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~ Look alike. [PV A.]

 
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 ~ Look alike. [PV A.]

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



Féminin
Nombre de messages : 2176
Localisation : Cachée.
Date d'inscription : 03/09/2011

Feuille de personnage
Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: ~ Look alike. [PV A.]   Lun 7 Jan - 3:52

Les vacances étaient vraiment passées trop vite. Pas comme d'habitude non. C'était pire car cette fois-ci, je n'avais même pas la satisfaction de retourner à Poudlard. J'avais passé les vacances les plus agréables de ma vie, en compagnie de ma meilleure amie loin de tout. L'été dernier, l'Oregon aussi avait été incroyable, mais ce Noël m'avait permis de m'enfuir de tout et ça m'avait fait un bien fou. J'avais encore en tête le rire de Liz, le Nouvel An... Tout les soirs ou presque, je feuilletais l'album photo qu'elle m'avait fait -nous avions eu la même idée. Je voulais repartir dans le Kant, je voulais fumer ma cigarette en paix sous la neige tout en tentant de faire des ronds sous le regard amusé de ma Gryffondor. C'était des moments si simples et pourtant, c'était ceux où j'étais la plus heureuse car ça me semblait bien. M'endormir dans les bras de ma meilleure amie suffisait à me mettre un baume au coeur. J'aurais voulu que tout soit aussi facile que lorsque j'étais avec elle, rien qu'elle et moi. Bien sûr, nous fréquentions d'autres personnes ensemble, mais ce n'était jamais pareil. Son unique compagnie me suffisait, sûrement car je n'avais eu une telle affection pour qui que ce soit et personne ne m'avait jamais autant apporté qu'elle. Alors deux semaines avec elle, et sa famille qui semblait m'accepter plus que je ne l'aurais cru, c'était ça pour moi la paix. Mais comme à chaque, c'était trop court, et le retour au château arrivait trop vite, j'avais beau tenté de me préparer, je ne pouvais simplement pas... Imaginer y retourner.

Je ne voulais pas que ça recommence. Les regards des autres sur moi, les gros titres du Daily. Vous pensez que durant les vacances, tout serait oublié? Bien sûr que non. Ils allaient trouver une histoire de vacances, de lettres, de rencontre, n'importe quoi tant que les rumeurs continuaient. Je n'étais pas la seule à en souffrir certes, mais j'avais l'impression que mon histoire plaisait. Surement car je me laissais submerger par tout ça et que forcément ça faisait encore plus de matière pour parler. Je devais donc me préparer, m'armer face à mon futur retour. À l'idée de revoir Hadrian aussi, les gens que j'évitais, ceux qui m'évitait... Je n'avais pas bu durant toutes les vacances, sauf au soirée, parce que je n'en avais pas resenti le besoin et je me demandais combien de temps je tiendrais sans mon whisky en retournant entre les murs froids de Poudlard qui m'oppressaient. Dès que je montais dans le train, je sentis une boule dans mon ventre, surtout que j'étais censée rejoindre le wagon de préfets... Je voulais bien revoir Holly, mais Haruhi ce n'était pas trop... Dans mes plans. J'étais donc restée malgré tout avec Liz, fuyant le plus possible mon futur retour à Poudlard et à sa réalité. Mais je ne pouvais pas retarder la chute infiniment et finalement... C'était la rentrée. Retour dans mon lit froid, loin de ma meilleure amie, coincée entre le regard discret mais étonné d'Ophelia et celui un peu plus froid de Prudence -on s'éloignait de plus en plus...

Ma première journée me sembla un cauchemar. Premièrement, je vis à peine Lizlor qui passa la plupart de ses pauses avec Stephen. C'était complètement compréhensif, elle ne l'avait pas vu depuis un bon moment... Et je ne la blamais pas. Avant, je faisais la même chose avec Hadrian. J'étais heureuse de sa relation avec le Serdaigle qui lui-même semblait être heureux. J'étais contente pour eux mais bien sûr, je ne pouvais pas m'empêcher de vouloir Liz pour moi au fond. Parce qu'en ce moment rien n'était facile et c'était elle qui était la meilleure compagnie. Je ne bus cependant pas de la journée, la traversant en fermant presque les yeux, priant pour que je m'en échappe vivante et le plus vite possible. Les cours furent presque impossible à suivre car je n'avais pas trop bossé pendant les vacances... Et notre première heure fut partagée avec les Gryffondor. Revoir Hadrian ne me fut pas bénéfique. Pas du tout. La vision de son sourire suffit pour me broyer le coeur toute la fin de la journée, et je n'eus même pas la force de chopper du whisky dans les cuisines. Je voulais juste disparaitre dans mon lit... J'avais pensé le soir m'échapper à la tête de sanglier, mais l'idée de revoir Ewan me fit rapidement changer d'avis. Finalement, je me retrouvais sous mes couvertures, la gorge serrée, et il me fut presque impossible de dormir de la nuit. Ça ne commençait pas bien du tout...

Je me réveillais ce matin avec d'immenses cernes, comme prévu. Il avait neigé toute la nuit et à travers la fenêtre de mon dortoir s'étendait le parc blanchi. Je me levais doucement, observant le paysage pendant quelques minutes, perdue dans mes pensées. Puis, finalement, je rejoins les filles dans la salle de bain et je me préparais avec le plus d'entrain possible. J'avais envie qu'aujourd'hui soit différent. Je pensais à Liz, et j'avais un peu envie de me battre. Le reflet de mon visage dans le miroir me désarçonna un peu, parce qu'il était pâle et creusé, mais une bonne douche et un peu de maquillage suffirent pour cacher les dégâts de la fatigue et de la peur. Je me surpris même à discuter un peu avec Prudence, comme si de rien n'était. Alors que je préparais mon sac pour la journée, je laissais une nouvelle fois ma flasque dans mon armoire. J'eus besoin d'une petite cigarette après mon petit-déjeuner, et j'ai le plaisir de la fumer en compagnie de Liz dans notre tour. Même si cela fut rapide, car les cours allaient commencer, je fus contente de ce petit moment entre elle et moi. Elle me parla un peu de Stephen et ça me mit de bonne humeur. Un câlin avant de se séparer, et il me semblait que j'étais prête à affronter la journée.

Elle ne fut pas sans difficulté. Je croisais Ana, son regard ne m'avait pas manqué. Greyson me rendit un devoir qui datait d'avant les vacances: un joli D trônait sur le haut de la feuille, à l'encre rouge. Inhabituel pour moi évidemment... Mais je pouvais passer par dessus une mauvaise note. Je pouvais m'améliorer. Je déjeunais même en compagnie de Tirya, ignorant le regard d'Hadrian sur nous. C'était toujours étrange qu'on soit ensemble parce qu'elle était la meilleure amie de mon Ex et... Je crois que le Daily avait fait un article sur ça d'ailleurs, mais je n'avais pas ouvert le journal depuis mon retour de peur de me laisser miner par ce que je pourrais y lire. Je ne pensais pas non plus au regard de certains élèves sur moi. Je ne devais pas penser à ça, pas maintenant, pas aujourd'hui. Evidemment, ça me pesait toujours mais... Je devais penser à autre chose. Et heureusement, j'avais un bon programme pour ma fin d'après midi..!

En effet, j'avais accepté de participer à un soutient envers les élèves plus jeunes. Si nécessaire, on faisait la demande d'une aide pour un cas particulier et quelqu'un se proposait pour accorder une heure de son temps sur le sujet. Je me proposai souvent en sortilèges et en potions, parce que je n'étais pas mauvaise dans ces deux matières -bon d'accord, très douée. Ce midi, Holly était venue me voir parce qu'elle ne trouvait personne pour s'occuper d'une certaine Aria, une deuxième année qui avait des soucis avec le sortilège Gemino. Ça n'était pas étonnant, dédoubler un objet n'était pas aussi facile que l'on aurait pu le croire. J'avais donc rendez-vous dans une des salles vides du château, à 18h précise. Comme à mon habitude, je fus quelques minutes en avance, et j'eus la surprise de trouver dans la salle la fameuse Aria -en avance aussi.


- Salut Aria. Lui dis-je avec un doux sourire.

Je n'avais pas besoin de me présenter, j'étais la préfète de sa maison et si elle n'avait pas entendu parler de mon ancienne réputation, elle connaissait forcément la nouvelle.


- Je présume que tu as ton livre de sortilège? Je ne suis pas contre feuilleter un peu la théorie, ça me rafraîchira la mémoire.

Parce que je faisais confiance aux livres. Les sortilèges étaient plus personnels que l'on ne l'aurait cru, et nous avions chacun de petites astuces qui parfois n'était pas explicable tandis que le livre donnait la base. Je préférais donc partir de là pour m'assurer de ce qu'on demandait. D'un coup de baguette magique, je fis voler jusqu'à nous une casserole qui venait des cuisines - on avait commencé les sortilèges informulés et c'était super classe!- pour être l'objet test. Autant commencer par quelque chose de simple, car un livre ou un sac contenaient beaucoup de détail, et qu'il fallait quelque chose de plus petit qu'une table ou une chaise.

- Alors dis moi, qu'est-ce qui te pose problème avec ce sortilège? Demandai-je d'une voix douce à l'adresse de la jolie blonde. J'ai mis beaucoup de temps à le maitriser aussi si ça peut te rassurer. Généralement, si tu es perfectionniste, ce sort va te poser problème. Lui expliquai-je.

Elle était propre sur elle, se tenait droite, je pouvais donc deviner qu'elle l'était. Et en effet, ce sort qui consister à créer le doublon d'un objet était difficile pour un perfectionniste qui inconsciemment, ne se sentait pas capable de reproduire parfaitement quelque chose. Était -ce le cas de la jeune fille? Je n'allais pas tarder à le savoir..!

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Aria Davenport
Élève de 5ème année



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Particularités: She looked pale, mysterious, like a lily, drowned under water.
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MessageSujet: Re: ~ Look alike. [PV A.]   Ven 11 Jan - 23:03

J’avais beau y être toute la volonté du monde, une concentration sans faille et répéter le même geste et bien, non ça ne fonctionnait pas. Le sortilège de duplication n’était pas parmi les plus faciles mais je pensais tout de même le réussir. En général au bout de deux essais, je parvenais à mes fins. Ils n’étaient jamais parfaits, à part peut-être les sortilèges de base que je connaissais sur le bout des doigts et maîtrisais, mais Hazel Woodley ne trouvait rien à redire dessus. Et il fallait plutôt être dans ses bonnes grâces. Comme je ne lui résistais pas et qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de me punir pour quoi que ce soit, elle ne s’acharnait pas sur moi. J’avais la chance qu’elle me laisse tranquille, mais ce n’était pas pour autant qu’elle vantait mon travail : j’avais compris juste en regardant son visage que j’avais échoué. Et c’était un cercle vicieux, plus j’essayais sans succès, plus ça me rendait nerveuse et évidemment ça n’aidait pas. J’avais l’impression que tout le monde me regardait dans cette salle et voyait que je faisais les choses mal. Et pourtant, ce n’était pas le cas, puisque je n’étais pas la seule qui avait des difficultés. Mais les gens ne pouvaient pas savoir combien ça comptait pour moi. Mes notes, ma réussite scolaire, c’était ma fierté. Si je perdais ça, une des rares choses qui me faisait un peu sortir du lot, c’était terminé. Je ne voulais pas devenir encore plus transparente.

