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Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé

 
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 Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Jeu 8 Mar - 0:44

Vous voyez, les porte-clés qu'on a quand on est gamin, ces petites bêtes en plastique moches qui ont les yeux globuleux qui ressortent quand on appuie dessus? Eh bien, dans à peu près trois secondes chrono, c'était exactement ce que j'allais faire, avec Haley dans le rôle de la petite bête moche ( ). Trois, deux, un...

- HALEY !

Après avoir ouvert les bras en grand pour l'accueillir tel Jésus débarquant en terre sainte, je la serrai dans mes bras à l'en étouffer, et en m'assurant en regardant au-dessus de ses épaules que nous étions bien le centre de l'attention. Le centre de l'attention Serdaigle, précisons-le. Ce qui n'était pas bien dur en soi puisque j'étais venu l'attendre au pied de sa salle commune, là où tous les geek Bleu et Bronze zonaient. Leur tier-quar, quoi. Donc, qui dit tier-quar Serdaigle dit possibilité de croiser Fray ou bien possibilité que tout ça lui remonte jusqu'aux oreilles, et c'était juste exactement ce que je voulais - sans vouloir passer pour un gros manipulateur... D'ailleurs je crus l’apercevoir un peu plus loin mais l'ombre passa et je ne sus pas trop - n'allez pas croire que je le voyais partout, mais des silhouettes comme la sienne, grande et longue et molle, il n'y en avait pas des milliers (Dieu merci).

- Ça va, ma petite Haley? Tu es prête pour qu'on aille pique-niquer? continuai-je un grand sourire aux lèvres et lui parlant comme si elle était à douze mètres de moi. Toujours aussi enjoué, je lui pris le bras et l'entraînai à ma suite - parce que Haley Collins c'est un peu comme un courant d'air, elle est un peu transparente et elle ne fait trop rien d'elle-même, sauf si vous lui ouvrez la porte et les fenêtres. Donc, j'ouvrais. Histoire de bouger tout ça un peu. Surtout que ces derniers temps, non seulement elle ressemblait à un courant d'air de grenier, à savoir encore plus humide et renfermé qu'un courant d'air ordinaire, mais en plus, c'était limite si elle n'étais pas aussi effrayante qu'un courant d'air de maison hanté, avec les fantômes pas loin derrière. Déjà qu'elle n'avait jamais été un modèle de joie de vivre... Enfin, reprenons : à partir du moment où on la remarquait, ce qui était déjà une victoire, on pouvait constater qu'elle avait l'air aussi fun qu'un devoir d'arithmancie un jour d'été. Pour ma part, j'avais constaté son existence à Poudlard le soir du bal, quand elle avait osé cette petite robe qui la mettait en valeur à merveille, et que j'avais pu remarquer qu'elle était finalement comme toutes les autres filles, qu'elle avait un cul, des seins, tout ça tout ça, et que même que le tout formait quelque chose de très joli qui n'étais pas dérangeant pour les yeux. Après l'avoir approchée, même si j'avais eu l'impression que je la terrorisais à chaque parole que je disais, on avait fini par danser ensemble - tout en se vengeant des deux autres zigotos qui eux aussi dansaient ensemble, mais bref - zigotos! Voilà que je parlais comme Taylord, maintenant - et j'avais plutôt un bon souvenir de tout ça, parce que j'avais bien vu que sous cette timidité désolante, il y avait quand même quelqu'un en vie dans ce pauvre petit corps. Et j'avais confirmé mes soupçons : Haley l'insignifiante en pinçait sévère pour ce grand machin qu'était Fray, et si elle n'avait d'yeux que pour lui, lui n'en avait absolument aucun. Déjà que la pauvre gosse ne respirait pas l'euphorie de vivre, j'étais prêt à parier qu'elle écrivait Stephen je t'aime partout dans un carnet secret en songeant à la manière la plus romantique de mettre fin à ses jours, abandonnée par celui qu'elle aimait.

Là où j'intervenais - oui parce que je ne m'intéressais pas à la potentielle vie amoureuse de Fray par plaisir, loin de moi cette idée - c'était que 1) je ne pouvais pas dire que je n'aimais pas Haley, à vrai dire il y avait un petit quelque chose chez elle qui me touchait et me donnait envie de la protéger 2) j'avais un bon souvenir du bal et j'avais bien aimé discuté avec elle - et me rincer l'œil dans son décolleté - et 3) mon petit doigt me disait que si Fray ne la remarquait pas, ce n'était pas parce qu'elle ne l'intéressait pas, c'était juste parce qu'il était con comme un manche et aussi doué avec les relations sociales qu'une tortue avec un balai. Donc, il y avait quelque chose à faire, et en preux chevalier que j'étais, j'allais sortir cette pauvre Haley de ses pauvres tortures d'adolescente en mal d'amour.

Et puis bon, œuvrer dans le dos de Fray, je ne vous le cache pas, ça me faisait plaisir, et bien comme il faut.

Comme je le disais, depuis ce temps-là, soit parce qu'il avait dansé avec Taylord - l'imbécile - soit parce qu'il avait trafiqué je ne savais pas trop quoi avec l'autre psychopathe de Wayland, quand je croisais Haley dans le couloir (et que je la remarquais...) je voyais clairement qu'elle n'était plus que l'ombre de l'ombre qu'elle était déjà avant. Cernes, cheveux devant les yeux, regard vers le bas, peau blanche, en mode zombie désillusionné qui se prépare à détruire la planète pour se venger du mal que l'humanité lui a fait. N'écoutant que mon courage, je m'étais dit ce matin-là : mon petit Chuck, il faut agir. J'avais un peu questionné Taylord, mais questionner Taylord, c'est un peu comme questionner un politique en plein course à la présidentielle : 100% de chance qu'elle détourne à la question et 200% de chance qu'elle t'en balance une en retour, et une bien dérangeante. Donc bon, non. J'invoquai une trêve, pour le coup. Surtout que j'avais eu une idée. Oui parce que évidemment : j'aurais pu approcher Haley à une soirée, ou bien un week-end quand on était tous dehors à profiter du temps libre... mais non. Non! Haley Collins ne sort pas. Haley Collins ne boit pas. Haley Collins ne s'amuse pas. Haley Collins mène la vie d'une ménagère des années 50, seule avec ses trente chats, ses romans à l'eau de rose et ses plantes en pots.

Un pique-nique : vous avez bien entendu. Genre, moi, un pique-nique. Oui, oui. Il était même tout préparé dans mon sac, j'étais aller piquer des trucs en cuisine, des bouts de tarte, une bouteille de jus de citrouille - pas d'alcool, mon Dieu, Chuck! - des fruits pour le dessert - il faut une alimentation variée! J'étais sûr qu'elle tenait ce genre de discours - et des gâteaux. Et du chocolat. C'est aphrodisiaque. Ha ha. Et donc me voilà qui me trimballais un pique-nique et Haley Collins de l'autre bras, prenant la direction du parc où le temps était frais mais beau. La vie est parfois étonnante, hein?

Bon évidemment je lui avais servi tout un baratin, comme quoi gnagnagna, elle n'avait pas par hasard son cours sur l'histoire et l'évolution des loups-garou en Russie occidentale? Parce que figure-toi, Taylord a aussi perdu son cours - mince! - et du coup je ne peux pas faire le devoir demandé, et blablabla. Comme elle m'aimait bien, je pense, et qu'elle passait sa vie dans ses cours, elle m'avait dit oui par charité, et je lui avais donné rendez-vous en ce samedi après-midi, au grand air, pour qu'on ait les idées bien aérées pour écrire notre joli petit de devoir, cinquante centimètres de parchemin ou une connerie dans le genre. A vrai dire, je ne m'en rappelais même plus, et je m'en foutais, et puis Taylord allait bien me laisser copier quelques lignes juste avant le cours : ça irait bien. Moi, ce qui m'intéressait réellement, c'était les états d'âme d'Haley la Fille Courant d'Air.


- On se pose là? proposai-je en indiquant un énorme arbre, je ne savais pas très bien quel genre d'arbre c'était d'ailleurs. On avait dépassé des groupes d'élèves, j'avais salué mes potes au passage, mais on s'était suffisament éloignés pour être pénards. Je balançai mon sac et m'assis dans l'herbe, dos au gros tronc. Le soleil nous tombait pile dessus : je n'aurais pas pu espérer mieux. Ah si! Il manquait une petite chose : tirant un paquet un peu cabossé de ma poche, je sortis une cigarette et la plantai entre mes lèvres avant de ranger le paquet - inutile d'en proposer à Haley, elle s'étoufferait rien qu'à l'idée de fumer, ohlàlàlà! - puis je l'allumai en faisant apparaitre une flamme au bout de ma baguette. Je tirai une latte, expirai, puis, détendu, souris à la Serdaigle :

- Et j'ai même une surprise pour toi... Joignant le geste à la parole je fis sortir la bouffe, la bouteille et les verres du sac, plutôt content de moi. On commence par quoi? Tout avait l'air bon, et en fait, j'avais bien la dalle.



Spoiler:
 

_________________

CHUCK CARLTON
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Dernière édition par Chuck Carlton le Jeu 29 Mar - 10:19, édité 1 fois
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Haley Collins
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MessageSujet: Re: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Jeu 29 Mar - 1:11

Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ?
Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ?
Errante, et sans dessein, je cours dans ce palais.
Ah ! Ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais ?
Le cruel ! De quel œil il m'a congédiée !
Sans pitié, sans douleur au moins étudiée.
L'ai-je vu se troubler et me plaindre un moment ?
En ai-je pu tirer un seul gémissement ?
Muet à mes soupirs, tranquille à mes alarmes,
Semblait-il seulement qu'il eût part à mes larmes ?
Et je le plains encore ! Et, pour comble d'ennui,
Mon cœur, mon lâche cœur s'intéresse pour lui.
Je tremble au seul penser du coup qui le menace,
Et, prête à me venger, je lui fais déjà grâce.
Non, ne révoquons point l'arrêt de mon courroux :
Qu'il périsse ! Aussi bien il ne vit plus pour nous.
Andromaque, Racine



Si mes cheveux avaient été épais, broussailleux ou secs, peut-être aurais-je pu prétendre passer plus de temps à me préparer avant d'affronter la communauté. Comble de l'ironie, si tout en moi semblait résulter d'un échec de la nature à engendrer un être correct ou normal, mes cheveux étaient d'une finesse et d'une douceur sans pareille. Un coup de peigne au réveil et l'affaire était classée : me coiffer était le seul préparatif qui m'attendait tout les matins au réveil - réveil que je cherchais à prolonger le plus longtemps possible - et je n'avais pas l'excuse d'une chevelure assez sauvage pour me permettre de m'y adonner durant des heures. Il aurait fallu que sur mon visage trône une crinière farouche et imprévisible ; celui-ci était impeccablement encadré de deux rideaux châtains, parfaitement lisses, d'une raideur à tout épreuve, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, qu'une pluie de météorites s'abatte sur la Terre, que les Veracrasses prennent le contrôle du Ministère de la Magie.

Les yeux fixés dans mes yeux, je passai une main distraite sur un pan de ma chevelure, les doigts écartés, le geste crispé. Quelle idée stupide, ce miroir dans le dortoir commun. Il fallait, inlassablement, que je m'affronte tous les matins. Chaque jour naissait avec mon reflet, mon satané reflet, qui emprisonnait mon regard chaque fois que j'approchais du miroir : c'était un piège, un trou creusé sous mes pieds, que je ne parvenais pas à éviter. Plus ce reflet m'était détestable, plus je le subissais, comme si mes yeux étaient inévitablement attirés par l'image de ma misère - et plus j'ai tendance à croire que je possède de sérieuses tendances masochistes qui feraient un excellent sujet pour le psychiatre qui décide d'écrire sur les névrosés du monde. Je serais un excellent cobaye avec de précieux témoignages à offrir. Parce que j'entendis des pas qui provenaient de la salle de bain se rapprocher dans ma direction, je m'emparai précipitamment de mon peigne que j'avais posé sur la commode au dessus de laquelle trônait le miroir ennemi. Je fis semblant de continuer à me brosser les cheveux tandis qu'une de mes camarades sortait de la salle d'eau pour descendre dans la salle commune ; je vis dans le miroir qu'elle me fixait étrangement. Peut-être parce que je n'avais pratiquement pas bougé d'un pouce depuis qu'elle était entrée dans cette salle de bain, il y a environ une vingtaine de minutes. Je m'applique à composer ma plus belle expression de pauvre fille sortant tout juste de sa tombe jusqu'à ce qu'elle détourne le regard et quitte le dortoir. Gagné ; et en me forçant à peine. Je vis mes lèvres s'étirer en un pâle sourire en songeant que ce genre de tour de passe-passe me demandait de moins en moins d'efforts. Mon corps suivait sagement et docilement la pente glissante que dévalait chaque jour un peu plus mon esprit. J'avais perdu toute notion d'espace : combien de mètres parcourais-je un peu plus chaque semaine ? Depuis combien de temps les fleurs de mes ressentiments avaient-elles écloses ?

Les derniers événements que je référençais encore semblaient avoir eu lieu il y a une éternité. Je savais désormais que maintenant, tout était plus simple : se réveiller, se coiffer, manger, travailler, manger, travailler, manger, dormir. Une douche, trois repas, sept heures de cours multipliés par cinq. Il ne me restait plus qu'à combler aléatoirement le samedi et le dimanche. J'élisais souvent demeure à la bibliothèque pendant les week-ends. Durant un temps, je m'étais aussi rendue à la volière, car la vue y était incomparable : elle donnait sur des forêts denses et sombres qu'on ne pouvait pas apercevoir de la tour d'astronomie. J'avais du mettre à fin à ces visites, l'odeur fétide des excréments des volatiles me rappelant trop ma propre puanteur. La puanteur de la fadeur et de l'ennui. Comment avais-je pu espérer inspirer autre chose que de l'indifférence ? Ma bêtise avait été inouïe. Et puis, les fenêtres de la volière étaient ouvertes afin de laisser les oiseaux entrer et sortir ; cela me causait beaucoup trop de tentations. Soit je m'imposais un régime de pancakes, frites et sucreries pour m'empêcher de passer de l'autre côté, soit j'arrêtais de me rendre à la volière. J'avais évidemment choisi la première solution – je ne serais plus là pour en discuter paisiblement le cas contraire.

Les mouvements de peigne se font plus agités et frénétiques à ces réminiscences qui surgissaient souvent de manière impromptue ; elles jaillissaient comme des flèches à la pointe aiguisée sous les ruines de mes anciens espoirs pour venir se planter droit dans mon cœur. Cette souffrance morale s'accompagne progressivement de la douleur physique : la pression des dents de mon peigne se fait plus forte contre la peau de mon crâne, mes cheveux s'accouplent en nœuds tandis que je passe l'objet de manière anarchique parmi eux, jusqu'à ce qu'ils forment un amas de filaments bruns désordonnés, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus si lisses et si raides, jusqu'à ce que leur insignifiance se soit révoltée, que l'ordre du rideau parfait se fasse désordre, que le peigne glisse de mes mains, que mes mains glissent sur mes cheveux, que mon corps glisse au sol.


J'ignore combien de temps s'est écoulé quand je prends conscience que je suis accroupie auprès de mon lit. Pas de traces de larmes. Simplement une courte perte de contrôle. Encore une. Je remarque le peigne resté sur le sol, m'en saisit, le passe calmement dans mes cheveux jusqu'à ce que je suppose qu'ils aient retrouvé leur fadeur habituelle. Puis je le jette sur mon lit. Me lève, péniblement. Et quitte le dortoir pour traverser la salle commune et atteindre sa sortie. Bondée, comme à son habitude. Tel un fantôme, comme à mon habitude.

- Haley !

