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Because silence can break your heart [C.C]

 

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 Because silence can break your heart [C.C]

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: Because silence can break your heart [C.C]   Lun 31 Déc - 0:48

I wanna hold you high and steal your pain

♪ Broken ♫

Cause I'm broken when I'm open
And I don't feel like I am strong enough
Cause I'm broken when I'm lonesome
And I don't feel right when you're gone away

Cause I'm broken when I'm lonesome
And I don't feel right when you're gone (away)

Je pensais à ce que j'allais faire demain tiens, pendant que je ne quittais pas des yeux mon but, c'est à dire le photographe, qui heureusement comme on était assez avancés dans la soirée attendait sagement les prochains élèves qui viendraient passer sous son objectif pendant qu'on dépassait le couple précédent qui lui revenait sur la piste de danse. Déjà, il fallait tous qu'on prenne le Poudlard Express dans l'autre sens pour revenir sur Londres ce qui nous faisait pas mal d'heures dans les pattes, et de là bas il fallait que je retourne à l'aéroport avec encore une dizaine d'heure, pour ensuite arriver au Texas où on viendrait me chercher pour rentrer à la maison – ce n'était pas la première fois et j'avais l'habitude du trajet, mais rien que de penser au voyage j'en étais fatiguée d'avance. Mais au moins de songer à autre chose avait fait passé ce moment un peu bizarre. Tant mieux.

Ou presque.
Puisque ce moment bizarre succéda presque tout de suite à un autre. Arrivés face à l'appareil photo, je ne sus plus d'abord comment me mettre et ce fut Chuck qui se chargea de trouver la réponse à ma place – et pourtant, c'est tout naturellement que je m'appuyais contre lui, en posant ma main sur la sienne, elle-même sur ma taille comme si grâce à ça, j'allais pouvoir la retenir pour toujours. L'appareil eut un « clic » à l'instant de la prise de vue, et hop, voilà c'était fini. Je regardais Chuck s'éloigner le temps d'aller chercher le résultat, secondes pendant lesquelles j'eus le très désagréable sentiment qu'on m'avait arraché l'autre partie de moi parce qu'on était lié l'un à l'autre durant toute la soirée et même s'il revenait déjà tout en me faisant dont de l'un des clichés, j'avais eu la sensation de manquer d'air, comme si j'avais été incomplète et que pendant ce laps de temps, on m'avait enlevé ce qui m'était le plus vital pour pouvoir respirer. Et de me répéter qu'on approchait de plus en plus du moment où on allait me le retirer pour de bon.

C'est pour ça que je ne voulais pas trop y penser, et me laissai porter pendant qu'il prenait les commandes. L'endroit bondé où tout le monde dansait tout à l'heure était plus dégagé et nous laissait plus d'espace. Tout était un peu flou comme lorsque c'est le matin, qu'on est réveillé mais qu'on peu rester au lit jusqu'à pas d'heure – tout en étant toujours un peu embrouillé, mais tellement bien sous la couette en se serrant dessous avec ce sentiment que rien ne peut être mieux que cet instant et surtout qu'ici il ne pourra jamais rien nous arriver. C'était ce que je ressentais dans les bras de Chuck, comme enveloppée dans une couverture et je ne voulais plus les quitter. Je n'aurais su dire si mes pieds évoluaient malgré tout sous la lenteur de la musique ou si on s'était arrêté au milieu et qu'on attendait comme ça, mais surtout qu'on pouvait le rester pour toujours parce qu'il n'y avait rien qui nous attendait derrière.


- Tu veux faire quelque chose après?... Ou tu veux rentrer?

Sa voix résonna tout doucement dans mon cerveau comme si elle était elle même dans ma tête. Je ne répondis rien et eut pour seule réaction de me blottir un peu plus afin de profiter de toute sa chaleur, l'état d'animation dans lequel j'étais retombée tout à l'heure était retombé mais la torpeur dans laquelle je plongeais était agréable. Je frottai le bout de mon nez dans son cou en souriant, glissant par moment mes mains de son cou vers sa taille pour remonter parfois ensuite contre son torse pour que s'enchaînent comme ça quelques autres chansons, lesquelles je n'entendais que d'une oreille. Mais je m'en fichais bien. On avait pas besoin de musique de quoi que ce soit pour rester là. C'était un prétexte. Un délicieux prétexte.

Quand je finis par rouvrir les yeux au bout d'un moment que je ne sus définir si ça faisait cinq minutes ou des heures, la salle avait de moitié désemplie – j'eus un frisson parce que je me rendis compte qu'on était à la vue de tous ceux qui restaient et que je ne voulais pas partager tout ça avec eux, ce qui me fit constater aussi que je n'avais plus le foulard autour des épaules que j'avais porté en début de soirée et que j'ignorais de quand je l'avais enlevé. Je me répétais ses questions en boucle depuis tout à l'heure. Je n'avais aucune envie de rentrer, mais en même temps... Qu'est-ce qu'on pouvait faire d'autre ?

- On peut... comme je n'avais pas parlé pendant un long moment ma voix parut plus grave que d'habitude. Je laissai ma phrase en suspens parce que je n'avais aucune idée de la suite et cherchais désespérément quelque chose, de quoi gagner un peu de temps, mais dû me rendre à l'évidence. Allons-nous en.

Ou quand quoi comment, il n'y avait pas trente-six mille endroits où aller à Poudlard enfin si, il y en avait beaucoup mais dans notre cas, ça se résumait à la salle commune. Je me sentais encore un peu pompette mais j'avais quand même l'esprit clair, mais fit exprès de ne pas me sentir très bien pour avoir une bonne excuse pour passer mon bras sous le sien pendant qu'on quittait la grande salle pour remonter jusqu'à la tour. Enfin. J'imaginais puisque c'était le chemin qu'on était en train d'emprunter. J'étais toujours légère et m’exécutais sans vraiment trop cogiter en jouant avec le bout de sa cravate ou de tripoter le col de sa chemise, le bout de mes lèvres résolument remontée vers le haut. J'étais heureuse, même si je sentais bien que plus on se rapprochait de la salle des Gryffondor, plus je reprenais sens à ce qui se trouvait autour de nous mais me forçait à rester là-bas, en bas où toutes nos préoccupations étaient dérisoires et qu'on avait le droit de faire tout ce qu'on voulait parce que c'était le bal de Noël alors que passés le portrait de la grosse Dame, ce ne serait rien de plus que le retour à nos vies d'avant de Chuck et Taylord. Juste, Chuck et Taylord. Et pourtant, et malgré tout, même si je faisais tout ce que je pouvais pour l'ignorer, il y avait un truc qui n'arrêtait pas de me gêner, qui me restait en travers de la gorge : je savais que c'était là, sans savoir ce que c'était exactement, et quand j'essayais de mettre un mot dessus, ça disparaissait dans la brume, mais pourtant à chaque fois que j'essayais d'y laisser dans un coin et de l'oublier, je n'y arrivais pas. Alors je restais là avec ce sentiment un peu doux-amère que j'avais quelque chose à faire mais comme j'ignorais tout de ce que c'était, j'étais coincée.

- Je suis contente d'être restée, lui confiai-je, parce que ni l'un ni l'autre ne parlions beaucoup. Machinalement, j'avais posé ma main un peu au dessus de son ventre dans une attitude qui impliquait de rapprochement. Mais pour moi ce n'était pas grave, ce... c'était... C'était normal ? Non, ce n'était pas normal, pas de la part de nous deux et de nos positions qu'on avait clairement défini, mais je m'en foutais, j'étais ailleurs, pour moi ces gestes n'avaient pas d'importance, ils n'étaient pas... et d'être venue aussi...

J'allais en venir à le remercier de m'avoir invité et qu'il avait eu raison finalement mais on venait de tourner à l'angle du couloir et... tout en face se trouvait le tableau, et mais alors, je ne voulais pas rejoindre les autres dans la salle commune, j'imaginais déjà à quoi ça devait ressembler là dedans, on allait se mélanger parmi les autres, se séparer... mon cœur s'emballa – c'était stupide je l'avais su bien avant la soirée que ça allait se terminer comme ça mais et alors, l'effet restait le même, en plus, je ne voulais pas être triste des si bons moments que j'avais passé, mais voilà, sans doute que c'était normal d'être toujours un peu nostalgique lorsque justement ça touchait à sa fin... Comme je pensais à autre chose, pour la Xième fois de la soirée je me tordis la cheville avec ma chaussure – toujours la même je crois que ça on a pas besoin de le préciser – maugréai et même si on était presque arrivés, j'en avais marre de ces stupides escarpins que j'avais bien de peine à dompter jusque là. Je lâchai Chuck le temps de les ramasser parce que je m'étais tortillée entre temps pour les enlever du bout des pieds et me penchai pour les récupérer. En me relevant, je me retrouvais de trois quarts, sans être vraiment en face de lui mais tout en étant à côté quand même et fus surprise de revenir soudain à cette différence de taille ma tête près de ses lèvres. Je levai les yeux vers Chuck une dernière fois avant qu'on entre en tirant légèrement vers l'arrière pour lui dire de ne pas s'engager tout de suite parce je voulais lui dire bonsoir.

- Passe de bonnes vacances
, ça me paraissait eu peu trop solennel tout à coup, mais c'était sincère. Je vais m'entraîner pour que mon patronus soit plus beau que le tiens en rentrant ! riais-je, parce qu'avec la majorité sorcière ce n'était plus un problème de faire de la magie en dehors de Poudlard.

Je me mis sur la pointe des pieds – le sol était tout gelé mais qu'importe – afin de lui embrasser le menton, mais restai en suspension sur la pointe de mes orteils, cherchant à plonger les yeux dans les siens. J'avais coupé mon souffle inconsciemment, comme si on s'était figé, la bouche légèrement entrouverte – le souffle de Chuck, par contre, était tout chaud, comme une caresse.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Because silence can break your heart [C.C]   Mer 2 Jan - 13:09

http://www.youtube.com/watch?v=F7RbBB-lT5o


Oh, I'm not sure what this is gonna be
But with my eyes closed all I see
Is the skyline, through the window
The moon above you and the streets below

Hold my breath as you're moving in
Taste your lips and feel your skin
When the time comes, baby don't run
Just kiss me slowly




J'espérais trois choses : que la musique ne s'arrête plus jamais, que Taylord ne se rende pas compte que son écharpe n'était plus là ce qui faisait que je pouvais allègrement lui toucher la peau en toute tranquillité, et qu'elle ne réponde pas à ma question un truc qui en gros reviendrait à me laisser choisir, parce que j'avais absolument aucune idée de la suite. Et je ne voulais pas y penser.