Cela faisait la énième fois que je m’entraînais dans le dortoir. Même avec les objets les plus simples, le résultat n’était pas satisfaisant. Je sentais la chaleur qui me montait au visage et mes gestes qui devenaient brutaux. J’en avais assez de ce sortilège Gemino qui m’échappait complètement. Je savais que j’aurais dû me calmer, respirer et reprendre plus tard, parce que de toute façon là maintenant, je n’étais absolument pas dans les bonnes dispositions. D’énervement, j’envoyais valser ma baguette à l’autre bout de la pièce. Je regrettais immédiatement ma bêtise. Fort heureusement je n’avais pas beaucoup de force et elle n’avait subi aucun dommage. De toute façon ce n’était pas elle qui ne m’obéissait pas, je le savais en parfait état de fonctionnement. Le problème venait uniquement de moi. Bon sang, qu’est-ce que je faisais de si mal ?

J’en étais venue à la conclusion que mon cas devenait désespéré lorsque Holly Dillay m’annonça qu’elle avait décidé de mettre en place une séance de tutorat pour moi. Je la gratifiais cependant d’un sourire sincère, elle n’était pas obligée de me venir en aide… et elle n’était pas responsable de mon échec. Quelque temps plus tard, elle revint en me disant qu’elle avait trouvé une bénévole. Je ne fus pas étonnée lorsque j’appris que l’élève en question était Ruby Standiford. Cela pouvait paraître un peu fou ; mais cette fille représentait réellement un modèle pour moi. C’était à elle que je voulais ressembler plus tard. J’admirais aussi Holly bien sûr, mais il y avait quelque chose chez Ruby qui faisait que je m’y identifiais complètement. Je ne la connaissais pas ; mais visiblement, elle traversait une période difficile. Et j’imaginais que la série de papiers que le Daily faisait sur elle n’arrangeait rien à son mal-être. Et pourtant elle restait fière. Elle était préfète, brillante, plus âgée, agréable et populaire. Et j’étais sûre qu’elle n’avait jamais raté un sortilège. Elle avait des yeux bleus et des cheveux blonds comme moi, mais nous n’étions pas comparables. J’étais une pâle copie d’une fille comme elle. Je faisais office de tapisserie. Mais ça limite, je commençais à un peu m’y habituer.

Je jetais un coup d’œil sur ma montre qui m’indiquait dix-sept heures quinze. Je disposais encore de temps. Je renonçais à m’exercer avant de la retrouver, de toute façon ça ne donnait strictement rien. Je me lissais les cheveux, activité qui étrangement me permit de me détendre un peu. Je lus quelques pages d’un livre que j’avais commencé et le lâchais lorsque je réalisais qu’il était temps de partir. Je me dirigeais vers le point de rendez-vous où Ruby m’attendait déjà.


- Salut Aria, fit-elle d’un air décontracté, et avec gentillesse. Je présume que tu as ton livre de sortilège? Je ne suis pas contre feuilleter un peu la théorie, ça me rafraîchira la mémoire. Je lui répondis par un bonjour enthousiaste et lui tendis mon livre. Une étiquette avec mon prénom tronait sur le dessus et on voyait dans le tracé des lettres la précision que je voulais y mettre. Mes affaires étaient toujours rangées, mes cours bien tenus et mes cheveux sans une mèche de travers. J’avais cru remarquer que pour Ruby c’était la même chose. Il fallait que tout soit harmonieux. Parfait. Et sur ce point-là, nous allions tout à fait nous comprendre.

- Alors dis moi, qu'est-ce qui te pose problème avec ce sortilège?

Tout. Le fait que j’essaie et pourtant la situation ne fait qu’empirer. Le fait qu’à chaque fois qu'il y a un accroc, je perds confiance en moi. Le fait que je ne m’autorise pas à rater et que je veux réussir du premier coup. Le fait que j’en ai assez d’avoir l’impression que tout le monde me juge dès que je fais une erreur. Mais ça, je ne pouvais pas lui dire. Je ne voulais surtout pas l’ennuyer. Elle avait déjà été adorable d’accepter de m’aider. Elle n’avait pas besoin de m’entendre lui expliquer pourquoi tout ça comptait tant pour moi.

-Je crois que c’est le geste qui ne va pas, lui exposais-je mais je n’en savais rien. Il fallait juste que je trouve une raison. Quelque chose qui expliquerait qu’il y avait réellement un blocage avec ce sortilège. Mais son origine m’était inconnue.


-J'ai mis beaucoup de temps à le maitriser aussi si ça peut te rassurer, répondit-il, rassurante. Généralement, si tu es perfectionniste, ce sort va te poser problème.

En plein dans le mille. Comment avait-t-elle pu deviner si facilement ? Etait-ce la façon dont je m’habillais ? La réputation (si j’en avais une) que je possédais ? Je ne savais pas, mais le résultat était le même ; elle avait vu cet aspect en moi. Etais-je donc prévisible ? Je lui souris, mais n’osais pas réellement la regarder parce que j’avais l’impression qu’elle avait tout comprit.

Je constatais rapidement que Ruby me fixait et devait sans doute attendre de voir mon sort pour reprendre tout ça. Je tremblais, un peu nerveuse. Elle avait beau d’être vraiment pas le genre de personne à juger, et puis en plus elle connaissait mes difficultés, mais elle était excellente en sortilège j’allais la décevoir à coup sûr. Je fis un geste délicat du poignet et dirigeais ma baguette vers la casserole ; j’en étais capable, c’était petit, facile, j’allais y arriver, et je sentis que ça fonctionnait. J’aurais préféré réaliser tout de suite que ça n’allait pas être le cas. Parce qu’une fraction de seconde m’avait suffi pour espérer. Et le résultat était une fois de plus lamentable. Pourtant calme de nature, là j’avais envie de tout jeter, de claquer la porte et de ne jamais retourner en cours de sortilèges. Mais je savais que je ne le ferais pas. Ne serait-ce que par politesse par Ruby qui s’était dévouée. La colère, je pouvais le supporter. En revanche ma vue qui commençait à se brouiller, je ne laisserais pas ça se faire. Cette situation était ridicule. Et puis je devais avouer que je n’avais vraiment pas l’habitude de pleurer ; bien sûr ça m’était arrivé mais rarement. Je supposais qu’il fallait que je pense à autre chose. Les vacances de Noël par exemple ! Elles avaient été parfaites. Nous n’avions beau n’être que trois pour le réveillon, l’atmosphère avait été vraiment festive, mes parents m’avaient gâté et les plats de Maman étaient extraordinaires. J’avais bu un nombre incalculable de chocolats chaud, fumant et crémeux, au coin de la cheminée dans les bras de mon père et ces moments étaient toujours fabuleux. C’était un de mes jours préférés de l’année, et pas seulement parce que c’était le réveillon. Si penser à ça me redonna de l’énergie et de la force, je sentis assez rapidement la nostalgie m’envahir. Mon remède n’en était pas vraiment un. J’essayais d’imaginer Sebastian m’expliquer que tout ça n’était pas grave et que je ferais mieux de m’arrêter. Il aurait eu raison. Mais ce n’était pas si simple que ça.


-C’est pas médiocre, c’est pitoyable, fis-je dépitée en m’adressant à Ruby. Je te fais perdre ton temps. Mais où était passé cette fille fière, ne doutant pas de ses capacités, du moins scolaires ? C’était comme si elle disparaissait un peu. Je n’essayais même pas de cacher ma déception, de sauver les apparences en quelque sorte. Si Ruby avait remarqué ma tendance à vouloir atteindre le meilleur…elle savait aussi le mal que ça faisait lorsque le résultat n’était pas à la hauteur des attentes.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Look alike. [PV A.]   Dim 13 Jan - 20:53

J’avais toujours bien aimé aider les autres, que cela touche aux cours ou non. J’avais de toute évidence une patience assez légendaire qui me permettait de passer des heures à répéter la même chose, toujours avec douceur, sans jamais me lasser. Je ne savais pas vraiment d’où cela me venait, peut-être car j’avais appris à prendre du temps pour faire moi-même les choses. Je ne m’étais jamais énervée contre moi-même lorsque je ratais quelque chose, car je me contentais de recommencer jusqu’à que j’y arrive. Evidemment, n’allez pas croire que j’avais eu ce détachement envers l’échec toute ma vie. Je l’avais construit et aujourd’hui je pouvais dire que, techniquement, je ne ratais presque rien de ce que j’entreprenais si j’y mettais vraiment du mien. Du moins, d’un point de vue scolaire. Je ne comptais pas la botanique ou les SACM car c’était les cours que j’aimais le moins et si j’avais des difficultés, je n’essayais pas toujours de les résoudre avec autant d’acharnement que j’aurais mis pour réussir une potion. J’étais perfectionniste dans certains domaines, jusqu’à l’extrême parfois, et je considérais donc que tout le monde avait le droit de prendre du temps pour assimiler quelque chose. Tant que je voyais que la personne y mettait de soi, j’étais prête à aider. Et si Aria avait eu le réflexe de demander un cours, c’est qu’elle voulait vraiment réussir. La détermination et la motivation étaient à mes yeux, les clefs du succès. Cela n’avait rien à voir avec l’ambition cependant, du moins pour moi. C’était des notions proches, qui s’entrecroisaient forcément, mais toute la réussite que je désirais, je n’arrivais pas à me dire ambitieuse. J’avais l’impression que dans ce mot, on y sous-entendait trop de choses qui s’écartaient de moi : recherche de pouvoir, de lumière, de contrôle sur les autres. Ce que je voulais contrôler, c’était moi-même, je ne recherchais le savoir que par curiosité et désir d’apprendre et il me semblait d’ailleurs que c’était l’essence d’un Serdaigle –à la différence d’un Serpentard par exemple. Chaque qualité avait son avantage, je ne voulais pas cracher gratuitement sur les verts et argents. Je n’étais simplement pas ambitieuse.

