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If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended

 
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 If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



Féminin
Nombre de messages : 2744
Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
Date d'inscription : 26/02/2010

Feuille de personnage
Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended   Lun 28 Mai - 21:39

Citation Lewis Caroll


Je posai brutalement mon sac sur la table avec la ferme intention de le laisser moisir ici jusqu'à la fin du cours d'Etude des moldus. Non pas que Katie Jones me courait sur le haricot, mais désolée pour elle, je n'étais pas dans de bonnes dispositions pour prétendre sortir bien gentiment une plume et un parchemin pour évoquer qu'elle était exactement l'utilité d'un sèche cheveux, puisque de toute façon JE SAVAIS quelle était l'utilité d'un sèche cheveux ! Et du coup, l'utilité de ce cours ? Il n'y en avait aucune et je pense que je pouvais aisément m'en dispenser. Je faisais office de présence, en mode touriste, oh si elle voulait je pouvais très bien dégainer mon super appareil photo moldu justement caché dans mon sac pour l'occasion ! Oh bah ça alors ! Les images sont fixes, elles ne bougent pas ! Non, mais vous avez vu, y'a même un écran qui permet de les voir, au dos de l'engin ! Mais qu'est-ce que c'est révolutionnaire !!
Ouais non mais je n'avais définitivement aucune raison d'être ici.

Comme dans n'importe quel cours en fait, parce que j'adoptais un près le même comportement similaire partout. Bien sûr ils y en avaient quelques uns à qui ça ne plaisaient pas franchement. Tiens, en tête de liste Woodley, cette même Woodley à qui je ne risquais pas un jour de lui pardonner le coup des cailloux dans les vieilles serres au fond des cachots, cette même Woodley encore que je projetai dans les semaines à venir d'enfermer dedans, si elle me menaçait encore d'une quelconque manière que ce soit. Du coup, je prenais même la peine de me rendre en salle de sortilèges une fois sur trois. Pour apprendre quoi là aussi ? A faire léviter des objets ? Ouais bah j'avais aussi deux mains si je voulais soulever mon bouquin pour lui écraser sur la tête, et je savais m'en servir. Si elle n'en était pas encore sûre, je pouvais lui en fournir la preuve sans plus attendre !!

Cette Taylord là, elle attendait son moment de gloire depuis toujours. Bien cachée, dormant paisiblement, ne demandant qu'à sortir ses gros sabots lorsque le moment se présenterait enfin. La Taylord qui n'en avait rien à foutre des bons résultats, d'arriver à l'heure ou pas à ses rendez vous, de manquer de tact, de frapper le premier qui l'agaçait un peu trop... En fait, je me demandais comment est-ce qu'elle avait fait pour tenir jusqu'à maintenant. J'avais envie de leur montrer à tous, là, autant qu'ils étaient, qu'ils avaient fait erreur sur la personne et que je n'étais pas cette gentille petite gamine qui gardait le nez dans les bouquins, un peu renfermée sur elle même, et qui lançait comme seule attaque que des regards noirs et dissuasifs. De toute façon, à quoi est-ce que ça m'avait servi la magie, la patience, le calme, j'en passe et des meilleures !? A rien, que dalle, que des emmerdes ouais, et il valait mieux pour moi encore à ce que j'en revienne à mes vieille habitudes, celles que je connaissais par cœur, et qui ne m'avaient jamais fait faux bond jusqu'à maintenant. Et puis, c'était pas comme si on pouvait que faire confiance à soi même dans cet imbécile de château avec des gens tout aussi imbéciles à l'intérieur !

Donc oui oui, c'est vrai pas besoin d'être le plus intelligent des Serdaigle pour deviner que j'étais un peu de mauvais poil ces derniers temps. Et au rythme où allaient les choses, ce n'était pas près de s'arranger.

Je raclai ma chaise d'où je m'étais levée avec l'impolitesse la plus totale, coupant presque la parole à Jones qui nous indiquait la longueur de parchemin qu'on devait lui rendre pour le prochain cours. Bah, elle allait pas en mourir si elle se passait de ma copie, non ?! Au contraire, elle n'avait pas à se plaindre, parce que ça lui en faisait une en moins à corriger et moi ça m'évitait de me faire perdre mon temps à dire qu'un sèche-cheveux ça sert à houuuuuu à sécher les cheveux, comme c'est étrange !! Allez tout le monde était gagnant, on allait pas en faire une maladie.

Je me mêlai à la foule d'élèves qui commençait à sortir de la salle pour se rendre à celui de soins aux créatures magiques qui allait avoir lieu à la lisière de la forêt interdite. J'étais dans le couloir, comme tout les autres, lorsque je me ravisai. Non, finalement, j'allais aller dans la salle commune, car regarder des scroutts à pétards se péter à la gueule dès que l'un s'approchait un peu trop près du derrière de l'autre, c'était un spectacle, qui là aussi, ne m'intéressait guère. Je fis volte face et au même moment percutai de plein fouet une nana de Serpentard, de la même année que la mienne, mais avec au moins une demie tête de plus. Il y un premier « dégage » de sa part tandis qu'elle me repoussait en appuyant ses répugnants doigts gras sur ma poitrine, suivit d'un second « sale.. » et un 'sang-de-bourbe' qui ne sorti jamais du fond de sa gorge, à supposer qu'elle puisse avaler quoi que ce soit de nouveau un jour puisque j'allais lui arracher ses cheveux de blondasse décolorée un à un, pour les lui faire bouffer, et comme ça, avec un peu de chance, elle allait même finir par s'étouffer avec ! Je lui donnai un coup de pied dans les jambes, mais ça, ce n'était qu'une mise en bouche comparé à ce que je lui réservais, et la plaquai à l'aide de mes deux paumes posées bien à plat sur elle, et sans douceur, contre le mur, sans me soucier un instant de si sa tête allait cogner ou non – bonus si elle cognait.

- Bah alors, t'as gobé ta langue ? Me moquai-je sans retenue alors que les élèves autour de nous s'étaient écartés. C'était parfait ça, parce que ça me laissait juste l'élan nécessaire pour lancer mon poing vers l'arrière et le faire atterrir la seconde suivante dans la mâchoire, juste dessus son menton. J'espère que ça fait mal, lui dis-je sans me soucier une seule seconde des conséquences – débiles comme ils étaient ces Serpentard, elle allait sûrement me dénoncer dès qu'elle en aurait l'occasion cette greluche, parce qu'elle n'avait aucun honneur, alors que c'était elle qui m'avait insulté la première. Non mais vas-y, vas te plaindre ma chérie, à supposer que tu puisses encore parler ensuite parce que je risque pas de te laisser filer sans te laisser un petit souvenir !

Je ne pus pas aller jusque là – malheureusement. Pas par excès de culpabilité, mais parce qu'on m'attrapait par la taille pour ensuite me pousser doucement mais fermement des épaules, vers des marches, puis quelques mètres plus bas, vers la sortie. Je n'opposai pas de résistance parce que j'avais encore l'esprit tout embrumé, il était resté dans le couloir à imaginer toute sortes de tortures à la Serpentard qui de toute manière, ne méritait que ça. Ce ne fut que de courte durée cependant, et je poussai un soupir de profonde exaspération pour bien signifier mon mécontentement, avant de me dégager de son étreinte.

- Merci, mais je crois que je sais encore marcher toute seule !
Là aussi, je n'avais aucun remords quant au ton sec que j'utilisais, et pourtant, là, j'aurais dû.

J'avançai d'un pas vif jusqu'au bout de l'allée qui menait à l'extérieur, là où se trouvait le cercle de pierres, qui surplombait par la même occasion la maison du garde chasse de Poudlard. On pouvait voir de l'autre côté, les petits points des élèves qui avaient emprunté un autre chemin et qui descendaient la colline, tout droit vers la forêt interdite. Allez vous perdre dedans, on s'en portera pas plus mal ! Je m'arrêtai là, la respiration toujours haletante, et je secouai la main avec laquelle j'avais mis un crochet du droit à la Serpentard et m’attardai un instant dessus pour observer les jointures de mes paumes qui étaient toutes rouges.

Nouveau coup d’œil derrière. Bon. Mon soi disant défenseur c'était borné à me suivre. Très bien.

- Tu t'souviens qu'j'existe ?! Attend, laisse moi verser une larme ou deux...
ironisai-je avec la volonté de faire d'être aussi aimable qu'une maman dragon qui avait le désir ardent de protéger ses œufs jusqu'à la mort s'il le fallait.

Je laissai tomber mon sac sur le sol dans un drôle de bruit sourd.

