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~ Like rebel diamonds. [Lizlor ♥]

 
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 ~ Like rebel diamonds. [Lizlor ♥]

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



Féminin
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Feuille de personnage
Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
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MessageSujet: ~ Like rebel diamonds. [Lizlor ♥]   Lun 17 Déc - 13:13

Dans les rues de Londres, soir du Nouvel An.



"She said I don't mind, if you don't mind
'Cause I don't shine if you don't shine

Put your back on me
Put your back on me
Put your back on me

The stars are blazing like rebel diamonds cut out of the sun
When you read my mind."




J’avais initialement prévu de rester au château à Noël, plus par défaut que par réelle envie car je n’avais aucune envie de me retrouver de nouveau face à Haruhi et à son venin piquant. Cependant, l’optique de passer mes deux semaines de vacances cloîtrée dans mon dortoir à ne rien faire à part dormir et tenter de travailler ne me tentait pas trop surtout que j’étais persuadée que Lizlor rentrerait chez elle à Noël. Et s’il n’y avait pas elle à Poudlard, il n’y avait rien d’intéressant entre ces murs froids et gris –c’était le seul soleil désormais. Mais lorsque je lui avais parlé des cadeaux de Noël en lui expliquant que je comptais donner ceux pour sa famille à Sara pour qu’elle les distribue le jour même car je connaissais trop bien Liz pour savoir qu’elle aurait ouvert le mien avant, la jeune fille m’avait regardé avec de grands yeux étonnés. D’après elle, j’étais de la partie aussi et elle n’arrivait pas à croire que j’avais pu imaginer qu’elle me laissa seule durant les vacances. J’avais tenté timidement de lui dire que ce n’était pas la peine de s’embêter et que je ne voulais pas que sa mère se sente obligée que déjà elle coupait court à mon charabia pour trancher « ce n’est pas une option, tu viens ! ». Je n’avais pas cherché à protester, l’idée de passer mes vacances une nouvelle fois avec les Wayland était probablement le meilleur cadeau de Noël que l’on puisse me faire.

Mais cette fois-ci, ce n’était plus la maison en Oregon mais celle dans la campagne anglais, dans le Kent. Lizlor me l’avait décrit mille fois et j’avais déjà vu de nombreuses photos de cette incroyable maison à la façade bleu et blanche, entourée par la nature dans laquelle Liz avait passé ses années adolescentes. Mais la voir en vraie fût encore plus impressionnante. Je pénétrais enfin dans cette demeure où elle avait vécue, où ils avaient vécue, comme on rentre dans un cocon protégé du monde. Il y avait dans cette maison une âme, j’en étais persuadée, qui émanait de chaque détail qui la composait. Elle était à l’image de Sara, majestueuse, d’une classe anglaise chic sans jamais en faire trop. J’aimais cet endroit, j’aimais l’impression que tout y était calme et ordonné et, surtout, que j’y avais ma place. Conrad était rentré d’Amérique durant les vacances et je fus un peu surprise et mal à l’aise de le voir m’accueillir avec autant de chaleur, comme si ma présence ne le dérangeait pas le moins de monde. Liz ne cessait de me répéter que justement, je faisais partie de la famille et que j’étais ici comme chez moi, mais j’avais toujours du mal à me faire à l’idée qu’un endroit soit mon chez moi –à part peut-être Poudlard mais dernièrement…

Et comme à chaque fois que je me retrouvais dans un espace clos avec les Wayland, j’avais l’impression que le feu qui les brûlait tous (à des intensités différentes) se diffusait jusqu’à moi et réchauffait mon corps transis du froid hivernal qui semblait s’être abattu sur moi. J’avais l’impression de ne plus avoir besoin d’autre chose que ce feu pour survivre. Ma flasque était restée enfermée dans ma valise, sous un tas de vêtement, sans jamais que je n’en ai besoin. J’aurais pu, probablement, acheter du whisky en douce pendant les courses, j’aurais pu boire en cachette dans les toilettes… Mais je n’en avais pas envie. J’avais cru au départ que je me priverais de ça pour que Lizlor ne remarque rien, mais petit à petit je sentais que ce n’était pas par peur d’être découverte que j’avais arrêté de le faire. Je n’en avais simplement pas l’utilité. Ici j’étais loin de tout ce qui me tourmentait à Poudlard, Hadrian, les cours, Chuck, cette incessante pression que j’avais l’impression de me mettre et qui se transportait aussi dans les regards des autres élèves. Je n’avais plus ça, je n’avais plus que Lizlor qui à côté de moi, m’insufflait sa force et m’aidait à respirer. Dans cette maison éloignée de tout, je ne voyais que les étendus de plaines enneigées et je n’entendais plus que le son du silence –et du rire de Liz.

Les journées avaient un air de tranquillité amusée. Nous les passions parfois au coin de la cheminée, avec du chocolat chaud à discuter avec Conrad, ou souvent à cuisiner la plupart du temps des sablés de Noël avant de faire un concours de celui qui serait le mieux décorer. Mais le froid n’arrêtait jamais Lizlor et elle me traînait toujours dehors où nous faisions généralement des batailles de boule de neige infernales jusqu’à que Sara nous appelle pour déjeuner avant de rouspéter car nous mettions de la neige partout. Nous avions également retrouvé de vieux vélos dans le garage et, malgré la neige et le verglas, nous partions souvent en balade dans cette campagne immense qui s’offrait à nous. La fraicheur des journées ne nous dérangeait plus vraiment, armées de manteaux, d’écharpes et surtout de deux bonnets à pompoms gris identiques que nous avions achetés dans un magasin du village le plus proche, nous dévalions les chemins et routes du Kent en riant. Comme toujours lorsque j’étais avec elle, j’avais l’impression de rire plus que je ne parlais, j’avais un constant sourire aux lèvres et un baume au cœur qui ne me quittait jamais, s’alimentant tous les soirs de l’odeur des cheveux de Liz qui se répandait sur les oreillers de son grand lit où nous dormions ensemble.

Noël arriva également et après avoir décoré un immense sapin des boules magiques clignotantes, brillantes et féeriques, nous fîmes un dîner ou plutôt, je le fis avec Sara pendant que Liz et Conrad jouait aux échecs. Je m’occupais plutôt du dessert, la buche, tandis qu’elle cuisinait la dinde avant de réclamer à ses enfants qu’ils pèlent et coupent les patates ce que Conrad fît d’un coup de baguette magique. Rapide et efficace. Il fallût également mettre les cadeaux sous le sapin, et après le dîner, nous nous les offrîmes –comme le fond les familles habituellement, mais cette fois je faisais partie de cette famille. Sara m’avait déjà offert le mien, une robe pour le bal magnifique qui depuis ne quittait jamais mes affaires et à laquelle je tenais comme à la prunelle de mes yeux. Je lui offris en retour un grimoire sur les licornes, mais pas n’importe lequel : c’était une édition limitée très ancienne et rare que j’avais dénichée au fond d’une vieille libraire. Avec, un foulard rose pâle en soie. Je crois que cela lui fis plaisir. J’offris également à Conrad un livre sur les meilleurs coins d’Amérique, un bouquin remplie de photos et de bons plans sur des lieux magiques, et un paquet de bonbons de chez Honeyduke. Il sembla ravi aussi, et j’eus droit à un livre sur les potions et un nécessaire pour celle-ci, le tout nouveau modèle –magnifique.

Lizlor participa à ce nécessaire et m’offrit également un collier en argent au bout duquel pendait deux petits animaux : une biche et un loup. Nos patronus respectifs. A peine le bijou toucha t’il mon cou que je sentis qu’il était parfait, à sa place, et que plus qu’un porte-bonheur ou un cadeau, il était devenu une relique. Mais je n’étais pas moins fière du cadeau que je lui avais préparé et cela faisait bien deux semaines que j’étais dessus –j’avais un bout de mon âme dedans, probablement ! C’était une boite en bois gravé de fleur, de la taille d’une boite à chaussure, avec l’intérieur tapissé de tissu d’un rose pâle. Je l’avais trouvé dans une brocante à Pré-au-Lard et elle avait un détail qui ajouté à son charme : elle ne s’ouvrait qu’au son de la voix de Lizlor ou de la mienne. J’avais installé un mot de passe et ce fût évidemment « citron » que je choisis. A l’intérieur donc de cette petite chose se trouvait plusieurs cadeaux, tous en rapport avec elle et moi. Un paquet de cigarettes, bien emballé pour que Sara ne le voie pas bien sûr, une petite fiole remplie du sable de la plage d’Oregon, des bonbons en forme de tarte au citron et une petite bague avec un bout sa fleur préférée (j’avais dû la commander spécialement dans une bijouterie moldue, une galère pas possible !). J’avais aussi fait un petit CD de musique avec nos chansons préférées mais surtout, une que j’avais faite moi-même avec ma guitare dans la salle sur demande un après-midi : le texte racontait l’histoire d’un soleil et d’une lune qui ne formait plus qu’un lors d’une éclipse, ce qui faisait évidemment référence à nous deux. Et pour finir, un album dans lequel j’avais collé pleins de photos de nous deux, des petits dessins, des mots, et pleins de souvenirs de tous les moments que nous avions passé ensemble. Lizlor sembla apprécier le cadeau –beaucoup.

Mais ce soir, c’était le Nouvel An, et il ne s’agissait plus de cadeaux mais bien de soirée. Sara recevait chez elle, tandis qu’elle nous avait autorisé à tous aller à Londres pour une soirée d’un ami de Conrad. Après avoir un peu aidé Sara avec son repas, je l’avais abandonné pour me préparer avec Lizlor. Evidemment, nous étions surexcitées. De son vieux poste de radio s’échappait une chanson moldue, Maniac je crois, et nous nous retrouvâmes à danser comme des ahuries en sautant sur son lit en soutien-gorge, chantant avec des brosses à cheveux comme micro, jusqu’à que Conrad frappe à la porte pour nous dire de nous grouiller. Bon, il nous coupait dans notre élan ! Enfilant ma robe bleu marine, ma veste en cuir (nous étions assortis avec Liz !) et mes bottines à talons grises, je fourrai mes affaires dans mon sac avant de partir jusqu’à la gare. Dans le train, nous fûmes intenables, passant notre temps à jouer aux cartes, à rire et à parler fort quitte à s’attirer les foudres de nos voisins de wagon. Non mais attendez, c’était le Nouvel An quoi ! Arrivés à Londres, nous prîmes le métro jusqu’au fameux appartement du pote de Conrad qui était déjà pleins rempli : ce n’était pas une soirée de rien du tout ! Et elle promettait d’être géniale !

Je fis donc la connaissance de pleins de gens, la musique était bien et je dansais plusieurs fois avec Lizlor, j’enchaînais les cigarettes et les éclats de rire tout en me réservant du champagne –là, j’avoue que j’avais un peu craqué. Mais j’avais besoin d’être confiante, il y avait beaucoup d’inconnus ici et surtout de mecs qui me regardaient parfois avec un peu trop d’insistance. Au cours de la soirée également, sur les coups de dix heures et demis, je perdis Lizlor dans la masse et me fit draguer par un mec trop lourd à mon goût. Bon, je n’aimais pas trop ça et décidai de chercher ma meilleure amie. L’appartement était plutôt grand, le mec étant visiblement en colocation, et je cherchai dans la cuisine et le salon une trace de sa chevelure blonde sans succès. La musique était trop forte, couvrant ma voix qui l’appelait, et je me dirigeai alors vers le couloir. Ici, c’était déjà plus calme ! J’ouvris une première porte et tombai sur un couple en train de… Bon, pas Lizlor. Mais la seconde que je tentais d’ouvrir, la salle de bain me semblait-il, était verrouillée mais pas vide… Et je connaissais la voix qui en émanait. Cette voix n’avait pas l’air en bonne état. Il ne me fallut que quelques secondes pour que je comprenne ce qui se passait, et soudain tout l’alcool descendit et la fureur monta.


- Liz ! Hurlai-je, me projetant violemment sur la porte, défonçant le verrou et mon épaule par la même occasion.

