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The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]

 

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 The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]

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Chuck Carlton
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Localisation : Là où on peut faire la fête !
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Ami(e)s: Emmy-Nem, Haley, mon petit lapin! Oh vous inquiétez pas, ça nous choque autant que vous... ; Joy, eh ouais comme quoi ! ; Ruby Miss Parfaite ; Lilian, the one and only
Âme soeur: come to me my sweetest friend can you feel my heart again i'll take you back where you belong and this will be our favorite song

MessageSujet: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Mar 6 Nov - 16:17

Qui dit samedi soir dit, on le sait tous, grosse fiesta et grosse éclate. Ce n'était pas ma promesse à Taylord qui allait m'empêcher de m'amuser : le samedi soir c'était un peu mon dimanche pour les croyants, c'était un moment particulier, pendant lequel j'avais le droit de fumer et de boire comme si je n'avais pas promis que j'allais arrêter. De toute manière, elle ne serait pas là, j'avais vérifié. Donc bon. Après c'était ma parole contre celle des autres... Et puis, je fumais moins, je vous signale. A cause des cours mais aussi de ma promesse, je fumais moins. Alors elle n'allait quand même pas me faire chier pour une petite entorse au règlement de temps en temps! Surtout que, vu comment elle était toujours maigre comme un clou, elle non plus ne respectait pas sa promesse à la perfection, hein.

Depuis la rentrée, les fêtes qu'on faisait à Poudlard ne ressemblaient à aucune autre. Déjà, j'avais passé un été un peu... extrême on va dire, donc les fêtes étaient un cran au-dessus de celles de cet été, mais au fond ce n'était pas si mal. J'avais ressenti la fatigue au bout de deux mois et j'avais toujours des cernes sous les yeux (et d'ailleurs là je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Taylord qui les avaient remarquées et qui avaient passé ses mains dessus. Dommage, mais ce genre de choses, ça ne s'efface pas. Comme ses cicatrices à elle.). Bref : on va dire que les substances, les boissons et ce qu'on y faisait était déjà plus soft. En même temps, c'était Poudlard, et pas le monde de la nuit à Bristol ou à Londres, qui offraient plus de possibilités... Mais pas forcément plus d'éclate en soi. Parce que quand on était high, chaque nuit, eh bien... Oui c'était génial parce que les sensations prenaient le dessus et qu'on oubliait tout le reste, mais les lendemains, eux, ils étaient tous les mêmes. Douloureux, et puis, je ne sais pas, un peu nostalgiques parfois. De quoi? Alors ça, bonne question. Je n'étais pas du genre à m'arrêter là dessus. Mais en tout cas, avec mes potes de 7ème année, ça faisait déjà quelques années qu'on traînait ici, et on en avait fait des fêtes, toutes plus ouf les unes que les autres. Le hangar à canots, les cachots, le lac, la forêt, les tours, les salles abandonnées, la salle sur demande (qui pouvait être une putain de salle de fête quand elle le voulait), tout ça. Franchement, on pouvait se vanter d'avoir utiliser pratiquement tous les coins du château. ca devenait un jeu à la fin, d'ailleurs. Et donc, même si on était devenus les rois pour trouver un endroit, pour faire passer de quoi bord depuis le passage secret qui menait à Pré-au-Lard, tout ça, au fond il y avait quand même à chaque fois un petit goût de déjà-vu. Ce n'était pas que ça me faisait chier hein : une fête restait une fête, je m'amusais quand même. Mais bon, ça devait ça de grandir, d'avoir envie de trucs auxquels avant on ne pensait même pas... Poudlard était immense et à vrai dire c'était une grosse partie de ma vie, surtout depuis que Coop était là, mais je commençais à avoir envie de plus. De plus grand, de plus... De plus. Bizarre, hein? Bah, de toute façon je n'avais pas le choix, donc je profitais quand même. Et ce soir c'était moi qui m'étais occupé des boissons, donc autant vous dire que ça n'allait pas rigoler!

Notre petite fête secrète avait eu lieu en haut d'une tour, l'endroit était vraiment trop cool, c'était une tour désaffectée et la salle était ronde et on voyait le parc par les fenêtres, et comme dans toute la tour il n'y avait que des salles pas ou peu utilisée, on pouvait faire du bruit pénard. Ça avait été cool, il y avait surtout des Gryffondor et des Poufsouffle - ah ça, les meilleurs pour faire la fête, c'était bien nous, hein. Il y avait surtout, je ne le cache pas, la jolie petite 4ème année de Gryffondor avec qui je traînais depuis quelques fêtes (oui, juste ces soirs-là, je n'avais pas envie de m'encombrer d'une meuf le reste du temps), donc évidemment, ça avait été parfait. Elle était sympa, pas chiante, et surtout ultra canon : je n'en demandais pas plus. Bon, par contre, comme toutes les meufs mignonnes et un peu populaires, elle avait son alter-ego qui la suivait partout, qui était blonde, plus réservée et qui lui faisait des grands yeux quand je la pelotais trop longtemps. Ça, c'était chiant hein. Cette manie qu'avait les filles d'avoir toujours une meilleure amie qui leur servait de mère ou de conscience. Qu'est-ce que c'était chiant pour nous putain! On ne pouvait pas passer de soirées tranquilles! L'idée qui marchait très souvent, c'était de caser la blonde avec un pote pour la distraire, et j'avais branché un de mes potes de Poufsouffle avec la meuf, ce qui avait plutôt bien marché, une partie de la soirée - mais vers la fond cette débile s'était sentie mal parce qu'elle avait bu ohlala, deux verres de Pur-Feu?, et il avait fallu la ramener au dortoir, sa copine - ma meuf- avec. Relou. Bon prince, je les avais raccompagnées jusqu'à la salle commune. La fête n'était pas finie, donc je comptais bien y retourner. Mais... Pas elle. Chier. L'autre blondasse était montée se coucher, mais, fidèle jusqu'au bout des ongles sa meilleure amie voulait absolument rester avec elle. Ouais ouais, c'était sympa. Mais bon... Moi, ça me plaisait moins. Bref. Je les avais laissées et j'étais rentré, dans les couloirs déserts et silencieux. On entendait vraiment rien de la fête, et ça me faisait marrer : personne ne se doutait qu'il y avait une vie nocturne qui battait son plein.

Evidemment, c'est pile à ce moment-là que choisit Sara Wayland pour débouler d'un couloir sur ma droite et j'eus juste le temps de me jeter derrière une gargouille. Bon sang, c'était pas le moment de me faire pincer, alors que je revenais en plus d'une mission humanitaire, en bon gentleman que j'étais. J'attendis cinq bonnes minutes que la dirlo se barre - passer une soirée en tête à tête avec elle ne me disait pas trop, même si elle n'était pas moche; à la limite je préférais que ce soit avec sa faille, à choisir - et puis je sortis de ma cachette à pas de loups. Pas folle la guêpe, je pris le chemin opposé au sien, même si ça me faisait faire un détour. C'est là que, puisque j'avais quand même la tête qui tournait pas mal, j'eus envie d'une clope pour ne pas perdre tout ce que j'avais bu et fumé - je détestais quand ça retombait alors que la soirée n'était pas finie - et... fuck, j'avais laissé mon paquet là-bas. Chier. Rien dans mes poches, à part ma baguette et mon briquet. J'hésitais à faire un accio, mais me dire que Wayland allait voir un paquet de clopes voler dans les couloirs à cette heure-là... Non.

Pour le coup, vu que je pensais à tout ça et que je n'étais pas très frais, je m'étais un peu perdu sans faire gaffe, et je revins sur mes pas. Ah tiens! La salle sur demande! Je faillis passer sur mon chemin mais...

... C'était moi où si je me collais devant la porte, j'entendais de la musique?...

Ha ha! Voilà qu'on était pas la seule à se la coller dans le château, il fallait croire... J'hésitai et puis, par simple curiosité, je poussai la porte. On allait bien voir qui avait eu cette bonne idée!

Ouhlà. A l'intérieur c'était pas vraiment ce à quoi je m'étais attendu, parce qu'il y avait un lit, des fauteuils, bref une salle banale, comme une chambre un peu vieillotte. Il y avait même une cheminée, mais qui ne marchait pas. Une bibliothèque, aussi. Chelou. Et puis un gros canapé, et plus loin un grand lit à baldaquins, le tout un peu poussiéreux. Et sur ce lit... Ah tiens! Ruby Standiford herself, joliment accompagné de quoi boire et d'un paquet de clopes, les yeux dans le vague vers le plafond jusqu'à ce qu'elle m'entende et se redresse. Bon eh ben..
.

- Salut, fis-je avec un petit sourire. Un lit, une jolie fille, de quoi boire et des clopes? Allons, c'était ça la providence où je ne m'y connaissais pas.

D'autant plus que - ça avait vite circulé chez les Gryffondor - apparemment ils étaient séparés avec le frère Easter, et moi je riais sous cape, parce que c'était de lui que les conneries venaient, alors il pouvait bien me faire la morale avec sa soeur, hein, il n'avait pas fait mieux. C'est vilain de grandir!

Cette meuf, je ne la connaissais pas plus que ça, à part les cours ou les soirées qu'on avait passé ensemble, mais je veux dire, je ne lui avais jamais vraiment parlé, et encore moins depuis qu'elle était Team Easter, et que la Team Easter n'était plus trop amie-amie avec moi depuis que ça avait pété avec Lilian. Je savais juste que c'était la grosse pote de la fille Wayland parce qu'on les voyait toujours traîner ensemble - une jolie petite paire de blondes si vous voulez mon avis - mais je préférais plutôt les brunes... Ok, pas ce soir. Parce que je veux dire, Ruby était quand même méga canon, et bien roulée par-dessus le marché. Très bien. Tu as le coeur brisé ma petite? Laisse moi donc te réconforter...


- Y'a moins d'ambiance ici que là d'où je viens, dis-je sur le ton de la plaisanterie. Tu veux que je t'aide à finir ta bouteille?...

Allez, accepte ma proposition - j'étais certain qu'on pouvait bien s'amuser tous les deux. Je regardai la salle seconde avant de ma faire une désagréable réflexion que j'essayais de dégager de mes penses, et reportais mon attention sur Ruby, et juste sur elle. Je m'assis au bout du lit. N'empêche... Que l'ombre de Taylord planait dans un petit coin de ma tête, et ça me soûlait plutôt. Parce que cette salle était particulière...

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Mar 6 Nov - 22:36


"I took myself out walking
By the evening I was running
I hadn't done this for a long while
My friend said cheer up it was high time
But can't you see I'm lovesick?
I need a cure so bring it real quick."



