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La face cachée des étoiles (Anthea)

 

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 La face cachée des étoiles (Anthea)

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Eric Williamson
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MessageSujet: La face cachée des étoiles (Anthea)   Dim 10 Fév - 17:27


"Ce n'est que quand il fait nuit que les étoiles brillent."
Winston Churchill

New-York, Upper West Side


Si l’heure était aux changements, celui-là n’était pas flagrant. M’étais-je attendu à l’un de ceux qu’on les nommait radicaux parce qu’ils agissaient comme étant l’exact opposé de leur nature ? Ça aurait été ruer dans les brancards et mettre à mal tous les codes appris jusque ici, donc je m’étais préparé plutôt à faire face à ceux qui opéraient par touches, comme devant le peintre devant son tableau, qui, de la pointe de son pinceau ajoute plusieurs modifications à son dessin tout d’abord invisible à l’œil nu parce qu’il ne s’agissait que de parcelles et qu’isolément, elles ne valaient que bien peu d’importance. Mais lorsqu’au final, on les jugeait dans leur ensemble, c’était là qu’était né le vrai chef d’œuvre, terminé dans sa totalité et à présent que la peinture avait bien séché, on pouvait l‘exposer ou l’accrocher au mur comme un trophée, un labeur récompensé parce que toutes les critiques qui le suivaient étaient des compliments destiné à le mettre en lumière et à le valoriser.


Au stade où nous en étions, la toile montée sur châssis avait été stoppée au stade où seules les traits les plus évidents avaient été posés mais toute couleur restait absente de la surface parce que l’artiste avait cru bon de le laisser inachevé, comme étant une mauvais peinture alors même qu’il n’avait aucune idée d’à quoi il ressemblerait vraiment à la fin, l’avait laissé pour compte dans un coin qui prenait la poussière dans son atelier, parce qu’il y faisait plus sombre et qu’un épais rideau le recouvrait dans son ensemble, symbole de la honte que lui procurait cette œuvre qui n’en deviendrait jamais une et qu’il vivait comme un échec, plutôt même une erreur qu’il désirait oublier en le cachant de sa vue la plus directe.

C’était un peu ce sentiment que j’avais alors que la fête battait son plein pour l’inauguration d’un nouvel hôtel prestigieux au cœur même de l’Upper West Side, point à n’en pas douter stratégique parce qu’il était dans l’une des avenues principales, côtoyant les boutiques les plus coûteuses, les plus imposantes, celles que toutes les personnes présentes ici affectionnait pour leur art de mettre en avant luxe et richesse. Nous étions entre Noël et Jour de l’An et j’étais rentré pour les vacances non pas par réelle envie mais sous désir de mon père qui souhaitait passer la fin de l’année et commencer la nouvelle en famille : en réalité je savais que ce n’était que pour mettre sur le devant de la scène le gros coup marketing qu’il allait faire et que moi à ses côtés, symbole de la famille qui tient le coup malgré qu’il soit veuf et moi orphelin, sous les flashs trop fort des photographes qui vous faisaient systématiquement fermer les yeux, bien que cela soit défendu parce qu’il fallait avoir l’air le plus impeccable possible sur les photographies qui avaient marqué l’événement et qui ferait la unes des quotidiens le lendemain même, à la première heure.

Je n’étais pas le seul à être revenu bien que cela soit pour quelques jours et que c’était plus pour moi l’évocation de grandes dépenses, mais qui ne dérangeait absolument pas mon père qui se plaisait tant à montrer à quel point il était riche et que ramener son enfant en un claquement d’œil n’était qu’une broutille digne du diamant en plastique le plus en toc du marché. Où il y avait un Williamson, il y avait un Wright et la réciproque était vraie et Anthea n’avait pas manqué elle non plus de faire partie des invités de la soirée. C’était là que les choses avaient commencées à se corser parce qu’impossible de mettre à l’épreuve cette amitié toute récente et fragile comme une plume volant au gré du vent qui l’emportait dans un nouvel endroit à chaque bourrasque après le bal de Noël puisque les vacances avaient débuté tout de suite après, et même si nous nous rendions dans la même ville, avouez que c’était difficile dans un lieu comme New York de se croiser tous les matins alors qu’on se faisait apporter le petit déjeuner au lit ! Je n’avais pas non plus cherché à la contacter par quelque moyen que ce soit puisque je savais que les secteurs que nous fréquentions étaient les mêmes et effectivement l’occasion s’était présentée plus rapidement que prévu. Pour la première fois, j’avais ressenti un enthousiasme bien que mesuré devant mon père qui aurait tôt fait de m’enlever ce qu’il aurait jugé comme étant de bien sombres idées que de « traîner » avec Anthea Wright qu’il décrivait comme étant une enfant égoïste, capricieuse et bien trop gâtée qui ne connaissait rien aux valeurs, et ça me faisait toujours sourire en coin, parce que c’était toujours ce qu’il avait échouer à m’apprendre. A la place de m’emporter je préférais lui rester tout disposé jusqu’à tant qu’il n’ait plu besoin de moi ; ensuite, j’avais le droit de faire ce que je voulais avec qui bon me semblait et ce n’était pas au milieu de toutes ces personnalités qu’il allait me remarquer avec la fille de son meilleur ennemi !

Encore pour cela aurait-il fallu qu’Anthea fût agitée par le même état d’esprit que le mien et je découvris bien vite qu’il n’en était rien et que le salut que je lui adressai demeura sans résonnance parce que si j’étais sûr qu’elle l’avait vu car nos regards s’étaient fixés durant plusieurs secondes, l’ignorance fut encore plus frappante lorsqu’ensuite elle détourna le visage pour rentrer en grande conversation avec une femme blonde, la quarantaine avoisinante et je supposais qu’au sourire qu’elle lui faisait qu’elle devait nul doute être en train de la couvrir de compliments. Avec grand mal, j’essayais d’ignorer les battements trop fort de mon cœur parce que la robe qu’elle portait la mettait en avant ; mais surtout de les faire taire parce qu’ils n’avaient aucune raison d’être puisque qu’Anthea avait l’air d’en décider qu’il en serait ainsi. Je ne me souvenais nul par dans mes souvenirs me rappeler que notre entente, même si pour l’instant n’était que cordiale toute neuve et même pas encore étrennée n’était valable que pour Poudlard, mais peut être que c’était quelqu’un d’autre que moi qu’elle avait regardé au-dessus de mon épaule et que ça ne voulait rien dire et que ce n’était pas la peine de parler de défaite aussi tôt, moi aussi, étant de toute façon sollicité de toutes parts et ayant bien à faire. Il apparut bien rapidement que je ne m’étais pas trompé parce que toutes mes tentatives suivantes se soldèrent par un revers puissant, orchestré par la Serpentard elle-même qui royalement ignorait tous mes essais pour la rejoindre ou lui proposer de me rejoindre, comme la petite princesse qu’elle était et si elle répondait à la perfection au personnage, j’étais loin d’être aussi convaincu. La désillusion allait grandissante, parce que si j’étais habitué aux activités d’Anthea… pas très recommandées pour quelqu’un qui veut rester dans le droit chemin la tromperie prenait ici la forme d’une couleuvre qui avait du mal à aller se loger dans mon estomac, car j’avais pensé… J’avais gardé son masque lors de notre échange, et je n’étais soudain par certain qu’il en ait été d même de son côté, alors que j’avais analysé ce geste comme ayant une grande signification.

Je la laissais faire une grande partie de la soirée, me répétant inlassablement à chaque fois que ses yeux étaient fuyants non pas par gène de ne pas s’en tenir à nos rapports changés ( ?) mais pour provoquer d’avantage la situation ubuesque dans laquelle elle nous plongeait, qu’il était inutile d’aller me planter devant elle en lui renversant le cocktail sur sa belle robe, comme l’aurait fait l’acteur de série B, surfait et sur joué qui ne supportait pas qu’on se moque de lui et puis me faire remarquer avec une action aussi dégradante que celle-ci, pour elle comme pour moi, non merci, je préférais ne pas faire couler d’encre à mon propos sur les tabloïds, pour me préserver, tout en précisant que l’aspect reluisant de ma famille n’avait rien à voir là-dedans.

Sauf que le dédain qu’elle menait d’une main de fer dans un gant de velours enfila les attributs de provocation pure et dure lorsqu’elle vint pavaner non loin de la table à laquelle j’étais resté assis après qu’un de mes camarades m’ait abandonné au profit du buffet ; non je n’avais plus très faim je ne désirais pas le suivre. Elle était pile dans mon champ de vision et je ne sciais en me disant que ce n’était pas fait exprès ; ce fut imperceptible, mes ses pupilles se tournèrent une seconde dans ma direction, sans qu’elle ne bouge la tête avant de s’intéresser de nouveau à son interlocuteur et ce fut le signal qui me fit lever de ma chaise et traverser la salle pour gagner sa table. Je ne comptais pas m’emporter contre elle mais me mener en bateau était loin de m’enchanter, donc si la patience faisait beaucoup de chose, ça n’empêchait rien et je n’étais pas un adepte dans langues de bois. Il fallait qu’elle le sache.

- Je ne te savais pas ici ce soir Anthea, enfonçai-je pour lui montrer à quel point je n’étais pas dupe tout en ayant l’air neutre au possible, car si explications il pouvait y avoir, nul besoin d’y aller à renfort de grands cris et de scandales.

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Anthea Wright
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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Mer 20 Fév - 17:10

    Pour la première fois de ma vie, je m'étais mise dans une mauvaise posture qui m'obligeait à mentir à ma propre famille et surtout... à mon propre père. Il croyait que j'avais fait semblant de me rapprocher d'Eric Williamson pour avoir une emprise sur lui, mais plus cela allait, plus je me demandais si j'avais vraiment conscience de ce que j'avais fait. Bien sûr je ne lui faisais pas confiance au fond je... Puisque moi-même j'avais de sombres desseins en m'approchant de lui, pourquoi n'en aurait-il pas eu lui aussi! Malgré toutes ses belles paroles - que je devais bien lui reconnaître - il ne m'avait pas convaincue entièrement. Il m'avait flattée, oui, et il m'avait été très charmant, cela je ne le niais pas : mais sa bonne naissance et son éducation de choix l'empêchait d'agir autrement. Toutefois... Son cadeau m'avait particulièrement plu, et je l'avais soigneusement rangé dans mes affaires, ne voulant surtout pas le laisser à Poudlard - j'avais sans cesse peur qu'on me vole mes affaires, non pas que cela soit un drame en soi car je pouvais toujours racheter ce qu'on me volait, mais c'était que je ne voulais pas que des objets de luxe tombent dans des mains qui ne les méritaient pas. J'avais son masque, également, qui moisissait en cet instant, et depuis le soir du bal, au fond de mon immense malle. Je ne l'en avais pas sorti. En revenant à New York, j'avais pleinement pris conscience de ma stupidité passagère le soir du bal : il m'avait dit ce qu'il avait fallu pour me faire vaciller, et j'avais cru ses belles paroles! Quelle honte de s'être laissée berner par son pire ennemi! Comme j'avais manqué de clairvoyance, moi qui voyais pourtant si bien ce que recelaient les autres!... Mais justement : quand je me concentrai et que je l'observais, Williamson différait des autres. Son calme qui me donnait envie de lui mettre une volée de claques m'inspirait de la confiance, et si je suivais ma logique, alors, oui, il avait l'air de dire vrai... Ah! Je DÉTESTAIS le doute, et surtout douter de moi-même. Par chance, les vacances de Noël m'apportait juste ce dont j'avais besoin : un petit bain dans la haute société de chez moi, là où m'admirait et on m'enviait à ma juste valeur, là où je ne côtoyais pas tous les jours cette bande de bouseux prolétaires qui salissaient les rangs de Poudlard.

    J'avais reçu l'accueil de d'habitude - Papa et Maman tout fiers de me récupérer, Papa qui me prenait dans ses bras, le retour à la maison dans la voiture conduite par notre chauffeur. Par les fenêtres teintées, je voyais défiler les ponts au dessus de la rivière Hudson, les grands buildings des quartiers d'affaires, les luxueux immeubles de notre quartier et tout cette urbanité me réchauffait particulièrement le cœur parce qu'elle me manquait le reste de l'année : j'aimais les beaux appartements, les belles rues, les beaux cafés, les belles salles de réceptions, les beaux magasins, et Poudlard était bien joli dans son genre mais beaucoup trop... campagnard. J'avais besoin de me ressourcer dans tout ce bitume et ce métal, dans ces lumières artificielles et le bruit des voitures sur l'asphalte : c'était au milieu de ce gris que je brillais vraiment.

    Retrouver notre immense appartement tout en haut du building de la société de Papa me rendit d'avantage heureuse, car ma chambre qui avait la taille d'un petit appartement, notre salon entièrement entouré de baie-vitrées et tous les petits plaisirs de l'enfant gâtée que j'étais me manquaient également. Nous avions du personnel évidemment, et je n'avais qu'à émettre une envie pour qu'on la comble, ce qui était formidablement relaxant. Ainsi, j'exigeai qu'on ré-arrange ma penderie par couleurs, j'exigeai qu'on me fasse tous les goûters et les petits-déjeuners farfelus dont j'avais envie, qu'on me coiffe encore et encore - j'adorais qu'on me coiffe - et qu'on me donne à peu près tout au gré de mes désirs. Évidemment, il y eut l'habituelle journée de shopping avec Maman, et nous fîmes les magasins les plus huppés du quartier, elle m'acheta tout ce qui m'attirait l’œil et que j'étudiais avec goût, sans savoir à quelle occasion j'allais le porter, mais je préférais tout avoir plutôt que de manquer un jour. Une autre journée, je retrouvai ma bande "d'amies" et nous nous promenâmes dans nos endroits préférés - les salons de thé les plus luxueux - et pendant cet après-midi je monopolisai évidemment la parole, asseyant mon autorité puisque le reste du temps, je n'étais plus là. Entre visites chez des amis, réceptions chez nous, cinéma, promenade et achats, les vacances filaient plutôt vite. Mes grands-parents vinrent évidemment à Noël et me gâtèrent comme il le fallait - je trouvai même des paquets que je n'avais pas ouvert dans les papiers déchirés, le lendemain, et les mis de côté, sans les ouvrir, car j'avais autre chose à faire sur le moment.