- C'est bon, t'as rempli ta mission, tu peux t'en aller
, après tout, qu'on me lâche, c'était pas comme si j'avais pas l'habitude.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

Spoiler:
 


Dernière édition par Taylord Reegan le Jeu 21 Juin - 18:40, édité 1 fois
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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended   Mar 29 Mai - 0:00

Je n'avais jamais vraiment compris - à part ces histoires de "pureté du sang" - ce qu'on reprochait réellement aux Moldus. Enfin, ce que les sorciers un peu trop zélés leur reprochaient, car pour ma part je ne leur avais jamais rien reproché. Ce n'était pas parce qu'ils n'avaient pas de pouvoirs magiques qu'ils étaient moins intelligents que nous, au contraire : puisqu'ils n'avaient pas la magie, il fallait qu'ils trouvent comme la remplacer, et c'était eux-mêmes qui inventaient tout plein d'appareils, d'objets et de recettes! A mes yeux, on avait beaucoup à apprendre d'eux, justement. Ma famille était sorcière depuis des générations mais cela ne nous empêchait pas de considérer les Moldus ou les sorciers enfants de Moldus comme nos égaux, c'était une chose que je devais reconnaître à mes parents, bien que leur éducation n'avait pas été parfaite - je le voyais maintenant, avec le recul. A cause de leur métier, ils avaient été peu présents pour nous, et avaient confié notre éducation à plusieurs précepteurs, bien gentils mais qui ne remplaçaient pas non plus nos parents. Bref, ce qui me fascinait le plus chez les Moldus, c'était l'électricité, la façon dont ils avaient trouvé comment canaliser l'énergie, et comment ils l'utilisaient. Par exemple, le sèche-cheveux. Puisqu'ils ne pouvaient pas se sécher les cheveux ou les vêtements d'un coup de baguette, ils avaient fabriqué un appareil qui permettait de souffler de l'air chaud grâce à une résistance et une hélice qui marchaient à l'électricité, et en quelques minutes, cet air chaud séchait n'importe quoi! C'était brillant! D'autant plus que c'était plutôt simple comme concept, mais il fallait l'inventer - comme toujours - et le mettre en pratique. Moi, ces cours d'Etude des Moldus me passionnaient. Et puis, dans tous nos professeurs je crois que Katie Jones était ma préférée, même si le fait que son poste de directrice de Serdaigle n'y soit pas pour rien. Mais je la trouvais plutôt bonne pédagogue, et toujours agréable à regarder et à écouter.

Je finis de noter les devoirs qu'elle nous donnait en réfléchissant à quel cours j'avais ensuite, mais je crois que nous avions quelques heures de libre. Tant mieux, il fallait absolument que je trouve Stephen pour lui demander quelques éclaircissements à propos d'un devoir de potions, car je savais que c'était un sujet qu'il maîtrisait sur le bout des doigts. Moi, c'était plutôt les sortilèges où j'étais incollable. Bref : cela n'allait pas être chose aisée, car en ce moment Stephen n'était jamais là quand on avait besoin de lui, et j'avais l'impression de passer mes journées à le traquer dans le château, et au final, je revenais toujours bredouille, et lui revenait quelques heures après en salle commune comme si de rien n'était, avec juste un peu plus de mystères à ajouter à ce mystère qu'il entretenait avec soin.

Un bruit de chaise que l'on racle peu délicatement couvrit la voix de Katie Jones et je tiquai, obligé de regarder sur la feuille de mon voisin pour noter la longueur de parchemin demandée. Je me mis à ranger mes affaires, alors qu'une silhouette dans mon angle de vision droit s'était déjà levée et quittai la salle à grands pas - cette même silhouette qui avait raclé sa chaise sans gêne. Je compris avant même de la voir de qui il s'agissait et je détournai les yeux, mais quand elle passa à quelques pas de moi, il y eut une effluve de son parfum qui vint me chatouiller les narines et me fit battre un peu le coeur. Parce que ce parfum là, je le connaissais par coeur, même si dorénavant, il appartenait à un autre.

Je tentai de chasser Taylord de mes pensées et en fermant ma sacoche, je me levai et me dirigeai vers la porte sans trop regarder autour de moi. La question qui me serinait était : où trouver Stephen? D'autant plus que dès que je savais dans quel coin il passait ses journées - par exemple, je l'avais plusieurs fois croiser sur un quelconque pont de Poudlard - il changeait de QG, comme si de rien n'était évidemment, répondant évasivement à mes questions. J'étais un peu à court d'idées et...

... Mais un bruit dans le couloir troubla le fil de mes pensées. Deux filles parlaient fort et un cercle s'était formé, et j'arrivais juste à temps - heureusement que j'étais grand pour voir au dessus de leur tête - pour voir Taylord plaquer une blonde au mur, puis lui mettre un énorme coup de poing. Un coup de poing.

Je ne réfléchis pas plus longtemps et fendis la foule, arrêtant Taylord en la tirant par la taille avant qu'elle ne fracasse carrément le crâne de la fille en question, lui attrapai le bras et, puisqu'elle ne pesait pas bien lourd, je la portai presque un peu plus loin.


- Calme-toi Taylord, calme-toi, murmurai-je deux ou trois fois, ignorant les regards tous braqués sur nous et la colère de Taylord qui émanait d'elle comme la chaleur d'un radiateur.

C'était la première fois que je la touchais depuis que nous n'étions plus ensemble. C'était la première fois que je respirais si fort son parfum, que j'avais ses mains entre les miennes, que ses cheveux volaient devant mes yeux. J'aurais aimé dire que ça ne me fit rien, mais ce ne fut pas le cas. Un trouble intense m'avait envahi et si mon coeur avait été de verre il se serait brisé, car j'avais l'impression qu'une main d'acier le serrait de toutes ses forces. Tenir Taylord entre mes bras alors qu'elle m'avait échappé et ne m'appartenait plus était pire que tout - c'était voir le plus beau des trésors derrière une vitre, en sachant qu'on ne l'aurait jamais. Mais heureusement, je gardai l'esprit froid, car il fallait que je gère la situation, et je m'y raccrochai. Taylord était hors de ses gonds et avait besoin d'un peu d'air frais, et je devais l'emmener ailleurs, qu'elle ne recroise surtout pas cette fille qui l'avait amochée, car il valait mieux éviter le bain de sang.

- Merci, mais je crois que je sais encore marcher toute seule !

Je lâchai ses épaules que je tenais, devant moi, prenant bien soin de la talonner. Je ne voulais pas la contrarier, mais pour le coup, elle ne me faisait pas peur. J'étais bien plus grand et fort qu'elle et puis, honnêtement, je doutais qu'elle lève la main sur moi...

... Ou du moins j'espérais qu'elle n'ose pas.

Je la fis prendre le chemin du parc puis l'emmenais vers un endroit calme et généralement peu peuplé. Il dominait le parc, un peu à l'écart. Je n'eus pas besoi de réfléchir trop longtemps, mes pas m'y menèrent tout naturellement. Cet endroit respirait la sérénité - j'aimais beaucoup y venir.


- Qu'est-ce qui... commençai-je d'une voix douce, voulant savoir ce qui s'était passé. Elle avait fait volte-face et lâché son sac et regardait sa main, sûrement douloureuse. Je voulais juste comprendre, car le tempérament chaud de la Gryffondor n'était un secret pour personne, mais de là à devenir si violente... Je ne pus noter amèrement que la compagnie de Carlton n'avait décidément pas de bonnes influences, loin de là. Mais quand enfin elle me regarda, ses yeux flamboyaient et je me tus net, alors qu'elle me lança sèchement :

- Tu t'souviens qu'j'existe ?! Attend, laisse moi verser une larme ou deux...

Elle était en colère. Je le savais, elle était en colère.

Elle ne le pensait pas.

... Et pourtant, même dans la pire des colères, jamais je ne me serais laissé aller à dire des mots aussi blessants... J'encaissai le coup avec difficulté. Toutes ces nuits où je n'avais pas dormi. Tous ces moments où je m'étais senti tellement seul, tellement... nul. Ces jours lents et mornes à penser à elle et à me dire que tout était de ma faute. Ses sourires à elle que j'interceptais dans les couloirs, sa joie resplendissante qui me criait ce que j'avais perdu. L'amour que j'avais pour elle, que j'avais découvert trop tard parce que j'étais un idiot bien trop timide. Sa trahison, en quelque sorte. Je m'étais effacé devant lui. Je n'avais pas compris son choix mais je l'avais accepté, parce qu'il faut être deux pour aimer et je voyais bien que j'étais tout seul. Je n'avais pas compris son choix mais je l'avais respecté. Je l'avais sans doute un peu évitée au début - mais pouvait-elle décemment me le reprocher?! Alors que sa simple vue me rappelait ce que je n'avais plus et ce que je n'aurais jamais?! La suite, nous l'avions tissée tous les deux. Elle m'évitait aussi, et de toute manière, Carlton était devenu sa seule distraction. Les rumeurs couraient bon train à leur sujet d'ailleurs, et je ne sais pas pourquoi ils se cachaient. Or, moi, elle me l'avait dit. Je savais qu'ils étaient ensemble - Lilian aussi le savait, et nous étions les seuls. Et je n'avais rien dit. Nous n'avions rien dit. Pour eux. Pour elle.
Elle n'avait pas le droit de me traiter comme ça. Elle n'avait pas le droit.


- Tu ne peux pas dire ça, réussis-je seulement à dire, calmement. Mais ma gorge était serrée.


- C'est bon, t'as rempli ta mission, tu peux t'en aller.

Je la regardai tristement. Cette façon de me faire du mal n'était pas la Taylord que j'aimais. Et cette lueur au fond de ses yeux... Non à vrai dire il n'y avait aucune lueur, juste des flammes de colère, et rien derrière. Je sentis une vague de violence au fond de moi, mais je la ravalai, parce que c'est ce que je faisais toujours. Qu'avait-il fait d'elle?! Je plissai les sourcils, comprenant soudain qu'il se tramait quelque chose autre qu'une petite crise d'adolescence un peu aiguë.

