RSS
RSS
Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé

 
AccueilAccueil  Portail  FAQFAQ  CalendrierCalendrier  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar


Scott McBeth
Apprenti Auror au Ministère de la Magie



Masculin
Nombre de messages : 1787
Localisation : Probablement dans ma salle commune à étudier ou au parc avec Apple !
Date d'inscription : 27/02/2009
Célébrité : Nicholas Hoult

Feuille de personnage
Particularités: /
Ami(e)s: Ruby, Apple
Âme soeur: Oh, help me to make it

MessageSujet: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   Mar 21 Aoû - 15:14




« Si mille soleils de métal prennent voile
Dix mille soleils de cristal font merveille
Viennent des lueurs de vermeil
Reviendront des siècles d'or
Cent fois mille et mille aurores encore... »




Ce matin-là, je m'éveillais plein d'une étrange sérénité, absolument contradictoire avec mon tempérament habituel et la journée à venir. Il avait plu les deux jours précédents et j'avais cru jusqu'à hier soir que tout mon programme allait tomber à l'eau - justement - mais dans la soirée les nuages avaient été chassés par le vent, et quand je me levai tôt ce matin, mes dernières peurs s'envolèrent tranquillement, car le ciel était d'un bleu clair, tout juste parsemé de quelques nuages de beau temps. Depuis la haute tour de notre salle commune, je voyais nettement le parc inondé de soleil, et l'air frais qui filtrait par les fenêtres entrouvertes laissait présager que la journée allait être agréable, ni trop chaude ni trop froide (et qu'on allait pas suer comme des gros phoqouins).

Stephen était déjà parti vadrouiller Merlin seul sait où - entre son penchant naturel pour les mystères, les endroits cachés où mener à bien ses expériences et sa nouvelle lubie avec Wayland, il me semblait disparaître sans arrêt et réapparaître quand je m'y attendais le moins, d'ailleurs, mais je ne m'en formalisais plus. Depuis notre dispute et les quelques péripéties de la suite, il régnait entre nous une atmosphère étrange. Je n'y arrivais pas à la qualifier : bonne ou mauvaise? L'épanchement de nos cœurs, contraints et forcés par le Veritaserum, avait fait autant de bien - libération, expiation, la rancœur qui s'envole, la retenue qui explose - que de mal ( la vérité en pleine figure, les craintes qui se confirment. Je n'arrivais pas encore à définir mon ressenti : étais-je triste, au plus profond de moi? Oui, mais pas de la manière dont j'aurais pu l'imaginer. Ses mots m'avaient blessé, son cynisme et ses moqueries avaient confirmé qu'entre tous,
lui, comme les autres, me voyait aussi comme "le petit Scott" qu'on aime bien avoir avec soi mais qui n'a rien de spécial - pas comme d'autres. Un genre de faire-valoir. Mais d'un autre côté, il me semblait avoir compris que Stephen était bien trop... Stephen, bien trop différent pour que j'espère qu'il soit attaché à moi autant que je l'étais à lui. Ce n'était pas que j'avais baissé les bras, mais j'avais décidé de laisser couler le flot des choses sans chercher à interférer. Cette attitude était grandement aidée, je ne me voilais pas la face, par la personne qui occupait mon esprit, mon temps et mes rêveries...

Passer du temps avec Lilian et partager avec elle des choses qui n'appartenaient qu'à nous m'avait fait énormément de bien. J'espérais que j'avais été pour elle le même repère qu'elle avait été pour moi, le phare qui m'avait sorti de la tourmente et guidé vers un horizon bien plus porteur d'espoir que le précédent. La blessure de Taylord n'était pas oubliée mais guérie petit à petit par les rebondissements de l'existence. J'avais réellement senti avoir bouclé la boucle en me vengeant sur Carlton, de la manière la plus noble qui soit, et si je ne préférais ne pas trop repenser à mes actes et mes pensées qui, pour une fois, avaient un peu dépassé mon esprit, j'étais soulagé de me tirer vainqueur d'une quelconque manière que ce soit. Je m'étais prouvé à moi-même que je pouvais passer au-dessus de ça, et Taylord restait celle que j'avais aimée, pour la première fois, celle avec qui j'avais échoué, et par ma faute. Nul ne servait de s’apitoyer : Carlton ou pas, Stephen ou pas, Taylord n'était pas amoureuse de moi et ne le serait jamais. Il était temps pour moi de passer à autre chose. Plus facile à dire qu'à faire, car j'avais toujours été sensible et attaché à la notion de fidélité, ad vitam aeternam, ce qui m'avait d'ailleurs laissé penser que le Choixpeau m'aurait réparti à Poufsouffle. Mais plus facile à faire quand on était aidé, et j'étais bien décidé à saisir ma chance.

Haley Collins était celle qui peuplait mes pensées, et j'avais été bien aveugle, car cela ne faisait que quelques temps que je pensais à elle de cette façon là. Mes yeux avaient été dévié de la vérité à cause de mes peines de cœurs; aujourd'hui, ce n'était plus pareil. Notre baiser en haut de la tour d'Astronomie n'avait plus rien d'aléatoire - certes il avait été réparateur sur le coup et ne nous avait engagé à rien... Du moins c'est ce que j'avais cru. Il avait en réalité engagé mon cœur sans même que je m'en rende compte. Je me retrouvas tant en Haley; avec elle tout était tellement plus... simple, même si je ne savais pas comment faire parfois, mais ça je ne pouvais me blâmer que moi pour être si peu doué avec ces choses-là. En-dessous des apparences et de nos peurs avec les autres, je savais, je savais qu'il y avait quelque chose de jumeau, quelque chose qui nous dépassait, une intense tristesse en elle - la même que la mienne? - et je mourrais d'envie de l'étouffer dans mes bras, pour que ses yeux brillent d'avantage. Ses yeux m'hypnotisaient et si je ne les regardais pas tout le temps, parfois parce que je n'osais pas et parfois parce que c'était elle qui baissait les paupières, dès que je retrouvais ce contact visuel j'étais admiratif. Il brillait avec une telle intensité au milieu de la pâleur de son visage, et il brillait surtout comme une multitude de petits joyaux de bleus, tous différents les uns des autres. Haley n'était pas une fille que l'on remarquait ou que l'on regardait, parmi les autres. Elle avait cette attitude trop effacée, cette même attitude qui m'avait valu de perdre un à un ceux de qui j'étais proche. Mais je ne savais pas faire autrement, alors comment?... Sauf qu'une fois qu'on l'avait remarquée, Haley était éblouissante. Sa beauté dépassait celle des autres filles jugées belles, elle avait une autre dimension. Elle était belle de bien des façons, sa mélancolie la rendait douce, ses secrets rendaient ses yeux mystérieux, sa timidité la rendait gracieuse, et je n'arrivais plus à la voir autrement que comme ces étoiles qui avaient brillé tout là haut dans le ciel, en haut de la tour d'astronomie. Sa lumière était pure et douce et dans le noir, elle me rassurait et m'indiquait comment sortir des ténèbres... Comment ne pas en avoir peur.

Depuis que je lui avais proposé de sortir, en cours de botanique, les fois où nous nous croisions en cours et dans la salle commune n'étaient pas rares et à chaque fois nos coups d’œil étaient un peu plus timides, mais nous sourires plus sincères. Je n'avais pas attendu pour la relancer, parce que j'avais bien trop peur de laisser ma chance s'effriter : une fois m'avait suffi. J'avais perdu Taylord parce que je n'avais pas été capable de prendre les choses en main, de vaincre mon appréhension. J'étais bien décidé à ne pas perdre Haley. La fin de semaine était arrivée et nous étions à quelques jours des vacances - c'était maintenant ou jamais, et je lui avais proposé le jeudi soir, alors que nous finissions notre devoir sur les sortilèges d'attaque et que nous avions ri de celui la Goule Rieuse. J'avais proposé une promenade à Pré-au-Lard, pour changer un peu de Poudlard, d'autant plus que nous allions chacun rentrer chez nous ensuite et que c'était l'occasion de profiter un peu de Pré-au-Lard avant la prochaine fois. Alors j'avais compris sa réaction du cours de Botanique et une fois mes mots lâchés j'avais eu envie de courir très vite et de ne pas entendre sa réponse, soudain effrayé qu'elle dise non - mais ça n'avait pas été le cas. Et ce rendez-vous était cet après-midi.

Je passai la matinée à relire quelques passages d'un livre sur la métamorphose, mais mes devoirs étaient tous bouclés et d'ailleurs les vacances étaient si proches que nous n'en avions presque plus. J'étais soulagé que Stephen ne soit pas là, car je préférais éviter de devoir lui dire que je passais l'après-midi avec Haley, que c'était notre rendez-vous à nous et que pour une fois dans sa vie ça ne pouvait pas lui faire de mal de ne pas mettre le nez dans mes affaires. Les heures passèrent plutôt lentement et même si je m'étais levé tôt - je n'arrivais pas à dormir tard le matin, c'était du temps perdu à mes yeux, et avec le temps c'était devenu une habitude - je n'étais absolument pas fatigué, et très impatient en vérité. Le déjeuner arriva enfin, et je le passai avec Haley et d'autres Serdaigle. Enfin, le repas terminé, les autres se dispersèrent et nous n'eûmes plus qu'à emprunter le chemin qui emmenait à Pré-au-Lard.

J'avais non seulement une idée en tête mais un plan bien précis également, si précis que je n'avais pas réussi à craindre notre rendez-vous : une organisation bien agencée me rassurait. Ce n'est que quand je me retrouvais seul avec elle, sous le soleil de cet après-midi de juin, qui brillait dans ses cheveux bruns et qu'en jetant des regards à la dérobée je la trouvais encore plus jolie que toutes les autres fois, que je pris peur. C'était idiot. J'étais un idiot - à quoi est-ce que je prétendais? Et si elle ne voulait pas de moi? Et si elle m'avait juste dit oui parce qu'elle voulait me faire plaisir? Et si au contraire je lui plaisais, pour l'instant, mais comme tout le monde, une fois qu'elle aurait passé un peu de temps avec moi elle se détournerait vers quelqu'un d'autre?... Et puis il y avait ces fois où je l'avais apperçue avec Carlton et je n'arrivais pas à m'ôter ces images de la tête -
pourquoi fallait-il qu'il gravite toujours autour de mon chemin? Et, par Merlin, qu'est-ce que Chuck Carlton et Haley Collins pouvaient bien avoir en commun?!

- Je... Je voulais t'inviter aux Trois Balais, ça te va?...

Envolée, ma sérénité de ce matin; je n'avais plus que l'air d'un pauvre garçon qui sait qu'il fonce dans le droit dans le mur. Alors que j'avais décidé de ne rien laisser paraître de mes craintes et d'être à l'aise pour la mettre à l'aise, voilà que je redevenais comment... Le naturel qui revient au galop...

La mort dans l'âme, et sans trop réfléchir, j'attrapais sa main dans la mienne, traversai la rue et poussai la porte du bar. Ses doigts entre les miens étaient frais et fins, fragiles; et je crois que je les avais attrapés par peur de la voir s'enfuir... elle aussi.

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.



Dernière édition par Scott McBeth le Mar 11 Déc - 18:08, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar


Haley Collins
Élève de 7ème année



Féminin
Nombre de messages : 1678
Localisation : Sous un cerisier.
Date d'inscription : 24/12/2007

Feuille de personnage
Particularités: Idiote.
Ami(e)s: ?
Âme soeur: ...

MessageSujet: Re: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   Ven 31 Aoû - 23:08

Je détestais ces matins là, ceux où, dès que les rideaux étaient tirés, ma peau trop blanche et mon âme trop pluvieuse étaient agressées par un oppressant ciel bleu. J'affichais un air contrarié qui contrastait avec la mine réjouie de mes camarades de dortoir ; mon cœur s'enfermait de lui-même dans une invisible coquille qui le protégeait des rayons de ce soleil si insupportable et entretenait l'humidité dans laquelle il avait été toujours aimé s'épanouir. Il puisait son repos – comme mon esprit y trouvait son étrange sérénité – dans les ruissellements de la pluie s'abattant sur les fenêtres closes du château ; à la vue de ces coupures d'eau qui semblaient entailler violemment le verre, et qui s’effondraient pourtant pour devenir les semblables des larmes – celles qui avaient l'habitude de couler sur mes joues ; à l'angoisse exaltante qu'engendrait la possibilité d'un orage naissant, présagé par les lourds nuages gris avançant dans le ciel comme une masse difforme mais puissante, prête à tout engloutir. Je ne désirais rien de plus que leur venue au dessus de ma tête. Je voulais plonger et me noyer dans ce gris fascinant et dans lequel je m'épanouissais comme une fleur au soleil – ces nuages étaient les seuls à savoir apaiser mes peines. Le seul problème étant qu'il les alimentaient, aussi. Mais le ciel bleu et l'astre solaire les ravivaient encore plus, d'une manière beaucoup plus agressive et douloureuse. Les jours de chaleur étaient ceux qui me rendaient le plus mal à l'aise – participer aux sorties à Pré-au-Lard, aux pique-niques festifs près du lac, à l'ombre des grands arbres du Parc, lézarder sur une veste posée à même le sol en discutant gaiement avec ses amis : c'était ce que déclenchaient les beaux jours et que j'observais de manière si lointaine. Je ne me sentais pas concernée. La pluie et les nuages gris sont miens - ils me font vivre. Le ciel bleu et le soleil me font dépérir – aux autres de s'en extasier.

Je craignais la fin de l'année scolaire pour deux raisons : l'arrivée du temps estival, et celle de mon jour d'anniversaire. Un jour d'été. Un jour de soleil. Ces incidents couplés à la fin des cours et de la vie à Poudlard, je pouvais clairement clamer haut et fort que le mois de Juin était celui que j'aimais le moins dans l'année. La seule chose dont je me réjouissais était les examens qui avaient lieu pendant cette période : mon attention tout entière était subtilité par ce seul objectif de réussite qui m'animait. J'étais née un vingt-cinq Juin – quelle ironie. Lors des après-midi d'hiver à jouer du piano dans le grand salon austère de notre maison, quand j'étais plus jeune, rien ne m'était plus doux que d'être accompagnée par la pluie qui me faisait entendre sa musique en se précipitant bruyamment sur le grande porte-fenêtre qui me faisait face. J'étais donc habituellement en plein dans la lumière jour lorsque je jouais – mais lors des journées bienheureuses de grisailles, je me faisais docilement happée par le voile gris céleste dans lequel je plongeais mon regard, et il me semblait alors que les pleurs d'apaisement et de sérénité que m'inspirait les notes du piano s'élevant dans cette pièce si vaste et vide étaient exprimés tout entiers par les gouttes de pluie qui s'écrasaient puis s'écoulaient, descendant tragiquement le long de la vitre – car moi, je ne pleurais pas vraiment, je n'en avais pas le droit, mais la pluie parlait à ma place. Et plus le ciel était lourd, plus mon cœur se faisait léger.

