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Case départ [PV] terminé

 
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 Case départ [PV] terminé

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Phil Prescott
Assistant de Métamorphose



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Ami(e)s: C'est embêtant parce que tous mes amis sont aussi potentiellement mes ennemis alors...
Âme soeur: On peut choisir le modèle ? Y'avait des défaillances dans la série de la précédente...

MessageSujet: Case départ [PV] terminé   Mar 4 Sep - 18:07

C’était le genre de petit village qui payait pas de mine, pas comme tout ces lieux touristiques qui fourmillaient un peu partout dans le Royaume Unis, car plus on attirait de monde, plus l’argent rentrait dans les poches, c’était bien connu. Mais des moyens, fallait pas croire, y’en avait d’autres, plus risqués, mais plus rapides, surtout lorsqu’on avait besoin de tunes rapidement. Je sortis une liasse de billets de mon pantalon pour en recompter une nouvelle fois le nombre – j’avais des ressources, j’en aurais toujours, alors ce n’était pas ces quelques menaces qui m’empêchaient de dormir sur mes deux oreilles. Malgré tout, ça me faisait chier quand même – adieu la belle vie que j’avais mené jusqu’à maintenant, j’allais devoir faire profil bas pendant quelques temps, que les choses se tassent, et roulez jeunesse ! il y allait bien y avoir une brèche à un moment ou à un autre, à ce moment-là, je répondrais présent pour m’y glisser.

Ma baguette magique précieusement cachée à l’intérieur de ma chemise, même si je n’éprouvais aucune hésitation à l’idée de m’en servir en cas de besoin – j’étais passé depuis longtemps expert dans l’art de lancer des oubliettes à tout va, parce que pour ce que je faisais, c’était bien pratique – mais les moldus qui vivaient ici n’avaient pas l’air de faire grande attention à ce qu’ils se passaient autour d’eux : au contraire tandis que je flemmardais contre un petit muret pour observer les gens passer en fumant l’une de leur invention, les cigarettes, parce qu’ils n’y avait pas mieux pour passer inaperçu – même si c’était toujours mieux quand on était dans un environnement sorcier, parce qu’on avait pas besoin de chercher un briquet partout dans ses fringues ou alors aller en quémander un à quelqu’un… quoi que parfois, ça tissait des liens, c’était pas mal. Bref, j’étais comme un caméléon me fondant dans la masse et mon visage peu avenant ne donnait pas envie d’engager la conversation avec une tierce personne. De toute façon, je n’étais pas là pour ça.

Pour passer le temps plutôt. Parce que j’avais encore quelques trucs à régler dans le coin, et s’il n’y avait pas une multitude de sorciers qui me collaient aux basques pour me surveiller, c’était du bonus, même si fallait pas trop se leurrer : ils m’avaient dans le collimateur depuis des mois ces rats, attendant sûrement que je fasse une connerie supplémentaire qui leur donnerait le droit de sévir – complètement cette fois ci, parce qu’ils l’avaient déjà fait – et leur « punition », pff je sentais que j’allais me faire bien chier durant les prochaines semaines à venir… J’écrasai la clope terminée avec le talon de ma chaussure avant de bouger de là ; puisque j’étais largement en avance avant l’heure du rendez-vous, et vu le nombre d’activités qui se présentaient chez les pecnos de Little Hangleton, y’avait pas foule de choix possibles. Quelques mètres plus loin, j’avais déjà repéré un bar qui rien qu’au nom, vous annonçait tout de suite la sauce : c’était pas dans ce genre de pub qu’on dansait sur de la danse de salon, mais ça tombait plutôt bien parce que je ne savais pas danser. Et n’en avais strictement aucune envie de toute façon.

Niveau ambiance chaleureuse, on était encore loin du compte, mais au moins, malgré le peu de luminosité qui régnait là-dedans, à part du côté des fenêtres qui laissaient entrevoir la poussière qui se baladait inévitablement dans les airs, le reste était propre. Et puis j’en avais vu d’autre, c’était pas quelques saletés qui allaient me faire fuir en courant, mais j’avais juste envie de me poser pénard et d’attendre, sans avoir besoin de passer la paume de main sur le simili cuir usé des chaises parce que c’était crasseux et tout collant. Je m’installai au comptoir et demandais le premier truc que le barman avait à me proposer – j’en avais rien à foutre du contenu, je supportais tout, même de la daube. C’était d’ailleurs une espèce de bière bon marché, ça se voyait rien qu’à la couleur et l’odeur et déposais sans plus de cérémonie le fric qu’il attendait, qu’il ramassa sans aucune délicatesse lui non plus, avant de le ranger dans une vieille boîte mécanique en ferraille qui grinçait lorsqu’on l’ouvrait. Et ouais, il pouvait pas investir dans du grand luxe – j’avais personne dans le bar, si ce n’est quelques habitués, pas besoin d’être un génie pour le deviner, ça se voyait rien qu’à leur posture. J’eus un ricanement moqueur, me promettant de ne jamais devenir comme eux, surtout que j’en avais un comme ça dont je devais m’occuper à la maison. C’était vit dit toutefois, car je savais même plus exactement quand est-ce que j’avais vu mon vieux pour la dernière fois, et puis lui il était déjà passé à l’étape supérieure, à mélanger médocs (et pilules en tout genre), alcool et dépression, et j’avais toujours pas compris pourquoi il essayait d’arranger ses problèmes avec ça : elle était partie de toute façon l’autre imbécile, et t’inquiète pas maintenant qu’elle était heureuse, elle avait peut être même d’autres gosses – j’étais fils unique, bonjour la surprise !), clébard et mari en costard cravate, ouais ce mec au sourire colgate, genre je sors tout droit de l’emballage du pub de dentifrice, qu’elle s’était tapée, parce que la seule chose qu’elle savait faire, c’était foutre de la merde. Facile en même temps quand on l’est soit même, un peu comme la plupart des nanas, pour ne pas dire toutes mais m’enfin… ma mère elle pouvait très bien s’être barrée en Ku Klux Klan, j’en avais rien à foutre.

En rangeant le reste de monnaie que l’autre m’avait rendu, j’en avais profité pour sortir un bout de papier tout chiffonné parce qu’il avait séjourné trop longtemps dans mon jeans, parce que ça me dérangeait pas de m’habiller comme les moldus – comme je l’avais dit, il y avait trois fois plus de portes qui s’ouvraient à nous lorsqu’on s’intégrait discrètement à eux, et pas l’inverse – et je posai le parchemin un peu jauni sur la table en l’étalant correctement pour en relire une fois de plus le contenu. L’autre était à l’autre bout du comptoir, essuyait des verres déjà propres tout en discutant avec un autre type qu’il devait connaître depuis une paye – en gros j’étais invisible. Trop cons je vous dis. C’était écrit d’une jolie écriture penchée de femme – rien que pour ce détail, je la prenais déjà en grippe, la nenette – et cette écriture se prétendait être Sara Wayland, directrice de Poudlard, et merci j’avais cru comprendre puisqu’il y avait les armoiries de l’école partout, sur l’enveloppe, la lettre, bref, à moins d’être débile ou aveugle, c’était pas trop difficile de connaître l’identité du destinataire, qui me disait don blablabla, qu’après discussion avec ses collègues, le département de la justice magique, le magenmagot, tout un tas d’emmerdeurs quoi, et mure réflexion – on s’en tape – elle avait l’honneur et le privilège que je pouvais intégrer à la rentrée prochaine le poste d’assistant aux cours de métamorphose dont la titulaire était Meryl Kelsey. Ouais, voilà. Ça allait pas être la grosse teuf. Et puis sérieux ?! Assistant ? J’allais servir à quoi, lui tenir sa baguette magique pendant qu’elle se curait les ongles ? Mais c’est vrai qu’à la limite, si c’était ça et que j’étais payé à rien foutre, ça aurait pu être pire, pour tous les méfaits que j’avais commis…

Au son de la porte qui s’ouvrait dans mon dos à l’annonce d’un nouveau venu, je repliai en quatre la lettre – j’avais pas trop envie qu’on se mêle de mes affaires – et la fourrai avec le reste. Effectivement quelques secondes après, une chevelure épaisse et d’une couleur qui semblait véritable comme on en voyait rarement, vint prendre place à son tour… la chevelure d’une meuf oui, et autant dire qu’elle détonnait totalement avec le reste des clients présents ici. Je la dévisageai de côté, me demandant si elle s’en était rendu compte, mais non non, ça n’avait pas l’air de la déranger plus que ça d’être la proie de toute la gente masculine du bar.. ! Enfin tant mieux pour elle hein, parce que demoiselle en détresse ou pas, j’avais pas trop envie de me bouger pour lui venir en aide si elle avait un problème.

Je jetai un coup d’œil sur ma montre, m’indiquant que j’avais encore largement de quoi traîner. Je bus une gorgée de la boisson, puis avec un rictus moqueur, lançai la conversation :

- C’est sûrement pas le salon de thé que t’imaginais en entrant ici… Y’a pas tellement de filles dans les parages. Je donnai un petit coup de menton vers les tables, composées uniquement d’hommes.

Elle était dans la flagrante position du sexe faible.


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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Case départ [PV] terminé   Sam 8 Sep - 16:05

Déception et désillusion avaient rythmé la fin de sa sixième année scolaire. Il semblait à Heather que, alors qu'elle s'imaginait repartir sur un pied nouveau, l'engouement était encore retombé, une nouvelle fois, et la laissait laisse et un peu désabusée. Elle avait accueilli les grandes vacances avec un soulagement mêlé de regrets, évidemment, car ses amies, sa vie était à Poudlard - tout comme l'autre partie de sa vie était là-bas, chez elle, en Irlande, portée par le vent de l'Atlantique qui tourbillonnait autour des vastes collines et plaines quadrillées de petits murs en pierres. Il y avait toujours eu un elle cette ambigüité, ce besoin vital de Poudlard et de sa région natale, de ses amis et de sa famille, si éloignés étaient-ils. Longtemps, Harry avait fait le lien entre les deux, un pied dans le château, mais un pied chez elle également et au creux de sa vie, car elle l'avait laissé entrer dans ses secrets. Il était venu de nombreuses fois chez elle, et s'était fait accepter par son père et ses frères. Aujourd'hui, la page était tournée. Alors que depuis toujours Heather pensait que sa vie, qui s'était construite avec Harry, se finirait avec lui, voilà qu'elle avait appris que les rêves que l'on berce ne sont pas éternels et qu'on s'en détache, même si tout son cœur avait battu d'espoir pour eux. C'était étrange comme sensation, de comprendre que l'on pouvait tant évoluer et se détourner de ce que on avait, un jour, chéri plus que tout. Mais si il y avait une chose sur laquelle Heather était particulièrement mature et lucide par-dessus tout, c'était sur l'évolution, sur ce besoin qu'elle avait eu d'aller en avant et de changer non pas entièrement mais véritablement et de s'émanciper. C'eut été mentir si elle n'avait pas, comme elle l'avait fait, expliqué à Harry ce qui n'allait pas et que ses attentes n'étaient plus les mêmes, et au mensonge qui pourrirait fatalement les choses depuis la moelle, elle préférait la vérité, si douloureuse soit-elle.

