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Bang (T.) - terminé

 

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 Bang (T.) - terminé

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Bang (T.) - terminé   Lun 23 Avr - 15:36



Mon sort rebondit sur la porte et me frôla la tête - heureusement que je m'étais baissé à temps.

- Putain de connasse de porte de merde! PEEVES ?!?!

Evidemment c'était un coup de cet imbécile de fantôme, qui franchement commençait à me courir sur le haricot. Il avait des idées marrantes, le problème c'est qu'ils les faisaient toujours au mauvais endroit et au mauvais moment. Je balançai d'autres coups de pied dans la porte en m'attendant d'une minute à l'autre à voir surgir cette andouille de Peeves, mais, rien. Je le savais en plus, je le savais : cette journée avait mal commencé.

Déjà, quand on sait en se réveillant qu'on va avoir cours avec Nakamura - qui dit Nakamura dit Potions et dit cours avec ls Serpentard : BONUS! - c'est pas follement engageant. En plus, une fois n'est pas coutume, je m'étais couché à pas d'heure et on va dire qu'entre les soirées que je passais avec Taylord bien cachés dans notre salle secrète, et celles où je faisais la fête avec mes potes, j'avais beau faire le malin, je commençais à me sentir bien crevé, le problème étant que je n'avais absolument pas le temps pour récupérer tout mon sommeil. Ben, oui, c'est bien là le grand dilemme de la vie : vivre ou dormir, et honnêtement ça n'aurait pas été mon genre d'aller me coucher en me disant ohlàla, il faut manger 5 fruits et légumes par jour et dormir 8 heures par nuit pour veiller sur sa santé. Pour que ce soit encore plus drôle, c'était justement ce matin-là que Coop avait décidé de me faire chier au petit déjeuner, en venant me chercher à la table des Gryffondors pour m'expliquer qu'il n'avait plus de ses potions blablablabla et que l'infirmière avait besoin de mon autorisation pour lui en donner une autre qui avait les mêmes effets mais ne s'appelait pas pareil - ... utile! - et que je devais absolument venir en personne la voir, et fuck, comme si j'avais que ça à faire, non mais franchement?! Du coup je m'étais énervé contre Coop parce qu'il choisissait toujours mal ses moments, et je l'avais suivi à l'infirmerie, en me disant que 1) j'allais être en retard en Potions et de ce fait je pouvais tout aussi bien me taper la tête contre un mur d'avance parce que Nakamura ne faisait pas de cadeaux, 2) j'avais engueulé Coop alors qu'il n'y était absolument pour rien, mais c'était toujours comme ça quand ça touchait sa maladie, et je ne savais jamais comment lui expliquer que je ne faisais pas exprès d'être un connard. Pomfresh m'avait fait signer un papier, et voilà, il avait pris ses médocs. J'avais filé en cours, enfin à vrai dire j'avais traîné, parce que quitte à être en retard, autant l'être vraiment. Les couloirs étaient déserts et j'avais vraiment hésité à retourner me coucher parce que j'étais décalqué, mais ça faisait un peu trop de cours que je séchais en ce moment et je ne crois pas que Kelsey allait supporter encore longtemps mon foutage de gueule - cela dit, aller en retenue dans son bureau ne me dérangeait pas beaucoup. Comment ça se faisait d'ailleurs qu'une fille comme elle ne se soit pas encore tapé tous les élèves qu'elle voulait?! Chez les Gryffondors en tout cas, elle avait tous les mecs à ses pieds...

On ne pouvait pas en dire de même pour Nakamura, qui tira une tronche d'enterrement quand j'entrai joyeusement dans la salle de cours alors que tout le monde était déjà installé. J'évitais Taylord qui de toute facon était avec Haruhi - ha, ha. Dire qu'elle avait les moyens de nous faire parler, cette petite! Mais au fond, ça me faisait marrer. Elle ne s'était pas douté du genre d'horreurs qu'elle trouverait dans cette maison hantée, hein? - et me posais au fond avec deux de mes potes, avec qui je passais la moitié du cours à faire des conneries et l'autre à comater, ce qui nous valu, oh surprise! un devoir supplémentaire pour la semaine prochaine en guise de punition. Les profs étaient vraiment trop prévisibles.

L'après-midi j'avais roupillé en perm (= Histoire de la Magie) et puis le repas était vite arrivé, j'avais été sympa avec Coop pour me rattraper un peu de ce matin et hop, roulez jeunesse. Je n'avais pas trop eu le temps de parler à Taylord mais je savais qu'elle me faisait un peu la tronche pour être arrivé comme d'habitude en retard ce matin, et puis, je savais qu'on se retrouverait ce soir, donc j'avais juste le temps qu'il fallait pour me faire pardonner.

Enfin.... Dans la mesure où lui demander qu'elle m'aide pour le devoir de Sortilèges sur les sortilèges de feu allait lui donner envie de me pardonner, mais bon. ... Game over! Bah, elle avait beau faire sa tigresse, elle était gentille au fond, cette petite.

J'attendis donc en flemmardant dans la salle commune que les gens partent se coucher et que Taylord et moi on puisse se tirer tous les deux, comme d'habitude. J'attendis en jouant aux cartes avec d'autres et me demandant, sur une échelle de 1 à 1000, à combien Taylord allait être en rogne que je ne lui ai pas dit plus tôt pour le devoir, et, hmm, à la louche, je voyais bien un petit 900, ce qui ne présageait rien de bon, à part que cette journée allait sûrement se terminer comme elle avait commencer : mal, chiante, et tout ce que vous voulez.

L'heure était venue et je me tirais en premier, d'autant plus que Taylord était montée dans son dortoir depuis quelques minutes. Parfois on partait ensemble, parfois pas, mais bon on essayait de faire du mieux qu'on pouvait pour que ça ne soit pas trop grillé. Et voilà comment je m'étais retrouvé à me battre en duel avec une porte qui pour je ne sais quelle connasse de raison avait été ensorcelée et refusait de s'ouvrir, quoi que je fasse. J'avais essayé tout un tas de sortilèges mais ils rebondissaient tous autour de moi; j'avais fini par taper de toutes mes forces sur la porte parce que ça me soûlait, mais rien n'y faisait. Et voilà, Taylord allait être doublement énervée, et ce n'était MÊME PAS de ma faute. Pfff, et je me sentais vraiment pas capable d'être un minimum diplomate alors que ça faisait plus de dix heures que j'avais juste envie d'aller pioncer sous mes draps.


- La porte s'ouvre pas, j'sais pas pourquoi.

Allez, mon 900 passait à 920 pour cet accueil si chaleureux. Je m'étirais, regardant la porte d'un air blasé.

- J'voulais que tu m'aides pour le devoir en Sortilèges mais du coup...

Ce fameux devoir à rendre pour... demain. 950.

- Euh, la bibliothèque est fermée là non?

970.

- Ah oui : parce que mon livre de sortilèges est dedans...

Coup de tête en direction de notre salle. 990.

- On fait quoi?

Soupir excédé. 1000 !

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CHUCK CARLTON
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Dernière édition par Chuck Carlton le Mar 15 Mai - 12:12, édité 1 fois
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Mar 24 Avr - 15:36

Il m'avait suffit de l'entendre de l'autre bout du couloir pour comprendre que déjà quelque chose n'allait pas. Encore. Je n'avais même pas envie de savoir pourquoi, mais je n'allais pas avoir vraiment le choix puisque je continuais ma progression la démarche un peu raide, défaitiste par avance et n'ayant pas dans l'optique de faire preuve de patience pour expliquer à Chuck, que quoi que cela puisse être, ce n'était pas grave et qu'on allait bien finir par trouver une solution. Je voyais sa silhouette dans le fond et retins les remontrances que j'avais envie de lui crier parce qu'il criait lui aussi, et parce qu'on allait crier tout les deux et déjà qu'il avait dû réveiller tout les tableaux alentours, on allait pas alourdir notre peine. Bon allez, qu'est-ce que ça allait être cette fois ? 4, 3, 2, 1 avant d'avoir la réponse ! En même temps, s'il ne m'attendait pas à l'intérieur et qu'il tambourinait contre le bois, c'était vite vu.

- La porte s'ouvre pas, j'sais pas pourquoi.
- Oui, j'crois que j'avais deviné.
- J'voulais que tu m'aides pour le devoir en Sortilèges mais du coup...
- Pas moi. Fais le tout seul.
- Euh, la bibliothèque est fermée là non?
- Pas pour les fantômes. Tu sais ce qu'il te reste à faire...
- Ah oui : parce que mon livre de sortilèges est dedans...
- Attend, mais tu pouvais pas le dire avant ?! Je retourne pas dans la salle commune le chercher le mien !
- On fait quoi?


Ah bah bien sûr, ça aussi, c'était bien le moment d'y penser ! De toute façon on savait très bien tout les deux que j'avais beau l'envoyer sur les roses autant que je le voulais que de toute façon, j'allais le faire à moitié son putain de devoir de sortilèges parce qu'on allait s'énerver tout les deux que ça n'allait pas aller assez vite, et que travailler jusqu'à pas d'heure c'était pas trop dans notre programme en général, pas d'heure, oui, mais pas pour ça. Et puis, ce n'était pas tant de l'aider à le faire qui me faisait chier, c'était qu'à chaque fois, c'était au dernier moment et dans l'urgence, qu'à chaque fois c'était la même chose, qu'à chaque fois il avait bien trop conscience que j'allais passer derrière et que tout allait comme sur des roulettes. Ben reste devant ta porte à te plaindre pendant des heures, fais toi prendre par Kelsey et va récurer la volière tout seul, ça va te changer un peu ! Moi je vais me coucher, on verra bien demain ce qu'en pense Woodley de ton imbécile de devoir de sortilèges !

- On va dans la salle sur demande, maugréai-je, je n'y étais allée qu'une fois, mais ça m'avait tellement marqué, que le seul truc que j'espérais, c'était de ne pas tomber sur Ambre Serana dans une pièce pleine de miroirs. Oui alors là non, où comment terminer une soirée qui promettait d'être pourrie, en encore plus pourrie.

Je n'attendis pas de voir s'il était d'accord avec moi ou non et pris la tête, en m'arrêtant à chaque point stratégique pendant quelques secondes pour vérifier qu'il n'y avait personne qui rôdait dans le coin et qui n'attendait qu'une chose et était de nous balancer une retenue bien sentie. Au moins, c'était un endroit où il n'y avait jamais beaucoup de monde, même si c'était pas franchement le cas de l'étage au dessus où se trouvait le bureau de Wayland. Restait plus qu'à ne pas se planter de couloir. Un peu brusque, j'attrapai le poignet de Chuck pour l'attirer vers moi, sans le regarder parce que je me doutais plus que bien de la tête qu'il devait être en train de tirer et passait trois fois devant le mur que nous avions eu vite fait de retrouver, parce que mine de rien au bout de cinq ans à habiter ici, on commençait à connaître les lieux. Je réfléchis à un endroit assez grand pour qu'on ne se retrouve pas dans une cage à poules, avec des livres (il allait nous le falloir ce putain de bouquin !) et confortable parce que si c'était avoir le cul assis sur une chaise en bois pendant des heures... Autant qu'elle serve à quelque chose cette salle !

Lorsque je tournai enfin la tête, la porte s'était matérialisée et toujours en ignorant royalement Chuck parce que comme ça ça m'évitait de lui faire remarquer de façon peu aimable qu'il tirait une tête de six pieds de long et que si ça l'emmerdait tant que ça, que ça ne valait pas le coup qu'il vienne me demander quoi que ce soit et que j'avais d'autre choses à foutre, et je saisis la poignée pour rentrer dans la pièce que nous avions créer.

Pour une née moldue, j'avais toujours trouvé ça fascinant de voir mon imagination prendre toute son ampleur pur s'ancrer dans la réalité : c'était en effet très spacieux avec des tapisseries aux couleurs chaudes, l'éternelle cheminée, élément essentiel à toute pièce accueillante qui se respecte, tout un pan de mur avec une petite bibliothèque dont les livres devaient à coup sûr parler de sortilèges, un canapé et deux fauteuils tout les trois taille XXL et un peu plus loin une table basse avec des poufs eux aussi énormes tout autour. J'allais rebondir sur l'un d'entre eux en ramenant mes genoux vers moi. Ils étaient tellement gros que j'étais certaine que si je me débrouillais bien, je pouvais disparaître au milieu de toute cette ouate !

- Bon bah j't'attends
, j'allais quand même pas lui mâcher tout le travail ! Il était assez grand, alors il prenait tout ce qu'il voulait sur les étagères et on s'y mettait.

Surtout qu'à la base, j'étais venue les mains dans les poches, parce qu'il y avait aussi la plupart de mes affaires que j'avais laissé dans notre salle comme une plume et du parchemin - et mes notes aussi je crois - maintenant que j'y pensais, alors bien sûr, si maintenant il fallait prévoir qu'elle se ferme quand elle voulait – quand elle voulait, mon œil, y'avait vraiment des moments où dans cette école de magie, hein... Je ne disais trop rien, mais ça me contrariait un peu, parce qu'il allait bien falloir à un moment où à un autre qu'on puisse de nouveau rentrer dedans et je craignais même que quelqu'un d'autre l'ai déjà fait à notre place... Ça ne présageait franchement rien de bon, et restait plus qu'à se dire que ce n'était sûrement rien.

Je pris le premier livre qu'il posa sur la table et me mis à le feuilleter, après avoir consulté l'index, pour retrouver la page que je recherchais. Les sortilèges de feu. Bon.

Du coin de l'oeil, je lus en travers ce qu'il était en train d'écrire sur sa feuille parce qu'il avait eu au moins la bonne idée, étant donné que c'était SON devoir, de ramener de quoi écrire. Oui, oui... un peu courte l'intro, mais oui.... hmmm j'aurais pas dit ça comme ça, et... non, mais NON ! Exaspérée, je me redressai pour me pencher vers lui, sans retenir ma langue qui claquait contre mon palet, pour bien lui rappeler que ça me faisait vraiment chier d'avoir à faire ça, donc si en plus il le faisait mal.. !

- Non, mais Chuck, concentre toi un peu, t'écris que des conneries !
Comme j'étais à sa gauche, je passai mon bras sous le sien, pour lui prendre sa plume des mains. Ce qu'il risquait fort de ne pas apprécier... tu crois que le Feudeymon, c'est un feu d'camp ou quoi ? Parce que t'as intérêt à courir vite, si on t'en lance un ! Pour la énième fois, sans lui demander son accord, je barrai sa phrase, en poussant un profond soupir de mécontentement. Pas sûr que ça atténue le sien par contre...

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Jeu 26 Avr - 0:18

Dites, j'aimerais bien qu'on arrête un peu. En ce moment, depuis qu'elle avait été nommée Miss Gryffondor plus précisément -oh elle le méritait hein, moi j'étais fier d'elle et tout le tralala- j'avais franchement l'impression que tout le monde ne jurait que par Taylord Reegan. Taylord est tellement gentille. Taylord est tellement drôle! Taylord a tellement d'amis! Taylord est tellement parfaite! Taylord est tellement adorable, tellement serviable! Taylord est une héroïne, elle est née-moldue mais vous coupe en douze des racines de Mandragores en un clignement d'oeil et ne faiblit pas devant les Mangemorts! Taylord est tellement incroyable!... Euh, et moi?! Et moi qui me la coltinais depuis six ans et qui subissais ses sautes d'humeur et sa peste attitude que bien sûr elle ne gardait que pour les grandes occasions, et moi, personne ne disait que j'étais incroyable? Elle était où, ma médaille de l'ordre du mérite? Ouais, parce que ok Taylord était bien gentille et bien mignonne et gloire à elle au plus haut des cieux. N'empêche que moi, je me cassais le cul pour elle, je faisais des efforts monstres depuis le bal des Noël et j'étais même attentif plus que je ne l'avais été avec une nana pour sa jolie petite tête de Miss Parfaite, mais non, hein, mon devoir de Sortilèges, je pouvais aller me le carrer bien profond, parce que mademoiselle n'avait pas envie de m'aider. Ah elle est belle, la merveilleuse Taylord. Bravo. Tu parles, ouais. Des clous.

