’avait jamais été question que je possède un animal de compagnie, et il disait ne pas en vouloir un ici – jusqu’à ce que sa Barbie arrangée ne s’exclame qu’elle trouvait cet oiseau trop mignon et que cela lui ferait très plaisir d’en prendre soin avec moi. Mais moi, je ne voulais pas ! Je ne voulais pas le partager avec cette fille qui ne connaissait rien de son histoire, laquelle je n’avais pas envie de la lui expliquer, parce qu’elle concernait Sebastian et moi uniquement, et que je me sentais mal d’y inclure une tierce personne. Je les avais quitté tous les deux il y avait une quinzaine de jours, pour ensuite me rendre chez maman qui s’était montrée beaucoup plus ouverte, et elle, ça ne m’avait pas dérangé de lui en parler, parce que je savais que son oreille attentive n’émettrait aucun jugement. En plus, on avait fait plein de trucs ensemble jusqu’à maintenant, parce qu’elle avait posé ses congés pendant que j’étais là et on s’était amusées encore plus !

J’étais encore plus enthousiaste aujourd’hui, parce que j’avais envoyé quelques lettres – mais par voie postale, papa n’aimant toujours pas trop la magie… - à Seb, et comme il était parti de son côté, et n’était pas à Londres pendant une certaine période, je m’étais occupée de Sebsey plus longtemps. Sauf que j’avais appris quelques jours avant dans l’une de ses lettres qu’il était revenu et avait proposé de faire une sortie, et comme il faisait très chaud en ce moment, à la piscine, où nous pourrions faire l’échange, mais aussi parce que c’était l’occasion de se revoir avant la rentrée ! A partir de ce moment-là, je n’avais pas arrêté d’y penser, disons… plus que d’habitude, parce qu’il n’était pas rare que maman soit contrainte de me répéter plusieurs fois une même question, parce que j’étais ailleurs, sur mes propres nuages, où Sebastian était assis également la plupart du temps, pour ne pas dire à chaque fois. J’étais contente de garder tout cela dans le plus grand secret, parce que j’aimais aller vagabonder dans ce jardin dont moi seule détenait la clé – si Seb le découvrait, il allait peut être penser que c’était une obsession, prendre peur, et ne plus vouloir être mon ami. Donc tout tant que ceci m’appartenait… tout restait bien protégé.

Maman m’avait déposée à la piscine municipale en me recommandant bien, même si on allait dans l’eau, de faire attention à Sebsey, à cause des autres enfants parce qu’il y avait du monde – mais j’avais déjà claqué la portière de la voiture en la saluant de la main et d’un immense sourire, sans m’inquiéter de l’heure à laquelle elle devait venir me chercher : nous avions tout l’après-midi devant nous, alors j’avais tout le temps ensuite de m’en préoccuper ! Je croisais les bras devant la porte qui ne cessait de s’ouvrir à cause des gens qui venaient et sortait à leur guise, mes affaires posées au sol. J’étais un peu en avance, mais cela n’arrangea pas mon cœur qui battait de plus en plus fort comme un balai de Quidditch en pleine course de vitesse au fur et à mesure que les minutes passaient, liant l’angoisse et l’impatience ensemble, et bientôt, je me mis même à trépigner. Lorsque je reconnus la silhouette qui s’extirpait à son tour du siège qu’il occupait, mes lèvres formèrent d’elles-mêmes et sourire réjoui que je ne pus dissimuler et que je lui adressais jusqu’à ce qu’il arrive à ma hauteur. Cela ne dura que quelques secondes seulement, mais ce laps court suffit à ma poitrine pour me faire parvenir tout ce qu’elle ressentait comme si elle avait été un milkshake que l’on venait de secouer. J’avais dans ma main un petit sachet en plastique que je m’empressai de lui tendre avait que l’on se soit embrassés amicalement – arrête de penser à ça Casey, arrête…

- Tiens, ce sont des biscuits pour le goûter, je les ai fait avec maman, et elle a dit que tu pouvais ramener ce qu’il resterait à ta famille !
Les traits de Seb m’étaient familiers, mais pourtant, à cause de tous ces jours où on ne s’était pas vu, j’avais l’impression qu’ils étaient différents, et il me fallut un peu plus de temps pour m’habituer.

Et je poursuivis tout de suite après :

- Alors, tes vacances étaient bien, là où tu es parti ? Qu’est-ce que vous avez fait là-bas ? Je me suis bien occupée de Sebsey en t’attendant ! Ma langue avait un peu fourchée sur les derniers mots, mais je ne m’en rendis compte qu’après les avoir prononcé. Oups… Je ne voulais pas lui mettre la puce à l’oreille sur ce que j’éprouvais dès qu’il se tenait en face de moi…

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« A quoi ça sert les émotions pour soi tout seul ? »



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Sebastian Hansen
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Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: Re: My heart is a room for you to hide [S.H]   Sam 2 Mar - 0:13

J’avais toujours adoré l’été. Je ne savais pas si c’était la chaleur, l’odeur du soleil sur l’herbe verte mêlée à celle du barbecue que faisait mon père tandis que ma mère lisait un magazine tranquillement sur une chaise longue, ou peut-être le bonheur de ne rien faire de mes journées si ce n’est ce qui me faisait plaisir. Je pouvais, sans penser à une montagne de devoir, jouer du piano autant que je le souhaitais, faire de longues balades dans mon quartier, lire pleins de livres et de BDs et me gaver de bons films à la télé –bref, profiter de mes vacances. J’attendais toujours impatiemment l’été aussi, car je savais que j’allais pouvoir aller chez ma Tante au Pays de Galles, et ça rimait avec passer du temps avec Clea bien entendu, qui habitait juste à côté. Puis nous partions souvent en voyage, généralement durant tout juillet, toute la famille réunie dans un pays d’Europe car nous n’avions pas les moyens de partir à 6 trop loin, mais je revoyais encore les cathédrales de Madrid ou les paysages idylliques de Lisbonne que j’avais eu la chance de voir quand j’étais plus petit avec mes parents, Elisa, Matthew et Tom. Oui, depuis que j’étais petit, les vacances d’été rimaient avec détente et bonheur.

Mais cette année, les choses avaient été un peu différentes. Elles l’étaient depuis l’accident de Tom de toute manière. Nous ne partions plus en voyage car il fallait rester près de l’hôpital, et même si les frais d’hospitalisation n’avaient pas été aussi chers, personne n’avait le cœur à partir. Mais cette année, il y avait une nouveauté… Elisa n’était plus à la maison. Depuis qu’elle était en cinquième année, elle avait déjà commencé à éviter d’être à la maison pendant les vacances, préférant rejoindre ses nombreux amis en camping, ou passer ses vacances avec son petit-ami du moment. Mais depuis qu’elle avait son propre appartement, les choses s’étaient accentuées et elle ne revenait que rarement. Elle prétendait être occupée, mais je savais pertinemment qu’elle n’avait pas envie d’être avec mes parents. Plus le temps passait, plus la maladie de Tom empirait, et plus ils devenaient aigris et renfermés, plus cassants. Ils passaient moins de choses, et encore moins les déboires de ma grande sœur qui se devait de « grandir un peu » comme disait ma mère qui, par exemple, voyait d’un mauvais œil la nouvelle relation d’Elisa avec son ex-petit ami que personne n’appréciait trop dans la famille. Il s’agissait donc pour ma sœur d’éviter les histoires et de rester bien planquée chez elle, avec son entourage et son boulot –elle n’avait pris que trois semaines en juillet de vacances et voulait travailler en août.

Il n’y avait donc plus ma sœur à la maison pour trainer avec moi. J’étais habitué et nos années d’écarts ne nous avaient rendu très proches… Mais bon. Il fallait avouer que Matthew commençait un peu sa crise d’ado alors qu’il n’avait que 9 ans et passait ses journées sur ses jeux vidéo et devant la télé. Je l’aimais, c’était mon frère après tout mais nous avions 4 ans d’écart et pour le moment, je le trouvais plutôt… Stupide. Au fond, c’était réellement Tom qui me manquait. Car c’était de lui que j’avais été le plus proche toute mon enfance, car nous n’avions que deux ans d’écarts et je pensais amèrement que cette année, s’il n’était pas à Saint Mangouste, il aurait reçu sa lettre pour Poudlard –et maintenant, il ne pourrait plus jamais y aller. J’essayais de ne pas trop penser aux regards des médecins lorsque nous allions le voir, car nous savions tous que son temps était compté et de plus en plus. Je savais que chaque visite pouvait être la dernière, et je me trouvais toujours monstrueux de le souhaiter mais au fond, nous le souhaitions tous. Tom n’était plus Tom. Tom n’était qu’une coquille vide dans un lit trop blanc, qui nous regardait sans vraiment nous reconnaître. Oui, mon petit frère me manquait, mais le vrai. Celui à qui je jouais du piano, celui avec qui je jouais à cache-cache ou à la bataille navale, ce genre de choses… Le garçon dans le lit d’hôpital, ce n’était plus lui.

