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My echo is the only voice coming back (PV)

 
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 My echo is the only voice coming back (PV)

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Ana Falkowsky
Élève de 6ème année



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Localisation : Cachée, et ne t'avise pas de venir m'embêter.
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MessageSujet: My echo is the only voice coming back (PV)   Jeu 28 Fév - 16:18

Echo
(merci Aria♥)

Hello, hello
anybody out there?
'cause I don't hear a sound
alone, alone
I don't really know where the world is but I miss it now


Aujourd’hui était plutôt une belle journée, du moins comparé au temps auquel on avait eu droit depuis quelques semaines en Ecosse. Sans atteindre des températures équatoriales, il faisait raisonnablement bon, et le soleil étant au rendez vous, beaucoup des élèves étaient sortis profiter du beau temps, en ce dimanche après-midi. Même les Serpentards avaient du en avoir marre de la salle commune avec ses tons de verts insistants, puisqu’ils l’avaient presque tous désertée aujourd’hui. C’était quelque chose de normal, de vouloir sortir s’amuser dehors avec ses amis quand les beaux jours arrivaient, mais j’eus quand même un pincement au cœur de voir le dortoir vide et de ne croiser personne dans les couloirs du château. Naturellement, je ne pouvais pas me joindre à la partie. Qu’est ce que je ferais, toute seule dehors ? La même chose que les autres, vous me direz ; mais sans amis, cette idée me semblait franchement dénuée d’intérêt.
Finalement, au bout d’un quart d’heure à lire dans la salle commune, la solitude eut raison de moi lorsque la dernière personne quitta finalement ses devoirs et donc, le cachot, pour rejoindre sa bande qui lui avait envoyé un avion en papier magique, avec sans doute un mot dedans incitant le garçon à les rejoindre. Je ne supportais pas l’idée de me retrouver en tête à tête avec le calmar géant, qui passait et repassais inlassablement devant cette vitre qui empêchait l’eau du lac d’envahir notre salle commune. Je me levais une fois que le garçon eut refermé la porte –des fois qu’il s’imagine que je le suive-, pris mon livre et partis à sa suite.

Sans doute inspirée par ma réflexion sur le calmar, je pris inconsciemment le chemin du lac. Je savais aussi que c’était là que serait probablement la plupart des élèves et donc là que je me sentirais le plus seule. C’était fou à quel point le proverbe « fuis moi je te suis, suis moi je te fuis » s’appliquait bien à moi, quand j’y réfléchissais ; dans mes premières années ici, lorsque les liens se tissent et les rencontrent se font, je m’étais fait un point d’honneur à éviter les autres, à les repousser du mieux que je pouvais, même quand ils tenaient vraiment à moi… mais on ne voit jamais ces choses là quand c’est le moment. Et puis lorsque tout le monde avait arrêté d’essayer, puisque finalement j’étais sans doute un cas désespéré, que plus personne ne s’intéressait à moi, j’avais vraiment compris la différence entre être seul et se retrouver seul. Et maintenant, c’était moi qui essayais par tous les moyens d’être avec les autres… même si la plupart du temps ils ne le voyaient même pas. Mais ça n’était pas l’important.

Comme je l’avais prédit, des groupes d’élèves s’amusant ou bavardant étaient postés tout autour du lac. Et comme je l’avais aussi imaginé, à part deux-trois personnes qui levèrent un sourcil surpris en me voyant débarquer, personne ne remarqua mon arrivée. Enfin, ce n’était pas comme si c’était une surprise, ou comme si j’avais espéré que quelqu’un vienne en me souriant me proposer de m’asseoir avec eux. Je n’en avais pas envie de toute façon. Qu’est ce que j’aurais fait ? Je n’aurais servi à rien, tout juste à faire la potiche. Il n’y avait que Theo qui ne me donnait pas cette impression de lourdeur et d’inutilité. Il n’y avait que Theo pour me faire asseoir quelque part et parler comme je ne le faisais jamais avec personne. Mais Theo n’était pas à Poudlard, et même si depuis quelque temps c’était devenu mon plus grand regret, je devais m’y faire et attendre le mercredi soir pour aller le voir aux Trois Balais. Mais il n’empêche que j’aurais aimé qu’il soit là, aujourd’hui, et qu’on aille s’asseoir tous les deux au bord de l’eau et que l’on parle de toutes ces choses, comme d’habitude.

Un arbre à quelques mètres du lac fait un peu d’ombre et n’abrite donc personne, car à peine le soleil revenu, les gens ne sont pas pressés d’aller s’en cacher. Moi je n’aime pas particulièrement le sentir me brûler la peau, alors je trouve refuge sous les longues branches pendantes de l’arbre, et m’assois en m’appuyant sur le tronc. Je suis à une « extrémité » du lac, qui est en ovale, et de là où je suis, j’ai une vue imprenable sur tous les petits sorciers rassemblés autour de la masse d’eau. Les plus jeunes s’amusent à lancer des sorts simples sur l’eau, en soulevant une petite quantité, lui donnant une forme, la faisant bouger et l’éclatant au dessus de la tête d’un camarade. Les plus âgés, souvent dans des groupes plus larges, et facilement mixtes, semblent simplement parler, certains ont même une bierraubeurre, et d’autres ce truc que fumait Chuck quand on s’est rencontré. Mais le seul point commun qu’ont tous ces élèves, c’est qu’ils sont tous entourés, et qu’en très grande majorité, ils sourient. Ils y a toujours les éternels déprimés et ceux qui semblent condamnés à tirer la tête, même en tête à tête amoureux. Mais la plupart sourit, et rit, aussi. Et moi je suis seule. Toujours seule.


Listen, listen
I would take a whisper if
that's all you have to give
but it isn't, isn't
you could come and save me
try to chase it crazy right out of my head

Je sais qu’il faut que j’arrête ça, déjà je dois être flippante dans mon coin à observer les autres, et ensuite parce que ça me fais plus de mal que de bien. Je savais que je n’aurais pas du sortir. Au moins, même si la salle commune empestait la solitude aujourd’hui, ça ne m’aurait pas étalé à la figure le bonheur des autres, et j’aurais pu me concentrer sur mon livre car le calmar n’était pas très bruyant. Mais là, à chaque fois que je reportais mon attention sur mon bouquin, un cri ou un rire me faisait lever la tête et je passais quelques minutes, les yeux dans le vague, à en regarder l’auteur et à imaginer toute sorte de théorie sur ce qu’il pouvait faire. A présent, j’hésitais à me lever et à quitter mon coin, aussi silencieusement que j’étais arrivée. Mais j’aurais l’air bête à repartir seule, un quart d’heure après être arrivée, non ? Enfin, j’imagine que personne n’y prêterait attention, de toute façon.

Et voilà, je recommençais à m’apitoyer sur mon propre sort. Il fallait que j’arrête, vraiment, et rapidement parce que ça me donnait envie de m’en coller une à moi-même. C’était MA faute si il n’y avait personne autour de moi en cet instant, moi qui avais si bien œuvré pour repousser définitivement toute personne ayant la folle idée de m’adresser la parole. Alors je n’avais pas le droit de le regretter maintenant. Ni même d’avoir les larmes aux yeux, comme je sentais que ça arrivait. Je les fermais un instant, le temps de réprimer ces larmes qui n’avaient pas lieu d’être, inspirais un peu coup et les rouvris. Si il m’était interdit d’être triste, j’avais quand même le droit d’attendre avec impatience mercredi soir pour voir Theo, n’est ce pas ? Et d’espérer au fond de moi que lui aussi avait hâte de me voir ? Que quelqu’un, dans ce monde, voulait me voir… ?


