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"I dream of Chicago." [A.]

 

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 "I dream of Chicago." [A.]

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Apple Hunt
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MessageSujet: "I dream of Chicago." [A.]   Ven 4 Mai - 22:18

© made by Islande



"I took a train to Chicago
Thought I could clear my mind."



Parlours - I dream of Chicago ♪



La bibliothèque. Ce n’était pas un endroit qui m’attirait en général. Non pas que j’ai un problème avec les livres, pas du tout. J’adorais lire même ! Mais l’idée de le faire enfermer dans une pièce qui sentait le vieux et couverte de pièce n’était pas vraiment ma conception d’une lecture agréable. Je préférais m’allonger dans l’herbe battue par les vents, un bon bouquin dans les mains et un brin entre les dents. Je fermais les yeux, revoyant mon jardin dans laquelle je m’allongeais des heures durant au soleil. Chez moi ne me manquait pas spécialement. En fait, je ne m’étais pas encore faite à l’idée d’être totalement partie. Je n’arrivais pas à savoir si l’endroit me manquait. Vu de l’extérieur pourtant, il n’y avait pas photo. Chez moi, c’était dans la banlieue de Liverpool. Il faisait froid et gris la plupart du temps et ma maison sentait le renfermé. Le papier peint se décollait même par endroit à cause de l’humidité. Oh bien sûr, la baraque n’était pas si horrible que ça. J’avais ma propre chambre, un jardin, une salle de bain en état et de jolis volets bleus marine. Comme ceux de la maison d’à côté. Et celle d’après aussi. Là-bas, tous se ressemblait. Même nos boites aux lettres en fer étaient les mêmes.

Alors qu’à Poudlard, c’était autre chose. J’étais arrivée hier, répartie le soir même, et je trouvais déjà l’endroit merveilleux. Je ne pouvais pas attendre de visiter les moindres recoins du château dont je n’avais eu qu’une vue globale. Mais déjà, le plafond enchanté de la grande salle, l’immense parc et le hall de marbre me laissaient sans voix. Maman n’avait jamais été très bavarde sur le sujet. Kathleen n’était pas bavarde tout court. Quand à Caro et Alexandra, c’était plutôt infernale de les entendre parler de l’école. Elles aimaient bien exagérer chaque chose, si bien que je ne savais jamais si elles se moquaient ou si elles étaient sincères. Une chose était sure, il n’y avait pas de dragon dans le parc. Ni de Troll dans les coins de la grande salle. Je notais pour moi-même qu’il fallait que je leur en touche de mot. Leurs histoires ne m’amusaient guère, être le cobaye de leurs petites blagues était réellement lourds. C’était décidé, je me plaindrais la prochaine fois que je verrais l’une d’elle. Mais à vrai dire, elles étaient à Serdaigle, tranquillement, et je n’avais pas vraiment envie de les voir. Je ne voulais pas être fichée comme la sœur Hunt, la seule petite Poufsouffle. J’étais prête à mener ma propre vie comme je l’avais toujours fais. Loin de mes sœurs, si possible. Et loin de la maison.

Je n’aurais jamais pensé que tant de choses me manqueraient. En fait, ce n’était pas encore un manque, c’était plutôt une surprise. Ne plus dire bonjour à Maman le matin en lui faisant un baiser sur la joue sur la pointe des pieds, tandis qu’elle m’adressait son sourire un peu terne. Le hochement de tête de Papa devant son journal également. Je n’allais pas le revoir avant les vacances de la toussaint, si je retournais à la maison bien entendu. Il n’y avait plus Madame Richardson sur son palier à prendre le courrier comme tous les matins, et à m’adresser un signe de la main et un petit sourire. Si entendre les aboiements de Fox, son petit chien qui criait un peu trop à mon goût. Je vivais tout ça encore hier matin, tandis qu’en ouvrant les yeux ce matin, il n’y avait que mes baldaquins jaunes. Ils étaient chouettes bien entendu, mais j’étais légèrement perdue. Je savais m’adaptée et n’avais pas peur. Être à Poudlard était fantastique, et j’étais prête à profiter de ma chance. Je n’aurais juste pas pensé remarquer à quel point j’étais habitué à mon rituel quotidien. Je n’y avais jamais fait attention honnêtement. Et maintenant, je réalisais que chaque détail était inscrit dans mon cerveau malgré moi.

Ce qui me parut le plus difficile fût de se réveiller sans voir la chambre de Serghei par la fenêtre. Ni sa tête lorsque j’ouvrais les rideaux et qu’il était le premier à qui j’adressais un signe de la main le matin. J’avais les cheveux emmêlés et les traces de mon oreiller sur la joue. Lui, ses cheveux n’étaient jamais coiffés alors on ne voyait pas trop la différence. L’idée me fit sourire alors que je revoyais sa face fatiguée devant ma fenêtre. Ça, je savais que ça allait me manquer. Depuis que je le connaissais, l’idée de partir à Poudlard me laissait toujours un peu amère. Car je savais toujours que lui ne viendrait pas avec moi. Qu’on allait s’écarter. Petit à petit. Que je m’enfoncerais dans mes mensonges sur mon prétendu internat. Et qu’il verrait que je n’étais pas sincère, parce qu’il le voyait tout le temps. Cependant, Dieu avait pour une fois bien voulu m’écouter. Hier soir, assise à la table de ma nouvelle maison, je regardais les derniers élèves se faire répartirent. Jusqu’à que son prénom soit prononcé. Serghei était là, à Poudlard. Je l’avais vu de mes yeux vu, je n’avais pas rêvé. J’en souriais encore. J’allais le revoir, il était avec moi au château. C’était la plus belle coïncidence de ma vie sans rire !

Sauf que maintenant, il fallait le retrouver. Je n’avais pas réussir à lui parler durant le festin. J’avais prévu de l’attraper discrètement par le bras à la fin du repas, mais je n’avais pas prévu d’être emporté par la foule jaune et noir qui me dirigeait vers ma salle commune, bien trop loin de Serghei. Après ma matinée de cours, j’avais mangé en vitesse pour aller faire un tour à la bibliothèque. Me voilà donc en direction du lieu que je m’étais dit que je visiterais en dernier dans cette immense bâtisse. Mes chaussures résonnaient dans les couloirs à moitié vide tandis que j’atteignais mon but ultime : la pièce remplie de livre et avec un peu de chance, Serghei. Je rentrais tout doucement, veillant à ne faire aucun bruit. Me faire reprendre dès le début de l’année n’était pas dans mes plans. J’arpentais les allés remplies d’étagères, murmurant son prénom et le cherchant des yeux. Mais non, je ne le voyais nulle part. Dans ma tête, c’était quelque peu différent. Je poussais un soupir, achevant ma recherche dans un coin de la salle, tout au fond près de la fenêtre. Un garçon était assis et en m’approchant, je ne pus m’empêcher de remarquer qu’il feuilletait un énorme livre remplis de photos. Sauf que ce n’était en rien des images de magies non, seulement de grands immeubles et autres morceaux de ville imprimés sur papier glacé. Curieuse, je me rapprochais. L’endroit avait l’air joli, et ça ne me disait strictement rien.

-C’est où ?