Heureusement, malgré ces complications, j’avais réussi à m’organiser pour ne pas avoir un été trop affreux. Les deux premières semaines de juillet, je les avais passées avec Clea et elles avaient été, comme toujours, parfaites. Jusque-là, c’était assez habituel. Mais cette fois-ci, il y avait une nouveauté dans mon programme de l’été : Etienne. Il avait été bien évidemment impensable pour nous de passer deux mois sans se voir ni se parler, étant donné que nous étions maintenant devenus un peu inséparables. J’avais donc négocié avec ma mère, et c’était ma spécialité la persuasion, que le Gryffondor vienne la dernière semaine de juillet. J’avais rencontré quelques obstacles évidemment… Les quelques amis d’Elisa n’avaient jamais été très polis, par exemple. Ou le fait que ma mère n’aime pas la magie et tout ce qui s’en rapprochait –heureusement, Papa était là pour démentir ses inquiétudes… De plus depuis que Sainte Mangouste avait beaucoup aidé pour Tom, elle avait un peu évolué sur la question. J’avais dressé un portrait assez flatteur de mon ami pour qu’elle se sente charmé, et il n’avait eu aucun mal à le tenir. A peine avait-il offert la paire de moufle fourrée en laine de mouton à ma mère qu’elle voulait le garder à vie et lui faire des gâteaux à profusion, parce qu’il était « charmant » et « poli » et que nous avions l’air « d’être tellement copains » et blabla. Même mon père l’aimait bien, même s’il n’était pas aussi expansif que ma mère sur les chocolats qu’Etienne lui avait offert, il posait pleins de question sur la France et j’étais content de voir que ça collait avec ma famille, et même Matthew qui avait accepté d’apprendre à mon meilleur ami comment jouer à Mortal Combat III. Nous avions établi notre camp de base dans une tente dans le jardin où nous étions bien tranquilles. On avait passé la semaine à trainer dans Londres, à aller à la piscine, à parler, à manger comme deux gros –bref c’était la belle vie.

J’avais même fini par parler de Tom à Etienne. Evidemment, je ne pouvais pas garder le secret pour toujours, surtout qu’il allait bien voir que non, mon petit frère n’était pas à la maison comme je le prétendais. Je l’avais prévenu dans une lettre que je lui devrais des explications, et j’avais décidé d’amener mon meilleur ami à l’hôpital pour lui… Hum, présenter Tom. Evidemment, je ne l’avais pas mis devant le fait accompli, je lui avais expliqué avant d’y aller. Il avait sûrement compris pourquoi je n’en avais pas parlé avant d’ailleurs, et n’avait fait aucune remarque. Ce fût étrange de l’amener jusqu’à la chambre d’hôpital et de le présenter à mon petit frère alors que ce dernier se souvenait à peine de moi. Il m’avait semblé voir une lueur de souvenirs dans ses pupilles, presque de l’intérêt, mais comme toujours je parlais dans le vide, sans attendre réponse ni même une quelconque compréhension. Les minutes m’avaient paru très longues, mais je crois que mon amitié avec Etienne n’en fût que renforcer –maintenant, je ne lui cachais vraiment plus rien. Lorsqu’il était reparti, nous nous étions promis de nous revoir en août et après un aurevoir précédé de notre fameux tchek, j’étais retourné admirer la figure de mouton qu’il m’avait offert –avec écrit Seb sur la cloche de l’animal.

Ma mère ayant remarqué que l’état de Tom me rendait un peu morose, elle m’avait inscrite dans une colonie de musique pour les deux premières semaines d’août. J’avais pu décompresser un peu, et j’avais appris de nouvelles choses au piano que j’avais hâte de mettre en pratique à ma retour. J’avais aussi profité de ce temps un peu plus libre que lorsque j’étais avec Etienne –nous avions vraiment voulu profiter de notre semaine ensemble – pour écrire quelques lettres. J’entretenais depuis le début de l’été une correspondance avec Tess qui évidemment, habitait très loin –et elle me manquait plus que je ne l’aurais cru d’ailleurs. Elle n’était pas fan des lettres, mais c’était presque un rituel d’en recevoir une par semaine, environ. J’avais arrêté d’écrire à Aria en revenant de chez ma Tante car je l’avais vu de nombreuses fois vu que nos maisons n’étaient pas si éloignées et encore moins en voiture. Evidemment… Il y avait Daphne. Je lui écrivais aussi assez régulièrement car nous avions pris cette habitude à Poudlard. Notre relation aussi avait pris une nouvelle tournure plus régulière que la première année bien mouvementée : nous étions… Amis. Aussi étrange que cela pouvait paraître, nous étions simplement amis et il me semblait bien que je m’en contentais et que même, cela me soulageait de la voir ainsi. Ce n’était plus aussi compliqué qu’avant. J’avais simplement fini par passer à autre chose, à m’avouer vaincu devant une bataille, certes que je n’avais pas mené, dont je connaissais l’issu négative. Je ne voulais pas de complications… J’aimais quand c’était simple. Et c’était simple avec Casey –du moins, me semblait-il. Je lui avais pas mal écrit cet été aussi, et nous devions même nous voir aujourd’hui, pour la première fois depuis la fin des cours. Durant l’année, nous nous étions beaucoup rapprochés et j’adorais ces moments avec elle où tout me paraissait plus clair et plus tranquille. Même si au fond, je ne pouvais pas nier qu’il y avait une part plus mystérieuse qui provenait de cette ambiguïté que j’avais remarqué et qu’Etienne m’avait confirmé… Chose que je n’avais eu avec aucune de mes amies et que je découvrais avec Poufsouffle –la gêne d’une étreinte un peu prolongé, ou d’un sourire un peu trop marqué. Et cette ambiguïté émanait des deux côtés me semblait-il, mais je n’essayais de pas trop y penser… Je voulais que ça soit simple.

Et dès qu’en descendant de la voiture et en voyant la jeune fille, j’eus ce sentiment d’être bien, juste bien, et que je n’avais besoin de penser à rien de plus qu’elle.

Elle avait son sourire habituel, un peu plus étiré et, comme un réflexe, je me sentis aussi sourire. Son visage m’avait manqué, elle m’avait manqué, parce qu’elle était simplement adorable –à elle seule, elle incarnait parfaitement ce mot, adorable. Sa peau avait pris une teinte un peu plus bronzée, et ses cheveux brillaient sous les rayons du soleil qui tapait fort et faisait briller les brins d’herbes, comme en écho aux pupilles de Casey. Et comme toujours, elle avait cette bonne humeur qui me frappa dès que je fus face à elle et que déjà, elle m’irradiait de son énergie.


- Tiens, ce sont des biscuits pour le goûter, je les ai fait avec maman, et elle a dit que tu pouvais ramener ce qu’il resterait à ta famille ! J’eus à peine le temps de les prendre et de la remercier que déjà, elle était repartie. Alors, tes vacances étaient bien, là où tu es parti ? Qu’est-ce que vous avez fait là-bas ? Je me suis bien occupée de Sebsey en t’attendant !

En effet, notre oiseau commun était à ses pieds dans sa cage doré adapté à sa taille et en le regardant, j’eus un grand sourire –lui aussi il m’avait manqué !

- Ton énergie m’avait manqué, je suis content de voir que les vacances n’en sont pas venues à bout ! Répondis-je joyeusement. Tu t’es coupée les cheveux non ? J’aime bien comme ça ! Continuai-je en écartant sa nouvelle mèche qui barrait un peu son visage, avant de réaliser que c’était exactement ce genre de gestes qui rendaient notre relation ambigüe. Viens, on va s’installer, je te raconterais mes vacances quand on aurait un bonne place sous un parasol !

Nous entrâmes dans la piscine, et je me dirigeais vers un de ces fameux coins à l’ombre qui étaient plus que nécessaires vu la chaleur ambiante. Il y avait moins de monde que je ne l’aurais cru, sûrement car les gens étaient encore en vacances –août était le mois des départs, généralement. Mais je n’en étais que plus satisfait, je n’aspirais qu’à être tranquille avec Casey!

- Là, c’est parfait ! Dis-je en installant ma serviette à côté de la sienne avant d’enlever mon tee-shirt –mes efforts de sport avec Etienne n’avait pas trop aidé, j’étais toujours aussi frêle mais ça m’était égal. J’avais le maillot que ma mère m’avait acheté, un short bleu marine pour aller avec mes yeux d’après elle. Je jetais un regard à Casey, réalisant soudain que c’était la première fois que je la voyais si… Euh, dénudée, et que c’était une fille aussi, non pas que j’ai des doutes mais… Je clignais des paupières avant de me racler un peu la gorge mal à l’aise, et m’essayai sur ma serviette avant de mettre la cage de Sebsey entre nous. Alors il a été sage ? Je n’en doutais pas, j’avais l’impression que cet oiseau savait qu’il nous devait la vie ! Attends, avant qu’on aille dans l’eau, faut qu’on mettre de la crème solaire, ma mère a insisté pendant une heure à table ce midi! Riai-je en sortant le tube de mon sac. Tourne toi, je t’en met dans le dos et tu m’en mettras après, ok? Dis-je joyeusement, avant de réaliser ce que je venais de proposer… Bon. J’ai… Je posai mes deux paumes sur les omoplates de Casey sur lesquels j’avais déposé de la crème solaire, et commençai à l’étaler. J’ai appris pleins de nouveaux trucs au piano, c’était super. J’avais expliqué dans une lettre ma colonie, et je ne jugeais pas nécessaire de repréciser. J’ai appris quelques trucs à la guitare aussi, je pense que je vais en demander une à Noël… Continuai-je alors que je m’aventurais vers la chute de rein de la jeune fille. Et toi avec ta mère, tout se passe toujours aussi bien ? Je passai ma main dans sa nuque aussi, en écartant ses mèches brunes, parce que ma mère m’avait bien dit que c’était un endroit piège. Voilà, là le soleil ne pourra pas t’avoir ! Riais-je, parce que j’étais heureux de la revoir, mais aussi parce que j’étais un peu… Troublé de cette histoire de crème solaire, de dos et de nuque, parce qu’elle avait la peau toute tiède et toute douce et… Enfin, bon. Ce n’était que de la crème solaire, pas vrai ?


