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"White Lies." [A.]

 

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Apple Hunt
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MessageSujet: "White Lies." [A.]   Sam 30 Juin - 0:22

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♪ White Lies - Paolo Nutini



Je n’étais pas à Poudlard depuis à peine deux semaines que les nuages gris commençaient à s’agglutiner sur les tours du château, signe que les beaux jours étaient à oublier. J’avais presque oublié à quel point l’Angleterre était un pays toujours gris, bien plus que ma Suède natale. Parce que là-bas, les maisons étaient toutes blanches et dégageaient un halo de lumière, tout comme les cheveux blonds platine des habitants et les bandes blanches des pistes cyclables. C’était comme si ça brillait de partout, ça respirait la vie au grand air, les fleurs et l’herbe franchement coupée. Oui, ça sentait décidemment meilleur que les trottoirs de Liverpool mais encore une fois, je n’étais pas très objective. J’étais juste furieuse contre l’Angleterre entière parce que je n’aimais pas ce pays. On m’y avait amené contre mon gré, à l’époque où je commençais à peine à m’habituer à mon chez moi et à ma vie, où j’étais assez grande pour sentir que j’avais ma place quelque part. Et voilà que l’on me déracinait vers cette banlieue miteuse qui avait fait disparaitre le sourire de ma mère qui ne trouvait pas ses repères au milieu de tous ses regards en coin et cette odeur d’humidité qui émanait des murs de la maison. Je savais que Papa n’avait pas voulu perdre son boulot et je ne voulais pas le mettre en coupable mais au fond, je lui en voulais plus que je ne l’avouais.

Mais j’avais tout de même gagné des choses en venant ici : mon meilleur ami Serghei et puis les copines de mon école primaire. J’avais réussi à me construire un entourage dont j’étais fière et cela sans l’aide de personne. Ma mère travaillait et avait les idées ailleurs, mon père lui c’était le fantôme de service. Il partait bosser le matin, revenait tard le soir et parlait à peine à table, trop occuper à lire le journal ou à regarder la télé. Parfois je me demandais si Maman l’aimait encore mais je n’avais jamais osé poser la question : je savais qu’elle me dirait que c’était des affaires de grandes personnes. Mais je connaissais la réponse au fond, j’avais juste peur de l’entendre. En fait je crois que ma mère se demandait un peu ce qu’elle lui avait trouvé. Enfin, moi en tout cas c’était une des questions que je n’avais jamais su solutionner. Parce que Maman c’était un rayon de soleil, une fille qui aimait sortir et vivre, et son rire était l’un des plus jolis sons sur terre. Et Papa ? Terne, un peu distant et vraiment pas démonstratif. Ah non je vous le disais moi, ce couple restait un entier mystère à mes yeux. Mais bon, c’était mes parents non ? Que pouvais-je dire c’était grâce à eux que j’étais là après tout.

Je n’avais pas pu compter sur mes sœurs n’ont plus. Kathleen était la plus âgée et j’avais 7 ans d’écart avec elle. D’aussi loin que je m’en souvenais, elle avait toujours été terne et froide, même lorsque nous habitions en Suède. Elle ne souriait que très rarement ou alors c’était lorsqu’elle était en train de lire un passage amusant dans son livre. Elle avait hérité du caractère de mon père et lui ressemblait d’ailleurs physiquement. Pour moi, elle n’avait juste pas supportée l’attention qu’avait eu Alexandra en naissant. Je n’étais pas là certes mais les photos suffisaient à le voir : tout le monde autour de bébé Alex et Kathleen légèrement en retrait dans le fond, souvent flou. Et les photos avec Carolyn ? Autant vous dire qu’on ne voyait même plus les mèches brunes de ma sœur ainée, elle s’était littéralement éclipsée pour se construire son petit monde intérieur. Et elle n’en était jamais ressortie. Et puis elle avait quitté la Suède allé étudier à Poudlard avant que nous déménagions à Liverpool, contrairement à mes autres sœurs qui n’avaient pas eu à faire l’expérience d’une telle autonomie soudaine. Bref, j’en connaissais plus sur ma voisine que sur Kathleen.

Et puis Alex et Caro… Je n’avais même pas envie d’en parler. Je savais que c’était mes sœurs et que je me devais de les aimer par les liens familiaux et tout le bordel mais en fait… Elles m’insupportaient plus qu’autres choses avec leurs rires et leurs coups fourrés. J’étais d’ailleurs leur expérience préférée et elles adoraient me faire tourner en bourrique ou tenter de me rendre jalouse. A une époque, cela fonctionnait. J’en avais marre d’être la petite dernière alors que les deux pouvaient avoir quelqu’un sur qui compter automatiquement. Elles étaient meilleures amies et moi, je pouvais bien aller jouer seule au final, elles s’en fichaient ! Je l’avais mal vécu au début certes, et puis je m’étais fait à l’idée. Je n’avais pas envie de ressembler à elles, et si cela signifiait ne pas les avoir comme amies, tant pis. Elles ne voulaient pas de moi de toute manière, elles préféraient leurs amies aux noms bien clichés et aux faux ongles. Je n’aimais pas leur manière de passer pour des cruches alors qu’au fond si elles étaient toutes les deux à Serdaigle, ce n’était pas pour rien ! Tout ça pour plaire aux mecs et se faire des amies faciles, avoir la belle vie en somme. Ce n’était que du vent tout ça et je les laissais volontiers dans leur illusion tirée de film Hollywoodien.

Je ne les avais d’ailleurs pas trop croisées dans les couloirs du château, ou du moins j’évitais. Bien sûr j’avais vu Kathleen qui m’adressait des sourires de loin depuis la table des bleus et bronzes où elle partageait ses repas avec des gens aussi silencieux qu’elle. Alex et Caro, bras dessus-bras dessous, en train de rigoler avec des filles bien superficielles tout en laissant des regards papillonnant aux beaux garçons braves de Gryffondor. Laissez-moi rire ! Je préférais de loin mes fréquentations ! Serghei tout d’abord, mais je devais avouer que j’avais réussi à lier d’autres amitiés ! Même cette grosse brute de Taylor semblait apte à supporter ma compagnie même si il continuait de se la jouer en mode « Sale crevette dégage ! » je savais qu’il ne le pensait pas, il voulait juste jouer un rôle. Même la fille du train, India, était devenue une connaissance agréable. Il y avait également les filles de mon dortoir, mes voisines de classes… Oh et bien sûr Aaron ! C’était un garçon de mon âge qui était à Serdaigle et que j’avais rencontré le premier jour. J’avais toujours beaucoup de mal à le cerner mais j’adorais lorsqu’il me parlait de Chicago ! Bien qu’en ce moment c’était un sujet qu’il évitait de plus en plus sans que réussisse à comprendre pourquoi : sûrement cela lui manquait-il !

