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Nouvelle page [Phil]

 

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Ewan Campbell
Vendeur chez l'Apothicaire



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MessageSujet: Nouvelle page [Phil]   Ven 23 Nov - 18:19

La nuit tombait tôt à présent que l'hiver approchait et dans les rues de Pré-au-Lard tout le monde était emmitouflé dans son écharpe et sa capuche, ce qui me donnait l'impression, en plus en était planqué derrière une des crasseuses fenêtres de la Tête du Sanglier, qu'il n'y avait que des gens louches sillonnant les rues du village. Il avait plu toute la journée et elles étaient boueuses, mais d'un autre côté cela ne m'avait pas dérangé plus que ça puisque j'avais passé ma journée à déballer mes cartons et m'installer dans l'appartement, au coin de la rue passante, que j'avais loué. Deux pièces, une salle de bain, rien de bien luxueux, mais le loyer était relativement bas et il fallait absolument que je minimise mes dépenses. Je commençais lundi mon boulot chez l'apothicaire et j'avais déjà quelques contacts sur place pour... m'arranger pour arrondir mes fins de mois si je m'y prenais bien à la boutique, mais rien de plus. J'avais estimé mes dépenses et totalisé mes gains, et ce n'était certainement pas assez pour mes projets. Heureusement, le fait d'arriver dans une ville nouvelle et dans un environnement nouveau m'ouvrait un vaste champ de perspective. De toute manière, il n'y avait rien qui comptait plus. J'avais commandé un Pur-Feu avec deux glaçons, mais plus j'attendais plus je me faisais la réflexion que j'aurais dû prendre une boisson chaude, car le bar miteux était mal isolé et je sentais les courants d'air glacé venir d'au-dehors. Il n'était pas là mais cela ne m'étonnait pas : je le connaissais bien depuis le temps. J'étais en avance, et il savait parfois être en retard. Je n'étais pas pressé.

Je n'étais pas revenu ici depuis... Poudlard. Depuis presque huit années. Un bail. Cela ne m'avait pas vraiment manqué, j'y avais trop de souvenirs, toute mon enfance, toute notre enfance et notre adolescence étaient là, entre le château, le lac et le villa sorcier, et qu'est-ce que cela m'aurait apporté de m'y plonger pour ressasser tout ça, encore et encore? Je le faisais déjà assez. Je m'étais enfin barré du carcan familial, il était temps que le passé arrête de m'attirer vers le fond. Facile à dire...

C'était par hasard que j'avais appris que Phil travaillait ici maintenant. Je ne le voyais pas régulièrement, juste parce que... nous fréquentions parfois les mêmes milieux et que je l'avais d'ailleurs mieux connu en "travaillait" avec lui, même si nous nous connaissions de Poudlard. Ces dernières années j'avais été un ermite plus qu'autre chose, et il me semblait pouvoir affirmer avec certitudes qu'il se comptait parmi mes rares amis. Il avait un tempérament de leader, une personnalité qu'on remarquait et une présence assurée, et avec lui je trouvais un certain équilibre. Je n'étais pas pas particulièrement effacé ou timide mais je préférais le silence et la réflexion au reste, et j'avais toujours été un garçon plutôt clame et sûr de lui. Je laissais le soin à Jamie de s'énerver, avant. Il le faisait mieux que moi, parce que je perdais mes moyens quand je me mettais en colère, je ne contrôlais plus rien, et je disais et faisais des choses que je regrettais. Lui avait cette froideur d'esprit en toutes circonstances qui était préférable.

Dorénavant, j'évitais d'avoir besoin de m'énerver, puisqu'il n'était plus là. Du coup, je plantais très vite le décor, pour qu'il n'y ait pas de confusions possibles.

Derrière moi, trois hommes toujours emmitouflés dans leurs capes de sorciers discutaient, et ils ne parlaient pas très fort, ajouté au fait que je n'étais pas spécialement intéressé par leur conversation. Mais une expression m'échappa, à point nommé d'ailleurs, et j'eus un sourire amer. "Un regrettable accident". J'avais l'habitude que l'ironie se joue de moi, donc je n'en fus pas plus ébranlé que cela, mais encore une fois je maudis cette détestable association de mots : tous les accidents étaient regrettables, il fallait qu'on arrête avec les pléonasmes. Enfin. On ne change pas le fil des évènements, ça se saurait. Même les retourneurs de temps n'avaient pas ce pouvoir-là, et je savais de quoi je parlais, puisque j'avais remué ciel et terre pour tout essayer, en vain. Pendant que chez moi la vie continuait son cour, ma mère cuisinait toujours ses sempiternelles tartes à la citrouille et mon père se rendait à l'heure, réglé comme un coucou, tous les matins, à son travail, pour ne pas perdre la face, pour montrer que les Campbell n'étaient pas fragiles, et chacun devait faire comme si de rien n'était alors qu'un drame avait bouleversé nos petites existences et que rien ne serait comme avant, plus jamais, plus jamais... J'avais longuement réfléchi à cette période, et j'avais hésité à partir sans laisser d'adresse, mais j'avais toujours été trop faible sur ce plan-là. Mon père avait beau jouer le jeu à la perfection, il restait trop de temps silencieux à fumer la pipe dans son fauteuil devant la cheminée, ou trop distrait pendant les repas, pour que j'ai le courage de lui faire perdre un deuxième fils. Je les détestais de plus en plus pour leur absence de réaction, mais j'étais de plus en plus emprisonné dans la monotonie de notre si jolie petite famille, du moins, c'est ce que devaient croire les voisins. Nous habitions à côté d'Oxford dans une petite bourgade essentiellement sorcière et d'ailleurs protégée des Moldus par des charmes qui la rendait presque inlocalisable sur une carte moldue, mais c'était un trop petit monde. Tout le monde épiait tout le monde, encore plus quand on avait la chance d'avoir une mère présidente de presque tous les clubs et associations du village, qui se préoccupaient en tout et pour tout d'avoir le jardin le plus beau, la maison la mieux entretenue, la cuisine la plus fameuse, les tenues les plus belles. La classe bourgeoise vivait de ce genre de considérations, et manque de chance pour moi, j'y avais été plongé jusqu'au cou depuis que j'étais né.

Il avait fallu une catastrophe qui ruine ces familles-là pour que je comprenne qu'il était temps que je m'en détache. Et encore, mes origines me collaient à la peau comme une couche poisseuse sur mon épiderme. Phil me le rappelait parfois, il était moqueur et si je faisais mine que cela ne m'atteignait pas, je détestais ce genre de remarque. J'étais trop... On voyait que je n'avais jamais manqué de quoi que ce soit, ni d'une bonne éducation. Pourtant, Merlin savait que la vie ne m'avait pas fait de cadeaux.

Un comptable peu fiable avait été à l'origine de la laborieuse et longue chute de l'entreprise Campbell, une boîte d'édition de livres essentiellement consacrés à l'Histoire sorcière. Le raconter en détails aurait été long et peu intéressant, mais mon père avait fini par devoir quitter le pays pour raisons fiscales - donc pour un voyage d'affaires, s'était empressée de raconter ma mère à notre entourage - pour aller tenter de redresser l'affaire en Australie, chez un de ses partenaires. Et nos en étions là. Puisque je n'étais retenu par aucune obligations maintenant que je n'avais plus de travail aux éditions, j'avais enfin accompli le pas, j'avais pris mes affaires, cherché un boulot qui avait trait plus ou moins à ce que j'avais toujours adoré et ce à quoi j'étais le meilleur, les Potions, et trouvé un poste de vendeur et de conseiller chez un apothicaire à Pré-au-Lard.

Phil entra à ce moment-là et je lui fis signe, me levant pour lui serrer la main. Ça faisait quelques mois qu'on ne s'était pas vus, mais je ne le trouvai absolument pas changé. Je fis signe au barman par la même occasion mais il avait déjà repéré le nouvel arrivant, et je compris que puisque Phil habitait dans le coin, il devait avoir ses petites habitudes.


- Alors? Ça fait quoi de retourner à Poudlard? Est-ce que les élèves sont aussi chiants qu'on savait l'être?


J'eus un sourire, me remémorant mon dortoir à Serdaigle, les cours, les groupes d'élèves, les rumeurs, les histoires en tous genres, les bêtises, les devoirs... Cela me paraissait bien loin, maintenant.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: Nouvelle page [Phil]   Dim 25 Nov - 15:42

Pouah, ben je n’étais pas mécontent de m’être un pied hors du château. Je le faisais le plus souvent possible, même si c’était en solitaire parce que mieux vaut être seul que mal accompagné, c’était un adage qui transpirait, non seulement de vérité, mais qui en plus me collait les basques comme un vieux chewing-gum moldu qui se serait accroché à la semelle après avoir passé tout une après-midi à fondre sur le bitume au soleil à cause d’un imbécile qui était pas capable de trouver un bout de papier ou une poubelle pour s’en débarrasser. Dans ces moments-là, heureusement que la magie c’était bien pratique…

Surtout que la journée avait été bien chiante, mais alors super chiante même parce que les élèves avaient décidés d’être plus cons les uns que les autres à faire que des conneries comme faire aller exploser contre le plafond le bocal qu’ils étaient censés, je dis bien censés, transformer en marmite, et en plus Meryl Kelsey qui était plutôt cool et sympa d’habitude, s’était levée du mauvais pied ce matin, elle avait tiré la gueule à chaque heure de cours, ça avait plus ou moins chauffé parce qu’elle m’avait reproché à un moment de rester mon cul vissé sur la chaise au lieu d’aller aider les gamins, mais merci, ils avaient pas besoin de moi pour lancer des récurvites et réparer leur conneries, ils pouvaient le faire tout seul, j’avais pas demandé à être là je lui rappelle ! Mais j’avais dû m’exécuter, je crois même qu’à un moment si elle avait pu, elle m’aurait moi aussi foutu des heures de colles, comme elle n’avait pas arrêté d’en distribuer à tout va jusqu’à la dernière minute…

Et puis Pré-au-Lard c’était à peu près le seul endroit où j’avais le droit d’aller, alors merci bien, j’avais pas envie de me transformer en vieux chnok tout de suite en restant cloitré dans ma pauvre chambre de Poudlard que je trouvais vachement moins confortable que les lit à baldaquins de la salle commune de Serpentard que j’avais toujours trouvé moches, ben comme quoi… Mais ce soir, c’était pour une raison bien précise que j’avais prévu de me rendre à la Tête de Sanglier, qui était en quelque sorte le repère du village quand on voulait faire ses petites affaires tranquilles parce que de toute façon, il y avait tellement des gens bizarres, qui sentaient la transpiration et qui étaient louches, qu’une personne de plus, une personne de moins… Surtout que la plupart du temps, ils étaient tellement bourrés qu’il n’y avait pas plus mauvais témoin dans le genre, je sais pas aligner un mot devant l’autre et je finis par me dégueuler dessus. J’étais connaisseur, même si je ne pratiquais pas ou alors quand on avait vraiment quelque chose à fêter.

