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« Nous avons de grands trésors sous les yeux... (Haley)

 

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 « Nous avons de grands trésors sous les yeux... (Haley)

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Scott McBeth
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MessageSujet: « Nous avons de grands trésors sous les yeux... (Haley)   Lun 28 Mai - 21:13



... mais nous ne nous en apercevons jamais. Et sais-tu pourquoi ?
Parce que les hommes ne croient pas aux trésors. »





Je détestais être en retard. Ça avait toujours le don de me mettre de mauvaise humeur, et fâché après moi-même, ce qui était franchement désagréable. Ce matin, je m'étais réveillé complètement dans le brouillard, avant de m'appercevoir qu'il n'y avait plus personne dans le dortoir. Ma première pensée fut de pester mentalement contre Stephen, qui aurait au moins pu me réveiller avant de partir... Mais non : ce matin nous n'avions pas les mêmes cours, et je ravalais mon agacement contre lui. Il avait sans doute pensé que je m'octroyais une petite grasse matinée parce que j'en avais l'occasion. J'aurais bien aimé, mais ce n'était pas le cas. J'avais bondi de mon lit, manquant de me cogner le pied dans celui du lit - je haïssais ce genre de réveil en catastrophe car j'aimais prendre mon temps - et j'avais filé dans la salle de bain pour faire ma toilette le plus rapidement possible. Evidemment, moi qui rangeai toujours tout, j'avais pour une fois oublié de préparer mes affaires pour le lendemain hier au soir, et je mis cinq bonnes minutes à trouver une chemise propre et la cravate de mon uniforme qui avait, par je ne sais quelle méchant tour de passe-passe, roulé en boule sous mon lit. Ce matin était de ce genre de matin où tout va de travers et, surtout, où tout semble se donner le mot - les gens, les objets - pour nous rendre la vie plus difficile. J'étais encore en train d'ajuster le col de ma chemise quand je quittai le dortoir, mon sac sur l'épaule, avant de m'arrêter rapidement devant une des grandes fenêtres de la salle commune pour vérifier que je n'avais pas trop l'air d'un ours qui sort tout juste de son hibernation. Ce n'était pas par souci de plaire, mais parce que j'avais horreur du désordre. J'avais l'air plutôt normal pour quelqu'un qui vient à peine de se lever après une nuit au sommeil agité, et je quittai la tour de Serdaigle sans plus attendre, prenant le chemin de la grande salle. Je n'avais pas le temps de petit déjeuner, mais je voulais juste attraper un bout de brioche ou de pain, histoire de ne pas avoir le ventre trop vide pour tenir toute la matinée.

A la maison, on était toujours en retard. D'ailleurs, les McBeth avaient la réputation d'arriver toujours en retard. Forcément, une famille aussi nombreuse... Mais mes frères et soeurs ne s'en formalisaient absolument pas, et pour les jumelles, par exemple, il était tout à fait normal de commencer à se préparer à 19h quand on devait quitter la maison à 19h pour être quelque part à 19h30. Ca avait le mérite de me tirailler désagréablement les nerfs. Moi j'étais toujours prêt à l'heure, évidemment, et je les regardais courir partout - en riant, comme d'habitude - en m'efforçant de lire un livre pour ne pas me ronger les ongles parce que je détestais être en retard et que personne dans cette famille semblait trouver que cela manquait de respect ou de courtoisie. Au moins, à Poudlard, je pouvais enfin faire comme bon me semblait.

Sauf en cas d'accident, comme ce matin. J'attrapai deux tranches d'une brioche encore tiède et moelleuse et les mangeai sur le chemin, traversant le parc sous un ciel radieux. Les beaux jours avaient enfin pointé le bout de leur nez et le ciel bleu régnait sur le château depuis une semaine; tout les élèves en étaient plus joyeux, ça se sentait, et le week-end dernier, le parc avait résonné toute la journée des cris et des rires. Je pressai le pas en prenant la direction des serres, espérant que je n'avais pas raté plus que quelques minutes du cours. Je ne cessai de me maudire à chaque pas, mécontent après moi.

Il y avait de longs mois, en vérité, que je n'avais pas retrouvé mon sommeil d'avant. J'avais toujours très bien dormi, et plutôt beaucoup d'ailleurs, parce que je réfléchissais et cogitais suffisamment la journée pour que le soir venu je sente avoir besoin de repos, de régénérer toute cette énergie utilisée par ma matière grise. Mais depuis... Depuis Taylord - je disais simplement "depuis Taylord" dans entrer dans les détails, à présent. Je voulais que cela appartienne à mon passé, alors inutile d'en rappeler chaque étape - j'avais du mal à trouver le sommeil, le soir, ou bien quand j'étais trop épuisé et que je m'endormais d'un coup, je me réveillais la nuit, ou je faisais des rêves qui me laissaient le matin avec l'impression d'avoir crapahuté toute la nuit et de ne pas m'être beaucoup reposé. Et puis ça s'était un peu apaisé et maintenant... Les choses étaient confuses, mais mon sommeil n'avait jamais retrouvé sa qualité d'avant, et j'avais un peu de peine à penser que c'était cela quand l'enfance s'en allait, qu'on laissait un peu derrière nous ces choses qui faisaient qu'on se sentait bien, au chaud, protégé, en toutes circonstances. Maintenant tout étais plus compliqué, plus intriqué, et je n'étais sans doute plus le même. Preuve en était avec ce qui se passait avec Lilian - avant, jamais je n'aurais osé, ni même osé espérer. Heureusement qu'elle était là, car j'avais les idées plus aérées et plus sereines, même si il restait toujours une petite forte au fond de moi que j'avais du mal à refermer pour de bon. J'aimais encore trop la passer et en suivre le chemin, parce que ce qui s'y trouvait bien caché... c'était chaud et bon et plein de souvenirs qui me faisaient sourire.

Je toquai à la porte et m'excusai auprès du Professeur Sawyer, mais fort heureusement il commençait à peine à saluer la classe, et je m'assis à la place libre la plus près de moi, au premier rang. Nous étions installé par îlots de tables de deux ou trois places, il y avait dessus des cache-oreilles, des gants, des espèces de longues fourchettes, et des pots remplis de ce qui me semblait être des larves et des insectes séchés.


- Aujourd'hui, nous allons nous intéresser aux... commença le professeur.

- Aux Mandragores, ajoutai-je mentalement. Il les fit d'ailleurs apparaître d'un geste de sa baguette, à côté de son bureau. Une table était recouverte de ces plantes, dans des pots bruns, et vu la texture des feuilles elles étaient jeunes encore, ce qui expliquait qu'il nous les fasse étudier car elles ne sont pas encore mortelles de si jeune âge.

Je l'écoutai nous parler des Mandragores, de son utilisation, des Philtres, de la façon dont elles évoluaient - elles grandissaient, devenaient adolescentes, puis adultes, et vieillissaient -, de comment il fallait s'en occuper, de leur cri qui pouvait tuer, mais seulement étourdir quand elles étaient jeunes, etc. Tout cela je le savais sur le bout des doigts, mais je griffonnai tout de même quelques mots clés sur mon parchemin. Alors, seulement, en détachant mon regard du professeur, j'observai le reste de la classe et m'apperçus qu'à la table d'à côté de moi il y avait, seule comme moi, Haley Collins. Je voulus lui sourire ou la saluer mais elle ne me regardait pas, aussi je reportais mon attention sur ce que Sawyer nous racontait.

Mais mes pensées se détachèrent quelques instants, parce que je repensais à Haley et fatalement je repensais à ce soir étrange mais délicieux où nous nous étions embrassés, contre toute attente, et aux fois où je lui avais parlé depuis, bien qu'avec sa timidité et la mienne nous n'allions pas très loin. C'était idiot, songeai-je. J'aimais beaucoup Haley. Je me sentais proche d'elle, et je n'aimais pas comment les autres la traitaient - en particulier Stephen. Mais en ce moment, Stephen... Stephen avait, je crois, des occupations bien plus rouges et dorées que la pauvre Haley. Il fallait que je me force à lui parler un peu plus, me dis-je, me trouvant ridicule par la même occasion, parce que je n'étais vraiment pas doué pour ce genre de choses. Qui plus est, avec la chance que j'avais depuis ce matin, nous allions passer le reste du cours avec nos cache-oreilles sur la tête, elle ne me regarderait même pas et filerait une fois le cours fini comme à son habitude...


- ... Mettez-vous en binôme et je compte sur vous pour vous occuper de deux Mandragors par table. Prenez-garde, elles sont un peu énervées en ce moment; et n'ôtez surtout pas vos cache-oreilles quand elles sont hors du pot. Je veux que vous me rendiez un parchemin de trente centimètres à la fin du cours où vous me faites un compte-rendu de vos travaux pratiques et où vous me parler des philtres de Mandragore.

En binôme! Je fermai un peu trop bruyamment mon livre alors que les élèves s'agitaient doucement, jetai un coup d'oeil derrière moi - personne ne s'approchait et ne voulait se mettre avec Haley?... - puis m'extorquai au courage. Je pris mes affaires et m'approchai de sa table, me plantant devant la chaise vide. Quand elle me regarda enfin, j'eus un petit sourire et me sentis un peu gêné avant de prononcer pas trop fort :

- Tu... Tu veux bien être mon binôme?