Soudainement, j'étouffe. Ma vue s'est obscurcit et je sens un obstacle contre ma bouche, de laquelle tente de s'échapper ma respiration précipitée. Deux bras m'enserrent avec force et mon visage est plaqué contre un corps ; une force masculine qui correspond à la voix qui a mimé la mélodie de mon prénom. Le temps de réaliser qu'il serait peut-être bien que je commence à me débattre que mon agresseur me relâche. L'auteur de l'attaque n'est évidemment pas celui que j'espérais – tiens, il semblerait qu'il me reste une petite réserve d'espoir. Note à moi-même: penser à rapidement m'en débarrasser -, mais la surprise est tout de même au rendez-vous. Est-ce bien Chuck Carlton qui me regarde comme un bisounours venu tout droit du pays magique où les poneys roses à poids jaunes font des caca papillons ?

- Oh, Chuck, dis-je avec une pointe d'étonnement dans la voix – car je ne m'attendais réellement pas à le voir surgir au pied de ma salle commune, l'air aussi enjoué qu'un enfant devant son Nimbus 2012. Je ne fréquentais pas Chuck et semblait pourtant presque le connaître sur le bout des doigts : tout le monde l'avait déjà vu, entendu, côtoyé, ou au moins eu connaissance des rumeurs dont il était le sujet ou l'objet.

- Ca va, ma petite Haley? Tu es prête pour qu'on aille pique-niquer?


Et l'image que je me faisais de Chuck Carlton ne correspondait pas à celui d'un jeune homme avenant qui aime... pique-niquer. Depuis quelques temps et comme à chaque fois que je dois supporter la bonne humeur exubérante d'une quelconque personne, je me place immédiatement en position défensive.

- Je sais pas ce que tu as fumé mais ça a l'air d'être pas mal, dis-je d'une voix morose qui laissait deviner l'ampleur de mon scepticisme quant à son étrange attitude. Enfin, soyons d'accord... Chuck, ex-mister Gryffondor, ancien petit-ami de Lilian Easter, garçon on ne peut plus populaire... qui vient me voir, moi, son exact opposé, le genre de fille qu'il ne peut pas voir en peinture, pour me proposer de pique-niquer ? Poisson d'Avril ? Caméra cachée ? Fin du monde ?

- Oh ! Oui, le pique-nique !, m'exclamai-je en me rappelant soudain qu'il avait été précédemment convenu que nous passions un peu de temps ensemble pour que je puisse l'aider dans ses devoirs. Fidèle à mon poste de bonne poire, j'avais accepté sans me poser plus de questions. Je le regrettais désormais, mon irritabilité et mes envies de solitude allant croissantes de jour en jour et s'étant donc accentuées depuis notre dernière conversation. Mais – même si cela me semblait lointain -, j'avais promis à Chuck de l'aider. J'allais donc l'aider. Heureuse la coïncidence que j'ai décidé de sortir à ce moment de la salle commune – je lui avais évité de m'attendre inutilement des heures durant. Quoique, suis-je bête ! Nous parlons de Chuck Carlton. Je lui aurais donc fait perdre au grand maximum dix minutes de son temps avant qu'il n'aille voguer vers d'autres horizons. (Par horizons, j'entends évidemment « filles » ou « projets de fête ». Chuck Carlon oblige.) J'évitais soigneusement la première de ses questions et le laissait m'attraper par le bras en réprimant un mouvement de recul – début de misanthropie ou agoraphobie naissante, je supportais mal les contacts humains depuis... depuis...


Du soleil ! Enfer et damnation. Il fait beau, dehors. Passant mes journées reclue dans l'enceinte du château dont les pierres sont empruntes de toutes mes peines, je n'avais plus prêté aucune attention au temps météorologique depuis longtemps, sauf lorsqu'il s'agissait de se rendre dans les serres pour le cours de botanique. Afin de savoir si je devais prendre mon parapluie ou non. Le soleil brûla ma peau au premier pas effectué sur les marches du château ; et cette sensation de chaleur oubliée se faisait grandissante au fur et à mesure que nous progressions à travers le parc. J'ignorais où nous emmenait Chuck, mais j'espérais qu'il y ait un coin d'ombre pour me protéger de cette agression cutanée. L'air me remplissait les poumons qui s'en délectaient, d'abord avec difficulté, puis avec plaisir, tandis que la brise caressait ma peau blanchâtre, mon visage aux cernes violettes, mes cheveux maudits. Transportée en terrain inconnu, traînée par un quasi-étranger, je me sentais comme un poisson extirpé de son milieu aquatique et placé sur la terre ferme. Alors que nous marchions en silence, le contact du bras de Chuck sur le mien m'amena irrémédiablement à me souvenir de ceux qu'il avait exercé sur ma main et ma taille, le temps d'une danse, lors du bal de Noël. Une réussite dont s'étaient félicités les professeurs : la fête avait été à son apogée et tout le monde y avait trouvé son compte, que ce soit en joies ou en peines. Je vous laisse deviner lesquelles j'ai le plus éprouvées. Et c'était cette même personne qui se tenait à mes côtés qui m'avait sauvé le temps d'une danse... L'étrangeté résidait dans le fait que, des mois après, je ne savais toujours pas si ce rapprochement avait été plaisant, ou non. Aucun doute sur le fait que Chuck est un indélicat et un obsédé de chair humaine de préférence féminine, pas de doute non plus sur le fait qu'il m'ait utilisé à des fins purement personnelles pour impressionner sa douce, comme il se sert actuellement de mon sérieux pour que je fasse ses devoirs à sa place mais... quelques petites choses clochaient. Au bal, le fait qu'il ait évoqué... certains aspects... de ma vie sentimentale. Maintenant, qu'il ait pris la peine de préparer tout un pique-nique et de prendre de son précieux temps pour une ballade en ma compagnie – et quelle heureuse compagnie ! ...Pauvre de lui. Si il savait quel mal il s'infligeait. Je ressentais déjà l'ennui qu'il allait éprouver cinq minutes seulement après notre rencontre seulement. Enfin, nous arrivâmes à destination : Chuck indiqua un arbre près duquel il nous arrêta.

- On se pose là?

- Si tu veux, dis-je dans un soupir qui résumait milles émotions.

Je m'asseyais prudemment près du tronc, maugréant intérieurement sur le fait que Chuck n'aurait pas pu plus mal tomber : l'endroit était totalement exposé au soleil. Je remarquais, une fois installée, que j'avais eu la bonne, que dis-je, l'excellente idée de me vêtir de vêtements clairs : un pantalon beige et un chemiser rose et blanc. Aurais-je écrit sur mon front « Je veux rentrer au château avec de l'herbe et de la terre sur le postérieur » que cela n'aurait pas été différent. Je poussai un nouveau soupir et observais Chuck prendre place après avoir négligemment balancé son sac près de nous. Et, j'aurais dû m'en douter, il extirpa immédiatement une cigarette d'un paquet. Je le regardais tandis qu'il l'allumait et la portait à son bouche. La vision de ses lèvres roses qui frôlaient le mégot pour en extirper les substances ou la fumée – excusez l'imprécision, l'anatomie et le fonctionnement de la cigarette n'est pas vraiment ma matière de prédilection – subtilisait mon attention de manière tout à fait étrange. Elle fût heureusement détournée par le contenu du sac de Chuck qu'il déversait sous mes yeux

- Et j'ai même une surprise pour toi..., dit-il gaiement en étalant devant nous divers aliments parmi lesquels je reconnaissais des pommes, des gâteaux divers et du chocolat. On commence par quoi? me demanda t-il un air avide sur le visage.

J'aurais aimé lui adresser un sourire franc pour le remercier de cet étalage alimentaire, le gratifier de ma reconnaissance – Chuck Carlton, une ballade, un pique-nique, ce n'était sans doute pas rien -, me jeter sur la nourriture avec plaisir et discuter du temps printanier. Mais, même en tentant de m'y forcer, rien ne venait : je ne ressentais que ce vide familier qui m'emplissait la poitrine et que je côtoyais si souvent ces dernières semaines qu'il était depuis ma plus fidèle compagnie. Du vide si fort, si grand, si brutal, qu'il ne laissait la place à rien d'autre si ce n'était à la lassitude et à la solitude. Je ne savais pas comment lui faire comprendre, et n'avais de toute manière aucune envie de discuter de mes états d'âme, aussi essayais-je de dissimuler sans grande conviction :

- Merci, c'est gentil, dis-je en essayant de matérialiser vainement un sourire sur mes lèvres. Même le désir de prétendre aimer s'était évaporé. Démunie, j'étais tiraillée entre l'incapacité à prétendre que tout allait pour le mieux pour le meilleur des mondes, et celle de dévoiler ce qui me pesait sur le cœur. Je décidais donc de rebondir sur la question qu'il avait posé :

- Je pense que tu dois avant tout prendre en considération la situation historique et culturelle de la Russie, elle est un facteur important quant aux loup-garous. L'évolution des loup-garous dans la Russie occidentale, c'est bien ça qu'il te faut ? Je n'ai pas mes cours sur moi, désolée, je sais que tu es venu pour ça, je te les donnerai quand on remontra dans la salle commune, mais pour ne pas perdre notre temps, je peux déjà t'expliquer les grandes lignes. Donc, la situation historique et culturelle, qui est également étroitement liée aux conditions géographiques de la Russie – ça aussi, c'est un élément très important. Les loup-garous ont énormément souffert de la vague de froid qui a eu lieu en Sibérie en 1968 et de... Oh, dis-je soudainement avant de m'interrompre, laissant là ma tirade. Une ampoule venait de s'éclairer dans ma caverne cérébrale. Oh, je vois, répétais-je à voix basse. La nourriture. Bien sûr. Commence par... ce que tu veux, je m'en fiche, déclarai-je en me saisissant d'une barre de chocolat pour faire bonne mesure – c'était le seul aliment qui me faisait réellement envie. Je me murais dans le silence en mordillant dans mes carrés de chocolat. Même pas embarrassée. Même pas les joues empourprées – en tout cas, aucune sensation chaleur n'y était montée et mon cœur ne s'était pas mis à tambouriner follement en me rendant compte de mon erreur. Il était bien trop desséché par l'intarissable lassitude qui seule m'animait.

Je ressentais déjà ce désir de m'enfuir, de me cloîtrer dans mon silence, où je n'avais rien à prétendre, où je pouvais laisser mon coeur douloureux à découvert, ne pas me chercher des stratagèmes pour m'échapper de l'attention d'autrui. Je désirais simplement demeurer dans mon état de décomposition en attendant que chaque entaille se soit refermée, que les cicatrices aient disparues, que mon esprit soit, enfin, libéré. Là, sous le soleil qui réchauffait ma peau - et que je ressentais comme des morsures -, en compagnie de Chuck qui m'utilisait - comme tous les autres -, de cet amas de nourriture - le chocolat commençait déjà à me fondre entre les doigts -, je suffoquais intérieurement.

Il me restait cependant ma conscience toute entière : celle d'avoir créé un malaise qu'il fallait que je répare pour le prix de la tranquillité. La seule chose qui me vint à l'esprit fût la cigarette qu'il tenait entre ses doigts - elle avait, encore une fois, attirée mon attention. Entre temps, j'avais compris les raisons de cet étrange attrait. Puisqu'il était hors de question que je m'avoue plus longtemps que mes lèvres appelaient la pression du mégot tout contre elles, et que je désirais que cette fumée me traverse la gorge pour me brûler de l'intérieur, intensément, car tout valait mieux que cet état léthargique qui m'engloutissait au fur et à mesure, je pris la parole, le ton terriblement plat et lent :

- Tu devrais éteindre cette cigarette, Chuck.
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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Mar 17 Avr - 16:27

Si j'avais été un imbécile, j'aurais pu me formaliser de ce "Oh, Chuck" absolument et totalement dénué de chaleur et d'intérêt - mais comme j'étais un mec trop cool, je ne dis rien. Rappelons-le : l'existence d'Haley s'apparentait à celle d'une nonne emprisonnée dans la plus haute tour d'un château infernal en pleine montagne sauvage des Carpates, donc fatalement, on lui aurait annoncé en grande pompe qu'elle venait de gagner la grosse cagnotte du loto qu'elle n'aurait pas paru plus enthousiaste. C'était malheureux, quand même. Je veux dire : une si jolie nana, un potentiel des plus intéressants, mais alors l'envie proche du zéro absolue de profiter de tout ça. Ok, les tracas de la vie adolescente, on les connaissait tous, ils n'étaient pas forcément sympathiques, mais merde alors, si tout le monde faisait comme elle et baissait les bras, Poudlard aurait ressemblé à un vaste cimetière peuplé de fantômes et de courants d'air. Vous me direz, le courage n'était pas la matière forte des Serdaigle - leur trouver des choses dans lesquelles ils n'excellaient pas me faisait toujours ricaner - et donc ça n'avait rien d'étonnant en soi, mais moi c'était un truc que je ne pouvais vraiment pas encaisser, et Haley n'aurait pas touché je ne sais quelle corde sensible en moi - eh oui! J'en ai!... - il y a bien longtemps que je lui aurais secoué la tête comme un arbre plein de fruits trop mûrs et balancé en pleine gueule que non, ma pauvre dame, on a pas tout ce qu'on veut dans la vie, et oui, c'est pas facile, mais c'est le jeu, ma pauvre Lucette, alors marche ou crève. Ça me paraissait quand même dingue que des trucs aussi évidents que ça paraissent totalement incongrus à d'autres. Mais bon, cela dit, le mystère Serdaigle ne datait pas d'hier.

Soit dit en passant, je crois qu'Haley pouvait remercier le ciel qu'il lui ait donné une belle gueule et des formes là où il fallait, sinon, Fray le premier et moi ensuite, on l'aurait laisser croupir dans son chagrin de midinette désespérée et elle n'aurait pas été plus signifiante qu'une fiente de hibou dans la volière, aux yeux de tous. Je n'étais pas un saint - si jamais vous en doutiez encore - et même si je l'aimais bien, cette petite, je ne pouvais pas dire que je ne le faisais pas non plus pour le plaisir des yeux.

Ma venue doublée de ma proposition de pique-nique triplée de ma bonne humeur la laissa aussi avenante qu'une pierre tombale et je me dis que, sans pourtant perdre espoir, cette mission Sauvetage De Haley En Détresse allait demander de sérieux moyens et bien plus d'énergie que je l'avais imaginé. Bah, j'en avais vu d'autres, après avoir affronté des Mangemorts, je pouvais bien m'attaquer aux idées noires de la pauvre petite Haley emprisonnée dans sa tour d'argent, sans prince ni licorne avec lesquels s'enfuir, ne lui en déplaise.


- Je sais pas ce que tu as fumé mais ça a l'air d'être pas mal. Oh ! Oui, le pique-nique !

Elle m'aurait demandé de lui planter un poignard en plein cœur que ç'aurait été pareil. Pourtant, sans me dégonfler, j'attrapai son bras en l'entraînant fissa dehors où il faisait beau - comme elle était blanche comme un dessous de bras ça ne lui ferait pas de mal - et en jetant un dernier coup d’œil autour de nous, histoire de vérifier que, oui, tout le monde nous voyait, oui, tout le monde était témoin que Chuck Carlton emmenait cette espèce de truc transparent et flasque pour un pique-nique romantique comme si c'était la chose la plus merveilleuse qui puisse lui arriver. A n'en pas douter - je me rappelais très bien du bal, merci, les "c'est facile pour toi" et autres conneries qu'elle avait débité - Haley n'avait pas vraiment envie de se confier à un type comme moi, elle n'était pas mon genre et elle le savait. Mais ce qu'elle ignorait c'est que j'avais d'autres cordes à mon arc, sauf que je ne pouvais lui en vouloir, car elle n'était pas la seule à qui je le cachais bien. L'habitude, sans doute. Mieux veux surprendre que décevoir.