Pour tenter de ne pas tirer que du négatif au sujet de mon jour d'anniversaire – événement d'ordinaire heureux -, j'avais effectué quelques recherches à la bibliothèque londonienne la plus proche de chez moi, celle à laquelle j'empruntais constamment mes lectures. Les seules informations qui m'ont marqué sont les suivantes :

« 25 Juin
- Jour du concombre
- Journée internationale des gens de mer instaurée par l'Organisation maritime internationale
- Journée nationale du poisson-chat aux Etats-Unis
»

Toutes les références culturelles, historiques et politiques moldues qui auraient pu m'apporter culture et utilité ont été occultées de mon cerveau. Je ne suis jamais retournée dans cette bibliothèque pour combler ce manque de savoir, l'histoire sorcière étant assez vaste pour occuper les longs étés que je passais de retour chez moi, à la maison, prête à prendre de l'avance sur l'année suivante qui se profilait à Poudlard et que j'avais hâte d'aborder.

Mais avant la rentrée prochaine, le retour à Londres, et le début des examens, avaient lieu ces quelques jours de révisions – ou de repos, cela variait beaucoup d'un élève à un autre – durant lesquels les professeurs constataient que les savoirs que nous étions censés avoir assimilés durant l'année s'étaient étonnamment évaporés depuis le moment où nous les avions acquis en classe, quelques mois auparavant. Si l'accent était bien évidemment mis sur les révisions, une dernière sortie à Pré-au-Lard était cependant accordée à tous ceux autorisés à s'y rendre, c'est-à-dire tout élève étant au minimum en troisième année. Je ne comptais évidemment pas participer. Cependant, je savais intimement que si Chuck me proposait de l'accompagner, j'aurais décliné – c'est-à-dire que j'aurais accepté, puisqu'avec lui, la règle était simple : « Si tu veux, rejoints-moi ici. Si tu veux pas, c'est pareil. (Fais pas chier.) » J'aurais pu lutter, mais j'étais étrangement incapable de me défendre contre Chuck. En sa compagnie, j'haussais le ton plus souvent que cela ne m'était jamais arrivé en quinze ans d'existence, et dans ces moments de colère ou de protestation, j'étais bien évidemment sur les nerfs, ce qui aurait pu me paraître désagréable et qui, en réalité, avait tout un autre effet... en réalité, je me sentais... un peu plus vivante. Il était le seul à me faire accepter que les rayons du soleil viennent violenter ma peau et mon cœur. Peut-être parce que je n'avais pas le choix. Peut-être aussi qu'il y avait cette alchimie impossible entre nous, si improbable et contre laquelle j'étais démunie, car, malgré tous mes efforts, je ne la comprenais pas. Comment lutter contre un ennemi si on ne le connaît pas ? J'avais alors jeté mes armes aux pieds de Chuck : je lui avais accordé un brin de ma confiance. Cependant, je savais que je ne sortirais pas à Pré-au-Lard avec Chuck pour cette dernière excursion de l'année. Ces derniers temps, il était absent. J'aurais aimé dire qu'il se donnait tellement dans ses révisions que plus personne ne voyait le bout de son nez, qu'il aspirait cette année-là à décrocher de meilleurs résultats... J'aurais aimé pouvoir tenir ces affirmations erronées, plutôt que de considérer les vraies, en lesquelles je ne voulais pas croire. La pensée que Chuck était réellement l'écervelé que j'avais cru qu'il était m'était douloureuse, parce que j'avais placé tout mes espoirs dans le contraire de ces vérités. J'étais parvenue à penser – et cela relevait du miracle – que, finalement, Chuck Carlton était quelqu'un de bien, que le masque de chimpanzé qu'il se donnait n'était qu'une façade, et qu'il ne se comporterait pas comme le dernier des idiots avec Taylord. L'horrible vérité, c'est que je refusais tant de faire chemin inverse concernant mon opinion de Chuck que j'essayais de lui trouver toutes les excuses possibles pour le déresponsabiliser et redorer son blason que je souhaitais immaculé d'erreurs. Et je m'en voulais, car ce n'était pas raisonnable. Ce n'était pas censé. Je détestais le fait qu'il soit capable de me faire perdre mon bon sens.

Toutes les conditions étaient réunies pour faire de cette nouvelle journée ensoleillée un calvaire, mais... Je pris mon temps pour émerger de mon état avancé de légume en décomposition, ignorant les exclamations réjouies de mes camarades qui songeaient déjà la tenue estivale qu'elles allaient porter pour cette dernière sortie à Pré-au-Lard. Oh, il y avait eu pire ; j'allais mieux, depuis peu. Mes canaux lacrymaux s'activaient moins fréquemment, la concentration habituelle que j'avais en cours était redevenue optimale, et si je sentais mes principales connaissances peu à peu s'éloigner de moi - j'aurais aimé croire qu'il s'agissait d'un des effets de la gravitation de la Terre, mais la vérité était autre - je parvenais à convenablement survivre comme je l'avais toujours fait. Il n'y avait plus qu'une seule personne pour faire de chaque journée passante un quotidien agréable, et cela m'était suffisant, tant elle parvenait à combler presque chaque parcelle du vide qui m'avait habité pendant des semaines, de ce néant dans lequel j'avais logé, recroquevillée sur moi-même. J'avais été une coquille vide. Scott McBeth, en l'habitant progressivement, me redonnait goût à un quelque chose que j'avais perdu. Je n'avais pas ri depuis longtemps le soir où, attablés pour faire nos devoirs, nous nous étions mis à divaguer sur le sortilège de la Goule Rieuse, parmi d'autres. Mon sourire s'était un peu figé quand il avait de nouveau abordé la possibilité de passer du temps ensemble, car, à ce moment... j'avais compris qu'il était inutile de me le cacher : il s'agissait d'un rendez-vous, ce qu'il y a d'on ne peut plus officiel. Il m'avait proposé la dernière sortie à Pré-au-Lard comme occasion idéale. J'avais accepté, mon cœur palpitant au bord des lèvres.

J'allais à Pré-au-Lard comme tout le monde, et je n'envisageais pas une journée ensoleillée comme complètement insupportable. Il aurait poussé des ailes aux Veracrasses qui rampaient paresseusement dans le jardin du garde-chasse que j'en aurais été à peine plus étonnée.

J'avais voulu envisager cette journée comme toutes les autres : un réveil peu énergique, une préparation lasse, un petit-déjeuner nourrissant, des révisions intenses et efficaces.
J'avais ouvert les yeux bien avant tout le monde, incapable de plus dormir – constatant ainsi la présence malvenue du soleil –, j'avais songé à la manière dont j'allais m'habiller pour sortir à Pré-au-Lard, j'avais peu mangé, mon estomac me semblait soudainement de la taille d'une noix, et j'avais relu la première phrase de mon ouvrage d'Histoire de la Magie huit fois avant de prendre conscience que ces efforts de lecture étaient vains.

Je refermais violemment mon ouvrage, irritée de ces efforts inutiles et de l'angoisse qui s'infusait en moi au fur et à mesure que la journée avançait. Une seule chose se distinguait des autres dans mon esprit confus : après le déjeuner, j'allais devoir me rendre à Pré-au-Lard pour retrouver Scott. Pour... aller... à notre rendez-vous. Notre rendez-vous. Je quittais précipitamment la bibliothèque lorsque je m'aperçus que je n'arrivais plus à respirer correctement.

En m'écroulant sur mon lit, haut, très haut dans la tour de Serdaigle, à l'abri de tout, je commençais à me demander si j'avais bien pensé à prendre mon livre avec moi. Mon sac avait bien été emporté, puisqu'il gisait près de la porte du dortoir, mais j'avais agis dans une telle angoisse subite que les gestes que j'avais effectué ces dix dernières minutes me paraissaient irréels, comme si ils n'avaient pas eu lieu. Resserrant mon emprise autour de l'oreiller de mon lit que j'avais serré dans mes bras, allongée sur le dos, je passais le quart d'heure suivant à débattre sur l'oubli ou le non-oubli de mon livre, essayant d'ignorer l'impression de nausée qui me prenait sauvagement d'assaut.

Les minutes s'écoulèrent, lentement, mais toujours trop rapidement à mon goût. L'heure vint de lâcher mon oreiller auquel je me raccrochais comme à la vie. De me lever. De me faire un peu jolie, peut-être. De me coiffer, quand même. Alors que je songeais à partir telle quelle, en robe de sorcière, la pensé me vint que Scott méritait mieux, que ce n'était pas correct de me présenter comme si j'allais en cours. C'était lui montrer peu d'intérêt, alors qu'il m'en témoignait beaucoup, par les mots, par les gestes, et que j'en étais perturbée. Enfin, touchée. Enfin... voilà, donc. Je choisissais de porter une robe blanche à fines bretelles qui descendant jusqu'au dessous des genoux, simple et légère, mais de laisser mes cheveux légèrement ondulés (ils sont toujours ainsi lorsque je les lave le matin même , puis se raidissent dès le lendemain), au naturel, simplement brossés. Je pris mon autre sac, le deuxième que j'avais sur un nombre total de... deux, marron, plus petit et qui s'apparentait à une grande sacoche, tout juste utile à transporter le nécessaire. Je ne jetais pas un seul coup d'oeil dans la glace avant de quitter le dortoir et de suivre la foule d'élèves qui se rendait dans la Grande Salle pour le déjeuner, essayant de dissimuler mon visage que je sentais rougi derrière mon long rideau de cheveux châtains. Quand j'arrivais à la table des Serdaigle, où se trouvait déjà Scott et d'autres camarades, mes pieds me semblaient être des enclumes, mes joues des braises, et mon cœur de la bouillie de flocons d'avoine – la même qui se trouvait dans nos assiettes. J'adressais à peine la parole à Scott, profitant du fait que nous soyons entourés. Et l'heure de nous rendre à Pré-au-Lard vint.

En sentant les premiers rayons de l'aride soleil et la légère brise caresser ma peau, je serrai mes bras entre eux, croisés sur ma poitrine. Je me sentais parfaitement vulnérable. Et, en même temps, je m'obligeais à reconnaître qu'en pantalon, et pire, en robe de sorcière, je n'aurais pas survécu plus longtemps à la chaleur. Je n'avais aucune idée de ce qu'avait prévu Scott, et n'avait envisagé aucun programme – il m'avait invité, peut-être avait-il quelque chose en tête au moment où il l'avait fait, mais le doute me vint subitement que ce n'était peut-être pas forcément le cas, que, peut-être, c'était aussi...

- Je... Je voulais t'inviter aux Trois Balais, ça te va?...

Sa voix me tira de mes angoisses – ces satanées angoisses que je subissais depuis la veille et qui se manifestaient dès que je songeais à lui ou à Pré-au-Lard, et je constatais qu'il avait arrêté nos pas devant le pub le plus fréquenté du village. Mon cerveau paralysé d'inquiétude n'avait pas pris la peine de remarquer les chemins que nous empruntions ; tout ce dont j'étais capable de définir était la présence de Scott à mes côtés. Je n'étais allée qu'une fois aux Trois Balais, il y a trois ans – Chuck avait envisagé de m'y traîner de force, mais l'occasion ne s'était pas encore présentée, et j'avais détesté leur plus célèbre breuvage lorsque je l'avais goûté, à cette époque : La Bièraubeurre. Aussi lui répondis-je, affichant un sourire que je souhaitais sincère mais qui devait paraître très nerveux :

- Oui, oui, c'est parfait, ne t'inquiètes pas, lâchais-je simplement d'une voix peu assurée.

J'ignore si c'est parce qu'il sentait que j'étais en vérité peu emballée ou simplement par pure formalité, mais je sentis sa main se glisser contre la mienne avant de l'enserrer, doucement.

Jadis, j'aurais peut-être souhaité que ce soit une autre main que je sente tout contre la mienne. J'avais réussi à la posséder, une seule fois, un éphémère instant, avant qu'elle me soit enlevée, puis interdite : jamais, plus jamais – je le savais, je l'avais toujours su – ses doigts n'effleureront les miens. J'avais longtemps senti le contact de sa peau – brûlant – contre la mienne bien après cette soirée. Il s'était évanoui, au fil des jours et des semaines, pour n'être plus qu'un souvenir rempli de mélancolie. Peut-être n'aurais-je jamais goûter à ses mains – le désir de les connaître de nouveau avait été aussi fort qu'un poison qui, longuement, m'avait consumée. Désormais, les mains de Stephen Fray me semblaient aussi lointaines que le quelconque rapprochement amical qui avait pu avoir lieu entre nous.

Le pub était rempli de monde, fidèle à sa réputation – la foule additionnée à la chaleur accentua l'impression de nausée qui me nouait l'estomac et la gorge, et mon cœur palpitait en tout sens. Mes doigts se resserrèrent autour de ceux de Scott sans que je leur en donne l'ordre.