- On va dans la salle sur demande.


Hmm, pas bête. Heureusement qu'elle avait un minimum de suite dans les idées. Ouais, j'y avais pas pensé, mais on pouvait y trouver des livres - enfin je crois. C'était quoi déjà qui ne pouvait pas apparaître dans cette salle? Bah, pour les questions encyclopédiques, je ne touchais pas ma bille, loin de là. Demandez donc à Taylord, elle est tellement intelligente. Je me gardai bien de lui faire remarquer sa pertinence et rangeai ma baguette en soupirant fort pour lui montrer clairement qu'elle pouvait bien tirer la tronche, je n'étais pas dans de meilleurs dispositions, et ce soir, je n'avais pas envie de faire d'efforts. Ca va hein, Nakamura dès le matin, une journée relou, j'étais fatigué, un devoir de Sortilèges à faire, la flemme, notre salle coincée à cause de ce connard de Peeves, c'est bon quoi. Je n'allais pas non plus être merveilleux de bonté et de délicatesse, qu'on me laisse un peu tranquille.

- J'aime quand tu prends les choses en main, ricanai-je entre mes dents. Oui oui, un peu de provocation gratuite, dans ces moments-là ça ne fait pas de mal. Elle me traînait derrière elle comme un môme mais je ne pouvais que la suivre parce que bon, avec elle, j'avais plus de chance de torcher cet devoir de merde en deux temps trois mouvements et autant vous dire que je préférais affronter une armée de Taylord enragées que Woodley mal lunée parce que je lui aurais pas pondu quelques trucs sur les sortilèges de feu.

Je fis exprès de me taire et de la suivre sans broncher, ensuite. Elle savait bouder, mais moi aussi, j'avais un petit frère je vous le rappelle. Honnêtement, à ce jeu-là, j'avais un sacré entraînement. Parce que, quand je ne lui mettais pas ma main dans la tronche, je boudais souvent Coop quand il m'énervait. Il avait beau venir avec sa mignonne petite tête me demander de jouer avec lui, non. Parfois, il ne fallait pas me faire chier, point, barre. Quand je disais dégage et fous-moi la paix, c'était ni pour hier ni pour demain. Taylord avait quand même la mémoire courte, hein, franchement. Parfois, j'avais l'impression de brasser du vent avec elle, alors que justement elle en demandait de plus en plus. On avait pas trop reparlé de l'autre soir, de ses révélations et de sa crise de nerfs. On avait juste compris, par un accord tacite, que c'était là, entre nous, et que d'une manière ou d'une autre - bon ok je n'étais pas très convaincu - je l'aidais un peu à porter sa peine. Pendant que, rappelons-le, je me consumais de désir pour elle, mais ça encore, les désirs de Madame sont des ordres, apparemment. Bref. Sur ce, comme si de rien n'était, elle me considérait comme le dernier des pecnos, m'appelait Charles - NON je n'ai pas oublié - et EN PLUS se mettait en rogne pour un stupide devoir qu'elle pouvait très bien me pondre en dix minutes chrono. Bonjour, je m'appelle Taylord et je n'ai absolument aucune notion de reconnaissance. Comme quoi, faire des efforts, hein...

Bah, au fond, je l'avais toujours su. M'en fous, le seul truc qui m'intéressait ce soir c'était de finir ce devoir et qu'on en parle plus. Pour le reste, ah zut, vu que notre salle ne s'ouvrait pas, eh bien tiens, qu'elle aille dormir dans les bras de Stephen Fray, puisqu'elle l'aimait tant. Moi, j'allais rentrer pioncer, et fissa.

La porte apparu dans le mur - il fallait bien le reconnaître, cette salle avait un certain style - et j'entrai derrière Taylord, épaté comme il se devait devant le génie de ce Charme qui faisait vraiment toujours apparaître ce dont on avait besoin. L'autre mégère attrapa des livres et s'installa à la table avec un air de forçat qui s'en va aux galères, moi je m'étirai et pris bien mon temps pour faire le tour de la pièce et choisir mes livres alors que je lisais les titres sans les voir en maudissant Woodley, les devoirs, l'école, les journées pourries, les filles relou, etc. Mon but était simple : qu'elle perde patience (facile) et qu'elle craque (très facile) pour qu'elle en ai ras la casquette (faaaacile) et se décide à faire soi-même le devoir (hmm).


- Bon bah j't'attends.

Je vous avais dit! Ha ha.

Je la rejoignis et me vautrais dans les poufs moelleux - hmm, cette chaleur, ça me donnait envie de dormir... J'attrapai mollement une plume, débouchai l'encre, et me mis à recopier un peu au pif ce que je lisais vaguement dans le bouquin que j'avais ouvert devant moi. Je n'avais pas envie de comprendre quoi que ce soit à ce que je recopiais, parce que j'avais bien trop la flemme de réfléchir, et, surtout, je savais parce que je la connaissais comme si je l'avais faite que si j'écrivais des bêtises, Taylord ne tiendrait pas bien longtemps et finirais par tout me dicter - c'était son petit côté Serdaigle. Et donc les Feudeymons gnagnagna utilisés en 1842 gnagnagna recoupant les forces de...

- Non, mais Chuck, concentre toi un peu, t'écris que des conneries ! Tu crois que le Feudeymon, c'est un feu d'camp ou quoi ? Parce que t'as intérêt à courir vite, si on t'en lance un !

Oh eh oh c'est bon là je n'étais pas assisté non plus! Elle m'avait d'un coup arraché la plume des mains en faufilant son bras entre la table et moi. Je bloquais son coude en appuyant mon torse et entrepris de récupérer MA plume parce que savais écrire merci bien je ne me touchais peut-être pas en Feudeymon, pardon de ne pas être geek, mais pour le reste ça allait -

- Mais pousse ta sale main tu fais baver mon Feudeymon !!

- oui parce qu'avec notre petite bataille sa main avait frotté tout mon parchemin et fait baver bien comme il fallait les derniers mots que j'avais écrits - enfin, non, pardon, qu'elle avait écrit après avoir barré les miens...

- Ben faut savoir ma p'tite, tu m'aides ou tu m'aides pas ?!

Je lui lançai un regard noir, et autant vous le dire clairement, j'étais en train de perdre tout mon sang-froid si jamais cette journée m'en avait laissé un peu. Je tenais toujours fermement la plume et elle aussi, et sans lâcher son regard je me contorsionnai pour pincer son bras un peu plus et en profiter pour choper la plume tout en me disant qu'il ne fallait pas la casser parce qu'il ne nous resterait plus qu'à écrire avec nos ongles ensuite et qu'elle allait finir par lâcher bon dieu de merde de... Je ne sais pas lequel de nos deux bras cogna vraiment le truc, mais il y eut un bruit sec et bête et, pof, l'encrier se renversa, je vous le donne en mille, non pas sur les 90% de la table inoccupés, mais non, sur mon cher et laborieux petit devoir de Sortilèges, évidement.

Je commençai par quoi : l'étriper elle, ou bien me tirer une balle?

Je m'avachis encore plus au milieu des poufs et après lui avoir décoché un grand sourire moqueur, j'applaudis trois quatre fois des mains.


- Ah, bravo. Bien joué. Dis moi, quand tu révises avec tes petits potes comme Scott ou Stephen, j'imagine que ça ne t'arrive pas souvent de leur ruiner leurs devoirs comme ça?

Je me retins de lui dire d'aller se faire voir en enfer.

- Non parce que si vraiment je te fais chier à ce point...

Suspens, suspens. Mais non, je n'allais quand même pas baisser les bras si rapidement, qu'on ne me fasse pas rigoler.

- ... Tu peux être sûre que c'est réciproque, ma chérie.

C'était quand même pas de ma faute si Peeves avait décidé de nous jouer un sale tour, merde à la fin.

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Jeu 26 Avr - 19:26

Et puis en plus du reste, ce n'était pas le sujet sur lequel il fallait me lancer. Il aurait pu s'en douter aussi, surtout depuis la dernière fois ! Peut être qu'avec un dessin, ça marcherait mieux, j'en sais rien... Quand Woodley avait commencé à évoquer les Feudeymon l'autre jour, tout de suite elle avait eu toute mon attention – enfin plus que d'habitude, parce que quand on avait Woodley en face de soi, entre nous, il valait mieux. Alors, c'était ça qu'ils avaient utilisé ? Autre chose ? Vu la puissance du truc apparemment, je ne savais pas trop ce que je devais en penser, donc j'en pensais toute seule, puisque j'avais décidé de toute façon de ne plus en parler à Chuck car j'en avais assez fait et que cette simple évocation m'en donnait des frissons. Alors demander cash à la prof de Sortilèges qui était aussi aimable que les portes de prison d'Azkaban et aux fortes tendances sadiques non masquées, si c'était possible qu'on crame une maison toute entière mais pas celles aux alentours avec ça, je crois bien que j'allais m'en passer. Et rester avec mes sombres réflexions, comme d'habitude.
Super.

Alors, ça que je prenais trop à cœur à l'extrême j'en avais conscience, et le fait que Chuck me demande de devoir m'y atteler une fois encore en plus du mien et dans lequel je n'avais pas pu m'empêcher d'y glisser toute la colère, la rage et la rancœur dont j'étais capable, c'était plus le mélange explosif qui me faisait sortir de mes gonds que celui qui me faisait dire Amen, la bouche en cœur et un grand sourire aux lèvres.


- Mais pousse ta sale main tu fais baver mon Feudeymon !!

Je donnai un coup de pied dans son pouf. Dans cinq minutes, c'était moi qui allait lui en lancer un de Feudeymon, s'il continuait, oui !

- T'la veux dans la tronche peut être, ma sale main ?! Menaçai-je et j'espérais pour lui qu'il se rendait compte que ce n'était pas des paroles en l'air ! Sinon... sinon bah il le verrait bien par lui même assez tôt ! Arrête, tu me fais mal !!

Ça par contre, ça avait pas l'air de le gêner le moins du monde. Non mais ça allait peut être aller oui ? Il voulait que je l'aide ou pas ?! Déjà qu'il s'y prenait au dernier moment, il pouvait au moins avoir l'amabilité de suivre
mes conditions, au lieu de, en plus m'imposer les siennes !

- Ben faut savoir ma p'tite, tu m'aides ou tu m'aides pas ?!


Et ben nan, il fallait croire que non. Et s'il y avait bien un truc que je détestais c'était quand il m'appelait comme ça, parce que ça voulait dire qu'il me prenait de haut et honnêtement, de nous deux celui qui n'avait pas trop à la ramener, c'était lui !

- Bah m'en empêche pas alors !! M'exclamai-je plus fort que lui, ne lâchant ni la plume ni l'affaire pour autant.

Je tirai comme je le pouvais de mon côté, le truc, c'était que c'était encore plus difficile d'oublier la douleur, j'essayai de le pousser en même temps aussi pour pouvoir libérer mon bras, mais c'était qu'il avait de la force mine de rien et je compris que si je voulais que ça s'arrête, j'avais devoir abandonner la partie. Je compris, oui, mais trop tard. Dans l'agitation du moment, on avait cogné dans la seule chose à ne pas cogner dans ces cas là et qui n'était autre que l'encrier qui déversa presque tout son contenu, avant que je ne le rattrape vivement pour le remettre en place, même si ça ne servait plus à grand choses maintenant puisque le mal était fait. Non seulement il y en avait de partout sur la feuille, mais je pouvais également prétendre faire de la peinture avec mes mains. Je poussai un soupir excédé, pendant que le son des siennes qui tapaient l'une dans l'autre venait me vriller les tympans comme une vilaine petite chanson moqueuse et désagréable.


- Ah, bravo. Bien joué. Dis moi, quand tu révises avec tes petits potes comme Scott ou Stephen, j'imagine que ça ne t'arrive pas souvent de leur ruiner leurs devoirs comme ça?


Je tournai les yeux vers lui, la bouche entreouverte, le souffle coupé. Ça par contre, c'était dégueulasse. Quoi parce que c'était aussi de ma faute ?! Pourquoi est-ce qu'il fallait toujours qu'il se mette à jouer les martyrs dès que ça n'allait plus dans son sens ?!

- Parce que tu crois encore que je travaille comme ça pour le plaisir ? Demandai-je simplement, baissant d'un ton.

Parce que s'il y avait bien une personne à laquelle je pensais qu'elle était passée au dessus de ce stade du « Taylord-est-une-petite-fille-bien-gentille-qui-passe-son-temps-à-travailler » c'était bien Chuck. Même pas. J'avais envie de lui dire d'ouvrir les yeux un peu, que moi ce qui m'intéressait ce n'était pas d'avoir des O partout pour pouvoir m'en vanter, et d'ailleurs je n'en parlais jamais alors il aurait dû le savoir, mais d'avoir des O qui me donnaient un appréciation pour voir les choses que j'avais à revoir et celles que je connaissais sur le bout des doigts sur le plan théorique et pratique, dans le seul et unique but d'avoir le dessus sur les mangemorts en touts points. J'étais loin d'avoir perdu mon objectif de vue et j'étais toujours aussi déterminée à les retrouver, ceux qui avaient fait
ça, pour pouvoir me venger moi-même et être certaine que ce soit fait correctement. C'était obsessionnel et rien ne pouvait me faire dévier de mon chemin, mais c'est sûr que cette vérité là, elle était nettement moins jolie que Taylord l'intello de service.

- Je ne parle plus à Scott depuis avant Noël, dis-je d'une voix plus douce, ayant un peu de mal à cacher la morosité dans ma voix.

Parce qu'on s'est séparé tu vois et tu sais pourquoi ? Parce que je lui ai dit que c'était pour toi. C'est bon, tu percutes ? Ces derniers temps j'avais pris beaucoup de choix qui ne plaisaient pas à tout le monde, qui avaient des conséquences et qui concernaient Chuck. Pour lui. Mais bon, c'était sûr que c'était pas l'intéressé que ça dérangeait le plus hein... Même avec Stephen, c'était devenu tendu, alors qu'il me parle délibérément de ces deux personnes là, c'était forcément blessant.


- Non parce que si vraiment je te fais chier à ce point... Tu peux être sûre que c'est réciproque, ma chérie.

Je baissai les yeux, ne sachant que répondre devant autant d'insistance. Pour couronner le tout, c'était moi qui le faisait chier ? Bon... Encore pour parler de l'autre soir, depuis, j'avais beaucoup réfléchi, à ça, comme à tout les autres événements récents, alors forcément, il y avait de quoi se remettre en question au bout d'un moment, non ? Je m'étais promis de faire un peu plus attention à Chuck et à ce qu'il voulait, parce que je voulais que ça se passe bien et qu'au moins je réussisse quelque chose quelque part puisque ça foirait de tout les côtés... Au moins, j'avais la confirmation que même ça, c'était encore loin d'être glorieux...

