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Russian Roulette [C.C] [Ended]

 

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 Russian Roulette [C.C] [Ended]

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Taylord Reegan
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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: Russian Roulette [C.C] [Ended]   Mer 16 Mai - 18:55


Tourne le barillet. Appuie sur la détente... Rien.
Quand je relevais de temps en temps la tête de mon parchemin sur lequel j'étais en train d'énumérer les particularité des pitiponk pour le cours de soin aux créatures magiques, et je pouvais le voir installé sur le canapé de la salle commune des Gryffondor, avec ses potes, un peu plus loin. Nouveau coup d’œil sur la pointe de ma plume pour reprendre le fil de ma réflexion et rédiger la fin de ma phrase. Un nouveau mot d'écrit mais qui n'avait rien avoir avec le reste en prime, que je barrai en soupirant avant un autre regard dans sa direction. Aucun de sa part. Ce n'était pas comme si j'étais pile dans son champ de vision. Ce n'était pas comme si je l'avais fait exprès.

Les pitiponk n'arrivaient décidément pas à monopoliser mon attention, et ce n'était pas faute de m'être penchée sur leur cas plusieurs fois ces derniers jours. Que dalle, c'était comme si ce que je lisais n'avait aucun sens et que j'étais incapable de retenir quoi que ce soit les concernant. En fait, c'était Chuck qui occupait toutes mes pensées, même si ça ne m'aidait pas plus à trouver les réponses à mes questions. Parce qu'à chaque fois que j'arrivais éventuellement à trouver une réponse, une autre surgissait vicieusement dans mon esprit avec dans le but d'être encore plus casse tête que la précédente... Pourtant, avec ce qu'on avait fait l'autre soir, même si tout était exactement comme avant, j'avais sentie un lien plus fort se créer et bien sûr j'avais eu envie de le partager avec Chuck, me laissant également penser qu'on se rapprocherait un peu plus. Pour moi en tout cas, et je pensais d'ailleurs qu'il l'avait compris au vu de ce que je lui avais demandé avant qu'on ne s'endorme, mais pourtant tout laissait à croire qu'on avait pas le même point du vu.
Tourne le barillet. Appuie sur la détente... Rien.

Et puis qu'est-ce qui s'était vraiment passé ensuite après cette nuit ? Pas grand chose justement, à part les quelques jours qui s'étaient écoulés, et c'était aussi ça qui me contrariait ; que l'on ait pas recommencé était une chose, et connaissant Chuck j'avais d'abord cru que ça allait réveiller ses hardeurs par la suite et qu'il allait recommencer à redevenir entreprenant, mais non, c'était même plutôt l'inverse. Mais bon d'un autre côté - j'en revenais toujours à la raison - c'était vrai que depuis deux trois jours on croulait vraiment sous le travail et ça ne nous avait pas vraiment donné d'occasion de faire quoi que ce soit de plus, parce qu'il fallait bosser jusqu'à tard et qu'ensuite on était crevé. Mais jusque là, ce n'était pas non plus comme si ça l'avait dérangé dès qu'il s'agissait d'être un peu tout les deux – or, on était retourné dans notre salle une seule fois depuis, et à ma plus grande déception, parce que j'avais forcément envie qu'on passe plus de temps ensemble, mais à chaque fois il avait prétexté autre chose à faire. Le seul coup où on s'était retrouvé là bas, non seulement il était arrivé bien après moi alors que je n'avais pas eu le souvenir de l'avoir déjà vu venir en retard dès que c'était pour nos rendez vous secrets, mais finalement on était même pas resté dormir parce qu'il avait proposé pas longtemps après d'aller se coucher...

Et ça, ça ne faisait partie que d'une longue série de petits détails qui étaient sûrement sans importance mais sur lesquels je ne pouvais m'empêcher de tiquer. Nos devoirs, c'était plutôt chacun pour soit maintenant, et vu la quantité de travail qu'on avait à faire, je l'avais vu venir avec ses yeux de chiens battus à des kilomètres, mais non, même pas. Il ne m'entraînait plus entre deux cours dans un coin plus reculé parce que ça faisait trop long jusqu'au soir d'attendre qu'on se retrouve... et bref, il y avait plein d'autres choses comme ça, et en fait j'avais plutôt l'impression qu'il préférait traîner avec ses potes qu'avec moi, et je sentais toujours mon cœur se pincer, comme maintenant, quand j'arrivais à cette conclusion. Et pourtant face à cela, je restais calme, je lui faisais des sourires alors qu'il n'y répondait pas, je proposais des trucs qui ne le branchaient apparemment pas, mais à chaque fois sans jamais perdre patience et m'énerver. Après tout, je me l'étais juré : je n'allais pas commencer à devenir comme toutes les autres qui étaient sans arrêt en train de pleurnicher auprès de leur copain, parce qu'il ne passait pas assez de temps avec elles. Et puis je comprenais qu'il ait d'autres envies, donc je ne voulais pas m'imposer, même si j'avais plus le sentiment d'être de trop qu'autre chose. Toujours pas un regard vers moi. Mais en même temps, si on ne voulait pas se faire griller, c'était normal. J'analysais trop la situation et les moindres faits et gestes de Chuck. Ce qui se passait, ne voulait certainement rien dire.
Tourne le barillet, appuie sur la détente. Rien.

Mais voilà, je ne pouvais pas m'empêcher de croire que s'il était distant ces derniers temps, c'était à cause de ma proposition d'arrêter de se cacher des autres. Je n'étais pas idiote, j'avais compris, même s'il ne l'avait pas clairement dit, que l'idée ne l'emballait pas plus que ça, mais ça ne me disait toujours pas pourquoi il était aussi distant, alors que ce n'était pas le genre à prendre des pincettes lorsqu'il fallait donner son avis. Et moi de mon côté, je n'avais pas insisté, pour ne pas qu'on se dispute. Preuve que je faisais beaucoup d'efforts. Même quand ça ne me plaisait pas. Mais ça n'avait rien à voir, non, puisque je lui montrais bien, que, tant qu'il voulait que ça reste comme ça, ça ne me j'allais éviter de le brusquer.

Ou alors... Ou alors...
Peut être que c'était simplement moi le problème. Que je n'avais pas répondu à ses attentes, qu'il s'était attendu à mieux mais qu'en fait non, mais qu'en même temps il ne voulait pas m'en parler pour ne pas me blesser, et qu'il ne savait pas comment réagir... Je me sentis encore plus mal à l'aise que je ne l'étais déjà, et déglutis, la gorge serrée. C'était clair que par rapport à d'autres filles qu'il avait du se faire avant moi je ne devais peut être pas aussi extraordinaire, mais ça avait été aussi terrible que ça ? Et que c'était pour ça aussi qu'il n'avait pas voulu recommencer ? Ce n'était pourtant pas l'impression que j'avais eu, et puis on était resté dans la salle sur demande ensuite, donc ça ne pouvait pas être ça, si ? Ou plus simplement que j'avais dit une connerie, fait quelque chose de mal, et que ça l'avait vexé mais en même temps pourquoi ne pas en parler alors que ce n'était pas son genre, et qu'il me remettait à ma place quand ça ne lui convenait pas... je ne savais plus quoi penser si ce n'est que j'en faisais peut être toute une montagne pour pas grand chose et que toutes ces élucubrations n'avaient pas lieu d'être. Je le savais, en plus, que j'avais souvent tendance à faire ça, à imaginer tout un tas de trucs, alors que finalement il n'y avait aucune raison de s'en faire.

Faisant la moue je commençais à ranger mon devoir dans mon sac, poussant un peu plus un livre ou deux dans le fond, quand je tombais sur mon petit paquet, déjà bien emballé quelques semaines plus tôt, et qui n'avait pas bougé d'ici depuis. Évidemment ce n'était pas le super papier cadeau avec les frisettes, la jolie écriture et tout le bazar ; je n'étais pas douée pour toutes ces choses là. A la place j'avais pris un vieux devoir de potion pour protéger une première fois le contenu, puis j'avais utilisé un autre parchemin vierge où j'avais écris quelques paroles de la chanson sur laquelle on avait dansé au bal. J'avais trouvé l'idée très bonne dans ma tête, mais m'étais sentie stupide au moment de coucher les mots sur le papier – bah oui, je venais de le dire, faire des cadeaux me faisait toujours cet effet là de un, et de deux je n'étais certainement pas une grande romantique dans l'âme, alors forcément... j'avais caché cette partie face intérieure en guise de seconde couche de papier, et à l'extérieur j'avais maladroitement écris son prénom, parce que mon emballage faisait des bosses. J'avais envie de le donner à Chuck depuis un bout de temps, mais à chaque fois, j'avais également trouvé de multiples raisons de ne pas le faire, du coup il était resté dans mon sac. Je mordis mes lèvres en observant son petit groupe, pour peser le pour et le contre, en me disant que finalement, c'était peut être enfin l'occasion.
Tourne le barillet. Appuie sur la détente... Rien.

Je me levai enfin pour me rapprocher de lui et ses amis ; il était d'ailleurs en grande conversation avec l'un de ses potes et ne me prêta aucune attention lorsque j'arrivai devant eux. Merci...

- J'ai un truc à te donner
, lui appris-je, et j'attendis bien plusieurs secondes avant qu'il ne daigne enfin lever la tête, parce que je restais plantée comme une idiote sans bouger, ne sachant que faire de mes bras. Ne saute pas de joie surtout... Sans me démonter je lui indiquai l'endroit où j'avais laissé mes affaires, parce qu'il était hors de question que je le lui donne alors qu'il était avec ses imbéciles de copains, que je pris grand soin d'ignorer, car ils me dévisageaient avec plus ou moins d'insistance.

