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It's a long road we've been walking on (Tay) fini

 
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 It's a long road we've been walking on (Tay) fini

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Chuck Carlton
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Localisation : Là où on peut faire la fête !
Date d'inscription : 03/03/2010

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Particularités: i should have known better
Ami(e)s: Emmy-Nem, Haley, mon petit lapin! Oh vous inquiétez pas, ça nous choque autant que vous... ; Joy, eh ouais comme quoi ! ; Ruby Miss Parfaite ; Lilian, the one and only
Âme soeur: come to me my sweetest friend can you feel my heart again i'll take you back where you belong and this will be our favorite song

MessageSujet: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Sam 27 Oct - 18:08



Quelle grosse blague. Non seulement le cours de Soins Aux Créatures Magiques avait été déplacé en début de soirée pour des raisons mystérieuses - ce qui me faisait bien chier parce qu'à ce moment-là moi j'étais bien tranquillement en train de jouer aux cartes en salle commune - mais EN PLUS... Quand on se pointa tous, emmitouflés dans nos capes et nos écharpes... Toutes les filles poussèrent un "oooh" tel un groupe de pintades tandis que moi j'avais la profonde envie de me faire sauter le caisson. Des licornes. Au secours. Ce soir, c'était donc cours sur les poneys magiques. Ambiance de folie, à minuit on sortait les bonbons et on débouchait le Champomy. En plus il faisait un putain de froid, ça y'est, l'été était bien parti, et même avec ma grosse écharpe et mes habits d'hiver, je sentais le vent essayer de rentrer partout sous mes vêtements, et donc je me les pelais, tout ça pour quoi? Pour brosser la crinière et y mettre des noeuds roses de ces imbéciles d'animaux qui servaient à rien.

Bon, à rien, pas tant que ça d'accord, et j'écoutai seulement d'une oreille la prof nous expliquer les vertus des licornes et compagnie. Les licornes sont des animaux très peureux et évitent l'homme, et gnagnagna, elles préfèrent le contact avec les femmes - pas cons ces licornes, il n'y avait que les filles pour vouloir les approcher, elles sont pures et blablabla, et on utilise leurs cornes et leurs crins dans l'art des Potions, qui ont des vertus thérapeutiques, et le sang de licorne est très précieux et très recherché car il rend immortel mais c'est dangereux et patatatata. Bon sang, ce cours allait être long. Je m'étais mis tout derrière le groupe, avec deux autres potes qui comme moi se faisaient déjà chier à mourir. Il y avait trois licornes à la lisière de la forêt, plus loin. L'une était blessée visiblement, et couchée, et en fait la prof nous expliqua que c'était un couple avec un bébé et comme la mère avait été blessée ils s'étaient rapprochés de la vie humaine pour se faire soigner et avaient laissé le garde-chasse les soigner. Ouais ok, trop mignon. La mère était encore en convalescence, et la prof avait estimé que c'était l'occasion de les étudier de prêt, et donc elle avait décalé le cours le soir - elles étaient moins farouches dans l'obscurité apparemment - et voilà comment on s'était retrouvé comme des glands à observer trois pauvres machins avec une corne sur le nez plutôt que d'être bien tranquillement installé au coin du feu. Rien n'est parfait, que voulez-vous. Il y eut des murmures quand la prof prononça le mot "bébé" (au secours, licorne + bébé = toutes les filles devaient avoir les yeux en forme de coeur) et pile à ce moment-là ça bougea du côté des licornes, et effectivement il y en avait une plus petite, et je ne pus m'empêcher d'être admiratif de sa couleur, on aurait dit de l'or, comme une statue. Stylé. Mais bon. Ça ne cassait pas trois pattes à un canard non plus.

La prof nous expliqua qu'on allait d'abord faire un petit topo sur la manière de les approcher etc, les gestes à éviter, etc, puis faire des petits groupes et s'en approcher groupe par groupe pour voir leurs caractéristiques de plus près. Ok, super. Je ne bougeai pas pendant que certainEs se pressaient devant la prof, et je les laissai faire et se préparer, parce que franchement je n'allais certainement pas mourir si je n'approchais pas ces trucs cornus dont je me souciais comme de mon premier caleçon. Au lieu de ça, je me mis à marcher un peu, parce que je me caillais sérieusement, et mes potes pareil, et on se mit à discuter sur le fait que la prochaine fois qu'ils décaleraient le cours on ne viendrait pas, parce que bonjour l'embrouille.

C'est à ce moment-là que, malgré la pénombre qui tombait - j'aimais bien ce moment-là, quand le jour baissait et que la nuit arrivait parce que j'avais toujours l'impression que ça promettait plein de trucs trop cool. Et je préférais largement le monde de la nuit au jour, même si ce soir, ça n'allait pas exactement être une bonne soirée comme je l'entendais. Mais en tout cas, on ne voyait plus grand chose même si il ne faisait pas nuit totale, et je ne l'avais pas vue plus tôt : la silhouette, un peu plus loin, en retrait elle aussi, adossée à un arbre.

Tiens, tiens. Ça m'étonnait d'elle qu'elle ne soit pas aux premières loges, les poneys, c'était quand même son truc non? Bizarre...

J'hésitai, puis dis à mes potes que je revenais et je leur lançais un regard agacé quand ils comprirent où j'allais. Ça va, ça leur en avait bouché un coin à tous de me revoir parler à Taylord en mode normal, c'était quand même pas la fin du monde hein! Bref. Il s'était passé une semaine depuis l'épisode des toilettes et maintenant quand on se croisait on se parlait un peu, elle ne me fuyait plus quand je m'installais à côté d'elle en salle commune, et aussi parce que les cours avaient été chargés cette semaine donc j'avais pas eu trop le temps et que les autres qui faisaient leurs devoirs n'avaient pas pu trop faire la fête, ben je m'étais moins défoncé par la force des choses, j'avais juste bu. Sans le faire exprès, j'avais respecté notre pacte. Pas mal, non?

Mais bon on n'allait pas se mentir, je m'inquiétais toujours pour Taylord, parce que plus je passais de temps avec elle, plus je me rendais compte qu'elle avait des gestes plus lents, qu'elle retenait souvent une expression de souffrance quand elle bougeait, tout ça, et croyez-moi, c'était pas rassurant du tout. Mais bon. Au moins je ne l'avais pas revue dans l'état de la dernière fois, ce qui engageait du bon pour la suite. Par contre c'était un peu bizarre, quand on se parlait, c'était pas vraiment comme avant, on essayait, mais voilà... Et il y avait des blancs parfois, des moments où on se retenait, je le sentais bien. C'était dommage. Mais bon, vu tout ce qu'on a traversé, je me disais que c'était normal que le train mette un peu de temps à revenir sur les rails.

Le pire ça avait été quand la fille avec qui j'avais passé la soirée la dernière fois, la quatrième année, était venue me saluer et m'avait embrassé sur la bouche en pensant que personne ne voyait, sauf que j'étais à peu près certain que Taylord avait vu, parce que j'avais croisé son regard quelques secondes un peu après. Ça m'avait gêné, même si bien sûr j'avais fait comme si de rien n'était. Ça m'avait gêné parce que oui, je sortais avec des meufs, mais je ne trouvais pas ça très cool de faire ça devant elle en mode woh tu vois, je suis vraiment passé à autre chose et je m'en fous de rouler des pelles à des filles devant toi! alors qu'on faisait tout juste des efforts pour que les relations entre nous soient meilleures. On était amis donc je faisais ce que je voulais avec d'autres meufs, mais je ne voulais pas tout péter alors que ça commençait tout juste à aller mieux. Du coup, ce soir-là, j'avais essayé d'aller lui parler, mais elle était montée se coucher avant que j'ai pu faire un mouvement vers elle, et peut-être que je me trompais, mais en tout cas ça collait bizarrement avec ce qui s'était passé. Après je m'étais fait la réflexion qu'elle était amie avec Katie, ou bien que c'était Lilian qui était proche de Katie mais comme Lilian et Taylord étaient à nouveau potes, enfin bref, les histoires de fille s'étaient toujours compliqué, et si ça se trouve Katie avait dit quelque chose à propos de nous à Lilian ou Taylord ou bien à Lilian qui l'avait dit à Taylord; et en plus putain Lilian était mon ex et Katie traînait avec moi?! Oh, la merde!

... Bon, bref, je ne savais plus où je voulais en venir et je crois de toute façon mon cas était trop désespéré à ce niveau là, alors tant pis.

En plus c'était marrant, quand j'avais accompagné Coop à Sainte-Mangouste cet été, on avait fait des courses après parce qu'il lui fallait des trucs pour les cours, et dans une librairie j'étais tombé sur un livre sur les licornes qui m'avait interpellé parce qu'il y avait tout un truc sur les populations de licornes aux Etats-Unis et j'avais pas pu m'empêcher de regarder au Texas. Et je m'étais dit que si Taylord revenait un jour à Poudlard elle aimerait bien ce livre, et qu'en plus ça me permettrait de me racheter, alors j'avais pas trop réfléchir et j'avais fait glisser le bouquin dans le sac de Coop - ben oui, j'allais quand même pas dépenser mes Gallions pour un livre sur les licornes, merci bien. N'empêche que le bouquin était quelque part au fond de ma malle et qu'il attendait sagement Taylord, mais bon, allez-savoir pourquoi je ne lui avais pas encore donné (ironie).


- Comment ça se fait que tu sois pas déjà sur leur dos à les dresser comme des mustangs?

Je lui lançai un petit sourire et m'adossai moi aussi à l'arbre, tout en regardant, comme elle, les licornes et les élèves qui essayaient de s'en approcher.

- Ça va? Oui, bon, je vous avais bien dit que les conversations étaient plutôt tendues, mais bon, j'essayais de faire du mieux que je pouvais. Tu veux pas t'approcher? Sous-entendu : avec moi, bien évidemment. Qu'elle ne compte pas sur moi pour m'intéresser à ces bestioles à pattes, mais si elle avait besoin d'un accompagnateur, j'étais là, après tout, les amis c'est fait pour ça, non?

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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MessageSujet: Re: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Dim 28 Oct - 17:10

Ça avait été bizarre cette semaine. Tout d’abord parce que j’avais eu du mal à me forcer à sortir de ma tanière bien confortable qu’était cette des dortoirs – c’est toujours comme ça avec les habitudes, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, on avait toujours pas mal de difficultés à s’en défaire, mais je m’y étais tenue, parce qu’une promesse est une promesse et chez moi, c’était le genre de trucs auquel on pouvait pas trop déroger, mais en ce qui concernait Chuck… C’étaixt ça qui était un peu étrange, parce qu’on essayait de faire plus ou moins comme avait, mais justement, c’était vraiment ‘’essayer’’ surtout que ça ne pouvait pas être ‘’comme avant’’. Mais voilà, le problème, c’était qu’avec notre passé, je me voyais mal faire comme si tout allait pour le mieux, surtout que même s’il y avait une amélioration franchement notable, voilà, ça n’enlevait rien au reste – il y a de vieilles cicatrices qui mettent longtemps à se panser.
Quand elles le voulaient bien.

D’ailleurs, ça allait un peu mieux, je souffrais moins au poignet même si j’hésitais toujours à la bouger, pour ne pas faire de faux mouvement et aggraver les choses et j’avais dû lutter de toutes mes forces par contre pour ne pas céder et arracher les croûtes et d’attendre patiemment qu’elles disparaissent même si un soir, avant de me coucher, je n’avais pas tenu et les avait frotté avec mes mains, pour apaiser la sensation de démangeaison, mais ça n’avait pas saigné, ça ne les avait même pas non plus arraché, donc je n’avais pas failli à mon engagement. Tout comme l’alcool, même si on avait trop rien précisé là-dessus, ça m’avait coupé l’envie de toucher pendant plusieurs jours et puis même y’avait pas des soirées en salle commune tous les soirs, donc dans un sens ça facilitait les choses. Juste, je me sentais plus fatiguée que d’habitude et pas parce que je m’acharnais dans mon travail parce que je ne faisais pas les parchemins demandés par les professeurs – je n’étais pas une sorcière, je ne voulais pas disserter sur les différents décrets voté par le Ministère de la Magie au fil des années.

Donc voilà, j’avais essayé de me mêler un peu plus aux autres, tout ça… Aussi pour un peu surveiller Chuck et voir un peu ce qu’il trafiquait, parce que je n’allais pas mentir en disant que je ne lui faisais absolument pas confiance et c’était parce qu’on se parlait sans se gueuler dessus que ça allait changer du jour au lendemain et qu’on allait s’entendre comme larrons en foire et que j’allais lui confier ma vie s’il le fallait, non non, on en était encore loin et puis j’étais pas sûre qu’on en arrive à ce stade un jour, parce que de toute façon même si on pouvait considérer ça comme un semblant d’amitié – j’avais encore un peu de mal à utiliser ce mot - ben elle avait ses limites, c’était certain et bien épaisses en plus de ça. Parce qu’est-ce qu’il allait se passer ? On allait rester en de bons termes, parce que c’était vrai que c’était plus facile et ensuite ? Même avant… tout ce qui s’était passé, je ne me voyais pas faire tout ce long la beur pour retrouver la relation qu’on avait avant qu’on sorte ensemble et qu’il se passe tout ce qu’il s’était passé, et puis en plus de toute façon, ce n’était l’affaire que de quelques mois, et ensuite on allait plus jamais se revoir non ? J’allais renter aux USA, pour ne jamais remettre en Angleterre, en plus de deux pays différents, il y avait de l’eau et des kilomètres qui nous séparaient, alors on allait vivre chacun de notre côté et dans dix ans on allait se dire, quand notre vie serait à moitié faite, ah oui… C’est vrai.

