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Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED

 
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 Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED

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Haruhi Michiko
Elève de 7ème année & Préfète



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Nombre de messages : 2080
Date d'inscription : 07/06/2009

Feuille de personnage
Particularités: Il me manque une case. Mais bon vu que quasiment tout Poudlard a le même problème, je m'inquiète pas!
Ami(e)s: Scarlett, Taylord, Lilian (sniff) principalement. Trio de Gryffondor 8D
Âme soeur: Tout raisonnement sur l’amour le détruit

MessageSujet: Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED   Lun 2 Juil - 18:07

Turn around, every now and then I get a little bit lonely
And you're never coming around
Turn around, every now and then I get a little bit tired
Of listening to the sound of my tears
Turn around, every now and then I get a little bit nervous
That the best of all the years have gone by


Il régnait un calme complet ce soir dans la salle d’étude. Le devoir complexe et surtout très long que nous avait imposé Doherty n’y était pas étranger. Si d’habitude, l’atmosphère était plus décontractée, on sentait qu’exceptionnellement, aujourd’hui, tout le monde faisait preuve d’un sérieux sans précédent. Le crépuscule naissant était suffisant comme lumière, pour éclairer nos parchemins et l’on entendait le son de la plume qui glissait sur le papier à des intervalles différents. Tous les maisons étaient réunies ce soir et devaient s’astreindre à cette tâche difficile, et malgré le nombre de personnes qui nous séparaient, je voyais clairement Taylord à l’autre bout de la pièce.

Je m’inquiétais encore davantage pour elle lorsque j’avais vu trois professeurs différents plisser les yeux de mécontentement en la regardant. Elle était devenue -redevenue- relativement agressive et désinvolte, et la Taylord compréhensive et brillante que je connaissais avait disparu. Je n’y voyais plus qu’une fille qui brûlait ce qui lui restait ; parce que lorsque on perd quelque chose- quelqu’un- autant continuer dans cette lancée, jusqu’à que la totalité soit réduite à l’état de cendres. Je l’ignorais volontairement, de toute façon la fixer ne me rendrait pas son amitié.
Je serrais entre mes doigts la plume, une fois que je me rendis compte que mes articulations blanchissaient sous l’effet de la pression, je desserrais ma poigne immédiatement. L’heure du dîner finit par arriver, et au bout d’heures interminables de travail, les étudiants ne se firent pas prier pour descendre. Taylord me dépasser sans même m’accorder un regard, c’était devenu une habitude désormais. Dans la salle commune, la grande salle, les couloirs, peu importe, l’une comme l’autre faisions comme si de rien n’était. Bien que nous sachions que ça, c’était juste l’apparence, et que ce n’était pas aussi facile. De toute façon, depuis longtemps, ma vie n’avait rien de facile.

J’avais remarqué depuis le début Elliott, lui aussi au fond de la salle, à côté de Taylord. Ce qui s’était passé à la fête, au hangar aux canots, n’était pas un secret, ni pour moi ni pour les autres. J’avais bien vu leurs attentions, leurs gestes, leurs mains qui se frôlaient. Je n’en voulais ni à l’un, ni l’autre. Pas à Taylord parce que je culpabilisais trop pour la prendre responsable de quoi que ce soit, et Elliott, je l’avais suffisamment haï pour d’autres raisons, pas besoin d’une de plus. C’était l’affaire d’un soir de toute façon. Ce n’était pas parce que cette fois, Elliott avait pris soin d’elle qu’elle oubliait Chuck. Quant à Elliott, j’étais bien placée pour savoir qu’il n’avait d’attaches avec personne. Qu’ils restent ensemble s’ils le voulaient. Elle avait besoin de quelqu’un pour la réconforter – qui aurait du être moi- et tant mieux pour lui s’il trouvait une amie en sa personne. Lorsqu’on savait comment il traitait ses amis, je doutais cependant qu’elle y trouve son compte.

Et pourtant malgré toute cette rancœur, je devais lui parler. Parler avec Scarlett m’avait conforté dans cette idée, d’ailleurs si elle pensait que je devais le faire, elle avait forcément raison. J’avais plusieurs fois croisé Elliott au détour d’un couloir, mais sans lui jeter le moindre regard. Plus il y avait de la distance, mieux c’était. Enfin, ça, c’était ce que je croyais, parce que depuis le bal de Noël, on ne pouvait pas vraiment affirmer que je l’avais oublié. C’était tout le contraire.

Tous étaient déjà dehors lorsqu’il commença à ranger ses affaires –il avait ce petit air concentré sur le visage- et il ne voyait clairement pas. Un regard me suffit pour vérifier que nous étions seuls, je tenais à ne pas revivre à nouveau ce sentiment d’être scrutée en permanence par la foule, des tierces personnes en somme. J’avais à la fois peur d’être seule avec lui ; je m’étais montrée très acide la dernière fois, mais je me contenais à cause des autres justement, mais là…il n’y avait que les murs, lui et moi. Je ne savais pas ce qui allait se passer, et ça me terrifiait. De perdre à nouveau le contrôle.

-Elliott, lâchais-je du bout des lèvres, refusant de lui toucher l’épaule pour qu’il réagisse, ou n’importe quel autre geste d’ailleurs. Il se retourna immédiatement, avec un air que je devinais surpris. De toute façon, j’interprétais, comme toujours avec lui. C’était toujours codé. Il y avait toujours cette espèce de cage de verre qu’il ne voulait pas qu’on brise. Jamais. Une fois, l’étonnement – s’il avait un jour existé- passé, son visage fut à nouveau impassible. Et ça ne me surprenait même plus maintenant : c’était à moi d’agir.

- C’est toujours moi qui reviens, martelais-je, histoire qu’il comprenne, un jour, que j’étais la seule à faire des efforts. Même lorsque c’était de sa faute. Ce n’était même pas une question ou une supposition que j’avais formulé, au contraire j’étais certaine de ce que j’avançais. Je savais pourtant que j’enfonçais le couteau dans la plaie, et ce n’était pas pour le plaisir, mais j’avais besoin de la déverser, cette amertume, parce que la dernière fois n’avait pas suffi pour lui dire ce que je ressentais. Il fallait qu’il comprenne, qu’il comprenne que notre petit schéma reprenait à nouveau et que nous étions enferrés dedans, et que c’était lui qui devait faire en sorte que cela change. Comme si ça pouvait changer. Cela faisait tellement longtemps que ça se passait ainsi que c’était sans doute devenu une routine, banale, pour lui. Je jouais nonchalamment avec une mèche de cheveux, tentant d’adopter l’air désinvolte qui lui était propre. Un échec évidemment. Ces trois ans ne t’ont pas servi n’est-ce pas ? Je m’en fichais presque d’être blessante. J’ignorais pourquoi il était parti et ce qu’il avait fait pendant ces trois années. Mais je ne lui pardonnais pas. Si ça avait été grave, il aurait pris la peine de m’en parler – ou pas, je ne le saurais jamais- et même si je me doutais qu’il y avait forcément quelque chose de sérieux derrière tout ça, ça ne voulait pas qu’il possédait des circonstances atténuantes.

J’avais envie de lui crier d’avoir une quelconque réaction. Colère, indignement, tristesse, peu importe au fond, juste qu’il réagisse et cesse de faire comme un robot que rien ne touchait. Derrière cette carapace stupide, il y avait forcément quelque chose. Même ceux que je détestais montraient au moins ce qu’ils ressentaient, plus ou moins.

J’en avais assez de tout ça. J’avais seize ans -cela me paraissait jeune et vieux à la fois- et c’était toujours la même chose. Trois ou quatre ans que j’avais croisé son regard et pas de changement notable. Malgré tout ce que j’avais entrepris, c’était comme si rien n’avait changé, entre nous du moins. Nous. C’était un bien joli mot qui illustrait très mal la vérité. Il n’y avait pas de nous. Ce n’était pas faute d’avoir essayé néanmoins.

Je préférais me dire que c’était par défaut que je me dirigeais vers Elliott. Plus de Lilian, plus de Taylord – je ne m’étais habituée à aucune de ces absences- il fallait bien que je substitue. Mais je savais bien que c’était d’une bêtise sans nom. Tout d’abord, il y avait Scarlett et ça restait l’essentiel, et en plus Elliott n’avait rien en commun avec mes deux anciennes amies.

Une atmosphère étrange remplissait la pièce. Elle paraissait bien fade comparée aux autres fois où elles étaient remplis d’élèves, plus ou moins chahuteurs selon les jours. J’aurais pu être n’importe où sauf ici. Soudain, la perspective de me rendre à la Grande Salle ou n’importe où, d’ailleurs, me parut bien plus intéressante. Mais je savais que j’avais besoin de cette conversation. La dernière avait eu un goût d’inachevé et je ne pouvais pas rester sans réponses. Je n’étais cependant pas certaine qu’il se déciderait à me les donner.

Je pouvais espérer qu’il me les donne, certes. Mais c’était fatiguant de tout construire sur des oppositions, sur des hypothèses. Comme si rien n’était réel. Et pourtant ça l’était. C’était là, partout, et lui comme moi ne pouvions y échapper.

(petite dédicace à Heather qui adore cette chanson & et à Ruby l'hystérique ♥ Et à tous nos lecteurs =P )