Mon corps vibrait d’une colère et d’une angoisse que je ne me savais pas capable de ressentir. Contre le mur, un mec s’appuyait sur Lizlor tandis qu’elle tentait de se débattre et je ne réfléchis pas une seule seconde. Une haine incroyable contrôla mon corps qui se projeta une nouvelle fois avec violence, cette fois-ci sur le type que j’écartais de ma meilleure amie et plaquai contre le mur comme une furie en hurlant une traînée d’injure avant de le frapper au visage, dans le ventre et puis aussi l’entre-jambe, n’importe où tant que je l’atteignais, continuant de lui hurler de ne plus jamais toucher à Lizlor. Il devait avoir vraiment trop bu car il ne réagit que par des cris de douleur et se débattit à peine – un nouveau coup et il glissa à terre. Je crois que j’aurais pu le frapper jusqu’à qu’il meurt, j’avais la vue brouillée par des larmes de colère et je sentis des bras m’attraper, des voix s’exclamer et on me tira hors de la pièce. J’attrapais la main de Liz pour l’entraîner avec et me dégageai violemment du mec qui me tenait l’air abasourdi, vu qu’évidemment personne ne comprenait trop ce qui se passait. Je rugis de colère à nouveau, bousculant toute la foule sans jamais lâcher la main de ma Gryffondor, attrapai nos affaires laissées dans un coin et marchant encore sur les pieds de quelques personnes, j’atteignis la porte. Mon cerveau ne fonctionnait plus clairement et je descendis les marches trop vite, manquant de tomber plusieurs fois, avant de finalement trouver la sortie. L’air frais de l’extérieur me frappa au visage et envoyant valser mon sac sur le sol avec violence, je criai une nouvelle fois, tentant d’extérioriser toute la colère qui grondait en moi.

Je réalisai soudainement que j’avais lâché la main de Lizlor et je me retournai vers elle qui se tenait là, fébrile, et je me jetai sur elle avec une rage douce et la happai dans mes bras en serrant les dents pour ne pas exploser en sanglots, quelques larmes de colère roulant sur mes joues. Si ce mec l’avait touché, si… Si… J’allais le tuer, j’allais le tuer.


_________________
Even Closer | Forever Young | So Cold | If Stars



« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Like rebel diamonds. [Lizlor ♥]   Sam 5 Jan - 20:09


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Let's the snow fall
No need to worry
I will keep you warm
I will keep you warm...

Il y avait longtemps que je n'avais pas autant ri. Je crois qu'en réalité jamais de ma vie je n'avais autant ri, à vrai dire ! Ces vacances avaient non seulement un air de fête mais de paradis, intouchable par le reste du monde. Je préférais de loin l'Oregon à notre maison du Kent, et ce depuis toujours, mais je crois que j'avais commencé à m'y faire, et elle devenait petit à petit ma maison... Ou plutôt, elle était la maison des gens que j'aimais, et là était toute la force de son pouvoir. Devant notre immense cheminée où crépitait sans arrêt un feu joyeux nous passions des moments heureux, et la neige qui tombait au dehors me réjouissait d'avantage. Les alentours étaient tous blancs de neige et cette intense torpeur due à la chaleur de l'été s'était envolée, chassée par l'hiver : j'avais l'impression que notre jardin et la campagne aux alentours étaient devenus une île déserte regorgeant de trésors qu'il nous fallait explorer sans plus attendre. Bien sûr, j'étais la première à bondir sur mes pieds et à entraîner tout le monde dehors, et d'ailleurs Ruby et Conrad s'étaient ligués contre moi et faisaient semblant de soupirer à chaque fois que je ne pouvais plus tenir et que je réclamais d'aller dehors. C'était un jeu et nous nous y prenions tous, et de toute façon on ne me résistait pas bien longtemps. Conrad restait plus souvent avec Maman, ce que je comprenais très bien parce qu'il avait du temps à rattraper avec elle et que contrairement à moi il ne la voyait plus tous les jours, mais Ruby ne se faisait jamais prier bien longtemps. Je crois que l'une comme l'autre notre joie, notre énergie, se communiquaient sans cesse. J'avais toujours été très énergique, mais depuis le début de ces vacances, j'avais l'impression que j'étais une véritable source d'énergie inépuisable. J'étais heureuse, j'étais avec les personnes qui comptaient le plus au monde pour moi, et je crois que pour la première fois depuis des mois... j'étais heureuse, vraiment heureuse, et autour de moi, enfin, je trouvais le monde beau.

Seule ombre au tableau, la phase que traversait ma meilleure amie, que je savais particulièrement difficile. A sa douleur s'ajoutait la mienne d'être parfaitement impuissante et de ne pouvoir brasser que de l'air pour la tirer de là... J'avais beau ne jamais montrer mon abattement, tout faire en sorte pour lui rendre la vie meilleure, sourire, la faire rire, être aux petits soins avec elle, je souffrais de la voir triste, de la voir cacher son chagrin parce qu'elle voulait me faire plaisir, de la voir se sentir si minable alors que je savais, moi, combien elle ne l'était pas... Plus ça allait plus chaque soir en m'endormant j'entendais amèrement une petite voix dans ma tête qui me disait "on ne peut pas sauver les gens, même ceux que l'on aime" et d'ailleurs je dormais plutôt mal, me réveillant plusieurs fois par nuit avant de replonger dans mes songes.

J'étais triste également - mais cela passait après car il était hors de question que je passe avant elle - de ne pas pouvoir autant que je le voulais partager mon bonheur au sujet de... Stephen. Alors que ces derniers temps je doutais de plus en plus et je me faisais à l'idée qu'il fallait que je mette fin à ce semblant de relation qui me faisait finalement plus de mal qu'autre chose, les moments parfaits mis à parts, ceux où il me serrait contre lui et que je me sentais exister comme jamais, le bal avait tout changé, tout bouleversé. Bien sûr que ce n'était pas parfait non plus : rien n'était parfait. Mais je respirais, parce qu'enfin je me sentais avec lui, je sentais qu'il m'acceptait, aussi difficile que cela était pour lui - et je le savais. J'avais fini par craindre qu'il ait honte de moi - après tout nous avions traversé trop de péripéties pour ne pas l'envisager. Et je ne pouvais pas dire que je n'avais jamais eu honte de lui! Combien je l'avais haï, au début! Mais ce n'était plus le cas, et dans le tourbillon de mes sentiments, je ne savais pas vraiment comment l'identifier clairement, mais je crois qu'à ma façon... Je l'aimais. Pas vraiment comme l'Amour se lit dans les livres, tout ça, ça m'était un peu étranger, et c'était plus pour les grands. Je ne me sentais pas adulte comme Maman, mais je n'étais plus une enfant non plus. Qu'étais-je vraiment? Je l'ignorais, voilà sans doute pourquoi je ne pouvais identifier clairement mes sentiments. Mais j'étais certaine d'une chose : je voulais être avec lui, je voulais qu'il soit avec moi. Et sa demande au bal avait, enfin, levé le voile du secret, et j'avais compris qu'il voulait de moi. Je n'en demandais pas plus. Il restait lui-même, avec ses qualités, ses nombreux défauts et tant de détails qui le rendait détestable, mais il faisait battre mon cœur et quand il m'embrassait je sentais au fond de mes entrailles la vie s'agiter, alors, j'acceptais tout, et tout entier, je le
voulais.

J'avais cru tomber des nues quand Ruby m'avait parlé des cadeaux pour Maman et Conrad, qu'elle allait me donner pour que je leur offre pendant les vacances. Quelle idée! Le fait qu'elle vienne avec nous, surtout pendant ces vacances considérées comme familiales, m'était tellement évident que j'avais tout simplement oublier de le mentionner. Mais depuis le début il était clair pour Maman et moi que Ruby allait venir avec nous dans le Kent. Du coup je m'étais récriée et je ne lui avais pas laissé le choix, balayant sa gêne de s'immiscer dans notre vie - qu'elle était bête quand elle s'y mettait, notre vie était tout autant la sienne!

L'absence de Papa était un peu atténuée par la bonne humeur qui régnait dans la maison. Nous l'avions bien décorée et nous cessions de discuter, de jouer ensemble au coin du feu, de parler de tout et de rien, de nous promener. Je le sentais là, avec nous, même si son fauteuil était vide. Et ce qui m'empêchait de pleurer en le constatant était que je le sentais heureux de nous voir tous réunis, de voir sa femme entourée de ses enfants qu'elle aimait, de voir son fils réussir sa carrière évidemment, et de voir sa fille se libérer peu à peu de ses vieux démons et de réaliser petit à petit qu'il suffit d'y mettre du sien pour que la vie vaille la peine d'être pleinement vécue... Et je savais pourvoir affirmer qu'il aurait beaucoup apprécié Ruby - et inversement d'ailleurs - parce qu'elle était gentille, attentionnée pour nous, drôle et bien élevée, et d'ailleurs je regrettais qu'ils ne se soient pas connus. Secrètement, j'avais envie que mon père soit un peu le sien et rattrape son passé, mais hélas, il était trop tard.



*****
- J'AI GAGNÉÉÉÉÉÉ!

Les pommes de terre de Conrad s'effondrèrent d'un coup tandis que j'avais crié en levant les bras au ciel en signe de victoire et que je riais à gorge déployée, mais en même temps je devais me contorsionner pour éviter les épluchures de patate que me lançait Conrad pour exprimer son mécontentement. Nous avions été chargé d'éplucher les pommes de terre pendant que Maman et Ruby s'affairaient un peu plus loin, mais évidemment, il ne nous avait pas fallu longtemps pour que cela se transforme en jeu et nous avions construit des bonshommes en pommes de terre que Conrad animait de sa baguette magique et ils se poussaient l'un l'autre pour se faire tomber, encouragés par nos cris endiablés. Le mien gagna et causa mon hilarité - car par la même occasion j'avais gagné le droit d'être exemptée de peler les pommes de terre, et je regardai Conrad faire le boulot tout seul en lui faisant des grimaces pour exprimer ma satisfaction.

En ce soir de Noël plus que jamais notre salon respirait la gaieté et la quiétude et il y faisait bien chaud, tout me semblait briller et répandre sa chaleur comme le feu dans l'âtre - le sapin décoré, les cadeaux au pied, les bougies, le bon repas presque terminé, les blagues de Conrad, les sourires de Maman, le rire de Ruby.

Le réveillon passa comme un rêve. Nous étions plus hilares les uns que les autres et je ne cessais de surprendre des regards brillants de maman, les regards d'une louve qui couve de ses yeux plein d'amour sa progéniture et qui sait qu'elle est en pleine trêve - que tout va bien. Noël était magique quand on le voulait, finalement... J'étais la plus impatiente de tous au sujet des cadeaux et je bondis la première quand l'heure arriva pour distribuer ceux que j'avais préparés. Celui de Ruby m'avait demandé plus d'efforts qu'il n'y paraissait, car le métal argenté (aux reflets parfois dorés pour le pelage de la biche) était bien évidemment magique et possédait non seulement des vertus de porte-bonheur (le bijoutier m'avait expliqué qu'il versait une goutte de Felix Felicis au moment de la fusion du métal) mais était animé aussi, à savoir que les petits animaux changeaient parfois de position. Quand je l'avais acheté le loup et la biche étaient fièrement dressé sur leurs pattes, et quand je l'avais ressorti le lendemain pour en faire un paquet cadeau, l'animal était couché, tandis que la biche était figée en plein galop. Je n'avais évidemment pas besoin d'expliquer la signification des deux animaux que j'avais choisis et Ruby comprit tout de suite et je vis dans ses yeux combien mon cadeau lui plaisait ; je lui avais également fait un petit album photos de toutes celles que nous possédions et nous rîmes en même temps quand j'ouvris le cadeau qu'elle m'avait fait car, entre autres, nous avions eu la même idée. Sa boîte était magnifique et je sus d'emblée qu'elle allait devenir ma boîte à secrets ; tout le contenu m'émerveilla un peu plus et je voyais tellement comment Ruby s'était investie dans ce cadeau et m'avait consacré tout son temps et tout son amour que j'eus les larmes aux yeux en la serrant dans mes bras pour la remercier. La chanson, en plus de tout, me sembla si magique que je restais un bon moment à ne pouvoir détaches mes yeux de toutes ces belles choses.

