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Fate or Coincidence? |PV|

 
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 Fate or Coincidence? |PV|

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Sebastian Hansen
Élève de 4ème année



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Localisation : Probablement en train de t'aider à faire tes devoirs.
Date d'inscription : 12/03/2012

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Particularités: I'm a dinosaur, Rawwwr. *tente d'avoir l'air effrayant*
Ami(e)s: Plutôt des filles. Bien que je ne sois pas encore sûr que Tess puisse techniquement être considérée comme une, vu qu'elle a probablement plus de co... Enfin, bon.
Âme soeur: Désolé Etienne, les lèvres de Casey sont quand même plus douces.

MessageSujet: Fate or Coincidence? |PV|   Jeu 29 Mar - 15:26

Je posai ma tasse de thé à la cannelle sur la table, dépliant la Gazette du sorcier. Les titres de ce samedi matin étaient plutôt inintéressants, et je regrettai de mettre lever tôt pour être à 9heures dans la grande salle et ne pas rater le courrier. Je n’étais pas un lève-tard, mais je n’étais pas non plus un lève-tôt, et je n’aurais pas boudé une heure de sommeil en plus. Mais j’avouais avoir espérer un peu de courrier plus personnel, Elisa ayant reçu une lettre la veille provenant de mes parents. C’était simple de deviner qu’ils n’avaient pas jugé utile de s’intéresser à moi. Je ne leur en voulais pas, ma dernière lettre était truffée de « Tout va bien » et de « Ne vous inquiétez pas ». Pouvais-je alors leur reprocher de ne pas le faire justement ? Ma mère me considérait comme mature pour mon âge, et très débrouillard. Elle avait alors dû penser que rien ne pressait. Elle n’avait pas tort d’un côté, je n’avais pas besoin d’une lettre en urgence, tout allait très bien ici. Je demanderai à Elisa ce que les parents lui ont écrit, voilà tout. J’étais sûr qu’eux aussi, se portaient parfaitement bien.

Je jetai un coup d’œil vers la table des Serdaigles dans l’idée de l’apercevoir, mais elle était occupée à travailler. Dès le matin ? Je fronçai les sourcils, étonné. Ce n’était pas vraiment son genre. Ou alors c’était-elle faite sermonnée pour ses mauvaises notes ? Second froncement de sourcils, nous étions début octobre et Elisa n’avait eu que des Optimales à ses devoirs, à ma connaissance. Ah si, un effort exceptionnel en Sortilège ! Décevant, très décevant pensai-je en ayant un rire amer. Ma grande sœur était une véritable éponge, tout ce qu’elle apprenait, elle s’en souvenait le lendemain matin par cœur, et la semaine d’après, et le mot d’après… Il lui suffisait de lire un article pour qu’elle l’analyse, trie les éléments intéressants et fasse dans sa tête des liens, et les ressortent dans ses devoirs. Parfois, je me demandai si elle était surdouée, bien que de nombreux tests que mes parents lui aient fait faire ne reviennent qu’avec la même note « QI légèrement au-dessus de la moyenne. » Sans plus, désolé mais Einstein ne faisait pas partie de notre lignée de toute évidence. Mais avec Elisa, la pression était au rendez-vous pour prendre le flambeau.

Je n’étais pas un élève modèle. J’étais sérieux, j’écoutais, ne bavardais pas, soit. Mais je n’avais pas cette capacité de travail qu’avait ma sœur, cette espèce d’impulsion qu’elle semblait avoir dès qu’elle posait sa plume sur le parchemin. Elle était si rapide, si logique ! Il me fallait des heures pour réussir un devoir qui ressemblait à quelque chose. Ma seule force était mes mots, mon style. J’étais aussi doué pour converser à l’oral qu’à l’écrit. Je savais quelle tournure adopter, quelle phrase. J’étais doué pour persuader les autres et les faire rentrer de mon côté, mais j’étais également prudent. Je ne brusquais pas mes professeurs par des idées novatrices ou originales, je restais très scolaire. J’appliquais les méthodes. Et j’étais assez fière de moi, car j’avais réussi à obtenir deux « Efforts Exceptionnels » et deux « Acceptable ». Je passerais sous silence mon piètre en potions, mais était très fière de mon Optimal en astronomie, ma matière favorite. Les étoiles m’avaient toujours inspirées. Perchées au-dessus de nos têtes, elles me semblaient être des gardiennes, des observatrices qui se régalaient du spectacle humain nocturne. Et chacune d’entre elles avait une histoire ! Les constellations... J’aurais passé mes journées à lire des histoires sur celle-ci.

Mes parents n’avaient pas été emballé par mes acceptables et surtout par mon piètre, mais je m’y étais préparé. Je savais qu’avoir les notes d’Elisa serait un rêve illusoire, et même si ma mère me répétait qu’elle s’en fichait, que nous étions différent, et que je ne pouvais pas être comme elle, je savais qu’elle était déçue. Et mon père aussi. Mais que pouvais-je faire face à la tornade Elisa ? Pas grand-chose. Les professeurs de Poudlard la détestaient tout comme ils l’adoraient. Elle ne faisait rien comme tout le monde, et tout à sa tête. Elle n’était en rien une élève modèle, scolaire et tout le bordel. Elle sortait, rendait certains devoirs en retard et bavardait en classe. Mais à l’instar, elle participait en cours, ses réponses et ses devoirs étaient toujours d’une grande pertinence, et sa mine de petite fille lui permettaient de s’en sortir à chaque fois. Et même si certains profs la réprimandaient, ils ne tardaient pas à lui faire un grand sourire et à la féliciter pour son dernier devoir, ou à discuter avec elle dans un couloir à propos de la dernière découverte magique du moment. Ma grande sœur était comme ça. Sans le vouloir, on l’aimait tous. Et ce n’était pas une option.

J’eus un rire en réalisant que non, elle n’était pas en train de travailler. Si de loin, il m’avait semblé qu’elle était terrée derrière un livre, je réalisai à présent qu’elle se cachait derrière celui-ci pour envoyer des bisous secrets à un garçon à la table des Poustouffles. Un grand blond au visage carré qui mimait l’acte de rattraper les baisers qu’elle lui soufflait. Tiens, je ne le connaissais pas celui-là. Pas le même que l’année dernière en tout cas. Je cherchais des yeux Antoine, un petit brun de Serdaigle avec qui elle sortait l’été dernier. Il était assis au bout de la table, lançant des regards noirs vers Elisa, puis vers le Poustouffle. Je pouffai dans mon journal. C’était ma sœur tout craché. Elle était tellement désinvolte qu’elle se lassait de tout en quelques secondes. Ses petits amis ne duraient jamais longtemps, sauf ce mec, Hector. Elle était sortie avec lui il y a trois ans, et ils étaient restés ensemble plus d’un an. Mais il a fini par la plaquer pour une histoire débile, et c’est pour cela qu’elle s’était mis à chasser tous les beaux célibataires de Poudlard. Parce qu’au final, les mecs, c’est tous des cons. « Sauf Toi, Seb’ », d’après elle.

Mais il y avait peu de fille de son avis. Je n’avais jamais eu de petite amie, ni même d’amoureuse quand j’étais en primaire. J’étais le meilleure ami de toute les filles, jamais l’amoureux. Peu importe, je n’y pensais pas trop. Bien que j’avoue que ma camarade de métamorphose, une serdaigle nommée Zoé, me plaisait beaucoup. De jolis yeux noirs, et des cheveux bruns lisses, toujours bien coiffés. Et elle avait un joli sourire, elle était calme et douce. Mais comme toute les autres, je l’avais entendu dire plus d’une fois « Sebastian, t’es vraiment un superbe ami. » Et voilà, comme toujours ! En parlant de métamorphose, je saisissais mon sac, décidé à aller faire mon devoir que j’avais à rendre pour lundi sur comment changer une aiguille en allumette. Je fis un signe de la main à mes camarades et parti en direction de la bibliothèque. Je poussai un soupir arrivant devant : Peeves y avait lancé des boules puantes, et les élèves sortaient en trombe de l’endroit, toussant et jurant. JE fis demi-tour, cherchant cette fois-ci une salle libre dans les diverses couloirs du château. J’avais l’habitude d’aller dans celle au sixième étage avec un camarade de classe à qui je donnais un coup de main en Histoire de la Magie.