- Par contre, je... je crois que je n'aime pas trop la Bièraubeurre, il me semble que c'est la spécialité ici, et aussi que je suis la seule nouille qui ne doit pas aimer ça, d'ailleurs, ajoutai-je avec un petit rire nerveux, mais c'est quand même bien ! m'exclamai-je avec plus de virulence en plongeant mon regard dans le sien, désireuse de ne pas lui faire penser qu'il faisait mal les choses, il y a sans doute autre chose à boire. En tout cas, il fait chaud... mais c'est bien aussi, ce n'est pas grave !, continuai-je comme si c'était lui qui avait apporté le soleil et que je semblais le rassurer sur d'éventuels reproches que j'aurais pu lui faire à ce sujet – et tous les mots qui sortait de ma bouche me semblaient si stupides que je décidais de clore mes lèvres, me contentant simplement de lui sourire – et de constater que la moiteur de nos mains les faisaient légèrement se séparer.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar


Scott McBeth
Apprenti Auror au Ministère de la Magie



Masculin
Nombre de messages : 1787
Localisation : Probablement dans ma salle commune à étudier ou au parc avec Apple !
Date d'inscription : 27/02/2009
Célébrité : Nicholas Hoult

Feuille de personnage
Particularités: /
Ami(e)s: Ruby, Apple
Âme soeur: Oh, help me to make it

MessageSujet: Re: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   Ven 7 Sep - 22:09

[Je ne suis toujours pas remise de
« 25 Juin
- Jour du concombre
- Journée internationale des gens de mer instaurée par l'Organisation maritime internationale
- Journée nationale du poisson-chat aux Etats-Unis » XD XD]


J'aimais tant sa façon de s'habiller, contrairement aux autres qui généralement ne devaient pas s'enticher de personnalités comme Haley qui n'avaient apparemment rien de particulier. Ses habits n'étaient pas là pour faire sensation, et c'était d'ailleurs le cas puisqu'elle se fondait dans la masse, un rôle que je partageais depuis longtemps, moi aussi. Seulement, depuis que j'avais mesuré toute l'ampleur de qui elle était réellement, depuis que j'avais pris la peine de me pencher au fond de ses yeux trop souvent voilés de timidité, je m'étais rendu compte qu'Haley était bien plus que ce qu'elle laissait paraître. Le savait-elle elle même? Je l'avais beaucoup observée et rien n'indiquait qu'elle agissait de la sorte par simple protection ou désir de se couper des autres, de vivre indépendamment; c'était bien au-dessus de cela puisque j'en étais certain, elle l'ignorait, tout comme elle ignorait comment creuser son trou dans notre petit monde de Poudlard, comment affirmer ses positions et ses envies incessamment refoulées. J'en avais été le confident. Étais-je le seul? Je ne préférais pas m'appesantir sur le sujet, car si je repensais à cette soirée où nous avions volé quelques moments au temps, son souvenir avait toutefois quelque chose d'amer. Stephen. Encore lui. Et au fond de moi, j'avais peur. Et si Haley ne m'appréciait que par défaut? Et si elle ne voyait en moi ce que voyaient les autres - ce que j'étais? Le Veritaserum avait-il asséné à tout jamais son verdict? - le second de Stephen, son ombre, un peu moins précis, un peu moins réussi, un peu moins important? Aurais-je eu la réponse à portée de main que j'aurais eu bien trop peur de la saisir. C'était presque une supplique - en ce moment, ma rébellion contre Stephen, mon règlement de compte avec Carlton et les liens qui s'étaient lentement renouées avec Taylord me laissaient entrevoir la sortie du tunnel. Aussi fort que je l'avais aimée, Taylord devenait petit à petit un souvenir agréable que j'aimais regarder comme un vieil album photo, mais que je laissais aux bons soins du passé. Je ne voulais pas perdre cela, je ne le voulais pas : la présence d'Haley avait été le rouage qui me manquait, qui me permettrait d'enclencher la lourde machine de l'expiation de mes regrets. Je voulais laisser à Haley ce rôle plein et entier, et non découvrir qu'il était par défaut. Je voulais croire que j'étais quelque chose à ses yeux, indépendamment de tout ce qui pouvait nous entourer...

Était-ce illusoire? Utopique? Naïf? J'essayais de me persuader du contraire, et sous ce soleil éclatant de juin qui illuminait Pré-au-Lard et donnait aux petits toits d'ardoises une brillance particulière, à la rue un air d'été et aux passants des sourires paisibles, j'y croyais de plus en plus. Face à moi, et fidèle à son habitude, Haley partageait la gêne qui m'habitait et ses joues s'en coloraient de rose, délicieusement. Je n'osais pas trop la regarder en détails pour ne pas paraître malpoli, mais sa robe blanche et simple mettait en valeur ses yeux d'un bleu scintillant et ses cheveux ondulés. Si les rayons qui dardaient sa peau la faisaient paraître encore plus pâle qu'elle ne l'était ce n'était pas laid au contraire, elle semblait faite de porcelaine, ce qui me donnait d'avantage envie de la protéger, bien que j'ignore comment le faire exactement. J'avais été trop peu avec Taylord - si différente d'Haley, physiquement et moralement, c'était amusant - pour être un expert en relations de ce genre. Mais j'étais rassuré, car j'imaginais qu'Haley était dans le même cas que moi.


- Oui, oui, c'est parfait, ne t'inquiètes pas.

Son ton acheva de me rendre un peu plus nerveux. Je craignais qu'elle n'aime pas l'idée, qu'elle s'ennuie, qu'elle veuille faire autre chose et n'ose me le dire. Mais puisque ni l'un ni l'autre n'étions en mesure de nous comporter d'une manière assurée, je fis le premier pas en la menant dans le pub que j'avais déjà fréquenté à plusieurs reprises.

Seuls ses doigts qui serrèrent les miens allégèrent mon coeur de quelques désagréables doutes - mais il en restait encore de nombreux.


- Par contre, je... je crois que je n'aime pas trop la Bièraubeurre, il me semble que c'est la spécialité ici, et aussi que je suis la seule nouille qui ne doit pas aimer ça, d'ailleurs, mais c'est quand même bien ! précisa-t-elle tout d'un coup, plongeant son regard dans le mien avec intensité, et pour la première fois depuis que nous cheminions ensemble. Il y a sans doute autre chose à boire. En tout cas, il fait chaud... mais c'est bien aussi, ce n'est pas grave !

Elle sourit et moi aussi, n'attachant aucune espèce d'importance à la façon peu directe qu'elle avait de s'adresser. Je me fichais qu'elle me froisse ou ne dise pas ce qu'elle pense : je voulais juste que cet après-midi soit bien.

Prenant en compte sa remarque, je me frayai un chemin à travers le pub. Sur le côté, bien que plusieurs tables soient occupées, il y avait une table près d'une fenêtre entrouverte qui, en écho à la porte ailleurs du pub, laissait passer un petit courant d'air frais des plus agréables. J'invitai Haley à s'installer et, à regrets, lâchai sa main pour m’asseoir à mon tour, en face d'elle. Le fait d'avoir lâché sa main, un si petit détail, me parut si insurmontable tout d'un coup qu'une énergie nouvelle monta en moi et me remit un peu d’aplomb. Il n'y avait pas de raisons que cela se passe mal : j'avais un programme en tête, j'avais essayé de faire en sorte que ce ne soit pas ennuyeux et que... Si les choses se passaient bien...


- Ce n'est pas grave, ça ne me dit pas trop de prendre de la Bièraubeurre en pleine journée, la rassurai-je, bien sincèrement car en plus il faisait un peu trop chaud pour ça, il paraît qu'ils ont de très bon jus faits maison ici, tu veux goûter? Je prendrais comme toi, et je laissai passer une seconde qui me parut interminable avant d'oser continuer, le sourire aux lèvres pour me donner du courage : et je t'invite bien sûr. Tu n'as pas le droit de refuser! Je voulais marquer le coup de ton anniversaire... Cet aveu me fut simple, finalement, et j'enchaînais, un peu timidement mais content de moi tout de même : Je sais que c'était il y a quelques jours, et j'avais envie de le fêter avec toi. D'accord?

Elle ne m'en avait jamais parlé et elle le savait, mais le fait était qu'il y avait à peine quelque semaines, j'avais aidé Katie Jones à la fin d'un cours à relever les notes des élèves puisque j'étais au premier rang et qu'elle m'avait expressément demander de lui alléger la tâche car nous avions fini un peu en retard. Et, à côté des noms des élèves il y avait leur date de naissance, et sans chercher à être curieux mes yeux avaient tout naturellement accrochée celle d'Haley car sa proximité m'avait interpellée : 25 juin. Depuis, je ne l'avais pas oubliée. Je n'avais pas pu lui dire le jour même car nous ne nous étions pas croisés, et j'avais deviné à sa discrétion qu'elle n'était pas particulièrement férue des fêtes d'anniversaire. Ce que je n'avais jamais été non plus. A la maison, mon anniversaire mettait toujours les jumelles dans un état de surexcitation notoire, mes aînés s'arrangeaient pour être présents en déplaçant leurs rendez-vous et leurs activités si bien que j'avais l'impression de les déranger, et je finissais toujours la journée fatigué de cette agitation qui me laissait de marbre et des cris des jumelles qui finissaient souvent en punition parce qu'elles ne savaient jamais s'arrêter. De ce fait, il me semblait que mentionner simplement l'anniversaire d'Haley alors que nous partagions un bon moment tous les deux suffisait. D'autant plus que j'avais songé à lui faire un petit cadeau, mais j'avais eu trop peur de la mettre mal à l'aise.

- Alors bon anniversaire, murmurai-je du coin des lèvres. Je voulus prendre sa main posée sur la table, mais fort heureusement on nous apporta nos verres et mon geste fut avorté - tant mieux car il était bien trop prématuré. J'espérais seulement qu'elle n'avait rien vu.

J'enviais, au fond de moi, ces garçons qui savaient comment plaire aux filles et comment jouer ce ballet de séduction dont j'ignorais les astuces. Aussi fort que j'avais Carlton en horreur - bien que depuis ma victoire à notre duel, j'éprouvais peut-être un peu moins de haine et d'avantage de pitié pour lui - je lui enviais cette facilité dont il jouait sans vergogne, et cette espèce d'attraction naturelle qu'il éveillait chez la majorité des filles. Elle était visible et n'échappait personne. Ainsi, être indiscipliné, irrespectueux, et d'autres genres de comportement pourtant peu flatteurs plaisaient?!... J'avais du mal à y croire, mais il en était la preuve tangible, et je ne savais pas trop quoi en penser. Pour rien au monde j'aurais aimé être comme lui, mais j'enviais tout de même ce don qui m'aurait bien été utile en cet instant - et même plus tôt, bien que je ne voulais pas, plus, penser à Taylord. Je voulais juste par mes gestes et mes attitudes exprimer à Haley qu'elle me plaisait et que j'avais attendu ce rendez-vous avec une envie mêlée de crainte - seuls les mots me laissaient cette opportunité et je savais qu'ils auraient été trop directs. Je renchéris donc sur un sujet bien moins original :


- Tu sais déjà ce que tu vas faire pendant les vacances?

Sujet plus ou moins délicat quand on s'y arrêtait car les vacances séparaient forcément les élèves de Poudlard, nous par conséquent, mais nous restions de toute façon dans le même pays, et je préférais profiter du moment présent plutôt que de penser à la suite. C'était aussi le moyen de prolonger la discussion, que je voulais entretenir et garder légère dans l'optique de rendre ce rendez-vous le plus parfait qui soit... Si j'y arrivais.

- J'ai prévu de t'emmener ailleurs ensuite, lançai-je un peu plus tard au cours de la conversation comme je voyais que nous étions presque venus à bout du contenu de nos verres, donc dès que tu as l'envie de prendre l'air ou de marcher un petit peu, on peut y aller.

Et pour la première fois je ne me sentis pas idiot mais je me plus presque au jeu; ce soudain mystère que je faisais planer me laissait croire que j'avais les chose en main et que je pouvais peut-être attiser en elle cette même excitation aussi agréable que déroutante qui naissait au fond de moi.
Spoiler:
 

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

Revenir en haut Aller en bas
avatar


Haley Collins
Élève de 7ème année



Féminin
Nombre de messages : 1678
Localisation : Sous un cerisier.
Date d'inscription : 24/12/2007

Feuille de personnage
Particularités: Idiote.
Ami(e)s: ?
Âme soeur: ...

MessageSujet: Re: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   Sam 13 Oct - 19:21

J'étais un zèbre en pleine mer : perdu en milieu étranger, en cours de noyade. Il y avait ce soleil hostile, ce lieu inhabituel, ces circonstances angoissantes ; seule la présence familière de Scott m'était rassurante. J'étais heureuse de le voir, comme à chaque fois. C'était le même plaisir, la même petite chaleur qui se distillait dans mon cœur, le même vent agréable qui soufflait toutes les pensées noires enracinées dans la serre humide et étouffante de mon esprit, libéré, enfin. Si j'attendais ces entrevues avec Scott, c'était évidemment parce que je l'appréciais, mais un peu égoïstement aussi, parce que j'arrivais à être... juste bien. Les deux faits étaient liés, mais j'y voyais je ne savais pourquoi un signe d'égoïsme. N'étais-je pas censée donner de ma personne à Scott, vouloir tout faire pour lui, au lieu de me réjouir d'un confort intérieur et individuel acquis grâce à sa présence ? Toutes ces pensées m'étaient infiniment floues, et je n'avais personne à qui confier mes angoisses. J'étais seule avec mes peurs et mes envies, qui, en se côtoyant, s'annulaient elles-mêmes. Dans ces moments, je ne songeais plus qu'à fuir.
Peut-être que je l'aurais fait si Scott ne s'était pas emparé de ma main avant d'entrer dans les Trois Balais. Ça aurait été lâche, et j'en aurais tiré une grande gêne, mais rien ne me l'interdisait formellement. Rien ne m'obligeait à rester, si ce n'était le fait que Scott connaissait le secret pour me tirer vers l'avant et m'empêcher de m'embourber encore et encore dans la faiblesse boueuse et honteuse que j'entretenais et qui était la mienne. Chuck avait aussi, en quelque sorte, cette capacité, mais il n'avait ni la douceur, ni la tendresse, ni la lueur de vermeil qui brillait dans les yeux bleus pâles de Scott et dans laquelle j'aimais me plonger, comme si je me positionnais devant un feu à la chaleur caressante qui réchauffait chaque infime partie de mon corps.

« Tu ne seras jamais désagréable. »

« T'es qu'une fiotte. »


Deux moyens pour la même fin. La méthode douce ou la méthode brutale ? C'était idiot. J'aurais du évidemment préférer la première, moi qui avait tant souffert de la non-affection de mon père, de la froideur de mon père, de l'absence de toute affection véritable, jusqu'à ce qu'Heather entre dans ma vie. Et pourtant, j'hésitais. J'hésitais, nom d'une goule ! Comment était-ce seulement envisageable ? Depuis quand étais-je devenue adepte de la brutalité ? Comment, mais comment, comment pouvais-je hésiter entre les doux mots de Scott et les « bouge ton cul » de Chuck ? Je me détestais. J'avais passé des années à me languir du moment où, enfin, j'allais rencontrer d'agréable, de simple, d' attentionné, de profondément gentil, comme Scott... Et je n'étais même pas capable d'écarter la pensée que la Méthode Chuck pouvait être autant voire plus efficace que la perfection de Scott. C'était inconcevable ; aussi arrêtais-je immédiatement d'en continuer la conception.