Les jours qui suivirent furent globalement occupé à déguster les restes du repas de Noël, à faire des concours de gâteaux, des jeux de cartes, et bien évidemment, des balades dans la neige, car en plus de cela nous avions trouvé de vieux vélos et j'adorais partir en balade avec Ruby - même si je sentais que Maman était un peu inquiète que nous glissions - mais nous faisions bien attention à prendre les chemins dégagés. A chaque fois, je rentrais fourbue, brûlante d'avoir trop touché la neige et de m'être roulé dedans, mais encore plus ravie qu'avant. Ces vacances me semblaient irréelles tant elles étaient merveilleuses. J'avais même l'impression que Ruby allait mieux, qu'elle oubliait un peu ses soucis, et rien ne pouvait me faire plus plaisir. Je me sentais juste un peu triste parfois en me disant que j'avais envie de voir Stephen et que je ne savais même pas précisément ce qu'il faisait, mais cette mélancolie ne durait jamais bien longtemps quand je me rappelais que, finalement, nous étions ensemble, et qu'il n'aurait pas pu me faire de plus beau cadeau.



*****

Sans l'insistance de Conrad nous n'aurions évidemment pas eu la permission d'aller à Londres. Je m'étonnais d'ailleurs que Maman ait fini par accepter, parce que je ne la connaissais que trop bien sur ce plan là et elle avait de très grandes tendances à être sur-protectrice, mais il fallait croire que ces vacances étaient vraiment magiques... Après nous avoir fait promettre à maintes reprises qu'on allait faire très attention, qu'on la prévenait dès qu'il y avait un problème, qu'on prenait nos baguettes, qu'on ne quittait pas Conrad, qu'on ne faisait pas confiance aux gens qu'on ne connaissait pas, qu'on ne buvait pas dans nos verres si on ne les avait pas surveiller, etc, elle nous autorisa à nous joindre à Conrad, ce qui provoqua évidemment notre hystérie. C'était la première fois que je fêtais le nouvel an autre part qu'avec mes parents et même si la perspective d'une fête entre jeunes me rebutait toujours un peu, l'enthousiasme de Ruby et de Conrad me convainquait tout de même. La préparation fut sans doute le moment aussi important que la soirée - je ne me rappelais pas avoir chanté autant à tue-tête un jour et sauté sur mon lit en dansant et hurlant, et plus ça allait plus je sentais mon cœur devenir léger, léger! Je riais pour tout, et Ruby aussi. Je suppose que c'est ça, le bonheur...

En plus de ma robe de bal, Maman m'avait offert un très joli haut, rouge aussi et décoré de petits motifs orangés. Je l'avais choisi pour ce soir : il allait à merveille avec ma jupe en cuir et ma veste en cuir. Comme chaussures, j'avais finalement mis mes bottines après avoir hésité avec les talons du bal, mais puisque nous avions du chemin et que j'avais beau gérer à présent les hauts talons je ne garantissais pas de pouvoir tenir une nuit entière avec. Le chemin d'ailleurs fut très animé et si Conrad faisait semblant de ne pas nous connaître tant nous rions comme des folles, je voyais bien dans son regard combien il était content de passer cette soirée avec nous, et moi aussi d'ailleurs : j'étais heureuse de grandir un peu et de me rapprocher de lui, de partager d'avantage avec lui. La soirée était plutôt bien, même si je ne m'y connaissais pas beaucoup, l'espace était grand et il y avait suffisamment de monde pour passer inaperçu si on le voulait, ou l'inverse si on ne le voulait pas. J'y allai doucement sur les boissons parce que je n'étais pas spécialement fan de l'alcool et de ses effets, mais je riais à tout et pour tout et je me lâchais comme si j'avais bu tout simplement parce que je me sentais bien. Avec Ruby, nous passâmes de nombreuses chansons à danser au milieu de la piste de danse et à repousser les avances des garçons qui ne pouvaient faire autrement que de nous remarquer. De toute façon, Conrad n'était jamais loin car il prenait son rôle à coeur, et je savais que rien ne pouvait nous remarquer. Les gens étaient un peu plus âgés que nous mais tous sympathiques dans l'ensemble, et c'était un peu étrange parce que je savais qu'il y avait des amis d'école de Conrad et des amis d'amis ; il y avait des moldus et des sorciers et si on pouvait deviner qui était sorcier et qui ne l'était pas je voyais bien qu'heureusement qu'il faisait plutôt sombre et que les gens avaient bu, parce que certains sorciers étaient parfois un peu trop imprudents. Ruby était partie se rechercher une coupe de champagne - je n'aimais pas qu'elle boive autant mais c'était jour de fête et bon, je savais qu'elle tenait bien alors je ne disais rien - et je décidai d'en profiter pour aller aux toilettes. Me glissant parmi la foule, je tombai au passage sur un des garçons qui avait dansé avec moi et avec qui j'avais un peu parlé. Il aurait pu m'être agréable si il n'avait pas été trop soûl et surtout trop insistant alors que je lui avais clairement fait comprendre que je n'étais pas intéressée. Mais on avait bien parlé de sujets qui nous intéressaient tous les deux, et je discutai deux trois minutes avec lui avant de le laisser pour de bon et de me diriger vers les toilettes.

Sauf que je ne m'étais pas aperçue qu'il m'avait suivie. Quand je rentrais dans la salle de bain et que la porte se referma derrière moi une fraction de seconde trop tard et que je compris que je n'étais pas seule, je sursautai et me retournai. Méfiante, je lui ordonnai de rouvrir la porte. Mais il tanguait un peu trop et marmonnait qu'il voulait un peu de temps avec moi. Je finis par m'énerver et sentir mon sang bouillir : je ne voulais pas en venir là mais Carlton m'avait permis d'expérimenter le coup de poing, et il n'y avait pas de problème pour que je m'en serve à nouveau. J'avais peur mais mon instinct animal se réveillait parce que j'étais en danger, prise au piège : je savais que j'étais capable de tout. Il s'approcha et je le menaçai. Ma baguette n'était pas loin, dans ma poche, dans le pire des cas. Je lui ordonnai une nouvelle fois de me laisser et d'aller décuver. Il me tomba à moitié dessus, et le temps que je sorte mes griffes, je le sentis arraché de moi puis littéralement presque jeté par terre tandis qu'une tornade bleue et blonde le rouait de coups - je n'aurais pas reconnu l'éclat de ses cheveux et sa veste en cuir, je n'aurais pas compris que c'était elle. Ruby. Je ne l'avais jamais vue ainsi et je crois que je restais bouche bée devant la rage qu'elle mettait dans ses coups pour avoir une quelconque réaction ; puis je me sentis agrippée et tirée autoritairement hors de la salle de bain, puis dans la foule. Malgré la musique, la lumière qui clignotait, je tentais de lui dire de se calmer et que j'allais bien, que tout allait bien, mais le son couvrait ma voix et je crois aussi qu'elle ne voulait - ne pouvait - rien entendre. Conrad nous vit passer et je lui fis signe qu'on allait prendre l'air et que tout allait bien en levant le pouce - je ne voulais pas qu'il se mette hors de lui lui aussi. Il comprit qu'il se passait sans doute quelque chose mais que nous avions besoin d'être seules. Je laissai Ruby attraper nos affaires au passage parce qu'à vrai dire je ne voulais pas la contrarier tant qu'elle ne se calmait pas un peu et la suivis dehors, où elle poussa un cri de rage avant de laisser choir son sac. Interdite, je me figeai, saisie à la fois de la fraîcheur de l'air de dehors, et de ce à quoi je venais d'assister.

Alors, seulement, je compris. Je saisis toute l'ampleur de ce qui venait de se passer : la salle de bain, moi toute seule qui me débattais, le garçon contre moi, qui avais sans doute de mauvaises intentions... Il était trop ivre de toute façon et n'aurait sans doute pas pu venir à ses fins mais je compris - et je m'en voulus de ne pas avoir percuté plus tôt - ce qui avait mis ma meilleure amie hors d'elle. Et pourquoi elle avait eu peur. Quand elle tomba entre mes bras, je la berçai doucement, et me sentis frémir, comme si moi aussi tout d'un coup j'avais été replongée dans l'horreur des mes cauchemars d'enfance.


- Je vais bien... Tout va bien... Ne t'inquiète pas, la rassurai-je en murmurant. Comme j'avais senti l'humidité de sa joue, je passai mes mains dessus pour essuyer ses larmes, et lui souris, pour la rassurer. Et ton épaule? demandai-je ensuite, les sourcils froncés, à mi-chemin entre la reconnaissance et la colère, car elle s'était sans doute fait très mal.

J'entendais au-dessus de nos têtes les clameurs de la fête, car les fenêtres étaient ouvertes. Mais j'avais l'impression que ce n'était plus là que nous devions être.
Pardon Maman, pensai-je avec un peu de culpabilité, parce que j'allais lui désobéir et que je ne voulais pas lui faire un coup dans le dos. Mais nous en avions besoin, et de toute façon je ne comptais pas m'éloigner de Conrad trop longtemps non plus.

Devant nous, la rue s'étalait, droite, sous le ciel noir et brillant d'étoiles. Il y avait dans l'air des bruits de musique et de fête venant d'un peu partout - Londres était en fête pour cette soirée de la nouvelle année, et je me sentis frissonner à cette idée. Les gens autour de nous étaient tous dans une sorte de communion et nous les regardions, un pied dans la fête avec eux, mais l'autre dans notre monde à nous. Je saisis le main de Ruby.


- Viens, indiquai-je en souriant, sentant le mystère nous envelopper en même temps que la nuit.

Je l'entraînai à coté de moi. Nous marchions au milieu de la route et le bruit de nos chaussures résonnaient sous le goudron - il me semblait que nous détenions un secret que personne ne pourrait jamais voir. Que nous étions libres. Je me mis à courir et à rire, sans lâcher sa main, et quand nous dépassâmes quelques bandes de gens qui se déplaçaient vers des bars, ils nous saluèrent mais nous ne ralentîmes pas notre course folle pour autant. Je finis par repérer un pont qui traversait la Tamise, à un passage où elle était peu large, et je m'arrêtai au milieu, m'accoudant à la balustrade. Il n'était pas encore minuit mais nous nous en approchions et je voyais au loin Big Ben et les festivités autour de nous - le feu d'artifice qui n'allait sans doute pas tarder. Me rappelant alors de quelque chose, je sortis de mon sac une bouteille de vodka fruitée - je n'aimais pas les alcools purs, je trouvais ça mauvais - qu'on avait caché dans mon sac au cas où. J'en bus une gorgée - petite - et la rendis à Ruby, avant de croiser son regard et de reprendre sa main. Puis je tournai à nouveau mon regard vers la Tamise qui scintillait sous les étoiles. J'inspirai profondément. Ce soir, nous étions seules, touts les deux, juste toutes les deux. Et le monde nous appartenait.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Like rebel diamonds. [Lizlor ♥]   Lun 7 Jan - 19:19

Pourtant, la soirée avait bien commencé. J'avais toujours bien aimé faire la fête, car c'était pour moi un bon moyen d'évasion. Sous l'effet de l'alcool, de la musique, des rires, tout le monde se détendait et j'avais l'impression que je pouvais enfin le faire sans que personne ne me le reproche. Bien sûr, je n'étais pas fan de certaines soirées, celles qui dérapaient trop, où tout le monde ne jurait que par l'excès. Je n'étais pas non plus intéressée par les boites de nuit, j'en avais l'expérience une fois et autant vous dire que je m'en souvenais mais pas forcément d'un bon souvenir. J'avais eu la chance cependant de passer cette fameuse soirée en compagnie de Daniel, un gryffondor légèrement plus âgé qui m'avait sauvé la mise alors que je faisais plus ou moins un bad trip. J'avais d'ailleurs appris par la suite qu'il s'était fait renvoyer de Poudlard lorsqu'à la rentrée, je ne le vis nulle part. Mais en discutant avec Holly, elle m'avait aussi appris qu'elle sortait avec lui, et qu'elle le revoyait durant les vacances -je lui avais dis de lui passer le bonjour de ma part. Je me demandais toujours un peu ce qu'il devenait, parce qu'il était ici, à Londres, mais que les chances de le recroiser étaient plutôt minces. Bon, je ne le connaissais pas au fond, mais il restait dans ma mémoire un garçon sympathique que j'aurais bien voulu connaître un peu plus. Et puis, vous savez, quand quelqu'un vous tient les cheveux alors que vous vomissez tripes et boyaux, ça forge un lien. Je ne plaisante même pas!