Dehors donc le temps était splendide, le soleil brillait tout ça tout ça, les élèves s'amusaient, bref typiquement le genre de trucs qui devait lui donner envie de se tailler les veines doublement, genre "oh mon dieu ce temps si beau et cette joie de vivre autour de moi me rappellent combien je suis si seule et si malheureuse, bouh ouin ouin ouin". Je souris d'avantage, bien décidé à lui apprendre une bonne leçon, à savoir qu'on a rien en pleurnichant dans son coin, surtout quand sa cible est un mec absolument stupide et aveugle à qui il faudrait carrément envoyer un ballon dirigeable pour qu'il comprenne que Haley + lui = cœur amour bisoubisou. Si c'est pas mignon. Voilà que je m'échinais à faire un joli petit couple de cette espèce si chère (...) à mon cœur qu'était Serdaigle... Si ils faisaient des petits, ils auraient au moins intérêt à m'en garder une paire en signe de reconnaissance.

Je jetais un coup d’œil à cette chère enfant qui plissait les yeux sous le soleil et soupirait de plus belle, comme si chaque pas lui était aussi douloureux qu'une balle dans la tête. Je ne fis aucun commentaire sur ses habits qui tenaient à la fois de la fillette de dix ans et de la grand-mère célibataire avec ses 26 chats
(dédicace!...), mu par je ne sais quelle présence d'esprit qui ne me ressemblait pas. Quand elle s'assit, j'étais certain qu'elle aurait aimé être partout ailleurs sauf ici, et je me dis qu'heureusement que ma foi déplaçait les montagnes, parce que pour se taper quelqu'un comme elle, il fallait quand même s'accrocher sévère. C'est bon quoi, c'était un pique-nique, je n'allais pas la bouffer, le soleil n'en plus, et elle n'était pas un vampire, que je sache, même si je me mettais ma main au feu que Twilight était dans son top 5 des livres à l'eau de rose, parce qu'elle ne lisait que ça en songeant au beau et mystérieux Stephen Fray (qui n'avait rien de beau ni de mystérieux quand on avait un peu de recul, on est d'accord).


- Merci, c'est gentil, mais avec son ton et son air de chien battu, il fallait traduire : je suis si faible et si fragile, que la vie est dure!... Je pense que tu dois avant tout prendre en considération la situation historique et culturelle de... (blablablablablablabla, cette petite cigarette était bien agréable et j'étendis un peu mes jambes, fermant les yeux d'aise sous le soleil. A quelle heure je devais retrouver Taylord, déjà? Ah oui. Il fallait d'ailleurs que je lui parle de la soirée qu'on prévoyait de faire.) ...Bien sûr. Commence par... ce que tu veux, je m'en fiche.

Hmm, entrain que tu nous tiens.

- Ah ouais cool merci, j'ai pas dû noter qu'il fallait des racines d'hellébore, mais bon Nakamura me donne toujours envie de dormir,
fis-je d'un ton convaincu et convaincant, dans l'optique qu'elle croit que je n'avais pas une autre idée en tête que ce devoir de Potions. C'était bien en Potions que je lui avais demandé de l'aide, hein? Bah, entre tous ces devoirs que j'avais à faire et que je ne ferais pas, je ne savais plus trop où donner de la tête, en même temps. Dis, on fait une fête avec des potes ce soir dans une salle désaffectée pas loin de votre salle commune, tu veux venir?

Ça, c'était le petit bonus - si on ne peut plus s'amuser! - parce que j'étais certain de la réponse "non, hu hu, je ne peux pas j'ai des devoirs à faire" et de ce qu'elle ne dirait jamais "Jamais! Jamais je ne m'amuserais alors que mon cœur est en miettes, j'ai bien mieux à faire, comme pleurer au fond de mon lit en écrivant des poèmes", mais j'avais envie de lui rentrer dans le lard pour qu'elle réagisse, et qu'elle comprenne que, helloooo, elle vivait la vie chiante et monotone d'un ermite. Je savais qu'elle était capable de se réveiller, et je me rappelais très bien de son rire au bal de Noël, et du rouge à ses joues. Pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait simplement pas le comprendre? Moi le problèmes des gens je ne m'en mêlais pas, mais honnêtement, si il y avait bien quelque chose qui me tuait, c'était de les voir abandonner lâchement et de ne pas s'accrocher à la joie de vivre, qui était quand même purement et simplement la meilleure chose qui pouvait nous arriver sur cette terre. Le reste... C'était bien trop compliqué.

- Tu devrais éteindre cette cigarette, Chuck.

Maman?!...

- C'est une menace? répondis-je en me moquant et en souriant de toutes mes dents. Ou bien, tu en veux peut-être? J'allongeai le bras en lui tendant. Hahaha, qu'est-ce que j'étais drôle, quand même. Chuck, voyons, c'est vilain de se moquer. Allez, il fallait que je sois sympa, quand même. Mon but premier était là, au fond : l'aider.

- Dis-moi, mon petit lapin. Je m'approchai d'elle et lui parlai d'un ton nettement moins moqueur et bien plus amical, et attrapai un bout de chocolat au passage. J'suis pas aveugle, on dirait que tu reviens de trois ans de travaux forcés. Qu'est-ce qui ne va pas? Je levai un doigt devant mon visage et déclamai d'un ton professoral : demande moi n'importe quoi qui pourrait te rendre le sourire, et je te l’amène sur un plateau d'argent. Deal?

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MessageSujet: Re: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Mer 18 Avr - 14:35

Si les regards pouvaient tuer, peut-être aurais-je pu venir à bout de Chuck Carlton aujourd'hui. Le ciel est bleu, le soleil brille, les oiseaux chantent : n'est-ce pas un beau jour pour mourir ? Je n'avais aucune confiance en lui – sans doute le savait-il – je ne le considérais pas comme stupide mais manipulateur – peut-être en avait-il conscience. Et à ses yeux, qu'étais-je ? Rien. Un rien que l'on emmène danser pour accomplir ses désirs égoïstes et que l'on fait pique-niquer pour faire ses devoirs.

- Ah ouais cool merci, j'ai pas dû noter qu'il fallait des racines d'hellébore, mais bon Nakamura me donne toujours envie de dormir.


- Qu...quoi ?, m'étonnai-je dans un murmure en fronçant les sourcils.

Rectification : que l'on emmène pique-niquer pour se divertir en s'en moquant ouvertement. La nonchalance de Chuck et son évocation des racines d'hellébore dont je n'avais, non, jamais, prononcé le nom me refroidirent instantanément. Je n'étais déjà pas dans de très bonnes dispositions au moment où je m'étais assise dans ce parc, ni particulièrement chaleureuse et rayonnante, mais je me situais désormais à quelques degrés du froid polaire qui me glacerait toute entière, et le cœur et l'esprit. Je déglutis ma salive au fond de ma gorge pour digérer ce manque de respect. Chuck m'avait forcé la main en allant me promener comme un chien en laisse, et il ne daignait même pas m'écouter ? Avait-il inventé toute cette histoire pour le seul plaisir de me voir m'agiter comme une marionnette ? Le spectacle pitoyable que je lui avais offert lors du bal ne lui avait apparemment pas suffit. Je sentis mon visage se tendre en une expression crispée de profonde frustration et m'apprêtais à mordre avec une férocité contenue dans une pomme que je venais d'agripper au milieu des victuailles gentiment – ironie, quand tu me tiens – apportées par cet indélicat de Chuck quand ses propos suivants vinrent stopper net mon geste tant ils étaient impromptus :


- Dis, on fait une fête avec des potes ce soir dans une salle désaffectée pas loin de votre salle commune, tu veux venir?

Pardon ? Devais-je rire ou pleurer de cette question ? J'étais tellement déstabilisée que j'émis un son à mi-chemin entre le ricanement et le sanglot. Les coins de mes yeux et de ma bouche se contractaient sous l'effet de la contrariété tandis que je tentais au mieux de le transpercer avec la seule force de mon regard, unique arme qui demeurait à ma disposition. Une fête, moi ? Avec lui, Chuck Carlton ? C'était le comble. Il m'était déjà arrivé d'endurer de nombreuses moqueries quant à mes airs absents et effacés, mais jamais personne, encore, ne s'était joué de moi à ce point. Certainement car on me trouvait, généralement, « gentille ». « Elle est une gentille fille ». Voilà sans doute les mots qui sont revenus le plus souvent à mon propos. C'était le seul que ma mère avait été capable de formuler. C'est une ratée, une moins-que-rien, une inutile perte de temps mais... c'est une gentille fille. Elle ne fait pas de mal. Elle ne s'énerve jamais. Elle est assez obéissante. Oui, c'est une gentille fille.

Ce genre de propos m'avait, depuis toujours, accompagnés. J'avais été élevée dans les reproches de mon géniteur, les exigences de ma mère et les feulements du chat que nous avions alors. Depuis toute petite, j'avais tout enduré avec le silence respectueux que m'imposait l'autorité parentale, puis, plus tard, professorale. Alors que de nombreux enfants se rebellent face à ce devoir d'obéissance, je m'y étais toujours pliée dans l'espoir de remplacer les critiques par les félicitations. « Excellente élève ». « Discrète et sérieuse ». Parce qu'ils ne me supportaient pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les professeurs m'avaient toujours vu comme un exemple à suivre, une jeune fille douée promise à un brillant avenir. L'envers du décor m'obligeait à accueillir ces compliments avec réserve : peu importe que j'excelle dans toutes les matières, les sermons de mes parents étaient intarissables, comme les larmes que j'avais commencé à verser en nombre. Mes yeux sont ma bouche : le seul chemin que peuvent emprunter mes ressentiments pour s'échapper de l'étau qui enserre mon coeur, la voie buccale étant condamnée par l'obligation d'être réduite au silence. Tais-toi, écoute, obéis. Mais ni ma mère, ni mon père n'avait le pouvoir d'empêcher les déversements salés de s'écouler de mes yeux et de barricader les écoutilles de mes paupières. Pleurer avait été ma seule liberté, ma plainte silencieuse ; les larmes étaient la métamorphose des mots incapables de franchir la barrière de mes lèvres.


Je n'ai même pas la force nécessaire pour me révolter convenablement contre les provocations de Chuck. Je sens mon cœur se recroqueviller au fond de ma poitrine, sèche et aride. Souvent torturé par les événements récents venus le malmener, je m'étonne toujours encore de le sentir battre au fond de ma caverne cardiaque, alors que tant de coups de poignards lui ont été assénés. Des coups portés par des actes et des visages différents. Celui de Chuck s'ajoute sur la liste déjà longue. Si mon cœur lutte pour tenir mon corps en vie, mon esprit est las, et je rêve d'appuyer sur un bouton « OFF » qui se situerait à l'arrière de mon crâne. J'aimerais tant éteindre la machine infernale de mes pensées et de mes sentiments. La mettre en veille. Ou ne plus jamais l'allumer.

Ma main se serre autour de la pomme que je tiens toujours au creux de ma paume dès que la voix de Chuck s'élève à nouveau. Mon regard surpris et outré a tenu lieu de réponse à sa question précédente. Il savait pertinemment que la réponse n'allait pas être positive. L'acharnement dont il fait preuve pour me pousser dans mes retranchements est tout aussi efficace qu'incompréhensible. Pourquoi moi, pourquoi maintenant, alors qu'il existe tant d'autres souffres-douleur ? Non, je le sais. Une seule chose nous rejoint, un seul nom : celui de Stephen. Je frémis au son que produit son nom dans mon esprit. Il déteste Stephen et me méprise. Voilà de beaux jouets à la disposition de l'enfant Carlton.


- C'est une menace? Ou bien, tu en veux peut-être? dit-il comme réponse à mon injonction concernant la cigarette qu'il ne lâchait pas et qu'il me tendait désormais à bout de bras.

- Non.

Cette négation s'impose d'elle-même, brutale et sans appel. « Non » est un mot que je prononce rarement et que je sais si peu utiliser qu'il sonne dans ma bouche comme une protestation d'enfant râleur qui refuse de manger des brocolis. Je croise les bras sur ma poitrine – à la fois pour lui montrer qu'il peut remettre sa cigarette au coin de sa bouche, et dans le but – psychologique – de me protéger de ses mots qui me heurtent les uns après les autres. Jamais je ne serais en mesure de l'avouer à quiconque, mais répondre simplement « non » au lieu de la formule de la politesse « non merci » me pèse soudainement sur la conscience, ce dont je m'insurge intérieurement. Chuck n'a pas mérité la moindre once de respect de ma part et cette négation à l'état brut est tout à fait justifiée... pourtant... je ne peux m'empêcher d'imaginer la réaction qu'aurait eu ma mère face à ce manque de tenue en société. Et je m'en veux... et je me hais pour ça. Je serre les dents pour empêcher le moindre son de plus de s'échapper de ma bouche et baisse légèrement la tête pour fixer les brins d'herbe qui m'entourent. Désormais, Chuck devra tenir la conversation avec lui-même. Qu'il gagne donc le jeu auquel il s'adonne si plaisamment et me laisse retourner dans les méandres de mon néant. Être passive : c'est encore ce dans quoi j'excelle le mieux. « Excellents résultats, mais gagnerait à se montrer plus active en classe. Participez ! ».


- Dis-moi, mon petit lapin. J'suis pas aveugle, on dirait que tu reviens de trois ans de travaux forcés. Qu'est-ce qui ne va pas? Demande moi n'importe quoi qui pourrait te rendre le sourire, et je te l’amène sur un plateau d'argent. Deal?

Mon petit lapin. Mon petit lapin. Mon. Petit. Lapin. Sa voix aux tons graves et chaude me semble amicale, mais ces sensations qui auraient pu se révéler positives engendrent l'ébullition de chacune des parcelles de mon corps. Alors que je m'étais postée en position défensive, assise en tailleur sur l'herbe du parc verdoyante et illuminée de soleil, ce soleil qui me tue à petits feux, qui me fait suffoquer dans les morceaux de tissus qui recouvrent mon corps appelés communément vêtements, alors que je m'étais fais la promesse de laisser les paroles de Chuck s'évaporer dans l'air chaud qui me pèse,
j'éclate. Des transports violents surgissent des tréfonds de ma poitrine et se propagent en onde dans tous mes membres jusqu'à atteindre le point vital de mes émotions : mon cerveau. Je relève brutalement la tête, plante mes yeux dans le sien et parle avec une verve exceptionnelle :

- Deal ? Non... non, ce n'est pas deal ! Rien n'est deal ! Tu n'es pas deal, je suis pas deal, cette pomme n'est pas DEAL !

Pour faire bonne mesure, je serre l'emprise de ma main droite sur la pomme dont je m'étais emparée et la projette de toutes mes forces sur Chuck – le fruit rond et jaune passe ridiculement au dessus de son épaule gauche à une vitesse risible et rencontre le sol terreux quelques mètres derrière lui dans un bruit mat. Je suis sous l'emprise d'une telle colère que l'incohérence de mes propos ne m'alerte pas, et je continue sans lui laisser le temps d'intervenir.

- Ce n'est pas un jeu, Chuck ! Je ne suis pas ton jouet ni...ton petit lapin, je ne suis rien, tu ne me connais pas, alors arrête, on arrête ça, dis-moi franchement ce que tu veux, mais arrête de faire... ça, de faire semblant ! Tu sais très bien ce qui se passe, tu me l'as dis, l'autre soir, alors... quoi ? Ça t'amuse ? Allons traîner cette pauvre Haley, oh, elle est si gentille, si stupide, rions mes amis, rions de ses misérables peines ! Non ! NON !

