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Family Portrait -Venise, ITALIE- [R. ♥]

 

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 Family Portrait -Venise, ITALIE- [R. ♥]

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Annalisa de Bertolis
Élève de 6ème année



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Localisation : Quelque part vers le truc de la chose à machin chouette. Classieux n'est-ce pas?.
Date d'inscription : 26/05/2011

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Particularités: J'ai une tête à avoir des particularités sérieux? Toi t'as la particularité de m'en poser d'ces questions à la mort moins le noeud... Bon euh poufsoufflienne et proud to be. Euh, quatrième année, sortant avec un serpentard, euh euh... Demie sœur de la préfète de Serdaigle mais c'est secret donc tu la fermes ou je te fais avaler mon violon. Fais gaffe, ça doit pas être très bon.
Ami(e)s: Oui j'ai plein d'amis, j'vous assure! Du genre Chuck Carlton, Ruby, Anthéa, tu vois métissage des maisons eh ouais!
Âme soeur: Lui et seulement lui, j'le crierai au monde entier.

MessageSujet: Family Portrait -Venise, ITALIE- [R. ♥]   Sam 12 Jan - 0:17



La lumière des nombreux projecteurs dansent autour de moi. De multiples rayons de couleurs différentes s'entre choquent et leurs spectres lumineux zèbrent les murs. Je profite de l'instant présent, souriant toutes dents dehors comme pour prouver au monde que je me sens bien, au bras de mon premier amour, le seul et l'unique. Peu importe les bijoux, les parures d'or et de diamants lorsque seul un homme réussit à vous faire scintiller comme tel. Nous dansons des heures durant, tantôt un tango, une valse, un rock endiablé digne des années cinquante, Elvis et sa banane, me rappelant nôtre premier bal, certes un peu catastrophique, oh et je n'oublie pas le country et ses pas délirants qui nous auront valu des fous rires inoubliables. Et jamais de ma vie, je n'oublierai ce magnifique slow, sûrement le plus beau de toute ma vie. Ses lèvres capturèrent les miennes, et se lovent ensemble comme si elles avaient été moulées dans deux moules crées pour s'imbriquer ensemble. Mes bras se sont serrés pour former comme un étau autour de son cou. Rien n'aurait put déranger un bonheur aussi parfait. Du moins, c'est ce que je pensais. Une seule personne était capable de me plonger dans un état totalement différent. Une seule. Cette tête blonde, ces yeux bleus perçants, c'était bien elle. Cette serdaigle, celle qui m'avait aidé à me relever. Ruby, ma soeur de sang.

"Madame Wayland, encore merci."

Un sourire bien-faisant illuminait le visage de la directrice de Poudlard. AU fond, j'adore cette femme. Peut être que c'est car elle aime Ruby comme si elle était sa propre fille et qu'elle lui donne de l'amour presque parental, protecteur, le seul amour qui lui manque. Je referme lentement la porte du bureau de la directrice. Une fois seule, la voix stridente et rageuse de Ruby retentit dans ma tête. Comme une alarme qui me fait vibrer les tympans de la manière la plus désagréable qui est. "LAISSE MA PUTAIN DE SOEUR TRANQUILLE!" Le bal de noël aurait put être parfait, il aurait put l'être sans cet incident que les autres appelle "une faute fâcheuse". Elle titubait, dans un état sûrement plus que second. Un groupe de serpentard l'avaient prise en grippe, les garces. Y'avait une Ana, ou je ne sais plus son nom à cette vipère. Ni une, ni deux, j'accourus vers elle pour l'aider, comme elle l'avait fait pour moi. Et les serpents crachèrent leurs venin sur moi ce qui entraîna une rage la plus profonde en la préfète de Serdaigle qui envoya valdinguer sa main sur la joue de la verte et argent qui venait de me manquer de respect. Sa voix résonnait dans la salle de bal toute entière. Mon secret était révélé, et j'eu l'impression qu'une troisième fois, mon monde s’effondrait.

Les jours passaient, et les vacances aussi. J'avais passé le plus clair de mon temps dehors avec Archibald à voyager entre Pré-au-lard, Londres et le monde magique. J'avais besoin de fuir Poudlard et la réputation de sang-mêlé qui m'attendait. J'avais eu le temps de réfléchir, et ma décision était prise. (Bien que je ressentais une colère noire envers ma soeur avec qui j'avais conclu l'accord de garder ça secret.) Il fallait que je l'aide à se relever. Que je l'aide à lutter contre l'alcool, et tout ces démons qui l'assaillaient depuis qu'elle n'était plus avec Hadrian. Un porte au loin nous attendrait dans le parc du château. J'avais l'accord de madame Wayland, c'était l'essentiel. La villa étant vide (du moins, de mes parents car les domestiquent restent toujours à la Villa). Grâce au ciel, pas de confrontation avec Mama n'était prévu. "Oh tiens maman, j'te présente Ruby. Tu sais, la fille de mon père celui qui a fait de moi une bâtarde." Je n'ose pas imaginer sa tête déconfite, bien qu'un jour je me ferais le plaisir de la détruire moi même. J'avais reçu un hiboux m'informant que nos sacs étaient prêts et qu'il ne me restait plus qu'à attirer Ruby dans le parc pour que le P.A.L nous emmène chez moi. Et nous serons enfin loin de tout.

Elle arriva à l'heure, après avoir reçu sûrement mon hibou qui n'arrêtait pas depuis deux jours. Elle semblait sobre et penaude. Comme gênée. Je l'étreignis brièvement, ce geste le plus simple du monde m'avait manqué. On ne peut pas séparer deux soeurs liées par le sang. Même les disputes ne feront rien, et ça j'en reste persuadée. Je n'ai pas envie d'attendre, j'en peux plus de garder ce secret. J'attire son attention sur l'objet qui me rendait folle. Nous saisissons l'objet simultanément, un cri rauque de surprise jaillissant de nos gorges. C'était mon premier voyage par porte au loin, et il est vrai que c'est indescriptible. Elle paraît déboussolée et apeurée lorsque nous arrivons sur le sol des pavés Italiens. Nous sommes devant le portail gigantesque de la Villa. Je saisis sa main avec douceur et tendresse et lui murmure "Bienvenue chez toi." Je serre sa main dans la mienne, même si je lui en veux d'avoir balancé à l'école toute entière l'existence de nôtre lien de parenté. Je lui en veux de m'avoir lâché après ma guérison pour s'occuper de sa propre auto-destruction. Elle n'en reste cependant pas moins ma soeur, ma chaire, mon sang, la seconde personne la plus importante dans ma vie et c'est comme ça. Toutes les disputes du monde ne pourront pas le changer. Ma main libre s'écrase sur la partie cachée du portail qui s'ouvre automatiquement, comme par magie (Étonnant n'est-ce pas hein?) à mon simple touché.

Les portes se déverrouillent, et se rangent pour nous laisser pénétrer dans la cour. Changement de décor presque brutal c'est ainsi que le jardin des de Bertolis jure avec les pavés gris de l'Italie. De grands saules pleureurs sillonnent l'allée principale qui conduit à l'entrée de la villa. Le temps est doux, très doux pour cette fin d'hiver européenne. Le soleil brille, et crée de magnifique ombres grâce aux longues branches des saules. Une phrase en Italien provenant d'une bouche féminine retentit dans la cour, brisant un silence serein ou presque. Une petite femme vêtue de blanc accoure. Il ne me faut qu'un quart de seconde pour la reconnaître. Catarina, la femme qui s'est occupée de moi dès son arrivée lors de mes dix ans. Elle est accompagnée et suivie de près par Luca, et Moodu. Un grand sourire se dessine sur mon visage et le petit elfe de maison se jette dans mes bras avant que j'ai le temps de dire "ouf". Il sent la pâte fraîche, et le basilic, rien qu'à cette odeur, je songe au fabuleux repas qu'il a dû préparer. Je m'accroupis en le prenant et le serrant par la même occasion dans mes bras débordants d’affection. Sa voix chantante caresse mes oreilles. Il me demande qui m'accompagne. Je me relève, saisissant de nouveau la main de la belle blonde qui m'accompagne et qui ne doit sûrement rien piger, et qui doit sûrement songer à un mauvais rêve. Je jauge tout le monde pour vérifier que je n'ai commis aucune bourde dans mon plan parfaitement parfait.

"-Ruby, je te présente Moody, mon plus fidèle ami et Catarina et son frère Luca qui travaillent pour mes parents depuis des années. Je change de langue, pour que mes homologues Italiens me comprennent, Voici Ruby, un nouveau membre de la famille."

Mes yeux se perdent dans ses grands yeux sublimes. Je me sens bien et sereine. Il manque Papa pour que mon portrait de famille soit complet.

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



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Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: Re: Family Portrait -Venise, ITALIE- [R. ♥]   Sam 19 Jan - 13:46



"In the night time we are found
Misty sorrow swoop unbound
Whisper you mean it, say you'll stay
Hold my heart till brighter days."