    Au milieu de tout ça... Il n'y avait rien d'étonnant que cet imbécile de Williamson apparaisse, de temps à autres. Le jour de notre journée shopping avec Maman, nous l'avions aperçu dans la rue avec son père, et j'avais pris bien garde à ce qu'il me voit à travers la vitre du magasin tout en feignant de ne pas le remarquer. Plusieurs fois je le croisai - nous vivions dans la même sphère, cela n'avait rien d'étonnant - et aussi à quelques réceptions, et à chaque fois, je le regardai puis je détournai le regard, plaisantant avec mon père ou avec ses collègues qui m'adoraient, tandis que je sentais toute la force de mon clan s'opposer à celle du clan Williamson.

    Mais pourtant, quelque chose me dérangeait... C'était comme si il y avait deux Eric Williamson, celui de Poudlard et celui de New York. Si il croyait vraiment ce qu'il m'avait dit ce soir-là, pourquoi ne s'affichait-il pas clairement sympathisant de ma cause, pourquoi n'osait-il pas un pas vers moi! C'était à lui de s'incliner, pas à moi. J'avais bien trop d’orgueil pour cela.

    Ce soir-là, c'était la sempiternelle fête de l'année, après le nouvel an, qui regroupait tout le beau monde de la belle société de New York, des gens riches et importants : la fête où, de même, il était très important de faire une impression remarquée. Pour cela j'avais évidemment exigée une robe, faite sur mesure par un grand couturier, qui s'inspirait des modèles de l’Antiquité, bien que plus courte. Elle était composée de tissus vaporeux et soyeux, et les bandes se torsadaient au niveau de la poitrine et dans le dos, et tombaient derrière. Elle était d'une couleur verte pastel, ni trop fade ni trop éclatante, et j'avais coiffé mes cheveux en un savant chignon sur lequel reposait le petit diadème que Papa m'avait offert pour Noël. Nous étions en plein hiver mais les salles de réceptions étaient suffisamment chauffées ; j'avais juste gardé mon châle sur mes épaules au début de la soirée, que j'avais abandonné ensuite. Il y avait fort à faire et après avoir discuté avec tous les collègues et clients de Papa - et les avoir tous charmés, pour qu'il me trouve adorable et spirituelle - je me rabattis sur les enfants des adultes présents ici, et notamment les enfants intéressants, avec qui j'avais tout intérêt à lier un contact, car leurs familles ou leurs parents étaient influents. Il m'était bien plus facile d'approcher les garçons : les filles me jaugeaient toutes et toutes nous comparions mentalement nos tenues et nos attitudes, pour être la plus jolie. Les garçons, eux, étaient des proies bien plus aisées.

    S'il croyait que je ne l'avais pas vu...

    Ses cheveux abominablement trop longs juraient avec toutes les belles et chères tenues qui nous entouraient. Les Williamson avaient décidément bien peu de fierté... Depuis le début de la soirée, je lui jetai des coups d’œil quand il ne me regardait pas, pour vérifier ses actions - et parfois nos regards s'étaient rencontrés. Au premier j'avais souri, d'un sourire factice et poli, et puis j'avais fait exprès de faire ensuite comme s'il n'existait pas. Je flottai toujours entre deux eaux : vérité? Mensonge? Le résultat était clair en tout cas : en public, rien n'était possible. Peut-être même qu'à New York, rien n'était possible. Jamais je n'aurais trahi mon clan, surtout pas sur ses propres terres. Quelle déchéance si je l'avais fait!


    - Je ne te savais pas ici ce soir Anthea.

    Alors que je discutai avec le fils d'un banquier prospère venu s'installer dans la rue parallèle à la nôtre, cet imbécile de Williamson jugea bon de faire son petit cinéma. D'un geste de la main, comme quand on chasse les mouches, je congédiai le fils du banquier qui de toute façon n'était pas très intéressant, préférant être seule avec le rejeton des Williamson. Je ne voulais pas que cela fuite. Comme nous étions au vu et su de tous, je me raidis, levai la tête fièrement, pour bien marquer un dégoût visible.

    - Oh, tiens, je suis moi-même étonnée qu'on invite encore des Williamson à de telles soirées, dis-je bien fort et d'un ton moqueur.

    Je profitai qu'un groupe de messieurs passent juste à côté de nous et me coupent momentanément du champ de vision de mes parents pour saisir le bras de Williamson, me rapprocher de lui et lui lancer, les dents serrés, plus bas :


    - Non mais, à quoi tu joues?! En me rapprochant de lui je me perdis encore dans le calme de ses yeux et, comme au bal, je me remis à ne pas savoir quelle attitude adopter. Viens, soufflai-je alors, et je me glissai dans la foule, l'entraînant à ma suite, dans le but de nous emmener dans un endroit où personne ne serait témoin de notre... alliance.

    La salle de réception était dans un bel hôtel que je connaissais bien, mais il m'apparut bien vite qu'il y avait du monde un peu partout, et quand je pensais aux vestiaires, je me rendis compte que les personnes qui s'en occupaient allaient et venaient et ne nous laisseraient pas en paix. J'eus soudain une idée, et j'attrapai mon manteau, tout en ordonnant sèchement à Eric d'en faire de même. A l'étage inférieur, il y avait un balcon où certaines personnes se rendaient pour fumer et pour être à l'abri des regards de l'étage supérieur, mais je savais aussi qu'il y avait une autre terrasse sur le côté, plus discrète, probablement déserte. J'avais raison : elle n'était pas éclairée, et je tirai une nouvelle fois la manche de Williamson quand l’ascenseur sonna et nous laissa la place nette, dans le couloir à la moquette étincelante. Une fois dehors, je resserrai mon manteau en crispant mes doigts, car il faisait froid ; devant nous s'étalaient les lumières de la nuit de New York et certaines se reflétaient dans l'eau de la rivière. Je respirai un coup, sentant la vie nocturne pulser dans mes veines - là était mon monde. Je m'approchai de la rambarde le long de la terrasse - nous étions très haut - et grimpai dessus, nullement effrayée.


    - C'est quand même plus impressionnant que Poudlard, tu ne trouves pas? dis-je alors au garçon, tournant le regard vers lui. D'un signe de tête je l'invitai à se joindre à moi, consciente que je devais le laisser perplexe en agissant si normalement après ma petite agression de tout à l'heure. Mais puisque je ne savais moi-même pas sur quel pied danser... Je n'allais pas non plus lui mâcher le travail.


Spoiler:
 

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Hadrian T. Easter a écrit:
Revenons à ma Caprice, duchesse de Pesteland et du comté de Pimbêche-ville.

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Eric Williamson
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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Ven 22 Fév - 17:59

- Oh, tiens, je suis moi-même étonnée qu'on invite encore des Williamson à de telles soirées.

Cette fois ci, je ne cherchais pas à masquer ma déception ce qui se traduisait chez moi comme une regard plus long, plus appuyé, plus scrutateur aussi pour empêcher Anthea, laquelle j'étais à ses côtés de m'ignorer et de maintenir elle aussi notre échange visuel. Rentrer dans son jeu ne me disait rien, nous faire remarquer non plus car soulever des tempêtes au milieu de tout le gratin New Yorkais allait faire parler des deux enfants des hommes les plus importants de la région, et ça, je l'avais toujours clamé: tel n'était pas le but et à l'opposé d'Atnhea ce n'était pas en étant au centre de toutes les conversations que je brillais mais en prenant soin d'y rester bien à l'écart et de mener ma barque un peu plus loin du port où elle avait amerrit pour être accueillit en grande pompe.


A bien y réfléchir, ce n'était pas spécialement la reconnaissance qui me rebutait : beaucoup de personnes autour de nous faisaient les choses bien et les méritaient, mais j'estimais que toute ma vie, je ne pouvais pas vivre comme étant le « fil de » dont l'avenir était déjà tout tracé, et par extension la réputation. Grandir dans l'image que mon père se forgeait jour après jour, c'était ce qu'on m'avait demandé de faire depuis toujours ; pourtant ce n'était pas de la sienne dont j'avais besoin, mais de la mienne.

- A mon avis, il n'y a pas que cela qui risque de t'étonner, lui soufflai-je. J'étais bien décidé à agir cette fois et ne plus lui laisser la baguette du chef d'orchestre qu'elle s'employait à utiliser avec brio depuis de début de la soirée.

J'allais l'enlever d'ici pour que nous puissions discuter seul à seule à l'abri des oreilles et regards indiscrète pour savoir à quoi m'en tenir, car elle pouvait mener en bateau qui elle avait envie dans cette salle, au vu de comment s'était terminé notre bal de Noël, elle ne me trompait plus. L'avait-elle seulement fait ? Tour n'avait été que façade depuis le début j'en étais certain, c'était juste qu'elle m'avait laisser entrevoir l'autre face... et que je ne pouvais plus le laisser s'échapper.

- Non mais, à quoi tu joues?! Viens.

Elle venait de me devancer, mais comme notre désir était le même, n'opposait aucune résistance, tout en songeant que cela n'avait rien d'un jeu, du moins pas pour moi : évidemment, que pour elle, tel était le cas parce qu'elle devait estimer qu'elle jouait gros et qu'on ne balayait pas comme ça des années de mépris et de dédain envers ma personne, même si jamais, je ne lui avais retourné ses attaques. Je lui suivis, parce que j'étais bien déterminé à ne pas me laisser mener par le bout du nez, même si comme ça, ça en avait tout l'air et comme j'étais juste dans son dos, je pouvais tout à loisir observer le tissu torsadé qui s'enroulait dans son dos et dont l'ensemble général mettait sa silhouette en valeur. Anthea était jolie, parce que je savais reconnaître les jolies filles et il y en avait beaucoup ici, mais d'entre toutes toutes, je pouvais affirmer sans me tromper que c'était elle qui les dépassait, et que de tous les soirs, ce soir là, elle était encore mieux. Lorsqu'elle s'enveloppa dans son manteau pendant que je faisais de même car tout était indiqué là que nous sortions (les adultes ne faisant pas attention à nous car bien trop occupés à signer d'importants contrats, nous faisions un peu ce que nous voulions, car durant plusieurs heures, il n'y avait personne pour se soucier d'où nous étions passé, nous laissant une grande marche de manœuvre) j'étais de plus en plus en train de me demander pourquoi est-ce que je ne m'étais pas fait cette remarque sur la fille unique des Wright avant.


Lorsque nous gagnâmes une terrasse quelques minutes après, l'air n'avait plus rien à voir avec la chaleur des mondanités qui se tenaient à la fois si proche et si loin de nous et mes cheveux voletèrent dans le vent et que je bloquais mes mains dans ma veste pour les protéger. Je retins mon souffle, prêt à déconseiller Anthea de grimper... mais trop tard. Je fis quelques pas vers elle, mais n'hésita pas non plus à la rejoindre, lui laissant alors le temps de s'exprimer la première avant de lui dire à mon tour ce que je pensais de tout, parce qu'entre le choc thermique et ses traits, tantôt peu avenants comme tout à l'heure, tantôt d'une exquise douceur comme maintenant, me déboussolaient un peu, même si la dernière partie m'apaisa et m'incita, comme toujours, à prendre la situation avec recul et non pas à me laisser emporter, comme ce qui était initialement prévu, mais qui aussi, fondait aussi vite que cela était monté.

- C'est quand même plus impressionnant que Poudlard, tu ne trouves pas?

Je souris parce que ce genre de réflexion était typique d'elle tout comme cela me faisait prendre conscience à quel point je la connaissais, à travers tout ce qu'on racontait à son propos, mais aussi ce qu'on pouvait lire dans les magazines que même s'ils ne m'intéressaient pas, ce n'était pas le cas de notre gouvernante, sans vraiment la connaître parce que ce n'était que des racontars déformés sur lesquels j'avais refusé de m'appuyer, et pourtant... bien malgré moi, je l'avais fait quand même.


- Tout dépend de l'angle sous lequel tu regardes les choses, elle n'allait sans doute pas voir où est-ce que je voulais en venir et pourtant, paradoxalement, ça ne pouvait pas être plus clairvoyant que lorsqu'on levait les yeux pour regarder les étoiles mais qu'elles demeuraient inexistantes parce que les lumières de la ville les faisaient perdre leur éclats avec un éclairage artificiel qui n'avait pourtant rien à voir avec la force qui émanait d'elle naturellement.

Je m'étais trompé. Ce dont avait besoin Anthea, ce n'était pas des éclats qu'on faisait miroiter sur elle pour avoir plus de puissance. Mais c'était, à l'instar des étoiles, lorsqu'elles s'évanouissaient toutes qu'elle pouvait les illuminer et s'enflammer dans la splendeur pour qu'on ne voit plus qu'elle. Et ça, elle avait bien plus de ressources qu'elle ne le pensait pour le faire seule. Bien plus.

