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"Broken Spell." |PV|

 
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 "Broken Spell." |PV|

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Sebastian Hansen
Élève de 4ème année



Masculin
Nombre de messages : 568
Localisation : Probablement en train de t'aider à faire tes devoirs.
Date d'inscription : 12/03/2012

Feuille de personnage
Particularités: I'm a dinosaur, Rawwwr. *tente d'avoir l'air effrayant*
Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: "Broken Spell." |PV|   Dim 11 Nov - 23:04



"Seems that I have been held, in some dreaming state
A tourist in the waking world, never quite awake
No kiss, no gentle word could wake me from this slumber
Until I realize that it was you who held me under

And I could hear the thunder and see the lightning crack
All around the world was waking, I never could go back
Cause all the walls of dreaming, they were torn wide open
And finally it seemed that the spell was broken."



Je commençais sincèrement à m’ennuyer. Tout mon quotidien commençait à être réglé. J’avais toujours été méticuleux lorsqu’il s’agissait d’organiser ma vie pourtant. J’aimais bien quand tout était cadré, sûr. En apparence, le quotidien était réconfortant pour moi, au moins j’étais sûr que tout se passait bien, j’étais conforté dans mes choix car c’était ceux que je faisais tous les jours : pas d’erreurs, pas d’histoires. Juste l’habitude. Sauf que de plus en plus, je réalisais que cette petite vie régulée m’était presque insupportable. Elle me paraissait infiniment longue, les journées s’étiraient sans fin et je les voyais défiler, assis sur ma chaise, en soupirant et en regardant ma montre toutes les deux minutes. Je m’ennuyais, réellement. Le matin, lorsque je me levais, j’avais l’impression que la journée qui arrivait n’allait être rien de plus qu’une interminable bataille pour garder les yeux ouverts et trouver quelque chose d’intéressant à faire. Je n’avais pas de but pour orienter mes pas, je n’avais rien du tout en fait. J’avais l’impression que c’était le début de l’hiver qui me mettait dans cet état… Il faisait froid, nuit tôt, et les nuages se collaient contre les vitres de la tour des Gryffondors. Tout le monde commençait à être malade, à se plaindre de la météo, des devoirs qui nous attendaient le soir et à déplorer les semaines qui nous séparaient des prochaines vacances. Et aussi du bal de Noël que tout le monde attendait avec un immense sourire.

Les filles avaient l’air d’attendre cet évènement comme on attendait son anniversaire. C’était le moment de Poudlard où tout le monde pensait pouvoir briller, c’était la fête à ne pas manquer. Il y avait cette magnifique réception, l’élection des Miss & Mister que tout le château adorait voir aussi. Tout le monde retenait sa respiration pour voir si Megane Parry remportait le titre de Miss Poufsouffle comme à chaque fois, ou la réaction de Lilian Easter si elle n’était pas élue. Ce genre de petits détails. Ou alors… Les robes du bal. Ça c’était le pire. Je n’avais pas accès à Pré-au-Lard, mais on m’avait dit que les magasins d’habillements, surtout de soirées, avaient été envahis par des ordres d’hystériques qui se jetaient sur tout en criant et riant, bavant devant les étoffes et les couleurs « trop à la mode », ce genre de chose. Le bal était dans un mois, mais il semblait que trouver une tenue était la chose la plus importante, la plus cruciale des semaines à venir. Une interrogation de potions ? Un devoir de sortilèges ? Non. Non ! Pas tant qu’elles n’avaient pas trouvé la robe de leur rêve. Je ne vous racontais même pas le scandale qui s’était enclenché dans la salle commune lorsqu’une sixième année avait vu qu’une quatrième année avait acheté la même robe qu’elle. Un désastre. J’avais cru qu’elles allaient en venir aux mains d’ailleurs, heureusement Tirya, notre préfète avait intervenu. Ça aurait pu finir avec un cadavre sur les bras. Tout ça pour une robe… Qui était moche en plus. Rose, avec froufrous. J’vous jure. Avec Etienne on avait bien ris.

Moi, le bal ? Je m’en fichais un peu. Je n’allais pas y aller avec Clea, parce qu’on allait encore tous nous emmerder comme quoi on s’aimait et tout… Alors que non, pour la millième fois, Clea et moi nous étions meilleurs amis point barre. Aria ? C’était… Euh, différent. Des récents évènements m’avaient confirmés que nous n’étions qu’amis et que nous étions heureux comme ça. Je pense qu’elle méritait d’aller à cette soirée avec un cavalier, un prétendant plutôt. Ce bal était important à ses yeux en plus, dès qu’il y avait un peu de lumière, elle aimait bien briller. Au pire, j’aurais pu y aller avec Tess, ça aurait été drôle. On aurait mangé tout le buffet, ris des robes ridicules des filles et ce genre de choses. Mais je me demandais si elle n’allait pas avoir un prétendant aussi car malgré son attitude de garçon manqué, elle restait très jolie comme fille. Au pire, je resterais avec Etienne pour la soirée. Je doutais qu’il y aille avec Maxime de toute manière, sauf s’il tenait à sa vie. Quoi que, ces deux-là, je ne savais pas trop ce qui se passait. Etienne et moi, quand il s’agissait de Daphne ou Maxime, c’était la même rengaine. On était perdus, on voulait juste être sympas et on manquait de se faire décapiter. Etienne c’était d’ailleurs pris un sort de Max’ dans la figure. Y avait un bon feeling entre eux. HAHA. Et oui, je l’appelais Max’ parce qu’à mes yeux, cette fille avait plus de force et de persuasion que la moitié des garçons de Gryffondor.

En parlant de Daphne… Bon, voilà. C’était le point mort. Je ne lui avais plus parlé depuis la dernière fois et petit à petit, j’arrivais à me détacher d’elle. Mes pensées ne s’orientaient plus trop vers elle. Cependant si elles le faisaient, ça restait toujours aussi confus qu’avant et j’avais notre « séparation » en arrière-goût dans la gorge : notre dernière discussion m’avait vraiment mis de mauvaise humeur. En colère. Las, fatigué, perdu. Au final, j’avais doucement pris consciente que cette fille ne m’apportait pas assez de bon pour compenser ce qu’elle apportait de mal que j’avais supporté pendant un an. Bref. Je n’avais pas envie de parler de ça. Vous ne voulez pas plutôt parler d’Etienne et de sa nouvelle couleur de cheveu ? Car oui, le sort dont je vous parlais, celui de Maxime… L’avait teint en brun. Et le pire, c’était que mon cher ami le Frenchie, comme j’aimais bien l’appelé, avait refusé de changer. C’était manière de montrer à Max que ça l’amusait et que maintenant elle allait culpabiliser en voyant ça tous les jours. Pas sûr que ça marche, mais en tout cas ça m’avait bien rire. En parlant du garçon, j’avais intérêt de me dépêcher parce que je lui avais promis de l’aider sur notre devoir de l’histoire de la magie.

Je marchais le long des couloirs d’un pas un peu lent. Je venais de quitter Clea, comme tous les mardis soirs. Nous avions pris l’habitude de nous retrouver à la bibliothèque pour travailler ensemble, et puis aussi pour parler parce qu’au moins on était tranquilles, loin de nos bandes respectives et tout ça. J’avais l’impression de retrouver la jeune fille rien que pour moi, et ça me faisait du bien. Aujourd’hui, nous avions bossé sur le soin aux créatures magiques, en particulier les licornes que nous n’étudions malheureusement qu’en théorie pour le moment. La Serpentarde et moi avions fini par dériver dans nos discussions, pour parler de l’équitation moldue qui effrayait un peu la jeune fille, avant de rire sur les souvenirs de cette balade en poneys qu’on avait fait ensembles. J’aimais vraiment ces moments avec elle, au moins, j’avais l’impression d’un peu m’amuser. Ça me sortait de mon ennui. Mais vers 18h, nous avions tous les deux des choses à faire et je trainais un peu des pieds maintenant : j’aimais beaucoup Etienne, mais les mardis après-midi avec Clea étaient un peu les meilleurs moments de mes semaines en ce moment. Les couloirs étaient humides et silencieux, mal éclairés par quelques torches. Ambiance hivernale ? Superbe !

J’entendis un bruit et me retournais, scrutant le bout du couloir. Personne. Bon. Il faut dire que j’étais un peu sur mes gardes parce qu’en ce moment, les potes de Daphne avaient le don de me pas mal de souler. Ils étaient si matures qu’ils trouvaient amusants de vouloir me faire des croches pattes, ou de rire de moi ouvertement, ou dans mon dos. Ça me faisait chier parce que je trouvais que voilà, elle en avait fait assez comme ça, monter ses amis contre moi n’était pas forcément nécessaire. Ce genre de gamineries me pourrissaient un peu la vie, alors j’évitais de me retrouver face à ses ignares. En plus, en ce moment, j’avais de plus en plus l’impression qu’ils étaient toujours autour de moi, comme si ils me suivaient presque. Et même quand ils n’étaient pas là, j’entendais des bruits, j’avais l’impression d’être observé. Dans le genre paranoïa, je devais pas mal… ah mais non. J’avais raison là, il y avait vraiment quelqu’un au bout du couloir. Une forme qui me sembla familière mais qui était trop lointaine pour être distincte. Il semblait que la personne venait vers moi d’ailleurs, et c’est seulement lorsque sa silhouette passa devant les lumières d’une bougie que je reconnus ses yeux perçants et que je détournais mon regard. Elle n’était sûrement pas là pour moi de toute manière.


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Daphne Kasperek
Assistante à l'infirmerie
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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Lun 12 Nov - 22:56

Je ne me mouillais pas et ça me convenait parfaitement. Il n’avait suffi que d’une suggestion de m’a part ; la suite, elle était simple puisqu’ils avaient bien entendu immédiatement trouvé l’idée plus qu’amusante. Prendre pour bouc émissaire Sebastian Hansen, c’était plutôt un beau parti dans le genre lionceau en cage qui pousse des cris proches d’un chat qu’on embête avec une brindille de paille en lui chatouillant le bout du nez et qui n’aime pas ça. Sauf que ça n’a rien de touchant. Un lionceau ? Beurk ! C’était mieux les serpents !

Il savait que les farces dont il était la victime venait d’eux ; il était assez malin (tout est possible) pour ça et les autres pas assez futés pour croire qu’il ne s’en était pas encore rendu compte. Mais moi je m’en fichais parce que je ne participais qu’à moitié parce que j’étais la pauvre victime à qui il avait fait tant de mal et de peine ; voilà ce qui arrive quand on casse les pieds à Daphne Kasperek, il y a toujours riposte ! Il était au courant depuis notre toute première rencontre à l’infirmerie. Il ne fallait pas qu’il s’étonne. Non, je n’avais rien à me reprocher. Du tout.

Ça se limitait à quelques blagues de bien mauvais goût, mais pourquoi faire dans l’originalité quand les plaisanteries les plus courtes sont aussi les meilleures ? En tout cas, on ne relâchait pas les pressions. C’était bête et méchant de s’acharner sur un élève comme ça. Nawak. C’était juste lui qui savait pas se défendre, il était temps de remettre les choses dans leur contexte un peu !

Il était d’ailleurs le sujet central de la conversation, alors qu’on était tous installés dans notre petit coin habituel dans la salle commune des Serpentard, et justement, le reste du groupe pensait que la plaisanterie avait assez duré ; qu’elle n’était plus drôle, qu’il fallait passer à la vitesse supérieur et moi je souriais déjà de savoir la suite, parce que ça voulait dire qu’il y avait une suite et que j’avais hâte de l’entendre ! Seulement… Mon sourire se figea. Avant de disparaitre petit à petit. De disparaître totalement. C’était idiot. Il n’y avait rien de drôle. Oui c’est ça, on avait pas trop la même conception de la plaisanterie. D’accord j’avais déjà fait des choses pas géniales par le passé comme faire pousser ses dents et danser au milieu de la Grande Salle pendant le repas, mais ça n’incluait pas…

C’était il y a deux jours et à chaque fois qu’on en avait reparlé, j’avais soulevé le fait qu’on pouvait très bien se limiter à d’autres éventualités, que celle-ci était un peu extrême. Evidemment, à la fin ils m’avaient tous dévisagé et m’avait demandé si oui ou non j’étais de la partie, et que si c’était pas le cas, je pouvais dégager tout de suite, que j’avais rien à faire avec eux. Bien sûr que je marchais dans le plan ! Bien sûr que oui…

On allait le passer à tabac. Je n’avais aucun problème avec ça.

C’était très facile en fait, il suffisait juste d’attendre qu’il se retrouve tout seul (oui, il traîne avec des gens, ça lui arrive, vous aussi, ça vous étonne ?) et lui tomber dessus. Il était nul en sortilèges, défense et j’en passe. Je supposais. De toute façon, on était plusieurs. Lui non. Le calcul n’était pas bien compliqué à réaliser même pour des verts et argents un peu lourdos.

Je passai nerveusement mon doigt depuis tout à l’heure sur le velours du canapé. Je ne savais pas où était passé les autres mais on devait tous se retrouver là avant de partir à la rencontre de Hansen et lui faire ce qu’on avait à faire. La veille, un des mecs s’était amusé à mimer le geste du coup des coups de poings qu’il allait lui porter. J’avais ris jaune.