Comme toutes les soirées, elle passait trop vite. Y'avait toujours ce moment de début où ça allait normalement, le temps que la soirée se mette en place et puis après pouf ça partait comme une balle, ça s'enchaînait, on buvait, ça tournait, et puis avant la fin, trop peu de temps avant la fin, on se rendait compte du temps qui avait passé, et on captait que c'était bientôt terminé. Comme là. J'avais beau danser avec Taylord en étant de plus en plus comme si j'avais envisagé de sérieusement lui faire des enfants dans un coin sombre après, donc en la pelotant bien plus que je n'aurais dû, je savais que c'était les dernières danses. Que oui elle pouvait enfouir son visage dans mon cou pendant que mes mains couraient sur la peau nue de ses épaules et serraient sa taille comme si on était en train de faire autre chose que danser : c'était maintenant, ou c'était jamais. Mais de toute façon, plus rien n'avait d'importance, tout était mélangé dans ma tête, partout, même autour de nous! Les élèves qui restaient autour de nous étaient les plus âgés et du coup ils avaient droit à l'alcool et laissez-moi vous dire qu'ils n'avaient pas craché dessus : on voyait clairement ceux que ça avait atteint, tout ça. C'était marrant, parce que j'étais en train de me dire que quiconque nous aurait regardé aurait halluciné que Taylord Reegan danse collé serré avec Chuck Carlton et soit à deux doigts de lui rouler un patin ; mais comme ils étaient tous à 4 grammes, ils ne tiltaient même pas de l'étrangeté de la situation. Tiens, c'était moi d'ailleurs, ou c'était Fray là-bas un peu plus loin? Avec... Oh?! Ben, tant mieux que Taylord ne le voit pas ou ne soit pas en état d'aller lui causer un brin, parce que j'avais tout sauf envie de tenir la chandelle entre madame et son meilleur ami. Et puis, qui sait, peut-être que Fray lui si il nous avait vu serait venu nous passer un savon, et on va dire que j'avais pas spécialement envie de lui allonger une droite ce soir-là alors que mes mains ne demandaient qu'une chose : rester dans le dos de Taylord, à plat, ou bien autour de ses bras, dans son cou, sur ses cheveux. Bref, je la possédais du mieux que je pouvais, faute de mieux. J'étais juste content d'être là, de profiter, de la sentir contre moi, de devoir coordonner mes mouvements aux siens, d'avoir de bonnes raisons d'être si proche d'elle. Et les danses continuaient et on enchaînait, mais à vrai dire, avec ce que j'avais bu plus surtout l'effet Taylord qui augmentait tout fois dix milliards, je n'avais aucune idée de ce qu'on avait dansé, du nombre de danses qu'on enchaînait, tout ça. J'étais juste sur un petit nuage, comme on dit, et ça m'allait très bien.

J'avais mon nez et mon front contre sa tempe et le haut de sa joue pendant qu'une de mes mains tenait sa nuque et l'autre sa taille, que je ne lâchais plus, pour qu'elle reste bien contre moi. Je sentais ses mains enroulées autour de mon cou et la chaleur entre nos deux corps était parfaite, je n'en demandais pas plus - pour l'instant - quand tout d'un coup je sentis ses mains glisser de mon cou et son visage reculer un peu du mien :


- On peut... Trois petits points, allons bon, elle allait vraiment me laisser décider comme ça? Non c'était pas cool, j'en avais aucune idée, à part de rester avec elle, mais elle ne pouvait pas me faire ça!... Allons-nous en.

Ah. Ok. J'aquiesçai, vos désirs sont des ordres ma chère, même si au fond j'étais en train de me dire : mais sinon, à part être un abruti, qu'est-ce que je savais être d'autre? Bien sûr que je lui avais laissé ce choix-là, mais maintenant que les mots avaient franchi ses lèvres, j'avais l'impression qu'on m'arrachait quelque chose. Bon... Ben voilà.

On se tira de la salle de bal, prenant le chemin du retour. Il me paraissait vague, parce qu'à chaque fois je me disais ah putain on est déjà là, on est déjà à l'escalier, on est déjà au premier étage, etc; mais à chacune de ses étapes j'avais à chaque fois une petite prise de conscience et plus ça allait plus je me disais : profite, c'est tes derniers instants avec elle. C'est tes derniers instants avec Taylord dans sa robe de bombasse, et après salut bonsoir et bonne nuit, et demain elle se tire chez elle et toi aussi, et paye tes super vacances de Noël à Bristol, et quand vous vous reverrez à la rentrée, ça sera comment, hein? Finie, la magie du bal. Et vu comment cette soirée était chelou... Vos retrouvailles ne vont pas être faciles.

Bon. En attendant, on se tenait toujours chacun par le bras, la taille, tout ça, et rien n'indiquait qu'on allait se séparer une fois là-haut.

On pouvait toujours espérer. Ce qui me soûlait le plus, en dehors du fait que je savais très bien qu'elle n'allait pas vouloir coucher avec moi, c'était qu'au final tout ça ne rimait à rien et qu'on était bien cons d'avoir joué à ça, parce que maintenant, on était bien dans la merde. Je jetai des coups d'oeil, machinalement, autour de nous, pour voir si il y avait du monde, mais pour l'instant on était tout seul dans les couloirs. Bon bien sûr on entendait des bruits et il y avait des élèves disséminés un peu partout, mais pas autour de nous. On approchait de la salle commune : j'avais vraiment pas envie de me retrouver dans l'agitation d'après bal et de devoir faire comme si de rien n'était, de lâcher Taylord, de la voir parler à d'autres mecs, tout ça. Dilemme, dilemme. C'était con quand même parfois, la vie. Je ralentis l'allure et elle aussi, parce qu'on était près du but. En attendant, on se trouvait dans le couloir désert, pas loin du portrait de la Grosse Dame.


- Je suis contente d'être restée... Sa main posée sur mon torse me paraissait la plus normale du monde et d'ailleurs je posai ma main dessus. Je veux pas que tu partes. Mais je n'avais pas le droit de dire ça, pas vrai?... et d'être venue aussi...

- Il n'y a pas de vrai bal sans toi, Tay, répondis-je en souriant du coin des lèvres moi aussi. Ben oui, qu'est-ce que j'aurais bien foutu si il n'avait pas été là? Le reste, je m'en foutais. Ma soirée aurait été merdique, quoi que j'ai fait, si elle n'avait pas décidé de venir, finalement.

Elle se pencha tout d'un coup et en la regardant retirer ses pompes je compris que la soirée touchait vraiment, vraiment, à sa fin; et quand elle se releva que ses yeux brillaient sûrement comme les miens de l'angoisse qu'on devait ressentir tous les deux de se dire bonne nuit.

Parce qu'après, c'était fini.


- Passe de bonnes vacances. Je vais m'entraîner pour que mon patronus soit plus beau que le tiens en rentrant !

Je me sentis rire à sa blague et pourtant au fond j'en avais pas envie, je ne voulais pas la perdre une nouvelle fois et j'avais l'impression que finalement ce soir, c'était un peu la dernière fois qu'on se voyait. Qu'on rompait, pour la je ne sais pas combientième fois. Et je ne savais pas quoi faire.

Elle en tout cas elle avait arrêté mon mouvement en avant et m'avait attrapé, et perchée sur ses pointes de pieds elle s'était levée vers moi, sûrement pour me faire la bise. Maintenant qu'elle n'avait plus ses talons, évidemment, elle était redevenue le petit moineau qu'elle était. Il se passa un quart de seconde quand je me tournais vers elle et que je croisais son regard qui me fit l'effet d'un coup de poignard et me transperça tout entier.

L'instant d'après, je m'étais penché vers elle et mes lèvres s'étaient posées sur les siennes. Une ou deux secondes. Elles avaient ce goût que je connaissais bien, et putain, qu'est-ce qu'il m'avait manqué. Après ce premier baiser mon bras s'enroula autour de sa taille et sans m'en rendre compte je la soulevai légèrement pour qu'elle soit plus à ma taille et l'embrassai encore, cette fois plus longuement, plus passionnément, en ne pensant à rien d'autre qu'à elle, pas à la suite, pas à tout à l'heure, pas à demain. Pas à ce que je faisais. Nos deux souffles mêlés me permettaient enfin de respirer à mon aise. Et j'avais trop faim d'elle. Ça grondait dans mon ventre pendant que je l'embrassai avec de plus en plus d'avidité - je ne voulais pas lâcher ses lèvres, sa bouche, je ne voulais pas arrêter de l'embrasser...

... Jusqu'à ce que je tilte que
j'étais en train d'embrasser Taylord, ça y'était, eh merde.

Je la reposai sur le sol et la lâchai, m'écartant comme si elle m'avait brûlé.

En un sens c'était le cas : je sentais son impact dans toute ma chair, dans mes entrailles, tout était en feu.


- Désolé.

Ouais, bizarre comme réaction, et attention c'était sans doute la première fois que je m'excusais d'avoir fait un truc pareil. Mais merde, j'avais lutté toute la soirée parce que j'avais de bonnes raisons, putain qu'est-ce que ça me faisait chier de m'être fait avoir! J'étais en colère contre moi et désolé d'avoir été si mauvais, et je n'osais plus trop la regarder.

- Désolé, je voulais pas foutre la merde... répétai-je, et plus ça allait plus je m'embrouillais dans mes pensées.

Je voulais finir la nuit avec elle et la serrer entre mes bras, mais c'était pas possible. Je voulais pas qu'elle parte, et on partait tous les deux demain. Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre? Peut-être que... C'était pas possible pourtant et je le savais très bien, mais j'en avais marre de lutter, alors peut-être que... Ca valait le coup quand même? Peut-être qu'on pouvait réessayer d'être ensemble, je sais pas trop comment, mais ce soir je n'étais pas capable de lui résister, alors...


- Je... commençai-je, mais comme j'avais levé les yeux vers elle, enfin, je fus coupé dans mon élan parce que j'avais vu qu'elle avait aussi quelque chose à dire.





Spoiler:
 


_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Because silence can break your heart [C.C]   Sam 5 Jan - 16:37

♪ I Knew you were Trouble ♫

Once upon a time, a few mistakes ago

I was in your sights, you got me alone
You found me, you found me, you found me…
I guess you didn't care and I guess I liked that
And when I fell hard, you took a step back
Without me, without me, without me…
And he's long gone when he's next to me
And I realize the blame is on me

I knew you were trouble when you walked in
So shame on me now
You flew me to places I’d never been till you put me down




Impossible de déterminer qui engagea le baiser le premier – j’avais cherché ses lèvres au moment même où Chuck s’était penché – mais il était clair qu’il avait pris le dessus quand je me sentis soulevée dans les airs et que ma main, passée dans mon dos se refermait sur ses vêtements pour maintenir l’appui. Tant de bien que de mal, j’essayais d’abord de suivre la pression qu’exerçaient ses lèvres sur les miennes par surprise, sans jamais les détacher – j’avais bien trop peur de le rompre pour de bon si par mégarde, je faisais un faux mouvement. Je laissai la conscience s’éloigner quelques instants, parce qu’elle n’était jamais très loin et savait se montrer raisonnable dans des instants critiques comme ceux là – comme par hasard quand on avait pas besoin d’elle – parce que dès qu’on se séparerait… C’est pour ça que je ne voulais que rien ne s’arrête et peu à peu m’imposai aussi, non plus en répondant simplement à son étreinte mais en y mettant plus de force – c’était… comme avant. Comme avant, mais en mieux, c’était toujours comme ça que ça avait marché, comme si chaque nouveau baiser surpassait automatiquement le précédent et qu’il en serait toujours ainsi. Mon autre main s’agrippait au col de sa chemise comme si j’allais tomber, impression renforcée à cause de ma tête qui tournait tournait, toutes les pensées se mélangeaient et je les repoussais toutes, mais le moment merveilleux qui venait de faire tout exploser s’amenuisait petit à petit et toute ma volonté ne suffisait plus à tenir en respect ces certitudes, plus que jamais claires.
Parce que je savais.

