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Coup pour coup (T.)

 
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 Coup pour coup (T.)

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Chuck Carlton
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Localisation : Là où on peut faire la fête !
Date d'inscription : 03/03/2010

Feuille de personnage
Particularités: i should have known better
Ami(e)s: Emmy-Nem, Haley, mon petit lapin! Oh vous inquiétez pas, ça nous choque autant que vous... ; Joy, eh ouais comme quoi ! ; Ruby Miss Parfaite ; Lilian, the one and only
Âme soeur: come to me my sweetest friend can you feel my heart again i'll take you back where you belong and this will be our favorite song

MessageSujet: Coup pour coup (T.)   Jeu 16 Aoû - 15:00

(suite de : Sentence & veangeance)



In the clearing stands a boxer
And a fighter by his trade
And he carries the reminders
Of ev'ry glove that layed him down
Or cut him till he cried out
In his anger and his shame
"I am leaving, I am leaving"
But the fighter still remains




Bon, eh bien, euh... Voilà voilà.

L'avantage, c'est que j'avais la ferme satisfaction de m'être un peu racheté, et que du coup, j'étais tout fier de moi et je me disais que j'avais fait bonne action, ce qui effaçait un peu la colère qui grondait en moi. C'était rare, mais pour une fois j'arrivais à me dominer, à me dire que Woodley n'était qu'une sombre conne complètement arriérée et juste bonne pour la camisole de force, et que rien ne servait de lutter contre une tare pareille. Elle n'entendrait rien de toute façon, et je préférais rester au-dessus de ça, de toutes ces conneries de fierté de sang-pur, d'envie de posséder le monde, et ce genre de conneries. Pour l'instant, ce qui comptait c'était Taylord - Taylord qui ne ressemblait pas à Taylord d'ailleurs, elle toussait bizarrement, elle avait l'air abattue - et croyait moi mes joues s'en souvenaient, ce n'était pas si simple de la faire abdiquer cette petite - et surtout complètement ailleurs. Non mais merde, elle venait de se faire renvoyer et en plus tabasser par une prof, allo allo, c'était un peu l'heure de sortir les baïonnettes et de sonner la cloche de la révolution, non?!

Mais non, juste un petit "d'accord", et voilà qu'elle s'était adossée au mur et qu'elle était tellement blanche que j'étais en train de me demander, si elle s'évanouissait, comment j'allais faire pour la réveiller parce qu'autant vous dire que l'option bouche à bouche était absolument impossible, si je ne voulais pas qu'elle me fusille sur le champ, même avec un pied déjà dans la tombe. Du coup, je ne savais pas trop quoi faire. En fait, cette situation était trop bizarre et plus ça allait plus ma satisfaction se transformait en gêne, parce que voilà, c'était pas comme si j'avais sauvé une fille lambda, non, j'avais juste sauvé la fille à Poudlard qui avait sans doute le moins envie que je la sauve, surtout que ça la rendait redevable et tout le tralala et que ben finalement je n'avais rien d'un chevalier qui débarque sur son cheval blanc, bien au contraire. Elle ne disait rien en plus cette andouille, j'étais sensé faire quoi, lui chanter des berceuses jusqu'à ce qu'elle reprenne ses esprits?! La prendre dans mes bras pour la réconforter? Cette bonne blague. Pour un peu elle allait croire que j'avais fait tout ça pour regagner ses faveurs, alors que pas du tout, c'était juste parce que je préférais éviter qu'elle finisse dévorée par Woodley, parce que c'était quand même pas la mort la plus enviable qui soit.

J'avais la tête vide tout d'un coup, et plus j'attendais qu'elle réagisse, plus je regardais autour de moi le couloir, et plus je me disais, putain ce que j'ai hâte de me barrer d'ici et que les vacances arrivent. C'était bien la première fois que ça m'arrivait. Autant ça me faisait chier de me dire qu'il ne restait qu'un an - enfin c'était surtout l'après qui me faisait chier, ben oui, parce que j'allais faire quoi, hein? Absolument aucune idée, alors si c'était pour être obligé de retourner me terrer à Bristol à ne rien foutre... plutôt crever. Poudlard était ma vraie maison, c'était peut-être con mais c'était vrai, surtout depuis que Coop y était aussi, parce que c'était la seule personne qui me rattachait à ma vie à Bristol. Maintenant il n'y avait plus rien : mes parents allaient disparaître de ma vie au moment où j'aurais trouvé quoi faire de ma vie justement, et ils pouvaient être certains d'une chose, c'est que je n'allais pas revenir les emmerder de si tôt. De toute façon, on avait jamais rien partagé, donc ça ne changerait pas grand chose. Mais putain, ça allait me faire un bien fou, surtout quand après je les imaginais seuls comme des cons tous les deux dans notre maison, à se bouffer encore plus l'un l'autre et à crever à petit feu de leur vie merdique et complètement inintéressante. Mais pour l'instant Poudlard me soulait, comme si j'en avais fait le tour, les gens me soulaient, les cours me soulaient, heureusement que je faisais la fête le soir pour oublier tout ça - mais même ça ça me soûlait, parce que les fêtes étaient toujours les mêmes, et que j'avais beau boire comme un trou j'étais toujours lucide à me dire que ça ne passait pas, que je me faisais toujours chier. Pour moi qui n'avais jamais supporté ça, c'était terrible. Mais d'un autre côté je savais qu'une coupure, avec l'été, allait tout arranger.

Pour le moment donc il fallait que je me sorte sans problème de la situation - mais en même temps, si Taylord avait ouvert la bouche pour une quelconque connerie, ça m'aurait arrangé. Dès fois je me disais qu'elle et Coop ils avaient fusionné, parce que dans le genre qui savait pertinemment comment m'agacer et bouder pour m'énerver encore plus, ils étaient champions.

- Eh, faut qu'on bouge de là.

J'eus l'impression d'avoir cassé un silence aussi épais qu'un bloc de glace, mais bon, tant pis, parce que c'était clairement mieux pour nous si on évitait de camper juste à côté de chez l'autre dingue - on ne savait jamais, si elle resurgissait pour nous achever, je n'avais pas spécialement envie de me battre avec une folle furieuse, même si il y avait une partie de moi qui ne demandait que ça, de pouvoir librement lui casser la gueule sans que ça nous retombe dessus. Merci la justice de Poudlard, mais pour une fois, on était tout sauf à l'abri au sein de notre propre foyer.

Elle allait faire quoi, maintenant, cette grosse maline? Je regardai Taylord qui de toute façon ne me regardait pas, à une distance de sécurité d'au moins un mètre d'elle. J'étais certain qu'elle n'avait pas envie que je l'approche, et bon prince, je me dis que vu ce qui venait de lui arriver, je pouvais au moins faire ça pour elle. Bref, elle allait retourner chez elle là-bas? Et après? Je ne savais même pas combien de temps elle était renvoyée et euh... Enfin, je me demandais bien ce qui lui passait par la tête, si elle avait fait exprès, si elle était contente ou pas, si elle l'avait fait parce qu'elle avait une idée derrière la tête, et qu'est-ce que ça pouvait bien être, pourquoi quitter Poudlard?! Notre vie était ici, non? Depuis quand elle voulait se tirer? Et puis alors lui demander tout ça, oui, comptez là dessus, je n'étais pas maso, je savais bien qu'elle n'avait plus de comptes à me rendre et qu'elle se ferait un plaisir de me le rappeler.

Bref, la situation était un joli cul-de-sac, et puisque j'avais bien rempli mon rôle de sauveur, j'avais plutôt envie de retourner me pieuter que de deviser avec la meuf qui passait son temps à m'éviter.


- Je... Ah tiens, je ne savais vraiment pas quoi dire. Mais son silence me foutait en rogne. Et puis j'eus une inspiration subite - mais oui, pourquoi je n'y avais pas pensé plus tôt !! Je vais t'emmener à l'infirmerie !

Brillante idée, mon petit Chuck. Parce qu'en plus j'accomplissais mon rôle jusqu'au bout, parfait parfait!

- Viens, dis-je tout ragaillardi, et dans mon élan je posai ma main sur son épaule pour l'attirer vers le chemin.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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MessageSujet: Re: Coup pour coup (T.)   Ven 17 Aoû - 0:02

♪ Let Me Fall ♫

Let me rise, let me fall
Let me breathe
I wanna lose control, I'm not afraid to lose it all
Let me break, let me crawl
Cause I'll get back up again if you let me fall

Je me sentais, vraiment, vraiment, vraiment idiote.
Déjà, parce que je n'avais pas été capable de venir à bout de Woodley toute seule, et que je savais que sans l'aide d'une tierce personne, l'issue aurait pu être beaucoup plus dramatique, même s'il ne fallait pas se leurrer, je m'étais bien enfoncée dans la merde, et c'était la petite ombre au tableau qui ne rendait pas mon départ aussi agréable que je l'avais espéré. Mais l'essentiel était là, dans l'absolu, j'avais gagné. Mais alors que la tierce en personne ne soit autre que Chuck, comment dire, que oui, j'avais vraiment l'impression d'être la dernière des connes, que c'était sûrement la dernière personne dans le château que j'avais envie de voir avec Woodley, et je me demandais bien s'il avait pris la conversation sur le fait et n'avait pas attendu pour débarquer, si au contraire, il avait écouté ce qui s'était dit, parce que je sais pas, peut être que dans le fond, ça le faisait bien marrer, de toute façon, c'était pas le genre de personnes qui aimait bien se soucier des autres aux dernières nouvelles, mais bon, de là à m'en préoccuper tout de suite, non, c'était vraiment pas le moment.

Indifférente à sa présence dans un premier temps, je passai mes doigts sur chaque partie là où j'avais souffert – je pouvais sentir les marques des ongles de Woodley, et ça me brûlait au moindre contact, et si ça n'avait pas l'air d'avoir saigné, elle les avait enfoncé jusqu'au sang cette tarée, car j'avais des petites traces rouges sur les mains. Même la bouche fermée, j'avais envie de tousser, comme quand on a un chat dans les gorge et qu'on peut pas s'en empêcher – j'essayais d'être la plus discrète possible dès fois que la zinzin nous entende de derrière la porte, par contre pour Carlton, c'était plus difficile et j'étais certaine qu'il l'avait remarqué. D'ailleurs, l'apparence que je lui présentais là, je n'en avais aucune idée, je n'avais pas l'air d'avoir de bleus aux jambes, peut être parce qu'ils n'avaient pas eu le temps d'apparaître et que c'était encore chaud, et ça me disait rien d'engager la marche pour constater par moi même que j'allais boiter ou pas. Et même si c'était le cas, j'allais tout faire pour que ce soit imperceptible parce que j'étais clairement en position de faiblesse et qu'on allait pas en rajouter. C'était pareil pour le cou et la joue, ça piquait, mais j'avais bon espoir que ça ne soit pas rouge, car sinon, Carlton, s'il n'avait pas assisté à la première partie, s'en rendrait compte, et je tenais pas franchement à répondre à ses questions.

Là où ça me faisait le plus mal de toute façon, c'était les côtes, et je n'arrêtai pas de fermer ma main dessus, en espérant que ça aille mieux, mais que dalle, pourquoi est-ce que j'avais laissé tout ça m'échapper, c'était une belle connerie, oui ! Je fermai un peu les yeux pour remettre les neurones en place, mais sans succès - j'avais le sentiment que je j'allais rester ici pendant un bon moment.


- Eh, faut qu'on bouge de là.


Je rouvris les paupières en soufflant. Mais quelle bonne idée, qu'il dégage, qu'il aille voir ailleurs, ça me faisait une belle jambe !

- Vas-y, et m'attend pas surtout... grognai-je ironiquement en prononçant tout d'une traite, car c'était douloureux quand je parlais.

Putain, mais c'était vrai ça d'abord, qu'est-ce qu'il foutait là ?! J'étais pas trop dans le mood à me soucier de passer pour une ingrate, parce que bouhou, pauvre Chuck qui montrait qu'une fois de plus il était héroïque et qu'il ne faisait pas partie de la maison des Gryffondor pour des pâquerettes. Rien à foutre. Ouais, ouais, j'avais un peu du mal à comprendre comment ça se faisait qu'il traînait justement par ici, pile vers le bureau de Woodley alors qu'il s'employait à m'ignorer avec brio, au moins on pouvait pas lui retirer ça, alors que bon sang, et même si ça me soûlait de finalement l'avouer, je n'avais pas arrêté une seule fichue minute à essayer d'attirer son attention n'importe comment, n'importe quoi avec n'importe qui, pour un regard.. Ou quand je le fixai discrètement dans la salle commune, mais qu'il en avait trop rien à carrer pour s'en rendre compte, parce qu'il était clair que dorénavant je n'existais pas et que même les fantômes de Poudlard étaient plus voyants ! Et que oui, ça faisait des semaines que ça n'allait pas, que je ne savais plus quoi faire et où aller et que prétendre le contraire, c'était seulement à unique but, non pas de faire croire à tout les autres que tout allait bien dans le meilleur des univers, mais que moi, vraiment j'allais bien, et que je n'en avais rien à faire, alors que je sentais bien rien que pendant les quelques soirées où j'étais allée « m'amuser » ou rien qu'en salle commune, que ma confiance en moi, elle était sûrement partie en même temps que Chuck, cette traîtresse, et que ce n'était bien que pour les apparences. Que les robes que je me mettais n'étaient jamais assez belles, ou du moins pas sur moi, parce que je ne l'étais pas assez non plus, que les garçons que j'embrassais et que je laissais me toucher partout, ce n'était bien que pour me prouver, que si ce n'était pas lui, tout le monde voulait passer du temps en ma compagnie, mais en fait, je me rendais compte que ça n'avait fait qu'accentuer le malaise, parce que toutes ces personnes ce n'était pas Chuck et qu'attirer son attention n'y changerait rien, parce que ça faisait bien longtemps qu'il avait oublié ma présence...