Merde, comment on pouvait éprouver du plaisir à faire ça ??

Je bondis comme un ressort de la place où je me trouvais et un rapide coup d’œil sur ma montre m’indiqua que j’avais encore un peu de temps devant moi… devant nous. J’allais regretter de faire ça, j’allais le regretter, je regrettais déjà… j’avais déjà grimpé un étage ou deux et j’insultais de tous les noms qui me passaient par la tête ce gros connard d’escalier qui crut bon de m’emmener à l’opposé de là où je voulais me rendre initialement. J’étais en train de perdre un précieux temps e pourquoi est-ce que mon cœur battait si vite comme ça, ce n’était qu’Hansen, il n’y avait pas mort d’hommes non plus ! Oui mais… Ça allait à l’encontre de mes principes, et je ne pouvais pas laisser passer ça, je ne pouvais pas, je ne pouvais pas, je ne pouvais pas. Je me sentis frissonner pendant que des images se dessinaient dans ma tête.

Jamais je n’avais prévu que cela puisse prendre cette ampleur là…

Finalement, j’arrivais à l’aide d’un passage secret à rattraper mon retard et j’étais légèrement essoufflée lorsque j’arrivais à l’angle d’un des nombreux couloirs que j’avais arpenté afin de retrouver Hansen qui n’était nul pas. Est-ce qu’ils l’avaient laissé pour mort quelque part. Est-ce que c’était normal que je m’inquiète pour ça ? … Pour lui ? Je laissais toutes ces questions en suspens pour plus tard. Il y avait plus important.

Immédiatement, je le reconnus, même tout au bout de l’allée. Je m’arrêtai un instant, déjà pour reprendre un peu mes esprits ; parce qu’il allait penser que je me faisais du mauvais sang pour lui sinon, non mais vous plaisantez ! Et aussi parce que ce n’était pas le moment de marcher sur la mauvaise dalle et faire exploser une mine alors que j’étais toute proche de le tirer du sale pas… dans lequel je l’avais fourré. Mais il n’y avait personne à part nous deux dans les alentours (pour l’instant) alors de manière très déterminée j’avançais vers lui.

Arrivée à son niveau et sans lui demander son accord, je lui saisis son poignet et de l’autre main ouvrait à la volée la première porte qui se trouvait être la plus proche de nous ; une salle vide. Parfait ! Sans prendre aucun ménagement (je faisais déjà un bel effort en venant jusque ici, il ne fallait pas pousser !) je le tirais à l’intérieur, refermai la porte derrière nous et la verrouillait à l’aide d’un sortilège. Précaution inutile parce que n’importe qui pouvait l’ouvrir très simplement d’un coup de baguette, mais ça me rassurait un peu alors. Et… ensuite… ? Nous nous dévisageâmes pendant plusieurs secondes. C’était le temps des explications on dirait…


- Faut pas traîner dans les couloirs à ces heures-la. On sait pas sur qui on pourrait tomber…
déclarai-je tout en étant ironique et le regard que le lui lançai prouvait qu’une fois encore c’était pour me foutre de sa gueule. Sauf que pour une fois, ce n’était pas « pour de vrai » mais pour lui sauver la mise. Car là il allait penser que c’était juste sur moi qu’il « tombait », alors qu’en vérité… c’était juste un subterfuge pour lui cacher la vraie raison.

Et bien oui ! Qui a dit que je devais lui en donner, des explications ??

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I READ SOMEWHERE HOW IMPORTANT IT IS IN
LIFE NOT NECESSARILY TO BE STRONG BUT TO FEEL STRONG.



"I wanna break the spell"



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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Ven 16 Nov - 15:28

Peu importe pourquoi Daphne était là, dans ce couloir, ce n’était pas mes affaires. Elle aillait probablement rejoindre ses chers copains de Serpentard. Des gens adorables, vraiment, toujours une délicate petite attention : une moquerie, un croche patte, un petit sort de temps en temps. Ce genre de choses qui illuminait la journée d’un être normal et (presque) innocent comme moi. Je savais que c’était elle qui leur avait donné toutes ces idées avec comme but ultime de me pourrir la vie comme elle pensait que je lui avais pourri. Je l’avais peut-être fait au fond. C’est vrai quoi, voir quelqu’un tenter d’être ami avec nous c’était vraiment insupportable non ? Aux yeux de la jeune fille visiblement, oui. Et pourtant… Elle n’était pas solitaire non, entourée de tous ses camarades de classes. Elle s’était bien intégrée, visiblement elle s’amusait bien oui. L’année dernière j’avais bien vu que la barrière de la langue l’avait desservie et j’étais la première à l’avoir à avoir voulu la franchir. Peut-être que c’était ça alors ? Elle m’associait avec son arrivée ici, les premiers temps douloureux et elle voulait maintenant s’en détacher ? Oublier tout ce qui lui rappelait avant, probablement. Je n’avais pas d’explication. Ce n’était le fait que j’avais voulu l’approcher de trop près peut-être. Avec mes questions qui lui faisaient peur, ou plutôt la vérité. Parce que…

J’avais beau essayé de ne pas y penser, à chaque fois que Daphne traversait mon cerveau, je voyais son dos et les cicatrices qui le constellait, ses sourcils qui se fronçaient à chaque question et ses pupilles brillantes d’une lueur étrange, entre la peur et la protection.

Ce n’était plus mes affaires. J’aurais juste voulu qu’elle en échange, fasse de même. J’avais admis ma défaite. Je la laissais tranquille. Elle allait se venger combien de temps elle ? Combien de temps allait-elle être lâche et envoyer ses petits soldats pour me tirer les cheveux ? Combien de temps allait-elle jouer les gamines ? Même mon petit frère ne faisait pas des coups aussi ridicules. Sérieusement, ça commençait lentement à me gonfler et je fermais ma gueule à grande peine parce que je ne voulais plus faire d’histoire et surtout ne pas rentrer dans leur jeu. Pourtant je savais qu’avec Etienne j’aurais pu avoir de l’aide, ou même avec Luke. Lui, il aurait juste voulu affronter les Serpentards pour une question de maison, pas pour me secourir non. Bref, j’avais un peu de ressources mais je n’avais pas envie de les utiliser pour une bataille aussi ridicule. Non, ça allait forcément lui passer à un moment. Daphne trouverait un autre garçon, ou une fille, tout aussi con que moi pour se piquer à son jeu et à y rester accroché pendant un bon petit moment avant d’enfin réaliser que ce n’était qu’une connerie. Mais ça ne serait plus moi.

J’allais donc passer devant elle, sans même un regard parce que ça ne servirait à rien. J’attendais d’ailleurs à ce qu’elle siffle une petite insulte pour la route, ou qu’elle me fusille de ses pupilles aussi glaciales qu’incandescentes. Elle avait toujours cette allure étrange, même dans l’obscurité du couloir elle se détachait presque gracieusement et les bougies dessinaient ses traits entre ombre et lumière, accentuant les creux de ses joues et l’épaisseur de ses boucles brunes. Mais cette fois-ci, elle semblait un peu plus pressée, marchant par petit pas rapide vers moi. Enfin, non, vers le bout du couloir, elle ne s’approchait pas de moi. Moi, on s’en fichait. Nous marchions donc tous les deux, en face l’un de l’autre et le croisement était imminent et même si je disais que je m’en fichais, j’avais quelques battements de mon cœur qui partaient en live. 3..2…1.

… Pardon ?
Daphne venait de saisir mon poignet et d’ouvrir une porte à ma droite pour m’y entrainait, fermant violemment la pièce d’un coup de baguette magique avant de se tourner vers moi.

Oh non, j’étais vraiment trop jeune pour mourir.

Il y avait plein de trucs que je n’avais pas vu dans ma vie ! J’allais me faire torturer ici par cette démone avant d’être laissé pour mort sur le sol. Je n’étais pas prêt pour ça, non, j’allais me défendre ! Peu importe ses techniques d’attaques, je n’avais pas dit adieu à ma vie, pas encore ! Oh, non, vraiment, il y avait trop choses que je voulais faire encore. Manger tous les parfums de glace du vendeur du quartier d’Aria, celui juste à côté du parc avec les grandes balançoires. Gagner au cache-cache contre Clea. Apprendre le morceau de Mozart préféré de Tom pour lui jouer. Lui parler une dernière fois. Avoir une meilleure note qu’Elisa à une épreuve de BUSE, c’est-à-dire battre son A en potions. Revoir Tess Tennant avec une robe, et qui sait un jour, avec des talons ! Battre Luke au bras de fer. Manger toute une citrouille à Halloween avec Tess. Aller en France avec Etienne, lui offrir un mouton. Réussir un ridiculus. Porter un costard cravate et avoir l’air aussi chic que James Bond. Lire un recueil de poésie en entier. En apprendre un par cœur pour me la péter. Réussir à faire un salto sur un balai. Apprendre à jouer de la guitare. Avoir Clea comme témoin à mon mariage. Rembourser Maddy pour les fringues de ma sœur. Cuisiner un gâteau sans me tromper dans la recette. Enerver ma mère un jour, juste pour voir.

Bon, j’étais en train de m’égarer.

- Faut pas traîner dans les couloirs à ces heures-la. On sait pas sur qui on pourrait tomber…

[i]Hum. Entre un troll des montagnes et Daphne, à rencontrer dans un couloir, j’aurais sûrement pris la première option. Je ne savais pas pourquoi elle avait ce ton ironique désagréable, ni ce petit sourire accompagné d’un air entendu mais non, je n’avais pas prévu de mourir. Je la jaugeai du regard un instant, attendant un mouvement de sa part, qu’elle sorte sa baguette ou ses poings, mais elle ne bougea pas. Bon, quoi, qu’est-ce qu’elle me voulait ?


- Hum, oui. Du genre… Toi.

J’avais répondu d’une voix un peu hésitante, accompagnant ma réplique d’un petit mouvement de tête et d’un haussement de sourcils. Je commençais sérieusement à en avoir marre de sous-entendus et de ses petits jeux, alors je me contentais de finalement soupirer avant de sortir ma baguette et de me tourner vers la serrure.

- Si tu permets… Dis-je en levant la main pour lancer un sort et ouvrir le loquet.

Non parce que je n’allais pas dormir ici non plus.


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Daphne Kasperek
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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Dim 18 Nov - 13:07

Parfois Hansen me faisait un peu penser à ce gars qui était à l’école avec moi. On était née la même année donc on était dans la même salle de classe et il avait tout l’air du grand dadais qui ne savait pas trop où est-ce qu’il devait foutre les pieds parce qu’il était plus élancé que la moyenne pour son âge et qu’il avait un gros grain de beauté sur la visage qui faisait que ça lui donnait un air encore plus ahuri. Il aurait pas eu le grain de beauté, ça aurait tout changé. Mais là il avait ET le grain de beauté TOUT EN étant grand, donc le reste des autres enfants ils avaient tendance à l’exclure juste pour ça parce qu’il était un peu différent, et moi j’avais pas de problème particulier avec ceux de ma classe mais je restais plus ou moins en retrait par volonté, parlait avec tout le monde et personne, mais surtout je préférais éviter les questions embarrassantes. Et c’était moi qui restais le plus avec le grand dadais au final (j’avais oublié son prénom) il n’était pas très loquace en plus du reste donc on formait un tandem, peut-être pas de choc, mais on se suffisait l’un à l’autre et c’était bien suffisant.

Bon autant dire que la comparaison entre lui et Hansen s’arrêtait à grand dadais qui ne sait pas où il doit foutre les pieds. Parce que le reste...

Mon plan ressemblait un peu à tous les autres dès qu’il s’agissait de Sebastian, c’est-à-dire le taquiner assez longtemps le temps que la tempête passe dans le couloir et pour une fois que je prenais ma mission très à cœur, il allait me faire le plaisir de marcher dans la combine, oui oui ! Le plus simple aurait été d’admettre quelle était la raison de ma présence ici parce que ce n’était certainement pas parce que j’étais prise d’une subite envie de passer un peu de temps avec lui (même pas en rêve), mais après si je lui expliquais le fond de l’histoire, qu’il allait, s’il sortait d’ici un aller simple pour l’infirmerie et que peut être, je dis bien peut être j’y était un tout petit peu pour quelque chose, j’allais avoir des problèmes, et quand même, je préférais sortir d’ici sans aucune égratignure moi aussi, donc il avait seulement à faire comme moi je le voulais, tout le monde s’en sortait sans dommages et on pourrait reprendre le cours de nos petites vies ; misérable en ce qui concernait la sienne.

- Hum, oui. Du genre… Toi.

Je restais indifférente à sa… tentative ? d’humour ; si c’en était une, mais en tout cas, elle n’était pas drôle. Je passais discrètement un coup d’œil sur ma montre en essayant d’évaluer combien de temps les autres allaient patienter dans la couloir avant de se décider à abandonner la partie, parce que la patience était loin d’être leur point fort. Quant à moi, je gardais mon masque de la parfaite petite verte et argent qui cherche des noises aux rouges et or, même quand ils ne demandent rien, par principe.

- C’est bien, finalement, tu as compris la leçon, minaudai-je. Par mesure de précaution, je restais devant la porte pour l’instant, en faisant quand même attention à ce qu’on ne nous entende de l’extérieur en parlant trop fort.