Et que dès qu’on se séparerait, on ne pourrait plus revenir en arrière à ces instants qui se transformeraient immédiatement en songe du passé parce que c’était les derniers – parce qu’il n’y en aurait pas d’autres. Alors celui-ci devait durer éternellement. Parce que la suite était déjà écrite, et je n’avais aucune envie de la lire – la vivre.

Le contact glacé de mes pieds contre le sol me gela le sang, mais me réveilla les neurones en les électrisant, quand je sentis, plus que je ne vis le visage de Chuck qui s’éloignait du mien et que je suivis dans mon élan, parce qu’il ne fallait pas, il ne devait pas, il… Mais il finit quand même par s’arracher brutalement et je titubai en clignant des paupières parce que même les faibles lumières qui illuminaient le couloir m’étaient bien trop forte à présent.

La chaleur que j’avais ressentie juste avant s’estompa définitivement quand nos regards se croisèrent enfin – quand il allait ouvrir la bouche, ça n’allait sûrement pas être pour m’embrasser encore… - parce que quelque chose n’allait pas lui comme moi l’avions compris mais le voir à travers ses yeux, même si au fond je le savais et l’avais toujours su me fit l’effet d’un gros coup de poing qui vous coupe la respiration.


- Désolé.

La panique me gagna sans que je ne puisse la stopper avant, c’était quoi le problème, en général on s’excusait quand on pensait qu’on faisait une erreur, alors quoi ? J’étais une erreur ?
L’erreur ?
Encore ? Qu’est-ce qu’il y avait chez moi qui le repoussait inévitablement à un moment où à un autre lorsqu’on était ensemble ?

Je voulus répliquer mais aucun son ne sortit de ma gorge à part des mots dont je pouvais très bien m’abstenir parce qu’ils n’avaient aucun sens. Envolée la belle soirée, les belles danses, les belles photos – plus que jamais je me dis que c’était moi qui m’était trompée en me ramenant au bal même si je lui avais dit l’inverse en remontant tout à l’heure, parce que ce qui venait de se passer changeait la donne parce que ces instants de bonheurs tout barbouillés venaient s’ajouter à ceux du bal précédent, ne les rendant que plus douloureux à supporter. Là, ça redevenait comme en début de soirée quand j’étais persuadée que la robe dans laquelle je me trouvais aurait été parfaite pour quelqu’un d’autre, parce que dedans n’était pas ma place. Mais tout le reste, quand j’avais été fière d’évoluer avec au milieu de la piste au bras de mon cavalier tant désiré, c’était passé où ? A la place, j’avais croisé mes bras sous ma poitrine parce que je ne savais pas quoi en faire mais qu’ils me paraissaient soudain bien trop lourd à porter, comme les jambes qui menaçaient de s’écrouler, comme tout le reste de mon corps et je voutais les épaule comme si ça allait suffire pour et me protéger, et surtout disparaître. Je me sentais trop nulle, comme un clown au maquillage tout bariolé, avec mes chaussures qui avaient été abandonnées sur le sol parce que je les avais lâchées au moment de notre rapprochement. Je n’avais même plus mon foulard pour cacher mes épaules que je trouvais bien trop voyantes tout à coup, c’était ridicule, c’était… j’avais froid, mais devinais mes joues roses de honte parce qu’elles me brûlaient.
Alors si en plus, il faisait tout pour éviter de me regarder, c’était encore pire.


- Désolé, je voulais pas foutre la merde...

Je secouai tout de suite la tête en signe de négation, mais l’entendre dire que c’était de sa faute et finalement pas de la mienne ne me rassura pas pour autant. A moindre échelle j’eus un maigre soulagement par rapport à ce que j’avais pensé juste avant parce que ça avait été de la fausse interprétation de ma part, mais alors pourquoi est-ce que je me sentais toujours aussi mal ? Ce n’était pas ce que j’avais voulu durant toute la soirée, qu’il se passe ce qu’il venait de se passer, qu’on s’embrasse comme j’en avais rêvé pendant des semaines et que
peut-être, Chuck avait voulu la même chose ?

Le truc sur lequel je n’arrivais pas à mettre de mot tout à l’heure, et bien c’était ça et je l’avais saisi lorsqu’on s’était embrassé : que justement, il fallait que ça arrive, qu’on s’embrasse de nouveau pour en fait comprendre que c’était terminé. Que derrière il n’y avait rien, enfin si, il y avait quelque chose, mais c’était un quelque chose où dans un cas comme dans l’autre, on était pas ensemble. Et cette prise de conscience irrévocable elle était un peu dure à accepter, et pourtant, on avait pas le choix.
Juste, terminé.

Si ça c’était clair, pour le reste, c’était un mic-mac pas possible, je pouvais ne rien ajouter et rentrer dans la salle commune en restant là-dessus, mais pour Chuck comme pour moi, c’était impossible, maintenant, c’était trop, trop me demander en tout cas de faire la part des choses alors que ça faisait des mois que je n’y arrivais plus dès que ça le concernait. J’avais besoin d’explications, il me les fallait, parce qu’elles étaient la pièce manquante qui m’empêchaient d’avancer.

- Chuck, pourquoi tu me méprises comme ça ?
demandai-je doucement, mais même avec cela, ma voix était étranglée et toute aiguë comme si on m’avait coincé le doigt dans une porte. Je ne voulais plus fuir, je ne voulais plus me contenter du simple fait qu’on trainait ensemble comme si rien ne s’était passé et faire comme si je m’en satisfaisais, parce qu’il s’était bel et bien produit quelque chose et que je ne m’en étais jamais vraiment remise.

Il fallait que je sache à quoi m’en tenir, parce que je ne pouvais plus faire semblant. Je ne pouvais plus faire
tout ça. On était confronté l’un à l’autre parce qu’il avait fini par relever ses yeux vers moi que je refusais de lâcher tant que je n’avais pas dit tout ce que j’avais sur le cœur. Mais pourtant j’avais à peine posé ma question que je craignais qu’il ne la comprenne de travers – ce n’était pas un reproche mais plutôt une constatation, je ne voulais pas qu’il se sente coupable de ça, de… Je sentis le besoin d’en rajouter d’avantage parce qu’il n’allait pas comprendre où est-ce que je voulais en venir et même pour moi c’était tellement flou que…

- Je comprends pas, tu… mais à chaque fois que ça devenait un peu trop difficile de poursuivre les mots s’étouffaient. C’était juste l’envie de savoir qui était le plus forte qui me poussaient à poursuivre les tremblements qui me prenaient de partout, les muscles, la voix, tout, du fait je me tenais raide comme un balai, pour ne pas flancher. Tu as dit que… que tu voulais pas… de nous deux. Qu’on reste pas amis, ni rien… ça il ne l’avait pas clairement précisé, mais vu comment ça s’était terminé, c’était sous-entendu. Je comprends pas ce que j’ai fait, ce que je t’ai fait, ensuite t’as pas arrêté de m’ignorer, que… que tout le reste c’était pas vrai. Que comme tu as eu ce que tu voulais, instinctivement, j’avais ramené mes bras encore plus contre moi à cause de toutes les images qui s’imposaient dans ma tête, t’en avais plus rien à foutre. Mais t’es revenu après en disant le contraire, qu’on se reparle tout ça… Je suis désolée, je sais pas ce que tu veux, je sais pas non plus pourquoi t’es en colère contre moi, tu voulais que je dégage, puis… enfin… enfin que je servais à rien ici, dis moi ce qui va pas, ce que j’ai fait, en tout cas je voulais pas… puisqu’on y était autant en avoir le cœur net non ? Qu’au moins les torts que j’avais, je puisse mettre un nom dessus… Et là, ce soir, maintenant…

Notre embrassade, la façon brutale avec laquelle il y avait mis fin… à chaque fois, c’était tout et son contraire, alors c’était quoi que je devais prendre pour argent comptant ? J’avais dit des trucs que je regrettais moi aussi, mais le truc, pour ce qui était de Chuck… Lui, des remords, est-ce qu’il en avait ? C’était plus possible maintenant d’expliquer distinctement ce que je ressentais et je bafouillai en suivant le fil de ma pensée.

- C’est quoi qui est vrai et qui est faux ?
Je m’arrêtai un moment parce qu’il y avait une question qui flottait depuis tout à l’heure mais que j’avais peur de poser parce que j’avais bien trop peur d’en avoir la réponse parce que je la connaissais déjà. Mais je devais tout savoir. Ça me rongeait progressivement et si je ne l’enraillais pas grâce à la vérité, je n’allais jamais pouvoir m’en sortir. ...Y’en a eu combien d’autres ? Quand on était ensemble ..? chevrotai-je. Je frémis en tentant d’imaginer ce qu’il allait dire, sans succès.

Quant ensuite à savoir qui c’était… bien sûr qu’il y en avait eu d’autres des filles, ça n’avait rien d’une surprise ça et je ne voyais pas pourquoi je m’y étais pas attendue. Sous prétexte que c’était moi et donc que ça devait se passer autrement ? Tu parles… Depuis qu’on se connaissait, je les avais vues tellement défiler sous mes yeux que je ne les comptais plus. Sauf que j’étais devenue l’une d’entre elles…

- C’était juste pour rire tout le temps ? Et ça notre baiser, ce soir aussi, c’était une blague ? Parce qu’on s’était embrassé tous les deux, ce soir, alors que quelques mois avant il ne pouvait plus me voir en peinture, donc c’était quoi, un autre test ? Je ne l’avais pas forcé, qu’est-ce qui avait changé, qu’est-ce qui… S’il te plaît, dis-moi pourquoi tu fais ça, ça me fait de la peine, je sais plus ce que je dois comprendre parce que tu réagis tout le temps différemment, donc voilà, je comprends pas… Je pris une grande inspiration. Qu’est-ce que tu veux ?

Cette demande avait ce putain de goût de déjà vu, parce que ce n’était pas la première fois que je l’interrogeai là-dessus. Et il y avait tant de trous noirs à éclairer… Une gigantesque blague… Peut-être que c’était moi qui l’était justement ?

- Pourquoi est-ce que tu m’as invité au bal ?


Je refusais qu’il se dérobe une fois de plus. Que ses actes, ses paroles, tout autant que son silence m’avait brisé. Si… si au moins il tenait
un peu à moi, j’avais bien le droit de connaître la vérité ?




And I realize the joke is on me


And the saddest fear
Comes creeping in
That you never loved me
Or her...or anyone...or anything .

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"Elle lui a appris à vivre.


