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Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé

 
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 Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé

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Maxime V. Danniels
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MessageSujet: Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé   Ven 6 Avr - 22:04

La salle commune, cet endroit si chaleureux. Affalée sur un des fauteuils rouges je fixais l'âtre inanimé de la cheminée à la recherche d'une bêtise à faire. J'avais bien envie d'aller emmerder méchamment les petites vipères du cours de potion. Leurs petites messes basses, leurs rires aussi discrets qu'un hippopotame rose volant, m'avaient plus d'une fois donnée envie de leur lancer une queue de rat en pleine tronche. Et encore j'étais trop gentille. J'aurais dû avaler une pastille de gerbe avant d'aller gentiment les voir pour reteindre leurs uniformes d'un joli vert kaki. L'une aurait hurlée « AAAAAH, MAIS C'EST HORRIBLE !» et l'autre s'égosillerait en poussant un « PROFESSEUR NAKAMURAAAAA, CETTE IDIOTE DE GRYFFONDOR NOUS À RESTITUER SON PETIT-DEJEUNER ! C'EST REPUGNAAAAAAAAANT» et elles se seraient enfuies toutes les deux en pleurnichant et en me proférant des menaces telles que « PAPA ENTENDRA PARLER DE CETTE HISTOIRE !».

Moi, fière comme Artaban, je serais retournée à ma place avec un sourire radieux et j'aurais fait la fierté de Gryffondor, malgré les punitions et les heures de colles que l'autre harpie aurait pu me flanquer aux fesses. Mais ce fabuleux scénario n'était qu'un rêve. Au lieu de cela j'étais restée sagement derrière mon chaudron et j'ai terminé ma potion comme tous les autres moutons de la classe. Il y avait des moments pendant lesquels je maudissais mon manque de culot. J'avais les idées, mais pas forcément l'audace. Je savais que je devais travailler sur ce point afin que mon nom perdurent dans cette école pour les siècles à venir. Après tout j'avais sept ans devant moi.

Alors que je m'apprêtais à me lever, bien décidée à mener à bien le plan machiavélique que j'avais élaboré en cours de potion, une horde d'élèves était entrée en trombe dans la salle commune, bouchant la sortie et me forçant de ce fait à rester assise sur mon fauteuil. C'était bien ma veine. Le temps ne resta pas clément bien longtemps. Les nuages avaient recouvert le ciel à une vitesse folle et les gouttes de pluie commencèrent à frapper le sol du parc. Décidement aujourd'hui était une journée bien pourrie. Ce genre de choses avaient le don de me faire bouillir le sang. Je ne supportais le fait de rester là assise à ne rien faire.
C'était frustrant.

J'avais aussi cette désagréable impression que la pièce se remplissait de plus en plus. Je n'étais absolument pas claustrophobe, je n'aimais simplement pas les gens. Tous réussissaient à me mettre en boule. Asociale ? Peut-être bien en fait. Comme dit mon père « Quand ces mioches seront moins cons, je pourrais peut-être arrêter de leur gueuler après. ». Mon père c'est un prof. Pas ici, heureusement pour moi. Mais il enseigne cette magnifique langue qu'est le gallois à des abrutis de gosses de six ou sept ans. Mon père c'est le seul prof que j'aime. Puisque, lui, au moins il n'enseigne pas un truc tout nase. Grâce à lui je peux parler mon dialecte sans que ces idiots d'amerloques ou d'anglais puissent me comprendre. Et pan ! Dans leurs faces.


- Ça te gênerait de t'asseoir correctement ? J'peux pas passer là.

Une fille, beaucoup plus imposante physiquement que moi et certainement plus âgée, m'avait craché cela au visage en me regardant d'un air mauvais. Non, mais pour qui elle se prenait celle-là. Avec ses cheveux trempés et son maquillage qui avait légèrement coulé au niveau des yeux. Les autres remontaient dans leurs dortoirs, mais certains avaient entendu la princesse à un penny qui prenait ses grands airs.

- Ça te gênerait de faire un régime ? Tu m'emmerdes là.

J'avais la légère impression que ce qui venait de sortir de ma bouche ne lui avait pas plu du tout. Enfin un peu d'action. Il était temps pour moi d'entrer en jeu. Elle me pointa du doigt - chose que je détestais particulièrement - et son regard s'enflamma.

- Répète un peu ça la môme !

Elle me provoquait en plus, certainement pas une Galloise cette cruche-là. Non, mais sérieusement, plus les journées passaient et plus j'avais l'impression d'être dans une école d'abrutis finis. Je me suis levée d'un bond et lui fit face. Elle avait une bonne tête et demie de plus que moi, mais je m'en fichais royalement. Je la fixais droit dans les yeux et fit ce que je savais faire le mieux. Parler gallois et pas sur un ton cristallin et chantonnant.

- Chi wir yn credu eich bod yn dychryn fi. Dydw i ddim ofn o wartheg. Mae'n ddrwg gennym ar eich cyfer.

La fille me regarda avec des yeux ronds, l'effet de surprise avait marché et mon ton agressif l'avait achevé. Satisfaite je me jetais de nouveau dans mon fauteuil et rit discrètement en voyant la princesse à un penny qui remontait dans son dortoir. Les dialectes, c'était le pied, y avait pas à chipoter.

[HJ : Au cas où tu n'aurais pas compris : GQP, ça veut dire grenouille-qui-pue. Oh et je te laisse traduire aussi, hein ? Je suis si gentille parfois... ]

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Dernière édition par Maxime V. Danniels le Lun 14 Jan - 18:23, édité 1 fois
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Étienne Morel
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Âme soeur: Parce que lutter contre des démones et des dragonnes, ça va bien cinq minutes... SEBASTIAN HANSEN MY HEART IS YOURS ! (...mais en vrai j'aime les filles, hein, ne vous méprenez pas)

MessageSujet: Re: Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé   Lun 9 Avr - 15:56

- An-dy ! An-dy ! An-dy !

- Les gars, sérieux, je le sens mal celui-là...

- Alleeez quoi, t'es pas marrant !

- On y est tous passé, alleezzz !

- Mais...

- ANDY ! ANDY ! ANDY !

- Fais pas ta poule mouillée Andy, si ça se trouve tu vas bien tomber en plus, vas-y !

- Si je vous crache dessus vous...

- Andyyyyyyyy !

Ma voix s'était jointe à celles des autres, impatiente. Andy était définitivement le plus peureux d'entre nous, ce qui était, à la longue, franchement exaspérant. Il était apprécié, dans le groupe, mais son côté froussard en énervait souvent plus d'un. Tout le monde ne pouvait pas être aussi casse-cou et imprévisible que Matt qui dépassait souvent les limites autorisées, mais entre cet extrême et l'angoisse permanente d'Andy, il y avait un juste milieu à atteindre. Je pensais me situer dans cet équilibre, et, comme les autres, les réticences d'Andy à dépasser ne serait-ce que le petit orteil du pied de la sage frontière du raisonnable nous plongeaient tous dans un profond dépit. J'appréciais Andy parce qu'il était toujours à l'écoute, disponible, et travailleur, mais son manque d'audace était parfois agaçant. Il n'avait pas le goût du risque qui parcourait ses veines et palpitait dans son cœur d'élève modèle, alors que plus les semaines passaient, plus il pétillait d'excitation et d'impatience en moi. J'avais toujours été curieux, mais cette volonté farouche d'essayer, de tenter, de caresser l'inconnu et la nouveauté se développait à vitesse grand V depuis que j'étais entré à Poudlard, et je ne pensais pas en être doté jusqu'à lors. J'étais sans doute influencé par mes nouveaux camarades et amis, sans cesse à la recherche de nouvelles occupations autres que celles de rendre des dizaines de lignes de parchemin sur je-ne-sais-quelle-constitution-du-ministère-de-la-magie-qui-nous-servira-sans-aucun-doute-dans-notre-vie-active-mais-en-attendant-on-s'en-carre-un-petit-peu-l'arrière-train, mais cela me convenait à merveille. Grâce à eux, de nouveaux horizons s'offraient à moi. Si ils pensaient avoir à faire un bon samaritain qui ne vivait que pour ses moutons en peluche, mes camarades s'étaient lourdement trompés. Ma passion dévorante avait été le sujet de nombreuses moqueries à mes débuts, mais comme je ne prenais jamais la mouche et qu'ils avaient appris à connaître le lion qui sommeillait en moi, ces taquineries étaient désormais toujours sympathiques et épisodiques. Bien que le surnom d' « Homme Mouton » me collerait sans aucun doute à la peau jusqu'au restant de mes jours. Mais j'assumais mon affection pour eux et mon pays d'origine, et j'en étais venu à me dire que c'était sans doute le fait que je n'en ai pas honte qui me permettaient de facilement m'en détacher. La sociabilité, un jeu stratégique. Note à moi-même : retenir ce titre pour un futur livre, j'en ferais un bestseller. Les gémissements d'Andy se font de nouveau entendre, et Matt décide d'y mettre rapidement un terme :

- Bon, Andy, soit tu avales ce dragée par toi-même, soit on te l'enfonce de force dans le bec !

- Attends Matt, t'es beaucoup trop gentil là... L'orifice buccal, bien trop banal comme trou, et si on essayait faire germer ce dragée dans... ses narines ?, proposai-je en lançant le regard le plus machiavélique que je le pouvais à Andy (avouez, vous avez eu peur que je dise autre chose. Mais non, bien que de sexe masculin, je ne suis pas crade à ce point.) Allez Andy, ça va pas te tuer, dis-je cette fois-ci plus gentiment en lui tapotant le bras.

Encouragé, notre ami à tous consentit finalement à ingérer le dragée de Bertie Crochue qu'il avait pioché dans la boîte depuis déjà cinq minutes. Il avait voulu jouer, il devait aller jusqu'au bout. Nous étions tous suspendus à son expression déjà risible mais qui devint totalement hilarante lorsqu'une grimace se dessina sur ses lèvres et que son visage entier se tordit en une moue crispée.

- Alors, lequel ? demanda Matt qui pouffait de rire comme un ours.

- Tu m'avais juré que c'était du citron, merci Matt, c'est du curry ! Ergh, dit-il en déglutissant avec difficulté.

Un soupir de déception parcourut notre groupe de cinq garçons en attente d'action. Du curry ! Nous nous attendions à quelque chose de beaucoup plus palpitant, comme... de la cire d'oreille, quelque chose d'extraordinaire quoi !

- Chochotte, bougonna Luke en se jetant comme une masse au fond de son fauteuil.

Je me calais moi aussi bien au fond jusqu'à mon dossier et fermais les yeux un instant. La journée était déjà bien avancée et, au vu du mauvais temps, la salle commune était bondée, animée par des dizaines de conversations, de jeux d'échanges de Chocogrenouilles ou de Bavboules, de petits qui pleuraient, de grands qui martyrisaient. La dure loi du plus fort était la plus souvent reine, et il n'était pas rare d’apercevoir des élèves plus âgés qui profitaient de leur statut et de leur situation pour aller chercher des noises aux plus fragiles. Si je condamnais cette attitude qui relevait de la méchanceté pure, la loi de la plus forte gueule était déjà bien plus intéressante. Le physique ne comptait pas, l'âge non plus : seul le caractère, la puissance de la voix, son ton et sa puissance étaient les cartes de ce jeu. Je n'étais pas non plus adepte des disputes et j'évitais moi-même les conflits avec les autres autant que possible (sauf si l'autre l'avait cherché, auquel cas je n'avais plus de limites), mais ce genre de spectacle se révélait souvent ludique et divertissant. Ce n'était jamais les gros bras qui dominaient le monde, mais les grosses têtes. Et j'allais en avoir un exemple concret dans cinq, quatre, trois, deux, un...


- Chi wir yn credu eich bod yn dychryn fi. Dydw i ddim ofn o wartheg. Mae'n ddrwg gennym ar eich cyfer.

Mes yeux s'ouvrirent soudainement à l'écoute de ce charabia qui devait être sans aucun doute offensif, puisqu'une fille de corpulence assez importante passa précipitamment près de nous pour se faufiler dans son dortoir. Sans doute la cible de cette attaque masquée. Je me retournai, curieux de connaître le créateur ou la créatrice de ces hyérogliphes sonores, mais derrière mon fauteuil ne s'en trouvait qu'un unique autre occupé par ce qui semblait être une figure féminine. Je basculais de mon siège au sien par une petite pirouette (bon, pas de quoi postuler dans un cirque, je prenais juste appui sur mon fauteuil pour faire passer mes jambes de l'autre côté), et me retrouvai assez près de l'incantatrice, posté sur l'accoudoir de son fauteuil. Pas trop près d'elle non plus, il ne s'agissait pas de l'effrayer... et Merlin seul sait de quoi sont capables les filles en colère.

- C'est toi qui a pondu ces sons incompréhensibles ? Depuis quand ils acceptent les trolls à Poudlard ?, m'exclamai-je avec un sourire taquin sur les lèvres. Mes yeux devaient sans doute traduire la petite pointe d'admiration que je portais à cet être inconnu : la demoiselle à qui je m'adressais étaient d'une carrure incroyablement petite et frêle, comme si elle allait se briser au moindre mouvement. Mais ses traits ne correspondaient pas à l'impression qu'elle pouvait donner : ses yeux noisettes étaient déterminés, ses sourcils légèrement froncés, et même sa chevelure brune attachée à l'arrière de sa tête semblait être en désaccord avec le monde. Tu m'étonnes que l'autre fille ait fui en courant ! Si elle pouvait sembler intimidante au premier abord, elle dégageait cependant une force incroyable qui forçait mon respect. Non plus sérieusement, c'était quoi comme langue ? C'est pas très glamour mais ça a l'air d'être un bon moyen de défense ! ajoutai-je avec cette fois-ci avec une franche gentillesse, piqué par la curiosité.

[Je refuse de répondre à ces affronts qui blessent mon petit coeur tout mou.]

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Maxime V. Danniels
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MessageSujet: Re: Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé   Dim 6 Mai - 20:56

Elle venait d'où cette loi selon laquelle je devais m'écraser comme une crêpe devant un élève plus vieux ? Je connais le respect, mais faut pas que soit à sens unique. Elle aurait mieux fait de réfléchir à deux fois avant de mal me parler celle-là. Je ne gênais personne en plus. Elle aurait pu faire le tour et elle m'aurait laissé en paix. Je ne savais pas pourquoi cet après-midi était mal parti. Depuis que j'étais ici, je n'avais pas entendu un seul dialecte et Dieu sait qu'il y avait de la diversité à Poudlard ! C'est vrai quoi, je savais parler une langue que quasiment personne ne connaissait vous ne trouvez pas ça cool ? Moi, oui. Cela me donnait une force, un avantage par rapport aux autres, un truc de fou je vous dis ! En plus ma petite réplique avait fait de l'effet autour de moi, les gens me regardaient tous. Je les avais sentis tous ces regards étonnés ou amusés qui se sont fixés sur moi une fois que j'avais terminé d'agresser l'autre cruche. Pourquoi il me regardait d'ailleurs ? Ils voulaient que je leur taille un costard eux aussi ? Il n'y avait qu'à demander. Ça me faisait plaisir et détail non négligeable c'était gratuit.