Mais même en ayant ça en tête, je pouvais pas m’empêcher d’être inquiète parce que je cessais de penser à ces histoires de drogues et d’alcools tout en prenant enfin vraiment en considération les effets destructeurs que ça pouvait avoir à long terme et même si j’étais sûre que si je lui posais la question il allait me répondre que non, il en était devenu dépendant, c’était obligé rien qu’à voir sa tête, et même en supposant qu’il avait accepté notre deal et s’y tenait, il avait toujours les yeux fatigués de quelqu’un qui a trop fait la fiesta plusieurs jours d’affilés. Et je… je savais que c’était l’ultime et dernière chance que je lui laissais, parce que j’étais fatiguée de toutes ces conneries, et que je ne comptais plus lui laisser passer le moindre faux pas, donc je préférais m’en tenir à ça que de trop être sur son dos et découvrir qu’en fait, il en avait rien à foutre de ce qu’on s’était dit l’autre soir et qu’il continuait ses magouilles en douce, car malgré tout, j’avais cette crainte d’être déçue et je n’étais pas sûre d’être encore prête à ça. Mais ces doutes mis à part, j’avais remarqué qu’il faisait vraiment plus attention, alors j’étais évidemment plus encline à faire de même et puis ça me faisait plaisir, même s’il ne fallait pas trop pousser non plus – je ne me comportais jamais naturellement avec lui, réfléchissais tout le temps avant de parler et surtout ne lui posais jamais de questions pour ne pas me prendre de vent et parce que de toute manière, là-dessus, c’était claire : je ne voulais plus chercher à creuser, à savoir… je m’étais depuis toujours confrontée à un os et j’avais eu du mal à l’admettre, mais à présent c’était plus clair que jamais. Tout comme lorsqu’il en venait des trop personnelles auxquelles je ne répondais pas, et quand c’était comme ça, je me renfermais seulement un peu plus. C’était ma bulle de protection. Il ne pouvait plus y entrer.

Mais à côté de ça, comme si ce n’était déjà pas assez compliqué, j’étais victime des déboires de la jalousie qui me prenait aux tripes, sans prévenir et à n’importe quel moment, et surtout, contre ça, je ne pouvais rien. L’autre soir quand j’avais vu cette fille… Je n’avais absolument rien laissé paraître, aucune expression, aucun sentiment – ça faisait longtemps que j’étais entraînée pour ça – mais ça m’avait serré le cœur parce que tout ça… plus jamais cela ne me serait réservé, j’étais juste la bonne pote avec qui on rigolait bien et encore on en était pas encore là, donc… Mais qu’est-ce que je pouvais y faire ? J’étais bien obligée de m’y habituer à ça aussi, parce que ça allait arriver de plus en plus souvent et quand je me disais qu’elles avaient des moments privilégiés qui à moi m’étaient interdits… je n’avais pas fait gaffe au début, et j’avais éprouvé le désir de le toucher, sans savoir pourquoi, mais c’était comme ça après tout, j’en avais besoin… mais j’avais fini par sentir un certain recul de sa part là-dessus, alors je m’y étais pliée et maintenant, je faisais tout le temps gaffe à maintenir une certaine distance entre nous, distance que je détestais, mais qu’il imposait parce qu’il était bien trop occupé par ses autres copines… Si ça pouvait le rassurer, c’est bon, je ne comptais pas lui sauter dessus par surprise pour l’embrasser, j’avais compris qu’il ne voulait pas de moi…pas de cette manière là quoi, et si j’avais pensé… là je n’avais plus aucun semblant d’espoir et était même totalement résignée. Au moins, il y avait eu un avantage à ça puisque en début de semaine, j’avais sympathisé dans la salle commune avec un garçon de sixième année qui lui aussi montait à cheval et était très intéressé par la monte western parce qu’il ne l’avait jamais pratiqué et moi ça me faisait plaisir de parler de ça avec quelqu’un qui y éprouvait un véritable intérêt, parce que ce n’était des discussions que je ne pouvais avoir qu’avec Lilian et que c’était parfois un peu pesant d’être la fille qui « aime les poneys » même si pour ça cependant, je n’y avais jamais éprouvé la moindre honte.

C’était lui que je quittais parce qu’on nous avait infirmé que le cours de soins aux créatures magiques avait été déplacé sans qu’on nous donne plus d’informations et au début, j’avais été tentée de ne pas y aller parce que pour ce que ma participation aux cours servait… en parlant de ça, je détestais encore plus me rendre à ceux de Woodley, non pas avec une certaine appréhension à chaque fois, parce que j’avais parfois le sentiment qu’elle allait me sauter dessus à coups d’ongles crochus et je me faisais la plus discrète possible parce que j’avais toujours à l’esprit nos deux amères altercations qui m’avaient bien plus marquées que je ne voulais bien l’avouer.

En effet, il y avait une raison bien particulière à cette séance semi nocturne puisque la prof expliqua rapidement que durant quelques jours… trois licornes allaient rester ici parce que l’une d’entre elles étaient souffrante, enfin bref, tout le monde était pendu à ses lèvres, et moi je m’étais volontairement mise en arrière en regardant obstinément dans la direction opposée, parce que c’était ridicule, les licornes, c’était rien que pour les filles et elles se comportaient comme des pintades, elles m’énervaient, alors qu’en fait, elles n’y comprenaient rien. J’étais à deux doigts d’ailleurs de remonter au château, parce que personne ne me verrait filer dans l’obscurité surtout qu’il y avait un vent glacial qui traversait les mailles de mes vêtements. Tout de suite je l’avais repéré un peu plus loin et ça ne m’étonnait même pas et même s’il y avait trop de distance entre nous, je pouvais mettre ma main à couper qu’il était en train de se moquer des licornes parce que là aussi il y avait fort à parier qu’il les trouvait trop nulles et je ne sais pas pourquoi mais cette pensée m’agaça. Je jetai un tout petit coup d’œil vers les groupes, avant de rapidement me détourner – Chuck s’était rapproché.


- Comment ça se fait que tu sois pas déjà sur leur dos à les dresser comme des mustangs?

Transie par le froid, avec des gestes similaires à ceux d’un automate je resserrai un peu plus mon écharpe autour de mon cou, qui n’était même pas la mienne parce que lorsque je l’avais enroulée tout à l’heure, je m’étais sentie envahi tout à coup par son odeur – une fois on les avait échangé sans faire exprès, mais comme il ne l’avait jamais demandé j’en avais conclu qu’il avait pas fait la différence. Comme pour sa veste de l’autre jour, j’avais voulu la lui rendre et puis finalement je l’avais gardé parce que sinon j’aurais également dû rapporter ses autres fringues que j’avais récupéré et euh bah, j’avais pas trop eu envie.

Je regardai une fois encore l’air totalement désintéressé vers les licornes et puis je haussai les épaules avec désinvolture. Supporter les cris hystériques des autres filles, non merci.

- Ben parce que c'est pas des mustangs...
constatai-je platement, comme pour dire en gros que j'en avais rien à faire de ce cours.

- Ça va?

J’acquiesçai tout de suite en ayant l’air la plus aimable possible parce que je venais de me dire que je gardais exprès des traits un peu trop fermés et qu’il allait peut être mal l’interpréter.

- Tu veux pas t'approcher?


Depuis tout à l’heure j’avais les bras croisés en signe de total rejet. Il y eu un moment de silence comblé par le plomb et comme il ne bougeait pas et que moi non plus, je finis par dire :

- Euh… Ouais.
Puisqu’on devait attendre que l’heure passe, autant qu’elle serve à quelque chose après tout, mais je n’arrivais pas à me détendre complètement et restai un peu sur la défensive, prête à bondir s’il faisait une sale remarque.

Elle ne vint pas cependant et nous fîmes quelques mètres pour rejoindre les autres et pour le moment, personne n’avait réussi toucher une et le mâle semblait plus agité que les deux autres, oh c’est vrai qu’il était mignon le bébé, mais bon bref, voilà il n’arrêtait pas de danser sur ses membres en agitant la tête ce qui avait pour seul résultat de rendre le reste des élèves craintifs et la prof contrariée de voir que son cours était complètement en train de tomber à l’eau. Mais justement ils avaient rien compris et ils agissaient exactement comme il ne fallait pas faire s’ils voulaient un jour la chance d’en effleurer une. J’avais déjà fait plusieurs pas sans même réfléchir et évidemment la seule chose qui n’avait pas fait faire fuir la mère et son poulain c’était la tentative d’intimidation du troisième, même si un pas de plus de ma part l’en dissuada totalement, parce qu’il restait trop craintif pour me tenir tête. Je m’arrêtai. Au bout de plusieurs minutes, ou secondes je ne sais pas trop, dans ces moments-là, je ne voyais jamais trop le temps passer ils finirent tous les trois par s’apaiser. J’entendis dans mon dos la prof m’encourager, enfin, j’imaginais parce que je n’avais pas écouté un strict mot de ce qu’elle venait de dire. J’avançai encore légèrement avant de cette fois-ci choisir de m’accroupir, parce qu’en fait, j’étais tout près à présent. Il y eu encore un moment d’attente quand enfin, le bébé licorne qui s’avérait être le plus près et dont la robe brillait même dans l’obscurité tenta une foulée, puis une autre avant de venir me renifler la main et à ce moment-là je sus que c’était gagné.

Je le caressai avec des gestes doux avant de me redresser le plus lentement possible pour ne pas l’effrayer et à partir de là, je n’eus presque aucun mal à toucher les deux autres, surtout la femelle puisqu’elle était la moins réactive. Il y eu quelques paroles admiratives dans l’assemblée pendant que la professeur proposait que je reste à leur côté pour laisser à d’autres la possibilité de s’approcher un par un, parce que c’était plus prudent, tandis que j’étais machinalement en train d’utiliser ces gestes que je connaissais si bien puisque je les faisais tous les jours au ranch, mais pris plus de précautions au moment de caresser l’encolure de la maman, qui je ne sentais, même faible, était prête à bondir au moindre geste un peu trop brusque. J’étais dans mon élément, alors je me retournais vers Chuck, le visage éclairé :

- Tu viens les caresser ? J’avais tendu la main avec un grand sourire en découvrant les dents, trop contente de partager ce moment spécial avec… une personne spéciale ?

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Lun 29 Oct - 0:38

Maintenant, j'avais l'impression qu'il n'existait pas une seule Taylord, mais des tas de Taylord qui changeaient au fil des jours. Il y avait la Taylord d'avant, ma préférée (mais sans doute la plus chiante donc bon), la Taylord de quand tout allait mal, celle qui avait disparu, puis celle qui était revenu, et là n'était que des bouts de Taylord mal fagotés entre eux, et qui formaient à peine l'ombre de la Taylord d'avant. Et puis, depuis notre deal bizarre, depuis qu'on jouait à soyons-gentils-soyons-amis, il y avait une Taylord... Puis une autre... Et une autre... Mais jamais la même. Elle était effacée, froide, ou bien sympa mais sans plus, ou bien elle faisait des efforts pour être cool mais elle pensait à autre chose, ou bien elle était timide (première nouvelle), ou bien j'avais l'impression qu'elle me jugeait un peu, ou bien elle était juste désintéressée, blasée, un peu comme ce soir. Elle n'était jamais insupportable ou désagréable, je veux dire, genre je ne me prenais plus la tête avec elle et c'était tant mieux parce qu'on avait promis de faire des effort donc voilà, mais elle était... absente. Bon, au moins, elle faisait un peu plus attention à elle, après tout c'était tout ce que je demandais. Oui parce que je m'étais rendu compte que ça comptait vraiment pour moi, que le lendemain de notre pari j'étais déjà en train de la surveiller pour voir si ça allait, et que je me demandais quand même ce qui allait se passer si je refumais un soir et qu'elle me voyait : je ne voulais pas qu'on casse notre pacte. J'avais trop chié pour en arriver là, et en plus c'était inenvisageable de la laisser refaire comme avant, boire comme un trou, faire attention à rien, se griffer comme une skyzo, et se retrouver coincée dans des chiottes avec un mec qui ne lui voulait pas que du bien. En fait, elle me tenait, sans le savoir. Bien joué, bien joué, matelot.

En m'approchant et m'installant comme elle, je sus direct que rien n'allait changer ce soir. Bah. Elle aussi portait son écharpe - mon écharpe... Oh je m'en rappelais bien : c'était la fois où Haruhi nous avait grillés entrain de nous pécho dans la maison hantée, et qu'on s'était vite fait remis dans une position plus... décente, et je lui avais laissé son écharpe et j'avais pris la mienne en enfilant mon manteau, sans faire gaffe. Elle sentait encore un peu elle, par moments, mais plus beaucoup. De toute manière, l'écharpe avait passé l'été au fond de ma malle avec tout un tas d'affaires en vrac, alors l'odeur avait dû s'envoler peu à peu, et pouf. Je me demandais si elle savait que c'était mon écharpe ou pas, mais je préférais ne pas lui faire remarquer, parce que j'avais pas envie qu'elle prenne ça pour une sale remarque et qu'elle pense qu'elle devait me la rendre. Ça restait des écharpes, hein. La sienne ne me dérangeait pas.