Ridicule. Parfaitement ridicule. Je souris à nouveau, cette fois, comme pour m'excuser.

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SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Haley Collins
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MessageSujet: Re: « Nous avons de grands trésors sous les yeux... (Haley)   Sam 2 Juin - 1:45


Je suis un papillon de nuit qui a juste envie de prendre part à ta lumière,
Je ne suis qu'un insecte qui essaye de sortir de l'obscurité.
Les mouches étaient devenues mes meilleures amies en période de cours – oh, mouches ou créatures de même catégorie, peu importait, je ne faisais pas la difficile et étais donc une amie très tolérante. Avec l'arrivée des beaux jours, la faune renaissait en même temps que la flore. J'avais au départ pesté contre ce soleil qui brûlait ma peau trop blanche et non-familiarisée à l'environnement extérieur ; ce soleil qui matérialisait l'enfer dans lequel j'étais plongée : je me consumais. La désintégration de mon organisme passait par une nourriture malsaine, un sommeil agité, des pensées noires qui tournaient sans cesse dans le tambour de mes pensées. Heather, Taylord et Chuck avaient bien essayé de me lancer quelques seaux d'eau pour éteindre les flammes qui dansaient dans mon cœur et dont il ne restait que des cendres, mais si j'avais été divertie quelques instants, la chute était d'autant plus brutale. Ils avaient tous d'autres pré-occupations, évidemment. Ils n'avaient pas le temps de se battre pour recoudre mes plaies, trop occupés qu'ils étaient à s'en créer de nouvelles. Alors, une fois partis, il me restait ce soleil que je haïssais, ce ciel trop bleu qui pesait si lourd au dessus de ma tête, les oiseaux qui passaient comme des étoiles filantes près des nuages, et les insectes – les habituelles mouches, mais aussi quelques étranges insectes intrigants qui évoluaient dans l'ombre, sous les tables de cours, le long des murs, dans le pli des rideaux. J'assistais actuellement à un cours de botanique et avait ainsi beaucoup d'amis à ma disposition.

Mon désintérêt pour les cours allait croissant. Celle qui avait toujours été un modèle et une élève assidue s'était évaporée pour renaître en statue, muette et impassible. Je laissais les minutes s'écouler en notant quelques mots attrapés au vol, ceux qui frappaient mon esprit anesthésié de temps à autres, parce que je savais inconsciemment qu'ils étaient les plus importants, ou tout simplement parce que le professeur les prononçait d'un ton plus haut. Si les insectes étaient ma source première d'occupation, c'est que je ne pouvais pas m'occuper à griffonner des dessins abstraits sur mes parchemins ; je n'avais jamais eu de talents pour le dessin, et les rares fois où j'avais gribouillé quelque chose, c'était en laissant ma plume se perdre sur le parchemin, distraite par une conversation que je tenais avec une camarade. En reportant mon attention sur les traits que j'avais tracé, ce que j'avais vu m'avait tant déplu et effrayé que je prenais garde à ne plus me risquer à cet exercice, découvrant la puissance perfide de mon inconscient. Il était insupportable de constater que tout ce que j’essayais de refouler au mieux parvenait toujours à se frayer un chemin pour resurgir et frapper. Frapper. Frapper. Il m'arrivait souvent de penser à une solution... une solution dont je n'avais encore parlé à personne, pas même à Heather, dont je regrettais de plus en plus l'éloignement. J'étais incapable de lui narrer les événement récents et de lui avouer les pensées néfastes qui s'étaient emparées de ma raison. Peut-être était-ce parce que j'étais si incapable de parler que Chuck était la personne dont j'étais la plus proche. Il savait. Alors, oui, il devait ensuite me tirer les cheveux pour me faire accepter de prendre un peu l'air, ne cessant de me reprocher mon état de zombie croisé avec un ours en hibernation et un fantôme délavé, mais c'était là la contrepartie. Mais même à lui, je lui cachais. Je lui cachais à quel point je songeais de plus en plus à subir un sortilège d'Oubliettes pour que mes souffrances disparaissent. Ma mère ne m'écrivait plus depuis plusieurs semaines. Depuis le décès de mon père, je savais que son état empirait – je l'avais vu se dégrader au fil des étés. Elle qui avait toujours été si soucieuse des notions de propreté et de tenue s'était effondrée, petit à petit. Elle avait été recueillie par une parente éloignée, m'avait-elle dit, et reviendrait pour mon retour, en Juillet. J'ignorais où elle se trouvait actuellement et j'étais certaine qu'elle ne tiendrait pas cette promesse. Ma mère avait été si effacée ces trois dernières années et si froide pendant les treize premières de mon existence de légume chétif que j'en venais même à me considérer comme orpheline. J'avais eu des parents, un jour. Ils n'existaient plus. J'avais une cousine, depuis toujours. Elle refusait que je fasse partie de sa vie. Stephen s'était éloigné dans mon naufrage. Heather tentait d'être présente au mieux mais je savais qu'elle était pré-occupée par ses propres soucis. Taylord et Chuck s'occupaient aussi, chacun de leur côté, mais surtout, ensemble. Scott... Scott était allé au bal avec Lilian. Il avait évidemment choisi la belle à la bête. J'avais été, une nouvelle fois, idiote. J'étais seule. Il ne me restait que le soleil sec et les insectes. Et l'idée persistante de subir un sortilèges d'Oubliettes pour renaître. C'était une mort douce suivie d'une résurrection. Je savais que c'était impossible, mais cette idée... stupide, tellement stupide, bien que tentatrice, s'était incrustée dans mon esprit et ne le quittait plus. J'avais tout mené à l'échec. A quoi bon persister puisque plus rien n'existait et que je n'existais plus pour personne ? Il n'y avait que Chuck. Chuck. C'était bien les seules fois où je souriais – avec lui, ou juste en songeant à ce fait si étrange.


- ... Mettez-vous en binôme et je compte sur vous pour vous occuper de deux Mandragors par table. Prenez-garde, elles sont un peu énervées en ce moment; et n'ôtez surtout pas vos cache-oreilles quand elles sont hors du pot. Je veux que vous me rendiez un parchemin de trente centimètres à la fin du cours où vous me faites un compte-rendu de vos travaux pratiques et où vous me parler des philtres de Mandragore.

Les injonctions du professeur Sawyer vinrent interrompre le cours de mes pensées – il avait du prononcer ces dernières phrases sur un ton plus élevé pour réaliser cet exploit. Les élèves s'affairaient déjà à trouver leur partenaire idéal tandis que ce mot de « binôme » me donnait des sueurs froides. Passer à la pratique allait faire passer le temps plus vite, mais je sentais déjà mon estomac se contracter à cette idée de partenariat. J'avais toujours détesté les travaux de groupes. Des désaccords, des disputes, voilà ce à quoi je rattachais ceux-ci. J'étais bien plus à l'aise seule. Je faisais pianoter mes doigts sur le rebord de ma table, attendant que le dernier élève demeuré seul se tourne inévitablement vers moi – pauvre de lui – mais ce fût une silhouette connue qui s'approcha et dont la voix s'éleva :

- Tu... tu veux être mon binôme ?

Scott, l'air un peu penaud et gêné, un sourire timide mais profondément gentil sur les lèvres. Je restais quelques secondes muettes, étonnée que quelqu'un me fasse une telle proposition mais surtout frappée par tant de candeur et de spontanéité, source de son bafouillage. Je n'étais jamais très à l'aise lors des travaux en groupe, et si la présence de Scott était préférable à toute autre, je ne pouvais m'empêcher de me sentir irrémédiablement... étrange en sa compagnie. Nous nous étions quelquefois reparlés, depuis notre soirée sur la tour d'astronomie, mais Scott, comme tous les autres, avaient été ensuite... occupé. Et si j'avais autant de mal à lui parler et à accepter sa présence, c'était parce que je ne savais pas... comment le définir. Notre baiser – qui avait été mon premier, mon tout premier... – avait été comme une évidence, puis ensuite... ensuite, j'avais été perdue. Cela avait été spontané, sans réflexion préalable, et nous n'étions même pas de vrais amis proches ; nous nous étions toujours parlés, avec gentillesse, et ensuite confiés, en haut de la tour d'astronomie ; mais quelque chose m'empêchait de le considérer comme mon ami. Et ce quelque chose était bien ce baiser qui compliquait tout dans mon esprit. J'aurais pu l'accepter comme étant aussi futile qu'une simple bise, comme le faisait sans doute Scott, mais il avait été mon premier... et cela m'était impossible. Contre mon gré, j'y avais accordé de l'importance. Scott avait mis un peu de lumière dans ma nuit avant de s'éclipser vers d'autres horizons. Nos rapports étaient restés amicaux. Mais ce sentiment d'inconfort me laissait un goût d'amertume. Je lui souris cependant, parce que je le trouvais si touchant et vulnérable que j'en fus attendrie tandis que, comme toujours dans ce genre de situation, le rouge me montait aux joues.

- Bien sûr !

Il avait ce don de m'apaiser qui m'étonnait toujours.