Là où ça se corsait avec ce genre d’altercation, c’était lorsque la cible qui se tenait en face décidait de ne pas en être une en faisant systématiquement un pas de côté au lieu de foncer tête baissée, et c’était une méthode qu’Hansen semblait avoir définitivement adopté, comme la dernière fois où j’avais dû le pousser dans ses derniers retranchements, et encore… Plusieurs fois depuis, j’avais eu la vision de son Epouvantard qui s’était manifesté, en me demandant bien qui pouvait être la personne, ce garçon, étendu sans vie sur le sol et qui manifestement lui faisait si peur… Et puis ce n’était vraiment pas le moment d’y penser, et ça devait être sans importance, la mort c’était ce qui était revenu le plus souvent pendant le cours de Doherty, ça manquait franchement d’originalité !

- Si tu permets…

J’entendis dans mon dos la porte se déverrouiller, mais je fis aucun geste pour arrêter le Gryffondor, qui visiblement, n’était même pas capable la chose toute simple que je lui demandais c’est-à-dire se prêter au jeu. C’était décidément rien qu’un bon à rien celui là ! Et bien très bien, qu’il y aille, qu’il se jette dans l’antre de lion, ça avait même un petit côté ironique franchement drôle quand on y pensait… je n’avais plus rien à me reprocher à présent, j’avais fait ce que j’avais à faire à savoir le prévenir (oui, c’était ma façon à moi de prévenir les gens !) donc maintenant, s’il se faisait casser la gueule et qu’il finissait avec une ou deux dents en moins, ce n’était plus mon problème. Je me contentais juste de le dévisager l’air mauvais, mais le cœur battant pour une raison inexplicable, tout en me disant que tout de même, il n’allait pas oser cet imbécile, il n’allait pas me planter là comme ça, mais si, il posait sa main sur la poignée, prêt à la tourner pour sortir et elle faisait un bruit grinçant parce qu’elle était vieille et user et d’accord c’était son affaire s’il voulait se faire choper, mais alors s’il poussait cette porte, c’était comme me condamner aussi, alors non !

Pour la deuxième fois dans la même journée en l’espace de quelques minutes à peine je le tirai vers l’arrière pour l’empêcher de mettre un terme à notre petite entrevue parce que c’était moi qui décidait quand elle débutait et quand elle se clôturait, en me mordant l’intérieur des joues, tout en cherchant quel était le sortilège qui permettait de ligoter quelqu’un, on en avait parlé en cours, mais je n’avais pas vraiment écouté, mais tant pis, ce n’était pas grave parce qu’il y avait certainement d’autres moyens d neutraliser un individu un peu trop récalcitrant en cas de coup dur…

- Tu ne peux pas sortir d’ici, dis-je, en changeant totalement d’expression, quittant mes intonations moqueuses. Je voulais m’en tenir à cette seule explication et lui ordonner de seulement rester là jusqu’à ce que je lui donne l’autorisation de sortir, mais je sentais son regard peser sur moi et je pouvais entendre les secondes défiler dans ma tête avant d’arriver à zéro, le zéro significatif du temps imparti pour donner une raison valable et que sans cette raison, il ne restait plus qu’à Hansen à partir. Parce que…

Je m’étais tus le temps de trouver une bêtise à inventer, mais manquais d’imagination. Comme par hasard en plus, mes yeux se posèrent justement vers le col de sa chemise et l’ouverture était assez grande pour voir une petite trace de sa cicatrice à cause de l’araignée géante de la Forêt Interdite. Je soupirais parce que cette fois ci je n’avais vraiment plus le choix, mais le mis sur le compte d’un instant de faiblesse à cause de ce que je venais de voir et rien d’autre. Je poursuivis sur le même ton :

- Il y a des gens qui t’attendent dehors. Je ne m’attardais pas sur les gens en question, il n’avait pas besoin d’une foule de détails non plus ! Mais pas pour te demander des… je cherchais le mot il était un peu difficile « signatures », je mimai le geste comme quand on signait un autographe et si c’était une tentative de plaisanterie pour me moquer de lui comme toujours, j’eus tôt fait de terminer ma phrase que je laissai platement retomber mes bras contre mon corps, parce que moi-même, ça ne me faisait même pas rire.

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Sebastian Hansen
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Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Lun 26 Nov - 20:10

Non, vraiment, je tenais à ma vie. Je sais ce que vous pensez tous, oh, le petit Hansen à peur de la grande méchante Kasperek. Vous voulez la vérité ? Oui. Cette fille était flippante, je n’allais pas mentir. Et vous rigolez tous, assis sur vos fauteuils, pensant à moi le soi-disant Gryffondor qui au final était aussi courageux qu’une poule… Ou qu’une huitre… Enfin, peu importe. Eh bien, continuez donc à rire. Un jour, vous vous retrouvez face à Daphne en colère et peut-être que vous comprendrez pourquoi je ne faisais pas le malin devant elle. Cette fille était violente, on allait être honnête ! C’était dans ce genre de moment où ma vie se jouait (d’accord, j’exagérais un peu… !) que je regrettais de ne pas avoir Tess avec moi par moment. Parce que dans le genre, on aurait pu organiser un combat de filles entre ces deux-là, du genre la Polonaise et la Rousse, ça aurait été vachement violent croyez moi. Peut-être même qu’on aurait pu rajouter Max, enfin Maxime. Trio de choc. Et je me serais assis avec Etienne et des pop corns… Bref, encore une fois j’étais en train de m’égarer et mon cerveau commençait à élaborer des scénarios un peu loufoques qui n’allait pas du tout m’aider à survivre face à la menace Kasperek qui pesait sur moi.

Oui, je sais. Eventuellement, un jour, j’allais devenir un vrai mec.


- C’est bien, finalement, tu as compris la leçon.

… Maintenant elle faisait de l’humour ? Bon, sérieux, c’était quoi le délire ? Non parce que les devinettes, les sous-entendus, ça allait bien cinq minutes. Je commençais franchement à en avoir assez de ce petit jeu qu’elle menait, comme si c’était le truc le plus amusant de sa pauvre petite vie. Moi, j’avais mieux à faire ! (Mensonge ?) Non, vraiment ! Genre, j’avais une vie palpitante à vivre ! (Mensonge ?) Et puis, ce n’était pas comme si ma relation avec Daphne m’avait apporté un peu de piment à ma vie ! (Mensonge ?)

… Sans commentaire !

Il fallait vraiment que j’aille faire part de tout ça à Etienne, parce que j’avais besoin d’un avis là. Je commençais sérieusement à ne plus trop me comprendre et c’était plutôt embêtant vu qu’à la base j’étais plutôt perspicace. Heureusement oui qu’il était là lui, parce qu’il vivait un peu les mêmes emmerdes que moi avec Maxime et que forcément, on pouvait s’entre-aider. C’était drôle d’être aussi proche d’un garçon avec qui je pensais n’avoir aucun point commun. Notre principale différence était sûrement le charisme qui émanait du garçon, tandis que moi j’étais toujours plutôt en retrait. Mais au fond, on était un peu pareil sur pas mal de point, en particulier notre gentillesse un peu naïve dont nous étions totalement conscients mais qui suintait de nous malgré tous nos efforts pour « devenir des hommes, des vrais. » (Pour citer Luke.) En apparence nous tentions donc d’un peu nous affirmer (j’avais toujours certaines difficultés je l’avoue) mais ça ne marchait pas trop parce qu’il suffisait de montrer un mouton boiteux à Etienne pour qu’il pleure. Bref, en parlant d’Etienne, j’avais bien envie de le rejoindre dans la salle commune pour lui raconter comment j’avais été kidnappé sans raison par Daphne ! Quoi, je n’allais pas rester dans la salle avec elle toute ma vie.

Mais non décidemment elle n’était pas décidée à me laisser partir ! A peine avais-je attrapé la poignée qu’elle se jeta sur moi –non Etienne, rien de passionnel ici. Elle me tira loin de la sortie, m’empêchant clairement de sortir pour une raison que j’ignorais toujours. Je commençais sérieusement à croire qu’elle avait des problèmes psychologiques, ou peut-être des pulsions sadiques. Sauf que je n’avais pas envie de jouer les punching-balls. J’allais protester, me tournant violement vers la jeune fille… Qui n’avait pas l’air de plaisanter du tout. Ses sourcils froncés, elle me fusillait du regard et ne semblait pas du tout ouverte à la discussion. Je connaissais cette expression chez elle, et ce n’était jamais bon. Je l’avais vu sur son visage lorsque nous avions affronté l’araignée, ou lorsque je lui avais parlé de ses cicatrices. C’était l’expression qui voulait clairement dire : fait gaffe à toi, je déconne pas.


- Tu ne peux pas sortir d’ici. Parce que…

Il y eut un silence pendant un petit moment, et je la regardais d’un air hagard. Fronçant les sourcils à mon tour, je la fixais avec une mine complétement excédée.

- Est-ce que tu as un problème psychologique, sérieusement ?

J’entendis la voix de Tess me souffler que mes pseudos moqueries/insultes/remarques ironiques étaient digne d’un bébé mais bon écoutez hein, je faisais mon possible. J’essayais d’ailleurs d’accompagner ma réplique d’un petit regard en coin du genre « attention je suis sérieux » mais bizarrement, si cette expression en jetait quand Daphne l’adressait, et bien sur moi… On avait plus l’impression que j’étais constipé en fait. Mais il fallait que je m’entraîne un peu, c’est tout ! Peut-être aussi que je n’étais pas fait pour être méchant. Quand j’étais gamin, j’étais plutôt du genre à donner mes billes sans même que l’on me menace, juste parce que « tiens, je sais que les bleus sont tes préférées » et ce genre de choses. Je partageais mon goûter avec les oiseaux et mes copains, quand je me bagarrais, ou plutôt que j’essayais, je donnais un coup avant de crier un milliard d’excuse parce que « Je ne t’ai pas fait mal j’espère ! ». Avant de me pendre une droite en retour et de murmurer que je la méritais bien, même s’il y était allé un peu fort. Bon. Voilà. Je n’étais pas un modèle de bravoure.

Bref, revenons aux choses sérieuses.


- Il y a des gens qui t’attendent dehors. Mais pas pour te demander des… « signatures ».

… Pardon ?

Connectons. Daphne Kasperek m’annonce que dehors, des mecs m’attendent pour m’emmerder. Probablement ses petits amis de Serpentard. Jusque-là, je suis à peine étonné. Maintenant, concentrons-nous sur la situation. Daphne Kasperek me retient dans cette salle parce qu’elle… Cherche à protéger de ces gens en question ? Résumons encore une fois, s’il vous plait. Daphne Kasperek tente un revival de « Sauver Willy » version « Sauver Sebastian » (j’espérais juste être un peu plus sexy qu’un orque mais passons.) Donc… Rassemblons les informations. Daphne Kasperek venait-elle de passer du bon côté de la force ?

Ce monde parallèle dans lequel Tess Tennant pleurait et portait des robes, où j’embrassais Aria, où Etienne devenait brun et où Daphne venait me sauver, il commençait sérieusement à devenir très étrange. Un peu trop.


-…. Est-ce que je dois comprendre que tu essayes de me sauver ? L’idée formulée à voix haute me parut tellement absurde que j’éclatai de rire. Oh, non, je sais ! Tu as pour rôle de me retenir ici avant qu’ils arrivent ! D’accord, je vois. Continuai-je en haussant les épaules. Les petites attentions des semaines dernières, c’était l’avant-propos c’est ça ? Cool, j’ai hâte de voir ce qui m’attend ! Je tapais dans mes mains, mimant l’excitation. Puis, reprenant un visage plus sérieux, je me tournais de nouveau vers la porte. Encore une fois. C’est le moment de fuir ! Tu as été une excellente comédienne mais je tiens à ma vie! Achevai-je en riant.

La logique aurait voulu que je prenne ma baguette au cas où que Daphne tente une première attaque. Mais bizarrement… J’avais… Des doutes.
Et si elle disait vrai ?


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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Mer 28 Nov - 12:20

People do not believe lies because they have to, but because they want to.


Mentir pour sauver sa peau, passer en premier, ça je savais faire et entre les autres ou moi d’abord, j’avais déjà choisi. J’incluais juste Delilah dans l’équation, mais d’un autre côté, elle faisait partie de moi et la laisser derrière moi, ce n’était même pas envisageable. Je mentais aussi bien que je disais la vérité, question d’entraînement oblige, donc lorsque je disais vrai pour en venir à une personne qui en avait bien besoin mais qui avait décidé de ne pas me croire, j’étais partagée entre l’idée de cracher au visage d’Hansen, d’aller vérifier par lui-même et que ce serait bien fait pour lui quand il verrait que j’avais raison depuis le début ou bien rester là, à insister, mais à parler dans le vide, et cette impuissance me donnait envie de retourner toutes les tables de la salle vide à mains nues pendant que ma gorge se serrait, parce que je n’aimais pas perdre le contrôle comme ça, j’avais peur, il fallait que je garde le contrôle…

- Est-ce que tu as un problème psychologique, sérieusement ?