J’avais recommence à boire.

Depuis que j’étais rentrée à Poudlard, ça m’avait appelé. Imperceptiblement, mais ça m’appelait, je sentais que j’en avais un peu envie mais que malgré tout j’essayais de m’en éloigner car après tout, ce n’était clairement pas une solution permanente. Je la trouvais pas dangereuse non, simplement… Passagère. Du moins, je l’avais cru car j’avais bien vu désormais que je ne pouvais pas vraiment m’en passer, et surtout que je ne voulais pas. J’avais recommencé le soir de mon anniversaire, alors que Lizlor s’était démenée pour m’organiser une espèce de petite fête surprise avec tous mes amis. Ou du moins, ce qu’il en restait. Il y avait Holly, Rita, Tirya, Annalisa, Prudence, et petit à petit d’autres se greffèrent, un certain Brook ami de Prudence, et puis Archibald, Stephen osa même pointer le bout de son nez. On était tous donc dans la salle sur demande et au fur et à mesure de la soirée, le nombre de personnes avait doublé sans que l’on puisse vraiment contrôler –ça finissait souvent comme ça. Ce n’était pas étonnant, c’était mon anniversaire et comme je m’étais déjà fait la désagréable réflexion, j’étais plutôt « populaire » ici. Donc forcément, ça amenait du monde… Pourtant, la soirée fût parfaite, vraiment parfaite. Je crois que ce fût l’une des meilleures fêtes que je passais à Poudlard même. Mais forcément au milieu de l’euphorie collective, de la musique et des gens qui se pressaient un peu partout dans la trop petite salle sur demande, j’avais craqué. J’avais ressenti cette habituelle pression, cette impression que tout le monde me regardait un peu, et le champagne était tellement bon… Et dès que j’avais ressenti une nouvelle fois cette sérénité alcoolisé, je compris que je n’en avais vraiment besoin. Dès le lendemain soir, avant de m’endormir, j’avais plongé la main dans un tiroir de ma commode dans lequel j’avais planqué ma flasque à moitié vide, sous une pile de pull. J’avais recommencé à boire.

Mais je ne pouvais plus me supporter toute seule. L’échec que j’étais à moi toute seule m’exaspérait. Le retour à Poudlard avait signé le retour des rumeurs, des articles du Daily et des regards sur moi. Il faut dire qu’il y avait matière à parler… Mes vacances chez les Wayland et mon lien privilégié voire suspect avec la directrice. Les présupposés folies d’Hadrian au Nouvel An. Et bien sûr… Le bal, Annalisa. Putain, mais qu’est-ce que j’étais conne… Heureusement, Archibald était là pour sauver les meubles. Il travaillait au Daily Poudlard et avait visiblement empêché toutes publications sur ce fameux incident, mais ça ne suffisait pas à faire taire les rumeurs. Que j’avais lancé moi-même, sous l’emprise de l’alcool, alors que j’avais crié dans une salle remplie de toute l’école qu’Annalisa était ma sœur. C’était définitivement une belle connerie. Depuis, je savais très bien ce qui se murmurait. J’avais essayé de rattraper la chose en prétextant une expression, mais le doute était déjà semé. Mon histoire familiale ayant toujours été très flou, mon rapprochement avec Annalisa assez soudain et notre ressemblance physique faisaient des indices assez importants pour alimenter les esprits les plus imaginatifs –et les plus proches de la réalité. J’avais trahi le secret qu’Anna et moi s’étions promis de garder, j’avais encore foiré, comme à chaque fois en ce moment. Parfois je me demandais pourquoi j’avais encore des amis, comment faisaient-ils alors que je m’insupportais moi-même ?

Pourquoi, après tout ce que je lui avais fait, Annalisa m’avait amené en Italie ? Pourquoi Madame Wayland avait-elle accepté que je rate quelques jours de cours simplement pour… Me ressourcer ? Je ne savais pas comment ma sœur l’avait convaincu, je n’avais même pas osé poser la question. J’avais suivi, sans avoir vraiment le choix –mais avec un réel soulagement. En effet, un matin, j’avais reçu un hibou d’Annalisa me demandant de faire ma valise et de la rejoindre dans le parc. Honnêtement… Je ne m’étais posée aucune question. Peut-être parce que j’avais une sacré gueule de bois et que j’étais dans le pâté, et que les dernières rumeurs qui amplifiaient ne me donnaient pas la possibilité de tenir tête à ma sœur –je devais me racheter. Et lorsque j’étais arrivée dans le parc et qu’elle m’avait pris dans ses bras un peu maladroitement, j’avais ressenti toute la honte de ce que j’avais fait au bal et le poids qui s’installa dans ma poitrine ne s’envola pas de sitôt. Je ne cessais de me dire que jamais je ne pourrais m’excuser assez auprès d’Annalisa, ou même me racheter, que j’avais encore tout foiré comme à chaque fois. Pourtant, malgré mon silence et mon regard baissé, la jolie Italienne ne se démonta pas. Non, elle fit mieux que ça : elle m’amena chez elle, à Venise.

Depuis que nous étions arrivées, elle n’arrêtait pas de me dire que j’étais comme chez moi. Elle m’avait présenté et traité comme un membre de sa propre famille. Plus je la voyais évolué dans son pays d’origine, plus je la trouvais majestueuse. Elle traitait avec une infinie douceur ses « domestiques » qu’elle considérait comme des égaux. Tout le monde la respectait ici, l’admirait. Dans les rues de Venise, on la saluait et elle répondait avec de grands sourires. Elle connaissait les endroits les plus incroyables comme les plus simples, tous les détails de sa ville s’offraient à moi avec une guide parfaite. Elle m’avait fait visiter les canaux sur une gondole, elle m’avait amené dans son café préféré, son elfe de maison nous faisait les meilleures pizzas du monde, et tout ça, Annalisa me l’offrait avec un petit sourire aimant, malgré ce que je lui avais fait. Je ne savais même pas comment recevoir autant d’affection, qui encore une fois m’écartait un peu de l’alcool –j’en avais bu très peu depuis que j’étais ici mais il fallait l’admettre, le vin italien était délicieux. Le soir, bien que nous ayons des chambres séparées, je venais me glisser dans son lit pour dormir à ses côtés. Ça m’apaisait, je ne pouvais pas vraiment l’expliquer. Même si au fond, j’avais toujours une immense culpabilité qui se répandait encore et toujours et que je tentais de noyer dans le liquide ambré de ma flasque sans jamais trop en boire –pour qu’Annalisa ne remarque rien. Voilà donc à quoi pouvait se résumer mes journées depuis que j’étais ici. Je n’avais pas vu les quelques jours passer, et l’idée de repartir planait déjà et m’étouffait.

Je descendis les marches en marbre qui menait dans le hall central. J’entendais une légère mélodie de musique classique en fond, celle que Catarina écoutait toujours lorsqu’elle rangeait le salon. Je marchais doucement, sans bruit, jusqu’à la terrasse qui se trouvait derrière la cuisine, où je savais que je trouverais Annalisa. En effet, elle était assise là, cigarette entre les doigts, le regard perdu dans l’immensité du domaine qui s’étendait face à elle. Le soleil commençait à se coucher et l’atmosphère était baignée d’une douce lumière orangé qui étirait les ombres le long des façades de la maison et du jardin de la Villa. Anna était tellement jolie ainsi, les cheveux un peu décoiffés et le maquillage qui avait un peu coulé, tandis qu’elle nageait encore un peu trop dans son pull malgré sa récente prise de poids. Elle m’entendit arriver et se tourna vers moi avec un petit sourire auquel je répondis, toujours gênée de ce qu’elle avait fait pour moi. M’asseyant sur le fauteuil en face d’elle, j’allumais également une cigarette et je laissais mon regard courir le long du domaine des De Bertolis. Puis finalement, j’osais me tourner vers ma propre sœur qui m’observait un peu.


- C’est vraiment joli l’Italie… Je tentais de gagner du temps, je le savais. Mais j’avais réfléchi, j’avais tourné le problème dans tous les sens. Peut-être fallait-il que j’ose pour une fois, que je me rende à l’évidence. Je tapotai ma cigarette au-dessus du cendrier, poussant un soupir, avant de lever les yeux vers Anna. Je crois que je te dois des explications… Je m’étais déjà excusée de nombreuses fois. Mais ça ne suffisait peut-être pas. Il fallait que je sois honnête avec elle, à un moment ou un autre. Sur lui. Murmurai-je, sentant les frissons me gagner. J’aspirais une bouffée de tabac comme pour me donner de la force, regrettant soudain de ne pas avoir bu un peu de whisky. Sur comment il est mort. Comment ils sont morts. Ajoutai-je doucement, cherchant mes mots à taton sans oser regarder Anna de trop près. C’était… Ma faute, tu vois ?

