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Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)

 

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 Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)

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Ana Falkowsky
Élève de 6ème année



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MessageSujet: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Dim 20 Jan - 13:54

Cela faisait maintenant plusieurs fois que j’étais venue rendre visite à Theo aux Trois Balais, comme il me l’avait proposé quand on s’était rencontré. D’abord, lors des journées spéciales Pré-Au-Lard qu’organisait de temps en temps Poudlard ; puis, y prenant vraiment goût, j’avais commencé à chercher un autre moyen de m’y rendre, hors horaires autorisées. Et donc, ne pouvant décemment pas passer par la grande porte pour m’y rendre tranquillement alors que je devrais être dans mon lit à cette heure là, j’avais du… trouver un autre moyen. Un autre passage je veux dire. Et qui était la personne la plus susceptible de mon « entourage » de connaître un passage secret pour aller à Pré-Au-Lard ? Je vous le donne en mille : Caleb Matthews. Dans d’autres circonstances j’aurais sans doute préféré demander à mes frères –quoi que, les deux m’étaient à peu près aussi insupportables- mais je savais qu’avec eux, je n’aurais pas échappé à un demi-millier de questions sur le pourquoi du comment de ces visites, et je voulais à tout prix éviter ça.

C’est-à-dire que ces visites étaient spéciales ; je dirais presque secrètes. En effet, je n’en avais parlé à personne, mais cela tenait plus au fait que je n’avais de toute manière personne à qui parler. Enfin peu importe, de toute façon, même si ça avait été le cas, je ne l’aurais sans doute pas fait. Parce que, dans mon idée du « récit d’aventures » à une amie, il faut justement expliquer le pourquoi du comment, et ça, ça aurait trop difficile. Je ne me voyais pas vraiment dire à qui que ce soit que ces moments passés avec Theo je me mettais dans la peau de quelqu’un d’autre, quelqu’un d’humain, de posé, de sociable. Quelqu’un de presque gentil. Et que cela me faisait beaucoup de bien. Oui, je me voyais décidément très mal dire ça à qui que ce soit.

Alors c’était devenu mon petit secret, et aussi, ce qui me faisait passer plus vite les journées ; j’attendais avec impatience ce moment où j’allais pouvoir devenir quelqu’un d’autre. Dans ma tête, je me visualisais un peu ça comme une question d’apparence ; à Poudlard, j’étais le glaçon vivant qui rasais les murs et ne parlait à personne ; tandis qu’au Trois Balais, je me mettais dans la peau d’une personne normale et agréable. Ça s’apparentait presque à un jeu de rôle ; à cela près que je ne jouais pas. Ces entrevues étaient devenus pour moi le moment attendu de la semaine : je m’étais fixé une limite à une visite par semaine, principalement par crainte de lasser Theo, et aussi parce que j’avais peur qu’en se fréquentant trop, il finisse par se rendre compte que je n’étais pas vraiment celle que je paraissais. Et ça, il ne le fallait vraiment, vraiment pas.

Au fur et à mesure de nos discussions, j’avais pu me rendre compte que Theo avait l’air d’être quelqu’un de naïf, insouciant et qui semblait pardonner relativement facilement, alors peut-être n’aurait-il pas prit peur s’il me voyait telle que j’étais vraiment, je ne sais pas. Mais toute cette histoire de me mettre dans la peau d’une autre quand j’étais avec lui m’était montée à la tête, et maintenant je ne pouvais plus envisager une seule seconde lui montrer mon « vrai visage ». Pourtant, je m’étais beaucoup posé la question : comment réagirait-il s’il me voyait agir avec les autres ? J’avais vraiment essayé de me convaincre qu’il ne prendrait pas la fuite, mais au fond, je savais bien que je lui ferais peur, à lui aussi. Que quand il verrait à quel point j’étais froide et incapable de ressentir quoi que ce soit pour qui que ce soit, il comprendrait que je suis inintéressante.

Je crois qu’aussi bizarre que ça puisse être, j’avais peur. Ça me faisait vraiment tout drôle parce que je m’étais longtemps crue invincible, surtout à ce genre de sentiments humains tels que la solitude ou peur de décevoir. Parce que c’était ce qui allait arriver, il allait être déçu. Personne n’aimait les gens froids. Comme Ruby, ils pensent pouvoir les changer, et quand ils se rendent compte que ça ne marche pas, ils leur balancent à la gueule tout ce qu’ils peuvent trouver pour leur reprocher d’être né. J’avais mis longtemps à comprendre qu’elle n’avait peut-être pas faux sur toute la ligne, elle, justement ; que peut-être qu’au fond, c’était ma faute et uniquement la mienne si je n’arrivais pas à aimer les autres, à me faire vraiment à leur présence, à vivre avec eux et à les supporter. Elle, n’y était pour rien, et avait même sans doute mieux compris la vie que moi, puisqu’elle avait des amis et pas moi. Au final, ça se résumait à ça.

Mais toutes ces histoires, Theo ne les connaissait pas, et dès que la conversation déviait sur moi et ce genre de choses, je la détournais habilement de manière à éviter d’être embarrassée s’il me demandait de lui raconter une de mes expériences à Poudlard, une bêtise que j’aurais fait avec des amies, un ex avec qui j’aurais une histoire marquante. Le barman ne suspectait pas une seule seconde que ma vie sociale se résumait à peu près à lui ; et que les rares personnes qui tentaient de s’accrocher à moi, je les envoyais promener aussitôt. C’était bizarre, d’être si près et pourtant, de me sentir si loin de quelqu’un ; car lui me parlait avec franchise et honnêteté –du moins, j’en avais l’impression-, me racontait des choses de la sa vie, des trucs qu’il avait vécu, me parlait de ses amis, de ses années à Poudlard... Et moi, à côté, j’avais l’impression qu’en fait, j’étais une étrangère pour lui, parce que à part quelques trucs sur ma famille et deux trois trucs inutiles sur comment je m’en sortais en cours, Theo ne savait vraiment rien de moi. Il devait être à mille lieux de se douter qu’il parlait en fait à la plus grosse insociable qu’il n’ai jamais rencontré, et que ça me faisait tout drôle de rendre visite comme ça à quelqu’un, parce que je ne l’avais jamais fait.

C’était un drôle d’équilibre, et malheureusement je sentais qu’il ne pourrait pas tenir longtemps, parce qu’un jour où l’autre, je commettrais une bourde, et il me faudrait alors couper les ponts. Mieux vaut redevenir un glaçon à plein temps que de le côtoyer et affronter son regard déçu. Alors je profitais de chaque visite que je lui rendais, chacune ayant comme un goût de dernière fois.

Il était un peu plus de vingt heures ce soir, quand je me rendis au passage de la sorcière borgne, comme me l’avait expliqué Caleb des semaines plus tôt. Je vérifiais une dernière fois que je n’étais pas suivie, ce qui était inutile parce que je ne l’étais jamais –qui aurait l’idée de s’intéresser à moi ?- et fonçais à travers le petit tunnel. Je débouchais quelques minutes plus tard dans la rue à présent bien connue de Pré-Au-Lard, et, sans perdre de temps, me mis à marcher activement vers les Trois Balais. C’était un soir de semaine, et il faisait plutôt froid ; les gens n’avaient alors pas très envie de sortir et le bar était, à ma grande satisfaction, relativement vide. Quand il y avait du monde à servir, Theo n’avait pas trop le temps de parler, et il y avait toujours des tas de petits vieux flippants qui écoutaient notre conversation en me regardant d’un peu trop près.

Mais là, à part quelques clients par-ci, par-là, le bar était désert, et Theo occupé à nettoyer –sans doute pour la énième fois- le comptoir. Je poussais ma porte, les doigts engourdis par le froid, et me faufilai à l’intérieur. Lorsque Theo m’aperçus, il me sourit et je lui rendis son sourire, toujours un peu timidement. J’enlevais mes gants et mon écharpe tandis que je m’avançais vers le comptoir, puis mon manteau que j’accrochais au porte-manteau avant de m’asseoir. Aussitôt, je ressentis ce sentiment inexplicable d’être là où je devrais être, ce qui était idiot parce qu’à cette heure-ci, j’étais plutôt supposée lire dans la salle commune, ou faire mes devoirs. Et c’est ce que j’aurais fait en temps normal, d’habitude ; mais pas ce soir. Ce soir était un soir spécial.


-Salut, lui lançais-je, souriant toujours. Soirée tranquille, hein ?

Un petit coup d’œil aux alentours me permit de confirmer qu’il n’y avait vraiment pas grand monde, et vu la tête que tirait Theo en nettoyant son comptoir tout à l’heure, la soirée n’avait pas du être folichonne. Pourtant, je savais que la mienne allait l’être. Etait-ce pareil pour lui, ou avait-il tellement l’habitude de la compagnie que cela ne lui faisait plus rien ? Difficile à dire. Mais comme la « fausse moi » était un peu plus bavarde que la « vraie moi », je décidais de tenter une approche discrète.

-Je peux avoir une bièraubeurre, s’il te plaît ? Et… si jamais je deviens lourde, n’hésite pas à me le dire, hein, dis-je avec un petit sourire pour faire mieux passer le tout.

Je savais Theo bien trop diplomate pour me répondre de but en blanc que je le saoulais à venir aussi souvent, alors je comptais davantage sur ses yeux que sur ses mots pour me révéler si oui ou non j’étais de trop ce soir. Je n’avais pas la moindre idée de combien de fois par semaine des « amis » étaient sensés se voir pour rester dans la limite sur raisonnable, et encore une fois, je ne me voyais demander ça à personne. Ils se moqueraient de moi. Mais Theo n’était pas comme eux.

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Theo Gray
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MessageSujet: Re: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Dim 20 Jan - 19:28

*

"Listen, I can hear a voice
I need a helping hand
Just to beat the void, I need a mission
A dream to stop me talking to myself

And now the silence is broken
And my soul is to sell
I need to pick up the pieces
To scatter to the wind
Hold the city to your ears
You can hear the wind come in."

Je repliai la lettre que je venais de lire accoudé au comptoir, et la fourrai dans ma poche de mauvaise humeur. En ce moment, ma mère se faisait de plus en plus pressante dans son courrier, les questions et les reproches fusaient constamment sous les courbes de sa plume. Mon ‘métier’ de barman qui l’insupportait, mon comportement toujours trop adolescent à son goût, ma collocation avec Simon qui ne m’aidait pas à trouver quelqu’un de bien –comme si j’en avais envie tiens ! Mais en ce moment, ce n’était pas ça le sujet de la plupart de ses hiboux. C’était Margaux, ma grande sœur qui venait de fêter ses 22 ans. C’était la fille chérie de la famille, beaucoup plus que l’était Leïla. Ma petite sœur était un peu comme moi, nous étions le duo gagnant mais insupportable aux yeux de nos parents. La seule différence était qu’elle, c’était une Serpentard, et elle savait obtenir les faveurs de qui elle voulait. Moi avec l’autorité parentale, je ne prenais pas de gants, quitte à avoir quelques problèmes. Guillaume donc, et Margaux, étaient les aînés, les petits prodiges qui réussissaient très bien leurs vies. Alors évidemment, lorsque ma grande sœur développa le mois dernier une maladie assez étrange et inconnue, toute la famille s’est mise en alerte – et moi aussi, bien sûr. Elle souffrait de perte de mémoire et de tremblements qui laissaient entendre que son cerveau était touché. Evidemment, je commençais à sérieusement m’inquiéter, comme tout le monde. Et au fond, le reproche de ma mère commençait à se faire plus présent et juste dans mon esprit. Ce qu’elle me reprochait ? Mon absence. Margaux avait besoin de moi, ma mère n’avait pas tort. J’avais donc commencé à réfléchir à une solution, j’envisageais de ne travailler que le week-end et de passer ma semaine à Londres –mais il fallait sérieusement que je m’améliore en transplanage parce que pour le moment c’était poudre de cheminette, et ça coûtait une plombe.

Je n’avais pas envie de retourner à Londres, pas du tout. Je ne voulais pas quitter Simon, avec qui je m’entendais de mieux en mieux –si c’était possible- depuis que nous étions en collocation. Je vivais au rythme des bierraubeurres servies et de celle que je buvais le lundi soir, mon unique soir de congé, ou même après la fermeture du bar. J’avais fait connaissance avec beaucoup d’habitants aussi et il ne fallait pas croire, mais il y avait pas mal de jeune ici. Les villages sorciers attiraient souvent des jeunes qui cherchaient un petit boulot, et qui avaient encore le sens de la fête que je n’avais pas encore perdu. En fait, je savais très bien ce que me reprochait ma mère. Je continuais à vivre comme un étudiant, un adolescent, sans réfléchir vraiment à mon futur et aux conséquences. Elle n’avait encore un fois pas totalement tort, mais je n’avais pas envie de me prendre la tête en ce moment. Je faisais tout pour me débrouiller tout seul financièrement, certes c’est eux qui possédaient l’appartement mais bon. A chaque dispute, ça revenait, toutes les excuses étaient bonnes en ce moment. Ça m’insupportait d’autant plus que pour le moment, c’était sur Margaux que nous devions nous concentrer, et évacuer la colère sur moi n’allait pas la guérir. Et puis, honnêtement ? Plus elle était malade, plus je refusais de l’accepter et je préférais vivre ma vie de jeune comme si de rien n’était. En gros, je gagnais du temps. Mais je savais très bien que mon retour auprès de ma sœur n’était qu’une question de temps –le poids des responsabilités revenait doucement.

Mais pour le moment, je n’étais pas encore parti. Je bossais toute les journées aux Trois Balais, servant des étudiants assoiffés de liberté et d’amusements. J’enviais toujours leurs détachements, leurs innocences que je ne pouvais plus avoir. Le boulot n’était pas très fastidieux pour être honnête, mais si certains clients étaient particulièrement chiants. Je passais la plupart de mon temps à prendre les commandes, les servir, nettoyer le comptoir, débarrasser les tables, encore et encore. Par contre je devais bien avouer que la paye n’était pas mauvaise, surtout à l’aide des pourboires –avoir une belle gueule pouvait vraiment aider dans le métier. J’essayais de mettre de côté car Simon continuait de me dire que ça pourrait nous servir si on voulait percer dans la musique, s’auto-produire, mais l’argent filait bien souvent entre mes doigts sans que je fasse vraiment attention. C’était bien connu, j’étais tête en l’air, et faire les comptes ne me ressemblaient pas. Les soirées, les sorties, la bouffe, et hop, à la fin du mois, il n’y avait plus grand-chose à mettre sur le compte. Je devais bien l’avouer, en ce moment, je n’étais pas très sérieux. Pas du tout, même.