I'm out on the edge and I'm screaming my name
like a fool at the top of my lungs
sometimes when I close my eyes I pretend I'm alright
but it's never enough
cause my echo, echo
is the only voice coming back
my shadow, shadow
is the only friend that I have

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: My echo is the only voice coming back (PV)   Sam 2 Mar - 18:54

De rien ♥

Aussi paradoxal que ça puisse paraître, le calme qui régnait dans le dortoir était presque étouffant. En général c’était le bruit, les cris, les sons divers et variés qui provoquaient cette sorte d’oppression mais là c’était différent. Ce dimanche était ensoleillé et la plupart des élèves avaient opté pour le lac, un lieu parfait pour profiter des rayons de soleil qui étaient en Ecosse bien rares. Parmi ces élèves, il y avait les filles du dortoir. Et je ne les avais pas accompagnées. Depuis quelques semaines, il s’était produit quelque étrange ; de quatre filles qui ne partageaient pas grand-chose et qui vivaient ensemble mais sans vraiment se parler – ce qui avait fini par me convenir- nous étions passées à une configuration bien différente : deux des quatre filles s’étaient soudain trouvé des points communs et étaient désormais inséparables, la troisième avait un petit ami et disparaissait de plus en plus souvent.

La conséquence, elle était évidente : je restais seule. Depuis le début de la première année, rien n’avait vraiment changé. Aimer faire les choses par soi-même sans que personne ne vienne interférer était une chose, se sentir vide à force de le faire trop souvent en était une autre. C’était idiot. J’aurais pu essayer de me lier avec les filles avant, mais j’avais choisi la facilité. Maintenant, c’était trop tard et je devais faire avec. Je ne voulais pas être cette fille. Qui recherche de la compagnie à tout prix. Mais je ne pouvais pas nier que ces temps-ci étaient plutôt difficiles.

De quoi est-ce que je me plaignais ?

Concernant le scolaire, c’était un parcours quasi sans fautes, j’avais une famille que j’aimais et un environnement sain. J’étais bien loin d’être seule. D’abord Sebastian. Il était mon ami, le plus précieux, et ça aurait dû suffire. Mais non. J’avais l’impression qu’il s’éloignait. Mais il ne s’éloignait pas. Il faisait juste ce qu’il fallait, c'est-à-dire lier des relations. Moi je n’y arrivais pas. J’étais heureuse de savoir qu’il avait cette bande d’amis autour de lui, de ce que j’en voyais, ils avaient l’air sincères. Daphne, c’était une autre histoire. Toujours est-il que Sebastian avait toujours un peu de temps pour moi quand j’en avais besoin. Alors pourquoi me sentais-je délaissée ? La réponse je la connaissais. Sebastian savait se faire aimer, juste en étant lui. Je ne pouvais pas dire que c’était la même chose pour moi. Je ne lui en voulais pas. C’était juste que chaque jour qui passait, je comprenais que je m’étais trop reposée sur lui. Ruby ? Camille ? Je m’entendais bien avec eux, vraiment bien, mais je n’osais pas. Je n’osais pas venir quand ils étaient avec d’autres gens, ce qui était ridicule, mais c’était comme ça : j’avançais, j’hésitais et finalement je renonçais. Pourtant je savais que je ne les dérangeais pas. L’assurance que je pensais posséder, elle aussi chaque jour s’effritait et je ne comprenais pas, cette confiance en moi, en ce que je pouvais atteindre, elle était essentielle et elle m’échappait. Quant aux autres…soi je ne leur avais jamais parlé soit moi et mon stupide orgueil les avait évincés. Bref, j’étais perdue.

J’étais donc restée dans le dortoir, la solution encore une fois la plus facile ; et je m’en voulais, je m’étais toujours dit que dans la vie, il fallait toujours viser haut, et que justement ça impliquait de ne pas toujours choisir ce qui était simple. Je suppose que de repenser à cette façon d’agir me donna l’idée de quitter à mon tour le dortoir et de faire comme les autres. Comme les autres. Un dernier regard vers la chambre – je ne savais pas si je devais déjà regretter d’avoir changé d’avis- et me dirigeais vers le lac. Les couloirs étaient totalement vides, comme le dortoir, plutôt sans vie. Bien vite, j’arrivais à l’extérieur et c’était comme je l’avais imaginé. Il y avait beaucoup de gens. En soi, la foule ne me gênait absolument pas, je ne cherchais pas à la fuir. Vivre avec le bruit, le flot de gens autour de vous, j’y étais habituée. Je n’irais pas juste qu’à dire que ça faisait partie de mon quotidien…mais c’était familier. Mais toutes ces personnes les unes avec les autres, là, et avancer toute seule, ça avait quelque chose d’angoissant. Je respirais calmement. Et je continuais ma marche, sans un regard pour les autres autour de moi. Au bout de quelques pas, je remarquais un endroit agréable, et décidais de me poser. C’est dans ce genre de moments qu’on a l’impression que tout le monde vous regarde. Mais pas d’une manière flatteuse. Un regard qui juge, voilà. J’étais très mal placée pour faire cette remarque sachant que mon regard avait tendance à beaucoup juger aussi. Quelques minutes passèrent, et au fur et à mesure, je me sentais mieux, moins intruse. Il faut croire que ma confiance en moi ne s’était pas alors totalement envolée.

Je m’autorisais alors à jeter un coup d’œil autour de moi. Des groupes, évidemment. Je sentis un petit pincement au cœur lorsque je les regardais, parce que quelque part, j’aurais aussi aimé avoir quelque chose de ressemblant. Et puis soudain je remarquais une personne, qui dénotait, parce qu’elle aussi semblait être seule. Cheveux noirs, yeux verts il me semblait, une peau pâle comme la mienne si ça n’était plus. Je pouvais l’ignorer. Je pouvais aussi aller à sa rencontrer et réparer, d’une certaine manière, mes erreurs. Je me levais alors, m’avançant vers elle, me demandant déjà ce qu’elle allait penser de moi. Est-ce que je la dérangeais ? Est-ce qu’au contraire elle appréciait un peu de compagnie ? J’aperçus alors son blason. Serpentard. Drôle de coïncidence.


-Salut, je m’installe ici, ça ne te dérange pas ? Ce n’était pas trop moi ça. Mais je pouvais bien faire un effort. Un simple coup d’œil vers la Serpentarde en question me suffit pour comprendre que je n’étais pas forcément arrivée au bon moment. Elle semblait triste ; et ça se lisait sur son visage. Est-ce que ça va ? La réponse était évidemment négative, et je savais qu’à sa place, je n’aurais pas apprécié qu’on me questionne ainsi, mais aujourd’hui, je bousculais un peu mes habitudes. Ce que je me refusais à faire avant, peut-être ça marchait bien. Je ne savais pas comment réellement communiquer, c’était ça la vérité. Il y en avait quelques uns qui avaient su faire abstraction de ce que je montrais, et j’étais consciente que les autres n’avaient pas forcément le temps ou l’envie faire de même. Et peut-être que cette fille agirait différemment. Quelque part j’avais besoin qu’elle réagisse autrement. Pour me prouver que je n’avais pas eu tout faux depuis le début. Remettre les choses en questions, il le fallait parfois, et tout semblait plus clair après, Ruby me l’avait montré, mais là, non, ce serait absolument tout bouleverser. Derrière l’apparente banalité de mes questions, il y avait quelque chose de bien plus important. Tout ça semblait bien loin. Mes sarcasmes, mes piques parfois méchantes (que je regrettais immédiatement) toutes ces choses – factices- qui m’avaient sans doute donné un peu de pouvoir, mais pas le bon, elles s’étaient évanouies et je ne pouvais plus m’en servir. Démunie, c'était le mot.