- Ce n'est pas grave, ça ne me dit pas trop de prendre de la Bièraubeurre en pleine journée, dit-il pour me rassurer, il paraît qu'ils ont de très bon jus faits maison ici, tu veux goûter? Je prendrais comme toi.

La gentillesse de Scott m'atteignit d'autant plus qu'elle répondait à une inquiétude totalement risible et ridicule dont Chuck aurait sans doute fait grand bruit. Mais Scott n'était pas Chuck.

Scott était plus que Chuck.

Au recroquevillement chaleureux de mon cœur dans ma poitrine quand je vis le si beau sourire que m'adressa Scott, je su que j'avais choisi la douceur à la brutalité. Depuis toujours ou depuis les cinq dernières secondes, je l'ignorais ; mais à ce moment là, bien précis, quand je me surpris à penser que j'aurais bien aimé que ce soit non plus seulement ses yeux et son sourire qui me couvrent de douceur, mais aussi, peut-être, ses bras, j'en étais infiniment convaincue.

- Et je t'invite bien sûr, ajouta t-il. Tu n'as pas le droit de refuser! Je voulais marquer le coup de ton anniversaire... Je sais que c'était il y a quelques jours, et j'avais envie de le fêter avec toi. D'accord?

J'ignore quelle tête exactement affichais-je à cet instant, mais nul doute que la surprise devait se lire mon visage. En plus de redoubler les battements désordonnés de mon cœur, cet aveu me noua l'estomac. Comment savait-il ? C'était d'une débilité sans nom, mais ce détail me toucha tant que je du lutter de toutes mes forces pour retenir des larmes qui désiraient s'épancher sur mes joues. Je sentis briller un court instant mes yeux ; c'est tout le temps qui me fallu pour observer les plis de ma robe sur mes genoux ; puis je relevais la tête, et tout s'était évanoui. Je lui adressai un sourire radieux.

- Oh... je... D'accord, je prendrais bien... un jus d'abricot, dis-je avec prudence, car je connaissais l'étrangeté de ma proposition. Il y avait sans doute milles jus tous plus délicieux et farfelus les uns que les autres, dans ce bar sorcier, mais je ne désirais rien d'autre que la simplicité en ce moment même, et prendre un jus d'abricot quand je sortais était une de mes habitudes les plus familières. Mais ne t'oblige pas à prendre comme moi, tu ne vas peut-être pas aimer, lui dis-je en tordant un peu mes lèvres, gênée. Ce qui me ferait vraiment plaisir, c'est que tu prennes ce qui te ferait plaisir à toi, et je déglutis ensuite avec difficulté, le cœur battant, tant ce que je proférais là me paraissait étrange. Je m'étais toujours inquiétée des autres, mais cette phrase là sonnait plus comme... un partage mutuel... un peu... beaucoup... mutuel.

- Alors bon anniversaire...

Un frisson indescriptible me parcouru l'échine quand il ajouta ces mots, et le navire cardiaque qui s'efforçait de rester insubmersible depuis le début de notre entrevue se retourna brutalement, emporté par le ravage des mots de Scott, pourtant si caressants, et si doucement murmurés. On vint à cet instant nous apporter nos verres, et ce fût avec soulagement que la serveuse se pencha entre nous pour y déposer nos boissons. Sa phrase pourtant si simple m'avait étrangement bouleversée – en vérité, je ne savais si c'était du au fait qu'il ait pensé à mon anniversaire pourtant censé être inconnu de tous, à l'intensité de son regard au moment où ces mots avaient franchi ses lèvres, ou la manière dont il les avait prononcé... Toujours est-il quand je serais restée muette encore de longues minutes si cette heureuse interruption n'était pas venu me faire redescendre sur terre.

Je lui murmurai un mot de remerciement et sirotai quelques gorgées de jus d'abricot, me délectant de la fraîcheur du breuvage qui passait dans ma gorge pour atteindre mon estomac – celui-ci devait sans doute faire la taille d'une noix à l'heure actuelle, encombré par mon cœur qui avait quadruplé de volume et dont les palpitements se propageaient dans tout mon organisme à une vitesse phénoménale. Heureusement, Scott maîtrisait la situation, et je n'avais qu'à me laisser porter par le courant sur lequel il m'emmenait. Je n'opposais aucune résistance.


- Tu sais déjà ce que tu vas faire pendant les vacances? me demanda t-il.

- Eh bien, je vais retourner chez ma mère, retrouver mon piano, lire, enfin, rien de passionnant, dis-je, un peu gênée – mais je me rassurais immédiatement en me disant que Scott me connaissait. Je n'avais à me vanter de rien devant lui, ni prétendre à des choses extraordinaires. Oh, repris-je après une pensée lumineuse, et je vais sans doute voir... - pause mentale – des gens, par-ci, par-là, je n'espère pas rester enfermée les deux mois, ajoutai-je avec un sourire, encore fébrile de la bévue que j'avais failli commettre. Dire à Scott que je prévoyais de voir Chuck pendant l'été n'était, en effet, pas la meilleure idée du monde, parce que ces deux personnes que j'appréciais toutes les deux énormément n'étaient pas les meilleurs copains de ce même monde. Problématique. Aucune solution à l'horizon... Et toi ? lui demandais-je avec curiosité, mais aussi avec la hâte de ne plus parler de moi.

Le plaisir que j'avais à être avec Scott avait depuis longtemps pris le dessus sur toute l'angoisse que j'avais pu ressentir au tout début quand il lança un sujet des plus mystérieux :

- J'ai prévu de t'emmener ailleurs ensuite, donc dès que tu as l'envie de prendre l'air ou de marcher un petit peu, on peut y aller.

Je le regardais avec étonnement, soudain éprise d'une forte curiosité. Un rapide coup d'oeil sur nos verres vides m'indiqua que partir maintenant ne serait peut-être pas trop malpoli. J'étais d'ordinaire patiente, ne m'affolais que pour peu de choses, mais Scott réveillait en moi tout ce qui avait été endormi depuis si longtemps, et je me découvris en train de fourmiller d'impatience. Je me pinçais les lèvres, gênée à l'idée que cet excès puisse l'importuner.

- Est-ce que j'ai le droit de te dire que j'ai envie de prendre l'air maintenant ? On a fini nos verres et j'ai bien envie de me balader... et de voir où tu veux nous emmener, avouai-je en souriant.

Parce que Scott était le garçon le plus charmant du monde – il n'y avait plus de doute à ce sujet, nous sortîmes sans une protestation. Je le suivais, désireuse d'en savoir davantage, me réjouissant de sa présence. Plus les minutes passaient, et plus je sentais une certaine libération opérer quelque part dans mon organisme. Mon cœur, si il battait avec la même ardeur, n'étais plus si étriqué, mon estomac si serré, et mes angoisses si présentes. Avec Scott, j'étais vivante. Pas la vie brutale que m'imposait Chuck et que j'appréciais pourtant. Non, Scott avait redonné de l'importance à mon existence dans une douce transition qui me frappait seulement maintenant que le miracle s'était opéré. Scott me faisait sentir que je comptais, un peu, beaucoup.

Avec lui, je n'étais pas la fille que l'on apprécie « à côté », l'espace d'un instant. Je n'étais ni un jouet, ni une parenthèse. J'étais entière.
Revenir en haut Aller en bas
avatar


Scott McBeth
Apprenti Auror au Ministère de la Magie



Masculin
Nombre de messages : 1787
Localisation : Probablement dans ma salle commune à étudier ou au parc avec Apple !
Date d'inscription : 27/02/2009
Célébrité : Nicholas Hoult

Feuille de personnage
Particularités: /
Ami(e)s: Ruby, Apple
Âme soeur: Oh, help me to make it

MessageSujet: Re: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   Mar 16 Oct - 16:16

Citation :
Scott était plus que Chuck.
MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHAAHA :excité: :excité: :excité:

Papa et Maman, parents aussi absents soient-ils, avaient toujours mis un point d'honneur à ce que leurs enfants reçoivent une bonne éducation. Une bonne éducation qu'ils ne nous avaient pas enseignés eux-même - il y avait une certaine ironie à cela - mais par le biais de précepteurs et préceptrices en tous genres qui avaient été chargé de l'éducation des enfants McBeth. Certains n'avaient pas tenus très longtemps, les pauvres. Les jumelles savaient se montrer diaboliques, nos aînés savaient se montrer parfaitement insupportables comme le sont tous les enfants gâtés matériellement mais en quête d'amour et d'attention parental. Pourtant, nos parents étaient brillants, hauts journalistes de la sphère intellectuelle du monde sorcier, ils n'étaient ni stimulés par l’appât du gain ou de la gloire, mais juste parce qu'ils avaient des valeurs et une dévotion totale à leur travail. Ce que j'admirais, on ne pouvait pas faire le contraire. Mais en tant que leur fils, j'avais ressenti leur absence, le manque, et je n'avais jamais pu véritablement en vouloir à mes frères et soeurs de faire tourner nos gouvernantes en bourrique. Ce n'était pas contre elles qu'ils en avaient, mais l'image même de cette personne à qui on déléguait le rôle de parent sans qu'elle le remplisse entièrement. Il y en a que j'avais détesté - qui était trop à cheval sur les principes, trop sévères, trop mal-aimables, etc. Il y en a que j'avais particulièrement apprécié, notamment une, Betty, qui était partie depuis que nous étions tous rentrés à Poudlard. Elle me manquait. Elle avait toujours été aux petits soins et attentive à chacun de nous tous, mais mieux encore, à parts égales avec chacun que de nous tous, et peu l'avait fait. Nous étions tous si différents qu'ils étaient faciles de préférer les jumeaux, parce qu'ils étaient brillants, ou bien les jumelles parce qu'elles étaient de vrais bout-en-train. La plupart du temps on ne me détestait pas mais on ne me préférait pas - c'était l'éternel refrain qui accompagnait mon existence. Gentil, mais trop discret. Gentil. Comme j'en avais assez, d'être gentil... Comme j'en avais assez surtout que les autres me voient ainsi et uniquement ainsi, et comme j'en voulais à Stephen pour, lui entre tous, ne pas avoir fait attention au reste. J'avais le douloureux sentiments d'avoir perdu mon frère, et je lui en voulais, malgré toute ma peine.

Betty, elle, nous avait approchés les uns les autres comme si nous méritions tous la même attention, sans jugement préalable, sans conclusions hâtives. Elle était partie, aujourd'hui, mais j'avais encore ses coordonnés et je savais qu'un jour j'irais la voir, pour la retrouver, et peut-être, pour la remercier. Elle avait été trop importante pour moi alors que je n'étais qu'un enfant, et c'était sans doute elle la première qui m'avait appris à être bien avec moi-même, qui m'avait fait comprendre que chacun est différent et suivait sa propre route. Elle nous avait engagé chacun dans notre voie, avec cette discrétion subtile qu'ont les personnes justes et bonnes mais trop modestes pour accepter une quelconque mise en lumière.

Et, parmi tout ce que m'avait appris Betty - la plupart de ce qui m'avait construit, d'ailleurs - elle avait respecté la volonté de mes parents et nous avaient appris les « bonnes manières ». Comment se comporter en public, comment se tenir, quoi dire dans quelles circonstances, ce qui se faisait et ce qui ne se faisait pas, etc. J'avais eu du mal parce que tout cela était à mes yeux une vaste comédie hypocrite dont se servaient les gens du monde quand ils venaient dans notre grande maison pour impressionner mes parents et les rallier à leur cause. Les bonnes manières restaient pour moi l'arme des manipulateurs, à laquelle mes parents ne cédaient pas, heureusement, leur éthique les en défendant. Ces mêmes bonnes manières que j'avais allègrement oubliées l'espace d'une soirée quand je m'étais battu en duel contre Carlton et que, je le savais, j'avais dépassé les limites de la bienséance et probablement choqué mon meilleur ami lui-même à tel point qu'il avait préféré se ranger dans le camp ennemi plutôt que d'affronter celui de qui il était normalement le plus proche. On dit pourtant que l'on récolte que ce que l'on sème. Quelle genre de graines avais-je donc égrené derrière moi pour arriver à de telles récoltes?!... Elles étaient bien trop amères.

Mais, quand je vis l'espace d'un instant, les yeux d'Haley s'humidifier avant qu'elle baisse les yeux vers ses genoux, je sus qu'il me allait là appliquer l'une des règles des bonnes manières. A savoir : ignorer sa manifestation de faiblesse et de gêne, pour ne pas la gêner encore plus. C'aurait été impoli de ma part. Et cela, je le compris seulement en l'appliquant. Je levais donc mon verre vers elle - j'avais pris un jus d'abricot aussi, comme promis. Mon préféré restait la poire : il me rappelait justement celui que Betty nous servait pour le goûter, parce que nous avions des poiriers dans le jardin et qu'elle faisait toujours s'envoler les plus belles poires des arbres quand elles étaient bien mûres jusqu'à la cuisine, où elle cuisinait là un jus qui n'avait pas son égal - et je lui souris, portant un toast à son anniversaire sans laisser voir une seconde que j'avais remarqué son trouble. D'ailleurs, quel sens lui donner? Si je m'efforçais d'être maître de la situation et qu'une part de moi prenait confiance de minute en minute grâce à l'attitude d'Haley, plus légère que je ne lui avais jamais connue, l'autre part de moi chutait proportionnellement à la première. C'était l'après qui me faisait peur. Et si cela ne lui convenait pas, et si elle me repoussait, parce que je n'étais pas Stephen, parce que j'étais gentil, mais que je n'étais pas
assez?...


- Eh bien, je vais retourner chez ma mère, retrouver mon piano, lire, enfin, rien de passionnant. Oh, et je vais sans doute voir... Je ne compris pas exactement, mais une idée particulièrement dérangeante sembla lui passer par la tête. Des gens, par-ci, par-là, je n'espère pas rester enfermée les deux mois. Et toi ?