Ce n'était pas parce que j'étais aussi légère qu'une brindille que je ne savais pas me battre. Vous pouvez demander à Harvey, un abruti de mon école primaire. Il avait osé dire que je ne pouvais pas jouer au football avec lui et les autres garçons sous prétexte que j'étais une fille, que je ne savais ni taper dans une balle ni viser correctement et que je devais retourner avec les autres chochottes pour jouer aux Barbie. Je lui avais prouvé le contraire. En confondant non-intentionnellement son entre-jambe avec un ballon mon pied était venu frapper ce point sensible avec force et précision. Étrangement je me retrouvais capitaine de toutes les équipes après ça. Jouer aux Barbie... Moi je les décapitais ou je les mettais dans le four, bon je ne l'avais fait qu'une fois parce que pour ne rien vous cacher, cela avait mis ma mère dans tous ses états et je vous prie de me croire quand je vous dis que lorsque j'ai vu ma mère se précipitant dans ma chambre avec un visage aussi rouge que le blason des Gryffondors en me hurlant dessus avec une voix aussi aiguë qu'une chanteuse lyrique, j'ai eu la peur de ma vie. C'était horrifiant. Elle hurlait à en devenir aphone et en crachant ses postillons en plein sur la moquette de ma chambre sous prétexte que j'avais ruiné son foutu four en mettant mes poupées dedans... Ce n'était tout de même pas de ma faute si à six ans je ne savais pas que ces bestioles fondaient à haute température... Moi je voulais seulement qu'elles (oui j'en avais mis deux...) aient la peau pleine de petites bulles d'air. Enfin bref...

Je continuais de me prélasser tranquillement dans mon fauteuil quand je vis un garçon en train de faire je ne sais pas quoi pour pouvoir me regarder avec ses grands yeux étonnés. C'était quoi son problème à lui ? Est-ce que cette école était totalement dépourvue de gens normaux ? S'il s'était retourné pour ce foutre de ma tronche et de mon dialecte qu'il aille se voir. Méfiante je fronçais mes sourcils en observant cet étrange spécimen masculin. Est-ce que ses yeux étaient en train de briller d'admiration pour moi ? Erk...


- C'est toi qui a pondu ces sons incompréhensibles ? Depuis quand ils acceptent les trolls à Poudlard ?

Mon sang ne fit qu'un tour, est-ce qu'il venait de comparer cette magnifique langue qu'est le gallois à de vulgaires sons ? Est-ce qu'il venait de me traiter de troll ? J'allais lui faire avaler sa cravate ! Je m'étais brusquement redressée sur mon fauteuil, les sourcils encore plus froncés et je lui lançais un regard mauvais, enflammé par la colère. J'allais lui faire regretter de m'avoir parlé, mais il ouvrit une nouvelle fois sa grande bouche, me coupant l'herbe sous le pied.

- Non plus sérieusement, c'était quoi comme langue ? C'est pas très glamour mais ça a l'air d'être un bon moyen de défense !

Oh putain, là c'était la phrase de trop.

- Tu veux peut-être connaître la couleur de mes sous-vêtements aussi, tu trouveras peut-être ça "glamour" ? Le troll n'a rien à te dire, crachais-je visiblement énervé. Math o dwp...

Et pan ! Prends ça dans les dents ! Comme si j'allais lui donner le nom de ma langue à celui-là. Est-ce que je lui demandais pourquoi son accent était aussi merdique ? J'en avais rien à faire de sa curiosité à un penny (ouais encore un...). C'était possible qu'on me foute un peu la paix ici ?

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Dernière édition par Maxime V. Danniels le Mar 15 Jan - 23:25, édité 1 fois
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Étienne Morel
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MessageSujet: Re: Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé   Jeu 10 Mai - 0:33

Être fils unique : une chance ou une tare ? J'avais depuis longtemps dressé les points positifs et négatifs. Aucune dispute n'a jamais éclatée pour savoir à qui allait être destinée la première crêpe. Aucune bêtise n'a jamais été commise chez nous. Quand on partait en vacances, pas de problèmes de chambre ou de lit. Quand on partait en vacances, et que nous restions des heures entières confinés dans notre tente les jours de pluies, je m'ennuyais à mourir. Je n'ai jamais eu d'affaires abîmées ou cassées, sinon par ma propre faute. Je n'ai jamais eu personne à qui me confier. Je ne suis jamais embêté ni interpellé, sinon quand ma mère crie « TOINOU A TAAAABLE » du bas de l'escalier de notre maison, à Peterborough. Je suis seul. Mais je suis tranquille. Je suis surtout indécis quand à ce que j'aurais préféré. De toute manière, il était inutile d'en débattre pendant des heures, un frère ou une sœur n'allait pas se mettre à germer dans le ventre de ma mère dans quelques jours. J'avais essayé de tirer le mieux de ce que cette situation privilégiée pouvait m'offrir. J'avais toujours été gâté à mes anniversaires, à Noël, quand ma mère cuisinait et que les proportions étaient souvent pour quatre personnes, je pouvais me resservir généreusement. Mes parents ont pu consacrer toute leur énergie à mon éducation, aussi étais-je un jeune garçon propre, qui se brossait les dents matins, midis et soirs, qui prenait une douche une fois par jour (et ce n'est pas si fréquent que ça chez un garçon, j'ai pu le remarquer parmi mes congénères masculins), poli, attentionné. D'accord, je n'aimais pas faire mon lit et craignais toujours que mes affaires me reviennent dégradées quand je les prêtais (ce que j'ai du apprendre à faire ici, à Poudlard, et si le fait de prêter quelque chose m'avait d'abord réjoui, j'en avais vite découvert les désagréments). Mon naturel calme et solitaire ne m'avait jamais habitué aux conflits, et c'était peut-être un désavantage car ici, ce n'était pas les provocations, les duels et les altercations qui manquaient. Au départ, j'avais été secrètement indigné de la bêtise de mes camarades qui se disputaient pour la moindre broutille. Maintenant, j'en étais un spectateur assidu. Ca mettait de l'animation. J'y participais rarement. Je n'étais pas bien entraîné et puis, il était beaucoup plus amusant de regarder ces scènes se jouer que d'y participer.

Bref, peut-être que ça entachait un peu ma virilité naissance mais je n'étais pas friand des joutes verbales et malheur à moi, je m'aperçus rapidement que j'avais atterri sur le fauteuil d'une tigresse. A peine avais-je terminé de prononcer ma question qu'elle se redressa sur son fauteuil pour se poster en position défensive, comme si je venais de l'attaquer, un léger air constipé durcissant les traits déjà bruts de son visage pourtant pas si laid.

- Tu veux peut-être connaître la couleur de mes sous-vêtements aussi, tu trouveras peut-être ça "glamour" ? Le troll n'a rien à te dire.


Je reculais aussi rapidement, mué par mon instinct de survie. Je m'étais fait envoyer balader sans raison apparente. J'ai loupé quelque chose ? Rassurez-moi, je n'ai rien dis de méchant, d'offensant, de blessant ou de choquant ? Je repassais en revue mes paroles, et rien ne me paraissait mériter une telle agressivité. Peut-être a t-elle mal pris mes mots. Je lui laisse une chance avant de déclarer que je fais face à une folle furieuse.