En dehors de cela la Serpentard n'était pas mature sur tous les plans, puisqu'elle avait passé la fin de son année scolaire aux prises d'un doux fantasme concernant son professeur d’Études des Runes, Nathanaël Fleming, aussi mystérieux que charmant, trop âgé pour elle mais entouré justement de cette aura paternelle de professeur, et divinement beau aux yeux de la jeunes fille qui n'avait cessé de rêver de lui, nuit et jour. Son cœur avait battu un peu plus fort chaque fois qu'elle le croisait dans les couloirs, chaque fois qu'elle avait croisé son regard - et elle faisait exprès de l'intercepter à chaque fois, de le saluer, de se faire remarquer -, chaque fois qu'il s'était adressée à elle pendant les cours. Le plus intense dans cette relation qu'elle avait rendue vraie dans ses rêves alors qu'elle ne l'était pas en réalité avait été les cours de soutien en Runes que Fleming lui avait donné. Ces moments-là, Heather les avait attendu chaque semaine avec une impatience croissante. Il n'avait d'yeux que pour elle et inversement, et elle avait pris d'avantage d’aplomb à chaque séance, osant des gestes de plus en plus séducteurs, des regards plus appuyés, même si par moments elle ne pouvait s'empêcher de rougir et de redevenir la jeune enfant qu'elle était face à cet homme trop beau et trop âgé pour elle. En plus de cela, elle avait progressé en Runes, ce qui était tout de même le but, et n'avait cessé de lire des présages la concernant qu'elle avait interprété... peut-être un peu trop rapidement. Aujourd'hui, il paraissait étrange qu'elle espère un jour avoir une histoire avec lui, puisqu'il avait quitté le corps professoral de Poudlard et qu'il s'était envolé dans la nature. Comment pourrait-elle un jour reprendre contact?...

Clairement déprimée, elle avait appris la nouvelle juste avant de quitter Poudlard pour les vacances, et s'était morfondue une bonne semaine. Elle avait eu l'impression que c'était le signe qu'elle ne trouverait plus personne, puisqu'elle avait eu la chance de vivre quelque chose avec Harry et s'en était détournée.

Mais retrouver l'air irlandais, sa maison, sa famille et surtout sa région chérie et tout ce qui s'y rattachait lui avait changé les idées et redonner espoir - car Heather n'avait jamais été du genre à se laisser abattre. Le mois de Juillet avait été doux, et elle avait pour ainsi dire passer son temps dehors, à se balader dans les collines sauvages du voisinage avec ses frères, à passer des après-midi à la plage, à monter son poney et à passer des soirées chez des amis sorciers ou au pub du village à chanter les chansons du coin et s'amuser avec les voisins. C'était ainsi qu'elle se sentait elle-même, réellement, dans ce pays qui lui était si cher, avec ces gens avec qui elle partageait tant, autant la culture que l'histoire et la façon de penser. En bonne Irlandaise, sa patrie était l'une des choses les plus chères à ses yeux et elle sentait vibrer quand elle y pensait. Le soleil sur la lande brumeuse du matin n'avait nulle part ailleurs cet éclat si particulier; la brise n'avait nulle part ailleurs cette odeur de liberté, ce goût qui donnait les larmes aux yeux. L’Irlande était son cœur, depuis toujours.

A Poudlard elle lui manquait trop, et, surtout, hors de son pays elle avait à subir le regard et les remarques des autres, peuple de Grande-Bretagne ou d'Irlande du Nord, dont l'histoire faisait d'eux ses ennemis.
Make Ireland a Nation once again chantaient les chants révolutionnaires que l'on entendait dans les pubs irlandais - au dehors du pays, la situation était toute autre. Ainsi Heather avait cette fierté propre aux peuples trop longtemps persécutés et colonisés mais libres à nouveau, car rien ni personne ne pouvait lui enlever sa liberté retrouvée, quel qu'en fut le prix à payer.

En Août, le temps s'était dégradé sur la côte ouest Irlandaise et il avait plu presque chaque jours, n'empêchant pas pour autant les activités de plein air. Mi-Août, Heather avait été passé quelques jours chez Katie Bell, de qui elle s'était énormément rapprochée et qu'elle comptait dans ses amis les plus proches, ce genre d'amis au-dessus du lot avec lequel on n'a pas de complexes et à qui on voue une confiance absolue. Comme Katie était venue passer quelques jours à Clifden chez Heather, elle lui avait rendu son invitation, et Heather avait pris le chemin de Londres avec un enthousiasme sans bornes de retrouver son amie mais toujours cette même appréhension de retrouver la terre de Grande-Bretagne. D'autant plus que ses cheveux flamboyants, ses grands yeux verts et son accent Irlandais à couper au couteau, à moitié fait de l'accent de Galway et des sonorités du gaélique qui était sa véritable langue maternelle ne la laissaient pas passer inaperçue.

La fin des vacances chez Katie était arrivée et si Heather ne voulait pas repartir et quitter son amie, fort heureusement, il y avait la perspective de la revoir très bientôt à Poudlard, dans à peine moins de deux semaines. Elle n'avait qu'à retourner en Irlande, préparer ses affaires, et viendrait la rentrée, comme souvent plus rapidement qu'on ne s'y attendait. Elle avait donc quitté la petite ferme où résidait Katie et celle-ci l'avait accompagnée jusqu'à la gare de Londres; après quoi les deux amies s'étaient serrées dans les bras avec regrets mais leurs souvenirs de l'été leur suffiraient pour tenir bon jusqu'à la rentrée prochaine. Heather avait ensuite emprunté les transports moldus pour remonter vers le nord, jusqu'à Little Hangleton - comme convenu avec son père. Elle devait l'y retrouver car celui-ci avait quelques arrangements à y faire pour son travail, et ils rentreraient en Irlande ensemble. Mais comme il n'y avait qu'un train par jour en ces jours tranquilles d'été, elle y arriva bien en avance, sachant quelle avait des heures à tuer avant que son père finisse ce qu'il avait à faire.

Toutes ses affaires tenaient dans un sac qu'elle portait en bandoulière, agrandi grâce à la magie pour contenir le contenu d'une malle de vêtements. Heather se balada une bonne heure dans le petit village et ses alentours, goûtant avec délice aux rayons du soleil sur sa peau légèrement hâlée. Elle avait le teint blanc des rousses, recouvert d'une multitude de taches de rousseurs, qui s'était cuivré mais pas trop avec l'été. Ses longs cheveux étincelaient au soleil - couleur de feu, longs, épais et ondulés, ils roulaient sur ses épaules et jusque dans le bas de son dos et étaient sa fierté. En dehors de cela, elle était vêtue simplement, d'un short en jean un peu usé et lâche, de sandales en cuir ayant vécu déjà quelques années, et d'un t-shirt simple en coton blanc légèrement transparent, un peu large et décolleté. Elle avait longtemps eu une silhouette et un visage enfantins, mais cela avait évolué à présent : grande et élancée, elle avait les formes d'une femme et la vitalité de la jeunesse, entretenue par son côté sportif. Elle gardait ce côté naturel et innocent de l'enfance : elle n'était pas maquillé, mais ses grands yeux verts en amande ressortaient naturellement, bordés de cils roux.

Au bout d'un moment elle voulut se désaltérer et poussa la porte d'un bar qui croisait sa route, y rentra sans hésiter et chemina jusqu'au comptoir où elle commanda un grand verre de limonade. Elle s'assit à un haut tabouret après avoir déposé son sac à ses pieds - il fit un bruit étrange, bien plus conséquent que ce qu'un léger sac en toile ne contenant pas grande chose devait normalement faire - et s'accouda au bar, goûtant au bonheur de se reposer un peu et de se mettre à l'abri du soleil qui devenait un peu trop chaud.


- C’est sûrement pas le salon de thé que t’imaginais en entrant ici… Y’a pas tellement de filles dans les parages.

Toutes à ses pensées, à la tristesse de ne plus être avec Katie après une semaine, à l'agréable balade qu'elle avait faite et à la soif qui lui laissait la gorge sèche, elle n'avait fait attention à rien autour d'elle. La voix qui venait de se faire entendre, proche, un peu sèche ou presque moqueuse, et surtout, teintée du très reconnaissable accent de Belfast la fit se retourner sèchement, bien droite, comme piquée au vif, vers celui qui venait de l'apostropher.

C'était un jeune homme - brun aux yeux clairs avec un air qui lui rappela instantanément Nathanaël Fleming, dans l'attitude et le genre de personnage - et si elle ne put s'empêcher de le trouver beau garçon, ce premier contact pas forcément aimable et surtout cette rivalité latente de frères opposés la mit d'emblée sur la défensive. Elle jeta un coup d’œil, sans se départir de sa fierté et de son aplomb - elle n'avait pas peur, généralement, et depuis qu'elle avait mesuré qu'elle plaisait aux hommes et aux gens en général car elle était charmante, elle avait pris plus d'assurance, sans paraître imbue d'elle-même pour autant. Elle avait toujours eu, néanmoins, ce petit côté d'enfant gâtée, étant la petite dernière et la seule fille d'une famille nombreuse, chouchoute de son père et de ses frères. - et constata qu'il avait raison, car elle était la seule fille au milieu des clients du bar, des habitués visiblement pour la plus part, apathiques à cause de la chaleur et de l'ennui probablement, mais qui la regardaient tout de même en coin pour la plupart, distraits par cette belle jeune fille qui venait de faire son apparition. Elle se sentit soudain trop découverte et croisa les jambes sur son tabouret, ramenant son regard un peu hautain, par défense, vers le jeune homme.


- Et alors? répondit-elle sèchement, Je n'ai pas peur, et de toute façon, je sais me défendre.

Un geste et elle sortait sa baguette, bien à l'abri dans la poche intérieure de son sac. Mais ça, son interlocuteur ne pouvait pas le comprendre. Il était plus âgé qu'elle, se dit-elle mentalement, sans réussir à lui donner un âge précis. 25? Plus? Moins?

- Il n'y a pas tellement de nordistes dans les parages non plus... fit-elle après avoir bu une gorgée de sa limonade fraîche. Avec son accent il comprendrait la référence, et elle n'avait pas spécialement dit cela pour lancer la conversation mais pour marquer clairement la limite entre eux deux. Elle était méfiante. Je dois faire quoi, prendre mes jambes à mon cou? Elle eut un petit sourire qui indiquait l'ironie de ses propos et s'accouda franchement sur le bar, prenant un air boudeur, mais montrant clairement qu'elle ne songeait pas quitter l'endroit.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: Case départ [PV] terminé   Sam 15 Sep - 23:48

Elle avait juste à se trouver là, devant le comptoir, sans rien faire de plus, pour que je devine qu’elle serait agaçante. Elle ne faisait pas trop grand-chose de plus si ce n’est commander sa boisson, mais c’était comme ça. Ceci dit, c’était à peu près pareil avec toutes les autres, les filles en général je veux dire, parce qu’elle avait toutes cet air innocent accroché sur le visage, comme si on leur greffait dès la naissance, alors qu’en fait il n’y avait pas de tout ça. C’était assez pessimiste comme vision des choses, surtout que si je me détournais de la gente féminine, j’avais plus trop le choix, et puis non, même le passé n’avait pas réussi à me détourner de mes tendances initiales, merci pour moi.

Alors, c’était sa façon de se tenir un peu trop dignement, comme elle. Je l’avais tellement connu sous toutes les coutures faut dire, que le moindre détail qui pouvait me la rappeler, ça me sautait aux yeux, comme un bouchon de champagne qui allait s’encastrer dans le plafond parce qu’on avait secoué trop fort la bouteille juste avant. Pourtant physiquement, elles n’avaient rien à voir : les cheveux de celle qui se tenait non loin de moi rebondissaient sur ses épaules dans une grosse crinière désordonnée, alors que la sienne étaient toujours relevée dans une coiffure toute plate parce que sa chevelure était toute fine. La rouquine n’était pas grosse, mais il y avait une aura tout autour d’elle qui la rendait imposante – je le sentais jusque ici – tandis qu’elle, elle paraissait toute chétive, même si elle avait bien caché son jeu, la peste. Et puis on allait arrêter ici les comparaisons, c’était bien assez suffisant, l’autre blondasse pouvait bien être dans n’importe quelles griffes d’un mec qui pour une fois était plus malin qu’elle, j’allais pas débarqué comme les films moldus qu’elle regardait parce que ça mère en était une, et où il y avait toujours des happy end à la fin.

