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Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé

 

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 Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé   Sam 20 Oct - 16:51

Si vous saviez ce que j'étais en train de faire. Mais si vous saviez!...

Bon, l'effet n'était pas nouveau, pour moi, donc je gérais un minimum la situation, mais autant vous dire qu'en face ce n'était pas du tout le même topo, et que tout l'équipage avait quitté le navire en sautant par-dessus bord depuis bien longtemps. Je ne pouvais pas m'empêcher de rire, non seulement parce que j'étais défoncé, mais parce que franchement, franchement, je méritais une médaille pour tout ce qui venait de se passer - et allait se passer. Non, vraiment. Sortir Haley Collins du droit chemin? Mais autant tenter d'acclimater des ours blancs dans le Sahara, oui! Ah, pour un peu je me serais applaudi moi-même. Bon, peut-être que je n'avais pas été très clair sur ce que j'étais en train de fumer et que j'avais parfaitement ignoré le fait qu'elle croyait que c'était une clope, mais et alors. Elle ne m'avait pas demandé noir sur blanc si, oui ou non, ces bouffées que j'aspirais étaient chargées ou pas de substances illicites, néfastes pour l'organisme et passibles en plus de ça de sanctions pénales dans notre cher pays? Oh, oui, j'étais certain qu'elle était capable de se demander ce genre de conneries.

J'avais su avant de venir que partir de Bristol me changerait les idées, c'est aussi pour ça que j'avais proposé. Parce qu'on va dire qu'une après-midi avec Haley ne ressemblait pas trop à toutes les activités que j'avais pu faire jusque là. Qu'elles se passaient bien plus de nuit et dans des milieux qui lui feraient sûrement dresser les cheveux sur la tête, dans des états dont elle ne devait même pas imaginer l'existence. Il y avait trop de choses dans ma tête pour que je m'en passe. c'était peut-être con, mais j'avais besoin d'être au milieu des autres, tout le temps, de faire la fête, de boire, et plus, d'avoir de la musique plein les oreilles et de ne pas penser à autre chose que le bout de la nuit, des blagues de mes potes et des conneries qu'on allait faire en rentrant parce qu'on serait complètement pétés. Coop avait beau me lancer des regards noirs parce que je rentrais toujours à bloc, ça ne changeait rien. Personne n'y pouvait rien. Il y avait cette espèce de remord qui était tout le temps là, et puis ces questions non résolues, qui me faisaient doublement chier parce que 1) je ne connaissais pas les réponses et 2) je détestais cogiter tout le temps comme ça, ça ne me ressemblait ça. D'habitude, j'envoyais tout péter, et tout allait pour le mieux. Là, je n'y arrivais juste pas. Et l'autre imbécile de cousine Reegan qui avait eu la brillante idée de m'envoyer cette carte à la con histoire d'être sûre que je n'oubliais rien... Ben, non, je n'oubliais pas. Mais y'avait fort à parier que Taylord oubliait, elle. Bah, pour ce que ça pouvait foutre. Elle ne reviendrait pas de toute façon...

Ce matin, en fouillant les poches de mon jean pour voir si j'avais tout ce qu'il me fallait - fric, clopes, briquet, baguette - j'en avais tiré la petite figurine de Taylord, justement. Parfois j'oubliais qu'elle était là, ou bien je la mettais sur ma table de nuit, mais elle n'était jamais bien loin. Pourquoi? Parce que je me disais qu'il faudrait que je lui rende un jour, dans l'optique qu'elle revienne, et que donc fallait pas que je la laisse moisir dans un coin. J'avais hésité, et puis j'avais posé le cheval en plastique sur l'étagère de ma chambre, avant de partir.

Pour aller à Londres de Bristol c'était simple, il y avait un bus qui parlait du centre ville, toutes les deux heures. J'avais pris celui de 9h10, qui arrivait à Victoria Coach Station à 11h40. 7£, ce n'était pas la mort. J'avais failli proposer à Coop de venir, mais après je m'étais dit que c'était pas cool de ne pas avoir prévenu Haley, et puis en plus, je n'étais pas sûr qu'ils s'entendent... Quoi que. Coop savait se montrer très Serdaiglement chiant, quand il le voulait. Bref. Non mais, j'étais quand même content de voir Haley, hein! La pauvre, je l'imaginais se morfondre chez sa mère et compter les jours qui la sépareraient de son retour à Poudlard tout en s'interrogeant sur le pourquoi de l'existence et la noirceur de la vie. On s'était écrit quelques lettres pendant l'été, ouais, allez savoir par quel miracle je m'étais mis à correspondre avec Haley Collins, mais disons que depuis que je m'étais rapproché d'elle, j'avais été incapable de faire comme si elle n'existait pas. Je l'aimais bien, moi, cette petite. Bon, elle n'était peut-être pas la meuf la plus drôle et entraînante de l'univers mais quand elle savait se lâcher, elle s'en approchait, et puis ben je ne sais pas, au fond je la sentais seule et pas bien dans sa peau, et il n'en fallait pas plus pour tirer sur ma corde sensible. Eh oui! Et de fil en aiguille, on en était venus à se dire qu'on pourrait se voir, et comme moi ça ne me posait aucun problème de me balader jusqu'à Londres je lui avais proposé de venir, et elle avait dit oui, aussi simplement que ça. Au début j'avais pensé à l'inviter chez moi, même quelques jours, et puis je m'étais dit que ça serait bizarre, et que si jamais elle croisait mon père elle aurait une crise de nerfs, et encore pire, si ma mère était dans un de ces mauvais jours - tous les jours - elle aurait une attaque. Donc bon. Londres, c'était mieux. Et puis, il y avait plus de trucs à foutre que chez moi, haut-lieu de l'ennui et du néant. La connaissant, de toute façon, elle aurait sûrement dit non, mon dieu, venir toute seule chez un garçon et dormir sous le même toit que lui! Oh là là!

... Il fallait que j'arrête de me moquer, oui, je sais. Mais en même temps, Haley ne m'aidait pas! Et puis, c'était gentil, hein. Elle savait bien que je l'appréciais. Depuis quand j'étais un mec qui se coltinait des gens qu'il n'aimait pas?! Ah ça, ça serait bien le début de la fin.

Et donc on s'était donné rendez-vous dans un square pas loin de chez elle, vers midi, ce qui me laissait pile le temps de faire le voyage depuis là où arrivait le bus. Il faisait un temps de ouf, presque trop chaud, et heureusement que je n'avais pas oublié mes lunettes de soleil, parce que la lumière était éblouissante. Je n'avais qu'un polo sur les épaules, et autour du moi tous les gens étaient dans leurs habits d'été, mais qui différaient quand même de ceux que je croisais dans les rues de Bristol, ou pire, dans ma rue à moi. Rien qu'en me baladant dans Londres, j'avais l'impression que les gens étaient de la classe supérieure, et ça renforçait mon envie de me casser de Bristol et de vivre dans un endroit un peu plus intéressant. Plus qu'un an, mine de rien...

Elle était déjà là quand j'étais arrivé - évidemment. Bonjour, je m'appelle Haley Collins, je vis une vie de grand-mère et je suis réglée comme du papier à musique! - et je l'avais prise dans mes bras et embrassée sur les deux joues pour l'embêter. Et puis on avait acheter de quoi casser la croûte, on s'était installés dans le square - décidément, les pique-nique devenaient notre spécialité - et on avait discuté. Ah oui! Parce que j'avais presque oublié ce détail : dans le genre le destin s'acharne, avec qui Haley passait du bon temps depuis le mois de juin? Je vous le donne en mille? Elle n'aurait pas pu prendre le premier mec venu, non? Eh bien non, pourquoi faire simple quand on peut me casser le cul! Elle se tapait l'autre andouille de McBeth - enfin, "se tapait" : ils se tenaient le main en public, quoi. Peut-être qu'ils s'embrassaient sur les joues, allez savoir. Encore lui, toujours lui, mais ce mec était un genre de malédiction ou comment ça se passe? Non parce que se taper Taylord avant moi, puis Stephen, puis me provoquer en duel parce que j'avais touché aux cheveux de son amoureuse et que son autre amoureux l'avait trahi, et j'en passe et des meilleures, et EN PLUS sortir avec Haley ensuite?! La pauvre. Bon, l'avantage dans l'histoire c'est qu'elle devait avoir fait une croix sur Fray. Quoi que : Fray ou McBeth? Hmm, mon cœur balance, dites-moi... En tout cas, elle pouvait toujours courir pour que je ne me foute pas de sa gueule sur ce point. Je me demandais : est-ce qu'elle savait au moins que son Roméo en pinçait encore pour Taylord? Et qu'il m'avait cassé la gueule, par la même occasion? J'aurais été curieux de savoir sa réaction, tiens, même si entre nous je préférais garder cette honte pour moi.

Et puis j'avais fini par sortir un joint - ouh là là, c'est mal - parce que ces temps-ci je fumais même la journée, surtout quand j'étais de sortie. Je m'étais attendu à un regard effrayé et désapprobateur, mais comme elle n'avait pas réagi sur le coup quand je l'avais allumé... Je m'étais dit... Non, sérieusement? Elle ne sait même pas ce que c'est?! Oh putain, son cas est encore pire que je le pensais. Du coup, je m'étais marré. Et j'avais commencé à la provoquer un peu, allez quoi, cette fois tu vas fumer, non? T'es pas cap hein? Bon par contre je faisais gaffe parce que si il lui reprenait l'idée de lancer le joint plus loin ou de l'écraser, euh, non. Et puis ça avait été tellement, tellement tentant... Qu'elle me pardonne hein... Mais l'idée de faire fumer de la weed à Haley, c'était genre, le truc le plus génial qui pouvait m'arriver des vacances. Elle avait cédé, parce qu'on était bien, qu'on s'amusait bien, qu'il faisait bon et que j'avais sûrement fini par la pousser un peu hors de ses limites.


- Tu verras, tu me remercieras ensuite, avais-je dit mystérieusement en retenant le fou rire qui montait en moi.

Elle avait fumé, et comme au début elle s'y prenait comme un manche, je lui avais montré comment on faisait, du coup elle avait aspiré plusieurs lattes et... Il était chargé en plus, et même moi il me faisait son petit effet, alors je ne vous raconte pas! Ses pupilles s'étaient dilatées direct, et, victoire, Haley Collins était complètement défoncée!

Et voilà comment on en était arrivés là... Et que si on me l'avait dit, je ne l'aurais pas cru. Non mais, si vous saviez!...

_________________

CHUCK CARLTON
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Dernière édition par Chuck Carlton le Mer 6 Fév - 15:14, édité 1 fois
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Haley Collins
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MessageSujet: Re: Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé   Dim 11 Nov - 17:06

Pourquoi les arbres tanguent ainsi, comme si ils dansaient follement ensemble ? Comment se fait-il que le ciel si bleu de l'été et que je déteste tant soit à droite de mon champ de vision – non, à gauche, maintenant – au lieu de simplement peser lourdement au-dessus de ma tête, comme il le fait habituellement ? Mon estomac fourmille t-il de ce qui pouvait être semblable à de la joie, ou ai-je simplement envie de rendre à la nature le repas que j'avais ingurgité une heure auparavant ? Pourquoi le visage de Chuck Carlton s'impose à mon regard comme si il était tantôt près – tout près – du mien, tantôt si éloigné – si éloigné que quand je tends le bras pour tenter de le saisir, mon bras parait mesurer dix mètres de long ?

