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Deal [PV] terminé

 

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 Deal [PV] terminé

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
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MessageSujet: Deal [PV] terminé   Mar 16 Oct - 18:37

“Sometimes you put walls up not to keep people out, but to see who cares enough to break them down.”


Je ne sais pas trop combien de temps j’étais restée enfermée dans les dortoirs tout au fond de mon lit plus précisément, tout le week end je crois et peut être un jour ou deux plus, j’avais perdu la notion du temps. Puisque j’avais décidée de me laisser mourir, autant que ce soit dans la position la plus confortable possible.

Il restait plus que ça à faire, je crois ? Au ranch, il y avait eu Ruth pour me maintenir sur les rails, même si ce n’était que le strict minimum et elle insistait toujours jusqu’à ce que je finisse pas céder. Là, il n’y avait personne, absolument personne, parce que même celles qui s’inquiétaient je ne voulais pas, je ne voulais pas, je ne voulais pas… Qu’on me laisse tranquille, c’est tout ce que je demandais, je pouvais encore choisir quand même encore. J’allais juste attendre, et j’allais bien finir par fermer définitivement les paupières et ce serait très bien, à quoi ça servait de rester ici, ou n’importe où ailleurs quand on ne manquait à personne, qu’on était utile à rien du tout, à part être simple témoin du bonheur plus vivant que jamais des autres auquel on ne peut même pas participer, parce que justement on est l’élément défaillant qui casse tout et qu’on préfère éviter. Je voulais pas qu’on soit triste pour moi, parce que ceux que j’aimais de toute façon, vivants ou pas, je n’avais pas pu les garder près de moi, alors c’était mieux de retrouver ceux qui n’étaient plus là, parce qu’ils devaient bien être quelque part, même si c’était ailleurs…
Ailleurs…

Je n’avais pas trop capté comment le visage de Meryl Kelsey s’était retrouvé tout près du mien, mais elle aussi était déterminée à contre carrer mes plans et elle m’avait forcé à me lever et elle m’avait emmené dans son bureau, elle n’avait pas crier ni rien parce que ça faisait encore trop de cours auxquelles je refusais de me rendre, elle m’avait donné une potion pour mes blessures que j’avais fait exprès de laisser sur sa table, et quand elle avait parlé d’une lettre à envoyer à ma famille si ce n’était peut-être pas mieux finalement que je rentre là-bas… Ici ou à Comanche, ça n’aurait pas changé grand-chose, ils auraient cherché à se débarrasser de moi en me faisant aller dans leur bête centre, alors je ne voulais pas y retourner non plus… J’allais leur éviter cette peine, je n’avais pas ma place, pas là où ils étaient tous que ce soit sur une partie du globe ou d’une autre… Si, si peut être qu’à eux j’allais leur manquer, et eux aussi ça me rendait triste de ne pas leur avoir dit au revoir mais ils allaient vite comprendre que c’était bien mieux comme ça, ils allaient s’y faire, ils allaient d’adapter, je leur faisais confiance, alors il ne fallait pas qu’ils soient malheureux, parce que moi je l’étais bien trop d’être une carcasse à traîner, aussi lourde qu’un poids accroché à son pied et que j’étais obligée de subir ma présence ici, alors que je voulais juste partir. Pour de bon.

Elle m’avait laissé partir et quand j’avais glissé mes mains dans les poches de mon gros gilet en mailles épaisses, mes doigts étaient tombés sur une autre fiole qui n’y était pas avant – elle l’avait mise discrètement, pas de doute. Il y avait une petite étiquette dessus, une annotation qui disait que c’était un stimulant alimentaire un truc comme ça, et ça ressemblait à s’y méprendre aux mêmes fioles que celles que gardait Mme Pomfresh. Elle avait deviné que ça ne servait à rien, que je n’avais aucune raison d’aller jusqu’à l’infirmerie, mais elle avait quand même cru bon… elle faisait preuve de gentillesse sincère, je m’en étais rendue compte, mais ça ne servait à rien. Il fallait qu’elle la réserve pour d’autres qui en avait plus besoin. Elle avait déjà oublié que lorsqu’elle me convoquait dans son bureau avant les vacances c’était parce que je déshonorais sa précieuse maison ? Je ne voyais même pas pourquoi j’en étais toujours une sorte d’emblème d’ailleurs, pourquoi ils n’en avaient pas cherché une autre, si elle portait encore un quelconque espoir en moi, elle s’était trompée. Elle allait être déçue.
Comme beaucoup d’autres.

J’avais croisé mes bras sur ma poitrine pour me réchauffer. Ça aussi c’était nouveau, et puis il faisait encore bon dans l’ensemble, pas de quoi qui nécessite de porter des gros pulls et d’ailleurs normalement, je préférais quand c’était comme ça, parce qu’avec moins de vêtements on pouvait bouger plus facilement et c’était mieux pour s’agiter au ranch. Maintenant, j’avais tout le temps froid. Mon cœur s’était gelé, et la givre s’était propagé de partout, en chacun de mes muscles… Je rabattis bien correctement la veste sur moi parce que mon short tombait sur mes hanches, qu’on pouvait voir les os et que je n’aimais pas ça. C’était pas beau. Il ne fallait pas regarder.

C’était la fête dans la salle commune, comme dans les habituelles soirées de début d’année sans être trop le tout tout début d’année non plus, où il y avait de travail, mais qu’on pouvait toujours le remettre à demain. Je fus tentée d’abord de raser le mur pour retourner illico presto dans ma couchette pour finir ce que j’avais commencé. C’était un garçon qui traînait souvent avec lui… Je crois que j’avais eu affaire à ce mec pour un autre truc, mais là, ça ne me revenait pas comme ça…

Il n’était pas dans les parages. Enfin, il était forcément dans le secteur, mais dans un coin un peu plus reculé de la salle avec une fille qu’il n’avait pas envie d’encastrer la tête contre un mur. Je voulais pas les voir, je voulais pas la voir, qu’ils m’affichent la représentation de ce que je n’aurais jamais, et surtout d’avoir l’idiote sensation d’être trompée devant tout un publique, mais ou, pire encore, moi aussi je n’étais qu’une spectatrice… Alors qu’en aucun cas il n’avait à se justifier. Qu’elles étaient toutes à ses pieds qu’il avait bien raison d’en profiter, parce qu’il pouvait avoir tout ce qu’il souhaitait, qu’il était admirable de partout, et que j’étais juste l’imbécile qu’il l’avait vu trop tard et qui ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même maintenant.

Je n’arrivais plus à me rappeler de son prénom à l’autre… le garçon s’était rapproché de moi, avec une bouteille à la main – il faisait un peu sombre, on y voyait pas grand-chose, peu importe, c’était fort mais ça faisait du bien pour où ça passait. A chaque fois que je buvais une gorgée, il m’incitait à en boire une autre, il avait toujours un grand sourire qu’il ne décollait pas de ses traits, ah tiens, je n’avais pas vu mais à présent on était installés dans l’un des canapés – le goût de la boisson avait changé, ça devait en être une autre – non je ne voulais pas des gâteaux qu’il avait volé dans les cuisines spécialement pour la fête – d’accord je voulais bien boire le nouvel alcool qui me proposait. Bientôt tout autour de nous se mit à tourner, et il se plaignit d’un air amusé que j’étais une petite nature. Je crois que j’étais sur ses genoux, ça devait être sa main qui me maintenait fermement à la taille comme ça. Ses lèvres avaient une saveur de whisky pur feu. Il resserra son étreinte. J’y répondais. Ses doigts se crispèrent mes jambes, il les passait sous le tissu du short, ses baisers se faisaient plus insistants passaient furtivement de mon cou à ma bouche sans me laisser le temps de reprendre mon souffle, hop hop hop, je n’avais pas envie, ce n’était pourtant pas la première fois que ça prenait cette ampleur-là, il y en avait eu d’autres – trop – cet été, mais là ce n’était pas pareil, parce que j’avais trop mélangé les substances, que tout était trouble, que ça m’échappait, et quand ça devait se passer, c’était moi qui contrôlait, qui décidait de si oui ou non, ça devait aller plus loin ou pas, et ici ça dérapait trop, non de toute façon, je ne le sentais pas… Je le repoussai doucement, remis correctement le col de sa chemise en place pour lui faire comprendre que je ne voulais pas plus, pas avec lui en tout cas, et l’abandonnais sur place sans plus d’explication.

Ils étaient beaucoup trop dans cette pièce, c’était comme si on avait voulu nous agglutiner dans une boite de conserve géante, je voulais monter dormir, mais les escaliers étaient bouchés, j’avais juste besoin d’un peu d’air… à tâtons je regagnais la sortie, ce n’était pas bien de traîner dans les couloirs à cette heure-là, mais tant pis, j’avais soif, soif de tout ce surplus de boissons, j’allais boire un peu d’eau dans les toilettes de l’étage pour me rafraichir, c’était toujours mieux que dans cet enfer…

Les différents toilettes du château étaient tous plus ou moins en bon état – d’accord surtout moins – et ceux là ben… ils étaient un peu entre les deux on entendait l’eau gouter à cause d’une canalisation défaillante, quant au reste ça restait propre au minimum, c’était surtout la poussière qui attestait du peu entretient des lieux… il y en avait partout de coller sur le miroir que j’évitais de dévisager, parce que je ne voulais pas voir l’image qui s’y reflétait…

Je n’eus pas le temps de me retourner. Je me sentis soulevée, sans comprendre comment, dans les airs, fermement enlacée. Mais c’était ce même souffle plein de whisky et quand nos regards se croisèrent, je reconnus non seulement que c’était le même garçon que tout à l’heure, mais qu’en plus, je savais d’où je l’avais vu puisqu’il avait ce même air un peu suffisant que sur le pont en compagnie de ses autres potes avant que Ruby n’intervienne, mais là ce soir, elle n’était pas là il n’y avait personne, il… Il ferma le verrou avec sa baguette, bien sûr moi ça faisait des jours et des jours que la mienne elle était restée dans ma valise à peine défaite – dans l’espoir que ça me ferait partir plus vite – pour ensuite me plaquer contre l’une des parois de la cabine dans laquelle il venait de nous enfermer. Son haleine me donnait envie de vomir encore plus, j’avais le cœur au bord des lèvres et la ferme envie de lui renvoyer dessus tout ce que j’avais ingurgité et lorsque j’eus un mouvement sur le côté, vers la porte, il saisit mon poignet, celui qui était encore un peu blessé pour le plaquer contre le reste de mon corps en marmonnant que j’aimais bien ça me faire désirer, mais non, je n’aimais pas, je n’aimais pas, je n’aimais, surtout pas être enfermée, j’avais pas fait exprès de lui donner de fausses pistes, c’était juste des bisous, ça ne voulait rien dire… Il posa son autre main partout où il en avait envie à tous les endroits qu’il jugeait stratégiques, sous le tissu, et à chaque fois qu’il décollait sa bouche de la mienne, je le suppliai de partir, d’arrêter, je voulais juste qu’il arrête rien d’autre, mais au lieu de réfréner ses ardeurs, c’était tout l’inverse, mon dos frottait contre le mur, ça me faisait mal, il y avait encore des égratignures, je ne pouvais rien faire, j’étais son bout de chiffon, et il était de plus en plus pressant et à bout de souffle. Avec autorité, il me débarrassa du gilet que j’avais gardé jusque-là, je le conjurai encore, et il me fis taire en me faisant partager sa salive, ses horribles mains partout sur ma peau, j’avais peur, ça n’était jamais arrivé avant, et en plus il murmurait des trucs dégueulasses et complètement faux que je le faisais exprès tout ça et que maintenant qu’il était là il ne partait pas sans moi… Ce n’était pas vrai, pourquoi ils pensaient tous ça, pourquoi il ne me demandait pas mon avis, je ne donnais même pas envie avec ma sale apparence, je n’étais pas en plastique, pourquoi ils faisaient comme si c’était le cas, que c’était juste parce que je n’étais plus bonne qu’à ça…

J’abandonnais toute résistance.
J’abandonnais tout.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

Spoiler:
 


Dernière édition par Taylord Reegan le Ven 19 Oct - 12:06, édité 2 fois
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Deal [PV] terminé   Jeu 18 Oct - 16:01

Spoiler:
 
    I don't care what you say
    We never played by the same rules anyway

    I won't be there anymore
    I don't care anymore
    I don't care anymore


Quand le tableau de la Grosse Dame se referma parce qu'elle avait laissé sortir quelqu'un, ça fit tilt dans ma tête. Mais oui! J'avais complètement oublié! Et comment avais-je pu, voyons voyons... Ce genre de choses ne s'oublie pas!

Quelques heures plus tôt, alors que la salle commune était encore pure et innocente comme elle l'était en journée, la pauvre enfant, quelqu'un avait émis l'idée que ce soir serait le soir parfait pour une soirée puisqu'on avait pas cours demain. Et comme c'était encore le début de l'année, que les devoirs nous le permettaient - ou bien qu'on se le permettait, tout dépend quel genre d'élève on est - tout le monde avait accepté. Évidemment, faire la fête, ça ne se refuse pas! Les préparations s'étaient faites vite et bien parce que nous les plus âgés on commençait à avoir l'habitude, et hop, roulez jeunesse. Les derniers cours avaient filé - j'avais roupillé en Potions, ce qui est quand même un challenge parce que Nakamura était une vraie hyène, mais heureusement le chaudron de mes voisins me cachait assez. Et puis ensuite on avait fait vite fait un tour dans le parc avec des potes, certains voulaient jouer au Quidditch mais j'avais eu pas mal la flemme, d'autant que j'avais croisé en chemin une fille de Serdaigle avec qui j'avais passé quelques soirées et on en avait discuté, enfin bref. On avait fini par rentrer au château pour le dîner, avant de remonter dans la salle commune. Et c'est là, dans les couloirs, que j'avais croisé des mecs de Poufsouffle que je connaissais dont le rayon d'action se situait dans tout ce qui était illicite, et se fumait ou s'avalait. Parfait! Justement, je les avais guettés toute l'aprem dans l'espoir qu'ils me fileraient quelques trucs pour ce soir. Affaire conclue, ils avaient des trucs nouveaux, des trucs sorciers apparemment, des herbes et des potions, et un puis de la weed. Je n'étais pas regardant moi, du moment que ça faisait son petit effet, c'était tout ce qui m'importait! Du coup, comme parfois ils le faisaient, ils me dirent qu'ils planqueraient tout ça dans la cachette de d'habitude, qui se situait aux toilettes du 5ème étage, et que je n'avais qu'à passer prendre la marchandise dans la soirée. Nickel.

Avec une bonne nouvelle comme ça, je devins la personne la plus in de la soirée, comme souvent, parce qu'on savait que c'était vers moi qu'il fallait se tourner si on voulait s'envoler un peu plus loin. Ce qui n'était évidemment pas pour me déplaire - surtout si les intéressées étaient des filles.

J'avais radicalement changé d'attitude, et je dois dire que plus ça allait plus ça s'arrangeait, et je me trouvais parfaitement débile de ne pas avoir bougé mon cul plus tôt. Une de perdue dix de retrouvées? Mais vingt, trente, il faut dire, oui! J'avais arrêté de bader, j'avais retrouvé le goût de la fête et ma place que j'avais désertée. Il n'y avait qu'en cours que ça n'allait pas fort, mais ça, j'avais l'habitude. Il fallait juste que je pense au reste. Pour de vrai, je l'avais mal vécu que Taylord me dégage comme ça, mais au final, j'avais compris que c'était sans doute le meilleur truc à faire. J'aurais pas aimé qu'elle accepte qu'on reste amis si c'était juste pour me faire plaisir et qu'en vrai elle ne pouvait pas me blairer, comme au début quand on s'était connus, et comme c'était le cas maintenant apparemment. Notre petite discussion à l'infirmerie m'était restée en travers de la gorge, et puis, j'avais fini par accepter. Tu me laisses tomber Reegan? Et bien moi aussi, c'est pas plus compliqué que ça. Et pourtant de nous deux elle était très certainement celle qui avait le plus besoin d'aide, avec son air maladif, sa peau sur les os, et tout ce qui faisait qu'elle n'était plus du tout celle qu'elle avait été. Mais bon. On ne force pas les gens, hein, j'avais insisté, mais je n'étais pas non plus un gris stalkeur. Il y avait juste ces fois quand je la croisais seul à seule, pas avec mes potes ou pas dans un couloir rempli de monde, que tout d'un coup je me retrouvais con et que j'avais la débile envie de lui dire "allez viens, on fait la paix!" mais évidemment elle m'ignorait royalement, et moi aussi, puisqu'on se l'était promis. Ça durait quelques secondes, et puis ça s'en allait.