J'aurais aimé avoir l'aplomb de lui dire que j'espérais la voir durant ces deux mois, mais je n'osai évidemment pas.

- Je ne savais pas que tu jouais du piano, dis-je avec un petit regard admiratif - elle était pleine de secrets, tous plus admirables les uns que les autres, pourquoi ne le voyait-elle pas? Oh, comme toi je pense, rentrer chez moi, retrouver mes frères et soeurs, des amis de là-bas... - Ophelia, pensai-je, même si en ce moment elle semblait m'en vouloir pour une raison que j'ignorais. Et puis, une semaine par été, mes parents nous emmènent tous en voyage. L'an dernier, c'était dans le sud de la France. Je ne sais pas encore où ce sera cette année, mentionnai-je pour elle et pour moi-même. J'étais sans doute un peu plus distant en prononçant ces mots : j'aimais ce voyage annuel autant que je le détestais, parce que c'était la semaine qui avait rôle de faire-valoir pour toutes les autres. Pendant une semaine, et une seule, nous avions nos parents pour nous. Voilà, conclus-je plus légèrement.

La discussion avait pris un tournant que je n'avais pas envisagé : petit à petit je sentais que nous nous sentions à l'aise, d'avantage, mais il y avait cette sensation qui me serrait la gorge et que je devais en plus de tout m'efforcer de camoufler. Heureusement, le regard si brillant d'Haley me faisait garder le cap. Au milieu de ce bar de plus banals, elle semblait être une rare et délicate poupée de porcelaine dans un vide-grenier. J'aurais aimé qu'elle sente ce que je ressentais pour elle, par mes gestes ou mes regards, mais je savais que rien ne transparaissait, parce que j'étais trop occupé à ne pas avoir l'air stressé. Je bus la fin de mon verre en me demandant tristement si j'aurais un jour le cran d'accomplir tout ce que j'avais raté dans ma relation avec Taylord. Lilian m'avait donné de l'assurance, mais Lilian était... une entité à elle seule, à laquelle j'avais été bien chanceux d'avoir été confié.


- Est-ce que j'ai le droit de te dire que j'ai envie de prendre l'air maintenant ? On a fini nos verres et j'ai bien envie de me balader... et de voir où tu veux nous emmener.

En théorie, c'était parfait, c'était le signal que j'attendais et qui devait me réjouir : l'excitation de l'inconnu colorait délicieusement ses joues de rose. En pratique, c'était autre chose : dans ma tête sonnait le glas.

J'acquiesçai et me levai, après avoir laissé la monnaie sur la table, et lui ouvris la porte pour la laisser la table. Dehors, la lumière si claire et si pure de cette journée d'été m'aveugla un instant, parce que nous avions été à l'abri dans le bar. Je souris en croisant son regard parce qu'elle avait eu la même réaction que moi, et nous nous mîmes en marche, côté à côte, comme tout à l'heure.

Pré-au-Lard n'était pas très animé pour un samedi après-midi, alors que pourtant il faisait bon s'y promener. Le ciel était si beau et le soleil si éclatant que le petit village sorcier n'avait jamais été plus agréable - mais quand je me dis ces mots, je compris que je lui donnais cette beauté particulière parce que c'était une après-midi particulière et que la personne qui me tenait compagnie ne l'était pas moins. C'était elle, en vérité, qui rendait tout si beau, et pas la lumière d'été de cette fin de juin. Nous traversâmes tranquillement le village, et je lui racontais, me voulant détaché et à l'aise, ma première fois ici, quand on était venus visiter avant mon entrée à Poudlard et que les jumeaux et les jumelles avaient rendu Betty folle en courant partout, en rentrant dans toutes les boutiques et en réclamant tous les chats, hiboux et crapauds qui existaient par ici. Mais, au fond de moi, l'appréhension grandissait. J'avais deux options : je marchais vers la réussite, ou bien vers l'échafaud. Et ce ne serait qu'une fois arrivé là-bas que j'aurais ma réponse, pas avant. Au fond de Pré-au-Lard, à l'opposé des Trois Balais, derrière les commerces et la rue passante, il y avait une petite colline, ou plutôt une petite butte, qui dominait le village et ses alentours. J'y emmenai Haley par un petit sentier de terre, et nous débouchâmes bientôt en haut de la butte, ou s'étendait paresseusement quelques arbres et parmi eux quelques cerisiers, dont les fleurs rosées s'épanouissaient encore. C'était une vraie vision de carte postale, et depuis le haut on voyait Poudlard, le château majestueux, le terrain de Quidditch, le lac qui étincelait sous les rayons de soleil, et derrière, la masse foncée de la Forêt Interdite. J'adorais cet endroit : l'air y était plus frais parce qu'en hauteur, et la vue, imprenable. Et tout le monde ne connaissait pas l'existence de ce sentier.

Je me tournai vers Haley, espérant soudain qu'elle n'avait pas trop chaud, et l'emmenai un peu plus loi, à l'abri des branches d'un cerisier, justement. Sur sa peau, l'ombre jouait avec le soleil.


- Haley, commençai-je, hésitant. Puis je me rendis compte que je n'étais même pas capable de la regarder dans les yeux tant j'avais peur de sa réaction, alors, je m'y forçai, et quand encore une fois je me perdis dans les profondeurs bleutées de ses yeux j'y trouvais un réconfort intense et absolu, et décidai de lui faire confiance. Sans réfléchir d'avantage, je saisis ses mains et me penchai vers elle pour l'embrasser.

Ce n'était pas la première fois, mais cela n'avait rien à voir. Ce baiser là avait été plus réfléchi et moins désespéré, sans doute; tout comme autour de nous il n'y avait pas uniquement que pénombre, froideur et quelques étoiles, mais un ciel d'un bleu pur et une chaleur pleine de promesses. Ses lèvres étaient aussi douces et son baiser aussi délicieux; je le rompis trop tôt à mon goût, d'ailleurs. Mais ce que j'avais tant retourné dans ma tête semblait vouloir jaillir de lui-même.


- Je suis amoureux de toi, et c'était si simple, finalement! Je tenais à dire ce que j'avais trop tu dans mon expérience précédente. Je voudrais... essayer de te rendre heureuse, c'était moins prétentieux que je voudrais te rendre heureuse. Mais je m'arrêtai là, n'osant pas poser la question, sous-jacente.

Tu veux bien?

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

Revenir en haut Aller en bas
avatar


Haley Collins
Élève de 7ème année



Féminin
Nombre de messages : 1678
Localisation : Sous un cerisier.
Date d'inscription : 24/12/2007

Feuille de personnage
Particularités: Idiote.
Ami(e)s: ?
Âme soeur: ...

MessageSujet: Re: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   Dim 18 Nov - 14:21

J'étais rarement libérée de l'angoisse ; je vivais – ou survivais – sous son emprise, incapable de me débattre des liens qu'elle enserrait toujours autour de mon cœur et qui mutilait mon esprit fragile. J'avais cette impression, depuis longtemps, d'être prisonnière, non seulement des autres – mes parents, en premier lieu -, mais plus encore de moi-même. Ce qui était parfaitement ridicule, et ainsi, pitoyable, et ainsi, propice à ouvrir les écoutilles de mes canaux lacrymaux, et ainsi... Ainsi, c'était un cercle vicieux. J'avais longtemps, dans un premier temps, ignoré les blessures que je portais, parce que je n'avais alors pas le recul nécessaire ni la notion de l’apitoiement sur soi-même ; l'étape suivante avait été de reprocher à mes parents mon inconstance de pauvre être liquide, incapable de bien naviguer sur les mers que j'empruntais ; enfin, la vérité m'avait été éclatante : j'étais la seule à blâmer. Pour tout. Je m'étais confortée dans mes faiblesses, avait détruit les propres piliers de ma maigre stabilité, jusqu'à atteindre ce qui m'apparaissait aujourd'hui comme le pire, comme le fond ; j'avais plongé si bas que j'en étais venue à ramper, écrasée par le poids de l'accablement. Et qui voudrait – pourquoi l'aurait-il voulu – d'une fille rampant à ses genoux ? Pourquoi aurait-il choisi d'engloutir son être si brillant dans les profondeurs d'une eau sombre qui n'évoquait rien d'autre que la perdition, plutôt que de se consumer délicieusement dans un brasier doré ? Je comprenais, aujourd'hui ; je ne regretterais rien sinon d'être moi-même – mais était-ce vraiment une nouveauté.. ? De toute manière, c'était fini, l'affaire était classée, et elle allait prendre la poussière jusqu'à n'être plus qu'un souvenir. Peut-être même que je ne m'en souviendrais plus. Désormais, je n'y pensais plus.

Et pourquoi désirerais-je me rouler encore dans toute cette boue dont j'avais été tant salie, par la honte, par le désespoir éphémère, par des envies vengeresses, par cette haine dont je pensais être dénuée, pourquoi le voudrais-je, alors que j'avais Scott à mes côtés ? Qu'importe ce qui arrivait ; mon cœur avait été placé entre ses mains délicates ; il lui avait redonné son éclat. Plus une trace de boue ne subsistait. Et pour cette raison, Scott, lui, ne sera jamais recouvert par la poussière de l'oubli. Parce qu'il avait été le premier. Parce qu'il m'avait extirpé de la coquille du néant dans laquelle j'avais aimé me complaire ; il avait eu le courage que je n'avais pas eu, et peut-être que j'en étais sans doute armée, à mon tour, moi aussi.

Mais, malgré tout, rien n'empêchait l'angoisse, cette douloureuse et oppressante angoisse, de subsister. Alors que j'avais la meilleure des compagnies possible, alors que je passais le plus agréable des moments imaginables, alors que tout était propice à ce que mon cœur batte paisiblement dans ma poitrine, une partie de moi voulait fuir. C'était une habitude que j'avais prise et qui resurgissait de temps à autres ; Taylord en avait fait les frais, lorsqu'elle avait voulu m'entraîner dans une attraction de la fête foraine qui avait eu lieu cette année. Si elle ne m'avait pas tenu par la main, je me serais échappée.

Si mon propre regard ne s'était pas inexplicablement attaché aux yeux bleutés et brillants de Scott, j'aurais fui. L'idée m'avait bien traversé l'esprit, en entrant dans le bar ; j'avais réellement songé à ajouter une honte de plus à la longue liste qui en comportait déjà beaucoup, mais il m'était désormais impossible de l'envisager. Mes pieds me semblaient collés au sol, et malgré cette angoisse qui compressait chaque parcelle de mon organisme, je ne pouvais pas partir. J'écoutais les mots de Scott s'écouler de ses lèvres sur le rythme de mon cœur battant à tout rompre.


- Je ne savais pas que tu jouais du piano – je crois qu'une lueur nouvelle s'alluma dans ses yeux à ce moment. Oh, comme toi je pense, rentrer chez moi, retrouver mes frères et soeurs, des amis de là-bas... Et puis, une semaine par été, mes parents nous emmènent tous en voyage. L'an dernier, c'était dans le sud de la France. Je ne sais pas encore où ce sera cette année. Voilà.

Il avait fini sa phrase sur un ton plutôt distant ; et j'eus soudainement peur d'en être la cause, bien que je n'avais rien fait d'autre que de l'écouter religieusement. C'était stupide, et surtout bien orgueilleux, mais ce mot de « Voilà » me semblait être comme un couperet brutalement tombé. J'avais si peur de faire quelque chose de mal qui puisse déplaire à Scott que j'osais à peine bouger ; aussi, voir sa chaleur se dissiper légèrement à l'évocation de ses vacances futures me contracta un peu le cœur, car j'en ignorais les raisons. N'aimait-il pas ses parents ? Ou ses frères, ses sœurs ? Détestait-il partir en vacances avec eux ? Ces questions me semblaient bien trop intrusives ; aussi les détournai-je en le questionnant sur le nombre, le nom et l'âge de ses frères et sœurs ; et nous continuâmes à discuter pendant un moment encore. Le sujet « famille » était assez simple, de mon côté : un père décédé, une mère-légume végétative (c'était apparemment héréditaire), et la fille unique que j'étais. Je devais bien avoir une tante, puisque j'avais une cousine ; mais la situation était trop compliquée et je la passais sous silence. Ce qu'il y avait entre Holly et moi restait entre Holly et moi.

Les peurs dont j'étais la proie s'évanouirent un fugace instant, lorsqu'il évoqua une promenade qu'il envisageait pour nous deux. Ce fût la curiosité qui prit le pas ; l'impatience n'était pas dans ma nature, mais je m'étais vite lassée de l'ambiance étouffante du bar qui accentuait le sentiment d'oppression que je ressentais constamment et qui s'amplifiait lentement mais sûrement. J'eus un sourire en lui demandant si nous pouvions sortir dès maintenant, parce que j'étais gênée, un peu ; mais surtout parce qu'il avait prévu quelque chose – ce qui me touchait, étrangement -, et que ses attentions étaient toujours délicates. Comme lui. Il paya l'addition et ouvrit la porte pour me laisser sortir la première.

Respirer l'air frais de l'extérieur me fût revigorant. Je n'étais peut-être pas à ce point agoraphobe, mais la foule, les masses de gens, les autres, m'avait toujours apparu comme un poids. J'étouffais au milieu de la pluralité au milieu de laquelle je me sentais toujours seule ; bien plus seule que lors de mes moments appréciés de solitude. La présence agréable de Scott n'avait qu'allégé mon étouffement ; c'était sans doute un mal que j'allais traîner toute ma vie. La lumière avait été aveuglante, au début, mais je renaissais maintenant comme une fleur au soleil. Nous marchions, côte à côte, et je me fis la réflexion que bien que le ciel soit bleu, et le soleil présent, je les supportais. Scott les rendait plus agréable ; c'était d'ailleurs un pouvoir constant chez lui. Chuck m'apprenait peut-être à faire de la grand-mère que j'étais un être un peu plus endurant, mais Scott m'épargnait tout effort : quand il était là, tout était plus facile, plus supportable.