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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: My echo is the only voice coming back (PV)   Lun 1 Avr - 0:01

Pardon du retaaard ♥ Et de la qualité u_u

Lorsque personne ne te voit, ne t’entend ou ne pense à toi, est-ce que tu existes encore ? Je m’étais faite cette réflexion dans un de ces moments où je n’ai rien d’autre à faire que de remuer des questions existentielles de ce genre. Sortie de contexte, ça paraissait un peu débile, mais plus j’y réfléchissais plus je trouvais ça juste. Mais alors, est-ce que ça voulait dire que la plupart du temps, je n’existais pas ? Puisque j’étais pratiquement invisible pour les autres, je ne parlais pas, et n’avais aucun ami, alors, devais-je simplement en arriver à cette conclusion ? Ça me semblait tenir debout. Si je disparaissais, combien de temps avant que quelqu’un de s’en rende compte… ? Et combien de temps avant que quelqu’un ne s’inquiète ?

Il fallait vraiment que j’arrête de ruminer toute la sainte journée des pensées de ce genre. Je crois qu’à force, je devenais une espèce de dépressive –et ça n’avait pas de sens parce que je n’avais aucune raison de l’être. Dans les livres, les gens atteints de dépression avaient un élément déclencheur, quelque chose de grand, de vraiment triste ; moi je n’avais pas le droit de déprimer juste parce que je me rendais soudainement compte après des années que ma vie était inutile. J’avais vécu comme ça depuis tant de temps, je pouvais bien continuer !

J’entendis des bruits de pas juste à côté de moi, et je tournais mes yeux qui s’étaient perdus dans le vague vers la nouvelle arrivante. Je m’étais attendue à voir un groupe arriver, ou au moins plusieurs amis, mais c’était une fille, et elle était toute seule, elle aussi ; d’ailleurs je la reconnus au bout de quelques instants, parce que ses longs cheveux blonds et son visage doux ne m’étaient pas inconnus. Je ne la connaissais pas personnellement –forcément- mais par connaissance interposée il me semblait…

-Salut, je m’installe ici, ça ne te dérange pas ?

Je secouais la tête en signe de négation, et me forçais à lui faire un petit sourire poli –bien sûr que non, ça ne me dérangeait pas. C'était sans doute un peu exagéré, mais ça me faisait même plaisir. De voir que quelqu'un pouvait s'asseoir à côté de moi, déjà, donc je ne devais pas être si effrayante que ça, mais qu'en plus cette personne avait la politesse et l'élégance de me demander si ça ne m'embêtait pas. Même si elle venait sans doute ici plus à la recherche de tranquillité que de compagnie, ça me faisait quand même plaisir qu'elle ait choisi cet endroit. Comme ça, même si on ne se parlait pas, les gens, eux, ne le saurait pas ; il verraient simplement deux filles assises à côté, et en déduiraient nous étions ensemble. Et rien que ça, ça me faisait plaisir. Je cherchais toujours à mettre un nom sur ce visage, pensant qu’elle cherchait juste un endroit à l’ombre pour s’asseoir et que la conversation était close, quand elle m’adressa de nouveau la parole.

-Est-ce que ça va ?

Est-ce que ça va… ?

Hormis Theo, je ne me rappelais plus de la dernière personne qui m’avait posé cette question en ayant l’air de s’intéresser réellement à la réponse.

Je sentis mon ventre se serrer, parce que j’avais un peu du mal à croire que quelqu’un venait me parler, me demander de mes nouvelles. Elle aurait pu simplement s’asseoir là et profiter de la vue, elle pouvait m’ignorer, de toute façon je n’étais ni très bruyante, ni très intéressante. Mais elle me demandait si ça aller. C’était débile de s’emballer pour quelque chose comme ça, je crois que c’est un truc que les amis se demandent dès qu’ils entament une conversation, mais il faut me comprendre, je suis si peu familière de la chose.

Passé l’instant où je reste bouchée bée de sa question pourtant on-ne-peut-plus banale, je lui réponds :


-Euh, oui, oui. Merci.

J’appuyais ma réponse décidément pas très convaincante avec un petit sourire, et c’est en voyant ce visage un peu perplexe, et sérieux, que je me rappelais pourquoi ses traits doux ne m’étaient pas inconnus. C’était une amie de Caleb, il me semblait. Je ne savais pas grand-chose d’elle, à part qu’elle s’appelait Aria Davenport, qu’elle était à Serdaigle et qu’elle avait un an de moins que moi. Et qu’elle excellait en cours, aussi, mais ça, ça allait en général de pair avec son blason. Caleb me l’avait aussi décrite comme « pas très marrante », mais bon, si pour Caleb, être drôle signifiait avoir le même type d’humour que lui, alors je crois que l’on peut dire sans exagérer que personne ne devait être « très marrant ». Quoi que, mes réactions exaspérées et désespérées semblaient beaucoup l’amuser, alors peut-être que j’avais cet honneur, moi.

-Aria, c’est ça ? demandais-je doucement, plus pour faire la conversation que parce que je n’en étais pas sûre –je me trompais rarement sur ces choses là. Je euh… on ne se connait pas mais… je vois qui tu es. Par Caleb, lui appris-je, tentant maladroitement de me justifier. Vous êtes… amis, non ?

Rien n’était moins sûr, je ne les voyais pas souvent traîner ensemble, et à vrai dire, Aria ne me semblait pas exactement la partenaire idéale qu’emmènerait Caleb pour faire les 400 coups. Elle était plutôt du genre sérieuse, de ce que j’avais pu voir d’elle, et sans doute trop maligne pour se laisser enrôler comme moi. Alors comme se connaissaient-ils ? Je ne m’étais jamais posé la question, mais à présent, je la trouvais plutôt pertinente. Ils n’avaient rien en commun ! A moins que le Poufsouffle n’ait en réalité un côté profond, qu’il cachait bien, très très bien… mais je n’arrivais pas à m’en convaincre moi-même. Pas plus que je ne pouvais imaginer Aria s’amusant comme une petite folle à faire des farces Calebiennes aux autres.

Mais si je réfléchissais bien, personne ne m’imaginais sans doute comme ça non plus, et pourtant, il m’arrivait de traîner avec lui, et même de temps en temps de ricaner à une de ses blagues. C’était peut-être ça, le vrai pouvoir du Poufsouffle, à défaut d’être doué en cours ; il savait dérider les gens. Et aussi, leur donner envie de lui sauter à la gorge, mais c’était une autre histoire. Pourtant, ça fit tilt dans ma tête, et je me demandais un instant si je n’avais pas fait une gaffe, ou une confusion –peut-être se détestaient-ils ? Je guettais la réaction d’Aria, un peu inquiète d’avoir était indiscrète. Je n’oserai jamais me l’avouer, et encore lui avouer, mais je n’avais pas envie qu’elle parte, maintenant. Même si la conversation devait s’arrêter là et qu’on passait l’après-midi à regarder le lac et les autres sans rien se dire, j’avais envie, non, j’avais besoin d’avoir un peu de compagnie.

D’avoir quelqu’un ici, avec moi, qui savait que j’existais, et quelque part, me permettait moi aussi d'en être sûre.