Cela me semble une bonne conclusion, fondée sur des arguments solides, que d'avouer que je ne suis pas dans un état... normal. Je n'aurais jamais du céder à Chuck. Mais j'avais la malheureuse tendance de lui donner à peu près tout ce qu'il voulait, car au fur et à mesure que je passais du temps à ses côtés, je m'affaiblissais. Mes défenses s'étaient déjà bien écroulées lors de cette fameuse après-midi passée à Pré-au-Lard avec Scott, où il... il... enfin, le fait était que maintenant, nous étions... ensemble. Il avait émis le souhait de me rendre heureuse, et si j'avais douté, si je m'étais réfugiée dans mon néant cérébral pour nier cette vague inattendue d'affection et même... d'amour, j'avais peu à peu ouvert mon cœur et mes bras pour les offrir à Scott. Après trois semaines, il m'apparaissait avec de plus en plus d'évidence qu'il était bien le seul à pouvoir occuper cette place dans mon esprit et mon cœur, et même, au vu de tout ce que je ressentais quand j'étais à ses côtés – les fourmillements, les palpitations, les douces sensations de chaleur s'épanouissant dans les entrailles de mon organisme – mon corps. J'étais encore bien hésitante, et c'était toujours lui le premier qui se saisissait de ma main pour l'entremêler à la sienne, douce mais à l'emprise solide. J'avais été tant effrayée, les premiers jours, le fait que j'ai le droit à mon tour à ce genre de relation m'avait noué l'estomac, si fort que j'avais du mal à avaler quoique ce soit lors des repas. Scott, souvent assis à mes côtés, s'inquiétait, tentant de dénicher les meilleurs plats généreusement disposés sur toute notre table pour que je puisse me remplir un tant soit peu l'estomac. Les vacances étaient arrivées avec quelque soulagement, me permettant de prendre un peu de recul sur cette situation qui me dépassait. Le fait que Scott semble réellement... m'aimer, et que l'impression douloureuse que mes sentiments soient moins forts que les siens était la principale raison de mes angoisses. Depuis la fin de l'année scolaire, nous nous écrivions presque tous les jours, et cette relation épistolaire me plaisait pour l'instant plus, car elle me donnait le loisir de correspondre avec lui sans que mes joues ne rougissent ou que mon cœur s'affole douloureusement dans ma poitrine. Nous avions prévu de nous voir bientôt, et plus les jours passaient, plus il m'impatientait cependant de le voir et de le serrer dans mes bras – ces contacts-ci étaient mes préférés. C'était pour l'instant le seul qui ne m'inquiétait pas, parce qu'il me procurait un bien surprenant et une chaleur délicieuse.

Si j'avais été soulagée de m'éloigner un peu de la bouillante ambiance qui régnait au château et de ces regards parfois scrutateurs qui se posaient sur Scott et moi, j'avais bien vite regretté la vie au château. Vivre chez moi m'était un peu plus douloureux à chaque nouvel été. L'état de ma mère s'était amélioré, ses cernes étaient un peu moins violettes et creuses, son regard moins terni, mais sa bouche restait irrémédiablement un trait tiré en une expression insipide. Mon père était décédé depuis trois ans, et pourtant, il semblait qu'elle ne soit toujours pas revenue à elle-même. Ma mère me semblait définitivement partie, comme l'était désormais mon père. A la maison, je faisais de mon mieux pour alléger ses peines. Je préparais les repas, nettoyais toutes les pièces, m'occupais des vêtements, des papiers, de la gestion de ses rendez-vous médicaux. Je vivais avec une ombre. Ma tante – sa sœur – venait deux fois par semaine nous rendre visite, ce qui insufflait un peu de vie à notre triste habitation, toujours terne et froide, hantée par ses fantômes. C'était aussi grâce à sa venue que je pouvais m'autoriser quelques sorties ; je savais ma mère en bonne compagnie, et si elle parvenait à subvenir à ses propres besoins, je savais que j'avais trop de conscience pour la laisser seule.

Ainsi, j'avais tenté de placer mes retrouvailles estivales avec Chuck un jour où ma tante était chez nous, sans rien préciser au concerné. Je l'avais déjà bien trop embêté avec mes peines cardiaques pour lui infliger mes problèmes familiaux quand nous nous écrivions. Oui, nous tenions une correspondance épistolaire, car aussi incroyable que cela pouvait l'être, j'avais appris qu'il était capable d'écrire une lettre – son écriture était bien évidemment abominable, mais elle me faisait sourire, car son écriture sale et désordonnée était bien la seule chose réellement vivante qui trônait dans ma chambre. Il y avait bien les écrits de Scott, sagement posés les uns sur les autres sur le coin droit de mon bureau, ornés de sa belle écriture régulière qui m'apparaissait comme une caresse, mais celles de Chuck, que j'avais spécialement éparpillées dans un cadre de trente centimètre sur vingt-cinq centimètres, parce qu'elles fourmillaient de tâches d'encre, de ratures, ou de son écriture aléatoire, emplissait le lieu de sa désinvolture, comme une bouffée d'air frais. Elles étaient le seul élément non-aseptisé de ma maison. J'avais établi un cadre de désordre sur mon immense bureau en chêne parce qu'il me semblait que, bien qu'il ne le saurait jamais, il serait fier d'apprendre que je m'étais autorisée une petite folie, et que celle-ci le concernait. Mes lèvres s'étiraient parfois en un sourire par le simple fait de regarder ses lettres désordonnées. Ce sourire s'affadissait en quelques instants quand le même regard dérivait vers la pile des lettres de Scott. Devais-je lui avouer que Chuck et moi prévoyions de nous voir ?

Je l'avais fait. Parce que l'honnêteté était à mes yeux un des principes les plus importants dans les relations am...oureuses, je ne cachais rien à Scott. Il était ainsi au courant que je correspondais régulièrement avec Chuck (quand celui-ci était d'humeur, en fait, puisque je répondais à ses lettres le jour même où je les recevais, alors qu'il mettait parfois jusqu'à trois jours pour me faire parvenir ses réponses. Nul doute qu'il était aussi très occupé, et nous savons tous pertinemment de quelle nature était ses occupations), et que nous prévoyions nous voir durant l'été. Il n'avait émis aucune protestation, par respect pour mon amitié avec le Gryffondor, me conseillant simplement de faire attention à moi, ce qui avait accentué l'affection forte que j'éprouvais déjà pour lui. Scott respectait mes décisions et essayait rarement de m'en dissuader. Cette compréhension et cette liberté qu'il m'accordait n'avait fait que renforcer l'envie que j'avais de le serrer dans mes bras, ce que je faisais toujours quand une attention ou un mot de sa part me touchait, incapable d'expliquer ces émotions par des mots. Chuck devait faire plus de deux heures de route pour rejoindre Londres, ce qui me procurait une sorte de réconfort : si il venait, c'était réellement parce qu'il en avait envie. J'avais finalement cédé presque toute ma confiance à Chuck – c'était bien la seule chose que je faisais en dépit des volontés de Scott qui me conseillait de rester constamment sur mes gardes quand j'étais en présence du rouge et or. De mon côté, je devais simplement prendre le métro jusqu'à Hyde Park, lieu où nous avions décidé de nous retrouver. J'étais certaine qu'il aurait sans doute préféré un bar ou quelque chose s'y rapprochait, mais c'était lui qui avait émis l'idée du parc. Peut-être en souvenir de notre premier pique-nique.

Tout fût presque comme cette fameuse après-midi passée à Poudlard, si ce n'était que j'acceptais presque sans broncher le câlin qu'il m'infligeât. Grignotant quelques prévisions, nous avions discuté de tout et de rien – surtout de rien, en vérité, car le « tout » était essentiellement constitué de sujets tels que Scott et Taylord, qu'aucun de nous deux n'avait encore évoqué, dans un accord tacite. Il m'avait conté quelques une de ses mouvementées sorties, que j'avais religieusement écouté, souriant quelques fois aux détails amusants, et finit par sortir une cigarette. Je m'y étais habituée en sa présence, et l'odeur me paraissait moins insupportable que les premières fois. Je lui adressais une fausse moue désapprobatrice tandis qu'il l'allumait et commençait à en extraire quelques bouffées. En vérité, j'avais toujours été fascinée par les nuées de fumées qui s'échappait de sa bouche. J'aurais pu la regarder encore des minutes et des minutes s'évaporer dans l'air chaud du parc rempli de vacanciers et de touristes qui étaient tous, comme nous, assis ou allongés à l'ombre d'un arbre. Le temps n'était pas trop lourd, ni trop chaud, tout juste agréable, ce qui me poussa à céder à... Non, Haley, non, le climat n'est aucunement une excuse à la bêtise que tu as commise. Chuck avait évidemment, renouvelé son désir de me faire essayer la cigarette, et je ne sais par quel miracle il réussit ce tour de passe-passe, mais mes lèvres étaient entrées en contact avec cette... cigarette, qui, maintenant que je le voyais clairement, était remplie de ce qui me semblait être... de l'herbe ? Etait-il possible de fumer du gazon ? Ou était-ce des plantes ? Qu'était-ce donc que ce genre de cigarette ? Mon ignorance me fût sans doute fatale. Lorsqu'il me tendit la chose, surveillant prudemment que je ne l'envoie pas valser au loin comme je l'avait à Poudlard, son regard malicieux posé sur moi, je la pris de manière hésitante entre mes doigts qu'il plaça correctement sur le mégot avant de me montrer le geste respiratoire à accomplir. Sans attendre, je m'y exécutais – j'avais toujours été une bonne élève, et je n'avais donc aucune raison de faillir si les explications qui m'étaient données étaient correctes et précises. Chuck étant un expert en la matière, je ne pouvais que réussir à cet examen de passage que je prenais comme un défi, prise dans le tourbillon de mon humeur soudainement mesquine. Tandis que je m'appliquais à fumer de manière convenable, il riait à gorge déployée.

- Tu verras, tu me remercieras ensuite, l'entendis-je dire.

- Très drôle ! Je suis curieuse de savoir pourquoi le débauché que tu es pense ça ! Cette chose ne marche pas, dis-je après avoir aspiré vainement quelques bouffées successivement. J'eus l'impression que Chuck tentait de m'arrêter avant de se résigner et de me laisser continuer, pouffant encore ; je tentais d'aspirer ce qu'il y avait à aspirer, ne sachant si oui ou non cela fonctionnait (et je pense qu'en réalité, la réponse est oui, mais que je ne m'en rendais pas compte à ce moment là).

Et soudain, alors que je sentais Chuck reprendre en main sa possession, jugeant que j'avais sans doute assez profité de la petite chose, je fus comme mentalement projetée en arrière, et le parc se mit à tourner.

