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Dans les paradis artificiels (pv)

 
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 Dans les paradis artificiels (pv)

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Chuck Carlton
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Localisation : Là où on peut faire la fête !
Date d'inscription : 03/03/2010

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MessageSujet: Dans les paradis artificiels (pv)   Sam 9 Juin - 17:04

Me demandez pas où j'étais : j'en savais absolument que dalle. Des clous.

Encore une autre soirée parmi tant d'autres, encore une soirée trop arrosée parmi tant d'autres. Voyons voyons, est-ce que j'étais capable de remonter le fil de la soirée d'ailleurs? C'était les dernières vacances avant les grandes vacances, donc j'étais rentré à Bristol, parce que Coop avait besoin de faire des examens et que si il m'avait assuré qu'il pouvait les faire tout seul, moi j'avais exigé que non. En fait, si, il aurait pu, ça allait mieux en ce moment apparemment. Mais le truc c'est que moi j'avais plutôt envie de changer d'air, et même si retourner à Bristol ne me faisait pas vraiment kiffer, partir un peu de Poudlard était juste ce qu'il me fallait. Je ne pensais pas qu'un jour j'en viendrais à dire ça, mais là j'en avais un peu marre, et me barrer quelques jours allait remédier à tout ça. Donc bref on était rentrés, à la maison les choses n'avaient pas changé, et j'avais passé mes matinées à pioncer, le reste de la journée et les soirées avec mes potes de là-bas, comme quand je revenais chez moi, quoi. C'était une routine. Mais ça me faisait plaisir, parce que j'avais un peu deux vies, une ici et une à Poudlard, et puis c'était une routine que je supportais parce que je savais qu'elle ne durerait pas tout le temps. L'été, fin Août, je commençai à en avoir marre et retourner à Poudlard arrivait toujours un peu trop tard. Mais bon, là, j'avais que quelques jours. Et aujourd'hui, j'avais passé l'aprem à traîner avec des potes près du terrain de foot, et puis on avait pris la caisse du frère d'un pote on était allé à une soirée à Londres chez je ne sais plus quel mec - je me rappelai la baraque mais alors les gens, aucune idée, étant donné qu'on avait commencé à boire et à fumer dès le milieu de l'après-midi. Comme en ce moment ça ne me faisait plus grand chose, j'avais doublé les doses. J'avais fumé des joints à m'en faire péter la cervelle et j'épongeais tout ça avec tout ce que je trouvais à boire. Croyez-moi, ça ne décollait toujours pas.

Ça avait commencé à décoller sans que je m'en rende compte, et je n'avais pas l'impression d'avoir perdu les pédales à un quelconque moment, mais en tout cas, c'était le trou noir. Je me rappelai la baraque, le monde, l'alcool, les joints, la musique à balle, je me rappelai après avoir marché dehors et avoir bougé dans une autre fête, je me rappelai à peu près de mes potes, avec qui j'avais parlé, des meufs, d'une surtout, mais alors, pour tout remettre dans l'ordre, pour dire tout ce qui s'était passé : zéro. Putain, enfin, j'avais réussi. Ça faisait du bien de penser à rien et de tout mettre de côté un moment. Bon, en attendant, j'étais un peu dans la merde vu que je ne savais absolument pas où j'étais ni trop avec qui, mais vu qu'il y avait encore du monde qui dansait et qui buvait, je ne m'inquiétais pas trop, j'avais juste échoué dans une des fêtes du quartier, et y'avait pas mort d'homme.

Sauf qu'à un moment, il s'était passé un sale truc - comme quoi, je ne pouvais même pas avoir la paix l'espace d'une soirée, c'était trop demander, merde ou quoi? Il y avait une meuf qui avait commencé à choper un mec un peu plus loin, normal quoi, sauf que mon regard l'avait trop accrochée, juste parce que j'avais buggé dessus parce qu'elle ressemblait trop à Taylord. La Taylord de maintenant, avec ses robes de pétasse et son maquillage. Et comme en ce moment Taylord embrassait tout ce qui bougeait - enfin du moins c'est ce que je voyais quand on se retrouvait aux mêmes soirées - eh ben j'avais cru que c'était elle, c'est tout. Pourtant je m'en carrais complètement moi, elle faisait ce qu'elle voulait, c'était plus mon business. Tant mieux qu'elle se fasse plaisir, parce que moi je faisais pareil d'ailleurs. Ça lui ressemblait pas mais après tout on change hein, et moi, ben je m'en battais l'oeil. Pourquoi j'avais buggé sur cette meuf, j'en savais rien - peut-être parce que j'étais à Londres et que ça m'avait fait trop bizarre d'associer un instant Taylord à ma vie moldue. En tout cas, le mec m'avait capté et était venu chercher la merde comme quoi je matais trop sa meuf, et moi comme j'avais la tête à l'envers je lui avais dit d'aller chier et on avait fini par se taper sur la gueule. C'était tout ce dont je me rappelai. Et comme ben ce mec devait être un des potes du proprio de la barque, je m'étais fait sortir par trois autres pauvres mecs sur qui j'avais tapé au passage et qui ne s'étaient pas gênés pour faire de même. Je m'en foutais, j'avais à la fois sauvé mon honneur, pété le nez de l'autre connard, et pécho une bouteille au passage, alors, le reste...

Mes souvenirs revenaient un peu à partir de ce moment-là. Parce que ce connard m'avaient défoncé la tronche et éclaté la pommette droite, et en passant mes doigts dessus je sentis nettement que la peau s'état ouverte sur l'os en dessous de l'oeil. J'essuyai le sang d'un revers de manche. Ça me faisait absolument pas mal, étant donné que j'avais quatre grammes dans le sang, donc assez pour insensibiliser un cheval. Après une dernière provocation vers les mecs qui m'avaient foutu dehors, je me tirai de là. Je ne sais pas quel chemin je pris ou quoi, là, c'était trop vague. Je me rappelle juste avoir entamé la bouteille avec d'autres mecs dans la rue et puis être allé ailleurs tout seul, et m'être posé sur un banc dans un endroit parfaitement inconnu. J'avais sorti un joint à fumer, et c'était là que tout le reste avait dégringolé.

Ma tête était un vaste champ de guerre et tout tournait autour de moi - normal, je m'étais défoncé comme rarement - et me poser et re fumer avait tout fait basculer. Je me sentis bizarre tout d'un coup, j'avais froid, chaud, et je me mis à trembler comme une fillette avec la ferme impression qu'il faisait une température en dessous de zéro. Je mis la capuche de mon sweat et pliai mes jambes contre moi avant de poser la tête dessus, et je ne pouvais penser qu'à trois choses : mon mal de tête à m'en éclater le crâne, le monde qui tournait trop vite autour de moi et cette horrible sensation de froid. Oh, cet était je le connaissais bien. C'était juste que j'avais bien trop bu et trop fumé. Et que j'allais me taper un bon petit bad-trip suivi d'une belle gueule de bois. Je tirais quand même sur mon joint, même si ça n'allait rien arranger. Quitte à être mal, de toute façon.... Petit à petit je commençai à sentir ma pommette qui me lançait. Il restait combien d'heures avant la foutue fin de la nuit? Je voulais rentrer chez moi et me tirer de là, mais c'était mes potes qui avaient la caisse pour rentrer à Bristol... Ma bouteille n'était pas terminée mais rien que d'y penser j'avais envie de gerber, du coup, je restai là à grelotter sans rien faire dans le noir de cette rue déserte pendant un temps inconnu. La soirée tournait dans ma tête, je me rappelai des bribes, mais rien de concret, à part ce marteau qui me tapait sur le crâne. Ah si, la meuf qui ressemblait à Taylord... Le paucre con qui était venu chercher la merde... Moi qui le poussais, lui qui reculait et qui revenait, son poing dans ma gueule, et puis le mien en plus sur son nez. La musique à fond. Les autres qui me foutaient dehors.

J'entendis un bruit et pourtant je ne voulais pas bouger sinon j'allais avoir encore plus mal et je tremblais déjà trop. Mais j'avais trop explosé toute la soirée pour me retenir et je pris la bouteille et la lançait de toutes mes forces vers là où venait le bruit. Elle s'explosa contre le mur dans un grand bruit de verre brisé qui résonna dans le silence de la nuit. Comme j'étais persuadé que j'avais quitté la maison deux secondes auparavant et que c'était les autres connards qui venaient encore me chercher la merde, je me mis à leur hurler :


- Ça vous a pas suffit que je pète le nez de votre pote? Vous voulez que je vous fasse la même?!

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CHUCK CARLTON
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Joy Windy
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MessageSujet: Re: Dans les paradis artificiels (pv)   Dim 17 Juin - 18:52

Ma vie en ce moment n’était pas très palpitante. J’avais adopté le régime « hiboux » par lequel les adolescents ne cessent de jurer lorsqu’ils sont en vacance. Je me levais tous les jours en début d’après-midi et ne venais poser la tête sur l’oreiller qu’après 5 ou 6 heures du matin. Forcément, j’étais complétement décalée. J’avais de la chance lorsque j’émergeais vers trois heures de l’après-midi parce que je pouvais encore prendre un café sans qu’on me gueule dessus que « bordel Joy ! Ce n’est pas l’heure de se défoncer à la caféine ! ». Sinon, et bien je devais attendre l’apéritif pour prendre un capuccino alors que les autres sortent le Whisky. « Non mais qu’elle éducation, cette enfant, tu as vu Charlie ? ! » J’adore les vacances, comme n’importe qui évidement, mais je me serais bien passée de Clothilde, une arriérée cousine de mon oncle, très « old school ». J’étais arrivée il y a un mois chez ma mère, dans un luxueux appartement de Londres. On ne s’aime pas beaucoup, elle et moi, mais ça n’est pas grand-chose à côté de mon actuelle relation avec mon cher oncle Charlie, chez qui je réside habituellement hors période scolaire. Mais en ce moment, c’est compliqué. Disons en résumé que je suis en froid avec tous les membres de ma famille qui ne sont pas mort ou expatriés au fin fond de l’Australie. Et pas qu’un petit coup de vent, croyez-moi. Un froid polaire, rien de moins, rien de plus. Comment passer de bonnes vacances lorsque que vous passez votre vie à tenter de vous ignorer ? C’est techniquement, très compliqué. Alors chacun adopte une méthode de survie.

