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(...) Vois-tu je sais que tu m'attends. [Hazel]

 
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 (...) Vois-tu je sais que tu m'attends. [Hazel]

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Aidan O'Connelly
Directeur de Poufsouffle et Surveillant de Poudlard
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MessageSujet: (...) Vois-tu je sais que tu m'attends. [Hazel]   Lun 11 Juin - 1:53


Maeve m'avait quitté il n'y avait pas douze mois que je me dirigeais déjà à nouveau vers mon passé, brusquement, comme pour me remettre à ma place, celle de l'homme instable que j'avais été, seulement retenu par des traîtres sentiments, avant de m'implanter en Irlande. Il fallait croire qu'un homme ne changeait véritablement jamais, car à peine quelques années après avoir retrouvé mes terres si longtemps recherchées, je retournais là où j'avais enfin trouvé ma place enfant. Moi qui avait souvent pensé, dans les moments où je m'étais perdu moi-même, que la solution de remettre les pieds là où j'étais né allait pouvoir me permettre de renaître après mon drame d'adolescent, cette solution, cette fuite m'avait apporté le semi-bonheur avant de m'arracher ce que j'avais de plus beau, mon enfant Aoife. Alors, vite, j'avais éprouvé pour ce pays que j'avais foulé de mes premières respirations puis de mes pas d'homme un sentiment d'amertume assez fort pour me faire à nouveau hisser les voiles. La maisonnée que j'avais construite avec un semblant d'amour accompagné de ma femme ne résonnait déjà plus depuis une éternité des rires de ma fille lorsque je l'avais laissée là, à l'abandon. Au moins, je n'étais plus le seul qu'on laissait tomber. J'avais fait payer aux souvenirs d'avoir tenté de m’apitoyer lorsque j'avais voulu franchir une dernière fois le seuil de la maison en les laissant là, à la portée de tous, les laissant s'envoler loin alors que je les quittais définitivement avec rien d'autre dans mes poches que la lettre de la directrice de Poudlard qui répondait à ma demande d'emploi. Il était dingue d'imaginer qu'après tout ce temps, j'allais retourner à Poudlard, où j'avais été le petit garçon, entrant tout juste dans l'adolescence, encore mortellement blessé par l'amour qu'il n'avait pas reçu des auteurs de ses jours.

Pourtant, étrangement, je ne gardais de Poudlard peu de souvenirs qui n'eussent pas appartenu également à une autre élève ou à mes sentiments effarouchés. Si l'orphelinat en Angleterre m'avait enfin permis de ne pas être traité de fou par ceux qui m'entouraient, Poudlard avait vraiment été un changement pour moi. Je m'étais enfin accepté tel que j'étais, même si j'étais seul en y entrant, souhaitant complètement rompre le contact avec les enfants que j'avais fréquenté à l'orphelinat qui n'était pas la personne que j'avais le plus souvent côtoyé là bas. J'avais souhaité oublier toutes les personnes qui me ressemblaient de trop près au niveau familial sauf cette personne là. Ça n'avait pas relevé du grand changement car malgré mes efforts, je n'avais jamais été capable de me faire à l'idée que j'étais différent avec quelqu'un d'autre que la seule personne de qui j'avais été séparé contre ma volonté lorsque le choixpeau avait frôlé ma tête et que nos yeux s'étaient croisé amicalement une dernière fois. Une dernière fois, qui avait été le commencement d'un cycle infernal qui nous avait éloignés de plus en plus à mesure que nous traversions des couloirs de l'école, lentement. J'avais alors eu mon propre cercle d'amis, qui avaient tous des parents qui les aimaient, ou au moins un foyer où ils se sentaient chez eux et qu'ils avaient hâte de retrouver une fois que les vacances arrivaient. Ils avaient des parents aimants donc, des frères, des sœurs, des cousins, et même, parfois, des chats et des hiboux. Pourtant, lorsque j'avais quitté Poudlard, mal, trop brusquement, maladroitement, je n'avais éprouvé aucun regret. C'était la suite des événements, c'était inévitable, et je m'y étais fait depuis longtemps, comme si je n'avais en réalité jamais eu d'attaches. Y retourner, c'était un peu comme recommencer, déterrer des choses que j'avais enfoui volontairement. Mais, je me disais, que comme le changement ne m'avait au final jamais vraiment réussi, peut-être que reprendre en mieux et non pas laisser derrière moi définitivement me serait bénéfique. Tout sauf la chambre de ma fille, la voiture dont j'avais du m'occuper, le paysage insouciant où le soleil se couchait, imperturbable, en face de notre maison.

J'étais donc à nouveau là, dans le château, parcourant les couloirs. La seule différence notoire était que j'étais à présent un directeur de maison -Celle là même où j'avais été réparti et dont le nom avait sonné bizarrement au creux de mes oreilles le premier soir- et un surveillant, non plus un élève. C'était une situation étrange qu'il me fallait apprivoiser, mais rien n'était plus étrange que de retrouver cette personne déjà nommée dans ces couloirs. Hazel, directrice de Serpentard. Voilà qu'elle était ma rivale, et la situation était parfaitement ironique. Persuadé que nous allions un jour nous revoir, c'était non pas sa présence mais la situation qui me surprenait le plus. J'avais vu son regard noir fuyant depuis mon arrivée, sept jours plus tôt, et je n'avais pu m'empêcher de l'ignorer. Mais notre rencontre était inévitable, ainsi, lorsque nous nous croisions « enfin » lors d'un de mes tours de garde sur un des ponts du château, je lui lançais, avec toute l'indifférence dont j'étais capable un :

- Tiens, c'est toi.

En vérité, je riais intérieurement. J'étais ravi de la retrouver ainsi prise au piège alors qu'elle avait semblé vouloir repousser ce moment indéfiniment jusqu'à en oublier l'impossibilité de m'éviter pour toujours. Je riais même de façon malsaine, poussant un léger rire au creux de ses oreilles. Je la regardais comme si j'avais pu la détruire autant que je l'avais aimée, à la minute où j'aurais posé mes doigts sur sa peau interdite, avec toute la haine, l'hilarité, et le détachement dont j'étais capable. J'étais même tenté de m'approcher et de la toucher, de l’effleurer, me laissant gouverner par le sentiment regrettable qui naissait au fond de moi, rien que pour voir si elle allait le ressentir et qu'elle allait en souffrir comme j'avais souffert de son impossibilité à agir comme elle l'aurait du.