Il y avait cependant une cliente que j’appréciais beaucoup. Je n’étais pas sûr d’ailleurs que je puisse la qualifier ainsi, car elle venait ici plutôt pour me voir je crois, en tout cas dès qu’elle était ici, c’était face à moi au comptoir et nous discutions entre mes diverses commandes. Ana Falkowsky. Elle passait généralement le mardi soir, c’était à ce jour-là qu’il y avait le moins de monde et que je pouvais discuter le plus librement avec elle. Honnêtement, j’oubliais très souvent son âge, et j’avais du mal à la considérer comme une gamine de quatrième année égale à celle qui déambulait souvent au bar –et qui étaient insupportables. Du coup parfois, nos conversations déviaient et je réalisais soudainement que je ne parlais qu’à une fille de 15 ans et que peut-être je la mettais mal à l’aise avec mes histoires de soirées, de filles, d’argent etc. Mais elle me paraissait… Tellement plus âgée, mentalement. Elle faisait preuve d’une maturité déconcertante sur un tas de sujets et régulièrement, je me demandais pourquoi est-ce qu’elle venait toujours seule ici et pourquoi elle n’était pas entourée d’une joyeuse bande d’amis. Des filles comme ça, à son âge, on les cherchait comme des diamants. Enfin, bon, moi, j’avais trouvé Erika en quatrième année hein… En octobre plus précieusement, le 24. J’étais pitoyable de m’en souvenir.

Oh, Ana venait d’arriver, à l’heure habituelle en plus ! J’eus un immense sourire en la voyant –je n’avais pas envie de penser à Erika ce soir.


-Salut. Soirée tranquille, hein ?

Elle avait enlevé son manteau, écharpe et tout le barda, signe qu’il devait faire vraiment frais dehors. Elle lança également de ses pupilles bleus impériales un regard circulaire sur la salle, qui était en effet calme. C’était mieux pour nous de toute manière, être interrompus par des commandes à longueur de soirée, ce n’était pas très pratique surtout quand on était lancés dans la discussion –notre débat sur la possible maladie mentale de Woodley avait été coupé trop de fois à mon goût !

- Comme tous les mardis ! Répliquai-je joyeusement, en laissant de côté mon chiffon, alors que le comptoir brillait comme d’habitude.

La cloche sonna, signe qu’un ou plusieurs clients venaient d’entrer, mais la voix reprit mon attention de nouveau.


-Je peux avoir une bièraubeurre, s’il te plaît ? Et… si jamais je deviens lourde, n’hésite pas à me le dire, hein.

Cette timidité gênée chez Ana, très régulière, m’étonnait toujours. S’il y avait bien un endroit où personne n’allait la juger, c’était ici, et surtout moi. C’est moi qui lui avait proposé de venir, elle était mon invité et honnêtement s’il n’en tenait qu’à moi j’aurais apprécié sa compagnie plus souvent –elle était même plus intéressante que mes collègues, sérieux !

- A part en abusant de la bierraubeurre, dis-je en posant devant elle un verre rempli du liquide mousseux, je ne vois pas trop comment tu pourrais devenir lourde. Lançai-je joyeusement, avec un clin d’œil. Alors, cet exam de botan…

Mes doigts se crispèrent sur le comptoir. Mon attention avait été attirée par un jeune homme au fond de la salle que je connaissais très bien, et pour cause… C’était avec lui qu’Erika m’avait si rapidement et gentiment remplacé. Je figeai légèrement, réalisant soudainement qu’il n’était pas seul. Evidemment.

C’était elle.

Dès que je pris conscience de sa présence, il me sembla sentir son parfum dans chaque recoin de la salle. Ses boucles blondes se mirent à briller, et je sus que ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle se retourne et que je croise ses pupilles vertes. 3… 2… 1. Et la voilà qui me lançait un petit sourire et s’approchait du comptoir, dans sa robe qui moulait parfaitement chaque courbure de son corps élancé que je connaissais par cœur.


- Theo… Et son sourire, son putain de sourire brillant, sans aucune gêne aucune, parce qu’elle avait tourné la page –j’étais à la ramasse. Je fus incapable de prononcer quoi que ce soit. Je ne savais pas que tu travaillais ici. Je suppose que tu te souviens ce que je prends, n’est-ce pas ?

Et son petit ton amusé, comme toujours. Elle s’était placé debout, juste à côté d’Ana qui visiblement ne devait pas comprendre grand-chose. C’était normal d’un côté… Je ne lui avais pas décrit Erika, à vrai dire, je ne lui en avais même jamais parlé. J’étais passé très vite sur le fait que j’avais eu une petite amie, je n’avais même pas précisé la durée ni son prénom et Ana, toujours aussi mature, avait compris que je ne souhaitais pas m’étendre sur le sujet.

- Cerise. Réussis-je à articuler, tout en servant un verre en tentant de ne pas trembler. Je devais être tout pâle, j’avais un creux dans la poitrine. Depuis que nous étions partis de Poudlard, je ne l’avais plus jamais vu…

- Bien entendu ! Elle eut un petit rire, avant de finalement remarquer Ana –que je n’osais pas regarder depuis le début de cette conversation. Et bien, tu me présentes pas ?

Elle continuait à rire, parce qu’elle avait toujours été comme ça, décomplexée, un peu grande gueule mais toujours aussi séduisante. J’avais la gorge séchée et finalement, je réussis à ouvrir la bouche et regarder Ana, très furtivement.

- Ana, c’est Erika. On…

- … est sorti ensemble à Poudlard, pendant quatre ans… Enfin, presque, n’est-ce pas Theo ?
J’hôchais la tête. J’avais envie qu’elle se casse, qu’elle prenne sa putain de bierraubeurre à la cerise et qu’elle se barre… Mais à la place, elle pointa Ana du doigts avec un petit air entendu et amusé. Donc c’est la nouvelle moi ? Elle est pas un peu jeune quand même ?

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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Dim 27 Jan - 20:47

Qu’est ce que Theo pensait de moi ? Est-ce qu’il se rendait compte de mon petit stratagème pour éviter ses questions auxquelles je n’aurais pas de réponse, est-ce qu’il voyait la lueur d’admiration dans mes yeux lorsqu’il me parlait de ses aventures si palpitantes lorsqu’il était à Poudlard ? Sans doute pas. Si le barman m’avait l’air bourré de qualité, le genre qui a beaucoup d’amis et qui s’en fait très facilement surtout, la perspicacité ne semblait pas en faire partie. Tant mieux pour moi, ça me donnait un peu plus de temps avant qu’il ne soit dégoûté en découvrant qui je suis réellement. Oui, peu importe ce qu’il pensait de mi après tout, parce que c’était de toute manière erroné. S’il dressait un portrait moral de moi à quelqu’un qui me connaissait, à coup sûr, la personne ne m’identifierait pas.

Mais c’était de ma faute bien sûr. Je savais que c’était mal, et pire que tout égoïste. Parce que Theo était gentil et semblait avoir une confiance infinie en les autres. Quand il verrait à quel point il avait eu tort sur moi, il serait très, très déçu. Peut-être même que ça lui ferait du mal. Je savais que depuis le début, dès que j’avais mis ce masque de gentillesse en place, je jouais un jeu dangereux, mais à présent que je commençais avec lui à saisir un peu mieux le sens du terme « amis », les enjeux n’étaient plus les mêmes. Je ne risquais plus seulement de me retrouver de nouveau seule, mais j’allais blesser Theo. C’était trop tard maintenant pour faire marche arrière, la machine était lancée et je ne pouvais plus l’arrêter.

J’avais songé à m’enfuir, à couper les ponts comme je l’avais fait sans difficultés avec Ruby des années plus tôt. Après tout, c’était ce pour le quoi j’étais le plus douée, non, repousser les gens ? Theo se demanderait pendant un temps ce que c’était mon problème, mais après, il ferait ce que font tous ces gens à la causette facile ; ils oublient. Il m’oublierait et se rappellerait peut-être de temps en temps de moi comme la petite Serpentard un peu dérangée qui l’avait plantée du jour au lendemain. Seulement voilà. Je n’en avais pas le courage. A chaque fois que je me disais que ça suffisait comme ça, que je commençais à y prendre un peu trop goût, à ce masque, et qu’il fallait que ça s’arrête, mon manque de volonté reprenait le dessus, et je me retrouvais aux Trois Balais.


- A part en abusant de la bierraubeurre, je ne vois pas trop comment tu pourrais devenir lourde, me répondit-il l’air si spontané que je ne parvins même pas à douter de la véracité de ses paroles.

Il ne devait pas se rendre compte à quel point même des choses aussi simples pouvaient faire plaisir à ceux qui sont si peu habitués à de la gentillesse naturelle. Je sentis mes joues me brûler, et je baissais les yeux. Il ne me trouvait pas lourde alors. Je sentis une chaleur dans mon ventre qui n’avait rien à voir avec la bierraubeurre qu’il venait de me servir, mais réellement parce qu’en cet instant, je me sentais bien. Je n’avais pas l’impression de gêner, d’être de trop.


-Alors, cet exam de botan… reprit-il, avant de s'interrompre.

Je relevais la tête, pour voir ce qui l’avait fait se couper, et perçus son regard fixé derrière moi, pratiquement terrifié. Perplexe, je tournais la tête, me demandant ce qui pouvait bien le figer ainsi, à moins qu’un mangemort n’ai passé la porte du bar… ce qui était relativement improbable. A la place, mon regard se posa sur un groupe de jeunes adultes d’environ l’âge de Theo, dont une blonde pulpeuse et exubérante se détacha, pour approcher du comptoir ou le barman et moi étions. Tout dans sa démarche pleine d’assurance, sa coiffure, son maquillage, ses vêtements, son parfum, jusqu’à son sourire malicieux me donnèrent envie de reculer dans mon tabouret quand elle s’approcha. Je misais sur Serpentard, pour celle-là. Le genre pure et dure, à la Winter.

- Theo… -Brrr, même cette voix mielleuse et aguicheuse me dégoûtais- je ne savais pas que tu travaillais ici. Je suppose que tu te souviens ce que je prends, n’est-ce pas ?

- Cerise, répondit le barman, tendu jusqu’à la moelle.

- Bien entendu !


Je lançais un regard surpris à Theo, qui ne le vit même pas tant il semblait obnubilé par la nouvelle arrivante. Ils se connaissaient, et visiblement très bien, s’il connaissait jusqu’à son parfum de bierraubeurre. Il semblait mal à l’aise au possible, et elle, au contraire, parfaitement tranquille. Ça accentua ma mauvaise impression sur cette fille qui mettait délibérément le garçon dans une mauvaise position, car Theo n’était pas très doué pour cacher ce qu’il ressentait et il aurait aussi bien pu écrire sur son front qu’il était mal à l’aise.

Qui était cette fille qui captivait à ce point son attention ? J’avais l’impression qu’à l’instant où il l’avait vue, il n’y avait plus qu’elle dans la pièce, aux yeux de Theo. Ça m’irritait un peu, que cette pimbêche –je ne la connaissais pas, mais là j’étais sûre d’avoir raison- vienne captiver toute l’attention de Theo, pile le soir où j’étais venu le voir. Ça ressemblait un peu à de la possessivité tout ça, mais je ne pouvais pas nier que j’étais très impatiente que cette blonde prenne sa bierraubeurre à la cerise et s’en aille, que l’on puisse reprendre notre conversation.

-Et bien, tu me présentes pas ?

Sauf qu’apparemment, elle n’en avait pas envie.

Elle venait de remarquer ma présence, et cela eut le don de m’agacer encore plus. Theo, lui, semblait vouloir rentrer son terre. Allons bon, c’était le monde à l’envers ou quoi ? Quels pouvoirs avait cette fille pour arriver à enlever son assurance naturelle à Theo ? Il la lâcha des yeux une fraction de seconde, le temps de me jeter un rapide coup d’œil, et la fixa de nouveau. S’il n’arrêtait pas vite, il serait bientôt encore plus pâle que moi –et ça, il fallait le vouloir.


- Ana, c’est Erika. On…

J’avais tendu l’oreille, dans l’espoir que Theo reprendrait un peu de contenance avec cette question, mais l’autre acheva de le mettre mal à l’aise en le coupant.

- … est sorti ensemble à Poudlard, pendant quatre ans… Enfin, presque, n’est-ce pas Theo ?

Voilà donc la fameuse ex que le barman était si peu désireux d’évoquer dans nos conversations… eh bien je comprenais pourquoi. Lui qui était quelqu’un de si simple et si pur, j’avais du mal à comprendre ce qu’il avait pu foutre pendant quatre ans avec une pimbêche pareille. Mais bon, on dit que les gens sont souvent attirés par leur opposé, alors là, c’est sûr qu’il l’avait bien trouvée. N’empêche, il aurait pu trouver un opposé plus glorieux. En plus, à voir l’un des garçons de son groupe d’amis qui était retourné et ne la lâchais plus des yeux, elle l’avait déjà remplacé. Et puis ses vêtements semblaient dire pour elle « tout le monde m’est passé dessus ». C’était vraiment ça, le genre de filles de Theo ?

-Donc c’est la nouvelle moi ? Elle est pas un peu jeune quand même ?

Et mal élevée avec ça, elle se mit à me pointer du doigt. Mais mon cerveau s’était arrêté à « elle est pas un peu jeune ? ». Je lui lançais un regard meurtrier. Voilà pourquoi elle m’énervait autant. Son assurance et sa façon d’être me rappelaient inconsciemment Kathleen. Certes, en une sorte de mauvaise caricature, mais cette phrase, là, dite avec cet air supérieur et ce petit rire, me donna envie de lui en coller une. Sans doute l’aurais-je fait, mes anciens réflexes reprenant le dessus, si Theo n’avait pas été là. Je ne voulais pas lui montrer ce côté-là de moi, certainement pas. Je m’efforçais de me calmer, mais au fond de moi, ça grondait. Et, inlassablement, je me demandais : QU’EST-CE QUE CA FAIT QUE JE SOIS PLUS JEUNE ??!

-Je ne suis pas « la nouvelle toi », répondis-je froidement, les dents serrées.

Non mais, et puis quoi encore ?!!

-Maintenant, si tu veux bien retourner avec ce gars là bas qui te déshabille du regard… je le désignais du menton. Tu interromps une conversation.

La blonde me dévisagea, son sourire fanant instantanément. J’affrontais son regard sans ciller, mes azurs glaciaux la toisant, l’incendiant mentalement. On se testa mutuellement du regard comme ça pendant un instant, et finalement, après un haussement de sourcils hautain, et un dernier regard à Theo qui avait baissé les yeux, elle s’en alla. Je la suivis des yeux, priant pour qu’elle tombe du haut de ses échasses, mais elle n’en fit rien. Quand le gars qui devait être son nouveau copain tendit le bras pour l’attraper et qu’elle s’assoit sur ses genoux, je pivotais face à Theo, et déplaçais mon tabouret de manière à cacher son ex. Qu’il n’ait pas en plus à supporter ce spectacle.