Tandis que nous évoluons dans le petit village sorcier, Scott continue la conversation, et raconte quelques uns de ses souvenirs ; je le remercie intérieurement de m'épargner la peine de trop parler tant j'ai le cœur au bord des lèvres. Les environs ont beau être plaisants, Scott a beau être parfait (j'aimerais avoir le courage d'oser le lui dire, pour qu'il ne doute jamais de lui ; car je savais que c'était un point sur lequel nous nous ressemblions), je ne peux m'empêcher d'éprouver, encore et toujours, la même angoisse, qui se couple obligatoirement au plaisir que j'ai d'être avec lui. Nous empruntons un petit sentier de terre que je n'avais jamais remarqué, et qui semble mener vers le haut de la colline que nous distinguions déjà et qui semble surplomber tous les environs. Je redoute un peu la montée, craignant que mon organisme fragile ne fasse des siennes. J'ai toujours mal supporté l'effort : quelques escaliers à monter et mes joues rougissent (mais de quoi ne rougissent-elles pas, de toute manière ?) ; un examen un peu éprouvant psychologiquement, et je sors de la salle fébrile et tremblante ; la montée de la colline s'annonce périlleuse, d'autant plus que mon rythme cardiaque est déjà inhabituellement élevé. Alors que l'ascension débute, je me félicite intérieurement pour avoir choisi une robe en cette belle journée d'été. L'effort n'est pas si difficile, le paysage s'offrant à nos yeux et s'élargissant tandis que nous montons plus haut et plus haut encore est splendide, mais je réalise, alors que nous parvenons au bout de notre périple, qu'au bout du chemin se trouve... rien. Il n'y a rien, sinon la nature. Mon cœur s'emballe. Je panique. Tout Poudlard s'étale sous mon regard, le château, le terrain, le lac ; tout est beau, si beau ; mais la seule chose sur laquelle mon attention est toute entière est : ne pas regarder Scott. Cette volonté que je formule intérieurement m'est douloureuse parce qu'elle n'est pas méritée ; mon camarade n'a rien fait de mal, ses intentions sont les plus belles, mais j'ai peur d'affronter la vérité. Je ne suis pas née de la dernière pluie. (Ou peut-être que si ?). Je crois deviner ce qui se cache derrière son regard vivant, brillant – celui-là même que j'aurais vouloir, jadis, dans des yeux différents ; que ses petites attentions ne sont pas anodines, que nous ne sommes pas montés sur une colline pour faire du sport et dépenser quelques calories. Je ralentis un peu la marche, traînant légèrement derrière les pas de Scott, mais il m'attend, évidemment, et m'emmène à l'ombre des branches d'un magnifique cerisier. J'ai le temps d'observer chacune des fleurs de celle qui se trouve juste au-dessus de nos têtes, car je m'applique toujours à ne pas croiser le regard de Scott.


- Haley.

Oh non. Oh. Non. Je déteste ce ton hésitant, celui-là même qui précède toute révélation. Je veux couvrir mes oreilles des paumes de mes mains ; je ne veux pas entendre ce qu'il veut me dire ; je veux m'enfuir en courant de cette place trop belle, trop calme, trop parfaite. Peut-être que si je simule une chute, je peux faire en sorte de rouler du haut de la colline jusqu'en bas par accident... Mais il a dit mon prénom, et je ne peux rien faire d'autre que de le regarder. Nos yeux s'accrochent ; je sens l'intensité lourde de sens dans ses yeux, et mon cœur bat terriblement fort, peut-être même qu'il n'a jamais battu aussi fort, et qu'il va sortir de ma poitrine, et je serais ainsi morte et tout sera bien mieux ainsi car je ne veux surtout pas entendre ce que va me dire Scott, je ne veux pas que ce soit ce à quoi je pense, je veux qu'il m'annonce qu'il a une grave malad – non, oh non, mais comment puis-je penser une telle chose, quelle horreur, quelle abrutie –, qu'il m'annonce alors que son animal de compagnie est décédé et qu'il souhaite l'enterrer là, sous ce beau cerisier, et je serais triste pour lui, et nous irions ensuite manger des glaces, si je n'ai plus envie de vomir, car la nausée qui me prend me paraît sévère, et ensuite nous irions travailler à la bibliothèque, rédiger le dernier devoir de potions que je n'ai pour l'instant réalisé que sous forme de brouillons, il faut d'ailleurs que j'obtienne une bonne note à ce devoir pour rattraper l'échec cuisant que j'avais récolté quelques semaines auparavant, et – et Scott ne me dit rien.

Il ne dit rien, il fait. Je le sens saisir mes mains, légèrement tremblantes ; et je sens ses lèvres se poser sur les miennes.

La première chose ridicule à laquelle je pense est que je ne dois pas rendre mon déjeuner maintenant ; mais elle ne dure qu'un instant éphémère, car un néant se forme dans mon esprit, mais un néant bien différent de ceux que j'ai connu ; celui-ci est doux, délicieux, plaisant. Je ne suis plus qu'un amas de ces sensations qui bouillonnent ; mon cerveau se déconnecte de tout, mon cœur explose en mille morceaux ; aussi ne suis-je pas en capacité de narrer ce baiser tant il me paraît iréel. C'est étrange, d'ailleurs ; notre premier, sur la tour d'astronomie, m'avait paru naturel, peut-être parce qu'il était désespéré. Celui-ci, parce que je m'y étais un peu attendu, fait monter mon angoisse au plus haut que l'échelle de l'angoisse ; à vrai dire, elle la dépasse, atteignant un niveau d'angoisse jamais atteint et qui pourrait faire l'objet d'une étude scientifique intéressante. Le néant qui m'avait embrouillé l'esprit se dissipe quand Scott rompt le contact – j'étais si paralysée que si il ne l'avait pas fait, je serais sans doute rester collée à ses lèvres jusqu'au lendemain matin.

Lorsque j'ouvre les yeux et que nos regards se croisent à nouveau, la réalité me frappe. Et je panique. Ses mots n'arrangent rien – par où est donc la sortie ?


- Je suis amoureux de toi.



Le correspondant que vous demandez est actuellement indisponible. Veuillez réessayer dans quelques minutes.

- Je voudrais... essayer de te rendre heureuse.

Parce que je ne sais ni quoi dire, ni quoi faire, je prononce son prénom, précautionneusement, dramatiquement, et surtout, lentement.

- Scott..., m'entends-je dire, comme si j'étais à des kilomètres de moi-même.

Et maintenant ? Où suis-je, que fais-je, que dois-je faire ? Je ne regarde que mes pieds. Je me rends compte que mon pieds droit est légèrement tourné vers l'extérieur ; me reviennent alors à l'esprit les mots de ma mère qui avait vainement tenté d'éduquer mes pas, car j'avais en effet tendance à marcher comme un pingouin étant petite. Ce défaut ne s'est apparemment pas corrigé ; ma mère avait refusé de m'envoyer chez le médecin, car elle voulait que le mérite de ma « parfaite éducation » ne revienne qu'à elle. Et donc... Scott. Je suis bien obligée de le regarder de nouveau, au bout de quelques secondes qui me paraissent une éternité. Et alors que je croise son regard, beau, lumineux, plein... d'espoir, mon cœur se brise et ma bouche lâche un torrent de paroles que je ne contrôle pas, hésitantes.

- Scott... merci, je... je ne sais pas si... je... Je marque une pause, prend une grande inspiration, et je sens les larmes se presser au coin de mes yeux car je me sens parfaitement ridicule ; je baisse légèrement la tête pour les lui cacher. Tu me... déconnectes le cerveau, je n'arrive plus à penser, c'est... c'est ridicule ; et je ris nerveusement tandis que je m'enfonce dans le marécage de la honte ; mais ça ne veut pas dire que... je...

Je relève brusquement la tête, j'ai peur qu'il s'enfuit, qu'il pense que je ne l'aime pas – bien sûr que je l'aime bien ! –, pour m'assurer qu'il ne se méprenne pas, je m'empare de sa main droite, accroche mes doigts aux siens, et les serre, un peu. Des bribes de courage me viennent pour réussir à émettre des phrases qui ne sont pas vides de sens.

- Tes mots... Personne ne m'a jamais dit ça, et je... Je voudrais faire pareil pour toi, mais je n'ai jamais... Et quand les autres... Je resserre mon emprise sur sa main tandis que je sens mes mots de nouveau se faire plus confus. Je ne peux pas. Je ne peux pas lui dire que je ne m'y connais pas, dans tout ça ; que je crains le regard des autres ; qu'il va s'ennuyer avec moi ; car je suis tellement moins que Taylord (toujours Taylord) ; mais que pourtant, je l'aime beaucoup, et peut-être même plus que beaucoup, et que je suis à l'instant même incapable de formuler quelque chose de censé, que la nausée m'est revenue et que je ne pense qu'aux tremblements qui parcourent mon corps et mon cœur qui frappe douloureusement ma poitrine. Et que plus que tout, c'est l'angoisse.

- C'est bête, je suis bête, mais je crois que j'ai peur, et... mais...

Pendant toute la déblatération de mon charabia, mon regard navigue entre l'arbre qui est près de nous, mes pieds, et Scott. Quand je pose de nouveau mes yeux sur lui, j'ai une envie irrésistible de lui montrer que malgré ma confusion et mes mots confus, je ne le laisse pas. Je ne souhaite pas l'abandonner. Je désire être là comme lui est là.

Je lâche sa main, fais un pas en avant et entoure sa taille de mes bras, posant ma tête contre son épaule. Bien qu'il soit plus grand que moi, je sens son cœur battre, pas loin du mien ; et cette sensation soudaine de vie et de sentiments palpitants que je ressens me réchauffe toute entière et m'encourage à parler.


- Mais d'accord. C'est d'accord. Je veux.
Revenir en haut Aller en bas
avatar


Scott McBeth
Apprenti Auror au Ministère de la Magie



Masculin
Nombre de messages : 1787
Localisation : Probablement dans ma salle commune à étudier ou au parc avec Apple !
Date d'inscription : 27/02/2009
Célébrité : Nicholas Hoult

Feuille de personnage
Particularités: /
Ami(e)s: Ruby, Apple
Âme soeur: Oh, help me to make it

MessageSujet: Re: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   Mer 5 Déc - 12:22

J'avais, hélas, suffisamment vécu pour savoir qu'il ne fallait jamais se fier aux apparences ; que ce n'était pas parce que tout avait l'air parfait et merveilleux que ça l'était en réalité. Avec Taylord, j'avais pensé tout au long de notre relation qu'elle nous allait à tous les deux, que ma distance n'était qu'une étape, que nous nous habituons progressivement et qu'il n'y avait aucun risque. Tout allait pour le mieux : nous nous voyions de temps à autre, nous étions ensemble sans être collés l'un à l'autre et nous nous entendions toujours aussi bien. Je n'aurais pas pu espérer mieux. Et puis il y avait eu ce petit déclic, ce moment où j'avais ouvert les yeux, belle ironie alors que je me targuais de faire de l'observation ma qualité première, où j'avais compris ce que j'avais moi-même laissé filer entre mes doigts. Le temps n'attend pas. Taylord me l'avait dit avec ses mots, ensuite, et elle avait vogué vers d'autres horizons - horizons sur lesquels je n'allais pas m'étaler, car ils risquaient de me mettre en colère. Carlton s'était vanté d'avoir couché avec Taylord avant de la plaquer mais, curieusement, il ne se vantait pas de m'avoir mis hors de moi pour la première fois alors que c'était pourtant la stricte vérité : curieux, n'est-ce pas? On est courageux quand ça nous arrange, chez les personnes de son type.

Toujours est-il que c'est quand les choses paraissent les plus envoûtantes qu'elles recèlent de nos pires cauchemars, et en cette journée, alors que je m'étais démené pour qu'elle soit parfaite, je sentais tout d'un coup le monstre sous la carapace, je voyais à travers les rayons dorés du soleil les ombres du tableau, je devinais dans le paysage qui s'offrait à nouveau les petits détails cachés qui ne nous sautaient pas aux yeux au premier abord. Rien n'était parfait. Et ce que j'avais espéré n'existait que dans mon esprit : comment avais-je pu espérer que cela soit réciproque en tous points? Je le savais, pourtant, qu'Haley n'oubliait pas Stephen. Qu'elle se rassure en tout cas, Stephen oubliait tout le monde. Je le savais qu'elle n'était pas forcément celle que l'on croyait, puisqu'elle était devenue amie avec Chuck Carlton lui-même, celui-là même qui était probablement aux antipodes de sa personnalité si on construisait une échelle avec les caractères des gens. Je ne comprenais pas. Est-ce que Haley... Comme toutes les autres... Était sensible à ses charmes?! Moi qui la croyais bien au-dessus de ça! J'en restais persuadé, mais j'étais plein de questions, et Haley avait beau être, à mes yeux, parfaite, je savais que s'exprimer sur ce qu'elle ressentait n'était pas dans ses qualités premières. J'aurais aimé lui demander : mais, qu'est-ce que tu lui trouves? Ce qui m'interpellait, c'était que Carlton ne traînait qu'avec des filles qu'il voulait se mettre sous la dent, et je ne pensais pas qu'Haley aille jusque là. Même de sa part à lui, c'était étrange, cette amitié.

Je sentis sous mes mains et mes lèves toute la tension tremblante présente chez Haley, cette tension omniprésente qui me la rendait pourtant si vulnérable, si touchante, si particulière à mes yeux. Mais je compris que pour une fois cette tension allait m'être néfaste, à moi : qu'elle exprimait autre chose. Après l'avoir embrassée et prononcé ce qui désirait plus que tout sortir de ma gorge, je plissai les yeux sous la clarté du soleil, comme si ces quelques instants où mes paupières s'étaient fermées avaient été hors du lieu, du temps. Ce que je ressentais pour Haley n'était pas un mensonge et encore moins de la poudre aux yeux, mais en me sentant tout d'un coup ébloui, je compris que je m'étais sans doute jeté à moi-même de la poudre.


- Scott...,
prononça-t-elle faiblement.