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: My echo is the only voice coming back (PV)   Jeu 4 Avr - 22:32

Je sentais qu’il y avait un malaise. Il était sûrement du au fait que ni l’une ni l’autre ne savions trop comment y faire. La jeune fille avait l’air plutôt réservée, et je voyais bien qu’elle n’avait pas l’habitude de ce genre d’échanges. En cela, nous étions ressemblantes, et je ressentais une empathie pour elle que je n’arrivais pas bien à définir. Je la vis sourire, d’un petit sourire crispé, mais qui restait sincère. Physiquement, nous n’étions pas jumelles, mais nous partagions ce côté un peu froid, qui pouvait paraître intimidant, et même hautain. Mais pour elle comme pour moi, il ne fallait pas vraiment s’y fier, il ne voulait pas dire grand-chose, l’assurance qui allait avec, nous ne la possédions pas. La preuve, nous étions toutes les deux, il y a quelques secondes, seules au milieu de cette masse de gens qui ne nous prêtaient pas attention. Donc, ce fameux malaise, je souhaitais l’effacer. Je savais qu’il n’allait pas disparaitre immédiatement, je souhaitant simplement l’adoucir. Peut-être que la question que je lui posais n’était pas la bonne. Mais j’estimais que c’était un moyen judicieux de débuter une conversation (c’était comme ça que l’on faisait en général) mais ce n’était pas ça l’unique but de ma question : son visage n’était pas celui d’une fille pleinement heureuse. Dans le même cas j’aurais apprécié qu’on ait cette attention pour moi. Ce genre de phrase qui montrait à l’autre qu’on se souciait de sa personne.

-Euh, oui, oui. Merci, répondit-il elle timidement.

Je n’en étais pas certaine, pas vraiment convaincue par sa réponse, mais je me doutais bien que la Serpentarde n’allait pas me confier ses états d’âmes. Elle n’avait pas l’air d’être ce genre de personnes à se répandre sur sa vie, j’étais pareille, je me livrais très peu donc ça ne me dérangeait pas. J’essayais de trouver son prénom, au moins, mais je n’étais même pas sûre de l’avoir déjà entendu…Je ne savais même pas avec quelles personnes elle restait, en bref, je ne savais rien d’elle. Au moins il y avait matière à discuter, si elle le voulait bien.


-Aria, c’est ça ?J’acquiesçais et me sentais du coup un peu coupable de ne pas savoir qui elle était. Je euh… on ne se connait pas mais… je vois qui tu es. Par Caleb. Vous êtes… amis, non ?

Donc ils se connaissaient. Il ne m’avait jamais parlé d’elle (nous ne nous disions rien en même temps) et j’avais bien du mal à les voir ensemble. Elle n’avait pas spécifié qu’ils étaient amis, ou proches, mais si elle m’en parlait, c’était bien qu’il devait un peu se fréquenter. Si j’étais amie avec Caleb ? Ce n’était pas le mot que j’aurais employé. Même avant sa farce qui m’avait mis hors de moi, nous ne l’étions pas, disons qu’on s’était supportés et peut-être à la limite appréciés. Mais ça n’avait pas été de l’amitié pour moi, du moins pas la définition que j’en avais. Peut-être que lui ça lui arrivait souvent de faire des coups de ce genre à ses amis. Mais chez moi, c’était inhabituel, c’était un manque de respect. Certes, j’avais été dure avec lui, particulièrement méprisante, mais à mes yeux il l’avait mérité. Et il avait découvert que les mots je pouvais les manipuler comme des armes, hélas, je ne pensais pas qu’ils avaient eu un véritable effet : il n’était pas ce genre de personne qu’on peut vexer facilement. De plus lui et moi vivions dans un monde différent, lui un où tout était permis, moi dans un autre où je m’interdisais beaucoup de choses, si les différences, on pouvait les dépasser, avec lui je n’avais pas envie d’essayer. Bref, actuellement, je ne le portais pas vraiment dans mon cœur. Mais ça, je ne me voyais pas le raconter à Serpentard, même si je me doutais que si je lui confiais quelque chose, elle n’allait pas le répéter. Je n’avais juste pas spécialement envie de me rappeler de ce moment. Enfin, j’allais essayer de lui expliquer. Mais sans les détails.

-Non pas vraiment, euphémisme. Mais je lui répondis gentiment : je ne voulais pas qu’elle croie que c’était à elle que j’en voulais. Disons qu’il m’a joué un tour qui ne m’a pas plu du tout. Depuis je ne lui dis même pas bonjour quand je le croise. Et vous êtes amis, lui et toi ? Si la réponse était positive il était évident qu’elle avait bien plus de patience que moi. Et il en fallait beaucoup lorsqu’on était en compagnie de Caleb Matthews.

Peu à peu le malaise se dissipait, et j’appréciais la compagnie de cette fille. Elle semblait calme, sérieuse. Je me reconnaissais en elle quelque part. Tout cela était nouveau, me trouver des similitudes avec les gens : entre Ruby, elle, et même Brook Lawrence, peut être que les gens me ressemblaient plus que je ne le croyais. De toute façon dernièrement, j’avais appris à revenir sur mes positions : tout n’était acquis et figé, comme j’avais pu le croire auparavant. Tout n’était pas comme mes petits plans et listes qui m’étaient chers. Si j’aimais certains imprévus, bien particulières, j’en détestais d’autres et celles-ci m’engloutissaient. C’était bien ça le mot. C’était comme une grande vague qui arrivait sans prévenir et qui me laissait perdue. Pour l’instant la mer était encore calme. Tout ce que je souhaitais c’était de ne jamais en rencontrer une, gigantesque qui terrasserait tout. Je ne pouvais que supposer ce qu’on ressentait à ce moment là…et je voulais me l’épargner. Comme j’aurais voulu l’épargner à d’autres.

Mais ce n’était pas un sujet léger. Et je ne voulais pas y penser. En tout cas pas maintenant. Je reportais mon attention sur mon interlocutrice que finalement je connaissais très peu.


-Tu t’appelles comment ? fis-je en souriant. J’espérais qu’elle ne la prendrait pas mal. Elle avait l’air assez solitaire et le fait que je ne connaisse même pas son prénom…elle pouvait penser qu’elle était invisible. Et c’était bien la dernière chose que j’avais envie de faire. Blesser quelqu’un. J’essayais en tout cas de faire de mon mieux : ça semblait bien se passer avec elle et je n’avais pas envie de gâcher cette chance qui s’était offerte à moi. Je regardais autour de nous à nouveau, pour les autres tout avait l’air facile : on voyait plusieurs petits groupes, certains fumaient des cigarettes, d’autres bronzaient, elle et moi avions peut-être l’air plus crispées. Je n’osais pas vraiment lui demander si elle était souvent seule. Parce que ça pouvait déranger, et paraître indiscret. Mais d’un autre côté, je n’allais pas juger.

Maintenant les jugements, je les considérais autrement.


Je retrouvais un peu le sourire, parce que ma tentative ne s’était pas transformée en échec cuisant, au contraire, et c’était tout ce que je demandais. Chacune de nous y trouvait son compte finalement. C’était une drôle d’alliance, mais une alliance réussie apparemment. Je me fis la réflexion que j’aurais pu tomber sur une fille désagréable et qui ne m’aurait pas même pas regardée lorsque je me serais adressée à elle. Mais la Serpentarde, sans qu’elle devienne immédiatement ma confidente (ça s’était produit une fois, avec Ruby mais ce n’était pas trop fréquent) je me sentais en confiance. J’avais l’impression que nous voyons certaines choses de la même façon. A l’ombre de cet arbre, même si nous n’étions pas les plus douées pour interagir, je me sentais à ma place quand même. C’étaient juste des questions toutes simples. Mais pour l’instant je crois que ni elle ni moi n’avions besoin de plus, n’est-ce pas ?