Ma mère à choisit de profiter de l’argent que lui a laissé mon père en décédant prématurément. Avec Rosalie, toutes les raisons sont bonnes pour aller faire les boutiques et ainsi pouvoir quitter la maison et éviter ma dérangeante présence. Et puis quand les boutiques sont fermées, la voilà qui teste de nouveaux sortilèges de sonorisation. Les voisins ne cessent de venir sonner pour lui demander de baisser le son de la musique. Faute de ne pas vouloir me voir, elle ne veut pas m’entendre. Mon cher oncle, qui passe également les vacances dans l’agréable demeure de Rosalie Windy, à décider d’élire domicile à la bibliothèque municipale. Tant mieux, ça faisait des tensions en moins. La seule qui osait parler à tout le monde, c’était Clothilde. Elle est de ce genre de gens qui commentent tout ce qu’ils voient. « Enfin, Joy ! Ton short et bien ton court ! », « Rosalie, tu aurais dû mettre plus de crème dans ta sauce », « Charlie, tu devrais cesser de t’enfermer dans cette bibliothèque miteuse », « Joy, cesse donc de boire du café ! » et ainsi de suite. Elle est d’ailleurs la seule à contester mes sorties nocturnes. Dommage qu’elle n’ait aucune autorité sur moi, je pense que je finirais par rentrer dans le droit chemin à force de remontrances.

Je connais beaucoup de monde, à Londres. Et puis, les jeunes sont tous les mêmes, ils ne pensent qu’à s’amuser, n’est-ce pas ? Alors forcément je sortais toutes les nuits pour aller m’amuser avec eux. Enfin, « s’amuser » est un bien grand mot en ce qui me concerne. J’y vais surtout pour pouvoir profiter de l’alcool et des joints. Toxico ? Alcoolique ? Surement. C’est que ma vie ne ressemble plus à grand-chose. Un champ de ruines, noyé sous l’alcool, les mégots et le café. Forcément, je me suis perdue. Et savez-vous ce que c’est de n’avoir plus rien d’autre que l’ivresse que vous apporte l’alcool, ou l’état second que vous procure une fumette ? Eh bien on ne voit plus rien d’autre que soit. On se perd et on ne trouve même plus la force d’essayer de comprendre. On n’est plus rien, on ne ressent plus vraiment la colère, la tristesse, la peur, l’amour s’il est encore possible d’en trouver, ou même la haine. Non, la seule douleur que l’on connait est celle de la gueule de bois, les seuls plaisirs que l’on a sont ceux qu’engendrent les fous rires typiques des alcooliques.

Vous ne comprendrez mon état et mes actes que s’il vous est une seule fois de sombrer ainsi. Alors, vous est-il déjà arrivé de vous perdre ? De vous perdre dans vos propres songes, votre propre solitude ? Vous perdre, ne plus rien comprendre ? Vous noyer à un tel point que vous n’avez même plus le droit d’abandonner, de lâcher prise ? Il n’y a plus rien à laisser tomber, vous n’êtes plus rien, plus personne. Tout vous est alors pénible, votre propre respiration vous affole. Vos sanglots n’ont pas lieu d’être, ils sont dénués de tous sentiments. Tout ça est terminé, il n’y a plus qu’un drôle de sensation qui coure dans vos veines et siffle à vos oreilles. Elle vous obsède, vous tue lentement. Cela faisait au moins quatre mois que j’avais oublié comme on faisait pour vivre. Quatre mois que j’avais plongé, seule, au fond d’un océan des plus glacials pour m’y noyer. On m’a toujours répété que je faisais des erreurs, que c’était normal puisque je suis jeune et que tôt ou tard je les rattraperai. Mais est-ce que j’étais encore vraiment jeune ? Bonne question.

Aux yeux de Clothilde, je l’étais bien évidement. Même trop. « Tu es trop jeune pour sortir à cette heure-ci, Joy ! » Eh bien tant pis si je sors tard, tant mieux si je suis trop jeune. Il devait être 22 heures lorsque que je claquai la porte de l’appartement de ma mère derrière moi et que je descendis dans la rue noire, un sac plein de bières et de joins sous le bras, les cheveux au vent, mes longues jambes s’agitant frénétiquement du haut de mes talons. Il faisait chaud et j’avais bien fait de troquer mon jean slim pour un short. Ce soir la soirée se déroulerait chez Will, un vieil ami d’enfance qui avait préféré l’école de sorcellerie de France à Poudlard. La soirée serait grandiose, d’après les rumeurs. Je fus bien déçue de découvrir à quel point les ragots pouvaient être mensongers. La salle louée par Will était minuscule, nous n’étions qu’une trentaine et pour cause, l’ambiance n’était présente que pour ceux qui étaient déjà complétement sous. Le bar à cocktail était vide, les quelques beaux mecs déjà casés, la musique pas terrible, je n’avais pas grand-chose à faire ici. Je saluai Will et quittai la soirée. Il était évidemment hors de question que je rentre chez ma mère ; il était à peine 01 heure 30. Mais j’avais des ressources : mon cousin, Larkin qui vit actuellement à l’autre bout du monde, m’avait présenté l’an dernier le videur d’une boite de nuit. Etant tous les deux sorciers, nous avions sympathisé après une partie de Quidditch jouée lorsqu’il était venu passer le Week-End chez Larkin. Bref, il m’avait promis de toujours me laisser rentrer dans la boite assez réputée de Londres ou il bossait l’été.

Pour m’y rendre, je devais passer dans un quartier assez mal fréquenté mais je ne m’en souciais pas trop. Ma baguette était dans mon sac. Cigarette à la bouche, je jetai trois bouteilles de verre vide dès que je passai à côté d’un centenaire. Alors que je m’aventurais dans une ruelle particulièrement petite et assez mal éclairée, une bouteille s’explosa contre le mur derrière moi, à un ou deux mètres seulement de ma tête. J’étouffai un petit cri et sortis d’un coup ma baguette de mon sac. Au début, rien ne bougeait, personne ne parlait. Je me baissai et saisis dans mon autre main un morceau de verre brisé que je serais dans ma main si fort que je sentis le sang dégouliner le long de mon poignet. Et puis soudain, on me gueula dessus.


- Ça vous a pas suffit que je pète le nez de votre pote? Vous voulez que je vous fasse la même?!

… Non. Non, ça n’est pas possible. Je suis complétement lucide ! Les chances que je me trompe sont quasiment nulles, j’en suis sure ! Je ne peux pas rester là, immobile à attendre qu’IL se manifeste. Complétement ébahie, je finissais par m’avancer dans la pénombre… Pour découvrir enfin qui avait tenté de m’assommer à coup de bouteille.

- Chuck ?!

J’aurais aimé me précipiter vers lui, qu’on recommence à se parler et à se lancer des petites piques par-ci par-là, qu’on se taquine, qu’on rigole. Mais c’était impossible. Ce n’était pas Chuck Carlton, le Gryffondor avec lequel je m’étais retrouvée dans tant de situations étranges. Non ça n’était pas lui. Je regardais droit dans les yeux un pauvre diable, fou et sous, complétement défoncé. Vu son allure, on m’aurait dit qu’il avait joué à la marelle sur un champ de mines ça ne m’aurait même pas étonnée. Ce qui m’avait scotchée, c’était de le voir… Comme ça. Détruit par l’alcool, dévasté par les joints. C’était à ça que je voulais ressembler, à force de boire et de me défoncer ? A une folle ?

- Faut te détendre, je suis pas un Mangemort tu sais.

Ma gorge se serra lorsque je prononçais ce dernier mot. La culpabilité revenait au grand galop. J’avais finis par m’approcher de lui pour m’assoir à ses côté sur son banc. On y voyait pas grand-chose, mais tout de même assez pour que je vois son visage en détail. Je n’étais pas la seule à être en sang, il avait l’arcade complétement défoncée. Je passai une main sur son front afin de pousser ses cheveux humides, trempés par l’alcool pour examiner d’un peu plus près sa blessure. Est-ce qu'il m'avait seulement reconnue ?

- Comment t’as fait ça ?

Je ne savais pas pourquoi, mais tout d’un coup je voulais absolument m’occuper de lui. Comme un frère. Je me sentais responsable et puis de toute façon, je ne pouvais pas le laisser là tout seul.

- Suis-moi.

Je connaissais un bar sorcier pas loin d’ici qui fermait très tard (ou plutôt très tôt) où je savais qu’on pourrait lui réparer sa belle gueule et le dessouler tout en me recousant la main au passage. Je finissais par le prendre par la main pour le tirer derrière-moi, comme un gosse qui se serrait égratigné en jouant au ballon...

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Dans les paradis artificiels (pv)   Lun 18 Juin - 14:22

Dans ma gorge, ma voix trop rauque me fit le sympathique effet de verre pilé contre ma trachée et je serrai les dents après avoir parlé. Je commençai à voir des trous noirs devant moi, des petites pastilles qui s'agrandissaient alors que j'essayais de fixer comme je pouvais le sol à mes pieds et que j'étais recroquevillé sur mon banc comme un pauvre con. Au fond j'en avais strictement rien à foutre de ce à quoi je pouvais ressembler, parce qu'il y avait trop de bruit dans ma tête et un rouleau compresseur qui m'écrasait le cerveau à chaque instant donc, franchement, à part fermer les yeux et tout oublier et que tout disparaisse, le reste... Je sentais la sueur sur mon front et dans ma nuque mais pourtant je tremblais et d'une seconde à l'autre je crevais de froid ou j'étouffais de chaud, tout ça à cause de toutes ces conneries, de l’alcool et de la beu dont oui, j'avais franchement abusé, et qui se vengeaient maintenant en me faisant sérieusement regretter d'être né.