- Non, je ne vais pas te laisser comme ça, affirmai-je avec aplomb. Et pourtant il m'en coûtait de rester le bon ami dont elle avait besoin en cet instant, parce que je ressentais une grande tristesse, qui revenait vers moi comme un boomerang. Pourquoi tu te mets dans cet état? Qu'est-ce qui s'est passé?

Doucement, avec des gestes lents comme si j'avais peur d'effrayer un animal effarouché, j'attrapais son sac, le frottai pour enlever la terre, puis fis quelques pas vers un rocher pas loin de nous, m'y assis, et l'invitai d'un signe de la tête à venir près de moi.

- Qu'est-ce qui ne va pas? continuai-je, toujours aussi doucement. C'était plus fort que moi, il fallait que je fasse ça pour elle, car quoi qu'elle en pense, elle avait toujours sa place quelque part en moi.

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended   Mer 30 Mai - 0:18

De la colère. Il ne restait plus que ça.
Il fallait bien que je me raccroche à quelque chose – n'importe quoi. Que ce soit bon ou mauvais, finalement, quelle importance ? Est-ce qu'il y avait un bon chemin à suivre, de toute façon, alors que tout ceux que j'empruntais étaient plus aussi mauvais les uns que les autres ?

Et puis cette colère, elle m'évitait de trop penser, cette colère, c'était une souffle nouveau, c'était une vie nouvelle qui glissait le long de mes veines, et puis... elle ne m'était pas inconnue. On était de vieilles amies après tout et force était de constater que même après tout ce temps, elle ne m'avait pas oublié. Le premier matin, il y avait eu ces quelques secondes de battement au réveil, ces trois secondes libératrices, encore toutes ensuquées qu'elles étaient elles aussi, qui me laissaient croire que tout était comme avant, que rien avait changé.
Que tout était bien.
Un, deux, trois.

Et la colère de la veille, celle qui s'était incrustée dans les murs de la salle commune, elle ne me quittait plus.
C'était comme des fils invisibles qui s'étaient tendus à l'intérieur de mon corps, sur les nerfs plus précisément jusqu'à les faire se contracter si fort – tellement fort, qu'à la fin, il fallait que ça explose, mais ça n'arrêtait pas. D'exploser. Ça explosait tout le temps, à chaque instant. Une explosion nouvelle à chaque fois mais surtout un peu plus puissante que la précédente. Peut être que j'allais finir par claquer avec.

Et Scott était le prochain sur la liste. Pourquoi il était là d'ailleurs ? Pourquoi est-ce qu'il m'avait amené jusque ici ? Je ne lui avais rien demandé – tant pis pour lui, il allait faire parti des dommages collatéraux. La colère, j'avais juste à la laisser couler un peu jusqu'à lui pour qu'elle s'étende dans une grande flaque, une marre de boue. Voilà tout ce qu'il restait à faire.


- Tu ne peux pas dire ça.

Pourtant, c'est ce que je fais. Tu le vois pas ?! Qu'est-ce que je dois te dire d'autre alors, eus-je envie de lui hurler, mais il y avait une petite chose, cette infime petite chose au fond de mon estomac qui me contraignait à garder les pieds sur terre, à ne pas partir trop loin, à ne pas me laisser m'envoler complètement dans des contrées qui n'étaient pas les miennes, qui ne me ressemblaient pas, pas recommandables – et surtout, dont on ne pouvait pas revenir. Scott avait toujours eu ce pouvoir. Ce n'était pas la première fois que j'en faisais la constatation, je l'avais déjà vu, je l'avais déjà remarqué, mais surtout, je l'avais déjà sentie. Parce que sa douceur avait la capacité d'aspirer comme un énorme trou sous pression, tout ce mal, toute cette tension environnante, pour ne laisser que le bon et le meilleur. Pour ne laisser que ce dont nous avions le plus besoin.

Je baissai les yeux, en fronçant les sourcils, toujours contrariée, parce que je ne voulais pas lâcher le bout que je tirais de toutes mes forces. Je le savais bien que de nous deux, c'était sûrement moi la plus égoïste, parce que j'avais voulu tout avoir, j'avais voulu tout tenir dans le creux de mes mains, mais en réalité, c'était à partir de là que tout s'était fissuré de toutes parts : et quand y'a trop de fissures, on sait tous ce qui finit par se passer : y'a tout qui se brise. Très franchement ? Au départ, je m'étais doutée que tout n'allait pas se passer comme je l'avais souhaité, j'avais compris – j'avais essayé de comprendre – que Scott ne pouvait pas tout effacer d'un revers de main. Je ne lui demandais pas tout cela. Je n'en avais pas envie. J'avais attendu, j'avais fait comme si de rien était, puis j'avais fait des efforts qui terminaient leur course dans le vide, là où il n'y avait plus rien. Et puis, qu'est-ce qu'il y a de plus simple à faire en réponse à des calculs savamment orchestrés pour m'éviter ? De bien vouloir faire la même chose, de bien vouloir jouer le jeu et d'éviter à mon tour. J'avais joué aux jeux de tout le monde...
Pourtant je n'avais jamais gagné.

Il y avait ces deux parts de moi qui ne cessaient de s'opposer, car aucune des deux n'arrivaient à l'emporter sur l'autre. La première qui en voulait terriblement à Scott, pour la situation bizarre qu'était devenue notre relation, ne faisant qu'accentuer le malaise à chaque fois qu'on se croisait dans un couloir, alors que je lui avais bien dit que c'était la chose que je ne voulais pas. Et l'autre qui hurlait que je n'étais qu'une sale conne dont tout les reproches étaient injustifiés : je n'avais plus eu le droit de décider, dès l'instant où j'avais fait le choix, qu'entre nous deux, c'était terminé. Mon avis, j'avais bien le droit de me le mettre où je le pensais, et que, si ce qui arrivait arrivait, c'était en parti de ma faute.


- Non, je ne vais pas te laisser comme ça.

Je lui avais demandé de partir – évidemment, il ne l'avait pas fait.

- Comme ça quoi ? Rétorquai-je bêtement, toujours sur la défensive. C'est l'autre gourde qu'on doit réparer, pas moi.

- Pourquoi tu te mets dans cet état? Qu'est-ce qui s'est passé?

Je sentis un frisson me parcourir tout le corps lorsqu'il s'approcha pour se saisir de mes affaires – mais je gardai obstinément les yeux tournés vers le sol. Ou presque, parce que de la façon dont ma tête était baissée, je pouvais le voir s'installer un peu plus loin ; et d'aussi de me proposer de venir à ses côtés.

- Qu'est-ce qui ne va pas?

- Rien.

Qu'est-ce que j'allais lui dire ? Même moi j'étais dans le déni, à cause de la fierté, de l'honneur, j'en sais trop rien – si j'en parlais, c'était comme si j'avouais ma défaite, alors que j'avais eu la prétention à tous de leur prouver qu'ils se trompaient tous sur
lui. Qu'ils étaient tous mauvaise langue. Qu'ils ne voyaient rien.
Mais la question, c'était de savoir à présent quand est-ce que
moi, j'avais commencé à devenir aveugle ?

Et puis honnêtement, ça n'aurait pas été le summum de l'humiliation pour Scott d'évoquer le sujet ? Pourtant, paradoxalement à cela, c'était l'une des personnes les plus à même de comprendre... C'était encore une rue qui menait dans une impasse...
Une de plus.

Je le reconnaissais, ce n'était pas la meilleure façon de lui prouver que tout allait pour le mieux en donnant un coup de pied dans l'une des petites pierres qui jonchaient le sol, pour l'envoyer rouler quelques mètres plus loin, de descendre la pente, et de sans doute ne terminer sa course, qu'une fois en bas. Oh, c'est bon, à choisir c'était mieux la pierre ou bien cette idiote de Serpentard qui en plus n'avait eu que ce qu'elle méritait ?!

...
Je la sentais.
La nouvelle explosion.

Je relevai finalement le menton en me mordant les lèvres parce que j'espérais que comme ça, j'allais réussir à me contenir, mais ça montait crescendo, ça montait, ça montait... Comme une cocotte minute qui se met à siffler de plus en plus fort quand on l'a oublié pendant trop longtemps sur la gaz. J'essayais de regarder de partout, sauf en direction de Scott, mais ce n'était plus suffisant désormais pour faire cesser les tremblements. J'avais envie de nouveau de taper dans quelque chose sans savoir à quoi me confronter ; les immenses pierres qui se dressaient telles des menhirs semblait être la meilleure solution, mais j'avais déjà mal à la main, et ça n'allait pas mieux de minute en minute.

- C'est ça la question Scott, qu'est-ce qui s'est passé ?
Lâchai-je soudain d'une voix blanche.

Lui qui pouvait se vanter d'être intelligent, je pouvais presque être certaine qu'il ne connaissait pas non plus la réponse. Mais vraiment, comment est-ce qu'on en était arrivé là ? Pourquoi tout n'avait pas pu rester simple comme ça l'avait été à cette époque, lorsque nous étions encore ensemble ? Pourquoi on ne pouvait pas choisir ces choses là ? Pourquoi est-ce que tout avait foutu le camp ? La tumeur bénigne n'avait pas été trouvée, et maintenant elle avait pris une ampleur considérable – il en était exactement de même pour les dégâts.