Si je n'aimais pas les boites de nuit, c'était simplement car l'idée d'être coller par une tonne de mec en manque, ce n'était pas mon délire. Certes, je dansais pendant les soirées et parfois avec des mecs, mais ce genre de moment me gênait même s'il s'agissait d'amis. Je n'étais toujours pas très friande des contacts humains, encore moins masculins... Je préférais largement me déhancher sur la piste avec des filles, faire n'importe quoi parce que c'était drôle, sans éprouver le besoin d'aller me frotter à n'importe qui. Sobre ou ivre, je ne changeais pas d'avis. Finalement, je préférais probablement les soirées plus calmes, comme celle de la fête champêtre ou dans la salle sur demande, où on buvait tous gentiment et on riait beaucoup, avec de la bonne musique en fond. Parfois, je sortais à Pré au Lard avec des filles de mon niveau et Liz, mais je trouvais qu'il y avait trop de monde, le bar des Trois Balais était souvent trop bondé et on s'entendait à peine parler. Et encore une fois, le regard de tout les mecs qui venaient ici chercher une proie, ça ne me mettait pas à l'aise.

Mais on ne pouvait pas toujours y échapper. Prenez donc ce soir. C'était une assez grosse soirée, l'appartement était bien rempli et tout le monde buvait et dansait joyeusement. Alors que Liz et moi nous étions approchés de la foule, nous avions très rapidement été approchées par du monde, et pas que des filles. Mais heureusement, quand ça devenait trop insistant, nous nous rapprochions l'une de l'autre, on bougeait des places et dans le pire des cas, on avait encore Conrad. J'avoue que j'enviais l'idée d'avoir un grand frère comme ça, qui veillerait sur moi au cas où et qui pesterait contre tout les mecs qui s'approcheraient de trop près. Conrad et Liz avaient une relation spéciale, parce qu'ils avaient grandis ensemble et évolués à travers les difficultés qu'ils avaient vécues. J'avais l'impression qu'ils se connaissaient par coeur alors même qu'il ne vivait plus sur le meme continent et qu'ils se parlaient moins. A chaque fois que ma meilleure amie me parlait de lui, c'était pour le vanter ou se rappelait des souvenirs d'enfances en sa compagnie. Et à chaque fois que Conrad la regardait elle, je voyais dans ses yeux des petites étoiles qui veillaient sur elle. Je me demandais constamment comment ils se sentaient en ma compagnie, si je dérangeais leur intimité familiale. Moi, je n'avais pas cette impression, j'étais bien avec eux deux et je n'avais pas l'impression de gêner qui que ce soit... Mais comme toujours, j'avais des doutes et surtout en ce moment où mon moral n'était pas au top et que j'avais peur que ça pèse sur l'ambiance. Mais durant les vacances, je n'avais pas eu vraiment l'impression d'être triste alors, sûrement que ça ne se voyait pas, pas vrai?

Mais ma sérénité de la soirée fut évidemment troublée par cet incident. Tout l'alcool que j'avais bu semblait s'être évaporé et j'avais perdu toute l'euphorie du début. Je n'avais plus que le coeur qui déchirait ma poitrine au fur et à mesure que je tirais ma meilleure amie à travers la foule. J'avais la tête qui bourdonnait et, alors que c'était rare chez moi, je perdais tout contrôle de moi-même, tout mes moyens. J'avais simplement envie de tout balancer, d'hurler, ça tournait de partout à cause de ma colère et non du champagne. Je voulais sortir de là, je voulais pas retourner dans ce maudit appartement parce que si je recroisais ce mec, je risquais de le frapper de nouveau. Je pensais à Conrad, à la promesse que nous avions faite à Sara de ne pas nous éloigner les uns des autres. Mais nous avions aussi promis de ne pas nous attirer d'ennui et pour l'instant, cette fête venait de rimer avec problème. Que c'était-il vraiment passé dans la salle de bain? Lizlor ne se serait pas laisser faire, j'en étais sûre, mais il était plus grand qu'elle, plus ivre certes, mais c'était fille contre mec -notre faiblesse incontestable me révoltait. Lorsque nous affrontions finalement la nuit froide, je sentis le vent me fouettait légèrement le visage, comme pour me réveiller, mais j'étais toujours tant énervée... Crier me fit du bien, tout autant que me nicher dans mes bras de Lizlor même si j'avais peur de ce qu'elle allait me dire. Parce que si ce mec l'avait touché, je ne savais même pas de quoi j'étais capable.


- Je vais bien... Tout va bien... Ne t'inquiète pas. Et ton épaule?

Bon. Je m'étais peut être emballée. Je soufflai un bon coup, et m'écartai un peu de Liz tandis qu'elle essuya doucement les larmes de colère qui avait roulé sur mes joues. C'était tout elle tiens, de me parler de mon épaule alors que c'était elle qui venait d'avoir un problème...! J'essuyais le reste des larmes, et replaçai une mèche de cheveux de Liz qui, rebelle, était venu barrer son visage. J'avais besoin de me calmer, j'entendais encore la musique de la fête et je revoyais cet espèce de connard et..

- Ça va, t'inquiète. Répondis-je en haussant les épaules. Aie! J'eus une grimace. En fait, ça faisait super mal. Je passais ma main sur mon muscle que je massais un peu, avec un sourire d'excuse. Bon j'allais survivre, un bleu de plus ou de moins, je commençais à m'habituer -ceux que Woodley avait cependant disparu, enfin. Tu veux qu'on y retourne?...

J'avais essayé de ne pas laisser s'échapper trop d'hésitation à travers ma voix. Pour moi, la réponse était claire, mais j'étais ici avec Liz. Il y avait son frère là-haut, elle ne le voyait pas souvent, je savais combien cette fête lui tenait à coeur. On avait bien profité au début, minuit approchait doucement mais nous avions encore le temps et j'espérais que si il fallait qu'on y retourne, j'arriverais à profiter parce qu'au fond, j'étais là pour m'amuser avec Lizlor. Je me répétais ce qu'elle m'avait dit. Tout va bien. Tout va bien. Oui, j'étais avec elle, tout ne pouvait aller que bien. Il fallait que je cesse de m'inquiéter mais au fond, je ne pouvais juste pas m'en empêcher parce que... Voila, c'était ma Gryffondor, ma meilleure amie. Je ne voulais pas qu'on la touche, je ne supportais même pas qu'on parle d'elle -Woodley, dans le genre... C'était probablement ce qui faisait notre amitié de toute manière, cette protection mutuelle que nous avions l'une pour l'autre. Je sentais chacune de ses peines et de ses joies, et si je pouvais lui éviter tout désagréments, j'aurais pu faire n'importe quoi. Parfois, je me demandais si elle se rendait simplement compte d'à quel point elle le méritait.

- Viens.

Elle prit ma main avec un grand sourire, et m'entraîna dans la nuit. Au bout de quelques minutes le rythme s'accéléra et soudainement, nous nous mîmes à courir à l'unisson en riant. Mon coeur fut dès lors plus léger, j'avais des paillettes dans les yeux et je souriais à tout les passants. Finalement, nous nous stoppâmes sur un pont qui traversait la Tamise, juste en face du Big Ben qui brillait dans la nuit, annonçant un feu d'artifice lorsque minuit allait sonner. Lizlor s'appuya sur la remparde et pendant un instant, nous regardâmes l'obscurité sans dire un mot. Sa main était toujours dans la mienne. Puis, sans un mot, elle sortit de son sac une bouteille de vodka aromatisée et me la tendit après avoir pris une petite gorgée. J'en pris une plus grande, et réalisant qu'elle m'observait du coin de l'oeil, je lui rendis sa bouteille avec un nouveau petit sourire d'excuse. Bon, ce n'était pas le moment de l'inquiéter. Je pris également dans ma besace nos cigarettes, et lui en donnai une tandis que de mon vieux briquet, j'allumais nos deux Marlboro. Cela le soulaga, et je sentis les dernières traces de colère s'envoler, laissant place à une mélancolie douce, et pour cause...

- C'est à Londres que j'ai rencontré Hadrian. Murmurai-je, parce qu'ici ça me rappelait un peu cette fois-là, et j'avais le coeur qui se serrait... Il me manque.

J'avais soufflé cette phrase entre deux bouffées de tabac. C'était bien avec Lizlor que je pouvais parler de tout ça sans avoir honte ni même peur de sa réaction. Elle avait toujours les mots qui fallaient, comme une magicienne qui savait soigner mes plaies. J'avais envie de faire la fête ce soir, mais je ne voulais pas mentir sur la nostalgie qui m'envahissait malgré moi. Je fermais les yeux quelques secondes, revoyant Hyde Park et son sourire -ça me faisait de la peine et à la fois, c'était un tellement bon souvenir...

- Et Stephen alors? Dis-je en me tournant vers elle. Voyant son hésitation, j'ajoutai d'une voix douce. Ce n'est pas parce que je suis triste que tu ne peux pas être heureuse. Je suis heureuse pour toi, moi.

Et alors que j'avais parlé, je frottai mon nez contre sa joue, comme un petit animal qui demandait un câlin, avant d'avoir un petit rire -et de reprendre un peu de vodka.

- Tu prends des bonnes résolutions cette année? Demandai-je amusée, tout en finissant ma cigarette que j'écrasai avant de la poser sur le sol, près de mon sac, parce que je voulais la jeter après -mon petit côté maniaque

Bon, finalement, la soirée pouvait reprendre...!

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Like rebel diamonds. [Lizlor ♥]   Jeu 24 Jan - 18:42



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Oh, it's such a perfect day, I'm glad I spent it with you
Such a perfect day, you just keep me hanging on
You just keep me hanging on


La flamme du briquet brilla une seconde dans la nuit mais il y avait trop d'étoiles dans le ciel et qui se reflétaient sur la surface sombre de la Tamise pour que cet éclat se remarque. Pourtant je le trouvais remarquable parce que c'était nous - et comme les étoiles dans le ciel nous aussi nous brillions délicatement en cette soirée de la nouvelle année. L'endroit où nous trouvions était plus calme que la soirée que nous avions quittée ou bien que les rues animées, et sur ce pont, il n'y avait véritablement que nous, je ne sentais que nous. Il pouvait y avoir des milliards de personnes sur Terre que je ne ressentais réellement que l'existence de quelques unes, celles qui gravitaient autour de moi et qui recevaient tout mon amour. Le reste n'était pas moins important, mais me paraissait plus loin, plus trouble. A l'image de mon Patronus, le loup, j'étais une louve pour qui rien ne comptait plus que sa tribu et qui l'aurait défendue de ses griffes et de ses dents, jusqu'à la mort. C'était sans doute pour cela que je ne pouvais pas m'empêcher d'être une louve inquiète, pour ceux que je protégeais, et que mon regard se fit un peu trop insistant quand Ruby but plusieurs gorgées de la bouteille... La vodka était fruitée peut-être mais elle n'en restait pas moins chargée, et si moi j'étais sensible à l'alcool donc je ne le supportais pas trop, Ruby elle l'était trop à mon goût. Je ne disais trop rien - je ne pouvais pas lui en vouloir de toute manière, on chasse comme un peu les nuages de notre ciel, et si cela l'aidait, du moment que ça ne la mettait pas trop en danger, je ne voulais pas en plus lui faire des reproches qui ne feraient qu'accentuer son mal-être. D'une toute autre façon j'étais passée par là moi aussi, et mon exutoire n'avait pas été l'alcool mais l'isolement, le parc, la nature, l'arbre où je passais des heures, la solitude, la méchanceté aussi. Avec le recul, et ça me faisait étrange de le constater, je compris que je m'étais rendue encore plus malheureuse à faire cela, et que finalement, ce qu'on croit faire pour aller mieux n'est souvent que ce qui nous fait aller plus mal... Et le fait que Ruby boive, ça n'arrangeait pas grand chose, n'est-ce pas?...