Il ne me répondit pas accentuant un peu mon ressentiment, mais n'en je fis rien – encore... - et repartis quelques mètres plus loin, où je dû aussi patienter aussi parce qu'il ne s'était toujours pas levé. Lorsqu'enfin il me rejoignit, qu'on puisse être un peu tranquille, je sortais tout le fatras de mon sac, les livres, les parchemins, mon cahier avec toutes les coupures de journal collées dedans, qui lui non m'accompagnait partout. Je n'étais pas allée à la réserve comme je l'avais dit, parce que même si je faisais genre que non, j'angoissais un peu à l'idée de ce que j'allais découvrir. Chuck avait aussi proposé de m'accompagner, c'était avant tout ça, et puis comme j'avais pris la décision de ne plus l'embêter avec... là aussi je ne savais plus trop quoi faire. Je pris le paquet dans ma main et me répétant mentalement ce que j'allais dire, à savoir qu'il n'avait pas intérêt à se foutre de ma gueule, qu'il devait l'ouvrir tout seul, et sans moi surtout, parce que je ne voulais pas voir son expression lorsqu'il découvrirait ce qu'il y aurait à l'intérieur.
Parce que c'était quelque chose qui comptait beaucoup pour moi.

- Heu... j'arrêtai mon geste. J'avais la main plongée dans le sac, et elle s'était crispée dessus, la serrant fort, parce que le manque d'intérêt qu'il affichait clairement venait de me stopper dans mon élan. J'ai fait quelque chose qui fallait pas ? Lâchai-je enfin ce que j'avais sur le cœur, doucement et sans aucune animosité, pour lui faire comprendre que je n'étais pas en train de lui reprocher quoi que ce soit. Ca devenait franchement bizarre et je ne savais plus sur quel pied danser. Tourner autour du pot n'avait jamais été dans mes habitudes.

Tourne le barillet. Appuie sur la détente.
...






And then I get a scary thought
That he's here - means he's never lost

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

Spoiler:
 


Dernière édition par Taylord Reegan le Lun 28 Mai - 18:09, édité 1 fois
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Russian Roulette [C.C] [Ended]   Mer 16 Mai - 22:34


I shoot her down, but she gets up

She's bulletproof, nothing to lose
Fire away, fire away

I shoot her down, but she won't fall
She is titanium



Oh, pas la peine de me jeter des regards en coin, hein. Elle croyait que je n'avais rien capté de son petit manège ou quoi? C'est bon, j'avais saisi le message. Elle par contre, elle ne semblait pas trop l'avoir reçu, mais je ne pouvais pas trop la critiquer, parce que je n'étais pas très clair dans l'histoire, et plus ça allait, plus je le sentais. Le truc c'est que j'étais bien trop flemmard et je me disais que remettre à demain m'épargnerait les efforts aujourd'hui, et ça faisait quelques jours que ce petit manège durait.

Je ne sais pas trop ce qui avait déclenché tout ça. Sans doute l'autre soir dans la salle sur demande, quand j'avais senti pour la première fois la façon dévastatrice dont elle lisait en moi. Eh ouais, un félin pris au piège, ça sort les griffes et ça dégage. Qu'est-ce qu'elle voulait que je lui dise? C'était bien sympa nous deux, ça, pas de soucis. J'avais bien kiffé, et même mille fois plus que ça ne m'était jamais arrivé, parce que c'était Taylord et que Taylord avait toujours été spéciale pour moi. Mais, ensuite? Spéciale ne voulait rien dire de plus que... Pas comme les autres. A part ça, ça n'engageait à rien. Merde, parfois j'avais envie de m'énerver un bon coup. Pourquoi on en était là? Pourquoi j'étais obligé de l'éviter et de lui sortir des douilles pour passer moins de temps avec elle et m'éloigner? Elle le savait pourtant que je ne voulais pas me caser, non? J'avais été clair en ne répondant pas à sa question, et je ne vois pas comment j'aurais pu être moins clair que toutes les fois où j'évitais les sujets un peu trop... délicats. J'avais été trop loin, et c'était bien là mon gros problème. J'aurais dû arrêter les machines plus tôt, voilà tout. Sauf que j'aurais menti en disant que je n'avais pas volontairement fait durer le plaisir, car Taylord était trop... surprenante pour que ma raison prenne le dessus à temps.

On s'était réveillés le lendemain, et il faisait bien chaud sous la couverture et je me rappelle qu'on ne bougeait pas parce que c'était le moment le plus agréable du monde. Finalement, il avait fallu dégager, on était partis de là pour aller manger et passer le reste de la journée tranquille, et moi j'avais rendu mon devoir à temps, tout proprement rédigé par Taylord Reegan en personne qui avait gentiment signé le tout de mon nom. Facile. J'avais comaté toute l'après-midi parce que je n'avais toujours pas récupéré de la montagne de sommeil que j'avais en retard, et j'avais surtout cogité tout ça. Pas besoin d'être Einstein pour comprendre que l'attitude de Taylord m'indiquait clairement qu'on avait passé un cap, qu'elle voulait plus, qu'on était pas seulement des amis, tout ça tout ça. Ouais. Sauf que moi, je l'aimais bien, j'aimais passer du temps avec elle, et même plus, je rêvais d'elle la nuit et j'aurais pu passer mes journées avec elle, ok. Sauf que : c'était impossible. C'était impossible que j'aille là où elle voulait, parce que ça n'avait jamais été mon truc et que ça ne le serait jamais. Et surtout, le plus dangereux, même si il n'en avait jamais été question entre nous parce que Taylord comme moi on était pas du genre à se déballer nos sentiments, c'était qu'il y ait cette connerie d'amour qui vienne faire pencher la balance, et alors là, au revoir tout le monde, on avait plus qu'à saborder le navire se couler avec. L'amour, c'était que des emmerdes, des incertitudes, de la niaiserie; c'était chiant comme la mort et ça n’amenait rien de bon - des gosses? Ne me faites pas rire!... Et du coup, on faisait quoi maintenant? Je disais à Taylord "écoute c'est bien sympa mais on reste potes, par contre tu peux être mon plan cul, ce serait parfait"? Oui, autant me jeter à poil dans les flammes de l'enfer. Le lendemain, je m'étais réveillé avec un sale mal de tête, parce que j'avais essayé de noyer tout ça dans un Pur-Feu douteux d'un de mes potes qui avait visiblement fait la guerre et bien tourné par la même occasion, et il me fracassait le crâne avec autant de délicatesse qu'une armée de tambours sonnant la charge. Et plus ça allait, moins ça se calmait et plus j'avais l'impression qu'ils essayaient de me faire passer un message - décide toi décide toi décide toi décide toi... Oui, bon, ça va, merde!

C'était quand même plus facile de ne rien faire et de se tourner les pouces. Parce que, oui, Fray avait raison
- oui oui - Taylord était spéciale, Taylord avait toujours eu un truc, Taylord était parfaite, Taylord était magnifique, Taylord me vendait du rêve et Taylord était la seule qui m'avait touché en plein cœur et la seule avec qui j'avais envie de passer des soirées à n'en plus finir. Ok. Sauf que voilà, c'était fini tout ça, un coup de foudre, c'est court et ça s'arrête. Et je n'allais pas donner suite, parce que je ne voulais pas lui faire croire des choses. M'engager, me mettre un fil à la patte?! Plutôt crever. J'avais envie que d'une chose : finir Poudlard, trouver un taf, me tirer de chez nos parents et embarquer Coop avec moi, et vivre enfin ma putain de vie comme je l'entendais sans rien devoir à personne. Je m'étais battu pour ça depuis toujours, c'était juste absolument impossible que je m'arrête en si bon chemin.

Du coup, je l'évitais, je traînais la plupart du temps en salle commune au milieu de tout le monde comme ça on ne pouvait pas parler seul à seul, et heureusement - c'était bien la première fois que j'en venais à les remercier - les profs nous donnaient à balle de devoirs et les gens les plus consciencieux - comme Taylord - devait y passer le plus clair de leur temps pour tout faire. Ça me donnait à la fois du temps et une bonne excuse, et du coup, c'était parfait. Salaud, mais parfait.

Oh, je n'avais pas vraiment l'esprit tranquille. Les coups de pute, toutes les fois où j'avais dégagé des meufs qui ne m'intéressaient plus en les envoyant chier du jour au lendemain, c'était un peu derrière moi, et je préférais faire les choses clairement, c'était plus direct et ça évitait les complications. Du coup, oui, oui, j'allais lui dire, lui parler tout ça, lui expliquer évidemment. Un jour ou l'autre, quoi. Mais bon, les jours passaient et c'était pour l'instant plutôt "l'autre" qu' "un jour". J'arrivais pas, ça coinçait, c'était pas de ma faute, je le voulais pourtant, mais je me trouvais toujours embarqué à une fête ou à un entraînement de Quidditch ou à une partie de poker ou...

Il fallait vraiment que je lui dise. La dernière fois que je l'avais embrassé c'était hier matin, vite fait entre deux cours, et puis je m'étais barré pour rejoindre des potes qui devaient me rendre mon livre de Métamorphose. Non, elle ne pouvait pas m'accompagner. Ouais, c'était secret, ouais. ... Ça en devenait un peu ridicule. Plus je la regardais, je le savais; plus je lisais dans ses yeux qu'elle ne comprenait pas mais qu'elle ne voulait pas me demander parce qu'elle ne voulait pas m'agacer, putain... Ça me faisait me sentir tellement con... Mais je ne trouvais pas les mots, pas trop le courage non plus, sans doute. J'avais envie que tout se fige aux moments parfaits qu'on avait vécu et qu'on recommence tous les soirs dans la salle sur demande.