Je poussai la porte de salle et y pénétrai rapidement, espérant ne pas être vu. J’avais envie d’être un peu tranquille, et avec l’incident de la bibliothèque, cette salle risquait d’être convoité par plus d’un. Je me retournai vers l’intérieur de salle, et sursautai en réalisant que deux globes bleus me fixaient. J’eus une expression étonnée, puis un léger sourire, reconnaissant mon interlocutrice.


-Daphne.constatai-je. Désolé, je pensais que la salle était vide.

Puis, réalisant qu’elle ne me comprenait pas de toute manière, je fis demi-tour vers la porte.


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Daphne Kasperek
Assistante à l'infirmerie
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MessageSujet: Re: Fate or Coincidence? |PV|   Sam 31 Mar - 19:12

Je trouvais qu'il y avait définitivement quelque chose qui n'allait pas dans cette équation. Quelque chose qui un mois plus tôt, un an plus tôt, m'aurait parut si peu improbable que j'en aurais ris au nez de mon interlocuteur – si j'en avais eu un, et qu'il me l'avait dit. Et à supposer de le comprendre. Bref, ça faisait beaucoup d'éléments d'un coup, d'ailleurs là aussi j'avais beaucoup d'éléments d'un coup, et je n'avais besoin plus que d'une saute d'humeur plus forte que les autres pour lancer mon livre à travers la pièce.

Déjà, parce que je m'étais fait violence en rédigeant cette lettre à mon père – habituellement celles que j'envoyais étaient destinées à ma sœur, parce que comme ça, j'étais certaine qu'elle faisait passer le message lorsqu'il y avait un message à faire passer. Théoriquement, là aussi, ça aurait du être le cas, mais il me semblait que c'était une tâche trop importante pour une enfant de neuf ans et qu'elle avait mieux à faire que de prévenir papa que j'avais besoin d'un livre pour apprendre l'anglais.

Apprendre l'anglais. Rien qu'à entendre ces mots se balader dans ma boîte crânienne, ça me donnait mal à la tête. Mais voilà, il avait bien fallut que je finisse par m'y résoudre, bon gré mal gré – faire des dessins avec une autre élève dans la bibliothèque, pour me faire comprendre ne suffirait plus cette fois ci. Je devais me rendre à l'évidence, même si ce n'était que du bout des lèvres : ils étaient en majorité, et moi dans tout ce foutoir, je n'étais qu'un petit grain de sable, qui venait se mêler comme il le pouvait, et même s'il n'en avait pas réellement envie, dans cette masse ambiante, mais de laquelle il ne pouvait malgré tout pas se perdre puisqu'il était différent des autres.

Les premières semaines, cela ne m'avait pas dérangé. Ou du moins, j'avais fait semblant de laisser voir que ça ne m'avait pas dérangé, et je m'étais terrée dans ce que je savais faire de mieux : dans mon silence. Mais les choses étaient comme elles étaient, et je m'étais vite lassée de me sentir si vite exclue. Ce n'était pourtant pas comme si ça me dérangeait à la base de me retrouver toute seule, puisque pendant un an les seules personnes avec qui j'avais vraiment pu converser et que j'avais vu le plus souvent, c'était Delilah et mon père. Tout le reste... tout le reste ils ne comptaient pas, mais puisqu'ici, on ne me laissait d'autre choix que de me retrouver au beau milieu de cette multitude, ça en devenait donc une autre forme de solitude, et autant dire que celle ci ne me plaisait pas. J'avais du trouver une solution, même si celle ci non plus n'était pas pour me convenir, d'autant plus qu'elle était longue et fastidieuse. Apprendre l'anglais. Non mais elle était bien bonne celle là !

J'avais reçu le manuel demandé à ma famille, avec un mot bref et concis de mon père, suivit de dessins de ma sœur, que j'avais rangé bien précieusement dans ma valise. J'avais essayé de me motiver en me disant que tout cela ne pouvait pas être si difficile, et que si tout ces gros malins bavards qui peuplaient les couloirs de l'école y arrivait, moi aussi alors, après tout, je ne pouvais pas être plus bête qu'eux.

Hé bien pour l'instant on ne pouvait pas dire que c'était tout aussi concluant que je ne l'avais espéré ! C'était même tout le contraire, je n'avais qu'une envie, c'était de froisser la feuille de parchemin sur laquelle j'étais penchée, alors que je m'étais reclus dans la première salle vide que j'avais trouvé pour qu'on me laisse tranquille. J'avais déjà bien assez de mal comme ça, alors si c'était pour recevoir en plus des moqueries ou alors des conseils stupides qui ne me serviraient, de toute façon, à rien, ce n'était même pas la peine. Ça n'en avait pas l'air à regarder, comme ça, mais c'était une véritable gymnastique parce que je ne cessais de naviguer entre l'espèce de dictionnaire dont je disposais avec certaines phrases toutes faites en plus du gros volume de métamorphose qui était ouvert à la page que je désirais, parce que nous avions un devoir à rédiger, qui devait rédiger en gros quel était la marche à suivre pour transformer une aiguille, en allumette. Mais qu'est-ce qu'on en avait à faire, franchement de la version papier, une fois qu'on savait le faire en pratique ! Je ne voyais pas l'intérêt d'écrire un tel torchon, mais puisque c'était de l'avis de la prof... Après je pouvais toujours décider de ne pas le lui rendre, mais vu que ce n'était pas la joie, parce que je m'étais obstinée à rendre mes premiers travaux en polonais, peut être que pour cette fois ci, et bien... j'allais m'abstenir.

Donc, pour résumer la situation, j'étais cachée. Ou du moins ça, c'était ce que j'avais imaginé parce qu'une salle désaffectée perdue au fin fond du couloir du sixième étage, à part pour faire des choses louches, qui aurait aimé y mettre ne serait-ce qu'un petit bout de doigt de pied ? A part moi s'entend.

Tout était possible à Poudlard, et parmi tout l'éventail d'hypothèses, d'élèves, j'en passe et des meilleurs, la dernière personne que j'avais un instant imaginé voir ici...

-Daphne.

Sebastian. J'avais relevé la tête dès que mes oreilles affûtées avait entendu la porte s'ouvrir pour me révéler l'identité de celui qui venait me chercher des puces. Je répondais, je ne répondais pas ? … je ne répondais pas tiens, pour le simple plaisir de l'embêter un peu – après tout, je n'avais pas oublié comment s'était terminé notre dernière rencontre, et c'était tout dans son intérêt que ce ne soit pas son cas à lui non plus. A part s'il cherchait les noises.

-Désolé, je pensais que la salle était vide.

Je fronçai les sourcils la seconde d'après, le temps que dans mon cerveau, les mots s'organisent entre eux. Peut être que je n'avais pas trop envie de faire des efforts, mais malgré moi, je faisais des progrès, mais il fallait me laisser le temps pour tout piger quand même ! Peut être même que j'étais en train de comprendre de travers, allez savoir. Toutefois, il m'avait déjà tourné le dos, sûrement prêt à prendre la poudre d'escampette.

