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In the Sun [PV]

 
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 In the Sun [PV]

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Sasha Greenhorn
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MessageSujet: In the Sun [PV]   Ven 9 Nov - 1:00

Spoiler:
 



In the Sun - She & Him

"Well alright
(Well alright)
It's okay
(It's okay)

We all get the slip sometimes everyday
I'll just keep it to myself in the sun, in the sun."



J’adorais les beaux jours de Septembre. Ceux du début d’année, qui sentait encore le soleil et les marguerites. Où on entendait les rires des élèves qui, revenant de leurs vacances, se partageaient les anecdotes de celles-ci en s’allongeant dans l’herbe fraiche du parc du château. C’était les premiers jours de la rentrée et malgré la nostalgie des mois d’étés, la plupart des élèves rayonnaient de ce retour ici, à Poudlard, qui était pour nous tous une sorte de seconde maison. On retrouvait petit à petit ses habitudes, celle des lits des dortoirs qui sentaient à mon goût le jasmin et le caramel, l’humidité des pierres, les couloirs un peu venteux, les cris et rires terrifiants de Woodley, les bonjours tout doux d’Aidan O’Connelly… Ce genre de chose qui faisait que le château était si particulier, parce qu’il y avait pleins de petits détails qui faisait qu’au fond, tout était familier. Même la voix de certains tableaux, je la connaissais. Parfois, j’entendais un mur qui me saluait et je comprenais qu’il s’agissait du moine du troisième étage qui me passait le bonjour et me demandait comment s’était passé mon été. C’était presque normal ici, qu’un tableau vous demande de nos nouvelles. J’avais beau être née moldue, au final je m’étais plus qu’habituée à ce monde un peu étrange. Ma difficulté constituait plutôt à savoir si c’était un tableau ou un élève qui m’adressait la parole. Du reste, ce n’était plus étonnant de converser avec une peinture.

Mais il y avait toujours de quoi me surprendre ici. En partant deux mois du monde magique, j’avais un peu coupé les ponts avec cette atmosphère. Mes parents n’étaient pas des sorciers et ne connaissaient rien à ce monde. Cependant, ils étaient avides de le connaitre et dès mon retour à la maison, j’avais eu droit à une montagne de question. Encore plus que je n’en avais déjà dans les lettres. Ça m’avait d’ailleurs fait un bien fou de les retrouver. Ils vivaient au Japon alors forcément, je ne pouvais pas vraiment revenir pour un week-end et l’année dernière, je ne les avais pas vu pendant un an. Même pas à Noël. D’après mon père, il valait mieux que je m’habitue, parce que revenir à Tokyo aurait pu me foutre le mal du pays et tout ça. Cette année-là serait différente, ils avaient déjà parlé de venir durant Noël ou les vacances de Février, et j’avais déjà hâte de visiter l’Angleterre et l’Ecosse avec eux. Ce qui me manquait tout de même, c’était Yuria ma meilleure amie. Elle aussi j’avais adoré la retrouver dès le début de juillet, et nous ne nous étions pas quittées pendant les deux mois de vacances : mes parents nous avaient même amenés à la mer ensemble, en camping. Sauf qu’elle n’avait pas les moyens pour venir me voir ici, et avec ses parents qui ignoraient la magie… Elle ? Ah oui, bien sûr que je lui avais dit. Je lui disais tout voyons !

Forcément, le Japon me manquait malgré le bonheur que j’avais de retrouver ici. C’était étrange… A Poudlard, j’avais du mal à m’intégrer tout de même, mais j’avais rencontré Casey que j’adorais et petit à petit je commençais à me faire à tout ça. Les cours restaient une véritable épreuve pour moi, mais j’avais envie de faire des efforts, de me dépasser. Même en potion où je ne pouvais pas savoir si ma potion avait effectivement pris une couleur doré et non lilas. Mais j’avais toujours quelqu’un sur qui m’appuyer, même si je voulais l’éviter au maximum. Et puis la charité polie, j’avais jamais aimé ça ! Heureusement que Casey était là. Et malgré toutes mes difficultés, j’arrivais à avoir des notes acceptables, meilleures que certains voyants. Ça, c’était ma vengeance ! Bref, pour toutes ces petites choses, j’étais heureuse d’être ici, d’être une sorcière. Mais d’un autre côté, mon pays natal me manquait terriblement. Sa culture, sa population… Tout, jusque dans les moindres détails les plus stupides comme l’odeur du riz qui cuisait dans la cuisine, le bruit de notre chat qui tapait sa tête contre la vitre de la cuisine pour rentrer… Tout comme Poudlard avait ses détails, chez moi avait les siens qui me manquaient une fois que je les quittais.

Mais je n’avais pas envie d’être nostalgique aujourd’hui. C’était un samedi ensoleillé et la plupart des élèves avaient décidés de sortir… Sauf Casey, qui devait rattraper un cours de sortilèges où elle avait été absente. Alors forcément quand la jeune fille n’était pas avec moi, je me sentais un peu seule. J’avais d’autre amies, mais aucunes avec qui je voulais autant passer mes journées que Casey. Bon, j’allais me débrouiller par moi-même, et j’avais déjà une petite idée de ce que je voulais faire. L’année dernière, en juin, la plupart des filles de mon dortoir avait décidé de se baigner dans le lac. J’avais voulu les accompagner évidemment, parce que je raffolais des nouvelles expériences. Je n’avais pas été dessus de l’aventure, même s’il ne fallait pas être trop frileux ! Mais aujourd’hui, l’air était sec et chaud, et j’avais très envie d’aller faire aussi un tour au bord du lac. Je pris donc mon maillot de bain, le rose à poids, que j’allais enfiler dans les toilettes sous ma robe en m’assurant de ne mettre aucune de mes affaires à l’envers : les étiquettes étaient dans ce genre de moment, mes meilleures amies. Dans mon sac, je pris une serviette, mon livre et à contrecœur, ma canne. Je sortis du dortoir sans difficulté mais une fois dans le couloir, j’abandonnais et me décidais à sortir ma canne pour me guider jusqu’au hall.

Une fois dehors, je sentis la chaleur m’accabler rapidement, et l’herbe me frôler à travers mes nu-pieds. Je rangeais ma canne et me mis à descendre en suivant le chemin habituel : au moins, j’étais sûre que rien ne pouvait m’arriver. J’entendais plusieurs rires et au fur et à mesure que je me rapprochais, je compris qu’il y avait d’autres personnes qui se baignaient. Ça, ça m’embêtait un peu plus parce que je ne voulais pas nager au milieu d’autre personnes en risquant de me cogner à eux, ce genre de choses. Je voulais être tranquille. Je sortis donc ma canne et me décidais à contourner un peu le lac pour atteindre un bout de la rive qui était tranquille. Tout doucement, je m’assis et étendais ma serviette sur laquelle je laissais mes affaires. Puis, retirant ma robe, je m’approchai du bord. Je m’y assis et plongeai mes pieds dans l’eau : elle était fraiche, mais bonne. Bon aller, j’espérais simplement que ça ne serait pas trop profond… Je me laissais glisser, sentant l’eau m’envahir jusqu’au-dessus du nombril. Au moins, je n’avais pas de problème pour rentrer, c’était direct ! Je respirais un grand coup avant de me plonger entièrement dans le lac. Je fis quelques brasses, sans jamais trop m’éloigner du bord. Parce qu’après pour le retrouver… Bref.

Je préférais faire l’étoile de mer, flotter, profiter tranquillement du bruit de l’eau contre le rivage, du soleil sur ma peau… Je rejoignis le bord et m’essorai les cheveux en m’apprêtant à remonter lorsqu’un bruit me fit sursauter. Il y avait quelqu’un ?... Depuis combien de temps ?! Par réflexe, je me baissais dans l’eau, cachant mon corps qui me mettait un peu mal à l’aise –la puberté tout ça, pour une fille, c’était jamais très fun. J’avais envie de demander si quelqu’un était là, sauf que toute évidence il y avait quelqu’un et sur le coup, je ne trouvais rien de mieux à faire que de lever la tête vers le son que je venais d’entendre, espérant au moins fixer mon interlocuteur, ou plutôt observateur.

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Garrett Garrison
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MessageSujet: Re: In the Sun [PV]   Sam 10 Nov - 13:43

(comme tu es mignonnes avec tes petites lunettes )

La deuxième année un pas de plus vers la célébrité. Bon bon d’accord, célèbre je l’étais déjà, surtout auprès des élèves de première année de l’année dernière qui maintenant était en deuxième année à par les loosers qui avaient loupé les examens au mois de juin dernier et il fallait franchement être très con pour ne pas s’en sortir haut la main. Parce que oui, être bon en classe c’était aussi quelque chose que je savais faire à la perfection, et j’avais même pas besoin d’écouter ! C’était juste que c’était trop facile les doigts dans le nez jusque dans les yeux et la théorie et la pratique bam je les avais envoyé droit au but tel un souaffle dont le gardien ne peut pas arrêter la course. Et ouais. C’est ça quand on a la classe.

Ces derniers mois, je les avais juste pas vus passer. En même temps, je m’étais tout de suite intégrer, j’avais tout de suite été le chef de mon petit groupe qui n’avait d’yeux que pour moi et parfois dans mes grands instants de bonté, je passais le relais à Isobel ; parce que oui j’avais toujours été quelqu’un de très galant : c’est ça la clé du succès. Parmi d’autres. Parce que j’avais de nombreux atouts dans ma manche ; ttt ttt ttt non non non je n’allais pas les révéler tout de suite, où était la place au mystère sinon ?!