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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: My echo is the only voice coming back (PV)   Mer 24 Avr - 22:10

J'avais un drôle de sentiment à propos d'Aria. Comme tout le monde, j'avais tendance à me faire un avis sur chaque personne que je rencontrais, selon ses vêtements, sa manière de parler, ses habitudes, ses fréquentations... Ce sont des choses plutôt révélatrices, alors la plupart du temps, mes jugements s'avéraient plutôt justes. Mais ce qui me dérangeait avec Aria, c'est qu'elle ne se comportait pas comme ce que j'avais imaginé en la voyant agir, en classe, dans les couloirs, dans la Grande Salle. Avant aujourd'hui, je l'aurais caractérisé de solitaire, aucun doute là dessus, par choix probablement ; et puis un petit quelque chose de froid, hautain, très sérieuse en tout cas. Et elle m'apparaissait être tout le contraire en réalité. C'était extrêmement perturbant. Elle était même franchement douce et...gentille, sympathique. Vraiment perturbant, tout ça. Pire encore, alors que j'avais pensé jusque là que nous n'avions strictement rien en commun, j'avais maintenant de plus en plus l'impression que nous n'étions pas si différentes l'une de l'autre. Mais je devais me tromper. Aria était quelqu'un de stable, de sensé, de normal. Elle ne pouvait pas être aussi tordue et cinglée que je l'étais, ou que j'avais pu l'être.

Ma question sur Caleb lui fit froncer imperceptiblement et un très court instant les sourcils. Mais c'est pourtant avec une gentillesse égale qu'elle me répondit, et qui ne me semblait même pas feinte.

-Non pas vraiment. Disons qu’il m’a joué un tour qui ne m’a pas plu du tout. Depuis je ne lui dis même pas bonjour quand je le croise. Et vous êtes amis, lui et toi ?

Tient donc. Quelqu'un qui n'avait pas aimé un tour de Caleb au point de lui tourner complètement le dos. Ça ne devrait pas tellement m'étonner, il faisait parfois des choses vraiment limite, mais Aria, qui me donnait à présent l'impression d'être la personne la plus gentille de la Terre -le fait qu'elle vienne me tenir compagnie en ce moment d'extrême solitude altérait peut-être mon jugement, mais bon- ne donnait pas l'impression d'être quelqu'un de très rancunier. Enfin, après tout, je ne la connaissais pas. Mais cet idiot de Poufsouffle avait vraiment du y aller très fort pour mettre en colère quelqu'un d'aussi doux. Je ne demandais pas à Aria la cause de leur dispute, si elle ne l'avait pas précisé, sans doute préférait-elle la garder pour elle -peut-être étais-ce quelque chose d'humiliant ? Même si j'imaginais mal Caleb humiliait exprès une amie... Mais rien ne me dis qu'ils l'étaient, avant ça. Bref, peu importe, de toute façon, son opinion sur le garçon semblait être faite et prête à ne plus bouger, alors je ne pourrais rien faire pour changer ça. Et puis qui a dit que je voulais essayer de toute façon ?? Caleb n'avait qu'à faire plus attention ! Ce n'était pas à moi d'essayer d'arranger les choses avec une fille qui semblait tout ce qu'il y a de plus gentil et normal et qui devait donc avoir une bonne raison de lui en vouloir !...

-Je crois qu'on peut dire ça... Enfin, il m'y force un peu mais bon...

Le ton de ma voix n'était pas redescendu, comme pour indiquer la fin d'une phrase, et finalement, je retrouvais à dire des mots que Caleb ne méritait sans doute pas.

-...Mais au moins, ça me sort de ma routine. Je veux dire, il est un peu... perturbé, voire attardé mais... mais méchant. Si il t'as blessée, ou humiliée, il n'a pas du le faire exprès.

...
...
Bon.
Je ne sais pas dans quel monde je me mets à défendre Caleb Matthews, sans doute le soleil -qui ne touchait même pas ma peau, mais j'avais besoin d'une explication- avait des effets néfastes sur mon système nerveux et me faisait dire des choses que je ne pensais pas. Enfin, si, je les pensais, un peu, en tout cas la partie où je dis qu'il est attardé -il faut admettre qu'il lui manque une case- mais... ce n'était pas vraiment dans mes plans de déballer ça devant Aria, pour qui ça devait être le dernier de ses problèmes. Et puis si elle le détestait maintenant, qu'est ce que mes pauvres bégaiements pourraient y changer ?? Et puis pourquoi je voulais y changer quelque chose d'ailleurs ?? Si je ne lui avait pas pressé une plante à la figure lors de notre rencontre, sans doute aurais-je pu le détester comme je le voudrais, et à l'heure qu'il est, nous serions en train de rire joyeusement de ce crétin !

... Sauf que non. Je lui avait bel et bien pressé un plante à la figure lors de notre rencontre, et il s'était montré extrêmement... peu rancunier à ce sujet, alors, non, je n'avais pas réussi à le détester bien longtemps. Et pour toutes les fois où ses blagues pas drôles m'avaient sorties de ma torpeur, où l'agacement que me procurait ses plaisanteries avait remplacé mon vide intérieur, pour tout ça, j'imagine que je me sentais en quelque sorte redevable -berk, ce mot ne m'allait définitivement pas.


-Tu t’appelles comment ? me demanda Aria, qui me souriait toujours aimablement.

Sa question me sortit de mes pensées, une sensation très agréable, d'ailleurs. Je mis une ou deux secondes à la faire monter au cerveau, tant elle me semblait déplacée dans cette conversation -alors qu'elle était parfaitement légitime. Ce n'était même pas bizarre qu'elle ne connaisse pas mon nom, si elle l'eut su un jour, j'avais bien changé depuis, sans doute ne m'aurait-elle pas reconnue ; et puis de toute façon j'étais trop invisible, me fondait trop dans la masse pour être le genre de personne dont on retient le nom. C'était normal Alors pourquoi ce petit pincement au cœur ?


-Ana, répondis-je avec le même sourire.

Ça me faisait bizarre d'agir comme ça, comme une personne normale, à Poudlard. D'habitude j'étais plus le fantôme qui ne parlait pas et était inexpressif, rasant les murs à longueur de journée. Alors être assise là, dehors, par une belle journée, à parler joyeusement avec une gentille inconnue venue me tenir compagnie pour une raison x ou y, ça changeait franchement de mes habitudes. C'était plutôt agréable. Ça me rappelait un peu les soirées aux Trois Balais avec Theo -mais ça vraiment de comparaison, ça n'était pas le même type de personne, ou d'ambiance. Aria était plus calme, Theo plus spontané. Mais les deux m'allaient.

Ce calme, justement, cette façon d'être paisible et de le rendre les gens autour d'elle qu'avait Aria, c'était quelque chose de plutôt rare, pour ce que j'en connaissais. Je veux dire, je n'avais pas vu beaucoup de personne avec qui on se sent... tranquille, comme ça. C'était un drôle de sentiment, encore une fois. Bref. Cette façon d'être devait lui assurer plutôt pas mal d'amis non ? En dehors des personnes comme Caleb qui ne rentraient pas dans ce genre de considérations, les gens aimaient bien la tranquillité et les personnes avec qui on peut avoir une conversation calme et sensée, non ? Alors comment se faisait-il qu'une fille pourvue de ces qualités se retrouve à tenir compagnie à une insociable comme moi, un jour de beau temps comme ça ? C'est vrai qu'elle ne m'avait pas semblé avoir des tonnes d'amies, mais je ne la regardais pas tout le temps non plus, je la croisais même franchement rarement, alors franchement, je n'en savais rien. La question me brûlait les lèvres, mais la poser était sans doute franchir les limites que notre rencontre toute récente imposait. Mais peut-être que d'une manière détournée...?