Attendre que ça passe. Y'avait rien d'autre à faire. C'était ce que j'avais toujours fait, de toute façon, non? Je collai ma tête entre mes mains du mieux que je pouvais sans appuyer sur ma joue partiellement anesthésiée et tentai de me concentrer pour refouler mes envies de gerber, mes frissons et pour éviter de m'effondrer comme une chiffe molle. Mes dents me faisaient un mal de chien parce que ma mâchoire était serrée et que je ne pouvais pas l'en empêcher, c'était comme si de l'acide me coulait le long des gencives. Putain, il fallait que ça passe, s'il vous plaît...

Dans les endroits comme là où j'avais grandi on buvait pour tromper le temps, parce qu'il y avait tellement rien à foutre que c'en était mortel et que plutôt s'éclater le cerveau plutôt que de rester là à baigner notre jus. C'était peut-être con, mais ça, c'était bien le cadet de nos soucis, parce qu'il n'y avait rien de pire que l'ennui. Heureusement que j'étais allé à Poudlard, mais heureusement - je me forçais à essayer de penser à des trucs concrets sinon je sentais de plus en plus ma vue se brouiller et mon cerveau perdre définitivement les pédales - parce que sinon je me serais mis dans ce genre d'état un peu près tous les soirs de l'année. Cet ennui morbide et chiant comme une veillée funéraire, je le vivais deux mois par ans et comme ça me faisait plaisir de revoir mes potes, que c'était l'été, qu'on pouvait aller se baigner, tout ça tout ça, ça passait un peu mieux. J'évitais les pires moments, l'hiver, les mois d'octobre et de novembre pluvieux et sombres et rien, rien, rien, rien à faire. Se balader, dans une zone industrielle? Génial. Visiter? Quoi? Il n'y avait rien pour se divertir, un ciné et c'est tout, un pauvre ciné aux sièges défoncés qui n'avaient pas changé depuis que j'étais petit. Des rues pourries qui se ressemblaient toutes, des gens frustrés par paquets destinés à être caissiers toutes leur vie alors qu'ils détestent ce métier, des familles foireuses à la pelle, etc, etc. Alors voilà, on faisait les cons, on allait là où c'était interdit pour trouver un peu de piment, on se mettait à boire tôt et on traînait dans les rues, parce que de toute façon nos parents en avaient rien à carrer de ce qu'on pouvait faire. Et plus ça allait, plus on se rendait compte de cette situation de merde, et plus on buvait et plus on fumait pour faire passer la pilule. Et voilà que je me retrouvais condamné à attendre encore, parce que j'avais trop bu, et pour tromper je ne sais quoi... C'était à en avoir le vertige et je grognai entre mes dents en m'appuyant fort sur les yeux, parce que cette fois c'était des points blancs qui étaient apparus.

Quelqu'un m'appela je crois, mais je ne savais plus où j'étais - ah oui, la soirée - mais qu'est-ce que je foutais sur un banc?! Je ne reconnaissais rien autour de moi. J'avais juste envie de crever là, donc merci bien, celui qui essayait de me parler pouvait aller se faire foutre en enfer, à part si il tenait vraiment à ce que je lui casse la gueule, ce que j'avais volontiers envie de faire pour me passer les nerfs et laisser sortir tout ce qui m'étouffait.

Il y avait un pauvre lampadaire un peu plus loin qui tremblotait faiblement et alors que j'entrouvris à peine les yeux en relevant la tête de mes bras pliés sur mes genoux ramassés contre moi, la lumière pourtant presque mourante me fit l'effet d'un éclair en plein dans la pupille et je battis des paupières comme si j'avais définitivement perdu la vue. Il y avait une silhouette devant moi, mais je laissai retomber ma tête. On était en train de me visser un énorme truc dans les temps, je n'avais envie de parler à personne bordel, c'était pas clair ou merde?!


- Faut te détendre, je suis pas un Mangemort tu sais.

... Et voilà, voilà, on continuait à m'embrouiller! Le goût d'acier dans ma bouche était de plus en plus fort et quand je plissai les paupières je ne voyais rien de précis, je ne voyais plus où s'arrêtait le sol et où commençait les immeubles, le ciel, rien d'autre que cette lumière de ce putain de lampadaire et la forme devant moi et je m'obligeai à la fixer du regard malgré les points de lumière qui valsaient et me donnaient la gerbe et... Joy? Windy? Euuh, pardon? Et donc elle me parlait de Mangemort là comme ça en pleine soirée de merde alors que j'étais perdu au milieu de nulle part dans Londres et que j'avais assez d'alcool dans le sang pour faire péter un éthylotest d'un simple regard? J'avais envie de l'envoyer chier, de lui dire de ne pas compliquer la situation, mais je me sentais faible et je tremblais et - putain, mais qu'on en finisse.

- Comment t’as fait ça ?

Eh, oh!!

Elle s'était assise et je sentis sa main sur mon visage, près de là où il était explosé, et j'eus un mouvement de tête trop vif pour me dégager. Qu'elle me laisse crever, de toute façon j'avais envie que de ça, qu'on m'arrache la tête tellement elle me faisait mal, parce que sinon, il n'y avait rien à faire d'autres. Je la laissai retomber sur mes bras.


- J'l'ai pas fait tout seul, répondis-je, mauvais, et en articulant ma mâchoire me fit un mal de chien, comme si on l'avait grippée avec du gros sel en plein contre ma chair à nu.

Et puis non mais sérieusement qu'est-ce qu'elle faisait là? Cette meuf était rattachée à mon univers de Poudlard, pas à celui de Bristol, et pas en plus à celui de Bristol l'une des rares fois où je venais jusqu'à Londres... Je sentis sa main prendre la mienne et puis je partis un peu en avant, et chose absolument étonnante j'eus quand même le réflexe de me mettre sur mes pieds pour ne pas tomber, et je me retrouvai debout, la tête en compote, et cette fois le mot "tourner" n'était passez fort pour décrire ce que je sentais et ce que je voyais et j'eus envie de me laisser tomber par terre pour que tout s'arrête, parce que j'avais tellement le tournis qu'il me semblait que m'arracher les tripes ne suffirait pas à m'enlever cette horrible sensation de malaise.


- Suis-moi.

Putain, mais fous-moi la paix. C'était quoi ce délire là? Quoi, elle avait pitié? Ou bien elle avait envie de jouer les bonnes samaritaines, tout d'un coup, là, comme ça? Depuis quand on était amis? ... Bon, ok, c'était pas très clair ce qu'on était. Mais même... Je voulais être seul, je vais crever en silence, et j'avais sûrement pas envie que non seulement on me voit dans cet état mais qu'en plus une meuf comme Joy me voit dans cet état, une meuf avec qui ok je m'étais un peu rapproché mais qui n'était pas mon amie au sens propre parce que elle était à Serpentard et moi à Gryffondor, ni plus ni moins. Ce n'était pas parce que là en plein Londres on était des civils comme les autres que ça allait tout changer... Je tentai de résister mais si je ne la suivais pas je perdais l'équilibre et je risquais de m'exploser par terre. Alors je voulus lui balancer un truc bien bâtard et qui la ferait me laisser là du genre "lâche-moi, salope" mais allez savoir pourquoi je n'arrivais qu'à un minable petit :

- Fous-moi la paix, bordel...

Et je me rendis compte que j'avais proportionnellement autant de forces qu'un moineau face à une enclume. J'abandonnai, concentrant ce qui me restait de... de... de je ne sais quoi qui me maintenait debout, pour faire le trajet avec Joy sans me casser la gueule, même si je n'avais aucune idée d'où elle m'emmenait, de quelle heure il était, d'où on était, etc. Je finis lui prendre carrément la bras parce que la main c'était léger pour que je garde l'équilibre, et ça allait un peu mieux, mais le bruit de ses talons qui résonnaient sur le bitume me sonnaient dans le crâne comme une tronçonneuse mal réglé qui était bien décidée à me trouer les tympans.

Je crus que j'allais m'effondrer avant d'arriver mais elle finit par me faire entrer dans un bar dont je ne regardais même pas l'enseigne - en fait elle aurait pu m'emmener n'importe où, tout était flou et je ne captais rien, et je la laissai me guider et me laissai tomber sur une chaise qu'elle m'indiqua et je m'affalai sur la table, voulant enfuir ma tête dans mes bras sauf que j'avais oublié le sympathique petit coup de poing qu'on m'avait collé dans la gueule et ma vilaine blessure et je me cognai moi-même dessus. Ça me fit une douleur suraiguë qui me fit monter les larmes aux yeux et je me redressai d'un coup, laissant échapper un cri d'énervement et quelques noms d'oiseaux. Putain! Mais alors eux, si je les recroisais, ce n'était pas juste le nez que j'allais leur péter!...

Je cherchai Joy du regard pour voir si elle s'était tirée ou pas, et je voyais toujours aussi flou, et d'ailleurs, mes pensées l'étaient aussi, parce que je n'étais plus certain de vouloir qu'elle me foute le paix. Mine de rien, je me sentais tellement mal qu'un peu de compagnie avait quelque chose de... rassurant, même si je ne lui aurais jamais avoué.

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CHUCK CARLTON
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Dernière édition par Chuck Carlton le Mar 26 Juin - 16:57, édité 1 fois
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Joy Windy
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MessageSujet: Re: Dans les paradis artificiels (pv)   Dim 24 Juin - 18:53

Plus je le regardais, plus je me sentais mal. Je découvrais en Chuck mon propre fantôme, ce que je devenais bien trop souvent. Ca faisait presque peur. Il était complétement détruit, absolument différent de ce qu’il pouvait être d’habitude. Alors je m’exaspérais de voir que cette fois-ci, c’était à mon tour de l’aider, de le sortir de la merde, tout comme il m’avait amenée à l’infirmerie une nuit ou nous nous étions croisés dans les couloirs et qu’une armure m’avait délibérément broyée la cheville. Est-ce que j’aurais pu le laisser là, le laisser s’endormir, mourir de froid, s’arracher les yeux de la tête tellement il semblait souffrir, le laisser se vider de son sang ? Qu’était ce mec pour moi ? Un Gryffondor que j’avais pris pour cible, que j’avais détestée et puis finalement, je l’avais presque apprécié ? Qu’était Chuck Carlton, pour moi ? Le mec le plus populaire de Poudlard qui courait après les plus belles meufs, qui courait après la vie ? Qui étais-je moi, à côté de lui ? Son opposée, une solitaire qui n’a jamais eu vraiment le courage de supporter la calme de la vie lorsqu’on est seul. Une fille dont la jeunesse s’est envolée sans qu’elle puisse en profiter. Alors si j’étais cette fille et que Chuck était ce mec, pourquoi est-ce que je m’arrêtais ?