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Even Closer | Forever Young | So Cold | If Stars



« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Annalisa de Bertolis
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MessageSujet: Re: Family Portrait -Venise, ITALIE- [R. ♥]   Mer 23 Jan - 18:50

Les yeux rivés sur le vide, je crache lentement la fumée de cigarette qui emplit mes poumons dans une lente râle. Assise sur l'un des rebords extérieur de la fenêtre donnant cuisine de la villa vénitienne, je contemple le soleil se couchant m'offrant un magnifique vue que j'avais oublié. Le parc principal se teinte de couleurs pastelles qui se reflètent sur l'eau de la fontaine centrale ainsi que de la piscine se trouvant sur la terrasse. La brise légère régnant dehors tournoie autour de moi dans une danse invisible pour venir caresser ma joue rose. Mon bras libre s'enroule autour de moi pour serrer le pull encore trop grand que je porte ce soir de façon décontracté. Si je n'avais pas vu ce paysage des milliers de fois pendant mon enfance troublée, j'en aurais sans doutes eu le souffle coupé par la splendeur de ce couché de soleil innocent. C'est ce que ça lui a fait, à Ruby. J'avais pas vu son visage s'illuminer comme ça depuis son anniversaire surprise. Ses petites fossettes se soulever à cause d'un sourire éclatant son visage. Une des plus belles choses qu'il m'ai été donné de voir, après le regard ému d'Archibald débordant d'amour après nos retrouvailles à l'infirmerie. C'est à ce moment que je compris que l'amour d'une soeur était quelque chose d'indispensable à ma vie, que son amour était quelque chose de vraiment précieux et qu'il fallait que j'y prenne grand soin. Garder ce sourire brillant sur le visage tiré à cause des nombreux démons hantant ma soeur. Il fallait que l'on traverse sa détresse ensemble, tout comme elle m'avait aidé à supporter la mienne qui me dévorait de l'intérieur. C'est fou ce qu'un coeur brisé peu faire comme ravage. C'est comme un os cassé, à l'extérieur ça ne ce voit pas, pourtant à l'intérieur c'est déchirant, comme si chaque respiration faisait un mal de chien. Comme si chaque minute debout semblait vouloir vous casser les jambes pour vous voir tomber par terre, vous ramassant le visage contre le sol.

Le premier jour passé ensemble à Venise, le lendemain donc de nôtre arrivée s'est révélé être calme, et presque sans dialogue. Je me suis contentée de lui faire visiter ma ville sous toutes ses facettes. Les bars dans lesquels j'allai boire un chocolat chaud les journées d'hiver, assises sur les genoux de la personne que je prenais comme mon père. Les endroits où j'allais boire un limonade avec mes copains quand j'étais petite après une longue journée à jouer au ballon comme si rien ne pouvait nous toucher. Je lui ai montré les magasins dans lesquels ma mère, cette vipère, me traînait comme son petit chihuahua (qu'elle avait appelé Don Quichotte au passage) pour m'acheter des fringues hors de prix qui s'entassaient dans mon dressing de vingt mètres carré. Je me souviens comme cette tache me semblait pénible et que je suppliais mon père pour me garder cacher sous son bureau sans qu'il me dénonce à madame ma mère. La pizzeria où m'accompagnait Lulla, ma gouvernante partie depuis peu, quand j'étais petite parce que je mourrais soit disant de faim alors que l'odeur de la pâte à pizza chaude s'échappant des pizzerias suffisaient à m'affamer et qu'elle ne résistait pas à mes beaux sourires. Il y a aussi ces ruelles chaudes où la musique règne dans lesquelles je me trémoussais comme une folle sous le regard médusé de ma génitrice. Les fous rires que ça déclenchait chez moi en voyant son visage se décomposer littéralement parce que je me donnais en spectacle et que les passants m'applaudissait. L'innocence d'une enfant est ce qu'il existe de plus beau, répétait mon père. Je me rend compte à quel point il avait raison. La soirée qui s'en suivit fut cependant plus agitée. Nous sommes rentrées avec plein de produits frais provenant des différents marchés de la ville lorsque la nuit commençait à tomber. Son rire résonnait en écho du mien à causes des idioties que je faisais, comme si nous étions que deux petites filles ignorant tout de l'horreur du monde dans lequel les adultes vivent. Elle me surprit à jouer l'équilibriste sur le bord des fins trottoirs les bras chargés de sacs contenant ce qui fera nôtre repas du soir. Son rire se mit à retentir dans le silence paisible des rues menant à la villa, alors que mon visage se tordait en une grimace, qui était apparemment hilarante lorsque je frôlais la chute de cinq centimètres qui me séparait du sol goudronné. Nous avions passé le reste du chemin à nous taquiner et à rires, comme deux enfants.

Les jours qui s'en suivirent furent surement les meilleurs que j'eu passé en Italie. Je me souviendrais éternellement de la moue étonnée qui s'affichait sur son beau visage lorsque je souriais et saluait la tonne de gens que je connaissais ici, comme s'ils étaient des membres de ma famille. Ici, j'ai toujours tout eu, bien plus que ce que je désirais. Ce que j'aurais aimé, c'est avoir une petite vie tranquille, des parents toujours présents, une petite maison avec une belle vue sans chichis et sans code de conduite, "Tiens toi droite" "Fais pas ça comme tu le fais, mais fais le avec ci" "Le poisson se mange avec cette fourchette là" bla-bla-bla. J'aurais voulu avoir un petit chien, ou bien un chat. M'habiller comme je le veux sans avoir peur de me faire réprimander parce que je suis tombée dans la boue pendant une partie de balle au prisonnier, ou bien parce que je suis rentrée avec un accroc dans ma robe. J'aurais aimé être comme toutes les petites filles que j'enviais, ou seul l'amour d'une famille comptait et non les richesses et la renommée vous voyez? Alors je traitais les gens comme mes égaux, puisque je ne pouvais pas être le leurs. Des bourrades amicales, des étreintes signifiant des retrouvailles avec des vieux amis datant de longue date. Des personnes qui m'ont connues alors que j'étais haute comme trois pommes et qu'ils se défendaient de m'ébouriffer les cheveux à cause de mes parents veillant au grain derrière. J'emmena Ruby à un gala de charité qui se déroulait chez une famille d'amis à la mienne pour lui montrer dans quel milieu j'ai dû grandir. Je l'ai emmenée faire du shopping dans les meilleurs magasins de la ville avec des amis et surtout, je l'ai invitée dans mon café préféré, dans une petite ruelle piétonne dans le haut de Venise. Un endroit merveilleux, lumineux et accueillant où l'envie de se poser règne. Le patron me reconnu aussitôt et je me jeta dans ses bras. Je ne l'avais pas vu depuis quatre ans, c'est à dire mon arrivée à l'école. Nous échangeons brièvement les nouvelles, je lui présente Ruby et je commande deux cafés moccha à la cannelle comme on les boit en Italie. Le meilleur café du monde entier. Et c'est assise à la table sur laquelle je m'installai toujours étant petite, en face de ma soeur que je réalise qu'ici, je me sens libre, bien que je ne m'y sentes plus comme chez moi. Chez moi, c'est Poudlard. C'est l'école, ma salle commune, les bras d'Archibald, le regard pétillant de mes amis et les sourires aimant dont Ruby a le secret.

Il n'y a que deux endroits que je n'ai pas montré à Ruby. Deux endroits qui ont bouleversés ma vie et qui ont mit fin à toute parcelle d'innocence enfantine qu'il y avait en moi. Deux endroits qui m'ont fait grandir aussi violemment qu'une gifle vous rougissant la peau et ne laissant que la marque rouge des doigts de la personne qui vous l'a donné. Le genre de gifle tellement puissante qu'elle sème des picotements douloureux sur votre joue et qui vous fait monter la rage et l'humiliation en vous. Un seul détail de ma vie est inconnu de Ruby, un seul. Celui de la personne qui fut ma soeur avant elle, la personne avec qui je partageais tout mes secrets, tout mes petits bobos et tout mes bonbons. La seule personne qui avant Poudlard, me faisait sentir si vivante et moi même. La personne qui était la cause de mes fous rires les plus hilarants, la personne avec qui j'eu l'honneur de faire les plus belles parties de ballon au prisonnier, ou avec qui j'ai fais mes plus grosses bêtises. Une personne qui m'ai été retirée trop vite et injustement. Une personne qui aura eu le don de me faire grandir plus rapidement que permis. Cette petite Italienne, jeune brunette aux yeux pétillants de malice. Elea. Un accident que j'aurais aimé oublier, une fille que j'aurais préféré ne jamais rencontrer par pur égoïsme. Vous savez ce que c'est d'avoir quelque chose de cher et très précieux et de savoir ce que l'on ressent lorsqu'on nous le retire avec une force cosmique et violente pour vous laisser un trou douloureux et ardent dans la poitrine? Moi c'est mon cas, c'est ce que j'ai ressentis lorsque cette voiture à percuter son corps léger pour l'envoyer à cinq mètres avec une violence qui restera gravée dans mes cauchemars. Je me souviens de son petit corps frêle propulsé dans les air, le bruit du choc de ses os se brisant contre la carrosserie, je me souviens de l'odeur aigre que la mort apporte, je me souviens des battements que mon coeur à raté comme pour enfoncer et encourager le silence pesant qui régnait autour de moi. Je me souviens m'être précipitée vers elle à l'aveuglette, la vue brouillée par la déferlante de larmes roulant sur mon visage. Je me souviens de la panique qui montai en moi à une vitesse ahurissante me défonçant à l'adrénaline pure. Je revois son corps secoué par les derniers spasmes de la vie se débattant avec son corps pour rester à l'intérieur, je ressens toujours sa main quittant la mienne pour s'écrouler sur la route pavée. C'est comme si toute cette douleur refusait de partir, c'est comme si j'étais condamnée à me rappeler pour toujours l'horreur que j'avais ressentie lorsque ses petits yeux noisettes se sont éteint de toutes lueur de vie. Elle était partie, partie.

