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~ Into the Darkness |PV|

 

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



Féminin
Nombre de messages : 2171
Localisation : Cachée.
Date d'inscription : 03/09/2011

Feuille de personnage
Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
Ami(e)s: Lizlor; « Maybe home is nothing but two arms holding you tight when you’re at your worst. »
Âme soeur: « Lover, when you don't lay with me I'm a huntress for a husband lost at sea. »

MessageSujet: ~ Into the Darkness |PV|   Dim 18 Mar - 23:35

Ruby & Traice
«Into the Darkness, it might be harder to pretend.»


Je jetai un coup d’œil à ma montre, horrifiée. Il était exactement 22 heures 03. Levant les yeux, je distinguai à peine les étoiles tant les branches étaient nombreuses et denses. J’entendis un crissement de feuille et me retournai en sursaut. Dans quel pétrin m’étais-je donc fourrée ?!

Pourtant le début de la soirée n’annonçait pas des évènements si fâcheux, bien au contraire. J’avais diné en compagnie de Prudence et ses amies de deuxièmes années avec qui j’avais fait connaissance. Même si aucune ne m’inspirait autant confiance que la jolie brune, le repas s’était déroulé agréablement. Nous parlâmes de garçons, de chaussures et de cours, bref des sujets de conversations dignes de filles de notre âge. Si je trouvais ça parfois superficielle, il serait mentir de dire que ça ne m’amusait pas d’en parler de temps en temps, bien au contraire. Si j’aimais parler des livres, de potions ou d’évènements de l’actualité, ce genre de conversations sérieuses se classait dans le domaine des bonnes choses dont il ne fallait pas abuser. J’avais simplement envie de parfois m’aérer l’esprit des toutes ces choses importantes qui faisait carburer mon cerveau et m’inquiéter. Les devoirs, mes notes, mon retour chez les Arendt pendant les vacances… Moi stressée ? En plein dans le mille.

Et c’est justement ce stress qui fit surface après le repas lorsque je réalisais qu’il me restait un devoir de botanique pour le lendemain que j’avais totalement oublié. Pourtant, ce n’était pas vraiment mon genre, d’oublier. J’étais ce qu’on pouvait appeler un modèle d’organisation. Autour de moi, chaque chose avait une place, et une place bien précise ! Pas question que quelque chose cloche ou ne soit pas bien rangé. Pire, que je le perde ! Ça, ça ne m’arrivait presque jamais. Alors comment avais-je plus faire l’impasse sur ce fichu devoir sur les herbes sauvages de Poudlard ?! J’avais choisie comme sujet l’Armontensia, une plante aux pétales jaunes caillés qui était à la base des nettoyants magiques. Vous remarquerez que j’avais pris un sujet qui avait attrait avec la propreté et l’ordre ! Coïncidence ? Peut-être pas. Pourquoi l’avais-je oubliée ? Ca par contre, je le savais. C’est ce qu’on appelait un acte manqué ! Car de toute les matières enseignées dans Poudlard, il n’y en avait qu’une que je n’appréciais pas des masses : la botanique.

Pourquoi ? Bonne question. Les plantes ne m’inspiraient pas vraiment. Peut-être parce que dans les serres, tout était terreux et sale ? Peut-être aussi car on devait toujours utiliser de vieux caches oreilles, et des gants miteux déjà porté. En tout cas, peu importe les causes, je n’aimais pas ça. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir essayé. Je voyais toujours la déception dans les yeux du beau Monsieur Sawyer lorsqu’il me rendait un devoir, malgré tous mes efforts. Mais je refusais d’abandonner et encore moins de ne pas rendre un devoir ! Il n’était que 21heures, j’avais encore le temps. Tant pis si je me couchais tard, je ne dormais jamais vraiment de toute manière. Et puis, j’étais ce genre de personne qui refusait de rejeter la difficulté, pire, j’étais une perfectionniste née ! Et si l’Armontensia ne m’inspirait guère, pas question que je la laisse me battre. Je nouais mes cheveux en un gros chignon désordonné et m’installai dans la salle commune, étalant grimoires et cours sur la table. J’ouvris mon manuel à la page méthodologie, à la recherche de l’explication d’analyse d’une plante. « Se procurer la plante que l’on souhaite étudié, avec si possible la racine. » Je pris ma tête entre mes mains, soupirant. Où allais-je donc pouvoir trouver cette fleur?!

Je cherchais dans mon livre sur les Milles et une plante magique à la page concernant cette maudite fleur. Un rictus désespéré se lût sur mes traits. Avec un nom comme ça, j’imaginais une plante domestique, que je trouverai aux abords du lac, ou près de la cabane de Hagrid. Horrifiée, je relus à haute voix la phrase « L’Armontensia se trouve généralement aux abords ou dans la forêt interdite. » Une foule de regard noir et de Chut s’élevèrent vers moi, mais je ne les remarquai à peine. Parce que je savais ce qu’il me restait à faire. Il était 21heures, et j’allais partir pour une expédition nocturne dans le parc. Je remontai en trombe dans mon dortoir, enfilant un jean, mes Nike et mon blouson de cuir doublé de laine. Les portes du château fermaient dans moins d’une heure, ce qui me laissait un cours délais pour mettre la main sur cette maudite plante jaunâtre. Je fis un rapide signe de la main à mes camarades sans même leur expliquer ce que je partais faire : honnêtement, je n’avais pas trop le temps. Dévalant à toute vitesse les marches de la tour, je sillonnais les couloirs tel un félin, jusqu’à atteindre le hall.