_________________

~~~~~~~~~~


Merci Hannah <3


Spoiler:
 




Dernière édition par Haruhi Michiko le Mer 14 Nov - 20:56, édité 1 fois
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Elliott Ansen
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MessageSujet: Re: Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED   Ven 6 Juil - 21:18

“The difference between school and life? In school, you're taught a lesson and then given a test. In life, you're given a test that teaches you a lesson.”

Tom Bodett


Je savais que j'avais des preuves à faire. Je les avais faites tout au long de l'année, plus précisément depuis ce fameux retour qui datait d'avant les vacances scolaire de Noël. Je vous l'accorde, rattraper mon retard avait été une chose aisée, à supposer que j'en ai eu un jour : même si l'enseignement au japon différait légèrement de Poudlard, ça ne m'avait pas empêché d'avoir toujours eu des résultats nettement au dessus de la moyenne sans vraiment lever le petit doigt. Ma situation était enviable, tout comme je n'avais pas trop à m'en faire comme à l'issue de ce devoir que le professeur Doherty avait voulu nous faire faire dans les conditions d'examens en préparation aux ASPIC – ce n'est jamais trop tôt pour commencer à réviser, avait-il dit, comme pour se justifier, en réponse aux regards blasés que lui avaient jeté les élèves au moment de cette déclaration. Au contraire, ça m'arrangeait bien car je pouvais montrer ce que j'avais dans le ventre, même si c'était surtout une façon comme une autre de tromper l'ennui, car quand les études m'occupaient l'esprit, je ne pensais pas au reste : en un mot, c'était bénéfique, et je comptais bien profiter de cet avantage un maximum.

Car j'avais conscience que me répéter mentalement que ça allait être la meilleure façon de montrer aux différents profs de l'école que ces trois ans d'absence n'avait en rien altéré à mon travail acharné et qu'ils pouvaient me faire confiance là dessus, ce n'était que des sornettes. Tout était exactement comme avant, comme si je n'étais jamais parti de l'école ; certains profs avaient changé, et il s'était passé des choses dramatiques entre ces murs et pourtant je restais imperméable à cette parenthèse de la vie des étudiants au château : si ma parenthèse ne valait en rien la leur, elle avait son poids malgré tout, que j'avais dû supporter durant des mois. Et j'avais beau tout faire pour éviter d'y songer, les jours défilaient quand même les uns après les autres, et même si nous n'en n'étions pas encore arrivée à son terme, la sixième année allait toucher à sa fin avec l'arrivée de l'été. Ce qui entre autre signifiait une chose pour moi, car cela se résumait à un long voyage pour retourner dans mon pays qui n'était même pas celui d'origine ; j'étais né en Allemagne, mais ma mère avait préféré retourner déprimer là où était ses racines. La question était de savoir, comment est-ce que j'allais la retrouver ?

C'était en effet ça qui me turlupinait, parce que ses lettres ne disaient pas grand chose et ne me permettaient pas de définir dans quel état d'esprit elle se trouvait très exactement. Ce n'était pas faute pourtant d'insister dans les miennes pour tenter de lui tirer les vers du nez, mais rien y faisait. En réalité, je devais bien admettre que l'idée de passer plusieurs semaine au Japon ne m'enchantait guère, car comme je ne l'avais pas vu depuis que j'étais parti (ça avait ses frais, de voyager!) elle allait vouloir passer le maximum possible de temps avec moi à mon retour, et croyez moi, ça n'avait rien de très réjouissant, quand il s'agissait d'une mère autrefois pleine de vie, un peu aigrie par la douleur et la souffrance, qui n'arrivait pas à retrouver seule le chemin vers la lumière et qui par conséquent rejetait la faute sur la seule personne la plus patiente de la famille : autrement dit, moi. Je n'allais pas revenir sur ces détails plus longtemps cependant. C'était déjà bien assez difficile comme ça pour tout le monde, et ça ne servait à rien de l'accabler de tout les torts, surtout que je lui avais annoncé la couleur : ce serait moitié moitié, parce que je comptais aller chez mon père également. Je n'allais pas arrêter de voyager de l'été, et si ça aurait pu en emballer plus d'un de faire le tour du monde, en ce qui me concernait ça m'agaçait plus qu'autre chose, car mes parents à présent divorcés rendaient tout beaucoup plus difficile en restant en de mauvais termes et c'était moi qui en pâtissait. Comme toujours.

Je pense donc qu'il était facile de deviner que je n'étais pas spécialement de bonne humeur, même si je me gardais bien de le montrer, car si je pouvais éviter les interrogations, ça m'arrangeait bien. Ça durait depuis une semaine ou deux, lorsque j'avais senti l'échéance se rapprocher de plus en plus. Ajouté à cela à la pression qu'on nous mettait sans cesse sur les épaules, et si j'y réagissais bien, j'étais fatigué malgré tout, et encore plus au fur et à mesure que les minutes passaient – heureusement, j'avais bientôt terminé ma rédaction, même si me restait encore à relire mes parchemins pour faire d'éventuelles corrections et/ou modifications. J'accordais tout juste un regard à Taylord qui se leva pour quitter la salle avant la fin, ce qui m'avait quand même permis de remarquer qu'elle avait utilisé une feuille, alors que j'en étais à deux de plus, et même avec cela, elle n'avait pas l'air très fournie. Sa compagnie n'était pas désagréable pour autant, et c'était vrai qu'il m'était arrivé de passer un peu de temps avec elle depuis l'autre soir. Elle avait toujours cette petite manie des regards enjôleurs et des sourires en coin, même si elle était moins rentre-dedans que lors de la petite fête illégale à laquelle nous avions tout les deux participé, mais ne parlait pas beaucoup à part pour répondre aux profs (elle cachait bien son jeu mine de rien) et ne me posait jamais de questions personnelles, du coup, je lui rendais la pareille. C'était une situation un peu étrange, voire bizarre même, mais comme je n'étais pas insensible à son charme, je ne relevais pas trop, même si l'un comme l'autre savions que c'était plus un amusement, un passe temps qu'autre chose ; je ne me leurrais pas et ne portais aucun espoir quant à une éventuelle future relation. Surtout que, sans lui jeter la pierre, parce qu'après tout nous étions tous encore dans la fleur de l'âge, époque à laquelle il fallait profiter, car bien d'autres problèmes allaient nous attendre ensuite, elle m'avait l'air d'être un peu volage et de s'intéresser à toute personne de sexe masculin, afin de tester son potentiel séducteur. Je savais donc à quoi m'en tenir, tout en ne lui reprochant rien, et cela me convenait très bien.

Il n'y avait plus personne dans la salle d'étude lorsque je relevai la tête pour de bon, après avoir au préalable, rassemblé mes affaires. Plus personne, exceptée peut être...

-Elliott.


Interloqué l'espace d'un instant, car jusque là, j'avais cru que je me trouvais seul, je restais quelques secondes pantois devant Haruhi, sans mot dire, car légèrement pris de court, je dois l'avouer. En réalité, si c'était bien la dernière chose que j'aurai dû imaginer, c'était qu'elle vienne engager la conversation de son plein gré, étant donné la façon, un peu en queue de poisson, dont s'était terminée la dernière.

- Haruhi, répondis-je un peu de la même manière, et avec politesse. Mais j'avais comme le sentiment, avec ce qui allait suivre, que ça n'allait pas durer...

- C’est toujours moi qui reviens, remarqua t-elle sans même me laisser le temps d'ajouter quoi que ce soit d'autre qui donnait l'air que je ne lui tenais pas rigueur de la fois précédente.

Ces cinq mots suffirent cependant à faire se raidirent tout les muscles de mon corps, sans que je puisse en fournir la moindre explication. Encore quelque chose qui m'échappait, et pour ne pas changer, c'était lorsque Haruhi était présente où lorsque je songeais à elle. Est-ce que cela avait un quelconque rapport ? Même si c'était le cas, pour le moment, je refusais cette éventualité.

J'avais beau me dire qu'elle avait ses raisons d'être aussi sèche (il y en avait toujours, n'est-ce pas?) je trouvais ça gonflé de sa part, car si je ne lui avais plus adressé la parole depuis, ce n'était pas pour rien : au risque de me répéter, j'avais encore à l'esprit le cuisant souvenir de ses paroles, volontairement cassantes ou non, pendant le bal, et je n'avais guère eu envie d'essuyer un nouveau refus de sa part en retentant une approche par la suite. Au contraire de beaucoup de personnes, je n'avais pas besoin qu'on me répète les choses deux fois, et le message avait été plutôt clair : elle ne tenait pas à être amie, ou bien même redevenir amie avec moi, et elle avait même remis en doute celle que nous avions essayé de forger avant mon départ. Que devais-je faire de plus ? J'appréciais suffisamment Haruhi pour me mettre en travers de son chemin, en m'imposant à elle sans lui laisser le choix. Voilà qu'à présent, elle m'en rejetait la faute, alors que dans un sens, c'était elle qui avait décidée de cette route à suivre, alors quand est-ce qu'allait-elle me dire ce qu'elle voulait ?!

Je ne fis aucun commentaire, tout en me convainquant que mettre le feu aux poudres n'était pas la meilleure option à choisir, mais ne retins pas non plus un soupir contraint et contrarié, tout en gardant les lèvres closes. Elle n'avait pas choisi le bon jour, bien qu'elle n'en sache rien et si j'étais d'un naturel très patient, cette qualité s'était néanmoins fissurée à cause de ma mère. Ma mère qui occupait mes pensées malgré moi. Ne voulant pas remettre en doute votre logique, je pense que vous avez deviner ce que cela signifiait.

-Ces trois ans ne t’ont pas servi n’est-ce pas ?

J'accusais une nouvelle fois le coup, mais beaucoup moins sereinement toutefois. Savait-elle seulement... ? Non, bien sûr que non, elle ne savait pas, puisque je ne lui avais pas dit, mais elle n'avait pas posé la question non plus, préférant trouver un coupable, car lorsque coupable il y a, c'est toujours plus facile d'accepter la vérité. Du moins, ça c'est ce qu'on croit, et mes parents les premiers en avait payé les frais tandis que moi je n'étais rien de plus que le dommage collatéral, celui qui était coincé sans le vouloir entre les deux. Est-ce qu'Haruhi avait cherché à comprendre, non même pas, simplement à savoir ? Je n'étais pas de ceux qui s'épanchait sur leur vie dans le but de se faire mousser, et ce n'était pas en prenant cet angle d'attaque que j'allais être plus enclin à souhaiter mon confier.

- Ce n'est pas comme si tu m'avais laissé beaucoup d'occasion de t'adresser la parole, je pointai du doigt la responsabilité qu'elle essayait de me faire porter, pour lui montrer que si elle affirmait que les distances que nous avions prise d'un accord silencieux ces derniers mois, étaient en partie à cause de moi (après tout, nous étions deux, ça semblait évident), elle n'y était pas étrangère non plus.