Ça me faisait toujours sourire de repenser aux circonstances pour lesquelles il s’était retrouvé dans le milieu. Une chose était certaine, ça n’avait jamais rien d’un hasard, mais bon, c’était pas le genre de mec qu’on prédestinait à finir là-dedans, même s’il n’y avait rien de honteux à cela : je n’avais jamais eu honte dans mon cas en tout cas, parce que ça c’était fait plus ou moins normalement, déjà à Poudlard, je faisais des petites expérimentations, mais sur mon propre balai, et puis ma mère avait disparu du jour au lendemain, cette pauvre conne en nous laissant tous les deux avec mon père qui croyait que ça allait vraiment l’aider de mélanger ses médocs avec l’alcool et qu’au lieu de le soigner ça le faisait déprimer et dérailler encore plus. Du coup, il avait bien fallut trouver un moyen de s’en sortir parce que je pouvais plus compter sur lui, et alors au lieu de faire des études merdiques qui duraient trois plombes alors que j’avais qu’une envie c’était celle de me casser de Poudlard et de faire ma vie, autant faire son propre business sans rien demander à personne et puis ça avait marché, parce que même si bien sûr c’était secret défense, des personnes importantes venaient eux aussi me demander des petites amélioration sur un vieux Comète que je pouvais transformer avec un ou deux petits gadgets pour leur petit fils. Je gagnais beaucoup plus en quelques que quelqu’un qui avait péniblement réussi à avoir un job au ministère mais qui n’était payé que tous les mois avec trois pauvres gallions que se battaient en duel.

Avec Ewan aussi c’était presque normal qu’on se retrouve là ce soir. J’accélérai le pas parce que je n’étais pas spécialement en avance, mais pas en retard non… ah, en fait si. En même temps on fréquentait le même terrain de Quidditch à l’école même s’il était de deux ans mon aîné, et puis comme certains de mes potes étaient au courant que je pouvais faire des trucs sympas pour faire aller leur balai un tantinet plus vite, sans que ça se remarque trop non plus pour pas se faire choper, on avait fini par en parler un jour, parce que comme il s’agissait avant tout de rendre service, personne n’allait me dénoncer, donc je ne m’inquiétais pas trop pour ça. C’était là que je lui avais dit que si un jour il avait besoin… parce que c’était à ce moment-là que parallèlement j’avais pensé à me reconvertir pour de bon dans le domaine en commençant ma petite entreprise dans ma chambre pourave quand j’étais à la maison parce que mon père laissait tout à l’abandon ou presque parce que le frigo était toujours chargé d’hydromel. C’était après Poudlard qu’on était devenu véritablement proches, je lui avais donné quelques tuyaux… on était pas doués pour les mêmes choses, mais je savais à qui m’adressé si jamais j’avais besoin d’ingrédients pour les potions ou autre…

Je le repérai tout de suite, parce que ce qu’il y avait de pratique, c’était qu’il s’installait dans les bars exactement à la table où j’aurais choisi de me mettre. Retrouver une vieille connaissance était toujours sympa, mais un peu étrange : j’avais en face la même personne que j’avais vu la dernière fois et je me dis que ça faisait un moment quand même, mais ce n’était pas pour rien en même temps puisque j’avais été dans le tourmente entre temps. Il avait juste les traits un peu plus tirés, mais sinon c’était bien Ewan.

- Alors? Ça fait quoi de retourner à Poudlard? Est-ce que les élèves sont aussi chiants qu'on savait l'être?

J’étendis mes jambes devant moi, sous la table pour me mettre à l’aise et eut un geste de la main pour demander un Whisky Pur feu. Déjà qu’en pleine journée il faisait sombre dans la taverne, là avec les pauvres lumières qui illuminaient l’endroit, c’était pire que tout. J’eus un rictus moqueur à son évocation.

- J’ai failli y laisser ma main aujourd’hui, rien d’bien méchant… parce que lorsque le récipient en verre avec éclaté, tous les éclats avaient volé dans tous les sens et j’avais été coupé du pouce jusqu’au poignet, mais Pomfresh avait eu vite fait d’arranger ça. Mais j’aimais bien en faire des tonnes, surtout qu’Ewan savait nuancer mes propos, depuis le temps. Sinon, c’est exactement pareil, les privilèges et l’autorité en plus. Ça c’est cool.

Mon sourire s’agrandit, parce que ce n’était un secret pour personne, j’aimais bien commander et je m’en étais donné à cœur joie, surtout avec les gosses qui faisaient chier et qui avaient une tête de con. Et y’en avait pas mal. Et puis aller à la Réserve quand on voulait pour piocher dans des livres qui étaient de véritables mines d’informations… je n’avais pas perdu de temps. J’attendis que la barman me dépose la boisson et reparte avant de me tendre un peu plus dans une allure un peu moins décontractée et de me redresser un peu, parce que j’aimais quand les choses se faisaient vites et sans anicroches. Les vieilles habitudes du boulot. Je passai une main dans ma poche pour en ressortir un bout de parchemin, il y avait un nom dessus mais je l’avais plié en deux et je le fis glisser sur la table, vers Ewan, l’index et le majeur appuyé dessus.

- Ce mec, dis-je en parlant bien entendu du nom transcrit sur la feuille, vient tous les lundi soir. Il s’installe toujours à la troisième table, à droite de la nôtre. Je n’avais pas bougé d’un cil et fixait Ewan comme si on parlait de la pluie et du beau temps. Je lui ai dit que t’avais besoin d’un coup de pouce.

J’avais encore d’autres infos à lui donner puisqu’il m’en avait demandé plusieurs et que j’avais toujours réponse à tout. Mais d’abord, je me désaltérai et avalai une gorgée du whisky.

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Ewan Campbell
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MessageSujet: Re: Nouvelle page [Phil]   Mer 5 Déc - 14:43

Phil évoluait de manière exponentielle : il ne changeait en apparence ou pas, ou bien gagnait juste en maturité comme il était normal à nos âges, mais quand on le connaissait, ce changement était bien plus frappant. Il avait toujours été une forte personnalité, depuis que je le connaissais (le Quidditch nous avait rapproché, car sinon, nos âges et nos maisons nous différenciaient trop pour que nous soyons meilleurs amis d'école), mais ses traits de caractère s'accroissaient de manière frappante au fil des années. Il était d'avantage plus sûr de lui, plus vif d'esprit, plus entreprenant et plus rusé à chaque fois que je le voyais. J'ignorais s'il savait que je le remarquais. Mais en tout cas, j'étais content pour lui : je ne m'inquiétais pas à son sujet. Des bribes que je connaissais de sa vie, elle n'avait pas été toujours rose, mais il s'en dépêtrait avec la force d'un Viking et la volonté d'un conquérant. Je crois que c'était cela que j'aimais tout particulièrement chez lui, il était quelqu'un de sûr au fond, même si pour la majorité des personnes sûr n'aurait pas été un qualificatif. Parce qu'il était un voyou, il magouillait, et que dans l'esprit des gens, et encore plus des gens de ma société, c'était le signe de quelqu'un de mauvais. Je riais jaune en imaginait inviter Phil chez moi, chez mes parents ; d'ailleurs quand je l'avais rencontré nous en avions beaucoup ri avec Jamie. Tous nos amis avaient quelque chose de Phil, tous nos amis n'avaient rien à voir avec nous, et nous nous gardions bien de les inviter. Je voyais déjà ma mère s'étouffer avec sa part de tarte à la citrouille (du jardin, bien évidemment) et mon père tousser derrière sa pipe, ne disant rien mais n'en pensant pas moins. Qu'est-ce que j'étais heureux de m'être enfin tiré du carcan de leur éducation...

C'était sans doute pour cela que j'avais gardé contact avec Phil, parmi d'autres, et que ce contact était facile des deux côtés. Je ne marchais pas sur ses plates-bandes et il ne marchait pas sur la mienne, nous n'avions rien en commun mais nous entendions quand même sur certains plans, et c'était ce qui garantissait un certain équilibre. Je connaissais trop mon ami pour savoir qu'il n'aurait pas apprécié que je me livre à un combat de coqs avec lui, et cela n'avait d'ailleurs jamais été mon intention. Je ne savais pas tout non plus de son existence puisque nous ne voyons pas tout le temps, surtout depuis que j'étais retourné à Oxford, mais je lui écrivais des lettres de temps en temps et lui aussi, nous gardions contact, quoi. Mon pauvre hibou se faisait vieux, d'ailleurs, il faut dire qu'il n'avait pas eu une existence facile avec Jamie et moi depuis qu'on était gosses, mais il m'était fidèle et je lui étais tout autant. Il avait commencé à perdre ses plumes et son pelage gris-blanc s'était terni, et ma mère avait déclaré qu'il fallait absolument le remplacer. Je m'étais insurgé. Le remplacer. Elle le voulait uniquement parce qu'il faisait "sale" et qu'elle ne voulait pas qu'on puisse dire "le hibou des Campbell" a mauvaise mine, et je lui avais interdit de toucher à mon hibou. Elle en avait acheté un autre, un magnifique grand-duc idiot comme un veracrasse retardé, et je ne lui avais jamais confié une seule lettre.

Quand Phil s'installa, je jugeai qu'il avait l'air bien portant et en bonne soirée et l’accueillis avec un grand sourire, puis levai mon verre à sa santé. Je resserrais ma veste au passage - l'air était toujours aussi glacial par moments.