- Oh, soufflai-je en posant ma main sur le tronc d'arbre qui était à ma droite pour me donner un appui stable. Chuck, il y a baleine sous cailloux, ça... tourne beaucoup... C'est normal que ça fasse ça si vite ? Oh tiens, celui-là ressemble à un cheval, tu as vu ? dis-je en regardant une pierre grise qui se trouvait au pieds du tronc. Je voulais l'attraper, détachais ma main de l'arbre pour m'en saisir des deux mains, mais, assise en tailleur, le haut de mon corps bascula vers l'avant, et Chuck du me soutenir pour me remettre droite afin d'éviter que je n'aille embrasser l'herbe bien verte du parc. Bien, bien verte. Il s'agissait sans aucun doute d'une herbe dont on prenait grand soin. Ses larges brins brillaient au soleil, et dansaient en harmonie sur l'air de la Valse n°2 de Chostakovitch tandis que les pétales des fleurs environnantes tournaient comme des moulins à vent. J'avais de nouveau agrippé mon tronc d'arbre, cette fois des deux mains, l'enserrant presque à bras le corps, comme si il s'agissait de Scott. Scott ! A cette pensée, mon étreinte se fit plus forte. Je réalisais soudainement que j'avais besoin d'un câlin. Après avoir scrupuleusement scrutée l'écorce de l'arbre contre lequel j'avais cette fois appuyé ma tête en marmonnant des choses incompréhensibles mais qui m'avais l'air pleine de sens, des sons parasites attirèrent mon attention. Je retournais violemment ma tête vers Chuck, écroulé de rire.

- Pourquoi ça te fait pas ça ? Pourquoi ça te le fait qu'à toi ? Enfin, qu'à moi ? Tu m'avais pas dit ! J'ignorais que la cigarette faisait ça, c'est injuste. C'est injuste, Chuck. Pourquoi tu ne m'aimes pas vraiment ? Pourquoi tu fais semblant ? Je suis sûre que tu fais semblant. Arrête de rire ! Je t'aime, mince, enfin, je t'aime bien, tu sais ce que je veux dire, et toi, comme toujours, tu ris, tu ris, tu ris tu ris tu ris !

Des larmes se pressaient au coin de mes yeux tandis que le violent poison de la trahison que je ressentais sur l'instant parcourais mon corps. Après l'euphorie des premiers instants, le doux néant qui avait fait partie intégrante de mon cœur et de mon corps pendant si longtemps m'apparaissait, aussi fort et violent qu'il l'avait été. Le ciel bleu était insupportable. Je détestais chaque brin d'herbe qui croisait mon regard. Je désirais ardemment déchirer chaque pétale de chaque fleur à portée de mes mains, et quand je remarquais de nouveau la pierre chevaline que j'avais aperçus quelques instants auparavant, j'eus envie de la prendre et de l'envoyer sur Chuck. Je lui avais déjà lancé une pomme, et cela avait échoué ; peut-être que j'allais enfin réussir à le viser ? Un grand sourire s'étale sur mes lèvres, un sourire amer, ou peut-être acide, alors que je m'empare de la pierre qui fait la taille de ma paume, et que je relève la tête pour fixer le front de Chuck. C'est là que je souhaite envoyer la pierre. Bam.

Mais au moment où je m'apprête à lever le bras, une silhouette se dessine derrière l'espace qui se trouve derrière Chuck, où le parc s'étend à perte de vue. J'arrête mon geste, paralysée, et tente de la distinguer plus clairement, mais mes yeux ne veulent pas faire la mise au point nécessaire. Seul le visage de Chuck m'apparaît nettement. Je plisse les yeux et me mord la lèvre inférieure pour que la mise au point de ma rétine se fasse sur ce qui se trouve derrière lui ; et quand enfin le flou n'est plus, mon cœur me remonte dans la gorge, accentuant l'impression de nausée logée dans mon corps.

Le teint mat. Les cheveux bruns. Une chemise et des bretelles. Stephen.

La pierre retombe sur le sol avec un bruit mat. Je tourne un regard paniqué vers Chuck.

- Chuck, l'appelais-je calmement, presque dans un murmure. Chuck !Ma voix est cette fois pressante. Chuck, Stephen, le plan ! Il est là ! Il faut exécuter le plan ! Vite ! Il va partir, et ce sera trop tard, dépêche-toi !

Je veux me relever, mais mes jambes sont flageolantes, et je m'écroule sous mon poids – Chuck me rattrape ; je ne sais comment il me soutient, mais je le sens contre moi. Je pense que nous sommes tout deux debout, et que le miracle que je tienne sur mes deux jambes est entièrement dû au fait qu'il supporte héroïquement mon poids. Maintenant, je peux mieux lui montrer Stephen, qui avance calmement sur un des chemins de terre du parc, à plusieurs dizaines de mètres de nous. Que fait-il là ? Où habite t-il, d'ailleurs ? Ces questions me traversent rapidement l'esprit avant que je ne reporte mon attention sur le plus important : le plan. Notre plan, établi hier. Ou peut-être la semaine dernière ? Ou il y a deux mois ? Le jour de notre premier pique-nique, je crois. Donc, c'était bien hier.

La chance est en notre faveur : un écureuil passe près de Stephen qui tourne la tête pour le regarder. Nous sommes dans son champ de vision. Enfin.

Je me tourne face à Chuck et agrippe chacune des épaules à l'aide de mes mains, pour ne pas tomber. Son tee-shirt se coince entre mes phalanges alors que je renforce mon emprise sur lui. Je plonge mon regard dans le sien. Ses yeux sont marrons. Un peu comme ceux de Stephen, non ? Stephen... Mon cœur crie tandis que ces sept lettres sont martelées dans mon esprit. Je sens que mes canaux lacrymaux vont céder, mais je ne le veux pas, non, oh non, je ne le veux pas. Nous avons un plan. Nous allons exécuter ce plan. A, B, C, D. Ou A, D, C, B.

Mes doigts sont toujours fermement agrippés aux épaules de Chuck, tremblants contre le tee-shirt collé à sa chair, quand ma bouche se presse contre la sienne. Je ne parviens qu'à m'emparer du coin de ses lèvres. J'écarte légèrement mon visage du sien, pénètre mon regard – plein de fureur, ou de désir, celui de réussir, car il faut que le plan fonctionne – dans le sien. Et j'attaque, encore. Mes lèvres sont cette fois-ci bien collées aux siennes. Mes yeux sont fermés. Je ne distingue qu'un rideau noir devant lequel se dessine des traînées rouges, brûlantes, éclatantes, victorieuses. Je sens le sang palpitant, mon cœur battant comme jamais, la chaleur se propageant dans mon corps ; est-ça, l'ivresse ? Mes mains relâchent ses épaules et glissent jusqu'à son cou, où j'agrippe le col de son tee-shirts et le sert plus fermement entre mes poings. Ce léger mouvement détruit mon équilibre et pousse Chuck contre le tronc d'arbre que j'avais enlacé. La rencontre entre son corps et l'écorce semble brutale, mais il propage une onde de choc dans mon propre corps qui réclame violence. Ivre de tout mais fébrile, je garde son corps pressé contre l'arbre et me saisit de nouveau de ses lèvres.
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé   Mar 13 Nov - 15:15

Et donc, on était là, tranquillement à discuter, comme deux potes un jour d'été... Il faisait chaud, il y avait des gens autour de nous qui... Non, ok. Rentrons dans le vif du sujet.

- Très drôle ! Je suis curieuse de savoir pourquoi le débauché que tu es pense ça ! Cette chose ne marche pas - ok, donc dans le genre naïve, elle explosait tous les records.

Moi, je ne disais rien. Voyez-vous, c'était déjà tellement énorme ce qui était en train de se passer, qu'il me fallait une force surhumaine pour ne pas exploser de rire, et du coup je préférais attendre qu'elle ait bien tiré sur le joint pour me laisser aller, parce que je ne voulais pas prendre le risque de faire tout foirer. N'empêche que pour le coup elle m'étonna : elle ne toussa pas, ou pas trop, elle ne pleura pas à s'en arracher les poumons, et réussit à fumer correctement, sans crapoter - je le voyais à la colonne qui s'échappait de ses lèvres, droite et continue. Bravo! Haley venait de faire son premier pas dans la cour des grands! Ça, pour être curieuse, elle pouvait l'être. Parce que si vous voulez mon avis, ces quelques lattes, pour Haley, équivalaient à si je fumais un arbre en entier. Mais bon. Attendons la suite. Je souris d'un air mystérieux, sans rien ajouter. Mais c'était bizarre quand même... J'avais pensé qu'à la première taffe elle allait devenir toute pâle et se mettre à tanguer, mais même pas, et même qu'elle en tira plusieurs et... Ohlà, tout doux hein! Je ne voulais pas la tuer non plus. Je tendis la main pour qu'elle me le rende, il fallait quand même limiter les dégâts pour l'instant. Alors? Est-ce qu'elle commençait à s'envoler un peu?...

Affirmatif. Ça se passa en quelques secondes à peine, je vis ses yeux devenir vagues, et elle se transforma en une espèce de fille un peu bizarre, à la peau encore plus blanche que d'habitude et qui donnait l'impression de flotter dans l'air, elle bougeait un peu sur elle-même, et ses yeux s'agrandissaient - ok, en fait, elle faisait carrément flipper. Je sentis un fou rire monter dans ma gorge.


- Oh. Chuck, il y a baleine sous cailloux, ça... tourne beaucoup... C'est normal que ça fasse ça si vite ? Oh tiens, celui-là ressemble à un cheval, tu as vu ?

Pardon?! Ok. Ok. Elle me montrait une pierre devant nous. Tout va bien. Et... Oups! Je la rattrapais à temps par les épaules alors que, sans explication aucune, elle s'apprêtait à tomber en avant, comme une grosse masse. C'est ça, accroche toi à l'arbre tiens. Bonne idée. Oh putain, qu'est-ce que j'avais envie de rire. Cette fois, je ne me retins pas, et explosai de rire. Heureusement qu'il n'y avait personne autour de nous pour assister au spectacle. Je venais de rendre Haley Collins complètement high. Epic win!

- Je t'avais dit que... Que tu ne le regretterais pas, mais elle me coupa la parole, et tout d'un coup elle était si sérieuse alors que l'instant d'avant elle me parlait de cailloux, que je redoublais de rire, parce que c'était bien la preuve qu'elle était sous l'effet du joint :


- Pourquoi ça te fait pas ça ? Pourquoi ça te le fait qu'à toi ? Enfin, qu'à moi ? Tu m'avais pas dit ! J'ignorais que la cigarette faisait ça, c'est injuste. C'est injuste, Chuck. Pourquoi tu ne m'aimes pas vraiment ? Pourquoi tu fais semblant ? Je suis sûre que tu fais semblant. Arrête de rire ! Je t'aime, mince, enfin, je t'aime bien, tu sais ce que je veux dire, et toi, comme toujours, tu ris, tu ris, tu ris tu ris tu ris !