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MessageSujet: Re: My heart is a room for you to hide [S.H]   Mar 5 Mar - 17:39

S’il fallait mettre un mot dessus, je n’avais pas peur d’utiliser le terme exact : oui peut-être bien que j’étais amoureuse. Cet emploi si tabou qui faisait rosir les joues de ceux qui osaient le prononcer, jusqu’à en devenir un fruit défendu, le péché originel d’Eve qui finit par tenter Adam avec sa pomme, qui prouvait bien que l’amour était la naissance de tout. Je n’en avais pas eu le meilleur exemple au sein de mon foyer puisque j’avais été la première spectatrice de mes parents – mais au lieu de me faire tirer un trait sur les histories de petites filles qui s’imaginent déjà dans leur robe de marier tout en essayant de peindre le portrait mental de leur heureux élu, ça n’avait que fait renforcer mon envie d’y croire. Peut-être pas en rêvant de l’unique grand amour de ma vie, parce que rêver n’était pas vivre, et que je ne pouvais savoir de qui il s’agirait en prenant dans ma main celle d’un inconnu dans mes pensées. J’étais effrayée par plein de choses, les animaux un peu trop gros et un peu trop méchants, d’avoir de mauvaises notes en classe ou de me ridiculiser quand on m’interrogeait et que j’étais prise de court, de Woodley, d’avoir une panne de réveil, tout ce qui jonchait le sol de mon quotidien, mais ça, être amoureux, non, ça ne me faisait pas peur. Pourquoi tenir à l’écart quelque chose d’aussi beau, d’après ce que j’avais pu en lire dans mes livres à l’eau de rose, ou en écoutant les récits d’adolescentes plus âgées que moi ? Même maman n’avait pas d’aprioris sur le sujet et m’assurait qu’elle espérait fortement, que moi aussi, je puisse avoir cette chance. Sous n’importe quelle forme, qu’importe quand, qu’importe comment, qu’importe l’âge. Après tout, c’était papa et maman eux même qui m’avait montré que tout pouvait s’évanouir comme le chant de l’oiseau qui retourne se blottir dans son nid quand vient la nuit tombée – mais qu’il ne s’éveille plus aux premières lueurs du jours. Alors pourquoi perdre son temps pour ne pas en profiter dès qu’on pensait avoir traversé cette fragile surface, qui pouvait s’écailler aussi rapidement qu’une coquille d’œuf si on y prenait pas garde ? Qu’est-ce que cela pouvait bien faire que ce soit dans dix ans, ou pour tout de suite ?

Peut-être que ce n’était pas l’amour comme la plupart le connaissait, peut être que ce n’était pas de l’amour et que je mélangeais avec d’autres sentiments qui m’étaient tout aussi étrangers. Mais le fil des mois c’était poursuivi, et au lieu de s’amenuiser, les émotions avaient parfois été un peu changeantes, mais toujours, elles avaient été plus fortes, est-ce que ça ne signifiaient pas quelque chose ? C’était de la nouveauté, je ne pouvais pas savoir ni vraiment demander conseil – chacun faisait sa propre interprétation de ses sentiments, et poser des mots dessus, cela pouvait à la fois être si vaste, mais également tellement restrictif… Mais j’avais décidé que c’était ça – parce que lorsque Sebastian se trouvait dans la même pièce que la mienne, même si c’était à plusieurs rangées devant moi en salle de classe, j’avais toujours cette bouffée de joie similaire à une surprise qu’on nous offre sans raison particulière, comme ça, simplement pour le plaisir d’offrir. Et Sebastian était ce cadeau qu’il m’avait lui-même tendu, lorsqu’il avait pris ma main dans ce nombre tunnel qui menait jusqu’à la cabane hurlante.


- Ton énergie m’avait manqué, je suis content de voir que les vacances n’en sont pas venues à bout ! Tu t’es coupée les cheveux non ? J’aime bien comme ça !

Son compliment me vint droit au cœur, comme une petite balle en mousse que l’on réceptionne doucement au creux de ses doigts, mais que je voulais garder bien précieusement. Au moment même où je m’ordonnais de ne pas avoir l’air troublée et m’apprêtai à répondre, il eut cependant ce geste qui me fit frissonner, comme une brise de vent trop frais venant réveiller mes sens – mais au lieu que cela ne prenne l’aspect désagréable de la bourrasque contre laquelle on lutte, ça ressemblait plutôt à celui qui, en plein printemps, ramenait l’air pur dans les nouvelles chaleurs, déjà naissantes.

- Pour dégager un peu les épaules, comme il faut trop chaud, lui expliquai-je. Un instant comme celui-ci ne comptait pas, mais le reste du temps, j’avais dépassé le stade où j’étais mal à l’aise en compagnie de Seb, dans le sens où je pouvais m’exprimer, sans réfléchir mille fois avant dans ma tête sous quelle tournure formuler mes phrases. En sa présence, j’étais aussi bien que si je m’étais trouvée avec Sasha. Il y avait juste cette infime nuance qui différait et qui faisait qu’elle prenait une toute autre valeur. Aux mêmes proportions, parce que j’avais placé mon amie sur le plus haut des podium et qu’on ne pouvait pas la détrôner. Mais disons que Seb en était sur un autre de même stature, mais pour tout autre chose. En cela résidait la différence.

Il s’écarta. Le vent, en même temps, était retombé.


- Viens, on va s’installer, je te raconterais mes vacances quand on aurait un bonne place sous un parasol !


Comme c’était une piscine d’été, elle se trouvait en extérieur et nous pouvions nous installer tout autour – du reste le lieu avait été bien aménagé, et je n’étais pas mécontente, malgré le bronzage léger que j’avais réussi à conserver jusqu’à maintenant, d’aller cacher ma peau encore claire à l’ombre !

- Là, c’est parfait ! Alors il a été sage ?

J’acquiesçais pour ses deux remarques avant de me déshabiller à mon tour. J’adorais mon maillot de bain, deux pièces, même si les circonstances dans lesquelles il avait été acquis me plaisait moins – c’était avec la copine de papa que je l’avais acheté, enfin, qu’elle avait insisté pour me l’offrir, parce qu’une fois de plus elle avait voulu jouer aux bonnes copines avec moi, alors que pour moi, elle n’était rien qu’une fille encore jeune d’accord – plus jeune que papa, ça, c’est sûr ! – mais qui essayait de se conserver à un âge qui était de toute façon révolu, et ça, le joli maquillage et vêtements qu’elle portait, déjà, avaient du mal à le dissimuler totalement. Pour en revenir au maillot de bain, il était blanc, mais pas que puisqu’il y avait une multitude d’espèces de fleurs aux formes stylisées, et aux couleurs toutes différentes et vive qui venait réveiller tout ça. Je ne l’avais pas encore mis souvent, alors, j’étais toute contente de pouvoir l’exhiber un peu, parce que dedans, j’étais bien, et c’était aussi pour ça que j’avais mis tant de mal à la choisir : à l’âge où le corps commence à prendre de l’importance, je n’étais vraiment satisfaite que quand mes yeux l’était également, et ça, ce n’était pas toujours facile, d’être le témoin de ses formes qui mutent lentement mais sûrement et parfois, pas vraiment comme on l’aurait voulu ou imaginé. Je n’étais pas très grande, donc j’avais toujours l’impression d’être tassée par rapport à certaines. En tout cas, c’était de la confiance que je ressentais, en comparant avec les autres personnes de mon âge présentes ici, et même si je ne croyais pas être la plus jolie – qu’est-ce que c’était prétentieux ! – je me disais que je n’étais pas la pire, même si ce n’était pas trop bien de juger. Tout en espérant secrètement que Seb serait du même avis.

- Oui, même s’il me réveille beaucoup trop tôt tous les matins en chantant ! plaisantai-je et j’avais fini par le mettre dans une pièce à part de ma chambre la nuit, parce que les vacances, ça voulait aussi faire la grasse matinée ! Je crois qu’il va me manquer avant la rentrée, lui confessai-je, parce que même s’il était à nous deux et que j’en étais ravie, il y avait toujours ce petit pincement au cœur à le voir s’en aller, même si ce n’était que pour quelque jours… Mais comme je l’avais eu tout l’été, c’était à Seb d‘en profiter maintenant !

- Attends, avant qu’on aille dans l’eau, faut qu’on mettre de la crème solaire, ma mère a insisté pendant une heure à table ce midi! Tourne toi, je t’en met dans le dos et tu m’en mettras après, ok? J’ai appris pleins de nouveaux trucs au piano, c’était super. J’ai appris quelques trucs à la guitare aussi, je pense que je vais en demander une à Noël… Et toi avec ta mère, tout se passe toujours aussi bien ? Voilà, là le soleil ne pourra pas t’avoir !

Je n’avais pas osé le couper durant tout ce temps-là, parce que j’étais de toute façon bien trop concentrée, sur les gestes, qu’il avait, comme le masseur, pour m’étaler la crème ! Comme si finalement, je craignais de briser quoi que ce soit en ouvrant la bouche. La consistance entre la pâte et le liquide était toute fraîche dans le dos et me faisait du bien, et je fermai les yeux, pour profiter encore plus des sensations… et ne le réalisais que lorsque je sortie de mes rêveries grâce à sa dernière exclamation, et sans lui laisser le temps de réagir, je pris le tube de ses mains et fit tourner mon index pour lui demander de me faire volte-face, pour que nous puissions échanger les rôles.

- A ton tour ! Je n’avais jamais trouvé ça si… bouleversant de se faire appliquer de la crème et d’en appliquer en retour, pourtant maman et moi nous nous le faisions souvent mutuellement ! Ici, plus que tout autre chose, cela devenait une excuse pour être près de Sebastian et de sa peau que je pouvais observer sous toutes les coutures, même si je n’osais pas, je me sentais rougir rien que de le faire ! J’aimerais bien savoir faire de la musique, mais c’est un peu trop difficile, c’est plus simple d’écouter ! Comme Sebsey pour qui c’était inné. Je suis allée faire pleins de trucs avec maman, on a fait des séances de cinéma, on s’est souvent baladées au parc en fin de journée et on est parties aussi deux trois jours en dehors de Londres, dans la campagne, c’était trop cool ! On prévoit aussi d’autres choses avant la rentrée ! Je frottais un peu plus à un endroit où la peau avait du mal à boire la crème. Ah, et puis on est déjà allées faire les courses pour Poudlard, et maman m’a offert un Strutoscope de poche quand elle a vu ce que c’était ! Je ne savais pas si ça marchait vraiment, mais en tout cas, j’allais l’essayer ! On est rentrées dans une boutique d’antiquités magiques aussi, j’ai vu un super appareil photo là-bas, mais il restait encore trop cher… On avait fait beaucoup de dépenses en un après-midi donc on ne pouvait pas tout acheter, et maman avait assuré qu’il y aurait d’autres occasions, mais j’avais été profondément dessus, lorsque je l’avais reposé sur le présentoir où il était installé, et qu’ensuite, nous étions rentrées à la maison… J’y repensais souvent d’ailleurs, depuis.