- J’ai failli y laisser ma main aujourd’hui, rien d’bien méchant… Sinon, c’est exactement pareil, les privilèges et l’autorité en plus. Ça c’est cool.


Je lui lançais un regard amusé qui montrait combien je me doutais que sa main n'avait pas plus frôlé la mort que j'allais être nommé Ministre de la Magie, mais en même temps je souriais et je me sentais... bien. La bonne humeur de Phil, inaltérable le plus souvent, m'était toujours communicative et c'était comme si il avait le don de chasser mes idées noires, à chaque fois. Je l'oubliais, parce que je ne le voyais pas assez, mais cela me frappait à chaque fois que je passais du temps avec lui, même si c'était uniquement pour parler business. Phil avait cette clarté d'esprit et cette suite dans les idées qui me mettait d'aplomb quand j'étais avec lui, et me faisait du bien. J'oubliais presque Jamie pour quelques temps, j'oubliais presque le poids de ma famille, j'oubliais presque tous les questionnements de mon existence, et surtout, ma tâche à mener. Tâche pour laquelle il me fallait... de l'argent.

- Je me doute que tu dois bien en profiter, m'esclaffai-je, et je m'imaginais en faire de même : être à Poudlard mais être le maître sur les élèves, il devait y avoir quelque chose de franchement amusant. Est-ce qu'au moins il y a des élèves... intelligentes? Et par cela il savait très bien que j'entendais physiquement intelligentes, nous aimions les jolies filles, inutiles de le cacher.

Je bus une nouvelle gorgée à mon whisky, faisait tourner le verre entre mes mains, mélangeant le fond du liquide, qui contenait une petite couche de poussière brune en son fond - mauvais whisky, mauvaise cuvée, notai-je pour moi-même, mais je ne m'attendais à rien de la part de la Tête de Sanglier.


- Et tes problèmes, ça s'arrange?

J'avais baissé la voix, évidemment, même si à part les trois sorciers de tout à l'heure pas loin de nous qui étaient en pleine discussion, et un couple un peu plus loin, plus le barman, nous n'étions pas très nombreux, et je ne voyais personne qui tendait l'oreille pour nous écouter. Ce n'était pas non plus du secret d'état maie je ne voulais pas non plus l'étaler au grand jour. Phil et ses... petites manigances avaient été quelque peu mises à mal, et si je n'avais pas suivi toute l'histoire en détail, je savais qu'il devait faire gaffe à présent, et qu'il était à Poudlard pour une sorte de travaux généraux. Il ne s'en tirait pas si mal, mais quand même. Et je me demandais si ses affaires continuaient ou...


- Ce mec vient tous les lundi soir. Il s’installe toujours à la troisième table, à droite de la nôtre. Je lui ai dit que t’avais besoin d’un coup de pouce.

Il venait de me glisser un papier sur la table, et je m'en emparai doucement quand il eut terminé, jetant un oeil au nom avant de le mettre bien à l'abri dans ma poche intérieure. Je souriais d'un air entendu. Comment avais-je pu imaginer un seul instant que Phil Prescott ait mis un terme à ses petites affaires.

- Parfait. Je commence justement lundi mon boulot chez l'apothicaire... Mon appart' est pas mal, il faudra que tu y passes un de ces jours, il est au coin de la rue, expliquai-je. En réalité je pensais déjà à la suite : je commençais lundi, donc dès la fin de la semaine j'allais être au courant de comment fonctionnait le magasin, la réserve, les horaires des boutiquiers, les coins à angle mort, etc etc. Si Phil connaissait tout particulièrement les balais, moi, c'était les Potions et leurs ingrédients, et je construisais petit à petit mes économies avec de la vente, au noir bien évidemment, et clandestine, d'ingrédients en tous genres. C'était un marché très prometteur, contre toutes attentes : certains ingrédients étaient ridiculement hors de prix dans les magasins, et d'autres étaient plus ou moins introuvables. Il fallait juste savoir bien chercher, évidemment. Merci pour le tuyau, le remerciai-je.

Il était inutile de lui préciser que je lui revaudrais le coup : depuis que nous nous connaissions nous avions l'habitude de nous rendre l'un l'autre des services, et il savait très bien qu'il pouvait compter sur moi pour quoi que ce soit. Je le savais aussi. Et c'était aussi pour ça que je lui avais donné rendez-vous, en plus de l'envie de le revoir : j'avais encore un service à lui demander, et puisqu'il était sur place, je savais qu'il était le plus à même de m'aider.


- Comme je t'ai dit, avec les affaires de mon père, tout ça... J'ai besoin de me faire de l'argent. L'apothicaire est bien sympa, mais il paye une misère. Bon... Bon, ça me donnait l'occasion d'avoir un pied dans les Potions et ça m'aidait pour trafiquer, mais même. Ce n'était pas non plus le jackpot. Tu n'aurais pas entendu parler de quelqu'un qui cherche un extra, pour le week-end? Dans un bar, n'importe quoi?

Je n'allais plus avoir de vie, mais qu'importe. Pour celle que j'avais...

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Dernière édition par Ewan Campbell le Dim 9 Déc - 22:30, édité 2 fois
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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: Nouvelle page [Phil]   Ven 7 Déc - 18:35

A Poudlard, nos différences avaient toujours été frappantes : nos deux styles radicalement opposés en étaient la cause, lui de par son air de bonne famille toujours sapé de manière ultra clean, et alors ne parlons pas de l’uniforme. Un uniforme c’est un uniforme, on a tous les mêmes, bien que parfois certaines filles s’amusaient à customiser les leurs pour avoir l’air plus originales et attirer plus de garçons aussi, mais Ewan, qui n’avait pourtant jamais bien fait de spécial au sien le portait d’une façon différente de tout le monde, limite s’il brillait pas quand il était dedans ! A côté, j’avais tout à coup l’air bien pâlichon, en même temps, je n’avais un peu rien à voir, et puis cette prestance qu’il arborait au naturel sans même faire gaffe, ça aurait plus été une épine dans le pied qu’autre chose. Je le taquinais souvent à propos de ça avant, mais est-ce que je pouvais encore en faire de même aujourd’hui ? – je lui jetai un regard plus discret nos statuts d’origine étaient loin d’être aussi flagrants qu’avant…

Les comparaisons, concernant notre jeunesse, ne s’arrêtaient pourtant pas là, dans le comportement aussi il y avait de quoi faire. Par exemple, j’avais toujours été un peu en décalage avec les autres élèves de ma maison qui déjà à l’époque prônaient haut et fort les idées de Salazar Serpentard, comme si la seule idée de pavaner allaient leur suffire à répondre aux valeurs de leur maison et ces gens-là étaient tous plus chiants les uns que les autres, préféraient rester entre eux comme s’ils avaient peurs d’être contaminés et n’hésitaient pas à faire des coups bas sans raison parce qu’il y avait une gueule qui ne leur revenait pas. Je n’en étais pas moins fier des couleurs que je portais, mais ils n’arrêtaient pas de les ternir – moi aussi je pouvais aller très loin dans ces cas-là, je n’étais pas du genre à rester les bras croisés sans rien faire à attendre et si je n’avais jamais eu de doute quant à mon appartenance tout à fait légitime chez les Serpentard, ça ne m’avait jamais empêché de rester avec les autres maisons. En plus, c’était typiquement le genre de trucs qui foutait ma mère en rogne, alors forcément, elle qui par contre revendiquait ses foutaises à la con comme si ça allait faire d’elle une bonne femme plus intelligente parce qu’elle aussi avait été chez les verts et argent, j’avais dès lors encore plus mis un point d’honneur à ne pas tomber dans le cliché du type hargneux qui a trop peur de la différence pour bien vouloir s’y confronter.

- Je me doute que tu dois bien en profiter. Est-ce qu'au moins il y a des élèves... intelligentes?


Nos intérêts pour certaines choses étaient néanmoins communs, encore plus là-dessus – les filles étaient chiantes à mourir et tout ce que vous voulez, mais mis à part ça, il y avait largement de quoi se rincer l’œil à Poudlard, à partir de la cinquième année, elles devenaient de plus en plus mignonnes, je n’allais pas dire le contraire, même si la plupart étaient encore bien trop immatures pour que je puisse les supporter, alors que je me contentais de les observer de loin pour ne pas avoir à écouter leurs jérémiades, et de fil en aiguille j’en arrivais le plus normalement du monde à penser à Heather – et oui, elle aussi en était une ! Je me demandais ce qu’elle aurait pensé, si elle m’avait trouvé ici en compagnie l’un de mes anciens amis. Je pariais tous les Eclair de Feu qu’elle aurait trouvé ça cool de pouvoir se rendre dans un bar pas trop fréquentable, mais que pour rien au monde elle n’aurait voulu l’admettre, un peu dans la même façon qu’elle s’était comportée à Little Hangletton.

- Ouais, mais ça ne les empêche pas de me demander de l’aide quand même… c’est vrai, maintenant que j’y pensais à tous les cours il y en avait systématiquement deux ou trois qui réclamaient mes services.

Rien à voir avec Heather qui elle préférait faire cavalière seule. Puisque Madame était si intelligente ! C’était fort, même quand elle n’était pas là elle parvenait à m’agacer autant que la couleur de ses tâches de rousseurs me fascinaient, décidément, je ne savais pas trop quoi penser d’elle…

Surtout que je n’étais pas là pour ça. Je focalisais de nouveau toute mon attention sur Ewan. Nous avions pleins de choses à régler avant, les futilités passeraient après.

- Et tes problèmes, ça s'arrange?