- Si les seuls moments où nous pouvons parler ensemble sont ceux là à la seule lueur de la ville, je crois que je préfère Poudlard, lui avouai-je.

Ce n'était pas un reproche, parce que justement, j'étais en train de comprendre que ce qui était facile pour moi parce que ça m'était égal ce que pensait mon père de mes actions, ça l'était moins pour Anthea et même que ça comptait beaucoup pour elle. C'était irritant, je ne disais pas le contraire, mais l'avoir de mon côté, c'était ce que j'avais voulu et ce que j'avais réussi à faire malgré tout, même si pour cela nous devions nous cacher de nos parents respectifs qui même le plus objectivement possible (c'est à dire en toute subjectivité) ne verraient notre entente du bon œil. Ces choses là prenaient plus de temps j'imaginais mais puisque j'avais eu ma part, je supposais qu'Anthea devait avoir la sienne.

A présent, c'était là, comme sous entendu, et nous n'avions pas besoin de formuler les termes du contrat à haute voix. C'était bien ce qu'on nous avait enseigné après tout, de savoir déchiffrer les secrets masqués entre les lignes... Notre vie d'ici n'avait rien à voir avec celle de Poudlard et cette dernière m'était beaucoup plus familière parce que là bas j'avais mon propre cercle, celui que j'avais créé moi même à l'aide de mes autres amis. Anthea en faisait partie alors qu'ici, tel n'était pas le cas, tout ça parce que dès notre naissance on nous avait décrété que nous devions être ennemis et rien de plus.

- C'est vrai, est-ce que tu ne trouves pas ça mieux de pouvoir faire ce que tu as envie sans être constamment surveillé au point d'avoir besoin à la fin de fréquenter les terrasses les plus lugubres d'un prestigieux hôtel ? Émis-je soudain tout en gardant l'esprit de la plaisanterie. Elle plus que les autres verrait où est-ce que je voulais en venir.

J'allais passer pour un ingrat parce que beaucoup devait envier mon luxe ; le moindre de nos désirs était réalisé à notre demande parce que nous avions des vis de princesses et de pacha. Mais... Ici plus qu'ailleurs les choses avaient un prix et en contrepartie nous devions nous plier aux règles imposées, même si je m'employais de mon mieux à les défier de manière frontale ou pas. Alors à choisir, pour moi, ce n'était pas très compliqué : j'aimais et de loin ne pas être confronté au jugement parce que j'étais la plus banale des personnes lambda et que tout le monde se fichait de mon existence, plutôt d'être indirectement contrôlé par la société qui m'entourait parce qu'elle attendait tout de moi. Surtout quand pour cela, je devais jouer un rôle qui ne me ressemblait pas.

- Ou est-ce que c'est pour toi le genre de défi qui s'arrête là ? Lançais-je sans rien exprimer, même si la lueur que j'imaginais briller dans mes yeux voulait tout dire. Je venais d'inverser la tendance en la provoquant et bouleversant le cocon dans lequel elle sommeillait, comme une invitation à voir jusqu'où elle pouvait aller... en ma compagnie.

Son profil brillait avec le reflet du building qui se tenait droit et imposant en face de nous, et ce fut cette vision, toute simple, à la dérobée, qui me fit réaliser que son comportement de tout à l'heure dans la salle ne m'avait pas fâché pour rien ; il y avait autre chose. Autre chose de si simple que je n'y avais jamais réfléchi, jamais formulé... Alors qu'en cet instant il prenait toute la place, parce qu'il n'aurait pas pu si ce n'est maintenant, être aussi évident.

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Anthea Wright
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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Lun 6 Mai - 17:12



http://www.youtube.com/watch?v=dX3k_QDnzHE

Waiting in a car
Waiting for a ride in the dark
The night city grows
Look and see her eyes, they glow

Waiting for a roar
Looking at the mutating skyline
The city is my church
It wraps me in the sparkling twilight

Waiting in a car
Waiting for the right time
Waiting in a car
Waiting for a ride in the dark


    Je ne savais pas vraiment l'exprimer, probablement que ce que je ressentais suffisait, et que je me faisais suffisamment confiance pour ne pas chercher d'avantage. Mais l'énergie qui montait de la ville endormie me donnait une telle puissance que je me demandais comment Eric Williamson pouvait l'ignorer, comment il ne frémissait pas à ma proximité. Car je me sentais bouillir - comme souvent, mais en ces moments-là, encore plus. Je croyais mon père, dur comme fer : j’étais une Wright et je n'étais pas comme les autres, j'avais le monde à mes pieds et il était tout disposé à s'offrir à moi. N'était-ce pas ce que me confirmait cette vue ? Les lumières des buildings brillaient un peu partout et se reflétaient dans les vitres, dans l'acier, dans la rivière, et si les étoiles peinaient à s'imposer dans la nuit noire car le côté métallique de la mégalopole prenait toute la puissance de la nuit, je me sentais briller au moins autant que toutes ces lumières réunies. Il n'y avait pas une seconde où je ne rêvais pas de grandeur, et rien qu'à cette réception, j'avais parlé aux personnes les plus puissantes et les plus influentes, j'avais usé de mes charmes de jolie petite fille et fait honneur à mon rang. En plus de tout, je me disais qu'être sorcière était un atout énorme : je ne m'imaginais pas, plus tard, avec un rang inférieur à celui que j'avais à présent, à celui de ma famille, mais j'imaginais déjà comment mes pouvoirs magiques allaient me servir. Je voyais mes vêtements plus brillants, plus soyeux, plus parfaits que tous les autres. Je voyais l'argent arriver droit dans ma main, je voyais tous les grands de ce monde qui ne pourraient se passer de moi. Et je ne voyais pas où était le mal de viser si haut : quand comme moi on était si bien née, quand on avait déjà tout, pourquoi s'en contenter ? Si pas une seconde je n'aurais pu me contenter de moins, il était certain que je pouvais avoir plus, encore plus. Le diadème qui reposait sur mes cheveux soigneusement coiffé n'était pas dénué de sens : j'étais une reine souveraine, et la pureté et la valeur des petits diamants le prouvaient.

    Le cas de Williamson n'était toujours pas clair dans mon esprit. Depuis le bal - son stylo trônait dans ma chambre, je ne me lassais pas de l'admirer - je commençais, peut-être, à accepter notre... "amitié", ou plutôt le fait que nous nous côtoyions, et à me dire que, d'accord, au moins à Poudlard, nous pouvions un instant mettre de côté l'opposition de nos deux familles. A New York c'était tout autre chose : j'avais une réputation à tenir, et il était hors de question que je salisse mon nom pour lui. Mais, perchée sur ma rambarde, tandis que les rubans de ma robe, dans mon cou, voletaient dans l'air frais, je ne parvenais pas à le cerner : ne sentait-il pas tout cela ? Issu de la même lignée que moi, comment ne pouvait-il pas viser aussi haut, espérer autant que je l'espérais ? Comment ne pouvait-il pas se battre comme je rêvais de me jeter dans l’arène ? Cela me décevait presque, car j'avais besoin d'un adversaire à ma hauteur, j'avais besoin de frapper quelqu'un de mon envergure, d'opposer ma force à la sienne. Eric Williamson empruntait des chemins qui m'étaient étrangers, et je ne comprenais pas. Je détestais cela : avec lui, tout m'échappait, car j'avais beau le juger avec toute ma finesse d'esprit, je ne le comprenais
    pas.

    - Tout dépend de l'angle sous lequel tu regardes les choses, répondit-il, confirmant ce que j'étais en train de me dire. Il n'y avait qu'un angle possible. Pas d'autre échappatoire. Mais dans quel monde vivait-il ?!

    J'eus une moue vaguement agacé. Non, Poudlard, au milieu de ces pauvres collines, près de cette forêt peuplée d'animaux rustres, avec l'herbe de son parc parsemée de mauvaises herbes, ses vieux couloirs un peu poussièreux, ses salles de classe mal rangée, ses fantômes mal-élevés, tout cela ressemblait à une colonie de vacances pour enfants modestes, et pas à ce que j’associais çà la grandeur. Ma place à Serpentard rattrapait un peu la donne, mais c'était ici, sous les feux de la rampe, que se trouvait ma véritable place.


    - Si les seuls moments où nous pouvons parler ensemble sont ceux là à la seule lueur de la ville, je crois que je préfère Poudlard.

    Comme toujours, sa voix douce, presque murmurée, polie, coulait dans l'air avec une telle délicatesse qu'elle me hérissait le poil plutôt que de m'adoucir. Il m'énervait, il m'agaçait prodigieusement, car tout ce que j'essayais de déduire de lui s'effondrait petit à petit, toutes mes tentatives pour le percuter de plein fouet manquaient leur cible. Je me lançai corps et âme dans un combat contre un ennemi qui avait la consistance d'un fantôme, et je commençais à en avoir assez de ne pas pouvoir le heurter.

    - Si c'est ainsi qu'on t'a appris à t'adresser aux jeunes filles de bonne famille, je ne peux rien pour toi, répondis-je du tac au tac, sèchement, levant plus fièrement la tête, tournée vers la ville nocturne. Mes yeux brillaient de colère mais je ne voulais pas lui faire l'honneur de le fusiller du regard, il n'en valait pas la peine.

    Quel goujat ! Je montai un échelon supplémentaire, nullement effrayée de me rapprocher de plus en plus du haut de la rambarde. Je m'agrippai solidement et puis, que pouvait-il m'arriver ? On ne peut pas mourir quand on croit autant à la vie. Je la sentais bien qui vibrait dans mes veines, et n'attendait qu'une petite étincelle pour s'enflammer. Pourtant, au bal, il avait clairement montré qu'il voulait... s'intéresser à moi, si j'en croyais ses efforts. Mais puisqu'il ne comprenait visiblement rien à rien, mon refus n'avait pas été vain : il y avait bel et bien un précipice entre Williamson et moi. On ne se coiffe pas avec autant de négligence sans raison !


    - C'est vrai, est-ce que tu ne trouves pas ça mieux de pouvoir faire ce que tu as envie sans être constamment surveillé au point d'avoir besoin à la fin de fréquenter les terrasses les plus lugubres d'un prestigieux hôtel ?
    Je me tournai alors, piquée au vif, et trop agacée par tout ce qui était en train de se dérouler. Heureusement que nous étions à l'abri sur cette "terrasse lugubre", en tout cas. Je frissonner bien plus de peur qu'on nous découvre que de froid, même si il ne faisait pas chaud - mais quelque part, je ressentais une très étrange excitation. Je le défiai du regard, cette fois, usant de mon si précieux regard assassin et méprisant à la fois. Et puis, j'étais plus élevée que lui, alors je le dominais par la taille, pour une fois. Ou est-ce que c'est pour toi le genre de défi qui s'arrête là ?

    - Les défis ne me font pas peur, ne puis-je me retenir de rétorquer en plissant les lèvres. Non mais ! Je détestais ces provocations importunes.

    Encore une fois, je ne voyais pas où il voulait en venir. Toujours hissée sur ma rambarde, je lâchai une main pour me tourner vers lui et m'installer de profil - la position était moins bien assurée, mais je bloquai mon coude pour ne pas tomber. Je le dévisageai de haut en bas, un petit sourire supérieur aux lèvres, car c'était dans ces moments-là que je me sentais forte, invincible. Qu'espérait-il ? Que je lui avoue que, oh, Poudlard, était tellement mieux, loin des rivalités de nos parents, et que je préférais être son "amie" dans cet endroit de bouseux plutôt que son ennemie sous les ors de New York ? Il se trompait fortement.


    - Tu sais bien qu'il n'y a que le prestige qui compte, lui rappelai-je avec un petit sourire faussement aimable. Il le savait pourtant, n'est-ce pas ? Et ici... Je fais ce que j'ai envie, la preuve.

    Il me vint une idée subite, qui m'effraya autant qu'elle accéléra les battements de mon cœur. Comme je détestais reconnaître que j'avais peur, même à moi-même, je ne m'accordais pas de plus longue réflexion. Précautionneusement, je me hissai sur la rambarde et m'y assis, mesurant mes gestes et tâtant le métal poli avec une silencieuse supplique : ne glisse pas. Installée en équilibre – heureusement que le vent était léger et ne risquait pas de me pousser dans le vide – je souris alors d'un air satisfait à Eric, haussant un sourcil. Il croyait peut-être que je n'osais rien, engoncée dans ma si belle éducation. Mais ce n'était pas le cas. Mes ongles étaient prêts et fin prêts à s'attaquer à une proie, n'importe laquelle.

    - Et toi, Eric, est-ce que tu sais au moins de quoi tu as envie ?

    Le vent faisait voler quelques mèches qui s'échappaient de mon chignon bien fait, et les rubans de ma robe me chatouillait le cou – comme pour me rappeler la menace qui pesait sur moi, l'équilibre précaire, la fragilité des choses. Mais je ne quittais pas Williamson du regard, me demandant bien ce qui se déroulait dans son esprit. Je savais que c'était cet inconnu, cette impossibilité pour moi de comprendre sa manière de fonctionner qui m'attirait plus que je ne voulais l'accepter, et ne me laisserait pas de répit tant qu'elle ne serait pas satisfaite.