Je glissai sans ménagement ma plume dans mon sac, ce qui ne me ressemblait pas puisque je prenais toujours soin de mes affaires même si nous avions largement les moyens de les remplacer lorsqu'elles devenaient un peu fatiguées. Il avait fallut qu'elle tire sur la seule corde sensible, avec ses affirmations qui n'avaient aucun sens et je n'y voyais là que l'unique volonté d'être méchante, et ce n'était pas là, la Haruhi que j'avais toujours connu. Mais après tout, elle l'avait dit elle même : elle avait changé, et elle allait dès à présent m'en donner un petit aperçu... Car être dans la même salle de classe, c'était bien beau, mais ça ne montrait en rien l'essence d'une personne. Je croyais pourtant qu'elle était la mieux placée dans le château pour le savoir... Mais tout le monde peu se tromper, surtout lorsque ce tout le monde, c'était moi, qui avait deux mains gauches, lorsqu'il s'agissait d'analyser tout ce qui était de l'ordre du relationnel.

- Écoute-moi bien Haruhi, repris-je d'un timbre calme, alors qu'il n'y avait aucune douceur là dedans. Au contraire, tout était sous contrôle, et je savais que la moindre inattention de ma part me ferait instantanément monter le ton, car cela faisait bien longtemps que je n'envisageais plus rien très paisiblement lorsqu'il s'agissait de ma mère. Et c'était bien la dernière chose dont j'avais envie ; que la japonaise soit la victime indirecte des déboires de ma famille. Tu disais la dernière fois que tout avait changé, et que je ne te connaissais pas, chacune de ses paroles étaient gravées dans ma mémoire et il m'arrivait beaucoup plus souvent que de raison d'y penser, est-ce qu'elle s'en rendait compte de ça, où était-elle aussi aveugle qu'elle le prétendait ?! Et bien sache que de mon côté, il en va de même. Je ne la quittai pas des yeux et avait gardé le même empreint de voix rêche pour être bien certain qu'elle saisisse. Alors si c'est pour avancer de foireuses suppositions, garde-les pour toi, ou alors, déverse-les sur quelqu'un d'autre ! Ajoutai-je plus brutalement que prévu, alors que je venais de lui donner toutes les pistes possible et inimaginables pour trouver de quoi me contredire et me rejeter la faute, avec de nouvelles déductions dont elle ne démordrait pas, refusant en bloc et par avance, tout ce que je pourrais bien lui dire.

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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED   Sam 21 Juil - 0:56

Je le savais d’avance. Que mes mots acides et mes intonations sèches n’allaient pas me soulager. Je pouvais bien espérer. J’avais tellement envie me venger, de lui, de son abandon, de son indifférence. Sans doute payait-il un peu pour tous les autres. Mais ça, ça m’était égal et ça ne le rendait pas moins coupable à mes yeux. Au moins les autres avaient un jour été là pour moi. Ce qui n’était pas le cas d’Elliott. Il méritait ce que je lui infligeais. Il ne pouvait pas se conduire comme il l’avait fait et revenir comme si un jour nous avions été proches. Proches. J’avais voulu l’être. Mes mots, mes gestes, mes étreintes auxquelles il ne répondait pas, mes sourires, j’avais tout fait pour qu’il me considère comme une amie. J’avais gâché suffisamment de choses pour sa personne auparavant, alors qu’il n’espère que je lui fasse une faveur. J’avais toujours été patiente avec lui, mais maintenant, j’en avais assez, et c’est lui qui allait m’écouter. Et s’il faisait un faux pas, qu’il n’espère pas me retenir lorsque je quitterais la salle d’étude sans me retourner. (Comme si j’en étais capable)

Il n’avait pas besoin de moi n’est-ce pas ? Elliott Ansen n’avait besoin de personne. Il avait juste besoin de sa petite carapace dans laquelle il se drapait sans cesse. Oh, il y avait bien des fois où il l’entrouvrait, vous laissant croire que vous pouviez enfin vous y infiltrer avant de la fermer définitivement. Il l’avait fait avec moi et le ferait avec Taylord. Je m’inquiétais suffisamment pour elle mais pas sur ce sujet-là : elle était plus forte que moi, et surtout plus intelligente, beaucoup plus. Elle ne le laisserait pas prendre plus d’importance. Elle avait déjà fait l’erreur avec Chuck –et comme celle-ci lui avait coûté- et je ne doutais pas de sa capacité à ne pas la reproduire. D’ailleurs la comparaison s’arrêtait là : les deux ne se ressemblaient en rien.

Il prononça mon prénom, simple écho de mes propres paroles. Je ne bronchais pas. Je tentais d’y déceler quelque chose, mais il n’y avait rien. Comme toujours.


- Ce n'est pas comme si tu m'avais laissé beaucoup d'occasion de t'adresser la parole, répondit-il, sèchement, soulignant ostensiblement que j’étais injuste. Oui, sans doute que je l’étais. Mais les scrupules ne servaient à rien avec lui. Ils ne menaient à rien. J’avais tant essayé de le comprendre, de l’inciter à se confier, ou même, à lâcher un peu de lest. J’avais tellement essayé, sans jamais avoir une once de reconnaissance. J’avais eu le droit à un compliment la dernière fois. Ma robe. Et ça ne signifiait strictement rien. Je voulais qu’il avoue. Qu’il avait tout faux. Et qu’il dise qu’il regrette, et qu’il ne me méritait pas. Il avait choisi de se poser en victime, soit. J’étais bien placée pour le savoir, vu que c’était moi qui tenais ce rôle. Victime d’une amitié –avait-elle un jour existé- dont seul lui profitait. Combien de fois avais-je espéré qu’il m’offre autre chose que ses silences, ses regards vides ? Trop de fois. Trop de fois où il avait échoué.

J’avais voulu le fuir. Et il ne pouvait pas me le reprocher. J’avais fui pendant des mois en ayant une raison. Il était parti trois ans et sans doute avait-il des raisons mais elles n’expliquaient rien. Ne comprenait-il pas qu’il m’avait fallu un temps ? Je n’avais cessé de penser à lui. Et cette période, que j’espérais plus douce, avait été encore plus agitée. Les bouleversement n’avaient cessé de pleuvoir. Scarlett et Ophelia. Nous n’en avions pas reparlé, mais j’y songeais fréquemment. Je voulais la préserver. Je savais très bien- et elle aussi- comme ça faisait de tout donner sans rien recevoir. Et puis il y avait Taylord, cette dispute qui avaient pris des proportions que je n’avais pas pu maîtrisés et qui avait conduit à la fin totale de notre amitié. Sans parler de son alliance récente avec lui qui me faisait mal au cœur ; lui pouvait l’approcher alors qu’entre elle et moi, c’était comme si nous étions étrangères, et elle…elle était devenu plus pour lui en un soir que ce que j’avais été pendant des années. Comme s’ils mettaient un point d’honneur à me rappeler que je les avais perdus tous les deux.

Je n’aurais jamais pensé finir ma sixième année de cette manière.

J’avais changé. Et je savais bien qu’au fond, j’avais ma part de responsabilité. En devenant adulte, j’avais perdu beaucoup de monde en chemin. Scarlett avait tenu la distance : notre connexion et le fait que nous nous aimions comme des sœurs y étaient pour beaucoup. Je me rappelais avec difficulté de certains visages, ceux de mes amis d’enfance ou des gens qui m’avaient impressionés. Parfois, leurs noms me revenaient et les bribes de souvenirs avec. Et même si je refusais de l’avouer ; j’avais suffisamment apprécié Elliott pour qu’il soit quasiment le seul dont je me souvienne.

Je m’étais volontairement embourbée dans cette relation sachant qu’elle m’emmènerait sur une pente glissante. Mais on dit qu’il est le propre de l’humain de s’engager sur des chemins qu’il sait dangereux ; et j’étais humaine.
Mais à l’époque, je manquais de discernement. Je savais seulement que j’étais bien en sa compagnie et ça avait suffi. Mais aujourd’hui, j’en demandais plus. Je n’avais plus douze ans et la naïveté qui allait de pair. Ce n’était pas pour ça que j’étais plus forte. Au contraire, de ce que je me souvienne, j’avais bien plus de faciliter à me relever. De l’indifférence, des regards méprisants, des sourires moqueurs.. Je m’occupais, du mieux que je pouvais, d’une mère qui peinait à sortir la tête hors de l’eau. Mais je pardonnais. Je me disais qu’elle avait vécu des épreuves dont je n’avais pas idée et qu’il était mon devoir d’accepter ses faiblesses. Aujourd’hui ces mêmes faiblesses je les avais en horreur et refusais de les assumer à sa place. Et même si je prenais de la distance et pensais à elle le moins possible, son ombre était toujours là, elle me suivait quoi que je fasse.


- Écoute-moi bien Haruhi, fit-il avec sa froideur habituelle. Tu disais la dernière fois que tout avait changé, et que je ne te connaissais pas. Et bien sache que de mon côté, il en va de même, il n’avait pas tort. Je ne le connaissais pas. Il m’empêchait de le faire à chaque fois qu’il se murait dans son silence ou ses phrases toutes faites, sans vie, et sans aucun sentiment à déceler, qui n’avaient qu’un seul but : que je ne sache de plus que ce que tout Poudlard savait déjà de lui. Alors si c'est pour avancer de foireuses suppositions, garde-les pour toi, ou alors, déverse-les sur quelqu'un d'autre !

Suppositions ? Mais c’était la vérité. Elle était laide, pour sûr. Mais elle était réelle. Et il osait la contester. Alors qu’il m’explique combien il avait été prévenant, attentif et toujours présent. Qu’il essaye.

-La moitié des autres a disparu, fis-je tristement oui j’emmêlais tout, parce que de toute façon ces autres, je ne leur aurais jamais reproché leur froideur ou leur indifférence. C’était comme si par cette phrase, incompréhensible, je voulais lui signifier que peu à peu, tous ceux à qui je tenais quittaient ma vie ; et souvent de façon brutale. Lilian, Taylord, même ma mère, lui, ça s’était envolé. Je me mordis les lèvres instinctivement, regrettant de m’être une fois de plus confiée alors que je voulais garder tout ça pour moi et ne pas le partager. En tout cas, pas avec lui. Tu restes donc la proie de mes « suppositions », sifflais-je ironiquement. Explique toi, mais ça ne changera rien. J’aurais aimé tourner la page. Mais les souvenirs de sa façon qu’il avait de me délaisser tout en me faisant espérer m’en empêchaient. Ces fantômes ne disparaissaient pas, et j’avais le sentiment qu’aucun de ses mots, aussi vrais soit-ils ne pourraient les effacer.


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Merci Hannah <3


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Elliott Ansen
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MessageSujet: Re: Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED   Mar 24 Juil - 12:53

La plus grande difficulté d'un être humain, était sans conteste qu'il détermine ce qu'il était lui même, en parlant objectivement de ses qualités et ses défauts. Je m'étais plusieurs fois essayé à l’exercice ; c'était ce genre de défi que je me plaisais à relever, car c'était une sacrée gymnastique cérébrale. Rien de mieux pour rester en forme.