J’avais parlé d’une voix qui n’était pas spécialement forte, mais dans le calme ambiant de la bibliothèque, j’eus l’impression d’avoir mis en marche un mixeur. Le garçon tourna la tête, surpris. Reprenant plus bas avec un petit air désolé, j’ajoutai :

-Ca a l’air chouette comme endroit.




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Aaron Marshall
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MessageSujet: Re: "I dream of Chicago." [A.]   Dim 6 Mai - 17:12

Je ne savais même pas ce qui m'attirait aujourd'hui dans la bibliothèque du collège. Je me sentais si désespéré que ma seule chance se trouvait ici. Avaient-ils de vraies histoires de la vie réelle ? Des contes de fées pour enfants normaux ? Ou même un livre de géographie ? Mon manque se faisait de plus en plus grand, j'avais décidément le mal de l’Écosse et de la magie. Tout était si différent, j'avais perdu tous mes repères à présent et je me sentais seul, terriblement seul...
Lorsque je voyais les pays Anglo-saxons, c'était que j'étais en train de regarder la télévision. Ces pays m'avaient toujours attirés, sûrement parce que maman m'avait dit que j'étais né à Londres il y a onze ans et qu'elle y avait vécu quelques temps. Elle ne m'avait jamais expliqué pour quelles raisons d'ailleurs, mais j'avais l'habitude de ses secrets et je ne me sentais pas encore prêt pour les entendre. Ça me faisait du mal quand maman m'avouait quelque chose, je ne voulais rien savoir de sa vie, je préférais être avec Junior et jouer dehors plutôt que de supporter ce qui se passait à l'intérieur.
Une fois, j'étais rentré très tard à l'appartement, la nuit était déjà tombée. Junior et moi étions partis en balade dans l'après-midi avec les grands, ils avaient besoin de nous pour cette fois. Junior avait l'air très emballé par cette excursion, personnellement je l'étais moins. Les affaires des grands me faisaient toujours un peu peur, mais je le disais pas sinon ils me donnaient pas d'argent en échange des services que je leur rendait. Ce jour-là, on devait se rendre à l'autre bout de Chicago, dans le ghetto des chinois. Ils se baladaient tous avec un couteau sous la veste, même les filles cachaient parfois un pistolet dans leur sac ou un gaz lacrymogène, fallait mieux pas trop traîner la nuit par chez eux.
Cette fois, le chef de gang était pas le même, l'autre avait du mal finir encore. Ces affaires de drogue ou d'argent ne finissaient jamais, j'arrivais pas à comprendre pourquoi ils s’entre-tuaient tous pour ces barres qui collaient les doigts. Les grands se foutaient de moi quand je faisais la réflexion. "Tu verras plus tard petit" qu'ils disaient ! Junior disait jamais rien dans ces cas-là, il aimait pas parler de drogue devant tout le monde, de toute façon on savait que ses parents étaient accros. Depuis leur mort, la grand-mère de Junior n'acceptait plus qu'on parle de ça sous son toit. Alors on respectait. Les parents étaient pas forcément toujours gentils avec nous, mais fallait dire du mal de la mère d'untel ou traiter le père de quelqu'un - fallait voir les bagarres que ça créait dans le cas contraire.
Dans le métro, personne parlait. Le chef fronçait les sourcils et nous disait de nous dépêcher. Puis on avait pris un taxis pour se rendre là-bas, je commençais à transpirer, j'avais la gorge nouée.
Une fois sortis de la voiture, j'examinais les lieux, c'était plutôt vide comme endroit, les gens marchaient vite et la tête basse. On se trouvait dans la plus grosse banlieue à l'est, la plus reculée de la ville presque. Le chef nous fila un coup de pied aux fesses pour qu'on se concentre puis il nous ordonna de rester près de l'immeuble, pour guetter, tandis qu'il allait s'arranger avec le chef des bridés à l'intérieur de l'immeuble.
Docilement, Junior et moi on s'était postés près de la porte de l'immeuble puis on avait attendu. Personne ne parlait, on avait trop peur pour ça. Je jetais un regard confiant à mon meilleur-ami, puis je me détendis.
Malheureusement, j'avais trop baissé ma garde, une main m'empoigna avec force l'épaule et me plaqua contre le mur. A quelques centimètres de mon visage, la méchante tête d'un des asiatiques. Il me donna une claque d'une force impressionnante qui me fit tomber sur le sol. Ma tête cogna avec force le bitume et je perdis connaissance quelques instants tandis que Junior hurlait tout près de moi.
Lorsque je me réveillais, je vis les deux hommes affairés autour de Junior, couché sur le sol. Soudain, la porte de l'immeuble s'ouvrit, les grands apparurent et se jetèrent sur les hommes qui s'en prenaient à Junior. Quelqu'un me souleva comme une plume, c'était le frère de Junior, je n'avais pas la force de lui demander ce qu'il faisait là, mais pour une fois j'étais content de le voir. Un des grands s'occupa de Junior et cria aux autres de le suivre, pendant que des coups de feux retentissaient dans l'immeuble. Toute la bande s'enfuit aussi vite que possible, prenant les jambes à son cou. J'entendais Junior s'étouffer dans ses sanglots, criant qu'on lui avait volé tout son argent, qu'il avait mal et que ces cons lui avait pris le canif de son père.

Depuis ce jour, Junior avait un peu changé, il n'avait jamais voulu me raconter ce qui s'était vraiment passé. Il était resté chez lui pendant une semaine. Moi, en rentrant à la maison, maman pleurait et Robert m'avait crié dessus. Il m'avait dit que ça se faisait pas de rentrer à cette heure là avec toute la merde de la ville accrochée à mes vêtements et que mes blessures avaient intérêt à guérir vite sinon il allait m'en redonner d'autres vite fait.
A coup sûr, il était encore ivre ce soir-là, alors je préférais m'éclipser dans ma chambre. Je savais qu'il obligerait maman à faire des choses qu'elle n'aimait pas, surtout quand il était dans cet état. Alors je me bouchais les oreilles le soir, cachant les pleurs de ma mère par les miens, la tête enfouie sous ma couverture.

Et aujourd'hui encore, en revoyant ces belles images de ma ville natale, les larmes me remontaient aux yeux. D'un coup de manche, je les écrasaient sur ma joue et poursuivait ma lecture. J'avais les yeux rivés sur cette photo du Lac Michigan, ou du quartier d'affaires de Chicago. Uptown et le Loop me manquaient un peu de jour en jour.


- C’est où ?

Je sursautais. Une fille était apparue derrière moi et lisait derrière mon épaule. Je m'empressais de faire disparaître discrètement les traces de larmes sur mes joues et répondit, sans regarder la personne dans mon dos :

- C'est chez moi...

Je tournais une autre page, admirant cette fois les nombreux parcs de ma ville natale.

- Ca a l’air chouette comme endroit.

Je souris. Elle n'avait pas idée.

- Ca l'est. C'est tellement différent de... (je montrai la pièce d'un mouvement de bras) tout ça.

Timidement, je tirai la chaise à côté de moi pour montrer à la fille qu'elle pouvait s’asseoir près de moi. Je n'osais pas me retourner, de peur qu'elle voit la tristesse et la vulnérabilité dans mes yeux. J'avais envie de parler de Chicago à quelqu'un aujourd'hui.