Je crie désormais, les sens en ébullition, toutes les limites du raisonnable qui avaient cloîtrées au millimètres près mes plus infimes pensées, pulvérisées. J'assiste à l'éclatement de la carapace solide qui s'était forgée autour de mon intimité s'envolant désormais par volutes à travers mes lèvres. Une fureur démentielle anime jusqu'à l'éclat dans mon regard – j'y sens la violence qui m'agite s'y refléter. Inconsciemment, je me suis dressée sur mes genoux. Je sais quelle image je renvoie à l'instant présent, au milieu de ce chaos cérébral. Cet état de nervosité extrême ne s'était produit qu'une seule autre fois dans ma vie. Lors du festin organisé pour célébrer la défaite des Mangemorts, le soir même du jour qui avait marqué leur fuite, je m'étais enfermée dans mon dortoir. Les ressentiments de haine et de dégoût découlant de l'expédition ratée que j'avais entrepris plus tôt étaient trop forts dans mon corps pour assister comme tout le monde aux célébrations : je m'étais précipitée sur mon lit dès que j'avais pu, avait saisi un oreiller, et avait crié en le frappant, les larmes se déversant sur mes joues. Juste avant de quitter le dortoir, après m'être calmée, j'avais aperçu mon reflet dans la glace. Les joues rougies par cet effort d’extériorisation, les cheveux en bataille, le regard hagard et vivant. Ma propre image m'avait choquée.

Quelques secondes de répit s'écoulèrent durant lesquelles j'avalai ma salive pour reprendre de plus belle, essoufflée mais ragaillardie par la puissance des négations que j'ai proféré et qui me sont délicieusement libératrices.


- Tu ne comprends pas, tu ne me comprends pas, nous sommes DIFFERENTS ! Dis-moi clairement ce que tu veux qu'on arrête ça. Je te préviens, si tu prononces son nom, je, je... je te tue, dis-je avec conviction, la mâchoire serrée et le regard déterminé – bien qu'excessive, le fil de mes pensées échappait à mon contrôle, et cette menace avait franchi le seuil de ma bouche avant que je ne puisse la réviser.

Ma voix se brisa alors que je tentais de continuer, le flot de parole que je déversai en continu et qui s'étendait fatalement cessant enfin. Des larmes de rage perlaient au coin de mes yeux ; je reniflai d'un air désinvolte et me rassis, abattue. Vidée de toute mes forces, j'enfouis ma tête dans mes bras, le son de ma voix résonnant encore dans mes oreilles. Qu'avais-je fais ? Qu'avais-je dis ? Jamais, jamais, je n'avais élevé la voix contre quelqu'un auparavant pour le noyer sous des questions pleines de reproches, des accusations, et surtout, pour faire référence à toutes ces choses intimes qui étaient jusqu'à lors protégée dans mon cœur. Je m'étais mise à nue face à Chuck Carlton. Soudainement tremblante et nauséeuse, je sentis un vide se creuser en moi. Et je ne voyais qu'une seule chose pour le combler et pallier au malaise qui lui aussi s'élargissait de plus en plus – même si je me foutais comme d'une guigne d'avoir gâché le pique-nique de Chuck Carlton.

- Passe-moi ta cigarette, déclarai-je en le regardant de nouveau, hargneuse et le ton quelque peu agressif. Fais-moi fumer.

L'indécence de mes propos me frappa comme un éclair : venais-je de demander – commander – sa cigarette à Chuck et de déclamer « fais-moi fumer » comme si je lui avais dis « fais-moi des bébés » ? J'eus envie de rire à cette idée. Qu'ai-je fais de moi ? Sous les effets encore palpables de ma crise de colère, j'étais certaine d'une chose : j'étais en proie à une folie incontrôlable que je ne pouvais pas – que je n'essayais pas de quitter. Je suis folle, mais vivante.

- S'il te plaît.

Les mots s'échappent de mes lèvres dans un murmure à peine audible, bien que le ton de ma voix soit toujours désagréable. Folle, vivante... et polie.
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MessageSujet: Re: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Jeu 19 Avr - 0:23

Ah tiens! Ni l'un ni l'autre! Je m'étais trompé! Elle ne réagit ni en rougissant comme une tomate ni en faisant mine de rien : elle éructa un cri qui tenait de la souris qu'on écrase ou du troll qu'on réveille (glamour) et me lança un regard assassin - enfin, pardon. Elle me lança encore plus assassin qu'avant, à savoir que cette fois ce n'était pas des bazooka qu'elle avait à la place des yeux, mais les deux boutons rouges du lancement de la bombe H. Bien, bien, bien. Ambiance ambiance en cette belle après-midi, franchement, parfois les gens étaient bien bêtes : à bouffer, du soleil et rien à faire que d'en profiter, est-ce qu'on pouvait être sérieusement de mauvais poil en ces moments-là? Il se passait un truc marrant, mais comme aujourd'hui rien n'aurait pu atténuer ma bonne humeur, plus Haley se murait dans sa léthargie parfaitement insupportable, plus je me sentais d'humeur légère, et plus j'avais envie de la tacler.

- Non.

Gnagnagna. Ca avait le mérite d'être clair. J'étouffais un ricanement et débouchai la bouteille de jus de citrouille avant de me servir un verre que je vidais d'un trait, et attrapai un autre truc à bouffer. Voyons, ce n'était pas possible. Qui est-ce qui pouvait à ce point lui manger le dessus de sa soupe? Non mais à ce point-là, ça tenait de la névrose, non? C'était bien les Serdaigle, ça : tous plus tordus les uns que les autres. Prenez, tiens, au hasard : Fray. Non mais sérieusement, qui sur cette terre l'aurait décemment qualifié de sain d'esprit? Bozo le clown? Parce que je ne sais pas si il croyait que l'intello attitude faisait fantasmer les nanas, mais clairement, il avait faux, et sur toute la ligne. Non seulement il soûlait tout le monde mais EN PLUS il ne voyait absolument pas la seule - assez stupide - personne qui n'avait d'yeux que pour lui. Avouez que pour un Sherlock Holmes en herbe, manquer à ce point de lucidité, il y avait de quoi bien se fendre la poire, non? Il croyait son esprit sagace mais en fait il était plus tordu que le plus tordu d'entre nous, alors qu'on ne me fasse pas rire. Je ne portais pas les Serpentard dans mon coeur et ils étaient clairement la maison que je ne pouvais pas voir en peinture, mais les Serdaigle, ils détenaient franchement la palme de la névrose.

Preuve à l'appui, comme on dit, Haley Collins ici présente, dont la motivation et la joie de vivre faisaient plaisir à voir en cette belle journée. Ha ha.

Non. Non, pas de fête, pas de cigarette, pas de pique-nique, pas de fun, pas de blagues, pas d'allusions un peu déplacées - oh là là! - pas de jeux, pas de potes, pas d'envie, pas d'énergie. Que. Quelqu'un. Me. Pende. Honnêtement, j'aurais eu cette vie-là, à sa place, il y a bien longtemps que je me serais logé une balle entre les deux yeux, et fissa. La vie d'Haley devait tenir dans un mouchoir de poche et être aussi chiante qu'un dimanche de novembre pluvieux et froid où on ne peut ni sortir, ni rien faire du tout que de croupir dans sa chambre pourrie au fond d'une banlieue misérable.

Mais oui, tiens, à propos, on savait quoi de la vie d'Haley? Bah, à Poudlard, les rumeurs et les ragots ça allait plus que bon train, et vu que je connaissais à peu près tout le monde et que je me baladais pas mal, j'avais toujours une oreille qui traînait par-ci par-là. D'ailleurs, la salle commune de Gryffondor pouvait s'avérer un vrai repère à commérages, parfois. Moi, ça me faisait marrer, les petites histoires de coucheries, de coups bas, de potins, tout ça tout ça. Donc, bref, ne pas perdre de vue la cible, mon petit Chuck : Haley. Qu'est-ce qu'on disait sur Haley et qui aurait pu m'échapper, avant que lui accorde de l'importance? Oui oh, ça va, c'était pas méchant, mais honnêtement à part ceux de sa maison - et encore - la majorité des gens ignoraient son existence plate et transparente.

Donc on disait quoi sur Haley, on disait... Hmmm... On disait... Hmmm!...

Ah, bah on disait rien. Enfin, on parlait d'elle, mais quand on parlait de Fray, ou de Wayland quoi. Haley c'était le dessous de bouteille. Pourtant utile, mais dont tout le monde se foutait quand il y avait une bouteille dessus et un verre bien plein à côté. Je me rappelai juste vaguement d'une discussion où quelqu'un avait dit "C'est qui Haley Collins"? - "Une Serdaigle" - "Elle est comment?" - "Euh bah euh..." - haussement d'épaules - "Elle est euh, elle est gentille, quoi". Voilà. Gentille. Le mot donc qu'on utilise après avoir hésité cinq minutes parce qu'aucun adjectif ne nous vient à l'esprit et que gentille c'est le mot parfait qui glisse comme une lettre à la poste et qui ne veut rien dire. Ouais, elle était pas méchante, Haley. Mais rien de plus.

Bon, bon, bon. Ca n'allait pas du tout. Pas du tout pas du tout. Je n'avais pas oublié le bal, sa robe (pfiouuuu, sa robe...), notre danse, et ce qu'elle m'avait murmuré malgré sa timidité. Je m'étais en fait rendue compte qu'elle n'était pas juste une pauvre fille gourde, mais une fille un peu malheureuse qui avait bien besoin d'un petit coup de pouce. Et puis quand elle avait souri et ri elle était mignonne et drôle, un peu, sans compter qu'elle était vraiment bien foute, et ce n'était pas vraiment mon genre de laisser pourrir dans un coin une fort jolie mademoiselle. Et puis depuis bah je m'étais un peu attaché à elle sans le faire exprès, lui parlant quand je la croisais dans les couloirs, tout ça tout ça. Elle avait un éclat dans ses grands yeux bleus bien trop mélancolique pour que l'abandonne à son triste sort, sort doublement triste quand on sait qu'elle en pinçait pour l'autre autruche, mais ça, c'était une histoire. Si je pouvais faire quelque chose, j'allais le faire, et mon devoir s'arrêterait là, car loin de moi l'idée de la border tous les soirs dans le cher petit lit de notre ami à tous, Stephen Fray. D'où ma tentative d'approche, alors que j'avais déjà oublié cette histoire de devoir, inventée de toutes pièces on ne va pas se mentir, et que je reposai mon verre en lui souriant d'un air entendu. Hm, ça m'ouvrait l'appétit tout ça, et j'attrapais un scone frais de ce matin.


- Deal ? Non... non, ce n'est pas deal ! Rien n'est deal ! Tu n'es pas deal, je suis pas deal, cette pomme n'est pas DEAL !

Eh là eh oh !!!! Non mais, quoi?!?! Elle venait de me balancer une pomme!!! (et puis elle racontait n'importe quoi, non?!)

- Ce n'est pas un jeu, Chuck ! Je ne suis pas ton jouet ni...ton petit lapin, je ne suis rien, tu ne me connais pas, alors arrête, on arrête ça, dis-moi franchement ce que tu veux, mais arrête de faire... ça, de faire semblant !

Croyez-le ou pas, elle criait comme une démente et s'était furieusement dressée contre moi. Qui avait mis des champignons dans le jus de citrouille?!

- Tu sais très bien ce qui se passe, tu me l'as dis, l'autre soir, alors... quoi ? Ça t'amuse ? Allons traîner cette pauvre Haley, oh, elle est si gentille, si stupide, rions mes amis, rions de ses misérables peines ! Non ! NON !

- Un jeu?! Mais enfin mais non mais ma pauvre fille mais ça ne va pas, réussis-je simplement à dire sur le ton le plus calme du monde, complètement sidéré de ce retournement de situation. Ah, donc en plus de tout, elle était barge. Très bien. Bilan des courses : moi qui voulais simplement l'aider et soulager ses "misérables peines" comme elle disait, il semblait que je pouvais tout aussi bien aller me faire voir chez les Grecs. Charmant.

- Tu ne comprends pas, tu ne me comprends pas, nous sommes DIFFERENTS ! Dis-moi clairement ce que tu veux qu'on arrête ça. Je posai mon gâteau d'un geste blasé - non mais merde, alors, merde! Je te préviens, si tu prononces son nom, je, je... Oui? je te tue.

AH OUI! De mieux en mieux! Je la regardai sans broncher, et puis, un petit sourire monta à mes lèvres. Je n'en revenais pas. Honnêtement, je n'en revenais pas. Elle m'aurait lancé un missile nucléaire dans la gueule que j'aurais eu la même réaction. Mais une chose était positive dans tout ça : elle avait un peu d'énergie, finalement. Elle n'était pas qu'une pauvre chose toute vide. J'en tirerais peut-être quelque chose, qui sait! Je finis par éclater de rire, sincèrement amusé de sa menace qu'elle avait proférée avec un sérieux défiant toute concurrence. Ok, bon, apparemment, je n'avais peut-être pas trop utilisé la bonne tactique d'approche.

- Tu vas arrêter oui avec tout ces "tu ne me comprends pas, on est différents" et gnagnagna? Et alors, qu'est-ce que ça peut foutre? Honnêtement, je t'aurais proposé de venir pique-niquer avec moi comme ça, tu aurais dit non, on est d'accord? Tu viens pas de m'envoyer royalement chier avec mon invitation de soirée? Je souris, fier de moi parce que je savais que j'avais raison. Du coup, j'ai prétexté un devoir. Bouuuuh! Ça va me valoir une semaine au trou ou quoi? T'es tellement dans ton monde que ça relève du miracle pour te bouger ailleurs que dans ton dortoir ou la grande salle. Ouvre les yeux, mon lapin, et j'insistai bien sur le surnom débile qui visiblement ne lui avait pas plus du tout.

- Haley, sans vouloir t'offenser, c'est ta bêtise qui me tue, ricanai-je alors sur un ton tout aussi léger qu'avant - je ne sais pas comment elle faisait, mais quoi qu'elle dise j'avais l'impression que rien ne pourrait me pousser hors de mes gonds. Cette différence qu'elle clamait en était peut-être la cause, d'ailleurs... Il y avait une galaxie entre nous. Sauf que moi, ça me faisait marrer. Elle, elle avait... peur.

Je m'approchai d'elle et m'assis en tailleur face à elle, alors qu'elle se calmait un peu - allez savoir pourquoi, même si je l'avais vu se mettre à crier, froncer les sourcils tout ça tout ça, je n'arrivais toujours pas à concevoir qu'Haley Collins puisse être en rogne. La pauvre : elle avait les yeux tout brillants. Elle me faisait penser à Coop, quand je le poussais à bout et que je le faisais tellement chier qu'il était obligé de s'énerver ou de se battre contre moi. Il avait toujours cette expression boudeuse et résignée et il finissait par pleurer de colère. Je m'attribuais 10 points quand j'arrivais à ce point, mais au bout d'un moment, je le regrettais un peu, parce qu'il était tout mignon et qu'il me fendait le coeur à bouder et à renifler dans son coin. C'était trop facile pour moi, de lui mettre sa misère. Avec Haley aussi, c'était trop facile. J'avais envie qu'elle apprenne à ce que cela ne le soit plus, à résister, et à dire fuck aux imbéciles comme moi qui venaient lui tirer les poils de nez.


- Pleure pas, dis-je en souriant. J'parlerais pas de lui si tu veux pas, mais pourtant, j'ai un peu l'impression que j'ai pas besoin de dire son nom vu que tu penses tout le temps à lui.

Je haussai les épaules. Merde, elle ne pouvait pas comprendre? Que si je me foutais de sa gueule, c'était parce que j'étais sincèrement préoccupé par elle, aussi étrange, je vous l'accorde, que ça paraisse? J'avais envie de la prendre dans mes bras et de la bercer comme une petite gamine en lui promettant que tout irait mieux et que le Grand Méchant Stephen n'allait pas surgir de la forêt pour la dévorer toute crue.

- Passe-moi ta cigarette. Fais-moi fumer.