Chacun menait sa vie maintenant, et à partir du moment où je l'avais compris, j'avais reçu le message 5 sur 5. D'ailleurs ce soir c'était bien parti : on avait commencé au Pur-Feu, en attendant ce que je devais aller chercher, et la soirée battait son plein, il y avait du monde, de tous les âges, et c'était cool. J'aimais bien ces ambiances de début d'année. On avait commencé par un jeu à boire avec des potes, et puis j'avais sympathisé avec deux nanas de cinquième année, dont une particulièrement... sympathique, avec ses longs cheveux bruns et brillants. Elle était clairement la chef de son groupe de fille et ne cessait de me jeter des regards en coin, auxquels j'étais évidemment bien bien réceptifs. On finit par s'installer dans un coin tous les deux pour boire ensemble et parler de tout et de rien. A ce moment, j'aperçus Taylord, assise elle-aussi, un verre à la main - un verre, ou mille, même. Elle avait l'air d'entamer une sacrée descente. Très bien, très bien, prends du bon temps ma petite. Elle était un mec, tant mieux pour elle. Le seul truc qui me fit tiquer c'était qu'avec sa consistance de moineau, si elle buvait autant, je ne donnais pas cher de son état, et merci bien, je n'avais pas très envie d'un malaise en pleine soirée. Et puis, c'était Taylord. Taylord que je devais laisser tranquille. Bon. Oui mais si vraiment il arrivait un truc? Bah, ce n'était pas mes oignons. Mais ça ne coûtait rien de surveiller.

La suite fut plus vague, puisque la jolie brune de 5ème année me préoccupa d'avantage, en s'installant sur mes genoux et en m'embrassant. Mission accomplie!

Je ne sais pas combien de temps après, après qu'on ait plus amplement "fait connaissance", il nous manqua de quoi boire, et je me levai, et c'est là que je vis le tableau claquer et que je me dis - mais oui, j'ai oublié! Trop occupé par la bouche de la jolie brune, j'avais mis tout le reste en pause. Du coup, je lui expliquai la situation en deux secondes, et elle me dit qu'elle m'attendait là. Ni une ni deux, je sortis à mon tour, et pris le chemin des toilettes.

C'est seulement dans les couloirs que je m'aperçus que, ouhlàlààà, ça tournait sec autour de moi, et que bizarrement le couloir était bien moins droit que ce matin, et le chemin me parut long et compliqué, si bien que j'étais obligé de me concentrer comme jamais pour retrouver le chemin des toilettes. D'ailleurs, je mis bien trop de temps, puisqu'un escalier jugea bon de me faire une grosse blague et me fit descendre au troisième tout en me faisant croire que j'étais au deuxième, bref, oui oui très drôle - d'ailleurs les tableaux murmuraient et se foutaient de ma gueule sur mon passage, apparemment. Bah, ils en avaient vu d'autre hein. Tout ce qui comptait c'était de ne pas croiser de profs, du coup je rasai les murs telle la hyène moyenne, prête à bondir derrière la première statue pour sauver ma peau. Non pas que les profs étaient moches à Poudlard, mais disons que l'optique de passer la fin de la soirée avec la jolie brune de tout à l'heure m'enchantait quand même plus que de récurer les chiottes de Meryl Kelsey.

Bon, concentration : j'arrivais dans le fameux couloir. Déjà, il n'y avait personne, apparemment. Restait plus qu'à espérer que dedans non plus. J'entrai. Je m'immobilisai quelques secondes pour tendre l'oreille - merde. Quel abruti avait décidé d'aller aux toilettes pile quand je venais chercher ma petite cargaison secrète? Je fis bien attention à ne pas faire de bruit et m'avançai - évidemment, les bruits qui provenaient des chiottes venaient de celle du milieu, pile celle où on avait notre planque, parce qu'en montant dessus on accédait à un petit recoin dans le mur, l'aération probablement. Bon. Que faire? Si je restais là alors que les autres chiottes étaient inoccupées, ça n'avait pas de sens, et celui qui sortirait et me verrait se douterait d'un truc pas net et il valait quand même mieux éviter que toute l'école connaisse l'existence de notre cachette si on voulait éviter de se faire chourer nos trucs. Bon...

Mais... Mais c'est moi où les bruits n'étaient pas très nets, là-dedans? Déjà, ils étaient deux - ouh, les coquins - et en plus... Mais... Merde alors... C'était confus mais en tendant l'oreille et en m'approchant c'était déjà plus net : la fille demandait au mec de la laisser tranquille, et le mec lui parlait salement et lui disait de ne pas bouger. ... Ok.

La porte s'arracha de ses gonds et alla se cogner contre le mur d'en face dans la seconde qui suivit. Je baissai ma baguette pour me retrouver face au salop à mon avis trop imbibé pour avoir une réaction digne de ce nom et...

... Taylord?!

Bon ok, un problème à la fois.

J'attrapai le mec par le bras, le tirai hors de la cabine, lui envoyai mon poing dans la gueule au passage et l'envoyai bouler vers la sortie. Il resta là comme un con à me regarder, puis la regarder, avec un air partagé d'envie de se battre ou de s'enfuir en pleurant.


- Tu refais ça une fois dans ta vie et j'te jure que j'te loupe pas, et je le menaçai de ma baguette levée. Ouais, pour une fois je n'avais pas envie de me salir les mains avec une merde pareille : si il y avait bien une chose que je pouvais haïr sur cette planète c'était bien ce genre de trucs, et même si heureusement ça n'était pas allé trop loin, ça me donnait juste envie de gerber. Par je ne sais pas quelle chance j'arrivais à me contenir un minimum et ne pas le foutre par terre pour le défoncer à coups de pied, mais il était clair que si il faisait un pas vers moi ou vers elle je lui démontais la gueule avant qu'il ait eu le temps de dire ouf.

- C'est elle qui...

- Ta gueule, ordonnai-je d'un coup. Oh putain, il fallait pas qu'il commence à me chauffer celui-là. Dégage. Et vite.

C'était clair. Je n'avais pas baissé ma baguette. Il finit par se tirer de là, comme un morveux, les yeux brillants de honte qui se voulaient moqueurs. Quelle pauvre merde.

Bien bien bien... Maintenant, deuxième problème. Youpi.

Je rangeai ma baguette et je sentais que j'étais toujours en colère, mais tentai de la ravaler, parce que ce n'était pas non plus le moment. Elle n'y était pour rien la pauvre et... Ouh là, je ne l'avais pas regardée avec attention, mais effectivement mes pronostics de tout à l'heure étaient plus que justes, elle avait l'air bien arrachée, et cette petite expérience n'avait rien dû arranger à l'affaire.

- Ça va quand même? lui demandai-je, cherchant son regard. Ce n'était pas parce qu'on ne pouvait pas être amis, et même qu'on devait être transparents l'un pour l'autre, que je ne pouvais pas m'assurer que ses trois kilos tous mouillés et elle n'allaient pas tomber dans les pommes après s'être fait brutaliser par un connard ivrogne.

Voilà voilà voilà...

Et le pire c'est que je ne pouvais même pas me tirer et la laisser tranquille reprendre ses esprits, parce que j'étais là pour quelque chose de précis, et je n'avais pas envie de sentir son regard désapprobateur à la Coop si elle me voyait récupérer mes petites herbes interdites. Je la connaissais, mine de rien. Je m'approchai d'elle, attendant un quelconque signe de sa part.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: Re: Deal [PV] terminé   Ven 19 Oct - 12:08

’’Do you know what hurts most about a broken heart?
Not being able to remember how you felt before...

Try to keep that feeling. Because when it goes…
You’ll never get it back.’’


Plus j’essayais de me débattre, et plus sa poigne se refermait sur moi, et impossible d’en échapper , un peu comme un lion qui s’acharne sur le morceau de viande qu’il vient de choper – alors finalement autant laisser faire et attendre que ça passe, mais son haleine me dégoûtait, en fait tout en lui me dégoûtait à présent alors que tout à l’heure ça ne m’avait pas du tout fait le même effet, il refusait de lâcher mon poignet et il me faisait trop mal cet imbécile, il ne voyait pas que de toute façon, je n’étais en mesure d’aller nulle part ?

Et puis tout à coup, il fut tiré vers l’arrière, et moi aussi en même temps, et je fus propulsée vers l’avant et chancelai sur un pas ou deux le temps de reprendre mes esprits – c’était beaucoup dire, parce qu’aucun des murs ici n’étaient stables et ça faisait exactement le même effet que si je m’étais retrouvée en train de faire des montagnes russes avec la même envie de dégueuler à la fin du manège.

Je reconnus sa voix avant de voir qu’il était là, c’était trop bizarre, c’était comme dans les rêves, on sait que quelqu’un est ici mais on le voit pas, mais il est présent quand même, et là c’était pareil – je fis la mise au point au moment où l’autre m’accusait de l’avoir emmené jusque ici. Non, non, non, ce n’était pas vrai, de la boisson et des bisous, ça n’engageait à rien que je sache, il fallait que Chuck comprenne que ce n’était pas vrai, qu’il ne s’en aille pas, je ne voulais pas qu’il s’en aille…

Ce qu’il ne fit pas. Je crus entendre l’autre partir par contre, mais je n’en étais pas sûre, je voulais sortir de la cabine, mais j’étais encore un peu affolée de tomber nez à nez avec lui pour qu’il finisse le travail, alors je préférais rester comme ça sans bouger, comme ça il allait peut être se volatiliser de lui-même, et Chuck aussi, et tout serait fini et rien ne se serait jamais passé…


- Ça va quand même?


Je posai mon regard hagard un peu partout en même temps que je cherchais un point d’appui en clignant constamment des paupières – est-ce que c’était moi où la lumière était beaucoup plus forte tout à coup ?

Je voulus dire que oui, ça allait très bien, enfin, maintenant oui ça allait très bien, et lui demander de s’en aller, parce que en plus, je veux dire… pourquoi est-ce qu’il était là ? C’était un scénario qui commençait à se répéter souvent, Woodley, maintenant ça… mais euh de toute façon, là ça ne pouvait être qu’un hasard, il avait arrêté de vouloir provoquer le face à face entre nous deux, et puis il s’amusait bien plus avec ses autres amis, parce qu’au moins, ça ne finissait pas en bataille à chaque fois comme avec moi. Je tendis le bras vers l’avant pour m’accrocher, trouver un point d’appui quelque part et puis je ne sais pas tout à coup, je vis qu’il était trop près et le maigre soulagement de sa présence ici pour le sauvetage s’envola très très loin, parce que lui aussi il avait déjà fait ça, alors l’envie pouvait très bien lui prendre encore une fois, de recommencer, de…

- Personne n’a envie de m’aimer. C’était moi qui parlait, mais c’était comme si ce timbre ne m’appartenait pas et qu’il y avait une autre personne encore dans la pièce.

C'était normal ce qui venait de se passer, ce n’était en rien un acte d’amour, on ne m’avait jamais demandé de tenir ce rôle là, parce que je n’étais pas assez intéressante, parce que ma vie n’était pas assez intéressante qu’elle se résumait en quelques lignes, que je venais d’un autre pays et vivais dans un ranch avec des chevaux, mais qu’est-ce que ça pouvait bien faire, parce qu’on ne me demandait pas d’être jolie, intelligente, d’avoir de l’esprit, tous ces trucs qu’on exigeait des autres, parce qu’il était clair que je ne pouvais pas répondre ces critères, ce qu’on me demandait, c’était facile, c’était, c’était d’être un «
corps », alors savoir si j’étais triste ou heureuse, si j’avais mal ou que je me sentais bien, c’était juste en trop, qu’est-ce que ça pouvait bien faire ? Ce corps que je détestais en plus, que j’enlaidissais jour après jour, mais ça aussi, ce n’était pas grave… On ne lui demandait pas d’être beau, juste de servir, et justement c’était parce qu’il n’était pas très avantageux que le garçon de ce soir avait dû croire que ça se passerait comme sur des roulettes dans son petit programme, parce que vu mon apparence, j’avais pas trop intérêt à faire la fine bouche… Même Gael, ça avait fini par l’énerver à la fin, pourtant, je lui avais dit, je l’avais prévenu, mais c’était encore de ma faute, même s’il avait dit que non…

- Toi aussi, tu t’en fous… les mots sortaient tout seuls, très facilement et coulaient dans ma bouche avec naturel à cause des effets de l’alcool sans doute qui avait ce pouvoir magique de délier la langue, et puis d’ailleurs je ne comprenais même pas vraiment le sens des mots que j’employais…

J’avais reculé le plus loin possible, pour aller me coincer dans l’endroit le plus inaccessible de la cabine entre le bidet et le mur et m’étais laissée tomber par terre. J’avais froid, j’avais trop trop froid, mais en même temps, ma peau me brûlait quand je passais mes mains dessus pour tirer sur débardeur pour la cacher, et tâtonner aussi pour retrouver le gilet qui devait pas être très loin et me blottir dedans, mais je n’arrivais pas à remettre la main dessus…

Et puis le pire, c’était qu’il avait raison. De s’en foutre. Il l’avait dit. Woodley aussi. Que je servais à rien, ici, mais ça voulait pas dire que ma présence était désirée ailleurs. J’aurais juste voulu savoir… où est-ce qu’elle était vraiment ma place, si au moins j’en avais une, et si il y avait quelqu’un quelque part qui m’attendait depuis toujours, mais même si c’était vrai, il perdait son temps, il valait mieux qu’il en cherche une autre, parce que de toute façon j’allais lui faire de la peine…

Je m’étais recroquevillée le mieux possible en signe de protection, je ne le regardais pas, mais je voulais juste que Chuck tourne les talons et me laisse ici, je me sentais souillée de partout, comme si j’étais pleine de poussière à la fois à l’extérieur, mais aussi et surtout à l’intérieur, c’était dégueulasse, il fallait que je l’enlève toute cette saleté, ça m’empêchait de respirer, j’étouffais, il fallait que je vomisse, maintenant, mais pas devant lui, il ne devait pas voir, j’avais trop honte, il ne fallait pas qu’il voit… Je passai ma main en bon état sur le visage pour enlever les cheveux collés à cause de la sueur et de l’alcool qui m’obscurcissaient la vue et qui étaient entrés dans ma bouche.

- C’était… je voulus le remercier sans savoir quoi dire, quels mots employer, par où commencer… « Merci » aurait suffi, mais ça ne sortait pas, je n’y arrivais pas, je me sentais trop bête de dire ça, et préférais ne même pas imaginer ce que lui devait en penser… C’était… cool. Cool… Cool. D’avoir fait ça. Mon cœur me prenait tellement jusque dans la gorge que j’avais l’impression que si je toussai assez fort, j’allais pouvoir le recracher et qu’il allait me tomber dans les bras. Pars. Il fallait, vraiment, vraiment qu’il parte, parce que le reste… c’était plus fort que moi. J’eus un haut le cœur. S’il te plaît.

C’était trop personnel, c’était entre moi et moi, je ne laissai personne assister à ce genre de spectacle parce que c’était beaucoup trop honteux, parce que je savais que c’était mal et… tant pis. Je devais me purger, de nous deux, c’était encore lui, mon corps, le plus fort, et je me penchai au-dessus de la cuvette pour vomir tout ça, toutes ces horreurs, tout ce mal qui s’était incrusté dans chacun des pores de ma peau et dont je n’arrivais pas à me nettoyer, il restait là, vicieux, toujours présent, il devait partir, pourquoi est-ce qu’il ne voulait pas partir.. ? J’enfonçai les doigts tout au fond de ma bouche pour le forcer, il devait s’en aller maintenant, je ne voulais plus cohabiter avec lui, c’était trop dur, il était en train de prendre possession de tout, je ne pouvais juste plus lui faire face… D’ailleurs tout le reste de mes muscles étaient incendiés, mais en même temps, je tremblais, j’avais des frissons, la sensation de chaud et de froid étaient en train de me faire exploser, est-ce que c’était comme ça quand on perdait la raison, quand on devenait complètement fou ? C’était Chuck qui allait être content, il allait enfin avoir l’occasion en or de dire à tout le monde que j’étais qu’une pauvre fille qui débloquait complètement, et surtout pas fréquentable. Oh non, je crois qu’il était encore là, je l’appelais plusieurs fois, mais sans oser tourner la tête pour vérifier.
Est-ce qu’il était encore là ?