- Wow wow wow, le prend pas mal, c'était pas méchant !
, m'exlamai-je en levant mes mains devant mon visage, paumes face à elle (mais à une distance plus que raisonnable, il ne manquerait plus qu'elle croit que je veuille la frapper) pour lui prouver que j'étais vierge de toute perfidie. C'est gentil de proposer pour les sous-vêtements mais n'allons pas trop vite..., continuai-je en levant les yeux au ciel en composant mon expression la plus innocente. En réalité, je m'en fichais complètement, évidemment. Quoique, certains de mes camarades avaient tendance à devenir assez lourdingues dans ce domaine de blagues salaces, surtout Luke, en fait, sacrément précoce en la matière. C'était le plus âgé de nous tous et le plus audacieux envers les filles. Il lui avait fallu peu de temps pour enrôler une damoiselle avec ses mots doux (et son léger accent australien), poussé par ses deux grand-frères qui l'encourageaient à se pré-occuper de ce genre de choses, alors qu'à onze ans, ça ne devrait pas être notre principale pré-occupation, non ? 'Fin moi, par exemple, je m'en fichais complètement, des filles. Enfin je crois. De toute manière c'est violent, et ça mord. La preuve ! Non, les filles, ça apporte juste un vent de fraîcheur et de délicatesse, donc une compagnie agréable, et encore, celle à qui je faisais face n'avait pas l'air de rentrer dans le moule. Et ce n'était certainement pas moi qui allait la force à y rentrer. Ayant conscience d'attiser sa colère et d'être un peu trop mesquin comme je me plaisais à l'être (et d'avoir répondu comme l'aurait fait le plus salace de mes amis, qui commençait à sérieusement m'influencer inconsciemment), j'ajoutais immédiatement :Mais non, je plaisante, je te taquinais ! Bon, on reprend à zéro sur de bonnes bases, ok ? Je m'appelle Etienne, déclarai-je cette fois gentiment, un sourire au coin des lèvres en essayant d'avoir l'air le plus sympathique possible (non pas que je n'étais pas franc, mais je la sentais capable de penser que j'allais encore l’agresser au moindre mot ou geste). Mais mes résolutions d'arrêter mes gentilles taquineries furent mises à l'épreuve quand elle ajouta, dans un baragouinage incompréhensible :

- Math o dwp...


Encore du vocabulaire de troll, j'imagine. Non mais sérieusement, où parle t-on ce... cette... 'fin c'est même plus une langue là, c'est du yaourt ! Elle me faisait presque même flipper, avec la lueur mauvaise qui brillait dans ses petits yeux sombres. Tout en elle me semblait sombre : ses cheveux, la couleur de ses prunelles, son regard et surtout son caractère. Presque flippant, j'vous dis. Presque. J'ignorais donc ce qu'elle avait dit, mais j'imaginais facilement qu'il ne devait pas s'agir d'une gentillesse pour qu'elle le camoufle derrière son dialecte de limace bavante. Mais elle n'était pas la seule munie de cette arme verbale.

- Ah ouais, moi aussi je peux jouer à ça !, dis-je dans un français parfait, avec quelques sonorités anglaises cependant, mais depuis mes cinq ans je me rendais en France une seule et unique fois par an pendant les deux mois de vacances d'été, et il était difficile de me débarrasser de l'accent anglais que je devais adopter dix mois sur douze. Puisqu'il y avait 99,9% de chance qu'elle ne comprenne pas ce que je baragouine, je poussais le vice jusqu'au bout : p'tite tête de troll ! m'exclamai-je avec un grand sourire, m'amusant franchement de la situation... et tant pis si elle le prenait mal, je savais que j'agissais en toute sympathie. Ce genre de filles de croc-magnons était assez rare pour que je prenne la peine de lui tenir un peu tête ! ...Même si j'espérais secrètement qu'elle se déride un peu.

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MessageSujet: Re: Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé   Mer 13 Juin - 18:03

Non, mais il débarquait d'où celui-là ? En plus il avait l'air surpris de ma réaction (très peu agressive vu les circonstances). Non, mais il s'attendait à quoi franchement ? Que je lui roule un patin ? Alors qu'il venait d'insulter le pays de Galles ! Je ne dirais que deux mots : a b r u t i . p r o f o n d

- Wow wow wow, le prend pas mal, c'était pas méchant !

Il venait de quelle planète ? De Vénus ? Depuis quand un mec s'excuse en disant « wow wow wow » comme ça ? C'était un vrai mec au moins ? Non, parce qu'il m'avait pas l'air normal. Trop bien élevé. Cela faisait hypocrite et je n'aimais pas les hypocrites. Ouais bon, sauf quand l'hypocrite c'est moi, mais ça on s'en tamponne le coquillard. C'était certainement hyper réducteur de ma part (étonnant ?), mais, ayant grandie avec mes cousins beaucoup plus vieux que moi (le plus jeune d'entre eux a quinze ans) j'ai toujours vu les garçons comme des abrutis mal poli, légèrement crade, toujours à se gratter une fesse en rotant plus ou moins fort. Du moins mes cinq cousins étaient comme ça, en plus ils pensaient avec leur bas-ventre et adoraient me faire rager en prenant toute la place du canapé les soirs de match. Pourtant, mon père et mes oncles étaient un plus éduqués que ça, du moins tant que la saison de football n'avait pas commencé parce qu'il faut les voir quand le Pays de Galles joue un match. Ils étaient comme en transe et ce n'était pas qu'à cause de la bière. Il faut croire qu'ils m'ont influencé plus que de raison. J'étais quand même plus raffinée, parce que je suis une fille. Ce n'est pas parce que je me considérais comme un garçon manqué que je devais baigner dans ma sueur, une bière à la main en gueulant après un arbitre enfermé à l’intérieur d'une télé... et c'était pas parce que j'étais une fille que je devais me jeter un pot de peinture sur la figure tous les matins. Il y avait un juste milieu.

- C'est gentil de proposer pour les sous-vêtements mais n'allons pas trop vite...

Ouais, nan, je retire, c'était bien un mec. On leur parlait de petites culottes et ils étaient tout foufous. Bande d'obsédés... Son petit air innocent m'agaçait profondément. J'avais envie de lui écraser mon poing entre ses deux yeux. Je commençais à croire qu'il me prenait pour une abrutie. Ça aussi ça me gênait. Heu, ça m'énervait, c'est plus approprié.

- Mais non, je plaisante, je te taquinais ! Bon, on reprend à zéro sur de bonnes bases, ok ? Je m'appelle Étienne.

Non, mais là, faut savoir ! T’es un mec ou une lopette ? Il n’avait pas le droit de jouer avec mes préjugés comme ça. Je détestais être comme tout le monde, mais ranger tout le monde dans une case bien particulière était très agréable. Le fait qu’Étienne (bizarre ce prénom, ce type est louche de toute façon, je suis sûre qu’il est même pas britannique) changeait autant de discours me déplaisait de plus en plus. Il ne fallait pas trop jouer avec mes nerfs. Déjà que je me mettais hors de moi pour des futilités… Enfin c’était dans son intérêt de partir, quoi ! D’ailleurs j’avais commencé à perdre patience et je l’avais subtilement insulté. Ce que je n’avais pas prévu c’était que lui aussi avait un dialecte. Je savais qu’il était pas d’ici.

- Ah ouais, moi aussi je peux jouer à ça !

Je rageais intérieurement, ça ressemblait à rien sa langue en plus. C'était pas plus chantant que le gallois, je suis désolée. Il ne savait pas que la colère montait de plus en plus en moi. Étienne... Maintenant que j'y réfléchissais ça sonnait... français. Français ? Beurk ! Selon papa, ces types avaient la langue la plus compliquée à apprendre. Ils avaient, toujours selon papa, le don de mettre des règles partout. Mais où est la liberté de faire des fautes dans tout ça ? Je vous le demande m'sieurs, dames ! En plus les Français sont prétentieux, ils se plaignent tout le temps et ils ne foutent rien... Je vous l'avais dit, j'aime mettre les gens dans des cases bien particulières et je venais de mettre Étienne dans la boite « Français suffisant et beaucoup trop bien élevé pour être honnête ». Il faut pas se leurrer les filles, les mecs gentils ça n'a jamais existé. Jamais, jamais, jamais.