L'espace d'un instant suffit. L'instant de trop, ou celui que j'attendais depuis le début que notre dialogue de sourd ne cesse enfin ? Un seul regard de trop échangé – ou alors je l'avais cherché, inconsciemment ? - qui me suffit à faire tomber les armes devant lui. La vraie raison du pourquoi du comment ? C'était ce genre d'entente tacite que nous avions toujours eu depuis toujours sur laquelle aucun mot ne pouvait être posé. Celle qui ne s'expliquait pas. Je voulus faire un pas dans sa direction, me rapprocher, rétablir ce contact tout proche, parce qu'on y était presque, mais que nous avions perdu durant de nombreux mois. Tout comme je savais que le moindre mouvement pouvait être fatal, alors à la place, je restais raide sur mes deux jambes, même si j'avais conscience à présent que j'étais déjà en train de flancher.

- Tout le château est déjà au courant, non ?
Je savais bien qu'ils la fermaient tous devant moi, mais que dans mon dos, personne ne devait se gêner pour jaser. Les Gryffondor, avaient pas mal de qualités, mais sûrement pas celle de tenir leur langue. Désolé, mais on est pas à Las Vegas là, ce qui se passe dans la salle commune, ne reste pas dans la salle commune. C'est pas comme si c'était un secret... ce fut le mot à ne surtout pas prononcer, je m'étais pourtant dit de ne pas y penser, de ne pas le dire, et pourtant, c'était trop tard, malgré tout mes efforts pour paraître neutre mon timbre c'était lamentablement défait.

Boum.
Nouvelle explosion. Mais suivit d'une éruption cette fois.

_________________
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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended   Ven 1 Juin - 14:31




« Il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente. »
- Camille Claudel



- Comme ça quoi ? C'est l'autre gourde qu'on doit réparer, pas moi.

Je ne sais pas ce qui m'interpellait le plus, ma détresse de me retrouver soudainement si près d'elle après tout ce temps, ou bien le fait que cette Taylord là était d'un tout autre niveau d'impulsivité et de... tristesse? Cette colère ne présageait rien de bon, et d'ailleurs n'importe quelle forme de colère n'avait jamais été bénéfique à quiconque. C'était en cela que je ne comprenais pas son engouement pour Carlton, aussi : il était colérique et ce n'était un secret pour personne et j'avais toujours trouvé que la colère nous voilait les yeux et nous empêchait d'éviter les pires erreurs à faire. Je n'avais jamais vu Taylord dans cet état, pas à ce point, et je ne pouvais m'empêcher de me dire qu'elle avait hélas cédé aux sales manies du Gryffondor.

Surtout que je ne comprenais pas. Il y avait tant d'autres moyens d'exprimer sa frustration... J'avais grandi dans au milieu de six frères et soeurs, dans une maison immense, avec des parents pas vraiment là, mais à qui on ne pouvait pas le reprocher parce qu'ils nous aimaient de tout leur coeur et que leur métier - dans lequel ils excellaient - leur imposait ce mode de vie. Nous n'avions jamais eu de problème d'argent sans qu'il nous tombe du ciel pour autant, nous avions tout ce dont des enfants avaient besoin, des jeux, un grand jardin, des bons goûters, des percepteurs tous plus gentils et pédagogues les uns que les autres. Mais parce qu'on était nombreux, parce que nos parents nous manquaient malgré tout, nous avions nos peines et nos troubles chacun et oui j'avais souffert d'une manière ou d'une autre, je n'avais pas eu tout ce qui m'aurait rendu parfaitement heureux. Et puis pour ma part je ne m'entendais pas forcément avec tous mes frères et soeurs, bien plus bruyant ou explosif que moi, et nous n'étions pas intéressé par les même choses. Qui plus est, être le petit dernier des McBeth me rendait le favori auprès des adultes mais mes aînés n'avaient pas attendu pour appliquer cette règle vieille comme l'univers qui fait du plus jeune et du plus petit la tête de turc des plus grands. Alors oui j'avais appris à gérer la frustration, à être mis à l'écart, à être embêté, à ce qu'on me pique mes affaires, à m'ennuyer, à me sentir seul, et toutes ces choses qui font qu'on apprend à être soi-même dans toutes les circonstances. A quoi servait la colère, dans tout cela? Elle ne rendait pas plus fort, elle ne transformait pas en super héros. Elle rendait borné et inconscient. Cela s'était imposé à moi sans que le choisisse, mais je ne me mettais jamais en colère, je ne savais même pas ce que cela faisait réellement, tout simplement parce que je considérais que cela n'apportait strictement rien. Au contraire.

Taylord était en colère, et je voyais clairement qu'elle bouillait et qu'elle était tourmentée, et que même cet état ne lui permettait pas d'évacuer ce qui n'allait pas. Ça ne faisait qu'augmenter la température. Pourquoi était-ce si compliqué pour certaines personnes de se contrôler?! Ce n'était pas une critique mais une véritable questions, et en fait, je ne comprenais pas, tout simplement pas, comment on pouvait à ce point sortir de ses gonds. Au fond... ça m'intriguait.

Je me contentai d’acquiescer. Cette fille en question m'état sortie de la tête car elle était ridicule et ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, comme la majorité des Serpentards bien trop bornés et élevés dans la soie pour prétendre à une quelconque prétention intellectuelle. En revanche, de là à dire que Taylord n'avait rien à se reprocher... J'attendais qu'elle se calme un peu pour comprendre, essayant de ne pas penser au reste. De ne pas penser aux pincements au coeur de la voir ainsi, de me dire que je n'étais pas celui qui pouvait la prendre dans ses bras et lui faire oublier ce qui n'allait pas. J'étais son ami. Je n'étais pas sûr si j'étais capable de me réjouir de cette affirmation. Son ami... Si elle savait à quel point j'aurais aimé être bien plus...


- Rien.

Mensonge. Confirmé par le fait qu'elle garde obstinément les yeux rivés au sol, puis par son geste d'agacement - encore un autre - lorsqu'elle donna un coup de pied dans un caillou.

Je l'attendais installé sur le rocher, et ne la quittai pas des yeux.


- Dis-moi, l'incitai-je un peu plus. De toute façon, je la connaissais - et de me dire cela me rendait encore un peu plus triste, parce plus ça allait moins je la connaissais - avec moi elle finissait toujours par comprendre qu'il n'y avait pas d'alternatives autre que d'en venir à me dire ce qu'elle avait sur le coeur. Parce que je ne me contentais pas de non-dits, et qu'elle le savait très bien.

Taylord n'était pas banale et je n'étais même pas certain de la comprendre entièrement tant elle recelait de choses en elle mais je savais une chose : au-delà de son tempérament si affirmé et de son courage à toute épreuve, elle avait besoin d'être épaulée et surtout écoutée, et je pouvais me vanter, au moins, d'avoir toujours été là pour elle dans ces cas-là. Elle ne se confiait pas facilement mais je savais, je lisais en elle quand elle en avait besoin, c'était sans doute pour ça qu'elle s'était sentie bien avec moi... au début.


- C'est ça la question Scott, qu'est-ce qui s'est passé ?

Le regard qu'elle me lança enfin me fit un effet désagréable. Je revoyais notre sortie à Pré-au-Lard après l'attaque des Mangemorts et le traumatisme qu'elle avait subi : au fond de ses yeux la lueur vacillait et je ne voyais que de l'incertitude dans ses prunelles. Là, c'était la même chose. Quand on lui enlevait la colère... il ne lui restait plus rien. Je la sentais perdue, et mon coeur battit un peu plus vite alors qu'une boule désagréable se formait dans ma gorge. Quoi qu'il se passe, la savoir malheureuse m'était insupportable et je plissai les lèvres.

J'attendis encore, suspendu à ses mots, trouvant les secondes qui s'égrenaient longues, irritantes et insupportables.


- Tout le château est déjà au courant, non ? C'est pas comme si c'était un secret...

Les rumeurs? Il y avait bien longtemps que je n'y prêtais plus attention, puisque tout le monde les lançait à l'envi en ne sachant même pas si elles étaient vraies. Alors que concernant Chuck et Taylord, je savais, moi, qu'elles étaient vraies. Et je n'avais pas franchement envie de l'entendre ressassé chaque jour. Je réfléchis le plus rapidement possible, scannant ce que j'avais pu entendre au détour dans les couloirs sans y avoir fait attention, mais j'avais beau me creuser la mémoire, rien d'autre ne me venait à l'esprit. Je crois aussi que mes oreilles se fermaient d'elles-mêmes dès qu'il s'agissait du couple de Gryffondors.

- Je ne sais pas de quoi tu parles, avouai-je après un court instant.

En revanche ça concernait Carlton - ça ne pouvait être que ça - et visiblement pas en bien du tout et je sentis la crainte gonfler en moi. Je me levai du rocher, ne tenant pas en place, tendu sous cette attente insupportable. J'attrapai le bras de Taylord, doucement, et la tirai vers moi pour qu'elle soit face à moi, et je posai mes mains sur ses épaules, la forçant à me regarder franchement. Je voulais paraître assuré et réconfortant, mais je crois que l'inquiétude se lisait sur mon visage.


