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Dies Irae (FINI)

 

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 Dies Irae (FINI)

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Scott McBeth
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MessageSujet: Dies Irae (FINI)   Dim 17 Juin - 22:43

« Jour de colère, ce jour
réduira le monde en poussière »

-
« Je n'ai pas dormi.
Entre l'exécution d'une chose terrible et la conception première, tout l'interim est une vision fantastique, un rêve hideux. Le génie et ses instruments mortels tiennent alors conseil, et la nature humaine est comme un petit royaume troublé par les ferments d'une insurrection. »


William Shakespeare, Jules César, acte II, scène 1



La tour de Serdaigle était la plus haute du château et le dortoir que je partageais avec Stephen et les autres garçons de notre année était orienté plein est. A cette époque de l'année, en général, le soleil était déjà levé lorsque nos réveils sonnaient et nous tiraient des bras de Morphée... Mais ce jour-là, j'étais aux premières loges pour le voir poindre à l'horizon. Je n'avais pas pu dormir; quelque part, j'avais l'impression d'être revenu à la semaine qui avait suivi ma rupture avec Taylord. Seulement cette fois, je ne me sentais pas épuisé après ma nuit blanche. Je n'avais pas ressenti le besoin d'aller prendre l'air, ni de me retourner dans tous les sens sous les draps pour trouver une position plus confortable. J'étais monté avec Stephen après le repas, j'avais tiré les rideaux de mon lit pour me couper des bruits que faisaient mes camarades en se préparant pour la nuit, je m'étais couché et, dès lors, je n'avais plus bougé. Plongé dans la contemplation du plafond, je respirai lentement, trop silencieusement pour qu'on puisse le confondre avec le souffle paisible du sommeil.

J'avais été ainsi toute la soirée, et si Stephen s'en était étonné il n'avait fait aucun commentaire... ce qui n'était pas surprenant, après tout nos rapports s'étaient considérablement refroidis depuis l'accident avec le Veritaserum. Malgré tout, son manque de réaction m'avait peiné - il n'avait donc rien retenu de notre dispute ? Même si j'avais eu la confirmation de son mépris envers moi, le voir s'exprimer en direct, sans aucune honte, était toujours douloureux... Egoïste tel que je le connaissais, il avait sans doute cru que je refusais de parler parce que j'étais toujours en colère après lui. Eh bien tant mieux, si c'était ce qu'il pensait, je n'allais pas le contredire - peut-être cela le pousserait-il à se remettre en question ? Je ne pouvais m'empêcher d'espérer que tout redevienne un jour comme avant entre nous. Avec un effort, je pourrais lui pardonner de ne pas m'avoir confié qu'il couchait avec Lizlor, mais sa trahison avec Carlton me restait en travers de la gorge.

Carlton... Voilà ce qui m'empêchait de dormir. Carlton et Lilian, Carlton et Stephen, Carlton et Taylord... J'en revenais systématiquement à lui, à ses actes odieux et son mépris total pour les sentiments des autres, aux souffrances qu'il avait engendré à droite et à gauche, détruisant tout sur son passage, comme ces ouragans qui ravagent régulièrement les côtes américaines. Il y avait mille qualificatifs que j'aurais pu utilisé à son égard, mais pas un seul ne me semblait assez fort pour décrire la fureur que je ressentais à la mention de son nom. Cette expression sur le visage de Taylord : toute la nuit j'y avais pensé, je l'avais revue chaque fois que je fermais les yeux, comme si on l'avait gravée au fer rouge sur mes paupières. Savoir qu'elle m'avait rejeté, pour lui, était déjà atroce; mais je m'étais incliné, j'avais courbé l'échine, sachant que m'interposer ne servirait à rien et qu'elle serait plus heureuse avec lui, aussi douloureuse que me soit cette pensée.

Aujourd'hui, tout était différent. Le train dans lequel Taylord était montée, m'abandonnant sur le quai avec les bagages vides des mois que nous avions passé ensemble, s'était révélé être un train électrique dans les mains de l'enfant Carlton, qui s'était bien amusé à le faire dérailler. Il avait fait souffrir Taylord, il avait joué avec elle comme il avait joué avec Lilian et toutes ses autres "conquêtes", et ce qu'elle n'avait pas voulu me donner, ce qu'elle n'avait voulu donné à personne d'autre qu'à lui, il l'avait piétiné sans vergogne. Carlton était officiellement idiot en plus d'être une ordure, et plus rien ne me retenait de lui faire savoir ce que je pensais de lui - en fait, j'avais du mal à comprendre ce qui avait bien pu me retenir jusque là. Même maintenant, j'avais du mal à ne pas bondir de mon lit pour aller le chercher dans son dortoir, peu importe s'il me fallait pour cela faire un trou dans le tableau qui masquait l'entrée de la salle commune des Gryffondor. Qu'avais-je à craindre de Carlton, finalement ? Il était peut-être plus robuste mais nous étions des sorciers. Je n'y avais jamais pensé jusqu'à présent, mais au bout de cette nuit de réflexion, l'évidence m'avait sauté à l'esprit : ma baguette était tout ce dont j'avais besoin pour lui faire regretter ses actions.

Mais comme l'a dit un auteur français, il est vain de se lever avant le jour; aussi attendais-je patiemment que le château se réveille. Ça allait être une journée de cours ordinaire, ce qui signifiait qu'il me faudrait encore attendre jusqu'à ce soir. Inutile donc de céder à l'impatience tout de suite. Et d'ailleurs, c'était bien pour cela qu'on m'appréciait, non : ma patience. Une qualité qui ne m'avait guère servi à garder mes amis auprès de moi jusqu'alors; pour une fois, elle me serait utile à quelque chose.

Mes camarades s'éveillèrent un par un, et je me tâchai de me comporter le plus normalement du monde. La dernière chose que je souhaitais était d'attirer les soupçons de Stephen, et je savais par expérience qu'il suffirait de peu de chose. Pour l'instant, il semblait toujours persuadé que je le boudais. Une part de moi - la part que j'affichais le plus souvent, celle du "gentil Scott" - aurait voulu lui expliquer ce que je m'apprêtais à faire. Je me rendais compte que, malgré tout, je cherchais encore instinctivement son avis, ses conseils... Mais cela aurait nécessité de le mettre au courant de ce qui se cachait derrière le désarroi de Taylord et je savais que ce n'était pas mon rôle, tout comme je savais qu'elle n'apprécierait pas que je défende son honneur dans un duel de sorciers. Je crois qu'au fond j'appréhendais un peu l'idée que Stephen me désapprouve lui aussi, qu'il tente de m'en dissuader, parce que ce n'était pas raisonnable. Une trahison supplémentaire de sa part, même involontaire, aurait eu des répercussions catastrophiques, peut-être même irréparables sur notre amitié déjà mise à rude épreuve.

Ce fut donc au dernier moment, en arrivant dans le Hall, que je révélai mon intention en me dirigeant non pas vers la Grande Salle avec les autres, mais directement vers un petit attroupement de Gryffondors au pied des escaliers. Il y avait là Carlton et toute sa bande, ce qui était étonnant en soi, eux qui se levaient toujours en retard et arrivaient en cours après tout le monde, irritant du même coup élèves et professeurs. Comme si le destin avait voulu me donner un coup de main en me mettant devant le fait accompli, sans me laisser la possibilité de faire marche arrière. C'était parfait : je n'avais pas l'intention de reculer de toute façon.

- Carlton!

A ma grande satisfaction, ma voix ne tremblait pas d'un iota lorsque je l'appelai; elle résonna dans l'espace, assez forte pour qu'il l'entende et se retourne, une espèce de sourire arrogant toujours plaqué sur son visage. Je l'avais sûrement interrompu au beau milieu d'une bonne blague - la jeune fille qu'il avait défleurie ce week-end, par exemple. Le voir aussi insouciant, sans aucun signe de faiblesse extérieure, à part peut-être ces cernes qu'il devait tenir d'un excès de soirées arrosées (on sait que les Gryffondor aiment faire la fête), tout cela me mettait hors de moi, plus que je ne l'étais déjà si c'était possible. Le temps de m'approcher de lui, je fus en mesure de lire les différentes expressions qui passèrent sur son visage. Sa curiosité première m'irrita; il était clair qu'il ne m'avait d'abord pas reconnu. Bon sang, comment était-ce possible ? On se souvient du gars dont on a piqué la petite amie, non ? Mais sa perplexité passa en un éclair, la compréhension, le mépris et la défiance lui succédant.

Ses amis s'écartèrent, non pas par peur de moi je présume mais pour lui laisser la possibilité de me faire face. Ils continuèrent de murmurer entre eux quelques secondes avant que le silence ne se fasse, oppressant. A cet instant je fus convaincu que tous, tous sans exception savaient ce qui s'était produit et pourquoi j'étais ici. C'était un tel déshonneur pour Taylord que je faillis me laisser déstabiliser et me ridiculiser, comme je me serais ridiculisé si je n'avais pas été porté par la rage qui me consumait.

- C'est vrai? demandai-je dans le silence, mon regard ne lâchant pas le sien, cherchant la confirmation. Elle m'a tout raconté. Ce que tu lui as fait. C'est la vérité?

Qu'ils sachent ou non, je ne voulais pas risquer de le révéler à la face du monde en laissant échapper une parole de trop. J'avais remué un peu trop de secrets comme ça ces derniers temps, et si tout ce que m'avait dit Taylord était la vérité - chose dont j'étais convaincu - alors Carlton comprendrait parfaitement de quoi je voulais parler. Mais je voulais l'entendre dire, je voulais qu'il le dise lui-même à haute voix; qu'il avoue son crime, que je puisse le châtier comme il se doit.

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SCOTT MCBETH
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Mar 19 Juin - 1:33

Citation :
« Jour de colère, ce jour
réduira le monde en poussière »
... Amen .


Si on m'avait raconté ça un jour, je suis sûr que ça m'aurait fait bien rire. Genre, je me serais bidonné pendant cinq bonnes minutes tellement j'aurais eu une grosse crise de fou rire. Parce que ça aurait été l'histoire la plus drôle du monde quoi, non mais franchement, Scott McBeth, non mais bonjour! Et puis ben finalement, après, ben je n'étais plus sûr de trop en rigoler. Bref. Chaque chose en son temps.

Ma vie en ce moment, c'était un peu la grosse loose mélangée à la grosse teuf. On croit que la fin de l'année c'est en mode cool cool on a bientôt fini. Y'a un peu de ça - mais y'a aussi bizarrement tous les profs qui se réveillent et se rappellent que ohlàlà, il leur manque des notes, et qui est-ce qui trinque, évidemment? Nous. Et là, ça faisait deux matières dans lesquelles on se prenait un énorme devoir à faire doublé d'un contrôle sur le coin de la figure. Enfin... D'après ce qu'on m'avait dit. Parce que j'étais passé en sous-marin mode furtif depuis quelques temps en cours, rattrapant tout mon sommeil en retard et refusant catégoriquement d'écouter un tant soit peu les cours, parce que ça me faisait chier, parce que j'avais d'autres choses à foutre, parce que de toute façon c'était presque fini, et puis que c'était bien trop tard pour rattraper tout mon retard dans chaque matière. Alors... Et le soir on profitait du beau temps, on faisait des fêtes à tout va et d'ailleurs je n'en avais jamais fait autant, comme si c'était devenue une drogue. Le truc c'était que plus j'en faisais et plus ça me lassait et plus j'avais besoin de repousser mes limites et d'en re faire pour retrouver l'excitation d'avant. Sauf qu'au final... Je m'amusais un peu, mais sans plus. Du coup, je fumais encore plus, je buvais plus, bref, tout en excès, parce que moi, le mieux qui est l'ennemi du bien, je l'emmerdais, et qu'au contraire, je ne voyais pas comment faire autrement que tout exploser pour que toutes mes sensations reviennent. Même au niveau des meufs je commençai à me lasser, parce que mine de rien je commençais à avoir fait le tour de celles qui comme moi n'avaient rien contre un petit câlin d'un soir, et qu'au final ça me faisait un peu chier de jouer toujours au même jeu. Heureusement il y avait des filles comme Katie, par exemple, qui m'obligeaient à jouer à un autre niveau et continuaient à me divertir.

En tout cas, ce matin, on commençait par un cours de Potions et Nakamura avait bien insisté sur le fait que c'était un cours des plus importants et que si on ne se ramenait pas elle nous foutait une bulle, et comme j'avais déjà de quoi en remplir toute une pinte de bière, j'avais reçu 5/5 le message et fait l'effort surhumain de me lever à l'heure dans l'optique de faire acte de présence et d'empêcher le naufrage du navire. Enfin, d'essayer. Parce que la fin de ma sixième année ressemblait plutôt à la version du Titanic qu'autre chose, dans le genre. Mais de toute façon ça me soulait : les profs nous bassinaient déjà avec les ASPIC, et ils nous parlaient d'orientation à tire-larigot alors que ça me passait carrément au-dessus de la tête, merde quoi, c'était dans un an, UN AN! Un an, mais il a le temps de se passer tellement de trucs, c'était hors de question que je me mette déjà des fils à la patte. Il n'y avait qu'à voir la gueule des Serdaigle quand Wayland nous avait dit ça, tous concentrés comme tout et l'air sérieux comme un bourreau un jour d'exécution. Euh excusez-moi les gars, mais moi je comptais bien vivre un peu avant de penser déjà à ma foutue vie de travailleur. Et puis, qu'est-ce qu'ils voulaient que je fasse de toute façon? J'avais des sales notes en tout sauf en Vol et franchement à la place des profs j'aurais ri de me voir arriver demander des formulaires pour savoir vers quel genre de métier s'orienter. Les contraintes, les horaires, tout ça... Non merci. Le seul truc qui me bottait c'était, enfin, de me barrer aux Etats-Unis pour visiter tout ce dont j'avais envie et découvrir le pays de fond en comble. Et pour ça, il fallait du fric. Sans compter le fait que c'était hors de question que j'abandonne Coop alors que... alors qu'avec les merdes qui lui arrivaient il n'avait que moi, puisque niveau parents le niveau d'utilité se situait approximativement au trente-sixième dessous. Le seul truc qui aurait pu me motiver pour bosser c'était ce voyage; voyage que je refusais de faire parce que Coop resterait tout seul. Résultat des courses : foutez-moi la paix et laissez-moi pioncer et faire ce que je veux, le reste, je m'en foutais royal.

Mon but n'était quand même pas de me faire virer de Poudlard ou bien de récurer à vie le bidet de Nakamura, donc ce matin j'avais mis le réveil et je m'étais arraché littéralement de mon lit, la tête dans le cul, mes cheveux puaient encore la clope d'hier, j'avais un goût pâteux dans la bouche et les paupières lourdes de 1000 ans sans sommeil, mais à part ça, tout allait bien. Je pris une longue douche pour laver tous les verres d'hier soir de mon esprit et me remettre les idées au clair, et descendis dans la grande salle avec les autres avec à peu près autant d'entrain que si j'allais à mon propre enterrement. Comme j'avais une sacrée dalle, je pris bien mon temps, discutant avec les autres de ce qu'on allait sans doute faire ce soir. Non, pas nos devoirs non, pas vraiment. Et puis on s'en alla mollement de la salle, en traînant un peu dans le Hall avant de prendre la direction des cachots, et d'ailleurs on s'engagea sur une discussion des plus intéressantes parce qu'on se mit à parler de la soirée à Pré-au-Lard où j'avais rencontré Katie et... C'est là qu'une voix fluette et inconnue m'appela :


- Carlton!

Oui oui oui, quoi donc? Je finis quand même ma petite anecdote et les autres se marrèrent parce qu'il voyait tous à quoi je faisais allusion et la personne en question s'avança tout d'un coup au milieu de nous et il y eut un vieux blanc. Je mis quelques secondes à le remettre et quand je reconnus l'énergumène je... Oh putain, pas lui. Qu'est-ce qu'il me voulait, cet idiot?!

Je le regardai de haut en bas avec un sourire moqueur et avec l'intense satisfaction d'être au milieu de tous mes potes - pas que j'avais peur d'être seul avec lui, mais je savais pertinemment qu'il devait chier dans son froc de se retrouver dans une telle situation. Ce genre de mec, tu lui éternues dessus et il court chialer dans les jupons de sa mère. Un regard avec les autres me mit dans l'idée qu'il ne pouvait être là que pour une chose. Oh c'est pas vrai, elle était quand même pas allée pleurnicher dans les bras de celui qu'elle avait dégagé pour se mettre avec moi, quand même?! Non mais dites moi que je rêve!!...


- C'est vrai? Elle m'a tout raconté. Ce que tu lui as fait. C'est la vérité?

Bingo. Je m'avançai d'un pas vers lui, le regardant en souriant toujours du coin des lèvres.

- Ben, ouais! Mais dis moi, il faut que je te fasse un rapport des meufs que je saute, maintenant?

Non mais qu'il ne me fasse pas rire... Il allait me faire quoi? Me mettre une baffe? Mon pote, quand on grandit le cul sur une chaise à lire des bouquins jusqu'à en devenir binoclard, on ne vient pas trop emmerder les mecs comme moi. Et alors défendre Taylord parce qu'elle était son amie, parce qu'il en pensait encore pour elle ou qu'il avait la rage de ne pas se la taper, c'était bien joli, mais personnellement je ne pouvais pas revenir en arrière je ne voyais pas vraiment en quoi c'était une histoire commune à lui et à moi.

- T'es jaloux? C'est vrai que tu rates quelque chose, continuai-je sur le même ton franchement moqueur et les autres se marrèrent autour de moi. Putain, il était ridicule, dans son uniforme de premier de la classe, avec ses grands yeux de lapin effarouché. J'avais envie de le ridiculiser et lui faire regretter son acte, parce qu'au fond, ça ne me plaisait pas tant que ça qu'il se mêle de cette affaire et la ramène sur le tapis par la même occasion.

Je n'étais pas non plus le mec le plus fier de la Terre en ce qui concernait Taylord, je le rappelle, alors si auprès de mes potes je faisais comme d'habitude, qu'elle était juste une fille comme les autres, je savais très bien que j'avais été franchement bâtard et qu'elle n'avait pas mérité ça, parce que justement, elle n'avait jamais été comme les autres. Est-ce que j'avais envie qu'un gnome de l'espèce Fray vienne me le rappeler, là maintenant tout suite, je vous le demande? Je ne crois pas. Non mais quelle purge, ceux-là, ils avaient la même gueule tiens, le même gabarit, le même air d'empaffé et raide comme des piquets. Je m'approchai de lui pour me retrouver proche et le toiser franchement, le regard un peu plus dur.


- T'as d'autres questions, mon bichon? Si tu cherches ton mec en tout cas, je te rassure, il est pas avec nous.

Cette fois les autres éclatèrent franchement de rire et je regardai ce pauvre petit Serdaigle avec l'air insupportable de la personne qui provoque et qui sait parfaitement qu'elle est en situation de puissance et que l'autre ne peut que ronger son frein en silence. Pas très glorieux je vous l'accorde, mais putain qu'est-ce que c'était jouissif!

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CHUCK CARLTON
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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Ven 22 Juin - 12:58




Lorsque Carlton fit un pas vers moi, je ne reculai pas; cependant je reconnais qu'il me fallut prendre sur moi, et je ne pus empêcher la subite accélération des battements de mon cœur. Des années de fréquentation lointaine m'avait conditionné à ce comportement face aux types de son espèce. C'était, j'en avais bien conscience, une réaction primaire, engendrée par ce qui restait d'instinct animal chez l'homme - dans la nature, le dominant avait toujours le dessus et imposait sa loi au dominé. Mais c'était aussi là que se trouvait toute la dualité de l'espèce humaine, son éternel combat contre la bestialité qui surgissait de temps en temps dans les tréfonds de l'âme. Jamais je n'avais cautionné le fait de se mettre outrageusement en colère, pour cette bonne et simple raison. Aujourd'hui, j'allais l'aborder sous un angle différent. Après tout, la force de l'homme ne vient-elle pas de sa capacité à élargir sa vision des choses?