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Hazel Woodley
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MessageSujet: Re: (...) Vois-tu je sais que tu m'attends. [Hazel]   Mar 12 Juin - 14:20




« To Hell and back... »


L'avantage avec les beaux jours, c'est qu'ils donnaient aux élèves de Poudlard d'avantage d'envies d'insoumission et d'évasion. Avec les bourgeons fleurissaient les petits malins qui se baladaient dans les couloirs après le couvre-feu, ou bien qui s'aventuraient bien trop loin dans des endroits interdits, ou qui, encore, prenaient un peu trop de bon temps au lieu d'aller en cours. Pourtant, leur tête n'était déjà pas bien pleine : ils n'avaient pas vraiment le luxe de s'autoriser un tel manque, mais qu'importe, ils n'étaient pas brillants et ne le seraient jamais, songea Hazel pour balayer le sujet de sa tête. Ce qui l'importait seulement, ce qui l'amusait en vérité, c'était que leurs âneries crasses et leur minable esprit de « rébellion » avaient pour réelles conséquences de sympathiques petites punitions - car il ne fallait pas se leurrer, le château n'était pas un vaste terrain de jeux où les élèves pouvaient faire tout ce qui leur passait par la tête - qu'elle distribuait à cœur joie.

En ce moment, c'était d'ailleurs l'une de ses principales activités. Car la fin de l'année approchée, les cours presque terminés et elle avait de moins en moins de travail - si tant est qu'elle travaillait beaucoup pour ses cours... - et surtout, les travaux auxquels elle se consacrait étaient tous plus ou moins arrivés dans une impasse, à savoir qu'elle avait besoin de partir à la recherche de d'avantage de matière et d'indices, ce qui impliquait qu'elle quitte Poudlard pour quelques semaines. Il lui fallait attendre, hélas, la fin du mois de juin, car son poste de professeur était une planque bien trop idéale pour qu'elle s'en passe. En attendant, par la force des choses, l'ennui, le lourd et terrible ennuie la hantait dès qu'elle ouvrait l'oeil le matin, aussi Hazel se réjouissait-elle de cette recrudescence de stupidité chez la jeunesse qui lui permettait de s'occuper un peu. C'était véritablement amusant de jouer avec eux, comme avec des petits chiots : elle les privait de leurs jouets, de leurs compagnons, elle les enfermait dans le noir pour qu'ils pleurnichent et les observait se débrouiller et paniquer avec une délectation qu'elle ne cachait à personne : il n'y avait qu'à voir la tête des élèves en question lorsqu'elle les croisait dans le couloir... Bien vite ils baissaient la tête ou détournait le regard ou chuchotait tout bas à leurs camarades, alors que Hazel, toujours la tête haute et le regard cinglant, ne pouvait retenir un sourire cruel et supérieur.

Il n'y avait guère que les autres professeurs dont elle devait se méfier. Et de Wayland, surtout. Mais pour l'instant, ah! Pour l'instant, et c'était une expression de jouissance diabolique, personne n'osait se mettre en travers de son chemin, personne n'avait encore dit un mot au sujet de ses retenues qui, et Hazel le savait parfaitement, enfreignaient les règles de l'école, bien évidemment. Mais ce n'était pas de sa faute si il y avait trop de laxisme dans une telle école...

Lorsqu'il était arrivé - et cela, malgré le fait qu'elle soit pourtant au courant de beaucoup de choses et même les plus secrètes, elle ne l'avait pas vu venir - elle avait ressenti, enfin, la sourde excitation du danger. Elle était d'ailleurs passé par tout un train d'émotions, de la stupeur, de la hargne, de la colère, du dégoût, de la colère, puis du mépris; et puis elle avait ri, ri seule dans son bureau, de ce rire froid et diabolique qui sortait parfois d'entre ses lèvres toujours recouvertes de rouge à lèvres carmin.

Aidan O'Connelly. De retour du passé. Le même - un peu grandi, un peu évolué, un peu mûri, mais le même. Le même que pendant leur enfance, le même qu'à Poudlard, le même qu'à la fin - puis le départ. Et le néant.

Au regard de tout ce qui avait pu se passer et de son évolution, Hazel avait à plaisir à se dire qu'Aidan ressentait le même trouble, la même rancœur et la même haine à son égard, et que tout cette agitation n'était pas uniquement chez elle. Car, oui, elle n'avait pas honte de l'avouer : la soudaine renaissance d'Aidan ne la laissait pas indifférente, et ce trop plein d'émotions, elle allait exulter, le faire jaillir, l'exorciser, tailler la chair de ses griffes et en faire jaillir ce sang impur qui laverait le passé de tout ce qui avait bien pu un jour arriver. Elle l'avait évité et ostensiblement ignoré au début, non seulement pour lui montrer qu'elle n'avait clairement que faire de le revoir, mais aussi pour réfléchir à la meilleur tactique à adopter. Et puis, son esprit avait été occupé par d'autres choses comme cette toute récente théorie qu'elle avait découverte dans un ouvrage au sujet de la métamorphose, et elle n'avait plus trop accordé d'attention particulière à ce fantôme revenu de ses souvenirs, le laissant bien tranquillement scellé dans une petite boîte de son esprit.

Ce jour-là, elle revenait de chez le garde-chasse, chez qui elle était aller chercher des larves qu'elle donnait en nourriture aux pieuvres qu'elle élevait dans son immense aquarium. C'était une journée comme les autres, cours inintéressants, déjeuner sans histoire, ensuite elle avait lu et travaillé, puis était sortie s'aérer l'esprit et avait coincé au passage deux Poufsouffle qui auraient certainement aimé profiter d'avantage de la lisière de la forêt pour faire un tas de choses interdites mais dont l'ouïe affinée de leur chère professeur de Sortilèges avait décidé de ne laisser aucun répit. Elle avait envoyé les deux marmots récurer la niche du chien immonde du garde-chasse - qui devait être entretenue une fois par décennie - et avait repris le chemin du château. Elle portait seulement une robe sous sa cape agrafée autour de ses épaules; une robe rouge sang, moulante, et des talons hauts. On ne savait en la regardant si on la regardait parce qu'elle était belle ou parce qu'elle était bien trop dérangeante - cette lueur dans ses yeux et ce sourire toujours là et qui faisait froid dans le dos n'engageait à rien de très bon.

Ses talons fins claquèrent sur les pavés du pont alors qu'elle avançait d'un pas rapide, pressée de mettre le sac de larves dans une bassine d'eau pour qu'elle ne se dessèchent pas trop. Elle ne regardait pas vraiment autour d'elle, ayant des choses bien plus intéressantes à penser que les personnes éventuelles qu'elle pourrait penser, et d'ailleurs quelqu'un arrivait en face sur le pont...