Désolé, mais même dans ce bar de l’ancien temps, on était dans la vraie vie.

Avec la remarque que je lui vais lancé, et c’était un peu de ma faute, elle n’allait certainement pas en devenir plus aimable, et ça ne loupa pas puisqu’elle se redressa comme si on lui avait glissé le pouce le long de la colonne vertébrale, juste dans l’un des creux pour forcer les gamins à se redresser à cause de ce pli désagréable lorsqu’ils se tiennent pas bien à table. Sympa l’éducation. Cela ne fit qu’amplifier mon petit air goguenard – c’était trop facile, il n’y avait même pas de suspens.

- Et alors? Je n'ai pas peur, et de toute façon, je sais me défendre.

Ben voyons ! C’était pas la peine d’en faire autant, tout le monde savait qu’elles disaient toutes ça pour se donner une contenance mais très souvent en vrai, elle n’en menait pas large. Y’avait des types qui faisaient trois fois son poids ici alors à moins d’avoir des pouvoirs cachés, si jamais l’un d’entre eux lui tombait dessus, elle allait pas faire long feu. Au moins on pouvait lui reconnaître qu’elle n’avait pas sa langue dans sa poche et avait un minimum de répartie – quelque chose me disait que ça n’allait pas tomber à plat tout de suite, et en un sens tant mieux parce que j’avais encore du temps à tuer.

- Tant mieux, ça m’aurait pas trop branché de sauver ta vie en risquant la mienne, quoi qu’il arrive, j’en restais sûrement le plus fort ici – je faisais juste croire que non, mais question défense, quand j’avais une baguette magique dans la main, j’avais de la ressource. Parce que j’étais loin d’être con, c’était clair que physiquement ils l’emportaient clairement sur moi, aussi j’avais pas honte de l’avouer. Ouais de nous deux, c’était clair que j’étais le plus réaliste !

Elle allait sûrement trouver de quoi répliquer sans tarder, alors que c’était juste une petite blague de rien du tout – ça avait pas trop l’air d’être dans son délire les plaisanteries, vu comme elle prenait la mouche au premier degré. Tant mieux, comme ça pour moi, c’était plus drôle.

- C’est quoi ton plan ? Une prise de catch ? interrogeai-je en faisant mine d’être intéressé par ses méthodes d’attaque. Une aussi jolie nenette qu’elle, – j’avais beau avoir des a priori, j’avais quand même le droit de loucher sur la marchandise, l’un n’empêchait pas l’autre, au contraire ! – la voir se transformer en Hulk d’une seconde à l’autre parce qu’on l’avait un peu trop émoustillé, j’y croyais pas trop. Ne jamais se fier aux apparences, certes, surtout avec ces bestioles qui n’étaient autres que les filles, je connaissais trop bien cet adage pour ne pas le croire, mais tout de même, il y avait des limites !!

Vraiment, je riais sous cape. Ça me faisait toujours ce petit effet lorsque je faisais des références direct à des trucs typiquement modus, comme voilà, le catch. Pourtant, mes deux vieux étaient des sorciers, alors logiquement, moi non plus, je n’aurais pas trop dû être renseigné sur leurs us et coutumes, mais bon, j’en avais eu plein des potes à Poudlard qui avaient un parent au moins qui n’était pas sorcier, même s’ils n’étaient pas dans ma maison, évidemment, parce que Serpentard et leur connerie de sang pur à laquelle je n’avais jamais vraiment adhéré… J’avais été fier pendant sept ans des couleurs vertes et argents que j’avais porté, attention, mais après rien ne me forçait à être d’accord avec ces idées pré conçus qu’on aimait bien nous rentrer dans le crâne, surtout avec mon père qui lui, était allé à Serdaigle. Ma mère, par contre c’était pas étonnant qu’elle ait suivi la route des serpents elle aussi, mais en empochant tout les défauts que cela incluait. Mais on pouvait bien avoir partagé la même salle commune, rien à foutre, on avait strictement rien à voir.

Bref, ce qu’ils avaient pas compris, ces petits merdeux de fils à papa qui aimaient bien exhiber leur dernière montre dernier cri super lourde à porter dont les aiguilles s’agitaient dans tout les sens, avec plein de gadgets, comme celui qui avait la fonction réveil avec une mélodie d’une des chansons des Bizarr’Sisters. Jauge de l’inutilité : cent pour cent. Donc on reprend, ce qu’ils avaient pas compris, c’était que justement, plus on s’infiltrait parmi les moldus, plus on avait de chances de pas trop mal s’en sortir parce que c’était la clé pour avoir toutes les portes ouvertes, et dès lors que j’avais pigé ça, j’avais même pris du plaisir à découvrir certaines facettes étonnantes, comme l’électricité et tout ces trucs là pour rendre leur quotidien un peu moins difficile, alors que les sorciers n’en avaient pas besoin et palliaient ce problème avec la magie. Bon c’était pas cet aspect-là qui me fascinait le plus, mais plutôt par rapport à mes magouilles et… et j’en avais déjà trop dit. Oui donc, le catch par exemple, c’était parce qu’il y avait eu un garçon qui en parlait tout le temps quand on était encore en âge d’aller à Poudlard et moi bien sûr, j’avais toujours affirmé que c’était le Quidditch qui en valait le plus la peine. Après, j’avais forgé ma propre culture au rythme des années et de mon « infiltration » parmi ceux qui étaient dépourvus de pouvoirs magiques, et c’était con à dire, mais j’avais passé assez de moments avec l’autre pimbêche qui m’avait montré d’autres choses que ses putains de films à l’eau de rose, pour donner l’illusion que j’étais un mec tout planplan, comme là, et qui n’avait surtout jamais entendu, ô grand dieu, parlé de Flèche d’argent de ma vie !

- Il n'y a pas tellement de nordistes dans les parages non plus. Je dois faire quoi, prendre mes jambes à mon cou?

Voilà qui promettait d’assaisonner un peu les choses – si elle avait tiqué là-dessus, il y avait fort à parier qu’elle était comme la bonne majorité des Irlandais, avec leurs idées bien précises, leur bourrage de crâne surtout, et tout le tintouin qui allait avec. En même temps, elle me faisait de plus en plus rire celle-là, parce qu’elle aussi avec son accent à couper au couteau, elle était pas bien mieux ! Les conflits dans notre pays était bien connu, même si je m’en étais toujours senti détaché, surtout parce qu’issu d’un milieu sorcier, je pense qu’on avait pas la même vision des choses. Après, ça dépendait beaucoup des parents aussi hein. Si on prenait ma mère là, c’était sûr qu’elle, elle avait ses idées bien arrêtées politico trop chiantes et il y avait eu un moment où elle avait essayé de me les enseigner – mais alors évidemment ça avait pas marché, comme le reste, et elle avait fini par abandonner, comme mon père et moi au passage, il n’est jamais assez suffisant de le rappeler – pour résumer, ça me faisait une belle jambe, si ceux qui étaient au pouvoir et même toute la population étaient pas capable de mettre toutes ces années derrière eux parce que c’était pas en se prenant continuellement le bec qu’on allait tous s’aimer comme au pays des papillons, j’allais pas le faire à leur place, j’avais un peu autre chose à foutre.

Mais par simple esprit de contradiction, parce que c’était comme ça que j’avais toujours fonctionné et que c’était le meilleur moyen de faire monter les gens sur leurs grands chevaux – de plus en plus grandes ces bêtes-là, je vous assure ! – j’avais très envie de rentrer dans son jeu, et puis même, c’est qu’elle commençait à être énervante pour de bon avec ses jugements à la con ! Peut-être que ça m’était égal tout ça, mais c’était pas une raison non plus pour balancer des trucs sans savoir ! Elle avait quoi au mieux ? Quinze ans ? Qu’est-ce qu’elle connaissait de toute cette culture à son âge, alors qu’elle vienne pas souler en parlant de trucs qu’elle ne connaissait même pas !

- Ben tiens, je croyais que t’avais pas peur ? m’étonnai-je faussement en haussant les sourcils. Surveille tes arrières quand même, je pourrais t’attaquer dès que tu auras le dos tourné, poursuivis-je avec une amère ironie. Elle voulait des idées reçues ? Bon appétit ! Fallait vraiment qu’elle sorte un peu de ses tendres frontières, histoire qu’elle puisse voir qu’il y avait un peu autre chose à voir… C’est un peu votre truc à vous la paranoïa, non ?

Et la susceptibilité. Mais ça, je n’en fis rien, parce que vu la façon dont elle me dévisageait, je pouvais lire sans grand mal qu’elle réfrénait toutes ses envies de ne pas me bondir dessus. Elle se vendait toute seule.

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Case départ [PV] terminé   Mar 18 Sep - 22:25

Après des journées entières avec Katie, une rencontre comme celle-là faisait à Heather un étrange effet. Elle avait passé des jours heureux, tout simplement, ceux que l'on passe avec les personnes qui nous sont chères. Qu'importe ce que l'on peut y faire : qu'on ait un programme chargé ou non le temps passait avec délice et tout donnait envie de sourire. Elles s'étaient promenées, elles avaient passé des moments chez Katie à ne rien faire, elles étaient sorties le soir aussi; bref, un programme de vacances où s'équilibraient repos, amusements et farniente. Heather avait le coeur serré de se retrouver seule sans Katie à ses côtés alors qu'elles ne s'étaient pas quittées, une semaine en Juillet, puis une semaine en Août. Elle n'était pas désespérée car la rentrée approchait, mais elle ressentait cette mélancolie qui n'allait pas tarder à s'évaporer, car la journée était trop belle et l'été trop présent pour qu'elle ne trouve pas la force de prendre le dessus. Néanmoins, cet individu qui l'avait apostrophée si sèchement et ne semblait pas décider à se laisser lancer la répartie si facilement la dérangeait, parce qu'elle avait envie d'être seule, que Katie lui manquait, qu'elle était un peu fatiguée et que ce pub lui semblait soudain hostile. Elle se fit alors la réflexion qu'elle était effectivement l'unique fille présente et se raidit très légèrement, ramenant machinalement ses cheveux devant son ses épaules comme s'ils avaient pu lui apporter une quelconque protection des regards indiscrets.

Il buvait une bière dont le liquide opaque et l'éclat terne plutôt qu'ambré laissait clairement entendre qu'elle était de mauvaise qualité. Après quelques secondes d'observation, Heather se mordit la lèvre : l'aspect du bar était miteux, sous son coude le bar collait et les tables n'étaient pas très propres. Les bouteilles suspendues derrière le bar n'était pas des marques de très haut de gamme, et le barman observait son pauvre royaume d'un air morne en essuyant ses verres. Si le commerçant lui même semblait s'ennuyer, ce n'était définitivement pas bon signe. Heather avala plusieurs gorgées de sa limonade - au moins, elle était fraîche - se maudissant de n'avoir pas un peu plus regardé où elle mettait les pieds, tout en se refusant catégoriquement de quitter l'endroit au plus vite. Des sept péchés capitaux elle détenait très certainement l'orgueil et il était hors de question qu'elle se plie aux volontés d'un jeune garçon désagréable, aussi physiquement agréable soit-il.


- Tant mieux, ça m’aurait pas trop branché de sauver ta vie en risquant la mienne, poursuivit-il, narquois. Plus elle le regardait du coin de l’œil plus elle lui trouvait un air méchant et elle n'avait pas aimé la façon dont il l'avait regardée. Si seulement Tarlàh était là, songea-t-elle, en un de ses regards tellement plein d'une assurance implacable, il aurait cloué le bec à ce gamin de Belfast que Saint Patrick savait qui avait mené jusqu'ici.

- Tant mieux aussi, je n'aime pas être redevable envers des inconnus, répondit-elle, piquée cette fois, agacée à la longue, mais elle tenta de se détendre ensuite, parce qu'elle savait que rien ne lui ferait plaisir qu'elle s'énerve et s'affiche clairement dérangée.