Marchant dans les couloirs, je me dirigeais vers la grande salle pour aller prendre mon déjeuner. Je sortais de mon cours de Défense contre les forces du mal et je ne cessais de me répéter mentalement les sortilèges les plus pratiques pour faire fuir quelqu’un qui nous voulait du mal mais qui n’était pas trop dangereux. Par exemple, il y avait le maléfice du Chauvefurie, très très pratique ! J’avais lu comment l’utiliser mais je ne m’y étais pas encore essayer cependant j’avais hâte de voir le résultat parce que ça promettait ! Une mini armée de chauve-souris enragée pour vous défendre des mauvaises personnes, si seulement j’avais su ce sortilège pour me défendre face à Damien ! Oui, ce Serdaigle qui m’avait menacé pour avoir mon devoir que je refusais de lui donner, m’enfin dieu merci Taylor était intervenu. Même si il n’avait pas été une partie de plaisir par la suite. Bref, sac sur l’épaule je marchais joyeusement en pensant à Aaron : Taylor venait aussi d’Amérique et je voulais lui en parler. D’ailleurs, j’entendis le son de sa voix au loin dans le couloir et j’eus un sourire en pressant le pas : chouette, il était dans les parages ! Enfin chouette…

- Parle pas de ma mère putain !

Je sentis mon visage se décomposer tandis que le Serdaigle administrait une bonne droite à un mec en face qui me semblait être un Gryffondor de notre niveau. Sans réfléchir je fendis la foule qui s’était formée autour d’eux et j’attrapais le bras d’Aaron avant qu’il ne recommence et le tirais derrière en laissant un regard noir à lui et à l’autre. C’était quoi ce bordel ?

- Oh oh, Monsieur se fait sauver par une fille ! Lança le Gryffondor en se raillant du garçon.

Furieuse par sa remarque et par l’attitude d’Aaron, je sortis ma baguette et sans réfléchir, je lançais le maléfice de Chauvefurie… Qui réussit à merveille. Le garçon prit la fuite et la foule autour de nous s’écarta en pagaille en criant. Réalisant que je tenais toujours le bras du Serdaigle, je le lâchai et lui lançai complétement abasourdie.

- Mais pourquoi t’as fait ça ?

Je lui lançai un regard d’incompréhension. Enfin quoi, ce n’était pas son genre d’être violent, lui qui était si bien élevé ! Je doutais qu’on lui ai appris à frapper aussi fort dans sa villa au nord de Chicago !

- La violence ça résout rien, tu le sais en plus ! Dis-je d’un ton un peu accusateur. Puis, me radoucissant. Tu as mal quelque part ?





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Aaron Marshall
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MessageSujet: Re: "White Lies." [A.]   Sam 14 Juil - 19:28

C'était en me levant ce matin qu'un mal de crâne me prit d'un coup. Tout en grognant, je me rassis sur le bord du lit, la tête entre les mains. J'entendis les autres garçons du dortoir se réveiller les uns après les autres, toujours embués dans leur sommeil, ne faisant pas attention à ma douleur. Je soufflai un bon coup et me passa le visage sous l'eau froide, mais le mal persistait encore. Cela ne m'arrivait jamais d'habitude, j'avais peut-être attrapé une petite bêtise dans un couloir mal chauffé de Poudlard. A vrai dire, j'avais très peu l'habitude de l'humidité de Poudlard, surtout pour un mois comme celui-ci. D'habitude, à Chicago, on commençait déjà à enlever quelques couches de vêtements, se protégeant seulement du vent, mais ici en Ecosse, c'était autre chose. Tout en ouvrant mon armoire, je réalisais que j'avais peut-être bien la garde-robe la plus mince de tout le dortoir. Au fond, j'étais un peu envieux. Moi aussi j'aurais voulu que ma mère m'achète de nouvelles chaussures pour la rentrée, ou me payes souvent un rendez-vous chez le coiffeur, même pour couper quelques centimètres de cheveux. Je n'avais qu'une mince valise, remplie de souvenirs surtout, plutôt que de vêtements. J'avais déjà perdu pas mal de mes affaires déjà à cause de cette sale pimbêche que j'avais rencontré dans les escaliers l'autre jour. D'un coup de pied, elle avait fait tout envoyé balader. Je n'avais pas encore réussi à tout récupérer, mais au final, je n'y prêtait pas tellement d'importance, j'avais toujours un voisin qui voulait bien partager son livre avec moi.

L'école de mon quartier à Chicago était tellement différente. Déjà, elle était minuscule comparée à Poudlard. Et puis il n'y avait vraiment d'élèves assidus dans mon ghetto. En général, les parents les plaçaient là pour ne pas avoir à les garder la journée, quand tout le monde travaillait à l'usine ou au centre des affaires. On y trouvait un peu de tous les âges, j'avais déjà été avec un garçon de quinze ans et un autre de huit ans. Mais ça ne dérangeait personne vraiment, les enseignants étaient rares, tout le monde préférait les endroits plus riches, plus recommandés. Mais malgré les rumeurs et tous les dires, j'avais passé beaucoup de bon temps là-bas. Les gens étaient gentils avec nous, et on apprenait quand même beaucoup de choses. Je me souviens que cela avait beaucoup touché Junior, mon meilleur ami, qu'on s'occupe de lui comme cela. Il me disait souvent qu'il se voyait bien à la place du professeur, en train d'apprendre aux enfants à écrire, compter et lire. Nous on savait très bien ce que c'était les analphabètes, on en connaissait pas mal, et ils finissaient pas forcément tous fleuristes. C'était ça ce que j'aimais chez Junior, même à onze ans, ils se rendaient compte de pas mal de choses que certains voyaient pas forcément.

Une tape sur l'épaule me réveilla. J'avais fini par oublier que j'étais en cours de Métamorphose, la matière que je finissais par détester de plus en plus. Je me retournais, Kelsey me jeta un sourire hypocrite et je sentais que j'avais intérêt à travailler sinon j'étais bon pour une retenue. Je replongeai sur ma feuille de notes, presque vide et jetai un œil sur celle de mon voisin. Derechef je me mis à tout recopier, tout d'un coup un peu stressé de m'être assoupi pendant tout ce temps et d'avoir raté la leçon.
Je pensais à Junior, maintenant que j'étais à Poudlard je me demandais ce qu'il pensait de moi à présent. Étais-je resté le même à ses yeux ? Je me souvenais qu'il avait vraiment mal pris le fait que je parte aussi loin, surtout dans une école comme Poudlard. Évidemment, je n'avais pas eu le droit de tout lui dire, Robert et maman m'aurait engueulé. C'était grave d'avoir un garçon comme moi à la maison, enfin je comprenais pas trop. Junior m'en avait voulu que je lui en dise si peu, il savait que je lui cachais quelque chose. Ça m'avait fait du mal qu'il s'énerve comme ça, il m'avait à peine dit au revoir. J'espérais qu'on se revoit bientôt pour les vacances d'été et qu'il m'accueille chaleureusement. Je n'aurais plus qu'à trouver quelques mensonges et excuses pour faire passer ça un peu mieux, et on pourrait continuer à être amis et faire les cons dans le quartier, avec les grands, comme avant.