Je n’avais jamais eu de copain, et donc jamais d’ex, alors ça me faisait bizarre d’être humaine au point de comprendre à quel point ça devait être dur pour lui. Il semblait totalement abasourdi, maintenant, et fixais le comptoir d’un air absent. Décidément, cette idiote avait bien ruiné ma soirée. Et moi qui me faisais une joie de parler avec Theo, voilà qu’elle l’avait rendu aussi bavard qu’un caillou. Bon. Je décidais de prendre les choses en main. S’il ne voulait pas parler, alors j’allais commencer.

-Au risque de te vexer, je trouve qu’en matière de fille tu as très mauvais goûts, lançais-je avec un petit sourire, pour détendre l’atmosphère.

Et encore, c’était dit très subtilement, car ça aurait été quelqu’un d’autre que Theo, j’aurais sans doute tourné ça en quelque chose comme « Non sérieux tu t’es tapé cette pouffe ? », mais il était visiblement en état de choc, et cette fille l’avait sans doute blessé aussi, alors le tact était de rigueur. Je me rendis compte qu’il avait donc un véritable pan de sa vie que je ne connaissais pas, du coup, et ça me fit vraiment bizarre. Il avait bien sous entendu de temps en temps quelque fois avoir eu une copine, mais sa manière d’en parler, ou de justement ne pas le faire, m’avait laissé à penser que ça n’avait pas été sérieux. En fait, ils étaient sortis ensemble quatre ans !

J’eus l’impression de ne pas le connaître si bien que ça en fin de compte, et ça me serra le cœur. Avait-il jugé inutile de m’en parler parce que j’étais trop jeune ? Pensait-il comme son ex que je n’étais pas assez âgée pour comprendre tout ça ? J’eus un pincement au cœur. Non, je n’avais pas le droit de penser ça, de lui en vouloir de m’avoir caché une si longue phase de sa vie, moi qui ne lui avait pratiquement rien dit de la mienne. Je savais tout de même beaucoup plus de choses sur lui que lui n’en savait sur moi. Je n’étais donc pas si immature à ses yeux… non ?

-J’imagine que ce n’est pas aussi simple que ça, mais tu devrais vraiment l’oublier. Et ne me fais pas croire que c’est déjà le cas, ajoutais-je en lui lançant un regard entendu.

C’était très bizarre de parler d’amour, même avec Theo avec qui je n’avais pourtant pas vraiment de mal à parler de tout et de rien. Seulement, l’amour, les copains, tout ça, je n’y connaissais strictement rien, et là, je m’engageais sur un terrain glissant. Si la conversation déviait sur moi et que Theo se rendait compte que je n’avais aucune expérience, il me regarderait bizarrement, c’était certain. Car à quinze ans, toutes les filles normales ont déjà vécu de genre de choses…

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Theo Gray
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MessageSujet: Re: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Jeu 31 Jan - 18:27

Pourquoi était-elle ici ? Il n’y avait aucune raison, et je le savais bien, elle bossait à Londres maintenant. Avec… L’autre là. Elle avait réussi assez brillamment ses ASPIC parce qu’elle réussissait généralement tout ce qu’elle entreprenait. Elle était comme ça, une vraie Serpentarde, bien décidée à se faire une place dans tous les environnements qu’elle fréquentait. Et le monde du travail ne serait qu’un nouveau pour elle, et elle comptait bien réussir. Son domaine ? La métamorphose. C’était sa matière favorite, et elle avait postulé pour un poste à Gringotts pour les protections des coffres, c’était lié avec les sortilèges qui étaient aussi son domaine de prédilection et je savais qu’elle avait été prise. Non pas que nous parlions encore après notre rupture, mais je l’avais entendu dire durant la dernière soirée des septièmes années. Car oui bien sûr, outre écraser toutes affections qu’elle avait pu me porter, elle avait aussi balayé l’amitié. Plus que ma petite-amie, elle avait été ma meilleure amie à mes yeux, et sa manière rapide de couper les ponts m’avait laissé… Dans un état assez douloureux. Mais je savais qu’elle était ainsi, elle était un peu lunatique et refusait de laisser traîner les choses. Avec elle, c’était tout ou rien, elle avait un caractère bien trempé et il ne s’agissait pas de la contredire. Alors si elle ne voulait plus de moi dans sa vie, je n’avais rien à faire.

Je me demandais simplement toujours… Quand ? Pourquoi ? Parce que c’était arrivé tellement brutalement pour moi, alors que ça semblait être mûrement réfléchi chez elle. Elle était impulsive mais avec ce qui nous avions vécu, elle ne pouvait pas juste tout effacer d’un revers de main. Surtout pour sortir une semaine après avec un autre, avec qui elle était toujours aujourd’hui ce qui me prouvait bien que ce n’était pas un coup d’un soir pour m’oublier. Je n’allais pas mentir, notre relation n’avait pas toujours été simple. Parce que nous nous connaissions par cœur, et que nous avions grandi ensemble. Chaque qualité de l’autre nous était aussi essentielle que les défauts qui pourtant nous exaspéraient car nous étions simplement humain et surtout qu’Erika avait une grande gueule. On s’engueulait parfois, on se réconciliait toujours. Nous étions inséparables et à la fois, nous ne supportions pas de rester toujours coller ensemble, alors parfois on explosait parce que nous étions tous les deux jaloux mais épris de liberté. Mais au fond, je savais très bien que je l’aimais, qu’elle m’aimait et pour moi il n’y avait jamais eu de questions. Jusqu’à ce jour-là. Avec le stress des ASPIC et les révisions, nous nous étions un peu éloignés certes et nous étions beaucoup sur les nerfs. Pas au point de se quitter, du moins pour moi –mais bon, je n’avais pas choisi.

Et maintenant elle était là, toute innocente et amusée. Elle avait tourné la page et agissait comme si j’avais fait de même alors qu’elle me connaissait par cœur et savait pertinemment que ce n’était pas le cas. Elle croyait peut-être que je sortais avec Ana ? Sérieusement ? Elle savait très bien que j’étais attiré par les filles comme elle, blonde et lumineuse, ça avait toujours été le cas même avant elle. Je n’allais pas dire pourtant qu’Ana n’était pas jolie au contraire, à vrai dire je m’étonnais un peu de me surprendre à admirer sa chevelure ou la courbe de son dos avec qu’elle n’avait que 15 ans. Et qu’elle n’était pas mon genre de fille. Mais bon, il fallait bien se le dire, avec ses azurs glaciales et sa peau lisse et presque brillante, Ana était vraiment très jolie –plus qu’elle ne devait le réaliser. Mais de là à ce qu’elle soit la « nouvelle Erika » ? Ce n’était pas censé, et Erika le savait très bien. Je ne savais pas trop à quoi elle jouait, peut-être qu’elle voulait me provoquer un peu mais à vrai dire je n’avais aucune idée de rentrer dans un petit jeu comme nous en avions eu l’habitude. Je voulais qu’elle parte. Car je savais que si elle restait, ça ne serait en rien pour moi, elle s’en fichait désormais et je n’avais pas besoin de sa présence pour ranimer la flamme qui avait toujours un mal fou à s’éteindre.


-Je ne suis pas « la nouvelle toi ».

Oh, Ana ! Je me sentais tellement stupide en cet instant, incapable de la regarder et de lui expliquer que je n’étais qu’un con encore amoureux de mon ex qui de toute évidence s’en foutait royalement de moi. Mais qu’est-ce que j’allais dire ? Qu’est-ce que j’allais faire ?...

-Maintenant, si tu veux bien retourner avec ce gars là bas qui te déshabille du regard… Tu interromps une conversation.

… Hum. Pardon ?

Est-ce qu’Ana était réellement en train de dévisager Erika avec ce regard que personnellement je souhaitais ne jamais recevoir, sans ciller, avec un air entendu et bien méchant ? Ana, la Ana, ma Ana, celle qui était toute souriante et… Et qui était en train de remballer mon ex ? Je restais hébété, les fixant sans pouvoir dire un mot, retenant à peine ma surprise. Je ne pus pas non plus m’en empêcher quand Erika finit par faire demi-tour, attendez, Erika qui abandonnait ? C’était possible ça ? Réalisant que j’avais la bouche ouverte sous la stupeur, je la fermai rapidement, me sentant encore très con, et regardai Ana qui venait de déplacer son tabouret de manière à me cacher la magnifique vue d’Erika et l’autre rigolo. Je la fixais avec de grands yeux, incapable de parler. Elle venait de défier Erika du regard, et de la faire parler. Ana pouvait littéralement fusiller quelqu’un du regard. Je savais qu’elle n’était pas une nonne non plus, elle avait parfois des jugements très tranchés mais je ne l’avais jamais vu être désagréable avec quelqu’un mais à vrai dire, j’aimais beaucoup ce qu’elle venait de faire. C’était juste… Improbable.


-Au risque de te vexer, je trouve qu’en matière de fille tu as très mauvais goûts.

Bon, elle me parlait… C’était le moment de réagir, de répondre. Mais j’étais encore sous le coup de la surprise de son attitude, mais aussi de savoir qu’Erika était là alors que… Voilà quoi.

- Tu es… Je marquai une pause, cherchant mes mots. Je me sentis soudain sourire en repensant à ce qu’elle venait de faire. Géniale. Achevai-je, et je me penchais vers elle. Prenant son visage entre mes mains, je posai un baiser sur son front tout joyeux. C’était la première fois que je la touchais, mais je réalisais que c’était peut-être déplacé trop tard. Quelqu’un aurait dû filmer. Erika ne se laisse jamais faire. Une fois même, Woodley nous avait chopé dans…

… Silence. Raclement de gorge.

Et les souvenirs recommencèrent à monter, j’entendais son rire à quelques mètres de là et mon visage se durcit. Pourquoi est-ce que j’avais encore ces petits piques dans mon cœur quand je pensais à tout ça ? J’étais aussi heureux que triste, et ça m’insupportait de ne pas pouvoir… Passer à autre chose.


-J’imagine que ce n’est pas aussi simple que ça, mais tu devrais vraiment l’oublier. Et ne me fais pas croire que c’est déjà le cas.

Nouvel air surpris. Mais… Mais est-ce que cette fille avait des pouvoirs magiques ? (Haha, pas drôle.) Non, plus sérieusement, j’étais si facilement… Repéré ? Est-ce que je regardais encore Erika comme si je l’aimais ? Parce que je l’aimais encore. Certes. Mais je faisais tout pour me contenir, pour penser à autre chose. Je n’avais pas eu la force cependant de recommencer quelque chose avec quelqu’un d’autre, et à part quelques filles en soirées avec qui ça n’avait jamais été très loin car je ne le désirais pas. A vrai dire, je pensais presque en permanence à Erika quand je tentais de l’oublier avec une autre fille car j’avais le réflexe stupide de les comparer. Et je ne trouvais jamais rien de comparable à Erika.

- Comment ça se fait que tu sois aussi perspicace à 15 ans ? Est-ce que tu es un robot Ana ? Demandai-je, réellement curieux –avec un petit sourire amusé.

Parce que si elle avait une recette pour le devenir, j’étais preneur. Vraiment preneur !


- Elle n’est pas… Comme tu crois. Dis-je simplement. Parce que c’était vrai, je ne voulais pas la défendre mais… Je ne pouvais pas mentir. Et, vraiment, je te jure que j’essaye. Constamment.

J’avais parlé d’une voix un peu lasse, tout en lavant quelques verres en détournant mon regard de celui d’Ana. Dès qu’il s’agissait d’Erika, je perdais mes moyens et je n’avais pas envie de paraître aussi vulnérable. Pas devant Ana en plus, qui semblait presque plus mature que moi –je me sentais donc bien con.

- Enfin, bon. Je savais que le sujet n’allait pas se clôturer aussi facilement de toute manière. Je ne pense pas que tu es envie d’entendre toute l’histoire de toute manière. Et puis, quelle histoire ? Je ne savais même pas le pourquoi du comment. En fait, j’avais probablement peur de le savoir… Et toi alors ? Je sais que t’as pas de petit ami, mais je suis presque sûr que tu en as déjà eu un ! Je claquai des doigts avec un regard pseudo-perspicace. Ou les mecs de Poudlard sont tous devenus très cons. Dans tous les cas, je suis sûr que tu as déjà été amoureuse… Non ? Demandai-je curieux, réalisant que nous n’avions jamais parlé de ça tous les deux. A vrai dire, Ana ne parlait que très rarement d’elle et je la trouvais très mystérieuse, secrète, et mon manque de perspicacité pour la percer à jour me frustrait. Alors autant poser les questions directement !

Elle n’avait pas à avoir peur ou honte avec moi, de toute manière.


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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Ven 8 Fév - 17:55

Ça me faisait un drôle de sentiment de rencontrer la fille qui avait occupé tant d’années de la vie de Theo. J’avais cru comprendre au cours de nos conversations qu’il y avait bien eu quelqu’un, mais qu’il ne souhaitait pas s’étendre dessus. Cependant, respecter son silence ne m’empêchait pas d’élaborer des théories sur la fille en question, et j’avoue que j’en avais eu beaucoup. Mais aucune ne se rapprochait de la réalité, et pourtant je pensais avoir exploré (presque) toutes les possibilités. Je veux dire, dans la limite de l’envisageable. Je sais qu’un proverbe dit quelque chose du genre « quand on aime on est aveugle », mais il ne fallait quand même pas pousser ! Comment quelqu’un d’aussi gentil et intègre que Theo avait pu sortir avec une… fille de ce genre ? Ça me laissait vraiment perplexe. Mais vu sa tête dès qu’il l’avait aperçue, ça n’avait pas du être que « pour tirer son coup » (aucune idée d’où je tire des expressions pareilles.)

Mais bon, qui j’étais pour juger son ex ? Moi qui n’avait jamais approché de garçon à moins de… très bien, moi qui n’avais jamais
fréquenté de garçons, j’étais plutôt mal placée pour critiquer ses goûts amoureux. Et puis, qui sait, cette fille c’était peut-être pas la pimbêche superficielle et profondément stupide qu’elle semblait être ? Mais oui, si Theo avait pu être aussi amoureux d’elle qui l’avait visiblement été, je devais au moins lui accorder le bénéfice du doute. Enfin, c’était dur étant donné tous les efforts qu’elle semblait faire pour installer une mauvaise ambiance et faire en sorte que le barman ne sache plus où se mettre.