Elle était un Serpent, il ne fallait pas l'oublier. Jolie paradoxe que Poudlard avait insufflé dans sa vie, puisque l'Irlande pouvait se targuer d'être l'un des rares pays en Europe où il n'y avait pas de serpents. Il y avait sûrement une explication scientifique à la chose - climat trop humide - mais les légendes racontaient que c'était Saint Patrick qui avait chassé les serpents hors de son sol et les avait fait monté dans un bateau qui avait sombré dans l'océan. Ensuite, il s'était aperçu qu'il restait un seul et unique serpent sur la terre irlandais et Saint Patrick avait alors sorti une petite boîte et avait dit au serpent qu'il était certain qu'il ne tiendrait pas dedans. Le serpent avait affirmé le contraire et Saint Patrick sa position; provoqué par ce défi l'animal avait fini par se glisser dans la boîte, que Saint Patrick avait fermée puis jetée dans la mer. Ainsi avait disparu le dernier serpent d'Irlande. D'une manière ou d'une autre, Heather s'était toujours souvenue de cette légende, métaphore évidente de la façon dont leur saint patron avait chassé les païens hors de la terre Celte. Pourtant, cette histoire résonnait-en elle tout à fait différemment : sans doute parce que cet animal avait un rôle tout particulier à ses yeux. Son père et ses frères avant elle étaient allés à Serpentard. Une lignée de serpents irlandais, voilà qui sonnait l'ironie, mais elle en avait toujours été fière pour autant. Seulement, depuis le désagréable épisode des Mangemorts, depuis que les "siens" s'étaient presque tous plus ou moins affichés pro-mangemorts et qu'en refusant elle avait été mise à l'écart, mais que le groupe d'en face ne l'avait pas pour autant acceptée parce qu'elle était justement à Serpentard... Ce sentiment douloureux la tiraillait. Qu'était-elle vraiment? Un serpent? Une irlandaise? L'un ne semblait pas s'allier avec l'autre. Et par extension, qu'était-elle vraiment? Où était sa place? Elle en avait assez que cette question tourne en boucle dans sa tête, et elle avait d'ailleurs fait part de tout cela à Katie. Katie, elle, pouvait le comprendre avec son histoire avec Ulrich, même si elle ne vivait pas la situation du même point de vue que Heather. C'était tout de même un soulagement... Léger. Heather savait qu'elle-seule pouvait s'apporter la solution, comme elle l'avait toujours fait.

En face d'elle, le jeune homme eut un rictus qui ne laissa pas présager que la suite de l'échange allait être plus cordial. Heather but la fin de sa limonade et constata qu'elle était encore assoiffée. Elle héla le barman d'un signe de la main et commanda une deuxième verre. Sa voix, douce mais ferme et surtout chantante, résonna dans le silence mou du bar et elle eut encore l'impression d'être au centre de tous les regards. Le barman déposa un verre devant elle sans dire un mot et sans leur jeter un regard, attrapa lentement le verre vide et retourna un peu plus loin frotter ses verres qui avaient tous l'air plus ou moins d'avoir fait la guerre de 14.


- Ben tiens, je croyais que t’avais pas peur ? Surveille tes arrières quand même, je pourrais t’attaquer dès que tu auras le dos tourné.

Elle eut une petite moue pincée et mouvement de tête méprisant, alors qu'elle bougea sur son tabouret et décroisa puis recroisa les jambes. Elle savait qu'elle avait des airs de princesse offensée et s'en réjouissait par ailleurs, persuadée qu'une telle attitude titillerait le jeune garçon.

Plus il parlait, plus son accent chuintant de Belfast semblait prendre de l'importance. Elle était allée là-bas, à Derry puis à Belfast, une seule fois. Elle en gardait un souvenir étrange, glacial, hostile. Triste, aussi. Elle avait trouvé les gens plus moroses et plus désagréables, et pourtant, à chaque instant, à chaque regard qu'elle avait croisé elle s'était dit -
celui-là aussi est mon frère, celle-là aussi est ma sœur.

Des frères et sœurs dont l'Histoire n'avait pas voulu, et qu'une frontière bête et méchante séparait, apposant une coupure étrange au plein milieu d'une seule et même nation.

- ... C’est un peu votre truc à vous la paranoïa, non ?

Piquée au vif, elle lui lança un regard flamboyant et autour du verre glacé ses doigts fins se resserrèrent, faisant blanchir leur jointure. C'était plus la surprise que la colère qui la faisait agir ainsi et si quelqu'un y avait prêté une quelconque attention, au fond de ses yeux verts, l'espace d'un instant, ce fut la tristesse qui passa, et s'en alla, sans laisser de traces. Elle n'aimait pas cette scission, et plus encore elle n'aimait pas cette haine entre frères, ce parti pris que certains Irlandais du Nord - mais pas tous - avaient contre leurs frères Républicains. Ce pincement au cœur la fit ouvrir la bouche trop vite et, impulsive comme elle était, elle s'emporta :

- Et votre truc à vous, c'est de baisser les bras. C'est mieux peut-être? On a peur, on souffre, alors on capitule? La liberté a un prix. Ce n'est pas parce qu'on a eu le courage de le payer qu'il faut nous en vouloir. Vous n'avez qu'à faire pareil! Tu crois que la révolution se vit depuis un pauvre comptoir de bar?!

Elle se rendit compte qu'elle avait parlé un peu trop fort et que sa voix s'était échauffée quand elle termina sa phrase et qu'elle vit dans son champ de vision que le barman avait arrêté d'astiquer ses verres et s'était immobilisé, et qu'un peu plus loin dans le fond de la salle, un gros monsieur avait tourné le cou et abandonné sa sieste pour tendre l'oreille et jeter un regard aux deux jeunes qui faisaient tout ce tapage.

Heather se remit face au bar et planta son regard dans son verre remplit du liquide pétillant, s'efforçant de ne pas continuer dans sa lancée. Elle sentait qu'elle avait rougi, comme à chaque fois qu'elle s'énervait, et elle savait aussi que sur sa peau blanche parsemée de taches de rousseur ses rougeurs se voyaient, et elle ne voulait pas que l'autre croit qu'elle était gênée.


- Qu'est-ce que tu fais par ici? Dans la vie?

Elle ne savait pas trop si la réponse l'intéressait mais elle avait lâché ces mots rapidement et la voix calme, pour bien montrer aux autres que la discussion était tout à fait sereine et que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: Case départ [PV] terminé   Dim 23 Sep - 21:18

Si elle était attachée aux valeurs autant qu’elle le laissait paraître, ce genre de petites provocations faciles allait rapidement prendre de l’importance. C’était comme de répondre à sa copine que la robe qu’elle portait quand elle vous demandait votre avis était « pas mal » et qu’elle se trouvait offensée d’une remarque si peu enthousiaste et que la seconde suivante, elle n’avait plus rien de jolie du tout parce qu’elle s’était transformée en King Kong près à massacrer la ville. La solution toute bête aurait été de la complimenter quoi qu’il arrive – et bien même là ça ne marchait pas et il n’y avait qu’à voir la lèvre intérieure se retrousser dans une moue contrariée pour comprendre que c’était une mauvaise réponse et en deux temps trois mouvements, vous vous retrouviez accusé d’être le pire menteur/manipulateur de la dernière décennie. Ne rien dire aurait été un véritable blasphème, parce que ça sous entendait qu’on en avait rien à foutre et qu’elle pouvait très bien s’accrocher à vos bras dans la rue en se baladant dans un sac poubelle, c’était du pareil au même et ne faisait aucune différence. Entre ces extrêmes, il y avait forcément la bonne attitude à adopter, mais elles allaient être déçues parce que les seules personnes à susceptibles de choisir la bonne option, c’était les nanas elles-mêmes, alors elles n’auraient plus qu’à terminer toutes ensembles, il n’y aurait plus de mélange des genres et l’espèce humaine s’en retrouvait menacée, et c’était quand même fort bête, parce que même si sous la plupart de leur forme elles étaient…. « agaçantes » - c’était l’adjectif le plus poli que je trouvais pour les qualifier – ça aurait été bien con de se priver de certains petits plaisirs de la vie. Hé oui. On ne se refait pas.

J’avais détaché mon regard d’elle pour boire quelques gorgées de la bière qui n’avait rien à voir à celle qu’on arrivait à trouver dans les bons bars – lorsqu’on savait où aller. On allait dire que comparé à la fois où je m’étais retrouvé à avaler un truc qui s’apparentait à la pisse de troll pour conclure une affaire assez importante – ce jour-là, c’était pour récupérer un stock plutôt sympa de Nimbus 2000 mais comme le revendeur tenait lui-même son pub et fabriquait ses boissons, pour des affaires diplomatiques comme celle-ci, il fallait parfois devoir prendre sur soi. Mais suite à cela, j’étais pas sûr que ça petite entreprise ait marché.

Il y eut un mouvement de cheveux roux sur le côté. J’avais poussé le premier domino – ça aussi, c’était une invention moldue, c’était un peu inutile et surtout il fallait s’armer de patience, car un faux mouvement et hop tout était à recommencer, mais j’avais eu l’occasion de rencontrer un gars dont c’était la passion et qui arrivait à faire de véritables œuvres d’art avec de simple bouts de plastiques, et pourquoi pas, si je foirais à Poudlard, j’allais peut être pouvoir me reconvertir là-dedans pendant mes longues journées à ne rien faire, enfermé à Azkaban… oui, j’aspirais à un avenir meilleur quand même – et les autres suivaient, un par un, dans cette dégringolade…

- Et votre truc à vous, c'est de baisser les bras. C'est mieux peut-être? On a peur, on souffre, alors on capitule? La liberté a un prix. Ce n'est pas parce qu'on a eu le courage de le payer qu'il faut nous en vouloir. Vous n'avez qu'à faire pareil! Tu crois que la révolution se vit depuis un pauvre comptoir de bar?!

Mais c’était qu’elle était pas commode gamine !! Encore une qui avait encore assez de naïveté pour croire à des valeurs que tout le monde arrangeait comme bon lui semblait selon le clan auquel il appartenait. C’était pas la peine qu’elle s’énerve comme ça en plus – c’était elle qui avait lancé le sujet, elle s’attendait à quoi en marchant sur des braises ardentes, à passer tout en laissant ses pieds à l’abri des cloques ? Je sifflai entre mes dents en repoussant le verre un peu plus loin sur le comptoir, du bout des doigts, avec la forte envie de lui répliquer que c’était bien beau de servir ce genre de discours qu’elle avait dû apprendre par cœur pour le cracher au premier idiot qui avait envie de s’aventurer sur cette pente périlleuse, mais ce qu’elle prenait pas en compte, c’était que j’étais pas comme les autres imbéciles qui faisaient surtout attention à sauver leur peau, peu importe que cela corresponde à leurs idéaux ou pas… Elle voulait que je lui dise ? Bah j’en avais rien à foutre de ses histoires de gamines qu’on lui rabâchait sûrement depuis qu’elle était dans le berceau, et il était peut-être temps qu’elle apprenne à penser par elle-même si elle voulait avoir une chance de survie parce qu’un jour où l’autre, elle allait tomber sur un plus gros reptile qu’elle… Qu’est-ce que ça pouvait bien me faire qu’elle vienne d’Irlande, de Chine ou du fin fond de la Roumanie, et en vérité c’était plus un test qu’autre chose – trop de préjugés étaient ancrés, que ce soit du côté de Belfast ou du reste de l’Irlande et en attendant, ils étaient tous tellement occupés à se déchirer qu’ils voyaient même pas ce qui crevait les yeux.. ! C’était en partie pour ça aussi, parce que les gens voyaient jamais rien que j’avais réussi à faire mon petit business pendant autant de temps, mais les bonnes choses ont une fin comme on dit hein, y’avait un chieur qui avait eu la bonne idée de mettre des lunettes, mais concernant ce détail, ce n’était que partie remise…

- Qu’est-ce que tu fous encore là alors, va sauver le monde ! je lui fis les gros yeux avec une voix clairement calculée, qui se croyait révolutionnaire. D’accord je me sentais pas totalement concerné, mais quand même, j’allais pas me laisser marcher sur les pieds par une nenette qui revendiquait haut et fort sa façon de penser ouais, mais que le seul truc le plus incroyable qu’elle ait pu faire c’était de porter un tee-shirt avec un beau slogan qu’elle aurait pu acheter dans un magasin de souvenirs et qu’elle exhibait fièrement sous un sweat-shirt dont la fermeture éclair était remontée jusqu’au cou ! Mais tu m’excuseras de pas t’accompagner, j’ai un peu d’autres projets que celui de me faire massacrer la gueule par un mec qui utilisera pour prétexte le seul fait que ma tronche lui revient pas.