Aria me lança un bonjour chaleureux, et j’espérais donc qu’elle soit de bonne humeur. Lancer, et surtout apprendre un sortilège lorsque l’on n’était pas en condition, c’était tout sauf une bonne idée. Comme à mon habitude, j’en profitais pour l’observer car j’avais assez une certaine perspicacité qui me permettait d’avoir généralement ma première impression juste sur les autres. La petite Serdaigle faisait partie de ses filles qu’on comparait généralement à des poupées –tout comme moi – car elle avait ce visage fin accompagné de jolies pommettes, et des yeux incroyable. Ses cheveux, blonds, étaient parfaitement lisses et chaque mèche se répartissait du côté adéquate de sa raie. Vous savez tous les détails que l’on peut remarquer si on fait attention ? Personne ne les voyait, sauf moi peut-être. Elle avait les ongles parfaitement coupées, son uniforme ne comportait aucun faux pli, elle se tenait droite. Sur son livre, une étiquette avec son prénom, collée parfaitement droite sur la couverture. Chaque détail ne faisait que nourrir ce que je devinais. Elle était perfectionniste. Elle faisait attention à son apparence, ça s’était certain. Je pariais qu’elle plutôt douée en cours, ou du moins qu’elle essayait du mieux qu’elle pouvait. Je feuilletais son livre dont aucune page n’était cornée ni annotée, jusqu’à arriver au sort. Rapidement je relus, mais je réalisais bien vite que je savais déjà comment le faire et surtout, ce qui devait clocher avec Aria. Je lui demandai tout de même, par pure politesse –j’avais déjà mon idée.


-Je crois que c’est le geste qui ne va pas.

Mensonge. Ça, j’en étais sûre, et Aria aussi. Elle était trop appliquée pour avoir des problèmes avec ce geste qui de plus, était particulièrement simple comparé à d’autres. On tourne, un petit coup à gauche et on abaisse. Une heure d’entraînement suffisait à un élève lambda pour maitriser le sort, pour une fille qui était si droite et ordonnée, la moitié. Mais je ne répondis rien d’abord, mais soulignais simplement mon expérience sur le sort. Aria ne répondit que d’un sourire, et encore une fois, je devinais que j’avais vu juste et qu’elle ne savait simplement pas l’avouer. Par fierté ? Par honte, comme moi ? Peu importe les raisons. C’était simplement un indice de plus pour moi, et petit à petit j’arrivais à mieux cerner mon élève. Du moins, il fallait que j’aille dans la bonne voie mais une seule tentative du sortilège suffirait à éclairait le tout. Soit j’avais raison, soit j’avais tort. Je fis donc voler une casserole jusque nous, assez distraitement, sans faire de commentaire. Je ne voulais pas influencer Aria, car un sortilège était d’abord un acte entre soi et la cible. Je devais voir comment elle fonctionnait d’elle-même avant de dire quoi que ce soit. Je retins mon souffle, m’écartant un peu, la regardant faire. Elle fixa l’objet avec détermination, agitant son poignet. Le mouvement était parfait, probablement meilleur que la moitié des gens que je connaissais. De sa voix cristalline, elle murmura la formule mais j’avais vu l’hésitation dans sa voix, une demi-seconde de trop. Le résultat fût… Eh bien, ce à quoi je m’étais attendue.

-C’est pas médiocre, c’est pitoyable. Je te fais perdre ton temps.

Je m’approchai d’elle sans dire un mot pour le moment. D’un geste de la main et d’un sortilège informulé, je fis disparaitre la casserole. Puis finalement, je me tournais vers la jeune fille. Elle semblait vraiment… Non pas en colère, mais triste contre elle-même. Elle battait un peu trop rapidement des paupières, et je comprenais très bien pourquoi elle faisait ça. Elle luttait contre les larmes qui montaient, elle avait la déception amère. J’avais donc vu juste, depuis le début. Elle était trop dure avec elle-même. Étrangement, j’eus l’impression –que je ne pouvais définir comme désagréable ou non- que je la comprenais. Qu’elle me ressemblait. Je ne souhaitais à personne cela, mais je ressentis immédiatement un pincement dans ma poitrine, et l’empathie déjà naturelle que je portais aux autres se démultiplia pour Aria. Elle me rappelait moi, à son âge. Non, en fait, elle me rappelait moi tout court. Finalement, peut-être que ce cours n’allait pas être à sens unique… Je m’approchais d’elle, mais ne la touchais pas. Je ne voulais pas lui montrer de la pitié, ce n’était pas ce que je ressentais et je ne voulais pas qu’elle comprenne ça comme ça.

- Le geste est parfait, et tu le sais. Ma voix n’était pas dure, accusatrice, au contraire. Très douce, je lui montrais simplement que je n’étais pas dupe. Tu dois être franche avec moi Aria, sinon je ne pourrais pas t’aider. Je marquais une pause, me remis à sourire doucement. Je ne vais pas te juger, tu as le droit d’avoir des faiblesses.

Et au fur et à mesure que je parlais, je sentais mon corps se raidir un peu malgré la douceur et la chaleur de ma voix. Car je savais que ce que je lui disais, on me l’avait dit mille fois, et je n’avais jamais réussir à l’accepter ou du moins, j’avais fini par admettre que c’était vrai. Aujourd’hui j’étais consciente de mes faiblesses oui, mais les affronter, c’était encore autre chose. A travers Aria, j’avais l’impression d’être face à un miroir. Et accepter son reflet n’avait jamais été évident.

- Maintenant dis-moi vraiment, de quoi as-tu peur ?


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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: ~ Look alike. [PV A.]   Lun 21 Jan - 22:41

In the Valley of the Dolls we sleep, we sleep
Got a hole inside of me, of me
(...)
Pick a personality for free
When you feel like nobody, body

http://www.youtube.com/watch?v=JOpoJna72dc

Spoiler:
 

J’avais senti ma voix se casser. J’aurais aimé que Ruby fasse comme si elle n’avait pas entendu. Que cette petite phrase que j’avais lâchée passe inaperçue et qu’on continue ; au bout d’un moment ça finirait forcément par marcher. Sûrement que je manquais de technique et qu’avec un peu d’entraînement, réussir le sortilège Gemino serait un jeu d’enfant. Seulement j’avais bien vu que dans mon cours, la plupart y arrivait alors que d’habitude, je les surpassais. Et c’était à ce moment-là qu’on se sentait vraiment toute seule. Ils s’entraidaient, ils riaient si l’un deux ratait son sort mais il n’y avait rien de méchant là-dedans. Ils s’encourageaient. Un peu de concentration et c’était terminé. Ils sortaient de cours le sourire aux lèvres, bras dessus, bras dessous et direction salle commune. Les bleu et argent rejoignaient leurs appartements, un dernier signe de la main avec ceux des autres maisons avec qui nous partagions le cours et personne ne se souvenait plus de ce cours le lendemain. C’était la routine. Sauf que moi c’était gravé. Mon expression déçue, mes joues qui rosissaient et mon envie de me cacher parce que je ne voulais pas que les autres observent le spectacle. Ma réaction était absolument ridicule mais je ne parvenais pas à la contrôler. Bref. J’aurais préféré que Ruby n’assiste même pas à ça. A cet échec de plus. Je vis dans son regard, dans sa façon de se rapprocher de moi, discrètement, sans vouloir s’imposer. Elle avait non seulement tout entendu (en même temps, le contraire n’était pas vraiment possible) mais…elle avait compris tout ce que cette phrase traduisait et elle ne voulait pas faire comme si de rien n’était. Quelque part, oui ça me touchait. Cette fille était bien plus âgée que moi, elle ne connaissait pas, et le fait qu’elle s’inquiète montrait qu’elle se préoccupait vraiment de moi, que le rôle de tutrice qui lui avait été attribué pour ce soutien de sortilèges, et bien, il ne s’arrêtait pas là, et elle voulait comprendre. Mais moi, je n’avais pas vraiment envie de parler. Je faisais mal les choses. C’était tout. Il n’y avait pas d’autre explication. Il y avait quelque chose pourtant de rassurant chez elle. Je lui faisais confiance sans la connaître. Il était facile de s’abandonner et de se confier à elle, du moins je le supposais, mais je n’avais rien à confier, et puis c’était que je réussisse ce sortilège qui était le plus important. Il n’était pas habituel chez moi de me confier, même à Sebastian, je ne disais pas tout. Une grande partie, mais il y avait des vérités que je gardais pour moi. Je ne voulais pas non plus ignorer Ruby. Même avant qu’elle ouvre la bouche, je sus qu’elle allait me parler et certainement pas du livre de sortilège ou des instructions.

- Le geste est parfait, et tu le sais. Tu dois être franche avec moi Aria, sinon je ne pourrais pas t’aider. Je ne vais pas te juger, tu as le droit d’avoir des faiblesses.

Elle avait ce ton gentil, doux, presque comme une grande sœur. C’était plutôt désarmant. J’essayais d’analyser ses mots mais rien ne fonctionnait vraiment. Elle me parlait de choses vraiment personnelles, et je ressentais forcément quelque chose en l’écoutant. Encore une fois, j’eux l’impression qu’elle m’avait percée à jour. Pas mon côté parfois hautain, sarcastique. Pas non plus celui plus doux, compréhensif qui ressortait lorsque j’étais avec ceux que j’aimais. Non l’autre, celui un peu tapi, dont je reniais l’existence. Il n’était pas si présent que ça mais lorsqu’il décidait de se manifester, je le ressentais vraiment. Quant aux faiblesses…bien sûr que j’en avais, comme tout le monde. Mais il fallait qu’elles restent invisibles dans mon cas. Ce n’était pas très sain. Mais c’était un processus naturel chez moi. Ou peut-être que je le forçais un peu. Mes yeux me picotaient toujours, et je préférais encore lorsque j’étais en colère. C’était plus extrême, ça me rendait moins fragile. Alors que le doute, la frustration, tout ça, ça produisait l’effet contraire.

Je servis un sourire faux à Ruby, et il était sûr qu’elle l’avait remarqué dans le seconde. Parce que j’avais l’impression qu’elle ne m’était pas si étrangère. Je me demandais comment elle faisait pour tout savoir, pointer le doigt sur les choses que je ne voulais pas voir. Je me saisis de ma baguette, espérant faire comprendre que je ne voyais pas du tout de quoi elle parlait – elle n’y croirait pas, je n’étais pas si naïve- et fis boucler mes cheveux, geste totalement idiot vu le temps que j’avais mis à les lisser auparavant. Je lui servis un nouveau sourire, encore moins naturel.


-Je suis sincère, c’était le comble. Moi qui désirais que les gens réalisent que je pouvais parfaitement l’être, que je ressentais des choses, comment je le prouvais ? En mentant. Au lieu de la convaincre, j’étais sûre qu’elle voyait encore plus clair dans mon jeu. Avec elle, je ne pouvais pas tricher. Pas de regard hautain. Pas de remarque bien sentie pour couper court à la conversation. Plus rien qui n’en valait la peine. Des mots, des simples mots qui m’avait fait réaliser cette effrayante réalité ; j’étais comme les autres, et moi aussi je doutais.


- Maintenant dis-moi vraiment, de quoi as-tu peur ?