- Qu'est-ce qu'il t'a fait?! la pressai-je, et ma voix s'était faite un peu plus dure. Et dire qu'elle était capable de ne pas me dire l'entière vérité pour le protéger parce qu'elle était comme ça - parce qu'elle aurait protégé de n'importe quelle façon les gens qui comptaient pour elle - et il comptait, hélas - avec cette loyauté sans égal qui la caractérisait, me laissant légèrement emporter, je répétai encore : Dis-moi ce qui s'est passé, Taylord!....

Et il n'y avait pas besoin d'être devin pour savoir que ce qu'elle risquait de m'avouer n'était pas de ce genre de choses que l'on aime à entendre.

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended   Lun 4 Juin - 0:31

Plus j'essayais de ne pas penser à lui et plus son visage s'imposait comme une évidence : c'était un cercle vicieux tel que je pouvais bien faire ce que je voulais pour oublier l'existence de Chuck. Mais tout cela, c'était impossible, même si de son côté, ça n'avait pas l'air de le déranger plus ça, ce qui n'avait pour seul mérite que de me frustrer encore plus que ça ne pouvait déjà l'être ; je devais subir. Et comme je n'en avais aucune envie, je ne voyais pas d'autre solution que de contre attaquer. D'extérioriser. De faire quelque chose. N'importe quoi. N'importe quoi qui me permettrait dans un sens d'aller mieux, même si pour cela il fallait passer par la case, je pète la gueule au premier qui m'emmerde, car comme ça, je pouvais me convaincre que c'était aussi tout ce que j'avais envie de faire à Chuck dans l'instant. Mais finalement, qu'est-ce que ça changeait ? On en était toujours au même point.
Il n'y avait plus rien à faire.

Je l'avais compris dès que j'étais montée m'enfermer dans le dortoir des filles après que les choses aient été mises au point. Cette jolie petite routine dans laquelle je m'étais tranquillement installée sans même m'en rendre compte. Tout ça, c'était terminé. C'était une routine mouvementée, certes, mais c'en était une quand même, et les sorties en secret, les rendez-vous secrets, les sourires échangés discrètement, les nuits passées ensemble... Au fond tout cela, c'était un peu comme un beau rêve qui s'était tout doucement transformé en cauchemar. Je me rendais d'un cours à l'autre sans traîner, en faisant dégager ceux qui avançaient à pas de fourmi et qui prenaient toute la place dans les couloirs, le lit du dortoir qui faisait toujours la même taille depuis la première année me semblait à présent être bien trop petit, bien trop inconfortable. Cette sensation de se dire que toutes ces nouvelles habitudes que j'avais prise et qui me convenaient très bien : elles étaient parties, envolées, on me les avait retiré sans même me demander ce que j'en pensais. C'était comme ça, je devais faire avec, et tant pis si je ressentais un terrible manque, là où autrefois, chaque partie de mon corps avaient été comblées.

Tout ça évidemment, il était hors de question de l'avouer. Laisser gagner Carlton sur toute la ligne ? Il pouvait toujours courir, j'avais mon orgueil, même s'il s'était bien amusé à l'amocher, et je n'allais pas lui laisser profiter du plaisir de voir que je n'étais devenue que l'ombre de moi même. C'était juste un idiot et ce n'était peut être même pas plus mal que ça se passe comme ça – au moins je n'avais plus à perdre du temps inutilement à essayer de m'intéresser à un mec qui de toute façon n'était qu'uun cliché. Un putain de cliché, c'est ça, où les apparences montraient seulement ce qu'il y avait à voir. Parce qu'il n'y avait absolument rien qui se cachait derrière. Il était inintéressant. Quelqu'un d'inintéressant qui essayait de se rendre intéressant parce ce qu'il ne savait rien faire de mieux. Alors il trompait son monde et pensait qu'il avait tout compris de la vie.

Moi, j'espérais juste être au premier rang le jour où il se prendrait la claque – la vraie – celle qui méritait. Quoi que... même un intérêt de ce niveau, il ne le valait pas.


- Je ne sais pas de quoi tu parles.

Et Scott qui ne m'aidait pas vraiment non plus... Je ne voulais pas lui parler de Chuck, car mettre des mots sur quelque chose le rendait réel. Je ne voulais pas accepter. C'était trop difficile, même si ça non plus je ne voulais pas le concéder. Alors tant que je ne disais rien, tant que les autres s'en doutaient sans que j'ai à l'évoquer, ça me facilitait les choses, ça me convenait très bien et je n'avais de comptes à rendre à personne. Mais non, c'était comme si je devais me confronter à mon propre échec et que je n'avais d'autre choix que de passer par cette étape. C'était ma punition pour avoir été trop gourmande et je devais m'y tenir.

Pourquoi est-ce que tout devait obligatoirement avec des accrochages ? J'observai Scott à la dérobée, alors qu'il s'était relevé et me surpris à imaginer les choses sous un autre angle. Que ce serait-il passé ? Que se serait-il passé si nous ne nous étions jamais séparés tout les deux ? Déjà, nous n'aurions pas cette conversation en ce moment. Je lui jetai un coup d’œil inquiet lorsqu'il me toucha ; j'avais encore à l'esprit la brutalité de Chuck – il ne m'avait pas frappé et ne l'avait jamais fait, pourtant, je réalisais que j'aurais presque préféré. Il m'avait fait me sentir plus minuscule, plus pathétique que jamais, et qu'en me serrant les bras comme il l'avait fait, c'était comme s'il laissait planer une menace qui me rappelait qu'il pouvait me détruire quand il le voulait, mais qu'il avait juste trop de bonté pour ça. Parce que oui, Carlton est quelqu'un de bon, ne l'oublions pas ! La bonne blague ! Alors que Scott avait toujours eu cette douceur qui le caractérisait lui seul, et même si je sentis sa fermeté qui m'incita à relever les yeux vers lui, là encore, il ne me forçait pas. Il ne l'avait jamais fait. Il me montrait ce qu'il attendait de moi sans jamais me forcer, me montrait ce qu'il souhaitait que je fasse mais en me laissant toujours le choix d'aller jusqu'au bout ou non. Lui n'avait jamais non plus volé dans mes affaires pour obtenir les informations qu'il lui manquait, il avait eu la patience de vouloir devenir mon ami, puis bien plus, en privilégiant toujours ma manière de faire plutôt que la sienne. Pourquoi n'était-je pas restée avec cette personne qui avait toujours essayé de faire en sorte que je me sente bien en sa compagnie ? Même pour ça, j'avais échoué – j'avais eu ce que je voulais dans le creux de ma main, mais c'était moi qui avait décidé de prendre une autre voie. Et Scott, tout comme moi, nous savions très bien qu'il n'y avait aucun moyen de prendre le chemin du retour et de recommencer.

Scott McBeth était fort. Peut être même que c'était le plus fort d'entre nous. Même si je n'étais pas sûre qu'il y croit une seule seconde si je venais à lui faire part de ce trait de caractère, et pourtant, c'était bien le cas. Il était fort parce même s'il était malheureux, voir quelqu'un d'autre de triste, au fond lui était insupportable, et s'il pouvait prendre un peu de ce malheur, quitte à en avoir un peu plus sur les épaules, il n'hésitait pas. Je me souvenais encore très bien du jour, peu après que je sois sortie de l'infirmerie à cause de l'attaque des mangemorts, lorsqu'il avait voulu me rappeler que la vie continuait toujours, en nous faisant sortir de Poudlard, au delà des règles pour me changer les idées. C'était aussi en cela que cette force pouvait également être sa plus grande faiblesse : pour peu qu'elle se retourne contre lui, il se retrouvait pris au piège.


- Qu'est-ce qu'il t'a fait?!

Je voulais me murer dans mon silence. Si j'avais faibli quelques secondes plus tôt, je me repris bien vite – Ne pas montrer de défaillance. Il n'y en avait pas. Mais je sentie la frustration, l'exaspération monter de nouveau. Pas contre Scott, mais devant son insistance. Je savais que si j'ouvrai la bouche, ça ne serait pas pour faire dans la demi mesure mais pour parler franchement. Parce que j'en avais assez de faire attention, de prendre des pincettes et mon mal en patience pour ne blesser personne. Pour ne pas blesser Chuck, duquel j'avais accepté toutes les demandes sans broncher, en jouant aux parfaites petites amies, en tenant ma langue, sans même qu'il se soucie un seul instant de savoir comme je vivais la situation, d'être dans mon coin comme une exilée qui ne pouvait même pas partager ses impressions avec ses amis. Et une fois qu'il avait obtenu ce qu'il se voulait, il s'était cassé, comme si c'était normal, comme s'il allait s'en sortir bien gentiment et que personne ne serait au courant, parce que j'étais trop conne, que je m'étais faite avoir et qu'à ce titre, j'avais trop honte pour oser en parler... Ça par contre c'était clair que j'avais été bien conne.


- Dis-moi ce qui s'est passé, Taylord!....

- Oh arrête un peu, tu l'sais très bien ! Ce n'était pas comme s'il avait un jour caché son mépris pour Carlton et je savais très bien ce qu'il pensait de lui, et de sa façon d'être.