C'est grâce à cela que je pouvais dire sans me tromper que mon principal atout était la patience. Je l'avais déjà démontré dans de nombreuses situations et ce, depuis tout petit. Le plus posé des garçons de ma famille, celui qui acceptait toujours tout sans rechigner en y restant imperméable pour ne pas sortir de ses gongs. C'était une forme de patience, et celle que j'avais le plus longtemps adopté, car c'était aussi ce qui faisait le plus plaisir à ma mère,qui n'avait de cesse d'avoir des idées encore plus farfelues que les précédentes. Même cette époque révolue, il y avait environ trois ans de cela, j'avais continué sans jamais me plaindre, tentant de l'épauler autant que je l'avais pu dans sa douleur. Elle avait eu une belle manière de me remercier : puisqu'il fallait rejeter la faute sur quelqu'un, autant le faire pour rien, puisque j'étais l'enfant calme qui encaissait tout, mais c'était comme les ballons de baudruches ; on pouvait les remplir d'eau ou d'air jusqu'à un certain point, mais c'était mathématique, et à un moment où à un autre, ce trop plein finissait par exploser, et c'était précisément ce qui s'était produit. Patiente patience ne faisait pas bon ménage et n'engendrait rien de plus que de l'impatience. Mes sautes d'humeurs avaient rappelé qu'après tout je n'étais qu'humain, et que moi aussi, j'avais été touché de plein fouet, même si je n'y laissais rien paraître.


-La moitié des autres a disparu.

J'avais l'impression qu'avec Haruhi, la situation était identique, qu'elle me reprochait ce trait de mon caractère, mais qu'elle refusait d'entrevoir en dessous. Rien n'était facile pour personne, mais elle laissait à penser dans sa manière d'agir, que c'était soit tout blanc, soit tout noir, et qu'elle ne pouvait pas envisager un juste milieu, une nuance de gris qui pourtant faisait toute la différence. Mais ça, comment le lui expliquer, puisqu'elle était déterminée à ne rien vouloir entendre ?

J'aurais pu lui répondre une remarque bien cinglante, pour qu'enfin elle réagisse autrement que sur la défensive, et ce, depuis que j'étais revenu à Poudlard, et pourtant, nous n'avions pas eu l'occasion de nous parler très souvent, c'était pour dire. Seulement, ce n'était pas dans mon caractère, et voilà quel était l'élément qui jouait le plus en ma défaveur : cette capacité à me murer dans le silence, au lieu de m'affirmer et de dire clairement ce que je pensais. Mais à quoi bon ? Il y avait cette espèce de résignation qui m'habitait depuis toujours, parce que le milieu dans lequel j'avais grandi m'avait forgé ainsi. J'en avais conscience, mais même en voulant changer, il y avait un élément qu'Haruhi se refusait à prendre en compte : encore fallait-il en être apte, et ça justement, je ne savais pas si avec tout les efforts du monde on pouvait renverser la tendance d'une chose qui était ancrée dans la chair.

- Je suis désolé pour ça, lui dis-je plus doucement, et sincèrement aussi. Même si je sentais l'agacement bien palpable, avec mes veines qui chauffaient sous ma peau, son timbre qui avait légèrement changé, m'incitait à faire de même. Elle pouvait bien croire ce qu'elle voulait, mais ça ne me plaisait pas de la voir dans cet état là.

Toute fois, cette naissance d’accalmie disparut aussi vite qu'elle fut arrivée, et la rouge et or s'en était rendue compte ; le tempérament de feu, et un peu impétueux, si caractéristique de la maison à laquelle elle appartenait, repris le dessus, et ça, je l'avais compris, il refusait d'en démordre.


- Tu restes donc la proie de mes « suppositions ».

Réellement, je tombais des nues et ne la reconnaissais pas, et l'espace d'un instant, j'en vins à me dire que tout ceci était vain et ne servait à rien ; qu'il y avait trop de choses à rattraper, et que ce temps perdu l'était définitivement puisqu'elle ne souhaitait pas, d'au moins essayer de lui courir après. Comme si ce qu'elle avait vécu, comme elle le laissait sous entendre, lui avait enlevé toute compréhension. Et moi même, j'avais une personne qui avait gardé la même enveloppe corporelle, mais tout ce qui la composait m'était à présent étranger. Est-ce que j'avais envie d'aller la chercher là dessous, alors qu'elle faisait tout pour m'en empêcher.

Si j'ignorais tout de sa nouvelle personnalité, qu'elle ne se leurre pas pour autant, car elle ignorait tout de la mienne également. Ce n'était pas une grande surprise, mais toutefois, je sentis une grande vague de déception s'emparer de moi, parce que cela signifiait qu'elle n'avait pas su lire entre les lignes, du temps où nous avions commencé à grandir tout les deux à Poudlard, et j'avais pensé qu'elle avait saisi comment fonctionnais ma façon d'agir. Que ce n'était pas du mépris, mais qu'exprimer mes sentiments était une chose que je ne savais pas faire, c'était aussi simple que ça, et que même si ma mère avait été quelqu'un d’expansif à l'extrême, elle n'avait jamais cherché à me l'apprendre. Elle voyait ce que tout le monde voyait. Ce n'était guère étonnant finalement, alors pourquoi est-ce que j'avais tant de mal à essayer de le digérer ? Ça n'excusait rien, et il n'y avait personne à blâmer. C'était juste qu'elle n'était pas celle que j'avais cru qu'elle était, et que nous nous étions trompés tout les deux, sur toute la ligne.

Ce qu'elle ne savait pas, c'était qu’inconsciemment, elle touchait mes faiblesses. Je les avais entrevu moi aussi, et c'était une pente glissante qui n'allait pas pouvoir se faire sans dégâts. Finalement oui, il y avait ça, cet unique composant qui pouvait tout modifier. Je n'avais pas envie de me poser en victime, car les enfants de divorcés trinquaient tous d'une façon ou d'une autre comme ça avait été le cas avec mes frères, ou même tout ceux qui en avaient été les acteurs, rendant mon histoire tout à fait banale. De là à dire que je n'avais pas été atteint ? C'était en cela que je la trouvais follement injuste. Elle avait vécu des choses qui étaient loin d'être drôle, et à ma manière, moi aussi ; qu'elle essaye d'en jouer et d’exiger, comme un caprice, réparation, alors qu'aucune de mes explications, ne la satisferait je trouvais ça gonflé. Elle s'attaquait aux cordes sensibles et là dessus, je n'avais plus aucune retenue.

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre ? l'interrogeai, excédé. Qu'elle soit claire au moins, puisque rien ne semblait lui convenir et que de mon côté, j'en venais de plus en plus à me dire qu'elle était tombée bien bas pour avoir l'esprit aussi fermé.

Tout ceci prenait une ampleur considérable et je réalisais que j'en perdais petit à petit le contrôle. J'avais du mal à interpréter sa réaction, et comme elle ne me laissait aucune clé pour cela, rien n'avançait. Je n'étais pas un criminel, un sorcier malfaisant, utilisant quotidiennement les Sortilèges Impardonnables pour parvenir à ses fins bon sang ! Elle ne voyait pas qu'elle dramatisait un peu trop ce qui se passait et que ce n'était pas comme ça que j'allais être enclin à m'ouvrir, point qu'elle avait l'air d'avoir de plus en plus de mal à accepter ?


- Explique toi.


Je n'aimais cette impression d'être tel un enfant pris en faute, qui devait fournir des arguments à ses parents à cause de l'erreur qu'il avait commise. Déjà bien à cran comme je l'étais, ça ne faisait rien pour arranger tout le reste, et j'avais du mal à supporter le comportement d'Haruhi, telle la petite fille effrontée à qui l'on aurait pas donné son jouet immédiatement après qu'elle l'ait demandé. Elle qui n'avait pas tenu à m'accorder, durant des mois, pas même un regard, voilà qu'elle réclamait, estimant que c'était dans son droit, et qu'il n'y avait pas à sourciller. Il fallait qu'elle arrête un peu, comment voulait-elle que ça évolue, alors que de ce côté, elle ne faisait rien pour ?

- Non, tranchai-je d'un ton sans appel, tout en étant à deux doigts de lui dire qu'elle avait raté sa chance, et que je n'étais pas juste le pantin qui attendait gentiment qu'elle se décide à savoir ce qu'elle voulait.

Elle n'était pas claire, et je voulais juste qu'elle comprenne que ce n'était pas comme ça que je voulais que ça se passe entre nous, que ce n'était pas en me faisant du rentre dedans, et en me poussant au delà de mes limites qu'elle allait obtenir à un meilleur résultat. Elle s'attendait sans doute à ce que je reste sans réaction. Ce qu'elle oubliait de prendre en compte, c'était que trois ans s'étaient écoulés, et que les nombreux changements s'appliquaient à moi aussi.

- Mais Haruhi, qu'est-ce que tu attends ? Tu crois que c'est facile pour tout le monde ? Tu penses que je suis parti en vacances pendant tout ce temps ?! J'eus un rire amer, tandis que l'énervement, montait, montait, montait.

Je ne savais plus quoi faire pour essayer d'obtenir une réponse qui serait autre que de la colère chez elle. Alors tant pis, je ne voyais pas quoi faire d'autre que d'être désagréable avec elle, tout comme je l'avais fait avec ma mère, même si je détestais ça, mais que ça aussi, elle était encore loin de l'imaginer.

- Et bien tu sais quoi, tu as raison, c'était même l'éclat' totale, lui affirmai-je avec une ironie non masquée, réagissant de la même manière qu'elle. C'est ce que tu veux entendre, il me semble, n'est-ce pas ? Pourquoi tu voudrais écouter la vérité alors que tu préfères te cacher derrière tes illusions ? Tu penses que ça te permettra de garder la tête haute ? Je ne la quittai pas des yeux, pour être bien certain qu'elle sente tout le poids que je mettais dans mes mots, et que la lumière se fasse enfin dans son esprit. Plus que tout, il fallait qu'elle comprenne. Dans ce cas, laisse moi te dire que tu es bien loin du compte. Alors sois honnête avec toi-même, avant de demander aux autres de l'être avec toi.

Je savais d'emblée que ça n'allait pas lui plaire, mais j'espérai juste que ça allait enfin la faire céder, ne serait-ce qu'un tout petit peu, au lieu qu'elle se borne continuellement, parce qu'en attendant, je me confrontais à un mur qui restait inébranlable à tout ce que je tentais de lui expliquer, comme elle le voulait vraiment.

Inévitablement, je me sentais bafoué, et la vision de ma mère s'imposait comme une évidence, lorsque je lui avais dit le fond de ma pensée quant à ce qu'elle était lorsqu'elle était avec moi. Tout était en train de se reproduire, et j'apparaissais une fois de plus comme l'unique coupable, et je ne supportais plus de devoir être le seul à me remettre en question, et le refusais, tant qu'elle n'avait pas envie de faire de même. Un adage dit qu'il n'y a que la vérité qui blesse, mais Haruhi pouvait être au moins certaine d'une chose : si ça ne l'émouvait pas plus que ça, en tout cas, je l'étais pour deux.

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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED   Mar 4 Sep - 20:41