« Tiens, c'est toi. »

Tiens, c'était lui. Aussitôt, l'attitude de Hazel changea et elle s'arrêta net face à lui, le toisant de son regard, levant un peu plus le menton pour le jauger, lui offrante une simple moue moqueuse et mauvaise, mais elle souriait toujours, de ce sourire qui laissait entrevoir qu'elle n'était pas forcément saine d'esprit.

- Tu n'as pas changé, fit-elle simplement. Sa voix était plutôt grave mais sèche et froide comme de la glace, malgré les flammes qui semblaient brûler au fond de son regard noir, presque fiévreux. Cette affirmation n'était pas un compliment et comme il la regardait intensément, de son regard si particulier, qu'il avait toujours eu, et qu'il se mit à rire, elle ressentit le besoin pressant de l'écraser et continua : Toujours le même. Et toujours les mêmes ambitions. Surveillant? Poufsouffle?

Cette fois ce fut elle qui partit dans un grand éclat de rire qui sembla déchirer l'air de son intensité et du fait qu'il résonnait, quelque part, d'une cruauté malsaine et féroce. Il lui fit un bien fou, comme si il était fait de flèches qui cherchaient toutes à se loger dans le corps d'Aidan pour le blesser à mort.

Hazel s'approcha un peu plus près, féline mais dangereuse comme la vipère qui jauge sa victime avant de bondir et de planter ses crocs dans sa gorge palpitante; doucement elle leva la main et la posa dans les cheveux d'Aidan. Ses doigts aux ongles laqués d'un rouge sombre jouèrent dans les boucles brunes puis elle caressa sa joue sans le quitter du regard, avant de glisser l'ongle de son index vers le bas, pour toucher là où battait, sous sa peau, la veine vibrante de son cou.

- Qu'est-ce que ça fait d'être et de rester, pour toujours, un moins que rien? chuchota-t-elle alors, sifflant entre ses dents comme le serpent qu'elle était, s'enroulant lentement mais sûrement autour de sa proie avant de serrer et de lui broyer les os, un par un. Pour qu'il les sente se rompre, et la mort s'emparer de lui.

_________________

SLYTHERINS DO IT BETTER.
DIRECTRICE DE SERPENTARD - WE ARE THE BEST !


Hazel & Dean *____*
Daniel Kelsey est un génie!!!!
Patate a écrit:
Non mais j'ai du faire un RP Jo/Ju dans ma tête pour trouver la solution !

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Dernière édition par Hazel Woodley le Mer 20 Juin - 22:56, édité 1 fois
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Aidan O'Connelly
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MessageSujet: Re: (...) Vois-tu je sais que tu m'attends. [Hazel]   Mer 13 Juin - 0:31

J'aimais ça. La surprendre, voir son regard au naturel avant qu'elle ne s'aperçoive de ma présence et me lance un regard à faire dresser les cheveux sur le crâne. Elle se donnait des airs de monstre folle furieuse, et c'était un peu ce qu'elle était, mais je n'étais pas un de ses élèves. En quelques mois, j'en avais entendu des rumeurs dans les couloirs. Ce qu'il y avait de bien dans le fait d'être surveillant à Poudlard, c'était que chaque jour, sept jours sur sept pour être précis, j'entendais des gosses se relater des faits, des plus improbables aux plus inintéressants, inconscients de qui pouvait bien les entendre. J'en avais donc profité pour faire des rondes près des classes lorsque la fin des cours était annoncée, histoire d'entendre les réactions des élèves. La fatigue, le soulagement d'avoir fini la journée, l'énervement lorsqu'un cours s'était mal passé, les rires des groupes qui pouvaient enfin se retrouver pour lancer des ragots, glousser et manger des chocogrenouilles... Les mines effrayées des élèves qui sortaient de la classe d'Hazel Woodley. J'en avais entendu des histoires sur les professeurs de Poudlard, mais il était clair qu'Hazel Woodley effrayait ses élèves, et j'étais sûr qu'elle y prenait un malin plaisir. Elle ne s'était donc pas arrangée depuis la dernière fois, au contraire... Mais, comme je l'avais dit, je n'étais pas un de ses élèves, et elle ne me faisait pas peur, ou autre terme s'en rapprochant. Je ne pouvais pas être effrayé, intimidé, gêné par Hazel Woodley, parce que je l'avais vu à presque chacun de ses âges, dans tous ses états, je l'avais vu grandir en même temps que moi, d'une façon différente certes, et me remémorer ses airs de petite fille à l'orphelinat suffisait à me permettre de lui rire au nez sans reculer de dix pas. J'avais une avance sur elle : Je savais. Je savais tout, tout, son histoire, ses changements, je pouvais même deviner ce que je ne savais pas déjà parce que j'avais appris, appris à cerner Hazel Woodley au contraire des gens de ce château. Et le plus plaisant dans tout ça, c'est que je savais qu'elle le savait et avait horreur de ça.

« Tu n'as pas changé. »

Sa voix avait tout de même quelque chose de changé. Peut-être était-ce le fait qu'elle ait grandit depuis la dernière fois, ou bien parce que la dernière fois que je l'avais vue, elle ne m'avait pas lancé des phrases pleines de sous entendus déplaisants. Je me contentais d'un sourire moqueur, pour lui faire comprendre que j'avais compris mais que ça ne m'atteignais pas, mais penser qu'elle allait s'arrêter là était une erreur.

« Toujours le même. Et toujours les mêmes ambitions. Surveillant? Poufsouffle? »

J'avais eu un rire léger, comme si je me moquais de moi-même avec elle, répondant à son rire cinglant l'air, car il était bien connu que l'auto dérision était le meilleur des mépris avec... L'ignorance. Tiens donc. Je m'éloignais d'elle et des ondes qu'elle dégageait, m'adossant à la barrière du pont qui empêchait que l'on tombe... Je sortais de ma poche une cigarette et l'allumait. Cette rencontre promettait d'être intéressante, mais très, très, trop longue. Après ma première bouffée, je lui susurrais :

- C'est vrai que les Serpentard sont tout ce qu'il y a de plus admirables. C'est bien connu.