Je poussai la lourde porte d’entrée et m’engouffrai dans la nuit silencieuse. D’un coup de baguette, je m’éclairai à l’aide du précieuse Lumos, et descendis jusqu’à la lisière de la forêt. Je lançai un vague accio, tout en sachant pertinemment qu’il ne fonctionnerait pas. C’était un sortilège bien trop dur pour mon niveau, et je ne l’avais réussi qu’une fois, lors de la bataille de Poudlard où il me semblait que j’allais mourir si je ne le réussissais pas correctement. Et toute évidence, mon devoir de botanique ne m’inspirait pas autant de crainte. Je longeai les abords, les yeux rivés vers le sol sans réussir à apercevoir le moindre éclat jaune. Je soupirai et avançai d’un pas dans les broussailles. J’eus un sursaut lorsqu’il me sembla voir un pétale jaune, et m’engouffrai plus loin dans la forêt, là où j’avais cru voir la fameuse fleur. J’eus un gémissement de rage lorsque je constatai que ce n’était qu’un vulgaire pissenlit. Je fis de nouveau quelques pas, les yeux vers le sol, lorsque je me décidai enfin à les relever. J’étouffai un cri, constatant que je m’étais enfoncé plus loin dans la forêt que je ne l’eus crus. Je tentai de revenir sur mes pas, incapables de retrouver la lumière de Poudlard à travers les branches basses des arbres qui me cachaient la vue. Je sentis ma gorge se serrer mais tentai de me concentrer, sans laisser la peur m’envahir.

Cela faisait plus d’une demi-heure que je tournai en rond. 22heures 03. Les portes du château s’étaient officiellement fermées depuis 3 minutes. J’essayai de garder mon calme, lorsqu’un nouveau craquement se fit entendre. Je me retournai, manquant de crier, lorsque je tombai né à né avec une autre fille. J’eus un soupir de soulagement : aucune créature prête à me manger ! Je levai ma baguette pour voir de plus près ma camarade d’infortune. J’en eus le souffle coupée et reculai d’un pas.


-Putain c’est pas vrai.

Je massai mes tempes entre mes doigts, soupirant. Bon, super. Je relevai la tête, fixant mon interlocutrice. Ce n'était décidément pas ma journée.

-Je ne sais pas ce que tu fais ici, mais s'il te plait, évitons de nous crier dessus comme la dernière fois. J'invoque une trêve de paix, sauf si tu tiens à finir en dessert pour un loup garou.

Je m'assis sur le sol, fatiguée, et pris mon visage entre mes mains. Pourquoi fallait-il que j'ai si peu de chance? Car entre un centaure et Traice Swily, j’aurais préféré la première option.

fiche par century sex.

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« 'I feel things,' I said. 'I'm not a robot!' I stamped my foot and screamed. Then I burst into tears.
I touched the wet little drops and held them toward her. 'See, I'm not a robot. This is proof.' »



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Traice Swily
Élève de 4ème année



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Date d'inscription : 13/08/2010

Feuille de personnage
Particularités: Etre sans particularités dans ce château est une particularité ! Mais puisqu'il faut... Ex-autiste ?
Ami(e)s: Une gauffreuse habitant Bruxelles ? Une alcoolique dans le chaudron baveur.
Âme soeur: Pfffff... Sans commentaires.

MessageSujet: Re: ~ Into the Darkness |PV|   Lun 26 Mar - 22:20

Traice & Ruby
« You don't forget the face of the person who was your last hope. »


Tout ça n'était qu'un énorme malentendu. Du genre, plus gigantesque qu'un troll en tutu sur des échasses essayant de faire une roue. Je jetai un coup d'oeil entre les feuilles des arbres, soudain inquiète d'en voir débarqué un. Je savais pourtant que j'étais encore trop près de Poudlard pour que ce genre de créatures ne soit présente. Mais il n'y avait pas que les trolls au palmarès de tout ce qui pouvait tuer/trancher/découper/macher/recracher/désintégrer/démantibuler/... devais-je m'arrêter là ? Oh, il devait y avoir encore tellement de synonymes tout aussi agréables que ceux-là, mais ils suffisaient déjà amplement à me filer la nausée. La dernière fois que j'avais ressenti cela, je devais avoir bu l'équivalent d'un demi litre d'alcool fort.

Et il fallait que ce genre de choses tombent sur moi, évidemment. Enfin, il était facile de dire cela quand on était dans la mouise, et de se féliciter de sa chance lorsque quelqu'un d'autre se ramassait la panade. Moi, je parlais beaucoup de nourriture ? Mais pas du tout. Ca ne devait pas du tout faire un peu près six heures que je n'avais pas avaler.

En réalité, depuis le denrier cours au soin des créatures magiques. J'avais grignoté des dragicobus pendant toute l'heure, parce qu'honnêtement et avec toute la bonne volonté du monde, je n'arrivais pas à me concentrer sur la vie intestinale des croups en captivité. Et puis, l'heure du repas dans la grande salle approchait, et malheureusement, c'était la dernièe heure de cours. N'importe qui me comprendrait. Compatirait. Ma pas la professeur de soins au créatures magiques. Surtout pas lorsque je laissai tomber un morceau de chocolat dans l'enclot aux croups.

Je crus durant un moment qu'elle allait me sauter dessus et se servir de moi comme une ramassette à crotte de Croups. Mais non. Reprenant son calme, elle m'envoya à la recherche de la nourriture préférée de ces petites bêtes aux allures de fox-terriers. Des petits scarabés, de couleur cendre et sans ailes, en bordure de la forêt interdite. Mouais. Il y avait pire comme punition.

Mais comme à mon habitude, je m'étais mise à rêver. Oui, c'était une chose que je ne me permettais que lorsque j'étais sûre d'être seule, car avoir les larmes aux yeux ou rire comme une imbécile, seul et en marchant comprenait les risques de se voir emmener à st Mangouste pour dérangement mentale. Et là, gambadant dans le soleil d'une fin d'hivers, je me dis que ce n'était pas si grave si chercher les scarabés durait un peu plus de temps que prévu.

Je ne sortsi de mes rêveries qu'un quart d'heure plus tard, sans scarabés, et paumée au milieu de la forêt. VOILA exactement le genre de choses qui n'arrivaient qu'à moi. Parce qu'il n'y avait que moi pour être assez distraite pour me perdre, et en avoir assez rien à faire de cette forêt pour ne pas m'y enfoncer. Enfin, ça, c'était bien beau de le dire tant que l'on y était pas. Je me dis que la prof avait du donner l'alerte depuis longtemps, mais après avoir seché tous les cours de vol depuis le début de l'année, j'avais une certaine réputation auprès du corps professoral.

Je m'étais donc résignée à passer l'après-midi dans une clairière, après avoir essayer par dix fois de retrouver mon chemin. J'avais autant le sens de l'orientation qu'une moule. Sans rien dans la coquille, la moule.

Mais la nuit tombait, et emportait avec elle mon magnifique sens de la dérision. Il faisait sombre, il faisait froid, et n'importe quel danger pouvait me surprendre à n'importe quel moment. Des instincs primitifs reprirent le dessus, et je ne prenais même pas le temps de réfléchir à ce qui se produirait si je ne trouvais pa sbientôt la sortie. Le vent soufflant dans les feuilles me rappellaient déjà assez bien qu'elles n'étaient pas les seules dont le bruit pourrait me surprendre. Je décidai de marcher. Pour trouver un endroit (non occupé de préférence), une cachette, ou mieux, un château nommé Poudlard. Si c'était pas trop demandé.

Au bout d'une demi heure de marche, j'aperçus entre les arbres une chevelure blonde qui frappa mes souvenirs. Pourtant, il fallut que j'aperçoive son visage pour me remttre le sidées en place. Je poussai un soulagement, contente déjà que ce ne soit pas une créature étrange. Bien que je ne pense pas que les créatures de la forêt interdite se fasse des brushing.

- Putain c’est pas vrai.

Ruby Standiford, dans toute sa splendeur, mesdames et messieurs. Quelle élégance.
Je plissai les yeux, prête à recevoir l'avalanche de mots, d'attaques et de reproches, mais rien ne vient. Je me dis un instant qu'elle devait avoir eu pitié de mon apparence de clodo après avoir passé 6heures dans une forêt, mais je remarquai son air totalement découragé, et je me dis qu'elle ne devait pas avoir plus de chance que moi. On ne se perdait pas dans la forêt par pur bonheur.

- Je ne sais pas ce que tu fais ici, mais s'il te plait, évitons de nous crier dessus comme la dernière fois. J'invoque une trêve de paix, sauf si tu tiens à finir en dessert pour un loup garou.

Sur ces bonnes paroles, un flot de colère me submergea. Le bal, la fête forraine. Cette fille semblait me porter une poisse de tous les diables. Cette année, chacuns de mes malheurs s'étaient produits en sa présence. Normal qu'elle soit à nouveau là lorsque j'atteignais les summum : me perdre la nuit dans la forêt interdite. Mais l'idée de finir en paté pour chien (oui bon, d'accord, pour loup-garou.), me doucha un peu, et je tentai de réfréner l'envie de hurler et de lui arracher ses boucles blondes tout à fait insupportables. Ben quoi ? On était jalouse ou on ne l'était pas.

Elle s'assit sur le sol, un peu humide à mon goût, mais on ne faisait pas la difficile quand on était assez stupide pour se paumer dans une forêt remplie de bestioles qui pouvaient vous arracher un bras à tout moment. Pas pour rien qu'on la nommait la forêt INTERDITE. Bon sang. Je me persuadais que c'était uniquement parce que je n'avais en soit rien d'autre à faire, mais je m'asseyais à ses côtés.

Ma colère était toute retombée, en réalité. Même s'il restait la rancune. Mais la peur, le froid, tout cela me rendait lasse et aussi fatiguée qu'elle. Je n'avais pas envie de faire la guerre, et j'acceptai sa trêve, mais dans un coin de ma tête seulement. Je ne promettais pas encore de ne pas l'assomée et de la laisser là se faire bouffer.

- Je n'y tiens pas plus que ça, lui répondis-je calmement.

Je laissai un silence planer, mais on se rendait vite compte qu'une forêt n'était jamais silencieuse. Avant même que je ne m'en rendre compte, j'avais parler, nerveusement, rapidemment. Il fallait combler ce faux silence, et toutes les menaces qu'il supposait. Effacer tous ces crissement, ces froissements de feuilles, ces cris, au loin.

- J'espère que tu n'es pas ici pour une raison aussi stupide que moi. Ce serait dommage, tu baisserais dans mon estime.

Ma remarque aurait pu paraître sarcastique, si elle n'avait pas été aussi ironique. Elle était aussi bas dans mon estime que moi dans la sienne, nous le savions toutes les deux et mon rire nerveux qui montait n'arrangeait rien. Cette situation était un cauchemard. Normal qu'elle s'y trouve. Sans vraiment attendre de réponse, je sortis un paquet de bonbons de ma poche. Je les avais toujours adorés : des animaux de toutes les couleurs, et de tous les gouts.

J'en gobais un rouge, en forme de chat. Puis, je me rendis compte qu'il ne restait que des noirs. Je tendis le reste de mon paquet à Ruby, en grommelant :

- Tiens, prends la fin. De toute façon j'aime pas la réglisse.

Quelques minutes passèrent encore, tandis que mes fesses commençaient à geler sur place. Puis soudain un cri gutural, inhumain et qui ne semblait qu'à quelques mètres, me glaça le sang. Je ne crois pas qu'on puisse réellement se rendre compte de cette expression si on ne la vit pas. Un frisson violent parcourut mon échine jusque dans le bout de mes orteils et je me mis à trembler.

Je me levai d'un bond, essouflée alors que je n'avais fais aucuns efforts, je me tournai vers Ruby, les pupilles dilatées par la terreur et la bouche pateuse d'horreur.

- Ruby, c'était quoi ça ?

Ma voix n'était qu'un chuchotement, mais on aurait pu y entendre tous les hurlements du monde.



fiche par century sex.

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That was the day that I promised
I'd never sing of love If does not exist.

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Ruby Standiford-Wayland
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MessageSujet: Re: ~ Into the Darkness |PV|   Mar 27 Mar - 19:53

Spoiler:
 


Ruby & Traice
«Turn around, I know we're lost but soon we'll be found.»


“Come along it is the break of day
Surely now, you'll have some things to say
It's not the time for telling tales on me.”


Les alentours étaient sombres et je ne distinguais que des ombres qui s’agitaient autour de nous. Je devais m’appuyer sur mes autres sens, la vue me faisant défaut. Le craquement des feuilles. L’odeur du parfum de Traice. La terre sous mes doigts. J’appuyai mon menton sous mes deux mains et fixai Traice qui me dominait de toute sa hauteur. Pour une fois qu’elle est en position de force, pensai-je, un rire mauvais raisonnant mon tête. Aucun remord ne surgit car si j’avais demandé une trêve, pas question de me comporter comme sa meilleure amie non plus ! J’avais déjà essayé de rétablir une relation cordiale entre nous deux lors de ma dernière rencontre avec elle, et autant dire que ça avait mené à tout, sauf à quelque chose de positif. Je frissonnai malgré mon blouson au souvenir de l’incident à la fête foraine. J’entendais en écho dans mon cerveau les cris que j’avais poussés, les larmes qui roulaient sur mes joues, les bras de Jay me retenant, et l’air mauvais de Traice. Tout était imprimé dans ma mémoire, tout comme la soirée du bal où tout avait commencé. Si seulement j’avais réfléchis une seconde, si je n’avais pas touché la joue de Jay, tout aurait pris une suite différence. L’effet papillon n’est-ce pas ?


- Je n'y tiens pas plus que ça.

“So come along, it won’t be long
'Til we return happy
Shut your eyes, there are no lies
In this world we call sleep
Let's desert this day of hurt
Tomorrow we'll be free."


Elle acceptait de ne pas tenter de m’arracher de nouveau les cheveux ? J’eus un soupir de soulagement. Nous étions toute les deux en assez mauvaise posture et ce n’était pas le moment de nous faire remarquer. De plus, Jay ne serait plus là pour nous séparer, et le flot de rage que j’avais ressenti envers Traice à la fête foraine m’avait moi-même coupé le souffle. J’avais toujours porté beaucoup de haine en moi, mais elle n’était jamais ressortie telle que depuis des années ! Car à ce moment, je ne voulais pas simplement la faire taire, j’avais voulue lui faire mal. Autant qu’elle m’en faisait à moi, car je ne supportai pas ce sentiment de culpabilité. Je le connaissais trop bien, je voulais simplement m’en débarrassé mais je savais que cela était impossible. Et voir quelqu’un rajouter sur mes frêles épaules un nouveau poids, une nouvelle reproche, je ne le pouvais pas. Je comprenais la haine que ressentait Traice envers moi, mais je restai en colère face au fait qu’elle refuse de m’écouter. J’en voulais pas de son Jay chéri, quand est-ce qu’elle allait se mettre ça dans la tête ! Et il en était de même pour lui, c’était elle qu’il aimait, pas moi ! Sauf que ça, Mademoiselle était trop bête pour le voir.


- J'espère que tu n'es pas ici pour une raison aussi stupide que moi. Ce serait dommage, tu baisserais dans mon estime.

J’eus un rire jaune. Son estime… Quelle ironie. Entre nous, c’était clair et net, nous nous détestions. Ce mot flotta dans l’atmosphère une seconde, et j’en saisis tout le sens avec horreur. Je ne connaissais pas Traice, et pourtant, j’avais eu envie de l’étriper d’une manière violente. Très violente. Elle ne m’avait techniquement rien fait. Bon, elle m’avait jugée. Et traitée de salope, implicitement. Etait-ce une raison pour la haïr ? Je n’en savais rien. Je n’étais pas douée pour démêler mes sentiments. Et aujourd’hui n’était pas une exception. Il me semblait qu’au fond, je culpabilisai un peu pour toute cette histoire. Et c’était justement ça qui me mettait encore plus en colère. Et si je ne ciblais pas ma rage, elle allait retomber vers moi. Il me fallait donc une cible, fraiche, innocente. Et la jeune asiatique était là, sur mon chemin. Elle avait provoqué la tempête, et maintenant elle en payait les conséquences. Mais ce soir, quelque chose était nouveau. J’étais fatiguée. Fatiguée de me battre contre elle, contre une inconnue, une pauvre fille qui était simplement en train de se noyer sous son propre flot de sentiment. Et au fond, même si je refusai de l’admettre, ça me faisait de la peine. Si je ne pouvais pas faire une croix sur ma rancœur, autant ne pas l’aborder pour le moment. Et puis, dans ce genre de cas, nous devions nous serrer les coudes. Mais si un loup-garou avait un petit creux, comptez sur moi pour me servir de la Gryffondor comme bouclier ! Quoi ?! Ils sont courageux, non ?

-Arrête, ça me ferait trop de peine. Sifflai-je entre mes dents. Je soupirai, me rappelant la trêve. Devoir de botanique qui a foiré. Et toi ?

“Let's not fight I'm tired can't we just sleep tonight
Don't Turn away it's just there's nothing left here to say
Turn around I know we're lost but soon we'll be found.”