Je me redressai assez pour me saisir maladroitement du bandage toujours à mon poignet. Ça allait mieux pourtant, mais la douleur se propageait de partout, parce que l’autre garçon l’avait maintenu si fort avec l’envie de le broyer que j’avais l’impression que je n’allais plus jamais réussir à m’en servir. Je m’y repris plusieurs fois pour le retirer, il était trop serré et c’était encore plus douloureux du coup. C’était tout violacé dessous, comme un gros hématome qui en faisait le tour et si je bougeai un tout petit peu, c’était comme si on donnait des coups de marteau dessus pour le casser, un peu comme dans les côtes et mon dos, ça faisait des semaines que ça me démangeait, que ça piquait, que ça tirait, et c’était insupportable, que la souffrance, je n’arrivais plus à la supporter, pourquoi est-ce qu’elle s’évertuait à continuer ?! Il y avait des endroits pourtant qui étaient presque guéris, mais il y avait les autres, ceux que je pouvais atteindre avec mes ongles où les croûtes renouvelaient tout le temps sans jamais disparaître, parce que même si j’avais mal, et bien il fallait que ça continue, c’était juste que, c’était la seule chose que j’avais le droit d’avoir… Mal. Je m’attaquais dessus celles qui étaient dessous les bras jusqu’aux hanches, voilà, voilà, c’était très bien, c’était ça qu’il fallait lui infliger, c’était ce qu’il méritait, et puis en même temps ça faisait un peu de bien comme quand on arrive enfin à se gratter à un endroit qui vous gêne depuis plusieurs minutes, mais c’était aussi encore pire, comme une sensation de feu, j’avais le bout des doigts rouge, ça saignait, mais je ne pouvais pas cesser de gratter, gratter, gratter…

Si je lui demandais simplement, est-ce qu’elle allait revenir ? Je voulais que maman revienne, une minute, une seconde, sentir ses bras tout minces mais plus rassurants que n’importe grosse peluche, m’enveloppent et fassent tout partir, où alors qu’elle m’emmène avec elle. Je la hélai doucement.
Est-ce qu’elle allait m’entendre ?

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Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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MessageSujet: Re: Deal [PV] terminé   Ven 19 Oct - 18:34

Ah, très bien. A mieux la regarder, Taylord me semblait pétée comme un coing, et j'en eus la confirmation quand elle essaya de me regarder quand je m'approchai d'elle mais que son regard vague ne s'accrocha à rien de précis. Bon. Il allait encore falloir que je gère ça, et comme d'habitude, dès qu'elle aurait repris ses esprits, elle m'enverrait paître dans les choux? Mon cul. Cette fois, j'allais faire ce qu'il fallait, et la faire déguerpir d'ici avant qu'elle ait son mot à dire - puisqu'on n'était pas amis, je ne vois pas pourquoi elle resterait à me tenir la jambe - et puis comme ça, je ferais mon petit business, vite fait bien fait. J'avais une fête sur le feu, moi, et une jolie petite brune qui m'attendait sagement sur le canapé mais qui ne risquait pas de m'attendre longtemps si il fallait que j'endosse mon uniforme de secouriste trop longtemps. Le problème était là, cependant : je n'étais pas un grand frère pour rien. j'avais ce putain d'instinct protecteur qui m'obligeait à agir, et parfois contre ma volonté, quoi qu'il arrive. Je savais bien qu'il avait beaucoup joué dans tout l'histoire avec Taylord, parce que voilà, à partir du moment où elle m'avait montré ses faiblesses si longtemps cachées, j'avais senti le besoin de la protéger, tout le temps.

- Personne n’a envie de m’aimer, fit-elle avec l'énergie d'un mollusque.

Eh bien, si elle croyait que j'allais lui dire merde et la laisser là comme une vieille chaussette! C'était trop tard, ma petite. Plus les gens montraient qu'ils étaient faibles et plus je me sentais l'esprit d'un chevalier, quand même, elle le savait ça. Je m'accroupis en face d'elle, alors qu'elle s'était reculée au fond de la cabine et assise encastrée entre les chiottes et la paroi, comme si elle espérait devenir partie intégrante du mécanisme de la chasse d'eau.


- On est deux, moi, personne n'a envie d'être mon ami, dis-je sur le ton de la plaisanterie pour détendre un peu l'atmosphère mais pour aussi lui rappeler qu'elle n'était pas la seule à pouvoir jouer les victimes dans l'affaire.

Mais je compris bien vite que ce n'était pas très malin, parce que les grammes d'alcool qu'elle avait dans le sang, son air désespéré et le contre-coup de ce qui venait de se passer, elle ne devait absolument pas saisir l'ironie et le double-sens de mes propos. Bon. Je lui fis un sourire rassurant pour lui faire comprendre qu'elle n'avait plus rien à craindre de l'autre abruti, ni de moi non plus, parce que je n'étais pas là pour qu'on se dispute encore une fois. Je voulais juste m'assurer qu'elle allait bien, et qu'elle n'allait pas se tailler les veines dans des chiottes sombres pendant que tout le monde s'amusait dans la salle commune, ce qui, on ne va pas se mentir, n'était pas totalement illogique quand on voyait son état. J'eus envie de lui dire Taylord, qu'est-ce que tu fais? Ce n'est pas toi ça, tu bois bien trop et tu le sais, et regarde-toi, tu ne prends pas soin de toi et tu me demandes de ne pas m'en mêler?!... Mais ça aurait été revenir dans le topo de la dernière fois, et elle m'aurait fait comprendre que de toute façon, ce n'était plus mes oignons.

Je compris alors que je ne savais vraiment pas quoi faire. Quelle attitude adopter. Casser la gueule d'un mec et le faire dégager d'ici, c'était facile. M'assurer qu'elle ne tombait pas dans les pommes, tout ça, c'était dans mes cordes. Mais là? Quand je regardais son visage et qu'il était tout pâle, que ses cheveux se collaient sur son front parce qu'elle était mal et qu'elle transpirait, que ses yeux n'avaient plus du tout la même lumière qu'avant, qu'ils étaient tout éteints, comme si plus jamais le feu qui brûlait au fond d'elle ne s'allumerait? J'avais quels pouvoirs, moi?

Je fermai la porte d'un geste vague de ma baguette, en me disant que la dernière chose dont elle avait besoin c'était que quelqu'un débarque et la voit dans cette situation et que demain, tout le monde se foute de sa gueule. J'eus un soupir d'impuissance, tout en m'obligeant à réfléchir à toute vitesse. En tout cas, je sentais qu'elle n'allait pas tarder à se mettre à gerber, donc décidai de ne pas m'éloigner trop histoire qu'elle ne s'étouffe pas avec tout l'alcool qu'elle allait recracher.


- Toi aussi, tu t’en fous… Elle marmonnait comme une ivrogne des trucs qu'elle n'aurait jamais dit en tant normal, et ça me mit mal à l'aise pour elle.

- Taylord, tu dis n'importe quoi, la rappelai-je à l'ordre en mode hey, tu es bourrée ma petite, tu dis de la merde tu sais! En plus, si elle avait eu un minimum de conscience en cet instant, elle ne m'aurait pas dit ça, vu que j'essayais désespérément de lui venir en aide. Je me fis l'étrange réflexion que ça faisait longtemps que je n'avais prononcé son prénom en la regardant en face. Par contre je n'étais pas sûr que j'allais supporter longtemps de me prendre tout son mal-être dans la gueule encore longtemps. J'étais partagé : je ne comprenais pas ce qui l'avait poussée jusque là, pourquoi elle se laissait faire alors qu'elle avait été si forte jusque là, et en plus je lui en voulais de ne rien faire, de tout abandonner, et en plus de me demander de faire comme si de rien n'était.


- C’était… C’était… cool. D’avoir fait ça. Pars. S’il te plaît.

Et 100 balles et un mars, peut-être?

Je fis non énergiquement de la tête. Non mais, qu'on ne se foute pas de ma gueule s'il vous plaît. J'aurais été bien sans coeur de la laisser là alors qu'elle n'était même pas en état de se lever pour aller jusqu'au lavabo et que Merlin savait ce qui lui passait par la tête, ce qui n'avait pas franchement l'air d'être l'éclate. Je balayai son merci d'un geste de la main, ety sa demande aussi, parce que 1) c'était normal ce que j'avais fait, et pas une faveur, et 2) elle pouvait toujours courir pour le reste. Je savais, à 100%, qu'elle aurait fait pareil pour moi. J'avais envie de prendre sa main et de la serrer fort, et je compris que tout n'était pas totalement fini, que j'avais beau me répéter que ok, j'en avais rien à foutre, je n'avais pas vraiment digéré son refus. J'avais toujours envie qu'on soit amis... Non : j'en avais besoin. J'avais besoin d'elle, d'une manière ou d'une autre, et j'étais persuadé qu'elle avait besoin de moi aussi.

Au mouvement qu'elle fit vers la cuvette je compris que j'avais vu juste, et comme elle avait des gestes vraiment pas nets et une énergie proche de zéro, je me levai et me précipitai avant la catastrophe, à savoir qu'elle se vomisse dessus et pas où il fallait. Je m'accroupis et lui tins la tête, puis les cheveux que je ramenais derrière sa nuque. Cette situation m'était familière - combien de fois je m'étais occupé de potes en fin de soirée qui avaient fini trop mal. J'avais beau être bourré à bloc, quand il s'agissait de m'occuper de quelqu'un je retrouvais toujours un minimum mes esprits, allez savoir pourquoi. Je me rendis d'ailleurs compte que c'était le cas maintenant : cette petite histoire avait fait redescendre tout l'alcool que j'avais bu. Je ne dis rien quand je la vis se forcer à gerber même si javais bien envie de lui dire "ah ça, tu as l'habitude hein"... J'avais toujours détesté ça chez elle, le fait qu'elle ne prenne pas soin de son corps et qu'elle se laisse maigrir, mais en même temps, je savais que l'anorexie était plus une maladie qu'autre chose, et que si je lui en voulais de se laisser dominer, je savais aussi qu'elle n'était pas entièrement fautive. Les spasmes lui humidifiaient les yeux et la faisaient trembler, et je me fis la réflexion qu'elle avait bu la mer entière en Pur-Feu étant donné tout ce qu'elle gerbait, mais ça finit par se calmer. Comme deux trois fois elle m'appela, je lui répondis calmement que j'étais là tout en essayant de la rassurer. Il n'y avait qu'à attendre de toute façon, et je tenais toujours ses cheveux, m'assurant qu'elle ne se salopait pas trop et que surtout elle ne perdait pas conscience. Ça finit par se calmer un, et quand elle ne recracha plus rien et que les spasmes se calmèrent, je la calai contre le mur, tirai la chasse, et lui dis doucement :


- Bouge pas, j'reviens tout de suite.

J'allai vers les lavabos, pris le torchon pour s'essuyer les mains et le mouillai, avant de revenir dans la cabine. Au passage, je vis la porte qui gisait par terre, les gonds arrachés, et j'avais à moitié envie de rire de ce spectacle, mais aussi je me disais que si quelqu'un savait que c'était moi, j'allais encore avoir des emmerdes, et que ce n'était pas trop juste pour le coup.

... Mais, qu'est-ce qu'elle faisait?!

Ok : mission Sauvez Taylord enclenchée. Elle était complètement en plein bad trip, elle marmonnait toute seule et pire encore elle avait enlevé son bagage qui cachait un poignet recouvert de vilaines traces et se grattait toutes ses blessures - putain, mais elle s'était roulée dans des ronces en se battant avec un troll ou quoi - comme une possédée.


- Mais arrête ça !! Je criai presque, saisis ses deux bras par les coudes pour ne pas lui faire mal, la tirai vers le haut pour la redresser, pas trop vite parce que sinon elle allait me gerber dessus, et la coinçai contre le mur. Là, j'entrepris de lui passer le chiffon sur la figure, la bouche, le front, pour la nettoyer un peu, et parce que je savais qu'on se sentait crade après avoir vomi comme elle l'avait fait, puis je ramassai son gilet d'une main et la portai en la prenant par la taille, un peu plus loin, hors de la cabine, avant de l'assoir à nouveau contre le mur. Il y avait plus d'air, et c'était moins crade.

Je posai le chiffon sur le lavabo qui était à un mètre de moi, enlevai mon sweat à fermeture éclair que j'avais mis avant de sortir dans les couloirs parce qu'il y faisait toujours plus frais, lui passai sur les épaules et mis ses bras dedans - elle était toute molle comme un pantin - avant de mettre son gilet à elle comme une couverture, sur elle.

Plus ça allait, plus elle me faisait sérieusement flipper. Je m'assis face à elle, en tailleur, en veillant bien à l'empêcher de se gratter. Le bout de ses doigts étaient rougi, et je saisis ses mains pour le voir de plus près. Putain, et je ne connaissais pas assez de sorts pour empêcher tout ça... Son poignet tout violet faisait mal rien qu'à le regarder, et je regrettai fermement de ne pas avoir plus de connaissances que ça en sortilèges. Mais bon. Tant pis. Si elle me disait encore une fois de partir, là, honnêtement, je la foutais toute entière dans la cuvette.

Le pire de tout, c'est que j'avais fait comme si j'avais rien entendu, mais je l'avais clairement entendu geindre et appeler sa mère d'une toute petite voix d'agneau blessé, et que moi, en plus de me mettre en rogne parce qu'elle faisait vraiment de la merde, ça m'avait serré le cœur. J'avais cru qu'un jour elle arriverait à se relever de tout ce qui lui était arrivé... Aujourd'hui, je me disais qu'elle n'en avait peut-être pas le droit, je sais pas. Ses fantômes la poursuivaient tellement que c'était eux que je voyais dans les ombres tristes de ses yeux.


- Il va falloir que tu arrêtes maintenant, dis-je alors, brisant le silence. Je voulus avoir l'air un peu fâché, mais je me rendis compte que j'avais juste l'air triste. Pourquoi tu te fais tant de mal? Tu sais bien que c'est pas la solution. Et c'que t'as pas compris, c'est qu'ici... on ne te laissera pas faire, et je déguisai au dernier moment mon "je" en "on".


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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Deal [PV] terminé   Sam 20 Oct - 17:47

♪ You found me ♫

Lost and insecure
You found me, you found me
Lying on the floor
Where were you, where were you



Je détestais cet état. Je sentais que j’étais encore à peu près consciente, que c’était bien Chuck qui se trouvait en face de moi, pourtant je ne sais pas, c’était comme si j’étais une parfait étrangère qui ne comprenait rien à ce qui était en train de se passer parce qu’elle n’avait pas suivi l’histoire depuis le début. En même temps, il y aurait eu à faire…

- On est deux, moi, personne n'a envie d'être mon ami.

Encore un reproche.
A qui la faute ?

Je relevai péniblement la tête pour rechercher son visage mais j’y voyais tout flou. Alors c’était juste ça ? C’était drôle ? J’étais drôle, ça le faisait rire ? Si c’était ça, je voulais qu’il parte immédiatement, moi je trouvais que c’était juste pas marrant et de lui hurler de me dire ce qu’il fallait que je fasse de plus pour qu’il soit content, ou alors lui demander sérieusement de mettre des lunettes. Je lui demandais pas de me plaindre, sa pitié il pouvait d’ailleurs la garder pour quelqu’un d’autre parce que j’avais pas besoin de ça en plus du reste, comme des phrases toutes faites qu’on aime bien balancer à tout bout de champ parce qu’on pense que ça booste du genre « mais il y a toujours pire que toi ». C’est bon, je le savais, j’étais pas bête, c’est sûr que si on s’engageait par-là, il y en avait toujours pire, mais là il s’agissait de moi, merde j’en avais assez de devoir me comparer aux autres, c’était pas une compétition que je sache, et s’ils y en avaient qui voyait ça comme ça, c’était vraiment qu’ils avaient rien pigé. J’étais triste, malheureuse, et me sentais mal et basta et je n’avais aucune raison de me justifier là-dessus, et alors je sais pas à quoi je m’étais attendue mais peut-être que j’avais encore eu l’idiote prétention de croire qu’il verrait que je ne jouais pas que je ne faisais pas mon intéressante mais que justement…
Je ne savais plus quoi faire.