- Ben ouais! Mais dis moi, il faut que je te fasse un rapport des meufs que je saute, maintenant?

Quelques ricanements accompagnèrent ses paroles. Malgré ma volonté de contrôler mes émotions et de ne rien laisser transparaître, je sentis tout le sang quitter mon visage et je serrai les poings si fort que j'en avais les jointures blanchies. Il osait... Je lui avais pourtant laissé sa chance, en n'avançant rien de spécifique devant sa... meute. C'était sa dernière opportunité de faire machine arrière, de s'excuser - pas même publiquement, je ne lui en demandais pas tant -, de montrer un peu de respect envers Taylord. Et il l'avait manquée.

Oh mais je n'étais pas surpris. Furieux au delà des mots, mais pas étonné le moins du monde. C'était l'avantage que j'avais sur Carlton : je n'attendais rien de lui. Lilian et Taylord en étaient peut-être tombées amoureuse, Stephen lui trouvait peut-être des côtés sympathiques - diable, même Haley avait l'air de l'apprécier - mais moi, je savais qui il était réellement. Il pouvait bien me provoquer tant qu'il voudrait, mais rien de ce qu'il pourrait dire n'aurait pu le rendre plus horrible à mes yeux. S'il espérait me choquer par ce genre de propos, il se trompait lourdement; cela ne faisait que me conforter dans mon projet de le détruire.

- T'es jaloux? C'est vrai que tu rates quelque chose, poursuivit-il dans le même esprit.

Cette fois les rires se firent plus francs et plus nombreux. Ces Gryffondor, ils se croyaient des lions quand en réalité ils n'étaient qu'une bande de hyènes en quête de charognes.

- T'as d'autres questions, mon bichon? Si tu cherches ton mec en tous cas, je te rassure, il est pas avec nous.

Cette dernière remarque était évidemment une allusion à Stephen et les rires se généralisèrent au point de noyer toute parole que j'aurais pu prononcer pour me défendre. S'ils avaient pu avoir quelques scrupules à se moquer de Taylord, qui était quand même appréciée dans l'école, personne ne se gênait pour railler ouvertement quelqu'un comme Stephen qui était une cible facile avec ses manies saugrenues. Mais j'avais l'habitude de ce genre de choses. Encore une fois, il échoua à briser ma confiance.

- Tu sais ce qu'est un duel de sorciers Carlton?

Les rires qui avaient commencé à faiblir se turent totalement. J'avais réussi à capter leur attention.

- Je te mets au défi de me battre. Ce soir, si tu acceptes de m'affronter.

Le silence de mort qui suivit me confirma que j'avais bien fait de venir le défier au milieu de tous ses amis. Cela avait pu sembler risqué au début, car à leur contact, Carlton se montrait encore plus provocateur, plus violent dans ses gestes et dans ses paroles - mais sa fierté était aussi son point faible et, en voyant les regards plein d'expectative qu'on lui lançait à droite et à gauche, je sus que j'avais gagné.

- Je comprendrais que tu refuses, ajoutai-je avec un détachement calculé. Nous sommes en pleine période d'examens, tu avais peut-être prévu quelque chose...

Evidemment qu'il n'avait rien prévu, ce n'était pas comme si Carlton était connu pour son assiduité en cours. Raison pour laquelle il devait se faire dessus à l'idée de m'affronter en duel. On a beau être sorcier, la magie, ça se pratique, et ce n'était pas en ne faisant rien à l'école qu'il allait devenir bon en la matière. Mais s'il se défilait, alors toute l'école en serait mise au courant et sa réputation en prendrait un coup. Il serait humilié, ce serait comme accepter sans concession que j'étais trop fort pour lui. Il ne l'accepterait jamais.

Je me retournai vers la Grande Salle, et aperçus Stephen qui observait la scène de loin, l'air étonnamment inquiet pour quelqu'un d'habituellement si stoïque. Cela ne fit qu'ajouter à ma mauvaise humeur - il me croyait donc à ce point inférieur à son héros Carlton? Rien que pour ça, même sans Taylord, il méritait que je lui fasse mordre la poussière. Ce n'était pas seulement après Carlton que j'en avais, mais après tous ceux et celles qui s'évertuaient à penser que je valais moins que lui, que j'étais incapable de rivaliser avec ce misérable détritus, ce rebut de l'humanité, qui finirait alcoolique, battrait sa femme et ses enfants avant de mourir à cinquante ans d'un cancer du foie. Il était tout ce qui nuisait à la société, il était tout ce qui empêchait ce monde de s'élever vers la perfection.

- A six heures, dans la salle de duel. Tu peux amener un second... si ça t'amuse.

Je lançai à sa bande mon regard le plus méprisant - ce n'était pas bien difficile, car ils étaient tous plus pathétiques les uns que les autres, se ressemblant étrangement avec leurs faces de brutes épaisses et leurs épaules carrées dont la largeur était inversement proportionnelle à la taille de leur cerveau.

- Mais j'ai bien peur que tu ne puisses pas compter sur le soutien de Stephen. J'ai entendu dire qu'il t'en devait une.

Sur cette dernière information croustillante lancée à ses amis telle des graines lancées aux volailles, je repris mon chemin vers la Grande Salle. Il me tardait d'être ce soir.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Lun 25 Juin - 18:37

Je ne voyais pas ce qu'il y avait de compliqué là-dedans : non, je n'étais pas fier d'avoir largué Taylord comme une merde, mais oui j'étais soulagé de l'avoir fait. Pas d'entre-deux. Alors les rumeurs qui courraient dans tous les sens, autant vous dire que je m'asseyais dessus, et sans ménagement. C'était l'avantage et l'inconvénient d'être populaire dans ce petit monde qu'était Poudlard, parce que dès qu'on levait le petit doigt tout le monde était au courant - la preuve, j'avais reparlé à Lilian l'autre jour en salle commune et j'avais vu des regards en coin. Au fond c'était marrant parce qu'on pouvait faire croire n'importe quoi à n'importe qui, mais en l'occurrence ça me faisait chier parce que si je n'étais plus avec Taylord c'était bien pour qu'on me foute la paix avec les on-dit. Ben, c'était raté. Et l'autre empaffé de McBeth en rajoutait une couche à venir faire son petit coq pour défendre l'honneur de sa pote sur qui il bavait comme un mioche. C'était pas ses oignons, putain, c'était les oignons de personne à part elle et moi, non mais je rêve, elle était grande quand même non? Je ne l'avais pas obligée, à ce que je sache, qu'on ne me fasse pas rire, il y avait bien longtemps qu'elle l'avait oublié son petit Serdaigle, depuis qu'elle était avec moi...

- Tu sais ce qu'est un duel de sorciers Carlton?

Il m'énervait déjà avec sa gueule de coincé; quand il lâcha ça d'un ton pompeux (à savoir que c'était le pléonasme de Serdaigle) tout le monde se tut autour de moi et me regarda alternativement, puis lui, comme si on allait d'un seul coup dégainer nos baguettes et se livrer à un duel mortel. Eh oh, mollo. Déjà, oui, merci, je savais ce qu'était un duel sorcier, sombre con qui prend tout le monde pour un déficient mental à partir du moment où il n'est pas estampillé bleu et bronze. Ensuite, ça mon petit pote, si tu viens me demander en duel... Laisse-moi rire, il va falloir que tu t'entraînes sévère avant...

- Je te mets au défi de me battre. Ce soir, si tu acceptes de m'affronter.

J'éclatai d'un rire narquois sous son grand nez de savant bigleux alors que plus personne ne parlait, derrière nous. Il me regardait comme si tout d'un coup j'avais un nouveau pouvoir entre les mains. Euh... Pfff, ils ne suivaient même pas, ils étaient pas drôle.

- Je comprendrais que tu refuses. Nous sommes en pleine période d'examens, tu avais peut-être prévu quelque chose...

- Oh, ta gueule,
lâchai-je d'une voix pleine de colère sans lui laisser le temps de finir sa phrase. Mais putain, mais qu'est-ce que je désespérais de l'espèce humaine quand je me disais qu'il y avait des mecs comme lui sur cette pauvre Terre... Déjà tu vas descendre de ton piédestal parce que tu vois les mecs comme toi qui croient tout savoir, ben au final, tu vois le résultat? Ils ont pas de potes... je regardai autour de nous, lui rappelant clairement que lui était tout seul, pas moi; et pas de nana, et j'appuyai bien là-dessus en souriant franchement, parce qu'il était forcément encore amoureux d'elle pour faire tout ça, pour avoir un peu de courage alors qu'il n'en avait jamais eu de sa vie. Alors non seulement je vais t'affronter, mon pote, mais en plus je vais te faire oublier comment tu t'appelles, tu m'entends?...

J'avais fait un pas en avant alors que j'étais déjà juste en face de lui et je lui mis une petite tape sur l'épaule comme si elle était amicale, mais mon regard clairement hostile et plein de tout cet énervement qui montait en moi montraient évidemment qu'il pouvait toujours courir pour que je sois un jour son pote.

En tout honnêteté, ça me faisait chier qu'il m'ait proposé ça, parce qu'en ce qui concernait les duels, j'étais plus doué avec mes poings qu'avec ma baguette, mais jamais je ne l'aurais reconnu devant lui ou les autres parce que j'étais bien trop pressé de lui rabattre son sale caquet. Et puis, ce n'était pas parce que je n'avais pas beaucoup de pratique en la matière que j'étais une brêle, on s'était quand même battus contre les Mangemorts, nous tous, alors ce n'était pas un pauvre Serdaigle qui allait me faire peur. Ça m'ennuyait, oui, mais tant pis. J'avais trop hâte de lui exploser la tronche, avec mes mains ou avec un sort, je m'en foutais.

Il regardait ailleurs mais je ne suivis pas son regard; qu'on se mette sur la gueule et qu'on en finisse, c'était tout ce qui m'importait. Je commençais à avoir de plus en plus de mal de me retenir de lui foutre des coups, et je regardai un de mes potes en lui faisant signe pour lui dire que oui oui, ça allait. Jusque là.

- A six heures, dans la salle de duel. Tu peux amener un second... si ça t'amuse.

Ok, message reçu. J'hochai la tête et simplement et lâchai, les dents serrées :

- J'ai besoin de personne.

Et ce petit bâtard glissa sournoisement - hein, on parle des Serpentards, mais la vraie vermine, on sait où elle est... - avant de partir :

- Mais j'ai bien peur que tu ne puisses pas compter sur le soutien de Stephen. J'ai entendu dire qu'il t'en devait une.

Évidemment, quand il se tira tout le monde se mit à ricaner et à cracher sur sa gueule mais je fis exprès de détourner toutes les questions sur sa dernière allusion. Putain, quel abruti. Et puis Fray aussi, quel abruti, et lui qui m'avait dit que ça devait rester entre nous, tu parles, je lui avais fait une fleur pour je ne sais quelle obscure raison alors qu'il avait fait un sale bad-trip comme une fillette, et voilà que lui il racontait ça à son clebs? Ah ben ok. Si il voulait des ragots, il allait en avoir, et pas demain. Mais pourtant je ne dis rien, parce que ça me faisait chier de reconnaître que j'avais passé une soirée avec lui, les circonstances tout ça, et je préférais attendre le meilleur moment où ça l'humilierait lui, et pas moi.

Pour l'heure, il ne nous restait plus qu'à aller en cours et je rangeai tout ça dans un coin de ma tête. Déjà, fallait que je me concentre un minimum pour le devoir à la con de Nakamura et en trichant avec mon voisin on réussi à avoir une note passable. Bon, c'était déjà ça, je m'étais pas levé pour rien, au moins. A midi, je réussis même à discuter quelques minutes avec Katie dans le couloir avant d'aller déjeuner à la table des Gryffondors, et puis les cours de l'après-midi passèrent vite pour la simple et bonne raison que je roupillai la plupart du temps, rattrapant ce sommeil de mille ans qui me paraissait à jamais irrattrapable. Tant pis. Je préférais profiter que dormir, mais dans les moments comme les cours où on était juste assis sur notre cul à ne rien foutre, c'était là que la fatigue se faisait sentir. Comme par hasard, comme j'étais arrivé en retard et qu'il n'y avait presque plus de place, je dus m'assoir à deux places de Taylord et alors que je lui jetai des regards le plus tranquillement du monde en me demandant quelle allait être sa réaction si je la fixais trop longtemps, elle passa tout le cours en entier à m'ignorer royalement, sans jamais croiser mon regard. Pfff. Même pas drôle. Ok je lui avais dit les pires trucs du monde, mais elle savait bien que je n'étais pas un saint, et puis, au fil des jours, y'avait prescription, non? Enfin, tant pis pour elle, et pour moi. Après tout on savait bien qu'on avait joué gros en sortant ensemble, c'était pas comme si ça nous tombait sur le coin de la gueule gratuitement. Après les cours, je passai par la salle commune pour déposer mes bouquins, m'étirai, traînai en bas un peu avec les autres, et me tirai dix minutes avant six heures pour me rendre à mon rendez-vous galant avec une espèce d'ersatz de Stephen Fray. Ambiance, ambiance!...

Il était déjà là, quand je rentrais dans la Salle de duel. Non mais déjà, quelle blague d'avoir une salle de duel, on ne pouvait pas régler ça dans l'ombre d'un couloir désert à coups de matraque, comme tout le monde, non?! Il était là, et seul, comme moi. J'eus un sourire moqueur.


- Tiens, c'est marrant, je pensais que tu serais venu avec une armée... Ou bien avec Taylord, après tout, elle doit être heureuse qu'on se batte pour elle, non?

Tu parles, 10 contre 1 qu'il ne lui avait pas dit, parce que je la connaissais assez pour l'en dissuader... Non pas qu'elle voulait me ménager moi, au contraire, mais et d'une elle aurait préféré faire ce duel en personne, mais en plus, elle savait parfaitement que Scott face à moi...

Je grimpai sur la piste de duel et sortis tranquillement ma baguette. Bon, on faisait comment au fait? Parce que moi les règles et les coutumes de ce truc, je trouvais ça un peu arriéré, donc qu'on en vienne aux faits, et basta.


- Et au fait, à propos de ton petit pote Fray, je suis désolé de t'avoir rendu jaloux, mais bon il doit s'ennuyer avec toi, qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre?

Et je lui souris, lançant ma baguette et la rattrapant dans l'air avant de la faire tourner dans mes doigts. Oh putain, j'avais hâte de l'encastrer dans un mur.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Mer 27 Juin - 2:58

« Boy, this walking away shall not excuse the injuries. That you have done to me; therefore, turn and draw your sword. »

W.S.





Stephen ne me posa aucune question; mais je le connaissais trop bien. Si maintenant, il faisait semblant de ne pas s'en mêler, c'était pour mieux me surprendre et découvrir ce que je lui cachais. Ses regards lancés à la dérobée et ses "passe-moi le sel" innocents ne trompaient personne, ni au petit-déjeuner, ni au déjeuner, ni pendant le cours de métamorphoses - petite variante : "passe-moi ton encre bleu" - ni pendant le cours de sortilèges - de plus en plus original, "passe-moi ton encre rouge" - ni à aucun moment de la matinée. Je l'ignorai tout du long, concentré, comme c'était généralement le cas, sur les paroles des professeurs, l'air le plus naturel possible. Le but était de le convaincre que cette discussion avec Carlton n'avait été que ce qu'elle avait semblé être, soit une simple altercation sans gravité, mais il était tenace. A deux reprises, le professeur Kelsey dut le rappeler à l'ordre, phénomène assez rare pour être noté. Cette surveillance constante m'agaçait et me dissuadait encore plus, si c'était possible, de le mêler au duel à venir. En début d'après-midi, son air frustré m'indiquait qu'il n'avait toujours pas renoncé à comprendre le fin mot de l'histoire; je commençai à me demander ce que j'allais faire s'il lui prenait l'envie subite de me coller au train jusqu'à ce qu'il en ait le cœur net. Il en était bien capable. Quelle ironie : moi qui me plaignais toujours de ses mystérieuses disparitions, désormais plus très mystérieuses, me retrouvait à mon tour dans la position du fuyard cherchant à semer son ami... Si je pouvais encore le considérer comme mon ami.

Jamais je n'aurais cru penser ça un jour, mais par bonheur, nous avions cet après-midi un devoir très important d'une durée de quatre heures en potions, un devoir censé nous préparer une dernière fois aux examens de passage en septième année. Toutes les classes y avaient droit, Serpentard, Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor confondus. Par bonheur encore, les Gryffondors étaient les premiers à passer, ce matin-même, de sorte qu'ils arrivèrent complètement épuisés par l'épreuve au moment où nous sortions de la Grande Salle pour nous diriger vers les cachots et ne pas être en retard. Si ragots il devait y avoir, alors c'était seulement maintenant que les amis de Carlton allaient pouvoir les lancer. Normalement, personne de notre classe n'en aurait entendu parler avant ce soir; et s'il y avait bien une chose pour détourner l'attention de Stephen de son "mec", comme m'avait si intelligemment qualifié Carlton, c'était - tristement... un devoir de potions ultra complexe.

L'autre réaction, s'il devait y en avoir une, dont je m'inquiétais était celle de Taylord. Je doutais qu'elle approuve ma démarche. Avec un peu de chance, elle ne serait pas mise au courant... Je l'espérais en tous cas. Elle n'aurait pas compris si je lui en avais parlé. Ce n'était seulement une question de venger son honneur; c'était aussi, à travers elle, me venger, moi, de tout ce que Carlton m'avait fait subir, en faisant souffrir les gens qui comptaient pour moi dans un premier temps, et en m'en privant ensuite. Et plus que ça, je voulais le punir pour tous ses comportements irrationnels, les maltraitances à l'égard des première année, des Serdaigle, des Serpentard qui n'étaient pas tous à jeter, des filles, des faibles en règle générale... Pour la première fois de ma vie, je me sentais l'âme de quelqu'un d'exceptionnel, d'un héros. C'était la sensation la plus grisante que j'eus jamais connue, elle m'enveloppait et m'enivrais, et je m'y baignais avec plaisir, sans concession ni hésitation; sans m'inquiéter du fait qu'à trop vouloir nager en eaux inconnues, on risque la noyade.

Et l'enchaînement des événements ne faisait rien pour me contredire, au contraire : qui devions-nous croiser sur le chemin de la salle commune, alors que Stephen était encore trop occupé à regretter à voix haute de ne pas avoir pensé à ajouter des racines de X à sa potion Y pour se souvenir d'une certaine discussion suspecte entre son soit-disant ami Scott et son soit-disant ennemi Carlton le matin-même? Lizlor Wayland, évidemment. Je n'en revenais pas d'avoir autant de chance. C'était un peu comme si le destin m'avait donné une petite tape bienveillante sur l'épaule. Qu'est-ce qu'elle venait faire ici, ça je n'en savais rien, je ne le saurais jamais, et pour être franc, je m'en fichais, mais en tous cas jamais je n'avais été aussi content de la voir - à tel point que je dus faire l'effort physique de ne pas lui adresser un grand sourire quand elle nous dépassa. Ce qu'elle fit sans même nous regarder, et Stephen ne lui accorda pas davantage d'attention... Quelques minutes plus tard, il se rendait compte qu'il avait "malencontreusement oublié son livre de potions chez Nakamura". Il me prenait vraiment pour un imbécile, mais je crois que j'étais au-delà de la colère le concernant, et je me retins de rire à grand-peine car à cet instant précis c'était lui qui se faisait avoir, et en beauté. Qu'il aille donc batifoler dans un quelconque couloir avec sa Gryffondor; cette maison ne manquait certes pas de chats à fouetter.