Allez, ce soir, je lui disais.

Pffff, la flemme. Ce soir-là, j'avais accepté de la voir et on était allés dans notre salle - pour la première fois depuis longtemps - mais je n'avais pas eu le feeling alors j'avais parlé comme si tout allait bien, de tout et de rien, et puis je m'étais souvenu que je devais aider un pote pour... euh... entretenir son balai et du coup on était rentrés tous les deux, et elle avait moins parlé sur le chemin du retour. Ben ouais, mais bon! J'avais envie de la secouer et de lui dire eh oh, c'est moi, allo, depuis quand je suis le genre de mec qui met un genou en terre et promet d'être fidèle pour la nuit des temps? Ben non, merde, déjà qu'on avait vécu une histoire plutôt longue et sérieuse, je méritais une médaille!

J'avais plus envie, c'est tout. Ça servait à rien de mentir, pas vrai?

Elle faisait je sais pas trop quoi, le nez dans son devoir, pendant que moi j'écoutais les autres raconter leurs souvenirs plutôt vagues de la soirée du week-end dernier. On se marrait bien, mais je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir Taylord dans un petit coin de la tête. Et ça commençait à me faire chier. Il fallait que je fasse quelque chose. Bon, quoi? Qu'est-ce que je lui disais? Il y avait l'option lui dire que c'était un mauvais coup mais et d'un c'était faux, et de deux, c'était vraiment bâtard et je n'avais pas envie qu'elle croit ça, parce qu'au contraire je voulais qu'elle garde ça comme un bon souvenir. Lui expliquer gentiment? Tu parles, j'avais essayé avec Lilian et ça avait été pire que tout - bonjour le malaise quand on se croisait, sans compter tous les membres de la team Lilian qui me regardaient avec des bazookas à la place des yeux quand je les croisais, parce que j'étais le grand méchant loup qui avait brisé le cœur de la jolie princesse. Alors que, merde! J'avais essayé de lui expliquer clairement que le problème, c'était pas elle, mais moi! Eh ben, ok. Ça partait d'un bon sentiment, mais puisque la manière douce ne passait pas... Il ne me restait pas beaucoup de choix.


- J'ai un truc à te donner.

Je mis du temps à percuter que Taylord n'était plus cachée derrière sa plume à me jeter des regards assassins mais bien au milieu de nous, droite comme un I, et que les conversations avaient soudain cessé. Oh putain. Si ce n'était pas un signe, ça. Bon ok, ok! J'allais prendre le taureau par les cornes, et qu'on en finisse. Je hochai vaguement la tête, finissant mon verre de bièraubeurre qu'on avait ramené en douce, et ricanant d'une connerie que mon voisin me glissa à l'oreille alors qu'elle repartait dans son coin. Oui oui mec, je confirme, Miss Gryffondor envoie du pâté, même si elle tire souvent la tronche. Bref, je m'arrachai de là, et la rejoignis les mains dans les poches, l'air le plus serein du monde. En fait, j'étais soulagé qu'on en vienne enfin au vif du sujet. Après, ça irait.

J'avais juste un petit pincement au cœur de ne pas le faire très gentiment, mais ça valait mieux pour tout le monde. J'avais tiré une leçon de mes erreurs, au moins. Il y avait juste la sale petite voix de ma conscience - celle de Coop, comme toujours - qui marmonnait déjà dans un coin de ma tête.

- Heu...

Je levai un sourcil, m'adossant au mur. C'était parfait, on était dans un recoin, personne ne pouvait nous voir. Oui, quoi, donc, elle disait?...

- ...J'ai fait quelque chose qui fallait pas ?

- Ben, non,
dis-je en haussant les épaules. Non, c'est vrai en plus, elle n'avait rien fait. C'était juste euh... ben, rien, la vie, quoi.

Silence.

Bon.


- Non mais, Taylord... Tu croyais quoi, que ça allait durer toute la vie?

Je la regardai avec nonchalance, et puis je jetai un œil aux autres plus loin qui se marraient. Regarde-les. C'est moi ça, je sors, je bois, je fais de la merde, je m'amuse, et puis voilà. Le reste, je m'en fous. Je t'aime bien mais ça s'arrête là. Je ne veux pas te faire de mal... Tu comprends?

Je battis des paupières, la regardant à nouveau, lentement, de haut en bas, un petit sourire aux lèvres.


- C'est pas une légende tu sais, quand on a eu ce qu'on voulait, ben on se casse. Nouveau regard appuyé. Et moi, ça y'est... J'ai eu ce que je voulais. Je me passai la main dans les cheveux avant de lui lancer un petit regard qui signifiait le plus clairement du monde "je te jette comme une merde et je l'assume totalement" - enfin, je fais genre que je l'assume.

_________________

CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Russian Roulette [C.C] [Ended]   Dim 20 Mai - 19:42

♪ Don't Speak ♫

Don't speak
I know just what you're saying
So please stop explaining
Don't tell me 'cause it hurts
Don't speak
I know what you're thinking
I don't need your reasons
Don't tell me 'cause it hurts


- Ben, non.


Il y eu une demi seconde de soulagement. Une demi seulement, car le timbre de sa voix avait pris le pas sur les mots, me laissant seulement encore plus perplexe et dans le doute. Si ce n'était pas le cas, pourquoi n'étais-je pas rassurée alors ? Si ce n'était pas moi le problème, c'était qu'il y avait un problème tout court ? Je n'osai pas l'interroger d'avantage car si j'insistai, je pouvais l'entendre d'ici me répliquer que je cherchais vraiment les histoires là où il n'y en avait pas et que ça le gonflait. J'allais lui donner mon paquet le plus tranquillement du monde, même si je n'étais pas sûre de moi à cent pour cent, mais peut être que ça allait débloquer la situation. Je sortis finalement la main du sac, prête à sourire.

- Non mais, Taylord... Tu croyais quoi, que ça allait durer toute la vie?

A partir de ce moment là, quelque chose se déconnecta là haut. Les mots se mélangeaient entre eux, sans qu'automatiquement j'en comprenne vraiment la signification - même si au fond de moi je savais très bien ce qu'il en était. Je m'étais figée, et déjà que je n'arrivais pas à le regarder dans les yeux ni, à les poser nul part ailleurs, je finis par les baisser car le regard trop inquisiteur qui me détaillait des pieds à la tête et qu'il me lançait suffit à me faire flancher. La gorge serrée, parce j'étais lentement en train de comprendre ce qu'il se passait, je passai doucement le pouce sur son prénom, écrit sur le papier, avant d'avoir de nouveau un mouvement dans le sac pour le cacher à l'intérieur, mais mes muscles ne répondaient qu'à moitié, soudain devenus tout raides, comme si un manteau trop lourd venait de se déposer sur mes épaules, et que je plongeais avec dans un précipice sans fin, là où je ne pouvais me raccrocher nul part, ni de me débarrasser du poids qui me pesait. Que faire, que dire, où aller.
Cette fois on avait appuyé sur la gâchette et là balle en était bien sortie.
Sans rater sa cible.


- C'est pas une légende tu sais, quand on a eu ce qu'on voulait, ben on se casse. Et moi, ça y'est... J'ai eu ce que je voulais.

En vérité, je n'étais pas préparée pour ce genre de choses. Je me raccrochai beaucoup au passé, parce que c'était tout ce qu'il me restait, mais parler du futur.. ? On pouvait bien prévoir tout ce qu'on voulait, de toute façon, ça ne se passait jamais comme on l'avait prévu, et c'était une source d'inquiétude que je ne voulais pas avoir. J'étais bien avec Chuck, là maintenant, tout de suite, et ça me suffisait bien, quant au lendemain, je ne me posais pas de questions et puis voilà, c'était le même. Si un jour ça devait s'arrêter, ça s'arrêterait, mais cette fin, je ne l'avais jamais envisagé, je ne l'avais pas non plus imaginé parce que pour moi la question ne se posait pas et n'avait même pas lieu d'être. Alors oui, bien sûr je m'en posais d'autres, avec en haut de liste celle de savoir quand est-ce qu'on allait arrêter de se cacher - mais elles n'avaient jamais remis en cause ce principe. Bah... à présent elles aussi, elles étaient un peu inutiles...

- Je ne comprends pas... et pas qu'un peu, parce que je ne voyais pas ce qu'il voulait dire par là, et où il voulait en venir.

Je ne comprenais pas pourquoi est-ce qu'il agissait comme ça du jour au lendemain, alors que j'avais tout fait pour qu'il se sente bien et ne soit pas agacé, je ne comprenais pas pourquoi c'était maintenant et pas plusieurs jours plus tôt alors, parce que toutes mes craintes se confirmaient petit à petit. C'était comme si je jouais dans un mauvais film, tellement mauvais que la cause à effets des actes étaient tellement invraisemblable qu'elle en était incompréhensible. Parce que... Non, cette option, elle n'était définitivement pas possible, Chuck disait des bêtises. Je n'avais aucune idée de pourquoi il faisait ça, et ce qui le poussait aussi, si on lui avait dit quelque chose, s'il flippait, j'en sais rien, mais de toute façon, il était évident que tout ça, c'était des conneries. Parce que ça voulait dire quoi sinon ? Qu'il ne voulait plus de moi ? Dans tout les sens du terme ? Même mon amitié lui était futile ? Ça dépassait ma logique. C'était une chose qu'il... ben je sais pas, tout ne pouvait pas marcher dans la vie, les émotions, les sentiments, ça ne se contrôlaient pas, j'avais d'ailleurs été la première à en faire les frais avec Scott, et là les rôles étaient en train de s'inverser. Qu'est-ce qu'il voulait dire ? Qu'on était même plus amis ? Ça ne pouvait pas être ça.