- Ben parce que c'est pas des mustangs...

Aaaah bon? Merci.

Cool.

Ambiance ambiance...

Je ravalai mes soupirs, mon agacement, et tout ce qui serait sorti en temps normal, et attendis la suite. Heureusement (ou pas) pour me donner une contenance j'étais bien trop occuper à me cacher la moitié du visage dans mon écharpe et à frissonner et à pester contre ce connard de vent trop froid qui me faisait bien chier.


- Euh… Ouais.

Eh ben voilà! Je savais qu'elle était toujours présente quand il s'agissait d'aller brosser des poneys. Je ne retins pas un petit sourire de satisfaction, et m'apprêtai à la suivre, mais il se passa un truc bizarre : elle ne bougea pas pendant quelques secondes et me regarda comme si elle allait me bouffer, ou bien comme si moi j'allais la bouffer je ne savais pas très bien, et puis elle finit par avancer plus près du groupe. Très bien, donc en plus de tout, ce soir, j'avais le droit à la Taylord bizarre. Putain, ce n'était pas de tout repos. En la suivant, je jetai un regard à mes potes qui se marraient d'avance, je le savais - les goûts de Taylord pour les poneys étaient connus de tous - mais je leur lançai un regard assez bref pour leur faire comprendre que c'était pas la peine de faire couler le navire alors même qu'il peinait à flotter de nouveau.

On s'approcha du groupe - oui oui, j'étais donc en première ligne pour aller voir ces imbéciles de trucs à quatre pattes - et la prof nous laissa essayer d'approcher. Enfin, nous. Maintenant que j'étais aux premières loges pour voir Taylord à l'oeuvre, je la laissais voguer vers ses petits poulains et m'arrêtai là où étaient les autres, les mains dans les poches, mais n'empêche que je ne quittai pas le spectacle des yeux. J'avais bien vu qu'elle n'avait même pas capté que je ne la suivais plus - tant mieux, j'avais au moins réussi à l'intéresser à quelque chose, ma soirée était gagnée - et elle était déjà partie dans son monde, un monde merveilleux peuplé de poneys qui volent et qui pètent des paillettes. Mais n'empêche que... C'était assez captivant. J'avais la pression, mine de rien. Elle allait réussir à les approcher, ces canassons?! Elle avançait tout doucement, mais je savais dans ses gestes et dans son regard braqué droit devant elle qu'elle savait ce qu'elle faisait. Il y avait de la détermination sur son visage, et putain, ça faisait des lustres que je lui avais pas vu cet air-là. Je retins mon souffle quand le machin doré s'approcha d'elle, et comme elle était accroupie - pas con, elle devait leur faire moins peur comme ça, mais en même temps excusez moi il fallait vraiment être un animal très con pour avoir peur de Taylord, je veux dire, elle risquait de leur faire quoi?: Bref. - il finit par renifler vers elle et s'approcha carrément. Le soupir d'extase de l'assemblée et les chuchotements admiratifs me donnèrent envie d'exploser de rire mais la prof fit taire tout le monde d'un "chut" silencieux mais bien senti, alors je me forçais à rire en silence. Non mais, je vous jure. Ce qu'il ne fallait pas faire!

Taylord, de son côté, était en train d'apprivoiser toute la petite famille, et elle allait sûrement bientôt bondir sur leur dos en criant Yeeeha, ce n'était qu'une question de temps. Mais ça avait quelque chose de touchant de la voir comme ça, je la sentais dans son élément, et la façon dont elle les caressait était toute particulière je le voyais bien, pas comme si elle avait caressé le premier clébard venu. En fait je me dis alors que c'était la première fois que je voyais Taylord toucher à ce qui la constituait vraiment, alors que moi, ben comme c'était moins élaboré et plus banal, elle m'avait déjà vu plein de fois dans mon élément, jouer au baseball, au Quidditch, tout ça, quoi. C'était pas vraiment la même chose. Là j'avais l'impression de découvrir un truc que je ne savais pas d'elle, et du coup, vraiment, cette soirée n'était pas si inutile que ça, au moins pour ce qui était en train de se passer. Je me demandais à quoi elle passait son temps chez elle au ranch, ce qu'elle faisait exactement. Je savais qu'elle avait un cheval à elle, qu'elle faisait des compèts, mais ça restait vague. Le problème c'est que j'avais peur de la vexer si je lui demandais, qu'elle croit que je me foute de sa gueule, ou je ne sais pas quelle autre connerie qui lui passait par la tête.

Quand je compris ce que la prof était en train d'expliquer, je sentis à la fois la main de la prof elle-même me pousser dans le dos et je vis plus que je n'entendis Taylord me dire :


- Tu viens les caresser ?

Entendons-nous bien : est-ce que j'avais une tête de mec à rejoindre Taylord et les licornes qui batifolaient ensemble? Je ne crois pas. J'ouvris la bouche pour protester que je passais mon tour MAIS il se passa, pour la troisième fois dans la soirée, un truc si insolite, que je me sentis comme un con, à court de mots. Taylord me regardait avec un sourire - le seul vrai sourire que je lui avais vu depuis son renvoi de Poudlard, ou même avant - et un air sur le visage si... éblouissant, que je compris que la magie des licornes et des poneys roses était trop forte pour moi, et j'abdiquai. Je m'avançai lentement, tout un regardant Taylord d'un air qui voulait dire "t'as de l'espoir, je n'ai pas ton feeling, elles vont se barrer si je m'approche". Mais non, les bestioles regardaient Taylord et comme Taylord avait l'air sereine alors elles devaient se dire que j'étais digne de confiance. Bon. Tant pis pour elles, hein... Je présentai ma main comme Taylord l'avait fait avant et attendis : le bébé qui de près avait vraiment une couleur étrange s'approcha, plus hardi parce qu'il était jeune sûrement, me renifla la main moi aussi et ses poils me chatouillèrent la peau. Bon. Ben c'était pas si horrible que ça, finalement! N'empêche que ça puait le canasson, au passage. Mais bon. Je me sentis alors dans l'état de quelqu'un qui ne sait pas si il doit agir ou pas, et me tournai vers Taylord, avec la ferme sensation que pour une fois depuis bien longtemps, c'était elle qui menait la danse et pas moi.

- Je fais quoi? marmonnai-je entre mes dents. Non parce que si en bougeant pour toucher la bestiole je lui faisais peur, on aurait tout perdu... Quand je croisai son regard, je compris un instant les licornes même si c'était quand même la pensée la plus conne que j'aurais pu avoir de toute ma vie : il y avait quelque chose dans ses yeux de tellement doux et de tellement rassurant à la fois que je sus certainement qu'elle allait savoir quoi faire.


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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Lun 29 Oct - 19:11

Je sais pas, y’avait plein de trucs qui me bottaient pas en ce moment, et pas qu’en ce moment d’ailleurs puisque ça faisait des semaines que ça durait et que depuis que j’étais revenue à Poudlard, c’était encore pire parce que je me sentais détachée de tout ce qui était ici à la fois les gens et l’environnement, même si pour les premiers ça commençait à aller un peu mieux, mais alors la seconde partie… En plus de toujours pas savoir ce que je foutais là, parce qu’ils arrêtaient pas de parler de l’orientation cette année, forcément puisqu’on était censé – mais pas moi – passer les ASPIC en fin d’année, pour ensuite être jeté dans la vie active du monde de la sorcellerie du coup je me sentais plus exclue que jamais parce que même si je faisais genre que j’écoutais pas parfois mes oreilles avaient traînées et puis même de toute façon les profs arrêtaient tellement pas de le rabâcher que ça aurait été difficile de passer au travers. Mais même en dehors de ça, je savais strictement pas ce que j’avais envie de faire, à part m’occuper des chevaux de toute façon, qu’est-ce que je savais faire d’autre ? Ou plutôt qu’est-ce que j’avais envie de faire d’autre, mais vu mon activité cette été, j’arrêtais pas de me dire ces derniers temps que ça aussi ça risquait d’être compromis, alors je feuilletais toujours mollement mes magazines et puis Ruth m’en envoyait régulièrement des nouveaux. J’avais plus de but, le seul que j’avais eu depuis toujours il était tombé à l’eau parce que trop de monde m’avait dit qu’il menait à rien et puis même en supposant que ce soit le cas… mes recherches, elles s’étaient toutes envolées, je savais pas ce qu’elles étaient devenues et même si on était en de meilleurs termes avec Chuck, je voulais pas lui demander ce qu’il avait fait de toutes mes coupures de journal et tout le tralala, parce que ça aussi c’était un mauvais souvenir qui renfermaient des mauvais souvenirs dans le cahier, alors j’avais laissé tomber.

Mais là les licornes, les chevaux, c’était un peu pareil, non ? D’accord il y avait une corne en plus et des couleurs argentées et dorées pour les robes et puis les licornes elles étaient… pas magiques parce que je voulais pas utiliser ce mot, mais elles étaient… extraordinaire, voilà, c’était des chevaux mais en pas ordinaire, rien de plus et puis là j’avais pas besoin d’utiliser ma baguette qui de toute manière était en repos dans le dortoir des filles, donc si je participais un peu au cours, je ne faisais rien de mal, surtout qu’ils faisaient tout de travers les autres et qu’ils allaient vraiment finir par les effrayer !

Je sentis tout de suite lorsque mon visage s’étira pour se fendre en un sourire parce que ce n’était pas arrivé depuis… je ne savais même pas quand en fait, du coup, c’était des muscles que je ne travaillais plus beaucoup, aussi je m’en rendis compte presque immédiatement, mais pas assez vite et il se fana assez rapidement, parce qu’en plus ce n’était pas à n’importe quelle personne que j’avais souris, mais à Chuck et puis j’étais plus sûre tout à coup qu’il accepte et d’ailleurs je me demandais ce qu’il avait bien pu me passer par la tête une seconde plus tôt pour lui demander un truc pareil parce qu’il allait me rire a nez, je le connaissais, fallait pas croire, du coup, je me retournais, parce que je voulais pas le voir quand il allait afficher son expression moqueuse, mais comme rien de tout ça ne se passa encore une fois dans la même soirée, je finis par m’admettre que Chuck allait se comporter correctement et je me sentis un peu plus légère et alors je le regardais s’avancer pendant que je passais sur les naseaux de la mère pour l’apaiser en prévision, parce qu’elle allait sans doute craindre pour son petit. Elle s’ébroua à peine, et cette fois je souris de nouveau, le cœur beaucoup moins contracté. Les licornes aimaient pas trop que les hommes s’approchent d’elles, elles les trouvaient plus menaçants – ben je le savais parce que tout le monde le savait c’est tout, y’avait rien d’étonnant à ce que je m’y sois intéressée… - , mais pour le moment ça se passait bien, du moins avec le bébé, parce que des trois, c’était le moins peureux.


- Je fais quoi?

J’avais plus ou moins oublié le reste de la classe parce que j’étais dans mon truc et puis même si on se pressait trop autour, elles allaient se sentir encerclées et là, elles allaient vraiment prendre peur et il ne fallait pas. Automatiquement, sans même y penser, je pris doucement son poignet pour la poser sur l’épaule de la femelle qui frémit et tenta un écart – elle n’était pas totalement rassurée.

- Attends… demandai-je d’une voix douce, j’avais un peu resserré mes doigts sur son poignet pour le retenir au cas où Chuck s’éloignerait instinctivement lui aussi, parce que ce serait son hésitation qui la ferait hésiter elle aussi, alors qu’en fait c’était tout l’inverse qu’il fallait faire pour lui montrer qu’il n’y avait vraiment pas de quoi s’inquiéter. Avec mon autre paume je lui fis quelques autres caresses, puis reposai celle de Chuck au même endroit avec une extrême douceur. Voilà… Je mettais à plat ma main sur la sienne pour lui faire faire les bons gestes, ils étaient un peu mécaniques comme ça, mais c’était ce que je faisais le plus souvent avec les gosses au ranch quand il venait essayer et que c’était la toute première fois qu’ils approchaient un poney. Sans me poser de questions, je me lançai dans des explications : elles se comportent exactement comme les chevaux, enfin les plus craintifs, si tu es trop brusque et que tu leur en demandes trop d’un coup, ils vont tout de suite se braquer et ils vont prendre peur, parce que c’est leur instinct et que depuis toujours ce sont des proies, donc leur seule manière de se protéger c’est de fuir ou alors ils font leur mauvaise tête parce qu’ils ne comprennent pas où tu veux en venir. C’est pour ça qu’il faut toujours être patient, parce que la violence ne fait qu’aggraver la peur au lieu de la résoudre, et leur confiance, elle se mérite, et une fois que tu l’as gagné, tu peux leur faire faire ce que tu veux ou presque donc à partir de là, ils te laissent mener la danse parce qu’ils se disent que c’est toi le leader donc que c’est toi qui prend les bonnes décisions. Donc t’a pas le choix, t’as pas le droit de trahir leur confiance, c’est tout. C’était ça les règles, c’était ça l’enjeu.

Je me tus pour reprendre mon souffle et levai la tête vers lui pour vérifier s’il m’écoutait ou pas. Ça sert à rien que tu sois coléreux ou trop nerveux, ça sert à rien… Et ça marche pas qu’avec les chevaux ou les licornes.