Nous faisions tous des erreurs, moi la première. La différence entre moi et les autres ? La plupart du temps, les gens savaient se rattraper. Tandis qu’à la moindre difficulté, j’avais toujours préféré tout lâcher, quitte à vouloir m’écraser très violemment après une chute brutale. Je ne savais pas m’accrocher, et encore moins remonter une pente. Je l’avais une nouvelle fois constaté depuis qu’Hadrian et moi avions rompu. J’aurais pu, ou plutôt dû, me battre pour le récupérer. Parce que je l’aimais, ce n’était pas la peine de se voiler la face. J’avais choisi tout autant que lui de finir notre relation, mais ça ne suffisait pas pour tout effacer. Il n’existait pas de touche « supprimer » dans mon cerveau, et encore moins dans mon cœur. Ce dernier tressautait toujours lorsqu’il voyait le Gryffondor au détour d’un couloir, ou lorsque je croyais entendre son rire. Alors, qu’est-ce que j’attendais pour me bouger ? Pour m’excuser ? Pour changer ? Je n’en savais rien. Je ne savais plus grand-chose de toute manière. Depuis une semaine, je passais mon temps à fixer le vague, à fumer cigarette sur cigarette, à courir et à tenter vainement de dormir. J’avais l’impression que mon cerveau était déconnecté. Je me contemplais de l’extérieure, je voyais ma silhouette se mouvoir au milieu des autres tel un fantôme. J’avais l’impression de lentement perdre prise, de me laisser aller et de le réaliser, sans rien faire pour bouger. La seule chose qui me retenait de finir au fond du trou, c’était la main de Lizlor qui tenait la mienne.

Mais ce soir, sa main en tenait une autre : celle de Stephen. Je ne voulais pas monopoliser la jeune fille, et je lui avais promis que je m’en sortirais sans elle ce soir-là. De toute manière j’avais quelque chose à faire. J’avais décidé ça, hier soir, vers trois heures du matin. Lorsque mes yeux fixaient le plafond, fatigués d’être encore ouverts et épuisés de ne pouvoir se fermer. Oui, j’avais réfléchi et j’avais fait un choix. Celui de me battre. J’aimais Hadrian, et j’allais le récupérer. J’allais faire un effort ! C’était sur cette unique pensée, ce fil conducteur du lendemain, que j’avais réussi à fermer les yeux pour quelques heures. Cependant, je n’avais pas accompli la difficile tâche de le récupérer dès la matinée, j’avais préféré rester avec Lizlor et lui parler de mon projet. Méditer un peu, reculer avant de me lancer. Mais maintenant, il était temps que je me bouge. Assise en tailleur sur mon lit, je fixais ma montre dont l’aiguille bougeait au rythme des battements de mon cœur : c’est-à-dire bien trop rapidement. Je finis par me lever, et enfilai par-dessus ma robe ma veste en cuir, avant de m’échapper du dortoir. Directement ? Le hangar à canots. Il y avait une fête là-bas, et je savais qu’Hadrian y serait, parce que Dray aussi. Alors forcément !

L’air frais du parc me fit frissonner, mais je continuais à m’avancer d’un pas déterminé. Je voyais au loin des lumières qui s’échappait du hangar, de la musique aussi. Lointaine, mais je l’entendais. Hadrian était dedans. Qu’allais-je lui dire ? J’avais beau avoir réfléchi à la question, je n’avais toujours pas démêlé de bonne ou de mauvaise réponse. C’était trop confus dans ma tête. J’allais improvisée, pour une fois ça changerait. Ça lui fera sûrement plaisir de me voir exprimer mes vrais sentiments non ? De m’entendre dire que j’allais enfin accepter de faire des efforts, d’arrêter de mentir à tout le monde et de jouer à la petite poupée préfète parfaite. Eteignant le fameux hangar, je ralentis malgré moi, soufflant un bon coup. Aller, tu l’aimes oui ou merde ? La réponse, évidente, me poussa à pénétrer dans l’atmosphère électrique de la fête. J’évitais toute tête connue, ne cherchant qu’Hadrian. La musique criait trop fort et, mauvais réflexe, j’attrapais une bouteille de whisky pur feu dont je bus une gorgée pour donner de la force. Où était-il ? Ah tiens, je voyais Dray au loin ! Le Gryffondor ne devait pas être loin ! Mon cœur manqua un battement, lorsque je reconnus sa chevelure et son polo rouge. Puis, il se stoppa complétement lorsque je réalisais qu’Hadrian n’était pas seul. Une fille. Une autre… La bouteille me glissa des mains. Elle explosa sur le sol. Mais je ne l’entendis pas, parce que je n’entendais plus rien. Et peu à peu, au fur et à mesure des larmes qui me montaient aux yeux, je ne voyais plus rien.

Tout changeait si vite.

Je ne sais pas trop comment je réussis à sortir du hangar sans tomber. Mes membres tremblaient malgré moi, et j’avais la tête qui tournait, tournait. J’avais beau cligner des yeux, c’était toujours flou. J’avais un creux immense qui se formait dans ma poitrine et petit à petit la rongeait. Une semaine. Une semaine. Une petite putain de semaine, et j’étais déjà remplacée. Un sanglot s’échappa de ma gorge malgré moi, mais je continuai de marcher jusqu’au château. Qui était cette fille ? Pourquoi il faisait ça ? Il avait déjà tout oublié ? C’était si facile pour lui ? Et pourquoi pas pour moi ? Attendez… Pourquoi je réagissais comme ça, on était plus ensemble. Mais… Non, c’était pas juste ! J’avais envie de faire demi-tour, de traverser cette foule et de lui hurler à la figure que je l’aimais, mais c’était trop tard. Trop tard. J’avais cru réaliser que c’était fini mais au final, pas du tout. Le voir ainsi, avec une autre fille, c’était là que la réalité devenait immense et oppressante et que je réalisais mon erreur. D’avoir cru que je tenais le coup sans lui, que je pouvais le récupérer, qu’il m’attendrait, qu’il le pensait vraiment lorsqu’il disait que c’était moi, et rien que moi. Tout changeait, et trop vite pour que je puisse m’adapter visiblement.

La chaleur de l’intérieur du château, bien qu’elle contrastait avec la fraicheur de cette nuit, ne me réchauffa pas le moins du monde. Tout était silencieux, et j’avais l’impression qu’en moi, c’était le désert complet. Aucun son, aucune émotion. J’étais devenue un zombie. J’avais besoin de fuir, c’était la seule chose qui me forçait à avancer et à monter jusqu’au septième étage. La salle sur demande. Je ne voulais pas retourner dans mon dortoir et affronter les interrogations de Prudence. Je ne voulais pas son sourire, je ne voulais personne, je voulais juste disparaitre. Sous terre, de préférence. Lizlor… Elle n’était pas là, elle était occupée. Il fallait que j’arrête de dépendre elle, parce que j’allais l’entrainer dans mon mal être si je continuais sur cette pente. Mais c’était plus fort que moi… Je la voulais elle. Mais j’étais toute seule ce soir. Je voulais un endroit où me cacher du reste du monde. Un endroit où je pourrais oublier. Un instant plus tard, une porte se matérialisa. J’avais peur de ce que j’allais trouver. J’avais passé tellement de moment ici avec Hadrian… Je fus cependant soulagée de voir que la pièce avait pris l’apparence d’une chambre totalement inconnue dénuée de souvenir.

Il y avait de la musique en fond, que je ne distinguais pas trop. Par contre, je voyais bien mieux la bouteille de whisky sur la table de chevet et des Marlboro. Mes préférées. Je m’avançais et passai mes doigts sur la bouteille avant de la saisir pour en boire une grande gorgée, d’une traite. Ça me brula un peu la gorge et les larmes me montèrent aux yeux. Une fois qu’elles les atteignirent, je n’arrivais plus à me retenir : m’écroulant presque sur le lit, je laissais aller tous les sanglots que j’avais accumulé. Comme si j’avais rallumé la lumière, remis le bouton « marche » Mon silence intérieur se transforma en capharnaüm, j’avais envie de hurler, ça criait dans ma tête et j’avais le cœur qui se serrait. Toutes mes émotions se lâchaient, tout ce que j’avais voulu retenir depuis que je l’avais vu avec une autre. Lui, lui dont j’étais folle amoureuse. Putain, c’était tellement con à dire, ça me paraissait tellement cliché… J’avais l’impression d’être dans un mauvais film. Sauf que sur les écrans, ça avait l’air bien moins douloureux. J’avais besoin de quelqu’un qui ne serait plus jamais là pour moi, il fallait bien que je m’y fasse. Alors, pour m’y faire, je bus un peu du whisky. Juste pour oublier, et peut-être pour dormir ? Dormir… Non, ce soir ça me paraissait impossible. Je fumais une ou deux cigarettes, avant de m’étendre sur le lit, fixant le plafond. Quelque chose pour oublier, s’il te plait, salle sur demande ?

Visiblement, elle entendit mon souhait car la porte grinça et je me relevais en chancelant, plissant les yeux. Qui était là ?...


- Salut.

La salle sur demande venait de m’amener Chuck Carlton. Je ne savais vraiment pas trop comment le prendre. Sur le coup, je clignais plusieurs fois des yeux, ma tête se balançant dangereusement de droite à gauche. Je n’avais pas réalisé mais finalement, j’avais pas mal bu et je me sentais un peu décoller, mais pas vraiment dans le bon sens du terme.

- Chuuuuck… Répondis-je dans un long murmure, qui s’acheva presque en petit rire.

Qu’est-ce qu’il fichait ci, d’abord ? De toute manière, je devais probablement faire peur, je comptais les minutes avant qu’il fasse demi-tour…
Ou pas.


- Y'a moins d'ambiance ici que là d'où je viens. Tu veux que je t'aide à finir ta bouteille?...

Waouh… Le monde tournait à l’envers ce soir je crois. Je ne répondis pas tout de suite, analysant sa dernière phrase. Jusqu’à que le garçon s’assoit au bord du lit et que je réalisais qu’il ne plaisantait pas. Il voulait rester avec moi ? Il était ivre, probablement. Aucune autre option possible. Mais bon, comme je l’étais aussi…

- Hadrian m’a toujours dit que t’étais un connard. Et pourquoi je parlais de lui moi ?... C’était étrange, mais les mots sortaient tout seuls. Et j’suis sûre que Taylord pense pareil même si elle me l’a jamais vraiment dit.

Et pourquoi est-ce que je riais presque de mes phrases, qui n’avaient en elles-mêmes rien de drôle ? Waouh, ça tournait… Je m’appuyais sur mes mains, et m’avançais vers Chuck qui s’était assis loin de moi. Je m’installai face à lui, dans une position un peu grotesque : j’étais en robe, fallait pas que je sois en tailleur mais après tout j’avais un collant non ? Sauf qu’il était un peu troué, transparent en plus… Je repliais donc mes genoux d’une manière un peu étrange, tirant sur ma robe pour la rajuster. Oh et puis au fond, je m’en foutais. Des jambes, Carlton il avait dû en voir des tonnes et c’était sûrement pas les miennes qui allaient le faire sauter au plafond.

- Autant pour moi, je devrais pas parler d’elle. Ouais, j’parle pas d’elle si tu parles pas de lui, ok ? Parce que c’était mieux comme ça. Je poussais devant moi ma bouteille et mes clopes. J’en allumais une dernière, avant de tendre le paquet à Chuck. Sers toi, je t’en prie. Prend ce que tu veux.


