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Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)

 
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 Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)

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Chuck Carlton
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Localisation : Là où on peut faire la fête !
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MessageSujet: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Mer 29 Aoû - 14:48

La fin de l'année se traînait, putain, et qu'est-ce que je me faisais chier...

Les profs avaient eu la merveilleuse - ironie bonjour - idée de faire une
fête champêtre (rien que le nom me faisait douter de l'époque à laquelle on vivait) pour fêter la fin de l'année et, j'imagine, pour marquer le coup de cette année qui finalement se terminait bien, après l'attaque des Mangemorts et tout le bordel. Pas con comme idée, mais bon, une fête champêtre quoi. Un pique-nique au milieu des fleurs, autrement dit. Avec un peu de chance on débouchait l'eau gazeuse en fin d'après-midi, c'est ça?!

Du coup ce matin je m'étais réveillé avec à peu près aucune idée de ce que j'allais foutre de ma journée. La veille, je n'étais même pas sorti, par flemme, parce que je m'emmerdais, et que j'avais juste envie de pioncer, que les heures et les jours passent vite et qu'on se casse de Poudlard. J'évitais Coop le plus possible parce que lui je savais bien que c'était l'inverse, qu'il voulait rester ici, et je comprenais vu que lui il avait attendu des jours que sa répartition arrive. Et puis, à Bristol, on peut pas dire que la vie c'était l'éclate, encore moins quand on savait qu'on allait devoir se taper nos parents pendant deux longs moi à rien foutre. Sauf que cette année, moi, c'était tout ce qui me fallait. J'en avais ras le cul de tout le monde ici, j'avais besoin d'air, j'avais besoin d'oublier un peu la magie pour quelques temps et retrouver Chris et tous mes potes de Bristol. Ok j'allais sûrement me faire chier parce que dans notre banlieue, en plus en plein été, c'était vraiment la mort, et ok j'allais vouloir encore une fois étriper ma mère à mains nues, mais j'avais juste besoin de changement. J'étouffais, ici. Je ne m'amusais plus, et je savais qu'une coupure me ferait du bien. En descendant boire un coup dans la Grande Salle, pour le petit déjeuner, parce qu'il faisait chaud et que j'avais la gorge sèche, je me dis que vu l'heure, Coop devait déjà être levé et que c'était nickel parce que je n'allais pas le croiser. Manque de bol, dix minutes après que je me sois installé à la table des Gryffondor et tandis que je sirotai tranquille mon jus de citrouille avec trois de mes potes, Coop arriva tout content et me demanda à quelle heure j'allais à la fête champêtre et si il pouvait au début venir avec moi. J'avais prévu de le rembarrer bien comme il fallait, et de toute façon je n'avais pas envie d'y aller à ce truc à la con, sauf que la façon dont il avait rajouté "au début" en se rattrapant parce qu'il savait que j'avais sûrement prévu de faire la fête ensuite, et la fête, la vraie fête... Ben voilà, déjà que j'avais passé mon temps à l'éviter, j'avais pas eu le coeur à lui dire dégage, et j'avais dit oui. En plus mes potes en avaient rajouté, en disant que tout le monde y allait, et que y'avait même un truc de prévu le soir, quand les profs partiraient ou qu'il ferait trop noir pour qu'ils nous surveillent de trop près. Bon.

Ben finalement, je savais quoi faire de ma journée. J'étais persuadé que cette soirée allait être comme toutes les autres, mais bon.

A la fête, l'après-midi, avec Coop on vit un peu Tess, et puis on bouffa des trucs pas trop mauvais, c'était pas mal organisé, ok ok. Je restai avec quelques potes, jamais trop longtemps avec les mêmes, avec Coop un peu, mais en fait j'avais l'impression de chercher quelqu'un et dès que je croisai quelqu'un que je connaissais je croyais que c'était lui ou elle que je cherchais, mais à chaque fois ça recommençait... Pas la peine de se faire des idées, elle n'était plus là. Elle s'était tirée. Tant pis.

Mais c'était de la merde tout ça et il avait faire beau et chaud et les gens avaient beau s'amuser, et moi aussi, je riais avec les autres et je faisais des conneries comme d'habitude; mais je m'emmerdais. J'avais envie de bien plus grand, j'avais envie d'une vraie fête comme avant qui me ferait tout oublier parce que je serais défoncé juste comme il faut pour m'amuser comme jamais et faire des trucs qui nous ferait rire encore pour des jours après... Sauf que j'avais beau faire la fête encore et encore, ça n'arrivait plus, je ne décollais plus, l'alcool me faisait moins d'effet et plus j'en buvais moins ça marchait, et le joint pareil, ou bien alors ça m’assommait et je m'endormais pour me réveiller le lendemain matin avec un mal de crâne bien sympathique et la bouche pâteuse, sans souvenirs particulièrement mémorables.

Le temps passa lentement, et j'avais autant envie que le soleil se couche que de rentrer chez moi, même si dans un cas comme dans l'autre je savais que les attentes ne seraient pas à la hauteur de ce que j'espérais.

Enfin, le soir tomba, et il y avait quelques petites lumières faibles sur les grandes tables où la nourriture et la boisson étaient sans cesse renouvelées par magie. Mais les gens s'éparpillaient peu à peu, certains profs étaient rentrés, et la musique s'était faite un peu plus forte et surtout plus entraînante, ce qui signifiait qu'on dérivait un peu vers une ambiance de soirée plus qu'autre chose. Je ne m'étais pas occupé de ce qu'on allait pouvoir boire mais je savais qui le ferait, et je rejoignis un groupe de potes qui avaient tout ce qu'il fallait : Pur-Feu, Bièraubeurre et compagnie. Comme il y avait de quoi équiper un régiment, je restai un peu avec eux, on était cachés derrières des grosses citrouilles et j'enchaînai plusieurs Bièraubeurres. Un joint tourna, mais ça ne me fit strictement rien. Je finis par les abandonner pour bouger un peu, et comme il faisait bien noir, je disparus au milieu des citrouilles, m'installai sur l'une d'elle et m'allumai une clope. J'avais embraqué une bouteille de Pur-Feu, pleine, tout en sachant pertinemment que c'était peine perdue : je me faisais chier. Et je n'allais pas m'amuser.

Au bout de quelques minutes, je finis par remarquer dans l'ombre un peu plus loin, une silhouette. C'était une meuf, je voyais ses longs cheveux bruns, sa petite taille. Je ne la reconnaissais pas - mais je n'y voyais pas grand chose - mais je décidai de saisir la balle au bond. Elle était toute seule, j'étais tout seul, et je m'ennuyais. Pourquoi ne pas aller faire... connaissance, histoire de nous divertir un peu? Et puis, j'avais une bouteille à partager, ça ne se refuse pas, non?

Je quittai mon perchoir et la rejoignis, m'installant à mon tour sur la grosse citrouille où elle était assise. De là, on voyait toute la fête, un peu de loin, les gens qui bougeaient dans l'ombre, et on en entendait vaguement les cris et les rires, couverts par la musique.


- Toi aussi, tu t'emmerdes? commençai-je en la regardant en coin et en la saluant d'un petit sourire. Ça plantait le décor : puisqu'on s'emmerdait tous les deux, autant essayer de s'amuser ensemble...

... Alors que je tirai une nouvelle clope de mon paquet et que je la portai à mes lèvres, la flamme du briquet éclaira plus nettement nos deux visages, et je vis le sien. Je ne laissai rien paraître mais je fermai une secondes les paupières quand la flamme s'éteignit. Et merde, une Serpentard. Je ne la connaissais pas mais je savais sa maison. C'était bien ma veine. J'avais pas spécialement envie de me coltiner une meuf coincée du coup et méprisante de surcroît, surtout que je n'étais pas d'humeur à supporter leurs petits délires de sang-pur à la con. Bon, j'allais tenter, et si elle s'avérait être de ce genre de petite conne insupportable, je me tirai avec mon Pur-Feu.

Je pris la bouteille et la tendis entre nous.


- J'ai de quoi nous remonter le moral... Tu veux?

Soit elle acceptait, soit elle faisait sa mijaurée.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Lun 3 Sep - 22:40

Une fête champêtre. C’est ce que tout le monde avait à la bouche depuis que l’annonce était apparue sur les tableaux d’affichages. Les Serpentards n’étaient pas connus pour leur esprit festif, pourtant, cette idée sembla faire l’unanimité et depuis des semaines chacun prévoyait sa tenue, les personnes avec qui il allait rester et si, oui ou non, il était envisageable de tromper la vigilance des profs pour lever le coude. Si un tel enthousiasme parcourait les rangs des verts et argent, d’habitude indifférents à ce genre de choses, je n’imaginais pas ce que ça devait être dans les autres maisons. Evidemment, la nouvelle m’avait fait ni chaud ni froid. A la rigueur, ça m’avait même un peu agacé parce que mes camarades de dortoir rentreraient probablement en pleine nuit et piailleraient un bon moment à propos des garçons qu’elles avaient vus/dragués/embrassés etc. Et comme ce genre de sujet semblait intéresser tout le monde à part moi, pas moyen de demander le silence. Ces pestes me riraient au nez, et, pire, parleraient encore plus fort et plus longtemps. Vraiment, il me tardait de retrouver ma chambre à Liverpool.

Et pourtant, allez savoir pourquoi, mais je me suis retrouvée à cette fête. La faute à Jane ou à mon mauvais caractère, peu importe, puisque maintenant c’était fait. Mais je dirais plutôt que celle à Jane quand même, car c’est elle qui est venue me demander avec un ton aimable que je ne lui connaissais pas si je pouvais lui prêter ma robe violette. J’avais eu le malheur de la sortir, un jour où je rangeais ma valise, et elle avait totalement flashé dessus. C’était ma mère qui m’avait forcée à la prendre, en prévoyant une occasion comme celle-ci.
En voyant le corps boudiné de ma camarade de dortoir, je me suis retenue de lui dire que le tissu exploserait si elle n’y mettait ne serait-ce qu’un bras, et lui ait sorti à la place la pire excuse qui soit. C’est là que mon mauvais caractère intervient : le fait qu’elle imagine -qu’elles imaginent d’ailleurs- qu’il est acquis que je n’irais pas à cette fête et que je n’aurais donc pas besoin de la robe m’énervait. Du coup, ça a donné quelque chose comme « Désolée, je la porte pour ce soir ! » Oui, oui. Je m’engageais donc à mettre pour la première fois de ma vie les pieds dans une fête.
J’ai répondu par un air indifférent à leur expression incrédule, et suis retournée dans la salle commune avant que l’une d’entre elle ne fasse un commentaire. Bien sûr, elles le feraient dans mon dos, mais ça, j’en avais l’habitude. Et pour le moment, j’avais d’autres choses à penser. Comme par exemple, comment est-ce que l’on se prépare pour une fête d’école ? Devais-je rester sobre à cause de la présence des profs, où tout le monde se laisserait-il aller puisque c’était la fin de l’année ? J’optais plutôt pour la deuxième option.