En plus en vrai… bien sûr que oui, j’avais envie que ce soit comme avant, quand on se prenait pas la tête et que c’était bien comme ça mais c’était lui qui avait décidé de tout rendre compliqué, comme d’habitude, que c’était facile de dire tout ça, mais que maintenant, il fallait agir un peu, et puis même si j’avais envie, de toute façon, non, il ne fallait pas parce qu’on allait retomber exactement dans le même schéma et que ça me fatiguait d’avance. Posé comme ça, ça avait l’air pourtant simple comme bonjour, mais alors c’était bien loin d’être le cas. On allait finir par se foutre sur la gueule plein de trucs – il s’était souvent plain que j’étais insaisissable ou des machins comme ça et qu’à la longue c’était chiant, ben qu’il se rassure parce qu’il faisait la même chose lui aussi, seulement pas de la même manière, en qu’en faisant le mec qu’on pouvait lire comme un livre ouvert, c’était pour justement mieux garder enfouie ce qu’il y avait à enfouir, et j’en avais marre d’aller le chercher tout ça, à la sueur de mon front sans qu’il m’aide mais en montrant quand même qu’elles existaient, mais bon faut dire aussi que j’avais terminé par croire qu’en fait c’était la première version, celle du livre ouvert qui était la vraie et qui était juste la seule, mais en même temps… Voilà je sentais déjà le mal de tête me guetter avec toutes ces conneries.


- Taylord, tu dis n'importe quoi.

Genre. C’était rien que la vérité, et il c’était pour ça qu’il disait ça, encore une fois pour se déculpabiliser ou un machin chouette dans ce goût-là. Mais c’est bon, il pouvait partir, il en avait déjà bien assez fait ce soir, j’allais pas lui en vouloir et…

- T’as qu’à le prouver, ça, parler, il savait bien le faire, il manquait la partie pratique maintenant. J’eus juste le temps de le dire que je sentais que tout me remontait d’un coup dans la gorge.

Je fus coupée dans mon élan à cause des aléas du trop-plein d’alcool, et pas que dans mon cas. Je n’arrivais toujours pas à définir si je préférais que Chuck soit là ou pas pour assister à tout ça, mais en même temps comme il essuyait à peu près tout ce que je lui demandais et que j’avais même pas assez d’énergie pour le repousser, je le laissai prendre les commandes, et en fait, ça m’effrayait un peu parce que je ne contrôlais plus rien du tout, que je comprenais plus rien du tout, que j’entendais une fois sur deux ce qu’il disait, que je clignai des yeux, il était là, et la seconde d’après, pouf, disparu, et que j’étais déjà en train de m’arracher la peau, parce qu’à force, s’il n’y en avait plus ben peut être que je n’allais plus souffrir comme là…


- Mais arrête ça !!


Je sursautai presque et le temps de stopper mon geste comme il l’ordonnait, je me retrouvais tout contre lui, à m’accrocher désespérément, j’avais le vertige tout à coup, je ne voyais pas pourquoi j’étais si haut dans le ciel, j’allais tomber, alors je m’agrippai comme je pouvais à ses vêtements, mais en fait, je crois que mes pieds étaient déjà sur le sol, donc je ne pouvais pas chuter, je ne savais plus trop, et puis il m’embêtait avec ce truc froid qu’il me mettait sur la figure… J’avais la gorge toute serrée comme quand j’avais envie de pleurer, mais même ça c’était trop dur, alors finalement je cessai de me débattre et tant pis s’il ne me retenait pas, j’allais m’écrouler sur le sol…

- Non, j’ai juste envie d’crever. Tu veux comprendre ça ? Ou tu fais exprès ? Que je n’ai simplement plus rien à faire ici…

Je sentis qu’on bougeait – j’avais fermé les yeux parce que même si j’avais l’estomac vide, je sentais que j’allais cracher mes boyaux si ça continuait, et quand je les rouvris, je mis plusieurs secondes à voir qu’on était toujours dans les toilettes mais qu’on était plus dans la cabine. Il y avait quelque chose de tout chaud qui m’enveloppait mes mains qui elles par contre étaient toutes froides – ah. C’était les siennes. Je serrai un peu ses doigts.

- J’ai mal, lâchai-je. J’avais l’impression d’imploser de l’intérieur, comme si en même temps de ça on l’avait jeté dans les flammes et je voulais continuer, continuer pour que ça puisse cesser… Ça me brûle… J’ai trop trop mal…

Fais quelque chose.


- Il va falloir que tu arrêtes maintenant.

Ben voyons.

- Sinon quoi ?
Vas y, j’attends de voir, qu’est-ce que tu vas faire ? C’était les parents qui établissaient les règles. J’avais plus de parents. Je faisais mes propres règles. J’avais la voix un peu rauque alors je me raclai la gorge.

Je vacillai d’un état à une autre, tantôt voulant me laisser aller, mais pas trop quand même. Autant j’étais en train de rêver - même si ça ressemblait plus à un cauchemar, et rien de tout ça était réel alors…


- Pourquoi tu te fais tant de mal?

Parce qu’il y a plus rien d’autre à faire. Parce que c’est un peu de ta faute aussi même si je vais pas te le dire parce que tu comprendrais pas pourquoi, parce qu’il n’y a rien de beau chez moi tu l’as dit, peut être pas avec ces mots, mais tu l’as dit quand même, et que j’aurais aimé être un peu meilleure pour toi, mais qu’il y a rien à faire, qu’apparemment c’est pas ce que tu recherches que je ne peux pas m’aimer s’il n’y a rien à aimer chez moi, alors autant bousiller ce qu’il reste, comme ça au moins, il y aura une bonne raison, que quand je veux des faire des efforts, de changer, mais en mieux, on me prend pas au sérieux, tu te souviens pas, c’est pas mon rôle d’être une fille, je ressemble à un clown quand j’essaye, et comme je ne le maîtrise pas très bien, du coup je n’ai plus autant confiance en moi comme ça a pu l’être et bien c’est encore pire, donc je me dégoûte toute seule, je me donne envie de vomir, tu as bien vu, non ?

- Parce que.

Mais à quoi bon lui en parler ? Quand je l’avais fait, quand ce soir là je lui avais raconté… D’ailleurs j’avais une nouvelle fois cette impression que cette soirée y ressemblait beaucoup. Quand je lui avais expliqué, il avait réagi comme tout le monde en me proférant des trucs que je savais déjà, et c’était pas ça que je voulais entendre, je sais pas pourquoi j’avais pensé que lui il allait le comprendre, ça… Avec le recul je me disais qu’en fait ça avait plus dû l’emmerder qu’autre chose ces histoires, qu’il en avait rien à faire, donc là, ça se résumait un peu au même combat. Un jour, je lui avais demandé si ça lui était déjà arrivé de se mettre à la place de quelqu’un d’autre, et ça lui avait paru tellement invraisemblable que je crois qu’il avait dû se foutre de ma gueule où un truc dans le genre, donc non, pas la peine, il voulait pas, il voulait pas d’accord, mais alors fallait pas venir poser des questions ensuite. Il allait dire que c’était pas bien blablabla – mais sans tenter de trouver la source et faire dérailler une bonne fois pour toute le problème, donc ça servait à rien - je savais que c’était pas bien, j’en avais même parfaitement conscience et c’était ça qui était surtout grave.
Quand je lui disais rien ça allait pas, quand je lui disais, ça allait pas non plus, alors qu’est-ce qu’il attendait ?

- Ça doit être parce que je suis tarée, un truc comme ça… ça doit bien te dire quelque chose…

J’étais même pas en colère ni rien en parlant alors que normalement, j’aurais dû. Mais comme pour le coup, Chuck était bien calme, je l’étais aussi, je constatais juste tristement que ce qu’il avait dit jusque-là, c’était vrai depuis le début…


- Tu sais bien que c'est pas la solution. Et c'que t'as pas compris, c'est qu'ici... on ne te laissera pas faire.

Je voulus répliquer, mais à la place je poussai un soupir contraint.

- Tu peux parler hein
.. commentai-je tout juste et je fermai les yeux. D’accord. Je n’étais pas au mieux de ma forme. C’est vrai. Mais il croyait vraiment que j’avais pas remarqué que lui non plus, que depuis l’infirmerie, j’avais pas arrêté d’y penser, qu’il ressemblait à un espèce de panda avec ses cernes noires qui lui remontaient jusqu’aux paupières et que s’il pensait que c’était la nouvelle mode pour séduire les filles et ben.. ! Qu’il avait les joues qui tombaient et le teint un peu jaunâtre, même là dans la faible lumière des toilettes, on le voyait, comme s’il avait bouffé un truc avarié, que ses cheveux étaient tout raplapla, alors c’était joli joli de parler mais alors qu’il vienne pas me raconter que c’était son coiffeur qu’il l’avait loupé.

Je tombais dans un drôle de sommeil étrange – j’entendais ce qui se passait autour de nous, mais j’avais les paupières trop lourdes pour ouvrir les yeux, mais je voulais vérifier si Chuck était toujours là, la pierre dans mon dos était froide, il y avait des lumières qui dansaient devant mes yeux, et au bout d’un moment la soirée me revint en à coups : la salle commune, les verres, le garçon, notre arrivée dans les toilettes, j’avais comme l’impression qu’il s’était passé un nombre incalculable de trucs en peu de temps, tout en me souvenant de ce que j’avais dit - un peu morbide d'ailleurs .. - ou fait, non c’était pas possible, c’était vraiment moi qui avait dégueulé en sa présence ? Non, vraiment, non, c’était la meilleure, pff qu’est-ce qu’il allait penser maintenant, je voulais pas qu’il me juge là-dessus, parce que je me sentais toujours mal à l’aise vis-à-vis de ça. Cet été, il y avait une fille qui m’avait surprise en train de le faire pendant que je pensais être toute seule et je me souvenais très bien du mépris qu’elle avait affiché à ce moment-là. Je ne savais pas comment l’expliquer en plus – et puis on ne me le demandait pas. Il n’y avait qu’avec Scarlett que ça avait été différent, que j’avais pu lui en parler sans qu’elle critique et où je ne sentais pas dans son expression qu’elle m’accusait de tous les maux possibles. C’était juste que… que c’était comme ça. Qu’il fallait que je le fasse, j’étais remplie de tous ce qui me faisait honte, et qu’en les crachant ça allait un peu mieux, mais en fait je l’étais encore plus, c’était comme du sable, partout, de partout dans mon estomac, ce n’était pas bon, je sentais même là que je n’avais pas tout vidé, qu’il y en avait encore…

Je finis par m’éveiller, et pendant un long moment, je fixai Chuck sans mot dire. J’avais soif, la langue toute sèche, mais rien que penser de devoir me lever pour boire au robinet me semblait être le bout du monde tant mon corps était lourd comme du plomb. Je ne savais pas pendant combien de temps je m’étais assoupie si ça avait duré une minute ou alors des heures, mais j’avais au moins l’impression d’avoir les idées un peu plus claires que tout à l’heure. On se tenait toujours la main mais de façon un peu étrange, tout près de mes côtes comme s’il avait voulu m’empêcher de faire quelque chose et je savais déjà quoi parce que j’avais juste encore plus mal que tout à l’heure ou alors c’était qu’une impression, mais comme si on m’avait pris et qu’on m’avait jeté du haut d’une falaise.

- Tiens t’es encore là toi… mais ma blague était toute nulle et je ne parvenais même pas à sourire pour l’agrémenter.

Je battis des cils plusieurs fois avant de me redresser avec difficulté. Je lâchai sa main et ne remarquai que maintenant que je portais sa veste mais que je ne savais pas du tout depuis quand. En temps normal, et vue la relation qu’on avait en ce moment c’est-à-dire pas au beau fixe, ça m’aurait gêné de faire ça, mais après tout ce qui s’était passé, j’en étais tellement loin ce soir que ça m’étais bien égal et je soulevai le bas de mon débardeur qui s’était collé à cause des petites plaques de sang, pour constater les dégâts. Je fis immédiatement la grimace parce que c’était pas beau à voir. Vraiment pas.

- Tu peux…

J’avais tendu le bras vers le torchon qui se trouvait au-dessus de nous pour qu’il puisse me le donner, et l’appliquai sur la peau, m’arrachant d’abord un gémissement, mais le frais dessus faisait du bien, alors que je laissai plusieurs minutes dessus. Il allait falloir qu’on s’en débarrasse après ça parce qu’après avoir jeté un coup d’ensemble à la pièce je me faisais la remarque que les toilettes ressemblait plus à un champ de bataille qu’autre chose. J’étais trop bête de ne pas avoir pris ma crème avec moi, ou alors… ou alors…

J’entrepris de fouiller dans les poches de mon gilet et en sorti tout ce qu’elles contenaient : il y avait un paquet de clopes, un briquet, parce que j’avais pris cette sale manie ne plus de toutes les autres, et oups, non pas ce débile de stimulant là, je le rangeai bien vite à sa place. Pas de crème. Bon. Mon regard passa du paquet à Chuck pour guetter sa réaction, mais et puis d’ailleurs qu’est-ce que ça pouvait foutre, j’étais grande je faisais ce que je voulais, et puis elle était très bien cette marque d’abord !

Je sentis un frisson me parcourir. Il y avait plein de courants d’air ici, et comme c’était moi qui portais ses fringues, Chuck ne devait pas avoir bien chaud.

- Tu vas attraper froid.. voulus-je le réprimander comme on le fait avec les gosses qui refusent de porter des chaussettes quand on était en plein hivers. Mais ça ressemblait plus à une plainte qu’autre chose. Je me rapprochai de lui, pour lui coller tant de bien que de mal le gilet sur les épaules, comme ça, ça me donnait une contenance mais en fait j’avais bien envie de me blottir dans ses bras. J’avais passer discrètement mes doigts en coupe de sa joue, et là, je sus que je l’avais eu en beauté : je tournai doucement son visage vers le mien, ils étaient juste à quelques centimètres l’un de l’autre, là où la distance en plus de la surprise était bien trop courte pour qu’il ait le temps de se planquer derrière ses apparences. Et toi, qu’est-ce que tu fiches ? murmurai-je. Non… sérieux ? Tu as la prétention d’imaginer que moi, tu peux me duper ?

Il se passa un truc bizarre, parce qu’à cet instant là, ce fut comme si je venais de me faire électrocuter, rien que par un simple échange de regard. Je n’avais juste plus du tout envie de me détacher du sien, pas tant qu’il ne m’avait pas répondu, mais en même temps, il fut attiré par quelque chose que je n’avais pas vu jusqu’à maintenant : le quelque chose tout ce qu’il y a de plus louche, je n’en avais encore jamais vu, mais j’avais déjà ma petite idée. Bien. Très bien. C’était pas mes affaires de toute manière. Sans faire le moindre commentaire, je m’écartai un peu, juste pour chiper une cigarette et le briquet pour l’allumer et tirer dessus.
Moi aussi, si je voulais, je pouvais.



Why’d you have to wait?
To find me, to find me

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MessageSujet: Re: Deal [PV] terminé   Lun 22 Oct - 12:03

De toute façon, dans ces moments-là, on raconte que de la merde. Je savais, je l'avais vécu, et j'avais vu suffisamment de gens le vivre. C'est peut-être con mais c'est un état qui arrive souvent et même trop souvent dans les soirées, juste parce que les gens veulent tellement passer un bon moment et s'éclater la tête qu'ils y vont trop fort et que c'est tout l'inverse, et qu'ils vomissent leurs tripes et qu'ils ont juste envie de mourir tellement ils se sentent mal, que ça tourne, que leur tête va exploser, etc. A chaque fois que je voyais quelqu'un dans cet état je ne pouvais pas m'empêcher de ne pas rire, parce qu'au fond, c'est quand même con, hein. Alors mon p'tit gars tu voulais passer la meilleure soirée de ta vie et boire pour tout oublier? Ah ben c'est sûr que t'as raté ton coup...