Il y eut des rires débiles dans notre dos, des rires masculins, pas parce qu’ils se moquaient, ils faisaient genre que si, mais en vrai, j’étais sûre qu’en fait c’était rien que pour masquer leur malaise.

- Laisse tomber, murmurai-je à voix plus basse pour que seul Chuck ne m’entende pour le rassurer aussi, parce que je voulais pas que du coup sa bonne - ? – volonté s’envole en fumée. C’est parce qu’ils n’ont jamais vu de vrais cow-boys… et ça je lui interdisais de démentir et puis j’étais très sûre de moi en disant ça, après tout, je parlais de mon domaine et le cliché qu’on faisait en premier, c’était les filles à papas qui pense qu’à avoir l’équipement le plus cher et à jouer à la poupée avec leurs animaux, mais y’avait pas que ça, et ramener tout le bétail au ranch en saison, alors qu’ils étaient au fin fond des plaines, c’était pas pour des nenettes comme ça !!

Toujours de la même manière que tout à l’heure je déplaçai cette fois sa main du haut du garrot pour lui faire caresser son dos jusqu’à la croupe et je réalisai que ça pouvait être bizarre ou gênant que je le maintienne comme ça et que peut être ça le dérangeait et que j’avais un peu dérogé à la règle du respect des distances sans même avoir fait gaffe, et à la place, pour masquer le malaise, je glissai la mienne dans la crinière aux crins tout fins qui étaient aussi doux et légers que de la soie. Le poulain s’était rapproché et la couleur de sa robe n’en était pas moins éblouissante, même la nuit tombée.

- En fait, leur robe s’éclaircie avec l’âge et elle deviendra plus claire pour être forcément argentée quand elles seront adultes, crus-je bon de préciser, mais c’était plus fort que moi, alors que la prof avait sûrement dû le dire dès le début du cours, mais comme j’avais fait exprès de ne pas écouter… bah oui, ça aussi je le savais et puis et alors, j’avais dû le lire quelque part un jour et je l’avais retenu, la belle affaire !

Comme c’était le mâle qui opposait le plus de résistance, pour l’instant, c’était surtout moi qui m’en approchait et en plus la professeur avait l’air de papillonner comme pas possible et semblait toute contente que quelqu’un d’autre autre qu’une fille ait pu toucher l’une des licornes elle avait l’air décidée à prolonger le truc et elle aussi elle s’était avancée sans trop de complications comme elle avait déjà dû le faire précédemment avant de nous les présenter et me donnait quelques morceaux de pommes à leur faire manger. J’en donnais un au chef de famille pour lui montrer qu’on ne lui voulait vraiment pas de mal et en profitais pour le gratter derrière les oreilles. Là encore, il eut un frisson, mais cette fois, je savais pourquoi, c’était parce c’était son point sensible et qu’il aimait ça. En plus il avait la même façon de secouer la tête…

- Il fait exactement comme.. ! mais je m’étais coupée un peu brusquement dans ma lancée, parce que cette fois, je m’étais trop laissée emporter par mon enthousiasme parce que Chuck avait sûrement déjà oublié depuis longtemps qui était Sunset. Je me tus et me contentai de lui donner un autre bout de pomme.

Pourtant je lui en avait déjà parlé et là-dessus, j’étais formelle parce qu’on avait que très peu de fois évoqué le sujet, il savait que j’habitais dans un ranch et que ma passion c’était ça, mais pour le reste, je veux dire les détails… Donc forcément dès que ça touchait ce sujet je m’en souvenais, mais pour le coup ça devenait un peu trop personnel et je ne me sentais pas prête, surtout qu’il devient bien s’en ficher de tout ça, et qu’il ne devait même pas non plus se rappeler que ma jument s’appelait Hibiscus alors que je lui avais dit aussi, enfin voilà, j’en avais jamais trop parlé avec lui, parce que je savais que c’était pas son délire et qu’il trouvait que c’était rien que pour les filles… Pourtant lui aussi il m’avait parlé d’un cheval une fois, du coup je l’avais bien retenu, mais à la réflexion je m’étais dit que ça avait été un mensonge juste pour éveiller mon intérêt et que tout ça, c’était rien de plus que des histoires inventées.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Mar 30 Oct - 18:02

Et dire que c'était moi qui lui avais proposé de s'approcher. Et dire que c'était moi qui avais provoqué toute cette belle petite comédie! Allons, il ne me restait plus qu'à mettre une robe et à me faire des couettes, et la boucle serait bouclée. Bon. Qu'est-ce qu'on ne fait pas pour ses amis, hein. C'était une médaille, que je méritais. N'empêche qu'elle avait intérêt à s'occuper de moi maintenant la petite Reegan, et à faire en sorte que ces bestioles à pattes ne se barrent pas à cause de moi, parce que sinon bonjour l'échec de la mission, et pour le prix qu'elle me coûtait...

- Attends… Voilà…

Elle avait pris ma main alors que j'attendais bien sagement, et la posa sur le cou de la mère, je crois, qui se mit à trembler. Ouhlàlà, une main. Quand même, cet animal avait peut-être des vertus de ouf et tout ça, mais il fallait reconnaître qu'il n'était pas bien malin! Je veux dire, qu'il ait peur au début, passe encore, surtout que j'imagine que certains sorciers devaient chasser les licornes pour en tirer des bénéfices, mais là bon c'est bon elles pouvaient comprendre quand même les bestioles, on était une bande de gamins qui voulions les peloter, et la prof avait aidé le garde-chasse à les soigner. Il était où le risque? Ou bien alors je faisais si peur que ça? Oui oui. Je laissai Taylord faire, puisqu'elle était la chef des poneys, en me demandant qu'est-ce qu'il pouvait y avoir de si extraordinaire avec les licornes, ou les chevaux. Je veux dire, Taylord n'était pas la dernière des connasses, elle était intelligente et n'était pas une pintade, mais pourtant elle aimait les poneys. C'était quoi le deal? C'était quoi ce que je ne captais pas? J'aurais bien aimé qu'elle m'explique, mais bon, je me voyais mal lui demander "pourquoi tu aimes ces trucs de fillette qui ne servent à rien?" parce qu'à une telle étape de notre guérison amicale, ça aurait été franchement mal venu, merci bien. Elle me prit la main, rassura l'autre machin, et puis me montra comment les caresser, et à vrai dire je me demandais de qui sa main ou la sensation des poils de la licorne était la plus douce. Brusquement, je me dis que ce n'étai pas si mal que ça de caresser une licorne, puisque Taylord y mettait tellement du sien qu'elle en oubliait le reste. C'était la première fois qu'on avait un tel contact - non, faux, la deuxième si on comptait la façon dont on s'était pris dans les bras dans les toilettes, mais rappelons que nous n'étions pas tous les deux dans notre état normal et je préférais oublier ce petit débordement. D'ailleurs, on en avait pas reparlé, et c'était mieux comme ça. - et ça me faisait plaisir de voir qu'au fond, elle faisait des efforts et m'acceptait peu à peu.

- Elles se comportent exactement comme les chevaux, enfin les plus craintifs, si tu es trop brusque et que tu leur en demandes trop d’un coup, ils vont tout de suite se braquer et ils vont prendre peur, parce que c’est leur instinct et que depuis toujours ce sont des proies, donc leur seule manière de se protéger c’est de fuir ou alors ils font leur mauvaise tête parce qu’ils ne comprennent pas où tu veux en venir. Ah oui, donc inutiles et lâches en plus de ça! C’est pour ça qu’il faut toujours être patient, - désolé les licornes, la patience n'est pas mon fort - parce que la violence ne fait qu’aggraver la peur au lieu de la résoudre, - ... - et leur confiance, elle se mérite, et une fois que tu l’as gagné, tu peux leur faire faire ce que tu veux ou presque donc à partir de là, ils te laissent mener la danse parce qu’ils se disent que c’est toi le leader donc que c’est toi qui prend les bonnes décisions. Donc t’a pas le choix, t’as pas le droit de trahir leur confiance, c’est tout.

... Bien. Mais de qui parlait-on ici?!...

Je ne l'avais pas quittée des yeux et elle me regarda aussi après avoir débité sa jolie petite leçon, et je ne lus rien de spécial de ses yeux : dommage. Je m'étais attendu au coup d'oeil en mode assassin qui voulait dire plus ou moins gentiment : "tu vois connard c'est de toi que je parle". On me l'avait déjà fait hein, ça ne me faisait ni chaud ni froid. Mais bon, on remontait doucement la pente avec Taylord, donc j'estimais que les attaques frontales comme celle-là, elle pouvait se les carrer dans le cul, ou bien moi aussi je pouvais contre-attaquer. Je pouvais aussi dire oh, très bien, la patience au lieu de la colère, mais oui! Et pourquoi pas la fuite plutôt que la lutte? Ou la lâcheté, l'abandon plutôt que d'affronter la vie? Hmm? Très bien très bien.

Non, mais on parlait de licornes ici. Il fallait que je me concentre là-dessus. Sinon ça allait m'énerver, et ça allait foutre la frousse à nos amies les licornes. Et ce serait dommage. Oh là là.

Promis, promis, je ne m'énervais pas. Gagnons la confiance des licornes, mission acceptée, chef.


- En même temps, pourquoi elles ont peur avant même de savoir qui on est et ce qu'on leur veut? râlai-je quand même pour la forme. C'est vrai ça, je veux bien que les animaux soient peureux, mais il y a des limites à la connerie...

Je me concentrai quand même et évitai tout geste brusque et continuai à les caresser, le petit, la mère, tout en me demandant sur l'échelle de 0 à 100 de la honte, à combien j'étais - et les rires derrière moi me confirmèrent que j'étais plus proche du 100 que du 0. Putain. Non, j'aimais bien Taylord, mais quand même. Je leur jetai un regard haineux, pour garder la face. Tout va bien. Ce cauchemar au milieu des poneys allait bien se terminer un jour ou l'autre, de toute façon...

- Laisse tomber. C’est parce qu’ils n’ont jamais vu de vrais cow-boys…

Taylord m'avait cramé, mais comme sa remarque était marrante et que ça faisait à peu près deux siècles qu'elle n'avait pas fait de blague - décidément, d'abord un sourire puis ça! Chapeau les licornes! - je ne retins pas un rire moqueur (pour eux) tout en me rappelant que NON il ne fallait pas faire de bruit sous peine de fuite des licornes, ce qui ne manqua presque pas : la mère sursauta, le père aussi, et le bébé s'immobilisa en regardant ses parents. Oh putain. Cimer l'ambiance dans la famille, on devait bien se marrer!

- Ça va, j'ai le droit de rire, leur dis-je juste avant de réaliser que je venais de m'adresser à des licornes. Bah. Je n'étais plus à ça près.

Taylord continuait à me tenir la main pour me montrer comment faire, et même si je commençais à avoir compris le principe, je n'enlevai pas ma main, bien trop content de ce qui était en train de se passer. Ah, je le savais. Je savais que Taylord ne me ferait pas la gueule éternellement! Même quand on s'engueulait à mort, il y avait toujours un moment où l'un ou l'autre revenait. Que les choses soient claires, avec ce qui s'était passé avant l'été, j'avais commencé à croire que cette règle n'était plus trop valable. Mais apparemment... Apparemment il fallait que j'arrête de penser, puisqu'elle lâcha tout d'un coup ma main et me laissa me démerder tout seul. Pour continuer de son côté à caresser le machin. Bon. Venais-je de me faire doubler par une licorne? Oui.


- En fait, leur robe s’éclaircie avec l’âge et elle deviendra plus claire pour être forcément argentée quand elles seront adultes, ah bon, merci, je n'avais pas remarqué, et la prof l'a répété mille fois. Mais comme j'étais sympa, je fis comme si elle venait de m'apprendre quelque chose et hochai la tête. C'était bien gentil hein tout ça, mais le baseball c'était quand même bien plus palpitant.

A ce moment là la prof s'approcha et nous fila des pommes - au secours - mais je laissai Taylord s'en charger. Et donc la prof, voyant que je refusai les pommes - non mais, à quoi on en était réduits quand même - me fit un signe de me reculer et de laisser ma place à quelqu'un d'autre pour qu'il approche les licornes à son tour. Tatata! Je n'en avais pas fini avec Taylord, je veux dire, avec les licornes! Du coup, j'attrapai quatre bouts de pomme et me mis à les filer au petit qui s'était précipité vers moi et qui se jetai sur la pomme comme un goinfre - comme Taylord je mettais ma main à plat, pas con, sinon je me serais bouffé les doigts - et ce gros morfale me bavait partout sur la main, mais bon, c'était le prix à payer. Je jetai un regard pénétré à la prof pour lui montrer combien j'étais en fusion totale avec ces magnifiques animaux, qu'on me laisse caresser mes licornes merci. Du coup elle me laissa tranquille, et quelques élèves approchèrent le père pendant que moi j'étais en train de me faire trop pote avec le bébé qui me sniffait de partout et essayait de manger les quatre morceaux d'un coup. Eh oh!