Installée dans un des nombreux fauteuils, je réfléchissais à toute vitesse. Fallait-il que je me maquille, ou étais-je trop jeune pour ça ? Des collants s’imposaient-ils où le fait qu’on soit en été m’en dispensait ? Devais-je prévoir une veste pour la fin de soirée, où partirions-nous tous avant qu’il ne fasse froid ? Au bout d’un laps de temps qui me parût beaucoup trop court pour que j’ai le temps de méditer sur chacune de mes questions, je vis mes quatre camarades de dortoir arriver dans la salle commune, signe que le champ était libre pour moi.
Je me précipitais par la porte qu’elles venaient de refermer, et filais dans la salle de bain. Je commençais par prendre une douche, là, il n’y avait pas trop à hésiter. Ensuite, je peignais avec plus d’application que nécessaire mes cheveux, car de toutes manières ils restaient longs, noirs et épais. Finalement, je décidais de les laisser comme ils étaient. Je passais ensuite la fameuse robe violette, une étoffe pourtant simple mais qui avait un air bien finie. Une fois mise, je me tournais et me retournais devant le long miroir. Etait-ce un bon choix, finalement ? Ne ferais-je pas mieux de mettre ma jupe grise d’uniforme avec un-t-shirt simple ? Non, tout le monde mettait une tenue de soirée. Logique, puisque c’était une soirée.

J’entrepris donc la dernière tâche, et pas la plus simple : le maquillage. Les filles étaient sorties maquillées comme des voitures volées, mais elles n’étaient pas forcément un exemple à suivre. Je tentais vaguement d’imaginer si les filles –normales- de mon âge se maquillaient à ce genre de soirée. Difficile à dire, étant donné que je n’en avais jamais vu, mais je dirais que oui. Un peu. Je pris avec appréhension le crayon noir de Jane –bien fait pour elle !- et l’approchais de mes yeux d’une main tremblante.
Comment est-ce que l’on met ce genre de chose ? J’avais bien une petite idée, mais ça semblait bien plus facile dans ma tête que lorsqu’il fallait le faire vraiment. Tant pis, je décidais de me lancer, si c’était horrible, je pourrais toujours me terrer sous ma couette et prétendre que j’étais malade. Doucement, je posais le bout du crayon sur ma paupière mobile et commençais à faire un trait, que je terminais par une petite spirale au bout de l’œil, et fis de même de l’autre côté, avant de me reculer pour voir ce que ça donnait.

Le résultat fut immédiat, et l’effet violent : à peine avais-je aperçu mon reflet que je fermais les yeux. Kathleen. Je lui ressemblais incroyablement, maquillée ainsi. J’avais l’impression que c’était ses yeux, pas les miens. Bien sûr. Je n’avais pas trouvé toute seule cette idée de terminer par une spirale, ça me venait des souvenirs de ma sœur qui appliquait toujours le crayon ainsi. Inspirant, je rouvris les paupières et passais mon doigt sur le bout de mes yeux, effaçant le bout de mon maquillage. Voilà. Comme ça c’était un trait simple, qui se terminait par une pointe.

La main tremblant toujours légèrement, je poussais la porte et retournais dans le dortoir. Je mis des ballerines noires, histoire de mettre un peu de simplicité dans toutes ces choses qui ne me ressemblaient pas, et finalement, sortis à mon tour du dortoir. La salle commune était vide, à l’exception de quelques effrontés ou solitaires qui camperaient certainement ici tout la soirée. Je songeais avec amertume que j’aurais aimé en être.
La vue des fenêtres donnant sur le lac, impossible de voir le soleil et donc d’avoir une quelconque idée de l’heure; aussi, lorsque je franchis les murs de Poudlard et arrivais dans le parc, je fus étonnée de voir le soleil presque couché. J’avais mis tant de temps que ça à me préparer ? Mon dieu… une vraie fille. Je marchais d’un pas rapide jusqu’au potager aux citrouilles, où la fête était en train de se dérouler. En effet, impossible de dissimuler les cris, les rires et les centaines de personnes qui se trouvaient là.

Et c’est là que m’apparût un gros doute. LA question que je ne m’étais pas posée, LA chose que je n’avais pas envisagée. Je regardais avec horreur les petits groupes qui se trouvaient à plusieurs mètres de moi, me demandant comment avais-je pu ne pas y penser. Qu’était sensée faire une fille qui n’avait pas d’amis, dans un fête comme celle-ci ? Je déglutis avec difficulté, et regardais la foule quelques secondes encore avant de me rendre à l’évidence : il n’y avait pas de place pour moi ici.
La seule personne avec qui j’aurais pu envisager d’y aller, c’était Ruby, mais à présent que je m’étais débarrassée de la seule personne qui s’intéressait un tant soit peu à moi, eh ben… j’étais toute seule. Oui, là plus que jamais, ça me frappait, à quel point j’étais seule. Bon. Je n’allais pas me décourager pour si peu, après tout, j’avais toujours été seule, et je n’avais pas passé des heures à me préparer pour rien.
Je repérais un peu plus loin la silhouette –parce qu’on commençait à ne plus y voir grand-chose - d’une citrouille plus haute que les autres et surtout plus éloignée. Je m’enfonçais donc dans le potager, et grimpais sur ladite citrouille. Mouais, ce n’était pas ce que l’on appelle à proprement parler « être à une fête », mais au pied de la lettre, c'était ça. Et puis de là où j’étais, j’avais une vue plongeante sur tout le monde, et quelque part, ça me donnait un peu l’impression d’en faire partie.

La nuit commençais à vraiment tomber, les profs s’en allaient les uns après les autres dans des états plus ou moins misérables, et tout le monde se dispersait dans le parc. J’imagine que le temps était venu pour moi de tirer ma révérence, maintenant que je n’avais plus rien à observer, j’allais m’ennuyer, toute seule dans le noir. Mais c’était sans compter des bruits de pas –je me croyais seule dans un périmètre de 3 citrouilles- et de quelqu’un qui escalade. Un instant à près, une grande silhouette avait pris place à côté de moi.

Je haussais les sourcils, ne comprenant pas pourquoi un être à cette fête, masculin visiblement, avait décidé de me rendre visite. Peut-être ne m’avait-il pas vu, et avait cru qu’il serait seul sur cette citrouille ? J’hésitais sur la conduite à adopter, lorsqu’il brisa le silence à ma place.


- Toi aussi, tu t'emmerdes?

Ah ben finalement, il était tout simplement venu me tenir compagnie. Gentille attention de sa part, mais pour le moins étonnante. Enfin, peu importait, après tout je n’étais plus seule, et cette idée me plaisait un peu plus que je ne voulais bien me l’admettre.

-Tu n’imagines même pas à quel point…

C’était on ne peut plus vrai, on devait rarement trouver des personnes qui avaient aussi peu le sens de la fête que moi. Je me demandais un peu qui était mon interlocuteur, dont la silhouette me rappelait vaguement quelque chose. Un élève âgé, bien plus âgé, certainement populaire pour qu’il m’évoque quelque chose, car je ne connaissais pas grand monde. La flamme de son briquet répondit à mes interrogations en éclairant son visage un bref instant. Chuck Carlton. Mais que faisait le roi de la fête ici ? Et qui plus est, que faisait le Gryffondor par définition à tenir compagnie à une Serpentard ? Hum. A bien y réfléchir, il ne devait probablement pas connaître ma maison. Tant mieux, ça évitera une prise de tête, car de mon côté j’étais décidée à ne pas faire ma difficile ce soir.

Une bouteille se présentant dans mon champ de vision interrompit mes pensées. Je plissais les yeux pour tenter de mieux discerner de quoi il s’agissait, et reconnus finalement l’inscription, en gros caractères « Whisky Pur Feu ». Ah.


- J'ai de quoi nous remonter le moral... Tu veux? me demanda le Gryffondor.

Je pesais mentalement ses paroles. Nous remonter le moral… ce n’était pas une mauvaise idée. Pourquoi pas après tout. Quelques semaines plus tôt, je lui aurais probablement répondu de se la mettre où je pensais, sa bouteille, tant la peur de perdre ma conscience était vive. Mais à présent, qu’avais-je à perdre… ? Et puis je n’allais pas m’enfiler la bouteille, mais peut-être me rendre un peu gaie. Oh et puis, qui vivra verra. Je m’emparais de la bouteille, en enlevais le bouchon et la portais à mes lèvres, avant d’avaler une gorgée. J’eus l’impression qu’un feu descendait à travers ma gorge, brûlant tout sur son passage. Cette boisson portait bien son nom. Encore un peu sous le choc, je rendis la bouteille à Chuck, me demandant mentalement comment est ce qu’il pouvait s’avaler avec plaisir ce genre de chose. J’imagine que l’habitude y est pour quelque chose.


-C’est… fort, commentais-je, faute d’autre mot.

Néanmoins, je ne regrettais pas d’avoir goûté. Je saurais maintenant à quoi m’attendre si un jour quelqu’un d’autre m’en proposait… Et puis, ça aurait probablement mis une drôle d’ambiance si j’avais refusé de but en blanc de boire un peu. Je n’étais pas une fêtarde, mais ça, il n’avait pas à le savoir. D’ailleurs, ce n’était pas le fait que moi, je sois isolé, qui était bizarre dans cette affaire. Je ne connaissais pas Chuck, mais les rumeurs sur lui allaient bon train, et s’il était connu pour quelque chose, c’était bien la fête. Et les filles aussi. D’où peut-être sa présence avec moi, d’ailleurs.

C’est vrai ça, qu’attendait-il, au juste ? J’avais une petite idée sur la question, mais…étais-je vraiment prête à faire ça, avec un Gryffondor de surcroît ? Sans doute pas. Mais après tout, j’étais bien venue à une fête, plus ou moins de mon plein gré, alors on peut dire que j’étais capable de tout. Et puis, tout ce qui pourrait me donner l’impression de contredire Ruby lorsqu’elle me disait que j’étais seule était le bienvenu.


-Que fais le fêtard de l’école, seul à une soirée, avec sa bouteille pour seule compagnie ? le questionnais-je avec malice, un sourire s’installant sur mes lèvres.

La situation était quand même assez insolite.

_________________



Winter & Spring

 

« There is a crack in everything - that's how the light gets in. »

Spoiler:
 


Dernière édition par Ana Falkowsky le Ven 7 Sep - 22:35, édité 1 fois
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Ven 7 Sep - 19:19

C'était tellement con de regarder dans la foule comme ça, comme si hop surprise elle allait apparaître et faire que rien ne s'était passé. C'était trop con parce que je la connaissais comme si je l'avais faite cette petite, et vu ce qu'on s'était balancé la gueule, son orgueil et tout le reste, évidemment qu'elle était partie et bien partie. Elle m'avait trop cassé le cul sur le moment, et depuis trop longtemps en plus, pour que j'espère qu'on redevienne son pote, mais mine de rien ça me faisait chier d'avoir perdu la Taylord d'avant. Celle de maintenant, c'était mort, je n'en voulais vraiment pas, elle était trop chiante et me rappelait de trop mauvais souvenirs, mais n'empêche qu'avec tout ce que j'essayais de me persuader, ben celle d'avant... Celle d'avant me manquait, carrément, et même si je trouvais ça minable de ne pas pouvoir l'oublier, il y avait toujours des petits gestes qui me faisaient penser à elle. Comme là, parce que je l'avais cherchée du regard. Quelle plaie, elle n'était même pas foutue de me foutre la paix même quand elle avait disparu! De toute façon ce n'était qu'une question de temps et je le savais, une meuf ça s'oublie, quoi qu'il arrive. Et j'étais bien décidé à faire en sorte que ça se passe comme ça. Du coup, rencontrer de nouvelles meufs était juste ce qu'il me fallait, et tant pis pour le côté Serpentard, je n'étais pas trop regardant ce soir. C'était la fin des cours et j'avais l'impression que à ces moments-là la pression retombait, en plus en pleine fête, on devenait tous les ados qu'on était et on oubliait un peu le reste.