Parce que si elle affichait clairement sa position, est-ce qu’elle pouvait en prétendre autant de moi ? Oui, oui, je faisais genre que, et je faisais aussi exprès de la contredire, parce qu’elle avait un petit air de lion qui lui allait bien quand elle fronçait les sourcils comme là, que je n’avais pas déjà réfléchi un peu plus longuement sur la question, parce que même si on prétend ne pas s’y intéresser, il y a toujours un moment où se demande « pourquoi » ? Je voulus soudain lui expliquer que c’était pas parce qu’il y avait une bête frontière qu’on devait se sentir obligé de s’entretuer et puis… la flemme de toute façon ça servirait à rien, elle allait encore utiliser des beaux mots qu’elle avait trouvé dans le dictionnaire et qu’elle allait vouloir s’empresser d’utiliser en reformulant ma phrase pour me faire passer pour un bouseux – une perte de temps. Depuis toujours j’agissais dans l’ombre, personne ne pouvait prétendre me connaître vraiment, la seule qui aurait pu, finalement, c’était moi qui m’était carrément planté sur elle, personne ne savait qui j’étais et si Madame j’ai les cheveux roux et frisées, j’ai des tâches de rousseurs et je sais que ça me donne un certain charme voulait croire que j’étais une loque pessimiste, grand bien lui fasse !

- Qu'est-ce que tu fais par ici? Dans la vie?

C’est vrai que c’était un peu obligé qu’on en arrive à ces interrogations avec ce que je lui avais dit juste avant. Je souris de nouveau, mais pas pour me moquer cette fois, malgré moi. Oh, mais alors bien sûr oui, je pouvais lui déclarer de but en blanc : « Et bien je suis trafiquant de balais, mais pas ceux que vous utilisez pour nettoyer le sol, les miens sont un poil plus rigolos quand même, ils peuvent voler dans les airs et mon truc à moi c’est aussi de les ensorceler pour qu’ils soient encore plus extraordinaires, les rendre plus rapides, invisibles, des petites bricoles comme ça, avec ma baguette magique, d’ailleurs tu veux la voir ? Je peux faire quelques tours avec ! Mais bien sûr tout ça est interdit, donc je vais sûrement devoir modifier un peu ta mémoire. Ah oui, et là j’attends justement une de mes connaissances qui est censée me fournir une liste pleines de contacts et d’autres choses que je ne pourrais pas te dire tellement tu ne me croirais pas, pour quand je serais à Poudlard. Tu ne connais pas Poudlard ? Mais voyons, c’est la plus célèbre des écoles de sorcellerie ! » le tout agrémenté un mignon petit air innocent, et là peut être qu’enfin son air suffisant qu’elle s’évertuait à garder sur ses traits s’effacerait enfin, et ça ce serait bien et peut être qu’elle partirait sans demander son reste un peu comme je lui avais subtilement proposé au tout début, mais après avoir user de deux ou trois formules magiques pour que ce malheureux incident disparaisse de sa mémoire à tout jamais...

Non, j’étais assez dans la merde de toute façon, je n’allais pas m’y enfoncer encore plus. J’avais dit que je mutais en caméléon à partir de maintenant, pas en fou du roi avec un chapeau bariolé, où il y a des clochettes au bout qui s’agitent tout le temps au moindre de vos mouvements !

- Je fais des études « dans le commerce » (très important les guillemets pour la suite !!), et…, mentis-je sans aucun problème, parce que c’était un peu ce qui rythmait ma vie au jour le jour, et puis on ne pouvait pas vraiment appeler ça un mensonge… c’était juste une vérité plus ou moins modifiée, et ça me faisait gentiment rire sous cape. Mais en plus qu’est-ce que ça pouvait lui faire ce que je faisais tout à coup ?! Je feignais l’hésitation pour jouer le jeu à fond. Le dis pas mais en fait, je baissai la conversation d’un ton, plus bas qu’elle ne l’avait fait en me questionnant car j’avais vu comme elle toutes les paires d’yeux se poser sur nous pendant notre échange un peu plus échauffé de tout à l’heure, sur un air conspirateur et surtout très sérieusement, c’est justement pour ça que je suis là. Regarder un peu la marchandise qu’ils vendent ici, tout ça quoi… conclus-je mine de rien. Je pouvais bien m’y croire un peu, dans pas longtemps j’allais croupir au milieu de dizaine d’étudiants pendant des mois !

Libre à elle de tomber dans le panneau ou pas, mais perso, je trouvais que mon excuse se défendait. Ce n’était pas assez gros pour qu’elle capte que je me foutais clairement de sa gueule parce que qu’en parlant d’études et non de travail tout laissait à penser que je débutais et que c’était plus facile de commettre des erreurs quand c’était l’une des premières fois qu’on se retrouvait sur le terrain, parce qu’on imaginait bien qu’on criait pas sur tout les toits qu’on « regardait un peu la marchandise, tout ça quoi ». Même si elle ne marchait pas, il y avait de grandes chances que ça lui foute au moins le doute. J’étirai comme je pouvais mes jambes devant moi parce qu’il n’y avait pas beaucoup de place.

- Et toi ? Non parce que je pense toujours que c’est pas un lieu très approprié pour une fille dans ton genre… plaisantai-je de nouveau là-dessus, mais de façon largement plus sympathique que la première fois.

Mais finalement sa compagnie n’était pas totalement déplaisante. Que ma remarque ne lui donne pas envie de tout à coup partir tout de suite.. !

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Case départ [PV] terminé   Sam 29 Sep - 18:20

Heather ne comprit que trop tard qu'elle s'était emportée dans un sujet qu'elle ne voulait pas approfondir car il la mettrait, et c'était absolument certain, hors d'elle. Elle avait été touchée de trop près sans doute par cette histoire - son père lui racontait toujours les histoires des membres de sa famille qui avaient pris part à la bataille et qui, même sorciers, avaient rejoint les rangs de l'IRA car leur nation restait l'une des choses les plus importantes à leurs yeux. Elle savait que le frère de son grand-père avait péri, à 17 ans, que sa soeur avait été torturée, et tous un tas d'autres détails qui à chaque fois la faisaient frémir d'injustice. Aujourd'hui, l'Irlande était un pays libre, mais cette frontière douloureuse qui rappelait que tout n'était pas terminé puisque tous ses frères n'étaient pas réunis. Et elle détestait que l'on prenne tout cela à la légère. Elle savait qu'elle n'en avait pas vraiment l'obligation, mais elle portait le poids du passé de son pays. Certains pouvaient le comprendre, et beaucoup d'ailleurs adoptaient cette attitude, comme si la guerre battait toujours son plein. C'était d'ailleurs pour cela que le fait que sa langue natale, sa véritable langue, soit l'irlandais plus que l'anglais; comme si elle montrait son insoumission par ce biais. D'autres ne comprenaient pas - ou ne comprenaient plus - parce que l'eau avait coulé sous les ponts et que la liberté avait été gagnée. Ou bien, ils ne comprenaient pas parce qu'ils étaient encore sous le joûg britannique, comme ces Irlandais du Nord, comme ce garçon qui n'avaient visiblement rien à faire de toute cette histoire, en plus des bonnes manières...

- Qu’est-ce que tu fous encore là alors, va sauver le monde ! Mais tu m’excuseras de pas t’accompagner, j’ai un peu d’autres projets que celui de me faire massacrer la gueule par un mec qui utilisera pour prétexte le seul fait que ma tronche lui revient pas.


Elle voulut répliquer mais ravala sa bile amère. Non seulement les regards des autres devenaient un peu trop emplis de curiosités, mais en plus, la pente était glissante, et elle ne voulait pas perdre son temps à s'énerver avec quelqu'un qui de toute façon ne reviendrait jamais sur ses positions. Du peu qu'elle pouvait deviner du jeune homme qui se trouvait en face d'elle, elle était certaine d'une chose : il faisait partie de ces gens qui croient tout savoir et ne se remettaient jamais en question. Détestable. Elle inspira un grand coup et reporta son attention sur son verre, faisant le tour avec son index, avant d'essayer d’apaiser le jeu.

Ses sourires ne l'impressionnaient pas. Bien que, oui, bon, elle ne pouvait s'empêcher de le trouver... sexy. Et comme c'était agaçant de détester quelqu'un qu'on ne pouvait s'empêcher de trouver attirant, et donc de lorgner en douce alors qu'on avait juste envie de lui dire qu'il n'était qu'un funeste imbécile! Elle attrapa le nouveau verre de limonade que lui avait tendu le barman et but quelques gorgées en s'obligeant au calme et à la maîtrise de soi. Elle avait chaud, et s'énerver pour un sujet dont son interlocuteur n'était même pas digne ne lui apporterait rien. Cette journée était poisseuse, trop chaude, et nulle de toute façon. Elle avait envie que Katie débarque dans le bar et la libère de cette discussion, et qu'elle rentre avec elle en Irlande. Et son père qui n'arrivait pas avant encore au moins deux bonnes heures!...

Impassible, elle écouta sa réponse avec la ferme satisfaction qu'elle s'en fichait éperdument :


- Je fais des études « dans le commerce », et… Il se pencha vers elle mais elle ne montra aucun signe d'intérêt particulier, les yeux toujours rivés sur son verre. Elle voulait juste rester polie. Le dis pas mais en fait, c’est justement pour ça que je suis là. Regarder un peu la marchandise qu’ils vendent ici, tout ça quoi…

Quoi? Qu'est-ce que ce charabia signifiait, au juste? Elle ne put s'empêcher de lui jeter un regard surpris. Non pas qu'elle avait envie d'en savoir plus, mais elle se demandait pourquoi premièrement il s'enrobait d'un tel mystère et dans quel but, et deuxièmement si il espérait de rendre intéressant et qu'elle le questionne d'avantage. Perplexe, elle laissa passer quelques secondes et s'assura que l'attention des autres, toujours aussi mous et apathiques, était revenu à son point initial, c'était à dire à rien, plutôt qu'à eux et leur petite discussion un peu trop animée.

- Passionnant, lança-t-elle sèchement. Elle n'aimait pas que les hommes essayent de passer pour mystérieux, pensant attirer ainsi dans leurs filets tout ce dont ils avaient envie. Et alors, c'est concluant? Qu'est-ce qu'on marchande par ici, de la bière frelatée, des verres en toc?

Elle avait parlé sur un ton aimable mais ses mots étaient clairement moqueurs, et elle se réjouissait de son petit stratagème. Non mais, pour qui se prenait-il à la fin?!