La cloche retentit au moment où je finissais de recopier ma dernière phrase. Je me dépêchai de sortir, mon mal de tête n'était toujours pas parti. J'avais l'impression que quelque chose tapait contre ma tête, à grands coup de marteau. Je chancelai un instant, puis reprit mes esprits. J'avais hâte d'aller manger, peut-être qu'après le déjeuner, je me sentirais mieux. Tandis que je descendais tranquillement les escaliers et je passai devant un groupe de petits bourgeois de Gryffondor à la raie sur le côté, bien peignée. Je sentais qu'il me voulait encore des problèmes et je passais devant sans faire trop attention à leurs ricanements. Arrivé à la dernière marche, je sentis une main accrocher mon sac et me retenir. Pas si surpris que ça, je m'apprêtais à me dégager pour parler droit dans les yeux à l'abruti qui s'amusait avec mon sac, mais ce dernier me poussa violemment du haut de l'avant-dernière marche des escaliers. Je m’écrasais lamentablement sur le sol, le poids de mon sac m'empêchant de me relever derechef. Le Gryffondor s'approcha de moi et tira sur ma cravate, tout en se moquant de moi :


- Bah alors Marshall, qu'est-ce qui t’arrive, tu tiens pas bien sur tes pieds ?

A terre, j'avais l'impression que ma tête allait exploser d'un moment à l'autre, j'en avais presque la nausée. Je sentais le rouge me monter aux joues, j'essayais de me dégager de l'emprise de mon sac, mais cet abruti de riche me retenait.
J’entendais les rires gras de ces comparses, tous plus stupides les uns que les autres.


- Me cherche pas Smith, marmonnai-je en serrant les dents.

Il me ricana à la figure, se permettant même de poser sa petite chaussure pleine de boue sur ma robe de sorcier.


- Qu'est-ce que ça peut te faire de toute façon Marshall ? Regardez moi cette robe ! Achetée d'occasion je parie hein ! Ta mère est pas capable de t'acheter de belles choses c'est ça ?

Je ne pus me contenir plus longtemps. Je me relevai comme un lion et lui sauta dessus, furieux. Je voulais réduire sa petite tête d'enfant gâté en bouillie, le décoiffer pour qu'il arrête avec ses airs supérieurs. Mais tout ça ne dura pas très longtemps, une main m'empoigna fermement le bras et je crus un instant qu'un professeur m'avait surpris. Je fus rejeté vers l'arrière, ne comprenant pas grand chose à ce qui se passait puis je vis un éclair et une dizaine de chauve-souris se diriger vers la tête de Smith. Je fis un pas en avant pour le rattraper et en finir avec lui, mais la fille qui avait lancé le sort se retourna, un air furieux et surpris peint sur le visage.

C'était Apple qui avait sorti sa baguette et avait lancé ce sort. Je soupirai, pourquoi est-ce qu'elle était toujours là dans les moments compliqués ? Je lançai un regard vers le plafond, profondément ennuyé qu'elle m'ait vu et surtout encore tremblant de colère à cause des remarques du Gryffondor.


- Mais pourquoi t’as fait ça ?

Mon mal de tête me faisait horriblement mal, j'avais l'impression d'entendre sa voix résonner dans mes oreilles, floue et lointaine. Je sentis sa main agripper mon bras et encore furieux, je me dégageai brutalement de cette étreinte.

- Lâche-moi ! Tu peux me dire ce que tu fais ici ? Je t'ai pas appelée à l'aide à ce que je sache !

Je titubai encore sous le choc de l'émotion, les mains tremblantes de rage. Je détestai qu'on s'en prenne à ma famille, cela ne m'était plus arrivé depuis longtemps. A Chicago, j'étais respecté, on avait pas le droit de dire des choses sur la famille des autres, c'était comme ça voilà. Mais ici, je me sentais persécuté, mis à nu. Je n'étais pas du même monde qu'eux.

- La violence ça résout rien, tu le sais en plus !

Je croisai son regard déçu, étonné de me voir comme cela. Je baissai les yeux, la culpabilité commençait à me ronger petit à petit. Je regardai mes vieilles chaussures sales, j'avais honte. J'avais dit à Apple que j'étais un p'tit gars du Nord, gentil comme tout, avec des beaux yeux bleus. Et là que voyait-elle ? Un sale gosse mal fringué qui se battait comme un forcené. J'avais tellement honte.
Je marchai vers la droite et m'assit contre le mur, en face de la Grande Salle. Je serrai mes genoux contre mon torse, mon visage qui se faisait pâle plongé à l'intérieur. Je n'osais pas regarder Apple, mais j'étais énervé contre elle. Je n'aimais pas qu'on se mêle de mes affaires, encore moins lorsque c'était une fille qui me protégeait.


-Tu as mal quelque part ? demanda-t-elle.

Je sentis Apple s’asseoir à mes côtés et cela m'agaça. J'avais envie d'être seul, mais je savais qu'Apple voulait savoir ce qui se passait.


- Non, répondis-je froidement.

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MessageSujet: Re: "White Lies." [A.]   Mer 18 Juil - 22:48

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♪ White Lies - Paolo Nutini



Qu’est-ce qui était passé par la tête d’Aaron ? C’était vraiment étrange mais surtout inattendu : je le trouvais habituellement du genre calme et bien élevé. J’avais rapidement compris qu’il marchait droit de par son éducation car même si il ne s’étendait pas dessus, la description de Chicago m’avait suffi. Il venait des quartiers aisés, le Nord, d’après ce qu’il m’avait dit et les recherches que j’avais faites. Oui, je m’intéressais à ça après tout alors après notre rencontre dans la bibliothèque, j’y été retourné et les photos du grand livre m’avaient suffis pour comprendre que le Serdaigle ne devait pas vivre dans la misère. Je me doutais donc par conséquence qu’il avait reçu une éducation dans le genre, les bonnes manières et tout le tralala. Et puis, il était toujours si calme et en retrait comme beaucoup de bleu et bronze d’ailleurs. Je n’allais pas le comparer à Serghei car lui était un cas unique, mais je retrouvais un peu de cette timidité touchante que je trouvais si douce. En tout cas, rien qui ne pouvait se rapprocher de près ou de loin avec quelqu’un de violent qui se battait dans les couloirs.

Je ne voulais pas jouer ma justicière masquée mais la violence était la chose qui m’insupportait le plus. Je trouvais ça totalement inutile et puérile, ce n’était rien de plus qu’une démonstration de force de la part des garçons du genre ‘j’ai trop de muscles mate moi ça, bim boum’ et moi, je trouvais ça stupide. Et puis, les mots pouvaient faire bien plus mal que les coups et je m’étonnais que peu ne l’ait remarqué. Mais au final, c’était peut-être mieux ainsi parce que ça évitait que l’on s’insulte tous mais là encore, il y avait des choses qui pouvaient blesser bien plus qu’une vulgaire injure. La langue était difficile à manier certes, mais les mots étaient nos plus fidèles alliés : persuasif, on pouvait leur faire dire n’importe quoi. Faire mal, mentir, rassurer, inventer… Il n’y avait strictement aucune limite à notre langage tandis que frapper quelqu’un finissait par devenir répétitif. En fait, je crois que c’était mieux que les garçons préfèrent les poings parce qu’au moins ça évitait qu’ils deviennent vraiment méchant. Et puis c’est bien connu, les mecs ça ne frappent pas les filles. Enfin, allez donc dire ça à ce demeuré de Damien qui m’avait menacé pour un devoir qu’il voulait me piquer. Dire que c’était un Serdaigle… J’en avais honte pour lui.

