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"When all is crumbling." |PV|

 
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 "When all is crumbling." |PV|

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Sebastian Hansen
Élève de 4ème année



Masculin
Nombre de messages : 568
Localisation : Probablement en train de t'aider à faire tes devoirs.
Date d'inscription : 12/03/2012

Feuille de personnage
Particularités: I'm a dinosaur, Rawwwr. *tente d'avoir l'air effrayant*
Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: "When all is crumbling." |PV|   Mar 23 Oct - 17:59



"Some things we don't talk about,
Better do without and just hold a smile
Falling in and out of love
Ashamed and proud of, together all the while
You can never say never
While we don't know when
But time and time again
Younger now than we were before

Don't let me go."



- Mais merci, je l’ai compris pour de bon maintenant.

Pour de bon.

C’était fini. Je venais officiellement de tourner la page, clos le livre et l’avais jeté au feu pour qu’il se réduise en cendres, que je n’ai plus de preuves ou de souvenirs. C’était étrange de se dire que c’était fini, pour de vrai cette fois-ci. Parce que ça l’était, n’est-ce pas ? Oui. Il n’y avait plus rien à prendre dans cette relation malsaine, ou plutôt ce semblant de relation. Qu’il n’y avait jamais eu, voilà la conclusion à laquelle j’étais arrivé. Cependant, c’était difficile de s’éloigner d’une personne qu’on avait fréquenté pendant une année, d’une manière certes très inégale et étrange mais tout de même fréquenté. Ou simplement, une personne a qui on avait beaucoup pensé. Parce que oui, je n’allais pas mentir. Daphne était une véritable énigme qui me préoccupait souvent. Ah non, attendez. Avait été. Il fallait que je commence à tout mettre au passé, à tout oublier. Enfin, les souvenirs on ne les oubliait pas aussi vite n’est-ce pas ? Je suppose que même dans dix ans, vingt ans, il y aura un peu des aventures que j’avais vécues avec Kasperek qui resterait, comme celle de l’araignée par exemple. Mais il n’y aurait rien de plus, pas vrai ? Notre histoire venait de s’achever ici.

Pour de bon.

Alors pourquoi est-ce que j’avais ce sale sentiment qui se répandait en moi et sur lequel je n’arrivais pas à mettre de mot. Quand Daphne avait tourné les talons et qu’elle s’était éloignée, je n’avais ressenti aucun soulagement. A vrai dire, je ne ressentais plus grand-chose. Elle avait tout pris, tout balayé, tout emporté. Je n’avais même pas protesté, ou renchéris sur ses dernières phrases. J’abandonnais, je lui avais dit clairement. Ça faisait un peu drôle, je l’avouais. Je revoyais Elisa qui m’expliquait que les Gryffondors étaient des battants qui n’abandonnaient jamais. J’avais presque honte de moi, honte pour ma maison. Je ne savais vraiment pas ce que je fichais là. Mais la bataille, elle n’avait aucun but. J’avais eu raison d’abandonner, n’est-ce pas ? Oui. Je m’en persuadais, je revoyais les mots comme des rasoirs de la jeune fille, qui me lacéraient. Voilà, ça se réduisait à ça de penser à elle. A la douleur, la peine, la douleur, l’incompréhension. Ce n’était pas ça, une amie. Je le savais bien. J’avais mieux qu’elle. Il fallait que j’arrête de croire qu’il y avait du bon sous sa carapace qui n’en était peut-être même pas une. Au fond, Daphne était mauvaise par nature. Cela ne changerait jamais, et ça n’avait jamais changé. Même si elle m’avait déjà fait croire le contraire, ce n’était que pour jouer. Et moi aujourd’hui, je n’étais plus son jouet.

Je déambulais dans les couloirs sans trop savoir où j’allais. C’était bon parfois de se perdre, physiquement parlant. Au milieu de ses pierres, de ses tours immenses, j’avais l’impression d’être minuscule. Que tout était minuscule, rien n’avait d’importance. Il n’était pas rare que je traine dans les couloirs sans raison d’ailleurs, souvent lorsque j’allais dans la salle de musique j’en profitais pour visiter un peu. Oui, je pouvais dire visiter, car même après un an ici, il y avait toujours des surprises. Les escaliers n’en faisaient qu’à leur tête et il m’arrivait pas si rarement que ça de me retrouver dans un couloir qui ne m’étais pas familier, ou un recoin inexploré. Ne vous méprenez pas, je n’étais pas un aventurier. Si j’avais ça sentait l’embrouille, je m’écartais immédiatement, je ne m’approchais même pas. Je n’étais pas un vrai Gryffondor, je vous rappelle. Je n’allais presque jamais dans la salle sur demande, parce que j’avais toujours un doute sur ce que je pourrais y trouver… C’était pour vous dire ! L’inconnu, très peu pour moi. Enfin, sauf avec Daphne. Ça ne m’avait pas du tout empêché de plonger, alors que je savais très bien que les eaux étaient troubles. Mais laissons la de côté, voulez-vous ?

Je ne savais pas ce que je voulais faire. Je pensais au piano de la salle de musique. Majestueux, chaque note résonnait dans les voutes de la pièce et retombais comme une pluie d’or mélodieuse. Voilà, j’avais envie d’oublier, mes doigts parcourant les touches d’ivoires. Mais pourtant, j’avais l’impression que tout mon cœur était occupé à autre chose, tel un traitre. J’en avais marre de penser à cette fille, cette espèce de… Non, je n’allais pas commencer à être vulgaire ça ne mènerait nulle part. Etonnement, j’avais très envie de voir Elisa, ma grande sœur. Nous n’avions jamais été très proche, mais j’avais le sentiment un peu étrange qu’elle, elle aurait su m’aider. C’était une fille, elle aurait pu me conseiller. Je ne lui avais jamais parlé de Daphne cependant, car je pensais qu’il n’y avait rien à dire. Je n’allais pas commencé à raconter toutes mes histoires à ma sœur qui avait surement d’autre chose plus passionnante à faire. Mais maintenant, elle aurait pu me donner son avis, sur comment réagir, ce que la Serpentard attendait de moi… Sauf que… Attendez… Non ! Non ! Elle n’attendait plus rien, ni moi d’ailleurs ! Nous n’étions plus amis, nous ne l’avions jamais été ! Fini, stop, point barre. Pas besoin de conseil, c’était fini.

Pas besoin de parler alors, il n’y avait rien à dire. Je m’appuyais contre un mur, dans un couloir du troisième étage silencieux. J’avais raté un cours, à force de divaguer. Je ne savais même pas lequel. J’avais envie d’aller dormir je crois. Juste pour penser à autre chose ou tout simplement arrêter de penser. C’était chiant, cette manière que ça avait de tourner dans ma tête, en boucle, et je n’arrêtais pas de me demander où est-ce que j’avais merdé alors que je savais très bien que ce n’était pas ma faute. Mais la sienne bordel, la sienne. Il fallait que je trouve Tess, elle au moins aurait pu me rassurer en m’expliquant que les Serpentards n’étaient que de sales idiots. Mais… Mais non, j’étais disputé avec elle, à cause de Daphne. Super. Est-ce qu’elle m’avait déjà apporté quelque chose de bon ? Non. Oh, merde à la fin, pourquoi je pensais encore à elle ! J’entendis une sonnerie qui me parut très lointaine et des bruits de chaises. Les gens commençaient à sortir, je ne savais même plus quelle heure on était. Ça commençait à doucement à me souler… J’avais mal à la tête, j’avais envie de penser à autre chose. Où était Cléa ? Qu’allait-elle me dire, elle ? Qui me dirait quoi ? Je ne savais même pas ce que je me disais.

Je remontais le flot d’élève dans le sens inverse, cherchant à descendre dans le parc. J’étouffais et je n’avais pas la moindre envie d’aller en cours. Mais j’allais dire quoi pour justifier mon absence ? Et si j’allais à l’infirmerie ? Là où j’avais rencontré Daphne pour la première fois. Oh, mais c’est pas vrai ! Il y avait d’elle partout. J’avais le sang qui battait dans mes tympans et j’avais la vue brouillée par la colère et l’incompréhension. J’avais fait le bon choix en m’éloignant et pourtant… C’était partout, je ne comprenais rien. Je tournais à l’angle, m’enfonçant dans le château sans regarder où j’allais et… Aie. Je venais de percuter quelqu’un. Le couloir était désert en plus, c’était bien ma veine. Je m’écartais vivement, poussant un juron.