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MessageSujet: Re: "I dream of Chicago." [A.]   Lun 7 Mai - 21:38

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Maman m’avait toujours dis que la curiosité était un très vilain défaut. Mais c’était le genre de proverbe bon marché que tout le monde connaissait et répétait sans grande conviction. Un jour, quelqu’un l’avait dit et depuis cela se baladait de bouche en bouche sans que les gens y réfléchissent vraiment. Non parce qu’honnêtement, c’était bête ce proverbe. Enfin, je ne l’approuvais pas. On m’avait toujours appris qu’il ne fallait pas être égoïste (je devrais le rappeler plus souvent à mes sœurs) et que faire attention aux autres était important. Enfin, Papa ne m’avait jamais dit ça, sinon je l’aurais traité d’hypocrite. C’était Maman qui me le disait souvent. Moi, je l’avais toujours fais parce que j’aimais ça. D’après ma mère, cela voulait dire que j’étais altruiste. D’après Alexandra, que j’étais stupide. Chacun sa vision après tout. Mais moi, je devais avouer que j’étais un peu perdue. Je devais m’intéresser aux autres, mais la curiosité était un vilain défaut. On faisait comment alors pour en apprendre plus sur la personne ? Et puis, c’était bête. Si les gens se confiaient à moi, je n’allais pas le révéler aux autres ! Je gardais tout pour moi, j’étais une tombe. J’étais la petite oreille discrète à côté des gens qui avaient besoin de se vider. En quoi cela était-il un défaut ? Etait-ce demander qui était « vilain » ? Beaucoup de personne n’osait pas se confier d’eux même, et avait juste besoin qu’on amorce la bombe, le détonateur.

-C’est chez moi…

Sa voix était pleine de mélancolie tandis que le garçon tournait de nouveau une page de son livre. Je pouvais y avoir des parcs entourés de buildings. Les photos étaient magnifiques, et elles me donnaient envie de partir instantanément de la bibliothèque pour me balader dans le parc de Poudlard qui me paraissait si chaleureux. Mais pour le moment, j’avais très envie de savoir où était ce chez moi dont le garçon parlait. Où était-ce ? En tout cas, ça avait l’air de lui manquer. Je ne pouvais pas lui reprocher ça, parce que l’écosse et les parcs de son livre, c’était… Différent. Une fois habitué à un environnement, c’est toujours dur de s’en détaché. Et puis quand je voyais la beauté de là où il habitait, je comprenais que les plaines vertes d’Ecosse ne le branchent pas spécialement. La ville et la campagne… C’était deux choses très différentes. Moi, j’aimais quand c’était mêlé. L’endroit du livre avait l’air très agréable, mais j’avais quand même une préférence pour ma Suède natale. Il y avait moins d’immeubles, ou du moins ils n’étaient pas aussi grands. Après, si on s’éloignait dans les banlieues, ce n’était que maison et piste cyclable partout. Ca me manquait énormément, même si je n’y avais pas vécu aussi longtemps que semblait avoir vécu le garçon « chez lui ». Je ne savais pas où c’était, mais vu son accent américain, je présumais que c’était de l’autre côté de l’Atlantique.

-C’est en Amérique non ? Demandais-je d’une petite voix.

Je n’étais pas sur de moi, mais le garçon me sourit. Visiblement, je ne l’avais pas vexé ou blessé en parlant de sa ville d’origine. Je n’étais pas sûr qu’il veuille en parler après tout, ni même que je lui pose des questions. Parfois, les gens n’aimaient pas ça chez moi. Mais je ne demandais jamais avec un mauvais fond, pour me moquer ou quoi. J’étais juste curieuse, j’avais envie de savoir quelle était cette ville dont le garçon parlait. Ça m’intéressait.

- Ca l'est. C'est tellement différent de... tout ça.

D’un geste vague, le garçon toujours dos à moi me désigna la pièce autour de nous. J’avais vu juste, son ville lui manquait. Je le comprenais. Mon adaptation en arrivant de Suède avait été quelque peu brutal également. Je l’avais quitté à l’âge de six ans, au moment même où je devenais assez grande pour avoir une notion d’appartenance à un endroit. J’avais grandis dans ce pays, et je l’aimais. J’aimais le sourire des gens, les oiseaux qui chantaient dans les branches, les vélos un peu partout, l’odeur des fruits dans notre verger. Les petites maisons propres et blanches, les rues bien soignées et bordées de bac remplie de fleur. C’est comme ça que j’avais vécu toute mon enfance, dans cet environnement joyeux où tout le monde avait un sourire collé au visage. Et puis d’un coup, me voilà propulsé à Liverpool. C’était gris, bien trop gris. Les pavés étaient couverts de mégot et de trace non identifiables. Notre maison, je ne vous en parle même pas… ça sentait le vieux partout. Le jardin ? Ma plus grande déception. Petit, terne et sans vie. Pas un rayon de soleil pour éclairer le tout. Le pire dans tout ça ? C’était que Liverpool avait volé le sourire de Maman. Elle n’était pas à sa place en Angleterre. Les gens fronçaient les sourcils face à ses cheveux platine et sa peau pale, sans parler de son accent. Il ne faisait pas bon genre visiblement, les gens étaient… Etonnés. Mais pas curieux pour tenter de la connaître. Et Maman s’était fanée comme les tulipes dans notre jardin en hiver.

Le garçon poussa la chaise à côté de lui, signe que je pouvais m’asseoir à côté de lui. J’eus un immense sourire. Chouette, ma première connaissance ! Je me posais doucement sur la chaise en essayant de faire le moins de bruit possible. Je le regardais discrètement, mais lui n’osait pas se tourner vers moi. Pourquoi ? Je n’en savais rien. Il m’avait déjà invité à m’asseoir, je n’allais pas lui chercher des poux. Délicatement, je me penchais vers le livre, les pointes de cheveux platine effleurant la page. De près, je voyais encore mieux les détails, et réalisais à quel point ça avait l’air chouette comme endroit. M’écartant légèrement pour ne pas empêcher le garçon d’admirer sa ville natale, je me tournais vers lui avec un sourire.

-Tu as habité là-bas pendant longtemps ?

Tandis qu’il tournait la page, j’admirais à présent les immeubles de la ville. Il n’était pas comme ceux du centre de Liverpool, gris et qui sortaient amèrement du paysage. Non, ils se mariaient avec l’atmosphère enjouée de la ville, sans compter qu’une rivière, ou un lac peut-être, bordait l’endroit. Je laissais échapper un « Oh » d’étonnement et d’admiration.

-C’est quoi ton endroit préféré là-bas ?Demandai-je poliment, sans pouvoir cependant retenir la pointe de curiosité dans ma voix.