On oubliait le reste, à part que même avec du Pur-Feu, des potes et de la musique, je me faisais chier sévère.


-Tu n’imagines même pas à quel point…


Tiens, déjà, un bon point. On partageait le même état d'esprit et je sentais que ça allait bien simplifier les choses. J'eus un petit sourire et soufflai la fumée de ma clope vers le haut, regardant un instant les étoiles. On les voyait bien, vu qu'il avait un temps de ouf toute la journée.

- Je prends le pari, notai-je entre mes dents, autant pour elle que pour moi. Ces derniers temps je pouvais quand même prétendre au titre de celui qui s'emmerde le plus et qui a bien envie de tout envoyer chier.

Enfin bon... Après, je ne la connaissais pas, et est-ce que j'avais vraiment envie de la connaître? Je la regardai dans le noir, sans faire gaffe une seconde à ne pas avoir l'air de la dévisager. C'est bon, j'avais le droit de la mater quand même, elle n'allait pas me chier une pendule. Jolie robe, joli décolleté. Jolis cheveux aussi, ça, je l'avais remarqué direct : les cheveux longs et bruns me faisaient toujours leurs petit effet. En fait... Merde, elle avait l'air jeune. Carrément jeune! Deuxième, troisième année? Non! Je n'allais tout de même pas flirter avec une pauvre innocente encore pure et naïve sur les sympathiques petits cadeaux de la vie.

... Même moi je n'arrivais pas à m'en convaincre, tiens. Bah, tant pis, elle était jeune et alors, elle n'allait pas se mettre à chialer parce qu'un garçon l'approchait, ou alors je ne pouvais rien pour elle. C'était un challenge comme un autre. En plus qu'on ne me la fasse pas à l'envers : elle avait même du maquillage sur ses yeux, dans le genre je veux m'assumer, passer pour une grande et faire des trucs de grande, message reçu! Preuve en était, elle prit la bouteille - bon déjà elle acceptait le deal, ce qui était cool - et même si elle la regardait d'un air qui montrait sans doute qu'elle n'était pas trop du genre à lever le coude, elle jouait le jeu, et rien que pour ça ça me mettait en confiance. Indépendamment de tout ça, elle état grave mignonne, donc, au final, je me dis que je n'étais pas si mal loti. J'avais détaché mon regard de la fête et des groupes et des couples qui bougeaient, dansaient, discutaient simplement ou s'embrassaient en croyant être à l'abri de l'ombre. Maintenant, c'était plutôt vers la mignonne petite brune que je reportais mon attention. Allons allons. Je pariais combien que je la chopais avant la fin de la soirée? Je me demandais si elle croyait vraiment que je venais juste lui proposer le verre de l'amitié sans arrière-pensée, ou bien si elle était plus lucide que les gamines de son âge.


-C’est… fort.

Elle avait bu prudemment mais elle avait bu quand même, et même si elle était restée plutôt stoïque - Serpentard un jour Serpentard toujours - je notai quand même que ça ne lui avait pas... rien fait.

- Première fois? J'eus un petit sourire et un regard amusé, pas dans le but de me foutre de sa gueule mais dans le sens : on est tous passé par là, même moi, et c'est toujours cool, ce moment de découverte. Moi, en tout cas, ça me rappelait des bons souvenirs. Et puis, si je pouvais accompagner sa première fois... Ce n'était pas moi qui allais dire non. (Comprenez ce que vous voudrez!...).

Quand j'étais mioche j'avais déjà piqué des trucs avec Chris, mais bon, on avait bu deux gorgées à tout péter, on se croyait grands, mais on était encore trop cons. C'était après que les choses sérieuses avaient commencé, et je crois que j'avais pris ma première vraie cuite euh... Hmm, c'était un peu vague parce que depuis j'en avais pris pas mal, on va dire ça comme ça, mais en tout cas je me souvenais avoir gerbé un jour de nouvel an pour la première fois à cause de l'alcool, et si j'avais trouvé ça horrible sur le moment, le lendemain je m'étais rappelé des effets bien trop cool pour ne pas recommencer - dont acte. Tant pis hein, de toute façon, aussi horrible que soit la gueule de bois, on s'en remettait toujours!

Quand elle se tourna vers moi, je ne vis pas distinctement son visage mais devinait son sourire à son ton, et ses yeux brillèrent un instant dans la nuit.


-Que fais le fêtard de l’école, seul à une soirée, avec sa bouteille pour seule compagnie ?

J'eus un petit rire, et fumai en silence une nouvelle taffe. Le bout de ma cigarette crépita légèrement.

- Ah, ça... Question pertinente, puisque je ne le savais moi-même pas pourquoi, ou presque, sinon que tout me faisait chier. Mais tu remarqueras que je ne suis plus si seul que ça, ajoutai-je avec le même air complice.

Installé près d'elle sur ma citrouille, j'étais bien décidé à ne pas bouger. Voyons voyons... C'était bien engageant, tout ça. Je bus quelques gorgées à mon tour - autant se mettre dans l'ambiance, et laissai la bouteille entre nous pour lui indiquer qu'elle pouvait en boire elle aussi si elle avait apprécié.


- Puisqu'on s'emmerde tous les deux, autant essayer de s'amuser un peu, non? Je cherchai son regard dans la nuit, car elle n'était pas si loin de moi. A moins que tu aies peur que je t'emmène un peu trop loin?... Oh, je n'allais quand même pas me priver d'une petite provocation directe et d'un petit sous-entendu de la même espèce, il fallait bien s'amuser aussi, hein. On allait vite voir de quel bois elle était faite.

- Tu t'appelles comment? Apparemment, je n'avais pas besoin de me présenter. J'étais bien intrigué de savoir si chez les Serpentard aussi, le naturel revenait au galop...

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MessageSujet: Re: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Sam 15 Sep - 16:25

Je crois que finalement, c'était mon mauvais caractère qui était réellement responsable de ma présence ici. Je veux dire, Jane n'était pas innocente, mais si je n'avais pas ce besoin d'aller toujours à contre-sens, j'aurais pu être tranquillement dans mon lit à l'heure qu'il est. Seulement voilà, je n'aime pas faire comme tout le monde, il faut toujours que j'ai le dernier mot, et là, ben on peut dire que je m'en mordais les doigts. J'aurais du la lui donner, cette fichue robe, de toute façon elle ne m'aurait pas manqué. Mais là c'était trop tard pour revenir en arrière, et je ne pouvais plus qu' attendre avec impatience l'heure de retourner dans les dortoirs en même temps que tout le monde, histoire de ne pas perdre la face. C'était fatiguant, tout ça, ces calculs, ces faux-semblants. J'étais fatiguée. La fin de l'année arrivait comme on dit "à point nommé". Plus que jamais, je n'en pouvais plus de château, chaque journée était une épreuve. Et cette fête constituait la tâche finale.

J'ignorais si la présence de Carlton allait me la faciliter, cette tâche, ou non. Oui, car d'un côté, le temps passait toujours plus vite avec de la compagnie, même si la compagnie en question est là par intérêt plus qu'autre chose; non, car je ne savais pas vraiment avoir d'autres comportements avec les garçons que celui qui m'avait valu le surnom de "la taré". Pour la plupart des filles, tout ça, ça coulait de source. Les yeux de biche qui se baissent, un léger rougissement quand les regards se croisent, une voix douce... Hum. M'imaginer en train de jouer cette petite comédie avec Carlton, perchés sur une citrouille dans la nuit, c'était plus une grosse blague qu'autre chose.


- Je prends le pari,
marmonna-t-il, à peine audible.

J'esquissais un sourire, sans raison valable pourtant. Alors comme ça, le roi de la fête semblait s'ennuyer ferme? Comme quoi, on peut aussi bien avoir une copine différente par jour, faire la fête tous les soirs et... s'ennuyer comme un rat mort. Si j'étais une petite commère comme mes camarades de dortoirs, je crois que je me serais empressée de le bombarder de questions sur le pourquoi-du-comment de son ennui. Le truc c'est que 1) je n'étais pas une petite commère, 2) il y avait peu de chances qu'il raconte sa vie à une inconnue et 3) je n'en avais rien à faire. Pour moi, c'était un peu ça le deal, dans les rencontres d'un soir, même si je n'y connaissais rien. On ne se pose pas de questions. J'étais à peu près sûre que l'on avait à peu près aussi envie l'un que l'autre de se raconter notre vie. C'est à dire pas du tout.

Je sentais son regard sur moi, tandis que je me tâtais sur sa proposition de me faire boire. Je n'en montrais rien, ne tournais même pas la tête vers lui, mais ça me mettait mal à l'aise d'être observée comme ça. Je songeais que n'importe qui à n'importe quel moment de la journée aurait écopé de ma main dans sa figure, mais à présent, rien que la perspective de m'énerver me fatiguait. De toute façon, à quoi bon? Je n'avais pas envie de faire d'histoires, ni même de partir. Après ça, Chuck ne se rappellerait sûrement pas de moi, ou même, ne me reconnaitrait pas. Il faisait à présent trop sombre pour que quelqu'un nous voit, à moins d'être vraiment près, donc il n'y aurait personne pour me questionner plus tard. Ce serait comme s'il ne s'était jamais rien passé. Je pris donc la bouteille.


- Première fois?

J'avais senti dans sa voix un certain amusement, aussi, je me retournais vivement vers lui, guettant un rire moqueur qui aurait le don de me refroidir immédiatement. Ce n'était pas un crime de n'avoir jamais bu d'alcool à treize ans! Mais la nuit ne me permettait de distinguer qu'un franc sourire, pas le rictus moqueur très Gryffondorien auquel je m'étais attendu. C'était vraiment bizarre comme situation, il avait presque l'air... sympa avec moi, et ça c'était tout nouveau, parce que d'habitude on ne peut pas dire que la sympathie était ce qui primait chez les Gryffondors. Du moins, pas avec nous. Et on leur rendait bien. Mais encore un bon point des soirées et des rencontres comme ça, sans enjeu, sans témoin; on peut reposer les armes le temps de quelques instants, même si c'est pour mieux les reprendre le lendemain.

Je hochais la tête, évitant de croiser son regard. Même si il semblait s'en foutre que je sois visiblement pas du genre à lever le coude, me verrait-il comme une gamine à présent? ...Savait-il au moins quel âge j'avais? Probablement pas. Tant mieux. C'est certainement le comportement à mon égard que je déteste le plus, qu'on me traite comme une enfant, ce qui me donnait le plus envie de foutre le feu à tout ce qui m'entourait. Trop de mauvais souvenirs, j'imagine. Mais s'il me proposait son Pur-Feu, c'est qu'il n'avait manifestement pas l'intention de me ménager. Tant mieux.