Dès qu'il eut disparu, je changeai moi-même de direction et entreprit de redescendre jusqu'à la salle de duel, qui se trouvait au deuxième étage. J'usai de mille ruses et fit plus d'un détour, car j'avais encore le temps, il n'était pas cinq heures trente. Il n'était pas de question de risquer de tomber sur Stephen, que les hormones travaillaient peut-être mais pas au point de le rendre complètement aveugle. Inutile de jouer avec le feu, l'occasion qui m'était donné de régler cette histoire moi-même sans aucune intervention extérieure était trop belle pour être gâchée. J'étais patient par nature, et le désir de vengeance qui désormais m'habitait tout entier me rendait encore plus méthodique.

Malgré tout, j'arrivai en avance dans la salle de duel. C'était une pièce toute en longueur, avec une estrade au milieu pour permettre aux éventuels spectateurs d'observer les duellistes. A chaque extrémité se trouvait un petit escalier de six ou sept marches. J'abandonnai dans un coin mon sac et mes affaires de cours, à l'exception de ma baguette bien rangée dans ma poche de pantalon, et montai sur l'estrade. Le bois grinçait sous mes pas. J'avançai jusqu'à l'autre bout en attendant Carlton - bien sûr il n'était pas encore arrivé. Les lâches ne sont jamais en avance pour un combat à la loyale. Six heures passèrent, mais je n'étais pas inquiet. Il viendrait. Il se faisait juste désirer, c'était sa marque de fabrique.

Je ne me trompais pas. Il finit bien par arriver, l'air conquérant comme toujours. Cette attitude de rebelle commençait à me lasser - tout le monde prenait ça pour du culot alors qu'en fait c'était juste de la bêtise. Etait-ce ce qui avait charmé Taylord? J'avais bien du mal à y croire.

- Tiens, c'est marrant, je pensais que tu serais venu avec une armée... Ou bien avec Taylord, après tout, elle doit être heureuse qu'on se batte pour elle, non ?

Sans se départir de son sourire de vainqueur arrogant qui me donnait envie de l'enterrer vivant dans un nid de Veracrasses, il se hissa à son tour sur l'estrade. Nous nous trouvions désormais face à face, et bien que la forte dose de magie à Poudlard démente un peu cette expression moldue, l'électricité était palpable. Pour l'instant, c'était seulement l'échauffement, la bataille à l'oral qui précédait la vraie.

- Comme quoi, tu ne la connais pas si bien que ça, répliquai-je en haussant légèrement les épaules, comme si c'était une constatation parfaitement innocente. Le ton employé ne laissait cependant pas vraiment de doute quant à ce que j'avais vraiment voulu dire par là : il avait peut-être obtenu de Taylord ce qu'il voulait, mais il n'obtiendrait jamais rien de plus. (Ou : "Comme quoi, tu es tellement stupide que même après avoir couché avec elle tu n'as aucune idée de comment la prendre.")

Il changea aussitôt d'angle d'attaque.

- Et au fait, à propos de ton petit pote Fray, je suis désolé de t'avoir rendu jaloux, mais bon il doit s'ennuyer avec toi, qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre?

Mon sens de la répartie me fit défaut une seconde de trop. C'était bien beau d'avoir de l'assurance, mais difficile à maintenir quand on avait pas l'aplomb naturel de certains, malheureusement. Carlton m'avait piqué au vif - beaucoup plus qu'il ne devait le soupçonner - et sa remarque détourna momentanément l'exaspération que je ressentais à son égard vers mon ami, avec son manque de considération, ses secrets et ses manigances.

- Je n'avais pas imaginé que tu placerais la conquête de Stephen au centre de ce duel, Carlton, ironisai-je. Si j'avais su, je l'aurais invité à y assister finalement, une telle attention de ta part l'aurait sûrement flatté. Désolé de te briser le cœur : lui aussi il prend du bon temps en ce moment même.

Un instant déséquilibré et voilà, ça avait littéralement glissé sur mes lèvres. Exactement comme si j'avais été sous l'effet du Veritaserum, sauf que ce n'était pas une potion qui me faisait parler, pas vraiment. Je découvrais à mes dépends et à ceux de mes amis que la colère était bien le plus redoutable des breuvages... S'il l'apprenait, Stephen ne me pardonnerait jamais d'avoir laissé échapper cette information. Et le plus incroyable? Je m'en moquais, pour l'instant en tous cas. Je ne pouvais rien ressentir d'autre que l'envie de détruire Carlton, pièce par misérable pièce.

- Assez plaisanté, repris-je, toute trace de sarcasme envolée. Puisque tu poses la question, il y a bien une chose que j'aimerais t'entendre dire. C'est que tu regrettes ce que tu as fait à Taylord. Je sortis ma baguette de ma poche. Et crois-moi, tu va le dire, et le penser, sincèrement, ajoutai-je, menaçant. Que le duel commence. D'abord, on se salue. Avec une raideur qui n'avait rien à voir avec le bon fonctionnement des muscles de mon dos, je me penchai vers l'avant.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Mer 27 Juin - 18:34

Citation :
"Comme quoi, tu es tellement stupide que même après avoir couché avec elle tu n'as aucune idée de comment la prendre."
... Sans commentaire.



Est-ce qu'on pouvait me lâcher, avec Taylord? Non mais sérieusement, c'était une obsession, ou quoi? Et pour tout le monde en plus, mais quel merdier, je vous jure! Taylord ceci, Taylord cela. Taylord Miss Gryffondor. Et Fray qui en avait fait sa grande amie pour des raisons franchement fumeuses, surtout qu'il haïssait tout ce qui était un peu trop Gryffondor, et alors dans le genre, elle bottait en touche, pourtant, non? Et Lilian qui n'avait juré que par Taylord quand je l'avais plaquée, et Scott qui se coupait en quatre pour elle, et tous les mecs de Gryffondor qui essayaient parfois de glisser dans la conversation qu'ils ne comprenaient pas pourquoi j'avais plaqué une fille pareille. Non mais, est-ce qu'on pouvait me laisser vivre, bordel? Justement, moi, l'obsession Taylord elle m'était passée, et j'avais pas envie qu'elle me bouffe. J'étais encore libre de mes choix, oui ou merde?

De voir la tête de McBeth qui paraissait avoir avalé en entier un placard à balais ne m'aida pas à calmer mon exaspération. C'est ça, fais le malin avec tes grands airs de savant supérieur. Tu vas voir ou je vais te les foutre, tes bouquins. En tout cas, je me réjouissais qu'il n'ait amené personne, parce que même si je n'avais pas trop de doutes sur l'issue du combat, je n'avais pas envie que tout Poudlard soit au courant. Déjà, y'avait déjà assez de tensions avec Taylord pour qu'on en rajoute, mais en plus il ne manquait plus que Fray ramène sa fraise dans l'histoire, et là, ça serait le pompon. Donc, j'allais torcher tout ça vite fait bien fait, et on en parlerait plus.


- Comme quoi, tu ne la connais pas si bien que ça.

Comme quoi gnagnagnagna. Putain, mais quelle purge, ce mec! Ma réaction ne se fit pas attendre alors que je l'avais rejoint sur la piste et qu'il m'attendait là, planté comme un piquet de jardin, mince et moche et qui ne demandait qu'à ce qu'on lui shoote dedans pour le péter en deux.

- C'est sûr, tu la connais tellement bien... Tu es sorti combien de temps avec elle avant qu'elle te plaque, déjà? Wouahou, elle devait vraiment te kiffer, dis donc.

Mon pauvre ami. C'était moi le vainqueur dans l'histoire, moi qui lui avais piqué sa meuf, moi qui avais décidé d'arrêter tout ça ensuite. Et puis j'étais clairement plus fort que lui - il était grand aussi mais bien moins carré que moi - et ce n'était pas parce qu'il avait la tête plus pleine que moi que je n'étais pas capable de lui mettre sa misère. J'essayai de réciter des sortilèges d'attaque dans ma tête : j'en connaissais un paquet, plus ou moins clairement, sans les avoir forcément pratiqués, mais bah, ça irait bien. Au pire, je le finissais à la main, ça, il pouvait en être certain.

Ca m'arrangeait aussi que personne d'autre ne soit au courant parce que je préférais éviter le problème Coop - eh ouais, parfois, c'est le grand frère qui doit se cacher du petit. Parce qu'alors là je voyais le tableau, très clairement : son air outré, ses reproches, ses bouderies parce qu'il n'aimait pas que je me batte, doublé du fait que même si on en avait pas parlé, je savais qu'il trouvait ça absolument con que j'ai largué Taylord. Ah tiens, encore un pour qui Taylord était la huitième merveille du monde. Bref, comme déjà en ce moment tout me courait sur le haricot, si je pouvais éviter d'en plus me prendre la tête avec Coop parce que je n'allais pas aimer son attitude et sa morale, c'était tout aussi bien. Même si au fond ce n'était pas le pire, parce qu'il respectait ce que je faisais et qu'il l'avait toujours fait, heureusement. Le seul truc c'est qu'il respectait en tirant plus ou moins la gueule, et ça c'était chiant, parfois. C'était quand même pas de ma faute si les emmerdes m'aimaient bien, si je me fichais toujours d'une manière ou d'une autre dans les batailles ou bien qu'un idiot à poils durs me provoquait en duel de la manière la plus old-school qui soit, soit dit en passant. Ca lui allait tellement bien, d'ailleurs. Parce qu'il y en avait des trucs chez les sorciers qui dataient du siècle dernier - les chapeaux, tout ça tout ça - mais c'était marrant et puis quand on était dans le cadre, ça collait bien. Mais alors cette histoire de salle de duel, de règles, de piste de duel qui datait de l'an 1000, non mais au secours... Ils ne pouvaient pas régler ça normalement, on se met sur la gueule au milieu d'un couloir, quelques sortilèges dans la tronche, et voilà?!

L'autre en face tirait encore plus la gueule et cherchait ses mots tout en retenant ses larmes, j'en étais sûr, alors que moi je me contentai de jouer avec ma baguette et de le regardant en souriant, affichant clairement que je n'avais pas peur et que je n'avais surtout rien à foutre de tout ça.


- Je n'avais pas imaginé que tu placerais la conquête de Stephen au centre de ce duel, Carlton. Si j'avais su, je l'aurais invité à y assister finalement, une telle attention de ta part l'aurait sûrement flatté. Désolé de te briser le cœur : lui aussi il prend du bon temps en ce moment même.

Oh, le pauvre amour! Et voilà que je l'avais vexé, avec ça!

- Pleure pas, va, je vais pas te le piquer ton Roméo, c'est pas mon genre... Enfin, tu sais bien comment est mon genre, ajoutai-je en ricanant. Ah ça, mon genre, il l'avait même testé avant moi avant que Taylord ne lui file entre les doigts, alors oui, il le savait bien!...

La vision de Fray qui "prenait du bon temps" me parut si bizarre que je ne pus m'empêcher d'y penser quelques secondes, me rappelant comment il dansait comme un pauvre âne pris de convulsions, et de combien il était pété comme un coing. Sinon je l'avais déjà vu avec un sacré coup dans le nez et pas forcément que de l'alcool, mais bon, c'était pas dans les mêmes circonstances. Non, vraiment, je me demandais bien comment un mec comme ça prenait du bon temps... En organisant une séance de lecture qui se terminerait après 22 heures? Wouhouuu!!


- Assez plaisanté.

Wow, tu vas te calmer, mon petit.

- Puisque tu poses la question, il y a bien une chose que j'aimerais t'entendre dire. C'est que tu regrettes ce que tu as fait à Taylord. Et crois-moi, tu va le dire, et le penser, sincèrement.

J'éclatai de rire, évidemment - non mais, il se prenait pour qui là, Zorro?!

- Et puis encore? C'est tes oignons, peut-être? Tu ferais mieux de lui courir après si tu veux la récupérer, au lieu de perdre ton temps ici. Mais bon, j'suis pas sûr que t'aies la carrure, entre nous, et je le regardai de haut en bas en ricanant toujours. Quel clown, non mais je vous jure...

- Que le duel commence. D'abord, on se salue.

Ah, de mieux en mieux! Ces règles à la con me faisaient royalement suer, parce qu'elles étaient ridicules, et je me contentai de m'incliner vaguement pendant un quart de secondes. Je vis ensuite dans ses yeux que le moment de plaisanter était fini et qu'il allait lever sa baguette tel un chevalier prêt à charger sur sa victime et je ravalai ma dernière moquerie avant de pointer moi aussi ma baguette sur lui. J'avais assez réfléchi et hésité entre deux sortilèges, un qui lui ferait vraiment mal et le blesserait comme j'avais envie de le blesser, ou un autre qui me permettrait de prendre le dessus de l'échange et de l'humilier bien comme je le voulais avant de lui clouer son bec une bonne fois pour toutes. Comme ce n'était pas un Mangemort que j'avais en face de moi et donc pas une situation d'urgence, je choisis l'option qui serait la plus marrante et m'écriai sans plus tarder :

- Levicorpus !

Avec un peu de chance, il avait mis un caleçon à fleurs, et toute l'école serait ravie de voir le cul de Scott McBeth à l'envers pendant que je le baladerais au plafond, pendu par une cheville, avec la force de ma baguette.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Jeu 2 Aoû - 17:33

(C'est toi qui a l'esprit mal placé. )


Tout m'irritait chez Carlton : sa démarche; son accent nasillard quand il fanfaronnait ou se moquait des autres, qui le faisait curieusement sonner comme Taylord (bien que cela ne m'ait jamais gêné chez elle); la manière dont il attachait sa cravate. Plus je le regardais et plus je découvrais de détails détestables dans son comportement et dans son apparence. Des détails qui ne m'avaient jamais interpellé chez les autres mais que, désormais, je ne pourrais plus m'empêcher d'associer à ce sale type. Ce qui n'avait pour conséquence que de me le faire détester encore plus. Toute sa personne ne m'inspirait que du dégoût, comme s'il avait été une limace sur ma chaussure, une immonde limace gluante et pleine de bave et impossible à décoller. C'était une obsession, un besoin viscéral, compulsif, irrationnel : il fallait que je m'en débarrasse, vite, avant qu'elle ne se décide à quitter ma chaussure pour escalader ma jambe. D'ailleurs, je me sentais réellement un peu malade, comme au bord de la nausée, à l'idée de ce duel avec Carlton.

- C'est sûr, tu la connais tellement bien… Tu es sorti combien de temps avec elle avant qu'elle ne te plaque, déjà ?

Un an, brûlais-je d'envie de lui répondre, une année entière, espèce de misérable verracrasse, tu la connais donc si mal que tu ignores cela? Le plus offensant dans cette histoire c'était qu'il n'ait jamais pris ma relation avec Taylord au sérieux. Eussions-nous été encore ensemble, ça ne l'aurait pas gêné le moins du monde de se la taper, je n'aurais même pas été un obstacle digne d'intérêt. Aux yeux de Carlton, je n'étais pas vraiment un ennemi et certainement pas un rival. Juste un Serdaigle insignifiant, à peu près aussi passionnant qu'un cours d'Histoire de la Magie. Même à Stephen, il semblait témoigner plus de respect en s'acharnant sur lui, en montrant bien qu'il n'aimait pas le savoir ami avec Taylord. Mais moi, je pouvais bien sortir avec elle pendant un an, ce n'était pas grave, je n'étais pas une menace! Je ne méritais même pas qu'on perde son temps à m'insulter. Personne, je n'étais personne.

Mais tout ça, c'était terminé maintenant. Je le laissai parler. Ça, il était doué de sa langue, Carlton ! Mais cette fois, les mots ne le sauveraient pas à condition d'être énoncés en latin, et vu comme il maîtrisait l'anglais, je doutais que ça soit une réussite.

- Pleure pas, va, je vais pas te le piquer ton Roméo, c'est pas mon genre... Enfin, sais bien comment est mon genre...

En effet, je ne le savais que trop bien. Par malheur, il se trouve que c'était peut-être bien notre seul point commun... Toujours des brunes, entre autres choses. Lilian d'abord, Taylord ensuite... Et après, qui?... Haley? Mon poing se referma violemment sur ma baguette à cette pensée -
non, pas elle - jamais je ne le permettrais!

Nous nous mîmes en position. Naturellement, Carlton se contenta d'un bref salut et lança aussitôt un sort dans ma direction (peu dangereux, et cela m'agaça encore plus). Comme je m'y étais attendu, je parai le coup facilement avec un Charme du Bouclier.

- Et on commence en trichant, bel esprit Carlton, un vrai Gryffondor! lança-je, sarcastique, à travers la salle. Mais je n'attendais rien de mieux de ta part...

A mon tour je levai ma baguette. Je n'avais pas à hésiter sur le choix du sortilège. J'avais déjà mentalement éliminé Expelliarmus – trop simple, et je voulais durer un peu ce duel avant de le désarmer quand le moment serait venu.

- Diffindo!

Il jouait la carte de la gentille humiliation ? Eh bien, pas moi. Je l'avais prévenu. Fini de rire. Je n'étais pas gentil, et je ne lui montrerai aucune indulgence.

Malheureusement, mon sort de rata d'un cheveu - il n'avait pas eu le temps de le contrer mais ces heures passées sur un balai devaient se révéler utiles après tout et l'avait rendu incontestablement rapide. En se décalant au bon moment, il parvint à esquiver le rayon lumineux qui aurait dû l'atteindre de plein fouet. Celui-ci le rasa cependant de très près, déchirant un peu sa chemise au niveau du biceps.

Avec une satisfaction grisante mêlée à une faible envie de me retourner et de vomir, je vis une tâche de sang commencer à se former sur la manche. Ce n'était qu'une petite coupure sans méchanceté, rien de dangereux, un avertissement tout au plus. Mais lorsque Carlton me regarda après l'avoir brièvement examinée, il n'y avait plus trace d'amusement dans ses yeux. Craignant une soudaine prise de conscience de sa part j'enchaînai aussitôt, tirant parti de l'avantage que j'avais sur lui.

- Flambios!

La langue de feu qui se déroula dans sa direction était moins puissante mais nettement plus précise que l'Incendio, et cette fois s'il ne l'arrêtait pas il ne serait pas en mesure de l'éviter.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Jeu 9 Aoû - 19:23

Ah, ça...

Ce mec était un naz, un pauvre type tout juste encore en couche-culottes et qui devait pleurer à la moindre occasion comme le gamin à lunettes de toutes les cours de récré, tête de turcs des plus forts et de plus populaires. Pire que ça il était abruti, parce qu'il se croyait investi d'une mission divine - non mais laissez moi rigoler - et que juste parce qu'il avait eu la chance de peloter Taylord (et rien de plus), la tâche de laver son honneur lui revenait à lui, en personne. Ben voyons. Et pourquoi pas Peeves, tiens, tant qu'on y est. Est-ce qu'il comptait dans la vie de Taylord? Enfin je veux dire, est-ce qu'il croyait sincèrement qu'il avait compté? Je la connaissais cette petite, je l'avais pratiquée assez longtemps, merci bien. C'est pas un mec comme ça qui allait la faire vibrer, il était mou comme une limace et collant comme un chewing-gum. Elle devait juste kiffer faire ses devoirs avec lui parce que ça lui simplifiait la tâche, et voilà. Au moins - et ça me faisait mal de dire ça d'ailleurs - Fray avait un peu plus de poigne, et si je ne pouvais pas plus le blairer, je pouvais déjà comprendre pourquoi ils s'entendaient bien avec Taylord. Mais McBeth?! Quel peigne-cul, oui!