Je ne voulais surtout pas m'énerver à mon tour contre Scott, ce n'était pas de sa faute, c'était de la mienne, parce que lui, comme Stephen, comme Lilian, ils avaient bien compris bien avant ce qu'il se passerait, et moi j'avais juste cru que je serais celle qui montrerait que Carlton était en vérité quelqu'un de bien. Je ne savais pas comment est-ce que j'avais réussi à me monter la tête à ce point, mais maintenant c'était trop tard – ils avaient raison, j'avais tord et c'était juste ma fierté qui avait du mal à l'admettre.

Je défiai pendant encore un instant Scott du regard, avant de pousser un soupir. Je n'avais pas envie d'une telle tournure. Je posai ma main sur la sienne, qui était elle même sur mon épaule, pour la prendre dans la mienne. Ce n'était sûrement pas aider Scott non plus de faire ça, mais je ne savais pas quoi faire d'autre pour lui faire comprendre que ce n'était pas après lui que j'en avais ni après lui que j'étais en colère, mais contre tout le reste qui partait en vrille et cette impuissance qui me montrait que je ne pouvais strictement rien faire pour arranger cela. J'eus une sensation bizarre de sentir mes doigts contre les siens, sans pour autant en être gênée. Pour moi, c'était un geste proche, mais amical – cette proximité que j'avais toujours voulu garder, mais qui était tout autant traîtresse, car selon qu'on se place de mon côté ou celui de Scott, il n'y avait pas la même interprétation.

- Il a fait comme d'habitude, c'est pas une grande surprise...
soupirai-je finalement, résignée et pleine de rancœur. Je parlais froidement pour ne surtout pas me laisser submergée par les émotions. Il a tiré son coup, et il est parti.

Je m'en voulus de dire les choses aussi crûment, mais en même temps, que faire de plus ? C'était ce qu'il s'était passé, ni plus, ni moins. Il n'y avait rien d'autre - et me surpris également de l'évoquer tout en faisant croire que ça ne me faisait rien. Rectification. Ça ne me faisait rien. Oui, c'est ça ; et je me le répétais pour en être absolument certaine...

- Rien de très original...
grinçai pour tenter de minimiser la situation, parlant presque pour moi même. C'était prévisible après tout... tellement prévisible que j'étais encore plus facilement tombée dans le panneau. Qui était le plus à blâmer ? Carlton fidèle à lui même ou moi qui avait voulu jouer avec le feu ?

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MessageSujet: Re: If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended   Jeu 7 Juin - 21:20

Cette inquiétude qui grandissait en moi avait au moins le don de me faire temporairement oublier que c'était mon ex-copine que j'étais en train de réconforter, celle que j'aimais encore par la même occasion, et que par conséquent j'étais le moins impartial de cette histoire. Mais même si j'en voulais à la terre entière pour cette histoire - Carlton le premier, mais aussi Stephen, et, sans que je ne puisse m'en empêcher, Taylord elle-même - il n'y avait rien qui pouvait être plus fort que les battements de mon coeur qui s'accéléraient et ce goût amer dans ma bouche. Je ne voulais que son bien. Ce n'était pas parce que je lui en voulais et que j'avais eu des insomnies en pensant à elle, que j'avais pleuré aussi, que j'aurais pu un instant me réjouir de son trouble apparent. J'avais tenu sa main à l'infirmerie. J'avais essayé de chasser ses idées noires après la désagréable aventure avec les Mangemorts. J'avais vu dans ses yeux toute sa souffrance, et j'avais essayé de l'alléger un peu. Je tenais bien trop à elle. Comment, même aujourd'hui, aurais-je pu lui tourner le dos et la laisser seule avec ses idées noires? C'était peut-être une faiblesse - et certaines allusions de Stephen m'y firent penser d'ailleurs - mais ce n'était juste pas... Pas possible pour moi de faire autrement. Les gens qui comptaient... Les gens qui comptaient avaient ce pouvoir sur nous, et ç'aurait été bien présomptueux d'essayer de le contrer. Combien de fois avais-je rendu service aux jumelles après les sales coups d'Eileen? C'était la vie, avec ses aléas, le pardon en faisait partie, et si j'avais été à la place de Taylord, j'aurais aimé qu'elle agisse comme moi. Je ne pouvais juste pas faire aux autres ce que je n'aurais pas aimé qu'ils me fassent.

Je me sentais tellement impuissant face à son attitude que je ne lui connaissais pas tant que ça - cette colère tellement explosive et froide à la fois, son regard fuyant, comme si elle avait baissé les bras, ce qu'elle ne faisait jamais. Je voulais retrouver son regard rieur et ses sourires un peu mutin. A la place de cela je n'avais que son énervement, ses gestes d'humeur, et surtout, et je le sentais en la tenant par les épaules, cette impression de profonde défaite qu'elle semblait vouloir me glisser, pour me faire comprendre que ni rien ni personne, et surtout pas moi, pouvait arranger quoi que ce soit à ce qui était en train de se tramer. C'était, je crois, l'une des attaques les plus dures qu'il m'était donné d'affronter, car j'avais beau savoir tout un tas de choses complexes et une culture générale exceptionnelle, ce n'était ni par ma science ni par mon esprit logique que j'allais ne serait-ce qu'un tout petit peu réparer quelque chose à ses problèmes de coeur.


- Oh arrête un peu, tu l'sais très bien !

Je tiquai et secouai la tête : non, je ne savais pas. Ses paroles lancées du bout des lèvres ne m'atteignaient pas, car je savais que sa rage n'était pas contre moi. J'avais l'habitude d'encaisser, à tel point que cela me paraissait normal. Non, je ne le savais pas. Je n'écoutais pas les ragots, surtout depuis que j'en avais été la cible. Et, non, en savoir d'avantage sur l'idylle de mon ex petite amie avec la coqueluche des Gryffondor ne me tentait pas plus que cela. Je n'écoutais pas les potins. J'avais juste, sans doute... Noté quelques petites choses, compris un peu aussi grâce à Stephen, mais je crois, surtout, que je n'avais pas envie que cela soit vraie. Que tout ait été cassé pour en arriver là. A cause de lui. Encore une fois.

Taylord me regarda de ses yeux bruns et je l'incitai du regard à m'en dire plus, mais plus les secondes me rapprochaient du moment où elle allait ouvrir les lèvres, plus je redoutai d'entendre la vérité. La vérité. Elle faisait mal, n'est-ce pas? Stephen en avions récemment faits les frais - plutôt douloureux. Et puis je sentis sa main sur la mienne et peinai à ne pas baisser le regard. Ce geste me procura des frissons que j'aurais aimé ne pas sentir - ce n'était pas le moment - et si mes doigts se serrèrent autour des siens, c'était plutôt par nostalgie, pour retrouver ces moments du passé trop vite écoulés. Oubliés, pour elle, sans doute. Pas pour moi. J'étais toujours aussi bien, près d'elle. Tout était tellement plus simple.


- Il a fait comme d'habitude, c'est pas une grande surprise... Il a tiré son coup, et il est parti.

Son air détaché ne trompait personne. En attendant, j'eus l'impression d'avoir soudainement avalé une enclume.

- Rien de très original... C'était prévisible après tout...

Oui. Exactement. Le "je te l'avais dit" me brûlait les lèvres mais jamais je n'aurais pu le laisser sortir; ces mots-là faisaient tellement mal, et je savais que Taylord se sentait déjà assez stupide, en plus de tout.

Bien sûr. Parce qu'il était comme ça, tout le château le savait, non? Et pourtant elle lui avait fait confiance - et je lui avais confiance, moi aussi, à Taylord, parce qu'elle n'était pas assez idiote pour s'enticher d'un abruti qui collectionnait les filles comme je collectionnais les manuels de sortilège. Où était le grain de sable qui avait grippé la machine, alors? A partir de quel moment avait-elle été aveuglée pour croire que parce que c'était elle il serait différent? Et lui, à quel moment avait-il un instant compris quelle chance il avait? Probablement jamais - à ce que je sache, il n'avait jamais vraiment brillé d'intelligence, ou brillé de quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs.

La main de Taylord trembla dans la mienne et je la serrai un peu plus, ce qui ne faiblit pas les tremblements pour autant. Je compris alors que c'était ma propre main qui tremblai et je l'ôtai bien vite, étonné, un peu perdu. Quelque chose m'agitait tout entier, au sens figuré, mais seuls mes mains semblaient prêtes à exposer ce trouble qui m'envahissait. Ma gorge était sèche et cette fois j'avais un goût de rouille dans la bouche, dur et froid et acide.

Je ne pouvais pas faire le tri dans mes pensées qui devenaient floues et s’amoncelaient malgré moi et je sentis une barre tomber en travers de mon front, sur laquelle je passais le bout de mes doigts puis je serrai les paupières pour essayer de chasser cette pression qui me brouillait l'esprit. Mais rien ne passé. Quand je rouvris les yeux, Taylord était toujours devant moi, elle venait de prononcer les mêmes mots, et je n'arrivais à rien d'autre qu'à haïr Carlton de toutes mes forces.


- C'est fini, alors?... demandai-je sans réfléchir, complètement incapable d'une réaction intelligente. Il avait joué avec elle, il l'avait attrapé dans son piège, il avait... eu d'elle... quelque chose qui n'avait certainement aucune valeur pour lui parce qu'il n'en avait pas, mais ce n'était pas le cas pour tout le monde, et je savais que ce n'était pas le cas pour Taylord. Et cela insufflait en moi un tel dégoût, une telle révolte, que je savais ce qu'il me restait à faire. Même si cela ne me ressemblait pas. Il allait me le payer. Oh, il allait me le payer.