Mais que quelqu'un m'achève! Pitié! J'en avais mal au bide tellement je riais, je riais, je riais, comme elle disait, et je n'arrivais plus à respirer! Pour le coup c'est moi qui m'écroulai à moitié, et sur elle en plus, parce que je voulais quand même la garder dans mes bras des fois qu'elle ait encore des gestes bizarres. Mais je n'en pouvais plus. Putain, j'avais l'impression que mes côtes allaient se décrocher tellement je me marrais. Le joint devait probablement faire un peu effet aussi, mais putain, il y avait longtemps que je n'avais pas autant ri ! La cigarette! Ma pauvre enfant! Si tu savais!

- Ah ça, lâchai-je entre deux hoquets de rire, tu peux être sûre que je t'aime vraiment, parce que putain, quand on me faisait rire autant, je ne pouvais qu'aimer la personne, et puis, blague à part, je venais de me taper deux heures de bus pour ses jolis yeux, alors...

... Alors, oui, bien sûr que je l'aimais bien. Et aussi étrange que ça puisse paraître, elle était probablement celle de qui j'étais le plus proche après... Bref. Ce n'était pas le moment. En tout cas, Haley avait ce truc qui la différenciait de toutes les autres filles, parce qu'elle était tellement dans un autre monde, tellement perdue, que ça réveillait mes ardeurs protectrices, et franchement, plus ça allait, plus je m'attachais à elle. Je ne sais pas trop si elle s'en rendait compte, elle devait sûrement se dire que j'étais un mec trop différent d'elle pour être vraiment son ami. Mais pourtant, c'était le cas. Est-ce que je me serais cassé le cul à répondre à ses lettres, sinon?! Non mais ça, si ce n'était pas une preuve d'amitié! Moi! Ecrire des lettres! J'aimais bien en recevoir, mais alors écrire, ça me gonflait prodigieusement. Du coup je mettais quinze plombes à lui écrire, d'ailleurs, alors que pourtant j'avais des trucs à lui dire hein, ce n'était pas ça le problème. Mais je trouvais toujours mieux à faire que prendre une feuille et un crayon parce que... Je sais pas, j'avais l'impression qu'on me mettait un flingue sur la tempe et qu'on me forçait à me livrer. Mais bon. Je le faisais quand même, parce que ça ne se faisait pas. Et puis, j'aimais bien avoir de ses nouvelles, alors, si je ne lui répondais pas... Son écriture était tellement elle : toute droite et toute parfaite et toute organisée, un peu gamine aussi. Ça me faisait marrer.

... WOW! Mais qu'est-ce qu'elle était en train de faire?! Alors que je riais tranquillement sans faire de mal à personne à moitié écroulée sur elle, en la retenant de tomber pendant qu'elle faisait des câlins à un arbre - pardon? Ah, oui. Non mais, ça va pas bien - tout d'un coup son regard fut dans mon champ de vision et elle avait l'air parfaitement en colère et tenait dans sa main un caillou. Euh, pardon? C'était une psychopathe en cavale, ou bien?

- Mais Haley, c'est comme ça que tu comptes me prouver ton amour?!... Entendez amitié, hein, évidemment, je savais bien que son coeur était pris par une armée de Serdaigle tous aussi chiants les uns que les autres, et d'ailleurs, je m'y perdais. Maintenant qu'elle se tapait Scott - enfin, se tapait... Ca ne risquait pas, si vous voulez mon avis - qu'est-ce qu'elle pensait de son éternel amour? Et Fray, hein? L'autre n'était qu'une vague copie pour combler le manque?

Mais je n'eus pas l'occasion de creuser le sujet. Tout d'un coup, il se passa quelque chose de très bizarre, et on passa en trente secondes du gentil petit pique-nique à la situation de crise, niveau rouge.


- Chuck. Oui? Mais qu'est-ce qu'elle foutait? Chuck ! Oui non mais je suis là, allo! Tout d'un coup elle s'excitait, je ne sais pas pourquoi, et je me redressais, parce qu'elle s'agitait. Chuck, - mais putain de merde tu vas arrêter de m'appeler oui, c'est quoi le problème?! - Stephen, - ... Au secours. - le plan ! Il est là ! Il faut exécuter le plan ! Vite ! Il va partir, et ce sera trop tard, dépêche-toi !

Le plan? Mais... Je n'eus pas le temps de la regarder vec des yeux écarquillés parce qu'elle voulait se lever et qu'elle n'y arrivait pas, et que du coup je me levais avec elle et la soulevait à moitié, avant de saisir sa taille de mes deux mains et de la serrer fermement, pour qu'elle ne tombe pas. Cette fois, c'était presque de la démence dans ses yeux. Quand je vous dis qu'elle faisait flipper. Bon, j'essayais de comprendre. Le plan, ça me faisait penser à ce dont on avait parlé un jour, qu'on voulait faire genre on s'embrassait quand Fray passait dans les couloirs, c'était mon idée, pour qu'il se bouge un peu le cul. Mais ça ma petite chérie, c'était avant, avant qu'il s'envoie en l'air avec Wayland et ses cheveux de sirène, avant que toi tu te fasses par peloter par McBeth, tout ça tout ça! Eh bien! Elle oubliait qu'elle était maquée?

Je jetais un coup d'oeil vers le mec qu'elle regardait. Alors là, excusez-moi, mais à part la couleur de peau, je ne voyais pas grand chose en commun entre Fray et cet agent d'entretien qui était en train de balayer l'allée. ... Ouais, son look peut-être, les bretelles dégueulasses et la chemise rayée qui le faisait passer pour un clown?! Je regardai Haley et me dis en une fraction seconde - si je lui dis que ce n'est pas lui, elle ne fera rien, et honnêtement, ce n'était pas moi qui allait empêcher Haley de faire cocu mon si cher ami Scott McBeth. Et puis... Le plan. J'étais bien curieux de savoir ce qu'elle...

Et voilà. Voilà comment on en était arrivés là. Non mais, si vous saviez!...

Soyons clairs : imaginez-vous en train de rouler à une pelle à Haley Collins. Qu'est-ce qui se passe? A part les oiseaux qui chantent dans les arbres, le soleil, les fleurs roses en fond, et puis un petit bisou chaste et elle qui devient toute rouge parce que, oh mon dieu, c'est le premier baiser de sa vie et qu'elle ne sait rien faire d'autre qu'être une mignonne petite fillette effarouchée comme une biche?

Eh bien, pas du tout. Parce qu'elle venait de me plaquer contre l'arbre, avec une force qui venait de je ne sais pas où, et qu'elle s'était jetée sur moi comme si elle lâchait tout de tout ce qu'elle avait retenu pendant ses années, et qu'elle était décidée à me sauter, consentement ou pas. Non, vraiment. Je n'étais quand même pas un enfant de choeur à ce sujet, mais alors autant vous dire que j'étais sidéré... Que malgré moi je ne pouvais pas m'empêcher de me dire - Haley Collins est en train de ma plaquer contre un arbre - Haley Collins m'embrasse comme si elle voulait me bouffer - Haley Collins se conduit comme une grosse bombasse - Bref, la fin du monde approchait, c'était qu'une question de minutes. Oh bien sûr, je prenais mon pied, hein. Je n'allais quand même pas me gêner. Stephen-l'agent-d'entretien était parti depuis longtemps, et Haley continuait, et ma foi, puisque c'était elle qui le voulait, je continuais moi aussi. Bon, je dois dire que, allez savoir pourquoi, je n'osais pas trop la peloter comme je l'aurais fait normalement, parce que... elle restait Haley, et que j'avais l'impression que j'étais en train de la pervertir à jamais. Je ne fis rien de mes mains donc, mais je l'embrassais tout autant qu'elle m'embrassait, même si c'était le truc le plus étrange au monde qui était en train de se passer. Mon coeur battait trop fort et je ne respirais plus correctement, mais il y avait quelque chose de vraiment ouf dans ses baisers, et son odeur m'enivrait comme l'avait fait le joint. Ses lèvres étaient fines et délicates comme elle, mais ce qu'elle en faisait était bien plus sauvage et - mon dieu, non, ne pas penser à une suite possible à l'histoire. Non je... Je sentis mes mains se crisper et se poser sur ses bras, avant de remonter vers ses épaules et de descendre vers... Non! C'était comme si on avait mis le feu à l'intérieur de mon ventre, et je l'écartai doucement, me collant encore plus contre l'arbre pour me séparer de son visage.


- Je crois qu'il est parti, lâchai-je à bout de souffle. Sous entendu : cesse donc de me violer.

Voilà voilà.

Je ne savais pas ce qui me faisait le plus d'effet, ce qu'elle venait de me faire, ce qui venait de se passer, ou bien le simple fait que c'était Haley qui venait de me plaquer avec violence contre un arbre et que moi j'étais celui qui mettait un terme au truc.

Wow, il fallait que je m'assois. La tête me tournait trop. Je me laissai glisser par terre, et attirai la Serdaigle avec moi, m'assurant qu'elle ne se pète pas la gueule au passage, et la calai à côté de moi, adossée à l'arbre, les jambes pas trop repliées contre elle pour qu'elle respire bien et reprenne un peu ses esprits.


- Bon. Les miens revenaient peu à peu. Maintenant, tu respires profondément, et tu essayes d'y voir un peu plus clair. Je... euh... Je crois que la cigarette t'a fait un peu plus d'effets que prévu, non, ne pas rire, ne pas rire, mais ça va aller mieux t'inquiète. Tu t'sens comment? J'attrapai au passage la bouteille d'eau dans nos affaires, l'ouvris et lui tendis. Contre mon épaule je sentais la sienne, et tant pis si il faisait chaud et qu'on allait se tenir encore plus chaud, pour l'instant, mon but était de ramener Haley à la normale, même si je devais bien l'avouer, ce petit incident me laissait entrevoir que j'allais pouvoir faire quelque chose de mon poulain. Et c'était pas vraiment que je le portais dans mon coeur, mais, solidarité masculine, j'espérais vraiment pour lui que McBeth allait connaître cette facette de sa meuf, bien bien cachée je vous l'accorde.

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CHUCK CARLTON
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Haley Collins
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MessageSujet: Re: Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé   Dim 2 Déc - 18:48


♫ ♪
Where are we ?
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Save, save me

J'avais décidé que j'étais en proie à l'ivresse. Enfin, je ne décidais plus de rien moi-même : c'était mon corps qui était soumis à d'étranges pulsions, puissantes et vives, et qui toutes convergeaient vers le brasier qu'était devenu mon cœur. Il palpitait à cinquante-mille-douze kilomètres par heure, et il m'enveloppait, et je brûlais à l'intérieur – j'étais désormais dans mon cœur, et non pas l'inverse, j'en étais désormais convaincue – et j'avais sans doute rarement eu aussi chaud de toute ma vie. Le plus incroyable était que cette chaleur ne venait ni vraiment du soleil au dessus de nos têtes, ni de la lourde atmosphère de l'été, mais bien de moi ; j'étais le foyer d'un incendie ravageur, et plus que sa température, j'en avais aussi la férocité : aurais-je été en état de m'en effrayer, la panique m'aurait sans doute envahie.