Là où ça me titillait c'est que si j'avais le dessus sur tous les plans avec lui, le seul truc qu'il avait de mieux que moi c'était son savoir immense comme son inutilité et sa transparence; et fatalement, dans un duel comme ça, ça le favorisait. Enfin, juste sur ce point là. Parce que moi j'avais le reste, j'étais plus fort, plus agile, plus sportif, plus endurant, plus résistant. Une pichenette et il tombait comme un château de cartes. Sauf que voilà, des sorts il en avait à la pelle et sûrement que je n'en connaissais pas la moitié, et moi j'avais toute ma colère et mes poings chauds et prêts à se battre, mais non, Monsieur le pauvre naz m'avait coincé - habilement, je le reconnais - en m'obligeant à ce foutu duel à la con. Je n'avais pas plus peur que ça, de toute façon. En fait, ce mec était tellement transparent à mes yeux que c'était juste impossible qu'il me batte sur un quelconque plan. C'était aussi simple que ça. Je veux dire, la matière grise, ça fait pas tout, mon petit pote. Il faut du cran, il faut la niaque. Vu comme je lui avais quasiment piqué sa meuf sous son nez, j'avais de sacré doute sur le fait qu'il ait la niaque, et c'est peu de le dire.

Bon allez, qu'on en finisse. J'avais d'autres choses à foutre de plus intéressantes que de subir les attaques débiles d'un preux chevalier qui se croyait tout puissant, et qui en plus me soûlait en me rabâchant cette histoire passée. Taylord elle était grande, que je sache, non? Si quelqu'un devait me mettre un poing dans la gueule, c'était elle, bordel. Pas lui, là, la pâle copie de Fray mal dégrossie.


- Et on commence en trichant, bel esprit Carlton, un vrai Gryffondor! Mais je n'attendais rien de mieux de ta part...

Gnagnagnagna. Tu veux voir ce qu'est un vrai Gryffondor? Ben évidemment que mon sort allait pas le foutre K.O. dès le premier coup, allo, on est dans un duel, il s'était déjà battu une fois dans sa vie ou bien? On met jamais l'adversaire au tapis en un coup de poing, ça se saurait. Bref, il m'agaçait. J'avais beau avoir envie de rester au-dessus de ça, de lui mettre la misère et d'aller arroser ça ensuite à coups de Pur-Feu, j'avais pas la nature très sereine et je dois dire que le petit vermisseau qui me faisait face commençait à me courir sévèrement sur le haricot.

- Mais ferme ta gu...


- Diffindo!


Oh, l'enfoiré! Mais c'est qu'il m'avait presque eu, ce con!

Trop occupé à lui faire un doigt d'honneur je n'avais pas paré le sort avec un charme du bouclier, mais je m'étais écarté rapidement - merci le Quidditch - sauf que son putain de sort m'avait quand même eu au bras et qu'il avait déchiré ma chemise et tracé dans ma peau, juste sur mon muscle contracté par la colère, un trait fin mais plutôt profond, qui saignait sur ma peau et le tissu. Ah ouais. Donc il y allait cash. Ah ben putain, c'est ça quand on découvre la vie hein, on y va franco dis donc mon petit pote...


- Flambios!

Eh oh! Cette fois j'avais levé ma baguette et -

- Prote...

Sale pute.

La force du sortilège me propulsa plus loin et je m'écrasai sur le sol, poussé par les grandes flammes longues qui s'étaient enroulées autour de mes chevilles et de mes poignets. Je poussai un grognement et remuai comme je pus avant de réussir à me redresser un peu et de me ressaisir. Pointant ma baguette sur ce connard de feu qui me faisait un mal de chacal, je criai :


- Lashlabask ! Les langues de feu s'écartèrent de moi et disparurent dans les airs. Connard, marmonnai-je en sautant sur mes pieds.

Je n'en menai pas large. Mes poignets étaient marqués de deux grosse traces violettes, la chair était à vif et j'avais si mal que je sentais des larmes de douleur me picoter les yeux, mais alors mon gros, il pouvait toujours courir pour que je montre un quelconque signe de faiblesse. Enfin... Je tanguai et trébuchai, malgré moi. Mes chevilles, elles aussi, avaient subi l'attaque des flammes et je sentais que la chair était nue au dessus de mes chaussures, et ça me faisait tellement mal de tenir debout que je sus que je n'allais pas tenir éternellement si je ne lui faisais pas bouffer sa baguette et sa connerie avec.

Deux putain de sorts et il m'avait déjà bien amoché...... Il allait me le payer. En plus, il me regardait avec sa gueule de con, et j'aurais presque juré qu'il était en train de kiffer ce qui se passait. Tu m'étonnes.


- Ben dis donc, tu sors le grand jeu. C'est dommage, t'aurais du le sortir un peu plus tôt, pour que Taylord voit que t'es un homme. Elle t'aurait peut-être pas largué.

Je ricanai et lançai une série de sorts à la suite, me concentrant du mieux que je pouvais et oubliant ma peau en feu :

- Impedimenta ! Furunculus !.... Incendio !

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Mar 14 Aoû - 17:11

Plus je me concentrais sur Carlton et ma volonté de lui faire payer ses agissements, et plus le monde autour de nous semblait perdre de sa consistance. Ce devait être l'adrénaline qui me permettait de tenir encore debout car, malgré l'assurance que j'affichais, je n'en menais pas large. Seulement si je me mettais à réfléchir aux conséquences maintenant, jusqu'où j'étais capable d'aller... Je lui laisserais l'avantage, je perdrais ma confiance et il s'en servirait pour me déstabiliser et gagner, encore, alors que j'étais clairement meilleur que lui. C'était ma chance, ma seule chance de laver l'honneur de Taylord et le mien, alors je ne pouvais pas la laisser passer, je devais aller jusqu'au bout, m'assurer qu'il ne recommencerait pas. Ou en tous cas, qu'il y réfléchisse à deux fois avant de s'en prendre à mes proches. Mais par-dessus tout, je voulais lui rabattre son clapet - car aussi bête et méchant soit-il, chaque mot qui sortait de sa bouche était une vérité qui me poignardait en plein cœur. J'aurais beau me montrer plus intelligent, plus fort, plus gentil, plus humble... Cela ne changerait rien au fait que Taylord l'avait choisi, lui, et pas moi.

J'étais plein d'incertitudes quant au monde qui m'entourait et j'agissais toujours en chercheur plus qu'en aventurier, mais il y avait deux choses dont j'étais certain. La première: que ce que j'éprouvais pour Taylord, c'était de l'amour, pas juste une vague obsession adolescente comme les adultes s'empressent toujours de le dénigrer. Ce goût au fond de ma gorge, quand je songeais à ce qu'elle pouvait bien faire avec lui - même des choses très simples, comme des courses, une promenade dans le parc, ou l'aider à faire ses devoirs - ce goût était celui de l'échec, du manque. Son absence était comme une soif impossible à combler, mais le pire, c'était qu'il avait fallu qu'elle m'abandonne pour que je me rende compte à quel point j'avais besoin d'elle. La seconde chose que je savais, c'était que je ne pourrais pas la récupérer. Comment, d'ailleurs? En troquant ma personnalité pour celle de Carlton? Non, ce n'était pas moi, et il ne s'agissait même pas de me comparer à Carlton, c'était juste que... je n'étais pas suffisamment naïf pour croire que c'était possible. On ne change pas qui on est. Et Taylord ne m'aimerait jamais pour qui j'étais, en tous cas, pas comme j'aurais voulu qu'elle m'aime.

Il n'y avait aucune solution à ça, aucune alternative, rien. C'était une douleur qui n'avait pas de fin, quand bien même j'essayais de la surmonter, et c'était précisément pourquoi elle était insurmontable - c'était comme tenter de gravir une montagne dont le sommet était plongé dans la brume, on avait l'impression qu'on ne s'en sortirait jamais. Me défouler sur Carlton n'arrangerait pas plus les choses. Je m'étais dit que ça me ferait toujours du bien, au moins, mais maintenant que j'étais au cœur de l'action, je n'étais plus si sûr de ce que je ressentais. Je voyais mes sorts atteindre Carlton et l'endommager sans aucun problème et je me disais que ce n'était pas vraiment un duel, car je l'avais déjà gagné, en quelque sorte. S'il ne se battait pas, quel intérêt y avait-il à l'envoyer au tapis? Deux sortilèges et j'avais déjà atteint les appuis stratégiques - chevilles et poignets, comme nous l'avait enseigné le professeur de défense contre les forces du mal.

Il continuait à fanfaronner pourtant, envers et contre tout, sans jamais se départir de ce masque d'arrogance que je voulais absolument voir tomber.

- Ben dis donc, tu sors le grand jeu, ricana-t-il. Il avait du culot, il fallait bien le reconnaître. C'est dommage, t'aurais du le sortir un peu plus tôt, pour que Taylord voit que t'es un homme. Elle t'aurait peut-être pas largué.

La rage me reprit instantanément et je levai ma baguette en même temps qu'il levait la sienne.

- Impedimenta ! Furunculus !
- Reducto !


Son premier sort me frôla; le second rencontra le mien au milieu de l'estrade. Les deux rayons furent déviés et terminèrent chacun leur course dans un angle de la pièce, celui de Carlton mettant le feu à une bibliothèque tandis que le mien faisait exploser une chaise. Un instant distraits, nous retournâmes vite au duel, nos regards exprimant la même haine et la même volonté de vaincre.

- Icendio ! lança Carlton, peut-être inspiré par son attaque précédente.
- Aguamenti !

Ma riposte noya la sienne et le frappa en plein visage, l'aveuglant pour quelques secondes. J'en profitai pour enchaîner avec un maléfice de jambencoton qui le cloua définitivement au sol, incapable de se redresser qu'il était en plus de ses chevilles sévèrement atteintes par mon attaque précédente. Le désarmer ne me posa pas plus de problème; marchant vers lui, j'attrapai sa baguette au vol, prit un instant pour l'observer - elle était assez longue, mais je n'étais pas capable d'identifier le bois dont elle était faite, et je me demandais ce qu'il pouvait bien y avoir à l'intérieur - avant de la jeter dans mon dos sans plus de cérémonie. J'avançai jusqu'à Carlton, le poing si serré sur ma propre baguette que mes jointures en blanchissaient. Maintenant il était à mes pieds, vaincu, défait, mais je n'en avais pas fini, non, pas encore. Il restait un dernier détail, une dernière réclamation que j'avais promis de lui faire parvenir.

- Dis-le, ordonnai-je d'une voix blanche. Dis que tu es désolé de lui avoir fait du mal et on sera quitte.

Il releva la tête pour me répondre. Sa respiration était saccadée après qu'il ait tenté de se redresser sur ses jambes inutiles, et il saignait, brûlé par endroits, trempé et frissonnant à cause de la vague d'eau glacée que je lui avais balancé à la figure - bref, il était dans un état lamentable, et si Madame Pomfresh le voyait débarquer ainsi à l'infirmerie elle se poserait sûrement des questions. Mais il me tenait toujours tête, pourtant, et cela me mettait hors de moi.

- Tu es une épave, Carlton. Tu crois que parce que tu as "sauté" untel nombre de filles, ou parce que tu les amuses quand tu fais l'imbécile en classe, les gens t'apprécient ? La seule personne qui t'aimait, tu l'as jetée et humiliée. Qu'est-ce qui s'est passé, tu avais peur qu'elle découvre que tu étais un gros connard et te plaque alors tu l'as plaquée avant ? Tu me fais vomir.

Je pointai ma baguette sur lui, sans trop savoir ce que je comptais en faire, mais avec la certitude qu'il allait souffrir cette fois-ci, pour de bon, s'il ne ravalait pas ses sales paroles et ne présentait pas ses excuses sincères à Taylord, à moi, à chaque personne qu'il avait un jour offensé.

- DIS-LE!! hurlai-je, et c'était presque une supplique parce que j'avais peur maintenant, peur de ce que j'allais faire s'il se refusait encore.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Mer 22 Aoû - 14:29

J'étais dans la merde. Clairement. Autant le reconnaître, à un moment ou à un autre. J'avais trop l'habitude de me foutre dans la merde et de devoir m'en sortir à la force des mes poings pour ne pas savoir quand ça sentait le gaz. Et là, oui. J'avais cru que sa supériorité en magie serait contrebalancée parce que j'étais meilleur en tout, avec le moral, la force, l'agilité, l'habitude de mener des combats. Ben, je m'étais trompé. Il menait bien sa barque, le petit salaud, et mes poignets et mes chevilles étaient en feu et même si je gardais la face, je savais - je savais très bien qu'il allait avoir le dessus parce qu'en sortilèges j'étais une brêle et que là, il ne s'agissait que de ça. On aurait lâché nos baguettes que j'aurais mis pas plus de dix secondes à le foutre au sol et lui faire ravaler ses grands airs de chevalier. Mais voilà, la magie l'avantageait, et merde, c'était bien la première fois que je regrettais de ne pas avoir suivi plus en cours, pour pouvoir sortir des sortilèges d'attaque dignes de ce nom et pour être plus performant.

Fais chier. Je n'avais aucune envie de perdre, et surtout pas face à lui, cette fillette, ce pauvre con complètement transparent qui devait passer son temps à chialer Taylord quand il ne léchait pas le cul de Fray.

J'avais pas envie de perdre mais j'allais bien devoir passer par là, donc l'important maintenant était de 1) garder la face parce que ça lui ferait trop plaisir si je ravalais ma langue et m'étouffais avec ma défaite, et de 2) concocter déjà un petit plan de vengeance, parce que s'il m'avait bien eu, il n'était certainement pas dit que j'allais me laisser faire comme ça, il se trompait, le petit. Il voulait venger l'honneur de Taylord? Très bien, qu'il le fasse. Sauf que maintenant, c'était le mien que j'allais devoir venger. Et pas qu'un peu.


- Reducto !

Le bâtard - son sort intercepta le mien et ils se rencontrèrent juste entre nous, explosant l'un contre l'autre, et allèrent se fracasser autour de nous dans la pièce. Ah ouais, quand même. On regarda tous les deux les dégâts collatéraux qu'on venait de produire avec la même expression de surprise, et je regrettai férocement que cette connasse de bibliothèque prenne feu, plutôt que sa sale gueule à lui, mais bon. Le combat continua et je sus que mon Incendio allait le frapper... L'espoir revint. Après tout, le combat c'était aussi de la chance; j'avais déjà pété la gueule à des mecs bien plus baraqués que moi, parfois il faut juste ruser un peu et compter sur le hasard qui peut bien faire les choses...

Mais il répondit trop vite par un sortilège d'eau qui anéanti le mien, et j'eus juste le temps de serrer les dents que le puissant jet d'eau glacée m'arrivait en plein dans le visage, me renversant en arrière par la force de l'impact. J'aurais été capable de me redresser et de ne pas tomber si mes chevilles n'avaient pas été douloureuses; je les sentis plier sous le choc et céder sous la douleur qui suivit, et à peine quelques secondes je me retrouvai par terre comme une merde, crachant cette putain d'eau gelée qui était rentrée dans mon nez, ma bouche, mes yeux, tentant tant bien que mal de reprendre mes forces là où il en restait. Putain, je n'avais pas envie que ça se finisse comme ça, ce que c'était frustrant de savoir que de tout façon j'étais impuissant et qu'il allait gagner, qu'est-ce que j'avais envie de lui exploser la tête de mes mains! J'avais la mâchoire crispée et plus aucune envie de rigoler, parce que la défaite comme ça ça ne me connaissait pas et surtout ça ne me plaisait pas. Oh oui, très malin, de l'eau glacée pour détruire un feu brûlant. Brillant. Sauf qu'il allait venir un jour où je foutrais la chambre à sa chambre en entier et ça ne serait pas un pauvre jet d'eau de merde qui suffirait à sauver ses meubles. Putain, il allait me le payer.

Il me lança un autre sort - eh bien oui, frappons un homme à terre! En voilà un qui connaissait les règles des duels! C'est qu'il avait peur que je me relève de mes cendres, le pauvre petit?! - et cette fois je ne pouvais même pas me relever, il avait dû me coincer au sol. Alors seulement je me rendis compte que j'étais vraiment dans un sale état; que je tremblais, que j'avais du mal à respirer, que mes chevilles et mes poignets me faisaient pire que mal et que, bonus, ma chemise avait été déchirée par endroits à cause des sortilèges et qu'il y avait même des endroits où je saignais. Oh, génial. Il voulait vraiment que je le tue, donc. Et dire que je devais tout ça à Taylord... Putain, elle ne pouvait pas se trouver d'autres amis, non?! Des amis qui ne se comptaient pas dans mes pires ennemis? Eh bien non, ce serait trop facile!...


- Dis-le. Dis que tu es désolé de lui avoir fait du mal et on sera quittes.

Ça me fit vraiment mal au cul de lever la tête vers lui et de le regarder alors qu'il me toisait de toute sa hauteur, mais tant pis, j'étais bien décidé à le faire chier jusqu'au bout.

- Oh oui, compte là dessus, je vais sûrement te faire ce plaisir, grinçai-je entre mes dents, grimaçant de douleur et de colère. En plus il avait pris ma baguette, ce connard, et je le fusillai du regard, faute de pouvoir le flinguer avec autre chose.


- Tu es une épave, Carlton. Tu crois que parce que tu as "sauté" untel nombre de filles, ou parce que tu les amuses quand tu fais l'imbécile en classe, les gens t'apprécient ? La seule personne qui t'aimait, tu l'as jetée et humiliée. Qu'est-ce qui s'est passé, tu avais peur qu'elle découvre que tu étais un gros connard et te plaque alors tu l'as plaquée avant ? Tu me fais vomir.

Bla, bla, bla. Vilain Chuck qui a trop de chance parce qu'il plaît aux filles, qu'il a plein de potes, alors que le pauvre petit Scott n'en a pas et est bien trop empoté pour oser adresser un mot aux filles qui lui plaisent! Même celle avec qui elle est sortie l'a jeté parce qu'il devait être trop coincé pour lui prendre la main...

- Aux dernières nouvelles, ce n'est pas moi qu'on plaque... Si Taylord l'a fait et que contrairement à moi tu n'es pas un connard, c'était pourquoi alors? Parce qu'elle a découvert que tu ne servais à rien? Hmmm... je fis mine de réfléchir, ben je préfère être un connard que transparent. Au moins, j'existe, et je ricanai, m'arrêtant ensuite, contraint de tousser encore à cause de l'eau qui m'avait glacé les poumons.

- Rends-moi ma baguette, pauvre tache, le menaçai-je alors plus sérieusement. T'as eu ce que tu voulais, je suis par terre, t'es content?! Maintenant rends-moi ma baguette. Tout de suite.

Non mais sérieusement, il attendait quoi, que je lui fasse un câlin après ça? Il voulait savourer ce victoire? Ben laissez-moi vous dire que j'étais sûr qu'elle avait bon goût vu la tronche qu'il tirait, et moi je n'avais pas spécialement envie de m'éterniser là. Honneur vengé, blablabla, fin du tableau. Et puis j'avais mal partout, merde alors. J'étais déjà assez en colère donc si il ne voulait pas que je...


- DIS-LE!!

... non mais oh! Ça va bien oui?! Ça voulait dire quoi ce haussement de ton, cette tête de gros malade mental et sa baguette qu'il me pointait droit dessus?! Je reculai malgré moi de quelques centimètres, parce que bon, je n'avais pas spécialement envie de me prendre un nouveau sort dans la gueule et qu'en plus je n'avais plus aucun moyen de me défendre.