- Non, j’ai juste envie d’crever.

Allons bon.

Mais Taylord c'était différent, elle, clairement, elle n'avait pas prévu la bonne soirée puis dérapé en route. Vu la tronche qu'elle tirait H24 et son attitude maintenant, j'avais plutôt l'impression qu'elle avait tout fait pour en arriver là. Elle s'était accrochée un peu à mes doigts et je ne pouvais pas m'empêcher de passer les miens sur les traces rouges qui salissaient sa peau, comme si ça suffirait à enlever toutes ces conneries qui lui passaient par la tête. Je la laissai serrer mes mains, parce que je savais que dans ces moments-là on se sentait trop mal et on avait besoin de présence. Quand je repensais à ce qui aurait pu se passer... Heureusement que j'avais une petite course illégale à venir faire par ici, sinon je me demandais bien à quoi aurait ressemblé Taylord quand on l'aurait retrouvée à vomir ses tripes et... Bah, je ne préférais même pas y penser. Revenons à nos moutons : à ce qu'elle voulait dire, qui me fit tout de suite lever les yeux au ciel et secouer la tête en mode "mais tu dis vraiment de la merde" tout en me mettant sacrément mal à l'aise, même si je ne le montrai pas. Je savais qu'elle avait trop bu et qu'elle se sentait mal. Donc, je savais qu'elle disait plus qu'elle aurait dit en temps normal, et que, oui, quand on était dans cet état, c'était clair qu'on avait envie de crever. Mais... Il y avait quelque chose dans ses mots de tellement désespérés que ça me faisait froid dans le dos, au fond. On va dire que déjà, voir Taylord n'être que l'ombre d'elle-même n'avait rien de réjouissant - attention hein, si j'avais voulu m'éloigner d'elle, je n'avais jamais voulu sa chute ou quoi que ce soit - mais alors voir Taylord pire que ça, avec des tendances suicidaires et auto-destructrices, euh, non merci. Non merci. Et puis, c'était trop facile. C'était trop facile ça, de vouloir crever quand tout se barrait en couille, ben ouais, moi aussi je pouvais le dire, tout le monde pouvait le dire, et alors quoi, on se tirait tous une balle dès que ça n'allait plus et on finissait mort à 17 piges, étouffés dans nos désillusions et nos petits malheurs d'adolescents mal dans leur peau? Bien sûr que ça donnait envie, parce que le plus violent et douloureux, c'était pas la mort, mais la vie. Cette putain d'existence qu'on nous imposait. Mais le deal était là : vivre malgré tout et fermer sa gueule, et c'était ce que je faisais, et que faisait la majorité des gens. Je n'aimais pas voir la faiblesse des autres sur ce plan-là, et j'aimais encore moins le voir chez Taylord, parce qu'elle entre tous... Elle se battait depuis trop longtemps et avait toutes les raisons du monde pour avoir cédé, mais elle ne l'avait jamais fait. Elle donnait l'exemple, d'une certaine manière. Alors, elle ne pouvait pas me faire ça.


- C'est normal, t'as 4 grammes dans chaque veine et une sacrée gueule de bois, mais ça va passer, dis-je sur un ton qui se voulait à la fois sympathique mais autoritaire aussi, du genre : il n'y a pas d'alternatives à ce que je viens de dire. Sujet clos.


- J’ai mal… Ça me brûle… J’ai trop trop mal…

Oui, oui, ben elle était gentille, j'étais pas Médicomage moi... Surtout que c'était pas de la comédie, je le voyais bien qu'elle souffrait. Je ne savais pas quoi faire, pour changer, et regardant autour de moi en vain ce qui pourrait bien m'aider. Je finis par lui repousser les cheveux qui lui tombaient devant le front et les yeux, dans un geste particulièrement inutile, j'en avais bien conscience. Mais franchement, qu'est-ce que je pouvais bien faire d'autre?!


- Sinon quoi ?

Sinon... Sinon je peux t'assurer que je vais te pourrir ce qui te restera de vie, et tu sais bien qu'à ça je suis le chef, pas vrai?

- Mais tu cherches quoi exactement? finis-je par demander amèrement.


- Parce que. Ça doit être parce que je suis tarée, un truc comme ça…

Hmmmm. Je haussai les épaules et eus un nouveau soupir d'agacement. Oui, bon, est-ce qu'on pouvait éviter de s'arrêter sur les pires choses qu'on avait partagées, un peu?! Je commençai à regretter l'alcool qui était bien redescendu, parce que j'aurais préféré avoir la tête qui tourne moi aussi, et un peu plus d'inspiration grâce au fait d'être défoncé, pour subir tout ça. Et puis, elle se fermait, elle se fermait alors qu'elle était au plus bas devant moi et elle n'avait même pas l'honnêteté de le reconnaître, et ça m'énervait.

- Pourquoi tu crois toujours ce que je dis? demandai-je pour moi comme pour elle.

Merci pour moi, après avoir murmuré encore quelques paroles, je vis sa tête s'incliner légèrement et la pression sur mes doigts se fit moins importante. Bon. Elle pionçait. Ce qui était un mal comme un bien, parce que ça m'évitait de devoir répondre à des questions dont je n'avais pas la réponse, mais en même temps c'était jamais rassurant parce que ça pouvait être juste qu'elle avait besoin de dormir comme juste le fait qu'elle tombe dans un petit coma éthylique... Je restai quelques minutes à l'observer, mais son souffle était régulier, et elle dormait, j'en étais certain. Bon. Je regardai autour de moi, une nouvelle fois. C'était le moment, non? Sans bruit, je me levai et lâchai ses mains que je posais sur ses propres jambes, avant de tirer ma baguette de ma poche. J'allai vers la cabine en question, montai sur les chiottes et attirai le paquet du fond du trou dans le mur grâce à un Accio. Mission accomplie. Le tout était enveloppé dans un du papier kraft un peu défoncé, et j'ouvris fait pour voir si il y avait tout. Oui. Bon. Maintenant... Maintenant je ne pouvais décemment pas me barrer comme ça, ni la prendre dans mes bras et rentrer la coucher, parce que je n'étais pas sûr qu'elle aille mieux vraiment et que j'avais peur de la bouger et que ça la refasse gerber.

Je me rassis donc, retour à la case départ, le paquet sur mes genoux. Ouais, eh ben merde hein. Dedans, il y avait ces herbes sorcières - alors je ne voulais même pas savoir de quoi elles étaient composées, et je crois qu'il valait mieux - et leur couleur était bizarre, vert foncé, violet foncé, bref. Mais je savais qu'elles faisaient un effet de ouf. Vérifiant que Taylord dormait toujours, je sortis de quoi me faire prendre un peu de recul, et je roulai comme je pus dans une feuille ces herbes magiques, avant de refermer le paquet et de le caler derrière moi, des fois que Taylord se réveille. Après tout je faisais ce que je voulais mais je n'avais pas envie de lui donner l'occasion de me faire la morale alors que c'était moi qui était en situation de supériorité et elle qui dégueulait parce qu'elle avait bien trop bu...

Mais elle eut un mouvement et je vis ses yeux s'agiter derrière ses paupières, alors je posai le joint bizarre que je venais de rouler par terre contre moi et repris ses mains, pour lui faire croire qu'il ne s'était rien passé pendant qu'elle avait pioncé.


- Tiens t’es encore là toi…


Je lui souris, me demandant quels effets elle ressentait encore. Ses yeux restaient vagues et ses gestes mal assurés, mais peut-être un peu moins que tout à l'heure. Elle finit par lâcher ma main d'elle-même et comme elle se passait en revue, je tendis le bras vers le lavabo e attrapai un vieux gobelet crasseux que je nettoyai d'un coup de baguette magique avant de lui tendre, rempli d'eau. Et je le posai à côté d'elle, vu qu'elle était occupée à... A nettoyer ses... Non mais, sérieusement?! Mais qu'est-ce qu'elle infligeait à son corps?! J'avais envie de la secouer, de lui faire comprendre qu'elle n'avait jamais autant déraillé de sa vie, tout comme j'avais envie de me taper la tête contre les murs d'avoir laissé passer ça. D'accord ce n'était plus mon rôle, mais merde, si personne ne s'occupait d'elle, elle allait finir les veines ouvertes ou bien avec une camisole de force attachée sur un lit d'hôpital... Je lui tendis le torchon sans un mot, et puis je la regardai vider ses poches, me demandant ce qu'était ces pilules qu'elle cacha vite fait bien fait - comme si je n'allais pas voir.

Bah, Taylord et ses secrets n'étaient plus rien pour moi, techniquement, non?

Quant aux clopes, bon choix, bon choix. Ça ne m'étonnait pas d'elle. J'aurais pu me moquer d'elle et lui rappeler ses grimaces qu'elle tirait avant, quand je fumais et qu'elle ne fumait pas, mais allez, j'étais beau joueur. Enfin, preuve que la leçon avait porté ses fruits, puisqu'elle fumait, comme moi, les meilleures.


- Tu vas attraper froid... Tout d'un coup, elle se pencha vers moi et me passa le gilet sur les épaules alors qu'honnêtement le froid était le dernier truc que je ressentais. Je voulus l'empêcher tout de suite mais, allez savoir pourquoi, il se passa un petit truc, je crois qu'en se rapprochant je sentis très nettement son odeur, la même que toujours, ce qui me rappela qu'elle restait Taylord quoi qu'il arrive et que son geste autour de mon épaule et près de mon visage était si plein d'une attention toute particulière que je n'eus pas le cœur de la repousser; et puis je croisai son regard et il m'attira plus que d'habitude, avant qu'elle ouvre la bouche à nouveau : Et toi, qu’est-ce que tu fiches ?

Le lien se brisa et quand elle retourna s'adosser au mur, j'enlevai le gilet et lui remis sur elle, et je me sentis con, pris sur le fait, ce qui m'énerva encore plus parce que je n'avais pas à me sentir comme ça. Elle avait senti le mouvement que j'avais eu pour protéger le joint que j'avais roulé et qu'elle aurait pu écraser - après je ne sais pas si elle avait vu le paquet dans mon dos, mais elle n'était pas stupide, si elle l'avait vu, elle avait forcément fait le lien. Je lui jetai un regard noir. Quoi? Mêle-toi de tes oignons, c'est quand même pas moi qui gerbe mes tripes depuis tout à l'heure, que je sache.

Non mais! Et en plus, elle avait tiré une clope de son paquet et elle comptait la fumer. Quelle blague.

Je tendis la main pour lui prendre à la fois le briquet et la clope, que j'écrasais par terre dans une petite flaque d'eau, avant de balancer dans la poubelle.


- Non, sérieusement?
Franchement, si elle voulait se sentir encore plus mal, c'était ça qu'il fallait faire. Arrête un peu.

Ça m'énervait, parce que d'accord elle n'était pas bien, mais il y avait aussi des limites. Et là, son geste n'était pas désespéré, il était juste con.

Moi, par contre... Puisqu'elle l'avait vu, hein, je faisais ce que je voulais. Alors j'allumai avec son briquet ma petite clope artisanale, en prenant soin de ne pas lui cracher la fumée dessus, et je soufflai vers le plafond avec une intense sensation de satisfaction. Putain, il était fort. Je l'avais roulé pur, et déjà que ce truc n'était pas très léger à la base...


- Moi, je ne suis pas au bord du coma éthylique, j'te fais remarquer, lui lançai-je avant qu'elle me dise quoi que ce soit. Et m'embête pas, sinon je le fume d'un coup et en entier.

Honnêtement, il ne valait mieux pas pour moi, mais si elle voulait voir que moi aussi j'étais capable de me mettre la misère, je pouvais très bien lui montrer, je n'avais pas peur. Et pour lui prouver j'aspirais deux lattes à la suite, me laissai le temps de respirer, et en tirai une troisième - ma tête me parut remplie soudain de bulles qui montaient, montaient, et la faisaient toute légère...

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Deal [PV] terminé   Mar 23 Oct - 20:30

♪ Just a Game ♫

I don't know where I am,
I don't know this place.
Don't recognize anybody,
Just the same old dirty face.
See these people, they lie,
And I don't know who to believe anymore.
But there comes you,
To keep me safe from harm
There comes you,
To take me in your arms
Is it just a game?
I don't know.
Is it just a game?
I don't know.



J’avais la vague impression de me sentir mieux. Mais alors très vague et vraiment que c’était qu’une impression peut-être parce que j’étais dans une meilleure position assise, je sais pas. Mais en fait non, pas du tout, c’était pas la joie et j’arrivais même pas à le cacher parce que même ça c’était trop difficile, que même le cul par terre c’était exactement comme si j’étais dans l’un de ces châteaux gonflables qu’on a souvent pour les fêtes d’anniversaire et qu’il y avait une dizaine de personnes tout autour de moi qui sautaient, sautaient… ça me donnait encore de recracher le reste de mes tripes qu’il me restait tiens.

- Mais tu cherches quoi exactement?


Je contentais de le lorgner d’abord, partagée entre l’envie de ne pas donner de réponse, celle de crier, mais je n’avais même pas assez d’énergie pour ça. Ce que je cherchais ? Lui mais visiblement il l’avait pas capté, ou bien c’était lui qui m’avait pas trouvé…

J’avais du mal à supporter son ton un peu sec. C’était ça, il était cassant, comme d’hab’, ça changeait pas ? J’étais pas sûre, parce qu’avec tout ce qui était passé par mon estomac et ressorti ensuite, j’étais moyennement opérationnelle pour ne pas dire pas du tout au niveau de mes capacités, et je sentis ma gorge se serrer, se serrer… si bien que quand je déglutis, cela me fis mal.

Que tu m’écoutes.
Parce qu’il m’écoutait jamais que je pouvais dire tout ce que je voulais, qu’un troisième œil allait pas tarder à me pousser sur le front, il voulait pas me croire, ou non, c’était même pas ça, mais il donnait l’impression d’une personne à qui on racontait que les scroutts à pétards étaient une espèce très intéressante et même moi qui aimait les animaux je les trouvais chiants comme la mort – et ben là c’était le même effet. Qu’on discutait de choses légères alors que ça l’était pas et ça me donnait juste le sentiment d’être pas importante de me sentir encore plus merdique que je l’étais, parce que je savais que je l’étais, j’en avais même plus que conscience, il avait pas remarqué que c’était en pleine connaissance de cause que ce qui se passait justement était en train de se passer parce que je l’avais voulu ? Enfin… non, pas tout, pas ce qui s’était passé ce soir en tout cas, ça c’était un événement isolé que j’avais pas prévu, et je savais que j’avais déconné en mélangeant tous ces alcools et surtout en buvant beaucoup trop pour ma corpulence, et s’il voulait l’entendre, non j’étais pas prête de recommencer. Si c’était pour sentir tout ça… d’être au fond tout au fond qu’il était si parfait, si tout et qu’à côté j’avais juste l’air bien pâlichonne pas seulement parce que c’était le cas depuis des jours mais parce que c’était même pas comparable qu’il avait toujours voulu me la faire sentir sa force et sa supériorité et que là c’était pompon il pouvait s’en donner à cœur joie il pouvait même m’écraser quand il voulait, il pouvait me faire faire ce qu’il voulait… ça ne me m’était pas du tout en confiance, et pour être potes, comme il l’avait suggéré, ben quand même ça pouvait être pratique, mais là, j’étais plus en position d’insécurité qu’autre chose…

Et que je souffle et que j’ai l’air pas content… On aurait dit qu’il voulait me foutre plein de coups de pieds en cul mais j’en avais pas besoin, j’en avais jamais eu besoin de ça parce que je pouvais le faire toute seule, c’était ce que j’avais toujours fait, alors si j’étais dans mon trou là, c’était pour une raison particulière. Non, ce que je voulais c’était qu’on me dise que ça allait aller, que ça devait aller, et que même si c’était un mensonge essayer d’y croire quand même à toutes ces belles choses, que tout allait se passer pour le mieux, parce que ça donnait envie que tout se passe sur le mieux, mais là, j’y arrivais, pas avec toute cette rancœur, arrête, arrête d’être en colère comme ça…

- J’fais comme toi tu vois. J’attends. C’était un peu comme une critique, mais je ne le laissais pas voir au ton de ma voix et le faisais plus passer comme une constatation un peu abattue.