Ma question le fit rire, comme s'il ne s'y attendait pas. Pourtant il devait bien se dire que quelque chose clochait, pour que les mots "Chuck Carlton", "seul" et "fête" tiennent dans la même phrase. Savait-il lui même quoi? J'imaginais que non, sinon il aurait probablement trouvé une solution. Alors, en attendant qu'elle vienne à lui, cette solution, il continuait de s'enfoncer un peu plus, faute de savoir comment s'en sortir. Je connaissais ça. C'était vraiment une drôle de soirée. Moi, ayant un élan de sympathie pour Chuck Carlton, le Gryffondor par définition. Plus rien ne m'étonnait.


- Ah, ça... Mais tu remarqueras que je ne suis plus si seul que ça, poursuivit-il en répondant à ma question sur le même ton.

Un nouveau sourire que je n'avais pas sollicité s'installa sur mes lèvres. Ça commençait à bien m'embêter tout ça, il ne faudrait pas que ça devienne une habitude. Les sourires, c'était moi qui les commandais, moi qui décidais où, quand et face à qui ils apparaissaient. Mais ce soir, les règles n'étaient plus les mêmes. Il bu à nouveau un peu de Pur Feu et déposa la bouteille entre nous, signe qu'elle était également à ma disposition. Je n'avais pas trouvé ça assez agréable pour recommencer, mais ce nouveau geste d'évidente sympathie me renforça dans l'idée que ce n'était peut-être pas une soirée de perdue, finalement. Restait à savoir ce que Chuck avait en tête.


- Puisqu'on s'emmerde tous les deux, autant essayer de s'amuser un peu, non?

Ah, on y venait. J'ignorais ce qu'il se passait dans me tête depuis quelques instants, depuis que le rouge et or était venu s'installer à côté de moi, en fait. Je ne pouvais m'empêcher d'imaginer à chacun de ses mots la réaction que j'aurais eu, en temps normal. J'aurais probablement répondu un truc du genre "Très bonne idée... chacun de notre côté." et serais partie, s'il avait de la chance. S'il n'en avait pas, j'aurais buté sur le sous-entendu et il se serait un Confringo. Mais ce soir, ce genre de réactions qui étaient pourtant devenues spontanées, me paraissaient excessives. Eh bien, je ne sais pas si c'était le Pur-Feu qui me faisait cet effet là, mais il ne faudrait pas que cet élan d'humanité dure...

-Je suis bien d'accord, soufflais-je, renonçant à enlever ce sourire qui semblait être ancré sur mes lèvres.

Je sentis ses yeux chercher les miens, et je plongeais mon regard dans le sien. Ses yeux noisettes étaient assombris par l'obscurité ambiante, mais la lune projetait tout de même suffisamment de lumière pour que je vois dans ses yeux cet air de malice qui lui donnait l'air joueur, et pas inquiétant. Je songeais un instant au nombre exorbitant de filles qui avaient du se plonger avant moi dans ces prunelles. Savaient-elles qu'elles n'existeraient pour lui qu'une seule nuit, ou nourrissaient-elles de quelconques illusions?


-A moins que tu aies peur que je t'emmène un peu trop loin?...

J'eus un petit rire amusé. Il n'y allait pas par quatre chemins...

-Ça ne sera jamais assez loin pour moi, répliquais-je en faisant mine de ne pas avoir compris le sous-entendu, souriant largement cette fois.

Mes yeux se perdirent un instant dans le vague, à l'évocation de ces mots. Partir... Si ça ne tenait qu'à moins, j'irais plus loin que Liverpool, bien plus loin. Le Canada, ou un autre pays lointain où il fait froid, et où il n'y a pas de Poudlard serait l'idéal. Un endroit sans parents, sans frères, sans soleil, sans profs, sans... Je clignais des yeux pour me faire sortir de mes pensées; ça ne servait à rien de ressasser tout ça maintenant. Je ne pourrais pas partir de la maison avant mes dix-sept ans, c'était un fait, autant s'y faire tout de suite. Et puis pour une fois que je quelque chose susceptible de me sortir de mon ennui arrivait, ce n'était pas le moment de rêver.


- Tu t'appelles comment?

Sa question me prit un instant au dépourvu. Alors comme ça, Chuck Carlton se donnait la peine d'entretenir un petit peu l'illusion à ses conquêtes qu'il s'intéressait un temps soit peu à elles? Intéressant. Mais je ne marchais pas. Si je voulais que cette soirée reste un souvenir privé, comme une sorte de parenthèse que seuls nous deux connaitrions, j'avais intérêt à garder autant l'anonymat que possible. Même si il ne me connaissait certainement pas de nom, il était possible que certains de ses amis, eux, voient qui je suis. Je doutais fortement que le Gryffondor soit du genre à aller raconter les moindres détails à ses potes le lendemain, mais il suffisait que le nom s'échappe et... non. Et puis, s'il apprenait que j'étais à Serpentard, il y aurait fort à parier que si nous devions nous rencontrer une nouvelle fois, il se montrerait bien moins sympathique.

-On s'en fiche, non?

Ce n'était pas vraiment une question, d'ailleurs, même si mon sourire en coin faisait parfaitement couler les mots. Et puis qu'il ne me fasse pas le coup du gars trop bien avec les filles pour flirter sans connaître le nom de sa conquête. Il ne convaincrait personne, pas même lui...
Le nuit tombait franchement, et la lune commençait à apparaitre de plus en plus clairement. Comme une idiote, je n'avais pas pris ma baguette, alors rentrer dans le château en pleine obscurité promettait d'être une aventure. Bah, de toute façon, au point où j'en étais, je pourrais tout aussi bien passer la nuit ici, sur cette citrouille. Mais probablement pas en compagnie masculine, et tout ce que ça impliquait. Imaginait-il que...? Il n'y avait qu'un seul moyen de le savoir.


-Alors, Chuck... murmurais-je en plantant mes yeux dans les siens. Qu'est-ce que tu proposes?

A vrai dire, peu m'importait la réponse. Une fois dans ma vie, j'avais envie de me laisser porter, plutôt que d'aller à contre-sens.

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MessageSujet: Re: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Mar 18 Sep - 19:19

Je savais où je voulais être. Là, au milieu des citrouilles, j'en avais strictement rien à foutre du château dans la nuit, des élèves plus loin qui se torchaient la gueule, de la forêt interdite tout près où on avait fait plein de conneries. Je détestais me le dire, parce que Poudlard était ma liberté, mais il fallait bien que ça arrive une fois : j'avais envie de me barrer d'ici. J'avalais une gorgée de Pur-Feu, par habitude, par impression que ça allait me donner une contenance, sûrement. Je savais bien de quoi j'avais l'air, du mec trop sûr de lui qui fume sa clope bien tranquillement dans l'ombre de la nuit à côté d'une mignonne petite nana qu'il se mettrait bien sous la dent. Mais je ne me trompais pas moi, et ça me frappait ce soir. Et ça me faisait chier, aussi. Je n'aimais pas ça, pas ça du tout. Comme si ça coulait entre mes doigts comme de l'eau et que je ne pouvais rien faire - et le pire était que je m'en rendais compte seulement maintenant, et que j'avais été con, bien trop con de ne pas le voir plus tôt.

Non, là où je voulais être c'était bien plus simple, mais c'était loin et puis...

Heureusement que Coop était parti, parce que bizarrement, je n'aurais pas aimé qu'il me voit. Non pas que ça se voyait sur ma gueule que j'en avais gros sur la patate, mais lui, entre tous, je savais que son regard me percerait à jour, comme un bleu. Et je n'avais pas besoin de ça en plus. Lui non plus d'ailleurs, il avait d'autres merdes à gérer en plus des miennes, de toute façon.

J'avais juste envie d'être sur notre toit, à Bristol. Quand les nuits d'été, le plus souvent, parce qu'on arrivait pas à dormir, parce qu'on avait envie de se coucher tard, ou parce qu'on avait juste besoin de se retrouver là-haut, on passait par la fenêtre de notre petite salle de bain sous les toits et qu'on mettait un pied sur les chiottes, un pied sur le lavabo - c'était facile. On se retrouvait sur le toit en moins de deux, sur la tôle inclinée, avec un peu plus loin une dalle en béton et puis la cheminée qui ne marchait presque jamais. C'était un peu comme quand on se retrouvait en haut de notre immeuble désaffecté. Bristol devenait à nous, une ville bien différente qu'on voyait en entier et en modèle réduit de notre perchoir. De là-haut, on voyait encore mieux la laideur de notre quartier, les rues pareilles, les maisons pareilles, et la zone industrielle toute grise et moche, la décharge, le terrain vague. Au loin il y avait le centre ville et puis au fond la baie de Bristol. Il n'y avait que la nuit que c'était différent, presque... beau, parce que les lumières donnaient un aspect différent et se reflétaient dans la mer. J'aimais bien. J'aimais bien me retrouver là-haut avec Coop, à rien faire, à jouer aux cartes, ou bien à s'allonger sur la dalle. Il connaissait vachement bien les étoiles et il me les apprenait, mais évidemment je les oubliais toujours parce qu'il y en avait trop, merci bien. Dans ces moments-là on était
chez nous sans être chez nos parents. Et j'avais besoin de ça : c'était ça que je voulais, là en cet instant précis, monter là-haut, me rouler un joint et le fumer bien tranquillement jusqu'à ce que tout mon corps soit engourdi et que je me sente léger et que les étoiles que me montrerait Coop dansent dans le ciel, et que rien n'existe d'autre.

Ça avait un amer goût d’inaccessible, de trop loin, cette connerie. J'écrasai ma cigarette de mon talon et un instant tout redevint noir autour de nous.


- Ça ne sera jamais assez loin pour moi, mince alors, j'avais presque l'impression qu'elle me faisait écho.

Je la jaugeai une nouvelle fois du regard. Pas mal. Plus jeune, sans doute l'une de ses premières soirées et tout ça, mais elle ne se départissait pas de cette putain d'assurance qui, je n'allais pas mentir, me plaisait plutôt. C'était marrant d'ailleurs, on avait beau faire genre que la situation était cool, on se lançait des petits sourires et des regards en coin, mais l'un comme l'autre on se mesurait, et il y avait un peu de retenue - de mon côté c'était que j'avais toutes ces idées qui me pourrissaient l'esprit, du sien c'était sans doute qu'elle se méfiait de ma chère réputation qui n'était pas tellement au beau fixe depuis quelques temps. Évidemment, pour des espèces de la trempe des Serpentard, on aime être à cheval sur les rumeurs, les réputations, la popularité, et tout cet ensemble de choses complètement débiles dont je me foutais autant que j'en jouais.

Mais n'empêche qu'elle avait souri, puis ri et... "Femme qui rit"... La suite est connue. Cool! J'allais au moins bien m'amuser.


-On s'en fiche, non?

Hmm. Pas drôle. Les Serpentard et leur goût pour le mystère, et pour faire chier le monde surtout! Je fronçai les sourcils, contrarié, tout en ne la quittant pas des yeux. Elle était tournée vers moi, à quelques centimètres de moi. Elle avait du cran, cette petite. Elle avait du cran parce qu'elle ne voulait pas perdre la face devant un grand Gyffondor comme moi, et si c'était tout à son honneur, je n'étais pas un idiot non plus, je savais qu'au fond elle ne devait pas tant en mener large que ça. Ah, ça me faisait chier de ne pas savoir son prénom, pourtant les meufs j'y faisais attention, quelle idée d'être à Serpentard aussi! Elles y étaient (presque) toutes moches, du coup normal, je m'en foutais pas mal...

-Alors, Chuck... Qu'est-ce que tu proposes?

J'eus un petit rire et, lentement, tout en prenant bien mon temps, j'avalai une gorgée de Pur-Feu, puis sortis une clope et l'allumai, à nouveau. Je rangeai ma baguette de laquelle j'avais fait jaillir des flammes puis soufflai vers le ciel, avant de reprendre d'une voix amusée :

- J'suis pas sûr que ce soit très juste que tu m'appelles par mon prénom alors que je ne sais pas le tien...

Je lui lançai un petit regard en coin, et je sentis que je me prenais de plus en plus au jeu, et que je n'avais pas envie de m'arrêter en si bon chemin. Ce que je proposais...

- Ça, déjà, fis-je en riant sous cape. J'avais tendu ma cigarette entre nous et la fumée s'envolait dans la nuit, et j'étais persuadé à 100% qu'elle n'avait jamais goûté à ça non plus et que ça ne coûtait rien de proposer - en toute provocation gratuite bien entendu. Avec un petit sourire entendu, je repris sans la quitter des yeux moi non plus (elle avait un sacré regard, même si son visage faisait un poil trop jeune, ses yeux, sûrement à cause du maquillage, avait quelque chose de sacrément attractif et donnaient l'impression qu'elle avait quelques années de plus) : Qu'est-ce que je dois faire pour savoir ton prénom?

Donant-donant, avec les gens de son espèce, non?

- Et pour la suite, on verra après... Je m'étais sensiblement rapproché pour qu'on soit tout près l'un de l'autre et que nos voix n'aient pas à porter très loin. Je la dominai de ma taille et je constatai non sans plaisir qu'on se confondait dans la nuit, à part le bout incandescent de ma clope, et que personne ne pouvait nous voir.

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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Jeu 27 Sep - 22:28

Mais qu'est ce que j'étais en train de foutre? Qu'est ce que je faisais à une fête, au beau milieu de la nuit, en compagnie de Chuck Carlton sur une citrouille? J'avais beau jouer, et à la perfection d'ailleurs, une petite voix continuait de me poser cette question, inlassablement. Que penserait Ruby de moi, si elle me voyait en cet instant? A vrai dire, il y avait deux réponses; la Ruby d'avant m'aurait probablement conseillée d'être prudente, tandis que celle d'après... je ne sais pas. Ri au nez, peut-être? Prendre une photo pour s'empresser de montrer au Daily Poudlard que la dernière conquête de Chuck Carlton n'est autre qu'une petite Serpentard jusque là inconnue qui se trouve avoir l'âge de son petit frère?
...Je délirais complètement. Peut-être étais-ce l'effet de l'alcool. Je n'avais aucune idée de la quantité à ingurgiter pour en ressentir les effets. En tout cas, si c'était ça, je n'y retoucherais pas de si tôt.

Me refus de donner mon prénom que j'avais espéré discret ne sembla pas plaire à Carlton. Je vis à la lumière de sa cigarette ses sourcils se froncer et sa mine se renfrogner légèrement, ce qui eu pour effet d'élargir mon sourire. Alors quoi? Il voulait mettre un nom sur un visage dont il ne se rappellerait peut-être pas demain? Peu importe, je n'étais pas du genre à céder pour faire plaisir. Même si ce soir je me montrais particulièrement et étrangement conciliante, mon anonymat restait indispensable. J'étais sûrement un poil pessimiste lorsque j'imaginais les rumeurs sur moi si jamais je donnais simplement mon nom, mais prudence est mère de sûreté. Je ne souhaitais pas me trainer toute ma scolarité une drôle de réputation pour le simple fait d'avoir accepter de partager ma citrouille avec Carlton. D'accord. J'étais complètement parano.

Pour changer de sujet, je demandais ensuite au Gryffondor ce qu'il avait en tête pour nous "distraire". En réalité, j'avais ma petite idée sur la question, mais j'étais curieuse de voir s'il était capable de le formuler avec des mots, ou autrement dit, de faire preuve de subtilité. Ma question sembla encore une fois l'amuser. Si jamais il m'avait connu avant, je crois qu'il se serait probablement étranglé de rire si je lui avais posé cette question, les yeux dans les yeux, un léger sourire toujours flottant sur les lèvres. Un instant je me demandais si je n'allais pas trop loin. Peut-être étais-je en train de franchir le point de non retour avec tous ces sous-entendus? Non. Même sous l'effet potentiel de l'alcool, en pleine nuit, et dans un état mental étonnamment joueur, je restais capable de dire non, et sinon, d'assener une claque magistrale. Oui, au fond, je restais moi-même. J'avais juste envie de voir jusqu'où je pouvais aller, où étaient mes limites.


- J'suis pas sûr que ce soit très juste que tu m'appelles par mon prénom alors que je ne sais pas le tien...

Je répondis par un petit rire. Effectivement, ça ne l'était peut-être pas. Mais il fallait y songer avant d'avoir été Mister Gryffondor et d'être sorti avec des filles comme Lilian Easter. Dur de ne pas connaître son nom alors qu'il faisait régulièrement la couverture du Daily Poudlard et que le château entier était globalement au courant de ses histoires de cœur. S'il voulait garder un peu de vie privée -ce dont je doutais-, il n'aurait eu qu'à se donner un peu de mal... ou quelques sorts d'amnésies sur les journalistes du journal de l'école, ça marchait aussi. Enfin, bref, je ne le plaignais pas trop.

Je baissais les yeux quand il me tendit quelque chose, un sourire quelque peu mesquin sur le visage. Une cigarette. Humm.


- Ça, déjà, me lança-t-il.

Je jaugeais Chuck du regard, ainsi que l'objet maléfique qui crachait un peu de fumée. Alors c'était ça que l'on faisait en soirée? On boit quelque chose d'infecte qui nous arrache la gorge en inspirant les vapeurs d'un bout de papier fourré à je-ne-sais-quoi et en draguant à moitié le premier venu? Je n'étais peut-être pas experte en humour, mais les gens ont une drôle de notion de l'amusement. Enfin bon, j'étais bien partie ce soir pour m'essayer à toutes ces choses qui forment le quotidien de certaines personnes visiblement, alors je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin, à cause d'une petite cigarette de rien du tout. J'avais déjà vu Ethan et Daniel en fumer une ou deux fois, et Chuck le faisait depuis tout à l'heure, j'avais donc une vague idée de comment ça se faisait. Restait plus qu'à mettre en pratique.

Je pris délicatement la cigarette, faisant attention à se pas toucher à la fois le bout crépitant et la peau du Gryffondor, car si j'étais "gentille" ce soir, je n'en restais pas moins électriques aux contacts humains, plus particulièrement masculins. J'approchais l'objet de ma bouche, tentant de cacher ma méfiance et ma curiosité. Il suffisait de poser les lèvres dessus et d'inspirer non?... Je m'y essayais. Je pris une assez grande bouffée, ne sachant pas trop comment faire, avant de retirer la cigarette dans un geste mal assuré et... de tousser à m'en cracher un poumon. Mais c'était immonde, ce truc!


-C'est infect, lâchais-je entre deux toux.

Mon ton n'était pas méchant ou accusateur, juste spontané; car si j'avais pu "arranger" un peu la vérité pour l'alcool afin de garder la face, là ça m'était impossible. Ça sentait pourtant pas trop mauvais ces trucs quand c'est lui qui la fumait, mais quand on le fait soi même... Il était vraiment masochiste pour s'avaler quotidiennement ça et du Pur Feu, ou alors ça s'arrangeait vraiment avec le temps? Hum. Je restais perplexe quant à cette idée. Comment quelque chose d'aussi dégueulasse pourrait devenir... agréable? Je lui rendis la cigarette, absolument sans regrets.


-Qu'est-ce que je dois faire pour savoir ton prénom? reprit-il.

Je me retournais vers lui afin de lui reporter mon attention et constatais qu'il était en fait près, vraiment très près. Je sentis mon cœur s'accélérer car ce que j'attendais autant que je le redoutais arriverait probablement sous peu.


- Et pour la suite, on verra après...

Il était à présent tellement proche que je pouvais voir son regard briller de malice. Il menait la danse. Je ne pouvais qu'espérer qu'il n'était pas fétichiste des yeux comme moi, sinon il ne tarderait pas à deviner le manque d'assurance que je tentais de dissimuler du mieux que je pouvais. Mais je manquais d'habitude, car en général, je suis plutôt de ces personnes qui n'ont peur de rien. Pourtant, j'étais mal à l'aise. A treize ans, la plupart de mes camarades étaient des habituées de tout ce qui touche de près ou de loin à l'amour, mais personnellement, ce mot semblait comme me brûler les lèvres. Rien que le penser me donnait envie de secouer la tête jusqu'à l'en chasser. Sauf que je ne tenais pas à passer pour une débile légère ou pire encore, une fille coincée, devant Carlton, alors je me maîtrisais.

Mon prénom, il y tenait décidément. Mais ce n'était pas avec lassitude ou agacement que je constatais cela, car il avait en quelque sorte prononcé les mots magiques. Les mots qui signifient "je relève le pari d'avance". Les mots qui attendent un défi. Le problème, c'est que je ne voyais pas quoi. Je veux dire, ce n'était pas les vacheries à faire qui manquaient, mais j'étais à peu près sûre que Carlton ferait n'importe quoi sans le moindre scrupule, tant il semblait n'avoir peur de rien. Or, quitte à le défier, je voulais que ça lui en coûte un peu. Ce n'est pas drôle sinon!

Alors je m'activais mentalement. Sa faiblesse... Sa faiblesse... Un sourire malicieux éclaira mon visage quand la solution m'apparut, simple et évidente. Moi. Je veux dire, nous, nous tous, les Serpentards. S'il y a bien quelque chose pour lequel Chuck est connu, hormis ses nombreuses conquêtes et son penchant pour la boisson, c'est bien sa haine pur les verts et argents. En lui demandant ce à quoi je pensais, je trahissais certainement ma maison, mais avec un peu de chance, il ne tenterait pas d’additionner deux et deux, où ne s'en rappellerait tout simplement pas demain. Je me raccrochais à ça, car c'était vraiment la seule idée que j'avais. Et elle me plaisait bien.


-Je veux t'entendre dire, commençais-je avant de me reprendre, non, je veux t'entendre crier combien tu aimes les Serpentards...

Grand sourire. D'accord, ce n'était ni très fin, ni très mature. Mais après tout, je restais une gamine !

Et puis je me demandais quand même ce qui allait prendre le dessus chez lui. Sa haine -plus par principe qu’autre chose à mon avis- pour ma maison, ou bien était-il suffisamment éméché et désireux de connaître mon prénom pour "tenter le diable"? Après tout, chacun son tour de tester l'autre. Et puis il ne me semblait pas demander la lune, c'était même bien peu cher payé pour me priver de mon anonymat... Mais peut-être qu'un peu de motivation supplémentaire de serait pas de trop. Aussi, j'approchais davantage encore mon visage du sien, souriant à pleines dents, ignorant mon coeur tambourinant entre mes côtes qui me rappelait combien ce n'était pas moi, ce genre de choses. Je choisis de l'ignorer.


-Allez... que l'on puisse passer à "la suite".

Bon vrai Gryffondor qu'il était, ce n'était pas un petit défi de rien du tout comme celui là qui devrait l'arrêter. Je songeais qu'avec un peu de chance, s'il le faisait, il y aurait quelqu'un d'assez proche pour l'entendre et identifier sa voix. Cette pensée ne fit qu’agrandir mon sourire. Les rouges et ors avaient peut-être des qualités insoupçonnées, finalement.

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MessageSujet: Re: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Lun 1 Oct - 12:35

La suite, j'aurais pu la prévoir. Vu le regard douteux qu'elle porta sur ma cigarette et son froncement de nez caractéristique des non fumeurs - pouah, ça pue ce truc, ohlàlà, comment tu fais pour avaler ça! - elle n'avait jamais fumé, c'était certain. J'étais en position de force, quelques instants évidemment, parce que si elle en avait un peu dans le ventre elle allait accepter le deal. Et c'était moi qui lui tendais l'objet du mal. Ça me faisait marrer. J'avais fait fumé des tas de gens, et tous avaient eu la même réaction, ou presque. Je ne me rappelais plus très bien comme j'avais testé la première fois mais sans doute que moi aussi j'avais dû tousser comme si on m'arrachait mes poumons. C'était quand même drôle que ce truc défonce et paraisse absolument dégueulasse quand on y goûtait la première fois, mais qu'il avait quand même un petit goût de reviens-y assez fort pour qu'on essaye encore, et encore, jusqu'à ce que le goût soit kiffant et que la sensation prenne le dessus. Aujourd'hui le tabac ne me paraissait plus du tout dégueulasse mais au contraire, agréable; cette odeur si caractéristique et, surtout, le geste, la fumée qui descend dans les poumons et ressort de la bouche en une colonne toute droite, avant de faire un peu tourner la tête. Elle avait obéi en tout cas, et je la suivis des yeux après qu'elle ait saisi la cigarette de ses petits doigts fins. Elle la porta à sa bouche, aspira, et perdit en quelques secondes toute sa crédibilité et sa superbe, puisqu'elle se mit à tousser comme un dragon en rut avant de lâcher entre deux quintes de toux :

- C'est infect.

Satisfait, je récupérai la cigarette d'un geste autoritaire en prenant bien soin au passage de toucher sa main, puisqu'elle n'avait pas daigné le faire - je n'étais pas aveugle non plus. J'eus un petit sourire avant de tirer une taffe à mon tour et, après un temps où, bon prince, je lui laissais retrouver ses esprits, j'ajoutai :

- Ouais, désolé de te décevoir mais tu as eu la même réaction que tout le monde. Maintenant le truc que tu te demandes c'est : pourquoi les gens continuent à fumer, pas vrai?

J'eus un petit regard en coin, mystérieux. Impossible de ne pas penser à Coop quand j'avais voulu le faire fumer la première fois et qu'il m'avait servi ce regard dont il avait le secret : celui du type tout à fait au-dessus de tout ça, pas foncièrement méchant, mais qui voulait juste dire "mon pauvre ami, pourquoi tu te rabaisses à de tels trucs?". J'avais pris à le laisser faire sans m'énerver, avec le temps, et maintenant ça m'amusait et je faisais exprès de le provoquer. De toute façon, je savais qu'il savait pertinemment que son frère était perdu pour cette cause, et je m'amusais beaucoup à lui rappeler chaque jour.

Bon. Au moins elle avait relevé le défi, ce qui engageait pas mal pour la suite. C'était moi où les gens étaient un peu moins nombreux là-bas, là où la musique battait son plein et où l'alcool coulait sûrement à flots? Rien de très illogique puisque les plus sages avaient dû finir par rentrer, et ne restaient que les personnes habituelles, celles qui aimaient la fête et la défonce et qui n'avaient besoin de personne d'autre pour en profiter. C'était bizarre de me dire que je n'étais pas avec elles, parce que ma place, normalement, était là-bas. Au lieu de ça j'étais simple spectateur, planqué derrière mes citrouilles, à faire une sorte de cour (?) à une petite gamine de Serpentard, trop jeune pour moi, et qui croyait bon de me cacher son prénom, en plus de ça. Bah! Si elle croyait que ça allait me freiner! Je n'avais aucune envie de retourner là-bas, et encore moins d'aller me coucher, parce que l'ambiance du dortoir endormi me faisait autant envie qu'une soirée en tête à tête avec Woodley.

Je la devinais méditer mon insidieuse petite question plus que je ne la vis, évidemment, parce que le noir était le troisième larron de notre petite sauterie improvisée. A vrai dire je n'avais aucune idée de ce qu'elle allait pouvoir me dire pour se sortir de là et j'attendais ça avec une hâte molle, espérant juste que le jeu en vaudrait la chandelle et que je ne me retrouve surtout pas le bec dans l'eau, et que mes efforts soient vains. Il y avait un but à tout cela, je le rappelle...


-Je veux t'entendre dire... Non, je veux t'entendre crier combien tu aimes les Serpentards...

Ah. La salope.

Je lui jetai un regard noir malgré la pénombre, tandis que toute contente d'elle elle s'était rapproché tout près de moi et me souriait de toutes ses dents. Ben tiens, oui, tu peux être fière de toi, c'est sûr.


- Ça, c'est vraiment mesquin. Pas de doute, t'as bien choisi ta maison, grognai-je entre mes dents, un peu agacé de ce retournement de situation. Mais bon! Ce n'était pas dit que Chuck Carlton allait se défiler, devant n'importe quoi. Elle allait l'avoir, son cirage de pompes, aussi débile soit-il, pas de problème.


-Allez... que l'on puisse passer à "la suite".

Tiens tiens tiens... La victime qui se prenait pour le bourreau? Elle me paraissait soudain bien plus sûre d'elle et elle était si près de moi que je sentais nettement son parfum - délicieux par ailleurs - dans mes narines et ma bouche. J'eus un petit sourire vainqueur. Au fond, elle marchait aussi dans mon jeu. Je n'étais pas si perdant que ça.


- Très bien. Mais je te préviens, il va me falloir plus que ton prénom après ça...
Sans lui laisser le temps de rien ajouter, je lâchai de mauvaise grâce : J'adore les Serpentards. Cette bande de gros bouseux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Ok, ok, c'était pas ça qui était demandé, mais bon. Un peu de patience, c'était pas facile de proférer des conneries de ce genre! J'haussai le ton et mentis d'une voix forte : J'ADORE les Serpentards!!

Cette fois c'était assez fort pour qu'ils m'entendent jusqu'à la fête, je pense, même si merci à la musique elle devait me couvrir assez, et merci à la nuit, elle me camouflait. Je tirai sur ma clope de nouveau, avant de regarder ma très chère petite compagne :

- Heureuse?

Ben tiens, elle avait intérêt à l'être oui. Ce n'était pas de si tôt que j'allais redire un tel truc, alors qu'elle se réjouisse au moins du moment qui venait de passer. Surtout que maintenant, c'était moi qui avais les cartes en main. Je venais de relever son défi, et j'allais bien évidemment exiger ma contrepartie. Je changeai ma position, m'asseyant de manière à être tourné de trois quarts vers elle, et bus une autre gorgée de Pur-Feu pour faire passer le tout.

- J'attends, repris-je avec la tête du mec qui est bien content de la tournure des évènements. Joignant le geste à la parole, je lui avais pris son avant-bras nu de ma main (elle était toute fine et j'en faisais aisément le tour) et la forçai doucement à rester tourner vers moi, et surtout, à ne pas trouver une porte de sortie. Non parce que après si elle estimait que je ne l'avais pas dit assez fort ou assez clairement... Je pouvais aussi me montrer très convaincant et lui montrer clairement que, ce soir tout particulièrement, j'aimais plutôt bien les Serpentards... Une Serpentard.

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Ana Falkowsky
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MessageSujet: Re: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Dim 14 Oct - 20:34

Spoiler:
 

Je me retins à grand peine de tressaillir lorsque Chuck m'effleura en récupérant sa cigarette. C'était si normal, les gens eux faisaient ça à longueur de journée, et pas que de simples effleurement -surtout Carlton- mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Encore, lorsque c'était Ruby, j'avais appris à être moins hermétique au contact humain, mais avec les garçons... il n'y avait rien à faire. Je ne les touchais jamais, et lorsque ça arrivais, j'avais des réactions démesurées -reculer de quelques mètres...-. A part pour leur en mettre une.

Au fond, j'étais sûre que le Gryffondor s'en rendait compte, à quel poins j'étais mal à l'aise. Par chance, je cachais plutôt bien mon jeu et il devait prendre ça pour une simple timidité de fillette intimidée par un grand garçon. Il y avait peut-être du vrai là dedans, mais pas que. Le tout étant que lui semblait bien prendre son pied à me faire expérimenter diverses choses auxquelles je n'aurais jamais songé si je n'avais pas été "dans un état second". Ou sous l'effet de l'alcool, cette idée ne m'étais toujours pas sortie de la tête.


- Ouais, désolé de te décevoir mais tu as eu la même réaction que tout le monde. Maintenant le truc que tu te demandes c'est : pourquoi les gens continuent à fumer, pas vrai?

J'émis un petit bruit amusé, car il avait vu juste. Si c'était si mauvais, pourquoi ils en reprenaient?! Je ne fonctionnais peut-être pas comme la plupart des gens, mais ça, c'était d'une logique indiscutable! Enfin bon, j'avais renoncé depuis longtemps à comprendre les gens, et à plus forte raison encore les types comme Carlton. Même si j'étais en train de revoir ma position sur lui -il n'était pas de si mauvaise compagnie-, l'idée d'une soirée = une aventure me dépassait complètement. A vrai dire, même séparées, chacune de ces choses me semblait une mauvaise idée. Mais comme je l'ai dit, je pensais rarement comme tout le monde, alors on va admettre que c'était moi qui avais tort, là dedans.

Comme je m'y attendais, je sentis son enthousiasme se freiner quelque peu lorsqu'il entendit ma proposition de défi. D'ailleurs, je parierai presque que si l'obscurité n'était pas aussi ambiante, je verrais sur ses traits une certaine expression que je n'avais encore jamais vu sur son visage. Voilà qui ajoutait encore à mon amusement. Finalement, le point faible, le vrai de Carlton, était bien plus que les filles, sa fierté. Son fichu orgueil que l'on sentait à des kilomètres tant il faisait peu d'efforts pour le cacher.