Bon, il fallait bien que je l'avoue, maintenant. En fait quand on était petits avec Coop, près de chez nous, dans le terrain vague, il y avait eu un campement de gitans qui s'était installé là. Il n'était resté que 6 mois, parce que nos connards de voisins avaient tous signé une pétition pour que la mairie les dégagent de là, alors qu'ils ne faisaient de mal à personne, pas plus que les gamins des voisins qui dealaient tous et volaient dans les magasins, mais ça hein, personne n'avait jugé bon de le faire remarquer. Bref. Moi je m'étais fait un pote chez les gitans, et comme il avait l'âge entre Coop et moi, on traînait ensemble parfois, et on se marrait bien, il nous avait appris des tours de magie, il nous avait fait visiter le campement et tout. Bon c'était un peu chaud parce qu'on y était pas très bien vus, mais comme on était des gamins, ça passait. Et donc, ils avaient un poney. Un gros poneys tout gris qui servaient trop à rien, mais que la famille trimbalait comme une mascotte, et mon pote s'en occupait comme de son propre gamin. Du coup il nous avait appris à nous en occuper, tout ça, et donc oui, j'avais déjà approché un poney, je l'avais nourri et tout le baratin MAIS c'était pas vraiment un poney, c'était un animal marrant et gentil, et Coop adorait aller le voir, donc je l'accompagnais. Il était marrant, il savait boire à la bouteille, et enlever les scratch de nos baskets. On rigolait bien. Personne ne le savait qu'on faisait ça, déjà c'était trop mal vu de traîner avec les gitans, alors bon... Et donc voilà, un jour je l'avais peut-être vaguement évoqué à Taylord, sans développer non plus. J'en savais pas plus que ça, ça ne faisait pas de moi un connaisseur de toute façon.


- Il fait exactement comme... !

Taylord m'arracha à me souvenirs et je donnai un troisième bout de pomme au bébé licorne qui ne me quittait plus et qui apparemment n'avait plus peur du tout, vu que j'étais devenu pour lui un distributeur ambulant de pommes. Il croquait dedans comme un forcené et ma main était toute baveuse, mais sinon, c'était plutôt drôle.

Réflexion intense... Comment c'était déjà? Sunrise? Un truc avec sun. Sunset! Et puis l'autre là le nouveau, chez sa tante ou je sais plus quoi, j'étais perdu entre tous les ranchs de mademoiselle. Un nom trop bizarre, de fleur, genre Géranium. Chèvrefeuille... Hibiscus!


- Tes canassons... Tes chevaux ils s'appellent comment déjà? Sunset et Hibiscus c'est ça? Oh oh oh, tu l'as pas vue venir celle-là hein. Tout fier de moi, je fis comme si je venais de dire le truc le plus normal du monde. Tu m'avais pas dit ce que tu faisais exactement, tu fais de la compèt? De quoi?

Oui. Oui, oui. J'étais en train de parler chevaux avec Taylord Reegan. Et je me sentais le maître du monde, je ne vous le cache pas.

Je récompensai mon nouveau pote avec le dernier bout de pomme que j'avais avant de regarder Taylord en mode - je fais quoi? - mais le petit malin tendis sa tête vers moi et renifla mes poches comme si il voulait rentrer dedans, mais il comprit que je n'avais plus rien, alors, qu'est-ce qu'il décida de faire, je vous le donne en mille? me renifla la face et me lécha la joue, dans le but sûrement de vérifier si j'étais une pomme ou non. Comme j'étais en train de parler et que je n'aimais pas trop qu'on me lèche (... pas comme ça) ça donna une sorte de cri bizarre :


- J'ai plus de poAAAAARGHDEGUEUPUTAIN!

Et croyez-le ou pas, même si j'avais crié, le gnome licorne ne bougea pas d'un pouce et me regarda comme si je venais de dire la chose la plus grossière du monde.

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Taylord Reegan
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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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MessageSujet: Re: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Ven 2 Nov - 16:29

Je venais à peine de terminer ma tirade, que je sus que j’avais perdu une belle occasion de me taire – on ne parle pas chevaux avec n’importe qui et même si Chuck ne laissait rien filtrer du côté de ses expressions, forcément, je me le demandais : qu’est-ce qu’il en pensait de tout ça ? Pour moi bien sûr, ça coulait de sens puisque j’avais grandi dans cet univers, et puis ceux qui venaient au ranch, à par exception parce qu’il y en avait toujours qui montait à cheval dans l’unique but de se montrer, mais sinon, c’était des gens qui aimaient ça ou qui voulaient apprendre à aimer qui tapaient à la porte, alors que là, c’était rien qu’un cours dans une école de « magie » où les filles voyaient les licornes comme des peluches vivantes dont on pouvait peigner la crinière pendant des heures et où elles avaient l’impression d’être dans le coup et d’enfin avoir une excuse pour jouer aux petites princesses, alors qu’à l’inverse il y avait les mecs qui étaient là parce que… bah parce qu’ils avaient pas le choix mais qui montraient bien que ça les faisait bien chier.

Il fallait que j’évite de m’emporter comme ça – c’était ce stade où même la passion ne suffisait plus ce n’était pas d’une sec onde à l’autre que Chuck allait se mettre à apprécier, les poneys, chevaux, licornes et tout le bataclan donc c’était aussi des explications qui étaient un peu vides pour lui sans aucun doute et non ce n’était pas vrai on ne pouvait pas parler de tout avec ses ‘’amis’’ parce que non seulement depuis qu’on se connaissait c’était jamais vraiment arrivé et puis j’avais jamais eu le sentiment d’avoir partagé ça avec lui lorsque je lui en avais parlé, alors que quand on avait fait du baseball, ça m’avait plu, et je n’avais pas eu besoin de me forcer. Là ben… Je me dis que finalement, ça n’avait pas été une si excellente idée que ça.


- En même temps, pourquoi elles ont peur avant même de savoir qui on est et ce qu'on leur veut?


Du coup, je n’avais plus vraiment envie d’insister – et pourtant, j’en avais encore pleins des choses à dire, de quoi argumenter pendant des heures, mais à quoi ça servait tout ça, quand la personne en face était de toute manière décidée à ne pas en démordre ?

- Ben elles ont peut-être déjà fait des mauvaises rencontres justement… continuai-je sans perdre patience, mais sans entrer dans les détails non plus, parce que je ne sais pas, tout à coup, je sentais son jugement un peu trop fait et qu’il trouverait quand même de quoi redire.

Tant pis. J’étais déçue, mais en tout cas, je faisais comme si de rien était et continuait le plus tranquillement du monde à les câliner, parce qu’à présent qu’elles avaient bien repéré notre odeur, les licornes n’avaient pas l’air de trouver notre compagnie très désagréable. Mais oui, leur passé comptait beaucoup, on ne savait pas où elles avaient été traînées, et puis même, être peureux, d’accord peut être que même chez les animaux c’était mal vu, mais en même temps si le seul moyen pour elles de rester en vie, un minimum en sécurité et qu’on leur foute la paix, alors est-ce qu’on pouvait leur en vouloir pour ça ? C’était sûrement pour ça que le plus petit était le moins trouillard, parce qu’il avait la curiosité de découvrir le monde qui l’entourait, tout en restant malgré tout sur ses gardes mais ça faisait que c’était quand même le plus facile à approcher. On avait déjà récupéré des chevaux qui avaient été mal nourris où alors qui avaient vécu dans des conditions précaires et qu’on avait eu du mal à rassurer, et des fois ça prenait même des mois, mais ça se lisait rien que dans leur yeux qu’ils avaient souffert et que la seule chose dont ils avaient envie, c’était de ne plus jamais avoir mal…

Mais bon dans l’assemblée, j’avais l’air d’être la seule à adopter ce point de vue et la réaction des autres m’agaça un peu – c’était encore des préjugés trop cons et pendant longtemps je m’étais battue pour les revendiquer, mais c’était totalement inutile contre les hormones des garçons qui pensaient savoir tout sur tout, et ça m’énervait tellement cette image toute faite qu’ils se faisaient dans leur tête, ça m’énervait tellement ! En tout cas, les licornes n’eurent pas trop l’air d’apprécier l’agitation elles non plus alors je préférais me concentrer là-dessus même si le premier qui se moquait ouvertement d’elles, j’étais prête à lui faire bouffer les feuilles mortes qui se trouvaient à la lisière de la forêt !


- Ça va, j'ai le droit de rire.

En fait, je ne savais plus trop me comporter avec Chuck parce que à la fois je me disais qu’en fait il en avait un peu rien à foutre, mais en même temps, il n’y avait pas que de la mauvaise volonté et que même s’il grognait un peu à leur intention, il ne s’éloignait. J’avais tout à coup beaucoup de choses à dire, tout en étant contrainte de me retenir et je me dis que c’était dommage qu’il n’y ait pas ce gars de sixième année avec qui je pouvais discuter sans me soucier de savoir si j’étais relou ou pas. Alors à la place, je répliquai juste :

- Elles vont s’habituer. J’eus un mince sourire pour dire que, puis cette fois le laissai faire un peu de son côté.

J’avais pris mes pommes et je regardai Chuck de temps en temps pour voir s’il n’était pas trop en difficultés, mais en même temps, il y avait un petit groupe – de filles bien évidemment – qui s’était approché, mais qui au moins étaient toutes désireuses de jouer aux apprenties cavalières alors qu’elles avaient pas à se faire de bile parce que jamais elles allaient réussir à monter sur l’un des trois, mais au moins elles y mettaient de l’intérêt, alors j’étais quand même bien occupée, surtout que du coup, la mère et le père s’étaient rapprochés tous les deux et essayaient de se chiper des morceaux à l’un et à l’autre, et je pris le temps de leur montrer comment est-ce qu’il fallait faire, mais les deux étaient bien trop contents d’avoir trouvé des petites mains pour les nourrir, alors mine de rien, j’étais revenue près de Chuck et du poulain, qui n’éprouvait d’ailleurs, plus aucune crainte à son égard.


- Tes canassons... Tes chevaux ils s'appellent comment déjà? Sunset et Hibiscus c'est ça?

Je restais un peu perplexe parce que je ne m’étais pas vraiment attendue à ça – mais quand même je n’avais pas pu m’empêcher de retenir la première expression qu’il avait utilisé et même si je sentis mes joues chauffer de plaisir, en même temps, j’étais un peu rebutée parce que euh… bah ça prouvait à quelle grande haute estime il les plaçait et du coup ça me bloquait un peu.

- Oui. Mais là aussi, je faisais sans plus de précisions à propos de Sunset qui n’était plus là, enfin plus là, vendu quoi et qu’en plus je n’étais même pas allée le voir cet été parce que prise avec mes propres tourments et puis même il en avait rien à carrer Chuck, non ?

- Tu m'avais pas dit ce que tu faisais exactement, tu fais de la compèt? De quoi?


Okay, donc ça allait franchement un peu vite, et oui pour y revenir, je n’arrivais pas à me laisser aller déjà parce que de manière générale, je ne voulais plus me confier à Chuck même si c’était des trucs qui pouvaient paraître tout con, j’avais accepté qu’on se reparle d’accord, mais c’était fini le temps des confidences et tout le blabla, surtout que c’était pas spécialement parce que la réponse lui importait vraiment, mais parce qu’on s’était promis d’arrêter de se prendre le chou tous les deux, mais voilà, en même temps, c’était forcément qu’il y mettait un peu de sien, alors si je disais deux trois choses comme ça, sans grande valeur, ça ne m’engageait à rien de plus, ce n’était pas très grave, puisqu’il allait en plus de ça sûrement l’oublier d’ici une heure ou deux…

- Heu.. du rodéo, des trucs comme ça, mais c’est pas vraiment des concours…
éludai-je vite fait bien fait, mais vite un autre sourire parce que je ne voulais pas qu’il pense que j’en avais rien à faire de ce qu’il essayait de faire, mais que voilà, j’avais signé pour que ça se passe bien entre nous deux pour que je puisse un peu le surveiller, mais surtout pas pour qu’on redevienne proche comme avant…

En plus les compétitions traditionnelles, le saut d’obstacles et ce qui allait avec, j’en avais surtout fait quand j’étais petite parce que c’était un milieu que ma mère avait bien connu elle par contre, mais c’était plus l’ambiance qui me dérangeait, plutôt que la monte. Et puis rodéo, c’était pas vraiment rodéo non plus, bien sûr y’en avait, mais on faisait plus des démonstrations que des concours, même s’il y en avait et les noms des épreuves étaient beaucoup plus complexes et consistaient aussi à attraper des veaux au lasso, rassembler un troupeau, des épreuves de vitesse et de souplesse et j’adorais ça, mais… C’était comme le reste, ça allait l’emmerder ces explications, c’était pas la peine. Et puis de toute façon, je fus coupée par une grande exclamation…


- J'ai plus de poAAAAARGHDEGUEUPUTAIN!

..Qui n’était autre que celle de Chuck et le temps que je m’oppose entre lui et la licorne dorée il avait déjà plein de traces sur le visage et comme je m’étais retournée le temps de le regarder, elle n’arrêtait pas de me donner des coups de museau dans le dos pour me pousser et réclamer encore à manger et là-dessus les licornes ne devaient pas différer des chevaux : des vrais estomacs sur pattes ! Je voulus me retenir parce que Chuck tirait un peu une gueule de pas content, mais en même temps, ça le rendait encore plus drôle, alors au bout de quelques secondes, je laissai échapper un rire court et bref cependant, parce que l’autre énergumène réclamait encore et me faisait du rentre dedans, alors je le repoussai gentiment mais fermement.