-Dis... si ce n'est pas indiscret, pourquoi es-tu avec moi, plutôt qu'avec tes amis ?

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: My echo is the only voice coming back (PV)   Jeu 9 Mai - 16:12

Même si j’avais toujours été observatrice, même si j’analysais, c’était depuis que j’avais eu cette discussion avec Ruby que j’avais véritablement compris que derrière un joli visage il y avait beaucoup de secrets. J’avais découvert bien avant que les gens étaient autre chose que ce qu’ils laissaient paraître, qu’il y avait des choses qu’ils n’avaient pas envie de montrer, ça je l’avais su en côtoyant Sebastian, sa gentillesse, ses rires, ses attentions, tout ça était réel, mais derrière il y avait Tom et sa maladie, qui malheureusement était réelle aussi, et je comprenais sa réticence à en parler. Mais pourtant je n’avais pas vu ça chez les autres, sans doute parce qu’ils étaient moins proches de moi. Ruby m’avait révélé ses failles, pas immédiatement mais elle me l’avait confié. Quant à la jeune fille assise à côté de moi, elle semblait n’avoir pas confiance en elle, pourtant qui aurait pu imaginer que cette beauté froide puisse manquer d’assurance ? Moi depuis peu je comprenais : le sortilège Gemino avec lequel je bloquais n’était qu’une illustration d’un comportement que j’avais toujours eu, sans vraiment le savoir. J’avais peur de l’échec, comme tout le monde en fait, mais le nier – inconsciemment- était agréable : c’était confortable de se dire qu’on décidait. Ce que je voulais, c’était avoir le contrôle de moi-même et de ma vie dans les moindres détails, c’était pour ça que la plupart des imprévus je ne les aimais pas : ils me rappelaient que mes multiples plans et listes étaient inutiles. En cet instant, ce n’était pas vraiment ce côté qui nous rapprochait mais plus le sentiment de ne pas être à sa place et de se sentir, soudain, seule.

Je m’en voulais d’éprouver ce sentiment parce qu’il y avait des gens là pour moi, définitivement. Créer une amitié avec les trois filles du dortoir je ne l’avais pas désiré. J’ignorais pourquoi, parce qu’elles n’avaient rien de désagréable. De toute façon, maintenant le temps avait passé et je ne m’étais pas intégrée : ce n’était pas grave. Je ne l’avais jamais voulu n’est-ce pas ? Cette tristesse était passagère je le savais, et pourtant je la laissais m’atteindre : il devait en être de même pour mon interlocutrice. Nous nous étions bien trouvées aujourd’hui et j’étais contente d’avoir trouvé quelqu’un je ne connaissais pas mais avec qui partager un peu. Les questions trop personnelles je les oubliais : je refusais de prendre le risque de la mettre à l’aise. Sans doute aurait-elle vu que j’étais intéressée par ce qu’elle avait dire mais sa réserve était présente, et j’en tenais forcément compte. J’essayais tout de même d’en apprendre plus sur elle, et elle faisait pareil : ce fut elle qui évoqua Caleb. Ce n’était pas le sujet que j’aurais choisi mais je répondis à sa question : elle avait dû nous voir une fois ensemble et pensé que nous étions proches. Ce n’était pas le cas, mais elle n’était pas en mesure de le savoir.


-Je crois qu'on peut dire ça... Enfin, il m'y force un peu mais bon, répondit-elle.

La jeune fille était calme, discrète, et Caleb tout le contraire. Il était particulièrement extraverti et bruyant (j’avais pu le remarquer) et je l’imaginais bien tenter de convaincre la verte et argent de le suivre dans ses mauvais coups. Dont on se passerait bien, au passage. Qu’elle dise qu’elle se sentait forcée m’attristait – même s’il y avait du second degré dans sa phrase- parce qu’on ne force pas les choses en amitié : on s’attache au fur et à mesure, parfois immédiatement, mais on a le droit de prendre son temps. Caleb avait l’air d’apprécier vite les gens mais lorsque on voyait comment il remerciait ses soi disant amis, ce n’était pas vraiment un sort enviable. J’espérais au moins qu’il était sincère avec elle : je voyais bien, même si je la connaissais à peine qui lui fallait quelqu’un qui saurait l’écouter, et lui n’en faisait qu’à sa tête. Notre conversation restait basique mais je sentais que ce que je racontais l’intéressait et vice-versa.


-Mais au moins, ça me sort de ma routine. Je veux dire, il est un peu... perturbé, voire attardé mais... mais méchant. Si il t'as blessée, ou humiliée, il n'a pas du le faire exprès.

Je ne le pensais pas non plus méchant, mais comment aurais-je dû interpréter son geste ? Je veux dire, d’accord ce qui s’était passé n’était pas grave dans l’absolu mais où était l’intérêt de me choisir comme cible ? Qu’il aime particulièrement s’amuser, je l’acceptais, mais qu’il m’inclue dans ses petits jeux qui ne faisaient rire que lui, beaucoup moins. Bref : il avait eu ce qu’il méritait et je me faisais un plaisir de l’ignorer. Elle avait visé juste, même si je m’étais sentie plus blessée qu’humiliée : mes vêtements tachés et les rires des autres n’étaient pas agréables, mais je les préférais à la déception que j’avais ressentie. Elle avait l’air de le défendre (ils étaient amis en même temps) mais elle utilisait des mots qu’on ne pouvait pas qualifier de flatteurs. Ils ne me choquaient pas, même si je ne les aurais pas employés : elle disait seulement ce qu’elle pensait.

-Il a sûrement un bon fond, dis-je avec peu de conviction. Mais j’ai du mal à comprendre ce qu’il cherchait lorsqu’il a placé un marécage portable sur mon chemin. La conversation changea de sujet peu de temps après, lorsque la verte et argent reprit la parole.


-Ana.

Je remarquais immédiatement que nos prénoms se ressemblaient, du moins un peu parce qu’ils commençaient tous les deux par un a et finissaient par la même lettre. C’était bien de pouvoir désormais mettre un prénom sur un visage, d’ailleurs il lui correspondait parfaitement.

-Dis... si ce n'est pas indiscret, pourquoi es-tu avec moi, plutôt qu'avec tes amis ?

C’était une question directe, sans détours, à laquelle je ne m’étais pas attendue. Est-ce qu’elle disait que j’aurais mieux de rester avec quelqu’un d’autre ? Que ce n’était pas que je la dérangeais mais qu’elle n’en valait pas la peine ? Elle n’avait pas grande estime pour elle-même. Pourquoi j’étais avec elle plutôt qu’avec mes amis… Ils m’étaient précieux, et je préférais largement ces liens privilégiés à des amitiés nombreuses, mais superficielles. Néanmoins chacun évoluait de son côté forcément, et il y avait de ces moments, comme aujourd’hui, où je me sentais perdue. Si je restais avec Ana, c’est que j’appréciais sa compagnie et qu’une fois la gêne passée, discuter avec elle paraissait naturel. J’étais allée vers elle, comme ça, sans vraiment savoir à quoi m’attendre, et il s’avérait que l’on s’entendait bien. Ce n’était pas une question de préférence, je la connaissais depuis un quart d’heure et on ne pouvait pas comparer. J’étais tout à fait d’accord pour garder contact après, si elle le voulait : avec le temps, elle deviendrait sans doute une amie.