- Et toi ? Non parce que je pense toujours que c’est pas un lieu très approprié pour une fille dans ton genre…

Cette fois, c'en était trop. Elle se tourna vivement vers lui, délaissa son verre de limonade, et braqua ses yeux verts clairs sur lui. Elle lui sourit d'un air moqueur, et, prenant bien soin de contrôler le son de sa voix pour qu'il ne s'élève pas et que personne ne puisse entendre, elle déclara, non sans animosité :

- Du haut de tes certitudes de petit mâle un peu trop fier tu ne sais rien des filles dans mon genre donc je pense qu'il serait temps que tu t'abstiennes de ce genre de remarque. On ne t'a jamais dit que ce n'était pas très courtois? Ou bien tu te conduis toujours comme ça avec les filles que tu rencontres? Elle inspira. Je suis... étudiante, si ça t'intéresse toujours. En dernière année de mon école.

Pauvre idiot, songea-t-elle, pendant que toi tu trafiques je ne sais quoi dans ta petite vie minable, moi j'étudie la Magie dont tu ignores parfaitement l'existence. Elle n'avait rien contre les Moldus, mais pour la première fois dans sa vie, elle se sentit très légèrement supérieure à ce type rien qu'en pensant à ce secret qu'elle cachait.

- Elle est en Écosse, dit-elle pour conclure, et ce faisant elle eut un vague geste de la main comme pour montrer l'Ecosse et sa main heurta maladroitement son verre de limonade, presque plein, qui n'eut évidemment pas de meilleure idée que de tomber sur le bar et de répandre tout son contenu sur le bois déjà sale.

La suite se passa plutôt rapidement : elle eut un mouvement vers l'arrière pour ne pas être arrosée et en même temps elle se rendit compte du ridicule de la situation et elle se détesta d'avoir été aussi maladroite alors qu'elle voulait garder sa fierté face à ce désagréable jeune homme.

- Nom d'un dragon! Imbécile de verre, se reprit-elle, ayant parlé entre ses dents. Fâchée, elle n'accorda aucune espèce d'importance à ce qu'elle venait de dire. Tant pis, en plus de tout elle passerait pour une sombre folle qui parlait de dragons. De toute façon, elle n'avait rien à prouver à cette désagréable nouvelle rencontre qu'elle venait de faire.

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Phil Prescott
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MessageSujet: Re: Case départ [PV] terminé   Mar 2 Oct - 20:04

- Passionnant. Et alors, c'est concluant? Qu'est-ce qu'on marchande par ici, de la bière frelatée, des verres en toc?

Non, on supporte surtout des meufs comme toi. Sérieusement ? Elle s’était levée du pied gauche ce matin ou bien ? Ou mieux encore, elle s’était faite plaquée par son petit ami du coup il fallait qu’elle déverse toute sa haine sur le premier pauvre type venu ? Je ne voulais pas être cet homme-là, tant pis pour elle et si elle était pas capable de jouer le jeu un minimum, bah tant pis pour elle là aussi. Je voulais pas lui montrait à quel point elle me tapait sur le système, mais comme c’était moi qui avait engagé la conversation le premier bah c’était un peu comme si ça me retombait dessus et c’était assez vraiment, beaucoup agaçant. Comme si j’avais besoin d’une leçon d’une gamine qui carbure à la limonade ! Il allait falloir qu’elle arrête d’ailleurs parce que je savais pas si elle l’avait remarqué – mais apparemment pas – mais c’était plutôt néfaste pour elle ! Chose que j’allais, comme de bien entendu, ne pas lui dire parce que ça allait encore lui donner une occasion de faire la belle, et alors là, elle pouvait toujours attendre pour que je lui donne cette occasion ! C’était vrai pourtant, comme je m’étais un peu tourné vers elle pour mieux discuter – enfin, discuter, c’était un bien grand mot ça aussi – qu’elle n’avait rien à envier à personne, même s’il était grandement temps pour elle qu’elle investisse dans un caractère un peu casse-cul.

- C’est pour faire parler les curieuses, raillai-je en laissant quand même apparaître ma mauvaise humeur, et ce qui m’avait semblé marrant en racontant des conneries cinq minutes plus tôt, ne l’était plus du tout !

M’avouer vaincu aussi vite cependant, c’était un peu trop me demander – même si j’aimais moyen qu’elle me tienne tête un peu comme elle le faisait en ce moment. Alors une petite blague comme ça, sans conséquences pour détendre l’atmosphère, nul doute que ça allait finir par marcher puisque j’étais passé un peu de l’un à l’autre avec elle, et cela seulement au bout de quelques échanges ! Chapeau !

Mais nous n’avions pas vraiment la même conception du terme « blague », « plaisanterie » enfin tout ce genre de trucs que les personnes saines d’esprit sont en mesure d’intégrer !

- Du haut de tes certitudes de petit mâle un peu trop fier tu ne sais rien des filles dans mon genre donc je pense qu'il serait temps que tu t'abstiennes de ce genre de remarque. On ne t'a jamais dit que ce n'était pas très courtois? Ou bien tu te conduis toujours comme ça avec les filles que tu rencontres?

Je suis rabat-joie et je l’assume, prise deux ! Elle était fatigante, mais fatigante à jouer sur les mots comme ça !! Et puis c’est bon, si elle venait de la haute aristocratie prout prout j’en passe et des meilleures, elle pouvait arrêter son petit charabia tout de suite, parce que moi je connaissais rien de tout ce monde-là et ça me faisait même grave chier parce que j’étais certain que ces gens-là ne saisissaient rien des petits principes de la vie parce qu’ils étaient trop occupé à se plaindre de leur propre malheur. Bouhouhou, j’étais le vilain garçon qui l’embêtait ! Elle voulait aussi que je me mette à genoux en lui disant que je n’étais qu’un imbécile peut être ?!

Ben si ça pouvait la rassurer, elle n’allait pas péter plus haut que son cul.

Okay, je savais rien d’elle, mais de ce qu’elle en montrait, j’étais à présent certain d’une chose : elle était reloue au possible, et ça, elle pouvait pas vraiment dire le contraire ! Et puis dans le genre je parle mais je ne vaux pas mieux hein ! Parce qu’elle aussi elle y allait avec ses suppositions qui n’avaient ni queue ni tête, elle ne savait même pas d’où est-ce que je venais alors qu’est-ce qui prenait de faire des hypothèses stupides comme ça ? Et voilà ! La voilà la preuve que les filles, c’était bon qu’à une chose, satisfaire ses hormones, et ensuite ouste, on en parlait plus et on allait en choisir une autre. Dans le genre, j’estimais que j’en avais assez fait les frais.

Je pinçai légèrement les lèvres et levai les mains posées sur le comptoir en signe de défaite.

- Okay, okay, je m’abstiens. Non parce que si elle croyait que j’allais enchaîner pour le simple plaisir qu’elle me fasse encore plus chier, elle avait tiré la mauvaise carte, elle me soulait déjà assez comme ça pour en rajouter. Elle pouvait dire ce qu’elle voulait, j’avais vu clair dans sa manœuvre : l’idée c’était qu’elle ait le dernier mot, mais pas seulement elle, qu’elle se rassure, mais parce que c’était ce qu’elles faisaient, mais ce qu’il y avait de marrant c’était que quand on leur donnait, ça leur coupait le sifflet, et il n’y avait pas plus bel victoire, même si pour ça il fallait savoir gérer sa fierté. Mais de ce côté-là, volontairement ou pas, je commençais à avoir de l’expérience…

Je lui parlais plus puisque c’était comme ça, ça allait lui faire les pieds et j’allais pas m’abaisser un niveau de cours d’école. J’en profitais pour terminer mon verre, sans demander une seconde bière toutefois – elle était vraiment dégueulasse et j’allais pas dépenser ma tune là dedans.

- Je suis... étudiante, si ça t'intéresse toujours. En dernière année de mon école.

Et oui, j’avais vu juste, une gamine encore. Une gamine qui fait des gamineries, quoi de plus normal. Mais cette fois ci aussi, ça montrait bien que sous ses airs, ça ne la dérangeait pas tant que ça de m’en apprendre sur sa petite vie bien ennuyeuse. Allez, je lui en voulais pas comme ça, ça allait être le même combat pour moi, incessamment sous peu. «Qu’est-ce qu’ils vont être contents de te voir partir ! » lui répondis-je intérieurement. C’était un moyen comme un autre de se défouler.

- Elle est en Écosse.

Elle ne se démontait pas et insistait malgré tout ! En même temps que je poussai un soupir franchement excédé parce qu’elle faisait genre elle me montrait où ça se trouvait et c’est bon, merci j’étais pas complètement une planche en termes géographiques et je connaissais l’Ecosse et les multiples facettes dont elle ignorait tout alors c’était bien la peine de faire la maligne ! Et bien en même temps elle heurta son verre qui bascula malencontreusement sur le côté. Bien fait !

- Nom d'un dragon! Imbécile de verre.

Je préparais une remarque bien sentie mais tiquai au dernier instant sur l’exclamation qu’elle venait de proférer. Non parce que « Nom d’un dragon » c’est pas vraiment le truc qu’on entend tout les quatre matins dans un environnement moldu, et je la fixai peut être un peu trop intensément durant quelques secondes pendant que j’étais en train de relier les derniers points entre eux car pendant que je m’évertuais à paraître pour l’individu le plus normal de ce bar, elle s’évertuait de son côté à faire pareil à la différence près qu’elle s’était faite prendre à son propre piège…

- Toi par contre, t’es pas une très bonne infiltrée, commentai-je d’un air entendu, mais je me sentais tout à coup beaucoup plus important, parce qu’elle venait de se faire avoir comme une bleue ! Est-ce que je laissais le suspens durer un peu plus longtemps ou pas.. ? En même temps, c’était plus fort que moi, il fallait que je lui fasse la remarque.

Je tirai mon tabouret vers elle pour qu’on soit un peu plus proche l’un de l’autre. Il y avait une odeur de limonade qui se mélangeait à sa propre odeur à elle, beaucoup plus douce et qui contrastait – agréablement ? – avec son mauvais caractère. J’attrapai le chiffon des mains du barman que je m’occupai moi-même de réparer les dégâts avec ce qui était frustrant quand j’avais ma baguette à portée de main et qu’un simple sort aurait tout résolu.

- Imagine par exemple que je sois un mage noir en fuite, lui exposai-je très calmement, sans même chercher à me foutre de sa gueule, étant ‘’à peut près’’ sérieux depuis le début de la rencontre, tout en le condensant malgré tout avec de la légèreté. Tu crois pas qu’après ce que tu viens de dire, chuchotai-je, je ne vais pas chercher à me débarrasser de toi ?

Je me penchai et soufflai dans son oreille – ses cheveux sentaient vraiment bons – comme l’avada kedavra qui peut vous souffler la vie en une seconde seulement, sans prévenir. Puis me redressai, en haussant les sourcils, ce qui signifiait assez clairement que oui, c’était pas la peine d’avoir des doutes, nous étions du même bord. Soyons clairs : aucun moldu ne dit « Nom d’un dragon ! ». Mais je rigolai un peu moins que tout à l’heure et j’avais le visage dur – peut être que je n’étais pas un mangemort, mais pour les sorciers je n’avais pas fait des choses jolies-jolies et à partir de là elle pouvait très bien avoir entendu parler de moi, même si ça aurait été étonnant. Ou alors elle jouait parfaitement la comédie.

- Mais comme je suis rien de tout ça… je me forçai à m’étendre. Je ne savais pas si on parlait de moi dans la Gazette du sorcier – j’avais cessé de la lire lorsque je m’étais fait prendre, rien que pour ça. Toutefois ça me faisait un peu oublier à quel point je l’avais trouvé énervante au tout début, et lui parlais à présent plus comme mon égale. Alors, tu crèches dans quelle maison ? Tu vas faire quoi après ? Parce que si elle était en dernière année comme elle le disait, je me souvenais qu’on nous soulais grave avec l’orientation à cet âge-là. Ne me dis pas que tu veux devenir auror, soufflai-je en référence à la gaffe qu’elle venait de faire, non pas moqueur, mais avec un sourire vraiment sympa cette fois, parce que je me sentais tout de suite plus proche d’elle de savoir qu’on venait du même milieu et qu’on était un peu, du coup, dans le même bateau. Va falloir que tu t’entraînes un peu plus si c’est le cas.