Et puis en la fixant plus intensément, il me sembla la reconnaître vaguement, le genre de personne que j’aurais croisé de temps en temps dans la salle commune. Oui, ses boucles blondes me rappellent quelque chose de ce genre. Et elle du me reconnaître aussi comme étant la grosse cinglée de deuxième année dont elle avait peut-être entendu parler, puisqu’après que je lui ai demandé sans plus de manières de dégager, elle ne fit aucune histoire. J’avais une tête à faire peur quand je voulais, mais à mon avis, une fille de cette trempe ne se laisse pas faire par une gamine de plusieurs années de moins qu’elle… à moins qu’elle ait entendu dire que c’était le genre à péter un plomb et à dégainer vite la baguette. Mhh, plus j’y réfléchissais, plus ça me semblait probable. Entre une réputation de détraquée et un regard flippant, je ne sais pas ce qui était le mieux. Je me retournais vers Theo après son départ, et m’apprêtait à soupirer quand je vis ses grands yeux ronds et son air ahuri. Aussitôt je me sentis mal à l’aise. Et si lui aussi, me connaissait de réputation mais ça ne lui revenait que maintenant à l’esprit ? Et si me voir aussi… moi-même lui avait rappelé des souvenirs d’une petite Serpentard qui ne tournait pas très rond et provoquais tout le monde en duel ? J’arrêtais de respirer, attendant qu’il dise quelque chose.


- Tu es… Pourquoi mettait-il aussi longtemps à le dire ? Etait-ce si compliqué de me demander si oui ou non, j’étais la folle furieuse dont il avait entendu parler ? Et… pourquoi est-ce qu’il se mettait à sourire comment ça ??? Géniale.

…Avais-je bien entendu ? Mais alors que j’allais lui demander de répéter parce que ce mot n’était habituellement pas utilisé pour me décrire, il me prit une nouvelle fois de court et… non, ça, ce n’était pas possible. Dès que ses mains encadrèrent mon visage je me sentis rougir jusqu’au bout de mes orteils, mais le moment où ses lèvres se posèrent sur mon front m’enflamma littéralement. Enfin, non, pas littéralement, mais ça aurait pu l’être que ça n’aurait fait aucune différence tant je sentais ma tête chauffer, particulièrement mes joues. Il ne se rendait pas compte. Il était impossible qu’il se rende compte à quel point tout ce qui semblait si normal pour lui était si… bizarre pour moi. Bizarre, mais pas désagréable.

- Quelqu’un aurait dû filmer. Erika ne se laisse jamais faire. Une fois même, Woodley nous avait chopé dans…

Il se coupa net, et un silence embarrassant prit place entre nous. Lui, par rapport à la possible gaffe qu’il était sur le point de commettre ( ?) et moi, toujours bloquée à trente seconde plutôt. Un baiser d’un garçon, même sur le front, ça ne m’était jamais arrivé, pas même mon père ou mes frères –surtout pas eux. Alors c’était normal que ça me fasse tout drôle… non ??
Mais là, le silence devenait vraiment pesant, et il fallait que je dise quelque chose car si je mutais en carpe maintenant, Theo allait vraiment se rendre compte à quelle point j’étais une handicapée des sentiments.


-Ahem… je suppose qu’elle s’est rendu compte qu’elle interrompait une conversation, répondis-je platement, mais sans me mouiller, car si Theo ne se rappelait visiblement pas de moi à Poudlard, alors ce n’était pas moi qui allait lui rappeler.

J’avais quand même une chance assez incroyable avec Theo (incroyable considérant que d’habitude mon niveau de chance si situait approximativement autour de zéro.), parce que parfois je m’étais battue totalement en public, alors soit j’étais chanceuse qu’il ne l’ai jamais vu, soit qu’il ne s’en rappelle pas. Et même son ex que j’imaginais tout à fait en garce ne lui avait pas touché de mot de qu’elle avait probablement deviné sur moi. Tout ça était… bien trop beau pour durer. C’était sûr, la roue allait tourner, tout ça allait forcément finir mal. Mais pour l’instant, j’étais bien, alors je songerais à tout ça… plus tard.


- Comment ça se fait que tu sois aussi perspicace à 15 ans ? Est-ce que tu es un robot Ana ?

Je répondis à son sourire, le feu de mes joues n’ayant pas totalement disparu. Ça ne m’était encore jamais arrivé, mais cette fois, j’aurais bien voulu avoir un miroir pour voir si j’avais vraiment muté en tomate ou si ce n’était qu’une impression intérieure. Pour Theo, ça semblait être comme s’il ne s’était jamais rien passé, et sans doute qu’il devait faire ce genre de choses souvent, lui. J’eus envie de lui répondre que j’étais peut-être « perspicace » mais qu’au fond, c’était lui le chanceux d’être « dedans ». Enfin, je n’aurais pas trop su comment expliquer ça, c’était juste que je l’enviais au fond d’être celui que l’on essaye de décrypter plutôt que celle qui observe tout le monde parce qu’elle n’a rien d’autre à faire.

- Elle n’est pas… Comme tu crois. Je me retins de tirer une moue perplexe. Et, vraiment, je te jure que j’essaye. Constamment.

-Je ne la connais pas, mais vu ce que je vois elle ne vaut sans doute pas la peine que tu perdes tous tes moyens, soufflais-je.

Theo semblait être le genre de gars qui ne sait pas mentir –ou qui se fait griller dans les deux secondes à venir- alors je le croyais, du moins, quand il me disait essayer de l’oublier. Mais tout ça était tellement abstrait pour moi, n’ayant jamais connu de situation semblable, je ne comprenais pas la difficulté qu’il pouvait y avoir à oublier quelqu’un, ou simplement, à tourner la page. Surtout quand cette personne est… bon, d’accord, si Theo l’aimait alors je n’ai pas à juger. Mais ça m’agaçait qu’il n’arrive pas à oublier cette fille, surtout qu’elle, semblait être totalement passée à autre chose. Pourquoi est-ce que c’était Theo le gentil qui se retrouvait être le con de l’histoire ?! Ne s’en rendait-il pas compte ?


- Enfin, bon. Je ne pense pas que tu es envie d’entendre toute l’histoire de toute manière.

Rien que pour comprendre, si, j’aurais bien voulu l’entendre, « toute l’histoire ». Mais la question de Theo n’avait pas vraiment l’air d’en être une, et puis si je lui disais de l’oublier, ce n’était pas pour le questionner sur son ex une minute après. Alors tant pis, j’allais devoir tenter de comprendre par moi-même. Seulement, mon absence de réponse entraîna ce que j’aurais du prévoir puisque je le redoutais à chacune de nos conversations… ça dériva sur moi. Et sur le sujet le plus susceptible d’entraîner ma chute, en plus.

- Et toi alors ? Je sais que t’as pas de petit ami, mais je suis presque sûr que tu en as déjà eu un !

…Evidemment. Quand il se disait pas très perspicace, il ne mentait pas.

- Ou les mecs de Poudlard sont tous devenus très cons. Dans tous les cas, je suis sûr que tu as déjà été amoureuse… Non ?

J’avais envie de faire un retour en arrière et lui demander de me la raconter du début à la fin avec tous les détails son histoire, ou n’importe quoi pourvu que je puisse éviter ça. Mais ça n’était pas possible, et s’il y avait un sort pour ça, je ne le connaissais pas. J’avais envie de rentre sous terre, ou de faire demi tour et de partir me cacher sous mes draps qui devait m’attendre. Mais je ne pouvais pas faire ça. Il fallait que je réponse. Et sans mentir, ça, c’était hors de question. Alors je me forçais à réfléchir à ce qu’il venait de dire. Les mecs de Poudlard étaient devenus très cons. Ça n’était pas nouveau. A vrai dire, ils l’étaient tous, à Poudlard ou pas. Sauf Theo. Mais ça n’était pas une réponse. Et après, qu’est ce qu’il avait dit… ? Quelque chose comme quoi… j’aurais été amoureuse ?

Un petit rire s’échappa de ma bouche, le rire de celui qui comprend une blague avec du retard. Moi, amoureuse mais… non. C’était risible. Même si je ne disais rien à Theo, il ne pouvait quand même pas m’imaginer… enfin… moi, amoureuse… n’importe quoi ! J’avais peut-être déjà pensé une ou deux fois (d’accord, de temps en temps) à comment c’était d’avoir un copain, mais pour moi, sortir avec quelqu’un et être amoureux étaient deux choses dissociées. Ce qui était débile, bien sûr, mais n’ayant jamais rien ressenti de tel, je ne voyais pas vraiment l’amour comme quelque chose de…réel. Alors m’imaginer… être… enfin, Theo délirait ! Mais là, tout de suite, il devait être à mille lieux de mes pensées, et tout ça devait être assez bizarre pour lui. Bon. Comment lui expliquer ça ?...


-Moi, amoureuse ? Je ne riais plus, mais arborait maintenant une sorte de sourire désolé. Mais Theo… ça m’arrivera jamais, ce genre de trucs…

Je le fixais avec cet air qu’ont les médecins lorsqu’ils regardent un patient qui délire totalement, parce que c’était l’effet que ça faisait. Enfin, au moins ça prouvait que ma couverture marchait d feu de dieu, parce que s’il arrivait à imaginer que moi, le glaçon vivant aux yeux de tous, puisse avoir ce genre de… sentiment, pour quelqu’un, alors j’étais bien camouflée. Autant, parler d’amour, le sentiment, n’était pas si gênant parce que j’étais persuadée que ça m’atteindrait jamais ce truc là, c’était une affaire close. Mais je devais quand même répondre à sa question sur un potentiel petit copain, et là ça m’embarrassait davantage. Parce que même en étant pas amoureuse, j’aurais très bien pu sortir avec un garçon… si j’avais été un peu plus normale.

-Et, euh, non. Je n’ai pas eu de copain, lui avouais-je en parlant inconsciemment plus bas, peut-être par honte. Mais bon, c’était bien en 4ème année que vous avez commencé à sortir ensemble, Erika et toi non ? Peut-être que je suivrais le même chemin, ajoutais-je en souriant faiblement, plus pour rebondir sur quelque chose que par réelle conviction.

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MessageSujet: Re: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Ven 15 Fév - 23:06

Je ne savais pas ce qui était le plus étonnant. Trouver Erika ici ? Oui, ça c’était inattendu et pas vraiment désiré. Qu’elle me parle ? Alors ça, je m’en doutais. C’était tellement son genre de montrer qu’elle allait bien, de mettre les pieds dans le plat comme ça sans réfléchir à ce que moi je pouvais bien ressentir. Qu’Ana soit là pendant cette discussion horriblement gênante ? C’était une situation pas très agréable d’avoir l’air si peu fier devant elle, certes. Mais elle venait souvent me voir et peut-être fallait-il un jour que ce petit moment soit troublé. Qu’Erika parle d’Ana comme ma petite amie ? Hum, ça c’était étonnant mais venant d’Erika et de sa prétendue naïveté, c’était très probable qu’elle agisse ainsi, en toute « innocente » bien entendu. Si elle avait réfléchi deux minutes, elle aurait bien vu qu’Ana était une élève, qu’elle était trop jeune et que… Qu’Erika savait très bien que j’avais du mal à l’oublier moi, et que je n’étais pas du genre à recommencer une relation après la mauvaise tournure qu’avait pris la nôtre. Qu’Ana vire Erika d’un regard noir ? Je devais bien avouer que c’était sûrement l’un des éléments les plus étranges ce soir ! La Serpentarde m’avait bien dit qu’elle était méchante la première fois que nous nous étions rencontrés, et j’avais tout de même cerné qu’elle était assez directe, elle avait des idées parfois bien tranchées et ce n’était pas une midinette, dirons-nous. Mais de là à virer mon ex sans ménagement ? Non, je ne l’aurais pas cru ! Mais le clou du spectacle ce soir, c’était bien le fait qu’Erika accepte de tourner les talons après s’être fait remballée par une fille de 15 ans. Ça, vraiment, c’était trop beau à voir !

-Ahem… je suppose qu’elle s’est rendu compte qu’elle interrompait une conversation.

Ana semblait un peu gênée, peut-être de mon baiser sur son front ? Je n’avais pas réfléchi, j’étais trop spontané et je ne me formalisais pas des joues rosies de la jeune fille –elle était tellement mignonne ! Peut-être aussi était-ce l’attitude qu’elle avait eu avec Erika ? Mais elle ne se rendait pas compte qu’elle me sauvait la vie ! Parce que… Parce que mon ancienne petite amie me manquait encore, d’une certaine manière, mais que j’avais de la rancœur contre elle pour m’avoir plaqué ainsi, en sachant très bien les dégâts que cela créerait et sans pourtant me ménager. Les sentiments ne pouvaient cependant pas partir comme ça, comme on éteignait un feu. De toute manière, il y avait toujours les cendres endormies et je ne voulais surtout pas que sa présence ici ranime les flammes. Ana venait sérieusement de m’aider, car j’étais trop nostalgique pour réussir à virer Erika qui aurait bien passé la soirée à me parler en compagnie de son nouveau mec, avec son petit sourire amusé et fier que j’avais tant aimé… Malgré le fait que je lui en voulais, ce n’était pas si facile !...

- Et c’est le cas ! Repris-je plus joyeusement.

Parce que j’adorais parler avec Ana, et tranquillement ! Evidemment je devais quand même travailler, et les clients affluaient toujours en masse ici, bien plus que dans les autres bars de Pré-au-Lard. Mais dès que tout le monde était servi, dès que ça se calmait, je restais au comptoir à discuter avec la jeune fille, nous interrompant parfois pour distribuer quelques bierraubeurre par ci par là. Sa compagnie m’était agréable car je la trouvais particulièrement mature, elle avait une vision sur les choses bien différentes que la plupart des gens que j’avais rencontré et fréquenté, même plus âgés qu’elle. Et Ana ne me prenait jamais la tête, elle semblait comprendre ce dont je voulais parler et ce que je passais sous silence, il y avait une drôle de compréhension entre nous –du moins, de mon côté ! Parfois tout de même, je trouvais la Serpentarde trop silencieuse sur sa propre vie, mais je respectais sa (possible ?) timidité. Je me demandais juste parfois ce qui la retenait, parce que moi ça m’était bien égal si elle n’était pas parfaite car après tout, qui l’était ? C’était une adolescente de 15ans, et moi aussi j’étais encore jeune, et les conneries qu’elle avait sûrement fait (ou non, peu importe!) je n’allais pas les juger, j’avais fait les mêmes !


-Je ne la connais pas, mais vu ce que je vois elle ne vaut sans doute pas la peine que tu perdes tous tes moyens.
- Perdre mes moyens ? Qui ? Moi ?!
Répliquai-je avec un air faussement innocent, avant de faire un petit sourire désolé. Ce n’est jamais très agréable de voir son ex avec le mec pour qui elle vous a plaqué… Ajoutai-je avec un air entendu, légèrement triste alors que mes yeux dérivés vers sa table qu’Ana cachait habilement, heureusement.