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MessageSujet: Re: "I dream of Chicago." [A.]   Sam 19 Mai - 17:43

Sa voix était vraiment aiguë, c'était à coup sûr une fille de mon âge. Elle ne semblait pas très grande non plus, mais elle était plutôt intéressée par le livre que je le lisais. Le fait qu'elle lise par-dessus mon épaule ne me dérangeait pas, mais je n'étais pas forcément très à l'aise. Je ne connaissais absolument personne dans ce bahut et je n'avais pas forcément envie de me faire une super bande de potes. De toute façon personne ne me ressemblait, personne ne me connaissait. Je n'étais fidèle qu'à Junior et les gars de Chicago, pourquoi donc s'embêter à essayer de se lier d'amitié avec des Anglais riches comme Crésus ? On était pas du même monde, c'était clair. Et même si certains avaient peut-être vécu la même chose que moi, je ne voulais pas me trouver de points communs avec ces gens là. J'étais pas fier d'être tombé sur une famille comme la mienne, une mère célibataire aux collants résille qui sortait avec le gros camionneur du coin. C'était pas quelque chose que j'aimais partager avec quelqu'un et de toute manière ça regardait personne ! J'avais pas tellement confiance en tout ce qui m'arrivait. Devenir un sorcier était bien la dernière chose que j'aurais commandé pour Noël, déjà que lorsque j'étais petit les gens me trouvaient étrange, alors quand ma mère avait appris ça, ça lui avait fait un drôle de choc. J'avais lu la peur et le désarroi dans ses yeux, puis Robert s'était chargé de traduire : "on savait bien que t'étais pas normal".
Mais j'avais l'habitude, à force je faisais plus attention à ces remarques. Même si ma mère ne s'était doutée de rien, j'avais déjà vu les signes dès mon plus jeune âge de mes pouvoirs naissants.
De toute façon j'étais résolu à ne pas progresser, déjà que j'avais du mal en mathématiques et que ma mère avait failli se battre avec ma prof, j'allais pas tout plaquer pour étudier... la métamorphose par exemple ! - enfin si ça pouvait être utile pour transformer les autres en furet.

Le problème, c'est que je me rendais compte que j'étais plutôt contradictoire dans ma façon de penser. Qu'est-ce qui m'avait poussé à inviter cette fille à s’asseoir ? C'était pas trop dans mes habitudes de vouloir me confier et de parler de moi. Je m'en voulais déjà, je me sentais tout d'un coup un peu con. J'espérais qu'elle s'en aille et qu'elle me laisse tranquille, pas besoin de sa pitié ! Déjà que quelques larmes qui s'étaient invitées d'elles même, avaient embrouillées mes yeux contre mon gré. J'étais trop fier pour pleurer devant quelqu'un. Je n'aurais pas du feuilleter ce livre, il me rappelait des souvenirs trop frais encore, ce n'était pas bien, c'était obligé que ça me fasse du mal, de la peine...


- C’est en Amérique non ?

Je hochai la tête. En Amerique oui, de loin la meilleure des terres. Mon regard s'était bloqué sur la même page, celle des parcs de Chicago. Je me sentais fatigué de ne pas vouloir adresser la parole à quelqu'un. Au fond, je crois que j'en avais un peu besoin, juste un peu quoi...

Elle s'assit. D'un coin de l’œil je voyais ses jambes et le bas de sa robe de sorcière. Elle avança sa chaise un peu plus vers la table et se pencha doucement pour mieux regarder le livre. Le regard toujours fixé sur le livre, j'apercevais ses longs cheveux blonds glisser sur les pages du livre et effleurer mes mains. Je fronçai les sourcils, attentif à la moindre de ses réactions.


- Tu as habité là-bas pendant longtemps ?

Je posai alors mon premier regard sur elle. Mes yeux bleus fixèrent les siens, pétillants de malice. Son visage était enfantin, ses traits un peu ronds. Je n'avais jamais vu des cheveux aussi blonds, elle me faisait penser aux filles du Nord, peut-être un peu à une Européenne en fait. Elle était belle, je la trouvais belle, elle me plaisait. Elle était belle...

- Oui, dis-je rapidement, reprenant mes esprits.

Je retournai la tête vivement vers mon livre, un peu coupable de l'avoir dévisagée ainsi pendant autant de temps.


- C’est quoi ton endroit préféré là-bas ?

Sans hésiter, j'aurais répondu Chinatown, Cicero, le Loop ou bien tous les quartiers de West Side. Mon ghetto, l'appartement de Junior, le local à poubelles, l'avenue principale, le square et le centre commercial. Mais j'hésitais.
Son visage d'ange n'aurait pas voulu d'un petit voyou qui traînait dans les quartiers dangereux de Chicago, qui avait comme amis uniquement des noirs ou des italiens immigrés qui avaient arrêtés l'école à seize ans pour se lancer dans le rap. Elle ne me parlerait plus si jamais je lui avouait dans quel immeuble je vivais et comment étaient mes parents. Je savais qu'elle ne me ressemblait pas, et même si mentir n'était pas la meilleure des solutions, je préférais qu'elle me voie pour quelqu'un comme elle, gentil et sans cette vie misérable plutôt que d'affronter son regard choqué et dégoûté si elle savait comment était ma vie.


- J'aime beaucoup le nord de Chicago, dis-je les yeux rivés sur le bouquin.

Je préférais ne pas la regarder pour qu'elle ne décèle rien en mon regard. Mais je mentais ouvertement, le Nord de Chicago était la partie riche et luxueuse de la ville que je jalousais secrètement...


- Et il y a aussi l'aquarium John G. Shedd là (je montrais l'imposant bâtiment sur l'une des photos) le plus grand du monde ! Si tu aimes les poissons, je te conseille d'y faire un tour, il en a à peu près vingt-cinq mille !

Ou peut-être vingt-trois mille, en fait je n'y avais jamais vraiment mis les pieds, mais quelques copains y était allés et n'avaient pratiquement rien vu tellement les touristes prenaient de la place.

- Et il y a l'un des plus importants stade de base-ball d'Amerique du Nord, Wrigley Field !

Je tournai plusieurs pages, souriant, pour lui montrer l'endroit où je rêvais d'aller. Mais les billets se vendaient toujours comme des petits pains et souvent les plus fortunés avaient les meilleurs places. Ce n'était pas très loin de mon quartier mais malheureusement, même quand je faisais un minimum d'économie, les places restaient faramineuses.

- Les places sont vraiment cools, j'ai même pu un jour avoir un autographe d'un des joueurs !

Je riais jaune, me forçant à faire comme si tout était naturel. Un sentiment de culpabilité commençait à naître dans mon esprit, pourquoi est-ce que je lui infligeais cela ? Les filles savaient vraiment me faire perdre mes moyens...

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MessageSujet: Re: "I dream of Chicago." [A.]   Dim 20 Mai - 23:20

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Le garçon m’avait invité à m’asseoir mais bizarrement, il n’osait toujours pas me regarder. Etait-il gêné de ma présence? Dans ce cas-là, pourquoi m’avoir proposé de me joindre à sa lecture ? Je fronçais les sourcils. Les garçons étaient décidemment une espèce bien particulière. Oh je savais très bien que nous les filles aussi, mais j’avoue que j’avais beaucoup plus de difficulté à cerner les mecs que mes copines. Elles, elles étaient un peu simplettes aussi. J’avais du mal à l’admettre, mais c’est vrai que mes voisines passaient plus de temps à mâcher du chewing gum qu’à parler ! A l’école, j’avais tout de même ma bande d’amies ! Elles étaient toute méga chouettes ! Enfin, elles changeaient de mes atroces sœurs. Nous étions une bande de cinq, en me comptant. Hannah, Lucy, Emma, Laureen et moi. Unies comme les doigts de la main, officiellement bien sûr. Je ne dis pas que partir et ne pas rentrer au collège ne m’a pas fait de la peine bien entendu. Leur mentir sur mon départ dans un prétendu internat n’avait pas été sans chagrin et je m’étais promis de leur écrire. J’avais presque hâte de les revoir. Mais évidemment, notre groupe n’était pas parfait. En vrai, nous n’étions que des petites filles, avec des préoccupations et des disputes de gamines. Parfois je devais admettre que ça m’énervait. Mais dans ce genre de moment, j’avais toujours Serghei.

