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"What goes around, Comes all the way back around." |PV|

 

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 "What goes around, Comes all the way back around." |PV|

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Sebastian Hansen
Élève de 4ème année



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Localisation : Probablement en train de t'aider à faire tes devoirs.
Date d'inscription : 12/03/2012

Feuille de personnage
Particularités: I'm a dinosaur, Rawwwr. *tente d'avoir l'air effrayant*
Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: "What goes around, Comes all the way back around." |PV|   Lun 23 Avr - 21:47

Je reconnus sa chevelure brune en bataille et son corps squelettique au loin. Sa démarche aussi, calme et discrète. Sa manière de se tenir, mal à l’aise et légèrement en retrait. Si elle s’était retournée, j’aurais probablement pu voir ses deux pupilles azurs que formait son regard de chat. Sa bouche qui se tordait en un rictus insolent et ses pommettes hautes qui lui donnaient un air un peu sévère. Oui, pas besoin qu’elle se retourne pour que je la reconnaisse. Et puis, si elle l’avait fait, elle se serait sûrement enfuie. Ou m’aurait crié dessus, choix. Les deux peut-être. Une chose était sûr, je n’étais plus le bienvenu dans l’espace vitale de Daphne.

Et y rentrer n’avait déjà pas été mince affaire. En fait, je n’étais même pas sûr d’y avoir été, ne serait-ce qu’un doigt de pied. Honnêtement, je ne savais plus grand-chose sur ce que j’avais su. La jeune fille était si imprévisible qu’il m’était impossible de pouvoir dire avec précision qui elle était réellement. Et pourtant, j’étais habitué à ça, lire dans les gens. Dans la plupart, comme des livres ouverts. Parce que les gens m’étaient rarement des cadenas à leurs esprits. Et pourtant, Daphne elle, était totalement inaccessible. Froide et hautaine, elle baissait rarement sa garde et même si elle avait été bilingue dans notre langue, je doute qu’elle aurait été bavarde. Mais son corps parlait pour elle : ses mimiques, sa manière de croiser les bras sur sa poitrine, son regard en coin. J’avais l’impression qu’elle recherchait une manière de se protéger. De quoi ? Je n’en savais strictement rien, mais je la comprenais. Lâcher au milieu de Poudlard, loin de son pays d’origine et de sa famille, c’était simple de se flancher. J’admirais d’ailleurs en quelque sorte son courage et sa ténacité, bien que je trouve ces deux caractéristiques trop exacerbés chez elle. En fait, c’était probablement parce que c’était mon opposé que cela me faisait presque peur.

Moi, enfermé dans mes petites habitudes, je n’aimais pas m’affirmer autant qu’
Elle le faisait. Pourtant, elle me mettait toujours dans des états que je ne connaissais pas. Notre première rencontre n’avait déjà pas été banale. Je m’en souvenais comme si c’était hier. L’infirmerie, moi qui accompagnais Jeremy et son nez qui avait triplé après un accident durant le cours de potion. Mais j’étais alors tombé sur la jolie Daphne qui m’avait littéralement pris pour un bouclier vivant face à Madame Pomfresh. Elle continuait de crier dans son polonais natal, tandis que je ne savais pas vraiment quoi faire. Et puis, un sourire et une négociation plus tard, la Serpentard se tenait tranquille dans un lit sous le regard noir de l’infirmière. Engager la conversation avait été impossible, car je ne la comprenais pas, et vice versa. Mais je venais de faire la connaissance de son ton un peu hautain, et de ses azurs glaciaux. Sa manière d’être elle, qui lui était si spéciale. Et puis, je l’avais revu dans cette salle vide. Daphne travaillait l’anglais et sa métamorphose et je me souvenais encore de son air fier lorsqu’elle avait réussi à aligner trois mots que je puisse comprendre. Mieux encore, elle pouvait me comprendre aussi ! Bonne nouvelle ? Oui, très vite gâchée par une autre. Elisa et Tom.

J’aurais aimé que ça n’arrive pas, que ça n’arrive jamais. Mes ses larmes étaient réelles, tout autant que l’était la chute qu’avait fait Tom. Pourquoi fallait-il que ça se produise maintenant, alors que je trouvais à peine ma place dans le château ? Je n’avais pas besoin d’une scolarité rythmée sur les crises de Tom. Et pourtant, je le méritais amplement. Dieu savait visiblement me punir d’une manière bien plus subtile que je lui en aurais cru capable. Il allait foutre en l’air mon petit frère, petit à petit et me laisser le regarder faire sans pouvoir agir. La culpabilité me rongeait et me rendait plus étrange que je ne l’avais jamais été. Malheureusement, la première a en avoir fait les frais, c’était Daphne. Dans la tour d’astronomie. Frisson à l’évocation du souvenir, et douce culpabilité qui s’insinuait en moi. Cet épisode est cependant flou dans mon cerveau, comme si celui-ci tentait de l’en bannir. Je me rappelai tout de même de ma rage, ma colère. Mes conclusions hâtives sur la jeune fille, mon envie de la frapper si violent dès qu’elle me provoquait –encore et toujours. Mais mon comportement avait été immonde, et j’en été conscient. Je revoyais encore le regard terrorisé de Daphne qui, tout à coup, n’en menait plus aussi large qu’à son habitude. Je sentais encore son poignet que je serais dans ma paume avec une telle violence que j’étais sûr d’y avoir laissé des marques.

Je me devais désormais de m’excuser, mais comment faire ? Daphne faisait tout pour m’éviter je pouvais le sentir. Et de mon côté, l’approcher au milieu de tout le monde me faisait peur, évidemment. Je redoutais sa vengeance, et préférais me prendre un coup en privé que devant l’ensemble de mes camarades. Ces derniers me trouvaient déjà assez bizarre comme cela, depuis mon retour de Sainte-Mangouste. Mais je me cachais comme toujours derrière un sourire et des mots gentils. Toujours aussi serviable, ne vous en fait pas. J’étais juste un peu plus discret que d’habitude. Dans les nuages. Mon regard sûrement vide, même si je continuais à sourire comme un abruti à chaque « Ça va ? ». Je ne perdais jamais mon sang froid et mon contrôle. Sauf avec
Elle. Et je le regrettais tellement. Là, au milieu d’un couloir en ce lundi soir, à sa vue, je sentis mon cœur chaviré. J’étais très doué pour les grands discours, mais dès qu’il s’agissait de mes sentiments, je prenais peur. Pourtant, m’excuser étant commun chez moi, j’étais responsable de tout. Mais là, c’était un cran au-dessus. J’avais vraiment merdé, royalement. Parce qu’au fond, j’aimais bien Daphne, malgré tout ce qu’elle me faisait. Elle m’intriguait, bien que je tente de me persuader du contraire.

J’eus un moment d’hésitation. Devais-je traverser la foule bondée des couloirs pour rejoindre la jeune fille ? J’étais figé sur place, l’observant de loin. Et puis, elle pénétra dans une salle sur sa droite que je ne connaissais pas. J’hésitais de nouveau. Bon, il ne pouvait rien avoir de grave là où elle était, si ? Elle serait peut-être toute seule en plus ! Je m’avançais parmi les élèves, me glissant entre les corps, jusqu’à atteindre la porte en bois claire que venait de pousser Daphne. Je posais ma main sur la poignet et de nouveau me figeai. Inspiration. Expiration. Et j’ouvris la porte. Je fis quelques pas dans la pièce qui était étrangement enfumée. De long miroir et robinets s’étendaient le long de du mur face à moi. A ma droite comme à ma gauche, une série de petit box fermé par des rideaux. Du carrelage blanc sur le sol, des bruits de… D’Eau qui coule ? Nouveau frisson et mine horrifié ! J’étais dans les douches des filles ! Je n’avais jamais eu vraiment de chance mais là, c’était le ponpon. Daphne devait probablement être en train de se doucher ! Dieu merci elle ne m’avait pas vu et j’avais encore le temps de faire demi-tour sans que…

Bruit de loquet, rire et discussions.

Sans réfléchir une seconde plus, je bondis dans la première douche à ma gauche, en espérant qu’elle ne soit pas prise. Il n’y avait aucun vêtement devant, c’était sûrement un signe non ? En tout cas, j’avais réussi à me cacher des nouvelles arrivantes qui me semblaient en plus, être plus âgées. Malheureusement, je compris vite que la douche était prise. Rapidement et par réflexe, je plaquai ma main sur la bouche de la pauvre fille qui prenait sa douche. Heureusement, elle semblait faire être également en première année. Pas le temps de voir qui c’était, car j’étais bien trop occupé à regarder le rideau pour voir les ombres se mouvoir à l’extérieur de la cabine. Pourquoi ne partaient-elles pas ? Je sentis l’eau ruisseler sur mon visage et mes vêtements, dans quel pétrin m’étais donc fourrée ? Soupirant, je murmurais.


-Je suis vraiment désolé je cherchais juste quelqu’un et…

Je me coupais et malgré la chaleur de l’eau sur mon visage, j’eus soudain extrêmement froid. Je venais de me retourner pour faire face à la jeune fille que je venais de déranger en plein milieu de sa douche. Cette fille, je la connaissais.