Tout ça, ça me rappelait un peu mon entrée à Poudlard. Hazel avait quitté l'orphelinat depuis un moment déjà, et je n'avais pas répondu à sa dernière lettre car je sentais déjà le changement s'opérer des deux côtés et parce que je lui en voulais d'être partie ainsi. J'avais posé le choixpeau sur ma tête en la fixant, d'un air de défi amusé, comme si ça avait été un jeu entre nous deux. « Tu veux voir jusqu'où je peux aller Hazel ? Tu veux voir ? Fais comme moi si tu en es capable, montre moi, fais moi mal. Tu crois qu'on s'en sortira cette fois ? » Je crois que nos jeux étaient déjà trop cruels, mais ça avait toujours été un peu comme ça entre nous, nous devions toujours nous balancer dangereusement entre la haine et... L'autre chose. Mais aujourd'hui, en l'observant sur ses talons hauts et dans sa robe rouge qui lui donnait un air séduisant, avec ses yeux plus noirs que jamais et son visage de femme hautaine et cynique, j'avais plus envie de la détruire que jamais, de lui faire payer ce qu'elle m'avait fait alors qu'on avait été si près de réussir à nous stabiliser. Mais non, Hazel Woodley ne pouvait pas changer, et j'étais destiné à ne jamais le faire non plus, encore moins pour elle et son incapacité à saisir les chances qu'on lui offrait. Mais alors, pour qui l'aurais-je fait ?

« Qu'est-ce que ça fait d'être et de rester, pour toujours, un moins que rien? »

Je tirais une bouffée et serrais les dents, encaissant ses paroles. Elle s'était rapprochée, et je l'avais laissée parcourir ma tête de mes cheveux à mon cou, comme si je devais m'attendre à ce qu'elle me morde, me griffe, m'attaque d'un moment à un autre. Je ne bougeais pas, sentant ses longs doigts et me concentrant dessus, près à bondir d'un moment à un autre moi aussi. Les Verts et argent pouvaient attaquer, mais les Jaunes et noirs avaient aussi la particularité de savoir se défendre lorsqu'on s'en prenait à eux. Je sentis les nerfs de ma mâchoire me faire mal, je m'étais crispé. Soudainement énervé, je saisis sa main que je serrais dans la mienne, assez pour la sentir prisonnière de mon emprise. J'avais le dessus physiquement, et je m'en servais. Lentement, je me penchais vers elle. Je sentais son haleine s'entrechoquant avec la mienne, son parfum m’enivrer. Je lui glissais au creux de l'oreille, d'une voix très calme, la provoquant :

- Tu les aimais bien les moins que rien à un moment, si je me souviens bien.

Un instant, je restais là, dans son cou, tenant toujours prisonnier son corps par ses mains, l'empêchant de se débattre. Puis, d'un coup, je la poussais, sans chercher à la faire tomber, juste à l'éloigner de moi avec un air de dégoût peint sur mon visage. Je l'avais attendue ce jour-là, comme dans les romans que j'aimais lire à l'époque avant de vivre ma propre vie. Les moins que rien n'étaient décidément qu'un passe temps pour elle, un amusement qui devait prendre fin dès qu'elle s'en lassait.

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Hazel Woodley
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MessageSujet: Re: (...) Vois-tu je sais que tu m'attends. [Hazel]   Jeu 21 Juin - 0:00

La nature fait bien les choses : les êtres les plus puissants étaient, d'une manière ou d'une autre, amputés de telle ou telle faculté qui inévitablement entraînait leur déchéance, leur retour vers les mortels, puis leur extinction. Si cette ordre des choses n'était pas maintenu par ce formidable équilibre qu'était le chaos ordonné et complexe de l'univers, certains espèces, et peut-être certaines personnes, auraient immanquablement pris le pouvoir absolu de la planète et tiendraient entre leurs mains de fer le contrôle total de chacune des autres espèces de ce monde. Les pieuvres consistaient l'exemple parfait de cette théorie de la survie de l'équilibre. Elle se matérialisait en deux points : l'adaptation à quoi que ce soit, et une intelligence sur-développée. Doté de 9 cerveaux et 3 cœurs, quoi de plus injuste que cette espèce d'hybride qui pouvait donc prodigieusement et mille fois plus vite comprendre, faire, apprendre, et entreprendre? Hazel en faisait l'expérience jour après jour, étudiant les spécimen qu'elle gardait dans son aquarium immense qui tapissait le fond de son bureau. Les pieuvres paraissaient le plus clair du temps, se laissant porter par le courant magique qui s'intensifiait de temps à autre. L'eau changeait également - parfois elle se troublait et devenait plus verte, signe de mauvais temps, ou bien elle était foncée, puis claire et lumineuse. La couleur des trois pieuvres changeaient avec le temps, car cette espèce possédait la faculté de s'adapter physiquement à tout ce qui l'entoure. Forme, couleur, motif et même taille; Hazel devait rivaliser d’ingéniosité pour faire ses expériences tranquillement sans se faire biaiser par les animaux.

Et donc, pourquoi ces animaux étaient si exceptionnels, hormis le fait de cette composition étrange qui leur offrait huit fois plus de matière grise que n'importe quel autre animal? Parce qu'elles étaient dotées d'un sens presque humain appelé conscience, et par extension curiosité, qui leur permettaient de non seulement faire face à des situations à problèmes, mais en plus, de les mémoriser à vie, comme le cerveau d'un humain qui apprend jour après jour à évoluer pour survivre. Là où la nature faisait bien son travail c'est qu'elle avait ôté la faculté de langage aux pieuvres; or le langage entraîne la communication entre les membres d'une même espèce et donc la transmission, et donc, point le plus important, l'évolution. Coincées à leur stade primitif les pieuvres ne pouvaient donc pas profiter pleinement de leurs capacités, puisque chaque nouveau sujet suit le même que la pieuvre précédente. Et dernier coup fatal pour empêcher les pieuvres de devenir maîtresses du monde aquatique : les femelles mourraient toutes sans exception après avoir pondu leurs œufs, condamnées à veilleur sur leur progéniture jusqu'à un épuisement mortel.

Hazel était de cette espèce là : bien trop intelligente et dangereuse pour les autres, bien trop différente pour espérer être comprise, puissante par-dessus tout, quantitativement plus évoluée et développée que les autres car plus intelligente, mais absolument dénuée de cette notion d'échange et de langage qui devrait la conduire, inévitablement, à sa propre perte... Peut-être. C'était pour cette raison qu'elle s'occupait consciencieusement des animaux dans son aquarium, les nourrissant de manière très spéciale, veillant au grain et leur confectionnant des petits sortilèges rien que pour eux. Elle cherchait à arriver au croisement parfait, à l'équilibre parfait, à la création d'un langage entre les trois pieuvres qu'elle éduquait pour qu'elles deviennent une espèce nouvelle, dotée de la seule qualité qui lui manquait, et, de ce fait, invincible.