C’était ce qu’il faisait, il attendait qu’on vienne le chercher, mais quand on venait lui tendre la main, il la prenait, par confort de rester là où il était, par peur, j’en sais rien, lui qui parlait si souvent d’assumer, ben voilà il attendait, il voulait qu’on se ramène, mais il allait pas tout au bout il se défilait, alors à partir de là, il pouvait faire des belles leçons si ça lui chantait, ça passait plus trop.


- Pourquoi tu crois toujours ce que je dis?


Et de mieux en mieux en plus. Cette fois je ne répondis pas, parce que j’étais de toute façon trop focalisée sur la douleur dans mes côtes pour vraiment réussir à me concentrer sur autre chose. Tu te démerdes tout seul, t’avais qu’à y penser avant, justement comme ça, ça te fera peut-être réfléchir avant de parler… Et puis tout était question de point de vue là encore – on parlait des trucs sympas qu’il avait pu dire qui étaient plus rares que toutes les saloperies qu’on s’était si souvent balancé à la gueule ? Au vu des précédentes remarques, normalement c’était la deuxième option, mais même avec ça pour moi, c’était la première qui prédominait. Et comme tout ce que j’avais lui de raconter depuis tout l’heure le faisait prendre un air aigri, ça me donnait même pas envie d’essayer, mais juste de rester sur la défensive, et je le regardais encore une dernière fois un peu tristement, parce que j’avais envie d’entendre autre chose que de l’amertume dans ses paroles qui aurait à voir avec tout, sauf avec ça… Je me laissais doucement sombrer parce que je n’arrivais plus à garder les yeux ouverts. Peut-être que quand j’allais me réveiller, j’allais envie être débarrassée de cette sensation d’être toute misérable…

Mais quand je me réveillais, j’étais limite étonnée de me retrouver ici, mais surtout j’étais en train de comprendre toute l’ampleur des choses qui s’étaient passées et surtout ne s’étaient pas passées que j’avais vraiment eu chaud, même si je voulais demander à Chuck de foutre le camp parce que ça me faisait encore plus de peine quand il parlait de façon blessante parce que ça voulait dire que c’était tout ce que je lui inspirais, quand même, heureusement qu’il avait été là, parce que ce n’était pas passé loin, et je ne voulais pas savoir si… brrr. Je me sentis toute frissonnante à cette idée et préférais arrêter d’y penser, même si en temps normal le fautif n’aurait sûrement pas agi de cette manière et que c’était le trop plein d’alcool qui avait altéré son jugement. Au mépris du mien.

J’étais encore un peu patraque quand même et ma tête était lourde, à mon avis pendant que je dormais on avait dû rajouter une enclume à la place de mon cerveau et j’avais du mal à la porter, mais ça ne m’avait pas empêché de sentir une sorte de résistance de la part de Chuck lorsque je m’étais rapprochée et c’était que j’avais remarqué la raison de son recul. Pour un truc qui ressemblait à une clope mais qui n’en était pas une, parce que j’étais quand même en état de faire la différence alors je m’étais éloignée en me sentant un peu vexée de voir qu’entre son joint ou moi son choix était fait et j’étais presque à deux doigts de lui ordonner de dégager mais… mais en fait, j’étais plus triste qu’énervée. Oui, j’étais juste triste de tout ça, de cette débile de situation bloquée et qui me faisait plus de mal qu’autre chose, mais Chuck avait beau demander j’avais l’impression que cette fois encore il faisait les choses à moitié qu’il le voulait pas vraiment enfin de compte… donc oui ça me rendait un peu malheureuse parce que peut être… que j’avais bien voulu essayer d’y croire infime microscopiquement un petit peu… Alors à la fois un peu pour ça, parce qu’il n’arrêtait pas de me rejeter alors qu’il faisait que de tendre des perches et que je savais pas ce que je devais en conclure et par mauvaise foi, je repoussais moi aussi le gilet et voulus même lui rendre sa veste pour montrer, que non c’était pas la peine, mais j’avais un peu froid quand même…

Donc, je me rabattis sur mes propres cigarettes à moi, seulement là aussi, j’eus à peine le temps d’en allumer une et de tirer dessus qu’elle me sauta des doigts.


- Non, sérieusement? Arrête un peu.

Je le regardai la détruire sans rien rétorquer, l’air absent parce que résignée et attrapai le gobelet posé à mes côtés pour en boire de longues gorgées, parce que j’avais toujours très soif. Je m’essuyai la bouche avec la manche, pendant que lui par contre, ne se gênait pas profiter un peu.

- Moi, je ne suis pas au bord du coma éthylique, j'te fais remarquer. Et m'embête pas, sinon je le fume d'un coup et en entier.


Je détournai juste les yeux pour recommencer à fuir son regard, comme lors de notre altercation à l’infirmerie, parce que depuis tout à l’heure, je ne disais rien, mais il arrêtait pas d’être désagréable et son comportement à mon égard me pinçait le cœur, alors d’accord, il faisait ce qu’il voulait, je le laissais faire même si en vrai évidemment que je n’étais pas d’accord, que me dire qu’il faisait ça non pas pour s’amuser en soirée mais… mais sans raison particulière en fait, ça me donnait froid dans le dos, et parce que qu’il y avait un petit air frais dans la pièce. Ben, qu’il le fasse qu’est-ce qu’il voulait que je lui dise il arrêtait pas de me jeter des coups d’oeil un peu mauvais depuis tout à l’heure et même sans regarder je le sentais et j’avais l’impression d’être encore plus nulle. J’avais envie de me lever et de partir pour aller m’enfermer dans ma tristesse ailleurs, mais j’étais même pas sûre d’être capable de me lever, alors… Je fouillai de nouveau dans ma poche pour récupérer le flacon que Kelsey m’avait donné plus tôt, le faisais jouer dans mes mains, avant de l’ouvrir, prendre le verre et verser le contenu dans le fond où il restait encore un peu d’eau. Voilà. On en parlait plus. J’en voulais pas de ces conneries.

Je relevai la tête à ce moment-là… bon sang qu’est-ce qu’il foutait ?! Je ne l’avais pas pris au sérieux, mais il avait sérieusement bien entamé son… son machin là, je ne savais même pas ce qu’il y avait dedans ! Mes traits se tendirent d’inquiétude aussitôt.

- Mais ça va pas ?! soufflai-je. J’essayais de prendre un air scandalisé, mais honnêtement je n’y arrivais même pas, j’étais juste inquiète, j’avais l’impression qu’il ne me regardait même pas et pourtant on était l’un en face de l’autre…

Sans être brusque, je tendis la main pour me saisir du joint et sans lui demander son avis je l’écrasai d’abord sur le sol pour l’éteindre et ensuite le réduis en bouillie dans ma main. Franchement, cette fois je n’en avais rien à foutre qu’il s’énerve ou quoi, déjà d’une il n’avait pas le droit et je n’allais pas le laisser faire et ensuite, ça me faisait momentanément oublier la douleur, je ne voulais juste pas qu’il se fasse du mal, je lui interdisais même, il n’avait pas le droit, mais n’importe quoi, alors c’était ça qu’il faisait pendant qu’on était pas ensemble, et après il venait faire la leçon, non mais n’importe quoi…

- Hého, Chuck.. ? Je regrettais déjà de ne pas l’avoir plus pris au sérieux et empêché au départ, mais tant pis, zut, j’espérais que c’était pas un truc trop fort, j’avais pas de connaissances là-dedans, en général je prenais ce qu’on me donnait et puis voilà… Mais là ça m’était juste insupportable de me dire qu’il était capable de se faire plonger et de façon malsaine comme ça en plus… Tu planes… dis-je seulement quelques secondes après.

Après un instant de légère hésitation, je poussai ses jambes avec mes pieds pour qu’elles me laissent assez de place pour m’approcher. Quand je bougeai, je bloquais ma respiration parce qu’il y avait plein de piques qui me lançaient dans le dos, mais c’était bien le cadet de mes soucis pour le coup, et je m’avançai plus près de son torse en me hissant sur mes genoux pour me surélever – comme ça mon visage dominait légèrement le sien. J’avais envie qu’il me prenne dans ses bras et m’enrouler autour de lui, qu’il m’avait manqué aussi, mais même s’il y avait encore les effets de l’alcool qui opéraient sur moi qui faisaient que je m’étais rapprochée, j’avais retrouvé assez de retenue pour ne pas aller tout au bout de mes pensées. Et si c’était pour qu’il ne me réponde pas et que je comprenne que moi par contre que je sois là ou pas ça ne changeait rien pour lui… Je préférais rester dans le doute.

- Tu sais très bien que tu n’en as pas besoin…
j’avais posé ma main sur son épaule et je m’étais penchée vers son oreille. Tu peux avoir tout ce que tu veux – absolument tout. Ensuite je me redressai pour reprendre ma position initiale et remontai doucement mes doigts au niveau de son cou puis sous son menton, pour le relever assez pour qu’il me regarde. Pourquoi tu fais ça.. ? demandai-je gentiment.

Comme il ne me repoussait pas je posai mon front contre le sien et fermai les yeux un moment. Je voulais qu’il arrête, je ne voulais plus voir les ombres sur son visage qui lui avait prendre un coup de vieux tout à coup et je n’aimais pas, pas comme ça tout du moins… Je poussai un long soupir et m’écartai juste ce qu’il y avait de nécessaire pour qu’on puisse se regarder droit dans les yeux et je passai mes paumes partout où il y avait ces traits fatigués, comme j’avais voulu le faire à l’infirmerie. Puis précautionneusement parce que mon autre poignet était sensible, je plaçai mes deux mains sur ses joues.

- Tu m’avais promis…
dis-je à voix haute cette fois, d’une manière un peu tremblante, plaintive et accablée, parce que c’était un peu tout ça que j’éprouvai à cet instant. Même dans cet état, je m’en rappelais très bien, même que ce gros malin m’avait empêché juste avant d’aller faire la peau à l’un des mangemorts, et il me l’avait dit, il me l’avait qu’il me lâcherait pas, c’était une promesse, alors il devait la tenir, c’est tout… Que tu partirais pas, tout ça…

Ou alors… là aussi ça avait juste été qu’un jeu ?


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Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Deal [PV] terminé   Mer 24 Oct - 18:34


Spoiler:
 

    Home again
    Home again
    One day I know
    I'll feel home again

    Many times
    I've been told
    All this talk will make you old
    So I'll close my eyes
    Won't look behind
    Movin' on


Au jeu du chat et de la souris, on avait été bons hein, pas vrai? Mais après, pour ce que ça avait donné... Je la regardai, complètement défaite, et je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que là où on avait trop merdé, c'est qu'on avait trop longtemps cru que malgré tout ce qu'on cachait, ce qui était aveugle pour les autres mais étrangement pas pour nous deux, qu'au fond, on était les mêmes. Qu'on était pareils, un peu comme deux résultats du même moule, et là-dessus, hop, roulez jeunesse, on avait lancé la machine sans savoir si on pourrait l'arrêter, à pleine puissance. Sauf qu'évidemment elle s'était grippée - la mécanique c'est comme la vie, y'a toujours un boulon, un écrou qui déconne à un moment, qui lâche, et tout s'écroule. Elle était là notre erreur. On n'était pas les mêmes, voilà tout : moi j'étais un mec qui avait trop besoin de vivre au jour le jour pour lui donner ce qu'elle voulait, elle était cette fille insaisissable qui vivait comme elle pouvait avec ses souvenirs. Il fallait qu'on s'y fasse. Mais c'était pour ça que... être amis me paraissait le bon plan, non? Ça n'impliquait pas tout là où avait dérapé, pourquoi elle ne voulait pas le reconnaître, me dire oui? J'avais beau tourner le truc dans tous les sens, je ne comprenais pas trop. Parce que malgré tout on restait Taylord et Chuck et qu'il y avait toujours une sorte d'évidence quand on se regardait et qu'on savait se lancer des petites remarques bien senties qui, au fond, nous faisait quand même bien rire.

- J’fais comme toi tu vois. J’attends.

Oui, là, en l'occurrence, je ne pouvais pas faire mieux. J'avais en face de moi un joli petit tonneau (mais seulement imagé le tonneau hein, sinon elle s'apparentait plutôt à un fil de fer qu'autre chose) tellement imbibé qu'il ne tenait sûrement pas sur ses pattes, donc à part attendre, ou bien la laisser moisir toute seule ce qui n'était pas trop envisageable, je ne pouvais rien faire d'autre. Oh, il y avait sûrement un deuxième sens à cette remarque, mais voyez-vous, non seulement j'étais fatigué, en plus j'avais soif, et en plus j'en avais assez que tout se barre toujours en couille, donc non merci, j'allais passer pour cette fois. Si Taylord avait quelque chose à me reprocher, qu'elle me le dise en face : ça ne serait pas la première fois. Connard égoïste, tout ça tout ça, non non, je n'avais pas oublié. Cela dit il y avait du vrai, hein. Tout comme il y avait du vrai dans le fait que je pensais qu'elle était une lâche, en ce moment, qu'elle baissait les bras, et que même si je me disais qu'il y avait sans doute des bonnes raisons, n'empêche qu'elle était où ma Gryffondor? Bats-toi comme un tigre et emmerde tout le monde, c'était plutôt comme ça que ça marchait dans sa petite tête avant, non?...

Bah, pour l'instant la-dite tigresse pionçait, et moi j'avais tout mon temps pour faire mon petit business. Et si je n'avais pas été là, hein, elle aurait fait quoi? Indépendamment de cette histoire avec le mec, je me demandais si elle serait restée seule à vomir ses tripes et à risquer de s'évanouir... Ouais, probablement, la connaissant, dans cet état, elle ne serait jamais allée chercher secours. Quelle tête de mule.

Quand elle se réveilla, rien n'avait vraiment changé. Son regard, peut-être, était plus vif. Je fronçai les sourcils quand elle versa un truc dans le verre - elle foutait quoi? Si c'était un médoc il fallait le boir, je veux dire, c'est bien beau de le diluer. Mais sinon, c'était quoi? Je cherchai son regard pour avoir une explication, mais volontairement ou non, elle m'évita. Après quoi elle eut la bonne idée de fumer - mais oui, bien sûr, et un petit rail de coke en dessert? - ce que j'empêchai avant de me mettre à mes affaires à moi. Il était fort parce que pur - je ne l'avais pas mélangé, parce que je m'étais dit que l'alcool était trop redescendu et que je n'avais pas envie d'y aller avec le dos de la cuillère. Et puis, Taylord allait mieux, et puis merde, y'avait pas loin à aller pour rentrer chez nous, et voilà si elle voulait se détruire ben, tu sais quoi ma petite?, moi aussi je sais jouer à ça. Ça marcha, d'ailleurs, vu sa tête d'effarouchée. Sauf que ma tête à moi, pfouuu, elle était partie bien loin. Je re fumai deux lattes bien serrées, après les trois d'avant, et je sentis tout de suite que c'était de trop. C'était comme si un voile glacé m'était tombé sur le cerveau et je me sentis frissonner, mais en même temps j'étais tellement bien que je n'avais pas froid du tout, j'avais même chaud tiens, et tout tournait tellement autour de moi que je ne pouvais pas fixer de point fixe. Woow! Les murs des toilettes prenaient des formes trop bizarres, et même si je tournai la tête doucement, tout allait trop vite à chacun de mes mouvements. Mais l'avantage, c'est que plus rien ne pesait, pas même mon propre corps, qui se laissait porter dans l'air, et je n'avais rien d'autre à faire que de me laisser porter... Voilà... Tout s'envolait... Ah, je voulais le fumer en entier et plonger complètement dans ce monde trop bizarre, parce que le retour à la réalité serait trop brutal et ferait trop mal à la tête pour que j'ai un jour envie que cette sensation se termine.