- Putain c’est vraiment pas ma journée ! Tu peux pas faire att… Aria ?

Sur le coup, j’eus un sursaut de surprise. J’aurais dû faire attention, parce que même les yeux fermés, je savais que c’était elle. Je sentais le parfum de ses boucles blondes. Je la fixais une demi-seconde avant de faire une chose complétement déraisonnable, étrange et dénué de tout sens. Je fis un pas en avant, sans réfléchir et pris sa main.
Et je l’embrassai.
Peut-être que ça, ça fonctionnerait.




"Picture you're queen of everything
As far as the eye can see under your command
I will be your guardian when all is crumbling
I'll steady your hand"

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Aria Davenport
Élève de 5ème année



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MessageSujet: Re: "When all is crumbling." |PV|   Ven 9 Nov - 0:11

( )

J’errais. Ce n’était pas vraiment mon genre de vaquer sans but précis ; au contraire je détestais ça. Je faisais tout le temps en sorte d’être occupée, de ne pas avoir un moment de répit, ça pouvait paraître étrange, mais j’étais ainsi : j’avais besoin d’ordre.

Mais aujourd’hui, j’avais délaissé ma salle commune pour les couloirs, nous avions deux heures de pauses, et elles s’annonçaient comme deux heures d’ennui, car prévoyante comme je l’étais, j’avais fait tous mes devoirs. J’avais volontairement bien choisi mon moment et n’avais pas quitté la tour de Serdaigle au moment où tous les groupes d’élèves se déversaient dans les couloirs. Mais maintenant, j’étais démunie, n’ayant aucune idée de ce que j’étais venue faire ici. Au bout d’un quart d’heure, tous les bruits de pas qui résonnaient s’apaisèrent, et le couloir revint au silence, et je n’entendais désormais que le son de mes bottines qui claquaient contre les dalles dures du château.

J’aurais aimé que Sebastian soit là. C’était un sentiment que je ressentais de plus en plus ces temps-ci. Depuis la rentrée, nous nous étions croisés que quelque fois, et je regrettais beaucoup qu’on ne se voit pas plus. Il me manquait terriblement. Sans le faire exprès, nous nous étions un eu éloignés et ça ne me plaisait pas. Il était une des personnes sur qui je comptais le plus, ça…ça n’avait pas changé. Cela me faisait toujours plaisir de croiser son regard, mais ce n’était pas suffisant.

Cependant, je ne lui en voulais pas. Nous vivions notre vie chacun de notre côté. Il me semblait qu’il s’était fait des amis, je me souvenais l’avoir vu discuté avec une certaine Tess Tenant, mais apparemment ils étaient en froid désormais. Je trouvais ça plutôt étrange ; Sebastian n’était pas vraiment de ces gens qui cherchent les ennuis ou se régalent des coups bas qu’ils font aux autres. Et puis Clea évidemment, sa meilleure amie.

Et il y avait aussi elle. Une petite brune gracile, des cils recourbés et un air un peu sauvage. Daphne Kasperek, il me semblait. Polonaise. Nous avions le même âge et donc eu certaines fois des cours en commun avec sa maison. Je ne l’appréciais pas trop. Sans connaître les détails ; je savais qu’elle avait un sacré caractère, ça peu importe…ce qui en revanche me dérangeait était la façon dont elle traitait Sebastian. Encore une fois je n’étais pas vraiment au courant…mais je ne comprenais comment on pouvait se comporter ainsi avec quelqu’un comme lui.

Je sentis un impact contre moi soudainement ; il n’était pas très difficile de deviner que j’avais bousculé quelqu’un. Je m’apprêtais à m’excuser poliment lorsque une voix bien familière se fit entendre.


- Putain c’est vraiment pas ma journée ! Tu peux pas faire att… Aria ?Je souris brièvement en fixant mes yeux dans ceux de Sebastian ; m’amusant du fait qu’au moment où j’avais pensé à lui, il était apparu. Cependant, son ton colérique qui ne lui ressemblait absolument pas m’inquiéta immédiatement. Cela contrastait tellement avec son calme habituel…Il y avait quelque chose qui n’allait pas. Je l’avais vu dans la seconde.

Sans préavis, je sentis sa main glisser sur la mienne, et sans grande surprise, je sentis mon cœur cogner contre ma poitrine ; ça arrivait à chaque fois que sa peau était en contact avec la mienne. Mais rien n’aurait pu me préparer à ses lèvres s’unissant aux miennes. Je sentis les battements de mon cœur s’accélérer ; à une vitesse que je ne pouvais pas contrôler. Je ne savais comment réagir, parce que d’abord je ne m’y attendais pas, je n’aurais jamais pu m’y attendre. Entre Sebastian et moi, il y avait toujours eu cette alchimie, ce petit côté ambigu, cette attirance un peu réprimée. Il dut sentir que je m’étais figée pendant quelques instants. Cependant je répondis à son baiser, m’accrochant à son cou sans vraiment savoir pourquoi. Ce n’était pas désagréable qu’il soit tout proche de moi, au contraire. Nos mains étaient toujours entrelacées comme si rien ne pouvait nous détacher, ses lèvres douces et je pouvais dire que je me sentais bien.

C’était rassurant et agréable d’embrasser ce garçon que je connaissais par cœur, qui me connaissait par cœur. Je savais qu’il n’avait que de bonnes intentions à mon égard. J’aurais pu prévoir que ça arriverait. Sebastian était le premier garçon pour qui j’avais eu des sentiments. Qu’il soit mon premier baiser n’était donc pas étonnant. Mais…Mais. Il y avait quelque chose d’étrange. Comme si quelque chose manquait et ça me frustrait. Parce que je n’aurais pas du me poser de questions. Mais c’était normal ? C’était le fait que j’avais été prise de court qui rendait ça étrange non ? C’était forcément ça.
Mes lèvres se détachèrent de celles de Sebastian et je ressentis à nouveau le besoin de les avoir contre les miennes. Mais pas pour les bonnes raisons je suppose. Cette fois ce fut moi qui initiai le baiser, laissant courir mes doigts dans ses cheveux bruns. Je me sentais en sécurité dans ses bras. Comme si le simple fait de l’avoir près de moi me rendait plus sereine. Mais justement il était si près de moi, après avoir laissé mes yeux fermés pendant quelques secondes, je les rouvris à nouveau et je décelais dans ses yeux cet air triste et lassé que je n’aimais pas voir en lui. Et là je compris, comme ça soudainement : j’avais voulu l’embrasser à nouveau pour voir si cette fois ; je me sentirais pleinement heureuse. Et j’avais ma réponse : ça ne marchait pas totalement.

J’aimais Sebastian, un peu plus qu’un ami mais…je n’étais pas amoureuse de lui. De l’amour je ne savais pas grand-chose, mais je savais qu’il avait cette passion, cette passion qui prenait le pas sur la raison, cette passion qui faisait souffrir autant qu’elle apportait du bonheur. Tout du moins c’était comme ça que je me l’imaginais. Avec Sebastian tout semblait soudain si simple…je me sentais bien avec lui, et oui ses étreintes agissaient comme de véritables antidotes. Mais je ne voulais pas plus, je ne voudrais jamais plus. Quant à lui, je voyais bien que derrière la tendresse de son baiser un peu irréfléchi…il y avait quelque chose. Qu’est-ce qu’il voulait? Qu’est-ce qu’il voulait pour nous ?