Mais l'heure n'était pas aux élucubrations concernant l'avenir de l'Humanité et pour le moment la directrice de Serpentard devait faire face à un autre problème, et pas des moindres, Aidan O'Connelly qui avec l'âge n'avait perdu ni de sa superbe ni de son aplomb ce qui, avec toute la haine qu'elle lui portait, n'était pas non plus pour déplaire à Hazel. Elle l'avait toujours trouvé beau, de ce genre de personnes qu'on ne peut éviter, qui captive, au moins l'espace de quelques instants. C'était bien dommage qu'il soit visiblement retombé là d'où il venait, avec les autres, cette espèce de brouillard informe de sorciers dénués de talents et d'ambition, ces croisements de moldus à la pelle et cette bande d'invertébrés qu'étaient ceux de l'espèce de Poufsouffle.

Elle le toisait de son regard noir flamboyant et lui renvoyait cette image si calme et pleine de désintérêt qui ne trompait que lui; se disant cela Hazel sourit de plus belle et ses dents apparurent, blanches derrière ses lèvres carmins, conférant à son sourire plus de méchanceté qu'autre chose.

« C'est vrai que les Serpentard sont tout ce qu'il y a de plus admirables. C'est bien connu. »

Oh, la vielle rancœur, les vieilles colères, oh, l'éternelle dispute entre nés-moldus et sang-pur, oh la pauvre rivalité dont il se nourrissait pour répondre à ses sarcasmes! A ces mots il sortit d'ailleurs un étui puis un objet moldu et alluma une cigarette entre ses lèvres dont Hazel détourna la regard, passablement agacée, déçue, surtout, et elle ne le cacha pas. Ses narines se pincèrent alors qu'elle jaugea la cigarette d'un air dédaigneux, sans se départir pour autant de sa position provocatrice et de son regard perçant. Il ne lui échapperait pas. Il crèverait sous la pression de ses ongles laqués de rouge, parce qu'elle allait planter dans ses griffes jusqu'au fond de son cœur, là où siégeait le bastion de tous ses souvenirs. Leurs souvenirs.

- Chassez le naturel,... Tu connais la suite, siffla-t-elle, moqueuse, mauvaise, parée de toute cette haine cruelle qui habitait ses traits et faisait d'elle une sorcière dans tous les sens du terme. On reprend bien vite goût aux habitudes moldues, n'est-ce pas? Son regard alla lentement d'Aidan à la cigarette, puis sur Aidan à nouveau. Peut-être que ta place n'est décidément pas parmi nous, tu ne t'es jamais posé la question?

Plus loin, elle voulait aller plus loin, dévaster tout sur son passage et le détruire, parce qu'elle n'était plus celle d'avant, celle qui avait été faible un peu trop souvent et qui avait eu quelques penchants pour les sentiments alors que rien ni personne ne devait entraver son ascension. Ce n'était plus la même Hazel et elle refusait qu'il puisse le croire, elle refusait également sa présence ici, parce qu'il était le seul qui pouvait la connaître réellement, depuis qu'elle était enfant, et qui détenait dans ses mains le pouvoir de jouer avec quelques notions et passages désagréables de son enfance. Elle ne le permettait pas. Elle comptait qu'Aidan disparaisse aussi vite qu'il était réapparu, et si pour cela elle devait faire de sa vie en enfer, c'est de toute gaieté de cœur qu'elle allait s'atteler à cette mission.

Quand ils furent plus proches elle sentit son odeur répugnante de tabac, qui cachait presque entièrement le parfum qu'elle reconnu pourtant, et qui ramena par la même occasion une multitudes de bribes de souvenirs qu'elle avait pourtant délibérément chassé de sa mémoire. Lorsque son doigt s'arrêta sur la veine palpitant d'Aidan elle su, dans l'intervalle de secondes qui précéda la suite, qu'il allait réagir - car il avait toujours réagi. Sa main fut emprisonnée et elle eut un petit sourire de contentement quand elle sentit qu'il la tenait par la force, et ce sursaut réanima la flamme de ses démons. Sans ciller, sans bouger, elle le laissa se pencher vers elle, le regard braqué sur lui, leurs visages si près l'un de l'autre, leurs peaux si proches, presque comme avant, des années auparavant.

« Tu les aimais bien les moins que rien à un moment, si je me souviens bien. »

Sa voix était plus rauque, plus grave. Elle répondit dans un souffle, de son timbre légèrement voilé, sec et froid comme de la glace :

- Jamais.

Parant la suite elle se remit d'aplomb dans un mouvement souple après qu'il l'eut poussée plus loin. Ils le savaient tous les deux : rien ne servait à s'éloigner de la sorte, car le fil invisible de la toile d'araignée qui tissaient leurs existences les ramèneraient, quoi qu'il arrive.

- Aidan, chuchota Hazel après avoir laissé échappé un petit rire et plané un silence. Elle souriait franchement et ses yeux brillaient d'une lueur de démence. Pourquoi es-tu revenu? Pourquoi justement ici? Qu'est-ce que tu cherches? Ne crois pas que je t'accorde une quelconque importance mais vois-tu, et tu le sais, j'aime un certain ordre aux choses, et tu n'appartiens pas à ce monde là, tu es bien mieux... dans ton pays avec les gens comme toi, tu ne crois pas? D'ailleurs j'imagine que tu as dû te terrer dans une pauvre tanière dans le genre, pendant tout ce temps?

Au fur et à mesure qu'elle parlait le mépris avait enflé dans sa voix et dans la manière dont elle détachait les mots bien distinctement comme si elle s'était adressée à un simple d'esprit. Elle s'était rapprochée, féline, de sa proie, elle s'accouda alors à la barrière qui dominait une aile du château et sortant sa baguette, d'un petit coup du poignet, elle fit dévier la fumée de la cigarette qui virevoltait autour d'eux. Ils avaient tellement de souvenirs entre ces murs de pierres qu'elle ne put s'empêcher de tourner la tête vers lui pour le regarder droit dans les yeux comme si elle voulait lui rappeler, d'un coup d’œil plein d'orgueil et de dégoût, qu'il n'était pas digne de ces souvenirs qu'elle avait d'ailleurs tous oubliés.