Chuck était en train de déconner parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre et c'était là l'unique solution – je n'en voyais pas d'autres. Je lui faisais confiance et de toute façon, il me l'avait promis, non ? Le soir où les mangemorts étaient tombés, là où finalement quelque chose avait commencé à changer entre nous, parce que j'avais décidé de lâcher prise pour lui en donner un peu plus, progressivement. Pour moi ce n'était pas des paroles en l'air et j'avais considéré ce moment comme acquis pour toujours. J'étais peut être aussi celle qui me plaignais le plus des défauts de Chuck, mais il avait également des qualités comme celle de tenir parole, ce que je ne remettais pas en cause. Qu'est-ce qu'il était en train de foutre et pourquoi... C'était un pari avec ses potes, tous aussi peu intéressants les uns que les autres ? Oui, bah c'est bon, on pouvait le considérer comme réussi et passer à autre chose, parce qu'on avait beau les entendre dans toute la salle commune, moi je ne trouvais pas ça marrant du tout...

- Ce n'est pas vrai, dis-je d'un ton posé qui cherchait avant tout à le convaincre – et moi aussi du même fait - parce qu'il ne pouvait pas en être autrement. Ce n'était pas possible. Parce qu'il avait une réputation à tenir alors ? Mais depuis quand ça l'inquiétait les qu'en dira t-on ?

Parce que c'était en train de remettre en cause tout ce qu'on avait partagé ensemble jusqu'à présent, et ça, je le refusais en bloc. Ce n'était pas rien non plus, et... et il y tenait lui aussi, il ne pouvait pas m'avoir menti pendant chaque minute qu'on avait passé ensemble quand même... Pourquoi n'y avait-il jamais d'explication rationnelle lorsque, plus que jamais, on cherchait à se rassurer ?

- Tu dis n'importe quoi, tranchai-je à voix plus basse, comme si ce n'était rien de plus qu'une évidence. Puisqu'il ne me restait plus que ça, j'allais une fois de plus m'en remettre à ma logique. Ce n'est pas vrai, que lorsqu'on obtient ce qu'on désire le plus, ensuite s'en va sans même dire merci, que c'était des grosses foutaises pour se donner bonne conscience, et que je n'étais pas cette fille là, qui se faisait duper comme une bleue, parce que Chuck n'était pas non plus se mec là qui n'en avait rien à faire des autres. C'était ce qu'il voulait me laisser imaginer ?

Je n'étais pas d'accord. Je savais ce qu'il en était avec lui parce qu'il ne me l'avait jamais caché. Mais tout ses efforts pour me prouver qu'il n'était pas uniquement cette personne là, et qu'il s'intéressait à moi pour autre chose qui n'avait pas de rapport avec le fait qu'on couche ensemble... c'était un coup monté ? Pourquoi est-ce que malgré tout avec cette dernière évocation, les pièces du puzzle s'assemblaient quand même.. ?

- Je ne te crois pas, niai-je calmement.

C'est tout.
Prouve moi le contraire, un peu, pour voir.
Que ça se termine n'était pas tant le problème. Oh, il allait l'être par la suite, quelques minutes, quelques heures plus tard... Mais pas tant qu'on restait bloqué de cette manière. Car pour le moment il y en avait un bien plus gros – que ça se termine, mais pas de cette manière. Ou alors, c'était que j'étais dans l'un de ces affreux rêves, ceux où l'on pense que l'on s'est réveillé alors qu'on est toujours dans son lit en train de dormir. Ce genre de rêve qu'on vit tellement intensément que lorsqu'on en sort, on a vraiment l'impression que l'impensable s'est produit. Le genre de rêve qu'on est bien content que c'en soit un parce qu'il ne peut pas arriver dans la réalité.

Ça ne changeait rien au reste cependant, parce que ce soit un cauchemar ou non, l'effet était exactement le même. Acre dans le fond de la bouche et contre le palet. Sensation désagréable qui vous colle de toute parts mais dont on arrive pas à se débarrasser.
Comme un coup de pistolet qu'on ne réalise pas qu'il a été tiré.





You and me
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Russian Roulette [C.C] [Ended]   Mar 22 Mai - 15:31




Voilà, c'est fini
On va pas s'dire au revoir comme sur le quai d'une gare
J'te dis seulement bonjour et fais gaffe à l'amour

Voilà, c'est fini
On a tant ressassé les mêmes théories
On a tellement tiré chacun de notre côté
Que voilà, c'est fini

http://www.youtube.com/watch?v=a-Aw1jEYI4w



Ces moments-là me donnaient franchement envie d'être le plus lâche des lâches. De retourner dans mon pieu et de disparaître sous ma couette pendant que le reste des évènements se déroulerait bien tranquillement sans moi. Ça me faisait chier. Honnêtement, ça me faisait chier, et je détestais cette sensation de faire à la fois ce qu'il fallait en me sentant en même temps le mec le plus abruti de la terre. Cette espèce de confrontation des vérités me foutait mal à l'aise. Pourquoi ça ne pouvait pas être simple : - Qu'est ce qu'il y a? - C'est fini. Point. Et roulez jeunesse. Le reste nous concernait personnellement, chacun dans notre coin. On n'était plus ensemble. Fini. Over. Terminé. Est-ce qu'on avait vraiment besoin de tourner autour du pot pendant 100 ans?!

Plus je la voyais se décomposer (parce que ses expressions, je les connaissais par cœur) plus ça me foutait mal à l'aise, et plus j'étais en colère contre moi et contre cette situation à la con. Ouais, mais le problème c'est que je ne pouvais pas faire autrement. Je ne voulais pas continuer à lui mentir. Du coup.... ben du coup, j'étais de plus en plus agacé, et l'envie d'être de plus en plus méchant montait avec la colère, comme d'habitude. Qu'elle me déteste, de toute façon, ça serait plus simple pour tout le monde. Et puis, essayer de m’expliquer, ça aurait servi à quoi? J'avais essayé avec Lilian, et avec une baffe, une crise de larmes et notre amitié qui avait en même temps explosé, ça avait été une belle connerie. Alors pas la peine de se casser le cul, quoi qu'il arrive, c'était un sale moment à passer, non? Eh ben autant que ça le soit clairement comme ça peut-être qu'après ce serait plus facile. Je n'avais pas envie de voir Taylord se décomposer petit à petit et m'éviter dans les couloirs comme ça avait été le cas avec Lilian. Je connaissais Taylord : si elle me détestait, elle n'en aurait plus rien à foutre. Et je préférais ça plutôt que de lui faire mal à petit feu, quand même. J'avais beau ne pas l'aimer comme elle l'espérait, elle était mon amie et comptait pour moi, et ça depuis longtemps, pas la peine de mentir. Ça me faisait grave chier de la perdre comme amie, mais dans ces cas-là on a malheureusement pas le beurre et l'argent du beurre, alors bon. C'était un choix.

Et puis, lui parler pour lui dire quoi? Je ne savais pas moi-même l'expliquer. J'étais juste comme ça, pas d'attaches, pas d'engagements, c'était pas une question d'être prêt : c'était juste que je ne le voulais pas, c'est tout. Moi, le kif de se caser avec la fille parfaite, de l'épouser, de lui faire des gosses, d'avoir une jolie maison et un clebs, c'était loin d'être le mien. Il y en avait pour qui c'était un but dans la vie et d'autres comme moi que ça faisait bien marrer et qui s'en carrait le cul. Évidemment, j'aurais aimé lui dire simplement tout ça. Sauf que ça se disait comment, tout ça? Et puis ça lui laissait toutes les portes ouvertes pour essayer de me faire changer d'avis, et j'avais juste trop la flemme d'argumenter. J'aurais aimé lui dire que j'avais passé des putain de moments avec elle, que je voulais qu'on reste potes, comme avant, qu'elle se remette à m'insupporter mais à me faire rire quand même. J'aurais aimé lui dire que je considérais pas ça comme une erreur qu'on se soit mis ensemble, mais que, ben, les bonnes choses ont une fin. Qu'elle était parfaite tous tous les angles, comme je l'avais imaginé, que je l'admirais, tout ça, que c'était pas elle le problème, mais que c'était juste comme ça que ça fonctionnait. Et puis la passion, par définition, c'était court, non? Alors c'était cool que ça nous soit arrivé, justement. Je ne regrettais rien à part peut-être le fait de ne pas lui avoir mis un stop plus tôt. J'arrivais pas trop à oublier les trucs qu'elle m'avait dit du genre "tu me fais vivre" parce que ben... C'était bien trop... beau? Ou bien trop sérieux, je ne savais pas, vraiment. Mais c'était de trop, ça oui. Flatteur, mais de trop.


- Je ne comprends pas...


Ouais ben non. Tu ne comprendras pas plus, ma petite. Je me rappelais que trop bien de comment ça s'était passé avec Lilian pour recommencer. En plus, j'allais encore dire que j'allais regretter après du genre ah mais non, je ne te largue pas du tout pour Taylord! Alors, merci bien.

- Ce n'est pas vrai.

Puisque je te le dis. Toujours adossé au mur les bras croisés, je haussai les épaules du genre "j'y peux rien". J'avais un peu de mal à la regarder trop longtemps et je jetai souvent un œil aux autres qui continuaient à se raconter les blagues de l'autre soir, sûrement, et moi je voulais être avec eux plutôt que là. En plus elle avait baissé la tête dans une allure de défaite qui ne lui ressemblait tellement pas que...

- Tu dis n'importe quoi.

Non mais...