L'avantage et l'inconvénient d'avoir un binôme aussi... aussi... bien, que Scott, était que j'allais devoir travailler. Travailler vraiment. Aurais-je été avec un autre élève, j'aurais fait rapidement mon travail sans dire un mot – très pratique comme sujet, les Mandragores ; un cache-oreilles : que demander de plus ? Mais dans ce cas, je ne voulais pas qu'il me voit aussi faible que je l'étais. Le lendemain de notre soirée – et nuit – passée ensemble, c'était la honte plus que n'importe quelle autre émotion qui m'avait envahie. Elle ne m'avait plus vraiment quittée, depuis, quand il s'agissait de Scott, et ma raison me soufflait que le seul remède pour la faire disparaître était de lui poser toutes les interrogations qui germaient dans mon esprit et tous les mots que je brûlais de lui dire. Ainsi, en sa présence, je me taisais donc, sinon pour évoquer les banalités du quotidien. Je ne voulais plus lui parler de Stephen. Je n'aurais peut-être jamais du le faire, d'ailleurs. J'étais convaincue que notre baiser ne m'aurait pas laissé ce goût d'amertume si j'avais évité le sujet. Stephen m'attirait et... j'avais embrassé Scott ? D'amitié, certes. Mais embrasse t-on les gens d'amitié ? Est-ce qu'un tel baiser peut véritablement pouvoir ne rien dire d'autre ? J'avais tellement vu ce genre de gestes signifier plus, bien plus... le genre de geste que... Bref. C'était passé. Et, puisque nous l'avions fait, cela devait sans aucun doute être correct. Moral. Normal..?

Je me décalais un peu ma chaise sur la gauche pour laisser la place à Scott de s'installer. Les Mandragores, je connaissais ; l'ancienne Haley s'y était déjà familiarisée dans les livres. Mais alors que je m'emparais des gants pour en donner une paire à mon partenaire et garder l'autre pour moi, je m'aperçus que mes mains tremblaient légèrement, et mon cœur se mit à tambouriner dans ma poitrine. Je lui passais cependant, et, pour démontrer que je n'étais soumise à aucun stress, me mit à parler :


– Fais attention à bien cacher tes oreilles surtout, leur cri est mortel, quand elles ont atteint l'âge adulte en tout cas, mais même jeune, elles peuvent provoquer des évanouissements... mais Sawyer l'a sans doute déjà dit et puis... enfin, je suis sûre que tu le sais déjà, désolée, dis-je avec un sourire, comme pour m'excuser de douter de ses capacités. Quelle catastrophe. Note à moi-même : arrêter d'essayer de ne pas avoir l'air angoissée, CA NE MARCHE PAS. Ça ne marche jamais. Parce que ce serait embêtant de t'emmener à l'infirmerie... enfin, non, je ne voulais pas dire ça !, m'exclamai-je en écarquillant les yeux d'horreur – que quelqu'un me métamorphose en pudding, par pitié... Excuse-moi, ça m'effraie un peu et du coup je suis stressée, mentais-je à moitié en me mordant la lèvre inférieure.

Les mots s'échappaient de ma bouche, incontrôlables, car je cherchais justement à les contrôler. Scott était bien la dernière personne devant laquelle je cherchais à garder un semblant de dignité, si j'en avais déjà eu un jour. Je ne voulais pas qu'il garde de moi cette image de fille abattue et désespérée que j'étais pourtant toujours. Comme tous les autres, il avait du sans doute voir mon fantôme passant dans la salle commune, mais quand je me retrouvais ainsi à discuter à ses côtés, je ré-activais mon organisme et mes capacités intellectuelles peut-être... peut-être, pour, au fond, ne pas le décevoir. Parce que nous nous étions dit que tout allait être mieux. Je ne voulais pas lui montrer que j'avais l'impression de ne pas sortir de ce tourbillon noir qui m'emportait continuellement et duquel j'espérais qu'il était sortit, puisque nous avions partagé le même.

Je regardais un instant les instruments qui étaient à notre disposition et en concluais qu'il fallait nourrir les Mandragores. La partie théorique allait être facile – je connaissais les propriétés du philtre sur le bout de doigts, il fallait juste que je m'en souvienne. La pratique allait s'avérer plus compliquée, mais, étrangement, je n'avais pas peur. Peut-être parce que je considérais les plantes et les animaux comme mes plus fidèles compagnons, ces derniers temps. Non, ce dont j'étais effrayée, c'était qu'avec un binôme tel que Scott, notre travail allait être rapidement terminé, et plutôt bien, si tout se passait correctement, et qu'ainsi nous allions nous retrouvez les yeux dans les yeux en attendant la fin du cours, ce qui ne me réjouissait guère, étrangement.


– Je vais chercher les Mandragores, m'exclamai-je en ajustant bien mes gants à mes mains et en me levant pour aller chercher deux pots sans lui laisser le temps de réagir. J'aurais sans doute pu utiliser Accio pour les amener à notre table, mais je me sentais si fragile aux côtés de Scott, parce que je fournissais de réels efforts de courage et de volonté alors que je ne souhaitais que m'enfouir dans mes pensées, que j'avais l'affreuse envie de l'éviter. Je pris donc mon temps, amenant le premier pot en face de Scott, puis le second en face de ma place, sérieuse et appliquée. On les prend une par une ? Un la sort du pot et l'autre lui donne à manger ? Comme tu veux, l'interrogeais-je en le regardant et en ponctuant ma phrase d'un petit sourire pour paraître moins rude, mais l'air impassible et volontaire – soit je m'efforçais à rester de marbre, soit je paniquais. Je ne voulais pas paniquer. Ne surtout pas paniquer.
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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: « Nous avons de grands trésors sous les yeux... (Haley)   Sam 9 Juin - 15:13

Rarement, je crois, je n'avais vu une personne avec des yeux si impressionnants. Ils étaient beaux, de ce genre de bleu qui change selon la lumière et semble être composé de petits cristaux taillés dans des pierres différentes, de tous les bleus différents qui puissent exister. Mais il y avait plus que cela, il y avait une ombre derrière ces nuances diverses, et quand on s'y penchait bien, quand on regardait réellement Haley dans les yeux et qu'elle ne les baissait pas comme elle le faisait le plus souvent, on pouvait constater qu'il y avait l'océan qui allait et venait et transformait tour à tour les lueurs azurées. J'aurais pu rester des heures, en vérité, à observer ses yeux car ils n'avaient de ce fait jamais la même lueur, la même couleur, car la mer en était bien trop changeante. Parfois le bleu était sombre comme un soir de tempête et le bleu profond et foncé respirait la nostalgie et les tourments, parfois, plus comme aujourd'hui, les petits cristaux étaient plus clairs et se mêlaient de gris, de bleu ciel et de bleu roi et malgré la timidité d'Haley ses yeux brillaient plus forts, comme si ils avaient été la partie de son être qui était capable d'exprimer sa réelle lumière. J'aimais Haley pour cette discrétion qui la caractérisait, d'ailleurs; elle était comme moi, réservée et timide, mais pourquoi au fond avions-nous besoin d'être expansifs et de nous montrer? Elle au moins me comprenait et c'était reposant d'être à ses côtés, les silences n'étaient pas pesants et je me sentais confiant, comme si ce double veillait sur moi, d'une manière ou d'une autre.

- Bien sûr ! dit-elle après un temps de latence, pendant lequel je noyais ma gêne dans la contemplation de ses yeux, alors que ses paupières qui battirent plusieurs fois ne me cachèrent pas son trouble.

Mon sourire s'agrandit, et je m'installai. Comme elle se décalait pour me laisser de la place je tirai le tabouret vers la table et me rendis compte que cette table n'était pas si grande qu'elle le paraissait et que j'étais réellement proche d'Haley. J'entrepris de sortir les affaires nécessaires à notre devoir, mon livre, du parchemin, des plumes, de l'encre, que je disposai devant moi avant de reposer mon sac au sol.

J'essayai surtout, et cela me surpris car je n'étais pas du genre à me laisser distraire par des pensées qui n'avaient rien à faire dans ce contexte, de calmer le reflux de mes souvenirs bien décidés à me repasser en boucle le petit film de ce qui s'était passé dans la tour d'Astronomie. Je me rappelai cette atmosphère étrange, froide et triste... Le ciel que l'on voyait se découper par la fenêtre, la force brillante des étoiles et tout ce que j'avais mis au clair ce soir-là. Et puis Haley, nos cœurs tristes, sa présence qui avait été une cure, et notre baiser, qui était arrivé sans que nous nous y soyons préparés et qui nous avait surpris sans pour autant nous offusquer. C'était un souvenir peu ordinaire. Cela ressemblait à un rêve, et pourtant je savais que ça ne l'était pas car toutes les fois ensuite où j'avais parlé et côtoyé Haley l'ombre de cette soirée planait au-dessus de nous. Ce n'était plus comme avant, il s'était passé quelque chose et si pourtant cela n'avait rien de dramatique nous le sentions tous les deux. J'aurais aimé lui faire comprendre que je ne voulais pas que cela change, que cela la gêne, mais je ne savais pas comment lui dire; être son binôme pour un banal cours de Botanique devrait nous y aider, non?... En ce moment, il y avait trop de personnes que je sentais se détourner de moi, et je n'avais pas envie qu'elle en fasse partie elle-aussi. Surtout que j'avais embrassé celle qui ne pensait qu'à mon meilleur ami... Comment devait-elle se sentir? Et moi, comment devais-je me sentir?