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Even Closer | Forever Young | So Cold | If Stars



« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Mer 7 Nov - 14:20

Inutile de mentir : j'avais bien ma petite idée derrière la tête. Je veux dire : une jolie blonde esseulée, un peu trop arrosée sans doute, dans une salle pourvue d'un lit, à une heure avancée de la nuit? Ohlàlà, quel dilemme! Mais bon, je n'étais pas le seul personnage de l'histoire, donc après, savoir si ça allait se faire, ça c'était déjà une deuxième étape. Tant pis pour la petite brune de 4ème année, elle avait choisi sa pote, eh ben je ne lui devais plus rien et puis qu'est-ce qu'elle en saurait de toute façon? Et à bien y réfléchir, toutes les meufs avec qui j'étais sorti récemment, il y avait toujours un moment où je m'en lassais. Où je leur trouvais des défauts, elles m'agaçaient. Pas comme avant. Avant je prenais le meilleur, et le reste je m'en foutais. Là c'était problématique parce qu'elles étaient bien mignonnes d'accord et on passait des bons petits moments ensemble mais... Sans plus. Et là vous vous dites : c'est parce qu'il pense à Taylord! Mais alors, non, pas du tout. Pas du tout parce que dans mon petit cerveau de mâle je fais la différence, Taylord ne PEUT PLUS être ce genre de fille pour moi, déjà qu'on a du mal à être potes et qu'on y met tous les efforts du monde - impossible. L'ennui qui complique l'équation, c'est que oui, Taylord me trotte dans la tête pour x ou y raisons et Taylord reste physiquement mon idéal féminin (et surtout mon meilleur coup) ce qui est donc plutôt chiant quand à côté justement, ça bat un peu de l'aile. Mais bon. Ce n'est qu'une question d'habitude, de moment. Tenez, Ruby, bien qu'elle soit blonde et pas brune comme je les préfère, à côté de ça... A côté de ça elle a tout ce qu'il faut pour ravir un mec, et autant vous dire qu'Hadrian avait fait là une bien grosse connerie.

Elle s'était redressée à mon approche. Habits de soirée - robe plutôt courte - et rivière de cheveux dorés, pas mal dans le genre princesse endormie. Qu'il fallait secourir?! Mais j'étais là, pas de soucis. En plus, elle n'avait visiblement pas trop le moral, ce qui confirmait tout ce que j'avais pu entendre à son sujet. C'était mal de profiter de quelqu'un qui est triste, qui est faible, oh ça oui. Mais bon, j'étais un salaud, non? J'aurais pu être l'épaule sur laquelle elle pleurerait ses peines de coeur, mais non, j'allais juste être le mec qui allait profiter de la situation. Après tout c'était bien ce que j'étais... Autant coller au personnage. Et puis, ça me faisait marrer, au fond. Faire un petit pied de nez au frère Easter, lui renvoyer la balle en quelque sorte. Il s'était trop mêlé de notre histoire avec Lilian, et ça avait le don de me soûler. Coop au moins, il ne disait rien mais n'en pensait pas moins, mais au moins il me foutait la paix.

- Chuuuuck…

Eh bien, eh bien! Je n'en demandais pas tant! Elle était déjà entrain de gémir à moitié mon prénom? Parfait, parfait...

Assis en face d'elle, je la regardai avec un petit sourire aux lèvres. Est-ce qu'elle était vraiment déchirée? Parce que si oui ça risquait d'être un peu chiant, je ne voulais pas non plus profiter d'elle sans qu'elle soit vraiment consciente de ses actes, j'avais quand même cette conscience là. La bouteille n'était pas trop entamée, ça allait - enfin pas trop pour qu'elle soit dans un monde parallèle, quoi. Je soutins son regard qui ne vacilla pas trop - c'était bon signe. Ses yeux bleus ne m'avaient jamais autant interpellés que maintenant : elle avait vraiment un putain de charme, ce charme des blondes qui ont toujours l'air de petite poupée parfaite et un peu enfantines, mais là sa tristesse et la situation la rendait plus mystérieuse et plus sombre, et c'était ça que j'aimais chez les meufs. Et que les brunes avaient bien plus souvent que les blondes.

J'avais souri en retour, et attendis qu'elle percute un peu plus, histoire de ne pas le brusquer. Je prenais la température, comme on dit. Pour savoir comment approcher ma proie.


- Hadrian m’a toujours dit que t’étais un connard. Et j’suis sûre que Taylord pense pareil même si elle me l’a jamais vraiment dit.

Ouais, moi aussi, ravi de te rencontrer. Ça je me doute qu'Hadrian ne me porte pas dans son coeur, mais alors franchement je m'en carre le cul, tu vois. Et pour la suite... J'eus un petit signe de tête et un sourire vaguement moqueur.

- Et Hadrian, il n'a rien à se reprocher peut-être? Il n'y avait qu'à la voir, au bord du gouffre, grâce à ses beaux yeux. Moi, je riais sous cape. Ou du moins j'essayais de croire que ça me faisait rire, parce qu'en vrai ça me faisait chier qu'elle ait parlé de Taylord comme ça. Déjà, elles étaient amies?! Je savais pas. Et Taylord lui avait parlé, elles s'étaient parlé, de quoi? ... De moi? Comment ça Ruby pensait que Taylord pensait que j'étais un connard, qu'est-ce qu'avait pu dire Taylord? Parce que Taylord ne m'avait toujours pas pardonné alors que j'étais franchement revenu la tête basse, depuis la rentrée? Oh putain, ça me faisait chier. Avec Taylord, quoi que je fasse, il finissait toujours par y avoir une merde, un mur, je pédalais dans la choucroute, et ça commençait à me casser le cul. Ouais, ben ok. Et dire que j'avais des scrupules en venant ici draguer Ruby, ben merde. J'étais un connard, Taylord pensait ça? Eh ben ok, j'allais oublier ce qui s'était passé ici et faire mes petites affaires avec Ruby en toute tranquillité.

Je savais que j'avais eu quelques instants une expression un peu agacée, vaguement en colère, les yeux dans le vague et que Ruby avait dû faire le lien - ouf, elle n'était donc pas si arrachée.


- Autant pour moi, je devrais pas parler d’elle. Ouais, j’parle pas d’elle si tu parles pas de lui, ok ?

- Ça marche, répondis-je amèrement. Chacun chez soi, et basta. Tant pis pour ma curiosité, je n'avais pas envie de fouiller plus loin pour savoir ce qu'elles s'étaient dit... Putain, elles faisaient chier les filles, à parler de tout entre elles.

A point nommé, la Serdaigle poussa la bouteille et le paquet de clopes entre nous, après s'être allumé une clope. J'en pris une - ça faisait trop longtemps que je voulais en griller une.


- Sers toi, je t’en prie. Prend ce que tu veux.

... Il ne fallait pas me dire des choses pareilles. Il ne fallait pas...

- Vraiment? répondis-je d'une voix plus voilée avec un petit regard complice. Très bien, très bien. Ce que je veux. Elle avait beau être un peu pétée et ne pas trop gérer ses gestes et sa position, il n'empêche que cette petite phrase ajoutée à ses yeux qui m'hypnotisaient n'avaient vraiment pas de quoi me faire fuir en courant.

Je me rapprochai un peu aussi, puisque les présentations étaient faites, pour qu'on soit face à face. Elle avait de la peine à trouver une pose convenable et je me marrais de la bataille qu'elle livrait contre sa robe, avant de me dire que ça ne me dérangeait pas du tout qu'elle oublie les bonnes manières ou même qu'elle l’enlève, tiens, par exemple. Et puis, après avoir soufflé ma fumée vers le haut, vers les baldaquins anciens et un peu poussiéreux, j'avançai ma main vers sa jambe, la remontai doucement depuis son genou jusqu'en haut de sa cuisse, avant d'attraper le tissu qui était remonté et le remettre un peu vers le bas, comme si je m'inquiétais de sa tenue face à un garçon. Un petit sourire satisfait aux lèvres, je soutins son regard, comme si de rien n'était. C'était le premier test. Soit elle marchait avec moi, soit elle me dégageait, mais au moins j'aurais ma réponse, ce qui m'évitait de tourner autour du pot pendant des heures. Je me penchais au-dessus d'elle pour attraper le cendrier - nouvelle approche - et le posai entre nous. Maintenant, je pense que le "prend ce que tu veux" était clair et qu'elle avait compris "ce que je voulais". Si elle ne s'en était pas doutée en me voyant arriver.


- Tu comptes vraiment broyer du noir longtemps comme ça?

J'attrapais la bouteille et en bus une gorgée avant de lui tendre. Et de lui sourire. N'empêche que ce n'était pas en s'enfermant et en se noyant dans le whisky qu'elle allait trouver une réponse à son problème. Moi le premier, je savais bien que la vie ne faisait pas de cadeau, alors pourquoi se faire chier avec les états d'âme?

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CHUCK CARLTON
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Dernière édition par Chuck Carlton le Mer 7 Nov - 22:32, édité 1 fois
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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Mer 7 Nov - 19:37

Chuck Carlton. C’était un peu un mythe, ce gars. Avant même que je fréquente Hadrian, j’avais entendu son prénom. Il restait au début de ma scolarité du moins, un mec plus âgé que je ne connaissais pas, mais j’avais toujours été très physionomiste et observatrice. Honnêtement, Chuck ne passait pas vraiment inaperçu. Déjà, il était très mignon. Au début, je ne regardais pas vraiment parce que les mecs, je préférais qu’ils restent très loin de moi –et j’avais mes raisons. Mais au fil des années, alors que je devenais moins peureuse, j’avais admis comme beaucoup de mes amies que Carlton, y avait pas à chipoter, dans le genre grand brun, il était très bien. Et puis, j’avais aussi petit à petit appris à connaître la réputation qui allait avec. Evidemment, c’était Mister Gryffondor alors ses petites histoires ne restaient pas secrètes très longtemps. D’ailleurs, je n’étais même pas sûre qu’elles doivent le rester ! Il était sorti avec une certaine Ilaya, ou un truc du genre, elle aussi Miss Gryffondor. Puis évidemment, Lilian Easter. Avant même de la connaître, de vraiment lui adresser la parole, je savais déjà qui était cette fille : un monument aux yeux de toute l’école. A eux deux, ils formaient un duo que tous envier. Adieu la Belle et la Bête, c’était la Belle et le Beau avec ces deux-là. Ouais, au début, Chuck Carlton était plus un nom et une réputation qu’autre chose à mes yeux.

Puis j’avais connu Hadrian, Lilian. La team Easter, comme les gens disaient. Et quand on choisissait cette Team, on ne pouvait plus vraiment faire partie de celle Carlton. Evidemment j’avais eu la version d’Hadrian, parce que sa sœur restait bien plus discrète sur l’histoire et à mon avis, elle était passée à autre chose. Les choix ne lui manquaient pas, tout le monde ou presque était à ses pieds. J’étais d’ailleurs persuadé que le « presque » ne représentait que Chuck. En tout cas, Hadrian lui, avait un avis bien plus tranché et avec lui, je n’avais jamais entendu le nom de Chuck sans qu’il s’en suive une insulte. Je comprenais sa position et honnêtement… J’étais d’accord avec lui, d’une certaine manière. Alors forcément, les peu de fois où j’avais été en contact avec le garçon, je n’étais pas parti courir dans ses bras, qu’il y ait mon petit-ami autour ou non. Oh, ex petit-ami. Puis j’avais également fait la connaissance de Taylord. Elle et le Gryffondor ça avait l’air un peu spécial mais vu l’état dans lequel ça avait laissé la jeune fille… Je ne recommandais à personne de sortir avec Chuck Carlton, surtout si on tenait un minimum à sa santé. Bon, en gros, pour poser le cadre : je n’avais jamais eu que des mauvais échos de ce type.