Mais je ne paniquais pas. Je n'avais conscience de rien, si ce n'était de cette chaleur dans laquelle je me complaisais – pour la première fois depuis dix sept-ans, je la supportais, et même... je la savourais. Le plus déstabilisant était que je ne pouvais comparer cette expérience à rien de connu : les seules rares fois où j'avais senti une chaleur un peu semblable – mais cependant moindre – étaient les fois où j'avais goûté la Bièraubeurre avec Heather ; mais seules mes joues s'étaient échauffées, et un peu ma gorge ; là, en cet instant, tout mon moi brûlait. J'étais en feu. Mes joues, mes mains, qui se rattrapaient à ce qu'elles pouvaient – je sentais la texture du tissu se froisser sous mes doigts crispés, puis ma main droite dérapa et rencontra l'écorce d'un arbre ; je vacillais mais me ressaisit et agrippa de nouveau le tee-shirt de la victime de mon attaque –, mon cœur, exultant dans le creux de ma poitrine ; mes pieds, dont je ne savais plus si ils étaient posés sur une pelouse ou un nuage ; et mes lèvres, avides de chair, dévorantes mais insatiablement affamées. Je ne sentais que ce contact charnel de mes lèvres contre d'autres – je ne me souvenais pas que les lèvres de Scott soient de cette ardeur, ni que les mains de Stephen soient si vigoureuses, à vrai dire, elles m'inspiraient quelque chose de plus Carltonesque – ; chaque contact provoquait une étincelle de plus, nourrissant l'immense brasier dont j'étais le bois brûlant.

C'était peut-être mal. Mais je ne ressentais que le bien. Et cet incendie ravageur qui s'intensifie tandis que mes mouvements se perdent ; je sens un cou au creux de ma paume caressante, une épaule sauvagement saisie par mon autre main ; des doigts parcourent mes bras ; mon corps tout entier fourmille ; alors que je cherche à saisir ses cheveux, l'arbre me rappelle à l'ordre, et si il n'était pas là... mais il est là, il soutient le corps contre lequel je désire me serrer encore – le feu, il brûle, fort, encore, toujours, fort –, au moment où ma main droite se pose dans sa nuque vulnérable –

Le vide. Il n'y a plus rien. Mon ivresse m'est arrachée, et je reste à bout de souffle, les yeux encore clos par la violence de la tornade dans laquelle j'ai été emportée. Il n'y a plus rien, contre mon corps, mes mains, mes lèvres ; plus rien, sinon du vide. Du néant. Mais je n'en veux pas. Je veux cette chair ardente que j'ai touché, palpé, frôlé, dévoré. L'incompréhension me fait ouvrir les yeux avec une expression passablement choquée et énervée. La lumière du soleil – ce soleil que je hais de chaque parcelle de mon corps délaissé – m'aveugle un instant et je plisse les yeux ; je distingue du bleu en haut ; du vert en bas ; mais peut-être qu'il y a aussi un peu de vert en haut et de bleu en bas, je ne sais pas, je ne veux pas savoir ; ma mâchoire est serrée et mes yeux crispés sur lui. Je le distingue, enfin ; ce sont ses mains posées contre mes bras qui m'ont arrachées ma douce ivresse. Sa respiration est forte, et je prends conscience que la mienne l'est également ; mais je respire le douloureux souffle de l'inachevé, non pas l'air délicieux des beaux jours qui arrivent. Je lis la perdition sur son visage, ce qui m'arrache un sourire un peu tordu, diabolique – je le sais, car mes lèvres ne se tirent pas ainsi lorsque je souris, habituellement. Quelque chose d'étrange se passe, alors que le constat se fait : je suis comme extérieure à moi-même, et vit les événements comme une spectatrice.


- Je crois qu'il est parti.

Des mots me parviennent, comme les échos d'une mélodie désagréable dans une église.

- Parce que tu l'as éteint, ruminai-je, les dents serrées et le regard fougueux. C'est lui qui a fait partir mon feu ; réduisant à néant les flammes majestueuses qu'il avait pourtant éveillé dans mon cœur, dans mon estomac, dans mon ventre, sur mes joues et sur ma bouche, qui me semble désormais mutilée. J'avais compris que je détestais la chaleur extérieure ; il fallait que j'en sois la source, que je sois le feu, que l'eau s'assèche, pour que je l'apprécie jusqu'à l'enivrement. J'avais été enivrée ; j'étais maintenant dépossédée.

L'ivresse m'avait paralysée ; les cendres brûlantes de mon incendie parcouraient encore mon corps, bouleversé, à la merci de tout. J'étais devenu un pantin que Chuck – ah oui ! C'était donc Chuck – manipulait avec une étonnante délicatesse, des mouvements doux, attentionnés, gentils, qui m'énervaient beaucoup, beaucoup, alors même que je ne saisissais pas entièrement ce qu'il me faisait
– mais il n'y avait pas de feu, c'était tout ce qui m'importait.

- Bon, dit-il un peu faiblement.

La sérénité avec laquelle il essayait de reprendre ses esprits, semblait-il, accentuait ma frustration : mon sang palpitait, tout comme mon cœur battait, et si ma respiration revenait à la normale, là, assise contre cet arbre, les genoux repliés, le monde était encore instable – le bleu se mêlait encore au vert –, tout comme mon corps qui réclamait vengeance.


- Maintenant, tu respires profondément, et tu essayes d'y voir un peu plus clair. Je... euh... Je crois que la cigarette t'a fait un peu plus d'effets que prévu, mais ça va aller mieux t'inquiète. Tu t'sens comment ?


- Je sais comment respirer. La cigarette ne m'a rien fait. Je ne m'inquiète pas. Le ton de ma voix était peu élevé et mes dents toujours légèrement serrées, mais chaque mot tombait, brut, tranchant, comme si ils se jetaient d'un pont après avoir été soigneusement pesés. J'étais pragmatique. Je visualisais clairement les choses. Mais ce moment de lumière fût bref ; l'instant d'après, excédée par sa dernière question – gentille, pourtant... ? – je m'emportais. Ma tête se tournait violemment vers lui, à ma gauche, et je plongeais mon regard dans le sien.

- J'ai chaud, dis-je une première fois, à peu près calme. J'ai chaud ! répétai-je avec plus d'ardeur alors que je sentais que mes mots glissaient de mes lèvres sans que je n'y puisse rien. Et ça tourne. Pause. Mais je brûle, Chuck ! Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi tu as éteint le feu ? Je m'étais complètement retournée vers lui ; appuyée sur mon bras gauche. Je vis seulement à ce moment qu'il me tendait une bouteille d'eau.

- Merci, dis-je en l'attrapant doucement, perplexe. Je ne sus cependant pas quoi en faire, mon estomac contracté étant peu enclin à recevoir un quelconque convive. Mais j'ai envie de vomir. Je lève de nouveau la tête vers lui, et cherche ses yeux. Là où se cache la vérité. D'autres choses me donnent envie de vomir. Je force mon regard en constatant cette magnifique transition inopinée. Pourquoi tu as fait ça à Taylord ? Et à Scott ? Pourquoi tu te comportes comme ça ? Comme un nigaud ? Chaque question se fait plus violente dans ma bouche que la précédente. Ne te moque pas parce que j'ai dit « nigaud », je sais comment tu es, et je sais que tu n'es pas mauvais, je ne veux pas te perdre parce que tu es un nigaud, mais il faut que tu me dises Chuck, pour que je crois encore à toi, parce que là, tu... tu pues ! lançai-je en levant mes bras dans une expression de fureur – un peu d'eau nous éclaboussa. Ce mouvement brusque détruit de nouveau l'équilibre du monde, mais je me ressaisis au mieux, tenant fermement la bouteille d'eau entre les mains et appuyant le plus possible mon dos contre l'arbre. Toujours plongée dans un état étrange, mes paroles insensées résonnant dans mes oreilles, je les laisse s'évaporer dans l'air. Mon cerveau tourne comme le tambour d'une machine-à-laver, passant en revue les mille pensées qui y fourmillent ; mais tout est vague, confus, et je ne parviens à attraper que ces quelques idées exposées brutalement à Chuck ; des idées qui me pesaient sur le cœur et que je n'avais pas osé lui dire, parce que... parce que... je l'ignorais, justement. Mais maintenant, tout était clair dans ma confusion, et j'avais le désir ardent de savoir, de l'entendre.

- Chuck, l'appelais-je en me tournant vers lui et en me saisissant de son bras à l'aide de ma gauche, libre, réponds, ou je renverse cette bouteille sur toi. Pause. Réflexion. ...Non, je... je ne sais pas viser, alors, dis-le moi parce que... parce que... parce que juste... c'est moi. Mes doigts se resserrent autour de son bras et je le transperce au mieux de mon regard ; et si le monde vacille autour de lui comme d'une tempête en plein océan, je me raccroche à son visage, à ses yeux, à ses lèvres, aux mots que j'attends, comme à une bouée.
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé   Sam 8 Déc - 0:23

On est d'accord, la situation était à s'en taper le cul par terre : moi le premier, j'avais un fou rire presque ininterrompu depuis tout à l'heure, parce que Haley ne voyait pas l'éléphant dans le couloir qu'était ma "clope" qui n'avait rien d'une clope, et que Haley bourrée valait toutes les blagues du monde tellement elle était dans un monde parallèle. Et c'était encore pire quand elle pris l'agent d'entretien pour Fray, et tout et tout - jusqu'à ce que je ne sais quelle force obscure s'empare d'elle et fasse de moi son nouveau jouet sexuel. Oui, parfaitement. En soi, ça ne m'étonnait pas. Je veux dire : on ne peut pas, humainement, être aussi coincé que ça, aussi à des années lumières des préoccupations des ados normaux, tout ça. Mais j'avais eu de l'espoir, puisqu'elle avait laissé tomber ses fantasmes débiles et qui ne verraient jamais le jour à propos de l'autre asperge de Stephen Fray, et qu'elle avait fini par oser concrétiser un semblant de relation avec un autre Serdaigle du genre, mais au moi,s il y avait des chances que leur relation devienne physique... Enfin, si on espérait aussi que l'autre ne soit pas si coincé qu'il en avait l'air. Donc, c'était plutôt normal que le joint libère ses ardeurs, elle avait dû les enfouir tellement loi, tellement fort, que forcément, quand le boomerang revenait, ben... Ça faisait des dégâts. Preuve à l'appui : moi-même, le dos compressé contre un arbre, la respiration coupée, et la bouche d'Haley sur la mienne à m'en faire perdre dix neurones à la seconde. Ses mains me pressaient et si moi j'avais la présence d'esprit de ne pas me mettre à la peloter aussi, ça ne m'aidait pas, ses mains fébriles qui hurlaient mon prénom et l'envie de m'arracher mes vêtements. Un peu de compassion serait la bienvenue.