Je suis tirée de ma rêverie par le bruit des pas légers de ma grande soeur. Sa chevelure blonde semble briller au contact de la lueur claire de la pénombre commençant à tomber en un arc-en-ciel de couleurs douces et rosées. A cette vue, un sourire rayonnant s'affiche sur mon visage qu'elle me rend. Elle est silencieuse et gagne rapidement d'un pas assuré le fauteuil trônant en face de moi visiblement gênée. Même un aveugle (non je n'ai rien contre eux) saurait reconnaître l’atmosphère pensante qui semble s'installer. Ma cigarette touche à sa fin et je l'écrase soigneusement dans le cendrier posé à côté de moi. J'en rallume une presque aussitôt pour fumer avec Ruby. Je sens que quelque chose ne va pas. Je ne sais pas quoi penser, peut-être qu'au final nôtre séjour chez moi ne lui a pas plu, ou alors qu'elle à bien réfléchi sur nôtre relation à toutes les deux et qu'elle ne veut définitivement plus de moi. La panique semble me gagner peu à peu mais j'essai tant bien que mal de rester stoïque. Mes doigts se crispent sur mes genoux que je rapproche vers ma poitrine. Un frisson me secoue l'échine tandis que je regarde intensément Ruby pour essayer de comprendre ce qu'il ce passe et d'analyser la nature de son malaise qui semble me gagner aussi. Le silence est pesant et je me refuse de croire qu'elle souhaite m'abandonner une seconde fois. Sa voix résonne, presque tremblante. Ses premières paroles me rassurent, elle aime l'Italie et j'en suis ravie. Mais j'essaie de comprendre, qu'est-ce qui ne vas pas? Mes doutes s'accentue aussitôt qu'elle reprend la parole. Des explications? Pourquoi? Comment? A cause de? Je reste silencieuse, fébrile à mon tour comme si le monde allait bientôt exploser sous nos pieds. Le stress me gagne et je sens mes mains trembler tandis que j'essaie de garder mon calme car deux jeunes femmes paniquées et à fleur de peau ne valent pas mieux qu'une. Au moment où elle prononce "sur lui" j'ai l'impression que c'est moi qui explose. Lui, celui qui à ruiné nos vies. L'un des deux coupables, le seul présent dans l'autre monde. Ma soeur ne vas apparemment pas bien, je saute de mon rebord de fenêtre pour me placer sur la chaise de jardin en fasse d'elle. Je suis trop impatiente, ou je ne sais pas. Je me sens au bord du malaise, comme à chaque fois ou nous évoquons nôtre géniteur commun. Un géniteur, voilà ce qu'il est pour moi. Même pas un père, même pas quelqu'un que j'ai envie de connaître, jusque un service trois pièce dont ma mère s'est servie pour me mettre au monde. J'ai envie de prendre la main de la serdaigle dans ma main mais c'est comme si mon corps ne semblait pas être d'accord. La pression entre nous semble s'accroître de plus en plus qu'elle cherche ses mots. Je l'écoute sans sciller, comme si c'était une démineuse sur une bombe à retardement qu'il ne fallait pas déconcentrer. Sa faute, sa faute. Ses mots résonnent en moi comme pour y chercher un sens. Je dois la rassurer, c'est mon rôle. Ma main vient enfin chercher la sienne après une longue lutte contre moi même pour y arriver ou me décider à la saisir. Mon pouce caresse lentement le dos de sa main tandis que je cherche désespérément son regard pour essayer d'y lire quoi que ce soit qui pourrait me rassurer.

- Eh, regarde moi. Ma voix est suppliante, j'ai peur de ce qu'elle va me dire. Ruby, regarde moi s'il te plaît. Je ne comprend pas ce que tu essaie de m'avouer ou de me dire, mais rien n'est de ta faute. Tu n'y es pour strictement rien. Regarde moi, je t'en prie. Ce n'est pas de ta faute, tu dois arrêter de croire que tu es la raison pour laquelle le monde est malheureux. C'est dans la nature des choses d'être malheureux, ce serait bien trop facile d'avoir le sourire tout le temps. Tu es ma soeur, et rien n'y personne ne pourra changer ça. Peu importe le passé, on est enfin réunies et je saurais prendre soin de toi. Peu importe quel crime tu commettras, je serais toujours derrière toi. Et c'est à cet instant là, que j'ai l'impression d'avoir cent ans.

Je tente de me remémorer ma vie le plus rapidement possible en oubliant le moins de choses. Beaucoup d'instants durs, beaucoup trop de larmes, beaucoup trop de souffrance. Des révélations, des secrets qui éclatent, un coeur qui s'arrête de battre, des déchirures, des chutes et des adieux. Des os qui se brisent, de la maigreur, des vertiges et maux de têtes. Un enterrement, un accident, toujours des larmes. Un coeur qui éclate, la terreur, la douleur, la peur. Des rencontres, beaucoup de rencontres. Des sourires magnifiques, des regards doux et aimants, des phrases réconfortantes sortant d'une bouche familière, des étreintes sous la pluie, des baisers mouillés par une tonne de sentiments coulant sur un visage, deux coeurs battant à l'unisson durant une nuit entière, des mots magnifiques une tonne de mots, des rires en cascade, des "je t'aime" murmurés au creux d'une oreille. Une main caressant des cheveux, des moues adorables, des baisers et encore des baisers. De la musique, des chansons à ne plus finir, des chorégraphies farfelues, de magnifiques instruments et des concertos inoubliables dans le temps. Une respiration haletante, de l'amour, encore des "je t'aime" à la pelle, son regard posé sur un corps trop maigre et qu'il trouve pourtant superbe, des cadeaux, un collier somptueux, des robes de créateurs, des soirées magiques, l'ivresse, la défonce. Toujours de l'amour, de la tendresse, de nouveau des étreintes peau contre peau. Des erreurs, des idées de génies, des plans de fous. Un bonjour, au revoir, à bientôt. Ne m'oublie pas, on s'écrit, je te le promets. Une soeur, un sourire, une retrouvailles sous la couette pendant la nuit. Je t'aime beaucoup, oublie moi, reste là. Etre ailleurs, vouloir voyager, rentrer à la maison. L'amour d'une soeur, l'amour d'un homme. Voilà toutes ces choses qui font que ma vie malgré tout, valait la peine d'être vécue.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: Family Portrait -Venise, ITALIE- [R. ♥]   Dim 27 Jan - 19:24

J’aurais tant voulu que la vie soit aussi simple que ces journées en Italie. Sous la douce fraicheur méditerranéenne à laquelle je goûtais quand je marchais dans les rues de Venise, tout me semblait plus facile et plus beau. J’étais une inconnue ici, j’étais qui je voulais avec qui je voulais. J’avais la main d’Annalisa dans la mienne, la douceur ses lèvres contre ma joue avant de fermer les yeux le soir, son rire comme une mélodie quand je disais une bêtise. C’était tellement simple de vivre comme ça, de me laisser porter par l’énergie de ma sœur loin de ce château qui m’étouffait. J’aimais ce pays, réellement, il avait une beauté que je n’avais jamais vue en Angleterre ou en Ecosse. C’était plus lumineux, tout rayonnait en écho au sourire de la jolie blonde qui me faisait découvrir les secrets de ces lieux. J’aimais m’abandonner entre les maisons, dans les ruelles fines pavées de pierres usées par les milliers de pieds qui avaient les avaient foulées. Tout ici avait une histoire qui m’était inconnu, je pouvais tout redécouvrir comme une enfant émerveillée. Rien ne me retenait ici, j’aurais pu y vivre en paix pensai-je parfois, amère de réaliser qu’à Poudlard, il n’y avait rien pour moi. Pourtant, j’essayais de me réconforter en pensant que j’avais eu des heures de gloire là-bas, que tout n’était pas perdu. J’avais de réelles amitiés entre ces murs, je m’y étais découverte des capacités scolaires alors que ce n’était pas gagner à la base… J’avais vécu des choses, terribles comme incroyables, et ça allait continuer. Poudlard était ma maison, elle ne pouvait pas se retourner contre moi. Je refusais de l’envisager ainsi. Alors pourquoi avais-je tant besoin de m’en échapper ? Pourquoi avais-je ce sentiment qu’il n’y avait rien pour moi là-bas ?