L'ennui avec moi, c'est qu'avec le temps, j'avais une haute tolérance de tout ce que je pouvais bien voir ou fumer, et que si sur l'instant les effets pouvaient être oufs, ils duraient peu. Il redescendaient assez rapidement, pour ne me laisser qu'un vague mal de crâne et un goût pâteux dans la bouche. Alors qu'en vrai moi je voulais plus : je voulais cet état, permanent, pendant des heures. La MD avait ça de bien : elle durait plus que le reste. Mais bon, à Poudlard, ça aurait été chelou. Il fallait vraiment qu'un jour je demande à Fray ce qu'il mijotait pour ses petites soirées de débauche, parce que de ce que j'avais vu, ça avait quand même l'air de ne déboîter sévère. Et donc, après quelques minutes complètement ailleurs, je sentis la descente s’amorcer et...

... Eh mais, je n'avais plus rien dans la main! Je battis des paupières, devinant une mauvaise farce de Taylord, plutôt que la visualisant nettement. D'ailleurs, je crois bien qu'elle me parlait, mais alors ce qu'elle me disait, ça restait vague, hein.

Et puis tout d'un coup, je ne sais pas comment, elle fut devant moi, presque contre moi d'ailleurs, et je ne comprends rien à l'affaire à part qu'elle me regardait dans les yeux, perchée sur ses genoux, et que sa main était contre ma joue. Ah bon. Ah bien.


- Tu sais très bien que tu n’en as pas besoin… Pourquoi tu fais ça.. ?

Elle s'était penchée vers moi et sa voix retentit comme un murmure jusqu'à l'intérieur de moi, parce que mes sens étaient décuplés et chaque geste que je voyais ou que je sentais et à la fois ralenti et plus intense qu'à la normale. Je voulais encore fumer. Pourquoi est-ce qu'elle m'en avait empêché?! Je sentis ses mains sur mon visage et fermai les yeux quelques secondes - c'était agréable. J'étais trop dans un état second pour me demander si ce que je voyais était bien réel, si cela arrivait vraiment, ou bien si je rêvais, mais le rêve était agréable, alors hein, au diable le reste.

- Parce que c'est cool, marmonnai-je, parce qu'après je suis bien...

Je n'avais pas bougé, moi, pour ma part, parce que mes bras avaient l'air de peser dix kilos chacun. Mais ses mains sur mon visage étaient fraîches, et ça m'agita un peu les neurones, qui s'étaient tous givrés.


- Tu m’avais promis… Que tu partirais pas, tout ça…

Du coup je réussis même à fixer son regard sans regarder dans le vide, et je compris de quoi elle parlait : le souvenir de la bataille contre les Mangemorts me revient comme un boomerang en pleine gueule. Taylord qui fonçait dans la masse, Daniel, Haruhi, tous ceux pour qui j'avais eu peur, mais cette fureur sans nom et l'envie de tous nous venger et de tout péter de mes mains; et puis la témérité de Taylord qui aurait pu faire bien plus mal qu'elle le croyait. Je ne me rappelais pas exactement quoi lui avoir dit ce soir-là mais je me rappelle son regard et je me rappelle ce que j'avais pensé - et je savais qu'elle avait tout compris, ce soir-là. Que je ne pouvais pas la laisser faire ça parce qu'elle était trop importante, et que je vengerais de mes mains tous ceux qui lui avaient fait du mal, ou lui feraient du mal... Et je crois que oui, j'avais promis quelque chose comme ça. J'étais trop défoncé pour m'en rappeler, mais je lui faisais confiance, et je faisais confiance à mon instinct.

Alors, j'eus la force de bouger et enroulai mes bras autour d'elle et la serrai contre moi. Je ne gérais pas trop mes mouvements, ma force, et j'espérais ne pas lui faire mal sur toutes ses sales blessures. N'empêche que je sentais ses os, un peu partout, saillants. J'enfouis mon visage dans son épaule et restai là quelques minutes sans rien dire, juste en respirant son odeur, en luttant contre tout ce qui vacillait dans ma tête, en essayant de ne pas sombrer dans toutes les vapeurs qui m'entraînaient encore plus. Et je finis par m'entendre dire :


- Oh, Taylord, je suis désolé, c'était clairement ce que j'avais fumé qui me déliait la langue mais après tout, hein, pour une fois que je disais ce que je pensais, elle n'allait pas me faire chier. J'allais sûrement le regretter mais bon... Désolé pour tout, de l'avoir fait espérer, de lui avoir fait du mal, de ce qui arrivait, et puis de tout de manière générale, de la vie, des merdes, voilà.

Ce n'était pas elle le problème, j'aurais voulu pouvoir lui expliquer, mais même complètement défoncé je ne savais pas démêler le bon bout qui me mènerait à un truc juste. C'était moi peut-être, ou bien ma vie pourrie, ou bien le destin, ou n'importe quelle connerie. Mais pas elle. Pourquoi je me serais accroché à elle comme ça si au fond tout était de sa faute? Je restai contre elle, elle me tenait chaud, et elle m'avait trop manqué. Je n'avais plus envie de desserrer mes bras et ma tête sur son épaule était pile bien comme il fallait, et je fermais les yeux contre sa peau et mon sweat. J'étais bien.


- Mais j'suis pas parti, je suis là... J'voulais juste que tout revienne comme avant quand on s'entendait bien. Mais plus j'essayais, moins ça marchait, alors... Tout se mélangeait dans ma tête. J'arrête mes conneries si tu arrêtes tes conneries, dis-je brusquement après un silence, parce que je venais d'avoir cette révélation et que je me disais que c'était peut-être la meilleure solution pour la tirer de son trou, puisqu'elle s'inquiétait tant pour ma santé. Deal?

Je m'arrachai avec regret de la chaleur de son cou, mais en la gardant dans mes bras, et cherchai son regard. C'était la première fois, après tout ce qu'on avait partagé, et sans mauvais jeu de mots pour une fois, que je me sentais le plus mis à nu devant elle.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Deal [PV] terminé   Jeu 25 Oct - 19:06

Les dangers de la drogue, tout ça, m’avaient toujours paru un peu abstrait. Je n’avais jamais vraiment été confrontée à ces risques-là, déjà parce que dans mon entourage et dans le lieu dans lequel je vivais, c’était pas trop le genre de pratiques, même si bien sûr quand on retournait à la ville pour des soirées lorsqu’on sortait l’été, dans certains coins il y avait toujours des trucs qui tournaient. Mais après j’avais jamais entendu dire qu’il était arrivé quelque chose de grave à quelqu’un que je connaissais, et puis on se connaissait tous plus ou moins de toute façon même si j’étais à Comanche que deux mois sur douze, ben les potes de ma cousine, c’était un peu mes potes à moi parce que mon cercle d’ami ils étaient restés à Midland quand j’étais parti et j’avais jamais eu de contact à… là-bas quoi, en Angleterre, j’avais totalement coupé les ponts et jamais cherché à renouer le contact. Et puis c’est bon, même si Chuck avait une fâcheuse tendance à l’oublier, peut être que ce n’était pas moi crédo, à moi, mais ça voulait pas dire que je refusais d’y toucher, comme ça pour rigoler lorsqu’on m’en proposait et puis c’était même moi qui en avait partagé un avec Ruby, y’avait pas si longtemps, alors en fait je m’imaginais mal lui faire la leçon.

Oui, mais voilà, ce soir, il était pas comme les autres soirs, on était tous les deux paumés dans les toilettes où il n’y avait aucune ambiance – et plutôt pourrie ici en plus – alors que la fête battait très certainement son plein dans la salle commune, alors déjà, comme ça, c’était une perspective beaucoup moins marrante. Si je n’avais jamais tellement réfléchi aux conséquences, voir Chuck comme ça, même si je l’avais déjà vu un peu arraché, je sais pas, ça me faisait pas le même effet qu’à chaque fois, j’avais ce nœud à l’estomac caractéristique de quand quelque chose ne va pas mais qu’on arrive pas tout de suite à déterminer quoi. Avec tout ce qui s’était passé auparavant, tout me semblait plus réel que jamais, alors oui, forcément, je me posais la question : et si il lui arrivait quelque chose, et si il en avait trop pris, j’avais pas trop fais gaffe, occupée à mes petites et puis en plus, j’étais pas une spécialiste en drogues et autres substances illicites hein ! Enfin en attendant, c’était le premier à faire des remarques, mais il n’était pas bien mieux sur ce coup là, ce gros malin…

Je passai ma main sur son front. En vrai, je ne savais pas trop quelle attitude adopter, mais je me disais que le mieux, c’était de le garder conscient, éveillé, parce que sinon ça aurait signifié que c’était encore plus grave, mais il ne me regardait même pas à cause du voile qui était passé devant ses yeux et qui rendait son regard vitreux. Mais je refusais de le lâcher ou de m’éloigner – je crois que même moi, j’étais attirée, comme un fil invisible accroché à mon nombril qui me ramenait vers lui, et puis je n’avais pas totalement décuvé de toute façon alors mes gestes, même s’il allait me paraître déplacés dans quelques heures après une bonne nuit de sommeil, pour le moment, ça ne m’interpellait pas plus que ça, et lui non plus apparemment, et d’ailleurs c’était lui qui était toujours collant et tactile, alors on allait pas en faire tout une histoire !


- Parce que c'est cool. Parce qu'après je suis bien...

Ouais et ben dans ce cas, on avait pas vraiment la même définition du terme, parce que moi je le trouvais pas cool de le voir comme ça, dis d’un ton comme ça aussi, comme si y’avait pas d’autres alternative, comme si y’avait rien d’autres, ou personne d’autre en mesure de produire ces effets-là. Ça voulait dire qu’avant, ça n’allait pas bien. Je voulais savoir bien sûr, mais je pouvais juste, ne pas poser la question parce qu’à l’avance je savais très bien que j’allais me confronter à un os et je ne voulais qu’il s’éloigne comme il le faisait, et pourtant là on était si proches l’un de l’autre corporellement parlant, et je ne comprenais pas trop ce qui se passait, comment on en arrivait à cette étape-là, même si une chose était sûre : je n’allais pas accepter de le laisser faire bien gentiment son petit topo, malgré mes résolutions dont je lui avais fait part à l’infirmerie et que je pouvais mettre de côté sans hésiter pour bien vérifier que tout allait pour le mieux de son côté. C’était trop fort et ça me faisait du mal indirectement et… et il fallait juste qu’il arrête.

- Ah bon, tu trouves ça cool toi de ressembler à un panda ? chuchotai-je en voulant le dérider un peu, mais ça tombait encore une fois un peu à l’eau parce que ça ne me faisait pas rire du tout. Je dessinai je contour de ses cernes du bout de mon index, en m’étant retenue au dernier moment d’avoir dit junkie, parce que j’en avais déjà vu dans des films et ils avaient une tronche semblable et j’avais toujours pensé qu’ils exagéraient… et bien on dirait bien que non, et de toute façon, c’était terminé là, il n’y touchait plus point barre et je n’avais pas peur de m’y opposer même si je savais d’avance que ça n’allait pas lui plaire, pas vraiment. J’aime pas trop moi… sérieusement, avec toutes les saloperies qu’il ingurgitait, heureusement qu’il avait une bonne résistance et je voulais pas trop imaginer de tout ce qui coulait dans ses veines en plus de son sang, ça aussi c’était fini. Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui fait que tu doives abuser de toutes ces choses-là pour te sentir « bien » ?

Je compris que ce que j’avais imaginé durant les vacances, qu’au moins de son côté tout se passait pour le mieux, c’était peut-être pas si vrai que ça… Bon sang, mais il n’y avait personne pour le canaliser un peu chez lui ? De toute façon je savais rien de sa famille, à part Coop bien sûr, puisqu’on en parlait jamais vraiment que ce soit lui ou moins, même s’il m’avait dit une fois que c’était quand même pas la joie, mais en même temps je pouvais pas trop me mettre à sa place, parce que les rapports parents ados… d’ailleurs je n’étais pas la mieux placée pour parler d’accord, parce que je m’étais bien braquée contre mon oncle et ma tante, mais quand même…

- Regarde, c’est pas mieux le baseball par exemple ? Qu’est-ce que je devais faire pour que lui aussi réalise que c’était pas ça la solution ? S’il je l’interrogeai sur le pourquoi du comment, il y avait fort à parier que comme d’habitude il ne réponde pas alors merci bien, c’était pas facile de venir en aide à quelqu’un qui faisait tout pour l’éviter justement…

Je fis la moue. C’était un véritable sac de nœuds tout ça, mais je crois que j’avais réussi à en démêler quelque bout parce que ses pupilles arrêtèrent enfin de zigzaguer dans tous les sens pour ne regarder les miennes, que les miennes… Je voulais revoir cette expression là, mais qui avait tant de mal à apparaitre et que je n’avais capté que si rarement parce qu’il ne la donnait presque jamais… est-ce que ça avait été des mirages que j’avais rêvé, j’en sais rien ou alors je les inventais et j’attendais quelque chose qui n’existait simplement pas.. ?

Pourtant, rien qu’à cette seconde, quelque chose changea : je contractai la mâchoire pour ne pas penser aux griffures, mais pour rien au monde je ne me serai écartée et répondis instantanément à son étreinte en passant mes bras autour de son cou, et alors, peut être que c’était à cause qu’il serait un peu fort et que ça me réchauffait, mais je sentis une chaleur se propager lentement de mon cœur jusque dans e bout des ongles, mais ça ne brulait pas, c’était tout chaud et doux, comme quand on s’enveloppe dans une robe de chambre bien épaisse. Je me dressai un peu plus en l’attirant vers moi – peu à peu j’oubliais tout ce qui me pourrissait l’existence, parce que c’était là maintenant qui comptait, et soudain, je voulus lui faire sentir à travers mes mots, mes gestes, mes actes j’étais tout à fait capable d’être cet épais poteau de fer solide, qui payait peut être pas de mine comme ça, parce que dans la réalité, j’avais pas l’air très costaud, mais qu’on ne pouvait pas tordre et auquel il pouvait s’accrocher sans craindre d’être emporté au loin. Je remontai mes doigts dans ses cheveux pour les entortiller dans certaines mèches, machinalement, comme j’avais toujours fait, et posai ma tête sur la sienne et c’était un peu bizarre parce que j’avais l’impression de connaître ces mouvements, ces émotions par cœur et pourtant tout avait changé, tout était à refaire et je me sentais à la fois toute proche de lui parce qu’on avait partagé beaucoup trop de trucs pendant des années pour les oublier même si j’avais essayé, mais en même temps, il y en avait trop d’autres, douloureuses, pour pouvoir les effacer celles-ci, par contre, aussi facilement. J’avais peu à peu oublié qu’on était pas censé se comporter comme ça vis-à-vis de l’autre, mais après tout tant pis, qu’est-ce que ça pouvait bien faire, j’en avais marre de lutter contre tout et tout le monde, et là, j’en avais encore moins l’énergie.


- Oh, Taylord, je suis désolé.


Il y eu un sursaut à l’intérieur de ma poitrine. J’espère qu’il n’avait pas été perceptible.

- Moi aussi,
chuchotai-je tout juste et personne d’autre que lui n’aurait été en mesure de l’entendre tant j’avais dit ça tout bas, parce que j’avais l’impression de vivre un moment un peu hors du temps que je n’avais envie de ne partager qu’avec Chuck. Moi aussi, j’y avais pensé à toutes ces choses horribles que je lui avais dite pour essayer de le réveiller certes, mais je n’avais pas le droit de faire ça, du moins, pas comme ça, pas de cette façon et ce n’était pas trop le propos que je regrettais mais surtout la manière crue avec laquelle je l’avais évoqué.

Du coup, je m’agrippais un peu un peu plus à lui puisque jusqu’à maintenant, je m’étais retenue pour dresser cette figure rassurante dont il avait besoin.


- Mais j'suis pas parti, je suis là... J'voulais juste que tout revienne comme avant quand on s'entendait bien.

Il y avait quelques épisodes à omettre avant ça, mais bon, j’étais pas trop d’humeur à chipoter. Moi aussi je le voulais, mais et puis en même temps, je n’arrêtais quand même pas de penser que c’était un peu risqué à cause de notre passé complexe… En fait, je ne savais même pas trop quel était le mieux finalement, alors j’allais y aller instinctivement, comme je l’avais toujours fait.

- J'arrête mes conneries si tu arrêtes tes conneries. Deal?