J’avais tenté de prendre une voix plus douce, plus… Sympathique. J’espérais que Traice le remarque, car je ne pourrai pas lui tender la perche indéfiniment. Et puis, ce n’était pas vraiment mon genre. Une fois que plus, n’était-ce pas les Gryffondors qui se devaient d’être loyal envers les autres, braves et tout le bordel ? Il était où, son courage à elle ?! J’eus tout de même un sourire de satisfaction lorsqu’elle saisit à mes côtés, sur le sol dur et froid. Surement pensait-elle que plus près du sol, nous serions cachées à la vue des créatures qui hantaient cette maudite forêt. Et j’espérais qu’elle avait raison. Je lui jetai un regard en coin, n’osant affronter ses yeux accusateurs. Elle tremblait comme une feuille, et je réalisai qu’elle n’avait pas de manteau. Moi, avec mon manteau et mon sweat, je mourrai de chaud. J’étais ainsi. Le stress moi, ça me donnait des bouffées de chaleurs. J’eus un instant d’hésitation, puis finis-je par retirer mon blouson en cuir et à lui tendre.

-Tiens.

“Well it's been rough but we'll be just fine
Work it out yeah we'll survive
You mustn't let a few bad times dictate.”


Je n’ajoutais pas un mot. Je n’étais pas douée pour les grands discours. J’espérais simplement qu’elle comprenne que je voulais simplement qu’on ne se redispute pas, le temps de sortir de la vivante. Après, libre à elle de me haïr encore et encore comme elle adorait le faire. Ma vie sans sa compagnie ne me serait pas insupportable. Elle ne sera plus qu’un éclair qui aura traversé le cours de ma vie à un moment donné, et je l’oublierai bien vite. Ou alors, je m’en souviendrai comme la première dispute pour un garçon de ma vie. Dire que je n’en voulais même pas, de ce garçon ! C’était le comble. Si seulement la jeune fille pouvait le comprendre ! Traice sortit de sa poche un sachet de bonbons et je vis son ombre en gober un. Et puis, j’entendis le crissement du sachet plastique, et la jeune fille me tendit le paquet.


- Tiens, prends la fin. De toute façon j'aime pas la réglisse.

“So come along, it wont be long
'Til we return happy
Shut your eyes, there are no lies
In this world we call sleep
Let's desert this day of work
Tomorrow we'll be free.”


J’eus un petit sourire et attrapai le paquet sans un mot. Mais avant que j’eus le temps d’un goûter un, un cri retentit dans la nuit noir. Ce n’était pas humain, c’était rauque, fort et effrayant. D’un seul mouvement, Traice et moi bondirent sur nos pieds, la respiration saccadée. Je n’aimais pas du tout ça. Nous nous regardâmes un instant, apeurées. Bordel, elle ne pouvait pas être courageuse elle ?!


- Ruby, c'était quoi ça ?

Elle avait volé ma réplique. Je n’en avais aucune idée, et je ne voulais pas savoir. Je voulais simplement me cacher quelque part, là, de suite. A l’abri ce monstre, de ces montres, qui se baladaient dans cette horrible forêt. Instinctivement, je saisis la main de Traice sans lui répondre, et l’entrainait avec moi à la recherche d’un endroit loin de cette clairière qui n’avait rien d’abrité. Je ne savais pas où aller et que faire, mais je tentais de ne pas le montrer. Pas la peine de paniquer… Un nouveau cri se fit entendre et j’étouffai une exclamation. Par reflexe, je tirai la Gryffondor vers une fourrée plus ou moins abritée. Je tentai de calmer ma respiration et m’enfonçai plus loin dans le buisson, sans tenir compte des branches qui écorchaient ma nuque et mes bras. Assises, un petit trou de lumière nous permettait de voir le sol de la forêt, et j’avais la délicieuse impression d’être plus ou moins cachée. Reprenant le contrôle de mes sentiments, je lâchai la main de Traice, gênée. Ne sachant que dire, je pris un des bonbons qu’elle m’avait donné, sans un mot. C’était en forme de petit chat, et comme elle l’avait dit, à la réglisse.

-Merci, j’adore la réglisse. D’ailleurs, tes yeux me…

Je stoppai net ma phrase. Un immense poids c’était installé dans ma poitrine. D’une voix presque tremblante, je murmurai.

-Traice, où as-tu eu ces bonbons ?

De tout mon petit cœur paniqué, j’espérais avoir tort.

“Let's not fight I'm tired can't we just sleep tonight
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Traice Swily
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MessageSujet: Re: ~ Into the Darkness |PV|   Jeu 3 Mai - 20:37

Traice & Ruby
« You don't forget the face of the person who was your last hope. »


J'avais l'impression d'être en vacances.
Non, vous n'avez pas raté un épisode et personne ne m'avait lancé de sortilège de confusion. Mais là, dans cette forêt épaisse et mystérieuse comme un secret, j'avais l'impression d'être recluse du monde. Quoi qu'il se passerait cette nuit, j'avais l'impression que Ruby et moi avions déposé les armes et que tout ce qui se passerait entre ces arbres silencieux y resterait. Comme si cette aventure ne faisait pas vraiment partie de ma vie, mais en était juste une paranthèse, qui risquait certes de mettre fin à celle-ci, mais une parenthèse quand même. Mais je sentais comme un air de mélancolie qui flottait, un peu de tristesse aussi. Comme si nous nous rendions toutes les deux comptes à quel point nous étions stupides, cette nuit. Je ne regrettais pas, loin de là. J'avais été blessée, je l'ai blessée en retour. Comme des animaux. Après tout il fallait remettre les choses à leur place : c'était exactement ce que nous étions. Sauf qu'ici nous étions des proies.

Le froid me picotait les mains et les bras... J'essayais de ne pas trembler juste à côté de Ruby, ça faisait un peu mauvais genre. Mais je savais que plus mes muscles se contractaient moins j'aurais de chances de mourir glacée. Et tant pis si Barbie casse noisette trouvait ça ridicule.