Mais revenons donc à nos moutons, ou plutôt nos aiglons dans le cas présent. Aaron se dégagea violemment et je restais légèrement hébétée, la main dans le vide. Bon aller, ce n’était pas le moment de faire des histoires. Après tout il venait de se disputer avec ce Gryffondor et il devait être sur les nerfs. De nature protectrice comme je l’étais, je préférais m’enquérir de son état mais malgré moi, je ne pus m’empêcher de lui reprocher sa conduite. C’était quoi le problème avec ce type qu’il venait de frapper ? Je ne le connaissais pas mais je pouvais assurer en un coup d’œil que c’était le genre frimeur et petit riche fier de l’être. Le genre un peu cliché de sa maison, je suis beau gosse et j’aime ça so what ? Je n’aimais pas trop ces garçons-là, c’est vrai. Ils ne me dérangeaient pas, car personne ne m’embêtait en général j’aimais tout le monde, sauf lorsqu’ils se croyaient supérieurs : le manque de respect m’horripilait. Du reste, ce n’était pas mes meilleurs amis car j’étais plutôt du genre à trainer avec des élèves plus calmes. Oui, j’étais une pile électrique qui attirait des opposés comme Aaron ou Serghei, voir Taylor. Mais lui, c’était une autre histoire.

- Lâche-moi ! Tu peux me dire ce que tu fais ici ? Je t'ai pas appelée à l'aide à ce que je sache !

La fierté masculine : un concept que je ne saisissais pas vraiment. Enfin, il y avait des manières plus gentilles pour me remercier de mon intervention tout de même. Mais non, il fallait que ça soit lui le super héros, le plus fort. Se faire sauver par une fille non mais vous imaginez la honte ? En plus par Apple, la fille qui fait genre 30 kilos toute mouillée ! Trop la honte. Pfff, lui vu sa carrure il pouvait bien parler ! Mais une fois encore je décidais d’être indulgente. Il était forcément sur les nerfs et malgré le fait que tout ça m’échappait, il ne devait pas apprécier qu’on me voit le secourir. Mais ne comptez pas sur moi pour regretter mon geste ! Parce qu’il n’était pas question que je laisse un ami à moi se bagarrer sous mes yeux : parce que si le Serdaigle menait la danse lorsque j’étais arrivée, qui sait comment tout ça aurait pu évoluer ! Je n’aimais pas qu’on touche aux personnes que j’aimais et c’était une règle d’or pour moi. A l’image de ma maison, je crois que je vous pouvais affirmer sans me vanter que j’étais une personne extrêmement loyale. D’ailleurs, ne me demandez pas d’où ça vient parce que ce n’est sûrement pas familiale…

Avec mes sœurs, je n’avais jamais vraiment été… Protégée. Kathleen, c’était le genre solitaire et silencieuse. Alexandra et Carolyn ? Le genre peste. Moi, j’étais la dernière, la petite toute seule qui avait donc décidé de se construire sans suivre le modèle génétique. J’avais ma mère bien entendu et elle s’occupait du mieux qu’elle pouvait de moi mais je ne pouvais pas la qualifier de loyale pour la simple et bonne raison qu’elle n’avait pas d’ami à Liverpool qu’elle pouvait aider. Oui, elle ne s’était pas bien intégrée et je ne l’avais jamais vu papoter avec les voisins ou inviter des collèges à boire le thé. Au final, j’étais la seule personne dans cette famille qui accordait une –peut être trop grande- importance à l’amitié. Alors encore une fois, tandis qu’Aaron venait d’être très malpoli avec moi, je ne fis aucun commentaire. Indulgence, patience. Je respirais un grand coup en m’asseyant à ses côtés contre un mur de la grande salle. Il semblait complétement paumé et je lui adressai un sourire timide : inutile car de toute manière, il regardait ses genoux. Scrogneugneu. Bon au moins j’espérais qu’il n’était pas blessé parce que sinon j’allais l’emmener directement à l’infirmerie. Ou le soigner moi-même mais ça allait vraiment plus risquer.

- Non.

Sa froideur me fit désenchanter très vite et je fronçai les sourcils étonnée et, je devais bien l’avouer, légèrement vexée. Je cherchais simplement à l’aider et voilà qu’il réagissait de la sorte. Je ne comprenais pas ce qui lui prenait et même si j’étais du genre compréhensive, j’avais mes limites.

- Tant mieux. Lui dis-je d’un ton enjoué.

Autant détendre l’atmosphère parce que je n’avais pas envie que l’on se dispute pour des conneries. Je voulais mettre sa mauvaise humeur sur le compte de sa bagarre et prétextai d’en avoir rien vu. Cependant, il avait intérêt à faire attention : si il continuait dans ce chemin il n’allait peut être pas aimé ce qu’il allait trouver. J’étais une petite fille très douce, mais quand je le voulais je pouvais mordre aussi et Taylor avait par exemple fait les frais de ma répartie qui quand je le désirais, pouvait ne pas être mauvaise.

- Il te voulait quoi ce débilos de Gryffondor ? J’espère que les chauves-souris l’ont décoiffés tiens, je suis sûre que ça va le bouleverser. Me moquai-je gentiment pour détendre l’atmosphère. En parlant de Gryffondor, tu connais un certain Taylor ? Il vient d’Amérique comme toi !

Je voyais cependant bien qu’Aaron était chiffonné. Il avait la tête sur ce genoux et fixai le néant dans un air qui ne me disait rien qui vaille. Qu’est-ce qu’il avait à la fin ?

- T’en fais une tête ! Allé je sais que ça a blessé ton égo masculin de te faire sauver par une crevette mais quand même ! Lui dis-je en riant et en lui tapant l’épaule –un de mes vieux tics.




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Aaron Marshall
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MessageSujet: Re: "White Lies." [A.]   Ven 20 Juil - 19:35

Je me sentais horriblement faible. Complètement inutile. J'aurais voulu hurler, me défouler encore et encore sur son petit visage d'ange parfait, qui a un papa gentil et une maman poule, logé, nourri, même blanchi, et riche surtout. Tout cela me faisait soupirer, les gens ne se rendaient donc pas compte de leur chance finalement. Pour moi les inégalités avaient toujours existés, j'en avais la preuve vivante : moi. Mais c'était pas pour être prétentieux, parce que des exemples il y en avait à la pelle ! Si on prenait l'exemple de certains voisins de Junior, qui habitaient l'immeuble d'à côté, les inégalités elles arrivaient comme un bon rhume. Fallait voir la petite chinoise, on l'appelait comme ça parce qu'elle parlait même pas anglais. On lui donnait facilement trente ans, peut-être un peu moins. D'après les rumeurs, sa famille l'avait reniée, elle avait voulu quitter son pays natal et avait opté pour Chicago. Mauvais choix, mais bon, comment elle aurait pu savoir la pauvre ? Et puis de toute façon, c'était pas la seule à vivre avec au moins un dollar par jour. Nous on était des gamins, tout maigres, bien robustes pourtant, on demandait rien, juste peut-être un peu d'attention. On avait pas tous des parents exemplaires et parfaits...