- T'as des problèmes de comportement, ou quoi, McBeth? Je t'ai déjà dit que je ne le dirais pas parce que c'est faux; je ne regrette rien, t'es bouché ou t'es juste con? Je me redressai, ne pouvant pas réfréner la rage qui était en moi. RENDS-MOI MA BAGUETTE, JE T'AI DIT! Tu vas me faire quoi? Me blesser jusqu'à ce que mort s'en suive parce que j'ai piqué ta gonzesse? Mec, on n'est plus au moyen-âge! J'avais l'impression que le sortilège de feu c'était moi maintenant, et que j'allais lui souffler mes flammes dessus comme un dragon tellement il me courrait sur le haricot. Et puis pense à ta chérie, tu ne crois pas qu'elle pleurerait ma mort? De nous deux, c'est toi qu'elle a plaqué, pas moi, je te laisse deviner qui elle préfère? Je me marrai un bon coup, parce que je savais qu'au moins il me restait ça : rien de tel que de bonnes petits moqueries pour blesser un adversaire de cette sorte. Casse-toi, maintenant, t'as gagné, tu veux quoi, une médaille?!

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Ven 24 Aoû - 17:50

Le soleil était en train de se coucher ; dans la lumière rouge du crépuscule, les cheveux de Wayland flamboyaient comme jamais, une vraie rivière de feu qui menaçait de m'engloutir pour de bon. Je passai mes doigts dedans, souriant un peu en constatant dans quel état je les avais (encore) mis – je la sentais frissonner au-dessus de moi, son visage enfoui dans mon cou. Autour de nous il n'y avait que le silence. Ni elle ni moi n'avions le cœur à parler, ces derniers temps, et je savais que c'était ma faute. Depuis que Scott avait appris ce qu'il se passait, j'avais comme un mauvais pressentiment… Je sentais que nous ne pourrions pas continuer longtemps à agir de cette manière elle et moi. Pas parce que je n'en avais pas envie, mais parce que le monde réel nous rattrapait, et nous ne pouvions pas le fuir éternellement. Ç'aurait du me pousser à prendre mes distances avec elle ; au lieu de quoi je me raccrochais encore plus désespérément à ces moments passés seul à seule, comme si je m'attendais à ce que chaque fois soit la dernière. C'était si stupide de ma part d'avoir abandonner Scott comme ça dans le couloir pour la rejoindre, mais je n'avais pas pu m'en empêcher. Seulement, je savais qu'il savait, même si je faisais semblant de rien, et cette pensée me rongeait, gâchait notre félicité à tous les deux.

Je sentis sa main qui remontait inconsciemment le long de mon bras jusqu'à mon épaule et jetait un coup d'œil. Elle avait une montre au poignet, un cadeau de sa mère m'avait-elle expliqué quand je lui avais posé la question l'autre jour – mais je n'avais pas envie de regarder. Tôt ou tard, la cloche finirait de toute façon par nous rappeler à l'ordre… Mais la raison, comme bien trop souvent chez moi, était plus forte et je finis par redresser la tête pour vérifier l'heure. Dix-huit heures passées de dix minutes.

La sensation d'avoir oublié quelque chose me titilla l'esprit à cet instant, et je me relevai complétement, entraînant Wayland avec moi à son déplaisir manifeste. Elle me demanda ce qui n'allait pas – une des rares fois où elle faisait sincèrement preuve de gentillesse à mon égard – et je m'excusai, un peu confus parce que c'était un sentiment diffus qui m'habitait et je ne savais pas comment le lui expliquer. Pour me rattraper, j'essayai de chasser l'impression en lui posant des questions sur sa journée (nous ne nous étions pas vus une seule fois à cause de ces fichus examens et de sa préparation aux épreuves des BUSE). Elle me raconta que pendant son devoir de sortilèges, Woodley – celle-là alors ! – était encore tombée sur le dos de plusieurs élèves qui discutaient au fond de la classe. Que, d'habitude, elle ne prêtait pas attention aux ragots qui circulaient (n'en ayant été que trop souvent la victime) mais qu'elle les avait entendu parler de Taylord Reegan et de Scott McBeth, mes amis (il y avait une hésitation dans sa voix à ce moment là parce que nous n'étions pas très à l'aise quand il s'agissait de parler de nos groupes d'amis respectifs). Apparemment il y avait eu une dispute ce matin avec Chuck Carlton (qu'elle n'aimait pas, à mon grand bonheur) et ils avaient dû la remettre à plus tard… Ensuite, elle cessa tout simplement de parler, et je finis par comprendre que c'était mon expression qui l'avait interrompu – soudain je ne sentais plus les muscles de mon visage et j'avais l'impression que toutes les couleurs l'avaient quitté.

La chose que j'avais oublié (dont j'avais oublié de me préoccuper, pour être exact) m'était revenu d'un coup et à présent il n'y avait qu'une chose dont j'étais sûr : il fallait absolument que je retrouve Scott avant qu'il ne fasse une bêtise. Je n'étais sûr de rien, évidemment, mais mieux valait vérifier qu'il était bien rentré chez les Serdaigle… Dire que je l'avais abandonné ainsi sur le chemin de la salle commune ! Et il m'avait laissé partir bien sagement, sans même protester ! Sur le coup j'avais assumé que c'était une énième gentillesse de sa part, mais vraiment, j'avais été bien stupide de croire cela après tout ce que le Veritaserum m'avait forcé à lui cracher au visage l'autre jour. Scott n'avait aucune raison d'être gentil avec moi. Plus maintenant.

– Il faut que j'y aille, marmonnai-je, et je commençai à enfiler précipitamment mes habits – où étaient ces idiotes de chaussettes ?! Tant pis, je les récupérerais plus tard – mon sac ! Non, trop lourd, et qui allait venir fouiner ici à cette heure de toute manière ?

Caleçon, chaussures, baguette dans la poche et chemise à demi-rentrée dans le pantalon furent tout le luxe que je me permis avant de me précipiter vers la porte de la salle. J'allais sortir et… je fis demi-tour et revins vers Lizlor qui avait elle aussi commencé à récupérer ses habits un peu partout. Sans tenir compte de son air surpris je l'embrassai vivement, serrant son visage entre mes mains pour ne pas être tenté de les laisser vagabonder ailleurs, mais ne parvins pas à prononcer le mot d'excuse qui m'encombrait la gorge. J'espérais qu'elle comprendrait le message, malgré tout. Je n'aimais pas agir de cette façon – c'était ce qui s'était passé la première fois et je m'en étais voulu alors, de l'avoir laissée complètement seule, parce que j'avais été trop stupide et trop lâche pour rester. C'était mal.

La pièce que nous avions utilisé était au sixième étage, alors je n'avais qu'un escalier à grimper et quelques couloirs à traverser pour rejoindre la salle commune. Je faillis perdre patience en face du heurtoir en forme d'aigle qui bloquait l'entrée – celui-ci prenait toujours un malin plaisir à me poser les énigmes les plus tordues possibles. Enervé d'avoir perdu mon temps je pénétrai enfin dans la salle et circulai parmi les groupes d'élèves qui faisaient leurs devoirs, répétant :
“Quelqu'un a vu Scott ?” Si quelque uns me lancèrent des regards peu amènes et me répondirent de mauvaise grâce par-dessus leurs livres de cours (ceux qui passaient leurs ASPIC bientôt, notamment), la plupart firent preuve de politesse et même, pour certains, d'inquiétude. Scott n'était peut-être pas le garçon le plus populaire de Poudlard, mais à Serdaigle, il était universellement apprécié pour la sollicitude complètement désintéressée qu'il manifestait à l'égard de tous.

De plus en plus affolé je montais quatre à quatre les marches qui menaient à notre dortoir. Il était vide. Merlin, mais où il se cachait à la fin cet idiot ??? Voyons, réfléchissais-je à toute vitesse, calme-toi Stephen, il est peut-être tout simplement à la bibliothèque… Non, ça ça sonnait complètement stupide même à mes propres oreilles ; du calme, il ne va pas aller se battre avec Chuck maintenant alors qu'il ne l'a pas fait le soir du bal de Noël ni dans les mois qui ont suivi !… Oui, sauf que Taylord allait mal en ce moment et même moi je ne savais pas encore pourquoi mais j'étais sûr que Carlton y était pour quelque chose. Mais même ainsi Scott n'est pas bête, il sait bien qu'il n'a aucune chance de gagner en se battant contre lui ! A moins d'employer la magie, bien sûr, mais…

La salle de duel.

Mon sang ne fit qu'un tour. Je dévalai les marches, traversai en trombe la salle commune, dépassai tout le monde en coup de vent sans prêter attention aux regards surpris qui se posaient sur moi (je vous rappelle que je venais de passer un excellent moment avec Wayland, qui lorsqu'elle était contente aimait me le montrer en m'arrachant les cheveux – heureusement que je rentrais déjà souvent avec la tête en pétards avant le début de nos aventures, encore un bénéfice de mes expériences, décidément, c'était la couverture parfaite !). Je crois bien que je n'avais jamais traversé Poudlard à cette vitesse, j'étais tellement concentré sur mon but que je ne remarquais même plus à quel point la sensation de mes pieds nus frottant contre le cuir de mes chaussures était désagréable et pénible pour courir. Heureusement pour moi, j'étais au septième étage et la salle de duel au deuxième, ce qui signifiait une série d'escaliers à descendre plutôt qu'à monter – dans le cas contraire j'aurais mis plus de temps. Et je serais arrivé trop tard.

A quelques mètres de la salle, je commençai à entendre des cris provenant de l'intérieur et sentit mon cœur se serrer sous l'angoisse qui venait de monter d'un cran dans mon système nerveux. Fichues réactions corporelles incontrôlables ! Je pris une forte inspiration, m'assurai mentalement que je maîtrisais parfaitement la situation, et sortis ma baguette, avant de pénétrer dans la pièce.

Je ne sais pas à quoi je m'étais attendu exactement – une tempête de sortilèges qui auraient volé en tous sens et qu'il m'aurait fallu interrompre en dépit du fait que je risquais d'être pris au milieu ? En tous cas, je ne m'attendais pas à ça. Carlton au sol, vaincu et visiblement bien vaincu, et Scott… pointant sa baguette sur lui et avec une expression que jamais, jamais je ne lui avais vu et que je n'aurais jamais envisagé voir un jour. On dit toujours que la colère des gens naturellement bons et aimables est une chose à ne pas prendre à la légère, et bien pour le coup, je ne pouvais qu'être d'accord. Et bien sûr Carlton, complètement inconscient ou juste trop fier pour tenir sa langue, était en train de lui débiter insulte sur insulte, j'avais déjà entendu le mot “gonzesse” et je savais qu'il ne se montrait aussi grossier avec Taylord que lorsqu'il voulait la blesser ou blesser son entourage. Je vis la catastrophe se profiler avant que Scott ait eu le temps de faire le geste fatal.

– Expelliarmus !

La baguette de Scott lui sauta des mains et s'envola vers moi – c'était tout l'art du sort de désarmement, il ne fallait pas seulement s'assurer de retirer sa baguette à son propriétaire mais la récupérer. Je l'attrapai, sèchement, franchit les quelques mètres qui me séparaient de l'estrade et me hissai dessus à leur niveau. De près, Chuck avait l'air dans un état encore plus consternant que ce que j'avais d'abord imaginé, mais ce n'était pas vers lui que se portait mon attention pour l'instant. Je ne pouvais pas détacher mon regard de Scott, de l'expression de haine absolue sur son visage, pas seulement envers Carlton mais envers
moi aussi semblait-il.

– Ça suffit maintenant, ordonnai-je froidement. Il a eu son compte.

Si on m'avait dit qu'un jour, je prendrais la défense de Chuck Carlton en faveur de celle de Scott McBeth, je pense que j'aurais bien ri. Seulement là ça n'avait plus rien de drôle.

– Mais qu'est-ce que te prends ?! éclatai-je finalement, parce que je ne pouvais pas croire que c'était Scott, le raisonnable entre tous, ma bonne conscience, qui venait de s'acharner sur un élève innocent… d'accord pas innocent, mais tout de même, il ne méritait pas un tel traitement. Tu allais lui envoyer un autre sortilège alors qu'il était déjà à terre !! Enfin !…

J'étais tellement révolté que je ne savais pas quoi lui dire ; non seulement cette attitude ne respectait pas le code d'honneur du duel, mais surtout c'était… oui, c'était lâche. Indigne de
lui. En fait, son comportement me dégoûtait. Je fis un pas en arrière, secouant la tête – je-ne-parvenais-pas à y croire, bon sang ! J'avais toujours eu confiance en lui, même dans les pires moments, quand notre amitié était mise à rude épreuve, pour prendre toujours la bonne décision, garder son sang-froid, rester calme et mature en toute circonstance. Je lui tendis sa baguette.

– Juste… Prends la et pars, conclus-je d'une voix dure, incapable de masquer ma déception.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Mer 29 Aoû - 17:55

D'où me venait cette force? Je n'en avais aucune idée. Je n'en avais aucune idée, puisqu'elle me dépassait complètement, que ses déferlantes faisaient de moi un écueil pas plus résistant qu'un petit bateau dans la tourmente, et que j'avais beau essayer de me débattre, rien n'y faisait. Ce sentiment s'était emparé de moi sans que je puisse y opposer une quelconque objection, comme si ce n'était plus moi, dans ma tête et dans mon corps, qui tirait les fils de mes actes et de mes pensées. Quelqu'un était dans mon cerveau, un Scott bien plus méchant et bien moins réfléchi qui ne voulait qu'une chose : la Vengeance, avec un grand V. C'en était trop, Taylord, Carlton, la trahison, le chagrin, la tristesse, l'impuissance, et tout le reste, formait une vaste tornade entre mes deux oreilles qui effaçait tout sauf une chose : qu'il paye. Qu'il paye vraiment, de lui-même. Qu'elle soit vengée, que mon amour soit vengé, d'une manière ou d'une autre.

J'avais des éclairs de lucidité, comme dans tous les moments où on perd le contrôle de soi - parfois l'esprit sort un peu du corps, comme pendant la médiation, et contemple le triste spectacle. J'étais fou d'agir ainsi mais pourtant je m'en délectais et c'était bien cela qui me faisait le plus peur. Je ne voulais pas être comme lui, comme ces gens qui n'ont pas assez de valeurs et de retenue pour évaluer les autres avant eux, pour comprendre que leurs actions, bonnes ou mauvaises, avaient toujours des conséquences inévitables sur le monde qui les entourait. Moi, je réfléchissais toujours, ou du moins, j'essayais. Carlton appartenait à cette espèce de gens qui ne réfléchissaient jamais à cela (ou jamais tout court, sans doute), ni avant ni après, parce qu'il se fichait comme d'une guigne de ce monde au milieu duquel ils n'étaient qu'un simple fétu de paille. Pourquoi les gens ne pouvaient pas comprendre cela?! Que vivre impliquait forcément de vivre ensemble et qu'il fallait que nous apprenions à trouver notre place sans écraser les autres. Carlton, Stephen, j'avais peine à l'avouer, mais ils étaient tissés des mêmes fibres, parce qu'aucun d'eux ne savaient accorder d'importance à ces gens qui gravitaient autour d'eux et sans lesquels ils n'étaient presque rien... pas grand-chose.

Ses mots dansaient devant moi, comme s'ils s'écrivaient dans les airs pour me faire mal d'avantage et que je les imprime à jamais dans mes rétines, mais je ne les retenais pas, non; ils menaient une danse étrange et m'éblouissaient, comme des flash de lumière. Je devais cligner des yeux, serrer mes doigts d'avantage sur ma baguette, pour me concentrer, ne pas perdre les pédales.


- Aux dernières nouvelles, ce n'est pas moi qu'on plaque... Taylord... tu n'es pas un connard, c'était pourquoi... tu ne servais à rien?... que transparent... j'existe... ma baguette, pauvre tache. T'as eu ce que tu voulais, je suis par terre, t'es content?! Maintenant rends-moi ma baguette. Tout de suite.

A ces mots je relevai la tête, le toisant de toute ma hauteur. D'un regard vif et sans appel, je lui fis comprendre que lui rendre sa baguette n'était pas dans mes intentions.

- T'as des problèmes de comportement, ou quoi, McBeth? Je t'ai déjà dit que je ne le dirais pas parce que c'est faux; je ne regrette rien, t'es bouché ou t'es juste con? RENDS-MOI MA BAGUETTE, JE T'AI DIT! Tu vas me faire quoi? Me blesser jusqu'à ce que mort s'en suive parce que j'ai piqué ta gonzesse? Mec, on n'est plus au moyen-âge! Et puis pense à ta chérie, tu ne crois pas qu'elle pleurerait ma mort? De nous deux, c'est toi qu'elle a plaqué, pas moi, je te laisse deviner qui elle préfère? Casse-toi, maintenant, t'as gagné, tu veux quoi, une médaille?!

Je le haïssais de toutes mes forces et ses mots, s'ils me blessaient encore et encore, parce qu'il était tellement sûr de lui malgré tout et que moi j'avais peur, parce qu'il osait parler de Taylord ainsi sans aucun respect, parce que oui, il avait raison, elle l'avait choisi lui et pas moi... Mais toujours était-il qu'il était à ma merci, pour la première fois de ma vie, et que je ne pouvais pas laisser cette chance passer sans la saisir. Une médaille? Non, rien de tout cela. C'était sa tête sur un plateau dont je rêvais, et je cherchais le meilleur moyen de me la procurer.

Là, entre ses deux yeux, était pointée ma baguette que je tenais serrée si fort que mes propres ongles étaient rentrés dans ma paumes, mais que je savais que je ne pourrais les enlever que quand j'aurais accompli ma mission jusqu'au bout. Le dernier pas était là, et le silence qui suivi prouva que je le craignais de toute mon âme. Mais mon bras ne faiblissait pas et je sus que j'allais en être capable - il me fallait juste quelques secondes pour respirer - et je cherchai le sortilège, dans le panel de ceux que je connaissais, qui le plierait en deux et lui ferait ressentir toutes mes souffrances et celles de Taylord, et qu'importe les conséquences, je...


– Expelliarmus !

Comme une bulle qui éclate un son retentit dans mes oreilles et sans que je puisse esquisser un mouvement ma baguette s'échappa de mes doigts gourds et bondit dans les airs. La première chose que je vis fut ma paume décorée d'un arc de cercle de quatre traces d'ongles bien distinctes, et des quatre petites plaies en lune coulaient des gouttelettes de sang. Mais j'aurais voulu que ce soit son sang qui salisse mes mains. Alors je me retournai d'un bloc pour faire face à - oh, sa voix, je l'avais reconnue - mon meilleur ami, dressé devant moi, sur l'estrade, avec sur le visage un air que je ne lui connaissais pas, car il me regardait avec une telle expression que le souvenir du Veritaserum me revint comme un boomerang lancé à pleine vitesse.

– Ça suffit maintenant. Il a eu son compte.

Je plissai les yeux, laissant le silence parler pour moi. Stephen venait de me désarmer pour que je ne blesse pas Carlton. Stephen, se voulant sûrement gage de paix et arbitre neutre de l'histoire, venait sciemment de choisir Carlton - mon pire ennemi - plutôt que moi - son meilleur ami? - en agissant de la sorte, devant nous deux. Ce n'était pas tant son geste de désarmement qui me dérangeait - je comprenais qu'il ait voulu éviter le massacre, car su je reprenais peu à peu mes sens, j'étais certain que j'aurais pu faire quelque chose de terrible, et cela m'aurait porté à moi aussi grand préjudice. Mais c'était son regard si... désapprobateur, et ses mots, si lapidaires! Quelle déception je lisais dans ses prunelles - comment, Scott, le gentil Scott, finalement, n'était-il qu'une brute épaisse?!...

– Mais qu'est-ce que te prends ?! Tu allais lui envoyer un autre sortilège alors qu'il était déjà à terre !! Enfin !… (et ce "Enfin!" avait le son de celui qu'on sert aux petites enfants qui ont fait une ânerie)

J'éclatai d'un rire fort et sec, un rire que jamais je n'avais entendu de ma bouche. Jetant un regard méprisant à Carlton, je m'avançai près de Stephen :


- Parce qu'il n'a jamais frappé une personne à terre, peut-être? Et Taylord, Taylord - j'insistais sur ce prénom qui me donnait encore des frissons, parce que je savais combien elle comptait pour lui aussi - elle n'était pas à terre quand il l'a piétinée?