Evidemment, même chez les sorciers, il y avait plusieurs mondes. Et puisque j’étais connu dans celui dans lequel je faisais partie, mes soucis avaient fait le tour et tout le monde avait su que je m’étais fait avoir, l’info se répandant comme une traînée de poudre. C’était un peu chiant d’ailleurs, j’étais bloqué à Poudlard alors que j’aurais dû être sur le terrain, la clientèle allait se chercher un autre fournisseur même si j’étais le seul normalement, ça avait éveillé chez certains l’envie de faire pareil, de moins bonne qualité cela va sans dire, mais ça allait vraiment faire de la mauvaise pub et un gros courant d’air dans mes affaires…

- On fait comme on peut, les chaînes du magenmagot me rappelaient toujours à l’ordre quand je tirais un peu trop fort sur la corde. Pour l’instant, j’attends que ça se tasse, lui expliquai-je brièvement sans entrer dans les détails, parce qu’il était assez malin pour en comprendre les subtilités et que c’était loin d’être facile. Mais tu sais bien qu’ils ne peuvent pas tout contrôler…

Ils avaient pensé qu’en me collant à Poudlard, j’avais les mains liées et pourtant, même dans un terrain aussi restreint que celui-ci, il y avait de quoi faire, et j’en trouvais progressivement mes marques, aussi grâce aux nombreux contacts que j’avais gardé même si je savais que mes hiboux étaient sans cesse interceptés alors je ne pouvais pas écrire n’importe quoi dans mes lettres – c’était marrant ils pensaient vraiment que j’étais assez con pour me trahir aussi bêtement. Donc soit on parlait en langage codé dans des écrits tout ce qu’il y a de plus banal en apparence, mais des moyens de se contacter, il y en avait des tonnes… Et à ce propos, j’avais justement tout ce qu’Ewan cherchait…

- Parfait. Je commence justement lundi mon boulot chez l'apothicaire... Mon appart' est pas mal, il faudra que tu y passes un de ces jours, il est au coin de la rue. Merci pour le tuyau.


Qu’est-ce que je n’aurais pas donné pour évoluer en toute liberté et d’avoir mon petit chez moi où je n’avais de comptes à rendre à personne – mais non, j’avais une chambre pourrie au château parce qu’il fallait bien dormir et l’autre nuit il y avait même eu un fantôme qui était venu me faire un brin de causette genre la chose la plus normale du monde de s’introduire comme ça chez les gens. C’est qu’il y avait de l’ambiance ! – Ironie ici.

- T’inquiète pas, je manquerai pas de m’inviter.. ! Il pouvait compter là-dessus ! Je bus une nouvelle gorgée de mon whisky en me réjouissant d’avance de me dire qu’il n’y avait pas mieux comme planque pour fuir les salles de classe.

Même si nous voir ensemble était risqué et nous le savions tous les deux. Ewan avait une bonne couverture donc personne ne le soupçonnais de quoi que ce soit, mais comme j’étais surveillé de près, je ne pouvais pas me permettre n’importe quoi non plus – et comme je ne comptais pas nous faire tomber ni l’un ni l’autre, j’allais prendre le plus de précautions possibles. Heureusement que les visites après une certaine heure au village étaient interdites aux élèves et qu’ils préféraient tous le Bar des Trois Balais à la Tête de sanglier, parce que l’un d’entre eux me trouve ici aurait paru plus suspect qu’autre chose…

- Comme je t'ai dit, avec les affaires de mon père, tout ça... J'ai besoin de me faire de l'argent. L'apothicaire est bien sympa, mais il paye une misère. Bon... Tu n'aurais pas entendu parler de quelqu'un qui cherche un extra, pour le week-end? Dans un bar, n'importe quoi?


Je hochai la tête. Avant de la baisser légèrement, surtout pour masquer le sourire, déjà naissant sur mes lèvres.

- Ici, à Pré-au-Lard ? C’était le plus pratique parce que s’il fallait jongler entre ici en Londres même si en transplanant ça arrangeait bien, c’était pas top. Ouais, j’ai entendu dire que chez Mme Pieddodu, ils avaient besoin d’un mec… je le jaugeai du regard. Tu corresponds parfaitement au profil en plus. C’était le café des amoureux, fallait pas que les serveurs aient un œil à la place du nez ! Tu vas voir la tenue de service, elle est d’en-fer !

Un espèce de truc rose – même pour les mecs oui oui, en même temps tous ceux qui bossaient là-bas avaient fait leur coming-out c’était obligé ! J’avais rien contre eux, mais voilà, c’était pour dire que c’était pas le symbole de la virilité. Peut-être que ça allait inspirer Ewan qui sait… Et en plus le costume puait la barbe à papa, enfin il paraît parce que j’avais discuté justement il y a quelques jours avec un type qui m’avait mis au courant de l’info – vous croyiez vraiment que j’avais
un jour, foutu un pied là-dedans ?! Rien qu’à regarder la devanture, il y avait de quoi laisser son déjeuner sur le seul de la porte. Les bras croisés, je gardais quelques instants de plus mon sérieux, avant d’éclater de rire.

- Tu pourras t’épargner cette peine, t’es déjà au bon endroit. Ça fait des semaines que le proprio cherche quelqu’un pour faire tout le sale boulot à sa place ici… j’eus un mouvement du menton pour désigner le comptoir qui se trouvait dans mon dos. Il avait viré un des barmans pour une obscure raison et l’autre qui restait avait une gueule de poivrot donc on imaginait facilement qu’il passait plus son temps à picoler lui aussi qu’à servir ses clients tout aussi amochés… Du coup il se démerdait à moitié tout seul, le gérant, et puis vu la réputation de son bar, forcément personne n’avait vraiment envie de postuler dans ‘’le repaire à fripouilles’’. Il sait aussi rendre service pour peu que tu lui files un coup de main, tu vois ce que je veux dire… murmurai-je plus bas.

Lui aussi magouillait tout le monde le savait. Ce que je voulais dire par là, c’était que si Ewan mettait ses talents à contribution au service de son futur patron, il s’assurait d’avance d’avoir des petites primes de temps en temps, et connaissant mon ami, il n’était pas du genre à laisser passer pareille occasion.

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Ewan Campbell
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MessageSujet: Re: Nouvelle page [Phil]   Lun 10 Déc - 17:49

Même quand je l'imaginais, j'entendais son accent à couper au couteau. J'aurais été bien incapable de l'imiter, il était tellement lointain du mien, de mon bon vieil accent d'Oxford qui me donnait l'air d'un lord, et je n'étais vraiment pas douer pour imiter les gens. C'était Jamie qui avait toujours eu ce talent-là et il s'en servait à bon escient puisqu'il savait me faire rire en toutes circonstances, en particulier quand j'étais énervé contre lui. Cela m'arrivait relativement souvent et le plus agaçant dans l'histoire était que lui ne se mettait jamais en colère contre moi, et je détestais cette façon qu'il avait de mettre en avant que nous n'étions qu'un, que nous ne pouvions pas être l'un contre l'autre. Certes nous étions jumeaux mais nos âmes étaient distinctes, j'avais la mienne et lui la sienne... Mais cela m'avait été impossible de lui dire clairement, tant je savais que le fait que je pense cela lui aurait brisé le cœur. On disait souvent qu'il y avait toujours un des jumeaux plus "attaché" à l'autre, mais je préférais tourner cela autrement : qu'il y en avait toujours un de plus indépendant. J'étais attaché à Jamie plus que n'importe qui au monde et je détestais pouvoir imaginer que je ne l'étais pas assez. Le problème n'était pas là, il siégeait dans notre manière d'être - et c'était bien la preuve que nous étions différents, un petit peu - parce que si chacun de mes jours, je les avais passés à ses côtés, il m'arrivait de ne pas être du même avis que lui, il m'arrivait de vouloir autre choses que ce dont il avait envie, il m'arrivait de penser au futur, à quand nous serions des adultes. Comment serait-ce alors? J'avais toujours un poids sur les épaules quand je m'imaginais ne plus habiter avec Jamie, ne plus le savoir près de moi, à portée de main, et je ne savais pas distinctement pour qui je me sentais le plus mal... Pour lui ou pour moi? Est-ce que nous pouvions surmonter cela?

L'ironie du sort en avait voulu autrement ; à présent, ces interrogations étaient bien loin derrière moi, rangées dans des compartiments de mon esprit que je n'aurais plus jamais à ouvrir, et c'était tout aussi bien comme cela. J'avais au moins appris une chose utile de mon éducation si brillante et si parfaite : que plus les choses étaient organisées plus elles étaient simples à gérer, alors je tentais de gérer mes souvenirs et mes émotions de la même manière, je les triais, je les classais, je les rangeais, et ils s'accumulaient.

Et puis j'avais d'autres choses en tête, j'avais l'importante tâche qui m'attendait et j'en étais à peine au début, puisque mon travail à Pré-au-Lard commençait lundi, j'avais tout mon petit business à monter, et un petit travail en plus à trouver pour arrondir mes fins de mois, dans l'espoir d'avoir de quoi partir avant pas trop longtemps. Phil avait toujours eu le don de me changer les idées et c'était ce qui se produisait en cet instant. Je rangeai mes souvenirs bien à l'abri et me laissai prendre par ce qu'il racontait de Poudlard - j'avais l'impression que notre temps d'écolier était à la fois proche et lointain, que c'était hier mais que nous avions tant évolué depuis que ces jours avaient valeurs de millénaires.


- Ouais, mais ça ne les empêche pas de me demander de l’aide quand même…

Je l'imaginais, fidèle à lui-même, pavaner sans en avoir l'air, jouer de sa prestance si naturelle, et j'étais certain qu'il y avait bien plus de filles qu'il ne croyait qui aimait tout particulièrement le nouvel assistant de Métamorphose, parce qu'il était ténébreux et mystérieux : c'était toujours ce qu'on disait de lui, depuis le début. Il y avait au moins une chose dont je pouvais être sûr : je n'étais certainement pas ténébreux avec mes cheveux blonds, et mystérieux eh bien, je n'en savais trop rien, mais c'était amusant parce que depuis que l'on se connaissait, avec Phil, nous avions toujours attiré des genres de filles plutôt différentes. Comme si il y avait une certaine loi de l'attraction. Peut-être, après tout, mais je ne m'était jamais vraiment penché sur le sujet, et comme trouver une fille avec qui partager mes jours (ou mes nuits) n'était pas du tout dans la liste des mes objectifs les plus importants, ce sujet me paraissait vraiment secondaire.

- N'abuse quand même pas trop des cours particuliers, ça serait louche, dis-je avec un petit sourire au coin des lèvres. Je bus une nouvelle gorgée : l'ambre du whisky était terne et son goût était fade. Je buvais peu mais j'appréciais particulièrement un bon whisky, et mes origines écossaises étaient formidablement scandalisées par ce whisky de fond de tonneau.