Des fois je m'interrogeais sur la vie des élèves de Poudlard. J'avais l'impression de me retrouver dans une ville moyenne, avec que des habitants mineurs. Parfois, je marchais et regardais un garçon ou une fille et je me demandais comment étaient ses parents, s'il avait un chien chez lui, ou un jardin. Je ne connaissais personne presque, je considérais Apple comme une vague connaissance, et puis c'était une fille. Je n'aimais pas trop les filles, elles étaient trop bizarres et compliquées pour moi, je préférais m'amuser. Le problème c'est que les garçons du collège étaient hautains et me prenaient de haut. Quand je parlais d'inégalité, ça marchait partout au fond, même quand on avait presque douze ans. J'en voulais à personne, je pense que j'étais sympathique en vrai. Et puis du moment qu'on m'ennuyait pas, c'était tout ce qui m'importait. Enfin, je ne disais rien pour un peu d'aide en métamorphose.


- Tant mieux.

Apple était toujours là. Mon mal de tête aussi d'ailleurs. Je respirais fort, contrôlant mes nerfs. Je savais que si je m'énervais contre Apple, elle m'en voudrait. Déjà que je lui mentais ouvertement sur ma situation, je supposais qu'elle n'avait pas besoin d'être encore plus déçue de mon comportement.

- Il te voulait quoi ce débilos de Gryffondor ? J’espère que les chauves-souris l’ont décoiffés tiens, je suis sûre que ça va le bouleverser, dit-elle, sarcastique.

Je souris légèrement en repensant à la tête qu'avait tiré le Gryffondor quand il avait vu les chauves-souris voler vers lui et l'attaquer sauvagement. Apple devait être bonne en classe, vu le niveau de ce sort en tout cas. Moi aussi j'aimerais bien être aussi à l'aise avec ma baguette magique, mais je ne me voyais pas la brandir brutalement, fier comme un lion devant un adversaire. J'avais plus confiance avec mes poings et mes pieds.


- En parlant de Gryffondor, tu connais un certain Taylor ? Il vient d’Amérique comme toi !

- Je suis pas tellement proche des Gryffondor si tu vois ce que je veux dire, répondis-je, le regard dans le vide, un petit ton faussement enjoué. Je ne suis proche de personne de toute façon...

Je regrettai tout de suite d'avoir dit ça. Apple me considérait peut-être comme un de ses copains ? Je soupirai, je parlais vraiment TROP parfois. J'espérais qu'elle ne le prenne pas mal, manquait plus qu'elle aussi me crie dessus, j'étais bon pour passer toute ma scolarité seul et détesté.

- T’en fais une tête ! Allé je sais que ça a blessé ton égo masculin de te faire sauver par une crevette mais quand même !

Je la regardais étrangement. Elle exagérait pas un peu ? Moi, fier ? Elle racontait n'importe quoi, je n'avais pas besoin de son aide, c'était juste ça ! Qu'elle prétentieuse !

- Un grand merci à vous, Apple Sofia Grace de m'avoir sauvé des griffes de ce débilos, fis-je, d'un ton un peu hypocrite, histoire de chercher Apple.

Je la poussai gentiment, pour l'embêter, un sourire aux lèvres. Je n'avais pas très bien maîtrisé ma force, mais n'y fis pas attention sur le moment, mon mal de tête reprenant le dessus. Grognant de douleur, je remis ma tête entre mes genoux, me massant le crâne. Rouge comme une tomate, je commençais à transpirer à grosse goutte sous ma robe de sorcier. J'espérais ne pas couver quelque chose, moi qui détestait être malade. Essayant de ne pas porter l'attention sur moi, je me tournai vers la petite fille à ma gauche, lui demandant :


- Pourquoi tu m'as aidé au juste ?

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MessageSujet: Re: "White Lies." [A.]   Dim 22 Juil - 23:43

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J’espérais qu’aborder Taylor mettrait Aaron de meilleure humeur. Parce que cela avait un lien direct avec l’Amérique et après tout c’était tout de même son pays d’origine et donc un bon souvenir non ? Moi, même si la Suède me manquait, j’adorais en parler. Ou que l’on me pose des questions. Et puis le Serdaigle semblait toujours très emballé en parlant de Chicago… Du moins ce fut ainsi lors de notre première rencontre. Par la suite, j’avais tenté d’aborder le sujet plusieurs fois sans grand succès. Il n’avait pas l’air d’être du genre à beaucoup parler de lui mais surtout de sa vie. J’ignorais tout de sa famille, du métier de ses parents… J’imaginais déjà un haut poste dans le gouvernement ou un truc à la bourse. Parce que s’il habitait dans l’une des villas que j’avais vues en photo dans le livre, ce mec devait vraiment avoir des parents pleins aux as ! Je ne pouvais pas dire que j’étais du genre jalouse mais cependant j’avoue que j’aurais bien voulu avoir autant d’argent. Parce que si ça avait le cas, on serrait rester sagement en Suède et je n’aurais jamais connu ma chambre humide de banlieue où de par la fenêtre, je ne voyais que les nuages gris. Sûrement qu’Aaron ressentait pareil pour ici… Et puis passer d’une grande baraque à un château comme Poudlard, cela devait faire bizarre. Ici, il n’y avait pas de nouvelles technologiques super hype et bien cher ! Aller, je sentais que parler de son pays allait le détendre et Taylor était le parfait moyen pour introduire le sujet… Du moins je le croyais.

- Je suis pas tellement proche des Gryffondor si tu vois ce que je veux dire,. Je ne suis proche de personne de toute façon...

Ah. D’accord. Je sentis tout à coup un poids dans ma poitrine. J’avais l’impression que quelqu’un venait d’appuyer sur le bouton off de ma bonne humeur et je me renfrognais légèrement. Bon, je l’avouais : je ne pouvais pas dire que c’était mon meilleur ami certes. Mais j’aurais utilisé le mot ami les yeux fermés, avant évidemment qu’il ne balance cette phrase. C’était tout moi ça. J’aimais les gens plus que eux ne le faisaient… Et je venais encore de me prendre une petite baffe dans la figure. Après tout c’est vrai que je n’étais que la fille avec qui il déjeunait parfois, lui faisait un petit salut à l’américaine presque tous les matins ou même faisait ses devoirs avec. Rien de très important n’est-ce pas ?

- Si tu le dis…. Commentai-je légèrement abasourdie, ma voix se faisant presque lointaine.