-J’aime bien discuter avec toi, une réponse simple mais sincère. Rencontrer de nouvelles personnes, c’est bien aussi, le moins qu’on puisse dire c’est que mon point de vue avait changé. Même si j’avais encore du mal à approcher les gens, là j’avais fait l’effort et il payait : ça me donnait du courage pour la suite. Avant j’attendais souvent qu’on vienne vers moi, mais il n’en serait pas toujours ainsi : il fallait y mettre du sien. J’espère ne pas être indiscrète aussi… mais pourquoi cette question Ana ? ajoutais-je, le ton était amical, une fois de plus je ne la jugeais pas : je cherchais juste à comprendre. Qu’est-ce qui lui faisait croire, qu’en comparaison, elle n’avait rien d’intéressant ? Certes elle était calme, et mesurée mais ça n’avait pour moi rien de honteux. Au contraire je m’entendais, de façon générale, mieux avec les personnes au caractère posé. Elle se dévalorisait et ce comportement, même si Sebastian et Ana étaient différents, il m’était familier. Ruby elle non plus ne semblait pas beaucoup croire en elle-même. Tous se reprochaient quelque chose, et là il s’agissait d’Ana et c’était implicite. Cette question était différente des autres, et quelque part elle était plus risquée mais je la posais quand même : la réponse d'Ana je l'écouterais attentivement.

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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: My echo is the only voice coming back (PV)   Lun 3 Juin - 18:49

Quoi que l'on pouvait en dire, chaque personne avait besoin de compagnie. Je ne sais pas comment j'avais pu me convaincre toutes ces années que j'étais bien mieux toute seule, et finir par réellement le penser, tant maintenant ça me paraissait évident que chacun d'entre nous a besoin, à un moment ou un autre, d'exister à travers les yeux de quelqu'un d'autre. Et si j'avais réalisé ça plutôt, au lieu de me cacher derrière ma rancœur et mon agressivité, peut-être serions nous assise là, Aria et moi, en train de rire comme des folles plutôt que de faire connaissance. Nous serions peut-être aussi entourés d'une bande d'amis de toutes les maisons qui riraient avec nous, et on rentrerait tard le soir au château pour aller manger tous ensembles à ta table de l'un ou de l'autre. Je devais vraiment arrêter mes scénarios commençant par "Et si", car ça ne s'était pas passé comme ça, et je ne pouvais rien y changer. Par contre, je pouvais faire en sorte que ce scénario là, celui où Aria et moi on est devenues très amies, il arrive : si j'avais déjà réussi à m'ouvrir à Theo, je pouvais faire pareil avec Aria. Ils n'avaient rien à voir, mis à part peut-être leur gentillesse commune et la couleur de leurs yeux. Mais c'était deux choses qui m'inspiraient confiance, et j'estimais que depuis que j'avais rencontré Theo, ma malchance m'avait suffisamment lâchée pour que je me fie à mon instinct.

-Il a sûrement un bon fond, répondit mon interlocutrice en rapport à ma question sur Caleb, sans avoir l'air d'y croire beaucoup. Mais j’ai du mal à comprendre ce qu’il cherchait lorsqu’il a placé un marécage portable sur mon chemin.

Je haussais les sourcils, surprise. Je savais que Caleb était un idiot, qu'il avait souvent les idées les plus pourries qu'il soit, et un humour que lui seul semblait apprécier, mais il ne m'avait jamais semblé qu'il faisait des choses... humiliantes aux autres. A part aux profs, mais ça je m'en fichais un peu, il qualifiait ça de "vengeance" -pourquoi, je ne sais trop mais bon- et puis de toute façon je n'étais pas non plus spécialement fan des enseignants au point de les défendre. Mais les élèves... c'est pas que j'étais devenue compatissante, par le fait qu'il ait fait ce genre de blague à Aria, qui me semblait tout à faire sympathique, m'agaçait un peu. Je me mis en tête d'aller lui en toucher deux mots la prochaine fois que je le verrais - il devait bien y avoir une explication !

-Peut-être ne savait-il pas que c'était toi qui allait subir sa blague...? suggérais-je quand même, sans y croire vraiment.

Mais si il avait fait ce genre de blague à une de ses amies, ça voulait dire que ça pouvait très bien m'arriver à moi aussi, car si j'avais bien compris, à présent on était "potes". Sauf que ça faisait déjà un moment, et rien de tel ne m'était encore arrivé -sinon il ne serait pas en train de respirer à l'heure qu'il est. Peut-être que la clé était là : peut-être qu'à cause des circonstances de notre rencontre, il avait compris que je n'étais pas une petite rigolote et que si il me cherchait, il risquait bien de me trouver. En comparaison, Aria avait l'air de quelqu'un de très doux et d'inoffensive, bien que très intelligente -ses notes étaient excellentes, si je ne me trompais pas.

Ma question concernant ses amis ne sembla pas la déranger plus que ça, mais plutôt la surprendre. Ça me semblait pourtant assez légitime comme question, mais en essayant de me mettre à sa place, je compris ce qu'il devait y avoir d'étonnant. J'avais pris l'habitude de partir avec le fait que c'était de ma faute, que tout était de ma faute ; je ne me posais même plus la question. Mais pour quelqu'un qui ne me connaissait pas...


-J’aime bien discuter avec toi, me répondit-elle avec douceur.

Ces simples mots, sortis avec naturel et spontanéité me réchauffèrent le cœur. Savoir qu’il y avait une autre personne dans le monde que je n’ennuyais pas était... réconfortant.


-Rencontrer de nouvelles personnes, c’est bien aussi, poursuivit-elle.

Je hochais la tête pour montrer mon approbation. Depuis quelques temps, oui, je trouvais ça bien, moi aussi, de rencontrer des gens. Drôle de pensée pour quelqu'un qui avant fuyait toute compagnie, mais j'ai lu quelque part qu'il n'y a que les imbéciles que ne changeaient jamais d'avis. Ce qui était surprenant, c'était qu'avant aujourd'hui, je n'aurais jamais pensé adresser un jour la parole à Aria Davenport pour autre chose que lui demander si elle n'a pas une plume à me prêter ou un parchemin à me donner. Je l'avais toujours vue comme quelqu'un dans la masse, une personne de plus à qui je ne parlerais sans doute jamais ; et maintenant, même si après cette après-midi on ne se reparlait plus jamais, elle se détacherait des autres. Parce qu'elle était venue me voir.


-J’espère ne pas être indiscrète aussi… mais pourquoi cette question Ana ?

C'était le juste retour des choses ; je ne peux pas espérer poser une question pareille et m'attendre à ce qu'elle glisse comme de l'eau sur le dos d'un canard. Et pourtant, comme à chaque fois que ça m'arrivait, je ne savais pas quoi répondre. Pourquoi cette question ? Je ne sais pas. Elle s'était imposée à moi, alors je l'avais posé, voilà tout. Mais ça n'était pas une vraie réponse, juste un moyen d'esquiver la question et Aria s'était montrée si gentille qu'une esquive pareille mettrait sans doute une ambiance bizarre entre nous. Mais qu'est ce que je pouvais lui dire ? "Parce que il y a encore quelques mois je pensais bien être à la limite de l'invisibilité et sans doute la dernière personne sur Terre avec qui quelqu'un aurait envie de faire connaissance." Bon. Si je lui disais ça et qu'elle ne partait pas en courant, c'était soit qu'elle avait des fourmis dans les jambes, soit qu'elle avait une retenue d'enfer.