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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Because silence can break your heart [C.C]   Dim 6 Jan - 16:15

Merde, merde, et merde. Oh mais dites-donc! Qui venait de tout faire foirer, encore une fois?! Oui oui, c'était bien moi! Je vous jure, je me serais mis des claques. Ou je me serais tapé la tête contre le mur. Parce que je savais putain, je savais que c'était vraiment une connerie! Et que je pouvais ravaler mes paroles, qu'elle allait parler, qu'elle allait dire tout un tas de trucs à des lieux de ce que j'avais envie d'entendre, et que cette putain de soirée allait se finir en eau de boudin, tout ça parce que sa robe et mes hormones m'avaient empêché de garder le contrôle de moi. Je battis des paupières. J'avais un goût amer dans la bouche - le goût de son baiser s'était envolé d'un seul coup, en même temps que mes entrailles s'étaient mises à rugir. C'était amer parce que je regrettais, parce que je le voulais encore, parce que je ne savais pas quoi dire, pas quoi faire, merde.

Dans ces moments-là je savais que la promesse que je lui avais faite elle pouvait se la mettre là où je pensais ; j'avais trop la tête en vrac pour garder un minimum de lucidité. Eh ben voilà, je m'en foutais de tout ça. Je m'en foutais parce que j'allais m'exploser la cervelle avec tout ce que j'allais trouver à boire ou à fumer et de toute façon Taylord ne le saura pas parce que, et j'étais prêt à la parier, elle allait m'éconduire comme une merde, et basta. Fini le bal, et bonjour chez vous. De toute façon je rentrais demain à Bristol et j'allais faire des soirées avec mes potes, tous les soirs si je voulais... Il fallait bien ça pour contrebalancer le dîner de Noël chez les grands-parents. Donc, ben voilà. Là-bas ma promesse n'existait plus. J'avais hâte de boire au moins le triple de ce que j'avais bu ce soir, de fumer tranquillement parce que c'était quand même plus simple qu'à Poudlard, de fumer autre chose que des clopes et d'avaler en plus quelques petites pilules histoire de rendre tout ça un peu plus magique. Je savais qu'avec Chris on pouvait avoir ce qu'on voulait à ce niveau-là : on avait quelques potes spécialisés dans le domaine qui étaient toujours fournis en toutes les substances dont on avait envie. C'était pathétique, pas vrai? Que je me réconforte en pensant à ça. Eh ben, franchement, j'en avais rien à foutre. C'était pas mon problème si le monde entier décidait d'être coincé dans ses valeurs à la con et ne s'autorisait pas à la débauche de temps en temps. Oh, parce que c'était dangeureux, c'est ça, que ça augmentait le risque de maladies et compagnie? Mais de toute façon il fallait bien crever de quelque chose, et puis, ce n'était certainement pas aujourd'hui que j'allais clamser ni demain ou après-demain alors qui est-ce que ça pouvait bien froisser que je me déboîte la cervelle aujourd'hui et que je prenne un peu de bon temps? C'était ça qui me manquait à Poudlard parfois, un bon vieux pub de moldu, un bon club où il y avait de la musique à fond et de la lumière bleue en flash, et que plus rien ne comptait que de se défoncer et de trouver une jolie fille avec qui finir la soirée. Voilà, c'était ça qu'elle voulait, Taylord? Eh ben, c'était parti. De toute façon on ne pouvait pas faire pire.


- Chuck, pourquoi tu me méprises comme ça ?

... Pardon?! Pardon?

Oh, alors maintenant voilà, je l'avais pécho et je m'étais arrêté pour ne pas offenser sa Seigneurie et voilà que je la méprisais?

Putain de chier, mais dans quelle merde je nous avais fourrés. Je plissai les paupières avant de relever les yeux vers elle. La voir subitement me regarder droit dans les yeux, avec un regard tellement... perdu, tellement... seul? me donna des frissons et je me sentis comme un petit enfant pris sur le fait en train de faire une grosse connerie.

En vérité, je crois qu'elle se trompait de mot : ce n'était pas que je la méprisais. Mais qu'au fond, je ne la
méritais pas. Et je le savais bien.

- Je ne t'ai jamais méprisée, répondis-je d'une voix lasse. Pourquoi tu dis ça?

Répondre à une question par une autre question : voilà qui était bien pratique. De toute façon avec elle on avait toujours pratiqué ce genre de stratagèmes pour s'en sortir par une pirouette, alors elle aurait été de bien mauvaise foi si elle me l'avait reproché. Qui est-ce qui me filait entre les doigts comme une anguille depuis qu'elle était revenue à Poudlard, hein? Moi, je m'étais plié en quatre pour elle, j'avais même bossé avec elle, c'est dire le sacrifice, mais elle avait continué à se murer dans le silence et à ne rien partager avec moi. Alors, merde. Je me noyais peut-être dans tout ça, mais elle aussi. On était deux dans cette galère.


- Je comprends pas, tu… Tu as dit que… que tu voulais pas… de nous deux. Qu’on reste pas amis, ni rien… Je comprends pas ce que j’ai fait, ce que je t’ai fait, ensuite t’as pas arrêté de m’ignorer, que… que tout le reste c’était pas vrai. Que comme tu as eu ce que tu voulais, t’en avais plus rien à foutre. Mais t’es revenu après en disant le contraire, qu’on se reparle tout ça… Je suis désolée, je sais pas ce que tu veux, je sais pas non plus pourquoi t’es en colère contre moi, tu voulais que je dégage, puis… enfin… enfin que je servais à rien ici, dis moi ce qui va pas, ce que j’ai fait, en tout cas je voulais pas…

Ok. Bon. On m'aurait fracassé une armoire sur la tête que ça en serait revenu au même. Je restai un bon moment bouche-bée, la laissant finir, la laissant se dépatouiller par tout ce qu'elle me disait, de sa petite voix toute faible. J'avais envie de creuser un trou par terre et de disparaître - tout comme j'avais envie de mettre de l'ordre dans mes idées et ce que Taylord me lançait comme message, mais je n'y arrivais pas.

Je ne pouvais juste pas m'empêcher de remarquer qu'elle tremblait et que je voulais la serrer dans mes bras pour qu'elle arrête d'avoir l'air si triste.

Pourquoi elle reparlait de tout ça? Pourquoi elle repartait si loin? Bien sûr que j'avais été un salaud et je n'en étais pas fier mais justement, elle n'avait pas compris qu'ensuite j'avais tout fait pour me racheter? Et qu'il n'y avait pas forcément de logique dans mes attitudes à part que je voulais juste réparer mes erreurs? Bon sang, elle me perdait dans le brouillard, je ne savais même plus ce que moi-même j'avais trouvé pour me justifier! Et puis, elle non plus elle ne savait pas ce qu'elle voulait, merde alors! Et qui était en colère ici?! Voilà, maintenant j'avais envie de casser la gueule à l'armure un peu plus loin, qui ronflait très légèrement.

Et puis, je ne voulais pas qu'elle croit que la faute venait d'elle...


- C’est quoi qui est vrai et qui est faux ? Y’en a eu combien d’autres ? Quand on était ensemble ..?

Quoi?! Ah ça, non! Ah non mais zut hein, on pouvait me reprocher des tas de trucs, mais pas ça.

- Tu crois vraiment que je me suis foutu de ta gueule de A à Z ou quoi? J'étais vexé, mais je ne m'énervais pas pour autant. J'étais juste fatigué. J'ai jamais voulu te faire du mal, et quand on était ensemble, il n'y a eu que toi. J'avais pas envie de penser à quelqu'un d'autre, confessai-je en hésitant parce que c'était sans doute un peu trop intime, mais c'était vrai.

Plus ça allait, plus j'avais l'impression qu'elle allait m'achever avec ses questions à la con, et que moi je me renfermais de plus en plus derrière mon armure, justement.


- C’était juste pour rire tout le temps ? Et ça… ce soir aussi, c’était une blague ? S’il te plaît, dis-moi pourquoi tu fais ça, ça me fait de la peine, je sais plus ce que je dois comprendre parce que tu réagis tout le temps différemment, donc voilà, je comprends pas… Qu’est-ce que tu veux ?

Et pourquoi c'était moi qui devais dire ce que je voulais? Et pourquoi c'était moi qui étais tout le temps différent et pas elle?! Et pourquoi elle ne se rappelait pas combien de fois elle m'avait dégagé? Bon d'accord, c'était avant qu'on commence à être ensemble, mais même. Et pourquoi elle ne pouvait pas se rappeler que notre dispute sur le pont, elle avait été aussi virulente que moi? Et pourquoi elle ne comprenait pas que depuis qu'elle était revenue à Poudlard je lui courrais plus après qu'autre chose, même si je ne parlais que d'amitié, c'était quand même moi qui étais à ses pieds, parce que je rappelle qu'au début elle ne voulait pas de moi? C'était trop facile!

Je ne savais pas ce que je voulais, je ne savais pas ce qu'elle voulait. Je savais juste qu'on était en train de saccager cette soirée qui avait pourtant été parfaite, et que j'avais l'impression que ce moment où je l'avais vue descendre les marches de l'escalier comme une princesse était à des années-lumières de maintenant. Je lui en voulais, et je m'en voulais.

Je haussai les épaules comme simple réponse. Démerde-toi avec ça. J'étais las et crevé et demain il fallait se lever pour se tirer d'ici - voilà à quoi je pensais. Et puis si elle s'imaginait que tout ça pouvait être une blague à mes yeux, ben dis donc, elle n'avait pas trop d'estime pour mon humour.


- Pourquoi est-ce que tu m’as invitée au bal ?

C'était sans doute la question la plus facile, tiens. J'avais mis mes mains dans mes poches et je m'étais adossé au mur, glacé, et je commençais à frissonner un peu d'ailleurs. L'air aussi était devenu froid alors qu'il y avait à peine quelques minutes, quand je respirais le parfum de Taylord et que ses lèvres étaient entre les miennes, j'étais enveloppé d'une douce chaleur.

- Parce que c'était notre dernier bal et que je voulais le passer avec toi. Parce que je ne voulais pas que tu restes toute seule là-haut. Parce que j'avais envie de me rattraper un peu... Je soupirai. Ma voix était tellement plate et neutre que je ne la reconnaissais pas. Je croyais que tu avais compris, Taylord... Tu ne devrais pas te poser toutes ces questions, c'est bien plus simple que ça. J'ai merdé parce que je... Je suis pas doué pour ça... C'est pas de ta faute. Je suis désolé d'avoir mis tout ce bordel.

J'étais un connard et je m'en étais rendu compte mais je ne pouvais rien y faire, qu'est-ce qu'elle voulait que je fasse à ça? Et dire que ce satané Fray m'avait prévenue. Tu vas lui faire du mal. Connard, va. C'était lui qui nous avait porté malheur tiens, elle n'avait qu'à aller pleurer dans ses bras et lui rouler des patins, tant pis pour Wayland. Peut-être que je faisais une fleur à Taylord après tout : son meilleur ami avait l'air de prendre ses problèmes tant à coeur!...

- J'aurais voulu que ça soit différent, continuai-je en essayant de toutes mes forces de lui enlever ses fausses idées de la tête. Mais ce n'est pas toi, toi tu... Tu es parfaite, conclus-je avec un sourire qui sonnait bien faux. Non, je n'avais pas trop envie de sourire, en fait. J'avais juste envie de me coller une nouvelle fois des baffes, de me dire que j'étais le dernier des crétins à dire des platitudes comme ça et que de toute façon elle n'allait pas me croire, et que heureusement j'avais échappé à l'habituel "tu es trop bien pour moi", mais je voulais juste qu'elle comprenne... Et qu'elle fasse un choix peut-être aussi? Parce que je crois que je ne pouvais pas le faire.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Because silence can break your heart [C.C]   Mar 8 Jan - 15:41

- Je ne t'ai jamais méprisée. Pourquoi tu dis ça?