J'avais l'impression qu'on m'enfonçait des visses de chaque côté du crâne pour le serrer encore plus, et ça chauffait à l'intérieur jusqu'à me faire tourner la tête. Il s'attendait à quoi en même temps ?! Il le savait très bien que ça me gonflait lorsqu'il m'informait au dernier moment qu'il avait soit disant « oublié » de faire un putain de devoir, alors que ça ne lui aurait rien coûter de le dire deux jours plus tôt quand il voyait que j'étais déjà en train de faire le mien. On le faisait à deux et on en parlait plus. Mais non non non, c'était beaucoup plus fun de faire tout dans l'urgence la veille pour le lendemain, et de se prendre la tête juste avant d'aller se coucher, non mais merci vraiment ! Surtout que pour le coup, j'étais un peu piégée, parce que j'avais vraiment envie de mieux faire avec Chuck et de lui faire plaisir, mais parfois j'avais aussi l'impression qu'il faisait tout pour me mettre en rogne pour enfin avoir une bonne raison de m'en vouloir. Donc pour résumer, je devais me taire et jouer à la personne parfaite que je n'étais pas ? Il n'y avait pourtant qu'un pas avant que je lui précise que ce n'était qu'un sale con et qu'il avait plus qu'à se démerder tout seul et en même temps, je lui avais dit que je n'avais plus envie qu'on se dispute pour des conneries. Ça rentre par une oreille, ça ressort par l'autre...

Faisant cet ultime effort, sans un mot ni un regard, je sorti ma baguette magique et pris les deux feuilles de parchemins en dessous de la première pour vérifier leur état, mais cette maigre protection n'avait pas suffit à les sauver, et c'était passé au travers, donc elles étaient pleines d'encre elles aussi. A l'aide d'une formule magique qui pour le coup allait s'avérer bien utile, j’asséchai les parchemins en faisant disparaître la misère. Ça ondulait un peu certes, mais c'était presque comme si elles étaient toutes neuves à présent, et je m'installai droite, bien en face de la table, avant de me saisir de la plume en la portant dans l'encrier dans lequel il restait heureusement suffisamment d'encre, et me mis à rédiger. En prenant bien soin là aussi de ne pas appuyer ma main sur le papier jusqu'à temps que celle ci soit complètement sèche, et m'appliquai plus que d'habitude à faire des jolies lettres alors qu'elles étaient toujours un peu brouillonnes quand j'étais pressée, pendant que je commençai à rédiger, le visage fermé.

Au moins, ça tombait bien parce que je connaissais les propriétés du Feudeymon sur le bout des doigts, carj'étais également allée lire des livres à la bibliothèque de mon côté sur le truc, et je vérifiais de temps à autre dans les manuels sur la table, pour confirmer mes pensées, en lisant les informations dont je n'étais pas sûre. J'ignorais royalement Chuck mais imaginais tout à fait la tronche qu'il devait être en train de tirer et ça me contrariait encore plus. Finalement, j'y passais plus de temps sur le sien que le mien, en y ajoutant des détails que j'avais omis dans ma copie. Je pris même le temps de relire consciencieusement, parce que je ne pouvais pas nier que j'y portais un certain intérêt à présent que j'étais plongée, bien au contraire, et rajoutai en guise de point final, son nom en haut, à gauche du parchemin.

- Voilà, chuchotai-je enfin, de la façon la plus neutre possible, lorsque j'eus complètement terminé. Je posai avec précaution la plume sur la table pour ne lui laisser aucune occasion de m'adresser des reproches, mais ça ne voulait pas dire pour autant que je n'étais plus en colère. Je refusai de lui adresser un mot de plus, n'y même de croiser son regard, afin obtenir son consentement, parce que ce n'était pas comme si je m'attendais à un merci, puisque apparemment c'était parfaitement normal que je joue les larbins. Alors, elle est comment Taylord la parfaite ?

Je me levai pour me diriger vers le fond de la pièce, la mâchoire serrée, et me lover dans l'un des grands canapés, la tête tournée vers le dossier, parce que au vu de cette soirée qui s’annonçait de plus en plus merdique au fur et à mesure des secondes qui passaient, je n'avais même pas envie de prendre le risque pour une fois de me balader dans les couloirs, de tomber sur Woodley en prime, puisqu'on parlait d'elle, et d'avoir la retenue de ma vie. Je préférais encore rester là pour y dormir, et quant à Chuck, il pouvait bien faire ce qu'il voulait maintenant qu'il avait son devoir en poche, je n'en avais plus rien à foutre.

Mais au cas où, même si d'où il était, et comment j'étais placée, il ne pouvait rien voir je peignis une mine boudeuse sur mes traits. On ne savait jamais.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Ven 27 Avr - 14:53

De toute façon je sentais bien qu'il y avait un truc qui s'échappait. Pchhhht. Comme d'une bouteille de soda. Et c'était normal, parce que rien ne durait, ou plutôt on va dire que j'en avais pas spécialement envie. C'était bien de profiter et de partir avant que ça dure trop et que ce soit bien moins simple et bien plus contraignant, non? C'était ce que j'avais toujours pensé, et toujours fait d'ailleurs. Ça faisait peut-être de moi un connard, mais c'était bien la dernière chose dont je me foutais, et de toute façon... ça ne changeait rien à rien. Je ne voyais pas pourquoi les gens s'écharnaient à être ensemble pour toute la vie alors que ça ne les faisait que chialer au fond de leur lit ou bien faire des enfants dont ils ne s'occupaient même pas parce qu'ils étaient bien trop occupés à se détester entre eux après tant d'années de vie commune. J'avais dû le dire un jour à Coop, sûrement parce que ma mère m'avait énervé, ce qui arrivait à eu près tout le temps, et je me souviens de la tronche qu'il avait tirée. Des yeux ronds comme des billets, et ce petit air qu'il avait quand je poussais les limites et qu'il disait "Chuck, mais voyons!" sur son ton moralisateur. J'étais dans sa chambre ce jour-là, et j'avais ouvert la fenêtre pour m'y assoir et fumer une clope. Il y avait toujours nos billes coincées dans les rainures de la fenêtre, qui grinçaient quand on l'ouvrait, et ça me faisait marrer à chaque fois. Ça faisait des années qu'on avait renoncé à les récupérer. Dehors, comme toute après-midi d'Août qui se respecte, c'était le silence radio, le quartier était plus mort que jamais. Je voyais toutes les maisons miteuses et identiques, le centre commercial derrière, le parking. Quelle vie géniale, hein?! S'aimer, se marier, vivre ici, pondre des gosses et passer le restant de ses jours à s'engueuler et croupir dans un trou paumé. Très peu pour moi. Finalement, c'était peut-être vrai ce que j'avais dit à Lilian : je voulais être libre et rien d'autre.

Bon, bien sûr, c'était pas si simple. Un jour je me disais ça et le lendemain j'y pensais plus, parce que voilà, déjà je ne pouvais pas lutter contre tout, et ensuite, Taylord était Taylord et elle avait beau être insupportable, je partageais trop de trucs avec elle pour pouvoir d'un coup de baguette la faire disparaître comme de l'encre renversée sur un parchemin (sans commentaires). Et puis, je voulais vivre sans me prendre la tête et ce genre de réflexions me faisaient trop cogiter. Aujourd'hui, c'était Taylord et moi, point, on allait pas en faire une pendule à quinze coups.

- Parce que tu crois encore que je travaille comme ça pour le plaisir ?

Tiens donc; prends moi pour un abruti, vas y, continue ! Non mais sérieusement? Oh elle pouvait faire sa mijaurée hein, elle n'était pas mieux. Elle faisait sa tête de pioche parce qu'elle croyait que je ne voyais pas clair dans son jeu. Mais elle, est-ce qu'elle voyait dans le mien au moins?! Bien sûr que je savais qu'elle ne faisait pas sa Serdaigle par pur plaisir; encore plus après qu'elle m'ait raconté toute l'histoire avec sa famille. Ça crevait les yeux, merde. Je pouvais presque compter les plans de vengeance qu'elle échafaudait dans sa petite tête, pour venger ses parents, pour se venger des Mangemorts. Elle croyait que j'avais oublié le soir de la bataille ou quoi? Elle s'était quasiment transformée en char Leclerc ce soir-là, en oubliant juste qu'elle avait à peu près 99% de chance d'y rester. Honnêtement, heureusement qu'il lui restait deux ans à tirer ici, parce que ça me laissait deux ans pour calmer ses ardeurs et lui faire comprendre que ce n'était pas une vie de vouloir vivre pour la vengeance. Même si je comprenais. J'aurais sans doute fait pareil. Mais ça, je ne pouvais pas trop lui dire.

- Je ne parle plus à Scott depuis avant Noël.

- Oh, il doit être tellement triste, le pauvre,
ironisai-je comme si j'avais voulu sous-entendre qu'elle n'était pas non plus irremplaçable.

Mais plus je faisais mon connard, plus je me sentais mal à l'aise. Je veux dire : pas de soucis, elle m'insupportait toujours, et j'avais envie de lui faire bouffer le devoir et l'encrier, et lui mettre la plume dans le nez, en prime. J'avais envie de lui dire que si elle n'avait pas envie de m'aider à faire mes devoirs, qu'elle me le dise et qu'on en parle plus. Que je ne savais pas pourquoi notre salle était bloquée, que j'étais crevé et pas spécialement dans de bonnes dispositions. Et que donc merde, voilà, elle me connaissait, j'étais comme ça. Mais je ne voulais pas non plus lui faire du mal, et plus j'étais insupportable et plus elle l'était aussi et plus elle se renfermait, ce qui me donnait envie de la chercher d'avantage, et ce qui me rendait de plus en plus méchant. Sauf que voilà, la crise de colère était un peu passée, et je n'avais pas envie d'être méchant avec Taylord. Je n'avais plus envie. Je ressentais trop ses sanglots contre moi, le goût salé de ses lèvres, sa crise de nerfs, tout ça. Je me rappelais ses paroles. Ce jour-là j'avais senti tellement fort cette envie de la protéger que je savais qu'elle ne partirait jamais. Il y avait une partie de moi qui voulait simplement la protéger, contre tout, tous, plus que tout. Et puis le reste qui essayait de m'en empêcher.

Elle n'ajouta rien - bizarre! - et se contenta de sortir sa baguette pour tenter un nettoyage désespéré du devoir détrempé. Je la regardai, toujours renversé dans les poufs, le sourire aux lèvres, parce qu'elle pouvait toujours rêver pour 1) récupérer le devoir 2) que je le réécrive. Eh bien, tant pis, c'était pas faute d'avoir essayé, mais Woodley pouvait s'assoir sur ma dissertation.

Je regardai Taylord sans mot dire, ses traits étaient fermés et ne laissaient absolument rien paraître. Je voyais son profil se découper et tout d'un coup je me demandais : il allait se passer quoi cet été? Parce qu'à Poudlard, tout était plus simple, fatalement. Quand venait l'été, c'était comme une trêve, et il y avait beaucoup de mes très bons potes de Poudlard avec qui je n'avais aucun contact pendant deux mois, Taylord y compris. Mais cet été-là, après ce qui s'était passé? Ce n'était pas mon genre de me projeter dans l'avenir, mais le question avait surgit dans mon esprit. Bah, on verrait bien, mais en tout cas, ma curiosité avait été éveillée.

Qu'est-ce que... Non mais qu'est-ce qu'elle faisait?! Je me redressai malgré moi pour mieux regarder : pas possible!! Elle avait sauvé tant bien que mal le reste du parchemin et écrivais comme la gentille petit amie qu'elle était le devoir en entier pour son cher et tendre! Alors ça. Bon ok, ok, Taylord n'avait pas que des mauvais côtés, je retire tout!

Je me dis avec une clairvoyance hors du commun qu'il valait mieux pour moi ne pas décrocher un mot pendant qu'elle écrivait - des fois qu'elle change d'avis. Je me contentai de faire des boulettes avec le morceau de parchemin imbibé et de les envoyer voleter pensivement avec ma baguette, tout en m'installant bien confortablement dans les poufs et en profitant de la chaleur de la cheminée, en faisant croire aussi, évidement, que je boudais. Mais au fond, j'étais franchement satisfait. Pfiouuu, une retenue en moins avec Woodley, ce n'était pas de tout refus!


- Voilà.

Cette petite était géniale. Géniale! J'attendis qu'elle aille bouder ailleurs - je savais bien qu'elle n'allait pas me sauter dans les bras pour autant - et jetai un coup d’œil au devoir tout bien écrit, de la longueur demandée, tout ça tout ça. Il y avait même mon nom, et c'était quand même hautement satisfaisant de voir ça alors que je n'avais strictement rien glandé. Taylord était allée se poser dans le canapé et me tournait le dos. J'eus un sourire amusé, m'étirai et baillai. Bon. J'imagine que ce n'était pas ce soir qu'on allait passer une super soirée à parler et s'embrasser jusqu'à pas d'heure, en toute logique.

- Merci quand même, ricanai-je. Je me levai, m'arrêtai au centre de la pièce. Elle ne bougeait pas.

- Bon... On se casse, j'imagine?

Pas de réponse. Normal. Mais j'hésitai. Me barrer comme ça? J'étais un salaud, mais à ce point, peut-être pas...

- Tu comptes dormir là, Reegan? C'est bon, j'ai compris que tu boudais hein.

Je m'approchai et comme elle ne se tournait pas, je touchai ses jambes du bout de mon pied pour essayer de provoquer une quelconque réaction. Elle voulait quoi? Que je me répande en excuses? C'est ça, ouais! Ce n'était pas moi qui était aussi aimable qu'un bouledogue!

- T'es relou, continuai-je sur le même ton à moitié amusé.

Je m'assis derrière elle. Je savais quoi faire pour lui arracher une quelconque réaction - et l'énerver encore plus, mais au moins elle arrêterait de rester là sans rien faire. J'approchai mon visage de ses cheveux et l'enfouis dans son cou avant de remonter plus haut en la forçant un peu, pour trouver sa bouche...

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Sam 28 Avr - 22:14

♪ Nothing Else Matters ♫

So close no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
And nothing else matters

Never opened myself this way
Life is ours, we live it our way
All these words I don't just say
And nothing else matters

Trust I seek and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And nothing else matters

Never cared for what they do
Never cared for what they know





- Oh, il doit être tellement triste, le pauvre.


Je ne savais plus quoi faire. Le plus dérangeant, c'était que ça arrivait de plus en plus souvent, tout en me laissant à chaque fois un peu plus perplexe, comme si j'étais séparée en deux : avec la première partie qui m'ordonnait de me laisser aller à la colère et de dire à Chuck que ce n'était qu'un sale con et que c'était son égo démesuré qui lui empêchait de voir ce qu'il y avait tout juste sous son nez. Et l'autre qui m'arrêtait au dernier moment et qui me ramenait à la raison, en venant simplement à la conclusion que c'était sans aucun doute moi qui faisait quelque chose de travers pour que ça se passe toujours comme ça, puisque ça se passait toujours comme ça. Sa méchanceté gratuite me touchait malgré tout, parce que je savais que c'était calculé, et fait exprès – ce n'était pas la même sensation que lorsqu'on se tapait sur la gueule sous le coup de l'impulsion, parce qu'on ne pensait pas tout les deux à ce qu'on disait et la preuve, c'était que bien souvent, la minute après le traité de paix, c'était déjà tout oublié. Alors que là, ça avait sale petit goût désagréable sur ma langue, le genre de goût qu'on oublie pas et qu'on a plus envie de manger ensuite.