Il me coupa l’herbe sous le pied et dans un premier temps, je ne sus que répondre parce que c’était un peu inattendu comme proposition quand même. J’avais un peu relâché mon emprise et il avait éloigné sa tête pour chercher mon accord sur mes traits, très certainement. Je m’étais tassée sur mes jambes et donc m’installai un peu plus confortablement contre lui – je lui fis passer l’un de ses bras au-dessus de mon épaule et me positionnai de trois quarts contre son torse et de poser la tête dessus, pour essayer de faire une petite mise au point intérieure. Presque sans m’en rendre compte, j’avais entrelacé nos doigts ensemble, en callant bien mon poignet pour qu’il ne me fasse pas mal, et j’en avais rien à faire que ce soit ambigu ou non, déjà parce qu’il était défoncé et qu’il ne devait plus trop distinguer ce qui était gênant de ce qui ne l’était pas, plus ou moins comme moi, et puis de toute façon, il n’y avait aucune question de plus à se poser parce que ça faisait bien longtemps que je m’étais résignée et que je savais qu’il n’avait rien à me donner de ce que j’attendais, que c’était comme ça et que je ne pouvais pas aller à l’encontre de ses choix, mais et alors, est-ce que ça voulait dire pour autant que deux personnes qui s’apprécient – je savais pas trop ce qu’il pensait de ça mais bon – n’avaient pas le droit d’avoir ce genre de gestes surtout s’il n’y avait aucun avenir, si ce n’est de l’amitié…

En parlant de ça… j’avais la légère impression de m’être faite embobinée, et puis en même temps, est-ce qu’on était amis, simplement ? Hmmmm dur de l’exprimer vraiment, et j’avais pas trop envie d’employer ce terme tout de suite parce que c’était trop tôt et que tout restait encore à refaire, mais disons qu’à la limite ce n’était pas exclu qu’on traîne un peu ensemble, comme ça, j’allais pouvoir le surveiller et contrôler ce qu’il faisait, mais le truc c’était que ça devait aussi inclure un changement de comportement de ma part et comment dire bah je me débrouillais toute seule, pourquoi est-ce qu’il voulait m’embêter avec ça ?! J’avais pas fait exprès en plus de tomber, qu’est-ce qu’il croyait, et puis s’il savait à quel point elles grattaient ces croûtes… et le reste… oui… bon… peut être plus ou moins inconsciemment, mais ça, ça comptait pas !

Je jouais avec les breloques du bracelet que j’avais eu pour mon anniversaire et qui ne me quittait plus. D’accord, s’il posait ses conditions, alors, je posais les miennes !

- Si tu fais les choses bien, je fais les choses bien, soupirai-je parce que mine de rien, j’étais crevée. Je sentais l’arnaque venir à plein nez, mais d’un autre côté, je voulais vraiment qu’il stoppe tout ça alors si c’était la seule alternative… Juste… je veux plus… que tu t’énerves pour rien… tout ça… Oui, il y avait beaucoup de « tout ça », chez nous. On avait longtemps joué avec ses règles, et bien maintenant, ça allait être les miennes et ça passait par le fait qu’on devait arrêter de se battre pour tout et n’importe quoi et je savais que ça incluait que j’allais devoir moi aussi faire des efforts, mais j’y comptais bien alors lui aussi il pouvait bien en faire. Sinon, j’arrête tout, conclus-je fermement mais néanmoins avec douceur pour qu’il comprenne que je n’étais pas en train de lui faire la morale, mais que ça faisait juste partie du marché. C’était clair alors c’était maintenant ou jamais s’il refusait, mais il était prévenu que je n’allais plus le laisser me heurter et qu’au moindre écart, il fallait plus compter sur moi pour essayer qu’on redevienne potes.

Je levai le menton pour chercher son accord et en même temps du coin de l’œil je fus attirée par un truc qui se trouvait juste derrière lui, un machin enveloppé dans un papier à moitié chiffonné… je m’en emparai aussitôt et allait demander de quoi il s’agissait en même temps que je l’ouvrais et… j’avais juste envie de me lever et d’aller tout jeter dans le lavabo, mais même ça, ça m’avait l’air d’être le bout du monde. Je remballais tout délicatement.

- T’en prends plus, dis-je calmement. Y’avait beaucoup de choses que je voulais qu’il arrête de prendre en fait, tiens à commencer par le tabac, mais si je faisais ça, il allait me forcer envie, et j’avais pas envie, et puis chaque chose en son temps, ça c’était plus important. Promis ? soufflai-je parce que j’avais de nouveau rapproché ma tête de la sienne. Aucune drogue, okay ? Parce qu’il était capable de me dire oui mais de jouer avec les mots et de plus toucher à ce paquetage d’accord, mais que le reste…

Je lui fis incliner la tête vers l’avant avec mon bras que je passai autour de ses épaules et nos deux nez s’entrechoquèrent doucement. Il avait toujours l’air un peu ailleurs et je n’étais pas totalement rassurée, mais au moins, il n’avait pas sombré et c’était déjà pas mal.

- Ça te va pas ce look là de toute façon, lui affirmai-je plus légèrement. Et en plus du reste c’était une raison largement suffisante pour qu’il se range de mon avis.

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Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Deal [PV] terminé   Ven 26 Oct - 18:08

Dans ces moments-là, rien n'avait plus de sens et surtout je me foutais de la morale encore plus que d'habitude. Ce qu'il fallait faire, ce qu'il ne fallait pas faire, plus rien ne comptait. C'était pour ça que tout le monde finissait par faire n'importe quoi en soirée, par défoncer des gens qu'ils n'avaient jamais vu, par baiser n'importe où et n'importe qui, ou bien par faire des choses qui ne leur ressemblaient pas, voler, des trucs comme ça. Parce que la drogue et l'alcool avaient ce pouvoir de désinhiber et de faire perdre conscience, et que le monde apparaissait alors comme un joyeux bordel où tout était permis, ou plus rien ne comptait, les gens, tout ça, comme si la fin du monde était le lendemain et que c'était l'ultime orgie, les dernières heures à vivre. En tout cas, dans les pires moments de défonce, c'était ce que je ressentais : que c'était comme la fin, donc on pouvait tout faire. Et quand j'étais high, mais pas non plus totalement, cette désinhibition était forte, j'agissais comme je ne l'aurais sans doute pas fait, je savais que je m'égarais, mais alors je m'en foutais royalement. On ne vit qu'une fois, profitons, tout ça, c'était pas des conneries. C'était juste ce que je ressentais. Le reste n'avait pas d'importance. Donc, oui. Oui, je le savais : qu'est-ce que je foutais? C'était quoi ce gros câlin qui n'avait pas lieu d'être avec la fille avec qui j'avais eu tant d'histoires, et que j'avais fini par larguer comme un malpropre et qui était maintenant en pleine descente aux enfers et ne voulait pas de moi? Ce n'était pas ma place. On ne fait pas ça avec son ex. Oui mais voilà, elle n'était pas simplement mon ex, elle était Taylord. Et si on n'était pas pareils - message reçu - il y avait toujours cette impression de quelque chose qui nous liait qui ne voulait pas partir. Ce n'était pas faute d'avoir essayé. Est-ce qu'elle savait que c'était en partie à cause d'elle que cet été avait été si... bizarre, si douloureux d'un certain côté? Que j'avais failli en chialer en en parlant à mon frère? Qu'elle m'avait fait des noeuds au cerveau? J'aurais voulu qu'elle m'aide, mais c'était impossible. J'aurais voulu qu'elle m'explique comment on pouvait faire, mais elle n'en avait pas la réponse, c'était certain. Comment rester proche d'une personne qui veut plus que de l'amitié alors que moi je ne voulais que ça parce qu'elle comptait trop pour risquer de la perdre à nouveau? Oh putain, j'avais le cerveau en compote et toutes ces questions n'arrangeaient rien à mon état déjà bien amorcé. En fait, Taylord m'était aussi liée qu'une soeur, un truc comme ça? Beuh, ça faisait bizarre, vu ce qu'on avait partagé. Hmm... Je chassais les images de notre nuit dans la salle commune parce que les associer avec l'idée de Taylord qui serait ma soeur était vraiment trop sale.

- Ah bon, tu trouves ça cool toi de ressembler à un panda ? J’aime pas trop moi… Elle me parlait et baladait toujours ses pattes de chat sur mon visage, mais je peinais à reprendre pied dans la réalité, et mes réactions étaient pour l'instant trop difficiles à exécuter. Regarde, c’est pas mieux le baseball par exemple ? J'eus un vague sourire, parce que je voyais bien où elle voulait en venir. Se défouler et se vider la tête avec le sport, oui, ça marchait aussi, et elle savait bien que mon grand kiff était le baseball. J'en faisais toujours, avec les potes. Je me rappelais même quand je lui avais appris à elle, ça avait été drôle. Elle s'était bien débrouillée pour une débutante, malgré sa taille de moineau. Mais le problème n'était pas là, parce que la drogue m'apportait autre chose... Et j'aimais ça. Je ne me défonçais pas simplement pour oublier, heureusement. Je me défonçais parce que j'aimais la vie et tout ce qu'elle nous offrait et que ces sensations-là étaient à vivre aussi, c'était aussi simple que ça. Mais trop compliqué à expliquer dans mon état, alors je haussai les épaules pour toute réponse.

De toute façon, je n'avais pas envie de m'épancher là-dessus. Je savais bien que ce qui était en train de se passer était du freestyle total, mais et alors? Franchement, on en chiait tous les jours, alors merde, pour une fois, autant faire ce qu'on avait envie de faire à l'instant précis et sans se demander si c'était bien ou mal. En me serrant contre elle et en cachant ma tête dans son cou, plein de souvenirs me remontèrent à l'esprit, et pas des plus dégueulasses, mais je ne m'y attardai pas et me laissai porter par juste la sensation physique : j'étais bien. Et elle qui me serrait un peu plus... Ses doigts dans mes cheveux me dirent frissonner, je crois, mais je sentais en même temps les effets du joint qui retombaient un peu et dans ces moments-là j'avais toujours froid, comme si on m'avait plongé dans de l'eau glacée. Je bougeai un peu en même temps pour pas qu'elle sente mon frisson et qu'elle croit bon de me rendre mon sweat : je ne voulais pas qu'elle ait froid elle aussi.

Elle m'enveloppait de chaleur, comme si j'étais bien pénard dans mon lit, et je me dis que je n'allais jamais pouvoir me tirer de là. L'envie de lui dire tout ce qui était insaisissable, tout ce à quoi j'avais pensé cet été, fut évidemment plus forte que ma raison parce qu'elle était complètement défoncée, et les mots s'échappèrent tous seuls de ma bouche. Tant pis.


- Moi aussi, j'étais content qu'elle accepte mes excuses, même si je ne savais pas trop pour quoi elle s'excusait au juste, mais bon. Dans l'histoire le fautif était moi et je le savais, même si elle ne m'avait pas aidé à être aussi chiante, mais on ne se refait pas.

Ce soir, avec tout ce qu'on avait bu et fumé, et peut-être aussi parce qu'on avait un peu réfléchi - il fallait bien grandir un jour, hein - il n'y avait plus de faux-semblants, pour une fois. C'était une trêve. Ok. Ça faisait du bien, même si au fond ça me dérangeait assez, parce que ces choses-là n'appartenaient qu'à moi. Mais bon, Taylord m'avait bien livré plus de secrets qu'elle aurait dû, alors je lui devais bien ça. J'avais envie de reposer ma tête dans son cou parce qu'elle était trop lourde à porter, mais Taylord changea de position entre mes bras pour s'installer contre moi et je posai finalement ma tête sur la sienne, et je ne bougeai plus, trop content d'être bien à l'aise et au chaud. Encore une fois, le reste ne comptait pas. Ça ne rimait à rien, mais tant pis. Je regardai sa main dans la mienne et fis comme je le faisais parfois avant, je dépliai mes doigts et mis ma paume contre la sienne pour mesurer la taille de nos mains. J'avais facile une phalange de plus, ce qui me faisait toujours marrer parce que ses mains étaient minuscules, comme elle. Ça au moins, ça n'avait pas changé. Je fis ensuite glisser ma main sur son poignet blessé et en prenant garde de ne pas lui faire mal j'enroulais ma main autour pour lui tenir chaud, comme une seconde attelle, et ne bougeai plus. Je me demandais bien ce qu'elle avait foutu pour être si cabossée. Elle était devenue catcheuse de l'ombre ou quoi?

D'une certaine manière je savais qu'elle allait accepter mon deal, parce qu'elle était bien trop fragile entre mes bras pour me tenir tête et qu'elle savait qu'elle faisait fausse route. Comme moi avec la drogue. Mais c'est bien trop agréable, les chemins de traverse... Et plus facile à emprunter. Mais au fond, comment je pouvais le savoir qu'elle arrêterait vraiment? Je veux dire : qu'elle ne boive plus autant, tout ça, ok. Mais je n'allais pas être derrière elle à chaque seconde pour vérifier qu'elle prenait bien ses médocs et qu'elle arrêtait de se gratter ses plaies comme une possédée. Est-ce que je lui faisais confiance?

Le bruit métallique que fit son bracelet perturba mes pensées et je me rendis compte que de plus en plus, je reprenais pied
.


- Si tu fais les choses bien, je fais les choses bien. C'était ça le principe. Les "choses bien" n'étaient pas trop définis et ça m'arrangeait, mais dans l'idée, c'était ça. Juste… je veux plus… que tu t’énerves pour rien… tout ça… Hmm hmm... Tout ça... J'avais l'impression de comprendre comme de ne pas comprendre. M'énerver, par contre, ça je captais. Mais justement, la dernière fois après l'infirmerie, j'avais fait de gros efforts. J'espère qu'elle s'en était rendue compte. Sinon, j’arrête tout.

- Ça me va, dis-je après un instant de réflexion, plus long que la normale avec tout ce que j'avais fumé. Ca m'allait parce qu'elle n'avait pas clairement précisé sur quoi je devais me calmer, et si ok je voulais bien faire des efforts et moins me défoncer la cervelle, je ne voulais pas arrêter pour autant. Je baissai les yeux vers elle au moment-même où je me dis que dans son angle de vision était...

Elle l'attrapa avant que je la retienne, l'ouvris, puis le referma. En bougeant je sentis que mes sens redevenaient un tout petit peu plus normal et que ce tout petit peu suffisait à me faire prendre conscience que c'était un tout petit peu trop bizarre la façon dont on se tenait.


- T’en prends plus. Promis ?

Silence. Fais chier. Plus comme... Plus du tout?!

- Aucune drogue, okay ?

Silence. Mais c'était ça où elle n'arrêtait pas non plus... Et puis, c'était pareil, je pouvais promettre et m'autoriser une petite entorse au règlement de temps en temps...

- Promis, finis-je par dire.


- Ça te va pas ce look là de toute façon, rajouta-t-elle en m'attirant plus près et quand mon nez frôla le sien, le tout petit peu de tout à l'heure sonna comme un signal d'alarme dans ma tête.

Le plus tranquillement du monde, comme si je ne faisais rien de mal alors qu'en vrai je mettais fin à cette petite bulle qui nous avait enveloppé, je me redressais en m'étirant un peu puis bougeai pour lui faire comprendre que j'allais me lever, et laissai un écart suffisant entre nous avant de lui prendre les mains de la façon la plus amicale possible, sans mêler nos doigts, et quand elle me regarda je lui souris enfin.


- Et toi tu as bien besoin de te reposer, conclus-je. Sujet clos. Allez, viens!

Je me levai en la soulevant doucement par les épaules, puis m'assurait que tout allait bien, avant d'empocher ma petite marchandise - les potes devaient se demander ce que je foutais - et de sortir ma baguette. Je fis retourner la porte pétée à sa place mais je n'étais pas un pro non plus et elle se remit tant bien que mal sur ses gonds, à moitié de travers, ce qui pour effet de me faire rire. Bon, on avait plus qu'à se tirer d'ici.

- Ça va aller? Je l'entourai de mon bras pour qu'elle ne tombe pas et l'entraînai vers la sortie. Sûrement à cause des restes du joint, j'avais le coeur léger, et l'esprit en paix, ce qui ne m'arrivait pas tous les quatre matins. Et ça me faisait plaisir de retourner faire la fête avec les potes et de m'amuser. Mais ça me faisait encore plus plaisir de m'être réconcilié avec Taylord, et je l'embrassai sur les cheveux comme je le faisais parfois à mon frère.


FIN

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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