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Aidan O'Connelly
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MessageSujet: Re: (...) Vois-tu je sais que tu m'attends. [Hazel]   Mer 27 Juin - 0:13

Je me souvenais à peine de mes premières années en Irlande. C'était plutôt regrettable car j'étais sûr qu'elles avaient fait parties des plus belles de ma vie ; C'était l'époque où je vivais sans m'apercevoir de ce qui m'entourait, rien ne pouvait me blesser, me toucher, je respirais à pleins poumons l'air qu'on m'offrait sans me soucier de rien d'autre que de mes notes à l'école et... De ce qui se passait là bas. Tout allait bien, et puis, il y avait eu cette fois où Cilian McFarell, un camarade de classe, m'avait lancé ses billes en pleine figure parce que j'avais refusé de lui donner mon goûter. C'était le genre de gamin à régner sur les autres en douce mais qui ne se faisait jamais pincer, parce qu'il avait la chance d'avoir des parents bien vus, une gueule angélique et une carrure de rugbyman américain, sans oublier une mère qui faisait sûrement les yeux doux au proviseur à chaque fois qu'elle allait dans son bureau en rendez-vous « pour parler de son fils ». Bref, le gosse intouchable qui terrorisait toute une école dès que la cloche sonnait. J'étais le petit gamin binoclard, un peu rêveur, vulnérable, un peu mal dans sa peau, mais déjà plutôt turbulent. Je me souviens que les récréations c'était un peu un cache cache pour les plus faibles, une partie de « qui arriverait à éviter Cilian le plus longtemps possible ». En général, tout ce qu'on faisait c'était qu'on lui donnait notre goûter dès qu'on sortait de la classe, histoire d'éviter une scène si Cilian décidait de venir le chercher lui-même dans la cour. Sauf que cette fois-ci, j'avais décidé que j'en avais assez, et j'avais eu un peu trop de courage. Les autres s'étaient rangés de son côté bien sûr, pour ne pas avoir d'ennuis, même mon meilleur ami de l'époque, celui qui passait tous ses week-end chez moi pour jouer. Cilian m'avait attrapé par l'uniforme, fort, trop fort, et mes jambes, qui faisaient la taille de sa tête, avaient quitté le sol. J'avais eu peur et j'avais fermé les yeux, j'avais souhaité de toutes mes forces qu'il me lâche, qu'il me laisse tranquille, j'étais terrorisé. J'avais senti mon corps entier tomber d'un coup, égratignant mes mains qui avaient tentées d'amortir la chute. J'avais vu Cilian tressaillir d'un coup, avant de se remettre sur pied, et de me lancer ses billes en plein sur le visage. J'avais senti quelque chose au fond de moi, et en un rien de temps, Cilian s'était retrouvé projeté contre un arbre. Il avait eu le bras cassé, et, bien sûr, tous les élèves présents avaient défendu sa cause pour ne pas avoir d'ennuis, si bien que, même si je ne l'avais pas touché et que tous les témoins le savaient, j'avais eu de sacrés ennuis. Je venais d'avoir sept ans. Tout s'était un peu enchaîné après ça, mes parents s'étaient enfin mis à s'intéresser à moi mais je m'étais un peu renfermé, et la magie apparaissait souvent lorsque je n'en avais pas besoin. Mes parents avaient alors été incapables d'aimer un enfant qui était différent.

« Chassez le naturel,... Tu connais la suite. On reprend bien vite goût aux habitudes moldues, n'est-ce pas? Peut-être que ta place n'est décidément pas parmi nous, tu ne t'es jamais posé la question? »

La première fois que j'avais mis les pieds à l'orphelinat, j'avais croisé son regard, j'avais vu son attitude un peu effacée, ses yeux noirs qui devaient cacher de nombreux sentiments refoulés. Je lui avais souris, un peu au hasard, pour voir si elle me répondrait. J'avais compris qu'elle serait importante pour moi dès qu'elle avait maintenu son regard dans ma direction. Je l'avais aimé par dessus tout et j'avais su qu'elle était capable de me briser à l'instant où elle le déciderait, et ce goût du danger m'avait changé à jamais. Cilian et Hazel se ressemblaient à leur manière : Cilian avait participé à bousiller mon enfance, Hazel, elle, était plus maléfique qu'un gosse de 7 ans brute de la cour de récréation mais elle m'avait également rongé jusqu'à ce que je réagisse. Hazel, au contraire de Cilian, me brûlait, me consumait aussi bien agréablement que de façon malsaine, je voulais lui faire du mal, la faire crever de douleur comme elle m'avait anéanti à ma sortie de Poudlard, jusqu'à ce qu'elle me rende l'appareil ou qu'elle essaye, et cela à jamais. Qu'elle aussi sache ce que c'était de tomber de haut, qu'elle soit remise à sa place.

Inspirant à nouveau, tirant sur ma cigarette, je la regardais de haut en bas, avec un sourire en coin, me moquant silencieusement de ses tentatives désespérées de me faire croire qu'elle maniait la répartie à merveille. Je n'étais plus apte à la laisser entrer en moi.


- Tu n'y arriveras pas Hazel. Tu n'arriveras pas à me faire mal, t'en as jamais été capable.

Je jetais un coup d’œil à ses mains que je venais de lâcher, toujours fines, toujours si blanches, comme sculptée dans la pierre. Seuls ses ongles d'un rouge sombre semblaient trancher le tout. Je les fixais, intrigué. J'avais déjà l'envie de les attraper et de les serrer à nouveau, plus fort encore, jusqu'à ce qu'elle me supplie de la lâcher ou qu'elle se débatte.

« Jamais. »

Elle s'approchait à nouveau, mauvaise, et j'avais l'impression d'être pris dans le filet du diable et de ne pouvoir m'en débarrasser. Ses paroles me semblaient si vraies à nouveau, que j'avais envie de lui cracher tout ce qu'elle m'inspirait en cet instant. Néanmoins je n'en fis rien et je me redressais contre la barrière, en repensant à l'un de ces rendez vous où nous avions tant de fois joué au chat et à la souris. Pour un rien, un simple regard interrogateur d'un camarade de maison, un risque que quelqu'un nous voit, une honte, un sentiment de confusion. Je me souvenais que dans sa dernière lettre, celle à laquelle je n'avais pas répondu, elle avait laissé entendre qu'elle aimerait qu'après notre répartition nous nous retrouvions par ici, mais je n'étais pas venu. Lorsqu'elle avait à son tour côtoyé le choixpeau et qu'elle avait été répartie dans la maison « du cercle très fermé des Serpentards », je m'étais demandé ce que ça voulait dire pour nous, alors que je savais qu'une barrière trouée nous séparait déjà. L'aimant qui nous poussait à nous coller contre la barrière depuis que nous nous connaissions avait tressaillit et j'avais cru, un instant, qu'il s'en irait lorsqu'elle m'avait regardé et que j'avais lu dans ses yeux sa nouvelle éducation, ses nouvelles idées pro-sang pur que son père lui avait inscrites au fer rouge dans le crâne lorsqu'il était venu la chercher à l'orphelinat.