Mais je n’allais pas revenir sur l’histoire, et surtout pas devant Ana qui n’était pas là pour m’écouter me plaindre. Je n’avais pas vraiment envie de ressasser tout ça de toute manière, j’avais déjà la tête pleine à craquer de mes inquiétudes pour ma sœur, et mes parents qui me reprochaient tant de choses, et le boulot… J’avais beau reprocher à ma famille de vivre dans leur illusion de riche, je n’étais pas mieux au fond, je restais dans ma vie d’étudiant, je bossais le moins possible et j’aimais toujours sortir et ne pas faire grand-chose de ma vie –tant que je ne pensais pas au futur. Mais je ne pouvais pas reculer l’échéance, je n’étais plus un gamin et il fallait que je me décide un peu à grandir. Mais je n’aimais pas les responsabilités, je n’aimais pas penser à tout ça, à après… Pour le moment j’étais en collocation avec mon meilleur ami, j’étais barman, je menais la belle vie non ? Sur le papier oui. En vrai ? Hum…


-Moi, amoureuse ? Mais Theo… ça m’arrivera jamais, ce genre de trucs…

Ah… Ah non ? Je regardais son sourire gêné en fronçant les sourcils, pas sûr de vraiment comprendre ce qu’elle essayait de me dire. Pourquoi pas ? L’amour était constitutif de l’être humain, j’en étais persuadé, alors pourquoi Ana pensait que ça ne lui arriverait pas à elle ?

- Ah j’avais raison, tu es donc un robot sans sentiments ! Je riais, pour détendre l’atmosphère car il me semblait qu’Ana se sentait un peu gênée de me parlait de ça, et pourtant il n’y avait vraiment pas de quoi ! Hum, non, plus sérieusement… Pourquoi pas ? Tu penses que tu n’aimeras jamais personne, ou que personne ne t’aimera ? Parce que dans les deux cas, j’avais du mal à y croire ! Parce qu’être amoureux… Et aimé, c’est un truc de fou ! Dis-je, sans vraiment réfléchir à ce que je disais car Erika risquait de me revenir en tête et ce n’était vraiment pas ce que je désirais.

Mais c’était vrai, les moments les plus forts de ma relation avec elle avait sûrement étaient les plus beaux que j’avais vécu. Même si aujourd’hui avec du recul, je commençais à réaliser d’autres choses qui me plaisaient moins, je revoyais des défauts sur lesquels j’avais fermé les yeux et qui entachaient le tableau. Ses moqueries que je trouvais gentilles, son air toujours un peu trop fier, sa supériorité… Elle n’était pas parfaite, je le savais. Mais l’avais-je idéalisé ?


-Et, euh, non. Je n’ai pas eu de copain. Mais bon, c’était bien en 4ème année que vous avez commencé à sortir ensemble, Erika et toi non ? Peut-être que je suivrais le même chemin.

La jeune fille avait baissé la voix, comme pour avouer une terrible confession. J’avoue que je ne pus m’empêcher d’hausser les sourcils, surpris de ce qu’elle venait de me dire. Dans le sens où, pour moi, Ana correspondait parfaitement à ce qu’un garçon normal aurait voulu, elle était jolie, adorable, mature… Je ne comprenais pas trop ce qui clochait ! Mais peut-être était-ce elle qui ne voulait pas ? Mais alors pourquoi paraissait-elle si honteuse de ce qu’elle venait de me dire ? Parce qu’il n’y avait rien de gênant à n’avoir eu aucunes expériences de ce côté-là, au contraire. J’avais toujours haïs les filles qui enchaînaient les garçons simplement pour avoir de « l’expérience » ou se prouver quelque chose, je trouvais cette course à la coucherie assez ridicule et immature. Bien sûr, je disais cela avec du recul car j’avais bien eu ma première petite amie en quatrième année, avant Erika, avec qui j’avais couché alors que nous n’avions pas vraiment d’amour l’un pour l’autre. Mais après, j’étais sortie avec la Serpentarde et je n’étais donc jamais passé par ce stade de petites copines à la pelle, comme on enfile des perles, et je ne l’avais donc jamais vraiment compris.

- Dis, tu n’es pas gênée par ça, pas vrai ? Murmurai-je en la regardant avec un sourire encourageant. Parce qu’on s’en fou hein ! Repris-je plus vivement, en haussant les épaules. Mais oui, c’était en quatrième année. Assurai-je, tentant d’être le plus neutre possible. C’est toi qui n’a jamais trouvé personne ? De toute manière, ce n’est pas une compétition ! Et ça finira bien par arriver, cette année, ou même dans quelques années, tant que t’es prête et que tu as envie, c’est ce qui compte non ? Je n’étais pas vraiment le genre à faire des leçons de moral, mais j’avais de la peine à imaginer d’Ana se sente honteuse de son manque d’expérience avec les garçons car vraiment, ça ne changeait rien à qui elle était ! Moi, en tout cas je la trouvais toujours aussi adorable !


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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Dim 3 Mar - 0:03

Pardon pour le retard mon chou

J’avais entendu dire quelque part, ou plus probablement lu, car il était assez impensable que quelqu’un m’ait dit ça, que les opposés s’attiraient. C’était sans doute pour ça que j’étais inconsciemment attirée par Theo ; pas de manière amoureuse, bien sûr, mais d’une façon que je n’avais jamais vraiment connue. J’avais envie de lui parler. Je ne savais pas précisément ce qui provoquait ça, parce que c’était franchement une première, mais je suspectais nos nombreuses différences d’en être la raison. Car à vrai dire, nous n’avions pas un seul point commun. Il est était spontané ; j’avais (trop) de retenue, il était sociable ; j’étais une novice en matière d’amis, il était gentil ; j’étais une garce. Et la liste aurait pu continuer encore longtemps, mais je crois que ce qui nous différenciait vraiment et me plaisait le plus chez lui était la naïveté dont il faisait preuve pour tout un tas de choses, et la maturité qu’il avait dans certains cas, comme s’il avait eu des centaines d’années.

Et, par-dessus tout, Theo ne jugeait pas les autres. Jamais. Où en tout cas, je ne l’avais jamais vu le faire. Mais quand je voyais ces yeux bleus, pourtant de la même couleur que les miens, je ne pouvais que les associer à de la gentillesse et de la générosité. Jamais ils ne pourraient regarder quelqu’un méchamment, même s’il le voulait. Voilà ce qui faisait que j’aimais bien Theo. C’est qu’il n’était en rien comme moi. J’imagine que c’était encore une manière de me détester. Et encore une différence avec l’ex-Poufsouffle qui lui semblait avoir confiance en lui, sans être imbu de lui-même. Il avait toutes les qualités, et pourtant avait quelques défauts qui l’empêchait de devenir fatiguant à force de perfection –j’eus une pensée à Ruby. Plus le temps passait, plus je le connaissais, et plus je me demandais où était ses défauts. Je veux dire, de vrais défauts. Peut-être n’en avait-il pas ? Bizarrement, j’aurais préféré que si. Histoire de me sentir un peu moins éloignée de lui, au moins sur un plan, lorsqu’il verrait à quel point je ne suis pas celle qu’il croyait voir en moi. Je n’avais pas oublié qu’un jour il me faudrait cesser toute cette petite comédie –je préférais simplement mettre ça dans un coin de ma tête.


- Perdre mes moyens ? Qui ? Moi ?! Je souris en réponse à sa petite comédie –il était aussi conscient que moi de sa vulnérabilité face à son ex. Il préférait simplement détourner la conversation. Sans doute étais-je « trop jeune pour comprendre ». Ce n’est jamais très agréable de voir son ex avec le mec pour qui elle vous a plaqué…

Je relevais les yeux vers lui, surprise. Finalement, il m’en parlait ? Il ne l’avait jamais fait, et tout ce que je savais d’eux maintenant, c’était son ex qui venait de me le dire. Je sentis cette chaleur monter en moi, cette chaleur si bizarre qu’il m’avait déjà fait ressentir plusieurs fois. Mais elle retomba bien vite quand je réalisais qu’il fallait répondre ; et je n’avais aucune idée de comment il fallait réagir à ça. Présenter ses excuses ? Ça ferait drôlement formel, et sans doute bizarre de dire ça à Theo avec qui tout était si cool et relâché. D’un autre côté, je ne pouvais pas partir sur une approbation marquée, exemples à l’appuie, au vu de mon inexpérience déplorable dans ce domaine. Finalement, j’optais pour une réponse qui ne me mouillait pas trop.

-J’imagine, oui…

Pas très pertinent, mais je ne pouvais pas faire beaucoup mieux. Malheureusement, Theo m’emmena sur un terrain encore plus glissant, ou plutôt, le même terrain où il me mettait en quelque sorte de force sur la pente ; et tout se jouait maintenant, soit j’arrivais à la dévaler sans trop de dommages, ce qui relèverait du miracle, soit je m’écrasais lamentablement. Et malgré le tout confiant sur lequel je répondais parce que dans ce domaine là, l’amour, il n’y avait pas trop de doute à avoir, c’était que du vide pour moi, je sentais que je m’emmêlais un peu les pinceaux, et les questions de Theo était trop pertinentes et me faisait dire ce que je n’avais pas envie qu’il sache, même si il ne me jugeait pas, toujours pas, inlassablement pas. Quand je lui dis ce qu’il en était, pas de haussement de sourcils, pas de rire incontrôlable, pas de regard jugeur. Juste ses sourcils qui se froncent, et une expression d’incompréhension qui se peint sur son visage. Et encore une fois, il me montrait son ouverture d’esprit et sa capacité à s’adapter à toute sorte de réponse. Me décevrait-il un jour ?

- Ah j’avais raison, tu es donc un robot sans sentiments !

Suite à quoi il rit, toujours sans se moquer, mais plutôt histoire de remédier à l’atmosphère tendue qui s’était étable suite à ma « révélation ». Je l’observais un instant sans comprendre, puis, reconnaissante, eus un petit rire à mon tour, mais baissais tout de même les yeux. Un robot sans sentiment… j’aurais bien voulu. Ou plutôt, c’était ce que je souhaitais ardemment avant de connaître Theo. J’avais voulu devenir aussi froide et imperméable aux autres que ce que laissait croire mon apparence de glace à l’école. Mais à présent que j’avais découvert un monde que je croirais qui ne s’ouvrirait jamais à moi, j’apprenais à être autre chose qu’un glaçon vivant.

- Hum, non, plus sérieusement… Pourquoi pas ? Tu penses que tu n’aimeras jamais personne, ou que personne ne t’aimera ?

C’est évident, avais-je envie de lui répondre amèrement. Toute personne saine d’esprit –et pas aveuglée par sa gentillesse comme l’était Theo !- s’en serait rendu compte, et c’était presque ridicule de le mettre à l’oral tant ça me semblait logique. Enfin, que je ne tombe pas amoureuse, ça me semblait aller de soi, mais que l’inverse se produise… ? Je n’y avais jamais vraiment réfléchi. Mais maintenant que j’y pensais, c’était la même chose. Qui pourrait bien m’aimer ? Je veux dire, pas le type d’amour lourdingue et surjoué auquel j’avais droit avec ma famille, mais le « vrai amour », celui dont j’avais tant de fois méprisé les effets sur les autres ? Celui qui mène à faire tout et n’importe quoi, celui qui fait perdre la tête et amène à vouloir tout donner pur l’autre ? Quelqu’un, ressentir ça pour moi ? Encore une fois, c’était plus comique qu’autre chose. Le problème, c’était que Theo, lui, disait ça sérieusement, et soit je le vexerai en répondant trop franchement, soit il ne comprendrait pas et j’aurais droit à un véritable interrogatoire dans les règles de l’art. Encore une fois, je pouvais bien adapter ma réponse –ce n’était pas comme si Theo saurait la vérité un jour.

-Euh… si, sans doute… quand je serais… plus grande, répondis-je, consciente de n’être pas très convaincante, mais c'était inexplicablement dur de mentir à Theo, qui, pourtant, n'était pas très perspicace à détecter le mensonge.

Et puis je n’aimais pas ma réponse. Qu’est ce que ça voulait dire, foncièrement, « quand je serais plus grande » ? J’avais entendu ça tant de fois, et à tant d’âges différents que j’avais commencé à haïr cette expression. Quand est-ce que c’était, ce moment où je serais assez grande ?! Mais bon. Tout ça n’avait pas d’importance puisque ce n’était qu’un mensonge arrangé pour faire plaisir à Theo ; que ce soit maintenant ou « quand je serais plus grande », je ne connaitrais pas l’amour. Il n’y avait pas de raisons, et il n’y en avait pas besoin, c’était comme ça, c’est tout. Il y a des gens à qui ce n’était pas supposé arriver, et j’en faisais sans aucun doute partie. Après, est-ce que j’étais contente comme ça ? C’était une autre histoire, et vraiment pas la question.


- Parce qu’être amoureux… Et aimé, c’est un truc de fou ! continua Theo, l’air rêveur.

Je me perdis dans ses yeux comme lui semblait aussi être ailleurs ; sans doute avec la blonde au fond du bar. Je buvais ses paroles, surtout cette dernière phrase, car elle était pour moi comme un témoignage de quelque chose que je ne connaitrais jamais qu’à travers ce que l’on men disait. Aimer et être amoureux… c’est vrai que c’était des mots qui faisaient rêver, mais justement, ils étaient fait pour ça ; faire rêver. En tout cas, pour les gens comme moi. Theo, lui, qui savait de quoi il parlait, revivrait cette sensation sans le moindre doute ; si il y avait bien quelqu’un pour qui je ne m’en faisais pas, côté amour, c’était bien lui. Cette réflexion m’amena à me demander… si jamais j’avais été différente, plus comme les autres, plus humaine… est ce que je serais tombée amoureuse de Theo ? Si, là, tout de suite, cette idée était assez inimaginable, dans l’absolu, elle était tout à fait possible. J’étais convaincue que le barman était l’une des personnes les plus aptes à êtres aimées que je n’ai jamais rencontré. Mais je n’étais tout simplement pas capable de le faire moi –du moins, pas comme ça.


- Dis, tu n’es pas gênée par ça, pas vrai ? me demanda-t-il doucement, avec un sourire empli de gentillesse –comme toujours. Je secouais précipitamment la tête en signe de négation, lui souriant à mon tour –mais j’étais gênée, et il devait le voir. Parce qu’on s’en fou hein !

C’était bizarre de me dire que je m’en étais fichue si longtemps, mais justement, plus maintenant.

- Mais oui, c’était en quatrième année.