(désolée pour le retard <3 )

Au final, tout ça nous dévorait. Si seulement j’avais su. "A jamais" m’imaginais-je promettre. A jamais… j’étais bien naïve. On s’attachait aux gens et au final cela nous conduisait à notre perte. Parce qu’il y avait les souvenirs qui restaient et les espoirs qui flottaient pendant quelques secondes à la surface de l’eau…et qui se noyaient lamentablement. Mais est-ce que ça voulait dire que je voulais tout oublier ?
Sûrement pas.

Il n’y avait rien de mieux qui m’attendait ailleurs, et ç’aurait été me perdre dans des illusions de penser que m’éloigner de Poudlard, de tout ça, d’Elliott, de Taylord, de Lilian allait être la solution. Au contraire, je savais que les instants passés ne cesseraient de revenir par vagues dans mon esprit, comme un flot déchaîné qui ne se calmera vraiment jamais. Je savais que cette petite mélodie infernale me poursuivrait, peu importe l’endroit où je m’exilerais. Les seuls moments de répit que j’avais, c’était ceux que je passais avec Scarlett, et c’était dans ceux-là que je me disais que j’avais une meilleure amie vraiment parfaite, qui me comprenait en un regard et qui par une seule étreinte parvenait à adoucir un peu ma peine.

Est-ce que j’étais faible ? J’en avais bien l’impression. J’étais incapable de me sortir de cette léthargie qui m’était devenue familière – après tout, je la connaissais un peu à force – incapable de m’accrocher, incapable de reprendre les rênes de ma propre vie. Certes, ça aurait pu être pire. J’aurais pu me laisser entraîner dans une longue descente aux enfers, j’aurais pu me laisser gagner par de nouveaux démons. Mais ça ne me rendait pas forte. Me laisser engloutir par le vide et le néant n’était pas plus glorieux- à mon sens- que de succomber à des addictions dévastatrices.


- Je suis désolé pour ça, c’était trop tard. Le temps était passé et il avait filé sans qu’il soit là. Sans doute ne devait-il pas bien comprendre comment il avait pu quitter une gamine aux grands yeux et au sourire sincère et la retrouver avec trois ans de plus et complètement changée. Je l’avais exclu de ma vie au moment où il avait décidé de la déserter. Ses quelques mots n’étaient pas valables à mes yeux, ils étaient des simples formules de politesses. De mes relations avec mes amies- elles ne l’étaient plus mais je pense que je n’arriverais jamais à l’admettre- il ne savait rien. Et le pire, c’est qu’il interférait. Oui, j’étais jalouse, jalouse et ce sentiment me rongeait et pourtant je me taisais. Je me taisais quand je les voyais tous les deux discuter. Je me taisais lorsque j’imaginais le visage de l’un se refléter dans les pupilles de l’autre, je me taisais quand je la voyais le regarder sans animosité aucune, je me taisais quand je le voyais la regarder et que son regard ne me laissait aucun doute : elle lui plaisait. Je me taisais parce que je savais que les attaquer ne servirait à rien…je ne prenais même pas de le risque de les perdre…c’était déjà fait. Je me taisais pour conserver les parcelles d’espoir qui me restaient.

Je ne bronchais pas lorsqu’il me rétorqua une autre de ses phrases toute faites avec cette intonation que je détestais. Comme si je le lassais. N’était-ce qu’une impression ? J’avais beau lui en vouloir de tout mon cœur, est-ce que je pensais vraiment qu’il était ce genre de personnes à jeter les personnes après s’être servies d’elle ? Je ne le croyais pas mauvais.
Mais ces derniers temps, j’avais eu largement l’occasion de me rendre compte que je pouvais me tromper. Mais qu’avais-je fait ? Pourquoi l’avoir choisi lui alors qu’il semblait qu’il s’échinait à me prouver que j’avais eu tort ?

C’est là que je réalisais ; je ne l’avais pas choisi. C’était arrivé, comme ça, sans que je me pose des questions et ça s’était imposé : il fallait qu’on se revoie. Il n’était pas comme n’importe quel autre. A l’époque, son mutisme, sa façon de ne répondre que par allusions et phrases que je comprenais à demi me fascinait. Mais voilà le temps était passé et nous avait rapprochés- forcément- et plus nous devenions proches, plus ça m’agaçait, plus je me confiais, plus il se renfermait. Lui et moi c’était le jour et la nuit. Lorsque je le fréquentais, je voyais mon contraire, mon antagoniste. Peut-être que c’était là ou il y avait eu une déchirure. Lorsqu’on avait commencé se ressembler un peu. Les contraires s’attirent et le jour où le fossé de différences s’était réduit…ça avait explosé et ce qui nous liait avait été complètement terrassé.

Je voulais lui pardonner, je voulais arrêter de parvenir toujours aux mêmes conclusions déplorables, je le voulais vraiment. Mais il y avait toujours cette voix qui me susurrait que c’était trop facile et qu’il devait sentir comment ça se faisait. Comment ça faisait d’avoir l’impression qu’il y a un mur entre soi et l’autre personne, et qu’on a beau essayer d’ouvrir une brèche, d’entrevoir un peu de lumière- un peu de confiance- rien n’y fait.


- Non, répondit-il sans concession. Je lui accordais une chance de se rattraper et il ne la saisissait pas ? Qu’il n’essaie pas de faire croire que je ne faisais rien pour aller vers lui. A ce moment-là, j’avais juste envie de m’en aller, de redevenir une toute petite fille qui vivait tant qu’elle le pouvait et se fichait du reste. Je voulais que ça soit simple. Je voulais pouvoir le quitter, l’attaquer sans rien ressentir. Mais ça tambourinait fort dans ma poitrine, et je savais que je ne pourrais jamais.

- Mais Haruhi, qu'est-ce que tu attends ? Tu crois que c'est facile pour tout le monde ? Tu penses que je suis parti en vacances pendant tout ce temps ?!

Je ne pensais rien. Je ne pouvais que supposer, essayer de trouver des réponses dans les minces éléments qui m’avaient été donnés autrefois. Mais alors que ce ton agressif, violent aurait du m’effrayer ou me mettre dans une colère sans nom, j’apercevais quelque chose en lui de tout nouveau. La rage. Je le voyais trembler de colère, je sentais qu’à l’intérieur son sang était en train de bouillir et je sentais qu’il ressentait quelque chose. Sa fureur ne me faisait pas plaisir. Mais j’avais l’impression de vivre un peu, j’avais l’impression qu’à ce moment-là nous nous battions à armes égales. Je voyais qu’il souffrait, qu’il n’était pas aussi dénué de sentiments qu’il voulait bien le faire croire. Et là j’hésitais.

Entre pousser jusqu’à l’extrême et le mettre hors de lui ou…prendre une respiration et décider que ce combat devait prendre fin, je ne savais plus. Ces deux options n’étaient on ne peut plus opposées. Alors je décidais de prendre une direction tout à fait différente. J’allais cesser de lui lancer ces petites phrases assassines destinées à le faire réagir, j’allais tout simplement- simple, comme si ça l’était- mettre le doigt sur ce qui faisait mal. Il voulait que je crache tout ce que j’avais sur le cœur ? J’allais le faire.


- Et bien tu sais quoi, tu as raison, c'était même l'éclat' totale. C'est ce que tu veux entendre, il me semble, n'est-ce pas ? Pourquoi tu voudrais écouter la vérité alors que tu préfères te cacher derrière tes illusions ? Tu penses que ça te permettra de garder la tête haute ? Dans ce cas, laisse moi te dire que tu es bien loin du compte. Alors sois honnête avec toi-même, avant de demander aux autres de l'être avec toi.

Je me figeais alors, comme si chacun de ses mots qu’il avait distillés me paralysait progressivement. L’ironie m’était complètement égale. Mais le reproche qu’il venait de me faire, il n’avait pas le droit. Oui, peut-être que j’essayais de garder la face, de sauver les apparences. C’était ce qu’il me restait. Je ne voulais pas inquiéter Scarlett. Je ne voulais pas craquer.
Et voilà que lui, alors qu’il ne m’avait jamais parlé aussi longuement en trois ans, se permettait de me donner les leçons. Mais pour qui il se prenait, bon sang ? J’avais l’impression que tout se volatilisait ces temps-ci sans que je ne puisse rien y faire. Mais je ne voulais pas pleurer, je ne voulais pas de ces stupides larmes qui me feraient sentir encore plus mal que je ne l’étais déjà. Je ne voulais pas être faible. Je voulais tenir.

Et tout ça avait un goût de déjà vu. Encore une fois : le mensonge. Taylord pensait que je mentais aux autres, en particulier à ce qui je « prétendais » tenir. Lui pensait que je me mentais à moi-même. Il me parlait d’honnêteté ? J’étais encore plus déterminée à enfoncer le couteau dans la plaie. Il allait l’avoir, sa putain de vérité.


-Tu veux savoir ? balançais-je sans attendre de réponses. Je ne comprends rien. Tu n’avais qu’à me parler, à me dire pourquoi tu devais partir, mais tu as préféré t’enfuir comme un voleur, parce que tu n’étais pas foutu d’avoir le courage de m’expliquer, m’expliquer une situation dont il m’avait tout caché. Et je fais ce que je veux, illusions ou pas, fis-je fermement. Tout allait…du moins presque, bien avant que tu reviennes. Je n’avais pas fait exprès, mais ma voix avait faibli, j’avais prononcé cette phrase comme une sorte de plainte douloureuse .Et je savais que ce que je venais d’avouer, Elliott ne passerait pas à côté. Il était observateur, perspicace. Il comprendrait qu’après tout avait changé. Et pas seulement avec lui. La brèche dont je parlais, elle s’était ouverte, suffisamment pour qu’il y pénètre… la chose que je ne savais pas…c’est si elle se boucherait à l’instant où il essaierait de s’y engouffrer.

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Merci Hannah <3


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MessageSujet: Re: Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED   Ven 14 Sep - 18:23

C’était comme d’allumer la ficelle d’une fusée : soudain, elle s’enflammait, il y avait ce petit crac significatif et la flamme poursuivait sa course jusqu’à rencontrer le déclencheur qui la mènerait directe à l’explosion. Nous en étions encore à l’étape du cheminement, avançant avec précaution malgré les mots échangés sans aucune douceur pour faire durer le « plaisir » jusqu’à ce qu’il atteigne son paroxysme. Seulement tout n’était pas éternel, et la détonation était proche. Toute proche.

Je sentais la tension bien palpable et chacun de mes mots l’intensifiaient davantage ; je n’avais pas trouvé ceux qui permettaient de désamorcer la bombe, et en cet instant, pour être tout à fait honnête, je ne savais pas si j’en avais vraiment envie. Les seules conclusions que j’en tirais, c’était de devoir subir ce sentiment de profonde injustice qui me poussait dans mes derniers retranchements. On a beau être la personne la plus patiente de l’univers, on a tous nos limites, aussi larges soient-elles, et j’avais bon espoir qu’Haruhi s’en rende compte et qu’elle arrête toute seule par elle-même cette mise en scène qui ne nous menait nulle part, si ce n’est nous enfoncer un peu plus dans la rancœur et la frustration, et je le savais, je ne le savais que trop bien, ce n’était vraiment pas la bonne marche à suivre, mais je ne parvenais pas à prendre du recul et ne pouvais que mettre un pied devant l’autre, contraint et forcé, parce qu’elle jouait de cette nouvelle force qu’elle avait découvert.