-Daphne… Murmurai-je, interdis.


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Daphne Kasperek
Assistante à l'infirmerie
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MessageSujet: Re: "What goes around, Comes all the way back around." |PV|   Mer 25 Avr - 13:35

J'avais tout fait pour oublier son existence depuis : impossible. Plus j'essayais de ne pas y penser, plus j'y pensais, est-ce que vous trouvez ça logique ? Pas moi, et ça avait le don de me frustrer encore plus que je ne l'étais déjà. C'était comme une apparition qui planait au dessus de ma tête, telle une menace, pour me narguer l'air de dire « tu as beau faire tout ce que tu veux » je ne disparaîtrait pas. J'avais envie de donner des coups, mais à quoi là aussi cela aurait-il servi de frapper dans le vide si ce n'est m'énerver encore plus ? Voilà, maintenant, je l'étais pour de bon !

Il était allé trop loin. J'avais fait en sorte que ça arrive dans un sens, mais pas pour de tels extrêmes, extrême que je n'acceptais pas. Les souvenirs étaient trop là, ils étaient trop présents eux aussi pour que je puisse en faire abstraction et faire comme si de rien était. J'avais ces flashs qui m'étaient revenu en mémoire comme des évidences : elle avait beau être à des kilomètres d'ici, plusieurs pays avaient beau nous séparer, je réalisais que tout cela finalement ne servait à rien. Quoi que je fasse, elle s'imposerait toujours à moi, avec ses traits sévères qui ne la lâchaient jamais, même quand elle essayait de sourire. D'ailleurs, si elle souriait, c'était encore plus inquiétant, car ça signifiait qu'elle avait quelque chose en tête et qu'elle allait user de toute la ruse qu'elle avaient en elle pour en arriver à bout. Et si elle n'y arrivait pas, c'était tout simple, elle se mettait à frapper. Donc non, pas de sourire.

A présent une autre personne venait la rejoindre sur le podium même si pour prétendre la détrôner, il y avait de la marge. Mais trop tard Sebastian Hansen y était lui aussi à son tour et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui même. Il avait franchi la limite. Pas moi, et c'était en cela qu'il y avait une grosse nuance ! Ce n'était même plus de là nuance à ce stade là en fait. Une chose était sûre, j'allais redoubler de méfiance à présent parce qu'il était hors de question que je me fasse avoir une deuxième fois et je faisais mon possible pour qu'on ne se croise jamais, ce qui était loin d'être quelque chose d'évident quand nous suivions des cours en commun. Dans ces cas là, je me terrais dans un coin dans la salle en jetant des regards dissuasifs à quiconque avait envie de s'asseoir à côté de moi – et ça marchait. Quand on commence une fois, on recommence toute sa vie, je n'avais pas de doutes là dessus, j'en avais assez fait les frais pour être au courant, mais surtout loin d'être bête pour tomber dans le piège un second coup.

Je n'avais plus mal, mais me souvenait encore de l'effet que ça faisait. La douleur, c'est un truc qu'on oublie pas ça aussi, c'est comme le reste, plus on essaye de l'ignorer plus elle vous martèle la peau, entre chaque pore, plus elle s'incruste, jusqu'au sang qui coule dans vos veines. Ces mains serrées sur mes bras qui en avaient vu d'autres, mais qui ne voulaient plus en voir ; ce dernier pas à faire après l'immobilisation, pour pouvoir porter des gestes violents. J'avais eu peur, parce que j'avais compris du haut de cette tour d'astronomie que je n'avais aucune porte de sortie, que j'étais coincée et que je pouvais crier autant que je le voulais, ça ne servait à rien : ils s'évaporaient dans le ciel qui nous englobait comme un grand manteau, mais malheureusement, ça n'avait rien de très rassurant. C'était dans l'angoisse ensuite aussi que je m'étais finalement attelée ce pourquoi je m'étais rendue tout là haut à la base, en nettoyant les télescopes, avec des gestes d'automates, raides et tremblants, essuyant de temps à autre rageusement les larmes qui venaient rouler sur les joues.

Tout me poussait à croire la théorie suivante : j'étais bien mieux toute seule, et depuis cet épisode, j'avais tout fait pour ne pas me mêler à cette communauté qui n'était pas la mienne, bruyante, joyeuse rieuse... tout ce que moi je n'étais pas, que je ne comprenais pas et que je n'avais pas envie de comprendre. Pourquoi est-ce que j'aurais dû essayer alors qu'eux mêmes ne le faisaient pas ? Il y avait une trop grande barrière entre nos deux mondes et je ne souhaitais qu'une chose à présent, rentrer chez moi le plus vite possible ! Ce n'était qu'un appartement miteux et où la tapisserie se décollait toute seule par endroits, mais que je trouvais beaucoup plus chaleureuse que les couleurs vertes et argents qui trônaient fièrement dans ma salle commune, à l'inverse de tout les élèves qui avaient pris leurs appartements à l'intérieur. On ne mélange pas deux espèces, en général, ça ne fait pas bon ménage et il y en a toujours une qui l'emporte sur l'autre pour la bouffer, alors c'était tout aussi bien qu'ils restent entre eux, comme ça au moins il y avait moins de risques que je me fasse contaminer, ou même que je me fasse manger tout cru... Heureusement, j'étais très douée dans ce qui était de me fondre dans les murs...

C'était comme ça que je rejoignis les douches. Je pouvais également prendre la mienne dans la salle commune des Serpentard, mais il y avait toujours plein de filles – logique mais là n'est pas la question – qui y traînaient alors que celles dans lesquelles je me rendais étaient moins fréquentées. C'était tout à fait ce qu'il me fallait et au moins je n'avais pas peur d'être dérangée par qui que ce soit ; parfois j'avais l'impression qu'elles allaient prendre leur bain ensemble, c'était pour dire ! Je me glissai dans la pièce à pas de loup et choisis une cabine de douche inoccupée. Ce n'était pas très difficile en même temps et c'était pour ça également que je prenais toujours la même, c'était que malgré tout je commençais à avoir des petites habitudes. J'entrai à l'intérieur après avoir enlevé mes vêtements que j'avais posé avec une serviette en éponge sur l'étagère prévu à cet effet, qui était pratique sans l'être : il fallait faire attention à ne pas foutre de l'eau partout, sinon ils se retrouvaient trempés eux aussi.

Je ne prêtai pas vraiment attention à ce qu'il se passait au dehors – il y avait quand même du passage, c'était inévitable, mais moi tant qu'on me fichait la paix je m'en fichais complètement. C'est ça, foutez moi la paix tous, et...

J'eus juste le temps d'ouvrir la bouche prête à bondir : n'importe où pourvu que ce soit hors d'ici, mais non, ça non plus, même pas le temps, car je vous le donne en mille, c'est la main de Sebastian Hansen qui vint se coller contre mes lèvres, tandis que dans la panique, je tournai le robinet pour arrêter l'eau.


-Je suis vraiment désolé je cherchais juste quelqu’un et…

Il me fallut encore quelques secondes à moi aussi pour prendre pleinement conscience de la position délicate dans laquelle nous nous trouvions. Il n'y avait pas grand chose à voir et j'eus vite fait de me jeter sur la serviette qui se trouvai à portée de bras pour empaqueter bien comme il le fallait mon corps dedans, pendant que j'essayai de tuer Sebastian du regard. Avec un peu de chance si j'y pensais très fort ça allait finir par marcher et des lames allaient enfin venir le transpercer. ENFIN ! Et bien non, je n'avais toutefois pas ce pouvoir...

-Daphne…

Je lui jetai un regard blasé, désespérée à l'idée de constater que le peu de matière grise qu'il possédait ne lui permettait pas de faire cette conclusion plus tôt. Mais là au moins, je la tenais ma vengeance...

- DE-HORS !!!!!!!!

Sans prendre la peine de vérifier s'il y avait toujours quelqu'un à l'extérieur – j'espérais vraiment que oui, car des filles voyant qu'il y a un intrus dans leur antre, je ne vous laisse même pas imaginer le tapage que ça allait faire – je le poussai de toute mes forces avec ma paume de main sur le torse pour le faire dégager (l'autre tenait la serviette) et tant mieux si à cause de cela il trébuchait ! Je tirai violemment le rideau pour le refermer sur moi pendant que j'essuyai les parties de peau trempée à la va vite. L'heure était plus à l'urgence qu'à faire des chichis. Je renfilai vivement mes fringues, renversai mes cheveux vers l'arrière qui dégoulinaient et qui me tombaient devant les yeux. J'avais bon espoir de me dire qu'en sortant, honteux de ce qu'il venait de faire, que le Gryffondor serait parti, mais non non, monsieur était bien tranquillement en train de m'attendre comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, parce que bien évidemment il ne s'était pas fait prendre : les lieux étaient redevenus silencieux.

- Alors ?! Demandai-je avec insistance, attendant qu'il s'explique. Venu continuer chose pas terminée ?! Déjà que j'avais du mal à parler en tant normal, mon anglais était encore plus lamentable lorsque j'avais les nerfs en pelote. Et comme ça arrivait souvent ces derniers temps... Je mords, menaçai-je et il avait plutôt intérêt à me croire parce que c'était loin d'être des paroles en l'air...

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I READ SOMEWHERE HOW IMPORTANT IT IS IN
LIFE NOT NECESSARILY TO BE STRONG BUT TO FEEL STRONG.



"I wanna break the spell"



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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: "What goes around, Comes all the way back around." |PV|   Ven 27 Avr - 22:24

Gêné ? Non c’était euphémisme. Si j’avais pu, j’aurais voulu mourir sur place, là de suite. J’avais vécu des situations gênantes. Je savais les contrôler bien sûr, j’étais un habitué des dialogues. Mais j’étais rarement celui qui se foutait dans la merde, j’y assistais plutôt. Je me souvenais encore du jour où j’avais surpris Elisa en train de tromper son petit ami, un chic type qui venait manger à la maison le soir même. J’avais passé la soirée à faire des faux sourires et fusiller ma sœur du regard. Si bien qu’elle avait fini par avouer à Antoine –ou Bastien, je ne sais plus- que c’était fini entre eux car elle avait quelqu’un d’autre en vue. Une bonne chose de faite, chouette. J’avais également surpris Matthew alors qu’il tentait de voler des bonbons dans une boulangerie. Et qu’il s’était fait attrapé. Sermon, regard noir, plate excuse à la boulangère et tout le blabla. Bref, j’étais le grand frère modèle, et le petit frère conseiller moi. Une vraie crème en somme. J’avais toujours supposé que si j’étais aussi doué pour résoudre les merdes des autres, je gérerai ma vie avec brio et que rien ne pourrait m’arriver. Quelle naïveté ! Je m’en prenais plein la gueule et j’étais aussi doué pour le gérer qu’une poule avec un couteau. Traduction ? J’étais légèrement un boulet, en particulier avec Daphne.

Mais c’était elle aussi ! Pourquoi fallait-il qu’elle complique tout ? Je n’avais aucun problème avec les autres élèves de Poudlard. Ils étaient chouettes, sérieusement. Même les Serpentards ne se révélaient pas être autant des pestes qu’on le prétendait. J’avais ma bande d’amis, mes connaissances. Ceux que j’aimais moins aussi, mais ça n’empêchait pas que je sois cordiale avec eux comme avec n’importe qui. En gros, je me débrouillais, comme toujours ! Et en retour, je pense que l’on m’appréciait bien. D’un côté, je n’étais pas très difficile à vivre. Un gros sourire tout le temps visé sur le visage, poli et courtois : j’étais un modèle de camarade agréable. Parfois je me doutais bien que l’on devait me trouver creux. Enfin, je ne racontais jamais rien de très intéressant. Je restais pour ma part plutôt superficiel, me contentant de commenter les journées, les cours et les professeurs. Je n’avais aucune envie de déblatérer sur ma vie et mes sentiments, et je me contentais donc d’appuyer l’avis général ou de répéter les idées communes de tout le monde. Je restais loin des soucis et des débats : j’étais un suiveur, pas un leader. Et malgré tout ce que l’on pouvait dire, les gens aimaient bien ça. J’étais un bon copain.

Daphne c’était autre chose ! Dès le début, j’avais su qu’elle serait différente. Surement parce qu’à elle, je ne pouvais pas me contenter de sortir de simple banalité. Chaque phrase que je lui adressais devait être décortiquée. Je choisissais donc avec soins mes mots et ce que j’allais lui dire : chaque syllabe comptait. C’était comme si j’avais un temps imparti pour plaire à un jour d’excellence, et ça ne rigolait pas : avec Daphne, pas question de faire un faux pas. Et pourtant je les avais enchaînés ! Comme un vrai petit boulet. Je ne savais visiblement pas m’y prendre avec elle, alors que tout partait d’un bon sentiment ! Sans rire, je l’aimais bien moi, malgré tout. En fait, je commençais à me demander s’il y avait une seule personne sur terre que je n’appréciais pas ! Sans rire, je trouvais des excuses à la moitié de la planète. Mais d’un côté, on en avait tous non ? Personne n’était vraiment mauvais dans le fond, me semblait-il du moins. On avait tous vu des trucs horribles qui nous rendaient plus ou moins désagréables ! Et si la Serpentarde avait cet air supérieur, je me doutais qu’il y avait une raison derrière. Du moins je l’espérais, sinon je n’avais plus aucune raison de m’intéresser à elle. Et ça, je ne savais pas pourquoi, mais ça m’aurait bien frustré.

Et visiblement, ses blessures n’étaient pas qu’intérieures. J’aurais fermé les yeux, je le savais ! Mais j’étais tellement surpris par sa présence que je restais figé pendant une minute tel un pantin sans fil. La pauvre fille avait attrapé une vieille serviette pour tenter de se protéger. Son petit corps frêle tremblait de toute part et son regard brûlait de colère. Si je ne voyais rien de son intimité –dieu merci, la situation aurait été pire qu’un incident diplomatique- je ne pouvais éviter de constater qu’elle était couverte de… Je ne savais pas trop quoi. Des traces, des cicatrices, des… Brûlures ? Je n’osais pas regarder, mais c’était indéniable. Sur son genoux, ses épaules, sa clavicule, sa cheville. Plus elles m’apparaissaient clairement, moins je les regardais. Je n’avais aucune idée d’où tout cela provenait, ou plutôt je n’avais aucun envie d’y penser. Daphne était sûrement une enfant casse-cou non ? Et pourtant, des milliers de scénarios affreux s’élaboraient dans ma tête, me criant qu’elle souffrait. Ou qu’elle avait souffert. Ou pire, les deux. J’étais presque terrifié de ce que je voyais, réalisant que si mes suppositions étaient réelles, mon attitude dans la tour d’astronomie se révélait… Plus qu’affreuse. J’eus presque un hoquet de terreur, tandis que la jeune fille me criait de sa voix autoritaire.


- DE-HORS !!!!!!!!

Je sursautais tandis qu’elle me repoussait autant qu’elle le pouvait d’une seule de ses mains. Ejecté de la douche, je me retrouvai dans les lieux qui étaient visiblement redevenus vides : seul résonnaient les bruits des jets d’eau et des ricanements des filles qui se douchaient là –et cela me mettait mal à l’aise. Pendant un instant, je songeai à partir très vite fait d’ici et ne plus jamais parler à Daphne. Eviter le problème, c’était le plus simple non ? Si seulement ! Mais pour de mystérieuse raisons, je restais cloué au sol, fixant le rideau d’un bleu délavé. La jeune fille semblait s’activer à l’intérieur tandis que figer comme une statue, je ne cessais de repasser ce que je venais de vivre et de voir en boucle. Je m’en voulais, je ne savais pas quoi dire et mes mots d’excuses défilaient en boucle dans mon cerveau. J’étais dans la merde, mais jusqu’au cou. Violemment, Daphne sortit de la cabine : ses yeux étaient près à me transpercer de flèches invisibles. Ses habits mouillés lui collaient à la peau et soulignaient sa carrure extrêmement fine. Ses cheveux dégoulinaient sur ses épaules et, cherchant mes mots, je me concentrais sur la goutte d’eau qui dégoulinait le long de sa joue. Elle est mignonne comme ça, songeai-je.

- Alors ?! Venu continuer chose pas terminée ?!

Sa voix était brouillée et tremblante mais claire : si je m’approchais, je n’avais plus de tête. Je tirais une moue désolé, légèrement perdu sur ce que j’étais censé faire.

-Je te cherchais en effet.

Et là, je dis quoi ?!

-Je mords. Lança la jeune fille avec un regard mauvais.
Malgré moi, j’eus un rire. Un peu nerveux sur le bord, largement attendrie aussi. J’eus un regard de compassion envers la jeune fille sans le réaliser : de toute manière, elle ne le voyait sûrement pas. Je soupirai, lui adressant un haussement d’épaule.


-Mord-moi si tu veux, je le mérite.

Je tendais mon bras vers elle.

-Vas y.

Mais si tu pouvais éviter quand même…

-Je suis là pour m’excuser pour la dernière fois. Vraiment. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Pause, regard vers mes pieds puis vers ses azurs. J’étais énervé. Et tu m’as cherché, un peu.


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Daphne Kasperek
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MessageSujet: Re: "What goes around, Comes all the way back around." |PV|   Dim 29 Avr - 15:12

Se retrouver face à son ennemi public numéro un dans Poudlard sans y être préparée était quelque chose dont je me serais passée. J'avais retourné toutes sortes de tortures dans ma tête pour voir laquelle j'allais faire subir à Sebastian pour ses nombreux affronts parce qu'il ne méritait que ça – et puis qui c'est, ça lui remettrait peut être les idées en place. Mais je ne savais pas encore sur quoi allait se porter mon choix définitif étant donné qu'elles se défendaient toutes pas mal : mais c'était l'humiliation publique qui me semblait être le meilleur compromis, parce que jusqu'à maintenant, nous n'avions jamais eu aucun témoin. Il y avait bien eu sa sœur, mais je doutais qu'elle m'ait seulement remarqué tellement elle avait débarqué comme une furie, sans prévenir, dans la salle de classe vide dans laquelle nous nous trouvions. D'ailleurs, comment avait-elle fait pour nous retrouver, surtout quand on comptait le nombre incalculable de pièces qu'il pouvait bien y avoir dans Poudlard ? Est-ce qu'elle pistait son frère ? De toute façon, ça n'avait aucune importance et je m'en foutais. Sebastian, était et resterait une personne que je considérais comme détestable.

Surtout qu'une fois de plus, c'était moi qui la subissait, l’humiliation et je me demandais bien pourquoi est-ce que je jouais autant de malchance. Peut être que c'était simplement parce que c'était lui qui me portait la poisse ? Je restais rattachée à cette idée : c'était plus qu'évident même, parce qu'à chaque fois que j'avais un problème, c'était Sebastian, le premier à se retrouver dans le coin, à croire que c'était lui qui me suivait ! Oui ben il n'avait plus qu'à changer vite fait de cible et me laisser tranquille, parce que je n'étais pas du genre à supporter d'être un souffre douleur sans rien dire !

J'avais réagi vite ; au moins j'avais un temps de réaction favorable en ce qui concernait les situations critiques, puisque le plus souvent, j'étais le cœur même de ces mêmes situations. Mais voilà, est-ce ça c'était avéré suffisant ? Avec des vêtements, mes cicatrices étaient faciles à cacher, et puis je pouvais aussi user d'artifices, pour ça, je savais ce que j'avais à faire. Mais qu'est-ce que ça changeait de toute façon ? Je pouvais bien les cacher autant que je le voulais, moi je savais qu'elles étaient là, je savais pourquoi elles étaient, comment elles étaient apparues... Et la vérité, quand on la connaît par cœur, elle est toujours un peu difficile à entendre, comme lorsqu'on fait grincer une craie sur un tableau noir. Ça me faisait pareil avec ces vilaines traces qui inévitablement me rappelaient ma mère, elle que nous avions mis tant de mal à faire disparaître de nos vies, mais qui avait quand même réussi à laisser sa trace, comme pour nous narguer, comme pour nous dire que le monde avait beau être suffisamment grand pour que nos chemins ne se croisent plus jamais, que toute ma vie, tout les jours, je serais contrainte de penser à elle à cause des méfaits qu'elle avait commis.

-Je te cherchais en effet.


Ça avait au moins le mérite d'être honnête, mais cette réponse me frustra encore plus que ça ne l'était déjà. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Qu'il allait recommencer ?

- Pas me laisser faire, affirmai-je avec aplomb, parce qu'il était évidemment exclu qu'il repose un jour ses sales pattes sur moi.

D'ailleurs je faisais attention à ce qu'une distance raisonnable reste entre nous : j'avais compris à mes dépends qu'il fallait se méfier comme de son ombre de Sebastian Hansen et que sous ses airs de gentils petits Gryffondor parfait ce cachait un véritable tyran. Il cachait bien son jeu lui aussi, j'étais forcée de l'admettre, mais pas dans le bon sens... Attendez... Est-ce que ça voulait dire que j'étais « déçue » de découvrir cette facette de sa personnalité ? Nawak' au contraire, c'était tant mieux si je l'avais découvert assez tôt pour ne pas retomber dans le panneau une seconde fois ! Parce que même s'il n'était pas au courant, j'en avais vu d'autres...

-Mord-moi si tu veux, je le mérite.

Si j'avais été un véritable serpent en cet instant, sans doute ne me serais-je pas gênée pour lui déverser tout mon venin dans sa chair, jusqu'à ce qu'il en succombe. Ma mère aussi elle rigolait comme si je lui avais sorti l'histoire drôle la plus marrante qu'elle ait jamais entendu lorsque je lui disais qu'elle n'était qu'un monstre et que chaque partie de mon corps la détestait. Ce qui n'avait pour seul mérite de m'énerver encore plus, colère que je reportais inévitablement sur Sebastian, puisque je ne cessais de les comparer depuis.

- Enfin compris, répondis-je d'un ton narquois, ce qui était en réalité plus une manière de me protéger qu'autre chose.

J'eus envie de continuer en faisant remarquer qu'il devait être bien content en plus de ça qu'il n'y ait aucun témoin, mais je n'avais le mot qu'en polonais, parce qu'il m'échappait encore dans l'autre langue. Fichu pays qui aurait ma peau jusqu'au bout !

-Vas y. Il avait tendu le bras vers moi. Cependant au lieu de le saisir à pleines mains pour le faire une brûlure indienne, domaine dans lequel j'excellais pour l'avoir déjà testé plusieurs fois, et enfin de me laisser aller à ma vengeance, j'eus un mouvement de recul, comme si ce n'était ni plus ni moins qu'une tentative fourbe de sa part. Prendre ses précautions avant tout !

-Je suis là pour m’excuser pour la dernière fois. Vraiment. Je ne sais pas ce qui m’a pris. J’étais énervé. Et tu m’as cherché, un peu.

Je pinçai les lèvres le plus fort possible pour bien lui signifier à quel point j'étais agacée. Agacée parce qu'il y avait ce retournement que je n'avais pas prévu. Agacée, parce qu'à présent, je ne savais plus ce que je devais faire, ce que je devais croire. Et puis, il en avait de bonnes lui ! Je l'avais cherché, mais à cause de toutes les autres fois précédentes où il l'avait fait, c'était juste un bon retour des choses et il n'y avait aucun mal à cela !!!

- Trop simple, faire excuses, Sebastian, déclarai-je d'un air un peu hautain. C'était moi où il y avait comme un sentiments de déjà vu ici ? C'était un peu bizarre, parce qu'au fond, j'étais bien contente qu'il ait fait le premier pas, même s'il aurait pu s'abstenir de me rejoindre dans les douches pour ça, et malgré tout, il y avait cette rage en surface qui lui hurlait de tout faire sauf de s'excuser. Non, pas d'excuses, pas d'excuses s'il te plaît, qu'est-ce que je vais en faire de tes excuses ? Prouve-le. A quoi cela servirait-il que je fasse de même ? Est-ce que ça allait changer quelque chose ? Rien. Quand le mal est fait, il n'y a plus rien à faire. Excuses, elles servent à rien, terminai-je en murmurant, laissant un peu tomber mon masque, cette constatation étant toujours un peu difficile à accepter. Rien arranger d'être désolé. Tout aurait été tellement plus simple sinon. Et tu ne serais peut être même pas en train de me parler.

Il y a des moments où ce n'est plus possible de poser des mots sur des faits. Il y a des moments où la seule chose qu'il nous reste à faire, c'est agir. A n'importe quel prix.

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: "What goes around, Comes all the way back around." |PV|   Dim 29 Avr - 18:32

Honnêtement, je ne savais pas ce que je foutais là, ni quoi penser. Une partie de moi était bien déterminé à camper ici jusqu’à avoir l’assurance que Daphne ne m’en voulait plus. Ou du moins qu’elle acceptait mes excuses. Pourquoi ? Je ne voulais pas rester sur un malentendu, sur une connerie qui m’avait échappé. Sur ce maudit épisode dans la tour. Parce que ça avait un sale goût de déjà vu, un air de Tom qui me faisait peur. Je ne voulais pas infliger de nouveau la culpabilité à ma conscience, j’en souffrais déjà trop. D’un autre côté, je me demandais si ce n’était pas ça qui me poussait à m’accrocher autant à la jeune fille. Après tout, elle l’avait cherché aussi ! Et moi, je voulais simplement me débarrasser de ma mauvaise conscience, peut-être. Qu’avait Daphne de plus, était-ce vraiment grave si une personne dans ce maudit château ne m’appréciait pas ? Je n’en savais rien. J’essayais de repasser en boucle les moments que j’avais eu avec la jeune fille, cherchant des signes qui m’assuraient que je faisais le bon choix, qu’elle valait le coup. Qu’elle était agréable. Mais il n’y avait rien. Je ne voyais dans ma tête que son air hautain et ses remarques glaciales, prête à me mettre mal à l’aise et à me faire tomber –dans ses rêves les plus fous- pour qu’elle puisse rire.

Et pourtant, des détails insignifiants s’incrustaient dans mon esprit, me laissant perplexe. En y pensant, je me demandais même pourquoi ils me venaient en tête, pourquoi même je m’en souvenais. La terre dans ses cheveux à l’infirmerie, son ongle du plus petit doigt de la main gauche complétement rongé, son air fier lorsqu’elle parlait anglais, sa manière de pincer les lèvres et de lever le sourcil, celle de croiser ses bras sur sa poitrine –plus pour se protéger que pour avoir l’air imposante-, son sourire crispé. Une montagne de minuscules choses que personne ne remarquait ressortaient dans mon esprit, me mettant presque mal à l’aise. Je n’étais plus tout à faire sûr de vouloir rester ici, et pourtant je me sentais encore plus ancré dans le sol que précédemment. Je ne savais pas ce qui me faisait apprécier Daphne de la sorte, mais mon cerveau semblait me prouver que j’avais mes raisons. Qu’il y avait quelque chose au fond de sa coquille hautaine, qu’elle daignait à être connu. Que mon instinct ne se trompait pas et m’attirait vers elle. Me montrant que je devais tenir bon, que le meilleur était à venir mais surtout qu’il existait. Que je n’avais pas tort sur son sujet, mais qu’il fallait simplement gagner la confiance de la Serpentarde. Et ça malheureusement, ce n’était pas gagner.

Et son corps avait toujours été le premier témoin de mon instinct, et il ne faisait que confirmer tout ce que je penchais. J’avais toujours pensé que sa posture était sur la défensive malgré tout. Toujours prête à se protéger, prête à attaquer pour se défendre. Sa manière de se déplacer comme un chat sauvage craintif. Ses attitudes. Tout, toute sa carapace verbale était simple à décortiquer dès que l’on se penchait sur son corps qui la trahissait. Bien que je ne doute pas du fait qu’elle tenta de le cacher. Et maintenant, je venais d’avoir un ultime détail, un dernier secret que j’étais probablement le seul à avoir vu : ses cicatrices. Je mourrais littéralement d’envie de lui en parler, de mettre ma main sur son épaule et de lui demander de m’expliquer pourquoi, pourquoi elle avait ça. Si c’était son père, si c’était pour cela qu’elle avait fui la Pologne. Je voulais l’aider, mais je restais figer là comme un con. Parce que je ne savais pas comment m’y prendre, et que la réalité de la chose me frappait de plein fouet. Je n’osais imaginer un dixième de ce qu’avait pu provoquer mes actes dans la Tour d’Astronomie, la colère que j’avais pu déclencher ! J’en étais écœuré de moi-même. Je n’arrivais pas à formuler la vérité dans mon cerveau. Mais pourtant, Daphne et enfant battu semblait aller dans la même phrase. J’en eus un frisson.


- Pas me laisser faire.

Tu ne te laisses jamais faire. Voilà la réponse qui surgit instantanément dans mon esprit. Mais je ne la formulais pas à voix haute, conscient que je n’étais pas trop en position de force pour le moment. J’avais intérêt à bien me comporter. J’avais l’habitude de le faire d’ailleurs, mais Daphne me poussait elle dans mes derniers retranchements. Elle m’obligeait à brandir les armes, à me défendre, faute de quoi elle me marchait littéralement dessus. Ou me roulait dessus. Avec un tank, bien entendu. La jeune fille faisait ressortir une part de ma personnalité que je ne connaissais même pas et qui m’étonnait. Je devais avouer qu’avec elle, je ne savais jamais à quoi m’attendre. Non seulement ses réactions étaient imprévisibles, mais les miennes aussi. Bref, le monde tournait à l’envers.

-Je ne vais pas te blesser. Répondis-je d’une voix plus douce qu’à l’ordinaire.

J’avais presque envie de m’approcher d’elle, de la prendre dans mes bras pour la rassurer. Ou faire quelque chose. Bouger. Mais j’étais là comme une statue de pierre, complétement perdu et figé. Je n’étais pas dangereux, pas violent, et j’aurais tellement aimé lui dire. Juste lui dire que j’étais énervé, parce que Tom était dans son lit à moitié mort. Qu’Elisa pleurait, que Matthew pleurait, que mes parents pleuraient et qu’au fond j’étais responsable. Que je devais toujours m’occuper d’eux, et que je n’en pouvais plus de chez moi. Que ma sœur et mes parents se criaient toujours dessus et que ça me fendait le cœur. Que ma famille implosait, que je m’inquiétais pour Mat. Que j’avais pété un câble, que Tom et son air mutin d’autrefois me manquait. Que si je m’étais comporté ainsi, ce n’était que pour ça. Que parce que j’étais à bout. Mais je reste silencieux. Je reste con.


- Enfin compris.

Derrière son ton narquois, j’entends aussi la peur un peu, et la tristesse aussi. La déception plutôt. Le reproche. Et je le comprends, il est mérité et justifié. Mais elle doit me laisser une chance de me rattraper, juste une ! Compris ? Si j’ai compris ? Non. Je tente en vain, mais c’est difficile de cerner la jeune fille, de l’atteindre. C’est un cas unique dans l’histoire de Poudlard. D’un ton un peu gêné, je murmure plus pour moi-même que pour elle.

-J’essaye.

Si seulement tu savais, j’ai envie d’ajouter. Mais encore une fois, je me tus. Face à ma main tendue et mes excuses, Daphne recula, méfiante. Elle ne me faisait pas confiance. Elle affichait sa mine hautaine et agacée, pinçant ses jolies lèvres. Elle n’était pas prête de flancher.

-Trop simple, faire excuses, Sebastian. Prouve-le.

Je levais mes yeux que j’avais laissés sur le sol vers elle. Le prouver ? Comment ? COMMENT ? Je ne pouvais pratiquement rien faire, mes marges de manœuvres étant sérieusement réduites. J’eus un petit soupir malgré moi. Oh, Daphne sérieusement. Pourquoi tu me mettais au pied du mur comme ça ?

-Et comment ? En te serrant dans mes bras, en t’offrant des fleurs ? J’eus un rire malgré moi. Tu m’arracherais les yeux avant que je ne fasse un pas.

Ne te vexe pas Daphne, ce n’est que la stricte vérité. Je ne peux pas t’approcher, ni te toucher. Ce n’est pas grave de toute manière, je n’en ai pas vraiment envie. Juste un peu.

-Excuses, elles servent à rien. Rien arranger d'être désolé.

Sa voix avait perdu de son assurance et j’eus une vague de compassion pour la jeune fille. Maladroitement, je fis un pas vers elle, espérant qu’elle ne reculerait pas. Nous n’étions plus qu’à une cinquantaine de centimètres de distance et je mourrais d’envie de… De quoi ? Je ne savais pas. Je restai là debout comme un con –j’étais vraiment définitivement un con- n’osant poser ma main sur son épaule ou la prendre dans mes bras pour la consoler, parce que l’évocation des excuses semblaient la retourner intérieurement.

-Tu ne veux pas laisser tomber tes défenses un peu ? Lui murmurais-je doucement.

J’eus un instant d’hésitation. Et puis tout à coup, revenant à la réalité, je fis un pas en arrière, gêné de notre précédente proximité.


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Daphne Kasperek
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MessageSujet: Re: "What goes around, Comes all the way back around." |PV|   Mar 1 Mai - 14:31

Tout aurait pu être tellement plus simple. Combien de fois ne l'avais-je pas souhaité ? Des centaines. Évidemment combien de fois toutes ces demandes s'étaient-elles réalisées ? Zero, niet, nada, j'avais beau faire ce que je voulais, il y avait des choses qui devaient être comme ça, et cela ne devait en rien en changer. Non, Daphne Kasperek ne pouvait définitivement pas rimer avec simplicité, et même si j'en étais arrivée à cette conclusion il y avait bien longtemps, c'était toujours un peu difficile à admettre. Même pour ça, c'était compliqué, alors je n'avais pas trop d'espoir à forger là dessus.

Qu'est-ce que je n'aurais pourtant pas donné, tout et n'importe quoi même si ça ne semblait jamais être assez, pour avoir une famille comme tout le monde avec une vie comme tout le monde, dans mon pays d'origine et qu'on me laisse tranquille. Non, à la place je remplaçais le visage de ma mère par celui d'un monstre aux allures difformes qui m'effrayaient encore plus et que me donnait envie de la fuir, de la fuir tellement que mon père en ayant assez de toutes ces histoires avait fini par céder pour déménager. Mais non, pas à l'autre bout de la Pologne lorsque je l'avais imaginé au départ, mais de carrément nous déloger de nos racines pour venir habiter dans une Angleterre dont nous ne connaissions rien, de passer de la maison à la campagne à celui de l'appartement sombre qu'on essayait de réaménager comme on le pouvait. Ça aurait pu s'arrêter là, j'aurais pu rester dans ma chambre jusqu'au restant de mes jours à faire du dessin, la seule chose qui me permettait extérioriser mes sentiments et donc de m'apaiser. Mais ça aussi apparemment c'était trop demandé, parce que j'avais reçue cette imbécile de lettre de Poudlard. Je ne savais pas si je devais m'en réjouir ou pas. C'était clair que si on était restés sous la menace du grand méchant loup, j'aurais pris mes cliques et mes claques sans hésiter. Mais comme c'était différent à présent, j'avais rechigné à abandonner ma sœur et mon père qui avait bien trop de mal à gérer les deux bout, parce que même s'il ne disait rien, je voyais bien qu'il avait du mal. Mais on en parlait pas, on ne disait rien, on savait tout les deux ce que l'autre en pensait et on s'en accommodait.

Ça ne voulait pas dire que je détestais Poudlard. Le château était beau, j'aimais bien apprendre la magie avec les cours qu'on nous enseignait. Non, le principal problème ici, c'était mon intégration à laquelle je n'arrivais pas à m'y faire à cause des nombreux facteurs cités précédemment, ce qui me menait directement au dernier point : la paix. Avoir la paix ici, c'était un peu comme demander la lune, et j'avais un exemple tout chaud à peine sorti du four qui me poursuivais sans relâche : Sebastian Hansen. Aussi collant qu'une mouche qui s’accroche à votre pare-brise celui là ! J'allais juste me garder de lui faire la remarque, parce que je doutais qu'il apprécie vraiment, parce qu'il fallait quand même rappeler qu'il m'avait trouvé dans cette situation plus que gênante, sûrement plus pour moi que pour lui ! Parce que j'espérais bien qu'il soit mal à l'aise, il avait plutôt intérêt oui ! Déjà qu'avant ça, j'avais eu de beaux projets de vengeance pour lui, et vu le train où les choses allaient à chaque fois qu'on se retrouvait de nouveau face à face, j'allais bientôt finir par lui envoyer toute une armée de loups garous affamées pour arriver à mes fins !


-Je ne vais pas te blesser.

Permets moi d'avoir des doutes, coco. J'avais encore le souvenir trop cuisant de la fois dernière dans le crâne pour me fier à de simples affirmations. Il y avait entre nous encore trop de barrière que je n'étais sûrement pas prête à faire tomber, même si pour cela je devais me montrer encore plus désagréable que je ne l'étais habituellement en sa compagnie. Ça suffit de se faire avoir comme une bleue alors qu'en fait j'étais rodée depuis bien des années.

- J'aime pas ta blague, coupai-je sans faire de détours. Ça allait bien cinq minutes tout ça. Inévitablement, je les comparai encore, lui et son ton doux à elle, lorsqu'elle essayait de nous entourlouper Delilah et moi une énième fois.Chanson, la connaître.

Le pire, c'était que même en étant méfiantes, on avait quand même réussi à se faire avoir.

- Contente te voir ici,
dis-je soudain, en changeant radicalement d'expression. Ça ne dura pas très longtemps toutefois, parce que déjà, quelques secondes après, je réajustais mon masque pour ne laisser transparaître aucun sentiments. Moi aussi peux mentir, conclus-je après cette brillante démonstration pour bien lui prouver que quel que soit le piège, je n'allais pas tomber dedans.

Non, il ne fallait surtout pas que je tombe dedans.

C'était donc tout à fait légitime que j'exige réparation. Pour tout. J'en avais assez que ce soit moi qui soit obligé de recoller les morceaux qu'on brisait à la place, si bien qu'en général, je m'arrangeais pour que ça devienne encore plus des miettes. Comme ça, j'étais sûre qu'on ne pouvait pas les rebriser, parce que les morceaux étaient devenus trop petits pour ça.


-Et comment ? En te serrant dans mes bras, en t’offrant des fleurs ? Tu m’arracherais les yeux avant que je ne fasse un pas.


J'étais vexée, et cela n'arrangea en rien les choses. C'était même tout l'inverse. Ça c'était la meilleure ! Il n'était donc pas capable de se remettre en question ? Pourquoi est-ce que j'aurais du le faire à sa place ?! Je ne voulais pas faire le moindre effort avec lui, parce que j'avais le sentiment que de toute façon, je pouvait bien faire tout ce que je voulais que ça ne changerait rien. On l'a déjà dit : il y a des choses, comme ça, qui ne changent pas.

- Trouver tout seul, balançai-je férocement. Pas sûr être dans tes cordes...

J'en revenais à mes moqueries, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Et puis en même temps... c'était une façon ou une autre de le tester. Je savais dans quelle cours je jouais il ne valait mieux pas qu'il ait des doutes là dessus. Peut être que si je le poussais à bout comme la dernière qu'il me remontrerait son vrai visage, même si je ne savais pas trop si oui ou non, j'avais envie d'en arriver à de telles extrémités. Mais au moins, c'était la solution qui avait l'air d'être la plus efficace pour être fixée, alors pourquoi pas, j'allais prendre ce risque et on verrait bien ce qu'il se passerait. C'était un endroit fréquenté au pire, je pouvais toujours hurler pour qu'on me porte secours si jamais j'avais besoin d'aide.

Pourtant, la seconde suivante, j'étais un peu plus hésitante. Il avait touché une corde sensible et je ne savais pas trop s'il en était rendu compte ou pas. Ben j'espérais que non ! Si bien que je le laissai approcher plus près que de raison, mais je n'avais pas envie de lui céder du terrain une fois encore. Ça aurait été trop lui prouver qu'au fond il me faisait un peu peur.


-Tu ne veux pas laisser tomber tes défenses un peu ?

Je restais silencieuse, ne sachant quelle réaction adopter. Ma bulle, percée, c'était un peu comme si on entrait à l'intérieur de moi sans que je n'en donne l'autorisation. Du coup, je n'avais qu'une envie, qu'elles soient encore plus solides. Vite, vite, vite, de plus en plus solide !!!

- Pour toi attaquer ?
Heureusement il s'était écarté de nouveau, me rendant aussi par la même occasion ma mauvaise humeur. Jamais, jamais, jamais !

J'avais accentué sur le dernier « jamais » comme une petite fille à qui on voulait forcer à manger de la soupe contre son gré, pour être sûre qu'il comprenne bien. Aujourd'hui, on ne me forcerait à rien. A rien.

- Déjà savoir ton plan, le coupai-je pour lui prouver encore une fois que ce n'était pas la peine d'insister, que c'était trop tard pour que ça change quoi que ce soit. Abandonner, toi. Je mordis mes lèvres à l'intérieur de ma bouche pour me contenir. Ordre !

Cette fois, il n'avait plus le choix.

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: "What goes around, Comes all the way back around." |PV|   Mer 2 Mai - 15:59

Je n’allais pas sortir vivant de ce truc, je le voyais venir à 1000km/h. J’allais me faire arracher la tête par Daphne, ou alors elle allait crier et une horde de préfète en colère allait débouler, toutes prêtes à me tuer parce que j’avais pénétré dans la douche des filles et que de l’extérieur, on aurait pu croire que j’étais en train de faire des choses pas très nettes. La question suivante était, le jeu en valait-il la chandelle ? La Serpentarde valait-elle le coup ? Je n’en savais rien, mais je suivais mes instincts. Ils me dictaient de rester là et d’essayer de l’amadouer. Même si je risquais de perdre un bras durant la manœuvre. A vrai dire, j’étais habituée aux situations délicates. Après tout, on parlait de moi là, Sebastian LE négociateur de la famille Hansen ! Toujours là pour sauver la mise aux autres, à arranger les situations. Matthew se faisait punir ? C’était moi qu’il venait voir pour que j’aille supplier Papa et Maman de revenir sur leur décision. Enfin supplier, c’était un bien grand mot. Un sourire, deux trois arguments bien placés, une blague pour la route et c’était toujours bon. Sauf si le sale gosse avait cassé des vases préférés de Maman. Là, c’était dur de batailler ou de révoquer la sentence.

J’étais toujours appelé à la barre pour les sorties d’Elisa. Malgré son âge élevé, et le mien bien plus jeune, c’était une piètre négociatrice. Elle n’avait pas ça, le tact, le bon sens. Elle mettait les pieds dans le plat et le pire ? Elle ne s’en rendait même pas compte ! Je me souvenais encore des discussions de cet été, autour de la table familiale lors des dîners. Je sors après le dîner, annonçait Elisa sans prendre quatre chemins. Pas d’entrée en la matière, rien. Du brut, du pur, du Elisa quoi. Les questions de mes parents ? Elle ne cherchait pas une seconde à mentir ou simplement à enjoliver la situation. « J’sais pas trop où on va. Y aura Margaux (l’amie que ma mère ne pouvait pas encadrer) et des potes à elle je crois, je pense rentrer vers… Bah on verra bien. En bus ou en vélo, limite à pied. J’verrais bien. » Et là, estime et confiance de mes parents ? Moins huit milles. Regard noir de ma mère, désapprobation. Non de mon père. Regard suppliant de ma sœur vers mes parents, une série de « Putain mais pourquoi ? ». Et pour finir, elle se tournait vers moi. Et là, c’était parti pour le jeu. Autant prendre ça comme un défi non ? Je retroussais mes manches et me lançais, feignant l’indifférence. « Mais tu m’avais pas dit qu’il y avait Martin (meilleur ami, grand, baraqué et agréable aux yeux de l’autorité parental) ? Il rentre en bus à minuit et demi non ? Tu devais rentrer avec lui non ? » Et hop, petit sourire de la part de tout le monde. Ça bloquait toujours ? « Mais Maman t’as vu l’âge d’Elisa, ses notes, tu lui fais pas confiance ? Elle est raisonnable, c’est les vacances tout de même ! » Et une nouvelle fournée d’argument. Ça craquait toujours, ou presque.

Si seulement ça pouvait être aussi simplement avec la petite polonaise. Si seulement lui balancer deux trois arguments et un sourire suffisait ! Non à la place, j’avais une terrible jeune fille prête à me frapper avec violence j’en étais persuadé, si je faisais un pas de travers. Et étant donné que depuis que je la connaissais, je les avais enchaîné, j’avais intérêt à rectifier le tir. Enfin, si elle acceptait de se plier un peu également. Et ça, ce n’était vraiment pas gagner.



- J'aime pas ta blague. Chanson, la connaître.