Les précautions faites – heureusement que Seb avait été là, parce que j’étais d’habitude bien trop pressée d’aller dans l’eau pour m’en soucier – on pouvait aller dans la piscine pour se rafraîchir ! Je saisis l’opportunité au vol, en me relevant la première, et lui tendis la main pour faire de même. Ce n’était pas trop vraiment la peine, pourtant, nous faisions souvent ça maintenant, et même si ça ne durait que quelque secondes, j’adorais toujours quand ce type d’échange se produisait. Je plongeai dans l’eau en ramenant les genoux sous mon menton, mais en me bouchant le nez d’une main pour empêcher l’eau de rentrer dans mes narines, parce que je n’aimais pas trop ça. Je fis quelques brasses sous l’eau avant de remonter à la surface, dégageant de la main les petites mèches, mouillées à présent, qui se collaient contre mon front. J’éclaboussais plusieurs fois Sebastian avec le plat de la main en riant, et de m’éloigner en même temps pour ne pas qu’il me rattrape, parce que nous venions déjà d’entamer la bataille, et au bout de quelques secondes à lui filer entre les doigts, je réussi à me mettre derrière lui et de m’appuyer sur ses épaules pour monter sur ses épaules – l’eau rendait tous les corps plus légers, pour entreprendre de le faire couler, mais ce ne fut pas très convaincant, je crois, parce que je finis moi aussi par boire la tasse, et toussai un peu en rigolant en même temps, ce qui n’arrangeait rien.

- Regarde, ils prêtent des ballons à l’entrée ! Je reviens, je vais en chercher un pour qu’on puisse jouer avec !
Je ne pris pas la peine de rejoindre l’échelle et me hissai directement au bord, passant le bout de ma langue sur mes lèvres où des gouttes d’eau perlaient, et de revenir tout aussi rapidement avec un ballon, léger, avec lequel on pouvait se faire des passes.

Nous étions en train de faire plusieurs échanges déjà lorsque s’en faire exprès pour lui renvoyer la balle, ma main s’accrocha dans mon oreille, et comme je la ramenai vivement, tirai dessus – je poussai un exclamation de surprise parce que le choc m’avait un peu fait mal, et tout de suite je vérifiai si ma boucle d’oreille – parce que je n’avais pas enlevé mes bijoux – s’y trouvait toujours, mais constatais bien vite qu’elle avait été arrachée dans le mouvement…

- Mince, j’ai ma boucle qui est tombée dans l’eau, je l’aimais bien, comment je vais faire pour la retrouver ? me lamentai-je parce qu’il y avait, ironie du sort, plus de monde que tout à l’heure dans la piscine donc elle se retrouvait ballotée dans l’eau, où alors elle allait retomber tout au fond et ça allait être dur de la chercher…

L’amusement que j’avais ressenti jusqu’à maintenant s’estompa, et je crispais les lèvres un peu plus boudeuse, cherchant en surface, si par hasard, elle n’avait pas coulé…

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Sebastian Hansen
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Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: Re: My heart is a room for you to hide [S.H]   Dim 10 Mar - 1:05

Evidemment, j’avais eu droit à des questions de ma mère sur Casey, parce que si elle connaissait Clea, Aria, ou même qu’elle avait entendu parler de Tess et même Etienne noyé au milieu de cette masse de fille, la Poufsouffle était, elle, nouvelle. Je devais bien avouer que j’étais plutôt discret à son sujet, même avec mes propres amis. Peut-être était-ce qu’au fond, j’avais envie de garder un peu ça comme mon propre trésor ?... C’était ça aussi, que j’appréciais tant avec Casey. Avec elle, j’avais l’impression que j’étais coupé du reste, et surtout de mes soucis. Elle avait cette douceur, cette innocence mais surtout, elle était nouvelle. Oui, c’était peut-être ça qui faisait la différence. Elle ne connaissait pas ma vie... A vrai dire je pouvais être qui je voulais sans ne rien lui devoir. Je m’étais enfermé, depuis probablement l’accident de Tom, dans ce rôle de celui qui ne faisait jamais trop de vague et se pliait en quatre pour les autres. Je ne me plaignais pas de cette place que je m’étais imposé car, même si parfois j’avais l’impression de me sacrifier, ma conscience en était tranquille. Je préférais être discret et faire les choses dans mon coin, et contenter les autres pour que l’ambiance générale soit bonne –dans ma famille par exemple. J’avais l’impression de faire bien les choses au moins. Malheureusement, j’avais parfois le sentiment que cela déteignait sur mes propres amis. Combien de fois m’étais-je retenu de parler de ce que je ressentais pour ne pas inquiéter quelqu’un ? Pour ne pas faire d’histoires ? Pourtant, j’avais toujours été honnête, et je m’étais toujours senti en sécurité avec mes amis proches. Mais parfois, j’avais cette étrange sensation d’être oppressé, comme si je devais des explications sur ce que je ressentais –en particulier avec Daphne. Le problème, c’est que je n’en avais aucune idée et souvent, je n’avais pas envie de m’embrouiller ou d’y réfléchir. Mais ensuite, c’était le regard pressant et inquiet d’Aria, les moqueries d’Etienne qui cherchait à démêler le vrai dans mes sous-entendus… Et je ne voulais, je ne voulais vraiment pas les décevoir.

Avec Casey, je n’avais rien à prouver. Notre relation évoluait tranquillement, et je me sentais de mieux en mieux en sa compagnie. Or, cette chose que nous avions, je n’avais pas envie de la briser en la partageant, en me questionnant ou en me précipitant. Les yeux étaient, de toute manière, braquer vers mon histoire avec Daphne bien que pour moi, la situation était désormais claire –ou presque. Je me rappelais souvent ce qu’Elisa m’avait dit sur l’amour une fois ; que quand on est jeune ça va et ça vient, on est sûr de rien et les sentiments sont aussi volatiles que l’odeur d’une rose qui fane. Cette métaphore m’avait marqué –la rose qui fane. Je ne pensais pas que si mes sentiments envers Daphne étaient une fleur, elle ait totalement fanée, non, elle avait simplement évolué. Les choses changeaient, je le savais bien, et je me trouvais parfois même à me demander si je l’avais vraiment aimé. Il me semblait pourtant que oui, je m’en souvenais clairement et la sensation était encore légèrement imprégnée en moi, comme si elle avait fini par trouver une maison dans ma poitrine. Parfois aussi, j’avais l’impression de n’être qu’un gosse apeuré qui faisait demi-tour car les choses étaient trop dures. Mais j’avais appris à connaître Daphne, réellement, et peut-être avais-je cessé de l’idéaliser comme je l’avais tant fait. Ou peut-être que maintenant que nous étions amis, il n’y avait plus de jeu et plus d’attrait ? C’était exactement ce genre de question que Clea pouvait me poser, par exemple. Et c’était avec ce genre de questions que je voulais fuir –et que je pouvais fuir avec Casey.

Est-ce que ça faisait de moi un lâche ? Non, n’est-ce pas ? Moi, je n’aspirais qu’à une chose… Être bien, et je l’étais avec Casey. Pourquoi fallait-il forcément que je réfléchisse ?


- Pour dégager un peu les épaules, comme il fait trop chaud.

Pour avoir vécu avec une fille, ma grande sœur, et être ami avec la majorité de la gente féminine, je pouvais probablement comprendre les problèmes capillaires plus que la plupart des garçons de mon âge. Combien de fois avais-je entendu parler Aria me parler de coiffeur, ou Elisa s’insurger parce que son brushing était raté… Il m’avait fallu des années pour comprendre le principe même d’un brushing, mais maintenant, j’étais presque aussi callé en cheveux et en maquillages que n’importe quelle fille. Riez donc, mais honnêtement, ça m’avait permis de passer pour sage dans plus d’une situation. J’avais même pu donner des conseils en Etienne dans ce domaine-là. Nous avions par exemple conclu qu’une semaine par mois, il ne fallait pas trop embêter Tess si on voulait rester en vie. Comprendre les filles au final… C’était faisable, dans certains cas ! Parfois même, j’avais l’impression que j’étais plus difficile à comprendre. Exemple typique : pourquoi est-ce que je rougissais à la vue de Casey en maillot de bain ? Il faut dire qu’il était sacrément joli, blanc avec des motifs de toutes les couleurs, mais plus je le regardais plus je me disais que non, je n’étais pas censé regardé ces endroits-là et encore moins rougir de le faire –et c’était un cercle infernal. Mais il fallait que je sois logique d’un côté : elle était jolie, et plutôt… Comment disait Luke déjà ? « Bien foutue » ? Hum, ça me paraissait assez vulgaire –mais cependant plutôt vrai.

- Oui, même s’il me réveille beaucoup trop tôt tous les matins en chantant ! Je crois qu’il va me manquer avant la rentrée.

Je ne pouvais pas dire que Sebsey m’avait manqué… Mais peut-être qu’au fond, un peu. Ce n’était qu’un petit oiseau, mais sa présence était toujours agréable surtout lorsqu’il chantonnait et me mordillait les doigts. Je le mettais généralement sur ma table de chevet quand c’était mon tour de m’en occuper, et il avait séduit tout le dortoir. Ce n’était peut-être pas aussi affectueux qu’un chat, mais c’était toujours agréable d’avoir un animal de compagnie. Et plus que cela, il était aussi un lien avec Casey… Même si pour le moment, ce n’était pas Sebsey qui appliquait de la crème à Casey, et qui lui touchait le bas du dos et… Qui rougissait aussi !...