- Elle ne l'est pas, c'était une phrase basique que j'avais trouvé presque tout de suite en ouvrant le manuel la première fois que je l'avais tenu entre mes mains.

Non mécontente de mon exploit, j'avais hâte de le voir se tourner de nouveau pour capter quelle allait être sa réaction – je n'avais pas compris un seul mot de son baragouin à l'infirmerie, donc c'était un net changement. Je peignis le visage fière que j'avais envie de lui montrer pour l'occasion.

- Toi... je tentais de retrouver le mot que j'étais en train de chercher. Partir déjà ?

Bon, qu'on soit clair dès maintenant, je savais que c'était plus que basique comme façon de s'exprimer et j'avais la désagréable impression d'être un bébé à qui on était en train d'apprendre à parler, et qui avait besoin de mots simples pour tout comprendre. Et savoir que comme tout le reste de l'école, il était en position de force, me déplaisait beaucoup. Quelle idiote ! Pourquoi est-ce que je venais de lancer la discussion ???? je ne pouvais m'en prendre qu'à moi même à présent. Et à lui, pourquoi pas, puisqu'après tout, il était là...

Pour combien de temps ?

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I READ SOMEWHERE HOW IMPORTANT IT IS IN
LIFE NOT NECESSARILY TO BE STRONG BUT TO FEEL STRONG.



"I wanna break the spell"



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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: Fate or Coincidence? |PV|   Dim 1 Avr - 11:23

Je me souvenais de ma dernière rencontre avec la jolie Daphe. Un mois plus tôt, à l’infirmerie, alors que j’amenais un de mes camarades se faire soigner (comme par hasard, qui si collait ? Moi bien sûr !), j’étais tombé sur cette jeune fille totalement inconnue. Elle était visiblement en combat contre Madame Pomfresh, si bien qu’elle avait décidé de se réfugier derrière moi, comme si j’étais un bouclier humain. Au final, deux trois interventions de ma part, et le problème était réglé. Daphne était allongé sur un lit et se faisait posé des bandages pendant que j’essayais tant bien que mal de lui faire comprendre ce que je racontais. Car oui, la principale particularité de la Serpentarde était de ne pas parler anglais. Elle ne cessait de lancer des piques dans une langue complétement inconnue que j’associais à un pays de l’Est. Peu importe lequel, la seule que je constatai était qu’elle parlait sur un ton furieux et accusateur. Et même si j’avais eu droit à un merci, cela s’était arrêté là. J’avais donc décidé de partir, laissant Daphne dans son coin comme il semblait qu’elle voulait l’être.

Je ne l’avais plus revu depuis, si ce n’est durant certains cours que nous avions en commun. Mais elle était quelqu’un de discret toujours au fond de la classe à jeter des regards noirs au reste du monde. Et moi, j’étais occupé à déambuler avec mes amis, à les aider et à faire mes devoirs. Et puis, il m’avait semblé clair que je n’étais pas le bienvenu dans l’espace vitale de la jeune étrangère et je n’avais donc pas cherché à retenter l’expérience. Car croyez-moi, lorsque ses deux yeux d’un bleus incroyables se posaient sur vous, pleins de colère et de réticence, vous n’aviez pas trop envie de rester pour voir quelle tête ça avait lorsqu’elle s’énervait, la Daphne. Je ne doutais cependant pas du fait qu’au fond, la jeune fille s’était construit ce masque par peur de l’inconnu et ne repoussait les autres que car elle avait peur de s’y frotter. C’était quelque chose de classique et en général j’adorais aider ce genre de personne. Mais lorsque la fille qui se tient en face de vous ne parle pas un mot d’anglais, ça devient un peu plus compliqué. Et lors de notre dernière rencontre il paraissait clair qu’elle n’avait aucune envie de faire des efforts.


- Elle ne l'est pas.

Je me retournai en sursautant, scrutant la salle. Non, c’était bien Daphne qui venait de parler et j’eus une expression étonnée en le réalisant. Elle arborait un air fier et semblait très contente de sa phrase. Malgré le fait qu’elle venait de me congédier plutôt froidement, j’eus un sourire franc et amusé. Sa voix sonnait douce au creux de l’oreille lorsqu’elle parlait anglais malgré son accent très prononcé. Et puis elle était nettement plus jolie avec cette air là que celui du « tu m’touches, j’te bouffe. ». Elle avait donc finalement choisie d’apprendre l’anglais ?! En voilà un progrès ! Sûrement était-elle fatiguée de ne rien comprendre. Elle était plutôt courageuse pensai-je, étrangère, elle débarquait dans un pays dont elle ne parlait pas un mot de la langue et s’aventurait tout de même à y étudier. Je me demandai d’ailleurs ce qui l’avait poussé à venir ici car j’étais persuadé que, peut-importe le pays dont elle venait, on pouvait y trouver une école de magie. Aussi réputé que Poudlard ? Peut-être pas non.

- Toi... Partir déjà ?

Alors là, c’était carrément incroyable ! Elle m’invitait presque à rester avec ! Que lui arrivait-il ? Se pouvait-il que la dernière fois je l’ai mal compris et qu’elle voulait que je reste aussi ? Non, pas possible, pas vu le ton qu’elle avait employé ni le regard noir qu’elle m’avait adressé ! Je fus un peu pris au dépourvu, une mine étonnée naissant sur mon visage. J’étais là debout comme un piquet sans trop savoir comment interpréter ce qu’elle venait de dire. Devais-je venir m’asseoir à côté d’elle, était-ce cela qu’elle me proposait ? Hésitant, je fis quelque pas en avant vers elle.

- Je peux rester si tu veux. Répondis-je d’une voix douce.

Moi en tout cas, je n’y voyais aucun inconvénient. Au contraire, Daphne le chat sauvage m’invitait à sa table et c’était pour moi un véritable honneur. J’espérais seulement que ce n’était pas un piège grossier et qu’elle allait se remettre à me crier dessus en sa langue natale ! Je m’assis à ses côtés, sans m’approcher de trop près non plus. Je ne voulais nullement l’effrayer et puis je tenais à ma vie, qui sait si elle n’était pas violente ! Je lui jetai un regard en coin, légèrement intimidé par la bestiole qui se tenait à côté de moi.


- Je vois que tu as travaillé l’anglais. C’est bien. Soulignai-je d’une voix calme et lente, pour être sûr qu’elle me comprenne bien.

Je lui fis un sourire. Voilà, mettre le chat sauvage en confiance. Et puis, elle était si jolie avec son petit air satisfait. Non, réellement, elle était mignonne tout court. En fait, je n’en savais trop rien car je ne l’avais jamais vraiment observé. La fixer avec insistance aurait pu être mal interprété par Daphne et pour le moment j’arrivai à discuter avec elle alors autant ne faire aucun geste de travers. J’étais impatient de voir ce qui se cachait derrière sa coquille de bête féroce.


- Qu’est-ce que tu fais ? Lui demandai-je en jetant un coup d’œil sur ses livres ouverts.

Un dictionnaire, un livre de méthode pour l’apprentissage de l’anglais, un de métamorphose… Waouh, mais c’était qu’elle était studieuse la Daphne ! Je fronçai les sourcils pour lire ce qu’elle avait écrit. J’eus un nouveau sourire, c’était le devoir de métamorphose que j’étais censé faire aussi. Je posai mon doigt sur son devoir et lançai :


- Je travaille sur ça aussi. Tu veux de l’aide ?

Petit sourire timide et regard en coin. Puis, comme il n’y avait pas que le travail qui m’intéressait, je finis par lui poser une question légèrement plus personnelle en espérant que ça ne soit pas un sujet tabou.

- D’où viens-tu ?