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Eric Williamson
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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Jeu 23 Mai - 20:34

Plus que de nous réunir, nos différences auraient dû nous aider sans problème à maintenir la distance qu’exerçaient depuis toujours, même bien avant notre naissance, nos deux camps. Sans doute ma curiosité n’était-elle pas étrangère à cet échec, car jusque-là, avant Poudlard nos chemins ne s’étaient jamais croisés, et lorsqu’on me parlait d’Anthea, c’était comme si on me dressait le portrait d’un personnage de fiction, avec des traits caractéristiques que je devais me contenter d’imaginer, et à partir de là, très souvent, il n’y avait que deux alternatives possibles ; soit je m’en tenais à la description que l’on m’avait donné, cette enfant trop gâtée et sûre d’elle dont la destinée est trop tracé pour pouvoir échouer, ou bien laisser vagabonder mon imagination, parce que n’était-ce pas ce que faisait toute personne parcourant les lignes prenantes d’un roman ? Sans la connaître, j’avais ajouté ma touche personnelle, et ses petits défauts, s’ils existaient étaient contre balancé par d’autre détails que je projetais sur la Serpentard, et aussi, ce qui avait progressivement fait que je ne la voyais pas du même regard que tout Williamson qui se respecte. Est-ce que c’était un crime ? Bien au contraire, j’imaginais plutôt cela être comme une chance, car le peu qu’elle avait laissé entrevoir, en de rares occasions, ce n’était pas du Wright comme on avait l’habitude de le voir.

Non, il y avait autre chose.

- Si c'est ainsi qu'on t'a appris à t'adresser aux jeunes filles de bonne famille, je ne peux rien pour toi.


Je remarquais toutefois que certains points demeureraient inchangés, et oui, forcément, je venais à me le demander… Est-ce que ce serait le cas un jour ? Je ne me voyais pas renoncer aussi facilement, mais les perches d’Anthea se voyaient être si rares qu’il arrivait des fois où je ne savais pas lorsqu’elles arriveraient, si elles étaient déjà arrivées, ou si j’avais raté ma chance, mais malgré tout cela, je n’étais pas sans ignorer que sa réplique glaçante n’avait rien à voir avec son exaspération de d’habitude. En effet, elle m’avait tout l’air d’être en colère, mais une fois de plus parce que je n’avais pas les réactions qu’elle attendait de moi. Au moins, dans ce combat, nous étions deux, car cette habitude qu’elle avait à vouloir tout contrôler devenait lassante, autant qu’elle s’étiolait, et… et il devenait de plus en plus certain que c’était là-dessus que j’allais devoir jouer.

- Ne t’en fait pas, je ne te demandais aucun conseil, j’y ajoutais un sourire en me tournant vers elle, toujours avec cette attitude décontractée retrouvée, à laquelle elle ne restait pas indifférente, et si je n’avais pas été parfaitement maître de mes émotions, certainement en aurais-je ris, parce que cela annulait tout antagonisme entre nous, et c’était comme si elle criait des insultes dans un grand canyon, mais que l’écho de sa voix était la seule réponse qu’elle obtenait, sa langue poivrée lui renvoyant ses insanités.

Etait-ce mal de jouer comme ça avec ses nerfs ? Ce n’était pas très loyal, il en convient, mais elle ne l’était pas toujours elle non plus, et elle ne se rendait pas compte qu’il y avait bel et bien un rapport de force entre nous deux, mais qu’elle ne pouvait pas le voir, parce qu’elle était tant aveuglée parce qu’elle désirait en retour, que ce qui était juste sous son nez restait invisible. Sa frustration n’était qu’une petite fissure, un léger impact, mais à force de tapoter dessus, il s’agrandissait, affaiblissant sa structure ; jusqu’à un coup plus fort que les autres t qu’il ne s’effondre complètement. Ce n’était pas dans l’optique de la détruire que je m’étais mis cette idée en tête, mais parce qu’elle n’avait pas besoin de ça, et ça, comme le reste, elle n’en avait pas conscience.

Et d’ailleurs, ça fonctionnait assez bien, car même dans l’obscurité, lorsqu’elle me dévisagea, les petites ombres mauvaises qui dansaient dans ses yeux étaient plus franches qu’à l’accoutumé, mais rien qui ne puisse me faire reculer, et retourner dans la chaleur presque indécente de la salle des fêtes.

- Les défis ne me font pas peur.

Comme j’avais pu m’en douter, elle ne put rester indifférente à ma réflexion. Parce que c’était comme ça qu’Anthea fonctionnait, toujours en luttant contre moi, et jamais dans mon sens, sauf qu’à ce petit jeu… Et bien tout ça allait un jour finir par se retourner contre elle.

- Tu sais, il ne faut pas seulement se contenter de choisir uniquement ceux que tu es capable de relever, commentai-je l’air de rien, alors que oui, c’était bel et bien de la provocation délibérée, et je voyais d’ici qu’elle n’allait pas y rétorquer très sereinement, mais si l’on dit que le calme est prévisible de tempête, il revient également après cette dernière, dont en soi, ce n’était qu’un mauvais moment à passer.

Elle n’allait pas vouloir avoir le dernier mot de toute façon.

- Tu sais bien qu'il n'y a que le prestige qui compte. Et ici... Je fais ce que j'ai envie, la preuve.

Comme pour me prouver que c’était moi qui avait tort et me trouvais dans le déni, elle s’anima, pour se hisser un peu plus haut sur la barrière de la terrasse, et je me retins à grand mal de na pas l’attraper par le poignet sans attendre pour la tirer vers l’avant et lui ordonner de cesser ces bêtises immédiatement, parce que là, elle frisait l’insolence, et que même si je la froissais dans sa dignité, ce n’était peut être pas la peine non plus de laisser son orgueil la jeter par-dessus bord. Pourtant, je ne fis aucun geste, même si j’observai les siens avec précaution, car au moment où elle s’assit, quelque chose d’autre émergea dans mon esprit, me laissant penser que peut être, Anthea avait une mauvaise influence sur moi, mais si c’était réellement cas, n’était-ce pas au fond, ce qu’elle avait toujours souhaité ?

- Tu es pourtant bien placée pour savoir que si New-York est grand, le reste du monde l’est tout autant. Est-ce qu’elle allait comprendre où est-ce que je voulais en venir avec cette allusion ? Poudlard était bien la preuve que l’univers offrait des possibilités dont était dénué notre petite vie urbaine bien tranquille, et qu’elle qui parlait de prestige, elle ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Même si c’était compréhensible. Qui aurait voulu mettre les pieds hors des frontières lorsqu’il est né avec une cuillère en argent dans la bouche ? Lorsqu’on vit dans un cocon confortable, il nous importe bien peu de connaître autre chose.

- Et toi, Eric, est-ce que tu sais au moins de quoi tu as envie ?


Je vins me placer en face d’elle ; elle me dominait légèrement, et la fine couronne qu’elle portait se reflétait dans la nuit, et comme précédemment, je ressentis la même sensation prendre possession de moi, et qui me laissait de plus en plus penser, que la vision d’Anthea n’y était pas pour rien et que cette perspective prenait petit à petit une place bien calée à l’intérieur de mon esprit, et si je ne savais pas exactement e quoi il retournait, comme je n’avais jamais vécu auparavant une telle expérience, il n’y avait qu’avec elle jusqu’à maintenant qu’elle s’était vérifiée, et pas avec une autre fille. Ce n’était pas le moment de faire ces conclusions hâtives, même si certaines étaient à l’heure actuelle déjà en train de se faire, et même si j’étais instinctif, je n’étais pas impulsif pourtant, mais ce fut malgré tout cette même impulsion qui me poussa à vouloir vérifier par moi-même, car les théories, toujours, doivent être mises en pratique.

- Ca se précise même de plus en plus, affirmai-je, mais je ne rajoutai rien. C’était maintenant qu’il me fallait agir.

Je pris sa taille, qui malgré l’épaisseur de son manteau restait fine, et la poussait vers l’arrière, vers le vide – pas avec l’intention de la pousser, pas du tout, mais j’avais vu qu’elle était plus raide que normalement, et qu’elle avait eu tort de pousser la folie jusque là. Car bien sûr, avant de faire ça, j’avais bien mes paumes qui la retenaient afin de ne lui assurer aucune chute – et l’une d’entre elle alla se positionner dans le bas de son dos pour la faire descendre à mes côtés, et cette fois ci, ce fut moi qui la dominais de nouveau. Une fraction de seconde nos regards se croisèrent, mais pas plus longtemps, car je fermai les yeux et me penchai vers elle – et je déposai un baiser sur ses lèvres, un seul, qui ne dura guère plus de quelques instants, mais dont la sensation remonta de la plante de mes pieds, jusque dans le plus profond de mon cuir chevelu, mais je n’eus pas le temps d’en profiter et d’en analyser tous les sentiments, car déjà, je m’éloignai d’elle, toujours en la retenant dans mes bras, attendis de voir la suite et pour lui montrer que ce n’était pas un hasard, puis la relâchai, en me reculant d’un pas.

Cependant, mon cerveau fonctionnait encore plus à toute allure de ce qui venait de se passer, et je lui tendis la main, comme une invitation qu’elle ne pouvait refuser :

- Puisque les challenges ne t’impressionnent pas, j’imagine que les rues de la ville ne sont qu’un parc de jeux pour toi ? Je lui souris pour ensuite l’entraîner vers la sortie de la terrasse.

Il fallait emprunter les escaliers de service sans se faire repérer, et je posai un doigt sur ma bouche pour qu’elle reste silencieuse. L’adrénaline allait en montant mais était loin d’être désagréable et nous restâmes plaqués contre le mur le temps que le passage devienne moins important, avant de se glisser rapidement afin de descendre les étages qui nous séparaient de l’extérieur, et comme Anthea m’avait l’air bien plus docile tout à coup, je me dis qu’elle devait partager cette envie d’aventure dont j’étais moi aussi saisi. Nous y étions presque, mais un membre du personnel arriva au même moment, et nous dûmes, le cœur battant – le mien l’était – nous mettre sous les escaliers, là où il faisait le plus sombre pour ne pas nous faire repérer. Même si avec, elle était très jolie, je retirai précautionneusement le diadème qu’Anthea portait pour qu’elle le mette dans la poche de sa veste, car les petits diamants se renvoyaient dans l’extincteur juste en face de nous.

- Tu ne ferais pas une très bonne filature, chuchotai-je mais déjà, il était temps de franchir les derniers mettre et de déboucher sur une rue plus sombre, un peu sale et puante, parce que personne ne devait jamais emprunter cette porte. Tu es prête pour le tour de manège ? lui demandai-je parce que c’était maintenant que le carrousel se mettait en marche.

Sur ma bouche, je ressentais encore l’empreinte de la saveur sucrée, avec un arrière-goût fruité de ses lèvres. Et j’avais eu ma confirmation tout à l’heure : j’avais bien envie d’y goûter encore.

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Anthea Wright
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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Mer 4 Sep - 14:48


    Plus la soirée avançait, et plus il m'était désagréable de constater que non seulement Eric Williamson et tout ce qui le constituait m'échappait, mais que par la même occasion m'échappait la situation. Et jamais, jamais, cela ne m'arrivait. Il le savait bien : j'avais beau garder bonne figure, je savais que mon regard glacial ne masquait pas suffisamment mes interrogations, mes incertitudes, aussi. Et c'était lui et seulement lui qui les avait fait naître, si bien qu'il était la cause de tout ce qui n'allait pas, et je le détestais encore plus pour cela. J'avais beau retourner les données dans tous les sens, elles ne me fournissaient aucune solution. Et je n'avais pas appris cela : autour de moi, dans mon monde doré, je gérais la vie comme je l'entendais et je gérais surtout les gens comme je le désirais, comme j'avais envie qu'ils réagissent, comme je me plaisais à disposer d'eux. Mais eux aussi s'y prêtaient bien, car c'était de coutume dans notre milieu, et une folie fille avait tous les avantages en main quand elle savait en user. C'était simple, quand on avait compris le fonctionnement du mécanisme, et je n'étais pas peu fière d'avoir compris la complexité de la chose si vite, si jeune. C'était ce qui avait fait de moi la petite reine que j'étais... La petite reine aux longues griffes qui n'attendaient qu'une chose, les planter dans ce que bon lui semblait. Mais voilà : puisqu'il faut toujours une exception pour confirmer la règle, Eric Williamson passait à travers tous mes filets, tous mes calibrages, ce qui avait le don, après m'avoir mise dans une rage folle et destructrice (il avait suffisamment tâté de ma mauvaise humeur pour le savoir), me laissait maintenant furieusement impuissante et désemparée devant ce mystère.

    Je regardais les lumières de la ville, que nous voyons de haut, avec la même intensité que tout à l'heure, comme si je me nourrissais de ce spectacle. Il me donnait de la force, car cet endroit était chez moi, mon royaume - et j'avais besoin de force pour trouver comment vaincre Williamson, une bonne fois pour toutes, malgré toutes ses tentatives pour copiner avec son ennemie.


    - Tu sais, il ne faut pas seulement se contenter de choisir uniquement ceux que tu es capable de relever, répondit-il avec sa placidité exaspérante.

    Quel toupet ! Je relevais tout, n'importe quel défi, croyait-il que j'avais peur ?! Cela me poussa à me hisser sur la barrière, à défier le vide, à me défier moi. Mon cœur battait, mais je n'avais pas peur, c'était étrange - c'était l'adrénaline, et je me rendis compte que j'adorais cela. Mais au fond peut-être que le problème était vraiment là : que Williamson, à force de déroger à toutes les règles, de m'échapper, commençait à faire naître une sorte de peur en moi... Et que c'était un sentiment que j'ignorais.