Pas cette question. Elle ne voulait pas me mettre mal à l’aise. Mais c’était tellement personnel, et puis mettre des mots là-dessus…je ne voulais pas avoir peur moi ! Mais c’était idiot. Tout le monde avait peur. Et même si je voulais l’oublier régulièrement, j’étais jeune, et j’avais peur de plein de choses. De choses dont même les adultes ont peur, aussi. Je ne sais pas moi de décevoir, de ne pas pourvoir maîtriser, de rater et que tous mes plans tombent à l’eau. De perdre ma petite bulle de confort. De voir les autres s’éloigner, de ne pas réussir à trouver ce que je veux. Cette interrogation c’était un électrochoc, et je me sentais soudain vraiment bête. D’avoir eu la prétention de vouloir avoir la gloire, toutes ces choses brillantes alors que je n’avais même pas un objectif de métier. Je travaillais partout, mais je ne savais pas où était ma voie. C’était rare à nos âges. Mais évidemment, je voulais faire tout mieux que les autres. J’étais sûre que Ruby n’avait pas eu cette prétention, elle. Je voyais les choses d’un autre angle. Pas totalement différemment non plus. Mais c’était si étrange…de ne plus pouvoir m’accrocher à ça, ce précieux petit rêve. J’avais envie de pleurer, parce que quelque part, il y avait quelque chose qui s’écroulait, et en même temps ça soulageait un peu. Mais je ne pleurais pas, jamais, et ça n’allait pas commencer maintenant.

-Je ne sais pas. J’ai peur tout court, c’était sans doute ça la réponse la plus vraie. Tout résumer c’était trop compliqué, trop complexe. Je repensais à la première année, à mon rêve d’aller à Serpentard, à toutes ces petites choses auxquelles j’avais cru jusqu’à aujourd’hui. J’aimais toujours l’ordre, les belles robes, être avec mes parents, avec Sebastian. Je trouvais toujours les blagues de Caleb Matthews aussi idiotes et m’étonnais de trouver Brook Lawrence un peu sympathique. Il me semblait donc que rien n’avait changé…et pourtant si. Une chose peut-être infime aux yeux des autres mais qui représentait beaucoup. J’avais l’impression que je recommençais, que je revenais à la case départ, et qu’il fallait que je fasse autrement, maintenant que j’avais compris où était réellement le problème. Bien évidemment que ça ne solutionnait pas tout. Je conserverais cette froideur si caractéristique, j’en étais presque sûre. Et cette incapacité que j’avais à aller vraiment les autres…c’était pareil. Ce n’était pas quelque chose qui changeait du jour au lendemain.

- Est-ce que c’est ça la solution ? Comment tu pouvais savoir ? Cette phrase n’était pas claire mais Ruby l’avait sans doute comprise. Je lui demandais si c’était parce que j’avais avoué quelque part que je n’étais pas invincible que…le sort allait réussir. La seconde question…elle avait tout compris. Mais comment ? Il y avait forcément une réponse. Je voulais la connaître. Sans doute que ceux qui me connaissaient je veux dire vraiment l’avaient toujours soupçonné… mais je n’avais jamais parlé à Ruby. Je voulais bien que cette fille soit brillante, mais là ça allait plus loin. Ruby Standiford représentait un modèle, comme je l’avais dit. Mais peut-être que j’avais eu une fausse image d’elle. Que les qualités que je lui trouvais n’étaient finalement pas Parmi les petites mensonges que je créais, les quelques faux semblants…elle avait tout démêlé. Ruby m’avait aidée. En employant une méthode que je n’aurais jamais imaginée. Plus humaine, et beaucoup moins toute faite. J’allais rester moi. Mais j’avais définitivement ouvert les yeux.


Here we go again, again.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Look alike. [PV A.]   Lun 28 Jan - 19:46

"In the Valley of the Dolls we sleep.
Got a hole inside of me.
Living with identities, that do not belong to me.
In my life I got this far, now I'm ready for my last hurrah.
Dying like a shooting star."

Aria était trop dure envers elle-même, c’était chose sûre, mais pouvais-je vraiment faire de commentaire là-dessus ? Il m’avait fallu de longues années avant d’accepter de montrer mes failles et aujourd’hui encore, j’avais des difficultés à le faire. Je n’avais jamais cru, oh ça non, que j’étais parfaite. J’avais voulu le faire croire, là était toute la différence. Je n’allais pas revenir sur les raisons, elles n’étaient que trop évidentes. Eviter les questions, des autres comme de moi. Ne pas attirer l’attention, la pitié, être enfin quelqu’un de normal. A la réflexion, je voyais bien les failles de mon plan initial : être normale ne signifiait pas être parfaite. Mais je ne savais pas comment on faisait pour être quelqu’un de simple, d’équilibré, avec des petites peines comme de grandes joies. Je ne savais pas, je ne savais toujours pas d’ailleurs, qui j’étais vraiment. Alors probablement avais-je trouvé plus facile de simplement prétendre être une autre, une que je ne pourrais plus jamais être, pour avoir au moins une identité apparente. Ça ne m’avait pas aidé à me trouver, ça c’était sûr. Maintenant, je n’étais plus la seule au courant de mes défauts et de mes faiblesses, tout le château les avait appris. Tout le monde pouvait le voir désormais, je n’arrivais même plus à me cacher, comme si maintenant il était trop dur de porter un masque. Et qu’est-ce qu’il y avait en dessous de ce faux sourire ? Quelque chose qui me faisait peur, parce que ça me dévorait. Je me dévorais toute seule. A avoir trop voulu jouer à la petite fille sans soucis, je les avais enterré en moi et maintenant qu’ils ressortaient tous d’un coup, assez violemment pour faire tomber mes défenses, je réalisais toutes les conséquences de ma petite partie de cache-cache. Enfouir la douleur ne l’atténuait pas, ça n’avait que l’effet d’une bombe à retardement. Et j’aurais voulu qu’Aria le comprenne. Je ne la connaissais pas assez, mais je devinais très bien ce qu’elle cachait derrière son joli air de poupée et ses manies toutes contrôlées. Il y avait quelque chose qui me donnait cette étrange impression que nous étions similaires d’une certaine manière. Mais moi, j’étais plus âgée. Je savais ce que cette tactique de se cacher, ça n’apportait rien de bon. Mais si je prévenais la jeune Serdaigle, est-ce qu’elle m’écouterait ? Avais-je moi, écouter quelqu’un d’autre que moi-même ?

-Je suis sincère.

Nous n’allions aller nulle part si elle continuait dans cette lancée. J’avais besoin qu’elle abaisse ses barrières. Je ne la connaissais pas, je n’allais pas la juger. Est-ce que je l’intimidais ? Est-ce qu’elle savait qui j’étais, moi ? Outre mon image de préfète, avait-elle écouté tous les ragots qui se répandaient comme une trainée de poudre dans les couloirs de Poudlard ? Je n’avais aucune idée de ce qu’elle pensait de moi. Mais elle devait bien voir le résultat de toute manière, si elle était aussi observatrice qu’elle me le paraissait. J’avais largement perdu de ma superbe depuis ma rupture avec Hadrian. Outre l’impact moral, il était aussi physique : de grandes cernes, des pas vacillants quand j’avais bu, les joues rouges lorsque j’avais pleuré… Je ne pouvais pas le cacher. Aria savait que j’avais mes faiblesses si elle m’avait observé. Alors pourquoi se retenait-elle de révéler les siennes ? Encore une fois, je la comprenais, mais ça me faisait réellement de la peine pour elle. Elle n’était pas moi, certes, mais je ne pouvais m’empêcher de me transposer quelques années plus tôt et de me voir à sa place. Insupportée par mes échecs en Sortilèges, par la peur de ne pas être assez bien aux yeux des autres. Je voulais qu’Aria me le dise. Qu’elle avait peur.

-Je ne sais pas. J’ai peur tout court.

Nous avancions ! Certes, je n’aimais pas entendre cette réponse. Parce que je ne souhaitais à personne d’avoir peur, et encore moins de tout –comme moi… Mais Aria semblait prête à s’ouvrir, et je l’encourageais d’un tout petit sourire. Doucement, je m’asseyais sur une vieille table en ayant, d’un coup de baguette, fait voler la poussière qui la recouvrait au préalable. J’aurais voulu que la jeune fille développe, mais je me doutais que ses aveux devaient lui coûter cher, et je ne voulais surtout pas la brusquer. Mais je savais que je venais déjà de débloquer une partie du problème, et mon instinct me disait d’aller un peu plus loin –et parce qu’Aria me touchait d’une certaine manière.

- C’est humain, la peur.

J’avais parlé tout doucement, énonçant cette simple vérité que les perfectionnistes oubliaient trop souvent. Ce n’était pas grave d’être effrayer, et je commençais à comprendre que ce n’était pas toujours un sentiment qui pouvait nous bloquer, au contraire. Ça nous invitait peut-être à nous dépasser, d’admettre que l’on pouvait le ressentir et gagner sur lui.

- Est-ce que c’est ça la solution ? Comment tu pouvais savoir ?

Aria n’avait peut-être pas encore compris alors. Que j’avais été à sa place, que je l’étais toujours d’une certaine manière. Parce que ce n’était parce qu’aujourd’hui j’étais dépendante de la douleur que je n’avais pas gardé quelques vieilles habitudes. J’avais toujours un mal fou à me confier, même à ceux que j’aimais le plus. Les gens voyaient bien que j’allais mal, mais ils se trouvaient démunis face à ma douleur qui n’avait pas de sources connues d’eux. Oh bien sûr, il y avait Hadrian, mais ce n’était pas du tout –il y avait tellement plus. Mes parents, mon enfance, Chuck, tout ce qui me pesait et dont je me sentais constamment coupable. Tout ce qui formait cet espèce de poids que je portais constamment et que je n’arrivais pas à gérer. Non, ce poids, outre Lizlor, personne ne le connaissait réellement. J’avais peur de l’exprimer, je refusais que les autres sachent tout ce que j’avais vécu ou fais. J’étais assez tarée à mes propres yeux, ce n’était pas la peine de rajouter ceux des autres. Alors que voyait Aria lorsqu’elle me regardait ? Pouvais-je lui en vouloir de se fier aux apparences que j’avais entretenues pendant cinq longues années à Poudlard ? J’haussai les épaules avec un petit sourire presque amusé. Comment est-ce que je savais ? Oh, si elle savait… !

- Admettre que tu as peur ne va pas te faire réussir le sortilège du premier coup. Tu vas devoir ressayer. Rater, et recommencer. Être fière de tes progrès. Et tu verras, ça finira par venir. Dis-je d’un ton très doux, pour la rassurer. Puis, d’un coup de baguette, je fis réapparaître une casserole et la désigna d’un signe de tête. Quand tu es prête, tu y vas. Concentre toi d’abord sur l’aspect général de la casserole, oublie les détails un instant.

Il lui faudrait peut-être quelques minutes pour se prépare, et je ne voulais pas la presser. Je voulais qu’elle réfléchisse avant de lancer ce sortilège, sans se presser, sans avoir peur. Il ne fallait pas qu’elle analyse trop certes, mais comme je l’avais dit son geste était parfait et le problème ne venait que d’elle. Il fallait qu’elle apprenne à le dépasser.