- Ah, non!
m'exclamai-je en éloignant bien vite d'elle la cigarette en question.

Non mais oh. Déjà, d'une, elle m'envoyait paître, alors elle pouvait toujours se brosser. De deux, j'avais dit ça par provocation, pour lui rentrer dans le lard, mais honnêtement, je la voyais très mal fumer. De trois, fumer parce qu'elle était en mode ado désespérée qui veut se faire du mal pour expier son mal-être, merci bien. On était pas là pour ça. Et de quatre, et la politesse, hein?!


- S'il te plaît.

... Aaaah! Là, voilà. Et sinon, est-ce que je relevais son "fais-moi fumer" à forte connotation sexuelle? Mauvais endroit, mauvais moment? Bon, bon, d'accord.

- Non, la narguai-je en la défiant du regard. En même temps, j'avais bien envie de la voir tirer sur sa première latte, tousser et cracher, rien que pour le fun. Sauf... J'ouvris en grand les bras et souris de toute mes dents, bien décidé à la secouer du mieux que je pouvais. Sauf si tu me fais un câlin parce qu'au fond, on est différents, mais tu m'aimes bien. Dix contre un qu'elle allait se liquéfier sur place? Tenu!

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Haley Collins
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MessageSujet: Re: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Mar 24 Avr - 0:11

La puissance inouïe de ma colère me donnait des ailes ; j'avais la sensation de flotter, emportée par les mots qu'elle me faisait prononcer. Je criais et je criais et je disais des choses que jamais je n'aurais pensé dire et surtout pas à Chuck Carlton ce nigaud qui n'y comprenait rien à rien et pour lequel je n'étais qu'un jouet une vulgaire chose à manipuler que l'on cherche à caser parce que c'est tellement drôle, oh, tellement drôle de rire et de se moquer de la différence et de l'incompréhensible – je respirais et suais la fureur, j'avais entendu Chuck insinuer que j'étais folle mais je poursuivais, entraînée dans cet élan car ma rage ravageait tout et je ne luttais pas, je n'essayais plus de sortir de cette transe qui métamorphosait ce que ma fragilité m'avait fait refouler en bombe nucléaire. J'avais fini, haletante, libérée, me sentant comme un papillon s'extirpant de son cocon après un long repos – c'en était terminé de mon état végétatif digne de la plus flasque des chenilles. Mais la furie que j'étais devenue n'était pas assez aveuglée par sa colère pour ne pas s'apercevoir que plus elle s'égosillait, plus les lèvres de Chuck s'étiraient un grand sourire. Un grand sourire qui m'irritait et me donnait envie de lui entailler les commissures des lèvres au couteau. Il n'avait pas le droit de sourire alors que je lui offrais mes rancœurs intérieures, celles que je ne dévoilais pas ; il n'avait pas le droit de prendre les flux de sons qui s'échappaient de ma bouche pour de futiles caresses. Et c'était pourtant bien ce qu'il était en train de faire. J'étais entrée malgré moi dans un des plus horribles cercles vicieux : plus j'allais persister à m'énerver, plus Chuck allait se fendre la poire comme si j'animais un spectacle comique dont j'étais l'ironique protagoniste.

- Tu vas arrêter oui avec tout ces "tu ne me comprends pas, on est différents" et gnagnagna? Et alors, qu'est-ce que ça peut foutre? Honnêtement, je t'aurais proposé de venir pique-niquer avec moi comme ça, tu aurais dit non, on est d'accord? Tu viens pas de m'envoyer royalement chier avec mon invitation de soirée? Du coup, j'ai prétexté un devoir. Bouuuuh! Ça va me valoir une semaine au trou ou quoi? T'es tellement dans ton monde que ça relève du miracle pour te bouger ailleurs que dans ton dortoir ou la grande salle. Ouvre les yeux, mon lapin.

Je bouillonnais, oh, je bouillonnais, et cela ne m'était pas arrivé depuis que les Mangemorts avaient quitté Poudlard, cette fameuse soirée où tout s'était joué, il y a déjà si longtemps – mais les marques étaient toujours présentes, les mots et les actes qui m'avaient entaillées le cœur ne s'étaient pas affaiblis dans ma mémoire, et je saignais toujours de cette blessure à laquelle je ne m'étais pas préparée et qui avait tant mal à cicatriser.

- Et tu es tellement dans le tien que tu es incapable de te mettre à ma place et de me comprendre, déclarai-je, les poings et la mâchoire serrée, prenant au mieux sur moi pour ne pas réagir à son ultime provocation – mon lapin. Je le savais, je savais pertinemment que je ne devais pas rentrer dans son jeu pour ne pas me perdre plus, pour ne pas élargir le fier sourire qu'il affichait, pour ne pas exciter ses envies provocatrices... oh, si seulement je savais viser ! comme je mourrais d'envie de prendre la bouteille de jus de citrouille et de vider son contenu sur mon interlocuteur... Mais je ne risquais que de me ridiculiser un peu plus si j'en faisais la tentative.

- Haley, sans vouloir t'offenser, c'est ta bêtise qui me tue.

Et il rigolait, ce benêt, il rigolait ! Je fulminais intérieurement, me révoltant tout à la fois qu'il ne reconnaisse pas ma colère légitime ni ne descende de son piédestal de fêtard en chef, coureur de jupons, ex-Mister Gryffondor, et j'en passe et des meilleures, pour tenter de me comprendre, au moins un peu. Depuis quand un garçon de l'envergure de Chuck venait chercher les élèves aussi fades et inintéressantes que moi ? Alors, pourquoi était-il venu me prendre par la main sinon pour me ridiculiser ?

- Mais c'est toi qui ne voit rien, qui ne sait pas et... tout ça !, m'écriai-je, toujours aussi révoltée d'être là, au milieu de cette herbe trop verte sous ce soleil trop éclatant en compagnie de ce garçon trop différent. Cette situation était tellement ridicule à mes yeux que mes lèvres s'étirèrent en un sourire profondément amer. De toute manière, ajoutai-je en ruminant plus qu'en ne parlant, y a que S... sssaperlipopette, zut, mince, m... merde, voilà, merde ! m'exclamais-je, toujours en proie à la colère, mais décontenancée par l'erreur que j'avais failli commettre : parler de Scott McBeth à Chuck Carlton. De notre nuit au sommet de la tour d'astronomie... Non, je n'aurais plus eu qu'à creuser un trou dans l'herbe qui nous entourait et de m'y enterrer le plus vite possible. Chuck en savait déjà beaucoup trop à mon goût, et si il s’avérait qu'il devait être au courant de ce qui s'était passé avec Scott... Alors, non, j'avais préféré jurer, cracher par ces mots que je ne prononçais jamais toute la haine qui m'animait – et elle n'était pas dirigée uniquement envers Chuck, mais aussi envers moi, car je m'en voulais de m'être une nouvelle fois laissée aller. Il faudrait un péage moldu à mes lèvres afin que soient contrôlés chacun des mots qui les franchissent. Perdre le contrôle de moi-même, de mon corps, et des mes paroles multipliaient toute la colère qui coulait dans mes veines et qui m'animait toute entière, par dix. Je n'étais plus qu'un être fébrile et nerveux que toute douceur ou gentillesse avait quitté.

J'en avais marre d'être gentille. Je n'étais pas une gentille fille.

Je suis une fille qui souffre, et cette souffrance me consume si elle ne mue pas en haine.

Je suis une fille qui lutte contre un garçon qui ne la comprend pas. Que Chuck le renie ou non, j'étais convaincue que nous étions trop différents pour espérer nous mettre d'accord sur un point ou un autre. Si je ne quittais pas ce pique-nique maudit, c'était simplement parce que les ressentiments que m'inspirait Chuck me sortaient de ma torpeur habituelle – et qui plus jamais je ne voulais être la mienne. Et il produisait de quoi me satisfaire :

- Pleure pas, j'parlerais pas de lui si tu veux pas, mais pourtant, j'ai un peu l'impression que j'ai pas besoin de dire son nom vu que tu penses tout le temps à lui.

... Si les pommes pouvaient tuer, j'aurais regretté bien plus que ça d'avoir loupé ma cible. Que Chuck parle de Stephen me rendait folle – même de manière voilée. Quiconque l'évoquait quand mes oreilles étaient à portée d'écoute m'inspirait de l'indignation, parce que ces sept lettres étaient si ancrées en moi que je me sentais violée dans mon intimité quand quelqu'un d'autre les prononçait. Et qu'il en parle de manière si douce, comme si il s'adressait à une fillette de huit ans, me rendit d'autant plus hargneuse. Je me sentais... rabaissée. Pourtant, Chuck me parlait avec cette gentillesse qui ne m'inspirait que du doute – était-il réellement... agréable ? Je ne perdais rien à essayer de le croire, et son sourire me paraissait sincère. Et Chuck Carlton qui sourit sincèrement et n'aborde pas uniquement une grimace moqueuse, eh bien... eh bien... eh bien, ça change. Mais il n'allait pas s'en sortir si facilement. Oh, non. Il avait déclenché la furie avec laquelle je cohabitais - je l'avais sentie, plusieurs fois, tenter de prendre le dessus, et enfin, elle éclatait, libre.


- Je ne pleure pas, répliquai-je en plissant les yeux. Je suis éblouie par ta gentillesse, dis-je d'un air narquois, qui, sans descendre son attitude apparemment douce et pleine de compassion bonne à donner à des cochons, lui laissait le bénéfice du doute. Et je... ne pense pas tout le temps à lui, merci pour moi, tu ne sais même pas... je... bref, concluais-je violemment de manière tout à fait convaincante (…) en croisant de nouveau mes bras sur ma poitrine, seul moyen dont je disposais pour me protéger des contrariétés et de mon don toujours plus étonnant de m'enfoncer un peu plus, à chaque mot, dans le malaise. Je soupçonnais Chuck d'être en possession d'un quelconque sort ou pouvoir qui m'obligerait à lui avouer mes pensées – je me sentais toujours étrangement dénudée face à lui. Même si j'étais intimement convaincue que nous ne sommes et serions sans doute jamais sur la même longueur d'ondes, il me donnait l'impression d'être percée à jour - et.je.détestais.ça. Le seul fait qu'il sache à propos de Stephen... qu'il sache que... voilà, m'indignait. Il aurait bien été la dernière personne de ce château à qui j'aurais avoué ce dont Chuck était déjà au courant... et pourtant. Il le savait et semblait apparemment désireux de me sortir les vers du nez. Il pouvait toujours s'y prendre avec des pincettes, je me jurais sur... ma propre tête, que jamais, jamais il n'en saurait plus. Il possédait un éclat de mon intimité et c'était déjà beaucoup à mon goût. Seuls Heather et Scott... et peut-être Taylord... et bien sûr Way... Crotte alors ! Je me renfrognais intérieurement. Ce château était un véritable tabloïd vivant.

Je ne sais quelle idée m'avait pris pour demander à fumer - m'adonner à cette pratique douteuse ne m'avait jamais effleuré l'esprit auparavant. Je ne considérais pas que fumer était le mal, mais je n'en voyais pas l'intérêt. Il avait été scientifiquement prouvé que la cigarette pouvait causer de nombreux problèmes physiques, et j'étais déjà assez fragile pour me faire endurer des souffrances supplémentaires... mais dans un éclair, de folie peut-être, j'avais été en proie à la tentation d'essayer. Inconsciemment, sans doute, par esprit de contradiction et de provocation envers mes propres convictions et envers Chuck. Il eut l'air surpris, comme je l'avais soupçonné, mais, alors qu'il me l'avait proposé quelques minutes auparavant, il me l'interdisait. J'avais eu furieusement envie de défier mes propres frontières habituelles, et, alors qu'il m'encourageait à en sortir, il m'en obstruait désormais les ouvertures ? Je lui adressai un regard outré.

- Non. Sauf...Sauf si tu me fais un câlin parce qu'au fond, on est différents, mais tu m'aimes bien, dit-il en ouvrant ses bras.

Je rigolais pour la première fois - bien que ce rire s'apparente plutôt à un ricanement.

- Bien sûr ! Et pourquoi pas un baiser aussi ? lui dis-je en le fixant, incrédule mais acide. Son regard était outrageusement défiant, et - c'était sans doute son but - je m'en sentie heurtée. Ses prunelles me criait que je n'étais évidemment pas capable de tenir ce pari. J'avais toujours considéré comme irresponsable ceux qui se laissaient aller à ce genre de choses. Il était si simple de refuser et de passer outre ; c'était même la meilleure des manières de se montrer supérieur car il était puéril de dire "oui" pour satisfaire les provocations d'autrui, par fierté, parce que les gens sont purement incapables de ne pas tenir compte du jugement des autres. J'avais toujours glissé sur les reproches, ne les relevant jamais, passant à travers les moqueries comme un fantôme à travers un mur. J'en étais devenue invisible et effacée. J'avais été longtemps seule, mais n'avait rien à prouver à personne.

Sauf qu'en cet instant précis, j'avais une faiblesse. Durant quelques secondes, les battements de mon coeur s'étaient intensifiés à l'idée d'expérimenter quelque chose de nouveau ; l'adrénaline avait circulé dans mes veines, réveillée d'un sommeil long de plusieurs mois. Chuck venait de tout me dérober en quelques phrases. Je me mordais les lèvres, tiraillée, mon regard s'attardant sur la cigarette. Il s'attendait évidemment à ce que je refuse. Mais sachant cela, il pensait peut-être que j'allais accepter. Donc, le meilleure moyen de le surprendre était que je rejette sa proposition. Sauf que, considérant cette hypothèse, je...

Je me levais d'un bond, soudain et brutal, enjambant les victuailles qui nous séparaient pour aller m'enraciner devant lui, genoux au sol car il était encore assis, prenant garde à ne pas renverser la bouteille de jus de citrouille posée près de lui, et, ouvrant mes bras, les fit se rejoindre autour de son torse et resserrai rapidement mon étreinte
autour de lui jusqu'à ce que ma tête repose sur mon épaule et que le contact de son corps appela chacune des parcelles du mien à s'écarter, comme si j'avais reçu une décharge électrique.

- Tu as intérêt à dire vrai, lui glissai-je à l'oreille, mécontente de m'être finalement laissée avoir, juste avant de m'écarter. Tout simple soit-il, ce geste m'avait coûté. Parce qu'aussi inoffensif soit un câlin comme cette rapide étreinte, j'avais contracté une répulsion aux contacts humains. Mon corps ne demandait qu'un seul autre ; un autre désormais inaccessible et lointain. Aussi lointain que le moment où ma main avait effleuré la sienne. Si mon geste avait été rapide et soudain, j'avais cependant eu le réflexe de prendre la cigarette des mains de Chuck en me retirant de cette étreinte et la brandissant désormais entre mon pouce et mon index. Mais la chose était toujours évidemment en train de se consumer et j'eus soudainement peur de me brûler les doigts.

- C'était juste pour la cigarette, dis-je en sentant le besoin inutile de me justifier. Maintenant, montre-moi, exigeai-je pour tenter au mieux de garder de la contenance - car ce "calin" m'avait intérieurement bouleversé, et mon coeur palpitait de manière désordonnée. Tellement bouleversée que je me sentais une nouvelle fois mise à nue, car jamais je n'avais fait d'étreinte à un garçon - il y avait bien eu Scott, mais tout avait été... différent, et il n'y avait pas réellement eu d'étreinte, juste... juste... un baiser. L'idée était encore fraîche, bien que cela remonte à plusieurs semaines. Alors, pour contrer cette nouvelle attaque, je sentis le besoin irrépressible de déverser ma bile, de faire remonter mon malaise et ma colère de mon coeur jusque dans ma gorge pour déverser les paroles suivantes : Taylord approuve le fait que tu fumes ? ...quelle charmante petite-amie.