Je lui laissai croire que ça ne me faisait absolument rien, alors que moi j'étais très déçue de la façon dont avait pris la tournure des événements, et que ça m'affectait plus que je ne voulais le montrer, et que je ne savais pas quel morceau il me manquait pour arranger les choses avec Scott. Peut être même que je ne le retrouverais jamais et que ça resterait bloqué comme ça pour toujours, que j'allais devoir m'y faire et que ça irait mieux avec le temps. Tu parles, ça va jamais mieux avec le temps, c'est juste qu'on apprend à y penser d'une autre manière pour donner l'illusion qu'en fait tout va bien.

Je faisais mon possible pour ne pas détourner mon attention, même si je voyais des petits bouts de papier s'agiter du coin de mon œil dans une petite danse satisfaisante ; le genre de petite danse que Chuck avait sûrement bien envie de faire, mais qu'il avait au moins avait la décence de se retenir, pour se venger sur les boulettes, mais accentuant plus encore le sentiment de malaise qu'il y avait dans la salle sur demande. Je ne savais pas trop ce qui me gonflait le plus ; d'avoir finalement jeté l'éponge, ou me dire, comme à chaque fois dans ces cas là, que Chuck avait assez les capacités pour le faire en deux temps trois mouvements mais que c'était juste qu'il n'avait pas envie de faire le moindre effort pour ça. C'était trop facile ! Moi aussi je pouvais utiliser ce prétexte à la con, parce que ça ne m'amusait pas non plus de plancher sur des devoirs pendant des heures, alors que je pouvais très bien me prélasser dans la salle commune avec les autres ! Mais tout était possible, la volonté, même dévastatrice pouvait réussir à nous faire faire bien des choses...

J'étais allée me blottir au fin fond du canapé géant lorsque j'entendis ses pas non pas se rapprocher mais s'éloigner à l'autre bout de la pièce. Ah oui, donc c'était comme ça ?! Je sentis mes muscles se raidirent.


- Merci quand même.


Oh, tais-toi hein.
Finalement j'aurais préféré qu'il ne dise rien, parce que maintenant, j'avais encore plus l'impression d'avoir été la bonne poire qui s'était cassée le cul pour lui pondre un truc vite fait bien fait, et qu'en plus ça ne lui convenait même pas et qu'il trouvait encore le moyen de se plaindre et se moquer !


- Bon... On se casse, j'imagine?


Ben vas y, mais vas y je te dis dans ton dortoir tout pourri, dans ton petit lit tout pourri, tout seul – le tout seul en rouge, gras, italique et souligné trois fois ! Je te retiens pas puisque apparemment je suis bonne qu'à te faire tes devoirs ce soir... Je me bornais à ne pas répondre, envahie par tout pleins de sentiments contradictoires, n'arrivant pas à définir si j'avais envie qu'il reste ou alors qu'il se casse et me foute la paix dans mon coin. Parce que dès que je décidais de choisir une option, c'était l'autre qui venait s'imposer à moi pour la sur planter !


- Tu comptes dormir là, Reegan? C'est bon, j'ai compris que tu boudais hein.


Je grognai et donnai un coup de pied dans le vide lorsqu'il me toucha le mollet – non mais fallait pas pousser non plus !


- T'es relou.


- J'te retiens pas
, ronchonnai-je, bien décidée à ne pas lui faire face.

Enfin, ça reste à voir, parce que j'étais toujours tiraillée entre les deux idées : s'il s'en allait, j'étais prête à lui tirer la tronche juste parce qu'il était parti, s'il restait j'étais capable de lui tirer la tronche parce qu'il restait, s'il...

- Non mais Chuck c'est bon là, je suis pas à ta disposition ! Fais moi mes devoirs, fais moi des bisous, fais moi un strip tease aussi, tiens pourquoi pas, on est si bien parti ! Hmmmm... En plus tu me chatouilles ! J'essayai de le repousser comme je le pus tout en essayant de me retenir de rire mais c'était trop tard. Mais arrête je te dis !

Je me retournai et me redressai en même temps pour le forcer à faire de même, en posant bien à plat mes deux mains sur son torse.

- Je trouve pas ça drôle, certifiai-je, en faisant tout mon possible pour ne pas sourire, mais là encore, je doutais que ce soit bien concluant.

Je le dévisageai encore quelques secondes sans rien dire pendant qu'une idée était en train de germer dans mon esprit, et puis, sans prévenir je le poussai de tout mon poids – il fallait bien au moins ça ! - dans le fond du canapé, en lui pinçant les côtes dans un début de combat acharné pour savoir lequel l'emporterait sur l'autre, en m'asseyant bien à cheval sur lui pour le bloquer et essayer de le chatouiller partout où je le pouvais moi aussi. Ce qui était loin d'être évident quand on rigolait en même temps ! Nous finîmes par nous arrêter au bout d'un certain temps, lorsque nos lèvres se croisèrent enfin – involontairement, le feu de l'action, tout ça... - ne désignant ainsi aucun vainqueur, et mettant définitivement fin à notre prise de bec de tout à l'heure.

Je décollai mon visage du sien au bout d'un certain temps, essoufflée comme toujours, et fus captivée par son regard. Il y avait toujours, et ça se jouait souvent dans l'espace d'une micro seconde à peine, cette infime petite chose qui me faisait croire que nous étions tout les deux seuls au monde et que nous n'avions besoin de rien d'autre pour vivre, qu'on avait juste besoin d'être tout les deux, rien de plus. Que c'était dans des moments comme ça qu'on pensait la même chose, qu'on voulait la même chose et que rien ni personne ne nous arrêterait pour pouvoir nous en empêcher...

- C'est moi qui commande maintenant, murmurai-je sur le ton de l'affirmation, alors que j'avais envie de lui chuchoter, que là, il pouvait me demander tout ce qu'il voulait, de lui faire autant de parchemin que nécessaire sur le Feudeymon, que ça ne me dérangeait pas. Je pouvais m'y perdre pour toujours dans le fond de ses yeux, tellement ils avaient quelque chose qui me fascinait, quelque chose que je décelais, là, sous tout le reste, sous toutes ces épaisseurs, que je voulais toucher, que je voulais comprendre, que je comprenais déjà un peu, mais dont je voulais m'imprégner toute entière...

Ce quelque chose que je pouvais saisir à pleines mains pour peu que Chuck me laisse enfin faire...

- Et puis, j'ai des trucs à finir, rappelai-je, tout en évoquant la fête foraine. A force de pousser le bouchon trop loin dans l'eau un peu plus à chaque fois, comme on le faisait, il allait s'échapper et remonter à la surface. Comme un boulet de canon. Et on ne le rattraperait pas.

Je pressai de nouveau ses lèvres contre les miennes, n'arrivant plus à penser à rien, si ce n'est mon rythme cardiaque qui s'accélérait de plus en plus et me faisait monter le sang à la tête comme le tic tac d'une bombe qui était prête à exploser d'une minute à l'autre. Je desserrai doucement mes mains qui s'étaient crispées sur ses vêtements pour les laisser courir le long de son corps jusqu'à sa taille pour les remonter doucement le long de sa peau brûlante parce que j'avais attrapé son tee-shirt et l'instant d'après le lui enlevait. Ça tambourinait de plus en plus dans ma tête, comme une cocotte minute qui se mettait à siffler parce qu'on l'avait oublié sur le feu. Je n'arrivais pas à stopper mes gestes, tremblants sous le coup de l'excitation pendant que je l'embrassai de plus belle, sentant ses muscles sous mes doigts, comme si chaque forme avait été faite pour que mes paumes s'y logent, comme s'il n'y en avait pas d'autres qui pouvaient y laisser leur empreinte que les miennes, comme si c'était leur moule et qu'elles avaient enfin trouvé leur place. Et que ça tapait, ça tapait contre les parois de mon crâne, empêchant mon cerveau de réfléchir, ce qui n'était pas plus mal, laissant mes gestes faire leur travail, et c'est dans un état presque second que je me détachai pour me débarrasser de mon débardeur à mon tour, parce que j'avais beaucoup trop chaud dans cette pièce, que tout ce qui m'importait, c'était sa peau contre la mienne à n'importe quel prix, et j'enroulai mes bras autour de sa nuque pour nous serrer un peu plus l'un contre l'autre.

- Tu me fais vivre...
lui dis-je au creux de l'oreille,envers et contre tout, avant de cacher mon visage dans son cou, en fermant les yeux pour marquer ce moment à tout jamais.

Parce que quoi qu'il arrive, tout ça, personne ne pourrait nous l'enlever.

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Il lui a appris à aimer."

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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Dim 29 Avr - 16:14


    i can't catch my breath
    sleep, think, or speak
    yeah your mojo witchcraft, honey,
    it's working on me

    oh, i go off like a gun
    like a loaded weapon
    bang, bang, bang
    grip me in your hands
    so here we go again
    it echoes in my head
    bang, bang, bang
    grip me in your hands


Son odeur avait ce pouvoir incroyable de me rendre complètement fou en l'espace de trois secondes et demie. Ses cheveux me chatouillaient le visage et je pouvais respirer son parfum entièrement et complètement : cette odeur si particulière, celle de sa peau, de feuilles, d'herbe ou de fleurs, d'après-midi d'été, et en dessous celle plus cachée du cuir, de foin, de bottes de cow-boy; cette odeur là je fermais les yeux et je voyais Taylord distinctement. Il m'avait fallu du temps pour trouver toutes ces subtilités, mais on va dire que j'avais passé suffisamment de moments avec elle et surtout de moments... proches pour la connaître aujourd'hui sur le bout des doigts.


- Non mais Chuck c'est bon là, je suis pas à ta disposition !


Je ne dis rien, satisfait de cette réaction, enfin. C'était trop facile et je continuai mon petit manège, me glissant plus près d'elle, passant mon bras autour d'elle pour la bloquer et l'empêcher de se lever. J'attendais qu'elle tourne un peu plus la tête pour l'embrasser; en attendant mes lèvres se baladaient dans son cou et sur sa joue, complètement indifférentes à ses exclamations scandalisées.

- En plus tu me chatouilles !

Elle commençait déjà à rire et je sus que j'avais gagné, évidement...

- Mais arrête je te dis !

D'accord, j'arrête. Elle se tourna tout à fait pour me faire face et me repoussa de ses deux mains contre moi, dans une attitude qu'on adoptait très souvent. Je la regardai droit dans les yeux avec un sourire aux coins des lèvres. Vas-y, lève-toi, repousse-moi et va t'en pour voir? Même pas cap.


- Je trouve pas ça drôle.


Ses yeux disaient le contraire... Je ricanai en me penchant en avant pour lui murmurer tout près de son oreille :

- Oh, j'crois que si, justement...

Justement, c'était bien là tout le truc, pas vrai? Ce moment où tout basculait, nos disputes, nos câlins. Ça avait toujours été comme ça, je ne voyais pas comment ça pouvait être autrement. C'était sans doute tout ce qu'on ne disait pas qui nous poussait à agir comme ça. Taylord pouvait m'être complètement insupportable et je pouvais avoir envie de l'enfermer dans un placard à balais et de la laisser y croupir comme un vieux champignon parce que j'en avais assez de son sale caractère de peste, mais l'instant d'après, un regard, un sourire, et hop, comme dans la maison hantée, je n'avais envie que d'elle et je pouvais tout oublier ce qui était autour de moi, juste pour elle. C'était comme ça depuis le début, Taylord était une espèce d'idée fixe, toujours quelque part dans ma tête. Et malgré moi, aussi. Parfois j'aurais bien aimé l'oublier, parce que je n'aimais pas vraiment quand ça durait, ces histoires-là. Même l'été, quand je retournais chez nous et que je coupais les ponts avec Poudlard pour deux mois, comme un trou dans le temps parce qu'il ne se passait rien de fou pendant ces deux mois, ce n'était pas rare que je pense à Taylord. En fait, c'était aussi parce qu'elle était née-moldue et que du coup je la visualisais bien dans mon environnement essentiellement moldu. Ça me faisait chier de l'avouer, mais en même temps c'était logique, mais je savais qu'elle se serait parfaitement entendue avec Chris et toute ma bande de potes, et ce n'était pas la première fois que je me faisais la réflexion. J'aurais préféré qu'elle ne soit pas cette fille-là, que par exemple celle à qui je pensais, celle que j'avais envie d'inviter à mes soirées, à traîner avec Coop et moi dans les rues de Bristol, bref à s'emmerder avec nous et à s'amuser comme on le pouvait, j'aurais aimé que ce soit quelqu'un d'autre que Taylord. Je ne sais pas : Haley, par exemple. Haley, avec qui je n'avais pas d'histoire particulière, que je ne retrouvais pas en secret dans une salle cachée pour qu'on passe du temps rien que tous les deux. Mais non, c'était Taylord, et même si c'était plus fort que moi je sentais une résistance au fond de moi, et je savais que ça n'arriverait jamais. Taylord ne pouvait pas être cette fille-là, c'était trop, pour qui, pour quoi, je ne sais pas, mais ça ne me ressemblait pas.

Une fois n'est pas coutume mais Coop en ce moment n'arrêtait pas de me poser de questions sur Taylord - depuis qu'il l'avait rencontrée de son côté, il ne se sentait plus et ça me dérangeait parce que plus il en parlait, plus j'avais l'impression que ça devenait important. Encore un truc qu'il ne pouvait pas comprendre, ça. Taylord et moi ça ne regardait que nous, et si on restait cachés, c'était qu'il y avait bien une raison, non? Pas de reconnaissance, pas d'officialisation. C'était bien mieux comme ça. Qu'est-ce que j'aurais fait, franchement, casé, et tout ce qui va avec? Je voulais profiter, ne pas me prendre la tête, faire ce que je voulais quand je le voulais, et voilà. Non, ça aurait tout foutu en l'air.

Cette petite excitée me poussa tout d'un coup alors que je ne m'y attendais pas et je tombai dans le canapé avant d'avoir eu le temps de dire ouf et de lui dire surtout qu'elle l'avait bien cherché, tout ça, et que j'étais sûr qu'elle faisait exprès de ronchonner comme elle savait si bien le faire, mais - ah la garce, elle connaissait bien mes faiblesses - elle se mit à me pincer et à me chatouiller juste là où je ne le supportais pas, et du coup, j'étais condamné à me tordre et à rire et à crier tout à la fois, sans pouvoir rien faire pour me libérer. Je vous passe les détails de ce que j'essayais de dire entre deux crises de fou rire, parce que ça ne ressemblait strictement à rien, et je vous passe aussi les efforts considérables auxquels je m'acharnais parce que Taylord était à cheval sur moi et comme je la chatouillais à mon tour où je pouvais pour me défendre, mes mains avaient d'abord atterris sur ses cuisses et... nononononon il ne fallait pas penser à cette position plus que suggestive, non.

Manque de bol pour moi, tant bien que mal je m'étais redressé et voilà que Taylord s'était penchée et que ses cheveux me chatouillèrent le cou et me firent frissonner; l'instant d'après ses lèvres étaient sur les miennes et nos deux corps cessaient de s'opposer et je crois que mes mains l'agrippèrent autant que les siennes m'agrippèrent moi et j'oubliai tout, focalisé uniquement sur ce baiser, sa chaleur contre moi, son souffle et le mien, sa bouche, ses lèvres, et mon cœur qui battait, battait, battait et j'allais exploser encore une fois et...