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Daphne Kasperek
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MessageSujet: Re: Fate or Coincidence? |PV|   Lun 2 Avr - 17:33

Est-ce que j'avais envie qu'il parte ? Oui. Non. Peut être ou peut être pas, j'avais du mal à définir ce que je voulais en ce moment. Être au milieu. C'était tout ce que je savais faire, et il en avait toujours été ainsi. J'étais l’aînée, et Delilah était de deux ans ma cadette, mais ça ne changeait puisqu'elle comme moi, nous étions sans arrêt exposées au centre de ce conflit qui avait duré durant des années, si bien que par moments, j'avais l'impression que lorsque je pousserai la porte d'entrée dans l'appartement où nous vivions actuellement à trois, en rentrant durant la période des vacances, j'y verrai maman qui serait sagement venue m'attendre dans un coin du canapé miteux que papa s'était fait vendre à un de ses collègues de travail. Que toutes les belles promesses qu'elle me dirait alors ne seraient que du vent, juste les babioles d'une femme suffisamment entraînée dans l'art du discours qui disait tout, et surtout son contraire. Cette femme qui savait qu'elle n'éprouvait rien pour nous, si ce n'est de la jalousie et qu'elle viendrait seulement nous prendre pour faire du mal à mon père. Et l'on reviendrait avec elle et tout recommencerait, comme avant. Ce passé, je ne voulais plus jamais en entendre parler.

Quand c'était comme ça, j'avais toujours la nette impression de penser comme une adulte alors que les autres élèves de l'école étaient à des années lumières de ce genre de préoccupations. Qu'est-ce que je les comprenais ! Ou du moins, c'était ce que je dépensais le plus d'énergie à faire, qu'est-ce que je les enviais et surtout qu'est-ce que j'avais voulais être à leur place... On dit souvent que ça n'arrive qu'aux autres. Notre maîtresse nous en avait déjà parlé en classe, sans avoir aucune idée de ce qu'il pouvait bien se passer chez nous. Il pouvait parfois y avoir des signes qui ne trompaient pas, mais l'autre mégère qui aimait bien se faire appeler ma « mère » était plutôt pas mal dans le genre, soit parce qu'elle n'avait pas assez de force pour faire assez de mal, soit parce qu'elle savait se retenir. Et puis tout le monde le sait: les égratignures, les petits bobos, les gamins de 8-9 ans on l'habitude d'en avoir et chez la famille Kasperek, on allait dire que les deux gosses devaient être plus casse coup qu'elles ne voulaient bien le montrer en classe, a rester bien sagement dans un coin de la salle... Qu'est-ce qu'elles cachaient bien leur jeu ! Mais rassurez vous, elles n'étaient pas les seules... ça aussi, ça doit être une question de génétique.

Toute cette rancœur, je l'extériorisais à partir des différentes rencontres que j'avais pu faire jusqu'à présent, au sein de l'école de sorcellerie Poudlard. C'était facile il n'y avait que deux options ; ou je restais toute seule à l'écart des autres et tout se passait bien, ou lorsque c'était pour leur parler c'était simplement pour les enguirlander. De toute façon, qu'est-ce que ça pouvait bien faire et bien changer puisqu'ils n'y comprenaient rien ? Encore un point qui allait connaître une évolution durant les mois à venir...

- Je peux rester si tu veux.

Je sus, dès l'instant où j'avais parlé, que cela risquait d'être une fort mauvaise idée, mais qu'il était trop tard pour rattraper les mots qui venaient de sortir de ma bouche. Qu'est-ce que je venais de faire ? Qu'est-ce qui m'avait pris ? Quel facteur était donc rentré dans l'équation pour que je propose à Sebastian dont je ne connaissais que le nom, de passer un peu de temps en ma compagnie ? Sans doute parce que lui aussi, je ne savais pas trop quoi en penser. Il m'avait presque rendu service alors que Mme Pomfresh (j'avais lui son nom sur la porte de son bureau à l'infirmerie et l'écriture était totalement différente que celle que j'avais imaginé) et moi étions en pleine prise de bec, et pourtant il ne s'était pas gêné par la suite pour m'abandonner à mon triste sort ! Je n'avais pas été un modèle d'amabilité et de sympathie, c'est vrai, mais le fait est que ça ne m'avait pas plus et je m'étais même sentie trahie par quelqu'un qui était censé être de mon côté ? Ou alors... peut être pas ? Après tout comme nous avions eu de gros problèmes d'élocutions, tout était possible... Mais bref, je lui en avais voulu quand même et je comptais bien le lui faire savoir.

- Ah, j'essayais de trouver les mots les plus simples dans mon vocabulaire déjà très pauvre en la matière. Pas comme fois avant, constatai-je de façon ironique pour remuer le couteau dans la plaie.

L'avantage – ou le désavantage – c'était que cette fois ci il semblait réellement décidé à ne pas me filer entre les doigts et j'imaginais déjà tout ce que j'allais pouvoir lui faire subir. Après tout, j'avais été élevée comme ça, et même si c'était une excuse dont je me serais bien passée, j'étais rancunière, et pour moi, chaque chose qui aurait pu paraître anodine pour une personne normale, ne l'était pas en ce qui me concernait. Je n'arrivais tout simplement pas à passer à autre choses dès lors que je ne pouvais obtenir gain de cause.

- Je vois que tu as travaillé l’anglais. C’est bien.

Je restais plus de temps que nécessaire silencieuse, pour être certaine de tout comprendre. Qui aurait pu songer que tout cela pouvait être si compliqué ? Pourquoi nous n'avions pas tous une langue universelle, en plus de celles que nous avions déjà, pour être tous au moins capable de saisir ce que l'autre avait à dire ? En réponse à cela, ainsi qu'à son sourire, je haussai les épaules avec désinvolture, agacée d'avoir dû finalement m'y résoudre ; mais je le laissai malgré tout s'installer. J'estimais que c'était un échange équivalent plus que convenable.

- Qu’est-ce que tu fais ?

Je le dévisageai durant quelques instants comme si c'était le dernier des imbéciles, tellement pour moi la réponse me semblait évidente. Et bien pas pour tout le monde, on dirait ! J'attrapai ma méthode pour apprendre l'anglais pour le lui mettre sous le nez, avant de m'adresser à lui comme si c'était le dernier des attardés :

- Apprendre anglais, puis j'avançai ma feuille de parchemin à moitié gribouillée vers lui, avec métamorphose.
Si lui même avec des mots simples, il était incapable de piger quoi que ce soit, cette fois, c'était vraiment moi qui ne pouvait plus rien pour lui ! Je secouai la tête en levant les yeux au ciel qui ne voulait rien dire d'autre que « tu pouvais pas le deviner tout seul ? ». Heureusement, tout sembla ensuite s'éclairer dans sa petite tête, car il reprit :

- Je travaille sur ça aussi. Tu veux de l’aide ?

Voilà que les choses commençaient à devenir hautement plus intéressantes... ! Après tout, puisque cette proposition allait dans mon sens et servait mes intérêts, je n'allais pas m'en passer ! S'opéra donc en moi un changement de comportement, en échos à sa demande. Je lui adressai un mon tour un mince sourire tout en hochant la tête pour dire que j'acceptais, en plus d'un :

- Je veux. Ce n'avait pas l'air d'être la façon la plus polie qu'il soit de dire oui, mais l'essentiel, c'était que j'arrivais à m'exprimer non ?! Après s'il le prenait mal, c'était sûrement parce qu'il était trop susceptible et là aussi à part résoudre le problème tout seul, il n'y avait rien d'autre à faire.

J'allais lui coller ma plume entre les mains comme invitation à se mettre au travail, ne m'attendant sûrement pas à ce qui allait suivre...

- D’où viens-tu ?