Mais le pire... La pire qui m'ôta un peu tout envie de rire l'espace de quelques secondes, c'était quand elle obéit, contrainte et forcée, à se séparer de moi, et quand je captai son regard et son terrible sourire à la Hazel Woodley qui suintait de désir et d'idées lubriques je perdis à peu près toute ma contenance pour l'échanger avec celle d'un poireau. Ma conscience toute entière me dictait en hurlant de mettre fin à ce petit jeu, ha ha ha on avait bien rigolé maintenant on arrêtait les conneries, et le reste... Le reste rugissait à l'intérieur de moi, parce que si il y avait bien quelqu'un pour qui j'avais d'autre sentiments que d'habitude, c'était bien Haley. D'accord, elle était mignonne, d'accord, elle était baisable et tout le tralala MAIS je m'étais trop attaché à elle pour lui faire ça et la ranger dans un même panier, j'avais l'impression que c'était un petit lapin qu'il me fallait protéger de ce bas-monde de renards affamés, voyez-vous. Je me sentais trop en position de force pour que ce soit un challenge, ou pour que ce soit sain, même. J'avais autant d'affection pour elle que j'en avais pour, je sais pas, ma cousine, un truc comme ça, et ma cousine, eh bien, je n'avais pas d'idées salaces sur elle, donc par extension, je n'en avais plus sur Haley. J'imagine qu'on pouvait dire qu'elle était devenue mon amie, une bonne fois pour toutes - moi qui croyais que l'amitié fille-garçon c'était du vent, comme mon but avec Haley n'était pas de la mettre dans mon lit, je commençais à espérer un peu.

Eh bien, non. Evidemment que c'était du vent. Là? En cet instant? Oh, il y avait à peu près mille tornades qui me dévastaient de l'intérieur, un tracteur qui me moissonnait le ventre, et des marteaux-piqueurs qui me défonçaient les tempes et le coeur. Quelque chose émanait d'Haley qui me rendait fou, j'avais envie qu'elle continue d'être comme ça, qu'elle ait la présence d'esprit de m'envoyer au diable avec ma bonne conscience (notons l'ironie de la situation) et qu'elle me plaque contre le sol, carrément, qu'on puisse concrétiser la panoplie d'idées que j'avais en tête et qui, j'aime autant vous le dire, n'étaient pas de tout repos. J'imaginais son corps nu et pur - ... ben oui, qu'elle ne me la fasse pas à l'envers - et j'imaginais ses petits yeux innocents se voiler d'envies qui ne l'étaient pas, j'imaginer ses lèvres sur ma peau et ses gestes timides que je me serais empressé de rendre moins timides. Je crevais d'envie de l'entendre gémir et...

... Bon. Stop. Non mais, ça ne va pas.

Je n'allais quand même pas me taper Haley! Je... Si... Non.
NON.


- Parce que tu l'as éteint, dit-elle, à des années lumières de mon combat intérieur dont l'intensité se mesurait à peu près sur une échelle de 0 à une armée de dragons qui crachent du feu dans les profondeurs brûlantes de l'enfer.

Pardon, elle me parlait d'éteindre? Vraiment? Alors qu'elle venait de m'allumer à un point dont elle n'avait pas idée? Bon sang, j'étais en feu, j'étais une torche vivante, un feu humain, j'étouffais sous son regard de braise là, oh! L'arbre avait pris feu dans mon dos, Hyde Park entier avait pris feu!


- Je sais comment respirer. La cigarette ne m'a rien fait. Je ne m'inquiète pas.

Mais voilà, allez savoir pourquoi, j'avais décidé d'être un modèle de droiture, et le feu s'étaient éteint - en apparence - alors que ma tête tournait encore et que je n'osais plus trop la regarder en face. Mais, au fond de moi, je savais, et ces quelques secondes n'existaient pas vraiment... Il y avait quelque chose de fraternel dans ma relation avec Haley. Et, surtout, il y avait quelqu'un derrière ces flammes, quelqu'un d'autre, qui n'était pas là...

Je bus une gorgée, pensivement, à la bouteille que j'avais chopé, récupérant mon esprit par fragments, hop un peu de conscience, ouhlà ça tournait encore, voyons voyons on se calme, on respire, on réfrène ses ardeurs, et on parle de gentils petits trucs avec Haley, et il ne s'était rien passé du tout, mais non mais non. Sauf que ma respiration était encore courte et la sienne aussi, et surtout, ses gestes, sa voix, ses attitudes, ressemblaient furieusement à quelqu'un qui a complètement perdu pied pour aller se noyer dans les vapeurs d'un joint et qui redescend petit à petit sur terre ; mais la réalité c'est brutal et ça fait mal, et quand on y revient, on se sent toujours trop grand pour son corps, trop étriqué dans son esprit, on est brusque et froid, parce qu'on était bien, là-haut, où plus rien ne comptait d'autre.


- J'ai chaud. J'ai chaud ! Et ça tourne. Mais je brûle, Chuck ! Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi tu as éteint le feu ?

J'ai chaud. Tu m'étonnes! Il faisait déjà bien chaud en cette journée d'été, et je ne vous raconte pas, après la pelle qu'elle m'avait roulé, on avait crevé la couche d'ozone, et explosé tous les thermomètres. Je lui tendis la bouteille pour toute réponse - verse la toi dessus tiens ça va te calmer... Une bonne douche froide, rien de meilleur que... Haley sous la douche?! NON! Ne pas y penser, non!

- Merci. Mais j'ai envie de vomir.

- Ah,
dis-je simplement en me redressant un peu et en me tournant vers elle. C'était des choses qui arrivent dans ces moments-là et comme j'avais l'habitude, ça me réveilla un peu plus, parce que je savais qu'il fallait que je m'occupe d'elle si elle se mettait à gerber, que je lui tienne les cheveux, que je l'empêche de se vomir dessus, tout ça tout ça. En fait, c'était pratique ça, ça m'empêchait de penser, de trouver une transition. Oui voilà : qu'elle vomisse.

Mais elle dressa son regard vers le mien et je me fis la réflexion qu'elle avait l'air de bien savoir où elle allait pour quelqu'un qui avait envie de vomir et devait théoriquement être dans les choux :


- D'autres choses me donnent envie de vomir. Pourquoi tu as fait ça à Taylord ? Et à Scott ? ... Pardon? Pourquoi tu te comportes comme ça ? Comme un nigaud ?

... PARDON?

Oh putain, Dieu existait j'allais finir par le croire : Haley était de retour, cette bonne vieille Haley aussi trépidante qu'une fuite de chasse d'eau un soir de réveillon. Un nigaud. Non mais, sérieusement. Qui dit nigaud de nos jours? Et qui a moins de 80 ans? A part Haley Collins? Voilà voilà. Personne. Je me mis à ricaner, évidemment... D'autant plus que cette question, non mais merci, je venais déjà de souffrir assez, et je ne voulais pas y répondre.

- Ne te moque pas parce que j'ai dit « nigaud », je sais comment tu es, et je sais que tu n'es pas mauvais, je ne veux pas te perdre parce que tu es un nigaud, mais il faut que tu me dises Chuck, pour que je crois encore à toi, parce que là, tu... tu pues !

... Oh, putain. C'était ça le problème avec Haley : elle était tellement... Tellement... Haley qu'elle en devenait... Je ne sais pas. Je lui lançai un regard presque craintif. Et elle s'agitait tellement avec la bouteille qu'elle nous en versa sur la gueule tout à tous les deux - oui généralement quand on secoue une bouteille d'eau et qu'elle n'est pas fermée, c'est l'effet produit, mais bon. Je n'allais pas m'arrêter à ça.

Je pue, donc. Excusez-moi.

Elle s'agrippa tout d'un coup à moi comme si elle était un petit singe et me lança un regard à en fendre les pierres, passionné et... Comme si il avait été rempli d'inquiétude, et d'intérêt aussi. Je commençai à me demander si ce n'était pas un coup monté, si elle ne cherchait pas à me rendre complètement barge avant la fin de la journée. Je ne savais plus quoi faire, et surtout, je ne savais pas quoi dire, mais avec ce regard-là, je la sentais tellement concernée que je comprenais que le lien qui nous unissait n'était pas que de la blague, et ça me toucha au plus profond de moi, oui, voilà, c'était dit. Haley prenait sans le savoir une place toute particulière pour moi, celle de la soeur que je n'avais jamais eue, sûrement. L'épisode de l'arbre mis à part, entendons-nous bien.


- Chuck, réponds, ou je renverse cette bouteille sur toi. Tu ne sais pas viser, grosse maline. ...Non, je... je ne sais pas viser, alors, dis-le moi parce que... parce que... parce que juste... c'est moi.

Je fins par capituler - presque de bon coeur. J'eus un soupir et lui souris, amusé, lui attrapant la bouteille des mains pour y boire à mon tour et éviter par la même occasion qu'elle nous trempe la gueule une nouvelle fois.

- Quoi Scott, qu'est-ce qu'il a encore? C'est plutôt lui qui m'a fait quelque chose, en me cassant la gueule, non? Je ricanai, d'un ricanement méchant à son attention, avant de ravaler mon rire de travers : j'avais juste omis un petit détail, celui que notre règlement de compte n'était pas été public, et que si Haley n'était pas au courant eh bien... Elle l'était maintenant. Et Taylord... Ben Taylord elle est partie, qu'est-ce que tu veux que je te dise. Pause. Je sais pas pourquoi j'ai fait ça. Je croisai son regard, avec la forte envie de lui dire qu'elle se leurrait : bien sûr que j'étais un nigaud. Je sais pas pourquoi je lui ai fait ça à elle.

Elle. Tout le problème était là, non? Je veux dire : ce n'était pas elle en soi, c'était que... Ça aurait été quelqu'un d'autre, je n'aurais pas réagi pareil. Je sentis quelque chose se serrer dans mon ventre. Je n'avais pas voulu tout ça, je n'avais pas voulu lui faire toutes ses crasses, mais j'avais l'impression que personne ne comprenait pourquoi je les avais faites, et du coup, je me remettais petit à petit en question. Parfois. Et sous les yeux bleu intense de Haley, j'avais la désagréable impression d'être passée au rayon X puissance mille.

J'avais envie de la remercier pour avoir dit qu'elle croyait en moi, mais évidemment, ces choses-là, on va dire qu'il me fallait plus d'un joint pour me les sortir de la gorge.


- T'es heureuse avec lui? Vraiment? Ma voix s'était faite plus douce, et je collai mon épaule contre la sienne. J'attrapai du bout des doigts un des trucs qui nous restait à bouffer, une barre de chocolat, l'ouvris et lui en fourrai un morceau dans les mains tandis que je m'attaquais à l'autre. Le joint ça m'ouvrait toujours l'appétit, et j'étais sûr que manger un peu lui ferait du bien, à mademoiselle le junkie. Finalement, c'était là où j'étais le mieux avec elle, dans cette relation de confidences, des deux côtés, des confidences qui ne regardaient que nous et qui jamais ne seraient livrées au tout-Poudlard. Je passais un bras autour de son épaule et appuyai sa tête contre mon épaule avec un soupir de contentement. L'air était redevenu respirable et juste chaud comme il fallait et le chocolat me redonnait des forces. L'épisode de tout à l'heure m'apparaissait comme un souvenir... enfumé, c'était le cas de le dire, et je compris que j'avais fait le bon choix - tant mieux, pour ce qu'il m'avait coûté!...