Donc effectivement, sous cet angle, ça donnait pas très envie de le prendre très sereinement, surtout qu'il avait l'air exactement de faire comme d'habitude, comme si de rien était, comme s'il ne s'était rien passé, comme si toutes les saloperies qu'on s'était balancé à la figure, bah, tant pis ! C'était du passé, qui s'en inquiétait hein ? Sa désinvolture ne faisait qu'accroître mon ressentiment et je me souvenais de ces filles, qui lorsqu'elles l'avaient appris, étaient venues vers moi, toutes curieuses, pour savoir si c'était vrai qu'il s'était bien passé quelque chose entre Chuck Carlton et moi, et qu'elles avaient toutes eu l'air émerveillées et que par dessus le marché, elles avaient osé dire qu'elles rêvaient d'être à ma place. En fait, c'était ça, c'était tellement normal pour tout le monde que Carlton soit le dernier des connards et qu'il faisait absolument tout ce qu'il voulait sans se soucier des conséquences, que c'était loin d'être choquant, que ça faisait partie de la vie à Poudlard, et qu'en fait, c'était moi qui ne mesurait pas ma chance d'avoir pu l'approcher.
C'était écœurant.


- Je... Je vais t'emmener à l'infirmerie !


C'est ça, mais porte moi jusque là bas aussi, tant qu'on y est !!

- Non. Mais même pas en rêve !

J'avais le sentiment d'être trop bête pour prétendre aller toquer à la porte de Pomfresh pour qu'elle arrange tout ça, parce qu'elle allait me demander d'où ça venait, et j'avais un peu trop honte pour lui expliquer comment Woodley m'avait foutue une raclée, surtout qu'elle allait peut être même pas me croire et qu'elle allait jeter des regards suspicieux sur Carlton, et faire des suppositions silencieuses, et non, j'avais beau avoir la haine contre lui, je n'avais surtout pas envie de le mêler à ça. Même si y'avait pas trop de risques, j'espérais que Woodley le laisse tranquille avec ça, j'avais mené ma petite affaire, seule, comme une grande, c'était pas que mes problèmes lui retombent dessus !!

- J'ai besoin d'air, consentis-je, j'étouffai ici, et si l'autre nous entendait parler, elle était capable de venir voir de plus près ce qui se passait, et pour l'heure, je voulais me tenir le plus loin possible d'elle !

Je lissai ma robe avec mes paumes, parce qu'elle était froissée de partout. Elle me semblait beaucoup moins jolie qu'avant de rentrer dans le bureau.


- Viens.

L'esprit encore un peu embrumé, je n'opposai aucune résistance, bien que je frémis malgré moi au contact de sa peau sur la mienne. Je n'étais pas totalement là, même si je sentais mes sens revenir peu à peu, et je le laissai mener la danse, sans savoir où est-ce qu'on allait, mais on descendait les étages, donc au moins on ne retournait pas dans la salle commune et tant mieux, parce que je ne me sentais pas prête à affronter une pièce remplie de rouge et or... Son odeur, à présent qu'il était tout près, m'avait embrumé le cerveau, ce parfum qui était beaucoup plus doux pour peu qu'on y porte un minimum d'attention et qu'on ne s'arrête pas à ce qu'elle dégageait en premier lieu, sans compter qu'elle parfois masquée par l'odeur du tabac quand il venait de s'en griller une.
Oh, et puis qu'est-ce que ça peut faire !!

Le chemin était interminable et le château n'avait jamais paru aussi grand, et je fus soulagée de me stopper enfin - je laissai tomber mon sac sur le sol qui était définitivement trop lourd. On était tout les deux accolés à la rambarde du pont sans décrocher un mot, et je ne savais pas ce qui m'énervait le plus, qu'il parle ou bien qu'il se taise, dans les deux cas, sa présence n'avait rien pour m'apaiser et je regardais obstinément dans la direction opposée à la sienne. Au lieu que cette petite marche ne m’apaise, elle n'avait fait que monter en puissance les paroles cinglantes de Woodley, et vu comment était Chuck ces dernières semaines, il y avait fort à parier qu'il n'en pensait pas moins, donc en plus d'être physique, la douleur était psychologique et merde, qu'est-ce que je n'aimais pas lorsqu'on touchait à ce terrain là...

- J'tai déjà dit d'pas m'approcher, maugréai-je parce que je n'en pouvais plus de ce calme, alors que rien n'était calme à l'intérieur, lui rappelant les menaces que je lui avais balancé ce soir là, mais c'était comme tout n'est-ce pas, ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre, et puis vu que c'était lui qui m'avait sortie des griffes de je suiscomplètementtoquée.com, c'était pas comme si en cet instant j'étais le modèle même de l'effroi...

Ce que je disais, ce que je pensais... Non, mais ce n'était pas maintenant qu'il était là à attendre bêtement que le Poudlard Express passe par miracle dans le parc qu'il allait s'en inquiéter ! Combien de fois j'avais imaginé la façon dont il avait du se débarrasser du cahier, parce que c'était clair qu'il l'avait fait, et s'il l'avait zappé, je me souvenais de chaque détail de ce jour, et c'était pas faute d'avoir essayé d'oublier... Il n'était pas dans les poubelles de la salle commune, parce que j'avais regardé lorsqu'il n'était pas là, ou alors quelqu'un l'avait pris, ou bien, il l'avait donné à un de ses potes en rigolant et pour se moquer... Peut être même qu'il l'avait jeté dans la cheminé, et alors ça, ça me donnait envie de tout foutre en l'air, et puis comment savoir, parce que même si maintenant bah j'avais peut être envie de le récupérer, j'allais sûrement pas lui demander...

Et puis c'est bon, il comptait faire quoi, passer sa nuit ici ? Elle n'était pas complètement tombée parce qu'il faisait encore clair avec les jours qui s'étaient rallongés, et à présent qu'il avait de quoi se vanter, comme tout le reste, okay, il pouvait se casser, au lieu de faire le pied de grue ici, comme s'il attendait quelque chose, je sais pas quoi, le déluge peut être ? Ou alors, il allait falloir qu'il m'éclaire, parce que pour être larguée ce soir, j'avais la première place sur le podium !

N'y tenant plus, parce que je ne supportais plus de n'avoir aucune réaction de se part depuis des jours - et que là il débarquait sans prévenir, comme un cheveux sur la soupe, et croyant peut être qu'il y avait prescription, ben ouais, mais non, qu'il aille le croire ailleurs !! - je me redressai, faisant abstraction des élancements, (c'était que j'en venais presque à ne plus y penser) parce que j'avais suffisamment fait preuve d'impuissance aujourd'hui, et contre toute attente, je lui attrapai les poignets et appuyai contre lui, pour ne pas lui laisser la moindre occasion de se dérober, comme à chaque fois que ça devenait un peu trop compliqué pour lui parce qu'on lui rentrait un peu trop dans le lard et qu'il n'aimait pas ça. Ce qu'il ignorait, c'était que je l'attendais au tournant, et que c'était terminé le temps de ses petites manipulations qui ne servaient que ses intérêts ! C'était à mon tour de reprendre les rênes, quoi qu'il en pense, et ne lui en déplaise...

- Mais c'est quoi ton problème à la fin ?! Je serrai les mains en secouant un peu, et avait vrillé mes yeux dans les siens, pour le dissuader de les détourner. Pourquoi t'es là ?! Pourquoi t'es v'nu ?! T'as pris ton pied j'espère ! Quoi ? Ça allait encore lui donner une belle occasion de montrer à quelle point il était extraordinaire et moi aussi minable qu'un veracrasse. Réponds !!

Pour une fois dans ta vie.
J'en avais ras le bol d'être dans le noir, de me sentir tellement étrangère à ce qui se passait parce que justement je ne captais rien de ce qui se passait, parce qu'avec Chuck ça avait toujours été comme ça, et qu'il avait le culot de continuer. Mais qu'en plus, le pire, c'était qu'il n'aurait aucun mal à me repousser, comme il l'avait toujours fait.
Je n'en voulais pas. De son rejet.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Coup pour coup (T.)   Lun 20 Aoû - 13:50

- Vas-y, et m'attend pas surtout...

Taylord n'aurait pas été Taylord si même visiblement au bord de la crise de nerfs et le teint tout pâle, elle n'était pas capable de montrer son si célèbre mauvais caractère. Moi qui l'avais expérimenté tellement de fois, ça ne me faisait plus trop rien. Et puis, j'étais plutôt fier de la réussite de mon entreprise, et vu qu'elle venait de se faire démonter par la gueule par Woodley et qu'elle devait sûrement encore bien déguster des coups de l'autre fracassée de la carafe, je pouvais bien lui accorder qu'elle tire la gueule. Un peu, je veux dire. Je sais qu'elle avait autant envie que moi qu'on passe une soirée en tête à tête, mais j'avais mis tout ce qui s'était passé de côté quand j'avais entendu qu'elle était dans le collimateur de Woodley, donc elle pouvait faire au moins semblant qu'elle m'était redevable, hein, merde à la fin. Le problème avec Taylord, et si je le savais mieux que quiconque c'était parce que j'avais le même, c'était qu'elle était capable de sauver le monde entier à part elle-même, et dans ce cas, désolé ma petite, mais ça impliquait que quelqu'un se charge d'elle quand elle était dans la merde. Manque de bol pour elle, cette personne, aujourd'hui, c'était moi. On allait pas en mourir, non plus.

Comme d'hab, j'ignorais ce qu'elle marmonnait, et eus la merveilleuse idée de l'infirmerie, puisqu'elle avait quand même l'air assez mal en point, qu'elle se tenait les côtes, et que je savais qu'elle n'était pas douillette : cette siphonnée de Woodley n'avait pas dû y aller de main morte.


- Non. J'ai besoin d'air.

Ok, ok. Je haussai les épaules : j'en avais rien à foutre, de toute façon. Si elle préférait, libre à elle. C'était elle qui venait de se faire tabasser, qu'elle choisisse de prendre l'air ou d'aller à l'infirmerie, pour que ça pouvait me faire... Ce n'est que quand elle se mit en marche et qu'elle passa ses mains sur sa robe que je remarquai qu'elle était habillée avec des habits moldus. Alors qu'on n'était pas le week-end et que... Elle venait de se faire renvoyer, peut-être, mais ça confirmait mes soupçons : si elle s'était pointée ici déjà habillée comme ça, c'est qu'elle le savait bien, et qu'elle acceptait ce renvoi. Elle l'avait cherché, j'en étais certain, elle l'avait provoqué. Bon sang, mais pourquoi? Elle était devenue complètement conne ou quoi? Elle voulait vraiment se tirer d'ici? Mais pourquoi, et pourquoi faire surtout? Je sentis ma mâchoire se serrer et je ne pus m'empêcher de regarder sa robe encore une fois - elle la mettait bien en valeur pourtant, mais ça me faisait chier quand même - puis mon uniforme. Ok c'était le soir donc j'avais enlevé la cravate et ma chemise était toute chiffonnée, mais et alors. Ça restait l'uniforme de Poudlard, le blason de Gryffondor, notre blason. Enfin pardon : mon blason, puisque Madame avait décidé d'abdiquer.