Elle était logique cette question après tout, mais je sentis tout de même mes membres se contracter à cette seule pensée. La fille de la bibliothèque m'avait demandé la même chose, mais bizarrement je n'avais pas eu de réaction similaire à ce moment là... Pourquoi ?

- Pologne, lui appris-je en accentuant bien sur les deux o, pour ne lui laisser aucun doute possible. C'est par là, je faisais des petits mouvements de la main du côté droit, tout en me visualisant mentalement une carte de l'Europe pour lui indiquer vers où le pays se trouvait par rapport au Royaume Unis. Allemagne. A côté.

Mais après, qu'il n'en demande pas trop non plus.

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: Fate or Coincidence? |PV|   Mar 3 Avr - 11:38

Alors que son visage s’était éclairé d’un sourire fier il y a à peine quelques minutes, Daphne reprit son air fermé et froid en un instant. De nouveau, elle me jetait son regard noir plein de jugement et d’observation qui mettait presque mal à l’aise. Elle semblait contrôler parfaitement tout ce qu’elle disait, faisait mais aussi exprimer. Elle me rappelait presque une machine, froide et déterminée avec ses grands yeux étincelants tels des ampoules fluorescentes. La spontanéité ne semblait pas faire partie de ses fonctions, elle n’était que contrôle et rigueur. En constante maitrise. C’était comme si la jeune fille regrettait de m’avoir demandé de rester, ou alors n’osait pas admettre à elle-même que ma présence ne lui posait aucun problème, réellement. Daphne était peut-être un chat sauvage, mais était-elle vraiment aussi solitaire qu’elle voulait le faire croire ? Je n’en savais rien et j’aurais aimé pouvoir comprendre comment cette drôle d’étrangère marchait. C’était tout moi ça ! Même si je me préoccupais beaucoup des autres, leurs vies ne m’intéressaient pas toujours autant que je le laissais croire. Et il fallait que la seule personne que j’ai envie de connaître soit elle, celle qui voulait le moins qu’on approche. Moi, contradictoire ? Mais pas tout.

D’une certaine manière, je m’y retrouvai un peu dans cette attitude. Non pas que je sois quelqu’un de froid bien entendu, mais cette constante maitrise des sentiments que Daphne semblait possédé me rappelait un peu ma manière à moi, de cacher mes émotions. Je les cachais tellement que personne ne pensait que je pouvais en ressentir, ou du moins cela n’intéressait personne de creuser pour aller les chercher. Et moi, je me contentai d’afficher un sourire débile à chaque occasion. Si j’avais le spleen –chose qui m’arrivait plus fréquemment que je ne voulais l’admettre- j’étais simplement moins bavard que d’habitude. Et les gens ne se doutaient de rien. J’avais donc l’impression d’avoir un point commun avec la verte et argent, mais je gardais cette remarque pour moi-même. Je doutais qu’elle apprécie d’être comparée à moi, ni même d’être jugée tout court. En fait, je devais admettre que Daphne m’effrayait un peu, car je n’avais aucune de ce que je devais attendre d’elle. Je ne savais pas comment me comporter avec elle, car elle semblait refuser toute aide et toute pitié, tout voulant que l’on lui porte de l’intérêt. Du moins, c’est ce que je pensais comprendre à première vue. Mais qui sait, peut-être avais-je tort.


- Ah. Pas comme fois avant.

Elle me balança sa petite réplique d’un ton ironique avec un air entendu. J’eus un rire, la fois d’avant ? C’était elle qui s’était littéralement jeté sur moi pour se protéger, et maintenant elle me le reprochait ?! Cette fille était décidemment pleine de ressources ! Etait-elle vexée du fait que je l’avais laissée seule dans l’infirmerie ? Mais pourtant, c’était bien elle qui m’avait comprendre que je dérangeai, du moins c’est ce qui m’avait semblé ressortir de son charabia ! Mais si elle décidait de lancer ce sujet et de me mettre mal à l’aise, je n’allais pas la laisser s’amuser toute seule ! Je n’étais pas quelqu’un de mesquin, mais j’avais tout de même du répondant. Heureux de souligner ses propres contradictions, je lui répondis d’une petite voix innocente.

-Tu voulais que je reste aussi la dernière fois ?

Et voilà. Oh s’il te plait Daphne pas la peine de me faire ce regard-là, tu l’as cherché ! Je lui lançai un regard amusé en coin. Elle était mignonne, avec ses sourcils froncés et sa mine grognonne. On aurait dit un petit enfant à qui on venait de prendre son dessert ou son jouet préférée. Pendant un instant, elle eut exactement le même air que Matthew, mon petit frère, lorsque sa Xbox ne marchait pas. Et puis, comme à son habitude, elle reprit son rictus hautain et fermé auquel je commence doucement à être habitué.

- Apprendre anglais, avec métamorphose.

Bon, elle n’était pas encore prête à déclamer Shakespeare, mais elle s’améliorait ! Elle arrivait à comprendre ce que je racontais, mais également à m’y répondre –dans un autre dialecte que sa langue maternelle incompréhensible. Je lui fis un sourire, jetant un œil au devoir qu’elle me tendait. Visiblement, sa plus grande difficulté était la conjugaison mais du reste, ce n’était pas trop mal. Ses phrases étaient basiques certes, mais généralement juste. Chapeau bas, Mademoiselle Daphne.

- Je veux.

J’eus un rire malgré moi. Sa détermination était amusante à voir, tout autant que sa manière de l’exprimer. Oh, ça m’était pas mal égal qu’elle ne soit pas une reine dans les formules de politesses car au final, ce n’était que pour faire joli. Les gens pensent toujours qu’ils peuvent faire passer les pires des demandes ou des paroles avec l’aide d’un simple s’il vous plait ou d’un désolé, comme si ces mots avaient un pouvoir magique. Je le voyais constamment d’ailleurs. « Sebastian, pourrais-tu me donner ton devoir de potion s’il te plait ? » S’il te plait. Qu’est-ce que ça change au final ? Rien. Pourquoi ne pas balancer directement « File ton devoir de potion mec. », le résultat sera le même. De toute manière, les gens finissaient toujours par oublier la politesse avec moi. Merci ? Un des mots les plus rares dans mon entourage.

- On dit « Je voudrai », c’est plus poli. lançai-je d’une voix amusé. Mais je m’en fiche un peu en fait, de la politesse.

Je crois qu’en vrai, j’avais juste envie de taquiner Daphne. Tout en douceur bien sûr. Je n’aurais jamais été capable de lui être réellement désagréable à elle, ni à personne d’ailleurs. J’étais Sebastian le gentil, vous vous souvenez ?

- Pologne, m’expliqua Daphne en agitant ses mains.[/i] Allemagne. A côté.

C’était donc de la qu’elle venait ! Sa description m’arracha un sourire, mais je contenais mon rire. Je savais très bien où était la Pologne tout de même, je savais même que Varsovie en était la capitale. Mais j’avoue que son effort pour me faire comprendre d’où elle venait me fit en quelque sorte plaisir : elle essaye réellement de communiquer avec moi. Comme je l’avais dit, pas si solitaire que ça, la Daphne. Je fis un signe de la tête pour lui montrer que j’avais compris. Désormais, une foule de question s’était insinué en moi. Où habitait-elle en Pologne, si elle aimait le pays, pourquoi elle était partie. Oui tiens, pourquoi était-elle à Poudlard et non à Dumstrang ou une autre école de ce genre ? La question me brûlait les lèvres, mais je me doutais que Daphne n’était pas du genre à balancer toute sa vie à des inconnus. Elle était plus difficile à atteindre.

-C’est bien là-bas ? Finis-je par demander, espérant qu’elle m’explique ce qu’elle fichait ici.