Ce n’est pas vrai, me susurra à l’oreille, cette petite voix que je connaissais bien. Ce n’était pas vrai, parce que si ça avait été le cas, Chuck n’aurait pas eu la vicieuse idée d’aller jusqu’à demander à Haruhi d’aller récupérer ce que moi-même je ne voulais pas lui donner. C’était un exemple parmi tant d’autres, mais aujourd’hui, je me disais qu’il devait bien y avoir une explication à tout ça, n’importe quelle explication à laquelle j’aurais pu me raccrocher, parce que pour le moment, je n’avais aucune prise, aucun poteau autour duquel serrer mes doigts pour ne pas vaciller…

Ma grande tirade – bien qu’entrecoupée par mes propres pensées qui se superposaient en même temps les unes sur les autres – fut accueilli par le silence. J’avais la gorge sèche d’avoir trop parlé, synonyme aussi de la position de faiblesse dans laquelle je me trouvais maintenant – je ne savais pas ce que j’aurais préféré, la franchise brutale dont Chuck savait faire preuve et qui de nombreuse fois blessé ou alors ça, parce que j’étais en train de lui dire tout ce que j’avais sur le cœur, que ça n’allait pas, que j’étais complètement paumée et qu’il ne tenait qu’à lui de faire toute la lumière sur l’obscurité, mais que ça ne pouvait pas marcher parce que… qu’il ne se confiait pas et que ça me rendait malade. Parce que je n’étais pas assez digne d’estime pour ça.
Parce qu’il n’en avait pas envie.


- Tu crois vraiment que je me suis foutu de ta gueule de A à Z ou quoi?


Ce n’était pas d’explications partielles que je voulais – pas comme si c’était une loterie et qu’il choisissait au hasard, ce qu’il voulait bien me dire ou non, quant au reste…

- J’crois ce que tu montres
, mais c’était lui qu’il l’avait voulu tout ça, que oui il s’était foutu de ma gueule, que c’était un secret pour personne qu’il pouvait en cumuler plusieurs à la fois, alors qu’est-ce que je devais faire ? Encore me casser la tête pour trouver le double message qu’il voulait me faire passer ? Oui, et bien non. J’en avais assez. Parce qu’à chaque fois que je trouvais la solution, il pagayait de plus en plus loin comme si quelque part il ne voulait pas que je le rattrape. Alors merde. C’était à lui de voir à présent. Ce qu’il y avait de chiant avec ce qu’il était en train de se passer et ce qui s’était passé… C’était que malgré toutes ces vacheries… Il y avait toujours ce moment où je me disais que non, ce n’était qu’un voile d’apparence et j’étais capable de défendre corps et âme Chuck en disant que c’était quelqu’un de bien. Avant de nouveau d’avoir le doute. Ce dont j’avais besoin c’était d’une part des choses nettes, mais j’étais toujours d’un côté ou de l’autre coincée entre les deux, dans les eaux troubles.

- J'ai jamais voulu te faire du mal, et quand on était ensemble, il n'y a eu que toi. J'avais pas envie de penser à quelqu'un d'autre.

Il était toujours en train de fonctionner de cette façon double comme lorsqu’on avait commencé à se connaître et qu’il m’avait reproché de ne pas chercher à en savoir plus sur lui alors qu’il se décarcassait pour montrer sa bonne volonté – enfin, c’était un peu loin maintenant tout ça, mais quoi, depuis, je n’avais pas fait mes preuves peut être ? C’était quoi son putain de truc qu’il voulait que je fasse pour qu’il comprenne que j’étais de son côté ?! J’avais fait des efforts avec Chuck plus que quiconque même depuis la rentrée qu’on se reparlait, j’avais du mal, mais je faisais du mieux que je pouvais en allant dans sa direction même quand je n’avais pas forcément envie tout de suite… Je décidais de croire ce qu’il me disait, même si je n’étais pas plus rassurée qu’avant, parce que plus les minutes passaient, plus je sentais ma volonté de faire une part distinctive entre le mensonge et la vérité s’amenuiser…. Est-ce…

Je l’appelais une nouvelle fois à l’aide et… quand il haussa les épaules, là, comme ça, signe du
désintérêt le plus total comme s’il s’était résigné à l’avance, je me sentis insulté. Parce que ça voulait dire, que le droit de savoir et tout ce qui allait avec… ben parce que j’allais pouvoir vomir dessus parce que je ne risquais pas de l’avoir ni maintenant ni jamais et c’était comme si on venait de me donner une grosse claque sur la joue et qu’elle résonnait dans toute ma tête. Que c’était comme ça de toute façon, qu’on ne pouvait pas faire autrement ? Ce n’était pas comme ça que ça marchait, pas comme ça que je marchais, que pour Chuck finalement il n’avait peut-être même pas vraiment de raison valable qu’il agissait au gré de ses envies et au mépris des autres… la vie continuait ouais mais est-ce que ça nous empêchait pour autant d’essayer d’arranger les choses même si elle ne pouvaient pas changer ? C’était ça que je devais en conclure, bêtement ? Le bal et tout ce qui s’était passé ces dernières heures venaient d’être entachés par son manque d’investissement, et je n’étais ni en colère, ni triste… je me sentais juste vide, creuse, que si on tapait sur mes os, ça allait résonner parce qu’il n’y avait plus rien qui m’animait. Un peu comme nous deux, un peu comme notre relation, un peu comme notre amitié… tout, tout sonnait creux parce que Chuck agissait de manière incertaine, que ça pouvait être très bon comme très mauvais, et j’avais cru en être la cause, et que d’arranger les choses pourraient tout résoudre, mais…. Mais il n’y avait rien à résoudre lorsqu’on se basait sur du rien. Que nous, ce n’était rien.

- Parce que c'était notre dernier bal et que je voulais le passer avec toi. Parce que je ne voulais pas que tu restes toute seule là-haut. Parce que j'avais envie de me rattraper un peu... Je croyais que tu avais compris, Taylord... Tu ne devrais pas te poser toutes ces questions, c'est bien plus simple que ça. J'ai merdé parce que je... Je suis pas doué pour ça...

- Ben moi non plus
, c’était pas plus facile, mais et quoi ? C’était pas une excuse, c’était beaucoup trop simple de dire, sous prétexte que c’est comme ça que j’agis et que j’en ai conscience ben ça m’excuse et j’ai le droit de faire ce que je veux. Sous prétexte que parce que je suis pas doué, ben je dois faire des trucs qui y ressemble. Ça marchait pas comme ça et surtout c’était pas comme ça que Chuck marchait, de laisser tomber…

- C'est pas de ta faute. Je suis désolé d'avoir mis tout ce bordel.


Et je ne voulais pas l’entendre dire que c’était pas de ma faute, alors que non, ça devait être forcément un peu le cas, il avait déjà oublié les trop nombreuses fois où ça s’était terminé n’importe comment ? Je n’avais pas envie de lui en vouloir, ni de culpabiliser. Il disait que c’était plus simple ? Bon bah autant faire dans le bête et méchant, je ne voyais pas ce que je pouvais faire d’autre, je n’avais aucun poids dans la balance. Ma certitude en revanche, c’était que ça devait se terminer. Complètement.

- J'aurais voulu que ça soit différent. Mais ce n'est pas toi, toi tu... Tu es parfaite.


Ça faisait un petit moment que j’étais toujours tournée vers lui, mais sans plus vraiment le regarder, fixant un point un peu vague. Parfaite hein ? Y’avait sûrement un peu de tout mais rien de parfait, une fois de plus je tanguais entre ces deux pôles celui où j’écopais de tous les noms d’oiseaux ou alors les autres qui me mettaient sur un piédestal, et alors que j’aurais dû me sentir touchée… c’était comme si on venait chercher à mains nues les dernières petites parcelles qui remplissaient mon corps, parce que comment savoir lequel des deux je devais prendre pour argent comptant ?

- Okay. Il y avait encore de trop nombreuses questions qui se chevauchaient les unes les autres, mais soudain, le désir de lui en faire part avait disparu. Parce qu’une fois sorties, elles allaient s’évanouir dans l’air. J’aurais voulu lui dire aussi qu’il ne me trouvait pas si formidable que ça il n’y avait encore pas si longtemps, mais à quoi bon ? Tout ça… Chuck et Taylord, ça m’apparaissait comme étant tellement superflu que je ne voyais rien de plus à ajouter. Mon manque de réaction faisait écho au sien. Okay.

Une tension s’installa pendant que ni l’un ni l’autre nous ne parlions.
Puisqu’il n’y avait rien d’autre à ajouter…

- Je veux qu’on arrête de se parler. De se voir.
Ma demande tomba avec un détachement extrême, comme une hache qu’on abat sur un morceau de bois. Je peux pas être amie avec toi.

J’avais essayé, j’avais échoué, voilà. Je l’avais su dès que j’avais accepté qu’on se fréquente après ce qu’il s’était passé ce soir là où il m’avait retrouvé dans les toilettes, qu’il y avait cette limite, et qu’on jour, on allait arriver au bout. On y était. Il pouvait me détester s’il voulait, dire que c’était nul de faire ça, mais ce n’était pas lui qui parlait de simplicité ? Non vraiment, c’était mieux pour tout le monde pour Chuck comme pour moi, j’avais vraiment tenté de faire en sorte que ça marche, que tant que j’avais son amitié, je pouvais bien avoir des sentiments dans mon coin pour lui, je n’avais pas besoin de son amour et retour tant qu’il était là… et bien non, ça nous avait emprisonné dans une sphère malsaine, et il fallait en sortir, et moi j’en voulais pas de son amitié, c’était autre chose que je voulais et comme il ne pouvait pas me le donner… Autant en rester là, je n’arrivais pas à faire autrement que de l’aimer, c’était de ma faute, okay, et bien moi non plus je n’y pouvais rien. Je m’en foutais de flirter avec n’importe quel autre mec parce que les autres ils n’avaient pas d’importance, ça pouvait être des histoires sans lendemain, ça m’était égal,
ce n'était pas Chuck. Et ce dont j’avais envie avec lui, c’était quelque chose qui existe, de vrai, de sérieux, donc ce qu’il ne voulait pas, donc en attendant, le résultat… Il était vite vu…

- On peut pas se remettre ensemble non plus, me résignai-je, j’avais bien compris à la façon dont il s’était éloigné après notre baiser que ce n’était pas de ça qu’il voulait et même si ça avait été le cas… ça allait courir à note perte, j’avais mis longtemps à l’admettre mais je le voyais bien. Tu veux pas hein ? Qu’est-ce qui va se passer sinon ? Quand je voudrais pas te dire des trucs, tu vas aller fouiller dans mes affaires ? Un beau matin tu vas réaliser que t’en as marre de moi et tu vas m’envoyer péter parce que je t’emmerde et qu’en fait, y’a plein de filles mieux et moins chiantes autour ? Encore se cacher ? De pas avoir le droit d’en parler parce que sinon tu vas partir ? J’veux pas mentir à mes amis… ça avait déjà fait trop de dégâts. Parce que c’est plus facile de tout arrêter quand personne ne sait rien ? Je peux pas faire ça… terminai-je a voix de plus en plus basse et penaude. Il était trop instable et je ne voulais pas vivre dans l’angoisse perpétuelle chaque jour de me dire que tout ça ne tenait qu’à un fil et que je pouvais me faire larguer n’importe quand, n’importe comment.