Un instant je crus qu'il aller refuser de se prêter au jeu et décréter que le jeu n'en valait pas la chandelle -ce qui était d'ailleurs vrai, clamer haut et fort un mensonge juste pour un prénom dont il ne se souviendrai pas...- tant il semblait mécontent. Il ne se priva d'ailleurs pas de me le faire remarquer et me lança, boudeur:


- Ça, c'est vraiment mesquin. Pas de doute, t'as bien choisi ta maison.

Mon sourire s'élargit, autant à l'effet de ses paroles qu'à sa voix passablement énervée. J'avais envie de me féliciter, là, c'était sûr: rien n'aurait pu plus l'agacer! Mais comme je sentais que ça ne lui plaisait vraiment pas -tout autant que j'aurais préféré un tête à tête avec le calmar plutôt que de crier que j'aime les Gryffondors-, et j'avais pas envie qu'il se défile, je l'encourageais un peu, évoquant cette suite tant attendue. Ce qui sembla en effet le motiver.

- Très bien. Mais je te préviens, il va me falloir plus que ton prénom après ça...

Euh... Ah ?

- J'adore les Serpentards. Cette bande de gros bouseux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Je fronçais les sourcils, mais ce n'était pas vraiment convaincant avec ce sourire qui ne me quittait plus. Cette situation était tellement ridicule, n'importe qui de vraiment motivé aurait réalisé ce défi en deux temps trois mouvements pour obtenir ce qu'il veut, et sans doute plus encore. Mais il y avait Carlton et cette fierté qui lui faisait obstacle pour parvenir à ses fins, cette volonté de ne pas perdre la face. Le pire là dedans? C'est que je le comprenais. Si les rôles avaient été inversés, je crois qu'il m'aurait fallu beaucoup plus que le nom de mon compagnon pour me faire dire que j'aime les Gryffondors. Au fond, peut-être qu'on se ressemblait un peu tous les deux, avec notre fierté mal placée et démesurée.

Sauf qu'en attendant, c'est moi qui avais l'avantage.


-Allons, tu peux faire mieux que ça, me moquais-je.


-J'ADORE les Serpentards!!

Eh bien voilà, quand tu veux, avais-je envie de lui répondre, mais il y avait des chances que "le naturel revienne au galop" chez Carlton et prenne le pas sur la galanterie. Dommage, me montrer insupportable était tellement plus facile... Mais je devais reconnaître qu'il avait bien joué le jeu, alors à mon tour de me montrer conciliante à présent.

-Je n'en ai jamais douté, répondis-je en souriant.

D'accord, d'accord. Je n'avais pas pu m'en empêcher. Disons que c'était pour compenser pour le "gros bouseux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez"... Et puis qu'était un défi si on ne peut pas se moquer après? Si je ne me foutais pas un peu de lui, personne ne le ferait, et la probabilité que Chuck Carlton répète un jour qu'il adore les Serpentards était extrêmement... faible. Alors que ce soit sous la contrainte ou pas, je pouvais bien me réjouir de lui avoir fait dire l'impossible !


- Heureuse?

Je lui répondis par un nouveau sourire malicieux. Evidemment que ça me faisait plaisir, faire dire ça à Chuck Carlton n'était pas donné à tout le monde... Cependant, sa question m’avait rappelé qu’à présent, c’était à mon tour de lui donner ce qu’il voulait, et il semblait bien déterminer à obtenir davantage que mon prénom, à présent. Cette intuition fut renforcée lorsqu’il se tourna de manière à être assis pratiquement face à moi, avant de boire une nouvelle fois à la bouteille. A présent, je la sentais clairement, cette envie de prendre mes jambes à mes cou, car je sentais arriver la suite gros comme une maison. Mais la curiosité et l’envie de dépasser mes limites étaient présentes aussi, peut-être davantage même que la peur.

-J’attends, me lança-t-il l’air visiblement content de lui, au final.

Il avait l’avantage, à présent, et il en avait bien conscience.

Je sursautais imperceptiblement –du moins, il me semblait- lorsqu’il prit mon bras de manière à me garder tournée vers lui. Il me tenait le bras, il me tenait le bras, il me tenait le bras… Je jetais un coup d’œil à sa main comme si elle était en train de me brûler, et me rappelais que je devais à tout prix garder la face, ne pas lui montrer combien j’étais en réalité terrorisée et impressionnable. Je ne voulais pas le voir moi-même.

Dans une tentative de songer à autre chose qu’à cette main qui semblait m’emprisonner, je me dis que Carlton était vraiment un type immense, et qu’il devait faire aisément deux têtes de plus que moi. Si je décidais de déguerpir, même en admettant que je parvienne à me dégager, il n’aurait aucun mal à me rattraper. Mais avais-je vraiment envie de partir ? Je relevais les yeux vers lui et me plongeais dans ses yeux marron. Il attendait.


-Ruby. Je m’appelle Ruby.

Je me maudis à l’instant même où je prononçais ces mots. Pourquoi avait-il fallu que ce soit elle qui sorte en premier ?! Elle ne pouvait pas juste dégager de ma tête, l'espace de quelques heures?! Dieu merci, j'avais dit ça avec beaucoup d'assurance tout de même, et mon agacement contre moi même ne devait pas être trop visible extérieurement. Intérieurement, l’envie de me mettre des claques était à son maximum, et je détournais les yeux, priant pour qu’il ne décerne pas pour autant le mensonge. Ça, ça aurait vraiment été le comble de l’exaspération pour moi, car j’étais d’ordinaire une très bonne menteuse. Pourtant, bien que ça m’en coûtait de l’admettre, Carlton m’intimidait vachement et son regard tranquille et nullement inquiet sur moi sans gêne me faisait me sentir mal à l’aise. Mais plutôt mourir que de lui montrer.

-Qu’est ce que tu veux de plus? repris-je en levant de nouveau les yeux vers lui.

Je ne souriais plus, mais ma voix était un défi à elle toute seule.
Un défi pour lui, mais surtout pour moi.

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MessageSujet: Re: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Lun 15 Oct - 11:37

-Je n'en ai jamais douté.

Mais pour quelle putain de raison les Serpentard avaient tous la même attitude? Quand même, n'allez pas me dire qu'à Gryffondor on était des pâles copies les uns des autres. Par exemple, prenons... Non. Mauvais exemple. Pourquoi je m'aventurais dans ce chemin?! Bref, en tout cas je pouvais assurer une chose : évidemment qu'on était différents, la preuve, il y avait même des tensions. La salle commune de Serpentard devait être une vaste salle de clonage en fait, et quand ils y entraient, ils étaient foutus. Quand ils en ressortaient, ils avaient ce masque insupportable de mépris et de supériorité (et pourquoi, je vous le demande, qu'est-ce que ça pouvait bien prouver d'être pété de thunes mais seul et consanguin? Elle était où la supériorité sur le bas-peuple là-dedans?) et exactement les mêmes attitudes, cynisme, air grinçant, sourire en coin, et j'en passe et des meilleures. Et donc la petite brune ne dérogea pas à la règle. Pour un peu j'en aurais soupiré, tiens. Pourquoi? Est-ce qu'ils ne pouvaient pas se réinventer un peu? 2012, ça leur disait quelque chose? Le temps des privilèges, des courtisanes et des magouilles à la cour du Roi était révolu.

Elle souriait de toutes ses dents la drôlesse, évidemment, bien contente de son petit stratagème. D'un côté j'avais de la chance dans mon malheur, quand même, parce qu'il faisait nuit, que le taux d'alcool ambiant devait avoisiner les deux grammes, et qu'on était loin du coeur de la fête, donc bon. Qui s'en foutait? Tout le monde. Sauf moi, évidemment, parce que non, que les choses soient bien claires, je n'aimais pas du tout ces gros coincés, mais après tout, j'avais agi dans un seul et unique but, alors au diable l'avarice. Ce soir, je me foutais de tout, et encore plus que d'habitude. Je n'avais pas envie d'être là, je n'avais pas envie de croiser certaines personnes comme j'avais justement envie de les mettre au pied du mur, je ne savais plus trop sur quel pied danser, et pire encore ni l'alcool ni le joint semblaient avoir envie de m'entraîner dans leur danse, donc, voilà, j'étais coincé. Coincé dans ce potager aux citrouilles, avec pour seule compagnie une gamine des plus étranges mais qui, je ne pouvais pas dire le contraire, titillait ma curiosité et avait fait naître au fond de moi un certain challenge. Cédera? Cédera pas? D'elle ou de moi, je me demandais qui serait le premier...

Je pouvais très certainement me vanter d'une chose : n'être pas né de la dernière pluie. Fierté poussée à l'extrême ou bien explication bien plus sinueuse, il n'y avait pas vingt mille raisons pour laquelle une fille taisait son prénom. Ça m'était arrivé bien des fois, et mieux encore : le faux prénom. Qui ne l'avait pas fait? A qui ça n'était pas arrivé? J'avais trop de soirées à mon compteur pour ne pas m'y connaître en la matière...


-Ruby. Je m’appelle Ruby.

Après que je me sois tourné vers elle et approché, bien plus près que nous l'avions été depuis le début de la soirée, et que j'ai mis la main sur son bras, elle s'était sensiblement raidie, aussi gros qu'aient été ses efforts pour que ça ne paraisse pas. Mais je sentais sa peau, et sa chair par dessous, sous ma main, et la chair elle ne manquait jamais. Elle avait eu un frissonnement. Et ça rendait le tout encore plus excitant. Combien je pariais qu'elle détestait que je prenne les choses en main, c'était le cas de le dire, comme ça? Et qu'elle avait sans doute envie de se barrer, mais qu'en même temps elle ne voulait qu'une chose, rester?

- Tiens, comme cette grande blonde de Serdaigle, Ruby? C'est marrant, cette coïncidence... Je ne cachai pas un petit sourire provocateur, tout en soutenant parfaitement son regard. De plus en plus je voyais la jeunesse sous ses artifices - non pas que j'étais vieux, mais elle était tout de même plus jeune que moi - et je me demandais où était la vérité dans tout ça.

Ruby? Il y avait fort à parier que non. Je ne pouvais pas être certain, mais vu le personnage, et ce mystère qu'elle semblait bien kiffer, je n'aurais pas mis à ma main à couper de la sincérité de son aveu. Et puis mine de rien Poudlard n'était pas très grand, et même si on ne se connaissait pas tous personnellement, on se connaissait tous de vue, et les noms de chacun nous étaient familiers. Ruby Je-sais-plus-quoi-ford, ça me disait quelque chose, et ça me disait doublement quelque chose quand je me la figurais dans ma tête et qu'elle était plutôt bien gaulée et sexy de surcroît; je n'étais pas spécialement fan des blondes mais dans le genre, elle était au top. Et donc, Ruby. Sauf que si il en existait une autre, je m'en serais souvenu. Et ça ne me disait rien. Conclusion : Fausse-Ruby, tu te fous de ma gueule. Mais qu'importe après tout, je voulais la pécho d'accord, mais qu'est-ce que je pouvais bien avoir à faire de son prénom? Sans doute que le fait qu'elle sache le mien par la force des choses faisaient pencher la balance, et du coup ne me plaisait pas. Mais bon. J'allais m'en remettre.