Cette Haruhi m’était tellement étrangère, et surtout ne me donnait pas envie de la connaître. J’avais encore celle de mes souvenirs dont la joie de vivre était le crédo et qui savait toujours prendre les points négatifs pour les tirer à son avantage. Aujourd’hui, non, même depuis que je l’avais revu au bal de noël, ce n’était qu’une ombre que les périples de la vie entachaient un peu plus chaque jour, préférant se laisser glisser à terre parce qu’on lui avait porté trop de coups pour qu’elle parvienne toute seule. Une part de moi avait envie de savoir pourquoi, c’était évident : j’avais toujours eu cette curiosité qui m’avait certainement valu d’atterrir dans la maison des Serdaigle, mais ce n’était pas que ça. Je voulais savoir, parce que ça m’importait vraiment, mais comme elle était tout aussi déterminée à n’en rien laisser paraître pour mieux contre attaquer, dans cette histoire, c’était moi qui avais les pieds et mains liés, et quand c’était perdu d’avance, c’était inutile ; à quoi bon continuer ? Elle analysait ce qu’elle voulait comme bon lui semblait, comme si c’était sa manière à elle de se rassurer, de se protéger contre moi, comme si j’étais la plus grosse menace vivante dans ce château alors que je ne lui avais jamais voulu aucun mal ; elle devait quand même le savoir, ça, non ? Si elle restait aussi butée à ne pas écouter et à marteler des propos qui étaient les purs fruits de son imagination, je n’y pouvais rien, je ne pouvais pas la forcer à croire que tout ce que je lui avais dit jusqu’à présent était la vérité, alors que cela avait l’air de lui paraître aussi aberrant comme explication que si j’avais prétendu avoir été enlevé par des extraterrestres durant trois années, pendant lesquelles ils avaient fait des expériences sur mon corps…

-Tu veux savoir ? Je ne comprends rien. Tu n’avais qu’à me parler, à me dire pourquoi tu devais partir, mais tu as préféré t’enfuir comme un voleur, parce que tu n’étais pas foutu d’avoir le courage de m’expliquer.

Au moins nous étions deux dans le même cas de figure, parce que moi aussi, je ne saisissais plus rien à cette situation. Qu’attendait-elle exactement ? Qu’on retourne dans le passé pour essayer de réparer les pots qui à l’époque n’avaient pas encore été cassés ? Ce qui était fait, était fait, c’était un peu froid de poser les choses à plat de cette façon, mais ce n’était pas de cette manière qu’on allait réussir à voir au-delà des problèmes.

Au lieu que ses aveux me détendent, la frustration déjà présente en moi s’accentua, me murmurant à l’oreille que je voyais bien que ce n’était pas la peine d’insister avec elle. Il n’y avait que sa vérité qui comptait, la mienne n’était que foutaises et inventions de ma part pour me déculpabiliser. Mais de quoi avais-je été coupable au juste ? D’avoir été le soutient clé de ma mère ? Elle ne pouvait pas me blâmer pour ça, et surtout, je ne voulais pas lui expliquer, pas après ses déclarations balancées comme ça, comme si elle n’était qu’une victime qui n’avait pas vu le coup venir. Qu’aurais-je du faire ? Est-ce que moi-même avais-je prémédité ce qui se tramait dans mon dos pendant que j’étais tranquillement en train d’étudier à Poudlard ? En attendant, c’était là : il y avait eu les vacances, j’étais rentré et n’était plus revenu au château part la suite. Je n’avais dit au revoir à personne. C’était ça qu’elle s’imaginait ? Que je l’avais fait par plaisir ? Ça aurait été bien vicieux de ma part, surtout si elle avait pris le temps à la place de deviner que tout ceci m’avait touché. Il y avait les hiboux oui, je ne pouvais pas le nier et elle pouvait sortir cet argument autant qu’elle le voulait et elle avait raison. Mais au risque de le répéter, ce n’était pas facile pour tout le monde et toutes les tempêtes que j’avais dû essuyer ne m’avait pas vraiment laissé le temps d’envoyer des explications à qui que ce soit. Ensuite ? Le temps avait passé, et les choses s’étaient laissé couler. Je ne lui demandais pas de me pardonner de quoi que ce soit. C’était juste qu’on y pouvait rien, mais surtout qu’elle ne pouvait pas me blâmer de tout ceci dont j’avais été le premier à en être totalement dépassé.

J’eus un mouvement sec en remettant ma chaise en place, derrière le bureau. Qu’elle ne vienne pas évoquer le courage et d’autres termes qui n’avaient rien à voir avec ça. J’avais envie de la secouer pour enfin obtenir une réaction qui ne serait pas du total mépris vis-à-vis de moi.

- Il te faut un coupable à tout prix, c’est ça ? Tu dis vouloir savoir, mais tu ne fais que trouver les réponses à tes questions toute seule, alors qu’est-ce que tu attends de plus ? Je détestais passer pour une personne que je n’étais pas, et son insulte me passait un peu en travers de la gorge. La témérité n’a rien à voir là-dedans, mais très franchement, je n’ai pas envie d’expliquer quoi que ce soit à quelqu’un qui, de toute façon, ne veut rien entendre.

Comment devais-je me remettre en question puisqu’elle était incapable de faire de même de son côté ? Elle en demandait beaucoup trop, je n’étais pas un surhomme, alors si elle ne faisait pas plus d’efforts que ça, ça allait être bien difficile que j’en fasse de même à mon tour. En plus du reste, la déception vint s’ajouter à ce que je ressentais déjà, ce flot d’émotions envahissant qui bientôt allait devenir incontrôlable…

- Et je fais ce que je veux, illusions ou pas. Tout allait…du moins presque, bien avant que tu reviennes.

Je retins un rire amer ; ce n’était pas le moment de rendre les choses plus compliqué, mais j’avais vraiment l’impression d’être le grand méchant loup qui méritait qu’on lui tranche la gorge avec un joli petit couteau en argent bien aiguisé. Je pouvais lui retourner sa remarque et sombrer dans ce petit jeu-là en lui affirmant que puisqu’elle en parlait si bien, que moi aussi, je faisais ce que je voulais, puisque c’était comme ça, mais à quoi bon ? J’étais las de tout ça, cela faisait des mois que ça durait et pour être tout à fait franc, je n’avais pas besoin de ça. Une fois de plus, j’étais partagé entre l’injustice suite à ses derniers mots, en ayant le très forte envie de lui répliquer que c’était bien dommage mais que ce n’était pas parce que ça dérangeait sa posture de princesse que j’allais disparaître gentiment de la circulation et que j’avais autant le droit d’être ici qu’elle. Mais en même temps, c’était tellement puéril d’en arriver là, et j’avais toujours trouvé ridicule les personnes qui en arrivaient à de telles extrêmes, des situations qu’on appelait la vie finalement, que je ne voulais pas suivre ce schéma qui n’était bon à créer des soucis simplement là où il n’y en avait pas, mais à la place utiliser la matière grise dont m’avait doté mes parents à la naissance pour réfléchir un peu plus posément.

Je poussai un profond soupir. Il était clair qu’Haruhi n’allait pas bien, et je l’avais remarqué, ne lui en déplaise sans qu’elle n’ait besoin de le montrer clairement. Certaines de ses expressions, même les plus infimes la trahissaient, et je ne demandais que ça, de l’aider, mais comme elle n’acceptait pas mes approches, que pouvais-je faire de plus ? Il était clair que nous étions arrivés dans un joli cul de sac et que si d’elle-même, elle n’essayait pas de déloquer un peu les choses, je ne pourrais pas le faire à sa place.

- De mieux en mieux, grinçai-je. C’était malheureux à dire, mais c’était toujours ainsi que ça se terminait. Les reproches faits par ma mère n’allait pas s’effacer de mon esprit de sitôt, mais j’avais cru m’en débarrasser, en revenant dans ce lieu connu qu’était Poudlard, mais force était de constater que j’étais confronté au même cas de figure, et j’en avais plus qu’assez d’être le punching ball qui était la cause de tout les malheurs des gens auxquels je tenais plus qu’ils ne l’imaginaient apparemment. Je ne sais pas ce qui se passe, et puisque tu ne veux pas en parler, c’est à toi de voir, mais s’il te plaît, ne me fais pas porter ce poids sur mes épaules. J’avais retrouvé un ton plus calme, mais tout aussi ferme, même si je ne savais pas trop comment je devais me comporter avec elle ; même quand j’essayais de m’énerver, cela ne l’atteignait pas. C’est toi qui a toutes les cartes en main, au cas où tu ne t’en serais pas rendu compte. Ce n’est pas de ma faute si tu les jettes toutes au sol au lieu de jouer tes atouts à la place.

Il y avait fort à parier que cela l’énerve. La complication, c’était que ça risquait fort d’être mon cas aussi. Et pour de bon.

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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED   Jeu 25 Oct - 22:35

Trois ans étaient passés et pourtant les souvenirs étaient toujours aussi intacts. Pas seulement les souvenirs de moments passés ensemble ; mais aussi de ses expressions, de son regard qui changeait parfois, de façon quasiment imperceptible…et d’autres petits gestes que mon esprit avait imprimé malgré moi. Je le connaissais sans le connaître. Je savais comment il nouait sa cravate. La façon qu’il avait de tracer les lettres sur le papier. Le mouvement que dessinait son poignet lorsqu’il exécutait un sort. Tous ces petits détails m’étaient familiers et me faisaient sentir proche de lui d’une certaine façon. Mais ça ne voulait rien dire ça, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que ça pouvait bien faire que je connaisse ses petites manies par cœur, puisque l’essentiel, son histoire, ce qu’il pouvait ressentir, il me le cachait ? Et est-ce que lui aussi se souvenait-il de tout ça ?

Il y avait parfois ces moments où la nostalgie me prenait, et où je faiblissais. Je songeais à arrêter de me torturer de cette façon là, à lui donner une seconde chance…une fois il m’était arrivé de rêver que je lui pardonnais. Le songe n’avait pas duré bien longtemps mais il était agréable. Dans les rêves, tout était plus simple. Les choix plus faciles et moins douloureux.

Mais ce n’était pas la réalité ça. Le bonheur parfait n’existait que dans les contes de fées. Un jour ou l’autre, l’enfant que j’avais été l’avait réalisé. C’était un passage obligatoire en grandissant ; par lequel chacun de nous passait. C’était ainsi. Ce qui m’inquiétait, c’était de regretter autant cette époque ; dans mes souvenirs, le passé était toujours mieux. Je me trompais. Le mien n’avait rien de franchement luisant, et je me souvenais sans mal des drames qui l’avaient marqué. Comment espérer que l’avenir serait brillant lorsque le passé et le présent m’apparaissaient comme des échecs ? J’avais peur de ce que cet avenir me réservait. J’avais peur de ce que j’étais en train de devenir.