On partit vers le pont, et le château silencieux ne fut certainement pas troublé par notre passage, parce que pour elle ça ne changeait pas trop vu qu'elle n'avait presque rien dit et qu'elle continua dans sa lancée, mais moi, j'avais les dents serrés et j'étais bien décidé à ne plus décrocher un mot. Ça commençait à bien faire, j'étais sympa avec elle, je venais l'aider, mais elle n'était même pas capable de me remercier ni de me parler normalement - pas besoin qu'elle me chante des cantiques non plus - et voilà qu'en plus elle avait tout manigancé pour se faire virer d'ici, idée la plus conne qui soit, si ça se trouve tiens elle avait même prévu de se faire botter le train par Woodley pour partir en martyr. Mon cul, ouais. Elle commençait à me gaver sévère. Y'avait pas à dire, on avait quand même fait une belle connerie, tous les deux. Peut-être que sur le moment on en avait bien profité, je n'allais pas dire le contraire, mais au fond... C'était complètement con, parce que non seulement on avait été amis avant et que ça avait tout foutu en l'air, mais en plus ça avait vraiment tout fait péter puisqu'on ne se parlait plus. C'était la guerre froide, ni plus ni moins. C'était facile de dire ça maintenant, évidemment, d'autant plus qu'à l'époque j'aurais été bien incapable de résister puisque je ne pensais qu'à Taylord sous toutes les coutures, mais je ne sais pas... On aurait dû juste sortir ensemble à quelques soirées, mais pas complètement comme on l'avait fait. Au final, ça n'avait réussi à personne. Je ne savais pas trop si l'attitude suicidaire de Taylord aujourd'hui c'était lié à tout ça, mais n'empêche que depuis ce jour où euh... j'avais sans doute été un peu salaud sur les bords, elle filait un mauvais coton, pour ce que j'en voyais. Ce n'était pas le fait qu'elle se fasse d'autres mecs, ça je m'en foutais, elle se tapait qui elle voulait et grand bien lui en fasse, mais juste, ça se voyait, c'était plus la même, elle faisait n'importe quoi, elle avait changé, et surtout, elle ne souriait plus jamais. Elle avait toujours l'air triste ou en colère et ses sourcils étaient froncés. Moi, la Taylord que j'aimais bien, elle souriait et elle riait, elle ne tirait pas une tronche d'enterrement de trois pieds du long chaque seconde qui passait.

Dehors, il faisait encore jour et ni trop chaud ni trop froid. On s'accouda à la barrière et il se passa encore quelques secondes de silence, du coup, bien décidé à rester parce que je sentais que ça la faisait chier et que j'avais envie de lui rendre la monnaie de sa pièce, je sortis une clope que j'allumais tranquillement. J'eus tout le temps de la fumer en entier, me demandant encore une fois quel diable lui était passé entre les deux oreilles pour qu'elle fasse ça, cette grosse maline. Je savais que sa vie était en partie dans son ranch avec ses poneys, mais qu'elle ne me fasse pas rigoler, ici elle avait tout, ses amis, son avenir, et une grande partie de sa vie, mine de rien. Et puis sa grande quête qui devait la mener à la vengeance, elle en faisait quoi, elle s'asseyait dessus? Je percutai au même moment que j'avais toujours le cahier - que j'avais rangé au fin fond de malle pour être certain de ne pas tomber dessus tous les quatre matins. Ce n'était plus mes affaires. A chaque fois que je la croisai, je me demandais pourquoi elle ne me demandait pas de lui rendre; mais comme elle ne faisait rien je ne savais pas trop ce qu'elle en pensait, si ça se trouve, elle avait abandonné ça aussi... Pfff. Ce qui me faisait bizarre, c'est que je ne pouvais pas m'empêcher de la comparer à moi, et moi, même si je ne savais strictement pas ce que j'allais foutre après Poudlard, je ne voyais pas mon avenir sans tout ça, sans la magie. On avait peut-être le choix entre monde magique et monde moldu, tous les deux, mais elle se fermait les portes bien trop tôt, si elle se barrait... En même temps, je ne savais même pas combien de temps elle s'était fait virée. Je soufflais ma fumée droit devant nous et elle tourbillonna dans les airs avant de couler à nos pieds et tout en bas, à pic. Ma clope terminée, je jetai le mégot par dessus la rambarde, tout en sachant pertinemment que Taylord détestait quand je faisais ça.


- J'tai déjà dit d'pas m'approcher.

Charmante enfant. Mon bras avait effleuré le sien après que j'ai lancé ma clope et reposé mon coude sur la barrière. Je faillis lui dire 1) Ta gueule 2) T'as vraiment un caractère de merde et en plus t'es qu'une sale ingrate, mais puisque j'avais envie de rien avoir à me reprocher pour une fois, et que c'était à elle de faire le premier geste, je ravalai mes paroles et un gros soupir passablement agacé. Je ne dis rien, et je la laissai baigner dans son jus, parce que je sentais bien que ça cogitait dans son petit cerveau. Je la connaissais trop bien.

Ça ne manqua pas : quelques instants après, madame la souffrante s'était retournée, m'avait envoyé un regard noir et attrapé les poignets pour les bloquer le long de mon corps, comme un vilain petit garçon qu'on engueule parce qu'il a fait une grosse bêtise. J'eus un petit sourire - elle serrait ses mains sur les miennes mais je n'avais qu'à lever le bras pour qu'elle me lâche. Ce que je ne fis pas, quel altruisme...

- Mais c'est quoi ton problème à la fin ?!

- Visiblement c'est plutôt toi qui en a, là, et pas qu'un,
ricanai-je sans quitter son regard moi non plus - c'était la première fois de la soirée que je la regardai dans les yeux et je ne sais pas pourquoi je sentis un petit frisson le long de ma colonne vertébrale. Eux, ils n'avaient pas changé.

Bref.


- Pourquoi t'es là ?! Pourquoi t'es v'nu ?! T'as pris ton pied j'espère !

- Ah ça ouais, j'ai toujours rêvé d'un petit plan à trois avec Woodley...

- Réponds !!


J'arrêtai là les vilaines blagues, me disant que c'était sans doute pas le meilleur chemin à emprunter vu la situation, et je lui jetai un regard noir à mon tour. Non mais oh, je rêve, je la tirai d'un faux pas et voilà que je m'en prenais plein la gueule. D'accord je n'étais pas un saint, mais si on ne peut même pas essayer de se racheter, merci bien, alors ça ne servait à rien... J'eus un mouvement sec du poignet et me libérai, avant de m'adosser à la barrière du pont, toujours face à Taylord, et je croisai les bras, avec une nonchalance qui, je le savais très bien, allait continuer de l'énerver.

- Tu te fous de ma gueule ou quoi? Non parce que tu peux aussi me dire merci à un moment, c'est pas interdit! Je poursuivis, faisant attention à prendre une voix moins agressive : J'suis là parce que figure toi que tout le château est au courant de tes conneries, que tu t'es fait virée je sais pas comment, et que Woodley t'avait donné rendez-vous dans son bureau. Un rendez-vous dans son bureau, excuse moi mais c'est pas forcément engageant, et comme je passai par là pour... vite un mensonge : revenir des cachots, j'ai juste vérifié que tu te faisais pas dépecer. Tu vas me faire un procès? Ou bien y'a un moment où tu vas te dire que t'as échappé au pire?

Non mais quelle relou, putain.

- Et puis d'abord, c'est vrai que t'es virée? Combien de temps? Mais à quoi t'as pensé?!

Cette fois, c'était à moi de lui faire la moral comme si elle était juste une petite gamine un peu paumée.

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Coup pour coup (T.)   Mar 21 Aoû - 17:32

♪ Rolling In The Deep ♫

See how I leave with every piece of you
Don’t underestimate the things that I will do


Ça faisait partie de ces choses qu’on ne pourrait jamais changer.
Aujourd’hui, je ne savais plus ce qui avait pu me laisser penser le contraire. Au moins, je pouvais comprendre pourquoi Carlton en était fier – ça voulait dire que là-dessus, il avait bien réussi son coup, même si là où je ne pigeais pas, c’était pourquoi ? Pourquoi c’était tombé sur moi, sur nous, il y avait tant de filles à Poudlard, alors pourquoi ne pas en avoir choisi une autre ? J’avais assez donné toutes ces années, il était temps pour moi de tirer ma révérence.
Et je ne lui laissai pas le choix.


- Visiblement c'est plutôt toi qui en a, là, et pas qu'un.


C’était le pire sentiment d’impuissance qu’on puisse ressentir, bien que je fais en sorte de n’en laisser rien paraître, car perdre la face alors que c’était sûrement notre ultime confrontation.. ? Il avait eu tout un tas de petits plaisirs auparavant, il en avait bien profité, et s’il ne connaissait pas encore les notions de partage depuis tout ce temps, ça tombait bien – c’était l’heure de la petite leçon.

Mes mains se contentèrent de serrer un peu plus, mais j’avais beau faire tout ce que je pouvais pour lui faire arracher une réaction autre que celle qui préférait le plus utiliser, ça courrait à l’échec. Encore une fois, il avait sorti la carte de la moquerie, comme si je n’étais pas assez bien pour mériter quoi que ce soit d’autre - parce que je n’étais pas assez digne d’intérêt pour être prise en considération. Ça avait un petit goût de déjà vu, comme souvent, et en fin de compte, qu’est-ce qui nous faisait nous acharner autant ? Ça n’avait pas marché lors de notre première rencontre, pourquoi ce serait plus le cas ce soir ? Rectification, c’était lui qui s’était acharné, c’était lui qui avait tout enclenché, et le seul moyen qu’il avait trouvé d’arrêter la machine, c’était en donnant des gros coups de marteau dessus…

- Tu veux savoir c’que c’est mon problème ? C’est toi. Le ton était donné, et puisque qu’il avait décidé d’emprunter cette route-là, j’allais l’y poursuivre.

Je sentais bien que mes mots n’avaient aucune emprise sur lui tout simplement parce qu’il ne me prenait pas au sérieux – ce n’était pas nouveau, et je détestais ce sentiment d’impuissance, celui de devoir se battre contre des forces invisibles parce qu’on ne pouvait rien faire d’autre, tout en sachant que c’était perdu d’avance. Ça ne menait nulle part.


- Ah ça ouais, j'ai toujours rêvé d'un petit plan à trois avec Woodley...


Et c’en était bien la preuve. En même temps que je desserrai les doigts, il se dégagea, en me jaugeant comme si j’étais la dernière des pauvres folles qui lui était tombé dessus et reculai d’un pas ou deux pour retrouver l’équilibre – il ne fallait pas grand-chose pour que la tête me tourne encore, en même temps qu’il y eu un sentiment bizarre que j’avais du mal à identifier, comme du profond désespoir en tandis que ma gorge se serrait. Mais après tout, ce n’était que l’énième humiliation de la soirée…

Quelle qu’en soit la raison, je saisis qu’il était entré dans le bureau de Woodley pour mettre un terme à tout ça, uniquement par bon sens, peut-être à cause de ses valeurs – bien cachées – qui lui interdisaient de passer son chemin, mais du reste, il s’en fichait bien. Ça pouvait être moi, n’importe qui d’autre dans cette école, c’était rien de plus que du bon sens, une espèce de logique froide et mathématique parce qu’on ne laisse pas un professeur frapper un élève, et dans une action comme ça, il n’y avait aucun sentiment… Ce n’était pas une grande surprise…
Pourtant ce que je ressentais là, c’était juste de la déception.

Je voulais voir disparaître cette putain d’expression de suffisance qu’il avait sur le visage, cette supériorité non dissimulée, ce regard qui vous faisait sentir la personne la plus insignifiante de la terre, je voulais faire n’importe quoi, hurler, le gifler, lui donner des coups de poings, le frapper partout jusqu’à ce qu’il arrête, jusqu’à ce qu’il me supplie aussi d’arrêter, jusqu’à ce qu’il ait mal autant que j’avais mal, de cette même douleur non pas qu’on peut guérir ou atténuer avec de la pommade ou des médicaments, mais celle qui vient des tripes, celle qui rend vos os et vos muscles aussi mous que du chamallow et qui fait trembler vos jambes qui menacent de ne plus tenir debout. Celle où les remèdes, on ne les trouvait pas au supermarché.

Oui. Je n’avais qu’à me jeter sur lui et nous pousser tout les deux par-dessus la rambarde.


- Tu te fous de ma gueule ou quoi? Non parce que tu peux aussi me dire merci à un moment, c'est pas interdit!

De mieux en mieux, maintenant il faisait passer son action pour héroïque ! C’était pas étonnant, et c’était typique de Carlton parce qu’il ne donnait jamais quelque chose sans rien exiger en retour, rien n’était jamais gratuit, surtout si le gain, c’était un truc qui pouvait graisser son égo – il y avait toujours une monnaie d’échange, à la différence que lui s’arrangeait toujours pour n’avoir que des gestes ou des paroles vides de sens à offrir.
De l’air.
Ce qui était impossible à saisir.

- Merci de quoi ?! Merci d’être con, merci de me faire perdre mes amis, merci d’tout gâcher ? Putain, mais alors oui, merci beaucoup, j’crois qu’c’est ta plus belle réussite !
M’emportai-je. Nom de dieu, il s ‘était attendu à quoi ? A se faire accueillir les bras ouverts ? C’était qui qui se payait le plus de la tête de l’autre hein ? Il était crétin au point de ne même pas voir qu’il n’y avait plus aucun fil qui me retenait ici ?! Et que c’était son prétexte de bravoure à deux balles qui allait tout changer ?!

Merci d’être parti…
De toute façon, on ne s’écoutait plus.