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MessageSujet: Re: Fate or Coincidence? |PV|   Mer 4 Avr - 15:01

Il y avait un truc chez Sebastian qui me dérangeait. Il y avait ce truc, que j'avais réussi à déceler, sans pour autant savoir exactement de quoi il s'agissait, et c'était d'autant plus frustrant que tant que je n'arriverai pas à savoir de quoi il retournerait, je pouvais bien me poser la question dans tout les sens, le résultat resterait sans doute le même. Et il n'y avait rien de pire que de rester dans l'incertitude. L'obscurité, le flou, ne pas savoir où aller. Ou est-ce que je devais me rendre ? Le chemin qui se traçait devant moi était-il meilleurs que celui que j'avais emprunté jusqu'à présent ? J'espérais que oui, et de toute façon, ça ne pouvait pas être très difficile de s'en convaincre, parce que ça ne pouvait pas être pire qu'avant de toute manière.

-Tu voulais que je reste aussi la dernière fois ?


Et tout à coup, comme si la lumière venait de se faire, cela m'apparut soudain, presque comme une évidence. A présent, comme elle était sous mes yeux, je me demandais encore bien comment j'avais pu faire par m'en rendre compte dès le début ? C'était tellement logique, tellement... Ou peut être que je m'étais trop occupée pendant un premier temps, à l'enguirlander, et de ce fait que je n'avais pas fait attention au reste. Oui, ça ne pouvait être que ça, et de toute façon, je ne voyais pas ce que ça pouvait être d'autre.

Je ressentais à son égard un truc vicieux qui ne m'inspirait pas confiance, et pourtant il me semblait être attirée, comme la pie voleuse qui récupère les objets brillants pour les cacher bien précieusement dans son nid. C'était exactement la même chose dans ce cas de figure. Il était d'apparence sympathique, et pourtant, il y avait des signes, des phrases comme celle ci qui ne trompaient pas : ça sonnait trop faux pour que tout ceci me paraisse honnête, mais il y avait cette touche, qui ne cessait de me répéter que peut être que ce n'était pas qu'un simple jeu d'apparence, et tout ceci était sans doute vrai. Si vrai que ça en devenait faux ? J'étais en train de me perdre dans mes propres conclusions et tout cela ne me disait rien qui vaille – dans tout les cas, il fallait que je fasse attention, quoi que ma raison en pense.

Et puis cette façon désagréable d'être agaçant sans toutefois l'être complètement ! Ça hérissait chaque poil de mes avants bras, la manière qu'il avait de me faire tomber dans le propre guet apens que je tentais de lui tendre. Ce n'était pas si agréable que ça de trouver quelqu'un qu'on pouvait poster sur le même pied d'égalité et d'aussi malin que soi. Je n'étais pas vaincue pour autant, Sebastian ne savait vraiment pas dans quelle cours je jouais. Comment aurait-il pu le savoir d'ailleurs ?

- Moi, pas dis ça, répliquai-je du tac au tac, avec la volonté de ne surtout pas lui laisser le dernier mot. Toi, faux espoirs.

Je ne me rendais même pas compte que mon langage s'approchait de celui des primates ; au contraire, j'étais contente de moi, de pouvoir aligner trois-quatre mots les uns à côté des autres, et j'étais certaine de mon mode d'expression. Des mots, c'était des mots, tant qu'ils étaient mis dans le bon ordre, c'était le plus important, non ? J'acceptais donc sa nouvelle demande sans chipoter. Il n'y avait pas de place ici pour les chichis !

- On dit « Je voudrai », c’est plus poli.

J'émis un grognement mécontent. Tout ne pouvait pas être parfait non plus hein, il ne pouvait donc pas se mettre à ma place cinq minutes ? Non, même cinq secondes auraient suffit. Ou alors c'était l'inverse : il aurait fallut bien plus d'une vie entière pour ressentir ce que moi j'avais ressenties durant onze ans. Mais ça, c'était encore autre chose.

- Mais je m’en fiche un peu en fait, de la politesse.


Je haussai les épaules avec un air mauvais, sans vraiment être en colère. C'était juste que je n'avais pas envie d'en démordre, quand j'estimais que j'avais raison, c'était que j'avais raison, c'était comme ça, un point c'est tout !

- Tant mieux alors, je ne cachais ni ma mauvaise fois, ni le petit rictus qui était en train de s'afficher sur mon visage.

Mais bon, je n'allais pas en faire trop non plus, parce que s'il partait sans même m'avoir aidé à rédiger une seule ligne du devoir, ça n'allait pas m'aider ! Voilà qu'on en revenait à l'éternel problème du jour... Quelque chose me vint à l'esprit dans le but de me rattraper, mais j'avais seulement le mot en polonais. Je levai l'index pour lui indiquer de patienter un peu, avant de chercher pendant de longues minutes ce que je cherchais. Heureusement qu'il y avait les termes dans ma langue natale à côté !

- Blague, finis-je par dire, pour lui faire croire qu'en vérité je plaisantais, à propos de ma précédente remarque. Le souci c'était que moi même, je ne savais pas trop si je rigolais ou pas... Oh et puis qu'il ait le doute, je n'étais ni dans sa tête, ni ici pour faire de la psychologie, psychanalyse, j'en passe et des meilleures !

Tout comme le reste... est-ce que ça me donnait plus envie de rire que de pleurer, en fait là encore tout n'était qu'une question de point de vue. Je n'avais pas passé que de mauvais moments en Pologne, et ça aurait été mentir que de dire que mon pays ne me manquait pas, et en réalité, j'en étais même un peu nostalgique. Pourquoi en être arrivé à de tels extrêmes au point d'aller s'expatrier complètement, au lieu de simplement déménager sans quitter les frontière parce que le coin était grand et qu'il y avait à la fois de la place pour ma mètre et pour nous trois ? Si seulement la théorie pouvait parfois être plus simple que la pratique...

-C’est bien là-bas ?

Je haussai les épaules avec nonchalance pour donner l'illusion que tout cela m'était égal, alors que dans les faits, c'était loin d'être le cas. Tant que ce n'était pas des questions très personnelles, ça allait, mais j'avais de gros problèmes de confiance en autrui pour prétendre avoir envie d'aller au delà. Avec Delilah et mon père, j'étais bien. Je n'avais en aucun cas besoin d'élargir mon cercle de proche, le mien me convenait tout à fait. Je ne voulais plus être blessée. Je me protégeais. Ce n'était pas la première personne du coin qui partageait quelques cours en commun avec moi qui allait en faire un exception !

- Beaux paysages, expliquai-je là aussi en ayant des difficultés d'élocution. Beaucoup espace. Je faisais des grands gestes de bras cette fois encore, parce que j'aimais bien m'exprimer avec des signes, comme pour mimer ce que j'étais en train de dire. Je n'en ajoutai pas plus, me faisant la réflexion que je faisais assez d'efforts avec lui comme ça, que je n'avais jamais été d'un naturel très causant et que de toute façon, ces deux phrases suffisaient pour résumer la situation.

C'était à prendre ou à laisser.

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Sebastian Hansen
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MessageSujet: Re: Fate or Coincidence? |PV|   Ven 6 Avr - 19:12

- Moi, pas dis ça. Toi, faux espoirs.