Mais elle ne devait pas me prendre tant que ça pour de la mouise d'hyppogryffe séché, parce qu'elle retira sa veste au bout d'en petit temps avant de me la fourrée sur le dos. Aussitôt je sentis sa chaleur se répandre dans mon dos et mes bras. Avant même que je puisse me demander si elle faisait ça par pitié ou parce qu'elle avait envie de se tranformer en stalactite, je m'étais déjà enroulée fievreusement ce refuge de cuir. Finalement, je renonçai à trouver une phrase piquante ou drôle. Je me contentai de savourer ce moment qui n'allait pas durer, ce petit moment ou je me sentais bien auprès d'elle.

- Merci, chuchotais-je.

Je ne savais même pas si elle m'avait entendu.
Par contre, une chose qu'il était difficile de ne pas entendre, c'était ce cri. Il y eu cet instant terrible pendant lequel nous avons échangé un regard. La peur de l'une se reflétait dans le regard de l'autre, et c'était loin d'être rassurant. Tétanisée, je me dis immédiatement que c'était la fin, qu'on allait se faire bouffer ici, déchiquetées, et que nos corps ne seraient jamais retrouvés. Que les témoignages expliqueront à quel point nous nous haïssions et peut-être que nos familles finiront par croire que nous nous sommes entre-tuées. Pendant que milles scénariis plus horribles les uns que les autres hantaient mes pensées, le visage de Ruby, lui, était déjà passé du stade "ohmyf*ckinggod" à "survie mode : ON". Finalement, avoir une serdaigle dans ses alliés, c'était pas plus mal.

M'attrapant le poignet comme dans les dramas coréens à l'eau de rose que ma mère regardait, elle m'entraîna dans la direction opposée au bruit. Ah oui. Fuir, c'était pas mal ça, comme plan. Elle avançait à pas vifs, et moi, hébétée, je me laissais guidée. Une petite voix dans ma tête me souffla que j'aurais du être un peu plus coopérative... J'avais déjà fais preuve de plus de courage. Mais la peur me tordait l'estomac à en vomir et Ruby tenait toujours aussi fermement mon poignet... Lorsqu'un deuxième cri déchira la nuit, je faillis lacher sa main et partir en courant. Je crois que je l'aurais fais, réellement. Mais elle me poussa dans le buisson le plus épais que j'ai jamais vu et avant que je puisse dire ou faire quoi que ce soit, j'étais en sécurité.

Ruby lâcha ma main et je retins un geste puerile, celui de la rattrapée. J'avais envie de pleurer. Je serrai un peu son manteau autours de moi et tentai de ne pas imaginer le nombre d'araignés qui regardaient actuellement ma chevelure comme une nouvelle terre d'immigration.

Ruby prit un de mes bonbons, mais je n'y fis attention que lorsqu'elle m'interpella :

-Merci, j’adore la réglisse. D’ailleurs, tes yeux me…

"rappellent la réglisse." Je la dévisageai pendant quelques secondes, stupéfaite. Je n'avais pourtant jamais parlé à personne de cette rencontre dans le cimetière, d'ailleurs, ma mère me l'avait interdit. C'est d'ailleurs à cause de sa fureur ce jour-là, que je me souvenais encore aujourd'hui de chaques instants. Et aussi à cause de la terrible histoire de cette petite fille blonde qu'on ne m'avait raconté que bien plus tard.

-Traice, où as-tu eu ces bonbons ?

Elle chuchotait, mais je sentais comme une accusation dans sa voix. Je ne comprenais pas. Mais je devais être plus longue à la détente qu'elle, car elle me fixait avec une violence qui me fit détourner les yeux.

- Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Ce sont juste des bonbons.

Je passais une main des mes cheveux à présents hirsutes et emmêlés. Les siens étaient toujours aussi beaux, bouclés par l'humidité de la forêt. Comme si elle était faite pour vivre n'importe où, dans n'importe quel envirronement et qu'elle serait toujours belle. Je sentis une pointe de jalousie repointer le bout de son nez en pensant à mes cheveux et à mes yeux noirs.. Ce jour-là, au cimetière, j'avais cru cette petite fille qui aimait mes yeux.

Je trouvai enfin le courage de lever les yeux vers Ruby et je croisai son regard bleu comme un ciel d'été. Et je percutai enfin. Peut-être que je le savais depuis longtemps, mais c'était un choc quand même. C'était elle, la petite fille du cimetière. Les mêmes yeux incroyables, la même chevelure dorée... La même moue triste. Je ne me rappellais plus exactement ce qu'il lui était arrivé... Son père était mort dans des circonstances étranges et sa mère, ne pouvant le supporter, s'était suicidée. Voilà, son enfance résumée en une phrase. Je n'arrivais pas à croire que ça lui était réellement arrivée, à elle. Cette fille que je détestais et qui se trouvais devant moi. Savait-elle que je savais ? Certainement.

- Oh, fis-je.

Je tournai la tête, gênée et empatée dans de mauvaises habitudes. Que dire ? Que j'étais désolée ? Je ne l'étais pas plus parce que ses parents étaient morts. Comment ne l'avais-je pas reconnue plus tôt...

- C'était donc toi.

Je n'arrivais pas à y croire. Et comme pour approuver mes dire, un orage gronda, au loin. Génial, il ne manquait plus que ça pour parfaire la scène.