Mais tout contre elle, alors que nous étions toutes les deux accoudées à la rambarde et que nous regardions Londres qui s'étalait de chaque côté de la Tamise, je me sentais forte parce que je sentais sa chaleur de son corps se propager au mien, dans la fraîcheur de la nuit, et j'avais confiance. J'avais confiance en elle, en nous, et si cette épreuve n'était pas forcément facile à surmonter, Ruby serait toujours là. Et puis, une partie de moi, la plus égoïste peut-être, se disait qu'elle ne se ferait pas de mal pour moi, qu'elle s'arrêterait à temps parce qu'elle savait que je ne le supporterais pas? Nous étions trop liées à présent pour se permettre ce genre d'écarts, et c'est ce qui nous sauvait toutes les deux, ce qui nous gardait la tête hors de l'eau. Elle me rendait meilleurs et me faisait avancer - j'espérais que j'avais le même effet sur elle, surtout quand je la voyais heureuse au milieu de Maman, Conrad et moi, et que je me plaisais à me dire qu'elle oubliait peut-être un petit peu la famille qu'elle n'avait pas eue, et qui l'avait fait souffrir.

J'inspirai la fumée de ma cigarette, dans un geste qui m'était familier maintenant, même si je ne fumais pas tout le temps - qu'avec Ruby. C'était notre petit plaisir, et puis, je ne voulais pas que Maman sache, Conrad s'en doutait mais il ne disait rien, tout comme à Poudlard il fallait que je fasse attention : l'un des inconvénients quand la directrice n'est autre que votre mère. J'appréciai toujours plus de fumer dehors, ou dans un lieu assez aéré. Dans la salle de la fête, que nous avions laissé derrière nous, l'air était déjà chargé de fumée et de vapeurs d'alcool, et ça plus le nombre trop important de personnes et de garçons qui nous regardaient ne me mettaient pas à l'aise, je me sentais prise au piège, comme un petit animal traqué. Mais dehors, dans l'air froid mais revigorant, fumer avait un tout autre goût et provoquait une toute autre sensation, et si la tête me tournait légèrement, je ressentais une intense vague de liberté courir du bout de mes pieds à la pointe de mes cheveux.


- C'est à Londres que j'ai rencontré Hadrian. Il me manque.

C'était un peu ce que je redoutais : parce que la joie réveille toujours ce qui ne va pas, et se fait plus difficile à supporter quand au fond, nos problèmes nous dévorent. Un instant je laissai mon regard rivé sur la surface de l'eau - plus loin, sur la berge d'où ils allaient tirer le feu d'artifices, je voyais que ça commençait à s'animer. Et dans l'air montaient encore les clameurs des fêtes un peu partout dans la ville. Je n'avais pas envie qu'elle soit triste ce soir-là, je n'avais pas envie parce qu'elle méritait bien mieux, et j'étais en colère contre Hadrian et contre tout ce qui l'empêchait d'être heureuse. Mais je ne voulais surtout pas qu'elle croit qu'elle n'avait pas le droit d'être triste, parce que garder enfouit son chagrin n'arrangeait rien, et d'un côté, j'étais contente qu'elle m'en parle.

- Je sais, murmurai-je. Elle m'avait raconté leur rencontre, et je comprenais bien que cela ne devait pas être facile d'être si proche de ce lieu... Mais tu sais, il ne t'aimait pas assez pour te mériter. Je suis sûre que tu l'oublieras... avec le temps, et que tu seras encore plus heureuse que tu l'as été!

Je tentai de lui redonner un peu d'espoir - sans savoir si vraiment cela pouvait avoir un impact quelconque, et ça me rendait triste, mais je n'en laissais rien paraître. En revanche... Sa question me surprit et je me sentis partagée - était-ce le bon moment? Elle souffrait de ce qu'elle n'avait plus et c'était justement ce que j'avais moi. J'étais persuadée que ça la rendait heureuse pour moi, mais je n'avais pas le cœur de lui expliquer comment tout était bien depuis le bal, ou presque...


- Et Stephen alors? Ce n'est pas parce que je suis triste que tu ne peux pas être heureuse. Je suis heureuse pour toi, moi.

Elle lisait en moi, comme souvent. Je répondis à con câlin en frottant moi aussi ma joue contre son visage, et en laissant échapper un petit rire qui ressemblait plutôt à un petit soupir. Parfois je lui enviais de gérer tant ses émotions et d'avoir l'air joyeuse même quand elle ne l'était pas, et mes yeux notèrent évidemment le geste qu'elle avait fait la bouteille. A mon tour, ensuite, je bus au goulot, parce que je n'allais pas la laisser boire seule. Et puis comme ça je justifiais un peu le fait qu'elle boive ; après tout, c'était le nouvel an...

- Je ne pensais pas qu'il oserait un jour aller si loin comme ça, je me suis trompée! dis-je en sentant mon cœur s'affoler de plaisir. C'est un peu comme si quelqu'un lui avait dicté ce qu'il fallait faire et qu'il avait décidé d'être enfin bien avec moi. T'es sûre que ce n'est pas toi?... la taquinai-je en souriant. Je ne sais pas combien de temps ça va durer - je ne préférais pas de tirer de plans sur la comète - mais même si ça me fait un peu peur, j'ai enfin l'impression de sortir vraiment avec lui tu vois... Et j'ai aussi l'impression qu'il n'a jamais fait un si grand pas avec quelqu'un d'autres, avouai-je la fin un peu plus bas, rougissant presque.

- Tu ne l'aimes pas trop toi, hein? lui demandai-je alors en relevant le regard vers elle et je savais que mes yeux pétillaient même malgré la nuit sombre ; ça ne me dérangeait pas plus que cela qu'elle désapprouve Stephen parfois, parce que je savais que c'était là la preuve de son instinct protecteur, et qu'il avait eu de quoi se reprocher de toute façon. Je n'avais jamais regretté ma maison, parce que Serdaigle était trop rattaché à Maman et que, plus petite, je ne cherchais qu'à me détacher de ses pas, mais parfois je regrettais un peu, parce que je me disais que Ruby et Stephen y étaient et que tout aurait été plus simple. Mais bon, je préférais Gryffondor tout de même.


- Tu prends des bonnes résolutions cette année?

Hmm... Je fis mine de réfléchir, parce que ces choses-là, on ne les tenait jamais bien longtemps. Mais le temps que je trouve quoi répondre un éclair venait de zébrer le ciel et un pétard rouge explosa devant nous, donnant le signe du début du feu d'artifice, tandis que Big Ben sonnait les 12 coups de minuit. Alors je me jetai sur Ruby pour lui souhaiter la bonne année - nous la commencions ensemble, elle ne pouvait être que bien, n'est-ce pas? - en criant d'une manière plutôt hystérique, avant de la couvrir de baisers, et de me perdre entre ses cheveux et les miens dans lesquels nous étions enfouies. Puis, je me repositionnai contre la balustrade, en lui tenant la main, toute ébahie comme une enfant devant le feu d'artifices qui était bien parti maintenant. Pendant plusieurs minutes, je ne cessai de rire et de m'exclamer, alors que les gerbes d'étincelles colorées allaient bon train dans le ciel, et que la ville résonnait des coups de canon annonciateurs. Mes préférés étaient ceux qui explosaient d'abord en de petites étoiles rouges, qui glissaient ensuite vers l'eau en traînant derrière eux une petite colonie de petites étoiles dorées. Ça sentait le souffre dans l'air, et mon cœur résonnait des bruits des pétards, mais tout cela me mettait dans une joie légèrement surréelle - certaines personnes trouvaient les feux d'artifice mélancoliques, mais moi ils m'enchantaient et me donnaient l'impression d'être dans un monde fantastique et parfait l'espace d'un instant.

Quand le spectacle fut terminé, le ciel était plein de petites traces de fumées qui descendaient vers l'eau noire. En suivant des yeux les quelques étincelles qui étaient tombées s'éteindre dans le fleuve, je remarquai sur le côté un pont un petit moyen de descendre vers les quais qui bordaient la Tamise ; je fis signe à Ruby de me suivre. C'était l'endroit parfait pour s'installer et je m'y assis en tailleur, sur la pierre, tout près de l'eau qui coulait paisiblement, comme si rien, pas même le nouvel an, ne pouvait perturber sa quiétude. Je pris une cigarette du paquet de Ruby et me couchai ensuite, contre elle, les yeux tournés vers le ciel.


- Hmm, je ne sais pas, répondis-je à la question de tout à l'heure. Arrêter de désobéir à Maman? dis-je en riant, alors que nous étions en train de boire et fumer en dehors de là où nous avions promis de rester. Être toujours là, murmurai-je en appuyant ma tête contre la sienne, un peu gênée de cet aveu qui était pour elle - je n'étais jamais très à l'aise avec tout ça. Et... Mon regard s'arrêta alors qu'elle portait la bouteille à ses lèvres. Justement, en parlant de résolutions... Et toi?

Ce n'était pas nouveau ; l'alcool, la cigarette, la fête de manière déliait les langues et poussaient les gens à parler. J'avais toujours trouvé cela ridicule que des drames explosent au cours des soirées, parce que les gens ne tenaient pas leurs langues et que les gros secrets sortaient, ou bien qu'ils livraient leurs émotions normalement refoulées. Mais ce soir c'était différent et en regardait le ciel, comme chaque fois, des tas de questions se bousculaient dans ma tête. Est-ce que les gens comme Ruby qui ont subi des choses horribles peuvent un jour être heureux? Est-ce que Maman est heureuse, est-ce qu'elle le redeviendra? Pourquoi les gens meurent quand on a besoin d'eux, et en plus, quand ils sont les meilleurs, alors que nous, on reste? Pourquoi les gens ne s'aiment pas de la bonne manière? Est-ce que cette année allait être différente, mieux, moins bien? Comme à chaque fois dans ces moments-là, je me sentais toute petite devant la vastitude du monde.

- Tu crois qu'on sera comment plus tard?
finis-je par dire, puisque si je ne pouvais pas dire tout le flot de questions qui se bousculaient dans mon esprit, il fallait bien commencer par un des bouts. Toi, je comptai sur mes doigts, tu auras au moins... Trois enfants, dis-je en riant, et une grande maison près de l'eau! Mais pas loin de la mienne, ajoutai-je.

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So here's my confession, this time
Don't just want you to love me
I want to be your obsession




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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Like rebel diamonds. [Lizlor ♥]   Dim 27 Jan - 23:54



"Where you go I go
What you see I see
I know I'd never be me
Without the security
Of your loving arms
Keeping me from harm
Put your hand in my hand
And we'll stand

Let the sky fall
When it crumbles
We will stand tall
Face it all together. "



Parfois, je me demandais comment c’était possible, ce qu’il y avait entre Lizlor et moi. Je n’étais pas sûre que quelqu’un vive quelque chose d’aussi fort à Poudlard et pourtant, les amitiés fortes existaient je le voyais très bien. Mais est-ce que quelqu’un sur terre pouvait ressentir ce que je ressentais pour Liz ? Y avait-il quelque part une sensation similaire, deux autres personnes qui pouvaient s’apporter cette… Chose que je ne pouvais pas nommer. Ce réconfort, ce soutien, ce sourire… Ce lien, ce lien qui me paraissait incassable. Je ne savais même pas comment il était arrivé, comment tout à coup j’avais ressenti une telle amitié pour cette fille que je n’avais pas connue pendant les quatre premières années de ma scolarité ici. Cette ombre aux longs cheveux dont les gens parlaient comme d’une sauvageonne, la fille de la directrice qui passait son temps dans les arbres plutôt qu’avec les autres, avec une répartie bien sèche et tranchante. Ce genre de teigne que les gens n’appréciaient pas. Mais j’avais compris, et très vite, que ce n’était pas une question d’appréciation mais bien de compréhension. Personne n’avait pu, ou même voulu, comprendre qui était réellement Lizlor Wayland, par-delà son apparence de fille de directrice teigneuse. Etait-ce aussi pour ça que nous nous étions bien trouvées ? Parce que moi aussi, les gens ne voyaient que la carapace ?