J’éclatais de rire malgré moi. Faux espoirs ? Elle ne se prenait pas pour rien, la Daphne. Mais son attitude me faisait rire, parce qu’elle avait l’air d’un chat grognon qui avait perdu sa souris. Elle essayait d’avoir l’air détachée, supérieure, mais se comporter ainsi m’avait toujours fait plus rire qu’autre chose. Peu m’importait d’être traité comme quelqu’un d’inférieur, je préférais même ceux qui l’affichaient clairement. Beaucoup se cachent derrière une fausse modestie qui est insupportable. Je ne pensais pas être inférieur à quiconque cependant, je n’avais juste pas la force de me battre pour me défendre. Je faisais ma vie dans mon coin, et peu m’importait comment les autres se voyaient. Les gens vantards n’étaient jamais vraiment aimés de toute manière, ils étaient plutôt craints. Et je voyais bien que c’était ça que Daphne cherchait : ne pas se faire aimer pour ne pas avoir à répondre aux sentiments des autres. Pourquoi ? Je n’en savais rien, et j’aurais été étonné d’un jour réussir à percer la carapace de la jolie Serpentard. Et pourtant, je n’aurais pas dit non. Les casse-têtes humains étaient mes préférés. Et la jeune fille était probablement le plus dur jamais rencontré.

-Dommage, j’espérais tellement… Répondis-je d’une voix ironique.

Ironie ? Peut-être pas. Pour être honnête, j’aurais bien voulu que Daphne soit un peu plus bavarde, mais je savais également que si elle l’avait été, je ne me serais pas autant intéressée à elle. Etrange à dire mais pourtant vraie, j’avais toujours été attiré par les cas difficiles. Mon esprit de bonne pomme mourrait d’envie de savoir ce que cachait la jeune fille derrière son silence et ses yeux perçants. Je prenais alors mon mal en patience, tentant de briser la coque qu’elle s’était formée. Mais à vrai dire, c’était un peu comme essayer de briser la carapace d’une tortue à la petite cuillère. En gros, on repassera plus tard. Et pourtant, c’était ma spécialité, la psychologie ! Je lisais dans les autres comme dans un livre ouvert, qu’ils m’y invitent ou non. Les gens ne sont jamais très doués pour cacher ce qu’ils ressentent, même si ils pensent être contentieux pour cacher leurs sentiments. Le corps parle de lui-même, les tics, les manies. Saviez-vous que lorsque l’on imite un sourire, on ne peut stimuler tous les muscles nécessaires à un réel sourire ? Faire mentir notre corps est impossible, et il ne restait plus qu’à apprendre à le déchiffrer.


- Tant mieux alors.

Je ne répondis pas à sa provocation. Appuyant mon menton sous ma main, je la regardai de face, sans me priver de son rictus fier. Elle était mignonne comme tout et j’étais persuadé qu’elle ne s’en rendait même pas compte. Mais son air était un peu trop dur pour me plaire, et je préférais les jolis cheveux blonds de ma camarade de métamorphose. Honnêtement, jamais je ne m’intéresserais à Daphne. Je ne regardais jamais vraiment les filles car je savais qu’elles me considéraient plus comme des amies, mais lorsque je le faisais, c’était sur des filles douces et agréables. Non pas que la Serpentarde ne soit pas agréable non, mais un peu trop sauvage pour moi. J’étais quelqu’un de calme. Et j’avais besoin de ça. Bouger au quotidien ? Non merci ça ira. Et vu le caractère de la jolie brune, c’était plutôt tremblement que petite secousse.

- Blague.

J’eus un nouveau sourire. Un humour particulier, la petite. Je ne fis aucune autre remarque, parce que je ne voulais pas vraiment rentrer là-dedans. Même Daphne n’avait pas l’air convaincue de sa propre « blague » mais je m’en fichais. Je lui fis comprendre d’un regard que peu m’importais sa manière de rire. Je m’adaptais à tout de manière, je l’avais toujours fait. Tout m’aller, toujours. J’étais le roi des arrangements, de l’adaptation. Ça ne m’embêtait pas, j’étais polyvalent. Cela entraînait peut-être des sacrifices mais c’était ainsi. Habitude. C’était fou ce que ce mot me collait à la peau. Qu’est-ce que je foutais chez les Gryffondors ? Encore une fois aucune idée, et si vous avez la réponse, je suis preneur. Mais là encore, je m’adaptais. Ne pas me sentir à ma place était un sentiment récurrent chez moi. En face, je ne connaissais même pas le sentiment qu’était de se sentir chez soi. Car pour moi, on était chez soi qu’en compagnie de ceux que l’on aimait vraiment, et qui nous aimer à notre égal. Et ça, je ne l’avais pas encore trouvé. En fait, je doutais même que cela existait, mais je me désignais comme optimiste auprès des autres, alors autant essayé d’y croire. Même si les exemples étaient réduits pour mon expérience.

- Beaux paysages. Beaucoup espace.

Voilà donc à quoi la Pologne lui faisait penser. Je voyais bien Daphne courir dans des champs de fleurs… J’eus un rire intérieur ironique. Non, en fait ça ne lui allait pas trop. Je l’imaginais plutôt en train de torturer des vers de terre dans un coin, de la terre jusque sous les ongles. Et toujours son regard lumineux et terrible, qui ne vous laissez aucun espace vous respirez lorsqu’elle vous fixait. J’aurais bien voulu y aller, mais je n’étais pas vraiment fait pour les voyages. J’étais bien trop casanier. Le confort de chez moi m’allait bien, même si on ne pouvait pas trop appeler ça du confort bien sûr. Habitude. Toujours et encore habitude.

- Ça te…

Mais je n’eus pas le temps de lui demander si la Pologne lui manquait. Car quelque chose de totalement inattendu se produisit. La porte de la salle s’ouvrit violemment, accompagné d’un cri. Ce cri, c’était mon nom, d’une voix brisée et bégayante. Et pourtant très familière. Tel un ressort, je me retournais, découvrant Elisa en pleurs dans l’embrassure de la porte. Violemment je me levais, incapable de demander ce qui se passait tant cela me terrifiais. Elle n’était pas du tout du genre à pleurer en public ainsi, ni à courir pour me trouver. A vrai dire, je l’avais rarement vu ainsi. Son joli visage était bouffi et rouge, ses joues humides et ses yeux bleus remplis de larmes. Ses cheveux bruns se collaient à ses joues et elle hoquetait sans cesse. Elle me regardait, elle aussi tentant de parler, les sanglots l’empêchant de s’exprimer distinctement.

- Sebastian… Tom… Il a eu un problème… Il faut… Il faut… Aller à Sainte-Mangouste… Je ne… Tu…

Mon cœur s’arrêta. Tom. Tom. Tom. Je n’arrivais plus à penser normalement, incapable soudain de tenir sur mes pieds. Je me jetai dans les bras d’Elisa, bien qu’elle soit bien plus grande que moi, j’avais l’impression de tenir un bébé. Je me dégageai, la rassurant. Nous allions y aller ensemble, elle ne devait pas s’inquiéter. Dans un dernier mouvement, je me retournais vers Daphne. Je m’en voulais un peu qu’elle me voit si blême et si mal à l’aise, mais je n’y pouvais rien. Je n’arrivais même pas à parler de nouveau, tant la force me manquait. Je lui fis simplement un signe de la tête, refusant de lui montrer que mes yeux brillaient d’une multitude de gouttes d’eau. Et en instant, j’étais hors de la pièce, courant dans les couloirs en soutenant Elisa qui chancelait. Désolé Daphne, mais je n’avais plus que Tom en tête.