J’en fus presque soulagé lorsque j’eus terminé, car j’avais soudain très chaud, et la chaleur ambiante n’était pas la seule responsable.


- A ton tour ! Oh mon dieu, je n’étais vraiment pas au bout de mes peines. J’aimerais bien savoir faire de la musique, mais c’est un peu trop difficile, c’est plus simple d’écouter ! De la musique… Ah, euh oui, la musique, j’avais presque oublié ! Je suis allée faire pleins de trucs avec maman, on a fait des séances de cinéma, on s’est souvent baladées au parc en fin de journée et on est parties aussi deux trois jours en dehors de Londres, dans la campagne, c’était trop cool ! On prévoit aussi d’autres choses avant la rentrée ! Concentre toi sur ce qu’elle dit Seb, pas sur ses mains, ce qu’elle dit… La rentrée, et sa mère, et… Ce qu’elle dit, pas ses mains ! Ah, et puis on est déjà allées faire les courses pour Poudlard, et maman m’a offert un Strutoscope de poche quand elle a vu ce que c’était ! On est rentrées dans une boutique d’antiquités magiques aussi, j’ai vu un super appareil photo là-bas, mais il restait encore trop cher…

Il me fallut plusieurs secondes pour reprendre mes esprits une fois que Casey avait fini de m’appliquer de la crème solaire, et je clignais des yeux avant d’inspirer un grand bol d’air. Bon, maintenant, il fallait que je me reconcentre, Casey n’était qu’une fille, en maillot de bain certes, mais une fille, une amie qui me rendait service en me mettant de la crème solaire et… Bref.

- Je t’apprendrais à jour un petit air au piano, si tu veux. Et en échange tu me montreras ta trouvaille ! Dis-je plein d’entrain, toujours un peu mal à l’aise. Je crois que j’ai un vieil appareil photo chez moi, un qui fait des photographies magiques ! J’essayerais de l’amener à Poudlard pour te le montrer !

Je savais que Casey était moldue, et qu’il n’était donc pas habituel pour elle de voir une photo bouger. Moi, j’avais commencé à avoir l’habitude même si chez moi la plupart des photos étaient inanimées car ma mère était moldue et quand des amies à elle venaient à la maison il fallait toujours s’assurer de bien tout cacher –les grimoires, les photos, les baguettes. Et Elisa était si tête en l’air que plus d’une fois, nous nous étions retrouvés dans des situations plutôt… Désagréables.

Ce fût Casey qui se jeta la première dans la piscine, tandis que je rentrais prudemment par l’échelle. L’eau était bonne, et le bassin n’était pas trop plein, ce qui nous permit d’avoir un petit coin tranquille pour entamer une bataille. J’entendais son rire par-dessus les clapotis de l’eau, et je ne pouvais pas m’empêcher d’éclater de rire en retour parce qu’encore une fois, il n’y avait plus de questions, de problèmes ou de doutes. Je m’amusais simplement et j’avais envie de rester là avec la Poufsouffle dans cette piscine tout l’après-midi et simplement… Oublier le reste. Mais aussi, j’avais l’étrange envie que Casey reste près de moi, parce que quand elle plaquait ses mains sur mes épaules, qu’elle s’accrochait à moi, j’avais le cœur qui gonflait comme un ballon, devenant tout léger et à la fois immense dans ma poitrine, mais il ratait aussi quelques battements et j’avais envie de serrer la jeune fille contre moi –et ça me bousculait encore plus le cœur. Décidemment, j’avais de drôle de réactions en sa présence, mais pour une fois, ça ne me faisait pas peur. J’avais juste envie de laisser les choses se faire… De me la jouer calme. Cool. En gros, d’appliquer les conseils d’Etienne.


- Regarde, ils prêtent des ballons à l’entrée ! Je reviens, je vais en chercher un pour qu’on puisse jouer avec !

Il ne lui fallut qu’un instant pour revenir avec un ballon, et nous commençâmes à nous faire des passes, et j’étais étonné de la rapidité et l’agilité de Casey, me retrouvant presque à m’agiter un peu partout pour récupérer la balle qu’elle m’envoyait –elle aurait dû faire du tennis, elle était très douée. Malheureusement, elle eut un mouvement brusque et soudain, son sourire disparut et elle porta la main à son oreille. Je nageais jusqu’à elle, espérant qu’elle ne se soit pas fait mal, mais elle m’expliqua très vite la situation :

- Mince, j’ai ma boucle qui est tombée dans l’eau, je l’aimais bien, comment je vais faire pour la retrouver ?

Problème de filles, certes, mais pas sans solution !

- Mais on va la retrouver ! La rassurai-je joyeusement.

Je pris une grande bouffée d’air, et je lui fis signe de plonger avec moi. J’étais habitué à ouvrir les yeux dans l’eau, et même si la vision était trouble, je pouvais distinguer des formes mais il me fallut remonter à la surface plusieurs fois car sonder le sol de la piscine n’était pas aussi facile que je l’aurais cru. Casey nageait à côté de moi, et ses cheveux flottaient autour et me frôlaient, autant que nos deux corps dans l’onde translucide. C’était peut-être parce que je ne l’avais pas vu depuis un moment, mais j’avais l’impression que sa présence me troublait encore plus qu’avant et que l’été nous avait donné à réfléchir… Je repensais à ces soirs où je m’étais endormi en passant à elle, et je frissonnais malgré tout, l’eau aspirant mes bouffées de chaleur. Je n’entendais plus rien, si ce n’était les battements de mon coeur qui continuait à se gonfler comme un ballon et je crus qu’il allait exploser lorsque j’attrapais la main de la jeune fille. J’avais aperçu un éclat brillant et je l’attirais vers moi pour lui montrer avant de délicatement saisir sur le carrelage blanc la boucle d’oreille et remonter à la surface, reprenant mon souffle.


- On l’a ! M’exclamai-je en lui montrant. Je l’attirais vers l’échelle parce qu’elle toussait un peu, manquant probablement d’air. Elle s’y assit, légèrement en hauteur par rapport à moi. Elle souriait, et je me sentis sourire aussi. Etrangement, j’avais encore l’impression d’être sous l’eau, et que le monde autour de moi s’était mis au ralenti. Doucement, je m’approchais de la jeune fille. Bouge pas, je te la remet.

C’était plus pratique car j’avais pied, et je la laissais se pencher vers moi tandis que je soulevais délicatement ses cheveux pour libérer son oreille. Doucement, je passai le fermoir dans son oreille et le fermai avec un sourire satisfait. Ma main était encore dans la courbe de son cou, et je sentis soudain une nouvelle bouffée de chaleur me prendre lorsque je réalisais que nos visages étaient tout proches et que mes yeux s’étaient attardés sur une goutte qui avait roulé jusqu’à ses lèvres pour y mourir, et quand je les relevais enfin vers ceux de Casey, j’y saisis un regard particulièrement intense –et, sans réfléchir, je laissais mon visage tout près du sien…


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Casey Roberts
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MessageSujet: Re: My heart is a room for you to hide [S.H]   Mar 12 Mar - 21:27

Ce n’est qu’une boucle d’oreille. Ce n’est qu’une boucle d’oreille. Ce n’était qu’une boucle d’oreille. Oui, mais maintenant, je n’allais plus pouvoir mettre cette paire que j’aimais bien pourtant. Je n’avais pas pensé à enlever mes bijoux parce que je les portais tout le temps au quotidien, ou changeait très peu souvent, alors, ça ne m’avait pas traversé l’esprit. L’hélium qui m’animait de toute cette légèreté redescendit jusque dans la plante de mes pieds comme le petit sifflement d’une roue de vélo percée, jusqu’à devenir une substance plate et molle, parce que si ce n’était qu’un objet et que ça pouvait se remplacer, j'aimais bien ce modèle là – le destin de l’autre, c’était de rester enfermée dans la boîte à bijoux parce qu’elle avait perdu sa copine, et qu’elle ne pouvait plus être portée.

- Mais on va la retrouver !

La certitude qu’avançait Seb me redonna une petite lueur d’espoir, et avec lui je passai la tête sous l’eau en prenant un peu d’élan, mais j’étais moins habile que lui parce que j’avais une main sur mon nez, comme je ne savais pas le boucher autrement pour aller sous l’eau. Lorsque j’ouvris les yeux au bout de quelques secondes, c’était tout flou, et je sentis l’eau former une pellicule vers mes yeux. J’avais une sensation un peu bizarre lorsque je bougeai les pupilles pour repérer un petit objet brillant, mais ce n’était pas désagréable. Sebastian était à mes côtés, et ses cheveux avaient beau être courts, ils flottaient au-dessus et autour de lui, et ça lui donnait un petit air étrange, mais je ne pus pas vraiment m’en formaliser plus que ça, à cause de nos recherches. Ce fut sa main dans la mienne qui attira mon attention – même si en même temps que cela se produit, un courant d’eau glacé me traversa le corps, mais comme ce n’était qu’une impression, je me rendis vite compte que l’eau était toujours chaude et agréable, parce que les sensations restaient les mêmes quand on se touchait, bien que nous soyons sous l’eau, et comme je ne m’y étais pas préparée, comme je le faisais et que je le pressentais, ça m’avait un peu troublée.

- On l’a !


S’écria t-il, pendant que je reprenais mon souffle en respirant par la bouche, mais tout sourire, parce qu’il me brandissait ma boucle. J’enlevais les cheveux mouillés qui se collaient contre mes joues pour les plaquer en arrière. L’enchaînement d’émotions, entre le rire, le jeu, la panique, et le temps passé sous l’eau me donnait le sentiment d’être un peu fatiguée tout à coup, et je ne rechignais pas au moment de m’asseoir sur l’une des marches de l’échelle pour récupérer un peu.