J'amorçai un pas ver le bord de la piste, devinant que je devais partir et que Stephen ne me laisserait pas agir autrement. D'un côté ma victoire était totale, j'avais eu raison de Carlton, et avec une aisance qu'il allait certainement maudire pendant des jours et des jours. D'un autre côté, cette interruption, si elle m'avait empêché de faire une grosse bêtise, m'était tout aussi terrible car encore une fois... car encore une fois, on me préférait quelqu'un d'autre, l'éternelle malédiction qui semblait bien décidée à me poursuivre...


– Juste… Prends la et pars, fit-il de sa voix dure et un peu hautaine, celle qu'il prenait quand il faisait la leçon aux autres. Je saisis ma baguette, et au lieu de faire comme j'avais toujours fait, baisser les yeux et lui obéir, je ne bougeai pas et continuai, empruntant sans faire exprès le ton désinvolte et moqueur de Carlton lui-même :

- Comme on fait son lit on se couche, Stephen, commençai-je mystérieusement. Très bien, qu'il prenne son parti, alors... Tu as décidément bien choisi ton camp, n'est-ce pas? Tu regrettes le rouge et l'or? Lizlor encore, je comprends, elle est agréable et tu n'aurais pas pu choisir une... amante plus charmante. Mais... lui? Je jetai un œil à Carlton. Par Merlin, mais que lui trouves-tu comme excuse?! Qu'est-ce que vous avez en commun?...

Je me détournai alors, car ma place n'était plus ici. Le sort de Carlton ne m'intéressait plus, et la trahison de Stephen m'était trop douloureuse. Je pris le chemin de la porte et, la main posée sur la poignée, je me retournai une dernière fois :


- ... Votre amour pour Taylord?

Mon regard croisa celui de Stephen et je ne lâchai pas ses yeux pendant quelques instants. Moi aussi, je pouvais frapper là où ça faisait mal. Choisis bien, Stephen. Je partis, le corps étrangement léger, mais l'esprit lourd des brumes de l'incertitude.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Jeu 30 Aoû - 18:16

J'aurais été dans le sous-sol d'un bar pour parier sur un combat de coqs, honnêtement, j'aurais misé sur McBeth plutôt que sur moi, parce que sa baguette pointée droit sur moi et son visage crispé n'engageait rien de bon. Bah, ce n'était pas la première fois que j'allais m'en prendre plein la gueule. Depuis que j'étais en âge de me démerder tout seul je traînais la majorité de mon temps dehors, avec ma bande de potes qui comme moi cherchaient à foutre quelque chose de leur vie, et dans ces cas-là, on rencontre toujours d'autres bandes des quartiers voisins avec qui on est pas copains, et ça finit le plus souvent en baston. Si en plus y'a une histoire de fille dans le tas, ça démarre au quart de tour, ajouté à ça que souvent le soir on est bien arrosés et que l'alcool n'est pas vraiment connu pour relaxer... Bref, tout ça pour dire que je m'étais bastonné plus d'une fois dans ma vie et que je n'étais pas Superman non plus, il m'était arrivé de me faire mettre au tapis, et d'ailleurs dans ces cas-là je finissais vraiment vraiment amoché, parce que j'étais pas du genre à me laisser faire et que je me battais jusqu'au bout. Une fois, un mec m'avait pété le bras en me shootant dedans et j'avais passé tout l'été le bras dans le plâtre - génial. Je doutais que Scott en arrive là, à mon avis j'allais plutôt me retrouver avec des poireaux dans le nez et des boutons sur la gueule, mais bon. Hors de question que je m'excuse devant sa face de rat, et en plus pour une affaire qui ne le regardait pas. Il ne voulait pas que je lui apporte Taylord à poil sur un plateau d'argent, non plus!

Alors que je ne le quittai pas des yeux - ouais, il croyait que j'avais peur ou quoi?! - et que je lui ordonnai de me rendre ma baguette, ce dont je doutais qu'il allait faire, mais bon, il y eut tout d'un coup un bruit bizarre, comme une porte qu'on ouvre, et je vis à la gueule de Scott que lui aussi l'avait entendu. L'instant d'après, sa baguette lui sautait des mains.

J'essayai de me persuader une seconde que c'était mes potes qui venaient de débarquer parce qu'ils savaient que j'étais là et qu'ils voulaient assister à ma victoire, et que du coup ils allaient un peu s'amuser avec Scott histoire de me venger, ou bien un truc cool comme ça. Mais c'était un peu difficile d'y croire, parce que cette voix absolument insupportable me rappelait fortement la voix de quelqu'un, qui n'avait rien d'un de mes potes, rien d'un Gryffondor, et rien de quelqu'un que je souhaitais voir débarquer en cet instant pour me sauver la mise.

– Ça suffit maintenant. Il a eu son compte.

... Fais chier.

Stephen Fray en personne volait à mon secours!!

... Non, rien à faire, ça ne m'excitait absolument pas. Je pouvais juste lui reconnaître une chose : son timing, réglé comme du papier à musique, parce que quelques secondes après et j'aurais certainement eu une citrouille plantée entre les deux yeux. Mais pour le reste...

Pour le reste, j'avais mal partout, cet enfoiré m'avait fait un mal de chien, mes poignets et mes chevilles me brûlaient tellement que je ne savais pas si j'allais pouvoir marcher correctement, j'étais trempé des pieds à la tête, j'avais un peu la tête sonnée de quand j'étais tombé, un coupure à l'épaule, la chemise déchirée, je m'étais pris une rouste par Scott McBeth et Stephen Fray venait de me sauver. ...Autrement dit, j'avais connu des jours meilleurs, et mon orgueil avait bien mal au cul.

Heureusement pour moi, s'en suivit une jolie petite querelle d'amoureux en bonnes et dues formes qui eut le mérite de me faire bien ricaner sous cape, et ma colère s'envolait peu à peu (pour laisser place à une honte que je tentai malgré tout de ravaler) :


– Mais qu'est-ce que te prends ?! Tu allais lui envoyer un autre sortilège alors qu'il était déjà à terre !! Enfin ! - Avec un peu de chance, il allait lui baisser son froc et lui mettre une fessée? Ils se livraient peut-être à ce genre de pratiques, non?

... AU SECOURS.


- Parce qu'il n'a jamais frappé une personne à terre, peut-être? Et Taylord, Taylord, elle n'était pas à terre quand il l'a piétinée? - Cette tension dramatique, il allait presque me faire pleurer! Ça va, ça se voyait bien qu'il s'était jamais pris une baffe de Taylord hein, elle savait se défendre, sa chérie!

– Juste… Prends la et pars. - Ouh là là! Pas content!

- Comme on fait son lit on se couche, Stephen, - Bonjour, je suis un Serdaigle et je parle par maximes, mais voyons, c'est on ne peut plus courant - Tu as décidément bien choisi ton camp, n'est-ce pas? Tu regrettes le rouge et l'or? - eh oh euh, j'ai rien demandé moi. Je ne voulais pas qu'il laisse supposer que Fray avait un petit crush sur moi sinon je mettais Poudlard à feu avant de m'immoler dans le brasier et... - Lizlor encore, je comprends, elle est agréable et tu n'aurais pas pu choisir une... amante plus charmante. -... WHAT?! - Mais... lui? - STOOOP! PARDOOON? - Par Merlin, mais que lui trouves-tu comme excuse?! Qu'est-ce que vous avez en commun?... - ALLOOO, FRAY/WAYLAND?! Eh ben mon salaud...

- ... Votre amour pour Taylord? - 10/10 pour la sortie théâtrale, mais je ne pus m'empêcher de regarder Fray d'un air louche. Amour pour Taylord? Allons bon, lui aussi? Mais je croyais qu'il se tapait la fille Wayland? Et puis d'abord, je ne l'aimais pas moi, Taylord! Qu'on me lâche un peu avec Taylord, merde!

Je me rendis compte alors que je me retrouvais tout seul avec Fray - interdiction de fantasmer - et ça me mit un peu mal à l'aise de me retrouver dans cette position - celle du vaincue, du blessé, bref du con - alors que lui venait de me sauver la mise et d'agir en héros - toutes proportions gardées évidemment, c'est quand même de Fray qu'on parle - en s'opposant à son petit chien/son amoureux/son larbin (inutile de rayer quoi que ce soit, il n'y a pas de mention inutile). Bien bien bien. Bon. Euh. Je voulus me lever mais j'avais mal partout, et je grimaçai. Mes chevilles avaient tremblé avant même que je me dresse dessus. Cool.

- Dis donc, je suis presque ému. Tu es sûr que Roméo ne va pas t'en vouloir? Je ne voudrais pas casser votre couple, vous êtes si mignons...

Hmmm. Merde, ça me faisait chier cette situation. Autant s'en débarrasser sur le coup. Parce que pour un peu, i allait aussi me casser les pieds avec Taylord, et alors là non merci, saturation maximale de Taylord, j'allais finir par me transformer en Taylord si on ne me foutait pas la paix avec cette meuf.

- Bon eh bien euh... J'imagine que je dois te remercier, même si tu aurais quand même pu arriver sur un cheval blanc, ça aurait été plus classe...

Voilà voilà. Bon, il ne voulait pas partir? J'ignorais comment j'allais renter mais ça, c'était une autre histoire.

- Tu me passerais ma baguette? Je pouvais toujours essayer de me démerder, d'une manière ou d'une autre. ... Non, sérieusement, tu te tapes Lizlor Wayland? Pardon, mais je ne pouvais juste pas me retenir. Je lui lançai un grand sourire - mais c'était que petit Fray était devenu grand! J'pensais pas te dire ça un jour, mais je suis presque fier de toi... Et je me marrai, parce qu'au moins, ça me donnait une contenance.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Ven 31 Aoû - 0:34

Je vous avouerai que, franchement, ce n'était pas ainsi que j'avais envisagé ma soirée. Dans la mesure où j'avais envisagé quelque chose bien sûr (j'étais plutôt un partisan du coup de tête, spécialement en ce moment). En cette fin de journée, j'étais tout simplement fatigué : nous avions enchaîné les devoirs, et si ça ne me posait pas de problème, celui de l'après-midi avait traîné en longueur – j'aimais les potions mais la présence de Nakamura derrière mon épaule pendant quatre heures d'affilée ne m'émoustillait pas vraiment ; je n'avais pas vu Taylord de la journée, et depuis ma dispute avec Scott, j'avais plus que jamais besoin d'elle pour égayer mes journées. Mon rendez-vous surprise avec Wayland m'avait certes détendu l'esprit, mais d'un point de vue physique on ne pouvait évidemment pas dire que ce fut très… reposant. Et j'étais frustré également, car j'avais du l'abandonner précipitamment, et j'aurais voulu passer plus de temps à ses côtés – parfois je me demandais quel effet cela ferait de m'endormir tout simplement à côté d'elle, sans la pression de devoir repartir avant que quelqu'un ne remarque notre absence simultanée… Bref. Je serais resté avec elle. Peut-être que nous aurions recommencé, même, parce qu'elle aussi avait eu une longue journée et dans ces moments là elle était toujours moins combattive, et j'aimais la sensation de ses bras paresseusement enroulés autour de mon cou quand elle rendait les armes – c'était différent, une autre facette d'elle-même, et en bon aventurier je tenais à toutes les explorer. Après quoi, je serais rentré à la tour de Serdaigle, j'aurais pris une bonne douche, pris mon repas dans la grande salle avec tout le monde, et me serais couché de bonne heure pour une fois, comme quelqu'un de normal.

Mais non. Mais non, ce programme n'aurait pas lieu. Ce n'était pas grand-chose pourtant, cela me semblait des plaisirs simples, mais ils m'étaient refusés. Parce qu'il fallait que j'aille courir après Scott McBeth qui avait décidé de mettre une raclée à son ennemi. Parce qu'il fallait que j'aille porter secours à Chuck Carlton.

… Quelle sorte de blague
cosmique l'univers était-il en train de me jouer ???

C'était définitivement une situation que l'ancien moi n'aurait pas accepté. Autrefois j'aurais fait comme bon me serait semblé et j'aurais laissé Scott réduire Carlton en bouillie si ça lui chantait. Après tout, ce n'était pas comme si nous étions les meilleurs amis du monde n'est-ce pas ? Carlton et moi, j'entends. Je ne pouvais pas le voir en peinture, et il me le rendait bien. A vrai dire d'ailleurs, si j'étais intervenu, c'était moins pour défendre le Gryffondor (lequel méritait très certainement ce qui lui était arrivé de toute façon) que pour empêcher Scott de faire quelque chose qu'il regretterait. J'avais beau ne pas être très sensible, je me fiais beaucoup à mon instinct, or mon instinct m'avait soufflé que Scott ne se contenterait pas de lui faire sortir des poireaux des oreilles. Qu'il était vraiment en colère, une colère dont je ne mesurais pas les limites mais qu'il ne me serait pas venu à l'esprit de sous-estimer. La rage est une chose dangereuse, et plus on la retient, pire sera le résultat. Et enfin, j'étais furieux après Scott de s'être laissé aller parce que… parce que voilà, j'étais… inquiet ! Inquiet ? D'accord, allons-y pour inquiet. C'était nouveau, ça. Oui, parce que Scott ne m'avait jamais donné de raison de m'inquiéter à son sujet. Taylord, oh, Taylord c'était toujours le cas bien sûr, depuis le début et à jamais probablement. Mais Scott ne faisait pas de vagues. Scott n'avait pas de problème. Scott avait une gentille famille, des amis, de bonnes notes – et oui, d'accord, il s'était fait largué par Taylord, mais je ne doutais pas qu'il retrouverait quelqu'un d'ici peu ! Puisque c'était bien son programme, non ? C'était la seule, médiocre ambition que les gens semblaient chercher dans ce bas monde !

Enfin… oui, médiocre, peut-être. Je ne savais plus.

Toujours est-il que je tombais des nues. Il apparaissait que Scott n'était pas si gentil que nous voulions tous le croire. Au fond, est-ce que ça me surprenait vraiment ? J'avais toujours su que quelque chose sommeillait sous cet air serein qu'il se plaisait à afficher. Sinon, je n'en aurais pas voulu comme ami, n'est-ce pas ? Son rire froid, si peu reconnaissable, me fit froncer les sourcils, et bien qu'il n'eut plus sa baguette j'eus un mouvement de recul instinctif lorsqu'il s'avança vers moi. Ça avait toujours été ainsi, j'avançais, il suivait, seulement ce soir la familiarité du geste avait quelque chose d'amer.

– Parce qu'il n'a jamais frappé un personne à terre, peut-être ? Et Taylord, Taylord (la manière dont il insista sur le prénom me mit mal à l'aise et je sentis ma mâchoire se crisper – je savais ce qu'il essayait de faire et ça ne me plaisait pas, pas du tout), elle n'était pas à terre quand il l'a piétinée ?

Je ne répondis pas, trop interdit pour trouver une réplique piquante à lui servir. Qu'entendait-il par là ? Visiblement il était au courant de quelque chose – et Carlton aussi – et c'était probablement pour ça qu'ils étaient là tous les deux. Tournant le dos à Carlton, je ne pouvais voir son expression mais je devinais que, s'il était coupable de quoique ce soit, il n'afficherait aucune culpabilité. Etait-ce ce qui avait été à l'origine du conflit ? Qu'avait-il bien pu faire ? Quelques mois plus tôt je me serais honnêtement posé la question. Mais mon expérience avec Wayland me laissait envisager une possibilité qui ne me plaisait pas beaucoup. Si c'était ce que je craignais… et pourquoi pas après tout ? Carlton était bien connu pour ça, c'était même un des points clefs de sa réputation, même si personne ne le disait franchement, parce que réputation ou pas, il n'y avait quand même pas de quoi se vanter en public.

Cette fois je baissai les yeux face au regard accusateur de Scott, parce que je savais qu'il avait raison. Si c'était bien ce que je pensais alors c'était indéfendable. Mais le pire était que je me sentais responsable, pour Taylord – n'avais-je pas, quelque part, donner ma bénédiction à Chuck lors de notre rencontre à la Tête du Sanglier ? Je l'avais mis en garde, certes, mais je lui avais donné sa chance. J'avais voulu croire qu'il saurait agir contre sa nature, pour Taylord, parce que si quelqu'un était capable de le faire changer – de changer n'importe qui – ça ne pouvait être qu'elle. Pour elle, il essaierait, m'étais-je persuadé.
J'avais eu tort.

Alors pourquoi prenais-je son parti à présent ? Je n'avais pas pour habitude d'être de mauvaise foi avec moi-même et je devais bien dire ce qu'il en était : je prenais sciemment le parti de Carlton. Contre Scott, et même contre Taylord. Mais jamais encore je n'avais croisé Scott ou Taylord dans un bar en train de s'exploser volontairement les neurones, parce qu'ils ne se supportaient plus eux-mêmes. Comment étais-je supposé blâmer Chuck alors que je faisais exactement la même chose à Lizlor ?

Scott semblait avoir deviné ce que j'avais en tête. Je lui rendis sa baguette, pressé de le voir partir parce que c'était trop douloureux d'affronter son expression qui disait, ça y'est, ça y'est, j'ai enfin compris ce que tu vaux. Rien que cela aurait suffi à me porter un coup sévère, mais il ne s'arrêta pas là.

– Comme on fait son lit on se couche,
Stephen. Tu as décidément bien choisi ton camp, n'est-ce pas ? Tu regrettes le rouge et l'or ? Lizlor encore (je redressai brusquement la tête, espérant qu'il s'arrêterait, mais il ne fit même pas une pause), je comprends, elle est agréable et tu n'aurais pas pu choisir une… amante plus charmante.

Je fermai les yeux. Je pouvais sentir ceux de Carlton, braqués sur mon dos. Pourquoi fallait-il qu'entre toutes les personnes de cette école ce soit lui que Scott ait choisi pour me trahir ?… Mais oui, évidemment. Je l'avais fait en premier. Œil pour œil, dent pour dent.

– Mais… lui ? continua-t-il, l'incrédulité et le dégoût marquant son visage. Par Merlin, mais que lui trouves-tu comme excuse ?! Qu'est-ce que vous avez en commun ?…

Je serrai les lèvres et ne répondis pas – dire que j'avais douté quelques secondes, j'avais vraiment failli m'excuser et me retourner pour insulter Carlton ! Mais sa trahison avait changé la donne. Cette fois, oui, j'avais choisi mon camp. Il ne m'avait pas laissé le choix. Je me contentai de l'observer le plus hautainement possible, faisant passer clairement le message – je ne voulais plus de lui ici. Face à mon manque de coopération, Scott se détourna et sauta de l'estrade, prenant enfin le chemin de la sortie. Avant de partir il se retourna une dernière fois et croisa mon regard.

– … Votre amour pour Taylord ? acheva-t-il à mi-voix, mais suffisamment fort pour s'assurer que Carlton et moi l'entendions.

Cette fois, clairement, je me sentais mal.

Le claquement de la porte me fit sursauter. Pendant quelques secondes je fus proprement incapable de la lâcher du regard, comme si j'espérais qu'elle se rouvrirait et que j'aurais droit à une seconde chance. Qu'étais-je supposé faire à présent ? Un bruit dans mon dos me rappela à l'ordre. Soudain je me rendis compte que je me retrouvais seul avec Carlton – PAS de fantasmes – et qu'il allait probablement avoir besoin de mon aide vu l'état dans lequel Scott l'avait mis, que je n'avais vraiment mais alors vraiment pas envie de l'emmener en claudiquant jusqu'à l'infirmerie, et… et que, bien sûr, j'avais laissé mon sac dans la pièce où Wayland et moi nous étions retrouvés. Merveilleux. Je levai ma baguette, me sentant déjà un peu plus serein au contact du bois entre mes doigts – heureusement qu'un sortilège d'attraction permettait de faire face à ce genre de problème.