- Et je le sais, c’est tout… Je marquai une pause, avant d’ajouter avec un sourire. Tu ne croyais tout de même pas que j’étais parfaite, pas vrai ?


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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: ~ Look alike. [PV A.]   Mer 6 Fév - 22:53

Pourquoi ça venait de m’arriver ? Perdre la main. Ce n’était pas moi, ça. J’avais toujours été celle qui ne flanchait pas – ou peu- qui n’avait pas de faiblesses, celle qui savait ce qu’elle faisait. Cette façon d’agir m’avait valu certains désagréments, parce qu’à force de vouloir tout diriger, je ne me faisais pas forcément beaucoup d’amis, voire des ennemis. Et ceux qui auraient un instant songé à aller vers moi changeaient très soudain d’avis en comprenant ce qui les attendait. Je n’étais pas facile à vivre ; et je le savais. Les autres n’avaient pas à se forcer, à faire des efforts. Je regrettais souvent mes mots après les avoir prononcé. Mais c’était quelque chose qui me dépassait. Je ne pouvais pas rester de marbre quand j’étais agacée, je ne pouvais pas me taire et faire comme si de rien n’était si j’avais l’impression que la personne qui me tenait compagnie faisait n’importe quoi.

J’avais conscience que l’on pouvait trouver bien meilleure amie que moi. Je n’étais pas ce genre de filles qui s’amusait de tout, qui vivait au jour le jour et qui vivait bien ainsi. Je pouvais bien essayer, mais ça reviendrait à me mentir, et c’était idiot que ça me rebute parce que je me mentais finalement, assez souvent. Je cherchais à soulager Sebastian de ses peines (et je n’y arrivais pas, je n’en avais pas le pouvoir) sans une seule fois me préoccuper des miennes. Des peines, j’en avais, mais je les enterrais dès que j’en avais l’occasion. Elles étaient minimes, ou peut-être était-ce moi qui les rendait moins importantes, mais elles comptaient quand même, mais moi je préférais effacer leur existence. Ruby me poussait à leur faire face, et c’était un étrange sentiment ; ça faisait du bien et en même temps mal. Ses yeux, son air compréhensif qui n’était pas feint faisait que je me sentais en confiance avec elle, même si je me rendais compte que Ruby faisait des choses pour moi que je n’aurais pas faite pour une autre. Elle ne m’abandonnait pas après mon échec (le simple fait que je le craigne était alarmant), elle cherchait à m’aider, et surtout elle ne me faisait pas la morale et elle ne critiquait pas, comme moi j’aurais pu le faire. La Serdaigle était infiniment plus gentille que moi, j’avais beau savoir que ça ne signifiait pas que moi j’étais mauvaise…ça creusait un fossé. On se ressemblait, mais pas sur le plan physique comme je l’avais toujours pensé, mais sur cette tendance à ne vouloir qu’une chose ; la perfection. Elle ne me l’avait pas dit ouvertement mais je voyais bien qu’elle savait ce que je pouvais ressentir. Parce qu’elle l’avait vécu aussi.


- C’est humain, la peur.

Le goût amer de l’échec, je ne l’aimais pas, personne ne l’aimait mais tout le monde s’y retrouvait un jour confronté. Derrière mes murs de confiance, il y avait cette peur, cette peur que je venais de lui avouer. C’était un sentiment terrifiant, ça, la peur. La peur retirait toute sécurité, faisait voler en éclat les plans. Pas étonnant que je tente de la repousser à chaque fois qu’elle commençait à me gagner. Mais elle avait raison, c’était humain. J’avais eu tort de croire que je pouvais faire autrement, qu’il y avait des choses qui étaient vraies pour les autres, mais qui ne s’appliquaient jamais à moi. C’était parfois confortable de se dire qu’on était différent.

- Je sais, mais ça ne la rend pas moins effrayante, oui le fait qu’elle soit justement humaine, qu’on allait tous passer par là, c’était loin de me rassurer. J’aurais préféré me dire qu’il y avait des exceptions et que moi je n’avais peur de rien. C’était prétentieux.

- Admettre que tu as peur ne va pas te faire réussir le sortilège du premier coup. Tu vas devoir ressayer. Rater, et recommencer. Être fière de tes progrès. Et tu verras, ça finira par venir.

Des conseils aussi simples que ça…que je n’avais pas su appliquer. Elle avait totalement raison. Peut-être qu’au fond je savais que c’était comme ça que je devais fonctionner, mais comme d’habitude, tel une enfant capricieuse, j’avais voulu tout.

A l’entendre parler, tout paraissait plus facile, plus accessible, et finalement cette histoire de sortilège Gemino m’était complètement sortie de la tête. Ce minuscule problème avait juste été un révélateur. Me rendre à ce point malade pour un seul exercice montrait bien que quelque chose clochait. On ne pourrait pas me changer. J’étais pointilleuse, c’était un trait de caractère comme un autre. Mais je réalisais que j’étais partie vers un extrême, extrêmes que je voulais atteindre parce qu’au moins on me remarquait, mais c’était idiot, j’avais créé tout ça, cette pression, cette nervosité. Pourquoi je voulais tant réussir ? Qu’est-ce que ça montrait ? Je n’en savais rien. Et quand bien même j’aurais eu des idées de réponse, je n’étais pas la meilleure juge. Je ne serais pas objective.


-Quand tu es prête, tu y vas. Concentre toi d’abord sur l’aspect général de la casserole, oublie les détails un instant.

Et cette fois j’y croyais vraiment parce que ses conseils m’avaient rassurée, elle avait pointé du doigt le blocage, mais avec douceur, et maintenant c’était à moi de jouer. Je voyais qu’elle attendait, mais toujours avec cet air compatissant. Jamais de la fausse pitié. J’enviais cette capacité qu’elle avait, celle de manier avec les mots avec habileté, mais plus que ça elle savait exactement lesquels utiliser. C’était toujours bien dosé, sans jamais un faux pas. Je faisais un peu tâche à côté, mais je regrettais immédiatement d’avoir pensé à ça. Je devais arrêter de douter. Le doute, ça faisait tellement bizarre de l’associer avec moi…quand je repensais à Sebastian à qui je disais de ne pas se dévaloriser, d’arrêter de se poser des questions, de se demander si c’était de sa faute ; j’étais très forte pour le rassurer, beaucoup moins pour me remettre en question.

Moi, je ne m’étais jamais autant livrée à une inconnue. Enfin, inconnue Ruby ne l’était pas vraiment. Je la voyais souvent dans la salle commune, dans les couloirs qui menaient au dortoir. Avait-on parlé une fois ? Je ne m’en souvenais pas. Sans parler du fait qu’on racontait sa vie dans les moindres détails dans le Daily même il y avait sûrement beaucoup d’inventions. La connaître par ce biais n’était pas très glorieux. J’imaginais qu’elle devrait souffrir de ça. J’en étais même sure. Cela montrait peut-être qu’elle était populaire…mais ça montrait surtout ce qu’elle traversait et pour avoir lu quelques articles ce n’était pas une période agréable. Et dire que moi je m’en faisais pour un sortilège, ça paraissait vraiment immature tout d’un coup. Par rapport à elle.


-Entendu, fis-je, lui souriant, prête à lancer le sortilège et à ne pas me décourager si le résultat n’était pas terrible. Mais son intervention me fit repousser l’échéance.

- Et je le sais, c’est tout…Tu ne croyais tout de même pas que j’étais parfaite, pas vrai ?

Quelque chose dans sa voix était étrangement triste. Encore une fois, il était question de perfection. Que voulait-elle que je lui donne comme réponse ? Une sincère de toute façon. Parfaite ? Elle semblait l’être. Des amis, de bonnes notes, un titre de préfète, une gentillesse que je supposais et que je pouvais confirmer. Physiquement, elle n’avait rien à envier à personne. Elle devait bien représenter un certain idéal vu que je l’admirais. Mais quand je pensais à nouveau à ces articles, il y avait toutes ces rumeurs sur son ancien petit ami, il y avait des photos d’elle, le regard vide et ils disaient qu’elle était au fond du gouffre. Ce n’était pas obligatoirement des vérités absolues, et puis en face de moi, elle paraissait vraiment bien. Il n’empêche que les photos ne mentaient pas et puis j’avais cru l’entendre se disputer avec cette fille, la petite brune, Prudence. Je ne m’étais pas attardée parce que ça ne me regardait pas mais je m’en souvenais. Alors parfaite, non, elle avait des failles, même elle, les gens qui paraissent intouchables en ont. Elle m’avait montré, implicitement ; que la perfection ne s’atteignait jamais complètement. Elle ne se considérait sans doute pas comme une exception.

-On aurait dit que tu l’étais, fis-je timidement. Alors sans doute que je pensais ça. Mais la perfection c’est quelque chose d’un peu utopique non ? C’est ce que tu penses ? J’avais besoin qu’elle me le confirme. Ou qu'elle me dise que c'était faux. Mais qu’elle me dise quelque chose. Bien sûr que c’était une question extrêmement complexe, qui impliquait des milliers de choses. Je m’en voulais un peu de lui avoir demandé ça, ne lui laissant que le choix de répondre car elle ne pourrait m’ignorer alors que c’était quand même très intime, un ressenti difficile à partager. Mais tout paraissait un peu plus simple, se confier semblait être la meilleure chose à faire, parce que je savais que ce que je lui avais dit ne sortirait pas de la pièce. Que sa réponse je la garderais pour moi. Je lui faisais confiance. Réellement.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Look alike. [PV A.]   Dim 17 Fév - 18:04

Les vies d’Aria et moi avaient pourtant dû être bien différentes. Je présumais qu’elle ne manquait de rien, à en juger par son attitude et ses vêtements de bonne famille, qui coïncidait avec sa manière de parler, polie et mesurée. Qu’est-ce qui donc l’avait poussé à devenir aussi perfectionniste qu’elle me semblait l’être ? Ses parents avaient-ils été exigeants avec elle ? Qui avait-elle cherché à impressionner ? Malgré moi, ces questions ricochaient vers moi et je ne pouvais pas m’empêcher de me poser les mêmes. Mais moi, j’avais trouvé les réponses… Ce qui me gênait aujourd’hui, c’était d’accepter de changer. Je le voulais vraiment ! Certes, je ne pourrais jamais cesser d’être perfectionniste, mais il y avait des degrés. Je voulais arrêter de paniquer pour de la poussière, pour un livre mal ranger. Je voulais pouvoir dire à quelqu’un, à un ami, que non aujourd’hui je n’étais pas bien et pourquoi, sans culpabiliser et avoir l’impression d’être un poids. Voulais-je vraiment changer ? Quand les habitudes sont ancrées, parfois, on se dit que c’est tellement mieux et plus facile. C’était mon quotidien depuis un certain moment, de ranger, d’ordonner, et c’était si simple de me laisser à cette habitude-là, à cette perfection superficielle. Pourquoi me battre ? C’était qui j’étais non ? Pourtant, une voix me murmurait que non, mes TOC n’étaient pas moi, j’étais plus qu’une phobie et une habitude. Mais comment les abandonner alors que depuis que je l’avais fait, après ma rupture, il me semblait que ça ne m’apportait rien de bon ? J’avais eu la paix toutes ces années où j’avais été fausse, non ? Oui, mais je devais me rendre à l’évidence. Enfouir mes problèmes et mes sentiments n’étaient d’un état permanent et lorsqu’ils remontaient, s’en était tellement plus douloureux… Je ne pouvais pas anesthésier la douleur pour toujours. Je l’avais dit à Aria, la peur était humaine. Il en était de même avec la douleur, la faiblesse et je devais bien l’accepter.