Brusquement je lui en voulus d'être si
absente, si distante. Qu'avait-elle besoin de plus, pourtant?! Je ne pouvais pas faire d'avantage, je n'avais que mes mots pour parler et mes mains et mes lèvres pour lui offrir des caresses. Je savais qu'elle était ainsi et je l'acceptais, je l'acceptais toute entière parce qu'elle était comme un petit joyau orné de diamants qu'on avait laissé enfermé dans son écrin posé sur une étagère poussiéreuse. On n'avait plus fait attention à lui, comme ça, par habitude, et quand on se rappelait du bijou on en riait un peu, parce que dans nos souvenirs il n'était pas si joli que ça. Mais c'était faux. Il n'y avait qu'à tendre la main et ouvrir l'écrin : dedans les diamants finement ciselés brillaient de mille feux comme un ciel étoilé et respiraient la douceur et la liberté. Je lui avais pourtant dit, qu'elle ne serait jamais désagréable. Parce qu'elle l'était : elle avait une valeur incommensurable à mes yeux et si je déplorais que les autres personnes qui la côtoyaient ne le voient pas, en un sens j'en étais ravi au fond de moi... Je la voulais à moi, rien qu'à moi.

Mais elle, en commençant ainsi après mes révélations, en étant presque... réticente au baiser que je venais de lui donner, m'indiquait clairement que tout ceci n'était que fantasme dans mon cœur qui s'était sans doute un peu trop emballé.


- Scott... merci, je... je ne sais pas si... je... Mon prénom me paru insupportable et quand elle dit merci je clignai des paupières plusieurs fois, retrouvant ma vision normale, n'étant plus ébloui. Il n'y avait plus trop rien de féérique pour me brouiller délicieusement la vue. Merci? Je n'étais franchement pas expert en la matière, mais je crois que merci était l'une des réponses les pires quand on venait de dire à quelqu'un la vérité de ses sentiments. Je baissai les yeux. Je crois qu'au fond, je le savais : j'étais résigné. Taylord, Stephen, Haley. Pourquoi aurait-elle dérogé à la règle?

- Tu me... déconnectes le cerveau, je n'arrive plus à penser, c'est... c'est ridicule... mais ça ne veut pas dire que... je...

Elle baissait les yeux elle aussi ; quel joli tableau que notre incapacité à nous exprimer et à nous aimer correctement, alors qu'étincelait autour de nous la lumière de cette journée d'été, le ciel pur et bleu, les fleurs roses du cerisier. Mais pour ma part, tout avait disparu, il n'y avait plus qu'Haley et le bleu couleur glacier de ses yeux qui m'apparaissait tout d'un coup comme aiguisé et tranchant comme du verglas. Elle eut un rire nerveux, mais rien de ce qu'elle dit m'arracha une réaction. Elle n'avait pas saisi la perche, n'est-ce pas? Qu'elle le dise une bonne fois pour toutes et qu'elle m'épargne le reste, j'avais échoué, voilà tout, je ne voulais en tout cas pas la forcer à me livrer des sentiments qu'elle n'avait pas. Si il y avait bien une chose que jamais je n'aurais reproché à Taylord c'était bien cela : sa franchise. Si abrupte que soit la vérité elle valait mieux à des jours et des jours de mensonge qui tapissaient nos cœurs de volontés secrètes et infondées.


- Tes mots... Personne ne m'a jamais dit ça, et je... Je voudrais faire pareil pour toi, mais je n'ai jamais... Et quand les autres...

Les autres? Qu'avaient-ils à voir ici?! Je relevai la tête en même temps qu'elle et croisai son regard humide ; le mien est sec comme un désert aride, et je le sais, un peu dure, parce qu'au fond de moi bouillonnaient toutes mes déceptions et tous mes sentiments qu'elle balayait d'un revers de main. Moi aussi, j'aurais voulu qu'elle fasse pareil pour moi.

- J'ai compris, ne te force pas, lâchai-je, la mâchoire un peu trop serrée. Néanmoins j'eus un pauvre petit sourire pour la rassurer : je ne voulais pas qu'elle mente pour autant, j'avais essayé, j'avais perdu, après tout, c'était bien le principe de nos existences, tenter, apprendre, échouer, réussir, recommencer. Je ne mettais pas en doute son amitié évidemment, et ses doigts qui s'accrochaient aux miens semblaient me le rappeler : mais Scott, je t'aime bien! Nous nous entendons bien, je suis attachée à toi! Oui, sauf que le bien était en trop : je n'avais pas envie qu'elle m'aime bien.


- C'est bête, je suis bête, mais je crois que j'ai peur, et... mais... J'aurais été un abruti - Carlton, peut-être - je lui aurais répondu que moi aussi, j'avais eu peur et pourtant moi aussi j'avais osé ; qu'il n'y avait que les lâches qui n'osaient pas, etc, mais j'avais bien trop de considérations et d'égards pour elle pour me permettre de lui faire du mal. Je ne pouvais pas lui demander de mentir mais alors elle ne pouvait pas me le demander non plus, et au fond de moi, mes sentiments étaient bien présents, et, moi, je l'aimais, tout court... Il y eut alors un mouvement de sa part que je ne compris pas et, hésitante, je la vis s'approcher de moi... Se lover contre moi et appuyer sa tête contre mon cœur. Ses bras entouraient ma taille et alors que tout chavirait, je me retrouvai amarré à elle malgré la tempête. Mais d'accord. C'est d'accord. Je veux.

Je veux?... Je veux quoi?...

Un instant mes pensées se mirent à vriller à l'intérieur de ma tête, tandis que mon rythme cardiaque s'emballa légèrement. Où était la vérité? Pourquoi tant d'hésitation pour en arriver là? Si ses sentiments existaient vraiment elle n'aurait pas eu à hésiter, n'est-ce pas? ... Ou bien avait-elle réellement eu peur? Mais peur de quoi? De moi?...

Instinctivement je l'entourai moi aussi de mes bras en me demandant à quoi tout cela rimait puisque ça ne correspondait pas à tout ce que j'avais pu m'imaginer, mais qu'importe. Elle était là et bien là. Dans mes bras elle avait une présence toute particulière, chaude et délicate, comme un petit nuage qu'on m'aurait pressé sur le cœur, doux et moelleux. Elle ne ressemblait à personne, le savait-elle au moins?... Ma main vint délicatement et presque timidement caresser ses cheveux, bruns et brillants et encore plus sous la lumière éclatante de cette journée ensoleillée. Ils étaient lisses comme de l'eau pure.

Je compris alors qu'il me fallait exprimer ce qui était tapi au fond de moi, ce qui me faisait peur, à moi aussi, ce qui était sans doute le dernier voile qui me séparait d'elle, ce qui n'était autre que la vérité, simple et fragile, et que j'avais sans doute peur de laisser s'envoler car elle contenait tout ce qu'on ne disait normalement jamais. J'en avais les frais avec Stephen ; et voilà où cela nous avait mené...


- Haley, tu es trop importante pour moi pour que je te laisse faire le mauvais choix. Je la décollai - à regrets - légèrement de moi pour lui prendre les épaules et la regarder droit dans les yeux. Je la voulais, oui,, mais seulement si elle me voulait autant. Il ne servait à rien de courir à l'échec et à la déception. Si il y a quelqu'un d'autre... J'éludai ces personnes d'un signe de tête un peu vague, Si tu n'es pas sûre... Je préfère que tu me le dises, répétai-je à voix plus basse. Je ne veux pas mentir avec ça.

Je sentis une boule se former dans ma gorge, avec toute cette pression et cette angoisse qui me serrait le cœur, mais tentai de la ravaler. Mes doigts caressèrent sa joue. C'était bien beau de préférer la vérité mais... Je ne voulais pas qu'elle me dise non, je ne le voulais pas. Mon front vint se poser contre le sien dans une dernière prière. Qu'elle accepte, qu'elle accepte!...

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

Revenir en haut Aller en bas
avatar


Haley Collins
Élève de 7ème année



Féminin
Nombre de messages : 1678
Localisation : Sous un cerisier.
Date d'inscription : 24/12/2007

Feuille de personnage
Particularités: Idiote.
Ami(e)s: ?
Âme soeur: ...

MessageSujet: Re: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   Ven 7 Déc - 19:55

Je marchais sur un pont dont les pierres s'écroulaient à chaque pas ; bientôt rattrapée par le vide, je paniquais. Si mes angoisses avaient été jusque là teintées de joie, simplement engendrée par l'unique présence de Scott, elles se faisaient désormais plus violentes, plus douloureuses, plus... réelles. C'était ça, c'était elle, la réalité, la source de mon malaise : elle m'avait poignardée lorsque les mots doux de Scott s'étaient échappés de sa bouche. Il s'infusait dans mes veines, ce poison fait de réel, et pressait mon corps de dire, de faire, de montrer quelque chose – car je voyais que mon silence serrait douloureusement son cœur comme mes mots avaient entaillé le sien. Je savais cependant que de ces blessures n'auraient pas du s'échapper du venin, mais un antidote : l'antidote qui aurait soigné mes plaies, remédié à mes peines, déclenché le mécanisme de mes jambes pour que je puisse me jeter à son coup, épanouie et éblouie de bonheur. Je voyais, je sentais dans son regard, sur la courbe de sa bouche, par la tension qui tenait son corps immobile, que c'était probablement ainsi que les événements auraient du se dérouler. J'en avais lu dans les livres, des déclarations de toutes sortes ; je les avais vécu par procuration à travers les personnages que j'avais envié – je voulais de leur vie à eux, pas de la mienne. J'avais toujours désiré être l'héroïne d'un roman excitant et bouleversant ; Scott me hissait au plus haut de l'histoire comme la protagoniste de son cœur, et moi... j'hésitais, sous ce cerisier, désemparée. Et je m'en mordais l'intérieur des joues, je me serais infligée des centaines de gifles – car je ne détestais rien de plus en ces instants de lourd silence que je nous infligeais.

Je suis un monstre - les premiers symptômes étaient apparus lorsqu'aucune larme ne s'était écoulée de mes yeux à l'annonce de la mort de mon père, ni même à son enterrement ; j'avais bien l'impression de ne l'avoir jamais aimé, de n'y avoir jamais été attaché, à ce géniteur que je considérais toujours d'un point de vue uniquement biologique, mais il était mon père, et ce n'était pas normal de ne pas éprouver une once de tristesse à sa disparition. J'étais une enfant horrible – j'étais aussi désormais une jeune fille cruelle et mauvaise.

La réalité me garde un instant muette, incapable de penser à mes sentiments, à mes envies, aux désirs que j'aurais pu avoir – en avais-je eu ? Il serait idiot de ne pas avouer que je m'attendais un peu à ce que cette situation arrive un jour, vu comme nous étions devenus proches et affectifs l'un en vers l'autre, mais je m'étais tant complu dans cette sorte d'attente, ce statut entre deux eaux, sans risque ni danger, que franchir ce pont m'effrayait terriblement – c'était là, maintenant, le moment. Ce choc soudain qui me déstabilisait me laissa le temps de douter, alors que j'avais déjà songé à cette possibilité – lui, moi – alors qu'elle m'avait plu, alors que je m'étais surprise à espérer dans les moments passés ensemble, alors que la trace de ses lèvres sur les miennes apparue lors de notre soirée au sommet de la tour d'astronomie avait longtemps demeuré.

Et alors que le possible devenait réel, je sombrais dans les eaux de l'inconnu. Il n'y avait pas d'indications. De règles. De modes d'emploi. Tout n'était que spontanéité et émotion – et cette spontanéité avait été telle que je me laissais passivement engloutir par la force de cette sensation inédite que produisait chaque mot de Scott qui réchauffait mon cœur tout en le frappant, encore, et encore, et encore ; je perdais pieds, perdue dans des paroles qui m'offraient tant – il y avait peut-être un peu trop d'amour dans ces mots, plus que je ne pouvais le supporter, habituée à en recevoir si peu. Il fallait bien que je parle, malgré que mon estomac soit noué, que mon cœur se soit perdu quelque part dans l'espace – je ne le sentais plus battre – ou peut-être cognait-il si fort dans ma poitrine que je ne percevais plus ses lourds battements paniqués –, que je sois démunie face à des mots si forts et si... plein. Plein de sens, d'espoir, d'affection. Mes mots, à moi, mes maudits mots, étaient haïssables, parce que lents, hésitants, insupportables – comme moi comme pour lui.


- J'ai compris, ne te force pas
, lâcha t-il.

NON.

Ce fût mon esprit qui le cria, et non mes lèvres. Je voulais lui dire, lui expliquer, que ce n'était pas lui, que c'était moi, que j'avais peur, que je ne savais pas comment recevoir ses mots et quel retour lui donner, je ne savais pas ça, je ne l'avais lu que dans les livres, et oh comme je détestais mes pieds enracinés dans le sol, mes mains qui se tordaient les unes contre les autres, mes doigts qui se griffaient par la force de mes ongles, mon corps inerte, mon esprit vide des mots que j'aurais du lui dire. Je poursuivais, accablée par le poids de son expression – je voulais qu'il retrouve son sourire, le bel éclat de ses yeux lumineux dans lesquels j'aimais me réfugier comme dans une petite maison chaleureuse et abritée de tout. Il était à portée de mes doigts qui étaient mêlés aux siens – mais ils n'avaient plus leur même ardeur –, et mon cœur ré-apparut, car je le sentis chuter du ciel à la terre dans une douleur épouvantable ; Scott était là, tout près, mais il me semblait si lointain au moment où je tentais de défendre mes angoisses ; à chaque mot de plus, il semblait s'affadir, et je craignais qu'il ne disparaisse tout à fait, qu'il ne détache ses doigts des miens, qu'il fasse demi-tour, qu'il parte, parce que j'étais ce monstre qui lui avait dit merci en réponse à son amour. La haine que je porte envers moi-même est récurrente ; mais jamais, jamais, jamais elle n'avait été si forte.

Je m'empare de lui pour me nicher dans son cou, entourant son torse de mes bra
s – ne pars pas, ne pars pas, ne pars pas – et là, dans cette place qui est la mienne, je lui dis les mots, qui ne sont peut-être pas les bons, les plus beaux, les plus doux, mais une montagne que j'ai franchi. Je frissonne quand je sens sa main parcourir mes cheveux. Il semble m'accepter quand même, avec ma cruauté, mon ingratitude, ma bêtise.

- Haley, tu es trop importante pour moi pour que je te laisse faire le mauvais choix. Il se détache de moi, et j'ai soudainement peur qu'il revienne sur sa décision que j'avais pourtant peiné à accepter quelques minutes auparavant. Ses mains se saisissent de mes épaules et ses yeux pénètrent les miens – je hais l'éclat terni que j'y vois. Si il y a quelqu'un d'autre... – je hais mon esprit qui se tourne immédiatement vers Stephen. Si tu n'es pas sûre... Je préfère que tu me le dises – je hais le ton bas et résigné de sa voix. Je ne veux pas mentir avec ça.je ne hais rien d'autre que moi-même à la possibilité qu'il puisse avoir pensé que je jouais avec la vérité.