Lui, c’était autre chose ! Pas de place pour les gamineries avec son Q.I surélevé. Dommage qu’il n’ait pas été à mon école, on aurait pu faire les 400 coups ensembles ! A la place, nous étions obligés de communiquer via fenêtre et calepin depuis que sa mère et ses grands-parents jugèrent que nos religions n’étaient pas compatibles. Comme si on en avait quelque chose à foutre à 11ans. Lui, c’était aussi un véritable casse-tête, même si au fond je le connaissais par cœur. C’était d’ailleurs le seul mec que je sache vraiment comprendre. Oh bien sur j’avais beaucoup d’amis ! Bien plus que la moyenne des filles de ma classe. Parce que j’étais avenante, je n’étais pas timide et niaise. Je ne riais pas à chaque fois qu’un garçon me parlait et je ne voulais pas lui faire de « bisous sur la bouche » sous prétexte qu’il avait de jolis yeux. Je laissais ces idées et occupations à mes copines, préférant jouer à cache-cache avec mes copains. Cependant, je les trouvais toujours un peu bizarre et en extraire quelque chose d’intéressant n’était pas mince affaire. Ils continuaient de siffler quand je tendais ma main à l’un deux pour qu’il se relève si il était tombé, de lancer des blagues pas très drôles et à prétendre être des gros durs. C’était un peu insupportable. J’avais donc le choix entre les ris niais de mes amies, et les moqueries et les biceps des mecs. Chouette !

L’inconnu finit par lever les yeux vers moi, finalement. J’eus un petit sursaut de surprise, il avait de grands yeux bleus auxquels je ne m’attendais pas ! Il avait un visage assez atypique, plutôt ovale avec un grand front et des joues à la fois rond et anguleuses. Je sais, je décris comme une merde, mais je devais avouer que ses traits étaient si peu communs que je mis quelques secondes à les assimiler. Cela sembla être de même pour lui, car pendant quelques minutes, aucun de nous deux ne parla. Il me fixa d’ailleurs plutôt intensément, si bien que j’en fus presque mal à l’aise. Je ne baissai pas mon regard cependant, souriant de toutes mes dents comme l’imbécile que j’étais. Mais au fond, j’eus très envie de lui demander si j’avais un bout de salade coincée dans les dents. Sexy hein ? J’eus un rire en y pensant. Et puis le garçon finit par baisser les yeux, légèrement gêné également.

-Oui.

Il se reconcentra sur son livre sans m’adresser un nouveau regard. Tant pis, ça m’était égal, moi je pouvais bien l’observait à ma guise en dérober derrière ma rangée de cheveux platines. Mais le garçon venait de nouveau de tourner la page du livre et je ne pus m’empêcher de jeter un regard sur les photos qui les ornaient. Visiblement, c’était le quartier chic ! Il y avait l’air d’avoir pleins de vies, de personnes et de choses à faire. J’eus un frisson de curiosité.

- J'aime beaucoup le nord de Chicago.

Je fronçais les sourcils, contemplant les photos. Pour mieux les voir, je m’étais presque appuyée contre le garçon qui tenait le livre face à lui. Je voulais voir de près ! Et puis je n’étais pas vraiment du genre à songer aux conséquences de mes actes. J’étais trop occupée à regarder Chicago de toute manière. Je passais mes longs doigts de fées sur la page de gauche, murmurant un Waouh.

- Et il y a aussi l'aquarium John G. Shedd là, le plus grand du monde ! Si tu aimes les poissons, je te conseille d'y faire un tour, il en a à peu près vingt-cinq !

Je poussais un soupir d’exclamation, les yeux rivés sur le bâtiment qu’il avait montré. AUTANT ?! Ça devait être passionnant à visiter !

-Tu y as été ?! Demandai-je admirative.

Si c’était le cas, il avait bien de la chance ! Moi, je n’avais jamais vraiment rien fais à Liverpool. Ma mère ne sortait pas trop, mes sœurs le faisaient sans moi. J’eus une pointe de rancœur envers mon père et son boulot qui nous avait fait quitter ma Suède chérie.

- Et il y a l'un des plus importants stade de base-ball d'Amerique du Nord, Wrigley Field !

De nouveau, il tourna les pages de son livre avant de s’arrêter sur une page décrivant le fameux stade. Celui-ci devait être un souvenir agréable pour le garçon qui eut un sourire. Je regardai alors de plus près le lieu. Les photos le montraient pleins à craquer, rempli d’une foule en délire, de vendeurs de hot dogs et de joueurs. C’était presque comme dans les films à la télé !

- Les places sont vraiment cools, j'ai même pu un jour avoir un autographe d'un des joueurs !

Je n’y connaissais rien au base-ball mais visiblement, lui il adorait ça ! Et il s’y connaissait en matière de description de sa ville ! Il eut même un rire en racontant son histoire. Un rire presque gêné que je ne sus pas trop comment interpréter. Il n’avait pas l’air un mec superficiel qui se vantait, mais ce rire ne m’allait pas trop. Mon côté parano ! J’eus un petit rire aussi.

-Tu as vraiment de la chance ! Je me sens misérable dans ma banlieue de Liverpool maintenant !

J’eus un petit rire. Je n’étais le genre de fille qui était jalouse, mais j’adorais voyager et découvrir de nouveau endroit. Et cloîtrer dans ma maison de banlieue, autant vous dire que ce n’était pas vraiment ça. Et nous n’avions pas les moyens de vivre de la sorte, en sortant et dépensant à tout va. Et pourtant, qu’est-ce qu’il y avait des choses qui m’auraient plu de faire!

- Tu dois être riche pour faire tout ça, non ?

J’avais lancé ma remarque sans faire attention. Je mis par réflexe la main devant ma bouche, me maudissant.

- Désolé, ça ne se demande pas trop. Moi et ma curiosité !

J’eus un petit rire d’excuse. Apple, tu crains parfois, pensais-je intérieurement. Bon tant pis, il n’avait pas qu’à répondre si il ne voulait pas !

-La seule chose de bien que j’ai vu à Liverpool, c’est Chinatown. C’est le quartier chinois le plus grand d’Europe, enfin l’un des plus grands. D’après ma mère et les livres de Serghei en tout cas. Y a un Chinatown à Chicago ?

Je n’étais pas sure cependant que ce fût le genre d’endroit dans lequel traînait le garçon au prénom toujours inconnu. Ah oui d’ailleurs, je me présentais quand ?

- J’oubliais, je m’appelle Apple. Apple Grace Sofia Hunt ! Et toi? J’adorais énoncer mon prénom en entier. Je tendis ma main par-dessus le livre. On se serre la main aux Etats Unis ?

Bah quoi ? Les différences culturelles, vous connaissez ?