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Chuck Carlton
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MessageSujet: Re: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Ven 11 Mai - 17:00

Haley Collins, ou la pucelle effarouchée qu'on aurait réveillé dans sa plus haute tour des plus hautes tours après 100 ans de sommeil parce qu'une méchante sorcière lui aurait jeté un vilain sort. Du coup, évidemment, elle ouvrait les yeux sur la vie, elle n'y connaissait rien, elle avait peur de tout et s'effrayait de rien. Bref, relou. Et manque de bol pour elle, le Prince Charmant qui l'avait tirée de là n'était pas celui qu'elle espérait. Eh non! Fray n'était pas arrivé sur sa licorne rose et magique après avoir bravé le dragon pour avoir l'honneur de l'embrasser dans son sommeil (pas le dragon, Haley), parce qu'il s'en carrait profondément le cul, et que le simple nom d'Haley Collins n'éveillait chez lui rien de plus que celui des racines de Mandragore (et encore, d'un point de vue Serdaigle, c'était discutable, parce qu'il devait bien plus kiffer les Mandragores qu'Haley). Mais bon, en tout cas, résultat des courses, ce n'était que Chuck Carlton et ses gros sabots qui avaient tiré Haley de sa couche et qui essayaient tant bien que mal - elle était bien peu réceptive, cette chère enfant - de lui faire comprendre que, youhouuu, la vie est belle, rions, faisons la fête! Rock on, baby! .... Mouais. Ben, c'était pas gagné.

Au moins, là où j'avais botté en touche, c'était que j'avais réussi à tirer d'elle un petit quelque chose. Pas vraiment ce que j'avais espéré, puisque j'aurais préféré qu'elle se marre et dise fuck à tout ce/ceux qui l'emmerdait/ent. Mais au moins, elle réagissait, elle faisait quelque chose, elle vivait un peu, et c'était déjà ça. Et comme j'étais un mec cool, j'allais faire comme si je n'avais absolument pas vu qu'elle avait essayé de m'allumer la gueule avec une pomme. Remarquez, après 100 ans de coma, je comprenais qu'elle soit un peu mal dans sa peau. Si vous voulez mon avis, une fois qu'elle aurait résolu le problème Fray, les choses allaient être nettement plus simples - même si j'étais d'accord avec elle sur un point, le problème Fray était loin d'être facile à résoudre, car cette espèce d'anguille sauvage ne se laissait pas prendre au piège aussi aisément qu'on pouvait l'espérer.


- Et tu es tellement dans le tien que tu es incapable de te mettre à ma place et de me comprendre.

...

Pardon?!

Ah non mais alors là, mais LOL !!!

J'éclatai de rire évidemment, la regardant sans me gêner comme si elle venait de me dire la chose la plus improbable du monde.


- Ah non mais alors là, c'est la meilleure! Je riais tellement que j'avais du mal à respirer. Meuf, tu te rends compte de ce que tu dis? Et je fais quoi là? Je joue à la crapette? Helloooo, je t'ai invitée à danser au bal et là je t'offre un pique-nique sur un plateau d'argent! Y'a pas comme un message qui voudrait passer?! Ah non mais j'hallucine, mais tu comprends vraiment rien à rien!

J'avais du mal à ne pas recracher mon pauvre scone tellement je me marrais. Je veux dire, qu'elle me pardonne, c'était pas foncièrement contre elle, mais putain, elle était vraiment à des années lumières des jeunes de son âge, elle en avait conscience ou pas?! Je voulais bien qu'elle soit amoureuse et désespérée, mais merde, quand même! Elle n'était pas capable d'avoir des amis, elle n'était pas capable de prendre un peu de bon temps, et pas capable non plus de voir les gens qui faisaient des pas vers elle - peut-être qu'il fallait que je m'accroche une pancarte lumineuse au-dessus de la tête et que j'y écrive "Haley, je veux être ton ami!"? - alors qu'elle continuait à faire des pas vers des gens - enfin UN gens - qui ne voulaient absolument pas d'elle. Poin poin poin, game over.

Plus je rigolais, plus je voyais bien que le rouge montait à ses joues transparentes et qu'elle regrettait d'avoir accepté de me rendre service, mais alors pardon, franchement, c'était vraiment trop drôle. Je dus boire une gorgée de jus de citrouille pour faire passer tout ça, sinon j'allais vraiment m'étouffer de rire, sous les yeux de Haley qui à mon avis serait bien trop heureuse de me voir souffrir de ce qu'elle devait penser être une mauvaise blague. Ahlàlà, merde alors, pour une fois que je voulais être gentil et complètement désintéressé, il fallait que ce soit sur elle que ça tombe!... Je notai mentalement dans ma tête de parler un peu d'Haley à Taylord, parce que je savais qu'elles se parlaient de temps en temps, et même si je doutais qu'elles soient très intimes vu leurs caractères diamétralement opposés, ça pouvait toujours servir, on ne sait jamais.


- Mais c'est toi qui ne voit rien, qui ne sait pas et... tout ça !

... Quel argument, wouw!

- De toute manière, y a que S...

... Oui?

- Sssaperlipopette, zut, mince, m... merde, voilà, merde !

Ouhlà. Même jurer, elle ne savait pas le faire. Oh putain. On partait de loin, hein. J'avais l'impression d'être un coach sportif qui devait entraîner un poussin pour qu'il affronte Tiger Woods aux Jeux Olympiques. Hmm. Pas facile-facile.

- Haley........... De nos jours, on ne dit plus saperlipopette, tu le sais ça? Je ravalai mon rire tant bien que mal et me rapprochai d'elle, vérifiant qu'elle n'avait pas de pomme sous la main (non parce que c'était drôle mais bon, autant éviter le drame hein). Je continuai sur le ton de la discussion, essayant de lui faire comprendre du mieux que je pouvais que je n'étais pas là pour une caméra cachée mais que j'essayais de l'aider, et que, soyons honnêtes, je pédalais dans la semoule et elle ne m'aidait pas beaucoup, hein, merci pour moi. On dit... On dit fais chier, putain, fils de chien, connard, enculé, nique sa race, ou bien face de troll, ta mère la goule, des trucs comme ça, tu vois? Ou bien on fait ça - je levai mon majeur bien haut en direction des silhouettes qu'on apercevait loin de nous - et on dit fuck aux gens qui nous emmerdent ! Tu vois, c'est facile! Et ça défoule, tu devrais essayer, ajoutai-je en levant mon verre vers elle pour boire à sa santé.

Si ma leçon portait ses fruits, ce que j'espérais fortement, il y avait de grandes chances que ces insultes se retournent vers moi, mais bon, si ça lui permettait de se défouler, je n'allais quand même pas fouetter mon poulain alors que j'essayais de lui faire rentrer des trucs dans son foutu crâne! Je plissai les yeux en regardant devant nous tant le soleil était clair et le ciel éblouissant - yeaaah, le beua temps revenait, et rien ne pouvait me faire plus plaisir que de bronzer tranquillement dehors et profiter des journées d'été! Et puis, je regardai de nouveau Haley, qui avait les yeux tout embués. Allons bon.


- Je ne pleure pas. Je suis éblouie par ta gentillesse.

- Hm, j'ai l'habitude. Ça m'arrive souvent, de faire pleurer les filles tellement je suis parfait, répondis-je avec un petit sourire charmeur, sous-entendu, je me moque autant de toi que tu te moques de moi.

- Et je... ne pense pas tout le temps à lui, merci pour moi, tu ne sais même pas... je... bref.

Ooooh, mais oui bien sûr. Bien sûr bien sûr. Appelle-moi con, aussi.

- Tu ne sais même pas, tu ne sais même pas... Tu vas arrêter de me dire ce que je suis pas, ce que je fais pas et ce que je sais pas, oui? Parce qu'au final, tu sais quoi de moi, toi aussi, hein? Pourquoi ce serait moi le grand méchant dans l'histoire, alors que je te signale que je ne fais rien de plus qu'essayer de te changer les idées? Penses-y un peu dans ta petite tête de Serdaigle, et j'appuyai mes mots avec un grand sourire en tapotant son crâne de mon doigt et en la narguant du regard. Non mais merde, elle allait ouvrir les yeux, oui ou non?!

Après quoi, j'avalai la fin de mon scone avec la satisfaction (d'une partie) du travail accompli. Au moins, Haley exprimait ses émotions, elle qui naviguait d'habitude entre l'état de légume ou de plante, tout dépendant des moments de la journée. Et puis, ça lui allait bien de s'énerver un peu, ses joues colorées et ses yeux brillants; il ne lui manquait plus que les cheveux ébouriffés et - par pitié - une nouvelle garde robe pour qu'elle soit franchement sexy. Non mais je le savais : elle avait un gros potentiel, je n'avais pas misé sur un cheval au hasard, tout de même.

En tout cas, ça me dérangeait un peu qu'elle fume, allez savoir pourquoi, comme si elle était encore pour l'instant trop pur pour ça, et pourtant la pureté n'était pas mon rayon. Mais après tout... La débauche devait bien commencer quelque part, hein? En tout cas, après tout ce qu'elle me balançait dans la gueule, elle ne pouvait pas s'attendre à ce que je lui courre dans les bras, et c'est très content de moi que je lui imposai ce chantage, auquel j'étais presque certain qu'elle allait céder la mort complète dans l'âme et avec la certitude de faire la chose la plus osée de sa vie. Putain, il était vraiment temps qu'on lui apprenne des choses, hein. Mon dieu, un câlin!!

- Bien sûr ! Et pourquoi pas un baiser aussi ?

- Ah ça, ce n'est pas moi qui vais te dire non,
répondis-je sans broncher, en levant un sourcil et en la regardant d'un air insistant, de haut en bas, le sourire aux lèvres. Hahahaha.

Croyez moi ou pas, mais, OUI, elle osa! Après un moment de flottement où j'attendis bien sagement, fumant tranquillement, elle finit par bouger enfin et, totalement maladroitement évidemment, rappelons qu'aucun garçon ne l'avait touchée jusque là, elle accepta le deal et m'entoura de ses bras avant de se serrer contre moi, et autant vous dire que c'était un peu le plus beau pied de nez de l'histoire que je pouvais faire à Fray et que je riais franchement sous cape, tout en me disant qu'Haley sentait bien bon. Elle alla même jusqu'à - ouhlàlà! - me choper la cigarette de la main. Nous étions assis face à face, et elle la tenait entre ses doigts, avec l'air aussi peu rassuré que si c'était une grenade dégoupillée. Bon. Ok, deal, alors.


- C'était juste pour la cigarette. Maintenant, montre-moi.

- Oh, tu sais, ça commence par une cigarette et on ne sait jamais trop par quoi ça finit, glissai-je en retenant un rire et, en me penchant vers elle, je saisis sa main qui tenai la cigarette, puis lui collai un bisou sur la joue sans qu'elle ait eu le temps de réagir. Ok, ok, je te montre! Je récupérai la cigarette à moitié consumée de ses doigts pour lui faire la démonstration, regarde bien, mon lapin, je la portai à mes lèvres, inspirai, avalai la fumée, soufflai, puis lui tendis - A toi... Et ça compte pas si tu crapotes, ricanai-je. Elle allait tellement tousser, et moi j'allais tellement rigoler!

C'est pile ce moment-là qu'elle choisit pour décider, enfin, d'affirmer un peu sa personnalité, et je devais bien le reconnaître, en toute honnêteté, que je ne m'y étais pas attendu :


- Taylord approuve le fait que tu fumes ? ...quelle charmante petite-amie.

Joli, joli. Non, bravo, vraiment. Pour un peu j'aurais applaudi, parce que je ne pouvais pas nier qu'elle marquait un sacré point. J'eus un grand sourire.

- Oh tu sais, Taylord n'approuve pas grand chose de ce que je fais. Et puis tu sais, il ne faut pas croire les rumeurs... Je veux dire, tu crois vraiment que Taylord et moi on sort ensemble? Tout comme moi je devrais croire que tu es amoureuse de lui? Hmm?

Eh ouais, donnant donnant, ma petite! Que Taylord me pardonne, mais je savais que quoi qu'il arrive, Haley était une tombe dans bien des sens du terme, alors elle ne parlerait jamais.

- Allez, fume-donc au lieu de dire des bêtises, sinon je te refais un câlin.

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Haley Collins
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MessageSujet: Re: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Lun 14 Mai - 15:34


Notre dialogue était sourd et plus nous discutions, plus j'avais l'impression désagréable de m'embourber dans le carré d'herbe verdoyante sur lequel j'étais assise, ne pouvant m'en dégager qu'à une seule condition : laisser Chuck remporter la bataille. Avouer sa sincère sympathie, ses réels efforts ; reconnaître mon potentiel de fantôme suicidaire incapable de composer sur son visage un semblant de sourire. Mais je ne voulais pas me rendre. Malgré tous les arguments de Chuck qui s'entêtait à croire que tout dépendait de moi – comme si souffrir de mes sentiments était un choix –, je trouvais ma position légitime. A l'entendre, tout était simple et se résumait à une unique phrase qu'il aurait sans doute aimer me voir dire : quand je suis triste, j'arrête d'être triste et est heureuse à la place. J'enviais Chuck si il y parvenait. J'en étais tout simplement incapable. Mais il était borné, terriblement borné, peut-être même la personne la plus têtue qu'il m'est été donné de rencontrer et je me sentais de plus en plus désemparée face à ses rires moqueurs qui ne cessaient pas et ses affronts persistants quant à mes états de légumes végétatifs auquel je ne pouvais pas remédier – quand allait-il le comprendre ? S'il avait la fougue et l'insouciance d'un Gryffondor, je possédais la rationalité et le pragmatisme d'une Serdaigle des plus normales. Nos deux modes de vies me semblait si incompatible que c'en était dérisoire, et ses tentatives désespérées de m'inculquer sa façon de vivre avait un étrange potentiel comique.

Je m'imaginais un instant être Chuck Carlton. De un : le physique. Si je voulais être son équivalent féminin, il fallait que j'apprenne à m'occuper de mon apparence plus sérieusement, de la même manière que... oui, Lilian Easter. Troquer les chemisiers sages et les pulls dans lesquels je dissimulais la misère de mon corps sans intérêt contre des débardeurs et des jupes plus ou moins courtes... plutôt plus que moins. Lâcher mes cheveux en une crinière brune plus sauvage, souligner mon regard d'un trait de maquillage, prendre soin de ma peau à l'aide de crèmes diverses et variées, offrir à mes pieds le pauvre inconfort de chaussures à talons plus rutilantes que mes vieux souliers ou petites chaussures plates à bout rond. De deux : le mental. Ne plus avoir comme pré-occupations le travail, la réussite, l'enrichissement cérébral et le désir de tranquillité apaisant mais se languir des soirées animées dans la salle commune, d'embrassades furtives avec des êtres de sexes opposés, n'avoir qu'une seule ligne de conduite : s'amuser et se moquer de tout le reste en disant...


- On dit fais chier, putain, fils de chien, connard, enculé, nique sa race, ou bien face de troll, ta mère la goule, des trucs comme ça, tu vois? Ou bien on fait ça et on dit fuck aux gens qui nous emmerdent ! Tu vois, c'est facile! Et ça défoule, tu devrais essayer.

...En disant « fais chier », « putain », « fils de chien », « connard », « enculé », « nique sa race », « face de troll », « ta mère la goule » et adresser plaisamment son majeur à autrui. Les conseils de Chuck ne réussirent qu'à me renfrogner dans ma perplexité et je lui adressai un regard misérable comme seule réponse. Non, ré-essayons. Si j'avais été Chuck Carlton, j'aurais laissé ma conscience de côté et aurait profité de cette nuit sur la tour d'astronomie, avec Scott McBeth. Si j'avais été Chuck Carlton, j'aurais levé mon majeur en direction de Lizlor Wayland en m'exclamant : « ta mère la goule ! », et peut-être, ensuite, optionnellement, je lui aurais dit d'aller niquer sa race. Elle m'avait bien dit « ta gueule » si... franchement, sans l'ombre d'une hésitation, comme si elle crachait son venin le plus naturellement du monde. Si j'avais été Chuck Carlton, je me serais affirmée devant Stephen Fray.