Lorsque je m’étais assise sur le banc, à côté de Chuck qui avait levé la tête pour me regarder. Il tirait une de ses gueules, de celles qui vous font hausser les sourcils et esquisser un geste de recul. Lorsque je passai la main sur son visage ensanglanté pour examiner de plus près sa blessure, il retourna cacher sa tête entre ses bras en râlant. Je réalisais à quel ça pouvait être chiant pour les gens non-bourrés en soirée de s’occuper de leurs amis complétement défoncés. De leurs tenir les cheveux pendant qu’ils dégueulent, de les suivre à la trace pour vérifier qu’ils ne font et ne disent pas trop de conneries… Et puis ne pas dormir de la nuit pour attendre qu’ils décuvent et se baisser vers eux pour les ramasser à la petite cuillère. Il faut aimer un minimum la personne en question pour faire ça, non ?

Quoi que, il y a bien des gens qui s’étaient occupé de moi alors que j’étais dans la même situation… Qui était ces personnes bienveillantes dont je me souviens à peine ? Des employés de bar, des videurs qui me connaissent bien, des connaissances, les filles avec qui je partage mon dortoir à Poudlard…N’importe qui, en soi. Alors je pouvais bien aider Chuck même s’il n’est pas vraiment mon pote. Et puis, tout compte fait, je n’avais pas envie d’aller à cette soirée. C’était trop loin de Londres et je m’étais déjà suffisamment éloignée. J’étais où au juste ? Dans une petite ville de merde, dans l’agglomération de Londres ? Près de Bristol, je crois. Je commençais à avoir mal aux pieds et je soupirais d’avance. S’occuper de Chuck n’allait pas vraiment être une partie de plaisir, mais je lui devais bien. Non seulement je l’avais délibérément attaqué (c’était il y a plus d’un an mais les choses restent les mêmes), mais en plus il avait traversé tout Poudlard en me portant dans ses bras pour m’éviter de m’appuyer sur ma pauvre cheville. Ouais, je lui devais bien ça. J’espérais simplement qu’il ne me dégueulerait pas dessus.


- J'l'ai pas fait tout seul.

On aurait dit un pauvre gamin qui s’était écorché les genoux et ça m’exaspérait d’avance. Silencieuse, la tête baissée, j’observais ma main meurtrie. L’entaille était profonde, mon sang s’écoulait lentement le long de mon poignet, comme un ruisseau rougeâtre. La douleur aurait été d’autant plus intense si j’étais dans l’état de Chuck et du coup, je me sentais misérable pour lui. Misérable pour toutes les fois où je m’étais retrouvée comme lui.

- Ouais, et bien fais-moi plaisir et attend d’être sobre pour aller butter ceux qui t’on fait ça et ne te jette pas sur la première personne venue, la prochaine fois.

Grincheuse jusqu’aux bout des doigts, je lui jetai un regard plein de reproches, histoire d’exprimer mon mécontentement. Du moins, s’il n’était pas trop étouffé par ses propres sensations pour s’occuper des autres. Et puis qu’est-ce qu’il foutait là, d’abord ? Londres, sa banlieue, ses petites rues… Ça ne lui correspondait tellement pas. On m’avait contrainte à venir ici, c’était mon lieu de naufrage, de perdition. On ne mélange par la détresse avec Poudlard. Alors d’un coup, j’avais envie de partir d’ici, de laisser ce qu’il restait du Chuck que je connais sur ce vieux banc miteux, qui doit être là, à pourrir soit la pluie britannique depuis des lustres. J’avais envie de courir loin et de rejoindre ma petite ville, dans la banlieue de Los Angeles. Là où on ne viendrait pas me faire chier avec des histoires de Mangemorts, de Serpentards, de Gryffondor et de Purgateurs. Je pourrais faire de la magie comme je veux er j’arrêtais de me mettre des races à chaque fois que je flanche parce que je suis fatiguée de vivre. J’irais faire le tour des U.S.A et je changerais de nom et de vie et alors seulement à ce moment-là, je commencerai à vivre, à être jeune. Non, pour l’instant, je n’avais pas le droit à tout ça. Non, là, maintenant, tout de suite, il n’y avait plus que de la lassitude, en moi. Contrainte, je m’étais levée et avait pris Chuck par la main en lui ordonnant de me suivre.


- Fous-moi la paix, bordel...

Alors quoi, il voulait peut-être que je le laisse croupir ici, à dépérir comme un moucheron dans une toile d’araignée ? Que je le laisse seul, dans la nuit à attendre sagement les mecs qui lui ont défoncé l’arcade ? Il souhaitait peut-être de tout son être que je ne le touche plus, parce qu’il a trop mal et que chaque geste raviverait la douleur mais il était simplement encore inconscient que s’il restait là à se laisser décanter dans l’ombre, c’est à la petite cuillère qu’il faudrait le ramasser, le lendemain matin ? Je lui aurait bien gueuler mes quatre vérité en lui expliquant par a+b qu’il ferait mieux de se la fermer parce qu’il avait failli ma tatouer une bouteille en verre dans le crâne et que j’étais bien gentille de m’occuper de lui. Mais j’arrivais à peine à le regarder et c’est d’une petite voix autoritaire et sarcastique que je l’apostrophai :

- Suis-moi. Je ne te laisse pas le choix.

Lorsqu’enfin il se leva, il chancela et s’agrippa si fort à mon bras pour ne pas tomber que je me serai bien retournée vers lui pour le baffer. A la place, je passai un bras autour de sa taille afin de le supporter ce qui n’était pas une mince affaire vu qu’à côté de lui, je passai pour un moineau devant un bon gros chat. Mais un chat bien mal en point et qui devait surement être végétarien pour que le moineau s’occupe de lui. Alors je pris la route en le trainant misérablement. 15 minutes de marche nocturne, saccadé par nos respirations et le bruit de mes talons hauts qui claquaient sur le béton. Nous marchions en plein milieux d’un vielle route sinueuse lorsque je m’arrêtais enfin devant un bar à la devanture discrète ouvert toutes les nuits en été. Le seul bar sorcier de la petite ville dans laquelle j’avais trouvé Chuck entrain de prendre la poussière. Je poussai la porte et m’aventurai comme je pouvais entre les tables jusqu’à la banquette la plus au fond de l’établissement. On aura besoin de tranquillité, cette nuit. J’aidai Chuck à s’assoir et sans attendre, je me dirigeai vers le barman qui nettoyait des chopes à l’aide de sa baguette magique.

- Bonsoir. J’aurais besoin d’une petite potion pour dessouler mon… ami et puis aussi deux grands cafés.

J’avais fait une drôle de grimace lorsque le mot « ami » était sorti de ma bouche. J’avais hésité à la dire, mais il fallait bien que je le présente. Le barman acquiesça et m’avertis que la potion allait assommer mon cher pote pour une bonne demi-heure. Ce serait parfait.

- Oh et est-ce que Bobby est là ? On aurait quelques plaies à recoudre.

- Ouais, il est là. Il arrive dans 5 minutes.


Bobby était un vieil employé du bar, ancien médicomage qui saurait s’occuper de nous. En attendant, le barman me donna un chiffon pour ma main et je retournai vers la table où Chuck m’attendait. Ce dernier me regarda venir de loin, avec le regard d’un pauvre diable qui s’ouvre le martyr. Le patron du vieux café arriva deux minutes plus tard avec mes deux cafés et la potion de Chuck. Je poussai négligemment la chope vers lui, de mauvaise humeur. J’avais la flemme de lui expliquer qu’il allait prématurément s’endormir, surtout s’il fallait qu’il me recrache au visage. Je lui adressai tout de même un « bois » sec et j’attendis qu’il vide la chope pour tremper mes lèvres dans mon café. Deux gorgées plus tard, Chuck s’assoupissait, sa tête tombant mollement sur la table qui nous séparait. Deux minutes plus tard, le dénommé Bobby, un petit sorcier dont la peau ressemblait à un vieux parchemin froissé, s’approcha de moi. Après quelques échanges de banalités, il sortit sa baguette et la pointa sur ma main. Une douce chaleur la caressa pendant quelques instants puis mon sang s’arrêta enfin de couler. La plaie était recousue et à présent, une longue cicatrice barrait la pomme de ma main. Je remerciais Bobby qui se tourna vers Chuck pour s’occuper de son arcade alors que je partais aux toilettes me nettoyer la main, souillée de sang. Lorsque je revins avec un linge humide, Bobby était partit et l’arcade de Chuck semblait rafistolée. Je lui rinçai le visage avec mon pauvre chiffon, nettoyant tout ce sang sur sa peau. Lorsque j’eu finis, je jetais le chiffon et commençait à boire mon deuxième café, qui était un peu froid à présent. Maintenant, il ne me restait plus qu’à attendre que Chuck se réveille. J'aurais très bien pu enfin le laisser, à présent mais c'était simple, je n'arrivais pas à m'y résoudre. Et quand il ouvrira les yeux, qu’est-ce que je ferai alors ? Qu'est-ce que je lui dirai, à mon "ami" ? Et bien je n’en avais purement et simplement aucune idée.