C’était peut-être aussi pour ça que notre relation, aussi fulgurante que fusionnelle, avait étonné tout le monde. J’étais trop parfaite pour trainer avec Lizlor, qui était elle-même trop sauvage pour avoir une réelle amie. Ce n’était pas tant que nous étions similaires sous notre carapace non, c’était simplement que nous nous comprenions et nous complétions. Nous nous respections, avec nos qualités comme nos défauts et par-dessus tout, nous nous aimions. Je n’ai jamais su comment Lizlor avait compris qui j’étais vraiment, sous ce que je montrais, et pourquoi elle s’était épris pour cette Ruby si imparfaite à mes yeux. Je me rappelais juste de ce jour-là, sous le soleil incroyable du parc, lorsque je lui avais tendu une cigarette. Je n’avais pas su, à ce moment-là, que je venais de rencontrer la personne qui allait me servir de meilleure amie, de moitié jusqu’à la fin de ma vie –il n’y avait même pas d’hésitations sur ça. Je ne savais pas quand, comment et pourquoi la connexion s’était faite mais désormais, elle était indestructible. Les gens avaient été étonné pendant un moment, avant de finalement comprendre que nous étions réellement meilleures amies. Même si j’avais d’autres amies, plus que Liz d’ailleurs –même si maintenant elle devenait de plus en plus sociable-, il n’y avait personne comme elle. Nous étions toujours ensemble, sauf quand les cours et les dortoirs nous séparaient. Je ne me lassais jamais de sa compagnie. C’était vraiment, vraiment fusionnel. Mais pourtant, ça ne me faisait pas peur, parce que l’avoir près de moi me paraissait logique. Naturel. Et surtout, un appui plus que stable.


- Je sais. Et elle savait, vraiment. Parce qu’elle savait toujours tout, même ce que je n’osais dire, elle le devinait. Elle savait ce dont j’avais envie ou peur de parler. Ce dont elle pouvait parler, ou ce dont, pour me guérir, il suffisait qu’elle me prenne dans ses bras. Quoi que je dise, quoi que je fasse, elle semblait toujours comprendre et avoir l’attitude parfait. Comme si elle était une moitié de moi. Et que j’étais une moitié d’elle. Mais tu sais, il ne t'aimait pas assez pour te mériter. Je suis sûre que tu l'oublieras... avec le temps, et que tu seras encore plus heureuse que tu l'as été!

J’haussai les épaules, tentant d’être convaincu et convaincante. Je savais que j’étais jeune, que les sentiments allaient et venaient. Ça allait partir, j’en étais persuadée, mais je n’arrivais pas à voir un changement depuis que nous nous étions séparés. Pour moi, c’était toujours la même flamme, amère certes, mais elle brûlait toujours. Me consumait, lorsque je le voyais au bras d’une autre. Je savais que pour m’en détacher, je devais écouter Liz, je devais admettre que les torts étaient partagés. Mais ce n’était pas nouveau, la culpabilité était toujours trop présente en moi, dans tout ce que je faisais. Je n’arrivais pas à trouver des torts à Hadrian, ni à me dire que peut-être, nous nous étions usés tout seul. J’avais vécu ça tellement brutalement, cette coupure, la disparition de lui dans chaque seconde de ma vie –son rire, son parfum, ses lèvres. Je voulais tant le retrouver, mais je savais que c’était fini et que l’espoir n’était pas au programme. Je n’espérais rien, et c’était peut-être le plus douloureux… De savoir que tout était fini.

- Tu crois vraiment que… Que ce n’est pas que ma faute ? Murmurai-je, très bas, timidement et honteuse.

Mais je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir besoin qu’elle me le dise. Parce que moi, je n’arrivais pas à me le rentrer dans la tête. Parfois, j’aurais tellement voulu me voir comme Liz me voyait, et vice-versa. Qu’on comprenne toutes les deux à quel point on se trouvait extraordinaire, que les mots deviennent des pensées nettes. Mais nous étions condamnées à s’accrocher à nos paroles, sans pouvoir réellement se convaincre au final. Oui, j’aurais tellement voulu que Lizlor sache à quel point elle m’aidait, à quel point je la trouvais courageuse, charismatique, adorable –mais je ne lui disais jamais vraiment tout cela, parce que nous étions comme ça toutes les deux. Nous n’aimions pas les longues déclarations, ou parfois par écrit. Pourtant, son regard suffisait. Je savais qu’elle ne mentait pas.


- Je ne pensais pas qu'il oserait un jour aller si loin comme ça, je me suis trompée! C'est un peu comme si quelqu'un lui avait dicté ce qu'il fallait faire et qu'il avait décidé d'être enfin bien avec moi. T'es sûre que ce n'est pas toi?...

J’éclatai de rire, m’étouffant avec la fumée de ma cigarette.

- Ce n’est pas ma faute si on avait travaillé l’Imperium, il fallait bien que je m’entraîne sur quelqu’un… Répliquai-je en lui tirant la langue, mes yeux papillonnant tout innocemment.

Mais elle savait bien que je riais. Stephen avait fait son choix tout seul, je ne savais pas comment ni pourquoi, mais il l’avait fait. Lizlor m’avait raconté la scène plusieurs fois, cherchant toujours à comprendre le pourquoi du comment. Moi, j’en tirais une simple conclusion : il avait réalisé qu’il l’aimait, et il en avait marre de le cacher à tout le monde. Fray, pour une fois, t’es moins con que je ne l’aurais cru –pensai-je pour moi-même.


- Je ne sais pas combien de temps ça va durer mais même si ça me fait un peu peur, j'ai enfin l'impression de sortir vraiment avec lui tu vois... Et j'ai aussi l'impression qu'il n'a jamais fait un si grand pas avec quelqu'un d'autres.

Je sentis le malaise de Lizlor, et je glissai ma main dans la sienne avec un petit sourire. J’avais plaisir à la voir s’ouvrir à cette idylle naissante, à ce sentiment qu’elle ne connaissait pas trop. Elle avait l’air terrifiée, mais heureuse, et à mon avis c’était les signes de l’amour.

- Eh bien, ça prouve bien que tu es plus que quelqu’un d’autre… Répondis-je doucement. Mais bon, moi ça, je le savais déjà ! Ajoutai-je en déposant un baiser sur sa joue en riant, avant de reprendre un peu de vodka. J’avais le corps qui commençait à se réchauffer, l’alcool qui était redescendu avec l’incident de la salle de bain revenait petit à petit et… J’étais bien.

- Tu ne l'aimes pas trop toi, hein ?
- Moi ?!


J’avais répliqué instantanément, mimant un air totalement outrée avant d’éclater encore de rire. Bon, certes je ne le portais pas trop dans mon cœur mais… Mais les choses avaient l’air de changer entre lui et Liz, et étrangement, entre lui et moi…

- Non, c’est pas que je l’aime pas… Il s’est rattrapé dernièrement disons. Dis-je avec un air entendu, parce que ma Gryffondor savait très bien ce que je pensais de tout ça. Je voulais simplement qu’elle soit heureuse, et Stephen n’avait pas toujours assuré.

Je voulus entamée la discussion sur les bonnes résolutions, mais je fus coupée par une détonation qui me fit sursauter. Le feu d’artifice ! Les douze coups ! C’était minuit ! Je voulus dire quelque chose, mais Lizlor s’était déjà jeté sur moi dans une étreinte hystérique et je me sentis malgré moi avoir les larmes aux yeux de bonheur, mais je les cachais un peu, me sentant ridicule. Ça me faisait juste tellement étrange de commencer une année avec quelqu’un avec mes côtés, que je savais serait toujours là. Je me perdis dans son rire et ses baisers, hurlant avec elle le fameux « bonne année » qui semblait faire écho aux milliers de voix de Londoniens qui étaient dehors aussi. J’admirais le spectacle contre la balustrade, tenant toujours la main de Liz. Nos regards se perdaient dans paillettes et zig-zag, et je me sentais sourire avec elle, les yeux émerveillés.


- Je me sens invicible. Glissai-je alors à l’oreille de Lizlor, tout en serrant un peu plus fort sa main.

Lorsque le feu d’artifice s’acheva, trop tôt à mon goût, ma Gryffondor semblait avoir eu une idée car elle me fit signe de la suivre. Elle avait trouvé un passage qui menait au bord de la Tamise. Elle s’assit sur un rocher tandis que je m’allongeais sur le sol, fixant le ciel étoilé avant d’entendre les pas de ma meilleure amie qui bientôt s’allongea tout contre moi –j’eus un sourire en voyant son sourire éclairé par la flamme de notre briquet. J’allumai une cigarette aussi, me perdant dans la fumée qui s’enfuyait dans le ciel noir.


- Hmm, je ne sais pas. Arrêter de désobéir à Maman? Être toujours là. Et... Et toi?

J’avais le cœur qui s’était serré dès qu’elle avait prononcé ce « toujours là » et, reposant la bouteille dont je venais de boire quelques gorgées, je passai ma main libre dans le ciel en fermant les yeux un instant. J’étais tellement bien ici.

- T’façon, je te laisserais jamais partir… Murmurai-je, plus pour moi que pour elle, commençant à sentir une douce euphorie m’envahir.

Quant aux résolutions ? J’en avais toujours trop justement.


- Arrêter de faire des résolutions, des plans, des programmes… Arrêter de contrôler. Non ?

J’avais tourné un peu la tête vers elle, cherchant son appui. Puis, me laissant aspirer de nouveau par l’immensité du ciel, je fixai les étoiles, pensant que peut-être, il y en avait une pour moi et Lizlor.

- Tu crois qu'on sera comment plus tard? Toi, tu auras au moins... Trois enfants, et une grande maison près de l'eau! Mais pas loin de la mienne.

Encore une fois, je m’étouffais un peu en fumant, riant de futur que me prévoyait Lizlor. Mais finalement, ce n’était peut-être pas un sujet si amusant car au fond, je n’avais aucune idée de ce que je prévoyais de faire de ma vie… Qui voudrait de moi d’abord ? Et… Et si j’étais maman, comment j’allais faire ? Avec tout ce que j’avais vécu dans ma « famille », ça me paraissait bien difficile d’être une mère saine et équilibrée…

- J’aimerais bien travailler dans les potions… Bon par contre, te prendre comme associée ça serait un peu couler mon business alors… Dis-je en riant, la taquinant avant de me lancer dans une bataille de chatouilles avec elle parce que c’était toujours comme ça qu’elle se vengeait quand je me moquais d’elle, tout en manquant de me brûler avec nos clopes respectifs qui formaient des petits points lumineux dans la nuit étoilée. Stop, arrête, j’arrive plus à respirer ! Soupirai-je entre deux rires, parce que Lizlor gagnait totalement la bataille. Plus tard… Repris-je, soudain plus sérieuse. On vivra à côté, c’est clair. Tu seras la marraine de touuut mes enfants ! Riai-je. Toi, tu auras un mec qui sera fou de toi. Et de tes cheveux… Dis-je en souriant, pensant à Stephen qui semblait magnétisé aux cheveux de ma Gryffondor. Tu crois que je ferais une bonne maman ? Parce que… Voilà quoi… Murmurai-je, sachant très bien qu’elle comprendrait ce que je voulais dire.

Je marquai une pause, tirant sur ma cigarette. Je sentais que l’atmosphère oscillait entre rire et sujet sérieux, presque tendu. Mais je savais que c’était pour ça que Liz était ma meilleure amie. Avec elle je pouvais parler de tout, quand je voulais…


- Dis, tu crois que c’est quoi, le but de la vie ? Être heureuse ? Demandai-je soudainement, parce que je n’arrêtais pas de me poser cette question dernièrement. A quoi ça servait la vie ? C’était quoi, être heureuse ? Être avec Lizlor me semblait la seule réponse évidente.


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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Lizlor Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Like rebel diamonds. [Lizlor ♥]   Dim 3 Fév - 18:43

- Tu crois vraiment que… Que ce n’est pas que ma faute ?