- J'suis là parce que figure toi que tout le château est au courant de tes conneries, que tu t'es fait virée je sais pas comment, et que Woodley t'avait donné rendez-vous dans son bureau. Un rendez-vous dans son bureau, excuse moi mais c'est pas forcément engageant, et comme je passai par là pour... revenir des cachots, j'ai juste vérifié que tu te faisais pas dépecer. Tu vas me faire un procès? Ou bien y'a un moment où tu vas te dire que t'as échappé au pire?

Ah ça oui, il aimait bien le faire.. !
Souvent, j’avais été en colère contre Chuck. Pour plein de raisons, pour des trucs super futiles, jusqu’aux choses un peu plus importantes… mais ce soir, c’était sans doute la seule fois que j’avais autant de ressentiment à son égard, et que toutes ses justifications ne pourraient rien changer. Non seulement il avait franchi la limite, mais en plus de ça il se permettait de s’aventurer plus loin, et le plus loin, c’était un terrain miné, et il ne faisait pas assez attention.
Il allait exploser.

J’en revenais pas qu’il se permette encore d’utiliser cette vieille combine, celle dont il usait le plus, et dont il se servait pour passer pour le pauvre incompris, le dindon de la farce, celui qui venait en aide à tout le monde mais qui ne recevait pas la reconnaissance tant attendue, qui retournait les événements en sa faveur dans l’optique de faire culpabiliser ceux qui proféraient des accusations à son encontre. Le plus drôle, et en cela il était vraiment bien naïf, c’était qu’il imaginait que j’allais encore me laisser prendre à son petit jeu « mais oui ta lettre je l’ai trouvé par terre, c’est vraiment dégueulasse que tu puisses penser le contraire ! » - dans le genre plus connard et plus irrespectueux, tu meurs.
Et puis il pouvait bien me donner toutes les raisons qu’il voulait, je ne le croyais plus.

- Mais pour qui tu t’prends Carlton ?
J’étais moqueuse, mais sans l’ombre d’un sourire. Qu’il ne pense pas que j’étais comme lui et que je prenais ce qu’il se passait comme de la rigolade. Juste qu’il le sente – cet effet de merde, lorsqu’on passait pour aussi misérable que la poussière. Que ses petites combines lui retombent dessus, qu’il trinque parce que pour l’instant, c’était le seul à s’en sortir sans aucune égratignure. Comme d’habitude. Un envoyé de j’sais pas trop qui ? Parce que c’est clair que si c’est ça, on f’rait mieux d’tous partir en courant ! Il y avait toujours ce moment où ça dérapait parce que j’étais tellement en rogne que mon accent revenait naturellement - je marquai une pause, avant de reprendre, plus sérieusement : Qui t’dit qu’je veux d’l’aide ? Peut être que si, mais pas comme ça… Venant d’toi en plus ?!

J’avais dépassé le stade où je craignais de blesser et en cela je devenais comme lui – mais c’était de sa faute ça, et uniquement de la sienne, parce qu’il ne laissait la place à aucune autre alternative que celle qui était en train de se dessiner.
Jackpot.


- Et puis d'abord, c'est vrai que t'es virée? Combien de temps?

J’eus une exclamation forcée et sans joie.

- Oh, alors c’est ça qui t’inquiète ? J’te rassure, ça va t’faire plaisir car t’auras plus jamais m’supporter à Poudlard ! A Poudlard comme partout Royaume Uni, mais bon ça il allait peut être le capter tout seul à moins qu’il soit trop débile pour ça aussi, parce que deux mois de renvoi ou pas deux mois, une fois rentrée au Texas, il n’y aurait plus personne pour me forcer à refoutre un jour les pieds ici.

- Mais à quoi t'as pensé?!


- Que j’allais enfin plus voir ta tronche de sale p’tit merdeux !
Qu’est-ce que ça pouvait faire que je sois méchante ou pas ? Est-ce qu’il s’en était déjà soucié lui ? Rien ne l’atteignait, je pouvais dire ce qui me passait par la tête ! Mais arrête ! Ça faisait plusieurs minutes que nos voix retentissaient fort contre les pierres froides du pont qui faisaient échos. T’as eu tout c’que tu voulais, alors quoi, t’es pas content ?! Bon sang, mais c’est ça qu’tu veux, ouvre les yeux, dis pas l’contraire, arrête d’être lâche seulement quand ça t’arrange !

Il allait jamais l’avouer, mais il savait que c’était la vérité.
Qu’il foutait tout en l’air.

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Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Coup pour coup (T.)   Mer 22 Aoû - 15:23

- Tu veux savoir c’que c’est mon problème ? C’est toi.

Eh ben, voilà qui plantait un sympathique petit décor.

Résumé des courses : j'avais été un mec trop cool parce qu'on ne se parlait plus, mais quand j'avais entendu qu'elle était dans la merde, je m'étais dit : allons aider Taylord. Je l'avais tirée des griffes de Woodley, où effectivement elle n'avait pas subi les meilleures caresses du monde, et voilà que ce que je récoltais c'était une meuf qui tirait la gueule et qui en plus me donnait l'impression que c'était moi le connard dans l'histoire et qu'elle allait me faire payer ce que je venais de faire. La logique de l'histoire m'échappait.

Bon, d'accord, si on pensait à ce qui s'était passé avant, elle pouvait avoir envie de me faire payer ce que je lui avais dit, oh je ne me rappelais plus trop de mes mots parce que bon voilà ça n'était pas vraiment un moment de gloire, lui dire que comme elle avait couché avec moi eh ben le reste ne m'intéressait plus, tout ça tout ça. Mais bon! C'était ça ou tourner autour du pot, lui dire que je ne savais pas pourquoi mais je voulais qu'on arrête là parce qu'on était allé trop loin, elle n'aurait pas capté, elle aurait espéré, et pour rien, alors... Mieux vaut une coupure qu'une déchirure, non? Même moi je n'aurais pas su lui expliquer, alors autant y aller franco. Elle ne pouvait pas me reprocher d'avoir essayé de faire les choses du mieux possible, quand même, merde à la fin! De toute façon c'était simple avec Taylord, depuis toujours : quoi je fasse elle trouvait le moyen de faire la gueule, et moi j'en avais ras le cul de ses attitudes de princesse. C'était fini, point, on allait quand même pas en chier une pendule!

Je sentais toute sa colère dans ses mains - on aurait dit qu'elle essayait de broyer les miennes, et quand elle me lâcha et me poussa vers l'arrière, ses yeux brillaient tellement fort que, je suis certain qu'elle aurait beaucoup apprécié la comparaison, elle me fit penser à Woodley l'espace d'un instant. Il y avait la même lueur au fond de ces yeux. Elle me détestait donc à ce point?... Ça me fit bizarre de me dire ça et je me demandai à mon tour : et moi, est-ce que je la détestais? Non. Elle avait trop compté pour moi, même si j'avais longtemps fait semblant que non. Dès le début elle avait attiré mon attention, parce qu'elle n'était pas comme les autres, qu'elle n'en avait rien à foutre de moi et que c'était un challenge : je la voulais. Je la voulais parce qu'elle était tout ce que j'aimais chez une nana, elle avait du tempérament, elle était drôle, en plus elle était américaine, elle était forte mais elle me donnait envie de la protéger, elle était un peu mystérieuse, et elle était canon, avec ses cheveux bruns et ses grands yeux noisette, et sa bouche parfaite. Bon, elle était un peu maigre, à l'époque, mais après c'était allé mieux. Dès cet instant là on avait pas arrêté de se tourner autour, je me rappelai qu'à un moment elle ne pouvait pas me blairer mais que ça avait changé et qu'on était devenu amis, et puis évidemment l'âge et les hormones aidant... Après toutes ces années de travail au corps, j'avais eu ce que je voulais, et il était arrivé ce qui devait arriver. N'empêche, ça avait été bien. On avait passé des bons moments ensemble, ça je ne pouvais pas le nier. C'était même sans doute la première fois que j'avais une telle... Une telle relation avec une fille, je veux dire, aussi intime, pas dans le sens physique, mais dans le sens psychologique. Avec elle tout était naturel, et je lui avais dit bien plus de choses que je n'aurais voulu, parce qu'elle coulaient toutes seules. Elle aussi d'ailleurs, je me rappelais très bien de ce soir quand on s'était disputé et qu'elle avait fini par tout me raconter... C'était cette Taylord là que je préférais, pas forcément celle du début, mais celle du milieu, quand on était bien ensemble mais qu'on était encore un peu chacun sur la défensive.

Aujourd'hui ce n'était plus pareil, et surtout, ce n'était plus la même. Elle me soûlait. Elle n'avait rien fait de spécial, elle avait juste regroupé tous ses défauts les plus détestables : elle tirait la gueule tout le temps, elle cherchait la merde quand elle ne restait pas prostrée dans un coin, elle se cachait encore plus alors qu'avec moi ça ne pouvait pas marcher, puisque je savais bien ce qui la bouffait. Mais non, elle faisait genre qu'elle n'avait rien vécu de tout ça, pour garder la tête haute et se conduire en martyr. Et puis même physiquement elle avait changé, non seulement elle était moins belle quand elle faisait la tronche, mais en plus elle redevenait un sac d'os, comme avant.

Alors, elle voulait quoi? Elle savait très bien qu'on ne pouvait pas revenir en arrière. Donc soit on essayait d'arranger un peu les choses et on redevenait potes - mais visiblement elle en avait pas trop envie - soit on continuait à s'ignorer. Pourquoi j'avais l'impression qu'elle cherchait plutôt qu'on s'étripe avant tout?...


- Merci de quoi ?! Merci d’être con, merci de me faire perdre mes amis, merci d’tout gâcher ? Putain, mais alors oui, merci beaucoup, j’crois qu’c’est ta plus belle réussite !

Ok, donc 1) j'allais en prendre pour mon grade alors que je n'avais rien demandé et 2) je sentais que même si j'avais envie de régler ça calmement et de lui dire que c'était elle qui montait sur ses grands chevaux pour foutre la merde, la colère allait monter en moi avant que j'ai eu le temps de dire ouf.

- Non mais qu'est-ce qui te prend? J'ai gâché quoi, ton petit rendez-vous avec Woodley? Et qu'est-ce que tes amis viennent foutre ici?... Ta vie je m'en fous, je ne la gère pas, que je sache! Et d'ailleurs tes amis ils... Je me rattrapai à temps, j'avais pas très envie de m'étaler sur le souvenir du duel et compagnie - et d'ailleurs tes amis ils me font plus chier qu'autre chose, mais moi, je leur ai rien fait!

J'avais toujours les bras croisés, mais de plus en plus de mal à garder mon calme.
Et le pire dans tout ça c'est que je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que son accent texan était bien plus fort quand elle s'énervait, comme là, et que ça m'avait toujours plu chez elle et que je trouvais ça sexy...


- Mais pour qui tu t’prends Carlton ? Un envoyé de j’sais pas trop qui ? Parce que c’est clair que si c’est ça, on f’rait mieux d’tous partir en courant ! Qui t’dit qu’je veux d’l’aide ? Venant d’toi en plus ?!

Bon, ok. J'en avais ras le cul. Je sentis que la jauge atteignait son maximum. Trop tard. Ma colère explosa, mon sang coulait plus vite dans mes veines et me paraissait brûlant. Je décroisai les bras et fis un pas en avant - moi aussi je pouvais me mettre en position d'attaque et lui gueuler dessus comme une merde - parce que c'était ça que je ressentais, on aurait dit qu'à ses yeux j'étais juste de la merde et rien d'autre. Je n'aimais plus son visage, il était crispé et je pouvais juste y voir qu'elle me détestait.

- Et toi tu te prends pour qui? D'où tu me parles comme ça? T'as pris des amphétamines ou quoi? Tu t'es vue, on dirait que tu vas me bouffer!

Même son faux sourire forcé, ses expressions, ce n'était pas elle.


- Oh, alors c’est ça qui t’inquiète ? J’te rassure, ça va t’faire plaisir car t’auras plus jamais m’supporter à Poudlard !

- Tant mieux, parce que tu commences à me faire vraiment chier, Reegan.


Quoi?! Elle s'était fait virer... Pour de bon?! Non! Mais elle était cinglée, elle ne pouvait pas faire ça!... Elle ne pouvait pas laisser Woodley faire, il fallait prévenir Wayland!


- Que j’allais enfin plus voir ta tronche de sale p’tit merdeux ! Mais arrête ! T’as eu tout c’que tu voulais, alors quoi, t’es pas content ?! Bon sang, mais c’est ça qu’tu veux, ouvre les yeux, dis pas l’contraire, arrête d’être lâche seulement quand ça t’arrange !

J'eus un sifflement, ironique évidemment, d'admiration, avant de lâcher un petit rire parfaitement calculé - autant vous dire que je n'avais aucune envie de rire vu comment j'avais juste de défoncer un mur à mains nues, et le pire c'était que je ne pouvais même pas passer ma rage en me battant avec elle parce qu'elle était une meuf - et de la toiser de haut en bas. Eh ben, comme quoi, on croit qu'on connaît les gens...