J’ouvris la bouche, prête à répliquer sauvagement, mais sur le coup ne trouvait rien à redire. Elle disait la même chose. Qu’on était des erreurs. Que personne ne voulait ni ne voudrait de nous. Que nous étions irrécupérable, moi surtout, parce que si Delilah elle recevait le même traitement, c’était moi qui essayait de lui tenir tête dans de rares moments de témérités qui coûtaient chers. C’était pour ça que depuis toujours, j’avais préféré battre en retraite. Comme les animaux les plus faibles de la chaîne alimentaire. Par instinct. Mais non, apparemment, ce n’était plus la seule à considérer que j’avais un problème, est-ce qu’elle avait eu raison depuis le début d’agir comme elle l’avait fait ? … Non, on ne frappe pas ses enfants, pas pour ça, elle ne m’avait jamais donné la chance de l’aimer et pourtant, j’aurais pu, j’en étais sûre, quand je voyais tous ces enfants retrouver leurs parents à la sortie de l’école et moi que je me contentais juste de traîner ma sœur par la main pour rentrer à la maison en prenant tous les détours possibles pour gagner un peu de temps… Parce que c’était dans la nature humaine d’aimer son papa et sa maman.

J’éludais cette question, parce que qu’elle me rendait triste, mais ce n’était qu’un instant de faiblesse, rien d’autre que je mettais sur le compte des prochains événements qui allaient suivre et qui se rapprochaient de minutes en minutes. Laisse-le. Va-t’en. Fui. Pourquoi est-ce que tu ne fuis pas ? Ça ne vaut pas le coup. C’est ça, j’allais partir, mais pas avant de m’être totalement dédommagé. C’est ce que j’allais faire, très bien. Mais tout à coup cette pièce me paraissait être bien trop grande pour nous deux, je n’étais pas à l’aise, ma voix qui se répercutait contre les murs et qui résonnait nous enveloppait tous les deux, comme si c’était elle ici qui était la véritable menace. Je ne cherchais plus à vouloir garder la face à tout prix. S’il n’était pas foutu de déceler le vrai du faux, c’était qu’il n’était pas comme les bruits des couloirs qui le proféraient s’étaient trompés.

Que j’étais une cause perdue.

-…. Est-ce que je dois comprendre que tu essayes de me sauver ? Oh, non, je sais ! Tu as pour rôle de me retenir ici avant qu’ils arrivent ! D’accord, je vois.. Les petites attentions des semaines dernières, c’était l’avant-propos c’est ça ? Cool, j’ai hâte de voir ce qui m’attend ! C’est le moment de fuir ! Tu as été une excellente comédienne mais je tiens à ma vie!

La seule consolation c’était de dire qu’Hansen aussi. Je l’écoutais faire sa petite tirade, et l’espace d’un instant, j’eus envie de lui donner raison, de l’attaquer pour de bon, comme il laissait l’entendre supposer parce que comme ça c’était bien fait pour lui. Voilà… même quand j’essayais, d’être un peu… et bien personne ne le voyais, alors autant être une vraie méchante jusqu’au bout ! J’allais lui lancer un sort dont il allait se souvenir toute sa vie, qui n’avait rien à voir avec une petite démo de danse dans toute la salle et ce serait bien fait pour lui ! Et puis en plus si je me chargeais de son cas avant les autres sans y aller trop franchement non plus, ils allaient se dire qu’ils avaient eu son compte et que ce n’était pas la peine de faire ce qu’il était prévu au départ et tout le monde serait gagnant : moi qui préservais ma couverture, mes amis satisfaits du travail bien fait, et Hansen, convaincu qu’il avait eu raison depuis le début.

Seulement au moment où j’allais m’apprêter à brandir ma baguette en me répétant que tout ça, ce n’était qu’un jeu, mais qu’alors pourquoi si les jeux étaient faits pour jouer, je ne trouvais rien de drôle ? Mais il y avait une conversation beaucoup trop bruyante dans le couloir qu’on entendait jusque ici parce qu’apparemment les personnes se disputaient. Et vu comme ça se rapprochait il y avait fort à parier que les individus en question se rapprochaient à grands pas, et je reconnaissais ces voix entre mille puisque je passais mes journées à traîner avec elles… Ahha ! Qui avait dit la vérité depuis le début alors ?? Dans d’autres circonstances je me serais faite un plaisir de rabaisser le caquet au Gryffondor qui l’avait bien mérité, pour ne pas changer, mais l’énorme bond que fit ma poitrine en guise d’alerte me rappela que ce n’était pas le moment et qu’il y avait une affaire plus importante à régler d’abord. Je jetai un regard effrayé à Hansen, dès fois qu’il aurait une meilleure idée, parce que je n’en avais pas du tout avant de me rappeler qu’il ne fallait surtout pas compter sur lui puisque c’était un Gryffondor en mousse. Je regardais autant de moi comme s’il y avait un quelconque truc qui pourrait me venir en aide mais il n’y avait que tables et des chaises, que…

Tout au fond de la pièce, il y avait un recoin un peu plus tenu dans l’ombre qui servait à entreposer d’autres tables et d’autres chaises justement. Ca formait comme un minuscule corridor parce que la salle n’était pas totalement carrée, et les meubles étaient empêtrés les uns dans les autres. Comme ils voyaient qu’il n’était pas dans le couloir comme il était censé l’être, ils allaient vérifier les alentours, c’était sûr ! Sinon j’allais me cacher seule et laissais Sebastian tout seul dans sa merde… Non ! Je lui donnais un petit coup de poing, pas fort dans la hanche pour le distraire, pour comme ça le pousser et le traîner derrière moi pour le contraindre à obéir, chose qu’il avait décidé de ne pas faire aujourd’hui… Je savais que j’étais sur le point de faire quelque chose de vraiment stupide que j’allais regretter…

- … s’il te plaît.

… Voilà.

Je glissai ma main à l’intérieur de la mienne, puis ouvrit comme je pouvais un passage sans utiliser ma baguette, à travers le fatras ambiant en faisant bien attention à faire le moins de bruits possibles parce que si on les entendait si bien en étant ici, de dehors ça devait être pareil, et mais en même temps mon instinct de survie me poussait à me dépêcher… au moins nous n’étions pas gros tous les deux donc c’était plus facile pour se faufiler et moi j’avais l’habitude de me planquer dans le moindre recoin… je me contorsionnais, passait au-dessus de ses chambres pour le faire passer devant moi là où il y avait plus de place… je trébuchai sur un pied de chaise et j’étais déjà à moitié plus ou moins à quatre pattes, tout en essayant de reprendre mon souffle qui était coupé à cause de la panique, mais je m’étais réceptionnée sur quelque chose de mou, et oui oui j’étais bien plaquée contre Hansen et en même temps je n’arrivais pas à me redresser parce qu’il y avait l’extrémité d’une table qui me rentrait dans le bas du dos…

Je m’arrêtai soudain de faire le moindre mouvement et arrêtait de penser que j’étais à moitié à cheval sur mon ennemi public numéro deux et que question ironie du sort on ne pouvait pas faire mieux, parce je venais d’entendre la porte s’ouvrir, sur mes amis qui étaient en train de s’engueuler entre eux parce qu’il y en avait un qui se plaignait qu’ils étaient arrivés trop tard, et l’autre qui disait que c’était de sa faute, enfin… Je posai mon index sur les lèvres de Sebastian tout en faisant un « shhhhtt » silencieusement avec mes lèvres pour l’intimer au silence, le regard un peu hagard. Je n’osais plus respirer et avait à moitié le souffle coupé de toute manière. D’où nous étions nous ne pouvions pas les voir, plus que jamais je me sentais dans une situation d’insécurité totale, je ne voulais pas qu’ils nous trouvent, je ne voulais pas qu’ils me frappent, j’avais peur… J’étais en appui sur une main mais j’avais des fourmis dans la paume, je n’allais pas tenir comme ça éternellement et quand je me laissai totalement tomber contre le rouge et or, ma nouvelle position fis que je pouvais voir le bas des pieds de l’un d’entre eux qui était venu voir s’il ne voyait rien en disant que Seb était tellement peureux qu’il était sûr qu’il était planqué ici, mais nous étions dans l’obscurité presque totale donc avec un peu de chance personne ne nous verrait…. Je fermai fort les paupières parce que je m’attendais à ce qu’il utilise sa baguette pour déménager tout ça, mais on le rappelait pour lui dire que ce n’était pas la peine et qu’il avait dû prendre le chemin de la salle commune et qu’avec un peu de chance, ils allaient pouvoir le rattraper et lui faire sa fête. On entendit la porte claquer férocement.

Je ne bougeai pas tout de suite néanmoins, par contrainte qu’ils reviennent sur leur pas et attendis pendant de longues minutes, recroquevillée en signe de protection. Mon cœur battait encore la chamade et je n’avais plus du tout envie de jouer ni aux courageuse ni à la plus maligne.

- Tu crois qu’ils sont partis… ? Je venais de tourner mon visage vers Hansen tout en parlant à voix basse comme si on allait m’entendre, le timbre un peu chevrotant même avec ça.

C’est à ce moment là, maintenant que le danger était vraiment passé, que je pris conscience de cette position maladroite et tentai de me redresser pour m’éloigner le plus possible de lui, mais en m’appuyant avec mes avants bras contre son torse pour se faire, je me tapai trop fort la tête contre le bois d’un dossier de chaise et cette fois je sentis tout de suite les larmes me monter aux yeux pour rouler sur mes joues de frustration, parce que j’en avais trop marre, personne ne m’écoutait, mes amis en premier, ni ne voulait me croire, Hansen donc, et rien ne se passait comme je voulais moi. C’en fut trop et à bout de nerfs parce qu’en plus de ça, j’avais un flot de souvenirs qui me revenaient en tête et qui étaient tout sauf agréables, je laissai s’échapper plusieurs sanglots, empêtrée à la fois dans les bras de l’autres mais du fouillis dans lequel nous étions coincés…

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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Mer 28 Nov - 19:17



"We broke
Everything that was right
We both enjoyed a good fight

And we solved
All the holes we had to breathe
To make the other one leave

And I loved the way you looked at me
And I miss the way you made me feel
When we were alone
When we were alone

[...]

And we stole
Every moment we had to make the other one feel bad
And we hoped that we could be what we knew
We'd never turn out to be real."



Maintenant cela me semblait officiel : Daphne m’avait bien mené en bateau du début à la fin. Je m’étais accroché pourtant, mais je devais maintenant me résoudre à l’évidence qu’on m’avait pointé du doigt pendant trop longtemps. Ça me faisait… Mal, je crois. Ou plutôt, j’étais déçu. De voir qu’à chaque fois que je pensais qu’elle avait mal agi et qu’elle avait atteint le maximum, il fallait qu’elle me déçoive encore plus. Ses petits jeux avec moi, j’avais tenu. Mais lorsqu’elle avait commencé à inclure ses « amis » dans le tas, ce n’était plus la même chose. Si elle était contre moi, d’accord. Lever une armée n’était peut-être pas nécessaire tout de même. Je ne comprenais même pas ses motivations, si ce n’était l’idée simple de jouer, de me faire chier jusqu’à que… Que quoi ? Que je craque ? Que je m’énerve aussi ? Je l’avais déjà fait et ça n’avait pas marché. J’avais battu en retraite aussi, mais ça ne suffisait pas non plus. Qu’attendait-elle de moi ? Au fond, je me demandais si ce jeu ne la faisait pas vivre, comme il m’avait fait vivre aussi. Jusqu’à que la machine s’emballe et que je sente l’arnaque. Parce qu’un jeu, ça se joue à deux et pour le moment, elle gardait la balle pour elle toute seule.

Il y avait quelque chose d’autre qui me chiffonnait cependant. Daphne m’avait déçu mais je ne pouvais m’empêcher de me demander s’il en était de même pour elle. Où est-ce que j’avais foiré ? Bon, d’accord. Dès notre troisième rencontre, j’avais manqué de la frapper sous la colère. Je l’avais surprise sous sa douche. Je l’avais questionné sur des sujets sensibles. J’avais été lâche de nombreuses fois. Certes. Mais j’avais cherché à la connaître. Je m’étais excusé de (trop) nombreuses fois. Je l’avais tiré d’une araignée géante. Je ne l’avais pas dénoncé au professeur lors de ses vengeances stupides. Personne n’était parfait, je le savais bien, mais avec elle ce n’était pas faute d’essayer de comprendre comment elle fonctionnait ! J’étais fatigué de chercher où j’avais tort et je revoyais les paroles d’Aria qui me disaient que ce n’était pas moi qui avait tort… Et pourtant. Ça me poursuivait et j’avais juste envie de demander à la Serpentarde ce qu’elle cherchait et attendait de moi mais toutes mes tentatives d’explications s’étaient soldées par des échecs. Avec elle, c’était les cris et les coups, ou rien. Et à la manière dont je la sentie prendre sa baguette, c’était les coups cette fois-ci.

Sauf qu’en fait, il n’y eut aucun mouvement de sa part. Au contraire, elle se figea soudainement. Lorsque je compris les causes de cet arrêt, je fis de même et je sentis mon cœur accélérer légèrement. Il y avait des voix qui venaient du couloir et je les connaissais : c’était les amis de Daphne. Non attendez, vous allez me dire que ce n’était pas du bluff ? Ils venaient vraiment me frapper ?... Pourquoi alors est-ce que la jeune fille semblait aussi paniquée ? Elle… Elle n’était quand même pas en train de
vraiment tenter de me sauver, n’est-ce pas ? Restons lucides et logiques s’il vous plait…

Aie !