Quelques larmes s'écoulent, les unes après les autres, silencieuses, jusqu'à ma bouche aux lèvres pincées et tremblantes. J'exècre tant ma propre personne que je n'aspire qu'à fuir, à le laisser aimer quelqu'un qui le mérite, dont les sentiments sont assez forts pour ne pas être mis en doute – mais ses paroles ont éveillé un brin de révolte dans mon cœur qui refuse ces accusations – d'autant plus qu'elles nous font tous deux dumal. J'essuie mes larmes à l'aide de mes mains et desserre mes lèvres scellées.

- Mais je ne mens pas, articulai-je, la voix défaillante et le cœur saignant. C'est juste que j'ai peur, parce que c'est peut-être facile et bête, mais moi, je... tu es le premier à me dire ça, et je ne sais pas comment faire, parce que personne ne m'aime comme ça d'habitude – ma voix se brise car je ne dis jamais ces choses là à haute voix et que j'en ai honte – mais toi, repris-je avec un peu d'aplomb, mais les mots suivaient s'écoulent de plus en plus vite dans un rythme qui trahissait ma panique et mon malaise, toi tu as eu Taylord – Taylord Taylord Taylord – tu connais tout, tu vas t'ennuyer avec moi, je ne suis même pas capable de te dire bien les choses alors que... que toi aussi tu es important pour moi...

Je pince très fort ma lèvre inférieure pour ne pas éclater en sanglot ; tout ce que je craignais était en train d'arriver, comme dans un cauchemar. Je gâchais tout en parlant ; j'avais simplement souhaité que l'angoisse s'arrête à notre étreinte, que tout aille bien ensuite ; mais j'étais tellement pathétique qu'il avait tout remis en doute, et je déblatérais des mots qui m'échappaient et que j'aurais tant voulu retenir tant ils me mettaient dans un état pitoyable. Je m'enfonçais dans des marécages indescriptibles de ridicule, de gêne et de cruauté – je cassais la réalité faite d'un rêve nourri d'espoirs en mille morceaux. Tremblante et fébrile, au bord de la crise de larmes et de panique, je n'entrevoyais que deux possibilités : retourner dans le château ou dans les bras de Scott. Le deuxième chemin était celui que j'étais le plus désireuse d'emprunter, parce que je savais que c'était là où je souhaitais être, où je pourrais noyer mes peines, où l'orage qui obscurcissait le ciel si bleu pourrait disparaître. Je tends mon bras de sorte à ce que ma main touche son torse, là où se trouve son cœur, n'osant pas être à l'origine d'une nouvelle étreinte ni faire la requête d'un câlin.

- Je veux être là – dans son cœur et dans ses bras – dis-je, le regard brillant presque suppliant, d'un ton affirmé mais la voix un peu affaiblie par les quelques sanglots qui s'étaient échappés. Vraiment.

C'était aussi calamiteux que tous les actes et toutes les paroles dont j'avais été à l'origine depuis le début, mais je n’entrevoyais aucun autre moyen pour lui dire. Je n'étais capable que de ça pour accomplir tout ce à quoi j'échouais – lui renvoyer son affection, lui promettre, lui faire comprendre que je voulais de lui et plus que tout, là, être juste dans ses bras – les siens, ceux qui me voulaient – où il fait chaud de cette chaleur réconfortante et où tous les ciels bleus du monde me semblent supportables.
Revenir en haut Aller en bas
avatar


Scott McBeth
Apprenti Auror au Ministère de la Magie



Masculin
Nombre de messages : 1787
Localisation : Probablement dans ma salle commune à étudier ou au parc avec Apple !
Date d'inscription : 27/02/2009
Célébrité : Nicholas Hoult

Feuille de personnage
Particularités: /
Ami(e)s: Ruby, Apple
Âme soeur: Oh, help me to make it

MessageSujet: Re: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   Mar 11 Déc - 18:07

Souvent je m'interrogeais sur la toile complexe de nos vies et de nos sentiments ; il me semblait que nous n'étions rien sans eux mais qu'ils faisaient, par la même occasion, ce qu'ils voulaient de nous. Les liens, l'amitié, l'amour, la famille, tout cela était bien beau et j'aurais menti si j'avais affirmé que ces notions n'étaient pas importantes dans ma vie. Mais plus mon expérience plus s'accroissait, plus je trouvais en ces valeurs qui devaient pourtant être si belles, un revers peu flatteur et peu glorieux. Avec le recul, je voyais nettement les rouages cassés de ma famille, ce que l'absence de mes parents avaient provoquée au sein des relations entre leurs propres enfants. Il y avait les jumelles, les plus proches de moi en âge, qui ne me quitteraient jamais, mais plus nous grandissions plus nos aînés paraissaient s'éloigner, physiquement et mentalement. Je prenais plaisir à les voir, mais j'avais de moins en moins de choses à leur dire, et surtout, de moins en moins envie de leur dire. Nous étions de la même chair, et pourtant, je comptais dans mon entourage des gens avec qui j'étais bien plus proche qu'eux. La famille n'était pas si magique, il fallait croire... Et l'amitié? J'aimais Stephen plus que mes propres frères, et depuis des mois nous nous parlions du bout des lèvres, comme si quelque chose n'était plus. Bien sûr, je lui rendais toujours service, je surveillais ses arrières, parce que parfois il était trop dans la lune et trop lui-même pour se rendre compte de certaines choses. Mais je lui en voulais encore, je savais qu'il ne m'accordait pas une place aussi importante dans sa vie qu'il avait dans la mienne, alors, j'avais décidé de ne pas insister. Je lui parlais moins. Qu'est-ce que cela changeait, puisqu'il ne m'avait jamais parlé réellement, lui? J'en avais des pincements au cœur quand je le voyais traîner avec d'autres personnes, mais tant pis. J'avais choisi. Je voulais un signe de sa part : j'en avais assez de me laisser faire. Il y avait bien Taylord, mais notre amitié était fragile encore, peut-être trop teintée de nos souvenirs, de mes regrets, de son histoire. Régler les comptes de Carlton m'avait fait avancer, j'en étais bien conscient, mais avec Taylord nous tâtonnions encore, nous tanguions sur un pont en essayant de retrouver un certain équilibre. J'avais confiance. Mais cela demandait un peu de temps. Et l'amour... Pourquoi fallait-il toujours que l'amour, le vrai, le beau, ne soit qu'unique, ne soit pas partagé? J'étais fatigué. Je sentais mon cœur épuisé, mon cerveau lessivé. J'en avais assez de voir le monde tourner autour de moi en une course folle, car quoi je fasse, je n'arrivais jamais à temps, je ne partais jamais assez tôt, ou je tombais en route. J'étais triste de constater l'inutilité et la vacuité de nos sentiments. Car je n'étais pas le seule dans ce cas, si cela pouvait être une maigre consolation. Haley, Stephen... Je n'avais rien à lui envier de ce côté-là. Et cet amitié avec Carlton? Etait-il capable une seconde de juger de la valeur d'une personnalité comme Haley? Il avait fait ses preuves avec Taylord, il me semble. Son cœur devait être aveugle et sec.

Quand je tins Haley devant moi, entre mes mains ses épaules me paraissaient frêles et les mouvements de ses paupières éphémères comme les battements des ailes d'un papillon. Peut-être que finalement les moments parfaits de nos existences ne résidaient que dans ces secondes-là, dans les éclats du soleil sous les fleurs d'un cerisier, dans la quiétude d'une après-midi de Juin, dans la lumière si particulière des yeux d'Haley au moment où, ne se doutant de rien, elle avait souri? Je me sentais las de me contenter de ces instants fugaces, aussi merveilleux soient-ils : il me semblait que c'était tout ce qui m'était resté de Taylord. Mais puisqu'il en était ainsi...

Mais les larmes dans les yeux de Haley me frappèrent en plein cœur comme un éclair enflamme un arbre en une seconde ; mon corps tout entier se crispa, et je me sentis le pire être de l'univers. Aussi triste et esseulé que je me sentais après son refus masqué, je ne voulais pas ça : je ne voulais pas ses larmes, et surtout, je ne voulais pas en être la cause. J'avais envie de lui implorer son pardon, de tout effacer d'un revers de main et de faire comme si rien n'était arrivé, parce que je l'aimais trop pour lui faire de la peine. J'ouvris la bouche, tant pis pour ma question restée en suspens, je ne voulais pas aller plus loin. Mais elle me devança :


- Mais je ne mens pas, et sa voix tremblait autant que mon cœur. Je serrai mes mains un peu plus fort autour de ses épaules, me sentant impuissant face à ce désarroi qui était entièrement mon œuvre. C'est juste que j'ai peur, parce que c'est peut-être facile et bête, mais moi, je... tu es le premier à me dire ça, et je ne sais pas comment faire, parce que personne ne m'aime comme ça d'habitude - Comment?... Ce que j'entrevoyais tout un coup me paraissait avoir l'éclat soudain du soleil qui apparaît derrière un nuage. - mais toi, toi tu as eu Taylord – Je tiquai : je n'avais pas eu Taylord, non. – tu connais tout, tu vas t'ennuyer avec moi, je ne suis même pas capable de te dire bien les choses alors que... que toi aussi tu es important pour moi...

Je battis des paupières. La lumière pâle et blanche du soleil venait de m'inonder de toute sa clarté, et s'envolait de mon cœur un poids lourd et épais qui me donna l'impression que je respirais pour la première fois de mon existence.

Je ne connaissais pas tout, certainement pas, et quand je compris le sens de l'ampleur de son désarroi, et, surtout, la mauvaise interprétation que je lui avais donné, je sentis mes lèvres s'étirer en un sourire qui exprimait tout mon soulagement. Même lorsqu'elle pleurait elle était belle et touchante et les rougeurs à ses pommettes n'avaient rien de gênantes bien au contraire, elles semblaient me crier l'agitation qui bouillait en elle et qui bouillait, en un sens, pour moi. Je n'eus pas le temps de réagir sur le coup, à son explication, à ses craintes, à ses larmes, simplement parce que je me sentais tellement heureux tout d'un coup que le bonheur me pétrifiait sur place comme si on m'avait changé en statue, et dans cette statue il n'y avait qu'un cœur qui battait fort et vite, et ce bruit semblait s'accorder avec la vie qui nous environnait. Peut-être que je m'étais trompé. Peut-être que les fleurs rosées du cerisier, que l'air parfumé de ce début d'été, que l'éclat des yeux d'Haley et les reflets du soleil dans ses cheveux n'étaient pas éphémères, et qu'ils allaient briller pour moi encore longtemps. Je n'étais sûr de rien sauf d'une chose : que l'espoir rayonnait autour de moi et qu'il nous englobait en son sein. Je respirai une seconde fois, et l'air semblait avoir le goût de ce renouveau fleuri et prometteur. Mes yeux ne quittaient pas les siens, et je savais déjà que dorénavant mon but serait de les faire briller, à chaque seconde qui passait, et que jamais ils ne soient teintés de larmes.


- Je veux être là. Son geste fut comme un électrochoc, quand sa main toucha mon cœur, sous ma peau. Elle y était déjà, et depuis longtemps. Mais cette constatation m'apparut comme un coup de foudre à retardement. Vraiment.

La meilleure des réponses me vint toute seule. Nous en avions besoin tous les deux. Près d'elle, ma fragilité semblait s'estomper, et je protégeais la sienne quoi qu'il arrive. Je la pris une nouvelle fois dans mes bras mais cette fois-ci mes bras semblaient avoir leur place toute trouvée autour d'elle et je joignis mes bras dans son dos, la serrant de tout mon amour, reposant ma tête sur la sienne et respirant à plein poumons son odeur qu'aucune fleur de cerisier, aussi délicate soit-elle, ne pourrait jamais masquer. Mon cœur contre son corps battait doucement mais avec un entrain nouveau ; l'angoisse de tout à l'heure disparaissait peu à peu. J'étais plein de promesses, j'étais confiant, et surtout, j'étais amoureux : amoureux d'elle dans tous ses états, pour tout ce qu'elle était, même ce qu'elle ignorait. Jamais quelqu'un ne m'avait paru avoir autant de valeurs. Cet écrin qui renfermait de si jolis diamants, je l'avais pris, et j'étais bien décidé, égoïste, à le garder et à la protéger pour toujours.

- Tu es , murmurai-je, bien décidé à la rassurer à son tour. Pourquoi tu parles de Taylord? C'est toi que je veux et avec toi... Tout est nouveau. On a tout à apprendre, ensemble. Et si je suis le premier à t'aimer comme ça, alors... Je vais essayer de faire en sorte que ce soit parfait.

Je souris, d'un sourire qu'elle ne pouvait pas voir puisque mon visage était contre ses cheveux, et je remontai une de mes mains pour les caresser encore une fois. La chaleur était en moi, en elle, autour de moi, partout : le soleil brillait aussi fort dans le ciel que dans mon cœur, et semblait irradier tout autant du corps d'Haley.

- Tu es tellement précieuse, murmurai-je encore plus bas, le cœur tout gonflé de cet amour qui débordait, mais de ma timidité qui n'était jamais bien loin. Je collai mon visage contre le sien en fermant les yeux, puis j'embrassai ses lèvres doucement, et déposai un baiser sur son front. Je restai quelques secondes ainsi contre elle, inspirant et expirant simplement. Je n'avais même pas besoin d'avoir les yeux ouverts pour savoir qu'elle brillait, qu'elle me faisait briller, d'un éclat qui rivalisait avec tous les astres et tous les diamants du monde.

Fin

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

Revenir en haut Aller en bas


Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé   

Revenir en haut Aller en bas
 
Les lueurs de vermeil [H.C.] Terminé
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Terminé] Un bon petit film [Emma]
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]
» Hermione Granger ( terminée)
» 101 TH AIRBORNE (Armée terminée en 1 semaine de quickpainting)
» Azur, adorable petite boule de poils bleue. (Terminé. )

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Pré-au-Lard :: Promenade dans Pré-au-Lard :: Dans la rue-
Sauter vers: