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La complainte des étoiles [PV]

 

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 La complainte des étoiles [PV]

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Lilian Easter
Assistante à Sainte Mangouste



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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
Date d'inscription : 31/10/2007

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Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: La complainte des étoiles [PV]   Sam 7 Avr - 18:04

Lilian était rentrée depuis peu à Poudlard mais son mal-être était aussi grand que lorsqu’elle avait quitté le château. Certes elle faisait croire que tout allait bien en décochant un ravissant sourire quand on le lui demandait, faisant ainsi croire que sa prétendue tristesse n’était au final qu’une blague qu’elle s’amusait à faire pour qu’on s’occupe d’elle. Mais force est d’avouer que ce n’était pas le cas, mais tout le contraire. Ses nuits étaient agitées, elle dormait mal, n’arrivait pas à reprendre du poids, fumait outrageusement et ne parvenait pas à oublier Chuck. Quand elle croisait Taylord dans les couloirs ou la salle commune, elle se retenait de lui sauter à la gorge ou de lui envoyer une grenade ou un Scroutt à Pétards dans le visage. Quant à Chuck, ils se disaient bonjour du bout des lèvres sinon elle détournait le regard rapidement dès que les océans paradisiaques croisaient ses prunelles chocolat. Sans cesse la belle avait l’impression d’étouffer et de ne voir qu’eux, eux, eux, encore eux et toujours eux, au moindre détour d’un couloir, derrière un exemplaire de la Gazette, dans un fauteuil de la salle commune, à une table de la bibliothèque. Lilian ne supportait plus toutes ces visions qui se répétaient même dans ses rêves et rendaient ses nuits insupportables.

Le jour de la rentrée elle avait croisé Katie dans les toilettes qui avait très vite perçu son mal-être et son abattement mais malgré son réconfort, relever la tête et les épaules s’avérait une épreuve encore bien trop grande pour Lilian. Parfois elle allait mieux mais il lui semblait que ces moments se faisaient bien trop rares. Mais elle avait besoin de beaucoup plus de réconfort pour relever la tête et les épaules, se redresser sur ses longues jambes et marcher comme avant. Cependant, elle ne savait pas où trouver ce réconfort et pour l’instant, à défaut, elle essayait de ne pas trop plonger et essayait de se relever toute seule quand elle le pouvait. Bien évidemment les gens se doutaient que la belle n’allait pas bien mais étant donné qu’elle était LA Sirène de Poudlard, tous pensaient qu’elle se redresserait aussi vite que lorsqu’elle changeait de robe, de paire de chaussures ou de joli cœur. Et aussi parce qu’elle leur mentait à tous et chacun s’y trompait, tout le monde tombait dans le panneau et croyait à ses sourires.

Mais cela plaisait à Lilian de faire croire qu’elle allait bien alors qu’au quotidien, même un simple sourire ou une banale œillade lui coûtait plus que jamais ; elle appréciait dans cette période de déchéance, montrer que sa place restait la même malgré sa rupture avec Chuck et que les gens, tellement fascinés par sa personne, faisaient ce qu’elle ordonnait et croyait ce qu’elle voulait bien leur faire croire. Une véritable souveraine en somme. Même si son royaume avait sombré, avait été balayé d’un revers de la main de Chuck, tout le monde la voyait assise majestueusement sur son trône, entourée de sa cour de jolis cœurs et qui trouverait très vite le moyen de faire regretter Chuck avant de l’oublier. Car bien évidemment elle avait envie de le faire enrager au possible, dès qu’elle serait remontée en selle sur son royal destrier. Lilian avait envie de voir du regret dans ses yeux, de lui faire comprendre qu’il n’aurait jamais dû la quitter parce qu’il ne savait pas ce qu’il loupait et surtout parce qu’après avoir goûté à la perfection, tout mets sous ses lèvres lui paraîtrait terriblement fade. Elle voulait lui montrer qu’au final, malgré cet air défait qu’elle avait arboré pendant leur scène de rupture, elle ne tenait pas tant que cela à lui et qu’elle n’avait eu aucun mal à le remplacer parce qu’il n’était qu’un joli môme parmi tant d’autres qui satisfaisait son appétit de séductrice. Mais elle se voilait elle-même la face parce que tout prouvait que pour l’instant, tout ce qu’elle arrivait à faire c’était pleurer devant la première photo de Chuck et elle qui accrochait son regard, enrager contre Taylord et fumer comme une vieille putain pour terminer ses journées de mensonges.

La lionne n’arrivait même pas à s’afficher au bras d’un des nombreux jeunes hommes qui lui faisaient des signes plus qu’apparents. Les membres des équipes de Quidditch de son âge lui souriaient du haut de leur balai quand elle daignait assister à leurs entraînements et se battaient presque ensuite pour savoir à qui la belle sirène avait décoché un simple sourire en coin forcé. Les plus intelligents lui proposaient de l’aide pour ses devoirs, d’autres lui offraient des Bièraubeurres ou des confiseries de chez Honeydukes, les plus populaires après elle l’invitaient à leurs soirées et là, il n’y avait plus de compétition inter maison qui régnait : c’était presque du chacun pour soi, au premier qui s’afficherait avec la sublime à son bras. Certes Lilian trouvait cela plaisant et s’en amuserait presque mais le cœur n’y était pas alors évidemment elle leur mentait à tous autant qu’ils étaient, leur faisait croire qu’elle était ravie et charmée de ses attentions en leur souriant, en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille pour leur faire plaisir, allait à leur soirée mais à chaque fois elle s’enfuyait, prétextant un mal de tête ou le fait qu’elle n’était pas encore prête à se relancer dans une relation. Et tous y croyaient et se contentaient donc d’attendre sagement devant sa porte pour être le premier à l’embrasser quand elle annoncerait qu’elle serait prête.

Certes la Sirène voyait en eux de futurs jolis cœurs à accrocher à son tableau de chasse gigantesque mais aucun qui ne lui convenait pour le moment. Même le temps d’une semaine. Celui qu’elle voulait ne se montrait pas et elle avait beau scruter les couloirs, épier son regard dans la Grande Salle, jamais elle ne le voyait. Ou alors elle le voyait mais à peine se levait-elle pour aller à sa rencontre, il avait disparu parmi la foule des élèves et la jeune fille ne parvenait à le retrouver. Quand elle était revenue de chez ses parents, elle ne l’avait pas vu, même durant son ascension jusqu’à son dortoir. Katie non plus ne lui en avait pas parlé, signe qu’elle ne devait pas avoir de nouvelle. Plusieurs fois la rouge et or avait tenté de le coincer dans ses coins de prédilection, en vain à chaque fois. Elle se fichait de savoir si elle était ridicule ou quoi, elle LA Sirène de Poudlard cherchant le garçon qui l’aiderait certainement à aller mieux ; toujours est-il qu’elle en avait besoin, elle avait besoin de lui et devait le trouver.

Cependant, ce soir clôturait une nouvelle journée faite de recherches vaines. Occupée à son devoir de Sortilèges, Lilian paraissait cependant absente, sa plume dessinant sur un parchemin à côté quelques dessins simples, gribouillant des lettres ou des prénoms. Lasse et fatiguée par cette journée, elle dû retenir sa tête de son poing gauche mais peu après, décida de laisser son devoir là où il en était et descendit rapidement à la Grande Salle. Le dîner n’allait pas tarder à commencer et son ventre criait famine. Bien évidemment, au début elle vrilla les marches de son regard azur dans l’espoir d’y apercevoir la silhouette qu’elle cherchait depuis des jours mais la belle se résigna très vite dans son silence et descendit seule les marches, épuisée d’encaisser des échecs.

Quand elle pénétra dans la Grande Salle, les yeux de presque tous les garçons se tournèrent vers elle et ceux de Gryffondor lui firent signer de venir s’asseoir à leurs côtés, non sans narguer les autres qui durent se contenter d’adresser un signe de main à la belle Sirène. Belle Sirène qui se para de son air délicat et ravi de pouvoir dîner entourée de ces bêtes de compétition qui tout en se la disputant, participaient à renforcer le mythe qui l’entourait et à faire croire qu’elle allait bien. Bien sûr Lilian ria à leurs blagues, à leurs anecdotes d’entraînements, souri quand ils la dévoraient des yeux, les charma de ses yeux envoûtants mais ne joua aucunement avec leur cœur qui battait fort dans leur poitrine. Quand ils étaient trop occupés à gentiment se quereller sur le point marqué par untel au cours du match, elle en profitait pour regarder derrière elle et voir si par-dessus son épaule elle parvenait à croiser les prunelles de celui qu’elle cherchait depuis trop longtemps. Mais une nouvelle fois cette tentative se solda par un échec alors la belle lionne retourna à la conversation, croisant ses mains sous son menton et éclata d’un faux rire mais non moins doux à l’oreille afin de faire croire qu’elle avait tout suivi. Après le dessert, alors qu’elle s’apprêtait à remonter dans son dortoir, ses magnifiques yeux accrochèrent une silhouette ; la silhouette qu’elle cherchait.

Tout en légèreté, elle se leva et courut vers la sortie, ses talons aiguilles claquant sur le sol. Tous les regards se tournèrent vers elle et suivirent sa course qui faisait voler sa longue chevelure soyeuse. Ce n’est que devant l’entrée qu’elle parvint à être suffisamment près de la silhouette pour pouvoir l’interpeller et espérer un regard en arrière :


- Scott !

Debout devant le seuil, le regard alerte et presque éperdu, sa poitrine se soulevant légèrement, elle attendait que Scott l’entende et se retourne. Un poids délesta ses épaules quand le jeune homme stoppa sa marche, se retourna et que ses yeux bleus profonds toisèrent les siens. Un sourire de soulagement étira ses lèvres ; le premier sourire sincère depuis longtemps et la belle Lilian se remit à courir en direction de celui qui avait été son cavalier d’un soir. Toujours aussi légère et gracieuse, elle lui sauta presque au cou et malgré le fait qu’elle soit perchée sur ses talons, elle dû obliger le bleu et bronze à se baisser quelque peu pour être à sa taille. La Sirène ne sut combien de temps elle resta là, à enlacer le cou de Scott et à le serrer contre elle. C’était lui qu’elle cherchait depuis des jours, lui qui pourrait lui permettre d’aller mieux, lui qui semblait être le pilier de réconfort contre lequel elle pourrait s’appuyer. Lilian finit par relâcher son étreinte, consciente que la joie qui l’habitait n’était peut-être pas réciproque et se recula légèrement.

Elle tenta de masquer la tristesse ou l’accablement qui auraient pu la trahir même si elle savait que ce n’est pas à Scott qu’elle pourrait les cacher et lui adressa un nouveau et franc sourire, sa manière à elle de s’excuser de son étreinte peut-être trop serrée et inattendue.


- Désolée si je t’ai surpris mais je suis tellement contente de te revoir. Là, la séductrice d’autrefois réapparut un bref instant au fond des lagunes claires et le visage délicat arbora un doux air désolé non sans malice. Ca fait des jours que je te cherche ! Enfin je voulais juste savoir comment tu allais depuis le bal et si tu avais passé de bonnes vacances.

Elle aurait voulu de nouveau le serrer dans ses bras mais eut peur que cela ne braque Scott qui était pour le coup, tout l’inverse de Chuck. Elle passe, négligente presque, sa main aux longs doigts effilés dans ses cheveux soyeux sans se déparer d’un ravissant sourire destiné à Scott et ses beaux yeux, semblables aux siens. Pourtant, ni elle ni lui n’étaient dupes : les sourires, ce soir, n’étaient que de façade.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: La complainte des étoiles [PV]   Sam 28 Avr - 18:47

(Pardon pour le retard, beautiful ♥ )

Se relever n'était pas chose aisée mais j'avais enfin compris que j'avais en main toutes les cartes nécessaires. Que j'avais les moyens d'aller de l'avant, et que si je n'avais pas réussi auparavant c'était que je n'avais rien pour m'aider; le seul problème, à présent, résidait dans la mise en oeuvre. Il fallait que je le veuille. Que j'abandonne cet état de torpeur chagrine, ces réflexions errantes et sans but, mes questions douloureuses et mes souvenirs brumeux. Tourner la page pour que tout redevienne blanc. Bien sûr que je le voulais, et puis, il le fallait, car cela se répercutait trop sur mon état d'esprit et ma façon d'être - même en cours cela se sentait, j'avais de légères chutes d'attention et des détails m'échappaient. Le soir dernier, dans notre salle commune, je discutais avec Stephen - c'était là mes premières tentatives pour renouer un peu ce contact que j'avais laisser filer - à propos d'une ramification obscure des sortilèges de métamorphose et alors que je citais plusieurs de sortilèges j'avais cité un sortilège d'Apparition et seul le regard choqué de Stephen m'avait fait comprendre mon erreur. Je m'étais repris évidement, sachant très bien que j'avais dit une bêtise. Mais cela ne me ressemblait pas, et je me rappelais très bien des coups d'oeil scrutateurs que Stephen n'avait cessé de me jeter jusqu'à ce que la discussion passe à autre chose. Je ne pouvais le duper, et je ne l'avais jamais pu. Moi le premier, ce lapsus m'avait dérangé, car il prouvait combien je n'étais pas moi-même ces derniers temps, j'étais dans la lune, je n'étais pas concentré, alors que jamais cela m'était arrivé. Cela faisait plusieurs signes à la suite qui ne trompaient pas, et qui me poussaient de plus en plus vers cette marche que je me devais de franchir. Je le savais. Mes cartes étaient celles de la réconciliation : grâce à Haley et à notre soirée un peu à part en haut de la tour d'Astronomie, j'avais compris que ce n'était pas parce que quelqu'un avait défait mes liens à moi que je devais en faire de même avec les autres. J'avais négligé Stephen, en reportant sur lui toute ma colère. Pourtant, il n'y était absolument pour rien. Taylord avait choisi Chuck Carlton et à cela je ne pouvais rien, je ne connaissais même pas assez Chuck pour aller le voir et exiger des explications, ou bien me battre avec lui, car cela n'était pas moi. Qui plus est, quiconque se serait mis d'accord avec moi pour dire que je n'avais asbolument aucune chance de le mettre au tapis, étant donné qu'en bon Gryffondor qui se respecte il entretenait sa montagne de muscles aux dépens de sa matière grise - mais je doutais qu'il en connaisse l'existence. Qu'importe - le seul tort de Stephen, qui m'avait fait lui en vouloir, c'était qu'il aie pris le parti de Taylord en se détournant de moi. Si je tenais bien à lui dire qu'à l'avenir j'aimerais qu'il ne me refasse pas ce coup-là, je lui en étais reconnaissant pour Taylord : j'avais confiance en lui et je préférais qu'il reste en bons termes avec elle, surtout si elle s'aventurait bien plus près de Carlton que de coutume, car en lui je ne plaçais aucune confiance.