Daphne venait de me frapper, mais pas violemment. Comme pour m’interpeller. Je sursautai et me tournai vers elle, grimaçant. Son visage lançait des éclairs inquiétants et avant même que je ne comprenne, elle me poussa dans le fond de la classe.


- … s’il te plaît.

… Pardon ?!

Mais je n’eus même pas le temps d’être étonné, car la jeune fille attrapa ma main et ce fût le summum du monde parallèle dans lequel j’étais plongé depuis quelques semaines –oui vous savez, celui où Tess pleurait et mettait des robes, où j’embrassais Aria et où Etienne était brun. La situation sembla m’apparaître clair au moment même où nos doigts s’entrelacèrent sous la panique, et que je compris que Daphne ne plaisantait pas depuis le début. Ses amis me voulaient vraiment des emmerdes et visiblement, si elle en venait à réagir, ce n’était pas des petites. Je ne préférais pas imaginer et j’avais le cerveau qui s’était mis à tourner un peu trop pour que je puisse réfléchir convenablement. La Serpentarde me traîna vers le fond de la salle, vers un enchevêtrement de chaise, de table et de meubles qui formait un abri plus ou moins caché. Je me faufilai presque accroupi sur le sol, passant devant elle avant d’atterrir dans un espace confiné caché derrière les chaises. J’entendis un bruit qui me fit sursauter, mais ce n’était pas les mecs qui me cherchaient, mais Daphne qui venait de tomber plus ou moins sur moi. D’accord. Jusque-là… Tout allait… Oh mais ce monde parallèle, ce monde parallèle…

Les Serpentards rentrèrent dans la pièce et je sentis mon cœur battre tellement fort que je crus que le bruit allait finir par nous faire repérer. Daphne plaqua son doigts sur ma bouche, soufflant un chut inaudible qui fit s’emballer mon cœur encore plus –si c’était possible. J’entendais les Serpentards parler et je faisais tout mon possible pour ne pas respirer trop fort. Que se passerait-il s’ils nous trouvaient là ? Je n’arrêtais pas de me dire que nous n’étions que deux contre tout un groupe, et j’imaginais leur réaction s’ils voyaient Daphne… Daphne qui se mettait en danger pour moi, et je ne savais pas vraiment pourquoi mais ça me tordait encore plus le cœur, j’avais peur pour deux, elle s’était laissée tomber tout contre moi et j’avais envie de la serrer dans mes bras et de fermer les yeux, que tout ça passe. Mais je restais amorphe. Je sentais le corps de la jeune fille trembler contre le mien, replié en boule pour se protéger, sursautant à chaque mouvement des autres, à chacune de leurs paroles. L’un deux s’approcha de notre cachette et les minutes qu’il passa devant me semblèrent une éternité. Ils s’engueulèrent un peu, s’énervèrent de m’avoir raté et finir par quitter la pièce. Mais le poids sur mon cœur ne s’envola pas pour autant, peut-être parce que la Serpentarde n’avait pas bougé aussi. Elle était tout contre moi, recroquevillée dans un silence effrayant, entrecoupé de son souffle paniqué.


- Tu crois qu’ils sont partis… ? Chuchota-t-elle d’une voix tremblante.

Je ne répondis même pas, encore sous le choc provoqué par la peur. Mais il sembla que Daphne elle, reprit ses esprits plus vite que moi. Notre soudaine proximité sembla la gêner soudainement, ce que je pouvais totalement comprendre. Moi aussi elle me mettait très mal à l’aise –mais pour des raisons étranges. Plaquant ses mains contre mon torse pour se relever maladroitement, elle se redressa un peu trop rapidement et se prit le dossier d’une chaise. Un bang résonna dans la salle vide, en même temps qu’un autre bruit que je connaissais mais je crus d’abord rêver, ou alors il devait y avoir quelqu’un d’autre avec nous parce que…

Attendez ?
Daphne était… Non, attendez…

Daphne Kasperek était en train de sangloter.

Sur le coup, je restai comme un con pendant quelques secondes, en état de choc avancé avant de comprendre que non, c’était vrai, que ce monde parallèle avait franchi un cap carrément dingue. Daphne était réellement en train de pleurer. Lorsque mon cerveau finit par connecter et enregistrer l’information, je me relevai brusquement et sans trop savoir ce que je faisais, pris la jeune fille dans mes bras. C’était tellement étrange, j’avais le cœur qui se tordait et je ne comprenais même pas ce qui était en train de se passer. Son corps tremblait entre mes bras maladroits qui me paraissaient trop petits, je me sentais comme un con dans cette position étrange… Sans réfléchir à nouveau, j’attirai Daphne tout contre moi comme les minutes précédentes, m’appuyant un peu contre un dossier une chaise qui me tordait le dos –mais je ne sentais pas la douleur. Non tout ce que je sentais, c’était le corps frêle de la jeune fille qui tremblait sous mes mains. Ce fût probablement l’une des choses les plus bouleversantes qui m’arriva. De la voir pleurer, ou plutôt de la sentir le faire dans mes bras. Ce n’était pas normal non, ce n’était pas… Daphne n’était pas faite pour pleurer, je ne savais même pas pourquoi ça me provoquait cette sensation –et puis, quelle sensation d’abord ?


-Calme-toi… C’est fini, c’est bon… C’est fini Daphne, c’est fini… Murmurai-je un peu maladroitement.

Son visage sur mon torse, ses cheveux emmêlés qui s’éparpillaient partout… Je sentais leur parfum m’envahir et j’avais des frissons. Encore plus lorsque, détachant une de mes mains qui la serrait, je la passais dans sa chevelure que je caressais, comme on apaise un enfant. Je… J’avais pensé tellement de fois à toucher ses cheveux, à simplement la toucher, la serrer dans mes bras… Je ne savais même pas pourquoi j’y avais pensé, et pourquoi le faire à présent me provoquait tant de frissons. Elle me paraissait tellement
fragile ! J’avais peur qu’elle se brise sous mes doigts. Je ne comprenais qu’à moitié d’où venait ses larmes, mais je n’osais rien demander, rien dire. Je n’arrivais plus à penser finalement, tout m’échappait au fur et à mesure que j’entendais ses sanglots. De nouveau, comme on le faisait pour un enfant, je déposai un baiser au sommet de son crâne –ma mère faisait toujours ça lorsqu’Elisa pleurait dans ses bras. J’ouvris la bouche pour lui dire que j’étais désolé, mais aucun son de ne sortit, et je me contentais de la tenir dans un peu plus contre moi. Pour l’une des première fois, je voyais le vrai visage de Daphne, l’envers du décor. Ses vraies émotions.

Et Daphne me paraissait mille fois, dix mille fois plus belle.



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Daphne Kasperek
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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Ven 30 Nov - 21:43

Ils allaient revenir, ils allaient revenir, ils allaient revenir… Avec elle, on ne savait jamais vraiment. Parfois elle s’acharnait, puis ensuite on l’entendait claquer la porte de l’entrée, signe qu’elle était allée se changer les idées et qu’un peu d’air frais les lui remettrait en place. Elle n’avait peur de rien. Même quand papa était à la maison, en général elle s’y reprenait à deux fois, et quand elle décidait de passer sa colère sur Delilah ou sur moi parce qu’elle avait trop fait sauté ses pommes de terre et qu’elles étaient brulée et qu’il s’interposait, c’était à lui de subir et on ne pouvait rien faire, vraiment rien faire et lui non plus ne pouvait rien, il ne se défendait même pas, il l’avait déjà menacé de lever la main sur elle, mais ça n’avait toujours été que des mots et ça elle le savait, elle le savait tellement qu’elle ne reculait même pas lorsqu’il le laissait entendre, que trop c’était trop…

Tout le temps je me le demandais, pourquoi ? Pourquoi ? Quel plaisir elle prenait là dedans ? Est-ce qu’elle avait un problème dans sa tête ? Est-ce qu’elle ne le faisait pas exprès, ou est-ce que vraiment c’était jouissif de faire ça, est-ce que c’était ça qui la faisait vivre, et personne pour l’arrêter… Je n’avais jamais compris pourquoi papa l’avait choisi, qu’est-ce qui avait fait jour il ait aimé cette femme qui l’avait fait tant souffrir par la suite, sans jamais lui poser la question. J’avais bien trop peur de connaître la réponse, encore bien plus que lorsque qu’elle revenait s’acharner sur nous parce que parfois quand on pensait qu’elle en avait terminé, je ne sais pas ce qu’il lui prenait mais elle avait décrété que non, comme si ça la démangeait et alors parfois, je refusais qu’elle s’approche de Delilah et ça lui donnait l’envie d’insister mais l’une comme l’autre on ne cédait pas, et généralement, elle finissait par nous laisser tranquille pour de bon jusqu’à la prochaine fois et là aussi impossible de déterminer si ce serait dans deux heure, trois jours ou une semaine… Mais ça n’attendait jamais une semaine…

J’avais peur, si peur… elle allait passer la porte là, ils l’avaient appelé, elle allait venir elle aussi… Combien de fois je n’avais pas fait ce cauchemar où elle trouvait notre appartement à Londres et elle emmenait ma petite sœur encore plus loin qu’elle ne n’était déjà lorsque j’étais à Poudlard, et j’allais la chercher mais quand j’allais la chercher…

Je ne la reconnaissais pas.

-Calme-toi… C’est fini, c’est bon… C’est fini Daphne, c’est fini…

Je m’étais mollement laissée retomber contre Sebastian comme si mon corps était soudain devenu beaucoup trop lourd à supporter et la seule réponse que je pouvais lui donner pour le moment, c’était mes pleurs, je ne m’ordonnais même pas d’arrêter un sanglot en provoquait un autre, et je ne voulais pas fermer, les yeux, il ne fallait pas, j’allais voir ces images, elles étaient si vrais… je fixai obstinément le coin d’une table qui était retournée, je frissonnais, mais pas vraiment de froid, pour une raison inexplicable parce qu’il y avait les bras de Sebastian qui gardaient toute la chaleur, c’était toujours moi qui me chargeait de blottir Delilah dans les miens comme si cette seule enveloppe allait servir à la protéger pour toute sa vie, mais ce n’était pas désagréable d’être celui qui se laisse bercer, j’aimais bien…

A un moment, mes paupières ne me laissaient plus le choix et se fermèrent d’elles-mêmes comme pour récupérer un peu d’énergie, mais ce n’était pas une barrière suffisante et les larmes arrivaient quand même à passer et à inonder mes joues et de temps en temps je passais une manche sur mes joues pour les essuyer, il y avait le souffle régulier de Sebastian qui me soulevait à chacune de ses respiration et au fur et à mesure j’arrivais à poser la mienne sur la sienne. Quand je me décidais enfin à lever ma tête en quête de son regard, comme nous étions tous les deux serrés l’un contre l’autre, je me tapais le sommet du crâne dans son menton, pile là où je m’étais faite mal tout à l’heure, alors les pleurs qui avaient un peu cessé reprirent à cause de la douleur mêlée au reste. Nos visages étaient tout proches l’un de l’autre et je clignai des cils pour m’éclaircir la vision.

- J’étais pas d’accord, mais ils ont pas voulu… j’eus un hoquet, m’écouter, murmurai-je, c’était vrai, rien que pour ça, rien que ça, juste ça, c’était vrai. Mais il n’allait pas me croire, si on avait parlé, tout le monde aurait cru que c’était notre père qui nous frappait et pas le contraire.

Il n’allait pas me croire…

J’avais le bas du visage qui tremblait encore à cause du contrecoup de l’émotion, mais j’avais assez repris mes esprits cette fois, pour ne pas me laisser aller totalement.

- Tu vas le dire… ? Je ne voulais pas de représailles de la part de professeurs, mais ici je parlais, des autres, s’il, s’il leur disait, c’était moi qu’ils…

Je n’avais pas trop envie de bouger, parce que même si nous ne pouvions pas bouger ou presque, je me sentais en sécurité dans cette cachette qui me faisait un peu penser aux cabanes qu’on avait faite parfois dans les chambres avec ce qu’on avait sous la main, ou alors dehors, avec ma sœur, quand on était petites. S’ils ne nous avaient pas repérés, c’était vraiment que c’était un bon coin.

- Je… sais faire des cabanes encore mieux, confiai-je contre toute attente, pour changer le sujet parce que je n’étais pas très à l’aise et c’est aussi ce qui me fit remarquer que nous étions toujours emmêlés l’un à l’autre et que j’avais un bras enroulé à sa hanche… s’en suivit des secondes où j’essayais tant de bien que de mal de m’éloigner, mais c’était difficile de mettre de la distance entre nous étant donné qu’on ne pouvait même pas étendre une jambe devant soi. J’arrivais finalement, tant de bien que de mal à me mettre sur mes genoux, en m’appuyant derrière sur mes mollets.

Ce qu’il y avait de bien avec les cachettes secrètes, c’était qu’elles étaient secrètes. C’était un peu un endroit hors du temps. Et ce qui faisait la valeur d’une cachette secrète, c’était avec qui on la partageait.

Est-ce que celle-ci avait de l’importance ?