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MessageSujet: Re: "I dream of Chicago." [A.]   Dim 17 Juin - 16:44

Il y avait des fois où je me sentais vraiment bête. Je parlais, je parlais et puis je sortais une bêtise monumentale ou je m'embrouillais dans mes idées. C'était assez handicapant, surtout devant les filles parce que je ne paraissais jamais sérieux. Enfin, un petit voyou tout droit sorti d'un taudis, ça n'avait pas vraiment grand chose à faire dans une bibliothèque par exemple ! Mais il était temps de changer, et encore heureux ! Je m'étais fait petit à petit une raison : Poudlard deviendrait mon foyer pour les sept ans à venir, alors autant l'adopter tout de suite, je savais que je n'avais pas le choix de toute façon. J'avais peut-être beaucoup de défauts et de choses à me reprocher, mais moi, j'avais la tête sur les épaules et je savais m'adapter. Après tout, c'était comme ça, point final. Qu'est-ce que j'aurais pu y changer finalement ? Je me voyais mal du haut de mes onze ans et demi, défier les ordres de la magie, surtout que je n'y connaissais absolument rien pour le moment.
C'était frustrant de ne rien pouvoir gérer. De laisser les autres faire à votre place, de ne rien pouvoir dire, rien pouvoir voir. C'était bien pour ça que j'étais loin d'être encore plein de rêves précoces. La vie m'avait balancée dans un endroit misérable et pauvre et j'avais su me débrouiller, enfin à peu près. C'est vrai que parfois j'étais un peu jaloux des autres, envieux de ce que certains gamins avaient, mais j'étais surtout énervé contre eux, parce qu'ils ne voyaient pas leur chance. Ils étaient promis à de grandes études dans de grandes écoles, avec l'argent de papa et maman pour financer tout cela. Une grande chambre avec un grand bureau pour étudier, leur avaient promis les parents, mais au final était-ce si utile que ça lorsque sur le bureau il y avait un ordinateur et une console de jeu ? J'aurais donné n'importe quoi pour une vie meilleure, sans violence sûrement, avec des parents affectueux. Malheureusement, c'était lorsqu'on vivait dans les quartiers dangereux de Chicago que l'on se rendait compte que la vie était loin de devenir belle, pas même avec un ticket de loterie...

La fille à côté de moi semblait riche, bien élevée peut-être. Pourtant c'était comme un ange tombé du ciel, le gros lot quoi. Je me sentais heureux de voir qu'elle n'avait pas si peur de moi finalement. En Amérique, les petites filles ne sortaient jamais avec les garçons, même pas pour jouer. Elles s'invitaient chez elles et se voyaient entre copines, il n'y avait pas de place pour la gent masculine. Mais mon interlocutrice ne semblait pas timide. Son visage était doux et innocent, son sourire était amusant même et un petit rire me prit à moi aussi lorsque je vis qu'elle était surprise de notre échange de regard un peu trop intense.
Elle semblait absorbée par les images, ses yeux étaient ronds comme des balles de tennis et sa bouche grande ouverte. Ses yeux scrutaient chaque détails des photos et je restais en retrait. Elle s'appuyait presque sur moi pour voir le livre et un peu dérangé - je n'étais pas très tactile - je poussais doucement le bouquin en sa direction pour qu'elle se redresse.


-Tu y as été ?! demanda-t-elle les yeux brillants.

Mon ego se gonfla à bloc pendant un instant. Son petit regard me rendait heureux et je me sentais soudainement important. Cette émotion m'arrivait très rarement et je ne pus la contrôler, mais quelque chose me disait qu'elle n'était pas très bonne et que j'avais intérêt à ne pas trop étaler ma fausse vie à présent, devant elle.
Je hochai la tête. Elle souriait, elle avait l'air contente de voir pour la première fois une des villes les plus grandes des Etats-Unis et les plus intéressantes à visiter !


-Tu as vraiment de la chance ! Je me sens misérable dans ma banlieue de Liverpool maintenant !

Je m'arrêtais de sourire d'un coup, tournant violemment la tête vers le livre, les yeux rivés sur la page treize. Un blocage s'était formé dans mon cerveau, une sorte d'alarme rouge qui clignotait, hurlait dans ma tête. C'était mauvais, très mauvais...
Elle avait bien dit "banlieue" ? Ainsi que "misérable" ? J'espérais être devenu sourd, ou complètement fou peut-être. Qu'est-ce qui m'avais pris de lui raconter ce paquet de mensonges ? Et c'était maintenant que cette gamine me révélait qu'elle vivait dans les pavillons miteux de Liverpool ? J'avais envie de soupirer ou de m'exclamer mais je ne devais pas, je ne savais pas quoi dire. Évidemment, je n'allais pas lui donner une claque amicale dans le dos en lui disant "Ah, bienvenue au club ma poule !", ridicule. Et je ne pouvais pas non plus la regarder d'un air dédaigneux ou me vanter car j'étais encore plus pauvre qu'elle !
C'était bien ça mon défaut, je parlais VRAIMENT trop.


- Tu... Tu habites Liverpool ? demandai-je à la vitesse de l'éclair, bégayant un peu.

Oui, autant changer directement de conversation pour éviter le pire, c'était la meilleure des solutions.
Mon cœur battait la chamade et un frisson parcouru mon échine, tandis que je transpirai de peur. Je détestai mentir à quelqu'un, enfin surtout à une fille de ce calibre, c'était vraiment mal, surtout pour une première rencontre. Je commençai à culpabiliser sérieusement, et je n'aimais pas du tout ça...


- Tu dois être riche pour faire tout ça, non ?

Elle plaqua sa main devant sa bouche, choquée d'avoir parler trop vite et mes yeux s'étaient agrandis, ma bouche crispée en un rictus.

- Désolé, ça ne se demande pas trop. Moi et ma curiosité ! ria-t-elle un peu gênée.

Je me détendis un peu, puis lui fit un petit sourire qui se voulait rassurant tout en agitant ma main droite nonchalamment, pour signifier que ça ne me dérangeai pas le moins du monde.
Je réalisai qu'elle n'avait pas la langue dans sa poche et même si je trouvais ça plutôt adorable et amusant, je m'étais fourré dans un calvaire un peu étrange. En moins de vingt minutes je m'étais enlisé dans des mensonges qui me resteraient collés à la peau pendant un certain moment, je supposais.


-La seule chose de bien que j’ai vu à Liverpool, c’est Chinatown. C’est le quartier chinois le plus grand d’Europe, enfin l’un des plus grands. Y a un Chinatown à Chicago ?

Rassuré de voir qu'elle parlait de quelque chose que je connaissais à la perfection, je hochai la tête frénétiquement pour approuver.

- Oui c'est vrai il y en a un vers l'Est ! m'exclamai-je, un peu trop emballé. Mais, euh... Enfin, je ne traîne pas souvent par là-bas d'habitude...

Je plongeai mon regard dans le sien, comme pour la forcer à me croire et surtout à m'excuser d'avance, mais je savais qu'elle ne comprenait pas. J'avais bien envie qu'elle devienne l'une de mes amies, mais vu comment cela commençait, je doutais qu'elle veuille de moi après coup.

- J’oubliais, je m’appelle Apple. Apple Grace Sofia Hunt ! Et toi?

J'éclatai de rire, me moquant un peu d'elle. Cette façon de se présenter était un peu hors du commun, je trouvais ça à la fois charmant et un peu maladroit. Elle s'appelait donc Apple, pourquoi cela ne m'étonnait pas qu'elle porte un prénom si peu répandu ? Elle avait tout d'une jeune fille qui croquait la vie à pleine dent, c'était clair et net !