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Ruby Standiford-Wayland
Apprentie à Sainte Mangouste



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Particularités: « and from the rain comes a river running wild that will create an empire for you. »
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MessageSujet: Re: ~ Into the Darkness |PV|   Sam 5 Mai - 23:12


Ruby & Traice
«Regrets collect like old friends
Here to relive your darkest moments
I can see no way, I can see no way. »


Être dans ce buisson me donnait la stupide illusion d’être en sécurité. Ce n’était qu’un tas de feuille et de branche bien évidemment, n’importe quelle bestiole aurait pu le réduire en bouillie d’un coup de griffe ou de dent. Mais être caché me donnait l’impression que je serais un peu moins repérable. Mais dans mon cerveau, les cours de défenses contre les forces du mal ressortaient par morceau, me faisant frissonner. Les loups garous ont un très bon odorat, ils peuvent vous trouver même dans le noir complet. Et je savais très bien qu’aucun de mes sorts ne pouvaient me sortir d’une telle situation. Les créatures de la forêt, j’aurais beaucoup de mal à les éradiquer malgré mon bon niveau en sortilège. Je me répétais mentalement tout ce que je pouvais lancer face à un gnome ou un chaporouges. Ou une autre saloperie du genre. D’après Monsieur Doherty, outre peu de créature qui paniquait si vous bougiez ou qui courait très vite, la meilleure attaque était la défense. Et par défense, j’entends la fuite, disait-il. N’essayer jamais de combattre quelque chose qui n’est pas à votre hauteur. Ne tenter pas de jouer les téméraires et les héros, surtout les Gryffondors disait-il. Je lançai un regard à Traice. Visiblement, ce n’était pas son genre. Et le mien non plus. Sauf que là pour le coup, nous n’avions pas trop le choix. Je jetai un regard à la main de Traice serrée sur son bras, resserrant ma veste autour d’elle. J’avais envie de l’enserrer et de me nicher contre elle pour pleurer tout mon soul. J’avais la trouille, la boule au ventre. Mais je ne savais pas pourquoi, mais sa propre peur m’insufflait une once de courage. Je ne voulais pas que nous paniquions à deux.

Mais lorsque je pris le bonbon entre mes doigts, mon cœur cessa de battre. Délicatement, je passais mon pouce sur la surface de la friandise. Un chat. Une réglisse en forme de chat. « Je les garde pour mon papa, il adore ça » La voix de la petite asiatique résonnait encore dans ma tête en boucle. Je ne l’avais jamais oublié, jamais. Son regard si foncé et pourtant si pétillant, sa manière de sourire. J’étais une gosse à l’époque. Ce putain de jour dont je me souvenais encore. L’enterrement de maman. Ma robe noire qui contrastait avec la pâleur de ma peau. Mes cernes énormes sous mes yeux que ma nouvelle amie jalousait. Le regard des amis, ou plutôt anciens amis, de Maman devant la tombe. Les paroles creuses du prêtre. Et puis son sourire faux, son « tu as besoin d’aide » et mes yeux totalement vide. J’étais perdue, tellement perdue. Je le suis encore bien évidemment. Mais je venais de perdre la dernière chose qui me reliait à cet élément que l’on appelait « famille ». Je n’avais plus rien. Je ne pleurais même pas, je ne réalisais juste pas. Je venais de rentrer dans une période de ma vie horrible. La pire probablement. Et puis elle était apparue. Avec son rire et ses bonbons. Pendant quelques minutes, j’avais de nouveau une amie. Une qui ne me jugeait pas, une qui ne savait rien. Et puis sa mère était arrivée. Je n’étais pas fréquentable pour elle. Voilà à quoi j’allais être exposée jusqu’à la fin de ma vie. Ce n’était que le début.

Et cette gamine sur le banc, cette fillette qui m’avait donné le dernier regard amusé que j’avais reçu avant des années et des années. La dernière qui m’avait considérée comme quelqu’un de normal. Avant de partir, elle me l’avait dit. Que j’avais l’air super gentille et que les adultes pouvaient être vraiment bêtes parfois. Pendant une demi-seconde, elle m’avait fait me sentir bien. Et puis tout était revenu bien-sûr, parce que je n’allais plus jamais être tranquille de ma vie.


- Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Ce sont juste des bonbons.


Elle n’avait pas fait le rapprochement. Mais moi, je savais que je ne me trompais pas. Je la fixais malgré moi, reconnaissant peu à peu chaque trait de son visage avec horreur. Traice savait pour moi, elle savait qui j’étais vraiment. Personne à Poudlard ne connaissait mon passé. Pour eux, mon père était mort à ma naissance, ma mère d’une maladie. La vérité me faisait mal au cœur et je refusais de la divulguer à qui que ce soit. Mais la mère de Traice avait dû lui dire. J’en étais sure. Il fallait qu’elle ne comprenne pas, il fallait qu’elle ait oublié. S’il te plait Traice…

-Oh.

Et elle détourna la tête. A ce moment précis, je sus. Je sus qu’elle m’avait reconnu. Son regard changea d’expression, et elle baissa le visage, légèrement honteuse. Je voulais aller m’enterrer sous terre. Je me mis à fixer mes pieds sans oser bouger. Mon cœur battait à toute allure et j’avais le goût des larmes dans ma gorge. Pour tant de raisons. La première, c’était d’être ainsi découverte. J’avais l’impression d’être projetée dans mon enfance à nouveau où mon histoire me collait à la peau. J’étais vulnérable à ses yeux, et mes souvenirs venaient ricocher dans mon esprit. Et puis bien évidemment, je me sentais bizarrement coupable. J’avais haïs Traice, la dernière fille à qui j’avais adressé un réel sourire avant mon arrivée à Poudlard. Je l’avais détestais sans savoir qui elle était, ce qu’elle avait représenté pour moi. Je n’avais jamais oublié ces quelques minutes en sa compagnie. Elles m’avaient fait sentir si spéciale. Et maintenant, je me retrouvais face à cette fillette des années plus tard. J’étais si mal à l’aise, j’avais l’impression d’étouffer dans ce buisson. Mais sortir était une très mauvaise option.

- C'était donc toi.

Oui. Je repliais mes genoux contre ma poitrine et posai mon menton dessus. Je devais répondre quoi à ça moi ? Je ne savais même pas par où commencer. Mais ma voix s’éleva, légèrement brisée, sans que je la contrôle.