J’aurais aimé dire tout ça à Elliott. Mais c’était impossible, les mots restés bloqués dans ma gorge, et je ne comprenais pas parce que ceux qui étaient méchants et violents sortaient sans peine.


- Il te faut un coupable à tout prix, c’est ça ? Tu dis vouloir savoir, mais tu ne fais que trouver les réponses à tes questions toute seule, alors qu’est-ce que tu attends de plus ? La témérité n’a rien à voir là-dedans, mais très franchement, je n’ai pas envie d’expliquer quoi que ce soit à quelqu’un qui, de toute façon, ne veut rien entendre.

Tais-toi, s’il te plaît.

Ne rends pas plus évident le fait que tu as raison.

Mon emportement et ma rage avaient fait place à… mes yeux qui devenaient humides à nouveau et mes lèvres qui restaient closes parce que je ne pouvais pas aller à l’encontre de sa vérité, mais pas seulement, de notre vérité. Il y avait une chaise à côté de moi, et je m’y accrochais pour ne pas tanguer, comme si c’était la seule chose à laquelle je pouvais me raccrocher. Mais c’était vain. J’étais tremblante et à cet instant, j’aurais voulu qu’il soit là pour moi. Il ne bougea pas. Cela m’étonnait à peine, mais il y a avait toujours ce petit pincement au cœur qui perdurait. Je le détestais de me mettre au pied du mur comme ça, de réduire tous mes arguments à de la poussière ; je le détestais de me faire le haïr.

Je détestais aussi particulièrement le fait que c’était la seule fois de ma vie où je l’avais entendu parler aussi longtemps, en laissant transparaître des émotions qu’il ne cherchait même plus à cacher. C’est cela que j’avais toujours voulu et pourtant… à l’instant je voulais juste qu’il ne dise plus rien. Qu’il laisse le silence s’emparer de la pièce, pour que je puisse réfléchir au lieu d’avoir l’impression de m’effondrer. J’étais assez stupide de penser ça puisque le silence était notre ennemi. Il rendait notre distance encore plus visible, et réelle.


- De mieux en mieux, et son ton sarcastique me donna l’impression qu’il se moquait de moi. Je ne sais pas ce qui se passe, et puisque tu ne veux pas en parler, c’est à toi de voir, mais s’il te plaît, ne me fais pas porter ce poids sur mes épaules. Est-ce qu’il le faisait exprès ça ? Est-ce qu’il l’avait prévu ? A chaque fois me donner de l’espoir ? C’était aussi ça qui m’avait retenue autant de temps auprès de lui. Un petit geste, une petite attention, un infime sourire , et j’oubliais tout. Peu importe son indifférence, sa façon de prendre un ton très calme tout en signifiant qu’il ne voulait rien me dire de plus, je revenais à chaque fois, espérant que ça s’arrangerait. Evidemment ça ne s’arrangeait pas, mais j’en avais l’illusion. Je ne le croyais pas manipulateur ; mais j’étais bien placée pour savoir qu’on pouvait se tromper, même sur ceux qui nous étaient proches. Les mots de Taylord continuaient de me hanter et je savais que je continuerais à ressasser notre dispute jusqu’à ce qu’on se réconcilie. S’il y avait réconciliation. Et je commençais à croire qu’elle n’aurait jamais lieu.

-C’est toi qui a toutes les cartes en main, au cas où tu ne t’en serais pas rendu compte. Ce n’est pas de ma faute si tu les jettes toutes au sol au lieu de jouer tes atouts à la place.

Peut-être que je me cachais, je me protégeais derrière tout ça ; et oui sans doute que ses erreurs prenaient une place démesurée dans mon esprit et que j’avais aussi ma responsabilité. Mais me reprocher de vouloir me préserver ? Il l’avait fait en permanence avec moi.

-J’ai l’impression qu’il n’y a plus personne, ce n’était pas par défi ; pour lui prouver que je me dévoilais et pas lui, parce que je me sentirais de toute façon toujours aussi vaincue et perdante. Je ne remportais pas de victoires. D’ailleurs, il ne m’avait jamais signifié un besoin que je lui explique pourquoi tout allait si mal en ce moment. Un moment…un moment qui durait depuis des mois. Une éternité pour moi. J’avais cédé. Je ne voulais pas lui dire. Mais encore une fois, face à lui, mes convictions étaient réduites en cendres. On en revenait toujours ça. J’en revenais toujours à ça. Comme des aimants. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi je me décidais à me confier maintenant. Après cette phrase qui me restait en travers de la gorge. J’avais l’impression que je ne serais pas écoutée- apparemment c’était réciproque- et pourtant il fallait que ça sorte. Mon propre silence me paraissait pesant. Sauf Scarlett, murmurais-je plus pour moi que pour lui. D’ailleurs il ne la connaissait même pas. Je l’avais fréquenté trois ans, et il n’avait été pas fichu de retenir le prénom de ma meilleure amie. Peut-être l’avais-je mentionné. Mais il ne l’avait pas retenu. J’en étais persuadée. Alors que moi je m’étais entêtée à mémoriser chaque petit détail ; inconsciemment peut-être mais je l’avais fait. Il y avait toujours cette rancœur, cette même rancœur que je n’arrivais pas à éliminer. Toujours ce même déséquilibre. Lilian et Taylord, inutile de lui demander s’il voyait de qui je parlais. Lilian était...Lilian. Impossible de ne pas se souvenir d’elle. Quant à Taylord…évidemment qu’il savait. En revanche ; il n’avait aucune idée de notre amitié. Est-ce que ça lui ferait quelque chose de le savoir ? On était très amies. Je tenais vraiment à elles, et je continuais de crier ma sincérité. Je n’étais pas une menteuse. On s’est disputées. Elles ne reviendront pas. C’est irréversible. Je n’évoquais même pas ma mère. Elle n’en valait plus la peine. Et puis il y avait toutes ces autres choses ; bien cachées, enterrées ou quasi enterrés auxquelles je refusais de penser à nouveau. Ce n’est pas de ta faute ça, avouais-je enfin. Mais je me sens toute seule, comme perdue tu vois ? fis-je avec une douceur invraisemblable. A ce moment il n’y avait plus de logique dans mon esprit. Je n’avais plus le cœur à lui faire des reproches. Allait-il me répondre, se confier ? Et est-ce que ça importait vraiment maintenant ?

De toute façon j’avais rendu les armes.


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Elliott Ansen
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MessageSujet: Re: Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED   Ven 2 Nov - 18:25

Pourquoi cela me gênait tant qu’Haruhi ne veuille pas un peu plus prendre mes propos en considération ? Après tout, même si elle estimait que j’avais des comptes à lui rendre, je savais que je n’avais rien fait de mal, et puisque mes explications n’étaient pas assez convaincantes je n’avais rien d’autre à faire que de m’incliner et de m’avouer vaincu, de tirer ma révérence et de la saluer une dernière fois, devant me rabaisser à l’ignorer dans les couloirs lorsqu’on se croiserait, ce qui risquait fort d’arriver très souvent puisque nous avions le même âge et même si les couleurs de nos maisons respectives nous différenciaient, nous avions quelques cours en communs… Donc oui, on pouvait faire ça, assurément et si c’était son désir, je ne pouvais me mettre en travers de son chemin ; je n’étais pas de ce genre de personnes détestables qui veulent à tout prix venir à bout de ses adversaires comme si c’était un combat constant où il ne fallait jamais perdre la face. Et puis, c’était également et très simplement, parce que même si elle n’avait pas l’air de s’en rendre compte, que je tenais à elle et que même si je n’étais pas d’accord avec ses choix… j’allais aller dans son sens et les respecter comme il se devait, parce que c’était sûr par contre : je lui devais bien ça.

Mais bien entendu, c’était loin d’être avec plaisir, mais je me contraignis à me résoudre ; c’est bien pour cela que je fus surpris de remarquer que ses traits empreints de rancœur étaient en train de s’effacer sous la pression. On devait leur reconnaître ça, les Gryffondor ne lâchaient jamais rien et même si certains trouvaient que par le même fait ça les rendait un peu trop imbu de leur personne, chez elle, il n’en était rien. Il y avait de tout, d’accord. Mais certainement pas de la vanité.

-J’ai l’impression qu’il n’y a plus personne.

Comme enfin, elle me laissait entendre qu’elle était prête à se dévoiler, j’arrêtai tout mouvement, comme si j’étais face à un Hippogriffe et que de ce fait, je devais éviter tout geste brusque afin à la fois de ne pas lui faire peur, mais aussi pour ne pas lui manquer de respect. Mais je ne regardais plus qu’elle pour bien lui montrer que j’étais tout ouïe et qu’elle pouvait poursuivre.

- Sauf Scarlett.


Je me souvenais d’elle, même si je ne l’avais jamais fréquenté ; je n’avais pas le souvenir non plus de lui avoir déjà adressé la parole un jour, mais je les avais souvent vu traîner ensemble, il fallait dire entre celle qui était asiatique et la seconde qui avait les cheveux rouges, il aurait vraiment fallu être aveugle… Je ne savais pas trop où elle venait en venir encore, parce qu’elle ne procédait que par petite touches, comme un peintre qui n’ose pas appliquer des tâches de couleurs sur sa toile de peur de rater sa peinture.

- Lilian et Taylord, on était très amies. Je tenais vraiment à elles. On s’est disputées. Elles ne reviendront pas. C’est irréversible.


Cette fois ci cependant, je cessai d’être immobile et murmurai pour moi-même les deux prénoms qu’elle-même avait prononcé, parce que non seulement je connaissais les deux personnes dont il était question, mais sans savoir forcément qu’elles étaient proches d’Haruhi, et moi aussi, en quelque sorte, puisque avec la première intéressée j’avais eu le droit à un petit rendez vous privé dans la salle sur demande et je m’en souvenais mieux que bien parce que ça avait été l’époque où j’avais été élu Mister, et puis comment oublier la Sirène de Poudlard de toute façon… quant à la deuxième, entre l’autre soir tout comme la table que nous avions partagé pendant tout le devoir, c’était peu utile d’ajouter quoi que ce soit à son sujet…

- Laisse leur un peu de temps… je ne lui reprochai rien, bien au contraire, je ne savais rien avec précision de toutes ces histoires dont j’étais totalement étranger, mais pour en revenir à Taylord, il était clair qu’elle montrait que ce qu’elle ne voulait bien montrer et que seule cette décision lui appartenait ; mais que quoi qu’il ait pu se passer, elle allait le digérer et voir bientôt les choses sous un autre angle… Si elles tiennent à toi, elles trouveront certainement la force de revenir.

A qui était-ce de faire le premier pas, c’était un autre débat, car peut être que les torts étaient partagés, peut être pas du tout, mais ça, c’était un peu y aller un peu vite en besogne. Je me tus pour la laisser poursuivre, mais j’avais bien envie de rajouter « Regarde nous ». Il n’y avait ni excuses, ni acceptation, ni quoi que ce soit, mais pour la première fois depuis que j’étais de retour à Poudlard, je voyais qu’il y avait du progrès parce qu’elle avait soudain cessé de s’opposer à moi comme un gros bloc de pierre qui refuse de rouler. Et je ne voulais pas détruire cela.