Je m’écartai de lui presque sans le remarquer, le regardant un peu différemment désormais. Si c’était ainsi qu’il le prenait ! Mais je remarquais malgré moi qu’il n’avait pas l’air en forme : ses joues étaient légèrement rouges et il tremblait presque. Sûrement était-il malade ! Voilà ce qui expliquait sa mauvaise humeur. Je n’avais donc pas à être énervée contre lui, ce n’était pas de sa faute. C’était souvent ce que me disait ma mère quand mes sœurs avaient leurs « cadeaux de Dame Nature » comme disait Alex. Je n’avais pas le droit de leur reprocher quoi que ce soit sinon, c’était limite si elles ne pleuraient pas un tsunami dans la baraque. Être une fille parfois, c’était chiant ! En tout cas, Maman m’avait bien dis que lorsque l’on était indisposé ou simplement malade, il se pouvait que l’on réagisse mal sans le vouloir. Ceci expliquait cela ! J’eus presque un sourire triomphante et décidai de le charrier sur sa fierté masculine pour détendre l’atmosphère.

- Un grand merci à vous, Apple Sofia Grace de m'avoir sauvé des griffes de ce débilos.

Comme si cela ne suffisait pas, Aaron me poussa légèrement comme pour me taquiner… Mais cela me propulsa presque contre le mur. Il ne pouvait pas faire attention ?... ! Et puis d’abord, c’était quoi ce ton hypocrite ? Etonnement, j’eus l’impression d’entendre Taylor et pourtant croyez-moi outre leur pays, rien ne rapprochait les deux garçons. Ou du moins, je le croyais. Pourquoi m’avait-il appelé par mon prénom entier ? Je m’étais présenté à lui de la sorte certes, mais pour rire. Et je pensais que s’il avait un jour à s’en resservir, cela serait également pour plaisanter. D’habitude, j’aurais été touchée qu’il s’en souvienne mais là c’était autre chose. Je n’aimais pas la tournure que prenait cette conversation parce que je ne reconnaissais plus mon ami, si je pouvais l’appeler ainsi. Car oui, il venait quand même de dire que lui n’était proche de personne ici. Je voulais mettre ça sous le coup de sa santé visiblement défaillante aujourd’hui mais malgré tout, j’étais vexée. Mais si il ne me considérait pas comme une amie, ce n’était qu’une question de temps décidai-je.

- De rien Monsieur Marshall, à vot’ service ! Répliquai-je dans un rire.

Mais bizarrement, il sonnait presque faux. Et Aaron n’avait aucune réaction positive, au contraire il semblait aller de pire en pire. Il se tourna vers moi, le visage blême et tremblant.

- Pourquoi tu m'as aidé au juste ?

Sur le coup de la surprise, j’éclatais de rire. Mais c’était quoi cette question ?! Il pensait vraiment que j’allais le laisser se battre et risquer de se faire blesser sans intervenir ? De toute évidence ce type ne connaissait pas les valeurs des petites belettes. Je soupirais un peu malgré moi parce que ça me décevait un peu qu’il cherche une raison à mon geste. Cela me rappelait mon débat sur l’entraide avec Taylor et j’étais attristée de voir que le Gryffondor n’était pas le seul à penser qu’elle n’existait pas. Maintenant, même Aaron s’y mettait !

- Parce que tu es… Mon ami. Enfin, j’t’aime bien quoi j’avais pas envie qu’on te fasse du mal.

J’avais répondu ça un peu bêtement, presque gênée. C’était nul parce que j’avais l’impression que je venais de balancer ça alors que je savais que les sentiments que j’entretenais à son égard, il n’y avait pas d’équivalence chez lui. Mais encore une fois je me décidais d’être indulgente, même si je commençais doucement à perdre patience. Ce n’avait jamais été mon fort et lorsqu’une personne à qui je tenais commencer à jouer à ce genre de jeu, je ne tenais pas longtemps avant d’exploser. A bon entendeur !

- Et puis t’as appris où à te défendre hein ? Moi j’ai vécue dans la banlieue attention ! Plaisantai-je en agitant mes poings dans l’air. C’est plus brutal que le Nord de Chicago !





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MessageSujet: Re: "White Lies." [A.]   Mar 7 Aoû - 13:33

Je réfléchissais soudain à ce qui me poussait à agir de cette manière en la présence d'Apple. C'est vrai après tout, elle était très gentille avec moi, elle venait à la table des Serdaigle souvent pour qu'on mange ensemble et puis on partageait quelques cours parfois, c'était une fille intelligente Apple. Et puis je la trouvais très belle, parce que par chez moi ça n'existait pas les blondes aux yeux bleus, mais les filles c'était vraiment un domaine que je ne connaissais pas bien et tout en Apple me faisait peur au fond. Ce n'était pas comme les filles de Chicago, sûres d'elles, on les appelaient des « filles faciles » pour la plupart ou alors elles ne sortaient même pas de chez elles. Je n'aimais pas tellement me trouver en la présence de filles, elles étaient bizarres et puis elles rigolaient tout le temps. Malheureusement je ne m'étais pas encore fait de copains à Poudlard, parce que la plupart des garçons me cherchaient des noises ou me snobaient. J'étais quelqu'un de discret, un peu dans l'ombre, mais au fond je ne pensais pas être quelqu'un de malveillant. Enfin... Excepté le fait que je mentais ouvertement à Apple sur ma propre vie, elle avait le pouvoir de me désarçonner, je n'arrivais pas à la regarder dans les yeux quand elle me posait des questions sur Chicago ou me parlait de l'Amérique. Heureusement qu'elle était trop naïve pour s'en rendre compte parce que cette situation me faisait mal à la poitrine, je regrettais de lui mentir mais le mal était fait. Il n'y avait pas un jour où je n'y pensais pas, cela me rongeait de lui crier à la figure que je n'étais pas celui qu'elle pensait et qu'elle avait pas le droit de ne pas m'aimer pour ça, mais j'étais trop timide pour lui avouer. C'était bien plus facile de lui mentir, je préférais choisir la facilité, quitte à devenir lâche...

- Si tu le dis….

Son ton s'était légèrement refroidit, comme si elle était vexée. J'avais dit quelque chose de mal ? Je soupirais ouvertement, tout était compliquée avec elle ! Comment lui parler normalement sans la blesser à chaque fois ? Je ne comprenais plus rien, et cette situation commençait sérieusement à me peser. Apple était une fille, et cela m'énervait parfois.

- De rien Monsieur Marshall, à vot’ service !

Voilà maintenant qu'elle se mettait à rire ! Je voyais bien que dans sa tête Apple me trouvait étrange. Les mains coincées sur mon visage, je sentais que ma tête allait exploser, mon cœur battait aussi parce qu'elle était gentille avec moi et que j'allais lui faire du mal et je savais qu'elle ne me parlerait plus. Au fond je savais que ce n'était pas grave, peut-être qu'elle me pardonnerait, mais je me mentais à moi-même parce que je savais qu'Apple était une fille juste et honnête et qu'il n'y avait pas plus horrible pour elle que le mensonge et la lâcheté.

- Parce que tu es… commença-t-elle, puis elle se ravisa, ce qui avait le don de m'énerver. Juste en cet instant, j'avais besoin de clarté, mon esprit était complètement embrouillé. Je n'avais pas envie de sermon et d'autres trucs maternels qui me dirait que frapper quelqu'un c'était pas bien, j'avais été éduqué comme cela, c'était ma seule défense face à cette nouvelle vie, ce nouveau monde. Je lui jetai un regard froid, je ne savais pas pourquoi je me sentais triste et en colère, mais j'avais envie de m'énerver et comme par hasard, c'était sur Apple que tout retomberait...