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Daphne Kasperek
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MessageSujet: Re: Fate or Coincidence? |PV|   Sam 7 Avr - 21:52

Ne pas être de nature très bavard, ça, c'était sans aucun doute de famille par contre. J'étais certaine de la sincérité des sentiments de mon père à notre égard, ma sœur et moi ; du fait il n'en disait pas trop. Ma mère quant à elle, elle ne savait pas parler – elle criait, et c'était une chose qu'elle savait faire à la perfection, comme si elle était née tout en ayant dans la peau et en ce qui la concernait, très honnêtement, je n'avais pas de doutes sur ce dernier point. Depuis le temps elle avait même du trouver une autre personne sur laquelle s'acharner, aller savoir, de toute façon, ça ne m'intéressait pas. A la maison, c'était Delilah qui se chargeait le plus souvent de faire les conversations, mais puisque entre nous trois nous nous étions déjà tout dit et qu'à part le travail de notre papa, il n'y avait rien d'autre à raconter, le plus souvent, ça tombait bien vite à plat.

Il était après tout logique alors que je ne sois pas très bavarde, à part pour dire que quelque chose ne me convenait pas, de ce point du vue c'était vrai que je ressemblais un peu à... Non. Je ne lui ressemblais pas. Cette hypothèse n'était même pas envisageable et je la chassais rapidement de mon esprit. Non mais puis quoi encore ?! Une photo de famille peut être ? Désolée, mais même ça, c'était un élément que nous n'avions pas dans notre magasin.

Après tout peut être que c'était à cause de tout ça, cette routine très fermée, cloîtrée même, dans laquelle nous nous étions enfermés que nous en étions arrivé à répondre aux questions de la manière la plus concise qui soit, sans même chercher à relancer la discussion vers un autre sujet, ou en demandant un truc à son tout afin d'évoluer dans un échange fluide et constant. Mais c'était à croire que ce genre de détails, ce n'était pas ce qui caractérisait la famille Kasperek... Dommage pour les autres.

Dommage pour Sebastian tout du moins, parce que c'était précisément ce que j'étais en train de faire avec lui. D'une part parce que certains souvenirs étaient bien trop cinglants pour que j'ai envie de les partager avec quelqu'un. Ensuite... parce que je ne voyais pas quel intérêt cela allait m'apporter de me pencher sur lui, sa vie, ses goûts... Tout ça c'était trop plat, ce n'était que des apparences, un voile somptueusement dressé devant nos yeux pour qu'on ne puisse rien en tirer... Tout ça... je ne voulais pas dépenser toute mon énergie là dedans, même s'il m'avait tout l'air de vouloir en utiliser pour deux afin de pouvoir arriver au bout de son entreprise. Bon courage mon pote, il me semblerait bien que tu vas en avoir besoin, mais aller savoir, peut être que c'était ça ce qui le branchait, de se taper des monologues... Oh et puis qu'est-ce que je m'en foutais, j'ai dit, de ce qu'il aimait et de ce qu'il n'aimait pas !

Il y avait pourtant bien d'autres choses à dire à propos de la Pologne, ce n'était pas un leurre. Les paysages qui s'étendaient à perte de vue, pour les avoir si souvent côtoyés, je pouvais dire que je les connaissais par cœur, quand j'allais m'y cacher en courant entre les hautes herbes pendant de longues minutes, jusqu'à trouver un coin un peu plus confortable que les autres pour pouvoir m'y cacher. C'était ça, mon véritable terrain de jeu, lorsque je poursuivais un peu plus ma course jusqu'au ruisseau dans lequel j'allais me baigner avec ma sœur pour pouvoir supporter plus agréablement le soleil qui tapait sur nos épaules pendants les longs mois de l'été. L'ombre des arbres qui venait doucement flirter avec l'eau miroitante pour a rendre encore plus fraîche qu'elle ne l'était déjà, nous faisant rentrer le ventre de surprise lorsqu'on s'enfonçait lentement dedans, avant de plonger brusquement les épaules pour que le supplice se termine et de faire quelques brasses pour se réchauffer. La terre qui venait se loger entre nos orteils et partout sous la plante de nos pieds lorsqu'on ressortait et qu'on allait se mettre un peu plus loin, en pleine lumière pour de nouveau confronter notre peau aux rayons dévastateurs.

Plus je me remémorais, les meilleurs moments de ma vie passée là bas, plus une pointe de regret était en train de naître et de grandir au fond de ma gorge. Je me voyais tout naturellement en train de remonter le long sentier interminable qui menait jusqu'à notre maison aux parois un peu abîmées, mais devant laquelle j'avais tant aimé m'installer, afin de gribouiller quelques dessins à son effigie. Eux aussi, ils étaient resté là bas. Qu'est-ce qu'elle en avait fait, elle les avait jeté ? Elle les avait brûlé ? Et notre cocon, pas toujours rassurant, mais notre cocon quand même, est-ce qu'elle l'avait gardé ou bien l'avait vendu ? Tant de choses que j'ignorais mais que de toute façon ne voulait pas savoir. Elle ne méritait pas que d'une façon ou d'une autre, je m'intéresse à elle. Même indirectement.

- Ça te…

Mais c'était que j'en avais presque oublié Sebastian ! Je lui adressai un regard en coin, provocateur, comme pour lui donner un avant goût de ma réaction. Vas y, dis ce que tu veux, ça ne changera rien. Rien de ce que tu pourras dire ou faire ne changera quelque chose. A ce petit jeu, tu as perdu d'avance...

Je ne sus jamais où est-ce qu'il voulait précisément en venir – en effet, à cet instant, une furie cru bon que c'était le meilleur moment pour nous interrompre au milieu de nos paroles, aussi creuses soient-elles.

- Sebastian… Tom… Il a eu un problème… Il faut… Il faut… Aller à Sainte-Mangouste… Je ne… Tu…

Je ne compris pas. C'était trop décousu, et au milieu des pleurs, c'était un défi encore trop dur pour moi à relever pour que je puisse en saisir pleinement la signification, si ce n'est que vu la réaction démesurée à laquelle s'adonnait cette fille, ça ne devait pas être la joie dans son esprit. Sebastian s'était levé avant que je ne puisse faire quoi que ce soit également, je fronçai les sourcils dans sa direction, le menton levé, en attente d'explication, mais à mon avis, si je n'avais pas été dans cette pièce à ce moment là, on aurait pu prétendre que c'était exactement pareil.

- Moi pas penser que... commençai-je, non, je ne pensais vraiment pas que ce soit le lieu le plus approprié pour faire partager son propre drame, quel qu'il soit, et même si c'était de manière un peu rude, je n'allais pas me priver de le lui faire remarquer.

Rien à faire, j'étais devenue invisible, et abandonnai ma chaise aussi pour me percher sur mes deux jambes, laps de temps qui suffit à mes deux protagonistes de filer à l'anglaise – ah ah qu'elle était triste cette ironie du sort qui me faisait par la même occasion comprendre ce que cet adage signifiait réellement – et de refermer la porte sur eux, comme si tout ceci n'existait pas. Comme si tout ce si n'avait jamais exister. Encore.

- Non mais on t'a jamais appris ce que ça voulait dire la politesse ?! Je te rassure t'as encore beaucoup de travail !!! M'écriai-je dans le vide à l'attention de mon camarade, et même si j'étais en train de m'égosiller, je n'étais même pas certaine qu'il m'ait entendu, surtout que je m'étais remis au polonais, parce que c'était plus simple pour moi, pour jurer. Cela faisait quand même deux fois qu'il me faisait un coup pareil, et s'il croyait que c'était le nouveau moyen de se quitter, j'allais lui en faire passer l'envie et vite ! Je grognais toute seule en rassemblant rageusement mes affaires, tout en ne cessant de me répéter, que ça n'allait pas aussi facilement que ça.

Pourquoi ? Parce que je n'en avais pas décidé autrement. Et ce n'était pas ce gamin tout juste plus grand que moi qui allait en être l'exception.


Topic terminé

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I READ SOMEWHERE HOW IMPORTANT IT IS IN
LIFE NOT NECESSARILY TO BE STRONG BUT TO FEEL STRONG.



"I wanna break the spell"



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