Alors Theo avait mon âge quand il a connu son premier vrai amour… c’était débile de lui avoir parlé de ça, parce que pour le coup, je me sentais encore plus nulle. A mon âge, il était déjà dans tout ça, et rencontrait la fille avec qui il passerait quatre longues années, alors que moi… j’errais seule de la Salle Commune à mes salles de cours, à la Grande Salle, pour finalement revenir au dortoir. Je songeais à quel point j’aurais aimé être de sa promotion, et le connaître lorsqu’il était lui aussi en quatrième année ; puis je me rendis compte que cela impliquait que l’on ait passé les trois premières années ensemble, et alors il saurait à quelle déglinguée il avait affaire et ne m’aurait pas adressé la parole. Alors pas de regrets, j’étais déjà bien assez chanceuses d’avoir été celle à qui il avait demandé son chemin à Poudlard il y a des semaines de ça. Même si je ne pouvais m’empêcher de penser que lui aurait pu avoir plus de chance.

- C’est toi qui n’a jamais trouvé personne ? De toute manière, ce n’est pas une compétition ! Et ça finira bien par arriver, cette année, ou même dans quelques années, tant que t’es prête et que tu as envie, c’est ce qui compte non ?

J’avais envie de lui dire que je ne comprenais rien à tout ça, que c’est histoire de trouver quelqu’un et d’être prête c’était du chinois pour moi, et qu’il aurait aussi bien pu me parler de la recette de la bierraubeurre. Mais comme toute question, les siennes attendaient une réponse, alors il me fallait réfléchir pour saisir le sens de ce qu’il disait –ce qui était peut-être un peu plus évident que ce que je voulais me faire croire pour m’éviter d’avoir à y répondre. Oui, au fond, je savais bien sur quoi tout ça portait, ce qu’il voulait savoir. Je n’avais simplement pas envie de lui montrer un peu de la vraie moi. Il avait été habitué à voir la Ana que j’avais fabriquée pour lui, et lui faire voir un bout de moi-même qui n’était pas inventé devait lui faire bizarre. Pourtant, je crois que je n’aurais simplement pas pu lui mentir sur ce coup là et lui assurer de but en blanc que j’avais tout plein d’expérience dans ce domaine où je ne connaissais rien.

-Je ne sais pas, je ne m’y étais jamais vraiment intéressée… Mais bon, ça viendra dans quelques années, tu as raison, rajoutais-je quand même pour lui faire plaisir.

Je pris une gorgée de ma bierraubeurre, mais je n’en appréciais plus vraiment le goût à présent – d’ailleurs, je n’avais jamais vraiment aimé ça. Mon esprit était tourné vers notre discussion et je me sentais amère, déçue de moi-même. J’aurais voulu être le genre de personne qui a vécu plein d’expériences et qui aurait pu raconter des trucs de fous à Theo. On se serait échangé des anecdotes sur nos ex respectifs, on aurait bien ri toute la soirée et ça nous aurait rapprochés. Au lieu de quoi, il se retrouvait à essayer de me consoler d’être si seule. Il fallait vraiment que j’arrête d’avoir l’air de m’apitoyer sur mon sort comme ça, parce qu’avec sa gentillesse naturelle, Theo me consolerait à tous les coups et ça n’était pas comme ça que marchait une amitié, du moins je ne crois pas. Il fallait rire beaucoup et partager plein de choses. Mais là je ne me sentais d’humeur à faire ni l’un ni l’autre. Le barman non plus ne semblait pas en état d’euphorie, et pour lui, c’était plutôt justifié ; je devinais sans mal que son esprit à lui errait du côté de la blonde pulpeuse que je lui cachais tant bien que mal. Je me promis mentalement de ne plus avoir l’air faible comme ça devant lui, avant de céder au doute une dernière fois :

-Tu penses vraiment que quelqu’un pourrait tomber amoureux de moi ? lui demandais-je dans un souffle.

J’espérais que Theo saurait déceler à quel point j’avais besoin d’entendre un oui, quitte à ce qu’il me mente.

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Theo Gray
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MessageSujet: Re: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Mar 12 Mar - 23:00

Je ne tenais pas à revenir sur le sujet Erika, et encore moins avec Ana. La jeune fille ne l’avait pas connue, et je préférais me détacher un peu de mon passé, en particulier maintenant. Du moins, il le fallait. Passer ses examens, quitter son école, cherche un boulot, toutes ces choses-là qui me paraissaient si lointaines en rentrant à Poudlard étaient arrivées bien plus vite que je ne l’aurais cru, et je m’étais retrouvé à faire des choix bien plus tôt que prévu. Le temps passait vite, et je ne l’avais réalisé peut-être que trop tard parce que je n’aimais pas ça moi, grandir. Car évidemment les années adolescentes étaient toujours les meilleures, et si la vie post-Poudlard rimait avec liberté, elle rimait aussi avec contrainte. Je savais bien qu’au fond, c’était moi le problème : je n’aimais pas faire des choix, prévoir. Vivre à Pré-au-Lard ne m’aidait pas non plus, et j’avais parfois l’impression d’être un éternel gamin qui refusait de se démener un peu. Pourtant, je me devais maintenant d’avancer et arrêter de penser à Erika, à Poudlard. Je grandissais, et il fallait que je trouve le juste milieu entre mes habitudes d’étudiants et mes besoins d’adultes, comme disait ma mère. Je ne pouvais pas rester toute ma vie ici à faire barman, je le savais, mais comme toujours je remettais tout à demain. Parfois, je regardais Ana, et je me disais qu’elle se débrouillait même mieux que moi malgré son jeune âge –et j’avais un peu honte.

-Euh… si, sans doute… quand je serais… plus grande.

C’est pour cela que ce genre de réponse de sa part me paraissait un peu… Stupide. Ana était déjà grande, et je me demandais si elle le réalisait, et si ça la gênait. Moi, j’enviais sa maturité. Elle me rappelait parfois James Merridew. Nous avions été très proches durant toute notre scolarité et maintenant qu’il était sur Londres, nous nous écrivions assez régulièrement. Lui, il m’avait toujours paru plus grand, et avant tout le monde. De tous les garçons de la bande, il avait été le plus mature et avec du recul, je me dis qu’il avait dû pâtir de trainer avec des gosses comme nous, du moins avant qu’on commence à grandir un peu. Moi, je m’étais toujours bien intégré, facilement, et même si j’étais persuadé que nous étions tous différents à notre manière, je n’étais pas spécialement original, ni hors de la masse. Je nageais dedans avec aisance et je n’avais jamais connu cette sensation de sortir du lot, dans le mauvais sens du terme, de ne pas savoir m’intégrer. Mais je savais qu’être plus mature impliquait de ne pas voir les choses sous le même angle que les autres, et je venais à me demander : si je m’entendais aussi bien avec Ana, est-ce qu’elle réussissait à s’entendre avec les gens de son âge ? Ou, de manière générale, est-ce elle se sentait différente ? Moi, je la trouvais différente, mais dans le bon sens.

- T’es au courant que tu es plus grande que la moitié des gens dans ce bar ? Demandai-je alors, curieux. J’dis pas que tu dois te presser pour les garçons hein ! Me rattrapai-je soudain, réalisant qu’elle aurait pu mal interpréter ce que je venais de dire. Je me demandais juste si tu réalisais que tu étais plus mature que les gens de ton âge. Achevai-je avec un sourire.

Parfois, je me demandais aussi si mes questions n’étaient pas insupportables. Il faut dire que j’étais assez franc, parfois trop, et que je ne réalisais pas que les gens ne désiraient pour toujours autant parler d’eux. Pour moi pourtant, il n’y avait aucune honte à être honnête sur soi-même avec ses amis –et Ana et moi étions amis. Nous avions tous des défauts et des qualités et même si ces dernières étaient plus difficiles à percevoir la plupart des cas, il n’était pas impossible dans n’être conscient. Je n’étais pas assez perspicace pour savoir si la Serpentarde manquait de confiance en elle, et je me maudissais d’ailleurs d’être si peu intelligent pour comprendre les gens, et les filles en général. Elle n’était pas forcément expansive, ou très bavarde, mais elle avait ce calme assuré qui, à mes yeux, reflétait une certaine confiance. Mais je savais aussi qu’elle était assez intelligente pour cacher ses failles si elle le voulait, et également que je ne pouvais pas lui demander de but en blanc comment elle se trouvait de manière générale. Ce n’était pas des questions que l’on posait aux autres, mes parents m’avaient assez bassinés avec l’éducation et la politesse pour que j’en sois conscient. Alors je ne pouvais que me contenter de quelques questions pour mieux la cerner, comme avec les garçons par exemple.


-Je ne sais pas, je ne m’y étais jamais vraiment intéressée… Mais bon, ça viendra dans quelques années, tu as raison.

Même si je n’étais pas très perspicace, je voyais bien qu’elle n’avait pas l’air… Disons, emballée. Comme si ça ne la convainquait même pas. Je réalisais aussi, encore une fois, que j’avais tort sur elle, du moins dans certains aspects de sa personnalité. Je ne l’avais pas cru séductrice, mais je la trouvais assez jolie et agréable pour être le genre de filles à avoir eu quelques petits copains. Ou s’y intéresser. Encore une fois, la jeune fille me prouvait qu’elle n’avait rien à voir avec les gens de son âge, et ça ne faisait qu’augmenter le respect et l’affection que j’avais pour elle –l’admiration même. Alors pourquoi, alors que je ne la trouvais que plus agréable lorsqu’elle m’avouait ça, plus humaine, elle semblait au contraire se refermer ? Son visage était comme recouvert d’un voile plus triste, et je fronçais malgré moi les sourcils. Pourquoi ? C’était l’unique question que je voulais lui poser, mais je m’imposais malgré moi une certaine limite, de peur de la brusquer. Au final, ce n’était pas mes histoires, mais je n’aimais simplement pas la voir ainsi.

-Tu penses vraiment que quelqu’un pourrait tomber amoureux de moi ?

Sous le coup de la surprise, j’écarquillais les yeux, complétement effaré. C’était donc ça ?! Bon, première constatation, j’étais complétement stupide et aveugle de n’avoir pas vu que visiblement Ana manquait de confiance en elle au point de douter de ses capacités à rendre un garçon amoureux d’elle. Deuxième constatation, c’était elle qui était totalement stupide et aveugle –nous faisions la paire. Comment pouvait-elle imaginer un seul instant que… Non, c’était trop stupide. Je n’eus même pas le réflexe de rire à vrai dire, je restais simplement inerte une seconde, comme si on m’avait à moitié assommé. C’était généralement la réaction quand je comprenais les choses à retardement, parce que j’étais trop naïf ou tête en l’air pour les remarquer.

- T’as d’autres questions stupides comme ça ? Ce fût la première phrase qui jaillit malgré moi. Bien sûr que oui ! Tu.. Tu en doutais ?! Bon, il fallait se le dire, j’étais un garçon et les questions existentielles sur l’amour je ne connaissais pas trop –ou je faisais semblant de ne pas connaître. Tu sais quoi, on va faire un pari. Je te parie… Que d’ici un an, jour pour jour, un mec sera tombé amoureux de toi, ok ? Le perdant offre un restaurant à l’autre. Prépare tes économies ! J’avais terminé en riant, comme pour lutter contre la soudaine morosité qui semblait avoir envahie Ana. Ça m’attristait de la voir douter d’elle à ce point-là, et je commençais même à me demander comment elle pouvait avoir de telles craintes à son sujet.

S’il y avait bien quelque chose que je savais faire, c’était changer les idées de quelqu’un. J’avais toujours été une personne à l’écoute, mais j’étais conscient que simplement écouter ne suffisait pas. Il fallait agir parfois, surtout lorsque la personne en face de soi n’en avait pas la force. Mais nous étions dans un bar, j’étais censé travailler, malgré la présence quasi-inexistante des clients, et je voyais mal comment j’allais faire pour changer les idées moroses d’Ana. Mon cerveau marchait à 100 à l’heure, et j’eus enfin l’idée qu’il me fallait en perdant mon regard dans les bougies contre le mur et la lumière qu’elle reflétait. La lumière…


- J’ai une idée, prend tes affaires, on bouge ! Soufflai-je. Je m’approchais de l’autre barman derrière le comptoir, en train de lire son livre appuyé contre le plan de travail. Joignant mes mains comme si je priais, le regardai avec des yeux suppliants. Les soirs où il n’y avait pas beaucoup de monde, nous nous étions souvent rendu ce service, de laisser l’autre partir –le patron n’étant pas toujours là. Il me regarda avant de rire, et d’hocher la tête. J’eus un immense sourire et fit signe à Ana de m’attendre pendant que j’allais chercher mon manteau, et en revenant à sa hauteur je lui lançais un clin d’œil et lui fit signe de me suivre. Une fois dehors, alors que le froid nous griffa le visage, je me tournais vers elle d’un air malicieux. Je te kidnappe parce que t’as l’air triste ! Elle avait l’air assez surprise, et je m’empressais d’ajouter. Je sais, je suis pas très perspicace, mais je vois que t’as besoin de te changer les idées ! Tu vas voir !

Je ne lui donnais pas la possibilité de protester de toute manière et je lui fis signe de ma suivre le long de la rue principale, avant d’en emprunter une sur la gauche plus petite et en montée, aux pavés inégaux et glissants. Au fur et à mesure, les maisons se faisaient plus espacées et bientôt, nous arrivâmes devant une allée qui serpentait le long d’une petite colline, entourée d’arbres épais au bout de laquelle se trouvait un portail rouillé et fermé par un cadenas protégé des enchantements malgré l’âge avancée du domaine.

- Tu me fais confiance hein ? Parce que ça va se compliquer !

Je joignais mes mains pour faire un appui, et fis signe à Ana d’y mettre son pied pour qu’elle se propulse et escalade le portail. Elle sembla hésiter un peu, mais fini par accepter et alors qu’elle attrapait les barreaux, je lui fis la courte échelle afin qu’elle enjambe. Elle s’en tira très bien, et, habitué du lieu, je me soulevais facilement pour l’enjamber également. Nos ombres se découpaient dans la nuit opaque, mais je ne sortis pas ma baguette pour nous éclairer –j’aimais bien cette atmosphère obscure. Nous arrivâmes devant une vieille maison aux vitres brisées, et je fis signe à Ana de faire le tour avec moi. D’un coup d’épaule, je poussai la porte de derrière qui n’avait plus de poignet et nous pénétrâmes dans l’intérieur poussiéreux mais vide de la demeure abandonnée. Je savais précisément où aller désormais : là où on voyait les lumières, bien plus ardentes que celle des bougies du bar.