- On se serre la main aux Etats Unis ? me fit-elle en me tendant la main.

Amusé, je regardai pendant une seconde sa petite main tendue en ma direction, puis je frappai l'intérieur de ma paume contre la sienne. Je fermai ensuite le poing, voyant que je l'attendais elle m'imita, un peu déboussolée et je cognai nos deux poings l’un contre l’autre.

- C'est comme ça qu'on fait aux States, c'est un salut ! riais-je. Je m'appelle Aaron.

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MessageSujet: Re: "I dream of Chicago." [A.]   Jeu 21 Juin - 13:26

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Thought I could clear my mind."



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Je sentais le garçon tressaillir à côté de moi et il poussa le livre vers moi en s’écartant légèrement, comme si notre proximité le gêné. J’haussai les épaules et me contentai de me replonger dans le livre. Il n’aimait peut-être pas les contacts physiques ! Ou les filles en général ? Je ne savais pas trop et après tout, ce n’était pas mes oignons. Je pouvais dire que j’étais habituée de toute manière, Serghei n’était pas trop du genre câlin de bisousnours non plus ! C’était quelque chose à ma mère plutôt, elle me serrait toujours dans ses bras. Toutes les occasions étaient bonnes à ses yeux. J’étais triste, elle me consolait. J’étais heureuse, elle me félicitait. Je savais au fond qu’elle faisait parce que j’étais la dernière à qui elle pouvait le faire. Mes sœurs avaient passé l’âge et maintenant, l’idée d’embrasser ma mère les révulsait presque. Elles prenaient leurs voix aigües et gémissaient « Maman, j’ai plus 3 ans ! » Enfin, tout ça sauf Kathleen parce qu’elle, personne ne l’approchait. Un regard noir suffisait pour nous faire comprendre « J’suis grande, laissez-moi tranquille. » Enfin elle n’était pas très famille ! Et encore moins contact physique. Moi j’aimais bien aussi les étreintes, c’était une manière de montrer à l’autre son affection. Parce que oui c’était facile de parler, de dire que oui oui je t’aime, mais ce qui compte ce ne sont pas les mots mais les paroles. Les promesses en l’air, je connaissais le genre et c’était d’ailleurs la chose qui me répugnait au plus haut point ! Pour moi, il n’y avait qu’une parole et la briser, c’était un peu comme dire qu’on accordait autant d’importance aux autres qu’à une paire de chaussettes. Trouées !

L’amitié avait toujours été primordiale pour moi. Je continuais régulièrement d’entretenir des correspondances avec mes amies de Liverpool et également Maëva, ma meilleure amie suédoise. Honnêtement, je n’avais pas été à Poufsouffle pour rien je crois. Les gens me trouvaient d’ailleurs idéaliste, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir des attentes assez hautes pour mes amies. Je donnais tout ce que j’avais et j’attendais la même chose en retour parce que c’était ça un ami : quelqu’un avec qui on pouvait être qui on voulait, sans préjugé ni peur. L’idée même qu’une personne à qui je tenais me mente m’était insupportable. Evidemment que toute les vérités ne sont pas bonnes à dire, mais dans ce cas-là on peut simplement les passer sous silence. Mentir, c’était un stade au-dessus. Parce qu’on maquillait les faits pour s’en sortir d’une meilleure manière, ce n’était rien d’autre que tricher. Et je détestais ça. Je savais aussi que ma franchise à moi, elle était désarmante et parfois trop. Je parlais sans réfléchir, tout ce qui me passait par la tête sortait sans que je me demande si je faisais bien de dire. Mais au moins, j’étais honnête et les gens savaient à quoi s’attendre. Je n’avais pas honte de ma curiosité, et de ma manie de demander tout et n’importe quoi. Et bien entendu de répondre en retour sans jamais prétendre à autre chose que la vérité.

- Tu... Tu habites Liverpool ?

Je fronçai les sourcils, hésitante. Pourquoi avait-il parlé de la sorte, comme si il était gêné ? Peut-être s’attendait-il à me voir toute droite sortie d’un château de princesse écossais, avec des poneys et des cornemuses. Mais ce n’était pas la réalité et je n’allais pas le gâcher. Ma maison était petite, elle sentait l’humidité et elle était exactement pareille que celle d’à côté. Les banlieues anglaises se résumaient à ça au final : des maisons, les mêmes. Comme si on avait appuyé sur copier/coller en fait. Je vivais là-dedans, et alors ? Me prendrait-il de haut ? Non, quand même pensais-je. Je voulais voir en lui le meilleur possible, et je ne pensais pas qu’il était vantard au point de se considérer meilleur que moi parce qu’il venait de Chicago. Et puis moi, j’avais vécu en Suède aussi, et c’était un très bon pays. J’y avais eu une maison avec un immense jardin en bordure de la piste cyclable, avec un arbre sur lequel nous avions accroché une balançoire. Alors peut-être qu’après que Papa ait perdu son boulot, oui le nouveau avait un salaire bien moins important et nous avions revu notre niveau de vie à la baisse. Et alors ? On avait été heureux. Enfin moi, ça m’embêtait un peu de récupérer les fringues des filles au lieu d’en avoir de jolies nouvelles, mais je me débrouillais. Je me débrouillerais toujours de toute manière.

- Tu t’attendais à quoi ? T’aime pas Liverpool ?... Demandai-je légèrement hésitante.

Et voilà comme toujours, ma franchise naturelle reprenait le dessus. Et comme toujours, c’était à double tranchant. Mais tant pis parce qu’autant vous dire que si il était du genre à regarder de travers ceux qui n’avait pas plein d’argent, et bien nous ne risquions pas de nous entendre. Il ne fit cependant aucun commentaire lorsque je parlais du fait qu’il soit riche et se comporta comme si il s’en fichait. Bon, visiblement ça ne l’embêtait pas mais il n’était pas du genre à trop le rabâcher, tant mieux. Cependant, son attitude changea de nouveau quand j’abordais Chinatown.

- Oui c'est vrai il y en a un vers l'Est ! Mais, euh... Enfin, je ne traîne pas souvent par là-bas d'habitude...

Alors qu’il semblait si emballé au début de la phrase, il s’était presque stoppé en cours de route. Plongeant ses yeux dans les miens, il eut un petit air presque désolé. Je notais pour moi-même qu’il avait d’ailleurs de très jolis yeux bleus, mais ne fis aucun commentaire. Je ne comprenais pas trop cependant ce qu’il voulait dire. Pourquoi n’allait-il pas là-bas ? Il n’aimait pas Chinatown ? Pourtant il avait l’air enthousiasme au début. C’était peut-être pour me faire plaisir, pensai-je, au fond il ne doit pas trop aimer cette ambiance… Des gens partout, des contre-façons, des petits restaurants où on mange debout… Il devait plutôt être du genre centre commercial avec des boutiques Dior et tout le blabla. Je me sentais presque gênée, parce que je ne savais pas trop comment me comporter. Mais au final, je reprenais mon ton naturel et lâchai avec franchise.

- Pourquoi t’y vas pas ? T’aimes pas Chinatown ? Moi je trouve ça chouette, y a toujours pleins de babioles, de bons restaurants et des gens drôles à croiser.