- Je ne pensais pas qu’on allait la récupérer, confiai-je pas parce que je doutais de ses capacités, mais dans un bassin aussi grand que celui-ci, ce n’était pas facile ! Merci !

- Bouge pas, je te la remet.

Ce n’était pas le moment parce que mes poumons manquaient encore un peu d’air, mais je bloquais ma respiration, en même temps qu’il s’approcha, comme si ça allait suffire à mettre une barrière à tous les bouleversements qui m’habitaient depuis des semaines, et qui s’étaient renforcés à cause de son absence. Est-ce que c’était ça qu’on appelait le manque ? Tout ce que j’éprouvais un petit peu, ou alors que je pouvais encore contrôler avant les vacances, s’enflammaient maintenant, juste au moindre contact, comme si c’était le fer qu’on chauffe, qui devient brûlant instantanément, et avec lequel on se brûle les doigts à plusieurs degrés si on a le malheur de le poser dessus. Le genre de brûlure, comme les tatouages qu’on fait aux animaux pour les reconnaître, qui fait mal sur le coup, dans d’intenses piques de douleurs : mais parce que c’est douloureux, c’est ensuite, une fois que c’est passé, que ça devient encore plus doux, alors ce qui semblait insupportable, prenait les effets inverses…

Je frémis, sans pouvoir faire autrement, parce que ses doigts sur ma peau avaient le même effet que la plume qui chatouille délicatement, mais n’osant pas bouger quand même pour pouvoir imprimer cette perception et la conserver le plus longtemps possible. Je ne comprenais pas pourquoi il y avait toujours se malaise qui se mélangeait à… autre chose, quelque chose de bien différent, et les deux luttaient constamment l’un contre l’autre, si bien que je n’arrivais jamais à faire un choix vers lequel me tourner. Et surtout m’y tenir ! Plusieurs secondes s’étaient écoulées, ou peut être une ou deux seulement, mais j’avais perdue toute notion du temps et de ce qui se passait autour parce que ses iris nous avait suspendu dans le temps. Ce choix, ce choix… il me laissait l’opportunité de choisir, et c’était maintenant ou jamais, et ce fut le blanc complet quand je me penchai encore, juste assez, pour réduire à néant la distance qu’il manquait pour que nos deux bouches se rejoignent.

J’avais déjà fait ça avant mais ça ne s’était limité qu’à de petits bisous et pas de vrais baisers, mais j’entendais beaucoup de filles parler dans les dortoirs qui disaient qu’il y avait plusieurs façons d’embrasser – de bien embrasser. Je ne m’étais jamais posée la question avant. Comment on faisait ? Comment on savait qu’on l’avait fait correctement ? Comment est-ce qu’on pouvait faire la différence entre quand c’était bien, et quand ça l’était pas ? Tout ça m’était très abstrait, mais quand ça se passa, je n’y pensais même pas – c’était comme si c’était inné et que chaque garçon et chaque fille était né avec cette vérité, et que ce n’était pas la peine d’essayer de tricher : parce qu’il n’y avait pas de règles.

Ce fut d’abord un smack, mais qui se transforma en un bisou plus long, parce que Sebastian l’avait réceptionné comme tel – ma main alla se poser dans son cou, et deux ou trois fois de plus, j’exerçai de légères pressions. Ses lèvres étaient mouillées et rafraichissantes, c’était comme les glaces savoureuses qu’on lape pour alimenter le corps d’un peu de fraîcheur, des journées chaudes d’étés qui n’ont ni début ni fin parce que le jour suivant ce sont toujours les vacances, comme celui-ci.

Il prit fin, parce que nous nous étions doucement détachés l’un l’autre d’un accord tacite. L’oppression qui s’était envolé revint en même temps que nous y mîmes un terme, mais plus de la même manière, parce que quand je souris à Sebastian avec un petit rire non feint, un peu gêné sur ce qui venait de se passer, je savais que c’était partagé et que nous pourrions nous en débarrasser en soulevant la couverture qui nous recouvrait. Quand je vis où se trouvait ma paume, j’eus un geste pour la remettre à sa place sur ma cuisse.

- Merci pour la boucle d’oreille, répétai-je bêtement, parce que je ne savais pas trop comment sur quoi m’avancer et ni trop comment réagir. Je ne regrettais pas pourtant, mais qu’est-ce que cela voulait-il dire maintenant ? Est-ce que les choses allaient changer, ou alors pas du tout ? Il fallait du temps pour que tout ceci devienne naturel, au point de ne plus y penser sûrement… Mais… Mais, ce n’était pas que pour te dire merci ! rajoutai-je parce que je ne voulais pas qu’il y ait confusion, enfin si, je disais merci, mais ce n’était pas comme ça que je remerciais les gens normalement, là, il y avait un peu plus que merci.. !

Histoire d’être sûre, mes bras s’enroulèrent derrière sa nuque – c’était encore plus puissante qu’une pluie d’étoiles filantes ce qui s’agitaient dans mon estomac avec cette étreinte. En fait, je ne pensais pas à l’après, mais plutôt à ce qui était en train de se produire, et ça me faisait tellement plaisir et me rendait heureuse, que je ne craignais plus de faire des mouvements qui pourraient paraître comme déplacés – nous venions de mettre fin à cette ambiguïté.

- J’aimerais bien t’en faire d’autres
– des bisous et des câlins - si tu veux, et si tu as envie. Ça coulait sous le sens, mais je préférais lui dire avec sincérité ce que je pensais pour ne laisser aucune place aux non-dits, qui eux voulaient dire ce qu’ils voulaient dire, mais qui finalement, ne disaient pas grand-chose.

Toujours assise, c’était moi qui le surplombais légèrement. La bouche légèrement entrouverte, j’attendais, sa réaction, sentant le soleil qui commençait à me réchauffer, mais il n’y avait pas que ça. C’était la boule de feu qu’il avait embrasé et qui avait pris la place de mon cœur, qui en partie, en était l’origine.

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: My heart is a room for you to hide [S.H]   Mer 20 Mar - 23:07

Je ne pus retenir un faible mais bien présent sentiment de fierté lorsque je retrouvais finalement la boucle d’oreille de Casey. Ce n’était qu’un bijou après tout, mais il semblait lui tenir à cœur et je me félicitais de pouvoir lui rendre ce service qui pourtant n’était pas gagné d’avance car, comme ma mère le disait souvent, il s’agissait un peu de trouver une aiguille dans une botte de foin. Heureusement la perle brillait dans l’eau, sûrement grâce aux rayons du soleil qui s’y infiltraient et jouaient d’ailleurs sur le corps de Casey où les ombres formaient d’étranges formes, comme des milliers de petits fils qui s’amusaient dans son dos à cause de ses cheveux qui flottaient autour son visage de poupée. Je n’avais pourtant pas pu contempler autant que je l’aurais désiré la sirène qui se mouvait à mes côtés, car j’étais trop occupé à retrouver sa perle préférée qui avait disparu au fond de l’océan. Pourtant si je laissais mes yeux s’accrocher sur la courbe du bas de son dos, sur sa manière gracieuse d’évoluer dans cette espace liquide et silencieux et je n’entendais plus que les clapotis de l’eau qui résonnaient en écho à mon cœur qui doucement s’imposait un rythme aussi rapide que celui du battement de mes pieds alors que je nageais. Les minutes qui se déroulèrent me parurent hors du temps et lorsque je remontais enfin à la surface avec le trésor retrouvé, j’eus l’impression d’être encore dans cette atmosphère calme et ondulée que j’avais trouvé dans la piscine, comme si je me réveillais à peine entre deux rêves.

- Je ne pensais pas qu’on allait la récupérer. Merci !

Je lui souris tout en m’approchant de son visage pour me pencher vers son oreille. Avec minutie et en faisant attention de ne pas lui accrocher les cheveux, je remis le bijou en place tout doucement, comme si je craignais en agissant trop rapidement de briser quelque choses –probablement cette bulle d’entre-deux rêves si douce. Mais maintenant, j’étais tout proche d’elle et je fixais successivement ses lèvres et son regard, comme pour y chercher une quelconque approbation… Pour l’embrasser ? L’idée avait germé dans mon esprit tout naturellement, bien qu’un peu brusquement, et ses racines étaient désormais bien ancrées en moi et ne me lâchaient pas. L’hésitation ne dura sûrement que quelques secondes, mais elles me parurent aussi longues que des heures –dans le mauvais sens. J’entendais mon cœur qui battait jusque dans mes tempes et mon souffle se faisait plus rapide, plus brusque comme s’il savait que d’un instant à l’autre, il pouvait être coupé par Casey à qui j’avais laissé le choix.

Elle finit par le faire, et lorsqu’elle se reprocha je sentis mes paupières se fermer comme par peur et ce fût la sensation de ses lèvres contre les miennes qui ne devint plus que l’unique sens qui parvenait jusqu’à mon cerveau quasi déconnecté. Mes mains s’étaient posées sur ses cuisses comme pour prendre appui car elle était légèrement en hauteur, et je me hissais tandis qu’elle se penchait vers moi et lorsque sa main s’accrocha à mon cou, je sentis un battement de mon cœur manquer à la cadence. Je répondais à son baiser et je crois qu’il ne dura pas plus d’une minute, mais il suffit à me faire frissonner jusque dans les moindres recoins de ma peau, comme s’il réagissait aux multitudes de sensation qui le traversait, de la chaleur de l’été à la fraicheur de l’eau, en passant à la tiédeur des lèvres de la Poufsouffle. Je réalisais soudain que son baiser n’avait aucun égal –sans chercher à comparer. Je n’avais jamais embrassé quelqu’un parce que je le désirais réellement. Maddy avait été une affaire de curiosité, Aria de réconfort voire d’essai, mais il n’était rien de tout cela avec Casey. Car c’était ses lèvres qui provoquaient la petite étincelle qui m’enflammait, et je songeais aussi que finalement elles ne concrétisaient que ce tas de sensations ineffables que je ressentais lorsque nous nous touchions ou parfois même que je pensais à elle –sans jamais réussir à la considérer comme seulement une amie.