- Ferme ta gueule.

J'avais haussé le ton, il était plus fort, et plus froid aussi.

Lâche, moi?! Pourquoi elle disait ça, cette garce?!


- Tu dis de la merde, et en plus, pire, tu fais de la merde. Je croyais que t'avais un peu de plomb dans la cervelle... Que t'étais pas comme les autres. Finalement, t'es comme eux, tu vois les mêmes choses qu'eux, hein? Ben ok. T'es virée? Ben tant pis pour toi. J'te souhaite de bien t'éclater avec tes poneys, puisque c'est ça que tu veux. Qu'est ce que ça peut te foutre que je sois lâche ou un p'tit merdeux? De toute façon c'est la dernière fois qu'on se voit, non?

En vrai je ne savais pas trop quoi dire, et du coup les mots coulaient tous seuls et comme j'étais en colère je m'en foutais de ce que je disais et j'avais juste envie de lui montrer que moi aussi je pouvais m'énerver et être relou, mais il y avait une petite partie de moi qui savais que je n'empruntais pas vraiment le bon chemin.

- Je gâche tout? Ben en tout cas je regrette pas de plus être avec toi, les tarées, non merci ça me dit pas trop.

...

Au fond, je voulais juste lui dire que son amitié me manquait. Qu'elle me manquait.

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MessageSujet: Re: Coup pour coup (T.)   Jeu 23 Aoû - 19:38

♪ Turning Tables ♫

I can't give you, what you think you gave me

Bon, autant ne plus avoir d’espoir - même si je n’en avais pas trop eu, restons lucides - je n’allais pas avoir d’explications. Non puisque comme il l’avait si gentiment demandé, je devais « fermer ma gueule ». Puisque, je faisais trop « chier », et mes amis aussi. Enfin, desquels il parlait, d’Haruhi, Lilian, ceux que j’avais plus grâce à lui ? Est-ce que c’était moi qui était trop conne, lui trop con, n’importe quoi qui toucherait de près ou de loin à du rationnel, du concret qui prouvait que ça ne servait à rien de s’attarder là-dessus. Franchement comment est-ce qu’il voulait que je réagisse, alors qu’il répondait à mes questions par d’autres pour ne pas avoir à se justifier de quoi que ce soit, tout en prenant bien soin de préciser, qu’il ne se sentait en rien concerné par cette histoire, que ça ne l’atteignait pas, que juste de la routine ? c’était à prendre ou à laisser, et je sus à partir de là que c’était perdu d’avance.
Que c’était juste, comme ça.


- Tu dis de la merde, et en plus, pire, tu fais de la merde. Je croyais que t'avais un peu de plomb dans la cervelle... Que t'étais pas comme les autres. Finalement, t'es comme eux, tu vois les mêmes choses qu'eux, hein? Ben ok. T'es virée? Ben tant pis pour toi. J'te souhaite de bien t'éclater avec tes poneys, puisque c'est ça que tu veux. Qu'est ce que ça peut te foutre que je sois lâche ou un p'tit merdeux? De toute façon c'est la dernière fois qu'on se voit, non?

Il avait pas tort, j’allais pas remettre les pieds ici, même sous la torture, la torture en elle-même, c’était de rester dans ce château, donc ça n’allait pas le déranger si je lui disais ses quatre vérités ? Evidemment, c’était seulement à titre libérateur, parce que je ne doutais pas qu’il en avait rien à foutre de mon avis et qu’à ce stade il n’y avait plus grand-chose qui pouvait changer la donne, en supposant bien sûr qu’un jour c’est été le cas... Quelle importance, c’était trop tard depuis longtemps.
Ça c’était terminé le jour même où ça avait commencé.

- Mais accuse pas les autres Chuck, tu peux t’en prendre qu’à toi-même ! Comment il pouvait dire ça ?! C’était pas possible, il le faisait exprès, ou alors il s’en rendait vraiment pas compte ? Il avait tout fait pour que je me range de leur côté, et il avait encore l’audace d’insister ! Comme un gosse qu’on surprend en train dans voler dans le placard, mais qui dit que non non, c’est pas lui, surtout pas ! Les gens, c’qu’ils voient, c’est c’que tu leur montres, qu’est-ce que tu vas t’imaginer ? Mais t’attend quoi d’moi au juste ? Il avait raison, il passait trop de messages, tout et son contraire, comment il voulait que je sache quand est-ce qu’il jouait la comédie où lorsqu’il était sincère ? Tu peux pas juste avouer que c’est toi qui ferme toutes les portes et qui t’enfuie ? Tu veux qu’je fasse quoi, que j’devine ?! Bah parfait alors !

Je levai les yeux au ciel, non pas d’exaspération, mais plus de désespoir, parce que là les solutions, je pouvais pas les trouver à sa place, surtout s’il faisait rien pour m’aider.

- Et t’en rajoute en plus ! Tu veux que j’te rappelle qui c’est qui a tout fait tout pour que j’te déteste ? Pause. Alors c’est où qu’ça cloche ? C’est moi ? Mais dis-le ce qui va pas chez moi, qu’on en finisse une bonne fois pour toute !!

Est-ce que t’as seulement envie que ça s’arrête ?
Il était bête de faire ça, il en avait pas besoin de ces conneries, pourquoi lui ne voyait pas ce que moi, je voyais ?
Il allait foirer toute sa vie, avec ses imbécilités. Je voulais pas le laisser faire.

- La vérité, c’est juste que tu flippes à mort de ce qu’il pourrait s’passer si pour une fois tu perdais un peu l’contrôle. J’te rassure, tout l’monde a peur, et alors, on doit faire quoi ? On va tous se comporter comme toi, comme le dernier des connards, parce que c’est plus facile ?! Parce que y’a pas d’emmerdes ? Et ensuite ? Et après tu vas faire quoi hein, quand ce s’ra trop tard ? Poudlard, tu crois que c’est quoi, que c’est éternel, que ça va te protéger toute ta vie ? Et qui va se rappeler d’toi quand tu vas partir ? T’y as pensé ? Mais bien sûr que non que ça t’as même pas effleuré l’esprit, parce que t’es trop occupé à te plaindre de ce qu’t’aiment pas, où à traîner avec des gens qui en ont strictement rien à foutre de ta gueule ! Et en attendant, ceux qui s’intéressent un peu à toi, tu les méprises, mais non, c’est même pire, ça t’encombre, ça te fais chier, parce que c’est à cause des gens comme eux qu’t’as la trouille !!

J’avais le souffle court, on était tout proche l’un de l’autre parce qu’aucun des deux ne voulait battre en retraite.
Je sais pas à partir de quel moment j’avais commencé à le trouver beau, et ça n’avait jamais changé depuis.

- C’est quoi ensuite le plan quand tu s’ras tout seul comme un con ? Parce que c’était ce qu’il allait lui arriver, ses sois disants potes, ils en avaient rien à foutre de lui, et ils allaient vivre leur vie après les ASPIC chacun de leur côté, et personne ne n’en soucierait de Chuck s’il avait bien ou mal tourné. Ah mais non j’oubliais, tant qu’il y a tes clopes, tes joints et ton alcool, c’est vrai que tout va bien ! Ça va sûrement beaucoup t’être utile lorsque t’auras plus que t’auras plus que tes yeux pour chialer !

Je lui donnais un coup de poignet dans le torse. Ça me démangeait, alors qu’on était là, planté comme des piquets, et je me demandais, si j’allais trop loin, qu’est-ce qu’il allait faire, il allait me frapper ? Il y avait beaucoup de trucs que j’avais remis en question à propos de Carlton depuis ce qu’il s’était passé dans la salle commune, et alors mais pourquoi est-ce que j’en étais persuadée, c’était une bonne question,
je savais, je le savais qu’il allait jamais levé la main pour me frapper – mais il le pensait très fort, pour ça pas de soucis – ce gros nul, et au rythme où ça allait j’aurais préférés, parce que j’avais toujours beaucoup mieux la douleur physique que mentale, même si avec le traitement de faveur de Woodley, j’avais été servie, et que je le sentais encore passer.

- Mais ça, j’ai des doutes, tu sais faire ?

C’était quand qu’il allait se produire l’électrochoc dans sa tête ? J’avais beau m’attendre à ce qu’il me balance tout un tas de gentillesses lui aussi dans la gueule et sans plus tarder, je voulais qu’il comprenne, qu’il réagisse, qu’il ne reste pas là sans rien faire, et tant pis si ce n’était pas avec moi, mais qu’au moins s’il y avait des gens qui tenaient un peu à lui dans le secteur qu’il envoie pas tout valdinguer parce qu’on ne lui avait jamais montré le bon exemple à suivre…

- Non parce que personne n’a besoin d’un mec comme toi !


Personne, personne, personne. Ou bien fallait être la fille la plus azimutée de la planète pour avoir envie d’une telle plaie.
Personne sauf moi.

Il avait les traits plus marqués que jamais, et ça lui tirait le visage dans une expression de fatigue. Fatigué de quoi, de sa bêtise ? Tu m’étonnes ! Non mais vraiment, il avait pas bonne mine, je savais pas trop où est-ce qu’il avait traîné, mais en tout cas, ça lui avait pas réussi, et je lui avais déjà connu des jours meilleurs, et puis merde, qu’il fasse ce qu’il veut, à force de se faire tabasser qui sait, ça allait peut être finir un jour par lui remettre les idées en place.


- Je gâche tout? Ben en tout cas je regrette pas de plus être avec toi, les tarées, non merci ça me dit pas trop.

Apparemment on l’avait pas encore assez frappé fort, et c’était pas pour tout de suite.
Parlons-en de ce qui me rendait folle, de son attitude dont il ne se défaisait pas, même après tout ce que je venais de lui lâcher en pleine figure, et je crois que cette fois, c’était définitif, je jetais l’éponge. C’était à la limite du raisonnable ce qui se passait, et il venait de toucher pile où il le fallait, je pouvais plus jouer à ça, c’était terminé, il l’avait dit lui-même qu’il avait gagné, la dernière fois, non ? Bah okay, qu’il grimpe sur la première place du podium, qu’il prenne sa jolie médaille du mérite et qu’il dégage, puisque c’était ça, le seul effet que ça lui faisait nous deux.

- C’est bien, c’est peut-être la seule chose d’honnête que tu m’aies dite depuis qu’on s’connaît !


Je me mordis la lèvre sans pouvoir me retenir, zut, j’espérais que j’étais la seule à avoir entendu le tremblement dans ma voix…

- C’est fini, la partie est terminée, conclus-je en jetant les armes.

C’était plus vrai que jamais. Ce soir, c’était notre dernier soir, ensuite, il n’y aurait plus rien. Alors, il nous fallait bien un vainqueur, et finalement, je réalisais que j’en avais même pas envie de ce gain, moi aussi, ça m’épuisait, depuis toujours, ça nous plongeait droit au bord du précipice. Un jour ou l’autre, ça devait s’achever, même si j’avais pensé que ça se passerait autrement…

- Félicitations, la victoire est complète cette fois.


Savoure-la bien.
Parce que c’était ça qui faisait tout le fondement de notre relation, non ? C’était comme ça que ça avait toujours fonctionné, et on s’était planté depuis le début en fait, mais maintenant, y’avait plus de jeu.



Plus de jeu, plus d’histoire.




It's time to say goodbye to turning tables

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Coup pour coup (T.)   Mer 29 Aoû - 13:25

Spoiler:
 


C'était con. C'était trop con de se déchirer comme ça, déjà que je n'avais pas été très brillant au départ, ça n'allait pas vraiment finir mieux... J'aurais bien aimé. Parce que malgré tout, même si c'était mort pour qu'on revienne en arrière, et même si je savais qu'on ne voulait pas trop la même chose - enfin bon vu comment elle me dévisageait j'avais des doutes sur ce qu'elle voulait vraiment - j'aurais préféré n'avoir plus rien à me reprocher, qu'elle me remercie de l'avoir sauvée, peut-être que je me serais un peu excusé de ne pas avoir été très délicat, et puis voilà quoi, on se serait quittés bons amis. Et ça, je pouvais m’asseoir dessus.