- C'est moi qui commande maintenant, ses grands yeux bruns ne me quittaient pas du regard et ses cils longs et soyeux dessinaient des ombres sur son visage. J'avais la tête qui bourdonnait et plus assez d'air, mais je savais qu'elle m'avait fait basculer et que je ne pouvais pas revenir en arrière, au moment où j'avais envie de lui dire d'aller se faire foutre parce qu'elle était trop chiante. Je la voulais, maintenant, tout de suite, comme je la voulais depuis le début.

- Tu rêves, grognai-je. Je passai une main fiévreuse sur son visage. Je voulais l'attirer et l'embrasser encore jusqu'à faire tout ce que je voulais depuis longtemps. Mais depuis le soir où elle m'avait tout raconté, il y avait un accord tacite entre nous, et si je rongeai mon frein et je crevais de frustration, on n'en parlait plus, on se calmait un peu, et on faisait attention à ne pas se retrouver dans ce genre de situations qui devenaient franchement insupportables, en tout cas pour moi. La tentation était trop forte. Et franchement... Je savais que plus ça allait moins je me sentais capable d'y céder. Alors... Il ne fallait pas trop qu'elle joue, sinon elle allait s'y brûler les ailes.


- Et puis, j'ai des trucs à finir...

A cette évocation, j'eus un petit sourire ravi et décidai que, ok, après tout, c'est vrai ça, je l'attendais au tournant d'ailleurs. Il me semblait qu'on était en plein quelque chose quand on s'était fait griller comme des bleus par Haruhi, non? Eh bien, je prenais Taylord au mot, moi! Elle avait quelque chose à terminer, j'étais bien d'accord. Sauf que... J'allais faire attention, parce que ça ne lui posait peut-être aucun problème comme ça de jouer avec le feu, mais moi... J'étais proche de l'explosion. Tout proche.

D'accord, alors, vas-y. Joue...

Je me jetai sur ses lèvres, saisissant sa nuque, de mon autre main ses cheveux, mes doigts s’emmêlaient dedans et je devenais fou : je ne respirais que l'air qui s'échappait de sa bouche et ce circuit fermé me faisait tourner la tête et perdre pied, petit à petit. Elle était tellement frêle contre moi, et ses mains sous me vêtements, sur ma peau, je les sentais légères et douces et j'aurais pu les prendre entre les miennes, les emprisonner pour toujours, les broyer. Je la laissai m'enlever mon t-shirt, de plus en plus essoufflé, mon souffle haché répondait au sien. Je revoyais le matin où on s'était réveillés après cette soirée si... riche en émotions et que je m'étais rendue compte qu'elle était juste en culotte, et que d'ailleurs j'avais été un abruti fini de m'endormir apparemment avant elle, vu que je ne me rappelais pas comment on en était arrivé là. C'était la première fois que j'avais vu son corps aussi dénudé et même si elle se cachait contre moi, même si certains de ses os saillaient un peu trop, je l'avais trouvée plus belle encore, sans en même temps réussir à lui dire. Bon par contre inutile de cacher que j'en avais bien rêvé les nuits suivantes, mais ces rêves-là je préférais les garder pour moi. Mais en tout cas... Elle se sépara de moi pour enlever son débardeur et je me sentis brûler de l'intérieur. Non, non, non! Je n'allais pas pouvoir supporter encore une fois ça et... et en même temps je ne voulais que ça.

C'était plus forte que moi et je la pressai tout contre moi après m'être redressé, la laissant s'enrouler autour de moi. Je ne devais pas je ne devais pas je ne devais pas mais... Tant pis. Mes mains parcouraient chaque parcelle nue de son corps et dans son dos, je ne réfléchis pas et défis l’agrafe pour la débarrasser du dernier vêtement qui faisait obstacle.


- Tu me fais vivre...

...

Euh...

Quoi?! Qu'est-ce que...

Elle avait arrêter de m'embrasser mais pourtant mon cœur battait encore plus fort. Je fermai les yeux, sonné de ce qu'elle venait de me dire parce qu'elle m'avait pris au dépourvu. Inutile de mentir : ses mots m'avaient touché en plein cœur et je ne savais absolument pas quoi répondre.

Je ne pouvais pas résister aux vagues qui me soulevaient et après un long instant où je la serrai contre moi, et où elle s'était enfouie dans mon cou, je l'écartai doucement. Elle était belle, tellement belle et fière et... fragile. Je la poussai doucement, à mon tour, contre le canapé et je ne pus m'empêcher de déposer des baisers sur son ventre avant de remonter vers son cou et, finalement, sa bouche. Je lui pris le menton et collai son front contre le mien. Je sentais son sang bouillir sous sa peau, autant que le mien.

- Taylord... Tu sais ce que tu fais?


Elle comptait trop pour moi - et au fond, je le savais - pour que je ne lui laisse pas le choix.

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
Élève de 7ème année



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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Lun 30 Avr - 18:39

Au fond... je m'en voulais. Je m'en voulais de lui faire du mal, je m'en voulais de le blesser, même si à chaque fois ça n'avait été qu'involontairement. Je souhaitais tant qu'il le sache tout ça, que je regrettais vraiment de lui avoir imposer ce que je voulais moi, ce dont je voulais moi, sans m'inquiéter de ce qu'il pouvait ressentir lui, parce que depuis toujours c'était comme ça, ma famille avait avant tout primé sur le reste et j'espérais juste ne pas m'être rendue compte trop tard, que je ne pouvais pas me permettre de négliger Chuck comme il m'arrivait parfois de le faire. J'avais déjà perdu trop de choses. Je refusais que ce soit son tour.

Parce que c'était comme si j'étais en train de renaître. Comme si j'avais enfin cette chose qui me manquait depuis si longtemps, sans que je ne sache de quoi il s'agisse et à présent il m'était impossible de m'en passer ; en fait, ce n'était même pas imaginable. J'avais cette sensation d'être cachée du reste du monde avec Chuck comme si j'étais dans le ventre de ma mère, que j'étais tout à fait protégée, et que jamais, il ne pourrait rien m'arriver. Je le savais. Ils ne pouvaient rien contre nous. Tout les deux, nous étions invincibles, tout les deux nous étions un peu plus fort à chaque fois, ils pouvaient faire tout ce qu'ils voulaient, rien ne pouvait y changer. Je me serrai un peu plus contre son épaule. Je sentais que sa chaleur, combinée à la mienne me réchauffait toute entière jusqu'à l’étouffement – pourtant si c'était comme ça que je devais mourir, ça ne me dérangeait pas. Je sentais son cœur battre sous mes mains et dans tout son corps, tandis que le mien lui répondait inlassablement.
Dis, toi aussi tu entends nos deux cœurs qui battent à l'unisson ?

Ma remarque, avouée sur le bout des lèvres fut accueillie par le silence, mais ce n'était pas grave – je n'attendais aucune réponse. Je voulais juste qu'il le sache, je voulais juste qu'il l'entende, et ça m'était amplement suffisant. Il y avait tellement de choses que j'avais pourtant encore envie de lui murmurer à l'oreille, sans cesse, jusqu'à ce qu'il se l'ancre dans le crâne pour qu'il en soit plus sûr que certain, comme les comptines qu'on apprend par cœur quand on est tout petit. Qu'il me donnait envie d'être plus forte, plus jolie, plus calme, moins chiante...qu'il soit fier de moi en n'importe quelles circonstances, qu'il n'ait jamais honte, que je ne l'énerve plus, qu'il ait envie de me sourire tout le temps, comme moi j'avais envie de lui sourire tout le temps...

Je n'osais pas bouger, je n'osais pas ouvrir les yeux, je n'osais plus rien faire : je voulais préserver ces instants pour toujours, ces instants qui me faisaient tourner la tête comme jamais ça n'avait été le cas avant. Tout ça était tellement tout nouveau, et je ne savais pas quelle réaction je devais adopter, si tout ça était parfaitement normal où si au contraire je devais m'en inquiéter. Il n'y avait pourtant aucun doutes là dessus, mon cœur qui cognait contre ma cage thoracique comme s'il avait voulu s'en échapper ne l'avait jamais fait aussi fort, ne l'avait jamais fait de cette manière qu'en ces secondes qui se prolongeaient, et que je voulais prolonger jusqu'à l'éternité. Pourtant il avait de nombreuses fois été sollicité dans des situations extrêmes, menaçant de claquer d'un moment à l'autre. Et là... C'était trop compliqué à définir, je ne savais pas ce que ça voulait dire et il y avait aussi cette petite crainte de l'inconnu qui surgissait mais dont je ne voulais pas m'inquiéter. Parce que je sentais que pour lui, c'était exactement la même chose et qu'on était sur la même longueur d'ondes plus que ça nous était jamais arrivé de l'être lorsqu'on se retrouvait dans une position comme celle ci. C'était comme l'autre soir, ce petit truc en plus sur lequel je ne pouvais pas mettre de mots parce que j'en ignorais tout, mais qui me donnait envie de faire n'importe quoi, simplement pour les beaux yeux de Chuck. Oui, j'avais envie de le lui dire tout ça, mais ça restait bloqué au fond de ma gorge, comme si mes cordes vocales avaient cessé de fonctionner. Ce dont j'avais envie par dessus tout c'était qu'il...
Dis, tu sens ce qui est en train de nous arriver ?

Je n'opposai aucune résistance et le laissai m'installer entre lui et le canapé, me sentant un peu hébétée comme lorsqu'on est malade, qu'on a de la température et qu'on a l'impression de tout vivre dans un autre monde, en douceur, comme dans un rêve. Parce que moi j'étais définitivement partie, je ne voulais surtout pas revenir, et rester avec lui, comme ça, pour toujours.


- Taylord... Tu sais ce que tu fais?


Je sentais son souffle, là tout proche et j'avais l'impression de chavirer bien plus encore. Nos deux fronts collés se transmettaient mutuellement notre énergie, comme si nous avions éperdument besoin de l'une et de l'autre pour ne pas tout à fait se laisser aller, mais il n'y avait aucun doute que de toute façon, cette fois, nous étions allés trop loin. Je n'avais pas envie de de revenir en arrière, rien ne devait stopper. Depuis l'autre jour, j'avais à chaque fois fait bien plus attention dans chacun de mes gestes, chacune de mes paroles, parce que je voyais bien que Chuck faisait la même chose, et que si je dérapai, si je faisais la moindre bêtise, il m'attendrait au tournant et que je n'aurais plus qu'à m'en mordre les doigts. Ça n'avait juste que fait d'augmenter mon désir un peu plus, mais d'avoir la frustration de ne pas le voir aboutir, et aussi, mais surtout par angoisse de ce que j'étais capable de produire, comme la dernière fois.

Je passai doucement ma main dans son dos pour le parcourir, et je sentais tout ses muscles tendus, juste en dessous ; je tremblais, non pas parce que j'avais peur, mais à cause de mon rythme cardiaque qui allait plus vite que de raison, cela me rendait ivre, comme son parfum dont je m'emplissais les poumons, comme s'il ne me fallait plus que cette odeur là pour respirer.

- Tu as encore des doutes ?
Demandai-je, cherchant mon souffle, mais souriant malgré tout.

Parce que moi, je n'avais jamais été aussi sûre de moi.
Il n'avait vraiment pas l'air de le réaliser, mais la seule personne capable de me faire oublier tout le reste, comme s'il n'y avait plus personne d'autre à se soucier, si ce n'est nous deux, c'était bien lui. Bien sûr, ils étaient bien là, présents dans ma tête, c'était inévitable et j'avais dû m'y faire, mais là, toute mon attention était uniquement focalisée sur Chuck, car quand on se regardait comme on le faisait tout de suite, tout les problèmes, tout les soucis s’effaçaient en un revers de main. J'étais juste une adolescente normale qui n'avait plus aucun vide à combler pour trouver le bonheur parce qu'elle le tenait déjà dans ses bras.

Je passai mes doigts derrière sa nuque pour les glisser dans ses cheveux – j'avais toujours des frissons quand je faisais ça, jusqu'au bout des ongles. Avec mon autre bras, j'appuyai dans son dos pour qu'il se rapproche un peu plus.

- Pourquoi tu t'inquiètes ? Murmurai-je dans son cou, bien que ça aussi, je le sache ; et je voulais lui prouver qu'il pouvait lui aussi compter sur moi bien autant que je pouvais compter sur lui.

Ça avait le don de me démunir, quand il faisait ça, quand il avait plein de gentilles attentions, quand il comprenait qu'il n'avait pas besoin d'endosser ce rôle qu'il se forçait à jouer malgré tout et tout le temps, qu'il me laissait le voir entièrement et complètement, parce que je le gardais pour moi et ne le partageais avec personne d'autre. Là aussi, je ne savais pas trop ce que je ressentais ; d'un côté, je voulais qu'il réalise que cette façade ne servait à rien, qu'il l'utilisait bien trop souvent et que s'il en faisait un peu moins, les gens l'aimeraient bien plus encore, mais en même temps, tout ça, lui, je le voulais pour moi toute seule et si c'était la rançon à payer pour qu'on ne me le prenne pas et que je le possède entièrement, tant pis, qu'ils restent aveugles tous autant qu'ils l'étaient, et au moins, ils nous foutaient la paix. Je n'étais pas du genre à être égoïste, mais l'idée qu'on puisse me prendre ce que j'avais mis tant de temps à aller chercher moi même me faisait sortir les griffes. Tout ça, nous deux... non décidément comparé au reste, ça n'avait pas de prix.

- Je ne te décevrai plus, je lui avais déjà dit, mais ça ne me semblait pas assez, dans tout les cas, j'étais déterminée à tout faire correctement, jusqu'au bout, sans faire de détours. Tu... je m'arrêtai, cherchant la réponse dans ses yeux, soudain hésitante de ce que je devais faire, n'osant avouer que je préférais qu'il prenne les choses en mains, mais de toute façon, il devait déjà le savoir ; ça faisait bien trop longtemps que je m'en remettais à lui et que je lui accordais toute ma confiance, et qu'il avait connaissance de mes faiblesses. Chacune d'entre elles. Qui est-ce que j'étais pour prétendre le berner ?

Je sentais mes paumes devenir moites sous le contact de sa peau, et je l'embrassai encore pour ignorer mon cœur qui tapait presque à m'en faire mal, à tambouriner contre mes tempes, à m'empêcher de réfléchir, mais je devinais qu'il était tout autant au bord de l'implosion que moi. Je descendis ma main plus bas, fébrile, comme tout le reste de mes membres, pour déboutonner son jeans, en sachant pertinemment que cette fois-ci, je ne pouvais plus faire machine arrière.

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"Elle lui a appris à vivre.


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Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Ven 4 Mai - 0:26

J'avais du mal à me dire que ça y'était enfin. Que le jeu... touchait à sa fin. Que cette fille qui m'obsédait depuis des années et qui m'avait royalement envoyer chier - et qui avait été la première à le faire d'ailleurs, deux points pour elle - était là devant moi à moitié à poil et que moi j'étais à la limite de la suffocation et qu'il n'y avait plus qu'elle, elle, elle, elle et elle dans mon esprit. Que ma peau et ma chair auraient pu crier tellement je la désirais et que on était passé à un tout autre stade : il n'y avait plus rien que nous. C'était ces moments-là où il n'y a que le coeur qui bat tellement dans la poitrine qu'il pourrait la défoncer, que la peau brûle fort mais qu'on ne peut pas se passer de cette brûlure, que l'air n'existe plus. Je ne contrôlais pas ma respiration, elle était forte et courte et mon ventre se soulevait bien plus que d'habitude et je ne pouvais pas serrer mes lèvres parce que je ne voulais que Taylord, qu'elle était l'air que je n'arrivais pas avaler. C'était un état de transe que même avec de l'alcool ou de quoi fumer je ne pouvais atteindre et c'était ça que je kiffais depuis toujours dans ces moments-là; c'était tellement bon que ça valait tous les trips et tous les trous noir. C'était comme si la vie coulait directement sous ma peau jusqu'à celle de Taylord, je sentais l'énergie, je sentais les choses, je me sentais vivant, et ça valait toutes les sensations du monde. On aurait dit que quand je la touchais il y avait quelque chose de magique qui se passait alors que nous étions à des lieues de nos petits devoirs d'apprentis sorciers; ma main sur sa peau ça faisait une potion explosive et complètement addictive... Je la voulais tellement, tellement, elle n'avait pas idée... Je ne sais pas par quel miracle ce fut moi qui lui posai la fameuse question, comme si j'avais envie UN SEUL INSTANT qu'elle me dise "hmm, non, Chuck, tu as raison, je ne suis pas prête. Rhabillons nous!". ... Sérieusement?! Parfois, j'étais héroïque, il fallait bien le reconnaître.

Le truc que je ne pouvais pas nier, c'est que si avec l'âge j'étais un peu moins con qu'avant - eh oui, être beau et cool et populaire n'empêche pas la connerie, désolé de vous décevoir - je le devais franchement à Taylord, parce qu'avec ses attitudes de mijaurée et de grosse rabat de joie de service, en un sens, elle m'avait donné quelques petites leçons. Je n'allais jamais lui avouer hein, je ne suis pas complètement con non plus. Mais 1) elle m'avait bien forcer à apprendre à "gérer" (avec tout plein de guillemets) (... je parle comme Fray un peu là non? AU SECOURS) la frustration, parce que ça faisait juste six ans que je voulais qu'elle me mange dans la main et 2) elle m'avait appris à prendre un peu plus de euh... de pincettes, sans doute, parce que parfois dire clairement ce qu'on pense des gens même si on a raison ne va pas trop avancer les choses, apparemment (et c'est bien dommage). Elle avait été la première meuf à me dire non et honnêtement, la première à se mettre en travers de mon chemin. Moi j'avais grandi au milieu de rien et j'avais tout construit. J'avais eu de la chance de plaire et de savoir ce que je voulais, parce que je ne me posais pas de question et que je prenais du bon temps, tout le temps. Alors, c'était facile d'avoir tout ce que je voulais. Ca avait toujours été facile; les potes, les filles, les soirées, tout ça. Et puis voilà que Taylord ne rentrait dans aucune case et que j'avais eu beau passer par tous les scénarios - que dalle. Ca calme son homme, ça, hein?

Ben n'empêche que maintenant elle était là et bien là et que si elle ne continuait pas à m'embrasser et à passer ses mains partout sur moi j'allais crever. Elle avait autant envie que moi je le savais mais, évidement, avec elle, quoi qu'il arrive, il y avait TOUJOURS un
mais.


- Tu as encore des doutes ?


Bien sûr que j'avais des doutes. Je ne doutais juste pas d'elle : je doutais de moi. Mais ça, je ne pouvais pas lui dire. Au fond, le jeu finissait ce soir, non? Après tout ce temps à ruser et à se battre comme des lions, j'avais gagné, finalement, non? Mais je n'étais pas sûr de vouloir prendre mon gain et me tirer avec. Parce qu'après, il se passait quoi?... Alors, ouais, je doutais. Je voulus la regarder dans les yeux et trouver la force de lui dire quelque chose mais non, c'était impossible, elle me serrait contre elle et moi je ne pouvais qu'embrasser et mordiller chaque parcelle de sa peau. Tout allait trop vite, et je ne voulais rien arrêter.

- Je ne te décevrai plus. Tu...

Oh, putain!... Je relevai la tête, piqué au vif tout d'un coup. Elle m'énervait avec ça. Ca voulait dire quoi, ces éternels "je ne te décevrai plus"? Non mais elle me prenait pour qui? Le Pape? Elle n'avait pas de comptes à me rendre, j'étais qui pour lui dire qu'elle me décevait ou non? J'étais qui pour la juger? Et puis ça voulait dire quoi ça, elle essayait de m'amadouer ou quoi? Non parce que ça ne lui ressemblait pas de jouer les victimes...

- Arrête ça tu...

D'un geste autoritaire j'avais poussé ses cheveux qui lui brouillaient un peu la vue et donc lui cachaient les yeux et décollé mon visage du sien mais là, je croisais son regard, vraiment, et je compris : c'était rien de tout ça. Elle avait... peur? De quoi? De ce qu'on allait faire? J'eus un instant le souffle coupé, parce que parfois j'avais tendance à oublier que derrière le caractère de feu de Taylord il se cachait tout plein d'autres choses, et beaucoup d'insécurité.

- Arrête de dire ça, murmurai-je bien plus doucement.

Je repris nos câlins là où on les avait laissés un instant. Mon corps sur le sien, l'odeur de son cou, sa respiration hachée, ses doigts qui s'accrochaient dans mon dos, la façon qu'elle avait de m'embrasser fort et puis de se cacher contre moi l'instant d'après, comme si c'était trop fort pour elle. J'avais craqué l'allumette et je l'avais lancée sur le feu : il n'était plus possible de faire marche arrière. Je crus que j'allais mourir quand elle fit le dernier pas et la laissai me désaper complètement avant d'en faire de même - sans aucun vêtements elle avait l'air plus fragile que jamais et pourtant elle ne cessait d'en redemander et j'avais l'impression que plus que jamais j'allais pouvoir la casser si je ne faisais pas attention.

Et puis de toute façon je m'en foutais.

Vous voyez ce fantasme qui vous fait sauter au plafond rien que d'y penser mais que jamais vous ne pourrez réaliser parce que, je ne sais pas moi, c'est genre l'actrice la plus sexy du siècle qui débarque dans votre salle de bain en petite tenue et qui vous fait un strip-tease avant de vous attirer sur le lit et de vous accorder huit jours et huit nuits complètes au pieu? Le truc absolument impossible mais justement parce que c'est tellement impossible et tellement ultime que ce serait les meilleurs moments de votre vie et que vous pourriez crever après tellement il n'y aurait rien de mieux que ça?

Ben c'était ça, et maintenant. J'avais l'impression que je savais exactement quoi faire pour qu'elle se sente bien parce que ça faisait tellement de temps que j'en avais envie que je l'avais imaginé sous tous les angles. Son front était brûlant contre le mien. Mais mains ne la quittaient plus et je l'agrippais comme je pouvais, alors que je ne pouvais pas m'empêcher de l'embrasser comme si je ne l'avais jamais embrassée ma vie. Je voulais qu'elle ressente tout ça, je voulais qu'elle le sente puisque je n'étais pas capable de mettre des mots dessus. Ma langue, mes dents sur sa peau allaient s'en charger et je me rappelais des gestes qu'elle avait parfois quand je la surprenais et qu'elle était un peu dénudée, et j'avais l'impression qu'elle avait peur de... ne pas me plaire. Je parcourus tout son corps pour lui faire comprendre que je la trouvais magnifique - son goût était partout en moi et je me sentais de plus en plus dingue, je perdais complètement les pédales, mais c'était tellement bon que je ne voulais absolument pas redescendre.

Son souffle dans mon cou. Le bruit de sa peau contre la mienne. Sa main dans ma nuque. Ses lèvres. Il n'y avait rien qui aurait pu me rendre plus heureux.

Je remontai ma main du haut de sa cuisse et la glissai dans ses cheveux avant de l'obliger à me regarder, détachant mon visage du sien même si je ne pouvais pas rester sans l'embrasser bien longtemps. Il faisait mille degrés, j'avais l'impression d'être dans un monde ailleurs et tout mon corps avait ses sens décuplés, mais je l'obligeai à me regarder - dans la pénombre ses yeux brillaient tellement et je savais que les miens aussi. Je souris - je voulais la voir, ne pas la quitter des yeux, quand ça se passerait, ne voir et ne sentir qu'elle - rien qu'elle.

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CHUCK CARLTON
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Taylord Reegan
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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Dim 6 Mai - 21:12

Ça pouvait paraître idiot, mais il était plus simple pour moi de comparer les gens avec les animaux, afin de mieux les comprendre. Ce n'était pourtant pas très difficile de nouer des liens et des contacts avec autrui, tout ça, j'en avais l'habitude et l'angoisse de ne pas savoir quoi répondre à quelqu'un ne m'inquiétait pas. Là où ça se compliquait en revanche, c'était lorsqu'il s'agissait de creuser un peu plus la surface de ceux avec qui je me trouvais être le plus proche, puisque la plupart du temps c'était mon manque de tact et de diplomatie légendaire qui me jouaient des tours, parce que dès qu'il s'agissait d'humains, je n'avais plus aucune patience comme si jamais je n'arriverais à les comprendre ou alors qu'à moitié. Alors qu'à l'inverse, avec les chevaux il fallait savoir y aller en douceur si on voulait venir à bout des plus récalcitrants.

Chuck justement, il me faisait un peu penser à un poulain sauvage, impétueux, fier et tout le tralala, qui paradait au milieu des autres pour bien montrer que c'était lui le chef et qu'il donnait l'illusion que parmi ses congénères, il n'avait peur de rien. Impossible à approcher en groupe, et même lorsqu'il était tout seul il était toujours sur ses gardes et craintif, comme si le moindre geste brusque pouvait le faire fuir à l'autre bout de la plaine sans demander son reste, alors que de l'autre côté il était trop tiraillé par la curiosité, et ne pouvait pas s'empêcher de se rapprocher de plus en plus près à chaque fois, pour voir si cette terre inconnue était aussi dangereuse qu'on le prétendait. Mais le temps de lui toucher le bout de ses naseaux... Hop, il était déjà reparti.


- Arrête ça tu...

Ma main s'était vivement refermée dans son dos et elle forçait dessus alors qu'il s'était redressé. Et voilà, même quand on pensait pouvoir réussir à lui passer une longe toute soyeuse pour l'emmener faire un tour, il se braquait, laissant le sentiment qu'il allait tout falloir recommencer depuis le début pour peu qu'on ne fasse pas plus attention. Soudain indécise, j'avais arrêté de respirer, n'osant rien répliquer.
Je ne voulais pas qu'il s'en aille.
Je ne voulais pas qu'il me laisse toute seule.


- Arrête de dire ça.


- Oui
, acceptai-je sans rechigner, parce que de toute façon, il aurait bien pu m'ordonner de dire ou de faire n'importe quoi que je n'aurais pas hésité une seule seconde. C'était exactement comme si j'étais complètement dépendante et que si l'on s'éloignait un peu trop loin, l'un de l'autre, ça allait provoquer un manque identique à celui des addictions, comme pour les junkies qui n'auraient pas reçu leur dose quotidienne.

J'avais juste envie de le garder auprès de moi le plus longtemps possible dans un sentiment d'extrême possessivité, et c'était encore pire à présent que je pouvais toucher chaque partie de son corps et qu'il en faisait de même. Je glissai mes mains partout où je le pouvais tout en ayant l'impression que si je m'arrêtai un seul instant, j'allais brûler de l'intérieur – à moins que ce ne soit déjà fait. A chaque fois que nos lèvres se rencontraient, je souhaitais que ces étreintes se prolongent indéfiniment. Plus que jamais, je m'en remettais à mes instincts, parce que s'accorder un temps de réflexion, au point où nous nous en étions, semblait définitivement être in-envisageable.

Qui aurait pu croire à une telle porte de sortie ? Sûrement pas moi en tout cas, et j'avais eu beau essayer de trouver des éléments logiques qui s'imbriquaient les uns dans les autres, depuis le bal de Noël, à chaque fois, il n'y avait rien qui aurait pu laisser présager, à notre entrée à Poudlard, que c'était comme ça que cela se terminerait, cinq ans plus tard. A partir de quel moment tout ça avait changé, pour renverser la tendance ? Quand Chuck avait cessé de me courir après, pour que moi je puisse enfin m’intéresser un peu à lui, et le seul fait de réviser nos positions chacun de notre côté avait permis de tout basculer. Pourtant je ne regrettais rien – si tout était à refaire, j'aurais aimé que cela se passe de la même façon, car il me semblait être évident que ce chemin plein d'embûches que nous avions emprunté, avait été le seul moyen pour moi de percer les mystères, ou tout au moins une partie, de Chuck, rendant ainsi possible cette saveur en plus que nous n'aurions peut être pas eu dans d'autres circonstances. Parce que même s'il faisait genre que non et que tout allait bien dans le meilleur des mondes, je savais bien qu'au fond il y avait tout le reste qu'il prenait bien soin de ne pas mentionner, et je m'employais à faire comme si de rien était.

Je me détendais au rythme de ses caresses ; je voulais lui parler encore et lui dire que lorsqu'il était comme ça, il me rendait encore plus captive de lui, que je le trouvais beau autant à l'extérieur qu'à l'intérieur et que pour ça il ne devait pas en douter, que moi j'en avais conscience, que c'était le plus important, et que tout les autres, on en avait rien à foutre. Mais j'avais déjà du mal à trouver mon souffle, alors tout ça me semblait être au dessus de mes forces. A la place je passai mon index sur ses lèvres pour augmenter encore un peu plus cette tension intenable qu'il y avait en nous, et tout autour, et je l'attirai vers moi pour prendre ses lèvres entre mes dents – il n'y avait rien qui pouvaient décrire toutes ces sensations.

L'échange de regard qui suivit ensuite, suffit pour saisir que c'était la fin des préliminaires. Lorsqu'il me souriait comme ça, ça me donnait l'envie de lui sourire encore plus en retour, comme si c'était le plus beau cadeau qu'il pouvait me faire, parce que ça ne ressemblait en rien à ceux de d'habitude qu'il lui arrivait d'avoir, plus moqueurs.
Celui ci, il était unique, et je voulais l'imprimer pour toujours dans ma mémoire.

Mes doigts parcoururent pendant quelques instants son visage, avant d'aller se loger également dans ses cheveux, un peu raides, tout comme le reste de mes muscles qui se serraient, se comprimaient de nouveau sous ma peau, sans que je ne puisse rien contrôler. Je n'aurais sus dire si j'avais peur ou non, ce dont j'étais certaine par contre, c'était que je me sentais bien. Dans ses yeux, je ne voyais que mon reflet, et j'espérais à l'inverse, qu'il voyait le sien dans les miens. Cette sensation d'unicité, elle était inégalable comparé à tout le reste, et il n'y avait rien qui m'importait plus que cela. Parce que j'avais beau faire ce que je pouvais pour me dire que tout ça ce n'était rien, juste un cap à franchir, là, c'était la sensibilité féminine qui parlait à ma place – pour une fois – et je pouvais bien me convaincre de tout ce que je voulais, de toute façon, je n'y croyais pas. Non, j'étais en bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne, alors forcément, même si c'était effectivement un « cap à franchir », il prenait toute sa valeur. Notre accord silencieux fut amplement suffisant et j'avais confiance en Chuck pour savoir que tout se passerait bien. Je préférais fermer les yeux, lorsque ça devenait trop intense pour moi, et ça montait crescendo, cherchais de temps à autre ses lèvres pour ne plus entendre durant quelques secondes ma respiration de plus en plus entrecoupée et forte, en écho à la sienne. Je me cramponnai à ses épaules avec mes ongles, sans vraiment m'en rendre compte, puis relâchai la pression, avant de recommencer juste après, comme Chuck, et quand par instants, je remarquais l'éclat de ses pupilles dans l'obscurité, plus que tout, j'avais conscience qu'il n'y avait plus que nous deux, ensemble, jusqu'à ce que je lui appartienne et qu'il m'appartienne complètement.

Je ne réalisai pas tout de suite que je le gardais contre moi avec fougue, grâce à mes bras autour de sa nuque, jusqu'à sentir son poids s'affaisser doucement sur le mien et nous restâmes ainsi un moment, sans bouger. M'apaisant également je passai machinalement mes paumes dans son dos, avant de réussir à passer l'une d'entre elles sur son cœur de telle sorte à nous faire basculer, pour que ce soit Chuck qui se retrouve à présent sur le matelas du canapé, et moi sur lui. Je glissai lentement vers son cou pour y piquer quelques bisous et faire pareil sur son torse et son ventre, avant de remonter mon visage vers le sien pour les coller l'un contre l'autre. Je posai ma main sur sa joue et la cajolai avec mon pouce. Je sentais son souffle sur mes pommettes qui ne cessaient pas de brûler par contre, encore un peu court, mais qui revenait progressivement à la normale.

J'aurais sans doute pu m'endormir ensuite, mais c'était sans compter sur le regain d'énergie qui était en train de traverser mes veines. Je ne voulais pas sombrer bêtement parce que j'en étais capable, et au bout de quelques secondes, à la place, je m'appuyai sur mes bras pour me relever un peu et souris fièrement pour le narguer, avant de ne pas tarder à me plier un peu parce que j'avais beau y mettre toute la volonté que j'y voulais, j'étais en train d'arriver tout au bout de mes forces. Je lui fis un bisou esquimau pour le taquiner et l'empêcher de s'assoupir lui aussi et je m'installai de façon à ce que mes coudes touchent le canapé au dessus de ses épaules et passai mes avants-bras dans son cou pour rehausser sa tête afin qu'on puisse se dévisager.

- A quoi tu penses ? Chuchotai-je avant de l'embrasser tendrement. J'avais l'impression de ne faire que ça et pourtant il aurait été bien compliqué de me demander de m'en lasser, tant je n'arrivais pas à m'en passer.

Je voulais savourer l'instant présent au maximum, cependant, je songeais inévitablement à la suite. Qu'est-ce qu'il allait se passer ? On aurait pu se dire que c'était un avantage de rester caché aux yeux de tous, parce que nous n'avions pas de comptes à personne. toutefois, depuis qu'on se voyait en cachette à chaque fois qu'on le pouvait, j'avais l'impression que je n'avais d'autres choix que d'avoir des comptes à rendre à tout le monde et à force, ça commençait à devenir légèrement usant. Éviter les questions gênantes devenaient de plus en plus difficile, d'autant plus que la suspicion des gens, allez savoir pourquoi, les rendaient agressifs.. Tout comme de devoir inventer à chaque fois un nouveau mensonge pour filer à l'anglaise et plus les jours passaient, plus je me doutais que les autres étaient de moins en moins dupes vis à vis de nous ; de fait j'en venais à songer si ça n'allait pas devenir plus simple de passer de l'officieux à l'officiel. En ce qui me concernait, nous étions allés trop loin ce soir pour continuer de faire comme si de rien était au moment de se dire bonjour le matin comme deux potes, avant de se diriger vers la table des Gryffondor pour prendre notre petit déjeuner dans la grande salle. Mes gestes ne mentiraient plus et nous trahiraient tôt ou tard...

- Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Questionnai-je enfin, hésitante. Parce que j'avais beau savoir que j'avais envie d'un peu plus, la question avant tout, c'était de connaître ce qu'en pensait Chuck, et pour ça, rien était moins sûr. Craignant qu'il ne se dérobe, j'ajoutai malgré tout, on va faire quoi ?

J'avais la très nette impression de poser cette interrogation à tout le monde ces derniers jours, sans obtenir aucun résultat.
Là, il me fallait des réponses.

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Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Jeu 10 Mai - 22:49


She's a candle burning in my room
Yeah I'm like the needle, needle and spoon
Over the candle with a shotgun
Pretty soon everybody got one
And the fever when I'm beside her
And the fever, getting higher
Desire
Desire
Burning...

http://www.youtube.com/watch?v=z8rQ575DWD8



Ça n'avait plus d'importance. Les questions, les incertitudes, tout ça. Qu'est-ce qui pouvait bien compter plus que ça, franchement?! J'avais mille fois mieux à faire et surtout ras le cul de me prendre de plus en plus la tête avec ça, surtout en ce moment, surtout quand ça concernait Taylord. Je ne voyais pas pourquoi il fallait que je m'arrête là-dessus, y'avait pas à tortiller cent ans. Ce qui se passait se passait, ce qui était passé était passé, et point barre. Depuis quand je me mettais autant à réfléchir là-dessus, sérieux? On sortait ensemble avec Taylord et on en arrivait en toute logique à ce que faisaient un mec et une nana quand ils sortaient ensemble, et je l'avais fait plus d'une fois. Alors, quoi? C'était parce que l'instant où elle me regarda droit dans les yeux me fit un truc bizarre? Que je me sentis trop bizarre, comme si c'était la première fois? Que j'avais envie qu'on reste ici encore et encore et qu'on oublie tout et qu'il y ait, surtout, rien du tout après?

... Bah, je ne sais pas trop ce qui se passait. Mais tant pis, parce que je m'en foutais. Les sens prenaient le dessus, et à ça je ne pouvais pas résister - je n'y avais jamais pu.

J'aurais franchement menti si j'avais dit que Taylord n'était qu'une fille comme les autres et que ce n'était qu'une nuit comme les autres. Depuis tout ce temps, faut dire, que je l'attendais... Mais c'était comme si on m'avait pris à mon propre piège, plus je sentais nos souffles se faire courts, et mon cœur s'accélérer. Je ne m'y étais pas attendu, et puisque les nouvelles expériences étaient loin de me faire peur, je m'y lissais glisser sans me retenir, parce je ne voulais pas perdre un seul instant. Il y avait quelque chose de fusionnel qui se passait, plus que ça ne m'était arrivé, comme si on nous avait mis le feu à tous les deux et qu'il n'y avait pas une parcelle de ma peau qui n'était pas en contact avec la sienne. Tout était décuplé comme si j'avais pris des milliers d'ecsta ensemble; ses simples doigts qui se crispaient sur mes épaules me rendaient fou, et quand sa bouche attrapait la mienne entre deux soupirs c'était à la fois la torture et l'extase. Ça avait toujours été explosif avec elle, parce qu'on se cherchait trop des poux, depuis toujours, pour que ça ne fasse pas des étincelles. Mais là c'était atomique, complètement. Il n'y avait pas d'autres mots. Tout mon corps flambait. Ça ne me dérangeait pas, au contraire : brûler dans ces flammes-là toute ma vie? Pas de soucis!...

Il n'y avait que ses yeux - Les mèches de ses cheveux ébouriffés que je chassais rageusement quand elles se mettaient entre nous - Son souffle court - Le mien - Sa bouche - La chaleur de son corps - La pression de ses ongles dans mon dos -
C'était brûlant - On fermait les yeux - Les battements de mon cœur explosaient à l'intérieur de moi - Ma tête tournait comme si j'étais high - C'était elle qui me rendait comme ça - L'exaltation - L'extase - Taylord...

C'était toujours cotonneux après, comme si l'air avait une autre consistance, après le même qu'une couette bien épaisse qui recouvrait le plus douillet des matelas du monde. Je gardai les yeux fermés parce que j'étais juste merveilleusement bien, le kiff total, rien n'aurait pu être mieux, et que je n'avais pas envie de bouger un seul muscle et changer quoi que ce soit. Il y avait encore son empreinte contre moi et mes oreilles sifflaient légèrement alors que je l'entendais dans la pénombre reprendre son souffle comme moi. En cet instant, je savais et je sentais tout ce qu'elle ressentait. Il n'y avait plus grand chose en dehors de ça. A vrai dire, j'étais un peu... estomaqué. Wow, sérieusement?! Je crois que je pouvais m'attribuer ma propre médaille pour avoir attendu aussi longtemps et tenu bon malgré un adversaire de taille, cette chère petite Taylord, que j'avais dû aller chercher à la sueur de mon front, qu'on soit bien d'accord. Eh ben, ma parole... L'enjeu en valait sacrément la chandelle, putain... Je cherchai son regard au moment où elle glissa contre moi et me renversa sur le dos, et nos peaux glissaient l'une contre l'autre avec un naturel presque déroutant. Je n'aurais jamais imagé que les choses seraient si... faciles. Je sentis le tissu du canapé me gêner dans le dos, là où elle avait enfoncé ses ongles et je souris en coin, flatté de cette marque physique. Au moins, le plaisir avait été partagé, j'en étais certain. Je la laissai prendre le dessus, à son tour, fermant les yeux encore sous ses caresses, tout en respirant profondément parce que j'avais toujours retrouvé un rythme normal et que ce qu'elle me faisait n'avait rien pour m’apaiser... Et puis elle se coucha tout contre moi et je glissai une main dans ses cheveux qui me tombaient sur le visage et me brouillaient la vue, l'embrassant doucement, différemment d'avant, plus passionnément mais plus tendrement aussi, peut-être. En fait, j'avais beau ne jamais perdre de mon assurance, Taylord n'arrêtait jamais de m'impressionner. Je l'entourai de mon autre bras - elle était tellement fine que j'en faisais le tour. Ma main se perdit dans son dos, et je sentais ses os sous mes doigts, parce qu'elle était trop mince. Je fis glisser mes doigts le long de sa colonne vertébrale avant de laisser ma main à plat, paume sur sa peau, mes doigts écartés, pour sentir toute sa chaleur. J'avais fermé les yeux encore - je n'avais pas besoin de regarder pour la voir. Je me sentais de plus en plus attiré vers un sommeil irrésistible...

Taylord bougea et son visage vint plus près du mien.


- A quoi tu penses ?

Non, sérieusement?! Je l'embrassai mais je ne pouvais m'empêcher de sourire et de rire un peu parce qu'il me semblait aussi voyant qu'un éléphant dans une cage d’ascenseur qu'il n'y avait pas grand monde ou pas grand chose à part elle et ce qui venait de se passer dans mon esprit encore tout embrumé.


- A toutes les fois où tu avais envie de me faire la peau, chuchotai-je pour la narguer, alors que je mordillai ses lèvres entre les miennes et que mes doigts couraient le long de son visage. Ben quoi, ça avait un petit côté marrant non? Je l'avais toujours dit que sous ses grands airs elle ne cachait qu'une attirance folle pour mon corps et moi...


- Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? On va faire quoi ?

Ouhlà.

Pourquoi il fallait qu'elle gâche un moment comme ça, merde?!...

Au prix d'un effort surhumain - oui, oui - je n'eus aucun geste d'énervement et l'embrassai un peu plus. Oh, je savais bien qu'elle allait me la pondre un jour, cette foutue question. Mais j'avais pas envie d'y répondre. Pour dire quoi? Je sais pas? Et qu'elle se vexe parce qu'elle croirait que j'en avais rien à foutre, ou bien que je voulais que tout s'arrête, ou que j'avais honte? Ou bien que je dise oh eh bien, marions-nous, comme ça toute l'école saura à quoi s'en tenir? Non mais non. On était bien comme ça, pourquoi elle demandait ça, et surtout, maintenant?!

Je collai son front contre le mien, les yeux rivés sur ses lèvres. J'avais envie de lui manger.

Mais quoi que je dise, elle allait se renfrogner, c'était aussi certain que deux et deux faisait 4, et moi, ça me faisait grandement chier, parce que j'aurais voulu qu'on soit réellement tranquilles jusqu'à demain matin. Je croyais qu'elle me connaissait depuis tout ce temps... Elle savait bien que je courrais ailleurs au moindre fil à la patte, non?!

Mais pourtant il y avait quelque chose au fond de ses yeux que j'aimais tellement et qui me retenait prisonnier comme un con au milieu d'un carrefour avec quatre rues distinctes et je ne savais vraiment, vraiment pas laquelle prendre.


- On verra, chuchotai-je. S'il te plaît, j'avais envie de lui dire. On ne s'engage pas là-dedans tout de suite, ok? Je ne voulais pas m'embourber et... Merde, comment me tirer de là...

Je la pris entre mes droits et la fit glisser un peu sur le côté, entre le dossier et moi. Je tournai la tête pour être face à face avec elle, et posai ma main sur sa joue. Ses lèvres n'étaient qu'à quelques millimètres des miennes et je respirai son souffle.


- T'es pas bien, là? lui demandai-je comme pour une confirmation, alors que moi je n'aurais pas pu aller mieux. Je retenais prisonnières ses jambes entre les miennes et je ne la quittai pas des yeux. Je voulais juste m'endormir et me réveiller tout contre elle et que ça continue. Et ça serait parfait. Ok, Taylord?... Au fond, je savais très bien qu'elle voulait plus. Je serrai les dents. C'était comme l'alcool ou la drogue. La retombée... Elle était encore plus violente quand on avait été si haut.

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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Sam 12 Mai - 19:30

C'était bizarre comme sensation.
Je me sentais toute engourdie, comme si mes muscles étaient complètement détendus et ne me répondaient pas, et pourtant, ce n'était pas désagréable. C'était aussi comme si quelque chose avait changé – quelque chose avait changé bien sûr – et toutefois, rien était différent. Je voulais rester imprégnée de cette sensation tout le temps, qui était dans ce monde ailleurs dans lequel j'étais partie, même si je sentais, que progressivement, je restituais le lieux et l'espace parce qu'il était temps de revenir. Je poussais de longs soupirs en quête de ma respiration perdue, mais c'était comme si ce n'était jamais assez alors je poursuivais inlassablement tout en me disant que j'étais bien dans les bras de Chuck, parce que c'était comme si on m'avait enveloppé dans quelque chose de chaud et de confortable. De tellement chaud, et de tellement confortable que bouger d'un millimètre semblait impensable. Et comme je ne voulais pas tomber dans le domaine de Morphée tout de suite, je m'efforçai de lui tenir la conversation.


- A toutes les fois où tu avais envie de me faire la peau.

Je fermai les yeux parce que ses mains me chatouillaient le visage, tout en faisant un effort pour garder mon sérieux et ne pas sourire.

- Tu devrais arrêter de les compter, j'pense, le taquinai-je. J'avais senti sous mes doigts, lorsque je les avais passé dans son dos quelques secondes plus tôt, les petites marques de mes ongles, ce qui me faisait penser que finalement ce n'était pas la première fois que ça arrivait et que ça allait commencer par être une habitude. Et puis comme ça, j'suis sûre que tu m'oublieras pas, chuchotai-je à son oreille, avant de la mordiller.