J'en avais assez de cette fatalité qui me poussait jour après jour dans mes retranchements. Taylord. Stephen. Haley. Je voulais juste... Que tout redevienne comme avant.

J'attrapai les gants qu'elle me tendit, tout en lui jetant un coup d'oeil à la dérobée. Je ne savais pas trop quelle attitude adopter, celle qui signifiait qu'il ne s'était rien passé, celle qui l'acceptait mais montrait que cela n'avait rien de grave, ou bien mon véritable ressenti, ce doute gênant et cette maladresse à ne pas savoir quel chemin emprunter. Je voulus parler pour masquer tout cela mais elle fut plus rapide :


– Fais attention à bien cacher tes oreilles surtout, leur cri est mortel, quand elles ont atteint l'âge adulte en tout cas, mais même jeune, elles peuvent provoquer des évanouissements... Je retins un sourire, non pas de moquerie mais réellement d'amusement car si j'avais dit qu'Haley et moi nous nous ressemblions, là encore c'en était la preuve. Je lisais dans ses paroles que de l'hésitation et du doute, et évidemment qu'elle n'avait pas réfléchi avant de me dire ces mots sur les Mandragores que je connaissais sur le bout des doigts. Mais je connaissais le trouble qui faisait parler pour parler, moi aussi. Mais Sawyer l'a sans doute déjà dit et puis... enfin, je suis sûre que tu le sais déjà, désolée.

J'haussai les épaules, juste pour lui dire que ce n'était pas grave, essayant de la mettre plus à l'aise :

- Je suis arrivé en retard et je n'ai pas tout entendu, au moins tu me rafraîchis les idées! dis-je d'un air entendu et j'espérais complice, mais je n'étais pas non plus le chef du self-control.


- Parce que ce serait embêtant de t'emmener à l'infirmerie... enfin, non, je ne voulais pas dire ça ! Excuse-moi, ça m'effraie un peu et du coup je suis stressée, confessa-t-elle enfin.

M'effraie? Avait-elle peur des Mandragores? Je jetai un coup d'oeil discret aux plantes au pots, dont les feuilles bougeaient paresseusement, attendant qu'on vienne leur donner leur pitance. D'accord, leur cri une fois adulte était mortel et ce n'était certainement pas des plantes avec lesquelles il fallait jouer. Mais celles-ci n'étaient que des jeunes pousses et... Nous avions des cache-oreilles, et bien évidemment que même si nous entendions leur cri nous n'en mourrions pas, d'ailleurs les professeurs savaient ce qu'ils faisaient. Ils n'auraient pas pris ce risque. Avoir peur des Mandragores était absolument irraisonné et ne m'avait jamais d'ailleurs effleuré, mais après tout, pourquoi pas. La peur par définition n'était jamais vraiment très rationnelle. Je posai mes gants devant moi, bien décidé à tout faire pour que ce cours se passe au mieux possible, pour Haley comme pour moi.


- Ne t'inquiète pas, ça ne risque vraiment rien, et puis Sawyer sait ce qu'il fait, je t'assure, conclus-je d'une voix posée et réconfortante. Je n'avais pas besoin de me forcer, pour cela : c'était tellement clair dans ma tête qu'il n'y avait aucun doute possible.

Elle proposa d'aller chercher les Mandragores et comme elle s'était levée en même temps je n'eus pas le temps de la devancer. Quand elle s'éloigna de la table et se joignit aux quelques élèves qui s'étaient levés eux aussi, je ne pus m'empêcher de la suivre des yeux avant de me forcer à regarder devant moi. Mon livre était encore fermé; je l'ouvris et le feuilletai jusqu'à trouver la page voulue, qui ne m'apprenait trop rien de plus que ce que je savais déjà sur les plantes que nous étions en train d'étudier. Mais il fallait à tout prix que je me donne une contenance. J'avais veau vouloir garder la face devant Haley, je n'en menais pas trop large. Et cela me dépitait. Pourquoi ça ne pouvait pas être simple? Comme quand on s'était embrassé? Mes pensées tourbillonnaient dans ma tête, et je n'aimais pas ça. J'enfilai mes gants, l'esprit concentré. Quand elle revient, il ne s'était pas passé plus de deux ou trois minutes. Pourtant, j'avais l'impression que le temps s'étirait et jouait avec nous.


- On les prend une par une ? Un la sort du pot et l'autre lui donne à manger ? Comme tu veux.

J'acquiesçai. Les cache-oreilles étaient devant moi et il fallait s'en parer; me penchant en avant pour les rattraper dans le but de tendre le sien à Haley, je ne me rendis pas compte qu'elle faisait le même geste que moi, sans calculer mon geste non plus, ce qui fait que ma main frôla la sienne quand je saisis les deux cache-oreilles avant elle et, surpris, je me retournai pour me trouver nez à nez avec elle, de manière bien plus proche que je n'aurais pu les imaginer. Un intense trouble m'agita et je sentis ma gorge se serrer alors qu'elle était trop près, bien trop près, pendant une fraction de seconde - et les détails de ses yeux que je voyais nettement me rappelait les quelques secondes avant notre baiser - et je sus qu'il fallait absolument que je réagisse, d'une manière ou d'une autre. Sans savoir pourquoi, ma première réaction fut de m'emparer de son cache-oreilles et de lui glisser sur la tête délicatement; sans doute pour avoir une réelle raison d'être si près d'elle. Je pris garde à la toucher le moins possible mais lorsque je calai les extrémités sur ses oreilles, mes doigts frôlèrent ses cheveux et sa nuque. Je m'écartai bien vite et mis le mien, me reconcentrant du mieux que je pouvais devant la plante devant moi.

- Tiens, voilà, c'est bon, bon, on y va?

Elle ne peut pas t'entendre, me dis-je avec la parfaite impression d'être un imbécile.

Je jetai un sortilège autour de notre table, comme l'indiquait le protocole, pour que les élèves qui travaillent dans la même selle que nous ne soient pas victimes des cris de nos Mandragores le temps que nous nous en occupions. Et je me tournai vers Haley, lui faisant signe en levant le pouce pour m'assurer qu'elle était prête. Je pris ensuite les feuilles du mieux que je pus, sans les abîmer, et tirai d'un petit coup sec la Mandragore de son pot. Les racines ressemblaient à un affreux petit bonhomme fripé et gigotant comme un bébé, ouvrant la bouche pour pousser ce cri que nous ne pouvions pas entendre. Je présentai la Mandragore face à Haley pour qu'elle puisse lui mettre dans la gorge la dose de nourriture, et attendis qu'elle ait fini. Puis, je remis tant bien que mal la plante dans son pot - j'avais bien du mal à réunir toutes les racines et les faire disparaître sous la terre car elles s'agitaient - et la recouvris avec ma baguette puis tapotai le tout avec mes doigts, par habitude, pour que la terre soit bien tassée. J'écrivis ensuite sur le parchemin les caractéristiques de notre Mandragore, l'age qu'elle devait avoir etc, et ce que nous lui avions donné à manger.

Je fis ensuite glisser mon cache-oreille un peu en arrière et fis un signe à Haley pour qu'elle m'écoute, voulant m'assurer que tout s'était bien passé :


- Tu vois, il n'y a rien à craindre, souris-je, parce que vraiment ce n'était pas ce genre de plantes qui pourrait nous faire du souci aussi. Mais plus j'essayai de la rassurer, plus je me demandais ce qui au fond, réellement, l'effrayait... J'enchaînai, perplexe : On fait la deuxième? Je pris à mon tour la petite fourchette et, après m'être raclé la gorge, mine de rien, je tentai de détendre un peu l'atmosphère : Et sinon, tu vas mieux depuis la dernière fois?

... D'une manière peu habile, je le reconnais volontiers.

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MessageSujet: Re: « Nous avons de grands trésors sous les yeux... (Haley)   Dim 10 Juin - 15:01

Scott m'avait cru. Rien de difficile à cet exercice, j'imagine : j'étais tant en proie à l'angoisse qui m'enserrait le cœur et l'estomac qu'il était facile pour la chose vulnérable que j'étais de faire passer mon attitude au crédit de la peur que je ressentais à l'encontre des Mandragores. Alors qu'en vérité... elles n'étaient certes pas très attirantes, mais je ne les craignais pas. Je suis indéniablement sujette à l'inquiétude et à l'effroi, fréquemment, même, mais en ce qui concerne l'humain, et non le végétal ou l'animal. Je m'en étais aperçue au fil des années : plus je passais de temps en cours et auprès des autres, plus cette observation était une évidence. Je n'avais jamais peur des sujets que nous étudions en cours de botanique, ni des animaux en cours de soin aux créatures magiques. Face aux choses parfois peu ragoûtantes de notre programme, je n'éprouvais ni attirance ni répulsion ; j'abordais le travail à accomplir avec un regard scientifique, raisonné, méthodique. Cela m'avait étonné ; moi qui me pensait si instable et fragile mentalement, je supportais la vue des Veracrasses et autres créatures qui arrachaient des grimaces de dégoûts à certaines congénères féminines. Je restais de marbre et menait à terme ce qui nous avait été demandé.