Mais mon attention fut reportée sur Phil, car je me demandais avec intérêt comment il se dépatouillait de ce qui lui était tombé sur le coin de la figure...


- On fait comme on peut. Pour l’instant, j’attends que ça se tasse. Mais tu sais bien qu’ils ne peuvent pas tout contrôler…

Je levai un sourcil intéressé. Évidemment, Phil était malin, et ce qu'espérait le Magenmagot relevait un peu de l'impossible à moins qu'ils mettent quelqu'un au train de Phil 24h/24. Je le croyais volontiers, il fallait attendre que tout se tasse, qu'ils ne trouvent rien à lui reprocher, etc. Et effectivement, ils ne pouvaient pas tout gérer. Mais tout de même... Tout de même une ombre passa devant mes yeux, parce que Phil jouait un jeu dangereux - encore plus que d'habitude. Je marchais dans ses pas : je n'avais pas vraiment mon mot à dire, mais au fond de moi j'avais un peu peur pour lui, parce qu'il risquait gros, et il le savait très bien.

- Si tu as besoin... Fais comme d'habitude, dis-je très vaguement, une phrase que seule Phil pourrait comprendre et c'était là le principal. Je faisais référence à notre passé, aux services que nous nous étions rendus, et l'avantage d'être un enfant de bonne famille et surtout d'en avoir l'air et l'attitude, c'était qu'on avait un taux de crédibilité bien plus supérieur aux autres. Il nous était déjà arriver de manquer de nous faire coincer, avec Phil, mais il suffisait que je fournisse avec aplomb un alibi pour nous deux et on nous croyait. J'étais prêt à le couvrir encore, ça ne me posait pas de problèmes - en ce moment mes problèmes étaient à des années-lumière de cela, ils étaient par-delà l'océan, se régleraient en chèques avec plein de zéro, et rien que d'y penser je me demandais comment j'allais en venir à bout.

Il me fallait cet autre boulot.


- Ici, à Pré-au-Lard ? Ouais, j’ai entendu dire que chez Mme Pieddodu, ils avaient besoin d’un mec… Tu corresponds parfaitement au profil en plus. Tu vas voir la tenue de service, elle est d’en-fer !

Je pinçai les lèvres, ne me sentant pas vexé parce que c'était une blague : Phil avait beau garder tout son sérieux, il avait les yeux qui brillaient trop tout d'un coup et je les connaissais bien, lui et ses blagues. Je lui rendis son regard d'un air désabusé avant d'éclater de rire avec lui, emporté par son rire qui m'était toujours communicatif. J'étais déjà allé dans ce café une fois, quand j'étais en 5ème année à Poudlard, avec une fille - je m'étais bien gardé de le dire à Phil d'ailleurs, je savais qu'il se serait tellement moqué de moi, même en étant mon benjamin il avait déjà quelques longueurs d'avance sur certains trucs par rapport à moi, notamment les filles, donc je n'avais pas envie d’aggraver mon cas.

- Et dire que j'y avais emmené une fille en rencard en 5ème année, avouai-je en riant d'autant plus à ce souvenir. Oh, tu peux te moquer, maintenant, il y a prescription, c'est pour ça que j'ai attendu pour te le dire! En réalité j'avais complètement oublié entre temps, mais comme j'y repensais, et qu'aujourd'hui je me fichais bien de mes complexes de l'époque, je trouvais ça drôle de lui dire. Je ne sais pas ce qui m'avait appris, acquiesçai-je devant son air désemparé.

J'aurais aimé dire que cette époque pleine d'insouciance me manquait, mais c'était faux : elle me rappelait qu'il était là, à ce moment, et que ce n'était plus le cas à présent.


- Tu pourras t’épargner cette peine, t’es déjà au bon endroit. Ça fait des semaines que le proprio cherche quelqu’un pour faire tout le sale boulot à sa place ici… Il sait aussi rendre service pour peu que tu lui files un coup de main, tu vois ce que je veux dire…

Je sentis tous mes sens se concentrer. Je regardai Phil fixement et mon regard alla se poser sur le barman quand il le montra d'un signe de tête. Il avait de l'embonpoint et semblait aussi louche et misérable que son bar, mais qu'importait. Je n'étais pas regardant. D'autant plus que je préférais être discret... Vivons heureux vivons cachés, je confirmais cet adage. Je sentis toute ma reconnaissance pour Phil et mon soulagement affluer doucement en moi. Parfait. Je levai mon verre vers Phil en guise de remerciement. Ce n'était pas de la poudre aux yeux : il était réellement un caméléon, dès qu'il vivait dans un endroit, il s'infiltrait dans tous les réseaux, il se fondait dans la masse et savait tout sur tout le monde, connaissait les gens qu'il fallait, etc. Il faisait cela avec une aisance déconcertante, mais il partageait toujours avec moi ce que cela lui apportait, alors je n'avais vraiment pas à me plaindre.

- Tu m'enlèves une sacrée épine du pied, le remerciai-je avec un sourire. Bon... Par contre, je vais être obligé de commencer par leur expliquer ce qu'est un vrai bon whisky... Mon regard se perdit dans le fond de mon verre et j'eus un petit sourire complice : Phil connaissait mon amour pour le whisky. J'irais lui parle quand on s'en ira.

Mais tout d'un coup je prenais un peu plus confiance en cette nouvelle vie que je devais mener de front, et je compris que j'avais fait le bon choix - bien que trop tardif - en ayant quitté Oxford.

- Tu as des nouvelles de... Je retins le nom que quelques secondes, hésitant à demander de front, avant de continuer : Beth? Leur relation avait eu tellement de hauts et de bas que je ne savais jamais très bien me situer.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: Nouvelle page [Phil]   Jeu 13 Déc - 22:43

Qu’il ait réussi à dégoter ce job chez un apothicaire ne m’étonnait même pas – chacun ses talents et si j’étais plus agile sur un balai que sur mes propres pieds, les mains d’Ewan étaient de vrais doigts de fée, même s’il n’aimait pas trop que je le lui rappelle lorsqu’il s’agissait de manier l’art des potions comme le chef d’orchestre qui dirige habilement sa troupe grâce à la partition qu’il a lui-même composé. Il évoluait dans son élément, ce pour quoi il était le plus doué, alors qu’en ce qui me concernait on me menaçait de faire chambre partagée avec un détraqueur si j’avais le malheur de prononcer Brossdur. Ouais ils avaient l’air méchant comme ça au Magenmagot, mais en fait ils étaient tous trop cons.

- Si tu as besoin... Fais comme d'habitude.

Je hochai brièvement la tête. C’était un accord silencieux tel que nous les connaissions parce qu’il en avait déjà eu de nombreux autres. Auparavant, notre complicité avait pu en étonner plus d’un, en même temps, nous ne venions pas du même milieu, lui des beaux quartiers de Oxford, moi dans les rues de Belfast où les jours n’avaient pas toujours été tout roses et c’était presque normal finalement que nous ayons été forgés de cette manière – ma famille n’avait pas toujours été dans le besoin comme elle l’était actuellement, mais nous n’avions jamais roulé sur l’or pour autant, et le tournant brutal qu’avait pris les rapports relationnels entre mes parents avait mis fin au peu de stabilité qu’ils avaient péniblement acquit au fil des années, bien que déjà très branlante. Forcément, ça avait jasé, mais les rumeurs… j’aimais bien les utiliser pour les mettre à mon profit, et souvent j’en avais également lancé des fausses, que ce soit à mon sujet, Ewan en lui inventant des conquêtes inexistantes parce que ça me faisait bien marrer, ou même sur d’autres, et tout le monde à chaque fois tombait dans le panneau, ce qui voulait bien dire que justement, ça ne voulait rien dire. Et quand à la ligne d’arrivée, on voyait que même un nom comme Campbell se trouvait apposé à la même ligne que Prescott, même si je ne lui avais jamais souhaité, parce que même si je ne me plaignais jamais de ma situation, elle n’était pas enviable – ce n’était que l’exemple que le monde n’était qu’une roulette russe et qu’à tout moment le tir pouvait atteindre sa cible.

Je l’écoutais me narrer son histoire avec un sourire de travers, partagé entre le fait d’avoir l’air sérieux, ce qui était un challenge relativement difficile puisque l’imaginer dans un tel décor portait à rire, mais si ce n’était pas plus terrible encore s’était qu’il s’y intégrait totalement sans pour autant d’avoir l’air d’un moucheron gênant collé sur la vitre, c’était comme la prestance dont je parlais tout à l’heure, jamais il ne faisait élément perturbateur, comme si c’était au contraire la touche finale qu’il manquait au tableau pour qu’il soit parfait, alors oui, malheureusement pour lui c’était tellement cocasse que je n’allais pas m’en priver !

Mais pour montrer l’étendue de ses talents avec des compétences de barman, il avait tout de même beaucoup plus sa place que dans l’antre maléfique des cœurs et des paillettes. En plus, j’avais déjà fait affaire avec le patron, même si ça faisait plusieurs années maintenant, à la sorte de Poudlard, lorsque je ne m’étais pas encore étendu trop loin dans les magouilles magiques parce que je tâtonnais encore et je savais qu’il était réglo, et que si j’envoyais Ewan de ma part, il n’avait aucun souci à se faire. Aux yeux des bonnes têtes pensantes, je n’étais qu’un escroc, mais j’étais toujours consciencieux dans mon travail répondant toujours avec précision aux demandes, en temps et en heure. C’était comme ça que petit à petit on se forgeait une réputation solide, c’était ça qu’il y avait de paradoxal dans ce milieu : en pleine lumière, j’étais l’ombre qui s’infiltrait silencieusement et qu’on ne remarquait pas, mais dans l’ombre je devenais ce vif d’or lumineux, mais pourtant difficile empocher parce que trop rapide. Pour le reste, on allait dire qu’un attrapeur habile avait réussi à m’attraper, mais ce qu’il y avait de bien avec le Quiddtich, c’était qu’il y avait toujours une nouvelle partie à disputer…

- Tu m'enlèves une sacrée épine du pied. Bon... Par contre, je vais être obligé de commencer par leur expliquer ce qu'est un vrai bon whisky... J'irais lui parle quand on s'en ira.