D’autant que tout avait tellement changé – j’avais mis tant de temps à lui faire confiance et… elle s’était envolée et n’était jamais revenue, même si ça allait mieux. Et lui non plus. Alors comment bâtir quoi que ce soit si dès le départ, on ne pouvait pas se faire confiance mutuellement ?

Franchement, c’était la meilleure décision qu’on pouvait prendre, de toute façon, dans quelque mois, Poudlard, c’était fini, je rentrais aux USA pour de bon et je n’avais pas pour projet de revenir au Royaume Uni, là où il allait sans doute rester lui… Autant commencer maintenant, on allait s’ignorer, on avait déjà fait, puisqu’il ne pouvait pas m’accorder le reste, je voulais qu’il fasse ça, qu’il respecte ce choix, parce que c’était déjà bien assez douloureux comme situation. Je voulais être heureuse, essayer et y arriver, me sentir unique et spéciale pour quelqu’un et par mes gestes faire en sorte qu’il se sente unique et spécial lui aussi, et surtout, je me disais peut être le mériter, je m’en sentais capable, et en quelque sorte c’était grâce à Chuck puisque c’était lui qui m’avait appris à m’ouvrir quand je croyais dur comme faire que vengeance et amitié ne pouvaient pas coïncider. Mais se lancer dans une histoire où la seule issue était de souffrir… ça, je n’en avais plus la force.

Donc puisque Chuck n’était pas mon âme sœur… Pour ça, je devais tirer un trait franc sur son nom, prendre des mesures draconiennes pour tourner la page.
Parce que tant que son ombre planait derrière moi… je ne pouvais pas l’oublier. Il n’y avait que lui.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Because silence can break your heart [C.C]   Mar 8 Jan - 19:40

Spoiler:
 

Deep in the ocean, dead and cast away
Where innocence is burned in flames
A million mile from home, I'm walking ahead
I'm frozen to the bones, I am

A soldier on my own, I don't know the way
I'm riding up the heights of shame

From the dawn of time to the end of days
I will have to run away
I want to feel the pain and the bitter taste
of the blood on my lips... again




Est-ce qu'on pouvait arrêter là? De toute façon ça servait à rien, on allait juste finir par s'entre-tuer comme on savait si bien le faire, et ça, franchement, j'en avais ras le cul. Et puis, c'était pas ce que je voulais. Autant j'avais pu être énervé contre elle bien des fois, et surtout cette fois sur le pont avant qu'elle se tire de Poudlard, mais là c'était pas pareil. J'étais juste fatigué, j'étais juste un peu paumé et j'avais la gueule à l'envers de la soirée qu'on venait de passer, et voilà. Ah putain, si seulement j'avais pu remonter le temps et revenir au moment où elle avait descendu les marches! Qu'est-ce que je lui aurais dit? Non en fait laisse tomber on n'y va pas ensemble vu comment ça va se finir? Ou bien alors, je te préviens je vais avoir envie de toi à en crever et du coup ben évidemment ça va peut-être pas se passer comme on le voulait? ... C'était de ma faute, ça aussi. Quelle idée à la con de l'inviter et de croire que tout allait se passer comme sur des roulettes. C'était Taylord, tout de même. Avec tout ce qu'elle m'avait apporté, il y avait toujours quand même un petit lot d'emmerdes. Je les aimais mais là... Mais là non, ça bloquait, ras le cul, je voulais me barrer, la planter là, la faire taire, lui dire d'arrêter son cirque. Parce que je voyais très bien que je risquais de la perdre.

Qu'est-ce que j'allais dire à Coop? Non mais bonjour la morale qu'il allait me pondre. C'était clair que je n'allais pas lui dire les détails mais il me faudrait bien expliquer la situation de merde dans laquelle on s'était fourrés parce qu'il était trop observateur pour passer à côté de ça. Eh oui mon petit, ton frère est visiblement aussi con qu'il en a l'air, pas cool hein? Bah, au moins il me fouterait la paix avec ça, et au moins on ne pouvait pas me reprocher de ne pas avoir de suite dans les idées.


- J’crois ce que tu montres.

Mais c'est qu'elle continuait dans sa lancée, la petite! Je me sentais mis au pied du mur, et ça n'allait pas arranger mon état. Eh quoi, elle ne me connaissait pas assez pour savoir qu'en agissant comme ça je n'allais certainement pas être dans de bonnes dispositions?

Je ne pouvais même plus la regarder trop en face.


- Ben moi non plus.

Et j'avais beau tenter d'expliquer, comme je pouvais, j'avais l'impression qu'elle n'entendait rien. Comment ça non plus! C'était quand même elle qui avait insisté pour qu'on soit ensemble? Oui? Non? ... Bon d'accord, je n'avais pas dit non. Mais on était resté cachés, et c'était mieux comme ça. On avait eu la paix. Je crois que ça n'avait pas arrangé les choses pour autant.

En fait je ne comprenais pas : qu'est-ce qu'elle insistait alors que clairement elle me repoussait depuis la rentrée des vacances et qu'elle avait accepté mon amitié super tièdement, et maintenant, pourquoi elle se battait? Est-ce qu'il y avait quelque chose qui était revenu? Je ne la comprenais plus. Pour ma part je savais bien qu'elle me faisait toujours le même effet et que Taylord restait Taylord, je veux dire, dans n'importe quelle circonstance cette fille me mettait le cerveau à l'envers et j'avais envie de tout plaquer pour partager du bon temps avec elle. Mais ça, ça n'avait jamais trop changé. A part les fois où elle me soûlait avec son caractère de cochon, j'avais toujours pour Taylord une attirance qui explosait toutes les limites que je m'étais imposées. En gros, c'était maintenant que je me décidais à les faire péter, ou c'était jamais, c'est ça? Hmm, vu comment je kiffais les ultimatum, ça allait être vite vu.

Les mains dans la poche, j'attendais que ça se passe en me disant que de toute façon 1) j'étais trop crevé pour avoir une réaction comme il fallait, que 2) on rentrait chez nous demain alors les vacances allaient appaiser tout ça, et 3) on pouvait tout aussi bien pédaler dans la semoule, ça faisait le même effet. Visiblement, tout ce que je faisais, tout ce que je disais, elle l'interprétait à sa sauce, et moi je ne voyais qu'une pauvre petite Taylord qui essayait de lutter contre quelque chose qui nous dépassait tous les deux. Vous avouerez que dans ce genre de circonstances, ben, on avait pas beaucoup de chances de s'en sortir. Franchement, quand je pensais que mes deux meilleurs potes à Bristol étaient ensemble depuis quatre ans maintenant, et qu'ils s'étaient trouvés dès le début, je me disais que les chances n'étaient quand même pas les mêmes pour tout le monde. Rien que pour essayer de me dépatouiller d'une seule histoire dans laquelle on pataugeait depuis des années c'était la croix et la bannière, alors, imaginez un peu! C'était la mort si on tentait plus. Je le savais bien, je me connaissais. Mais allez expliquez à une meuf après qui vous courrez depuis des lustres qu'en fait c'était pas possible parce que je n'étais pas la personne appropriée... Ouais, j'avais un peu manqué d'esprit logique sur ce coup-là. Donc, la proposition la plus évidente était de quitter le navire. Voilà. En cette belle soirée de bal de Noël, en arriver à cette conclusion, ça me foutait un peu les boules quand même. L'ambiance était au top, non vraiment. Yeeha. Et puis après je me disais : sois crédible un peu. Non parce que j'avais beau suivre froidement le fil de mes idées et en arriver là, il y avait toujours le facteur TAYLORDTAYLORD qui entrait en compte et qui faisait que dès que je me trouvais dans une pièce avec Taylord pas loin j'étais en feu, je la voulais, je voulais dormir avec elle, je voulais l'embrasser, la serrer dans mes bras, et puis alors quand en plus elle mettait des robes du feu de Dieu, là je perdais tous mes moyens. Et ça, j'avais beau réfléchir froidement, ça ne s'effaçait pas en un claquement de doigts, non non non : si il y avait bien une chose de quoi je n'étais pas maître, c'était bien mes hormones.

Du coup je me disais... Et merde, on pouvait peut-être le tenter?... Vu le silence qui régnait depuis de bonnes minutes, elle devait se dire la même chose non? Que de toute façon on revenait toujours l'un vers l'autre comme deux aimants quoi qu'il arrive?


- Je veux qu’on arrête de se parler. De se voir. Je peux pas être amie avec toi.

... Ah ok. Eh bien, non. Fail. Dommage.

Bien. Et maintenant?

Je me raclai la gorge pour trouver un truc à dire, mais en vrai, j'avais juste l'impression qu'on venait de me mettre un coup de poing dans le ventre et que je ne trouvais plus ma respiration.

Pourtant elle avait raison : c'était mieux comme ça. Parce qu'on en était pas capables, tous les deux.


- On peut pas se remettre ensemble non plus. Tu veux pas hein ? Qu’est-ce qui va se passer sinon ? Quand je voudrais pas te dire des trucs, tu vas aller fouiller dans mes affaires ? Un beau matin tu vas réaliser que t’en as marre de moi et tu vas m’envoyer péter parce que je t’emmerde et qu’en fait, y’a plein de filles mieux et moins chiantes autour ? Encore se cacher ? De pas avoir le droit d’en parler parce que sinon tu vas partir ? J’veux pas mentir à mes amis… Parce que c’est plus facile de tout arrêter quand personne ne sait rien ? Je peux pas faire ça…

Oh eh, je veux bien que comme j'étais un grand garçon et un dur à cuire et tout le bordel on ne me ménageait pas trop, mais là, elle n'y allait quand même pas avec le dos de la cuillère. Putain!... J'en étais estomaqué, et du coup je la regardais franchement, mais sans trop la voir : où était ma petite Taylord avec qui je révisais mes devoirs, avec qui on se marrait en faisant des Patronus, et avec qui je dormais après dans la salle sur demande, à qui je faisais des bisous sans qu'elle le sache? Elle s'était transformée en terminator ou quoi? Je levai un sourcil, surpris. Heureusement que j'étais surpris, d'ailleurs. Ça m'empêchait de me sentir un peu... triste, et c'était mieux comme ça. Bon eh bien, d'accord. Dis comme ça, ça avait l'air vraiment horrible de se remettre ensemble, puisque j'étais un imbécile qui fouillait dans ses affaires, qui avait honte d'elle, et qui en plus la trompait à tout va. De là à dire que je n'en avais pas envie, c'était autre chose, mais bon. C'était pas trop le moment.

- Ouais, mais ma voix était rauque, alors je dus encore tousser un peu. Ouais. Peut-être. Ouais.