Et puis, l'erreur faisait partie de nous et nous faisait évoluer, et ce n'était pas pour une simple erreur humaine que j'allais rompre définitivement les ponts avec Stephen. J'avais compris en parlant avec Haley qu'il me manquait, et que ces choses-là nous devions les chérir, car je ne comptais pas beaucoup de véritables amis comme lui. Et je l'avais négligé.

Dorénavant, quand je pensais à Taylord - et je pensais souvent à elle, car en plus Poudlard était un petit monde et il n'était pas rare que nos chemins se croisent. J'avais peine à constater qu'elle était de plus en belle chaque jour, et que c'était
lui qui la rendait belle. Plus que je ne l'avais fait. Les rumeurs allaient bon train à leur sujet - sont-ils ensemble, sont-ils pas? - mais ils jouaient finement car rien ne le prouvait. Je me contentais d'hausser les épaules quand on abordait le sujet - qu'en savais-je? Je n'étais plus avec Taylord et elle m'évitait à peu près aussi discrètement (que nous croyions) que je l'évitais. Et Carlton ne figurait pas dans mon carnet d'adresses. Il y avait ceux qui étaient persuadés de la relation des deux Gryffondors, et ceux qui riaient bien à cette idée parce qu'ils la trouvaient totalement impossible. Et puis il y avait les gens comme Lilian et comme moi, qui faisaient mine de ne pas s'en soucier, mais qui savaient parfaitement en leur for intérieur la pleine et désagréable vérité. Bien sûr, ils étaient ensemble. Taylord m'avait quitté pour lui. Il avait quitté Lilian au même moment. Depuis quand Carlton avait-il fait voeux de célibat?! La réponse à toutes ces rumeurs étaient aussi limpide que de l'eau de roche, mais peu de gens, comme d'habitude, possédait assez de clairvoyance pour démêler le vrai du faux.

Stephen, Haley, c'était à eux que je devais me raccrocher, sans oublier Lilian, qui avait elle une place toute particulière dans mon histoire. Si je revenais pas plus de deux ans en arrière, Lilian Easter restait cette fille que tout le monde admirait et adorait, ce fantasme de chaque garçon à Poudlard - et qui dit fantasme dit inaccessible. Moi le premier j'avais été amoureux d'elle et j'avais espéré un signe de sa part. Et puis en grandissant j'avais compris que Lilian était hors de portée, et puis elle avait eu Carlton, son alter ego, aussi populaire, aussi beau, aussi adulé qu'elle, et c'était comme si la logique avait enfin décidé de s'appliquer et les avaient réunis. J'aurais parié qu'ils seraient restés longtemps ensemble, tant cela paraissait l'ordre naturel des choses. L'éternel séducteur et l'éternelle séductrice qui ne trouvent adversaire à leur taille que dans quelqu'un taillé du même tissu. Mais non, peut-être était-ce trop simple justement. Elle avait chuté en même temps que moi, et nous traînions notre solitude et nos ailes froissées tous les deux dans les couloirs du château, et je crois qu'elle était la seule qui pouvait me comprendre et en qui je trouvais vraiment un appui, parce qu'elle savait que nous ne pouvions rien à part subir, supporter et serrer les dents. Il y avait Haley, aussi, et j'étais content de trouver quelqu'un qui comme moi avait besoin d'un compagnon d'infortune. Finalement, il y avait tant de gens... Tant de gens que, aveugle, je n'avais pas pris la peine de remarquer, obnubilé par Taylord. Aujourd'hui Taylord me manquait toujours, mais c'était la Taylord d'avant que je regrettais. Pas la nouvelle, plus rayonnante qu'avant, parce que ce n'était plus la mienne...

Il ne me restait plus qu'à agir : là était l'étape la plus difficile. J'étais rentré chez nous pour les vacances de Pâques, par envie de m'isoler un peu, même si en bonne famille nombreuse que nous étions, l'isolement se faisait compliquer chez les McBeth, aussi grande que soit notre maison. J'avais évité les questions d'Aisling, les mauvaises farces d'Eileen, et le temps avait passé, je m'étais reposé, et je me sentais un peu mieux, peut-être, pour affronter de nouveaux mes problèmes à Poudlard. Agir. J'avais juste peur d'oublier... De laisser Taylord derrière moi. Une partie de moi y tenait encore, à ce chagrin d'amour, parce qu'il était doux, et que le malheur a de particulier qu'il réconforte entre ses mains accueillantes. Mais ma raison et mon esprit m'extorquaient, me secouaient : je ne devais pas me laisser aller.

Ce soir-là, nous étions tous revenus depuis quelques jours déjà, et notre vie d'écoliers reprenait son cours. J'étais redevenu le même avec Stephen, espérant qu'il comprendrait où je voulais en venir. Haley, elle, m'était devenue plus proche, même si il m'était parfois étrange de repenser à notre baiser échangé alors que ni l'un ni l'autre ne s'y attentions. Mais c'était un souvenir précieux et agréable, que nous avions bien évidement gardé secret. Elle-même était amie avec Taylord et... Non, je ne voulais pas penser à Taylord.


- Scott !

Une voix familière m'arrêta dans la course de mes pensées et je me retournai, pour me trouver nez à nez avec celle que j'avais essayé de voir depuis mon retour, mais comme je voulais la voir seul à seul car je n'avais rien à lui dire qui avait besoin d'être public, et qu'elle était toujours entourée d'une foule d'amirateurs/trices...

- Lilian, souris-je pour toute réponse, enfin soulagé que nous nous retrouvions.

Je ne savais pas comment lui dire que j'avais besoin d'elle, que j'avais envie de passer du temps avec elle, de parler avec elle et de la sentir près de moi, parce qu'elle était celle qui m'apporterait la force que je n'avais pas. Je n'étais pas, moi, à Gryffondor, et c'était bien la première fois que j'enviais cette énergie éclatante et solaire dont des gens comme... Carlton semblaient être pleins, d'une source inépuisable. Lilian aussi avait cela en elle, et bien que je voyais nettement sur elle les ravages du chagrin, elle restait éclatante et belle. Belle comme toujours, avec sa peau blanche et qui donnait envie de la caresser, sa silhouette envoûtante, ses yeux incroyables, ses lèvres rouges et parfaites et ses longs cheveux bruns. Elle avait quelque chose de magique, que la tristesse au fond de ses yeux rendait un peu mélancolique toutefois.

Je me crispai légèrement quand elle me sauta au cou - pas parce que cela me dérangeait, mais par habitude. Je n'avais jamais été vraiment très... tactile, même avec Taylord j'avais eu du mal, mais si aujourd'hui je savais que je devais m'y faire, il y avait toujours quelques petites secondes de flottement au début. Ceci étant dit, je me décrispai vite, car Lilian Easter n'est pas le genre de fille qu'on rechigne à prendre dans ses bras. Je lui rendis donc son câlin, un peu troublé cependant - évidement.

Elle me souriait, je lui souriais, mais aucun des deux n'était dupe. Nous étions heureux de nous retrouver; le reste était une autre affaire que nous cachions l'un comme l'autre aux yeux de tous.


- Désolée si je t’ai surpris mais je suis tellement contente de te revoir. Ca fait des jours que je te cherche !

- Moi aussi,
je jetai un coup d'oeil autour de nous, mais comme tu es rarement seule... Je m'arrêtai là, me disant que ce n'était pas la peine que je lui démontre par a+b mon manque latent de sociabilité.

- Enfin je voulais juste savoir comment tu allais depuis le bal et si tu avais passé de bonnes vacances.

Là. Nous y étions. Je tendis la main pour qu'elle la prenne et l'invitai à me suivre, puis, en avançant, vers où je ne savais pas trop en réalité, car si j'osais... Je lui demandai :

- Tu as quelque chose à faire ce soir? Si tu veux... Si tu veux on peut trouver un endroit tranquille et passer la soirée ensemble?

C'était plus facile que je ne le pensais, finalement. En revanche, elle devait s'y connaître bien mieux que moi en ce qui concernait les cachettes et les salles où les élèves passaient des soirées, car elle appartenait tout de même à la maison de Gryffondor, qui n'était pas la dernière pour ce genre de choses. Mais j'avais envie qu'elle comprenne que je voulais passer du temps avec elle, et j'avais aussi envie qu'elle me parle d'elle, car elle avait visiblement maigri et des cernes tiraient ses yeux : rien n'avait changé, pour elle comme pour moi.

- J'ai l'impression qu'on a passé le même genre de vacances, avouai-je en souriant du coin des lèvres. Ça fait bizarre de revenir ici, hein?... Comme pour nous narguer, Taylord sortit de la Grande Salle un peu plus loin devant nous, suivie de près par tout un groupe de Gryffondor, Carlton y compris. D'un regard à Lilian, je la pressai de nous emmener ailleurs; mais je sus en croisant ses yeux que je n'avais même pas besoin de lui demander.

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SCOTT MCBETH
The old that is strong does not wither, deep roots are not reached by the frost — All that is gold does not glitter, not all those who wander are lost.

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Lilian Easter
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Particularités: Yeux plus beaux, tu meurs ! LA Sirène de Poudlard, je suis belle à mourir.
Ami(e)s: Vous voyez mon dressing ? Tous mes amis sont dedans. Je parle de mes fringues et de mes chaussures. Non les vrais amis, c'est une autre histoire.
Âme soeur: Iron Man, Thor, Captain America… Je ne donne que dans les super héros parce qu'ils savent m'envoyer au septième ciel. Oui, vous voyez tous ce que je veux dire.

MessageSujet: Re: La complainte des étoiles [PV]   Jeu 17 Mai - 19:14

Qui l’eût cru ? Elle, Lilian Easter qui avait besoin d’un garçon pour aller mieux ? Alors que de toute sa vie à Poudlard elle apparaissait comme l’éternelle séductrice, celle qui n’avait pas besoin des jolis cœurs, autrement que pour remplir son tableau de chasse légendaire. Pourquoi se bornait-elle à un seul ? Parce que Chuck ayant été sa seule relation durable et parce qu’il lui ressemblait trop, beaucoup trop, c’était comme si on lui avait arraché une part d’elle-même à la fin de leur histoire. La Sirène avait eu l’impression qu’il partait avec une parcelle de son âme et de son cœur entre ses doigts, ce soir-là dans la salle vide. Chuck lui avait déchiré son cœur et briser ses ailes. Il lui était impossible de se relever. Et c’est pour cela qu’elle avait besoin plus que jamais d’un garçon et ce garçon ne pouvait être que Scott.

Scott qui avait vécu la même situation de rupture insoutenable et qui était allé au bal à son bras. Scott qui sans cesse, tous les jours devait braver le regard de Taylord et faire comme si tout allait bien. Mais au fond, il était exactement dans le même état que Lilian : il ne parvenait pas à oublier et peut-être ne voulait-il pas oublier. C’était cette volonté ou cette absence de volonté qui les empêchait d’avancer : avec Chuck et Taylord constamment sous leurs yeux bleus ravagés par les larmes, ils ne pouvaient pas les oublier. C’était comme essayer d’oublier la douleur insoutenable alors qu’un poignard meurtri le cœur, encore et encore. L’un comme l’autre ils avaient besoin de s’aider réciproquement. Sans Scott Lilian sombrait et sans Lilian, Scott sombrait également. Mais qui aurait imaginé que l’on verrait Lilian se pavaner fièrement au bras de Scott, un Serdaigle lors du bal de Noël ? Qui savait que Scott et la Sirène se connaissaient ? Bien entendu certains se doutaient que comme tous les autres avant et après lui, le jeune homme avait succombé aux charmes irrésistibles de la belle mais personne n’aurait pensé à les voir ensemble, s’affichant comme le couple de battants de l’école.

Parce que c’est ce qu’ils étaient. Ce qu’ils devaient être. Chacun d’entre eux en avait assez de nager dans cet océan de tristesse, émergeant de temps à autre la tête de l’eau mais qui se faisait vite recouvrir par une autre vague. Scott avait besoin de cette sirène pour l’aider à survivre dans l’océan qu’elle connaissait si bien. Lilian avait besoin de ce jeune homme pour lui prouver que tous ne sont pas comme Chuck et la hisser de nouveau sur son trône au sommet du mont Olympe de Poudlard. Et Lilian entraînerait indéniablement Scott dans son ascension future. L’un sans l’autre ils étaient perdus mais l’un avec l’autre, tous les deux ils iraient mieux. Et lui autant qu’elle le savait pertinemment.

Cependant, il est vrai que sur le coup, à l’instant où elle l’avait interpellé, Lilian avait eu peur que Scott ne daigne pas se retourner ou alors qu’il se contente de lui sourire brièvement avant de repartir. Mais évidemment, il n’en fit rien et se retourna, légèrement surpris. Quand elle le serra dans ses bras, la jeune fille sentit ses muscles se raidir peut-être par surprise, peut-être par inhabitude. Quand il prononça son nom, un poids délesta sa poitrine et inconsciemment elle resserra son étreinte autour de son cou.


- Moi aussi, mais comme tu es rarement seule...

Tout en se reculant de Scott, Lilian eut un petit sourire : elle voyait parfaitement où il voulait en venir. Il est vrai que l’approcher pour lui parler à elle seule relevait d’un véritable casse-tête ; elle qui n’était jamais réellement seule. Toujours entourée de garçons hypnotisés ou par des filles qu’elle connaissait et appréciait, elle ne se déplaçait que rarement toute seule. Mais au fond, elle avait beau avoir cette espèce de cour tout autour d’elle, la rouge et or n’avait jamais été aussi seule. Les seules personnes qui comptaient pour elle faisaient désormais partie d’un passé trop douloureux qu’elle s’efforçait d’oublier ou, à défaut, de combattre. Haruhi qui avait préféré rejoindre le bord de Taylord, la laissant sombrer petit à petit dans le chagrin. Taylord, n’en parlons pas. Et Chuck. Chuck qui lui arrachait un lambeau de cœur à chaque fois qu’elle le voyait regarder Taylord du coin de l’œil. Chuck qui causait sa perte de poids. Chuck qu’elle aimait toujours. Chuck qu’elle n’arrivait pas à oublier.

- Je suis désolée mais rassure-toi : ce soir il n’y aura personne à part nous deux. La belle lui offrit un sourire sincère, dénué de tout artifice de séduction car elle savait qu’elle n’avait rien à prouver à Scott.

Au moins le message était clair : ce soir, elle n’avait d’yeux que pour Scott, celui qu’elle avait cherché pendant des jours et qu’elle retrouvait enfin. Scott son remède. Déjà, le seul fait d’être allé avec le jeune homme au bal de Noël lui avait fait un bien fou et leur baiser avait été une façon de lui dire qu’elle reviendrait très bientôt vers lui pour le retrouver car il faisait partie de son histoire maintenant. Et elle n’aurait pu trouver mieux. Lilian se souvenait de leur rencontre, à la lisière de la Forêt Interdite puis il était sorti avec Taylord, contre toute attente. Personne ne s’en doutait. L’un comme l’autre ils avaient emprunté des chemins différents mais qui aujourd’hui se rejoignaient.


- Tu as quelque chose à faire ce soir? Si tu veux... Si tu veux on peut trouver un endroit tranquille et passer la soirée ensemble?

Il lui tendit la main pour l’inviter à le suivre. Ce qu’elle fit. Elle enroula son bras autour du sien et s’apprêtait à lui répondre quand leurs deux démons passèrent tout près d’eux. Taylord puis Chuck qui faisaient comme si de rien n’était. Là, ce fut plus fort qu’elle et son orgueil prit le dessus.

- Laisse tomber, ils sont ridicules. Scott les avait vus, elle avait senti sous sa main ses muscles se raidir une nouvelle fois. C’est volontairement qu’elle avait appuyé sur les trois derniers mots de sa phrase pour que les désignés l’entendent. Elle se foutait littéralement de savoir s’ils se retournèrent ou pas, toujours est-il qu’elle s’en alla avec Scott. Sinon pour répondre à ta question, bien sûr que oui je suis d’accord. Ce n’est même pas comme si tu avais le choix : ce soir, tu restes avec moi.

Elle leva les yeux vers lui, espiègle, et lui décocha un sourire ravissant. Alors qu’ils marchaient au gré de leurs pas, sans vraiment se soucier d’où ils allaient, Scott rompit de nouveau le silence tellement apaisant qui s’était établi entre eux :


- J'ai l'impression qu'on a passé le même genre de vacances. Ça fait bizarre de revenir ici, hein?...

Le cœur de Lilian se pinça. Elle se rappela les vacances qu’elle venait de passer, à errer comme une âme en peine chez ses parents, à essayer d’oublier Chuck et Taylord en mangeant de la glace devant la télé ou en montant sa jument dans la forêt enneigée à côté de son manoir. Et étant donné ce que Scott venait de dire, elle imagina alors ce qu’avait dû être ses vacances : mornes et tristes.

- Oui je crois aussi… Je pensais que cela irait mieux en rentrant de chez mes parents mais… De nouveau elle jeta un regard à Scott de sorte à lui montrer qu’elle s’était trompée, qu’elle n’allait pas mieux même si elle était partie une semaine chez ses parents. Oui c’est bizarre mais rassure-toi, je suis sûre que tout va bientôt changer. De nouveau. Tant de choses avaient tellement changé en si peu de temps, en six mois, deux couples phares de Poudlard s’étaient déchirés et deux autres nouveaux s’étaient formés. Pour le deuxième pas dans le même esprit que l’autre mais Scott et Lilian formaient, de par leur histoire, un couple. Non pas d’amoureux mais de blessés, de victimes des deux autres, de Chuck et Taylord.

C’est sous un silence tranquille que les deux continuaient d’évoluer dans les couloirs et ce n’est qu’au quatrième étage que Lilian s’arrêta, stoppant ainsi Scott.


- J’ai une idée : on va passer la soirée ici. Malicieuse et Gryffondor jusqu'au bout des ongles, elle regarda Scott avec ses yeux emplis d’étincelles mais ne lui laissa pas le temps de protester et ouvrit la porte de la bibliothèque après avoir vérifié que personne ne se trouvait de part et d’autre du couloir. Attirant le bleu et bronze avec elle, elle referma immédiatement la porte sur eux et laissa le silence retomber sur les étagères recouvertes de livres. Mais désireuse de ne perdre aucune minute, elle tira doucement sur le bras du jeune homme et l’obligea à la suivre parmi les méandres des tables et des étagères. Essayant de marcher le plus discrètement possible malgré ses talons, elle parvint au bout de quelques temps à repérer l’endroit où elle et Scott allaient pouvoir se poser.

Des poufs étaient installés en cercle entre un mur et une étagère, juste sous une fenêtre qui laissait passer les derniers rayons de soleil de la journée. Ravie, elle invita Scott à s’asseoir avant de se laisser tomber à son tour sur un des poufs. Avant de briser ce silence, elle sortit sa baguette et suite à un mouvement de poignet délicat, une flasque en métal brillant apparut dans sa main gauche. Elle rangea sa baguette avant d’ouvrir la flasque et d’en boire une gorgée. L’alcool lui brûla presque la gorge avant de réchauffer tout son corps, bien qu’elle n’ait pas froid. A la fin de sa gorgée, elle tendit la flasque à Scott.


- Tiens, prends-en une gorgée. Cependant, elle savait qu’il dirait non et c’est pourquoi qu’elle s’empressa de rajouter : Ce n’est pas une proposition Scott, c’est une obligation. Je veux que tu boives au moins une gorgée.

La sirène l’obligea à saisir la flasque, non sans un air incitateur mais dans ses yeux brillaient toujours ces étoiles à qui Scott ne pourraient résister.

- Pour me faire plaisir, s’il-te-plaît.

Là, elle lui décocha un ravissant sourire sans pour autant dévoiler sa dentition d’ivoire. Un sourire presque suppliant, assorti à ses yeux magnifiques qui brillaient et ajoutaient à cet air irrésistible. Mais comme si ce n’était pas déjà bien suffisant, Lilian se leva de son pouf et s’assit juste à côté de Scott, sur le sol et posa son avant-bras sur son genou. Il serait très certainement difficile à Scott de résister plus longtemps et même si elle savait que l’alcool sur le long terme ne résoudrait pas leurs problème, sur le moment, cela ne pouvait que leur permettre d’oublier. Ce soir, ils retrouvaient peu à peu l’état d’esprit battant qui les avait habités pendant tout le long du bal. Mais ce soir, il n’y avait qu’eux.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: La complainte des étoiles [PV]   Jeu 24 Mai - 22:31

On n'appelait pas Lilian « La Sirène de Poudlard » sans raison. Elle était envoûtante, et prenait dans ses filets les marins même les plus aguerris. J'avais encore au fond de moi cette idéalisation de Taylord, nos souvenirs, et les restes de cet amour que j'avais éprouvé - ou plutôt compris - trop tard. Mais même malgré cela, Lilian me troublait, comme elle troublait toute la population masculine de Poudlard. Il émanait quelque chose d'elle, de ses gestes, de sa voix - suave et chaude et chantante - de son parfum - Merlin! Il me rappelait vaguement celui que j'avais respiré dans l'Amortentia, même si ce n'était pas aussi franc... Lilian était donc à ce point la femme par excellence pour que quoi qu'il arrive, elle soit plus forte que tout? Mais c'était réducteur de me laisser submerger par tout cela, d'autant plus que j'avais la chance de partager autre chose avec elle. Il était loin le temps où je n'avais d'yeux que pour elle dans le seul but d'espérer un jour recevoir un simple baiser de ses lèvres; aujourd'hui elle comptait sans doute bien plus mais d'une façon différente, car elle était ma sœur de tristesse dans une histoire qui nous liait bien tristement. Et puis, elle était plus qu'une gravure de mode ou un modèle de glamour, elle était quelqu'un avant tout, et quelqu'un avec qui je me sentais proche, bien plus proche que tous les autres, en ce moment. Taylord et Lilian étaient deux Gryffondors bien différentes, je ne retrouvais pas grand chose du caractère de Taylord et Lilian et pourtant au fond il émanait d'elles cette force extraordinaire de ces gens dont le courage et la vaillance prennnent le pas sur tout, quoi qu'il arrive. Elle me rassurait autant qu'elle me soutenait, et en vérité, je n'avais envie d'être avec personne d'autre qu'avec elle. Pas même Stephen car nous ne parlions pas trop de Taylord depuis ce qui s'était passé, pas mes sœurs car elles ne comprendraient pas, pas Ophelia non plus qui je crois était un peu jalouse...

Je n'étais pas quelqu'un d'assuré et de confiant en public, et encore moins devant un tel public. Même avec Taylord je n'étais pas tout le temps à l'aise, parce que voilà, j'avais grandi seul, au milieu du bruit de tous mes frères et sœurs, j'avais préféré mes livres aux jeux des jumelles, le coin du feu à leurs arbres, des activités plus calmes plutôt qu'à leurs courses poursuites dans la maison. C'était ma nature. J'avais mis du temps à me dire que ce n'était pas forcément un défaut, que si j'aimais le calme et le silence et que cela dérangeait les gens, c'était leur problème et pas les miens. Je pouvais être bien sans dire un mot, je pouvais vivre un moment parfait qui ne soit pas en soit extraordinaire ou explosif. J'allais bien au-delà de ce que beaucoup de gens ne voyaient pas. Je fus rassuré de l'entendre me dire que ce soir serait pour nous deux et personne d'autre, et quand elle enroula son bras autour du mien, je me sentis gonflé d'une expression pleine de fierté. Cela ne m'arrivait pas souvent, car le péché d’orgueil n'était pas vraiment le mien, mais cela me fit du bien de me rendre compte que je n'étais pas plus inintéressant que ce Carlton de malheur qui brisait le cœur de Lilian et le mien par la même occasion récupérant Taylord au vol alors qu'elle en valait mille comme lui.

En parlant du loup... Ils passèrent devant nous, à quelques terribles mètres, et la tension régna un court instant.


- Laisse tomber, ils sont ridicules.

Si je fus surpris de son ton soudain digne d'une lionne des rangs de Gryffondor je n'en laissais rien paraître et gardai la tête haute le temps qu'ils disparaissaient. Nous avaient-ils entendus? Lilian avait parlé fort mais sur le ton de notre conversation, et je lui lançai un petit sourire complice quand nous bifurquâmes. C'était peu de choses mais cela faisait du bien. Je souris, le cœur plus léger. Je ne savais pas vers où elle m'emmenait mais j'avais hâte d'y être et que cette soirée soit la nôtre, comme elle l'avait assuré.

- Sinon pour répondre à ta question, bien sûr que oui je suis d’accord. Ce n’est même pas comme si tu avais le choix : ce soir, tu restes avec moi.

Ce sourire et ce coup d’œil éclatant me firent frémir - Merlin qu'elle était belle, cette peau blanche étincelante, ces joues rosies, ces lèvres parfaites et ces dents qui s'y cachaient, ces cheveux souples et brillants comme une cascade. C'en était presque impossible, et elle n'aurait pas été brune de la sorte j'aurais soupçonné des origines Vélanes à son sang. C'était presque magique, ce qu'elle dégageait, mais je ne voyais pourtant aucune explication rationnelle qui viendrait expliquer son pouvoir de séduction.

Notre conversation entrecoupée de silences calmes m'apaisait et réfrénait un peu les battements désordonnés de mon cœur - je ne voulais pas qu'elle les entende, car je ne voulais pas être du même genre que ceux qu'elle attrapait dans ses lignes. Elle était mon amie. J'avais un cerveau, et je l'aimais pour ce qu'elle était et pas - seulement - pour sa beauté. Pourtant je ne voulais pas laisser trop de silences car si moi il me dérangeait, je savais qu'il pouvait être ma perte. J'avais beau m'en accommoder, j'étais persuadé que Taylord ne s'était pas accroché à moi à cause de mon attitude bien plus renfermée que la plupart des gens. Eileen me le rappelait à peu près douze fois par jours, à la maison, et si j'avais pris le parti de la laisser cracher ses ordres de petite cheftaine et de m'assoir dessus, son bourrage de crâne avait fini par s'infiltrer en moi. Etais-je ennuyeux pour les autres? Stephen était un cas à part, car nous nous complétions. Haley... Haley était plus comme moi, mais nous ne pouvions pas nous vanter de faire l'unanimité question popularité. Alors... Alors je ne voulais pas que Lilian aie cette image de moi, à peine commencions nous à nous lier d'avantage.


- Oui je crois aussi… Je pensais que cela irait mieux en rentrant de chez mes parents mais… Oui c’est bizarre mais rassure-toi, je suis sûre que tout va bientôt changer.

Quelque chose me disait, et elle me le confirma, que ce n'était pas en fuyant ce lieu et nos problèmes que nous trouverions la solution. Chez moi aussi le temps avait passé sans rien m'apporter, et je me retrouvais là face aux mêmes fantômes qui m'empêchaient de dormir, parce que j'étais triste et que j'avais mal au cœur et à mes sentiments - je n'aurais jamais pensé qu'on puisse avoir mal au cœur au sens figuré du terme. Et pourtant...

Nous grimpâmes les étages en devisant à voix plutôt basse. Je sentais contre moi son bras fin, trop fin, et la même réflexion que le soir du bal me vint : elle était trop maigre. J'avais envie de lui dire que c'était mal et qu'elle ne devait pas laisser le chagrin lui faire cela, qu'il n'en valait pas la peine. Que Carlton n'en valait pas la peine. Mais elle l'aimait, que pouvais-je répondre à cela? Et puis, j'avais peur de la blesser, et jugeai qu'il valait sans doute mieux attendre un peu plus tard, un meilleur moment. Les couloirs se vidaient peu à peu, puisque les élèves rentraient dans leur dortoir. J'aimais le château à ce moment-là, quand les groupes se formaient dans les salles communes, quand un grand nombre d'endroits devenaient vides et calmes et qu'ils se mettaient à vivre à leur manière. Poudlard était un monde à lui tout seul, et je crois que sept années ne me suffiraient pas à tout découvrir et à en comprendre sa complexité. Je me rappelais de l'attaque des Mangemorts, de leur présence, de la fin : le château avait lutté, résisté avec nous, et cette immense bâtisse était une présence réconfortante, quoi qu'il arrive. Ce soir, je le sentais avec nous également, nous n'étions pas deux mais trois compagnons d'infortune qui cherchions le moyen d'alléger nos idées noires.

Elle prit le chemin du quatrième étage et s'arrêta... Nous arrêta, me stoppant dans ma course car je ne m'attendais pas à ça... devant la bibliothèque.


- J’ai une idée : on va passer la soirée ici.

Malicieuse, elle me lança un petit sourire mystérieux, avec visiblement une idée derrière la tête. Cela suffit à éveiller ma curiosité et ce choix ne me dérangeait pas outre-mesure mais je lui dis quand même, souriant à mon tour :

- Tu sais Lilian... On n'est pas obligés d'aller à la bibliothèque pour me faire plaisir!...


A l'intérieur - elle referma la porte et je la verrouillai avec un sortilège - tout était parfaitement silencieux. L'air sentait le papier, l'encre et la poussière, mais comme toujours l'immense pièce était apaisante, comme si elle nous entourait d'épais coussins moelleux. Je la suivis sans ajouter un mot et nous serpentâmes entre les rayons, sur la défensive, car c'était, bien entendu, entendu. J'étouffai un petit rire qu'elle m'avait communiqué, avant de m'arrêter à ses côtés, au bout de la bibliothèque où, cachés derrière les étagères, il y avait un tapis de poufs au bord des hautes fenêtres au verre irrégulier. Cela ressemblait à un petit nid douillet, et c'était certain, personne ne viendrait nous chercher par ici. Dehors les derniers rayons du soleil mourraient derrière les montagnes et les entouraient d'une couronne brune et dorée, tandis que le parc devenait plus sombre, nuancé de gris. En m'asseyant, je tournai la tête vers Lilian encore debout et face à la fenêtre : la lumière claire donnait des reflets de feu à ses cheveux et sa peau devenait presque dorée elle aussi alors que le bleu de ses yeux paraissait plus pur encore : Dieu qu'il fallait être fou pour rompre avec elle...

Une boule s'était formée dans ma gorge mais je tentai de la faire passer, interrogeant Lilian du regard, qui, sortant sa baguette et s'installant en face de moi, avait fait apparaître une flasque en métal. Elle la porta à ses lèvres. Ses yeux plein d'étoiles malicieuses ne me quittaient pas, et je souris malgré moi. Il régnait une atmosphère étrange, à la fois gênante pour moi, mais aussi enivrante. Elle donnait envie de jouer. Lilian avait une énergie communicative, et en cela, elle était beaucoup plus solaire que Taylord. Elle me tendit alors la flasque.


- Tiens, prends-en une gorgée.

- ...
Je voulus répliquer, mais elle me devança sans mal :

- Ce n’est pas une proposition Scott, c’est une obligation. Je veux que tu boives au moins une gorgée.

- Je... Je ne buvais jamais. Parce que j'aimais pas particulièrement, parce que, aussi, je n'en avais pas l'habitude. Mes amis n'étaient pas trop portés là-dessus. Je savais que chez les Gryffondor les fêtes allaient bon train, mais...

... Mais passer pour une poule mouillée?


- Pour me faire plaisir, s’il-te-plaît.


Ah!... Elle m'avait glissé la flasque dans la main et hypnotisé par son regard je ne fis rien - ce fut pire encore quand elle s'installa à mes genoux, glissant simplement de son pouf, pas trop plus bas que moi puisque les coussins n'étaient pas bien haut, mais assez pour poser ses bras nonchalamment sur ma jambe et lever vers moi ses grands yeux envoûtants.

J'obtempérai. Retenant ma respiration, je bus une gorgée. Je ne retins pas une grimace et une petite exclamation de dégoût - ce goût! C'était fort et âpre et ça prenait à la gorge... Je regardai Lilian, mais ne voulant pas qu'elle croit que je n'étais pas capable de surmonter cela, je bus à nouveau une autre gorgée. Elle fut moins douloureuse que la première - on se faisait aux goûts, même aux plus dérangeants - et je sentis cette fois nettement le liquide couler en moi et répandre sa chaleur dans mon corps. Je lui tendis en retour.


- Je te préviens, confiai-je alors même si ce n'était pas vraiment nécessaire vu mon attitude, je n'ai pas l'habitude de boire.

Ma main vint se reposer sans faire exprès sur ma jambe, donc sur son bras. Le contact si direct avec sa peau me fit tressaillir. Son bras était doux et tiède. Je laissai ma main sans bouger, un peu tétanisé, puis finis par oser bouger mes doigts et passer ma main le long de son avant-bras, ne sachant pas trop si ce geste était autorisé ou si il signifiait quelque chose - pour moi, il signifiait juste que j'avais envie de caresser son bras.

- Il ne faut pas que tu te laisses maigrir comme ça,
murmurai-je alors, sentant le moment propice. Je sais que... Que tu l'aimes, mais il n'en vaut pas le coup. C'était sans doute peu délicat d'attaquer de front celui pour qui elle était triste, mais je voulais qu'elle comprenne : nulle personne ne valait qu'on se fasse tant de mal si en retour, elle n'était pas capable de l'apprécier... Et c'était bien cela, notre problème, n'est-ce pas? Ceux que nous aimions ne nous aimaient plus - ils nous fallait résoudre l'équation, aussi douloureuse soit-elle.

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Lilian Easter
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MessageSujet: Re: La complainte des étoiles [PV]   Mer 30 Mai - 23:51

A les voir, Scott et elle donnaient l’impression d’être deux âmes en peine, deux êtres hantés par des fantômes du passé qui se plaisaient à les taquiner d’une façon malsaine et à les meurtrir chaque fois un peu plus. Scott et Lilian étaient montés si haut dans le plaisir et le bonheur procurés par l’amour qu’ils vouaient à Taylord et Chuck que la chute avait été longue et dure, à l’image de leur ascension. Aujourd’hui encore on les voyait traîner leurs ailes blanches salies par la tristesse et le chagrin derrière eux comme si tous les maux du monde s’étaient abattus sur leurs épaules trop fragiles pour supporter un tel poids. A la suite de leur rupture on les avait regardés comme les deux célibataires malheureux, tristes victimes de la naissance d’un nouveau couple qu’au final, tous les élèves attendaient. On les plaignait, on les regardait avec pitié et compassion ou un semblant de compassion. Parce qu’évidemment, personne ne pouvait comprendre ce qu’ils éprouvaient ou même l’imaginer. Personne ne savaient réellement ce qu’ils vivaient ni ce qu’ils enduraient. Les élèves qui disaient cela ne devaient pas vivre avec constamment cette peur du regard de l’être perdu qui vous pinçait le cœur quand il vous fixait un dixième de seconde mais qui vous arrachait l’âme quand c’était l’autre qu’il dévorait. Tout le temps, tous les jours Scott et Lilian devaient vivre ce calvaire, le vivre et le revivre et sentaient sans cesse leur cœur saigner dans leur poitrine. Et il est clair qu’ils auraient préféré que leurs yeux tombent en poussière plutôt que d’assister chaque jour à ce spectacle.

Mais le destin en avait voulu autrement et semblait apprécier les voir condamnés à ce malheur. Il se régalait devant Lilian qui perdait du poids même si elle arrivait parfaitement à faire croire à tout le monde qu’elle allait bien. Lilian qui mentait à tout le monde et peut-être à elle-même également. Et Scott. Scott semblait avoir été oublié depuis sa rupture avec Taylord alors que lorsqu’ils formaient tous les deux un des couples adorables de Poudlard, tout le monde savait qui il était. Ensuite, enfoui sous son chagrin et l’amour perdu pour Taylord, les élèves ne paraissaient plus se soucier de lui, trop focalisés sur Taylord qui tournait autour de Chuck. Il était de nouveau réapparu lors du bal de Noël avec une cavalière non des moindres. De nouveau il prouvait à la population sorcière qu’il existait et que lui aussi pouvait faire chavirer ces demoiselles, même s’il était clair qu’il y avait plus qu’une simple relation de couple entre lui et Lilian.

Il s’agissait davantage d’une relation de dépendance : l’un avait besoin de l’autre et inversement. Non pas une dépendance malsaine comme celle à l’égard d’une drogue, bien au contraire : elle ne pourrait être que bénéfique aux deux jeunes gens. Parce que Lilian admirait Scott. Pour son intelligence, ses yeux profonds, sa capacité à tirer avantage des choix qui s’offraient à lui et par là elle entendait la soirée du bal où il lui était apparu comme regonflé de fierté et elle était également séduite par sa fragilité. Celle-ci la touchait au plus profond d’elle et elle désirait lui apporter tout le réconfort dont il aurait besoin. Quand Scott lui souriait, ce sourire avait beaucoup plus d’impact qu’à l’ordinaire : il atteignait son cœur et lui arrachait à son tour un sourire. Parce qu’elle savait que ce n’était que pour elle, pour la Sirène déchue qu’elle était qu’il souriait et non pour la séductrice. La jeune fille adorait Scott aussi parce qu’elle savait qu’elle n’avait rien à lui prouver et c’est à lui, à lui seul peut-être qu’elle s’affichait si naturellement, sans aucun artifice de séduction. Lui seul pouvait admirer une autre beauté dont elle se parait en ces temps difficiles : la beauté mélancolique, triste qui n’en restait pas moins angélique et irrésistible. Quand les perles brillaient au fond des lagunes paradisiaques de ses magnifiques yeux, ce n’étaient pas celles de la séduction et du jeu dont la Sirène se parait habituellement mais celles de la fragilité et de la tristesse apparentes. Quand ses lèvres roses et tendres s’étiraient pour dévoiler les dents blanches comme l’ivoire, ce n’était pas pour qu’elles se transforment en une belle lame pour pourfendre le cœur transi de Scott mais pour lui appoter du réconfort et lui montrer qu’elle était comme lui et qu’il pouvait tout lui dire et tout lui demander, elle s’exécuterait.

Et c’est parée de cette beauté naturelle et mélancolique que Lilian dévisagea Scott lorsqu’ils arrivèrent près des poufs. Les paroles qu’il avait prononcé l’avaient fait émettre un petit rire doux. «Tu sais Lilian... On n'est pas obligés d'aller à la bibliothèque pour me faire plaisir!... » Si ce soir, l’un comme l’autre avait besoin de se changer les idées et il n’y avait que le plaisir qui y parviendrait. Lilian se sentait redevable envers Scott et souhaitait réellement lui faire plaisir afin que tous les deux se retrouvent enfin seuls. Tous les deux et rien que tous les deux.

Ce plaisir commença dès qu’elle lui demanda de boire une gorgée d’alcool et que le jeune homme la regarda comme si elle venait de lui demander de lui enlever sa jupe pour qu’il voie ce qu’elle portait en-dessous. C’est cette différence de caractère et de tempéraments entre lui et elle qui la charmait. Lui si réservé et elle si expansive, deux opposés qui se rapprochaient pourtant. Comme elle l’avait prévu, quand Scott la vit s’agenouiller presque à ses pieds, son air et son regard suppliants rivés sur lui, il ne put résister et se munit de la flasque.


- Je te préviens, je n'ai pas l'habitude de boire.

Lilian eut un tendre sourire mais se tut pour le moment, amusée d’avance à l’idée de voir la tête que ferait le jeune homme après sa première gorgée d’alcool. En effet : un rire cristallin émana de sa gorge qu’elle renversa en arrière quand la belle le vit tirer une grimace de dégoût. Mais contre toute attente, Scott reprit une deuxième gorgée ce qui transforma le rire de velours en un grand sourire sur les lèvres de Lilian.

- Il y a un début à tout et justement, c’est le moment de fêter ce jour ! Allez, prends-en une troisième. Clairement, comme la première fois, la rouge et or ne lui laissa pas le choix et tendit la flasque en direction de Scott et la colla contre ses lèvres. Elle lui versa délicatement mais non moins malicieusement une petite gorgée avant de la reprendre et de boire à son tour.

Alors que le liquide se déversait dans son œsophage puis son ventre, la sirène sentit sa peau se hérisser et ce frisson n’était aucunement dû à l’alcool. Furtivement, elle retourna la tête et s’aperçut que les doigts de Scott parcouraient tout doucement son bras toujours posé sur son genou. La surprise disparut de son visage et rassurée, elle but une nouvelle gorgée.


- Il ne faut pas que tu te laisses maigrir comme ça. Je sais que... Que tu l'aimes, mais il n'en vaut pas le coup.

Touchée par ces paroles, Lilian baissa doucement la tête et sa main qui tenait la flasque. Cependant, elle n’eût pas le courage d’affronter le regard profond de Scott et détourna le sien vers le sol. Elle était presque vexée d’avoir été percée à jour par Scott et ce, parce qu’elle restait tout de même une lionne fière. Des étoiles s’allumèrent dans ses magnifiques yeux alors que son regard fixait toujours le sol.

- Je sais mais… Je n’y arrive pas. C’est difficile de le voir et de savoir que lui, il ne me voit même plus. Je pensais que ça serait la solution et en même temps, c’est venu presque naturellement… Elle prenait conscience de l’horreur de ses paroles mais tout n’était que pure vérité. Au lendemain de leur rupture, Lilian n’avait plus éprouvé la sensation de faim et s’était faite violence pour remanger correctement même si aujourd’hui elle restait encore trop maigre. Alors que toi je sais que tu en vaux la peine. Tu es adorable Scott et j’ai vraiment énormément de chance de t’avoir.

Enfin elle reposa ses diamants azurs sur lui ; diamants qui scintillaient incroyablement et illuminaient son visage à la peau de lys. Mais, consciente qu’il ne fallait pas se laisser envahir par la tristesse elle se releva et attrapa les mains de Scott pour l’obliger à se relever.

- Viens, je vais te montrer quelque chose : tu vas voir c’est amusant !

Espiègle et joueuse comme une enfant, elle attira Scott à quelques pas des poufs, au centre du cercle qu’ils formaient et où les derniers rayons du soleil brillaient encore et formaient une sorte d’auréole dorée tout autour d’eux. La superbe rayonnait aux côtés des rayons dorés comme si elle eût été l’égal de l’astre du jour et son grand sourire ravi ne faisait qu’ajouter à cette dimension irréelle et déesse. Apollon venait d’illuminer ses yeux par de nouvelles étincelles, remplaçant celles de tristesse par des dizaines de petits soleils qui semblaient danser au fond des océans bleus.

Amusée d’avance, Lilian lâcha ses mains et remonta les siennes au niveau de son col de chemise.


- Alors d’abord, on va déboutonner cela… Sur ce, elle défit les trois premiers boutons de la chemise blanche de Scott et à plusieurs reprises, elle crut sentir le sang de Scott battre sous la pulpe de ses longs doigts effilés. Mais la belle n’en tint pas rigueur et continua son jeu. Ensuite, on va faire comme ça...! Elle tira un pan de la chemise hors du pantalon du jeune homme qu’elle laissa pendre sur sa hanche et déboutonna les manchettes avant de les rouler et les remonter jusqu’au niveau du coude. Voilà ! Tu es superbe ! Tu vois : comme quoi on peut être intelligent, avoir du style et être aussi très beau garçon.

Enfant pendant encore quelques secondes, elle tenait les mains de Scott entre les siennes, fraîches et douces et se plaisait à admirer le résultat de son expérience avant d’effectuer un tour sur elle-même, ravie au possible. Alors que ses mèches fines et soyeuses achevaient de retomber délicatement sur ses épaules, Lilian recouvra son sérieux et de nouveau, le naturel reprit place sur son visage angélique. De nouveau elle saisit les mains de Scott et planta son regard dans l’azur du sien.

- Mais il te manque encore quelque chose pour être vraiment parfait.

Là, elle plaça les mains du jeune homme sur sa chute de rein et les siennes vinrent s’entremêler sur sa nuque. La belle fixa Scott presque amoureusement une dernière fois avant d’approcher son visage du sien et de poser tendrement ses lèvres sur les siennes. Comme le soir du bal elle renouvelait leur baiser ; pour lui prouver qu’il n’était pas seul et qu’elle serait désormais toujours là pour lui. Puis, par habitude peut-être, ses mains de fée appuyèrent sur la nuque de Scott et l’obligèrent à se rapprocher d’elle au fur et à mesure qu’elle mettait plus de tendresse dans leur baiser. L’étreinte se relâcha, le baiser se termina et, voulant laisser à Scott le temps de reprendre ses esprits, Lilian nicha sa tête sur sa poitrine et sentit alors le cœur du jeune homme battre sous son oreille. Mais cela ne la dérangea aucunement ; le sien battait à la même allure dans sa poitrine et Scott devait certainement l’entendre.


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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: La complainte des étoiles [PV]   Ven 8 Juin - 18:15

Jamais je n'aurais pu espérer un jour en arriver là. L'ironie de la vie était étonnante, n'est-ce pas? J'étais arrivé à Poudlard, un peu perdu il fallait bien le reconnaître, et les filles pour moi restaient un bien grand mystère, et puis, j'avais tout le temps la tête dans mes livres. Bien sûr, comme tous les garçons de Poudlard, je trouvais Lilian Easter magnifique, parce qu'il y avait peu de filles comme elle. J'avais même eu la chance de lui parler un jour - à cette époque, c'était resté l'un des moments les plus inattendus de ma vie. Mais au fond, que savais-je de Lilian? Rien. Et puis il y avait eu Taylord, il y avait eu cette histoire bien trop vite terminée mais qui restait une histoire - et cela je ne pouvais pas le regretter - parce que je m'étais longtemps cru bien trop timide et secret pour espérer un jour avoir une petite copine. Mais Taylord était arrivée sans que je le prévois, et cela s'était fait avec une telle simplicité que je n'avais même pas eu le temps d'avoir peur... La simplicité, elle me manquait; tout était tellement facile quand j'étais avec Taylord... Mais, bref, parce que les belles histoires ont une fin - c'est d'ailleurs cela qui les rend belles - je m'étais retrouvé seul, et voilà que, de la manière la plus naturelle du monde, ma compagne d'infortune n'était autre que Lilian Easter, victime collatérale du même malheur que moi... Pourtant ce n'était pas la même Lilian que quand je pensais à elle, avant, ce n'était pas cette fille absolument parfaite, c'était une toute autre personne. Elle était toute aussi belle mais... Elle était elle-même, surtout, et j'avais compris depuis le bal que je préférais cette Lilian là, celle qui avait ses petites imperfections, celle qui avait été quittée, celle qui avait du chagrin et qui ne savait pas trop, comme moi, comment faire pour s'en sortir. A force d'être trop parfaite Lilian en devenait intouchable; j'aimais mieux celle qui avait tremblé contre moi lorsqu'on avait vu Taylord et Chuck danser ensemble au bal de Noël. Je n'aimais pas cette Lilian malheureuse parce qu'elle avait trop maigri, victime de son chagrin, mais j'aimais cette Lilian plus simple et plus... réelle.

Pourtant, ce n'était pas pour autant que cette Lilian plus "proche" de moi me laissait indifférent. Elle débordait d'assurance là où moi je n'étais pas forcément à mon aise, elle prenait les choses en main quand moi je n'aurais certainement pas osé. Comme au bal. Quelque chose resplendissait autour d'elle, toujours, et même sa tristesse ne tuait pas cet éclat pour autant. Je me trouvais tellement bête, d'être si différent, si empoté, mais réellement je ne savais pas comment faire et...

Mais j'avais accepté de boire à la flasque qu'elle m'offrait, et je n'allais pas faire marche arrière. Apparemment, tout était une question d'habitude, et si le liquide me brûlait l'intérieur du corps et me laissait un goût plutôt fort dans la bouche, après tout, j'avais l'âge d'essayer ce genre de choses. Si je ne l'avais jamais fait, c'était juste que je ne traînais pas avec des gens qui avaient l'habitude de boire chaque fin de semaine, et chez moi, on ne nous initiait pas trop à ce genre de choses. Mes parents, quand ils étaient là, buvaient rarement, seulement le week-end avec les amis et ils nous considéraient trop jeunes pour prendre part à l'apéro "entre grandes personnes". Forcément, c'était souvent des déjeuners d'affaires, et nous avions mieux à faire que d'écouter leurs conversations pas vraiment distrayantes. Je me souvenais avoir tout le temps considéré, avec les jumelles, les bouteilles d'alcool comme quelque chose d'étrange et d'un peu dégoûtant. A Poudlard, avec les années, je m'étais rendu compte que ça ne l'était pas tant que ça, puisque beaucoup d'élèves aimaient en boire - en cachette, évidemment - mais je n'avais jamais vraiment eu l'envie d'essayer, sans trop savoir pourquoi. Et puis, les effets ne me faisaient pas très envie - encore moins les effets du lendemain.

Mais après tout, pourquoi ne pas essayer? J'étais en bonne compagnie, et bien décider à me changer les idées. Pour une fois, je pouvais bien m'accorder de vivre l'instant présent sans penser à la suite...


- Il y a un début à tout et justement, c’est le moment de fêter ce jour ! Allez, prends-en une troisième.

Elle porta elle-même la flasque à mes lèvres et j'obtempérai, troublé encore une fois par ce regard qu'elle vrillait au fond de mes yeux et je ne pouvais pas détacher les miens; je ne sais pas si ce fut parce qu'elle me fit boire mais je trouvai la boisson bien plus agréable que les deux premières fois et ne grimaçai même pas.

- Je sais mais… Je n’y arrive pas. C’est difficile de le voir et de savoir que lui, il ne me voit même plus. Je pensais que ça serait la solution et en même temps, c’est venu presque naturellement… Alors que toi je sais que tu en vaux la peine. Tu es adorable Scott et j’ai vraiment énormément de chance de t’avoir.

Cela me fit mal de l'entendre dire cela, ce que je pensais moi aussi d'ailleurs, et justement parce que je savais ce que cela faisait à l'intérieur, je n'avais pas envie de constater qu'elle vivait les mêmes choses. Mais que faire... Nous étions bien ensemble, ce soir, mais jusqu'à quel point cela pansait nos blessures? J'aurais aimé pouvoir affirmer que cela allait tout effacer, mais j'avais bien peine à y croire. Et puis, sa peau sous mes doigts m'empêchaient de garder la tête froide. Je ne savais pas trop à quel jeu elle jouait mais ses attitudes, ses regards, sa grâce à couper le souffle et cette impression que j'avais qu'elle ne regardait que moi... Je n'osais pas trop y penser mais...

Il fallait que je lui réponde mais cet aveu m'avait pris de court et je ne sus quoi dire pendant quelques secondes, le temps que je la regarde droit dans les yeux avec tous plein de mots qui se bousculaient dans ma tête mais qui ne s'arrangeaient dans aucun ordre. Moi aussi, j'ai de la chance de t'avoir. Je me sens bien avec toi. Heureusement que tu es là, sinon...

Elle ne me laissa pas le temps et sauta sur ses pieds avec un entrain resplendissant comme si nous ne venions pas d'aborder un sujet sensible, elle était si belle éclairée par la lumière dorée qui mourrait petit à petit derrière les montagnes que je me sentis d'humeur plus légère moi aussi, et la suivis sans rechigner.


- Viens, je vais te montrer quelque chose : tu vas voir c’est amusant !

J'aurais menti si j'avais affirmé que je pouvais détourner mes yeux d'elle. En vérité, ça m'était complètement impossible. Immobile, je sentis ses mains monter le long de ma chemise, en défaire des boutons, puis en tirer le bas, en remonter les manches... C'était un rêve, ou bien cela y ressemblait fortement. A part mon coeur qui tambourinait fort dans ma poitrine, je n'étais plus très sûr d'être encore en vie. Lilian devant moi parlait et semblait s'amuser franchement, et elle tournoyait autour de moi, et ses cheveux rebondissaient sur ses épaules et jamais je n'avais remarqué la texture de ses cheveux si précisément, lourde et délicate à la fois; quant au reste je ne préférais pas trop m'attarder sur sa silhouette et... Je savais que rester interdit n'était sans doute pas la meilleure tactique à adopter, mais je n'étais plus trop maître de rien. Lilian évoluait avec une telle facilité dans des situations pareilles, et ses gestes pourtant pas forcément des plus banals ne la choquaient en rien. J'aimais cela chez elle : son goût pour la provocation et le fait qu'elle l'assume pleinement. Je savais qu'elle ne se posait même pas la question, et ça m'aidait à me sentir plus à mon aise.

- ... Voilà !, finit-elle après un dernier tour autour de moi. Ses yeux riaient et je ne pouvais m'empêcher de sourire, parce que sa bonne humeur m'était communicative. Tu es superbe ! Tu vois : comme quoi on peut être intelligent, avoir du style et être aussi très beau garçon.

Gêné de ce compliment je ne pus que sourire et jeter un regard vague à ses petits arrangements, tout en essayant de ne pas me focaliser sur le fait qu'elle m'avait fait un compliment qui venant de la part de Lilian Easter valait tout son pesant d'or. Je tentai une diversion :

- Pourquoi tu fais ça? demandai-je, en essayant d'avoir l'air amusé, alors que plus ça allait plus je redoutais ce qui allait arriver... Enfin, je l'appréhendais, mais de là à dire que je ne le voulais pas...


- Mais il te manque encore quelque chose pour être vraiment parfait.

Je ne m'étais pas trompé. Je fermai les yeux, osant à peine serrer mes mains qu'elle avait posé sur sa taille. Et ce n'était même pas un rêve.

Ce n'était pas comme le soir du bal; cette fois ce fut un véritable baiser, qui dure et qui coupe le souffle. Il ne ressemblait à aucun autre - mais aucun baiser ne se ressemblait, il fallait croire - et je crois que je compris encore plus pleinement le pouvoir de Lilian en cet instant. Par son souffle mêlé au mien elle m'insufflait un peu plus de son rayonnement et de sa combativité, et j'oubliai tout pendant quelques instants. Ses lèvres si belles dont la majorité des garçons de Poudlard ne feraient qu'en rêver étaient douces sous les miennes et son visage contre le mien m'irradiait tout entier. Cette dernière barrière tombée, je me sentis d'avantage proche d'elle, d'avantage sous son charme aussi, mais lorsque je la serrai un peu contre moi - sans trop oser pour autant - je la sentis vulnérable un petit peu, même si elle le cachait bien. Ses côtes sous mes doigts étaient trop saillantes, et je savais pourquoi. Ses mains accrochées à ma nuque me provoquait des frissons partout dans le corps et ce baiser était sans doute l'un de plus sensuels que je n'avais jamais connu, mais j'avais peur en moment - et si je ne lui faisais pas autant d'impression? Pour une fois, j'avais envie d'être plein d'assurance, et je m'en voulus de ne pas en être capable.

Quand elle enleva ses lèvres ds miennes et posa sa tête contre moi j'essayai de respirer doucement pour calmer le tourbillon dans ma tête; je ne voulais surtout pas penser à Taylord, à Carlton à qui je faisais un joli pied de nez en embrassant à mon tour son ex-copine, parce tout ça ne m'importait plus. Ce soir, il n'y avait que nous. Nous avions fait une promesse.

Qu'est-ce qu'on faisait? Je n'étais pas sûr de le savoir. Sauf que pour la première fois je me sentais libéré d'un poids - ce baiser avait le goût de l'espoir, parce qu'après tout, tout restait possible, non? Taylord et Chuck n'allaient pas nous étouffer toute notre vie...


- J'aurais du me mettre à boire plus tôt, finis-je par chuchoter, le sourire aux lèvres.

J'osai un peu plus et je passai ma main sur ses cheveux, doux et lisses. Mais au fond, quelque chose me retenait. Je fermai les yeux, posant ma joue sur sa tête. J'avais envie de profiter de chaque instant. Autour de nous, la bibliothèque et silencieuse et commençait à glisser doucement dans la pénombre.

Je n'avais pas envie de lui faire du mal. Quoi que l'on fasse, je n'avais peur que d'une chose : la blesser d'une manière ou d'une autre. En vouloir trop, ne pas en vouloir assez, ne pas faire ce qu'il fallait. Et je voulais, juste ce soir... Que tout se passe à la perfection, pour elle comme pour moi.

Je bougeai légèrement ma tête et l'embrassai à mon tour, avec le sentiment de faire quelque chose d'absolument irraisonnée, mais l'envie prenait le pas sur la raison. Et puis, quand on s'embrassait, j'oubliais tout le reste, toutes ces questions qui restaient en suspens et qui faisaient mal... Nous enivrer et nous réconforter, n'était-ce pas la meilleur des manières de nous éloigner un peu de tous nos problèmes? C'était doux, et je ne voulais rien arrêter. Quand j'écartai un peu mon visage du sien, je regardai Lilian droit dans les yeux. Que voulait-on? Où allions-nous? Je n'en savais rien. Et aussi étrange que cela puisse paraître, j'étais prêt.

Avec un petit sourire aux lèvres, j'attrapai la flasque à mon tour cette fois, et en bus quelques gorgées. Puis je lui tendis, sans quitter son regard. Elle avait raison : c'était amusant.


- Je veux encore m'amuser, lui murmurai-je à l'oreille. Je ne savais pas trop comment lui dire autrement que... Je la suivais. Je posai ma main sur sa joue. Toi aussi, tu en vaux la peine, tu sais? Et je n'ai envie d'être nulle part ailleurs qu'ici...

J'avais plusieurs fois déploré qu'il n'y avait qu'elle pour comprendre ce que je vivais. Aujourd'hui, je m'en félicitai. Parce que cela, ce soir-là... Ça n'appartenait qu'à nous.

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Dernière édition par Scott McBeth le Mer 27 Juin - 16:21, édité 1 fois
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Lilian Easter
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Localisation : Dans le lit avec Iron Man. Et tu es prié(e) de dégager, on n'aime pas les plans à 3. (A part si tu t'appelles Jack Sparrow, que tu as du rhum et de la pâte à crêpes...) Quoi? C'est quoi cet air choqué, vous êtes toujours puceau ou quoi? Question suivante !
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MessageSujet: Re: La complainte des étoiles [PV]   Mer 13 Juin - 0:25

Lilian se réjouissait d’avoir Scott à ses côtés. Elle avait tellement besoin de lui qu’elle se demandait comment elle ferait pour s’en sortir s’il n’était pas là. Déjà elle s’en voulait presque de ne pas être venue le chercher plus tôt car il est clair que si elle était venue le voir dès le début, au lendemain de sa rupture avec Chuck, elle ne serait pas tombée dans cet abyme dont elle peinait à émerger sans aucun mal. Entre eux deux se créait une relation de dépendance qui ne pouvait leur être que bénéfique et Lilian priait pour que rien ne puisse l’altérer. Elle voulait garder Scott pour elle mais pas au même titre que Chuck, à une place bien mieux et bien plus particulière. Une place bien plus chère à ses yeux. En aidant Scott, elle s’aidait également. En lui redonnant espoir, elle se remettait à espérer également. En le faisant rire, son rire cristallin résonnait dans sa gorge. Ce soir, la belle savait que Scott n’avait d’yeux que pour elle mais c’était tellement différent que dans une situation de séduction ; elle n’avait même pas à séduire Scott pour lui plaire. Le jeune homme voyait en elle une autre part qu’elle n’était pas habituée à dévoiler. Tous ses artifices de séduction disparaissaient naturellement sous le chagrin et la mélancolie qui faisait briller ses yeux et la rendait encore plus irrésistible peut-être. Lilian n’avait pas besoin d’un sourire charmeur, d’une mèche de satin replacée derrière son oreille ou de baisser le regard, en fausse ingénue qu’elle se plaisait à incarner parfois pendant de courtes secondes. Scott avait sous ses yeux un véritable ange déchu qui espérait remonter au royaume des cieux pour retrouver son empire éternel et c’était peut-être l’une des plus belles visions que pouvait offrir Lilian.

Elle qui était si habituée à tout contrôler, à faire tomber les garçons un à un dans ses filets, s’était retrouvée démunie face à ce destin qui se bousculait autour d’elle, qui chamboulait tout ce qu’elle était habituée à connaître et qui lui balançait les fatalités de Chuck au visage. La chute avait été dure. La découverte de son royaume détruit encore plus et relever la tête la blessait, cela la heurtait tant cela semblait impossible à refaire. La Sirène avait donc dû se heurter à des maux et des sentiments qu’elle n’avait jamais connu et elle détestait se confronter au commun des mortels qui ne semblaient vivre que pour souffrir et endurer moult souffrances. Mais Scott lui prouvait que tout pouvait changer et que tout changerait. Scott lui prouvait que tout était possible, qu’elle pouvait remonter sur le mont Olympe et rien que pour cela, rien que pour le remercier, Lilian l’emmènerait avec elle. Et elle commençait dès maintenant en bousculant gentiment ses habitudes en lui faisant goûter à la boisson. Lui aussi commençait à changer et semblait apprécier un peu plus l’alcool à chaque nouvelle gorgée. Cela faisait sourire la superbe car elle constatait que Scott était décidemment plein de bonnes surprises, ce dont elle n’avait jamais douté mais également plein de bonnes intentions.

Chaque seconde qui passait et s’écoulait entre eux lui donnait davantage envie de se rapprocher de lui, d’enserrer sa nuque de ses bras, de se serrer contre lui pour poser sa tête contre son torse et entendre les battements de son cœur afin de s’y laisser bercer. Elle voulait lui apporter tout le réconfort dont elle serait capable, elle voulait lui accorder tous ses sourires magnifiques, elle voulait qu’il voie que ce soir aussi, elle n’avait d’yeux que pour lui et que plus jamais elle ne voulait qu’il ne lui arrive du mal.

Mais qui avait été commis était le cadet de leur soucis maintenant qu’elle se tenait devant lui, s’amusant à le relooker à sa guise. Lui se laissait faire, sûrement perdu en contemplation devant l’ange qui s’affairait à retirer un pan de sa chemise de son pantalon et passait ses mains sur son torse, certainement pas aussi innocemment qu’elle ne le laissait paraître. L’excitation montait en Lilian qui avait du mal à ne pas se trahir elle-même par ses yeux qui brillaient comme les pus magnifiques joyaux du monde. Un instant elle retombait enfance, lorsque tout était beaucoup plus facile ; où personne ne comprenait ce qu’étaient réellement les sentiments, où l’on changeait d’amoureux comme de chemise ou de robe et où l’on pensait que tout serait toujours aussi simple. Aujourd’hui, elle aurait voulu sourire parce qu’on lui avait cueilli un bouquet de fleurs dans le parc, elle aurait souhaité rire à en avoir mal au ventre après des roulés boulés dans l’herbe. Elle aurait également voulu pleurer pour un genou écorché et non pas pour un cœur meurtri et blessé. Mais en un sens, elle ne regrettait pas que cela soit Scott qui lui apporte le réconfort dont elle avait besoin car même si elle avait eu celui de ses parents, parce qu’elle grandissait et n’était plus une enfant, les câlins d’une mère et d’un père ne suffisaient plus à lui redonner toute son assurance et à s’envoler de nouveau. Scott, lui, avait cette capacité et était plus que jamais son remède.

Quand elle eut fini, fière du résultat et consciente que cela signifiait que son retour en enfance prenait fin, Lilian prit un dernier malin plaisir à tourner entre les bras de Scott, comme si elle faisait voler autour de sa taille une toute nouvelle robe que sa mère venait de lui offrir. Et elle ne répondit pas à la question de Scott lorsqu’il lui demanda pourquoi est-ce qu’elle faisait tout cela et se contenta de le fixer innocemment de ses grands yeux bleus, une ombre de sourire sur ses lèvres roses. Parce qu’elle redevenait pour quelques infimes secondes l’enfant espiègle qu’elle avait été et aussi parce qu’au fond, elle ne savait pas vraiment quoi répondre pour le laisser encore un peu dans l’ignorance. Même s’il savait. C’était évident. Au moment où elle prononça ces quelques mots, il savait ce qu’elle allait faire. Mais il n’allait rien faire pour l’en empêcher parce que Lilian savait aussi qu’il ne refuserait pas son baiser, comme il n’avait pas refusé celui du soir du bal. Ses lèvres avaient le même goût d’alcool qu’à Noël, en plus prononcé toutefois mais la sirène ne détestait pas. Ses doigts entremêlés sur sa nuque crurent sentir un ou deux frissons descendre tout le long de son échine mais la belle l’oublia très vite ; cela lui fit même resserrer son étreinte autour de sa nuque.

La jeune fille sentit son corps se réchauffer contre celui de Scott lorsqu’elle posa sa tête sur son torse. L’alcool qu’elle avait bu lui prodiguait une température corporelle agréable et elle espérait qu’il en était de même pour Scott.


- J'aurais du me mettre à boire plus tôt

Surprise mais amusée par ses propos, elle redressa immédiatement la tête pour lui faire face et lui offrir un ravissant sourire dévoilant sa dentition de perles blanches.

- On peut rattraper le temps perdu si tu veux. La sublime le fixait de ses lagons turquoises qui brillaient de joie malicieuse.

Les mains du jeune homme se mirent à parcourir sa chevelure soyeuse et attendrie, Lilian reposa la tête sur son torse et sur laquelle il déposa doucement sa joue. Même si elle se doutait de ce qui allait suivre, elle ferma les yeux pour tenter de réfréner les battements de son cœur et calmer sa respiration. Alors qu’elle allait rouvrir les paupières, les lèvres de Scott se posèrent de nouveau sur les siennes et elle répondit immédiatement au baiser ce qui, au passage, ne fit qu’accélérer les battements de son cœur. Tout comme il l’avait commencé, c’est lui qui rompit le baiser et plongea ses yeux profonds dans les siens et là encore, Lilian ne put diminuer les battements de son cœur qui battait la chamade dans sa poitrine.

Scott attrapa la flasque et en but quelques gorgées avant de la lui tendre et la belle s’exécuta immédiatement. Elle fit couler l’alcool dans sa gorge sans jamais quitter Scott des yeux, un air de défi y brillant. Quand ses lèvres quittèrent le métal, elle sentit des fourmis parcourir ses jambes qui lui semblaient beaucoup plus légères.


- Je veux encore m'amuser

Ces paroles susurrées à son oreille lui hérissèrent la peau, contre toute attente. Lui hérissèrent la peau de plaisir car il répondait à son appel du jeu et c’était défier la plus grande que de prononcer ces quelques mots qui n’étaient nullement vides de sens. Et cela, Lilian l’avait très bien compris. Lilian qui voulut répliquer qu’elle aussi, qu’elle n’attendait que cela mais qu’avec lui, il s’agissait bien plus que d’un simple jeu mais la main de Scott sur sa joue l’invita à se taire et à le laisser continuer parler. Elle ne s’en plaignait toutefois pas car elle avait alors le loisir de le dévisager pendant qu’il parlait et elle n’allait pas s’en priver.

- Toi aussi, tu en vaux la peine, tu sais? Et je n'ai envie d'être nulle part ailleurs qu'ici...

Comme l’étincelle qui allume un brasier qui devient un incendie, le sang de Lilian ne fit qu’un tour et se mit à battre contre ses tempes. Scott venait de craquer l’allumette qui ralluma les soleils du jeu malicieux dans les magnifiques yeux de la belle. Son sempiternel sourire charmeur en coin étira les lèvres tendres mais fut étrangement très vite remplacé par l’autre légendaire, le sourire ravi et ravissant qui dévoilait la dentition d’ivoire de la jeune fille.

- Alors autant en profiter et passer la nuit ici… Sa voix de velours s’était faite séductrice à outrance et Lilian défia une dernière fois Scott du regard avant de l’embrasser de nouveau.

Tendrement d’abord, comme lors des deux baisers précédents mais y mêla petit à petit un peu plus de fougue ; cette fougue qui bouillait dans son sang et ses veines et pressait son corps contre celui de Scott. Inconsciemment, elle se mit à avancer doucement, faisant par conséquent reculer Scott vers les poufs qu’ils venaient de quitter quelques minutes auparavant. Ses mains qui s’étaient une nouvelle fois enroulées autour de sa nuque s’étaient détachées et commençaient à descendre le long de ses bras avant de remonter sur sa taille puis à nouveau sur son buste. N’ayant calculé ni l’espace qui les séparaient des poufs ni la fougue qui animait leur baiser, Lilian à force d’obliger Scott à reculer le fit tomber sur le pouf sur lequel il était assis tout à l’heure. La chute leur fit rompre leur baiser et, étendue sur Scott, Lilian releva son buste et replaça une mèche de ses cheveux, un petit rire émanant de sa gorge.


- C’est bien plus qu’un jeu Scott. Dit-elle en le fixant tendrement, oubliant encore une fois toute la séduction dont elle usait car elle savait qu’elle n’avait pas besoin de cela en présence du jeune homme. Machinalement, sa main droite s’était mise à jouer avec l’un des boutons défaits de la chemise de Scott sans que la jeune fille s’en rendre réellement compte. Ce n’est que lorsqu’elle en prit conscience et que le regard abyssal de Scott croisa le sien qu’elle comprit. Qu’elle comprit qu’il savait tout autant qu’elle que ce n’était pas un simple jeu auquel ils jouaient mais qu’il en allait de leur rétablissement.

Lilian voulait lui faire oublier Taylord et elle ne voyait qu’une solution pour résoudre ce problème. De nouveau elle rapprocha son visage taillé par les anges du sien et l’embrassa avec toute la tendresse dont elle était capable. Sans savoir pourquoi, sa main qui jouait avec le bouton serra le pan de la chemise de Scott et son corps qui ondulait presque sur celui de Scott se tendit un bref instant. Puis sa main gauche remonta sur le torse du jeune homme et, comme pour aider sa compagne à se détendre, elle entreprit de défaire un autre bouton de la chemise alors que ses lèvres quittaient doucement celles de Scott pour descendre sur son cou et le parsemer de baisers délicats. Alors que ses mains continuaient de descendre sur son torse et que le prénom de Scott commençait à obnubiler ses pensées, Lilian prit véritablement compte de la relation qui désormais la liait à Scott : ils étaient leur propre remède et cette nuit était celle de leur rétablissement.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: La complainte des étoiles [PV]   Mer 27 Juin - 17:32

Bien sûr, que j'avais peur. Je m'étais engagé dans cette voie complexe sans réaliser distinctement vers quel but elle allait me mener. Lilian et moi, ça coulait de source, c'était vital, parce que nous avions besoin l'un de l'autre pour faire front, pour panser nos plaies et sauver notre honneur. Mais je n'avais pas forcément pris en considération que ce « Lilian et moi » pouvait avoir un sens bien plus... intime. Qu'elle et moi pouvions nous allier plus que par simple besoin de soutien moral. Lilian et moi... J'avais beau m'être habitué à sa présence près de moi, ses regards uniquement pour moi, à nos secrets et nos confidences, j'avais encore du mal à vraiment me rendre compte. Si Lilian avait pris un tout autre visage au fur et à mesure que j'apprenais à la connaître, et que je la préférais ainsi, elle restait cette icône dont tous les garçons qui avaient un jour croisé son chemin rêvait au moins une fois. C'était trop beau pour être vrai, en réalité, mais j'avais décidé d'arrêter de dire ce genre de choses. Taylord, Stephen : j'en avais assez de m'écraser et de me cacher dans les plis de mon manque d'assurance. Taylord avait préféré Chuck, et Stephen, eh bien Stephen... Stephen se jouait des gens qui l'aimaient comme bon lui semblait, et moi, j'étais trop bon et j'acceptais. Avec Lilian, j'avais envie que ce soit différent; de croire ses paroles, de croire qu'elle m'appréciait pour ce que j'étais et pas uniquement parce qu'elle avait perdu Carlton et que j'étais là au bon endroit et au bon moment. Comme si elle m'avait entendu, elle me répondit :

- On peut rattraper le temps perdu si tu veux.

J'avais encore le goût de son baiser sur les lèvres et l'esprit agréablement bercé de nos sensations et de l'alcool qui, même si j'en avais bu peu, commençait à faire son petit effet, car je n'étais pas habitué à boire. Jamais la bibliothèque ne m'était apparue comme un espace aussi... rebelle, le siège de nos transgressions, où nous buvions de l'alcool alors que c'était interdit, où nous avions pénétré par effraction, où nous nous livrions à un petit jeu qui ne ressemblait en rien à ceux qui s'y jouaient la journée...

Il se passait quelque chose et elle comme moi nous le savions; seulement, je n'étais pas certain de ne pas avoir peur d'aller jusqu'au bout. C'était peut-être une chose aisée pour elle, parce qu'elle avait eu Carlton avant, et sûrement d'autres, qu'en savais-je. Mais elle maniait trop bien l'art de la séduction pour ne pas la maîtriser jusqu'au bout, et à cela, je n'avais pas beaucoup de poids pour contrebalancer le tout. Taylord avait été la première et avec elle j'avais mis du temps à la prendre réellement dans mes bras et à l'embrasser à tout bout de champ, parce que ça ne me venait pas naturellement. C'était d'ailleurs sans doute ce qui avait causé ma perte. Je n'en avais pas honte, mais dans ce cas il était évident que... Nous n'étions pas allés plus loin. Et, dans ce cas, je n'avais pas beaucoup d'expérience en la matière. J'eus brusquement peur du jugement de Lilian, tout en me disant en mon for intérieur que j'étais le dernier des imbéciles et que ma timidité aurait un jour ou l'autre raison de moi.

Mais au fond... le voulait-elle? Peut-être qu'elle cherchait un quelconque réconfort dans nos baisers, et rien de plus.

Je l'observai boire à son tour alors qu'une nouvelle fois le liquide me brûlait doucement la gorge. Je me rendis compte que c'était un état nettement préférable à l'état naturel et je compris, brusquement, pourquoi la majorité des jeunes de mon âge aimait cela. Tout était plus doux, plus fou, plus... aérien. J'avais l'impression que mes mouvements ne pouvaient pas être saccadés et que c'était l'univers qui s'adaptait à nous, et pas l'inverse. Contre moi, le corps de Lilian me paraissait plus... proche d'instant en instant, et ma main dans son dos s'emplissait d'une douche chaleur. C'était bien réel.


- Alors autant en profiter et passer la nuit ici…


Elle le voulait, me dis-je à, en réponse sourde à ma question précédente. Je me laissai faire, répondant à son baiser, à ses mains qui après avoir caressé ma nuque descendaient le long de mes bras et remontaient dans mon dos. Ma respiration devint légèrement incontrôlable et je m'efforçai de garder entière ma lucidité mais en caressant la joue de Lilian et en laissant ma main descendre le long de son cou et sur ses épaules, je sentis sous sa peau tambouriner son coeur avec autant de puissance que le mien. Cela me réconforta et acheva par la même occasion d'accroître mon appréhension. Y arriverais-je?

Poussée par ces gestes qui semblaient m'indiquer de lui obéir je reculai légèrement, à petits pas, de plus en plus, mais je voulais pas décoller mon visage du sien pour regarder où j'allais poser les pieds ou autre chose. Je n'arrivais juste pas à penser à autre chose qu'à elle, qu'à nous, qu'à ce que nous faisions et à la libération qui semblait gronder au moi, à mon ventre qui se crispait d'une manière pas si désagréable que cela et au tourbillon de mes pensées et de mes sensations qui semblaient s'éparpiller autour de moi comme un feu d'artifices...

Comme nous devions nous y attendre, les poufs se trouvèrent rapidement sur notre passage et me heurtèrent derrière les genoux et poussé par notre mouvement je ne pus pas résister et tombai, entraînant Lilian dans ma chute. Fatalement, nos lèvres se séparèrent et elle se trouva allongée sur moi quelques instants plus tard. Ses cheveux épars encadraient son visage légèrement rosi et elle souriait, amusée, et moi aussi, et mon rire répondit au sien. J'étais bien. Son corps sur le mien me faisait palpiter tout entier. Il n'y avait rien d'autre dans ma tête, rien d'autre qu'elle, ses baisers, ses câlins, sa chaleur, sa présence, pour moi seul... J'espérais qu'elle sente la même chose; combien j'étais là pour elle et uniquement pour elle. Je ne veux plus faire marche arrière, me dis-je. J'étais prêt.


- C’est bien plus qu’un jeu Scott.

Ses yeux me sondaient avec un naturel désarmant, et j'aimais voir qu'elle était belle sans artifices et sans chercher à séduire, juste belle, là contre moi, malgré ses tourments, malgré tout ce qui avait pu lui arriver.

- Je sais, dis-je doucement.

Du bout des doigts je replaçais ses mèches brunes vers l'arrière mais l'une d'entre elle, rebelle, retomba devant son visage et je l'enroulai autour de mes doigts alors que Lilian s'approchait de mon visage et que ses doigts couraient sur moi. Je fermai les yeux et attendis qu'elle m'embrasse, plaçant dans ce baiser tout ce que j'éprouvais pour elle, et un peu de ma peur, aussi. J'eus le souffle de plus en plus court alors qu'elle défaisait d'avantage de ma chemise et qu'en échange je laissai mes mains courir depuis le haut de sa nuque et dans son dos, et quand ses lèvres touchèrent la peau de mon cou je sentis mon souffle se stopper net. Je saisis alors son visage délicatement entre mes mains et le plaçait face au mien, avant de me rendre compte que nous avions légèrement basculé sur le côté et que mes jambes avaient emprisonné les siennes sans que j'en ai réellement conscience.


- Je... commençai-je, tentant de couper le rythme de nos souffles hachés. Comment le dire? J'avais envie d'être honnête et peut-être aussi, besoin d'être rassuré et... Je ne veux pas te décevoir, murmurai-je très vite. Je ne savais pas comment le dire autrement, que tout ça était nouveau pour moi, etc, et mon manque d'assurance avait encore une fois parlé à ma place. Je cherchai son regard et, craignant la suite - qu'elle se relève, qu'elle rit?... - je passai ma main dans ses cheveux et en inclinant la tête je la fis d'avantage glisser vers le côté pour la coincer entre les poufs et moi et l'embrasser de nouveau, comme si c'était la dernière fois que j'en aurais le droit.

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Lilian Easter
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MessageSujet: Re: La complainte des étoiles [PV]   Lun 24 Sep - 15:08

Lilian sentait bien que Scott n'était pas habitué à ce genre de situation. Pour lui, le seul fait de pénétrer frauduleusement dans la bibliothèque était tout à fait extraordinaire et plutôt incompatible avec son quotidien de Serdaigle sage. Ajouté à cela l'alcool et ses effets auxquels il n'avait jamais goûté. Puis il avait pour seule compagnie Lilian, la non moins célèbre Sirène de Poudlard, qui ravissait le coeur et les yeux des hommes autant qu'elle rendait jalouses toutes les autres filles. Mais elle était également connue pour les soirées auxquelles elle était invitée et aux prestations qu'elle y donnait. Un garçon qui voyait Lilian danser en soirée pouvait s'estimer heureux et mourir le lendemain sans rien avoir loupé de sa vie. La jeune fille était coutumière de l'état second apporté par l'alcool, elle était loin d'être à son premier verre ; contrairement à Scott. Elle sentait que les effets commençaient à être là, à se manifester dans les yeux et gestes du jeune homme tout en restant tout à fait correct et cela la faisait sourire intérieurement. Elle appréciait de le voir la suivre dans son ivresse, de voir qu'il ne rechignait pas à vivre de nouvelles sensations et de découvrir des états qu'il ne pouvait pas imaginer, même à travers les lignes d'un livre.

Cependant, ce n'était pas la seule chose à laquelle Scott ne semblait pas habitué ; Lilian le savait pertinemment. A l'époque, contrairement à Chuck et elle, Taylord et Scott étaient beaucoup moins expressifs : il était même assez rare de les voir s'embrasser au détour d'un couloir, dans la bibliothèque furtivement ou dans le parc. Et en tant qu'amie de Taylord, Lilian savait qu'il ne s'était rien passé, ce qui contrastait littéralement avec Chuck et elle. Mais cela correspondait à la mentalité de Scott et peut-être de Taylord à l'époque. Cela ne la dérangeait pas, aucunement mais elle savait qu'il pouvait en être autrement du côté du jeune homme. Surtout s'il sentait comme elle ce besoin qui semblait peser un peu plus chaque minute au-dessus de leurs têtes. Lilian le sentait : elle avait besoin de Scott, oui elle avait envie de lui et les gorgées d'alcool ne faisait qu'amplifier ce sentiment. Scott le ressentait c'était évident. La belle ne serait toutefois pas insistante mais elle voulait qu'il le sache. Pas besoin de mots, à la limite pas besoin de geste : les étoiles dans ses magnifiques yeux la trahissaient.

Scott également était trahi par les battements de son coeur contre sa poitrine, Lilian le sentait lorsque ses mains passaient sur son torse. En même temps, quel homme serait resté impassible devant elle ? Aucun n'y résistait et celui qui y parviendrait n'était pas encore né. Personne ne lui résistait, qu'elle soit animée par la séduction, envieuse de plaire alors qu'elle savait parfaitement qu'elle plaisait rien qu'en ouvrant les yeux le matin quand elle se réveillait, Lilian, lorsqu'elle rentrait dans ce jeu, était irrésistible, tout le monde le savait. Mais lorsque la mélancolie attristait les diamants légendaires, lorsque les facettes de ces derniers brillaient sans aucun artifice, sans aucune séduction apparente, n'était-elle pas encore plus belle ? Reine de la séduction, elle était sublime au naturel également, belle dans la tristesse comme dans la joie. Scott avait sous les yeux une toute autre Lilian, une Lilian qui ne mangeait plus, qui cachait ses cernes et ses yeux rouges, las de pleurer, une Lilian trop maigre qui rechignait toujours pour manger parce qu'elle n'en ressentait pas le besoin : une Lilian bien trop fragile.

Scott avait sous les yeux une Lilian qui cherchait de l'aide, qui traînait derrière elle ses grandes ailes blanches et qui attendait de sa part qu'il l'aide à reprendre petit à petit de l'assurance pour réapprendre à voler un jour. Et en aidant Lilian, il parviendrait lui aussi à remonter la pente, à sortir de la tristesse et de la colère qui l'habitait, à redevenir comme il était avant. Scott avait sous les yeux peut-être l'un des plus beaux trésors qu'il eut été donné de voir et que Lilian pouvait lui offrir.

Le coeur de cette dernière battait à rompre dans sa poitrine au fur et à mesure que ses lèvres embrassaient celles de Scott, la peau de son cou et le haut de son torse. Une espèce de passion animait ses baisers mais une toute autre passion que celle qu'elle éprouvait lorsqu'elle était avec Chuck et qu'ils se livraient aux caprices charnels. Il s'agissait là d'une passion beaucoup plus tendre parce que la sublime était fragilisée en son sein et qu'elle était comme une statue de cristal qui se fissurerait au moindre choc trop violent. Puis elle savait que ce n'était pas non plus la même personne qu'elle avait en face d'elle : Scott était beaucoup plus calme, réfléchi et réservé, Scott qui semblait vouloir dissimuler pour encore quelques temps le feu qui commençait à brûler. Alors que Chuck ne l'avait jamais retenu et il était par là l'incarnation typique d'un homme qui ne pouvait résister à la Sirène car ce feu semblait le brûler au moindre geste, au moindre mot peut-être un peu trop équivoque de la jeune fille qui s'en amusait beaucoup, elle l'avouait. Et pour faire cesser ce feu, il n'y avait qu'une solution : succomber à la tentation. Succomber à Lilian.

Alors que ses lèvres tendres continuaient de baiser la peau de Scott et que ses mains défaisaient les boutons de sa chemise, Lilian sentit le jeune homme saisir délicatement son visage angélique, comme s'il craignait d'en déformer les traits parfaits, comme s'il craignait d'abîmer le travail d'Aphrodite sa mère. La belle releva les yeux et fixa Scott de son air tendre, avec ce regard qui n'appartenait qu'à elle et la rendait encore plus belle.


- Je ne veux pas te décevoir

Elle s'apprêtait à lui répondre, une ombre de sourire sur ses lèvres roses lorsque Scott l'embrassa passionnément et ce baiser la pris de court. Puis il commença à la faire glisser sur le côté, doucement et toujours en l'embrassant. La belle s'exécuta et lorsqu'elle se retrouva allongée à son tour sous lui, elle retira délicatement ses lèvres de celles de Scott pour lui adresser un nouveau regard attendri, tellement ravissant.

- Tu es bien la seule personne qui ne me décevra jamais. Alors qu'elle sentait que le jeune homme allait répliquer, elle posa son index fin sur sa bouche. Jamais, chuchota-t-elle en approchant son visage du sien jusqu'à ce que leurs fronts se touchent.

Elle baissa le regard, désireuse d'incarer une dernière fois ce soir la fausse ingénue qu'elle se plaisait tant à incarner et ses deux mains commencèrent à ôter la chemise du dos de Scott, tout doucement sans geste brusque. Puis, de nouveau elle s'arrêta et releva les yeux, illuminés par des dizaines d'étoiles qui brillaient comme celles au dehors, au-dessus du lac.


- Rien que toi et moi. De nouveau elle avait chuchoté, de sa voix cristalline et si douce à l'oreille.

Ses lèvres se posèrent sur celles de Scott, tendrement avant que la passion n'anime ce nouveau baiser et Lilian était prête à parier que Scott ne résisterait pas longtemps à cette passion qui l'animait petit à petit.

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Scott McBeth
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MessageSujet: Re: La complainte des étoiles [PV]   Mer 30 Jan - 17:56

(pardon pour le retaaaard ♥)

Je ne sais quelle pression inavouée m'obligeait, toujours, d'être celui à qui on avait rien à reprocher, celui sur qui on pouvait compter, celui qui n'en faisait pas trop, celui pour qui la vie filait droit, mais celui qui était discret aussi, et qui ne reflétait pas, comme mes frères et sœurs, comme les autres, un talent particulier. Il y avait une certaine tranquillité associée à cet état d'esprit, qui m'allait la plupart du temps. Ou plutôt, qui m'allait jusque là, jusqu'à ce que je découvre par expérience les choses de la vie, et que la famille ne peut pas nous apprendre. Mais maintenant, avec ce que j'avais vécu, avec ces histoires de toutes parts qui résonnaient douloureusement en moi comme des abandons, je souffrais d'être ainsi. Je ne pouvais pas ignorer que mon silence et ma discrétion avaient fait fuir Taylord, Stephen, ceux qui dans ma vie avaient une place que je n'avais visiblement pas dans la leur. Sans doute que ce moment, ici, maintenant, était la manière de faire un pied de nez à tout cela, que c'était mon exutoire : d'une manière ou d'une autre, Lilian, de qui l'histoire n'avait rien à envier à la mienne, devait ressentir la même chose. Même si elle était allée plus loin avec Carlton et qu'elle était différemment affectée de cette trahison qui nous touchait tous les deux, elle avait quelque chose à panser, quelque chose à purger, et nous étions véritablement les seuls à pouvoir nous apporter l'un l'autre ce réconfort que nous recherchions désespérément.

Il me semblait que mes pensées étaient plus floues, plus lisses, qu'elle s'éparpillaient d'avantage dans le vaste monde que nous avions à l'intérieur de nous ; tout comme mes gestes qui suivaient des chemins bien à eux, et j'avais l'impression d'être spectateur plus qu'acteur, alors que mes yeux ne quittaient pas Lilian, et que je ne cessai de douter, encore et toujours, de mes capacités à la suivre vers là où elle souhaitait m'emmener.

Et puis, Lilian avait beau être cette fille qui faisait chavirer tous les cœurs des garçons de Poudlard et dont il rêvait de pouvoir un jour gagner les faveurs, j'avais beau la considérer maintenant bien différemment, beaucoup plus comme mon amie et ma confidente que cette espèce de déesse sur son piédestal, il me restait néanmoins ce pouvoir absolu qu'elle avait et qui imposait une certaine distance, ce mystère qui entourait chacun de ses gestes et de ses beaux regards bleus derrière ses longs cils de soie, et qui resurgissait alors qu'il fallait absolument que j'en fasse abstraction. Les fantasmes sont faits pour exciter notre imaginaire et perdent un certain charme lorsqu'ils sont assouvis, ou bien au contraire, nous laisse avec un goût de nostalgie dans la bouche quand ils sont derrière nous. Pour ma part, j'avais peur, car ce n'était pas anodin, car le fait de me rendre compte que Lilian n'était pas intouchable me rendait encore plus désireux de ne pas la décevoir, de ne pas gâcher ce moment de rêve. Le seul fait qui me permettait de réaliser que tout était vrai était nous étions unis dans la douleur, elle et moi, qu'elle nous avait construit un monde à part et qu'auprès de Lilian je me sentais bien, je me sentais compris, à ma place, comme si personne d'autre de ce monde n'aurait pu la remplacer. Je voulais accomplir le même rôle pour elle, et la tirer elle aussi vers quelque chose de mieux, de meilleur, où nous n'aurions plus à souffrir de chaque instant qui passait en pensant au passé, et ce qui nous en éloignait. J'avais quelque scrupules à ne pas me confier à Ophelia alors que j'avais traversé une mauvaise période, mais elle avait elle aussi son lot de malchance et, surtout, je lui avais peu parlé de Taylord car j'avais bien vu que quelque chose n'allait pas, donc je ne voulais pas la déranger avec ça. Mais c'était une erreur - ma dispute avec Stephen m'avait appris que les non-dits, comme la vérité, ne sont pas bons dans les relations. Je me retrouvais coincé, mais définitivement, je ne pouvais pas lui faire part de tout cela puisque je ne lui avais déjà pas beaucoup parlé de mon histoire avec Taylord.


- Tu es bien la seule personne qui ne me décevra jamais. Jamais.

Elle avait posé son doigt sur mes lèvres pour m'enjoindre de garder le silence, alors que j'allais répliquer. Mais pourquoi? Je lui en étais reconnaissant, évidemment. Mais pourquoi moi, ne pouvais-je m'empêcher de me demander? Alors que nos vies étaient si différentes, alors qu'elle éblouissait quand moi j'apparaissais peu, alors qu'elle menait un train de vie en aimant la provocation, qu'on parle d'elle, en faisant la fête et s'affichant avec des garçons, alors que ses tenues indécentes - qui sur elle ne l'étaient pas - faisaient jaser tout le château autant qu'elles déclenchaient l'admiration?

Mais je n'étais plus en état d'abandonner, de dire que tout cela ne pouvait pas être, d'invoquer faiblement le fait que je ne voulais pas gâcher ce que nous avions en nous adonnant à ce genre de plaisir, de me relever et de la repousser alors que je sentais que tous mes sens étaient attirés par elle et que ce moment était à nous. Je ne pouvais plus non plus me persuader que j'allais la décevoir, je lui devais au moins cela : lui faire confiance.

Ses mains glissaient sur moi et s'attaquaient à ma chemise, et déjà, le souffle semblait me manquer.


- Rien que toi et moi.

Je décidai de la croire, en tout et pour tout, et abandonnai le reste de mes hésitations, les laissant glisser en même temps que les vêtements que Lilian m'ôtait habilement. Après tout, on ne vit qu'une fois, m'obligeai-je à me dire, et c'en était assez que je m'accroche à je ne sais quelles obligations qui m'avaient tenues enfermé jusque là. C'était le souffle de Lilian qui s'insufflait dans mes poumons et qui m'ouvrait de nouveaux horizons, c'était ses caresses qui faisaient battre mon coeur et frémir tout mon être, et peut-être que l'alcool y était pour quelque chose, mais je parvins à lâcher prise complètement.

A mon tour, alors qu'elle m'embrassait, doucement puis de plus en plus passionnant, mes mains s'accrochèrent à ses épaules avant d'en faire tomber les morceaux de tissu qui recouvraient sa peau. Il me semblait que nous étions ailleurs, plus dans la bibliothèque, même plus à Poudlard, mais dans un lieu parallèle, et que pour quelques instants le monde s'était mis sur pause. Les yeux de Lilian m'hypnotisaient tout entier et si plus j'osais, moins je me sentais capable d'oser, je ne ralentissais pas mes gestes pour autant. Sa peau de porcelaine était d'une douceur infinie mais sous mes doigts je la trouvais comme légèrement abîmée, amaigrie de ce chagrin qui lui avait ôté ses ailes, et sous yeux les cernes légèrement violettes alors qu'elle se penchait sur moi avouaient qu'elle ne prenait plus autant soin d'elle, et un élan de tristesse m'envahit parce que je voulais que tout cela s'arrête et que nous ne soyons plus tristes. Mais comment faire, alors que le remède n'existait pas pour des blessures pareilles...

Les poufs de la bibliothèque ne m'avaient jamais paru si confortables, mais je laissais là les constatations bassement matérielles pour me consacrer tout à elle, emprisonnant d'avantage ses jambes entre les miennes, laissant s'exprimer les émotions qui m'étreignaient depuis tout au fond de moi, comme si elles avaient trop longtemps retenues et ne cherchaient qu'à s'envoler, haut, très haut ; je fis légèrement basculer Lilian sur le côté pour pouvoir caresser sa peau à loisir tandis que nos vêtements s'étalaient sur le sol dans un désordre qui ne dérangeait personne, puisque comme elle l'avait dit, nous étions seuls, elle et moi, rien qu'elle et moi. Je savais qu'elle était consciente que j'allais lui donner quelque chose, ce soir, et j'appréciais le fait qu'elle soit douce et compréhensive et qu'elle prenne soin de moi comme j'en avais besoin. Même si ses regards où brûlaient des flammes qui se propageaient jusqu'à moi appelaient à plus d'étincelles, je me sentais rassuré, et nulle autre qu'elle n'aurait pu jouer ce rôle-là. Laissant libre au court aux envies qui montaient petit à petit en moi tandis que le corps de Lilian m'apparaissait comme un rêve, je l'embrassai de plus belle, me penchant à mon tour au-dessus d'elle tandis que ses cheveux s'étalaient comme une rivière de soie brune. Ma main alla s'y perdre et je fermai les yeux, me laissant guider et me laissant emporté - quelque part, comme une délivrance, nos craintes et nos souffrances se brisaient comme du verre et une intense lueur m'enveloppait, de sa clarté et de sa chaleur. Au milieu de cette lumière, Lilian était là elle aussi, et je savais qu'elle y resterait longtemps.



The end ♥



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