Il n'y avait pas de directives données en ce qui concernait l'humain. Pas de programme, pas d'étapes à suivre au fur et à mesure dont la réussite mènerait à l'obtention d'une bonne note. Rien de concret qui puisse me servir de repère, d'appui ou de pilier ; aucune règle pour m'empêcher de sortir du bon chemin (y a t-il un bonne voie à prendre ? une bonne conduite à adopter ?) ; pas un indice pour me diriger. J'étais livrée à moi-même dans la grande jungle des sentiments humains. Je m'y étais perdue, dernièrement, et ne vibrais plus qu'à travers l'excès : de passion, de colère, de haine, de folie, aussi, un peu, peut-être. La vague déferlante passée, je m'étais de nouveau recroquevillée dans ma coquille, rassemblant les cendres de ma fureur passée, fureur qui avait éclatée dans un vacarme épouvantable – mais j'avais été la seule à l'entendre, à le voir, à le sentir. Extérieurement, je n'étais qu'un sujet dérisoire ; Chuck me l'avait prouvé à maintes reprises. C'était d'ailleurs d'une injustice rageante : quand Chuck s'énervait, tout le monde le prenait au sérieux ; quand c'était moi qui entrait dans un état de colère avancé, je ne récoltais que des réactions amusées. On ne me prenait jamais au sérieux, ce qui décuplait mon irritabilité, toujours aussi sourde pour autrui. La passion affaiblie, la raison reprenait doucement le pas dans mon esprit. Avec le recul, je prenais conscience de mes erreurs. J'avais emprunté la mauvaise voix, et tentais au mieux de rebrousser chemin. Mais l'évidence se faisait de plus en plus frappante : il était trop tard. Ma raison me dictait de ne plus ressasser sans cesse les événements passés, d'effacer ces visages – un au teint mat, l'autre encadré d'une crinière de paille – de ma mémoire, pour en ancrer de nouveaux ; mon cœur, comme d'habitude, n'obéissait pas. Il avait encadré ces moments douloureux dans la cloison de ma poitrine et ne battait qu'au rythme des souffrances qu'ils m'inspiraient. J'avançais à reculons, sans cesse rattrapée par ces émotions et ces images qui me hantaient.

J'avais l'impression d'avancer sur une route d'échecs perpétuels : même les plus petites résolutions tombaient à l'eau. La seule directive que je m'étais imposée et que j'avais réussi à tenir était celle qui consistait à manger plus de légumes – mon corps réclamait de plus en plus de choses sucrées et mon cerveau fonctionnait encore assez pour réaliser que c'était mauvais pour mon organisme.

Ce que j'avais traversé et qui m'avait bouleversé devait se lire sur mon visage avec une facilité déconcertante : les camarades qui m'appréciaient à peu près s'étaient inquiétées de mon état, tout au moins, au début ; leurs tentatives ayant échouées, elles avaient bien vite baissées les bras, à ma plus grande satisfaction. Je n'essayais même plus de composer un visage souriant. Je ne suis jamais parvenue à prétendre être ce que je ne suis pas, et c'est une capacité que j'envie à beaucoup. Lorsque j'étais triste, tout en moi n'était que tristesse, je le sentais, au fond de moi, et le lisais sur le regard que les autres me portaient. Chuck, Taylord, Heather, Scott, et évidemment... Stephen : tous m'avaient vu dans ma plus grande noirceur. Je n'avais plus rien à prouver à personne, si ce n'était à Scott. Parce qu'inconsciemment, ce soir-là, nous avions formulé une promesse tacite : celle d'aller mieux et de ne pas se laisser abattre. A part de la timidité, je ne lisais pas d'autres émotions négatives sur les traits doux de Scott. Je n'avais que cette stupide excuse – craindre les Mandragores – pour cacher à quel point je peinais à remonter la pente sur laquelle j'avais progressivement glissée.


Ne t'inquiète pas, ça ne risque vraiment rien, et puis Sawyer sait ce qu'il fait, je t'assure.

Aurais-je véritablement eu peur que les paroles de Scott m'auraient sans aucun rassurée. Autant ses mots que la courbe de ses lèvres – il souriait – étaient délicieusement apaisants. Avec ce regard, ce sourire, et ces mots, j'aurais pu mettre ma vie entre les mains de Scott. Il semblait si doux, si confiant, si... gentil – pas de cette gentillesse passive qui me qualifiait, mais de la bonté pure – qu'une douce chaleur se propagea un instant aux alentours de mon cœur... avant que celui-ci ne se remette à battre de plus belle lorsque je réalisais que je ne le méritais pas. Scott me rassurait d'une peur inexistante ; mais, peut-être par égoïsme, je me contentai de lui sourire en retour et de prononcer un «
D'accord » timide. Il y avait si longtemps qu'on ne m'avait pas témoigné une telle attention. Il y avait Chuck, bien sûr – il y avait toujours Chuck, ces derniers temps –, mais celui-ci n'était pas particulièrement connu pour son pouvoir relaxant et sa douceur à toute épreuve.

Il avait accepté ma proposition de travail, aussi, par peur d'être démasquée, je pris précipitamment un cache-oreille afin de commencer dès à présent, pour pouvoir ensuite me réfugier dans le silence. Mais nous avions rué nos mains en même temps vers les cache-oreilles, et elles se frôlèrent, et le contact de sa peau ramena à ma mémoire cette nuit, toujours elle, cette même nuit qui se matérialisait devant mes yeux à chaque fois que mon regard se posait sur Scott, cette nuit ou sa main s'était posée sur la mienne, et les battements de mon cœur redoublèrent et j'eus l'impression qu'ils furent multipliés par mille quand Scott tourna son visage vers le mien, quand quelques centimètres seulement séparèrent nos deux visages – ce petit espace qui m'était familier et qui distillait dans mon corps une émotion de tristesse mêlée de douceur et de la peur de l'inconnu, aussi. Avant que mes joues eurent le temps de s'enflammer, je sentis ses mains douces et délicates – quoiqu'un peu nerveuses, peut-être – s'affairer autour de ma tête pour y poser un cache-oreille, et je fus inévitablement parcourue d'un frisson quand ses doigts frôlèrent ma nuque.

Encore émoustillée par ces contacts qui ne m'avaient pas révulsé – les câlins intentionnellement expansifs de Chuck m'arrachaient toujours une grimace, et il le faisait à escient, le perfide –, mais qui m'avait fait baissé les yeux, trop troublée pour soutenir le bleu profond du regard de Scott, je le regardai de nouveau et vit ses lèvres bouger. Cependant, tout n'était plus que silence : les cache-oreilles étaient parfaitement imperméables au son. Seuls des sortes d'acouphènes se faisaient entendre, et je sentis un sourire béat s'étirer sur mes lèvres en observant Scott parler dans le vide. L'absence de l'ouïe focalisa mon attention sur le mouvement de ses lèvres ; mais il s'aperçut bien vite que ses paroles étaient vaines et m'adressa à la place un signe à l'aide de son pouce levé après avoir jeté le sortilège protocolaire – heureusement qu'il était là, je n'y aurais pas pensé moi-même... même si il était aussi fort possible que ce soit sa présence qui me l'ai fait oublié.

Je levai mon pouce à mon tour, et nous commençâmes à travailler, méthodiques et appliqués... en apparence, tout au moins. Alors que Scott arrachait la Mandragore de son pot et me la présentait – elle s'agitait et brassait l'air avec ses petits poings noueux tandis que son visage monstrueux et ratatiné était défiguré par ses cris muets –, je pris la nourriture adéquate et la fit ingérer à la créature. Mais mon esprit était ailleurs, tout comme mes envies. Ce n'était décidément pas les Mandragores que je craignais, mais la tension palpable qui planait à chacun de nos regards, les frémissements de nos lèvres relevées en sourires solidaires, les gestes précautionneux que chacun effectuait. Je prenais garde à ne pas le toucher, ni à l'effleurer, craignant les réactions spontanées de mon cœur et de mon esprit. Je ressentais une certaine tension électrisante entre nos deux organismes, et j’espérais pourtant être partout sauf ici, en sa compagnie. Je refusais qu'il découvre que depuis notre nuit ensemble, je n'avais fait que plonger un peu plus, que de le voir au bras de Lilian au bal avait de ré-ouvert les plaies qu'il avait réussi à panser partiellement. Et maintenant, elles étaient béantes, prêtes à saigner de nouveau si nous abordions le sujet. Pourtant... pourtant, je savais que c'était nécessaire pour remédier à cette situation qui m'angoissait chaque minute un peu plus. Quand Scott me fit un nouveau signe pour attirer mon attention, il avait terminé de mettre nos observations sur papier. Je n'avais rien rédigé, perdue dans mes pensées, et espérais que nous devions rendre un parchemin pour deux à la fin du cours. Les consignes s'étaient déjà évaporées bien loin de mon esprit... Je fis descendre mon cache-oreilles autour de mon cou pour l'écouter.


Tu vois, il n'y a rien à craindre.

Il me souriait, comme d'habitude, et je me décomposais intérieurement, de peur qu'il ne m'ait percée à jour.

C'est vrai, répondis-je avec un sourire timide, incapable de développer ma réponse factice.