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MessageSujet: Re: Dans les paradis artificiels (pv)   Mar 26 Juin - 17:57

Elle revint vite dans mon champ de vision plus que flou et je grimaçai pour essayer de voir un peu plus clair. Déjà, elle m'avait emmené où? Je ne connaissais pas cet endroit et je n'arrivais pas à savoir si on était dans un endroit moldu ou sorcier, parce que qu'il faisait trop sombre et que mes sens s'étaient trop barrés tous azimuts pour que j'arrive à avoir un quelconque raisonnement logique. Bah, tant pis. C'était Joy, et pas une armada de Mangemorts en colère, alors qu'est-ce qui pouvait m'arriver de pire, je vous le demande, puisque j'avais déjà le cerveau à l'envers et mal partout et une sale envie de gerber tout ce que j'avais bu depuis au moins trois ans... En parlant de ça je vis Joy qui poussa un grand verre devant moi et j'eus envie de lui demander si elle était sérieuse, mais ma mâchoire trop crispée devint soudain trop molle et refusa de me répondre, et je ne pus rien dire. C'était quoi, ce truc? Après tout, on dit bien que le remède contre la gueule de bois c'est de boire le lendemain, et là, je ne savais pas trop l'heure qu'il était mais on était déjà le lendemain, sûrement, non? Bref, trêve d'états d'âme à la con, je pris le verre, le vidai d'un trait. Bouarf. Ce n'était pas de l'alcool, c'était un truc chelou, avec un arrière-goût de plantes et...

... Et je sentis ma tête s'affaisser sur mes bras repliés et je tombai dans un sommeil de plomb. Enfin, en apparence. Tout mon corps était physiquement endormi, j'avais même l'impression d'être dans le lit le plus confortable du monde et sous la couette la plus confortable du monde, mais il y avait juste une petite partie de mon esprit qui restait réveillée et j'entendais comme dans un rêve les bruits autour de moi.

Pourtant, je ne savais pas pour autant où j'étais et ce que je foutais là. Dans ma tête c'est comme si j'étais chez moi, à Bristol, dans ma chambre, et que ma maison avait été soudainement envahie par des gens qui faisaient la fête comme ça arrivait souvent parce que ma mère se faisait tellement chier dans sa vie qu'elle invitait ses potes tout aussi cons les uns que les autres pour des soirées. Ces soirs-là, je me tirais ou bien je m'enfermais dans ma chambre avec Coop, parce qu'on avait tellement honte de l'attitude de notre mère et de leurs gueules pathétiques que plutôt crever que de les croiser dans le salon. Bref là c'était un peu ça, avec la chaleur, l'impression d'être à l'abri... Mais pas trop, parce que les bruits étaient différents, et qu'il n'y avait pas Coop... Et je n'avais pas envie de me poser plus de questions, parce qu'enfin j'étais bien, la tête légère sans avoir mal nulle part et ça c'était le pied, même ma blessure ne me faisait plus mal même si elle me picotait gentiment de temps en temps pour me rappeler qu'elle était quand même bien réelle. J'avais fait un genre de saut dans une dimension bizarre, à la fois dans ma tête et pas vraiment complètement, et je ne sais pas du tout combien je planais comme ça, me laissant flotter, la tête sur mes bras croisés sur la table, les jambes pliées sous la table. Je sentais l'odeur du bois typique des bars, ciré avec une odeur d'alcool, de mousse de bière, plus légère.

Et puis je finis par atterrir, comme des grains de sable qui coulent mon sommeil s'effondra et je pris doucement conscience, de la table du bar sous moi, oui j'étais bien dans un bar, des gens autour de moi, de... des verres sur la table et de Joy derrière, qui me regardait. A l'autre bout de la table, un bout de tissu plein d'eau et de sang avait été plié. Je me redressai doucement, craignant le sympathique réveil typique d'après cuite qui fait croire que tout va bien, mais dès qu'on bouge la tête, tout tourne et... tout va mal. Mais, non, je sentis ma vision toujours un peu trouble, la salle tanguait peut-être un peu et je ne serais pas allé jusqu'à dire que j'aurais pu danser sur les tables mais ma tête ne me faisait pas plus mal que ça et je n'avais pas de nausée, ce qui était était déjà un bon point. Je tâtai du bout de mes doigts ma blessure autour de mon œil gauche : il n'y avait plus de plaie mais une cicatrice, fraîchement recousue. Bon, déjà, c'était un truc sorcier ce qu'elle m'avait fait boire, et quelqu'un m'avait rafistolé la gueule avec un sortilège, parce que des moldus n'auraient pas pu faire ça. Je regardai Joy qui me regardait, puis la tasse qu'elle tenait entre ses mains, puis sa main. Il y avait une grande cicatrice blanche le long de sa paume, et je savais que les sortilèges qui soignaient les blessures donnaient cet aspect-là aux plaies récemment pansées.


- C'est moi qui t'ai fait ça? demandai-je alors, encore bien dans le cirage. Merde alors, je ne me rappelai pas m'être battu avec elle ou contre elle ou je ne sais pas quoi; dans mes derniers souvenirs bien bien brumeux, je me revoyais juste me foutre sur la gueule avec un pauvre type à la soirée de mon pote, et puis après, longtemps après, me retrouver tout seul sur un banc à cuver du mieux que je le pouvais...

Et Joy dans tout ça?! Oh putain, j'avais l'habitude de boire, mais ces trous de mémoire, surtout quand on se réveillait avec une balafre sur la joue, ça foutait toujours un peu les boules.


- On est où, en fait? Ouais, pour commencer, déjà ça. Je jetai un nouveau regard sur sa tasse et compris que c'était du café; bon, si c'était moi qui lui avais ouvert la main elle allait sûrement m'envoyer chier mais en même temps elle ne me regardait pas plus méchamment que ça et elle se trouvait là avec moi le plus normalement du monde donc bon... J'pourrais en avoir un aussi? demandai-je après une hésitation. Ma voix était rauque de tout ce que j'avais bu, gueulé et dormi, et je devais avoir la tête du type qui n'a pas dormi depuis un bon bout de temps.

Ça me faisait bizarre de la voir 1) en me sachant dans l'état le plus pouilleux du monde et dans ce cas là on a beau avoir passé la soirée la plus cool du monde on a toujours un peu honte 2) seul à seule dans un bar complètement inconnu de Londres et 3) tout en me disant que cette meuf, je ne savais pas trop comment la considérer, parce que si je refusais tout contact avec les Serpentard et même les plus jolies d'entre eux, surtout depuis l'attaque des Mangemorts, ça faisait trop de fois que je passais du temps avec Joy pour me dire qu'au fond elle était comme tout le monde, prisonnière de sa réputation et qu'elle en faisait d'ailleurs ce qu'elle en voulait... Et que mon cerveau retourné et moi, on n'arrivait plus trop à savoir clairement si on l'aimait bien ou pas. Je crois que ce soir-là, alors qu'on partageait la même table de bar au milieu de gens plus ou moins bourrés à une heure avancée de la nuit, le fait qu'on soit Gryffondor, Serpentard ou Pingouin n'avait plus trop d'importance, et je décidais de pour une fois emmerder les principes de Poudlard. De toute façon, Poudlard était loin de nous, alors...


- Bon ben je suppose que c'est à mon tour de te dire merci, articulai-je d'une voix un peu plus claire. J'arrivai même à lui lancer un petit sourire en prime, tiens. N'empêche, qu'elle se soit occupé de moi comme ça, même si je m'en serais sorti aussi tout seul, ben c'était cool de sa part. On va finir par être presque quittes... Elle savait bien à quoi je faisais référence et ça me faisait marrer de lui rappeler tout ça, nos déboires dans la bibliothèque et le coups des armures, et d'ailleurs je me sentis un peu ragaillardi parce que si je commençais à faire des blagues, c'est que forcément ça allait mieux.

Bon, il fallait pas trop que je bouge non plus; en me redressant je voulus m'étirer mais des petits coups dans mes tempes me rappelèrent que je tenais quand même une sacrée cuite, donc qu'il fallait que j'y aille mollo.


- Qu'est-ce que tu fous dans le coin? En plus moi j'habite à Bristol, alors la probabilité qu'on se retrouve dans les rues de la capitale... C'est marrant, ajoutai-je avec un petit rire. Ben quoi, on était condamnés à rester là quelques temps histoire qu'on - que je, surtout - reprenne nos esprits, alors autant discuter, non? Si Joy ne saisissait pas l'occasion d'être "normale" avec moi, alors qu'on était loin de Poudlard et de tous ses petits potes au Sang-Pur... Ça serait bien la preuve qu'ils étaient tous pourris. Mais elle m'avait aidé, ce soir, alors, j'avais confiance.

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MessageSujet: Re: Dans les paradis artificiels (pv)   Jeu 19 Juil - 15:34

La tête appuyée contre la vitre à côté de moi, les jambes repliées contre ma poitrine et mes bras les enserrant, je fixais ma tasse de café depuis vingt bonnes minutes déjà. C’était dingue de se dire que cette boisson, pourtant assez banale, avait été conçue à partir de graines ramassées je ne sais où en Afrique, graines qui avaient été moulues par des petits chinois payés une dizaine de dollar par mois et que ce café avait été revendu en Angleterre dans des centres commerciaux, des restaurants, des cafés, des bars… Et cette nuit, je suis dans l’un de ces bistrots en train de boire, les yeux fermés, ce café qui a surement fait le tour du monde. Il est plutôt bon, je sens son arôme amer fondre sur ma langue, sa chaleur me brûle légèrement la gorge. C’est simple et agréable, de boire un café. Si ma vie pouvait être aussi relax, je dois avouer qu’en ce moment ça m’arrangerait bien. Plus d’engueulade avec les quelques membres de ma famille qu’il me reste, plus de soucis face à ce que mon implication chez les Purgateurs a occasionné, plus de culpabilité face à Chuck. Chuck Carlton, que j’ai présenté comme mon ami, et qui est là, face à moi, affalé sur la table, assoupi avec la tête posé sur ses bras, une longue cicatrice blanchâtre barre son front et son arcade, coupant son sourcil au passage. Le teint maladif on pourrait presque croire qu’il est mort. Pourtant, il est brulant, une chaleur fiévreuse s’échappe de son corps. Il semble si inoffensif, quand il ne bouge pas ou ne parle pas… Un vrai gosse. Je n’aurais pas étais si lasse et même un peu en colère, j’aurais eu envie de le prendre dans mes bras, comme un gros nounours qu’il faut serrer contre soi pour ne pas qu’il se fracasse la tête par terre. Comme un pauvre être fragile dont la vie n’aurait dépendu que de moi. Et dire qu’il y a une petite heure à peine, il m’avait balancé une bouteille en verre à la figure me manquant de peu… A ce moment-là, si je le connaissais moins bien et que nous n’avions rien à voir ensemble, je lui aurais bien enfoncé un morceau de sa bouteille en verre dans le bide.