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Lun 3 Déc - 19:53

J’avais l’impression de tenir entre mes bras quelque chose de trop fragile, de trop délicat pour ce monde. Quelque chose qui avait été endurci trop vite et méritait de rester là, cacher dans cet enchevêtrement de chaise. Quelque chose que je pouvais protéger, j’en avais presque le devoir maintenant que j’avais eu l’occasion de voir l’envers du décor. Il y avait à l’intérieur de Daphne un cristal fragile qui vacillait et manquait de se briser, un cristal qu’elle voulait probablement cacher comme on faisait lorsqu’on refusait de montrer ses faiblesses. C’était étrange mais j’avais un sentiment de victoire d’une certaine manière, parce que j’avais eu raison depuis le début d’y croire. Combien de fois avais-je cru m’être trompé sur son compte ? Combien de fois avais-je cru que Daphne n’était qu’un robot sans sentiment ? De nombreuses fois, parce qu’il fallait bien se l’avouer, elle était forte pour prétendre l’être. Je pensais souvent que je m’accrochais à des signes trop stupides, que finalement j’étais comme Elisa le disait, quelqu’un qui ne voulait voir que le bon chez les autres. Mais finalement, je n’avais pas tort. Il y en avait, même chez ceux qui le cachait le mieux. Certes, je ne devais pas négliger l’autre réalité que ces gens renvoyaient car elle faisait partie d’eux. Mais pas question de fermer les yeux sur le reste, et je refusais de fermer les yeux sur ce que m’avait caché la Serpentard. Les canaux lacrymaux de Kasperek fonctionnaient comme tout être humain et ça croyez-moi, je ne comptais pas l’oublier de sitôt.

La situation me paraissait cependant vraiment étrange et j’étais partagé en un tas d’émotions contradictoires. J’étais à la fois inquiet de toute cette histoire et choqué de ce qui venait de se produite, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’être baigné dans une douce chaleur que me provoquait le contact de Daphne contre moi. Son corps contre le mien, ou plutôt affalé sur le mien, elle me paraissait toute légère et fluette. J’entendais sa respiration entrecoupée de sanglots qui tentait de se calmer et je continuais de doucement passer ma main dans ses cheveux. Au bout d’un moment, je sentis qu’elle se calmait et elle finit par bouger tout doucement, tentant de se remettre de ses émotions. Elle eut un mouvement un peu brusque et se cogna le crâne contre mon menton –j’eus une grimace de douleur, mais rien de très grave. Le choc recommença à faire couler ses larmes et je sentis de nouveau mon cœur s’accélérer. Maladroitement, je dégageai un peu mes mains et les garder autour de sa taille… Toute cette position, sortie de son contexte, devait paraitre un peu… Etrange. Mais ça m’était égal. Il n’y avait rien de… Enfin, vous m’avez compris.


- J’étais pas d’accord, mais ils ont pas voulu… M’écouter.

Son visage tout proche du mien était toujours couvert des larmes qui continuaient de couler et ses yeux plongés dans les miens faisaient battre mon cœur de travers. Tout doucement, je levais ma main gauche vers son visage et chassai les quelques larmes de ses joues avec un tout petit sourire. Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais et je ne cherchais même plus à l’analyser. J’étais dans un état un peu second qui me donnait envie de penser à tout autre chose. Daphne m’avait défendu d’une certaine manière, m’avait sauvé d’une autre et ces constatations étaient si agréables et floues à la fois que je n’arrivais pas à tout ordonner dans mon cerveau. J’écartai de mes doigts une de ses mèches de cheveux qui s’était collée à son visage, et la replaçai derrière son oreille. C’était la première fois que je touchais vraiment la jeune fille et c’était comme manier quelque chose de… Non, c’était comme si je touchais quelque chose invisible que personne n’avait touché avant, comme quelque chose qui n’existait que pour moi –et pour elle ?

- C’est bon, ils sont partis. Je sais que tu as fait ce que tu as pu. Je marquai un pause. Ma main était toujours dans ses cheveux et pendant un instant nos regards s’accrochèrent étrangement jusqu’à que finalement, ma main retombe sur le sol. Je te crois.

J’avais parlé d’une voix un peu lointaine, peut-être plus pour moi que pour elle. J’avais finalement choisi non ? Choisi de faire confiance à une fille qui m’avait déçu bien trop souvent et qui pourtant… Non, ça ne servait à rien de réfléchir à ça maintenant. Je n’avais pas envie d’y penser, c’était trop confus pour le moment de toute manière –surtout parce qu’elle avait encore son bras entouré autour de ma taille et que c’était très déstabilisant.

- Tu vas le dire… ?

… Hein ? Je clignai des yeux, fronçai les sourcils, contraint de réfléchir un peu avant de comprendre que Daphne parlait de dénoncer aux professeurs les Serpentards. Je manquais de rire sur la surprise mais me retins, la situation n’ayant rien d’amusant. J’étais le dernier de tout élève à aller me plaindre aux professeurs et elle le savait très bien. Et quand ça touchait à elle, encore moins –oui, j’étais un peu con, merci je le savais très bien. Pourquoi irais-je faire ça alors que ça n’aurait attiré que des ennuis à la jeune fille ?

- Bien sûr que non. Mais… S’il te plait, arrête de fréquenter ces types. Je les aime pas. Dis-je d’une voix qui se voulait ferme même si je savais très bien que je n’étais pas en mesure de donner des ordres à la Serpentarde.

Mais j’avais raison, ces mecs n’étaient pas dignes de confiance. Daphne le savait très bien en plus, je le devinais, elle n’était avec eux que par intérêt et par peur. C’était une nécessité, un moyen de s’intégrer, mais il y en avait des solutions bien mieux. Il fallait simplement qu’elle ouvre un peu les yeux… Mais je voyais bien que le sujet gênait la jeune fille.


- Je… sais faire des cabanes encore mieux.

J’eus un sourire, mais il s’effaça rapidement lorsque contre toute attente, Daphne se dégagea de notre étreinte étrange pour se mettre en face de moi, dans une position qui me paraissait extrêmement inconfortable. Elle avait repris le contrôle de la situation, je savais bien qu’elle fonctionnait comme ça après tout, pourquoi devais-je m’étonner ? Sa confession cependant, m’arrachait un certain sourire parce que j’imaginais la Serpentarde dans une immense forêt en Pologne, avec sa petite sœur. Je n’avais aucune idée de la tête d’une forêt polonaise je l’avoue, et je m’inspirais simplement de celle à côté de chez Clea. Je ne connaissais pas non plus Delilah, mais je l’imaginais comme une petite Daphne blonde, avec les mêmes yeux mais des joues un peu plus rondes. Je n’avais jamais vu de photos au fond, je ne connaissais pas grand-chose de la vie pré-Poudlard de la jeune fille.

- On pourra en refaire dans le parc si tu veux.

Je lui adressai un sourire encourageant. Puis, remarquant qu’elle paraissait mal installée parce que son dos était penché et ses genoux pliés douloureusement, je me décidai à l’attirer de nouveau contre moi.

- Viens, je vois bien que t’es mal installée ! Murmurai-je en attrapant sa main –et j’eus de nouveau une décharge. Il y eut un petit blanc de quelques secondes où je me sentis vraiment con, et ma main remonta pour plutôt prendre son poignet parce que ça me paraissait plus approprié. La tirant vers moi, je passai mon autre main derrière sa taille, dans la chute de ses reins, pour la forcer à venir. Je l’amenai à ma gauche, assise tout contre moi. Ma main ne lâcha pas sa taille et je l’invitai à poser sa tête contre mon épaule. En tout cas… Euh… Merci Daphne. Encore une fois, je me sentis un peu ridicule et ma main libre se mit à serrer et à s’agiter, parce que je ne savais pas trop quoi en faire et qu’elle m’occupait pendant que j’essayai de trouver mes mots. J’ai une idée pour te remercier. Je crois pas que tu vas aimer… Continuai-je avec un petit rire.

Sauf que j’avais très envie qu’elle accepte, parce que l’idée qui venait de germer dans mon esprit, je n’étais pas prête de la lâcher.


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Daphne Kasperek
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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Mer 5 Déc - 20:59

Je n’avais pas envie d’avoir peur. Je ne voulais plus avoir peur. Pourtant, jusque ici, c’était toujours elle qui m’avait sauvé la vie d’une certaine manière : l’adrénaline qu’elle procurait avait toujours été assez particulière, à la fois elle me donnait et c’était le paradoxe le courage nécessaire pour l’affronter, elle, parce qu’elle avait tendance à vouloir préférer Delilah, pour déverser sa haine s’entend, parce qu’elle avait une moins grande gueule, même si c’était moi qu’elle détestait le plus c’était sûr. Parfois, je m’étais demandée. Qu’est-ce qu’on avait fait pour qu’elle ne nous aime pas comme ça ? Est-ce que ça avait toujours été le cas, est-ce qu’on avait fait une grosse bêtise un jour et depuis ce moment elle, elle ne pouvait plus rien faire d’autre que de nous vouer une véritable haine ? Pourquoi nous et pas les autres enfants ? Pourquoi on ne pouvait pas changer de maman ? Et pourtant, moi, ça ne m’avait jamais empêché d’aimer, j’aimais ma sœur, j’aimais mon père, plus que tout et plus que personne d’autre, et pourtant à part quand j’étais avec eux d’eux, lorsqu’elle était dans les parages ce n’était pas dans un foyer d’amour et de partage dans lequel nous avions grandi. Elle était belle. Elle était toujours bien habillée. Elle avait toujours un beau maquillage. Est-ce que c’était le prix à payer que sous cette enveloppe de chaleur, se cache en réalité un cœur un métal qui ne répondait qu’aux seules et mêmes directives ?

J’aimais le reste de ma famille oui, et c’était normal parce que c’était les seules choses qui avaient de la valeur à mes yeux et qui m’étaient chères : ils étaient ces deux précieux joyaux que je m’étais chargée de protéger qu’importaient les risques. Je m’étais déjà interposée entre elle et papa, puisque qu’il ne rétorquait jamais. Il avait raison. Il l’avait toujours su. Il s’était sacrifié pour nous parce qu’il savait que s’il partait, c’était nous condamner d’avant, alors il subissait.

Certainement que mes amis m’effrayaient eux aussi. N’était-ce pas cela qui m’avait poussé à battre en retraite derrière un empilement de chaises ?

- Bien sûr que non. Mais… S’il te plait, arrête de fréquenter ces types. Je les aime pas.

Malgré la gravité de la position dans laquelle nous nous trouvions, j’eus un sourire ironique ; ah oui, il était bien le dernier d’entre nous, surtout après ce qui venait de se passer, à avoir de l’affection pour eux. Mais… Moi aussi, puisque je faisais partie du groupe, je… Plus sérieux encore, depuis quand est-ce que je me souciais de l’avis de Sebastian Hansen ? Je n’en restais pas moins, non en mesure de fanfaronner alors que j’étais encore secouée par les sanglots de temps en temps (lorsque j’essayais de les faire se calmer, ma cage thoracique ne se soulevait dans des soubresauts que plus encore) donc une fois n’est pas coutume, je pris le temps de réfléchir cinq petites secondes à ses paroles. Peut être qu’il n’avait pas totalement tort ; je m’étais intégrée au sein de ma maison de façon générale, parce qu’à passer du temps dans la salle commune, j’avais fini par ne pas tout le temps rester avec les mêmes personnes, même en cours, je discutais un peu plus, même si j’étais toujours un peu plus en retrait parce que je ne comprenais pas tout le temps les profs parce qu’ils allaient trop vites et ne prenaient pas le temps de ralentir l’allure pour moi, et puis la compagnie de personnes comme Ana avec qui je m’étais trouvée des points communs m’était de plus en plus plaisante, en plus elle était à Serpentard comme moi, c’était tant mieux, je me méfiais des autres maisons, les paroles d’Ambre Serana, faisaient justement échos en même temps, mais… mais ce n’était pas elle qui avait manqué de se faire passer à tabac !

De fait écouter quelqu’un comme Sebastian (un Gryffondor) n’était pas l’idée des plus judicieuses. Mais en attendant, je n’avais pas mieux et puis, il avait raison, d’un côté, même si cela je n’allais pas lui dire.

- J’ai d’autres amis, confirmai-je mais rien était moins sûr. Mes rapports avec les autres étaient moins conflictuels. Mais cela ne voulait pas dire qu’il s’agissait de mes amis. Je n’avais pas d’amis. Ma seule véritable amie, c’était Delilah, et elle n’était pas là, c’était elle à qui je confiais tous mes doutes. Depuis que j’étais à Poudlard, je les laissais enfouies en moi, parce que je savais qu’ils étaient en sécurité. Les prêter à quelqu’un d’autre… ce… c’était dangereux. Il y a des choses qui ne se disent pas de toute façon, mais avant tout, qui ne peuvent pas se dire…

Et puis ce n’était pas pour faire plaisir à Hansen que je faisais ça. C’était pour sauver ma peau, toujours moi la première, toujours ! Non mais qu’est-ce qu’il croyait ! Je me protégeai. Comme les habitations de fortune que je construisais.

- On pourra en refaire dans le parc si tu veux.