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CHUCK CARLTON
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Haley Collins
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MessageSujet: Re: Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé   Jeu 10 Jan - 16:06

Clairement, jamais, jamais je n'avais ressenti ces impressions qui se mélangeaient dans mon corps et étaient à l'origine d'un tapage monstrueux dans mon crâne. Ou du moins, avec cette force cosmique. Toutes mes émotions semblaient exacerbées et échappaient à toute tentative de contrôle : j'étais devenue ma propre spectatrice. Et, pour une fois, je n'étais pas certaine de l'être d'une tragédie, tant le monde me paraissait comique par intermittences, comme un soleil qui se dévoilerait derrière les nuages avant de s'y camoufler puis de ré-apparaître. Mes sens étaient comme décuplés, ce qui avait pour effet d'augmenter les effets de chacun de mes états : les rayons du soleil passant à travers le feuillage de l'arbre, tachetant l'herbe de petits points lumineux me paraissaient éblouissants et insupportables ; j'entendais mon cœur battre dans ma poitrine comme si il se trouvait sur le seuil de ma gorge et allait s'en échapper d'un moment à l'autre, et surtout, il y avait cette maudite nausée qui me tenaillait l'estomac. Le tronc contre mon dos que j'avais pas senti alors lorsque j'y avais posé mon dos – où était-ce Chuck qui s'en était chargé ? - semblait vouloir me scarifier le dos de son écorce, et je m'en décollais légèrement, penchant ma tête en avant. J'avais toujours été en désaccord avec mon corps, depuis ma naissance, et si je ne lui avais pas porté grande attention durant mon adolescence, alors que d'autres nombreuses filles s'appliquaient à le chouchouter avec plaisir, c'était peut-être parce que je ne l'avais jamais aimé. Mais en cet instant, le fossé qui s'était toujours creusé entre mon esprit et mon organisme semblait s'être élargi de la taille de la Muraille de Chine - ...que fait-elle, celle-là ? -, et si d'ordinaire j'avais pu exercer un minimum de contrôle sur lui, il avait aujourd'hui décidé de prendre la décision de s'émanciper complètement de la maisonnée, menant sa vie propre libre de mes envies. La cigarette avait sans doute été sa complice dans cette entreprise – j'avais donc fumé une cigarette. Logiquement, les faits auraient du être récents, mais ils me paraissaient avoir eu lieu le mois dernier – alors que Chuck m'avait bien proposé de fumer tout à l'heure, n'est-ce pas ? La réalité m'échappait, tout comme l'emprise que j'avais sur mon corps – et c'était d'une frustration des plus extrêmes.

Alors que je vivais chaque seconde comme un instant amplifié qui durerait une éternité, chaque minute précédente s'évaporait dans un flou temporel. Entre deux sensations de chaleur qui me brûlait toute entière et activait mon système transpiratoire à puissance maximale, des éclairs de lucidité parvenaient à s'immiscer dans mon esprit plus qu'embrouillé – c'était une troisième guerre mondiale qui se jouait sur la scène de mon cerveau démantelé. Les souvenirs se mélangeaient et se perdaient sur la frise chronologique de mon vécu – les visages se mélangeaient, les sourires, les regards, les mots et les lèvres : j'y voyais des yeux d'un bleu merveilleux, un visage mat surmonté de cheveux bruns en folie, et des lèvres anonymes que je dévorais fougueusement. Je jetais un regard à ma droite pour m'assurer de la présence de Chuck qui devait normalement se situer à mes côtés – il était bien là, et semblait se remettre d'un choc violent, assurant que sa respiration reprenne un rythme normal – l'instant d'après, l'envie de nausée me reprit, et je levais la tête pour regarder le ciel bleu – erreur, car cette vision d'horreur accentua mon malaise. Mon cerveau me criait ses envies : vomir, et dormir. Chuck me tendit la bouteille d'eau au bon moment – j'avais, en plus, les lèvres sèches, comme si elles avaient été victimes d'un incendie.

J'avais la désagréable impression que j'avais brûlé, et que c'était les cendres qui se terminaient de consumer qui me plongeaient dans cet état de malaise – mais le temps m'échappait et tout se fondait sur les tâches de lumière dessinées sur l'herbe que je continuais de fixer. C'était sans aucun doute encore la faute de la cigarette – c'était la seule chose qui demeurait claire dans mon esprit, car j'en avais encore le goût âpre persistant dans ma bouche pâteuse – tout comme elle était fautive du déchaînement des mots qui s'écoulèrent de mes lèvres.

Je parlais avec intensité, accrochant mon regard à celui de Chuck dont le visage affichait une certaine perplexité : qu'étais-je en train de dire pour mériter ce regard ? Fallait-il que je sois éternellement considérée comme une attraction de foire ? N'était-ce pas ce que j'avais toujours été à ses yeux, un divertissement ? Pourquoi se cachait-il, pourquoi ne parlait-il pas, pourquoi ne voulait-il pas me dire, lui à qui j'avais confié ce qui pesait si lourd sur mon cœur ? Il me répétait sans cesse que si il n'avait pas eu l'envie de passer du temps avec moi, il ne le ferait pas ; mais les mots étaient si maniables et réversibles dans sa bouche. Étrangement, il me semblait que j'avais fait le chemin inverse : après un court moment d'incertitude, je lui avais quasiment offert immédiatement ma confiance, alors que je l'avais toujours considéré comme la dernière personne sur la terre sur laquelle on pouvait se fier ; et désormais, les doutes s'immisçaient, plus puissants et dévorants. Ils se nourrissaient de mes angoisses, emplissaient mon crâne d'échos insupportables, et me forçaient à lâcher les mots, un par un, à un rythme effréné ; l'effort m'était si intense – à ma nausée s'ajouta une migraine que je décelais après que tous les mots soient propulsés de mon cœur pour franchir le seuil de mes lèvres, mais qui était peut-être présente bien avant – que je du attraper le bras de Chuck et me raccrocher au regard étrange qu'il posait sur moi pour ne pas sombrer.

L'attente était insupportable. Je souhaitais qu'il réponde maintenant, sans plus hésiter, et qu'il me dise la vérité, pure et simple – mais j'avais appris d'un grand écrivain que la vérité était rarement pure et jamais simple. Il prit le temps de m'arracher la bouteille des mains – ou peut-être l'avait-il délicatement prise, mais je le percevais comme une violente violation de propriété, sentiment neuf qui pourtant, étrangement, ne m'était pas inconnu – avant de m'adresser un sourire qui me rassura un instant.


- Quoi Scott, qu'est-ce qu'il a encore? C'est plutôt lui qui m'a fait quelque chose, en me cassant la gueule, non?

Je plissais méchamment les yeux à son adresse à son rire moqueur. Je ne me souvenais plus avoir prononcé le prénom de Scott, mais je détestais immédiatement la manière dont il parlait de lui – le problème était qu'au départ, je n'appréciais pas non plus comment Scott évoquait Chuck, puis j'avais reconnu qu'il avait plus raison que lui en vouloir que l'inverse. Chuck avait fait des choses mauvaises dont j'avais eu conscience mais que je m'étais efforcée de camoufler, essayant de toutes mes forces de ne pas y croire – l'échec définitif de la confiance que j'avais placée en lui m'aurait été trop douloureuse. Sans la cigarette, peut-être n'aurais jamais osé lui en parler, tant notre amitié dont j'ignorais si elle était stable ou non me paraissait un bien délicat. Dans mon état actuel, le désir de vérité n'avait pu être contenu, et si mon cœur battait d'irritation et de hâte, s'y mêlait aussi une impression de soulagement. Si il continuait sur cette lancée et refusait de me parler franchement...

Puis je réalisais la portée de ses mots. Scott lui avait « cassé la gueule » ? Mais déjà, ces mots là furent noyés par les suivants.


- Et Taylord... Ben Taylord elle est partie, qu'est-ce que tu veux que je te dise.

Je poussais un léger grognement félin de mécontentement qui me surprit et m'amusa – grogner n'était pas dans mes habitudes. C'était un acte animal. Un acte de chat qui crache. Un acte digne d'une fille de directrice – je me délectais de toutes les ironies dont j'étais encore capable de faire à son sujet, même si les ressentiments étaient un peu moins forts. En temps normal – car il me semblait que les envies meurtrières que j'avais un temps ressenties envers elles se décuplaient de nouveau. Je ne relevais pas les mots de Chuck, en attendant d'autres. Et ils avaient intérêt d'être bons, car je me sentais soudainement très, très en colère.


- Je sais pas pourquoi j'ai fait ça. Je sais pas pourquoi je lui ai fait ça à elle.


A cet instant, nos regards se croisèrent et je compris que je détenais la vérité depuis le début : il était bien un nigaud. Mais un nigaud excusable, car il avait conscience de sa nigauderie – même si je n'avais pas la place de juger, je m'extasiais d'avoir un temps la place d'autorité qu'il avait toujours eu avec moi. Et aussi soudainement que mon irritation était arrivée, elle s'en alla.

- Parce que tu es un... tu-sais-quoi, dis-je en haussant les épaules, sachant qu'il allait comprendre que je sous-entendais le mot « nigaud », et que même cigarette aidant, je n'étais pas capable de prononcer les merveilleux noms d'oiseaux dont Chuck avait le secret – il pouvait écrire un livre entier dessus, et c'était peut-être le seul sujet sur lequel il savait être productif. Pas les oiseaux à proprement parler, évidemment. Les oiseaux – c'était notre premier sujet de discussion en tête-à-tête, avec Stephen. Ma tête se tourna brutalement vers l'allée qui était plus loin, à notre droite – n'était-ce pas lui que j'avais vu, quelques minutes ou heures auparavant ? Et que j'avais ensuite em... non. Impossible. Ces efforts de recherche et de reconstitution accentuaient mes maux de tête, et si l'envie de vomir se faisait moins forte, celle de m'assoupir était de plus en plus présente. Je posais délicatement ma tête contre le tronc d'arbre – et le coup que je ressentis à l'arrière du crâne m'indiqua que j'avais du y aller comme une sauvage au lieu de la douceur que j'avais imaginé. Je fermais les yeux et soupirais avant de parler, les mots se détachant lentement de ma bouche.

- Vous êtes tellement compliqués.Tu es compliqué, et je... c'est terrible mais je ne peux pas t'en vouloir totalement et te faire manger les cailloux sur le sol pour le mal que tu as fait parce que je le sais. J'ouvris les yeux avant de les plisser à cause de la lumière éblouissante de la journée. Je me sentais partir dans des considérations délirantes, même si elles contenaient une part de vérité, mais sans arriver à m'empêcher de les déblatérer. Tu sais, tu devrais... Rien du tout. Retiens-toi, Haley, tu vas encore déblatérer des bêtises. De toute manière, ça ne changera rien que je te dise de la rattraper avant qu'il ne soit trop tard si tu tiens à ce point à elle, ajoutai-je en souriant. Tais-toi, nom d'une pipe ! Eh mais... C'est marrant, pour une fois que c'est moi qui peut te dire de te bouger le popotin, ah ah ! criai-je en exultant idiotement, et en levant les poings dans un signe de victoire – et je les laissais retomber immédiatement avant de porter mes mains à mon front, car cet excès avait accentué mon mal de tête.