On n'est jamais bon juge de soi-même et j'étais la première à en être l'exemple parfait : la faute, la faute, la faute... Je pensais encore que tout était de ma faute, que j'avais été une petite ingrate trop préoccupée par ses petits problèmes pour comprendre que ce n'était pas Maman le problème mais moi, mais ce que je lui renvoyais et ce que je m'imaginais ; qu'il était mort alors que je lui en voulais d'être malade et peut-être trop absent devant la figure imposante de Maman, que c'était ma faute tout ce que j'avais laissé non résolu et que maintenant plus rien ne pourrait rattraper mes erreurs. Une part de moi avait beau savoir que Maman avait raison, que je ne pouvais pas m'en vouloir des disputes que j'avais eu avec lui, des mots méchants que je lui avais dit, parfois, parce que je n'étais qu'une enfant, cette part là n'était pas assez forte, encore, pour que j'arrive à la croire totalement. Alors, oui, je pensais que c'était de ma faute, quand bien même le monde entier aurait pu me dire que ça ne l'était pas. Et quand je regardais Ruby qui n'était pas heureuse comme elle aurait dû l'être, même si ne j'étais pour rien dans son histoire avec Hadrian, là encore je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que c'était ma faute, que je n'arrivais pas à être assez forte pour deux, pour la tirer vers le haut. Le sentiment de culpabilité avait beau être contré par la raison qui m'exposait calmement, par a+b, qu'il n'y avait rien que j'aurais pu faire, pourtant il était là, tout le temps. Et dans ces moments-là, on se tournait vers les autres parce qu'on en avait besoin, parce qu'ils étaient les seuls à avoir le recul suffisant, et c'était comme si on les suppliait : ce n'est pas de ma faute, pas vrai? Dis-moi que ce n'est pas ma faute... Et on arrivait plus ou moins à les croire, mais l'important n'était pas là, l'important était qu'ils le disent et qu'on puisse se raccrocher à eux, parce que chacun de nous était trop seul pour affronter le monde mais c'était pourtant là notre malédiction, avec laquelle il fallait bien composer, d'une manière ou d'une autre.

Sans doute qu'elle le ressentait encore plus que moi, bien que différemment. J'avais suffisamment tourné et retourné son histoire dans ma tête, analysé sa façon d'être et de penser pour savoir qu'elle se blâmait de tout, et ce contre toute logique, qu'elle pensait qu'elle était la faute incarnée, qu'elle l'avait tué, qu'elle l'avait tuée, qu'ensuite elle avait été incapable de se fondre dans une de ces familles qui l'avaient accueillie, qu'elle avait détourné Hadrian d'elle... Je me mettais à sa place et de la même façon j'aurais pensé comme elle, parce que c'était impossible de le concevoir autrement. Car si jamais elle y était parvenue, alors elle se serait heurté à une question : Pourquoi? Et à cela pas de réponses possibles, parce qu'effectivement, pourquoi, pourquoi elle, pourquoi un père ferait-il ça, pourquoi autant de malchance, pourquoi ce geste de défense fatale, pourquoi... C'était une spirale infernale qui détruisait plus qu'elle ne sauvait, alors, après tout, peut-être valait-il mieux la culpabilité que le reste...


- Ce n'est pas de ta faute, affirmai-je en la regardant. Tu sais bien qu'il y a des choses qu'on ne peut pas... Qu'on ne peut pas... Maîtriser. Et puis, tu ne lui as causé aucun tort. Et maintenant, c'est plutôt de sa faute à lui, conclus-je amèrement.

Si j'appréhendais de parler de Stephen, surtout après ça, je me sentis soulagée de voir qu'elle était compréhensive - comment avais-je pu en douter, d'ailleurs. J'étais rassurée de lui confier mes doutes, car j'en avais besoin. Stephen était trop imprévisible, imprenable, unique, pour qu'on le range dans une case, pour qu'on essaye de comprendre ce qu'il faisait et où il voulait en venir. Le savait-il lui-même? J'aimais à penser qu'il suivait une logique - la sienne, donc forcément étrange, mais une logique quand même - et qu'il y avait un sens à tout ça, une volonté d'avancer, maintenant qu'il m'avait invitée au bal et que finalement nous devenions un couple "comme les autres", ou un couple qui se montrait, au moins. Pour nous, c'était du jamais vu, et il était maintenant impossible de faire demi-tour. Mais si lui ne le voyait pas comme moi?...


- Ce n’est pas ma faute si on avait travaillé l’Imperium, il fallait bien que je m’entraîne sur quelqu’un… Je ris de bon cœur moi aussi, car même si c'était une blague elle en était tellement capable, étant donné la façon qu'elle avait de me protéger, que ça m'amusait de l'imaginer le faire. Eh bien, ça prouve bien que tu es plus que quelqu’un d’autre… Mais bon, moi ça, je le savais déjà !

Plus que quelqu'un d'autre... Est-ce qu'il était possible d'être "plus que quelqu'un d'autre" pour quelqu'un comme Stephen Fray? De la façon plutôt aléatoire et instinctive dont je comprenais son fonctionnement, il n'y avait que lui, et puis les autres, qui comptaient... Il y avait sa sœur aussi, quelque part dans l'équation, mais cela restait bien trouble. Quand pour moi il n'était pas compliqué de comprendre la place et l'importance que je réservais à mon frère, une brume opaque cachait les liens qui unissaient Candy et lui. Pourtant elle était là - j'avais l'impression qu'elle était toujours là, tapie dans l'ombre, et c'était d'ailleurs assez désagréable - et quand il m'avait été donné de croiser son regard, si mignonne soit-elle, j'avais toujours l'impression qu'elle me jaugeait et me sondait au plus profond de moi. Enfin, ce n'était qu'une impression, et j'imagine que c'était dû à mon côté sauvage et toujours sur la défensive, parce que quelques spécimen mis à part, je n'étais pas très familière avec l'espèce humaine.

Je serrai un peu plus la main de Ruby qu'elle avait glissé dans la mienne, et les yeux tournés vers la Tamise qui s'étalait devant nous et sous nos pieds, je m'en sentais un peu plus forte.


- Moi ?! Je lui tirai la langue en riant. Non, c’est pas que je l’aime pas… Il s’est rattrapé dernièrement disons.

Je ne pouvais pas m'empêcher de me sentir flattée et fière qu'elle prenne tant à cœur cette histoire et qu'elle cherche à me protéger avant tout, et j'aurais aimé lui dire, mais je n'étais pas assez douée pour dire ces choses-là. Et puis le feu d'artifice qui explosa dans le ciel noir coupa pour un tant notre discussion, et au milieu de ses cheveux, de ses câlins, de ses baisers, de nos cris et de nos rires, il n'y avait à vrai dire pas grand chose pour apporter une ombre au tableau. Le ciel était en proie à un véritable orage de couleurs chatoyantes, et les coups résonnaient, forts, les uns après les autres, illuminant Londres en fête, et moi aussi je me sentais invincible, là, avec elle, lui tenant la main, un sourire aux lèvres et le cœur palpitant et plein d'un soudain espoir de cette année qui naissait sous nos yeux. Parce qu'il y avait toujours quelque chose de beau et de neuf dans ces moments-là, l'espérance se faisait plus concrète au fur et à mesure que je m'en rendais compte... Les quelques feu d'artifice qui tombaient et mourraient dans l'eau n'avait rien de tristes, au contraire, ce n'était pas la lumière qui s'éteignait, c'était la nuit qui engloutissait tous nos troubles pour nous laisser l'opportunité de repartir d'un bon pied, plus légères qu'avant. Plus libres.

Installées le long de notre petit morceau de quai, à vrai dire, j'étais dans un état second, pas spécialement à cause de l'alcool ou de la cigarette, mais parce que ces instants-là étaient à nous et que voler du temps au temps était la meilleure chose qu'il nous était donnée de faire. Qui plus est, nous étions ensemble, que demander de mieux? Il m'en fallait peu pour être heureuse, je le savais parfaitement, du moment que ceux que j'aimais étaient là, avec moi.

Les résolutions, on en faisait ce qu'on en voulait, mais c'était toujours amusant de se poser la question, et de se dire que oui, on les tiendrait. L'important n'était peut-être pas de réussir à les tenir, mais d'en avoir la volonté.


- T’façon, je te laisserais jamais partir… Arrêter de faire des résolutions, des plans, des programmes… Arrêter de contrôler. Non ?

La chaleur de mon épaule contre la sienne parlait pour moi - du moins je l'espérais, mais oui, mille fois oui, tout mon être ne voulait qu'une chose : qu'elle ne me laisse jamais partir et qu'elle ne parte jamais non plus. C'était tout ce que je demandais. Pour le reste, sa voix était légère, comme d'habitude, mais dans l'obscurité je tournais la tête vers elle, nos visages n'étant qu'à quelques centimètres l'un de l'autre : ses yeux brillaient d'une lueur étrange, et je savais que malgré tout elle était sérieuse.

- Oui, confessai-je, parce qu'à trop contrôler... Peut-être que moi, je devrais contrôler un peu plus? fis-je sur un ton plus léger. Ce n'était pas un secret : aussi forte qu'était notre amitié, cela n'empêchait pas que nous étions opposées en beaucoup de points, en ce qui concernait le caractère, la façon d'être, d'agir et de penser. Mais justement, là était sans doute notre force : nous nous succédions et nous complétions comme la lune et le soleil, et à nous deux nous formions les jours et les nuits, n'était-ce pas là la plus belle image que nous pouvions donner? J'étais aussi brouillon qu'elle était précise et pointilleuse, aussi peu organisée qu'elle l'était en tous points. Mes affaires n'étaient jamais rangés, mes cours, mes devoirs, tout partait dans tous les sens. Tout comme Ruby avait du mal à ne pas faire régner un ordre maîtrisé dans tout ce qu'elle entreprenait, moi, tout ce que j'entreprenais obéissait à des règles aléatoires, désordonnées.

- J’aimerais bien travailler dans les potions… Bon par contre, te prendre comme associée ça serait un peu couler mon business alors… Justement, c'était bien la preuve : j'étais une catastrophe en Potions, je mélangeai tout, je n'étais pas concentrée, si bien que je me trompais dans les dosages, les tours, la puissance du feu. J'éclatai de rire à mon tour et pour la peine, me lançait dans une bataille de chatouilles, et comme j'avais un entraînement certain avec Conrad, je gagnais souvent - comme là : Stop, arrête, j’arrive plus à respirer ! capitula-t-elle. Je me réinstallai d’aplomb, sur le dos, sentant mes abdominaux mis à rude épreuve puisque nous n'arrêtions pas de rire. Plus tard… On vivra à côté, c’est clair. - j'étais en train d'inhaler un peu de fumée de ma cigarette, mais j’acquiesçai fortement - Tu seras la marraine de touuut mes enfants ! Toi, tu auras un mec qui sera fou de toi. Et de tes cheveux… Tu crois que je ferais une bonne maman ? Parce que… Voilà quoi…

Je ne pus m'empêcher d'avoir un petit rire qui servait à masquer ma gêne plus qu'autre chose - les compliments me laissaient toujours un peu mal à l'aise - et je ne pus m'empêcher, puisqu'elle parlait de mes cheveux, de penser à la façon dont Stephen les touchait, les regardait... Est-ce que ça serait lui? Il ne fallait pas que j'y pense.


- Toi aussi, il sera fou de toi, répondis-je avec vigueur, en me glissant un peu sur le côté pour m'appuyer sur mon coude, et lui faire face. Bien sûr : regarde comme tu es une bonne maman avec moi, la taquinai-je en souriant, et j'attrapai une mèche de ses cheveux pour l'enrouler autour de mon doigt.

Pensive, je réfléchissais à tout ça, et plus je tournais les questions dans ma tête, plus j'avais du mal à visualiser l'avenir. Parce qu'on ne savait rien, et qu'on avait beau faire des plans, il restait des plans sur la comète, et parfois je me demandais ce qui était le mieux pour nous... Imaginer ou s'en empêcher, pour éviter les déceptions, et pour laisser la place aux bonnes surprises?


- Dis, tu crois que c’est quoi, le but de la vie ? Être heureuse ?

Je fis la moue et haussai les épaules - seule réponse constructive que j'avais pour l'instant : je n'en savais rien. Parce que le bonheur allait et venait, jamais quand on s'y attendait, et ne durait pas bien longtemps, mais c'était aussi ce qui le définissait... Des moments courts et parfaits qu'on chérissait quand ils s'en étaient allés. Est-ce qu'on pouvait être heureux un jour, pour de vrai et pour de bon? J'avais trop de mauvais exemples pour y croire, bien qu'encore une fois, l'espoir tenait de me persuader du contraire...