- Je te ferai une liste de mes petites suggestions quant aux améliorations à apporter…
je regardais la salle dans son ensemble, mine de rien, à la recherche du moindre détail à changer et dans un lieu comme la Tête de sanglier, ce n’était pas difficile – et puis j’allais bientôt devenir un client privilégié, ce qui incluait donc… les privilèges !

Déjà, la décoration était nulle à chier. Ensuite…

- Tu as des nouvelles de... Beth?

La question n’avait pas été posée très fort, mais fusa comme un coup de tonnerre, et en première réaction à cela, je crispai imperceptiblement mes doigts contre le verre un peu poisseux – mais sans le remarquer tout de suite. J’avais appris – un peu par dernier recourt que véritablement envie – à maîtriser cette colère dû à l’évocation de deux personnes en particulier : elle, et ma mère. Des femmes. Ah tiens mais que c’est étonnant… Enfin en tout cas cet agacement passait par la tension qui émanait de tout mon corps et c’était bien mieux comme ça – se laisser aller à des gestes que l’on peut parfois regretter n’était jamais très bon, et même si je ne cachais pas mon exaspération lorsque c’était le cas je préférais m’en tenir à des limites strictes, parce que me laisser aller à la violence, c’était comme la laisser gagner, et non, elle ne pouvait pas gagner sur tous les fronts…

- T’inquiète, je vérifie chaque jour la rubrique nécrologique de la gazette, raillai-je, là aussi en plaisantant, parce que je n’allais pas lui laisser le plaisir non plus de m’intéresser à elle, et puis en arriver à de tels extrêmes étaient absurdes, même si le penser très fort ou à haute voix comme là faisait un lien considérable. Mais je n’en pensais pas moi et mon sourire avait disparu de lui-même. Non, j’en sais rien.

Elle aussi s’était évaporée dans la nature. Ça devait faire plus mystérieux. Ca les rendait encore plus conne si elles voulaient mon avis, mas ah, ça non plus elles ne le voulaient pas. Toutes les mêmes.

- Elle reviendra pas, c’est ça que tu veux savoir ? Et même si c’était le cas, elle est pas la bienvenue. Je me rendis compte seulement maintenant que les jointures de ma main étaient un peu plus blanches que la normale et que la forçai à s’étendre, en tapant sur le verre avec l’index dans un mouvement qui se voulait décontracté. Elle le sait très bien…

J’avais été aveugle pendant presque trois ans mais je n’étais pas débile non plus et ça, je crois qu’elle l’avait compris dès le début, et que c’était aussi pour ça qu’elle avait œuvré dans mon dos pendant tout ce temps. D’ailleurs, j’avais eu le temps de méditer pendant un moment, et j’avais une théorie…

- Tu sais, j’me demande si c’est pas elle qui m'a si gentiment offert ce poste d’assistant à Poudlard, sous entendant entre autre qu’elle était allée moucher auprès des autorités, et si j’en parlais à Ewan, c’était parce que cette hypothèse n’était pas impossible, parce que trop réfléchir sur ces questions et virer à la paranoïa n’avait jamais été dans mon état d’esprit.

Bien sûr, c’était invérifiable, du moins pas tant que j’avais une armée de gonzesses en robe de sorcier violette qui me collait au train, surtout qu’il y avait des éléments non négligeable à prendre en compte parce que si elle était allée moucher, ce qui pour sauver sa peau pour une raison X ou Y était plausible, il fallait qu’elle explique d’où elle tenait les infos et risquait de se mettre elle aussi encore plus dans le pétrin qu’elle ne l’était déjà… Mais quand même…

- Elle s’est cassée avec son mec là… lui par contre si je le chopai, ouais, il était mort. Mais elle m’a jamais dit où. Tu penses. Et avec tout le blé avec lequel elle est partie, elle aura pas besoin de danser sur une table de la Tête de sanglier pour arrondit ses fins de mois… Mais après tu peux toujours essayer pour voir. Je serai au premier rang pour voir ça ! conclus-je sur une note plus légère.

Oui parce qu’elle avait fait les choses bien en utilisant ses talents non pas pour servir ma cause, mais à mon encontre – depuis le commencement.

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Ewan Campbell
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MessageSujet: Re: Nouvelle page [Phil]   Mer 9 Jan - 16:52

- Je te ferai une liste de mes petites suggestions quant aux améliorations à apporter…

Comme lui, je regardais tout autour : en effet, ce bar était une caricature de lui-même, et je me demandais bien pourquoi justement le Magenmagot ne faisait pas de patrouilles plus souvent dans cette bicoque, parce étant donné comment il était fréquenté, j'étais à peu près certain qu'ils y trouveraient de quoi occuper leurs week-end. Il n'y avait qu'à voir Phil et moi : tous les deux dans des transactions illicites... Il ne fallait pas chercher très loin. Mais tant mieux d'un autre côté, au moins, nous étions tranquilles. Quoiqu'il en soit, je me fichais complètement de travailler ici alors que l'endroit ne payait pas de mine, et de servir du whisky de bas étage, parce que je voulais avant tout un travail, de l'argent, et que mon travail chez l'apothicaire ne suffirait pas. Alors, tout le reste ne comptait pas beaucoup. Heureusement que Phil était là pour me trouver si rapidement une solution à mes problèmes, mais je savais que là-dessus, je pouvais compter sur lui. Si il y avait bien une chose dont j'étais certain à propos de mon ami, c'était qu'il était réglo avec ceux qui l'étaient tout autant avec lui. Je ne me rappelais pas un seul instant lui avoir fait des crasses depuis que nous nous connaissions. Sans doute que lui et Jamie s'entendaient un peu moins, mais avec le recul il n'y avait pas besoin de réfléchir longtemps : Jamie était plus comme Phil et aux âges où on a besoin de creuser sa place, les leurs étaient trop semblables. Je me rappelais très bien de ce que mon frère avait dit la première fois sur Phil alors que nous avions partagé une séance de Quidditch avec lui. Il l'avait trouvé prétentieux, insolent et indigne de confiance. Je n'avais pas réalisé sur le coup, mais j'étais persuadé aujourd'hui que le prétention et l'insolence n'était que ce que le miroir renvoyait à Jamie, et pour la confiance, le blason de Serpentard l'avait évidemment inspiré. Je savais que si il avait connu Phil comme je le connaissais maintenant, il aurait changé d'opinion, mais de toute façon... Refaire l'Histoire ne changerait rien à rien.

En tout cas, au fil des années, que nous nous voyions souvent ou non, notre amitié s'était construite et je savais comme si cela avait été naturel que je pouvais confier ma vie à Phil et inversement sans en être un instant gêné ou craintif. Il était sans doute le seul à être aussi solide dans ma vie, me dis-je en avalant ce whisky qui à part un léger rance n'avait aucun goût digne d'être remarqué. Ce qui m'amena à la questionner sur Beth... Avec des pincettes ; disons qu'il était plus explosif que moi sur ce plan là et que je savais que les sujets dont il aimait à discuter dépendaient fortement de son humeur.


- T’inquiète, je vérifie chaque jour la rubrique nécrologique de la gazette. Non, j’en sais rien.


Je levai un sourcil, l'encourageant à en dire plus.

- Elle reviendra pas, c’est ça que tu veux savoir ? Et même si c’était le cas, elle est pas la bienvenue. Elle le sait très bien…

Je me retins de lui faire remarquer qu'avec lui on pouvait toujours douter ce qu'on était sensé "très bien savoir", mais je comprenais entre les lignes que ce cas-là était plutôt clair. En vérité, je me doutais que l'histoire était terminée dans les grandes lignes mais la véritable raison pour laquelle je lui posais cette question ne résidait pas du côté de Beth mais... De son côté à lui. Pour l'instant, il ne répondait pas à ça. J'avais peu connu Beth dans le sens où je n'avais pas toujours habité près de Phil après Poudlard donc il se passait parfois du temps avant que l'on se revoit, en chair et en os. Et puis, nous étions occupés tous les deux. Mais il m'avait tenu au courant. J'en savais assez pour savoir qu'elle était le type même des filles avec qui il sortait généralement, attirante, sûre d'elle et avec du caractère ; trop peut être dans son cas. Là encore je ne détenais pas toutes les pièces du puzzle mais globalement, après les trois années qu'ils avaient partagées, elle était partie en emportant non seulement l'argent mais, même si il ne le disait pas je m'en doutais, un peu du coeur de Phil qui pourtant ne le laissait pas à la portée de n'importe qui. Je me demandais à quel point c'était douloureux pour lui - si il l'avait vraiment aimée, ou bien si le fait de s'être fait rouler et voler l'emportait sur le reste. Je n'avais jamais eu de sentiment assez fort pour une fille pour savoir ce que pouvait être une rupture amoureuse, et qui plus est, Phil n'était pas vraiment dans la norme.

Quelle garce tout de même, de s'envoler comme ça en emportant le pactole. Je ne pouvais que trop bien imaginer ce qu'il avait ressenti là, alors que j'étais en train de rassembler mes économies et de les renflouer en ce moment, et que rien ne comptait plus.


- Tu sais, j’me demande si c’est pas elle qui m'a si gentiment offert ce poste d’assistant à Poudlard, lâcha-t-il en ricanant.

Je reposai mon verre, mon esprit tout d'un coup accaparé par cette idée. Ça alors! Mais ce n'était pas idiot, songeai-je en me grattant pensivement la joue.

- Elle aurait poussé le vice jusqu'au bout? m'entendis-je répliquer, aussi bien pour lui que pour moi, en réalité.

Disons que tout cela n'arrangeait pas ma vision de Beth. Et du couple de manière générale. Combien de fois, en grandissant, j'avais constaté avec dégoût combien mes parents s'utilisaient l'un l'autre - enfin, mon père surtout - et que toutes ces histoires d'amour n'étaient que poudre aux yeux. Évidemment, ce n'était pas Phil qui allait me contredire, en terme de parents, il n'avait pas de quoi se vanter non plus. Mais ce qui me peinait le plus, ce que je trouvais le plus terrible dans toutes cette histoire, c'était les efforts considérables que mes parents faisaient, depuis toujours, pour cacher tout cela. Ils enfouissaient la vérité sous des beaux dîners, des sourires en façade, la réussite de leurs deux garçons, et leur propre réussite sociale et professionnelle. Notre maison rutilante et bien entretenue compensait en fait le vide de leur propre vie et le désespoir de leur relation ; ils n'étaient pas ensemble sur une même route mais tous les deux, seuls, chacun dans leur coin. Je ne pouvais plus voir cela, je ne pouvais plus les voir. En un sens, c'était tant mieux qu'il soit parti. Les dernières jours que j'avais passé chez nous à Oxford avaient manqué de me rendre fou. Ce n'était que mensonge, sous les napperons bien tricotés, derrière les tableaux que ma mère époussetait chaque semaine.