Qu’est-ce qu’il voulait sous entendre par là ?? Quand on allait sortir d’ici, tout serait fini, on s’en tiendrait là, ça allait reprendre comme avant exactement comme avant… Tout comme je savais qu’à partir de maintenant, il y avait ce quelque chose qui avait obligatoirement changé. Il serait tout bonnement impossible de reprendre le cours de nos existences comme si rien ne s’était passé. Parce que c’était déjà là, entre nous et c’était aussi voyant qu’un hippopotame derrière un poteau. C’était comme ça qu’on dit non ? Mais c’est vrai, j’étais douée ! Il suffisait de trouver le bon coin et j’avais l’œil pour ça, ensuite de bien disposer les éléments ensemble, j’avais des astuces, et j’essayais d’en transmettre le plus possible à Delilah, mais c’était compliqué d’en faire maintenant à Londres…

- Je sais les faire toute seule, lui fis-je remarquer, pour remettre un peu les choses dans leur contexte d’ailleurs entre temps je m’étais volontairement éloignée, je ne savais plus ce qui me mettais le plus mal à l’aise quand j’avais été dans ses bras ou alors là, à moitié contorsionnée à cause des meubles… et puis que, qu’on était proche au point d’aller faire des cabanes ensemble. Je n’invite pas n’importe qui chez moi, poursuivis-je en prenant un air prétentieux pour rire, comme si j’étais une reine qui exigeait qu’on enlève ses chaussures sur le palier de la porte lorsqu’on entrait chez elle alors qu’un peu de terre et de boue avait toujours été le cadet de mes soucis.

- Viens, je vois bien que t’es mal installée.

- Ca va bien, je, il faut que, je… que je parte, à présent que le danger était définitivement passé, on allait pouvoir reprendre le chemin inverse pour partir, mais je n’arrivais pas à me décider.

Sebastian choisi pour moi, alors que j’avais un mouvement de recul mais c’était trop tard, il m’avait de nouveau collé contre lui, sans que je ne puisse me débattre ; j’avais eu une seconde d’hésitation et non, je ne l’avais pas fait, ni même pourquoi je restais, sûrement parce que j’étais incapable de me dire, ce que je voulais, cette chaleur toute douce était comme une couverture bien chaude dans laquelle se blottir, mais les contacts n’étaient pas trop mon tripe, on ne me faisait pas ça d’habitude, et j’avais même eu un sursaut de crainte lorsqu’il commença à agiter sa main, parce que n’importe quand je m’attendais à ce que soudain il l’abatte sur moi avec violence, mais non, ce n’était rien de tout cela apparemment… Je ne voyais pas où il voulait en venir avec tout ça.

- En tout cas… Euh… Merci Daphne.


Je grognai de manière un peu bourru, j’avais plus l’habitude de nos disputes que cette phase un peu étrange câlin et remerciements et cela acheva de me gêner, mais comme lui il bougeait la main tranquillement comme si de rien était, peut être que j’avais simplement à faire pareil, qu’il n’y avait pas plus de questions à se poser, alors je m’appuyai un peu plus contre lui, en remarquant un détail frappant : il avait les mains toutes chaudes, je l’avais sentie immédiatement lorsqu’il avait attrapé la mienne. Dans mes souvenirs, je n’avais jamais oublié le contact froid et brutal, des siennes, à elle. Comment on pouvait passer comme ça d’un extrême à l’autre ? Je ne comprenais plus, j’étais un peu perdu ; autant de gentillesse m’effrayait tout à coup, pourquoi, parce que je n’avais pas été tendre loin de là, à cause de ça je pensais au garçon, l’Epouvantard de Sebastian, je voulus poser la question mais la retins. Il y avait une barrière, malgré notre proximité, qui ne m’en laissait pas l’autorisation.

- J’ai une idée pour te remercier. Je crois pas que tu vas aimer…

- Je vais te le dire tout de suite : la réponse est non, je pinçai mystérieusement les lèvres, surtout pour m’empêcher de sourire, en espérant que ça allait calmer ses ardeurs qui commençaient à s’enflammer, surtout parce que je sentais le coup fourré venir d’ici et que j’étais déjà en train de réfléchir à vive allure sur quoi cela allait-il bien être pour pouvoir rebondir sans en avoir la moindre idée cependant.

Surtout parce que même si c’était moi qui lui avait sauvé la mise, je me sentais redevable, là j’avais les mains liées et il ne tenait qu’à lui de les défaire seulement lorsqu’il le souhaiterait. C’était l’une des rares fois où il se trouvait dans la position de force et moi de faiblesse et ça ne me disait rien qui vaille.

- Je ne pactise pas avec le Diable Hansen, ne l’oublie pas, grinçai-je, en haussant les sourcils, afin de ne lui laisser aucune chance d’insister.

Oui, c’était lui le Diable ! Il était juste bien caché !

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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Lun 10 Déc - 20:57



"Here's your chance
I give you what you want
I am a giver

Here's your chance
To tell me what you want
I'm a forgiver

When nobody's around
I try not to care
I must deliver."



Je m’étais demandé plusieurs fois comment est-ce qu’en un été, Daphne était devenue si attachée à son blason. Je l’avais toujours cru un peu au-dessus de tout ça, parce qu’elle n’était proche de personne et sûrement pas à cause des apparences –les maisons n’étaient pour moi qu’un petit résumé de chacun, un bout de leur personnalité mais rien d’unique. La Serpentarde était au-delà de ça, des préjugés et des lieux communs. Elle n’était pas commune, elle le savait, comment pouvait-elle vouloir s’enfermer dans le carcan d’un seul mot, d’une seule définition : Serpentard. Nous valions tous mieux que la description que faisait le choixpeau. Regardez-moi, ai-je vraiment l’apparence d’un valeureux Gryffondor ? Non. Je continuais d’ailleurs de me demander quotidiennement ce que je fichais là. C’était d’ailleurs un des seuls sujets de disputes que j’avais avec Aria. Elle n’arrêtait pas de dire qu’il fallait que j’arrête de me « dévaloriser » et que j’étais « courageux de tenir avec Tom, tout ça » et puis également mon « incroyable loyauté ». Bref, vous l’aurez compris, bien qu’elle soit à Serdaigle, ma blonde préférée était capable de débiter beaucoup de bêtises dans une seule conversation. C’était paradoxal parce que j’étais persuadé que c’était une des filles qui me connaissaient le mieux sur cette planète, alors comment pouvait-elle penser ce genre de choses sur moi, Sebastian Hansen, le Gryffondor le moins Gryffondor de la terre ? C’est là qu’elle me disait que j’étais « trop indulgent ! » avec moi-même et s’en suivait des débats interminables où je devais finir par lui fermer sa bouche dans le sens littéral du terme, en plaquant ma main sur ses lèvres –toutes douces, je devais bien l’avouer…

- J’ai d’autres amis.

Je ne répondis rien, mais elle savait très bien ce que je pensais. Qui avait-elle ? Avec elle, il fallait s’accrocher et si j’étais assez taré pour le faire, c’était simplement parce que je connaissais ce qu’il y avait en dessous de l’armure –ce qui valait la peine. Il me semblait que je l’avais vu trainer avec cette fille un peu plus âgée, une certaine Ana quelque chose. Son nom de famille était aussi tordu de Kasperek alors elles avaient peut-être les mêmes origines ! Mais il était plus compliqué… Ou je m’étais juste plus habitué à Kasperek. Ça m’énervait au plus haut point lorsque j’entendais quelqu’un l’écorcher ah, ce n’était pas compliqué tout de même ! K-a-s-p-e-r-e-k. Pas Kaperesk, ni Karesker, ni Le-nom-bizarre. Kasperek. Parfois, je me demandais vraiment si les gens faisaient attention. Mais visiblement, pas à elle… Pas toujours. Alors, elle me faisait bien rire avec ses « autres amis », je n’avais vu personne se bousculer devant le portillon, et je comprenais très bien pourquoi. Et il n’y avait qu’une personne à blâmer dans l’histoire et pour une fois, ce n’était pas moi !

- Je sais les faire toute seule. Je détestais ces moments où elle reprenait le dessus et se remettait en mode robot, comme j’aimais le dire à Etienne. C’était insupportable. J’avais l’impression que durant les minutes précédentes, j’avais été embaumé dans une bulle douce au parfum d’été et de terre (le sien) et qu’en une seconde, elle avait sorti une petite aiguille et BAM, la bulle était percée. Et je me retrouvais comme un con, retour brutal à la réalité ou du moins, celle que Daphne prétendait comme vérité. Je poussai un soupir et levai les yeux aux ciels, lui montrant bien que son petit jeu, elle pouvait le garder, j’avais compris. Je n’invite pas n’importe qui chez moi.

Nous voilà reparti pour un tour de Daphne tout craché. N’importe qui ? Alors maintenant, elle allait me dire qu’elle avait traversé tout le château, m’avait séquestré dans une salle et sauvé des griffes de ses méchants copains alors que je n’étais que « n’importe qui » ? Cela ne servait à rien que je soulève ses propres contradictions mais maintenant, j’avais un nouveau point de vue après ce sauvetage toujours étrange et confus pour moi. Je ne comprenais pas toutes les raisons de la Serpentarde, mais elle l’avait fait. Elle m’avait choisi, moi à eux. Bien sûr, peut-être avait-elle une certaine morale qui lui rappelait que tabasser quelqu’un n’était pas forcément la meilleure des choses –et… vu son dos, elle avait peut-être encore une meilleure idée à ce sujet. Mais aurait-elle eu des scrupules si elle me détestait autant qu’elle le disait ? Je ne devais pas prendre pour acquis ce qui était incertain mais… Mais.

- Parce que je suis n’importe qui maintenant ? Demandai-je innocemment, conscient que j’allais la mettre en rogne. Et puis, je ne te demande pas ton avis, je vais forcer l’entrée de ta cabane ! Ajoutai-je avec un petit rire pour détendre l’atmosphère.

Oh et puis, j’en avais marre qu’elle s’écarte comme ça et fasse comme si de rien n’était, comme si elle n’avait pas été en train de pleurer dans mes bras il n’y a pas moins de deux minutes. Sans vraiment réfléchir, je l’attirais de nouveau contre moi malgré ses maigres protestations –oh ça va, elle arrêtait de faire sa fière !


- Ca va bien, je, il faut que, je…

Je ne lui demandais pas son avis, pour une fois je me décidais à choisir pour nous deux. Comme si j’inversais les rôles. Sauf que ce n’était tellement pas mon genre que je sentis malgré tout mon cœur battre un peu plus rapidement, mal à l’aise –pourquoi ?... J’avais laissé ma main autour de sa taille et je sentais sous mes doigts la fragilité de ses os qui se dessinaient sous sa peau fine. Je repensais à son dos et j’eus un petit sursaut, en même temps que celui de Daphne que je ne compris pas trop. Je crois que je l’avais brusqué, mais c’était peut-être aussi parce que je n’arrêtais pas d’agiter ma main et qu’elle le regardait comme si c’était une bête dangereuse. Est-ce que ?... Elle avait… Peur de moi ? Non, c’était trop invraisemblable. Je n’étais pas violente, et encore moins avec elle. Enfin, il y avait bien cette nuit dans la tour d’astronomie mais ça… On va oublier, d’accord ? Je me décidais à remercier la jeune fille, et si elle poussa d’abord un grognement un peu indistinct, je sentis soudain qu’elle se tendit. Son corps se relâcha et elle s’appuya sur moi –tout contre moi.

- Je vais te le dire tout de suite : la réponse est non.

Son ton sévère manqua de me faire rire, car j’y perçu quelque chose derrière, de bien moins assuré qu’elle ne le prétendait. Je réfléchis quelques seconds, cherchant la meilleure manière d’aborder le sujet parce que je n’étais pas trop sure de ce que je faisais mais comme avec elle, c’était toujours comme ça, ça ne changeait rien.

- Je ne pactise pas avec le Diable Hansen, ne l’oublie pas.

Alors là, c’est ce qu’on allait voir !

- Il va bien falloir, vu que tu vas devoir danser avec. Répliquai-je en prenant à mon tour un air mystérieux… Je soufflai un grand coup et puis sans réfléchir, je me tournais vers Daphne. Lâchant ma main qui tenait sa taille, j’attrapais les siennes dans les miennes et osant affronter son regard, je lui demandai plein d’entrain avec un petit sourire amusé. Viens au bal avec moi !


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Daphne Kasperek
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MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Mer 12 Déc - 19:41

Mais alors ça, c’était vraiment typique d’Hansen ! Il ne suffisait d’un rien pour qu’il ne se sente pousser des ailes et prendre son envol comme un rossignol, seulement les rossignols n’avaient pas la réputation d’être très prévoyants puisque qu’ils chantaient d’un arbre à l’autre, sautillait de branche en branche, allaient picorer les graines par terre… jusqu’à ce que leur imprudence les mène inévitablement à leur perte parce qu’un gros chat plus malin attrapait l’un d’entre eux entre ses pattes pour en faire un bon goûter et le croquer… C’était exactement le même sort qu’il risquait de lui arriver s’il ne faisait pas plus attention, mais je lui avais assez rappelé comme ça pour le faire encore une fois tant pis s’il ne m’entendait pas me glisser dans son dos…

Même si pour le moment, j’étais plutôt dans la position du chaton qui ronronne entre ses bras, mais qu’importe, parce que même en étant jeune, il a quand même des griffes et un instinct assez développé pour s’en servir. Je le laissais me brosser dans le sens du poil pour l’instant, sachant pertinemment, et c’était un tantinet agaçant, que je n’étais pas dans la position de force et qu’à cause de cela je devais me tenir sur mes gardes, sans pour autant en faire trop : il me devait une fière chandelle, mais moi aussi…

- Il va bien falloir, vu que tu vas devoir danser avec.