- Va pour Ruby, continuai-je en la regardant du coin de l'oeil après avoir avalé une autre gorgée de Pur-Feu. C'était sans doute aussi vrai qu'elle s'appelait Ruby que j'adorais les Serpentard. D'accord, ce soir elle serait Ruby. Jusqu'à ce que je décide du contraire. Elle avait d'ailleurs tourné la tête. Pauvre chérie, le poids du mensonge se fait déjà ressentir? J'eus un petit rire : la situation devenait de plus en plus insolite.


-Qu’est ce que tu veux de plus?

Je sautai sur mes pieds, abandonnant un instant ma bouteille, sans lâcher son bras cependant. Et je me plantai devant elle, presque tout contre elle, lui faisant face. Eh bien, eh bien! Ce regard qu'elle leva vers moi me fit constater une seconde fois qu'elle était toute petite - dans tous les sens du terme - et que j'aurais été homme de conscience, je l'aurais plantée là en lui donnant rendez-vous dans trois ans. Mais cela faisait quelques temps que j'avais laissé ce genre de choses de côté, et si près du but, je ne pouvais quand même pas me résoudre à tout abandonner.


- Allons! Je fis genre que j'étais déçu. Je vous croyais plus intelligents, les petits serpents...

Je ne cachai pas mon sourire narquois, mais je m'approchais d'avantage. Cette fois j'avais attrapé sa main, de gré ou de force. Je lui murmurai, tout près de son visage :


- Qu'est-ce qu'un mec comme moi pourrait bien vouloir de plus?

Ça me faisait marrer d'imaginer tout ce qui pouvait bien lui passer par la tête. Elle devait se sentir prise au piège, alors qu'elle avait essayé de mener le jeu, et sûrement ne pas apprécier ça du tout. Elle devait sans doute redouter aussi que je passe à l'action, mais vu qu'elle n'avait pas tourné les talons, qu'est-ce que je pouvais en déduire, sinon qu'elle en avait envie? C'était trop facile de me faire croire que ouhlàlà non, la petite Serpentard ne voulait pas se mélanger avec le vilain Gryffondor, et qu'elle n'était qu'un chat qui jouait avec une souris entre ses griffes. Eh bien, non, parce que le chat et la souris changeaient sans cesse, et que là, c'était elle, l'arroseur arrosé, la petite prisonnière de mes désirs...

Je lâchai sa main pour la prendre par la taille et glisser ma main dans son dos pour la coller contre moi sans qu'elle ait le choix - facile, l'avantage de la force et de la taille était de mon côté - avant de, enfin, couvrir ses lèvres des miennes et prendre ce qui m'était dû. Et encore une fois, c'était moi qui menais la danse, et je comptais bien profiter, autant que j'en avais envie. Un baiser volé, ce n'était quand même pas la mort, non?

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MessageSujet: Re: Toi aussi, tu veux jouer? (pv Ana)   Dim 28 Oct - 21:46

Bon, j'en avais bien conscience, niveau crédibilité, j'approchais dangereusement du zéro. Ruby n'était pas un prénom courant, Poudlard était une petite école et la seule personne qui portait ce nom n'était pas de celle qui passait inaperçues. Bref, tout était là pour me rendre évident que là, j'avais merdé. Et qu'est ce que ça pouvait m'énerver! Parce que, ce genre d'erreur, ça veut tout dire: si il comprend que j'ai menti, ça veut dire que je suis sur la défensive, donc que j'ai quelque chose à cacher, donc je ne suis pas aussi détendue et à l'aise que je voudrais le faire croire. Bref, je suis grillée quoi! Et même si, aux dernières nouvelles, Chuck Carlton n'était pas célèbre pour son intelligence hors du commun -sans offenses-, il fallait vraiment vivre dans une grotte pour ne pas connaître Ruby -la vraie- et être un crétin pour ne pas flairer le mensonge. En plus, lorsque l'on traînait ensemble, il y a quelques semaines de ça, la préfète et moi ne nous cachions pas vraiment, donc s'il nous avais vu ensemble au moins une fois, il pouvait sérieusement douter que l'on porte le même prénom. Pas impossible, mais hautement improbable.

Je me ressassais tout ça, le tournant et le retournant dans tous les sens, mais rien à faire, de près ou de loin, bourré ou légèrement pompette, lumière ou parfait crétin, ça ressemblait toujours à la même chose: un bon vieux mensonge. Ça m'énervait d'autant plus que jusque là, je m'étais plutôt bien débrouillée avec Chuck, et ce n'était pas facile! Grand, musclé, à l'aise, et par dessus tout, Gryffondor, il avait tout ce qu'il fallait pour m'intimider. Et je l'étais, mais il me semblait le cacher plutôt bien!...jusque là. Quel genre de fille en soirée donne un faux nom lorsqu'un gars qui ne s'en rappellera plus le lendemain lui demande? Cela prouvait encore une fois combien je n'étais pas faite pour les fêtes. Si j'en doutais encore, là, c'était certain !


- Tiens, comme cette grande blonde de Serdaigle, Ruby? C'est marrant, cette coïncidence...


Il me demandait ça sans manifeste envie de connaître la vérité, mais tout en s'assurant de me faire comprendre qu'il n'était pas dupe. Je me mordis l'intérieur de la joue très fort, avant d'arrêter juste avant d'atteindre le sang. Manquerait plus que ça pour avoir l'air d'une parfaite gamine... Bien, bien, bien, relativisons. Mais ce n'était pas facile avant sa main qui tenait toujours mon bras et me rappelait à chaque instant que j'étais maintenant prisonnière de mon propre jeu, et face à un adversaire de taille, pas du genre à lâcher avant d'avoir eu son gain. Pourtant, il me surpris en se montrant particulièrement conciliant.

- Va pour Ruby, dit-il finalement, et je sentis mon rythme cardiaque baisser légèrement. Avant d'augmenter de nouveau lorsque mes yeux se posèrent sur nos peaux en contact. Bon. Une chose à la fois.

Au moins, il ne semblait pas avoir d'envie manifeste de me tirer les vers du nez, ce qui me confortait dans l'idée qu'il n'en avait bien rien à foutre du prénom des filles avec qui il flirtait. Bah, ce n'est pas comme si c'était un choc, ou comme si j'avais attendu autre chose, espéré mieux; après tout, si j'étais là à faire ce que je faisais, c'est que je savais à quoi m'attendre. Je savais que même si il y avait une chance qu'on fasse plus que parler dans quelques minutes, ça ne me passait pas la bague au doigt, et ça, c'était pas le cas avec tous les garçons. J'étais plutôt gagnante, au final.

Lorsque je lui demandais ce qu'il attendait d'autre que mon prénom, la malice sembla chasser de son esprit le petit mensonge que je venais de lui servir. A présent, il était dans son élément: en soirée, au calme avec une fille à sa merci, n'attendant plus que monsieur Carlton daigne lui donner ce qu'elle attends depuis qu'elle lui a adressé la parole. Ça me faisait bizarre de rentrer dans cette catégorie de fille, je trouvais ça étrangement rabaissant d'ailleurs, aussi, je préférais me dire que je n'attendais pas tant que ça le moment fatidique, que je pouvais tout aussi bien m'en aller maintenant et ne plus jamais y repenser. Dans les faits, c'était un peu plus compliqué que cela. Ne serait-ce qu'à cause de sa main qui me tenait toujours, me faisant pratiquement tressaillir dès que je m'en rappelais.


- Allons! Je vous croyais plus intelligents, les petits serpents...

Cette allusion sur les verts et argents me montra combien lui aussi semblait attacher d'importance à la petite rivalité qui opposait nos maisons. Et vu qu'il connaissais maintenant la mienne, je me demandais un peu comment il voyait ça, ce qu'on était en train de faire. Car nul ne doute qu'il n'aurait probablement pas eu la conduite qu'il avait maintenant si nous avions été en plein jour, dans Poudlard, entourés de tous ses amis... Cela serait sûrement vu comme une trahison chez les rouges et ors, un pacte -même provisoire- avec l'ennemi. Aussi, peu de risques qu'il ne s'en vante un jour auprès d'eux, ou qu'il me désigne comme l'une de ses conquêtes si un jour où se croisait au détour d'un couloir. De mon côté, je n'avais pas ce problème; tout d'abord parce que je n'avais pas d'amis fervents partisans de Serpentards, d'ailleurs je n'avais pas d'amis du tout, et ensuite, ma fidélité aux principes de ma maison laissait fortement à désirer....
Je répondis à sa déclaration qui n'attendait pas spécialement de réponse par un simple haussement d'épaule -il n'avait pas fini. Et comme pour bien le montrer, il s'empara de ma main.


- Qu'est-ce qu'un mec comme moi pourrait bien vouloir de plus?

Ce n'était pas vraiment une question, et ça n’appelait pas plus une réponse que ce qu'il avait dit juste avant. Et puis, lui comme moi le savions très bien, ce qu'un gars comme lui pouvait vouloir, ce n'était que pour la forme. Mon cœur s'accéléra davantage encore -rien dû au romantique extrême de la situation hein, mais parce que je sentais le moment approcher- lorsque Carlton lâcha finalement ma main pour la passer autour de ma taille, puis dans mon dos, et m'attirer à lui, avant de déposer le baiser tant attendu sur mes lèvres. L'obscurité ambiante m'avait empêché de voir quoi que ce soit, et bien que l'ambiance s'y prêtait tout particulièrement, cette pression me surpris et je restais un court instant les yeux ouverts, avant de les fermer et de m'abandonner à ce baiser -non pas que j'ai tenté la moindre résistance...ça aurait été hypocrite de ma part.

Finalement, je m'éloignais doucement de lui, bénissant cette fois le noir de nous cacher l'un à l'autre, car à n'en pas douter mes joues avaient viré au rouge. Indépendamment de ma volonté, cela va sans dire. Moi, je n'étais pas le moins gênée du monde, la tranquillité en personne! Du moins, c'est ce que je pouvais faire croire à Carlton. Car le rythme de mon cœur avait doublé, j'avais les joues en feu et... un espèce de sourire débile sur les lèvres que je n'arrivais pas à décrocher. Enfin quoi, pour un premier baiser, c'était plutôt insolite non? Pas du tout ce que je m'étais imaginé. En même temps, j'imagine que peu de filles imaginent leur premier baiser en pleine sur une citrouille avec un Chuck pas tout à fait sobre... Mais ça me convenait, je n'aurais pas voulu que ça soit autrement. Seulement, je voulais que ça reste un baiser et il y avait fort à parier que mon charmant compagnon envisage peut-être autre chose...

J'ôtais donc sa main de ma taille, la reposant doucement sur l'énorme citrouille qui nous faisait office de banc, avant de me re-rapprocher légèrement et de lui murmurer:


-Je crois qu'il est temps pour moi d'y aller. Je bloquais néanmoins une seconde avant d'ajouter ...C'était sympa.

Sur ce, je posais à mon tour mes lèvres sur les siennes quelques instants, puis m'en détachais, toujours ce sourire satisfait et gêné sur le visage. Je sautais finalement de la citrouille et partit, courant à toutes jambes, évitant les citrouilles avec ce que je devinais d'elles dans la nuit, le coeur étonnamment léger bien qu'il batte toujours aussi fort.

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Winter & Spring

 

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