Je ne sais par quel miracle est-ce que sa seule présence me forçait à attendre qu’il se réveille. Je n’avais même pas l’excuse de vouloir vérifier comment il allait parce que je le savais déjà comment est-ce qu’il se sentirait. En réalité je restais, assise sur cette banquette miteuse à divaguer par simple curiosité. En partie, du moins. J’aurais aimé savoir pourquoi un type comme Chuck finissait avec une arcade éclatée après une soirée trop arrosée, à craindre les autres… Et puis je restais aussi parce que j’aurais aimé qu’on s’occupe de moi, comme ça, si j’avais été dans la merde et Chuck avait été le seul à jamais me tendre la main.

Cela faisait une bonne demi-heure que j’attendais, en observant en silence ma tasse de café vide et froide, la longue cicatrice qui barrait à présent ma pomme, ou simplement la petite rue obscure dans laquelle était logé le vieux bar où j’avais trainé Chuck. Quand ce dernier se réveilla enfin, en remuant difficilement la tête, je n’esquissai pas un geste, me contentant que le fixer. Il mit une petite minute à réaliser où il était. Après s’être redressé sur sa chaise en grimaçant, il me fixa à son tour, pour finalement observer ma main.


- C'est moi qui t'ai fait ça?

J’esquissai un sourire, toujours plus lasse. Je commençais à fatiguer malgré le café et je serais bien rentrée pour dormir. Seulement, vu l’état de mon cher protégé, il n’en était pas encore question. En attendant j’avais franchement la flemme de lui expliquer pourquoi je m’étais blessée ; je préférais l’entendre parler. Le son de sa voix à moitié endormie me berçait. Après le vacarme des soirées dans lesquelles j’étais passée puis le lancé de bouteille de Chuck qui s’était cru au chamboule-tout, une voix calme et aimable, c’était cool.

- Tu m’as lancé une bouteille à la gueule. Je me suis coupée avec l’un des morceaux de verre.

Chuck, qui semblait de plus en plus hagard, avait revêtu le masque de la gueule de bois. C’est le côté chiant des soirées trop arrosées, mal de tête, membres engourdis, peu d’appétit… Le pire reste quand même les trous de mémoire. On pourrait se réveiller seul pommé au milieu de nulle part, on n’est jamais sur de ne pas y être venu à dos de chameau.


- On est où, en fait? J'pourrais en avoir un aussi?

Nouveau soupir de lassitude à l’intention de Chuck. Je sais même pas vraiment où nous sommes, je ne suis jamais venue le jour. C’est facile de quitter Londres pour s’enfoncer dans la banlieue en pleine nuit sans s’en rendre compte. Je me redressai sur ma banquette et appelai sèchement le serveur qui accouru dans les dix secondes. Je lui commandai deux cafés bien noirs et le regardai s’éloigner de notre pauvre table.

- On est dans un vieux bar sorcier de la banlieue de Londres.

Je commençais à avoir froid, dans mon short et mon grand tee-shirt qui laissait mes épaules à l’air libre et malgré mes deux cafés déjà avalés, la fatigue commençait à engourdir mes yeux. Il devait bien être 2 ou 3 heure du matin… Et j’étais déjà là, dans ce bar miteux dans lequel je ne viens que lorsque j’ai besoin de décuver après une soirée trop arrosée.


- Bon ben je suppose que c'est à mon tour de te dire merci, Même si je gardais le silence, je me permis d’imiter Chuck en esquissant un sourire amusé. On va finir par être presque quittes...

Bah, on devait bien l’être maintenant ! Il m’avait portée dans tout le château pour m’éviter de marcher sur une cheville en miette, moi je l’avais trainé dans la vielle banlieue de Londres. C’était quand même dingue, quand on y repensait, on avait vraiment traversé des sales trucs, tous les deux. De toutes nos rencontres, une seule avait été normale. La première, qui fut assez banale et très vite abrégée. La deuxième fois que j’eu à faire avec Chuck Carlton… Eh bien je ne préfère pas y penser. La troisième fois, nous nous étions retrouvés enfermés ensemble dans la bibliothèque. Inutile de préciser que nous nous n’aimions absolument pas à cette époque, lorsque que les Mangemorts régnaient encore sur Poudlard. La fois d’après, je me faisais attaquer par une armée d’armures ensorcelées par Peeves et à présent je récupérais Chuck comme une vielle épave dans une ruelle de la banlieue londonienne.

- Qu'est-ce que tu fous dans le coin? En plus moi j'habite à Bristol, alors la probabilité qu'on se retrouve dans les rues de la capitale... C'est marrant,

Le serveur arriva et posa nos deux cafés devant nous. La boisson me brula les lèvres et la langue, mais j’avalai quand même un bonne partie du liquide.

- Ma mère habite Londres et tu sais, tu n’es pas le seul à sortir faire la fête. Par contre… Il va falloir que tu m’explique pourquoi est-ce que tu es dans un tel état. Je ne pensais pas aux ravages qu’avait pu faire l’alcool sur son organisme, être bourré, se prendre des cuites, ça arrive à tout le monde, à moi la première. Non, je ne pensais pas à ça. Pourquoi est-ce qu’on t’a éborgné comme ça ?

Je buvais une autre gorgée de mon café en fixant la longue cicatrice blanchâtre qui barrait son front et son arcade, coupant son sourcil en deux, ce qui lui donnait un certain style : un air de Bad boy casse-cou assez sexy, je dois le reconnaitre. Enfin, ça aurait été bien plus crédible si je n’avais pas récupéré notre rebelle en miette dans la rue.

- Même si tu ne te souviens pas de tout, je suis sûre que tu en as une idée…


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MessageSujet: Re: Dans les paradis artificiels (pv)   Jeu 9 Aoû - 16:47

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Crush a bit, little bit, roll it up, take a hit
Feelin’ lit feelin’ light, 2 am summer night.
I don't care, hand on the wheel, drivin drunk, I'm doin’ my thang
Rollin the Midwest side and out livin’ my life getting’ out dreams
People told me slow my roll I'm screaming out fuck that
Imma do just what I want lookin’ ahead no turnin’ back
if I fall if I die know I lived it till the fullest
if I fall if I die know I lived and missed some bullets



J'avais toujours ce geste quand je tenais une sacrée cuite et que j'avais les tempes qui battaient comme des tambours : je posais mon index et mon majeur dessus, sans appuyer, comme si ça allait calmer le rythme qui me défonçait la cervelle. Je me redressai doucement, parce que j'étais affalé mais j'en avais rien à foutre, je voulais juste faire face à Joy au lieu d'être une loque étalée sur la table. Précautionneusement je m'installai contre le dossier, mais mes bras et mes jambes me faisaient un mal de chien, sans parler de ma tête qui me donnait l'impression d'être une balle de baseball en plein match de finale.

J'en revenais toujours pas trop de me trouver là et maintenant avec Joy Windy. Je n'avais absolument aucune honte qu'elle me voit dans cet état, c'était bien le dernier de mes soucis. Mais... Voilà. Joy, quoi. J'avais beau me foutre de Poudlard à l'instant présent, parce que de toute façon Poudlard me courrait sur le haricot en ce moment et que j'étais très bien loin du château, depuis l'attaque des Mangemorts et depuis que mon seul pote à Serpentard m'avait fait faux bond sans prévenir, j'avais vraiment du mal avec les Serpentard. Vraiment. Parce qu'on dit ce qu'on veut, mais les maisons, ça nous façonne. Les Serdaigle? Tous les mêmes. Les Gryffondors? Pareils. Les Poufsouffle? J'en connaissais un rayon, et si chacun était différent évidemment, ils avaient tous le même fond. Je ne voyais pas pourquoi les Serpentard devaient être des exceptions. Certains avaient beau être sympathiques, au fond, c'était tous des enflures. Des lâches. Des traîtres. Et Joy, dans tout ça? Putain, ça faisait bizarre de le réaliser, mais Joy, c'était ma pote. ... Non? Depuis le temps... Elle ne m'avait jamais fait de crasse, ok on avait pas toujours été tendres, mais parce que le duel Gryffondor/Serpentard oblige, on était obligé de se détester au début. Et puis voilà, mine de rien on avait discuté, on s'était même marré, on avait été dans les mêmes galères, on avait combattu ensemble, je l'avais aidé et elle venait de m'aider... Alors pour une fois, pardon Gryffondor, mais oui, je crois que Joy était ma pote. Elle était mignonne d'ailleurs, tiens. Je crois que je ne l'avais jamais vraiment matée comme n'importe quelle autre fille, pour les raisons que j'ai déjà dites. Elle avait pas trop l'air en forme - mais en même temps merci on venait de subir le marathon de la nuit - mais ses cheveux brillaient quand même de leur couleur ambrée comme du whisky. Ses traits étaient fins mais c'était dommage qu'elle tire tout le temps la gueule, sans cette froideur, elle aurait été bien plus jolie... Et ses yeux, surtout, étaient dingues, clair et brillants comme des petits diamants. Pas mal, vraiment pas mal. Bien foutue avec ça, et j'aurais menti si je n'avais pas dit que dans sa tenue de soirée, son mini-short et compagnie, elle n'était pas particulièrement mise en valeur.

Bon, bref, c'était pas trop le moment.