Pourtant, regardez, il y avait Annalisa. Que j’avais déçu au bal. Il y avait Prudence. Mais nous nous éloignions de jour en jour. Et Lizlor… Lizlor. Sa présence m’aidait tellement, mais j’étais crispée de peur quand à l’idée qu’elle découvre que je buvais autant. Je savais moi, que ce n’était pas grave. Ce n’était que de l’alcool. Mais j’étais sûre qu’elle allait s’inquiéter, je voyais dans ses yeux qu’elle commençait à repérer les indices que je ne pouvais pas cacher –mes phases d’euphories, mes yeux dans le vague, mes cernes. Surtout depuis que je lui avais parlé d’Ewan. J’avais changé un peu la version de l’histoire, omettant de lui raconter notre première rencontre… Mais sa tête lorsque je lui avais dit avoir « reconnu le barman de la Tête de Sanglier dans une ruelle »... Reconnaître… Je n’aurais pas dû utiliser ce verbe. Les sourcils de Liz s’étaient arqués, et elle avait hoché la tête sans rien dire, mais n’en pensant probablement pas moins. Et c’était ce qui se passait à chaque fois que je lui disais que j’avais passé la soirée en compagnie du barman –c’était arrivé une ou deux fois depuis mon anniversaire - à jouer à son fameux jeu qui consistait à me poser des questions et à boire selon la justesse des réponses ; je voyais que ma meilleure amie s’inquiétait de tout ça. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle me demande si je buvais aussi souvent qu’elle s’en doutait, et là, je ne pourrais pas lui mentir. Je ne pourrais plus. C’était déjà trop pesant de se cacher d’elle, je me sentais tellement hideuse de lui faire ça… Je savais qu’elle allait finir par être déçue de mon comportement. Toutes mes amitiés finissaient toujours par s’entacher par ma faute. Je ne valais rien.

Alors pourquoi est-ce qu’Annalisa vient de glisser sa main dans la mienne ? Pourquoi est-ce qu’elle tente de m’aider ? Est-ce que je le mérite seulement ? J’avais l’impression que j’étais un tel poids pour tout le monde, pour moi mais pour tous ceux que j’aimais. De plus en plus régulièrement, je me trouvais à penser qu’ils auraient tous été mieux sans moi. Mais j’avais besoin d’eux, et c’était sûrement la chose la plus dure. Je ne voulais faire du mal ou embêter personne. Lizlor, Annalisa… Tout le monde autour de moi était si heureux, et je venais cacher le tableau. J’aurais pu les laisser filer la belle vie avec leurs amoureux, leurs amis qui étaient facile à vivre. Pourquoi est-ce qu’elles s’encombraient de moi ? Je m’en voulais de ne pas réussir à me détacher d’elles comme j’aurais dû le faire pour éviter qu’elles tombent avec moi. Plus j’y pensais, plus ça tournait et plus j’avais envie de boire. Je n’arrivais plus à… A ce que ça aille bien. Je faisais tout de travers. J’allais tout foutre en l’air. Devais-je seulement parler de mes… parents à Annalisa ? Est-ce que je faisais encore une mauvaise chose ? Je n’en savais rien. Je voulais simplement lui dire la vérité, parce qu’elle méritait peut-être de comprendre pourquoi est-ce que j’agissais ainsi parfois, pourquoi est-ce que j’avais autant de mal à me confier, à parler de mon passé… Je n’avais pas à me justifier pour mes actes, non. Je voulais simplement… Le dire, pour qu’elle comprenne, que je comprenne encore un peu parce que c’était tellement confus en y réfléchissant. Je n’arrivais pas à ouvrir clairement la bouche, à prendre la parole. J’avais peur de la suite.


- Eh, regarde moi. Ruby, regarde moi s'il te plaît. Je ne comprend pas ce que tu essaie de m'avouer ou de me dire, mais rien n'est de ta faute. Tu n'y es pour strictement rien. Regarde moi, je t'en prie. Ce n'est pas de ta faute, tu dois arrêter de croire que tu es la raison pour laquelle le monde est malheureux. C'est dans la nature des choses d'être malheureux, ce serait bien trop facile d'avoir le sourire tout le temps. Tu es ma soeur, et rien n'y personne ne pourra changer ça. Peu importe le passé, on est enfin réunies et je saurais prendre soin de toi. Peu importe quel crime tu commettras, je serais toujours derrière toi.

Je sentis les larmes monter, mais je luttais tant bien que mal. Non, je ne pouvais pas commencer à pleurer, pas maintenant ! Mais… Mais ce qu’elle me disait me touchait tant. Je savais, Liz me le répétait, que je m’accordais toujours tous les torts. Je n’arrivais simplement pas à imaginer le contraire, et je savais très bien que toute cette culpabilité avait une source dont je ne pouvais pas me débarrasser. Parce que c’était ma faute, certes je me défendais peut-être et je ne contrôlais pas, mais… Mais c’était moi. Et ma mère. Maman… C’était moi aussi, c’était tout cet incident qui l’avait bouffé de l’intérieur. J’aurais voulu qu’elle m’aide, qu’elle comprenne que j’étais la plus touchée, mais elle n’avait pas pu assumer ce rôle. Devais-je vraiment lui en vouloir ? Je ne pouvais pas m’empêcher de m’en vouloir, tout aussi fautifs que mes parents avaient été, qu’Hadrian était, que… Que tout le monde était. Annalisa ne pouvait pas encore comprendre, parce qu’elle ne se doutait pas, comme tout le monde. Comment croire que j’étais… Cette fille dont tout mon village avait parlé ? Cette fille qui allait être pour le reste de sa vie, cette gamine a qui la vie avait fait une jolie crasse ? Je ne voulais pas être cataloguée, mais j’étais cette fille, et le poids de cette identité était trop lourd pour moi. Il l’avait toujours été, peu importe ce que je faisais pour m’enfuir de cette réalité. J’étais cette petite fille qui…

- Je peux pas te regarder… Murmurai-je. Je n’avais pas la force d’expliquer tout ça dans les yeux de quelqu’un et de les voir changer au fur et à mesure de mon histoire. Et je savais qu’Annalisa serait encore plus touchée, car même si ce n’était qu’un lien biologique… Il faisait partie d’elle, d’une certaine manière. Je n’ai jamais pu te parler de lui, parce que je refuse de penser à lui. Il… Je respirai un grand coup, cherchant mes mots, refusant de regarder une seule seconde le visage de ma propre sœur. Il m’a violé quand j’avais six ans.

Ce fût probablement la première fois de ma vie que je réussis à le dire sans pleurer, sans bégayer, sans hurler, à voix haute, pas sur une lettre. Pourtant, cette simple phrase suffisait à me provoquer un tel sentiment dans le ventre, j’en avais directement la nausée et des vertiges. J’inspirai une grande bouffée de tabac, dans l’horrible silence qui suivait cet aveu. Le goût acre de la fumée me donna un peu le tournis, parce que j’étais mal physiquement et fumer n’aidait pas mais… Mais ça me calmait un peu…

- Ce n’est arrivé qu’une seule fois parce que… Je l’ai arrêté. Malgré moi, mais j’ai tant voulu qu’il arrête que la magie est intervenue. Pour la première fois dans ma vie, j’ai déplacé quelque chose et… De ma main qui tenait la cigarette, je tapotais deux doigts sur ma tempe. Bam. Murmurai-je, incapable de décrire précisément la faucille se plantant dans son crâne, le cri, le silence, le bruit de son corps qui tomba, et mes sanglots… Et… Elle, elle s’est suicidée six mois plus tard. Silence, frisson, bouffé de tabac, soupir. Elle a pas supporté… Elle buvait beaucoup…

Elle buvait beaucoup…

Soudain, quelque chose me frappa. Je me revis allongée sur mon lit, ma flasque sous l’oreiller. Je revis ma mère, sur le canapé, une bouteille à la main. Le soudain parallèle, la ressemblance, acheva de me mettre mal. Je me sentis prise d’une bouffée de chaleur et je me levai précipitamment, courant dans la cuisine. Sans pouvoir me contrôler, je sentis mon cœur et mon corps pris d’un spasme. M’appuyant maladroitement au-dessus du lavabo, je me sentis vomir sans pouvoir me contrôler. Les jambes tremblantes, j’avais les joues couvertes de larmes, peut-être de l’acidité qui me piquait la gorge, mais surtout de tout ce que je venais de dire.