- Si mon sang est si sale pour toi, pourquoi ne pas nous contenter de rester loin l'un de l'autre ? Moins j'aurai à subir ta compagnie, mieux je me porterai. Ce château est grand, nous avons eu tout le loisir de nous en apercevoir il y a quelques années.

Longuement, j'avais maintenu mon regard dans le sien, impénétrable, en souhaitant appuyer mes paroles. Qui allait franchir le limite en premier ?

« Aidan, chuchota-t-elle, avec cet air qui devait effrayer tout le monde sauf moi, pourquoi es-tu revenu? Pourquoi justement ici? Qu'est-ce que tu cherches? Ne crois pas que je t'accorde une quelconque importance mais vois-tu, et tu le sais, j'aime un certain ordre aux choses, et tu n'appartiens pas à ce monde là, tu es bien mieux... dans ton pays avec les gens comme toi, tu ne crois pas? D'ailleurs j'imagine que tu as dû te terrer dans une pauvre tanière dans le genre, pendant tout ce temps? »

Je la vis dévier la fumée de ma cigarette d'un coup de baguette, et, jouant sur son nez froncé, je m'approchais à nouveau d'elle, lentement, tenant à nouveau un de ses bras d'une main. Un sourire en coin, je collais mon front contre le sien, et nos corps étaient si proches qu'elle devait sentir ma haine couler dans mes veines. Arrivé contre elle, j'expirais, la fumée s'échappa de ma bouche entre-ouverte pour se diriger tout droit sur le visage d'Hazel. Me mettant à rire je la repoussais légèrement à nouveau, tenant toujours son bras, avant de lancer mon mégot par dessus le pont de mon autre main. Je pensais à la première fois que j'avais fumé, quelques semaines après mon arrivée en Irlande, lors d'une soirée arrosée. J'avais noyé ma solitude dans la Guinness des soirs durant, alors qu'elle devait être entrain de prévoir tout un tas de grands projets avec son père sur son futur, se souciant encore une fois que d'elle-seule. Je ne voulais pas vraiment me souvenir de cette période floue de ma vie, mais la cigarette était une trace restante de ces soirées là, et je prenais un plaisir fou à constater qu'Hazel n'aimait pas ça. Point pour moi.

Lâchant son bras soudainement comme si elle était lépreuse, j'arrêtais de rire mais je souriais toujours en imaginant ce qu'elle penserait lorsque je lui livrerais la partie la plus belle de son absence.


- Je suis retourné en Irlande, et je me suis marié, je m'étirais comme si elle me fatiguait, et l'ordre des choses restera tel que tu l'entends à condition que tu ne contamines pas mon espace vital, Hazel.

Elle ne résisterait pas.

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MessageSujet: Re: (...) Vois-tu je sais que tu m'attends. [Hazel]   Lun 30 Juil - 22:28

Contrairement à ce que les apparences le laissaient supposer, il était le feu et elle était la glace, et tous deux luttaient dans un balai étrange et sans merci auquel les lois de la nature ne laissaient aucun espoir de chance. L'un comme l'autre allait tuer et périr, périr ou tuer, qu'importait, il ne resterait au final que quelques gouttes d'eau et un peu de cendres calcinées...

Aidan avait cette force implacable qui bouillait en lui, dans son sang et sa chair, mais qu'il maîtrisait avec une aisance étonnante quand on savait les facultés de son tempérament. Sans doute ses origines irlandaises le démasquaient quand il s'emportait, quelques secondes, avant de maîtriser à nouveau ce brasier ardent qu'il camouflait au fond de lui. Hazel avait toujours admiré avec une fascination empreinte de mystère ce feu qui l'avait attirée jusqu'à ce quelle s'y brûle les doigts - et qu'aujourd'hui, victime de sa curiosité, elle n'avait de cesse de s'évertuer à éteindre. Peine perdue : l'eau en trop petite quantité ne faisait qu'attiser l'ardeur des flammes et plus elle s'y frottait, plus des étincelles jaillissaient au contact de leurs deux peaux ennemies. Elle, c'était la glace à l'état pur, vive et sèche et tranchante, et tellement froide qu'elle brûlait elle aussi. Ces étincelles la faisaient frémir mais non trembler et c'était encore et encore qu'elle se rejetait dans la bataille persuadée que sa force de roc gelé aurait raison de la nonchalance des flammes.

Car elle avait toujours eu cette raison. Dès le début. Avant d'être cette femme pourtant belle mais si débordante de supériorité et de cruauté, Hazel avait été une petite fille comme tant d'autres, abandonnée dans un orphelinat sorcier du nord de l'Angleterre. On la trouvait jolie à l'époque, mais pas mignonne. Il y avait quelque chose au fond de ses grands yeux noirs d'un peu trop dérangeant pour une enfant qui faisait fuir les gens, les enfants et les adultes. Dans l'orphelinat, les règles étaient strictes et rythmées à la seconde près, se calant au rythme de leur directrice, une vieille anglaise n'ayant jamais été mariée et un peu trop dévote aux yeux de tous. Le matin, les éducatrices suivaient le protocole stricte de la toilette des enfants et chacune les lavait, les brossait et les habillait; jamais celle qui s'occupait de la petite Hazel ne s'attardait trop longtemps avec cette enfant dont elle brossait les épais cheveux bruns. Hazel la fixait toujours droit dans les yeux de son reflet dan le miroir, sans sourire, sans dire un mot, et s'amusait secrètement du trouble de la jeune fille qui la coiffait à la va-vite, jusqu'à ce qu'elle laisse sa place à une autre. Les autres enfants se conduisaient de la même façon. Personne ne l'approchait trop, et ils n'auraient pas tous été sorciers qu'elle aurait été traitée de "sorcière", pour son étrangeté et la crainte qu'elle inspirait. Elle, elle aimait ça. Elle n'avait jamais eu d'amis et ne voulait de contact avec personne. Il y avait un monde dans sa tête, déjà, le sien, et elle ne voulait y inviter personne d'autre. Cette aura de mystère qui l'enveloppait lui faisait se sentir toute puissante, parce qu'il lui suffisait de fixer un autre pensionnaire de l'établissement un peu trop longtemps pour qu'il s'éloigne, ou bien de croiser en pleine nuit dans les couloirs d'autres aventuriers comme elle pour le groupe s'enfuit à petits pas feutrés, peu désireux de croiser le chemin de cette gamine aux regard trop glaçant et trop perturbant.