    - Tu es pourtant bien placée pour savoir que si New-York est grand, le reste du monde l’est tout autant.

    Je laissai échapper un petit rire qui tinta comme des clochettes dans l'air frais de cette nouvelle année.

    - Décidément... Vous, les Williamson, vous avez un petit faible pour les belles tournures de phrase, répondis-je du tac au tac et d'une voix moqueuse, comme si je chassai là une mouche importune. J'avais fait exprès de ne pas relever où il voulait en venir, car sur ce plan nous étions en total désaccord : nous n'avions pas la même conception du monde, sans doute. S'il voulait englober tout ce qui n'en valait pas la peine dedans, libre à lui. Pour moi, le monde était celui que je me fabriquais, et je ne prenais que le meilleur, car je n'avais besoin que de ça.

    Il s'était approché de moi et nous étions à la même hauteur, pour une fois, maintenant que j'étais perchée sur la barrière. Le fait qu'Eric Williamson soit tout près, avance lentement, me fit prendre conscience du vide derrière moi, et un curieux rythme vint perturber celui de mon cœur - l'adrénaline augmenta et s'acidifia, et je compris que quelque chose se tramait. Je n'avais pas peur mais j'étais sur le qui-vive, et ma main s'était crispée autour de la rambarde, s'accrochant plus fortement. J'espérais seulement que personne n'allait arriver et nous trouver là ; je voulais m'épargner cette honte et surtout le déshonneur que je causerais à mon père s'il apprenait que je côtoyais ce hooligan de Williamson, mais une pensée rassurante me vint à l'esprit : si quelqu'un arrivait, je criais à l'aide et ma position et celle d'Eric lui donnerait l'air d'un coupable, ce qui me dédouanait parfaitement.


    - Ça se précise même de plus en plus.

    Pourquoi avait-il ce besoin insupportable de parler par énigmes, avec cette même voix calme et tranquille, aussi certaine et confiante que la rivière persuadée de couler à vie dans son lit ?!

    Je n'eus pas le temps de lui cracher mon venin au visage : il avait mis ses bras autour de moi et après qu'il m'ait solidement attrapé la taille - entre ses bras j'avais l'impression d'être définitivement minuscule - je sentis qu'il me poussait vers l'arrière, pour jouer, pour me faire peur. Je me sentis basculer et bien sûr, parce que c'était un réflexe, je sursautai et mes bras se rattrapèrent à ce qu'ils purent, c'est à dire aux épaules d'Eric, tandis que je savais pertinemment qu'il ne me lâcherait pas. Mais j'étais dans une position de faiblesse et lui de supériorité et je lui fusillai du regard le temps de - il avait déposé un baiser sur mes lèvres.

    Comment avait-il osé !! Ce contact provoqua une réaction instantanée, un genre de tremblement de terre à l'intérieur de moi, et mes yeux et ma bouche s'agrandirent sous le coup de la stupeur et de l'indignation. Eric me regardait droit dans les yeux, et quand il daigna me lâcher, je me laissais glisser par terre, reprenant conscience que je m'étais figée quelques secondes.


    - Mais enfin, ça ne va pas ou quoi ?! m'écriai-je, mais je me sentais étrange : je refusais de l'admettre, mais j'avais l'impression... D'avoir perdu mes moyens. La seule raison pour laquelle je ne t'ai pas mis une claque, c'est que je ne voulais pas abîmer mon vernis ! criai-je avec hargne en agitant ma main sous son nez.

    C'était la première fois qu'un garçon m'embrassait sur la bouche. Je n'en revenais pas qu'Eric Williamson devenait le premier garçon à m'avoir embrassé - je n'en revenais pas ! J'étais parfaitement énervée, il était décidément la personne la plus ennuyeuse et agaçante de l'Histoire, et je me sentais prise au piège, encore une fois, à cause de lui, ce qui avait le don de faire couler dans mes veines quelque chose qui me brûlait et attisait ma colère et ma mauvaise humeur. Pourtant, cela m'avait fait quelque chose : c'était étrange comme contact, des lèvres étrangères contre le mienne, un baiser. C'était comme si il y avait eu une décharge électrique provoquée à cet endroit, qui avait ensuite parcouru tout mon corps. J'étais mal à l'aise, en colère contre mon propre corps qui n'avait pourtant pas le droit d'être sensible à un tel baiser : je lui interdisais.


    - Puisque les challenges ne t’impressionnent pas, j’imagine que les rues de la ville ne sont qu’un parc de jeux pour toi ?

    Une nouvelle fois, je le fusillai du regard. J'avais l'impression de m'adresser à quelqu'un qui ne comprenait pas un traître mot de ce que je racontais. Pourquoi continuait-il d'agir comme si j'avais ENVIE de passer du temps avec lui ? Je regardai sa main d'un air dédaigneux mais tout d'un coup il me sembla entendre un bruit dans le bâtiment qui se rapprochait de nous, et la dernière chose que je voulais était que l'on nous découvre. Je lui donnai ma main en le défiant du regard de s'en sentir fier ou satisfait, et nous nous engouffrâmes à l'intérieur de l'immeuble. Je me laissai faire, tout d'un coup perdue dans ces escaliers de service que je n'empruntais jamais. Quand Eric se retourna et posa un doigt sur mes lèvres - qu'avait-il avec mes lèvres ?! - pour m'inciter au silence, je ne répliquai rien car je n'étais pas idiote, j'avais compris qu'il fallait que nous soyons silencieux, mais je lui mis une claque sur le dos de la main et, les lèvres pincées et le regard assassin, je lui fis comprendre sans un mot de faire attention à ce qu'il faisait. Le reste ne me donna pas trop l'occasion de lui faire d'avantage la leçon ou de montrer mon mécontentement, car nous devions faire attention, et je le suivais en faisant simplement de ne pas faire de bruit avec mes petits talons ou bien de surveiller les portes autour de nous - tout cela sans lui lâcher la main, mais sur le coup je ne m'en rendis pas compte. Nous nous retrouvâmes écrasés l'un contre l'autre sous un petit escalier pour laisser quelqu'un passer, et malgré la pénombre, je lançai un regard glacial à Eric, pour le dissuader de quoi que ce soit, car nous étions tant l'un contre l'autre que je sentais son coeur battre tout près de moi, et que cette proximité me dérangeait, tout d'un coup. Je m'écartai rapidement, dès que l'homme fut passé, consciente que mon coeur battait au moins aussi fort que celui d'Eric et que je ne voulais pas qu'il s'en rende compte. Il enleva alors mon diadème et je me crispai un peu, ses mains avaient touché mes cheveux, puis il me le tendit.

    - Tu ne ferais pas une très bonne filature. Tu es prête pour le tour de manège ?

    Je l'attrapai sans rien dire et le glissai avec précaution dans ma poche. Nous n'étions qu'à un ou deux mètres de la porte entrouverte sur le dehors, une ruelle sombre que je ne connaissais pas. Mon regard alla de la porte à Eric, puis à la porte. Je ne connaissais pas cet endroit... Je ne connaissais que l'entrée de devant, avec le portier, quand le chauffeur m'y déposait. Et si cet endroit était dangereux ?!

    - Quoi, tu veux dire qu'on y va à pieds ? demandai-je, un peu choquée. Je me déplaçais principalement avec le chauffeur de mon père ou de ma mère, et tout d'un coup l'idée d'Eric me parut bien étrange. Avançant vers la porte, je jetai un coup d’œil au dehors - mais c'était un vrai coupe-gorge, par ici ! Williamson, ce n'est peut-être pas ton cas, mais je tiens à la vie, moi, tu crois vraiment que c'est sans risque de...

    Pour un peu, il allait croire que j'étais une dégonflée. Or, ce que je me devais en tant que digne fille des Wright, c'est de ne jamais perdre la face, et encore moins devant un Williamson. Je me tus alors, ouvris la porte et sortis, la première, avant qu'il me devance.

    - Alors, tu viens ? lui demandai-je la tête haute et le défiant du regard - le défiant surtout de dire quoi que ce soit qui montrerait qu'il avait compris que je n'étais pas très confiante. Il y a des endroits qui valent le coup, par ici ? le questionnai-je, surtout pour me donner une contenance.

    L'air de rien, j'attrapais sa main de nouveau - mais ce n'était pas pour lui faire plaisir ou quoi que ce soit, c'était juste que je me sentais plus à l'aise en le sentant près de moi, car malgré sa coiffure de jeune rebelle, il était plus grand et plus costaud que moi et pouvait intervenir si il arrivait quelque chose.

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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Ven 13 Sep - 22:44

Il y avait plein de choses sur lesquelles je voulais m’attarder ; la forme de ses lèvres que j’avais senti en y déposant un baiser dessus, leur douceur et leur franchise, elles étaient même un peu pulpeuses et sûrement aurais-je eu envie d’en découvrir d’avantage en réitérant l’expérience tout comme de mettre des mots sur les sensations qui s’étaient déclenchées alors, et que j’avais éprouvé ensuite. Elles étaient toujours là mais disparaissaient encore un peu et prolonger l’instant était ce dont j’avais envie dans l’instant. C’était bien beau, mais lorsque c’était Anthea Wright qui vous faisait face et qui vous dévisageait à présent comme si vous aviez commis un crime de lèse-majesté et que vous ne méritiez seulement d’être enfermé dans un cachot au milieu de crocodiles, requins, et tout autre animal susceptible de vous réduire en chair à pâté, la crise de l’impulsion ne fonctionnait qu’une seule fois et surtout pas deux : la deuxième, c’était de l’inconscience, et si je ne craignais pas les représailles, parce qu’elles allaient pleuvoir, je le savais et que tout allait un peu trop vite dans ma tête pour que je puisse y parer, encore un peu embrouillé de ce qui venait de se passer, il y avait trop d’éléments encore que je voulais découvrir sur Anthea pour me présenter à elle avec une pomme bien rouge et bien juteuse dans la bouche.
- Mais enfin, ça ne va pas ou quoi ?! La seule raison pour laquelle je ne t'ai pas mis une claque, c'est que je ne voulais pas abîmer mon vernis !
Evidemment, elle était en colère, et elle était bien la première à le faire savoir lorsque c’était le cas, comme si elle s’attendait à ce qu’on trouve une solution à son problème, ce qui n’allait pas, et ensuite y remédier dans la seconde, aussi ça réaction ne m’étonna pas vraiment. Cependant la légèreté que j’avais éprouvé juste avant redescendit comme un ascenseur qui déraille et qui chute parce que ses boulons ne sont pas assez serrés, et du bout de la main, je repoussai calmement le poignet qui aurait vraisemblablement désiré me couper la tête s’il en avait eu les pouvoirs. Déçu ? Sûrement un peu parce que même si ce n’était pas une très grande surprise au demeurant… Si j’avais saisi ma chance et l’avait tenté, est-ce que ce n’était pas parce que j’avais espéré un comportement différent de la part d’Anthea ? Ce n’était pas le moment toutefois pour m’attarder à cette mêlée de sentiments qui mélangeaient et se brouillaient en quelque chose d’indéfinissable, mais qui n’avait rien à voir avec l’allégresse qui m’avait transporté et qui avait disparu à présent.

- Je retiendrais pour la prochaine fois
, me contentai-je de rétorquer comme si je ne prenais pas le moins du monde sa menace au sérieux. Je savais pourtant très bien de quoi elle était capable, et qu’elle en était capable.

Le mieux était de faire comme si ça ne m’atteignait pas. Ca risquait de l’agacer un peu plus que ça ne l’était déjà, mais j’y étais tant habitué maintenant, que ce n’était plus qu’une formalité, qu’un mauvais moment à passer, comme lorsque mon père m’assurait que j’étais l’avenir de son entreprise et que je hochais la tête en sachant pertinemment que j’aspirais à un futur que développer des fonds peu scrupuleux.

Tout n’était pas complètement perdu en revanche et l’arrivée imminente d’autres personnes sur la terrasse sur laquelle Anthea s’épanchait en un petit règlement de comptes effaça tout à coup tout ce qui venait de se passer, comme si ce n’était jamais arrivé en fait, que l’épisode était clos et qu’il était inutile de revenir dessus.  Ce n’était plus le moment de s’y étendre, même si rien n’était clarifié et qu’en vérité je n’attendais que ça, mais il valait pour l’heure mieux faire une chose à la fois et le plus imminent était encore de prendre la poudre d’escampette. En tout cas, je n’en avais pas terminé avec cette soirée, et ce qu’elle promettait encore et tous les airs effarouchés de la Serpentard où il n’y avait aucun blason sur ce qu’elle portait pour le rappeler et qu’ici, qu’elle le veuille ou non, que je le veuille ou non, nous faisions partis du même monde, n’y changerait rien.
- Quoi, tu veux dire qu'on y va à pieds ? dit-elle en présentant une nouvelle démonstration.
Normalement, je m’en amusais, mais… Est-ce qu’Anthea s’était déjà rendue compte que ses airs de petites princesses qui vit d’un environnement d’or et de paillette pouvait s’avérer…
Lassant ? Elle était une charmeuse, après tout, c’était une Wright et elle savait user de ses paroles et autres atouts pour mener tout le monde à la baguette et ses parents en étaient les premières victimes, je n’étais absolument certain. Ses mimiques, ses expressions, ses airs scandalisés… qu’on aime ou que l’on aime pas, on finissait toujours par s’arrêter dessus, mais moi, je ne m’en formalisais même plus, c’était devenu si évident et il m’avait compris qu’elle aussi, et que grâce à cela, elle allait cessé même si ce n’était que momentanément. Je ne marchais plus, ça ne prenait plus. C’était à elle de jouer maintenant. Et de décider ce qu’elle voulait vraiment.