– Dis donc, je suis presque ému, fit la voix de Carlton dans mon dos. Tu es sûr que Roméo ne va pas t'en vouloir ? Je ne voudrais pas casser votre couple, vous êtes si mignons…

Poussant un soupir, je me tournai enfin vers lui. Mon regard vif et bien entraîné s'attarda sur chacune de ses blessures – il était vraiment dans un piteux état. Ses jours n'étaient pas comptés mais plusieurs de ses plaies allaient au-delà des capacités de la médecine Moldue. Je ne savais pas s'il se rendait compte qu'il avait eu de la chance, dans son malheur. Je connaissais Scott, avec une baguette il était redoutable, et si je n'avais pas été là, qui savait jusqu'où il aurait pu aller ?

– Bon eh bien euh… reprit le Gryffondor, visiblement gêné – je l'étais tout autant, même si je ne le montrais pas. J'imagine que je dois te remercier, même si tu aurais quand même pu arriver sur un cheval blanc, ça aurait été plus classe…

Je levai les yeux au ciel – de réelle exaspération ou d'amusement, je ne savais plus au juste. N'apprendrait-il donc jamais à la fermer dans les moments où… Oh. Voilà encore une chose qu'on me reprochait. J'aurais dû répondre ça à Scott.

– J'y penserai pour la prochaine fois, répliquai-je, sarcastique, parce que c'était encore un peu frais pour faire de l'humour avec lui mais que je ne pouvais décemment pas le laisser gagner à ce petit jeu de piques.
– Tu me passerais ma baguette ? Je me tournai pour lancer un nouveau sort d'attraction sur sa baguette qui traînait, inutile, dans un coin de la pièce. Non, sérieusement, tu te tapes Lizlor Wayland ?

Un silence suivit – autant pour moi, c'était une partie que je n'allais certainement pas gagner, pas si les dés étaient truqués. Je me retournai vers Carlton, sa baguette à la main. Il avait ce grand sourire goguenard qui me donnait envie, pardonnez-moi l'expression, de lui balancer mon poing dans la tronche.

– J'pensais pas te dire ça un jour, mais je suis presque fier de toi…

Je plissai les yeux, pinçai les lèvres ; non, je n'étais pas amusé, et même, j'étais… vexé ? Qu'est-ce qui m'arrivait ce soir à la fin ??

– Tiens, émis-je seulement en lui tendant sèchement sa baguette.

Autre chose, puisqu'on y est. Je détestais – vous m'entendez ?? – je
DÉTESTAIS vraiment que tous ces mecs, là, se permettent de me parler de Wayland comme ça, en… l'appelant par son prénom. Scott, Carlton, pour qui ils se prenaient ? Je ne le faisais pas, moi, alors pourquoi eux ??? Voilà, c'est tout ce que je voulais dire – non mais vraiment, ça m'énervait.

A ce moment, il y eut un grand bruit et la porte s'ouvrit brusquement sur mon sac, qui avait dû lui rentrer dedans à toute vitesse. Hum, pas très bien élevé, il faudrait que je trouve le moyen de lui apprendre à frapper avant d'entrer… Il vola jusqu'à moi et je l'attrapai, fouillant aussitôt dans la poche intérieure droite et trouvant ce que je cherchais – un flacon de Dictame chipé à l'infirmerie pour mon usage personnel, que j'avais prévu d'utiliser en cas de ratages. Je m'accroupis face à Carlton, qui semblait de plus en plus mal à l'aise (décidément, ça le perturbait, entre sa blague douteuse sur mes rapports avec Scott et maintenant ça ! pour un peu j'aurais cru que ça cachait quelque chose…). Je m'aperçus que ses jambes tremblaient chaque fois qu'il tentait de pousser dessus. Jambencoton, hein ? Classique, mais efficace.

– Finite Incantatem.


A peine le sort annulé, Carlton tenta de se remettre sur ses jambes – évidemment la douleur le fit grimacer. Rien d'étonnant : la chair de ses chevilles était littéralement à vif.

– Ne bouge pas, fis-je d'un air autoritaire avant de tirer sur sa chaussure et ce qui restait de sa chaussette – le tissu avait fondu et s'accrochait désormais à l'épiderme brûlé. Ah mais… Reste tranquille ! sifflai-je alors que la douleur le forçait à bouger la jambe, me donnant un coup de pied involontaire que j'évitai de justesse. Sérieusement, tu as quel âge, cinq ans ?! Tergeo.

Les bouts de matière plastiques et autres corps étrangers furent finalement arrachés à la peau et, immobilisant fermement sa jambe d'une main, je me servis de l'autre pour appliquer sans ménagement une bonne dose de dictame. Ça allait faire mal, je le savais, alors autant y aller franco – des chairs qui se ressoudent en quelques minutes ce n'est pas exactement une partie de plaisir, même avec la magie. Et puis, c'était quand même une situation un peu gênante alors j'avoue que je faisais exprès de ne pas prendre de pincettes. Concentré, les yeux rivés sur la plaie qui se refermait, je l'entendis plus que je ne le vis se rabattre en arrière sous le coup de la douleur. Tant mieux, il valait mieux qu'il ne regarde pas, parce que ce n'était franchement pas un spectacle terrible à regarder et je n'avais aucune envie qu'il me vomisse dessus par-dessus le marché. La blessure entièrement recouverte de dictame, je fouillai dans mon sac pour trouver un morceau de tissu que j'enroulai autour de sa cheville.

Je fis de même avec son autre jambe, puis ses bras – il protesta et pour tout dire, j'aurais préféré le laisser se soigner tout seul, sauf que ses mains tremblaient tellement qu'il n'aurait jamais réussi à s'appliquer la lotion par lui-même, entre la douleur liée à la guérison et le froid qui le faisait claquer des dents (il était toujours trempé).

– Tu préfères aller à l'infirmerie ? fut la seule menace que j'eus besoin de proférer pour qu'il se tienne tranquille.

Ça ne me plaisait pas beaucoup (pas du tout même, c'était extrêmement inconfortable) mais si je ne le faisais pas, je devrais effectivement l'emmener chez Pomfresh, et elle lui poserait des questions, et tôt ou tard Scott aurait eu des ennuis. J'avais beau lui en vouloir, ce n'était pas ce que je lui souhaitais.

– Voilà, c'est fini, annonçai-je enfin après avoir noué la dernière bande autour de son poignet avec des gestes secs. Tu devrais être capable de marcher jusqu'à ton dortoir. Ne les défais pas avant demain matin.

(Et brûle les ensuite s'il te plaît, qu'il ne reste aucune preuve que je me suis occupé de ta petite santé, ça me ferait mal.)

Je me levai tout aussi brusquement et reculai de quelques pas, désireux de m'écarter le plus rapidement possible maintenant que la proximité n'était plus nécessaire. Pendant qu'il se redressait, j'essuyai mes mains dans ce qui me restait comme tissu, me débarrassant du dictame ; ne sachant que faire de moi-même maintenant que le boulot était terminé, j'attrapai ses chaussures et en désespoir de cause testai deux ou trois sortilèges pour tenter de réparer la partie qui avait brûlé, mais ce n'était décidément pas mon domaine de prédilection.

– Elles sont mortes, fis-je en les jetant à Carlton, un peu trop violemment si on considérait ce par quoi il venait de passer. Voilà, c'est tout ce que je peux faire.

J'hésitai encore un peu, puis levai à nouveau ma baguette et fis un mouvement compliqué, qui eut pour effet de déclencher un souffle d'air chaud que je dirigeai vers le Gryffondor. Le résultat était plutôt comique – on aurait dit qu'il était passé dans une de ces machines fantastiques que les Moldus appellent un séchoir. Bien qu'il eut mon âge, ses cheveux partant en tous sens et ses bandages de fortune lui donnaient soudain l'air beaucoup plus jeune.

– Voilà, répétai-je (j'eus envie de me donner une baffe en m'apercevant que c'était la troisième fois que je prononçai ce mot en moins de deux minutes), maintenant nous sommes quittes.

Je n'avais pas oublié que je lui en devais une, même si quelques mois avaient passé depuis cette soirée où il m'avait sauvé la mise. Finalement, ce n'était peut-être pas un mal que je sois intervenu – désormais je ne me sentirais plus redevable envers lui.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Jeu 6 Sep - 0:24

De tous les regard qu'il aurait pu me lancer - TOUJOURS PAS DE FANTASME - celui là je ne l'aimais pas du tout, mais alors pas du tout : j'avais juste l'impression d'être la pauvre citrouille que Kelsey posait sur son bureau avant de la transformer en une portée entière de lapins. Je me sentais le pauvre cobaye qui 1) allait mal finir de toute façon mais qui 2) provoquait une excitation morbide chez celui qui la regardait, et qu'elle soit purement scientifique ou technique, entendons-nous bien, je ne voulais provoquer AUCUNE excitation chez cette espèce de tête d'endive de Stephen Fray. Je n'étais pas une expérience, il n'avait pas de comptes à me rendre, je ne voulais pas de son aide, je venais de me battre contre son meilleur ami qui soit dit en passant m'avait mis la grosse misère; voilà, fin de l'histoire, on n'allait pas en faire un drame. Ni même en discuter plus longtemps. ... Putain. Le problème c'est que j'avais beau penser fermement tout un tas de choses, j'étais bien incapable de faire quoi que ce soit puisque tout mon corps me faisait un mal de chien. J'avais beau faire semblant que tout allait bien mais que je prenais un grand plaisir à rester là comme un con le long de la piste de duel et qu'il pouvait du coup passer son chemin parce que je méditais ma défaite, je ne trompais personne, je n'étais pas con à ce point. Mes moindres gestes et expressions trahissaient ma douleur. Oh, génial. Se prendre une branlée par Scott McBeth et se faire secourir par Stephen Fray. Ca ne pouvait pas mieux finir.

Comme - on ne se refait pas - j'optais pour mon éternelle attitude désinvolte et provocatrice, ben franchement, je fus presque étonné de sa réaction. Il ne leva limite pas les yeux au ciel et répondit presque sur le même ton, comme si il acceptait de rentrer mollement dans mon jeu. Euh, pardon?! Fray qui me fait des petites blagues, sourit à moitié et s'apprête à me soigner? Très bien. Qui donc avait lobotomisé ce pauvre garçon sans me le dire?!

... Aaaaah! Soulagement. La carte Wayland marcha à fond. Cette fois, son regard perçant, son silence lourd comme du plomb qui voulait dire mon-dieu-tu-es-tellement-bête-et-je-suis-tellement-intelligent, et surtout la façon dont il se pinça les lèvres me rappela l'habituel Fray désagréable et hautain comme pas possible. Tout ne foutait pas le camp, finalement. Je levai ma main pour saisir ma baguette, comme il me la donnait, et ne put retenir un grognement accompagné d'une grimace et j'eus le souffle coupé, quelques secondes. Putain, McBeth, il allait me le payer... Je n'aurais jamais cru que des petites blessures à la con comme ça feraient autant mal. Une fois, quand j'étais petit, pour monter prendre un truc dans un placard de la cuisine, j'étais monté sur la cuisinière, comme je faisais tout le temps. Sauf qu'elle était encore chaude, et que comme un idiot j'avais mis les deux mains à plat dessus. Je ne me rappelais même pas avoir hurlé ou pleuré ou quoi - j'étais vraiment gosse donc c'était vague - ni qui m'avait soigné (j'avais appris par la suite que c'était la voisine). Mais je me rappelais tellement bien de la douleur, et même dans mes souvenirs je pouvais la ressentir. Eh ben là, c'était pareil, en aussi intense mais en continu, sur mes chevilles, mes poignets, et tout ça ça faisait battre mon sang dans mes tempes et j'avais froid et chaud à la fois, et en plus, j'étais trempé. Et je me sentais bien con avec ma baguette dans la main, que j'arrivais à peine à serrer d'ailleurs : et maintenant? Je faisais quoi? Quel sort pour soigner ces conneries? C'était quoi pour sécher les vêtements déjà?...

Evidemment, Einstein n'allait pas rater ce moment pour me mettre une fois de plus la grosse honte. Sérieux comme un pape, il observa son sac arriver comme un boulet de canon et sortit son attirail - mais oui bien sûr, avoir sur soi tout un nécessaire à soigner les blessures de dragon et autres créatures maléfiques, quoi de plus anormal?! Je vous jure... - et puis il tira un flacon du sac. Ah, merde. Je me sentais comme un gamin devant sa cuillère hebdomadaire d'huile de foie de morue. Non, je voulais pas qu'il me soigner, merde à la fin!! Il s'accroupit alors et - euh, quoi?!?! Au viol !


- Pardon de te décevoir mais... tu n'es pas mon style, c'est ce qui était prévu de sortir ensuite alors que je lui jetai un regard franchement moqueur et, surtout, assez hostile pour que si jamais il y avait une petite lueur d'espoir en lui, il la ravale tout de suite, sans quoi j'allais probablement me transformer en Hulk et l'écraser d'un revers de main. Sauf qu'il me coupa la chique, avec son air de je m'en foutisme absolument exaspérant qui était tellement lui :


- Finite Incantatem.

Pour un peu, je lui aurais dit merci, tiens. Parce que ça faisait un bien fou de ne plus sentir mes jambes trembler. C'était déjà ça de moins. Mais comme je savais pertinemment que j'allais lui devoir beaucoup de choses ce soir, à mon petit infirmier particulier, je me retins sans trop de mal de le remercier, parce qu'une fois à la fin suffirait bien pour tout, hein.

– Ne bouge pas. Ah mais… Reste tranquille !

- J'aime ça, quand tu prends les choses en main, ricanai-je entre mes dents. Bon, d'accord, facile. Mais drôle!

J'hallucine! Il s'était mis à enlever mes pompes et s'occuper de ses propres petits mains de mes blessures, il avait dégagé mes chaussettes et regardait tout ça de près et...


- AÏE, PUTAIN!


- Sérieusement, tu as quel âge, cinq ans ?! Tergeo.


Il me faisait tellement mal que je me forçai à mordre ma joue pour ne pas crier encore, et tentai de ne pas bouger. Mais il m'énervait à faire genre que j'étais un enfant qui ne sait pas contrôler sa douleur. Pour de vrai, ça faisait mal, et un putain de mal, oui!

- C'est ça, j't'y verrais bien! Et j'suis sûr que t'en profites! grognai-je, sans aucune ironie cette fois. A sa place, j'en aurais sans doute profité, histoire de lui faire les pieds.

Le reste me parut passer à la fois en une seconde et en cent ans. Je crus que j'allais mourir quand il décolla mes vêtements collés sur les plaies, encore plus avec ce qu'il m'appliqua dessus - et le pire c'est qu'il s'appliquait donc il y allait lentement, ça faisait durer le plaisir évidemment - et en toute honnêteté je douillais sévère, et je fermai plusieurs fois les yeux pour que le temps passe plus vite. Je sentis qu'il avait terminé mes chevilles et m'avaient enroulé de bandes, et quand il pris mes poignets, comme je n'avais aucune envie de recommencer le calvaire j'essayai de me lever et de lui échapper mais il s'en foutait totalement, et je subis les dents serrés ses petites manipulations. A la fin, j'avais les larmes aux yeux - heureusement que je les avais gardé fermés, parce qu'il ne manquait plus que cette andouille de Fray me prenne pour une fillette.


– Voilà, c'est fini. Tu devrais être capable de marcher jusqu'à ton dortoir. Ne les défais pas avant demain matin.

Quel bâtard, il ne s'y connaissait pas trop en délicatesse, hein. Elle kiffait ça, Wayland?... Elle cachait bien son jeu, la petite. Et sa mère, elle savait? Elle kiffait aussi?... Ha ha ha, ce joli moyen de pression. Bref.

- T'en fais pas que je ne vais pas y toucher, sifflai-je comme je pouvais entre ma mâchoire crispée d'avoir été trop contracté. Lentement, je bougeai mes jambes, mes bras, mes articulations. La douleur semblait s'être un peu atténuée, mais je sentais ma chair encore à vif de ce qu'elle avait subi. Il n'amusait pas la galerie, quand il s'y mettait, ce connard de McBeth.


– Elles sont mortes. Voilà, c'est tout ce que je peux faire.

Mes chaussures m'arrivèrent en plein dessus alors que je me levai - mortes, en effet. Il s'était écarté et je me fis la réflexion qu'on avait probablement l'air aussi à l'aise que deux pingouins sous le soleil des Tropiques.

Mais ça, c'était avant qu'il me prenne en traître et m'envoie tout d'un coup un jet d'air brûlant dans la gueule. Eh ben putain, la vengeance était complète cette fois, niveau humiliation, Fray vainqueur par K.O., je crois qu'on pouvait se mettre d'accord là-dessus?...


– Voilà, maintenant nous sommes quittes.

Son ton pompeux ne m'empêcha pas de me moquer ouvertement.

- Quittes? T'as quelques longueurs d'avance là, - tu parles! Mais bon, merci quand même...

Une fois n'est pas coutume, je faillis lui tendre la main pour qu'il la serre mais je ne sais pas pourquoi je repensais à cette fameuse soirée où on s'était retrouvé tous les deux et ça m'arrêta, et puis quand je vis mes bandages, je conclus que c'était une mauvaise idée. Du coup, je lui mis une tape amicale sur l'épaule. Oui oui, amicale.

Bon bon bon...

Le plus chiant dans l'histoire c'est que malgré tout, je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'il avait été... sympa. Parce que bonjour, il m'avait choisi moi plutôt que son chevalier servant, et en plus alors que l'embrouille tournait autour de Taylord! C'était le monde à l'envers! En tout ças, ça avait aussi le mérite de me faire oublier pourquoi j'étais là à la base, et c'était plutôt cool. Maintenant, le tout était d'en sortir.

Mais évidemment... Pas avant d'en savoir un peu plus sur les petites sauteries de ce cher petit Fray, qui jusqu'à maintenant avait à mes yeux l'activité sexuelle d'un mollusque de la plus basse catégorie.


- Alors, t'es avec Wayland?! Ça me faisait sourire, et je m'arrêtai en face de lui, dans une attitude chelou parce que c'était la première fois que j'avais l'impression de m'adresser à lui comme à un pote. C'est sérieux ou c'est juste comme ça? En tout cas t'as raison : très bon choix...

Oui parce que malgré tout, cette meuf était chelou mais grave canon, ce qui n'était pas négligeable. Je lui lançai un regard entendu. Quelle que soit sa réaction, je préférais mille fois parler de Wayland, de le remercier encore une fois, ou même de parler de McBeth en maillot de bain plutôt qu'il prononce le prénom de Taylord - mais je sentais, bizarrement, qu'une entente tacite nous interdisait de la mentionner... Pour une raison qui m'échappait.

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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Dim 9 Sep - 15:09

“There’s only one thing I want, don’t make me say it, just get me bandages, I’m bleeding,
    I’m not just making conversation”

R.S.









Je ne sais pas pourquoi je n'étais pas directement sorti de la salle après avoir fini de le soigner. Ça m'aurait évité d'avoir à supporter ces questions parfaitement déplacées dont il avait le secret. Mais c'était plus fort que moi, j'imagine, la nécessité de vérifier que j'avais accompli mon travail sans faute, que désormais tout fonctionnait au mieux. C'était seulement une question de fierté personnelle, je ne pouvais décemment pas prendre le risque que Carlton s'écroule cent mètres plus loin en maudissant mon incompétence ! Même si pour l'instant, il semblait que j'aie plutôt réussi mon coup. Bien sûr, je n'étais pas expert en magie de guérison, mais mon intérêt pour les potions m'avait conduit à aborder le sujet de près (sans compter les antidotes, domaine que je maîtrisais déjà pleinement). En l'occurrence, j'étais quasiment certain que Carlton rejoindrait son dortoir sans trop de casse, et vu que j'avais pris soin de dissimuler l'étendue de ses blessures, il pourrait prétendre s'être soigné seul. Par contre, il était clair qu'il lui faudrait réinvestir dans un uniforme – quelle idée aussi de venir se battre en duel en simple chemise ! En tous cas il pouvait jeter la sienne (mais pas tout de suite).