J’avais passé des vacances de fous avec les gens de Poudlard qui habitaient aussi Godric’s Hollow, donc en quelque sorte j’avais l’impression de pas avoir totalement quitté l’école mais avec les devoirs en moins, et ça c’était trop génial et puis j’étais pas mécontent de retrouver ma maison tout ça, même si j’allais pas dire mes parents qu’ils m’avaient manqué, non mais ça va pas la tête ?! Et puis je pouvais revoir tous mes copains moldus et on avait pu rattraper le temps perdu même s’il savait rien de mon école et je me sentais super important dans ces moments là parce que ouais moi je faisais des trucs qu’ils faisaient pas et qui étaient juste ultra géniaux et qu’en plus c’était un secret ! C’était comme si j’étais une sorte d’agent double et bon sang qu’est-ce que j’y prenais mon pied ! Et puis surtout et le plus important avec Skillet on avait pas besoin de se cacher et de faire croire qu’on se détestait ; tout redevenait comme avant pendant deux mois d’été à profiter et autant dire que oh oui, on en avait profité !

Et là, rebelote : Poudlard le retour. Non j’étais super content de revenir, de retrouver mes petites habitudes et puis surtout non seulement maintenant les deuxièmes années connaissaient mon nom, mais j’allais faire en sorte de me charger personnellement que dans moins d’un mois, ce soit le cas des premières années ! Parce que même si je visais haut, ma politique c’était de faire petit à petit, surtout qu’à Gryffondor je ne me faisais pas de bile y’avait trop de noms connus pour que je puisse me faire ma place aussi rapidement. Mais mon ascension se faisait quand même : aller, bientôt, j’allais tous les évincer ! Attention parce que Garrett Garrison était de nouveau dans la plaaace !

La première semaine de cours venait de passer ; les profs avaient dit que ce serait plus difficile cette année, mais que dalle, qu’est-ce qu’elle leur mettait à tous comme potion dans leur café le matin Nakamura pour dire des choses aussi débiles ? Pour le moment, tout était aussi facile que bon jour, alors forcément, même si on était samedi et que mes devoirs m’attendaient en salle commune, et ben je les avais laissé là où ils étaient. J’allais les faire la veille comme d’hab’, ça demandait pas trop de réflexion encore, pas la peine de perdre non plus bêtement du temps à l’intérieur alors que l’été était encore là et d’ailleurs il commençait à nous dire au revoir petit à petit et je pouvais pas le laisser filer sans l’avoir exploité au max non mais quelle idée ! Avec ma bande, on avait décidé d’aller faire des plongeons au bord de lac et voir si y’avait pas moyen d’aller titiller un peu de calmar que j’avais encore jamais, non mais qu’est-ce que ça pouvait me frustrer ça ! Je voulais le dompter moi !

Ouais donc on était allé à l’une des extrémités du lac et on s’était amusé à couler les filles dans l’eau (Isobel se défendait super bien, et elle avait failli m’avoir une fois ou deux, mais que voulez-vous, j’étais trop fort) puis ensuite un gars qui était né moldu à la base et qui avait ramené un vieux ballon en caoutchouc mais super léger avait proposé des lancés de ballon. La partie était très serrée, mais évidemment, c’était mon équipe qui menait et moi qui rapportait tous les points presque depuis le début. Et alors avec Isobel avec moi, je vous en parle même pas. Seulement à un moment quelqu’un avait envoyé le ballon trop loin et il s’était barré à l’autre bout du lac. Le plus simple c’était de sortir de l’eau de prendre une baguette magique et de lancer un accio, mais non ! Surtout pas ! J’allais leur montrer toute l’étendue de mes talents de nageur parce que oui, ça faisait également partie de mes formidables qualités et je m’étais éloigné en quelques brasses.

C’est bien, c’est bien mais il était passé où ce ballon ?! Je l’avais perdu de vue entre temps, alors finalement, je m’étais rapproché du bord et était sorti du lac pour scruter les alentours, sans revenir sur mes pas parce que pas question de faire chou blanc c’était moi le héros de l’aprèm ! Je poussai un soupir d’exaspération et était prêt à me résigner, seulement à ce moment je distinguais une forme mais alors qui n’avait non seulement rien à voir avec un ballon, mais qui en plus était beaucoup mieux que ça. Ouais : une fille. Ni une ni deux, je m’étais rapproché, et j’avais hésité un moment à signaler ma présence ou pas, mais en fait non, pour l’instant je me contentais d’observer parce que le spectacle n’était pas désagréable (pas du tout) à voir et comme elle ne m’avait pas vu encore, j’avais bien envie d’en profiter… comment ça c’est pas bien ? En même temps, c’était elle qui était en maillot de bain rose à pois blancs juste sous mon nez, j’allais pas cracher dessus ni la couvrir avec une serviette de plage en criant que olalalah il ne fallait pas ! C’est bon, j’en avais vu d’autre en plus.

Mais ça dura pas bien longtemps parce que soudain la léthargie dans laquelle elle était plongée cessa et si la minute d’avant elle flottait à présent elle était complètement dans l’eau, sauf la tête et elle avançait vers le bord, donc vers moi. Allez, allez, c’était le moment ! Je fis tout de suite le sourire spécial que je réservais à chaque nouvelle rencontre (oui oui il y en a des biens spécifiques, je vous les montrerai tous un jour. Peut être.) Du coup moi aussi, je venais vers elle en prenant le temps de me passer une main dans mes cheveux encore mouillé ; pour qu’elle le remarque. Je pris une posture imposante, en gardant le dos bien droit, avant d’engager la conversation parce que visiblement, elle me regardait d’accord, mais comme si j’étais transparent. Hahahah. Non. Ça ne se pouvait pas. J’allais vite la faire changer d’avis.

- T’as pas vu un ballon dans le coin ? On a perdu le nôtre.
Je désignai mon groupe qui avait l’air petit au loin comme ça. On aurait pas dit, mais il était grand le lac ! Je fis genre que je réfléchissais, mais en fait j’avais déjà mon petit plan derrière la tête. Si tu m’aides à le retrouver, t’as le droit de venir finir la partie avec nous ! Encore un sourire.

Et franchement qui disait non à Garrett Garrison ?!

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Sasha Greenhorn
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MessageSujet: Re: In the Sun [PV]   Dim 18 Nov - 21:15

J’avais toujours adoré me baigner ! Avec Maman, on allait souvent à la mère au Japon pendant que Papa lui allait voir son meilleur ami qui habitait près de la côte. Lui n’aimait pas le sable, le bruit des vagues ne le berçait pas mais l’insupportait et il trouvait toujours l’eau trop froide. Alors avec ma mère, on se louait un petit hôtel pour un week-end, près de la mer pendant que mon père restait avec son ami d’enfance donc, et tout le monde était content de l’arrangement. C’était un peu un rituel, dès que l’été s’annonçait on prévoyait cette sortie, qu’on faisait par la suite environ une fois par mois. Avant que je ne perde la vue, c’était les meilleures journées du monde. On prenait mon chapeau en paille, mes pelles et mes sauts, mon maillot de bain violet et ma serviette Hello Kitty et direction la plage ! Ma mère faisait un pique-nique et parfois Yuria venait avec nous. J’étais une bonne nageuse, j’adorais jouer dans le sable, le soleil ne me dérangeait jamais et j’adorais m’allonger pendant de longues minutes juste pour sentir ses rayons me réchauffer. Maman disait toujours que c’était un vestige de ma culture anglo-saxonne parce qu’ici, s’exposer au soleil était très mal vu car dangereux pour la peau. Mais j’étais une gamine et les dangers, je n’y faisais pas trop gaffe. Je revoyais les vagues dans lesquelles je me jetais en riant, m’amusant à faire des galipettes sous l’eau et des concours de châteaux de sables. Mais après ma maladie, les journées avaient un peu changées. Parce que se baigner lorsqu’on ne voyait pas l’océan, la plage, l’horizon… C’était dangereux. Ma mère ou Yuria devaient toujours être avec moi, ne jamais s’écarter. Je n’allais plus chercher les glaces chez le petit vendeur parce que j’aurais pu me perdre. Je faisais des châteaux de sables sans voir le résultat parce que si je le touchais pour le sentir, je le cassais. Ça avait perdu de son charme, d’une certaine manière. J’adorais toujours le son des vagues, la sensation du sable sous mes pieds et du soleil sur ma peau. Mais ce n’était plus pareil. Rien n’était plus pareil de toute manière.

J’avais trouvé un refuge cependant avec les bains japonais, les Onsens. C’était une tradition dans le pays, et beaucoup de familles avec leur propre bain chez eux. D’ailleurs, au Japon nous passions souvent des heures dans le bain, même chez soi, les baignoires gardaient la chaleur de l’eau, il y avait de la musique, ce genre de chose. On se lavait même en dehors de la baignoire avant d’y rentrer ! Un monde différent, j’vous le dit moi ! Bref, mais les Onsens n’avaient rien d’une baignoire. C’était les bains publiques où tout le quartier allait et se retrouver. On se lavait assis sur des petits tabourets en bois avant de se plonger dans un bassin d’eau thermale (souvent) bien chaude ou parfois au contraire, glacée ! On restait de longues minutes là, avec une petite serviette d’eau froide sur le front et les gens discutaient ou simplement profiter de la douceur des lieux qui étaient toujours plongés dans une brume humide. Ce genre de lieu typiquement japonais me manquait ici. On m’avait bien parlé d’une géniale salle de bain, mais c’était celle des préfets et nous n’y avons pas accès. Certains bravaient les règles mais dans ma position, je n’avais pas trop le droit de jouer les têtes brulées. Mes capacités de fuite en cas de problème étaient plutôt limitées.