Hmmm, c'était pas très explicite tout ça. Bon, de toute façon elle n'en avait pas envie alors? J'allais pas tout chambouler maintenant ; oh et puis merde, j'en savais rien. Et c'était sans doute mieux comme ça. Plus simple.

- D'accord, repris-je platement. Oui, t'as raison, c'est mieux. Bon ben euh... De toute façon, elle croyait sincèrement qu'en étant dans la même classe dans la même maison dans la même école on n'allait plus se voir ni se parler? Elle avait fumé en cachette? Bon. Les vacances allaient atténuer tout ça. Les vacances allaient atténuer tout ça. Les vacances allaient atténuer tout ça. Bonnes vacances, et... Ah non, pas à la rentrée, si je suivais les volontés de Madame. Bon. Et quoi? Bref, bonne vacances. Salut.

Non mais, salut. Dites-moi que c'était un cauchemar et que j'allais me réveiller.


This steady burst of snow is burning my hands
I'm frozen to the bones, I am
A million mile from home, I'm walking away
I can't remind your eyes, your face...

_________________

CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Because silence can break your heart [C.C]   Mer 9 Jan - 14:40

♪ Listen to your Heart ♫

Sometimes you wonder if this fight is worthwhile
The precious moments are all lost in the tide yeah
They're swept away and nothing is what it seems
The feeling of belonging to your dreams



Au fond… on recherchait tous les deux la même chose. Pas de la même manière, mais dans le résultat. S’en sortir, se sentir vivant. Chez moi, ça avait été lorsque j’avais été au bord du gouffre, quand j’étais tombée dans le trou mais que je m’étais rattrapée tout au bout d’une maigre racine qui avait poussé par miracle dans le roc, qu’enfin, j’avais pu envisager de remonter, de refaire surface. Chuck… je me disais qu’il se cachait derrière sa débauche parce qu’il prétendait que ça le portait, en un sens c’était le cas… parce que c’était dans la destruction qu’on sentait qu’on était là, ici, quelque part. Lui en fonçant droit dans le mur parce qu’il allait à cent à l’heure peut être qu’en pensant que plus il allait plus, plus les problèmes allaient s’en aller plus rapidement. De n’être que de passage. Moi en me terrant dans ce monde où les entrailles me tiraient de jour en jour vers le bas, là où rien évolue, rien ne bouge, la parfaite incarnation de la stagnation du malheur.

Il y avait toujours cette petite partie de moi – la plus petite – qui luttait, qui savait que Chuck n’était pas heureux. Il avait beau dire le contraire en revendiquant haut et fort que c’était en faisant n’importe quoi, n’importe quand, n’importe comment que finalement c’était lui qui avait tout compris et seulement les autres qui se trompaient et avançaient à contre-courant, il fallait quand même être malheureux pour fuir la réalité grâce à toutes ces addictions qui étaient toutes semblables à des paillettes, mais qui à part briller, n’apportaient rien d’autres. Elles miroitaient peut-être, mais en réalité, elles étaient d’une fadeur sans nom, elles attiraient, mais pour mieux donner l’accès aux profondeurs. Penser que je ne serais plus là pour l’empêcher de faire ça, ou du moins le limiter m’effraya : si un tant soit peu j’avais eu ce pouvoir, à présent, il n’était plus. Je pouvais tenir pour deux – j’aurais pu – mais n’en avait plus tant vraiment le courage, parce que Chuck n’y avait jamais cru : ni en ces perspectives, ni en lui, ni en moi, ni en nous. Et quand il y avait deux personnes dans l’équation, comment on faisait pour y croire s’y dès le départ, il y en avait une qui s’avouait vaincue ?

Je ne voulais juste pas qu’il pense… que c’était de la lâcheté de prétendre que parce qu’on ne pouvait pas être ensemble, on ne pouvait pas également être ami. Il n’y en avait pas un plus fautif que l’autre, c’était d’ailleurs autant ma faute que la sienne, mais le choixpeau nous l’avait dit lors de la cérémonie de répartition que le courage pouvait prendre plusieurs formes : comme celle de partir quand on sait qu’il n’y a plus que ça à faire, mais qu’on s’y tient sans aucune joie. Il n’allait pas changer du jour au lendemain et moi non plus – notre base était la même, mais la façon dont on avait été sculptée bien trop différente et si avant je m’étais sentie capable de faire tout peut être pas pour me transformer mais au moins m’améliorer en quelqu’un qui répondait un peu plus à ses désirs, à présent ce n’était plus le cas, pas s’il ne m’aidait pas, pas… Pour lui c’était pareil, il était comme ça un point c’est tout, c’était à prendre ou à laisser – je crois bien que cela il me l’avait dit, alors je savais à quoi m’en tenir.

C’était à s’arracher les cheveux. Je voulais mettre un terme à tout cela, mais il y avait ce petit morceau de quelque chose d’indéfinissable dans mon estomac qui lui s’était résolu à ne pas rendre les armes comme le reste de mon corps et qui le surpassait parce qu’en réalité, il y avait une chose qui pouvait renverser tout ça, qui pouvait tout changer, qui pouvait y mettre un terme mais de façon positives, ce quelque chose qui se passait parfois dans mes rêve, mais qui ne me laissait qu’un goût d’acide dans la bouche, parce que ce n’était que mes espérances – qui étaient à mille lieux des scènes. Parce que j’osais enfin penser que je voulais qu’on fasse des trucs extraordinaires pour moi, des trucs fous et qu’on a du mal à croire de ses propres yeux, j’avais longtemps évolué seule, mais en fait j’avais besoin d’un épaule pas forcément trop grosse, mais assez solide pour me supporter. Et de fonctionner comme ça par transmission d’énergie – à deux, devenir invincible.
Ce qu’il avait dit avant…

Donne-moi une seule raison de te croire.
La seule.

- Ouais. Ouais. Peut-être. Ouais.

C’était ce que je lui avais demandé et il ne se mettait pas en dehors de ma route, alors pourquoi est-ce que je ne ressentais même pas un petit bout de soulagement ?

La glaceur de la pierre froide se propageait dans toute la plante de mes pieds depuis tout à l’heure pour remonter dans chacun de mes muscles. On se tenait toujours à une distance respectable l’un de l’autre à la différence qu’à son inverse, je n’avais pas bougé. Je le regardais tout en remontant le fil de cette soirée jusqu’au moment où on en était arrivés là, et…

- Tu voulais dire quelque chose tout à l’heure ?
demandai-je doucement, parce que je venais de me rappeler qu’il allait se mettre à parler, mais que je l’avais coupé pour faire sortir tout ce qui me souillait de l’intérieur.

Si physiquement on était proches puisque le couloir n’était pas non plus super large, psychologiquement je sentais qu’on était en train de s’éloigner de plus en plus. Chuck, que j’avais bien aimé m’amuser à comparer à un poulain sauvage parce que je finissais par tout ramener à eux, et ben c’était un cheval adulte maintenant et si quand ils étaient petits ils restaient plus facile à approcher… il fallait toujours à un moment où à un autre ne pas trop s’y attacher, parce que leur nature c’était de n’avoir aucune corde pour les bloquer – il avait sa liberté et je ne pouvais pas lui prendre, il était peut être indomptable. Ou alors, c’était moi qui n’avait pas été assez douée et un jour il allait peut être en rencontrer une plus chanceuse que moi, mais aussi plus habile. De gagner, là où j’avais échoué. Lui dire que je l’aimais alors ? Je ne pouvais pas faire ça, ça allait encore foutre une pagaille monstre, on allait se sentir trop mal tout le deux et il allait essayer de m’envoyer gentiment bouler, et puis c’était lui mettre des barrières inutiles, donc non, je ne pouvais pas lui faire ça.


- D'accord. Oui, t'as raison, c'est mieux. Bon ben euh... Bonnes vacances, et... Bref, bonne vacances. Salut.

C’était le meilleur moment pour moi pour filer, pour aller retrouver la chaleur humaine de la salle commune qui me réchaufferait bien que partiellement – en moi, c’était l’ère glaciaire et je n’étais pas sûre que ce soit suffisant pour opérer à une fonte des glaces. Mais plus je l’observais, plus je me disais que… que…

- Quand tu l’auras trouvé, garde la, murmurai-je mais avec le silence, les murs répercutaient chacun des sons, même les plus faibles.

Parce que c’était sûr qu’il allait en trouver une – de fille. Une fille bien. Qui allait avoir envie d’en savoir plus sur lui, de l’aimer, parce qu’il pouvait être aimé de tout le monde, ça il n’y avait pas de problème, sauf qu’il s’y prenait de telle sorte qu’il y avait deux catégories : ceux qui appréciaient son rentre dedans, mais il était drôle et n’en restait pas moins sympathiques, et ceux qui ne pouvaient pas ceux l’encadrer, et j’avais été comme eux, parce qu’il mettait en avant ses manières agaçantes au lieu de faire l’inverse et montrer ce qui me plaisait le plus chez lui.

- Laisse-la prendre soin de toi. Laisse-la t’aimer.

Parce que c’était ça – il ne voulait pas prendre de risques, parce que quand on laisse tomber toutes les protections, quand on se laisse aller… c’était d’accepter de foncer dans l’inconnu, qui pouvait blesser, et cette crainte d’être blessé… Elle était imprimée dans sa chair même s’il ne l’avait jamais montré – on l’avait tous. Mais c’était justement en prenant ce risque qui pouvait mener tout droit et sans détour vers le succès, alors peut être que c’était quitte ou double, mais est-ce que ça ne valait pas quand même un peu le coup ? En tout cas, pour être aussi pessimiste, même si je me basais sur des suppositions comme toujours dès que ça le concernant le plus souvent, il avait dû voir des choses bien tristes pour être totalement désenchanté. Mais alors, rien que pour ça, rien que pour montrer que c’était possible et faire un pied de nez à la tristesse, il ne fallait pas essayer de la prendre à contrepied pour lui montrer qu’elle avait tort, que le bonheur pouvait le dominer en tous points ? J’avais envie qu’il connaisse au moins ça, même si ce n’était pas avec moi, même s’il ne m’avait pas laissé être cette personne là… Puisque on parlait de courage, qu’il ait celui-là, parce qu’il attendait juste qu’on le trouve, qu’il attendait juste d’être sauvé… Mais pas par moi.

Pour la première fois j’esquissai enfin un mouvement, mais au moment où j’allais poursuivre pour passer le tableau de la grosse Dame pas très loin… Je voulais que ça se termine bien, en contraste avec tout ce qu’on avait conclu de manière brutale, enfin « bien » c’était un grand mot parce qu’on ne pouvait pas dire que ça soit bien, mais disons que je voulais faire les choses correctement, j’hésitais, parce que si je faisais ça, ça allait être encore plus dur de me séparer de Chuck, mais tant pis. Je m’étais approchée et le tirai par le coude pour qu’il se penche un peu afin de lui déposer un rapide baiser sur la pommette – j’avais peur à cause de ça de faire un contre sens à ma précédente requête, mais tant pis puisque c’était fini, vraiment fini, je voulais au moins avoir ce dernier geste. Je m’éloignai tout juste pour lui chuchoter à l’oreille :

- Tu peux faire de ta vie c’que tu veux. C’est juste à toi d’en décider.
Je le toisai : arrête d’avoir peur.