- Tu m’as lancé une bouteille à la gueule. Je me suis coupée avec l’un des morceaux de verre.

Ah ouais, pas du tout le moment en fait.

- Oh, merde, dis-je, vraiment embêté, pour le coup. Putain, mais j'en avais aucun souvenir... Qu'est-ce qui m'avait pris?! J'suis désolé, je m'en rappelle pas. Je suis sûr que j'ai pas voulu te faire de mal personnellement...

Non parce que quand même, je veux bien être violent et tout le bordel, mais même à trois grammes je me voyais mal essayer sciemment de dégommer Joy Windy avec une bouteille en verre. Vraiment. Une fille, en plus ! Heureusement qu'elle était soignée - et d'ailleurs je passai ma main sur mon visage, où je sentais une cicatrice, qui me picotait encore salement. Tu parles d'une soirée.

On était donc dans un bar sorcier - bonus - de Londres, que je ne connaissais pas. Putain! ... Et dire que je devais être dès demain matin - enfin, tout à l'heure - à l'endroit où on s'était garé avec mes potes, et que je n'avais absolument aucune idée de où ils étaient tous, de comment y aller, et de surtout, si j'allais réussir à y aller... Quelle merde... Et mes souvenirs qui ne revenaient pas, ou bien très vaguement, par palier. Je savais avoir fait la fête, dansé, d'être allé dans plusieurs endrits, de quelques personnes que j'avais croisées. Je me souvenais avoir bu et fumé à m'en faire péter la cervelle, mais c'était des flash, comme les lumières d'une fête qui clignotaient. Je ne savais pas le chemin que j'avais parcouru ni ce que j'avais fait entre temps, comment je m'étais retrouvé seul etc. J'avais l'habitude des soirées arrosées, ça, c'est clair. Mais celle-là était particulière; je n'arrivais pas à remonter un semblant de fil directeur, je me sentais vraiment mal, je m'étais battu et je ne m'en rappelais pas, et surtout, je me rappelais vaguement avoir été très très mal et tout seul sur un banc... Ce qui n'était pas, pour le coup, vraiment dans mes habitudes. Je crois que j'avais un peu déconné.

Je pris volontiers le café que Joy nous avait commandé et le bu un peu trop vite - il me brûla les lèvres et le goût trop fort me tordit l'estomac. Je fis une grimace de dégoût mais bu à une nouveau, parce que cette chaleur dans mon corps était trop agréable et que j'avais besoin de sentir le coup de fouet que le café faisait, surtout que quand il était fort il chassait le mal de tête, et que j'avais un troupeau de mammouths excités qui dansait la salsa entre mes deux oreilles, ce qui me gênait plutôt. Et Joy, elle, elle débarquait d'où? Toute seule comme ça? Elle avait pour intention de se faire violer ou bien c'était absolument normal de se trimbaler en talons de douze et short au ras du cul la nuit dans les rues sombres? ... Je ne crois pas. Le problème, c'est que lui demander voudrait dire qu'elle allait me retourner la question et je n'étais pas certain de tenir à déblatérer sur le sujet...


- Ma mère habite Londres et tu sais, tu n’es pas le seul à sortir faire la fête. Par contre… Il va falloir que tu m’explique pourquoi est-ce que tu es dans un tel état. Pourquoi est-ce qu’on t’a éborgné comme ça ?

... Raté.

- Même si tu ne te souviens pas de tout, je suis sûre que tu en as une idée…

Elle fit un signe vers ma cicatrice et je hochai vaguement la tête. Mouais. Une idée... bof. Pas des masses. Et les seuls bribes de souvenirs qui me revenaient ne me plaisaient pas trop.

- Ah, je savais pas. Bah... J'étais avec des potes, et puis j'ai trop bu, trop fumé, tu vois le topo. Je haussai les épaules en lui lançant un regard entendu, mais je compris que ça ne suffirait pas comme explications. Je lui devais bien ça, ok, elle avait été super cool, et moi j'avais essayé de la défigurer. La balle était dans mon camp.

- J'ai vraiment des gros trous, je sais pas trop comment j'ai débarqué là et tout, et crois moi quand je te dis que j'ai beaucoup bu... Après, je me suis tapé avec un mec pour une histoire avec une fille, mais tu sais quand on me cherche on me trouve vite, alors...

Une histoire avec une fille? Je m'en souvenais maintenant, en le disant. C'était parce que j'avais pensé à Taylord. Pfff. Qu'elle me foute la paix, celle-là.

- Et toi? Il fallait que je coupe court. Avec mon mal de crâne du feu de dieu et mon état proche de la décrépitude, je sentais que j'avais la parole facile, et vraiment je n'avais pas trop envie de pleurer sur l'épaule de Joy parce que je me sentais coupable d'avoir largué Taylord comme une merde. J'voudrais pas dire mais tu devrais éviter de te balader toute seule à des heures pareilles... Même si ça m'a bien servi ce soir, ajoutai-je en souriant, et j'avalai la fin de mon café, qui me requinqua un peu. Heureusement, ouais, qu'elle avait été là.

N'empêche que j'étais quand même dans la merde, parce qu'en plus du fait que j'avais autant de force qu'un poussin, j'avais perdu mes potes, tout ça, et j'avais pas beaucoup d'affaires parce qu'on avait tout laissé dans la caisse... Même pas assez de fric, je crois, pour rentrer en bus jusqu'à Bristol si jamais je ne les retrouvais pas à temps. Génial, putain, génial. Quand je me rappelais la tête de Coop quand j'étais parti, son air à moitié inquiet comme s'il était ma mère parce qu'il aimait pas trop les potes avec qui j'étais et qu'il avait peur que la soirée finisse en queue de poisson... Je m'étais foutu de sa gueule, et pour une fois, je n'aurais peut-être pas dû. Mais bon. Tout ça, il n'était pas obligé de le savoir.

On était bien à l'aise dans ce petit bar, mais je doutais que Joy ait prévu d'y passer la nuit, et j'avais plutôt à intérêt à me bouger le cul si je voulais espérer retrouver les autres pour rentrer un jour chez moi. Je posai ma tasse et me passai les mains sur le visage, oubliant un instant ma blessure, et je sursautai en appuyant dessus, parce que la douleur était aiguë et violente et qu'elle me secoua le crâne - comme si j'en avais besoin. Je poussai quelques jurons pour la forme et repris, avec la ferme impression d'être un petit gamin perdu totalement dépendant de sa maman qui était bien magnanime après les conneries qu'il avait faites :


- Dis... Est-ce que tu m'aiderais à retrouver le chemin du centre de Londres? Faut que je retrouve les autres, sinon je suis trop dans la merde pour rentrer. C'est sur ton chemin?

Cette fois, c'était moi qui lui en devais une... Et une belle.

_________________

CHUCK CARLTON
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Joy Windy
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MessageSujet: Re: Dans les paradis artificiels (pv)   Mar 6 Nov - 22:21

Spoiler:
 

Mais qu’est-ce que c’était bordel ? Qu’est-ce qui me poussait à rester dans ce putin de bar à me les peler alors que je pourrais être en train de danser dans une des boites les plus branchées de Londres ? Pourquoi est-ce que je voulais absolument m’occuper de Chuck Carlton ? Jamais je n’avais ressentis autant de… sympathie, même si au fond c’était plus fort que ça, pour quelqu’un. Des amis, j’en avais eu un paquet. De Marshall à Lilly en passant par Alyson, Emily et Sean, ils étaient tous bien cools, mais aucun d’entre eux n’avait jamais su combler le vide de la solitude. Trop égoïstes, trop bavards, trop banaux… Ils étaient très peu pour moi, même si dans le fond, ils me ressemblaient beaucoup. Et puis il y avait eu Chuck, il avait surgit pour ainsi dire, de fin fond d’une bibliothèque pour que l’on se fasse la morale réciproquement, sûrement la faute à notre présence en territoire de guerre. Il n’était pas encore mon plus meilleur ami et confident, mais il était devenu, avec le temps et d’étranges concours de circonstances, un pote. Du moins je crois. Un pote, Chuck Carlton ?! Si on me l’avait dit il y a un an… Eh bien j’aurais crus à une bonne grosse blague.

J’avalai une gorgée de café et me tournai vers la vitrine contre laquelle notre table était collée. Elle donnait sur une petite ruelle déserte à cette heure-ci et faiblement éclairée par les spots du bar. Nous avions eu de la chance de n’être qu’à quelques minutes de marche de l’établissement lorsque j’avais trouvé Chuck, ou du moins ce qu’il restait de lui. Cela faisait maintenant plus de six ans que ma mère et moi habitions à Londres. Je n’ai jamais vraiment aimé l’Angleterre, mais ça n’était pas vraiment comme si on m’avait laissé le choix non plus. Après la mort de mon père trois ans plus tôt, mes rapports avec ma mère, qui étaient déjà exécrables, s’étaient largement dégradés et c’est un euphémisme. Lorsque je rentrais en vacances d’été et que je ne logeais pas chez mon oncle en Californie, l’ambiance dans l’appartement familial n’était franchement pas agréable alors je le désertais facilement pour m’aventurer souvent seule dans la banlieue de Londres. En trois étés j’avais largement eu le temps d’en explorer la plus grande partie. Aujourd’hui je saurais placer sur une carte les yeux fermés le meilleur restaurant de la ville, le parc le plus agréable ou le quartier le plus craignos. Eh bien, Chuck avait vraiment beaucoup de chance de me croiser, parce qu’il avait eu la bonne idée de choisir de s’échouer dans ce putin de quartier précisément. Inutile de préciser que s’il poireautait encore une heure, il venait se faire casser la gueule et qu’avec sa petite bouteille, il aurait eu l’air fin.


- Oh, merde. J'suis désolé, je m'en rappelle pas. Je suis sûr que j'ai pas voulu te faire de mal personnellement...