Mais lorsque nous nous séparèrent, je sentis un brusque retour dans la réalité et j’en fus presque aussi gêné que Casey. J’avais ôté mes mains de ses jambes de peur de lui déplaire, et ne sachant pas quoi en faire, je les avais posées sur l’échelle, laissant mon corps tout près de celui de la jeune fille.


- Merci pour la boucle d’oreille. Mais, ce n’était pas que pour te dire merci !

J’hochais lentement la tête mais fût incapable de répondre parce qu’elle avait passé ses bras autour de ma nuque et je me demandais si de ses paumes elle pouvait sentir mon cœur qui s’agitait violemment. Je ne déviais pas mon regard du sien, ni cessais de sourire en y lisant les milliers de petites paillettes qui jonchaient ses iris noisettes. J’étais sûr que l’on pouvait y trouver les mêmes dans mes yeux, comme le reflet de la flamme douce mais présente que Casey avait allumé d’un simple baiser. Et j’entendais, par-dessus les bruits de l’eau qui s’échouait sur le bord de la piscine, une mélodie aérienne, un chant d’oiseau et je compris vite que ce n’était autre que Sebsey qui répondait à la bulle de bonheur dans laquelle Casey et moi étions rentrés, comme s’il avait compris ce qui était en train de se dérouler –et je réalisais que sans lui, peut-être que je n’aurais pas été ici avec la Poufsouffle.

- J’aimerais bien t’en faire d’autres si tu veux, et si tu as envie.

La réponse à sa question me parut si évidente que j’en fus presque surpris. Bien sûr que j’en avais envie, peut-être même que j’en avais eu toujours envie parce qu’elle m’attirait. Je comprenais ce mot avec elle bien plus qu’avec n’importe qui, parce qu’elle me plaisait et m’avait de suite plu d’ailleurs, c’était d’une simplicité aussi limpide que l’eau turquoise de la piscine.

- Hum… Je fis mine d’hésiter. Attends voir…

Et, la prenant par surprise, je pris la liberté de passer mes mains autour de sa taille et de l’attirer contre moi, la faisant descendre de son échelle pour qu’elle soit à ma hauteur. Elle était légèrement plus petite et je la soulevais, comme elle était légère dans l’eau, et saisi ses lèvres sans lui laisser le choix d’hésiter cette fois. Je la serrais tout contre moi et j’eus l’impression que le monde s’était coupé et plus je l’embrassais, plus il n’y avait plus que nous deux dans cette piscine, elle et moi, et nos lèvres qui se cherchaient. Le baiser dura plus longtemps que le premier et lorsque finalement je m’écartais d’elle, j’espérais qu’elle avait compris ce que j’avais essayé de lui transmettre. Je reprenais ma respiration calmement, mes bras tenant toujours la Poufsouffle dans une étreinte presque maladroite. Ma main remonta le long de son dos et se logea dans ses mèches brunes, jouant avec tandis que je cherchais les yeux de Casey avec un grand sourire.

- Mais ne crois pas que ça veut dire que je ne me vais pas me venger de la noyade de toute à l’heure ! Répliquai-je soudain et en la prenant par surprise, je l’attirais dans l’eau avec moi.

Une nouvelle fois le silence nous envahit, et je n’entendis plus que l’eau qui se mouvait au fur et à mesure que nous bougions, et comme j’avais gardé Casey au creux de mes bras, je cherchais encore ses lèvres pour les embrasser un instant –la sensation de la fraicheur de l’eau contrastait avec la chaleur que cela me procurait. J’avais cette impression qu’il n’y avait plus rien, si ce n’était son corps frêle contre le mien, et ils flottaient sous l’eau, tout comme mon cœur dans ma poitrine.


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Casey Roberts
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MessageSujet: Re: My heart is a room for you to hide [S.H]   Dim 24 Mar - 17:52

Quand les choses doivent se faire… Elles se font. C’était ce que papa m’avait expliqué lorsqu’il m’avait expliqué pour sa copine, et à ce moment-là, j’avais vu cette tirade comme une excuse, une excuse de vouloir bien faire, lorsqu’elle était sortie de sa bouche. Aujourd’hui, elle prenait des sonorités qui étaient bien différentes et je voyais très bien où est-ce qu’il avait voulu en venir. Je ne pensais pas que ça allait m’aider à mieux apprécier Rebecca pour autant – à ça non, elle n’était ni ma maman, ni ma copine, elle n’était rien du tout pour moi, à part « la copine de mon père » et elle allait rester comme ça, jusqu’à ce que j’arrive à me débarrasser d’elle. Je lui avais déjà fait une farce pendant les vacances, au début, quand j’étais arrivée, à partir d’une idée de Sasha, ce n’était pas très gentil, mais j’avais mis plein de dissolvant dans ses vernis et puis ensuite, je les avais mis dans un endroit bien chaud, à la lueur du soleil dans la maison, et de les remettre bien à leur place avant que tout le monde ne rentre en fin d’après-midi, et en plus de diluer les couleurs, après, ils étaient passés de très liquide avant de redevenir pâteux, et donc ils étaient devenus inutilisables. Je ne l’avais pas fait sur tous pour ne pas que ça soit trop bizarre, mais elle s’était posée plein de questions, même si elle n’en avait pas parlé à papa, parce que ces trucs-là, et bien justement ce n’était pas trop son truc. Et elle, elle était trop bête pour me soupçonner, et c’était bien fait pour elle, puisque c’était papa qui me forçait à être gentille avec elle, alors que je ne l’aimais pas et que je ne voulais pas être gentille ! Même si c’était fait dans l’ombre et que ce n’était pas très sympa, j’étais contente quand même. Après tout, c’était pour leur faire comprendre à tous les deux qu’ils étaient pas fait l’un pour l’autre et je les aidais, donc même si c’était un peu méchant, c’était pas pour faire du mal !

Naturellement. Voilà comment c’était en train de se passer, comme si Sebastian et moi étions sur un fil, en équilibre, mais que c’était de marcher l’un devant l’autre qui nous empêchait de tomber, et du coup, je n’avais pas du tout peur de marcher sur ce fil, parce que mes pieds eux savaient exactement quoi faire pour garder tout le reste de mon corps bien droit, comme si j’étais une danseuse expérimentée qui faisait ses pointes dans ses chaussons et qui ne craignait pus d’être maladroite dans ses pas, comme si elle les connaissait par cœur. C’était tout à fait ça, j’avais l’impression de déjà tout savoir alors que ça n’avait même pas commencé et c’était ça qui était rassurant, cet inconnu qui à la fois ne l’était pas tellement, ou alors laissait le sentiment qu’il ne l’était pas.

Le genre d’inconnu dans lequel on ne craint pas de s’engouffrer.


- Hum… Attends voir…


… Pourtant le moindre doute de sa part me faisait douter aussi. C’est comme ça quand on est deux, on ressent tout ce que l’autre ressent aussi. On… On était bien deux c’est ça ?

Ce battement où je le regardais sans savoir si c’était pour rire ou quoi parce que j’avais tendance à tout prendre au premier degré, même quand je savais que c’était comme ça qu’il fonctionnait, parce qu’on ne savait jamais, cette fois-là pouvait très bien être différente… Elle ne dura pas longtemps, Boum… boum… boum, boum, boum, l’écho de mon cœur était beaucoup plus fort parce qu’il y avait l’eau tout autour de nous qui l’intensifiait, et notre étreinte fut plus longue que l’autre, et je laissais Seb la prolonger, n’osant la première la rompre, parce que je pouvais rester là comme ça tout l’après-midi s’il le fallait. Il allait bien falloir pourtant à un moment ou à un autre qu’on reprenne notre souffle, mais tout était tellement doux, comme si on prenait notre temps de profiter de chaque sensation l’une après l’autre, pour les découvrir et les saisir dans les moindres détails que je n’avais pas le sentiment de manquer d’air – il prenait le mien et je prenais le sien, et pour le moment, c’était notre unique oxygène, mais lui comme moi, ça nous suffisait bien. J’avais des frissons, à la fois parce qu’une partie de mon corps était hors de l’eau et des gouttes, je les sentais, perlaient sur ma peau, l’autre partie, c’était à cause de ce qui se passait et ce qui était en train de se passer, comme si j’étais en train de monter une échelle, et qu’à latte sur laquelle je me hissai, j’avançais plus près du ciel pour aller rejoindre les nuages. C’était vaporeux, apaisant, calme et silencieux.

C’était bien.


- Mais ne crois pas que ça veut dire que je ne me vais pas me venger de la noyade de toute à l’heure ! dit-il quand notre baiser pris fin pour la seconde fois. Les émotions étaient toujours là, comme une marque, mais c’était mon fort que quand on s’embrassait, et je voulus tout de suite recommencer pour les retrouver.

Mais il ne me laissa pas le temps de réagir et de prendre une fois encore les initiatives, parce que la seule chose que j’eus le temps de faire fut de pousser un petit cri, avant de me sentir attirée dans les profondeurs de l’eau.

Je ne fus pas déçue du voyage, parce que sous l’eau, c’était différent, mais tout aussi plaisant, parce qu’en même temps, il fallait faire attention à ne pas avaler de l’eau, pour se faire des bisous, mais en même temps, il y en avait qui passait un peu, et ça me donnait envie de rire et quelques bulles d’air s’échappèrent de ma gorge avant de regagner la surface. J’avais ma main dans la sienne, et je la tirai doucement pour que Sebastian me suive.

- On sort de l’eau pour prendre le goûter ? Proposai-je, et quand je montai l’échelle, j’eus de nouveau le tressaillement, parce qu’il était juste derrière moi, et le sentir si proche, me donnait en fait envie de l’avoir… contre moi.