- Enfin, j’t’aime bien quoi j’avais pas envie qu’on te fasse du mal.

Je me levais subitement, puis je regardais Apple dans les yeux. J'étais heureux qu'elle m'aime bien, mais j'avais envie d'être méchant pour aucune raison. Je regardais ses beaux yeux bleus qui me rassuraient, mais je me refusais de ressentir ce genre d'émotion pour une fille. Poudlard n'était pas ma maison, elle ne le serait jamais, c'était comme ça.

- Bah si tu m'aimes bien tu devrais savoir que j'ai pas besoin de ton aide ! répliquai-je du tac au tac, l'air renfrogné.

Je la dévisageais, elle avait l'air perdue, abasourdie que je lui crie dessus en plein couloir. Je me sentais fier parce que ça lui en bouchait un coin.


- Et puis arrête de me regarder comme ça ! Avec tes yeux bleus, et puis tes cheveux blonds là...

Je me rendais compte que je ce que je disais n'avait aucun rapport avec ce qui se passait. Je me mettais à lui parler de ses cheveux qui avaient l'air doux et qui sentaient bon et ses yeux que j'aimais bien, mais ça c'était hors de question qu'elle le sache. De toute façon, les filles c'était trop bête.

- Et puis t’as appris où à te défendre hein ? Moi j’ai vécue dans la banlieue attention ! dit-elle le sourire aux lèvres. C’est plus brutal que le Nord de Chicago !

Je fronçai les sourcils, une boule dans ma gorge venait de se former. Je me sentais piqué au vif, presque vexé qu'elle puisse rire de ce que vivait chaque jour de ma vie, mais je me rendais compte qu'elle n'était pas supposée être au courant. Tout ça me tuait, mais je ne devais rien dire. Alors je me mordis l'intérieur de la bouche pour ne pas m'emporter et lui révéler au grand jour ce qui pourrait la faire me détester. Je n'osais pas me le dire, mais l'amitié d'Apple m'était importante.
Je levais la tête vers elle, les yeux un peu embués par de légères larmes qui venaient de ma culpabilité et de mon affreux mal de tête. Tout en en continuant de la toiser, je lui dis d'un ton dédaigneux :


- Tu comprends vraiment rien hein...

Et j'hésitais à tourner les talons...

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MessageSujet: Re: "White Lies." [A.]   Sam 25 Aoû - 2:01

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J’essayais de garder le sourire aux lèvres et de prendre tout ce qui était en train de se passer à la rigolade. Aaron était probablement de mauvaise humeur, ce qui expliquait son attitude étrange non ? C’est vrai qu’il n’avait pas l’air en forme en plus. Assis contre le mur, il appuyait son visage tantôt sur ses genoux, tantôt dans ses paumes. Il avait les joues rouges et il semblait avoir chaud, bien que les couloirs de Poudlard ne soient pas les lieus les mieux chauffés d’Ecosse. Je fronçais les sourcils, hésitante. Devais-je lui demander s’il allait bien ? Il prenait déjà mal le fait que je sois intervenue dans sa bagarre et voulait se la jouer « Je suis le plus fort » alors je doutais que me préoccuper de sa santé soit une bonne chose. C’était étrange de raisonner ainsi. J’veux dire, j’avais toujours été triste de voir mes sœurs vivre dans leurs coins sans trop se soucier de moi. Idem pour mon père. Ma mère elle, avait un tas d’amour à revendre. Mais elle n’avait pas vraiment le temps de le donner. Je n’allais pas dire que j’avais été en manque d’affection bien entendu, parce que je l’avais trouvé ailleurs. Dans Serghei, dans mes copines de classes, mes voisins. Honnêtement je crois que j’étais un peu la bonne copine dans tout le monde dans le quartier, je plaisais bien aux gens. Alors en retour, je leur donnais mon attention. C’était une relation à double sens, en général.

Je concevais ainsi l’amitié personnellement. C’était quelque chose de réciproque où les personnes concernées se donnaient sans demander, mais recevaient toujours. J’adorais m’occuper des autres et à la fois, me sentir en confiance. C’était exactement comment je me sentais avec Serghei, et c’était génial de voir que l’on était aimé pour qui nous étions. Oh bien sûr, je savais que j’idéalisais un peu. La preuve se faisait encore une fois avec Aaron. Si je paraissais toujours heureuse, je n’étais pas naïve. Les gens n’étaient pas tous des bisounours et le monde n’était pas une planète peuplée de poney et d’arc-en-ciel. Mais alors, dans ce genre de moment, je traçais ma route. Ma mère m’avait toujours décrite ainsi : je faisais ma vie comme je l’attendais, je donnais tout mon amour à ceux qui le désirait et les autres, je ne m’en préoccupais pas. Je crois qu’au fond, elle avait bien raison. Je n’étais pas une Poufsouffle pour rien : l’amitié et la loyauté étaient des valeurs essentielles à mes yeux. Alors, si mon entourage venait à le bafouer… Eh bien, je n’appréciais pas. Et je pouvais le faire savoir, et pas toujours d’une manière agréable. Alors je regardais Aaron, méfiante. Pourrais-je m’être trompé sur son compte ? Je tentais une dernière fois de lui dire que je l’aimais bien, mais sa réaction fût totalement déroutante.


- Bah si tu m'aimes bien tu devrais savoir que j'ai pas besoin de ton aide !

Il s’était levé et m’avait littéralement crié dessus. Je restais appuyée contre le mur, assise, les yeux grands ouverts. J’assimilais lentement ce qu’il venait de me jeter à la figure et malgré moi, je sentis mes sourcils s’arquer et ma bouche se tordre en une moue étonné. Est-ce qu’il avait pris un truc ce matin, j’sais pas, il était ivre ou quoi ? Non mais en plus, le délire n’était pas fini…

- Et puis arrête de me regarder comme ça ! Avec tes yeux bleus, et puis tes cheveux blonds là...

…Hein ? Non mais là, ce n’était pas possible, ce mec était dingue. J’avais toujours trouvé qu’il l’était de toute manière. C’était des énigmes, ils ne tournaient pas rond honnêtement. Sauf Serghei. Enfin lui fonctionnait différemment de tous les enfants que j’avais rencontré de ma vie, mais il était intelligent et c’était pour ça. Il avait sa vision cadré, scientifique et tellement intéressante, et ça le rendait unique. Mais dans le bon sens. Là, entre Aaron et Taylor, je commençais sérieusement à perdre patience avec la gente masculine. Qu’est-ce que mes cheveux venaient faire dans cette histoire, honnêtement ? Enfin quoi, il n’était quand même pas jaloux de mes cheveux, si ? Cette idée manqua de me faire éclater de rire. Sauf que la situation n’était pas si drôle que ça. Je commençais vraiment à avoir l’impression qu’Aaron me reprochait quelque chose, qu’il m’en voulait presque. Qu’est-ce qu’il pouvait bien avoir contre moi ce matin hein ? Je sentais mes articulations se contracter douloureusement et finalement, je me mis à murmurer :

- Mais qu’est-ce qui te prend aujourd’hui !...