Mais bon, vu ses réactions imprévisibles, on pariait combien de gallions qu’elle allait encore le prendre mal ?

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Heather Lass
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MessageSujet: Re: Case départ [PV] terminé   Lun 8 Oct - 19:10

- Okay, okay, je m’abstiens.

Il leva les mains en signe de soumission, purement ironique évidemment. Heather lui accorda à peine un regard clairement agacée par la tournure de cette conversation. Conversation qui, de surcroît, la tenait captive en quelque sorte, puisque si elle avait quitté le bar pour aller se poser un peu plus loin et s'épargner ainsi de la présence désagréable du garçon, elle aurait eu à subir les regards étonnés des types amorphes de l'échoppe, plus aurait certainement ravi son interlocuteur. De la même manière, elle aurait pu partir, mais elle ne voulait pas lui faire cette honneur de capituler en premier, et surtout qu'elle commençait à en avoir plein les jambes, de cette journée. Elle avait beaucoup marché, dehors il faisait trop chaud pour juste flâner, et son père n'était pas encore arrivé, et Katie lui manquait. Elle en voulait à cet énergumène trop... peu aimable, cynique, moqueur, et mal poli, de venir ajouter à cette journée d'avantage de points négatifs. Bien sûr qu'elle était heureuse de rentrer chez elle, de retrouver sa famille, et qu'elle reverrait Katie sous peu. Mais même! Elle était triste parce que ces jours chez son amie avaient été parfaits et que maintenant elles ne pourraient plus faire les mêmes choses à Poudlard, car elles auraient moins de temps pour elles, et de liberté d'action. Est-ce que le monde ne pouvait pas lui fiche la paix une bonne fois pour toute? Elle avala une gorgée de limonade les lèvres serrées, sans un regard pour le jeune homme. Il était idiot, voilà tout. Il avait beau être charmant, physiquement intelligent, elle devait bien le reconnaître, s'il s'y prenait ainsi pour séduire les jeunes filles, il ne devait pas aller bien loin. Idiot ET aigri, nota-t-elle mentalement, bien contente de l'accabler tous les maux dans ses pensées : cela la défoulait.

Heather avait cette habitude - cette manie? - d'adopter l'attitude de la parfaite petit enfant gâtée dès qu'on l'a réprimandait ou bien qu'on allait contre ses pensées ou ses envies. C'était cela, d'être la petite dernière et l'unique fille : elle avait et depuis toujours eu toutes les faveurs de ses frères et de son père, et à Poudlard cela avait continué, puisqu'elle avait grandi avec Harry pour qui elle avait été le centre du monde, qui avait obéi à ses caprices l'avait couvée comme elle l'avait toujours apprécié. Aussi elle se murait dans une attitude de princesse offensée, redressant fièrement la tête, tout en espérant que cela continuerait à déplaire à son interlocuteur.

Comme souvent, quand la situation l'agaçait, elle fredonnait dans sa tête tout en parlant, par principe, pour appuyer le fait qu'elle n'avait strictement rien à faire de ce qui se passait autour d'elle. Et en parlant de Poudlard, elle pensait à son retour chez elle et entendait comme quand elle allait au pub avec ses frères le soir, les notes qui résonnaient dans le petit bar cloisonné dont les bruits de verres, des rires et des conversations ne couvraient pas les voix du groupe de musique local :
... And fright'ning all the dogs on the rocky road to Dublin. One, two, three four, five hunt the Hare and turn her down the rocky roadall the way to Dublin, Whack follol de rah !

Ce qui expliqua sans doute son manque d'attention, et la chute du verre qui s'en suivit. Et comme souvent dans la vie, un simple petit phénomène d'apparence inoffensive entraîne une multitude d'autres phénomènes auxquels personne n'aurait jamais pensé. Alors qu'elle esquissa un geste, le barman apporta quelque chose pour éponger le liquide mais le jeune homme fut plus rapide et tira son tabouret plus près d'elle - quelle idée! - avant de murmurer :

- Toi par contre, t’es pas une très bonne infiltrée.

Elle ne daigna pas répondre mais lui jeta un regard qui exprimait son incompréhension. Fait étrange numéro deux, il prit le torchon du barman pour que celui-ci s'éloigne et essuya de lui-même la limonade répandue sur le bar.

- Imagine par exemple que je sois un mage noir en fuite. Tu crois pas qu’après ce que tu viens de dire, chuchotai-je, je ne vais pas chercher à me débarrasser de toi ?

Nom d'un dragon!... Une si simple expression qui... Les rouages se mirent en marche les uns après les autres lorsqu'elle croisa son regard amusé, vif sous ce masque d'indifférence. Elle venait de se trahir des manières qui soit - un juron, qui aurait passé inaperçu pour n'importe quel des Moldus de ce monde, quoi qu'un peu original, venait de trahir sa nature de sorcière auprès d'une personne qui... visiblement... l'était elle aussi. Elle resta interdite. Ainsi, il était comme elle?!

- Je... parvint-elle seulement à dire, prise au dépourvue, et manquant cruellement d'une répartie bien sentie, pour le coup, car il se moquait d'elle, mais elle était trop étonnée.

- Mais comme je suis rien de tout ça… Elle eut un sourire agacé - elle n'avait pas été assez bête pour y croire non plus. Alors, tu crèches dans quelle maison ? Tu vas faire quoi après ? Ne me dis pas que tu veux devenir auror. Va falloir que tu t’entraînes un peu plus si c’est le cas.

Bizarrement elle sentit, comme un déclic, que son ton avait changé - que si il se moquait toujours, pour la forme, son ton était devenu nettement plus amical et ouvert, comme si le simple fait qu'elle soit elle aussi dotée de pouvoirs magiques l'élève à un rang supérieur que la fille qu'on rencontre dans un bar lambda. Ne sachant pas trop quelle conclusion tirer de ce retournement de situation, elle se détendit légèrement elle aussi, mais se dit tout de même qu'il fallait qu'elle reste sur la défensive. Elle poussa le verre qu'elle avait redressé un peu plus loin sur le bar poisseux, et changea de position : elle se tourna à demi vers lui, s'accoudant au bar.

- Je suis à Serpentard, commença-t-elle. Elle avait parlé d'une voix neutre, plus basse que tout à l'heure car même si les Moldus ne pouvaient pas comprendre, elle savait toutefois qu'ils ne devaient pas hurler ce sujet sur tous les toits. Et lui? Gryffondor, pour le côté rentre-dedans et si plein d’orgueil? C'aurait été le comble. J'espère que tu m'épargneras le cliché d'avoir été à Gryffondor, lâcha-t-elle avec un petit sourire, provocateur, mais amusé aussi, et elle lui jeta un regard bien plus brillant et plus amical que tous les précédents.

Elle n'arrivait pas à le cerner : là était le vrai problème. Ce n'était ni comme avec Harry - qu'elle avait connu sur le bout des doigts avant de le cotoyer en tant que petit ami - ni comme les garçons qu'elle avait pu rencontrer pendant l'été, chez elle - généralement, dans les bars ou les soirées, ils étaient nettement plus amicaux et parlaient de façon moins... sinueuse, ni comme avec Nathanael Fleming, dont elle n'avait pas oublié le regard captivant, le sourire mystérieux et les manières douces d'enseigner cette matière des plus rébarbatives qu'étaient les Rhunes. Lui, ce garçon, était insaisissable, il dansait d'un pied sur l'autre, mais à aucune de ses facettes elle n'aurait accordé sa confiance. C'était à la fois détestable, une perte de temps, mais également... très intriguant.


- Je m'appelle Siobhán. Et toi? La moindre des choses, tout de même - elle ne tiqua pas un instant en donnant un faux prénom, juste pour le jeu, parce que son intuition lui avait dicté d'agir ainsi. Une manière comme une autre de garder sa part de mystère elle aussi, sans doute, parce qu'elle n'arrivait pas à savoir à qui elle avait à faire. Et puis, c'était un demi-mensonge, puisque Siobhán était son deuxième prénom. Auror? Ca serait trop dommage, il faudrait que je traque les mages noirs en fuite... Elle le regarda en souriant, et ajouta : et je n'en ai pas très envie. Je ne sais pas encore ce que je voudrais faire. Tu as fini Poudlard il y a longtemps? Et alors, tu peux me le dire maintenant. Tu commercialises quoi par ici? Elle se pencha vers lui et souffla, sur le ton de la confidence : tu devrais leur proposer de la Bièraubeurre, elle m'a l'air mille fois meilleure que ce qu'ils servent par ici.

Elle se releva plus rapidement qu'elle ne l'aurait voulu : en quelques courtes secondes, elle avait vu ses cheveux dévaler son épaule lorsqu'elle s'était penchée et leurs pointes tomber sur le bras du jeune homme, tandis que, puisqu'elle s'était penchée, elle avait posé la main sur le bar pour se tenir mais avait par la même occasion effleuré la main qui s'y trouvait déjà. Ce contact lui fit réaliser qu'elle était tout d'un coup trop près de lui et elle se redressa, masquant son trouble du mieux qu'elle put en baissant les yeux et ramenant sa longue chevelure rousse sur son épaule.

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MessageSujet: Re: Case départ [PV] terminé   Sam 13 Oct - 21:24

Les probabilités pour rencontrer un autre membre de la communauté magique dans un coin aussi reculé que Little Hangleton étaient faibles : et pourtant je ne croyais pas beaucoup aux éventuels signes du destin que cela aurait pu inclure – j’avais appris justement à ne pas me fier à ce genre de pratiques un peu hasardeuses, surtout dans un métier comme le mien où chaque détail avait son importance et pas des moindres parce qu’une seule erreur pouvait vous mener à la perte. Le plus problématique, c’était de faire confiance aux autres, dans un milieu où justement il aurait été plus préférable de ne se faire confiance qu’à soit même parce qu’inclure une tierce personne n’apportait que des problèmes qu’on ne pouvait justement, pas forcément gérer. J’en avais fait les frais, et voilà pourquoi aujourd’hui je me retrouvais en charmante - ? - compagnie dans un bar où je n’aurais sans doute jamais mis les pieds en temps normal.

- Je suis à Serpentard.

Elle était beaucoup moins agressive tout à coup. Je haussai les deux sourcils pour feinter l’étonnement, comme pour lui faire croire que je ne m’attendais pas du tout à une réponse de sa part.

- C’est bizarre vu comme ça, j’aurais largement plus penché pour Poufsouffle… autrement dit, la dernière des maisons dans laquelle elle aurait pu atterrir.

- J'espère que tu m'épargneras le cliché d'avoir été à Gryffondor.

- Ah bon, ça se voit tant que ça ?! répondis-je du tac au tac.

Un instant, je fus tenté de la laisser sur cette idée – mais cela n’aurait pas été faire honneur à ma maison, dont j’avais tout même porté les couleurs avec fierté tout en ignorant les préjugés qu’on avait trop rapidement à son égard.

- Mauvaise réponse, c’était sympa la tournure qu’avait pris la conversation, beaucoup plus détendue qu’au départ – le fait que je restais pour elle un parfait inconnu même en sachant que nous venions du même monde n’y était pas étranger. La salle commune de Serpentard n’a également aucun secret pour moi.. !

Et ça prenait encore plus tout son sens quand on savait les magouilles que j’avais pu y faire à cette époque, mais ça, elle n’avait pas besoin de le savoir – c’était comme les magiciens moldus qui ne révélaient jamais leurs secrets de fabrication…

- Je m'appelle Siobhán. Et toi ?