Prenant mon courage à deux mains, je décidais de me lancer dans une explication laborieuse de ma façon de penser, version soft pour ne pas qu'elle me prenne pour une espèce de dépressive au bord du gouffre se détestant de manière déraisonnable.


-D'habitude les gens préfèrent aller voir leurs amis plutôt que... aller faire... connaissance avec d'autres gens, enfin, parfois, enfin, souvent !

...

-...Mais c'est pas une mauvaise chose hein ! Je veux dire, je suis très contente que... enfin c'est sympa que tu sois venue me parler, même si je sais pas trop pourquoi moi mais...

...Sinon, je pouvais éventuellement sauter dans le lac tout de suite et me noyer dedans...

-...C'est juste inhabituel. Enfin, je crois. Mais cool quand même.

Je fis un faible sourire à Aria dans une dernière tentative de lui prouver que je n'étais pas complètement cinglée -même si là, à mon avis, après ce bégaiement et ces répétitions de choses inutiles et dénuées de sens, c'était sans doute perdu d'avance.

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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: My echo is the only voice coming back (PV)   Jeu 6 Mar - 12:32

Il y avait quelque chose en Ana qui me touchait. Je me sentais en confiance avec elle, et j’appréciais sa réserve et son calme. C’était des traits de caractères qui me plaisaient tout autant que la douceur de Sebastian ou la stabilité de Ruby malgré ses faiblesses. Je ne disais pas non aux caractères explosifs mais je me retrouvais bien plus dans des personnalités comme Ana. Peut-être que j’avais besoin de voir un peu de moi dans ceux qui m’entouraient…

Même physiquement nous avions des points communs : j’avais remarqué que Ana et moi possédions cette même peau laiteuse, qui même au soleil ne brunissait pas (ce qui était assez frustrant). De plus, j’avais des tâches de rousseur et les yeux clairs ce qui rendait la tâche complètement irréalisable. Et je la félicitais intérieurement d’avoir choisi cet endroit pour s’installer : j’étais certaine de brûler si j’avais avancé de dix mètres.

Bien que nous partagions cet élément dont je me serais bien passée, je savais qu’au-delà des similitudes que j’observais entre la verte et argent et moi, il y avait sans doute de nombreuses différences. Mais ce qu’elle m’avait montré d’elle me parlait, au fil de ses paroles et de ses confessions qu’elle me livrait sans vraiment le faire exprès, j’apprenais à la connaître et sa solitude ne m’était pas étrangère. Nous n’étions que toutes les deux, au milieu de tous ces groupes qui riaient autour de nous mais je ne me sentais pas isolée : la tranquillité de notre échange et sa sincérité me suffisaient.

Ana au premier abord pouvait paraître froide, son regard et ses traits contribuaient à cette impression mais elle ne m’avait pas intimidée. J’avais remarqué davantage son air triste, qu’elle tentait sans doute de cacher.  Je constatais souvent ces choses là, et par ma question, j’avais tenté d’en savoir plus ; mais ce n’était pas de la curiosité malsaine, c’était juste que ça comptait. Si ça faisait longtemps qu’on ne s’adressait plus à elle en s’inquiétant de ce qu’elle ressentait, je voulais être cette personne qui ferait l’exception. J’avais ignoré bon nombre de gens et avec elle je refusais de faire de même. Je gagnais déjà quelque chose si elle appréciait ma compagnie.

Il n’était pas difficile de voir le peu d’estime qu’elle avait d’elle-même. On aurait dit qu’elle cherchait à se convaincre qu’elle n’en valait pas la peine alors qu’elle était intéressante : elle avait de la conversation, elle était gentille et humble. Pourquoi trouvait-elle ça si étrange que je reste à ses côtés ? Finalement c’étaient toujours les personnes qui devraient en toute logique être fiers de ce qu’ils étaient qui doutaient d’eux. C’était injuste. Ana méritait de l’attention, et peut-être que je me trompais mais j’avais l’impression que les gens la mettaient de côté volontairement, il était vrai qu’elle était discrète mais je trouvais ça cruel de la mettre à l’écart : au moins je me disais qu’elle pouvait se flatter de ne pas plaire à des imbéciles ou à des gens aux mauvaises intentions, le contraire aurait été vexant. Ana était une Serpentarde et s’il y avait quelque chose que j’admirais chez eux, c’était leur combativité, elle ne s’exprimait généralement pas pareil que chez les Gryffondor mais j’étais persuadée qu’au fond la jeune fille avait assez de force pour tous les impressionner et leur prouver qu’elle n’avait pas besoin d’eux. S’entourer d’une horde de gens hypocrites n’avaient rien de glorieux même si c’était agréable de se sentir admiré : je n’avais pas beaucoup d’amis, même très peu mais au moins je pouvais compter sur eux. J’espérais qu’Ana trouve la même chose.  

Je ne pouvais pas vraiment l’expliquer mais je nous sentais liées par quelque chose, d’immatériel mais réel. J’ignorais si la Serpentarde avait la même impression, mais je le sentais. Plutôt rationnelle là je faisais plutôt confiance à mes ressentis : mais qu’est-ce qui m’arrivait ?


-D’habitude les gens préfèrent aller voir leurs amis plutôt que que…aller faire connaissance avec d’autre gens, enfin, parfois souvent ! Mais c’est pas une mauvaise chose hein ! je veux dire, je suis très contente, enfin c’est sympa que tu sois venue me parler, même si je sais pas trop pourquoi moi mais…C’est juste inhabituel. Enfin, je crois. Mais cool quand même.

Ana, avec cette tirade, sans doute la plus longue depuis le début de notre conversation se trahissait complètement : ses intonations n’étaient pas assurées, son phrasé hésitant…pourquoi se faisait-elle aussi peu confiance ? Elle se demandait toujours ce qui lui avait valu d’avoir être choisie…Si seulement elle savait : c’était bien loin d’être un honneur que je lui faisais. Ma compagnie on ne la recherchait pas et je ne comprenais pas pourquoi elle semblait si convaincue que je possédais tout un tas d’amis, pourquoi elle se faisait une si belle image de moi. Peut-être que mes défauts ne lui apparaissaient pas clairement mais ils étaient bien existants. Je lui souriais en retour, tentant de passer à autre chose, pour ne pas insister sur sa gêne, je refusais qu’elle se sente mal à l’aise.

-Ce n’est pas faux, lui accordai-je, en la regardant droit dans les yeux. Et tu as raison, c’est inhabituel, d’habitude je ne fais pas ce genre de choses, l’imprévu j’ai du mal, mais…je ne regrette pas. Je suis contente d’avoir fait ta connaissance, Ana, et c’était sincère. Regarde-les, fis-je en désignant du menton deux garçons en train de se chamailler comme deux bambins alors qu’ils semblaient avoir au moins seize ans. Ils n’ont pas l’air d’avoir inventé le fil à couper le beurre, ajoutais-je, utilisant cette expression que ma mère employait si souvent : mon père riait toujours en douce, se moquant légèrement, mais jamais méchamment. Je fixais Ana dont le coin des lèvres s’étiraient et j’éclatais de rire, en même temps qu’elle. Ce fut bref mais cet instant révéla une complicité entre nous, et je ne voulais pas croire que c’était un hasard.

FIN  

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