On fait la deuxième?

Allons-y, m'exclamai-je avec un semblait d'entrain, prête à remettre mon cache-oreilles. Peut-être allait-il croire que j'allais véritablement mieux, peut-être allions retrouver nos rapports amicaux on ne peut plus normaux, peut-être allais-je être débarrassée de toute cette tension qui me pesait, peut-être...

Et sinon, tu vas mieux depuis la dernière fois?

Sa voix s'éleva avant que j'ai pu faire faire un geste. Mon cœur tomba au fond de ma poitrine avant que j'ai pu m'y préparer. Évidemment, parce que Scott était un garçon attentionné, il allait s'enquérir de mon état. Que lui dire ? J'avais fait tant d'efforts pour enfouir tout ces mauvais souvenirs que je ne voulais plus évoquer. J'avais même essayé d'oublier notre baiser qui m'avait paru être une trahison aux sentiments que j'avais éprouvé envers Stephen, et qui m'avait laissé un goût d'amertume après le bal de Noël... Scott était le dernier maillon qui me rattachait à ces sombres semaines. Je déglutis avec difficulté et le mensonge s'échappa spontanément de mes lèvres.

Oui, oui, depuis le temps, répondis-je sans le regarder comme si c'était une évidence, faussement pré-occupée par les éléments disposés sur notre table et que je rangeais – dérangeais, plutôt – avec un semblant d'organisation. Je m'aperçus la seconde qui suivit que je lui reprochais inconsciemment son absence – oh, il avait été là... mais pas aussi présent que je l'avais, au fond, souhaité –, reproche que je ne voulais pas lui faire. Scott n'avait eu aucune obligation. Nous n'étions en rien attachés, nos rapports étaient simplement et passablement amicaux, il avait bien d'autres hippogriffes à fouetter, et... zut ! Plus j’essayais de la déculpabiliser, et plus je lui en voulais. Je sentis les répercussions de mon amitié avec Chuck dans les mots que je prononçais ensuite, volontairement provocateurs et plein de sous-entendus : J'ai juste eu une petite rechute lors du bal de Noël. Mais, lancée sur la voie des mensonges et mon amertume ayant refait surface, je continuais, fatalement entraînée par l'ironie. Oh mais maintenant, ça va beaucoup mieux ! Fiancée, enceinte, partie en vacances aux Caraïbes, trois chats, deux crapauds, je suis rayonnante de bonheur, comme tu peux le voir.

Le petit instrument métallique que j'avais pris était secoué entre mes mains tremblantes tandis que je réalisais l'énormité de mes propos. Je n'avais jamais voulu être aussi incisive et mauvaise, aussi, je m'empressais de rectifier mes dires en les dé-dramatisant avant qu'il ne puisse réagir, relevant pour la première fois les yeux vers lui.

Désolée, je plaisantais, je ne voulais pas être désagréable, je... vais bien, je t'assure. Enfin bref, comment tu vas toi ? Tu as l'air en forme, rajoutai-je avec un semblant de sourire – mais plus j'en faisais, plus ils me semblaient faux. J'aurais aimé remettre immédiatement mon cache-oreille, finir le travail, et quitter ce cours, mais j'étais désormais entraînée dans une machine infernale que j'avais moi-même lancée. Je me mordais déjà les doigts d'avoir cédée à mes ressentiments. J'arrivais de moins en moins à me contrôler. Alors qu'auparavant, tout en moi n'était que refoulements intérieurs et silences de plomb à l'extérieur, aujourd'hui, j'étais incapable de retenir ce que je pensais, pensées qui resurgissaient toujours de manière masquée mais souvent parfaitement déchiffrable. Depuis ce fameux après-midi ensoleillé avec Chuck, où j'avais craché tout ce qui me pesait sur le cœur, la dissimulation n'était plus mon domaine de prédilection. A mon plus grand malheur.
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MessageSujet: Re: « Nous avons de grands trésors sous les yeux... (Haley)   Mar 26 Juin - 23:15

J'étais partagé entre deux états d'esprit : soit cette journée avait mal commencé et s'évertuait à continuer de la sorte, soit au contraire elle avait mal commencé certes mais s'arrangeait d'heure en heure. Pour la première hypothèse, je pouvais avancer que mon réveil brutal et en retard, ma course effrénée, mon petit déjeuner avorté, amorçaient déjà la mauvaise journée, et s'ajoutaient à cela ma terrible timidité et mes gestes maladroits alors que pour une fois je faisais équipe avec Haley et que c'était justement le moment de rattraper le temps perdu. Qui plus est, je voulais la mettre à l'aise, mais les seules paroles que je trouvais à dire étaient plates ou mal placées et je n'arrivais pas à la mettre à l'aise elle aussi. Pour la deuxième hypothèse, cependant... Après ce terrible commencement, j'assistais à un cours des plus simples et des plus pratiques pour me laisser discuter avec ma voisine, voisine à qui j'avais justement envie de parler, et ce cours me permettait d'ailleurs de renouer avec elle après cette bulle étrange qui nous entourait depuis le soir de la tour d'astronomie. Même si je ne me débrouillais pas terriblement bien en matière de socialisation - j'aurais été Stephen j'aurais déjà trouvé quelques paroles brillantes à dire pour l'impressionner tout en ne souhaitant pas le faire, mais Stephen en compagnie d'Haley n'était pas un sujet qu'il était judicieux d'aborder pour alléger l'atmosphère - c'était au moins de ça, de passer du temps avec elle, de faire des travaux avec elle, de...

C'était terrible et j'avais envie de me maudire moi-même, mais ses regards un peu timides, ses gestes hâtifs, ses attitudes et sa voix trop voilée parfois, tout cela me faisait quelque chose à l'intérieur de moi et je savais, oh, je le savais maintenant, que c'était dangereux, bien dangereux pour le pauvre garçon que j'étais et qui plaisait sans doute quelques temps avant qu'on lui préfère un autre. Je m'intéressais bien trop à Haley pour qu'elle me laisse indifférent. Et ce n'était même pas pour oublier Taylord ou quoi que ce soit - en cela, Lilian m'avait beaucoup aidé et sûrement moi aussi, et pour cela je ne lui serais jamais assez reconnaissant - mais Haley... Haley était Haley, Haley était différente, je me sentais à la fois tellement proche d'elle, mais aussi, distant, parce qu'il y avait cette notion d'interdit, de morale, qui planait dans ma tête. Haley était (encore?) amoureuse de Stephen. Stephen était mon ami. Je ne voulais pas lui voler ses amies ou ses petites amies, ce n'était pas mon genre, car j'étais bien trop loyal pour ça. Sauf qu'il n 'avait pas un regard pour elle et... beaucoup de regards pour une autre, et je savais qu'il était inutile de lui mettre le fait devant les yeux, car hélas pour Haley, Lizlor était en ce moment bien plus attirante aux yeux de Stephen pour qu'il aperçoive qui que ce soit d'autre. A quel moment le trahissais-je en me rapprochant d'Haley, tout en devinant de plus en plus que j'avais peut-être envie de retourner en haut de la Tour d'Astronomie?

Je me détestais d'en arriver là tout comme je me détestais de n'être pas capable de me détacher de Stephen une bonne fois pour toute, parce qu'au fond je le savais que je ne le privais de rien puisqu'il passait son temps avec Lizlor... Cette notion de trahison m'était abjecte tout autant qu'elle m'attachait un boulet au pied. Ma position n'était pas des plus aisées. Et Haley, dans tout ça? Elle ne se conduisait pas comme quelqu'un qui n'en avait rien à faire de moi et... Elle m'avait embrassé, ou tout du moins, elle n'avait pas dit non. Et alors? Ca n'engageait à rien.

J'eus envie de taper dans le pot de la Mandragore devant moi pour qu'il s'explose à terre et que nous n'ayons plus à refaire l'exercice, de rendre notre devoir, et de partir comme j'étais arrivé, en courant à moitié. Je détestais cette impression d'heurter mes valeurs, celles des autres, tout en écoutant cette petite voix qui m'incitait à faire enfin ce dont
moi j'avais envie. Qui pouvait me le reprocher? Si Stephen était mon ami comme j'étais le sien, alors, il n'aurait pas le droit de m'en vouloir pour ça.


– Oui, oui, depuis le temps, me répondit Haley.

J'attendis la suite en silence, le regard posé sur ses gestes qui allaient et venaient sur la table et rangeaient nos ustensiles de la façon la plus inutile qui soit, mais je ne pus m'empêcher de noter toutefois qu'il y avait une logique dans ses gestes aléatoires et un schéma de rangement puis de bouleversement de ce même rangement qui défiaient toutes les lois de la maniaquerie. Oh, à ce sujet, je n'allais pas me moquer; j'aimais l'ordre et j'avais souffert de son manque en grandissant au milieu de la tornade de mes frères et soeurs.

Depuis le temps... Y avait-il une remarque voilée derrière ces trois mots, un souvenir de notre soirée puis le vide qui l'avait suivie? Je fronçai les sourcils en prenant garde de ne pas la regarder, et me concentrant moi aussi sur tout autre chose, à savoir notre devoir où je notais quelques dernières phrases recopiées du livre ouvert devant nous. En même temps... En même temps nous ne nous étions rien promis, car nous avions été aussi surpris l'un que l'autre. Et puis, ses aveux ce soir-là n'aurait engagé personne d'autre que Stephen à poursuivre sur cette voix. Et ensuite, il y avait eu l'effervescence de Noël, mon alliance avec Lilian, et Haley...