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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Annalisa de Bertolis
Élève de 6ème année



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Particularités: J'ai une tête à avoir des particularités sérieux? Toi t'as la particularité de m'en poser d'ces questions à la mort moins le noeud... Bon euh poufsoufflienne et proud to be. Euh, quatrième année, sortant avec un serpentard, euh euh... Demie sœur de la préfète de Serdaigle mais c'est secret donc tu la fermes ou je te fais avaler mon violon. Fais gaffe, ça doit pas être très bon.
Ami(e)s: Oui j'ai plein d'amis, j'vous assure! Du genre Chuck Carlton, Ruby, Anthéa, tu vois métissage des maisons eh ouais!
Âme soeur: Lui et seulement lui, j'le crierai au monde entier.

MessageSujet: Re: Family Portrait -Venise, ITALIE- [R. ♥]   Ven 1 Fév - 21:38


Le monde semble tourner autour de moi pour m'enfoncer dans une spirale sans fond. Ma bouche s'assèche tandis que l'histoire de Ruby se déverse sur moi comme une encre noire. J'aurais voulu qu'elle me regarde, j'aurais aimé la réconforter avec mon regard aimant et bienveillant, et pas le regard vide qui m'habite maintenant. Il l'a violée. Violée, souillée, volée, détruite, brisée, torturée. Il me manque les mots, les mots qu'une soeur doit devoir sortir dans ces moments là mais je ne les trouves pas. Je ne sais pas quoi lui dire pour lui montrer que ça ne changes rien à nous. Sauf que si, ça change bien des choses. Mon géniteur était une ordure, une raclure dégueulasse à qui la mort va à ravir. S'il était encore vivant, je me serais démerdée pour retourner en Angleterre et le tuer de mes propres mains. L'égorger à mains nues, l’éviscérer vivant avec mes ongles, lui arracher les yeux des orbites, le frapper jusqu'à ce que mort s'en suive, le noyer dans la cuvette des toilettes, lui couper ses mains sales, je veux une mort lente pour qu'il se sente partir à petit feu. Mon père biologique est un violeur pédophile incestueux qui a abusé d'une fillette de six ans seulement, lui ôtant sans vergogne ni remords toute parcelle d'enfance, d'innocence et de pureté. Je n'arrive pas à écouter la suite, tellement le dégoût me monte aux lèvres. Il a osé toucher à ma soeur, à mon sang. Il a osé m'engendrer, moi qui au départ n'avait rien à faire dans sa vie. Je n'aurais pas dû exister, j'aurais préféré ne pas exister quitte à être l'enfant d'un violeur. Combien d'autres ont subit le sort de Ruby sans agir? Combien de fillettes restent dans l'ombre du passé, dévorées par les remords, la honte et la culpabilité? Combien d'entres elles sont encore en vies? Combien d'entre elles n'ont pas cédé à l'auto-destruction après cet acte répugnant? Mon dieu, ma Ruby. Mes yeux se brouillent, non par tristesse mais par colère. Une hargne sans nom me dévore de l'intérieur si bien que j'ai envie de tout balancer ce qui est à porté de ma main, j'ai envie de frapper un mur, de hurler ma rage virulente. C'est ainsi que je me rends compte que se contenir est bien difficile. Elle l'a assassiné. Une fillette de six ans qui tue son père sans même s'en rendre compte par magie. La pauvre, mais elle n'y es plus rien! Et dieu seul sait ce qu'il lui aurait fait d'autre si la magie n'était pas intervenue entre eux! Il aurait pu la tuer pour la contraindre au silence, la torturer pour lui faire promettre de garder le secret, et il aurait recommencer à la violer, quelques jours plus tard avec de nouveaux arguments à mettre froid dans le dos. Ces hommes sont des monstres. Ils n'ont strictement aucune humanité, aucune parcelle ne serait-ce qu'infime d'humanité. Sa mère est morte de tristesse. Pas étonnant. Laissant une pauvre gamine orpheline et entachée d'un passé bien plus que lourd à porter. Mon portrait de famille vole une nouvelle fois en éclats.

La blonde assise en face de moi se lève précipitamment après être devenue aussi blanche que la neige. Je ne dois pas être bien colorée non plus, de toute façon. Je me lève rapidement faisant valdinguer le cendrier à terre, un bruit de bris de verre déchirant le silence morbide autour de nous. Je cours jusqu'à la cuisine pour y rejoindre ma grande soeur qui me paraît être encore une enfant. Je me rapproche d'elle rapidement tandis qu'un nouveau haut le coeur secoue son grand corps malade. Je lui attrape ses longs cheveux blonds dorés pour éviter qu'elle ne se vomisse dessus. Je lui caresse le dos de ma main libre et lui dis que ça va aller. Je me surprends à parler d'une voix douce et étonnement posée alors que la colère me ronge de l'intérieur. Ainsi donc Ruby aussi à un passé douloureux. Encore un point commun, certes bien désolant, qui nous rapproche encore une fois de nouveau. Encore un secret que nous garderons pour nous, encore quelque chose qui me fera prendre encore plus soin d'elle bien que ce soit loin d'être un sale travail. Ses vomissements se calment et son corps est secoués de frissons qui me font mal à moi. Je relâche sa crinière blonde et me rue vers le frigo pour y sortir de l'eau fraîche et je prend le premier verre propre qui me vient sous la main. Une fois remplit, je lui tends. Je lui dis que ça ira mieux, que tout va bien aller et que je suis là. Je serais toujours là, ce qui est vrai. Je préférerais mourir plutôt que de l'abandonner, elle est maintenant une si grande partie de moi. Son visage à reprit des couleurs, mais le mal-être est toujours là. Ca aurait été si facile de le faire partir avec le contenu de son estomac, ça aurait été trop simple mais tellement bénéfique. Je la fait s'assoire le temps que je nettoie l'évier de la cuisine. Si Catarina avait été là, elle aurait passé sa soirée à me questionner sur l'état de mon "amie" et à me proposer d'envoyer un hiboux à Poudlard pour prévenir la directrice que nôtre retour prendrait plus de temps que prévu. Poudlard, l'histoire de dix minutes j'avais oublié son existence.

Soudainement, je surprends mes pensées à divaguer sur mon propre passé. Il est vrai que Ruby elle non plus que moi aussi je suis une balafrée. Certes, c'est sûrement moins dur que de se voir retirer sa virginité dans la tendre enfance par son père, mais moi aussi j'ai souffert. Moi aussi j'ai détester ma vie à m'en rendre malade. Et elle n'est pas au courant, prenant particulièrement soin de ne pas l'attirer dans le sestiere de Castello, dans la petite ruelle où l'accident à eu lieu. Ce lieu, pourtant si proche de chez moi, me faisant rouvrir cette balafre à chaque fois que je remet les pieds à la Villa. Je dois la mettre au courant, je dois lui montrer que je la comprends et que moi aussi je n'ai pas eu le droit à une enfance comme les autres sans vagues et si heureuse. Son regard est porté dans le vide je n'imagine pas le mal-être qui doit avoir raison d'elle dans ce moment douloureux. Je saisis ma veste et la met sur ses épaules puis l'attire dehors après avoir avertie Catarina que nous sortions. Ruby ne doit pas comprendre ce qu'il ce passe, mais je ne peux pas parler. J'agis sous le coup d'impulsions et peut être que je le regretterais. Mais ce soir, elle s'est livrée à moi et je dois faire pareil. Nous sommes soeurs, et les petits secrets entre nous ne doivent pas exister. Je ne dis rien, et avance silencieuse avec la belle blonde sur mes talons. Les flash-backs fusent en moi, malgré que j'essaie de les chasser. Je me souviens d'Eléa le sourire aux lèvres avec les chaussures trop grandes de ma mère, bien cachées dans mon dressing. On rigole tellement, c'est tellement innocent. Je me sens mal, à l'idée que ma grande soeur n'en ai pas eu. Depuis plus de dix ans, elle vit avec la culpabilité de la mort de ses parents, et l'acte horrible que son père a commis. La nausée me prend à mon tour, et je tente de chasser les larmes qui commencent à voiler mes yeux. Après environs cinq minutes de marche, nous arrivons à l'endroit de mes pires cauchemars.