Je n'étais pas un garçon qui cherchait la bagarre et je ne m'étais d'ailleurs jamais battu - en vérité, je ne savais même pas comment on faisait. Cela devait être tellement douloureux de mettre un coup de poing, et je ne voyais pas l'intérêt de se faire mal en même temps que de faire mal à l'autre. Pourtant, à l'instant précis, cela m'était égal. Carlton avait non seulement fait du mal à quelqu'un qui comptait pour moi, mais il avait en plus sali son honneur et profité d'elle de manière honteuse. Je n'étais peut-être pas le chevalier vengeur comme on les décrit, mais je sus que je ne pourrais jamais rester les bras croisés et me contenter de réconforter Taylord. Pourquoi? Parce que cela n'aurait servi à rien. Oui, j'allais être là pour elle et essayer de la réconforter, mais elle comme moi, on le savait pertinemment : ce n'était pas de moi dont elle avait besoin.


- Tu n'y es pour rien, parvins-je enfin à dire après un silence assourdissant qui avait duré de trop nombreuses secondes. Petit à petit, j'essayai de remettre de l'ordre dans mes pensées. Je suis désolé. C'est un abruti, mais il est malin quand même. Tu n'as rien à te reprocher.

Je fis alors un pas vers elle et je crois que ce fut plus pour masquer mon propre trouble que je l'attirais contre moi et la serrais dans mes bras - cela ne me ressemblait tellement pas - et je posai ma main sur ses cheveux - je me rappelais leur odeur - et n'ajoutai rien, parce qu'il n'y avait rien d'autre à ajouter, hélas.

Mais mes yeux me picotaient et jamais de ma vie je ne m'étais senti aussi bouleversé par ce sentiment étrange qui bouillonnait tout au fond, loin, enfoui quelque part. Il allait tellement me le payer.

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Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: Re: If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended   Ven 8 Juin - 18:09

Je ne comprenais pas pourquoi Scott faisait ça. Je connaissais son avis, et je pouvais encore revoir trait pour trait son expression lorsque je lui avait parlé de Chuck – en même temps, c'était moi qui le laissait derrière moi, du haut de la tour d'astronomie, alors j'avais estimé qu'il avait bien eu le droit d'obtenir des réponses. Il avait également saisi avant ce qu'il se passerait – au fond j'avais dû le savoir aussi, mais j'avais fait la sourde, parce que les évidences les plus dures à entendre, on ne veut jamais qu'elles soient vraies. Mais c'était aussi ça qui faisait la personnalité de Scott ; même s'il avait essayé, il n'aurait jamais pu se réjouir du malheur des autres parce que ce n'était pas dans sa nature, et je réalisais alors qu'en fait, je le connaissais mieux que je ne me l'imaginais. C'était pourtant moi qui lui avais fait le plus de peine. Mais non. Il était là. Il restait.

J'allais entrelacer nos doigts ensemble, parce qu'ainsi, ça me maintenait dans la réalité – je savais que je n'avais qu'une envie, c'était celle de sombrer en cet instant mais je m'efforçai à faire bonne figure. Même si je m'étais tout pris dans la gueule, je n'avais plus d'autre choix à présent d'en assumer les conséquences. Je ne voulais pas qu'on me fasse la morale ou quoi que ce soit d'autre dans le même goût, c'était assez difficile comme ça sans qu'on en rajoute, et c'était également la raison pour laquelle je n'avais pas vraiment envie de parler de cet échec, même à Scott, parce que j'avais honte de tout ça, de toutes ces dernières semaines qui finalement n'avaient servies à rien si ce n'est pour être dévastatrices. Pas seulement pour moi, mais également pour ceux qui m'entouraient, et je crois que c'était ce dernier point que j'avais encore plus de mal à accepter.

Cette réalité fut encore plus évidente lorsqu'il sortit sa main, prise dans la mienne : c'était prétentieux de ma part, de croire que j'y avais encore le droit et je me sentis encore plus bête, parce que c'était comme si à présent que je m'étais pris un gros gadin, je revenais piteusement comme si de rien était. Comme si je me foutais de sa gueule, alors que c'était loin d'être le cas, et j'espérais juste que c'était ce message là qu'avait retenu Scott – en arrêtant notre histoire, je n'avais pourtant jamais voulu que notre amitié, ni cette relation si particulière ne s'arrête. J'étais prête à démarrer au quart de tout, et malgré tout il avait encore cet étrange capacité apaisante sur moi, parce que s'il ne s'ébranlait pas, c'était qu'il n'y avait aucune raison de s'ébranler. Mais j'avais des doutes. Etait-il aussi calme qu'il voulait bien le paraître, alors que j'avais décelé le tressaillement de sa main, avant qu'il ne la retire ?


- C'est fini, alors?...

Il aurait pu m'envoyer une énorme boule de pétanque dans l'estomac que ça m'aurait fait exactement le même effet. Je me souvins de la pensée que j'avais eu, juste après avoir giflé Chuck et être partie dans les dortoirs, pour lui prouver qu'il n'avait pas tout pris de ma dignité. J'avais pensé que tout ça, tout ce qui venait de se produire, n'était pas vrai, que je l'avais imaginé parce que je me faisais un bad trip toute seule pour je ne sais quelle raison. Et que même si c'était le cas, que tout allait s'arranger bien vite, parce que c'était toujours comme ça que ça s'était passé depuis le début : on s'envoyait des petites piques bien placées, puis on s'engueulait comme des marchands de poissons, et puis il y en avait toujours l'un de nous deux qui arrivait à dire quelque chose ou à faire un truc qui débloquait la situation et ça ne durait jamais très longtemps. Et pourtant, c'était déjà arrivé, quand on s'était disputé à cause de Stephen cette fois – on ne s'était pas adressé la parole pendant des semaines, jusqu'à l'épisode des mangemorts. On allait pas leur demander de revenir quand même simplement pour arranger les autres ! Il n'y avait plus un mot, plus un regard, comme si le cordon qui nous reliait jusqu'à présent avait été coupé brusquement, et pour de bon. Il n'y avait plus cet infime fil qui nous retenait l'un à l'autre depuis toujours. Et les paroles de Scott, transpiraient de vérité. Tout ce dont j'essayais de me convaincre n'étaient que de nouvelles illusions, et il fallait que je m'en débarrasse le plus vite possible, avant qu'il n'y ait encore plus de ravages.

- Encore faut-il que cela ait un jour commencé... rétorquai-je avec un certain fatalisme dont je n'étais pas habituée. Ouvrir les yeux, dans la théorie, c'était une chose, mais la mettre en pratique, c'était toujours aussi douloureux, et cette volonté d'utiliser ces mots en pensant que cela me ferait prendre conscience de nombreuses choses eurent surtout le mérite de m'ébranler un peu plus. Il fallait définitivement passer par cette case masochiste pour espérer sortir du trou apparemment...

Parce que ça avait été ça non ? C'était vrai n'est-ce pas ? Oh que si, pour moi quelque chose avait commencé, c'était même plus que certain, après, quand exactement... mais du point de vue de Carlton, il était clair que non, ça n'avait jamais été le cas. C'était simplement un passage comme un autre dans sa vie, un de plus, un de moins, si on faisait les comptes, à la fin, ça ne faisait pas une grande différence...

Scott l'avait entrevu - sinon il ne m'aurait jamais emmené jusque ici - mais je ne voulais pas lui montrer cette image un peu perturbée que je pouvais offrir. Quoi qu'il arrive, je voulais rester fière, je voulais prouver que ce n'était pas parce que mon orgueil avait pris un sacré coup dur que je devais pour autant le laisser de côté. Non, j'étais bien là, plus déterminée que jamais que ce n'était pas l'égoïsme de Chuck Carlton, qui allait réussir à me faire chuter.
Il n'avait pas le droit de faire ça.


- Tu n'y es pour rien. Je suis désolé. C'est un abruti, mais il est malin quand même. Tu n'as rien à te reprocher.

Mais là, cachée quelque part... je ne comprenais même pas ce qu'elle fichait là d'ailleurs, il y avait toujours cette petite voix qui disait que non, ce n'était pas vrai, et je pouvais encore revoir le regard de Chuck un peu indécis, qui dans les faits, ne savait pas vraiment ce qu'il fallait faire. C'est ça, c'était celle que j'avais vu, et que je visualisais très bien, pour une seule et unique raison.
C'était moi, et moi seule qui l'avait créé.

Je poussai un profond soupir contre le torse de Scott lorsqu'il m'enserra et je fermai les yeux pour songer à ce qu'il venait de dire. Il est malin oui, et du même coup, ça voulait dire que j'étais encore plus ridicule, même si ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire. Plus que tout, je ne voulais pas passer pour une malheureuse victime – ce n'était pas ça. Après tout, c'était moi qui avait bien voulu sortir avec Chuck, malgré tout le « bien » qu'en pensaient mes amis, mais je n'avais voulu écouter que mon propre instinct sans me soucier des autres parce que jusqu'à maintenant, il ne m'avait jamais trompé, mais donc, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi même. Non je ne souhaitais pas ce rôle de la fille malheureuse et innocente et avait été bernée contre son gré parce qu'elle avait été trop naïve. Ce n'était pas moi.
Et innocente, de bien des manière, je ne l'étais plus.