Eh oh, c'était bien Taylord Reegan devant moi là, ou quoi? Franchement, je m'étais préparé mentalement à une baffe. Je venais de lui dire clairement que maintenant qu'elle avait payé son cul elle ne m'intéressait plus et Talord -
Taylord - restait aussi passive qu'un oisillon qui venait de naître?!

Oh merde, elle ne m'aidait pas. Je poussai un soupir blasé, et la regardai franchement. Cette non combattivité totale me mit encore plus en rogne, tellement tout allait de travers, tellement tout me faisait chier. Allez, aide-moi s'il te plaît, un tout petit peu!...


- Je ne te crois pas.

Bon ben, ok.

- Tu ne me crois pas quoi? Quand je te dis que c'est fini? Ben pourtant ça l'est.


Je faisais exprès de paraître complètement détaché pour qu'elle comprenne que non seulement il n'y avait aucun débat possible, et qu'en plus je me foutais comme de l'an 40 de ce qui était en train de se passer. Tiens, qu'est-ce que j'allais faire après d'ailleurs? Rester en salle commune si Taylord y restait, ça promettait d'être plus que tendu et j'avais vraiment pas envie de me prendre la tête plus que je le faisais déjà. Peut-être proposer aux autres d'aller se poser ailleurs. Ou bien de retrouver des potes de Poufsouffle, pourquoi pas. Mais rester là ou bien ruminer tout ça au pieu, non merci.

Comment lui dire autrement? Elle était bien gentille, ouais! Parce que j'aurais menti pour quoi, pour faire une blague? Ah ben, quelle blague... Elle n'aurait pas été très marrante et dans d'autres circonstances j'aurais râlé qu'elle puisse penser que j'avais un humour aussi pourri, merci bien.


- Qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre?

Mon ton s'était haussé malgré moi et je sentais l'agacement bien palpable. Bon, puisqu'elle était complètement amorphe, je pouvais y aller franco.

- J'ai pas envie de me caser. Tu croyais que tu serais l'exception, ou quoi?

Je me mis à ricaner. Pourtant oui, elle l'était, mais ça...

- C'était un challenge, tu sais. J'avais l'air tout fier de moi. Ça l'a toujours été, et pour toi aussi, je me trompe? Pourquoi ça aurait changé tout d'un coup?... Tu me connais, quand même!...

Il fallait absolument que je m'empêche de penser à la soirée où elle m'avait tout confié. J'avais l'impression d'être un bourreau monstrueux quand je me disais que j'ajoutais du poids à ce qu'elle supportait déjà et ça me donnait presque envie de m'excuser d'être aussi peu délicat, mais en même temps, s'il y avait bien une chose que je détestais sur cette terre, c'était la pitié. J'aurais pu tuer quelqu'un qui osait me prendre en pitié, ça me rendait fou et me donnait envie de tout péter. C'était une sorte de rabaissement, de mépris, d’apitoiement, qui me faisait gerber. Et je devais bien ça à Taylord : jamais, jamais je ne l'avais pris en pitié et jamais je ne pourrais la regarder et me dire "oh la pauvre, avec tout ce qu'elle a vécu, je ne peux pas lui faire ça". C'était peut-être une attitude de gros con pour la plupart des gens mais je ne lui faisais juste pas ce que je n'aurais pas supporté qu'on me fasse. Taylord était forte et je ne mettais pas en doute ses capacités de battante - qu'elle avait d'ailleurs bien essayées sur moi, merci bien - et ça aurait été un sale affront de lui accorder un régime de faveur plein de pitié.

- Tu faisais genre que tu ne voulais pas que je te courais après, mais tu m'as bien quand même bien laisser te rattraper, ma petite... j'eus un sourire moqueur. Pourtant t'étais comme les autres, hein. Tiens, tu te rappelles cette lettre que j'avais soi-disant trouvée je sais plus où? Ben ma pauvre, tu t'es bien faite avoir. Je voulais juste en savoir plus pour me rapprocher de toi, et cette lettre, je te l'ai piquée. Enfin, c'est Haruhi qui l'a prise dans tes affaires parce que je lui ai demandé et qu'elle croyait que tu étais au courant.

Je n'hésitai même pas à citer Haruhi - quitte à être un connard autant l'être complètement. Ça devenait comme un jeu, un méchant petit jeu, mais comme toute ma colère était montée je ne pouvais plus m'arrêter, comme si je prenais du plaisir à écraser Taylord sous mes pompes.

- J'ai joué, j'ai gagné. Ça a mis du temps, mais t'as fini par céder, Tay-Tay. Et maintenant, la partie est finie. Tu me crois toujours pas? Qu'est-ce qu'il te faut de plus? J'ai PAS envie d'être avec toi.

Je la défiai du regard le plus calmement du monde. Le pire était passé. J'avais juste envie qu'elle réagisse comme Taylord aurait réagi, qu'elle explose et me dégage, et voilà, cette fois, ce serait vraiment fini.

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MessageSujet: Re: Russian Roulette [C.C] [Ended]   Ven 25 Mai - 17:53

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- Tu ne me crois pas quoi? Quand je te dis que c'est fini? Ben pourtant ça l'est.

Les mots étaient simples pourtant, mais c'était comme si on essayait de me les faire rentrer de force dans la tête pour les emmagasiner afin voir à quel moment ça allait exploser, et justement, il y en avait tellement que je n'arrivais pas à en saisir le sens. Et ça, c'était simplement parce que je ne l'avais bêtement pas vu venir, et j'avais le sentiment, au fur et à mesure de notre échange, d'avoir l'air de plus en plus stupide, idiote, enfin, tout le panel de mots qui pouvait décrire l'absurdité de la situation dans laquelle j'étais plongée jusqu'au cou.
Bonne chance pour en sortir.

Je ne répondis pas. Franchement, qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? J'étais toute petite, minuscule et je pouvais le contredire autant que je le voulais – ça n'allait plus rien changer à présent. C'était en cela que je trouvais qu'il y avait quelque chose de follement injuste : Pourquoi c'était toujours l'avis, les sentiments de celui qui partait qui primait sur celui qui restait tout seul, comme un con ? Les paroles de Scott me revinrent immédiatement en mémoire, même si à ce moment là, je n'avais pas compris. Je ne lui avais pas laissé le choix, parce qu'il n'avait pas à choisir, parce qu'on ne continue pas avec une personne pour qui on éprouve plus les mêmes choses. Et pourtant, maintenant que j'étais cette la position inverse, je comprenais que sa réaction d'alors prenait enfin tout son sens. Et moi dans tout ça, ce que je voulais, ça ne comptait pas ? Pourquoi est-ce que j'aurais dû me taire et accepter bien sagement, alors que ce n'était pas ce que je souhaitais. J'avais envie de lui dire qu'on était encore deux dans l'histoire et que j'avais tout autant le droit de décider que lui. La preuve que non. Quand l'un des deux veut partir, il se casse, c'est comme ça, comme s'il y avait une force invisible qui indiquait qu'il n'y avait plus rien pour le retenir. Il fallait pourtant qu'un avis l'emporte sur l'autre dans ces cas là.
Mais pourquoi ce n'était jamais celui de la personne laissée pour compte ?


- Qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre?

Je triturai la lanière de mon sac, sur la table à côté de la table à côté de laquelle je me tenais toute raide, toujours sans un regard en direction de Chuck pour lui signifier qu'ok, c'est bon, j'avais compris, c'était terminé pour de vrai, pour de bon et que quoi que je fasse il s'en tapait complètement alors qu'il pouvait retourner à ses petites occupations et moi aux miennes – pas sûr que de mon côté ce soit très concluant par contre.


- J'ai pas envie de me caser. Tu croyais que tu serais l'exception, ou quoi?


Euuuh, on m'explique ce qu'il y avait de drôle tout à coup ? Malgré moi, je sentis mes joues s'empourprer un peu car lorsqu'il le disait comme ça avait l'air tellement insignifiant soudainement, que j'avais envie de le cacher n'importe où plutôt que je n'ai pas à supporter ça plus longtemps. C'était comme s'il m’assénait d'un coup de marteau un peu plus fort à chaque fois, mais qu'il n'y avait rien que je puisse faire pour me défendre. Parce que le problème, il était là ; je ne savais pas comment je devais réagir face à cette jolie désillusion que je me prenais en pleine gueule et que je n'avais pas d'autre solution que de m'y confronter d'une façon ou d'une autre.

- Ok, c'est bon maintenant, vas t'en, dégage, laisse moi tranquille, va n'importe où fait ce que tu veux, mais juste disparaît, parce cette sensation désagréable de passer aux rayons X est pire qu'insoutenable...

Je détournai le visage sur le côté pour regarder ailleurs, mais chacun de mes mouvements étaient douloureux. J'avais l'impression d'être jugée, d'être scrutée dans les moindres détails, comme si j'avais des choses à prouver.
A lui prouver. Mais quoi au juste ?


- C'était un challenge, tu sais. Ça l'a toujours été, et pour toi aussi, je me trompe? Pourquoi ça aurait changé tout d'un coup?... Tu me connais, quand même!...

Je finis par trouver le courage de relever les yeux jusque dans les siens. C'était ma dernière cartouche, celle que je n'avais pas utilisé, la dernière solution, la dernière porte de sortie, comme si j'allais trouver toutes les réponses quant à son comportement que je recherchais au travers de ses pupilles, que ça allait me permettre de comprendre, que ça allait me permettre d'enfin faire quelque chose et d'avoir d'autre réaction que de subir ce qui était en train de se passer.