- P'tite tête de troll !

Troll ? Il avait osé redire TROLL ? Et avec le sourire ! Ça l’amusait de se payer ma tête ? C'était la paille qui casse le dos du chameau. Mon sang ne fit qu'un tour et je ne laissais pas le temps à mon cerveau de peser le pour et le contre. Je m’étais levé d’un bond et j’empoignais sauvagement les bras de son fauteuil. Je le défiais du regard et j’essayais de l’impressionner malgré ma faible corpulence. Personne et je dis bien personne, ne se paye ma tête. Pas même mes cousins. Je les avais même déjà mordu. Et plus d'une fois. Je trouvais que ça soulageait grandement, le fait de mordre. Peut-être un peu sauvage et violent, mais ça me calmait. Note à moi-même : demander à maman si on est vraiment des moldus... J'avais peut-être du sang de loup-garou. Qui sait ? Oh ouais, ce serait cool ! Enfin ça n'enlevait rien au fait qu’Étienne allait passer un sale quart d'heure s'il continuait de m'insulter.

- Mon nom c’est Maxime ! Si jamais tu m’insultes encore de troll, je te jure que mes dents laisseront une jolie marque sur tes bras, Étienne.

J’avais volontairement appuyé les syllabes de son prénom à la manière des bourges du pays. Vous savez, ceux qui parlent avec une patate chaude dans la bouche. Lâchant le fauteuil du Gryffondor, je me jetais de nouveau dans le mien et tournais le dos au garçon, un air grognon sur le visage durcissant mes traits. C’est pas sa présence qui allait me faire partir d’ici, foi de moi. Avec un peu de chance il prendrait peur et retournerait pleurer dans son dortoir. Malheureusement j'avais pas l'impression d'avoir de la chance aujourd'hui...

[Encore désolée du retard... Je suis gentille, tu vois. Je m'excuse, MOI !]

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Étienne Morel
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MessageSujet: Re: Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé   Sam 16 Juin - 14:27

Grand bien me fasse de tenter d'instaurer une communication calme et paisible avec les autres ! Je n'avais jamais connu de heurts, jusqu'à ce jour. Je n'étais pas méchant, pas agressif, pas repoussant... Enfin, sans me vanter, je n'avais aucune raison d'inspirer la crainte ou le dégoût. Françoise, ma très chère mère d'origine moldue, m'avait fait un récapitulatif des manières dont je devais me comporter en société, moi, son petit rejeton plus familier des moutons, habitants des massifs montagneux, dans mon cas, celui du Mont-Blanc, que des humains. C'était un joli nom, d'ailleurs, qui correspondait également à une marque de crème dessert très prisée en France. Ma préférée était celle à la pistache... la pistache, ah la pistache ! Ce goût, mais ce goût ! Je tuerais pour de la crème Mont Blanc à la pistache. Enfin, bref, Françoise, craignant que son fils se comporte comme un rustre des montagnes (peut-être avait-elle peur que je mute en grizzli et que je dévore mes congénères une fois enfermé dans ce grand château), avait veillé que je sache correctement me servir d'un couteau, d'une fourchette et d'une cuillère, allant même à rectifier la position de mes doigts sur les couverts si ils ne les tenaient pas dans le bon sens ou pas assez fermement. J'avais beau eu lui dire que là-bas, les repas nous seraient sans doute servis et que savoir cuisiner allait m'être inutile, elle avait veillé à ce que je sache préparer autre chose que de la tartiflette, ce plat si bon et chaud et copieux et réconfortant et je vais peut-être m'arrêter là ou je vais devoir donner raison à ma mère qui m'injurie de « glouton » à presque tout les repas. Et encore, pour la tartiflette, je ne faisais que déposer les tranches de fromage entre celles de pommes de terre, coupées amoureusement par ma grand-mère au préalable. L'été dernier, j'avais donc écopé de « comment cuisiner des plats simples et équilibrés pour les nuls », leçon impeccablement donnée par Françoise. Elle en était même venue à superviser une de mes douches matinales pour être certaine que je me lavais bien, partout. Enfin, ça, ça aurait été si je n'avais pas protesté. Ma mère en train de me mater sous la douche pour me dire que j'avais mal frotté l'arrière du genou de ma jambe droite, sérieusement ? Et puis, même si c'était elle qui m'avait conçu, j'avais préféré que ce soit mon père qui se charge de cette tâche, puisque toute contestation était peine perdue. Quitte à me faire reluquer sous la douche, autant que ce soit par mon père. Mon père, qui, même si il était anglais et avait été élevé dans une famille de bonne condition, était étonnamment beaucoup plus souple et lâche que ma mère, aînée d'une famille nombreuse vivant dans des conditions moyennes. Drôle de phénomène... qui m'arrangeait bien. Mon père avait amené son journal dans la salle-de-bain, attendant patiemment que je me lave, puis avait prétendu avoir fait une inspection en long, en large, et en travers de ma séance de propreté, alors qu'il n'avait pas levé les yeux de sa lecture une seule fois. J'avais souvent des arrangements tacites avec mon père comme celui-ci. Je te laisse tranquille, tu me laisses tranquille. Sous-entendu : je fais semblant de faire ce que ta mère me dit pour ne pas t'embêter, tu me laisses regarder l'équitation à la télé.

Après avoir vérifié sous toutes les coutures que j'étais un garçon qui savait se laver, se coiffer, et se préparer le minimum vital à manger, elle m'avait donc enseigné les bases de la vie en société. La politesse, la gentillesse, le partage... C'était peut-être sur ce point que je défaillais le plus. Le reste venait naturellement. Ce n'était pas au milieu des animaux et et de la flore savoyarde que j'avais pu développer des tendances violentes, colériques ou meurtrières (oui, à cet extrême, je suis certain que Françoise m'en croit capable). Partager, donc, quand on est fils unique... ce n'est pas une chose aisée. Un camarade de dortoir m'avait demandé, un soir, de lui prêter ma brosse à dent, car il avait oublié la sienne chez lui. Il m'avait raconté avoir écrit à ses parents pour qu'ils lui en envoient un au château la semaine suivante, et qu'il aimerait bien se laver au moins une fois les dents durant ce laps de temps. Une fois, en une semaine. Cette idée me paraissait déjà moyennement ragoûtante, mais prêter ma brosse à dent, MA brosse à dent, à cet énergumène qui pouvait se contenter de se laver les dents une fois en sept jours, et sans en avoir honte ? J'avais prétexté que ma brosse à dent était conçue spécialement pour ma dentition, car j'avais de gros problèmes dentaires et que... et que, eh bien, je ne pouvais la prêter à personne, sous peine de compromettre ses effets sur mes dents. Croyez ou le non, il avait tout gobé.