- Ce n’est pas de ta faute ça. Mais je me sens toute seule, comme perdue tu vois ?

Oui, et là-dessus, elle n’avait pas besoin de dire quoi que ce soit de plus ; je voyais parfaitement où elle venait en venir, et ce n’était pas pour rien puisque pendant des mois j’avais été habité par ce sentiment qui pouvait vite devenir destructeur si l’on essayait pas de l’enrailler ; mais ça, tout le monde n’avait pas les mêmes aptitudes pour y arriver.

Alors contre toute attente, je tendis la main vers elle afin de l’attirer vers moi pour la prendre doucement dans mes bras. Ca pouvait paraître anodin et ce n’était pas grand-chose, mais la sentir tout près contre moi, la chaleur qui émanait d’elle et que j’avais eu la chance de connaître il y avait un petit moment déjà, je ne l’avais pas oublié et pour la première fois, je vis à quel point elle m’avait manqué.

- Ce n’est pas parce que tu es toute seule que personne ne pense à toi, ses amies… elles ne pouvaient pas l’avoir oublié si facilement, il ne fallait pas qu’elle s’imagine des choses pareilles. Moi, j’ai pensé à toi, lâchai très simplement et ça ne me ressemblait pas de faire des confidences, mais c’était un peu une journée spéciale il fallait dire ; que arrête de tirer sur la corde, même si ça s’était fait un peu soudainement, me donnait également l’envie de lâcher un peu prise. J’en avais bien besoin. Beaucoup.

Parce que plus que tout, je voulais revoir cette fille un peu trop énergique peut être mais avec cet immense sourire, que j’avais rencontré la toute première fois dans les serres de l’école. Je pesais le pour et le contre un instant, tout en la gardant contre moi, avant de rajouter :

- Poudlard m’a manqué tu sais…
lui dis-je, parce que c’était une manière de lui dire qu’elle m’avait manqué aussi, mais comme j’avais des doutes de la façon dont elle allait le prendre, je préférais ne pas être aussi direct. Enfin je l’écartai doucement en la prenant par les épaules et souris, mais je ne compte pas repartir si vite cette fois.

Peut être donc que ce ne serait pas pour tout de suite, mais quoi qu’il arrive, si elle le souhaitait, elle pouvait compter sur moi ; parce que je n’avais jamais tiré de trait (même si je l’avais un instant envisagé au début de notre conversation) sur elle.

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Haruhi Michiko
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MessageSujet: Re: Total Eclipse of the Heart (PV) ENDED   Mer 14 Nov - 20:55

And this day's ending
Is the proof of time killing all the faith I know
Knowing that faith is all I hold


Mais qu’est-ce que je faisais ? Qu’est-ce que je cherchais ? La vérité était que j’étais complètement perdue. Les décisions que je prenais, les actes dans lesquels je m’embourbais, si sur le moment présent ils me paraissaient justifiés…après je ne savais plus. J’étais incapable de décider si j’avais eu raison ou pas. Et pourtant personne ne pouvait choisir à ma place. Je ne prétendais pas à être la seule à souffrir. Je ne sous estimais pas la souffrance des autres. Peu importante les origines, chacun avait ses propres démons qui les hantaient et contre ils devaient se battre. Mais néanmoins personne ne vivait exactement la même chose que moi ; et je devais trouver mes réponses, mes solutions par moi-même. Scarlett m’aidait largement à tenir, mais il fallait bien qu’elle vive aussi. Ses mots étaient réconfortants et doux, ses conseils on ne peut plus censés, mais je devais aussi avancer de mon côté. Elle n’avait pas le pouvoir de réparer les blessures à ma place.
Et là, justement, je ne savais pas si j’avais bien fait. Il était vrai que ça me soulageait de lui parler à cœur ouvert- on s’était trop de fois réfugiés derrière autre chose- mais en même temps, ça faisait vraiment mal d’admettre tout ça. Surtout devant lui. Je voulais montrer que j’étais forte et que je ne faiblissais pas. Que j’étais insensible. Mais mon échec était on ne peut plus visible ; j’avais craqué. Heureusement, je parvenais encore à retenir mes sanglots : il était absolument hors de question qu’il voit l’ombre d’une larme.

- Laisse leur un peu de temps.

Mais le temps, le temps je ne lui faisais même plus confiance. Il était rare qu’il arrange les choses. Avant, il avait été un ami. Il m’avait fait évolué dans le bon sens ; et j’avais appris qu’un jour ou un autre, si on est patient, on guérit. Mais maintenant ça ne marchait plus. C’était ce sale temps qui passait qui m’avait aussi éloignée de Lilian, parce que j’avais essayé de panser mes plaies jusqu’à peut-être délaisser les siennes, et cela avait pris bien longtemps et quand le feu en elle s’était un peu apaisé, il était trop tard. Et Taylord ? Taylord c’était la même chose. Bien sûr que le temps n’était pas le seul responsable. La vraie responsable c’était moi, et ces choix que j’avais fait consciemment ou inconsciemment et qui s’étaient révélés être mauvais.

Et je ne voulais pas attendre. Attendre un jour meilleur, d’accord ça aidait tenir un temps mais après ça ne fonctionnait plus. On comprenait que les jours s’égrenaient et rien ne changeait, et les minces espoirs commençaient à faiblir. Se noyer dans les illusions c’était encore pire. Attendre le retour de gens qui ne reviendraient jamais. Ne le voyait-il pas ça ? Que j’avais entendu son retour pendant des jours, mais que j’avais facilement supporté son absence que je m’étais dit que tout finirait forcément par rentrer dans l’ordre ? Après l’amertume, la colère, l’incompréhension, j’avais tourné la page. Et oui, il avait fini par revenir. Le temps était passé et l’avait ramené. Mais au lieu que tout rentre dans l’ordre, tout s’était déréglé. Je savais que lui était différent de tous les autres amis que j’avais pu avoir. Tout était plus compliqué, plus implicite.


-Si elles tiennent à toi, elles trouveront certainement la force de revenir.

Si je n’avais pas tout gâché. Et puis je n’avais plus envie d’en parler. C’était du passé. (comme si en me répétant sans cesse cette phrase j’allais m’en convaincre. J’étais bien trop naïve) Oui, ça me faisait du bien de me confier. Surtout à lui. Mais ma confession m’étranglait déjà la gorge et le cœur. Parler, ne pas parler, il fallait choisir mais à la fin on n’était pas épargné. Cela soulageait un peu mais c’était momentané.

Et…il me prit dans ses bras. Je me laissais faire sans opposer de résistance, sans vraiment comprendre pourquoi il avait ça. Et surtout pourquoi, maintenant. Y’avait-il besoin que je souffre ? Etait-ce parce que j’allais mal que je méritais un peu d’attention ? Ces interrogations se bousculaient en masse dans ma tête, mais à l’instant où je le sentis près de moi, je m’apaisais un peu, rien qu’un peu. Je tremblais et j’étais sûre qu’il le sentait, et je n’arrivais pas vraiment à réaliser. J’avais tant attendu que cela arrive, tant attendu qu’il me témoigne l’affection que je recherchais le début, que ça en devenait presque irréel. Mais je ne voulais pas que ça passe comme ça. Pas après toutes les mots durs qu’on avait eu l’un envers l’autre. Pas à un moment où j’étais incapable de me rendre compte qu’il m’étreignait parce que mon cœur était trop serré et mon esprit trop loin. Oh, l’Haruhi d’avant aurait réagi bien différemment. Mais est-ce qu’il aurait agi comme ça avec elle ? Je n’en étais vraiment pas sûre.


- Ce n’est pas parce que tu es toute seule que personne ne pense à toi. Moi, j’ai pensé à toi. Beaucoup. Malgré la douceur de sa voix, et ces mots qui me touchaient plus que de raison…je voulais aussi qu’il arrête. Oui, qu’il arrête de me donner ce que je voulais, qu’il arrête de m’offrir ce que je voulais depuis des années ; non ça ne m’était pas égal désormais…mais je ne pouvais pas supporter l’idée qu’il le fasse par pitié. J’arrivais enfin à croire désormais que j’avais pu lui manquer. C’était sans doute un progrès. Mais je savais pertinemment qu’il voulait retrouver celle qu’il avait quittée. Poudlard m’a manqué tu sais… mais je ne compte pas repartir si vite cette fois.

J’étais juste désolée de ne plus être à la hauteur.

Il ne l’avait jamais sous entendu, mais je le savais par moi-même : j’avais trop changé. Je ne voulais pas qu’on essaie de reconstruire tout ce qu’on avait pu partager en sachant que ça ne marcherait pas. Je ne voulais pas qu’on se fasse plus de mal qu’on s’en était déjà fait. Je voulais mettre un terme à toute ça. Et je trouvais la solution. Elle me paraissait être la meilleure, mais peut-être que je rendrais compte après que j’avais eu tort. Tout faux. Je prenais le risque.


Je sais, glissais-je tout doucement, et c’était si ridicule de dire ça, de répondre aussi platement, de balancer ces deux mots alors que j’avais toujours eu la conviction qu’il m’avait sûrement un peu oubliée. C’est aussi chez toi ici. Tu vas vite retrouver tes repères. Il était revenu, mais malgré ce qu’il croyait ; il n’avait pas besoin de moi. J’étais certaine que ça finirait par rentrer dans l’ordre pour lui. Même si j’avais haï sa froideur, je ne pouvais pas nier qu’elle l’avait rendu fort. S’il ne l’était pas déjà de nature. Pas une seule fois je ne l’avais vu craquer. Faiblir un peu, oui, mais se laisser tomber au fond du gouffre jamais. Voilà ce qui nous opposait encore plus : il était solide. Moi non. Dans mes souvenirs il n’était pas mauvais élève ; et malgré sa réserve, je savais qu’il était apprécié. Il avait des tas de belles choses qui l’attendaient aujourd’hui. Tout ça lui reviendrait. La seule chose qui changerait ? Nous. J’avais décidé. J’allais m’éloigner. Définitivement. Désormais, la rancœur avait disparu ; j’étais juste consciente que c’était terminé. Que notre lien, amitié ou quoi que ce soit d’autre s’arrêtait là. C’était comme ça que ça devait s’achever. Cela m’enlevait un poids au cœur d’avoir décidé de lui pardonner. Mais est-ce je ne me venais pas de m’en créer un nouveau ? J’avais l’impression qu’il serait un peu moins lourd à porter. Je commençais à m’avancer vers la porte de la salle d’étude, et il me sembla ma voix résonna dans toute la pièce, comme une lame tranchante. Ne me cherche pas. Est-ce qu’il avait acquiescé ? Est-ce qu’il avait compris (ça je le pensais, il savait lire entre les lignes ? Mais je ne le sus pas. Je ne lui jetais même pas un regard ; pas par indifférence, mais je ne voulais pas voir ses yeux, son expression de visage qui pourraient me faire regretter. Ne surtout pas penser à cette étreinte. J’avais pris la décision la plus sensée. Pour lui, pour moi. Un jour j’allais l’oublier. Lui aussi.

Alors pourquoi redoutais-je déjà le moment où ça arriverait?

And I've lost who I am
and I can't understand
Why my heart is so broken,
rejecting your love


_________________

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Merci Hannah <3


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