- Ca irait plus vite, c’est sûr, mais nous n’irions pas très loin parce que je doute que ton chauffeur ou le mien accepte de perdre leur emploi en suivant nos ordres et emmener les rejetons de leurs supérieurs où ils le souhaitent. Je lui tendais la perche sur un plateau d’argent car je devinais qu’elle allait trouver sans mal de quoi répliquer, comme notamment que la limousine des Williamson n’était pas digne d’elle et déjà souillée de toute manière. Et puis chacun pouvait bien se permettre de céder à ses caprices : mais lorsqu’on apprendrait la vérité, sur notre petite escapade, que nous avions fait ensemble, j’avais bien à l’esprit, que ça, c’était un risque qu’elle ne voulait pas prendre, alors, j’étais tranquille.
- Williamson, ce n'est peut-être pas ton cas, mais je tiens à la vie, moi, tu crois vraiment que c'est sans risque de...
Je baissai légèrement la tête, le regard toujours dirigé dans sa direction en haussant légèrement les sourcils, comme si je remettais en cause le jugement que j’avais d’elle. S’il comptait.

Sauf qu’au lieu d’avoir le temps de lui lancer une petite tirade bien sentie cette fois, parce qu’avec Anthea c’était un peu tout et son contraire, mais qu’il serait bien à un moment donné qu’elle se décide enfin sur les cartes qu’elle allait jouer, elle prit les devants, ce qui la ravie au passage lorsqu’elle se tourna ensuite vers moi, parce qu’elle avait pleinement l’impression d’avoir retrouvé le contrôle total de la situation.
- Alors, tu viens ? Il y a des endroits qui valent le coup, par ici ?
Sentir sa main dans la mienne me fit sourire intérieurement, mais je n’en fis rien ; le lui montrer ce serait résumé à la faire changer d’attitude de nouveau et à présent que j’avais réussi à plus ou moins obtenir quelque chose d’elle, je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin.

- J’attendais que tu poses la question
, et je l’entraînais ailleurs que devant l’entrée de service, qui, il en convenait était un peu sombre, encore plus de nuit, mais plus loin, on pouvait rapidement retrouver le monde que nous connaissions déjà.

Deux jeunes gens dans la rue aurait pu paraître étrange pour n’importe qui un minimum censé ; à cela je répondais que lorsqu’on pouvait faire des oreillers avec des billets de 500 dollars on ne l’était pas, encore pire si la ville dans laquelle on vivait était New York, La Gross Pomme où personne ne faisait attention à personne ? Alors oui nous n’avions pas le droit de nous promener ainsi, mais ce n’était pas nos parents qui à cette heure là avait à leur actif plusieurs coupes de champagne qui allaient s’en soucier et si tout était immense et démesuré, nous avions grandi, C’était notre maison, notre très grande maison, alors comment en voir peur ? de temps à autre, je jetais un coup d’œil de biais à Anthea quel était son point de vue. Heureusement, j’étais déjà venu plus d’une fois dans le secteur, et je savais où nous allions. Il fallait marcher un peu, se mêler à la foule et aux lumières de la nuit, mais c’était facile pour nous de nous faufiler entre eux.

Lorsque nous arrivâmes devant le parc où je nous avais emmenés, celui-ci n’était pas très éclairé. Il n’avait rien à voir avec l’immensité de Central Park et tout ce qu’il proposait et celui-ci en comparaison (quoique ce n’était pas comparable) avait l’air minuscule si bien que peu de personne y venaient pour s’y détendre parce que les quelques bancs étaient très vites occupés et comme il n’y avait pas grand-chose à y faire, à part nourrir les oiseaux, il perdait très vite de son attrait. Pourtant, j’aimais cet endroit à cause de ça, à cause de sa simplicité, mais aussi parce qu’il n’était pas la victime de l’éclat de la ville comme si le lieu était en dehors, étranger à tout cela. Pas de mensonges, pas de faux semblants. Est-ce qu’Anthea allait percevoir ce que je percevais ou alors… Est-ce que c’était trop lui demander parce qu’au bout de ses limites ? Il y avait également une raison plus personnelle, mais ça… avant de la laisser porter son avis ; ce qu’elle allait faire de toute façon, que je le veuille ou non, je l’attirais tout au fond du parc : on ne pouvait pas le voir de l’entrée, mais il y avait une bâtisse en bois, comme un carrousel, et il y avait trois marches pour y monter. Ce qu’il y avait de différent d’avec ces autres types de construction, c’était que le plafond était ouvert pour laisser entrevoir ce que les lumières de la ville ne permettaient pas : les étoiles. Ce qui était étonnant, puisque tout autour se trouvait les buildings, mais une fois de plus, c’était comme si le parc n’était soumis, d’aucune manière à ce qui l’entourait.

- Est-ce que tu les avais déjà vus dans ce ciel ? Demandai-je à Anthea, car à Poudlard c’était facile de voir ce spectacle, mais à New York... Je réalisais que je n’avais pas lâché sa main, et même que j’avais bien envie de la garder un peu plus longtemps. Elle n’était pas de tout repos, et pourtant… Et pourtant ce soir avait prouvé que persistait une attirance (si c’était ça ?) que je n’avais jamais connue avec personne d’autre. Donc… Comment en être sûr ? A présent, j’attendais un geste de sa part, parce que j’en avais suffisamment eu, et c’était à elle de se montrer un peu plus claire, mais déjà, elle accepté de me suivre jusque ici, c’était déjà un bon début. Ce n’est pas le même genre d’étoiles que les lumières des immeubles, mais même si parfois elles sont cachées, il n’y a rien pour les éteindre, elles.

Est-ce qu’elle allait voir la vraie beauté, 
celle qui ne s'achète pas, comme je le voyais dans le reflet des étoiles ?

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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Jeu 19 Sep - 16:43


    - Ca irait plus vite, c’est sûr, mais nous n’irions pas très loin parce que je doute que ton chauffeur ou le mien accepte de perdre leur emploi en suivant nos ordres et emmener les rejetons de leurs supérieurs où ils le souhaitent.

    Eric Williamson avait la même éducation que moi - enfin, de moins bonne qualité évidemment - mais curieusement, il n'avait pas absolument pas les mêmes préoccupations et les mêmes priorités. Cette promenade dans les rues de New York paraissait la chose la plus simple qui soit à ses yeux, tandis qu'aux miens, j'y voyais déjà la crasse des trottoirs, les dangers liés aux mauvaises fréquentations, et surtout l'intérêt peu étendu de la chose car tous les endroits où j'aimais me rendre étaient loin et éparpillés dans la ville, et plutôt accessible en voiture. Mais, une fois n'est pas coutume, son air si nonchalant m'agaçait au plus haut point, titillait mes nerfs de petites gouttes d'acides et tordait mes entrailles d'une frustration que je peinais de plus en plus à catalyser. Et tout s'imbriquait, avec cette formidable impression dévastatrice qu'ont les choses quand elles nous échappent - alors que je ne connaissais rien de tout cela, petit enfant gâtée et bercée d'or et d'argent. Quel étrange phénomène, et surtout, venant de la part d'un garçon qui me ressemblait tant sur le papier, et qui devait être mon pire ennemi par la force des choses... Comment ça ?! Non, bien sûr qu'il était mon ennemi. Williamson père ne cessait de jeter des bâtons dans les roues de mon père et lorgnait sur sa fortune et son empire depuis le début, je ne me rappelais pas d'une seule journée pendant laquelle Papa ne pestait pas contre son adversaire, ne surveillait pas attentivement les cours de leurs actions mutuelles pour s'assurer qu'il ne lui faisait pas d'entourloupe. Eric devait avoir grandi de la même façon, de l'autre côté. Je ne comprenais tout simplement pas pourquoi il n'avait pas la même animosité à notre égard que moi à l'égard de sa famille, et cette éternelle question qui restait irrésolue avait dépassé le stade de l'agacement, de l'énervement : c'était mille fois pire que cela et bouillait dans mes veines comme un venin.

    - Comment ça ? répliquai-je, offusquée. Le chauffeur de mon père m'emmène où je veux et quand je veux, ajoutai-je avec un regard clairement supérieur. Pfeu ! C'était bien la preuve que les Williamson n'avaient rien compris, parce que moi, fille de mon père, j'avais tous les avantages que je voulais, il suffisait que je les demande, et mon père ne résistait jamais.

    Mais hélas, ce soir, pas de chauffeur en vue, et surtout, c'était évidemment hors de question : jamais je n'allais faire monter Eric Williamson à mes côtés. Il m'avait déjà volé un baiser - il ne fallait pas non plus trop en demander. A ce souvenir je me sentais encore un peu fébrile, incertaine. Avais-je apprécié ? Non, c'était impossible !... Mais il suffisait que je tourne le regard vers Eric et son visage si serein, si posé, et toutes mes certitudes tremblaient, parce que les cas Eric Williamson était insoluble dans la matrice de ma propre perception du monde.

    C'était un échec, et je n'étais pas du tout programmée pour leur faire face.

    - J’attendais que tu poses la question, dit-il alors que je m'étais lancée - pas question de perdre la face. Je n'étais pas rassurée, mais baisser les bras devant mon adversaire ? Jamais !

    Pourtant, il n'y avait plus rien de familier dans cette ville plongée dans la nuit, alors que nous nous engouffrions dans les rues, à pied. Je n'étais pas familière de ce genre de choses, et c'était passablement vexant de me sentir ainsi, comme étrangère et effrayée de mon propre royaume, parce mon trône était resté bien plus haut et que j'étais descendue. Sans lui, j'avais bien du mal à me sentir aussi sûre de moi... La main d'Eric dans la mienne, que j'avais prise dans la mienne - et que personne ne se trompe, je cherchais juste un peu de réconfort, et il était là - me rassurait un petit peu, mais pas beaucoup. Il avait le même âge que moi et même si il était plus grand et plus carré, que pouvait-il faire si nous nous faisions attaquer ? J'eus une pensée pour ma petite couronne qu'il avait rangée, heureusement qu'elle ne craignait rien.

    Chemin faisant, je gardais mon air pincé de reine offusquée, attendant qu'il me trouve quelque chose de délibérément extraordinaire. Et plus j'avançais plus je doutais, honnêtement que pouvait-il trouver qui valait tant la peine dans cette ville endormie, dans ces rues loin de tous les meilleurs endroits, ceux que je connaissais bien ? S'il comptait m'emmener dans un bar minable ou qu'en savais-je, je racontais tout à mon père, en exagérant les faits et en l'accusant d'avoir voulu m'enlever. Lui qui aimait tant Poudlard, il me donnait là les armes pour l'empêcher d'y retourner... Nous arrivâmes près d'un parc, et quand il me vint à l'esprit que c'était ça, dont il parlait, je faillis faire un scandale, parce que l'herbe, les arbres et compagnie n'étaient franchement pas ma tasse de thé, et pourtant il le savait très bien. Mais lui laissant le bénéfice du coute, râlant tout de même quand il me fit marcher dans l'herbe et que mes chaussures risquaient d'être salies par la terre, je ne dis rien et attendis qu'il prenne les choses en main. Derrière mes grands airs, je riais un peu, finalement, d'un air de dire, alors ? Est-ce que tu vas réussir à m'impressionner ? Et il savait très bien qu'il en avait intérêt, si il voulait que j'accepte de le côtoyer.

    Williamson m'attira vers le fond du parc - visiblement il connaissait bien l'endroit - dans une petite cabane en bois que je n'avais jamais remarquée, et quand nous fûmes dedans, je vis après lui avoir lancé un regard vaguement énervé - bon, quelle est la surprise ?! - qu'il fallait que je lève les yeux et que la réponse était là-haut. Le plafond était découpé de telle manière à ce qu'on ne voit pas les buildings du quartier, mais juste un petit carré noir de ciel, où brillaient tranquillement des étoiles.

    - Est-ce que tu les avais déjà vus dans ce ciel ? Ce n’est pas le même genre d’étoiles que les lumières des immeubles, mais même si parfois elles sont cachées, il n’y a rien pour les éteindre, elles.

    - Merci, j'ai déjà vu des étoiles, oui,
    répondis-je avec humeur.

    Mais en vérité, il n'avait pas tort (seulement ses airs de poète m'agaçaient encore plus). Je connaissais bien plus les lumières de la ville, qui se reflétaient dans le ciel, et qui effaçaient les étoiles, plutôt qu'un ciel comme celui-là. Il était beau en un sens, mais il n'était pas le mien, et je me sentais effroyablement minuscule en le regardant, comme si je n'étais plus reine de rien. Etait-ce cela qu'il voulait que je ressente ?! Je lui lançai un regard suspicieux et un peu accusateur, mais non, il regardait simplement le ciel en souriant, sans lâcher ma main, et il avait l'air, comme d'habitude, serein, imperturbable.

    J'ôtai ma main de la sienne d'un geste vif.


    - Et à propos de la prochaine fois, commençai-je d'un ton piqué, avant de me rendre compte que je ne savais absolument pas comment continuer... A ce propos, hein, pourquoi tu as fait ça ? lui demandai-je en le fusillant du regard. Si tu veux qu'on soit... Amis ? Non, je n'étais pas amie avec un Williamson, impossible. Ensemble ?... Voilà qui était étrange. Qu'est-ce que tu veux qu'on soit, d'abord ?

    Moi-même je ne le savais pas, et j'avais besoin de savoir où il voulait en venir. Loin de chez nous, dans cette cabane abandonnée et dans cet univers qui ne ressemblait pas à New York, j'arrivais un peu mieux à voir la situation sans m'arrêter à nos noms de famille - mais ça ne voulait pas dire pour autant que j'étais capable d'être totalement clairvoyante.

    - Je te préviens, la prochaine fois que tu m'embrasses, tu as intérêt à me prévenir avant, le menaçai-je en plissant les yeux pour avoir l'air effrayante, mais il était bien plus grand que moi pour que je sois sûre du résultat. Enfin, soupirai-je, ça va, c'est plutôt... joli par ici, hésitai-je par volonté, pour une fois, de ne pas trop le froisser. Tu viens souvent ? Je ne connaissais pas du tout cet endroit, et je cherchai du regard un coin pas trop sale pour m'assoir, débarrassant la poussière de ma main avant de l'agiter devant moi d'un air un peu dégoûté.

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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Ven 27 Sep - 20:51

J'allais savoir assez vite à présent si la tâche que je m'étais imposée allait être facile à franchir ou non. C'était osé, mais souvent ce que je me disais dans ces cas là... Pourquoi pas ?
- Merci, j'ai déjà vu des étoiles, oui.
L'obscurité et les ombres du carrousel me permirent de faire une petite moue sans être vu, comme si pour une fois, j'étais autorisé à me laisser aller à la déception qui m'envahissait depuis chaque membre, qui grandissait, grandissait, sans que je ne puisse la stopper afin de venir trouver refuge jusque dans les battements de mon cœur. Ce n'était évidemment pas la remarque à laquelle je m'étais attendue, même si au fond, je savais que j'y étais préparé, c'était le type de réflexion qui ne faisait jamais plaisir, lorsqu'on savait l'importance que pouvait dégager l'envie de vouloir faire partager ce moment avec Anthea, alors que normalement... Ce privilège n'avait été accordé à personne d'autre depuis que ma mère n'était plus là, parce que nous avions l'habitude de nous rendre ici lorsque nous voulions fuir le quotidien envahissant qui était rythmé par les actions de mon père, ce dernier sans réjouissant sans arrêt. A présent que j'y pensais et avec le recul, de plus en plus, les dernières années, nous étions venus dans ce parc, calme et tranquille où ici elle n'était plus la femme de Williamson et moi son rejeton. Anthea ne savait pas certes. Pourtant, en cet instant, j'aurais tant aimé qu'elle comprenne...

- Tu devrais regarder mieux alors, lui soufflai-je seulement, avant de me demander si cela avait été judicieux de l'emmener jusque ici alors que j'y avais énormément de souvenirs et pas des moindres.

Est-ce que je n'avais pas voulu trop jouer avec le feu cette fois ci ? Anthea ne me laissa même pas l'opportunité de me laisser à la mélancolie, car sa main se retira brusquement de la mienne, et sa chaleur me quitta en même temps. Décidément, elle avait encore envie de ne laisser aucun répit et tendait la corde de nouveau, comme si lâcher un peu de lest, pour elle, était insurmontable. Est-ce qu'elle était vraiment celle qu'elle montrait ? Je refusais d'y croire, mais en cet instant, je fus presque tenté de me laisser porter par cet avis...
- Et à propos de la prochaine fois. A ce propos, hein, pourquoi tu as fait ça ?
Je tournais lentement ma tête vers elle, parce que j'avais immédiatement compris où est-ce qu'elle voulait en venir, même si à travers la lumière que les étoiles nous procuraient, je faisais mine de chercher à faire le lien avec ses paroles et ce dont elle parlait, parce que pour la première fois, elle avait l'air hésitante (autant que cela était possible parce qu'elle savait très bien dissimuler ce qu'elle ressentait) et recherchais une quelconque aide que j'aurais pu lui procurer en trouvant la bonne marche à suivre, les bons mots. Mais non. Pour une fois, j'estimais que c'était à elle de trouver toute seule, sans lui donner matière à rebondir, comme elle savait si bien le faire...
- Si tu veux qu'on soit...  Qu'est-ce que tu veux qu'on soit, d'abord ?
Je continuais de la regarder avec perplexité, tout en sachant que ça ne pourrait pas durer éternellement, mais comme elle-même avait l'air de réfléchir sérieusement à la question, je préférais lui donner le temps d'en tirer ses propres conclusions avant d'avancer les miennes. Pour ma part en effet, je pensais à quelque chose de plus précis, et comme elle n'avait pas l'air d'en être totalement réticente, malgré sa réaction précédente, je me permis mentalement reconsidérer la chose, comme j'aurais aimé l'entendre moi, et non pas comment elle s'était offusquée tout à l'heure, sur la terrasse.

- Est-ce que je dois vraiment me justifier et te donner une réponse valable?
Lui répondis-je. Est-ce que tout doit avoir un sens, est-ce que tout doit être calculé ? J'ai fait ça, parce que j'en avais envie, c'est tout, pourquoi est-ce que tu t'acharnes à penser que tout le monde ici, agit uniquement par intérêt ?

En tout cas, en ce lieu, je le lui interdisais. Elle ne pouvait pas se plier un peu plus ? J'allais apporter une réflexion à sa seconde question, mais ce fut elle qui me devança, comme si elle avait deviné ma pensée :
- Je te préviens, la prochaine fois que tu m'embrasses, tu as intérêt à me prévenir avant.
D'accord, ça ne me dérangeait pas d'accepter cette requête. Cette fois, le sourire revint sur mes lèvres, parce que si j'écoutais bien les mots qu'elle venait de prononcer, ça n'avait rien d'un nom catégorique, et finalement... elle avait répondu à demi à la question qu'elle avait posé tout à l'heure...

- Très bien, dans ce cas, est-ce que tu me laisses te montrer ?
Voilà, je l'avais prévenu, à présent, elle n'avait plus qu'à me laisser faire. Encore une fois.

Doucement je pris son menton pour le tourner un peu plus près de moi et en profiter pour le rapprocher et en faire de même. Je fermais les yeux et la seconde suivante, déposai, comme tout à l'heure un baiser sur ses lèvres sans aller plus loin, car n'en restait pas là moins une certaine méfiance, et comme c'était le second, je ne pus m'empêcher de faire la comparaison avec le premier et celui ci me semblait être plus agréable, même si tout aussi court, mais au moins je n'avais ps sur le cœur la sensation que le temps m'était compté et que je devais faire vite parce que ce que je faisais était quelque chose de mal. Non, à présent, ça paraissait normal. Après m'être écarté, je la regardais droit dans les yeux.

- Voilà ce que j'aimerais bien qu'on soit, lui expliquai-je et d'ajouter presque automatiquement, enfin si tu es d'accord. Je sentais bien qu'Anthea avait besoin de poser des termes précis là dessus. Je poursuivis, on peut être un peu plus que des amis et sortir ensemble, qu'est-ce que tu en penses, il n'y a personne qui nous en empêche, non ?

C'était là dessus que j'avais le plus de réserves, mais après tout...
- Enfin, ça va, c'est plutôt... joli par ici. Tu viens souvent ?
Ce faisant, je regardais Anthea déloger les épaisseurs de poussière, et je l'éloignais doucement afin de souffler sur le banc qu'il y avait à côté de nous, pour qu'elle ne soit pas salie, et pour que nous puissions nous asseoir dessus. Je l'y invitais de la main, avant de faire de même à mon tour.

- Ca faisait longtemps que je n'étais plus venu
, en vérité, j'étais content de ce retournement de situation, et qu'elle se retrouve conquise – presque – part le lieu. J'hésitais... De là à lui raconter toute l'histoire dans les détails ? Tout à coup, je ne me sentais pas prêt, mais je pouvais quand même y glisser quelques bribes. J'y venais souvent quand j'étais petit, au début de temps en temps et puis, c'est devenu de plus en plus quotidien au fil des années. Mais ça s'est un peu perdu ensuite. Je haussai les épaules. C'est comme ça. Mais rien n'a vraiment changé, je ne sais pas vraiment comment te l'expliquer, c'est différent parce que c'était moins abîmé avant, je tapai le bois du bout de mon talon, et pourtant, j'ai l'impression que la dernière fois, c'était comme si c'était hier.

Plus je parlais, plus je réalisais que nous n'avions jamais eu de conversation aussi intime... Avec Anthea auparavant, preuve que cette soirée était définitivement bien spéciale.

- Est-ce que tu as déjà eu cette sensation toi aussi ?
L'interrogeai-je. Puis, je revenais une fois de plus sur un autre sujet... Alors ? Est-ce que ma proposition de tout à l'heure te convient ? J'avais posé ma main juste à côté de la sienne, sur le banc, et nos doigts s'effleuraient. C'était à mon tour maintenant, d'attendre un quelconque signe de sa part.

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Anthea Wright
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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Lun 14 Oct - 18:53


    Si en plus il trouvait malin de me donner des leçons ! Je ne cessais de lui lancer des regards de reine indignée, plus son calme tellement imperturbable fragilisait mes défenses. C'était impossible ! J'étais construite dans le marbre, pourtant, un marbre fort et riche et rare, et tout pouvait me percuter : jamais rien ne me casserait. Même à Poudlard, dans cette école qui regroupait tout de même un sacré paquet de moins que rien, au fond, cela ne m'affectait pas. Qu'ils s'adressent à moi, qu'ils cherchent à se mettre en travers de mon chemin ou à m'empoisonner l'existence en ratant leurs devoirs juste à côté de moi pendant les cours, finalement, qu'est-ce que cela pouvait bien me faire ? Ils n'étaient rien, absolument rien comparés à moi ! C'était comparer un résidu de saleté sous un meuble à de la poussière de diamant. Nous n'avions rien en commun, et rien ne pourrait jamais altérer l'image que j'avais de moi, de ma famille. J'avais le luxe et le pouvoir dans le sang, et cela, ni rien ni personne pourrait un jour me l'ôter.

    Eric Williamson était l'étrange croisement entre toutes ces espèces de la société : il avait mon rang social, il avait l'argent, la beauté, le luxe à portée de main, l'éducation des grandes familles, le savoir, le carnet d'adresse. Et puis il avait cette attitude étrange, que j'avais longtemps interprétée comme une tactique ennemie pour m'affaiblir, mais je revoyais maintenant. J'avais plutôt l'impression qu'il cherchait à se trouver lui-même en s'opposant à tout ce qu'il avait, ce qui était tout de même bien curieux. De quoi avait-il donc besoin ? Nous avions une vie de rêve, bercée par les ors de New York ! Et lui s'y débattait, et passait pour le vilain petit canard... Quelque chose m'échappait. Je savais bien que pour rien au monde je n'aurais voulu porter le patronyme de Williamson, parce que j'avais son père en horreur, et Papa aussi ne l'aimait pas. Je savais aussi qu'Eric n'avait plus sa mère, mais et alors ? Il lui restait son père, et puis il avait le reste, les beaux immeubles, tous les habits et les cadeaux qu'il désirait. De quoi pouvait-il se plaindre ?!

    J'étais partagée entre deux états : la rage d'avoir perdu, d'avoir cédé. Mais la fascination aussi, pour cet inconnu dans lequel Williamson me plongeait, et qui attirait irrésistiblement une partie de moi, même si tout le reste freinait des quatre fers, car cela était dangereux...


    - Est-ce que je dois vraiment me justifier et te donner une réponse valable? Est-ce que tout doit avoir un sens, est-ce que tout doit être calculé ? J'ai fait ça, parce que j'en avais envie, c'est tout, pourquoi est-ce que tu t'acharnes à penser que tout le monde ici, agit uniquement par intérêt ?

    ... Nous n'étions définitivement pas de la même planète, et je répondis du tac au tac par un petit rire méprisant. Non, vraiment ! Il avait beau me dominer par la taille, je dardai mon regard un peu moqueur vers lui, comme si il avait été le roi des idiots, à me demander la faveur la plus stupide qui soit.

    - Mais bien sûr, voyons ! Nous avons été élevés comme ça... Tu l'as déjà oublié ? Et même si tu as envie de le faire, est-ce que tu ne crois pas qu'il y a trop d'enjeux pour céder à l'envie ? Alors si tu cèdes, je veux savoir pourquoi. Dans quel but ? Je plissai les yeux. Tout s'achète, Eric, tu le sais aussi bien que moi. Et je suis sûre que rien ne peut être gratuit.

    Comme pour prouver que j'avais raison, je resserrais un peu mon manteau sur mon épaule, parce que j'avais un peu froid, et mes bracelets s'entrechoquèrent - mes précieux bracelets en perles de Tahiti, rares et onéreux, que Papa m'avait rapporté de voyage.

    - Très bien, dans ce cas, est-ce que tu me laisses te montrer ?

    J'eus un petit haussement d'épaules - qu'avait-il encore derrière la tête ? Je le savais, mais j'étais trop curieuse pour l'arrêter comme j'aurais du le faire. Il attrapa mon menton et, pour la deuxième fois, je ressentis d'étranges frissons à l'intérieur de moi, parfaitement étrangers à ce que j'avais l'habitude de ressentir. Puis il m'embrassa de nouveau, et je me figeai, car même si ses lèvres étaient douces et que ce baiser était aussi agréable que nouveau, quelque chose me mettait mal à l'aise... Je n'avais jamais été si proche de quelqu'un, je n'avais jamais embrassé un garçon ainsi, cela restait quelque chose que les... grands faisaient, et que je ne pensais pas faire de si tôt car je voulais attendre que tous les hommes soient à mes pieds pour choisir (c'était ce que Papa avait toujours dit). Mais là, par deux fois, Eric Williamson me volait un baiser, purement et simplement.

    - Voilà ce que j'aimerais bien qu'on soit, enfin si tu es d'accord. On peut être un peu plus que des amis et sortir ensemble, qu'est-ce que tu en penses, il n'y a personne qui nous en empêche, non ?

    ... Et je ne savais pas comment réagir.

    - Sortir ensemble ?! répétai-je, tellement estomaquée que je n'eus même pas le temps d'être froide et moqueuse. Mais...

    Mais pourquoi se montrait-il si dénué de cervelle, tout d'un coup ?! Et comment faire, sous le joug de nos parents, de nos familles ennemies ? Les avait-il oubliées ? D'accord... D'accord il y avait Poudlard, mais même. Une rumeur était si vite portée par le vent, j'en savais quelque chose, car j'avais toujours particulièrement apprécié les colporter, vraies ou fausses. C'était un risque, un risque énorme, car si mes parents l'apprenaient, la honte serait mortelle ; la même chose pour le camp Williamson. Nous n'avions pas le droit - c'était aussi simple que cela. Et je n'étais certainement pas prête à tout sacrifier, notamment la grandeur de ma famille, pour le rejeton des Williamson.

    D'un autre côté... D'un autre côté, il avait le don d'éveiller des doutes en moi, ces choses que je n'avais jamais expérimentées. Je n'étais plus sûre de rien avec lui, je faisais semblant, mais tout s'effritait. Comment faisait-il ? Et surtout, pourquoi ?


    - Seulement à Poudlard, alors. Et en cachette.

    Méfiante, j'attendis sa réponse. C'était un test. Il pouvait très bien être en train de me faire tomber dans son filet pour que j'accepte, et pour qu'ensuite il révèle notre secret et me fasse perde toute crédibilité auprès de ma famille - ce n'était pas idiot, comme plan. Du coup, je contre-attaquais : en promettant le secret, je me protégeais, parce qu'il n'aurait pas de preuves, si ce n'était sa parole contre la mienne.

    Et puis, j'étais curieuse - j'avais envie, au fond de moi. De savoir ce que pouvait être de sortir avec quelqu'un...


    - Et si tu ne m'embrasses pas n'importe quand, conclus-je en relevant un peu plus la tête.

    Fière, je ne le quittais pas des regards, cachant à la perfection le sentiment qui m'agitait... Le sentiment de peur. Nous jouions  des jeux d'adultes, et moi, petite princesse entourée de tout et de tous, j'avais soudain peur d'être tout d'un coup jetée dans la cour des grands. Ces baisers me faisaient en même temps un effet plaisant, mais me faisaient peur, par la même occasion. Cette proximité avec Eric Williamson me repoussait jusqu'au fond de moi, et je n'étais pas prête de la supporter encore, tout en masquant mon incertitude.


    - Ca faisait longtemps que je n'étais plus venu. J'y venais souvent quand j'étais petit, au début de temps en temps et puis, c'est devenu de plus en plus quotidien au fil des années. Mais ça s'est un peu perdu ensuite. C'est comme ça. Mais rien n'a vraiment changé, je ne sais pas vraiment comment te l'expliquer, c'est différent parce que c'était moins abîmé avant, je tapai le bois du bout de mon talon, et pourtant, j'ai l'impression que la dernière fois, c'était comme si c'était hier. Est-ce que tu as déjà eu cette sensation toi aussi ? Alors ? Est-ce que ma proposition de tout à l'heure te convient ?

    Les lèvres un peu pincées, je l'écoutai parler avec une retenue certaine, sentant que nous abordions là des sujets jamais abordés auparavant. C'était le monde à l'envers et je n'arrivais pas à y croire : quelle comédie me jouait Eric ? Ou alors, pourquoi, par quel miracle trouvait-il en moi la personne à qui se confier, la personne vers qui se rapprocher ?! Ces deux concepts étaient si antinomiques que j'étais perdue, constamment perdue, dansant d'un pied sur l'autre, choisissant une seconde la méfiance, la seconde d'après, la confiance. Quelque part, j'avais envie de croire qu'il était sincère, parce que c'était une victoire pour moi, parce que j'avais été la plus forte, et qu'il m'avait cédé. Mais c'était la solution la plus facile, et je me jetais sans doute dans la gueule du loup en optant pour elle... Peut-etre qu'Eric n'attendait que cela, que je prenne confiance, pour d'un dernier coup de talon, m'écraser. Or, c'était impossible.

    - Oui, oui, avouai-je rapidement, sans m'étendre. J'avais accepté, n'est-ce pas ? Et non tu sais, ce qui est abîmé ne m'intéresse pas beaucoup, je préfère le beau et le neuf, répondis-je avec ma voix et mon ton de fille de bonne famille, mais quelque chose sonnait faux : j'étais un peu mal à l'aise. Rentrons, tu veux bien ? Je commence à avoir froid.

    Et nos parents allaient remarquer notre absence.

    Et je commençais à être de plus en plus craintive en sa présence. Comme si tout d'un coup, il avait une emprise dont je ne pouvais me défaire.

    J'attendis qu'il me laisse sortir la première d'où nous étions, et je levais ensuite mon bras pour lui signifier que je comptais bien le passer sous le sien... Après tout, c'était ce qu'il voulait, non ? Et la tête toujours haute, regardant droit devant moi avec un petit sourire de souveraine, j'attrapai son bras et me collais un peu contre lui, pour marcher dans les rues sombres de ce New York que j'avais l'impression de découvrir pour la première fois.


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Eric Williamson
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MessageSujet: Re: La face cachée des étoiles (Anthea)   Ven 18 Oct - 19:35

- Mais bien sûr, voyons ! Nous avons été élevés comme ça... Tu l'as déjà oublié ? Et même si tu as envie de le faire, est-ce que tu ne crois pas qu'il y a trop d'enjeux pour céder à l'envie ? Alors si tu cèdes, je veux savoir pourquoi. Dans quel but ? Tout s'achète, Eric, tu le sais aussi bien que moi. Et je suis sûre que rien ne peut être gratuit.
J'étais toujours entre ces deux états, comme si c'était Anthea en fin de compte qui me menait par le bout du nez. Ce n'était cependant pas ça que je recherchais, de toujours voir l'un au dessus de l'autre et inversement, mais visiblement, c'était là dessus qu'elle semblait vouloir s'arrêter à chaque fois, comme s'il n'y avait que les relations de force qui pouvait la faire aboutir au pouvoir et que tout ce que je pourrais dire ou faire n'y changerait rien, peu importe comment je m'y prenais. Parfois, oui, je me posais cette question... Est-ce que c'était moi qui me trouvais être dans l'erreur, qui n'était pas assez méfiant, et qui allait se retrouver poignardé dans le dos, si bien qu'il serait trop tard pour le réaliser ? Il y avait tous ces moments où Anthea montrait qu'elle était bien déterminée à ne pas changer, mais il y avait aussi les autres, plus rares, qui laissaient croire qu'il y avait cette part de doutes qui demeurait en elle, et que c'était cette part de doutes même que je me devais d'exploiter pour en tirer quelque chose. Est-ce que c'était moi qui était dans le mal de faire ça ? Je n'étais pas bien sûr, après tout, depuis le début, c'était nos parents qui nous montait la tête l'un contre l'autre dans une guerre sans merci qui pour l'instant n'avait vu aucun vainqueur et me laissait penser... Est-ce que ça en valait vraiment le coup ?

- Peut être mais tu sais, ce n'est pas non plus en ayant des idées arrêtées que ton père et le mien sont arrivés là où ils sont aujourd'hui, répliquai-je plus sèchement que je ne l'avais prévu au départ, parce que partout où j'étais sincère, elle voyait le vice, et parfois, je me demandais bien quand est-ce que j'allais actionner les bons boutons chez elle pour mettre fin à ces faux pas. Et justement, soulignai-je, si tu apprenais à céder un peu plus souvent, c'est là que tu verrais que chacun n'est pas chargé de mauvaises intentions et que ce qui ne s'achète pas ne se voit peut être pas, mais que cela a toujours de valeur que toute ta penderie.

Ce soir était décidément le soir des premières, parce que c'était également vraisemblablement la première fois que je lui parlais sur ce ton et de cette façon, mais en même temps, je ne voyais pas vraiment quoi faire d'autre. Et puis, je m'interrogeai. Est-ce qu'Anthea savait ce que c'était que d'être aimée ? Il y avait différentes sortes d'amour et je ne doutais pas qu'en ce qui la concernait, elle était bien assez comblée des multiples cadeaux qu'elle recevait en de simples claquements de doigts, et puisque ça la convenait et que c'était uniquement ce qu'elle avait connu, elle ne devait pas voir de raison à chercher les autres, l'amour que j'avais eu par exemple, et qu'aujourd'hui, je n'avais plus, puisqu'il s'était envolé avec l'âme de ma mère, et c'était de ça, moi dont je parlais, peut être bien que tout ceci était immatériel, mais elle m'avait donné une chose dont mon père était totalement dépourvu, l'affection, et ce n'était pas une grande surprise si à présent il était aussi froid que le métal, parce que tout ce qui n'avait rien à voir avec la quête du pouvoir rebondissait sur son torse pour être envoyé de chaque côté de la chaussée.
- Sortir ensemble ?! Mais...
Pour ce qui était d'Anthea, c'était tantôt l'un, tantôt l'autre, parce que son cœur était peut être encore trop inexpérimenté pour se fermer complètement aux expériences qu'il n'avait pas connu jusque là. Je la dévisageai tranquillement, en attendant qu'elle se décide, et en lui laissant le dernier choix en quelque sorte, parce que ce n'était pas ce qu'on devait beaucoup la laisser faire dans la vie de tous les jours, même si c'était ce dont elle était persuadée de penser. Mais est-ce que c'était de lui laisser le choix que de la faire évoluer dans une sphère dorée où d'accord, elle pouvait réclamer tout ce qui lui passait par la tête, mais qu'en aucun cas elle n'avait le droit de percer pour tracer le chemin qui lui appartenait sous craintes de représailles ?
- Seulement à Poudlard, alors. Et en cachette. Et si tu ne m'embrasses pas n'importe quand.
En cachette. Bien sûr, je ne pouvais pas nier m'être attendu à des conditions, mais de quoi avait-elle peur au juste ? Ce n'était pas nos familles qui allaient savoir quoi que ce soit de ce qui se passait à l'école !

- En cachette, répétai-je comme s'il s'agissait d'une évidence, prêt à faire l'effort devant cette demande qui ne me satisfaisait pas vraiment, mais d'un autre côté, j'étais curieux de savoir où est-ce que cela allait nous mener. Elle avait accepté et c'était l'essentiel, et je me dis que j'allais avoir le temps, de toute façon, d'en découvrir les raisons plus tard, puisque à présent, nous allions passer plus de temps ensemble, maintenant que la nature de notre relation était clarifiée.

En même temps, cela ressemblait à un jeu. Seulement à Poudlard. Je ne pouvais pas lui refuser, soit, parce que cela aurait été de mettre la charrette avant les bœufs que de lui imposer cela devant ses parents, qui comme le mien n'accepterait pas cette union et il valait mieux pour nous de nous focaliser sur une chose à la fois. Ce n'était pas tout à fait ce que je voulais mais comme nous étions deux à vouloir faire des concessions, cela ne me dérangeait pas tant que ça. J'eus un autre hochement de tête pour dire que j'étais d'accord à la dernière de ses requêtes formulées, et comme Anthea m'avait tout l'air d'être plus disposée à ouvrir ses horizons, je la lançai sur un tout autre sujet :
- Oui, oui. Et non tu sais, ce qui est abîmé ne m'intéresse pas beaucoup, je préfère le beau et le neuf. Rentrons, tu veux bien ? Je commence à avoir froid.
Elle venait de tirer sa révérence et de fermer les rideaux de la scène, et pendant quelques instants, je ne dis rien, avant de me mettre en marche moi aussi, et de ne m'arrêter juste devant les petites marches, afin qu'elle me précède. J'étais cependant bien décidé à lui faire plaisir, afin de rester sur une note plus agréable, chassant dans un coin de mon esprit tout un tas d'autres pensées qui ne demandaient plus qu'à être évacuées, parce que tout à coup, je sentais que le moment des confessions étaient dépassé et je préférais certains secrets ne pas être découverts.

- Tu as raison, après tout, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas,
j'eus un sourire qui voulait dire « Tu vois que nous sommes capables de trouver un terrain d'entente, il suffit juste d'être un peu plus à l'écoute des autres », et j'eus le rapide souvenir à ce propos, du stylo coûteux que je lui avais offert lors du bal de Noël, car ça rentrait dans la catégorie du beau et du neuf.

Galamment, je pris son bras pour le caler contre le mien afin de réchauffer Anthea du mieux que je pouvais afin que nous puissions regagner la soirée avant que qui que ce soit ne remarque que nous avions disparu, ce qui pouvait véritablement attirer des ennuis. En regagnant les rues pleines de New York, je me posais cette question : a quel moment Anthea déciderait elle de s'écarte de la position que nous formions à l'approche de la prestigieuse cérémonie que nous avions délaissée ?

Terminé.

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