Mais je n'étais qu'Haley Collins. Haley Collins n'insulte pas les gens, elle les respecte et s'efface devant les conflits pour les éviter. Haley Collins ne fait pas les premiers pas car elle est paralysée de peur, tout le temps, constamment. Alors non, ce n'était pas facile, puisque ce n'était pas... moi. Chuck pensait-il sérieusement que les personnalités se plient à nos volontés comme on modèle de la pâte à modeler ? Son obstination à me pousser dans mes retranchements m'usait de plus en plus – mais quand allait-il comprendre qu'on ne change pas les gens d'un claquement de doigt ? J'avais envie de lui dire clairement que je n'avais et n'aurais jamais l'attitude de « je m'en foutisme » qui était ancrée en lui et qui ne serait jamais la mienne.

Chuck ne pensait pas à l'avenir ; je ne vivais que dans cette optique, celle qui m'avait été enseignée. Travaille bien pour t'assurer un bon futur, Haley. C'est maintenant que tu joues ta vie, ton métier. Tu pourras penser au reste plus tard ; les études d'abord. Tu veux finir serveuse dans un petit bar miteux pour le restant de tes jours ? Non, je ne voulais pas. Alors j'étais sage. J'étais calme. J'étais sérieuse. Mais oui, j'étais peureuse et tranquille. Et alors ? Et si c'est moi, si je suis ça, que je suis comme ça ? C'était à prendre ou à laisser. Oh, comme j'avais envie de lui dire, qu'il comprenne, qu'il me laisse en paix.

Mais la grenade qui s'était dégoupillée et qui avait éclatée dans un grand fracas émotionnel intérieur n'était désormais plus que des restes. La vague de colère qui m'avait submergé était passée, ma révolte s'était assoupie et ne restait plus en moi que des éclats de fureur qui se consumaient dans un feu de lassitude. J'écoutais les paroles de Chuck, les poings contractés et le cœur serré dans un étau.


- Tu ne sais même pas, tu ne sais même pas... Tu vas arrêter de me dire ce que je suis pas, ce que je fais pas et ce que je sais pas, oui? Parce qu'au final, tu sais quoi de moi, toi aussi, hein? Pourquoi ce serait moi le grand méchant dans l'histoire, alors que je te signale que je ne fais rien de plus qu'essayer de te changer les idées? Penses-y un peu dans ta petite tête de Serdaigle.

Mes sourcils se froncèrent quand il accompagna ses paroles de gestes, me tapotant la tête de son index. Chuck me mettait à l'épreuve, et ce qui m'avait énervée m'était maintenant une source de perplexité. Si le potentiel irritant de Chuck était à son apogée, ses mots, pour la première fois, m'atteignirent réellement en plein cœur et me firent prendre conscience de l'attention étonnante qu'il me portait et que j'avais jusqu’alors considéré comme du simple mépris. Une attention dont il était le premier à faire preuve. Habituellement, on me manifestait de la sympathie, de la compassion, de la gentillesse, comme l'avaient fait Scott et Taylord qui m'avaient tout deux accueillis dans une bulle d'apaisement et que j'appréciais réellement. Je sentais Taylord s'échapper du filet dans lequel nous avions toutes deux été prises ; elle s'était affranchie, depuis ce fameux jour de Noël, et... et la raison était assise devant moi, me fixant d'un air à la fois amusé et exaspéré, mordant de temps à autre dans un des aliments qu'il avait apporté, portant son gobelet de jus de citrouille à ses lèvres tordues d'un sourire intarissable. Je n'avais agis que selon mes préjugés et la méfiance que j'éprouvais à son égard depuis notre première discussion, ce qui me semblait... normal et légitime, puisque la facette que Chuck montrait de lui ne m'inspirait ni confiance ni amitié. Je sentais à la décontraction qu'opéraient mes muscles dans mon organisme qu'il avait – en partie – raison. Je le fixais, toujours sans un mot pour ne pas trahir le fait que j'étais profondément perturbée par son attitude. Tour à tour narquois, ironique, fier, insouciant, attentionné, gentil... à sa manière... Bien qu'il s'en soit moqué et que ma colère lui ait sans doute parue dérisoire – preuve en est, son rire insatiable et la lumière de malice qui brille constamment dans ses yeux –, il m'avait réellement bouleversée. Il l'ignorait, mais il m'avait retourné le cœur et les tripes par son acharnement et le détachement dont il faisait preuve. Mes tremblements s'étaient apaisés et mon irritabilité atténuée tandis que je prenais peu à peu conscience que Chuck Carlton venait d'opérer une innovation en étant le premier à ne pas me considérer comme une victime. Son comportement était brutal et il agissait comme si j'étais une enfant qui avait tout à apprendre de la vie - alors que nous en connaissions tout simplement deux versants différents -, mais, à sa manière... il me voyait autrement. C'était suspicieux, douloureux mais bien réel.

Les choses sérieuses arrivèrent quand enfin, il s'approcha pour m'initier à la cigarette comme convenu. Il ne s'était pas défilé. Chuck Carlton, homme d'honneur, homme de cœur ? ...A méditer. Je commençais à sérieusement envisager cette possibilité jusqu'à ce qu'il profite de notre proximité pour planter un bisou sur ma joue. Ce genre de comportement me perturbait non seulement parce que je n'y étais pas habituée mais parce qu'il ne représentait d'autant rien pour lui qu'il constituait une montagne à franchir pour l'handicapée sentimentale que j'étais. Mon cœur palpitait encore de son geste quand il s'adressa à moi comme un bon professeur envers son élève - les rôles s'inversaient, quelle ironie :


- Regarde bien, mon lapin – je poussai à peine un soupir tant j'étais blasée de ce surnom ridicule - A toi... Et ça compte pas si tu crapotes.

- Crapotes ? murmurai-je, perplexe. Le sens de ce mot ne me disait rien, ce qui me fût une source de stress supplémentaire.

Il me redonna la cigarette après sa démonstration, mais pris la peine de répondre à la pique que je lui avais adressé avant de m'encourager à faire un sort à la cigarette qui se consumait gentiment entre mon index et mon pouce.


- Oh tu sais, Taylord n'approuve pas grand chose de ce que je fais. Et puis tu sais, il ne faut pas croire les rumeurs... Je veux dire, tu crois vraiment que Taylord et moi on sort ensemble? Tout comme moi je devrais croire que tu es amoureuse de lui? Hmm?


Oh, malin. Très malin.

- Ah ah ah, dis-je clairement pour illustrer le détour qu'il avait habituellement effectué – mais je souriais, en réalité, un sourire qu'il m'était impossible de contrôler puisqu'il avait pris place sur mes lèvres sans mon autorisation. D'humeur un peu plus légère, bien que toujours amère de tous les reproches et les incitations à effectuer une rébellion intérieure qu'il avait martelé dans mon esprit, je lui répondis, d'un air que je voulais détaché mais qui me parut complice contre mon gré : Oh oui, il y a de ces rumeurs ici... On se demande bien d'où elles sortent. Les gens sont décidément fous. A croire que nous sommes les seuls à être saints d'esprit, n'est-ce pas ?

Je n'étais certainement pas saine d'esprit, et Chuck était tout sauf un saint tout court, et certainement pas un saint d'esprit non plus, mais je laissai planer cette question rhétorique avec un certain amusement dû à l'ironie dont je faisais preuve et qui m'était, comme toujours, un peu libératrice. Je me complaisais bien plus derrière elle plutôt que derrière la réalité. C'était avec ces mêmes dissimulations que nous avions abordées nos problèmes, avec Scott. Scott, qui était allé au bal avec Lilian Easter. Lilian, qui était sortie avec Chuck. Chuck, qui sort sans aucun doute avec Taylord. Taylord, avec qui j'ai découvert les joies du maquillage dans les toilettes et qui partage une certaine amitié avec Stephen. Stephen... Tout était tellement relié que c'en était presque effrayant, dérangeant, même. Mais que diable faisais-je au milieu de tout cela, moi qui avait su si brillamment m'éloigner du noyau à rumeurs du château ? C'était incongru. Totalement incongru.

- Allez, fume-donc au lieu de dire des bêtises, sinon je te refais un câlin.

Ah, la fourbe menace ! J'avais l'impression croissante que Chuck m'avait percée à jour depuis le tout début – ce qui expliquait peut-être le fait que je me sois confiée à lui contre mon gré alors qu'il était si brutal –, et cela m'était autant répugnant que plaisant. Je n'avais en effet désormais plus rien à cacher, mais l'idée qu'il me connaisse de si près me faisait frissonner. Mais j'avais eu d'autres projets pour cette cigarette le temps que nous blablations gentiment. Mon élan de fureur dissipé, l'envie de me frotter à ce genre de substances s'était évanoui. Je commençais à l'approcher de mes lèvres – je ne pu m'empêcher de penser qu'elle avait touché celles de Chuck auparavant – et me retourna pour jeter le mégot bien loin dans l'herbe.

- Tu as raison, je ne vais pas fumer. Et toi non plus. La cigarette, c'est le mal
, déclarai-je en retenant à grand peine de sourire de mon rôle de parfaite innocente. Il avait mis mes nerfs à l'épreuve, et l'optique que l'inverse puisse aussi se produire m'animait d'une flamme nouvelle – j'avais trouvé un angle d'attaque inédit qui, en plus de me défouler, m'amusait un peu. Soixante-dix composants de la cigarette ont été reconnus comme toxiques parmi les milliers qu'elle contient. Tu es bien sûr de toujours vouloir me supporter ? lui demandai-je, mon regard brillant non plus de larmes mais d’espièglerie vengeresse. Le calme après la tempête, disait un proverbe courant, et j'avais l’impression d'en être l'illustration même. Je n'en avais pas pour autant oublié nos précédents et ce n'était pas parce que je m'étais calmée que j'allais immédiatement me jeter dans les bras de Chuck – eurk –, mais sortir de mes gonds m'avait comme vidée des bouillonnements intérieurs qui me rongeaient depuis des mois. Je connaissais un sentiment de soulagement soudain, comme si je venais d'expérimenter une catharsis ; mais pourtant, il y avait quelque chose relevant du doute et de la suspicion qui demeurait sous ces apparences nouvelles. Chuck, commençai-je, sérieuse. Admettons que tout cela ne relève que d'une envie de rendre service à l'humanité en étant gentil avec moi..., sentant un nouveau sermon arriver, je me corrigeai immédiatement, d'accord, tu es réellement gentil, sans aucunes arrières-pensées... mais sincèrement, pourquoi ? Je veux dire... je ne suis pas idiote. On sait tout les deux que je suis le genre de personne qui te donne des boutons, non ? interrogeai-je, calme, les traits du visage tendus. Peut-être que d'envisager la chose sous cet angle au lieu de protester allait me permettre de comprendre, enfin. Je mis la main sur une barre de chocolat et la fit croquer sous mes dents– je ne m'en étais pas rendue compte, mais j'avais faim.
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MessageSujet: Re: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Mer 23 Mai - 0:49

- Crapotes ?

... Oh non... Je veux dire... Non, je... C'est une blague ou quoi?! Franchement, jusqu'à aujourd'hui, à part la vielle mamie du planning familial qui louchait dans ses binocles en cul de bouteille et sentait l'hôpital à plein nez, je n'avais jamais rencontré d'autres personnes qui ne savait pas ce que voulait dire crapoter. Quand on est né au début des années 1900, ok, passe encore. Mais euh... 21ème siècle, allo bonjour?! Haley Collins était donc, en plus d'un courant d'air parfaitement transparent et inutile, hermétique au vocabulaire de son époque? Eh ben, on était pas dans la merde. Je ne répondis même pas, estomaqué sur le coup, la regardant fixement après avoir poussé un gros soupir. Il y a des batailles, parfois, qu'il ne faut même pas essayer de livrer. La simple idée me fatiguait d'avance. C'était un peu comme Coop et ses sales manies. Genre, sa chambre, et à côté, la mienne. Un jour d'été au ciel tout bleu et une nuit d'hiver sous la tempête. On était en haut de la maison, sous les toits, ce qui fait qu'on avait tous les deux un plafond incliné, symétriquement opposé, puisqu'un mur nous séparait. On avait aussi la même fenêtre, sauf que la mienne était toujours coincée et qu'elle grinçait à mort quand je m'acharnais dessus pour l'ouvrir en grand et m'installer sur le rebord pour fumer, et que dans celle de Coop, il y avait des billes coincées dans le cadre, qu'on avait foutues là il y a bien longtemps pour jouer et qu'on avait jamais réussi à récupérer. Depuis, c'était un rituel de les entendre rouler quand on ouvrait la fenêtre. Et donc à part la forme et la disposition exactement pareilles, le reste, je ne vous raconte pas. Déjà, sa moquette était bleue, et la mienne grise (si si, ça a toute son importance). Ensuite, il avait un lit une place et moi un lit deux places.... bon, sans commentaires. Mais, là où je veux en venir, c'est que ma chambre était un immense foutoir, le lit n'était jamais fait, mes affiches des Yankees au mur tombaient tous les quatre matins et les bouts étaient tout déchirés, la seule armoire de la chambre était toujours à moitié ouverte et dedans je fourrai les habits sans aucune délicatesse, mes affaires de Poudlard restaient toujours dans ma valise que je ne vidais jamais et qui restait ouverte en grand dans un coin - sauf quand mes potes venaient, je la cachais - et le mur en face de la fenêtre était recouverts de photos punaisées depuis que j'étais petit, accrochées les unes au dessus des autres sans ordre ni règle, et la petite table qui me servait de bureau/table de nuit/dépotoir croulait sous les papiers, les emballages, un vieil ordinateur portable à moitié pété et sûrement tout un tas de trucs accumulés au fil des années dont je ne me rappelais probablement pas. Et puis par terre, bien sûr, il y avait tout un tas de trucs qui variaient au fil des semaines. La chambre de Coop, elle, c'était flippant. Le lit toujours fait. Les habits bien rangés. Des étagères avec des livres. Un bureau organisé. Des photos dans des cadres accrochés au mur. Les chaussures en bas de l'armoire. Et le PIRE dans tout ça, c'est qu'il n'était même pas maniaque. Quand il posait un truc, il le rangeait, pouf. Et tout restait rangé. Moi, j'avais beau avoir des éclairs de lucidité et me dire "allez! Rangeons, mon petit Chuck!" déjà je mettais trois plombes à trouver une place pour tout, et ensuite, dès le lendemain, ça recommençait, parce que je sortais un habit et je le posais ailleurs, parce que je montais un truc d'en bas et je le posais sur la table, puis un autre, puis un autre... On était du même sang mais putain, pourtant, il y avait vraiment des trucs radicalement différents. Et j'avais beau y faire, je ne pouvais pas avoir une chambre rangé, c'était chimique, physique, ou je ne sais pas trop quoi. Et quand je demandais à Coop comment il me faisait, il me regardait toujours avec sa tête d'extraterrestre descendu sur Terre et complètement atterré par la bassesse du cerveau humain.

Tout ça pour dire que Haley, c'était un peu le même combat. Je crois que malgré tous mes efforts, il y avait des trucs impossibles, elle aurait beau monter cul nu sur une table dans un bar et danser le zouk, elle aurait toujours des relents de sa princesse-endormie attitude et sortirait des trucs du genre "crapotes? Mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire?!" alors que les 99,9% des gens de son âge se seraient tués plutôt que de prononcer cette phrase en public. Mais bon. Les Serdaigle sont toujours un peu bizarres. On va dire que c'était en partie pour ça.