Et puis, il y avait Aidan. Il était arrivé quelques années après elle, et comme à chaque arrivée d'un petit nouveau, tout le monde était aux portes de la grande cour du manoir, pouffant derrière les manches de leurs uniformes, s'imaginait déjà la tête du nouveau et son caractère. A travers les têtes blondes, dans la foule des enfants se ressemblant tous les uns, Hazel avait accroché son regard et il lui avait souri - qu'avait-il pensé à ce moment là? Elle ne l'avait jamais su - et malgré son insistance, ce regard froid qu'il avait eu pour toute réponse, il n'avait pas tourné la tête. La suite avait été semblable, comme si Aidan n'avait pas été sensible à Hazel de la même manière que les autres. Et elle, elle n'avait jamais eu besoin de se forcer, comme si il avait été une exception à l'ordre de son quotidien.

« Tu n'y arriveras pas Hazel. Tu n'arriveras pas à me faire mal, t'en as jamais été capable. »

Pour toute réponse elle eut un rire enfoui tout au fond de sa gorge, voilé comme leurs souvenirs d'antan et elle darda d'un regard encore plus noir les yeux de l'irlandais qui lâchait sa main doucement. De la même façon elle laissa glisser ses doigts fins et froids le long de ceux d'Aidan sans geste brusque, pour lui prouver combien qu'elle n'avait que faire de tout ce passé qui planait au-dessus de leurs têtes.

Du mal? Oh, depuis le début il n'était question que de mal, à leurs minutes où leurs regards farouches s'étaient croisés, jusqu'à leurs répartitions à Poudlard qui avaient marqué leur différence, à leurs jeux ensuite, et puis à la toute fin, ce rendez-vous qui avait brisé l'équilibre instable de leur relation.

« Si mon sang est si sale pour toi, pourquoi ne pas nous contenter de rester loin l'un de l'autre ? Moins j'aurai à subir ta compagnie, mieux je me porterai. Ce château est grand, nous avons eu tout le loisir de nous en apercevoir il y a quelques années.

La fumée tournoyait autour de leurs deux visages alors que soufflait un peu plus l'air frais de la soirée, et Hazel sentait en elle la multitude de bribes de ses souvenirs palpiter au fond de son coeur, pas comme des émotions qu'elle ne saurait maîtriser mais comme un cocktail énergétique qui la propulsait de seconde en seconde un peu plus loin, plus loin, comme il en avait toujours été avec lui... Il y avait au bout de ses doigts des fourmillements de haine et d'envie de déchiqueter, de la force dans ses griffes rouges sombres qui ne demandait qu'à percer la peau de celui qui osait la défier. O'Connelly avait été dès le début un pion trop important pour qu'il s'en sorte indemne et il avait signé son arrêt de mort ce jour-là, ce dernier jour, la page avait été tournée et à partir de cet instant, Hazel avait tiré un mince trait sur le fil ténu de leur histoire. Aujourd'hui, elle n'existait plus. Seule restait la vengeance froide et acide qu'elle avait hâte de mener à bien.

- Je ne me rappelle plus de rien, lâcha-t-elle, fière et glaçante, avec un sourire moqueur aux coins des lèvres. Et je te conseille de ne pas te trouver en travers de mon chemin, je n'apprécie pas beaucoup les cafards.

Son regard se voulut méprisant, pour qu'il ressente combien elle le trouvait misérable, mais il s'était approché trop près tout d'un coup et elle tenta de reculer mais il tenait son bras, et l'espace de quelques secondes elle fut coincée et prodigieusement frustrée et une colère sourde gronda en elle alors qu'elle s'efforçait de le toiser d'un air parfaitement méprisant. La fumée l'atteignit en pleine figure et elle pinça les lèvres qui blanchirent en un instant alors qu'elle tourna la tête sur le côté et que sa gorge se gonfla de mécontentement. Quand il s'écarta, juste à temps, elle eut une petite toux sèche et cassante, avant de bondir en arrière et, pour la première fois, montra un signe de faiblesse - se sourcils se froncèrent et une ombre passa dans le noir de ses yeux - la même que celle qu'il avait vue, la première fois - mais elle ne se laissa pas faire d'avantage et redressa le menton, pleine de hargne et de volonté de le détruire. L'odeur désagréable de la cigarette flottait ça et là, autour de ses narines.

« Je suis retourné en Irlande, et je me suis marié, et l'ordre des choses restera tel que tu l'entends à condition que tu ne contamines pas mon espace vital, Hazel. »

Marié? Le mot sonna entre les pierres du château et sembla rebondir jusque vers la cime des hauts pins de la forêt de Poudlard. A l'aide de gestes lents, elle épousseta soigneusement le haut de sa robe, de sa cape, partout où il l'avait effleurée, semblant trouver répugnante cette idée. Puis, quand il eut terminé et qu'elle n'accorda pas plus d'attention à ses dires que si il avait évoqué la pluie et le beau temps, elle eut un sourire poli. Ses lèvres s'étirèrent en un arc de cercle mais rien de son visage ne bougeait - et dans ses yeux brillait cette étincelle qui laissait entendre qu'elle n'avait pas forcément toute sa raison.

- Oh, vraiment? fit-elle du bout des lèvres. Elle marqua une pause. Puis, à son tour elle s'approcha. Comme avant, elle posa le plat de sa main sur l'épaule d'Aidan, et se hissa très légèrement sur la pointe des pieds afin d'approcher ses lèvres de sa tempe, puis de sa joue, comme ses fois où quand dans les couloirs, jeunes, ils se croisaient entre deux cours et s'embrassaient dans l'ombre d'un recoin. Sauf qu'elle ne le toucha pas mais le frôla à peine, et lui murmura l'oreille, ses lèvres entrouvertes et ses dents si proches de sa peau brune : Quelqu'un a voulu de toi? Diable, je croyais que tu éprouvais de la répugnance pour les sortilèges qui forçent les autres à nous obéir?

Elle sortit sa baguette, doucement, glissant son bras, sans s'éloigner de lui.

- Tu sais que j'aurais de quoi faire de toi ce que je veux? Tout ce que je veux? Elle eut un petit rire empreint de démence, si bas, à faire froid dans le dos. Elle pointa sa baguette entre les deux yeux d'Aidan, sans le toucher, et mima silencieusement le bruit d'une explosion entre ses lèvres. Puis elle se recula, après avoir saisi une fraction de seconde entre ses dents avides de sang le lobe de l'oreille d'Aidan.

Toute son assurance était revenue et la colère passagère avait laissé sa place à son caractère habituel - elle savait qu'elle était la plus forte des deux. Lentement, elle tourna les talons, après un dernier regard à Aidan qui laissait entendre qu'elle n'en avait pas fini avec lui.

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