Non, à vrai dire, je ne préférais autant pas non. Surtout que sous cet enchevêtrement, cette épreuve (pour moi ç’en était une) m’avait tout l’air d’être bien complexe, et de nous deux, j’en vins à me demander lequel avait pris un coup sur la tête. Le temps de hausser un sourcil en termes d’interrogation, ses doigts se mêlèrent aux miens mais comme il les tenait fermement, je ne pouvais pas les dégager et combien de fois allais-je devoir lui faire comprendre que je préférais, tout en me réservant le droit de ne pas donner plus d’informations, avoir le moins de contacts physiques possibles, MEME SI IL EST VRAI, D’ACCORD, que j’avais découvert aujourd’hui qu’il n’y avait pas forcément que des mauvais côté, mais c’était encore trop nouveau, ce n’était même pas sûr que cela se reproduise un jour…

- Viens au bal avec moi !

Je serrai les lèvres l’une contre l’autre pour m’éviter de lui dire que finalement un coup de poings ou deux lui aurait peut être mis les idées en place pour de bon, mais non, il ne fallait pas, c’était quand même pour et à cause de ça qu’on se retrouvait dans cette situation qui faisait bondir mon cœur dans tous les sens et je ne voulais plus qu’une chose retourner me blottir sous les draps de mon dortoir en souhaitant que tout cela ne soit rien d’autre qu’un mauvais rêve et ne se soit jamais produit.

J’avais entendu parler du bal, puisqu’en fait tout le monde en parlait, alors difficile de passer au travers, mais depuis quand est-ce qu’on était forcé d’y aller ?? Que ce soit tout à fait clair : ce n’était pas dans les champs que j’avais appris à valser et ça ne m’avait pas vraiment préoccupée de ne pas avoir de partenaire comme les autres camarades, parce que je n’allais pas y aller, je ne disais pas que l’ambiance ne devait pas être sympa, surtout que chez moi que ce soit pour Noël, les anniversaires ni aucun autre jour de l’année, c’était pas la grande fiesta et c’était un moment dans l’année comme un autre, parfois même pire, surtout les anniversaire en fait, comme si elle s’employait à nous rappeler qu’on ne devait surtout pas être heureuse avec Delilah de prendre un an de plus. Je n’étais pas obligée de danser, (quoique Hansen venait de tout remettre en question) toutes ces choses qu’on fait traditionnellement, donc que par extension je ne pratiquais pas et je n’étais pas contre l’idée d’y aller mais… Il me manquait avant tout l’accessoire essentiel que je ne comptais pas me procurer parce que papa n’avait pas l’argent pour ça. Une robe de soirée, même la plus simple coûtait cher, et très honnêtement je préférais la voir dans notre assiette que sur moi, déjà que les fins de mois étaient difficiles…

- Sinon quoi ? demandais-je non sans une certaine méfiance.

Voilà qu’avec cette demande, Sebastian rendait tout plus compliqué, comme à son habitude. Il n’avait pas besoin de me duper, je savais qu’il y avait monnaie d’échange, il y en avait toujours une lorsqu’on vivait ce qu’on venait de vivre.

- Mais je ne peux pas y aller, parce que je ne peux pas m’acheter de robe, je n’avais là aucune honte à le lui dire, les finances de mon père n’étaient pas au beau fixe et alors ? Je savais qu’il faisait tout ce qu’il pouvait et c’était bien suffisant pour moi, je dois te dire non.

Et si ça pouvait en même temps m’éviter de pavaner avec Hansen, en réalité, ça m’arrangeait tout à coup.

Bien bien bien... Là, ça devenait vraiment gênant.


- Je vais retourner dans ma salle commune maintenant, pour moi il était clair qu’on en parlait plus et qu’il fallait à présent que je m’échappe de là… mais un peu à regrets. Mais pas de tenue équivalait à zéro bal, ce n’était même pas contre Sebastian puisque c’était le même tarif pour tout le monde et qu’en plus c’était le seul à me l’avoir proposé.

Je me lançai pour faire le chemin inverse que précédemment tout en lui faisant le geste de me suivre. Je me relevai donc la première et eu un instant ou j’hésitai, mais lui tendis la main pour l’aider à se redresser à son tour. Je balançai mes bras sans trop savoir quoi en faire ensuite, ne pouvant partir comme ça, même si j’aurais préféré…

- J’y vais… alors… à plus tard. Je butai un peu sur les mots, comme un retour à la réalité trop brusque, et parce que crachais plus mon venin contre lui que ne lui parlais normalement. Je fis quelques pas vers la porte, avant de me retourner une dernière fois, ayant oublié le plus important. Donc on est d’accord, il ne s’est jamais rien passé ici. Je cherchais son approbation du regard. Je ne pouvais pas le laisser partir avant d’en être certaine. Même je regrettais déjà le voile protecteur de notre abri…

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LIFE NOT NECESSARILY TO BE STRONG BUT TO FEEL STRONG.



"I wanna break the spell"



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Sebastian Hansen
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Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: Re: "Broken Spell." |PV|   Ven 14 Déc - 15:19

J’avais lancé cette idée comme on lance une ancre dans la tempête, espérant qu’elle stabilise le bateau. Je ne savais pas pourquoi ni comment, mais j’avais simplement pensé qu’après tout, pourquoi pas ? Je n’avais personne avec qui y allait. Je n’étais pas un grand fan des bals et l’hystérie de certaines filles sur le sujet était assez insupportable mais… Mais après tout, autant passer la soirée accompagné non ? J’étais sûr que Daphne n’avait prévu d’y aller avec personne et pourtant ce n’était probablement pas les garçons qui manquaient. Beaucoup de gens la trouvaient flippante, mais magnifique et sur ce point je crois qu’ils avaient raison. Pourquoi croyez-vous aussi qu’elle était si populaire dans sa petite bande ? Elle avait la classe avec son regard froid et majestueux, elle inspirait le respect et elle étonnait : ils se pressaient tous autour d’elle, avide de comprendre qui elle était. Evidemment, ils n’en avaient aucune idée –même moi, j’en savais rien. Elle gardait trop bien ses secrets, mais dans sa bande ça ne l’avait pas empêché d’être apprécié, comme la petite princesse farouche que les garçons aiment bien protéger. Je me demandais tout de même s’ils se seraient ligués contre moi si j’avais été d’une autre maison. Aidaient-ils réellement Daphne, ou cherchaient-ils à s’amuser sur un Gryffondor ? Peut-être la seconde option après tout, les maisons avaient l’air d’être tellement important pour eux.

Bien sûr, je faisais un tel reproche à sa bande, mais il fallait voir la mienne. Luke en particulier, et Thomas parce qu’il suivait tout ce que disait son grand copain Luke. Eux aussi étaient bien branchés bataille de maison ! Les deux étaient dans mon dortoir et avec Etienne, et d’autres garçons, on trainait un peu toujours ensemble. Forcément, c’était des Gryffondors qui aimaient bien montrer qu’ils étaient les plus forts et les plus courageux alors l’ambiance était un peu particulier, c’était toujours à qui montrait le plus de force etc. Etienne jouait le jeu, moi je n’essayais même pas. Généralement, quand ça partait dans ce sens-là, j’allais rejoindre Clea ou Aria. Tess aussi, lorsqu’elle-même n’était pas occupée à ce genre de démonstration devant Isobel –les deux passaient leur temps à se crêper le chignon. En plus donc de chercher à le meilleur d’entre nous, Luke rêvait de dépasser tous les Serpentards et était d’ailleurs persuadé qu’il le faisait déjà. Il avait compris qu’il ne devait pas toucher à Clea. Il avait déjà fait une remarque sur elle et je crois que c’est la seule fois dans toute ma scolarité où je m’étais vraiment énervé contre lui. Daphne, il la trouvait « canon » alors il n’y touchait pas trop non, quand il parlait d’elle c’était pour décrire ses… Enfin, vous voyez le genre. Bref, passons.


- Sinon quoi ?

Sinon… Sinon quoi? Hein ? De quoi elle parlait ? Je m’attendais forcément à ce qu’elle refuse au premier abord. Elle n’allait pas exploser de joie, c’était sûr. Mais sa méfiance m’étonna et je fronçais les sourcils. Je n’avais pas envie de la forcer, je voulais juste qu’elle vienne. C’était incroyable comme Daphne pensait toujours qu’une chose en valait une autre, que si on faisait ça, il fallait rendre ceci, etc. Elle m’avait sauvé, je l’avais réconforté, maintenant un partout balle au centre, n’est-ce pas ? C’était trop fatiguant de toujours tout monnayer avec elle, comme si notre relation était quantifiable. Qui avait fait le plus de mal à l’autre ? Qui avait été le plus heureux ? Qui avait le plus pris son pied dans ce jeu malsain ? Nous n’en savions rien tout le deux, voilà la stricte vérité. Et je n’avais pas envie de savoir, de réfléchir, j’avais simplement envie de… Je ne savais pas trop, de me jeter dans cette relation insondable, incompréhensible où il me semblait que la réalité ne l’était jamais très longtemps. J’étais toujours surpris, il n’y avait rien de scientifique ou de logique dans tout ça. Je voulais qu’elle arrête de compter, de se sentir menacer. Elle pouvait pas.. Se lâcher ?

- Mais je ne peux pas y aller, parce que je ne peux pas m’acheter de robe, je dois te dire non.

Je l’avais connu avec de meilleurs arguments ! Je fronçai les sourcils en analysant ce qu’elle venait de me dire… Elle venait vraiment de refuser pour une histoire de robe ? Mais elle me prenait pour un imbécile ou quoi ? Je n’avais pas besoin qu’elle fasse comme toutes ces ridicules princesses qui investissaient des sommes colossales dans leur garde-robe, elle avait bien une tenue de soirée qui traînait quelque part, ne me dites pas qu’en Pologne elle faisait Noël ou le Nouvel An en maillot de bain ? Et puis j’allais avoir l’air débile dans mon costard de toute manière, je n’avais pas besoin d’elle soit resplendissante à côté –je vous jure je ressemblais à un pingouin avec mon costume. En plus il fallait que l’on porte un masque cette année et… Et ça me donnait une idée tiens…

- Mais je m’en fou de la robe !

J’avais réplique d’une voix un peu amère. J’avais l’impression qu’elle se trouvait des excuses, alors qu’il n’y avait pas même dix minutes elle pleurait dans mes bras. J’en avais marre qu’on joue la comédie. Je refusais que nous sortions d’ici comme si… Comme si de rien n’était et que nous reprenions nos vies séparées. J’étais fatigué de lui courir après : elle allait m’attendre cette fois-ci.

- Je vais retourner dans ma salle commune maintenant.

Retour brutal à la réalité, activé.

Je poussai un soupir en la regardant se relever. Cependant, elle me tendit la main pour m’aider à sortir de notre abri aussi, et j’eus un petit sourire malgré moi –et une chaleur qui se diffusa dans mes membres. Lorsque nous nous retrouvâmes enfin à l’air libre, dans la salle vide, il y eut un silence gêné et nous baissons tous les deux les yeux vers le sol, ne sachant pas trop quoi dire. Moi, j’avais bien une idée mais je n’étais pas sûr et puis…


- J’y vais… alors… à plus tard.

A plus tard ? Sérieusement ?

-Donc on est d’accord, il ne s’est jamais rien passé ici.

J’en étais sûr. Mécaniquement j’hochai la tête, mais lorsque je vis Daphne sortir de la salle, j’eus un déclic. Je laissai passer quelques secondes de trop avant de me remettre en mouvement et j’ouvris brutalement la porte, cherchant sa silhouette qui empruntait le couloir pour disparaitre.

- Daphne ! Criai-je, l’immobilisant à quelques mètres de moi. Elle se retourna et je fis trois pas pour la rejoindre. Je la fixai avec fermeté, bien décidé à faire ce que je m’apprêtai à faire. C’est un bal masqué, personne ne te reconnaîtra alors, tu viens. Avec moi. Je savais que ça ne suffisait pas et que j’allais faire une chose assez insupportable, mais tout mon cœur me criait d’agir. Si tu viens, il ne se sera jamais rien passé aux yeux de tout le monde. Plongeant mon regard dans le sien, je lui fis comprendre que je ne plaisantai pas. Je voulais qu’elle vienne, et elle viendra. Peu importe ses excuses ridicules. De toute manière… Là, ma voix s’affaiblit un peu car ça devenait plus gênant. Il se sera passé quelque chose pour moi. Achevai-je tout bas, sans cependant décrocher mes yeux des siens.

Je fis quelques pas en arrière avant de finalement faire demi-tour, laissant Daphne seule avec les dernières informations que je venais de donner. Au moins c’était clair. Je ne parlerais pas si elle venait au bal. Je crois que je n’aurais jamais été capable de balancer à ses potes de toute manière mais ça, elle n’en avait aucune idée et j’étais bien décidé à prétendre le contraire. Je voulais juste qu’elle vienne avec moi, ce n’était pas compliqué quand même !

Pourquoi ? Je n’en savais rien. Mais je savais simplement que je la voulais avec moi ce soir-là.



THE END


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