- D'essayer d'être heureuse, j'imagine, répondis-je après réflexion, et c'était sans doute la réponse la plus pertinente que j'avais à donner. Quant à y parvenir... Ça dépendait de tout, des gens, du reste.

Je piquai un baiser sur la joue de ma meilleure amie avant d'attraper la bouteille dans ses mains et de boire une petite gorgée, pour le goût, puis de me recoucher tout contre elle. Mes jambe nues étaient en contact avec le sol froid et humide, et il ne faisait pas chaud, mais si je frissonnai un peu je n'avais pas froid, j'étais bien, et je ne voulais pas que ça change. La Tamise coulait à nos pieds, bien tranquillement, et dans la nuit on entendait encore et toujours les clameurs de la fête mais c'était comme si, sur notre rive, le temps s'était arrêté rien que pour nous. Nos discussions continuaient et j'avais la sensation vague mais bien réelle que nous n'étions pas seulement à l'aube d'un jour nouveau mais de quelque chose de nouveau, dans son ensemble, pour elle comme pour moi - et j'espérais de toutes mes forces que cette aube soit positive.


- On devrait rentrer, fis-je après un long moment. Conrad va commencer à s'inquiéter, le pauvre, dis-je avec un petit sourire. Je n'avais pas envie de lui gâcher sa soirée, même si je savais qu'ils nous faisaient confiance. A regrets, je commençai par me redresser et m'assoir, allumant une dernière cigarette, parce que même si je commençai à avoir trop fumer, j'aimais le geste et la sensation, plus que le goût. Même si je voudrais rester là pour toute la vie, ajoutai-je avec un sourire.

Ici j'étais bien, à l'abri, avec elle, comme toujours. Et même s'il nous fallait finalement, à un moment ou à un autre, briser notre bulle rien qu'à nous pour se jeter à nouveau dans la réalité, j'aimais à me dire que nous avions le choix, et que ces moments-là dureraient pour l'éternité...

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Like rebel diamonds. [Lizlor ♥]   Mar 5 Fév - 22:10

J’avais tant de besoin de Lizlor pour me dire qui j’étais, tant j’en étais incapable moi-même. Je savais que j’étais trop dure avec moi, et qu’elle était trop douce, alors je tentais de me dire que le tout se contrebalançait habilement. Ça avait été le cas, l’année dernière, mais à présent les choses étaient différentes –trop, pensais-je, amère. Je n’arrivais plus à me raccrocher à l’image que ma meilleure amie m’avait toujours renvoyé, à la force qu’elle m’insufflait et qui me donnait l’impression que je valais quelque chose. Malgré toute sa force, elle ne pouvait rien contre les rumeurs, contre ma rupture et mon propre mal-être. Oh, elle m’aidait, bien sûr qu’elle m’aidait. Parfois, je me demandais même si j’aurais encore eu goût à quoi que ce soit sans elle. Mais ça ne pouvait changer la manière dont je me voyais, car la voix de Woodley résonnait désormais constamment dans mon esprit et avait même remplacé mes cauchemars habituels –ou plutôt mes méditations nocturnes durant mes insomnies. J’entendais son venin me cracher la même rengaine, que c’était ma faute, et plus je retournais ce qu’elle m’avait dit sous toutes les coutures, plus je trouvais de la vérité derrière chacune de ses accusations qui tambourinaient dans tout mon être. Le plus dur sûrement était de le contenir pour moi et moi-seul, ayant franchi le seuil limite pour en parler à Lizlor sans la blesser pour lui avoir caché. Ce n’était pas une question de confiance, mais bien de peur, peur de sa réaction face une professeure contre laquelle elle ne pourrait rien, mais aussi face aux dégâts que cette soirée m’avait infligés. Je ne voulais pas revenir sur l’incident que j’avais revu, sur mon corps qui s’était fait baladé sur le carrelage froid contre les meubles, sur la douleur qui avait traversé tout mon épiderme mais surtout, cette phrase qui revenait encore et encore dès que je fermais les yeux.

« Tout est de votre faute. »


- Ce n'est pas de ta faute. Tout est de votre faute. Tout est de votre faute. Tout est de votre faute. Tout. Tout. Tu sais bien qu'il y a des choses qu'on ne peut pas... Qu'on ne peut pas... Maîtriser. Et puis, tu ne lui as causé aucun tort. Et maintenant, c'est plutôt de sa faute à lui.

J’entendais ce qu’elle me disait, mais ça glissait sur moi sans me pénétrer. Je n’osais rien répondre, de peur de lui faire de la peine car je savais qu’elle pensait vraiment ce qu’elle disait –mais elle avait tort. Enfin, elle avait bien raison de dire que tout n’était pas maîtrisable, je l’avais appris à mes dépends bien trop violemment à mon goût. Mais j’avais causé du tort à Hadrian, je n’étais pas blanche comme neige dans cette rupture. J’avais simplement été jalouse, lâche, peureuse. Je n’avais pas réussi à vaincre le passé que j’avais trop enfoui pour qu’il accepte sa place, et je m’en voulais d’être aussi impuissante face à lui. Je regardais Lizlor qui se reconstruisait doucement mais sûrement de la perte de son père, enviant son courage sans pouvoir réellement le jalouser –j’étais trop heureuse pour elle pour éprouver un quelconque sentiment négatif. Simplement, je m’en voulais de ne pas puiser dans cette force qui la brûlait pour m’en approprier un peu et m’en sortir aussi, au lieu de me laisser périr dans un coin. Encore une fois, je me trouvais faible, trop faible.

Mais je ne voulais pas y penser ce soir, pas quand j’étais avec elle. N’était-ce pas là finalement, la force que me donnait Liz ? Celle de pouvoir quelques moments de paix avec elle, loin de tous ce qui me tracassait ? Certes, ça ne pouvait jamais disparaitre mais avec elle, tout était plus léger. Je pouvais lui en parler, me confier si je le voulais, et si je n’osais elle comprenait d’un seul regard, me souriant doucement pour me réconforter silencieusement. Alors, entre les gorgées de vodka et le tabac qui se frayait un chemin entre mes lèvres, je me laissais bercer par la main de Lizlor qui tenait la mienne, comme seul repère dans la nuit zébrée de feu d’artifice. Je ne voulais pas que mon esprit serpente dans les souvenirs de l’année dernière, où j’avais passé mon nouvel an seule dans ma chambre et où pourtant, il m’avait semblé que j’étais bien plus heureuse qu’aujourd’hui, à un détail près. Il y a un an, je ne connais pas ma Gryffondor. Aussi étrange que ça l’était, je réalisais en y pensant que notre amitié avait été des plus fulgurante et que pourtant je ne l’avais jamais questionné, comme si ça me paraissait simplement logique qu’elle soit la chose que j’ai de plus précieuse aux yeux. Je me demandais régulièrement pourquoi personne ne l’avait vu avant moi, j’avais peur même que quelqu’un finisse par le réaliser mais j’avais fini par comprendre que rien ne pouvait s’immiscer entre nous deux. Lizlor était la seule chose dont je n’avais pas à douter.


- Oui, parce qu'à trop contrôler... J’hochais silencieusement la tête. Elle avait raison, nous étions toutes deux réalistes sur ce trait de caractère un peu trop envahissant que je possédais. Peut-être que moi, je devrais contrôler un peu plus?

Elle soulignait en riant notre différence, et je souriais en retour. Elle n’avait pas tort mais ça m’était, ou plutôt nous était, complétement égales. Peu importe nos différences, je n’avais jamais moins aimé Liz sous prétexte qu’elle ne rangeait pas son sac –oh, le bordel dans lequel il était ! Encore une fois, j’avais l’impression que ce n’était qu’une histoire de balancement et que véritablement, nous nous complétions. Nous avions des points communs certes, car qui se ressemblent s’assemblent, mais il me semblait que nos divergences nous rapprochaient presque. Vivre avec quelqu’un de trop ressemblant, et la relation devenait probablement stérile, surtout que je me détestais assez pour devoir supporter mon double. Réellement, Lizlor était le soleil et j’étais la lune, elle était le feu et j’étais la glace. Nous étions comme deux éléments complémentaires en chimie qui n’avaient de réaction que lorsqu’ils entraient en contact. Sans elle je n’étais rien, je n’étais que l’eau dormante autant qu’elle était le feu endormi. L’une sans l’autre, il n’y avait rien.

- Tu es juste parfaite… Soufflai-je comme seule réponse.

Je fermais les yeux après avoir laissé échapper ce murmure qui était bien plus qu’un commentaire sur sa manière de ranger sa chambre. Et je savais que Lizlor le comprendrait.


- Toi aussi, il sera fou de toi. Je rougis dans la nuit, laissant un sourire triste naître sur mes lèvre. Encore une fois je ne voulais pas lui faire de la peine, mais j’avais bien du mal à y croire. J’essayais de me dire que si Lizlor m’aimait, peut-être que quelqu’un d’autre le pourrait mais je ne pouvais m’empêcher de me faire remarquer à moi-même que j’étais mauvaise pour quelconque garçon qui m’approchait. Pourtant, j’avais tellement d’amour à donner, je le sentais malgré moi. J’avais l’impression d’être importante, utile à ma meilleure amie, et c’était un sentiment incroyable pour moi ce de se sentir aimer et aimante pour quelqu’un qui le méritait comme elle. J’aurais voulu pouvoir sentir à nouveau ce sentiment avec un garçon, pouvoir donner encore mais je savais qu’au fond les chances que l’on m’aime, réellement, étaient trop minimes pour me forger un espoir. Alors quoi, j’allais les attirer par mes yeux bleus et mon décolleté ? Ils allaient tenter de m’embrasser à la sortie d’un bar parce que j’avais trop bu et trop souri ? Ce n’était pas ce que je voulais… Bien sûr : regarde comme tu es une bonne maman avec moi.

Je me sentis sourire, un vrai sourire et je fermais les yeux en laissant mon cerveau vagabonder un instant parmi les souvenirs que j’avais construit avec ma meilleure amie et comme à chaque je me sentais heureuse en y repensant. Il y en avait tant en si peu de temps, et pourtant ce n’était pas encore assez pour moi car je crois que j’aurais pu passer ma vie entière à fumer des cigarettes en haut de notre tour en parlant de tout et de rien, mais surtout de tout, et de me sentir simplement bien à ses côtés. C’était ça ? Être heureuse ?

- D'essayer d'être heureuse, j'imagine.

Et là, avec elle, j’essayais et sûrement je réussissais, peut-être momentanément mais c’était déjà assez doux à vivre en cette période plutôt troublée. Je sentais mon sourire s’installer au fil des discussions, des bisous et des rires, la fumée de nos cigarettes s’entremêlant tout comme nos cheveux, tandis que nous buvions de temps à autre un peu de vodka. Je me sentais légère, non seulement de l’alcool, mais de cet instant précieux que je vivais. J’aurais voulu qu’il s’étire à tout jamais, parce que c’était ça à mes yeux la vraie magie : ce moment où il n’y avait plus rien que Lizlor et moi.

- On devrait rentrer. Conrad va commencer à s'inquiéter, le pauvre. Je jetais un coup d’œil à ma montre en grimaçant. Le temps passait toujours trop vite avec Liz… Même si je voudrais rester là pour toute la vie.

Elle s’était relevée et avait allumé une dernière cigarette. Doucement, je fis de même, appuyant ma tête contre son épaule en silence, admirant la Tamise qui coulait tranquillement, tout en écoutant les battements du cœur de Lizlor qui était imperceptibles mais présents dans ce silence. Au bout d’un instant, alors que nos cigarettes venaient de se terminer, je fermais les yeux un moment.

- On sera là toute notre vie… Je me sentis frissonner. Ces moments seront toujours là, ici et ailleurs. Ces berges auraient connus nos rires, nos mégots, nos voix. Et nous, nous aurions connues cette berge, gravée désormais dans notre mémoire. Ces moments appartiennent à l’éternité. Soufflai-je.

Il se passa un moment, que je ne pus définir comme long ou court, où nous ne dîmes rien. Puis, me relevant, je me tournais vers son regard enflammé en lui tendant la main, souriant.


- Prête ?

Pour ce soir, et pour le reste de nos vies.

THE END


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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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