Je retins une remarque à propos de son prénom aux consonances fortement irlandaises –elle risquait de se braquer une nouvelle fois. D’habitude, je n’en aurais eu que faire, parce que je n’étais pas du genre à me faire des amis pour me faire des amis, et encore moins avec une gamine dont visiblement de nombreuses années nous séparaient. Mais pourtant, il y avait quelque chose entre ses taches de rousseur qui me contraignait à slalomer entre elles pour en découvrir quelles en étaient la signification et me forçait à présent à être un peu plus sur la retenue.

- Sam. C’était un prénom parmi tant d’autres qui figurait dans la liste de faux noms que j’avais sous la main pour mon business, et c’était souvent les mêmes qui revenaient, parce qu’il fallait bien que les clients me reconnaissent.

Donc à ce titre, ce n’était pas un mensonge. Sam, c’était celui que j’utilisais le plus, et comme j’étais sûr maintenant qu’elle n’avait aucun rapport de près ou de loin avec le trafic de balais, ça ne m’engageait à pas grand-chose de lui fournir celui-ci. Vieille habitude que celle de ne pas révéler sa véritable identité…

- Auror? Ca serait trop dommage, il faudrait que je traque les mages noirs en fuite... et je n'en ai pas très envie. Je ne sais pas encore ce que je voudrais faire. Tu as fini Poudlard il y a longtemps? Et alors, tu peux me le dire maintenant. Tu commercialises quoi par ici? Tu devrais leur proposer de la Bièraubeurre, elle m'a l'air mille fois meilleure que ce qu'ils servent par ici.

Evidemment, c’était le revers de la médaille. Comment lui expliquer que justement, je ne pouvais pas vraiment en parler, même dans un lieu infesté de moldus comme celui-ci, à moins bien sûr qu’elle soit dans l’optique de me demander la meilleure façon de se procurer un Lancechêne 79 authentique à des prix défiant toute concurrence…

J’allais mentir encore une fois, tant pis, je n’étais plus à ça près de toute façon. Même si elle allait le découvrir tôt ou tard, même plus tôt que prévu puisqu’on allait se retrouver à Poudlard incessamment sous peu. J’aurais pu le lui avouer tout de suite mais… mais je m’en empêchais car même si elle était plus sympathique que tout à l’heure, je restais sur ma réserve et école de sorcellerie ou pas elle n’en restait pas moins une inconnue à qui je n’avais aucune raison de faire confiance… Et puis je voyais déjà sa tête lorsqu’on allait se croiser la première fois dans les couloirs de l’école ! Elle n’allait pas y croire !

Ce n’est que là que je voyais à quel point nous étions plus proches que tout à l’heure – forcément comme nous ne devions être entendu par personne ici, nous nous étions instinctivement plus penché l’un vers l’autre, et j’eus un mouvement imperceptible des doigts lorsqu’ils entrèrent en contact avec sa chevelure, me concentrant pour ne pas les laisser remonter machinalement pour s’enrouler dans les mèches, parce qu’elles avaient un roux assez peu commun et éclatant. Je pariais qu’au soleil, selon l’éclat, on pouvait par endroits y déceler des reflets dorés. Je ne laissai rien paraître toutefois, préparant mon excuse, mais évitant malgré tout son regard.

- Ça fait quelques années, ouais, le temps passait vite mine de rien, je nous revoyais encore avec mes potes en train d’essayer de faire croire au Baron Sanglant que la Dame Grise n’éprouverait jamais aucun sentiment pour lui. Tu rigoles ? Je ne vais pas leur donner la précieuse secrète de la bièreaubeurre ! Je lui fis un clin d’œil. Non, de toute façon, je vais changer de boulot à la rentrée, l’informai-je sans rentrer dans les détails, un peu pressé en fait, d’éluder sa question.

Parce que mine de rien, l’heure tournait – l’horloge bien que d’apparence miteuse accrochée dans le bar indiquait que le temps était bien avancé, et je ne pouvais pas traîner dans les parages plus longtemps parce que non seulement, mon rendez-vous allait m’attendre mais du coup, il devenait encore plus nécessaire de ne pas avoir de témoins dans les parages à ce moment-là…

- C’est pour ça que je suis ici, et j’suis pas sûr que mon futur patron soit ravi de me voir perdre du temps dans ce genre de bar. Enfin… non pas que ça me déplaise, me rattrapai-je avec mon sourire railleur, alors que je m’étais relevé, en faisant référence à notre rencontre. Cette rencontre, dont justement, je ne savais pas trop quoi en penser. Bon, bah, amuse-toi bien à Poudlard Siobhán !

J’hésitai, mais cédai quand même à mon impulsion en replaçant l’une des mèches qui lui tombait devant le visage et sans rien ajouter, me redressai.

Je tirai de ma poche assez d’argent moldu pour deux et le déposai sur le comptoir. En sortant, je ne pus m’empêcher de laisser mon sourire sur mes lèvres, impatient de voir sa réaction, lorsqu’elle me verrait aux côtés des autres profs, le soir de la cérémonie de répartition.

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MessageSujet: Re: Case départ [PV] terminé   Lun 22 Oct - 18:53

Le hasard faisait bien les choses, ou du moins il s'en amusait bien : par quel miracle aurait-elle pu tomber en cette journée d'été sur un sorcier, comme elle, alors qu'elle venait de quitter Katie et se trouvait dans un bar tout ce qu'il y avait de plus moldu en attendant de retrouver son père, qui n'allait finalement pas tarder par arriver? La situation avait tout de même quelque chose d'insolite et d'agréable, en dépit des échanges qu'ils avaient pu avoir... Certes, elle aurait pu tomber sur un jeune homme sorcier plus... sympathique que ce type, mais, quand ils comprirent l'un l'autre qu'ils avaient bien plus en commun que ce qu'ils avaient pensé, l'atmosphère se détendit sensiblement. L'aveu d'appartenir à une même communauté provoque toujours les mêmes effets : sympathie, fraternité, impression d'appartenance à la même chose, et donc, un peu plus de considération.

Heather était intriguée, évidemment. Que faisait-il exactement? Quel genre de personne était-il, avec ou sous ses apparences? Elle arrivait presque à mettre de côté cet accent qui résonnait douloureusement à ses oreilles et tout ce qu'ils avaient bien pu se balancer à la figure pour s'interroger uniquement sur le garçon qui lui faisait face et la place toute nouvelle qu'il occupait, puisque somme toute il était comme elle, sorcier, avait fait ses études à Poudlard, fréquentait Pré-au-Lard, Le Chemin de Traverse, et tous ces lieux secrets et propres aux sorciers.

- C’est bizarre vu comme ça, j’aurais largement plus penché pour Poufsouffle…

Elle grimaça. Non pas qu'elle n'aimait pas Poufsouffle; mais que le sous-entendu de cette phrase était clairement une moquerie, pure et simple. Néanmoins elle ne perdit rien de sa superbe, et ne paru pas s'en offenser outre-mesure.

- Ah bon, ça se voit tant que ça ?!...
Mais son ton indiquait une suite, alors elle hésita à le croire - Mauvaise réponse. La salle commune de Serpentard n’a également aucun secret pour moi.. !

... Tiens, tiens. Elle leva un sourcil. Serpentard? Comme elle? Elle le détailla, resta quelques instants ses yeux plantés dans les yeux bleus du garçon puis finit par se dire que... ce n'était pas si étonnant que cela. Il avait les manières railleuses, ce petit quelque chose de supériorité et un goût prononcé pour le mystère qui empêchait toute réelle prise de partie qui collait parfaitement aux qualités notoires des Serpentard. Eh bien, de fil en aiguille... Sorciers, irlandais, Serpentards... Voilà qui avait quelque chose de délicieusement intéressant et étonnant.

Il s'appelait Sam, confia-t-il. Heather songea qu'elle avait donné un faux nom avec bien trop d'aplomb et de naturel qu'il n'avait pas pu s'en douter, et que Sam lui allait bien : il n'avait pas cherché à la feinter, se dit-elle. Sam. Quel âge avait-il exactement? Elle aurait aimé lui demander, lui demander aussi ce qu'il avait fait après Poudlard car plus l'échéance approchait pour elle plus elle était anxieuse et avait besoin de conseils, et il aurait sûrement pu lui apporter quelques réponses. Mais la conversation avait été telle qu'elle avait bien trop peur de passer pour une petit curieuse ou, au contraire, une fille bien trop facile qui croyait que tout était acquis maintenant qu'ils s'étaient découverts des points communs. Alors elle ne dit rien, et se contenta de plisser les lèvres en se demandant si un jour il arriverait qu'elle se fasse une opinion précise sur la façon dont elle voulait mener sa vie professionnelle.

Et puis, il savait se montrer parfaitement impoli. Quand elle y réfléchissait... Heureusement qu'elle avait un minimum d'assurance et qu'elle lui avait tenu tête, car il avait sérieusement manqué de bonnes manières. Aussi intense était son agacement contre Sam, elle ne pouvait s'empêcher, évidemment, chassez le naturel..., de le trouver beau garçon, de trouver ce mystère dont il s'enveloppait aussi détestable qu'excitant, et dans ses manières volontairement viriles et je m'en-foutiste une façon de, et c'est ce que toutes les femmes aiment et espèrent chez un homme de ce genre, cacher une très certaine sensibilité. Elle ne put s'empêcher de penser à son regretté professeur de Rhunes et... Là encore de délicieux souvenirs, bien qu'imaginaires, faillirent s'imposer à son esprit, mais elle la chassa sans plus tarder. Elle ne le verrait plus. Il fallait bien qu'elle s'y fasse.


- Ça fait quelques années, ouais. Tu rigoles ? Je ne vais pas leur donner la précieuse secrète de la bièreaubeurre ! Non, de toute façon, je vais changer de boulot à la rentrée.

Elle sauta sur l'occasion : il se confiait de lui-même, c'était à elle de saisir la balle au bond!


- Tu...

Mais il lui coupa la parole :

- C’est pour ça que je suis ici, et j’suis pas sûr que mon futur patron soit ravi de me voir perdre du temps dans ce genre de bar. Enfin… non pas que ça me déplaise. Bon, bah, amuse-toi bien à Poudlard Siobhán !


Il eut alors un geste qui acheva de décontenancer la jolie rousse : il lui remit une mèche de cheveux derrière l'oreille après l'avoir regardée quelques instants puis, sans demander son reste, se leva, paya ses consommations, et, les lèvres fendues d'un petit sourire de satisfaction, il partit alors qu'elle le le suivait du regard, trop prise sur le fait pour avoir une réaction intelligente : la porte claqua.

Deux secondes ensuite elle sortit de sa stupeur et saisit son petit sac trop lourd pour ce qu'il contenait, fouilla dedans et se maudit de ne pas l'avoir mieux organiser car elle peinait à trouver les pièces de monnaie... Elle perdait du temps... Ah! Quand elle sortir l'argent et qu'à son tour elle le posa sur le comptoir puis décampa, le barman eut pour la deuxième fois consécutive la tête étonnée du bonhomme qui ne comprend pas pourquoi le monde s'agite autour de lui. Heather balança son sac sur son épaule et jaillit dans la rue - le bitume brûlait toujours autant sous le soleil et elle plissa les yeux, regarda à droite, à gauche : hélas, les rues étaient désertes. Elle fit un pas, puis deux, sa main en visière au-dessus de ses yeux, dans l'espoir d’apercevoir la silhouette de Sam qui devrait s'éloigner, mais, rien. Il avait disparu.

Alors, perplexe, elle se mit en chemin vers le lieu de rendez-vous avec son père. Pourquoi avait-elle tenté de rattraper Sam? Aucune idée. Mue par son instinct elle... Elle avait espéré que cette rencontre ne se terminerait pas comme ça, pas si brusquement, surtout après les dernières paroles qu'il avait prononcées et qui étaient tout de même un peu plus sympathiques d'au début. Elle marcha, laissant vagabonder ses pensées, sans vraiment chercher à les retenir. Pourquoi ressentait-elle une vague sensation d'inachevé?...


Fin ! =)

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