- T'es heureuse avec lui? Vraiment? me dit-il soudainement d'une manière que je perçus de manière affective – mais ses mots se répercutaient douloureusement dans ma tête.

Je sentis son épaule contre la mienne – fatale erreur, il m'offrait le coussin dont j'avais besoin. Je laissais glisser ma tête contre lui et fermais les yeux.

- Scott ? répondais-je, un peu perdue, parce que son souvenir émergeait difficilement dans mon esprit embrouillé. J'ai peur, mais il est génial... et puis – je sentis un large sourire s'étaler sur mes lèvres – ses yeux sont tellement beaux. Tu sais, on dirait un fleuve qui coule dans la forêt, et tu as envie de t'y plonger, et puis il y a un cerisier au-dessus, aussi... Mais... je crois que... voilà...

Je ne sentais plus que ma tête palpitante de douleur glissant contre l'épaule puis le torse de Chuck et le vent agréable sur mon visage – les bruits des passants s'évanouissaient progressivement, et sur le rideau noir de mes paupières étaient projetées des traînées colorées et des visages que je ne parvenais plus à distinguer, dont une étrange image persistante de lèvres. La dernière chose dont j'eus conscience fût que l'herbe d'Hyde Park faisait un matelas très agréable, et les jambes de Chuck un merveilleux oreiller - un oreiller qui m'accueillait et dont je ne pouvais m'empêcher d'aimer le propriétaire.
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MessageSujet: Re: Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé   Mer 6 Fév - 15:14

C'était le gros bordel, alors autant s'y faire, une bonne fois pour toutes, et puis voilà. Je n'essayai plus de comprendre : je n'essayai plus de comprendre comment elle avait bien pu confondre ce mec chelou qui s'occupait de balayer le parc pour Fray, ni comment un pauvre joint l'avait fait partir si loin, ni... ni pourquoi elle m'avait embrassé du feu de dieu alors que bon, voilà, Haley, quoi. J'acceptai, et puis merde : de toute façon c'était l'été, on était bien tranquillou dans Hyde Park, il faisait beau et - trop - chaud et moi en ce qui concernait les vacances, j'avais une politique bien spéciale : profite et le reste on s'en fout. Encore plus que d'habitude. Parce qu'en été on n'avait plus d'horaires, plus de profs, plus de cours plus rien, et de retour à Bristol avec Coop on était carrément livrés à nous-mêmes donc c'était comme si il n'y avait même plus d'heures, de jours et de nuits : on faisait ce qu'on voulait, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Bon j'essayais un peu de fliquer Coop quand même parce qu'il était plus fragile, et puis, les visites à Sainte-Mangouste rythmaient malgré tout nos vacances, mais c'était le seul truc qui nous obligeait, de temps en temps. Le reste du temps, on dormait, on sortait, on mangeait, on faisait la fête, on passait du temps avec Chris et Lucy, on faisait du baseball, tout ça, mais sans que ça soit ordonné, prévu à heure fixe. C'était la vie que je kiffais vraiment, ça, faire ce qui me semblait quand bon me semblait, même si j'aurais évidemment préféré le faire ailleurs qu'à Bristol... Ah, Bristol et sa banlieue de merde, encore plus merdique en plein été puisque tout le monde se barrait et que tout fermait plus tôt. Ça faisait rêver, hein? J'enviais carrément Haley qui habitait Londres, au moins ça aurait été un champ nettement plus large, mais la vie était décidément mal faite, parce qu'elle vivait peut-être à Londres mais elle menait la vie d'un haricot en fin de vie, donc pour ce qui était de profiter des soirées et des sorties... Bonjour. Elle aurait mieux fait de se terrer à Bristol à ma place et de me laisser le kiff de la capitale, mais bon. Si on commençait à considérer la vie comme ça... J'avais pas fini de me plaindre. Et bon, j'étais pas une fillette, donc très peu pour moi.

D'ailleurs c'était drôle que je pense à Coop parce que tout d'un coup Haley me fit penser à lui - après que le choc de son baiser passionné soit passé, je vous rassure hein - parce qu'elle avait les gestes vaseux et l'énergie d'un petit oiseau qui vient de naître, et je devais faire gaffe quand elle bougeait, parce qu'elle ne se rendait compte de rien, et quand elle se redressait pour mieux s'appuyer contre l'arbre, c'était limite si elle essayait pas de se mettre un coup pour s'assommer. Du coup mine de rien je glissai ma main derrière sa tête pour qu'elle se tape pas trop fort, ou bien je la redressai moi même en la soulevant un peu, et comme elle était encore au pays des éléphants roses, elle se doutait trop de rien.

Et donc, si je pensais à Coop, c'était évidemment parce que je ne pouvais pas oublier la fois où avec Chris on l'avait fait boire pour la première fois, oh putain, mais qu'est-ce qu'on s'était marré! Oh, oui, vous pouvez dire qu'on est horribles, moi je pense qu'on était surtout très cons, mais on s'était tellement poilés et ça n'avait pas fini en catastrophe donc hein, autant en rire qu'en pleurer! A une fête, on lui avait mis de la vodka dans son jus de pomme, et le pauvre ne s'était rendu compte de rien parce qu'on en mettait pas beaucoup mais à chaque fois qu'il se resservait, et il avait pas fallu longtemps avant qu'il soit un peu pompette. Comme c'était la première fois, c'était encore plus drôle, et il avait été comme Haley, à dire de la merde, à dire des choses parfaitement sensées pendant quelques secondes du genre qui nous faisaient la morale, et puis hop après il racontait n'importe quoi, il ne tenait pas debout, tout ça.

Et puis il avait eu les mêmes réactions aussi quand on parlait : il disait des trucs, on répondait, et après on voyait clairement qu'il ne captait rien à ce qu'on disait, simplement parce qu'il avait oublié ce qu'on avait dit... Un peu comme Haley qui, avachie à côté de moi, contre moi, me regarda tout d'un coup droit dans les yeux après que j'ai parlé de l'autre abruti de Serdaigle, et que je lui eus d'ailleurs presque avoué le... bon. Et voilà qu'elle avait l'air complètement paumée comme si tout d'un coup j'avais parlé russe, ce qui, soit dit en passant, m'arrangea plutôt, parce que bon. J'enchaînai donc rapidement sur la suite - qui n'avait rien de plus réjouissant - mais il y avait autant de chance qu'elle capte qu'elle ne pige rien, donc à la limite, je pouvais lui exposer mon envie de devenir moine dans les hautes montagnes de l'Atlas qu'elle n'allait pas changer d'attitude pour autant. Mais voilà, Taylord, encore Taylord, et quelque chose en moi s'énerva un peu plus. On le savait tous, que j'avais merdé, pourquoi elle entre tous elle ne le comprenait pas, elle ne revenait pas, et elle réglait ses problèmes en face de moi au lieu d'aller tirer la gueule tout là-bas, à des milliards de kilomètres, hein? Ça va, elle aussi pour le coup, elle était lâche. Je n'étais pas le seul.

Et là, il se passa un truc tellement bizarre (encore) : je crus qu'un chat avait débarqué parmi nous pour cracher et grogner, mais non, c'était Haley, cette pauvre petite Haley à qui j'avais retourné le cerveau (mais qui me l'avait bien rendu), qui... feulait comme un bébé tigre, et me perturba dans ce que j'étais en train de dire. Non mais. C'était trop bizarre, on aurait dit Taylord! Taylord et ses humeurs de chacal mal luné qui ne se gênait pas pour grogner comme un animal - tellement elle les aimait - quand elle avait la flemme de s'exprimer autrement.

Hmm. Pour le coup, c'était trop perturbant pour mon pauvre esprit déjà bien mis à rude épreuve.


- Parce que tu es un... tu-sais-quoi, gnagnagna.

Ouais ouais ouais, ben on commençait à comprendre. Le pire, c'est qu'elle n'avait pas tort, du coup je haussai les épaules, un sale goût amer dans la bouche, tout en tentant trop tard de l'empêcher de s'exploser à nouveau l'arrière du crâne contre l'arbre - du coup, sa tête retomba sur mon épaule. Il me semblait que tout d'un coup, cet après-midi était plus calme, comme si une tornade avait passé et était repartie.


- Vous êtes tellement compliqués.Tu es compliqué, et je... c'est terrible mais je ne peux pas t'en vouloir totalement et te faire manger les cailloux sur le sol pour le mal que tu as fait parce que je le sais. Je ricanai en lui jetant un regard moqueur : oui c'est sûr, elle était en état de me faire manger des cailloux, et même dans son état normal, vu comment elle était douée... Tu sais, tu devrais... Rien du tout. De toute manière, ça ne changera rien que je te dise de la rattraper avant qu'il ne soit trop tard si tu tiens à ce point à elle. ... Je fis mine tout d'un coup que je n'entendais plus rien, oh, comme cet arbre était joli, dites moi. Eh mais... C'est marrant, pour une fois que c'est moi qui peut te dire de te bouger le popotin, ah ah !

... Ouh là. Non mais quand on est dans des états pareils, on ne fait pas des gestes comme ça! Elle le comprit trop tard, j'imagine. J'avais envie de lui dire... De lui dire que c'était trop tard, déjà trop tard, puisque si ça se trouve elle ne reviendrait même pas. Alors qu'est-ce que ça change que je tienne à elle?

- Mais non, c'est super simple. Elle est partie et ça s'arrête là, de toute façon. Qu'est-ce que tu veux que je fasse.

Sa tête tombait peu à peu sur mon épaule : autant vous dire qu'elle n'allait pas tarder à écraser comme il le fallait. Du coup, je lui posai la dernière question qui me brûlait les lèvres, parce que je préférais lui demander en face, et m'en assurer. ... Oui, parfait, j'étais vraiment attentionné, je sais.


- Scott ? J'ai peur, mais il est génial... et puis ses yeux sont tellement beaux (ok stop, et blablablabla) je crois que... voilà...

Voilà, bon, je n'avais vraiment pas besoin d'entendre tout ça - sinon c'était moi qui allais vomir - mais je me sentis rassuré, et au moment-même où j'allais répliquer, la tête de Haley roula doucement sur mon torse et je la fis glisser sur mes genoux pour qu'elle soit confortablement installée, remettant son bras qui avait glissé de ses genoux lui aussi. Elle dormait, je le voyais parfaitement, car instantanément sa poitrine s'était soulevée plus régulièrement, et comme je lui devais bien ça, je la laissai là pour le moment, avalant la fin de mon goûter. Puis j'allumai une clope et la dégustai bien tranquillement, toujours adossé à l'arbre, en matant le parc et ce qu'il s'y passait. L'air était lourd et chaud, en cette journée d'été, et on avait peut-être pas choisi notre meilleur jour pour se retrouver dehors, mais après tout... Ma main se posa sur la tête d'Haley pour lui caresser les cheveux et vérifier qu'elle dormait toujours sereinement. Bah, tant qu'on était tous les deux, on était bien, de toute façon.

Fin

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MessageSujet: Re: Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé   

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Hâtons-nous de céder à la tentation! [Haley] terminé
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