-Sebastian, fis-je d’une voix un peu absente parce que je venais de lâcher ses lèvres et c’était comme si désormais j’étais plongée dans une sorte de léthargie, quelque chose de cotonneux. Malgré le calme qui peu à peu se répandait en moi, mon cœur battait toujours la chamade. J’avais du mal à réaliser ce qui venait de se passer. Mais je ne regrettais pas. Tu vas me dire ce qui ne va pas ?questionnais-je avec douceur. Il avait cru qu’il pouvait me cacher quelque chose ? Il ne pouvait pas. Tous les choses qu’il essayait de garder pour lui… Je gardais sa main entre la mienne et m’assis au pied du mur. Ma tête s’appuya naturellement contre son épaule tandis que je me blottissais contre lui. Il y avait toujours ce petit frisson-habitude- mais j’avais repris mes esprits. Moi qui avais toujours eu de mal avec les contacts physiques… là je ne me sentais aucunement mal à l’aise. Je remis en place une de ses mèches de cheveux que j’avais ébouriffée un peu avant. Est-ce que je lui demandais pourquoi il m’avait embrassée ? Pourquoi il était différent ? Un peu de tout, je crois. Je voulais qu’il sache qu’il pouvait se confier. Que je pouvais l’entendre, que je voulais l’entendre. Est-ce que tu as besoin de moi ? Maintenant? Et dans quel sens ? J’avais l'impression que nous partagions les mêmes sentiments. Moi en tout cas j’avais besoin de lui. C’était une constante. Toujours.

(Cette chanson. Pardon mais je meurs)

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: "When all is crumbling." |PV|   Sam 10 Nov - 20:14

"We're pulling apart and coming together again and again
We're growing apart but we pull it together
Pull it together, together again."



Aria. Cette fille… Etait plus qu’une simple fille pour moi. Je revoyais sans cesse notre première rencontre, son regard fier et son sourire qui disait le contraire, qui suppliait une attention réelle, et non de l’admiration. J’en avais pour elle, mais comme toutes ces personnes qui gravitaient autour d’elle parce qu’elle était jolie et intelligente. Tout le monde qui la connaissait ou presque l’appréciait. Le reste, c’était généralement de la jalousie. Il y avait de quoi avec elle, surtout de la part des autres filles. J’avais souvent songé que si elle le désirait, Aria pouvait avoir n’importe quel garçon à ses pieds. Cette fille était un génie vraiment, dès la première fois où elle m’avait souri j’avais vu qu’il y avait quelque chose de brillant en elle. Mais pas seulement. Et c’était pour ça que je l’aimais tant. Si en surface elle ressemblait à une poupée lisse, parfaite, l’intérieur était quelque peu différent. Sa confiance en elle n’était pas une façade non, ça aurait stupide de penser qu’elle ne valait pas quelque chose et elle le savait très bien, mais il y avait quelque chose derrière. De plus vrai, que personne ne cherchait à voir car ils se contentaient tous de l’emballage sans chercher à déballer le cadeau. Moi, j’avais osé. Ou plutôt, elle me l’avait permis. Car la Serdaigle n’était pas du genre à s’ouvrir à n’importe qui. Moi non plus d’ailleurs.

C’était ça alors qui était étrange dans notre relation. Nous nous aidions mutuellement, nous qui habituellement ne disions rien à personne. Je savais gagner la confiance des gens facilement, mais Aria était différente. Elle était comme moi, elle ne la donnait pas facilement. Pourtant, c’était arrivé très naturellement. C’était la seule raison qui me donnait envie d’aller à l’hôpital, pour la voir sourire avec sa veste en jean qui lui donnait ce côté tellement classe. J’adorais aller chez elle, lorsque sur ses balançoires nous parions sur qui allait le plus haut, et qu’ensuite on se jetait dans l’air avant de retomber l’un à côté de l’autre en riant. Puis, nous restions allongés et nous regardions le ciel en parlant de pleins de choses. Des discussions que j’avais avec personne, sauf avec Clea. Mais avec Aria, c’était différent encore une fois… Clea, c’était ma meilleure amie de toujours, ma petite sœur. Je ne ressentais pas la même chose lorsque je l’étreignais. Lorsqu’Aria elle était dans mes bras, que ses cheveux blonds effleuraient mon visage, j’avais quelque chose dans la poitrine un peu étrange. J’avais l’impression qu’elle aussi le sentait, mais nous ne disions jamais rien dessus. Nous nous contentions de sentir la chose, de se sentir bien.

Et elle avait toujours tout su de moi, et je le vis encore lorsque mon regard croisa le sien. Je sentis qu’elle savait, qu’elle comprenait que ça clochait car ses sourcils se froncèrent légèrement et l’étincelle dans ses pupilles bleutés disparurent. Ça me faisait presque mal de la sentir si influençable de mon humeur, mais c’était la même chose pour moi : dès qu’elle n’allait pas bien, j’en sentais les répercussions sur ma propre humeur. C’était ça la véritable amitié : lorsque le bonheur de l’autre passait avant. Ou de l’amour ? Je voulais savoir. Je n’en pouvais plus de toute manière de tout ça, je voulais une bouffée d’air, une respiration, quitte à ce qu’Aria la prenne avant de me la rendre. Je n’hésitais pas un seul instant. J’avais besoin de l’embrasser, c’était comme si mon cœur entier me dictait cette acte un peu fou, et sa main dans la mienne me donna un courage étrange, celui de m’avancer légèrement vers elle pour saisir ses lèvres des miennes, et sentir un frisson envahir nos corps. J’avais l’impression que presque fusionner avec elle, d’un point de vue physique alors que moralement parlant, c’était déjà le cas. Je me sentais bien là, même quand sa main libre attrapa ma nuque.

Lorsque notre baiser se rompit… Aria en voulut un autre. C’était étrange, mais ma main libre vint se nicher au creux de son dos pour la rapprocher de moi. Ses lèvres… Ce baiser… C’était agréable. Mais ça sonnait bizarre. Presque amer, parce que je ne sentais pas l’étincelle que j’aurais voulu, que j’aurais cru avoir. Pourquoi est-ce que ça ne marchait pas ? C’était doux, plus doux que le baiser que j’avais eu avec Maddy. C’était différent, ça me faisait quelque chose oui. Pas comme n’importe quel baiser parce que j’avais l’impression de concrétiser quelque chose avec la jeune fille, un pas au-delà de notre simple amitié. Mais pas assez pour former de l’amour. Ce que j’avais pour elle était un genre d’amour, c’était sûr. Mais pas le bon. Pas celui qui me fallait, ni celui qu’il lui fallait, je le savais. Je le sentais dans sa manière de m’embrasser : ça n’allait pas vraiment. Pas totalement. Je sentis finalement notre baiser s’éteindre et son visage s’éloigna du mien. Nous avions compris que ça ne marchait pas, et ça me laissait dans un état encore plus perplexe. Presque perdu. Si avec elle ça ne marchait pas, je ne voyais pas ce qu’il me fallait. J’aimais Aria, elle était parfaite à mes yeux car même ses défauts j’avais su m’en accommoder. Alors… Où était le problème ?


- Sebastian.

Elle ne m’appelait jamais que par mon prénom entier lorsque ça n’allait pas. D’habitude, j’étais Seb comme avec tout le monde. Quand quelque chose clochait ou devenait sérieux, de suite Sebastian. Et l’entendre de sa bouche, ça me faisait bizarre. Je sentis mon cœur se serrer un peu, parce que j’avais l’impression qu’elle venait de poser une constatation, une sentence. Ça ne marchait pas. Nous le savions tous les deux.

- Tu vas me dire ce qui ne va pas ?

Je ne savais même plus. Aria se laissa glisser le long du mur en gardant ma main dans la sienne et je suivais son mouvement. Sa tête se nicha sur mon épaule et l’odeur de ses cheveux, que je connaissais par cœur, me bouleversa pour une raison inconnue. Je passais mon bras autour de ses épaules et la serrais plus près de moi, fermant les yeux. Respirant doucement, pour être sûr que c’était bien réel. Elle était là avec moi, elle n’allait pas partir.

- Est-ce que tu as besoin de moi ?

Comme simple réponse, je la serrais plus fort contre moi et sa main dans la mienne aussi. J’eus un soupir, terriblement lasse. Qu’est-ce qui n’allait pas ? Je ne savais même pas. Je sentais quelque chose me saisir, un spleen qui me mettait mal et j’avais l’estomac qui me semblait vide, creux. J’avais presque froid, je voulais cesser de penser, j’étais complétement perdu. Je sentais des larmes picoter mes yeux mais je n’avais pas honte. J’étais avec Aria, je pouvais faire ce que je voulais, même fondre en larme. Mais les sanglots ne vinrent pas, j’avais simplement la gorge nouée, comme tout le reste de mon corps.