En parlant de fuite, j’étais un peu embêtée là parce qu’il y avait visiblement quelqu’un et qu’évidemment je ne pouvais rien voir donc je n’avais aucune idée de quoi faire. Je restais juste un peu connement debout, à regarder comme toujours dans le vague, cherchant à localiser le bruit. La personne me connaissait-elle ? Est-ce qu’elle savait que j’étais ?... Je n’en avais aucune idée. C’était chiant, de ne jamais savoir qui on avait en face. Même si lentement, je commençais à m’habituer au pas de Casey que j’arrivais presque à reconnaître ! En tout cas-là, je savais très bien que ce n’était pas ma copine. Si la personne donc en question pouvait ouvrir la bouche ça m’arrangerait tout de même parce que je me sentais un peu conne, plantée comme ça dans l’eau dans laquelle je m’étais enfoncée pour me cacher un peu timidement. Comme si je retournais dans mon cocon.

- T’as pas vu un ballon dans le coin ? On a perdu le nôtre. Si tu m’aides à le retrouver, t’as le droit de venir finir la partie avec nous ! Encore un sourire.

Bon c’était sûr, la personne en question ne savait pas que j’étais aveugle. Sinon, elle ne m’aurait jamais posé une telle question. La voix m’indiquait que j’avais à faire à un garçon pas trop âgé et d’ailleurs, il me disait vraiment quelque chose. Mais je ne connaissais pas son prénom, je l’avais entendu rire avec une Gryffondor, une certaine Isobel que je n’aimais pas trop parce qu’elle se moquait parfois de Casey. Il était aussi parfois en cours avec moi je crois, il devait donc être en deuxième ou troisième année ! Je fronçais un peu les sourcils malgré moi, pour me concentrer sur la provenance de sa voix pour essayer de fixer mes yeux sur cette origine mais à coup sûr, je devais être en train de regarder à dix mètres du garçon. Il semblait avoir fait un geste, sûrement pour montrer les personnes avaient qui il jouait et maintenant qu’il le disait, c’est vrai que j’avais entendu des gens rire au loin. Je les enviais d’ailleurs. Il devait jouer tranquillement pendant que moi et bien… Je ne pouvais pas m’amuser comme je le voulais. Je me sentis soudainement très mal à l’aise et je m’enfonçais un peu plus dans l’eau. Je n’avais pas trop envie de parler avec ce garçon, je n’avais pas envie de lui dire que non, je n’avais pas vu son ballon parce que je ne pouvais pas voir, alors que sa partie de ballon il pouvait bien l’oublier parce que… Je ne pouvais juste pas.

- J’ai rien vu… Rien senti ! Ajoutai-je un peu précipitamment, me maudissant d’avoir menti de la sorte parce que maintenant j’étais un peu dans le pétrin. Désolé, je crois pas que je puisse vraiment t’aider. Continuai-je en me mordant la lèvre inférieure. Comment lui expliquer ? J’espère que tu le retrouvas. Achevai-je avec un petit sourire. Je priais désormais pour que le garçon s’éloigne et ne se rappelle jamais de ma tête parce que maintenant, j’étais embêtée d’avoir utilisée ce maudit verbe « voir » alors que de toute évidence, il ne pouvait plus faire partie de mon vocabulaire.


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Garrett Garrison
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MessageSujet: Re: In the Sun [PV]   Ven 23 Nov - 14:07

J’étais sûr d’avoir déjà vu cette fille quelque part. Mais alors où ? Quelque part dans Poudlard, c’est certain, mais si pas mal de monde me connaissait la réciproque n’était pas forcément vraie ; ce n’était pas simple de retenir toutes les têtes qui gravitaient dans les couloirs, et pour le moment je retenais surtout les personnalités qui pouvaient m’être utiles pour mes petites exigences personnelles comme les Préfets et Préfètes, les figure importantes qui étaient souvent dans les dernières années, les Miss et Mister, surtout les deux de notre maison mais alors, allez savoir pourquoi, ces deux là on le les voyait jamais, comme s’ils avaient un cape d’invisibilité qu’ils revêtaient sans cesse pour avoir un peu plus d’intimité… On leur donnait peut être une quand ils recevaient leur titre ? J’en voulais une ! Ils pouvaient pas me donner la leur ??

En tout cas, ça ne me disait pas qui était cette charmante solitaire qui profitait comme nous de la fin de l’été, parce que ce n’était qu’une question de jours avant que le lac redevienne glacé et qu’on le puisse même pas y mettre un orteil dedans. Mais j’allais rapidement réparer cette erreur, l’emmener avec moi pour qu’elle vienne s’amuser avec nous et qu’elle n’ait d’yeux ensuite que pour moi parce que je faisais les meilleurs lancés, ou plus simplement parce que j’étais incontestablement le meilleur, autant ne pas tourner autour du pot et dire les choses telles qu’elles étaient. Parce que franchement : qui avait honte d’être le meilleur ?

Je lui tendis la main pour l’inciter à la prendre et me rejoindre et j’étais déjà prêt à lui tendre sa serviette de bain si le besoin s’en faisait sentir, parce qu’avec le vent qu’il y avait dans le parc, toute mouillée comme elle était, je ne voulais pas qu’elle prenne froid ! Moi ? Je n’étais pas spécialement frileux et les garçons ne l’étaient pas de toute manière, c’était les filles qui se plaignaient toujours d’avoir froid ! Mais elle restait obstinément cachée sous la rive du lac et n’eut même pas de réaction, de mouvement dans ma direction ni quoi. Comme si elle était indifférente à mes tentatives.

….. Mais non ! Ça ne se pouvait pas !


- J’ai rien vu… Rien senti !

Ah oui, encore heureux qu’il ne lui soit pas tombé sur la tête, ce n’était pas le moment de se blesser ! Je regardais une nouvelle fois tout autour de moi ; où est-ce qu’il avait bien pu passer, ce maudit ballon ?? Il ne pouvait pas comme ça s’envoler dans la nature, à moins que subitement, le calmar ait la furieuse envie de jouer à la balle avec des anémones de mer ! Je scrutai les environs là où le groupe m’attendais, ils avaient l’air tout petit au loin et je me demandais pendant un instant s’ils n’avaient pas cherché à me faire une blague en rappelant le ballon avec l’une de leur baguette magique, mais à moins qu’ils l’aient caché, ils ne se lançaient plus rien, signe que j’étais bel et bien leur sauver et qu’ils n’attendaient plus que moi !

- C’est pas grave, la rassurai-je, elle avait l’air un peu paniqué tout à coup, mais il ne fallait pas qu’elle s’en fasse, ce n’était qu’un ballon ! Je vais continuer à chercher… et j’en profitais donc pour glisser subtilement, tu me files un coup de main ?

Tu m’étonnes qu’elle allait me dire oui ! C’était le genre de proposition (passer du temps avec le mec le plus branché des deuxièmes années), qui ne se refusait pas !


- Désolé, je crois pas que je puisse vraiment t’aider.

Je fus décontenancé un instant, parce que ce n’était, en effet, pas le genre de réponse à laquelle je m’attendais. Youhou, elle ne voyait pas qui j’étais et la chance que je lui offrais où….. ? Ce n’était pas le moment de se laisser désarçonner pour si peu, ça pouvait arriver, même si je n’aimais jamais vraiment lorsque c’était le cas, mais il devait sans doute y avoir une explication logique à tout cela… De toute façon, elle ne sembla même pas remarquer mon hésitation passagère, tant mieux pour moi ! Mais oui ! Elle était timide du coup elle n’osait pas me dire oui pour ne pas faire de l’ombre aux autres filles, parce que ç pouvait être un peu mauvais ces bêtes là entre elles… Mais il ne fallait pas qu’elle s’inquiète ! Je pouvais toutes les protéger, et il y avait de la place pour toutes !

C’était à peu près ce que j’allais lui dire avec des mots un peu plus élaborés parce que si j’appréciais les gens directs, beaucoup préféraient la diplomatie. Certes. La meilleure façon d’arriver à ses fins c’était de se plier aux exigences de chacun. Mais pas trop quand même parce que j’avais des limites et lorsque je n’étais pas d’accord, j’étais le premier à faire entendre ma voix ! Rien qu’hier il y avait un membre de la bande qui m’avait fait chier pour une histoire trop con parce que soit disant on ne l’écoutait jamais un machin comme ça… à la fin on s’était lancé deux trois sorts et évidemment, c’était moi qui avait gagné. Et ouais fallait les recadrer de temps en temps ! Enfin, toujours est-il qu’elle me coupa avant que je n’ouvre la bouche, pour insister :


- J’espère que tu le retrouvas.

Oui moi aussi, mais… mais je ne pouvais pas tourner les talons et la laisser s’occuper à ses petites occupations, parce que même si je n’avais pas vraiment perdu ni gagné quoi que ce soit, la sensation d’échec qui me tiraillait la gorge ne me plaisait vraiment pas, il fallait qu’elle disparaisse et pour cela il n’y avait qu’une solution : passer plus de temps ici pour obtenir ce que je voulais même si moi-même je ne savais pas trop… Ce que je voulais.

- Il était pas à moi de toute façon, donc il n’allait pas de manquer.

Pour montrer que je ne comptais pas en rester là et que le ballon était passé au second plan, je m’asseyais dans l’herbe, près de ses affaires. Elle regardait ailleurs, mais quoi exactement, je n’arrivais pas à déterminer ce qu’elle fixait, mais c’était très loin derrière nous en tout cas, je détaillais un peu ce qu’elle avait emmené avec qu’elle. Comment ça, ça ne se faisait pas ?? Mais qu’est-ce que ça pouvait me foutre, c’était que les frustrés qui disaient que la curiosité était un mauvais défaut !

- Dis, on s’est pas déjà vu quelque part, en cours ou quoi ? Ça me tenait quand même, et il fallait que je sache. Et comme tout le monde savait qui était Garrett Garrison, elle allait bien pouvoir me renseigner.