J'aurais pu lui dire "ah excuse-moi, comment on disait déjà au 14ème siècle? Ma bonne amie, prenez-bien garde à ne pas recracher cette bouffée que vous n'osez inhaler?" mais je ravalai ma moquerie, parce que je devais bien reconnaître qu'elle faisait des efforts, bien qu'elle parte de suuuuper loin. Et puis, hein, finalement, avec cette petite remarque sur Taylord... Elle n'était pas une colombe si blanche que ça; alors comme ça elle osait m'affronter directement et me parler de ça, tout en sachant que je ne l'avouerai jamais? C'était quand même un peu osé pour une petite gamine pour elle, et honnêtement, ça me faisait plus plaisir qu'autre chose, parce qu'au fond elle avait quand même sa volonté propre, et pas seulement cette vague molle qui ne pensait qu'à StephenStephenStephen.


- Ah ah ah. Oh oui, il y a de ces rumeurs ici... On se demande bien d'où elles sortent. Les gens sont décidément fous. A croire que nous sommes les seuls à être saints d'esprit, n'est-ce pas ?


HA HA HA! Cette ironie ne lui allait tellement pas! Elle avait beau se forcer, j'avais du mal à y croire, mais le professeur en moi était quand même bien content de son élève qui, même si elle y parvenait vraiment très peu, faisait au moins l'effort d'essayer. C'est bien. Ca méritait au moins un chocolat, ça. J'en pris un devant nous, constatant que les vivres commençaient à baisser et que même si j'avais bouffé comme un goinfre Haley m'avait aidé elle aussi, ce qui était doublement bon signe.

- Je... eeeeeeeEEEEEEEEEEEEEEH!

Non mais oh! Quoi?! Alors Mademoiselle me tapait sa petite crise existentielle, j'étais un modèle de calme et de patience, je me prenais une avalanche de pommes dans la gueule, je me pliais en 4 pour son cul, et voilà que pour tout remerciement elle envoyait péter ma clope à moitié fumée seulement! Ah mais merci bien! Qu'est-ce qui lui prenait à cette grognasse, elle croyait qu'elle pouvait comme ça balancer mes clopes à tous vents?... J'eus un regard assassin et j'avalais la fin de mon chocolat avec la ferme idée de bouder et de l'envoyer chier, parce que merde, voilà, moi des efforts j'en faisais mille, et elle, pas un poil.

- Comment tu triches, grognai-je. T'es une fiotte, ricanai-je, pas pour être méchant mais pour la provoquer un peu plus.


- Tu as raison, je ne vais pas fumer. Et toi non plus. La cigarette, c'est le mal - pfffffffffffffff. - Soixante-dix composants de la cigarette ont été reconnus comme toxiques parmi les milliers qu'elle contient. - et ta mère, elle est toxique?... - Tu es bien sûr de toujours vouloir me supporter ?

Elle n'avait pas tort, ce côté Serdaigle-geek-intello me foutait les nerfs en pelote et c'était plus fort que moi, il n'y avait qu'à voir au sein de mes potes à Poudlard : je ne comptais aucun Serdaigle, à par quelques meufs, avec qui j'avais passé quelques soirées. Mais allez savoir pourquoi, ces boutonneux à lunettes n'étaient vraiment pas ma tasse de thé - iiironie. Haley était comme ça évidemment, je le savais, et ça allait avec son personnage de timide peureuse de tout qui passait son temps le nez dans son bouquin à apprendre des théorèmes à la mords moi le nœud qui de ma vie ne me serviraient jamais, bordel. Mais j'étais absolument sûr qu'elle était comme ça par dépit - sinon je ne serais pas là aujourd'hui - et qu'elle n'avait pas d'autres choix que de se farcir des bouquins entiers du soir au matin pour la simple et bonne raison que sa vie était chiante comme la mort et qu'elle ne savait pas quoi faire pour s'en sortir. Je me rappelais du bal, je me rappelais qu'elle avait dansé avec moi et qu'elle avait fini par rire et j'avais vu dans ses yeux que ça lui avait plu, alors, je m'étais donné une mission : la sortir de son trou à rat avant qu'elle finisse décrépie dans son cercueil. Et vierge, par dessus tout.

- L'amour rend aveugle, il faut croire, grincai-je entre mes dents, arrêtant de bouder pour reprendre mon attitude de mec trop cool.


- Chuck. Admettons que tout cela ne relève que d'une envie de rendre service à l'humanité en étant gentil avec moi... d'accord, tu es réellement gentil, sans aucunes arrières-pensées... mais sincèrement, pourquoi ? Je veux dire... je ne suis pas idiote. On sait tout les deux que je suis le genre de personne qui te donne des boutons, non ?

Pfiou, ce ton sérieux et tout. Genre, on a bien ri, mais maintenant, l'instant est crucial. Je la regardai franchement, plissant les yeux après les avoir détournés du soleil. Bon. C'était pas trop mon genre d'être si honnête, mais Haley était tellement à des lieues de la normalité qu'après tout, je m'en foutais.

- Parce que tu crois que je serais venu pique-niquer avec toi si je pouvais pas te blairer?

J'haussai les épaules, tournai la tête, puis la regardai à nouveau.

- Mais Haley, c'est juste que je t'aime bien. Pourquoi tu vois le mal partout? Je suis bien placé pour savoir que... Les apparences, tout ça, on en fait ce qu'on en veut, pas vrai? Y'a pas de coup fourré, on pourrait être amis. ... Non? J'ajoutai un petit sourire charmeur, en partie parce que ces phrases m'avaient couté bien plus que je ne l'aurais imaginé et que je n'étais pas trop trop familier avec autant de franchise et de sincérité surtout quand ça concernait des trucs comme ça... J'avais la désagréable impression de me mettre à nu devant elle et j'aurais préféré que ce soit plutôt l'inverse - au sens propre comme au figuré, évidemment.

Pour confirmer mes propos, j'attrapai en tendant le bras la pomme qu'elle avait lancé un peu plus tôt et qui gisait dans l'herbe quelques centimètres à côté de moi - bonjour, je ne sais pas viser - et la posai entre nous, devant le panier. On enterre la hache de guerre?


- Ça te dit de venir avec moi à Pré-au-Lard à la prochaine sortie? Ça pourrait être cool. Y'aura sûrement Taylord aussi... ajoutai-je comme si de rien n'était mais je me doutais bien qu'elle allait secrètement rire de cette information, tout en me disant que même si je n'avais pas prévenu Taylord, elle serait sans doute d'accord puisqu'elle s'entendait bien avec Haley.

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MessageSujet: Re: Nous nous y reprendrons à deux fois avant d'aller danser (Haley) - Terminé   Mer 30 Mai - 18:53

Je revenais de loin, mais reprenais doucement et sûrement un peu de constance, au fur et à mesure que les barrières que je pensais pourtant infranchissables entre lui et moi s’abattaient peu à peu. L'étrangeté de mes réactions successives allaient de pair avec l'invraisemblance de notre discussion – de notre rencontre, en fait, qui n'aurait jamais dû arriver. Il avait beau insister – et plus il semblait faire des efforts, plus mon système de défense anti-Chuck faiblissait –, toute personne qui aurait assisté aux moments que nous passions ensemble les aurait considéré comme une anomalie, tel que je le faisais actuellement. Vu les réactions de Chuck, mon attitude l'exaspérait franchement, et peut-être qu'un regard extérieur m'aurait aussi vu comme bornée et insupportable, ce que je n'ai pourtant l'habitude d'être. Je soulageais ma conscience en me remémorant toutes les raisons que j'avais de me méfier de Chuck, et me rassurais en constatant qu'elles étaient toujours nombreuses. J'avais toujours connu le nom de Chuck Carlton, mais pour des causes qui m'apparaissaient mauvaises. Je connaissais déjà par cœur les reproches qu'il me faisait, ceux qu'il cachait, mais lui ne pouvait pas se vanter d'avoir été loué pour sa sincérité et sa gentillesse. Nous étions donc ex-aequo, jusqu'à ce que je prenne une décision qui allait sans doute fort lui déplaire...

- Je... eeeeeeeEEEEEEEEEEEEEEH! Comment tu triches. T'es une fiotte.

Pas peu fière de ma petite vengeance, je souriais en réponse à ses bougonnements. Et le plus délicieux était qu'en plus d'enfin prendre un peu de plaisir – certes vicieux –, je ne ressentais plus le besoin de me forcer pour transformer ma moue en sourires. Mes sauts d'humeur violents avaient suivi la courbe de mes doutes ; maintenant à peu près calmée, j'évacuais la fureur accumulée en me jouant de Chuck, et je me familiarisais avec les délices de la taquinerie, moi qui les avait toujours subies. J'avais l'impression d'apprendre, avec lui, à me débattre dans la propre cage de verre que j'avais créé, même si je me coupais sur les morceaux de verre que j'avais brisé et que je saignais, blessée. Chuck avait cette dualité qui m'empêchait d'avoir la certitude totale des convictions que je plaçais en lui : il était à la fois mon bourreau et voulait être mon sauveur. Si il me démontrait à chaque minute ses capacités pour la première de ses fonctions, quelque chose en moi ne voulait accepter qu'il puisse correspondre totalement à la deuxième, même si il s'évertuait à se présenter comme tel depuis le début. Et c'était normal. Je m'en défendais : pourquoi serai-je la brebis aveugle du troupeau ? C'était mon droit légitime de douter de lui. Il ne le comprenait pas ; mais moi, moi je savais que c'était normal,, que je n'avais pas à le laisser s'immiscer en moi sans être certaine qu'après être rentrée dans mon cœur il n'allait pas en sortir sans tout ravager. J'avais déjà bien trop de plaies à penser pour que Chuck ajoute son lot de contrariétés. J'avais le droit de douter et d'être exaspérante. Et c'était peut-être là la première fois que je le faisais à escient.

J'écopai d'un regard mauvais et d'une remarque avant qu'il ne jette son dévolu sur du chocolat pour combler son manque et son estomac que je devinais ogresque – c'est qu'il mangeait vite et en quantité assez conséquentes, toujours avec ce même air désinvolte, alors que mon organisme entier s'était verrouillé, en proie à mon envie d'être partout sauf ici, sous ce soleil brûlant sur ma chair, puis à mes excès de colère – justifiée.

Je savais, toujours avec cette satisfaction presque malsaine qui avait pris la place de mes fureurs atténuées, que j'avais frappé là où il le fallait. La raison avait repris le pas sur mes émotions ; émotions qui me gouvernaient toute entière depuis si longtemps maintenant que j'avais beaucoup perdu de mes facultés de concentration et de réaction en cours. Je l'avais toujours su, que la patience et le sang-froid étaient bien plus efficaces que l'impétuosité et la hâte pour obtenir ce que l'on souhaite ; et pourtant, je venais d'en fournir un bien beau contre-exemple. Je l'avais interrogé posément, calmement, avec sérieux et presque doucement – comme si j'avais renouée avec celle que j'étais avant. Où se situait la limite et comment caractériser ce que je ressentais... je l'ignorais. Mais une fracture avait surgit quelque part, à un moment donné, et les dégâts avaient été tels que je ne me sentais plus la même. Jadis, les livres et la quiétude du calme m'apportaient la lumière ; aujourd'hui, tout n'était plus qu'obscurité. Je ne voyais plus matière à rêver dans les intrigues de mes ouvrages, plus aucun plaisir à vivre par procuration les passions d'êtres inexistants, et j’entendais le cri strident et insupportable de mes peines dans les silences de ma solitude.


- Parce que tu crois que je serais venu pique-niquer avec toi si je pouvais pas te blairer?

Mon scepticisme ne disparut pas pour autant, mais il me répondait avec un semblant de sérieux qui m'apaisa... un peu.

- Ben...je... oui ! répondis-je avec ce que j'estimais être une grande conviction mais qui passa évidemment au travers de Chuck, puisque celui-là continua, haussant les épaules.

- Mais Haley, c'est juste que je t'aime bien. Pourquoi tu vois le mal partout? Je suis bien placé pour savoir que... Les apparences, tout ça, on en fait ce qu'on en veut, pas vrai? Y'a pas de coup fourré, on pourrait être amis. ... Non?

Il avait sourit, de ce sourire un peu taquin qui ne le quittait pas et qui semblait incrusté sur ses lèvres ; pourtant, pourtant ce fût la phrase qui arrêta le vent de mes doutes qui soufflait dans ma poitrine depuis notre danse incongrue, au bal de Noël. Rien ne m'obligeait à le croire, encore une fois, mais quelque chose d'imperceptible – peut-être son ton, son expression, ses mots, tout simplement, ou parce que j'étais épuisée de lutter – me fit baisser les bras. Mes yeux s'étaient de nouveau légèrement plissés sous le poids de ma perplexité, et ce fût au tour de ma bouche de se tordre, manifestant mon hésitation. Faire confiance à Chuck Carlton ? Paris osé. Parce qu'il était si exceptionnel que je partage un pique-nique avec lui, qu'il se montre... gentil, attentionné, à sa manière, avec son vocabulaire éternellement rude et vulgaire, je me décidai à croire en sa bonté. J'avais toujours soupçonné chaque être humain capable du meilleur comme du pire, chacun possédant sa propre part d'ombre et de lumière, mais parce que rien n'est manichéen et tout est si complexe, les vérités ne sont jamais visibles. Le mythe de Chuck Carlton ne correspondait en rien au visage qu'il affichait sous mes yeux ; se pourrait-il que je sois la témoin privilégiée d'une de ses facettes dissimulée parce qu'il « m'aimait bien », aussi étrange que celui puisse paraître ? Je ne pouvais pas clairement lui rendre cette gentillesse, si elle s'avérait être vraie, mais en dépit de mes luttes, je devais l'avouer, l'idée que Chuck possède ses faiblesses et qu'il n'était sans doute pas le jeune homme si sûr de lui qu'il prétendait être le rendait... hum... pas repoussant.


- D'accord, commençai-je avec prudence. Mais c'est normal que je doute puisque je suis justement le genre de personne que tu ne supportes pas, mais si tu me dis que tout ça, que c'est vraiment en tout bien tout honneur... d'accord d'accord, je te crois, promis, pas de méchancetés, finissais-je en soufflant en baissant finalement la garde. Réalisant soudain à quel point j'avais pu être ingrate si Chuck s'était réellement démené pour me faire plaisir en m'amenant ainsi et en organisant ce pique-nique, j'ajoutais : Merci... pour ça, dis-je en souriant et en montrant le reste de nos vivres qui s'épuisait de plus en plus – et je participais à sa disparition en m'emparant d'une nouvelle barre chocolatée – mais ce remerciement s'étendait bien au-delà de la nourriture ; il remontait jusqu'à la véritable première fois où il m'avait adressé la parole et emmener sur la piste de danse pour m'extirper de mon ennui.

Comme un symbole, il ramassa la pomme que je lui avais misérablement lancée, la plaça entre nous deux, et me demanda ce qui aurait du m'apparaître comme improbable et que je dégustais avec une saveur nouvelle :

- Ça te dit de venir avec moi à Pré-au-Lard à la prochaine sortie? Ça pourrait être cool. Y'aura sûrement Taylord aussi...

Je souriais à sa dernière phrase, mais ne fit aucun commentaire – je savais qu'il savait que je savais et je l'avais déjà taquiné à ce propos. J'appréciais Taylord, malgré tout, même si je ne savais pas si cela était totalement réciproque, et je n'avais pas vu Pré-au-Lard depuis longtemps.

- C'est deal ! m'exclamai-je en souriant – le sourire le plus sincère qui avait pu se dessiner sur mes lèvres depuis longtemps.

Le soleil me parut moins insupportable et le monde un peu moins hostile alors que je croquais dans le dernier carré de chocolat.

Spoiler:
 

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