En débarquant à Poudlard, je n'avais eu aucun mal à m'intégrer. Nous étions tous dans la même embarcation, au sens propre comme au sens figuré : les canots avaient été submergés d'enfants tout plus appréhensifs les uns que les autres, et au milieu de l'inconnu, les liens s'étaient rapidement noués. Ma mère aurait sans doute aimé que je lui envoie un hibou pour lui raconter que je me portais comme un charme et vivait très bien mon intégration grâce à ses précieux conseils. Je m'étais contenté d'un « Coucou Françoise maman, le château est très beau, les gens sont très gentils, les cours sont très bien, mais j'aime pas le pudding, la crème Mont-Blanc, c'est bien meilleur, est-ce que tu pourrais m'en envoyer un colis s'il te plaît, je vivrais beaucoup mieux ma vie ici. »

Françoise aurait été sans doute perplexe si je lui avais décrit le cas qui se présentait devant moi. D'accord, d'accord, j'avais choisi la taquinerie pour l'aborder mais ce n'était pas non plus le comble de la méchanceté. Ça avait été une manière indirecte de remarquer son langage original (et pas très agréable à l'oreille, mais ça, je me gardais bien de le dire), et de l'extorquer de sa solitude. Car, si je ne m'abuse, elle n'était en train de discuter avec personne avant qu'elle ne violente verbalement l'élève qui avait eu le malheur de la déranger. J'étais bien heureux de ne pas être à la place de sa pauvre victime. Si je recroisais le chemin de cette furie, j'allais bien veiller à changer de trottoir.
...Noooon je rigole, j'allais me faire un malin plaisir d'aller l'aborder de nouveau ! Sérieusement, elle était réellement effrayante. Et elle n'avait même pas besoin d'ouvrir la bouche pour dégager cette impression. Ses yeux sombres me fixaient avec défiance et agacement, et je pouvais même presque y lire le mot « Dégage »... ce qui me frustrait et m'intriguait à la fois. Je ne comprenais pas son attitude et surtout, ce que j'avais bien pu lui faire de mal. En fait, ça m'énervait un peu, qu'elle se montre aussi agressive, alors que je n'avais fais que de l'aborder de manière... peut-être peu habile, bon, d'accord. Mais plus je m'évertuais à rattraper le coup en dévoilant cette fois-ci mon visage véritablement gentil et avenant, plus elle crispait les traits de son visage fin dont le front était couvert par une frange épaisse de cheveux bruns, ce qui lui donnait l'air encore plus méchant. Une véritable fille des cavernes montagneuses. Et ma mère craignait que ce soit moi le troll de Poudlard, ah, la bonne blague ! Si seulement elle savait. Si j'avais été dans une disposition plus provocatrice, j'aurais sans doute demandé à l'inconnue farouche si je pouvais prendre une photo d'elle afin de l'envoyer à ma mère pour qu'elle puisse analyser ce spécimen fort intéressant et intriguant. Peut-être aurait-on découvert qu'il s'agissait non pas d'une élève mais d'une mutation génétique visant à exterminer la population du château. Franchement, si vous pouviez voir la manière dont elle me regarde, cette hypothèse ne vous paraîtrait pas aussi incongrue.

La gentillesse ne donnant rien, et puisqu'elle continuait à s'enfermer dans sa langue incompréhensible (l'ultime défense des sauvages ?), j'étais aussi entré dans son jeu en parlant français. Mon père m'avait assuré que les anglais parlant français possédaient un charme fou à ceux qui n'y comprenaient rien. Selon ses dires, c'était une des qualités qui l'avait attiré chez ma mère, en plus de posséder lui-même des ancêtres bleu-blanc-rouge. Il avait voulu renoué avec ses origines en épousant une française. Grand bien lui fasse, j'étais donc prédestiné à devenir un garçon terriblement attirant et sexy ! ...Quelle blague. Je refourguais ça à quiconque voulait faire tomber les filles comme des mouches, ça allait sans doute servir plus, les filles étant le cadet de mes soucis. Enfin, c'est toujours agréable à regarder, une jolie fille, mais de là à vouloir les « faire tomber comme des mouches »... Et quand on a autant de chance que moi et que l'on tombe sur des folles furieuses, franchement, merci, mais non merci. J'allais être définitivement vacciné.

Je regrettais déjà de l'avoir de nouveau gentiment insulté de troll, car elle se dressa sur son fauteuil, comme un fauve prêt à bondir, ce qui me poussa à me retrancher au fond de mon propre siège. Encore un peu et je ne faisais plus qu'un avec mon fauteuil tant je m'y enfonçais, tellement sa fureur irradiait de son regard de charbon prêt à s'enflammer.


- Mon nom c’est Maxime ! Si jamais tu m’insultes encore de troll, je te jure que mes dents laisseront une jolie marque sur tes bras, Étienne.

La manière dont elle prononça mon prénom fit naître un sourire grand comme une banane sur mon visage, malgré ses menaces. Elle l'avait prononcé comme mes grand-parents paternels, sorciers au sang-pur d'excellente condition, totalement snobs. Heureux d'avoir un petit-fils au prénom français, ils prenaient un malin plaisir à dire langoureusement « Hey-ti-eeee-ne » comme si ils parlaient du diamant le plus précieux de la terre. Sauf qu'il le faisaient sérieusement, au contraire de Maxime. Maxime ? Maxime...

- Maxime ?! C'est un prénom masculin en France. C'était le prénom d'un des frères de ma mère. Françoise, Maxime, Christine, Valérie, Adèle et Valentin : voilà l'intégralité des fils et filles de mes grands-parents maternels. Ça faisait un paquet d'oncles, de tantes, et donc, de cousins et cousines. Et donc, de cadeaux à Noël. C'est original pour une fille ! Sentant que je m'engageais sur un terrain glissant, j'ajoutais immédiatement : Mais attention, j'ai pas dis que c'était moche ! Au contraire. C'était presque irritant de devoir prendre des pincettes pour s'adresser à elle. Je craignais qu'elle me saute dessus toutes griffes dehors, baragouinant comme une limace enragée, au moindre de mes mots. A croire que la notion d'humour lui échappait totalement... moi qui aimait bien en faire, c'était bien prometteur... Je me retenais désormais de le taquiner pour éviter de me présenter aux cours du lendemain avec un coquard, mais ce n'était pas dans mes habitudes. Cependant, pour je-ne-sais-quelle-raison, je tenais à ne pas trop la froisser. Peut-être parce qu'elle paraissait si frêle. Aussi, pour tenter un ultime rattrapage, je quittais de nouveau mon fauteuil pour me poster sur l'accoudoir du sien, et m'adressait de nouveau à elle. Ou plutôt, m'adressais à son regard flamboyant et à ses sourcils froncés.

- Et essaie de me mordre et je te fais manger du bon fromage français ! Tu sais, les gros dégoulinants qui puent, humm, tu vas adorer ! m'exclamai-je avec un grand sourire à l'évocation de ces délices culinaires et de mes taquineries, qui ne cessaient de resurgir malgré toutes mes bonnes volontés. Toujours assis sur l'accoudoir, je ne distinguais que le profil de Maxime, dont le regard semblait toujours aussi renfrogné et dirigé vers le mur du fond de la salle commune. C'était que de l'humour tu sais, rien de méchant, mais bon promis, j'arrête. J'étais résigné à la laisser dans sa fureur et à pester contre un autre élève malheureux, et puis, finalement... Je peux quand même te voir sourire avant de partir ? Pour me prouver que tu n'es pas un tr... enfin, le mot interdit, ajoutai-je, pétillant de malice. C'est vrai, j'avais été on ne peut plus gentil, même si un peu mesquin... je le méritais bien ce sourire ! Même si ce n'était qu'une petite provocation de plus, je sentais la curiosité monter quant à la possibilité de voir ce masque de renfrognement tomber pour entrevoir son visage déridé et éclairé d'une lumière nouvelle, plus douce et... agréable.

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Maxime V. Danniels
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MessageSujet: Re: Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé   Mar 17 Juil - 0:36

Si je n'étais pas ce qu'on pouvait aisément appeler une pouffiasse des bois, c'est surtout grâce à mon entourage spécifiquement masculin. Le foot, le rugby, les bagarres, les insultes, la bière... Non, moi je n'avais pas le droit d'en boire parce que même si mes cousins voulaient me faire gouter, ma mère, elle s'y est farouchement opposée. Et ce n'est pas parce qu'on était une famille composée de trois filles (ma mère, ma tante et moi) et de sept garçons (mon père, mon oncle et mes cinq cousins... Alvin, Anthony, Carter, Matt et Zach) que ma mère et ma tante n'avait pas d'autorité. Bien au contraire, dès qu'elles hurlaient tout le monde était au garde à vous. Ma mère avait bien essayé de me féminiser le plus possible quand j'étais un bébé. J'ai des photos à la maison, des vrais dossiers, où l'on me voit dans une robe rose pastel avec de la dentelle sur le col. J'étais affublée de deux couettes et d'un lapin bleu en peluche... Roh c'est bon j'avais trois ans, j'n'avais aucun moyen de m'opposer aux lubies de ma mère, même si j'ai gardé monsieur Carotte... J'étais sa fille unique après tout et je pouvais m'estimer heureuse de ne pas avoir été éduquée exclusivement par les hommes de la famille. J'étais peut-être agressive sur les bords, j'aimais bien regarder le sport à la télé et traîné en jogging-pantoufle comme mon père lors de ses jours de congés, mais sans les principes culcul de ma mère, je serais devenue un vrai mec ! Le genre qui crache sur les trottoirs et qui va pisser sans se laver les mains après avoir touché sa... Eurk ! Ceux qui font ça sont vraiment dégueu. Rien que d'y penser ça me donne la gerbe. Oh Dieu, non. ! Je viens d'imaginer ce type qui m'emmerde depuis dix minutes là... Etienne, en train de sortir des chiottes sans se laver les mains et... Une corde, vite !

Nan, que quelqu'un me colle une baffe. Ce type n'avait pas l'air du genre à manger sa cuisse de poulet avec les doigts et à lever la tête vers son interlocuteur avec du ketchup tout autour de la bouche et sur sa chemise, s'il est vraiment crade. J'avais vraiment du mal à l'imaginer dévalant les couloirs avec d'étranges vapeurs vertes nauséabondes s'échappant de sa personne. Non, lui il était plus du genre fils à maman, futur Tanguy, très propret... Une gonzesse quoi ! Mais même si j'essayais de me rassurer en me moquant de lui intérieurement, la situation était plus qu'irritante pour moi. Généralement personne n'était aussi tenace avec moi. Je m'énervais un coup et on me foutait la paix. Lui, il s'accrochait et cela me déconcertais totalement. Il fallait bien avouer qu'il m'avait prise au dépourvu en revenant à la charge avec son français tous pourris. S'il pensait que jouer au prince charmant avec un sourire éclatant et un humour tellement maladroit que j'en baillais d'ennui était une chose qui me faisait fondre comme neige au soleil, alors il fallait que quelqu'un le prévienne tout de suite que ses efforts étaient vains. Ce n'est pas parce qu'il faisait son gentil petit garçon que j'allais baisser ma garde et rentrer mes griffes. Mes cousins auraient été sorciers, ce pauvre Etienne serait devenu leur souffre-douleur préféré... Déjà parce qu'il venait m'importuner et mes cousins étaient du genre protecteur. C'est-à-dire qu'ils étaient les seuls à pouvoir me martyriser, pour le reste c'était pas touche la mouche. Ensuite parce que dès que Carter lui aurait tapé sur l'épaule, le français aurait été propulsé vers l'avant ce qui aurait engendré les rires des quatre autres et de moi-même. Non, je ne suis pas cruelle. Juste le genre de fille qui ne peut pas s'empêcher de rire comme une tarée quand elle voit quelqu'un se manger une méchante gamelle, c’est humain. Je n'ai peut-être pas été élevée de la sorte par ma mère, mais c'est comme ça que mes cousins m'avaient influencée en grandissant. Ce n’est pas simple de se faire accepter par ces gros bœufs. Surtout quand on est la petite dernière, la seule fille, celle qui doit faire ses preuves constamment.


- Maxime ?! C'est un prénom masculin en France.

Je ne vous avais pas parlé de sa ténacité ? Je pense que c'est ce qui m'énervait le plus chez lui. Il n'avait pas encore compris que discuter - si on pouvait appeler ça discuter - avec lui me faisais chier au plus haut point. Pire, ses remarques ne cessaient de m'énerver. Je savais que Maxime était un prénom de gars. Il n'y avait pas qu'en France ! D'ailleurs il n'y avait pas que la France dans la vie, il y avait le Pays de Galles aussi. Cette fois je serrais les dents, je n'allais pas user ma salive, il allait finir par s'user tout seul ce pauvre petit. Je ne maîtrisais pas l'indifférence et je reconnaissais que c'était l'une de mes faiblesses. J'étais beaucoup trop expressive au niveau du visage.

- C'est original pour une fille ! Mais attention, j'ai pas dis que c'était moche ! Au contraire.

J'essayais d'avoir l'air totalement désintéressé. Il n'était pas tout seul à être tenace, s'il croyait que j'allais sourire à sa remarque complètement nulle... je préférais pousser un petit soupir agacé. Pourquoi il ne retournait pas voir ses potes ? Non, monsieur jouait les pots de colle et était de retour sur MON fauteuil. Quand il s'accouda de nouveau pour me parler avec sa voix mielleuse, j'eu la forte envie de lui coller mon pied en pleine figure.

- Et essaie de me mordre et je te fais manger du bon fromage français ! Tu sais, les gros dégoulinants qui puent, humm, tu vas adorer !

Ma mâchoire se serra encore plus, parce qu'il avait bien faillit me faire rire et cela aurait foutu en l'air ma crédibilité. J'avais oublié que les Français avaient de la bouffe étrange. Vous vous rendez compte ou pas ? Ils bouffent des escargots et des grenouilles ! Des GRENOUILLES !

- C'était que de l'humour tu sais, rien de méchant, mais bon promis, j'arrête. Je peux quand même te voir sourire avant de partir ? Pour me prouver que tu n'es pas un tr... enfin, le mot interdit.

Si c’était le seul moyen pour le faire partir… Je plongeais mon regard dans le sien et lui souris à pleine dent. Je sentais bien que les muscles de mon visage étaient détendus et mon sourire devaient être radieux bien que totalement faux. Un de ces sourires forcés que l’on sort quand notre mère ou un autre membre de notre famille (chez moi c’était ma tante) nous mitraille avec son appareil photo le jour de votre anniversaire. Puis je l’effaçais pas même dix secondes plus tard avant de lui lancer.

- T’es content ? Maintenant dégage…

Sur cette phrase, je me retournais une ultime fois dans mon fauteuil. Si avec ça, il n'avait pas compris que j'en pouvais plus de lui, je ne sais pas ce qu'il lui faut.

- S'il-te-plait ? lâchais-je exaspérée.

On est jamais trop prudent.