Parfois ils n’étaient pas très fréquentables et ma mère m’avait bien dis de faire attention à mon sac. Mais je n’avais pas oublié le petit vendeur qui m’avait offert des gâteaux ou les deux garçons de mon âge qui m’avait montré comment se servir d’un boulier. Bref, je m’amusais bien là-bas, même si je n’y avais pas été souvent. En tout cas, pas question de me perdre dans les souvenirs et d’oublier ma présentation : je tendis ma main avec un sourire énonçant mon prénom complet à la James Bond. Il éclata d’un rire doux, comme si il se moquait presque de moi mais ça m’était égal, au moins je le faisais rire. Cependant, le garçon ne la serra pas, mais il la tapa dedans et ferma la sienne en forme de poing tendu vers moi. Hein ? C’était quoi ce high five bizarre ? Confuse, je fermais aussi le poing et ils se frappèrent joyeusement.

- C'est comme ça qu'on fait aux States, c'est un salut ! Je m'appelle Aaron.

J’eus un immense sourire ! Eh bien ça c’était une découverte ! C’était décidé, je n’allais pas l’oublier de si tôt, parce que dis donc on avait la classe quand on faisait comme ça !

- Chouette, ça peut devenir notre petit rituel alors ? Tous les matins quand je te dirais bonjour, je ferais comme ça ! Dis-je joyeusement, sans être consciente que « tous les matins » sonnaient un eu comme « maintenant tu m’as sur le dos jusqu’à que mort s’en suive. » Bon au pire il allait m’éviter, je comprendrais. Moi je l’aimais bien, alors je verrais ! Aaron c’est super cool comme prénom ! Et ça commence par un A, comme Apple ! Je tapais joyeusement dans mes mains, contente de ma découverte. Et puis réalisant que je n’avais pas vu le temps passer, je m’écartais du livre avec tristesse et expliquai à Aaron. Je dois retrouver un ami à moi, je pense pas qu’il soit ici. Désolé de laisser comme ça, mais tu dois définitivement m’en raconter plus sur Chicago !

Je me levais avec un sourire. Mes cheveux voletèrent au vent, déposant leur parfum autour de nous mais je n’y fis guère attention. Ma main sur son épaule, je déposais un petit baisé sur sa joue et disparu dans une trainée d’éclat de rire. Parfois je faisais vraiment n’importe quoi sans réfléchir, mais tant pis. Au moins, Aaron savait à quoi s’attendre avec moi.




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MessageSujet: Re: "I dream of Chicago." [A.]   Ven 29 Juin - 16:35

Je me sentais étrangement coupable, un drôle de sentiment gonflait dans mon torse et ça me faisait mal. Pourquoi ce n'était que maintenant que mentir et faire du mal aux gens me faisait éprouver quelque chose de si désagréable ? Au ghetto, peut nous importait de vexer quelqu'un, on se connaissait tous si bien après tout. Elle avait été si gentille, je pensais qu'elle m'aimait bien, cette première rencontre avait été très agréable. Cette petite blonde semblait gentille après tout, alors pourquoi je lui mentais ainsi ? Aussi lamentablement ? Je me sentais changé depuis Poudlard, comme si j'avais mûri ou grandi peut-être. Pourtant je n'en voulais pas de ce changement, il était malsain. J'étais venu en tant que Aaron Marshall, je partirais tel quel, exactement le même. J'avais quitté Chicago avec tous ces souvenirs en mémoire, pas un jour passait sans qu'ils me revenaient tous à la figure en une seconde, serrant mon cœur, comme si j'allais exploser. Parfois mon souffle se coupait, je me sentais si perdu, je ne trouvais toujours pas ma place dans ce monde...

-Tu t’attendais à quoi ? T’aime pas Liverpool ?...

Je haussai les sourcils, étonné de son culot. Je la dévisageai d'un air neutre, mes yeux vitreux, fatigué de jouer ce rôle. Je préférais alors ne plus argumenter mes réponses, même si je le faisais rarement d'ailleurs, mais pour limiter les dégâts, il valait mieux se taire.
Je me grattai la joue, l'air de rien, et haussai les épaules d'un air nonchalant.


-Je sais pas, je connais pas. C'était juste une question, dis-je naturellement.

En même temps c'était la vérité non ? Dans cette vie idéalisée, j'avais peut-être pu voir les vingt-cinq mille poissons de l'aquarium et un match de base-ball. Elle ne savait que ça de moi, alors pourquoi se permettait-elle de m'appeler « riche » ? Quel droit avait-elle de me dire ça ? Je n'y prêtais pourtant aucune importance, car au fond, la voir comme une fille effrontée et mal-élevée n'aurait pas été la réalité, je ne la connaissais pas encore bien, cela ne servait rien de juger une personne de cette manière.


-Pourquoi t’y vas pas ? T’aimes pas Chinatown ? Moi je trouve ça chouette, y a toujours pleins de babioles, de bons restaurants et des gens drôles à croiser.

Oh oui, pour sûr que je connaissais. D'après ce qu'elle me disait, celui de Liverpool avait l'air assez maigre par rapport à celui de Chicago. Un vrai quartier, entouré du quartier italien, grec, tchèque, et pleins d'autres encore. Je n'aimais pas trop traîner là-bas, il y avait toujours des malfrats à rôder, et puis comme à force ils connaissaient bien nos têtes, on préférait se réfugier dans un restaurant ou un café. Et puis à Chinatown il y avait toujours des fillettes bridées de mon âge, elles étaient mignonnes et timides.

-C'est un peu loin de mon quartier, lui répondis-je, un petit sourire aux lèvres.

Elle avait l'air d'apprécier mon petit salut Américain. Je vis son visage s'illuminer de joie. Je restais un moment à la regarder s'extasier pour une chose au final un peu banale à force, mais je me disais que pour Apple, cela semblait assez important.


-Chouette, ça peut devenir notre petit rituel alors ? Tous les matins quand je te dirais bonjour, je ferais comme ça ! s'exclama-t-elle.

Tous les matins ? C'était que j'étais bien caché... Oh et puis pourquoi pas ! Mes joues rosirent un peu, je me sentais heureux.


-Aaron c’est super cool comme prénom ! Et ça commence par un A, comme Apple !

Je ris doucement, elle était amusante. Cela nous faisait un point commun, c'était déjà ça.

-Je dois retrouver un ami à moi, je pense pas qu’il soit ici. Désolé de laisser comme ça, mais tu dois définitivement m’en raconter plus sur Chicago !

Un peu déçu qu'elle s'en aille aussi vite, je la regardait s'éloigner du livre et se lever de sa chaise. Sa main sur mon épaule me fit peur et je retins mon souffle lorsqu'elle m'embrassa sur la joue. Je restais hébété pendant quelques secondes. Je lui fis un signe de la main et lui disant un petit « au revoir » qu'elle entendit à peine, avant de plonger ma tête dans mes mains. Je n'aurais jamais du ouvrir ce livre de toute ma vie ! Je regrettais d'avoir rencontré Apple en ces circonstances. La vérité finirait sûrement par resurgir, un jour ou l'autre elle découvrirait mes mensonges. Je me promis d'arrêter ces histoires, mais parti sur cette lancée, je n'avais pas forcément le choix.
Dans un soupir, je refermais le livre lourdement, et me frappa le front avec. Je me levai péniblement, rangea le bouquin dans le rayon approprié et partit directement de la bibliothèque. J'avais besoin d'une bonne douche froide...




END

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