Mais non putain ! J’avais envie de lui crier à la face, mais je restais de nouveau de marbre, sans savoir comme dire et quoi faire. Comment l’amadouer ? C’était quoi l’astuce, le secret ? Elle avait bien une faille quelque part non ? Un endroit que je puisse creuser… Un truc, une idée. Mais non, j’étais simplement dans la merde.

-Ce n’est pas une blague !

Ma voix était toujours basse pour ne pas la brusquer, mais je devais avouer que j’avais du mal à garder mon calme. Elle était en train de me prendre pour quelqu’un que je n’étais pas, elle me faisait culpabiliser, et ça je le détestais. Oui je n’aurais pas du agir ainsi, mais personne n’est parfait ! Je n’y pouvais rien si je m’étais laissé emporter sous SES provocations. Qui s’y frotte s’y pique, qui me cherche me trouve. Enfin, simplement quand j’étais de mauvais poil. Sinon, vous pouviez faire ce que bon vous semble, je me contenterais de sourire comme un débile, comme je le faisais toujours. Parce que je n’aimais pas m’énerver.

- Contente te voir ici. Moi aussi peux mentir.

Et l’espace d’une seconde, j’avais pu admirer le visage de Daphne avec un sourire. La minute d’après, elle reprit son expression terne et dure, hautaine et froide. Cette fille m’avait tout l’air d’être une bonne menteuse. Elle était stupide d’ailleurs car croyez-moi, elle était vraiment jolie en souriant.

-Tu crois vraiment que j’aurais fait tout ça juste pour… Rien ?

Par tout ça, j’indiquais d’un geste de la main la douche, mes vêtements et mes cheveux trempés. Se rendait-elle compte du mal que je me donnais pour elle ? Visiblement oui, pensais-je avec dépit, et une pointe d’amertume. J’avais l’impression d’apprivoiser un chat sauvage. Sauf que visiblement, ni le lait, ni les croquettes ni les caresses ne fonctionnaient. C’était quoi le secret ?

- Trouver tout seul. Pas sûr être dans tes cordes...

J’eus un petit rire mais ne répondis pas. Et là voilà qui repartait dans les moqueries. C’était sa défense ultime, son armure contre le monde. Elle fuyait, elle prenait tout de haut, elle qui devait se sentir si petite et si perdue. Si seulement j’avais pu pénétrer dans son cerveau à ce moment précis. Qu’aurais-je vu ?!

- Pour toi attaquer ? Jamais, jamais, jamais !

-Je ne t’attaquerais pas !

Mon ton était catégorique, légèrement sec. Daphne bon dieu, je n’étais pas violent ! Pourquoi me poussais-tu à bout de la sorte ! Arrête de te comporter comme une gamine, avais-je envie de lui crier. Mais je me taisais, fulminant à l’intérieur. J’étais à bout, fatigué et frustré de son comportement. Mais je refusais d’abandonner, de faire demi tour. Je n’avais pas fait tous ces efforts pour rien. Je n’abandonnerais pas.

- Déjà savoir ton plan. Abandonner, toi. Ordre !

Mon plan ? Mais c’était quoi son délire sérieusement ?! Je n’étais pas un psychopathe ! Cette fois ci, je me décidais à avancer vers elle et à y rester. Je la dominais par ma taille, et nos visages étaient si près. Le sien exprimait la peur, la supériorité, le dégoût. Le mien ? La fatigue.

-Dis-moi de partir sur le champ et je le ferais. Mais en attendant, répond donc à une dernière de mes questions. Depuis que tu es ici, est-ce quelqu’un s’est intéressé à toi, as voulu te comprendre, t’aider, te parler, autant que moi ?

Ose me répondre oui, que je rigole un peu.


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Daphne Kasperek
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Âme soeur: Hé ho, je m'appelle pas Blanche-Neige ! J'ai pas besoin des sept nains.

MessageSujet: Re: "What goes around, Comes all the way back around." |PV|   Lun 7 Mai - 18:47

Parler à un mur se serait peut être résumé à la même chose. La situation était déjà délicate en soi, et que Sebastian n'écoute pas un traître mot de ce que je tentais de lui expliquer de manière décousue avait le dont de me ficher encore les les nerfs en pelote si c'était possible ! Avoir été prise en plein flagrant délit pendant ma douche – flagrant délit le terme était peut être un peu fort, j'étais comme tout le monde, non mais ! - n'arrangeait pas le reste et me donnait simplement l'envie d'être encore plus désagréable. Ce n'était pourtant pas bien compliqué ce que je lui demandais, non ?! Pour moi, c'était même très clair et qu'il ne vienne pas me sortir l'histoire de notre langue, parce que mon anglais avait beau être relativement sommaire, au moins, moi, je faisais l'effort de m'exprimer avec des mots qu'il était apte à comprendre ! Ou alors, je ne pouvais qu'en arriver à la conclusion suivante : il était trop bête pour cela.

-Ce n’est pas une blague !

Comment pouvait-il donc être aussi sûr de lui ? Ça en devenait presque vexant, voire pire, ça sonnait comme une insulte, et ce n'était qu'un moyen détourné de m'avouer qu'il me prenait bel et bien pour une idiote et qu'il en éprouvait, en plus de ça, beaucoup de plaisir. Je commençais également à rentrer dans son petit jeu insupportable parce que ma patience avait justement des limites très limités.

-Tu crois vraiment que j’aurais fait tout ça juste pour… Rien ?

Il était hors de question que je me laisse amadouer encore une fois par ces paroles déguisées. S'il campait sur ses positions très bien, grand bien lui fasse, mais dans ce cas je n'allais avoir d'autre choix que de faire pareil. Comme si le calme apparent qu'il s'employait si souvent à dégager comme si rien ne pouvait l'atteindre, alors qu'il m'avait laissé entrevoir l'autre fois que ce n'était pas vrai. Et bien ça avait seulement de quoi me rendre complètement folle, de me perturber, tout ce qu'on veut, parce que moi je n'attendais qu'une chose dans une tendance un peu masochiste certes, c'était qu'il me montre une nouvelle fois de quoi il était capable, me poussant ainsi à le pousser également dans ses derniers retranchements.

- Bien sûr que si ! Une fois n'est pas coutume, je m'emportais. Non, mais est-ce qu'il était bouché ou il le faisait exprès ??? Je venais tout juste de lui expliquer en long en large et en travers ce qu'il en était et ce que je pensais vraiment de lui et il voulait encore faire passer ça sous le compte d'un comportement noble, alors que c'était tout ce qu'il y avait de détestable Toi chercher, je le pointais du doigt avec insistance, avant de ramener ma main contre ma poitrine, moi trouver ! Peut être avait un peu de chance que j'allais arriver à lui faire passer mon message avec les signes puisque apparemment le reste glissait sur lui sans que cela ne l'atteigne pour autant. Ça, chose faite !

C'est bon ?! La lumière est enfin en train de se faire dans ta tête de pioche ou même comme ça c'est trop difficile ? Mais plus que tout, c'était ce sentiment d'impuissance qui me donnait la très nette impression que je n'étais pas en train de me battre à armes égales et qui n'avait d'autre issue que de me faire sortir de mes gongs. C'était comme si le piège que j'avais voulu lui tendre se refermait, certes, mais sur moi. Moi qui était si habile dans l'art de mener les autres à la baguette avec des procédés parfois un peu vicieux pour être certaine d'arriver à mes fins, j'étais en train de me faire avoir comme une bleue, toutefois, je refusais de me dire que tout était terminé – il restait encore la dernière manche que nous devions jouer.

-Je ne t’attaquerais pas !

Ça avait de quoi me faire tourner complètement en bourrique, et je ne savais pas ce qui me retenait encore de ne pas lui en coller une. J'avais envie de pleurer. Je me retenais de toutes mes forces pour qu'aucune larmes ne coulent, parce qu'il avait assez touché mon orgueil depuis ces dernières semaines, pour lui accorder un tel honneur. C'était tellement injuste. Pourquoi ne pouvait-il pas juste me laisser tranquille une bonne fois pour toutes comme je lui demandais simplement ? Ce n'était pas si difficile pourtant, on partait chacun de notre côté et comme ça on faisait en sorte de ne pas se croiser dans les couloirs en se cachant parmi les autres élèves. Ma solitude ne regardait que moi. Il n'avait pas le droit de tout faire chambouler parce que monsieur en avait décidé ainsi. Je décidais de couper court au reste, pensant donc mettre fin à cette altercation – mais au contraire, la seule chose que j'obtins ne fut seulement qu'un autre imprévu. J'étais prête à planter mes ongles dans sa chair lorsqu'il s'approcha une fois encore. Tant pis pour lui, parce que je répondais plutôt bien à la provocation !

-Dis-moi de partir sur le champ et je le ferais. Mais en attendant, répond donc à une dernière de mes questions. Depuis que tu es ici, est-ce quelqu’un s’est intéressé à toi, as voulu te comprendre, t’aider, te parler, autant que moi ?