- J'ai juste eu une petite rechute lors du bal de Noël.

Rechute, oui. Haley, elle, s'était éprise d'amitié, apparemment, avec le tristement célèbre Chuck Carlton. Elle était parfaitement libre de ses gestes et choisissait ses amis comme bon l'entendait, seulement, de ce que je savais de Carlton, je doutais très fortement qu'il soit quelqu'un de bien pour elle. J'avais eu envie de la mettre en garde mais j'avais reculé, parce que ce n'était pas mes affaires, parce qu'encore une fois Carlton me piquait celles qui comptait pour moi, et que je n'y pouvais rien. Je sentis la conversation déraper et la gratifiai d'un « Oh... » désinvolte, accompagné d'un mouvement d'épaule qui signifiait que ce n'était pas grave, bien sûr, et je m'apprêtai à lui sourire, alors que j'avais juste envie de mettre la tête de Carlton dans le pot de ma Mandragore.

- Oh mais maintenant, ça va beaucoup mieux ! Fiancée, enceinte, partie en vacances aux Caraïbes, trois chats, deux crapauds, je suis rayonnante de bonheur, comme tu peux le voir.

Ce qui me gêna le plus ce fut l'air terrifié d'Haley à ses propres paroles, pas leur teneur en soi, et aussitôt je me sentis empli de la mission de faire passer la pilule et j'accomplis le geste à sa place, lui prenant les objets des mains et les posant au bon endroit devant nous. Encore une fois, le contact de sa peau me fit quelque chose, et je me forçai à rester le plus serein possible.

– Désolée, je plaisantais, je ne voulais pas être désagréable, je... vais bien, je t'assure. Enfin bref, comment tu vas toi ? Tu as l'air en forme, rattrapa-t-elle. Cette fois, je la regardai franchement, un petit sourire aux lèvres. Comme je comprenais cette attitude, comme moi aussi j'avais peur de mal faire et envie de bien faire, pourtant.

- Tu ne seras jamais désagréable, la rassurai-je d'une voix que je voulais forte mais qui me semblait plus ou moins mal assurée. Si seulement elle savait que c'était vrai et que ce n'était pas elle qui risquait de m'importuner, mais tous les autres qui interféraient autour de nous... Et puis je me sentais un peu coupable du bal, j'aurais aimé inviter Haley, oui, mais j'avais eu besoin de partager ce moment avec Lilian, et je n'étais pas certain qu'Haley soit en mesure de le comprendre. Ca va, repris-je d'un ton bien plus léger, en ce moment, c'est plus facile, conclus-je en éludant totalement la question et en faisant une sorte de pirouette pour me remettre - nous remettre - sur nos pieds.

Je remis mon cache-oreille et attendis qu'elle en fasse de même, avant de répéter les mêmes gestes que précédemment mais en miroir, et j'attendis patiemment qu'elle me présente la Mandragore, que je lui enfourne les larves dans la bouche, qu'elle la remette en pot, etc. C'était l'enfance de l'art, et à vrai dire, pas dans le plus important de mes préoccupations. Encore une fois j'ôtai mon cache-oreille, et attrapant ma plume, je notai les caractéristiques de notre Mandragore, avant de lâcher le plus distraitement du monde :


- Mais bon, une salle de classe n'est pas le meilleur lieu pour discuter. Tu n'auras pas envie qu'on fasse quelque chose, un autre jour?

Ce n'était pas clair.

- Je veux dire, qu'on sorte ou, qu'on se retrouve quelque part...

Toujours pas.

- Enfin, tous les deux, quoi?...

Je déglutis difficilement et me concentrai sur mon parchemin, tellement fort, comme si j'étais Champollion qui venait de mettre la main sur sa toute première stèle de hiéroglyphe. Je notai quelques mots et la plume gratta le papier et son bruit résonna dans le silence, si fort, que j'eus l'impression d'en être anéanti. Je vérifiai que tout était noté, que l'exercice était correctement fait et terminé, et je poussai un peu trop brusquement sans doute notre feuille vers elle.

- Voilà. Tu veux relire?

Quelques élèves apportaient déjà leurs travaux sur le bureau du professeur et discutaient tranquillement en retournant à leur place. Pour ma part, il me semblait que j'étais assis sur des charbons ardents et que je venais de faire la plus grosse bêtise de ma vie. La mort dans l'âme, je tendis ma plume à Haley, attendant un geste de sa part.

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MessageSujet: Re: « Nous avons de grands trésors sous les yeux... (Haley)   Sam 7 Juil - 23:08

- Tu ne seras jamais désagréable.

Mon coeur s'arrêta net et s'envola dès l'instant où ces mots franchirent les lèvres de Scott.

Tu ne seras jamais désagréable.

J'eus l'impression d'être submergée par une vague déferlante soudaine ; une vague d'eau gelée qui hérissa les poils de mes bras et paralysa l'ensemble des rouages de mon fragile organisme.

Tu ne seras jamais désagréable.

J'aurais aimé fermer les yeux, arrêter le temps, laisser ces cinq mots flotter dans les airs, et m'y blottir pour toujours.

Parce que, finalement, ils représentaient peut-être tout ce que je désirais depuis ces six derniers mois. Et même, bien que cela soit excessif, de l'entièreté de ma vie. Une gêne : parmi tous les substantifs que j'avais trouvé me qualifier, c'était bien celui-ci qui m'apparaissait comme le plus exact. Mon père avait été le pionner de mon processus de désintégration : il était celui qui s'était évertué à démonter ce que j'étais, à coup de marteau, sans aucune délicatesse. Ma mère, en ne le contredisant pas, avait été sa complice involontaire. Le reste de ma famille, en n'existant pas, n'avait pas pu colmater les brèches. Si mon père avait su quel légume s'épanouissait dans le ventre de sa femme, il l'aurait sans doute transpercé d'un coup de couteau pour l'empêcher de venir à terme. Mais dans l'espoir que son adorée Catherine lui offre un fils, robuste et éclatant de vie, un dieu blond miniature qui aurait brassé l'air à l'aide de ses petits poings dodus, démontrant déjà un intérêt partagé avec son père pour l'autorité et la détermination, manifestant le désir de prendre sa succession dans la minuscule entreprise qu'il dirigeait, il avait laissé éclore la graine qu'il avait involontairement semé. Puisque cet enfant n'avait pas été désiré, eh bien, soit ! Autant profiter de l'occasion pour en faire quelque chose d'utile, n'est-ce pas ? A Poudlard, mon géniteur avait souhaité être à Gryffondor ; ce souhait s'était exaucé. Il avait toujours rêvé de créer sa propre société spécialisé dans le dé-gnomage ; cela s'était également concrétisé. Il avait évité la vermine, puis l'avait éliminée. Comment aurait-il pu en engendrer dans le ventre de sa femme ?

Le jour où Richard Collins vit une petite fille aussi blanche que la cuvette de ses toilettes sortir du ventre de sa femme de laquelle il tenait fermement la main, espérant lui transmettre des ondes masculines qui aboutiraient à la naissance du garçon qu'il espérait, il s'évanouit.

Je sais peu de choses de mon père, si ce n'est que l'homme élégant qu'il avait pu être autrefois avait pris de l'embonpoint au fil des années, qu'il était devenu si insupportable après la naissance de sa fille qui faisait pourtant toutes ses nuits que des discordes survinrent rapidement au sein de son entreprise, et que l'amour paternel resta une chose inconnue pour lui jusqu'à ce qu'il décède d'un problème cardiaque, la veille de sa cinquantième année. Je sais les deux premières informations de ma mère, la dernière de ma propre expérience. J'ai eu le loisir de goûter la haine de mon père pour tout ce qui lui semblait être médiocre. J'avais toujours imaginé qu'il avait fait sa scolarité à Serpentard, alors qu'il avait bien été un rouge et or. Selon les dires de ma mère, l'auteur de mes jours avait été un jeune homme plein de hardiesse, élève moyen mais déterminé, qui avait profité de sa jeunesse jusqu'à ce que ses propre parents, harassé de ne pas le voir assez travailler, lui offrent des cours de soutien l'été précédent sa dernière année à Poudlard. Selon les mots de ma génitrice, « ton père avait failli mal tourner ». Selon mon propre avis, il n'y avait pas échappé.

A mon père s'était ajouté de nombreux noms et de nombreux visages. Je devins alors naturellement invisible pour ne pas leur infliger ma présence parasite. Le comble avait été atteint toutes les fois où je fus en présence de Stephen. Je n'avais jamais autant désiré être aux côtés de quelqu'un et souhaiter disparaître tout à la fois. Le problème était désormais réglé : il s'était délesté de moi comme j'essayais de parachuter les restes de ce qui m'avait alors semblé être des sentiments et qui ne relevaient peut-être au final que d'une futile obsession adolescente. On ne peut véritablement aimer que lorsqu'il y a réciprocité : c'était la conclusion que j'avais tirée de cette expérience émotionnelle qui me hantait encore.