Parce que non, je ne reconnaissais pas la personne que j'avais en face de moi, et toutes les expressions qui traversaient habituellement l'éclat brun de ses yeux, je ne les voyais plus, parce qu'elles avaient été remplacées par de la méchanceté gratuite. Ou alors peut être qu'elles avaient simplement été le fruit de mon imagination, que j'avais idéalisé chaque petit détail, et qu'en fait, elles n'avaient pas jamais existé, et qu'à la place, il n'y avait toujours eu que de la fierté mêlé à la froideur, et que c'était juste moi qui avait créé mes propres leurres... Parce que non, ce n'était pas un « challenge », et puis, de quoi au juste ?! Pour voir pendant combien de temps j'allais tenir face au ô merveilleux Chuck Carlton ?! Et sinon, les chevilles, pas trop enflées ?! C'était lui qui était carrément en train de déconner dans je ne sais pas trop quoi, Alors qu'on s'amusait bien tout les deux pourtant, non ?

Ouais, justement s'amuser, ça se résumait à jouer, mais je ne me rendait compte que maintenant que moi ça faisait longtemps que j'avais arrêté de jouer...


- Tu faisais genre que tu ne voulais pas que je te courais après, mais tu m'as bien quand même bien laisser te rattraper, ma petite... Pourtant t'étais comme les autres, hein.

J'ouvrai la bouche, abasourdie. Quoi parce que c'était de ma faute, par dessus le marché, et que je ne devais m'en prendre qu'à moi même ? Non mais alors là je l'arrêtai tout de suite, parce que s'il voulait me faire porter le chapeau en plus de tout le reste, il était loin d'être tombée sur la bonne nana. Le malaise commençait à faire place à l'énervement, me déliant ainsi beaucoup plus facilement la langue. Parce que c'est tellement plus facile d'être en colère...

- Et toi c'est pas parce que tu t'étouffes dans ton orgueil qu'c'est forcément l'cas des autres
, je croisai les bras en haussant légèrement les sourcils d'un air suffisant. Ça va sinon, tu survis ?

Parce que je voulais bien être compréhensive et tout le reste, laisser passer certains trucs, mais là j'espérais juste dans son intérêt qu'il avait conscience du terrain sur lequel il s'engageait parce que s'il ne se sentait plus pour le moment, et qu'il avait l'air d'oublier à qui il s'adressait, j'allais lui rafraîchir la mémoire bien rapidement ! Mes traits se durcirent.
Et ce n'était pas près de s'arranger.


- Tiens, tu te rappelles cette lettre que j'avais soi-disant trouvée je sais plus où?
La salle commune. Et non je n'avais sûrement pas oublié. Ben ma pauvre, tu t'es bien faite avoir. Je voulais juste en savoir plus pour me rapprocher de toi, et cette lettre, je te l'ai piquée. Enfin, c'est Haruhi qui l'a prise dans tes affaires parce que je lui ai demandé et qu'elle croyait que tu étais au courant.

Cette fois C'était la goutte de trop. Je ne savais pas ce qui me perturba le plus : le fait que cet imbécile ait eu l'audace de me faire culpabiliser en me faisant avaler que mes premières suppositions qui se révélaient en fait être les bonnes depuis le début, parce que des affaires de
ce genre ne pouvaient pas traîner dans la salle commune ; en passant en plus de ça pour le bon samaritain qui avait eu la gentillesse de ne pas la laisser tomber entre de mauvaises mains – en l'occurrence, les siennes. Ou alors d'apprendre, en plus de toutes ses révélations qui me laissaient un peu plus sur le cul à chaque fois, en me vrillant les tympans comme des lames de rasoir, qu'Haruhi, qui me faisait des jolis discours et tout le toutim, et bien, qu'elle avait aussi participé à tout ça, me laissant le sentiment aigre d'une double trahison de la part de deux des personnes qui faisaient soit disant parties de celles auxquelles je tenais le plus dans cette école. Comment est-ce que j'avais pu me planter à ce point ?

- J'ai joué, j'ai gagné. Ça a mis du temps, mais t'as fini par céder, Tay-Tay. Et maintenant, la partie est finie. Tu me crois toujours pas? Qu'est-ce qu'il te faut de plus? J'ai PAS envie d'être avec toi.

Pas le temps d'y réfléchir, et c'était peut être ça le maigre avantage d'agir dans le feu de l'action ; on pense au reste, ainsi qu'aux conséquences durables que bien après, mais tant pis, j'avais fait preuve de suffisamment de patience avec Chuck jusqu'à présent. Et toucher à ma famille, se moquer d'elle et des sentiments que je ressentais à son égard, même si ce n'était que par le biais d'une simple coupure de journal c'était.la.limite.de.trop.

- Gagné ? J'avais parlé bien plus fort que je ne l'aurais dû, alors qu'il était tout près et qu'un simple chuchotement aurait suffit. Non mais il croyait quoi ? Qu'il allait se barrer bien gentiment et rester blanc neige, alors qu'il venait de me faire vivre ce moment humiliant ?! Il croyait encore que j'allais lui laisser cet honneur ? Vraiment ?!

Ça grognait tout au fond fond de l'estomac et j'entendais ma voix comme si elle avait été diffusée dans un haut parleur, atténuant du même coup tout les bruits parasites qu'il y avait tout autour, à la différence près que le silence se faisait petit à petit dans la salle commune. J'en profitai pour me rapprocher.

- C'est marrant, hein ? Je m'autorisais même un petit sourire, parce qu'il n'allait certainement pas se barrer comme ça, une fois sa « bonne action » accomplie. Je le poussai au niveau de l'épaule du bout des doigts pour le faire bouger et sortir du coin où il se trouvait afin de le ramener un peu plus à la vue des autres. Donc tu t'attends à quoi ? Je levai le menton en signe de défi, à c'que j'me mette à chialer ?! Non mais c'est vrai, que ce s'rait super drôle, continuai-je sur ma lancée, en y allant un peu plus fort à chaque fois avec ma main pour le forcer à reculer, ce qu'il avait plutôt intérêt à faire, parce que je ressentais tellement d'électricité dans tout le corps que j'étais prête à lui foncer dessus pour le faire plier.

De toute façon, c'était trop tard et Chuck n'allait plus assez vite à mon goût, tout comme mes pressions de plus en plus insistantes. Je pouvais les deviner les regards qui se braquaient sur nous parce que forcément, pour une fois qu'il y avait un truc qui sortait un peu de l'ordinaire, on allait pas s'en priver ! Tant pis pour lui, il était trop près, et je levai la main l'instant d'après pour la lui coller brutalement sur le visage dans un claquement sec et vif qui retentit dans la pièce. Difficile de passer inaperçu, maintenant, qu'est-ce que c'est bête !!

- Et celle là, elle te fait rire aussi ?! Franchement, ça faisait tellement du bien que je refermai mes doigts avec la ferme intention d'y aller à coups de poings. T'en veux une autre pour vérifier ?! A vrai dire, je voulais faire n'importe quoi pour le blesser autant qu'il était en train de le faire avec moi, parce que je savais que ce n'était une question que de secondes avant que l'un de ses potes ne m'attrape par derrière pour me stopper.

Il voulait me faire plonger ? Très bien.
Mais on allait y aller tout les deux alors.

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Il lui a appris à aimer."

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MessageSujet: Re: Russian Roulette [C.C] [Ended]   Dim 27 Mai - 20:33

Now and then I think of when we were together
Like when you said you felt so happy you could die
Told myself that you were right for me

I guess that I don't need that though
Now you're just somebody that I used to know




Ça ne resterait pas le truc dont je serais le plus fier. Je veux dire, pourquoi je restais là à continuer à déballer tout ce qui me passait par la tête alors qu'il n'y avait pas besoin d'autres explications à partir du moment où elle avait capté que c'était fini? Sans doute parce que je voulais m'assurer qu'elle soit sûre. Et puis, aussi, que j'étais lancé, et qu'il y avait un truc qui m'empêchait de me retenir, parce que je savais pertinemment que détester était bien plus facile et plus supportable que de regretter. Et j'avais besoin de me sentir libre, pour de bon. Alors voire les ombres dans tout ça dans ses yeux dès qu'on se croiserait, non merci. J'imagine que c'était pas la peine que je lui propose qu'on reste amis, hm?

Il fallait prendre ça comme un jeu, un de plus; c'était un match de box et pour l'instant Taylord subissait mes coups et je sentais que c'était tellement simple de la mettre knock-out - pourquoi je me serais arrêté, alors qu'encore un ou deux coups, et c'était fini? Désolé, mais c'était mieux comme ça. Ah, putain. Il y avait la petite voix de Coop qui n'arrêtait pas de siffler dans mes oreilles, celle qui retentissait toujours - évidemment - quand je faisais un truc absolument mal mais qui m'était franchement égal. Bon sang, pourquoi cet idiot n'avait pas atterri à Serdaigle, je vous le demande? Avec ses attitudes de merde et sa morale insupportable dont je me passais, merci de s'en inquiéter? Plus ça allait, plus je me sentais agacé, et la colère chez moi c'était comme une allumette, quand on la frottait trop, ça s'allumait, ça faisait des étincelles, ça flambait, et puis ça brûlait le doigt de celui qui la tenait. C'était un secret pour personne, la patience, le calme et moi ça faisait 1000. Combien de fois je m'étais retrouvé hors de mes gonds, et on avait dû s'interposer pour m'arrêter de démonter la gueule d'un mec? Parfois il y avait un voile qui tombait sur mes yeux, et là ce n'était même plus la peine d'essayer. C'était un peu comme si on me faisait avaler un dragon et que je devais rester assis calmement. Alors qu'il y avait un monstre dans mon ventre et que j'avais besoin de le laisser cracher son feu, sinon j'allais y laisser ma peau et partir en fumée.


- Ok.