Il y eu quelques secondes où il ne se passa rien. Pardon, mais pour qui il était en train de se prendre celui là ? Parce que maintenant ça allait être de ma faute parce que je n'avais pas envie de partager quoi que ce soit avec lui ? Elle était où la liberté là dedans ? Je n'en pouvais plus. Je n'en pouvais plus qu'on m'impose et qu'on me construise des barrières, comme si j'étais condamnée à être docile en bon punching ball que j'étais. Je n'étais ni docile. Ni un punching ball.

Sans prévenir, je le poussai soudain en appuyant mes deux mains sur son torse pour qu'on puisse retrouver une distance respectable entre nous deux, m'y reprenant à plusieurs reprises, envahie par la colère. Il ne savait rien. Et je n'avais pas envie qu'il en sache plus. Ce n'était pas de son ressort, ce n'était pas son problème !

- Alors quoi ?! Je m'étais écartée, en signe de défense. Pas besoin ! Pas d'aide, j'en veux pas, pas besoin, rester seule !!! Un silence de mort s'était fait dans la pièce suite à mes cris. Encore quelques secondes sûrement, avant que des visages ne sortent de leur cabine de douche... Vas t'en ! M'égosillai-je sans y aller part quatre chemins. S'il ne le faisait pas de lui même, j'allais l'y forcer.

Ses paroles puaient trop la vérité, et ça non plus, je n'en voulais pas. C'était impossible à admettre. Il pouvait toucher juste à chaque fois, ça ne changeait rien parce qu'il ne comprenait pas. Il n'était pas à ma place. Il ne pouvait pas comprendre. C'était comme ça que ça devait être, et de toute évidence, ce n'était pas près de changer. Trop de douleur, trop de rancœur, trop de tout et il n'y avait qu'une seule façon pour que je m'en débarrasse : la déverser sur les autres. Ils ne comprenaient pas. Je ne voulais pas être comprise. Et il allait sûrement y avoir des dommages collatéraux.

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I READ SOMEWHERE HOW IMPORTANT IT IS IN
LIFE NOT NECESSARILY TO BE STRONG BUT TO FEEL STRONG.



"I wanna break the spell"



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Sebastian Hansen
Élève de 4ème année



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Particularités: I'm a dinosaur, Rawwwr. *tente d'avoir l'air effrayant*
Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: Re: "What goes around, Comes all the way back around." |PV|   Mar 8 Mai - 14:32

“The only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn, like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars and in the middle you see the blue center light pop and everybody goes."


Je n’étais pas un battant naturel. Je vivais, ou plutôt survivais avec les autres qui se mouvaient autour de moi sans vraiment faire attention. Je n’avais aucun but qui anime mes pensées, je n’étais pas quelqu’un qui bataillait pour ce qui lui tenait à cœur, car rien ne me motivait. Je n’avais jamais eu une envie précise, ou quelqu’un à rendre fière. Mes parents ? Ils étaient penchés sur le cas Elisa, et moi j’étais encore jeune, mes études n’étaient pas importantes. J’étais plutôt bon à l’école, alors où était le problème ? Ma vie ne se jouait pas encore en première année, je n’avais aucun examen vital. Elisa, c’était bien plus important maintenant qu’elle était en septième année ! Entendre toutes les discussions sur son avenir me rendait malade. Elle se débattait entre ses envies et la réalité, ses rêves et les possibilités qu’elle avait. Honnêtement, elle aurait pu faire ce qu’elle voulait vu ses notes. Mais ce cerveau devait être canalisé dans quelque chose d’intéressant, de constructif, avec des débouchés. Mais ma grande sœur, c’était une rêveuse. Rien ne lui allait jamais, elle était indécise. Tantôt cette école, tantôt celle-ci. Elle n’avait aucune idée de ce qui l’intéressait vraiment, à part des domaines un peu nébuleux. D’après Maman, elle allait finir au Ministère de toute manière. Mais pour Elisa, c’était trop carré pour elle. En gros, c’était le bordel.

Moi, comme je vous le disais précédemment, je n’avais aucune idée de ce qui me motivait au quotidien, alors pour mon futur vous vous doutiez bien que je n’avais aucune idée, mais strictement aucune. Aucune matière ne me sautait vraiment aux yeux, ne m’avait réellement conquise. Enfin si, il y avait deux choses que j’aimais par-dessus tout. La première, c’était l’astronomie. Ne me demandez pas pourquoi, mais face au ciel étoilé, rien ne me paraissait grave. On était si petit à côté, et l’univers si grand et long à explorer ! Admirer les astres me rappelait mes soirées d’été couché dans l’herbe avec Tom, Elisa et Matthew, quand je n’étais encore qu’un gosse. Et que nous étions quatre, que rien ne pouvait nous atteindre et nous embêter. Le moment où les notes de ma sœur n’étaient encore qu’un petit sujet de discussion, que Matthew n’était pas scotché à sa Xbox et quand Tom était encore à la maison. Conscient. On riait allongé dans l’herbe fraiche, et on parlait de truc ridicule et on cherchait des formes dans les étoiles. Après, on roulait tous le long de la colline pour atterrir près des bois, là où les branches cachaient le ciel. Et on partait explorer les alentours, tout en se racontant des histoires d’horreur. Bref, on s’amusait.

Mon autre passion, c’était le piano. J’en jouais depuis aussi longtemps que je pouvais m’en souvenir. Je commençais d’ailleurs à être assez doué, même si jamais je ne m’étais vu m’engager dans une carrière professionnelle. Je jouais pour mon propre plaisir, et c’était toujours un véritable régal. La musique avait le don de m’emporter, de me faire disparaitre moi et mes problèmes dans une dimension parallèle à la réalité. Peu importe la longueur du morceau, une minute ou trente, le résultat était le même. J’étais ailleurs, j’étais bien. Rien ne pouvait plus m’atteindre tandis que mes doigts fins couraient le long des touches d’ivoires. Il n’y avait que la musique qui émanait du piano dans le salon. Quand je jouais, Tom avait l’habitude de m’écouter discrètement, refusant d’admettre qu’il aimait bien le classique. Je lui tirai la langue et engageais un morceau plus vif qui le faisait esquisser un pas de danse, voir avec Elisa à l’époque où celle-ci était encore « parmi » la famille. Voilà pourquoi j’aimais jouer également, je voyais le sourire des autres naitre au détour des notes et des silences. Je voyais le regard fier de ma mère. J’étais serein.

Malheureusement, il me semblait évident que ni le piano ni l’astronomie n’allait me sortir de cette mauvaise situation. Si je jouais un morceau à Daphne, pourrait-elle se calmer ? J’eus un rire intérieur. J’en avais ras le bol de tout ça. De ce combat constant. Et pourtant je restais là, déposant littéralement les armes au sol devant la Serpentard. J’abandonnais, je me remettais à son châtiment. Et visiblement, elle continuait de penser que j’avais une hache cachée dans mon dos, prêt à refrapper à tout instant. Près à la blesser, ce que je n’avais jamais voulu. Je ne voulais qu’être son ami, même si au fur et à mesure des rencontres, cela semblait de plus en plus compliqué. Je ne savais même pas pourquoi je m’accrochais. Mais au fond, une petite voix me soufflait la vérité. J’étais intéressé par les gens capables de m’extraire de mon existence si plate et si normal. Où je m’ennuyais, où je n’avais pas ma place. Parce que ma routine, bien que je l’aime, était dure à supporter. Car elle me noyait dans la réalité, moi qui voulais en partir si vite. Je n’aimais pas voir les choses en face, j’en avais peur. Mais j’y étais confronté sans pouvoir m’en sortir. Alors qu’avec Daphne, j’avais cru qu’elle était différente. Que je trouvais des choses nouvelles avec elle, un nouvel horizon. Elle qui avait l’air si peu commune et intéressante. Mais elle continuait de débiter son charabia, m’accusant de vouloir lui faire du mal. Je ne l’avais jamais voulu.

Ma dernière question sembla la faire sortir de ses gonds. Comme si ma criante vérité était trop dure à entendre pour elle. Violemment, elle me poussa et se mit à crier, rendant notre conversation encore plus audible pour les filles dans les douches qu’elle ne l’était déjà.


- Alors quoi ?! Pas besoin ! Pas d'aide, j'en veux pas, pas besoin, rester seule !!! Vas t'en !

Elle s’était écartée, le visage noir. Ses mots rebondissaient sur les murs de la pièce et s’élevaient vers la voute pour se répercuter en écho, m’entourant presque. Je me sentis presque étouffé sous sa rage qui me pénétrait dans chaque ports de ma peau, me donnant envie de disparaitre. Je lui jetai un dernier regard. Je ne savais même pas quelle était l’expression sur mon visage à ce moment-là. Je m’étais attendu à une telle réponse, mais l’entendre la rendait encore plus cruelle. Je fis quelques pas en arrière lentement, sans oser détourner mes yeux d’elle. C’était fini, fini. Je fis demi-tour, m’approchant de la porte. Et puis, au dernier moment, je me retournais vers elle. J’imprimai une dernière fois son visage en moi. Son expression de rage, d’insécurité. Et puis, au dernier moment, je lui lançai.

-Tu devrais aller voir Madame Pomfresh pour tes cicatrices.

Et je sortis sans attendre de réponse.


THE END


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