- Bien sûr que oui. Depuis et pour toujours.

J’avais murmuré cette phrase, ma tête appuyée sur la sienne. Je poussais un nouveau soupir, mon pouce caressant le dos de la main de la jeune fille.

- C’est le bordel complet… Je sentais ma voix lasse, se brisant presque. Je sais pas ce que j’ai fait de mal, et je sais pas pourquoi je pense que c’est ma faute. C’est la sienne il me semble, mais je ne sais même plus quoi penser… Je suis perdu. Achevai-je doucement en serrant la main d’Aria un peu plus fort dans la mienne.

C’était sa faute à Daphne, pas vrai ?


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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: "When all is crumbling." |PV|   Dim 18 Nov - 0:13

Le baiser comme l’après pouvaient étaient un peu irréels. Ce silence. Cette sensation. Comme s’il s’agissait un peu d’un songe. Je n’avais même pas évoqué ce qu’il venait de se passer. Tout simplement parce que ça ne me semblait pas nécessaire. Je ne considérais aucunement ce baiser comme une erreur. Oui, c’était irréfléchi, peut-être pas très raisonnable ; mais j’avais l’impression que lui comme moi en avions en quelque sorte besoin… Avant, il y avait toujours cette réserve, cette timidité que je ne parvenais pas vraiment à définir quand nous en venions aux contacts physiques. Cette barrière, bien qu’infime, venait de s’écrouler. Moi dans ses bras, et lui qui m’encerclait. Cela sonnait si juste, et j’avais juste envie de fermer les yeux et de ne penser à rien. De rester comme ça des heures, le sentir près de moi. Rien d’autre.

Mais je ne pouvais pas. Parce que je savais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. J’essayais autant que je pouvais de le réconforter. Je ne voulais pas être impuissante. Je détestais le voir comme ça, et ne pouvoir rien faire. Sebastian souriait à peine. Ses traits étaient un peu tirés et je le sentais préoccupé. Il y avait de ces moments où je le sentais faillir et où je lisais en lui comme un livre ouvert, encore plus que d’habitude. Et là juste en le regardant, je savais. Que quelque chose, ou quelqu’un l’avait blessé, et qu’il mettait ça de côté parce qu’il devait tenir. Je voyais aussi qu’il ne voulait pas m’inquiéter.


- Bien sûr que oui. Depuis et pour toujours, répondit-il doucement. Je ne doutais jamais de ce qu’il disait. Il y avait là une telle sincérité que je croyais à chacun de ses mots. Je lui faisais une confiance aveugle. Et je savais que jamais cela ne se retournerait contre moi. Sebastian était incapable de manipuler qui ce que soit.

- C’est réciproque, murmurais-je. Il le savait mais je voulais lui dire. Encore une fois. Je n’en revenais toujours pas qu’on puisse m’aimer comme il le faisait. Bien sûr, il y avait mes parents mais c’était différent. Sebastian c’était inqualifiable. Je ne pensais pas retrouver ça un jour avec quelqu’un et ça m’était égal. Quelqu’un qui m’aimait pour ce qu’il savait de moi. Il n’avait pas cet espèce de regard intéressé des autres garçons qui me détaillaient des pieds à la tête. Il me semble qu’il ne m’avait jamais dit qu’il me trouvait jolie. Mais ça aussi ça m’était égal. Ce n’était pas ça le plus beau compliment qu’on pouvait me faire.
Moi aussi je me demandais parfois si je le méritais.


- C’est le bordel complet… Je sais pas ce que j’ai fait de mal, et je sais pas pourquoi je pense que c’est ma faute. C’est la sienne il me semble, mais je ne sais même plus quoi penser… Je suis perdu.

Elle. Daphne Kasperek. Il ne l’avait pas nommée volontairement. Ce que je savais de cette fille m’insupportait. Cela ne me concernait pas, ou alors de très loin tant qu’elle n’était pas proche de moi ou de ceux à qui je tenais. Mais si c’était à cause d’elle que Sebastian était comme ça…je la haïssais. J’aurais pu dire que je ne comprenais pas pourquoi Sebastian s’acharnait avec une fille qui le maltraitait de la sorte. Mais je savais. Il cherchait le meilleur en chaque personne. Il voulait toujours donner sa chance, même à ceux qui ne la méritaient pas. Même à ceux qui ne faisaient pas d’efforts. Cette fille le manipulait et se servait de lui. Elle avait joué perpétuellement. Et d’après ce que Sebastian disait, le jeu avait pris fin. Avait-il décidé d’y mettre un terme ? Ou était-ce elle ?

Et le pire ? C’était que Sebastian s’en voulait. Je regrettais tellement qu’il se voie de façon aussi négative…J’aurais aimé qu’il réalise combien il était intelligent, intéressant et courageux. Il m’avait dit ne pas comprendre faire partie des Gryffondor. Il se croyait peureux, lâche peut-être aussi mais pas une seconde il ne l’était à mes yeux. Je connaissais peu de gens capable de traverser ce qu’il avait vécu. Et pourtant il continuait de penser qu’il ne valait rien. Il était bien plus qu’un garçon gentil et agréable. Il était incroyable, vraiment.

C’était elle qui le mettait dans cet état ? Je ne voulais pas, je n’allais pas le laisser se briser à cause d’elle. Je savais que ce n’était pas facile pour lui- il avait l’air si abattu- mais il allait se rendre compte qu’il n’avait rien perdu en la perdant elle. Elle l’humiliait, le traitait comme un moins que rien. J’avais envie de lui dire de l’oublier, parce qu’après tout ce qu’il avait surmonté ces dernières années, il ne fallait pas qu’il lâche…qu’il gâche tout pour une fille qui n’en valait pas la peine.

Elle était qui précisément pour lui ? Une amie ? Plus ? Ce n’était aucunement par jalousie que je me posais la question. Mais je refusais qu’elle s’approche, qu’elle fasse encore plus de dégâts qu’elle en avait déjà fait. Mais quand les attaches sont crées, les souvenirs encore trop frais… on ne pouvait pas les éliminer. Du moins pas dans l’immédiat.


-Arrête ça, lui dis-je avec douceur. Je voulais qu’il comprenne. J’aimerais avoir le pouvoir d’effacer le mal qu’elle lui avait fait. J’aurais voulu que mes lèvres aient le pouvoir de lui redonner le sourire. Sa main s’était accrochée à la mienne un peu plus fort, et je ne la lâchais pas. Mais est-ce que ça allait l’aider ? Je n’en étais pas sûre. Bien sûr que c’est de sa faute. Elle ne te mérite pas, oui j’avais des mots durs envers cette Daphne que je ne connaissais même pas. Mais je n’arrivais pas à comprendre ? Qu’est-ce qu’on pouvait ressentir lorsque on faisait souffrir quelqu’un sciemment ? Comment avait-elle pu se moquer de lui comme ça ?

Surtout quelqu’un comme lui.

Son bras entourait mon épaule, et je glissais ma main autour de sa taille, comme pour le soutenir. Je sentais qu’à ce moment-là, il avait vraiment besoin de moi. De quelqu’un à qui parler, de quelqu’un sur qui s’appuyer. Je n’avais pas la prétention de dire que j’étais la seule capable de lui fournir ça. Mais j’étais là. Je n’étais pas exactement la même Aria que le jour de notre rencontre, j’avais un peu changé. La couleur de mes cheveux s’était un peu éclaircie et j’avais pris quelques centimètres. Mais comme toutes ces semaines où j’avais été au rendez-vous…j’étais attentive et je voulais juste qu’il aille bien. C’était bon de savoir que notre lien tenait malgré les années ; les aléas, les tourments. Tout ça me donnait de l’espoir. Il n’était pas seul. Il le savait. Mais sans doute qu’il manquait quelque chose. Je me retins de lui demander si Daphne lui manquait. Parce que j’avais peur de sa réponse, je crois.