Là-dessus il pouvait prétende le contraire autant qu’il voulait : je savais que c’était faux et qu’il se protégeait derrière sa coquille.

Puis je me détournai complètement pur rejoindre les autres Gryffondor, le pas rapide, sans avoir pris la peine de ramasser mes chaussures par terre, parce que je voulais quitter ce lieu au plus vite. Lorsque j’entrai dans la salle commune je dû plisser plusieurs fois les yeux à cause de la lumière qui était beaucoup plus forte – tout le monde riait et prenait du bon temps et si au début j’avais pensé rejoindre tout de suite les dortoirs, je me ravisais, parce que ce n’était pas, une fois n’est pas coutume, en allant m’enfermer dans le noir que ça allait s’améliorer dans la direction que je voulais. Je ne vis pas vraiment où était passé Chuck pendant toute cette fin de soirée, et me forçais à ne pas savoir, tout comme de rire et d’avoir l’air enjouée avec le garçon avec lequel je discutais sur l’un des canapés, pendant qu’on était entourés de tous ses amis. Même si je ne l’étais pas vraiment ce soir, je voulais partir de ce principe de la bonne humeur et qu’à force d’essayer de l’être, j’allais vraiment être contaminée. Et ça marchait, ça marchait… jusqu’à ce qu’il soit trop près trop tactile, tout le monde commençait à remonter dans les dortoirs, et je savais que maintenant tous les choix m’étaient ouverts, mais non, pas maintenant, pas ce soir… Je me joignis aux autres filles et dans nos chambres, m’étendis sur mon lit sans prendre la peine d’enlever ma robe? Juste de me détacher les cheveux dont la pince me tirait le crâne. Plus loin il y avait Nelly et Zephyr qui s’étaient pelotonnés tous les deux dans un coin l’un contre l’autre, et encore plus loin Haruhi et Scarlett elles aussi revenues et qui discutaient ensemble. J’avais envie de savoir comment s’était passé leur soirée… mais j’allais devoir raconter la mienne, j’allais le faire… mais là aussi, pas tout de suite, pas maintenant pas ce soir… Je fixai résolument sans la voir, la petite figurine en résine comme toujours sur la table de nuit, sans parvenir à dormir, et pourtant ce n’était pas une bonne idée parce que la nuit risquait déjà courte risquait de l’être encore plus, dans la totale impossibilité de penser à quoi que ce soit – jusqu’à ce que je me dise que je n’avais même pas vu Stephen de la soirée et partager une danse (de réconciliation) avec lui.
Mais surtout, de ne pas penser à ce que j’avais perdu.




And there are voices that want to be heard
So much to mention but you can't find the words
The scent of magic, the beauty that's been
When love was wilder than the wind


Listen to your heart
Before... you tell him goodbye


Spoiler:
 

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

Spoiler:
 
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Because silence can break your heart [C.C]   Jeu 10 Jan - 15:16

En plus, je ne pouvais pas m'empêcher de repenser à ce qu'avait dit Katie. A ce qu'avait dit Haley, aussi. Dites, est-ce qu'on pouvait me laisser tranquille au lieu d'essayer de dicter ma vie?! Est-ce que moi je disais à Haley, écoute mon lapin, ton mec ressemble à tout sauf à un mec, et en plus, avant tu étais à fond sur l'autre andouille de Fray qui clairement n'est pas pour toi (il les préfère plus... sauvages, plus percutantes on va dire), alors il faudrait vraiment que tu revois tes choix en matière de prince charmant? Est-ce que je disais à Katie, chérie, ton mec me paraît louche et je me demande si il ne se fout pas de ta gueule, j'ai bien peur que tu sois amoureuse d'un salaud? Non? Bon. Alors! J'en pensais peut-être pas moins, mais chacun son merde - je leur laissais la leur, est-ce qu'ils pouvaient me laisser la mienne, tous autant qu'ils étaient? Taylord - non mais TAYLORD - et tout ce qui se passait autour du cas Reegan ne regardait que moi. Il me semblait qu'il n'y avait quand même que moi pour savoir ce que je ressentais et ce que je devais faire de tout ça, non? Et puis, hein, laissez-moi rire. En matière de relations, je n'allais quand même pas suivre ce que m'indiquait Haley. Je veux dire... Non, c'était pas ce que je voulais dire. Je l'adorais Haley, là n'était pas le problème ; elle me connaissait oui mais... Justement, elle me connaissait, pourquoi elle n'allait pas en mon sens? Ah, ben si jamais j'y comprenais quelque chose à tout ce merdier - ce qui n'était pas le cas - pour le coup, j'y comprenais encore moins quelque chose. Je sentais le froid se glisser sous mon costume, la fatigue m'assoupir, et une barre me monter dans la haut du crâne. Il était temps d'aller se pieuter - seul, merci de le rappeler - et d'oublier cette fin de soirée de merde. Je regrettais la musique et la chaleur de bal, et Taylord qui riait en face de moi. Mais j'imagine que je pouvais m'étouffer avec mes regrets, parce que tout ça était un peu beaucoup de ma faute, et je le savais. Et je l'acceptais. Ok! Je l'acceptais, promis. Puisque Taylord voulait que ça se passe comme ça, comme j'étais un peu celui qui avait bien attisé le bordel, je n'allais quand même pas piquer ma crise maintenant. De toute façon, j'en avais pas la foi. Peut-être que je l'aurais eue si... Mais pas la peine d'imaginer, il n'y avait pas de si, donc non. Fini.

- Tu voulais dire quelque chose tout à l’heure ?

Hmm? Oh, non, rien. Je haussai les épaules une nouvelle fois. Non, je n'avais plus rien à dire, puisqu'elle avait tout dit. Je voulais juste m'en aller... J'amorçai un geste vers le portrait de la Grosse Dame. J'étais un peu dans le coltar, mais je savais qu'en tout cas, mon but était ailleurs.

- Quand tu l’auras trouvé, garde la.

Sa voix n'était pas plus forte qu'un murmure mais elle se répercuta partout autour de moi et sembla se glisser entre mes oreilles comme un serpent. Garde-la, garde-la, garde-la, gardela, gardela, la, la, la... Je me retournai, me demandant où elle voulait en venir. Je crois que je ne l'avais jamais vu aussi... Sereine. J'avais l'impression que ses traits différents : elle me regardait tout simplement, tout tranquillement, alors que je moi j'avais juste envie de gueuler que j'avais les boules que ça se finisse comme ça, et que je ne savais pas quoi faire, ce qu'elle voulait, ce que je voulais.

- Laisse-la prendre soin de toi. Laisse-la t’aimer.

... Eh oh. Non mais, à quoi elle jouait? Elle aussi, elle s'y mettait? Elle voulait monter une association avec Haley et Katie, peut-être? Dictons les sentiments de Chuck? Non mais, je n'avais pas besoin de psychanalyse, et ça commençait à me faire chier que le monde entier joue à essayer de me faire comprendre des trucs alors que j'étais bien le seul à être dans ma tête, merde. Mais j'étais grand, non? Et si je n'avais pas envie qu'on prenne soin de moi? Et si je n'avais pas envie qu'on m'aime comme elle l'entendait? La seule personne que j'aimais plus que tout ici c'était Coop, et c'était déjà bien assez difficile comme ça. Il aurait été en pleine santé, peut-être que ça aurait été différent, je ne dis pas. Mais là, j'avais déjà l'impression qu'on me tenait un flingue sur la tempe, donc non merci, je n'avais vraiment pas besoin d'un deuxième.

Pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait juste pas comprendre que j'avais besoin d'elle mais que je ne pouvais pas donner plus? Je ne voulais pas qu'elle disparaisse.


- Qu'est-ce que tu... marmonnai-je, la dissuadant de continuer. Mais elle ne s'arrêta pas.

Mieux - non, pire - elle m'avait devancé et voulait visiblement rentrer dans la salle commune, mais au passage, elle m'attrapa le bras et me déposa un baiser sur la joue. Je la regardai en me demandant ce qui était en train de se passer. Merci, merci de me faciliter la tâche, ma chère Taylord. Ses lèvres étaient trop proches de miennes pour que je ne bugg pas un instant dessus.


- Tu peux faire de ta vie c’que tu veux. C’est juste à toi d’en décider. Arrête d’avoir peur.

Peur. Garde-la. Fais-ci. Fais-ca. Non mais, merde! Et puis si il y avait bien une chose que je faisais, justement, c'est faire ce que je voulais de ma vie : la preuve!

- C'est ça, conclus-je d'une voix moqueuse. Non mais, qu'on me foute la paix.

Sauf qu'elle était déjà partie et que j'étais tout seule comme un abruti en tête à tête avec... ses pompes, qu'elle avait abandonnées là. Eh bien oui, ça me paraît tout naturel de ne pas se rendre compte qu'on n'a plus ses chaussures. Enfin bon, je n'allais pas chercher la petite bête. J'avais entendu, quand le tableau s'était ouvert, le bruit qui régnait à l'intérieur de la salle co - after du bal sans doute - et bizarrement ça me faisait un peu chier, l'idée de m'y plonger. Surtout que je m'imaginais bien le truc : soit Taylord allait remonter direct dans son dortoir et j'allais culpabiliser de ne pas la voir avec les autres en me disant qu'elle se morfondait toute seule en haut, soit elle allait rester et je me voyais pas trop faire comme si de rien n'était et boire des coups avec les autres. Non parce que je ne voulais pas être méchant, mais son idée de plus se voir plus se parler là, c'était quand même un truc à la con. Comment on allait faire, elle pouvait m'expliquer? On allait s'asseoir chacun à un bout du canapé et faire comme si on existait pas? Pfff, bonjour l'ambiance. Je finis par me décider à bouger, et je ramassai ses pompes. Et j'allais en faire quoi, hein? Bon, j'allais les balancer dans le dortoir, et je verrais bien à la rentrée.

Je passai moi aussi par le tableau, pas fâché de me dire que j'allais me coucher. Mine de rien, je me glissai jusqu'au dortoir mais un pote me repéra et me fis signe pour que je vienne, et je fis semblant en lui disant que j'allais revenir. J'avais cru voir une silhouette rose un peu plus loin et non, merci. Là-haut, il n'y avait encore personne qui était rentré se coucher, et j'enlevai mon costard en le foutant en boule sur ma valise avant de me mettre au lit. Putain, j'avais hâte de dormir et d'oublier tout le reste.

En tournant la tête, dans la pénombre, et comme par hasard, merci la vie, je vis la petite figurine de cheval de Taylord qui était coincée contre le mur et que j'avais du abandonner là sans trop savoir où la mettre - mais sans vouloir la jeter - et elle se découpait clairement dans la clarté du mur. Et j'eus un mal fou à m'endormir - évidemment, c'est toujours quand on se couche en espérant pioncer tout de suite que ça marche pas. J'avais beau fermer les yeux, me tourner et retourner dans tous les sens, rien n'y faisait, et il y avait toujours un moment où je levais les yeux vers la table de nuit et où je me rappelais le regard de Taylord, comme si c'était la dernière fois qu'elle me regardait.

Fin

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Because silence can break your heart [C.C]
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