Je pouvais m'asseoir dessus parce qu'elle me bassinait avec les "vérités" à la con qu'elle me balançait au visage, que le ton était monté et que ce n'était plus la peine d'espérer que je me calme, qu'elle se calme. Chassez le naturel, vous savez ce qu'on dit : là c'était comme au tout début, comme quand on ne pouvait pas trop se blairer, qu'elle m'avait enfoncé ses griffes dans la peau et qu'on essayait de crier toujours plus fort que l'autre. Le problème c'est qu'elle et moi on tenait bien le choc en ce qui concernait les disputes, et vu comment ça montait, montait, sans jamais s'arrêter, j'étais certain que ça n'allait pas finir bien... Son regard me soûlait, il brillait de colère et j'avais envie de lui faire bouffer, son attitude aussi, son poids de moineau, tout. Elle était vraiment aussi con que ça?! Elle voulait vraiment me traiter de lâche, me dire tout ce qu'elle pensait de moi, me psychanalyser parce que j'avais eu le malheur de me confier un peu trop à elle et que oui, ok, elle me connaissait un peu mieux que les autres et du coup elle avait de quoi botter en touche? Mais ma pauvre chérie! Ca avait été le cas dans les deux sens, qui avait chialé dans mes bras en me racontant la mort de sa famille? Qui avait passé des après-midi avec moi en se confiant, et qui m'avait laissé deviner dans ses gestes et ses baisers toutes ses faiblesses et ses craintes?! C'était elle, au final, qui s'était le plus dévoilée alors que c'était moi qui avait fait les premiers pas au début pour la mettre en confiance - pas folle, la guêpe. N'empêche qu'au bout du compte, c'était elle qui était en position de faiblesse, et moi qui avais toutes les cartes en main pour l'exploser entre mes doigts...

Moi aussi je pouvais gueuler et lui dire tout ce qui ne fallait pas. Autant vous dire que vu mon niveau de colère, la rage m'avait complètement aveuglé et que je n'étais capable plus que de ça : la bouffer comme elle essayait de me bouffer moi.


- ... Alors c’est où qu’ça cloche ? C’est moi ? Mais dis-le ce qui va pas chez moi, qu’on en finisse une bonne fois pour toute !!

- Mais y'a tout qui ne va pas chez toi, ma pauvre, tout! Tu le sais toi-même que ça tourne pas rond dans ta tête! Qu'est-ce que tu veux me faire croire? Ta morale à deux balles tu te la gardes!


C'était comme une bataille, on était face à face on piétinait, on gueulait, et il n'y avait plus rien que nous deux et un gros paquet de haine et de colère. Tout le reste était resté bien sagement dans le château, ou bien on venait de le jeter par dessus la rambarde du pont, je ne savais pas trop. Une chose était sûre : elle ne voulait plus de mon amitié. Bien. Très bien. Eh ben si elle espérait que je me mette à chialer, elle pouvait toujours courir. Ok, message reçu, c'était fini fini, eh ben tant pis. Qu'elle aille se faire foutre et qu'elle retourne d'où elle venait, qu'est-ce qu'elle voulait que je fasse de plus? Je ne pouvais pas la forcer à ouvrir les yeux, à vouloir ce que je voulais moi, à essayer de comprendre ce que je ne savais pas dire. Tant pis. Après tout, Taylord Reegan n'était pas irremplaçable - et son absence allait me foutre une sacré paix, royale, même!


- La vérité, c’est juste que tu flippes à mort de ce qu’il pourrait s’passer si pour une fois tu perdais un peu l’contrôle. J’te rassure, tout l’monde a peur, et alors, on doit faire quoi ? On va tous se comporter comme toi, comme le dernier des connards, parce que c’est plus facile ?!

- J'ai pas besoin de psy, merci, alors commence pas...
grognai-je en m'approchant encore plus près d'elle. Mais cette petite garce continua.

- Parce que y’a pas d’emmerdes ? Et ensuite ? Et après tu vas faire quoi hein, quand ce s’ra trop tard ? Poudlard, tu crois que c’est quoi, que c’est éternel, que ça va te protéger toute ta vie ? Et qui va se rappeler d’toi quand tu vas partir ? T’y as pensé ? Mais bien sûr que non que ça t’as même pas effleuré l’esprit, parce que t’es trop occupé à te plaindre de ce qu’t’aiment pas, où à traîner avec des gens qui en ont strictement rien à foutre de ta gueule ! Et en attendant, ceux qui s’intéressent un peu à toi, tu les méprises, mais non, c’est même pire, ça t’encombre, ça te fais chier, parce que c’est à cause des gens comme eux qu’t’as la trouille !!

N'importe quoi, j'avais pas peur. Elle voulait quoi, que je me sente aussi merdeux qu'elle me considérait? Mais j'avais pas besoin d'elle, moi! J'avais pas besoin de croire ce qu'elle voulait! On était plus liés, en rien, alors merde. Elle pouvait me voir comme elle le voulait, comme tous les autres, j'en avais strictement rien à foutre.

- Parce que ça t'intéresse ce que je vais devenir ensuite? Comme c'est mignon!... Je lui ris au nez mais franchement je n'en avais aucune réelle envie.


- C’est quoi ensuite le plan quand tu s’ras tout seul comme un con ?

- Oh t'en fais pas pour moi chérie, j'serais jamais tout seul... J'avais les meufs que je voulais et des potes à la pelle. A Poudlard ou ailleurs, le jeu serait le même.

- Ah mais non j’oubliais, tant qu’il y a tes clopes, tes joints et ton alcool, c’est vrai que tout va bien ! Ça va sûrement beaucoup t’être utile lorsque t’auras plus que t’auras plus que tes yeux pour chialer ! Mais ça, j’ai des doutes, tu sais faire ?

Elle m'avait donné un coup de son bras et encore une fois j'avais une putain d'envie de lui décrocher une grosse baffe, comme toutes celles qu'elle m'avait balancées dans la gueule, j'avais envie de la frapper, mais malgré ma colère je savais que je ne pouvais pas faire ça, parce que si j'étais un connard je ne l'étais pas à ce point-là, je n'avais jamais frappé de fille et ça n'allait pas être aujourd'hui que ça allait commencer. Pourtant j'avais envie que la bataille soit complète, qu'elle me frappe, que je la frappe, j'avais la tête qui tournait et un sale goût dans la bouche, un goût amer et glacé; et je la dominais de toute ma hauteur et je me disais mais putain arrête, ne va pas trop loin, ça va vraiment déraper et... Et pourtant on continuait, on continuait, et c'était comme si quelque chose nous guidait à chaque fois un peu plus loin. Dans mes veines mon sang bouillait et j'avais comme un monstre à l'intérieur qui ne demandait qu'à sortir... Je voulais la faire taire, lui faire ravaler ses paroles, son air de folle, la faire s'étouffer avec ses conneries, non mais merde, se faire renvoyer!, je voulais qu'elle reste aussi, qu'elle arrête tout ça, qu'elle me foute la paix...

Du coup j'avais attrapé son poignet quand elle m'avait tapé et je l'avais à moitié tordu entre mes doigts, luttant contre l'envie de la foutre par terre, et puis je l'avais lâché, le regard brûlant. On était trop près et je n'entendais que les battements de mon coeur qui me déchirait les tympans et cette adrénaline qui montait, montait...


- Non parce que personne n’a besoin d’un mec comme toi !

Je me marrai encore une fois, évidemment. La pauvre. C'était bien, qu'elle se persuade de ça. C'était moi qui n'avais besoin de personne.

- C'est marrant, tu disais pas ça y'a quelques temps, hein? Remarque, ça t'a pris du temps pour te rendre compte que t'étais une meuf, et grâce à qui tu y es arrivée d'ailleurs? Essaye pas de me faire avaler ça. En tout cas, des meufs comme toi, y'en à la pelle, et des mieux puisque tu es dans les comparaisons, donc pour le coup, je peux te retourner le compliment.

Quoi que je dise, j'avais envie d'aller plus loin. C'était trop tard pour faire demi-tour, et j'étais parti trop loin : j'avais juste envie de la faire chialer.

"Elle est spéciale pour toi", résonna la voix de Fray dans ma tête, une voix dont je me serais décidément bien passé.


- C’est bien, c’est peut-être la seule chose d’honnête que tu m’aies dite depuis qu’on s’connaît ! C'était moi ou tout d'un coup son regard était bizarre et sa voix un peu moins forte?... C’est fini, la partie est terminée. Félicitations, la victoire est complète cette fois.

... Non, pas possible?! Reegan qui rendait les armes?!

Je mis quelques secondes à réagir mais elle ne disait plus rien et... Woow! Genre, elle me donnait la victoire, comme ça!

J'aurais dû en être satisfait, mais bizarrement, au contraire, je ne l'étais pas. Pas du tout, en fait. Ça ne m'allait pas du tout qu'on en reste là, je voulais juste continuer à ce qu'elle me balance des horreurs à la gueule plutôt que ça, ce... Ce vide, qu'elle baisse les bras, parce que après, elle allait partir et... Je ne voulais pas qu'elle parte.

J'avais envie de m'arracher la tête tellement ça tourbillonnait là-dedans, tellement je ne comprenais rien à ce qui se passait, tellement j'avais peur de le comprendre, plutôt, et j'avais envie de tout casser autour de moi mais la seule chose sur laquelle je pouvais taper c'était Taylord, donc, c'était impossible.


- Ben casse-toi, alors, finis-je par lâcher d'une voix glaçante. Ma colère avait pris le parti d'être froide, et je sentais mes traits se durcir. J'étais fatigué.

- T'as perdu, et quand on perd, on dégage. C'est ce que tu voulais, non? Alors dégage. De toute façon, sérieusement, ça sert à quoi que tu restes? Tu vas continuer à te laisser mourir de faim, pour ressembler à rien, tu vas recommencer à broyer du noir et à penser à ce que t'as perdu, et pour passer le temps du coup tu vas te taper avec les gens qui t'emmerdent et être désagréable avec les autres. Je lui laissai le temps de bien enregistrer tout ce que je lui disais, et ma voix se faisait plus assurée à chaque mot. C'était le coup final. Juste ce qu'il fallait pour qu'elle tombe. Eh ouais, tu crois quoi? Moi aussi je peux parler de toi. Réfléchis bien Taylord - pourquoi quelque chose gronda en moi quand je prononçai son nom? - réfléchis bien : QUI va finir tout seul comme un con? C'est toi qui pars, ou c'est moi?...

Et dire que c'était d'elle que j'étais le plus proche ici, après Coop; que c'était à elle que j'avais parlé, quelques fois, de choses que je ne confiai à personne. Comme quoi, c'était bien la preuve que ça donnait trop de pouvoirs aux autres.

_________________

CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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MessageSujet: Re: Coup pour coup (T.)   Jeu 30 Aoû - 18:22

♪ Gone ♫

Selling out
Is not my thing
Walk away
I won't be broken again
I'm not
I'm not what you think



Il n’avait pas le droit de se mettre en colère comme il le faisait. Moi par contre, j’étais en droit de les avoir, ces explications, non ? Je devais faire quoi au juste ? Un grand sourire et dire que tout était oublié ? Trop de fois ça c’était passé comme ça, trop de fois l’impasse avait été faite et finalement il avait obtenu gain de cause. Et là, ça prenait le même tournant, c’était encore et toujours la même chose, et pour une fois, je voulais juste l’entendre admettre qu’il avait tort, le voir baisser le regard en signe de défaite parce qu’il savait qu’il n’avait pas son mot à dire et que j’avais raison – au lieu de ça, il me tenait tête, comme si c’était moi qui ne comprenais rien, qui avait fait quelque chose de mal et qui n’avait pas le droit d’avoir son mot à dire. Personne ne se mettait en travers de son chemin, comme Woodley, et donc, c’était pas très difficile de deviner que ça allait se terminer de la même manière que dans son bureau.

- Mais y'a tout qui ne va pas chez toi, ma pauvre, tout! Tu le sais toi-même que ça tourne pas rond dans ta tête! Qu'est-ce que tu veux me faire croire? Ta morale à deux balles tu te la gardes!


Mais oui, pourquoi est-ce qu’il avait poussé sa porte au lieu de passer son chemin ? Bah, je devais juste imaginer, faire des hypothèses, des suppositions… C’était toujours comme ça que j’avais fait avec lui jusqu’à présent, et ça marchait dans un sens – si par contre je n’étais pas assez bavarde de mon côté, c’était comme si j’avais commis le pire crime jamais recensé à Poudlard, et que j’étais vraiment qu’une égoïste de ne pas même pas avoir la moindre once de reconnaissance envers la personne qui voulait bien m’écouter parler. A choisir maintenant, j’aurais presque préféré qu’il m’y laisse puisque ce qu’il faisait à présent n’était pas mieux. Supporter le coups de pieds de Woodley, qui sur ce plan là n’était pas hypocrite, c’était peut être mieux…

Parce que là, je subissais tout les assauts, si ce n’est plus. Je faisais comme si tout ceci ne m’atteignait pas, en cherchant à le pousser dans ses derniers retranchements, en espérant autre chose que son dédain à mon égard dont il était déterminé à ne pas s’en détacher. Comme si c’était lui qui avait tout pigé, et que c’était la seule et unique vérité qui comptait. Et vu comme il était flatteur, il y avait fort à parier que ce n’était que le début… Je voulais l’ignorer lorsqu’il essayait de me couper – même ça il n’était pas foutu de le faire, d’écouter, montrant une fois de plus que si j’essayais de brasser du vent, peut être aurais-je eu plus de succès – même lorsque je voulais me libérer, il ne me laissait même pas le droit de le faire complètement, comme si la moindre petite victoire de ma part, même infime, c’était trop dur à supporter…
Pourquoi est-ce qu’il devait y avoir un gagnant au juste ?