- Je sais, mais ça ne la rend pas moins effrayante.

J’hochai la tête lentement, approuvant. C’était tellement… Effrayant de se dire que nous étions aussi faibles que n’importe qui. Je ne voulais pas être différente, mais mon histoire m’avait construite ainsi, en marge des autres et de leurs enfances normales. Alors pour contrebalancer, je devais les battre sur un autre terrain. C’était peut-être ainsi que j’avais expié ma peine finalement, en la noyant. Mais je n’avais pas toujours été ainsi. Malgré moi, je passais mes doigts sur mon poignet droit, où s’était inscrite des traces presque effacées mais dont le relief pouvait encore se sentir si on les effleurait : l’empreinte de mes dents, à l’époque minuscule mais pourtant assez aiguisées pour me marquer presque à jamais. J’avais eu tout un tas de phase après l’incident pour gérer mes problèmes. Je ne me souvenais même pas d’où j’étais partie… Tout casser, hurler, me mordre les poignets jusqu’au sang, rester des heures sous la douche, tout ranger, ne plus dormir, courir, arrêter de manger, ranger les placards, trop manger, nettoyer, toujours rester éveillée… comment avais-je fini par devenir perfectionniste, jusqu’à que cela en soit maladif ? Sûrement était-ce cette recherche de la propreté, mêlée à ce besoin de ranger les placards des cuisines pour ne pas manger. Petit à petit, ça s’était répandu au reste de ma vie et maintenant, je mangeais normalement et prenais des douches de quelques minutes comme tout le monde, mais c’était resté. Sûrement sentais-je que c’était la meilleure solution pour aller bien, de tout ranger autour de moi pour être aussi ordonnée, à l’intérieur. Ou du moins le paraitre.

-Entendu.

Je lui fis un petit sourire tout doucement, comme pour l’encourager à y aller. J’avais l’impression qu’elle m’avait écouté, et il n’y avait pas plus agréable sensation que celle d’avoir réellement aidé quelqu’un. J’adorais avoir l’impression que je pouvais aider quelqu’un, non pas seulement car ça gratifiait ma propre confiance bien trop basse pour quelqu’un d’ordinaire, mais surtout car j’avais l’impression que cette échange tissait un lien particulier qui semblait dire : je te donne mais, sans le réaliser, tu m’apportes aussi. Et Aria m’apportait peut-être plus que n’importe quel autre élève que j’avais aidé, car son étrange ressemblance avec moi m’obligeait à moi-même réfléchir sur qui j’étais. Ça pouvait sembler prématuré, mais j’avais déjà une sorte d’affection pour Aria… Et c’était d’autant plus étrange que je n’avais pourtant aucun amour pour moi-même alors que la jeune fille qui me ressemblait recevait plus d’estime de ma part que je n’en avais jamais eu pour moi. Pourquoi ? Etait-ce donc vrai, que l’on était mauvais juge de soi ? Pourtant, les autres étaient ceux qui m’avaient d’abord mal jugé. Dans le sens où ils s’étaient trompés, voyant en moi cette pauvre fille à l’enfance difficile, qui inspirait tant de pitié parce que ses parents étaient morts, et qu’ils étaient si affreux ! Mais c’était faux. J’étais coupable, beaucoup plus fautive et immonde qu’ils le croyaient. Voilà pourquoi peut-être j’appréciais Aria et non moi. Elle, elle n’avait sûrement fait de mal à personne.

-On aurait dit que tu l’étais. Alors sans doute que je pensais ça. Mais la perfection c’est quelque chose d’un peu utopique non ? C’est ce que tu penses ?

Je ne pus empêcher une partie de moi d’être heureuse, d’être fière. C’était immonde, encore une fois, de penser ça, mais je ne pouvais lutter contre la petite voix de cette Ruby d’avant si imparfaite qui glissait dans mon oreille « Tu vois, tu as réussi. » Oui, j’avais réussi à créer un masque, et à quel prix ? Qu’avais-je réellement gagné à agir ainsi ?... J’avais cru pourtant, que ça m’apporterait. Ça l’avait fait, non ? Je ne savais même plus… Je sentis une étrange lassitude se substituer à ma fierté initiale, presque comme si j’avais honte d’avoir réussi à mentir à tout le monde. J’avais soudain envie de demander à Aria ce qu’elle pensait de moi maintenant que le Daily avait exposé ma vraie nature ? Mais… Mais n’étais-je que ce que les rumeurs disaient ? Je sentis mon esprit dériver et je le ramenais à ce que venait de dire la Serdaigle. La perfection est une utopie… Je n’en étais pas sûre. La question était, une fois parfaite, qu’est-ce qu’on avait ? On ne pouvait pas être parfait, oui, mais on pouvait le faire croire. Les gens vous appréciaient-ils plus alors ? Je savais que j’avais attiré beaucoup de jalousie, surtout avec Hadrian ou mes notes irréprochables, et peut-être… De l’admiration ? Est-ce qu’Aria m’avait admiré ? Cela me paraissait si prétentieux de se croire possiblement adulée !

- On peut faire croire que qu’on est parfait, mais on ne le sera jamais, ça c’est sûr. Dis-je pensivement, sans juger Aria bien entendu. Je ne faisais qu’exprimer… La vérité. Et… Ce n’est pas facile à accepter. Accepter que nous ayons des failles, comme tout le monde, et que nous ne pouvions pas toujours tout contrôler. Ça m’avait tant apeuré, avant. Aujourd’hui, je l’avais compris, mais ça n’en était pas plus simple pour autant… Mais le plus dur, c’est de trouver qui on est, quand on a plus le masque. J’espère que tu as quelqu’un avec qui tu peux être toi-même. Murmurai-je un peu plus bas.

J’entendais presque le rire de Lizlor résonner dans mon cerveau, et j’eus un sourire malgré moi. Peut-être que je ne savais plus vraiment qui j’étais outre cette poupée de plastique, mais avec ma meilleure amie, je ne me posais aucune question. J’agissais, je parlais, et c’était naturel. Pas de réflexion, de peur. J’étais moi-même alors, peut-être ? N’étais-je réellement qu’en présence de Liz ? Oui, sans aucun doute.

Mais Aria avait-elle cette épaule-là ? Je regrettais soudain de ne l’avoir jamais vraiment observé. Je crois qu’elle connaissait un peu avec Prudence, mais je ne les avais vues dans le même groupe d’amies. Mais peu importe le groupe, ce qui comptait réellement, c’était bien d’avoir une seule personne. Moi, ça me suffisait. J’aurais tout donné, tout échangé, tout abandonné pour simplement avoir Lizlor. La quantité ne comptait pas, et je savais qu’avec ma pseudo-popularité, j’avais lié des liens… Presque faux. Ces gens-là ne me connaissaient pas vraiment, et maintenant que je changeais ou plutôt que j’évoluais sans le masque, ils s’écartaient doucement, étonnés de ce qu’ils voyaient. Mais ça m’était égal, enfin, j’essayais, tant qu’il y avait Liz.


- En tout cas, si un jour tu as besoin de moi, n’hésite pas. Dis-je doucement, la regardant toujours avec un sourire. Et pas en tant que préfète… En tant qu’amie. D’accord ? Je ne la connaissais pas. Et alors ? Je ne mentais pas. J’avais de l’affection pour elle… Et je ne voulais pas qu’elle me considère comme intouchable parce que j’étais plus âgée, ni moins à l’écoute.

Si elle voulait être parfaite avec certains, elle pouvait ne pas l’être avec moi.


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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: ~ Look alike. [PV A.]   Mar 26 Fév - 0:26

Je sentais qu’il y avait un lien qui s’était tissé entre elle et moi. Je ne savais pas vraiment comment je pouvais appeler ça, peut-être pas une amitié, même si le terme ne me gênait pas, parce que nous nous connaissions à peine, mais pourtant Ruby était devenue comme une confidente, qui m’écoutait et qui donnait de l’importance à ce que je pouvais dire. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait, mais le fait que ce soit elle, plus âgée et que j’admirais rendait le tout différent. Il y avait quelque chose en elle qui incitait à se dévoiler ; je le faisais rarement et curieusement aujourd’hui ça me faisait du bien. C’était libérateur.

Plus qu’une entente, il y avait autre chose, des sortes de similitudes que je ne parvenais pas vraiment à expliquer, elle parlait de ce que je ressentais avec une telle justesse ! Quelque part, c’était un peu effrayant de savoir que quelqu’un pouvait aussi bien lire en moi mais c’était aussi rassurant, Ruby ne trichait pas, et ses mots me touchaient comme il le fallait, ils n’étaient pas forcément faciles à entendre mais ils avaient un pouvoir, celui de me faire réfléchir, de remettre les choses en question. Je ne savais rien de sa vie, pour elle c’était pareil, et pourtant cette recherche de la perfection ou de quelque chose qui s’en rapprocherait le plus elle nous était commune et s’il y avait bien une personne qui pouvait comprendre ça, c’était elle. Bien sûr que je faisais confiance à certaines personnes, et que je les aimais mais ils ne le vivaient pas comme moi je le vivais.

Ruby était comme moi sur ce point-là. C’était tellement complexe, tout ce processus, difficile à définir, et pourtant elle avait tout saisi. J’avais eu de la chance de tomber sur Ruby, les choses auraient été bien différentes si quelqu’un d’autre avait pris en charge le tutorat. Je comprenais qu’en sa compagnie, je ne pouvais pas jouer à la petite fille qui ne comprenait pas, c’était pour ça que j’avais très vite abandonné ma tentative de lui mentir. Ce stratagème, elle le connaissait par cœur et je ne pouvais pas espérer qu’elle n’y voie que du feu. Mais de toute façon, je n’avais pas envie de faire semblant. Il y avait quelque chose dans son discours qui sonnait grave, cette gravité emplissait peu à peu l’espace et je le sentais bien. Je craignais de l’avoir vexée, je me doutais qu’elle ne m’en tiendrait pas rigueur, mais je ne voulais pas la blesser, surtout après ce qu’elle avait fait pour moi. Je n’aurais jamais pensé que dire à quelqu’un qu’on le pensait parfait puisse faire mal, mais Ruby avait l’air de voir ça différemment et je savais déjà que pour elle c’était loin d’être un compliment. Mais pourquoi ? Est-ce que ça voulait dire du vide pour elle, quelque chose de surfait ? Je devais avouer que je n’étais jamais posé ces questions. Pour moi c’était simple. La perfection c’était le sommet. Ce que tout le monde voulait atteindre. Après sans doute que personne n’avait encore réussi à se hisser jusque là…mais était-ce mauvais de vouloir le meilleur ?


- On peut faire croire que qu’on est parfait, mais on ne le sera jamais, ça c’est sûr. Et… Ce n’est pas facile à accepter.

Je n’avais pas réellement les réponses à toutes mes questions, mais en regardant Ruby, j’avais l’impression que cette recherche de perfection justement, elle était destructrice. Elle évoquait des désillusions…et elle avait raison. Lorsque on visait haut, c’était motivant, mais trop haut, ça faisait mal et l’exemple de mon sortilège Gemino en était l’exemple ; qu’est-ce que ça m’avait apporté de vouloir être la meilleure ? De la colère, de la frustration. Mais j’avais l’impression que Ruby elle parlait d’autres choses, qui elles étaient bien plus graves et je ne savais pas vraiment à quoi elle faisait référence, parce qu’elle était évasive…mais je voyais bien que la préfète de Serdaigle que j’admirais avait une autre facette, bien plus sombre. Elle semblait avoir un rapport à cette perfection, plus noir, en l’entendant ça avait même l’air d’un rapport toxique, empoisonné. Je n’avais pas traversé ce qu’elle avait traversé, ou ce qu’elle traversait, mais une chose était sûre : cette fille qui représentait un modèle, et bien il ne fallait pas se fier aux apparences. Cela ne voulait pas dire que soudainement elle devenait inintéressante, non ce n’était pas ça, mais jamais je n’aurais pensé…qu’elle puisse être comme les autres. Comme moi. Les gens qu’on idéalise sont toujours forts à vos yeux. Et quand on lève le voile ; rien n’est comme on l’imagine.

-Mais le plus dur, c’est de trouver qui on est, quand on a plus le masque. J’espère que tu as quelqu’un avec qui tu peux être toi-même.

Si seulement elle savait combien ça me parlait ! Les masques, faire semblant, tous ces termes m’étaient familiers, parce qu’en effet ne pas être moi-même, en tout cas le moi que les gens pouvaient apprécier, je connaissais. Tous ces histoires d’identités confuses, que l’on perdait à force de mentir, c’était un peu abstrait, mais sans doute que pour Ruby ça avait davantage de sens. Evidemment que toutes ces paroles résonnaient et qu’elles m’évoquaient quelque chose, mais ça restait lointain alors que la Serdaigle semblait savoir exactement de quoi elle parlait. Lorsque elle évoqua ce fameux quelqu’un, je lui souris et acquiesçais, parce que oui, je savais ce que c’était d’avoir cette personne. Sans aucune surprise, c’était Sebastian, et c’était aussi dans ces moments-là que je me rendais compte qu’une fois de plus, il comptait vraiment pour moi. Il était bien le seul qui pouvait dire me connaître par cœur sans se tromper. Avec lui, sans doute que j’étais plus vraie. Ruby lorsque elle parlait de masque n’était pas excessive ; je pensais comme elle que lorsque on l’enlevait, tout était bouleversé. Ruby avait l’air nostalgique, un peu torturée aussi. Comme quoi derrière un joli visage et des cheveux blonds, il y a autre chose, et en ça, nous étions similaires : les gens, de façon générale, ne nous connaissaient pas. Je m’en voulais d’avoir jugé la Serdaigle comme je refusais qu’on me juge. Je n’étais pas consciente que je l’avais fait, mais je le voyais bien : je ne m’étais basée que sur ce qu’elle renvoyait. Rien d’autre. Si je rêvais encore de lui ressembler ? Je ne pouvais pas vraiment le dire. Cette admiration me semblait presque nocive. Si sans doute je ne pouvais plus appeler modèle, je pouvais l’appeler confidente, et c’était finalement bien mieux.

- En tout cas, si un jour tu as besoin de moi, n’hésite pas. Et pas en tant que préfète… En tant qu’amie. D’accord ?

Une amie. Ruby était une amie. Cela pouvait paraître un peu idiot qu’on le devienne aussi rapidement. Cette entente était assez magique en fait, elle paraissait naturelle. Sa gentillesse me touchait. J’avais le sentiment qu’elle avait les bons mots, et surtout elle était sincère. En y pensant, qu’est-ce que ça lui apporterait, l’amitié d’une élève de deuxième année, elle qui avait déjà beaucoup de gens qui l’entouraient ? Pas grand-chose sans doute ; mais il me semblait que de ça, elle s’en fichait, parce que c’était le genre de filles à aider et à offrir une amitié sans rien demander en retour. Peut-être avait-elle deviné que je n’avais pas beaucoup d’amis, et que c’était pesant, et que du coup cette amitié signifiait beaucoup.

-D’accord, fis-je en reprenant son expression, en souriant. J’avais failli ajouter qu’elle aussi n’avait pas à hésiter si elle avait besoin de moi, mais je n’avais pas osé. Il n’empêchait que Ruby n’avait pas l’air bien, et j’aurais aimé l’aider comme elle m’aidait. J’étais bien placée pour savoir que chacun avait ses faiblesses, et qu’on ne souhaitait pas particulièrement les révéler. Pas toutes. Est-ce que toi tu arrives à être toi-même ? La question était directe, sans détours mais pas trop inquisitrice. Elle était simple mais me permettrait d’en savoir plus. Voir si elle parvenait à appliquer les conseils qu’elle me donnait. Ce n’était pas une histoire d’hypocrisie de toute façon, ça ne lui allait pas…mais je voulais comprendre. Vraiment. Elle ne semblait pas tenir compte du fait que j’étais bien jeune comparée à elle, et ça aussi c’était agréable : j’étais son égale. Et le plus important ? Des égales honnêtes l’une envers l’autre.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Look alike. [PV A.]   Mar 19 Mar - 21:27

En y réfléchissant, je réalisais à quel point j’avais eu de la chance au final, de prendre ce chemin là avec les autres, celui qui menait à nouer des liens. Je n’étais pas partie gagnante de ce côté, ma méfiance s’étant accrue au fil des années. J’avais eu aussi la malchance de n’être en contact qu’avec des gens qui connaissaient mon passé et n’étaient donc jamais objectifs. Si je n’avais pas ressenti ce jugement constant depuis l’incident, aurais-je été aussi perfectionniste aujourd’hui ? Je ne pouvais pas refaire l’histoire, de toute manière. Je me rappelais simplement qu’avant Poudlard, j’étais dans ma carapace et si j’y étais restée d’une certaine manière, j’avais su aller vers les autres et me donner, d’une certaine manière, une seconde chance. Je savais cependant que c’était parti d’un besoin simple, celui de m’oublier en aidant les autres. Je me sentais simplement si… Utile ! Il n’y avait aucun sentiment comparable avec celui de sentir un sourire renaître, et de sentir que l’on avait le pouvoir d’aider quelqu’un –alors que l’on ne pouvait pas s’aider soi-même. J’étais au fond peut-être un peu lâche, de ne pas savoir me concentrer sur moi-même. Mais je n’avais jamais aimé le faire et s’il m’arrivait de me pencher sur mon propre cas pendant un instant, je haïssais tant tout ce que je trouvais que je m’écartais bien vite de cette étude. Et si je refusais de penser à moi, et m’étudier comme j’étudiais pourtant tout autour de moi, alors personne d’autre n’avait le droit de le faire. Ceux qui l’avaient fait d’ailleurs, ceux qui avaient fini par comprendre étaient rarement restés. Il n’y avait que Lizlor qui me connaissait parfaitement, et c’était d’ailleurs bien la seule qui l’ait pu –même Hadrian, Prudence ou Ana n’avaient que des parcelles qui pouvaient assembler à leurs guises. C’était étrange de constater donc que c’était ma meilleure amie qui me connaissait le mieux, non pas dans le sens que je lui cache des choses, mais que personne n’était resté d’une telle manière, en ne connaissant que la moitié de ce qu’elle savait.

Parfois j’avais l’impression d’être une sangsue se nourrissant de l’amour de Lizlor. Cette Ruby que j’avais montré aux autres, cette Ruby forte et sans failles, elle s’était nourrie de l’autre, de la plus faible, jusqu’à la réduire en poussière dispersée dans le vent sans direction ni but. Mais ces poussières-là, ces infimes particules, elles n’avaient pas disparu et elles n’attendaient qu’une chose peut-être, c’était de comprendre comment se réassembler. Et c’était Lizlor qui m’avait appris à le faire, à comprendre qu’il y avait quelqu’un sous la surface superficiellement opaque et lisse, et que ce quelqu’un avait une chance d’exister. D’être aimé. D’une certaine manière cependant, je m’étais aimée à une époque peut-être, ou du moins j’avais aimé cette Ruby que je prétendais être. Je n’étais pas schizophrène, mais j’avais toujours eu l’impression qu’elle existait un peu à part entière, qu’elle était ce modèle que je voulais atteindre et que je prétendais être. Je ne le pouvais pas certes, car elle n’était qu’un mensonge, une coquille vide, mais je ne cessais de penser que si j’avais pu être ainsi, si simple et si heureuse comme n’importe qui, c’était cette option là que j’aurais choisie. Mais encore une fois, j’avais brisé ce que j’avais touché, et la jolie Ruby-marionnette n’avait pas tenu. A force de cinq longues années de loyaux services, elle avait coupé ses fils suite à ma rupture et j’avais été incapable de la contrôler, de me contrôler. Et maintenant, qui étais-je ? J’étais les petites particules qui tentaient de se retrouver probablement.

Alors lorsque je regardais Aria du coin de l’œil je ne pouvais cesser de me demander comment elle évoluerait. Elle était jeune encore, et elle semblait avoir pris le même chemin que je l’avais fait. Je me répétais cependant que nous étions différentes, je l’espérais d’ailleurs pour elle, mais je ne pouvais nier des similitudes presque étranges. Je me sentais hypocrite de vouloir l’aider alors que je n’avais écouté personne avant, et je ne voulais surtout pas endosser le rôle de « Fais ce que je dis, pas ce que je fais » mais j’avais cet instinct maternel que je n’arrivais pas à faire taire et qui me soufflait de prévenir Aria, de faire attention à elle. Peu importe si elle était alors aussi perfectionniste et intransigeante que moi, je pouvais alors au moins être là avec elle malgré nos années d’écarts, je me sentais étrangement proche d’elle. Nous étions peut-être pas encore réellement amies, mais j’avais comme l’impression de devoir la protéger tout en sachant qu’en retour, je devais la laisser me considérer comme une égale et non comme une élève plus âgée qui refusait de prendre en compte son avis –j’avais souvent trouvé une maturité étonnante chez des gens plus jeunes que moi et je me doutais qu’Aria n’échapperait pas à la règle.


-D’accord. J’eus un sourire en retour, comme pour seller ce pacte silencieux. Je ne savais pas où celui-ci nous mènerait mais je n’avais aucune crainte sur la tournure des évènements. Ni même sur l’idée de me confier à Aria s’il le fallait –dans une certaine mesure bien sûr. Est-ce que toi tu arrives à être toi-même ?

J’appréciai l’honnêteté dont Aria fit preuve. Elle semblait avoir compris que je ne cherchais pas à être supérieur à elle, ni à croire que j’étais la seule à pouvoir donner des leçons ici. Sa curiosité polie me fit sourire, et pendant un moment je ne répondis pas en réfléchissant. Bien sûr que j’arrivais à l’être avec Lizlor, mais sans elle, qu’étais-je ? Le plus dur était sûrement de m’accepter et là était la nuance. J’aurais voulu pouvoir même me confier plus ouvertement avec la Serdaigle mais je me devais de mettre des barrières, comme à chaque fois. Ce n’était pas spécialement contre elle, au contraire, mais c’était cette voix dans ma tête qui murmurait que me dévoiler trop vite c’était un risque, celui d’être détestable, et vulnérable. Encore une fois, malgré mes efforts, j’étais encore à la merci de mes instincts protecteurs et de cette estime si faible…

- Oui, le problème serait plutôt d’apprécier ce « moi-même ». Répondis-je simplement avec un sourire un peu timide. Je ne voulais cependant pas m’attarder et encore moins voir Aria s’apitoyer sur moi. Il m’était déjà assez difficile de briser cette image de Ruby parfaite, car même si c’était ce que je désirais… Je n’étais pas habituée à me montrer si vraie avec une inconnue –bien que la jeune fille n’avait rien d’une étrangère, j’en étais persuadée, nous avions trop de points communs pour ne pas se connaître plus que nous le croyions nous-même. Bon alors, tu m’essayes ce sort ? Dis-je alors, avec un petit sourire en faisant réapparaître une casserole. N’oublie pas, si tu te rates, c’est pas grave. On a tout le temps qu’on veut. Je jetais un coup d’œil à ma montre, avant de me tourner vers la jeune fille une nouvelle fois. Quand on aura terminé, je te payerais une bierraubeurre pour fêter tes progrès, et je suis persuadée qu’il y en aura. Achevai-je avec un sourire.

Mais alors que je venais de prononcer cette dernière phrase, je sentis un drôle de sentiment m’envahir. Comme si soudain, tout mon corps avait réagi à l’idée de boire et je l’entendais presque rire et me souffler d’une voix amusée ; alors Ruby, tu croyais vraiment pouvoir t’en tirer aussi facilement ?

Je l’avais cru. Probablement avais-je eu tort.


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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: ~ Look alike. [PV A.]   Dim 24 Mar - 15:55

Être soi même. Je supposais que ça signifiait être vrai, ne pas tenter de mentir sur ce qu’on était. Mais comment pouvais-je réellement savoir qui j’étais ? Si j’usais de sarcasmes, si je parlais au gens de manière autoritaire, c’était bien que ça faisait partie de moi. Mais pourtant avec ceux que je connaissais, j’étais différente. Moins distante, ça évidemment, mais plus douce et compatissante. Être soi même, à notre âge, qu’est ce que ça voulait dire, tout ça c’était complexe et d’habitude la complexité ne m’effrayait pas, mais quand on en venait à l’humain, et ce qu’il était, tout me dépassait parce que finalement je ne savais pas qui étaient les autres, ni comment agir avec eux la plupart du temps. Je savais bien que dans la vie le mieux était d’être honnête, surtout avec soi-même et moi non je n’avais pas envie de me perdre, ni de perdre ma personnalité, qui certes ne plaisait pas à tout le monde mais dont la plupart des aspects me convenaient. J’étais moi, je l’acceptais – je n’avais pas le choix de toute façon- mais sans vraiment savoir mettre des mots dessus. Certains me décrivaient comme hautaine, Sebastian me pensait lui comme quelqu’un digne de confiance. Aucune de ces deux descrptions n’étaient faux. Et pourtant il y avait toujours cette petite impression étrange, lorsque que je lançais des piques, cette petit voix qui me disait d’arrêter, qui me répétais qu’au fond, ça ce n’était vraiment pas moi, et j’étais prise entre deux feux, parce que moi qu’est-ce que j’en savais ?

Je m’interrogeais sur toutes ces nuances en attendant la réponse de Ruby, et j’espérais, fort, qu’elle me réponde qu’elle y arrivait et qu’elle se sentait mieux qu’avant. Je la regardais, et mon regard la suppliait presque de me donner une réponse rassurante. J’avais quelque part peur qu’elle me dise qu’elle avait essayé de se passer de son masque, de ses mensonges peut-être mais que leur présence était rassurante, et qu’ils étaient devenus un peu comme des compagnons dont elle ne pouvait plus se séparer…là je m’éloignais mais sa situation me parlait. Je ne voulais pas que ces façons de fonctionner, comme cette ironie acide qui m’était familière, soient collées à ma peau. Parce que oui ça c’était factice, et je l’avais bien réalisé grâce à Ruby. Je n’avais pas résisté longtemps, j’avais vite cédé, c’était bien la preuve que les barrières, qui ressemblaient davantage à des fils barbelés que j’avais mises autour de moi n’étaient pas très solides. Elle avait tenu un moment. Je savais bien qu’elles n’étaient pas éternelles de toute façon. Elle avait été destinées à s’écrouler à un moment ou un autre. On pouvait considérer que Sebastian lui n’avait jamais eu à les traverser. Mais Ruby a priori aurait dû s’y arrêter. Alors que d’habitude, il aurait fallu de nombreux efforts pour m’arracher une seule confidence, là j’avais volontairement tout laissé tomber. J’avais renoncé mais pour une fois, ça ne sonnait pas comme quelque chose de négatif.


- Oui, le problème serait plutôt d’apprécier ce moi-même.

Je ne m’étais pas trompée. Il y a quelque chose elle de tourmenté. Même moi, en ayant perdu de mon assurance, j’avais une estime de moi tout à fait correcte, mais Ruby semblait dire qu’elle n’aimait pas qui elle était et ça me rendait triste. Je ne saisissais pas vraiment ce qui pouvait lui déplaire, elle avait comme tout le monde des défauts, je ne les connaissais pas car nous n’étions pas proches, elle n’était pas parfaite, mais qu’elle regarde, en essayant d’être objective et qu’elle voit comme moi qu’il n’y avait rien je de dérangeant. Mais je ne la jugeais pas. La relation qu’on a avec soi même est toujours compliquée et je savais que ce ne serait pas moi qui pourrais changer sa perception. Il n’empêche que malgré cette réputation de poupée de porcelaine, jolie, mais froide, cela me touchait. Elle disait ça avec le sourire, mais je voyais, ou du moins je croyais deviner ce qui se cachait derrière. Ce n’était pas ce genre de phrases qu’on lançait pour faire la conversation, c’était bien plus sérieux, et j’avais beau ne pas vouloir être intrusive, je ne voulais pas non plus faire comme si je n’avais pas entendu. Ruby m’avait aidée, et je ne pouvais pas faire comme si j’ignorais ce qu’elle avait à dire.

-Tu devrais, et j’espérais qu’elle le comprenne comme quelques mots pour essayer de la réconforter, et non pas une phrase toute faite destinée à lui faire la morale, chose qui aurait été complètement déplacée. Je n’aimais pas ce sentiment d’impuissance, que je connaissais un peu et que je détestais ressentir.

-Bon alors, tu m’essayes ce sort ? N’oublie pas, si tu te rates, c’est pas grave. On a tout le temps qu’on veut. Quand on aura terminé, je te payerais une bierraubeurre pour fêter tes progrès, et je suis persuadée qu’il y en aura.

Je lui souriais et me fis la réflexion que Ruby faisait un bon professeur – y avait-elle déjà réfléchi ?- elle avait employé la bonne méthode et j’étais certaine que cette fois, ça allait marcher. Quoiqu’un vrai professeur n’aurait pas offert à son élève une bièraubeurre ! Son invitation me faisait chaud au cœur. Je n’avais pas besoin de cette preuve pour le savoir, mais par ce geste, Ruby me montrait qu’elle tenait à garder contact et qu’elle voulait qu’on se revoie. Evidemment je ne m’y opposais pas. Je n’aimais pas la boisson plus que ça, mais c’était sans doute parce que j’étais encore assez jeune, et puis ce n’était pas réellement ce qui comptait. Ce qui comptait, c’était qu’elle était maintenant mon amie – ça sonnait tout de même étrange- et que la perspective de discuter toutes les deux au Trois Balais, comme la plupart des gens le faisaient était agréable. J’étais sûre que j’aurais plein de choses à le dire, toutefois si les mots dépassaient la barrière de mes lèvres. J’étais encore un peu la réserve, pas aussi à l’aise que je l’étais avec Sebastian, mais pouvait-on comparer une amitié qui avait commencé il y a trois ans, un lien qui s’était construit avec le temps et une amitié qui venait juste de naitre ?
Son ton gentil peut-être devenu plus ferme m’encourageait. Je saisis ma baguette et l’orientais vers cette casserole qui matérialisait mon précédent échec, je fixais mon regard dessus. Ma baguette allait m’obéir. Je fermais les yeux pendant que je lançais le sort. Lorsque je les ouvrais à nouveau…et bien ça aurait pu être mieux mais c’était tout à fait honorable. Les deux casseroles se ressemblaient assez, pas dans le détail mais pour l’instant, c’était suffisant et ça n’avait rien à voir avec les précédentes tentatives. J’offrais un grand sourire à la Serdaigle, après tout, le résultat n’aurait pas été le même sans ses conseils.

Nous quittâmes peu de temps après la salle, et même si j’avais réussi mon sort et que ça me rendait fière, je pensais quand même à Ruby et à ses remarques évasives, mais inquiétantes. Elle s’était dévoilée, comme moi, mais certains aspects restaient flous, et ce que cachait Ruby derrière cette apparence angélique, derrière ses sourires et ses paroles amicales, elle ne semblait pas prête à me le dire. Pensait-elle que je ne pourrais pas l’entendre ? Je marchais à ses côtés sans bruit, et nous arrivâmes vite à la Salle Commune. Je la remerciais plusieurs fois, avant de rejoindre mon dortoir. Je savais que quelque chose avait changé, irrémédiablement. Ce n’était plus juste une histoire de sort. Comment aurais-pu savoir que ce tutorat m’apporterait autant sur le plan disons…personnel ? Elle m’avait appris des choses sur moi que je ne savais même pas. Et savoir qu'elle avait vu en moi quelque chose d'autre que ce que je montrais - même si c'était mes failles qui s'étaient surtout révélées- ça me rendait presque fière. Parce que ça faisait une personne de plus me comprenait. Et même si je n'en étais pas sûre, je pensais comprendre, ne serait-ce qu'un peu ce que Ruby traversait.

Sans doute un jour alors je ferais pour elle ce qu'elle avait fait pour moi.

Fin <3

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