- Fais attention où tu marches ! Soufflai, avant de m’enfoncer dans ce qui me semblait être l’ancien salon –il y avait une cheminée. Nous atteignîmes un escalier en colimaçon imposant dont la moitié marches avaient littéralement disparues, le rendant difficile d’accès. Bouge pas, je passe le premier et je t’aide à grimper. Je pris mon élan et sautai contre l’escalier pour attraper la marche avant de me hisser –je remerciais Simon de m’avoir forcé à faire des tractions dans ce genre de moment. Une fois en hauteur, plus de deux mètres me séparant du sol, je me penchais en tendant mes deux mains à Ana. Accroche toi à la marche dès que tu peux ! Expliquai-je en attrapant ses mains que je tirais pour qu’elles atteignent le rebord de la planche de bois. Une fois qu’elles s’y accrochèrent, je les lâchai et me pencher pour passer mes mains sous les épaules d’Ana pour la soulever. J’espère que je t’ai pas fait mal… Mais je te promet que ça en vaut le coup. Dis-je avec un sourire d’excuse tandis qu’elle était enfin à mes côtés. Je n’ai pas trop confiance en ces marches, elles sont à moitié pétées, donc si ça te dérange pas je préfère prendre ta main… Enfin, tu vois quoi ! Ajoutai-je en tentant de la rassurer, parce que je ne voulais pas qu’elle me pense mal attentionné, parce que je l’amenais dans une maison déserte alors qu’il faisait nuit… Alors que je voulais juste lui montrer un truc moi, et que je préférais tenir sa main au cas où qu’une marche craque sous elle, ou ce genre de choses.

Je passai ma main dans la sienne et commençai à monter les escaliers, frissonnant à chaque craquement du bois de peur qu’il se dérobe sous nos pieds. J’enjambais les planches cassées, et au bout de longues minutes, nous atteignîmes enfin la porte. Je me tournais triomphant vers Ana, lui adressant un grand sourire, avant de lâcher sa main pour ouvrir la porte et la laisser passer devant. La pièce était une ancienne véranda en haut d’une tourelle, dont toutes les vitres avaient été brisées. Outre les courants d’air et la fraicheur de la pièce, elle donnait surtout une vue imprenable sur tout Pré-au-Lard, mais aussi la forêt interdite et le château au loin. Et la nuit était éclairée de milliers de petites lumières qui provenaient des fenêtres, et sous la lune froide et majestueuse qui baignait les pierres de la pièce, il me sembla capter un sourire sur le visage d’Ana cachée sous ses lourdes mèches brunes.


- Maintenant, tu es obligée de sourire parce que c’est la plus belle vue de toute l’Ecosse ! J’exagérais un peu, certes, mais il n’en restait pas moins vrai que c’était joli de voir Pré-au-Lard tel une vaste étendue sombre où brillait des lumières clignotantes et aléatoires, comme les paillettes qui parfois scintillaient sur les paupières d’Ana. Je viens toujours ici quand ça va pas, je trouve ça reposant, surtout la nuit. Tu as vu le lac ? J’adore comment il brille avec la lune, tout ça… Expliquai-je un peu maladroitement.

Je sortis mon paquet de Marlboro de ma poche avant d’en sortir une cigarette que j’allumais rapidement d’un coup de baguette. La flamme vive sembla attirer l’attention d’Ana qui se tourna vers moi, et je lui fis un sourire d’excuse avant de lui tendre le paquet.


- Tu fumes ? Tu peux en prendre une… Si tu fumes pas c’est mieux pour tes poumons, mais si tu veux essayer je peux te montrer et te jurer de ne pas rire si tu t’étouffes ! Lui dis-je avec un petit rire.

J’espérais réellement que l’incroyable paysage nocturne et pailleté allait lui rendre le sourire parce qu’au fond, si ce n’était qu’une vue sur Pré-au-Lard et le château, je l’avais toujours trouvé magnifique et reposante, mais surtout impressionnante. Je tirais sur ma cigarette, et au travers des volutes de fumée, je cherchais malgré moi un sourire sur le visage d’Ana -parce qu'elle était plus jolie heureuse.


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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Lun 1 Avr - 23:55

Spoiler:
 

- T’es au courant que tu es plus grande que la moitié des gens dans ce bar ?

Je relevais les yeux vers Theo, pas sûre de bien comprendre.

- J’dis pas que tu dois te presser pour les garçons hein ! Je me demandais juste si tu réalisais que tu étais plus mature que les gens de ton âge.

Encore une fois, je me perdis dans le bleu hypnotisant de ses yeux. Et lui, avait-il conscience de son talent à dire aux gens exactement ce qu’ils ont besoin d’entendre ?

Je lui souris, sincèrement, et sans me forcer, comme ça m’arrivait rarement. Non, on ne m’avait jamais fait remarquer une maturité anormale. A vrai dire, c’était tout le contraire. Vu la manière dont me traitaient mes frères et sœurs quand j’étais plus petite, j’avais plutôt eu tendance à penser que j’agissais vraiment comme une gamine, tout en rêvant qu’un jour ils veulent bien traîner avec moi. Ça n’était jamais arrivé, et j’avais abandonné l’idée il y a bien longtemps. Mais le fait que
Theo me dise ça, ces mots qui signifiaient qu’il me voyait comme une personne normale, une personne comme lui, une amie à part entière, et pas la gamine de Poudlard qu’il supportait deux heures par semaine. Theo était parfait, sous tous les points de vue. Même ses petits défauts comme sa naïveté contribuaient à le rendre aussi parfait. Il devait avoir vraiment beaucoup d’amis. Et je ne pouvais que les comprendre.

Car en plus de savoir toujours te dire ce que tu voulais entendre, Theo savait le faire de manière spontanée et tellement convaincante que l’on ne pouvait pas douter une seule seconde qu’il simule ; et c’est ce qui arriva lorsque je montrais mon incertitude quant au fait que quelqu’un puisse un jour m’aimer. Incertitude que j’aurais mieux fait de garder pour moi, c’est certain, mais qui était néanmoins vraie –et Theo aurait pu la deviner, j’en suis sûre.


- T’as d’autres questions stupides comme ça ? s’exclama le barman.

Qu’est ce que je disais… Et, immanquablement, je sentis une chaleur réconfortante se diffuser en moi.


- Bien sûr que oui ! Tu.. Tu en doutais ?!

Je haussais les épaules pour toute réponse. Pas besoin de lui expliquer le pourquoi du comment, j’en avais déjà plus dit que je ne l’aurais voulu, et de toute façon, même avec toute la meilleure volonté du monde, il n’aurait pas pu comprendre ; mais je ne pouvais pas le blâmer pour ça, il ne me connaissait pas assez bien pour savoir à quel point c’était impossible que quelqu’un m’aime un jour. Dans sa tête, j’étais sans doute une fille cool et tout à fait normale qui sortait souvent avec des amis, aurait une bonne carrière, un mari aimant, deux enfants et un hibou familial… Mieux valait le laisser avec cette image de moi.

Mais comme à chaque fois que ce genre de pensées revenaient sur le tapis, je ne pouvais m’empêcher de songer au moment où Theo verrait que je ne suis pas celle qu’il pensait. Et au regard qu’il m’adressera à ce moment là ; la teinte que prendront ses yeux clairs, la lueur de bonne humeur qui n’y sera sans doute plus. Je ne voulais pas imaginer ça. Mais je ne pourrais pas prétendre encore longtemps non plus. Tôt ou tard, il finirait par trouver étrange que je vienne toujours seule, ou que je ne lui ai jamais parlé d’une seule amie. Il me poserait des questions sur ma famille, sur mon enfance. Tôt ou tard je devrais abandonner l’idée d’avoir un ami.


- Tu sais quoi, on va faire un pari. Je te parie… Que d’ici un an, jour pour jour, un mec sera tombé amoureux de toi, ok ? Le perdant offre un restaurant à l’autre. Prépare tes économies ! proposa-t-il joyeusement.

Passé le moment de surprise –qu’est ce que c’était que ce pari ?- je sentis un petit sourire timide prendre place sur mon visage, puis finalement je me laissais aller à ricaner un peu. Un an ! Il n’avait pas la moindre chance de gagner ce pari. Ça n’était jamais arrivé en quinze ans, alors aucun risque que ça vienne dans l’année qui arrivait.


-Pari tenu, répliquais-je.

Le pauvre. Il n’avait aucune chance ! Je songeais que s’il me connaissait comme mes connaissent les autres élèves de Poudlard, il n’aurait sans doute pas fait ce pari, alors c’était presque de la triche mais… peu importe. De toute façon, il y avait peu de chance que ma couverture un an.


- J’ai une idée, prend tes affaires, on bouge ! me lança-t-il soudainement.

Je le dévisageais un instant, un peu perplexe. Comment ça on bouge ? Oubliait-il qu’il était là au travail et non pas en train de… de traîner comme moi… ? Visiblement pas, puisqu’il fit mine de supplier d’autre barman, qui, étrangement, accepta. Bon. J’imagine que ce n’était pas la première fois qu’il faisait ça. Theo partit chercher son manteau, et lorsqu’il revint, il me fit un clin d’œil, suivit d’un geste pour m’inciter à le suivre. Intriguée, j’obéis, et nous sortîmes du bar. Dehors, le froid nous ramena à la réalité, mais le barman ne semblait pas s’en soucier ; il avait une idée derrière la tête. Je notais que c’était la deuxième fois que je le voyais en entier comme ça, car d’habitude il était derrière son bar, ou derrière son tablier de serveur ; je notais qu’il s’habillait avec beaucoup de classe et que je devrais sans doute faire un effort, moi aussi.


- Je te kidnappe parce que t’as l’air triste ! Je sais, je suis pas très perspicace, mais je vois que t’as besoin de te changer les idées ! Tu vas voir !

Sur ce, nous nous mîmes en route, zigzaguant à travers les maisons de Pré-Au-Lard, faisant garde à ne pas glisser sur les routes humides, seulement éclairées à présent par la lune et quelques réverbères. J’enregistrais mentalement chaque détail de cette petite escapade, les routes que l’on prenait et les façades que l’on voyait pour ne jamais les oublier. Je savais que cette soirée, qui sortait maintenant de l’ordinaire, allait être un souvenir qui me réchaufferait le cœur quand Theo ne serait plus là pour le faire. D’ailleurs, je l’observais à la dérobée tandis qu’il marchait devant moi ; il semblait être un habitué des lieux, et n’avait aucune hésitation quant à la direction à prendre. Moi par contre, je n’avais pas la moindre idée de la où nous étions, n’étant pas très familière du petit village ; lorsque j’y allais, je me limitais en général aux Trois Balais et à la librairie. Ma confusion augmenta davantage encore lorsque nous tournâmes dans une petite allée encadrée de grands arbres aux ombres menaçantes ; ce chemin ne pouvait mener qu’à une maison, et je ne voyais pas celle de qui ça pouvait être. Enfin Theo, en barman et jeune adulte qu’il était ne devait pas avoir un très gros salaire, et probablement pas de quoi se payer une maison… et encore moins une avec un gigantesque portail qu’un cadenas nous empêchait de franchir.

- Tu me fais confiance hein ? Parce que ça va se compliquer !

Est-ce que je lui faisais confiance ? Oui. Est-ce que j’étais prête pour autant à monter sur la courte échelle qui me faisait de ses mains ? Voilà qui était moins sûre. Je lui adressais un ultime regard interrogateur et profondément perdu, mais il m’encouragea à l’écouter, et je finis par lui obéir. J’enjambais le portail en fer froid, et, fermant les yeux, sautais pour en redescendre. J’atterris plutôt mieux que ce que j’aurais pensé, et bien vite, Theo me rejoignis de l’autre côté. Nous commençâmes à marcher, jusqu’à arriver devant une vieille maison, probablement inhabitée, aux vitres cassées et à l’atmosphère lugubre. J’étais de plus en plus sceptique.

-Tu comptes me dire ce qu’on fait là… ?

Au lieu de quoi, il m’invita à le suivre, et nous contournâmes la maison pour arriver devant une porte qu’il ouvrit sans difficulté. Une fois dedans, à l’instar de tout à l’heure, il n’eut pas d’hésitation quant au chemin à prendre.


- Fais attention où tu marches ! m’avertit-il à voix basse, bien que je doutais qu’il y ait quelqu’un ici.

Theo m’entraîna à travers la vieille demeure qu’il semblait définitivement bien connaître, jusqu’à un escalier en colimaçon qui ne m’inspirait que très moyennement confiance. Je jugeais ce dernier du regard, encore moins convaincue qu’au début, mais le barman n’en démordait pas. Il était bien décidé à « me montrer quelque chose ». Quoi, je commençais vraiment à me poser la question. Qu’est ce qu’il pouvait y avoir dans une maison millénaire comme celle-ci ???

Puis soudainement je réalisais ce qui clochait avec cet escalier, et qui ne m’était pas apparu à cause de l’obscurité ambiante qui me permettait à peine de distinguer les traits de mon compagnon ; il manquait en fait… toutes les premières marches. Ça allait être pratique, si il comptait nous faire passer par là…

…Et c’était visiblement ce qu’il comptait faire. Je retins mon souffle lorsqu’il sauta et s’agrippa à la première marche qui n’avait pas encore était cassée, avant de se hisser dessus. Mais les choses se compliquèrent lorsqu’il tendit les bras pour m’inciter à l’imiter. Comment dire… hors de question ?


- Accroche toi à la marche dès que tu peux !

Je levais vers lui des yeux horrifié –se rendait-il compte que je n’étais pas exactement une aventurière avide de nouvelles expériences de ce genre ?! Sans doute pas. Il ne savait pas du tout qui j’étais, j’avais faillis oublier. Je fermais les paupières en instant, puis, me vidant la tête, courut vers la marche et sauter pour m’y agripper. Ce que je parvins à faire. Theo me souleva de par sous les épaules, et finalement, parvins à me hisser à mon tour sur les marches. Mon cœur battait à toute allure.

- J’espère que je t’ai pas fait mal… Mais je te promets que ça en vaut le coup, m’assura-t-il doucement.

Je hochais la tête négativement, lui souriant faiblement en retour –plus de peur que de mal. Mais je commençais vraiment à me demander ce qu’il pouvait y avoir en haut de cette maison mystérieuse et lugubre, et pourquoi Theo voulait me le montrer. Mais je n’aurais voulu être nulle part ailleurs.


- Je n’ai pas trop confiance en ces marches, elles sont à moitié pétées, donc si ça te dérange pas je préfère prendre ta main… Enfin, tu vois quoi !

-Euh, oui, oui, marmonnais-je, gênée.