Je remarquai alors qu’elle avait les lèvres violettes et je me rappelai de ce que maman s’acharnait toujours à me faire revenir sur ma serviette, au soleil, quand on allait à la mer et que je restais trop longtemps dans l’eau parce que je ne réalisais pas que j’avais froid ; mon corps pour être plus juste. Cette fois ci je pris sa serviette pour de bon et la lui tendre en espérant qu’elle ne me fasse pas le même coup vache que tout à l’heure et que je passe pour un imbécile ; parce que je n’aimais pas vraiment passer pour un imbécile c’était le genre de choses qui me mettait de mauvaise humeur.

- Je vais pas te manger tu sais. Tu devrais sortir de l’eau, c’est con de tomber malade la première semaine de la rentrée ! Continuai-je en rigolant pour détendre l’atmosphère. Après, c’est un bon plan pour sécher les cours !

Je ne le faisais jamais ; si je voulais être le meilleur en tout et surpasser tout le monde il fallait que je sois attentif à tout ce qui gravitait autour de moi ! Ce qui incluait donc supporter la tronche de mort vivante de Woodley et les cours soporifiques d’Histoire de la Magie…

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Sasha Greenhorn
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MessageSujet: Re: In the Sun [PV]   Sam 24 Nov - 0:22


Je me maudissais d’être venue ici toute seule. J’aurais dû rester avec Casey le temps de ses devoirs et nous serions ensuite venues ici tranquillement. C’était embêtant mais j’avais toujours cette impression d’être un peu dépendante des autres dans mes déplacements. Et à chaque fois que je voulais m’en sortir toute seule, ça finissait dans ce genre de situations. Je continuais cependant de préserver mais c’était difficile de toujours être dans ces moments un peu gênants où la personne d’en face ignorait que j’étais aveugle et forcément, je passais pour une tarée pendant quelques secondes, ou une file très maladroite. Mais j’avais tellement envie d’être indépendante moi, je n’étais pas faite pour rester assise avec un livre. J’avais déjà dû calmer mes ardeurs d’aventurière lorsque j’avais perdu la vue alors… Le problème c’est que mes ambitions ne s’étaient pas calmées. Je rêvais toujours de voler sur un balai, d’escalader des arbres, je me roulais dans l’herbe en dévalent une colline… Ce genre de choses que l’on faisait quand on avait douze ans et qu’ici tout le monde pouvait faire en toute innocence sans réaliser à quel point ils étaient chanceux. Me rouler dans l’arbre ? Et s’il y avait un trou ? Une branche ? Je ne pouvais pas le voir. Je devais toujours demander à quelqu’un si c’était bon, la voie était libre, blablabla. C’était comme si j’étais un immense boulet que l’on devait trainer partout et je savais que c’était pesant pour quelqu’un de normal de devoir toujours faire attention pour deux.

- C’est pas grave. Tu me files un coup de main ?

Oh, non pourquoi est-ce qu’il bougeait ? J’entendais l’herbe sous ses pas, des mouvements incertains qui m’indiquaient que peut-être il me tendait quelque chose ou me montrait un truc du doigt. Et moi je restais là, comme une cruche, avec une envie de disparaitre comme un poisson. Honnêtement, je n’étais plus trop habituée au garçon depuis que j’avais perdu la vue. Je n’avais jamais été une fille très coquette. A mon école primaire, il y en avait ! La petite blonde avec les yeux bleus le sourire brillant et les joues roses, qui regardait les garçons avec malice en riant, ses deux couettes se balançant au rythme de ses pas gracieux qui l’amenait jusque dans le groupe des mecs qui jouaient aux billes. De là c’était naturel pour elle de minauder « vous m’apprenez les règles ? » et évidemment tous les garçons se disputaient pour l’aider. Moi, je jouais à cache-cache avec eux parfois, mais c’était mes copains quoi. Je n’avais pas d’amoureux et puis maintenant que je commençais à ‘voir’ les mecs différemment… Euh ne me voyaient que comme la pauvre petite fille aveugle. Je ne me faisais pas d’illusions. Je n’étais pas faite pour avoir un petit ami. Je n’intéressais personne. Avec moi, il fallait prendre le temps de m’apprivoiser, ce que personne ne jugeait visiblement utile de faire.

- Il était pas à moi de toute façon.

J’eus un petit sourire malgré moi, noyé au milieu de la rougeur de mes joues malgré la fraicheur de l’eau. Je commençais d’ailleurs à avoir sacrément froid, mais j’attendais simplement que le garçon s’en aille. C’était stupide mais maintenant, je n’avais pas envie de lui expliquer que j’étais aveugle alors que deux secondes avant je lui disais que je n’avais pas vu son ballon. Vous pouvez le dire, je suis complétement conne parfois. Je voulais donc simplement qu’il s’en aille et m’oublie. Qu’il me recroise dans les couloirs et n’ose plus jamais me parler. En plus s’il était ami avec cette Isobel, je ne pouvais pas vraiment expliquer pourquoi mais ça me faisait un peu peur, et je revoyais les moqueries envers Casey… Non c’était officiel, j’étais mal à l’aise. Et je sentis un plus gros creux dans la poitrine lorsqu’un bruit me fit comprendre que le garçon venait de s’asseoir. Je l’entendis même bouger des choses, comme si il regardait mes affaires sauf que je n’avais aucune preuve si ce n’était les sons étranges et je ne pouvais donc rien dire. Je m’en fichais un peu de toute manière, il n’y avait rien d’intéressant à voir mais…

- Dis, on s’est pas déjà vu quelque part, en cours ou quoi ?

… Rien d’intéressant… Ma canne !

- Oui ! J’avais pratiquement crié, espérant attirer sans attention. J’avais le cœur qui battait un peu trop fort et me sentit encore une fois rougir parce que je venais de lui dire que je l’avais vu alors que non je n’avais aucune idée de qui il était et je ne l’avais pas vu, car je ne le pouvais pas et… Oh, merde ! Enfin, j’veux dire, oui euh… On est ensemble en sortilèges je crois. Mentis-je parce que je ne me souvenais plus du tout d’où je l’avais entendu. Je suis en deuxième année. Ajoutai-je, en me gardant bien de préciser que je m’appelais Sasha.

Parce que s’il écoutait un peu autour de lui, il n’y avait qu’une seule aveugle dans ce château et c’était moi, Sasha. Je n’allais pas dire que j’étais connue mais c’était un fait, on savait qui j’étais à cause de mon handicap. C’était d’ailleurs étonnant qu’il ne me reconnaisse pas. Il ne devait pas faire très attention autour de lui… Sauf que résultat, c’était lui des rares personnes qui me parlaient normalement. Vu qu’il ignorait tout, il n’y avait pas cette gêne polie. Juste… C’était normal. Enfin, presque. Mais m’enfoncer dans mes mensonges n’allaient pas m’aider, sauf que je n’avais aucune idées pour couper court à la conversation. C’était mal parti depuis le début et plus ça allait, plus je me sentais mal.

- Je vais pas te manger tu sais. Tu devrais sortir de l’eau, c’est con de tomber malade la première semaine de la rentrée ! Après, c’est un bon plan pour sécher les cours !

J’eus un rire, mais il sonnait un peu faux. J’avais l’impression avait pris quelque chose, peut-être ma serviette. Bon, je pouvais lui dire maintenant que j’étais aveugle non ? Je n’avais pas trop d’autres solutions de toute manière. Péniblement, je m’approchais du bord en gardant mes mains sous l’eau, tâtonnant discrètement dans l’onde trouble. Sentant le rivage sous mes doigts, je réalisais qu’il fallait maintenant que j’escalade. C’était facile de descendre, mais je m’étais baignée dans une petite baie où le sol était en hauteur par rapport à l’eau.

- Oui, j’arrive… Murmurai-je un peu gênée. Je posais mes mains sur le bord, préparant mon escalade avec le peu de fierté qui me restait. En fait, je…

Sauf que je ne rien du tout. En m’accrochant pour remonter, j’avais visiblement mis ma main n’importe où, comme par hasard, et je glissai violemment dans un cri de surprise, sentant ma cheville se torde douloureusement. Je n’étais même pas sortie de l’eau que j’y replongeai, et me laissant couler quelques secondes, je me poussai finalement avec mes mains pour remonter à la surface. J’avais sacrément mal à la cheville oui, une grimace de douleur sur le visage et la panique qui commençaient à monter en moi parce que j’arrivais plus à nager (à cause de la douleur, de la peur, de la surprise ou des trois mélangés) et je n’avais aucune idée d’où était le bord ou même le garçon. Je sentais des larmes de fureur me monter aux joues parce que là, je venais de me cramer toute seule et qu’en plus d’une idiote, j’allais passer pour une menteuse.


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Garrett Garrison
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MessageSujet: Re: In the Sun [PV]   Lun 26 Nov - 11:23

Maintenant qu’on était en deuxième année, il y avait une chose que j’attendais vraiment avec beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, trèèèès beaucoup d’impatience, c’était les sélections prochaines pour rentrer dans l’une des équipes de Quidditch de l’école. Comme cadeau de rentrée, mes parents m’avaient offert le dernier des Nimbus, je l’avais déjà essayé, mais qu’est-ce que ça devait donner sur le terrain de Poudlard !!! Non, en fait, j’allais tout faire pour être le capitaine de ma propre équipe, ça ne pouvait pas en être autrement, j’avais pas envie de me plier aux ordres d’un mec qui dirait que des conneries et des directives que j’aurais pas envie de suivre ! Et Isobel, comme on l’avait la première fois que je l’avais vu dans la Grande Salle, ce serait ma seconde, parce qu’il fallait toujours un second et que c’était parfait que ce soit Isobel qui tienne ce rôle là. Il allait falloir que je fasse mon choix avec précision, parce que je comptais bien remporter la coupe ; quand on jouait à la maison, c’était tout le temps mon équipe qui gagnait, pourquoi en serait-il tout à coup autrement ? Comme là en s’amusant avec le ballon. Sauf qu’on ne s’amusait plus puisqu’il n’y avait pas de ballon, enfin, eux qui étaient restés là-bas parce que moi, je trouvais que je n’avais pas perdu au change…

- Oui !