Tu ne seras jamais désagréable...

Je n'osai pas lever les yeux vers Scott, les larmes se pressant au coin de mes yeux. Je voulais le remercier pour avoir dit et pensé cette parole, et que jamais des mots ne m'avaient semblé plus doux. Mes lèvres restèrent closes. Scott avait le pouvoir de reconstruire ce qui avait été démoli depuis seize ans et j'étais incapable de lui dire.

Cette simple phrase m'avait coupé du monde pendant un bref instant ; et la chute fût brutale. L'éphémère et court moment de flottement dans lequel j'avais été plongée se brisa quand il répondit à la relance que j'avais faîte de son interrogation, après avoir catastrophiquement répondu à la sienne. Il était venu à mon secours, cependant, en prenant en main le rangement des petits objets que j'avais nerveusement déplacés, mais le nouveau contact tactile qui s'était produit entre nous quand il avait pris les instruments de mes mains avait accentué mon malaise, et ce fût avec soulagement qu'il prit la parole, nous permettant de passer à autre chose.

- Ca va, en ce moment, c'est plus facile.

- Tant mieux, répondis-je avec un franc sourire, espérant faire oublier la dérive pulsionnelle précédente qui m'avait poussée à déblatérer des stupidités ridicules.

Il avait parlé d'un ton plutôt léger et non hésitant, ce qui me poussa à croire qu'il était sincère. A moins qu'il soit doué dans l'art de la dissimulation, mais le secret et le refoulement ne semblait pas correspondre à Scott. Je sentais, depuis que je le connaissais, que c'était quelqu'un d'intérieur et de profondément discret – un peu comme... moi –, mais dans le sens positif qui se dirige vers la timidité et non le négatif qui va plutôt vers la cachoterie et la manipulation. J'étais sincèrement soulagée d'entendre qu'il avait réussi à émerger du passé, si ses propos étaient sincères, mais la curiosité me piquait. Y avait-il quelque chose ou quelqu'un qui rendait la convalescence de Scott « plus facile », ou était-ce simplement le passage du temps qui permettait de laisser derrière lui les mauvais souvenirs ?

Je n'avais pas l'audace de lui demander et nous nous remettions déjà au travail, de toute manière. Cette fois, ce fût à moi de m'emparer de la Mandragore après avoir replacé le cache-oreille sur ma tête. Réfugiée de nouveau dans ce silence bienheureux qui m'empêchait d'adresser de nouvelles bêtises à mon partenaire, j'extirpais la plante avec précaution et patience, plus que nécessaire, pour gagner un peu de temps, et le même schéma se reproduisit, Scott nourrissant la plante, un peu plus docile que la première. Après avoir enfoui le visage monstrueux de la Mandragore sous terre, je retirai – déjà – mon cache-oreille. Je regrettais la facilité de l'exercice qui fût terminé bien trop rapidement. Scott avait également enlevé le sien et s'affairait déjà à compléter nos notes – théoriquement, car dans la pratique, il s'agissait plutôt de ses notes.

- Mais bon, une salle de classe n'est pas le meilleur lieu pour discuter. Tu n'auras pas envie qu'on fasse quelque chose, un autre jour?

Oh, oh. Mes mains s'étaient remises imperceptiblement à trembler tandis que je m'occupais à nouveau de ranger, cette fois définitivement, toutes les affaires que nous avions utilisées, l'opération étant terminée et le cours touchant à sa fin. Pour des raisons obscures, cette simple question qu'il lançait de manière anodine me noua le ventre. Scott repris presque immédiatement la parole, ce qui me laissa encore un peu de temps pour préparer une réponse convenable.

- Je veux dire, qu'on sorte ou, qu'on se retrouve quelque part...

Je commençais à voir où il venait à venir : mon coeur s'affola dans ma poitrine et mon esprit déclencha l'état d'urgence. J'arrêtais la manipulation des objets de notre table pour ne pas laisser la panique qui m'envahissait progressivement se manifester. Que dire, que faire ? Etait-il bien en train de me proposer un... rendez-vous ? Ce n'était pas la première fois que cela m'arrivait : Chuck me proposait régulièrement une petite sortie dans le parc, Heather m'avait demandé d'aller à Pré-au-Lard avec elle de nombreuses fois, et... et nous avions organisé quelques rencontres nocturnes avec Stephen pour échaffauder notre plan d'espionnage à l'époque où les Mangemorts étaient encore présents. Mais étrangement, la proposition de Scott me paraissait radicalement différente. Et effrayante, aussi.

- Enfin, tous les deux, quoi?...

...Vraiment, vraiment effrayante. J'avais du mal à respirer normalement tant mon coeur cognait fort dans ma poitrine et mon cerveau était en train de se paralyser. Plus Scott parlait, plus je désirais m'enfuir en courant de cette salle, partir à la recherche d'un Basilic qui ferait de moi une statue immobile afin de me réveiller dans cent ans à l'aide d'un philtre de Mandragore que j'aurais préparé au préalable, m'étant enfuie avec un des pots que j'avais actuellement sous les yeux. Incapable de rester calme, mes mains s'étaient de nouveau activées, cette fois pour rassembler la terre qui était tombée sur notre table lors des dépotages de Mandragores. Le regard fuyant, je remarquais que Scott continuait, tout en parlant, de peaufiner notre compte-rendu, mais son écriture était de moins en moins droite sur le parchemin.

Qu'allait-il se passer si j'acceptais ? Est-ce que Scott... est-ce qu'il souhaitait continuer notre moment privilégié sur la tour d'astronomie ? Tout avait semblé si simple, si naturel, si... sans conséquences, ce soir là. Et pourtant... je ne pouvais pas nier que de le voir au bal avec Lilian m'avait laissé indifférente. Mais peut-être voulait-il simplement rattraper le temps perdu et nouer une véritable amitié ? Oui, oui, c'était plus vraisemblable. Mais pourquoi ces interrogations me semblaient-elles si... étrangement... étranges, si il ne s'agissait que d'amitié ?

Mon Dieu. Mon Dieu Mon Dieu Mon Dieu Mon Dieu. Enterrez-moi.

Je savais que rester silencieuse était on ne peut plus malpoli et pouvait le blesser, mais j'avais le coeur au bord des lèvres et était incapable de parler, trop bouleversée de cette proposition inattendue...non, ce serait mentir de dire que je n'avais envisagé une suite à notre nuit, sauf qu'à l'époque où j'y avais songé, il y avait un obstacle sur ma route (grand, élancé comme une anguille), et un autre sur celle de Scott (grande, élancée, comme une sirène) – « anguille », pour reprendre le charmant terme de Chuck. Nos chemins s'étaient ensuite séparés, et maintenant que nos plaies respectives étaient partiellement cicatrisées, ils se retrouvaient de nouveau, et... et je paniquais, parce que je n'étais pas sûre de vouloir ça et je n'étais même pas certaine que Scott veuille ce que je pensais qu'il voulait car il est aussi fort probable que tout ceci ne soit que de ridicules suppositions et qu'il me propose de nous retrouver par simple pitié comme cela m'arrive toujours parce que ça oui je n'inspire rien d'autre, jamais, que de la pitié. Scott reprit – heureusement – la parole, poussant ses notes vers moi avec une rudesse qui m'étonna :

- Voilà. Tu veux relire? me demanda t-il en me tendant sa plume. Mon regard s'accrocha aux phalanges de ses doigts.

Je levais enfin les yeux vers lui, par politesse. Je vis quelque chose dans ses yeux, sur ses traits – non, non : ça ne relevait pas de la vision, mais de la sensation. Je ne voyais que peu de choses des intentions et des émotions réelles de Scott – seule m'apparaissait la partie émergée de l'iceberg, comme toujours et pour tout le monde –, mais je sentis quelque chose d'indescriptible quand mon regard croisa le sien et ses mots me revinrent à l'esprit. « Tu ne seras jamais désagréable. » Ma bouche se délia naturellement.

- Non, m'entendis-je dire d'une voix pressée mais mal assurée.

Ah au nom du ciel, pas comme ça Haley, ne lui dis pas comme ça...!

- Je veux dire, non, pour la relecture, je te fais confiance, ce sera parfait, parce que c'est toujours parf.., enfin, voilà, ce n'est pas la peine, dis-je, fébrile et le coeur battant, les mots se suivant et s'entremêlant dans ma bouche, le regard déviant sur la masse des élèves qui se rassemblait pour rendre ses parchemins avant de quitter les lieux – Sawyer avait sans doute du dire quelque chose, mais mon attention était bien ailleurs. Et euh... pour avant, enfin, l'autre question, c'est d'accord, mais là, je dois y aller, alors, à bientôt ! m'exclamai-je à toute vitesse en essayant de lui sourire le plus sincèrement possible - mais la panique rendait l'action difficile.

J'avais l'horrible impression que de la fumée s'échappait de mon crâne lorsque j'attrapais mon sac pour m'enfuir précipitamment des serres parmi les autres élèves : mes joues étaient en feu, à l'image de mon coeur devenu un brasier.

Ce ne fût qu'une fois de retour au château que je m'aperçus que j'avais oublié mon livre de botanique sur notre table.
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