Il s’exécuta, et je le laissais faire, mais ne pus réprimer un frisson ; je ne me rappelais pas la dernière personne qui avait fait ça, et le dernier garçon, encore moins. Un de mes frères sans doute.
Je le suivis sans bruit, et nous montâmes ces marches inquiétantes, mais qui au final, ne nous piégèrent pas ; et quelques minutes plus tard, nous arrivions en haut, indemnes. Theo tourna la tête vers moi, un grand sourire satisfait sur le visage, avant de lâcher ma main –j’avais presque oublié. Puis il ouvrit la porte d’une pièce où il m’invita à entrer la première.
Je ne m’y étais pas du tout attendue. En fait, je ne savais pas à quoi je m’étais attendue, mais certainement pas à ça.

C’était un lieu intemporel, j’avais l’impression, avec ces vitres brisées qui faisaient tout le tour de la petite pièce ronde, faisant passer les courants d’air de part et d’autre de ce qui semblait avoir été une véranda dans le passé. Je restais un moment plantée comme ça à regarder le spectacle inattendu qui s’offrait à moi ; ça ne ressemblait à aucun endroit que je connaissais. Mais visiblement, outre l’architecture originale, c’était la vue que Theo avait voulu me montrer ; je m’approchais sans bruit d’une des vitres cassées et laissais mon regard se perdre au loin.


- Maintenant, tu es obligée de sourire parce que c’est la plus belle vue de toute l’Ecosse !

Et comme pour le satisfaire, un sourire s’installa sur mes lèvres.

- Je viens toujours ici quand ça va pas, je trouve ça reposant, surtout la nuit. Tu as vu le lac ? J’adore comment il brille avec la lune, tout ça…

Je hochais la tête, souriant toujours. Il avait raison. C’était reposant, autant par la vue que par le silence imprenable qui régnait là, hormis sa voix. Mais sa voix n’était pas dérangeante, au contraire, elle se fondait bien avec tout ça. Ainsi, il venait ici quand ça n’allait pas. Bien que j’avais du mal à imaginer un Theo qui n’ai pas le moral, je me sentis immanquablement touchée par le fait qu’il me fasse découvrir cet endroit qui devait donc signifier quelque chose de spécial pour lui. Cet endroit où il avait passé des moments tristes, ressentis des choses fortes.

-Merci, dis-je simplement.

Merci pour ce soir, merci pour les autres soirs, merci d’être pour moi ce que personne n’a vraiment réussi à être. Un ami.
Mais pour ce soir, je me contenterai d’un simple merci, que Theo prendrait –j’espère- pour m’avoir remonté le moral. En réalité, il le faisait depuis des mois maintenant, sans même en avoir conscience. Sans même que ça le pèse. Il le faisait naturellement, c’est tout. Et avec le sourire. Toujours avec le sourire. Jamais je ne l’avais vu triste, mis à part tout à l’heure, lorsque cette Erika était arrivée. Theo ne parlait jamais de ses problèmes, ne se plaignait jamais. Sans doute ne voulait-il pas m’embêter. Alors il venait ici, tout seul, et s’échappait de la réalité en regardant ce paysage féérique. En cet instant, je me sentis infiniment égoïste. Je n’avais pas le doit d’être triste pour quelque chose dont j’étais responsable, et encore moins de faire rater son travail à Theo simplement pour me faire réconforter. Je ne pouvais pas faire ça. Je ne pouvais plus.


-C’est magnifique, ajoutais-je, la gorge un peu serrée, maintenant que je réalisais que tout ça ne pouvait plus durer.

J’inspirais un bon coup pour ne pas laisser les larmes me monter aux yeux, car il était hors de question que je craque devant Theo ; je ne me le pardonnerai jamais si je me montrai aussi égoïste. Heureusement pour moi, je trouvais un échappatoire à mes tristes pensées lorsque je levis du coin de l’œil s’allumer une cigarette. Je ne savais pas qu’il fumait.
C’est dire à quel point j’étais attentive, ce qui me pinça une nouvelle fois le cœur.


- Tu fumes ? Tu peux en prendre une… Si tu fumes pas c’est mieux pour tes poumons, mais si tu veux essayer je peux te montrer et te jurer de ne pas rire si tu t’étouffes !

J’eus un nouveau sourire, et je crois qu’il allait falloir que j’arrête ça à chaque fois qu’il disait quelque chose –mais c’était impossible.

-Non merci. J’ai déjà essayé, en fait, et… ça ne m’a pas donné envie de retenter l’expérience.

Surtout quand je repensais à la personne qui m’a fait fumer pour la première fois… j’aurais du refuser, et essayer avec Theo. Mais je ne pouvais rien changer au passé… Mais en attendant, j’étais bien, et je devais profiter d’une soirée dont, j’en étais sûre, je me rappellerai longtemps ; je n’avais pas envie qu’elle se termine.

-Je n’ai pas très envie de rentrer… Tu viens bien qu’on reste ici encore un peu ?

Tu veux bien qu’on reste ici... pour toujours ?

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Theo Gray
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MessageSujet: Re: Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)   Ven 12 Avr - 23:26

Spoiler:
 

Je refusais de dire à Ana où nous allions, préférant l’effet de surprise –et puis, je ne voulais pas lui donner l’occasion de faire demi-tour avant que nous y soyons ! Je ne savais pas si elle aimait beaucoup les escapades de ce genre, mais personnellement, elles avaient été le quotidien de toutes mes années à Poudlard. Je n’étais pas forcément une tête brûlée, mais je ne tenais pas en place et ma curiosité m’avait amené à explorer le château puis, une fois que cela me fût permis, Pré-au-Lard. Je me souvenais encore de l’excitation de mes amis et moi en troisième année lorsque nous avions finalement eu la permission de découvrir le village. Par la suite évidemment, nous avions trouvé des passages secrets qui facilitaient l’accès, surtout pour sortir le soir faire la fête, mais j’étais encore trop… Innocent, en troisième année, pour songer à enfreindre les règles. J’avais commencé à le faire probablement en quatrième année, ce qui coïncidait avec le début de ce que mes parents aimaient appelés mes « années adolescentes ». Premières soirées, premières ivresses, premières filles. Quand je repensais à ces moments, je me trouvais particulièrement stupide, immature, n’étant qu’un gosse qui découvrait les joies de l’alcool et des cigarettes, se trouvant très cool d’agir ainsi. Mais les choses n’avaient pas duré, mes soirées certes, mais mon attitude avait changé au fur et à mesure, surtout avec l’arrivée d’Erika dans ma vie et la rupture de plus en plus nette entre mes parents. Être naïf ne m’empêchait pas d’être conscient de cette vie qui m’insupportait dans mon manoir à Londres, ce luxe et ce paraître auxquels je voulais échapper. C’était ostentatoire, faux, et j’avais vite réalisé qu’en me pavanant avec mes amis et mes bouteilles de Whisky Pur-Feu, je ne devenais qu’une copie de mon frère Guillaume et de sa prétention. Je ne niais pas l’amusement que je trouvais en soirée, je ne voulais simplement pas l’afficher pour être populaire ou « cool ». Petit à petit, je m’étais rapproché de Simon qui avait cette même vision mais aussi d’autres garçons de Poufsouffle qui étaient plus humbles, le mot me paraissait adéquates pour décrire notre bande, m’éloignant des Gryffondors que j’avais d’abord apprécié –inconsciemment pour énerver mes parents, sûrement, eux qui adoraient tant Serpentard.

Pourtant, je n’avais rien contre les verts et argents, Erika en était l’exemple même. Mais outre elle, car la fin de notre histoire m’avait laissé amer, j’avais connu durant ma relation avec elle nombre de ses amis qui étaient devenus miens. Jusqu’à, certes, que nous nous séparions. Mais je l’avais remarqué au-delà même des Serpentards… Etonnement, il semblait que j’étais fait pour être son petit ami et que, sans elle, je n’étais plus personne, pour beaucoup plus de monde que je ne l’aurais cru. Il fallait visiblement faire un choix, décider de son camp, et que se ranger dans celui d’Erika était plus simple. Forcément, ce n’était pas elle qui souffrait et qui allait mal. Pourtant, j’avais eu beaucoup d’amis, et la retentissante rupture dont j’avais souffert m’avait soudain mis devant une évidence : tout le monde n’était pas aussi loyal que je l’aurais cru. Avec la fin de Poudlard, la distance qui soudain se mettait entre nous tous, les amitiés s’effilaient de plus en plus et je réalisais parfois à quel point j’avais perdu contact avec des gens que j’avais cru éternel dans ma vie –ma grande naïveté sûrement. Avec mon boulot de barman, j’en avais connu d’autres certes, mais je les voyais désormais sous un regard différent. Ce n’était que de bons amis pour les soirées, mais si j’avais eu un problème, j’étais conscient que je n’aurais jamais été chez eux pour demander dans l’aide. Il m’apparaissait de plus en plus nettement à quel point les vraies amitiés étaient rares –mais indestructibles.

En regardant Ana discrètement tandis qu’elle admirait la vue, je me demandais soudain si au besoin, je me tournerais vers elle. Si j’avais un problème, si j’allais mal, lui aurais-je fais confiance ? Avais-je confiance dans notre amitié ? Etrangement, la réponse me paraissait évidente. Oui, bien sûr. Parfois, quand je parlais d’elle à Simon, il s’étonnait de notre relation malgré nos années d’écarts, ne comprenant pas au départ comment je pouvais m’entendre aussi bien avec une fille de 15 ans. J’étais d’ailleurs le premier surpris, mais une fois que l’idée avait fait son chemin, cela me paraissait logique. Nous avions peut-être quatre ans d’écarts mais honnêtement, je l’oubliais bien souvent lorsque j’étais avec elle. J’en étais arrivé à la conclusion que si je l’avais connu à Poudlard, si nous avions eu le même âge et que nous avions traîné ensemble, sûrement m’aurait-elle été d’une grande aide. Elle ne s’en rendait pas compte, mais sa vision des choses faisait évoluer la mienne et je la trouvais si sage que parfois, je me sentais ridicule avec elle, comme si c’était elle qui avait vécu des siècles et que je n’étais encore d’un gamin. Peut-être que d’une certaine manière je l’étais. Peut-être même, que je me confortais dans cette position qui m’évitait bien de trop réfléchir, de trop choisir. Alors quand je regardais Ana, je me demandais simplement comment elle avait fait pour comprendre ce qui m’échappait encore, au point d’atteindre cette maturité que je ne connaissais pas encore.


-Merci.

Elle avait l’air grave, comme impressionnée devant la beauté des lieux, et je ne répondis que par un sourire qu’elle ne put même pas voir. Je ne savais pas trop pourquoi elle me remerciait, ce n’était rien mais pourtant, je lui en fus reconnaissant d’une manière que je ne pus expliquer. Ce n’était qu’un simple mot, mais j’avais compris avec le temps à quel point il était rare mais pourtant vital. Et puis, sans qu’elle le sache, je venais de faire découvrir à Ana ce lieu qui n’était qu’à moi où je n’avais amené que peu de personnes. C’était comme un secret que je partageais avec ceux qui en valaient la peine, et être dans la confidence était ma marque de confiance à moi, ma manière de dire que je tenais à elle. Mais je ne dis rien de tout cela, me contentant simplement de regarder Pré-au-Lard au loin dans la lumière de la lune, captant presque d’ici les rires des gens, la joie qui fourmillait et qui me paraissait loin depuis cette tour et pourtant, je ne la perdais pas de vue. J’en étais juste éloigné, comme si je prenais du recul sur les choses. J’aimais ici, j’aimais ce calme qui ne me ressemblait pourtant pas.

-C’est magnifique.

J’hochais lentement la tête, avec un sourire satisfait. Au moins, nous étions d’accord sur ce point !

- C’est pour ça que je t’ai amené là ! Répliquai-je simplement avec un petit rire.

La cendre rougeoyant perça la noirceur de la nuit, et je la regardais s’intensifier lorsque je tirais sur ma cigarette. J’osais regarder doucement Ana, mais elle me semblait perdue dans ses pensées et j’eus soudain peur de l’en tirer, ne sachant pas trop quoi dire de peur de paraître imprudent, insistant. Je n’étais pas vraiment perspicace, mais pendant quelques secondes, j’eus réellement l’impression qu’elle était… Triste, juste triste pour une raison qui m’échappait, comme si sa mélancolie avait envahi l’atmosphère. Tentant de la chasser, je lui proposais joyeusement une cigarette, avec un grand sourire.


-Non merci. J’ai déjà essayé, en fait, et… ça ne m’a pas donné envie de retenter l’expérience.

J’éclatais de rire, me rappelant soudain de ma première cigarette avec une bande de Gryffondor, alors que j’avais à peine 14 ans. Je me souvenais encore de ma toux déclenchée par l’âcre tabac, de ma manière de vouloir garder la face devant mes amis sans pouvoir cependant me retenir de cracher limite mes poumons. Je m’apprêtais à raconter cette histoire lorsqu’Ana me prit de court, me déstabilisant un moment lorsque sa voix, lointaine et timide, brisa le silence.

-Je n’ai pas très envie de rentrer… Tu viens bien qu’on reste ici encore un peu ?

Encore une fois, j’eus un sourire qu’elle ne vit pas, tant elle était observée par le paysage. Sa question me toucha, car elle était simple, simple mais honnête, comme une demande timide que l’on ose faire de peur de déranger –pourtant je ne comptais pas partir d’ici moi ! D’un coup de baguette, je soulevais les débris à la poussière du sol devant l’une de fenêtres brisées et je fis un signe de la tête à Ana pour qu’elle s’asseye à côté de moi. Le vent qui filtrait à travers les carreaux éméchés soulevait doucement les boucles brunes de la jeune fille, et je détournais les yeux vers l’horizon, fumant toujours avec un sourire en coin.

- Tu sais, ça me rapp…

Mais je ne terminais pas ma phrase. Un courant d’air avait soulevé une des mèches d’Ana et, sous les rayons de la lune, je perçus son visage perdu dans le vide, avec un air las qui me serra le cœur sans que je puisse en expliquer réellement la cause. Mais j’avais compris durant cette unique seconde que parler ne me serait d’aucune utilité, et qu’Ana n’avait pas envie d’entendre mes histoires. Elle n’avait pas envie de parler même. J’achevais ma cigarette que j’écrasais sur le sol poussiéreux et, maladroitement, j’entourais mes genoux de mes bras et posais mon menton dessus, fixant toujours le paysage. J’avais toujours été le premier à être bavard, mais pendant un instant, je ne sus quoi dire et surtout, je n’eus rien envie de dire. J’étais juste bien là, et le silence ne m’effrayait pas. J’en étais réduis en silence par l’immensité du paysage, par la lumière de la lune, et par le visage qu’elle éclairait, celui d’Ana, où se logeait une expression si douce et si mystérieuse à la fois que pendant un long moment je ne pus qu’observer à la dérobée ses longs cils sombres qui, lorsqu’elle battait des paupières, semblaient chasser des larmes qui refusaient de couler.


Terminé


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Finding hope somewhere we weren't expecting for (Theo)
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