Calle Stagneri, la ruelles portant à présent le nom de "Sainte enfant" depuis son décès. La ruelle n'est éclairée que par quelques anciens lampadaires, et la plus part des petites échoppes présentes sont fermées depuis des lustres. Je me souviens qu'on jouait tout le temps ici, quand nous étions petites. Je ne compte plus les heures de jeu qu'on à put faire, les fous rires que nous avons eu. Mon coeur se serre, comme s'il se trouvait dans un étau que l'on avait serré brusquement. Je ne viens ici que pour l'anniversaire de sa mort. Je dépose une gerbe de fleurs, et je rallume toutes les bougies présentes. Je lui parle un bref instant, je ne pleurs que très rarement. Je me souviens que lorsque son accident à eu lieu, je venais tout les jours ici, comme si je m'attendais à la voir me rouspéter dessus de l'avoir laissé là et qu'elle m'attendait pour finir la partie que nous avions interrompue. Je regarde Ruby, qui a l'air totalement déconcertée par ma spontanéité soudaine. Nous descendons la ruelle pour arriver au petit croisement, là ou le petit corps de ma meilleure amie gisait inerte. Je lâche la main de Ruby que je tenais depuis que nous nous étions "enfuies" de la villa et m'arrête un bref instant, hésitante à continuer. Cela fait environs deux ans que je ne suis pas revenue ici, deux ans que je n'ai pas honoré Eléa. Catarina vient tout les jours ici, après être passée au marché aux légumes pour y déposer une rose orange et allumer une bougie. Les parents de la petite ont déménagés après son enterrement, comme si c'était trop dur de rester dans la ville qui a coûté la vie à leurs magnifique petite brune. Comme si moi je n'en avais pas souffert autant qu'eux, comme si j'avais pas perdu la personne qui était la plus importante pour moi, comme si je n'avais pas perdu la seule et l'unique meilleure amie que j'avais, comme si j'avais pas perdu une soeur aussi. Je m'approche lentement du petit monument qui avait été installé en son honneur et le caresse lentement du bout des doigts, comme si je touchais sa peau. Huit ans qu'elle est partie, six longues années qu'elle m'a quittée. Huit ans que cet affreux moldu croupis en prison pour le meurtre de ma meilleure amie. J'essaie de prendre la parole, mais j'ai le souffle coupé par la douleur. Le temps ne change rien, il n'atténue pas les balafres sanguinolentes de la perte d'un être cher et Ruby est bien placée pour le savoir. Le temps, ce n'est qu'une illusion. Comme l'alcool, ou les drogues qu'on utilise pour oublier sa vie merdique. Tout ça c'est du faux, un petit voile qui chaque ça le temps qu'on plane mais au réveil, la douleur est la même.

- Elle s'appelait Eléa. Elle était belle, vraiment sublime. Prudence lui ressemble énormément, je me souviens de ma panique lorsque je l'ai rencontrée j'avais l'impression de croiser son fantôme en plus âgé. Un maigre sourire s'affiche sur mon visage en y repensant, je me souviens d'avoir eu un mal de chien en croisant la jeune serdaigle au bord du lac il y a quatre ans. On se connaissait depuis la maternité, donc depuis la naissance. Nos mères avaient fait connaissance dans le plus grand hôpital de la ville. Elles sont devenues amies toute suites et nous aussi au final. On était comme des jumelles, sans la ressemblance. On passait nôtre vie ensemble et on à tout fait ensemble aussi pour dire vrai. Les premiers pas, figures toi que mon premier mot a été son prénom. Elle m'appelait Ananas, et je comprenais pas pourquoi. Sûrement à cause du palmier que ma gouvernante me faisait sur la tête. Bon dieu tu m'aurais vue, je ressemblais à rien. Ma mâchoire tremble légèrement à cause de l'émotion. Je ne pensais pas que ça serait si dur d'en parler. A Poudlard, seule Anthea est au courant, étant donné que nous nous connaissons depuis gamines aussi. Tu l'aurais vue, elle était vraiment superbe. Des beaux cheveux bruns ondulés, des petits yeux verts et des petites pommettes toujours roses. Et c'était une sacrée joueuse de balle au prisonnier. Il valait mieux être dans son équipe, c'est moi qui te le dis! Et puis, cette gosse c'était mon échappatoire à tout ce monde trop mondain pour moi. Elle était si simple, elle pouvait se traîner par terre, jouer dans les flaques d'eau, faire des trous dans des jeans ou ses ballerines sans se faire disputer t'imagines un peu moi si j'osais rentrer dans un tel état, j'étais de corvée shopping avec ma mère. L'horreur, vraiment. J'essaie d'ajouter de l'humour pour chasser les larmes, mais c'est vrai que je trouvais qu'Eléa avait beaucoup de chance d'avoir une famille normale bien qu'issue d'un milieu assez aisé. Et puis, un après midi d'avril, le premier où il faisait vraiment beau et bon, on avait décidé avec nos copains d'aller jouer dans nôtre rue, ici. La balle était allée trop loin, et elle est allée la chercher. Un moldu ivre qui fuyait la police l'a percutée de plein fouet pour l'envoyer valser sur les pavés. Elle est morte dans mes bras.

Je me souviens du sang s'échappant de sa petite tête brune. Des petites larmes perlant le coin de ses yeux tandis que les miennes déferlaient sur mon visage comme une véritable avalanche. Je savais qu'elle n'allait pas s'en tirer et pourtant je lui ordonnais de survivre. Je priais je ne sais quel dieu ou je ne sais qui pour qu'ils l'épargnent et qu'elle survive. Elle ne pouvait juste pas partir et m'échapper comme ça à cause d'une saloperie de non-sorcier qui s'était permit de lui ôter la vie injustement alors qu'on était tout juste âgées de sept ans. Sept ans, c'est pas un âge pour mourir. Sept ans, c'est trop jeune, c'est beaucoup trop jeune. Je me souviens de sa respiration difficile et haletante, de son regard devenant vide peu à peu. Elle ne pouvait pas me lâcher, pas maintenant. Elle n'avait pas le droit de disparaître comme ça. Je hurlais à plein poumons et les trois garçons hurlaient au secours. Tout un attroupement c'était crée autour de nous, et les policiers qui avaient prit en chasse le moldu s'étaient arrêtés pour nous apporter leurs aide. Ma mère fût la première adulte de nôtre entourage commun à arriver, suivie de près par la mère de ma meilleure amie qui pleurait et hurlait pour qu'on lui rende sa fille. Et puis, elle lâcha prise. Son dernier soupir s'était enfuit de son petit corps endoloris et brisé. Ses yeux pistaches étaient encrés dans les miens, puis ils roulèrent et ses paupières s'abattirent une dernière fois. Elle était partie, elle avait lâché prise. Sa main quitta la mienne pour s'écraser lentement contre le sol, tandis que je la secouais de toute mes forces pour qu'elles ré-ouvre les yeux. Un hurlement de douleur s'échappa du plus profond de ma poitrine, un cri de détresse et de dévastation. J'étais brisée, et mon coeur avait volé en éclat ce jour là.

- Les policiers qui s'étaient arrêter et les pompiers ont trouvés bon de me mettre sous sédatifs pour m'emmener à l'hôpital alors que j'étais en état de choc. Je me suis réveillée le lendemain dans une chambre d'hôpital qui puait la mort au sens propre du terme. Après l'accident, je suis restée quoi, deux ans en période de mutisme, ou plus je ne m'en souviens plus. Je venais tout les jours sans exceptions qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige dans l'espoir de la voir se tenir debout la balle à la main. Une partie de moi est morte en même temps qu'elle et je ne m'en suis jamais vraiment remise. Moi non plus, je n'ai pas eu d'enfance. Ma vie à recommencé à mon arrivée à Poudlard, et c'est cette école qui m'a sauvée parce que sinon je serais morte de chagrin je pense. Vivre toujours au même endroits, avec les mêmes démons qui te hante, c'est horrible. Le jour de l'enterrement, je n'ai pas pleuré. J'étais vidée de tout sentiment et de toute envie de continuer à seulement sept ans. Ma mère me trouvait anormale, comme toujours d'ailleurs. Seul mon père me prenait dans ses bras pour me consoler lors de mes terreurs nocturnes. Il venait se coucher contre-moi et me fredonnait un air que je joue tout le temps au violon. Je marque une pause, et les larmes ont commencées à couler silencieusement tandis que je racontais mon histoire à coeur ouvert toujours accroupie devant le petit monument. Mon menton tremble, mes jambes flageolent. La douleur est la même qu'il y a huit ans, rien n'a changé au fond. C'est pour ça que je m'en fais pour toi Ruby. J'ai déjà perdu ma soeur de coeur, je ne veux pas te perdre également. Parce que même avec toute la volonté du monde je n'y survivrai pas. Je ne veux pas que tu abandonnes, je ne veux pas que tu meures et que tu me laisse toute seule comme Eléa.

Je suis Annalisa, et j'ai quinze ans. Je suis déjà morte deux fois, et pourtant je suis toujours là. J'ai une soeur, formidable que j'aime énormément. Mon père biologique est un violeur pédophile incestueux qui à oser s'attaquer à ma soeur. Ma mère est une harpie vénale et menteuse comme un serpent. Mon père n'est au courant de rien, du moins je le pense et plus pour très longtemps. J'ai été brisée, mise en poussière et je me suis relevée. Aujourd'hui, je n'abandonnerais plus. Je vais me battre, et je vais aider ma grande soeur à aller mieux coûte que coûte. Je me sens plus vivante que jamais, et je tiendrais le coup.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: Family Portrait -Venise, ITALIE- [R. ♥]   Mer 6 Fév - 21:52

Les mots… Y a-t-il des mots pour ça ?