- Et Hadrian, il n'a rien à se reprocher peut-être?

Je le fixai un instant avant de baisser les yeux, trouvant soudain mon vernis à ongle très intéressant. Si j’avais toujours vu Chuck d’un œil méfiant, il venait de marquer un point. Finalement, tout le monde n’était pas innocent… Sauf qu’en fait, Hadrian n’avait pas tant à se reprocher que les gens se l’imaginaient. Bien sûr, j’avais voulu rompre avec lui aussi… Mais c’était plus pour fuir qu’autre chose, j’en étais consciente. Parce que j’avais des choses à me reprocher dans mon attitude, et lui le voyait très bien et ça commençait à le souler que j’agisse ainsi. Techniquement, ce qui n’allait pas et qui avait fait exploser notre couple, c’était moi qui l’avais créé. Mon masque de Miss Parfaite. Oh, bien sûr qu’après lui non plus n’était pas un petit ange. Avec Gaëtane ou même les filles en général. Ça, et quelques détails… C’était ça le problème. J’avais beau chercher, je ne trouvais pas tant que ça à reprocher au garçon. Dans tous les souvenirs que j’avais de lui, de nous, je ne me voyais jamais qu’avec un sourire et un baume au cœur. C’était surement extrêmement niais de dire ça, mais j’étais heureuse avec lui et ça me suffisait. Jusqu’à qu’évidemment, je viens tout péter avec mes problèmes. Est-ce que lui aussi était fautif ? Je m’en voulais trop pour dire que oui.

- Moi aussi. Répliquai-je alors fermement, en fixant le garçon qui venait de s’asseoir.

D’ailleurs, il n’avait pas l’air très emballé par la discussion sur les ex. C’est vrai que pour le coup, je ne l’avais pas joué très fine. C’était stupide parce qu’en plus, je n’avais aucune envie de parler de ça maintenant. Je lui fis savoir, et je sentis un peu d’amertume dans sa réponse.


- Ça marche.

Au moins, c’était clair. Le sujet était fini, et on était pas là pour parler de ça. Sauf que je ne savais pas trop pourquoi il était là en fait. Nous n’étions pas amis, à peine connaissance, et tout nous opposait. Du moins, dans nos choix de vie. Il faisait la fête, enchaînait les conquêtes et si on continuait sur le terrain, avait blessé Taylord et Lilian. Et moi, j’aimais bien ces deux filles, j’étais casée… Enfin, j’avais été casée pendant un petit moment (qui me paraissait trop court à présent). Notre seul point commun était donc que nous aimions bien tous les deux sortir. Je n’allais pas mentir, si j’avais pendant longtemps repousser l’idée de fête alcoolisé, remplie de garçons et de musique, j’avais fini par bien aimé. J’aimais bien boire, au point qu’Hadrian avait fini par me le reprocher. Bon, j’avoue, j’avais un peu poussé les doses dernièrement. Ceci étant dit, je ne trouvais rien de mieux à faire que proposer à Chuck à boire et à fumer. Des cigarettes hein. Les mélanges maintenant, j’évitais.

- Vraiment?

Il fallait pas lui dire deux fois à l’animal : il avait déjà pris une de mes cigarettes qu’il alluma. La fumée que nous soufflions respectivement se mêlait et pendant un instant, elle accrocha mon regard qui se balada dans le vide. Puis, un contact me fit sursauter, et je clignais des yeux avant de capter ce que Carlton était en train de faire. Sa main remontait ma cuisse avant d’attraper ma robe pour la tirer, la remettre en place. Je me sentis frissonner malgré moi. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : ce n’était pas un frisson d’excitation. En fait, je n’avais jamais vraiment aimé les contacts physiques. Même Hadrian, quand on avait commencé à vraiment se rapprocher, si vous voyez ce que je voulais dire, je n’avais pas… Enfin, ça me faisait un peu peur. J’avais mes raisons, merde ! Je regardais Chuck s’écarter, fixant son sourire qui m’intriguait un peu. Mais évidemment, il n’avait pas fini puisqu’il se pencha une dernière fois sur moi… Pour attraper le cendrier. Hum. De toute évidence… C’était… Etrange. Depuis quand j’avais des contacts physiques avec des mecs moi ? Et qui plus est, avec Chuck Carlton ?

Contre toutes attentes, j’eus un petit rire.


- Alors c’est ça ta technique avec les filles ?

Non parce que j’étais peut-être ivre, mais j’étais pas totalement conne. Bon par contre… J’espérais que c’était plutôt pour coller à sa réputation de coureur de jupon qu’il faisait ça. Non parce que voilà, moi et lui, honnêtement ? C’était juste le monde à l’envers.

- Tu comptes vraiment broyer du noir longtemps comme ça?

Il but une gorgée avant de me tendre le whisky. Je le fixais un moment avant de prendre la bouteille, une mine un peu boudeuse. Je m’enfilais plusieurs gorgées, sans vraiment réfléchir si elles étaient nécessaires. J’avais déjà bien bu… Sauf que je le sentais bien, cette chaleur qui se diffusait dans mes membres. Et je l’aimais, cette sensation. J’avais l’impression d’oublier le reste.

- On avait dit qu’on parlait pas de ça.

Mon ton était plus amer que je ne l’aurais voulu. J’achevai ma cigarette avant de l’écraser dans le cendrier, tout en soutenant le regard de Carlton. Tsss, s’il croyait qu’il m’impressionnait ! Enfin, en y réfléchissant bien, tous mes mouvements tanguaient, j’avais les yeux brillants et je ne devais pas avoir l’air très imposante. Certes. Finalement, je me rassis en tendant mes jambes que je croisai, et en profitèrent pour effleurer genou du Gryffondor, pour qu’au moins ma robe ne se fasse pas la malle.

- Ça ne fait qu’une semaine je te signale. Et puis… Je suis déjà remplacée je crois, c’est pas une bonne excuse pour broyer du noir ça ? Non mais il fallait me voir là, à faire mes discours de dépressives avec un sourire béat, terminant chacune de mes phrases par un petit rire. J’étais super crédible dans le genre je broie du noir. Sauf si on ôtait le fait que mon maquillage avait dû couler à cause de mes pleurs. Un panda ivre, c’était probablement ce à quoi je devais ressembler actuellement. Honnêtement, si ça attirait Carlton, laissez-moi mourir de rire. T’as une meilleure solution pour oublier que ça ? Demandai-je en pointant la bouteille que j’avais reposé entre nous deux.


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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Mer 7 Nov - 23:14

- Moi aussi.

Honnêtement, je m'en carrais le cul de leurs histoires. Je n'avais pas envie d'en parler. Je me foutais de savoir qui avait trompé qui, qui kiffait qui, qui avait le premier pas, etc. Je riais juste du fait que le petit Easter devenu grand ait fait les mêmes choses qu'il m'avait reprochées; pour le reste je m'en battais allègrement l'oeil. Ce n'était pas mes affaires. Et j'avais assez des miennes, honnêtement. Poudlard avait de ça que les rumeurs allaient bon train et que quand comme moi on était plutôt populaires ben les infos circulaient vite - au début je m'en foutais grave, maintenant ça commençait à me faire un peu chier, mais bon, c'était pas la mort non plus. Tout le monde savait que j'étais sorti avec Taylord et que ça avait fini en eau de boudin. Et alors? C'est la vie. Depuis quand tout est tout beau, tout rose? Laissez-moi rire! Ça se saurait. Le seul truc que je préférais qu'on taise dans cette histoire, c'était mon petit règlement de compte avec l'autre endive de Scott McBeth et le sauvetage inespéré de son amoureux Stephen Fray, mais heureusement pour moi, ni l'un ni l'autre n'avait intérêt à ébruiter l'affaire - le premier parce que c'était la honte que son meilleur ami ait choisi son pire ennemi plutôt que lui, le deuxième parce que c'était la honte quand on s'appelait Fray de préférer Carlton à McBeth. C'était aussi simple que ça. Et ça m'allait nickel. Alors, les petites sauteries Easter/Standiford et les embrouilles qui suivaient, non merci! Chacun sa merde.

Je me demandais ce que pensait Taylord de tout ça. Parce qu'on... Enfin j'avais voulu que notre histoire secrète au début. Comme ça. Pour être tranquilles, justement. Et puis au moment où elle avait voulu que ce soit officiel, presque au même moment, ça avait commencé à se barrer en couille. Je ne sais pas si j'avais fait exprès ou pas, mais maintenant je m'en rendais compte. Elle avait dû penser que j'avais honte d'elle - alors que pas du tout, c'était bien plus compliqué que ça, c'était juste que... On était bien, que j'avais pas envie que ça change, et qu'officialiser ça rendait le tout sérieux, et que moi, le sérieux, ça me faisait fuir en courant. Et elle le savait ça pourtant!...

Bref, j'étais pas fait pour ce genre de choses. J'étais fait pour CE genre de choses-là - tomber par hasard sur une bien jolie fille un peu trop imbibée et un peu trop triste pour qu'elle ne cède pas à mes avances.

Elle se raidit un peu je crois quand je touchais sa jambe. Moi, je souriais toujours, et je fumais bien tranquillement ma petite clope. Et au fond de moi je remerciais la magie de la salle sur demande pour ne jamais se ressembler d'une fois sur l'autre, parce que les jambes que j'avais caressées la dernière fois que je m'étais trouvé ici n'était pas celle de Ruby, et que je ne préférais pas me rappeler ces souvenirs-là - pas qu'ils étaient mauvais, mais je ne voulais pas les mélanger à d'autres. Je ne voulais pas en être dépendant aussi. C'était fini. Un bon souvenir, mais de l'histoire ancienne. Parfois, j'en voulais un peu à Taylord d'être toujours... omniprésente comme ça. J'inspirai encore une taffe, et elle se mit à rire, un rire un peu bizarre, à la fois nerveux, à la fois léger, un peu au-dessus de tout, mais pas très contrôlé. Je plantai mes yeux dans les siens.


- Alors c’est ça ta technique avec les filles ?

Ma réputation m'avait précédé tant que ça?

Je la regardai s'enfiler de longues gorgées. Ohlà, tout doux ma petite. C'est à rouler par terre, que tu vas finir... J'attrapai la bouteille à mon terre et bus une gorgée. Puis une deuxième, puis une troisième. Je ne la quittai pas du regard et je lui lançai des petits sourires qui n'avaient rien d'innocent, mais en même temps, comme elle, je réfléchissais. A ce qu'il se passait, à la suite, à... d'autres choses. Je finis par répondre en souriant, sur le ton de la plaisanterie :


- Tu t'attendais à quoi, un philtre d'amour?

Et puis d'abord, est-ce que j'avais une technique?! Je ne m'étais jamais posé la question. Je bus encore une fois. Ça réveillait tout ce que j'avais bu avant, j'avais la tête qui tournait un peu, et ça me faisait du bien.


- On avait dit qu’on parlait pas de ça. Elle écrasa sa cigarette avec plus de rage qu'on met dans un geste normal pour écraser une cigarette. En se remettant d’aplomb elle croisa les jambes, comme moi : nos genoux se frôlaient. Ça ne fait qu’une semaine je te signale. Et puis… Je suis déjà remplacée je crois, c’est pas une bonne excuse pour broyer du noir ça ?

A vrai dire, non. Pourquoi? Si il l'avait déjà remplacé c'est qu'il n'était pas intéressé par elle, pas vraiment, et que donc ben, elle perdait son temps avec lui. Quoi qu'elle veuille, il n'était pas le bon - bon si on se plaçait dans l'optique que ce genre de conneries existaient, mais elle avait l'air de croire que oui. Tant mieux pour lui, si il avait quelqu'un d'autre, il était passé à autre chose! A elle de faire pareil... Enfin, je n'étais peut-être pas un pro dans les histoires d'amour d'accord, moi je contentais plutôt de l'amour charnel, et pas trop du reste, mais bon. Je n'avais jamais été dans son cas, mais ça ne m'empêchait pas de me dire que broyer du noir l’avancerait à... strictement rien. A part à se faire du mal - et visiblement ça marchait.

- J'crois surtout que c'est une bonne excuse pour le remplacer à ton tour, dis-je en me doutant que ça n'était pas ce qu'elle voulait entendre, mais merde hein. Redescends sur terre Princesse, le Prince Charmant n'existe plus, on est en 2012. Et pour avoir ce que tu veux, il faut te battre.


- T’as une meilleure solution pour oublier que ça ? Elle pointa la bouteille entre nous deux. Vraiment?! Deuxième question bonus, merci du cadeau!...

- Des tas, murmurai-je.

Je m'étais approché d'elle. Penché vers elle, pour être plus exact. Elle avait quand même le regard trop vague pour être normal, les gestes un peu tremblants. Sous la clope et les odeurs d'alcool, elle sentait bon. Mais elle avait un parfum surprenant, pas celui auquel je m'étais attendu - pas un parfum de blonde lambda qui s'asperge du dernier parfum à la mode. C'était plus léger, et il cachait un peu des odeurs plus fortes et plus sensuelles - plus femme qu'elle ne voulait le paraître. Je mis ma main sur sa joue, doucement. Mon pouce traça la contour de sa bouche avant de remonter un peu le long de sa joue puis de souligner ses yeux. Son maquillage était un peu étalé, elle avait peut-être pleuré, ou bien elle s'était frotté les yeux, mais vu qu'on parlait là d'un chagrin d'amour, j'optais pour la première solution. Ses cheveux étaient doux, sa peau aussi. Je sentis qu'elle refusait mon geste mais je fis ma prise plus ferme. C'était moi qui menais le jeu, moi qui décidais. Ça ne pouvait pas être quelqu'un d'autre. Je me battais contre ça. Et puis elle releva ses paupières fardées vers moi et son regard m'électrifia. Et pas forcément dans le bon sens du terme.

Ce regard, je le connaissais. C'était la même tristesse cachée, les mêmes ombres du passé, le même désespoir. Qu'est-ce que Ruby cachait au fond d'elle, dans son histoire? C'était les mêmes reflets que ceux des yeux de Taylord, et pourtant ils étaient différents.

Ma gorge s'était serrée de cette ressemblance à la con et je maudis à peu près tout l'univers en entier en l'espace de quelques secondes. Putain, je n'avais pas besoin de ça!... Taylord, toujours Taylord, même là où elle n'avait rien à faire.

Alors je me penchais d'avantage sans relâcher ma main et fermant les yeux, coupant le contact avec ce regard qui me dérangeait, je l'embrassai, avec une sorte de rage retenue pour ne pas lui faire peur, mais quelque chose en moi grondait et je ne savais pas trop comment le laisser sortir.

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MessageSujet: Re: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Jeu 8 Nov - 13:21



"You say it's coming but I can't see it at all
You know me well, but I don't know you at all
No, I don't know you at all
It's always just on the horizon
So my hopes rise and fall
You know me well, but I don't know you at all
No, I don't know you at all."


En fait, ça commençait sérieusement à être étrange là. La manière dont on se regardait tous les deux, la manière dont il avait touché ma jambe, ou plutôt caressé. Ça me mettait mal à l’aise mais je rentrais doucement dans son jeu, parce que j’avais un peu bu et que je ne réalisais pas trop. Mais, ce n’était qu’un jeu pas vrai ? Je savais pertinemment que Chuck n’irait pas plus loin que quelques sous-entendus. J’étais dans un état déplorable, je n’avais rien de désirable. Honnêtement, sans vouloir être vulgaire, ce n’était pas avec moi qu’il allait tirer son coup ce soir. L’idée même de coucher avec un garçon me rendait toute chose, dans le mauvais sens du terme. Alors avec un type que je connaissais à peine ? Ivre ? A cette heure-là du soir, voire du matin? Haha. Non mais même pas sous cocaïne on pouvait croire à un tel comportement venant de moi. Et je pense que c’était assez connu que je n’étais pas ce genre de fille. Même Daniel me l’avait dit lorsque je l’avais rencontré. J’avais l’air d’être la meuf pas chiante, dans son coin avec son amoureux et ses devoirs. Bien sage, bien douce, bien discrète. Alors Chuck, c’était Chuck. Il faisait son petit numéro et puis c’était fini. Je me doutais qu’il n’allait pas rester ici toute la nuit de toute manière, il avait probablement une fille qui l’attendait quelque part. Sauf qu’en fait, je ne comprenais pas ce qu’il fichait ici alors, vu qu’il n’y avait rien à tirer de moi. Du moins… C’était ce que je pensais. Peut-être qu’au fond, je l’orientais dans la mauvaise direction ? Oh, merde. J’avais bu et j’avais la flemme de faire gaffe à ce que je racontais.

- Tu t'attendais à quoi, un philtre d'amour?

Je plissais les yeux avant d’avoir un petit rire. Ouais, autant rire de la situation non ? Je levais les yeux aux ciels avant de les reposer un peu trop malicieusement sur ceux du garçon et de répliquer d’une voix un peu moqueuse.

- Au moins. Ça, et des roses.

Evidemment, je plaisantais. Je n’avais jamais été romantique, bien au contraire. D’ailleurs, ça me faisait bien rire de voir que sous prétexte que j’étais blonde aux yeux bleus avec un visage de poupée, j’étais forcément une fille qui croyait aux contes de fées. Oui, beaucoup aurait pu croire que j’étais comme Prudence, ce genre de fille qui vivait dans leur monde en attendant de perdre leur pantoufle de verre. Moi ? J’avais très vite compris que la vie, ce n’était pas tout rose. Même avec Hadrian, je n’avais cru que ça serait éternel ou qu’il était mon âme sœur. Chose que Prudence elle, défendait. Non, même si j’étais heureuse avec lui et que je le réalisais encore plus maintenant qu’il n’était plus là, je n’avais jamais avalé les histoires du destin, de l’amour véritable et autres conneries du style. Honnêtement, j’avais toujours été méfiante quand il s’agissait de sentiments et encore plus de garçons, et c’était aussi l’une des raisons de ma séparation avec le Gryffondor… Je ne lui faisais pas assez confiance, visiblement. J’y pouvais rien si j’avais pas eu une bonne expérience de départ de ce côté-là.

- J'crois surtout que c'est une bonne excuse pour le remplacer à ton tour.

Si seulement c’était aussi simple. J’eus un petit rire.

- Comme si c’était si facile de trouver !...

Et puis honnêtement… Je n’avais plus trop envie de jouer à tout ça. Je n’allais pas faire la vieille rageuse qui considérait que tous les garçons étaient des connards à cause de cette histoire mais… En fait, avant Hadrian, je pensais ça. Lui, il m’avait montré que j’avais tort et au fur et à mesure des rencontres j’avais réalisé qu’il n’était pas le seul à être digne de confiance. Sauf que je n’arrêtais pas de revoir l’image du garçon avec une autre, quelqu’un qui n’était pas moi, parce que ça ne serait plus jamais moi. Je n’avais toujours eu qu’une crainte : qu’il me remplace. Parce que j’étais persuadée d’être moins bien que les autres et j’avais du mal à croire Hadrian lorsqu’il me disait le contraire. Mais désormais… Je venais de me prendre une jolie preuve dans la figure : je ne valais pas tant que ça pour lui finalement. Et ça, c’était dur à accepter. Alors je voulais simplement oublier cet épisode, cette fille, Lui… Juste oublier.

- Des tas. Murmura Chuck lorsque je lui demandais des solutions pour penser à autre chose. Sa voix était… Etrange.

… Mauvais plan. Je vis le Gryffondor se rapprocher dangereusement de moi et un battement de cil plus tard, je sentis son souffle tout près de mon visage. Il était tout près, trop près. Puis… Sa main. Sur le coup, j’eus un sursaut et mon corps se raidit tandis que ses doigts traçaient les contours de mes lèvres puis de mes yeux que je fermais instinctivement, par peur. Qu’est-ce qu’il fichait ? Il avait vraiment donc cette idée dernière la tête ? Non mais attendez, c’était quoi ce délire… Je n’aimais pas trop ça. J’avais l’impression qu’il perçait ma coquille en s’approchant aussi près, et je me sentais toute fébrile sous ses mains qui emprisonnaient mon visage, trop fermement à mon goût. C’était un jeu qui dépassait mes compétences, je n’étais pas en état de jouer et je n’avais pas du envie de rentrer là-dedans. De l’extérieur, on aurait facilement pu croire que mon physique –avantageux, je le savais bien- m’aurait conféré une confiance ultime dans mes rapports avec le sexe opposé. Sauf que c’était avoir tout faux sur mon compte. Outre Logan, je n’avais jamais été qu’avec Hadrian et je n’avais jamais été voir ailleurs. Sauf avec cet abruti à la plage cette été, où j’avais un peu usé de mes charmes pour me venger d’Hadrian. Mais la fin de cette aventure m’avait laissé un goût amer et je n’avais plus envie de recommencer ce genre de connerie. D’autant que cette fois, il n’y avait personne pour venir me secourir.

Sauf que je n’étais pas sûre qu’il fallait que cette fois, je sois secourue.

Malheureusement, ce genre de rapprochement physique me rappelait toujours avant… L’incident, tout ça. Encore plus parce que je me sentais toute frêle sous les doigts de Carlton et que je ne comprenais pas bien ce qui se passait, comme cette fois-là que je voulais oublier et qui revenait trop souvent à mon goût. Souvent lorsqu’un garçon me touchait. Avec Hadrian, j’avais surmonté ça tout de même. Mais là, c’était différent. Il n’y avait rien de sentimentale dans les attentions de Chuck et même s’il se montrait plus délicat que je ne l’aurais cru, j’avais l’impression d’être toute nue et faible devant lui. Je n’aimais pas ça, parce que je ne savais pas comment réagir. Je voulais qu’il parte, qu’il me lâche et à la fois, j’étais incapable de faire le moindre mouvement. Parce que dans ma tête, une voix me murmurait d’attendre, de voir. Une solution pour oublier qu’il avait dit. Peut-être que c’était ça la solution non ? Timidement, j’ouvris mes paupières pour croiser les pupilles du Gryffondor. Ce que j’y vis me figea encore plus et mes mains se crispèrent sur les draps. J’avais l’impression d’être une poupée de cire, immobile. Attendant ma sentence, qui ne tarda guère.

Finalement, Chuck avait ça derrière la tête depuis le début. Je crois que j’avais fermé les yeux avant qu’il ne le fasse, comme le ferait un condamné qui attendait son coup de fusil. Sauf que ça ne me fit pas mal de sentir ses lèvres contre les miennes. C’était simplement trop étrange. Sa main sur ma joue diffusait une chaleur dérangeante dans tout mon corps, et je ne réagis pas. Pas physiquement parlant. Ce baiser… J’avais tellement envie de ne rien comparer à Hadrian et pourtant son visage remontait en moi et ça me donnait encore plus le tournis. Mais à la fois, je voyais ce visage que j’aimais tant se coller à celui d’une autre fille. Ça faisait sacrément mal, mais je n’étais pas sûre que le baiser de Chuck soit un anti-douleur, si ?... Cependant, l’information monta si lentement à mon cerveau que je ne lâchais pas l’emprise de ses lèvres. En fait, au contraire. Après quelques secondes où j’étais amorphe… Je lui rendis presque son baiser. J’avais l’impression que ses lèvres étaient la petite étincelle qui me manquait pour sentir quelque chose à nouveau. Le garçon me semblait bien plus brutal que moi mais j'avais toujours été comme ça. Même avec Hadrian, je n’étais que délicate… Sauf parfois, et ces parfois-là m’avait toujours fait peur –quand je perdais les pédales et que je laissais aller mes désirs. Oh, je ne voulais pas penser à ça, à lui… Et pourquoi j’embrassais Chuck ? Est-ce que ça allait vraiment résoudre quelque chose ? Et si je perdais les pédales avec lui aussi ?

Alors, sans prévenir, je bougeais finalement une de mes mains que je plaquai sur le torse de Chuck… Pour l’écarter. J’entendais mon souffle un peu plus rapide qu’à l’ordinaire, et je fixai le garçon, quelques-unes de mes mèches de cheveux brouillant ma vue. Il fallait que je reconnecte.


- C’est ça tes solutions ? J’suis pas sûre que ça soit une bonne idée. Lâchai-je d’une voix un peu tremblante.

C’était pas une bonne idée. Sauf qu’il fallait m’expliquer pourquoi malgré ça, j’avais toujours ma main sur son torse, et pourquoi est-ce qu’elle avait agrippé un peu plus fermement son tee-shirt. Mauvais plan… ?

Et si je la voulais, l’étincelle ?



"We wanted to play
But we had nothing left to play for."

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I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Ven 9 Nov - 18:52

J'avais un goût amer dans la bouche, exactement comme quand je sentais que j'avais bu le verre de trop, ou bien tiré la latte de trop. C'était un peu comme du fer et je serrais les dents pour oublier le goût, la sensation. Ruby n'était pas Taylord. Cette salle à la con prenait la forme qu'on voulait, alors, elle changeait, ce n'était pas la même! Taylord était probablement dans son pieu - puisqu'elle sortait moins depuis notre pacte, enfin, j'avais l'impression - en ruminant sur mon sort, que j'étais un connard, sans doute. Après tout les meufs elle se disent tout, donc elles savent tout sur tout et elles se comprennent, non? Ruby n'était pas de ce genre de pétasses qui racontent n'importe quoi sur tout le monde, non, elle était plutôt la version 2.0 d'Haley Collins, aussi studieuse et sérieuse et mignonne mais toute aussi chiante, avec quand même pour Ruby une plus claire notion du 21ème siècle et de ses moeurs. Je veux dire, Ruby sortait quand même, elle avait des amis, elle fumait, elle buvait. Normale, quoi. Haley... Bon sang, elle me fatiguait. Haley tremblait rien qu'à l'idée d'entendre le mot Whisky. Je ne sais pas si vous imaginez.

Enfin, bref. Là n'était pas la question, puisque je n'étais pas en passe de me faire Haley Collins, McBeth pouvait dormir sereinement sur ses deux grandes oreilles de geek, mais plutôt Ruby, tristement abandonnée par son Prince Charmant, et donc toute entière livrée au monstre qui rôdait dans les bois, c'est à dire, moi.


- Au moins. Ça, et des roses.

J'eus un air désolé : oups, je les ai oubliées celle-là! Mince... Mais dites-moi, c'est que même torchée et au bord du gouffre, la jolie blonde était capable de faire de l'humour... Bon point pour elle!

- Comme si c’était si facile de trouver !...

Non, sérieusement?!

Mais ma chère petite, les jolis garçons, ça court les rues, tout comme les jolies filles, il suffit juste d'ouvrir les yeux. Je crois que je la regardai un peu comme si elle était la dernière des blondes. Elle l'était, certes, mais pas la dernière, pas je peux vous dire que la connerie des blondes se mesure sur une échelle et que Ruby était loin d'être tout en bas. Elle me paraissait avoir assez de sens et d'intelligence pour qu'on lui épargne toutes les blagues du genre... Oui, j'étais d'humeur magnanime ce soir.

Je ne connaissais pas grand-chose d'elle à part ce que les rumeurs de Poudlard voulaient bien dévoiler - mais bon après le vrai le faux hein... - et je ne savais pas trop quel genre de meuf elle était avec les mecs. D'accord, elle était sortie avec Easter junior. Mais après? Je ne me rappelais pas d'elle en soirée avant qu'elle soit avec lui, ou pas d'elle tout court d'ailleurs. Ruby Standiford n'était pas trop des filles qui font des histoires et qui se font trop remarquer, et ça, c'était pour me plaire, parce que si d'accord je me faisais pas mal de filles, je préférais maintenant que ça ne s'étale pas trop au public. En soirée, qui j'embrassais, ça c'était pas trop grave, tout le monde embrasse tout le monde quand on a un peu trop bu. Mais pour le reste... Je faisais un peu plus gaffe. Je ne voulais pas que ma vie soit étalée plus qu'elle ne l'était, ça ne regardait que moi, finalement.

La réponse à sa question, je n'allais pas la dire, j'allais lui montrer. Son visage fut tout près tout d'un coup et j'oubliais la lueur de ses yeux - à Ruby mais à elle aussi - pour l'embrasser comme il se devait. Au moment même où je m'étais approché, j'avais vu ses doigts se crisper sur les draps du lit. Déjà? Ha ha. Bon, je devinais un peu ce qu'elle ressentait : oh là là, je suis une salope, j'embrasse un autre garçon alors que viens de rompre et qu'en plus je pense encore à l'autre, bouuuh. Mais non, justement. C'était le meilleur moyen de passer à autre chose. Et puis, la vie était trop courte pour se mettre des barrières à la con comme ça. Pourquoi est-ce que j'agissais comme ça, moi? Il y avait bien une raison - c'était pas parce que j'avais plus d'hormones que les autres, ou moins de valeurs. C'était juste que la vie, on la prenait de la manière qu'on voulait (... sans mauvais jeux de mots) et moi je n'empruntais pas forcément les chemins que les normes imposaient, voilà tout. Qu'on ne me fasse pas chier. Ses lèvres étaient tièdes et sentaient un peu l'alcool mais bon sans doute que les miennes aussi et je la sentis clairement réticente, mais je m'en foutais. Elle avait besoin d'être un peu brusquée, elle allait me remercier ensuite. Broyer du noir et pleurer seule ou bien prendre du bon temps? Quel choix difficile! J'appuyais d'avantage ma main sur son visage, je sentais ses cheveux au bout de mes doigts, et la chaleur de sa peau sous la mienne. Je m'étais approché encore et plus grand chose nous séparait si ce n'est nos vêtements, évidemment. Dans ces moments-là je ne me posais pas de questions et j'oubliais pas mal le reste, et il n'y avait que la fille entre mes bras : pour le coup il n'y avait que Ruby, son odeur, les effluves d'alcool et de joint qui me rendait léger, la satisfaction d'avoir ce que je voulais - presque. Je l'avais imaginée un peu plus... sauvage, et même si, sous la pression, elle répondait à mon baiser, ça restait un peu... timide. Ça m'amusait. Mon but était de la sortir de son carcan de petite princesse triste, de petite fille modèle. C'était le challenge de la soirée.

Evidemment, elle décida de me compliquer un peu la tache. Bah, mission acceptée hein, je n'étais pas contre le fait qu'on pimente un peu le truc. Elle finit par me repousser, par nous séparer alors que moi je voulais plus, du coup elle attisa ma frustration, et comble du truc, elle mit carrément son bras entre nous, m'empêchant de lutter.


- C’est ça tes solutions ? J’suis pas sûre que ça soit une bonne idée.

Voilà, là c'était le sursaut de conscience : c'est mal ce que je fais! Mon Dieu, non! Je vais sombrer dans la débauche avec un garçon que je ne connais même pas!

J'eus un sourire en coin : le reste allait être facile. Malgré tout, malgré son regard perdu, son souffle court qui répondait au mien, ses lèvres entrouvertes que je voulais embrasser à nouveau, son hésitation, son corps parlait pour elle. Sa main restait sur mon torse, et s'agrippait à mon t-shirt. Allons. Un peu de lucidité! Elle était à Serdaigle, oui ou merde?!


- J'peux partir si tu veux, dis-je pour toute réponse, sur le ton de la provocation. par la même occasion, je faisais glisser ma main depuis sa main contre moi jusqu'à son épaule, avant de descendre vers sa taille. Je me rapprochai d'elle, pliant son coude. Nos deux visages étaient tout proches. Ou bien j'peux rester.

Non mais, sérieusement, elle n'avait pas envie de s'arrêter là, je le voyais dans ses yeux. Il fallait juste qu'elle mette sa conscience sur off le temps de quelques heures. Et tout irait pour le mieux.

Pour la faire pencher en ma faveur, je m'approchai d'avantage en me dressant sur mes genoux et la fis basculer vers l'arrière, ma main toujours derrière à sa taille, et je tombais avec elle pour me retrouver sur elle. ma main descendit plus bas et commença à batailler avec sa robe - alors, est-ce que ce n'était toujours pas une bonne idée?...

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Sam 10 Nov - 0:11



"We can fight our desires
But when we start making fires
We get ever so hot
Whether we like it or not
They say we can love who we trust
But what is love without lust?"


Son baiser était tellement étrange. Pas désagréable non. Ça me semblait juste… Non, pas normal. Chuck Carlton était le mec que tout opposait avec moi, ou presque. J’étais censée le détester pour avoir blessé certaines de mes amies, parce que mon petit-ami le haïssait aussi… Eh merde, ex-petit ami ! Pourquoi je ne me faisais pas au mot ! Fini, c’était fini. Quand est-ce que j’allais le comprendre ? Le baiser de Chuck ne suffisait pas justement ? J’aurais voulu que ça puisse tout balayer d’un instant. Que les lèvres d’un autre pourraient effacer les siennes, celle de celui dont j’avais été amoureuse pendant tout ce temps… Dont j’étais toujours amoureuse. Parce que même avec ce que j’avais vu, je n’arrivais pas à cesser la machine que mes sentiments alimentaient et qui avait commencé à se détraquer. Ça faisait sacrément mal, physiquement parlant. Comme si mon corps, mon cœur, prenant conscience de la tournure des évènements, se mettaient à paniquer et à se contracter douloureusement. Pour me rappeler que j’allais avoir mal et que je ne pourrais le contrôler. Sauf que je ne le voulais pas. Je refusais de passer par ce stade de douleur, de finir en bas, là d’où je venais. J’en étais presque sortie, pourquoi y retourner ? Je ne voulais pas. Pas question.

Et si Chuck m’y ramenait par ce baiser ? Parce que c’était mal, non ? D’un point de vue moral. Je sortais d’une relation et au bout d’une semaine, je me changeais déjà les idées. C’était mauvais non, d’embrasser quelqu’un alors qu’on en aimait un autre ? Je ne m’étais jamais posé la question parce que tromper Hadrian ne m’avait jamais traversé la tête. Sauf qu’à présent, nous n’étions plus ensemble. Je ne trompais plus personne, si ce n’était moi-même. Et Taylord alors ? Son visage traversa mon esprit, son visage émacié et triste qui regardait la photo de Chuck qu’elle gardait dans sa poche. Son regard en coin triste, un peu vide. Je l’avais soutenu, j’avais voulu l’aider. Et comment je faisais ça maintenant ? En embrassant son ex dont elle était toujours, visiblement, amoureuse ? J’avais l’impression de me transformer en salope, et ça faisait mal aussi. J’avais l’impression de faire mal les choses, et je n’avais jamais aimé ça. Ma tête tournait à cause de l’alcool, j’avais fumé trop de clopes aussi. Mes sensations étaient différentes, étranges et légèrement incontrôlables. Mes lèvres tressaillaient du baiser du Gryffondor, mais tout mon cerveau me criait d’arrêter ça. De reprendre le contrôle. Contrôler. Tu te souviens Ruby ? C’est à ça que t’es douée.

Analyse un peu les conséquences de tes actes ma petite ! Imagine jusqu’à où ça pourrait aller avec Chuck ! Pourquoi est-ce que, cher petit cerveau, tournes-tu autant ? Est-ce que… J’aurais trop bu ? Ça ne justifiait en aucun cas mes actes. J’avais toujours su me contrôler, sobre ou ivre. Forcément, ivre, un peu moins et c’est pour ça que d’une certaine manière, j’aimais bien boire. Ça me donnait l’impression étrange de vivre vraiment, de respirer. D’oublier. Mais ce soir, boire ne suffisait pas pour penser à autre chose. Et si le Gryffondor était la solution alors ? C’était trop étrange, mais les mots se formaient tout seul dans mon cerveau. J’avais un immense trou dans la poitrine et tout ce que je voulais, c’était qu’il se referme. Car après les sanglots et la douleur, j’avais l’impression d’être laissée pour morte. Comme une coquille vide. Ce n’était pas une sensation très agréable. Alors, comment je faisais pour sentir à nouveau quelque chose, quelque chose de bon? Ce baiser, il me faisait sentir quelque chose, non ? Même si c’était mal techniquement ?... Je choisissais quoi, ma conscience ou mes désirs. Choisissons donc la conscience, m’imposai-je en repoussant soudainement Chuck. Qui ne l’entendait pas de la même oreille, visiblement…


- J'peux partir si tu veux.

Son ton me provoquait, et j’avais toujours ma main plaquée sur son torse, qui tenait son tee-shirt pour ne pas le lâcher. Pourquoi est-ce que je ne lâchais pas ?... Que se passerait-il si je rompais le contact ? J’allais être toute seule. Je crois que j’avais peur de l’être, ce soir, je n’avais pas envie. Mais je n’étais pas sûre que ça soit une bonne idée qu’il reste. Mon regard cherchait le sien, et je sentais mon corps qui tremblait malgré moi. Je commençais à sentir quelque chose naitre en moi, comme un petit feu qui doucement s’installait. Qui me réveillait et me rappelait que malgré tout, j’étais en vie. C’était étrange comme sensation mais étonnement, j’avais l’impression de l’apprécier. Mais mon cerveau me dictait toujours le contraire, me criait de fuir. De lui dire de fuir. Je devais l’écouter, comme je l’avais toujours fais ! Toujours contrôler… Et pourtant, je n’opposais aucune résistance, ou du moins je n’y arrivais plus, lorsque que sa main descendit de mon épaule jusqu’à ma taille et que le garçon m’attira contre lui. Mon bras qui nous séparait se replia et ma main resta sur son torse tandis que nos regards se cherchaient étrangement. Il était tout près, encore plus près, toujours plus près…

- Ou bien j'peux rester.

Pars. Reste. Pars. Reste. Pars. Reste. Pars. Reste. Pars. Reste. Pars. Reste.

Ma tête allait exploser.

Il restait, je ne faisais rien contre. Je le sentis se lever tout doucement, me faisant basculer, mon corps s’allongeant sur le dos, dominé par celui de Chuck qui se retrouvait au-dessus de moi. Je sentais mon rythme cardiaque s’accélérer, mais je restais presque amorphe. Mon cerveau était dans une lutte acharnée que je n’arrivais plus à contrôler, je sentais que ça commençait à partir en live, j’étais fatiguée de réfléchir. Les mains du Gryffondor commencèrent à me parcourir et… Et ses yeux dans les miens, sur mon corps, qui me prouvaient que j’étais vivante, que je valais quelque chose, que je n’étais pas vide… Je pouvais sentir quelque chose. Vivre.

J’en avais marre de tout contrôler putain.

Mon corps se souleva soudainement comme un ressort sans que je comprenne ce que je faisais. La seule chose que je sentis, ce fût les lèvres de Chuck que je saisis presque violemment et qui diffusèrent dans mon corps toute une chaleur incroyable. Là, je sentais quelque chose. Confus certes, mais c’était réel, je pouvais le sentir sous mes doigts qui attrapèrent la nuque du Gryffondor et s’abritèrent dans sa chevelure, tout en rapprochant son visage du mien pour qu’il m’embrasse encore. Que je sente ses lèvres contre les miennes et les frissons que ça me provoquaient. Mais mon cerveau ne voulait pas encore totalement se taire. Le visage d’Hadrian surgit et sur le coup, je sentis presque un spasme dans tout mon corps et je me relevais, collant mon corps contre celui de Chuck dans une étreinte désordonné. J’entourais sa nuque de mes bras pour me maintenir droite, mes jambes avaient bougés dans la bataille et j’étais désormais assise sur ses genoux, mes jambes l’entourant comme pour être sûr qu’il ne s’échappe pas. Je sentis mes mains se détacher de sa nuque et commencer à descendre sur son torse, sur dos, un peu partout, cherchant quelque chose à toucher, à sentir. Sentir, sentir, sentir. Qu’est-ce qui me prenait ?

Toute cette frustration que j’avais accumulée, tout ce contrôle, tout se déversait en cet instant précis. Je ne voulais plus contrôler, je voulais juste perdre les pédales. J’avais bu, je ne réfléchissais plus clairement et surtout, je n’en avais plus envie. Je voulais juste ses lèvres contre les miennes, contre moi, moi toute entière. Je voulais disparaitre, me sentir engloutir par son étreinte et ses mains qui me cherchaient tout autant que je le cherchais lui des miennes. Je ne savais pas ce que je faisais, j’avais l’impression d’être aveuglée par quelque chose de plus fort, trop fort, qui dirigeait mes mouvements. Est-ce que je lui avais enlevé son tee-shirt ? Oui, je sentais sa peau sous mes doigts, je la parcourais presque avidement et je réalisais que je ne maitrisais plus rien. Et ça…

Ça me faisait un bien fou.

Je sentais que ça commençait à partir loin, plus loin que le simple baiser…


- Reste. Murmurai-je du bout des lèvres tandis qu’elles se posèrent dans le creux de son cou.

J’entrainais à nouveau son corps contre le mien, nous faisant basculant en arrière. J’avais choisi. Je voulais arrêter de penser, je voulais juste qu’il décide. Mais surtout, surtout, qu’il ne lâche pas mes lèvres, ma peau, que son corps ne s’écarte pas du mien parce qu’à cet instant présent, c’était la seule chose qui me maintenait à la surface.



"I'm going in for the kill
I'm doing it for a thrill
Oh I'm hoping you'll understand
And not let go of my hand."



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MessageSujet: Re: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Lun 12 Nov - 1:05

J'attendais le déclic, tout simplement. Plus ou moins patiemment - à mes yeux ça l'était, aux siens sans doute pas. Parce qu'à cette heure de la soirée, avec ce que j'avais bu, ce que j'avais fumé, la jolie brune dans mes bras qui s'était évaporée avant qu'on en vienne aux choses sérieuses, plus ce baiser avec Ruby et son geste pour m'écarter... Disons que je commençais un peu à être échauffé et que j'attendais qu'on passe à la vitesse supérieure. Pour être honnête. Et puis les filles comme elle, je les connaissais. Il y en avait des tonnes : elles se laissaient prendre au jeu, et puis, elles se laissaient brûler le bout des doigts, et ça les faisait frémir, peur, elles avaient envie, bref ça les faisait kiffer. Mais après, elles ne faisaient pas toutes le grand saut. Soit elles faisaient leur relou et se barraient comme des princesses effarouchées, soit elles se lancaient, mais entre temps, il se passait un truc. Comme quand on appuie sur une détente et qu'il n'y a plus de retour en arrière possible. Le déclic.

Ruby coincée entre le lit et moi résistait moins, mais elle n'y allait pas franchement non plus. Ok, elle ne voulait pas que je parte, ça, c'était clair. Son petit stratagème de "non arrête je ne veux pas" tout en restant cramponnée à moi ne trompait personne. Mais ça n'avait pas encore suffit, apparemment. Je voulais plus. Ses mains allaient timidement dans mes cheveux, mon cou. Plus ça allait, plus ça me frustrait. Ma main à moi faisait ce qu'elle pouvait pour passer sous sa robe, mais elle était trop serrée à la taille et je n'avais pas la tache la plus facile. Pourtant je sentais une chaleur qui nous enveloppait, son coeur qui battait vite, le mien aussi, sa poitrine pressée contre mon torse, son souffle court, ses sens en alerte. Alors, quoi?! Mes baisers se firent plus pressants, plus insistants. Maintenant.

Elle répondit enfin, et j'eus ce que j'attendais. Je sentis sa taille se cambrer sous ma main et me laissai faire quand elle se redressa. Le feu s'était emparé d'elle et je souris sous ses lèvres qui, enfin, avaient l'air avides de moi. Comme ses mains qui couraient partout sur me peau. De mon bras, je la collais toute entière contre moi. Plus de retour en arrière possible, cette fois.

C'était ces moments-là ou la chair prend le pas sur tous le reste, ou les sensations explosent, où tout devient instinctif. Je connaissais mes cartes par coeur. Le but du jeu était clair. J'avais des atouts, et je devais les utiliser au bon moment pour que la partie dure le plus longtemps et qu'on la gagne. Qu'elle soit éclatante. Les mains de Ruby sur ma peau me faisait frissonner, et ces frissons amorçaient la suite. Tiens? Je n'avais plus mon t-shirt - elle se dévergondait vite, dites donc, la jolie blonde! Pour toute réponse je passai ma main dans ses cheveux, du bas de sa nuque jusqu'à son crâne et coinçai ainsi sa tête contre la mienne pour l'obliger à un long baiser que je n'arrêtai que quand l'air vint à nous manquer. Sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits, mes dents s'attaquèrent à son cou, tandis que de mes deux mains je soulevais sa robe et lui faisais passer par-dessus sa tête. Bien. Nous étions à égalité, cette fois. Je l'observai quelques instants - bien, on ne m'avait pas menti sur la marchandise. Je ressentis un appétit encore plus intense, et l'embrassai à nouveau. Cette espèce de candeur, parce qu'elle était blonde ou bourrée ou triste ou les trois à la fois, la rendait plus désirable encore.


- Reste.

Son murmure chatouilla ma peau et je sentais mes muscles se contracter sous ses mains, qu'elle posait partout. Oh, t'inquiète pas ma jolie, je ne risque pas de courir bien loin. Pas maintenant. Pour la peine, mes mains à moi allaient partout où elle le voulait, et s'agaçaient d'ailleurs un peu contre ses sous-vêtements et... son collant.

Cédant à la pression une nouvelle fois je me laissai glisser contre elle mais me relevai quelques secondes après pour me glisser un peu plus bas et lui retirer son putain de collant qui commençait à bien me souler. Voilà. C'était mieux. Ma main remonta tout le long de sa jambe, longue et fine. Le rythme de sa respiration me guidait sur ce que je devais faire ou ne pas faire.

... Ce que je ressentais, moi, c'était toujours pareil. C'était comme si on avait allumé un tas énorme de dynamite en moi et que je sentais le fil se consumer, se consumer, petit à petit, arriver plus près du but, tout près... avant l'explosion. C'était toujours la même explosion. Toujours, sauf une fois. Dans cette même salle et... Non. Putain! Pourquoi je n'étais pas capable de ne pas y penser! Je me mis à embrasser le corps de Ruby avec plus de fièvre encore. Je voulais oublier. Je ne voulais pas penser à
elle - pourquoi est-ce qu'elle ne me laissait pas tranquille, bon dieu?! Oui, d'accord, avec elle ça avait unique. Au-dessus de tout. Oui, d'accord, j'essayais de retrouver ça avec d'autres filles, et c'était peut-être aussi pour ça que j'y allais un peu fort en ce moment. Parce je voulais retrouver cette sensation. Et aussi fort que je voulais le retrouver, je ne leurrais pas trop non plus... Je savais que c'était parce que ça avait été avec elle.

Fais chier. Sans m'en rendre compte j'avais rageusement passé mon bras dans le dos de Ruby pour la presser encore plus contre moi comme si la solution, c'était elle - et peut-être que c'était elle. Mon regard accrocha le sien quelques secondes. Il était voilé - comme le mien sûrement - d'un désir contre lequel il est bien difficile de lutter. Alors, passablement énervé, et puis emporté par toutes ces émotions qui me rendaient brûlant et incontrôlable, je dégageai rapidement les derniers obstacles qui nous séparaient, à savoir, ses dernières fringues. Voilà.

Cette fois nos deux peaux étaient en contact absolu et je sentais mon coeur battre si fort qu'il m'assourdissait - mais pas assez pour entendre le souffle court de Ruby tout près de moi et sentir son parfum qui m'envahissait tout entier, et dans ma tête tout se mélangeait, je ne voulais qu'elle, qu'importe le prix à payer, la suite, et ce que je cherchais et qui me manquait. Les lèvres de Ruby contre les miennes et ses mouvements souples qui trahissaient son petit côté sauvage qu'elle avait jusque là bien caché me suffisaient... Pour le moment.

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MessageSujet: Re: The sky might fall but I'm not worried at all [PV R]   Lun 12 Nov - 17:31

Céder. Laisser tout aller. Lorsque j’acceptais enfin de le faire, je sentis un feu se propager en moi comme une trainée de poudre. Tout mon corps vibra, reconnectant la machine ; du moins celle physique. L’adrénaline monta, envahissant chacun de mes vaisseaux et dictant mes gestes que je ne contrôlais –enfin- plus. La pression retombait en un instant, et la nouvelle qui montait en moi avait un goût totalement différent. Elle était agréable. Alliée à l’alcool, je sentais une sorte d’euphorie vindicative en moi, féroce et rugissant qui voulait sentir quelque chose. De physique. Pour que ça aille bien, mieux. Les lèvres de Chuck avait fini par éveiller les miennes, les happer, et je m’y raccrochais, perdant mon souffle tout en sentant un nouveau prendre possession de mon corps. Je sentais qu’en répondant au Gryffondor, je l’avais encore plus attisé. Il me parut plus désireux, mais moi aussi, comme deux bougies qui à la chaleur l’une de l’autre, se consumaient toujours plus vite. Il n’y avait plus de retour en arrière non, je fonçais tête baissée sans réfléchir. Parce que j’avais marre de le faire. Je voulais céder cette fois-ci. Voilà. Céder.

Si je le laissais mener la danse, j’étais bien partie pour y participer aussi. J’ôtai son tee-shirt à Chuck sans même réfléchir à ce que je faisais, pourvu que je touche sa peau brulante qui me procurait cette sensation de réalité, de véracité : il était là, je pouvais le sentir. Sentir, c’était simplement ça que je voulais. Son baiser suivant manqua d’aspirer toute ma respiration et lorsque nos lèvres se détachèrent, je sentis mon souffle se reprendre dans quelque chose qui semblait plutôt être un gémissement : Chuck s’était attaqué à ma nuque et bientôt, je sentis ma robe valser. Il ne restait que mes sous-vêtements mais je me sentais déjà nue, ma peau exposée à ses yeux qui la dévorait tout autant que ses lèvres… Mais je lui rendais bien je crois. Si j’avais perdu le contrôle, quelque chose dictait tout de même mes agissements : mes sensations, mon désir. Parce que c’était ça oui, du désir, qui aveuglait tout le reste et me laissait le souffle court, m’accrochant un peu plus violemment au garçon. Est-ce que je devais avoir peur ? Oui. Est-ce que j’avais peur ? Non.

Et pourtant. J’aurais dû. Je savais pertinemment que penser à Hadrian n’était pas une bonne idée, pas maintenant, mais sa présence planait au-dessus de moi parce que… Si je l’avais plaqué, ou plutôt que nous nous étions plaqués, pour ma part le rapprochement physique qui naissait entre nous y était pour beaucoup. Ça me foutait la trouille, et ça me rappelait l’incident qui s’était inscrit comme un traumatisme à ce niveau-là pour moi. J’avais tellement peur de ne pas contrôler ce que je faisais que je n’avais pas été contre fuir. A présent, j’en payais les conséquences, amèrement. Mais là, maintenant, entre les mains de Chuck, c’était différent. Le traumatisme était loin. La peur aussi. J’avais trop bu, je voulais simplement me dissoudre entre ses doigts qui me parcouraient. Plus je revoyais ses moments avec Hadrian, avant que tout ça arrive, plus j’avais le cœur qui se serrait et plus je cherchais un moyen de me libérer de cette emprise qu’il avait sur moi. Quitte à faire une connerie monstre… Mais je ne pensais pas à ça. Je ne pensais plus, je ne voulais plus. Mon cerveau s’était désormais détaché de mon corps, et c’était ce dernier que j’écoutais à présent.

Mon esprit avait désormais fui les souvenirs que j’avais avec Hadrian, je les avais rangés loin pour me concentrer sur le reste ou plutôt justement, cesser de me contrôler pour me laisser aller. Je ne savais pas trop ce qui se passait, mais je sentais Chuck de plus en plus brûlant, animé par quelque chose qui m’échappait. Mais comme tout était en train de m’échapper, je m’en fichais. Je le laissais faire ce qu’il voulait, j’avais envie qu’il le fasse de toute manière et ses mains le long de ma cuisse me coupait le souffle, le hachait et le torturait. Il finit par se débarrasser de mon collant, et moins j’étais couverte, plus j’avais chaud. Mais ce n’était pas une chaleur normale, ni douce : elle emprisonnait tous mes sens pour les démultiplier, je me sentais dépassée par les évènements… Nos regards se croisèrent et je sentis quelque chose s’électrifier, comme si nos pupilles venaient de confirmer ce que nous allions faire. Je n’allais plus reculer. Je n’eus pas le temps de réagir que je me sentis soudainement nue, dans le sens strict du terme. Les derniers vêtements, mes dernières protections s’étaient abattues sous les mains de Chuck mais j’avais aussi détruite les siennes. Maintenant, il n’y avait plus que lui et moi, nos deux corps entrèrent finalement en contact direct et mon souffle fût coupé : pendant une demi-seconde, je ne sentis plus rien.

Et tout reparti l’instant d’après et j’entendis ma voix gémir. Il y avait un feu qui venait de m’embraser, nous embraser. Je sentis tout se bouleverser en moi et j’eus aussi un cri qui sembla traduire une douleur qui se noya bientôt dans quelque chose de bien plus agréable, bien plus fort et plus incontrôlable. Mes mains cherchaient un appui, mes ongles griffant presque le dos du garçon, rapprochant aussi son corps plus près, toujours plus près parce que c’était bon, simplement bon. Je m’en foutais du reste, parce que je me sentais happée sous un million de sensations qui faisaient battre mon cœur au point que j’avais peur qu’il explose. Il n’y avait plus rien d’autre maintenant, tout était désordonné mais instinctif. Chaque mouvement faisait écho à un autre, chaque gémissement en amenait un autre. Je fermais les yeux, laissant mon souffle se perdre dans celui de Chuck. Je me laissais me perdre dans son étreinte qui me blessait tout autant qu’elle me faisait du bien, car c’était sûrement une connerie (bien que je n’en prenne pas conscience) qui me faisait vibrer de toute part. Je perdis vite la notion des choses. Combien de temps, combien de soupir et des doigts crispés, de mèche de cheveux emmêlés et de sursauts ? Je m’en foutais.

Il y eut un éclat final qui résonna avec un bruit de verre brisé : la bouteille de whisky s’était explosée sur le sol et me fit écho. Un éclat. De verre, de plaisir, peu importe.

… Ma tête tournait. Je battais des paupières, aveuglée par la soudaine lumière du jour qui filtrait par les rideaux. Je n’eus aucun mouvement brusque, aucune révélation : je savais ce que j’avais fait, je n’avais rien oublié. Je ne savais pas par contre quand exactement je m’étais endormi, ni pourquoi nous –parce qu’il était encore là- étions plus ou moins sous la couette. Est-ce que je l’avais tiré pendant mon sommeil ? Est-ce que lui l’avait glissé sur nous ? Je ne bougeais pas pendant quelques secondes, tentant de reprendre mes esprits. Mes cheveux s’étaient étalés sur le matelas comme un halo que je ne méritais pas, effleurant presque le visage de Chuck endormi. Il avait laissé son bras autour de ma taille mais je ne tressaillis même pas. Je m’en dégageai très doucement pour ne pas le réveiller, décidé à vite fait me barrer de cette pièce qui sentait le tabac froid, le whisky et… Et tout ce qui s’était passé. Je récupérais mes affaires sans bruit, le cœur et le corps tremblant. Tout commençait à se remettre en place dans mon cerveau, et je réalisais petit à petit chaque détail de la soirée. Il fallait que je m’échappe… Vite… J’étouffais.

Je ne me retournais pas sur le pas de la porte, et ne regardais pas une dernière fois le garçon encore endormi. Non, je me contentais de filer, laissant simplement derrière moi mon foulard favori imprégné de mon odeur, trônant sur le fauteuil, que j’oubliais de reprendre. Ça, et le paquet de Marlboro Light, comme ma marque de fabrique. Et, telle des preuves indéniables, elles prouvaient que j’avais bien été là. Que je l’avais fait.


_________________
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« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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