Et bien, mais quel engouement tout à coup ! Mais je préférais qu’elle réagisse comme ça que dans cette espèce de léthargie timide. Je pouvais la mettre à l’aise autant qu’elle voulait, mais à elle un peu aussi d’y mettre du sien !

- Enfin, j’veux dire, oui euh… On est ensemble en sortilèges je crois. Je suis en deuxième année.


- Ah d’accord. Elle avait fichtre bien meilleure mémoire que moi ! Je ferais plus attention au prochain cours ! Me repris-je pour ne pas passer pour quelqu’un qui posait des questions, mais qui n’avait absolument rien à foutre des réponses…

Ensuite, pour qu’on puisse continuer notre conversation dans les meilleures dispositions, je lui avais proposé de me rejoindre ; pourquoi est-ce qu’elle n’accourait pas, pour me demander de lui raconter mes trépidantes aventures, où le héros principal était toujours… Moi ! Ne pouvait-on pas rêver de meilleur comédien ??


- Oui, j’arrive… En fait, je…

Je bondis à l’instant même où je la vis glisser pour lui venir en aide ; la laisser toute seule dans cette galère ? Non-mais-jamais-de-la-vie ! Je sautais à ses côtés pendant qu’elle remontait à la surface, provoquant tout un tas de vagues autour de nous. Ce n’était pas mon idée la plus futée, parce que ça allait rendre la montée à l’air libre un peu plus difficile. Je l’attrapai par la taille pour la maintenir plus facilement pour l’aider à sortir et ce n’était pas très difficile parce qu’elle n’était pas très grosse, mais en plus l’eau la rendait à froncer les sourcils. Néanmoins, j’avais les sourcils froncés, parce que j’avais cherché à capter son regard, mais alors soit elle m’ignorait délibérément soit…

- Ben t’es aveugle ou quoi ?
C’était pour plaisanter pour lui montrer que c’était une blague pour la détendre parce qu’elle avait le visage tout tendu comme si elle avait honte de ce qui venait de se passer.

Mais ça pouvait arriver à tout le monde, et il valait mieux en rire qu’en pleurer ! Cependant elle ne partageait pas mon avis, mais en même temps comme elle était toute mouillée, j’étais pas sûr que ce soit des larmes qui sortent de ses yeux, c’était peut être juste l’eau du lac qui ruisselait sur ses joues…

- C’est dangereux de faire des glissades comme ça… continuai-je sur le même ton.

Mais à ce moment-là, je tournais complètement son visage vers moi pour passer mes mains dessus comme si je cherchais à l’essuyer parce que je cherchais à l’essuyer, et… chier, putain, merde, mince de patratra de zut, je me rattrape parce que maman n’aime pas que je dise des gros mots alors que je ne peux pas m’en empêcher, même mentalement. Tout près comme je l’étais là en même temps, ça crevait les yeux, désolé de l’expression mais je n’en voyais pas de mieux appropriée, je n’avais jamais rencontré d’aveugle dans ma vie, mais alors, je sais pas pourquoi, c’était juste évident que celle fille l’était, et en même temps, je fis le lien avec un petit quelque chose que j’avais totalement rangé au fin fond de ma mémoire, si bien que je m’en étais plus rappelé jusqu’à maintenant, mais que tout était clair à présent : il y avait une fille non voyante dans notre promo, c’était Isobel qui me l’avait dit, mais je pensais à autre chose à ce moment là, elle me l’avait montré, mais j’avais pas bien fait gaffe parce que je devais raconter comment j’avais faillis me faire arracher le genou par le clébard du voisin au fond de la rue que j’aimais bien aller faire chier parce qu’il était hargneux. Et en plus ouais elle l’avait désigné, mais de dos ! Ça m’avait pas semblé très important, d’accord et alors, ça allait pas lui rendre la vue pour autant de savoir qu’elle était aveugle, la fille ! Et puis il y avait trop de monde à Poudlard, je pouvais pas retenir les tronches et les prénoms de chacun, mon boulot à moi, c’était qu’on retienne mon nom, pas l’inverse !

Mais quand même, ça le faisait pas trop trop, pour le coup ma blague allait passer pour une insulte. Je la hissai pour la faire s’asseoir sur la rive avant de m’appuyer sur mes mains pour faire pareil et me mettre à ses côtés. Le mieux, c’était peut être de la laisser toute seule après ça, de toute façon, c’était pas comme si elle allait me reconnaître dans les couloirs, là-dessus, j’avais la paix. Mais… Pfff, n’importe quoi !

- On va faire comme si j’avais rien dit…
donnais-je comme seule excuse, sans avoir l’air le moins gêné du monde. Je n’avais pas à l’être, je m’étais pas moquée d’elle en le faisant exprès, elle l’avait compris ça je crois ! Sinon, bah c’était tant pis pour elle. Les profondeurs terrestres ou sous marines, ça doit pas beaucoup te changer, mais bon, joue pas trop au poisson, tu risques d’avoir des ennuis, et il y aura pas tout le temps des mecs au ballon égaré pour venir te chercher… c’était un peu direct, mais pas dit méchamment, mais à quoi ça nous aurait avancé d’être diplomate, après ça allait nous foutre mal à l’aise, ouais nan, pas envie. Pareil, si elle le prenait mal… bah elle le prenait mal.

Il me semble qu’Isobel m’avait dit son nom, mais alors je savais même plus par quelle lettre ça commençait. Pourtant, je savais que je le savais, c’était pas un mensonge ; pour de vrai !

- Tu t’appelles comment au fait ?
Ça au moins, ça pouvait toujours servir…

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MessageSujet: Re: In the Sun [PV]   Sam 1 Déc - 22:09

Garrett Garrison a écrit:
Le mieux, c’était peut être de la laisser toute seule après ça, de toute façon, c’était pas comme si elle allait me reconnaître dans les couloirs, là-dessus, j’avais la paix.

Ah, d'accord.



- Ah d’accord. Je ferais plus attention au prochain cours !

Honnêtement, ça n’aurait pas servi à grand-chose. La seule manière dont je me faisais remarquer en cours de sortilèges c’était lorsque Woodley m’adressait une remarque des plus glaciales –c’était l’une des seules professeurs qui n’en avait strictement rien à faire de mon handicap. Sauf qu’évidemment, sa matière me posait de très grosses difficultés parce que je devais me concentrer bien plus qu’un voyant qui pouvait facilement visualiser l’objet sur lequel il lançait un sort. Moi… C’était différent. Et quand je ratais, cette harpie ne perdait pas une occasion pour me rabaisser et ces cours étaient presque devenus effrayants pour moi qui aimais pourtant tant me servir de ma baguette magique. Peut-être que je pourrais demander à ce garçon de l’aide ? Peut-être qu’il était doué ? Casey m’aidait déjà pas mal mais je savais que ce n’était pas évident pour elle. Le meilleur aurait été que quelqu’un de plus âgé puisse m’apprendre, quelqu’un de plus patient que Woodley. Mais j’avais déjà du mal à me faire des amis de mon âge, vous imaginez bien que ce n’était pas le moment de chercher dans les années supérieures !...

Et puis ce garçon, j’attendais de voir sa réaction lorsque j’allais lui dire que j’étais non-voyante tiens. C’était toujours pareil : un silence horrible et pleins d’excuses pour ne pas l’avoir remarqué et… Non, je n’aimais pas ça. L’année dernière, avant que tout le monde me connaisse pour mon handicap, j’aimais tester mes limites et me prétendre voyante lorsque je rencontrais quelqu’un. Même Casey la première fois dans les cuisines, je ne lui avais pas dit d’entrée de jeu que j’étais aveugle. Ce n’était pas juste tout de même je le savais, parce que je mettais très mal à l’aise les gens lorsqu’ils le réalisaient plus tard. Mais je ne pouvais pas m’en empêcher. J’aimais tant ce sentiment que me procurait l’impression d’être traitée comme si j’étais normale. Ça me manquait réellement, de ne pas avoir de problème avec les autres, de problèmes pour m’intégrer. Maintenant, c’était toujours des relations différentes que j’avais avec mes camarades car on me considérait comme différente. Et la différence, si c’était supposé être une force, elle effrayait beaucoup de monde. Pouvais-je vraiment leur en vouloir ? Ici, personne n’était handicapé. Il n’y avait que moi. Personne ne connaissait ça, personne ne savait comment le gérer. Même moi, je ne le savais pas. Et avant que ça m’arrive tout ça, pensez-vous vraiment que j’allais vers la petite fille muette de mon école primaire ? Bien sûr que non. Parfois le soir, encore aujourd’hui, je pense à cette fille avant de m’endormir. Je ne connais même pas son prénom et je n’avais jamais cherché à le connaître alors qu’aujourd’hui, c’était moi à sa place.

Je ne pouvais plus me cacher auprès du garçon de toute manière : je glissai lamentablement et poussai un petit cri, me sentant tout à coup paniquer stupidement. Tout à coup, une masse me rejoignit dans l’eau et je compris que c’était lui qui m’avait rejoint pour m’aider : sa main autour de ma taille, il me calma légèrement en me stabilisant et je me décidais à arrêter de paniquer. Il y eut un silence très dérangeant durant lequel je repris ma respiration. Je n’arrivais pas à vraiment savoir où était le garçon et mes yeux devaient papillonner tout autour de lui… Qui devait forcément avoir des soupçons, parce que là, ça faisait beaucoup d’indice.

- Ben t’es aveugle ou quoi ?

... Oh, non… Sur le coup, j’eus l’impression qu’un immense poids s’était posé dans ma poitrine et il n’allait pas tarder à me faire couler si ça continuait. Je sentis des larmes remplirent mes yeux et je clignais plusieurs fois pour que mes paupières les chassent. Surtout, ne pas pleurer, j’allais vraiment passer pour un bébé, et le garçon n’allait pas comprendre –déjà qu’il devait être un peu perdu. Je détestais ce genre de quiproquo horrible et ce n’était pas la première fois que ça arrivait, qu’innocemment on me faisait cette remarque. Ou parfois « t’as des yeux très étranges ! » Ah ben oui, je ne vois rien, forcément. Et s’en suivait toujours cet horrible silence, ce malaise général… Je me maudissais tellement de n’avoir pas dit dès le début que non, je ne pouvais pas voir son ballon parce que je ne voyais rien du tout ! Ah, pourquoi est-ce que j’avais ce poids dans la poitrine… J’avais envie de disparaitre sous l’onde du lac, mais le garçon me tenait trop fermement –et ça me faisait tout bizarre, d’être soutenu comme ça, comme si il me protégeait un peu.

- Ben, je… En fait…

Mais en fait rien du tout, aucun son ne sorti de ma bouche et de toute manière, je fus vite coupée dans mon élan.

- C’est dangereux de faire des glissades comme ça…

Et en plus, il plaisantait ! Je sentis mon menton se mettre à trembler dangereusement, mais fis tous les efforts du monde pour me contrôler. Je pensais à Casey et tout ce qu’elle me disait à chaque fois que je n’allais pas bien. Je m’accrochais au son de sa voix mentalement, et mesurais ma respiration. Petit à petit, je me sentis reprendre le contrôle et tentais de maitriser la casse dans cette situation qui me paraissait déjà bien compliquée. Ce fût à ce moment-là que le garçon décida de prendre mon visage entre ses mains pour visiblement l’essuyer –et le tourner vers lui par la même occasion… Je rougis instantanément et me mordis l’intérieur de la joue lorsqu’un grand silence s’abattit entre nous deux. Je compris qu’il venait de réaliser, qu’il avait fait le lien entre tout ce qu’il avait remarqué et probablement cette « fille aveugle de Poufsouffle » que tout le monde connaissais mais auquel peu faisait attention. Sans dire un mot, il me hissa sur le bord de la rive et je me laissais faire comme une poupée. Une seconde plus tard, un bruit m’indiqua qu’il s’était assis à côté de moi. Je laissais mes pieds barboter dans l’eau, une énorme boule dans la gorge. Le mieux, c’était peut-être qu’il s’en aille… Non ?...

- On va faire comme si j’avais rien dit…

… Ce n’était pas trop à ça que ressemblait les excuses habituelles que je recevais, tiens. Je me sentais encore rougir et je gardais donc le visage un peu penché vers l’eau, n’osant pas me tourner vers la voix à ma gauche –le pauvre il ne devait pas savoir quoi regarder… Est-ce qu’il m’observait, moi ? Passant ma main dans ma frange, je la secouais pour l’égoutter comme si de rien n’était, comme si je n’étais pas du tout gênée, du tout…

- Les profondeurs terrestres ou sous marines, ça doit pas beaucoup te changer, mais bon, joue pas trop au poisson, tu risques d’avoir des ennuis, et il y aura pas tout le temps des mecs au ballon égaré pour venir te chercher…

Je fus tellement surprise par sa réplique que je ne trouvais rien à répondre. Je repassai sa phrase dans ma tête mais non, j’avais bien entendu… Son honnêteté me prit de cours, parce que je n’avais pas eu ce genre de traitement depuis… Très longtemps. Nathanaël en première année, avait été le seul qui m’avait également traité très franchement –il était tellement curieux aussi !

- Je sais… Me contentai-je simplement d’articuler, encore mal à l’aise de sa réaction.
- Tu t’appelles comment au fait ?

Ah ben ouais, ça pouvait peut-être utile non ? J’eus malgré moi un petit sourire. Ce mec était étrange quand même… !

- Sasha. Et toi ? Je marquai une pause, mais j’avais autre chose à dire… Sauf que je ne savais pas trop si c’était une bonne idée et à la fois ça s’accrochait au bord de mes lèvres et je n’avais pas envie de contenir tout ça. Je tournais mon visage vers celui du garçon, comme pour lui faire face. Désolé, j’aurais dû te dire que j’étais aveugle. Le mot dit à voix haute semblait crier la vérité. Mais c’est pas juste, moi aussi j’ai le droit de baigner, tu sais. Dis-je en reprenant son propos sur les fonds marins et les poissons. Parce qu’il le comprenne bien : j’étais peut-être aveugle, mais ça ne m’empêchait pas d’être vivante !


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MessageSujet: Re: In the Sun [PV]   Mar 4 Déc - 12:34

Oui, en l’espace d’une seconde j’avais radicalement changé d’attitude, passant de la frime à un comportement plus blasé, et pourtant il y aurait eu de quoi faire la une du Daily Poudlard : « Garrett Garrison sauve de la noyade une jolie Poufsouffle en danger ! » Surtout quand la Poufsouffle n’était autre que l’aveugle dont tout le monde parlait. Maintenant ça me paraissait flagrant il y avait toujours quelqu’un qui l’évoquait au moins une fois par jour, elle y voyait rien, mais en parler ça n’allait pas lui rendre la vue pour autant, et puis elle s’autorisait des baignades et paniquait pas parce qu’elle ne savait pas nager mais parce qu’elle y voyait que dalle, alors autant qu’on puisse voir ou pas ça ne changeait rien à la faculté de savoir nager mais visiblement, d’après la vision qu’elle m’en montrait… On parlait un peu beaucoup de vue tout à coup !

Et il n’y avait pas que ça, en fait, ça me gênait vachement qu’elle ne puisse pas voir. Enfin qu’elle ne puisse pas voir… Elle était née avec ce handicap non ? J’en savais rien comme je disais, j’écoutais qu’à moitié parce que j’avais toujours mieux à faire, comme écouter le cours par exemple. Et bien oui, il y en a qui écoute, étonnant, hein ? Quand on veut être le meilleur en tout, il faut bien en passer par là. Donc on en était au fait que si elle avait jamais rien vu que du noir tout autour d’elle depuis qu’elle était née, ben ça devait pas trop la changer, qu’est-ce que ça pouvait lui foutre que la rose qu’on lui offrait était rouge, violette ou jaune fluo ? Les couloirs, les formes restaient quelque chose de totalement abstrait, ses camarades aussi, conclusion : J’étais totalement abstrait.

Et ça en effet, c’était quelque chose qui me dérangeait un peu (c’était pour rester dans la nuance, ça me dérangeait beaucoup) et oui, on était quoi sans l’apparence ? Fallait arrêter cinq secondes ces conneries sur la beauté intérieure et tout ça ouais c’était cool quand on avait les deux je disais pas le contraire mais en attendant c’était prouvé que les gens les plus beaux dans la vie étaient ceux qui s’en sortait le mieux. Question de statistiques, j’inventais rien ! Tiens, même Miss Aveugle avec son petit minois d’ange, j’étais sûr que même avec un sens en moins, elle allait pouvoir se débrouiller tant qu’elle restait à cent mètres minimum d’un point d’eau autre que sa baignoire. Non seulement elle ne pouvait pas voir à quel point j’étais extraordinaire, mais elle ne pouvait pas non plus voir mes exploits, elle ne pouvait pas voir… enfin on a compris l’idée et tout à coup, cela m’apparut comme beaucoup moins vital, à partir de là de lui faire du gentil rentre dedans parce que c’était voué à l’échec. Ça allait peut être être méchant ce que j’allais dire, mais pour moi quelqu’un qui ne pouvait pas me remarquer alors que c’était précisément ce que je m’employais à faire durant toutes mes journées et bah ça valait pas le coup d’aller plus loin.

Après, j’allais pas la planter là non plus, surtout après son affolement, parce que ça n’enlevait rien au reste, elle était sûrement très sympa. Enfin je sais pas, mais oui, peut être. Mon engouement n’était plus le même, je n’allais pas dire le contraire, c’est tout, c’était quand même pas de sa faute, je voulais même pas imaginer un peu ce que ça faisait de toujours avancé en se demandant si on était pas directement en train de se jeter dans un mur pour s’écraser le pif la tête la première et putain mais alors là qu’est-ce que j’étais bien content de pas être à sa place ! Oui vous vous attendiez à quoi ? En même temps, qui le voulait ?? C’était triste d’accord. Mais en attendant, c’était pas moi qui allait me plaindre.


- Sasha. Et toi ?

Alors ? Ce n’était pas l’une des preuves les plus flagrantes que la vision allait de pair avec une personne comme moi. Je sentis la frustration monter un peu plus dans mon torse ; je n’aimais pas trop passer pour un parfait inconnu alors que mon crédo c’était de devenir le plus rapidement possible la personne la plus dans le coup de tous les Gryffondor d’abord et ça, ça marchait du tonnerre de Dieu, et ensuite de tous Poudlard, parce que quitte à avoir de l’ambition, autant voir les choses en grand. Je balançai mes pieds dans l’eau et les agitai, provoquant des éclaboussures sur les côtés.

- Garrett. Allez il ne fallait pas se démotiver pour si peu ! A présent, cette stupide erreur était réparée ! Mais t’as déjà entendu parler de moi non ? Si elle disait non… Mais en même temps, elle ne pouvait pas dire non, c’était pas possible ou alors c’était qu’elle cherchait clairement à me mettre ne rogne, ben oui !

Etre aveugle était une chose ! Fallait pas venir me dire que ça rendait sourd en plus de ça ! Sympa comme tableau !


- Désolé, j’aurais dû te dire que j’étais aveugle.

Ça pourtant je voulais bien comprendre. Ça aurait peut être été plus simple qu’elle le dise tout de suite mais en même temps y’avait meilleur moyen pour commencer une conversation que « Hé au fait, tu sais pas ! Je suis aveugle ! » Moi non plus j’aurais pas fait le malin avec ça, et même tout fait pour le cacher et justement, que ça ne se remarque pas. Je lui décochais mon plus beau sourire numéro quatre, ah ouais mais qu’’est-ce que ça pouvait bien faire de toute façon puisqu’elle ne savait pas à quoi il ressemblait…

- Ben c’est plutôt pour toi qu’il faudrait être désolé…
oui je n’avais pas retrouvé mon tact entre temps, mais comme je l’avais dit puisque je n’en avais pas plus que ça… autant continuer dans la lancée et faire les choses jusqu’au bout ! Je voulais pas lui dire ma pauvre, mais comment tu fais ? Si elle y était arrivé pendant douze ans elle pouvait bien le faire quelques années de plus, cette belle affaire ! C’est pas moi que ça va déranger le plus hein. Enfin, un peu mais elle avait pas à le savoir même si j’étais nettement moins enjoué quand je parlais qu’au début. Mais bon, j’imagine que t’as l’habitude ?

Mais qu’est-ce qu’on s’amuse ! Si je m’étais imaginé que ça prendrait cette tournure c’est vrai que je ne serais peut être pas venu jusque ici pour lui demander le ballon… Mais maintenant qu’on était là…


- Mais c’est pas juste, moi aussi j’ai le droit de baigner, tu sais.

Cette précision me fit rire tout de suite. C’était pas pour me moquer quand même, fallait pas abuser, mais justement ça prouvait ce que j’avais pensé juste avant, qu’elle avait appris à vivre avec ça puisqu’elle ne connaissait que ça et qu’elle avait pas le choix, et ça il y avait de quoi quand même s’arrêter un petit instant sur sa volonté !

- Ta petite démo était quand même pas très au point, j’ai déjà vu mieux, la taquinai-je parce que j’avais absolument pas envie de me comporter autrement sous prétexte qu’elle était un peu plus particulière que les autres. Même si c’était pas dans le sens que je l’avais espéré. Je crois qu’il va falloir revoir certaines choses si tu veux me convaincre !

Le truc que je pouvais tirer de tout ça et qui alors allait être très bien pour ce que je m’apprêtais à faire, c’est qu’en aucun cas, elle ne pouvait anticiper mes mouvements. Elle pouvait sentir que je bougeais à côté d’elle et ça s’arrêtait là et en attendant, ça m’allait m’être très pratique, parce que je la chopai à la taille et sous ses jambes pour la tenir et la jetai sans prévenir dans l’eau. Mais qui, que quoi comment ça, ça ne se faisait pas ? J’avais prévu mon coup, j’étais pas sans cœur et moi aussi, je l’avais rejointe et déjà de la tirai par la bras parce qu’elle n’avait pas plongé très profond pour la faire revenir à la surface, sans la lâcher, au cas où elle panique encore, pour lui montrer que j’étais là, que je n’allais pas lui faire faux bon si elle avait des difficultés et qu’elle n’avait vraiment rien à craindre. Je m’assurai qu’elle allait bien avant de reprendre :

- Et bien ?! Tu me montres tes talents de sirènes ? Parce que pour l’instant ça fait plutôt gros poisson maladroit… la provoquai-je pour la tester un peu et pour aussi situer où se trouvait sa fierté sur une base de chiffre allant de un à dix. Après tout, pour dédramatiser une situation, il n’y avait rien de mieux qu’en rire !

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Sasha Greenhorn
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MessageSujet: Re: In the Sun [PV]   Ven 7 Déc - 0:08

Je sentais déjà cette différence d’intonation, de comportement. Un malaise venait comme toujours de s’installer, parce qu’on venait d’arriver à ce mauvais horrible, tournant de toutes mes relations : lorsque l’on apprenait que j’étais aveugle. Forcément, si je l’avais pas dit dès le départ, il y avait un blanc, un moment en suspend où la pauvre personne en face de moi se demandait ce qu’il fallait faire. S’excuser ? Agir normalement ? Me laisser planter là parce que je ne les reverrais plus jamais de toute manière ? J’étais sûre que beaucoup y avait déjà pensé mais la culpabilité était souvent ce qui empêchait ces personnes d’agir. Mais ça m’était égal parce qu’au fond j’aurais presque préféré qu’on me laisse là comme une conne plutôt que l’on me fasse croire qu’on s’intéressait vraiment à moi par politesse pendant quelques minutes avant de partir avec une excuse débile et de ne jamais revenir. Ça arrivait trop souvent. Est-ce que lui aussi, ça serait comme ça ? Est-ce que ce garçon allait rester le souvenir d’une rencontre de fin d’été au bord du lac qui n’aurait jamais de suite ? C’était très fortement probable. Pourtant, derrière le léger malaise qui s’était imposé à nous car il était inévitable, je sentis un certain détachement qui m’intriguait, une confiance en lui qui m’était étrangère. Casey n’était pas comme ça, pas du tout. Personne que je ne connaissais ne me rappelait ce garçon et j’avais beau ne le connaitre que depuis quelques minutes, j’étais déjà intriguée et je n’arrivais pas à me détacher de cette unique pensée : est-ce que je l’intriguais aussi ?

- Garrett. Mais t’as déjà entendu parler de moi non ?

… Sur le coup, il me fallut tous les efforts du monde pour ne pas éclater de rire à cette dernière question qui était d’une prétention assez énorme. J’eus donc un sourire proche d’une grimace et par réflexe je mis ma main devant ma bouche pour étouffer un rire à l’abri de son regard parce que je ne voulais pas le vexer –mais c’était trop drôle ! Bon, Garrett donc ? Si je le connaissais ?... Il me semblait qu’on m’en avait parlé. Il trainait avec cette Isobel que je n’aimais pas trop parce qu’elle-même n’aimait pas trop Casey et mes copines parce qu’elle se la pétait du genre « Attention je suis trop un garçon manqué » et s’amusait bien à se moquer de tout le monde. Et donc, Garrett ? Oui, ça me disait vaguement quelque chose. Parce que dans mon dortoir, y avait une fille qui le trouvait trop beau tandis que l’autre n’arrêtait pas de dire que ce n’était qu’un gros vantard. Donc je n’étais pas sûre de la manière de répondre à sa question… Et je décidais de faire comme le lui avait fait pour moi. Avec franchise.

- Dans mon dortoir, y a une fille qui t’admire, et l’autre te déteste. Malgré moi, j’eus un rire. Va falloir que je me fasse ma propre opinion… ! Continuai-je avec un petit sourire timide.

Je n’étais pas sûre que c’était ce qu’il voulait entendre mais en fait, je ne savais pas vraiment comment me comporter en face de personnes et encore moins de garçons alors… Depuis que j’avais perdu la vue, j’avais complétement perdue cette optique de relation fille/garçon, d’amoureux, de flirt et tout ça, parce que ça avait à peine commencé que déjà je ne pouvais plus participer à ce grand jeu. Sauf qu’à nos âges, il me semblait que les garçons ne cherchaient que ça et donc je n’avais aucun ami (sans e) et encore moins de petit-ami. Cette perte de contact m’avait donc rendu un peu… Eloignée des garçons et je n’avais aucune de la manière dont je devais me comporter. Être moi-même non ? Mais dans quel but ? Garrett ne voulait probablement pas être ami avec une fille comme moi parce que c’était le genre à courir après la popularité –ce qui m’excluait. Sauf s’il voulait briller en tant que sauver et gentlemen, mais j’en doutais aussi. Donc, pas d’amitié. L’amour ? Alors là c’était juste… Non en fait, je n’envisageais même pas la chose.

- Ben c’est plutôt pour toi qu’il faudrait être désolé… C’est pas moi que ça va déranger le plus hein. Mais bon, j’imagine que t’as l’habitude ?

Bien sûr que ça le dérangeait… J’eus un énorme pincement au cœur en l’entendant me mentir de la sorte alors que, si je ne pouvais pas voir ses sourcils se froncer, je sentais très bien sa voix qui grinçait. La superbe du début de notre rencontre s’était effacé ridiculement et maintenant… C’était comme toujours. Comme à chaque fois. Je poussai un soupir malgré moi, totalement lasse. Garrett avait plutôt bien commencé, alors maintenant… J’avais juste envie que ça continue comme ça, quand il me demandait où était son ballon. J’aurais aimé être normale pour simplement lui parler comme n’importe quelle autre personne sur terre, sans problèmes. Mais je n’étais pas ce genre de personnes.

- Pas vraiment. Je ne suis pas aveugle de naissance… J’avais neuf ans quand j’ai perdu la vue. On s’y habitue jamais vraiment.

Et voilà, ça m’énervait parce que l’atmosphère était devenue pesante et que je n’avais pas du tout envie de ça. Il faisait chaud et beau, c’était la rentrée, on était tous heureux et… Et on devait fêter ça, parler du soleil et pas de profondeurs nocturnes dans lesquelles je vivais. Je me tournais vers Garrett, comme si je cherchais à le regarder avant de finalement lâcher:

- Alors, tu ressembles à quoi ?

Parce que si ma camarade le trouvait beau, c’était une description assez large. Ses yeux ? Ses cheveux ? Son teint ? Je voulais des détails un peu. Je savais juste qu’il avait des « yeux bleus à tom-ber par terre » (vous pouvez lire cette phrase avec une voix hystérique et un rire niais pour plus de réalisme.) Bref, beau gosse ou pas j’allais au moins remettre les pendules à l’heure comme on dit : j’aimais nager et je n’allais pas m’arrêter sous prétexte que c’était dangereux tiens!

- Ta petite démo était quand même pas très au point, j’ai déjà vu mieux. Je crois qu’il va falloir revoir certaines choses si tu veux me convaincre !

Ah ouais ? Si sa réponse me mit presque de mauvaise humeur parce que ce n’était pas ma faute si j’avais glissé, j’étais contente de voir que tout à coup Garrett reprenait son aisance naturelle et ne se murait pas dans des mots polis et gênés et…

AAAAAaaaaaah !

Je n’avais même pas eu le temps de crier qu’il m’avait attrapé et une seconde plus tard, j’étais jeté dans le lac et sentis aussi un mouvement à côté de moi dans l’eau qui m’indiqua que le garçon avait aussi plongé. Je remontais à la surface, battant des pieds pour rester droite et dégageant les cheveux de mon front pour affronter le Gryffondor qui, d’après ce que je sentais, était face à moi. Il avait osé me jeter comme ça dans le lac ? Mais je rêve ou quoi ?

- Mais t’es malade ! Dis-je en envoyant valser dans sa figure un énorme jet d’eau que je produisis d’un revers de la main.

Bien fait ! Mais je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir un immense sourire parce que ça me faisait rire tout ça –étrangement rire, comme si j’étais toute légère.

- Et bien ?! Tu me montres tes talents de sirènes ? Parce que pour l’instant ça fait plutôt gros poisson maladroit…

J’ouvris la bouche en un grand « o » de surprise et je fronçais les sourcils –réflexe que j’avais gardé. Eh ben dis donc ce Garrett, il se prenait pas pour n’importe qui !...

- Tu vas voir ce qu’il te dit, le gros poisson !

Et dans la seconde qui suivit ma réplique, je me laissais glisser sous l’eau tout doucement. Je pénétrai dans le silence de l’onde qui n’était pas très profonde là où nous étions, et je touchai rapidement le sol. Me concentrant, je réussis à entendre les battements de pieds du garçon qui se trouvait à quelques centimètres e moi –environ 50 ? Je ne réfléchissais pas plus longtemps et en un mouvement vif, je me jetais sur ses chevilles ou ses pieds peu importe, pour les empoigner et attirer violemment Garrett sous l’eau avec moi et j’en profitais aussi pour chatouiller ses cotes ou son ventre, tout ce que je pouvais atteindre, mon rire formant des bulles qui s’explosaient à la surface du lac.

Ah, ça, tu l’avais pas vu venir !

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MessageSujet: Re: In the Sun [PV]   Ven 7 Déc - 19:24

- Dans mon dortoir, y a une fille qui t’admire, et l’autre te déteste. Va falloir que je me fasse ma propre opinion… !

Ah non ! Canallaitpasêtrepossible ! Je n’avais pas écouté la fin de sa phrase parce que j’en étais resté à « et l’autre te déteste ». Et pourquoi ? On pouvait me donner une explication ? C’était bien les filles ça, il fallait toujours qu’elles se fassent mousser ! Parce que bien entendu, tout le monde m’aimait et ceux qui ne m’aimaient pas, c’était parce qu’ils n’avaient pas encore compris qu’en fait ‘ils m’aimaient, c’était pour ça qu’ils ne m’aimaient pas ! A part les Serpentard. Eux, rien à faire, c’était du caca de troll de toute façon, j’avais pas envie qu’ils s’approchent de trop près pour polluer mon air et le rendre irrespirable.

- Non mais c’est pas ça, c’est juste qu’il y en a une qui est honnête et l’autre qui veut pas avouer ses sentiments…

Parce que je ne voyais pas ce que je ça pouvait être d’autre. Ça me faisait un peu penser à cette fille rencontrée dans la salle commune des Gryffondor avec ça chouette aussi peu aimable que la Grosse Dame quand on la réveillait en lui hurlant le mot de passe dans les oreilles et elle sursautait toujours de peur et se mettait à jurer avec sa grosse voix croyant nous faire peur, alors qu’on rigolait à pleine bouche et que ça le mettait dans tous ses états encore plus ! Rien de mieux pour retrouver sa bonne humeur après une journée de cours, ça, c’est clair…

Mais ça ne rendait pas sa vue à Sasha pour autant. Sasha, Sasha… ça faisait un peu un prénom de garçon ! J’allais lui faire remarquer, mais en tout cas, de ce que je pouvais voir de son corps puisqu’elle était en maillot de bain, elle n’avait vraiment rien d’un garçon…


- Pas vraiment. Je ne suis pas aveugle de naissance… J’avais neuf ans quand j’ai perdu la vue. On s’y habitue jamais vraiment.

C’est un peu logique j’ai envie de dire. Je voulus me dire « la pauvre », c’était quand même pas génial pour elle, c’était pas l’histoire drôle de l’année non plus mais… ben comme je venais de le dire lui dire la pauvre ou qu’elle ressemblait au poulpe qui hantait le lac à cause de ses cheveux mouillés qui faisaient des formes bizarres dans son dos et ses épaules, c’était du pareil au même !

- Ouais c’est comme si on me disait que demain, j’avais plus le droit de manger des Patacitrouilles, et que si je le fais quand même mon ventre va exploser !
C’était peut-être pas la comparaison qu’on imaginait normalement quand on vous révélait ce genre d’informations, mais plus de Patacitrouilles ! Ne plus en manger ! Autant vous dire adieu tout de suite ! De toute façon, t’es bien obligée de t’y faire maintenant.

Ce n’était pas très tendre, mais c’était sa dernière phrase en même temps qui laissait transparaître qu’au fond elle devait espérer, et c’était normal d’accord… Mais qu’elle s’y fasse tout de suite, parce que des gens qui perdent la vue, y’en avait plus à mon avis de ceux qui la retrouvait miraculeusement.


- Alors, tu ressembles à quoi ?

C’est vrai ; j’avais oublié le plus important, mais j’étais excusé puisque être avec une aveugle, ça engendrait des dizaines et des dizaines de choses auxquelles penser, qui étaient simples, mais pas forcément évidentes. Cette description, j’allais la lui faire avec plaisir, c’était ma réputation qui était en jeu après tout !

- Ben déjà j’ai pas la gueule d’un Veracrasse, c’est plutôt rassurant, tu veux vérifier ?
Sans lui laisser le choix je pris son poignet pour la faire constater d’elle-même et lui faisant palper mes joues le menton… que je ne ressemblais pas à une bestiole dans ce genre. J’ai les yeux comme les tiens, mais plus vifs peut être… je la dévisageai plus intensément pour essayer de comparer. Je suis brun aussi, tant mieux, les bruns sont plus intelligents que les blonds, ça s’applique aussi aux garçons, je suis pas très grand par rapport aux autres, mais on sait tous que la grandeur c’est un état d’esprit ! conclus-je très sûr de moi.

C’était une particularité que normalement on omettait. Sauf quand on décidait de faire de ce défaut une force, les autres gars étaient tous plus grands et je grandissais moins vite qu’eux mais les filles ne me dépassaient pas, c’était tout ce que je demandais ! J’en étais justement plus fort parce que c’était un signe distinctif que les autres n’avaient pas, et je savais l’utiliser à mon avantage !

Assez parler ! J’en pouvais plus de rester en place, je devais bouger n’importe quoi… la première chose qui était sous ma main c’était Sasha, alors autant en profiter ! Je riais lorsqu’elle sortait de nouveau la tête hors de l’eau, et qu’elle braqua la tête dans ma direction, mais qu’elle fixait un point à côté, donc en fait c’était comme si elle s’adressait à une personne invisible, vraiment il y avait de quoi rire !


- Mais t’es malade !

Je reçus quand même ses petites projections d’eau ceux à quoi je répliquais immédiatement, mais à l’échelle au-dessus, et ça produisit des vagues autour de nous pendant que je l’éclaboussais encore plus.

- Mais non, c’est juste ton baptême de mer ! C’était elle qui disait qu’elle pouvait se débrouiller, il fallait qu’elle le prouve maintenant !

Mais elle riait elle aussi au lieu de pleurer comme tout à l’heure et je préférais ça.


- Tu vas voir ce qu’il te dit, le gros poisson !

Pour l’instant pas grand-chose puisqu’elle avait replongé sous l’eau pendant que je ne me méfiai pas plus que çagloupppppppssssssssss ! Je fus happée par le bas et m’agitais sous l’eau pur me débattre, parce qu’à cause de la surprise elle avait trouvé le moyen de se rapprocher pour me faire des chatouilles et je rétorquais comme je pouvais, mais notre chamaillerie dans les profondeurs ne dura pas longtemps parce que bientôt je n’arrivais plus à respirer et remontait à la surface pour reprendre de l’air mais aussi mon souffle. Je l’attendais au tournant en tout cas et dès qu’elle pointa la tête hors de l’eau, je ripostais à mon tour, je l’avais attrapé par la taille comme tout à l’heure tout en lui ébouriffant les cheveux qui lui tombaient devant son visage. Je ne vis pas immédiatement qu’elle était un peu moins vigoureuse, mais ses gestes se faisaient de plus en plus faible et je compris sans être néanmoins être content d’avoir gagné, que c’était le bon moment pour faire une pause. Je grimpai le premier sur terre pour l’aider à faire pareil ensuite et de m’étaler dans l’herbe. J’avais totalement oublié le groupe, mais comme ils ne s’étaient pas manifestés j’en concluais qu’ils avaient dû faire sans moi.

- Ça te dit on se sèche et on va goûter ensuite dans la Grande Salle ?

Que ça lui dise ou pas, je crevais de faim et recharger les batteries, c’était précisément ce qu’il nous fallait !


Fini !!!!

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In the Sun [PV]
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