Putain! Et Taylord qui ne disait rien, qui ne faisait rien, qui ne réagissait pas, bon sang! Pourquoi elle me laissait faire ça? Ça continuait et moi je ne pouvais plus trop revenir sur mes pas, c'était de sa faute et rien que sa faute si elle me laissait faire et dire tout ça... On ne va pas se mentir, je ne pouvais pas perdre la face et m'arrêter là. Tout était une question de gagner. Et revenir sur mes paroles, ben, c'était avouer ma défaite, et non, c'était impossible.

Mes poings étaient invincibles et s'abattaient sur elle sans qu'elle essaye un instant de les contrer. Réveille-toi, mais réveille-toi!


- Et toi c'est pas parce que tu t'étouffes dans ton orgueil qu'c'est forcément l'cas des autres. Ça va sinon, tu survis ?

Ah, elle était là, pas très loin, je le savais bien. Je ne savais pas trop pourquoi mais j'avais besoin de me frotter un peu avec la vraie Taylord avant de me dire que c'était bien fini et de retourner à ma chère petite vie de liberté. Elle quittait peu à peu son attitude de soumission et je voyais nettement sa main se crisper sur son sac mais ses traits redevenaient ceux que je lui connaissais bien, ceux qu'elle avait quand elle était de mauvais poil, quand je l'énervais trop, ou ceux qui se transformaient en sa vraie colère qu'elle cachait bien mais qu'elle ne montrait que pour des cas comme le soir de la bataille contre les Mangemorts.

Mais c'était encore timide et je ne pouvais plus m'arrêter : je voulais aller la chercher au plus profond d'elle comme je l'avais fait depuis qu'on s'était rapprochés. Pour boucler la boucle, j'imagine. Et j'y prenais un malin plaisir, à lui balancer les quelques uppercuts qui achèveraient de la transformer en Hulk.


- Gagné ? Vraiment ?!

Touché.

Son cuirassier était touché de plein bord, et il allait sagement se mettre à couler, jusqu'à disparaître complètement.

Elle s'était rapprochée de moi et cette fois c'était des flammes qui dansaient au fond de ses yeux et pas ce vide désespéré qui l'avait un instant habitée. Ces flammes je les connaissais bien parce qu'elles faisaient partie de la vraie Taylord - et la vraie Taylord n'avait plus trop de secrets pour moi. J'avais même appris à apprécier ses mauvais côtés, la façon dont elle s'emportait, les mots qu'elle chuchotait quand on s'embrassait et qui me laissait penser qu'elle n'avait pas du tout une confiance absolue en elle, comme elle le laissait penser. Taylord était un rocher que la violence des vagues avait fissuré de partout. Elle croyait que personne ne verrait ces fissures si elle gardait la tête haute. C'était vrai, en partie. Sauf que moi j'avais réussi à le voir, et pire, je m'y étais infiltré, partout, dans chacune d'elle. Si j'avais pu lui expliquer en cet instant, je lui aurais dit que c'était bien la preuve que ce jeu était dangereux. Maintenant, j'avais tout le pouvoir en main, je n'avais qu'un mot à dire et pouf, tout explosait de l'intérieur...

... Je ne voyais pas d'autre ce qu'il y avait à ajouter à ça... Si moi j'avais réussi ça, alors ça marcherait dans les deux sens. Et je ne voulais laisser à personne ce pouvoir-là.

10... 9... 8...7... Est-ce qu'elle allait se relever une dernière fois ou bien me laisser la vaincre sur ce coup-là? Je ne clignai pas des yeux alors quelle me regardait en face, son visage tout près du mien, comme il l'avait été tellement de fois. Mais sa bouche était crispée. Oui, j'avais gagné, vraiment. Je crois qu'on pouvait au moins me reconnaître ça. Je décidai de la laisser un peu cracher son venin pour voir ce qu'elle avait dans les tripes, et me contentai de continuer à la regarder de haut, un petit sourire aux lèvres.


- C'est marrant, hein ? Donc tu t'attends à quoi ? A c'que j'me mette à chialer ?! Non mais c'est vrai, que ce s'rait super drôle.

- Pourquoi pas.

Elle parlait bien plus fort et je crois que les conversations s'étaient un peu tues, mais honnêtement, je m'en foutais un peu. Inévitablement, on se serait fait remarquer, et maintenant que tout était fini, bah, je m'en carrais royalement, en fait. Je finis quand même par plier un peu et reculer de quelques centimètres, parce que mine de rien elle avançait lentement mais sûrement et me forçait à reculer en m'appuyant sur l'épaule - de ses deux doigts et de sa force de moineau. J'aurais pu la dégager tout de suite, mais j'avais peur que si je faisais un geste elle sorte les griffes et honnêtement, je n'avais pas envie de me battre avec une fille, et encore moins avec elle. Alors je reculai à contre-coeur, partagé entre l'envie de lui rappeler qui était le plus fort, mais le fait de ne pas pouvoir lever la main sur elle.

Sa gifle me vint bien plus forte que je ne l'avais attendue - et pourtant je m'y connaissais en baffe. Je tournai la tête et fermai les yeux une secondes, me mordant les lèvres pour tenter de me calmer. Dans ma tête, ça chauffait, ça chauffait, ça bouillait et ça n'allait pas tarder à exploser. Et puis j'avais l'oreille qui sifflait et la joue en feu; la salope, elle n'y était pas allée de main morte.


- Et celle là, elle te fait rire aussi ?! T'en veux une autre pour vérifier ?!

Ses yeux lançaient des éclairs et j'étais certain que les miens aussi. Même si je savais que je risquais très probablement qu'elle me colle sa main dans la gueule, ce n'était jamais agréable et toujours humiliant et cette honte s'ajouta à ma colère déjà bien présente. Tout le monde pouvait nous voir mais je n'en avais plus rien à foutre. Tout d'un coup je m'étais arrêter pour lui faire face, alors que j'avais franchement l'impression qu'elle allait me frapper encore une fois. Je ne voulais pas la frapper, il ne fallait pas il ne fallait pas - en même temps que je me retins mes bras agirent tous seuls et agrippèrent ses poignets que je serrai fort entre chacune de mes mains, trop fort, pour l'obliger à les baisser et à se calmer. Tout mon corps résonnait de rage et pourtant je sentais que le fourmillement dans mes mains au contact de sa peau restait le même, le même qu'avant quand je la touchais, le même que j'avais toujours ressenti. Je secouai la tête pour chasser tout ça et me penchai pour lui murmurer, ou plutôt siffler entre mes dents parce que j'avais la mâchoire contractée :

- Oh, tu veux vraiment que ça se finisse comme ça, Taylord?... J'étais moqueur, encore une fois, et je cherchai son regard parce que je me rendais compte que j'avais désespérément besoin d'un contact sinon, j'allais exploser.

- Tu vas faire quoi, me casser la gueule? Et puis, ça changera quoi?

Je la fixai en plissant les lèvres.

- Fous-moi la paix, maintenant.

Je la lâchai en la poussant en arrière. J'avais les poings serrés et la respiration un peu plus forte que d'habitude, et mes yeux picotaient de ce voile qui ne demandait qu'à tomber - mais il fallait que j’attende. Que j'attende qu'elle tourne les talons, qu'elle disparaisse. Il tomberait derrière elle.



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CHUCK CARLTON
I should have known better, nothing can be changed - the past is still the past, the bridge to nowhere - I should have wrote a letter, explaining what I feel, that empty feeling - Be my rest, be my fantasy

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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



Féminin
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Localisation : Ben regarde, sur ma licorne magique... Ah, tu la vois ? Okay, arrête le jus de citrouille alors, visiblement ça te fait pas que du bien.
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Particularités: J'ai dix doigts. C'est fou hein.
Ami(e)s: C'est comme la poussière d'étoiles. Si t'y prends pas gaffe, elle s'effrite entre tes doigts...
Âme soeur: Il a un petit faible pour les cow-girls.

MessageSujet: Re: Russian Roulette [C.C] [Ended]   Lun 28 Mai - 17:39


♪ Set fire to the rain ♫

But I set fire to the rain
Watched it pour as I touched your face
Let it burned while I cried,
Cause I heard it screaming out your name, your name



C'était fou tout ce qui pouvait changer en l'espace de quelques secondes seulement.
Comment pouvait-on passer comme ça, d'un extrême à l'autre ? J'avais l'impression que dans mon cœur, c'était les montagnes russes. Que j'étais montée planer tellement haut dans le ciel, jusqu'à toucher les nuages, que la descente avait été démesurée, me donnant le vertige parce que ça ne semblait ne pas vouloir s'arrêter – un peu comme le toboggan géant de la fête foraine que j'avais fait en compagnie d'Haley, quelques semaines auparavant, et pourtant la sensation était tellement différente... – parce que Chuck ne le voulait pas. Il la laissait se prolonger indéfiniment. Mais comment on fait pour toucher le fond lorsqu'il n'y avait pas d’atterrissage envisageable ? La chute ne promettait d'être que plus brutale encore, sinistre, dans un dernier craquement...

La vérité, c'était que j'étais carrément déboussolée. Je ne savais pas vraiment ce qu'il se passait, si tout cela était réel, mais le comportement de Chuck me forçait à réagir – n'importe comment pourvu qu'il y ait une réaction, parce qu'il me poussait jusque dans mes derniers retranchements jusqu'à ce que je ne puisse plus reculer. Jusqu'à ce que mon dos se colle contre le mur et m'incitait à devoir faire un pas en avant, à combattre si je voulais seulement réussir à m'en sortir. Que ce soit le corps tout en entier, ou avec quelques membres en moins.
Et quelque chose me disait que c'était la deuxième éventualité qui s'offrait à moi.