- Parce que ça t'intéresse ce que je vais devenir ensuite? Comme c'est mignon!...

Visiblement, c’était loin d’être réciproque.
Je me demandais ce qu’il se passerait si je lui annonçais quelque chose de complètement abracadabrant, comme si j’avais une maladie incurable, un cancer, ou quelque chose comme ça, et qu’il ne me restait que plusieurs semaines et c’est tout… Est-ce que j’aurais réussi à obtenir un semblant d’intérêt qui ne ressemblait pas de près ou de loin à de la moquerie pure et dure ? Je connaissais déjà la réponse, et elle n’était pas positive. Même ses rires sonnaient comme des ongles qu’on faisait grincer sur un tableau noir pour que le son qui s’en réchappe soit une complainte insupportable digne de la plus désagréable des tortures…


- Oh t'en fais pas pour moi chérie, j'serais jamais tout seul...




Dream away your life
Someone else's dream
Nothing, equals nothing



J’avais un gros nœud dans la gorge et j’étais sûre que si je parlais, j’allais avoir le timbre plus aigu que d’habitude en signe d’impuissance. Quand ça sortait de sa bouche, toutes ses paroles ressemblaient à des insultes, comme si j’étais le dernier Serpentard qui aurait eu l’audace de le bousculer dans un couloir. On se faisait rapidement une petite idée de la haute estime dans laquelle il me portait.

J’avalai beaucoup de salive pour délier tout ça – mais j’avais la gorge sèche, et on se battait, mais pas à armes égales, parce qu’en vrai, je ne voulais pas lui faire du mal – mais comment le lui expliquer, alors que lui par contre il ne se gênait pas ? Ça aurait équivalut à ne pas se défendre, à ne pas attaquer et puisqu’il me restait quelques pierres à lancer, autant s’en servir…
Mais je n’en avais bientôt plus.

- Tu peux être au milieu d’un millier de personnes, c’est la même chose, j’en savais quelque chose, surtout lors des premiers mois passés à Poudlard, ou il y avait eu moi, et tout les autres dans deux espaces bien distincts, cet endroit bien à eux, dans lequel je n’arrivais pas à me mêler…

Et bien ce soir, c’était un peu pareil.
Je ne voulais pas céder… j’en avais marre deflancher la première, parce que j’avais beau être têtue – on me l’avait assez répété comme ça, alors force était peut être d’avouer que c’était vrai – il y avait toujours ce moment où j’en avais assez de livrer bataille, comme une subite prise de conscience où on reconnait qu’une cause est perdue. Ce n’était pas une preuve de faiblesse, mais plutôt une sorte de lassitude qui s’emparait de chaque membre, comme pour dire, pourquoi tout ça ? Pourquoi autant d’énergie dépensée dans une lutte, où même en gagnant, tu n’y trouveras pas ton compte ? Ce n’était pas lorsque quand j’étais plus petite, et que je tombais sur une fille ou un garçon qui était venu chercher des poux à ma frangine, parce qu’elle avait la tête à ça – à ce qu’on vienne l’embêter. Quand je leur donnais des coups, c’était parce qu’il y avait une bonne raison, c’était parce que je faisais ce qui était juste et dans ces cas là, je n’avais pas le droit à l’échec. Mais… là ? Avec Chuck, la notion de justice m’avait toujours parue contradictoire et bien loin, comme si c’était lui qui en créait les règles – soyons lucides alors : il n’y en avait pas. Tout ce en quoi je croyais… c’était des chimères, dès l’instant où Carlton y touchait de près ou de loin, et au final, j’en oubliais de savoir pourquoi je combattais. Et c’était une manière, en plus de toutes les autres de le laisser remporter la partie.
Mais alors… qu’est-ce qui se passait, si je ne me battais plus ?

J’ouvris la bouche et me retins de laisser s’échapper un cri, sous la douleur que me procuraient ses doigts contre ma peau.


- C'est marrant, tu disais pas ça y'a quelques temps, hein? Remarque, ça t'a pris du temps pour te rendre compte que t'étais une meuf, et grâce à qui tu y es arrivée d'ailleurs? Essaye pas de me faire avaler ça. En tout cas, des meufs comme toi, y'en à la pelle, et des mieux puisque tu es dans les comparaisons, donc pour le coup, je peux te retourner le compliment.


Bah, on était au courant tout les deux de ce qu’il allait se passer dans ce cas là, je pouvais m’épargner la peine de le lui préciser. Et puis pour le coup… j’avais du mal à y croire… Comme s’il voulait pousser le bouchon plus loin, comme i lui aussi venait me chercher au plus profond de moi-même pour voir ce qu’il allait se passer. Ce n’était pas juste. Ce n’était pas juste qu’il utilise ça pour me déstabiliser, et qu’il s’attribue des mérites dont il n’était pas l’auteur, parce que le seul être, le premier, et pour toujours, et il n’avait pas le droit de le lui enlever, parce qu’il avait vu au-delà de simples vêtements trop grands, c’était Scott, qu’il ne vienne pas dire le contraire – Carlton l’avait dit lui-même dans la salle commune la fois dernière le seul truc qu’il avait attendu de moi, le reste, l’apparence et tout ça, il l’avait juste pris en bonus, comme un gosse qui se resserre d’un part de tarte alors qu’il venait d’engloutir la sienne et que tout le monde n’avait même pas été servi…




Why should I feel sad
For what I never had
Nothing equals nothing



- Non, c’est pas grâce à toi… est-ce qu’il se rendait compte à quel point ce qu’il disait était méchant ? J’espérais que oui, qu’il n’ait aucune excuse, tout en me refusant à prononcer le nom de Scott. Je ne voulais pas qu’il y touche, qu’il l’utilise à mauvais escient, dans le plaisir mauvais de vouloir faire du mal puisqu’il n’y avait plus que ça qui comptait…

Ça avait été la première fois où vraiment, je l’avais voulu, me faire jolie pour quelqu’un en souhaitant qu’il le remarque, en peignant mes cheveux plus que d’habitude, en mettant des chaussures qui n’étaient pas des bottes de cow boy ou des vieilles pompes en toiles toutes délavées, en soulignant mes yeux avec du maquillage… Oh, c’était difficile de prétendre le contraire, Carlton avait eu son tour lui aussi, mais de toute évidence, il n’avait pas su remarquer l’indétectable – en apparence – à l’inverse de Scott… parce qu’au moins lui, lorsqu’il faisait un compliment c’était parce qu’il le pensait, pas pour mieux parvenir à ses fins… Parce qu’avec lui, mon apparence physique ou vestimentaire, quelle quel soit et dans toutes ses formes, elle ne prenait pas la tournure d’une petite pique ou d’une petite remarque désobligeante, qui sur le coup se trouvait être sûrement bien drôle, alors qu’au contraire, ça ne faisait que renforcer le malaise…

Je baissai le regard pour le porter vers le bout de mes cuisses à l’extrémité de ma robe, et j’avais très chaud aux joues soudain, elles me brulaient, prenant l’apparence de la honte, et je n’avais qu’une envie à présent, c’était celle d’aller l’enlever le plus vite possible et aller me cacher dans une grande couverture où on ne pourrait plus voir aucune partie de mon corps…

Et voilà, en plus du reste, j’en étais arrivée au stade où je mélangeais ce qu’avait dit Woodley précédemment qui planait comme une sombre menace, et ce que venait de ma balancer Carlton – à quelques mots près, ils se complétaient. Bon. Je ne pouvais plus le laisser avancer – s’il n’avait plus de matière à laquelle il pouvait se raccrocher, et dont il allait pouvoir se servir pour contre attaquer, il ne pourrait plus rien faire.

Il y eu quelques instants de silence, et c’était une mélodie toute drôle à mes oreilles, après toutes les saloperies qui étaient tombées sans discontinuer durant ces dernières minutes. J’ouvris la bouche et redressai la tête, déplorant de ne pas plutôt à la place, avoir pris mes deux jambes pour quitter les lieux sans le moindre adieu.


- Ben casse-toi, alors.

C’était tombé comme un coup de massue. L’ignorant, je préférais me lancer, avant que je ne change d’avis :

- J’aurais pas dû dire tout ça.
Pas comme ça.

Ce n’était pas des excuses, parce que j’avais pensé tout ce que je venais de lui sortir à la figure, parce que c’était les conclusions que j’en avais tiré, parce que c’était l’image que je m’étais faite de Chuck au bout de toutes ces années à se côtoyer, bon gré et souvent mal gré – mais ça du moins, c’était ce que je pensais connaître, parce je n’étais même pas sûre de savoir le moindre truc sur Carlton. Dans tout ce qu’il faisait, tout ce qu’il disait… qu’est-ce qui avait été vrai ? Il n’allait plus jamais pouvoir me renseigner sur la question, en songeant bien sûr qu’il le souhaite ou l’ait souhaité un jour… Mais juste, je ne pouvais pas partir aussi salement, parce que je le regrettais déjà un peu, parce qu’il ne méritait pas d’entendre toutes ces choses de cette façon, et qu’un peu de tact aurait certainement été le bienvenue… Mais comment faire alors que lui-même en était totalement dépourvu ? Au moins, là où je n’avais pas de doutes, c’était que
ce n’était pas moi tout ça, de lancer des horreurs à tout va sans en mesurer la portée qu’elles pourraient avoir, bien que cela n’ait pas l’air de le tenir en souci pour le moment. Non, je n’allais pas mélanger franchise et mépris, parce que c’était deux mots qui n’allaient pas ensemble.

Mais au moins, de ne pas avoir le regret de tourner les talons, tout en ayant pas été honnête avec moi-même. Je ne voulais plus le détester comme je l’avais fait pendant des semaines.
Rectification :
je ne voulais plus essayer.

- T'as perdu, et quand on perd, on dégage. C'est ce que tu voulais, non? Alors dégage. De toute façon, sérieusement, ça sert à quoi que tu restes? Tu vas continuer à te laisser mourir de faim, pour ressembler à rien, tu vas recommencer à broyer du noir et à penser à ce que t'as perdu, et pour passer le temps du coup tu vas te taper avec les gens qui t'emmerdent et être désagréable avec les autres.


Mes traits se tirèrent vers l’arrière. Quoi que je fasse, il aurait le dernier mot de toute façon – il n’y avait que ça qui l’importait. Plus que jamais, avec l’image qu’il était en train de dessiner de moi, en plus de tout ce qu’avait dit la directrice des Serpentard un peu plus tôt, je me sentais
indésirable, comme une mouche qui en soit n’est pas dangereuse, mais qui bourdonne, qui fait trop de bruit, et par conséquent qu’on doit écraser le plus vite possible pour la faire cesser sa petite danse. L’insecte le plus inutile et le plus moche, que s’il n’existait pas, tout le monde ne s’en porterait que mieux.
Il ne voulait de moi ici.

Cligner des paupières suffit à me brouiller la vue, et les larmes qui roulaient à présent, ne faisaient que provoquer les suivantes, sans les stopper le moins du monde. Je n’essayais pas de tourner la tête, de les masquer, ou même de les essuyer à la vite en espérant qu’il ait fermé les yeux à ce moment-là et qu’il n’ait rien vu lui non plus. Au moins, là, comme ça, je n’avais plus à supporter son air de profonde satisfaction, comme quand on a la sensation du travail bien fait.


- Eh ouais, tu crois quoi? Moi aussi je peux parler de toi. Réfléchis bien Taylord, réfléchis bien : QUI va finir tout seul comme un con? C'est toi qui pars, ou c'est moi?...

J’entendais juste le bruit de mes reniflements qui se mêlaient à ses affirmations. Ce n’était pas pour qu’il en conclu que je le considère comme un moins que rien que j’avais tout lâché, pourquoi est-ce qu’il pensait ça, non, il fallait qu’il… Mais en attendant à la place, il devait simplement être bien content de voir ce qu’il avait réussi à provoquer, parce qu’à part pour ça, pourquoi est-ce qu’il m’assommait avec tout mes défauts dont il était au courant que je n’arrivais pas à les contrôler, que c’était plus fort que moi, tout ça, et que même en faisant des efforts, ce n’était pas facile ? Comme d’habitude, il devait asseoir son autorité avec son expression de « hé oui, je sais que t’as pas toujours confiance en toi, et je serais toujours là pour te rappeler que t’es juste de la merde ».
Si je tendais le bras, je pouvais la sentir : la hargne qui avait laissé la place à la déception.
Carlton avait beau être ce qu’il était, c’était la première fois qu’il me décevait de cette façon.

- Mais tu vois pas que je suis déjà toute seule ..?! A cause de qui ? C’était comme une plainte d’ultime recours – mais ça faisait des jours qu’il restait indifférent à mes signaux, qu’il ne me regardait plus, et ce n’était pas maintenant que ça allait faire grande différence ?

A cause de qui ?
C’était sa façon à lui d’essayer de continuer de jouer – malgré mon pion hors course.
Mais j’avais cessé de jouer depuis longtemps.
Et bien avant ce soir.