- Dis donc, tu attends un peu maintenant, le grondai-je avec une voix un peu plus autoritaire et il tendit les oreilles dans ma direction, en essayant quand même d’attraper le dernier bout de pomme que j’avais caché dans mes poches. Ça suffit. Cette fois, je l’avais clairement élevé et ne le quittait pas du regard il s’était immobilisé mais je me méfiais parce qu’il était bien capable de recommencer. Peut-être que t’es bon à manger, m’adressai-je à Chuck, et j’avais bien ramené ma manche pour pouvoir lui essuyer la joue avec. Ça me faisait rien qu’elle soit toute baveuse ensuite, de toute façon quand on était avec les animaux il fallait s’attendre à se salir !

Comme il était resté sage – la licorne ! – je lui donnais la pomme qu’il me restait et lui donnait une petite tape amicale sur l’épaule.

- On peut pas leur laisser tout faire non plus, il faut bien qu’il te respecte, dis-je à Chuck, parce que pour le coup, le bébé n’en avait rien eu à faire, mais même si ça faisait un peu prétentieux de le dire, c’était justement en instaurant un système de hiérarchie qu’on se faisait écouter et que ça se passait pour le mieux. C’était le secret d’une entente en harmonie, sans pour autant passer pour un tyran. Enfin… à mon avis.

C’est ce moment là que choisi la prof pour annoncer que le cours allait bientôt toucher à sa fin, qu’on devait remplir deux trois trucs sur une feuille – que j’avais dû perdre malencontreusement… - et qu’ensuite on pourrait rentrer au château. Je tapai machinalement dans mes mains comme je le faisais pour enlever la poussière qui s’était incrustée dans la peau tout en retenant une grimace parce que j’avais encore mal mais que du coup j’avais arrêté d’y penser et qu’un pique de douleur me surpris. Les premiers élèves commençaient à s’éloigner, sûrement désireux de retourner au chaud le plus vite possible, mais je trainais un peu plus pour les caresser chacune une dernière fois. C’est pour ça que je n’avais pas fait très attention mais la prof s’était rapprochée de moi pour me dire que j’avais fait du bon travail et qu’elle était contente de ma participation au cours, enfin tout un tas de blabla que j’écoutais plus ou moins parce que c’était normal, enfin normal, c’était des licornes, ça ressemblaient à des chevaux, ça n’avait rien à voir avec le fait que c’était un cours de soins aux créatures magiques et que j’avais voulu y mettre du mien ! Pourtant, j’entendis très distinctement la fin de sa phrase :

- .. vont rester encore quelques jours ici pour être sûr que la femelle soit hors de danger. Si tu veux, tu peux venir les voir en dehors des autres heures de cours…

Plus sous-entendu que ça tu meurs, et elle avait beau faire mine de, son regard était super éloquent et je compris tout de suite ce qu’elle était en train de faire, elle espérait que comme ça, je me remette à trouver ça marrant d’agiter une baguette magique dans tous les sens et tout le barda, et ça il en était pas question, c’était juste exceptionnel ce soir, et ça n’avait rien à voir que ce soit de près ou de loin avec Poudlard…

- Je… non pas possible de toute façon, je pourrai pas, on a trop de devoirs en ce moment… mentis-je avec plus ou moins d’aplomb, parce que c’était vrai, mais comme je ne faisais plus les dits devoirs , en vrai ça me faisait une belle jambe. Tant pis.

Je haussai les épaules pour lui montrer que c’était pas la peine d’insister, mais qu’elle pouvait toujours le proposer à quelqu’un d’autre puisqu’il restait encore deux ou trois personnes qui profitaient qu’il n’y ait plus grand monde pour s’approcher à leur tour des licornes. Elles allaient sûrement dire oui, et comme ça j’allais en profiter pour m’éclipser rapidos. Il y avait encore Chuck et pour le coup, j’étais bien contente, parce que ce n’était pas lui qui allait me dire non, c’était certain, si je lui demandais de se barrer avec moi.

- On y va ? demandai-je d’un ton qui n’attendait pas de non en réponse. Surtout pour couper la chique à la prof qui avait ouvert la bouche pour argumenter, parce qu’elle avait cru bon d’en découdre.

Surtout avant qu’elle ne me fasse changer d’avis.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Lun 5 Nov - 1:01

Mauvaises rencontres, mauvaises rencontres... Est-ce que c'était comme ça qu'elle me voyait maintenant? Comme une mauvaise rencontre? Ah ben, sympa! On avait peut-être pas toujours filé droit mais enfin quand même, il n'y avait pas que du mauvais dans l'histoire. La manière dont je l'avais larguée mise à part, c'était quand même une histoire plutôt cool qui nous liait, et sans doute la plus aboutie pour ma part, parce que les filles, soit elles finissaient dans mon lit soit je ne les calculais pas parce qu'elles ne m'intéressaient pas, donc Taylord pouvait se vanter d'être la seule qui avait rempli la première proposition mais que je n'avais pas dégagé de ma vie le lendemain même. Et franchement, quand on me connaissait, c'était un exploit. La conclusion de tout ça pour moi c'était qu'on était amis, pour de vrai, alors question mauvaise rencontre, on pouvait repasser. Et puis qu'elle ne me fasse pas rire : quel genre de mauvaise rencontre on pouvait faire quand on était une licorne, et que donc on avait une corne sur la tête et qu'on courait plus vite que l'éclair? Ça va, elles n'étaient pas le plus à plaindre, ces bestioles. Enfin, bref. Le mystère de tout ce qui se rapportait de près ou de loin à un poney restait entier pour moi, mais visiblement pas pour Taylord, voilà tout.

Je me demandais jusqu'à quel point je me voilais la face, sur ce coup. Ça ne me ressemblait pas de foncer dans un mur, pas du tout. J'étais bien trop attaché à profiter du temps qui passait sans m'arrêter sur ce qui n'en valait pas la peine et ce qui ne pouvait pas fonctionner pour me prendre la tête et me suer à faire des efforts dans un truc qui n'aboutirait à rien. Mais voilà encore une fois Taylord avait cette putain de manie de ne rentrer dans aucune case et pire de me faire moi sortir des miennes, ce qui avait un petit côté vraiment chiant, mais en même temps, auquel je ne pouvais pas refuser. Et puis, je lui devais bien ça. J'étais sans doute l'une des rares personnes qui savait tout de son petit drame, et ça me foutait un peu mal, je ne pouvais pas le nier, de lui dire au revoir et démerde toi avec ta vie, parce qu'il y avait toujours un truc au fond de moi qui me rendait responsable d'elle, sans que je sache trop quoi. Sans doute parce qu'on n'efface pas 6 années d'un revers de main. Ou bien sans doute parce que Taylord me donnait vraiment l'impression qu'elle était seule dans ce pauvre monde et qu'elle y était bien perdue, et que ça me touchait trop pour faire genre que je m'en foutais... Parce que je me retrouvais en elle, on est toujours sensible à ce qui nous fait écho, je pouvais faire semblant d'être con, mais je ne l'étais pas tout le temps.

Elle était complètement dans la retenue, et si je me forçais de comprendre parce que voilà on avait promis de faire des efforts, il n'empêche que ça me soûlait. Pour une fois que je me laissais aller, pour une fois que je tenais une promesse que je lui avais faite... C'était elle qui refusait à chaque fois, qui reculait. Du coup je me retrouvais le cul entre deux chaises, merci bien. Lui voler dans les plumes en lui disant que, helloooo, il fallait qu'elle y mette du sien parce que ça faisait chier, mais donc tout péter à nouveau? Ou bien faire profil bas, sachant que ça me faisait bien chier, que ce n'était pas moi et qu'elle me poussait à être quelqu'un que je n'avais pas envie d'être? Le problème était que c'était le meilleur moyen pour recoller les morceaux. Merci du cadeau. Et pourtant... Quand je voyais qu'en une soirée, grâce à trois pauvres licornes, elle avait souri, elle avait enfin été intéressée par quelque chose, et que ses yeux brillaient plus que d'habitude, ben je me disais que quelque part j'étais récompensé de toute cette merde. Alors, tant pis. Je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin, et il me suffisait juste de ravaler ma fierté, mais admettez que pour quelqu'un comme moi c'était genre une énorme pilule qui avait bien du mal à passer.


- Oui. Heu.. du rodéo, des trucs comme ça, mais c’est pas vraiment des concours…

Ah oui, du rodéo! Elle me l'avait dit il y a longtemps, au début je crois, et je l'imaginais carrément avec son chapeau de cow-boy faire des pirouettes sur un mustang au milieu d'une arène, au milieu d'un cercle de gens, comme on le voyait dans le western. J'avais toujours l'impression que Taylord avait deux vies, une ici et une aux states, et que c'était magique là-bas, comme un rêve. Il avait été exaucé grâce à Lilian quand elle m'avait invité chez elle et si je n'avais pas été dans le Texas j'avais quand même goûté à d'autres trucs du rêve américain, qui m'avaient bien fait kiffer, mais bon de ça je n'en avais jamais trop parlé avec Taylord... Voilà voilà. Mauvais timing, quoi.

Donc, je pouvais me démerder avec "des trucs comme ça", c'était ça l'idée? Elle était bien bonne celle-là, pour une fois que je la lançais sur son sujet de prédilection, elle faisait encore la fine bouche... Je lui lançai un regard pour qu'elle poursuive d'un air de dire, oui oui je t'écoute absolument, parle moi donc de tes poneys j'adore ça, mais... Mais l'autre gnome de licorne décida bon de me coller sa langue baveuse sur la tronche.


- Dis donc, tu attends un peu maintenant. Ça suffit.

- Ça suffit?! J'te trouve bien sympa oui... Non mais, j'allais en faire du ragoût moi de ce machin... Taylord s'était approchée de lui et, je devais bien le reconnaître, elle avait un truc dans ses attitudes qui dissuadait, et je compris qu'elle savait s'y prendre pour apprendre au bébé licorne de ne pas recommencer. Pas mal. Mais le plus impressionnant dans tout ça c'était... Qu'elle avait ri, et j'en étais presque un état de choc, tiens.

- Peut-être que t’es bon à manger.

... Non, ne pas relever le potentiel obscène de cette phrase. Surtout pas. Non.

Je passai ma main manche sur ma figure pour toute réponse, pendant qu'elle faisait pareil, et je crois que je m'étais un peu raidi parce que voilà, Taylord qui me parle de me manger, et qui ensuite vient gentiment me caresser le visage... Avec toute l'amitié que je lui portais, comment dire qu'il ne fallait pas non plus pousser mémé dans les orties. Autant faciliter les choses, si on ne voulait pas qu'elles dérapent. La case sexfriends avec Taylord ne serait certainement jamais cochée, et je savais que rien qu'émettre l'idée me coûterait sans doute la vie, et comme elle avait des cornes de licorne à portée de main, autant éviter le massacre.


- On peut pas leur laisser tout faire non plus, il faut bien qu’il te respecte, continua-t-elle, la sainte enfant. Oui oui, parle moi donc de tes poneys et change moi les idées.

- Y'a intérêt, grognai-je pour la forme, mais le gamin licorne était quand même marrant et comme il venait se frotter contre mon bras, je décidai d'être cool et d'accepter ses excuses, en lui donnant une vague petite tape dans le cou, là où Taylord m'avait montré.

La prof mit fin au supplice en disant qu'il fallait qu'on remplisse quelques trucs sur la feuille qu'elle nous avait donné, et je la sortis de ma poche, tout chiffonnée - ah oui c'est vrai. Alors que j'allais laisser à Taylord le soin de la remplir, parce que les filles écrivent mieux, que c'était son rayon, et que surtout j'avais la flemme royale de le faire moi, je vis la dite Taylord faire comme si de rien n'était et ranger ses affaires, mais certainement pas remplir un quelconque papelard. Mais oui, j'avais oublié que madame était passée de Miss Je-sais-tout à Cancre-en-chef. Bon ben tant pis pour elle, j’inscrivis nos deux noms en haut de la feuille, je mis les trucs que j'avais retenus et tant pis si c'était de la merde, et posai la feuille sur la pile des autres. Je vis que les gens en avaient écrit des tartines et moi quelques lignes par-ci par-là, mais merde hein. De toute façon je ne voyais pas en quoi les SACM me serviraient un jour dans ma vie étant donné que même si je ne savais pas ce que j'allais faire ensuite il était hors de question que je m'occupe de ces bestioles, alors, qu'est-ce que ça pouvait me foutre. Et Taylord ben elle n'aurait certainement pas une bonne note non plus, mais ça ou zéro parce qu'elle se rebellait, c'était mieux que rien. Je ramassai mes affaires aussi en resserrant mon écharpe autour de mon cou - et en me la passant encore une fois sur le visage, j'avais l'impression de puer la licorne, avant de me préparer à me tirer mais...


- .. vont rester encore quelques jours ici pour être sûr que la femelle soit hors de danger. Si tu veux, tu peux venir les voir en dehors des autres heures de cours… dit la prof à Taylord, et franchement, c'était bien joué. Je voyais clair dans son petit manège...

- Je… je pourrai pas, on a trop de devoirs en ce moment… Cette grosse menteuse!!!! Et puis elle se retourna vers moi : On y va ?

Oh putain, c'était mon heure de gloire où je ne m'y connaissais pas. Alors là ma petite, si tu penses que je vais te louper! Je me retiens de fumer des joints pour toi, tu crois quand même que je vais te laisser t'en tirer comme ça! J'avais balancé mon sac sur l'épaule et j'étais prêt à partir mais j'interrompis Taylord dans son mouvement et répondis à la prof avec mon plus beau sourire :

- Mais pas du tout, cette semaine n'est pas chargée, et je sais que Taylord a déjà fait son devoir de Métamorphose. Regard vers Taylord. Tu as oublié? Tu me l'as dit ce matin. Ca serait super pour toi, toi qui t'y connais en chevaux et en licornes! Regard vers la prof. Elle serait ravie, c'est cool de lui proposer!