Il avait l’air franchement désolé et voir sa mine déconfite et perdue en plus d’une gueule de bois apparente eu pour effet de me radoucir. Lorsque je l’avais trouvé, il m’avait fait tellement peur que je l’aurais bien éventré avec mon minable morceau de verre, mais ça, c’était avant que je comprenne que c’était Chuck Carlton et non seulement il était hors de question que j’éviscère qui que ce soit d’aussi défoncé qu’il l’avait été (surtout que, Chuck, et ben c’est Chuck) mais en réalité, j’aurais bien sauté dans ses bras. C’est que, comme nous le savions, je me trimbalais seule dans un quartier mal famé et même si je n’y serais restée que pour emprunter deux ou trois rue, c’était risqué quand même et j’étais bien heureuse de tomber sur un pote de Poudlard plutôt que sur un gang de délinquants.

- Ca va, c’est oublié.

Enfin, heureusement qu'il ne sait pas viser, sinon e serais aussi défigurée que lui ! Je lui adressai un sourire complice. Comme quoi, si une bande de violeurs tarés, ou les mecs à qui Chuck en voulaient, monsieur aurait été complètement incapable de me défendre ! Vous parlez d’un gentleman. D’ailleurs qu’est-ce que j’aurais pu faire, moi ? J’avais bien ma baguette et un ou deux sorts leur aurait cloué le bec, seulement je suis encore mineure et je ne préfère pas risquer ma place à Poudlard alors que je pourrais tenter de dégager en courant ou alors, comme je l’aurais bien fait avec Chuck, les éventrer avec un morceau de verre.


- Ah, je savais pas. Bah... J'étais avec des potes, et puis j'ai trop bu, trop fumé, tu vois le topo.

Les deux mots magiques « alcool » et « fumette » pouvent justifier n’importe quel comportement et d’après ce que j’avais pu voir, Carlton était plus que bourrée. A la limite du coma éthylique serait un terme plus juste. J’ai un cousin, Larkin, qui a déjà fait un coma de ce genre. C’était pour le mariage d’ami de la famille, l’année dernière. Il venait d’avoir 17 ans et après la réception il m’avait entraînée avec ses amis dans les bois bordant la château où les invités étaient logés. Je m’étais contentée de fumée, laissant la vodka à Larkin et ses amis. Au bout d’une heure, lassée par leurs cris et vomissements, j’étais partie faire un tour. Lorsque j’étais revenue, je demandai aux amis de Larkin s’il allait mieux. Entre deux relents on m’indiqua un corps immobile couché entre deux buissons. Il s’était endormi, qu’ils disaient. Après 15 minutes à essayer de le réveiller je m’étais rendue à l’évidence. J’étais complètement effrayée par la possibilité qu’il ne se réveille pas. Je n’attendis pas plus longtemps avant d’aller chercher de l’aide ailleurs. Un coma éthylique. Je me suis promis ce jour-là de ne jamais en faire. C’est trop de soucis, trop de danger et de peur.

- J'ai vraiment des gros trous, je sais pas trop comment j'ai débarqué là et tout, et crois moi quand je te dis que j'ai beaucoup bu... Après, je me suis tapé avec un mec pour une histoire avec une fille, mais tu sais quand on me cherche on me trouve vite, alors...

Se taper avec un mec ? Pour une fille ? Ça ressemble bien trop à Chuck pour que je me pose des questions. La réponse est simple : Taylord. Des fois j’ai l’impression que la vie de Carlton tourne autour des filles, sûrement à cause de son instinct de reproduction sur développé. Pas étonnant qu’il pète littéralement un câble quand on a des histoires d’amour aussi compliquées que celles qu’il a avec Reegan…

- Ouais, je vois.

Il était complètement mort, ça n’aurait pas été très fair-play de ma part de la faire chier avec toutes ces histoires. Chuck transpirait la fatigue et le désespoir, prononcer le nom de Taylord ne l’aiderait sûrement pas à s’en remettre.


- Et toi? Comment ça « et toi » ? Je l’ai déjà arraché du quartier craignos dans lequel il s’était réfugié, je suis un peu sa sauveuse. Il ne pourrait pas se contenter de me remercier platement, de m’offrir un verre et de s’en aller en me respectant pour la vie ? J'voudrais pas dire mais tu devrais éviter de te balader toute seule à des heures pareilles... Même si ça m'a bien servi ce soir,

Je lui répondais par un sourire entendu. Au final, en s’entend tous beaucoup mieux en dehors de Poudlard. Ici, on n’a pas la pression sur nos résultats scolaires, il n’existe aucune ségrégation entre les maisons et puis l’actualité moldue a un effet thérapeutique sur moi, c’est comme un mensonge. On se repose dessus en essayant d’oublier la vérité. On met la réalité de coté, on est en vacance. Mon café finit, je tends la main vers mon sac, fouille quelques secondes et sors de son paquet une cigarette. Je l’allume délicatement grâce à la chandelle au bout de la table puis la coince entre mes deux lèvres avant de tirer dessus. Je commence à faire claquer ma mâchoire pour former de petits ronds voluptueux avec la fumée acre de ma cigarette. Pensive, j’observais la longue cicatrice blanchâtre sur la paume de ma main. J’esquissai un sourire en me disant qu’à cause d’elle, je n’oublierai jamais cette froide nuit qui m’avait conduite à Chuck Carlton.

- Je devais retrouver des amis pas très loin d’ici. Mais bon, ils se passeront de moi.

Oui, ils se passeront très bien de moi, ce ne sont même pas des amis à proprement parler. Alors que Chuck… Eh bien cette nuit il me fait penser à un pauvre oiseau tombé du nui plutôt qu’à l’espèce de caïd auquel il essaye de ressembler d’habitude. Malgré son arrogance, il y a quelque chose qui m’a toujours plus chez Carlton : sa confiance en lui. C’est assez étonnant de voir à quel point il ne doute jamais de ce qu’il fait : sur de lui dans ses convictions, dans ses actes… On aurait juré que ce mec n’avait jamais eu aucun problème de conscience. C’est assez passionnant pour ne fille comme moi qui se débat avec ses pensées comme un pauvre diable. Forcement, des gens comme lui, ça fait rêver.


- Dis... Est-ce que tu m'aiderais à retrouver le chemin du centre de Londres? Faut que je retrouve les autres, sinon je suis trop dans la merde pour rentrer. C'est sur ton chemin?

Ben ouais, forcement, on allait pas rester là toute la nuit à bavarder gentiment. Je tire sur ma cigarette et recrache ma fumée d’un air absent. Normalement, je n’ai pas le droit de fumer ici, mais je sais que le barman ne m’embétera pas trop ce soir. Nous sommes ses seuls clients, il ne va pas faire la fine bouche non plus. Je finis par me poser pour réfléchir deux minutes. Le centre de Londres ? Je croyais qu’il habitait à Bristol. Pour se déplacer, il n’y a plus grand-chose à cette heure-ci : peu être quelques navettes de nuit mais même si on en trouvais je n’ai plus assez d’argent pour lui payer le ticket. Alors une chambre d’hôtel, il peu toujours rêver. Il ne me reste plus beaucoup de choix. Je ne vais pas le laisser là, quand même. Pas dans l’état où il est. Non, et puis même, pas Chuck.

- Ecoute Chuck, je vois pas trop comment tu peux rentrer chez toi maintenant, alors… Et bien, on a une chambre de libre à la maison. J’te préfère sous mon toit que tout seul ici.

Je n’ai jamais été très douée pour présenter les choses avec subtilité, alors comme d’habitude, je fonce dans le tas, et ça marche. La cigarette au bec, je me lève, pose mon dernier billet sur la table crasseuse à côté de nos tasses vides et sortais délibérément du café, sac à la main, clope au bec et Chuck sur mes talons. Une fois dehors, je finis ma cigarette rapidement avant de l’écraser au sol d’un coup de talon. Carlton ne semble pas savoir comment faire pour marcher droit. Exaspérée mais conciliante, je passe un bras autour de sa taille et le laisse s’appuyer sur moi.
Après une bonne demi-heure de marche chaotique, nous arrivons dans les quartiers chique de Londres. Nous rentrons dans un grand immeuble aux façades modernes et à l’architecture régulière. Nous empruntons l’ascenseur pour monter jusqu’au dernière étage, où se trouve le loft de ma mère. Sans plus de cérémonie, nous entrons. Une lumière faible s’échappe de notre immense salon, je devine ma mère en train de m’y attendre. Néanmoins elle a entendue que je ne suis pas seule et ne viendra pas me déranger. Je traîne Chuck dans les longs couloirs ornés de peintures de grands artistes. Nous passons devant les chambres de Charlie et Clotilde : ils sont tous les deux en train de dormir. La chambre que je réserve à Chuck n’a que trois murs : le quatrième est en réalité une immense baie vitrée qui donne sur la nuit londonienne. Je tire les rideaux et indique à Chuck le lit Luxueux qui l’attend au fond de la pièce.


- Voilà, la salle de bain est au fond du couloir et si tu as besoin de quelque chose n’hésite pas. Il s’est assis sur le lit. Je me dirige vers lui, une moue amusée ancrée sur mon visage. Chuck, la prochaine fois que ça va pas… Viens me voir avant d’ouvrir une bouteille ok ? Je dépose un baiser sur son front, en plein sur sa cicatrice et lui donne un petit coup de point dans l’épaule avant de sortir de la chambre en rigolant. Dors bien Carlton !

Je me sens vidée de toute énergie, mais je sais que je le payerais si je n’en règle pas tout de suite mes comptes avec ma mère, Rosalie Windy. Je me dirige vers le salon. Elle est là, calme, sévère, assise sur son canapé en cuit blanc, lunettes sur le nez, livre à la main. Elle lève le menton et me demande d’un air supérieur :


- Alors comme ça tu te permet de ramener n’importe qui son mon toit. Agacée, je m’installe sur le fauteuil le plus éloigné du canapé. Je peux savoir qui c’est ?
- Qu’est-ce que ça peut te faire ?
- J’ai le droit de savoir qui je loge.
- C’est Chuck. Je ne veux pas en entendre plus. Je me lève sans plus attendre. Mais je mets un point d’honneur à répondre correctement à la question de ma mère. Un ami.

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