Je n'avais pas trop de doutes à avoir là dessus, parce que depuis le temps quand même, on en avait pas mal en communs, des souvenirs. Et plus je le regardais, plus j'avais envie d'en avoir encore plus, d'aller un peu plus loin.

Les réflexions commençaient de nouveau à s'imposer à moi, pendant que je laissai docilement Chuck m'embrasser une fois de plus, comme si c'était une étape obligatoire et que je ne devais pas passer au travers. Ça flottait un peu comme une menace, mais je ne savais pas trop comment je devais la prendre, dans le genre en considération, mais que ce n'était pas impératif, ou alors dans l'urgence et que ce n'était plus le moment de repousser. Du coup ma question était totalement légitime, parce qu'au vu de ce qu'on de qu'on venait de faire, ce n'était pas rien, il y avait quand même un petit truc en plus, et ça voulait bien dire quelque chose, non ?


- On verra.


Quand ?
Pourquoi pas maintenant ?
Je me retins cependant de poser ces deux dernières questions même si elles me brûlaient les lèvres, tout en fuyant son regard. C'était la même impression qu'un ballon de baudruche à moitié gonflé qu'on tient entre les mains et qu'on lâche tout à coup, enlevant toute pression. De toute façon, tout de suite ou plus tard, on en serait pas plus avancés et le sujet restait le même, tout aussi difficile. Donc au point où on en était, ça n'allait pas changer grand chose, pourquoi le repousser ?

J'avais beau essayer de me mettre à sa place, je n'arrivais pas à comprendre ce qui le gênait. Je savais que si on avait pris cette décision au départ, c'était en partie à cause du regard des autres qu'on voulait éviter, et comme ça, c'était une raison de plus pour qu'on nous laisse tranquille. Cependant, on y était quand même confronté, donc finalement... Et puis là encore, qu'est-ce qui allait vraiment changer à part le fait de se tenir la main dans les couloirs au lieu d'aller se cacher derrière une statut, entre deux cours, pour s'embrasser ? C'était juste qu'on avait plus à se prendre la tête et se demander si quelqu'un nous avait vu, et c'était déjà ça de gagné. En plus, ça n'avait pas l'air de déranger Chuck tant que ça puisque lorsque Haruhi était tombée sur nous dans la maison hantée, non seulement il ne s'en était pas formalisé, mais en plus, il n'avait jamais émis le souhait par la suite qu'on fasse plus attention et qu'on change quoi que ce soit. Pourquoi dès que ça nous concernait nous deux, ça devait forcément se passer différemment de ce qui se passait normalement avec les autres ? Il y en avait eu pourtant des soirées où il en avait bécoté des nanas ,et puis même avec Lilian, ils s'étaient affichés au grand jour, au même titre que Scott et moi. Qu'est-ce qui le retenait ? Pourquoi est-ce qu'il ne voulait tout simplement pas me le dire ? Je m'en fichais de tout le reste, la seule chose que je voulais voir changer, c'était la sensation au fond de mon estomac, pareille à celui d'une voleuse qui se cachait sans arrêt, de crainte d'être prise en faute.

Je veux juste que tu me parles...
Pourquoi tu te tais ?
Pourquoi tu ne me dis rien ?

Tout comme je rejetais malgré tout , l'idée d'y accorder trop d'importance, parce que je refusais d'être comme toutes ces autres filles dont je m'étais pendant longtemps moquée, qui demandaient des comptes sans arrêt et qui ne vivaient plus que pour ça, dans l'attente et dans l'angoisse. Dans tout les cas, j'étais bien avec Chuck et je savais que quelle que soit sa décision, ce serait aussi la mienne, parce que je ne voulais pas qu'il croit qu'il n'y avait que mon avis qui comptait et qu'on devait s'y tenir, et que je me fichais pas mal du sien. Je lui faisais confiance, il fallait juste qu'il le sache.

J'essayais de ne toujours pas le regarder, même si c'était difficile étant donné notre proximité, parce que j'avais peur que mes yeux ne laissent transparaître mes émotions, et me taisais, pour ne pas dire de bêtises, ni me montrer insistante, parce que ça allait l'énerver et je n'en avais pas envie. Car ce moment restait magique plus que la magie elle même qui régnait constamment dans ce château, et il était hors de question qu'elle disparaisse maintenant. J'avais l'impression encore plus vulnérable entre le canapé et Chuck, et qu'il n'y avait rien que je ne puisse pas faire pour lui faire plaisir, même si moi ça ne m'enchantait pas forcément.


- T'es pas bien, là?

Malgré moi, je tiquai encore ; c'était trop facile ça, et à chaque fois il me faisait le coup d'éviter mes demandes en posant d'autres demandes, à part que je répondais la plupart du temps. Pour le coup, j'avais bien envie de lui rétorquer de la trouver lui même, la réponse, puisque moi je devais faire la même chose. Ça me laissait surtout imaginer qu'il sous entendait par là qu'il n'y avait que comme ça qu'on pouvait avoir la paix, et par conséquent que strictement rien ne devait changer, et son manque de clarté me perturbait plus qu'autre chose. Parce que s'il voulait que ça reste comme ça, d'accord, mais je préférais qu'il me le dise franchement, il savait très bien que les non-dits, c'était plus nocif qu'autre chose ! Je levai un peu les épaules pour me dégager de son étreinte pour bien l'observer avec un peu de recul mais là encore son expression me fit immédiatement fondre, et je restais troublée durant plusieurs instants avant de réagir, pour que ça ne paraisse pas étrange. Je souris, car je ne voulais pas qu'il interprète mal mes gestes qui auraient pu le blesser, car je ne comptais pas le repousser, et me rattrapai en entrelaçant mes doigts avec les siens, qu'il avait posé sur ma joue quelques secondes auparavant.

- Tu poses des drôles de questions, tu sais ? Parce que qu'à part être ici, je n'avais envie d'être nul par ailleurs.

Pourtant, j'étais certaine que par nombreuses fois ces derniers jours je le lui avais prouvé, mais comme tout à l'heure, c'était comme si lui n'en était jamais tout à fait sûr. Pourtant... tout ce que je lui avais dit... Je n'avais jamais été aussi sincère. Tant pis, j'allais lui faire encore plus de câlins et de bisous pour que ça rentre !

- Hmmm c'est pas toi, en plus, qui disait de partir tout à l'heure ? C'était à mon tour, un peu, de me moquer ! Je pinçai son cou entre mon pouce et mon index pour appuyer mon propos. Je préférais ne pas insister sur ce qui me tracassait et le laisser de côté pour le moment, tout ce qui se passait là était trop particulier pour qu'on le brise en se disputant. Non parce que si tu veux toujours y aller, je te retiens pas... mais si, un peu quand même, et je pris son visage entre mes mains pour attraper ses lèvres.

En réalité, je voulais lui parler encore et encore, pour que tout ça ne s'arrête jamais, qu'on reste comme ça indéfiniment dans cette brèche qui s'était formée dans l'espace temps, car je savais que si on s'endormait tout de suite, elle en profiterait pour se refermer. Je sentais le poids du sommeil se poser sur moi inévitablement, même si j'étais encore suffisamment consciente pour avoir la force de le repousser. Je me redressai, pour tirer le plaid qui recouvrait, en guise de décoration, le dossier du canapé, pour qu'on puisse se blottir l'un contre l'autre en dessous. J'étais installée sur le côté, pour qu'on reste face à face, et passai mon bras sous le sien, pour faire remonter ma main lentement le long de son dos, en m'attardant sur ses épaules là où je l'avais griffé, comme si ce simple passage de mes doigts avaient le pouvoir de les effacer, avant de la caler dans sa nuque. J'en profitais aussi pour prolonger notre énième baiser indéfiniment, avec encore plus de douceur que les fois précédentes et lorsque qu'on se sépara, je gardai mes paupières closes. Le rythme de mon cœur s'accéléra avant même que je ne murmure.

- De quoi tu as peur Chuck ?
Je le savais depuis longtemps déjà, même s'il n'avait jamais laissé rien paraître, seulement j'osai le questionner pour la première fois. Il pouvait nier autant qu'il le voulait, ça ne servait à rien, il s'était déjà trahi de toute façon, même s'il ne s'en était jamais rendu compte. Je n'avais juste que fait de rentrer dans son jeu pour ne pas le contrarier, parce que je voyais bien qu'il ne voulait pas faire le premier pas, mais je n'étais plus aussi convaincue que soit une bonne chose qu'il garde autant de secrets pour lui, même si là aussi je respectais ses choix, même en n'étant qu'à moitié d'accord.

Trompe les autant que tu veux, mais ça ne prend plus avec moi.
Maintenant, ta peur, je veux juste la partager avec toi.

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"Elle lui a appris à vivre.


Mend Your Heart ♪♫♪ The American Girl ♪♫♪ Two Hungry Black Birds

Il lui a appris à aimer."

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Bang (T.) - terminé   Lun 14 Mai - 15:31

L'éclat de son regard, le goût de ses lèvres et de sa peau, le parfum de ses cheveux, c'était tout ce que je voulais garder. Et ça me suffisait. Je n'avais pas besoin du reste, on n'avait pas besoin du reste, pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait pas penser comme moi?

Surtout que c'était bizarre de la voir faire autant d'efforts. Ça faisait six ans qu'elle m'envoyait bouler quand moi je ne l'envoyais pas chier, ça faisait six ans qu'elle évitait toutes mes questions avec la discrétion d'un char de l'armée russe. Qu'elle ne me demandait rien de plus que l'instant présent, qu'on se marrait bien, qu'on se disputait, qu'on tapait ensemble les Mangemorts, et voilà. Et puis il y avait eu le bal et on va dire que la chimie avait enfin bien les choses et on avait tous les deux cédés. Et maintenant... Qu'est-ce que ça changeait, pourtant? On avait couché ensemble, et alors? Ça nous engageait à quoi de plus? Ça ne m'avait jamais engagé à rien de spécial. Et Taylord n'avait jamais été de ce genre de meuf qui veut de l'engagement, qu'on ne me fasse pas rire, sinon je l'aurais deviné bien plus tôt. Alors d'un côté, je ne comprenais pas. Et surtout, pourquoi moi? Mais d'un autre côté, je me disais que toutes ces casseroles qu'on se traînait, toutes nos disputes et nos conneries, c'était un peu ça qui tissait la trame de notre histoire, et que c'est vrai que je ne me voyais pas m'en défaire. En fait, en toute honnêteté... Je ne savais pas trop ce que je voulais au final, si ce n'est que je n'avais aucune envie de faire une annonce officielle pour confirmer les rumeurs et dire que, oui m'sieurs-dames, Reegan et Carlton vivaient bien la petite idylle dont tout le monde les soupçonnait. Ça avait sans doute été mon erreur avec Lilian, parce qu'officialiser finalement ça rend tout plus compliqué, et que moi, qu'on me colle une étiquette sur la gueule et qu'on me range dans une boîte, ça avait juste pour effet de me faire me barrer en courant. Et je savais que Taylord était comme moi, qu'elle tenait à sa liberté. Alors pourquoi il y avait ce fossé entre nous?

Je crois que je savais ce qui nous attendait. De toute façon, ça s'était toujours passé comme ça, hein? Parce que c'était comme ça que je fonctionnais. Mais je n'avais juste pas envie d'y penser, parce que Taylord avait une espèce de pouvoir sur moi qui me donnait envie de tout oublier et de rester là pour toujours. Je soupirai et passai ma main sur son épaule, puis jusque dans le bas de son dos. Ça me faisait bizarre de voir son corps de si près après tout ce temps passé à se cracher dessus, mais je devais dire que c'était quand même une belle victoire.

- Tu poses des drôles de questions, tu sais ?

Des drôles de questions qui servaient à éviter les siennes; aucun de nous deux n'était con, on l'avait bien compris. Je répondis par un petit sourire mystérieux.

Qu'elle continue à me regarder comme ça et à m'embrasser, c'était tout ce que je voulais. Pour le reste, j'avais trop de questions qui me tapaient dans la tête, à m'en donner le tournis, et j'avais juste envie de boire ou de me défoncer pour que tout s'arrête et que ma tête redevienne légère, sans toutes ces responsabilités qui me pesaient petit à petit sur les épaules.

Elle se redressa et m'obligea à la regarder dans les yeux et ses mains sur moi me faisaient toujours le même effet; des frissons dans tout le corps et des espèces de décharges électriques qui éveillaient tous mes sens. Je pris sa main dans la mienne - quand je collais ma paume à la sienne, sa main paressait minuscule et ses doigts bien trop maigres - puis je l'embrassai encore, l'attirant contre moi, parce que je voulais sentir son cœur contre le mien, sa peau, sa chaleur, ses lèvres, et rien d'autre.


- Hmmm c'est pas toi, en plus, qui disait de partir tout à l'heure ? Non parce que si tu veux toujours y aller, je te retiens pas...

- J'peux pas, j'suis retenu entre les griffes d'une vieille sorcière.
Je gardais ses miens entre les miennes en la défiant du regard, mais l'envie de l'embrasser reprit bien vite le dessus.

Elle fit glisser la couverture vers nous - la salle sur demande faisait bien les choses, car qu'aurions-nous fait sans la sempiternelle couverture pliée sur le canapé qui tombe étrangement à pic après que les deux héros se soient bécoté au lieu de faire leurs devoirs, je vous le demande ? - et alors qu'on s'installait l'un contre l'autre, ou bien l'un emmêlé avec l'autre plus précisément, je sentis que cette fois j'allais pouvoir me laisser porter par la chaleur, la respiration de Taylord et cet état flottant et absolument parfait, fermer les yeux, et pioncer jusqu'au lendemain. Elle m'embrassa et je collai son corps au mien en l'attirant entre mes bras, et puis je sentis sa main dans mon dos, là où elle m'avait griffée, et je me contractai légèrement quand ses doigts passèrent dessus parce que ça me picota. Dans le noir de la pièce je lui souris avant de l'embrasser encore, de coller mon front contre le sien, de fermer les yeux et...

- De quoi tu as peur Chuck ?

Et merde.

Je gardai les yeux fermés. Pour lui faire comprendre que j'avais envie de dormir et que la discussion était terminée. Et puis elle avait murmuré ça si bas que j'aurais pu ne pas l'entendre, d'abord... Je finis par marmonner :


- Moi? J'ai peur de rien, même pas de toi, je croyais que tu le savais?...

Je me laissai sombrer dans le sommeil, non seulement parce que j'étais éclaté, mais en plus j'étais fatigué de jouer à ce jeu-là et que si ça continuait j'allais arrêter d'y jouer, et je n'en avais pas envie ce soir, pas maintenant. Je préférais rester sur les souvenirs de ce soir, sur mes fantasmes qui s'étaient réalisés et à Taylord contre moi. J'avais envie de lui dire que tout ce que je pensais pour qu'elle comprenne, mais j'en étais bien incapable, et en plus, je ne savais pas moi-même quelle décision prendre. Alors, c'était bien plus simple de continuer comme j'avais toujours fait. Il y a des choses qui se disent et d'autres, les plus importantes, qui se gardent bien cachées. Je savais que ce n'était pas évident pour Taylord de rester cachée. Mais ce qu'elle ne savait pas... C'était que si je la dévoilais il y aurait des conséquences que j'étais loin de pouvoir gérer, et qui conduiraient à notre perte. La paix ou la liberté... Le choix était vite fait.



"J'suis pas si fort que tu crois
J'suis pas si fort que ça"




Fin


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CHUCK CARLTON
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