-Si elle a besoin d’être comme ça avec les autres pour exister, c’est mieux que ça s’arrête non ? fis-je, tentant de le convaincre. Pourquoi ça ne pouvait pas être facile ? Ce n’était pas juste. Tout s’abattait sur lui, comme ça. Et on ne pouvait rien y faire. Le sentiment que j’avais ressenti le jour de nos retrouvailles me reprit et je n’aimais pas ça. Il semblait si las, si résigné. Je voulais l’aider et je n’y arrivais pas. Un échec. Je n’aimais pas les échecs, ils me frustraient. Mais celui-là allait bien au-delà de la frustration. J'avais l'impression d'être inutile.


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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: "When all is crumbling." |PV|   Mar 11 Déc - 16:43

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Je m’étais accroché à ses lèvres comme un naufrager s’accroche à sa bouée, le seul recours dans l’océan qui se déchaîne et qui effraie, dans cette onde froide et sans fond qui manque de l’engloutir. C’était comme un fil conducteur, une quelconque lumière qui disparue aussi vite qu’elle était apparue lorsque le baiser se rompit. Il y avait eu une lumière oui, mais je n’avais pas vu l’étincelle qui l’avait déclenché. Je n’avais pas senti un brasier s’allumer, aucune sensation de consumation de mon propre intérieur… Ce que j’aurais dû ressentir, je le savais bien, parce que j’avais déjà eu le cœur qui avait fait des bonds et c’était autre chose. Là… Je me sentais bien, c’était ça le truc. Ça ne me faisait pas peur. C’était comme si j’étais au creux de bras connu, réconfortant, un lieu que je connaissais par cœur. Il n’y avait aucun mystère, aucune surprise. Il y avait du confort, comme j’avais l’habitude d’installer tout autour de moi. Mais je savais que ce n’était pas ce que cherchait. J’aimais Aria, je l’aimais de tout mon cœur mais pas comme on aime vraiment. J’étais jeune, je ne connaissais pas grand-chose à tout ça, mais je savais que ce qui me faisait vibrer c’était lorsqu’on m’entraînait hors de sentiers connus. C’était toujours comme ça qu’Elisa m’écrivait l’amour et je ne croyais pas échapper à la règle : j’avais besoin d’être bousculer. « L’amour, c’est l’incertitude et le bonheur dans la constante peur de perdre l’autre » qu’elle m’avait dit, Elisa. Je n’avais pas peur de perdre Aria. C’était mon trésor à moi, mais justement, je possédais déjà cette richesse. C’était une amie, ma meilleure amie, pas quelqu’un dont j’étais amoureux.

- C’est réciproque.

Je le savais, je l’avais toujours su je crois. Depuis qu’elle m’avait lancé ce regard interrogateur à Sainte Mangouste et qu’elle m’avait approché avec sa veste en jean toute neuve qui lui donnait un look d’enfer, et s’était présentée avec prestance. Elle était habituée à briller, pas moi. Je m’étais retrouvé tout timide, à lui répliquer d’un petit sourire un maigre « Sebastian » tout gêné qu’une aussi jolie fille s’approche de moi et s’intéresse à moi. Mais ce n’était pas là la seule surprise : Aria n’avait rien de ces poupées blondes, comme j’aurais pu le croire. Elle prétendait l’être face aux autres, à ses parents, parce qu’elle voulait toujours être meilleure. Nous avions peut-être ça en commun… Sauf que moi, je ne cachais pas mes émotions, on ne s’y intéressait juste pas vraiment. Mais pas avec elle. Elle, elle me demandait toujours pleins de choses, elle me traitait comme son égal et pas comme Seb le gentil petit qui réglait les problèmes de tout le monde. Quand j’avais connu Aria, il s’était noué quelque chose et nos moments étaient différent. Elle était là, physiquement, tandis que je souffrais de l’absence physique de Clea. Elle était là, physiquement, tandis que je souffrais de l’absence mentale de Tom. Elle était là tout court, et nos soirées sur les balançoires de chez elle, me paraissaient les plus douces, parce que nous nous balancions jusqu’à atteindre les étoiles et que c’était ça que je sentais avec elle –j’atteignais les étoiles.

-Arrête ça. Bien sûr que c’est de sa faute. Elle ne te mérite pas.

C’était tellement facile pour Aria de dire ça, elle me pensait tellement bien ! J’avais mes fautes avec Daphne, j’avais fait des conneries. La tour d’astronomie, la tour, les questions… Peut-être que j’essayais trop ? Je n’en savais rien. Avec la Serdaigle, c’était tellement instinctif que je ne posais aucune question sur notre relation. Nous venions de nous embrasser et finalement, nous sentions tous les deux que ça ne marchait pas et il n’y avait aucun malaise. Comme si c’était normal que nous fassions tous deux une erreur et que si nous l’avions fait ensemble, c’était peut-être tant mieux. Nous venions de finalement faire une croix sur l’ambigüe qui existait entre nous. Aria n’était cependant pas comme une sœur pour moi, comme pouvait l’être Clea. Mais c’était plus qu’une meilleure amie. Peut-être qu’il n’y avait aucune définition possible, et que nous nous contentions de vivre ce que nous ressentions ? Probablement.

- C’est trop facile de dire ça, j’ai merdé aussi. Je marquai une pause, soupirant, avant d’ajouter avec un petit rire triste. C’est parce que tu m’aimes trop pour voir le contraire.

Ce n’était pas un reproche et elle le savait. Je savais aussi qu’elle allait me dire que j’étais trop dur avec moi-même, mais elle ne m’enlèverait jamais ce que je pensais sur tout ça. Mais c’est vrai que je me demandais souvent si Daphne me méritait, ou si je la méritais, ou si peut-être nous méritions la relation que nous avions, celle que je voulais, celle qu’elle voulait. Il y avait tellement de questions sans réponse avec elle, tant d’interrogations sans fond. J’aurais aimé… Pas que ça soit simple non, mais j’aurais simplement voulu comprendre pourquoi soudainement Daphne éprouvait une telle haine envers moi et rêvait de m’écraser (moralement et physiquement) de la sorte. Je m’en fichais avant quand c’était des piques, des sous-entendus et des petites remarques. Mais là, elle avait été trop loin, je le savais. Et après cet épouventard, ce Tom allongé dans la salle de classe, je n’étais pas en état de tenir ce genre de combat. Voilà ce que je reprochais à la Serpentarde : ne pas s’avoir s’arrêter quand il fallait. Elle ne voyait pas qu’elle avait gagné et que ça ne servait à rien de m’enfoncer ? Visiblement, il lui fallait plus.

-Si elle a besoin d’être comme ça avec les autres pour exister, c’est mieux que ça s’arrête non ?

C’était une bonne question tiens. Je me l’étais souvent posé : et si c’était mieux que ça s’arrête ? Après l’épisode d’aujourd’hui, il me semblait bien que oui. Mais c’était elle qui était revenu cette fois-ci. Continuerait-elle à chasser cette chose qu’elle désirait, sans même savoir ce que c’était ? J’avais l’impression d’être sa putain d’expérience, et c’était un rôle qui me fatiguait. Mais il m’avait apporté beaucoup, ça aurait été mentir que de dire le contraire. Mais c’était… Avant. Quand c’était encore innocent, intriguant. Maintenant, je commençais à perdre le goût du jeu. Sauf que j’aurais dû être heureux d’être libéré de cette intrigue malsaine n’est-ce pas ? Et pourtant, je n’avais qu’un vide dans la poitrine, l’impression presque d’un ennui étonnant. Le jeu n’avait plus de saveur… Mais tout le reste aussi.

- Peut-être mais… Mais quoi ? Mais… Avant, ça avait un sens je crois. Ou du moins, ça me donnait quelque chose. Et je suis sûr qu’il y a… Encore quelque chose, elle est pas ce qu’elle montre, ou ce qu’elle croit être. Je marquais une pause. Ça me paraissait tellement stupide d’exposer tout ça à voix haute… Et toi alors, ça va mieux avec ce type là, Matthews ?