C'était comme si ce qui s'était passé ces dernières semaines, n'étaient rien. Que rien ne s'était produit, que rien ne s'était passé, que tout s'était arrêté à la dernière fois où on s'était franchement pris le bec en cours de soins aux créatures magiques avant la chute des mangemorts. Que c'était juste un rêve, que j'avais dormi pendant tellement de temps que j'avais fini par y croire. Que j'étais bien dans mon état de coma léthargique et que je n'avais en fait pas du tout envie d'en sortir. Mais non, il arrive toujours un moment où il est grand temps de se réveiller, pas en sursaut, ce qui était déjà bien désagréable, mais en chutant carrément du lit, comme ça on était sûr que je n'étais pas somnambule. Ces moments qui n'avaient jamais existé et qui se perdaient dans le vent. Le qui emportait lui même tout sur son passage, qui n'était pas assez puissant pour m'entraîner à sa suite. Alors je devais rester là, debout, à affronter ce que j'aurais préféré fuir.

Surtout parce que j'avais encore assez de raison pour ne pas laisser passer tout ça, comme un train qui passe si proche qu'il vous fait basculer en arrière. Car à résumer la situation, ça commençait à faire franchement beaucoup, si bien que je me demandais comment tout cela pouvait être possible.. ? Une seule personne ne peut pas réussir à faire tout ça si ? Mais non, non, Chuck laissait tout à penser qu'il n'avait aucun scrupules à fouiller dans mes affaires à un degré du personnelle plus que prononcé, à me mener part le bout du nez, avec de jolies paroles préfabriquées qui avaient de belles sonorités, mais qui, venant de sa part sonnaient creux. De pousser le vice le plus loin possible en obtenant ce qu'il avait toujours désiré, parce qu'il était parti dans l'idée qu'on ne lui refusait rien, et qu'on devait s'y confronter, un jour où l'autre, quoi qu'il arrive. Ce désir qu'à présent, je voyais pervers, parce que dès lors qu'il n'était pas pas mêlé aux sentiments, qu'ils soient forts ou non, il devenait dévastateur, comme une tornade qui démolissait tout sur son passage. J'étais dans la tourmente. Je devais m'en sortir.
Mais toute seule.

Je sentais toute affection s'envoler, un peu plus fort chaque fois, dès le moment où je commençais mes attaques physiques, me faisant perdre la mémoire peu à peu, renversant ainsi la tendance. Comment est-ce que j'avais pu en avoir, de l'affection ? Tout à coup, alors que je n'en avais pas douté jusqu'au début de cette altercation, ça me semblait tout à fait aberrant. Il n'y avait rien de bon à tirer de ce mec. Il n'y en avait jamais eu. C'était comme ça. Il n'y avait pas à chercher plus loin.
C'est tout.

Mais surtout, et c'était sans doute le pire, c'était ce sentiment d'impuissance que je ressentais face à Chuck comme ça avait si souvent été le cas, avant qu'on finisse par ne plus nager à contre courant tout les deux. Tout ce que je pouvais faire, tout ce que je pouvais dire rebondissait sur lui comme si ce n'était que de maigres attaques, si faibles qu'elles n'avaient aucune conséquences. Si faible qu'elles ne pouvaient provoquer de brèche nul part. Je voulais juste qu'il efface ce sourire moqueur qui ressemblait à une dague en argent qu'il utilisait pour me trancher la gorge lentement, pour bien me faire ressentir la souffrance comme il le fallait. Comme si...
Comme si c'était mérité ?

J'étais prête à lancer l'assaut une nouvelle fois après la gifle dont je l'avais gratifié, et où la sensation ingrate qu'elle me faisait sentir était pareille à une brûlure à l'intérieur de la paume. Plus que jamais en cet instant, je souhaitais que cette même blessure lui traverse tout le corps, pour qu'il comprenne enfin, pour qu'il arrête.
Pourquoi est-ce qu'il n'arrêtait pas ?

Ma respiration se coupa en même temps qu'il s'empara de mes poignets et j'arrêtai un moment tout mouvement surtout parce que la douleur était beaucoup trop forte et que je n'arrivais plus qu'à me concentrer là dessus. Mes os, à cet endroit là, passaient à présent sous un chalumeau et je pouvais presque les sentir se frotter l'un contre l'autre.


- Oh, tu veux vraiment que ça se finisse comme ça, Taylord?...

A quoi tu joues ?! C'est quoi ton problème ?! Pourquoi tu fais ça ?! J'avais beau chercher, je ne trouvais pas ce qui le poussait à agir de la sorte, comme si tout à coup, je le dégoûtais et qu'il n'avait plus qu'une envie, celle de me réduire en miettes sans même vouloir essayer de m'en expliquer la raison, parce que même ça, je n'en étais apparemment pas assez digne...

- C'est pas plutôt toi qui en a envie ? une fois encore il essayait de tirer la situation à son avantage, comme si ce n'était qu'un pauvre victime qui était en train d'agir sous le coup de la légitime défense.

Il était temps pour lui aussi qu'il ouvre les yeux, non ?


- Tu vas faire quoi, me casser la gueule? Et puis, ça changera quoi?


J'avais envie de lui cracher au visage pour le contraindre à battre en retraite. Il était si près et pourtant rien de ce que je voyais ne m'était familier. Même un parfait étranger aurait pu paraître plus chaleureux.

- Oh, tu sais penser avec ton cerveau maint'nant ? Non mais sérieusement, est-ce qu'il entendait le tissu de conneries qu'il racontait ? Il aurait eu mieux fait d'appliquer ses conseils pour lui, oui !! C'est aussi c'que tu t'dis quand tu tabasses quelqu'un ?

Alors ouais, peut être que ça ne changerait rien, si ce n'est le sentiment libérateur de pouvoir passer ses nerfs sur quelqu'un. Parce que ce n'était pas précisément ce qu'il était en train de faire ? Je ne faiblissais pas même si je crevais de lui hurler de me lâcher tout de suite parce que s'il resserrait plus ses doigts contre ma peau il allait me la déchiqueter.


- Fous-moi la paix, maintenant.

Je titubai sur quelques pas, la liberté brutalement retrouvée. J'avais oublié que nous étions dans la salle commune et que tout le monde était potentiellement en train de nous observer régler nos petites affaires de la manière la plus sale qu'il soit. Je reconnaissais les murs tapissés de rouge et or pourtant, mais j'étais ailleurs.

- Et toi, va te faire foutre, lançai-je en évitant de songer à mes poignets tout engourdis qui ne répondaient qu'à moitié, ignorant la déchirure sourde du feu qui ne cessait pas de lécher chaque parcelle qui se trouvait en dessous de ma peau.

Déjà que, c'était à la limite du supportable, il ne fallait pas trop m'en demander plus. Si je restais ici une seconde de plus, j'étais certaine que j'allais finir par fondre sous son regard qui demeurait définitivement impénétrable et s'il fallait que cela cesse, s'il fallait rompre irréversiblement le lien qui un jour avait pu nous unir d'une quelconque façon, j'allais m'en charger. Je récupérai, en fourrant à la va vite, mes parchemins et livres qui étaient restés sur la table, lorsque mes yeux se posèrent sur le cahier dans lequel j'avais entreposé toutes les coupures de journaux. Je ne réfléchis pas, répondant à mon impulsion qui une fois de plus allait me jouer des tours, même si je n'allais m'en rendre compte que bien plus tard. Je m'en emparai, tout en mettant mon sac sur l'épaule qui me paraissait bien lourd à présent, et lui jetai à ses pieds l'instant suivant – certaines des brochures qui n'avaient pas été collés s'éparpillèrent sur le sol, un peu plus loin.

- Mais vas-y, t'gêne pas, fais tourner, après tout est-ce qu'il avait eu des remords jusqu'à présent ? Je ne pense pas, non. Demande même de l'aide à Haruhi, j'suis sûre qu'elle voudra bien t'aider, sifflai-je méchamment, parce qu'elle aussi je l'attendais au tournant à présent. Puisque de toute façon ta vie est tellement merdique, qu'il faut qu'tu pourrisses celle des autres.

Je lui donnai un coup de sac placé dans les hanches, en espérant que le livre de potions remplirait son rôle, car il était bien plus imposant que les autres. Je m'arrêtai une dernière fois avant de prendre les escaliers qui menaient jusqu'aux dortoirs.

- La prochaine fois qu'tu m'approches Carlton, j'te r'fais l'portrait, c'était tout dans son intérêt qu'il prenne cette menace au sérieux, parce que moi, les belles paroles, c'était loin d'être mon tripe.

Sans même lui jeter un dernier regard parce que j'en avais assez vu comme ça, je grimpai les dernières marches qui me séparaient de mon échappatoire, ne me priais pas pour faire claquer la porte, dont le bruit, j'en étais sûre, avait dû s'entendre dans toute la tour Gryffondor. Puis je me laissai doucement glisser le long du mur, les yeux perdus dans le vide, me massant les marques rouges de façon absente. Après tout... Ce n'était qu'une énième dispute non ? Il reviendrait demain, et au bout de quelques railleries, de deux trois échanges boudeurs, tout serait comme avant, n'est-ce pas ? Parce que c'était ce qui s'était toujours passé.. ? Parce que c'était comme ça que ça devait être et pas autrement ?

J'avais toujours mes jambes, mes bras, la tête... Et pourtant c'était comme si on venait de m'arracher la plus grosse partie de moi. Elle était restée en bas.
Mais il n'y avait personne pour la recoudre.






I set fire to the rain
And I threw us into the flames
Well it felt, something die
Cause I knew that that was the last time, the last time


Terminé.

_________________
"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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