- Elle s’est cassée avec son mec là… Mais elle m’a jamais dit où. Tu penses. Et avec tout le blé avec lequel elle est partie, elle aura pas besoin de danser sur une table de la Tête de sanglier pour arrondir ses fins de mois… Mais après tu peux toujours essayer pour voir. Je serai au premier rang pour voir ça !

Je me mis à rire évidemment : Phil avait toujours cette faculté de me faire rire à n'importe quel moment, même quand le sujet n'était pas forcément drôle. Surtout que ses moqueries ne me vexaient jamais - ou bien, rarement, cela dépendait - et à vrai dire j'étais tellement en recherche d'argent qu'il n'avait (presque) pas tort, j'aurais fait (presque) n'importe quoi comme petit boulot.

- Mais est-ce qu'elle te manque? demandai-je alors franchement, ne sachant pas si il allait vouloir répondre, ou s'en sortir par une petite pirouette comme il savait le faire. En tout cas, je ne lui donne pas longtemps, dis-je sur un ton plus léger. Les Septième année feront bien ton affaire, non? Et puis, c'est bientôt le Bal?

Cette fois je souris franchement, me moquant un peu comme lui l'avait fait, tout en espérant qu'il ne me renvoie pas trop la balle. On va dire que j'étais plutôt aux abonnés absents en ce qui concernait les histoires de filles, et de toute façon à en juger autour de moi, ça n'apportait que des problèmes - or, j'en avais assez. Mais parler de Poudlard me faisait plaisir, comme on prend plaisir à regarder de vieilles photographies.


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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: Nouvelle page [Phil]   Dim 13 Jan - 15:16

Je ne l’aurais pas connu avant, durant nos années de scolarité à Poudlard, que j’aurais pu dire qu’Ewan se fondait très bien dans le paysage et qu’il n’était pas plus différent qu’un autre client de la Tête de Sanglier. Même si rien dans son apparence ne laissait transparaître son milieu duquel il était originaire, pour moi il restait bel et bien Ewan Campbell et je ne le connaissais que trop pour ne pas garder cette image de lui que j’avais déjà à l’époque et que j’avais encore aujourd’hui. Pourtant, je n’avais pas le souvenir d’avoir déjà été prétentieux avec ça, à part quand il s’agissait d’en rire, ce que nous faisions souvent, même si maintenant… disons que je prenais un peu plus de pincettes qu’avant quant aux événements dans lesquels il avait été plongé, mais j’avouais ne pas toujours faire preuve d’une grande diplomatie parce que je n’étais pas du genre à marcher sur des œufs et à choisir soigneusement mes mots. A part peut être quand ça me concernait directement, mais ça… c’était autre chose. En tout cas, de mon point de vue – et uniquement du mien – il détonait dans le paysage, comme moi j’aurais pu détoner dans le salon des Campbell à supposer d’y être un jour invité, parce que je doutais que les parents d’Ewan n’envisage notre amitié du bon œil, à l’instar de Jamie où nos relations avaient toujours été plus ou moins… houleuse, sans que la guerre ne soit jamais déclarée. Ce qui ne risquait plus d’arriver maintenant. Enfin, comme je disais, ce n’était pas avec mon ‘’élégance’’ que j’allais faire bonne impression au milieu de tous les objets de valeur qui j’étais sûr avaient dû composer sa maison, mais au lieu d’en ressentir de la rancœur d’un jugement aussi hâtif, ça me faisait bien rire – je savais qu’Ewan n’était rien de ces bourgeois qui prétendaient détenir la vérité, simplement parce qu’ils avaient l’argent.

En plus, c’était bien con parce que l’argent on pouvait très bien l’avoir et pour ça, on était pas obligé de rutiler dans des fringues qui coutaient une fortune. Ma tune était peut-être moins resplendissante, mais pour ce que j’en faisais elle me suffisait très bien. Ce qui me restait tout du moins.

- Elle aurait poussé le vice jusqu'au bout?

Ewan exposa à voix haute cette même question mentale que je venais de me faire. Oh ça oui ! Pour ça, pas d’inquiétudes.

- Ben en même temps quitte à faire, les choses, autant les faire bien, si tu suis un peu la logique de son raisonnement, ironisai-je, toutes les sales pensées que j’avais à l’égard de Beth allant droit vers elle. Même si je n’étais pas très disposé à être aimable, Ewan savait lire entre les lignes et comprendrait que ce ton ne lui était pas destiné.

D’accord, c’était un peu vicieux, pour reprendre le terme qu’il avait employé – tout comme tout ce qu’elle avait fait l’avait été, alors venant de sa part, plus rien ne pouvait vraiment m’étonner même si à chaque fois ma réaction était la même. C’était quelque chose que je n’avais jamais trop pigé ça, comment on faisait pour aller toujours plus loin dans la connerie, que ce soit Beth, ma mère, le Magenmagot. Plus qu’une conduite, un état d’esprit ouais. Plus on est débile, mieux on se porte, c’était ça un peu l’idée ? Et ben j’étais bien content de ne pas avoir récupéré la tare de ma mère. Je savais pas trop ce que j’avais récupéré d’elle, des deux d’ailleurs, parce que mon père dans le genre je m’enfonce dans ma mouise jusqu’au cou et je m’y sens bien il était pas mal non plus, mais bon, je n’arrivais pas trop à m’énerver contre lui. Je trouvais ça pathétique dans un sens pas de doutes. Mais nos rapports n’avaient jamais été conflictuels comme ça avait été le cas avec ma mère donc je n’avais aucune raison de lui en vouloir même si je n’allais pas le sortir de cette pagaille pour autant. J’avais essayé ay début un peu et je vérifiais de temps en temps qu’il n’avait pas passé l’arme à gauche, mais le reste… j’avais vite abandonné quand j’avais vu que ça ne servait à rien – et puis lui n’avait jamais été présent pour moi lorsqu’il l’aurait dû, c’était un juste retour des choses.

Ce qui était franchement gênant en revanche, pour en revenir à Beth, c’était qu’elle était au courant de tout – vraiment jusque dans les moindres détails, et en cela, c’était elle qui avait l’avantage et moi les mains liées. S’ils la trouvaient, si elle parlait… c’était peut-être mieux qu’elle ce soit cassée cette connasse, qu’au moins, elle n’emmerde plus personne.

- Mais est-ce qu'elle te manque? En tout cas, je ne lui donne pas longtemps.


Là tout de suite ? Elle pouvait se faire écraser par une armée de Magicobus, j’en avais, mais alors, absolument rien à foutre.

- Celle d’avant ? Je me penchai un instant vers l’avant pour me redresser et prendre une position un peu moins affalée. Ouais. Je n’avais pourtant pas l’habitude de me confier sur ces sujets, parce que je n’avais pas vraiment le temps d’une part, mais pas non plus un cercle d’amis assez proche pour ça. Je crois qu’il n’y avait même qu’Ewan en fait. Parfois. Mais après j’me dis qu’elle a jamais existé puisque c’était que des conneries son baratin et que je t’en serais reconnaissant de lui empoisonner son whisky si elle a un jour la bonne idée de ce pointer ici. J’eus un geste du menton pour lui montrer son verre. De toute façon il ne pourra pas être plus mauvais, en conclus-je , l’humeur taquine retrouvée. Beth ne méritait pas qu’on s’intéresse plus longtemps à elle.

Ewan dû penser la même chose, puisqu’il enchaîna :

- Les Septième année feront bien ton affaire, non? Et puis, c'est bientôt le Bal?

Comme je venais de terminer mon verre, j’avalai un peu de travers, ne me démontant pas pour autant. C’était juste parce que lorsqu’il avait parlé de ‘’Septième année’’ je n’avais pas prévu de laisser mes pensées dévier comme elles l’avaient faites, parce que j’avais presque tout de suite imaginé un visage encadré de cheveux roux, non mais stop, je n’allais quand même pas non plus faire des prédictions à propos de sa future robe de bal !

- Oui oui, ils le font toujours… dis-je mine de rien en parlant bien sûr du bal.

Ça allait être quoi son cavalier ? Un Serpentard qui avait peur d’exploser parce qu’on lui avait foutu un scroutt à pétards dans le cul ? Mais en même temps, question maison, Heather avait l’air assez éclectique, elle ne s’asseyait pas tant que ça en cours à côté d’autres verts et argent…

- L’idée tu vois, c’est quand même de rester à Poudlard le plus longtemps possible, sans passer par la case Azkaban, repris-je en rigolant, même si cette remarque au départ destinée à la plaisanterie était un peu inutile, parce que justement avec Beth… Ewan savait que je ne culpabilisais plus trop avec les filles, alors ça, doublé de mon mépris pour tout ce qui ressemblait de près ou de loin à des règles…

Je tapotai deux fois du bout de mon index sur la table, avant de me lancer :

- Il y en a une. Enfin, elle est chiante. Son putain d’accent surtout, whouhou je suis irlandaise, que je suis belle, regardez-moi ! En même temps, elle n’était pas moche. Sinon, je ne m’amuserais pas à la lorgner à chaque fois qu’elle se pointait en Sortilèges et que parfois quand je me mettais au-dessus de son épaule pour voir un peu ce qu’elle écrivait sur son parchemin, qu’elle ne portait pas son pull sur sa chemise, que celle-ci était suffisamment ouverte, et que surtout l’angle assez bon… Mais je le faisais avec d’autres filles aussi. Mais peut être plus avec elle. Ça ne me dérangeait pas dans tous les cas d’en parler de cette façon, sans vraiment de prestige à Ewan, parce que c’était comme ça que je faisais, me rendant à peine compte que je parlais d’une nana de l’école, et donc… qu’elle était élève.