La prof sauta sur l'occasion - je n'étais pas crédible je pense mais elle avait compris qu'elle avait mon soutien donc elle ne chercha pas plus loin - et lui proposa de revenir le lendemain soir à la même heure.

- Parfait, dis-je à la place de Taylord, de qui j'avais pris le bras d'une main et que j'empêchais de bouger. Marché conclu, donc. La prof alla ramasser les copies, et il ne nous restait plus qu'à rentrer.

Pas peu fier de moi, je lançai un petit sourire à Taylord tout en m'empêchant de trop montrer ma satisfaction, et l'entraînai vers le château, après avoir lâché son bras. C'était elle qui m'avait proposé qu'on rentre ensemble, ne l'oublions pas.


- Allez, ça te fait plaisir, lui dis-je une fois que nous n'étions plus que tous les deux. Je savais que j'avais raison. Mais je ne dis rien de plus, trop occupé à serrer mon écharpe et à essayer de me protéger de ce vent de pute trop glacial pour mes vêtements. La nuit était complètement tombée, il faisait noir, et on avança rapidement jusqu'au château.

Pendant ce temps-là, je me demandai : et ce livre, est-ce qu'un jour je lui donnerai? Non parce qu'il allait moisir au fond de ma valise, c'est pas pour dire, mais c'était pas trop le genre de mes lectures, quoi. Donc, il faudrait bien qu'un jour je m'en débarrasse. Ou que je lui donne. Et ce n'était pas le meilleur moment, là, alors qu'elle allait justement faire la garde-malade des licornes en détresse? Je tournai et retournai le problème dans ma tête, jusqu'à revoir la tête outrée de Coop quand il avait vu que j'avais volé le livre et qu'il m'avait dit "mais les cadeaux ça ne se vole pas, ça s'achète ou ça se fait, sinon ça n'a pas de sens!". Innocent enfant. De toute façon, c'était fait maintenant, je l'avais. Allez... On était presque arrivés devant la salle commune, et je me décidai d'un coup.

Une fois passés par le portrait de la Grosse Dame, j'arrêtai Taylord d'un geste :


- Attends.

Puis je sortis ma baguette et fis venir le livre avec un Accio. Il se posa dans ma main - il n'était pas emballé, tant pis hein, c'est l'intention qui compte - il était assez vieux mais en bon état, avec des belles reliures animées, et plutôt épais. Je me demandais bien tout ce qu'on pouvait trouver à dire sur les licornes, mais bon.

- Tiens, fis-je en lui tendant. Oui oui, c'est pour toi, cherche pas, insistai-je pour faire passer ce moment trop bizarre, qu'elle accepte le bouquin et qu'on en finisse, on allait pas y passer la nuit. J'attendis qu'elle comprenne sur quoi était le livre avant d'ajouter avec un petit sourire : Je sais, je suis prévoyant!...

Le secret, c'était de toujours s'en sortir avec une pirouette.

_________________

CHUCK CARLTON
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MessageSujet: Re: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Lun 5 Nov - 19:43

Je me demandais à quoi est-ce qu’il était en train de penser – même si je n’avais pas très envie de le savoir. Ni à quoi est-ce qu’il s’était attendu exactement avec le drôle de pacte qu’on avait conclu, mais en tout cas, s’il s’attendait à revoir surgir de nulle part la Taylord qu’il avait toujours connu, il risquait d’attendre un bon bout de temps parce qu’elle ne comptait pas revenir – quand bien même elle essayerait, j’étais prête à l’en empêcher. Elle était loin, elle n’avait plus rien faire ici et de toute façon, je n’en voulais plus, c’était une mauvaise personne, tout le monde se débrouillait bien mieux sans elle, j’en étais persuadée. Mais bon. Justement, c’était celle-là qu’il recherchait – plus ou moins – non ? Puisque c’était le seul souvenir d’elle que j’avais pu lui offrir et qu’il n’en avait pas vu d’autres facettes, ou plutôt oui, mais là aussi c’était compliqué, alors pas la peine de rentrer dans les détails. Pour de vrai, je ne savais pas trop ce qu’il cherchait vraiment mais il était clair que ce n’était pas ici qu’il allait le trouver et qu’il allait être déçu rapidement s’il avait imaginé quelque chose en particulier. Mais bon, il n’était pas bête, il allait s’en rendre compte très rapidement et passer à autre chose vite fait bien fait alors je ne me faisais pas trop de bile : ça se passait bien d’accord et tant mieux parce que ça m’enlevait quand même un sacré poids à l’estomac, mais il y allait forcément y avoir une nouvelle rupture à un moment où à un autre. Mais au moins, cette fois, j’étais prête.
Pas de mauvaise surprise.

Je lui jetai un petit regard éloquent et pressé pour lui indiquer que je ne tenais pas spécialement à traîner dans les parages plus longtemps – ça avait déjà été une grave erreur de faire un dernier au revoir aux licornes, maintenant, j’étais entre les griffes de la prof, à moins que ce ne soit de grosses ventouses qui essayaient de s’accrocher à moi. Et puis même elle pouvait demander à n’importe quelle fille du groupe qu’elle se serait empressée de dire oui, c’était pas les volontaires qui manquaient pour une fois, alors elle allait bien réussir à me remplacer sans mal et surtout se débrouiller sans moi !


- Mais pas du tout, cette semaine n'est pas chargée, et je sais que Taylord a déjà fait son devoir de Métamorphose.

Je m’étais arrêtée dans mon élan, interloquée par ce revirement de situation, aussi ne répondis-je rien sur le coup, mais me chargeait quand même de fusiller Chuck du regard – non mais ça va, un peu plus il allait dire que c’était lui qui l’avait fait pour moi peut être ?

Je hochai frénétiquement de la tête en signe de négation, parce que cette fois c’était clair que je sentais le traquenard à plein nez et que je n’avais vraiment aucune envie d’être leur petite cible à tous les deux. Puisque je leur disais d’en chercher une autre !!


- Tu as oublié? Tu me l'as dit ce matin. Ca serait super pour toi, toi qui t'y connais en chevaux et en licornes! Elle serait ravie, c'est cool de lui proposer!

Oui, non, j’ai une langue et je sais encore m’en servir ! En plus c’était juste évident qu’il jouait les mauvais acteurs, mais que comme je l’avais remarqué, il en était encore plus content. Je levai les yeux au ciel en signe d’exaspération.

- Oui mais j’ai d’aut' choses de prévu d'toute façon, protestai-je, mais je sentais que de toute manière, ça ne suffirait pas, parce que même moi je sentais que je n’y mettais pas assez de volonté.

Après tout, si c’était pour vérifier l’état d’amélioration de la mère et de leur refiler de la nourriture, et que surtout, le plus important, on avait pas besoin d’utiliser cette débile de baguette magique, c’est vrai que c’était plus ou moins comme les chevaux… la seule différente c’était la corne sur le front en plus mais pour le reste…


- Parfait.


Ça ne servait à rien d’insister en plus parce que les deux autres avaient arrêté de m’écouter pour monter leur petite affaire ensemble – comme.si.je.n’étais.pas.là.

- Okay. On reviendra. Et j’insistai bien sur le on. Moi aussi, si je voulais, je pouvais mettre de la bisbille là où je voulais, non mais ! Ce devoir de métamorphose, c’était une formalité pour toi, nan ?

Finalement, c’était bien d’avoir la prof en tant que témoin, parce que comme ça on pouvait s’envoyer la balle tranquillement, sans que ça dégénère. Et puis il devait tout juste s’en rappeler lui aussi de cet imbécile de parchemin, alors c’était pas comme s’il s’en souciait de le rendre dans les temps ou pas !

- Regarde, tu lui manques déjà en plus
, argumentai-je en désignant le poulain qui ne s’était guère éloigné parce qu’il s’était fait à notre présence.

Je lui grattai le museau une ultime fois, tout en prenant bien soin sur le retour de ne pas décocher un mot, à la fois parce que j’étais vexé d’avoir été prise à mon propre piège et que je n’aimais pas trop me faire avoir aussi facilement, mais en même temps parce que je n’arrivais pas trop à définir si oui ou non j’étais contente de revenir voir les licornes le lendemain et les jours suivants, jusqu’à ce qu’elles repartent. D’acc. Peut-être un peu.


- Allez, ça te fait plaisir.

Je me contentai de hausser les épaules, mais sans démentir – j’étais grillée je crois, et je pouvais dire n’importe quoi que ça ne l’aurait pas laissé penser le contraire alors à quoi bon. Et puis au pire… je pouvais très bien ne pas y aller et puis voilà. Je n’avais pas d’obligations aux dernières nouvelles.

La route jusqu’à la route de Gryffondor me parut bizarrement plus longue que d’habitude – peut-être à cause du froid, même si je mettais plus ça sur le compte de la fatigue, parce que j’avais l’impression d’avoir couru un marathon en arrivant tout en haut et en plus mes joues me piquaient, sûrement parce qu’elles étaient toutes rouge, mais en tout cas je le masquais de mieux que je pouvais pour ne pas avoir l’air essoufflée. Comme ça arrivant souvent ces dernières semaines, je préférais autant qu’on me pose pas trop de questions là-dessus. Du coup, je me dis que j’allais prendre congé vite fait bien et regagner les dortoirs qui allaient être bien tranquilles à cette heure parce que c’était l’heure de manger – pour nous cette fois.
Enfin. Pour eux quoi.


- Attends.

Je me stoppai et je croisai son regard que je ne quittai plus ensuite, pour mieux ignorer ce qu’il faisait voler jusqu’à lui – oui c’était difficile à faire dans une école de sorcellerie, mais à force, on s’y faisait.

- Tiens.

Une seconde d’hésitation, avant de baisser les yeux. Je sortais mes mains de mes poches, ou..?

- Oui oui, c'est pour toi, cherche pas.


Sans un mot, je m’emparai du bouquin qu’il me tendait et restais perplexe durant un certain temps – quelques secondes seulement ou alors une ou deux éternité ? Bonne question mais en tout cas, ça me laissa tout le loisir de passer le bout des doigts sur la couverture du livre avec envie, sur son titre dont les lettres dorées à la base s’étaient un peu effacées à cause du temps, mais ça ne voulait pas dire qu’il était en mauvais état. D'ailleurs l'écriture était superbe et je me surpris à fermer la bouche brusquement parce qu'elle était restée entrouverte durant tout ce temps. C’était.. ?

- Je sais, je suis prévoyant!...

.. Un cadeau ? Le peu d’assurance que j’avais récupéré tout à l’heure s’envola, même si j’essayai de me reprendre parce que je ne voulais pas que mon manque de réaction lui fasse prendre la mouche, non, ce n’était pas ça, ce n’était pas le but, c’était juste que…

- Il a l’air… cool, ce livre. Cool c’était à peu près le mot que j’employai le plus souvent quand je ne savais pas quoi dire. Ouais, ça pouvait englober beaucoup de trucs. Non, c’était pas un mensonge, y’avait sûrement plein d’infos là-dedans et je le pensais vraiment en disant ça, il n'y avait aucune ironie à déceler, mais moi, je ne pouvais pas avoir ce livre là.

Je me mordis la lèvre parce que je n’avais pas envie qu’il pense que ce soit contre lui ou qu’il croit que c’était de la mauvaise volonté, mais je sais pas, c’était trop, il y avait quelque chose qui n’allait pas, je ne pouvais pas mettre de mots là-dessus, et puis en fait, c’était vraiment une attention sympa. Il avait juste pas choisi la bonne fille.

- Tu devrais le donner à quelqu’un d’autre, lui dis-je alors très sincèrement, sans pouvoir lui fournir d’explication valable, mais j’espérais qu’il allait comprendre que ça voulait pas dire que je le rejetais mais qu’il y avait quelque chose qui me paraissait être irréversible dans ce geste et comme je n’avais pas pu identifier ce que c’était, ben je ne préférais pas m’avancer là dedans. J’essayai de lui refourguer le bouquin. Je ne le lirai pas. Je laissai mon bras tendu pour l’inciter à s’en saisir. C’était pas mon monde ça, je ne pouvais pas en faire partie. Je me forçai même à sourire légèrement pour lui montrer qu’il n’y avait vraiment pas de quoi s’en faire. Mais y’en a sûrement qui en auront besoin, finis-je d’affirmer, pour en venir à la conclusion que non, je n’en voyais aucune utilité. Enfin, y'en a, y'en a... oui y'en aurait. Une. Unetelle ou unetelle, mais une. Une façon de lui rappeler qu’il y avait maintenant aussi tout un univers qui nous séparait.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Mar 6 Nov - 17:06

Non mais, vous auriez du voir sa tête! Elle valait toutes les putain de licornes du monde. Plus je parlais, plus je savais que ça se voyait que je mentais et plus la prof marchait avec moi en connaissance de cause, Taylord se renfrognait comme elle savait si bien le faire. Cette meuf avait mille pied gauche, et elle se levait toujours avec l'un d'entre eux. Mais bon, parfois, c'était bien marrant - comme là. On aurait dit un des sept nains, celui qui râlait tout le temps, et rien de ce qu'elle put dire nous fit changer d'avis. La prof me lança un regard entendu et retourna s'occuper de ses affaires. Moi, j'étais ravi, mais de toute façon j'étais trop emmitouflé dans mon écharpe pour que Taylord voit à quel point j'étais content de moi.