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Étienne Morel
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Ami(e)s: Toi, plus moi, plus tous ceux qui le veulent, plus lui, plus elle, et... BREF.
Âme soeur: Parce que lutter contre des démones et des dragonnes, ça va bien cinq minutes... SEBASTIAN HANSEN MY HEART IS YOURS ! (...mais en vrai j'aime les filles, hein, ne vous méprenez pas)

MessageSujet: Re: Le coq et le dragon [PV GQP] ~ Terminé   Mar 24 Juil - 12:26


Je faisais genre que j'assumais que cette fille soit aussi sauvage qu'un troll des montagnes brandissant sa massue en me criant dessus (avec quelques postillons en prime, ça rend l'image encore meilleure) "OUARCHMALAGROUF DEGAAAGE", mais, en réalité, je n'arrivais pas à m'y faire. J'étais complètement, carrément, totalement, décontenancé. Au fur et à mesure qu'elle montrait de la résistance face à ce qui ne me semblait être que de la gentillesse, je perdais mes moyens. Je m'accrochais cependant inexplicablement, en essayant de tenir une conversation digne de deux êtres humains sages et parfaitement éduqués. Soit elle avait été élevée dans une caverne reculée de toute civilisation par des parents dignes des hommes de croc-magnons, soit... soit je l’insupportais. Mais, dans ce cas, juste une question : pourquoi ? POURQUOI ? Était-elle allergique à la gentillesse, à l'attention, à la civilisation, aux sourires sincères, aux nouvelles rencontres ou... aux blonds ? C'était inexplicable, et donc, c'était profondément irritant. J'étais irrité. En rogne, si vous préférez. Et ça m'arrivait rarement. En fait, deux choses m'énervaient véritablement : la méchanceté et l’agressivité gratuite. Bingo, j'avais tiré le jackpot, cette charmante jeune demoiselle combinait les deux. Je n'avais rien fait de plus que de lui adresser la parole, la taquiner et... je me récoltais la totale comme si je l'avais agressé. Lui avais-je foutu une poire dans la fraise ? L'avais-je réellement insulté ? Non mais, dîtes-moi, je demande le vote du public, parce que là, je suis complètement paumé.

Je repensais inévitablement à Luke qui, d'un sourire charmeur et de quelques mots, parvient à attirer n'importe quelle fille un tant soit peu normale. Nul doute qu'il n'arriverait à rien avec Maxime. D'ailleurs... ce serait fun de le voir essayer de la séduire. Je n'aurais plus qu'à apporter mes pop-corns et rire du spectacle ! Enfin, en ce moment même, j'étais peu enclin à rire. J'avais renoncé à mes habituelles taquineries, presque exténué de voir qu'elle devenait un peu plus rebelle à chacune, et avait essayé d'enclencher les rouages d'une conversation anodine. Mais, sérieusement... comment avais-je pu imaginer une seule seconde qu'elle aurait pu se dérider et me répondre comme quelqu'un de normal, de manière agréable et civilisée ? Quel abruti. Je l'avais peut-être été depuis le début, en fin de compte. Dès que les mots sauvages qui étaient sortis de sa bouche à l'encontre de la première venue qui l'avait froissée, j'aurais du me méfier et imaginer un panneau "ATTENTION DANGER" ou "SENS INTERDIT" sur son visage. J'avais préféré ignorer le code de la circulation et foncer dans le mur : et maintenant, je m'en mordais les doigts. Son visage. Parlons-en, de son visage. Un véritable mirage : vous le contemplez, avec un regard surpris, parce que ses cheveux bruns se marient bien avec son regard chocolaté, mais du chocolat noir, amer, presque violent, et ses sourcils bruns effrontés, et ses traits doux... apparemment. Il avait suffi qu'elle commence à parler (de sa langue de yaourt, en plus), pour que l'illusion s'écroule. De la douceur, de la beauté ? Bouarf ! Grosse blague. Je m'étais embourbé dans un sable mouvant qui m'avait semblé être une plage paradisiaque. Bien fait pour moi, me direz-vous. Oui, sauf que... Sauf que derrière l'incompréhension qui mutait progressivement en colère exaspérée se cachait une pointe de déception et d'amerturme inexpliquée, qui émanait autant d'elle que de moi.

J'eus pendant un bref instant un sentiment de victoire et de satisfaction : j'avais cru voir le coin de ses lèvres se soulever à l'évocation de mon fromage bien-aimé. Alors, c'était ça ? Il fallait que je lui raconte des trucs dégueus pour qu'elle se mette à sourire ? Supeeer. Dans ce cas, j'allais devoir sérieusement songer à gonfler le stock de blagues répugnantes que j'avais sous la main. Non, mais, qu'est-ce que je raconte... D'où j'allais changer quoi que ce soit pour essayer d'arracher quelques mots et expressions agréables à cette tigresse ? C'était à elle d'apprendre à être gentille, et non à moi de muter en troll des montagnes. C'était Françoise qui allait être contente si ça arrivait, tiens.

Plus elle restait silencieuse, et plus ma frustration allait croissante. Je m'en voulais d'être aussi innocent : elle allait désormais me prendre pour son jouet ou son souffre-douleur. Il aurait sans doute fallu que je me montre aussi agressif qu'elle pour espérer avoir un peu de sa considération ou de son respect... je n'étais pas qu'à lutter à grands renforts de plaisanteries et de mots gentils. Vous parlez d'un warrior ! Car ce qui m'énervait au plus au point, plus que de converser avec un mur de glace, c'était que cette fille se fasse passer pour l'homme, et moi, la femmelette. Je n'avais aucune notion de virilité, et je m'en fichais comme d'une branche d'épinard, mais je sentais qu'elle s'amusait du fait que je lui oppose de la résistance seulement par le moyen de mes maigres mots, moi qui avait toujours pensé qu'ils étaient la meilleure des armes. Si j'en étais venu aux poings, peut-être m'aurait-elle craint et pris en respect.

Mais je n'étais pas ce genre de garçons. Je n'étais pas Luke qui n'hésitait pas à frapper le moindre zigoto de Serpentard qui venait le chambrer. Je n'avais appris qu'à caresser la laine des moutons résidant dans les alpages français, pas à les abattre et à les découper en petits morceaux. J'étais le genre de garçons qui fondait devant un sourire gentil et sincère. Je découvrais à Maxime un merveilleux don d'actrice : elle simulait l'agréable à la perfection. Au lieu de combler mes espoirs, ce sourire que je savais faux accentuait ce sentiment de frustration qui me collait à l'esprit. Elle avait répondu à ma provocation : la moue de ses lèvres avait été transformée en sourire. J'aurais peut-être préféré qu'elle ne le fasse pas, finalement. Qu'elle m'envoie bouler une dernière fois, et qu'on en parle plus. Maintenant que j'avais vu ses traits s'adoucir... je la regardais, un peu éberlué, retenant moi aussi mes lèvres de se soulever, parce que c'était drôle mais aussi presque... bizarre, presque... je ne sais pas, touchant, de voir son visage sous un autre jour. Et, sans que je m'y attende, la nuit vint immédiatement après.


- T’es content ? Maintenant dégage…

Je rendais les armes. A quoi servait-il d'insister ? J'allais juste finir par découvrir la force de son poing, et je ne tenais pas vraiment à prendre des coups devant ceux qui étaient mes potes, et qui discutaient joyeusement juste derrière. Si nous avions été seuls, peut-être... peut-être que j'aurais insisté, jusqu'à ce qu'elle craque. Mais là, le risque était trop grand. Elle s'était retournée dans son fauteuil, retrouvant sa moue de troll habituelle.

- C'est bon, c'est bon, drapeau blanc ! T'as gagné. C'est toi qui est contente maintenant ? lui demandai-je, si elle m'écoutait encore. En tout cas, elle ne me regardait plus.

- S'il-te-plait ?

- Quand c'est demandé gentiment... Enfin, gentiment, ajoutais-je en ricanant légèrement tant l'ironie était palpable. Je me retournais à mon tour, rejoignant le cercle de mes amis. Le combat était terminé : le dragon avait vaincu le coq. Je n'étais habituellement pas un mauvais joueur, mais pourtant, cette fois-là, la défaite passait avec un goût d’amertume mêlé de déception en travers de ma gorge.


Spoiler:
 

- END -

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