- C'est comme ça... on pouvait imaginer tout ce qu'on voulait, on ne pouvait plus rien y changer, et je ne voulais pas pleurnicher sur mon sort. Je ne veux plus en parler, lui dis-je doucement.

Je voulais rester comme ça et attendre, parce qu'il n'y avait plus rien à faire, personne n'y avait trouvé son compte. Scott avait été trop amoché et moi aussi pour que nous retournions un jour ensemble – cette page était tournée pour de bon, et tout ce qu'on pouvait encore essayer, c'était de recoller les fragments de notre amitié. J'étais bien avec lui, je n'en démordais pas, même si ce n'était peut être pas de la manière qu'il l'avait voulu. Ce qu'il lui fallait ce n'était surtout pas quelqu'un comme moi, qui arrivait à le heurter de bien des façons. Je lui avais dit que je lui étais nocive. Aujourd'hui encore, j'en avais la preuve, mais envers et contre tout, je n'arrivais pas à me défaire de son emprise.

- Je suis contente que tu sois là, lui dis-je quand même à défaut d'autre chose et je plaçai à mon tour mes mains dans son dos pour m'accrocher à ses vêtements. Je ne voulais plus qu'il disparaisse durant des mois comme il l'avait fait.

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MessageSujet: Re: If you don't know where you are going, any road will get you there [PV] Ended   Lun 11 Juin - 16:26

J'aurais été bien naïf d'espérer encore. De me dire que, puisque que tout est fini entre Taylord et Chuck Carlton, elle allait avoir besoin d'une épaule sur laquelle se reposer, oublier... Mais non. Les choses ne se résolvaient pas de manière aussi simple, quoi qu'on espère. Taylord et moi, ça avait fini il y a bien longtemps, et la preuve en était aujourd'hui. Elle avait besoin de mon soutien et de mon amitié. C'était d'ailleurs ce qu'elle montrait en serrant mes doigts et en plongeant ses yeux dans les miens. Elle m'exprimait tout son chagrin, son désespoir, sa colère, son égarement. Elle me demandait de l'aide. Rien d'autre. C'était inutile que je me voile la face, et de toute façon, je n'avais plus de pouvoir sur elle. Quand je regardais Taylord, c'était un peu comme si je voyais sa silhouette dans un train qui démarrait lentement, et que moi j'étais resté sur le quai de la gare. Et puis la vapeur du train augmentait et il filait pour ne devenir qu'un petit point à l'horizon... Sauf que ce train qui nous séparait n'avait rien de tragique car c'était Taylord qui avait choisi de monter dedans, alors que moi je voulais qu'elle reste avec moi. Tant mieux pour elle : elle partait plus loin. Tant pis pour moi, je restai seul sur le quai désert. Mais je l'acceptai. Car les choix et les sentiments n'appartenaient qu'à nous seuls et j'aurais été bien idiot d'essayer de me mesurer à Carlton. Taylord ne m'aimait pas comme j'avais pu l'aimer; voilà, l'équation était là, et il ne me restait plus qu'à la gommer parce que rien ni personne ne pourrait changer les données du problème.

Maintenant, parce que de toute façon Taylord était une personne que j'appréciais pour ce qu'elle était, ses valeurs, son caractère et sa manière d'être, elle restait mon amie. Et je ne pouvais décemment pas, malgré tout ce qui me liait à elle et qui me causait de douloureuses petites brûlures quand je l'écoutais, l'abandonner là en lui disant de se débrouiller avec les faux-pas de son imbécile de Gryffondor. Une chose était sûr : pour une fois, j'avais trouvé quelqu'un sur qui réellement rejeter les torts, quelqu'un contre qui je pouvais nous - me - venger, quelqu'un sur qui expier ma rancœur et mon amertume. Je n'avais jamais agi par colère, mais je la sentais monter en moi de façon indicible, et quelque chose me disait que de mettre mes projets de vengeance à exécution, si tant est que j'en sois capable, me permettrait d'aller de l'avant. Et avant tout, j'espérais que ça venge Taylord également, car si il restait quelque chose à sauver c'était bien son honneur et j'étais bien déterminé à le faire. Plus j'y pensais, plus cette idée apparaissait plus nettement dans mon esprit. Carlton allait me le payer. Mais comment? Me battre contre lui aurait été une belle idiotie, sachant qu'en deux coups probablement il m'allongerait par terre. Je voulais qu'il s'incline et qu'il regrette, au moins un instant, ce qu'il avait pu faire à Taylord.


- Encore faut-il que cela ait un jour commencé...

Je ne pus m'empêcher de voir en elle le miroir de ce que j'avais été, ce jour-là en haut de la tour d'Astronomie. Quand elle m'avait dit qu'il fallait mieux qu'on s'en arrête là. J'eus un pauvre sourire - moi aussi j'avais pensé cela. Moi aussi je m'étais dit : je l'aime, je m'en rends compte trop tard et maintenant tout est fini. Peut-être que pour elle ça n'a même pas existé? Et je crois que c'était ça le pire, de se dire que ce beau rêve j'en étais le seul propriétaire, alors que je voulais le partager avec elle. Aujourd'hui, je voyais bien que je n'étais pas une personne lambda pour Taylord, et si je n'étais pas - et je ne le serais jamais - certain qu'elle ait réellement été amoureuse de moi un jour, au moins, j'existais réellement à ses yeux. On ne peut pas décemment prétendre que rien n'a existé quand on est avec quelqu'un, aussi furtif que cela puisse être.

Serrant les dents - parce que sa désolation m'atteignait de plein fouet - je tentais de ne pas céder à nouveaux à ces tremblements incontrôlés qui m'étaient inconnus jusque là, et la regardai quelque secondes avant de lui affirmer d'une voix douce :


- Bien sûr, que ça a commencé. Ça a même duré quelques temps, n'est-ce pas?

Je pris conscience que ce n'était pas si réconfortant que cela, mais je crois qu'au fond de moi j'essayais de me persuader comme elle...

En tout cas, au moins, elle s'était un peu apaisée, et ses traits n'étaient plus déformés par cette rage pleine de haine que je lui avais vu tout à l'heure et qui m'avait interpellé. J'aimais mieux ses traits-là, bien que les coins de sa bouche soient un peu trop inclinés vers le bas et que dans ses yeux ne brillaient pas les mêmes flammes que d'habitude...


- C'est comme ça... Je ne veux plus en parler.

- D'accord,
murmurai-je. Je savais qu'elle m'en parlerait si elle en avait besoin encore, et c'était tout ce qui comptait.

- Je suis contente que tu sois là.

Cette fois ce fut elle qui se serra un peu plus contre moi et ses mains qui s'agrippèrent dans mon dos me parurent bien trop désespérées pour que j'apprécie ce geste amical. Je posai quelques secondes ma joue sur sa tête mais je pris conscience que le sang tambourinait trop fort dans mes tempes et je sus que c'était trop tôt et surtout, pas le moment : je ne pouvais m'empêcher de penser à Carlton et à tous les moyens que je pouvais mettre en oeuvre. La situation m'apparaissait peu à peu et plus j'y réfléchissais plus je savais que c'était la chose à faire, mais ce pas je ne l'avais jamais franchi et j'avais peur d'en être jamais capable. J'avais peur de le constater et de me détester encore plus pour être si lâche; et pourtant je voulais absolument le faire. Ce goût de vengeance me laisserait sur ma faim à tout jamais si je ne l'assouvissais pas. Je serrai les lèvres car tout s'amoncelait trop vite dans ma tête - un des effets de la colère, voilà pourquoi je trouvais cela déplorable - et je faillis parler à Taylord de mon projet, mais je me rendis compte au même instant que c'était la dernière des choses à faire. Il ne fallait pas qu'elle le sache, et j'espérais qu'elle ne le saurait jamais. Cette bataille serait entre lui et moi, parce qu'il avait trop de choses à payer pour que je le laisse profiter bien tranquillement de sa petite vie misérable.

- Rentrons,
dis-je en m'écartant sûrement un peu trop vite. Je pris son sac et le calai sur mon épaule, avant de prendre sa main dans la mienne et de me diriger vers le château. Je sais ce qu'il te faut... lui glissai-je avec un petit sourire chargé de souvenirs.

Nous étions allés à Pré-au-Lard en cachette après l'intrusion des Mangemorts dans le château, pour nous réconforter - enfin, elle surtout, car je n'avais pas été victime de la même chose - et il me vint à l'esprit qu'une boisson chaude lui ferait le plus grand bien. Réconforter le corps était le moins que l'on puisse faire...

- Les elfes ont une nouvelle recette de chocolat chaud et je peux t'assurer qu'elle en vaut le détour, continuai-je sur un ton plus léger. J'allai l'emmener dans les cuisines, et j'espérai sans être vraiment sûr de moi que j'allais pendant quelques secondes elle irait un petit peu mieux. Pour ma part, si je m’exhortai à garder mon calme... Je savais que mon chocolat chaud aurait, quoi qu'il arrive, le goût amer de la vengeance encore inassouvie.

_________________
‖▹
SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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