-Je crois oui.

Le silence reprit place dans l’atmosphère. Et une fois de plus, je le brisais, incertaine et craintive.

-Tu t’en souviens ?

J’avais murmurée, peureuse. Au fond de moi, je voulais qu’elle me dise oui pour qu’en fin je partage un peu du poids sur mes épaules. Et d’un autre côté, j’avais peur, si peur.

-Désolé.

De t’avoir traitée de tous les noms intérieurement, d’avoir ruiné ta relation avec Jay, de t’avoir haï, de t’avoir frapper.


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Traice Swily
Élève de 4ème année



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MessageSujet: Re: ~ Into the Darkness |PV|   Dim 13 Mai - 21:24

Traice & Ruby
« You're still my enemy in the morning. But even enemies can show respect. »


J'aurais peut-être mieux fais de me taire, de faire semblant. Il était vrai que je n'étais pas très douée pour mentir, mais même si j'avais été mauvais actrice, Ruby aurait fais semblant de rien. Tout aurait mieux valu que cette situation. On était bloquées, peu importe ce que l'on dirait ce soir, les dégats étaient fais. Moi, avec ma culpabilités, elle dans ses souvenirs. Je m'en voulais de lui avoir rappellé tout ça, mais je m'en voulais aussi de tout ces mots que je lui avais balancés... Je savais qu'elle ne supporterait que j'ai pitié d'elle. Et je n'avais pas pitié, ce qu'il s'était passé avec Jay ne s'effacerait pas à cause de son passé. Mais je n'arrivais pas à retirer l'image de cette petite fille si triste et si grave de ma mémoire. J'avais longtemps pensé à elle après cette journée au cimetière... Je la comparais à mes amies de l'école moldue dans laquelle j'allais pour me sociabilisée un peu. Jamais je n'avais trouvée une fille avec des yeux aussi bleu ni aussi torturés. Elle avait l'air épuisée et résignée avant même de vivre.

Mais à poudlard, je l'avais vue rire, parler avec ses amis, fricoter avec garçons (comme Jay, grr). Peut-être avait-elle réussis à surmonter toute cette histoire, au final... Si on pouvait surmonter une chose pareille un jour. Je me mis à penser à toutes les épreuves qu'elle avait dû surmonter pour pouvoir plisser ses yeux d'un sourire, ou répondre normalement à des questions banales comme : quel est le métier de ton père ? Ou encore : T'a mère t'a offert quoi pour Noël ?

Ruby se recroquevilla sur elle-même, dans cet espace qui me paraissait encore plus clos et feuillu qu'il y avait quelques instants. Son corps reflétait son état d'esprit et je me doutais qu'elle aurait nettement préfèrer se trouver à milles mètres de moi, moi dont les yeux lui renvoyaient ses années de souffrance. Comme elle, je baissais la tête.

- Je crois oui, murmura-t-elle.

Je sentis mon coeur se serrer au son de sa voix, rauque, fêlée. J'avais envie de lui dire que j'avais tout oublié, que je la détestais toujours autant et qu'elle pouvait me haïr aussi, autant qu'elle le voulait. Je voulais lui hurler de se ressaisir, de me hurler dessus, comme à la foire et pourquoi pas terminer ce qu'on avait commencer, un bon petit crêpage de chignon. Tout pour éviter ce face à face angoissant pour lequel je n'avais aucun droit de me sentir mal. C'était elle qui souffrait, moi je devais juste faire en sorte que ce soir, elle ne souffre pas trop. Et pourtant je ne savais pas quoi dire, sur quoi enchaîner. Je n'avais même plus de bonbons à lui proposer et encore, j'aurais eu peur de lui rapeller cette journée, encore.

-Tu t’en souviens ?

Comme si c'était hier.

- Un peu.

Avait-elle peur de moi ? Que je lui balance tout à la figure avant de m'enfuir dans la nuit ? Que je la blesse ? Je n'en avais pas envie... Quelque part, la boucle était bouclée. Jay était loin à présent et la fête forraine aussi. Il n'y avait plus qu'elle et moi, dans une forêt aussi noire que les vêtements que nous portions ce jour là. Plus rien d'autre ne comptait, ni n'avait d'importance. Avait-elle envie d'en parler ? J'étais sûrement la personne la moins placée pour et malgré tout, la seule. Je sentis cette responsabilité peser sur mes épaules comme une cape de fer : de tous ses amis, ici, à Poudlard, j'étais sûrement une des seule à savoir. Et le pire était que je n'étais même pas son amie. Non, nous étions plus que ça, nos passés s'emboitaient comme des legos et nous ne pouvions pas y échapper.

- Désolée.

Désolée de quoi, faillis-je répondre. Elle ne me devait rien et surtout, comment aurait-elle pu savoir qui j'étais. Comment aurais-je pu savoir... J'avais envie de la prendre dans mes bras, mais ce contact m'aurait paru si étrange que j'avais peur de sa réaction. J'ignorais ce qu'elle attendait de moi.. Peut-être simplement qu'on passe l'éponge, juste pour ce soir, juste pour cette nuit. Qu'elle puisse être enfin elle-même, au moins une fois, avec toutes ses peines, toutes les horreurs de son passé. Qu'elle ne joue plus à avoir oublié.

J'avais emmagasiné assez de chaleur dans l'espace restreint entre mon corps et la veste de Ruby. Je m'approchai d'elle jusqu'à ce que nos corps se touchent, recouvrant ses genoux et les miens du cuir chaud.

- Ne t'inquiète pas, dis-je doucement.

Je ne saurai dire ce qu'il s'est passé après. Le froid, la fatigue et les émotions eurent raison de moi et je sentis ma conscience rendre les armes. Ma tête roula doucement sur l'épaule de Ruby et cette nuit-là, un oreiller de boucles dorées accueillit mes rêves.


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