- T’as raison, merci pour tout. Je serrai les lèvres et les dents pour contenir les hoquets de tristesse et battait des cils – mais tout ceci était inutile.

Avec le moins de gestes possibles, car j’avais l’impression que j’allais me briser tant ils étaient raides, mais surtout parce que je prenais trop de place et ne désirais que disparaître, je remis d’une façon bizarre mon sac sur mon épaule, car mon poignet qu’il avait tordu en ressentais encore les faiblesses – et d’ailleurs je recommençais à souffrir de partout, à l’instar d’une torche humaine qui avait pris feu, mais qui n’avait aucun point d’eau à proximité pour aller s’éteindre.

- J’espère que tu trouveras ce que tu cherches, je le dépassai pour remonter vers les étages de la salle commune - par moments, je sentais plus que je ne visualisais les larmes qui venaient s’écraser dans mon cou ou sur mes mains – pour m’enfuir comme la reine déchue de son trône qu’on condamne en exil.

En revanche, moi, j’avais déjà trouvé.
J’avais la conviction, que oui, je n’arrivais pas à le détester. Par contre…





Turn to stone
Lose my faith
I'll be gone
Before it happens








Je détestais l’aimer.



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Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Coup pour coup (T.)   Ven 31 Aoû - 1:14

C'était la fin, la fin comme il se doit, et puisque ça devait se finir d'une manière ou d'une autre, autant que ça soit franc. On ne pouvait pas être amis, elle ne voulait pas? Message reçu. Alors, eh ben, qu'on en finisse. Depuis quand je me résignais à traîner des casseroles dans ma vie? Jamais. Les choses se passaient, il arrivait ce qui arrivait, et basta. Je ne voyais pas l'intérêt de broyer du noir, parce que la vie était déjà assez merdique pour qu'on se rajoute des trucs en plus. Ok, c'était con, et oui, je regrettais. Mine de rien Taylord avait toujours été là, avec moi, à côté de moi, plus ou moins proche, mais elle avait toujours été là quand même. A partir d'aujourd'hui elle ne le serait plus, ça n'était pas plus compliqué que ça. Madame se faisait la malle à cause de ses conneries, et on n'était plus sur la même longueur d'ondes. Point. Je n'allais pas pleurer, faire une scène ou d'autres conneries dans le genre parce que ça ne servirait à rien et que ça ferait plus de mal que de bien, et qu'il était hors de question que ça se passe comme ça. Elle voulait partir en déclarant la guerre une bonne fois pour toutes? Eh ben ok, assume, ma petite. C'était elle qui avait déclenché les hostilités, pas moi, à ce que je sache. J'avais essayé de l'aider... De me racheter, et plouf, c'était tombé à l'eau. Je n'allais quand même pas me battre contre des montagnes alors que visiblement elle ne voulait rien de tout ça!

... Mais qu'est-ce qu'elle voulait, au juste? En fait, je ne captais même pas. C'était quoi cette idée de m'envoyer paître et de me dire toutes ces conneries pour me chauffer et ensuite, visiblement, faiblir et les regretter? C'était quoi le deal?! A part me faire perdre les pédales et me faire oublier aussi, du coup, ce que je voulais vraiment?!...

Putain, c'était vraiment le bordel dans ma tête et le soir tombait autour de nous et je voyais de moins en moins bien, au sens propre comme au figuré. Je savais juste que j'avais besoin de cette tension entre nous, qu'elle soit là en face de moi à se dresser contre moi parce qu'il n'y avait vraiment qu'elle qui en avait le pouvoir, et qu'elle ne parte jamais.

De toute façon, les vacances allaient arriver et on n'en parlerait plus. J'allais rentrer chez nous avec Coop, comme j'en rêvais depuis des semaines, et faire un bon petit break de Poudlard, et ça allait me faire un bien fou. Là-bas à Bristol c'était différent, tout ça n'existait plus trop, mes potes de Poudlard restait ici au château, entre quatre murs, et pendant deux mois je retrouvais ma vie de moldu, avant de la quitter à nouveau. J'avais beau me faire chier dans notre banlieue, il y avait quand même tout ceux que je connaissais depuis toujours, mes meilleurs potes, le baseball, nos soirées, notre terrain-vague, nos activités d'été. J'avais presque hâte de retrouver ma chambre sous les toits et de pouvoir débarquer dans celle de Coop, voisine, à tout moment pour le faire chier. Au moins, on était pas séparés par une salle commune différente. Si un jour on m'avait dit que j'allais penser ça... Alors que Poudlard était pourtant ma vraie maison, celle où j'avais une vie, où j'étais reconnu, et où je n'avais pas ma connasse de mère sur le dos et où je ne croisais pas mon père à 3 heures du mat qui rentrait soûl comme un polonais et incapable d'enchaîner deux mots à la suite. Finalement, rien de tout ça ne me convenait vraiment. Mais quoi, vivement que Poudlard se termine et que je mène ma propre vie? Mais pour faire quoi? J'en avais absolument aucune idée, et j'avais surtout envie de faire ravaler à Taylord ses sales mots de tout à l'heure, parce que comme elle le disait si bien, à part les soirées, les meufs, mon alcool et mes joints, il me resterait quoi, plus tard? C'était pas que ça me dérangeait en soi parce que c'était cool, mais, au bout d'un moment?...


- Non, c’est pas grâce à toi…

Quoi? Laissez-moi rire! Je lui éclatai de rire au nez. Ah pardon, c'était grâce à qui, l'autre puceau de McBeth et ses manières chevaleresques de défendre les demoiselles en détresse? C'était lui, peut-être? Mais au secours, il lui avait appris à quoi, à lui tenir la main en public? C'était avec moi que Taylord avait couché, à ce qu'il me semblait non? Elle avait besoin que je lui rappelle, ou bien elle était carrément maso?

Comme j'allais lui rappeler d'une manière bien sentie, parce qu'elle me cassait sévèrement le cul, je sentis mes mots s'étouffer dans ma bouche. Entre mes doigts son poignet avait à peine résister, et voilà qu'elle baissait les yeux dans une attitude de défaite que je ne lui connaissais pas, que sa bouche tremblait et que ses mots devenaient aussi faibles que des petits oisillons tout juste éclos de leurs oeufs. Hein?! Qu'est-ce qui lui prenait? Elle déclenchait l'offensive pour se rendre compte ensuite qu'elle n'avait carrément pas de munitions? Euh, dans quel but?

Le rouge lui montait aux joues et même si ses cheveux étaient tombés de ses épaules et cachaient en partie son visage, je ne pouvais m'empêcher de la trouver jolie, parce que ses couleurs lui redonnaient un peu de vie et qu'elle ressemblait plus à la Taylord d'avant. Et ça me soûla d'avoir cette réflexion - je sentis la colère s'attiser encore un peu plus. Elle me faisait chier, voilà : Taylord me faisait chier, elle avait besoin que je lui dise en quelle langue?!


- J’aurais pas dû dire tout ça.

... Ok, donc maintenant elle choisissait la tactique de l'attendrissement? Qu'elle se le dise direct, ça n'allait pas marcher.

- Ben tiens! C'est un peu tard, tu crois pas? Qu'est-ce que tu veux que ça me foute, ce que tu peux penser?!

Je le vis tout de suite quand elle se mit à chialer - elle avait cette petite moue et elle plissait les yeux trois quatre fois pour prévenir les larmes. Je le savais, je l'avais déjà vue faire. Voilà, elle était là, ma victoire. Non parce qu'après m'avoir balancé dans la gueule que j'étais un lâche qui avait peur de la vérité ou je ne sais pas trop quoi, c'était quand même largement facile de venir pleurnicher pour effacer ses jolies paroles.

Pourtant, ça ne m'apporta rien de plus. Même pas de satisfaction, ça ne me calma même pas, au contraire, quelque chose rugit encore plus fort, tout au fond de moi...

C'était tellement facile de faire pleurer les gens, et encore plus les gens qu'on aimait : j'en avais fait des tas d'expériences avec Coop, juste pour le fun ou parce qu'il m'emmerdait, en lui piquant ses affaires préférées, en lui cassant ses jouets, en lui bouffant ses carrés de chocolat ou en lui disant simplement ce qu'il ne voulait pas entendre. C'était facile et à ce petit jeu j'étais le roi parce que ça me faisait marrer, et que sur le coup, comme moi je savais que je le faisais pour rire, ben je savais qu'il n'y avait pas mort d'homme au bout du compte et qu'il faut bien s'amuser dans la vie, hein. Mais n'empêche qu'au final ça faisait un peu moins rire quand il chialait vraiment, qu'il avait de gros sanglots et qu'il ne voulait même plus se disputer avec moi, et que je voyais dans ses yeux qu'il était juste triste, pas par rapport à son jouet pété ou à son chocolat qu'il ne verrait plus, mais parce que j'avais fait le geste d'être méchant avec lui. Et puis, ben voilà. J'étais trop faible, et y'avait toujours un moment où je finissais par m'en vouloir, par faire le pitre pour qu'il arrête de pleurer, et par lui proposer d'autres trucs en échange pour qu'il oublie que j'étais un abruti.

Seulement, là, je ne voyais pas trop comment faire. J'avais juste envie qu'elle me casse la gueule ou qu'elle me dise que j'étais le dernier des abrutis, plutôt qu'elle pleure, qu'elle soit là toute démunie devant moi, et qu'elle me rappelle que sous ses airs de meuf tellement forte et tellement incassable, elle n'était qu'une petite tige de verre qu'on pouvait briser à tout moment et qu'elle avait bien mal de toutes ses entailles.


- Mais tu vois pas que je suis déjà toute seule ..?!

Je haussai les épaules pour qu'elle croit que j'en avais strictement rien à foutre. En vrai, j'avais un peu envie de me tirer d'ici.

- T’as raison, merci pour tout.

- Ah mais de rien, c'est gratuit
, grinçai-je entre mes dents, mais j'avais l'impression que ma bouche était pleine de sable qui crissait désagréablement contre mes gencives.

- J’espère que tu trouveras ce que tu cherches.

Et elle partit en marchant comme un pantin, comme une pauvre petite poupée de son qu'on avait jeté de bien trop haut et qui s'était disloquée.

En même temps pour trouver il faut savoir ce qu'on cherche, hein, mais ça je me gardais bien de lui répondre, et décidai de finir en beauté parce que sinon je n'allais pas être capable de garder la face :


- Tu m'enverras une carte postale, évidemment?

C'était moqueur et mesquin et vraiment méchant, oui oui. C'était tout moi, quoi. Et c'était mieux comme ça, non?

Je me tournai pour m'accouder au pont et sorti machinalement mon paquet de cigarettes de ma poche, puis une cigarette de l'étui, avant de l'allumer. Je me forçai à me dire que j'avais rêvé et que non, mes mains ne tremblaient pas. Ou peut-être qu'elles tremblaient de colère, encore. La fumée que j'inspirai, au lieu de me faire du bien, me paru tellement âcre et forte qu'elle me donna une putain de nausée et j'abandonnai la clope dans les airs, qui tournoya sur elle-même et disparu de ma vue avant d’atterrir. Alors seulement, le bout incandescent rougeoya un peu, et finit par s'éteindre. En rangeant mon paquet dans ma poche je sentis qu'il y avait une petite résistance et tirai un truc tout chiffonné de ma poche - ... oh putain. C'était à Taylord, parce que je l'avais ramassé tout à l'heure dans le bureau de Woodley juste avant de partir et que j'avais oublié de lui rendre sur le coup, puisqu'elle m'avait balancé un chapelet de gentillesses à la gueule. Je regardai à peine le machin, il n'était pas très grand, c'était dur sous mes doigts et enveloppé dans du papier, et je levai la main pour le jeter par-dessus bord, tant pis, mais au moment où j'allais le lancer, quelque chose attira mon attention : cinq petites lettres écrites à la plume sur le papier, cinq petites lettres que je connaissais bien puisqu'elles formaient mon prénom et que, bonus, elles avaient été tracées par Taylord.

Allons bon.

Je me retournai d'un coup et cédai -


- Taylord !!

Mais elle était partie et trop loin pour m'entendre.

Je m'accoudai à nouveau mollement à la rambarde, et après une longue hésitation, je rangeai le petit paquet dans ma poche sans avoir osé le regarder à nouveau. Je n'avais envie de rien faire et je décidai de rester là, un peu; je me mis à jouer avec mon briquet, machinalement, à le faire rouler sous mes doigts, à l'allumer puis lâcher la mollette. Au bout de trois fois, il y eut un crac différent des autres, et il ne s'alluma plus.
Quelque chose s'était cassé.




http://www.youtube.com/watch?v=vcYwgerwsSI

Alright, everything is alright
Since you came along
And before you
I had nowhere to run to
Nothing to hold on to
I came so close to giving it up.
And I wonder if you know
How it feels to let you go?




Fin


_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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