- Okay. On reviendra. Ce devoir de métamorphose, c’était une formalité pour toi, nan ?

- Un jeu d'enfant, répondis-je sur le même ton, entrant dans son jeu. Tu parles, il y avait belle lurette que je n'avais pas un devoir de Métamorphose - avant, je pompais sur Taylord, maintenant, je pompais sur mes potes, quelques minutes avant le début du cours. Rien à faire, ça me gonflait. Et elle le savait bien, la petite maline. Combien de fois on avait nos devoirs ensemble (lire : combien de fois elle avait fait mes devoirs)? Et puis, hein, on s'en souvenait bien parce que... Enfin, on se souvenait toujours de la façon dont ça s'était terminé d'ailleurs. Aaah, ce souvenir! Il fallait plutôt que j'évite d'y penser d'ailleurs, parce qu'entre ce qu'elle avait dit tout à l'heure et les images que je pouvais me passer dans la tête, bon. Ce n'était pas très... amical, tout ça, hein. Mais en tout cas, c'était très... agréable.

- Regarde, tu lui manques déjà en plus.

Gnagnagna. Tu parles, c'est ms pommes qui lui manquaient oui! Je lançai un regard à Taylord du genre : c'est ça, défends toi comme tu peux, mais t'es grillée ma petite, tu vas aller t'occuper des poneys, t'as plus le choix! Tant mieux, tant mieux. Ça ne pouvait pas lui faire de mal. Parce que je me demandais ce qu'elle faisait de sa vie, ici. Elle n'était pas très souvent avec les autres en salle commune, je savais qu'elle s'était brouillée avec Haruhi, il n'y avait quoi, que Lilian et Scarlett qu'elle voyait encore? Ça ne faisait pas beaucoup, et puis elle ne venait pas à tous les cours, je ne la voyais jamais à la bibliothèque... bon ok, mauvais argument, parce que je n'y étais jamais. Mais le reste par contre : dehors, tout ça, je ne la voyais jamais, ou rarement. Et puis alors la Grande Salle pendant les repas, je ne vous en parle même pas. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Finalement, les fois où je la remarquais quelque part, c'était quand je la cherchais spécifiquement et que je voulais passer du temps avec elle. J'avais même demandé à Coop l'air de rien comment il trouvait Taylord en ce moment et si ça lui arrivait de discuter avec elle, puisque je savais qu'ils s'entendaient bien, mais alors vu le regard qu'il m'avait lancé, je m'étais dit que j'aurais mieux fait de parler de la gentillesse d'Hazel Woodley. Il m'avait lancé un regard tellement "mon pauvre t'es vraiment idiot" que j'avais eu envie de lui mettre une tarte, mais j'avais feint l'ignorance en faisant croire que je ne voyais absolument pas de quoi il voulait parler, tout en retenant de lui dire qu'il pouvait tout autant se mêler de son cul et que c'était des histoires de grand et que ça ne le regardait pas. Non mais, qu'est-ce qu'il connaissait de ça lui, hein. Avec son côté Serdaigle marié à ses livres, là.

Elle ne dit rien et moi non plus, sur le trajet du retour. Putain, j'avais hâte d'être au chaud chez nous, parce que là on se les pelait vraiment. Et en plus, comme je m'étais enfoui sous mon écharpe, je sentais l'odeur de Taylord qui restait dans les fibres du tissu, et même si je trouvais que ça sentait bon, je commençais à en avoir ras le cul qu'il soit question de Taylod tout le temps, partout, même dans mon écharpe et mes pensées.

Comme prévu, elle tira une tronche de six pieds de long. Je n'ajoutai rien et attendis. 10 contre 1 qu'elle essayait de me le refiler, le bouquin?...


- Il a l’air… cool, ce livre.

Ok... Donc dis moi que je te fais chier?

"Cool" de sa part ce n'était pas vraiment bon signe, mais je ne bronchai pas.


- Tu devrais le donner à quelqu’un d’autre. Je ne le lirai pas. Elle tendit le bras, le bouquin au bout. Eh ben, vive la politesse! Et moi qui avais ache... volé ce livre pour elle à la sueur de mon front! Et puis son sourire, elle pouvait se le carrer dans le cul hein, moi je ne reprenais pas mon cadeau. Mais y’en a sûrement qui en auront besoin.

Je levais les mains au niveau de mes épaules pour bien lui montrer que je ne récupérerais pas mon CADEAU, merci bien, et fis un pas en arrière dès fois qu'elle essaye de me le coller dans les bras. Pas question. J'avais pensé à elle en le voyant, je l'avais trimbalé jusqu'ici et j'avais osé lui donner, alors merde, à elle de faire un effort. Et puis ça me faisait plaisir... Vraiment. Je savais que j'avais tellement merdé avec elle, je voulais juste me racheter, je voulais juste faire mon possible pour qu'elle aille mieux, que ça se passe bien. Je n'avais pas envie que tout se finisse comme ça, c'est pour ça que j'avais promis la dernière fois dans les chiottes, et je comptais bien faire mon possible pour tenir ma promesse. Pour une fois que je me conduisais en mec d'honneur avec une fille, hein, c'était elle qui ne voulait pas, je vous jure!

- Tu connais beaucoup d'autres personnes qui vont aller soigner des licornes? lui fis-je remarquer en souriant. Ça, pour le coup, c'était bien joué : j'avais cette excuse en béton qui me servait bien. Non, je l'ai... pris pour toi. Un cadeau ça ne se refuse pas, Coop me l'a déjà dit mille fois, et tu sais bien que la vérité sort de la bouche des enfants, plaisantai-je pour la détourner de ses idées à la con.

Pour ma part, parler de cadeau me mettait un peu mal à l'aise parce que ça me faisait penser au sien, que j'avais accepté sans qu'elle sache que je l'avais - et d'ailleurs, je savais que la figurine était quelque part dans ma poche d'uniforme ou bien sur ma tale de nuit ou bien dans dans ma poche de jean de ce week-end. Mais bon. Je n'allais pas vérifier sous ses yeux, hein. Je fis un autre pas en arrière, restant face à elle, mais me dirigeant vers mon dortoir.


- Allez, bonne nuit Tay!

Eh ben... C'était pas de tout repos, d'être son ami.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: It's a long road we've been walking on (Tay) fini   Mer 7 Nov - 12:50

Il en avait de bonnes. Je devais réagir comment moi ? Bon le plus logique, c’était de dire merci, la bouche en cœur avec un grand sourire, mais… ça n’allait pas. Y’avait pas à tortiller, c’était comme ça un point c’est tout, j’y pouvais rien et lui non plus. J’étais partagée entre le fait d’ouvrir le livre sur le champ et d’en feuilleter les pages une à une, parce que rien qu’à regarder la couverture, la curiosité me poussait à regarder les autres images que le livre devait contenir. Mais à côté de ça, il y avait ce putain de sentiment qui me faisait penser que s’il me le donnait, c’était uniquement parce que la situation était idéale et s’y prêtait, je savais pas comment il en était venu à acheter un livre sur les licornes, honnêtement et c’était con à dire ,mais je le voyais très bien faire ça en prévision d’un jour où il serait avec une fille et qu’il voulait l’impressionner et donc qu’il n’y avait pas de destinatrice en particulier à la base. Juste que là, c’était sur moi que ça tombait et qu’en plus comme ça, ça libérait de la place.

C’était pas sympa d’imaginer ça. D’accord. Je sais. Mais en même temps, des possibilités, y’en avait pas des masses qui se bousculaient au portillon, on s’était pas parlé pendant des mois et vu comment ça s’était passé notre dernier accrochage, je doutais franchement qu’après ça il ait eu l’idée « Oh mais tiens, si j’achetais un super livre sur les licornes pour Taylord ! » . Non vraiment, je ne marchais pas trop. Donc voilà, autant j’avais envie de sourire bêtement parce que ça me faisait plaisir, que la couverture était trop belle juste comme je les aimais genre gros livre poussiéreux, mais qui reste quand même en excellent état, mais en même temps, j’arrêtais pas de me répéter que ça aurait pu être moi comme la fille qui était en train de faire ses devoirs à la table à peine plus loin, et que la valeur et la signification perdait alors tout son sens…

Je laissai retomber mon bras, parce que forcément mes arguments ne parurent pas convaincre Chuck, reportai mon regard dessus et n’insistai pas parce que j’étais quand même mal à l’aise, et je songeai à la figurine qui avait disparu dans la nature et ce n’était pas plus mal, parce que maintenant je l’associai toujours à ce pénible moment – encore dans la salle commune, décidément - où il m’avait envoyé dans les roses en me précisant bien que je servais à rien avant même que je puisse la lui donner – et bien tant mieux en fait parce que j’aurais eu l’air bien conne pour le coup et la gêne m’envahit un peu plus parce que ben voilà, j’en étais pas très fière de ce souvenir et s’ajoutait à cela à présent que c’était peut-être pas très cool de ma part non plus de refuser.


- Tu connais beaucoup d'autres personnes qui vont aller soigner des licornes?


Je secouai la tête en signe de négation. Mes doigts s’étaient un peu crispés dessus, mais j’avais cessé de vouloir lui coller à tout prix dans les bras.

- Non, je l'ai... pris pour toi. Un cadeau ça ne se refuse pas, Coop me l'a déjà dit mille fois, et tu sais bien que la vérité sort de la bouche des enfants.

C’était pas la peine ce genre d’explications, parce que j’en croyais pas un mot, mais bon, en même temps ça risquait d’être un peu mal venu et c’était le meilleur moyen pour que ça devienne polémique. De toute façon c’était pas comme si le bouquin allait me mordre si j’acceptais, et puis là encore j’avais qu’à partir du principe que c’était des livres de magie peut être mais c’était sur des animaux, j’avais pas besoin d’utiliser ma baguette et puis de toute manière, je savais plus jeter des sorts, elle allait plus m’obéir, j’en étais sûre, et elle était en train de prendre la poussière dans les dortoirs, mais bon puisqu’elle aussi, personne n’en voulait…

Je le retournai pour en regarder le dos, plus plongée dans mes pensées qu’autre chose à présent et je m’amusais à laisser couler mon doigt le long de la reliure. A part mes magazines que j’avais tous lu parce que Ruth ne m’en avait pas envoyé d’autre, j’avais plus rien à lire alors au moins, celui-ci allait m’occuper. En fait, je voulais plus lui rendre, même si je m’efforçai d’avoir l’air la plus neutre possible, en fait j’avais l’impression d’être une gamine à qui on venait de donner le jouet qu’elle avait réclamé pendant des mois. Limite les crins de la licorne de la première de couverture, je pouvais sentir le vent qui s’engouffrait dedans. Et que si j’employai un air désinvolte, je crois que ça se voyait quand même que mes yeux mourraient d’envie de voir les autres images qu’il y avait dedans.

- M…

- Allez, bonne nuit Tay!


Comment ça bonne nuit ?! Je crois que la tête que je tirai à ce moment-là en relevant la tête s’apparentait plus à la grimace qu’à une expression de remerciement comme je l’avais prévu au départ – ah oui bien sûr il allait me faire gober qu’il allait se coucher maintenant sans manger ?! Ou alors qu’il était le plus sérieux des Gryffondor et que du coup il ne pouvait pas se permettre d’avoir des heures de sommeil en moins ? Et puis je n’étais plus habituée à autant de familiarités…
Il n’y avait que Chuck qui m’appelait comme ça.

- Mais.. Stop ! ajoutai-je précipitamment en ayant un mouvement vers l’avant pour l’arrêter avant de me rappeler que j’avais pas trop le droit de le toucher, mais trop tard, j’avais posé ma main sur son poignet et puis même ça allait bien cette histoire, c’était stupide, y’avait aucun malaise à avoir ! Moi je savais que j’allais pas lui sauter dessus, et que c’était sans sous-entendus, c’était bien suffisant ! Tu… j’hésitai encore une fois, mais après tout, j’en avais envie… veux pas le regarder un peu avec moi ?

Pour lui prouver d’ailleurs je l’entraînai sur le canapé pour qu’on puisse s’y installer et enlevai les couches d’épaisseur en trop tout en en gardant certaines pour entretenir l’illusion sur mes rondeurs inexistantes. Je m’assis confortablement et posai le livre entre nous, sur nos genoux à tous les deux puis l’ouvrait à peu près à son milieu. Il y avait pas mal de texte, pour l’instant je lisais surtout en diagonale, un peu trop pressée de voir l’essentiel du contenu et des nouvelles photos qu’on découvrait à chaque fois. Je tournai encore quelques pages avant de me retourner vers lui.

- Merci. Et même un sourire en prime ! Sauf que cette fois je ne me détournai pas comme en bas à la lisière et je me calai contre lui en posant ma tête sur son épaule pour continuer mon feuilletage. Regarde… je pointai un cliché où il y avait un bébé licorne avec sa mère qui me faisait penser à ceux que le garde-chasse avait soigné. Pour la première fois depuis longtemps, j’étais contente de partager quelque chose avec lui sans m’inquiéter de savoir ce qu’il allait en penser. Je ne me sentais pas trop mal.



{Terminé}

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