J’aurais voulu qu’il n’y en ait pas. Que ça ne puisse pas se décrire, se définir, ou simplement que ça n’existe pas. Que ça ne puisse jamais arriver, ni à moi ni à une autre. Je sentais tant les limites des mots lorsque j’en venais à ce sujet, comme si aucun n’avait pu être assez fort pour exprimer l’énorme trou qui s’était formé dans ma poitrine et ne m’avait jamais vraiment quitté. Il avait sa place, comme si la douleur avait choisi de s’accrocher dans ce petit nid tout chaud qui n’était là que pour elle. Elle avait sa place partout, dans chaque goutte de sang qui roulait dans mes veines. Parfois, je me demandais comment j’avais fait pour être encore là après, comme j’avais supporté de rester dans ce petit corps trop étriqué qui avait vu le pire, comment est-ce qu’il avait pu continuer de fonctionner après ? Il aurait dû me lâcher, et je l’avais souvent espéré. Que tout s’arrête, mais comment penser à ça lorsqu’on a six ans ? Comment peut-on espérer mourir alors que l’on a peine commencé à comprendre ce que ça voulait dire, vivre ? Peut-être qu’au fond c’était ça le problème. Je n’avais pas voulu mourir car je ne savais ce que c’était que de vivre. Les deux me paraissaient similaires. A peine avais-je pris mes premières inspirations que me les avaient coupées, avant même que je comprenne combien elles étaient précieuses. Parfois, je me disais que c’était peut-être la douleur qui m’avait maintenu en vie, car c’était la seule chose que j’avais pu ressentir au début. Et puis après… Tout était remonté. Le dégoût, la peur, la haine, contre moi et contre tous, l’incompréhension, la fatigue. Tout ce qui aurait dû me faire plier, tout ce qui l’avait fait d’ailleurs. Tout ce qui m’avait épuisé… Et m’avait maintenu en vie pourtant. Parce qu’à partir de cet instant-là, je ne connaissais que ça.

Mais j’étais passé par-dessus, d’une certaine manière, à un certain moment. Je savais que je n’avais pas fait le deuil, certes, mais je savais aussi que peut-être je ne le pourrais jamais. Mais certaines douleurs étaient parties, ou s’étaient atténuées. Je savais que j’avais eu d’autres moments, plus beaux et plus clairs par la suite, où j’avais vraiment été heureuse. Je croyais que c’était possible oui, d’oublier tout un instant. Ce que je ne savais pas encore gérer peut-être, c’était d’accepter que ça resterait là tout le temps et que j’avais le droit de… D’être triste, aussi. Je n’allais décevoir personne parce que j’étais humaine, n’est-ce pas ? J’essayais de m’y accrocher, à cette idée, mais je l’avais réalisé trop tard. Maintenant, j’étais partie dans les extrêmes. A trop vouloir être heureuse, normale, parfaite, je m’étais enfoncée un peu plus dans des mensonges et des peines que j’aurais pu m’éviter. Et désormais, je ne savais pas comment gérer ce brusque retour à cette phase qui me rappelait celle d’après l’incident, cette phase où je me laissais envahir par la peur et toutes les douleurs. Je m’en voulais d’être aussi faible, de m’être laisser piéger à mon propre jeu de Mademoiselle Parfaite. Je voulais réussir à comprendre ce que c’était que de vivre moi aussi, par-delà tout ce qui m’attirait vers des endroits plus obscurs –loin de la lumière des boucles blondes de Lizlor.

Les endroits obscurs m’appelaient toujours lorsque je finissais par mettre des mots sur ce qui m’était arrivé. A peine avais-je achevé ma dernière phrase que les tremblements s’installèrent, comme pour me rappeler que mon corps aussi avait subi dans cette histoire et qu’il en était toujours le reflet. Mais plus que la peine que m’a coûté cette révélation, j’entendais tourner en boucle ce « elle buvait trop » dans ma tête, comme un soudain son de cloche qui voulait me rappeler à l’ordre –trop tard. Pourquoi n’y avais-je pas pensé ? Pourquoi… Ma tête tournait, tournait et je m’appuyais comme je le pouvais contre cet évier sans pouvoir cesser de vomir et de pleurer à la fois. Je faisais comme elle.
Je me détestais. J’étais devenue ce qu’avait vu se produire sous mes yeux de gamine de six ans, qui m’avait marqué et m’avait, et le faisait toujours, hanté mes nuits silencieuses et éveillées. C’était trop tard… Je n’étais devenue que la pâle copie de ce que j’avais haïs et cherché à comprendre en vain, et maintenant j’étais tombée dans ce trou que je n’avais jamais pu reboucher lorsqu’elle était encore en vie, je faisais ce que je n’avais pas pu l’empêcher de faire. Je ressentis soudain ce dégoût contre moi-même que j’avais toujours, et qui s’amplifiait en un instant, m’envahissant et m’étouffant. Tout remontait, tout revenait, et vomir n’enlevait rien de cette impression qui m’accrochait l’estomac et le retournait. Les caresses d’Annalisa et ses murmures n’enlevaient pas la douleur, ils l’adoucissaient un peu, je voudrais la remercier mais je n’avais aucuns mots qui me venaient, ils mouraient sur mes lèvres qui se trempèrent dans le verre dos qu’elle me donna. J’avais envie de me rouler en boule dans un coin, de partir d’ici, parce que je ne méritais même pas ses attentions –et à la fois, elles me faisaient tant de bien.

Mais Annalisa n’avait pas prévu de me laisser me rouler en boule. Au contraire, elle prit un manteau et me le donna, avant de m’entraîner dehors sans un mot. Soudain, j’ai l’impression que l’atmosphère s’était alourdie un peu plus, comme si ce n’était pas fini… Où allions-nous ? Je ne dis rien et la suis, dans la nuit profonde. Le vent glissait sur mes joues et les rougit, mais je ne tremblais pas de sa fraîcheur mais bien de ce qui venait de se passer. La ville était déserte mais j’entendais au loin la rumeur des rires et des conversations, l’odeur de la pizza qui cuit envahissait mes narines et j’apercevais des petites lumières au loin, des fenêtres, des lampadaires. Des lumières, comme de l’espoir. Je tenais la main de la Poufsouffle dans la mienne, j’avais l’impression qu’elles étaient si frêles et pourtant si puissantes ensemble. Comme s’il ne suffisait que ça, au fond, que quelqu’un me tienne. Finalement après quelques minutes silencieuses, nous arrivâmes dans une rue peu éclairée et la jolie blonde me lâcha les mains pour s’avancer vers une petite statue entourée de bougie et de fleurs. Tout était lourd, silencieux, je tremblais un peu plus lorsqu’elle passa sa main sur la statue que je ne comprenais pas –tout était en italien. J’attendais, le cœur lourd, de comprendre pourquoi nous étions ici même si je redoutais ce moment où elle percerait le silence.

Et elle le fit.

Je l’écoutais raconter toute son histoire sans pouvoir dire quoi que ce soit. Je battais simplement mes paupières pour chasser les larmes qui montaient doucement, comme l’océan qui remonte sur les plages et s’y échoue. Les vagues se brisaient sur ma peau pâle, rougissant mes yeux et serrant mon cœur. Au bout d’un long moment, Annalisa acheva son récit, pleurant doucement aussi et je n’osais pas bouger pendant un cours instant. Ni la regarder. J’imprimais tout ce qu’elle venait de me dire, reconstituant le puzzle horrible dans mon cerveau engourdi par la peine. Pourquoi ? C’est la seule question qui me vient. Pourquoi est-ce qu’il faut toujours que quelque chose nous brise, d’une manière ou d’une autre, dans une douleur trop violente pour un enfant ? Je refusais de voir un point commun dans nos histoires, car j’aurais préféré que tout nous sépare plutôt que ma propre sœur ait connue ce genre de peine. Je ne voulais pas imaginer Annalisa, petite et innocente, tenir entre ses bras trop minces le cadavre de sa propre meilleure amie. Je ne voulais pas non, je ne voulais pas qu’elle ait de la peine. C’était trop injuste pensai-je amèrement, et je ne pouvais rien y faire. Doucement, je m’approchais d’elle et lui prit la main, l’entraînant sur le trottoir où nous nous assîmes, en face du petit monument. J’entendais nos respirations doucement se répondant, comme l’unique preuve que malgré tout, nous étions en vie. Je passais mon bras autour de ses épaules, attirant son visage contre le creux de mon cou parsemés de mes fils dorés.


- Ne t’inquiète pas… Finis-je par dire après un long moment de silence et de quelques larmes. Je ne te laisserais jamais tomber. Murmurai-je en déposant un baiser sur le sommet de son crâne.

Au fond, j’évitais ses peurs. Elle ne voulait pas que j’abandonne ?

Oh… Moi, je m’étais déjà laisser tomber.


THE END


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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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