Je laissais ma voix en suspens, regardant presque mes pieds. Je n’aimais pas les conflits, mais j’avais l’impression qu’Aaron le cherchait. Et dans ce cas, il risquait à mon grand désespoir, de le trouver. Je tentais une dernière blague sur ses capacités à se défendre, espérant que cette fois-ci, il retrouverait le sourire. C’était ma dernière carte. Et elle échoua lamentablement. Le Serdaigle changea d’expression pour en prendre une hautaine que je ne lui connaissais pas. Et elle ne lui correspondait pas. Je détestais ce regard, je détestais qu’on me prenne de haut. C’était pour moi la pire des choses, car elle traduisait un manque de respect certains qui me révoltait car pour moi, il avait été toujours crucial de traiter les autres à leur juste valeur. Se croire supérieur était pour moi l’une des pires choses qu’il soit.

- Tu comprends vraiment rien hein...

Son ton dédaigneux acheva mon fond de patience et avant qu’il n’eut le ton de tourner les talons, je me bondis sur mes pieds comme si j’étais montée sur des ressorts. Je fis face à Aaron sans ciller, nos visages proches. Et même s’il était plus grand que moi, vous me direz c’était pas dur, je ne me sentais pas impressionnée.

- Mais à quoi tu joues là ?! C’est toi qui comprend rien, pourquoi tu fais les gros durs hein ? Eh ben si tu penses que tu n’as personne sur qui compter ici, et que tu peux te débrouiller seul, d’accord compte sur moi pour te laisser cette liberté ! Et prend pas la peine de tourner les talons, c’est moi qui me casse la première. Achevai-je méchamment.

Mes yeux me piquaient de larme de colère que je ravalais par fierté. J’avais envie de le gifler, mais je me contentai et décidais simplement de me barrer sans entendre plus longtemps sa réponse. Une chose était sûre, maintenant Aaron allait enfin avoir la paix dont il rêvait. Parce qu’il ne fallait plus compter sur moi. Alors que j'arrivais au bout du couloir, je me retournais.

- T'es vraiment trop con! Lançai une dernière fois.

Parce que si il avait fait un peu plus attention, il aurait peut-être pu voir que moi, je tenais à lui.





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MessageSujet: Re: "White Lies." [A.]   Mar 4 Sep - 12:39

A en juger par la tête qu'elle tirait, je m'étais très mal comporté avec Apple. Non, en fait j'avais été exécrable et je commençais sérieusement à le regretter parce qu'au fond je ne ressemblais en aucun cas à ce genre de personne. Je ne faisais pas de mal aux gens que j'estimais, c'est ce que l'on m'avait appris, là-bas, chez moi. Soudain, je me m'étais à repenser à notre première rencontre. J'étais triste et elle avait quand même pris la peine de m'adresser la parole. On avait longuement discuté et en y repensant, je savais que ça m'avait fait du bien de parler de mon univers – ou du moins, mentir sur ma propre vie. Apple m'avait souri, on avait rigolé aussi et je lui avais appris mon petit salut d'un simple claquement de main. Au fond, pour moi cela signifiait pas mal de choses de se tenir la main (de toutes les manières possibles), je savais que je pouvais compter sur elle.
Parce qu'en réfléchissant, ce jour-là dans la bibliothèque, Apple aurait très bien pu m'ignorer et s’asseoir un peu plus loin, sans que nous nous voyons l'un l'autre. J'aurais continué à me morfondre tout seul dans mon coin, et elle peut-être qu'elle aurait engagé la discussion avec un autre petit garçon de onze ans. Et sans ça, je me serais battu avec l'autre Smith et personne ne serait venu me défendre, ça se trouve j'aurais même eu une heure de colle à cause de ça. Après mûre réflexion, je me disais maintenant qu'Apple avait voulu bien faire en lançant le sortilège à la tête de Smith, me défendre et tout ça. Mais moi, j'avais été trop impulsif et trop bête.

Son regard semblait perdu, je voyais bien qu'elle ne comprenait plus rien et moi non plus d'ailleurs. Je ne m'étais jamais conduit comme ça, enfin avec une fille quoi. A Chicago, les filles elles allaient voir les grands et les fillettes de mon âge s'aventuraient trop loin dans le quartier. On les voyait parfois à l'école, parce que Junior et moi avions cette chance de pouvoir intégrer l'école primaire du bled, nos parents nous le répétait sans cesse et au fond j'avoue que c'était une chance – fallait regarder la mère de Fajah et de son frère Akil (ouais des afro-américains chelous qui faisaient le ramadan), fallait voir le niveau d'éducation entre la mère qui parlait pas un mot d'anglais et Akil à douze ans qui savait à peine lire. Ma mère trouvait ça affligeant, d'ailleurs c'était drôle que ma mère se soucie un peu de ce qui m'entourait, peut-être parce qu'elle avait pas envie que je devienne comme elle, et surtout parce que c'était la commère du coin. Junior et moi on l'avait bien compris et même si parfois on faisait les cons, mademoiselle Sullivan on l'aimait bien nous, parce qu'après nous avoir gueulé dessus, elle était quand même gentille de nous offrir le goûter à la fin des cours. Être le chouchou de la classe ça payait.

Tout avait changé maintenant, parce que j'étais un sorcier et que je ne reverrais peut-être plus jamais de la même manière les choses que je regardais avec plein d'étoiles dans les yeux. Poudlard m'avait fait un peu évoluer et puis maintenant je côtoyais les riches d'un peu trop près, c'était flippant. Je n'avais presque pas de copains, à part peut-être Apple, mais là elle s'était levée et semblait très énervée...


- Mais à quoi tu joues là ?! A rien. C’est toi qui comprend rien, pourquoi tu fais les gros durs hein ? Mais non... Eh ben si tu penses que tu n’as personne sur qui compter ici, et que tu peux te débrouiller seul, d’accord compte sur moi pour te laisser cette liberté ! J'voulais pas dire ça, tu sais bien... Et prend pas la peine de tourner les talons, c’est moi qui me casse la première. C'est ça, casse-toi.

Elle m'avait hurlé à la figure, comme moi je lui avais fait et j'avoue que ce n'était pas forcément agréable. Je la regardais avec un visage neutre comme du marbre, dans ses yeux brillants de fureur.
Puis elle se tourna, tremblante de rage et s'en alla d'un pas décidé. Je restais là, un peu bête au milieu du couloir, droit comme un piquet.


- T'es vraiment trop con! fit-elle une dernière fois à mon égard avant de disparaître définitivement.

Quelle chieuse ! Je grognai de rage, furieux de m'être comporté de la sorte et frappa mon sac avec mon pied de toutes mes forces. Puis je m'assis à nouveau contre le mur, le front brûlant et enfoui ma tête dans mes bras en donnant un coup de poing dans le sol pour me défouler à nouveau. Pourquoi tout était si compliqué ?


END.

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