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Aria Davenport
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MessageSujet: Re: "When all is crumbling." |PV|   Mer 12 Déc - 23:41

Je le sentais chaque jour et je me réjouissais à chaque fois de la chance que j’avais de posséder ça. Ce lien exceptionnel, comparable à rien d’autre. Il n’y avait pas de doute, d’incertitude. Je craignais que les choses ne se passent pas comme je le désirais, comme je le prévoyais – et pourtant c’était arrivé- mais avec Sebastian je n’avais pas peur. J’avais l’impression que nous devions exister ensemble. Que cette rencontre à l’hôpital avait quelque chose…d’écrit et notre chemin s’était croisé pour une seule et même raison : nous nous complétions. Je ne croyais pas beaucoup au destin, ou alors de façon modérée mais là je faisais une exception. De façon générale, Sebastian constituait une exception. Je ne prenais personne dans les bras, sauf lui. Je ne confiais pas, sauf à lui. Il y avait cette entente parfaite qui nous liait et qui faisait que rien ni personne ne pourrait définitivement nous détacher. Si on tentait de briser ce qu’on partageait, c’était voué à l’échec. M’attacher autant à quelqu’un m’avait fait peur au début. Les attaches freinent et font souffrir. Je n’aimais pas dire que j’étais semblable au commun des mortels, mais sur ce point, j’étais comme n’importe qui, sans les autres, ceux à qui je tenais, je n’étais rien. Sebastian et mes parents me soutenaient beaucoup, et c’était grâce à eux que je m’autorisais à croire que mes rêves pourraient un jour devenir réalité.

Si je cherchais, il y avait sans doute une ombre au tableau. Une seule source de tensions entre lui et moi. Cela me rendait plus triste que ça ne m’agaçait. Sa tendance à toujours croire qu’il avait tort, que si on le traitait mal, c’est qu’il l’avait mérité ou qu’il avait fait une erreur et que les conséquences étaient justifiées. Comment pouvait-il être aussi aveugle ? Comment pouvait-il se sentir responsable alors qu’elle avait tout fait pour qu'il n'y ait que cette issue possible? Des filles comme Kasperek pouvaient aisément profiter de lui, le convaincre qu’il ne valait rien. C’était vicieux et sournois, parce que ça se distillait progressivement et Sebastian finissait par y croire. Kasperek connaissait toutes les petites ficelles pour le manipuler. Mais comme d’habitude, lorsqu’il avait dans l’esprit que quelqu’un avait une carapace et qu’en dessous, il se cachait quelque chose de précieux…il s’acharnait. Je lui reprochais pas. Mais cette fille lui avait suffisamment prouvé qu’elle n’en avait rien à faire de lui, de ce qu’il pouvait ressentir ? Elle le piétinait et lui laissait toujours un peu d’espoir après. Histoire de le faire rester. Qu’elle se trouve une autre victime ; ou plutôt qu’elle arrête. Mais qu’elle ne s’attaque pas à lui. Encore une fois, je n’étais pas jalouse, ni exclusive. Sebastian n’était pas à moi. Mais cette fille ne lui apportait rien de bon, et bon sang, pourquoi il ne réalisait pas ?


- C’est trop facile de dire ça, j’ai merdé aussi. C’est parce que tu m’aimes trop pour voir le contraire.

Bien sûr que je ne lui en voulais pas. Mais l’aimer trop- je l’aimais et pas trop- comme excuse ? Il était de très mauvaise foi. C’était dans ces moments que j’avais envie de lui dire de se taire, parce que ce qu’il disait n’était pas vrai et qu’il fallait qu’il arrête de penser ça de lui. Sebastian avait une représentation complètement faussée de lui même. Certes, c’était Elisa qui attirait l’attention chez les Hansen, et en général, mais jamais sa famille ne l’avait rabaissé, humilié. L’accident de Tom l’avait fragilisé et avait tout remis en question. J’admirais le fait qu’il soit aussi humble…mais ça en devenait maladif. Il décrivait avec enthousiasme les qualités des autres mais jamais les siennes. Pour lui j’étais intelligente, brillante et attentive. J’accueillais toujours ses compliments avec un sourire, et ils me réchauffaient le cœur. Mais lui semblait ne jamais me croire, et c’était frustrant et j’avais de plus en plus de mal à le supporter. En aucun cas ce n’était de la fausse modestie ; Sebastian était comme ça. Moi j’étais impuissante, et je voulais vraiment qu’il comprenne qu’il n’avait rien à envier aux autres et que c’était Daphne qui avait tout fichu en l’air, volontairement. Elle ne l’aimait pas- et je me demandais bien comment elle pouvait- et je pouvais comprendre sa déception, sa tristesse. Mais maintenant il fallait s’accrocher à ceux qui restaient. Qui tenaient véritablement à lui et lui faisaient ressentir qu’il valait bien mieux que ce qu’il pensait.

-Et toi tu ne t’aimes pas assez pour voir que j’ai raison, je n’irais pas jusqu’à dire que je me trouvais parfaite. Certainement pas. Mais je connaissais mes atouts, mes qualités, mes défauts. Je croyais un minimum en moi et mes convictions me permettaient de ne pas douter ; de ne pas trop douter du moins. Tes erreurs,la vérité c’est que je pensais qu’elle s’en fichait puisque de toute façon elle avait gagné, elles sont minimes et je pense même qu’elles sont inexistantes. Il ne fallait plus qu’il pense à elle. C’était fini entre deux maintenant, non ? Il n’avait vraiment pas l’air d’en être sûr.


- Peut-être mais… Avant, ça avait un sens je crois. Ou du moins, ça me donnait quelque chose. Et je suis sûr qu’il y a… Encore quelque chose, elle est pas ce qu’elle montre, ou ce qu’elle croit être.

Même si je ne le voulais pas, parce que je voyais bien dans quel sale état était Sebastian…cette fille était spéciale pour lui. Il s’était véritablement attaché à elle. Je le voyais dans sa manière de parler de Daphne, dans ses intonations hésitantes. Elle avait du pouvoir sur lui (est-ce qu’elle en avait idée ?) Comme si ce petit jeu l’avait fait vivre. Mais Sebastian n’avait pas besoin d’elle pour être quelqu’un. Je n’arrivais pas vraiment à saisir ce qu’elle lui avait apporté…mais manifestement quelque chose d’important à ses yeux. Je ne pouvais décemment pas lui faire la morale ou lui reprocher de s’être lié d’amitié ; ce n’était pas vraiment le mot, avec la Serpentarde. Les sentiments ne se contrôlent pas et je ne voulais empêcher Sebastian de rien, mais juste le protéger. Il s’était engagé là-dedans et maintenant il ne semblait ne plus pouvoir en sortir. Daphne le retenait prisonnier. Mais était-ce vraiment une prison s’il ne voulait pas la quitter ?

Je me baissais un peu et posais la tête contre son cœur, laissant les battements me bercer. Ils étaient plutôt réguliers, calmes. Et c’était suffisant. Ses bras et sa proximité étaient bien assez. L’instant aurait été parfait si Sebastian allait mieux ; mais j’avais beau être bien…j’avais l’impression qu’une certaine gravité s’était installée. Je cherchais mes mots, mais je ne savais pas vraiment quoi dire. Daphne, Tom, et la vie en général…Sebastian avait à faire face à beaucoup de choses, et il tenait, voilà où était son courage mais encore une fois…il n’en était pas convaincu.


-Je comprends, mais elle te fait du mal Sebastian, tu l’as vu, non, il ne lui appartenait pas, il n’était pas son jouet. Elle t’a montré qui elle était. Et tu ne peux pas continuer indéfiniment à chercher quelque chose qui te prouvera qu’elle tient à toi, j’aurais aimé qu’elle lui offre ce qu’il voulait. Juste un peu de reconnaissance de sa part. D’affection. Evidemment que je lui en donnais, Clea, Tess, sa famille mais…nous n’étions pas Daphne. Elle était inaccessible. Elle avait décidé de l’être, à n’en pas douter.


-Et toi alors, ça va mieux avec ce type là, Matthews ?

La question me surprit. Je me demandais premièrement comment il savait que je le connaissais…et je me rendis compte qu’il faisait exactement comme moi ; qu’il regardait qui je fréquentais et si certains m’importunaient. On faisait attention. Caleb donc…oui, on pouvait dire mieux, même si c’était plus comparable à du rien. On ne se croisait même plus, ou bien de loin dans la Grande Salle. Il avait décidé de m’ignorer autant que je l’ignorais. Ce fonctionnement me convenait. Plus ou moins.

Je ne lui parle plus, mais de toute façon il se moquait de moi, je l’avais interprété ainsi, je ne manque rien, je crois, est-ce qu’il enviait ma capacité à me détacher des gens à qui je m’étais attachée (un tout petit peu) aussi facilement ? Je ne pouvais pas le savoir. Mais au fond je savais. Que j’aurais réagi sans doute un peu pareil que Sebastian.

Renoncer, ça ne serait jamais facile.


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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: "When all is crumbling." |PV|   Ven 21 Déc - 22:43

J’essayais toujours de me dire qu’il y avait pire. Je n’aimais pas me placer en victime et j’avais malheureusement tendance à dramatiser parfois les choses. J’étais jeune, j’étais en vie, j’étais… Non, j’avais beau dire, je n’avais pas l’impression de vivre mes années de jeunesse comme tout le monde. Autour de moi les gens semblaient s’amuser, se faire et se défaire comme si de rien n’était, tout était si rapide et éphémère, sans conséquence. Je ne fonctionnais pas comme ça, je ne savais pas ne pas me soucier des autres. Je passais mon temps à m’inquiéter, voilà ce que je faisais. Peut-être étais-je que j’avais muri plus vite que les autres ? Parce que dès mon enfance, on m’avait traité différemment parce qu’on me trouvait « mature ». Ma mère m’avait vite parlé de sujet qu’on n’aurait pas abordé avec n’importe quel gosse, elle me trouvait de bons conseils. Plus diplomate et perspicace que ma propre sœur, pourtant bien plus âgé. Ma différence, mon atout, c’était probablement ma patience qui m’avait aidé à réfléchir calmement, à observer et analyser. Et ça, c’était ce qui me différenciait principalement de ma sœur. Elle, elle était toujours directe, franche, elle ne réfléchissait jamais et disait toujours « désolé j’y ai pas pensé », c’était son véritable crédo.

Elle avait toujours eu une relation un peu conflictuelle avec mes parents. Parce qu’elle était brillante sans toujours faire l’effort de l’exploiter, du moins au début de ses études à Poudlard. Mais aussi parce qu’elle avait du caractère et qu’elle passait son temps à s’opposer à tout, à n’en faire qu’à sa tête. Elle avait commencé à fumer et boire trop tôt au goût de ma mère, à porter des jupes trop courtes et à avoir trop de petits copains dans sa liste d’ex. Elle ne les ramenait pas tous à la maison, mais on finissait toujours plus ou moins par se douter de quelque chose, parce qu’elle disait toujours aller chez telle ou telle copine, et qu’elle partait fringuer comme pour un mariage. Alors ça criait toujours trop fort, ça pleurait, et je passais derrière pour faire l’intermédiaire. Mais ma mère avait un fort caractère aussi et forcément elle n’essayait pas trop de voir qu’Elisa avait des besoins et qu’au fond ce n’était qu’une adolescente perdue comme les autres. Elle prétendait être si confiante, si heureuse, mais je savais qu’elle cachait bien ses problèmes. Ça au moins ça aurait pu nous faire un point commun… Sauf que moi je ne lui cachais pas, elle ne me les demandait juste pas.

Alors oui, j’aurais voulu être comme mes camarades, que la vie me paraisse simple. Je me prenais peut-être la tête pour des conneries, Tess ou Daphne, ma famille… Mais je n’arrêtais pas de penser à Tom aussi, et cet épouvantard m’avait retourné l’estomac. Je n’étais pas dans ma meilleure forme quoi. Il fallait que je positive, je le savais mais j’étais plus forte pour le dire aux autres que l’appliquer à moi-même. Et je commençais à me demander ce qui n’allait pas chez moi. Tous les garçons de Poudlard m’auraient enviés d’embrasser Aria, je m’en doutais bien parce qu’elle était magnifique. D’un point de vu extérieur elle était déjà parfaite, et si on la connaissait par-delà des apparences, elle était encore mieux. Pourquoi est-ce que… Je ne l’aimais pas comme on aimait une petite amie ? Pourquoi n’avais-je pas la légèreté de la trouver simplement attirante et de me contenter de quelques éclats de rire en sa compagnie ? Nous étions jeunes, nous n’avions pas à nous prendre la tête pour les relations. Et pourtant, je le faisais malgré moi : je ne voulais pas être avec elle, pas… Pas de cette manière là.


-Et toi tu ne t’aimes pas assez pour voir que j’ai raison. Tes erreurs, elles sont minimes et je pense même qu’elles sont inexistantes.

C’était du Aria tout craché. J’eus un petit sourire triste, parce que j’aurais voulu lui dire tout ce que j’avais sur le cœur ; comme Tom par exemple. Elle ne savait pas qu’avant son accident, je m’étais disputé avec lui et qu’alors qu’il courait pour me fuir cette voiture lui était rentrée dedans. Ce n’était pas vraiment ma faute… Et à la fois. J’avais des erreurs qu’elle n’imaginait pas, parce qu’elle n’imaginait jamais que je n’étais pas aussi bien que ça. Le pire bien sûr, c’est que je n’osais pas lui prouver lui contraire en parlant de ma dispute avec mon frère. J’avais simplement peur que son regard change, j’avais confiance en elle mais je ne voulais surtout pas la décevoir. J’eus un nouveau pincement au cœur lorsqu’elle appuya son visage contre ma poitrine et que je sentis qu’elle se relâchait, se laissait aller –il n’y avait qu’avec moi qu’elle le faisait.

-Je comprends, mais elle te fait du mal Sebastian, tu l’as vu, non ?... Elle t’a montré qui elle était. Et tu ne peux pas continuer indéfiniment à chercher quelque chose qui te prouvera qu’elle tient à toi.

Elle avait raison, je le savais. Je me battais contre des moulins, je voulais sauver ce qui n’avait pas de solution ni de fin heureuse. Je ne pouvais pas continuer. Et pourquoi n’osais-je pas me résoudre à l’idée de perdre cette fille qui ne m’avait jamais appartenu ? Peut-être parce que l’idée de la posséder justement, ça m’avait fait rêver.

- Je ne lui parle plus, mais de toute façon il se moquait de moi, je ne manque rien, je crois.

Ce « je crois », je le connaissais par cœur. Il était digne d’Aria lorsqu’elle se remettait en question sans vraiment oser le faire. Je savais ce qu’elle pensait sans même qu’elle le formule. Ce mec, ce Caleb, il lui plaisait. D’une manière que j’ignorais, mais sa fierté avait été touché et pour qu’elle le soit il fallait pénétrer sous la carapace. Comment avait-il réussi à le faire ? Et surtout, comment avait-il pu gâcher ça ?! Visiblement, il ne se rendait pas compte de ce qu’il avait. C’était drôle d’une certaine manière, parce que le discours que je tenais sur ce Caleb était le même que celui d’Aria et pourtant nous restions tout deux accrochés à ce que nous avions. Oui, malgré ce qu’elle montrait, je savais que la Serdaigle n’était pas si… Froide que ça. Je riais toujours de ces gens qui la prenaient pour un robot, comme si elle n’avait aucun sentiment et qu’elle contrôlait le peu qui restait. Il est vrai qu’elle ne se laissait que très rarement, elle se connaissait parfaitement et faisait tout pour être la meilleure possible, certes. Mais elle avait un cœur, je le savais plus que bien, et si Caleb y avait eu accès, il avait plutôt intérêt à faire attention.

- C’est drôle. Dis-je avec un sourire amer. J’essaye trop, et toi pas assez. C’était vrai, et ce n’était pas un reproche mais une pure constatation. Je passai ma main dans les cheveux d’Aria qui dévalait dans son dos comme des fils d’ors. Elle me paraissait toute frêle contre moi. Je la serrai légèrement plus fort, plongeant mon visage dans sa chevelure qui sentait son parfum –tout doux. Posant mon menton sur le sommet de son crâne, je fermais les yeux et respirais doucement. Tout était bien, elle était là de toute manière. Il a intérêt à faire gaffe à ce qu’il fait, de toute manière. Je veille sur toi. Dis-je simplement en posant un baiser sur le sommet de son crâne, comme si elle était une petite fille un peu triste. Visiblement, nous avions plus sur nos cœurs que nous voulions bien l’admettre au premier abord.


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Aria Davenport
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Âme soeur: “As a girl, she had come to believe in the ideal man -- the prince or knight of her childhood stories. In the real world, however, men like that simply didn't exist.”

MessageSujet: Re: "When all is crumbling." |PV|   Mer 9 Jan - 19:42

Le fait d’être là avec lui supprimait tout. Mes angoisses et inquiétudes me semblaient soudain superficielles, infimes, et j’oubliais que tout ça m’atteignait. Avec Sebastian, il n’y avait pas de place au doute, et le simple fait d’être dans ses bras me prouvait que je valais réellement quelque chose aux yeux de quelqu’un. Là-bas, dans mon dortoir à Serdaigle, il y avait la solitude, parce que malgré la sympathie de mes camarades, les efforts qu’ils faisaient, je repoussais leurs tentatives sans vraiment le faire exprès. Serdaigle était désormais chez moi, ma véritable maison, et peu à peu l’idée que ça avait été une erreur forcément de m’y envoyer s’était évaporée. Finalement je réalisais que Serpentard n’était pas pour moi, j’avais de l’ambition mais les doutes que j’avais concernant ma future réussite était trop présents ; mon manque de ruse, et toutes ces autres petites choses qui faisaient que j’étais moi…j’avais voulu Serpentard parce que c’était l’image de la fille que je voulais être. Mais je ne l’étais pas, et voilà où était la différence. Mais cette fille que j’étais justement, c’était celle qu’aimait Sebastian et juste pour ça ; je ne regrettais pas, je ne regrettais plus. Quant à ma difficulté avec les contacts physiques, elle n’existait plus avec lui. Je me sentais protégée. Et même si physiquement il n’était pas toujours là ce qui était parfaitement compréhensible – parce que nous avions chacun nos vies- je savais qu’il pensait à moi.

- C’est drôle. J’essaye trop, et toi pas assez. Il a intérêt à faire gaffe à ce qu’il fait, de toute manière. Je veille sur toi.

Il avait complètement raison. Moi j'avais coupé court dès que la personne avait fait un faux pas tandis que lui…lorsque ces derniers s’accumulaient, il persistait. Sur ce point-là, nous étions extrêmement différents mais ça ne nous avait jamais empêché d’être proches. J’avais toujours pensé que nous étions complémentaires parce que justement, nous n’étions pas jumeaux dans le caractère. Je me serrais un peu plus contre lui. En quelque sorte, Sebastian était mon ange gardien ici. Son baiser sur mes cheveux me prouvait une fois de plus que notre promesse tenait. On était là l'un pour l’autre. Il avait beau ne jamais s’être réellement emporté devant moi – nous avions eu des disputes mais elles s’arrêtaient dès que le ton commençait vraiment à monter- il se mettrait en colère si quelqu’un osait me faire du mal. Mais il n’avait pas de soucis à se faire. Caleb ne ferait rien.

-C’est vrai, murmurais-je. Pour moi il n’y avait plus rien à tenter de toute façon. J’avais laissé suffisamment de chances à Caleb pour qu’il les saisisse. Il préférait les écraser, et bien s’il me connaissait, il saurait que je n’allais pas rester à l’attendre, lui et ses tours qui n’amusaient que lui et ses amis qui y voyaient du génie. Ne t’inquiète pas Seb, fis-je rassurante. J’avais préféré utiliser le surnom que tout le monde lui connaissait, qui était ; contrairement à son prénom que je disais en entier quand quelque chose n’allait pas, un synonyme de légèreté.

Enfin légèreté…pas vraiment. Je voyais comment il était là…à bout de forces à cause de cette fille qui l’avait épuisée avec son petit jeu malsain. Je le connaissais trop pour ne pas remarquer qu’à ce moment précis il n’y avait que le visage de Daphne en tête, et ses paroles que je devinais assassines. Cette fille le hantait, et elle avait pris une place que je trouvais démesurée, et surtout dangereuse parce que j’avais peur qu’elle le fasse souffrir. Encore. Je voulais que Sebastian soit serein même si on ne peut jamais dormir tranquille en sachant qu’à des kilomètres, votre petit frère dort dans une chambre d’hôpital qui est devenue horriblement familière. Cette fille, ça elle ne le savait pas, elle le saurait jamais parce qu’elle ne prenait pas trois secondes pour écouter Sebastian. Ma tête contre son cœur, j’entendais retentir une petite mélodie agréable, qui me donnait envie de ne plus penser à rien. Et pourtant, à cet instant, une pensé me vint et je compris. Je compris ce que lui n’arrivait pas à voir.

-C’est elle qui devrait être à ma place non ? fis-je avec douceur. En disant ça ; je ne voulais pas dire qu’il la préférait à moi, de toute façon il n’y aurait jamais de classement, jamais, mais tout simplement parce que je pensais que pour Sebastian elle était plus qu’une amie. Je connaissais ce garçon depuis trois ans et je savais lire en lui. Elle avait réveillé quelque chose. Quelque chose qui n’avait rien à voir avec la douceur de nos étreintes, au calme qui s’installait lorsque nous étions tous les deux parce que personne d’autre que lui ne savait me rendre moins nerveuse. Soudain, tout ça me fit peur, parce que je trouvais cette fille détestable et que je savais qu’elle ne lui offrirait pas ce qu’elle désirait. Et pire puisque elle continuerait à le faire souffrir. Mais il y a de ces choses contre lesquelles on ne peut rien. On croit que l'on peut tout soigner avec de la volonté et de l'affection lorsqu’on a des rêves plein la tête, mais quand le retour à la réalité se fait, on réalise notre impuissance. Et ça c’était difficile à admettre.Je voulais lui éviter d’avoir mal. Pour l’instant je ferais de mon mieux. Mais quelque part dans ce château il y avait Daphne qui avait de l'emprise sur lui. Je savais qu’elle avait le pouvoir de le rendre heureux. Peut-être pas pleinement, mais quand même. Je regrettais de n’avoir pas été sa solution. Que de son côté et du mien il n’y ait pas eu cette étincelle, cette révélation où l’on se dit qu’on a attendu ce moment depuis toujours. Pas que j’avais détesté son baiser, loin de là, mais voilà ; on ne pouvait mentir sur ça et je n’étais pas celle qui lui fallait et réciproquement. C’était sans appel.

Un instant je choisis d’oublier, et fermais les yeux. J’avais l’impression de flotter dans une sorte de semi sommeil où rien d’autre n’existait. Je ne sus pas vraiment combien de temps je restais dans ses bras. Juste qu’au moment où je les rouvris et me séparais difficilement, une fille de ma maison me prévint que finalement nous avions cours. Je la suivais, abandonnant Sebastian à contrecoeur. Je le regardais s’éloigner. A quoi pensait-il ? A ce qui s'était passé? A mes paroles ? A elle ? J'étais calme alors que j'avais l'impression que quelque chose avait réellement changé aujourd'hui. Tout ça avait été comme une pause dans le temps, et pourtant ça avait existé. J'étais heureuse de pouvoir le serrer dans mes bras sans me poser de question. Heureuse de l'avoir retrouvé après ces longues vacances, malgré la tristesse dans ses yeux impossible à ignorer. Quand il se confiait à moi, ça me touchait à chaque fois, mais hélas je n'avais que trop compris ce qu'il se passait. Je pouvais tenter de lui épargner des désillusions supplémentaires. Mais je sentais qu'il était trop impliqué dans cette histoire pour laisser tomber. Sebastian allait revenir vers elle, c'était quasiment sûr et même si je savais qu'il m'avait écoutée; ce serait plus fort que lui. Je ne pouvais pas le raisonner.

En revanche, je continuerais à veiller sur lui moi aussi .

Fini ♥

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