– Quittes ? T'as quelques longueurs d'avance, là. (L'ironie dans sa voix était palpable). Mais bon, merci quand même…

A ces mots, lâchés à contre-cœur, je haussai les sourcils – Carlton qui me remerciait, en voilà une blague – mais ce n'était rien comparé à ce qui allait suivre. Rien jusqu'à aujourd'hui ne m'avait préparé à la petite tape amicale (oui oui, amicale) qu'il me donna sur l'épaule. Ai-je besoin de répéter : amicale. Sympathique. Pas encore la franche camaraderie, mais clairement éloignée de l'hostilité à laquelle j'avais été confronté depuis mes premiers jours dans cette école. Etrange… Ce revirement de situation, cette trêve, justement après ma première véritable dispute avec Scott. Est-ce qu'il y avait, finalement, une sorte d'équilibre dans le monde qui disait que quand on perdait des points avec quelqu'un on les retrouvait chez un autre ? N'allez pas croire que je commençais à me tourner vers le mystique, mais j'étais un être logique, je réfléchissais en fonction des faits. Et si cette équation ne fonctionnait pas que pour Scott et Carlton, mais avec d'autres personnes qui m'étaient chères ?…

Quoiqu'il en soit, je vous rassure, Carlton retira très prestement sa main après le regard que je lui lançai et qui disait essentiellement : “… Tu fais quoi là ?” Pour briser la glace, parce que Monsieur était spécialiste, n'est-ce pas, il choisit naturellement le sujet qui était susceptible de me mettre encore plus mal à l'aise (et de le faire encore plus rire). C'était normal, il se sentait en position de faiblesse, mais quel manque de fair-play tout de même.

– Alors, t'es avec Wayland ?!

La crudité qu'il employa pour qualifier ma relation avec elle me refroidit ; soudain je me trouvai incapable de donner une réponse quelle qu'elle soit, ni même de le regarder dans les yeux. Je me penchai pour rassembler mes affaires à la hâte, ramassant mon sac et prenant soin de le fermer correctement, mais mes gestes maladroits me trahissaient. Je ne savais pas quoi penser de toute cette histoire. Ma première réaction était instinctive, me disant de l'envoyer paître, que cela ne le regardait pas et qu'il l'avait d'ailleurs appris par accident alors il ferait mieux de ne le répéter à personne – car, si Scott maniait la baguette avec adresse, ce n'était rien à côté de ce que je pouvais faire avec la mienne. Mais cette petite tape, maudite soit-elle, avait altéré ma résolution et je me retrouvais pris entre deux feux… Et en vérité j'ignorais tout bêtement la réponse à sa question. Je finis par lever un regard désapprobateur dans sa direction, et vit son sourire (car il souriait, évidemment, ça l'avait toujours bien fait rire de me faire tourner en bourrique, pourquoi arrêter maintenant !) se figer quand il se rendit compte qu'il était en train de me parler comme on parle à un… à quelqu'un que l'on… que l'on en vient à considérer comme… une personne qu'on a rencontré ? Oui, quelque chose comme ça.

– C'est sérieux ou c'est juste comme ça ? En tous cas, t'as raison : très bon choix… ajouta-t-il, d'un air qui ne me plu pas beaucoup.

Il ne m'en fallait pas plus : instantanément, je sentis la rage sourde qui m'avait envahie à sa première évocation de Wayland revenir au grand galop. Très bon choix, qu'est-ce que ça voulait dire au juste ? Et ce regard entendu ? Entre lui et Scott qui la trouvait “charmante”… Je savais bien que je n'avais pas à me méfier beaucoup de Scott de ce point de vue là (et encore, je ne m'étais pas méfié de lui jusqu'alors et ça avait été une erreur, mieux valait rester vigilant), mais Carlton côtoyait Lizlor tous les jours, il dormait à quelques mètres de son dortoir, et est-ce que ça me dérangeait ? Non, pas du tout, seulement oui, peut-être, voilà, bref. J'essayais de ne pas trop laisser apparaître toutes ces pensées sur mon visage, mais je sentais mes traits se durcir et mes muscles se raidir, car par-dessus le marché Carlton avait visiblement jeté Taylord, et j'aurais dû être en train de lui couper les jambes au lieu de les soigner, et pourquoi n'en étais-je pas capable ? C'était Taylord Reegan, la personne qui comptait le plus à mes yeux parmi les quelques sept milliards d'habitants qui peuplaient cette planète. Taylord passait toujours en premier, n'est-ce pas ?

Une partie de moi avait envie de répondre : oui, Wayland et moi, c'est sérieux. Et je sais, très bon choix, excellent en fait, tu n'as pas idée à quel point. Tu n'en auras jamais idée, et si tu t'approches d'elle à moins de vingt mètres en ma présence je te garantis que, dans l'état où je te laisserai, aucune fille ne voudra de toi pendant dix ans. Quoique tu aies fait avec Taylord, ce n'est pas ce qui est prévu pour nous. Peut-être que… Qu'il y a un espoir ou… quelque chose…

… Et c'est ici que l'autre moitié de mon cerveau intervient, me suggérant de répondre plutôt ceci : sérieux ? Non ! Aaaaabsolument pas. C'est purement ludique, on s'amuse ! Une relation sans engagement, sans complexe, sans règles particulières, ni d'attente précise de son côté comme du mien. C'est comme ce test pour recevoir la gazette du sorcier pendant trois mois sans payer, au bout de quatre-vingt-dix jours je peux toujours dire “non, finalement ça ne me plaît pas”, et tout redevient comme avant ! Bien sûr je n'aurai plus ma gazette du sorcier à lire tous les matins, mais de toute façon aujourd'hui la gazette c'est quoi ? Une page d'infos, deux pages consacrées au Quidditch, et vingt aux pubs alors ! On peut très bien s'en passer !…

Et puis, mentalement, j'essayai d'écarter tout le superflu et de me concentrer sur Lizlor, rien qu'elle. Son expression paisible. Sa tendance à me prendre par surprise et à s'amuser de mes réactions incontrôlées. La façon dont elle se mordait la lèvre inférieure quand elle souriait, comme si elle avait peur que son sourire ne la trahisse en prenant trop de place sur son visage. Le fait que rien ne la faisait rire davantage que de cacher un de mes vêtements et de me regarder le chercher partout jusqu'à ce que je me serve d'un sort d'attraction pour la récupérer. Evidemment, elle se refusait à lâcher le bout de tissu et finissait toujours par me tomber dessus et nous envoyait rouler au sol et ça n'aurait pas dû être drôle car c'était souvent douloureux, mais avec elle tout semblait curieusement… lié.

– Ce n'est pas sérieux, décidai-je, avec un petit sourire que j'avais bien du mal à dissimuler.

Et soudain, l'absurdité de la situation me frappa (avec un peu de retard, je l'admets). Mais… Quoi ? J'étais en train de parler de ma vie se… de ça, avec CHUCK CARLTON ?! En une fraction de seconde, le sourire s'effaça et lorsque je me tournai à nouveau vers le Gryffondor, mes yeux ne trahissaient aucune trace d'émotion ou même d'intérêt.

– Et je réalise que cela va faire deux fois que tu échappes au sort d'Amnésie, Carlton. Un conseil : ne me tente pas, articulai-je, pointant ma baguette sur lui dans un geste qui évoquait moins une menace qu'un doigt comiquement dressé en signe d'avertissement.

Voilà, de cette manière, je m'assurai qu'il n'irait pas colporter des ragots à droite, à gauche. Cette tension évacuée, je rangeai ma baguette dans une poche extérieure de mon sac, faute de pouvoir la placer dans celle de ma robe de sorcier. Je vous rappelle que j'avais laissé la moitié de mes vêtements dans la salle où j'avais rencontré Wayland. Je pouvais bien dire que Carlton était dans un sale état, mais je n'étais pas mieux, avec ma chemise boutonnée de travers (elle avait encore fait sauté un bouton, c'était une manie chez cette fille !) dont les pans sortaient à moitié de mon pantalon. La main que je passai dans mes cheveux confirma mes soupçons – Wayland n'y était pas allée de main morte. Si je rentrai au dortoir dans cet état…

Mais en fait, je m'aperçus que je n'avais aucune envie de rentrer. Qu'allais-je trouver chez les Serdaigle ? Un Scott furieux, froid, morose, qui refuserait probablement de m'adresser la parole de toute la soirée (si j'avais de la chance et que ça ne se poursuivait pas dans les jours suivants). Haley ? J'avais fait une croix sur elle depuis l'hiver dernier, ne sachant comment nous réconcilier dans la mesure où j'ignorais la nature du malaise qui encombrait notre relation. Finalement, en ce qui la concernait, je n'étais vraiment pas sûr de l'emporter face à Scott, au contraire, ce n'était certainement pas moi qu'elle irait consoler en premier. D'ailleurs, Scott avait besoin qu'on le console, pas moi. Katie ? C'était une fille si charmante, mais vu ce qui finissait par arriver à tous mes amis, j'aimais autant que nous en restions au stade de la camaraderie. Scott avait eu raison en suggérant que je regrettais le rouge et l'or…

– Tu devrais y aller, conclus-je en m'asseyant sur l'estrade, montrant ainsi que j'étais déterminé à rester ici encore un moment. Ils doivent tous t'attendre… se demander où tu es passé.

Je m'en voulais de sembler si faible à cet instant ; je voulais que mes mots sonnent comme un ordre direct, mais ce qui sortait de ma bouche ressemblait davantage à une prière, comme si je disais, “pars, s'il te plaît, laisse-moi tranquille”. Ce n'était pas dans mes habitudes de me laisser aller à ce point, seulement là, j'étais fatigué. Personne ne m'attendait, moi, de toute manière. Scott me détestait, à juste titre – les raisons qu'il avait de me haïr s'étaient accumulées au fil des ans et je pouvais m'estimer chanceux que sa rancœur n'éclate que maintenant, après six années d'imposture. Taylord allait mal à nouveau, et Merlin savait ce dont elle était capable à présent ; son bonheur, qui m'avait paru (qui avait dû lui paraître à elle aussi) si proche, s'était envolé parce que Carlton était trop lâche pour le lui donner. Sauf que je ne pouvais pas le blâmer, et d'ailleurs, qu'est-ce que cela aurait changé ? Strictement rien. On est qui on est. Je m'étais dit que s'il était capable de changer alors peut-être… Sauf que non. Chassez le naturel, il revient au grand galop. C'était ainsi, on y pouvait rien. Finalement, j'avais presque envie de m'excuser auprès de Taylord – j'aurais dû l'avertir, ne pas la laisser espérer quoique ce soit. Un travail de longue haleine m'attendait la concernant, et si je me savais près à tout, j'étais également conscient que cela ne servirait à rien car je n'étais pas ce dont elle avait besoin. Ce qui n'était pas exactement une pensée agréable, remarquez. Mais cela, personne ne le réalisait, et surtout pas elle. Scott encore moins – en tous cas, c'était ce que j'avais toujours cru. Mais ses mots me revenaient en mémoire (il les avait bien affuté cette fois). Trois petits mots et un nom qui avaient suffi à me nouer complètement la gorge et à m'empêcher de répliquer. Scott, le premier à vouloir se venger de Carlton, le premier à me reprocher de ne pas prendre son parti – ne comprenait-il pas que je n'avais pas le choix, que je savais ce qu'il ressentait mieux que quiconque mais que ces sacrifices étaient nécessaires ?

– Carlton, appelai-je alors que le Gryffondor se dirigeait vers la sortie. Ne va pas t'en prendre à Scott. (Je lui lançai un regard entendu.) Tu l'avais cherché.

Ça allait sans dire.

– Et fais gaffe aux marches dans les escaliers, il ne faudrait pas que tu te retrouves…

Mais la porte s'était déjà refermée sur Carlton sans que je sache s'il avait eu le temps de m'entendre.

– … Piégé, achevai-je à voix basse.

Je jetai un regard autour de moi. C'était une grande salle, assez large pour accueillir une estrade et tout un tas de spectateurs avides d'assister au duel. Sauf qu'elle était vide, pour l'instant. Ce qui lui donnait incidemment l'air plus vaste encore.
J'étais seul.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Dies Irae (FINI)   Mar 25 Sep - 22:21

(Salaud! Change le titre! :fouette: )
Edit : je te fouette et tu m'obéis? Tu as pris tes petites habitudes...

J'étais peut-être le roi des imbéciles pour plein des gens mais au moins je crois qu'ils s'accordaient tous pour dire que j'étais aussi le roi des mecs qui foutent les pieds dans le plat. C'était un peu la seule consolation que j'avais à me mettre sous la dent, donc hein, je n'allais pas m'en priver. Surtout que ça marchait du feu de dieu : moi j'avais les boules de tout ce qui venait de se passer, depuis la mention de Taylord dans le Hall jusqu'à la vision particulièrement humiliante de Fray qui enlevait mes chaussettes de ses blanches petites mains (... J'espère que là non plus vous n'y voyez pas de fantasme? Ça commence à devenir grave.), mais alors lui, il fallait voir sa tête! A peine j'avais dit le nom de Wayland qu'il avait eu l'air aussi constipé que si je lui avais coincé une citrouille dans le cul. Maigre consolation, mais consolation quand même. D'autant plus que j'avais pas trop réfléchi en le tapotant tel un bon petit toutou pour le remercier, mais son regard ensuite fut tellement... Frayesque que j'eus envie de lui rire au nez. C'est bon, Einstein aussi devait avoir une vie sociale, les contacts physiques lui faisaient si peur que ça ou quoi? Il n'arrivait pas à l'exprimer selon le Boson de Higgs, c'était ça le soucis? Ben dis donc, elle en avait, du mérite, Wayland. Payer son cul à un cas social comme ça, ça aurait du être récompensé comme un service rendu à la nation.

Il se mit à farfouiller dans ses affaires ce qui, alors que je venais moi-même de jouer mon petit cinéma pour ne pas lui montrer trop clairement que ça me cassait prodigieusement le cul qu'il m'ait rendu tous ces services, ne pouvait pas trop me rouler dans la farine. Et je me dis encore une fois - comme quand on s'était retrouvé dans ce bar miteux à échanger nos petits conseils de défonce - que c'était vraiment bizarre, que y'avait un truc qui clochait chez lui et qu'il devait se dire pareil pour moi, parce que même si je pouvais pas le blairer, y'avait toujours un moment où c'était comme si... On aurait pu bien s'entendre. Et ça c'était quand même archi bizarre, vous en conviendrez. Parce que je vous arrête tout de suite, je ne refoulais rien du tout. Oui, Fray m'était insupportable. Oui, il était ce genre de mecs que je ne pouvais pas blairer mais pire que j'avais envie de faire taire à coups de poings, parce qu'ils étaient tout ce qui me sortaient par les trous de nez. Alors, quoi? Pourquoi parfois on trouvait presque un terrain d'entente? Surtout que j'en avais aucune envie, moi. Qu'il retourne fricoter avec son cher petit Scott - mais à mon avis leurs soirées de couple allaient être un peu plus tendues, maintenant.

Bref, après toute cette petite série d'humiliations des plus sympathiques - sarcasme - je sentais au fond de mes blessures comme un fourmillement étrange, qui s'intensifiait petit à petit, et s'il était franchement désagréable il prenait le pas sur la douleur. C'était sans doute le résultat des manipulations de l'autre endive. Tant mieux. En tout cas, il était vraiment temps que je me casse. Cette salle de duel résonnait de trop de saloperies, entre tout la honte que j'avais ressentie et le fantôme de Taylord qui planait bien tranquillement au-dessus de tout ça pour me rappeler qu'elle me faisait payer tout ce que j'avais fait d'une manière ou d'une autre, merci bien.


– Ce n'est pas sérieux, dit-il avec une telle gueule que je me demandai un instant si il n'allait pas se mettre à pouffer comme la première des greluches de ce monde.

- Ben voyons, répliquai-je franchement narquois, tout en me disant que je ne voyais pas où était le problème qu'il me l'avoue, parce que si Wayland était un bon coup et qu'ils se faisaient plaisir en s'envoyant en l'air, moi, ça ne me dérangeait absolument pas, au contraire, j'encourageais plutôt ce genre de pratiques. Mais bon. C'était pas vraiment mon pote, et j'avais pas vraiment envie non plus qu'il me raconte ses exploits sexuels, merci bien.


– Et je réalise que cela va faire deux fois que tu échappes au sort d'Amnésie, Carlton. Un conseil : ne me tente pas, et il pointa son doigt de savant docteur dans un air qui frisait le sérieux ou le ridicule, je ne savais pas trop.

Ouais... Enfin en attendant j'aurais préféré que ce soit lui qui oublie ce qui venait de se passer, parce que personnellement, le fait qu'il se tape Wayland ne me paraissait pas un secret de la plus haute importance (à part pour la mère Wayland sans doute) tandis que ma petite aventure avec Scott et ma raclée en bonnes et dues formes, comment dire, oui, ça, ça l'était plutôt. Donc bon. On va dire que ça me pétait prodigieusement le cul, mais j'optai pour le choix que je ne faisais absolument jamais - une fois n'est pas coutume : je la bouclai. Faire profil bas. Pourquoi pas.

Un peu chiant quand même. Un peu frustrant. Mais bon. L'honneur a un prix, hélas.


– Tu devrais y aller. Ils doivent tous t'attendre… se demander où tu es passé.

Il s'était donc assis sur l'estrade. Ah bon. C'est donc là qu'on passe ses soirées, en solitaire, quand on s'appelle Stephen Fray et qu'on appartient à une branche étrange de l'espèce humaine, entre l'autruche, l'asperge et le mollusque de bas étage. Dans la salle de duel. Vide. Trop cool. J'eus un regard bizarre, du genre, euh, tu fais quoi là? avant de foutre ma baguette dans ma poche, de vérifier que je ne laissais rien derrière moi. Bon eh bien, voilà. Bien bien.

- Elles doivent toutes m'attendre, repris-je en ricanant et pour le simple plaisir de le corriger et de l'exaspérer à la fois.

Non mais je vous jure : il me faisait presque un peu de peine. Je veux dire, il avait une tête bizarre... encore plus bizarre que d'habitude. Je faillis hésiter mais me disant que j'aurais l'air parfaitement con, je décidai de lâcher l'affaire. Je pris la direction de la porte sans ajouter un mot, trop concentré sur mes putains de blessures qui avaient décidé qu'il ne fallait pas que je les oublie, et qui donc me faisaient un mal de chien alors que je me mettais en mouvement.

– Carlton. Je me retournai, dans l'embrasure de la porte. Ne va pas t'en prendre à Scott. Evidemment. Tu l'avais cherché.

J'eus un brusque mouvement de tête et croisai son regard - je ne sais pas pourquoi je le regardai sans mots dire quelques instants en me disant, oui, tu m'étonnes, un peu que je l'avais cherché. Mais n'empêche que sa remarque me déplut, et ça me déplut aussi qu'il puisse comprendre que je m'en voulais, et encore une fois la putain d'ombre de Taylord me fit royalement chier, et je me barrai sans demander mon reste. La porte se ferma alors qu'il me semblait qu'il parlait encore. Tant pis. Je pris le chemin du dortoir tant bien que mal, maudissant McBeth à chaque foulée et Taylord et le reste de la galaxie le reste du temps. Et puis je ne pouvais pas m'empêcher de me poser une putain de question, à cause de l'autre andouille.
En réalité, qui allait m'attendre?...



Fin



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