Ça restait une fille, alors qu’est-ce qu’on en avait à foutre du reste.

- D’ailleurs, j’te parie que je l’emballe au bal. On avait beau s’entre-aider, dès qu’il s’agissait d’argent… on s’adonnait de temps en temps à ces petits jeux. Et puis je m’emmerdais tellement à Poudlard alors un peu d’animation, j’allais pas dire non ! C’est bête parce que tu vas même pas pouvoir voir ça ! Au moins j’aurais plus de chances de gagner… parce que je pouvais très bien mentir, mais je savais être bon joueur quand il le fallait. Avec mes amis du moins. Il te reste quelques gallions ?

Nouvelle vision d’ensemble sur le bar.

- C’est vrai que c’est pas avec la clientèle d’ici qu’une meuf canon risque de passer la porte, commentai-je parce qu’il n’y avait presque que des hommes actuellement ou des vieilles sorcières louches et boutonneuses. Le genre que même désespéré, on ne s’approche pas trop. J’te ferais faire le tour du proprio un de ces quatre, continuai-je en parlant du château comme s’il m’appartenait, on en trouvera peut-être une qui « sera à ton aise », terminai-je en prenant volontairement une voix pompeuse, pour rappeler son milieu, parce que je n’en perdais jamais une.

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Ewan Campbell
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MessageSujet: Re: Nouvelle page [Phil]   Lun 4 Mar - 16:47

Citation :
Enfin, elle est chiante.

COMMENT CA JE SUIS CHIANTE ?!


D'une certaine manière, parler de tout cela avec Phil me changeait les idées, et me faisait aussi miroiter ce que je n'étais pas sensé avoir, ou du moins, pas dans un futur proche. Au sujet des filles, il avait de toute façon toujours été plus... efficace que moi, et d'ailleurs il avait commencé à Poudlard et plutôt intensément, alors que moi j'avais était plutôt discret de ce côté là, en tout et pour tout j'avais eu deux copines lors de mes deux dernières années, la première qui n'avait pas vraiment compter parce que je m'étais rendu compte qu'elle sortait avec moi autant pour moi que pour viser mon frère, et la deuxième, qui elle avait été bien plus importante pour moi, mais nous nous étions décidés un peu tard, quelques mois avant la fin de Poudlard, était partie, ironie du sort, en Australie pour finir ses études. Elle avait été ma première vraie petite amie, même si avec le recul je n'étais pas certain d'avoir été amoureux d'elle absolument - nous n'avions peut-être pas eu le temps. Ensuite, il y avait eu cette fille de notre bande d'amis à Oxford et... Et tout s'était évaporé dès l'accident. Depuis, plus rien, et à vrai dire, je n'y pensais même pas. De temps à autre peut-être, mais cela restait fugace - quand je sortais, rarement, comme quand j'étais avec Phil par exemple, et qu'on rencontrait des gens au cours de nos soirées. Il y avait bien eu des petites aventures comme ça qui n'avaient pas duré : j'avais beau espérer à chaque fois, quand je rencontrais une fille nouvelle et qui me plaisait, je me rendais vite à l'évidence : j'avais tellement de choses en tête, qui tournoyaient les unes avec les autres, qu'il n'y avait pas de place pour ça, et que je ne le voulais pas, pas vraiment.

Toujours était il que c'était hors de question à présent - mais que d'évoquer ce sujet me faisait aussi du bien, m'aérait un peu l'esprit, même si en l'occurrence j'étais désolé pour Phil. J'avais attendu le moment où il trouverait une fille bien avec qui se poser, mais visiblement, Beth n'avait pas été le meilleur choix, hélas... Et j'étais triste pour lui bien que je le connaissais, avec sa fierté et son ego qui avaient du mal parfois à passer les portes, il ne l'aurait jamais reconnu, et pas aimé spécialement que je le souligne.


- Celle d’avant ? Ouais. Parfois. Mais après j’me dis qu’elle a jamais existé puisque c’était que des conneries son baratin et que je t’en serais reconnaissant de lui empoisonner son whisky si elle a un jour la bonne idée de ce pointer ici. De toute façon il ne pourra pas être plus mauvais.

Je souris, évidemment, et pinçai les lèvres. Non, ce whisky, même avec un peu d'arsenic, ne pourrait jamais être pire que ce qu'il était déjà. A quel point mon ami croyait vraiment ce qu'il venait de dire, je me le demandais, mais le fait même qu'il le dise prouvait qu'il voulait passer à autre chose, et c'était tout ce qui comptait. Lui et moi avions ça en commun : nous savions pertinemment combien la vie ne faisait pas de cadeaux et qu'il était inutile de s'arrêter sur les mauvais moments si on ne voulait pas... couler, ce qui était, hélas, parfois plus compliqué à mettre en pratique qu'à dire.

Parler de Poudlard, aussi, m'était divertissant, même si cette époque me paraissait lointaine et ancienne - aurais-je apprécié de revenir au château, comme Phil ? Une partie de moi savait tous les trésors et les souvenirs que j'y aurais retrouvé, mais l'autre, et la plus importante, celle qui était restée dans le passé, savait pertinemment que ce temps était révolu et que ç'aurait été une bien mauvaise idée de me replonger dans ce qui n'était plus, dans ce qui me rappelait point par point tout ce que j'avais perdu. Sans doute que Pré-au-Lard était l'alternative idéale : ni trop près ni trop loin, flottant entre les deux, mes souvenirs jamais trop absents malgré ce qu'il aurait fallu, parce qu'il était aussi difficile de leur dire adieu définitivement que de se les remémorer chaque jour...


- Oui oui, ils le font toujours…


Je levai le menton pour l'inciter à m'en dire plus - pour ça, le bal restait un bon souvenir de manière générale, et cela m'amusait d'en entendre parler à nouveau. je me souvenais de l'effervescence qui régnait à ce moment-là, et j'avais l'impression, de regarder de vieilles photos bien conservées en souriant doucement à l'évocation du temps écoulé.

- L’idée tu vois, c’est quand même de rester à Poudlard le plus longtemps possible, sans passer par la case Azkaban, expliqua Phil, mais je ne lui laissai même pas finir sa phrase avant d'éclater d'un rire moqueur.

- Oh, arrête, comme si ça allait t'arrêter, tu rigoles ou quoi, plaisantai-je : de toute façon, il était aussi conscient que moi là-dessus.


- Il y en a une. Enfin, elle est chiante.

- Ah, tu vois, dis-je, satisfait.

- D’ailleurs, j’te parie que je l’emballe au bal. C’est bête parce que tu vas même pas pouvoir voir ça ! Au moins j’aurais plus de chances de gagner… Il te reste quelques gallions ?

Nous avions toujours eu cette habitude, quel qu'un soit le sujet - et d'ailleurs cela agaçait Jamie parce qu'il avait ce côté un peu raide, parfois, de nos parents, et qu'on ne "devait pas jouer avec l'argent", mais comme le plus souvent il dénigrait tout ce qui avait rapport avec Phil, je me faisais un plaisir de l'ignorer sur ce point-là. Nous finissions toujours par nous disputer, un peu, mais j'étais à cette époque à un point où j'en avais assez qu'il décide trop pour nous deux. Aujourd'hui, je détestais y repenser. J'avais la très nette impression de m'être détourné de lui et de l'avoir abandonné, sans avoir eu l'occasion de m'expliquer et de m'excuser. Mais cette manie des paris avec Phil nous permettait toujours de nous dépasser, mine de rien, de faire des choses qu'on aurait peut-être pas osées, enfin pour ma part surtout, et c'était comme une tradition - ça me fit plaisir qu'il en parle d'ailleurs. Comme quoi, malgré mes absences, parfois, rien n'avait changé, et je lui en étais reconnaissant d'être toujours là pour moi, quoi qu'il arrive.

- Pari tenu, affirmai-je en tendant la main pour sceller notre deal. Évidemment, j'étais à peu près certain que j'allais perdre car les filles et Phil... Mais je veux une preuve, qu'est-ce que tu crois, rajoutai-je avec un petit sourire de défi. C'était trop simple, sinon, et il était trop doué dans le genre pour s'en sortir si facilement !

Derrière nous, la pendule à la vitre voilé de poussière indiquait que l'heure avançait, et bien plus rapidement que je ne l'aurais pensé. J'avais prévu de ne pas rentrer trop tard puisque je commençai mon travail dès le début de le semaine... Mais la perspective de rentrer m'enfermer chez moi alors que je savais que j'allais plonger tête baissée dans le travail, en plus avec ce boulot en plus, m'était si peu enchanteresse, que je décidai de tirer un trait sur cette décision.


- C’est vrai que c’est pas avec la clientèle d’ici qu’une meuf canon risque de passer la porte. J’te ferais faire le tour du proprio un de ces quatre, on en trouvera peut-être une qui « sera à ton aise ».

... J'avais l'habitude, mais je poussai un soupir tout en tournant mon verre entre mes mains comme si j'hésitais à lui lancer à la figure. J'eus un petit sourire faux et condescendant, et me drapai dans mon honneur comme si je n'avais rien entendu ; hélas, on ne se sépare pas de ses origines sociales si facilement que cela, et je savais bien que Phil aimait particulièrement me titiller là-dessus.

- Avec grand plaisir, mon cher ami, répondis-je avec un sourire que je voulais moqueur mais qui ne cachait pas non plus que je prenais du bon côté la plaisanterie. Mais avant que tu dises plus de conneries, je vais chercher d'autres verres, histoire de te faire taire un peu.

Je me levai pour me diriger vers le bar et aller chercher la même chose - cela me faisait étrange que sûrement bientôt, j'allais me retrouver à travailler ici, derrière ce même comptoir, avec tous ces gens aussi secrets que bizarres, mais qu'importe. Quand je revins, je posai les verres sur notre table en mettant une petite tape amicale sur l'épaule de Phil :

- Au moins, tu les auras gratuits, bientôt, dis-je en souriant. Si il y avait bien une chose qui me réjouissant dans tout ce plan, immense, qui m'attendait, et qui démarrait tout juste, c'était que Phil soit dans les parages et partage du temps avec moi.



FIN

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