Il s’installa sur sa serviette et je le rejoignis dessus parce que tout à coup la mienne me paraissait être bien trop grande pour moi toute seule. Je me penchais pour attraper les gâteaux que j’avais fait avec maman, et comme il était un peu trop loin de nous, je m’accrochai à son bras pour avoir assez d’impulsion et les récupérer. Sa peau était toute chaude, mais en même temps, comme elle était encore mouillée, elle restait fraîche, mais ce n’était que la surface et c’était agréable en toucher. J’avais bien envie de poser mes deux mais à plat sur lui pour en récupérer toute cette fraîcheur qui en fait couvait la chaleur, mais j’avais encore un tout petit peu de retenue pour ça. Ça ne m’empêcha pas de lui faire un grand sourire, de partager un des biscuits en deux, et de tendre la main vers lui – je la retirais toutefois parce qu’il voulut le prendre alors je mis le bras vers l’arrière. C’est moi qui lui donnais ! – Il comprit se laissa faire.

- Voilà, dis-moi ce que tu en penses !
Je passai mon pouce sur sa lèvre inférieure parce qu’il y avait des miettes qui s’étaient accrochées dessus en même temps, les récupérais pour les manger à mon tour et d’enfourner ma moitié. J’espère que ça te plaît, on pourra en refaire si ça te dit, j’aime bien faire de la pâtisserie !

Je tirais ma serviette vers nous – il faisait chaud alors le soleil allait avoir vite fait de nous sécher, mais c’était une habitude que j’avais de m’enrouler quand même dedans. Sauf que cette fois, je la mis autour de nous deux, et comme j’étais en face, je devais me rapprocher et être tout près pour qu’elle nous enroule, comme dans un cocon, bien comme il le fallait.

- C’est trop cool les vacances, j’ai presque pas envie de retourner à Poudlard !
Presque, parce qu’à Poudlard, je savais qu’il y avait Sebastian et aussi tous mes amis et que ça ne pouvait être mieux. Mais que cet instant-là demeurait quand même inégalable et je voulais le vivre à fond et non pas m’en faire un souvenir. Maintenant était trop beau pour déjà le faire appartenir au passé. On essayera quand même de se revoir avant la rentrée dis ? Parce que si il fallait attendre jusque-là… C’était dans trop longtemps !!

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: My heart is a room for you to hide [S.H]   Jeu 28 Mar - 23:49

Dans l’eau, c’était des sensations complétement différentes, mais non moins agréables. J’avais l’impression que j’étais coupé du monde, dans une petite bulle liquide où il n’y avait que Casey et ses lèvres qui attrapaient les miennes. La chaleur que me provoquait ce contact contrastait agréablement avec la fraicheur de l’eau qui nous enveloppait, et c’était comme un petit cocon que j’explorais avec la jeune fille. Etrangement, je savais que je ne pourrais probablement jamais oublier ce moment, probablement car c’était mon premier réel baiser avec quelqu’un qui me plaisait, quelqu’un dont le baiser me donnait envie d’en faire un deuxième, un troisième. On avait imprimé sur la partie sensible de la pellicule ce souvenir, ces images, celles des cheveux de Casey qui flottait comme un drapeau dans la piscine, et la couleur de son maillot de bain, ses yeux noisette qui pétillaient et la chaleur de ses paumes contre ma nuque. Je me demandais si les sensations pourraient rester d’ailleurs, ou si elles étaient condamnées à se faner pour n’être plus que des images, comme des photographies sorcières qui bougeaient légèrement. Pouvais-je me rappeler d’une douleur physique, de la douceur d’un toucher ou de la tendresse d’un baiser ? Pourrais-je me rappeler non seulement du sourire de Casey, mais aussi du goût de ses lèvres ? Je n’arrivais pas à retenir ses questions, comme si soudain une nouvelle fois je me laissais envahir par mon cerveau qui me questionnait trop et pourtant, la simplicité de ces baisers balayaient les doutes. J’avais l’impression d’avoir fait un pas, de rentrer dans quelque chose d’inconnu et c’était aussi excitant qu’effrayant. Je voulais figer le temps, et d’une certaine manière dans cette piscine, sous l’eau, il l’était. J’étais bien dans cette voluptueuse atmosphère, dont le calme se brisait que par le clapotis de l’eau que nos mouvements mouvaient contre nos corps.

Mais une fois que nous remontions à la surface, ce fût différent, plus réel et plus concret peut-être –mais non moins agréable. Casey était là, au creux de mes bras, avec son petit sourire timide et j’accrochais dans mon cerveau chaque détail de son visage de poupée, ses joues bombées, la pulpe de sa lèvre inférieure et ses cils dans lesquels s’accrochaient de petites gouttes d’eau. Pendant un instant, je la regardais sans rien dire, et je me fis la réflexion qu’elle était simplement jolie, encore plus sous la lumière éclatante de l’été qui miroitait dans la piscine et l’illuminait d’un halo, et que sa main dans la mienne me rendait plus léger.


- On sort de l’eau pour prendre le goûter ?

J’hochais la tête et la suivie, tenant toujours sa petite main dans la mienne, mes doigts jouant avec les siens. Nous nous installâmes sur ma serviette et, c’était toujours délicieux mais étrange, j’avais l’impression que le basculement qui s’était opéré était naturel, presque pas gênant, comme si nous avions toujours eu cette relation, comme si sa main dans la mienne n’était pas étrangère à ce lieu. Peut-être que c’était l’ambiguïté qui avait régit notre relation depuis le début qui maintenant s’affichait plus clairement, se dessinait comme évidente, comme si la route qu’elle empruntait était toute tracée et balisée. Je n’avais pas peur de l’emprunter de toute manière.

- Voilà, dis-moi ce que tu en penses ! J’avais laissé Casey me donner le biscuit et riant, je l’avais croqué comme un petit enfant dont la mère lui tend une cuillère de compote. Je frissonnais dans ses doigts effleurèrent mes lèvres mais je souris devant l’expression espiègle de la jeune fille qui terminait l’autre part du biscuit. Le chocolat fondit dans mon palais, et j’hochais une nouvelle fois la tête tout en mangeant lentement. J’espère que ça te plaît, on pourra en refaire si ça te dit, j’aime bien faire de la pâtisserie !

Casey m’avait en effet expliqué que c’était l’une de ses passions, mais je n’avais jamais eu l’occasion de la voir à l’œuvre. A vrai dire, lorsque nous nous voyions, nous parlions beaucoup et je trouvais en elle une oreille attentive et innocente qui me faisait toujours sourire. Rares étaient les activités que nous avions faites ensemble, car nous n’avions pas vraiment les mêmes fréquentations –mais ça allait changer. A vrai dire, j’avais préféré garder notre relation un peu secrète, je n’avais pas envie de la mêler au regard des autres comme je l’avais fait avec Daphne par exemple. Je ne voulais rendre de compte à personne, je m’entendais bien avec Casey et je laissais les choses évoluer naturellement. Finalement, le temps m’avait montré que j’avais choisi la bonne option et maintenant, ça ne me dérangerait plus de dévoiler un peu plus ce que j’avais avec elle –il n’était pas question de nous cacher à Poudlard. Je jetais un coup d’œil à Sebsey, et je souriais en pensant que finalement, tout était parti de ce petit oiseau blessé et que maintenant, j’étais tout contre Casey entouré par la serviette. Je ne savais pas ce qui était le plus doux, la manière dont elle me regardait, les biscuits qui fondaient dans ma bouche, la tiédeur du soleil sur mon dos ou peut-être la réunion de cette multitude de sa sensation qui me mettait juste… Bien.

- Ils sont super bons ! Finis-je par dire en achevant ma moitié, avec un sourire. Je suis pas très doué en cuisine, tu me montras ça !

A la maison, parfois j’aidais quand ma mère n’était pas là –Elisa était encore plus mauvaise que moi. Je connaissais quelques basiques, les pâtes, le riz, les steaks hachés, mais le maniement des ustensiles de pâtisserie n’était pas vraiment mon domaine. Mais j’avais déjà vu les cuisines de Poudlard, et je savais que les ressources étaient nombreuses et que j’aurais du temps cette année pour les découvrir plus en détails avec Casey. Je réfléchis également, pensant que je pourrais lui montrer la salle de musique et le piano… Mais à la fois, Poudlard était lointain et je profitais du moment présent, sans craindre le futur –sans craindre quoi que ce soit. Je savais que le meilleur était à venir, surtout avec la Poufsouffle, et ça me donnait envie de sourire un peu plus encore. Je n’avais pas envie de me presser et d’attendre impatiemment la rentrée car je voulais profiter au maximum des vacances et de Casey…

- C’est trop cool les vacances, j’ai presque pas envie de retourner à Poudlard ! On essayera quand même de se revoir avant la rentrée dis ?

J’eus un éclat de rire. Je sentais qu’il y avait entre nous une sorte de courant, et que nous pensions à la même chose presque au même moment. Je passais ma main sur sa joue en dégageant ses cheveux qui doucement se regonflaient au soleil et séchaient.

- Bien sûr ! On pourra aller se balader dans Londres, tu en penses quoi ? J’approchais son visage du mien et doucement, je déposais un baiser sur ses lèvres. Instinctivement, ce simple toucher se fit plus long, et je l’attirais vers moi de mes bras pour la serrer contre moi aussi, et ça me provoquait des vagues de frissons de sentir ses cheveux sous mes doigts. Et puis après, il nous restera pleins de choses à faire ensemble à Poudlard… Soufflai-je en me séparant de ses lèvres avant de déposer un baiser sur son front.

Puis, sans la lâcher de mon emprise, je nous basculais contre le sol, la serrant toujours contre moi. Fixant le parasol avant de fermer les yeux, je laissais mes doigts caresser le dos et l’épaule de Casey qui s’était collée à moi, la tête sur mon torse. Respirant doucement et sereinement, je finis par murmurer :


- On sera bien.

Et ça, j’en étais persuadé.

THE END


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